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Culture Et Sa - Té

Le chapitre aborde l'importance de la culture dans la santé au travail, soulignant comment les croyances et pratiques culturelles influencent les comportements de santé publique et l'accès aux soins. Il met en lumière les déterminants socioculturels, en particulier pour les femmes au Maroc, qui peuvent entraver l'accès aux services de santé. Enfin, il souligne la nécessité d'adapter les interventions de santé publique aux spécificités culturelles pour améliorer leur efficacité.

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Culture Et Sa - Té

Le chapitre aborde l'importance de la culture dans la santé au travail, soulignant comment les croyances et pratiques culturelles influencent les comportements de santé publique et l'accès aux soins. Il met en lumière les déterminants socioculturels, en particulier pour les femmes au Maroc, qui peuvent entraver l'accès aux services de santé. Enfin, il souligne la nécessité d'adapter les interventions de santé publique aux spécificités culturelles pour améliorer leur efficacité.

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ETHIQUE ET DEONTOLOGIE

CHAPITRE 5 :

Promouvoir une culture de santé au travail


I-Introduction :
Parmi les nombreuses définitions de la «culture», nous retenons celle de Maurice
Godelier:
«ensemble des représentations de l’univers, des principes d’organisation de la société,
des valeurs et des normes de conduites, positives et négatives auxquelles se réfèrent les
individus et les groupes qui composent une société lorsqu’ils agissent sur les autres, sur
eux-mêmes et sur le monde qui les entoure»2.
Les codes, les comportements, mais aussi les croyances imprègnent chacun de nous et se
transmettent de génération en génération. Cependant, la transmission ne se fait pas à
l'identique et les sociétés se modifient dans le temps, notamment au contact de personnes
venant d'autres cultures qui laissent des apports définitifs. Ainsi, si nous nous
reconnaissons dans la même culture que nos grands-parents, nous savons combien
pourtant la société a changé depuis.
La culture influence les comportements de santé publique en influençant les croyances,
les pratiques et l'accès aux soins dans différentes communautés. Comprendre les
différences culturelles est crucial pour élaborer des stratégies de santé publique efficaces
qui respectent et intègrent les besoins spécifiques de chaque groupe. En adaptant les
messages de santé aux valeurs culturelles, les autorités peuvent améliorer l'acceptation et
l'efficacité des interventions sanitaires.
La culture influence profondément les perceptions, les comportements et les décisions en
matière de santé publique. Elle joue un rôle crucial dans la façon dont les individus
comprennent les informations de santé, se comportent face aux maladies et adoptent des
interventions de santé publique.

II-Questions de la Relation culture-santé :


1-Comment la culture influence-t-elle les politiques de santé publique ?
L’OMS a défini la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et
social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. » Mais la
santé est aussi enracinée dans la culture de chacun; c’est la raison d’être de
l’anthropologie médicale de questionner les rapports entre santé et cultures.
2-Comment les croyances culturelles peuvent-elles influencer l'accès aux soins de
santé ?
Les croyances culturelles peuvent influencer l'accès aux soins de santé en affectant les
attitudes envers les traitements, en influençant la confiance envers le personnel médical,
et en déterminant les préférences pour certaines pratiques médicales ou médecines
alternatives. Ces croyances peuvent également engendrer des obstacles linguistiques ou
conceptuels qui limitent l'engagement avec les services de santé.
La culture influence la communication en introduisant des différences linguistiques, des

2 - Godelier M. Les métamorphoses de la parenté. Paris. Fayard 2004


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ETHIQUE ET DEONTOLOGIE
croyances sur la santé, des règles de politesse et des attentes sur le rôle des soignants.
Cela peut entraîner des malentendus ou des réticences à suivre des traitements si les
professionnels de santé ne prennent pas en compte ces dimensions culturelles.
Quel est le rôle de la culture dans la prévention des maladies ?
La culture influence la prévention des maladies en façonnant les comportements,
croyances et pratiques liées à la santé. Elle aide à adapter les messages de prévention
pour être culturellement pertinents et acceptés. Elle favorise l'intégration de pratiques
traditionnelles en complément des approches médicales modernes. Enfin, elle encourage
la participation communautaire dans les interventions de santé publique.

3-Comment la diversité culturelle est-elle prise en compte dans les études de santé
publique ?
Dans les études de santé publique, la diversité culturelle est prise en compte en adaptant
les interventions pour respecter les croyances, pratiques et besoins spécifiques des
différentes communautés. Cela inclut la réalisation d'études ethniques, l'inclusion de
perspectives multiculturelles, et la collaboration avec des leaders communautaires pour
assurer des services de santé efficaces et équitables.
Lors de la naissance ou de la mort, la culture est très présente sans que l’on en ait
conscience si l’on ne prend pas de recul pour se questionner. Mais elle l’est aussi dans
l’expérience de la maladie, du handicap, dans la notion prévention ou encore dans le
rapport à son corps. En effet, si la naissance, la maladie, le vieillissement, la mort sont
des faits biologiques, ils sont aussi des faits culturels et sociaux, empreints de soins
particuliers et de rituels. Ce vécu, toujours singulier, bien qu’universel, est différent
selon les cultures et les époques. Il s'inscrit dans le corps et la psyché de chacun mais
aussi dans un contexte culturel dont il importe de tenir compte Nous sommes au cœur du
questionnement anthropologique qui nous renvoie à la fois à l’universalité de la vie des
hommes en société, mais aussi aux grandes variations d’expression d’une culture à
l’autre, pouvant être source d'incompréhension.

La culture désigne la combinaison d’idées, de coutumes et de comportements que partage


un peuple ou une société donné. Ces combinaisons déterminent l’appartenance des
membres à un groupe et les distinguent des autres groupes. La culture peut inclure la
totalité ou une partie des caractéristiques suivantes:
Étant donné le nombre de facteurs susceptibles d’influer sur une culture, il y a
naturellement une grande diversité au sein d’un même groupe culturel. Il peut être utile
de généraliser les caractéristiques précises d’une culture, mais il faut s’assurer de ne pas
trop généraliser : l’ethnie, la langue, la religion et les croyances spirituelles, La classe
socioéconomique, L’âge, L’origine géographique, L’histoire du groupe, L’éducation,
L’expérience de vie…
La santé est un concept culturel, car la culture façonne et encadre nos expériences et
notre perception du monde. Conjointement avec d’autres déterminants de la santé et de la
maladie.
La culture influe sur la santé d’autres manières, comme celles qui suivent :
• L’acceptation du diagnostic, y compris qui informer, quand et comment les informer ;
• L’acceptation des mesures de santé préventive ou de promotion de la santé (p. ex.,
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ETHIQUE ET DEONTOLOGIE
vaccins, soins prénatals, contraception, tests de dépistage, etc.) ;
• La perception du contrôle à prévenir et à maîtriser la maladie ;
• Les perceptions de la mort, de la fin de vie et des personnes qui devraient y participer ;
• L’utilisation de la communication directe ou indirecte. On peut percevoir les contacts
visuels ou l’évitement des contacts visuels comme impolis ou polis, selon la
culture ;
• La volonté de discuter des symptômes avec un dispensateur de soins ou en présence
d’un interprète ;
• L’influence de la dynamique familiale, y compris le rôle traditionnel des sexes, les
responsabilités filiales et les profils de soutien entre les membres de la famille ;
• Les perceptions de la jeunesse et du vieillissement ;
• L’accessibilité du système de santé et la qualité de son fonctionnement.

Pratiquer des activités artistiques peut être bénéfique pour la santé mentale et physique,
selon un récent rapport du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé
(OMS) pour l’Europe.
Le rapport souligne comment les activités artistiques peuvent servir à compléter ou
améliorer les protocoles thérapeutiques dans les structures de soins de santé. Il décrit par
exemple comment la danse s’est avérée apporter des améliorations cliniquement
significatives des scores moteurs pour les personnes atteintes de la maladie de
Parkinson, tandis que le fait d’écouter de la musique ou de réaliser des créations
artistiques peut réduire les effets secondaires des traitements anticancéreux. Le rapport
fait observer que certaines interventions artistiques ne produisent pas seulement des
résultats satisfaisants, mais sont également plus rentables que des traitements
biomédicaux plus standards.
Le Dr Piroska Östlin, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe par intérim, a fait la
déclaration suivante :
« Introduire l’art dans la vie des gens par des activités telles que la danse, le chant, la
visite de musées et la participation à des concerts permet d’apporter une nouvelle
dimension à la façon dont nous pouvons améliorer la santé physique et mentale ».

III- les déterminants socioculturels


Au Maroc, les déterminants socioculturels peuvent constituer des facteurs qui freinent
l’accès de la population, en particulier les femmes, aux services de santé.
«L’accès aux soins ne dépend pas seulement des infrastructures sanitaires, des
équipements et de la baisse des prix des médicaments. Parfois, les mentalités et les
inégalités sociales empêchent un accès à ces soins»3.
Les croyances et les pratiques qui en découlent, les traditions néfastes pour la santé des
femmes, les tabous, les fausses idées, les mentalités et le système de valeurs peuvent
représenter des obstacles considérables à l'accès aux soins.
D’autant plus que ces déterminants culturels impactent particulièrement les femmes
puisqu’elles constituent l’une des franges les plus vulnérables de la société marocaine.
Elles restent confrontées à la précarité socioéconomique, à l’analphabétisme et au poids

3
- Rachid Aboutaieb ; journée d’étude à ben M’sik le 26 Mars 2016
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ETHIQUE ET DEONTOLOGIE
de certaines coutumes.
Il s’agira également de débattre des moyens à mettre en œuvre pour réduire les inégalités
qui persistent entre milieux de résidence, régions et catégories socio-économiques.
Les déterminants sociaux et culturels de la santé des femmes sont des éléments qui
peuvent créer un obstacle à l’accès des femmes aux services de protection de santé et qui
devront donc être pris en considération lors de l’élaboration des politiques publiques sur
la santé.
Certains hommes refusent que leurs femmes soient auscultées par des médecins hommes,
Il y a encore des femmes qui ne peuvent pas se déplacer à l’hôpital sans l’accord de leurs
maris.
Certains hommes refusent que leurs femmes soient auscultées par des hommes, même
s’il n’existe pas d’alternatives. L’analphabétisme aggrave la situation lorsque des
patientes ne comprennent pas le langage des médecins ou les ordonnances.

La possibilité d'accès aux soins ne dépend pas seulement des infrastructures sanitaires
et des équipements, mais aussi des mentalités et des inégalités sociales.

Les facteurs de risque pour la santé de la population culturels et comportementaux :


Il y a d’autres facteurs, non directement médicaux qui gardent leur importance comme
facteurs de risque pour la santé de la population. Il s’agit des problèmes
d’environnement, des comportements alimentaires et des habitudes de vie.

a) Culture et reconnaissance de la maladie :


Chaque culture a sa façon de classer les maladies, et à l’intérieur d’une société donnée,
on trouve encore des différences entre catégories sociales, entre familles, entre
guérisseurs, et c’est en fonction de la classification adoptée qu’on reconnaîtra les
maladies et ce dans le double but de les comprendre et de les soigner. De plus, chaque
classification se base sur une interprétation des mécanismes et des causes d’une maladie,
grâce à laquelle un traitement pourra être entrepris.

b) Médecine traditionnelle :
La médecine traditionnelle fait partie d’une culture et ses représentants sont densément
intégrés au tissu social. Elle offre une assistance traditionnelle à la population et un
soutien essentiel au système de santé lorsque la médecine moderne brille par le déficit
des services offerts. La double consultation reste une pratique courante.
Ce recours à des structures multiples peut apporter une sécurité psychologique aux
consultants ou être un facteur de risque. De plus la mise en parallèle des deux systèmes
thérapeutiques perturbe l’identification des liens de cause à effet entre une maladie et un
traitement et retarde.

c) Culture et comportement sanitaire


Pour les maladies qui peuvent être prévenues par des vaccins, des facteurs culturels
peuvent agir dans l’acceptation ou non du vaccin et par conséquent influencer sa
diffusion. Le cas des vaccinations infantiles qui entraînent un accès de fièvre transitoire
est souvent cité. Faute d’explication, les mères jugent la vaccination nocive et ne se
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ETHIQUE ET DEONTOLOGIE
présentent plus aux vaccinations ultérieures.
D’autres comportements peuvent constituer des facteurs de risque pour la santé des
nouveau-nés. En effet, selon un auteur «une fois le bébé venu au monde on le couvre
avec du henné mélangé avec de l’huile d’olive. Tout le corps du bébé doit être couvert.
On recommence cette opération le septième jour. Le bébé ne sera lavé qu’un mois plus
tard par peur de l’exposer aux puissances maléfiques. Avant de l’emmailloter, on
attache une clé, du sel, une perle jaune, une coquille d’escargot blanche et une pièce de
monnaie trouée dont le symbole est la protection de l’enfant. Le couteau utilisé pour
couper le cordon ombilical sera mis sous l’oreiller du nouveau-né. On le sort au septième
jour pour égorger le mouton en signe du sabâa (baptême)».
d) Culture et pratiques d’hygiène
La notion de santé met en œuvre des conceptions historiquement et socialement relative.
Par ce fait, l’ensemble des comportements et des mesures d’hygiène comme l’utilisation
de l’eau et l’évacuation des déchets, les habitudes nutritionnelles et les normes régissant
la reproduction, sont des facteurs essentiels de la santé.
La relation de cause à effet d’une habitude ou d’une coutume sur la santé est perçue
différemment. «La sélection, par des processus culturels et sociaux, des normes et des
comportements les plus performants pour améliorer le bien-être dépend de la
connaissance de ces relations, de l’expérience accumulée et transmise de génération en
génération, de la validité de l’interprétation qui en est faite».
De ce fait, l’observation des pratiques d’hygiène de la population contribuera à fournir
les éléments d’une meilleure appréhension du milieu. Sachant que le milieu n’est pas une
variable indépendante de l’homme et que la population le transforme par ses différentes
façons d’agir. Et c’est l’ensemble des pratiques marquant la quotidienneté tel que
l’entretien de la cour dans le milieu rural, l’entretien de l’habitat, les pratiques de
transformation alimentaire et dans le rapport entretenu au corps qui composent le cadre à
l’intérieur duquel la population vit et qui peut contenir des pratiques susceptibles de
servir ou desservir le maintien de la santé.

e) Culture et allaitement :
D’autres comportements culturels qui peuvent porter préjudice à la santé de l’enfant est
le fait d’arrêter l’allaitement du nourrisson parce que la mère est enceinte croyant que le
fœtus détériore le lait maternel et entraîne les diarrhées de leur nourrisson et décrivant cet
antagonisme comme rivalité entre les deux enfants, et ce sans être conscientes des risques
de diarrhées et de malnutrition qu’encourt l’enfant dans le cas d’un sevrage brusque et le
passage à un mode d’alimentation solide.

f) Culture et alimentation :
Les attitudes maternelles concernant ce que mangent les enfants, les stimulations à
manger telle ou telle nourriture, l’attention apportée à son état nutritionnel varient d’une
mère à une autre, mais elles sont également déterminées par des normes culturelles.
Des différences de morbidité peuvent s’expliquer par l’attention plus ou moins grande
que l’on attend des mères dans un contexte culturel donné.

g) Culture et éducation :
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ETHIQUE ET DEONTOLOGIE
Toutes ces données ethnologiques sont intériorisées par les hommes et les femmes de la
société, mais les femmes restent les plus garantes de la continuité de l’édifice global de la
culture traditionnelle. «Les jeunes femmes même si elles accouchent dans une clinique
ou à l’hôpital suivent partiellement ou totalement certaines consignes que les femmes
âgées qui les entourent leur dictent».
Selon l’OMS, «l’éducation pour la santé représente une action exercée sur les individus
pour les amener à modifier leur comportement, d’une manière générale, elle vise à leur
faire acquérir et conserver de saines habitudes de vie, à leur apprendre à mettre
judicieusement à profit les services sanitaires qui sont à leur disposition, et à les conduire
à prendre eux-mêmes isolément et collectivement les décisions qui impliquent
l’amélioration de leur état de santé et de la salubrité du milieu où ils vivent».

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