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Document Sans Titre

Dans l'acte II scène 2 de 'On ne badine pas avec l'amour' d'Alfred de Musset, Camille et Perdican confrontent leurs visions opposées de l'amour, Camille refusant le mariage tandis que Perdican tente de préserver leur lien. La scène met en évidence le déséquilibre affectif entre les deux personnages, avec Camille adoptant une position ferme et distante, tandis que Perdican exprime sa douleur et son désir de rapprochement. Ce dialogue souligne les thèmes de l'orgueil, de la peur et du silence, annonçant une tragédie imminente.

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Dans l'acte II scène 2 de 'On ne badine pas avec l'amour' d'Alfred de Musset, Camille et Perdican confrontent leurs visions opposées de l'amour, Camille refusant le mariage tandis que Perdican tente de préserver leur lien. La scène met en évidence le déséquilibre affectif entre les deux personnages, avec Camille adoptant une position ferme et distante, tandis que Perdican exprime sa douleur et son désir de rapprochement. Ce dialogue souligne les thèmes de l'orgueil, de la peur et du silence, annonçant une tragédie imminente.

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Texte 2: Acte II scène 2

Introduction
Dans sa pièce On ne badine pas avec l’amour (1834), Alfred de Musset met en scène un
affrontement entre deux jeunes personnages, Camille et Perdican, promis l’un à l’autre par
la volonté familiale, mais qui portent des visions opposées de l’amour. Camille, formée au
couvent, refuse de se plier au mariage, tandis que Perdican, encore animé par l’espoir, tente
de préserver un lien affectif.

La scène étudiée marque leur première vraie confrontation, où Camille annonce son refus
catégorique, et Perdican cherche à sauver leur relation sous une autre forme.

Problématique : Comment cette scène théâtrale met-elle en évidence le


déséquilibre affectif entre Camille et Perdican à travers une tension croissante?

Mouvement du texte
1. (l.1–23) : Introduction ironique de Perdican – Camille affirme son refus de manière
directe.

2. (l.24–Fin) : Perdican exprime sa peine et tente de la retenir – Camille persiste dans


son départ.

Mouvement 1 (l.1–24) : L’amour ou l’amitié, un choix difficile

« Déjà levée, cousine ? J’en suis toujours pour ce que je t’ai dit hier ; tu es
jolie comme un cœur. »

Interrogation rhétorique : établit une fausse légèreté initiale, qui masque la


tension réelle.
Apostrophe affectueuse « cousine » → marque la proximité familiale
mais affective.
Compliment cliché « jolie comme un cœur » → usage d’une comparaison
stéréotypée, souligne une tentative de séduction ou d’humour pour désamorcer
le conflit.

« Parlons sérieusement, Perdican »

● Antithèse implicite entre badinage et sérieux → annonce le changement de


ton, transition brutale de registre.
● Prise de pouvoir verbale de Camille : emploi de l’impératif → autorité,
maîtrise du dialogue.

« Je crois bien faire en vous prévenant que mon parti est pris là-dessus.
Formulation impersonnelle (« je crois bien faire ») → politesse feinte pour
atténuer un propos brutal.
Expression figée « mon parti est pris » → modalisation forte, refus net et
définitif
Registre délibératif et rationnel, contrastant avec l’émotion de Perdican.

« Tant pis pour moi si je vous déplais. »

Subordonnée hypothétique → atténuation apparente mais dévoile la


blessure affective.
Modalisation résignée → Perdican cherche à rester digne.

« Pas plus qu’un autre, je ne veux pas me marier »

Restriction généralisante → volonté d’impersonnaliser le refus.


Forme négative totale→ Camille ferme toute perspective, rejet global de
l’amour conjugal. Ellle Univeralise son refus.

« L’orgueil n’est pas mon fait ; je n’en estime ni les joies ni les peines.

symétrie syntaxique → Perdican cherche l’équilibre et la sagesse.


Antithèse « joies / peines » → détachement des passions.
Tonalité stoïcienne → posture d’homme raisonnable, mais peut-être
feinte, simulée

Champ lexical de la tragédie avec “souffrir” et “orgueil” 🡪 le Drame dans la


scène augmente de peu à peu

« Je retourne demain au couvent. »

Phrase brève, informative, sèche → ellipse affective, marque le rejet de la


situation et des sentiments
Couvent = symbole de la fermeture au monde, aux sentiments, à la vie profane.

« Il y a de la franchise dans ta démarche ; touche là, et soyons bons amis.


« touche là » →impératif, tentative d’instaurer un contact physique
pour sceller une nouvelle relation.
Registre familier → Perdican redevient simple, sincère.

« Je n’aime pas les attouchements. »

Forme négative catégorique → rejet physique total.


Connotation péjorative du mot « attouchements » → distance affective,
peut-être peur du désir.

« Donne-moi ta main, Camille, je t’en prie. »

Anaphore affective (« ta main ») → insistance sur le lien corporel.


Supplique, registre pathétique → Perdican est désarmé.

« Voilà ta main et voilà la mienne […] crois-tu qu’il nous faille un prêtre ?
Nous n’avons besoin que de Dieu. »

● Accumulation d’interrogatives rhétoriques → Perdican tente de convaincre


par le raisonnement éthique.
Mise en parallèle des mains = symbole d’union spirituelle.
Opposition prêtre / Dieu → refus du rituel social au profit d’un lien plus pur.
Registre lyrique et religieux → Perdican élève leur relation au sacré.

« Je suis bien aise que mon refus vous soit indifférent. »

antiphrase ,Ironie mordante → Camille interprète mal volontairement


les mots de Perdican.
Fausse neutralité émotionnelle → procédé de défense.

« Il ne m’est point indifférent, Camille. Ton amour m’eût donné la vie […] »

● Négation catégorique → Perdican corrige l’interprétation.

amour donner la vie: hyperbole pour montrer la passion de Perdican


Le passé antérieur « m’eût donné la vie » → valeur irréalisable, souligne le regret
profond.
Opposition amour / amitié → il accepte l’échec mais souligne la perte.

« Hier, tu as refusé de faire un tour de jardin […] »


Lieu symbolique : jardin = espace d’intimité et de confiance, qu’elle a déjà
refusé.

« Reste ici quelques jours… »

Impératif → appel à la raison.

antithèse entre “vie” et “mort’ qui marque le décalage de sentiments entre les
deux prgs
Champ lexical du souvenir : « notre vie passée » → nostalgie.

Mouvement 2 (l.25–Fin) : L’échec de la persuasion

« C’est mon secret. »

● Style Elliptique, mystérieux, suspensif → crée une tension, une distance


volontaire.
Lexique du secret → dimension tragique, annonce d’un non-dit fondateur.

« En aimes-tu un autre ? »

● Interrogation directe et brutale → jalousie implicite, souffrance sourde.


● Changement de ton : d’abord noble, Perdican glisse vers l’émotion crue.

« Non ; mais je veux partir. »

● Coordination paradoxale « mais » → rejet de toute explication rationnelle.

« Irrévocablement ? – Oui, irrévocablement. »

● Répétition du mot « irrévocablement » → scande la rupture définitive.


Dialogue en stichomythie → accélération du rythme, tension dramatique.

« Eh bien ! adieu. »
● Interjection de résignation → changement brutal, ton amer et froid.
« Mon enfant » → retour à une tendresse fraternelle et protectrice, ton
tragiquement affectueux.

Conclusion
Pour conclure,Musset donne à voir un affrontement inégal entre un Perdican sincère,
blessé mais encore ouvert à l’amour, et une Camille mystérieuse, distante, presque
impénétrable.

Musset propose ici une réflexion profonde sur la nature du sentiment amoureux, mais aussi
sur l'orgueil, la peur, et le silence. Ce refus de l'amour marque le début d'une tragédie,
annonçant le drame final.

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