Poly Integration L3
Poly Integration L3
4 Intégrales impropres 16
5 Séries de Fourier 25
6 Intégrales curvilignes 30
7 Intégrales doubles 31
Exercice 1.1 (La fonction exponentielle) La fonction exponentielle est définie comme la
(seule) fonction de R dans R dérivable, égale à sa dérivée et valant 1 en 0. Nous allons
légitimer cette définition en montrant qu’il existe bien une unique telle fonction, dont nous
démontrerons au passage quelques propriétés.
1. Supposons qu’il existe une fonction f : R Ñ R satisfaisant les propriétés ci-dessus.
(a) Montrer que f pxqf p´xq “ 1, pour tout x P R. En particulier, f pxq ‰ 0 et
f p´xq “ f pxq´1 , pour tout x P R.
Indication : calculer la dérivée de l’application x ÞÑ f pxqf p´xq.
(b) Soit g : R Ñ R une fonction différentiable qui satisfait que g 1 “ g. Montrer qu’il
existe C P R tel que gpxq “ Cf pxq, pour tout x P R. En déduire l’unicité si
existence d’une fonction f comme ci-dessus.
Indication : considérer la fonction x ÞÑ gpxq{f pxq.
(c) Montrer que f 2 pxq “ f 1 pxq “ f pxq ą 0, pour tout x P R. En particulier, f est
strictement croissante et concave.
(d) Montrer que f px ` yq “ f pxqf pyq, pour tous x, y P R. En déduire que
f pnxq “ f pxqn ,
pour tout n P Z.
Indication : considérer la fonction gpxq “ f px ` yq, avec y fixe.
2. Montrer que la fonction
8
ÿ xn
x ÞÑ (EXP)
n“0
n!
est bien définie et dérivable sur R, égale à sa dérivée, et vaut 1 en 0. Cela montre
l’existence souhaitée.
On notera donc dorénavant cette fonction exp pour exponentielle. On notera égale-
ment e “ expp1q, de sorte que :
8
ÿ 1
e“ . (E)
n“0
n!
Exercice 1.2 (Les fonctions trigonométriques) Les fonctions sinus et cosinus sont définies
comme les (seules) fonctions s, c : R Ñ R différentiables qui satisfont que s1 “ c, c1 “ ´s,
sp0q “ 0 et cp0q “ 1, respectivement. Le but de cet exercice est de démontrer qu’il existe
bien un unique tel couple de fonctions, et d’en démontrer au passage quelques propriétés.
1. Supposons qu’il existe un couple de fonctions s et c comme ci-dessus et fixons-en un
dans toute cette question.
(a) Montrer que spxq2 ` cpxq2 “ 1, pour tout x P R.
Indication : calculer la dérivée de l’application x ÞÑ spxq2 ` cpxq2 .
(b) Soient s1 , c1 : R Ñ R des fonction différentiables qui satisfont que s11 “ c1 ,
s11 “ ´c1 . Montrer qu’il existe a, b P R tels que
s1 “ bs ´ ac et s1 “ as ` bc. (1)
En déduire l’unicité si existence du couple de fonctions ps, cq.
Indication : montrer que les dérivées des fonctions sc1 ´ s1 c et ss1 ` cc1 valent
zéro. Ensuite, calculer la différence entre le produit de la première expression
par s et le produit de la deuxième par c.
(c) Montrer que sp´xq “ ´spxq et cp´xq “ cpxq, pour tout x P R.
Indication : utiliser (1) avec s1 pxq “ cp´xq et c1 pxq “ sp´xq.
(d) Montrer que
pour tous x, y P R.
Indication : utiliser (1) avec s1 pxq “ spx ` yq et c1 pxq “ cpx ` yq, où y est fixe.
2. Montrer que les fonctions
8 8
ÿ
n x2n`1 ÿ x2n
s : x ÞÑ p´1q et c : x ÞÑ p´1qn (SC)
n“0
p2n ` 1q! n“0
p2nq!
sont bien définies et dérivables sur R et satisfont les propriétés du préambule. Cela
démontre l’existence souhaitée. Ces fonctions seront dorénavant notées sin et cos
respectivement.
Exercice 1.3 (La définition de π) Une définition possible de π est : le plus petit réel x
strictement positif tel que cospx{2q “ 0. Le but de cet exercice est de démontrer qu’un tel
nombre existe effectivement.
1. Supposons qu’il n’existe aucun x ą 0 tel que cospx{2q “ 0.
(a) Montrer que sin (resp. cos) est une fonction strictement croissante (resp. dé-
croissante) sur Rą0 .
(b) On fixe a ą 0. Justifier que 0 ă cospaq ă 1, puis que 0 ă cosp2aq ă cos2 paq et
n
enfin que cosp2n aq ă pcospaqq2 , pour tout n P N.
En déduire que la suite pcosp2n aqqnPN converge vers 0 et, en conséquence, que
psinp2n aqqnPN converge vers 1.
(c) Montrer que cospxq (resp. sinpxq) converge vers 0 (resp. 1) quand x tend vers
`8. En déduire la limite de cosp2xq “ cos2 pxq ´ sinx pbq0 et conclure quant à
l’hypothèse initiale.
2. Montrer que l’ensemble P “ tx ą 0 : cospx{2q “ 0u admet un plus petit élément.
xα , α P Rzt´1u
1{x
1{pa2 ` x2 q, a P Rzt0u
a
1{ a2 ´ x2 , a P Rzt0u
eλx , λ P Rzt0u
1
Exercice 1.5 Soient a P R et n P Z. Déterminer les primitives de x ÞÑ sur des
px ´ aqn
intervalles maximaux que l’on précisera.
Exercice 1.6 Calculer les primitives des fonctions suivantes, en précisant leur domaine de
définition a
:
x ´x2 1 ex
(a) x ÞÑ x x2 ` 4, (b) x ÞÑ ? , (c) x Ñ
Þ xe , (d) x Ñ
Þ , (e) x Ñ
Þ ,
3
x2 ` 1 x2 ` 16 1 ` e2x
x 1 ex
(f) x ÞÑ ? , (g) x ÞÑ ? , (h) x ÞÑ ? .
1 ´ x4 1´x 16 ´ e2x
Exercice 1.7
1. Montrer qu’une primitive de x ÞÑ P pxqeax , où P P RrXs est un polynôme et a un
réel, est de la forme x ÞÑ Qpxqeax ` C, où Q P RrXs est un polynôme et C est une
constante.
2. Montrer qu’une primitive de x ÞÑ P pxq cospαxq, où P P RrXs est un polynôme et α
un réel, est de la forme x ÞÑ Q1 pxq cospαxq ` Q2 pxq sinpαxq ` C, où Q1 et Q2 sont
des polynômes dans RrXs et C est une constante.
Exercice 1.9 Calculer les primitives des fonctions suivantes en précisant leur domaine de
définition : a
(a) x ÞÑ xn lnpxq (n P Z), (b) x ÞÑ e´x cos2 pxq, (c) x ÞÑ arctanp 1 ´ x2 q.
la méthode consiste à décomposer cette fraction en éléments simples (produits par un réel
d’une fonction d’un des types ci-dessous), ` éventuellement un polynôme. On est donc
ramené à calculer les primitives de ces fonctions :
1 ax ` b
x ÞÑ n
, x ÞÑ 2 , avec n P N˚ et c2 ´ 4d ă 0.
px ´ aq px ` cx ` dqn
Le premier type a été traité dans l’exercice 1.5. Pour le second type, on sépare le numérateur
en λp2x ` cq ` µ, et l’on obtient deux fractions. La première est la dérivée d’une fonction
composée, ce qui donne directement une primitive. La seconde se traite par changement
de variable à l’aide de l’exercice suivant.
Noter que I0 pxq “ x pour tout réel x. Montrer que, pour tout entier n ě 2 et tout réel x,
x 2n ´ 3
In pxq “ ` In´1 pxq.
2pn ´ 1qp1 ` x2 qn´1 2n ´ 2
Exercice 1.12 Calculer les primitives des fonctions suivantes, en précisant leur domaine
de définition :
1 p5x ´ 12q p37 ´ 11xq p2x2 ´ 15x ` 33q
(a) x ÞÑ , (b) x Ñ
Þ , (c) x Ñ
Þ , (d) x Ñ
Þ ,
49 ´ 4x2 xpx ´ 4q px ` 1qpx ´ 2qpx ´ 3q px ` 1qpx ´ 5q
px ´ 1q 1
(e) x ÞÑ 2 , (f) x ÞÑ 2 .
x `x`1 px ` 4x ` 5q2
Exercice 1.14 Pour n P N, donner les primitives de x ÞÑ cosn pxq et x ÞÑ sinn pxq.
Exercice 1.15
1. Écrire le théorème de changement de variables.
a a a
2. Donner des primitives de x ÞÑ x2 ` 1, de x ÞÑ x2 ´ 1 et de x ÞÑ 1 ´ x2 , en
utilisant les changements de variable x “ sinhpuq ou x “ coshpuq ou x “ sinpuq.
Exercice 1.17 Calculer les primitives des fonctions suivantes, en précisant leur domaine
de définition : ? ?
1 x x x
(a) x ÞÑ ? , (b) x ÞÑ , (c) x ÞÑ .
p1 ` xq x px ´ 1q2 px ` 1q2
a
Exercice 1.18 (Primitives de fonctions du type f px, ax2 ` bx ` cq) Calculer les primi-
tives des fonctions suivantes, en précisant leur domaine de définition :
1 a
(a) x ÞÑ ? , (b) x ÞÑ x2 ´ 3x ` 2,
p1 ´ xq 1 ´ x2
a a
(c) x ÞÑ x2 ` x ` 1, (d) x ÞÑ ´x2 ` x ` 1.
Indication
a : Par un changementade variables, se ramener
a a une forme canonique du type
f px, x2 ` 1q, f px, |x ´ 1|q, f px, x2 ´ 1q ou f px, 1 ´ x2 q, puis effectuer un autre chan-
gement de variables avec les fonctions sinus/cosinus trigonométriques ou hyperboliques.
Exercice
˜ 1.20 Donner
¸ la nature des séries˜numériques¸suivantes :
ÿ 1 ÿ p´1qn
(a) , avec α, β P R ě0 , (b) ? .
α β n
ně3 n ln pnq ně1
Exercice 1.21 Donner la nature des séries de fonctions pΣun q pour les fonctions un sui-
vantes :
xn sinpnxq
(a) un pxq “ , (b) un pxq “ , n ě 1, (c) un pxq “ 2´n cosp3n xq.
n! n2
Préciser les intervalles sur lesquels la convergence est uniforme.
2 Algèbres de Boole de parties d’un ensemble et mesures
Exercice 2.1 Soit X un ensemble. On rappelle qu’une algèbre de Boole de parties de
X (ou simplement algèbre de Boole, ou algèbre d’ensembles) est une paire pX, A q,
où A Ď PpXq est une famille de parties de X qui satisfait que H, X P A et que, pour
tous A, B P A , A Y B P A , A X B P A et AzB P A . 1 Soit pX, A q une algèbre de Boole.
On définit A ` B “ pAzBq Y pBzAq “ pA Y BqzpA X Bq et A ¨ B “ A X B, pour tous
A, B P A . Montrer que pA , `, ¨q est un anneau (unitaire) commutatif.
Exercice 2.2 Donner une algèbre de Boole pR, A q telle que les singletons ne soient pas
inclus dans A .
Exercice 2.3 Soient pX, A q et pY, Bq deux algèbres de Boole. On rappelle qu’un mor-
phisme f : pX, A q Ñ pY, Bq est une application f : X Ñ Y qui satisfait que f ´1 pBq P A ,
pour tout B P B.
1. Soient pX, A q une algèbre de Boole et f : X Ñ Y une application. On définit
f˚ pA q “ tB Ď Y : f ´1 pBq P A u. Montrer que pY, f˚ pA qq est une algèbre de Boole,
appelée l’image directe de A , et que f est un morphisme d’algèbres de Boole de
pX, A q dans pY, f˚ pA qq.
2. Soient pY, Bq une algèbre de Boole et f : X Ñ Y une application. On définit
f ˚ pBq “ tf ´1 pBq : B P Bu. Montrer que pX, f ˚ pBqq est une algèbre de Boole,
appelée l’image inverse de B, et que f est un morphisme d’algèbres de Boole de
pX, f ˚ pBqq dans pY, Bq.
3. Soient pX, A q et pY, Bq deux algèbres de Boole et f : X Ñ Y une application.
Montrer que f ˚ pBq Ď A si et seulement si f est un morphisme d’algèbres de Boole
de pX, A q dans pY, Bq, si et seulement si B Ď f˚ pA q.
Exercice 2.4 Soient pX, A q et pY, Bq deux algèbres de Boole. On définit A b B Ď
PpX ˆ Y q comme l’ensemble formé des unions des familles finies et disjointes des parties
de la forme A ˆ B, avec A P A et B P B. Montrer que pX ˆ Y, A b Bq est une algèbre
de Boole.
Exercice 2.5 Soit pX, A q une algèbre de Boole. On rappelle qu’une mesure sur A est
une application µ : A Ñ r0, `8s telle que νpHq “ 0 et
ˆď ˙ ÿ
µ Ai “ µpAi q,
iPI iPI
pour toute famille disjointe pAi qiPI P A I (i.e. Ai X Ai1 “ H si i ‰ i1 ) avec I au plus
dénombrable telle que YiPI Ai P A . Si dans la définition précédente I est seulement fini,
on dit que µ est une application additive. Soient pX, A q et pY, Bq deux algèbres de Boole
et f : X Ñ Y un morphisme d’algèbres de Boole. Montrer que, si µ : A Ñ r0, `8s est
une mesure sur A , l’application f˚ µ : B Ñ r0, `8s donnée par B ÞÑ µpf ´1 pBqq est une
mesure sur B, appelée l’image directe de µ.
Exercice 2.6 Soient pX, A q et pY, Bq deux algèbres de Boole, munies des applications
additives µ et ν, respectivement. Montrer qu’il existe une unique application additive
µ b ν : A b B Ñ r0, `8s telle que
pµ b νqpA ˆ Bq “ µpAqνpBq, (2)
pour tous A P A et B P B.
1. Plusieurs auteurs n’imposent pas la condition X P A dans la définition d’algèbre d’ensembles, car
ils veulent considérer après seulement des parties de mesure finie.
3 Intégration sur un segment
3.1 Fondements
Exercice 3.1 Étant donnés des nombres réels a ă b, on pose Stpra, bs, Cq l’espace vectoriel
des fonctions en escalier, i.e. des fonctions f : ra, bs Ñ C telles qu’il existe une subdivision
P “ ta “ a0 ă ¨ ¨ ¨ ă an “ bu Ď ra, bs avec n P N˚ telle que f |sai ,ai`1 r soit une fonction
constante pour tout i P t0, . . . , n ´ 1u. On regarde Stpra, bs, Cq comme un sous-espace
vectoriel de l’espace vectoriel normé complet Bpra, bs, Cq formé des fonctions bornées, muni
de la norme infini } ¨ }8 .
1. Si f est une fonction en escalier avec subdivision P “ ta “ a0 ă ¨ ¨ ¨ ă an “ bu
n´1
ÿ
on définit la valeur Ipf q :“ ci pai`1 ´ ai q P C, où ci ” f |sai ,ai`1 r , pour tout
i“0
i P t0, . . . , n ´ 1u. Montrer que Ipf q est indépendante de la subdivision de f et que
l’application I : Stpra, bs, Cq Ñ C est linéaire.
2. Montrer que, pour tout f P Stpra, bs, Cq,
|Ipf q| ď pb ´ aq.}f }8 .
L’application linéaire I : Stpra, bs, Cq Ñ C est donc continue pour la norme infini. En
conséquence, I s’étend en une unique application linéaire continue
I¯ : Stpra, bs, Cq Ñ C
¯ q| ď pb ´ aq.}f }8 , pour tout f P Stpra, bs, Cq, où Stpra, bs, Cq est l’adhérence
telle que |Ipf
de Stpra, bs, Cq dans Bpra, bs, Cq.
On appelle Stpra, bs, Cq l’espace des fonctions réglées ou intégrables (au sens réglé), et, pour
żb
ces fonctions, on note ¯ q. 2
f pxqdx le nombre Ipf
a
Exercice 3.2 (Fonctions en escalier) Soit f : ra, bs Ñ R telle que f ne prenne qu’un
nombre fini de valeurs. On note Γ “ f pra, bsq. On suppose |Γ| ě 2.
On suppose de plus que f admet en tout point une limite à droite et une limite à gauche.
1. Soit ϵ0 “ mint|y ´ y 1 | : y, y 1 P Γ, y ‰ y 1 u. Montrer que ϵ0 ą 0.
2. Montrer que pour tout x P ra, b r , il existe η ą 0 tel que la restriction de f à
s x, x ` η r Xra, bs est constante de valeur f px` q :“ lim f pyq.
yÑx`
Exercice 3.3 (Une fonction continue est limite uniforme d’une suite croissante de fonc-
tions en escalier) Soit f : r0, 1s Ñ R une fonction continue.
1. Soit ωn pf q “ supt|f pxq ´ f pyq| : x, y P r0, 1s, |x ´ y| ď 1{nu. Montrer que ωn pf q tend
vers 0 quand n tend vers `8.
2. Soit σn la subdivision donnée par tj{2n : j P t0, . . . , 2n uu. Montrer que σn`1 est plus
fine que σn .
3. On définit la suite pgn q de fonctions en escalier de r0, 1s dans R de la façon suivante :
on pose gn p1q “ f p1q et pour 0 ď k ă 2n et x P rk{2n , pk ` 1q{2n r ,
" „ ȷ*
k k`1
gn pxq “ inf f pyq : y P n , n .
2 2
Montrer que gn ď gn`1 .
4. Montrer que pour tout n P N et pour tout x P r0, 1s, |gn pxq ´ f pxq| ď ω2n pf q. En
déduire que la suite pgn qnPN converge uniformément vers f .
5. Comment feriez-vous pour construire une suite décroissante de fonctions en escalier
convergeant uniformément vers f ?
1. Soit x R Q et soit ppn {qn qnPN une suite de rationnels tendant vers x. Soit FN “ tp{q P
r0, 1s : 0 ă q ď N, p P Nu.
(i) Montrer que FN est un ensemble fini.
(ii) En déduire qu’il existe ϵ ą 0 tel que |x ´ y| ą ϵ, pour tout y P FN .
(iii) En déduire qu’il existe n0 P N tel que qn ą N , pour tout n ě n0 .
(iv) En déduire que la suite pqn qnPN tend vers `8.
2. Montrer que f est continue en tout point de r0, 1szQ et en 0, et qu’elle est discontinue
en tout point de Q X s 0, 1s.
3. Soit ϵ ą 0 et Fϵ1 “ tx P r0, 1s : f pxq ą ϵu.
(i) Montrer que Fϵ1 est fini.
(ii) Construire une fonction en escalier gϵ telle que }gϵ ´ f }8 ă ϵ.
ż1
(iii) Que vaut gϵ pxqdx ?
0
4. La fonction f est-elle continue par morceaux ?
Exercice 3.5 (Autour des mesures de réunion finie d’intervalles) Tous les intervalles
considérés dans cet exercice seront inclus dans ra, bs. Soit U l’ensemble des réunions finies
d’intervalles inclus dans ra, bs.
1. Montrer que si X Ă ra, bs est un ensemble fini, alors X P U.
2. Soit X Ď ra, bs. Montrer que la fonction indicatrice 1X de X est une fonction en
escalier sur ra, bs si et seulement si X P U.
3. Montrer que si A et B appartiennent à U, alors A Y B P U et A X B P U. Montrer
que si A P U, ra, bszA P U.
żb
4. On définit l’application m de U dans R par mpXq “ 1X pxqdx.
a
(i) Montrer que si X est un intervalle, mpXq est égal à la longueur de X.
(ii) Montrer que si X P U et J est un ensemble fini, alors mpX Y Jq “ mpXq.
(iii) Montrer que si X Ď Y et X, Y P U, mpXq ď mpY q.
(iv) Montrer que si X Ď Y et X, Y P U, mpX Y Y q “ mpXq ` mpY q ´ mpX X Y q.
5. Montrer que si pXn qnPN˚ est une suite d’éléments de U deux à deux disjoints, alors
`8
ÿ
mpXn q ă `8.
n“1
Exercice 3.7 On considère la fonction f : r1, 2s Ñ R donnée par f pxq “ x´2 . Soit n P N˚ .
On découpe l’intervalle r1, 2s en n intervalles égaux. Les bornes des intervalles sont définies
à l’aide des points xi “ pn ` iq{n, pour 0 ď i ď n.
1. Que représente la somme
n
1ÿ
Sn “ f pxi q
n i“1
pour n P N˚ ?
2. Montrer que, pour tout n P N˚ ,
n
ÿ 1
Sn “ n .
i“1
pn ` iq2
Exercice 3.8 Déterminer la limite des sommes suivantes quand n tend vers `8, en les
interprétant comme des sommes de Riemann :
n n n
ÿ n`k ÿ k2 ÿ k
(a) Sn “ 2 2
, (b) S n “ , (c) Sn “ sinpkπ{pn ` 1qq,
k“1
n `k k“1
2 3 3
n pn ` k q 1{3
k“1
n2
n´1 n´1 n´1
1 ÿ 2
ÿ 1 ÿ 1
(d) Sn “ cos pkπ{nq, (e) Sn “ , (f) Sn “ ? ,
n k“0 k“0
2n ` 3k k“0
n ´ k2
2
2n 2n
ÿ π ÿ
(g) Sn “ . En déduire la valeur de la limite lim sinpπ{kq.
k“n
k nÑ`8
k“n
avec a P Rzt0u.
1. Évaluer directement lim Sn .
nÑ`8
Déterminer la limite de un .
et ż π{2 n
2n 2n ´ 2 2 ź 2i
sin2n`1 pxqdx “ ˆ ˆ ¨¨¨ ˆ “ .
0 2n ` 1 2n ´ 1 3 i“1 2i ` 1
3. Utiliser l’item précédent et le fait que les puissances de sinpxq sont décroissantes
(pour x P r0, π{2s) pour conclure que
şπ{2 2n`1
1 0 sin pxqdx
1 ď ş π{2 ď 1,
1 ` 2n 2n
sin pxqdx
0
pour tout n P N˚ .
4. En déduire le produit de Wallis
n
π ź p2iq2
“ lim .
2 nÑ`8 i“1 p2i ´ 1qp2i ` 1q
5. Montrer que
? pn!q2 22n
π “ lim . (3)
nÑ`8 p2nq!n1{2
x3
ˆ ˙
1 1`x
ϕpxq “ ln ´ x et ψpxq “ ϕpxq ´ .
2 1´x 3p1 ´ x2 q
Montrer que
x2 ´2x4
ϕ1 pxq “ et ψ 1
pxq “
1 ´ x2 3p1 ´ x2 q2
pour tout x P s ´ 1, 1 r . En déduire que ϕpxq ą 0 et ψpxq ă 0, pour tout x P s 0, 1 r .
2. En déduire que
x3
ˆ ˙
1 1`x
0 ď ln ´xď ,
2 1´x 3p1 ´ x2 q
pour tout x P r0, 1 r .
3. Soit xn “ 1{p2n ` 1q, pour n P N. Montrer que, pour tout n P N˚ ,
1 ` xn n`1 x3n 1
“ et 2
“ .
1 ´ xn n 3p1 ´ xn q 12p2n ` 1qnpn ` 1q
4. En déduire que
ˆ ˙
1 n`1 1 1
0 ď ln ´ ď ,
2 n 2n ` 1 12p2n ` 1qnpn ` 1q
ou, de façon équivalente,
ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙
1 n`1 1 1 1
0ď n` ln ´1ď ´ ,
2 n 12 n n ` 1
pour tout n P N˚ .
5. Soient pan qnPN˚ et pbn qnPN˚ deux suites réelles données par
nn`1{2 e´n
an “ et bn “ an e1{p12nq .
n!
Montrer que an ď bn , an ď an`1 et bn`1 ď bn , pour tout n P N˚ . En déduire qu’il
existe un unique nombre réel c ą 0 tel que an ď c ď bn , pour tout n P N˚ .
6. En déduire que, pour tout n P N˚ , il existe θn P r0, 1s tel que
n! “ c´1 nn`1{2 e´n eθn {p12nq . (4)
?
7. Utiliser (3) et (4) (en remplaçant n par 2n) pour montrer que c “ 1{ 2π.
Exercice 3.14 (Irrationalité de π) Dans cet exercice, on va montrer que π est irrationnel
(on utilise la définition de π donnée dans l’exercice 1.3). On procède par l’absurde : on
suppose que π “ p{q, avec p, q P N˚ premiers entre eux. Pour tout n P N, on définit le
polynôme
xn pp ´ qxqn
fn pxq “ .
n!
1. Montrer que fn p0q “ 0 et que fn pπ ´ xq “ fn pxq, pour tout n P N˚ . En déduire que
fnpkq pπ ´ xq “ p´1qk fnpkq pxq, pour tous n, k P N˚ .
2. Montrer que fnpkq p0q P Z, pour tous n, k P N. En déduire que fnpkq pπq P Z, pour tous
n, k P N.
3. Pour tout n P N, on pose :
n
ÿ
Fn pxq “ p´1qk fnp2kq pxq.
k“0
5. Montrer que
pn π n
0 ă fn pxq sinpxq ă ,
n!
pour tout n P N et x P s 0, π r . En déduire que
żπ
πppπqn
0ă fn pxq sinpxqdx ă ,
0 n!
pour tout n P N. Conclure.
3.4 Trois résultats théoriques importants
1. Montrer que
Nÿ
´1
` ˘` ˘
|IN ´ I| ď gpxj q ´ gpxj`1 q Hpxj`1 q ´ Hpxj q .
j“0
En déduire que ˇż b ˇ ˇż c ˇ
ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇ f ptqgptqdtˇ ď gpaq sup ˇ f ptqdtˇ.
ˇ ˇ ˇ ˇ
a cPra,bs a
3. On suppose maintenant que f est une fonction à valeurs réelles. Montrer qu’il existe
c P ra, bs tel que
żb żc
f ptqgptqdt “ gpaq f ptqdt.
a a
1 1
Exercice 3.17 (Inégalité de Hölder) Soient p, q P R tels que p, q ą 1 et p ` q “ 1. Soient
f et g deux fonctions continues de ra, bs dans R.
1 1
u
1. Montrer que, pour tous u, v P Rě0 , u p ˆ v q ď p ` vq .
2. En déduire que
ˇż b ˇ ˆż b ˙ p1 ˆż b ˙ 1q
ˇ ˇ p q
ˇ f ptqgptqdtˇ ď |f ptq| dt |gptq| dt .
ˇ ˇ
a a a
Exercice 3.18 Soit f : r0, 1s Ñ R une fonction de classe C 1 telle que f p0q “ 0.
1. Montrer que ż1 ż1
1
f 2 pxqdx ď pf 1 q2 pxqdx.
0 2 0
żx
Indication : écrire f pxq “ f 1 psqds, pour x P r0, 1s, et utiliser l’inégalité de
0
Cauchy-Schwartz.
2. Améliorer l’inégalité précédente quand de plus f p1q “ 0.
żx
´x2 2
Exercice 3.20 On définit f : Rě0 Ñ R via f pxq “ e et dt.
0
1. Montrer que
2
1 e´x
f pxq ě ´ ,
2x 2x
pour tout x P Rě0 .
? ?
2. En découpant l’intervalle r0, xs en r0, x ´ xs et rx ´ x, xs pour x ą 1, montrer que
f pxq est équivalent à 1{p2xq en `8.
ż 2π
Exercice 3.21 Soit x P Rzt˘1u. On pose f pxq “ lnpx2 ´ 2x cos t ` 1qdt.
0
1. Déterminer le domaine de définition Dompf q de f .
2. Factoriser le polynôme X n ´ 1 dans CrXs.
3. Calculer f pxq à l’aide de ses sommes de Riemann.
4 Intégrales impropres
Si f : I Ñ R est une fonction continue par morceaux żsur un intervalle I, on dira
que f est intégrable sur I si l’intégrale généralisée |f pxq|dx est convergente,
ż I
i.e. si f pxqdx est absolument convergente.
I
Exercice 4.1 Soit f : ra, b r Ñ R (avec b P R Y t`8u) une fonction continue par mor-
żb
ceaux telle que |f pxq|dx converge. Soit pxn qnPN une suite croissante d’éléments de ra, b r
a
tendant vers b. ż xn
1. Montrer que la suite In “ f pxqdx est de Cauchy.
a
2. Montrer que cette limite ne dépend pas de la suite pxn qnPN choisie. En déduire que
żb
l’intégrale f pxqdx est convergente.
a
Exercice 4.2 Soit f : Rě0 Ñ żR une fonction continue par morceaux et intégrable. Montrer
n`1 ż `8
que la série de terme général f pxqdx converge et que sa somme est f pxqdx.
n 0
Exercice 4.3 Soit f : ra, b r Ñ R une fonction continue par morceaux et intégrable. Montrer
que
żb
lim f ptqdt “ 0.
xÑb x
Exercice 4.4 Soit f : R Ñ R une fonction continue par morceaux et intégrable. Montrer
que pour tout a P Rzt0u et tout b P R, la fonction x ÞÑ f pax ` bq est intégrable sur R et
que ż `8 ż `8
f ptqdt “ |a| f pat ` bqdt.
´8 ´8
Exercice 4.5 Soit f : Rě0 Ñ R une fonction uniformément continue et intégrable (sur
Rě0 ). Montrer que
lim f pxq “ 0.
xÑ`8
Exercice 4.6 Soit f : Rě0 Ñ Rě0 une fonction continue par morceaux, décroissante
et intégrable (sur Rě0 ). Montrer que la fonction g : Rě0 Ñ R donnée par l’expression
gpxq “ xpf pxq ´ f px ` 1qq est intégrable (sur Rě0 ) et calculer la valeur de son intégrale
sur Rě0 .
4.2 Nature (et calcul) d’intégrales généralisées explicites
Exercice 4.8
1. Déterminer
ż `8 la nature des intégrales généralisées
ż `8 suivantes : ż
`8
a lnpxq 1
(i) px ` 2 ´ x2 ` 4x ` 1qdx, (ii) ´x
dx, (iii) cosp1{xq
dx,
0ż 1 x ` eż 1 x
`8 ? ż `8 `8
2 1 dx
(iv) e´ x ´x dx, (v) lnpxq
dx, (vi) ,
ż1 `8 2 plnpxqq 3 plnplnpxqqqlnpxq
dx
(vii) .
0 1 ` | sinpxq|
2. Calculer,
ż `8 en montrant la convergence :
ż `8 ż `8
dx dx dx
(i) , (ii) 3
, (iii) ,
0 px ` 1qpx ` 2qpx ` 3q 0 x `1 0 px ` 1q2 px ` 2q2
ż1 ż `8 ż `8
x lnpxq dx lnpxq
(iv) 2 q3{2
dx, (v) 2 a
(a P R), (vi) n
dx (n P N˚ ).
0 p1 ´ x 0 p1 ` x qp1 ` x q 1 x
est-elle convergente ?
Exercice 4.11 Soient a et b des réels tels que a ă b. Montrer que la fonction définie sur
s a, b r par
1
f pxq “ a
px ´ aqpb ´ xq
est intégrable sur s a, b r et calculer son intégrale.
Indication : on fera le changement de variable t “ px ´ aq{pb ´ xq.
lnp1 ` xq
fα pxq “ .
xα
Déterminer les valeurs de α telles que fα soit intégrable (sur Rą0 ).
En déduire ż π{2 ` ˘
sin p2n ` 1qx π
dx “ .
0 sin x 2
2. Vérifier que l’application f : r0, π{2s Ñ R définie par
& 1 ´ 1 , si x ‰ 0,
$
f pxq “ x sinpxq
0, si x “ 0,
%
3. En conclure que ż `8
sinpxq π
dx “ .
0 x 2
4. Montrer que ˇ ż nπ ˇ
ˇ sinpxq ˇˇ 2
ˇ dxˇ ě
ˇ
pn´1qπ x nπ
ż `8
˚ sinpxq
pour tout n P N . En déduire que dx n’est pas absolument convergente.
0 x
On dit dans ce cas qu’elle est semi-convergente.
Exercice 4.17
ż `8
1. Montrer la fonction Γppq “ e´t tp´1 dt est définie et de classe C 8 sur Rą0 .
0
2. Montrer que, pour tout p ą 0, Γpp ` 1q “ pΓppq. En déduire la valeur Γpnq pour
n P N˚ .
3. Montrer que ˆ ˙ ż `8
1 2 ?
Γ “2 e´x dx “ π
2 0
Exercice 4.18 Soient f et g des fonctions réelles continues par morceaux sur ra, b r et
supposons gpxq ą 0, pour tout x P ra, b r .
1. Montrer que si g est intégrable sur ra, b r alors
żb ˆż b ˙
f “ ob pgq ùñ f “ ob g
x x
et żb żb
f „b g ùñ f „b g.
x x
et żx żx
f „b g ùñ f „b g.
a a
C
Trouver un équivalent de f pxq de la forme (avec C P R et α ą 0) quand x tend vers `8.
xα
4.4 Intégrales et paramètres (entiers ou réels)
Exercice 4.20 (Théorème de convergence monotone) Soit pfn qnPN une suites de fonctions
de I dans R telle que
(i) pour tout n P N, fn est intégrable sur I,
(ii) pfn qnPN est croissante (i.e., pour tout x P I, pfn pxqqnPN est croissante),
(iii) pfn qnPN converge simplement vers f .
ˆż ˙
Montrer que f est intégrable sur I si et seulement si fn pxqdx converge. De plus,
I nPN
montrer que dans ce cas on a les égalités suivantes
ż ż ż
f pxqdx “ sup fn pxqdx “ lim fn pxqdx.
I nPN I nÑ`8 I
Exercice 4.21 (Théorème de convergence dominée) Soit pfn qnPN une suite de fonctions
continues par morceaux de I dans R telle que
(i) pour tout n P N, fn est intégrable sur I,
(ii) il existe φ : I Ñ Rě0 intégrable sur I telle que |fn pxq| ď φpxq pour tout n P N et
tout x P I,
(iii) pfn qnPN converge simplement vers f .
Montrer que f est intégrable sur I et que
ż ż
f pxqdx “ lim fn pxqdx.
I nÑ`8 I
Exercice 4.23
1. Montrer que l’intégrale ż1
lnp1 ` xt2 q
dt (5)
0 t2
converge pour tout x P Rą´1 .
2. Pour tout x P Rą´1 , on note F pxq l’intégrale (5). La fonction F ainsi définie est-elle
continue en 0 ?
Exercice 4.24 Trouver une suite de fonctions pfnşqnPN P C 0 pr0, 1s, Rě0 qN qui converge
1
simplement vers la fonction nulle sans que la suite p 0 fn pxqdxqnPN soit majorée.
Exercice 4.25 Trouver une série de fonctions continues, intégrables et d’intégrales nulles
sur Rě0 , convergeant simplement vers la fonction sinus sur Rě0 .
Exercice 4.26 Montrer que la fonction f : Rě0 Ñ R définie par
`8
ÿ sinpnxq
f pxq “ e´nx
n“1
x2 ` n2
2. Montrer que ż `8
lim n e´nt f ptqdt “ f p0q.
nÑ8 0
Exercice 4.30 Soit f : R Ñ R une fonction continue telle queżx ÞÑ xf pxq soit intégrable
`8
sur R. Montrer que la fonction F : R Ñ R donnée par F pxq “ e´ixt f ptqdt est définie
´8
sur R et elle est de classe C 1 . Calculer sa fonction dérivée.
Exercice 4.33
1. Montrer que, pour tout x réel, les intégrales généralisées
ż `8 ´t ż `8 ´t ż `8 p´1`ixqt
e cosptxq e sinptxq e
? dt, ? dt et ? dt
0 t 0 t 0 t
convergent.
2. On définit alors 2 applications u, v : R Ñ R et une application z : R Ñ C par
ż `8 ´t ż `8 ´t
e cosptxq e sinptxq
upxq “ ? dt, vpxq “ ? dt
0 t 0 t
et ż `8
ep´1`ixqt
zpxq “ ? dt.
0 t
Étudier la parité des applications u et v et montrer que zpxq “ upxq ` ivpxq, pour
tout x P R.
3. On pose λ “ up0q. Montrer que λ ą 1 ´ e´1 .
4. Montrer que les applications u, v et z sont continues.
5. Montrer que, pour tout réel x, l’intégrale généralisée
ż `8 ?
tep´1`ixqt dt
0
converge.
6. Montrer que les applications u, v et z sont dérivables.
7. Prouver que
´1
z 1 pxq “ zpxq,
2px ` iq
pour tout x P R.
Indication : on pourra utiliser une intégration par parties.
8. En déduire que les applications u, v et z sont indéfiniment dérivables.
Exercice 5.1 (La série de Fourier) Soit E l’espace vectoriel des fonctions f : R Ñ C
continues par morceaux, périodiques de période 2π. On définit l’application x , y : EˆE Ñ C
par ż π
xf, gy “ f pxqgpxqdx.
´π
1. Montrer que x , y est une forme hermitienne positive sur E. Est-elle définie positive ?
2. Soit tχn unPZ P EZ la collection de fonctions donnée par χn pxq “ einx . Montrer que
xχn , χm y “ 2πδn,m ,
pour tous n, m P Z, où δn,m “ 1 si n “ m et 0 si n ‰ m. Pour n P Z, on définit les
coefficients de Fourier exponentiels
1 π
ż
xf, χn y
cn pf q “ “ f pxqe´inx dx. (FE)
xχn , χn y 2π ´π
On écrira cn si la fonction f est sous-entendue.
3. Soit tφn unPZ P EZ la collection de fonctions donnée par φn pxq “ cospnxq si n P N˚ ,
φ0 pxq “ 1 et φ´n pxq “ ψn pxq “ sinpnxq si n P N˚ . Montrer que
xφ0 , φ0 y “ 2xφn , φn y “ 2π et xφm , φm1 y “ 0,
pour tout n P Z˚ et tous m, m1 P Z tels que m ‰ m1 . On définit les coefficients de
Fourier trigonométriques
1 π
ż
xf, φn y
an pf q “ “ f pxq cospnxqdx,
xφn , φn y π ´π
żπ
xf, φ0 y 1
a0 pf q “ “ f pxqdx, (FT)
xφ0 , φ0 y 2π ´π
1 π
ż
xf, φ´n y
bn pf q “ “ f pxq sinpnxqdx,
xφ´n , φ´n y π ´π
pour tout n P N˚ . On écrira plus simplement an ou bn si la fonction f est sous-
entendue.
4. Montrer que φ0 “ χ0 , χn ` χ´n “ 2φn , χn ´ χ´n “ 2iφ´n et φn ` iφ´n “ χn , pour
tout n P N˚ . En déduire une relation entre (FE) et (FT). En particulier, montrer que
n
ÿ n
ÿ
ck pf qeikx ,
` ˘
Sf,n pxq “ a0 pf q ` ak pf q cospkxq ` bk pf q sinpkxq “ (F)
k“1 k“´n
Montrer que f ˚ g P E.
2. Pour tout n P N, on considère la fonction continue et périodique de période 2π donnée
par
m
1 ÿ
Dn “ χk .
2π k“´m
(i) Montrer que Dn ˚ f “ Sf,n , pour tout n P N.
(ii) Montrer que ` ˘
1 sin p2n ` 1qx{2
Dn pxq “ ,
2π sinpx{2q
pour tout x P Rz2πZ et n P N.
(iii) Montrer que ż π
Dn pxqdx “ 1,
´π
pour tout n P N.
3. Pour tout n P N, on considère la fonction continue et périodique de période 2π donnée
par
n´1 m
1 ÿ ÿ
Kn “ χk .
2πn m“0 k“´m
(i) Montrer que
řn´1
m“0 Sf,m
Kn ˚ f “ .
n
(ii) Montrer que
1 sin2 pnx{2q
Kn pxq “ ,
2πn sin2 px{2q
pour tout x P Rz2πZ et n P N. En déduire que Kn pxq ě 0, pour tout x P R.
(iii) Montrer que ż π
Kn pxqdx “ 1,
´π
pour tout n P N.
(iv) Montrer que, étant donnés ϵ ą 0 et 0 ă δ ă π, il existe N P N tel que
ż ´δ żπ
Kn pxqdx ` Kn pxqdx ă ϵ,
´π δ
pour tout n ě N .
4. Soit f P E et soit X Ď R une partie compacte telle que f |X soit continue. À partir
des items précédents, conclure que Kn ˚ f converge uniformément vers f sur X. En
déduire que l’espace vectoriel engendré par tχn unPZ P EZ (ou par tφn unPZ P EZ ) est
dense dans E muni de la semi-norme || ||2 associée à x , y.
5. Utiliser l’item précédent et le théorème de Bessel pour montrer que, si f P E satisfait
que cn pf q “ 0 pour tout n P Z, alors il existe F Ď s ´ π, π r fini tel que f | s ´π,π r zF
est la fonction nulle.
Exercice 5.4
1. Soit f P E de classe C 1 . Montrer qu’il existe une constante C ą 0 telle que |cn pf q| ď
C{|n|, pour tout n P Z˚ .
2. Soit f P E de classe C 2 . Montrer qu’il existe une constante C ą 0 telle que |cn pf q| ď
C{n2 , pour tout n P Z˚ .
3. Soit f P E telle que la série de Fourier Sf,n converge uniformément. Utiliser l’exercice
2 pour montrer que la limite uniforme de Sf,n est f .
4. Soit f P E qui satisfait qu’il existe C ą 0 telle que |cn pf q| ď C{n2 , pour tout n P Z˚ .
Montrer que la série de Fourier de f converge uniformément vers f . En déduire que
la série de Fourier de f converge uniformément vers f si f est de classe C 2 .
lim f px ` hq et lim f px ` hq
hÑ0` hÑ0´
pour tout x P X.
4. On continue avec les hypothèses de l’item précédent. Montrer que le lemme de
Riemann-Lebesgue uniforme (RL-U) implique que
ż ´δ żπ
` ˘ ` ˘
f px ´ tq ´ Avf pxq Dn ptqdt et f px ´ tq ´ Avf pxq Dn ptqdt
´π δ
Exercice 5.7 Soient f, g P E les fonctions qui satisfont que f |r0,2π r coïncide avec pπ´xq2 {4
et g|r0,2π r coïncide avec pπ ´ xq{2
1. Montrer que les séries de Fourier trigonométriques de f et de g sont
8 8
π2 ÿ cospkxq ÿ sinpkxq
` et ,
12 k“1 k 2 k“1
k
respectivement.
2. Montrer que la série de Fourier trigonométrique de f converge uniformément vers f .
3. Montrer que l’on peut différentier la série de Fourier trigonométrique de f terme à
terme sur tout intervalle de la forme rδ, 2π ´ δs, avec 0 ă δ ă π, et
8
π´x ÿ sinpkxq
“ ,
2 k“1
k
pour tout x P s 0, 2π r .
Exercice 5.8 Soit f P E la fonction qui satisfait que f |r0,2π r coïncide avec eax , où a P CziZ.
1. Calculer la série de Fourier exponentielle de f .
2. Soit x P s 0, 2π r . Montrer que
ˆ `8
ÿ a cospkxq ´ k sinpkxq ˙
ax 2aπ 1
πe “ pe ´ 1q ` .
2a k“1 k 2 ` a2
3. Soit x P s 0, 2π r et b P RzZ. Montrer que
`8 ` ˘
sinp2bπq ÿ b sinp2bπq cospkxq ` k cosp2bπq ´ 1 sinpkxq
π cospbxq “ ` 2 ´ k2
.
2b k“1
b
En déduire que
`8
ÿ p´1qk
bπ
“ 1 ` 2b2 .
sinpbπq k“1
b2 ´ k 2
pour tout x P s 0, π r . Conclure que les points critiques de ∆n sont de la forme xn,j “
jπ{pn ` 1{2q, pour j P t1, . . . , nu. Noter que xn,j converge vers 0` quand n tend vers
`8.
3. Montrer que ż jπ
sinpxq
lim Sg,n pxn,j q “ dx.
nÑ`8 0 x
En déduire que ż jπ
sinpxq π
bj “ lim ∆n pxn,j q “ dx ´ .
nÑ`8 0 x 2
Indication : Considérer une somme de Riemann de sinpxq{x sur l’intervalle r0, jπs
associée à la subdivision tkjπ{pn ` 1{2q : k P t1, . . . , nuu.
4. Montrer que la suite pbj qjPN est alternée et que p|bj |qjPN est strictement décroissante
(de limite 0). En conséquence, la valeur b1 » 0, 281 est maximale.
5. Soit f P E de classe C 1 par morceaux et soit ty1 , . . . , yn u Ď r0, 2π r l’ensemble
de discontinuités de saut de f |r0,2π r . On pose di “ pf pyi `q ´ f pyi ´qq{π et f˜pxq “
n
ÿ
f pxq ´ di gpx ´ yi q, pour x P R. Noter que, comme f˜ est de classe C 1 par morceaux
i“1
et continue, Sf˜,n converge uniformément vers f˜. Utiliser le principe de localisation de
Riemann ainsi que les items précédents pour montrer qu’il existe une suite pxn,i qnPN
qui converge vers yi ` telle que la limite de |Sf,n pxn,i q ´ f pyi `q| quand n tend vers
`8 est b1 di pour tout i P t1, . . . , nu.
On dit que g satisfait le phénomène de Gibbs à droite (resp., à gauche) en x0 s’il existe
une suite pxn qnPN P RN telle que xn ą x0 (resp., xn ă x0 ) pour tout n P N et
` ˘ ´ ` ˘ ¯
sgnpdq lim Sg,n pxn q ´ gpx0 `q ą 0 resp., sgnpdq lim Sg,n pxn q ´ gpx0 ´q ă 0 .
nÑ`8 nÑ`8
où a ą 0.
Exercice 6.4 Soient A et B deux points de R2 tels que la distance entre A et B est a ą 0.
Sans perte de généralité on considère que A “ p0, 0q et B “ pa, 0q. Soit φ : r0, 1s Ñ R2
une courbe paramétrée du plan de classe C 1 telle que φp0q “ A et φp1q “ B. On note ℓ la
longueur de la courbe paramétrée par φ.
1. Rappeler la formule permettant de calculer ℓ.
2. Montrer que ℓ ě a. Est-ce étonnant ?
3. Montrer que ℓ “ a si et seulement s’il existe une fonction x : r0, 1s Ñ R monotone
telle que φptq “ pxptq, 0q, pour tout t P r0, 1s.
Exercice 6.5 On va s’intéresser aux courbes de longueur minimale tracées sur la sphère
S 2 “ px, y, zq P R3 : x2 ` y 2 ` z 2 “ 1 Ď R3
␣ (
de rayon 1 et de centre O “ p0, 0, 0q. On appelle grand cercle de la sphère toute intersection
de la sphère avec un plan passant par O.
Soient A et B deux points de S 2 . Sans perte de généralité, on considère que A “ p0, 0, 1q
et B “ psinpψ0 q, 0, cospψ0 qq, avec 0 ď ψ0 ď π.
On considère une courbe tracée sur la sphère M : r0, 1s Ñ S 2 donnée par
telle que les fonctions θ et ψ soient de classe C 1 , θp0q “ 0, ψp0q “ 0, θp1q “ 0 et ψp1q “ ψ0 .
On a donc M p0q “ A et M p1q “ B. On note ℓ la longueur de la courbe paramétrée
précédente.
2. En déduire que la longueur de ℓ est plus grande que la longueur de l’arc de cercle du
grand cercle tracé sur la sphère reliant A à B.
3. En déduire que pour tous points A, B sur la sphère, le chemin sur la sphère le plus
court reliant A à B est donné par l’arc de cercle reliant A à B d’un grand cercle de
la sphère.
7 Intégrales doubles
Exercice 7.2 Soit T Ď R2 le triangle ayant pour sommets les points de coordonnées p0, 0q,
p1, 0q et p0, 1q. Montrer que ij
x´y 1
e x`y dxdy “ sinhp1q.
2
T
Exercice 7.3 Montrer que l’aire de la région bornée R comprise entre la droite y “ x et
la parabole y 2 “ 2x vaut 2{3.
2. En déduire la valeur de ij
dxdy
.
1 ` xy
∆
Exercice 7.11 Soit D “ tpx, yq P R2 : |x| ď 1, |y| ď x2 u. Représenter D, calculer son aire
et l’intégrale ij
px2 ´ yqdxdy.
D
et en conséquence
ij
˘pn´2q{2
1 ´ x2 ´ y 2
`
ωn p1q “ ωn´2 p1q dxdy.
B̄2 p1q
5. Utiliser le changement de variables des coordonnées polaires pour calculer la dernière
intégrale. En déduire que
πn 2n π n´1
ω2n p1q “ et ω2n´1 p1q “ ,
n! p2n ´ 1q!!
pour tout n P N˚ , où l’on rappelle que p2n ´ 1q!! “ p2n ´ 3q!!.p2n ´ 1q et 1!! “ 1.
6. Montrer que
π n{2
ωn p1q “ ,
Γp1 ` n{2q
pour tout n P N˚ .
Exercice 7.13
ż `8
2
1. L’intégrale J “ e´x dx est-elle convergente ?
0
2. Pour a ą 0, on pose Da “ r0, as ˆ r0, as, ∆a “ tpx, yq P R2ě0 : x2 ` y 2 ď a2 u,
ij ij
Qpaq “ f pxqf pyqdxdy et Cpaq “ f pxqf pyqdxdy,
Da ∆a
2
où f pxq “ e´x . Encadrer Qpaq à l’aide de la fonction Cpaq. En déduire la valeur de
J.
∆n pcq “ px1 , . . . , xn q P Rn : xi ě 0, x1 ` ¨ ¨ ¨ ` xn ď c .
␣ (
1. Soient ż `8 ż `8
1 cospsq sinpsq
I “ ? ds et J 1 “ ? ds.
0 s 0 s
1 1
Montrer que I “ I {2 et J “ J {2.
2. Montrer que I et J sont bien définies.
3. En utilisant ? ż `8
π 2
“ e´x dx,
2 0
montrer que ż `8
1 2 2
? “? e´tx dx,
t π 0
pour tout t ą 0.
4. Justifier que
ż `8 ˆ ż B ˙ ż B ˆ ż `8 ˙
it ´tx2 it ´tx2
e e dt dx “ e e dx dt,
0 A A 0
6. En déduire que c
1 π
I“J “ .
2 2
On suppose que la fonction A est dérivable sur ra, bs avec dérivée continue. Montrer
que I est dérivable de dérivée I 1 pkq “ kA1 pkq. En déduire que
ij żb
Ipbq “ F px, yqdxdy “ I 1 pkqdk.
a
Ω
où
ż `8
2. En déduire la valeur de f pxqdx.
´8
F : R Ñ R
ż `8
3. Soit 2 .
ξ ÞÑ e´πx e´2πixξ dx
´8
ż `8 ż `8
(b) Montrer que f 1 pxqe´2πixξ dx “ 2πiξ f pxqe´2πixξ dx
´8 ´8
´πξ 2
(c) En déduire que F pξq “ e pour tout ξ P R.
Exercice 8.1 Soit P une probabilité sur pN, PpNqq, où l’on rappelle que, étant donné un
ensemble Ω, PpΩq “ tA : A Ď Ωu. Montrer que Pptnuq tend vers 0 quand n tend vers `8.
Exercice 8.4 On fait 2 lancers avec trois dés. Quelle est la probabilité d’avoir les mêmes
résultats si
1. les dés sont de trois couleurs différentes ? (Dans ce cas le résultat d’un lancer est un
triplet donnant le résultat de chaque dé)
2. les dés sont indiscernables ? (Dans ce cas le résultat d’un lancer est l’ensemble des
résultats avec leur multiplicité, par exemple deux 1 et un 5)
Exercice 8.5 Après avoir bien mélangé un jeu de 52 cartes, on en fait une pile.
1. Quelle est la probabilité que le 2 de cœur soit à la dernière place ?
2. Quelle est la probabilité que l’as de pique se trouve au dessus de l’as de cœur ?
3. Quelle est la probabilité que l’as de pique soit au dessus de l’as de cœur et que celui-ci
soit au dessus de l’as de carreau ?
4. Quelle est la probabilité que l’as de pique et l’as de trèfle ne soient pas adjacents ?
Exercice 8.6 (Premier problème du chevalier de Méré) Quel est le plus probable : jouant
avec un dé, obtenir au moins une fois 6 en 4 coups, ou bien jouant avec deux dés (discer-
nables), obtenir au moins une fois un double 6 en 24 coups ?
Exercice 8.7 (Second problème du chevalier de Méré) Le chevalier de Méré avait posé à
Pascal le problème suivant : deux joueurs jouent à un jeu de hasard en plusieurs parties ;
celui qui, le premier, a gagné trois parties emporte la totalité de l’enjeu. On considère que
la probabilité de gagner une partie est la même pour chaque joueur . Si les joueurs doivent
arrêter le jeu alors qu’il ne manque au premier joueur, pour l’emporter, qu’une partie, et
au second que deux parties, comment doit-on répartir équitablement l’enjeu ?
Exercice 8.8 (Problème des anniversaires) Quelle est la probabilité pour que n personnes
prises au hasard aient toutes des jours d’anniversaire différents ? On supposera que tous les
jours de naissance sont équiprobables et on ne tiendra pas compte des années bissextiles.
1. Quel est le nombre de répartitions possibles (un panier peut contenir plusieurs
balles) ? On suppose qu’on a équiprobabilité.
2. Quelle est la probabilité pk qu’un panier fixé (par exemple, le premier panier) contienne
exactement k balles, pour k P rr0, rss. Étudier aussi la monotonie de la suite ppk qkPt0,...,ru .
3. On suppose que n et r tendent vers l’infini et que r{n tend vers λ. Montrer que
chaque terme pk admet une limite et calculer celle-ci.
Exercice 8.11 (Problème du scrutin) Lors d’un vote opposant deux candidats A et B, A
obtient a voix et B obtient b voix. On suppose que a ă b. Quelle est la probabilité pour
qu’au cours du dépouillement, B ait toujours été strictement en tête ?
Indication : représenter le dépouillement par un chemin du plan constitué de segments
horizontaux ou verticaux de longueur 1 joignant l’origine au point de coordonnées pa, bq et
compter le nombre de chemins situés strictement au dessus de la diagonale.
Exercice 8.13 (Indépendance d’une famille d’évènements) Soit pΩ, A , Pq un espace pro-
babilisé. Considérons les propriétés suivantes
(P1) les événements pAi q1ďiďn P A n sont indépendants ;
(P2) pour toute famille pBi q1ďiďn P A n telle que Bi P tAi , ΩzAi u,
ˆ č ˙ ź
P Bi “ PpBi q;
1ďiďn 1ďiďn
(P3) pour toute famille pBi q1ďiďn P A n telle que Bi P tH, Ai , ΩzAi , Ωu,
ˆ č ˙ ź
P Bi “ PpBi q.
1ďiďn 1ďiďn
Exercice 8.14 Soit pΩ, A , Pq un espace probabilisé et soit pAn qnPN P A N une suite d’évè-
nements indépendants.
1. Montrer que
ˆď ˙ N
ź
P Ak “ 1 ´ lim PpΩzAk q.
N Ñ`8
kPN k“0
Exercice 8.15 Dans une usine d’écrous, trois machines A, B et C produisent 25%, 35% et
40% du total de la production, respectivement. Elles produisent 5%, 4% et 2% de pièces
défectueuses, respectivement. Un écrou est tiré au hasard et s’avère défectueux. Quelle est
la probabilité qu’il ait été produit par la machine A ? B ? ou C ?
Exercice 8.16 Une urne contient n boules noires et n boules rouges. On tire deux par
deux sans remise, toutes les boules de l’urne. Quelle est la probabilité d’obtenir à chaque
tirage deux boules de couleurs différentes ?
Exercice 8.19 Pour tout entier n ě 2 fixé, soit Pn la probabilité uniforme sur l’ensemble
t1, . . . , nu et soit DP n Ď t1, . . . , nu l’ensemble des diviseurs premiers de n. Pour tout
diviseur m de n désignons par Am le sous-ensemble de t1, . . . , nu formé des multiples de
m.
1. Montrer que Pn pAm q “ 1{m.
2. Montrer que les Ap , où p parcourt les diviseurs premiers de n, sont des événements
indépendants dans l’espace probabilisé pt1, . . . , nu, Pn q.
3. En déduire que l’ensemble des entiers de t1, . . . , nu premiers avec n a une probabilité
ź ˆ 1
˙
1´ .
pPDP
p
n
(v) Existe t-il une probabilité Q sur pN˚ , PpN˚ qq telle que pour tout m ě 1,
QpAm q “ 1{m ?
Exercice 8.20 (Comment jouer à pile ou face avec une pièce biaisée ?) On considère une
pièce ayant une probabilité p P s 0, 1 r de tomber sur face (F). La probabilité de tomber sur
pile (P) est donc 1 ´ p. On lance la pièce deux fois. Si on obtient FP, on pose X “ 1 et si
on obtient PF, on pose X “ 0. Dans les deux autres cas, on recommence jusqu’à obtenir
FP ou PF et on définit alors X comme précédemment. Déterminer la loi de X.
Exercice 8.21 (Lancer de pièces) On lance une pièce 5 fois. On appelle X le nombre de
faces obtenus. On appelle Y le nombre de sous-suites maximales de faces dans le 5-uplet
de résultat (par exemple, FFPFP comporte deux sous-suites maximales de faces, FPFPF
en comporte 3). On appelle Z la longueur de la plus grande sous-suite maximale de faces.
Donner les lois de X, Y , Z, pX, Y q, pX, Zq, pY, Zq et pX, Y, Zq.
Exercice 8.22 La variable aléatoire X suit la loi Bp2n, pq. Déterminer la loi de Y “ |X´n|.
Exercice 8.23 La variable aléatoire N suit la loi uniforme sur rr1, nss, avec n ě 2 entier.
Déterminer la loi de X “ cospN πq.
Exercice 8.24
1. Soit X une variable aléatoire sur un espace probabilisé fini. On définit les variables
aléatoires X ` “ maxpX, 0q et X ´ “ maxp´X, 0q.
(i) Exprimer X et |X| à l’aide de X ` et X ´ .
(ii) En déduire l’inégalité |ErXs| ď Er|X|s.
2. On suppose que X est à valeurs dans t´1, 0, 1u et on définit α “ ErXs et β “ Er|X|s.
(i) Montrer que |α| ď β ď 1.
(ii) Déterminer la loi de X à l’aide de α et β.
Exercice 8.25 Une urne renferme des boules blanches et des boules noires en proportions
respectives p et 1 ´ p avec 0 ă p ă 1. On effectue des tirages avec remise. Soit n P N˚ fixé.
On note Xn la variable aléatoire donnée par le nombre de tirages nécessaires à l’obtention
de la n-ème boule blanche.
1. Quelle est la loi de X1 ? Calculer la fonction génératrice G1 de X1 .
2. On pose Y1 “ X1 et Yn “ Xn ´ Xn´1 pour tout n ą 1. Montrer que
(i) Pour tout n ě 0, la variable aléatoire Yn a même loi que X1 .
(ii) Pour tout n ą 0, Xn´1 est indépendante de Yn
3. En déduire la fonction génératrice Gn de Xn . Que vaut ErXn s ?
4. Déterminer la loi de Xn . Comparer PpXn “ kq et PpXn “ k`1q. Tracer le diagramme
en bâtons de la loi de Xn .
Exercice 8.26 (Loi sans mémoire) Soit T une variable aléatoire à valeurs dans N telle
que ` ˘ ` ˘
P tT ě n ` ku|tT ě nu “ P tT ě ku ,
pour tous n, k P N. Déterminer la loi de T .
Exercice 8.27 (Boules) Une urne contient N boules dont N1 portent le numéro 1, N2
portent le numéro 2 et N3 portent le numéro 3. On fait un tirage de n boules avec remise.
Soit Xi le nombre de boules tirées qui portent le numéro i et X “ pX1 , X2 , X3 q.
1. Donner la loi de X.
2. Donner la loi de Xi pour 1 ď i ď 3.
3. Donner la loi de pX1 , X2 q.
4. On note Yr la variable aléatoire valant 1 si l’on tire une boule portant le numéro 1
au r-ème tirage et 0 sinon. On note Zr la variable aléatoire valant 1 si on tire une
boule portant le numéro 2 au r-ème tirage et 0 sinon.
(i) Exprimer X1 , X2 et X3 en fonction des pYr q1ďrďn et des pZr q1ďrďn .
(ii) Calculer l’espérance de X1 , la variance de X1 et la covariance de pX1 , X2 q.
Traiter les mêmes questions pour un tirage sans remise.
Exercice 8.28 (Loi du maximum observé) Une urne contient N balles numérotées de 1 à
N . On effectue n tirages avec remise. Soit X le plus grand nombre tiré lors des n tirages.
1. Donner la fonction de répartition de X.
2. Donner la loi de X.
3. Calculer ErXs et donner un équivalent de ErXs quand N Ñ `8
Exercice 8.29 Un homme possède n clés et veut ouvrir une porte. Une seule parmi les
clés dont il dispose ouvre la porte. Il essaie les clés au hasard. Trouver l’espérance et la
variance du nombre d’essais nécessaires si :
1. les clés qui ne marchent pas sont remises avec les autres ;
2. les clés qui ne marchent pas sont mises de coté.
Exercice 8.31 (Loi jointe) On effectue une suite infinie de lancers indépendants d’un dé
équilibré. On numérote les lancers à partir de 1. On définit X comme le numéro du premier
lancer qui donne 6 et Y comme le nombre de 5 obtenus avant d’obtenir le premier 6.
1. Déterminer la loi du couple pX, Y q.
2. Déterminer la loi conditionnelle de Y sachant l’événement tX “ nu.
3. Déterminer la loi de Y .
Exercice 8.32 (Espérance discrète) Soit X une variable aléatoire à valeurs dans N. Mon-
trer que X admet une espérance si et seulement si la série
`8
ÿ ` ˘
P tX ą nu
n“0
converge et que
`8
ÿ ` ˘
ErXs “ P tX ą nu .
n“0
Exercice 8.35 (La médiane) Soit X une variable aléatoire à valeurs dans R. Un réel m
est une médiane de X si PpX ď mq ě 1{2 et PpX ě mq ě 1{2.
1. Montrer qu’une médiane existe toujours mais qu’on a pas toujours unicité.
2. Expliquer comment on trouve une médiane sur l’histogramme ou sur le graphe de la
fonction de répartition.
3. En utilisant l’inégalité de Tchebychev, montrer que si X admet une espérance µ et
un écart type σ, pµ ´ mq2 ď σ 2 , où m est une médiane de X.
4. Comparer espérance et médiane dans les exemples suivants : loi uniforme sur t1, ¨ ¨ ¨ , nu,
loi binomiale de paramètre pn, pq, loi géométrique de paramètre p et loi de Poisson
de paramètre λ.
Exercice 8.38 (Perte au casino) On considère un jeu au casino qui est tel qu’à chaque
partie le joueur a une probabilité p de gagner et une probabilité 1 ´ p de perdre. Son gain
est `1 s’il gagne et de ´1 s’il perd. Pour n P N, on note ϵn la variable aléatoire représentant
son gain à la n-ème partie. Soit Xn “ ϵ1 ` ¨ ¨ ¨ ` ϵn son gain au bout de n parties.
1. Donner la loi de Xn .
Indication : poser Zk “ ϵk ` 1{2 pour se ramener à une loi connue.
2. Si sa fortune initiale est i P N, sa fortune au bout de n parties est donnée par i ` Xn .
On suppose que le joueur s’arrête dès que sa fortune vaut 0 (i.e. il est ruiné) ou une
somme N P N˚ avec N ě i. On note pN piq la probabilité qu’il atteigne la fortune N .
On a donc pN p0q “ 0 et pN pN q “ 1.
(i) Montrer que si N ě 2, pN p1q “ p.pN p2q.
(ii) Donner une relation entre pN pi ´ 1q, pN piq et pN pi ` 1q si 1 ď i ď N ´ 1. En
déduire la valeur de pN piq en fonction de p, i et N .
(iii) Déterminer la limite de pN piq quand N tend vers `8.
Exercice 9.2 Soit α P Rą0 . Soit X une variable aléatoire de densité f donnée par
#
x2 , si x P s 0, α r ,
f pxq “
0, si x P Rz s 0, α r .
1. Que vaut α ?
2. Représenter f et la fonction de répartition de X.
3. Que vaut PptX ą 1uq ?
Exercice 9.3 Soit X de loi uniforme sur r´2, 1s. Quelle est la loi de |X| ?
Exercice 9.4 Soit X une variable aléatoire de densité f donnée par
$
&x,
’ si x P r0, 1 r ,
f pxq “ 2 ´ x, si x P r1, 2 r ,
’
0, si x P Rzr0, 2 r .
%
1. Représenter f .
2. Calculer PptX ą 1uq.
3. Soit 0 ă b ă 1. Calculer Ppt1 ´ b ă X ď 1 ` buq.
4. Montrer que les événements tX ą 1u et t1 ´ b ă X ď 1 ` bu sont indépendants.
Exercice 9.5 Soit pX, Y q un couple de variables aléatoires réelles à valeurs dans l’ensemble
D “ tpx, yq P R2 : 0 ď x ď yu et dont la fonction de répartition est donnée par
si px, yq P D.
1. Déterminer FX et FY .
2. pX, Y q admet-il une densité sur R2 ?
3. Déterminer les lois marginales de pX, Y q.
4. Calculer PptX ď 1u|tY ą 2uq.
5. Calculer PptY ď 2Xuq.
Exercice 9.6 Soit pX, Y q un couple de variables aléatoires réelles à valeurs dans l’ensemble
D “ tpx, yq P R2 : 0 ď x ď y ď 1u admettant une densité donnée par
⊮D px, yq
f px, yq “ .
y
1. Les variables aléatoires X et Y sont-elles indépendantes ?
2. Soit U “ X{Y et V “ Y . Déterminer la fonction de répartition de pU, V q.
3. Les variables aléatoires U et V sont-elles indépendantes ?
Exercice 9.7 (Loi de Bendford) Soit E “ t1, . . . , 9u. Pour k P E, soit pk “ log10 p1 ` 1{kq.
1. Montrer que p1 , . . . , p9 définissent une probabilité sur E.
2. Dessiner son histogramme et sa fonction de répartition.
3. Relever dans le journal 1000 nombres correspondant aux chiffres de la bourse et
calculer la fréquence du premier chiffre de ces nombres. Comparer avec les probabilités
précédentes.
4. Soit pX, Y q la variable aléatoire à valeurs dans E ˆ pE Y t0uq définie par
ˆ ˙
´␣ (¯ 1
P pX, Y q “ px, yq “ log10 1 ` ,
10x ` y
Exercice 9.9 (Loi sans mémoire) Soit X une variable aléatoire à valeurs dans Rą0 telle
que ` ˘ ` ˘
P tX ą x ` yu|tX ą xu “ P tX ą yu ,
pour tous x, y P Rą0 .
1. Montrer que ` ˘ ` ˘ ` ˘
P tX ą x ` yu “ P tX ą xu P tX ą yu ,
pour tous x, y P Rą0 .
2. Soit φ : Rě0 Ñ R définie par φpxq “ PptX ą xuq. Notons a “ φp1q. On a donc
a P r0, 1s. Montrer que pour tout n P N˚ , φpnq “ an et que pour tout q P Qě0 ,
φpqq “ aq . Peut-on avoir a “ 0 ? Et a “ 1 ?
3. Montrer que φ est une fonction décroissante. En utilisant le fait que tout réel est
limite d’une suite décroissante (respectivement, croissante) de rationnels, déterminer
φpxq pour x P Rě0 .
4. Déterminer la loi de X.
Exercice 9.10 Soit F une fonction strictement croissante et continue d’un intervalle ouvert
I dans s 0, 1 r . Soit U une variable aléatoire de loi uniforme sur s 0, 1 r . Déterminer la loi
de X “ F ´1 pU q. Utiliser ceci pour construire à partir d’une loi uniforme une variable
aléatoire Y de loi exponentielle de paramètre λ ą 0.
Exercice 9.11 (Une formule pour l’espérance) Soit X une variable aléatoire positive
admettant une espérance. On suppose que la loi de X admet une densité f et on note F
sa fonction de répartition. Montrer que si x ą 0,
ż `8
` ˘
x 1 ´ F pxq ď tf ptqdt.
x
En déduire que xp1 ´ F pxqq tend vers 0 quand x tend vers `8. Montrer que
ż `8
` ˘
ErXs “ 1 ´ F ptq dt.
0
Exercice 9.12 Soit X une variable aléatoire de loi uniforme sur r´1, 1s. Donner la loi de
X 2 , son espérance et sa variance.
Exercice 9.14 Vont-ils se rencontrer ? Paul et Virgine arrivent dans le parc indépendam-
ment l’un de l’autre et de manière uniforme entre 12h et 13h. Chacun attend un quart
d’heure et s’en va si l’autre n’est pas là. On pose la question : Quelle est la probabilité
qu’ils se rencontrent ? En notant X l’heure d’arrivée de Virginie et Y l’heure d’arrivée
de Paul, traduire mathématiquement sur X et Y les hypothèses. Répondre ensuite à la
question.
Exercice 9.15 (Quelques calculs avec la loi uniforme) Soient X et Y deux variables
aléatoires réelles indépendantes de loi uniforme sur r0, 1s. On définit les variables aléatoires
U “ infpX, Y q et V “ suppX, Y q.
1. Déterminer la fonction de répartition FU,V du couple pU, V q. En déduire la densité
fU,V “ 2⊮T , où T “ tpu, vq P R2 : 0 ď u ď v ď 1u. Est-ce que U et V sont
indépendantes ?
2. Quelles sont les densités fU et fV des lois de U et V ? En déduire ErU s et ErV s.
3. Quelle est la densité de S “ U ` V ? ErSs ? Quelle est la loi de X ` Y ?
4. Calculer VarrU s, VarrV s, CovpU, V q et ρU,V .
Exercice 9.16 (Problème de l’aiguille de Buffon) Une aiguille de longueur ℓ est jetée “au
hasard" sur un plan qui est strié par des parallèles (i.e. les rainures du parquet) situées
à distance d ą ℓ les unes des autres. Soit X la variable aléatoire donnée par la distance
du milieu de l’aiguille à la parallèle la plus proche et Θ celle donnée par l’angle orienté
entre une strie et l’aiguille. On traduit l’hypothèse “jeter au hasard” par le fait que le couple
pX, Θq suit la loi uniforme sur r0, d{2sˆr0, πs. Quelle probabilité a-t-on que l’aiguille coupe
une parallèle ?
Exercice 9.20 (Régression linéaire) Soit X et Y deux variables aléatoires réelles de va-
riances non nulles.
On pose
CovpX, Y q
ϱX,Y “ , X̄ “ X ´ ErXs et Ȳ “ Y ´ ErY s,
σX σY
a a
où σX “ VarrXs et σY “ VarrY s.
1. Montrer que | CovpX, Y q| “ |ErX̄ Ȳ s| ď σX σY . En déduire que ´1 ď ϱX,Y ď 1.
2. Montrer que |ϱX,Y | “ 1 si et seulement s’il existe a non nul et b tels que PptY “
aX ` buq “ 1.
3. Préciser la valeur de ϱX,Y si X et Y sont indépendantes.
4. On cherche la meilleure approximation de Y comme fonction affine de X au sens
des moindres carrés, c’est-à-dire que l’on cherche les valeurs de a et b qui minimisent
ErpaX ` b ´ Y q2 s. Notons Φpa, bq “ ErpaX ` b ´ Y q2 s. Montrer que Φpa, bq “
ErpȲ ´ aX̄q2 s ` pErY s ´ paErXs ` bqq2 .
En déduire que le couple pa0 , b0 q qui minimise Φ vaut
a0 “ ϱX,Y σY {σX et b0 “ ErY s ´ a0 ErXs.
On appelle la droite d’équation y “ a0 x ` b0 la droite de régression linéaire de Y en
X.
5. On suppose que pX, Y q suit la loi uniforme sur un ensemble de cardinal n, i.e. il
existe n points pxi , yi q dans le plan tels que PptX “ xi , Y “ yi uq “ 1{n pour tout
1 ď i ď n . Déterminer la droite de régression linéaire de Y en X dans ce cas.
Exercice 9.21 (Une loi normale dans R2 ) Soit pX, Y q un couple de variables aléatoires à
valeurs réelles possédant une densité sur R2 donnée par
2 `y 2 ´2αxy
1 ´x
2p1´α2 q
f px, yq “ ? e .
2π 1 ´ α2
On suppose que ´1 ă α ă 1.
1. Donner les lois de X et de Y . Calculer leur espérance et leur variance.
2. Calculer la covariance de pX, Y q.
3. Soit Z1 “ X ` Y et Z2 “ X ´ Y . Donner l’espérance et la variance de Z1 et Z2 .
Donner leur covariance.
4. Calculer la loi du couple pZ1 , Z2 q. Montrer que Z1 et Z2 sont indépendantes et donner
leurs lois respectives.