Histoire du
Rwanda
étude et narration du passé du
Rwanda
Cet article présente les faits saillants de l'histoire du Rwanda, pays enclavé d'Afrique
de l'Est.
Position du Rwanda en Afrique de l'Est
Afrique de l'Est
Royaumes régionaux vers 1850
Rwanda contemporain
Époque précoloniale
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pas suffisamment ses sources (mai
2008).
Préhistoire
Les premiers signes de présence humaine au Rwanda datent de -1000 (3000 ans AP).
Des archéologues ont découvert les traces d'une civilisation maîtrisant le fer et la
poterie, à la manière du site d'Urewe (Kenya) : archéologie du Rwanda (en).
Préhistoire de l'Afrique de l'Est (en)
Protohistoire
Les Twa de la région des Grands Lacs sont parmi les plus anciens habitants connus,
chasseurs-cueilleurs semi-nomades.
Au moins à partir du XIe siècle de notre ère, les Twa subissent la domination de
peuples agriculteurs et éleveurs, Hutus, puis Tutsis au XVe.
Population de l'Afrique des Grands
Lacs
Royaume du Rwanda (1300c-
1961)
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En 1091, le Rwanda commence à se transformer en une véritable nation sous
Gihanga, le premier roi du Rwanda. (Banyarwanda)1. [source insuffisante]. Le Rwanda
devient un royaume à la tête duquel 25 rois se succèdent entre 1081 et la
colonisation.
Gouverné par le clan Tutsi Nyiginya, le royaume du Rwanda devient le royaume
dominant à partir du milieu du xviiie siècle. Il s'étend par un processus de conquête et
d'assimilation et atteint son apogée sous le règne du roi Kigeli Rwabugiri (1853–
1895)2. Rwabugiri étend le royaume à l'ouest et au nord, et lance des réformes
administratives qui créent un fossé entre les populations hutu et tutsi. Celles-ci
comprennent uburetwa, un système de travail forcé que les Hutus doivent accomplir
pour retrouver l'accès aux terres qui leur avaient été confisquées, et ubuhake, en vertu
duquel les patrons tutsis cèdent du bétail à des clients hutus ou tutsis en échange de
services économiques et personnels3,4.
Époque coloniale (1885-
1959)
Cette section ne cite [Développer]
pas suffisamment ses
sources (mars 2021).
Lors de la colonisation, les ethnologues européens et les Missionnaires d'Afrique
(Pères blancs) de l'Église catholique contribuent à diffuser une histoire du Rwanda,
fortement discutable. Les premiers habitants auraient été des Pygmées,
certainement des ancêtres des Twa actuels.
Pour les Pères Blancs, le Rwanda était divisé, jusqu'à l'arrivée des premiers colons, en
quatre groupes :
les chefs des milices, des Hutu ;
les chefs de sol, principalement des
Hutu ;
les chefs de pâturages, des Tutsi ;
les chefs des armées, également
des Tutsi.
Cette conception ethniste est aujourd'hui remise en cause au profit de la conception
socio-professionnelle. L'ensemble de la population partage la même langue, la même
religion et la même culture, critères employés habituellement pour définir l'ethnie. Les
catégories hutu (agriculteurs), tutsi (propriétaires de troupeaux), twa (ouvriers et
artisans) n'étaient pas figées et il était fréquent de passer d'une classe à l'autre selon
les mariages ou la richesse. En kinyarwanda, kwihutura signifie à la fois devenir tutsi
et s'enrichir.
Les premiers Européens qui évoquent le Rwanda dans leurs récits indirects sont
Richard Francis Burton (1821-1890) et John Hanning Speke (1827-1864), au milieu du
xixe siècle. Le pays est également évoqué en 1885 lors de la conférence de Berlin par
Henry Morton Stanley (1841-1904) lors du partage de l'Afrique En 1890 le traité
Heligoland-Zanzibar entre le Royaume-Uni et l'empire allemand laisse à ce dernier les
mains libres pour se créer un domaine colonial, l'Afrique orientale allemande,
essentiellement sur le Tanganyika, voisin du Rwanda et du Burundi.
Après la brève incursion de quatre jours en 1892 d'un explorateur autrichien, le comte
allemand Gustav Adolf von Götzen (1866-1910) entre officiellement au Rwanda à la
tête d'une troupe de 620 soldats en 1894. Le Rwanda est ainsi probablement le
dernier pays découvert et colonisé en Afrique par les Européens, sous le règne de
Kigeli IV (1853-1895). En 1896, se déroule le coup d'État de Rucunshu, avec
l'assassinat de Mibambwe IV (1895-1896), puis l'intronisation de Yuhi V (roi de 1896 à
1931).
En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, dans le cadre de la liquidation de
l'Empire colonial allemand, les Belges chassent les Allemands du Rwanda ou Ruanda-
Urundi, et occupent à leur tour le pays. En 1919, le Traité de Versailles attribue le
Rwanda à la Belgique, en 1922 la Belgique instaure un protectorat, qui s'appuie sur la
minorité Tutsi, la classe dominante traditionnelle. En 1924, la Société des Nations
confie à la Belgique un mandat de tutelle. Le gouvernement colonial s'appuie sur les
autorités locales en place, le Mwami Yuhi Musinga et l'aristocratie tutsi.
En 1931, le roi Yuhi Musinga, qui refuse de se faire baptiser, est obligé de partir en exil
au Congo belge (actuelle république démocratique du Congo). La Belgique confie le
pouvoir à son fils le Mwami Mutara Rudahigwa, converti au catholicisme. La carte
d'identité ethnique est instituée.
Les missions catholiques prennent de plus en plus d'importance dans le pays. Elles
se chargent de l'éducation sur tout le territoire.
En 1956, Mutara Rudahigwa commence à revendiquer l'indépendance du pays auprès
de l'ONU.
Dans les années 1950, la société rwandaise a largement assimilé une idéologie
raciale issue de la pensée européenne du xixe siècle (portée notamment par Arthur de
Gobineau, Georges Vacher de Lapouge). L'administration coloniale et les missions
catholiques ont largement contribué à la diffusion de celle-ci, s'appuyant notamment
sur l'hypothèse hamitique, aujourd'hui réfutée. Durant les années qui précèdent
l'indépendance, après avoir longtemps œuvré à mettre en place et justifier la
supériorité des Tutsi, l'Église et les politiques changent de discours et encouragent la
majorité Hutu à se libérer de son « oppression » 5,6,7
Révolution rwandaise et
indépendance (1959-1961)
Révolution rwandaise
Le 25 juillet 1959, Mutara Rudahigwa meurt dans des conditions mystérieuses. Kigeli
V Ndahindurwa (1936-2016) est alors placé au pouvoir par les conseillers de Mutara
Rudahigwa. Avec le soutien de l'Église, les Hutu refusent cette succession. Ils veulent
être intégrés au nouveau gouvernement. Des manifestations dégénèrent en révoltes
après la rumeur de l'assassinat d'un homme politique hutu. Les Tutsis étant
minoritaires, ils sont pourchassés et massacrés, le pays plonge alors en pleine guerre
civile.
En 1960, l'ancien gouvernement de Kigeli Ndahindurwa quitte le pays pour l'Ouganda,
ainsi que plus de 200 000 Tutsi.
En septembre 1961, un référendum est organisé et 80 % des votants se prononcent
pour la mise en place d'une république. Le parti politique hutu Parmehutu, obtient
78 % des sièges à l'Assemblée nationale du Rwanda. Le 26 octobre, Grégoire
Kayibanda devient président de la République du Rwanda.
Le Conseil de tutelle des Nations unies insiste pour que la Belgique accorde
l'indépendance au Rwanda. C'est chose faite le 1er juillet 19628.
Première République
(1963)
Grégoire Kayibanda
1961-1973 : présidences Grégoire
Kayibanda (1924-1976)
En décembre 1963, les Tutsis exilés essaient de revenir sur le territoire rwandais par
la force : ils échouent. Lors des tentatives de retour par la force des Tutsi exilés, des
massacres sont commis contre des Tutsi vivant au Rwanda9,10. Jusqu'en 1967,
environ 20 000 Tutsis sont tués et 300 000 autres prennent le chemin de l'exil11,12.
Fin 1972 et début 1973, le pouvoir de Grégoire Kayibanda est menacé par des
politiciens et des militaires issus du nord du pays qui lui reprochent une faible riposte
envers les Tutsi de l'extérieur. Kayibanda tente en vain de créer une unité nationale
tout en se voulant ouvert au dialogue avec les Tutsi exilés mais son pouvoir semble
fortement affaibli par ses opposants. Les militaires nordistes commencent alors une
campagne de diabolisation à son égard et profitent de la peur provoquée dans la
population rwandaise par les massacres de Hutu qui ont eu lieu au Burundi voisin en
1972. En juillet 1973, à la suite d'une violente campagne anti-tutsi orchestrée par l'état
major de l'armée rwandaise dans les institutions scolaires, une nouvelle vague de
Tutsi prend le chemin de l'exil. Le 5 juillet, un coup d'État dirigé par le général major
Juvénal Habyarimana, également ministre de la Défense, renverse le président
Grégoire Kayibanda qui mourra en détention.
Seconde République
(1973)
Juvénal Habyarimana
1973-1994 : présidences Juvénal
Habyarimana (1937-1994)
Les années de séduction
Après son coup d'État, le nouveau président et chef de l'armée Juvénal Habyarimana
pratique une politique de discrimination ethnique en mettant en place un système de
quotas. Seulement 10 % des places dans les écoles, les universités et les emplois
sont accordés aux Tutsis ,et presque aucun n'accède à un poste de maire ou de
préfet. Si quelques-uns réussissent à s'enrichir, comme Valens Kajeguhakwa (1942-)
(ami du Général Bizimungu (1952-) qui va devenir membre de l'Akazu), d'autres payent
leur succès en subissant emprisonnements arbitraires et confiscation de leurs
biens [réf. nécessaire]. Valens Kajeguhakwa finit par subir le même sort avant de s'enfuir
rejoindre le FPR avec Pasteur Bizimungu en 1990.
En 1975, Juvénal Habyarimana fonde son parti, le Mouvement révolutionnaire
national pour le développement (MRND). En 1978, il change la Constitution et fait
adopter un régime à parti unique.
Malgré sa dictature13, Juvénal Habyarimana séduit les démocraties occidentales et
fait passer son pays pour la « Suisse de l'Afrique ». L'aide internationale au
développement arrive. Même les journalistes qui l'avaient critiqué le plus violemment,
lui deviennent plutôt favorables dans les années 1980. En 1998, Faustin
Twagiramungu, opposant au président Habyarimana, Premier ministre de 1994 à
1995
« a rappelé que, si l’opposition avait dénoncé les crimes du
Président Habyarimana, en particulier l’assassinat
mystérieux de son prédécesseur et de certains de ses
ministres, si elle l’avait mis en cause pour sa façon
contestable de gouverner et notamment pour le népotisme
qui prévalait dans son entourage, si elle avait dénoncé la
constitution d’une armée régionale en lieu et place d’une
armée nationale, le manque d’un projet de société
répondant aux aspirations des citoyens à vivre ensemble et
l’avait régulièrement traité de dictateur, et même de
dictateur fatigué, jamais le Président Habyarimana n’avait
été accusé d’être l’ennemi des Tutsis. On disait même au
contraire que le coup d’État qu’il avait fait les avait
favorisés, et qu’en tout état de cause, il leur avait ouvert le
secteur privé où ils étaient devenus prospères14. »
Les travaux collectifs « umuganda », service civique imposé le samedi, sont utilisés
pour stimuler des actions de développement. De nombreux projets de
développement, facilités par des jumelages avec des collectivités locales
européennes (Belgique, France, Allemagne, Suisse, etc.) soulignent ces bonnes
relations entre l'Europe et le Rwanda.
Les Églises sont très actives aussi dans ces projets. Le pape se rend au Rwanda très
catholique en septembre 1990.
Cependant la question des réfugiés Tutsi à l'étranger persiste. Environ 600 000
Rwandais (Tutsis ou opposants Hutus) vivent en exil à la fin des années 198015. Des
milliers de réfugiés avaient été refoulés d'Ouganda au Rwanda en 1982, puis à
nouveau expulsés du Rwanda peu après. En 1986, le gouvernement rwandais
annonce que le pays est trop peuplé pour pouvoir accueillir les réfugiés. Ceux-ci
revendiquent leur retour, au besoin par la force, et fondent en 1987 le Front patriotique
rwandais.
Subissant une pression aussi bien intérieure de la part d'hommes politiques,
d'intellectuels ou de journalistes, qu'extérieure de la part de pays bailleurs de fonds
exigeant des réformes16, Juvénal Habyarimana abandonne le 5 juillet 1990 la
présidence de son parti unique et annonce un prochain changement de la
Constitution pour donner naissance à une démocratie en autorisant la création de
partis politiques. En septembre 1990, quatre journalistes sont jugés pour avoir publié
des articles sur la corruption du gouvernement, mais sont acquittés. Une semaine
plus tard, Habyarimana nomme les membres de la commission chargée d'étudier la
réforme politique17. C'est à ce moment que le Front patriotique rwandais décide de
lancer une attaque contre le Rwanda depuis l'Ouganda.
Début de la guerre civile
rwandaise (1er octobre 1990)
L'Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR, lance une attaque depuis
l'Ouganda sur le nord du Rwanda le 1er octobre 1990, bénéficiant d'un large appui de
l'armée ougandaise – le chef de l'APR, Fred Rwigema est alors le numéro deux de
l'armée ougandaise. Cette attaque marque ainsi le début de la guerre civile
rwandaise. Le président Habyarimana appelle ses alliés à le soutenir. La France
envoie des troupes le 4 octobre 1990 dans le cadre de l'opération Noroît. 500 paras
belges opération "Green Beam" arrivent le lendemain ainsi que des troupes zaïroises.
Ces dernières ainsi qu'une partie des troupes francaises sont les seules à être
engagées au combat tandis que troupes belges et le restant des troupes françaises
sécurisent la capitale où se trouvent la grande majorité des expatriés. Le Président
Habyarimana demande lui-même le retrait des militaires d'élites de la Division
Spéciale Présidentielles zaïroises, une semaine après leur engagement, car à défaut
de s'impliquer dans les combats contre le FPR ils se comportent plutôt en
pillards [réf. nécessaire]. Les Belges quittent le Rwanda le 2 novembre 1990 après le
rapatriement de leurs ressortissants. Par la suite, l’intervention des troupes
françaises dans le cadre de l’opération Noroît a été jugée « à la limite de l’engagement
direct » par la Mission parlementaire d’information sur le Rwanda18.
La tentative d'invasion du FPR échoue, les Forces armées rwandaises réussissant à
contenir l'offensive avec l'appui des forces françaises et zaïroises, et une répression
massive fait suite à son attaque. Environ 10 000 personnes sont arrêtées, Tutsis ou
opposants au régime, voire commerçants ougandais ou zaïrois. Des massacres de
Tutsis sont organisés par les autorités locales dans le nord-ouest du Rwanda selon
les règles de la corvée collective, et apparaissent comme un système d’intimidation
et de vengeance en réponse à l'attaque du FPR19. Mais loin d'unifier la population
Hutu autour du régime, la répression conduit l'opposition à se renforcer, des
organismes de défense des droits de l'homme se créent. Le 1er novembre 1990, les
troupes belges se retirent. Le 9 novembre, est créé à Bruxelles un parti politique en
exil, l'Union du peuple rwandais, qui dénonce les assassinats au Rwanda et la
corruption du gouvernement. Le 11 novembre 1990, le Président Habyarimana
annonce dans un discours à la radio l’instauration du pluripartisme et la tenue d’un
référendum constitutionnel pour juin 1991, et annonce la suppression des mentions
ethniques sur les cartes d’identité et les documents officiels20.
En janvier 1991, le FPR effectue un raid sur Ruhengeri, s'empare de matériel militaire
et libère de nombreux prisonniers politiques. En représailles, des massacres
organisés par les bourgmestres eurent lieu jusqu'en juin, occasionnant entre 300 et
1 000 morts.
En février 1991, à l'instigation du HCR et de l'OUA, une conférence à Dar es Salam
entre le Rwanda et l'Ouganda débouche sur une déclaration commune au terme de
laquelle le Gouvernement rwandais s’engage à offrir à chaque réfugié le choix entre
une des trois solutions suivantes : le retour au Rwanda l’intégration par naturalisation
dans le pays d’accueil, l’établissement dans le pays d’accueil avec maintien de la
nationalité rwandaise. Cependant, pour le gouvernement rwandais, le retour des
réfugiés est conditionnée à une aide financière extérieure, or la communauté
internationale, davantage préoccupée par les événements de Yougoslavie et la chute
de l'Union Soviétique, se désintéresse du Rwanda21.
Démocratisation (1991-1993)
La France conditionne la poursuite de son appui militaire à la démocratisation du
pays22,23. Conjugué à l'affaiblissement du parti présidentiel et à l'opposition
croissante, cela accélère le processus de réforme entamé en juillet 1990. Le
10 juin 1991, un amendement constitutionnel légalisant le multipartisme entre en
vigueur. Le Mouvement démocratique républicain, principal parti d'opposition, est
légitimé et une quinzaine24 d'autres partis sont fondés dans les mois qui suivent, les
plus importants étant le Parti Social-démocrate, le Parti libéral et le Parti démocrate
chrétien25. Les principaux partis rejettent toute idéologie prêchant l’ethnisme, ou
favorisant une région au détriment d'une autre. Ils souhaitent une négociation avec le
FPR.
Des manifestations publiques sont menées par les nouveaux partis de l'opposition.
Cinquante mille personnes manifestent dans les rues de Kigali en janvier 1992 pour
protester contre la formation du nouveau gouvernement, dont les membres sont
quasiment tous issus du parti présidentiel. Des manifestations ont aussi lieu dans
d'autres villes et dans le sud du pays. Elles demandent un gouvernement de transition
pour redistribuer le pouvoir dans le pays. Les fonctions de chef de l'État et de chef de
gouvernement sont séparées, un poste de Premier ministre est créé, attribué à un
membre du MDR, des opposants sont libérés de prison, les fonctionnaires reçoivent
le droit de grève, la séparation entre le MRND, parti présidentiel, et l'État s'étend petit à
petit. Le gouvernement de transition sera mis en place le 16 avril 199226.
Les durs du régime créent en mars 1992 la Coalition pour la défense de la République
(CDR), hostile aux Tutsis et à toute négociation avec le FPR et en même temps une
milice nommée « Impuzamugambi » (ceux qui poursuivent le même but). Les milices
27
I t h t i éé d t tt éi d l MRND l ti d
président, ainsi que les milices Inkuba pour le MDR, et Abakombozi pour le PSD. Ces
milices sont initialement des mouvements de jeunesse animant les meetings
politiques, mais elles sont utilisées également pour troubler les meetings des partis
adversaires, et la violence prend de l'ampleur. Les attentats se multiplient, sans que
leurs auteurs véritables soient vraiment poursuivis, le pouvoir se bornant d'accuser
des infiltrés du FPR. En 1992 et 1993, environ 200 personnes trouvent la mort dans
les attaques menées par les Interahamwe et d'autres groupements. Les armes se
répandent dans la population28.
En mars 1992, à la suite de fausses informations diffusées par la seule radio
nationale, Radio Rwanda, des massacres de Tutsis sont commis dans le Bugesera au
sud-est du Rwanda. Ceux-ci sont organisés par les bourgmestres dans le cadre de
l'umuganda (travail traditionnel collectif), avec l'appui des Forces armées rwandaises
et des milices Interahamwe, et occasionnent 300 morts. Une résidente italienne,
Antonia Locatelli, qui dénonce l'organisation des massacres à Radio France
internationale est également assassinée29.
Le gouvernement de transition se met en place en avril 1992. Un changement
d'orientation de Radio Rwanda est alors mis en œuvre30. Le titre de Chef d’état-major
de l’armée est rendu incompatible avec les fonctions présidentielles. La ministre de
l'Éducation nationale, Agathe Uwilingiyimana, une enseignante du sud du Rwanda et
membre du MDR, supprime les quotas qui réservait l'accès de l'enseignement
secondaire aux Hutus, essentiellement ici de la région d'origine du Président, le
remplace par un système au mérite et impose un contrôle policier de la bonne tenue
des examens. Peu après, elle est agressée à son domicile par des hommes armés.
Des milliers d'étudiants et de Rwandaises bravent les menaces armées des
Interahamwe dans la rue, se regroupant dans une manifestation par solidarité avec
Agathe Uwilingiyimana à la fin de l'été 199231,32.
Les partis d'opposition remportent les élections. Le président Habyarimana perd
progressivement une grande partie de ses pouvoirs (dans une situation assez
comparable avec celle de la cohabitation en France), en même temps qu'il doit faire
face au durcissement de ses partisans les plus extrémistes.
En avril 1992, le MDR, le PL et le PSD contraignent le Président Habyarimana à
négocier avec le FPR, mais Habyarimana lance une offensive pour être en position de
force. Cette offensive est un échec et les Forces armées rwandaises doivent se
replier, entraînant avec elles 350 000 civils. En juillet et août 1992, un accord de
cessez-le-feu est signé à Arusha. C'est le premier pas vers les futurs Accords
d'Arusha33. Un premier protocole est signé le 18 août stipulant que les deux parties
acceptent les principes fondamentaux de la démocratie, dont l’égalité devant la loi, le
multipartisme, le Gouvernement électif, la garantie des droits fondamentaux de la
personne, la fin de l’ethnisme. Le droit au retour des réfugiés est reconnu. En octobre
1992 est signé un deuxième accord prévoyant la constitution d'un gouvernement à
base élargie, la répartition des portefeuilles ministériels étant définies par l'accord du
9 janvier 1993. Cependant une opposition à ces accords, de plus en plus violente et
organisée se manifeste parmi les idéologues hutus, les fonctionnaires et les militaires
au service du régime et les dignitaires de celui-ci34.
Accords d'Arusha, et nouvelle
offensive du FPR (1993)
La signature en janvier 1993 d'un protocole dans le cadre des accords d'Arusha
prévoit la formation d'un gouvernement à base élargie, mais la répartition des
portefeuilles est définie a priori et non à partir d'élections. Le FPR se voit accorder
cinq postes ministériels, tous pris sur le quota du MRND, le parti présidentiel. Cette
disposition suscite la colère des partisans du MRND qui manifestent violemment
pendant tout le mois de janvier 1993. Selon le premier ministre, Dismas
Nsengiyaremye, « avec la caution des autorités locales, le MRND organisa des
manifestations violentes à travers tout le pays du 20 au 22 janvier 1993 et proclama
son intention de paralyser toutes les activités. Les partis d’opposition ne se laissèrent
pas intimider et organisèrent des contre-manifestations qui neutralisèrent les
activistes du MRND et de ses satellites, dans les préfectures de Byumba, Kibungo,
Kigali-ville, Kigali rural, Gitarama, Butare, Gikongoro, Cyangugu et Kibuye (sauf
commune Rutsiro). Dans les préfectures de Gisenyi, Ruhengeri, Kigali rural (zones de
Bumbogo et de Buliza), Byumba (commune Tumba) et Kibuye (commune Rutsiro),
ces manifestations se transformèrent rapidement en émeutes et les prétendants
manifestants se mirent à tuer les Tutsis et des membres des partis d’opposition. Il y
eut environ 400 morts et 20 000 personnes déplacées »35.
À la suite de ces massacres, le FPR suspend les négociations. Il rompt le cessez-le-
feu le 8 février 1993 et lance une offensive et provoque le déplacement de personnes,
fuyant les tueries36,37. La France annonce un renforcement de l'opération Noroît. Le
20 février 1993, le FPR proclame un cessez-le-feu unilatéral. À la suite de nouvelles
négociations, le FPR accepte de reculer sur les positions qu'il occupait avant le 8
février, laissant une zone démilitarisée, à condition que la France se retire du Rwanda.
Les partis gouvernementaux hors MRND acceptent mais cette concession est vue
comme une trahison à la fois par le MRND mais aussi par certains représentants des
autres partis. La sphère politique rwandaise se divise et ces clivages se retrouvent
même au sein des partis. Ainsi, le MDR se divise profondément en plusieurs camps:
un premier groupe reprenant les partisans d'une coalition avec le FPR contre le parti
présidentiel (ligne défendue par Faustin Twagiramungu), un second groupe composé
de ceux qui s'opposent à la fois au pouvoir en place et à l'arrivée du FPR par la force
(voie proposée par Emmanuel Gapyisi) et un troisième groupe minoritaire de
membres qui veulent en temps de guerre s'allier au MRND pour faire face aux
attaques du FPR (ligne dite du Hutu Power). Le premier ministre Dismas
Nsengiyaremye tombe le 16 juin. Sur proposition de Faustin Twagiramungu, il est
remplacé le 17 juillet par Agathe Uwilingiyimana38,39.
Les accords d'Arusha sont signés en août 1993, mais les deux forces principales sont
le FPR et le front du refus conduit par le MRND. Les autres partis sont affaiblis par
leur division.
L'armée française se retire fin 1993, conformément aux négociations d'Arusha, pour
laisser l'ONU déployer au Rwanda une mission de paix, la MINUAR. Selon le lieutenant
Ruzibiza, l'unité Charlie Mobile de la branche armée du FPR se livre à un massacre
dans la nuit du 29 au 30 novembre 1993, dans la commune de Mutura. Pour faire
croire à un massacre d'extrémistes hutus, une partie des victimes sont des
tutsis [réf. nécessaire].
Un détachement de six cents soldats du FPR est autorisé par les accords d'Arusha à
s'installer au CND (parlement rwandais). À la stupeur de la MINUAR qui craignait le
pire lors de ce transfert, ce détachement est applaudi par la foule à son arrivée à
Kigali le 28 décembre 199340. Cet accueil chaleureux est sans doute un écho des
manifestations de 1992 dans les rues de Kigali.
La mise en œuvre de ces accords est retardée par le président Habyarimana, dont les
alliés extrémistes de la CDR n'acceptent pas les termes. La mise en place du
gouvernement à base élargie, dont Faustin Twagiramungu est le premier ministre
désigné, est repoussé de mois en mois.
Génocide (1994)
Article détaillé : Génocide des Tutsis
au Rwanda.
Le 6 avril 1994, l'avion du président Habyarimana est abattu alors qu'il s'apprêtait à
atterrir à Kigali. Les membres modérés du gouvernement, dont la première ministre
Agathe Uwilingiyimana, ainsi que des opposants, sont assassinés par la garde
présidentielle dès le lendemain et un contingent de 10 paras belges de la Minuar sont
désarmés par les forces armées rwandaises (FAR) et massacrés dans l'heure qui suit;
un gouvernement intérimaire (composé uniquement des ultras pro-génocide des
Tutsis) est mis en place dans l'enceinte même de l'Ambassade de France à Kigali,
avec Jean Kambanda pour premier ministre. Le génocide, dirigé par ce
gouvernement, dure jusqu'au 4 juillet 1994. Il fait 800 000 morts selon l'ONU et plus
d'un million selon les autorités rwandaises.
Après le génocide
Paul Kagame
1994-2000 : présidence (par
intérim) Pasteur Bizimungu (1950-)
2000- : présidences Paul Kagame
(1957-)
Période de transition politique
(1994-2003)
Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali, et constitue le 19 juillet un
gouvernement sur la base des accords d'Arusha, première étape de la reconstruction
de l'État rwandais. Une période de transition politique est décrétée.
Le président de la République est un Hutu ayant rejoint le FPR, Pasteur Bizimungu.
Homme d'affaires, administrateur de banque, il a occupé le poste de président
directeur général de l'entreprise publique « Électro-Gaz » jusqu'au moment de sa fuite
du Rwanda en 1990. Le Premier ministre est également d'origine Hutu, ainsi que
plusieurs autres ministres, dont celui de la justice. Mais « l'homme fort » du Rwanda
est le général major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense,
cofondateur du FPR, ancien exilé Tutsi en Ouganda.
En 1995, le Premier ministre Faustin Twagiramungu démissionne. En 1998 il accuse
le FPR d'avoir massacré 250 000 personnes41.
L'un des problèmes les plus aigus après le génocide est de rendre la justice. Très vite
ce sont 130 000 présumés génocidaires qui sont emprisonnés. Selon des
associations humanitaires comme Amnesty International, les charges qui pèsent sur
la majorité de ces détenus n'ont pas pu être vérifiées, les tribunaux étant débordés, et
les droits de la défense ne peuvent être respectés dans ce contexte. Dans certains
cas des avocats eux-mêmes génocidaires ont été inculpés42. À la fin du génocide il
ne restait qu'une petite dizaine de juges et l'administration judiciaire était
complètement détruite. Beaucoup de rescapés vivent dans le voisinage des tueurs de
leur famille43. La question de la réconciliation est souvent mise en avant comme
solution politique, très mal acceptée par les rescapés.
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda est constitué par l'ONU fin 1994 par la
résolution 955 du Conseil de sécurité44.
Les forces génocidaires qui se sont repliées au Zaïre, anciennes FAR et milices
interahamwe, se livrent à des infiltrations violentes dans le nord-ouest du Rwanda. En
1996, le Rwanda s'allie avec l'Ouganda et les rebelles de l'Est du Zaïre. Selon les
opposants, le groupe d'expert de l'ONU chargé d'étudier cette question45, des
universitaires46, l'ancien ministre congolais Honoré Ngbada Nzambo47, Pierre Péan48
et Stephen Smith49, l'argument sécuritaire n'est qu'un prétexte pour contrôler l'Est du
Congo, où vivent les banyamulenge, congolais rwandophones, et dont une partie a été
une province rwandaise avant la fixation des frontières, en 1896.
La coalition militaire conquiert le Zaïre, quatre-vingt-dix fois plus grand que le
Rwanda, et renverse en 1997 son président, Mobutu Sese Seko (voir les articles
Première guerre du Congo puis Deuxième guerre du Congo).
Après la prolongation de la période de transition, plusieurs changements de premiers
ministres, la démission du président de l'assemblée nationale, Pasteur Bizimungu
démissionne en 2000. Paul Kagame est élu président de la République par
l'assemblée nationale de transition
En 2002, l'armée rwandaise quitte officiellement la République démocratique du
Congo (Zaïre de 1971 à 1997). Toutefois, dès le début de 2003, le troupes rwandaises
envahissent de nouveau l'est de la RDC50, et ne commencent à être évacuées que six
mois plus tard, après l'envoi de casques bleus. Le 1er juin 2004, les troupes
rwandaises et leurs alliés rwandophones occupent la ville de Bukavu, dans le sud du
Kivu, mais, dès le 8 juin, les pressions de l'ONU contraignent les troupes à se retirer51.
Le mouvement RDC-Goma reste armé et soutenu par Kigali.
Malgré les immenses difficultés pour reconstruire le pays qui ont marqué la période
de transition, la pression de la communauté internationale aidant, le pouvoir rwandais
prépare une constitution et des élections au suffrage universel pour 2003. À tort ou à
raison, la crainte manifestée par certains rescapés tutsi de voir le pouvoir à nouveau
entre les mains de supposés proches des génocidaires est réveillée. Des
intimidations de candidats et d'électeurs, afin qu'ils votent pour le pouvoir en place,
sont remarquées52.
En 2002, accusé de corruption, l'ancien président de la république, Pasteur Bizimungu,
est arrêté et mis en prison. Il est accusé d'avoir constitué un parti politique
d'opposition non autorisé par les accords d'Arusha (qui limitaient les partis à ceux qui
les avaient signés), de malversations financières et d'avoir publié un article où il
manipule les concepts « hutu/tutsi ». Il est condamné à quinze ans de prison. Des
associations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International, voient
en M. Bizimungu un « prisonnier d'opinion », incarcéré pour son opposition au
président Kagame plutôt que pour les motifs officiellement invoqués53. Le MDR,
signataire des accords d'Arusha, accusé d'abriter en son sein un courant idéologique
génocidaire, est dissous par les députés. Une association des droits de l'homme est
aussi menacée pour les mêmes raisons. La rigueur qui paraissait excessive chez Paul
Kagame est guidée par le fait que la paix intérieure du Rwanda demeurait très fragile
à l'époque.
C'est dans ce climat de suspicion de « division » que se déroulent les élections en
2003.
Consultations électorales (2003)
Constitution adoptée par référendum
– 26 mai 2003
Inspirée des principales constitutions occidentales, la constitution rwandaise laisse
néanmoins une large place aux problèmes spécifiques du Rwanda post-génocide,
inscrivant notamment dans la constitution le refus de l'ethnisme hérité du
colonialisme et ayant conduit au génocide. Des opposants au FPR, des courants liés
à l'ancien régime génocidaire, et des observateurs occidentaux y voient une
hypocrisie visant à renforcer un pouvoir politique disposant d'une faible base
ethnique et voulant de ce fait forcer la marche vers l'apparence d'une nation
composée de citoyens débarrassés du concept ethnique54. Elle crée aussi des outils
juridiques pour favoriser la place des femmes dans la vie politique (art. 185 et 187).
Selon Human Rights Watch, certaines dispositions de la Constitution de 2003 violent
« le droit d'association, de libre expression et de représentation politique assurée par
des élections libres55 ».
Élection présidentielle au suffrage
universel – 25 août 2003
Paul Kagame est élu président de la République avec 95 % des voix contre son
principal opposant, Faustin Twagiramungu, du MDR dissous. Des membres du comité
de soutien à Faustin Twagiramungu ont été arrêtés la veille du scrutin. Certains ont
subi des violences avant d'être relâchés. Les observateurs de la communauté
européenne ont émis des critiques, regrettant des pressions exercées sur le corps
électoral, et ont constaté des fraudes, mais estiment qu'un pas important vers la
démocratie a été franchi. Amnesty International56 et Human Rights Watch ont en
revanche manifesté un grand scepticisme sur la démocratisation du Rwanda.
Élections législatives au suffrage
universel – 2 octobre 2003
Les députés favorables à Paul Kagame obtiennent la majorité des sièges.
Quarante-neuf pour cent des députés sont des femmes, ainsi qu'une très forte
proportion de sénateurs et de ministres.
Période post-électorale (2003-)
Mise en place des gacaca
Pour résoudre la difficulté de juger les nombreux prisonniers, qui attendent dans les
prisons rwandaises l'idée germe d'adapter les gacaca, structures de justice
traditionnelle (de agacaca, « petite herbe » ou « gazon » en kinyarwanda57). On forme
rapidement des personnes intègres pour présider ces tribunaux populaires. Pour
désengorger les prisons, des prisonniers de certaines catégories sont relâchés, sans
être amnistiés, avant de passer devant les gacaca. Ces décisions ravivent, dans la
société rwandaise et la diaspora, les inquiétudes des rescapés qui craignent pour leur
vie et le débat controversé sur la réconciliation, politiquement souhaitée, entre tueurs
et rescapés.
Après plusieurs années de réflexions et de mises au point, le 15 janvier 2005, huit
mille nouvelles juridictions « gacaca », (tribunaux populaires chargés de juger les
auteurs présumés du génocide de 1994), entament la phase administrative de leur
travail. Elles se rajoutent aux 750 « gacaca » pilotes mises en place depuis 2001.
L'expérience des « gacaca » pilotes laisse penser qu'il y aurait au moins sept cent
cinquante mille personnes, soit un quart de la population adulte, dénoncées et jugées
par ces assemblées populaires.
Amnesty International estime que « cette volonté de traiter les affaires aussi
rapidement que possible a accru la suspicion régnant sur l’équité du système.
Certaines décisions rendues par les tribunaux gacaca faisaient douter de leur
impartialité58. » L'association souligne également que « Le 7 septembre 2005, Jean
Léonard Ruganbage, du journal indépendant Umuco, a été arrêté à la suite de
l’enquête qu’il avait menée sur l’appareil judiciaire et le gacaca ». Les autorités
rwandaises estiment que ces critiques sont déplacées en rappelant que l'aide qu'elles
avaient demandée à la communauté internationale pour juger les génocidaires a été
gaspillée dans la mise en place d'un Tribunal pénal international, qui fut sa réponse à
la demande rwandaise et qui n'a achevé en 2007 qu'une trentaine de jugements59,60.
Participation du Rwanda à la vie
internationale
Plusieurs éléments montrent que le Rwanda a retrouvé après le génocide une
ouverture sur la vie internationale. Le Rwanda est partie prenante des forces de
l'Union africaine qui interviennent au Darfour. Donald Kaberuka, ancien ministre des
finances rwandais, est élu Président de la Banque africaine de développement. Le
Rwanda se porte candidat à l'adhésion au Commonwealth en 2007 et 2009, et
remplace le français par l’anglais comme langue obligatoire à l’école, montrant ainsi
qu'il souhaite se démarquer de l'influence française. Le dialogue avec les
gouvernements français successifs est difficile. En 2009, le Rwanda est accepté
comme membre, à la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth à Port-
d'Espagne, à Trinité-et-Tobago. Par contre, en 2018, le dialogue avec la France
reprend, et c'est une Rwandaise, Louise Mushikiwabo, qui est choisie comme
présidente de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), en octobre 2018,
lors du sommet de cette organisation à Erevan. Cette candidature est soutenue par la
France61. Les relations avec les pays voisins se pacifient. Ainsi en 2019, un accord
est signé avec l'Ouganda après des mois de tensions62, mais l'amélioration des
relations est lente. Le Rwanda se rappoche également de la République démocratique
du Congo, dont les forces militaires ont tué, en 2019, Sylvestre Mudacumura, chef du
Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR)63.
Politique intérieure
La veille de la commémoration du 7 avril 2007, l'ancien Président de la République,
Pasteur Bizimungu, est gracié par le Président Paul Kagame. Cette incarcération était
vivement contestée par des ONG qui y voyaient un prétexte pour écarter un éventuel
rival politique. Pasteur Bizimungu avait en effet symbolisé une réconciliation possible
entre Tutsi et Hutu après le génocide64.
La peine de mort est abolie au Rwanda le 25 juillet 200765. Cette abolition était
demandée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda afin que, dans le cadre
de la cessation de ses activités, prévue dans ses statuts en 2008 et 2010 pour la cour
d'appel, il puisse transférer des détenus et des dossiers de présumés génocidaires au
Rwanda66,67.
Par contre, en 2010, les opposants ont une marge de manœuvre très réduite. Ainsi,
par exemple, l'opposante Victoire Ingabire, présidente des FDU-Inkingi (Forces
démocratiques unies) est arrêtée pour négation du génocide, lorsqu'elle exprime la
nécessité de réconciliation. Une loi de 2008 punit de dix à vingt-cinq ans de prison
« l'idéologie du génocide », avec une formulation « rédigée en termes vagues et
ambigus », selon Amnesty International, qui y voit un moyen de « museler de manière
abusive la liberté d'expression »68.
Le président du Parti Vert rwandais, Frank Habineza, fait également état de menaces.
En octobre 2009, une réunion du Parti des Verts rwandais est violemment
interrompue par la police69 Quelques semaines seulement avant les élections, le 14
juillet 2009, André Kagwa Rwisereka, le vice-président du Parti vert démocratique, est
retrouvé mort, à Butare, au sud du Rwanda70. Le climat interne est marqué par des
meurtres ou des arrestations de journalistes toujours selon Amnesty International70.
L'analyse publique des politiques et pratiques du gouvernement est limitée au sein du
pays par les limites de la liberté de la presse. En juin 2009, le journaliste du journal
Umuvugizi Jean-Leonard Rugambage est abattu devant son domicile à Kigali. En
juillet 2009, Agnes Nkusi Uwimana, rédactrice en chef du journal Umurabyo, est
accusée d'« idéologie du génocide" ». À l'approche de l'élection présidentielle
rwandaise de 2010, deux autres rédacteurs en chef de journaux sont contraints de
quitter le Rwanda. Les Nations unies, l'Union européenne, les États-Unis, la France et
l'Espagne expriment publiquement leurs préoccupations. Paul Kagame est réélu à
cette élection présidentielle, avec plus de 93 % des suffrages exprimés71.
En 2015, une révision de la Constitution, massivement approuvée par la population,
permet potentiellement à Paul Kagame de diriger le pays jusqu'en 203465.
Une autre opposante, Diane Rwigara annonce son intention de se présenter à
l'Élection présidentielle rwandaise de 2017 72 heures plus tard des photos d'elle
dénudée sont divulguées, dans un but d'intimidation72. Elle persiste dans sa
candidature73, mais cette candidature est invalidée le 7 juillet 2017, par la
Commission électorale nationale74,75. Cette candidate semble disparaître fin août
2017, puis la police rwandaise annonce son arrestation, pour atteinte à la sureté de
l’État76. Début octobre, elle est inculpée, ainsi que sa mère et sa sœur, d’« incitation à
l’insurrection »77. Elle est libérée sous caution quelques mois plus tard en signe
d'apaisement, et finalement acquittée par un tribunal de Kigali le 6 décembre 2018,
ainsi que les co-accusés. Selon le jugement, « les charges retenues par l’accusation
sont sans fondement »78.
Galerie de personnalités
politiques
Liste des Premiers ministres du Rwanda (depuis 1994) :
Faustin Twagiramungu
1994-1995
Pierre-Célestin Rwigema
1995-2000
Bernard Makuza
2000-2011
Pierre Habumuremyi
2011-2014
Anastase Murekezi
2014-2017
Édouard Ngirente
2017-présent
Notes et références
1. (en) « Gihanga the fouding father
([Link]
tion/read/78219) [archive] », sur
The New Times | Rwanda,
8 septembre 2007 (consulté le
1er mai 2020).
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2002, 382 p.
(ISBN 978-0-691-10280-1, lire en ligne (h
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amxb89JcC) [archive]), p. 69
3. Johan Pottier, Re-Imagining
Rwanda : Conflict, Survival and
Disinformation in the Late
Twentieth Century, Cambridge,
Cambridge University Press,
2002, 276 p.
(ISBN 978-0-5215-2873-3, lire en ligne (h
ttps://[Link]/books?id=iRz_
QzoVdJcC) [archive]), p. 13
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Kampala, Fountain Publishers
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(ISBN 978-9970-02-089-8, lire en ligne (h
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NPwAACAAJ) [archive]), p. 13-14
5. [Link]
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6. [Link]
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7. Thomas Riot, « Rwanda, la
fabrique de la race supérieure »,
Le Monde diplomatique,
1er avril 2014 (lire en ligne ([Link]
[Link]/2014/04/RIO
T/50323) [archive], consulté le
16 novembre 2023).
8. Voir aussi Jours fériés au
Rwanda.
9. Le Monde, 4 février 1964
10. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1378_119602) [archive],
La complexité des relations
interrégionales/La récurrence des
massacres
11. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit
survivre, le génocide au Rwanda,
Karthala (1999), p.53
12. Gérard Prunier, Rwanda, 1959-
1996, Histoire d'un génocide,
Dagorno (1997)
13. Entre 1974 et 1977, 56
personnes, pour la plupart
d’anciens dirigeants de la
Première République, ont été
assassinées par les services de
la sécurité. Le premier Président
rwandais, Grégoire Kayibanda,
était mort en détention en 1976,
probablement de faim. cf Mission
d'information sur le Rwanda (htt
p://[Link]/
dossiers/rwanda/[Link]#P15
41_160026) [archive], Le contexte
politique intérieur rwandais/Une
difficile démocratisation (1990-
1992)/Un régime affaibli.
14. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/audit
[Link]#TWAGIRAMUNGU) [archi
ve], Audition de M. Faustin
Twagiramungu]
15. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1433_135162) [archive],
La complexité des relations
interrégionales/Réfugiés et
déplacés/Panorama de la
population réfugiée/La guerre des
nombres
16. Voir notamment ([Link]
[Link]/notices/90701540
[Link]) [archive] le discours de La
Baule de François Mitterrand le
20 juin 1990
17. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1512_152819) [archive],
Les événements au Rwanda de
1990 à 1994
18. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P2696_366454) [archive],
L'opération Noroît/Les
interrogations/La présence
française à la limite de
l’engagement direct
19. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1565_168155) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Une difficile
démocratisation (1990-1992)/La
tentative de reprise en main
20. Le gouvernement rwandais tarda
à appliquer cette disposition et la
suppression de la mention
ethnique ne put être mise en
œuvre avant le génocide de 1994.
Voir Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1594_175291) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Une difficile
démocratisation (1990-
1992)/L'ouverture du régime/La
question des cartes d'identité
21. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1493_148651) [archive],
La complexité des relations
interrégionales/Réfugiés et
déplacés/Les réponses
apportées au problème des
réfugiés/L’implication tardive et
insuffisante de la communauté
internationale
22. Pierre Favier et Michel Martin-
Roland, La Décennie Mitterrand,
tome 4, éd. du Seuil, « Points »,
2001, p. 543-544.
23. Bernard Lugan, François
Mitterrand, l'armée française et le
Rwanda, éd. du Rocher, 2005
24. Plusieurs petits partis ne sont
que des satellites du parti
présidentiel, le MRND. cf Mission
d'information sur le Rwanda (htt
p://[Link]/
dossiers/rwanda/[Link]#P17
14_202421) [archive], Le contexte
politique intérieur rwandais/Le
gouvernement de coalition (avril
1992-juin 1993)/Des conditions
politiques difficiles/La
multiplication des petits partis
25. Alison Des Forges, Aucun témoin
ne doit survivre, p. 67.
26. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1672_194024) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Une difficile
démocratisation (1990-1992)/La
conquête du pouvoir par les
nouveaux partis
27. Les Interahamwe et les
Impuzamugambi sont les milices
qui participeront activement au
génocide.
28. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit
survivre, Karthala, (1999), p.71-74
29. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1757_208054) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Le gouvernement de
coalition (avril 1992-juin
1993)/L’inquiétante structuration
de la violence politique/Les
massacres du Bugesera
30. HRW, FDIH, Aucun témoin ne doit
survivre, Karthala (1999), p.84
31. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit
survivre, Karthala (1999), p.69
32. Reyntjens, L'Afrique des grands
lacs en crise, Rwanda et Burundi
(1988-1994), Karthala (1994),
p.115-116
33. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit
survivre, Karthala (1999), p.75
34. Mission d'information sur le
Rwada ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1790_216418) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Le gouvernement de
coalition (avril 1992-juin
1993)/L’action du Gouvernement
Nsengiyaremye
35. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1842_229578) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Le gouvernement de
coalition (avril 1992-juin
1993)/L’action du Gouvernement
Nsengiyaremye/Le
développement des violences.
36. Rapport de James Gasana, cité
dans Charles Onana, Les Secrets
de la justice internationale, op.
cit., p. 52-53.
37. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1883_239139) [archive], le
contexte politique intérieur
rwandais/Le gouvernement de
coalition (avril 1992-juin
1993)/L’action du Gouvernement
Nsengiyaremye/L’offensive du
FPR et ses conséquences. Selon
ce rapport, le FPR ne souhaiterait
pas se limiter à une participation
gouvernementale mais
chercherait à gagner le pouvoir
par une guerre éclair, en profitant
du fait que le parti présidentiel
est de plus en plus discrédité sur
le plan international.
38. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1927_247449) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Le gouvernement de
coalition (avril 1992-juin
1993)/L’offensive du FPR et ses
conséquences/L’affaiblissement
de la coalition FDC face au FPR et
aux Hutus intransigeants
39. Mission d'information sur le
Rwanda ([Link]
[Link]/dossiers/rwanda/r127
[Link]#P1968_258835) [archive],
Le contexte politique intérieur
rwandais/Le gouvernement de
coalition (avril 1992-juin 1993)/La
chute du Gouvernement
Nsengiyaremye et le
Gouvernement d’Agathe
UWILINGIYIMANA
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pour présider la Francophonie »,
Le Monde,11 octobre 2018 (lire en
ligne ([Link]
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Annexes
Articles connexes
Afrique des Grands Lacs,
Population de l'Afrique des Grands
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Groupes ethniques au Rwanda,
ethnisme au Rwanda, langues au
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de la région des Grands Lacs
600
Liste de civilisations de l'Afrique
précoloniale
Commerce interrégional par
caravanes en Afrique de l'Est
Liste de royaumes de l'Afrique des
Grands Lacs
Royaume du Rwanda (1300c-1961),
liste des rois du Rwanda (1300c-
1961)
Exploration européenne de l'Afrique
Chronologie du Rwanda
1880
Empire colonial belge (1841-1855
et 1908-1962)
Afrique orientale allemande (1885-
1919) sur Burundi Rwanda et Nord-
Tanzanie
Afrique orientale britannique (1895-
1920)
Coup d'État de Rucunshu (1896)
Campagne d'Afrique de l'Est
(Première Guerre mondiale)
Ruanda-Urundi (1923-1962),
protectorat belge
Révolution rwandaise (1959-1961)
1960
Kibeho (apparitions mariales, 1981-
1989)
Guerre civile rwandaise (1990-
1994)
Rwanda - Les accords d'Arusha
(1992-1993)
Génocide des Tutsis au Rwanda
(1994)
Événements initiaux du
génocide des Tutsis au
Rwanda
Crise des réfugiés en Afrique
des Grands Lacs (1994-)
Attitude des institutions
religieuses lors du génocide
des Tutsi au Rwanda
Négation du génocide des
Tutsi au Rwanda
Rôle de la communauté
internationale dans le
génocide des Tutsi au Rwanda
Tribunal pénal international
pour le Rwanda
Liste de guerres impliquant le
Rwanda (en)
Première guerre du Congo (1996-
1997)
Deuxième guerre du Congo (1998-
2002)
Politique au Rwanda
Liste des présidents du Rwanda
personnalités
Grégoire Kayibanda (1924-1976)
Dian Fossey (1932-1985)
Juvénal Habyarimana (1937-1994)
Théoneste Bagosora (1941-2021)
Pasteur Bizimungu (1950-2000)
Agathe Uwilingiyimana (1953-
1994)
Jean Kambanda (1955-)
Paul Kagame (1957-)
Benjamin Sehene (1959-)
Autres
Communauté économique des
pays des Grands Lacs (1976)
Communauté économique des
États de l'Afrique centrale (1983)
Bibliographie
Déogratias Byanafashe (dir.), Les
défis de l'historiographie rwandaise :
tome 1 : Les faits controversés,
tome 2 : La révolution de 1959,
mythe ou réalité?, Éditions de
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cartes
Jean-Pierre Chrétien, L'Afrique des
grands lacs : deux mille ans
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sociologie de l'Université libre de
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