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Business Law

Le document présente un cours de droit des affaires, incluant une évaluation individuelle et un travail en équipe. Il aborde les systèmes juridiques de Common Law et Civil Law, la séparation des pouvoirs, les sources du droit, ainsi que le fonctionnement de l'Union Européenne. Enfin, il explique les éléments essentiels d'un contrat et leur exécution.

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Le document présente un cours de droit des affaires, incluant une évaluation individuelle et un travail en équipe. Il aborde les systèmes juridiques de Common Law et Civil Law, la séparation des pouvoirs, les sources du droit, ainsi que le fonctionnement de l'Union Européenne. Enfin, il explique les éléments essentiels d'un contrat et leur exécution.

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Business Law :

Intro :
Évaluation individuelle (50% de la note finale)

 Un QCM couvrant les 10 sessions du cours.

Travail en équipe (50% de la note finale)

 Étude de cas à présenter en groupe (max 6 personnes).


 Présentation orale de 15 à 20 minutes.
 Fichier PowerPoint à soumettre sur Brightspace

Séance 1 : Introduction au droit et aux sources (en ligne) :


1. Common Law :

Le Common Law est un système juridique basé sur la jurisprudence (décisions de justice passées)
plutôt que sur un code écrit.

Caractéristiques :

 Précédent judiciaire (case law) : Les décisions passées influencent les décisions futures.
 Doctrine du Stare Decisis : "Se tenir à ce qui a été décidé" – une décision judiciaire s'impose
aux tribunaux inférieurs.
 Rôle actif des juges : Ils interprètent la loi et créent du droit via leurs décisions.

Exemples de pays : Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Australie.

2. Civil Law :

Le Civil Law repose sur un système codifié, où les juges appliquent des lois écrites.

Caractéristiques :

 Origine romaine avec un droit écrit et structuré.


 Système codifié : Lois regroupées dans des codes (ex. : Code Civil en France).
 Rôle limité des juges : Ils appliquent le droit, mais ne le créent pas.

Exemples de pays : France, Allemagne, Italie, Espagne.

3. Différences entre Common Law et Civil Law :

Caractéristique : Common Law : Civil Law :


Source du droit Jurisprudence Codes et lois écrites
Rôle des juges Actif (création du droit) Passif (applique les textes)
Constitution écrite Pas toujors (ex : UK) Toujours (ex. France)
Contrats Grande liberté contractuelle Réglementation plus écrite

1
4. La séparation des pouvoirs :

Théorisée par Montesquieu, la séparation des pouvoirs garantit l’équilibre dans un État.

Pouvoir : Rôle : Exemple (France)


Législatif Élabore les lois Parlement (AN + Sénat)
Exécutif Applique les lois Président, Gouvernement (1er
ministre)
Judiciaire Contrôle et sanctionne Juges, Conseil Constitutionnel

5. Objectif :

Éviter la concentration des pouvoirs et l’abus d’autorité.

Garantir l’indépendance des institutions

6. Cas particulier de la délégation de pouvoirs :


Le Parlement peut déléguer temporairement son pouvoir au Gouvernement (ex : ordonnances en
France).
Ex : L’état d’urgence permet au Gouvernement d’adopter des mesures sans passer par le Parlement.
7. Les Sources du Droit et leur Hiérarchie :
Norme Explication
Constitution Norme suprême, organise les institutions
Lois Adoptées par le Parlement
Ordonnances Décidées par le Gouvernement mais ratifiées par
le Parlement
Décrets Décisions du Président ou du Premier Ministre
Arrêtés Textes des ministres, préfets ou maires
Jurisprudence Décisions des tribunaux servant de référence
Droit international :
 Traités internationaux : Accords entre États (ex. : Traité de Rome pour l’UE).
 Droit européen : Directives et règlements de l’UE.

8. Le Droit International et l’Union Européenne :

Définition : Ensemble des règles juridiques régissant les relations entre États.

Exemples :
 Conventions bilatérales : Accord entre deux pays.
 Conventions multilatérales : Accord entre plusieurs États (ex. : Traité de l’ONU).
 Cour Internationale de Justice (CIJ) : Organe judiciaire des Nations Unies.

Le droit européen repose sur deux niveaux de législation :

 Droit primaire : Traités fondateurs (ex : Traité de Maastricht).


 Droit dérivé :
o Règlements : Applicables immédiatement dans tous les États membres (ex : RGPD).
o Directives : Objectifs à atteindre mais transposition nécessaire dans chaque pays.
o Décisions : Obligatoires pour les destinataires (ex : sanctions contre Google).

9. Primauté du Droit de l’UE et Effet Direct :

1. Primauté du droit européen :

2
 En cas de conflit entre le droit national et le droit de l’UE, le droit européen prévaut.
 Décision Costa vs. ENEL (1964) : La Cour de Justice de l’UE (CJUE) a affirmé que les États
doivent respecter les normes européennes, même au-dessus de leur Constitution.

2. Effet Direct :

 Un citoyen peut invoquer une norme européenne devant un tribunal national.


 Exemples :
o Règlements : Directement applicables.
o Directives : Applicables après transposition par les États.

10.Définition du Syllogisme Juridique :

Un syllogisme juridique est un raisonnement logique utilisé en droit :

1. Majeure : La règle de droit applicable.


2. Mineure : Les faits du cas.
3. Conclusion : L’application du droit aux faits.

Exemple 1 : Responsabilité en sport

 Majeure : "Un joueur qui viole gravement les règles et blesse un autre joueur est
responsable."
 Mineure : "Jason a taclé violemment et blessé Steve."
 Conclusion : "Jason est responsable et doit indemniser Steve."

Exemple 2 : Responsabilité civile (Article 1240 Code Civil)

 Majeure : "Toute faute causant un dommage oblige réparation."


 Mineure : "X a blessé Y."
 Conclusion : "X doit indemniser Y."

Lorsqu’un juge prend une décision, il suit une méthode d’analyse :

1. Identification des faits.


2. Définition de la question juridique (problème).
3. Application du droit.
4. Justification du jugement.

Séance 2 : Le fonctionnement de l'Union Européenne :


Introduction à l'Union Européenne (UE)
 27 États membres de l’UE : dont la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne...
 Espace Économique Européen (EEE) : Inclut l’UE + Islande, Liechtenstein, Norvège.
 Suisse : Pas membre de l’UE ni de l’EEE, mais fait partie du marché unique.
Les Grandes Dates Clés de l'UE :
Date : Événement :
1949 Création du Conseil de l’Europe (droits de
l’homme)
1950 Déclaration Schuman → Début de l'UE
1953 Convention Européenne des Droits de l’Homme
(ECHR)
1957 Traité de Rome : création du marché commun
1958 Naissance du Parlement Européen

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1992 Traité de Maastricht : création de l’UE, monnaie
unique, coopération judiciaire
1994 Création de l’EEE (libre circulation des biens,
services, capitaux, personnes)
2007 Traité de Lisbonne : amélioration des
institutions et politiques

L’UE repose sur le principe de l’État de droit, où toutes les actions de l’UE doivent être fondées sur
des traités ratifiés par les États membres.
 Traité sur le Fonctionnement de l'UE (TFUE) : Régit le fonctionnement de l'UE.
 Traité de Lisbonne : Réforme les institutions pour plus d’efficacité.

1. Les institutions de l’UR et de leur fonction :


Institution : Rôle :
Parlement Européen Législatif (vote des lois avec le Conseil),
contrôle la Commission, vote le budget.
Conseil de l’UE Décide des lois avec le Parlement, représente les
États membres.
Commission européenne Exécute les politiques de l’UE, propose des lois,
veille au respect des traités.
Cour de Justice de l’UE (CJUE) Interprète le droit de l’UE, contrôle son
application dans les États membres.

2. Procédure législative ordinaire :


Comment une loi européenne est adoptée ?
 La Commission propose une loi.
 Le Parlement et le Conseil examinent la loi en plusieurs lectures.
 Si désaccord, un comité de conciliation ajuste le texte.
 Une fois accord trouvé, la loi est adoptée.

3. Le Parlement Européen :

Rôles principaux :

 Pouvoir législatif : Vote les lois avec le Conseil.


 Pouvoir de supervision : Contrôle la Commission et le Conseil.
 Pouvoir budgétaire : Approuve et vote le budget de l’UE.

4. Les Conseils :
Institution : Rôle :
Conseil de l’UE (Conseil des Ministres) Vote les lois avec le Parlement, composé de
ministres des États membres.
Conseil Européen Réunit les chefs d’État et de gouvernement pour
définir les grandes orientations de l’UE.
Conseil de l’Europe Organisation extérieure à l’UE, protège les
droits de l’homme (46 pays, siège à Strasbourg).

5. La Commission Européenne :
 Propose les lois
 Gère le budget et les politiques de l’UE
 Représente l’UE sur la scène internationale
 Fait respecter le droit de l’UE (peut sanctionner un État en infraction).

6. La Cour de Justice de l’UE (CJUE) :

4
 Assure l’application uniforme du droit de l’UE
 Rend des arrêts contraignants pour les États membres
 Types de procédures :
o Avis préliminaire : Un tribunal national demande l’interprétation du droit de l’UE
o Procédure d’infraction : La Commission poursuit un État ne respectant pas une loi de
l’UE
o Annulation : Un État ou une institution peut demander l’annulation d’une loi
européenne
o Carence : Si une institution de l’UE n’agit pas alors qu’elle le devrait.

7. La Cour de Justice de l’UE (CJUE) :

 Ne fait pas partie de l’UE, mais dépend du Conseil de l’Europe.


 Juge les violations des droits de l’homme en Europe.
 Ses arrêts sont contraignants pour les États signataires.

8. Green Papers et White Papers:

 Green Paper : Document de discussion sur une politique à venir


 White Paper : Proposition de politique concrète qui peut devenir une loi

Ex : Livre blanc sur l’Intelligence Artificielle.

9. Système de Vote au Conseil de l’UE :

 80% des décisions sont prises par la "double majorité" :


o 55% des États membres doivent voter pour (soit 15 sur 27)
o Ces États doivent représenter au moins 65% de la population de l’UE.

10. Système de Vote au Conseil de l’UE :

 Chaque élève joue le rôle d’un ministre d’un pays de l’UE.


 Un vote est organisé selon le système de la "double majorité".
 But : comprendre la prise de décision collective en Europe.

Séance 3 : Le contrat : un outil fondamental (Partie 1) :


Un contrat est un accord entre parties créant des obligations mutuelles et juridiquement contraignantes.
Les contrats sont omniprésents dans la vie quotidienne et en entreprise :
 Achat de biens en supermarché
 Contrat de travail
 Achat d’un billet de théâtre
 Accords commerciaux entre entreprises
Pour être juridiquement valide, un contrat doit contenir plusieurs éléments essentiels :
 Droit Commun (Common Law) :
o Consentement mutuel (offre et acceptation)
o Contrepartie (consideration)
o Capacité des parties
o Objectif licite (legality)

 Droit Français (ART 1128 CC) :


o Capacité des parties
o Consentement des parties (offre + acceptation)

5
o Objet défini et licite du contrat.

 Validité du contrat – Comparaison Common Law vs Droit Civil :


o En Common Law, un contrat est valide si toutes les conditions essentielles sont
remplies
o En Droit Civil (France), le contrat est valide si les trois conditions de l’ART 1128 CC
sont respectées.
Forme du contrat :
 Aucune forme préétablie obligatoire : un contrat peut être oral ou écrit.
Exceptions :
 Certains contrats nécessitent un acte authentique (ex : transferts de terrains, contrats de
mariage).
 L’absence de certaines formalités peut rendre un contrat nul sauf en cas de régularisation.
Types de contrats :
 Contrats bilatéraux vs unilatéraux
Type de contrat Promettant Promis
Bilatéral Promesse contre promesse Ex : Jane paie 1000 € pour que
(Deux promettants) Gary peigne sa voiture

Unilatéral Promesse contre un acte (un Ex : Récompense pour


promettant et un receveur) retrouver un chien perdu

Ex : Cas de Carlill v Carbolic Smoke Ball Co (1891) :


 Faits :
o Une entreprise annonçait qu’un produit prévenait la grippe et offrait 100 £ à ceux qui
tomberaient malades malgré son usage
o Mme Carlill a utilisé le produit, a attrapé la grippe et l’entreprise a refusé de payer.

 Décision de la cour :
o L’offre était valide car l’entreprise avait manifesté une intention juridique (dépôt de
1000 £ en banque)
o L’utilisation du produit était une acceptation tacite
o Il est possible de faire une offre au monde entier, acceptée par un acte.
Un individu doit avoir la capacité mentale et légale de contracter. Cas d’incapacité :
 Mineurs : incapacité contractuelle sauf exceptions.
 Personnes souffrant de troubles mentaux :
o Si elles ne comprennent pas leurs obligations → Contrat nul
o Si leur jugement est altéré mais compréhension intacte → Contrat annulable
 Personnes intoxiquées :
o Si l’autre partie sait que la personne est trop ivre pour comprendre → Contrat
annulable
o Si seule la capacité de jugement est affectée → Contrat valide
o Si la personne est jugée alcoolique habituelle → Contrat nul
Éléments clés d’un contrat :
 Consentement mutuel (Offre & Acceptation)
o Offre :
 Doit montrer une intention de contracter
 Doit être claire et définie
 Doit être communiquée.
o Invitation à traiter :
 Différent d’une offre, c’est une invitation à négocier (ex. : catalogue, menu
dans un café).
o Acceptation :
 Doit refléter exactement les termes de l’offre (Mirror-Image Rule)

6
 Si elle diffère, c’est une contre-offre et non une acceptation.

 Contrepartie (Consideration) : chaque partie doit recevoir quelque chose de valeur en échange
de sa prestation.
Ex : Dan achète la voiture de Mary pour 1000 $ → Dan donne 1000 $, Mary donne sa voiture.
Une promesse sans contrepartie n’est pas un contrat juridiquement contraignant.

 Objectif légal (Legality) : un contrat doit avoir un objet légal pour être valide. Sont considérés
comme nuls :
o Contrats pour commettre un crime
o Usure (taux d’intérêt excessif illégal)
o Paris et jeux d’argent (sauf réglementés).
Séance 4 : Le contrat : un outil fondamental (Partie 2) :
Exécution du contrat (Performance of the contract) :
 Effets de l’exécution du contrat :
o L'exécution d'un contrat signifie que les parties remplissent leurs obligations.
o Exception : un tiers bénéficiaire (ex : assurance) peut être concerné par l'exécution du
contrat.

 Exécution complète vs substantielle :


o Exécution complète : Toutes les obligations sont remplies exactement comme
convenu
o Exécution substantielle :
 L’essentiel du contrat est respecté, mais des détails mineurs peuvent manquer
 Ex : Une maison construite mais sans nivellement du terrain → le client peut
demander une compensation financière pour ce défaut.
Modes de résiliation d’un contrat (Discharge / Termination of a Contract) : la résiliation signifie que le
contrat est dissous et que les obligations sont supprimées.

 Résiliation par exécution (Performance) :


o Les parties ont rempli toutes leurs obligations, donc le contrat prend fin.
 Résiliation par conditions (Conditions) :
o Certains contrats sont conditionnels et dépendent de la survenue d’un événement :
 Condition suspensive : Un événement doit se produire pour que l'obligation
contractuelle entre en vigueur.
Ex : Un prêt bancaire doit être accordé avant l'achat d’un bien immobilier.
 Condition résolutoire : Un événement futur met fin au contrat
Ex : Un locataire doit quitter l'appartement s'il est appelé à servir dans
l'armée.
 Condition concomitante : Les deux parties doivent exécuter leurs obligations
simultanément
Ex : Paiement à la livraison.
 Résiliation par accord mutuel (Mutual Agreement) : deux formes principales :
o Résiliation mutuelle (Mutual Rescission) : Les parties annulent le contrat et
reviennent à la situation initiale
o Accord et Satisfaction (Accord & Satisfaction) : Une nouvelle prestation remplace
l’obligation d’origine.
Ex : Un débiteur incapable de payer 500 € accepte de réparer la toiture de son
créancier à la place.
 Résiliation par violation substantielle (Material Breach) :
o Une violation substantielle décharge l’autre partie de ses obligations et permet une
demande de dommages-intérêts
Ex : Acheter un ordinateur en ligne et ne recevoir que l’écran.
 Résiliation par effet de la loi (Operation of Law) :

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o La loi peut mettre fin à un contrat dans certains cas :
 Destruction de l’objet du contrat (ex. un incendie détruit un bien vendu)
 Illégalité supervenante (ex. une nouvelle loi interdit la vente d’alcool)
 Décès ou incapacité d’une des parties (ex. un artiste engagé pour un concert
meurt avant la date).
o Autres cas :
 Altération frauduleuse du contrat : Modifier un contrat sans l’accord de l’autre
partie entraîne sa nullité
 Faillite : En cas de faillite, les dettes sont annulées et le contrat prend fin.
Excuse de l’exécution du contrat (Excused Performance) :
Certains événements peuvent empêcher l’exécution et justifier une résiliation.
 Impossibilité et impraticabilité :
o Impossibilité objective : Aucune partie ne peut exécuter le contrat
Ex : Une ferme vendue est détruite par la foudre avant la transaction.
o Impraticabilité : L'exécution est possible mais excessivement difficile ou coûteuse
Ex : Pénurie extrême d’un matériau nécessaire à la construction.
 Frustration du contrat :
o Un contrat peut être frustré si un événement rend son exécution radicalement
différente de ce qui était prévu.
Ex : Un groupe de musique italien devait jouer à Hawaï en avril 2020, mais les
interdictions de voyage liées au COVID-19 ont rendu l’exécution impossible.
Clauses clés des contrats (Key Clauses) : les clauses de répartition des risques permettent de gérer
l’incertitude.
 Clause de force majeure :
o Permet d’éviter des obligations contractuelles en cas d’événements imprévisibles et
incontrôlables
Ex : guerres, catastrophes naturelles, pandémies

 Exemples de cas en justice


o Premier League v PP Live Sports (2022) : La pandémie a modifié les conditions des
matchs, mais le contrat ne mentionnait pas explicitement une épidémie comme force
majeure → la clause n’a pas été acceptée
o European Rugby v RDA Television (2022) : Le contrat incluait les épidémies dans la
force majeure → résiliation validée

 Clause de hardship (imprévision)


o Permet d’adapter un contrat si un événement imprévu le rend trop coûteux ou difficile
à exécuter
o En France (Article 1195 du Code Civil) : Une partie peut demander à renégocier si
l’événement n’était pas prévisible au moment de la signature.

 Frustration en Common Law vs Droit Civil


o En Common Law, il faut que force majeure et hardship soient explicitement inclus
dans le contrat
o En Droit français, ces concepts sont directement inscrits dans le Code Civil.
Dommages et compensations en cas de rupture de contrat :
Si un contrat est rompu, la partie lésée peut réclamer des dommages-intérêts.
Type de dommage Définition Exemple
Dommages directs Couvrent les pertes immédiates Valeur du contrat non respecté
subies
Dommages indirects Pertes consécutives à la rupture Réputation, pertes de contrats
du contrat futurs

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Ex : Une société de développement logiciel a un contrat de 50 000 €, mais n’effectue pas la prestation.
 Dommage direct : 50 000 € de perte
 Dommage indirect : Perte de clients et atteinte à la réputation.
Séance 5 : International contracts (en ligne) :
Un contrat est international lorsqu'il présente des liens avec plusieurs pays, soit parce que :
 Les parties contractantes sont situées dans des États différents
 Le contrat implique un élément étranger (ex : biens importés/exportés)
Ex : un contrat de distribution entre un fournisseur français et un distributeur américain.
La Convention de Vienne (CISG) :
 Définition et champ d’application : la Convention des Nations Unies sur les Contrats de Vente
Internationale de Marchandises (CISG), aussi appelée Convention de Vienne (1980) :
o Appliquée dans 97 États
o S’applique aux contrats de vente de biens entre entreprises (B2B uniquement)
o Ne s’applique pas :
 Aux ventes à des consommateurs (B2C)
 Aux ventes aux enchères
 Aux actions, titres, argent, électricité, navires, aéronefs.
Ex : si un vendeur français et un acheteur allemand sont en litige, un tribunal allemand appliquera la
Convention de Vienne car la France et l'Allemagne l'ont ratifiée.
Clause d’exclusion de la CISG (Opt-Out) : un contrat peut exclure la CISG en précisant une autre loi
applicable :
“This contract shall be governed by the laws of the State of New York. The United Nations Convention
on Contracts for the International Sale of Goods shall not apply to this contract.”
Obligations des parties dans un contrat international :
 Obligations du vendeur :
o Livrer la marchandise en respectant la quantité et la qualité spécifiées
o Transmettre les documents requis (ex. factures, certificats de conformité)
o Transférer la propriété des biens

 Obligations de l’acheteur :
o Payer le prix convenu
o Prendre livraison des marchandises, ce qui inclut :
 Prendre physiquement possession des biens
 Accomplir les actes nécessaires pour permettre la livraison (ex. organiser le
transport).
Violation du contrat et recours (CISG) :
 Solutions en cas de violation : si une partie ne respecte pas ses obligations, l’autre peut :
o Exiger l’exécution du contrat
o Réclamer des dommages-intérêts
o Annuler le contrat (avoidance of contract), mais uniquement en cas de violation
fondamentale.
 Annulation du contrat (Avoidance) :
o Solution extrême, appliquée uniquement si la violation est grave
o Les tribunaux favorisent le maintien du contrat (favor contractus)
o Les parties peuvent définir dans le contrat ce qui constitue une violation
fondamentale.
Incoterms 2020 – Règles du Commerce International :
 Définition : les Incoterms (International Commercial Terms) définissent :
o Les obligations entre vendeur et acheteur
o La répartition des risques et des coûts liés au transport et aux formalités douanières.
 Catégories d’Incoterms :
Type Modes de transport Responsabilités
EXW (Ex Works) Tout transport L’acheteur assume tous les
risques et coûts dès que les

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marchandises sont mises à
disposition chez le vendeur.
FOB (Free on Board) Maritime Le vendeur prend en charge la
livraison jusqu'à ce que la
marchandise soit chargée sur le
navire. L'acheteur prend le
risque à partir de ce moment.

CIF (Cost, Insurance, Freight) Maritime Le vendeur paie fret +


assurance jusqu’au port de
destination, mais l’acheteur
assume le risque dès
l'embarquement.

Exemple de clause EXW : “The Products sold by X shall be delivered ‘ex works’ X’s production
facility in San Francisco, California.”
Droit applicable et juridiction :
 Importance du choix de la loi applicable :
o En droit international, les parties peuvent choisir la loi nationale qui s'applique à leur
contrat (principe de liberté contractuelle)
o Clause type : “This Agreement shall be governed, construed, interpreted and enforced
in accordance with the laws of _________.”
 Juridiction et compétence : les parties doivent déterminer à l’avance quel tribunal sera
compétent en cas de litige :
o En UE, la Convention de Bruxelles I (règlement 1215/2012) fixe les règles de
compétence.
o En l’absence de choix, le litige est tranché selon :
 Lieu d’exécution du contrat (ex : pays de livraison des marchandises).
 Convention de Rome (détermination du droit applicable).
Ex de litige :
Un vendeur français poursuit un acheteur allemand :
 Le tribunal compétent sera en Allemagne
 Il appliquera la Convention de Vienne et, si elle est incomplète, le droit français.
Modes Alternatifs de Résolution des Conflits (ADR) :
Les ADR (Alternative Dispute Resolution) permettent de résoudre des litiges hors tribunal.
Méthodes principales :
 Arbitrage (arbitration)
 Médiation (mediation)
 Conciliation (conciliation).
L’Arbitrage International :
 Alternative privée aux tribunaux pour résoudre les litiges.
 Clause d’arbitrage insérée dans le contrat : “Any dispute shall be referred to arbitration under
the LCIA Rules, with the seat of arbitration in [City].”
 Avantages :
o Procédure confidentielle
o Plus rapide que les tribunaux
 Inconvénients :
o Coût élevé
o Pas d’appel possible en général.
La Convention de New York (1958) :
 Garantit l’exécution des sentences arbitrales dans 172 pays
 Principe :

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o Reconnaissance des clauses d’arbitrage → Les tribunaux nationaux doivent refuser de
juger un litige si une clause d’arbitrage existe
o Exécution des sentences arbitrales étrangères.
Principales institutions d’arbitrage :
 CCI (Cour Internationale d’Arbitrage, Paris)
 LCIA (London Court of International Arbitration)
 AAA (American Arbitration Association, New York)
 CPA (Cour Permanente d’Arbitrage, La Haye)
Exécution des sentences arbitrales
 Une sentence arbitrale doit être appliquée par la partie perdante
 Si elle refuse, le gagnant doit demander l’exequatur, c’est-à-dire l’autorisation d’un tribunal
national pour exécuter la décision
Séance 6 : Propriété intellectuelle (Partie 1) :

La propriété intellectuelle (IP) protège les créations de l’esprit dans divers domaines :

 Droit d’auteur (Copyrights)


 Brevets (Patents)
 Marques et designs industriels
 Secrets commerciaux (Trade Secrets)

Sources du droit de la propriété intellectuelle :

 Sources européennes :
o Règlement UE sur les marques (2017/1001)
o Directives et règlements sur le droit d’auteur (13 directives, 2 règlements)
o Règlement sur le design communautaire (CE n°6/2002)
o Règlement sur les brevets (UE n°1257/2012)

 Sources internationales :
o Convention de Paris (1883) : Protection des brevets, marques, indications
géographiques
o Accord TRIPS (1995) : Régit la propriété intellectuelle au sein de l’OMC (166 pays)
o Système de Madrid : Enregistrement international des marques
o Classification de Nice : Classification internationale des marques.
o Accord de Locarno : Classification des dessins industriels.

Le droit d’auteur protège les œuvres de l’esprit :

 Œuvres littéraires : Livres, poèmes, articles


 Œuvres artistiques : Peintures, photographies, sculptures.
 Œuvres audiovisuelles : Films, musiques
 Programmes informatiques et bases de données
 Publicités, dessins techniques et architectures.

Principes fondamentaux (Convention de Berne, 1886) :

 Traitement national : Un pays doit accorder aux auteurs étrangers les mêmes protections qu’à
ses propres citoyens.
 Protection automatique : Pas besoin d’enregistrement formel.
 Indépendance de la protection : La protection s’applique dans le pays où l'œuvre est exploitée,
indépendamment de sa publication.

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Durée de protection :

 Berne : 50 ans après la mort de l’auteur


 UE : 70 ans après la mort de l’auteur.

Droits associés :

 Droits économiques : Permettent aux auteurs de monétiser leur œuvre.


 Droits moraux : Protection de l’intégrité de l’œuvre et du droit d’attribution.

Application pratique du droit d’auteur :

 Une œuvre est protégée automatiquement dès sa création.


 Mention © et "tous droits réservés" pour informer les tiers.
 Exception pour les œuvres situées dans l’espace public (ex. sculptures, bâtiments).

Ex : Emma, une graphiste en Espagne, vend ses illustrations en ligne. Une entreprise allemande utilise
ses œuvres sans autorisation.

Questions à considérer :

1. Quels sont ses droits sur ses illustrations ?


2. Quels recours juridiques peut-elle entreprendre ?
3. L’entreprise allemande peut-elle invoquer une exception (ex. parodie, citation) ?

Les Brevets (Patents) : un brevet est un droit exclusif sur une invention technique :

 Produit ou processus offrant une solution innovante à un problème.


 Protection territoriale (accordée par chaque pays).

Critères de brevetabilité :

 Invention dans un domaine technologique


 Application industrielle : L’invention doit pouvoir être fabriquée ou utilisée
 Nouveauté : Ne doit pas avoir été divulguée avant le dépôt
 Activité inventive : Ne doit pas être évidente pour un expert du domaine.

Protection et durée :

 Un brevet donne un droit exclusif d’exploiter l’invention (20 ans max.)


 Il empêche les tiers de fabriquer, vendre ou utiliser l’invention sans autorisation.
 Pas de "grace period" en Europe, contrairement aux États-Unis.

Le nouveau Brevet Unitaire Européen (Unitary Patent)

 Introduit par la Convention sur le Brevet Européen (EPC)


 Simplifie la protection dans 18 États membres en évitant la validation nationale
 Réduit les coûts avec un seul renouvellement annuel.

Système de coopération en matière de brevets :

 PCT (Patent Cooperation Treaty) :


o Permet un dépôt unique ayant effet dans plusieurs pays.

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o Simplifie le processus de protection internationale.

Ex : Sofia invente un parapluie automatique :

o Est-il une invention ?


o Est-il nouveau et non évident ?
o Peut-il être industrialisé ?

Les Secrets Commerciaux (Trade Secrets) : un secret commercial protège les informations
confidentielles ayant une valeur économique :

 Recettes (ex : Coca-Cola)


 Procédés de fabrication
 Stratégies d’entreprise.

Protection :

 Contrairement aux brevets, les secrets commerciaux ne nécessitent pas d’enregistrement


 Protégés tant qu’ils restent confidentiels.

Ex : Angostura (Trinidad & Tobago) protège depuis 200 ans sa recette de bitters grâce aux secrets
commerciaux, plutôt qu’un brevet.

Application des droits de propriété intellectuelle :

 Exécution des droits (Enforcement) :


o Un auteur peut poursuivre ceux qui violent son droit d’auteur
o Un titulaire de brevet peut intenter une action en contrefaçon.
 Limites et exceptions :
o Utilisation équitable (ex : citation, parodie)
o Exception pour l'enseignement et la recherche.
 Résolution des litiges :
o Accords internationaux (ex : TRIPS) permettent le règlement des différends via
l’OMC
o Les tribunaux spécialisés (ex : Cour de Justice de l’UE) tranchent en cas de
contentieux.

Séance 7 : Propriété intellectuelle (Partie 2) :

 Les marques (trademarks)

Définition juridique (Art. L711-1 CPI & Art. 4 EUTMR) : une marque est un signe permettant de
distinguer les produits/services d’une entreprise de ceux des autres. Elle peut consister en :

 Des mots (y compris noms de personnes),


 Des dessins, lettres, chiffres,
 Des couleurs, formes, ou sons,
 Toute combinaison de ces éléments.

Fonction principale : identification de l’origine commerciale (fonction d’origine)

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Ex de Types de marques (typologie EUIPO) :

Type de marque Exemples


Verbale NIKE, HERMÈS
Figurative Pomme d’Apple
Figurative + verbale Logo Louis Vuitton
De forme Bouteille Coca-Cola
De position Ruban Adidas sur chaussure
De motif Monogramme Gucci
De couleur seule Rouge semelle Louboutin

Enregistrement et protection :

 Niveaux de protection :
o Nationale (France) : INPI
o Union Européenne : EUIPO → protection dans les 27 États membres

↳ nécessite un dépôt national ou européen préalable


o Internationale : via OMPI, système de Madrid

 Durée :
o 10 ans, renouvelable indéfiniment (Art. L712-1 CPI)
 Classification de Nice (CPI & Accord de Nice)
o 45 classes : 1–34 produits / 35–45 services
o Dernière version : 2023 (mise à jour annuelle)
o Facilite la protection internationale

Opposition & contentieux :

 Opposition (avant enregistrement) :


o Article L712-4 CPI / Art. 47 EUTMR
o Motifs :
 Marque identique/similaire
 Produits/services identiques ou similaires
 Risque de confusion ou atteinte à la renommée

 Marques de renommée :
o Protection élargie (Art. 5 §2 Dir. UE) :
 Même pour produits non similaires
 Ex : Apple, Nike, Coca-Cola

 Jurisprudence: Ciao Ciao King vs Coca-Cola (EUIPO, 2020)


o Coca-Cola = marque renommée
o Le design "Ciao Ciao King" pour tabac jugé similaire au design Coca-Cola → atteinte
à la réputation

Actions en contrefaçon :

1. Mise en demeure (cease & desist)


2. Injonction / référé
3. Action au fond :
o Cessation (injonction)
o Destruction des produits

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o Communication de comptes
o Dédommagement (dommages-intérêts)

 Dessins & modèles industriels (industrial designs)

Définition (Art. L511-1 CPI / Règlement (CE) n°6/2002) : Un design est l'apparence d'un produit ou
d'une partie de produit, incluant lignes, contours, couleurs, forme, texture, matériaux, ou leur
ornementation.

But : protection de l’esthétique, non de la fonction.

Conditions de protection :

Condition Détail
Nouveauté Aucun design identique ne doit avoir été rendu public avant
Caractère L’impression visuelle globale diffère de celle de tout autre design déjà connu par
individuel l’ « utilisateur averti »

Procédure de dépôt :

 National : INPI
 Communautaire : RCD via EUIPO
 International : OMPI – Accord de La Haye

Protection jusqu’à 25 ans (renouvelable par période de 5 ans)

Spécificités :

 Période de grâce (Art. 5.2 Règlement 6/2002) :


o 12 mois après divulgation du design pour encore pouvoir le protéger
o Risque pour les tiers (incertitude juridique)

 Différence marque de forme / design

Marque de forme Design


Sert à distinguer les produits Protège l’apparence esthétique
Fonctions commerciales Fonctions esthétiques
Protection potentiellement perpétuelle Limite de 25 ans

 Classification de Locarno :
o 32 classes (ex : mobilier, vêtements, objets ménagers)
o Utilisée pour les dépôts internationaux

Contentieux & annulation :

 Contrefaçon : reproduction ou usage commercial d’un design identique ou très similaire sans
autorisation
 Demande en nullité : Possible uniquement après enregistrement.
Motifs : absence de nouveauté / caractère individuel, contrariété à l’ordre public...

Ex : Vous avez lancé un produit il y a 11 mois. Vous souhaitez maintenant l’enregistrer. Or, un design
similaire a été enregistré il y a 6 mois.

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Grâce à la période de grâce de 12 mois, votre design est encore considéré comme “nouveau”, même
s’il a été divulgué. Mais le dépôt existant peut faire obstacle si l’impression d’ensemble est trop
proche → risque de rejet ou de conflit.

Séance 8 : Product liability – responsabilité du fait des produits défectueux :

 Responsabilité contractuelle vs extra-contractuelle

Responsabilité Définition Exemples


Ne pas livrer un bien
Contractuelle Naît d’un contrat
vendu
Naît d’un acte ou d’une omission, en dehors de tout Renverser un piéton en
Extra-contractuelle
contrat vélo

Dans les deux cas, la notion centrale est la faute, volontaire ou non.

Product liability : responsabilité légale du fabricant, distributeur ou vendeur d’un produit défectueux
ayant causé un dommage au consommateur.

Objectif : protéger les consommateurs en assurant la conformité des produits aux normes de sécurité.

 Droit de l’ue – directive 85/374/CEE

Cadre juridique : Directive 85/374/CEE (25 juillet 1985) :

 Instaure la responsabilité du producteur en cas de dommage causé par un produit défectueux.


 Applicable jusqu’au 9 décembre 2026, date d’entrée en vigueur de la nouvelle directive
2024/2853.

Définitions clés :

Terme Définition
a) Fabricant du produit fini, b) Producteur d’un composant, c) Celui qui appose son
Producteur
nom ou marque, d) Fournisseur si le producteur n’est pas identifié
Produit
Produit qui ne procure pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre
défectueux

Causes d’exonération (Art. 7 de la directive) :

Le producteur peut être exonéré s’il prouve :

 Qu’il n’a pas mis le produit en circulation,


 Que le produit n’était pas défectueux lors de sa mise sur le marché,
 Qu’il n’était pas destiné à la vente,
 Que le défaut est conforme aux normes légales,
 Que le défaut était indécelable compte tenu de l’état des connaissances.

Délai de prescription :

 3 ans pour agir en réparation


 10 ans après la mise en circulation du produit (sauf exception)

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Nouvelle directive (ue) 2024/2853 – applicable dès le 9/12/2026 :

 Pourquoi une nouvelle directive ?

1. Inadaptation aux produits numériques (IA, logiciels, objets connectés…)


2. Difficulté de la charge de la preuve pour les victimes
3. Dommages limités (exclusion des dommages < 500 €)

 Principales nouveautés :

Aspect Avant (PLD 1985) Nouvelle directive


Définition de produit Physique uniquement Inclut logiciels, IA, fichiers numériques (3D)
Fabricant élargi : marketplaces, services
Responsables Producteur
numériques…
Charge de la preuve À la victime Allégée (présomption possible)
Dommages Matériels uniquement >
Matériels + moraux + données corrompues
indemnisables 500 €
Prescription 3 ans (10 ans max) Jusqu’à 25 ans si symptômes tardifs

La directive impose qu’un acteur établi dans l’UE (fabricant, importateur ou représentant) soit toujours
identifiable.

 Product liability aux US :

o Particularité du droit américain :


 Pas de loi fédérale uniforme → approche étatique
 Tentative d’harmonisation par la Model Uniform Products Liability Act
(MUPLA)
o Types de défauts :
 Défaut de conception
→ le produit est mal pensé dès l’origine
Ex : trottinettes mal équilibrées qui tombent facilement
 Défaut de fabrication
→ erreurs pendant la production
Ex : airbag mal assemblé qui explose à l’impact
 Défaut de commercialisation (marketing)
→ absence d’avertissement ou mauvaise notice
Ex : pyjama inflammable non étiqueté “non destiné au sommeil”

Ex :

 Liebeck v. McDonald's (1992) :


o Mme Liebeck renverse un café à 190°F sur ses jambes → brûlures au 3e degré

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o Verdict initial : 2,8 millions $ (réduit à 640 000 $)
o Le cas a popularisé la product liability comme droit de sécurité du consommateur
 Takata Airbags :
o Airbags défectueux → explosions métalliques → 16 morts
o Enquête + rappels massifs
o Takata condamné à 1 milliard $, dépôt de bilan en 2017
 Bullock v. Philip Morris :
o Mme Bullock fume pendant 45 ans → cancer
o Action pour manque d’information sur les dangers
o Verdict : 28 milliards $ en dommages punitifs (réduits par appel)

Séance 9 : Distribution agreements – contrats de distribution :

Introduction – qu’est-ce qu’un contrat de distribution ?

Définition : Un contrat de distribution est un accord entre un fournisseur (ou fabricant) et un


distributeur, en vertu duquel ce dernier achète des produits pour les revendre à ses propres clients.

Il s’agit d’un contrat vertical, car il lie des entreprises à des niveaux différents de la chaîne
d’approvisionnement.

Types de contrats de distribution :

1. Distribution exclusive :

Le fournisseur s’engage à vendre ses produits à un seul distributeur dans un territoire donné.

Avantage pour le distributeur : exclusivité territoriale


Ex : la société X désigne Y comme distributeur exclusif en Allemagne.

2. Distribution sélective (Art. 1(e) du Règlement 330/2010) :

Le fournisseur ne vend qu’à des distributeurs préalablement sélectionnés selon des critères définis
(qualitatifs ou quantitatifs).

Objectif : préserver l’image de marque et les conditions de revente.

Typique des produits de luxe, haute technologie ou haut de gamme (ex : Apple, Chanel, LVMH)

Critères :

 Qualitatifs : personnel qualifié, service après-vente, environnement de vente…


 Quantitatifs : nombre limité de distributeurs, volume minimal de commande…

3. Franchise :

Un contrat par lequel une entreprise (franchiseur) autorise une autre (franchisé) à utiliser sa marque,
son savoir-faire et ses méthodes d’exploitation.

Ex : McDonald's, Hilton, UPS

Caractéristiques :

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 Propriété intellectuelle (marque, brevets…)
 Formation et assistance du franchiseur
 Contrôle du franchiseur
 Paiement de redevances et respect de normes strictes

Avantages : concept éprouvé, notoriété, stabilité


Inconvénients : rigueur, dépendance, non-concurrence

Clauses clés dans les contrats de distribution :

Clause Objectif
Objectif minimum de vente Oblige le distributeur à atteindre un volume minimum de ventes
Engagement d’achat Le distributeur doit acheter un volume défini (ex : 80 % du
minimum prévisionnel)
Empêche le fournisseur de nommer d’autres distributeurs dans une
Exclusivité
zone donnée

 Enjeux de droit de la concurrence :

Article 101 TFUE :

 Interdit les accords ayant pour objet ou effet de restreindre la concurrence


 Nullité des clauses anticoncurrentielles (Art. 101(2) TFUE)

Hardcore restrictions (non exemptées par le règlement VBER)

 Prix de revente imposé


 Restriction de clientèle
 Interdiction de vente en ligne

Ventes en ligne : restrictions interdites :

Ex :

 Interdire l’accès aux clients d’un autre pays


 Refuser les cartes bancaires étrangères
 Interdire tout recourt à des marketplaces (ex : Amazon)
 Interdire l’usage de la marque sur le site du distributeur

Ex admis :

 Imposer des standards de qualité (pas de vente uniquement en ligne)


 Interdire l’accès via une marketplace affichant un logo tiers

 Jurisprudence – Affaire Pierre Fabre (cjue, c-439/09)

Faits :

 Pierre Fabre (cosmétiques) impose que les ventes se fassent exclusivement en officine avec un
pharmacien présent → Exclusion de la vente en ligne

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Décision :

 Cette clause est jugée interdite car elle constitue une restriction par objet
 Pas justifiée par la nature des produits
 Le contrat perd le bénéfice de l’exemption par catégorie (VBER)

Ex :

1. Frenchy-brew (nouvelle marque de café à Paris)

 La Graine de Café achète en gros pour revendre : Contrat de distribution


 Expansion en Europe avec redevances, normes à respecter : Contrat de franchise

2. Chicken & Go – Concept fast-food

 Le fondateur veut s’étendre sans gérer lui-même les restaurants


 Il souhaite inclure un droit d’entrée et des redevances mensuelles

Solution : franchise (car usage de marque + accompagnement + contrôle + rémunération)

3. SPAR – autorité autrichienne de la concurrence

 SPAR impose aux fournisseurs une stabilité de marge, leur demande de communiquer les prix
à la concurrence

Peut constituer une entente anticoncurrentielle → prix concertés → interdit par le droit européen

Séance 9 : Digital services act & digital markets act


Pourquoi ces textes ?

 Les services numériques en UE faisaient face à 27 régulations nationales différentes


 10 000+ plateformes en UE, dont 90 % sont des PME
 40 % des entreprises vendent via des marketplaces (source : Eurostat 2019)

Texte Objectif principal


DSA Réguler les contenus, publicités et comportements des plateformes numériques
DMA Lutter contre les abus de position dominante des grandes plateformes (gatekeepers)

 Digital services act (DSA) :


Entrée en vigueur

 25 août 2023: vlops / vloses (very large online platforms/search engines)


 17 février 2024 : autres entités

Obligations clés :
Domaine Contenu
Obligations accrues pour les marketplaces (lutte contre contrefaçon,
Produits illégaux
produits dangereux)

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Domaine Contenu
Contenus illégaux Modération renforcée (discours haineux, fake news…)
Protection des
Publicité ciblée interdite basée sur les données personnelles des mineurs
mineurs
Interdiction de cibler sur base de données sensibles (genre, race,
Publicité
religion)
Interface Interdiction des dark patterns (tromperies visuelles)
Plateformes concernées (VLOPs/VLOSEs désignées) :

 Marchés / réseaux : Amazon, AliExpress, Booking, Meta, TikTok, YouTube, Temu,


Zalando...
 Moteurs de recherche : Google Search, Bing

Sanctions

 Jusqu’à 6 % du CA mondial annuel

 Digital markets act (DMA)


Entrée en vigueur

 Pleine application : 7 mars 2024

Objectif : empêcher les grandes plateformes ("gatekeepers") d’abuser de leur position vis-à-
vis des utilisateurs et entreprises
Critères de désignation d’un gatekeeper :

 Présence forte sur plusieurs marchés européens


 Rôle d’intermédiaire dominant (ex : entre vendeurs et clients)
 Position durable (au moins 3 ans)

Interdictions imposées aux gatekeepers :


Action Interdit si gatekeeper
Favoriser ses propres services dans les classements (Google Shopping,
Auto-préférence
Apple Store…)
Anti-steering Empêcher les vendeurs de rediriger les clients hors de la plateforme
Apps
Imposer des applications non désinstallables
préinstallées
Publicité Suivre les utilisateurs sans consentement explicite
Gatekeepers désignés par la Commission européenne

1. Apple
2. Alphabet (Google)
3. Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp)
4. Amazon

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5. Microsoft
6. ByteDance (TikTok)
7. Booking (dès novembre 2024)

Sanctions :

 Jusqu’à 10 % du CA mondial
 Jusqu’à 20 % en cas de récidive

Procédure de contrôle et d’enquête : pouvoirs de la Commission européenne

 Pouvoirs d’enquête : demande d’infos, inspections


 Pouvoirs de sanction : amendes, injonctions, surveillance renforcée

Ex :
1. Apple (DMA – Art. 5(4))

 24 juin 2024 : Commission informe Apple de non-conformité


 Empêche les développeurs de rediriger les utilisateurs hors de l’App Store

19 mars 2025 : Décisions formelles fixant des mesures obligatoires et leur calendrier

2. Alphabet (Google)

 19 mars 2025 : deux constats préliminaires


o Google favorise ses propres services (Shopping, Travel) dans Search
o Google Play limite la redirection vers d’autres plateformes

3. Meta (Facebook)

 Enquête sur le modèle “payer ou consentir”


o Soit l'utilisateur accepte l'utilisation de ses données, soit il paie → jugé
possiblement illicite

Synthèse comparative :
Élément DSA DMA
Objectif Contenu, publicité, interfaces Abus de domination, concurrence
Entrée en
Août 2023 / Février 2024 Mars 2024
vigueur
Sanctions Jusqu’à 6 % CA mondial Jusqu’à 10–20 % CA mondial
Toutes plateformes (VLOPs,
Acteurs visés Gatekeepers
VLOSEs)
Transparence, protection des mineurs, Non-discrimination, liberté de choix,
Principes clés
publicité responsable désinstallation, steering

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