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Exposé

La gestion des déchets biomédicaux à Bamako est devenue un enjeu crucial en raison de la croissance rapide du système de santé, avec des déchets dangereux tels que des seringues usagées et des produits chimiques. Les méthodes d'élimination actuelles, comme l'incinération et l'enfouissement, présentent des risques sanitaires et environnementaux importants. Des recommandations incluent le tri à la source, l'installation d'incinérateurs modernes et la sensibilisation des communautés pour améliorer la situation.

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La gestion des déchets biomédicaux à Bamako est devenue un enjeu crucial en raison de la croissance rapide du système de santé, avec des déchets dangereux tels que des seringues usagées et des produits chimiques. Les méthodes d'élimination actuelles, comme l'incinération et l'enfouissement, présentent des risques sanitaires et environnementaux importants. Des recommandations incluent le tri à la source, l'installation d'incinérateurs modernes et la sensibilisation des communautés pour améliorer la situation.

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Exposé : Gestion des déchets biomédicaux

dans les centres de santé de Bamako


Introduction
Avec l’expansion rapide du système de santé à Bamako, capitale du Mali, la question de la
gestion des déchets biomédicaux est devenue cruciale. Ces déchets, produits par les hôpitaux,
cliniques, laboratoires et centres de santé communautaires (CSCom), sont souvent dangereux
pour la santé humaine et l’environnement. Ils comprennent notamment des seringues usagées,
du sang contaminé, des produits chimiques et des objets tranchants. Une mauvaise gestion
peut entraîner la propagation de maladies infectieuses et la pollution du sol, de l’eau et de
l’air. Cet exposé se propose d’analyser les méthodes d’élimination utilisées dans les centres
de santé de Bamako ainsi que les risques associés.

I. Définition et classification des déchets biomédicaux


Les déchets biomédicaux sont les déchets produits au cours des activités médicales,
chirurgicales, pharmaceutiques, de laboratoire ou vétérinaires. Ils sont classés en deux
grandes catégories :

1. Déchets non dangereux

Ce sont des déchets qui ne présentent pas de risque particulier, similaires aux déchets
ménagers :Emballages, papiers, restes de repas, boîtes vides.

2. Déchets dangereux

Ce sont ceux qui présentent un risque infectieux, toxique ou physique :

 Déchets infectieux : pansements souillés, seringues usagées, gants contaminés.


 Déchets anatomiques : tissus humains, placentas, membres amputés.
 Objets piquants ou tranchants : aiguilles, lames de scalpel, cathéters.
 Déchets pharmaceutiques : médicaments périmés, ampoules brisées.
 Déchets chimiques : désinfectants, solvants, réactifs de laboratoire.

Exemple : À l’hôpital Gabriel Touré, l’un des plus grands de Bamako, on estime que plus de
150 kg de déchets médicaux sont produits chaque jour, dont 20 à 30 % sont considérés
comme dangereux.
II. Méthodes d’élimination des déchets dans les centres de
santé de Bamako
1. Incinération

C’est la méthode la plus utilisée. Les déchets sont brûlés à haute température. Cependant,
dans beaucoup de cas, les incinérateurs sont vétustes, mal entretenus, et ne respectent pas les
normes environnementales.

Exemple : Le CSCom de Sogoniko utilise un incinérateur fabriqué localement, qui émet une
fumée noire épaisse, signe d’une combustion incomplète.

2. Enfouissement dans des fosses

Les déchets sont enterrés dans des fosses creusées à la main. Cette méthode est courante dans
les petits centres ou en zone périurbaine, mais elle présente un risque de pollution des nappes
phréatiques.

Exemple : Au CSCom de Daoudabougou, les fosses sont situées à proximité des puits, ce qui
inquiète les habitants.

3. Brûlage à l’air libre

Certains centres brûlent les déchets à ciel ouvert, surtout en périphérie. Cela dégage des
substances toxiques comme les dioxines, dangereuses pour la santé.

Exemple : À Faladié, des habitants signalent des cas de toux chronique dus aux fumées
dégagées près du centre de santé.

4. Collecte non spécialisée

Dans certains cas, les déchets biomédicaux sont mélangés avec les ordures ménagères et
collectés sans précaution.

Exemple : Des seringues usagées ont été retrouvées à la décharge de Lafiabougou, ramassées
par des enfants en quête d’objets recyclables.

III. Risques associés à une mauvaise gestion des déchets


1. Risque sanitaire

 Transmission de maladies comme le VIH/Sida, l’hépatite B et C à cause des objets


tranchants contaminés.
 Risques pour le personnel de santé, les éboueurs et les populations environnantes.
Exemple : En 2022, un agent d’entretien du CSRef de la Commune I a été blessé par une
aiguille mal jetée, et a dû suivre un traitement post-exposition.

2. Risque environnemental

 Pollution de l’eau et du sol à cause de l’enfouissement non contrôlé.


 Pollution de l’air par la combustion sauvage de plastiques et de produits chimiques.

Exemple : Dans certains quartiers comme Niamakoro, les familles se plaignent d’odeurs
nauséabondes provenant des fosses de déchets.

3. Risque social

 Revente illégale de matériel médical récupéré dans les décharges.


 Réutilisation de seringues ou de flacons, entraînant un danger pour les patients.

Exemple : Des seringues récupérées dans une décharge ont été retrouvées en vente au marché
noir de Médina Coura.

IV. Recommandations pour une meilleure gestion


Pour faire face à ces défis, plusieurs actions peuvent être mises en place :

 Mise en place d’un tri systématique à la source, avec des poubelles codées par couleur
(ex : jaune pour les déchets tranchants, rouge pour les infectieux).
 Installation d’incinérateurs modernes respectant les normes sanitaires et
environnementales.
 Formation régulière du personnel de santé et des agents d’entretien à la manipulation
des déchets.
 Renforcement du contrôle et de la réglementation par les autorités sanitaires.
 Sensibilisation des communautés sur les risques des déchets médicaux.
 Partenariats public-privé pour financer des solutions durables (recyclage sécurisé,
incinération centralisée).

Conclusion
La gestion des déchets biomédicaux est un enjeu crucial pour la santé publique à Bamako. Les
méthodes actuelles sont encore largement insuffisantes et souvent dangereuses. Les risques
sont multiples : sanitaires, environnementaux et sociaux. Il est donc urgent de mettre en
œuvre une stratégie de gestion intégrée et durable, impliquant l’État, les structures de santé,
les ONG et les populations. Une telle approche permettra non seulement de protéger les
individus, mais aussi de préserver l’environnement urbain de Bamako.

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