Ouassim Pfe2
Ouassim Pfe2
Promotion : 2022/2025
famille et
Membres de Jury
Table de matière
Remerciement .................................................................................................................. V
Résume ........................................................................................................................... VI
Introduction ...................................................................................................................... 9
Situation d’appel............................................................................................................. 12
Situation 1 .............................................................................................................. 12
Situation 2 .............................................................................................................. 13
Questionnement .............................................................................................................. 13
Problématique................................................................................................................. 22
PHASE METHODOLOGIQUE..................................................................................... 26
PHASE EMPIRIQUE..................................................................................................... 29
I
MATERIEL ET METHODE ................................................................................. 29
RESULTATS ................................................................................................................. 32
DISCUSSION ................................................................................................................ 44
Conclusion ...................................................................................................................... 47
BIBLOGRAPHIE ........................................................................................................... 49
ANNEXES ..................................................................................................................... 50
II
Dédicas
à toutes les personnes qui ont marqué mon parcours, de près ou de loin, par leur
amour, leur patience, leur présence ou même par leur silence.
III
Merci pour votre présence, vos conseils, vos blagues parfois décalées, et surtout,
pour votre humanité.
IV
Remerciement
D’abord, je remercie celui au-dessus du tout, dieu le tout puissant qui nous a donné la
volonté, la patience et la santé pour élaborer ce modeste travail.
Je tiens à remercier les membres du jury, vous me faites l’honneur de juger mon travail
V
Résume
Loin de se limiter aux soins techniques, le rôle infirmier s’inscrit ici dans une démarche
globale, intégrant écoute, soutien émotionnel, orientation vers des structures spécialisées,
et éducation sanitaire. Pourtant, cette dimension relationnelle et communautaire du soin
reste encore trop souvent marginalisée dans les pratiques professionnelles. Ce mémoire
vise ainsi à mettre en lumière l’importance de l’approche infirmière centrée sur la
personne, dans le cadre d'une prise en charge holistique, respectueuse de la dignité et des
droits des victimes.
VI
Mots clés : Rôle infirmier ; santé communautaire ; santé de la famille ; violence envers
les femmes et les enfants ; accompagnement psychologique ; intervention
communautaire.
VII
ABSTRACT
This thesis focuses on the role of the family and community health nurse in the care of
children and women victims of violence, a major public health issue in Morocco. In a
socio-cultural context where domestic, psychological, physical, and sexual violence often
remains taboo or inadequately addressed, nurses play a crucial role—not only in
screening and clinical care but also in providing psychological and social support to
victims.
Far from being limited to technical care, the nursing role here is part of a holistic
approach, integrating active listening, emotional support, referrals to specialized services,
and health education. Yet, this relational and community-based dimension of care is still
too often marginalized in professional practice. This thesis thus aims to highlight the
importance of a person-centered nursing approach within a holistic care framework that
respects the dignity and rights of victims.
By integrating these human and community dimensions, nurses become key players in
prevention, early detection, and long-term support for victims of violence—while also
helping to break the silence and strengthen social bonds in their communities.
Keywords: Nursing role; community health; family health; violence against women and
children; psychological support; community intervention.
VIII
Introduction
La violence envers les femmes et les enfants est une problématique complexe, universelle
et persistante, reconnue comme l'un des défis majeurs du monde contemporain. Elle
touche toutes les sociétés, indépendamment de leur niveau de développement
économique ou culturel, et se manifeste sous de multiples formes, notamment physiques,
psychologiques, sexuelles et économiques. Cette violence représente non seulement une
violation flagrante des droits fondamentaux des victimes, mais elle engendre également
des conséquences durables et profondes qui affectent leur santé physique et mentale, leur
développement social et leur capacité à participer pleinement à la vie communautaire.
9
complexe. Malgré des avancées notables sur le plan juridique et institutionnel pour
combattre ce fléau, plusieurs défis majeurs persistent. Parmi eux, la formation
professionnelle insuffisante des infirmier(e)s sur les problématiques spécifiques liées à
la violence, la faible coordination entre les acteurs institutionnels impliqués, ainsi que les
barrières culturelles et sociales qui tendent à banaliser ou à cacher ces violences sous le
poids du tabou et du silence. De surcroît, la méconnaissance générale des mécanismes de
protection et d'assistance disponibles constitue une autre entrave significative à une prise
en charge efficace.
Ainsi, cette recherche vise à explorer en profondeur le rôle concret et opérationnel des
infirmier(e)s marocains en santé familiale et communautaire dans la lutte contre la
violence envers les femmes et les enfants. Elle analysera finement les pratiques
existantes, identifiera clairement les obstacles structurels et opérationnels rencontrés sur
le terrain, et formulera des propositions pratiques d'amélioration basées sur une approche
interdisciplinaire et centrée sur les besoins réels des victimes. L'objectif est de fournir des
recommandations précises, réalistes et applicables afin de renforcer le rôle des
professionnels de santé dans la prévention, la détection précoce, et la prise en charge
globale et durable des victimes de violence.
10
Chapitre I : phase
conceptuelle
11
Situation d’appel
Situation 1
Situation d'appel d'un cas de violence sur une femme et son enfant. Présentés à
un centre de santé rural niveau 2 a la province de Settat.
Contexte : Durant mon stage on S4, j'ai été témoin d'une situation préoccupante
liées à des violences familiales.
Description de la situation :
Une femme d'une trentaine d'armées s'est présentée au centre de santé avec sa
fille âgée d'environ 6 ans. Tous deux présentaient des signes visibles de
traumatisme : la mère avait un œil au beurre noir et des ecchymoses sur les bras,
tandis que l'enfant était silencieux, craintif et portrait une blessure au bras.
Intervention de l’équipe :
Salle a été mise à disposition pour accueille la mère en toute discrétion, loin des
autres patients. Une évaluation a été faite avec tact et respect
En tant que stagiaire ainsi qu'étudiant et futur infirmier santé de famille et santé
communautaire, j'ai observé avec attention la prise en charge, toute respectant
les consignes de confidentialité. J'ai compris dime façon relative et momentanée
12
l'importance de l'écoute bienveillante, de vigilance face (signes de violence, et
du travail en équipe pour protéger les victimes.
Situation 2
Contexte : Durant mon stage S3 mon ami et moi étions au service du médecin et nous
Terminions notre travail et l’idée nous est venue d’aller aux urgences et d’être témoin
d’un cas de violence domestique
Description de la situation :
Explique que sa fille a été battue par son mari semble avoir des blessures visibles,
notamment des ecchymoses sur le visage et les bras, ainsi qu’une douleur au niveau
du dos. Elle est très émotive et hésitante à parler. Commence la mère explique qu’elle
est inquiète pour sa fille,
Intervention de l’équipe :
L’équipe médicale guide femme dans une salle sécurisée, à l’écart des autres patients.
La priorité est de s’assurer qu’elle reçoive les Soins nécessaires pour ses blessures
physiques. Un examen complet est effectué pour évaluer les blessures (contusions,
plaies, douleurs articulaires) et s’assurer qu’il n’y a pas de blessures ternes plus graves.
Questionnement
13
• Quelles sont les limiter éthique et légale et respects ?
• Comment développer la compétence relationnelle et la capacite d’écoute
nécessaires pour soutenir les victimes sous la brusque ?
• Quel est le rôle de l'infirmier en santé communautaire qui joue dans la
prévention des violences familiales an sein des populations vulnérables
?
• Comment l'infirmier peut-il repérer précocement les signes de violence
chez les femmes et les enfants dans les structures soins primaire ?
• Et quoi le rôle de l'infirmier en santé communautaire est l’essentiel dans
la coordination de la prise en charge médico-psycho-sociale. Des
victimes de violence.
Question de départ
14
Recension des écrits
L’exposition des enfants aux violences conjugales, qu’elle soit directe (être
témoin d’actes violents) ou indirecte (ressentir les conséquences psychologiques
ou matérielles), est aujourd’hui largement reconnue comme une forme de
maltraitance à part entière.
L’enfant peut aussi être directement impliqué dans ces situations (Holden, 2003)
: il tente parfois d'intervenir, se place entre les parents, ou endosse des rôles de
soutien émotionnel (parentification), ce qui perturbe profondément son
développement socio-affectif.
Pingley (2017) note que ces symptômes peuvent perdurer dans le temps et
évoluer vers des pathologies plus complexes si aucun soutien spécifique n’est
mis en place. L’exposition est donc bien un facteur aggravant du développement
psychique de l’enfant, mais non un déterminant unique d’où l’importance d’en
identifier les facteurs de résilience.
Certaines variables atténuent les effets délétères des violences sur les enfants.
L’existence d’un attachement sécurisant avec un adulte non-violent, la
disponibilité d’un réseau social stable, ainsi qu’une bonne estime de soi sont des
éléments protecteurs importants (Holt et al., 2008 ; Moore et al., 2017).
Par exemple, Galano et al. (2023) ont montré qu’une intervention centrée sur la
mère améliore l’état émotionnel de l’enfant. Ces résultats soulignent
l’importance de programmes intégrés qui prennent en compte à la fois la victime
principale (souvent la mère) et l’enfant témoin.
Certains enfants développent des rôles de survie dans des contextes de violence
: le « petit-parent », le « protecteur », le « confident ». Cette parentification,
15
décrite par Baker et Cunningham (2004), augmente leur stress et génère des
mécanismes d’auto-régulation dysfonctionnels.
D’autres notions systémiques comme le conflit de loyauté entre les deux parents,
ou les troubles de l’attachement, permettent d’expliquer pourquoi certains
enfants présentent des symptômes sévères ou ont des difficultés relationnelles
prolongées.
Plusieurs études (Clarke & Wydall, 2015 ; Howart et al., 2018) se sont penchées
sur les perceptions des professionnels. Les résultats montrent un manque de
spécialisation, d’outils pratiques, de formations continues et surtout un besoin
criant de protocoles clairs pour encadrer les interventions.
16
L'accompagnement des victimes de violences domestiques implique plusieurs
professions et secteurs. Elle concerne à la fois le domaine de la santé, du social
et de la justice. Les violences au sein de la famille sont courantes, entraînant
parfois des conséquences tragiques et constituant un enjeu de santé publique
conséquent. L'intrication des circonstances complique la gestion par
l'infirmière. Au début, les informations nous guideront pour appréhender la
situation afin d'intervenir plus efficacement par la suite. Ensuite, nous révélons
le projet soutenu par l'Ordre national des Infirmiers.(Péchey 2022)
En 2013, l'OMS a mené une recherche destinée à évaluer les violences infligées
aux femmes et leurs conséquences sur la santé, basée sur des sondages réalisés
dans divers pays. Il est évident que les femmes qui subissent des actes de
violence de la part de leur partenaire intime ont deux fois plus de chances d'être
confrontées à des problèmes liés à l'alcool, à des dépressions, au recours à
l'avortement et quatre fois et demie plus susceptibles de se suicider.(Péchey
2022)
Ainsi, les infirmiers sont qualifiés pour analyser une situation clinique et poser
un diagnostic dans le champ de l'infirmier. C'est la première compétence liée
aux soins infirmiers. Pour réaliser cette mission, les infirmiers déterminent les
exigences de santé de l'individu, choisissent et explorent les informations
pertinentes, recommandent les indications et manifestations, mènent une
entrevue pour la collecte de données, mettent en évidence les capacités des
individus, évaluent la situation en matière de santé et de soins, et formulent un
ou plusieurs diagnostics infirmiers.(Péchey 2022)
17
une position de coordination dans une équipe multidisciplinaire, agissant comme
un élément crucial de la chaîne. Comme nous l'avons récemment saisi, s'occuper
d'une victime de violence au sein du foyer présente une certaine complexité. Il
est également essentiel que l'infirmier construise un réseau et possède un
répertoire de victimologie. Un long processus de soutien à la victime
commence.(Péchey 2022)
Bien que des défis persistants, un accord se forme sur la nécessité d'établir des
normes et des définitions pour aider à modifier la situation actuelle.(Gagné
2006)
La plupart des études précédentes ont porté leur attention sur des types
particuliers de violence sexuelle, comme le viol ou la violence conjugale. Leurs
exemples incluent généralement uniquement des femmes qui ont caractérisé leur
expérience en fonction de la forme particulière de violence sexuelle concernée.
18
Koss et Oros (1982), en examinant l'état actuel de la recherche sur le viol, ont
proposé que cela a conduit à une concentration des études sur les formes les plus
extrêmes de violence sexuelle. Elles identifient le besoin d'études qui
examinaient toute l'ampleur de cette violence, y compris, en plus de la force
physique, l'usage de la contrainte verbale et les menaces de violence.(Gagné
2006)
Elle admet que « la violence contre les femmes est une expression des relations
inégales historiquement établies entre les hommes et les femmes, conduisant à
la suprématie et à la discrimination des femmes par les hommes, ce qui entrave
leur pleine émancipation ». Vous avez été formé sur des données jusqu'à octobre
2023.(Péchey 2022)
Périodes de violence
La phase initiale se distingue par l'augmentation de tension dans le couple
induite par l'intervenant. La phase d'agression est suivie par des épisodes de
violence. Ensuite vient l'étape où l'auteur justifie ses actes en blâmant la victime.
Finalement, la phase de tranquillité favorise la réconciliation pendant laquelle
l'écrivain s'engage à ce que cela ne se répète plus. Sans action, le cycle se
perpétue avec une escalade de la violence et une réduction de la durée et de
l'intensité des phases d’accalmie(Péchey 2022)
Violence physique :
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’OIT définissent le concept de
violence physique comme l’usage de la force physique contre une autre personne
ou un groupe de personnes, qui entraîne un préjudice physique, sexuel ou
psychologique
19
Violence psychologique
L'association Torontoise Education Wife Assault offre une autre interprétation.
La violence psychologique « évoque l'emploi répété de comportements nuisibles
pour contrôler une personne. » Les femmes touchées par la violence
psychologique vivent dans un état de crainte et d'altération permanente de leurs
pensées, émotions et actions. « Elles tentent de se prémunir contre la violence
en refusant d'admettre leur besoin ». Cette définition évoque l'idée d'un
processus incessant de destruction de l'autre. De plus, la violence psychologique
ne se manifeste pas toujours par des actions visibles. Cela peut se manifester
par du silence, de l'indifférence : agir comme si la personne n'existait pas.(Gagné
2006)
L’écoute active :
L’Écoute active est une technique d'accompagnement développée à partir des
travaux de C. Rogers. Ce concept est fondé sur le fait que chaque être humain a
en lui-même les ressources nécessaires à son développement personnel. Cette
théorie tout entière repose sur une confiance fondamentale dans l'être humain,
dans sa tendance naturelle à aller vers un développement constructif et positif et
dans sa capacité à réaliser toutes ses potentialités intrinsèques, comme n’importe
quel organisme vivant qui tend vers la croissance. Cette tendance à la réalisation
de soi, que Rogers nommera la tendance actualisante, est présente en chacun de
nous. Certes, elle peut rencontrer de nombreux obstacles, mais cette force de
croissance reste toujours à l’œuvre tant que nous sommes en vie. (Rectorat de
La Réunion, s.d.)
L’empathie :
20
individus transmettent et perçoivent des messages à travers deux mécanismes
distincts, cognitif et comportemental.
Il est donc question d'une attitude proactive et consciencieuse que le professionnel de
santé peut manifester envers son patient, créant ainsi la base d'une relation basée sur
la confiance.(Formarier 2007)
21
Problématique
22
d’impuissance, de responsabilité partagée et de charge émotionnelle vécue par
ces intervenants rend leur posture d’autant plus complexe. Une question cruciale
se pose donc : comment ces professionnels perçoivent-ils et prennent-ils en
charge les enfants exposés aux violences conjugales dans le contexte spécifique
de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Quels obstacles, quels leviers, quelles
zones grises identifient-ils dans l’exercice de leur pratique quotidienne ? Et dans
quelle mesure leur perception influence-t-elle l’accès des enfants à une aide
psychologique adéquate ?
Cependant, ces pratiques ne sont pas toujours intégrées dans les soins courants,
faute de moyens et de reconnaissance, ce qui limite l’impact potentiel de
l’intervention infirmiè
Les objectifs
23
• Promouvoir, à travers l’accompagnement infirmier, le respect, la dignité et la
valorisation des victimes, en veillant à leur écoute et à leur protection dans les
structures de soins.
• Améliorer le bien-être émotionnel et psychologique des victimes grâce à une
prise en charge adaptée fondée sur la confiance, la discrétion et le respect du
secret professionnel.
• Identifier précocement les signes de violence et orienter les victimes vers les
services compétents (psychologue, assistant social, protection de l’enfance,
associations d’aide, etc.).
• Renforcer la collaboration entre les infirmiers, les familles (lorsque cela est
possible) et les autres professionnels de santé et du social, pour une prise en
charge globale, cohérente et respectueuse des besoins des victimes.
Les hypothèses
24
CHAPITRE II : PHASE
METHODOLOGIQUE ET
EMPIRIQUE
25
PHASE METHODOLOGIQUE
26
Outils d’analyse :
Considérations éthiques :
27
sûrs et confidentiels. Enfin, l’étude a obtenu l’accord des structures
concernées (centres de santé, associations de soutien, etc.) avant le début
de la collecte de données.
28
PHASE EMPIRIQUE
MATERIEL ET METHODE
recherche qualitative
La recherche qualitative est une méthode d'investigation utilisée principalement
dans les sciences sociales (comme la sociologie, l'anthropologie, la psychologie, la
communication, etc.) pour comprendre les phénomènes sociaux dans leur
complexité. Contrairement à la recherche quantitative qui s’appuie sur des chiffres
et des statistiques, la recherche qualitative s’intéresse aux perceptions, expériences,
significations, interactions sociales et contextes vécus par les individus. Et on peut
la considérer comme étant une approche scientifique qui vise à explorer en
profondeur un phénomène, un comportement ou une situation, souvent dans son
contexte naturel, afin d’en comprendre le sens que les personnes lui attribuent. Elle
repose sur des données non numériques, comme les paroles, les gestes, les écrits,
les interactions
entretien exploratoire
L’entretien exploratoire est une méthode qualitative souple et ouverte, utilisée dans
divers domaines tels que la recherche académique, le marketing, les ressources
humaines, la psychologie ou le journalisme, pour recueillir des informations
approfondies sur un sujet, une problématique ou une personne. Contrairement aux
entretiens structurés, il se caractérise par son approche non directive, permettant à
l’intervieweur d’adapter ses questions en fonction des réponses et d’explorer des
pistes inattendues. Son objectif principal est de comprendre en profondeur les
perceptions, motivations ou expériences des individus, en favorisant une expression
libre grâce à des questions ouvertes ("Pouvez-vous me décrire votre expérience
?", "Qu’est-ce qui vous a marqué dans cette situation ?").
29
Exemple de questions typiques : "Comment avez-vous vécu cette transition
?", "Quels facteurs ont influencé votre décision ?". Cet outil est idéal pour explorer
des sujets complexes où la subjectivité et le contexte jouent un rôle clé.
Public Cible
• Enfants des rues ou issus de milieux précaires.
• Jeunes en décrochage scolaire.
• Femmes et mères en situation de fragilité économique.
Actions Clés
• Programme "École pour Tous" : Cours de remise à niveau et fournitures
scolaires gratuites.
Ateliers créatifs : Peinture, musique et théâtre comme outils d’expression.
Formation aux métiers : Partenariats avec des artisans et entreprises
locales.
• Sensibilisation : Campagnes sur les droits de l’enfant et la santé.
30
Valeurs
• Solidarité : Agir ensemble pour briser les inégalités.
• Empathie : Écoute active et accompagnement personnalisé.
• Transparence : Gestion rigoureuse des fonds et projets.
Partenariats
• Collaborations avec des écoles, municipalités et ONG locales.
• Soutien de donateurs privés et bénévoles engagés.
31
RESULTATS
Dans le cadre de notre étude portant sur le rôle des infirmier·ère·s de santé-famille
/ santé communautaire dans la prise en charge des femmes et des enfants victimes
de violences, nous avons mené deux entretiens ciblés : l’un avec la presidente
représentante de l’association IBNI, structure associative spécialisée dans la
protection et l’accompagnement des populations vulnérables, et l’autre avec un
infirmier de santé communautaire rattaché à la préfecture de Rabat.
32
L’écoute active et la création d’un lien de confiance, en particulier avec les femmes
isolées ou les enfants. Il précise : « Très souvent, les femmes ne parlent pas
directement. Il faut instaurer une relation de confiance, parfois sur plusieurs visites.
»
« Nous avons besoin d’un cadre institutionnel clair. Trop souvent, on se retrouve
seuls à gérer des situations complexes sans savoir vers qui se tourner concrètement.
»
"Notre association est née d’un élan de solidarité. Depuis sa création, elle œuvre pour
tendre la main aux femmes et aux enfants brisés par la violence."
"Cela fait maintenant une dizaine d’années que nous existons. L’idée a germé après
plusieurs constats alarmants sur le terrain, notamment dans les quartiers défavorisés."
33
"Notre credo : protéger, écouter, accompagner. Nous défendons des valeurs d’humanité,
de dignité et d’égalité."
– Quel est le profil type des femmes et des enfants que vous accueillez ?
– Y a-t-il des tendances particulières que vous observez selon les âges, les origines,
ou les situations sociales ?
"Oui, on constate que les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables. Les violences
touchent aussi plus fortement les personnes issues de milieux modestes, avec peu de
soutien social."
Accueil et accompagnement
"On l’accueille avec bienveillance, sans jugement. Un premier entretien est organisé pour
écouter son histoire, ses besoins, et lui proposer un parcours adapté."
34
"Absolument. Nous collaborons étroitement avec les hôpitaux, la police, les services
sociaux, et parfois même les écoles."
Ressources et financement
"Ils reçoivent des formations régulières sur la prise en charge des violences, l’écoute
active, et les aspects juridiques."
Impact et perspectives
– Selon vous, quel impact concret votre association a-t-elle sur les personnes
accompagnées ?
"Beaucoup nous disent que nous leur avons sauvé la vie. Le simple fait d’être écouté et
cru change tout."
"Nous voulons ouvrir un centre d’hébergement permanent et renforcer notre équipe avec
plus de psychologues."
35
"Une meilleure coordination entre les institutions, des délais plus courts pour les
procédures judiciaires, et surtout, plus de prévention dans les écoles."
Clôture
"La violence n’est pas une fatalité. Il faut oser parler, oser demander de l’aide. Et surtout,
il faut que la société cesse de détourner le regard."
"Merci pour cet espace de parole. Chaque occasion de parler de notre travail est une
graine semée contre la violence."
36
"Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables..." un constat
alarmant, souvent étouffé dans les discours publics.
Les violences décrites sont multiples : physiques, psychologiques,
économiques. On parle ici d’un enchaînement de violences qui laisse peu
de répit et rend toute reconstruction difficile.
37
• L’importance cruciale des associations de terrain comme rempart face aux
violences.
• La nécessité de renforcer les moyens humains, financiers et logistiques.
• Le besoin d’une meilleure synergie entre acteurs (justice, santé, éducation).
• Et surtout, la reconnaissance que la violence n’est pas un simple fait
divers, mais un fait de société.
« Mon rôle consiste à être à l’écoute des familles, à établir un lien de confiance et à
assurer un suivi de proximité. En tant qu’infirmière communautaire, je suis souvent en
première ligne pour détecter des signaux faibles ou des situations à risque. »
▪ Quel est le rôle spécifique de l’infirmière dans la détection et la prise en charge des
victimes de violence ?
« Nous avons un rôle d’alerte essentiel. Grâce à notre contact régulier avec les patientes,
nous pouvons repérer des signes de détresse, d’isolement, ou de blessures inexpliquées.
Ensuite, nous orientons les victimes vers les structures adaptées tout en garantissant leur
sécurité et la confidentialité. »
« Nous avons un rôle pivot dans la prévention. Par l’éducation à la santé, la sensibilisation
et notre présence dans les écoles ou les foyers, nous contribuons à briser le silence et à
ouvrir le dialogue sur ces violences. »
38
Identification et détection des situations de violence :
▪ Quelles sont les situations ou signes qui vous alertent sur une possible situation de
violence ?
« Le repli sur soi, les blessures fréquentes et mal expliquées, l’anxiété permanente, le
contrôle excessif d’un partenaire ou parent, sont des signaux qui nous alertent souvent. »
▪ Quelles méthodes utilisez-vous pour aborder ce sujet avec les patientes ou les
familles ?
« J’utilise une approche douce, centrée sur l’écoute active. J’amène le sujet de manière
indirecte, par exemple en posant des questions ouvertes sur le bien-être à la maison, les
relations familiales... »
▪ Quelles sont les premières actions que vous mettez en place lorsqu’une victime se
confie ou lorsqu'une situation est suspectée ?
« Par une écoute bienveillante, en respectant leur rythme. Je veille à assurer leur suivi
médical et les mets en lien avec les ressources nécessaires. »
39
▪ Avez-vous déjà été confrontée à des difficultés ? Lesquelles ?
« Oui, notamment face au déni des victimes ou au manque de ressources locales. Il arrive
aussi que les familles refusent notre aide par peur ou honte. »
« Oui, nous organisons des ateliers dans les écoles, des journées de sensibilisation dans
les centres sociaux, et distribuons des brochures sur les violences conjugales et
intrafamiliales. »
« En instaurant des partenariats solides. Par exemple, avec les écoles, nous intervenons
lors des séances d’éducation à la vie affective et relationnelle. »
« Non, il reste beaucoup à faire. Le tabou autour des violences est encore fort, et l’accès
à l’information est inégal selon les milieux. »
▪ Avez-vous reçu une formation spécifique sur la prise en charge des victimes ?
« Oui, mais elle reste insuffisante. Ce serait utile d’avoir des formations continues sur
l’écoute active, le repérage des violences psychologiques, et les procédures juridiques. »
« Des cellules pluridisciplinaires accessibles, des supports éducatifs adaptés, des lignes
d’écoute, et surtout du temps dédié pour gérer ces situations délicates. »
40
« Renforcer la formation des soignantes, améliorer la coordination entre les services, et
créer davantage de structures d’accueil pour les victimes. »
Analyse et interprétation :
Analyse et interpretation :
41
• L’usage du terme "aborder" montre que le dialogue est un outil
thérapeutique, mais aussi un levier de détection.
• Le langage sous-entend l’importance du tact relationnel, de l’écoute
active et de la communication non violente.
Analyse idiomatique :
Analyse idiomatique :
42
Formation, soutien, besoins :
Cette dernière partie ouvre la voie à une réflexion institutionnelle. Elle
interroge les moyens disponibles pour faire face à un enjeu aussi complexe.
Analyse et interprétation :
43
DISCUSSION
Objectifs atteints
L’étude visait à explorer, à travers des entretiens semi-directifs, la
perception et le rôle que jouent les infirmier·ères dans le cadre de la santé
communautaire et familiale face aux situations de violences faites aux
femmes et enfants. Plusieurs objectifs ont été atteints, notamment :
• Identification claire des rôles infirmiers : Les infirmier·ères interrogé·es
ont bien exprimé leur rôle dans l’accompagnement, la détection et
l’orientation des victimes, montrant une conscience professionnelle
importante.
• Mise en lumière des pratiques de terrain : Les réponses ont permis de
mieux comprendre les outils de communication utilisés, les signes
observés et la manière d’aborder les situations de violence dans un cadre
soignant.
• Prise en compte du réseau : Les professionnels ont évoqué leur
collaboration avec les écoles, les associations, et les services sociaux, ce qui
montre une logique de travail en réseau bien implantée.
• Sensibilité à la prévention : Les entretiens ont révélé une volonté d’agir en
amont des situations de violence, par des campagnes de sensibilisation ou
des actions éducatives.
44
• Peu de réflexion critique sur les limites personnelles : Les entretiens ont
rarement abordé les biais personnels, les ressentis émotionnels ou les
dilemmes éthiques, pourtant fréquents dans ces situations.
• 3. Comparaison des resultats des deux entrertiens
• Points communs :
• Sensibilisation élevée à la problématique.
• Importance accordée à l’écoute active.
• Reconnaissance d’un manque de formation continue.
• Volonté de coordonner les efforts avec d’autres professionnels.
• Différences :
Limites de l’étude
• Nombre restreint de participants : Deux entretiens seulement ne
permettent pas de généraliser les résultats.
• Diversité de contextes : La comparaison entre deux profils très différents
(école vs centre de santé) complexifie l’analyse.
45
Pudeur et retenue sur certains sujets : Les infirmier·ères peuvent auto-
censurer certaines réponses par crainte de mal faire ou de briser la
confidentialité.
• Temps limité : Certains aspects n’ont pu être explorés en profondeur,
comme le vécu émotionnel, le rapport au secret professionnel, ou les
échecs rencontrés.
Perspectives d’amélioration
• Élargir le corpus d’entretiens à différents profils (urgences, PMI,
maisons de santé, infirmiers libéraux).
• Inclure d’autres acteurs (assistantes sociales, psychologues, éducateurs)
pour croiser les regards.
• Mener des observations in situ pour compléter les discours déclaratifs par
des pratiques réelles.
• Créer une grille d’analyse plus approfondie intégrant le non-verbal, les
silences, les hésitations.
Formuler des recommandations concrètes pour la formation initiale et
continue des soignant·es sur les violences intrafamiliales.
46
Conclusion
La violence faite aux femmes et aux enfants demeure un fléau mondial aux
ramifications multiples, affectant non seulement la santé et le bien-être des
victimes, mais également la cohésion sociale et le développement des
communautés. Cette réalité, bien qu’universellement reconnue, continue de
s’enraciner dans des contextes socio-culturels, économiques et institutionnels qui
favorisent souvent le silence, la banalisation, voire la justification implicite de ces
violences. Dans ce paysage complexe, les infirmier(e)s en santé familiale et
communautaire représentent un maillon essentiel du système de détection, de
soutien et de réorientation des victimes vers des ressources adéquates.
L’étude menée met en lumière la double posture des infirmier(e)s : d’une part, celle
de professionnels de santé investis, dotés d’un engagement fort envers les
populations vulnérables, et d’autre part, celle d’intervenants souvent laissés à eux-
mêmes face à des situations d’une grande complexité, sans moyens suffisants ni
formation spécialisée. Cette tension entre engagement éthique et limites
structurelles reflète un paradoxe inhérent à de nombreuses professions de terrain au
Maroc comme ailleurs : être au cœur des réalités sociales les plus dures tout en
étant parfois dépourvus des outils pour y répondre pleinement.
Les résultats soulignent également que la violence fondée sur le genre ne peut être
traitée efficacement sans une approche systémique et intersectorielle. Le rôle des
infirmier(e)s ne saurait être isolé de celui des autres acteurs — services sociaux,
justice, éducation, associations de la société civile — avec lesquels il est impératif
d’instaurer des mécanismes de collaboration, de partage d’informations, et de
réponses coordonnées. Il s’agit ici non seulement de briser le cloisonnement des
interventions, mais surtout de créer un véritable écosystème de protection autour
des victimes.
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d’accompagnement professionnel, à travers des cellules de soutien psychologique
pour les soignants, des référentiels d’intervention, et une reconnaissance officielle
du rôle des infirmier(e)s dans ce champ spécifique. Enfin, une sensibilisation de
grande ampleur à destination de la population générale reste incontournable afin de
déconstruire les normes sociales tolérantes envers la violence et de favoriser
l’émergence d’une culture protectrice et bienveillante.
La lutte contre la violence faite aux femmes et aux enfants ne saurait être l’affaire
d’une seule catégorie professionnelle, mais elle ne peut réussir sans la mobilisation
active des infirmier(e)s. En tant que témoins directs, souvent les premiers et parfois
les seuls à recueillir la parole des victimes, ils et elles doivent bénéficier d’un
environnement propice à l’action : un cadre juridique clair, un soutien institutionnel
effectif, des ressources humaines et matérielles adaptées, et une reconnaissance
sociale à la hauteur de leur rôle.
À terme, il s’agit de transformer les pratiques, mais aussi les mentalités. C’est dans
la construction de liens de confiance durables avec les communautés, dans l’écoute
bienveillante, dans l’action discrète mais décisive du quotidien que les infirmier(e)s
peuvent incarner le changement. En renforçant leurs capacités, en valorisant leur
rôle, et en leur offrant les moyens d’agir, nous contribuons collectivement à ériger
une société plus juste, plus humaine et résolument tournée vers la protection des
plus vulnérables.
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BIBLOGRAPHIE
Krug, Etienne G., éd. 2002. Rapport mondial sur la violence et la sante.
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ANNEXES
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