Cours de l’Hydraulique
Dr. Abdessamad GHACHA
3. DYNAMIQUE DES FLUIDES
Dr. A.GHACHA - ENSI
3.1 Introduction
L’hydrodynamique c’est la partie de l’hydraulique qui s’intéresse
surtout aux mouvements des fluides. L’étude des principes de
conservation de la masse, l’écoulement tubulaire (laminaire/turbulent),
les mesures du débit,…
L’hydrodynamique étudie un grand nombre de problème d’ordre
pratique lié au mouvement du liquide tel que : le mouvement de l’eau
dans les conduites et dans les canaux, les turbomachines,…
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3.2 Notion de base
3.2.1 Fluide parfait et fluide réel
Un fluide parfait est un fluide dépourvu de la viscosité. Ses particules glissent les unes
sur les autres sans frottement, sans tourner sur elles-mêmes et sans tourbillonner, donc
sans perte de charge. En mécanique des fluides, un fluide est dit parfait s'il est possible
de décrire son mouvement sans prendre en compte les effets de frottement.
Contrairement à un fluide parfait, qui n’est qu’un modèle pour simplifier les calculs,
pratiquement inexistant dans la nature, un fluide réel se caractérise par sa viscosité ce qui
conduit à une perte d'Energie à cause des frottement le long du mouvement du fluide.
3.2.2 Ecoulement permanent et non-permanent
Un régime est dit permanent quand en un point ou dans une section, la vitesse moyenne,
le débit, la pression, et tous autre paramètres restent constante dans le temps. Alors
qu’on régime non-permanent (variable) se caractérise par la variation de ces paramètres
dans le temps du même point ou de la même section.
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3.2.3 Ecoulement en charge et à surface libre
L’écoulement en charge c’est un écoulement sous-pression qu’on le trouve dans les conduites à
section pleine. Alors que l’écoulement à surface libre qui a lieu dans les cours d’eau et les
canaux artificiels, son plan d’eau supérieur étant libre et il est en contact direct avec
l’atmosphère, et l’écoulement se fait par gravité.
3.2.4 Fluide compressible et incompressible
On sait que la compressibilité des gaz est très élevée et influe beaucoup sur leur comportement.
Par contre les liquides sont très peu compressibles. En pratique on les considèrent comme
incompressibles. Un fluide est dit incompressible lorsque le volume occupé par une masse
donnée ne varie pas on appliquant une pression extérieure.
3.2.5 Ecoulement uniforme et non-uniforme
L’écoulement est subdivisé en un écoulement uniforme et un autre non-uniforme (varie).
D’une section à une autre section, si rien ne varie (vitesse moyenne, débit) le long d’une
distance, l’écoulement est dit uniforme. C’est le cas de l’écoulement dans les tuyaux rectilignes,
loin des singularités.
L’écoulement non-uniforme diffère par la variabilité des paramètres. On le rencontre dans les cas
où la vitesse moyenne change avec la présence d’un changement de section, même si le débit
reste le même.
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3.2 Ligne de courant, tube de courant
On appelle lignes de courant, des lignes tangentes
en chacun de leur point à la direction des vecteurs
de vitesses d'écoulement à l'instant « t ». Cette ligne
est tracée par une série de points dans le liquide en
mouvement. On peut dire que la ligne de courant
représente le parcours d’une masse élémentaire de
fluide.
L’ensemble des filets d’écoulement traversant une
section quelconque perpendiculaire aux flux général
détermine un tube d’écoulement de courant.
Ligne et tube de courant pour un écoulement
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3.3 Débit volumique, débit massique
En hydraulique, en utilise souvent la notion de débit et la vitesse moyenne d’écoulement.
Le débit du liquide est la quantité du liquide passant par unité de temps par une section d’écoulement
donnée du courant, on distingue :
- Le débit volumique « Q » mesuré en m3/s ou en l/s : étant le volume de liquide qui traverse une section
par unité de temps
Q = volume /temps = vitesse x section (Q = volume/temps = V x S)
- Le débit massique « ṁ » mesuré en Kg/s : étant la masse de liquide qui traverse une section par unité de
temps
ṁ = masse volumique / temps (ṁ = m/t = ρ x volume/temps = ρ x Q)
avec
V : vitesse moyenne en m/s ;
S : section transversale de la conduite en m² ;
ρ : masse volumique du liquide en m3/s
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3.4. Principe de conservation de la masse
Soient S1 et S2 deux sections normales d’un petit tube de courant, ρ1 et ρ2 les masses spécifiques, V1 et V2 les vitesses
scalaires moyennes du fluide qui traverse ces sections. Selon le principe de conservation de la masse, les débits de masse
à travers S1 et S2 sont égaux en régime stationnaire:
ρ1 S1 V1 = ρ2 S2 V2
(lorsque les conditions ne changent pas avec le temps), le débit de masse à travers une section doit être égal au débit de
masse à travers une autre section. Mathématiquement, cela s'exprime comme suit : ⋅S1⋅V1=ρ2⋅S2⋅V2
Dans le cas d’un liquide incompressible : ρ1 = ρ2 ,
Ce qui donne S1 V1 = S2 V2 = Q c’est le débit volumique
Ce résultat s’applique notamment à l’écoulement d’un liquide dans un tuyau de section variable. C’est l’équation de
continuité d’un filet liquide incompressible.
Un "régime stationnaire" se
réfère à une condition où les
propriétés d'un système ne
varient pas avec le temps à un
point donné de l'espace.
Principe de conservation de masse
3.5 Equation d’Euler Dr. A.GHACHA - ENSI
Prenons un tube de courant ayant à l’intérieur un volume infinitésimal de fluide dont l’aire de section est « S », la
longueur « ds » et de masse « m ». à cet endroit le tube de courant fait un angle « α » avec l’horizontale. A la section 1,
la pression est « P » et à la section 2, la pression est « P+ dP ». de la section 1 à la section 2, il y a un changement de
vitesse « dv » et une hausse de niveau « dx ».
A la section (1) la force F1 = P.S
A la section (2) la force F2 = -(P + dP).S (sens inverse de l’écoulement)
La projection de la masse dans le sens d’écoulement : - m.g.Sin(α)
Selon la deuxième loi de Newton, la poussée nette est égale à Q.m.dv, donc :
-dP.S – m.g. Sin(α) = Q.m.dv = (ρ. V. S ). dv
On a : m = ρ. S.dx et Sin(α) = dz / dx
-dP.S – (S.dx . ρ.g). dz / dx = ρ.V.S. dv
En simplifiant, on obtient une relation très importante
en mécanique des fluides, l’équation d’Euler :
3.6 Relation de Bernoulli Dr. A.GHACHA - ENSI
Appliquons l’équation d’Euler à l’écoulement du liquide parfait ; la masse volumique étant invariable, il devient facile
d’intégrer chaque terme de cette équation entre deux sections quelconques, 1 et 2 :
Ce qui donne :
Cette relation peut s’ecrire sous la forme :
C’est l’équation de Bernoulli (1700-1782)
Expression dans laquelle
P : désigne la pression,
z : la hauteur par rapport à un niveau de repère,
v : la vitesse du courant.
L’unité pour les trois termes est le joule par newton, c'est-à-dire d’énergie par unité de poids :
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a. L’équation de Bernoulli peut s’interpréter en terme de hauteur
z : hauteur géométrique / altitude
: hauteur due à la pression / hauteur manométrique
ρ
: hauteur piézométrique
ρ
V2/2g: hauteur due à la vitesse / hauteur capable
Les trois hauteurs donnent la hauteur de la charge totale
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b. L’équation de Bernoulli peut s’interpréter en terme de pression
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c. L’équation de Bernoulli peut s’interpréter en terme d’énergie
multiplions tous les termes de l’équation par un volume « V »
En un point donné de la conduite, l’énergie d’un fluide incompressible se compose :
Ehydraulique= Epotentielle + Epression + Ecinétique
d. Représentation graphique de l’équation de Bernoulli Dr. A.GHACHA - ENSI
Nous pouvons représenter les trois hauteurs de l’équation de Bernoulli pour différentes sections d’une conduite. Il devient
facile, et parfois très utile, d’en faire une représentation graphique.
Vu qu’il s’agit d’un fluide parfait, l'énergie totale par unité de poids demeure constante ; elle détermine une droite parallèle
au plan de référence, la ligne de charge énergétique ou plus simplement ligne de charge. La somme des deux premiers
termes (z + P/ρg) détermine une ligne qu’on appelle la ligne piézométrique.
Représentation de l’équation de Bernoulli d’un d’un fluide parfait
(Beaudy et Rolland 1995)
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3.7 Tube de Pitot
Le tube de pitot est largement utilisé comme une sonde portative pour mesurer la vitesse d’un
écoulement. Il s’agit d’un tube de faible diamètre ≈ 5 mm.
La formule utilisée pour le cas d’un tube de Pitot, qui donne la vitesse en fonction de la différence de
hauteur.
Avec :
Cv : coefficient de vitesse dont la valeur est fournie par le fabricant de l’instrument ou obtenue
par étalonnage. Dans le cas des appareils bien conçus Cv = 0.98
Tube de Pitot
3.8 Tube de Venturi Dr. A.GHACHA - ENSI
Considérons l’écoulement d’un fluide incompressible dans un Venturi dont l’entrée est « S1 », la
section de la gorge « S2» et la section de sortie « S3». Les tubes piézométriques placés au niveau des
sections 1, 2 et 3 indiquent des hauteurs h1, h2 et h3.
En supposant qu’il n’y a aucune perte de charge dans ce tronçon de conduite, et l’écoulement est
permanent, l’équation de Bernoulli s’écrit : Tube de
Vernturi
(Gaaloul
2013)
V1, V2 et V3 sont les vitesses moyennes dans les sections 1, 2 et 3
en appliquant l’équation de continuité, on a :
V1 S1 = V2 S2 = V3 S3 = Q………………….(2)
Q : étant le débit volumique passant dans le Venturi
On va chercher la valeur de la vitesse « V2 » en fonction de « V1 ». En remplaçant dans la formule (1) la valeur V1 , on trouve
finalement la relation suivante :
En réalité le débit déterminé par cette relation est inférieur à la valeur réelle mesurée expérimentalement. Cette différence est
décrite par le coefficient de débit « Cq », ce coefficient peut être déterminé expérimentalement, il est généralement compris
entre 0.9 à 0.99
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Exercice 1 :
L’eau s’écoule de point A vers B à un débit de 0,37 m3/s et une hauteur de pression en A de 6,6 m. Considérant
qu’il n’y a aucune perte d’énergie entre A et B.
Calculer la pression en B et tracer la ligne de charge.
On donne : diamètres en A = 30 cm et en B = 60 cm
Côtes en A=3,0 m et en B=7,5 m
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Solution ex1 :
On applique l’équation de Bernoulli en les points A et B
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Exercice 2 :
On considère un siphon de diamètre = 10 alimenté par
réservoir d’essence de grandes dimensions par rapport à d
et ouvert à l’atmosphère.
On suppose que :
- Le fluide est parfait ;
- Le niveau du fluide dans le réservoir varie lentement.
- L’accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s2
- Le poids volumique de l’essence : ω = 6896 N/m3
- H = ZA – ZS = 2,5 m .
1) En appliquant le théorème de Bernoulli entre les points A
et S, calculer la vitesse d’écoulement Vs dans le siphon.
2) Déduire le débit volumique Qv
3) Donner l’expression de la pression PB au point B en
fonction de , H , ω et Patm.
Faire une application numérique pour = 0,4 .
4) peut-elle prendre n’importe quelle valeur? Justifier
votre réponse.
Solution ex2 Dr. A.GHACHA - ENSI
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Solution ex2
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Exercice 3 :
Un tube Venturi, avec un diamètre d’entré de 30 cm et la gorge à un
diamètre de 15 cm, utilisé pour la mesure de débit. La dénivellation du
mercure du manomètre différentiel est de 35.8 cm.
Déterminer le débit traversant le Venturi, si le coefficient de débit
Cq=0.99 (on néglige les pertes de charge)
Solution ex3 : Dr. A.GHACHA - ENSI