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Code Du Travail

Le Code du travail de Djibouti, institué par la loi n°133/AN/05/5ème du 26 janvier 2006, régit les relations professionnelles entre travailleurs et employeurs, interdisant le travail forcé et établissant des normes pour les contrats de travail. Il couvre divers aspects tels que les conditions de travail, les salaires, la résolution des différends et les rapports collectifs. Ce code est applicable sur l'ensemble du territoire national, à l'exception des zones franches.

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Le Code du travail de Djibouti, institué par la loi n°133/AN/05/5ème du 26 janvier 2006, régit les relations professionnelles entre travailleurs et employeurs, interdisant le travail forcé et établissant des normes pour les contrats de travail. Il couvre divers aspects tels que les conditions de travail, les salaires, la résolution des différends et les rapports collectifs. Ce code est applicable sur l'ensemble du territoire national, à l'exception des zones franches.

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Djibouti

Code du travail
Loi n°133/AN/05/5ème du 26 janvier 2006

Sommaire

Titre 1 - Dispositions générales................................................................................... 1


Titre 2 - Des rapports individuels de travail................................................................ 2
Titre 3 - Des conditions de travail ............................................................................. 12
Titre 4 - Du salaire .................................................................................................... 19
Titre 5 - Du règlement des différends individuels et collectifs du travail ................. 22
Titre 6 - Du contrôle du travail, de la promotion de l’emploi ................................... 26
Titre 7 - Des rapports collectifs du travail................................................................. 29
Titre 8 - Des organes consultatifs.............................................................................. 38
Titre 9 - Des pénalités ............................................................................................... 39
Titre 10 - Des dispositions transitoires...................................................................... 40

Titre 1 - Dispositions générales taires, aux gendarmes, à la police et à la protection


civile.

Art.1.- La présente loi institue le Code du travail Comme Loi de la République ce Code du travail est
de la République de Djibouti. applicable sur l’ensemble du territoire national à
l’exception des « zones franches » qui relèvent
Ce Code est applicable aux relations professionnel- d’une législation particulière.
les entre travailleurs et employeurs.
Art.2.- Le travail forcé ou obligatoire est interdit de
Est considérée comme travailleur au sens du Code façon absolue.
du Travail, quels que soient son sexe et sa nationa-
lité, toute personne qui s’est engagée à mettre son Le terme « travail forcé ou obligatoire » désigne
activité professionnelle, moyennant rémunération, tout travail ou service exigé d’un individu sous la
sous la direction et l’autorité d’une autre personne contrainte physique et/ou morale et pour lequel
physique ou morale, publique ou privée. l’individu ne s’est donné de plein droit.
Toutefois, le terme « travail forcé ou obligatoire »
Pour la détermination de la qualité de travailleur, il ne comprendra pas :
ne doit être tenu compte ni du statut juridique de • a) tout travail ou service exigé en vertu des lois
l’employeur, ni de celui du travailleur. sur le service militaire obligatoire et affecté à
des travaux d’un caractère purement militaire ;
Sont exclues du champ d’application du présent • b) tout travail ou service d’intérêt général tel
Code les personnes nommées dans un emploi per- que défini par les lois sur les obligations civi-
manent d’un cadre de l’administration publique et ques ;
qui relèvent, à ce titre, du Statut Général de la • c) tout travail ou service exigé d’un individu
Fonction Publique ainsi que ceux relatifs aux mili- comme conséquence d’une condamnation pro-
noncée par une décision judiciaire, à la condi-

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tion que ce travail ou service soit exécuté sous


la surveillance et le contrôle des autorités pu- Titre 2 - Des rapports
bliques et que ledit individu ne soit pas concé-
dé ou mis à la disposition de particuliers, com- individuels de travail
pagnies ou personnes morales privées ;
• d) tout travail ou service exigé dans les cas de
force majeure, c’est-à-dire dans les cas de Chapitre 1 - Du contrat de travail
guerre, de sinistres ou menaces de sinistres tels
qu’incendies, inondations, famines, tremble-
ments de terre, épidémies et épizooties violen- Section 1 - Dispositions d’ensemble
tes, invasions d’animaux, d’insectes ou de pa-
rasites végétaux nuisibles, et en général toutes
circonstances mettant en danger ou risquant de Art.7.- Le contrat de travail est un accord de volon-
mettre en danger la vie ou les conditions nor- té par lequel une personne physique s’engage à
males d’existence de l’ensemble ou d’une par- mettre son activité professionnelle sous la direction
tie de la population ; et l’autorité d’une autre personne physique ou mo-
• e) les menus travaux de village, c’est-à-dire les rale, publique ou privée, moyennant rémunération.
travaux exécutés dans l’intérêt direct de la col-
lectivité par les membres de celle-ci, travaux Art.8.- Le contrat de travail peut être à durée dé-
qui, de ce chef, peuvent être considérés comme terminée ou indéterminée.
des obligations civiques normales incombant Tout contrat de travail peut être à temps plein ou à
aux membres de la collectivité, à condition que temps partiel.
la population elle-même ou ses représentants
directs aient le droit de se prononcer sur le Art.9.- Les contrats de travail sont passés libre-
bien-fondé de ces travaux. ment, toutefois :
• 1° le contrat d’apprentissage ;
Art.3.- Sous réserve des dispositions expresses du • 2° le contrat à durée déterminée excédant un
présent Code, ou de tout texte de nature législative mois ;
ou réglementaire protégeant les femmes, les enfants • 3° le contrat de travail dont l’exécution est
et les jeunes, ainsi que des dispositions relatives à hors du lieu de résidence habituelle du travail-
la condition des étrangers, aucun employeur ne leur ;
peut prendre en compte le sexe, l’âge, la race, la • 4° le contrat des travailleurs étrangers ;
couleur, l’origine sociale, la nationalité ou • 5° la stipulation d’une période d’essai dans un
l’ascendance nationale, l’appartenance ou la non- contrat ;
appartenance à un syndicat, l’activité syndicale ou doivent être constatés par écrit. Les contrats et sti-
les opinions, notamment religieuses et politiques du pulations écrits sont exempts de tout droit de timbre
travailleur pour arrêter ses décisions en ce qui et d’enregistrement.
concerne notamment l’embauche, la conduite et la
répartition du travail, la formation professionnelle, Art.10.- Quel que soit le lieu de la conclusion du
l’avancement, la promotion, la rémunération et contrat et de la résidence de l’une ou l’autre partie,
autres conditions de travail, l’octroi d’avantages tout contrat de travail conclu pour être exécuté en
sociaux, la discipline ou la rupture du contrat de République de Djibouti est soumis aux dispositions
travail. de la présente loi, sauf en cas d’exécution partielle,
en République de Djibouti, d’un contrat de travail
Art.4.- Il est interdit à tout employeur d’user de initialement conclu sous l’empire d’une autre légi-
moyens de pression à l’encontre d’un travailleur ou slation, pour des travailleurs déplacés dont la mis-
à l’encontre ou en faveur d’une organisation syndi- sion sur le territoire n’excède pas six mois.
cale de salariés quelle qu’elle soit, ou d’un de ses
membres.
Section 2 - Du contrat de travail à durée déter-
Art.5.- L’âge minimum d’accès au marché du tra- minée
vail est fixé à 16 ans révolus.

Art.6.- Un exemplaire du présent Code doit être Art.11.- Tout contrat conclu pour une durée déter-
tenu par l’employeur à la disposition des délégués minée ne peut excéder, en cas de renouvellement
du personnel. répétitif la durée totale de 12 mois renouvelable
une fois.

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Tout contrat stipulant une durée déterminée supé- de l’article 9, l’essai ne peut résulter que d’une
rieure à un mois ou nécessitant l’installation du clause incluse dans le corps du contrat.
travailleur hors de sa résidence habituelle doit être,
après visite médicale d’aptitude de celui-ci, consta- Art.18.- Dans les contrats à durée indéterminée, la
té par écrit. période d’essai ne peut excéder quinze jours pour
les employés, ouvriers et manœuvres payés à
Art.12.- Sont considérées comme relevant du l’heure ; un mois pour les employés, ouvriers et
champ d’application du contrat à durée déterminé : manœuvres payés au mois et trois mois pour les
• 1° les travailleurs à titre saisonnier ou tempo- agents de maîtrise, cadres et assimilés. Cette pé-
raire ; riode ne peut être renouvelée qu’une fois et par
• 2° les travailleurs engagés pour une tâche dé- écrit.
terminée dont l’exécution n’excède pas six
mois ; Dans le contrat à durée déterminée, la période
• 3° les travailleurs à titre occasionnel ; d’essai ne peut excéder une durée qui, exprimée en
• 4° les travailleurs engagés à l’heure ou à la jours ouvrables, est égale à un jour par semaine de
journée ; travail prévu ou prévisibles sans pouvoir excéder
• 5° les travailleurs pour la durée d’un chantier un mois pour les employés, ouvriers et manœuvres
ou d’une mission ; et trois mois pour les agents de maîtrise, cadres et
• 6° les travailleurs remplaçants des salariés ab- assimilés.
sents pour une période temporaire suite à la
maladie, la maternité ou la formation ; Art.19.- Le travail exécuté pendant la période
d’essai doit être payé au taux de la catégorie dans
• 7° les travailleurs recrutés à la faveur d’une
laquelle a été engagé le travailleur, conformément
augmentation passagère du volume de
aux classifications professionnelles de la conven-
l’activité de l’entreprise.
tion ou de l’accord collectif éventuellement appli-
cable à l’entreprise.
Art.13.- Des contrats de travail à durée déterminée
peuvent être conclus, conformément aux disposi-
Art.20.- Si le travailleur est maintenu en service à
tions législatives et réglementaires, et ce dans le
dessein de promouvoir une politique d’embauche l’expiration de la période d’essai, renouvelée ou
non, les parties sont liées par un contrat de travail
en faveur de personnes sans emploi.
et la période d’essai, renouvellement compris, est
Art.14.- Sans préjudice d’application des articles prise en compte pour la détermination des droits et
avantages attachés à la durée du service dans
précédents, le contrat de travail à durée déterminé
l’entreprise.
doit mentionner dans son corps, dès son approba-
tion, la limite temporelle fixant son terme.
Art.21.- L’engagement à l’essai peut, à tout mo-
ment, cesser sans préavis ni indemnités de quelque
Art.15.- Tout contrat de travail qui ne répond pas
aux exigences du contrat à durée déterminée est nature que ce soit par la volonté de l’une des par-
ties.
considéré comme un contrat à durée indéterminée.

Section 4 - Du contrat de travail à durée indé-


Section 3 - De l’engagement à l’essai
terminée

Art.16.- Il y a engagement à l’essai lorsque


Art.22.- Le contrat de travail à durée indéterminé
l’employeur et le travailleur, en vue de conclure un
peut être écrit ou verbal.
contrat définitif, décident au préalable d’apprécier
notamment :
Le contrat de travail à durée indéterminée peut être
• le premier, l’aptitude professionnelle du tra-
conclu pour un travail à temps plein ou pour un
vailleur et son rendement,
travail à temps partiel.
• le second, les conditions de travail, de vie, de
rémunération, d’hygiène et de sécurité ainsi
Art.23.- Dans le cas où un travailleur sous contrat
que le climat social de l’entreprise.
de travail à durée indéterminée à temps partiel ef-
fectue des heures supplémentaires au cours d’une
Art.17.- L’engagement à l’essai doit être constaté
semaine ou d’un mois, le nombre d’heures supplé-
par écrit. Dans les cas prévus aux points 2, 3, et 4
mentaires effectuées ne peut être supérieur au

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dixième de la durée hebdomadaire ou mensuelle Art.29.- La demande d’autorisation de travail doit


prévue dans son contrat. être formulée avec dépôt du contrat de travail au-
près des services de l’Emploi qui instruisent le dos-
Lorsque le contrat de travail à durée indéterminée, sier. Celui-ci délivre au requérant un reçu daté.
à temps plein ou à temps partiel, nécessite
l’installation du travailleur hors de sa résidence Sans réponse, sous 60 jours, à compter de la date de
habituelle, il doit être obligatoirement constaté par dépôt du contrat de travail par l’employeur, auprès
écrit. des services concernés du Ministère chargé du Tra-
vail, l’autorisation est réputée accordée et le contrat
de travail, légalisé de fait.
Section 5 - Du contrat du travailleur étranger
Art.30.- La demande de visa incombe à
l’employeur. Si le visa est refusé, le contrat est nul
Art.24.- Tout étranger peut exercer une activité de plein droit. Si l’omission du visa est due au fait
salariée en vertu d’un contrat de travail à durée de l’employeur, le travailleur a le droit de faire
déterminée, sous réserve des dispositions ci-après. constater par le tribunal du travail, la nullité du
contrat et pourra, s’il y a lieu, réclamer des dom-
Art.25.- Le contrat de travail pour étranger est mages et intérêts.
obligatoirement constaté par écrit. Il fait l’objet
d’un visa délivré par le Ministre chargé du Travail.
Section 6 - Des agences privées d’emploi et du
Art.26.- Le visa du contrat du travailleur étranger contrat d’intérim
entraîne la délivrance d’une autorisation de travail
délivrée par le Ministre chargé du Travail.
Art.31.- Les « agences privées d’emploi » sont
Nul travailleur étranger ne peut bénéficier d’un visa autorisées en République de Djibouti, sous réserve
de séjour « pour travail » s’il n’a pas préalablement qu’elles se conforment aux dispositions du présent
obtenu la dite autorisation de travail. Code du Travail.

Art.27.- Cette autorisation est temporaire. Elle est Les « agences privées d’emploi » sont des person-
délivrée pour une durée d’un an ; elle peut être re- nes physiques ou morale, indépendantes des autori-
nouvelée plusieurs fois ; elle doit être présentée à tés publiques, enregistrées aux registres du com-
toute réquisition des services du Ministère chargé merce ou des sociétés, qui fournissent un ou plu-
du Travail ou des services des visas du Ministère sieurs des services suivants se rapportant au marché
de l’Intérieur. du travail :
• a) des services visant à rapprocher offres et
Lorsqu’un travailleur étranger quitte, pour quelle demandes d’emploi, sans que l’agence
que raison que ce soit son employeur, ce dernier d’emploi privée ne devienne partie aux rela-
doit adresser au Service de la Main d’œuvre une tions de travail susceptibles d’en découler ;
déclaration de cessation de service. • b) des services consistant à employer des tra-
vailleurs dans le but de les mettre à disposition
L’autorisation de travail devient immédiatement d’une tierce personne physique ou morale, dé-
caduque. signée « entreprise utilisatrice », qui fixe leurs
tâches et en supervise l’exécution.
Art.28.- Le Ministre chargé du Travail peut refuser
la délivrance ou le renouvellement de l’autorisation Les « agences privées d’emploi » doivent se préva-
de travail lorsque la qualification professionnelle loir d’un fonds de garantie et remplir un certain
du travailleur ne répond pas, ou plus, aux besoins nombre de conditions définies par décret pris en
de l’économie nationale. ou encore lorsqu’il existe Conseil des ministres sur proposition du ministre
sur le marché du travail des compétences et qualifi- en charge du travail pour prétendre exercer leurs
cations nationales équivalentes à celles du travail- activités et fournir des services au marché du Tra-
leur étranger. vail.

Le refus opposé par le Ministre chargé du Travail Art.32.- Les agences privées d’emploi ne peuvent
peut faire l’objet des recours ouverts par le droit collecter, stocker et communiquer des informations
commun contre les décisions administratives. sur des travailleurs que dans la mesure où il s’agit
de données exclusivement professionnelles : État

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civil, formation, qualification, expérience profes- • b) un contrat de travail entre l’agence privée
sionnelle et savoir faire. d’emploi et le travailleur intérimaire.

Art.33.- Le champ d’activité des agences privées L’agence privée d’emploi est réputée employeur et
d’emploi couvre des secteurs d’activité profession- investie des droits et obligations attachées à cette
nelle limités et définis par décret pris en conseil des qualité. Le travailleur n’a à verser aucune rétribu-
ministres sur proposition du ministre en charge du tion pour ce placement.
travail.
Art.38.- Le contrat d’intérim doit préciser obliga-
Art.34.- Les agences privées d’emploi sont tenues toirement :
de déposer au Ministère chargé du Travail une dé- • a) le motif de la mission ou le nom et la quali-
claration d’existence dont il leur sera délivré récé- fication du salarié à remplacer ;
pissé. • b) un terme fixé avec précision avec éventuel-
lement les conditions de renouvellement de la
La création ou l’établissement de nouveaux bu- mission, à l’exception :
reaux de placement ne pourra être autorisé qu’après - 1° du remplacement d’un salarié dont le
accord du Ministère chargé du Travail. contrat est suspendu ;
- 2° des emplois à caractère saisonnier ou
Art.35.- Les agences privées d’emploi sont tenues temporaire ;
d’adresser trimestriellement à l’Inspection du Tra- - 3° des emplois pour la durée d’un chantier
vail la situation des embauches, et annuellement, ou d’une mission.
un état récapitulatif des contrats conclus. Celui-ci
comportera : Art.39.- Le contrat entre l’agence privée d’emploi
• a) l’identité de chaque travailleur placé, avec et le salarié intérimaire :
sont numéro de carte d’identité nationale, de • 1° reprend les clauses du contrat défini à
passeport ou de carte d’étranger ; l’article précédent ;
• b) la nature exacte du poste occupé et le niveau • 2° mentionne la qualification et/ou le niveau de
de qualification et/ou de formation ; formation du salarié intérimaire ;
• c) la durée présumée du contrat ; • 3° les modalités de la rémunération ;
• d) l’identité de l’entreprise ou de l’établis- • 4° comprend une clause de rapatriement au cas
sement utilisateur ; où le salarié intérimaire ne réside pas habituel-
lement en République de Djibouti ;
Le non respect de cette disposition entraînera des • 5° l’engagement de déclarer le salarié à
sanctions prévues par décret, pouvant aller jusqu’à l’Organisme de Protection Sociale.
la fermeture de l’agence.
Art.40.- Le contrat d’intérim, concernant un même
Art.36.- En aucun cas les agences d’emploi privées salarié dans la même entreprise, est renouvelable
ne peuvent mettre à disposition d’une entreprise dans la limite d’une durée totale limitée à deux
utilisatrice des travailleurs aux fins de remplacer années au maximum.
ceux de cette entreprise qui sont en grève légale.

De même il est interdit à une entreprise utilisatrice Section 7 - De la suspension du contrat de tra-
de recruter un travailleur intérimaire pour effectuer vail
des travaux dangereux, qui font l’objet d’une sur-
veillance médicale spéciale, figurant sur une liste
fixée par arrêté pris sur proposition conjointe du Art.41.- Le contrat de travail est suspendu :
Ministre chargé du Travail , du ministre de • 1° en cas de fermeture de l’établissement par
l’Agriculture et du Ministre de la Santé. suite du départ de l’employeur sous les dra-
peaux ou pour une période d’instruction mili-
Art.37.- Le contrat d’intérim est obligatoirement taire obligatoire ;
constaté par écrit. • 2° pendant la durée du service militaire du
travailleur ou pour une période d’instruction
Il se compose de 2 contrats parallèles : militaire obligatoire ;
• a) un contrat de mise à disposition entre • 3° pendant la période d’indisponibilité du tra-
l’entreprise utilisatrice et l’agence privée vailleur résultant d’un accident du travail ou
d’emploi ; d’une maladie professionnelle jusqu’à la

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consolidation de la blessure ou la guérison de Pendant la période de suspension du contrat de tra-


la maladie, dans la limite de 12 mois ; vail, le salarié ne perçoit pas de rémunération de
• 4° pendant le repos de la femme enceinte pré- l’employeur, sauf ce qui est prévu ci-après à
vu à l’article 118 du présent Code ; l’article 43 et le cas visé à l’article 41 alinéa 11.
• 5° pendant la durée de la grève déclenchée
conformément à la procédure légale ; En cas de suspension du contrat de travail pour
• 6° pendant les congés sans solde du travailleur maladie professionnelle, accident du travail ou ma-
autorisés par l’employeur dans la limite de 6 ternité, le paiement des indemnités journalières est
mois ; effectué par l’Organisme de Protection Sociale,
• 7° pendant l’absence du travailleur lorsque selon la réglementation en vigueur.
celle-ci a été autorisée par l’employeur en ver-
tu des dispositions des conventions et accords Art.43.- Le travailleur dont la maladie a été dûment
collectifs ou des contrats individuels ; constatée par un docteur en médecine agréé, ainsi
• 8° pendant la période de l’exercice par le tra- qu’il est prévu à l’alinéa 12 de l’article 41,
vailleur d’un mandat régulier, politique ou conserve son salaire pendant les périodes suivantes
syndical, incompatible avec l’exercice d’une selon son ancienneté :
activité professionnelle rémunérée, pendant la • 1° s’il a moins de douze mois consécutifs de
durée du mandat ; service : la moitié du traitement pendant la du-
• 9° pendant la durée de la mise à pied du tra- rée du préavis prévu à l’article 56,
vailleur ; • 2° s’il a plus de douze mois et moins de cinq
• 10° pendant la durée de la détention préventive ans consécutifs de service : la moitié du traite-
du travailleur qui n’a pas commis une faute ment pendant trois mois,
professionnelle, cette durée étant limitée à 3 • 3° s’il a plus de cinq ans d’ancienneté : la moi-
mois au maximum ; tié du salaire pendant neuf mois.
• 11° pendant la durée du congé payé ;
• 12° pendant la durée de l’absence du travail- Si plusieurs congés de maladie sont accordés à un
leur en cas de maladie dûment ; travailleur au cours d’une même année, la durée
des périodes d’indemnisation ne peut excéder au
• 13° constatée par un médecin agréé, durée li-
mitée à six mois maximum ; total celle des périodes fixées ci-dessus.
• 14° en cas de force majeure, notamment
Art.44.- A l’expiration du congé de maladie, la
d’intempéries ou de catastrophes ;
situation du travailleur est examinée :
• 15° naturelles, lorsqu’elle a pour effet
• 1° s’il est reconnu apte à reprendre son emploi
d’empêcher l’une des partie de remplir ses ;
d’origine, il est réintégré dans celui-ci ;
• 16° obligations pendant une durée maximum
• 2° s’il est diminué physiquement ou mentale-
de trois mois ;
ment, il peut être reclassé dans un autre emploi
• 17° durant la période de veuvage de la femme
compatible avec ses nouvelles capacités. Il bé-
salariée, durée limitée à 4 mois et 10 jours ;
néficie dans cet emploi du salaire et des avan-
• 18° en cas de difficultés économiques et finan- tages qui y sont attachés ;
cières, ou techniques, signalées, par écrit, à
• 3° s’il est reconnu inapte à tout emploi par un
l’Inspection du Travail. En tout état de cause,
médecin agréé, il est licencié pour inaptitude
cette suspension appelée chômage technique
conformément aux textes en vigueur.
ne peut l’être que pour une durée déterminée
n’excédant pas trois mois renouvelable une
seule fois. A l’expiration de ce délai,
l’employeur doit décider de licencier ou de re- Chapitre 2 - De la cessation
prendre les intéressés. Il informe immédiate- du contrat de travail
ment l’Inspecteur du Travail de sa décision fi-
nale.
Section 1 - De la cessation du contrat de travail a
Art.42.- Ne sont pas considérées comme temps de durée déterminée
service pour la détermination de l’ancienneté du
travailleur dans l’entreprise, les périodes de sus-
pension visées aux alinéas 1, 2, 6, 7, 8, 9, 10, 13 et Art.45.- Le contrat de travail à durée déterminée
15 de l’article 41. prend fin de plein droit à l’échéance du terme.

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Art.46.- Le contrat de travail à durée déterminée concernée, par écrit, dans les 48 heures. La lettre de
peut être rompu avant l’échéance du terme : licenciement comporte nécessairement :
• 1° pour faute lourde, telle que définie à • 1° l’indication du ou des motifs de la rupture ;
l’article 59 du présent Code ou dans le règle- • 2° le nom ou la raison sociale de l’entreprise ;
ment intérieur de l’entreprise, susceptible, en • 3° le numéro d’immatriculation à l’O.P.S. et
cas de contestation, d’être appréciée par la ju- l’adresse de l’employeur ;
ridiction compétente ; • 4° les noms, prénoms, numéro d’affiliation à
• 2° en cas de force majeure ; l’O.P.S , la date d’embauche et la qualification
• 3° en cas de difficultés économiques et finan- professionnelle du salarié licencié.
cière ou encore technique, signalées, par écrit a
l’Inspection du Travail, dans le cadre des dis- Dans le même temps où il notifie le licenciement
positions prévues à l’article 41 alinéa 15 ; au salarié, l’employeur informe l’Inspection du
• 4° par décision judiciaire ; Travail. Cette information écrite comporte les mê-
• 5° par accord écrit des parties. mes indications que celles contenues dans la lettre
de licenciement.
La rupture injustifiée du contrat par l’une des par-
ties ouvre droit, pour l’autre partie, à des domma- Art.50.- L’employeur qui envisage de licencier
ges et intérêts sans préjudice de toutes autres in- pour motif économique doit, avant toute décision,
demnités. informer l’Inspecteur du Travail de son projet. Il
indique l’évolution des effectifs de l’entreprise au
cours des douze derniers mois, les raisons écono-
Section 2 - De la cessation du contrat de travail à miques ou techniques précises du projet, le nombre
durée indéterminée de salariés dont le licenciement est envisagé, les
qualifications professionnelles concernées et la
période au cours de laquelle les licenciements pour-
Art.47.- Sous réserve du respect du préavis prévu à raient être notifiés.
l’article 56 du présent Code, le salarié peut démis-
sionner librement sans avoir à justifier des motifs Lorsqu’il existe des délégués du personnel dans
de son acte. l’entreprise, ces mêmes informations leur sont don-
nées dans le même temps.
Art.48.- Outre le respect du préavis prévu à
l’article 56, un salarié ne peut être licencié que s’il Art.51.- Aucun licenciement économique ne peut
existe une cause réelle et sérieuse de ne pas main- être notifié moins de huit jours après l’accomplisse-
tenir son contrat de travail. ment des formalités prévues à l’article précédent.
Ce délai est porté à vingt et un jours lorsque le pro-
En cas de contestation, la preuve de l’existence de jet porte sur des licenciements de plus de dix sala-
cette cause réelle et sérieuse incombe à l’emplo- riés.
yeur, sous réserve de l’appréciation par la juridic-
tion compétente. Lorsqu’il existe des délégués du personnel, ceux-ci
doivent être réunis au moins une fois par
Le motif du licenciement peut tenir à la personne l’employeur au cours des délais fixés ci-dessus.
du salarié, par exemple son état de santé, son inap- Lors de la réunion, l’employeur répond aux ques-
titude à tenir l’emploi, son insuffisance profession- tions portant sur les éléments d’informations qui
nelle ou sa conduite fautive. Le licenciement est leur ont été communiqués et recueille les observa-
alors qualifié de licenciement pour motif personnel. tions des délégués ainsi que leurs propositions ten-
dant à éviter les licenciements, en diminuer le
Le motif du licenciement peut être économique ou nombre ou à en atténuer les effets pour les salariés
technique, par exemple la suppression ou à la trans- concernés. Une discussion s’engage sur ces propo-
formation substantielle du poste de travail occupé sitions et observations.
par le salarié pour des raisons tenant soit aux chan-
gements technologiques, soit à l’organisation, aux Art.52.- Si, à l’expiration des formalités prévues à
difficultés économiques ou à la fermeture de l’article précédent, l’employeur décide de licencier,
l’entreprise. Le licenciement est alors qualifié de il doit notifier par écrit sa décision à chaque salarié
licenciement pour motif économique. concerné.

Art.49.- L’employeur qui licencie pour motif per- La lettre de licenciement comporte toutes les men-
sonnel doit notifier sa décision, à la personne tions visées à l’article 49 de la présente loi.

Code du travail 7/40


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• 1° quinze jours pour les travailleurs payés à


L’employeur informe, dans les mêmes formes, l’heure ;
l’Inspection du Travail des licenciements qu’il a • 2° un mois pour les employés, ouvriers et ma-
prononcés. noeuvres ;
• 3° trois mois pour les agents de maîtrise, ca-
Art.53.- Le travailleur licencié pour un motif éco- dres et assimilés.
nomique conserve pendant une année la priorité
d’embauche dans l’entreprise. Il est cependant tenu Art.57.- Pendant la durée du préavis, l’employeur
de communiquer à son employeur tout changement et le travailleur sont tenus au respect réciproque de
de son adresse survenant après son départ de toutes les obligations qui leur incombent.
l’entreprise ou de l’établissement.
En vue de la recherche d’un nouvel emploi, le tra-
Art.54.- En cas de vacance de poste, l’employeur vailleur bénéficiera, pendant la durée du préavis,
est tenu d’aviser le travailleur par lettre recomman- d’un jour de liberté par semaine, pris à son choix
dée avec accusé de réception envoyée à la dernière globalement ou par heure, payé à plein salaire ;
adresse connue du travailleur ou par tout autre dans le cas de licenciement pour motif autre que
moyen adéquat. Ce dernier doit se présenter à faute grave.
l’établissement ou à l’entreprise dans un délai
maximum de huit jours suivant la date de réception Les jours ou heures de liberté sont pris à l’initiative
de la lettre. du travailleur qui doit aviser son employeur avant
son absence.
Art.55.- Quelle que soit la nature de la cessation du
contrat, économique ou non, du motif invoqué par En cas de licenciement, le travailleur qui a trouvé
l’employeur, tout licenciement qui ne repose pas un nouvel emploi peut, après en avoir avisé son
sur un motif réel et sérieux ouvre droit, au profit du employeur, quitter l’établissement ou l’entreprise
salarié, à des dommages et intérêts. avant l’expiration du délai de préavis sans avoir à
payer une indemnité pour inobservation de ce délai.
Ceux-ci ne peuvent toutefois pas être supérieurs à :
• 2 mois de salaire pour les salariés occupés dans Si, à la demande de l’employeur, le travailleur
une entreprise d’une taille inférieure à 11 sala- n’utilise pas tout ou partie du temps de liberté au-
riés ; quel il peut prétendre pour la recherche d’un nouvel
• 4 mois de salaire pour des salariés occupés emploi, il perçoit à son départ une indemnité sup-
dans une entreprise comptant entre 11 à 49 sa- plémentaire correspondant au nombre d’heures non
lariés ; utilisées.
• 6 mois de salaire pour des salariés occupés
dans une entreprise de plus de 49 salariés. Art.58.- Toute rupture du contrat de travail à durée
indéterminée intervenant sans préavis entraîne,
Toutefois ceux-ci ne se confondent pas avec pour la partie responsable, l’obligation de verser à
l’indemnité pour inobservation du préavis telle que l’autre partie une indemnité dont le montant cor-
définie à l’article 58. respond à la rémunération et aux avantages de toute
nature dont aurait bénéficié le travailleur durant le
Si le licenciement d’un travailleur intervient sans préavis qui n’a pas été effectivement respecté.
observation de la notification écrite de la rupture
et/ou de l’indication du motif, mais que ce licen- Cependant la rupture de contrat peut intervenir sans
ciement a une cause réelle et sérieuse quant au préavis en cas de faute lourde.
fond, le Tribunal doit seulement accorder au tra-
vailleur, pour sanctionner l’inobservation de ces Art.59.- Peuvent être considérées comme fautes
règles de forme, une indemnité qui ne peut être lourdes d’ordre professionnel :
supérieure à un mois du salaire du travailleur. • 1° l’insubordination, c’est à dire le refus
d’exécuter un travail ou un ordre entrant dans
le cadre des activités relevant de l’emploi ;
Section 3 - Du préavis • 2° la violation caractérisée d’une prescription
concernant l’exécution du service et réguliè-
rement portée à la connaissance du personnel ;
Art.56.- La partie qui prend l’initiative de rompre • 3° les atteintes à l’obligation de probité ;
le contrat de travail à durée indéterminée doit res-
pecter un préavis dont la durée est égale à :

Code du travail 8/40


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• 4° la perte de confiance, fondée sur des faits Si la proposition de modification du contrat présen-
objectifs, rendant impossible l’exécution du tée par le travailleur est substantielle et qu’elle est
contrat ; refusée par l’employeur, le travailleur peut rompre
• 5° les voies de faits, injures ou menaces sur les le contrat de travail, mais cette rupture lui est impu-
lieux du travail ou à l’occasion du travail ; table.
• 6° la violation du secret professionnel ;
• 7° l’état d’ivresse, la consommation de drogue Si la proposition de modification du contrat présen-
ou de khat pendant les heures de travail sur les tée par l’employeur est substantielle et qu’elle est
lieux du travail ; refusée par le travailleur, l’employeur peut rompre
• 8° la violation flagrante des clauses du contrat le contrat de travail, mais cette rupture lui est impu-
de travail ; table et doit être opérée dans le respect des règles
• 9° les absences ou retards répétés ou impor- de procédure du licenciement et avec paiement des
tants et non justifiés. indemnités de rupture.

Cette liste n’est pas limitative : le règlement inté- Le licenciement, à la suite du refus de l’offre de
rieur ou les tribunaux compétents pourront ajouter modification, n’est abusif que si cette offre procède
d’autres cas de fautes lourdes. En cas de litige, de l’intention de nuire ou d’une légèreté blâmable
l’appréciation de la faute lourde d’ordre profes- ou est contraire à l’intérêt de l’entreprise.
sionnel est, in fine, du ressort des tribunaux compé-
tents. Art.64.- Le travailleur doit toute son activité pro-
fessionnelle à l’entreprise sauf dérogation stipulée
au contrat.
Section 4 - Dispositions communes
Est nulle de plein droit toute clause d’un contrat
portant interdiction pour le travailleur d’exercer
Art.60.- La rémunération fixée au contrat de travail une activité quelconque à l’expiration du contrat.
résulte des accords d’entreprise, des conventions
collectives ou, le cas échéant, d’ accord parties au Art.65.- Quel que soit le motif qui met fin au
contrat. contrat, l’employeur doit tenir à la disposition du
travailleur, sous peine de dommages et intérêts, un
Art.61.- Lorsqu’elle est saisie d’une contestation certificat de travail indiquant exclusivement la date
relative au bien-fondé de la rupture d’un contrat de d’entrée, celle de sa sortie, la nature et les dates des
travail à durée déterminée ou, sous réserve des dis- emplois successivement occupés et la catégorie
positions de l’article 46, d’un contrat de travail à professionnelle si elle est prévue par une conven-
durée indéterminée, la juridiction compétente peut, tion ou accord collectif, ou un texte réglementaire.
si nécessaire, procéder à une enquête sur les causes
et les circonstances de la rupture. Sous peine de dommage et intérêts, l’employeur ne
peut mentionner sur le certificat de travail des ren-
Le jugement mentionne expressément le motif allé- seignements tendancieux, diffamatoires ou erronés
gué par la partie qui a rompu les relations contrac- sur le travailleur.
tuelles.
Ce certificat est exempt de tous droits de timbre ou
Art.62.- S’il survient une modification dans la si- d’enregistrement.
tuation juridique de l’employeur, notamment par
succession, vente, fusion, transformation de fonds Art.66.- L’obligation imposée à l’article précédent
ou mise en société, tous les contrats de travail en subsiste après le décès du travailleur au profit de
cours au jour de cette modification subsistent entre ses ayants droit.
le nouvel employeur et le personnel de l’entreprise.

Leur résiliation du fait du nouvel employeur ne Chapitre 3 - Du contrat d’apprentissage


peut intervenir, s’il y a lieu, que dans les formes et et de la formation professionnelle
conditions prévues par la présente loi.

Art.63.- En cours d’exécution du contrat Section 1 - Contrat d’apprentissage


l’employeur ou le travailleur peut proposer une
modification du contrat de travail.

Code du travail 9/40


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Art.67.- Le contrat d’apprentissage est celui par Art.69.- Le contrat d’apprentissage est exempt de
lequel un chef d’établissement industriel, commer- tous droits de timbre et d’enregistrement.
cial ou agricole, un artisan ou un façonnier,
s’oblige à donner ou à faire suivre une formation Il contient en particulier :
professionnelle méthodique et complète à une autre • 1° les noms, prénoms, âge, profession et domi-
personne et par lequel celle-ci s’oblige, en retour, à cile du chef d’établissement ou de l’artisan ;
se conformer aux instructions qu’elle recevra et à • 2° les noms, prénoms, âge et domicile de
exécuter les ouvrages qui lui seront confiés dans le l’apprenti ;
cadre de son apprentissage. • 3° les noms, prénoms, profession, âge et domi-
cile des père et mère de l’apprenti ou de son tu-
Le contrat d’apprentissage doit permettre à teur, ou de la personne autorisée par les parents
l’apprenti d’acquérir une qualification profession- ou par la juridiction compétente ;
nelle. • 4° l’indication de la profession qui sera ensei-
gnée à l’apprenti ;
La durée de ce contrat varie de six mois à deux ans, • 5° la date et la durée du contrat, celle-ci fixée
terme à l’issu duquel l’employeur est tenu de déli- conformément aux usages de la profession ne
vrer un certificat à l’apprenti. pourra excéder deux années, non renouvela-
bles ;
L’employeur doit verser un salaire à son apprenti. • 6° éventuellement, l’indication des cours pro-
Le salaire est négocié entre l’employeur et fessionnels que le chef d’établissement
l’apprenti. Dans le cas où l’apprenti serait mineur, s’engage à faire suivre à l’apprenti soit dans
le salaire de celui se négocie avec ses ascendants l’établissement, soit à l’extérieur de celui-ci ;
ou à défaut avec son tuteur.
• 7° les modalités de rémunération, de nourri-
ture, de logement et autres conditions.
En tout état de cause, le salaire d’un apprenti ne
devrait pas être inférieur à 25 % du salaire afférent
Art.70.- Le travail des apprentis est formellement
au métier dans lequel l’apprentissage s’effectue.
interdit dans les secteurs d’activité suivants :
• a) emplois domestiques,
Le maître d’apprentissage responsable de la forma-
• b) hôtellerie, bars et débits de boissons, à
tion de l’apprenti dans l’entreprise doit présenter
l’exception des emplois strictement liés à la
des compétences professionnelles.
seule restauration.
Il doit obligatoirement posséder soit un diplôme au
Art.71.- Nul ne peut être apprenti s’il n’est âgé de
moins égal à celui présenté par l’apprenti et trois
16 ans révolus.
ans d’expérience professionnelle soit une expé-
rience professionnelle de cinq ans en relation avec
Nul ne peut recevoir ou se charger des apprentis
le diplôme visé par l’apprenti.
mineurs s’il n’est âgé de 25 ans au moins.
Art.68.- Le contrat d’apprentissage est constaté par
Art.72.- Ne peuvent recevoir des apprentis :
écrit à peine de nullité.
• les individus qui ont subi une condamnation
Il est rédigé dans la langue officielle en quatre pour crime ;
exemplaires et soumis au visa des services compé- • ceux qui ont été condamnés pour attentat aux
tents du Ministère chargé du Travail. mœurs ;
• ceux qui ont été condamnés à plus de trois
Si le visa est refusé, le contrat est nul de plein droit. mois d’emprisonnement pour vol ou extorsion
de fonds, escroquerie, abus de confiance ou in-
Si l’omission du visa est due au fait de fraction à la législation en vigueur sur les frau-
l’employeur, l’apprenti pourra faire constater la des ;
nullité du contrat et pourra, s’il y a lieu, réclamer • ceux qui auront été déchus du droit de former
des dommages et intérêts. des apprentis.

Si l’autorité compétente pour accorder le visa n’a Art.73.- Il est obligatoirement annexé à la demande
pas fait connaître sa décision dans les trente jours de visa adressée à l’Inspecteur du Travail :
consécutifs à la réception de la demande de visa, ce • 1° un extrait du casier judiciaire de l’artisan ou
dernier est réputé avoir été accordé. du façonnier datant de moins de trois mois ;

Code du travail 10/40


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• 2° un extrait d’acte de naissance ou de juge-


ment supplétif d’acte de naissance de Art.77.- Des contrats de travail spécifiques visant
l’apprenti ; l’insertion professionnelle de publics ciblés peu-
• 3° un certificat médical délivré par le Médecin vent comporter des périodes de formation en alter-
Inspecteur du Travail ou Médecin agréé par le nance, de formation continue ou de stage.
Ministère chargé du Travail après avis du Mi-
nistère de la Santé attestant que l’apprenti est La nature et les modalités de ces contrats spécifi-
physiquement apte à satisfaire aux obligations ques seront définies par décret pris en Conseil des
découlant du contrat ; Ministres sur proposition du Ministre chargé de la
• 4° quatre exemplaires du contrat signés par le formation professionnelle.
chef d’entreprise, d’établissement, ou l’artisan
et les parents ou tuteur de l’apprenti s’il est Art.78.- Lorsque le travailleur bénéficie d’une
mineur, par l’apprenti s’il est majeur. formation ou d’un perfectionnement professionnels
entraînant des charges supportées par l’employeur,
Art.74.- Toute rupture du contrat d’apprentissage il peut être stipulée que le travailleur sera tenu de
est subordonnée à l’autorisation préalable de rester au service de l’employeur pendant un temps
l’Inspecteur du Travail. A défaut de réponse dans le minimum en rapport avec le coût de la formation
délai de 21 jours du dépôt de la demande, ou du perfectionnement professionnel, mais qui ne
l’autorisation est réputée accordée. peut, en aucun cas, excéder deux ans.

Art.75.- Lorsque l’apprenti bénéficie d’une forma- Cette convention sera constatée par écrit. Le tra-
tion ou d’un perfectionnement professionnels en- vailleur qui n’aura pas respecter cette obligation
traînant des charges supportées par l’employeur, il sera tenu au remboursement des frais engagés par
peut être stipulée que le travailleur sera tenu de l’employeur pour sa formation ou son perfection-
rester au service de l’employeur pendant un temps nement, en proportion de la période non travaillée
minimum en rapport avec le coût de la formation par rapport à la totalité du temps minimum de ser-
ou du perfectionnement professionnel, mais qui ne vice souscrit dans la convention.
peut, en aucun cas, excéder quatre ans.

Cette convention sera constatée par écrit. Chapitre 4 - Du tâcheronnat


L’apprenti qui n’aura pas respecter cette obligation
sera tenu au remboursement des frais engagés par Art.79.- Le tâcheron est un sous-entrepreneur re-
l’employeur pour sa formation ou son perfection- crutant lui-même la main-d’œuvre nécessaire, qui
nement, en proportion de la période non travaillée passe avec un entrepreneur un contrat écrit pour
par rapport à la totalité du temps minimum de ser- l’exécution d’un travail déterminé ou la fourniture
vice souscrit dans la convention. de certains services moyennant un prix négocié.

Les autres conditions de fond et les effets de ce Ce contrat doit être expédié par l’entrepreneur dans
contrat, ainsi que les mesures de contrôle de son les quarante-huit heures en deux exemplaires à
exécution, seront déterminés par un décret pris en l’Inspection du Travail, le cas échéant, l’entrepre-
conseil des ministres sur proposition du Ministre neur s’expose aux sanctions prévues par le présent
chargé du Travail. Code.

Art.80.- Quand les travaux sont exécutés dans les


Section 2 - De la formation professionnelle ateliers, magasins ou chantiers de l’entrepreneur, ce
dernier est, en cas d’insolvabilité du tâcheron, subs-
titué à celui-ci en ce qui concerne ses obligations à
Art.76.- Tout contrat de travail, ou ultérieurement l’égard des travailleurs.
un avenant à un contrat, peut prévoir une formation
professionnelle en alternance ou en formation Quand les travaux sont exécutés dans un lieu autre
continue ou un stage. Le contrat ou l’avenant doit que les ateliers, magasins ou chantiers de
être constaté par écrit. l’entrepreneur, ce dernier est, en cas d’insolvabilité
du tâcheron, responsable du paiement des salaires
Les objectifs et la durée de la formation ou du stage et indemnités dus aux travailleurs.
ainsi que la rémunération doivent être expressé-
ment indiqués.

Code du travail 11/40


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Le travailleur lésé aura, dans ce cas, une action Art.85.- Les règles d’équivalence sont fixées, soit
directe contre l’entrepreneur. par décret après avis du Conseil National du Tra-
vail, de l’Emploi et de la Formation Profession-
Cette action peut être portée soit devant l’inspec- nelle, soit par les Conventions Collectives.
tion du Travail soit devant les tribunaux compé-
tents. Ces règles déterminent le nombre d’heures de pré-
sence au poste de travail qui équivaut à quarante
Art.81.- Le tâcheron est tenu d’indiquer sa qualité heures ou à quarante sept heures de travail effectif.
de tâcheron, le nom et l’adresse de l’entrepreneur
par voie d’affiche apposée de façon permanente En l’absence de tout texte réglementaire, toute
dans chacun des ateliers, magasins ou chantiers heure de présence au poste de travail est considérée
utilisés dans des conditions fixées par arrêtés pris comme heure de travail effectif.
sur proposition du Ministre chargé du Travail après
avis du Conseil National du Travail, de l’Emploi et Art.86.- L’employeur peut, par sa seule décision,
de la Formation Professionnelle. sous réserve des procédures d’affichage et de
communication à l’Inspecteur du Travail, imposer
Art.82.- L’entrepreneur doit tenir à jour la liste des aux salariés l’accomplissement d’heures supplé-
tâcherons avec lesquels il a passé contrat. mentaires dans une limite qui ne peut excéder cinq
heures par semaine et par salarié.

Titre 3 - Des conditions de travail Pour les salariés employés à durée déterminée une
partie de l’année seulement, ce nombre est réduit
proportionnellement à leur temps de présence dans
l’entreprise.
Chapitre 1 - De la durée
du travail et des repos En cas de remplacement d’un salarié en cours
d’année, ce nombre s’entend pour un même poste.

Section 1 - De la durée du travail Au-delà 1'accomplissement d’heures supplémentai-


res est subordonné à l’autorisation préalable de
l’Inspecteur du Travail.
Art.83.- La durée et l’horaire du travail sont fixés
par l’employeur dans le respect des règles édictées Art.87.- Sauf dérogations fixées par arrêté du Mi-
par le présent Code et les textes pris pour son ap- nistre chargé du travail pris après avis du Conseil
plication. La durée et l’horaire sont affichés sur les National du Travail, de l’Emploi et de la Formation
lieux de travail et communiqués à l’Inspecteur du Professionnelle et relatifs soit aux travaux urgents
Travail. dont l’exécution immédiate est nécessaire pour
prévenir les accidents menaçant le personnel, le
Art.84.- Dans les établissements soumis au présent matériel, les installations, les bâtiments de
Code, à l’exception des établissements agricoles, la l’entreprise, ou en réparer les conséquences, soit
durée légale du travail des salariés, quels que soient aux travaux préparatoires ou complémentaires,
leur sexe et leur mode de rémunération, est fixé à l’accomplissement d’heures supplémentaires ne
quarante huit heures par semaine. peut avoir pour effet de porter la durée effective du
travail à plus de soixante heures par semaine, ni
Cette durée peut être dépassée par application des plus de douze heures par jour.
règles relatives aux équivalences, aux heures sup-
plémentaires, à la récupération des heures de travail Art.88.- Les heures supplémentaires sont rémuné-
perdues et à la modulation éventuellement prévue rées à un taux majoré fixé par voie de convention
par les Conventions Collectives. ou d’accord collectif.

Des décrets pris après avis du Conseil National du Art.89.- Les règles relatives à la récupération sont
Travail, de l’Emploi et de la Formation Profession- fixées par arrêté pris sur proposition du Ministre
nelle fixent les modalités de la répartition de la chargé du travail pris après avis du Conseil Natio-
durée du travail sur les différents jours de la se- nal du Travail, de l’Emploi et de la Formation Pro-
maine ainsi que l’amplitude maximale journalière fessionnelle, ou par les Conventions Collectives.
du travail.

Code du travail 12/40


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Ces règles déterminent les cas et les conditions Toutefois les heures de commencement et de fin de
dans lesquels les interruptions collectives de travail nuit peuvent varier selon les saisons.
entraînant une réduction de la durée hebdomadaire
du travail en deçà de quarante heures peuvent don- Art.96.- Le repos des jeunes travailleurs âgés de
ner lieu à une augmentation ultérieure de la durée moins de 18 ans doit avoir une durée minimale de
du travail afin de compenser ces pertes d’activités douze heures consécutives, comprenant la période
subies en deçà de quarante heures. de nuit.

Les heures ainsi récupérées ne sont pas considérées


comme des heures supplémentaires. Toutefois, el- Section 3 - Du repos hebdomadaire et des jours
les ne peuvent justifier un dépassement des durées fériés
maximales fixées à l’article 92 du présent Code.

Art.90.- Les règles relatives à la modulation sont Art.97.- Le repos hebdomadaire est obligatoire. Il
fixées par voie de conventions ou d’accords collec- est au minimum de vingt-quatre heures consécuti-
tifs. ves. Il a lieu en principe le vendredi.

Les conventions collectives ne peuvent pas imposer Un arrêté pris sur proposition du Ministre chargé
la pratique de la modulation dans les entreprises du Travail, pris après avis de Conseil National du
qu’elles régissent mais seulement en offrir la possi- Travail, de l’Emploi et de la Formation Profession-
bilité aux employeurs. nelle, fixe les modalités d’exécution de l’alinéa
précédent à certaines professions et détermine les
En tout état de cause, les modalités pratiques de la conditions d’aménagement du repos hebdomadaire
modulation seront fixés dans les conventions et à prendre un jour autre que le vendredi ou repos par
accords collectifs de travail. roulement individuel ou collectif ou par deux demi-
journée ou pour une durée supérieure à vingt-quatre
Art.91.- Les conventions et accords relatifs à la heures.
modulation doivent indiquer le calendrier annuel
précis de la durée du travail. Art.98.- Les jours fériés, chômés et payés sont dé-
terminés par la loi ou la réglementation.
Art.92.- Les conventions et accords de modulation
ne portant que sur les heures normales de travail ne
font pas obstacle à la pratique combinée des heures Section 4 - Des conges payés
de récupération, des heures supplémentaires et des
heures d’équivalence.
Art.99.- Sauf dispositions plus favorables des
Art.93.- Pour être applicables, les conventions et conventions et accords collectifs ou du contrat in-
accords relatifs à la modulation doivent faire l’objet dividuel de travail, le travailleur acquiert droit au
d’un agrément par le Ministre chargé du Travail. congé payé, à la charge de l’employeur, à raison de
deux jours et demi ouvrables de congé par mois de
service effectif.
Section 2 - Du travail de nuit et du repos journa-
lier On entend par jours ouvrables tous les jours de la
semaine à l’exception du jour de repos hebdoma-
daire et des éventuels jours fériés.
Art.94.- Le travail de nuit est interdit pour les jeu-
nes travailleurs âgés de moins de 18 ans. Pour le calcul de la durée du congé acquis, ne sont
pas déduites les absences pour accidents du travail
Des dérogations peuvent toutefois être accordées ou maladie professionnelle, ni les périodes de repos
par décrets pris après avis du Conseil National du de femmes en couches prévues à l’article 113 du
Travail, de l’Emploi et de la Formation Profession- présent Code.
nelle.
Art.100.- Dans la limite annuelle de onze jours, ne
Art.95.- Les heures pendant lesquelles le travail est peuvent être déduites de la durée du congé les per-
considéré comme travail de nuit se situent dans la missions exceptionnelles qui auront été accordées
période comprise entre 22 heures et 05 heures. au travailleur à l’occasion d’événements familiaux
touchant directement son foyer.

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effectif sans que cette dernière puisse excéder deux


Il s’agit : ans.
• a) 3 jours pour le mariage du travailleur ;
• b) 1 jour pour le mariage d’un enfant ; Art.103.- Le congé doit être effectivement pris
• c) 3 jours pour le décès du conjoint, d’un en- dans les douze mois suivant la période de réfé-
fant, du père ou de la mère ; rence. L’ordre et les dates de départ en congé sont
• d) 1 jour pour le décès du frère ou de la sœur ; fixés par l’employeur compte tenu des nécessités
• e) 1 jour pour le décès du beau-père ou de la du service et, dans la mesure du possible, des sou-
belle-mère ; haits du salarié. Chaque salarié doit être informé au
• f) 3 jours pour la naissance d’un enfant au titre moins quinze jours à l’avance de la date de ses
du congé parental. congés.

Les permissions ci-dessus n’entraînent aucune ré- Pour tenir compte des variations saisonnières
duction de salaire pour les travailleurs. d’activité, les conventions et accords collectifs
peuvent déterminer les périodes de l’année pendant
Art.101.- Dans la limite de douze jours ouvrables lesquelles les travailleurs doivent prendre leurs
par an, non déductibles de la durée du congé payé congés.
annuel, des autorisations d’absence sans solde
pourront être accordées au travailleur ayant au Art.104.- Avec l’accord du salarié, le congé peut
moins six mois de présence dans l’entreprise, afin être fractionné à condition que le salarié bénéficie
de lui permettre : d’un repos d’au moins quatorze jours consécutifs,
jours de repos hebdomadaire ou jours fériés éven-
• soit de suivre un stage officiel d’entraînement
tuels compris.
ou de perfectionnement en éducation physique
et sportive ;
Art.105.- Dans le cas où le contrat aurait été rompu
• soit de représenter la République de Djibouti
ou aurait expiré avant que le travailleur n’ait exercé
dans une compétition sportive internationale ;
ses droits au congé, ce dernier bénéficie, aux lieu et
• soit d’assister à des congrès syndicaux ou à des
place du congé, d’une indemnité calculée sur la
séances de formation syndicale auxquelles il
base des droits acquis d’après les articles 104 et
est délégué en vertu d’un mandat régulier.
suivants ci-dessus.
La demande est obligatoirement présentée par le
Le droit au congé se prescrit par un an à compter
travailleur sauf cas exceptionnel au moins un mois
du jour de la cessation du travail.
avant la date de sa prise d’effet.
Ce droit est également prescrit par deux ans pour le
Elle doit porter le visa du ministre compétent en ce
travailleur en activité lorsqu’il est démontré que
qui concerne les stages officiels d’entraînement ou
l’employeur avait offert la possibilité au salarié de
de perfectionnement en éducation physique et spor-
jouir de son congé.
tive ou les compétitions sportives internationales, et
du Ministre chargé du Travail en ce qui concerne
Art.106.- L’octroi d’une indemnité compensatrice
les congés syndicaux.
au lieu et place du congé en dehors du cas visé à
l’article précédent est formellement interdit.
Par contre, les congés spéciaux autres que ceux
définis ci-dessus, accordés en sus des jours fériés,
Art.107.- L’employeur doit verser au travailleur,
pourront être déduits s’ils n’ont pas fait l’objet
lors du départ en congé, une allocation qui sera au
d’une compensation ou récupération des journées
moins égale au douzième des salaires et indemnités
ainsi accordées.
dont le travailleur a bénéficié au cours de douze
mois ayant précédé la date de départ en congé.
Art.102.- Le droit au congé est acquis après une
période minimale de service effectif égale à un an,
Seront exclues du calcul de l’allocation de congé
appelée période de référence.
les primes de rendement et le remboursement des
frais professionnels.
Toutefois, les conventions et accords collectifs ou
les contrats individuels de travail allouant un congé
En cas de fractionnement, l’allocation est fraction-
d’une durée supérieure à celle fixée à l’article 99
née proportionnellement à la durée de chaque pé-
peuvent prévoir, pour le supplément de congé
riode de congé.
qu’ils accordent, une durée plus longue de service

Code du travail 14/40


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Toutefois, la femme enceinte doit prévenir


Chapitre 2 - Des dispositions particuliè- l’employeur de son état un mois avant la rupture ou
res au travail des femmes et des jeunes la probable rupture de contrat pour état de gros-
sesse.

Art.108.- Conformément à l’article 5 du présent Toute femme enceinte a droit à un congé de mater-
Code, le travail des enfants est interdit en Républi- nité qui commence obligatoirement huit semaines
que de Djibouti. avant la date présumée de l’accouchement et se
termine six semaines après la date de
Par « jeunes » au sens du présent Code, il faut en- l’accouchement.
tendre les travailleurs mineurs âges de 16 à 18 ans.
La période de suspension peut être prolongée de
Art.109.- Les jeunes travailleurs âgés de 16 à 18 trois semaines en cas de maladie dûment constatée
ans ont les mêmes droits que les travailleurs de leur par un médecin résultant de la grossesse ou des
catégorie professionnelle. couches.

Les jeunes travailleurs ne peuvent en aucun cas Quand l’accouchement a lieu avant la date présu-
subir des abattements de salaires ou déclassements mée, la période de repos est prolongée jusqu’à
professionnels en raison de leur âge. l’accomplissement des quatorze semaines auxquel-
les la salariée a droit.
Art.110.- Le travail des jeunes est formellement
interdit dans les secteurs d’activité suivants : Quand l’accouchement a lieu après la date présu-
mée, la femme ne reprend son travail qu’après six
• a) emplois domestiques,
semaines suivant l’accouchement.
• b) hôtellerie, bars et débits de boissons, à
l’exception des emplois strictement liés à la
Elle a droit pendant la période dudit congé, à l’inté-
seule restauration.
gralité du salaire qu’elle percevait au moment de la
suspension du travail. Le paiement de cette indem-
Art.111.- Hormis les dispositions de l’article pré-
nité sera effectué pour moitié par l’Organisme de
cédent, un arrêté pris sur proposition du Ministre
Protection Sociales et pour moitié par l’employeur
chargé du Travail et du Ministre de la Santé, après
selon les modalités en vigueur.
avis du Conseil National du Travail, de l’Emploi et
de la Formation Professionnelle, fixe la nature des
Elle conserve le droit aux soins gratuits et aux pres-
travaux et les catégories d’entreprises interdites aux
tations en nature.
femmes, aux femmes enceintes et aux jeunes gens,
et l’âge limite auquel s’applique l’interdiction.
Art.114.- En dehors du cas de faute lourde non liée
à la grossesse et du cas d’impossibilité dans lequel
Art.112.- L’Inspecteur du Travail peut requérir
il se trouve de maintenir le contrat, aucun em-
l’examen des femmes et des jeunes par un médecin
ployeur ne peut licencier une femme en état de
agréé en vue de vérifier si le travail dont ils sont
grossesse apparente ou médicalement constatée.
chargés n’excède pas leurs forces. Cette réquisition
est de droit à la demande des intéressés.
Lorsque le licenciement est prononcé dans
l’ignorance de la grossesse, la salariée dispose d’un
La femme ou le jeune ne peut être maintenu dans
délai de quinze jours pour justifier de son état. Le
un emploi ainsi reconnu au-dessus de ses forces et
licenciement est alors annulé, sauf s’il est prononcé
doit être affecté dans un autre emploi convenable et
pour l’un des motifs prévus à l’alinéa ci-dessus.
à la mesure de ses forces. Si cela n’est pas possible,
le contrat doit être résolu avec une indemnisation
En tout état de cause, aucun employeur ne peut
comme en cas de rupture normale du contrat de
licencier une femme pendant les périodes de sus-
travail.
pension prévues aux deuxième et troisième alinéas
de l’article précédent.
Art.113.- Toute femme enceinte dont l’état a fait
l’objet d’une constatation médicale peut rompre
Ces mêmes périodes suspendent le déroulement du
son contrat sans préavis et sans avoir, de ce fait, à
préavis résultant d’un éventuel licenciement anté-
verser l’indemnité d’aucune sorte. Cette rupture ne
rieurement notifié.
peut, en aucun cas donner lieu à des dommages et
intérêts.

Code du travail 15/40


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Art.115.- Tout licenciement prononcé ou maintenu


par l’employeur en violation des dispositions de
l’article précédent ouvre droit, au profit de la sala- Chapitre 4 - De la sécurité et de la
riée, à des dommages et intérêts. santé au travail, des services sociaux
Ces dommages et intérêts sont dus sans préjudice des entreprises
de toutes autres indemnités auxquelles le licencie-
ment peut donner naissance.
Section 1 - De la sécurité et de la santé au travail
Art.116.- Pendant une période de quinze mois à
compter de sa reprise de travail, la mère a droit à
des repos pour allaitement. 1) Dispositions générales

La durée total de ce repos ne peut dépasser une Art.121.- Pour protéger la vie et la santé des sala-
heure par journée de travail, à prendre en début ou riés, l’employeur est tenu de prendre toutes les me-
en fin de journée de travail, sauf disposition plus sures nécessaires et utiles qui sont adaptées aux
favorables incluses dans les Conventions Collecti- conditions d’exploitation de l’entreprise.
ves.
Il est tenu notamment d’aménager les installations
La mère peut, pendant cette période, quitter son et régler la marche du travail de manière à préser-
travail sans préavis et sans avoir, de ce fait, à payer ver le mieux possible les salariés des accidents et
une indemnité de rupture. Il ne peut être effectuée maladies.
une retenue sur le salaire de fait de cette absence
momentanée. En particulier, les locaux doivent être tenus dans un
état de propreté permanent.

Les machines, mécanismes, appareils de transmis-


Chapitre 3 - Des dispositions sion, outils et engins, mécaniques ou manuels, doi-
particulières à l’emploi vent être installés et tenus dans les meilleures
des personnes handicapées conditions possibles de sécurité et de propreté.

Les moteurs et machines tournantes doivent com-


Art.117.- Les personnes handicapées ne doivent porter les protections nécessaires à préserver
faire l’objet d’aucune discrimination en matière l’intégrité physique des travailleurs.
d’emploi.
Art.122.- Tout employeur est tenu d’organiser une
Art.118.- Est considérée comme personne handi- information pratique et appropriée en matière
capée, toute personne dont les possibilités d’obtenir d’hygiène et de sécurité au bénéfice des salariés
ou de conserver un emploi, sont effectivement ré- nouvellement embauchés, de ceux qui changent de
duites par suite d’une insuffisance ou d’une dimi- poste de travail ou de technique et de ceux qui re-
nution de ses capacités physiques ou mentales. prennent leur activité après un arrêt de travail d’une
durée de plus de six mois.
La qualité de personne handicapée est constatée par
une commission placée sous l’autorité du ministre Cette information doit être actualisée au profit de
chargé des Affaires sociales. Cette qualité est maté- l’ensemble du personnel en cas de changement de
rialisée par une carte. la législation ou de la réglementation.

Art.119.- Les employeurs qui utilisent des handi- Art.123.- Il est interdit à toute personne
capés bénéficient pour chaque employé des mesu- d’introduire ou de distribuer, de laisser introduire
res fiscales incitatives. ou de laisser distribuer, dans les établissements ou
entreprises, des boissons alcoolisées, du khat ou
Art.120.- Des décrets pris en Conseil des ministres toute autre drogue.
sur proposition du ministre en charge du travail et
du ministre des finances après avis du Conseil na- Art.124.- L’employeur ou son représentant doit
tional du travail déterminent, en tant que de besoin, organiser le contrôle permanent du respect des rè-
les modalités d’application des présentes disposi- gles d’hygiène et de sécurité.
tions.

Code du travail 16/40


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Les salariés, de leur côté, doivent utiliser correcte-


ment les dispositifs de salubrité et de sécurité et 2) Du comité d’hygiène et de sécurité
s’abstenir de les enlever ou de les modifier sans
autorisation de l’employeur. Art.126.- Un comité d’hygiène et de sécurité est
obligatoirement crée dans toutes les entreprises du
Tout salarié qui, pendant l’exécution de son travail secteur industriel, des bâtiments et des travaux pu-
ou au moment d’exécuter son travail, a des motifs blics occupant habituellement au moins cinquante
objectifs et sérieux de penser que la poursuite de travailleurs, temporaires et occasionnels compris ;
l’exécution ou son démarrage présente un risque
grave et imminent soit pour sa personne et/ou pour Art.127.- Le comité d’hygiène et de sécurité com-
les autres personnes, ou encore soit pour prend :
l’entreprise a le droit et le devoir d’arrêter le travail • le chef d’établissement ou entreprise ;
ou de s’abstenir de le commencer. • le responsable à la sécurité ou un chef
d’atelier ;
Il saisit immédiatement : • un délégué du personnel. Ce nombre est porté
• le chef d’entreprise ou d’établissement ou son à deux dans les entreprises employant plus de
préposé pour les mesures à prendre en vue 150 salariés ;
d’éliminer le risque ; • le médecin ou l’infirmier d’entreprise, s’il en
• les délégués du personnel, s’il en existe, et existe, à défaut un médecin ou un infirmier de
l’Inspecteur du Travail pour les informer. l’Organisme de Protection Sociale.

Le salarié à l’origine de l’acte prévu à l’alinéa pré- Le chef d’établissement ou entreprise assure la pré-
cédent ne peut faire l’objet de mesure disciplinaire sidence de ce comité.
sauf s’il y a abus. Dans ce cas, l’employeur doit,
préalablement à toute sanction, saisir l’Inspecteur Art.128.- Le comité d’hygiène de sécurité est char-
du Travail de la preuve de l’abus. Il en informe gé de :
également les délégués du personnel s’il en existe. • a) étudier les conditions d’hygiène et de sécuri-
té de travail ;
L’Inspecteur du Travail doit, dans les trois jours • b) veiller à l’application des dispositions légi-
ouvrables de la saisine, se prononcer sur la preuve slatives et réglementaires et des consignes
produite avant que n’intervienne la mesure disci- concernant l’hygiène et la sécurité ;
plinaire envisagée par l’employeur. • c) procéder aux enquêtes en cas d’accidents de
travail graves et de maladies professionnelles
Art.125.- Les arrêtés pris sur proposition du Minis- en vue d’en déterminer les causes et de propo-
tre chargé du travail pris après avis de la Commis- ser des mesures propres à y remédier ainsi des
sion Nationale de Sécurité et de la Santé au Travail mesures préventives ;
déterminent : • d) établir et exécuter un programme d’amélio-
• a) les mesures générales de protection et de ration des conditions d’hygiène et de sécurité
salubrité applicables à tous les établissements en rapport avec les activités de l’entreprise ;
et entreprises assujettis au présent Code, no- • e) établir, tous les ans, les statistiques d’acci-
tamment en ce qui concerne l’éclairage, dents de travail et de maladies professionnel-
l’aération ou la ventilation, les eaux potables, les ;
les sanitaires, l’évacuation des poussières et • f) diffuser, tous les trois mois, auprès de tous
vapeurs, les précautions à prendre contre les
les travailleurs les informations relatives à la
incendies, l’aménagement des issus de secours,
protection de la santé des travailleurs et au bon
les rayonnements, le bruit et les vibrations ; déroulement du travail ;
• b) au fur et à mesure des défectuosités consta-
• g) susciter, entretenir et développer l’esprit de
tées, les prescriptions particulières relatives à
sécurité parmi les travailleurs ;
certaines professions, à certains travaux, opéra-
• h) entreprendre toute action en vue de la pro-
tions ou modes de travail.
motion des méthodes et des procédés de travail
plus sûrs ;
Ces arrêtés peuvent limiter, réglementer ou inter-
• i) assurer l’éducation des travailleurs dans les
dire la fabrication, la vente, l’importation, l’expor-
domaines de l’hygiène, de la sécurité et de la
tation, la cession à quelque titre que ce soit ainsi
santé au travail ;
que l’emploi des machines, des substances et pré-
parations dangereuses pour les travailleurs. • j) s’assurer de l’organisation et de l’instruction
des équipes d’incendie et de sauvetage ;

Code du travail 17/40


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• k) participer à l’identification des facteurs de les délais dans lesquels elles doivent avoir disparu,
nuisance et à l’élaboration d’un plan d’inter- et qui ne peuvent être inférieurs à six jours francs.
vention d’urgence.
Lorsque, passé le délai imparti par la mise en de-
Art.129.- Le comité d’hygiène et de sécurité doit meure l’employeur n’a pas tenu compte de celle-ci,
être réuni par l’employeur au moins trois fois par l’Inspecteur du Travail, après constat, dresse pro-
an, et en tous cas à la suite de tout accident grave cès-verbal. Le procès-verbal doit être rédigé, écrit,
ou susceptible de refléter une situation grave. daté et signé par l’Inspecteur ayant constaté
l’infraction, et faire état des faits constitutif
L’ordre du jour des réunions ordinaires établi par le d’infraction qui ont été personnellement constatés
président est communiqué aux membres du comité par celui-ci.
quinze jours au moins avant la date fixée pour cha-
que réunion. Toutefois, en cas d’extrême urgence, l’Inspecteur
du Travail peut dresser procès-verbal sans mise en
L’Inspecteur du Travail, le médecin Inspecteur du demeure préalable.
Travail ou à défaut un médecin agréé et l’Orga-
nisme de Protection sociale doivent être avertis au Il peut également ordonner des mesures immédia-
moins quinze jours à l’avance des réunions du co- tement exécutoires pour faire cesser tout danger
mité d’hygiène et de sécurité. Ils peuvent y assister grave et imminent.
et y prendre la parole.
L’employeur peut exercer un recours contre cette
L’employeur remet à chaque membre du comité en décision de l’Inspecteur du Travail devant le juge
même temps que l’ordre du jour, une copie ano- des référés, le cas échéant, qui doit statuer dans les
nyme de toutes les déclarations d’accidents de tra- huit jours de la demande.
vail et de maladies professionnelles qui ont été
adressées à l’Organisme de Protection Sociale de- Art.132.- Lorsqu’il constate que des défectuosités
puis la précédente réunion. dans une installation, un aménagement ou des mé-
thodes de travail sont de nature à menacer la santé
Les réunions du comité d’hygiène et de sécurité ou la sécurité des salariés et que ces défectuosités
font l’objet d’un procès-verbal dont une copie doit ne tombent pas sous le coup des arrêtés visés à
être adressée à l’Inspecteur du Travail dans le délai l’article 125, l’Inspecteur du Travail peut ordonner
d’un mois suivant la réunion. que les modifications nécessaires soient apportées
par l’employeur.
Art.130.- Pour l’exercice de leurs attributions, les
membres du comité d’hygiène et de sécurité dispo- La décision est notifiée à l’employeur par écrit soit
sent d’un crédit annuel de huit heures payées sur le registre d’employeur, soit par lettre recom-
comme temps de travail. mandée avec accusé de réception. Elle précise les
délais d’exécution impartis qui ne peuvent être in-
Le temps des réunions est également payé comme férieurs à quinze jours.
temps de travail et n’est pas imputable au crédit
d’heures. L’employeur peut exercer un recours contre cette
décision de l’Inspecteur du Travail devant le juge
des référés qui doit statuer avant la fin du délai
3) Du contrôle d’exécution fixé par l’Inspecteur du Travail, étant
entendu que, en tout état de cause, le juge dispose,
Art.131.- Les Inspecteurs du Travail sont chargés à compter de la demande, d’un délai de quinze
de veiller à l’application des arrêtés visés à l’article jours pour prendre sa sentence.
125.

En cas de non respect dûment constaté, l’Inspection Section 2 - Des services de santé au travail
du Travail doit mettre le chef d’établissement ou
d’entreprise en demeure de se conformer aux dites
prescriptions avant de dresser le procès-verbal. Art.133.- Sans préjudice des dispositions spéciales
prises dans le cadre de l’hygiène et de la prévention
La mise en demeure est faite par écrit soit sur le de certaines maladies professionnelles ou dans ce-
registre obligatoire tenu par l’employeur, soit par lui de la protection de certaines catégories de tra-
lettre. Elle précise les infractions constatées et fixe vailleurs, tout salarié doit faire l’objet d’un examen

Code du travail 18/40


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médical au plus tard les huit jours qui suivent son Art.136.- Au sens du présent Code, le terme
embauche. « salaire » désigne, quels qu’en soient la dénomina-
tion et le mode de calcul, le traitement de base et
La prise effective du travail est toutefois subordon- tous autres avantages, payés directement ou indi-
née aux résultats de la visite médicale. rectement en espèces ou en nature, par l’employeur
au travailleur en raison de l’emploi de ce dernier.
La visite systématique annuelle pour l’ensemble
des travailleurs, toutes catégories confondues, est Le salaire fixé au contrat de travail résulte des ac-
obligatoire. cords d’entreprise, des conventions collectives ou
le cas échéant d’un accord entre les parties du
Ces visites sont réalisées par le service médical de contrat.
l’Organisme de Protection Sociale.
Art.137.- A travail de valeur égale, le salaire est
Art.134.- L’employeur doit disposer des moyens égal pour tous les travailleurs quels que soient leur
permettant d’assurer les soins de premiers secours. origine, leur sexe, leur âge, leur statut et leur
Il doit faire évacuer, sur la formation médicale la confession, dans les conditions prévues au présent
plus proche, les blessés et les malades transporta- Code.
bles non susceptibles d’être traités par les moyens
dont il dispose. Art.138.- Le salaire étant la contrepartie du travail
fourni, aucun salaire n’est dû en cas d’absence, sauf
S’il est dépourvu dans l’immédiat des moyens ap- dans les cas prescrit dans le présent Code et/ ou
propriés nécessaires à cet effet, il en avise prévus par, les conventions et accords collectifs et
d’urgence le chef de l’unité administrative la plus le contrat individuel de travail.
proche qui fait procéder à l’évacuation par les
moyens à sa disposition. Art.139.- La rémunération d’un travail à la tâche
ou aux pièces doit être calculée de telle sorte
Tous les frais occasionnés de ce fait à qu’elle procure au travailleur, de capacité moyenne
l’administration doivent être remboursés par et travaillant normalement, un salaire au moins égal
l’employeur sur les bases des tarifs officiels en vi- à celui du travailleur rémunéré à temps effectuant
gueur dans ce domaine. un travail analogue.

Art.135.- L’employeur est tenu de déclarer simul- Art.140.- Lorsque la rémunération des services est
tanément à l’Inspection du Travail et à l’Organisme constituée en totalité ou en partie des commissions
de Protection Sociale, dans un délai de quarante- ou des primes et prestations diverses ou des indem-
huit heures, tout accident du travail ou toute mala- nités représentatives de ces prestations, dans la me-
die professionnelle constatée dans l’entreprise ou sure où celles-ci ne constituent pas un rembourse-
l’établissement. ment de frais, il en est tenu compte pour le calcul
de l’allocation du congé, des indemnités de préavis
La déclaration peut être faite par le travailleur ou , des dommages et intérêts.
ses ayant-droits jusqu’à l’expiration de la deuxième
année suivant la date de l’accident ou de la pre- Le montant à prendre en considération à ce titre est
mière constatation médicale de la maladie profes- la moyenne mensuelle des éléments visés à l’alinéa
sionnelle. précédent.

En ce qui concerne les maladies professionnelles, la Toutefois, la période sur laquelle s’effectue ce cal-
date de la première constatation médicale de la ma- cul n’excédera pas les douze mois de service ayant
ladie est assimilée à la date de l’accident. précédé la cessation du travail.

Titre 4 - Du salaire Chapitre 2 - Des retenues sur salaire

Art.141.- Les prélèvements obligatoires, les rem-


Chapitre 1 - De la détermination boursements et les consignations qui peuvent être
du salaire prévus par les lois, les conventions ou accords col-
lectifs et les contrats individuels de travail peuvent
faire l’objet de retenues sur salaire.

Code du travail 19/40


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Aucun employeur ne peut restreindre la liberté du


L’employeur doit prélever d’office sur les salaires travailleur de disposer de son salaire à son gré.
les cotisations des travailleurs et les verser à
l’Organisme de Protection Sociale dans les condi- Art.146.- Le salaire doit être payé à intervalles
tions fixées par sa réglementation en vigueur ou par réguliers ne pouvant excéder quinze jours pour les
ses statuts. travailleurs dont la rémunération est stipulée à
l’heure, et un mois pour les travailleurs dont la ré-
Art.142.- L’autorité compétente fixe les plafonds munération est stipulée au mois. Ces derniers peu-
des retenues à opérer au titre de la cotisation du vent toutefois recevoir sur leur demande, au bout
travailleur aux institutions obligatoires ou autorisés de quinze jours, un acompte portant au plus sur la
de sécurité sociale, ainsi que les modalités prati- moitié de la quotité mensuelle de leur rémunération
ques de versement de ces cotisations par de base, leur situation étant obligatoirement apurée
l’employeur aux institutions intéressés. lors du paiement immédiatement consécutif.

Un décret pris après avis du Conseil national du Art.147.- Les paiements mensuels doivent être
travail détermine la quotité des fractions du salaire effectués au plus tard huit jours après la fin du mois
soumise à prélèvements progressifs et les taux y a de travail qui donne droit au salaire.
afférents.
En cas de résiliation ou de rupture de contrat, le
La retenue visée à l’alinéa ci-dessus ne peut, pour salaire et les indemnités doivent être payés dès la
chaque paie excéder la quotité fixée par ce décret cessation de service. Toutefois, en cas de litige,
pris en conseil des ministres. l’employeur peut obtenir l’immobilisation provi-
soire entre ses mains de tout ou partie de la fraction
Art.143.- Il doit être tenu compte pour le calcul de saisissable de sommes dues par ordonnance du Pré-
la retenue non seulement du salaire proprement dit, sident du Tribunal.
mais aussi de tous les accessoires dudit salaire à
l’exception toutefois des indemnités déclarées in- Les travailleurs absents le jour de la paie peuvent
saisissables par la réglementation en vigueur, des retirer leur salaire aux heures normales d’ouverture
sommes allouées à titre de remboursement de frais de la caisse, et conformément au règlement inté-
et des allocations et indemnités éventuelles dues au rieur de l’entreprise.
titre de la législation sur la sécurité sociale et de la
réglementation qui en est issue. Le paiement du salaire doit être effectué les jours
ouvrables seulement et au lieu de travail ou à
Les sommes retenues au travailleur en contraven- proximité de celui-ci..
tion des dispositions ci-dessus portent intérêts à son
profit au taux légal depuis la date où elles auraient Art.148.- Le paiement du salaire doit être constaté
dû être payées et peuvent être réclamées par lui par une pièce dressée ou certifiée par l’employeur
jusqu’à prescription, le cours en étant suspendu ou son représentant et émargée par chaque travail-
pendant la durée du contrat. leur.

Art.144.- Il est interdit à l’employeur d’infliger des Si ce dernier est illettré, son empreinte digitale peut
amendes. remplacer sa signature. Ces pièces sont conservées
par l’employeur dans les mêmes conditions que les
pièces comptables et doivent être présentées à toute
Chapitre 3 - Du paiement du salaire réquisition de l’Inspecteur du Travail.

Art.149.- Les employeurs sont tenus de délivrer au


Art.145.- Le salaire doit être payé en monnaie travailleur au moment du paiement soit un bulletin
ayant cours légal nonobstant toute stipulation de paie individuel, soit tout autre document établi
contraire. selon les procédés modernes de comptabilité et
dont la contexture est, dans l’un et l’autre cas, fixée
Le paiement de tout ou partie du salaire en nature, par arrêté du Ministre chargé du Travail.
notamment en alcool, boissons alcoolisées, khat et
autres drogues est formellement interdit sous ré- Art.150.- N’est pas opposable au travailleur la
serve des dispositions du présent Code. mention « pour solde de tout compte » ou toute
mention équivalente souscrite par lui soit au cours
de l’exécution, soit après résiliation de son contrat

Code du travail 20/40


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de travail, et par laquelle le travailleur renonce à


tout ou partie des droits qu’il tient de son contrat de Le privilège s’étend aux diverses indemnité et
travail. dommages et intérêts liés à la rupture du contrat de
travail.
Art.151.- L’acceptation, sans protestation ni ré-
serve, par le travailleur d’un bulletin de paie ne Art.154.- Les textes législatifs particuliers accor-
peut valoir renonciation de sa part au paiement de dant le bénéfice de l’action directe ou certains pri-
tout ou partie du salaire, des indemnités et acces- vilèges spéciaux en faveur de certaines catégories
soires du salaire qui lui sont dus en vertu des dispo- de travailleurs s’appliquent à la créance de salaire.
sitions législative, réglementaires ou convention-
nelles. Art.155.- En cas de liquidation judiciaire ou de
faillite, les sommes précomptées par le Trésor pu-
Cette acceptation ne suspend pas la prescription blic, postérieurement à la date de cessation des
telle que définie à l’article 156 du présent Code. paiements, sur les mandats dus à un employé, sont
rapportées à la masse des rémunérations.
Elle ne fait pas obstacle à la révision du compte de
salaire du travailleur.
Chapitre 5 - De la prescription de
l’action en paiement du salaire
Chapitre 4 - Des privilèges et garanties
de la créance de salaire
Art.156.- L’action des travailleurs en paiement de
salaire, des accessoires du salaire, des primes et
Art.152.- En dehors des dispositions du présent indemnités de toute nature ainsi que, plus généra-
Code, ou celles résultant de textes légaux ou ré- lement, toute somme due par l’employeur au tra-
glementaires, il ne peut être fait de retenue sur les vailleur, et celle en fourniture de prestations en
salaires que par saisie-arrêt prononcée par la juri- nature et éventuellement de leur remboursement, se
diction compétente. prescrivent par un an.

Un décret pris après avis du Conseil National du La prescription court à compter de la date à partir
travail, de l’emploi et de la formation profession- de laquelle le salaire est exigible. Elle est suspen-
nelle fixe les portions de salaire soumises à prélè- due ou interrompue dans les conditions prévues en
vements progressifs et les taux y afférents. matière civile.

Les retenues résultant de saisie ou de cession ne Art.157.- Le travailleur auquel la prescription est
peuvent, pour chaque paie, excéder les taux fixés opposée peut déférer le serment à l’employeur ou à
par ce décret. son représentant sur la question de savoir si le sa-
laire qu’il a réclamé a été payé.
Il doit être tenu compte pour le calcul des retenues,
non seulement du salaire proprement dit, mais de Le serment peut aussi être déféré aux veuves et
tous les accessoires du salaire, à l’exception toute- héritiers de l’employeur ou aux tuteurs de ces der-
fois des indemnités déclarées insaisissables par le niers, s’ils sont mineurs.
réglementation en vigueur, des sommes allouées à
titre de remboursement de frais exposés par le tra- Art.158.- Si le serment déféré n’est pas prêté, ou
vailleur et des allocations ou indemnités pour s’il est reconnu, même implicitement, que les
charge de famille. sommes ou prestations réclamées n’ont pas été
payées, fournies ou remboursées, l’action en paie-
Art.153.- La créance de salaire bénéficie d’un pri- ment devient purement civile et se prescrit confor-
vilège préférable à tous les autres privilèges géné- mément à la réglementation en vigueur en la ma-
raux ou spéciaux en ce qui concerne la fraction tière.
insaisissable dudit salaire.

Code du travail 21/40


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Titre 5 - Du règlement des Art.161.- Le procès-verbal de non conciliation si-


gné des parties, sauf défaillance de ces dernières,
différends individuels et est transmis au Président du tribunal du travail
collectifs du travail compétent dans un délai de quinze jours à compter
de la date de non conciliation. Le tribunal compé-
tent est celui du lieu de travail. Toutefois, pour les
Chapitre 1 - Du règlement litiges nés de la résiliation du contrat de travail, le
travailleur dont la résidence habituelle est située en
des différends individuels République de Djibouti en un lieu autre que le lieu
de travail, aura le choix entre le tribunal de sa rési-
dence et celui de son lieu de travail.
Art.159.- Tout travailleur ou tout employeur pourra
demander à l’Inspecteur du Travail de régler le Art.162.- Le Tribunal du Travail est compétent
différend à l’amiable. pour connaître les différends individuels pouvant
s’élever à l’occasion du contrat de travail entre les
L’inspecteur du travail du ressort saisi du dossier travailleurs et leurs employeurs.
convoque, dans les quinze jours qui suivent, les
parties et tente de les concilier. Sa compétence s’étend aux différends individuels
relatifs :
Nul ne doit, de quelque manière que ce soit, faire
• a) aux conventions collectives et arrêtés en
obstacle à la conciliation ou à la non conciliation.
tenant lieu ;
• b) aux contrats d’apprentissage ;
La non présentation de l’une ou l’autre des parties à
la suite de deux convocations régulières vaut échec • c) à l’application de la réglementation sur les
de la tentative de conciliation. accidents du travail, les maladies profession-
nelles ainsi que celles non imputables à
L’Inspecteur du Travail fait connaître aux parties l’activité professionnelle, les prestations fami-
quels sont, d’après les informations qui lui sont liales et les pensions de retraite ;
fournies, et sous réserve de l’appréciation des tri- • d) aux problèmes nés entre travailleurs à
bunaux, les droits que le travailleur tient de la loi, l’occasion du travail.
de la réglementation ou des conventions collectives
et du contrat individuel. Le tribunal du travail compétent est celui du lieu du
travail.
S’il n’y a pas de conciliation, l’Inspecteur le cons-
tate par procès-verbal où il consigne les motifs de Art.163.- Le Tribunal du travail est composé :
l’échec. • d’un magistrat qui en assure la présidence ;
• d’un assesseur employeur et d’un assesseur
Si la conciliation intervient, le procès-verbal de travailleur pris parmi ceux figurant sur les lis-
conciliation contient : tes établies par les organisations d’employeurs
• l’énoncé des différents chefs de réclamation ; et de travailleurs les plus représentatives ;
• les points sur lesquels la conciliation est inter- • d’un greffier.
venue et, s’il y a lieu, les sommes convenues
pour chaque chef de réclamation ; Le Président désigne pour chaque affaire les asses-
• les chefs de réclamation dont il a été fait aban- seurs employeurs et travailleurs appartenant à la
don ; catégorie intéressée.
• en cas de conciliation partielle, les demandes
qui n’ont pas été comprises dans la concilia- Les assesseurs titulaires sont remplacés, en cas
tion. d’empêchement, par des assesseurs suppléants dont
le nombre est égal à celui des titulaires.
L’Inspecteur du Travail dresse son procès-verbal de
conciliation ou de non-conciliation dans le délai Art.164.- Les assesseurs titulaires et leurs sup-
maximum de trois mois à compter de sa saisine. pléants sont nommés par arrêté pris sur proposition
conjointe du Ministre du travail et du Ministre de la
Art.160.- Le procès-verbal de conciliation est dé- justice.
posé au rang de minute par l’Inspecteur du travail.
Le mandat des assesseurs titulaires ou suppléants a
une durée de deux ans ; il est renouvelable. Toute-
fois, les assesseurs en fonction continuent à siéger

Code du travail 22/40


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jusqu’à ce que la nomination de nouveaux asses-


seurs soit intervenue. Art.165.- Le tribunal du travail saisi par le procès-
verbal de non conciliation convoque les parties à
Les assesseurs doivent justifier de la possession de comparaître à la prochaine audience utile.
leurs droits civils et n’avoir subi aucune des
condamnations qui, aux termes des lois électorales La convocation doit contenir les nom, prénoms et
en vigueur, entraînent la radiation des listes électo- profession du destinataire, l’indication de l’affaire,
rales. le jour et l’heure de la comparution.

Les assesseurs prêtent serment devant le Tribunal La convocation est faite à personne ou à domicile
en prononçant la formule suivante : « je jure de par voie d’agent spécialement commis à cet effet.
remplir mes devoirs avec zèle et intégrité et de gar- Elle peut valablement être faite par lettre recom-
der le secret des délibérations ». mandée avec accusé de réception ou par toute autre
voie utile.
Les fonctions d’assesseurs sont gratuites. Toute-
fois, pourront être allouées aux assesseurs des in- Art.166.- Les parties sont tenues de se rendre au
demnités de séjour et de déplacement, dont le mon- jour et à l’heure fixés devant le tribunal. Elles peu-
tant, qui ne pourra être inférieur au montant des vent se faire assister ou représenter soit par un tra-
salaires et indemnités perdus, sera fixé par arrêté vailleur ou un employeur appartenant à la même
conjoint des Ministres chargés du Travail, de la branche d’activité, soit par un avocat de leur choix
Justice et des Finances. ou tout autre mandataire.

L’exercice des fonctions d’assesseur ne saurait être Sauf en ce qui concerne les avocats, le mandataire
une cause de rupture, par l’employeur, du contrat doit être porteur d’une procuration.
de travail.
Art.167.- Si au jour fixé par la convocation, le de-
Tout assesseur titulaire ou suppléant qui aura gra- mandeur ne comparaît pas et ne justifie pas d’un
vement manqué à ses devoirs dans l’exercice de ses cas de force majeure, la cause est radiée du rôle.
fonctions sera appelé devant le Tribunal du Travail Elle ne peut être reprise qu’une seule fois à
pour s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés. l’initiative du demandeur.

L’initiative de cet appel appartient au Président du Si le défendeur ne comparaît pas et ne justifie pas
Tribunal du Travail. d’un cas de force majeure, ou s’il n’a pas présenté
ses moyens, défaut est donné contre lui et le tribu-
Le procès-verbal de la séance de comparution est nal statue sur le mérite de la demande.
adressé dans les huit jours par le Président du Tri-
bunal du Travail au Procureur de la République. Si le défendeur a comparu une fois ou s’il est rap-
porté qu’il a été régulièrement touché, la décision
Ce procès-verbal est transmis par le Procureur de la du tribunal est à son encontre, réputée contradic-
République, avec son avis, au Ministre de la Jus- toire.
tice.
Les mesures prévues au présent article ne peuvent
Par arrêté motivé du Ministre de la Justice, les pei- être prises que s’il a été établi que l’intéressé a ré-
nes suivantes peuvent être prononcées : gulièrement été touché par la convocation.
• la censure ;
• la suspension, pour un temps qui ne peut excé- Art.168.- Lorsque les parties comparaissent devant
der six mois ; le tribunal, il est procédé a une nouvelle tentative
• la déchéance. de conciliation.

Tout assesseur contre lequel la déchéance a été En cas d’accord total ou partiel, un procès-verbal
prononcée ne peut être désigné à nouveau aux mê- rédigé séance tenante constate l’accord intervenu.
mes fonctions.
Ce procès-verbal est exécuté dans les mêmes for-
mes qu’un jugement.
Chapitre 2 - De la procédure devant le
Art.169.- En cas de jugement par défaut, significa-
tribunal du travail tion est faite dans les formes de l’article 165 du

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présent Code, sans frais à la partie défaillante par le tribunaux du travail, ordonner toutes les mesures
greffier du tribunal ou par un agent commis spécia- qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou
lement à cet effet par le président. que justifie l’existence d’un différend.

Le délai d’opposition est de 10 jours à compter de La formation de référé peut toujours, même en pré-
la date de la signification. sence d’une contestation sérieuse, prescrire les me-
sures conservatoires ou de remise en état qui
Art.170.- Les jugements du tribunal sont rendus en s’imposent, soit pour prévenir un dommage immi-
dernier ressort, sauf du chef de la compétence ; nent, soit pour faire cesser un trouble manifeste-
lorsque le chiffre de la demande n’excède pas ment illicite.
200.000 FD.
En aucun cas la décision de référé ne peut faire
Au-dessus de 200.000 FD, les jugements sont sus- préjudice au principal.
ceptibles d’appel.
Art.175.- La demande en référé est introduite
Toutefois, l’exécution provisoire du tiers de la conformément aux dispositions de l’alinéa 1 de
condamnation pécuniaire peut être prononcée par le l’article 169.
juge d’office ou sur demande nonobstant toute voie
de recours lorsqu’il y a urgence et péril en la de- S’il apparaît au Président statuant en référé, que la
mande ou que le licenciement est manifestement demande excède ses pouvoirs et lorsque cette de-
abusif. mande présente une particulière urgence, il peut
renvoyer l’affaire devant la section compétente du
tribunal du travail.
La preuve de l’urgence et du péril peut être rappor-
tée par tous moyens et soumise à l’appréciation Dans ce cas la notification aux parties de
souveraine du juge. l’ordonnance de référé mentionne la date de
l’audience du tribunal du travail et vaut convoca-
Art.171.- Le tribunal connaît de toutes les deman- tion.
des reconventionnelles ou en compensation qui, par
leur nature, rentrent dans sa compétence. Lorsque Le délai d’appel de l’ordonnance de référé est de
chacune des demandes principales, reconvention- quinze jours. L’appel est formé, instruit et jugé
nelles ou en compensation, est dans les limites de comme il est dit à l’article 175.
sa compétence en dernier ressort, il se prononce
sans qu’il y ait lieu à appel.
Chapitre 3 - Du règlement
Art.172.- Dans les quinze jours du prononcé du des conflits collectifs
jugement, l’appel peut être interjeté dans les formes
réglementaires.
Section 1 - De la conciliation
Le recours est transmis dans la huitaine de sa décla-
ration à la Cour d’appel avec une expédition du
jugement, lettres, mémoires et documents déposés Art.176.- Le différend collectif est celui qui oppose
par les parties ou l’Inspecteur du travail. une collectivité de salariés organisés ou non en
groupement professionnel à un employeur ou à un
L’appel est jugé sur pièces. Toutefois, les parties groupe d’employeurs. Il est caractérisé par la nature
peuvent demander à être entendues. Dans ce cas, la collective de l’intérêt en jeu.
représentation des parties obéit aux règles fixées
par l’article 166 ci-dessus. Art.177.- Tout différend collectif doit être immé-
diatement notifié par les parties :
Art.173.- La Cour suprême connaît des recours en
• 1° à l’Inspecteur du Travail lorsque le conflit
cassation contre les jugements rendus en dernier
est limité au ressort d’une inspection locale du
ressort dans les formes et conditions fixées par le
travail ;
Code de procédure civile, mais sans qu’une consi-
• 2° au Directeur du Travail lorsque le conflit
gnation puisse être exigée.
s’étend sur les ressorts de plusieurs inspections
locales du travail.
Art.174.- Dans tous les cas d’urgence la formation
de référé peut, dans la limite de la compétence des

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Art.178.- Le service compétent du travail ainsi


saisi convoque les parties aux fins de procéder à Il statue en équité sur les autres différends, notam-
leur conciliation. ment lorsque ceux-ci portent sur les salaires ou sur
les conditions du travail quand celles-ci ne sont pas
Art.179.- A l’issue de la tentative de conciliation, fixées par les dispositions des lois, règlements,
le service du travail établit séance tenante un pro- conventions collectives ou accords d’établissement
cès-verbal constatant soit l’accord, soit le désac- en vigueur ainsi que sur les différends relatifs à la
cord partiel ou total des parties. Celles-ci contresi- négociation et à la révision des clauses des conven-
gnent le procès-verbal et en reçoivent copies. tions et accords collectifs.

L’accord de conciliation devient exécutoire par les Art.183.- Le Conseil d’arbitrage a les plus larges
parties du jour du dépôt au greffe du tribunal du pouvoirs pour s’informer de la situation économi-
travail. Cet accord produit effet, sauf stipulation que des entreprises et de la situation des travailleurs
contraire, à dater du jour de la notification du intéressés par le conflit. Il peut procéder à toutes
conflit au service compétent du travail. enquêtes auprès des entreprises et syndicats et re-
quérir des parties la production de tout document
Art.180.- En cas d’échec de la conciliation, le dif- ou renseignement d’ordre économique, comptable,
férend est obligatoirement soumis dans le délai de financier, statistique ou administratif susceptible de
huit jours francs par l’Inspecteur du travail ou par lui être utile pour l’accomplissement de sa mission.
le Directeur du travail au Conseil d’arbitrage. Il peut recourir aux offices d’experts comptables
agréés et généralement de toute personne qualifiée
susceptible de l’éclairer.
Section 2 - De l’arbitrage
Le Conseil d’arbitrage juge sur pièces, mais il peut
entendre les parties si celles-ci le requièrent.
Art.181.- Pour l’arbitrage des différends collectifs
du travail non réglés par la conciliation, il est insti- Art.184.- La sentence arbitrale est .immédiatement
tué « un conseil d’arbitrage ». signifiées aux parties par le Président du Conseil
d’arbitrage.
Le Président du conseil d’arbitrage est désigné sur
proposition du Ministre chargé du Travail. Le Si, à l’expiration d’un délai de quatre jours à comp-
conseil d’arbitrage comprend en outre : ter de la notification, aucune des parties n’a mani-
• un magistrat de la cour d’appel ; festé son opposition, la sentence acquiert force exé-
• le Président du Tribunal du Travail du ressort ; cutoire dans les conditions fixées à l’article 185 du
• un secrétaire choisi parmi les greffiers de la présent Code.
Cour d’Appel ;
• deux assesseurs employeurs et deux assesseurs L’opposition est formée à peine de nullité, par let-
travailleurs, désignés par le Ministre chargé du tre recommandée avec accusé de réception adressé
travail sur proposition des organisations des au Président du conseil d’arbitrage.
employeurs et des travailleurs les plus repré-
sentatives. Art.185.- La sentence arbitrale non frappée
d’opposition est exécutoire.
Ne peuvent être désignées dans les foncions
d’assesseurs les personnes ayant participé à la Elle produit effet, sauf stipulation contraire, à dater
conciliation ou qui sont intervenues à un niveau du jour de la notification du conflit au service com-
quelconque du règlement. pétent du travail du ressort.

Art.182.- Le Conseil d’arbitrage ne peut statuer sur La minute de la sentence arbitrale est déposée au
d’autres objets que ceux déterminés par le procès- greffe du Tribunal du Travail.
verbal de non-conciliation ou ceux qui, résultant
d’événements postérieurs à ce procès-verbal, sont Art.186.- Lorsqu’un accord de conciliation ou une
la conséquence directe du différent en cours. sentence du Conseil d’Arbitrage, devenue exécu-
toire, porte sur l’interprétation des clauses d’une
Il statue en droit dans les différends relatifs à convention ou d’un accord collectif sur les salaires
l’interprétation et à l’exécution des lois, règle- ou sur les conditions de travail, cet accord ou cette
ments, conventions collectives ou accords d’éta- sentence produit les effets d’une convention ou
blissement en vigueur. d’un accord collectif de travail.

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• en violation des dispositions d’un accord de


Si l’accord ou la sentence est intervenu en vue de conciliation ou d’une sentence arbitrale ayant
régler un conflit survenu dans une branche acquis force exécutoire.
d’activités où une convention collective a été éten-
due, cet accord ou cette sentence doit, à la demande Le lock-out pratiqué en violation des dispositions
des organisations syndicales signataires de la de l’alinéa précédent entraîne pour les employeurs :
convention collective étendue, faire l’objet d’un • le paiement aux travailleurs des journées de
arrêté d’extension. salaires perdues de ce fait ;
• l’inéligibilité pour trois ans aux fonctions de
Les accords de conciliation ainsi que les sentences membres des chambres de commerce ;
du Conseil d’arbitrage sont immédiatement insérés • l’interdiction de participer sous une forme
au journal officiel de la République de Djibouti et quelconque à une entreprise de travaux ou un
affichés dans les bureaux de l’Inspection du Travail marché de fournitures pour le compte de l’état
du ressort et de la Direction du travail. ou d’une collectivité publique.

Art.187.- Les sentences arbitrales qui ont acquis Art.191.- En dehors des points spécifiés au présent
force exécutoire peuvent faire l’objet d’un recours Code le déroulement de la procédure s’effectue
pour excès de pouvoir ou violation de la loi. comme il est prévu au Code de procédure civile.

Ce recours est introduit devant la cour suprême et


jugé dans les délais, formes et conditions des pour-
vois en cassation en matière civile. Titre 6 - Du contrôle du travail,
de la promotion de l’emploi
Les procédures de conciliation et d’arbitrage sont
gratuites.
Chapitre 1 - De l’administration
Art.188.- La grève résulte d’un arrêt collectif et du travail
concerté du travail provoqué par le personnel en
vue d’obtenir une modification des conditions de
travail ou de leur rémunération.
Art.192.- L’Administration du Travail comprend
l’ensemble des services qui, placés sous l’autorité
La grève ne rompt pas le contrat de travail, sauf
du Ministre chargé du Travail, assurent en matière
faute lourde des travailleurs.
de travail, d’emploi et de sécurité sociale, un rôle
de conception, de conseil, d’impulsion, de mise en
Art.189.- Le déclenchement de la grève est soumis
œuvre, de coordination et de contrôle.
aux conditions fixées par la loi.
Elle a notamment pour mission :
Les conflits en découlant peuvent faire l’objet des
• a) d’élaborer, dans le cadre des directives mi-
procédures de conciliation, de médiation ou
nistérielles, les projets de loi et de règlement
d’arbitrage.
de sa compétence ;
La grève pratiquée en violation des dispositions • b) de veiller à l’exécution de ces lois et règle-
fixées par la loi entraîne pour les travailleurs la ments ;
rupture du contrat pour compter du jour de la cessa- • c) de renseigner, éclairer et conseiller les par-
tion du travail, sans autres droits que le salaire et tenaires sociaux que sont les employeurs, les
l’indemnité de congés payés acquis à cette date. travailleurs ou leurs représentants ;
• d) de documenter, conseiller, coordonner et
Art.190.- Au sens du présent Code, le terme contrôler les services et organismes concourant
« lock-out » désigne la fermeture volontaire de à l’application de la législation sociale ;
l’entreprise par l’employeur. • e) de réaliser, en collaboration avec les autori-
tés et organismes concernés, la meilleure orga-
Le lock-out et la grève sont illicites : nisation possible du marché de l’emploi et la
• avant épuisement de la procédure de concilia- pleine utilisation de la main-d’œuvre ;
tion et, en cas d’arbitrage, jusqu’à ce que la • f) de réunir et de tenir à jour les données statis-
sentence arbitrale ait acquis force exécutoire ; tiques relatives aux conditions d’emploi, de
travail et de protection sociale ;

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• g) de suivre les relations avec les autres Etats


et les organisations internationales en ce qui Toutefois, au lieu de dresser procès-verbal, les ins-
concerne les questions relevant de sa compé- pecteurs et les contrôleurs du travail peuvent tou-
tence. jours donner des conseils ou des avertissements.

L’Administration du Travail établit et publie un Art.197.- Des Médecins du Travail peuvent être
rapport annuel sur les activités des services placés auprès des services compétents du Travail.
d’inspection placés sous son contrôle.
Leurs attributions sont déterminées par arrêté pris
Art.193.- Les inspecteurs et contrôleurs du travail, sur proposition du Ministre chargé du Travail.
de l’emploi et de la main-d’œuvre prêtent serment
de bien et fidèlement remplir leur charge et de ne Art.198.- Toutes les autorités civiles et les autorités
pas révéler, même après avoir quitté leur service, compétentes en matière de police judiciaire doivent
les secrets de fabrication et en général les procédés reconnaître les inspecteurs et contrôleurs du travail,
d’exploitation dont ils pourraient prendre connais- de l’emploi et de la main-d’œuvre en leur qualité,
sance dans l’exercice de leurs fonctions. et leur prêter, sur leur demande, aide et assistance
dans l’exercice de leurs fonctions.
Ce serment est prêté devant la Cour d’Appel. Il
peut être prêté par écrit lorsque l’intéressé ne réside Art.199.- Les inspecteurs et contrôleurs du Travail,
pas au siège du tribunal. ont l’initiative de leurs tournées et de leurs enquê-
tes. Munis d’une carte professionnelle, ils ont le
Toute violation de ce serment est punie conformé- pouvoir de :
ment au Code pénal. • 1° pénétrer librement et sans avertissement
préalable, dans les entreprises ou établisse-
Art.194.- Les inspecteurs et contrôleurs du travail, ments assujettis au contrôle des services com-
de l’emploi et de la main-d’œuvre doivent tenir pétents du Travail et de pénétrer, lorsqu’il est
pour confidentielle toute plainte leur signalant un constaté qu’un travail y est effectué, et dans
défaut dans l’installation ou une infraction aux dis- tous les locaux considérés par eux être assujet-
positions légales ou réglementaires. tis au contrôle de l’inspection ;
• 2° procéder à tous les examens ou enquêtes
Art.195.- Les inspecteurs et contrôleurs du travail jugées nécessaires pour s’assurer que toutes les
ou leurs préposés ne peuvent avoir un intérêt quel- dispositions législatives et réglementaires sont
conque direct ou indirect dans les entreprises pla- effectivement observées ;
cées sous leur contrôle. • 3° interroger avec ou sans témoins, l’emplo-
yeur ou le personnel de l’entreprise, contrôler
Art.196.- Les inspecteurs du travail en activité leur identité, s 'informer auprès de toute per-
dans les structures centrales ou locales de sonne dont le témoignage peut être utile ;
l’administration du travail peuvent, dans le cadre • 4° exiger communication de tous livres, regis-
du service, constater par procès-verbal, faisant foi tres et documents dont la tenue est prescrite par
jusqu’à preuve du contraire, les infractions aux la législation et la réglementation du travail en
dispositions de la législation et de la réglementation vue d’en vérifier la conformité aux dispositions
du travail. légales et réglementaires, en prendre copie ou
en établir des extraits ;
Ils sont habilités à poursuivre directement en jus- • 5° exiger 1'affichage des avis dont 1 'apposi-
tice, devant la juridiction compétente, tous les au- tion est prévue par les dispositions légales ;
teurs d’infractions à la législation et à la réglemen- • 6° prélever et emporter aux fins d’analyse des
tation du travail. échantillons des matières et substances utili-
sées ou manipulées, pourvu que l’employeur
Tout procès-verbal doit être notifié immédiatement ou son représentant soit averti que des matières
par la remise d’une copie certifiée conforme à la ou substances ont été prélevées et emportées à
partie intéressée ou à son représentant, et ce à peine cette fin ;
de nullité absolue des poursuites à intervenir. • 7° requérir, si besoin est, les avis et les consul-
tations des médecins et autres techniciens, no-
Un exemplaire du procès-verbal, est déposé au par- tamment en ce qui concerne les prescriptions
quet, un second à la Direction du Travail, un troi- d’hygiène et de sécurité. Les médecins et tech-
sième classé aux archives de l’Inspection du Tra- niciens ainsi requis sont tenus au secret profes-
vail. sionnel dans les mêmes conditions que les ad-

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ministrateurs, inspecteurs et contrôleurs du tra- Les agences privées d’emploi visées au Titre II
vail, de l’emploi et de la main-d’œuvre. Section 6, chapitre 1er du présent Code concourent
au placement. Elles sont soumises au contrôle de
Art.200.- A l’occasion d’une visite d’inspection, l’autorité compétente en matière de placement.
l’inspecteur ou le contrôleur du travail et de la
main-d’œuvre doivent informer de leur présence Ce contrôle tend à prévenir et à éliminer des abus
l’employeur ou son représentant à moins qu’ils pouvant se produire.
n’estiment qu’un tel avertissement risque de porter
préjudice à l’efficacité du contrôle. Art.204.- Sous réserve du respect des dispositions
prévues au Titre II - Chapitre 1er - Section 5 du
Ils peuvent se faire accompagner d’interprètes offi- présent Code, concernant les procédures en matière
ciels assermentés, des délégués du personnel ou des de recrutement de main-d’œuvre étrangère, tout
membres du comité d’hygiène et de sécurité. employeur peut recruter librement son personnel.

Art.201.- Dans les mines, minières et carrières, Toutefois, il est tenu de faire connaître mensuelle-
ainsi que dans les établissements et chantiers où les ment aux services de l’Emploi la nature des postes
travaux sont soumis au contrôle d’un service tech- de travail pour lesquels des recrutements ont été
nique, les fonctionnaires chargés de ce contrôle opérés ainsi que l’identité et les qualifications des
veillent à ce que les installations relevant de leur travailleurs embauchés.
contrôle technique soient aménagés en vue de ga-
rantir la sécurité des travailleurs. Il est également tenu de déclarer son existence et
l’ensemble de ses travailleurs à l’Organisme de
Ils assurent l’application des règlements spéciaux Protection Sociale.
qui peuvent être pris dans ce domaine et disposent,
à cet effet et dans cette limite, des pouvoirs des
administrateurs, inspecteurs et contrôleurs du tra- Chapitre 3 - Des moyens de contrôle
vail et de la main-d’œuvre.

Ils portent à la connaissance de l’Inspecteur du Art.205.- Toute personne qui se propose d’ouvrir
Travail les mesures qu’ils ont prescrites et, le cas une entreprise ou un établissement de quelque na-
échéant, les mises en demeure qui sont signifiées. ture que ce soit doit, en faire la déclaration à
l’Inspection du Travail du ressort.
L’inspecteur ou le contrôleur du travail, de l’emploi
et de la main-d’œuvre peut, à tout moment, deman- Un arrêté pris sur proposition du Ministre chargé
der et effectuer avec les fonctionnaires visés au du Travail, après avis du Conseil National du Tra-
paragraphe précédent la visite des mines, minières, vail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle
carrières, établissements et chantiers soumis à un détermine les modalités de cette déclaration.
contrôle technique.
Art.206.- Tout chef d’entreprise ou d’établissement
Art.202.- Pour l’exercice de leur mission, les servi- ou tout autre employeur est tenu d’informer
ces d’inspection disposent de locaux aménagés de l’Inspecteur du Travail en cas de licenciement col-
façon appropriés à leurs besoins et accessibles à lectif.
tous intéressés.
Art.207.- Toute personne qui entend fermer une
Ils disposent en permanence des moyens en per- entreprise ou un établissement doit en faire la dé-
sonnel et matériel. claration à l’Inspecteur du Travail.

Art.208.- Une déclaration spéciale doit être faite


Chapitre 2 - Du placement dans les formes prévues à l’article 209 et dans les
cas suivants :
• a) fusion d’entreprises ou d’établissements,
Art.203.- Les services compétents en matière de • b) cessation provisoire ou définitive d’acti-
placement sont les services de l’emploi. Toutefois, vités,
tout chef d’entreprise, d’établissement ou tout autre • c) réouverture de l’entreprise ou de
employeur dispose de la faculté de recruter direc- l’établissement après fermeture,
tement la main-d’œuvre nationale. • d) cession d’entreprise ou d’établissement,
• e) transfert de son emplacement,

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• f) changement de son statut juridique Ils ont le droit d’y adhérer et de se retirer librement,
• g) changement d’activités. de même que les anciens travailleurs et les anciens
employeurs ayant exercé leur activité pendant un
Art.209.- L’employeur doit tenir constamment à an au moins.
jour, au lieu d’exploitation, le registre de
l’employeur ou tout autre document établi selon les Les femmes mariées exerçant une profession ou un
procédés appropriés et modernes destiné à recueillir métier peuvent, sans autorisation de leur mari, ad-
toutes les mentions permettant l’exercice du hérer aux syndicats professionnels et participer à
contrôle des services compétents du travail. leur administration ou à leur direction.

Un arrêté pris sur proposition du Ministre chargé Les mineurs âgés de plus de seize ans peuvent ad-
du Travail fixe le contenu de ce registre ou de ce hérer aux syndicats sauf opposition de leur père,
document et les conditions dans lesquelles il doit mère ou tuteur.
être tenu à la disposition des services de
l’inspection du Travail Des syndicats peuvent également être constitués
librement par des exploitants indépendants qui
Cet arrêté précise en outre les conditions dans les- n’emploient aucun personnel.
quelles certaines entreprises ou catégories d’entre-
prises peuvent être dispensées de la tenue dudit Art.213.- Sous réserve des dispositions des articles
registre. 210 et 211, ils élaborent librement leurs statuts et
règles de fonctionnement, définissent librement
leur programme d’action et organisent librement
leurs activités.
Titre 7 - Des rapports
collectifs du travail Ils peuvent se constituer en unions syndicales à
caractère interprofessionnel, en fédérations profes-
sionnelles sur un plan régional ou national, et enfin
Chapitre 1 - Des syndicats en confédérations rassemblant sur le même plan
national les syndicats, unions et fédérations de
même tendance.
Section 1 - De l’objet, de la constitution et de la
dissolution des syndicats Ils peuvent s’affilier librement aux organisations
internationales.

Art.210.- Le syndicat professionnel est une asso- Les statuts du syndicat précisent notamment sa
ciation de personnes exerçant la même profession, dénomination et son objet, son siège et son adresse,
des métiers similaires ou des métiers connexes, ses secteurs géographiques et professionnels
concourant à l’établissement des produits ou servi- d’action.
ces déterminés, ou la même profession libérale.
Les conditions d’adhésion, les modalités de réunion
Le syndicat professionnel est distinct des organisa- et de délibération des assemblées générales ordinai-
tions régies par la loi 1901 et des ordres profes- res et extraordinaires, le mode de désignation et de
sionnels. destitution des membres chargés de son administra-
tion, les fonctions et les pouvoirs des intéressés en
Art.211.- Les syndicats ont exclusivement pour son sein et vis à vis des tiers, sa durée et les condi-
objet l’étude et la défense des droits ainsi que des tions de sa dissolution, ainsi que les modalités de
intérêts matériels et moraux, tant collectifs dévolution de son actif et de son passif.
qu’individuels, des personnes et professions visées
par leurs statuts. Art.214.- Les syndicats élisent librement leurs re-
présentants sous réserve que les membres chargés,
Art.212.- Les salariés ou les employeurs, sans dis- à un titre quelconque, de la direction ou de
tinction d’aucune sorte, ont droit de constituer li- l’organisation d’un syndicat soient de nationalité
brement des syndicats de leur choix dans des sec- djiboutienne ou travailleur étranger régulièrement
teurs d’activité et des secteurs géographiques qu’ils établi sur le territoire national et jouissant des droits
déterminent. civils et civiques.

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Les fonctions de direction ou d’administration de Dans le délai de trente jours suivant la date de
tout syndicat sont interdites : transmission du dossier par l’inspecteur du travail
• aux individus qui ont été condamnés par quel- au procureur de la république, ce dernier notifie
que juridiction que ce soit, sauf pour infraction directement ses conclusions au ministre de
inspirée par un mobile d’ordre politique ou l’intérieur, à l’inspecteur du travail ainsi qu’aux
syndical ou pour blessures ou homicides invo- dirigeants du syndicat.
lontaires, à une peine supérieure à 3 mois
d’emprisonnement ; Au vu du rapport établi par l’inspecteur du travail
• aux individus qui ont été condamnés pour : et dans les quinze jours après la transmission du
- vol, rapport au ministre chargé du travail, celui-ci déli-
- escroquerie, vre ou non le récépissé portant reconnaissance lé-
- abus de confiance, gale du syndicat.
- abus de blanc-seing,
- soustraction ou détournement de deniers Après délivrance, par le ministre chargé du travail,
publics, du récépissé valant reconnaissance de l’existence
• aux individus exerçant des fonctions de direc- du syndicat, le procureur de la république pourra,
tion ou d’administration d’un parti politique. en cas de violation des prescriptions légales de-
mander la dissolution du syndicat au tribunal civil.
Art.215.- L’existence légale des syndicats est su-
bordonnée à des formalités de dépôt et de contrôle Les modifications apportées aux statuts et les chan-
de la légalité du Syndicat. gements survenus dans la composition de la direc-
tion ou de l’administration du syndicats doivent
1) Le Dépôt être portés, dans le délai de trois semaines à comp-
ter de l’événement y donnant lieu et dans les mê-
Les fondateurs de tout syndicat professionnel doi- mes conditions, à la connaissance des mêmes auto-
vent déposer les statuts et la liste des personnes qui, rités et vérifiés dans les mêmes conditions.
à un titre quelconque, sont chargées de son admi-
nistration et de sa direction. Pour chacune de ces Le caractère représentatif des organisations syndi-
personnes, il est indiqué les prénoms, nom, filia- cales est déterminé par les résultats des élections
tion, date et lieu de naissance, domicile et profes- professionnelles.
sion.
Le classement des organisations syndicales issu des
Ce dépôt à lieu en triple exemplaire contre récépis- résultats des élections professionnelles est constaté
sé délivré par l’inspection du travail. par arrêté du Ministre chargé du Travail.

2) Le contrôle Art.216.- Les syndicats ne peuvent faire l’objet de


suspension ou de dissolution administrative.
Dans le délai de trente jours suivant ce dépôt,
l’ampliation des statuts déposés et la liste des En cas de dissolution volontaire, statutaire ou pro-
membres chargés de l’administration et de la direc- noncée par décision judiciaire, les biens du syndicat
tion du syndicat sont adressés, par l’inspecteur du sont dévolus conformément aux statuts ou, à défaut
travail au Ministre Chargé du Travail et au Procu- de dispositions statutaires, suivant les règles déter-
reur de la République. minées par l’assemblée générale.

Un rapport d’enquête de l’inspecteur du travail En cas de carence de celle-ci, la dévolution des


précisant les circonstances et conditions de forma- biens du syndicat est réglée par décision judiciaire.
tion du syndicat et notamment la date et le lieu du
congrès constitutif et les origines professionnelles En aucun cas, ces biens ne peuvent être répartis
des membres, accompagne les documents. entre les membres adhérents.

Le procureur de la république vérifie la régularité


des statuts ainsi que la situation, au regard des Section 2 - De la capacité civile des syndicats
prescriptions des articles 212 et 214 de chacun des
membres chargés de l’administration et de la direc-
tion du syndicat. Art.217.- Les syndicats jouissent de la personnalité
civile. Ils peuvent ester en justice et acquérir et

Code du travail 30/40


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posséder, à titre gratuit ou à titre onéreux, des biens contrôle et de vérification. Il vérifie les livres, la
meubles et immeubles. caisse, les portefeuilles et les valeurs du syndicat.

Les syndicats peuvent, en se conformant aux dispo- Il contrôle la régularité et la sincérité des inventai-
sitions des lois en vigueur, constituer entre leurs res et des bilans ainsi que l’exactitude des informa-
membres des caisses spéciales de secours mutuels. tions données par le trésorier.

Les fonds de ces caisses spéciales sont insaisissa- Art.223.- Le commissaire aux comptes a le droit de
bles dans les limites déterminées par la loi. prendre connaissance des livres et d’examiner les
opérations financières du syndicat. Il établit le rap-
Toute personne qui se retire d’un syndicat conserve port par lequel il rend compte de l’exécution de sa
le droit d’être membre des sociétés de secours mu- mission et doit signaler toutes les irrégularités et
tuels à l’activité desquelles elle a contribué par des inexactitudes qu’il aurait relevées.
cotisations ou versements de fonds.
Il peut toujours, en cas d’urgence, convoquer
Les syndicats peuvent devant toutes les juridic- l’organe du syndicat habilité à prendre des déci-
tions, exercer tous les droits réservés à la partie sions en matière financière.
civile relativement aux faits portant préjudice à
l’intérêt collectif de la profession qu’ils représen- Art.224.- Les infractions, malversations et détour-
tent. nements constatés dans la gestion du trésorier et de
tout autre membre du syndicat sont punis confor-
Art.218.- Ils peuvent passer des contrats ou mément au Code pénal.
conventions avec tous autres syndicats, sociétés,
entreprises ou personnes.
Chapitre 2 - Des délégués du personnel
Les conventions et accords collectifs du travail sont
passés dans les conditions déterminées par le pré-
sent Code. Art.225.- La représentation des salariés dans les
établissements ou entreprises est assurée par des
Art.219.- Les biens meubles et immeubles définiti- délégués du personnel élus par les salariés de ces
vement acquis et qui sont nécessaires aux activités établissements ou entreprises.
des syndicats sont insaisissables.
Les délégués du personnel, titulaires ou suppléants,
Art.220.- Les syndicats peuvent être consultés sur ne peuvent exercer cumulativement une
tous les différends et toutes les questions se ratta- responsabilité dans le directoire d’un parti
chant à leur spécialité. politique.

Les avis dans les affaires contentieuses sont tenus à Section 1 - De la mise en place des délégués du
la disposition des parties qui peuvent en prendre personnel
communication ou copie.

Art.226.- Les délégués du personnel doivent être


Section 3 - Des ressources financières des syndi- mis en place dans les entreprises occupant au moins
cats cinquante salariés ou dans les établissements dis-
tincts sous la même condition d’effectif.

Art.221.- Les ressources financières des organisa- L’effectif à prendre en considération s’entend du
tions syndicales sont constituées par les droit nombre moyen, compte tenu des éventuelles varia-
d’adhésion et les cotisations, les revenus de leurs tions saisonnières, des salariés et apprentis, quels
biens mobiliers et immobiliers, les recettes prove- que soient la nature de leur contrat ou leur mode de
nant de manifestations culturelles et sportives, les rémunération.
dons et legs, emprunts et autres ressources extraor-
dinaires décidées par l’Assemblée générale. L’initiative et l’organisation matérielle des élec-
tions incombent à l’employeur. Dés qu’une entre-
Art.222.- Un commissaire aux comptes désigné par prise emploie l’effectif requis et ne dispose pas de
l’Assemblée générale est investi de la mission de délégués du personnel, l’employeur doit prendre
l’initiative d’organiser des élections.

Code du travail 31/40


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• de 101 à 250 : cinq titulaires et cinq sup-


Art.227.- L’établissement s’entend d’un groupe de pléants,
personnes travaillant en commun de façon habi- • de 251 à 500 : sept titulaires et sept suppléants,
tuelle en un même lieu tel que usine, chantier, lo- • de 501 à 1000 : neuf délégués titulaires et neuf
cal, sous une même autorité directrice. suppléants.

Art.228.- Une entreprise ne peut être divisée en Un délégué titulaire et un suppléant sont élus par
établissements distincts, c’est-à-dire élisant leurs tranche supplémentaire de 500 salariés.
propres délégués du personnel, que si elle comporte
au moins deux établissements employant chacun au Art.231.- Sont électeurs tous les salariés de
moins cinquante salariés. l’entreprise ou de l’établissement ayant au moins
six mois d’ancienneté.
Les établissements qui ne peuvent faire l’objet
d’une représentation autonome, en raison de leur Sont éligibles à l’exception des ascendants, des-
effectif, doivent être regroupés en un ou plusieurs cendants, frères et sœurs ou alliés au même degré
établissements distincts ou attachés à un autre éta- du chef d’entreprise, les électeurs ayant au moins
blissement distinct. un an d’ancienneté.

Lorsque plusieurs découpages ou regroupements Art.232.- Lorsque l’ensemble du corps électoral


peuvent être envisagés, il convient d’adopter la comporte plus de cent électeurs, ceux-ci sont répar-
solution qui assure 1a représentation la plus cohé- tis en deux collèges à condition qu’un de ces collè-
rente possible et le fonctionnement le meilleur pos- ges ne comprenne pas moins de vingt-cinq élec-
sible de la délégation du personnel, compte tenu teurs.
des difficultés de communication d’un établisse-
ment à un autre et de la spécificité qu’ils présentent Le premier collège comprend les employés et
du point de vue des conditions de travail et manœuvres ; le second, les agents de maîtrise, ca-
d’emploi. dres et assimilés.

Art.229.- Le nombre et la composition des établis- Le personnel est réparti entre les collèges par ac-
sements distincts font 1'objet d’un accord entre cord entre employeur et les organisations syndica-
l’employeur et les organisations syndicales repré- les représentatives. Les sièges sont répartis entre les
sentatives des salariés. A défaut, ils sont fixés par collèges de la même façon, chaque collège élisant
l’employeur. au moins un délégué titulaire et un délégué sup-
pléant.
En cas de contestation, le litige est soumis à
l’Inspecteur du Travail qui tente de trouver une A défaut d’accord, le personnel et les sièges sont
solution amiable. A défaut d’une telle solution, le répartis par l’Inspecteur du Travail.
litige est porté devant le tribunal du travail qui sta-
tue d’urgence. Art.233.- Lorsque le nombre de délégués à élire le
permet, un accord entre l’employeur et les organi-
La décision du tribunal du travail est susceptible sations syndicales représentatives peut augmenter
d’appel dans les formes et délais prévus par les lois le nombre des collèges afin de permettre séparé-
et règlements. ment la représentation des employés, des ouvriers
et manœuvres, des agents de maîtrise, des cadres et
Art.230.- Pour chaque entreprise ou établissement assimilés.
distinct, le nombre de délégués à élire varie en
fonction de l’effectif de l’entreprise ou de A défaut d’un tel accord, les dispositions de
l’établissement où ils sont élus. l’article précédent sont applicables.

Ce nombre, sauf convention collective plus favora- Art.234.- Toute organisation syndicale représenta-
ble, est fixé comme suit : tive des salariés peut présenter une liste de candi-
• de 11 à 20 : un délégué titulaire et un sup- dats.
pléant,
• de 21 à 50 : deux délégués titulaires et deux A défaut de toute liste syndicale, les salariés peu-
suppléants, vent eux-mêmes composer des listes de candidats.
• de 51 à 100 : trois délégués et trois suppléants,

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Les listes sont établies séparément pour chaque Lorsque cela est impossible, il est remplacé par
collège et, au sein de chaque collège, pour les délé- celui des délégués suppléants qui a obtenu le plus
gués titulaires et pour les délégués suppléants. Elles de voix.
ne doivent pas comporter un nombre de candidats
supérieur au nombre de sièges à pourvoir. Art.240.- Les contestations relatives à l’électorat, à
l’éligibilité des délégués du personnel ainsi qu’à la
Art.235.- Les listes des candidats sont portées à la régularité des opérations électorales, sont de la
connaissance des électeurs au moins dix jours avant compétence du Président du tribunal du travail qui
le vote, lequel doit être annoncé par l’employeur au statue d’urgence et en dernier ressort.
moins quinze jours à l’avance.
La décision du Président du tribunal du travail peut
Ces informations sont communiquées, dans les être déférée à la cour suprême, le pourvoi est intro-
mêmes délais, à l’Inspecteur du Travail. duit dans les formes et délais prévus par la procé-
dure en vigueur devant la cour suprême.
Art.236.- Le vote a lieu pendant les heures de tra-
vail. Il s’opère à bulletin secret. Il est procédé, au
sein de chaque collège, à des votes pour les délé- Section 2 - Des attributions des délégués du per-
gués titulaires et pour les délégués suppléants. sonnel

L’élection a lieu au scrutin majoritaire à deux tours.


Art.241.- Les délégués du personnel ont pour mis-
Lors du premier tour seul les candidats présentés sions :
par les organisation syndicales peuvent se présen- • a) de présenter à l’employeur toutes les récla-
ter. mations individuelles ou collectives concernant
les conditions de travail, les rémunérations ou
Si la majorité absolue n’est pas atteinte au premier l’emploi ;
tour, un second tour est organisé. • b) de saisir l’Inspecteur du Travail des récla-
mations concernant l’application des prescrip-
Lors de ce second tour, tout salarié de l’entreprise tions légales, réglementaires ou conventionnel-
est éligible. Sont élus les candidats ayant obtenu le les ;
plus de voix. • c) de communiquer à l’employeur toutes sug-
gestions tendant à une meilleure organisation
Art.237.- L’Inspecteur du Travail, informé des sociale ou économique de l’entreprise ;
élections dans les conditions prévues à l’article • d) d’exercer toute autre attribution qui leur est
235, peut, à tout moment, intervenir pour en sur- dévolue par le présent Code ;
veiller les préparatifs et le bon déroulement. • e) de donner leur avis sur les projets de restruc-
turation de l’entreprise. Ils doivent être consul-
Il peut assister à la rédaction du procès-verbal qui tés sur la gestion des oeuvres sociales par
en rapporte les résultats ; il en est attributaire d’une l’employeur.
copie.
La compétence des délégués du personnel en ma-
Art.238.- Les délégués, titulaires et suppléants sont tière de réclamation ou de suggestion n’exclut pas
élus, pour une durée de deux ans ; leur mandat peut la faculté qu’ont les salariés de présenter ou formu-
être prolongé en cas de retard dans l’organisation ler eux-mêmes ces réclamations ou suggestions.
de nouvelles élections. Le mandat des délégués
prend fin par suite de décès, cessation du contrat de Art.242.- Les délégués doivent être reçus collecti-
travail, changement de catégorie professionnelle vement par le chef d’établissement ou son
impliquant un changement de collège électoral, représentant au moins une fois par trimestre.
changement d’établissement distinct.
En cas d’urgence absolue, ils sont également reçus,
Art.239.- Lorsqu’un délégué titulaire cesse provi- à leur demande, individuellement ou collective-
soirement ou définitivement, ses fonctions en cours ment.
de mandat, il est remplacé par un délégué suppléant
élu sur une liste présentée par le même syndicat. Art.243.- Pour l’exercice de ses attributions, cha-
que délégué du personnel titulaire dispose, sauf
circonstances exceptionnelles justifiant le dépasse-
ment ou conventions et accords collectifs prévoyant

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un crédit supérieur, de six heures quarante minutes Dans ce cas, la demande d’autorisation du licen-
par mois prises sur le temps de travail et rémuné- ciement doit être adressée sans délai à l’Inspecteur
rées au taux normal. du Travail et faire état de la mise à pied prononcée.

Pendant les heures de délégation, les délégués du Art.249.- A compter de la réception de la demande
personnel peuvent circuler librement dans l’entre- d’autorisation du licenciement, l’Inspecteur du
prise sous réserve des règles de sécurité ou se dé- Travail dispose d’un délai de vingt et un jours pour,
placer à l’extérieur de l’entreprise dans le cadre de après enquête contradictoire, prendre sa décision.
leur mission.
L’absence de réponse dans ce délai vaut autorisa-
Le temps passé à la réunion trimestrielle, ou à toute tion implicite de licenciement.
autre réunion dont le chef d’établissement ou son
représentant prend ou doit prendre l’initiative, est Art.250.- En cas de refus d’autorisation, l’éven-
payé comme temps de travail mais n’est pas impu- tuelle mise à pied conservatoire est rétroactivement
table sur le crédit d’heures de délégation. annulée, à moins que, tout en refusant le licencie-
ment, 1 'inspecteur n’ait autorisé la transformation
Art.244.- Les délégués du personnel doivent dispo- de cette mise à pied en mise à pied disciplinaire
ser d’un panneau réserve à l’affichage par eux, à pour une durée qui ne peut excéder huit jours.
l’exclusion de tout autre document, des informa-
tions qu’ils ont pour rôle de porter à la connais- Le refus d’autorisation opposé par l’Inspecteur du
sance du personnel soit en leur qualité de délégué, Travail peut faire l’objet des recours ouverts contre
soit en leur qualité de membre d’une organisation les décisions administratives par le droit commun.
syndicale ayant présenté la liste sur laquelle ils ont
été élus. Art.251.- En cas d’autorisation expresse ou impli-
cite de licenciement, l’employeur doit notifier le
Copie du document est adressée au chef licenciement dans les formes prévues à l’article 49
d’entreprise au moins deux jours avant son affi- du présent Code, mention devant être faite de
chage. En cas de contestation, le chef d’entreprise l’autorisation expressément ou implicitement ac-
doit saisir sans délai l’Inspecteur du Travail, qui cordée par l’Inspecteur du Travail.
décide dans le délai de 2 jours.
Le salarié ainsi licencié conserve le droit de contes-
Art.245.- Dans toute la mesure possible, dans les ter son licenciement devant la juridiction compé-
étab1issements ou entreprises employant plus de tente.
cinquante salariés, un local doit être mis à la dispo-
sition des délégués. Art.252.- L’employeur qui licencie un délégué du
personnel sans autorisation de l’Inspecteur du Tra-
Art.246.- Les délégués du personnel sont soumis à vail a le choix soit de réintégrer le salarié licencié,
1'obligation de discrétion en ce qui concerne les soit de lui payer une indemnité forfaitaire égale à
informations dont leur mission les rend destina- 12 mois de salaire, sans préjudice d’une éventuelle
taire. indemnité pour inobservation du préavis, ni d’une
éventuelle indemnité de licenciement prévue par le
contrat, la convention ou accord collectif.
Section 3 - De la protection des délégués du per-
sonnel Art.253.- Le mandat de délégué du personnel ne
fait pas obstacle à l’échéance du terme dans le
contrat à durée déterminée.
Art.247.- Tout licenciement d’un délégué du per-
sonnel, titulaire ou suppléant doit être soumis à Toutefois, si le contrat est renouvelable et si cette
l’autorisation préalable de l’Inspecteur du Travail. possibilité a été prévue dans le contrat initial,
l’employeur qui n’entend pas le renouveler doit
Art.248.- Lorsque le motif du licenciement envisa- procéder comme s’il s’agissait d’un licenciement.
gé par l’employeur consiste en une faute lourde
commise par le salarié et rendant immédiatement Il en est de même de l’employeur qui entend mettre
impossible son maintien dans l’entreprise, l’emplo- fin au contrat avant le terme dans les cas prévus à
yeur peut, sur le champ prononcer une mise à pied l’article 46 du présent Code.
conservatoire.

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Chapitre 3 - Les conventions collectives et signée par les représentants autorisés des parties
et accords d’établissement contractantes. Elle doit être déposée au Ministère
chargé du Travail ou à ses services compétents qui
l’enregistrent et en délivrent récépissé.
Section 1 - Nature et validité de la convention
collective Elle entre en application dès sa signature à moins
que les parties en décident autrement.

Art.254.- La convention collective de travail est un Les modifications apportées à la convention collec-
accord relatif aux conditions de travail conclu par tive initiale doivent être établies, déposées, noti-
une commission paritaire entre, d’une part, les re- fiées et publiées dans les mêmes formes et condi-
présentants d’un ou plusieurs syndicats ou d’une tions que ci-dessus.
union de syndicats de travailleurs et, d’autre part,
une ou plusieurs organisations syndicales Art.257.- Des copies certifiées conformes des
d’employeurs, ou un ou plusieurs employeurs pris conventions ainsi que des modifications, adhésions
individuellement. ou dénonciations sont délivrées par l’Inspecteur du
Travail.
La convention collective peut être conclue dans le
cadre d’un établissement, d’une entreprise, d’une Art.258.- La convention collective peut notamment
branche d’activité. Elle peut également être conclue comprendre les dispositions suivantes :
pour plusieurs branches d’activité. Selon le cas elle • 1° le libre exercice du droit syndical et liberté
sera dénommée convention d’établissement, d’opinion du travailleur ;
convention d’entreprise, convention de branche • 2° les conditions d’accès à chaque catégorie
d’activité ou convention interprofessionnelle. professionnelle ;
• 3° les salaires applicables par catégorie profes-
La convention peut mentionner des dispositions sionnelle ;
plus favorables aux travailleurs que celles des lois • 4° les modalités d’exécution et les taux des
et règlements en vigueur. Elle ne peut déroger aux heures supplémentaires ; effectuées le jour et la
dispositions d’ordre public définies par ces lois et nuit pendant les jours ouvrables, le jour de re-
règlements. pos hebdomadaire et les jours fériés ;
• 5° les délégués du personnel, les délégués syn-
La convention collective détermine son champ dicaux, les membres des comités permanents
d’application. Celui-ci peut être national, régional de concertation économique et sociale, les
ou local. membres des comités de sécurité et de santé au
travail et de toute autre institution venant à être
Art.255.- La convention collective est conclue créée ;
pendant une durée déterminée ou indéterminée. • 6° la procédure de révision, modification et
dénonciation de tout ou partie de la Conven-
Lorsqu’elle est conclue pour une durée déterminée, tion collective ;
celle-ci ne peut être supérieure à cinq ans. • 7° les congés payés ;
• 8° les primes d’ancienneté ;
A défaut de stipulations contraires, la convention • 9° les indemnités de déplacement temporaire ;
Collective à durée déterminée qui arrive à expira- • 10° les indemnité de services rendus ou
tion continue à produire ses effets comme une l’indemnité de licenciement ;
convention à durée indéterminée. • 11° la prime d’assiduité ;
• 12° les indemnités pour frais professionnels et
La convention collective à durée indéterminée peut assimilés ;
cesser par la volonté de l’une des parties. Le cas • 13° l’organisation des cantines dans les entre-
échéant cette convention collective doit prévoir prises, ou à défaut prime de panier ;
dans quelles conditions, dans quelle forme et à
• 14° les majorations pour travaux pénibles,
quelle époque elle pourra être dénoncée, renouvelée
dangereux, insalubres ;
ou révisée. Elle doit notamment prévoir la durée du
• 15° les facilités et les conditions de rémunéra-
préavis qui doit précéder la dénonciation, le renou-
tion accordées aux responsables syndicaux
vellement ou la révision.
concernant les congés pour stages et séminai-
res ;
Art.256.- La convention collective doit être écrite
en langue officielle. Elle est établie sur papier libre

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• 16° la protection du travailleur contre le harcè-


lement sexuel ; Section 2 - Des accords collectifs d’établissement
• 17° les éléments essentiels servant à la déter-
mination des classifications professionnelles et
du niveau de qualification, et notamment les Art.262.- Des accords concernant un ou plusieurs
mentions relatives aux diplômes professionnels établissements déterminés peuvent être conclus
ou à leur équivalence ; entre, d’une part, un employeur ou un groupement
• 18° l’organisation et fonctionnement des d’employeurs et, d’autre part, des représentants des
commissions de reclassement. syndicats les plus représentatifs du personnel de
l’établissement ou des établissements intéressés.
Art.259.- Les conventions collectives ne peuvent
modifier les dispositions du présent Code concer- Art.263.- Les accords d’établissement ont pour
nant les sujets suivants : objet d’adapter aux conditions particulières de
• 1° conditions d’embauche et de licenciement l’établissement ou des établissements considérés
des travailleurs ; les dispositions des conventions collectives natio-
• 2° organisation et fonctionnement de l’appren- nales, et notamment les conditions d’attribution et
tissage, de la formation professionnelle et de la le mode de calcul de la rémunération au rendement,
formation permanente ; des primes à la production individuelle et collective
• 3° conditions particulières du travail des fem- et des primes à la productivité.
mes et des enfants ;
• 4° modalités d’application du principe « à tra- Ils peuvent prévoir des dispositions nouvelles et
des clauses favorables aux travailleurs.
vail égal, salaire égal » quels que soit l’origine,
le sexe et l’âge du travailleur.
Les dispositions des articles 256 et 257 s’appli-
quent aux accords prévus au présent article.
Art.260.- Tout syndicat de travailleurs ou
d’employeurs qui n’est pas partie à la convention
collective peut y adhérer ultérieurement.
Section 3 - Des conventions collectives dans les
A la demande de l’une des organisations syndicales services, entreprises et établissements publics
les plus représentatives ou à l’initiative du Ministre
chargé du Travail, les dispositions des conventions
collectives, répondant aux conditions déterminées Art.264.- Lorsque le personnel des services, entre-
prises et établissements publics n’est pas soumis à
par la présente section, peuvent être rendues obliga-
un statut législatif ou réglementaire particulier, des
toires pour tous les employeurs et travailleurs com-
pris dans le champ professionnel de la convention, conventions collectives peuvent être conclues
conformément aux dispositions du présent chapitre.
par arrêté pris sur proposition du Ministre chargé
du Travail, après avis motivé du Conseil National
du Travail, de l’Emploi et de la Formation Profes- Art.265.- Lorsqu’une convention collective fait
l’objet d’une mesure portant extension prise en
sionnelle
application de l’article ci-dessus, elle est, en
Cette extension des effets et des sanctions de la l’absence de dispositions contraires de l’arrêté
d’extension, applicable aux services, aux entrepri-
convention se fait pour la durée et aux conditions
ses et établissements publics visés par la présente
prévues par ladite convention.
section qui, en raison de leur nature et de leur acti-
vité, se trouvent placés dans son champ
Art.261.- Le Ministre chargé du Travail doit toute-
d’application.
fois exclure de l’extension, après avis motivé du
Conseil National du Travail, de l’Emploi et de la
Formation Professionnelle, les dispositions qui se-
raient en contradiction avec les textes législatifs et Section 4 - De l’exécution des conventions ou des
réglementaires en vigueur. accords collectifs

Il peut en outre, dans les mêmes conditions, ex-


Art.266.- Les groupements de travailleurs ou
traire de la convention, sans en modifier
d’employeurs ou les employeurs liés par une
l’économie, les clauses qui ne répondraient pas à la
situation de la ou des branches d’activités dans le convention ou un accord collectif sont tenus de ne
rien faire qui soit de nature à en compromettre la
champ d’application considéré.
loyale exécution.

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Son contenu est limité exclusivement aux règles


Ils ne sont garants de cette exécution que dans la relatives à l’organisation technique du travail, à la
mesure déterminée par la convention. discipline et aux prescriptions relatives à l’hygiène
et à la sécurité nécessaire à la bonne marche de
Art.267.- Les groupements capables d’ester en l’entreprise ou de l’établissement.
justice, liés par une convention ou un accord
collectif peuvent, en leur nom propre, intenter une Toutes les autres clauses qui viendraient à y figu-
action en dommages et intérêts à tous autres grou- rer, notamment celles relatives à la rémunération,
pements, à leurs propres membres ou à toute per- seraient considérées comme nulle de plein droit.
sonne liée par la convention ou 1 'accord qui viole-
rait les engagements contractés. Art.272.- Le chef d’entreprise doit communiquer le
règlement intérieur aux délégués du personnel.
Art.268.- Les personnes liées par une convention Cette communication est faite soit par lettre re-
ou un accord collectif peuvent exercer toutes les commandée soit par cahier de transmission.
actions qui naissent de cette convention ou de cet
accord en faveur de leurs membres, sans avoir à Dans les trente jours qui suivent la date de commu-
justifier d’un mandat des intéressés pourvu que nication, les délégués du personnel adressent, selon
ceux-ci aient été avertis et n’aient pas déclaré les modes de transmission ci-dessus, leurs observa-
s’opposer aux actions entreprises. tions aux chefs d’entreprise. L’absence de réponse
dans les délais prescrit vaut acquiescement et ac-
Art.269.- Tous les actes établis en exécution de la ceptation.
présente section sont exempts des droits de timbre.
Art.273.- A l’expiration de délai prévu à l’article
précédent, le chef d’entreprise doit adresser à
Section 5 - Des dispositions transitoires l’inspecteur du Travail du ressort, le règlement in-
térieur établi en double exemplaire avec mention de
la communication faite aux délégués du personnel.
Art.270.- Dans le cas où le Conseil National du
Travail, de l’Emploi et de la Formation Profession- Art.274.- Dans le mois qui suit la date de cette
nelle visé à l’article 276 et suivants du titre VIII- communication, l’Inspecteur du Travail requiert le
chapitre I n’est pas parvenue à un accord dans le retrait des clauses ou dispositions contraires à la
délai d’un an à compter de sa première réunion législation et à la réglementation nationale en vi-
sous la présidence du représentant du Ministre gueur.
chargé du Travail, ce dernier peut soumettre un
projet d’arrêté à la commission paritaire pour avis, A l’expiration de la période prévue à l’alinéa ci-
réglementant les conditions de travail pour une dessus et dans un délai de trois semaines, le chef
profession déterminée, en s’inspirant des conven- d’entreprise doit procéder au dépôt du règlement
tions collectives déjà existantes. intérieur en double exemplaires au secrétariat du
Tribunal de Travail et au siège de l’entreprise.
Si le conseil ne parvient pas à un accord sur la
convention collective dans les six mois de la récep- Un exemplaire est adressé sans délai à l’Inspecteur
tion de ce projet, cet arrêté pourra être rendu obli- du Travail par le secrétariat ou greffe du tribunal de
gatoire. travail.

Art.275.- Le règlement intérieur fixe la date à par-


Chapitre 4 - Du règlement intérieur tir de laquelle il entre en vigueur. Cette date doit
être postérieure d’au moins deux mois avant le dé-
pôt au tribunal.
Art.271.- Un règlement intérieur est obligatoire
dans tout établissement public ou privé employant Le règlement intérieur est affiché sur les lieux où le
au moins 20 salariés et dans les entreprises agrico- travail est effectué, à une place aisément accessible.
les au moins cinquante travailleurs. Il doit être tenu constamment en bon état de lisibili-
té.

Code du travail 37/40


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Titre 8 - Des organes consultatifs Chapitre 2 - De la commission nationale


paritaire des conventions collectives et
des salaires
Chapitre 1 - Du conseil national du tra-
vail, de l’emploi et de la formation pro-
fessionnelle Art.280.- Une Commission Nationale paritaire des
Conventions Collectives et des Salaires est instituée
auprès du Ministre chargé du Travail.

Art.276.- Il est institué auprès du Ministre chargé Elle a pour missions :


du Travail un Conseil National du Travail, de • d’émettre toutes suggestions et tous avis en
l’Emploi et de la Formation Professionnelle. matière de conventions collectives de travail en
ce qui concerne notamment leur conclusion,
Il a pour missions : leur extension et leur application ;
• d’étudier les problèmes concernant le travail, • de formuler toutes recommandations à l’usage
l’emploi des travailleurs, l’orientation, la for- des organisations professionnelles de travail-
mation professionnelle, le placement, les mou- leurs et d’employeurs concernant :
vements de main-d’œuvre, les migrations, - a) les dispositions qu’il semble souhaitable
l’amélioration des conditions matérielles et d’introduire dans les conventions collecti-
morales des travailleurs, la protection sociale ; ves ;
• d’émettre des avis et de formuler des proposi- - b) la fixation du niveau général des salai-
tions et résolutions sur la réglementation du res hiérarchisés dans le secteur privé.
travail et d’intervenir en cette matière.
Art.281.- La Commission Nationale Paritaire des
Art.277.- Le Conseil National du Travail, de Conventions Collectives et des Salaires est présidée
l’Emploi et de la Formation Professionnelle est par le Ministre chargé du Travail ou son représen-
présidé par le Ministre chargé du Travail ou son tant.
représentant.
Elle est composée en nombre égal des représentants
Il est composé comme suit : des organisations syndicales nationales de travail-
leurs et d’employeurs les plus représentatives.
• en nombre égal des représentants des organisa-
tions syndicales nationales de travailleurs et
Art.282.- Les conditions d’organisation et de fonc-
d’employeurs les plus représentatives ;
tionnement de la Commission nationale paritaire
• des experts et techniciens désignés par arrêté
des conventions collectives et des salaires sont
pris sur proposition du Ministre chargé du Tra-
fixées par décret.
vail.

Les représentants des travailleurs et des employeurs


sont nommés par arrêté pris sur proposition du Mi- Chapitre 3 - De la commission nationale
nistre chargé du Travail sur proposition des organi- de sécurité et de santé au travail
sations professionnelles les plus représentatives.

Art.278.- La durée du mandat est fixée à trois ans. Art.283.- Une Commission nationale de sécurité et
Il est renouvelable une seule fois. de santé au travail comprenant des représentants
des travailleurs, des employeurs et d’adminis-
En cas de décès, de démission ou de déchéance, il trations est instituée auprès du Ministre chargé du
est pourvu à la vacance dans un délai maximum de Travail.
trois mois.
Elle a pour rôle l’étude des problèmes relatifs à
Art.279.- Les conditions d’organisation et de fonc- l’hygiène et à la sécurité en milieu de travail. A ce
tionnement du Conseil National du Travail, de titre, elle est chargée d’émettre toutes suggestions
l’Emploi et de la Formation Professionnelle sont et tous avis sur la réglementation en matière
fixées par décret. d’hygiène et de sécurité du travail, ainsi que sur
l’orientation et la mise en application de la politi-
que nationale de prévention des risques profession-
nels.

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• e) les personnes qui ont omis de faire la décla-


Art.284.- Les conditions d’organisation et de fonc- ration prévue à l’article 135 en matière
tionnement de cette commission sont fixées par d’accident du travail ou maladie profession-
décret. nelle ;
• f) les infractions aux dispositions de l’article
152 en matière de salaire.
Titre 9 - Des pénalités
Art.289.- Sont punis d’une amende de 500.000 FD
à 1.000.000 FD, et en cas de récidive de quinze
jours d’emprisonnement et d’une amende double,
Chapitre 1 - Des dispositions générales
ou de l’une de ces deux peines seulement :
• a) tout employeur qui a infligé des amendes ;
Art.285.- Les infractions aux dispositions du pré- • b) tout employeur qui ne respecte pas le repos
sent Code sont poursuivies devant le tribunal cor- de la femme enceinte prévu à l’article 113 ainsi
rectionnel conformément aux dispositions du Code que le repos pour allaitement prévu à l’article
de procédure pénale. 116. Il en est de même de celui qui prononce
ou maintient un licenciement au mépris des
Il peut se prononcer sur les réparations civiles aux- dispositions de l’article 114 ;
quelles peuvent donner lieu éventuellement ces • c) les auteurs des infractions aux dispositions
infractions. des articles 87, 94, 96, 125 et 137 ;
• d) toute personne qui a employé un travailleur
Art.286.- Dans le cas où l’amende prévue pour la de nationalité étrangère démunie d’un permis
première infraction est applicable autant de fois de travail.
qu’il y a d’infractions constatées ou de travailleurs
ou apprentis concernés, le montant total des amen- Art.290.- Sont punis d’une amende de
des infligées ne peut excéder cinquante fois le mon- 1.000.000 FD à 2.000.000 FD et d’un mois
tant de l’amende prévue. En cas de récidive, d’emprisonnement et, en cas de récidive, de deux
l’amende est imposée autant de fois qu’il y a de mois d’emprisonnement et d’une amende double,
nouvelles contraventions relevées. ou de l’une de ces deux peines seulement :
• a) les auteurs d’infractions aux dispositions de
Il y a récidive lorsque, dans les douze mois anté- l’article 2 sur l’interdiction du travail forcé ;
rieurs au fait poursuivi, le contrevenant a déjà subi • b) les personnes qui ont volontairement fait
une condamnation pour une infraction identique. une fausse déclaration d’accident de travail ou
de maladie professionnelle ;
Art.287.- Les employeurs sont civilement respon- • c) toute personne qui, par violence, menaces,
sables des condamnations prononcées contre leurs tromperie, vols ou promesse, a contraint ou
directeurs, préposés ou gérants pour fautes commi- tenté de contraindre un travailleur à se faire
ses dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de embaucher contre son gré ou qui, par les mê-
leurs fonctions. mes moyens, a tenté de l’empêcher de se faire
embaucher ou de remplir les obligations impo-
sées par son contrat ;
Chapitre 2 - Des dispositions spéciales • d) toute personne qui, en faisant usage d’un
contrat fictif ou d’un permis de travail inexact,
s’est fait embaucher ou s’est substitué volon-
Art.288.- Sont punis d’une amende de 100.000 FD tairement à un autre travailleur ;
à 200.000 FD et en cas de récidive de 200.000 FD à • e) tout employeur ou préposé qui a volontai-
400.000 FD : rement porté sur le registre d’employeur ou
• a) les auteurs d’infractions aux dispositions des tout autre document, des attestations menson-
articles 68, 69, 79, 109, 126, 129, 146, 147 ; gères relatives à la durée ou aux conditions du
• b) les auteurs d’infractions aux dispositions du travail accompli par le travailleur, ainsi que
décret prévu par l’article 75 ; tout travailleur qui a fait usage de ces attesta-
• c) les auteurs d’infractions aux dispositions des tions ;
articles 112, 121, 122, 123, 132 et 134 ; • f) toute personne qui a exigé ou accepté du
• d) les auteurs d’infractions aux prescriptions travailleur une rémunération quelconque à titre
des arrêtés prévus par les articles 97, 111, 125 ; d’intermédiaire dans le règlement ou le paie-

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ment de salaires, indemnités allocations et frais


de toute nature ; Elles ne peuvent constituer une cause de rupture
• g) toute personne qui fait entrave à la liberté desdits contrats.
syndicale, notamment par violation des articles
3, 4, 210, 211, 212, 213, 214 ; Les employeurs sont tenus, dans un délai de douze
• h) tout employeur qui enfreint les dispositions mois à compter de la publication du présent Code
des articles 188, 189 et 190 ; au journal officiel de la République de Djibouti, de
• i) tout employeur qui entrave la constitution, la procéder à la révision des contrats susvisés en vue
désignation des membres ou le fonctionnement de les adapter aux exigences du présent Code.
des comités d’hygiène et de sécurité ;
• j) tout employeur qui fait obstacle à la mise en En cas de refus de l’une des parties, la juridiction
place ces délégués du personnel et à l’exercice compétente peut ordonner de procéder aux modifi-
de leurs fonctions. cations jugées nécessaires.

Art.291.- Encourt également les mêmes peines Art.295.- Les conventions collectives conclues
citées à l’article 290 ci-dessus, toute personne qui antérieurement au présent Code, restent en vigueur
s’est opposée ou a tenté de s’opposer à l’exécution en celles de leurs dispositions qui ne lui sont pas
des obligations ou à l’exercice des pouvoirs qui contraires, durant une période maximale de trois
incombent aux inspecteurs et contrôleurs du travail. années après la promulgation de celui-ci.

Les dispositions du Code pénal qui prévoient et Art.296.- Les institutions et procédures existantes,
répriment les actes de résistance, les outrages et les en application des règlements antérieurement en
violences contre les officiers de police judiciaire vigueur en matière de travail, demeurent en vigueur
sont en outre applicables à ceux qui se rendent jusqu’à la mise en place des institutions et procédu-
coupables de faits de même nature à l’égard des res prévues par le présent Code.
inspecteurs ou de leurs suppléants.
Art.297.- Les textes réglementaires déterminent, en
Art.292.- Le refus d’exécuter une sentence arbi- temps que de besoin, les modalités d’application du
trale est puni conformément à l’article 238 du Code présent Code.
Pénal, d’un an d’emprisonnement et de 2.000.000
FD d’amende. Les dispositions réglementaires antérieures restent
en vigueur en tant qu’elles ne sont pas contraires au
Art.293.- Est puni des peines prévues à l’article présent Code.
520 du Code Pénal tout employeur qui aura retenu
ou utilisé dans son intérêt personnel les sommes ou Art.298.- Sont abrogées toutes dispositions anté-
titres remis en cautionnement. rieures contraires à celles du présent Code.

Art.299.- Le présent Code Djiboutien du Travail


sera publié au journal officiel comme loi de la Ré-
Titre 10 - Des dispositions publique de Djibouti.
transitoires

Art.294.- Les dispositions du présent Code sont de


plein droit applicables aux contrats individuels de
travail en cours d’exécution.

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