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Chapitre Ii. Les Sociétés de Capitaux

Le chapitre II traite des sociétés de capitaux, en particulier de la société anonyme (SA) et de la société par actions simplifiée (SAS). La SA est conçue pour le regroupement de capitaux, nécessitant au moins cinq actionnaires et un capital minimum de 300 000 dirhams, avec des formalités de constitution et de fonctionnement précises. La gestion de la SA est assurée par un conseil d'administration ou un directoire, avec des règles spécifiques concernant la nomination et la révocation des administrateurs.

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Chapitre Ii. Les Sociétés de Capitaux

Le chapitre II traite des sociétés de capitaux, en particulier de la société anonyme (SA) et de la société par actions simplifiée (SAS). La SA est conçue pour le regroupement de capitaux, nécessitant au moins cinq actionnaires et un capital minimum de 300 000 dirhams, avec des formalités de constitution et de fonctionnement précises. La gestion de la SA est assurée par un conseil d'administration ou un directoire, avec des règles spécifiques concernant la nomination et la révocation des administrateurs.

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CHAPITRE II.

LES SOCIÉTÉS DE CAPITAUX :


LA SOCIÉTÉ ANONYME (SA) ET LA SOCIÉTÉ PAR
ACTIONS SIMPLIFIÉE (SAS)
* LA SOCIÉTÉ ANONYME (SA)
La société anonyme (SA) est une société qui permet le mieux le groupement de capitaux. Elle est
par conséquent, la plus adaptée aux grandes entreprises commerciales et industrielles dont la
création exige une forte concentration de capitaux. En effet, elle est réputée comme étant
commerciale en raison de sa forme et quel que soit son objet. Son capital est divisé en actions
négociables représentatives d'apports en numéraire ou en nature à l'exclusion de tout apport en
industrie. Ainsi, dans ce type de société aucune capacité particulière n'est requise de la part des
associés, seul compte l'argent qu'ils apportent.
La SA doit comporter un nombre suffisant d'actionnaires lui assurant
l'accomplissement de son objet et lui permettant d'assurer sa gestion et son contrôle, sans que
ce nombre soit inférieur à cinq. Les actionnaires ne supportent le passif de la société qu'à
concurrence de leurs apports et leurs engagements ne peuvent être augmentés qu'après avoir
exprimé leur propre consentement 4. Quant à la détermination de la forme, la durée (ne cours
qu'à dater de son immatriculation au registre du commerce, tout en ayant la possibilité de
bénéficier d'une prorogation à condition qu'elle ne dépasse pas 99 ans), le siège social, la
dénomination, l'objet et le montant du capital sont faits par les statuts de la SA.
Section I. La formation de la société anonyme
Il est à souligner que la SA peut être soit une société qui fait publiquement appel à l'épargne
(que si elle peut faire admettre ses valeurs mobilières à la Bourse ou à tout autre marché
réglementé ou qu'elle puisse les émettre ou les céder selon les conditions prévues par les textes
législatifs et réglementaires en vigueur''S), soit celle ne faisant pas appel public à l'épargne.

Paragraphe 1. La constitution
A-Les conditions de fonds
La constitution d'une SA porte en principe sur certaines conditions de fonds et de forme
Potamen, le capital social et les associés. S'agissant des conditions de fonds : la loi n° 17-95
dermine le montant du capital social à une valeur qui ne doit pas être inférieure à 3.000.000 disi
la société fait appel public à l'épargne et d'un montant de 300.000 dhs le cas contraire 16.
Alors que pour le nombre des actionnaires, la loi exige un nombre minimal de cinq associés
capables d'accomplir l'objet et d'assurer la gestion et le contrôle de la société.
B/- Les conditions de forme
Par ailleurs, les conditions de forme portent sur plusieurs éléments notamment, la souscription
du capital social, la signature des statuts, la désignation des dirigeants l'enregistrement des
statuts et leurs dépôts au greffe du tribunal et enfin, l'immatriculation de la SA et sa publicité.
La SA n'est constituée que par l'accomplissement des actes suivants : la signature des statuts
par l'ensemble des actionnaires; la libération de chaque action en numéraire d'au moins le quart
de sa valeur nominale ; le transfert à la société en formation des apports en nature après leur
évaluation et l'accomplissement des formalités de publicité.
En vertu de la loi en vigueur, la souscription du capital social est considérée comme un acte
juridique par lequel une personne exprime sarvolonté de s'engager dans une société en
contribuant à sa constitution via l'apport d'une somme d'argent. d'un montant égal à la valeur
nominale des titres qu'elle va acquérir en contrepartie ou bien, d'un bien en nature, «à défaut la
société ne peut être constituée »17 Lesdits statuts doivent obligatoirement être établis par écrit
et signés. soit par les actionnaires personnellement, soit par mandataire justifiant d'un pouvoir
spéciall18 Ils contiennent un certain nombre de mentions engageant les actionnaires, à savoir :
Premièrement, la forme de la société; sa durée n'excédant pas 99 ans, sa dénomination sociale,
son siège social, son objet ainsi que le montant de son capital social déterminé

par les statuts 19. Deuxièmement, de déterminer le nombre des actions émises et leur valeur
nominale en distinguant les différentes catégories d'actions créées et les droits afférents.
Troisièmement, de préciser la forme qui peut être soit exclusivement nominative, soit nominative
ou au porteur des actions. Quatrièmement, de déterminer les conditions particulières auxquelles
est soumis l'agrément des cessionnaires, en cas de restriction à la libre négociation ou cession
des actions..Cinquièmement, outre la mention de l'identité des apporteurs en nature, il est
essentiel de mentionner également, l'évaluation de l'apport effectué par chaque associé ainsi
que le nombre d'actions remises en contrepartie de l'apport.
Sixièmement, de mentionner l'identité des bénéficiaires d'avantages particuliers et leur nature.
Septièmement, de déterminer les clauses relatives à la composition, au fonctionnement et aux
pouvoirs des organes de la société. Et enfin, de préciser les dispositions relatives à la répartition
des bénéfices, à la constitution des réserves et à la répartition du boni de liquidation.
À défaut de l'une ou de toutes les mentions susmentionnées ou même en cas de
leur irrégularité, la loi considère comme recevable le droit à tout intéressé, d'ester en justice pour
demander la régularisation de la constitution de la société. De même, qu'elle permet au ministère
public d'agir aux mêmes fins. Toutefois, l'action en question, se prescrit dans un délai de 3 ans à
compter, soit de l'immatriculation de la société au registre du commerce, soit de l'inscription
modificative à ce registre et du dépôt en annexe des actes modifiant les statuts120
En outre, les statuts servent également à désigner les premiers administrateurs, les premiers
membres du conseil de surveillance ainsi que les premiers commissaires aux comptes (comme
ils peuvent être désignés par acte séparé). En effet, dès leur nomination, les administrateurs
sont habilités à désigner le président du conseil d'administration, le cas échéant, de désigner un
ou des directeurs généraux et un ou des directeurs généraux délégués.
Par contre, ceux désignés pour être membres du conseil de surveillance, ils relèvent de leur
compétence de désigner dès leur nomination, les membres du directoire. Ainsi, la prise des
fonctions des uns comme des autres n'est possibles qu'à compter de l'immatriculation de la SA
au registre du commerce.

par les statuts'19. Deuxièmement, de déterminer le nombre des actions émises et leur valeur
nominale en distinguant les différentes catégories d'actions créées et les droits afférents,
Troisièmement, de préciser la forme qui peut être soit exclusivement nominative, soit nominative
ou au porteur des actions. Quatrièmement, de déterminer les conditions particulières auxquelles
est soumis l'agrément des cessionnaires, en cas de restriction à la libre négociation ou cession
des actions. Cinquièmement, outre la mention de l'idenié des apporteurs en nature, il est
essentiel de mentionner également, l'évaluation de l'apport effectué par chaque associé ainsi
que le nombre d'actions remises en contrepartie de l'apport.
Sixièmement, de mentionner l'identité des bénéficiaires d'avantages particuliers et leur nature,
Septièmement, de déterminer les clauses relatives à la composition, au fonctionnement et aux
pouvoirs des organes de la société. Et enfin, de préciser les dispositions relatives à la répartition
des bénéfices, à la constitution des réserves et à la répartition du boni de liquidation.
À défaut de l'une ou de toutes les mentions susmentionnées ou même en cas de
leur irrégularité, la loi considère comme recevable le droit à tout intéressé, d'ester en justice pour
demander la régularisation de la constitution de la société. De même, qu'elle permet au ministère
public d'agir aux mêmes fins. Toutefois, l'action en question, se prescrit dans un délai de 3 ans à
compter, soit de l'immatriculation de la société au registre du commerce, soit de l'inscription
modificative à ce registre et du dépôt en annexe des actes modifiant les statuts120
En outre, les statuts servent également à désigner les premiers administrateurs, les premiers
membres du conseil de surveillance ainsi que les premiers commissaires aux comptes (comme
ils peuvent être désignés par acte séparé). En effet, dès leur nomination, les administrateurs
sont habilités à désigner le président du conseil d'administration, le cas échéant, de désigner un
ou des directeurs généraux et un ou des directeurs généraux délégués.
Par contre, ceux désignés pour être membres du conseil de surveillance, ils relèvent de leur
compétence de désigner dès leur nomination, les membres du directoire. Ainsi, la prise des
fonctions des uns comme des autres n'est possibles qu'à compter de l'immatriculation de la SA
au registre du commerce. Ensuite, après le rassemblement des apports de chaque associé, il
s'en suit la finalisation du contrat qui les lie notamment, la signature des statuts qui constitue
l'engagement définitif des associés pour participer à la société. Leur enregistrement s'effectue
auprès de la Direction Régionale des Impôts (DRI) représentée au sein du Centre Régional
d'Investissement (CRI).
Les frais de dépôt varient d'une forme de société à une autre. Ainsi, pour la SA, il faut payer 1,%
du capital social, avec un minimum de 1000 dhs auquel s'y ajoute également un timbre de 20 dhs
par feuille. Alors que l'enregistrement du contrat de bail, il coûte 200dhs (délai 30 jours).
De surplus, les fondateurs et les premiers membres des organes d'organisation ; du directoire,
ainsi que ceux du conseil de surveillance doivent déposer au secrétariat-greffe du tribunal dans
le ressort duquel se trouve le siège social de la société, l'original ou une expédition des statuts;
l'expédition du certificat de souscription et de versement des fonds qui précisent les
souscriptions au capital social en plus de la part des actions libérée par chaque actionnaire. Ils
sont tenus également, de la liste légalisée des souscriptions mentionnant : leur prénom, nom,
adresse, nationalité, qualité et profession, le nombre des actions souscrites et le montant des
versements effectués par chacun d'eux ; le rapport du commissaire aux apports, le cas échéant,
et une copie du document de désignation (faite par acte séparé) des premiers membres des
organes d'administration, de gestion ou de direction et des premiers commissaires aux comptes.
Et enfin, la phase d'immatriculation de la société, qui s'effectue au registre du commerce (en
respectant l'ensemble des conditions relatives aux modalités de publicité effectuées sur les deux
registres: central et local) 121, auprès du greffe du tribunal où se situe le siège social de la SA.
Ainsi, la requête d'immatriculation n'est recevable sur le RC qu'après production d'un certificat
d'inscription au rôle d'imposition à l'impôt des patentes.
Le cas échéant, la production de la location-gérance ou de l'acte de cession du fonds de
commerce 122
Conformément aux dispositions de l'article 45 du CC, la déclaration d'immatriculation doit
obligatoirement contenir un certain nombre de mentions notamment, l'objet de la société ; la
forme juridique de la société; le montant du capital social ; la date à laquelle la société a
commencé et celle à laquelle elle doit finir, ainsi que la date et le numéro du dépôt des statuts

au secrétariat-greffe du tribunal compétent. De même, cette déclaration doit préciser les tom et
prénoms des associés, la date et le lieu de naissance, la nationalité de chacun d'entre en plus du
numéro de la carte d'identité nationale et pour les étrangers résidents celi a la carte
d'immatriculation ou pour les non-résidents le numéro de passeport ou de toute an pièce
d'identité en tenant lieu. On y trouve également, sur la déclaration, la raison sociale m la
dénomination de la société et l'indication de la date du certificat négatif délivre par te regite
central du commerce et le siège social et le cas échéant, les lieux où la société a des sucoursal
au Maroc ou à l'étranger ou le lieu de domiciliation de son siège social, le cas échéan Une fois la
SA est immatriculée sur le RC, la société acquiert de ce fait, la personnalité morte. et fait l'objet
des formalités de publicité au bulletin officiel ou dans un journal d'annonog
légales, dans un délai n'excédant pas les 30 jours.
Paragraphe 2. Le fonctionnement
La SA, comme les autres sociétés, est gérée par un conseil d'administration (CA), soit par un
directoire, soit par un conseil de surveillance (CS), ces deux organes auxques s'ajoute le
commissaire aux comptes (CAC) qui exerce un contrôle sur le bon fonctionnement de la société.
A/- Le conseil d'administration (CA)
Les sociétés qui adoptent un CA sont administrées et dirigées par le président de ce conseil. Ce
dernier, bien qu'étant l'homme qui dirige la société, il est révocable à tout moment par le CA 23.
En effet, il est composé de trois (3 membres) au moins et de douze (12 membres) au plus et qui
peut atteindre quinze (15 membres) si les actions de la SA sont inscrites à la cote de la bourse
des valeurs. Cependant, en cas de fusion le nombre des administrateurs (12 et 15 membres),
peut être dépassé jusqu'à concurrence du nombre total des administrateurs en fonction depuis
plus de six mois dans les sociétés fusionnées à condition qu'il ne dépasse pas vingt-quatre (24
membres), vingt-sept (27 membres), lorsque les actions de l'une des sociétés en fusion sont
cotées en bourse. Alors qu'en cas de fusion entre deux sociétés dont les actions sont cotées en
bourse, le nombre des membres peut même atteindre
trente (30 membres).

Les administrateurs (personnes physiques ou morales) sont nommés par l'assemblée générale
ordinaire à l'exception des premiers administrateurs dont la désignation est effectuée soit par les
statuts, soit dans un acte séparé, mais faisant corps avec lesdits statutg124 Cependant, en cas
de fusion ou de scission la nomination peut être faite par l'assemblée générale extraordinaire. Ils
doivent être titulaires du nombre minimum d'actions fixé par les statuts. Ces actions sont
affectées en tant que garantie de la responsabilité résultant des actes de gestion qu'ils
accomplissent et ne peuvent être inférieures à celui exigé par les statuts afin d'ouvrir aux
actionnaires le droit d'assister à l'assemblée générale ordinaire, le cas échéantl2s
La durée de leur mandant ne dépasse pas 6 ans en cas de nomination par l'assemblée générale
et 3 ans en cas de désignation par les statuts. Ils sont révocables à tout moment par l'assemblée
générale ordinaire, sans que leur révocation soit mise à l'ordre du jour du CA126.
Si la société fait appel public à l'épargne, la désignation d'un ou plusieurs administrateurs
indépendants devient obligatoire au sein du conseil d'administration à condition qu'ils ne
dépassent pas le tiers du nombre total des administrateurs. En outre, l'administrateur
indépendant ne peut exercer ni les fonctions de président du conseil d'administration, de
directeur général, ni celles de directeur général délégué ou tout autre mandant exécutif.
Toutefois, les mêmes modalités appliquées aux administrateurs en matière de nomination,
rémunération et révocation lui sont applicables. De même, son statut spécial lui procure la
possibilité de jouir à titre spécial et temporairement d'une rémunération exceptionnelle qui peut
lui être allouée pour les missions accomplies 27
Par contre, si la société en question ne fait pas appel public à l'épargne, elle peut désigner
également un ou plusieurs administrateurs indépendants au sein de son conseil, mais à condition
de ne pas avoir été, au cours des trois ans précédant sa nomination, salarié, ni membre des
organes d'administration, de surveillance ni membre de direction de la société.
En plus, cet administrateur ne peut ni occuper le poste de représentant permanent, ni d'être
salarié ou membre de l'organe d'administration, de surveillance ou de direction d'un actionnaire
ou d'une société que ce dernier consolide, ni même d'occuper la même qualité cen tant que
membre de l'organe d'administration au soin d'une soit dans auel la socité détient une
participation quel que soit son pourcentage. Également, la loi en vigueur lui d'occuper une telle
fonction au sein d'une société dans laquelle la société dispose d'un mandant au sein de l'organe
d'administration ou de surveillance, ou dans laquelle un membre
des organes d'administration ou de surveillance ou de direction de la société, en exercice ou
l'ayant depuis moins de trois ans, détiens un mandat au sein de son organe d'administration,
de surveillance ou de direction.
De surplus, il lui est interdit de représenter pendant les trois dernières années
un partenaire commercial ou financier ou exerçant une mission de conseil auprès de la société,
d'une d'avoir un lien de parenté jusqu'au deuxième degré avec un actionnaire ou un membre du
conseil d'administration de la société ou son conjoint d'autre part ni d'être commissaire aux
comptes de la société au cours des six ans précédant sa nomination.
B/- Le directoire et le conseil de surveillance (CS)
a- Le directoire
Le mode d'administration d'une SA comprend un organe de direction dit le directoire qui cumule
les pouvoirs du conseil d'administration et du président est un organe permanent de surveillance
(CS), plus vigilant que l'assemblée générale, chargé de représenter les actionnaires et
d'autoriser certains actes tels que : la cession d'immeubles par nature, les garanties données par
la société, la constitution des cautions...
Le nombre des membres du directoire est fixé par les statuts qui n'excède pas cinq
(5 membres). Néanmoins, leur nombre peut atteindre sept (7 membres) si les actions de la
société en question sont cotées en bourse. S'il s'agit, d'une SA dont le capital social est inférieur
à un million cinq cent mille dirhams (1.500.000 dhs), les fonctions du directoire sont attribuées à
une seule personne nommée le directeur général unique 28, , sous le contrôle
du CS qui est habilité à nommer les membres du directoire et de faire de l'un d'eur le président
(ils sont obligatoirement des personnes physiques qui peuvent être chos en dehors des
actionnaires, comme ils peuvent être des salariés de la SA) 2. Leur révocaton est prononcée par
l'assemblée générale et si les statuts le prévoient, par le CS à condition que: la décision porte
sur juste motif, à défaut, elle donne lieu au paiement des dommages cl intérêts 30.
. Si un siège de membre du directoire est vacant, le CS doit le pourvoir dans un delai

dépassant pas deux mois (2 mois). À défaut, le président du tribunal statuant en référé est aisi
par tout intéressé pour la nomination d'un remplaçant à titre provisoire qui peut être
emplacée par le CS à tout moment.
En outre, il est interdit aux membres du CS de faire partie du directoire 131
'. La durée du
mandat de ce dernier est fixée par les statuts. Elle est entre deux et six ans (2 et 6 ans).
Toutefois, si aucune disposition n'est prévue par les statuts, la durée du mandat est de quatre
ans (4 ans) 132.
Si un membre du conseil de surveillance est nommé au directoire, son mandant au conseil prend
fin dès son entrée en fonction. Le directoire est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir
en toutes circonstances au nom de la société, il les exerce dans la limite de l'objet social et sous
réserve de ceux attribués expressément par la loi aux CS et aux assemblées d'actionnaires. Vis-
à-vis des tiers, la SA reste engagée par les actes accomplis par le directoire, même ceux qui ne
relèvent pas de son objet social, à moins que la société ne prouve que le tiers sût que lesdits
actes dépassent cet objet ou qu'il ne pouvait pas les ignorer compte tenu des circonstances et
que seule la publication des statuts suffit à constituer dans ce sens un moyen de preuve.
En plus, le directoire exerce d'autres fonctions notamment, il délibère et prend ses décisions
conformément aux conditions prévues par les statuts. En effet, sauf clause contraire des statuts
et après avoir obtenu l'autorisation de CS, les membres du directoire peuvent répartir entre eux
les tâches de la direction, sans que cette répartition ne puisse « retirer au directoire son
caractère d'organe assurant collégialement la direction de la société »133 Il est également
responsable des informations destinées aux actionnaires et au public prévues par la loi et
réglementes en vigueur, surtout, dans le cas des sociétés faisant appel public à
b- Le conseil de surveillance (CS)
Le CS est composé de trois membres (3 membres) au moins et de douze membres
(12 membres) au plus134
* Il peut être porté à quinze (15 membres) si la SA est cotée en bourse.
Néanmoins, les membres pourront dépassés le nombre susmentionné jusqu'à concurrence du
nombre total des membres du CS en tenant en considération l'exercice de ces membres depuis

plus de six mois au sein de chacune des deux sociétés fusionnées, à condition qu'il ne dépasse
pas vingt-quatre (24 membres) et vingt-sept (27 membres), lorsque les actions de l'une des
sociétés en fusion sont cotées en bourse. Alors qu'en cas de fusion entre deux sociétés don les
actions sont cotées en bourse, le nombre des membres peut même atteindre trente (30
membres) 135.
La nomination des membres du CS s'effectue soit par les statuts, soit au cours de la vie sociale
par l'assemblée générale ordinaire. En effet, lorsqu'ils sont nommés par les statuts la durée de
leurs fonctions ne peut excéder six ans (6 ans), alors que s'ils sont désignés par les assemblées
générales dans ce cas cette durée ne peut dépasser les trois (3 ans) En revanche, en cas de
scission ou de fusion, leur nomination s'effectue par l'assemblée générale extraordinaire. Ils sont
rééligibles sauf clause contraire des statuts et c'est à l'assemblée générale ordinaire que revient
leur révocation qu'elle peut prononcer à tout
moment.
Dans le cadre de l'exercice au sein du CS, les fonctions de ses membres prennent fin à l'issue de
la réunion de l'assemblée générale ordinaire ayant statué sur les comptes de l'exercice écoulé et
qui s'est tenu durant l'année au cours de laquelle le mandat dudit membre arrive à son terme.
Le CS élit un président et un vice-président parmi ses membres qui se chargent de convoquer le
conseil et d'en diriger les débats, détermine et fixe également, le cas échéant, leur rémunération.
Toutefois, en cas du décès du président ou d'empêchement temporaire, le CS délègue à l'un de
ses membres le pouvoir d'exercer les fonctions du président.
Dans la première situation, la délégation est fixée pour une durée limitée et elle est renouvelable.
Tandis que dans la seconde éventualité dite le décès la délégation demeure valable jusqu'à
l'élection d'un nouveau président.
Il exerce un contrôle permanent de la gestion de la SA par le directoire. Chaque opération
contractée par le directoire au nom de la SA, mais qui dépasse le montant fixé par le CS, exige
son autorisation pour l'accomplir. Il se charge également, des vérifications et des contrôles qu'il
juge opportuns à toute époque de l'année comme il peut se faire communiquer les documents
qu'il estime utiles à l'accomplissement de sa mission notamment, ceux liés aux comptes
d'exercice de la société et ce, dans un délai n'excédant pas trois mois

renseignements relatifs à la vie de la société.


(6 mois). Autrement dit, ses membres font habiliter à recevoir toutes informations et De même, il
reçoit une fois par trimestre au moins, de la part du directoire, un rapport détaillant la vie sociale
de la SA 136. Excepté les sociétés exploitant un établissement bancaire ou financier, 1 autorise
par la même occasion, la cession d'immeubles par nature, la cession totale ou
de sureté, d'aval et de garanties.
partielle des participations figurant à son actif immobilisé, ainsi que la constitution de cautions,
C/- Les commissaires aux comptes (CAC)
Au sein de chaque SA se trouve un commissaire aux comptes dont la mission principale st le
contrôle et le suivi des comptes sociaux dans les conditions et pour les buts déterminés
par la loi en vigueur.
En effet. le ou les CAC se chargent également d'élaborer des rapports portant sur la vérification
des valeurs, des livres, des documents comptables de la société, de contrôler l régularité des
comptes sociaux et d'assurer par la même occasion que l'égalité entre Isationnaires a été
respectée. Néanmoins, en cas des sociétés faisant appel public à l'épargne
et des sociétés de banque, de crédit, d'investissement, d'assurance, de capitalisation et
d'épargne doivent obligatoirement désignées au moins deux CAC. Leur désignation exige que Is
CAC doivent être inscrits au tableau de l'ordre des experts-comptables.
En vertu des dispositions de l'article 161 de la présente loi, ne peuvent être désignés
comme CAC :
Les fondateurs, apporteurs en nature, bénéficiaires d'avantages particuliers ainsi que les
administrateurs, les membres du CS ou du directoire de la société ou de l'une de
ses filiales ;
Les conjoints, ascendants et descendants jusqu'au 2° degré ;
Ceux qui recoivent des personnes susmentionnées de la société ou de filiales une
rémunération quelconque à raison de prestation susceptible de porter atteinte à leur
indépendance ou assurent pour eux des fonctions susceptibles de les placer dans la position
d'avoir à se prononcer sur des documents, des évaluations ou des prises de positions qu'ils
auraient contribués à élaborer ou de les mettre en situation de représentation de la société ou de
ses filiales ainsi que le recrutement du personnel ;
4- Les sociétés d'experts-comptables dont l'un des associés se trouve dans l'une des situations
susmentionnées, ainsi que l'expert-comptable associé dans une société d'experts-comptables
lorsque celle-ci se trouve dans l'une desdites situations.
De même, ne peuvent être CAC d'une même société, deux ou plusieurs experts-comptables qui
font partie du même cabinet ou d'une même société d'experts-comptables En cas de
manifestation au cours du mandant de l'une des causes d'incompatibilité précitées le CAC
concerné doit obligatoirement cesser d'exercer ses fonctions et d'en informer le CA ou le CS, au
plus tard quinze (15) jours après la survenue de cette incompatibilité 137
Section II. Les assemblées d'actionnaires
Au cours de la vie sociale d'une SA, les assemblées d'actionnaires qui se tiennent sont : soit
générales, soit spéciales. Les premières dites « assemblées générales » représentent l'ensemble
des actionnaires et dont les décisions s'imposent à tous même aux absents, incapables,
opposants ou ceux privés des droits de vote 38.
.Tandis que, les secondes dénommées
« assemblées spéciales» sont compétentes pour statuer sur toute décision intéressante les
titulaires d'une même catégorie d'actions. Ces assemblées se composent d'assemblées
générales ordinaires et extraordinaires et d'assemblées spéciales.
Paragraphe 1. Les assemblées générales ordinaires (AGO) et extraordinaires (AGE)
A/- L'assemblée générale ordinaire (AGO)
L'assemblée générale ordinaire prend toutes les décisions autres que celles prises par
l'assemblée générale extraordinaire. En effet, elle est réunie au moins une fois par (1) an dans les
six mois (6 mois) de la clôture de l'exercice. Ce délai ne peut faire objet d'une prorogation,
qu'une seule fois et pour une même durée, à la demande du CA ou du CS par ordonnance du
président du tribunal en sa qualité de juge des référés 39. Suite à la lecture de son rapport, le CA
ou le directoire présente devant l'AGO l'ensemble des états de synthèse annuels.
En outre, elle ne délibère valablement sur première convocation (première assemblée) que si les
actionnaires (présents ou représentés) disposent au moins du quart (1/4) des actions ayant le
droit de vote. Alors que, sur la deuxième convocation (seconde assemblée) aucun quorum n'est
requis. Elle statue à la majorité des voix dont disposent les actionnaires présents ou représentés.
Sauf stipulation statutaire contraire, les actionnaires qui participent à cette assemblée par des
moyens de visioconférence ou par d'autres procédés équivalents assurant leur identification sont
réputés présents, pour le calcul du quorum et de la majorité140.
B/- L'assemblée générale extraordinaire (AGE)
L'assemblée générale extraordinaire est seule habilitée à opérer des modifications
totales au niveau des dispositions des statuts et même à autoriser le ou les cessions de plus de
50% des actifs de la SA. Cependant, elle ne peut augmenter les engagements des actionnaires,
sous réserve des opérations émanant d'un groupement d'actions régulièrement effectué et sans
changer la nationalité de la société 41.
En outre, elle ne délibère valablement sauf si les actionnaires présents ou ceux représentés
possèdent au moins la moitié (1/2 des actions), sur première convocation (première assemblée).
Et qu'ils procèdent sur deuxième convocation (deuxième assemblée), le quart des actions (1/4)
ayant le droit de vote. À défaut, de ce quorum, la seconde assemblée peut être prorogée à une
date ultérieure de deux mois au plus à celle prévue avant sa prorogation.
Ainsi, l'assemblée statue à la majorité des deux tiers (2/3) des voix des actionnaires, qu'il s'agit
de ceux présents ou représentés. Sauf stipulation statutaire contraire, les actionnaires qui
participent à cette assemblée par des moyens de visioconférence ou par d'autres procédés
équivalents assurant leur identification sont réputés présents, pour le calcul du quorum et de la
majorité
Paragraphe 2. Les assemblées spéciales (AS)
Parmi les fonctions d'une assemblée spéciale, c'est l'octroi d'autorisation à la décision d'une
assemblée générale pour modifier définitivement les droits relatifs à une catégorie d'actions.

À l'instar des AGO, une assemblée spéciale ne délibère valablement sur premiè convocation
(première assemblée) que si les actionnaires (présents ou représentés) disposent au moins du
quart (1/4) des actions ayant le droit de vote. Alors que, sur la deuxième convocation (deuxième
assemblée) aucun quorum n'est requis. Sauf stipulation statutaire contraire, les actionnaires qui
participent à cette assemblée par des moyens de visioconférence ou par d'autres procédés
équivalents assurant leur identification sont réputés présents, pour le calcul du quorum et de la
majorité.
En outre, la décision d'une AG de modifier les droits liés à une catégorie d'actions n'est définitive
qu'après l'acceptation par l'assemblée spéciale des actionnaires de cette même catégorie.
Paragraphe 3. Les modalités de convocation et de délibérations
des assemblées
A/- Les modalités de convocation des assemblées
En vertu des dispositions de l'article 116 et 116 bis, les modalités de convocation
de l'assemblée générale exercée par le directoire ou le CA, sont également applicables pour la
convocation de l'assemblée spéciale 42. À défaut, et en cas d'urgence, l'assemblée peut être
convoquée par :
un ou des commissaires aux comptes (CAC). Toutefois, il ou ils ne peuvent convoquer
l'assemblée des actionnaires qu'après avoir vainement requis sa convocation par le CA ou le CS
et le directoire. En cas de pluralité des CAC, ils agissent en un commun accord en eux et
déterminent l'ordre du jour. En cas de désaccord sur l'opportunité de convoquer l'assemblée
(dont les frais entraînés par la réunion sont à la charge de la société), l'un d'eux peut adresser
une demande au président du tribunal en sa qualité de juge des référés (qui n'est susceptible
d'aucune voie de recours), pour obtenir l'autorisation de procéder à la convocation, des autres
commissaires, le président du CA ou du CS et du directoire dûment appelés ;
un mandataire désigné par le président du tribunal en sa qualité de juge des référés à la
demande de tout intéressé en cas d'urgence, soit de la part d'un ou plusieurs actionnaires
regroupant au moins le dixième (10°) du capital social ;

Les liquidateurs ;
Les actionnaires majoritaires en capital social ou en droits de vote suite à une offre publique
d'achat ou d'échange ou suite à une cession d'un bloc de titres modifiant le contrôle de la SA ;
Le CS.
Les convocations aux assemblées sont faites par un avis publié dans un journal
d'annonces légales. S'il s'agit des actions nominatives, l'avis susmentionné peut être remplacé
par une convocation adressée à chaque actionnaire conformément aux statuts.
En revanche si la société en question, fait appel public à l'épargne et ne reçoit aucune demande
d'inscription des projets de résolution à l'ordre du jour par l'un des actionnaires, doit publier
« 30 jours au moins avant la réunion de l'assemblée des actionnaires dans un journal figurant
dans la liste fixée par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. »143
Et cet avis de réunion tient lieu d'avis de convocation tel qu'il a été publié.
B/- Les délibérations des assemblées
Les assemblées d'actionnaires sont présidées par le président du CA ou du CS ou en son
absence, la personne désignée dans les statuts. À défaut, la personne désignée par l'assemblée
elle-même son président.
Leurs délibérations sont constatées par un procès-verbal signé par les membres du
bureau et établi sur un registre ou sur des feuilles mobiles 44
Le PV mentionne les dates et lieux de réunion, le mode de convocation, l'ordre du jour, la
composition du bureau, le nombre d'actions participant au vote et le quorum atteint, les
documents et rapports soumis à l'assemblée, en plus, d'un résumé des débats, le texte des
résolutions mises aux voix de vote et le résultat de ces votes..
Il précise également, au moins pour chaque résolution, le nombre d'actions pour lesquelles des
votes ont été exprimés valablement, le nombre total des votes valablement exprimés, la
proportion du capital social représenté par lesdits votes, ainsi que le nombre des votes exprimés
pour et contre chaque résolution et le cas échéant, le nombre d'abstentions.
S'il s'agit d'une société cotée en bourse, elle est tenue de publier sur son site inten dans un délai
n'excédant pas quinze (Í5) jours après la réunion de l'assemblée et l'affichage des résultats des
votes conformément aux modalités susmentionnées. 145
Section III. La dissolution et la liquidation de la société anonyme
Il s'agit des deux procédures qui énoncent la fin de la vie d'une société anonyme,
en fonction d'un ensemble de causes qui justifient le prononcé de l'une des deux décisions.
Paragraphe 1. La dissolution
La dissolution anticipée d'une SA est prononcée soit par l'AGE 46, soit en justice 47 et qui peut
émanée de plusieurs causes spécifiques notamment, à cause des pertes constatées dans les
états de synthèses où la situation nette de la SA devient inférieure au quart (1/4) du capital
social. Dans une telle éventualité, le CA ou le directoire doit dans les trois (3) mois
qui
suivent l'approbation des comptes exposant cette perte, convoquer l'AGE pour décider s'il y a
lieu de prononcer la dissolution de la société148
Si la décision de dissolution est favorable par l'assemblée générale dans ce cas, elle doit
faire l'objet de publication dans un journal d'annonces légales et au bulletin officiel (BO),
déposée au greffe du tribunal et inscrite au registre du commerce.
À défaut de réunion de l'AG ou si cette assemblée n'a pu délibérer valablement sur
dernière convocation, toute personne concernée peut demander en justice la dissolution de la
société. De même, si la société qui souffre de pertes n'a pas réduit son capital d'un montant au
moins égal à celui des pertes qui n'ont pas pu être imputées sur les réserves si - au plus tard à la
clôture du deuxième (2°) exercice suivant celui au cours duquel la constatation des pertes est
Intervenue - les capitaux propres n'ont pas été restitués à concurrence d'une
valeur au moins égale au quart (1/4) du capital social, sa dissolution est prononcée.
En cas de constatation d'une réduction du nombre des actionnaires à moins de cinq
(5 actionnaires) au plus d'un an, tout intéressé peut demander en justice la dissolution de la SA

concernée que le tribunal ne peut accorder qu'après l'impossibilité pour la société de régulariser
sa situation pendant le délai maximum d'un an 49.
À l'égard des tiers, la dissolution de la société ne produit ses effets qu'à compter de
la date à laquelle elle est inscrite au registre du commerce.
Il est à souligner qu'il existe une troisième éventualité où la dissolution de la société est
prononcée sans sa liquidation notamment, dans le cadre d'une fusion qui entraine sa dissolution
et où la société en question disparait et transmet universellement son patrimoine à la société
bénéficiaire 150.
Paragraphe 2. La liquidation
La liquidation d'une SA est régie par les dispositions prévues dans les statuts et celles
contenues dans le DOC, mais qui ne sont pas contraires. En effet, une SA est en liquidation du
moment où la décision de dissolution est prononcée pour quelconque raison.
Sa dénomination sociale est suivie de la mention « société anonyme en liquidation ». La société
concernée sauvegarde sa personnalité morale jusqu'à la clôture de sa liquidation pour les
besoins de celle-ci.
Par la suite, un acte de nomination des liquidateurs est publié dans un journal
d'annonces légales et dans le bulletin officiel si la société a fait appel public à l'épargne et ce,
dans un délai de trente (30) jours. Cet acte doit contenir les indications suivantes :
La dénomination de la société suivie, le cas échéant, de son sigle ;
La forme de la société, suivie de la mention « en liquidation » ;
Le montant du capital social ;
L'adresse du siège social ;
Le numéro d'immatriculation de la société au RC ;
La cause de la liquidation ;
Les coordonnées des liquidateurs : noms, prénoms et domicile ;
Le cas échéant, les limitations apportées à leurs pouvoirs ;
Également, il est indiqué dans la même insertion, le lieu où la correspondance doit être adressée
et celui où les actes et les documents relatifs à la liquidation doit être notifiés,

que de déterminer le tribunal au greffe duquel sera effectué, en annexe au RC, l


Section I.
des pièces susmentionnées.
Par ailleurs, la présence des actionnaires est sollicitée au moment de la liquidation non
seulement, pour statuer sur le compte définitif, sur le quitus de la gestion du liquidateur e la
décharge de son mandat, mais également pour constater la clôture de la liquidation.
À défaut, tout actionnaire est habilité à demander au président du tribunal, en sa qualité
de juge des référés de désigner un mandataire chargé de procéder à la convocation.
Un avis de clôture de la liquidation est signé par le liquidateur est publier à la diligence de celui-
ci dans un journal d'annonces légales ayant reçu la publicité et dans le BO si la société a fait
appel public à l'épargne.
* LA SOCIÉTÉ PAR ACTIONS SIMPLIFIÉE (SAS)
La société par actions simplifiée est une forme juridique préférée par les entrepreneurs qui
envisagent d'exercer leur activité en société en vue de créer ou de gérer une filiale commune ou
de créer une société qui deviendra leur société mère commune.
C'est, en pratique, une structure très souple et flexible, qui apporte par ailleurs une certaine
sécurité aux associés tout en bénéficiant d'une gestion simplifiée et d'un statut plus souple que
celui de la société anonyme.
Régie par la loi 19-20 ayant complété la loi 5-96 sur la SNC, SCS, SCA, la SARL et
la société en participation par l'introduction d'une nouvelle forme juridique au dispositif des
sociétés commerciales en vigueur au Maroc. La SAS est par définition simple vient remplacer la
Société Anonyme simplifiée (régie jusque-là par la loi 17-95 relative aux SA)
par des dispositions juridiquement plus souples et plus adéquates à l'environnement
d'investissement au Maroc tout en garantissant une responsabilité limitée aux actionnaires
puisqu'elle offre une grande marge de manœuvre aux actionnaires.
Elle est une société commerciale qui ne peut pas faire appel à l'épargne publique.
Elle peut résulter de la création décidée par plusieurs associés ou par la volonté d'une seule
personne (SASU) ou par la transformation d'une société existante. Elle présente la particularité
d'être à la fois une société de capitaux, et une société de personne (s), ce qui la rend proche de
la société à responsabilité limitée.

Section I. La formation de la société par actions simplifiée


Paragraphe 1. La constitution d'une SAS
La société par actions simplifiée représente une structure juridique flexible et adaptée
à de nombreux projets entrepreneuriaux. En effet, elle obéit à aux mêmes procédures que celles
des autres formes sociétales, avant qu'elle soit immatriculée au registre de commerce (RC).
Elle est créée un SAS : d'abord, par la constitution de son capital social, puis par l'établissement
des bulletins de souscription et de versement en cas d'apport en numéraire. Ensuite, les
associés rédigent et signent les statuts, avant de procéder au dépôt du dossier de la constitution
et de procéder à son immatriculation au registre du commerce. Enfin, une fois ces formalités
sont achevées, on procède à la publication de la constitution de la SAS au Bulletin officiel et
dans au journal d'annonces légales.
Cette société est constituée par une ou plusieurs personnes (2 associés au moins),
personnes physiques ou morales qui ne supportent les pertes que dans la limite de leurs apports
constitués en actions.
Si la SAS n'est constituée que par un seul associé, dans ce cas celle-ci est désignée comme
société par actions simplifiées à associé unique dite (SASU) 151. Elle peut également, résulter de
la transformation d'une société existante 152.
La dénomination de la SAS, ainsi que le montant du capital social, son siège social et
son numéro d'immatriculation au registre de commerce, doivent figurer dans les factures,
publications, actes, lettres ou autres documents émanant de la société et destinées aux tiers.
Paragraphe 2. Les particularités d'une SAS
La SAS présente la particularité d'être à la fois une société de capitaux et une société
de personne (s), ce qui explique sa ressemblance avec la SARL, toutefois, elle ne peut faire appel
public à l'épargne.
Son capital social est fixé librement par les statuts. Il est divisé en actions négociables
représentatives d'apports en numéraire (argent) ou en nature (par exemple : un véhicule ou du
matériel). Néanmoins, s'il s'agit d'apports en industrie (par exemple les connaissances ou
le savoir-faire ou les capacités techniques), les actions résultant desdits appo
‫د‬/
inaliénables.
conformément
En cas d'actions représentatives des apports en nature, elles doivent être totalemen
(contrairement à la
libérées, contre des titres négociables 53 lors de leur émission. De même pour les actions
représentatives d'apports en numéraire, elles doivent être libérées, mais, uniquement lors de la
souscription du (1/4) quart en moins de leur valeur nominale. En outre, ces deux actions
(numéraire et en nature) sont librement cessibles.
Les statuts peuvent prévoir l'inaliénabilité des actions pour une durée n'excédant pas dix ans (10
ans). Mais, les clauses statutaires peuvent soumettre toute cession desdites actions à une
autorisation préalable de la société.
Comme toute autre forme sociétale, la SAS doit procéder à son immatriculation au registre du
commerce par le dépôt de ses statuts signés par tous les associés 54 et autres pièces justifiant
de l'identité de son dirigeant et de la libération de son capital social.
Section II. Le fonctionnement de la SAS
Les associés ont toute liberté pour organiser le pouvoir de direction de la SAS.
Les statuts déterminent l'organisation, le fonctionnement, les pouvoirs et la rémunération des
organes de direction.
Paragraphe 1. La nomination du président ou des dirigeants
La société par actions simplifiée est dirigée par une ou plusieurs personnes physiques ou
morales conformément à la loi en vigueur ou selon les clauses statutaires qui détermineront les
conditions dans lesquelles la société sera dirigée. À l'égard des tiers, cette société est
représentée par un président désigné
$O
actions
lors
conformément aux statuts, il peut être une personne physique ou une personne morale
(contrairement à la SA où une personne morale ne peut être nommée président).
Paragraphe 2. Les pouvoirs du président
Le président est doté d'un large pouvoir pour intervenir en toute circonstance au nom de la
société, à condition qu'il ne dépasse pas son objet social, par exemple, dans le cadre de l'achat
d'un terrain en France signé par le président de la SAS et pour son compte, est opposable à la
société dont l'objet pourtant est la prestation de service en matière d'études électriques.
Toutefois, en cas de restrictions statutaires limitant ses pouvoirs, elles restent inopposables aux
tiers, comme dans l'éventualité où une clause statutaire qui interdit au président de la SAS de
signer des chèques supérieurs à 135.000 dirhams, n'est pas opposable au fournisseur qui a
accepté un chèque de 218.000 dirhams en paiement de marchandises.
La société est également, engagée par les mêmes actes du président qui ne relèvent pas de son
objet social à moins qu'elle ne prouve que le tiers en question sût au préalable que l'acte
dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait l'ignorer compte tenu des circonstances.
Dans les rapports entre associés, les pouvoirs dudit président et des autres dirigeants,
le cas échéant, sont déterminés par clauses statutaires.
Il est à souligner que, ce président ou les dirigeants nommés par les statuts et désignés à cet
effet ont tous les pouvoirs d'administration, de direction et de gestion. L'ensemble des règles
générales relatives aux sociétés anonymes et celles fixant la responsabilité des membres des
organes d'administration, de direction ou de gestion sont également applicables au président et
aux dirigeants d'une SAS155
Si le président ou dirigeant d'une SAS est une personne morale, dans une telle éventualité, ses
dirigeants se trouvent engagés et soumis aux mêmes conditions et encourent les mêmes
responsabilités civile et pénale que s'ils étaient président ou dirigeant agissant en leur nom
propre, sans préjudice de la responsabilité solidaire de la personne morale qu'ils dirigent.

la différence d'une SA, dans une SAS, en cas de réunion en une seule m. de toutes les actions,
la société en question continue d'exister, une telle possibilité ne constitu pas un motif de
dissolution de la société. Néanmoins, la modification de la dénomination de la société s'impose
156.
Paragraphe 3. Le commissaire aux comptes
Les associés peuvent nommer à la majorité des associés, un ou plusieurs commissaires aux
comptes (nomination facultative). Par ailleurs, les sociétés, dont le chiffre d'affaires à la clôture
d'un exercice comptable dépasse un montant fixé par voie réglementaire, doivent nommer au
moins un commissaire aux comptes.
Même si le seuil du chiffre d'affaires n'est pas atteint, tout associé peut s'adresser au président
du tribunal en sa qualité du juge des référés pour demander la désignation d'un ou plusieurs
CAC.
Ce CAC est tenu selon le cas, de fournir aux associés, un rapport sur les conventions intervenues
directement ou par une personne interposée entre la SAS et son président ou ses dirigeants. Ils
sont tenus de statuer sur ledit rapport.
Les contrats non approuvés produisent toutefois leurs effets, à charge pour la personne
intéressée et éventuellement pour les dirigeants et le président d'en supporter les conséquences
des dommages causés à l'entreprise. Néanmoins, s'il s'agit des opérations courantes et de
conventions conclues à des conditions normales, la loi en vigueur n'engage aucunement ni le
président ni les autres dirigeants pour de tels contrats 57.

TITRE III. LES BIENS DU COMMERÇANT :


LE FONDS DE COMMERCE
Faisant partie des biens commerciaux, le fonds de commerce (CHAPITRE I) en tant qu'un bien du
commerçant est exploité par ce dernier, pour les besoins de son commerce.
Conformément aux dispositions de l'article 79 du code de commerce, il est défini comme un :
« bien meuble incorporel constitué par l'ensemble de biens mobiliers affectés à l'exercice d'une
ou de plusieurs activités commerciales ». Cette définition le présente sous forme d'un
groupement d'un certain nombre d'éléments hétérogènes, destinés à acquérir une clientèle.
Chacun de ces éléments concourant à l'existence du fonds jouit d'un régime juridique et d'une
valeur qui lui propre. Cependant, la réunion de tous ces éléments sous une direction unique et
l'action respective qu'ils ont les uns sur les autres, c'est ce qui crée ce fonds.
Comme tout élément actif du patrimoine commercial, il peut faire l'objet de plusieurs actes
juridiques dans le cadre des opérations commerciales (CHAPITRE II), notamment sa vente
commerciale, son nantissement et la gérance libre, connues comme les opérations les plus
courantes exercées sur un fonds de commerce.
CHAPITRE I. LE STATUT JURIDIQUE DU FONDS DE COMMERCE
Il convient d'analyser le statut juridique du fonds de commerce en portant éclairage, d'une part,
sur la figure de ce fonds (Section I) notamment, à travers l'étude de sa composition et de sa
nature. D'autre part, sur la propriété commerciale (Section II), où le commerçant exploite un
locale pour les besoins de son commerce, en tant que locataire et la propriété industrielle en tant
qu'un ensemble de droits dont jouit le commerçant pour les besoins de son commerce (Section
III).

Section I. La figure du fonds de commerce


Le fonds de commerce se compose soit des éléments corporels (Paragraphe 1), soit des
éléments incorporels (Paragraphe 2). Les dispositions de l'article 80 du CC proposent une
énumération de ces éléments qui ne peut être considérée comme limitative 158.
. En effet,
les éléments varient d'un commerce à un autre et au cours du temps à l'intérieur d'un même
fonds.
Paragraphe 1. Les éléments corporels
Les éléments corporels d'un fonds de commerce comprennent des droits sur des choses
corporelles et mobilières à l'exclusion des immeubles. Ils regroupent deux éléments essentiels à
savoir, le matériel et l'outillage (A) et les marchandises (B).
A/- Le matériel et l'outillage
Le matériel et l'outillage portent sur l'ensemble du mobilier commercial (biens meubles
corporels) qui sert à l'exploitation du fonds de commerce notamment, Les tables, les rideaux, les
sièges, les machines, les voitures, le mobilier de bureau (ex : matériel bureautique, bureaux,
meubles de rangement), etc.
B/- Les marchandises :
Les marchandises sont les biens meubles corporels destinés à la vente. Autrement dit, ils
constituent la matière même sur laquelle porte le commerce, par exemple : les stocks de
matières premières, de produits fabriqués ou semi finis.
Paragraphe 2. Les éléments incorporels
Les éléments incorporels reposent sur un ensemble de composants qui confère au fonds
l'essentiel de sa valeur, on y trouve

A/- La clientèle et l'achalandage


S'agissant de la clientèle, elle est constituée par l'ensemble des personnes en relation d'affaires
avec le commerçant et qui lui sont attachés en raison de sa compétence ou de son savoir-faire
ou pour le rapport qualité-prix qu'il fournit. Ces personnes sont désignées comme des clients
permanents.
Alors que l'achalandage est une notion qui désigne les personnes de passage ou
des clients occasionnels qui sont juste attirés par l'emplacement du fonds.
Afin de constituer un élément du fonds de commerce, la clientèle doit présenter
les caractères suivants :
Premièrement, elle doit être commerciale et résulter de l'exercice d'actes de commerce.
La clientèle attachée au fonds de commerce diffère de celle dite civile, attachée à une personne
bien déterminée (architecte, médecin...). La clientèle civile est essentiellement intéressée par les
compétences et les aptitudes d'une personne, elle n'est pas liée à des éléments corporels qui
peuvent être objet de transfert.
Deuxièmement, elle doit être personnelle. Autrement dit, propre au fonds et non dérivée d'une
autre entreprise, par exemple: dans le cas d'une station de service ou des grandes surfaces,
dont les petits commerces exploitent en tant que locataire de l'immeuble installé dans l'enceinte
de ses établissements. Ils ne peuvent prétendre qu'ils disposent d'une clientèle réelle et
certaine, propre à eux et donc, la condition que la clientèle doit être personnelle n'est pas
toujours respectée.
Troisièmement, elle doit être actuelle, c'est-à-dire résulter d'une activité en cours ou du moins
d'un commencement d'exploitation. Ainsi, la clientèle virtuelle ou potentielle ne pourrait être
prise en considération puisque la condition d'existence est absente.
Toutefois, bien que la clientèle soit un élément essentiel dans la constitution d'un fonds, elle
n'est pas pour autant suffisante. Elle exige l'existence d'un élément du fonds de commerce
autour duquel s'effectuera le ralliement de la clientèle qui lui servira de support. Cet élément
variera suivant le genre de commerce.
Dans le cas de commerce de détail où l'emplacement revêt une extrême importance, l'élément
de ralliement de la clientèle sera souvent le droit au bail. En revanche, pour une entreprise,
l'élément susceptible de rallier la clientèle sera plutôt une marque de fabrique.
B/- Le droit au bail
Le droit au bail représente un droit dont jouit le commerçant locataire qui loue un immeuble
(local) pour l'exploitation de son fonds de commerce. Toutefois, s'il en est propriétaire, le local
en question ne peut faire partie du fonds de commerce en raison de son caractère mobilier.
C/-Le nom commercial
Le nom commercial indique la dénomination sous laquelle un commerçant (personne morale ou
physique) désigne le fonds de commerce qu'il exploite, pour l'identifier dans ses rapports avec la
clientèle. Il doit être constitué soit par un nom patronymique du commerçant ou par un nom de
fantaisie. Pour les personnes morales, ce nom est désigné sous l'appellation « raison sociale »
pour les sociétés de personnes, alors que pour les sociétés de capitaux, il est déterminé comme
« dénomination sociale ».
Le titulaire d'un nom patronymique identique à un nom commercial déjà existant ne peut l'utiliser
pour distinguer son activité commerciale qu'à la condition de lui ajouter une autre indication qui
le distingue. Il fait partie du fonds de commerce et il est cessible avec le fonds même s'il est
constitué par un nom patronymique. Néanmoins, l'acquéreur dans une telle éventualité doit
ajouter une indication de nature à éviter toute confusion entre les deux noms. La même
obligation incombe aux héritiers s'ils veulent bénéficier des droits conférés par l'immatriculation
au registre du commerce.
D/-L'enseigne
L'enseigne comme le nom commercial avec lequel elle se confond souvent, sert à distinguer et
d'individualiser un établissement ou un magasin d'un autre par un sigle extérieur, un logo ou par
une image apposée sur un local et se rapportant à l'activité qui s'y exerce (elle permet
d'identifier géographiquement le local de l'exploitation), par exemple :
sous forme d'un panneau suspendu à l'entrée de l'établissement qu'elle désigne.
Elle bénéficie par la même occasion de la même protection que le nom commercial,
contre toute usurpation ou imitation par l'action en concurrans déloyale

E/-Les droits de la propriété industrielle


Les droits de la propriété industrielle peuvent être des éléments du fonds de commerce, mais ils
peuvent aussi en être détachés et ayant une valeur indépendante. En effet, il s'agit des droits
autres que l'enseigne et le nom commercial :
. Le brevet d'invention qui représente un titre délivré par l'organisme chargé de la
propriété industrielle (OMPIC) 5º confère à son titulaire pendant 20 ans 160 un droit
exclusif d'exploitation de l'invention qui en l'objet16 ;
. La marque de produits ou de services qui consiste en un signe distinctif apposé sur les
produits ou utilisé à l'occasion de prestations de services ;
. Le dessin ou modèle industriel : le premier est un assemblage de lignes et de couleurs,
alors que le second revêt une forme plastique, associée ou non à des lignes et des
couleurs, dont les deux (assemblage et forme) donnent une apparence spéciale et plus
attrayante au produit industriel et peuvent servir de type pour la fabrication du produit.
Section II. La propriété commerciale
•Si un commerçant n'est pas propriétaire de l'immeuble dans lequel est établi son fonds de
commerce, sa qualité de preneur des locaux nécessaire à l'exploitation, appelle une protection
toute particulière.
En effet, l'attachement d'une clientèle est largement conditionné par la situation de l'entreprise
et il serait lésant qu'un commerçant ou un industriel fût privé, par le défaut de renouvellement de
son bail, d'une partie de ses clients.
La perte de jouissance des locaux loués pourrait entrainer la ruine du commerçant locataire.
L'avantage ainsi, conféré au preneur pour renouveler ses baux dont il est titulaire est la propriété
commerciale. Paragraphe 1. Le droit de renouvellement
A/- La définition du droit au renouvellement
Le concept droit de renouvellement est communément connu sous l'appellation de « propriété
commerciale ». Cette notion est régie par les dispositions de la loi n° 49-16 relative aux baux des
immeubles ou des locaux loués à usage commercial, industriel ou artisanal 162
2. Il naît par la conclusion d'un contrat de bail écrit ayant date certaine et d'un état
descriptif des lieux loués au moment de la prise de possession du local 163
. Il servira de preuve
entre les parties contractantes à savoir, le bailleur et son locataire. Le respect d'une telle
exigence est déterminant pour enclencher certaines procédures et obtenir certaines indemnités.
De ce fait, un locataire ne peut bénéficier du renouvellement du bail que lorsqu'il justifie
d'une jouissance consécutive du local pour une durée d'au moins de deux ans (2 ans) 164
Le droit de renouvellement est accordé dès le versement par le locataire au bailleur d'« un pas
de porte » qui constitue la somme d'argent payée en contrepartie du droit de bail et qui doit
obligatoirement être constaté soit par écrit dans le contrat, soit par acte séparé. En principe,
toutes les charges sont fixées par entente entre les contractants. En cas d'absence de
stipulation de la partie à laquelle incombent lesdites charges, elles sont considérées comme
étant incluses au loyer.
B/- Les conditions du renouvellement du bail
En vertu des dispositions de l'article 6 de la présente loi, déclare nuls et de nul effet, quelle
qu'en soient la forme, les clauses, stipulations et arrangements qui auraient pour effet de faire
échec au droit de renouvellement. Le locataire ne peut bénéficier du renouvellement que dans
certains cas à savoir :
-En cas de démolition et reconstitution: le bailleur est tenu de verser à son locataire une
indemnité provisoire (dommages-intérêts pour éviction pour démolir et reconstruire le local)
équivalente au loyer de trois (3) années. Et de consérver à ce dernier le droit au renouvellement
du bail si le nouvel immeuble comporte des locaux à usage similaire
ommercial, industriel ou artisanal) fixé par la juridiction sur la base d'un plan approuvé par raurité
compétente, à condition qu'il coresponde, autant que possible, à l'ancien local et à l'activité
exercée. En outre, le locataire peut sur demande adressée au tribunal mettre à la charge du
bailleur une partie des frais d'attentels qui ne peut être inférieur à la moitié, durant la période des
travaux.
– En cas des locaux menaçant ruine: le locataire n'a pas droit au renouvellement que si la
reconstruction ou la rénovation est opérée dans un délai de trois (3) ans suivant la date de
l'éviction. En effet, le locataire dispose plutôt d'un droit de reprise du local qui lui sert de
fonds de commerce. Il doit faire connaître sa volonté de reprise au bailleur au cours de
l'action en éviction, dans un délai de trois (3) mois à compter de la date de notification'66.
À défaut, le bailleur est tenu, sous peine d'indemnisation pour perte de fonds de
commerce, d'aviser le locataire de la date du début de l'opération de reconstruction. De sa
part, le bailleur qui se trouve face à une situation de pluralité de locataires jouit d'un droit
de priorité aux locaux reconstruits qui lui permet de renouveler le bail avec le locataire le
plus ancien ayant exprimé son intention de renouvellement et dans la limite des locaux à
superficie égale à celle des anciens locaux exploités par le locataire ou à ceux adaptés
pour abriter le matériel et l'activité qu'il exerçait dans les anciens locaux. Si les nouveaux
locaux ne conviennent pas à l'activité du locataire, il peut user de son doit de priorité sur
les locaux reconstruits pour y exercer une autre activité compatible avec le
réaménagement de l'immeuble.
– En cas d'extension ou surélévation du local par le propriétaire: si la propriété en question
nécessite l'évacuation du ou des locaux loués, la durée d'éviction temporaire du locataire
est déterminée par le bailleur qui ne peut pas dépasser une (1) année de la date d'éviction
(qui n'est prononcée que sur requête adressée au président du tribunal). Durant cette
opération le locataire a droit à une indemnité pour la durée d'éviction correspondante au
préjudice subi et n'excède pas le montant des bénéfices réalisés sur la base des
déclarations fiscales au titre de l'exercice précédent, en prenant en considération les
salaires de la main-d'œuvre et des droits et taxes dus lors de la période où il a été privé du
local. Dans tous les cas l'indemnité mensuelle ne doit pas être inférieure à la valeur du
loyer'67

– Paragraphe 2. Les modalités du refus de renouvellement
– À l'arrivée du terme du bail commercial, le bailleur peut refuser le renouvellement du bail
avec le locataire. Dans une telle éventualité, le refus du bailleur peut être soit justifié (B),
soit sans juste motif (4), dans ce cas, le bailleur sera contraint de verser des indemnités à
– son locataire.
– A/- Le refus justifié du renouvellement
– Le bailleur peut opposer un refus à la demande de renouvellement et demander
– l'éviction du locataire pour justes motifs notamment, en cas de manquement du locataire à
ses obligations notamment, s'il n'a pas payé de loyer dans un délai de quinze (15) jours
après réception de la mise en demeure et le montant du loyer dû équivaut au moins à trois
(3) mois ;
– Lorsque le locataire introduit, sans consentement du bailleur une transformation dans le
local de nature à porter préjudice au bâtiment et à sa sécurité ou en élever les charges, à
moins que le locataire fasse connaitre son intention de remettre les lieux à l'état initial
dans le délai fixé par la mise en demeure et que les travaux soient réalisés dans tous les
cas, dans un délai qui ne dépasse pas trois (3) mois ;
– Lorsqu'il change l'activité de son fonds de commerce sans l'accord du propriétaire, à
moins que le locataire fasse connaître son intention de la remettre à l'état initial dans le
délai qui lui a été fixé et que cette remise à l'état soit, dans tous les cas, effectuée dans un
délai ne dépasse pas trois (3) mois ;
– Lorsque le local menace ruine, à moins que le locataire prouve la responsabilité du bailleur
de ne pas avoir entrepris les travaux d'entretien dont il est chargé par un commun accord
ou en vertu de la loi, en dépit de sa mise en demeure ;
– Lorsque le local qui sert de fonds de commerce est tombé en ruine dû à la négligence du
locataire, d'une force majeure (par ex : inondation) ou d'un cas fortuit ;
– Si le locataire signe avec un tiers un contrat de sous-location en infraction du contrat de
bail ;
– Lorsque le fonds de commerce perd sa clientèle et son achalandage suite à la fermeture
du local loué pendant au moins deux (2) ans. Le bailleur qui entend mettre fin au bail est
tenu d'adresser au locataire un congé détaillant les motifs qui justifient la fourniture du
congé définitif, en lui accordant un délai d'éviction qui débute à partir de la date de
réception. Ce délai est fixé à :
– Quinze (15) jours si la requête est basée sur le défaut de paiement des loyers ou si le local
occupé est menaçant ruine ;
– Trois (3) mois lorsque la requête est basée sur une volonté de reprendre le local pour
usage personnel, pour démolition et reconstruction, pour extension ou surélévation ou
pour un motif sérieux lié à l'inobservation par le locataire des clauses du contrat de bail.
– Lorsque le locataire ne donne pas suite à la mise en demeure par le bailleur, ce dernier est
en droit d'adresser une requête au tribunal (soit le tribunal de commerce, soit le tribunal
de première instance: la chambre commerciale)168 pour sa validation à compter de la date
de l'expiration du délai prescrit.
– À défaut de notification en raison de la fermeture permanente du local, le bailleur peut
engager l'action en validation après l'expiration du délai imparti à partir de la date à
laquelle le procès-verbal (PV) a été adressé. À l'expiration d'un délai de six (6) mois à
compter de la date d'expiration du délai accordé au locataire, le bailleur se trouve déchu
de son droit de demander la validation du congé. Néanmoins, le bailleur peut engager
l'action en validation, mais seulement en vertu d'un nouveau congé, tout en respectant les
mêmes conditions 69
– Une fois la juridiction compétente estime que le motif est fondé, elle ordonne sur demande
du bailleur la validation dudit congé et l'éviction du locataire170. Si le locataire n'introduit
pas au cours de l'action en validation du congé ni durant le délai de six (6) mois à partir de
la date de notification du jugement définitif d'éviction, sa requête d'indemnisation, le
jugement prononçant l'éviction est exécuté!"
– B/- Le refus du renouvellement sans juste motif
– Le bailleur est dans le droit d'opposer au locataire son refus de renouveler le bail et
donner congé définitif. Toutefois, lorsque le refus n'est pas motivé, il sera tenu de verser
des dommages-intérêts au locataire en fonction du préjudice subi puisque cette indemnité
représente la contrepartie financière des avantages que lui aurait procurés le renouvelem
En effet, cefte indemnité d'éviction comprend la valeur du fonds de commerce estimée sur
la base des déclarations fiscales au titre des quatre derniers exercices, en plus des
dépenses occasionnées par les travaux de rénovation et de restauration ainsi que des
éléments du fonds de commerce perdus par le locataire. Elle comprend également les frais
de déménagement.
– Est réputée nulle, toute stipulation ou clause ou compromis susceptibles de priver le
locâtaire de faire prévaloir ses droits à l'indemnité de résiliation. De ce fait, ladite
indemnité ne peut être inférieure au montant versé en contrepartie du droit au bail 72
– Lorsque le bailleur adresse à la juridiction compétente une requête pour la validation du
congé d'éviction après que le locataire n'a pas donné de suite audit congé, si elle estime
que ladite demande est fondée sur des motifs non légitimes, systématiquement, elle
rejette sa demande. D'un autre côté, le locataire peut durant le déclenchement de l'action
en validation du congé demandée par le bailleur, d'introduire une requête aux fins
d'indemnisation. À défaut, il peut tout de même l'engager dans un délai de six (6) mois à
partir de la date de notification du jugement définitif d'éviction. La procédure d'exécution
du jugement prononçant l'éviction n'est engagée qu'après dépôt de l'indemnité.
– Section III. La propriété industrielle
– La notion de la propriété industrielle en tant que composant de la propriété intellectuelle
(concerne généralement et non exclusivement l'ensemble des « œuvres de l'esprit »173
dont peut se prévaloir le créateur de l'œuvre et qui rapporte en contrepartie une
rétribution financièrement potentielle. Elle distingue les créations littéraires et artistiques
des créations industrielles), désigne des droits dont leur caractère commun est de résulter
de l'activité créatrice de l'individu créateur de l'œuvre.
– La détermination du terme propriété s'évoque dans la mesure où le titulaire de l'œuvre
peut opposer son droit à tous et peut en disposer à sa guise sans des restrictions légales
puisqu'il en dispose librement en tant que propriétaire.
– La particularité de cette propriété est qu'elle permet la protection et la valorisation des
inventions, des innovations et de créations. Elle comprend les brevets d'invention
(Paragraphe 1), les dessins et modèles industriels (Paragraphe 2), les marques de fabrique
de commerce ou de services (Paragraphe 3) à la lumière de la loi n°17-97 telle qu'elle a
été modifiée et complétée.
– Paragraphe 1. Les brevets d'invention
– Considéré comme un titre délivré par l'Etat à la demande du détenteur d'une œuvre
industrielle. Un brevet d'invention (un bien immatériel) octroi à son titulaire le droit de jouir
exclusivement et temporairement de l'exploitation de sa création.
– À défaut de brevet, l'auteur de l'invention ne dispose pas réellement d'un véritable
« bien », mais plutôt d'un savoir-faire qui n'est rentable que du moment qu'il est breveté

de sorte à interdire aux autres d'utiliser cette invention sans l'autorisation préalable du
titulaire de l'invention.
– En outre, ce brevet d'invention qui protège toute innovation technique pendant
– une durée de 20 ans dans le territoire où le titre est délivré assure également à son
titulaire des avantages stratégiques et commerciaux face à la concurrence et les
imitateurs de sorte à renforcer la place de son titulaire sur le marché d'une part et devenir
une source de revenus pour lui son invention fait l'objet de licences.
– Dans ce sens, nous allons traiter dans un premier lieu, l'acquisition du brevet
– d'invention (A), avant de s'attarder sur ses effets (B).
– A/- L'acquisition du brevet
– L'acquisition du titre brevet d'invention est principalement soumise au respect d'un certain
nombre de conditions de fond (a) et de forme, liées à la procédure d'inscription de
l'invention (b).
– a- Les conditions de fond
– En pratique, une idée n'est pas brevetable, seuls les procédés techniques
– Permettant sa matérialisation le sont. La loi en vigueur souligne une liste d'invention exclut
– à la brevetabilité 174. Elle concerne, les découvertes, les théories scientifiques et les mét
mathématiques; les créations esthétiques; les méthodes de traitement chirurgical
thérapeutique du corps humain ou animal en plus des méthodes de diagnostic appliquées
au corps humain ou animal; les inventions contraires à l'ordre public et aux bonnes
mœurs ; les variétés végétales ou les races animales en outre, des procédés
essentiellement biologiques d'obtention de végétaux ou de sélection de races d'animaux ;
les présentations d'informations ; les plans, principes et méthodes dans l'exercice
d'activités intellectuelles, en matière de jeu ou dans le domaine économique ainsi que les
programmes d'ordinateurs considérés comme tels.
– Ainsi, pour être brevetable, une invention doit obligatoirement répondre à trois
– critères: premièrement, la nouveauté ce trait repose sur la méconnaissance préalable du
public de l'invention objet de brevet (n'a pas été divulguée auparavant publiquement) elle
doit être une découverte nouvelle sans précédent non rendu public (soit par des
communications orales ou par l'usage, soit dans la publication de brevets, soit dans
d'autres types de publications).
– Ce qui explique la nécessité d'effectuer une recherche bibliographique préalable avant de
déposer toute demande de brevetabilité.
– Deuxièmement, l'invention en question doit porter sur une activité inventive
– ne découlant pas pour la personne qui est compétente dans un domaine précis, d'une
manière évidente de l'état technique'
– Troisièmement, l'applicabilité industrielle de l'invention ne se réalise que du moment
– que la création objet de brevetabilité présente une utilité déterminée, probante et crédible.
– b- Les conditions de forme
– L'ensemble des conditions de forme en matière de brevetabilité des inventions porte
– principalement sur la procédure d'enregistrement de la création auprès de l'OMPIC qui
vérifie la régularité de la demande déposée.
– Elle s'effectue soit par le propriétaire de la création en personne (personne physique
– ou morale), soit par une tierce personne (un mandataire).
– 4 Le dépôt du dossier de brevet d'invention
– Le dossier de dépôt d'une demande d'invention doit comporter un certain nombre
d'éléments notamment, un formulaire (B1)176 de dépôt de ladite demande ; une
description détaillée de l'invention portant sur son domaine, l'état de la technique
antérieur, une description du problème technique et de la solution apportée par l'invention
et les applications industrielles envisageables; de déposer également, une ou plusieurs
revendications, qui déterminent l'objet et les limites de la protection demandée; les
dessins, s'ils sont indispensables à la compréhension de l'invention; ainsi qu'un abrégé qui
résume le contenu technique de
– l'invention.
– Pour la validité de la procédure, il est impératif de disposer au moment du dépôt de la
demande de brevet d'invention, dudit formulaire et de la description de l'invention ou du
renvoi à une demande déposée antérieurement à défaut, ladite demande est considérée
comme irrecevable. L'intéressé ou son mandataire dispose d'un délai d'un (1) mois à
compter de la date de dépôt pour payer les droits exigibles de dépôt da ladite demande,
sinon elle est considérée comme retirée. Une requête en poursuite de procédure! peut être
envisagée pour se rattraper178.
– Il est à souligner que durant cette procédure qu'un rapport de recherche préliminaire
– accompagné d'un avis sur la brevetabilité visant à apprécier la nouveauté, l'activité
inventive et l'application industrielle de l'invention en question, soit établi par un
examinateur brevet spécialiste dans le domaine technique de l'invention. Il cite l'état de la
technique, autrement dit qu'il dresse une liste de brevet d'inventions et de documents en
relation avec cette invention et qui ont été rendus accessibles au public avant la date de
dépôt de ladite demande de brevet d'invention.
– Le rapport est accompagné d'une opinion sur la brevetabilité de l'invention.
– Cette opinion permettra d'interpréter le rapport de recherche en ce qui concerne les
critères de brevetabilitél Après l'expiration d'un délai de 18 mois à compter de la date de
dépôt
– de la demande de brevetabilité, et si cette demande n'a pas été rejetée ni retirée, celle-
publiée. Si le rapport de recherche préliminaire est établi, il est publié avec, à défau ils
sont publiés séparément. Il arrive qu'après la publication, certains tires se manifestem
pour présenter des observations sur la brevetabilité de l'invention. Ils disposent d'un délai
de deux mois après la publication de la demande pour se manifester et ils joussent d'un
délai de deux mois (2 mois) pour réceptionner une réponse de la part du déposant de la
demande.
– • Avant la délivrance du titre de brevet d'invention, un rapport de recherche définitif est
arrêté en fonction du rapport de recherche préliminaire et des observations du demandeur
et/ ou des tiers et des revendications éventuellement modifiées 80. La vérification de
l'absence des motifs de rejet (comme l'absence manifeste de nouveauté ou d'activité
inventive), le brevet d'invention est délivré après acquittement des droits exigibles. Ainsi,
le brevet sera publié avec le rapport définitif et l'OMPIC remet dans ce cas le titre du
brevet d'invention délivré, sur demande, à son titulaire ou son mandataire 181
– B/- Les effets du brevet d'invention
– À compter du jour du dépôt de la demande de brevetabilité, le brevet octroie à son titulaire
un droit exclusif d'utilise et, de jouir et de disposer de son invention soit à titre personnel
ou par un tiers. Le titulaire du brevet peut le vendre (cession totale ou partielle entre le
cédant et le cessionnaire), le mettre en gagel82 (afin d'obtenir des fonds pour
l'entreprise) voire même le louer (acte de concession de licence où le donneur de licence
accorde à un tiers l'autorisation d'exploiter l'invention brevetée à des fins mutuellement
convenues), etc.
– Quelle que soit la manière dont il l'exploite, les actes affecteront la vie dudit brevet
devront être inscrits sur le registre national des brevets.
– En effet, l'utilité de ces inscriptions réside dans le fait qu'elles rendent les actes
– réalisés sur le brevet, public et opposables aux tiers, comme la possibilité de transmettre
les droits attachés à la demande de brevet ou au brevet, qui : soit comprend tous les droits
attachés à la demande de brevet ou au brevet, soit se limite uniquement à certains droits;
ou bien de concéder une licence d'exploitation exclusive ou non exclusive attachée à la
demande de brevet d'invention ou au brevet d'invention; ou d'envisager la possibilité que
es droits attachés à la demande de brevet d'invention ou au brevet d'invention fassent
l'objet d'une mise en gage.
– Par ailleurs, le titulaire du brevet assure également, dans le cadre de l'exploitation de son
invention une obligation de paiement d'annuités qui permet de maintenir le brevet
d'invention en vigueur pour une période de 20 ans. Au-delà de cette période, l'invention
tombe dans le domaine public et par conséquent, ne jouit plus de la même protection et
toute personne peut l'exploiter.
– Paragraphe 2. Les dessins et modèles industriels (DMI)
– Selon l'article 104 de la loi n° 17-97 : « est considéré comme dessin industriel tout
assemblage de lignes ou de couleurs et comme modèle industriel toute forme plastique,
associée ou non à des lignes ou à des couleurs, pourvu que cet assemblage ou cette
forme donne une apparence spéciale à un produit industriel ou artisanal et puisse servir de
type pour la fabrication d'un produit industriel ou artisanal», ainsi, les dessins et modèles
peuvent être définis comme des créations qui ont un caractère esthétique, qui donnent au
produit une certaine originalité, et une forme plus attrayante.
– A - Les conditions de dépôt des DMI
– La loi ne protège que les créations qui apportent quelque chose de nouveau à la société.
– Un dessin ou modèle est nouveau s'il n'a pas été rendu accessible au public avant la date
de son dépôt. Néanmoins, il n'est pas considéré comme rendu accessible au public par le
seul fait que, dans les six mois précédant la date de son dépôt, il a figuré pour la première
fois dans une exploitation internationale officielle organisée sur le territoire de l'un des
pays de l'union international pour la protection de la propriété industrielle183
– Lorsque le même objet constitue une invention brevetable, et que le dessin ou modèle
– industriel est nouveau, et si les éléments constitutifs de la nouveauté du dessin ou modèle

industriel sont inséparables de ceux de l'invention, ledit l'objet ne peut être protégé que
comme conformément aux dispositions applicables aux brevets d'invention. En effet, un
dessin ou modèle n'est considéré comme nouveau que lorsque l'impression visuelle
d'ensemble qu'il suscite chez l'observateur averti diffère de celle produite par tout dessin
ou modèle rendu accessible au public par une publicité ou tout autre moyen, avant la date
de son dépôt ou, le cas échéant, avant la date de priorité. La vérification de ce trait de
nouveauté avant le de d'une demande d'enregistrement semble indispensable pour éviter
le rejet de cette procédure d'enregistrement.
– B/-Les formalités de dépôt et d'enregistrement des DMI
– Le dépôt de la demande d'enregistrement peut s'effectuer par toute personne physique ou
morale, ayant un domicile ou un établissement industriel ou commercial au Maroc. Elle
peut déposer une demande d'enregistrement de dessin ou modèle industriel. Les
personnes ne satisfont pas cette condition, peuvent faire élection de domicile auprès d'un
mandataire domicilié ou ayant son siège social au Maroc. Il doit être déposé au siège de
l'OMPIC à Casablanca, auprès de l'une des antennes régionales réparties sur le territoire
national, au niveau des espaces de services dédiés auprès de la chambre de commerce de
Casablanca ou la chambre française de commerce à Casablanca; ou en ligne à travers la
plateforme www.directinfo.ma.
– Un même dépôt peut porter jusqu'à cinquante dessins ou modèle industriels s'ils sont du
– même genre. Le dépôt fait l'objet d'un enregistrement au registre national des dessins et
modèles industrielsl8+
– *, afin de permettre au propriétaire du dessin ou modèle de se prémunir contre la
contrefaçon
– et faire valoir ses droits devant les tiers. La date de dépôt est celle de l'enregistrement.
– Le dossier de dépôt doit comporter une demande de dépôt de dessin ou modèle
– industriel mentionnant l'objet du dessin ou modèle industriel, il doit comporter également
une reproduction graphique ou photographique ou trois exemplaires des dessins ou
modèles industriels et l'intitulé des reproductions graphiques ou photographiques qui s'y
rapportent.
– Cette reproduction peut être accompagnée d'une brève description. Enfin, le dossier doit
compter la justification des droits exigibles! 85
– L'utilité d'une telle procédure réside dans le fait qu'elle permet d'assurer la protection
– dudit dessin ou modèle qui ne se concrétise que la délivrance d'un certificat
d'enregistrement.
– Toutefois, le titulaire devra veiller à maintenir en vigueur ses droits et à mettre à jour
toutes les informations concernant ses dessins ou modèles sur le registre national. En
effet, l'enregistrement d'un dessin ou modèle industriel produit ses effets durant cinq
années à compter de la date du dépôt. Il est renouvelable pour deux périodes
consécutives de cinq années. Le renouvellement de l'enregistrement doit être effectué
dans les six mois précédant
– 'expiration de sa durée de validité. Pourtant, le droit exclusif d'exploitation attaché au
dessin ou modèle industriel protégé prend fin à l'expiration d'un délai maximum de quinze

ans à compter de la date ou dépôt initiall 86


– Le créateur d'un dessin ou modèle industriel ou ses ayants droit peut bien entendu
– exploiter le dessin ou le modèle déposé, il peut également vendre ou faire vendre ce
dessin ou modèle industriel187 , le donner en concession exclusive ou non exclusive
d'exploitation et
– le mettre en gage. Ces actes sont à peine de nullité constatée par écrit, et pour être
opposables aux tiers, inscrits au registre national des dessins et modèles industriels tenu
par l'OMPIC188
– Paragraphe 3. Les marques de fabrique de commerce ou de services
– La marque est le signe qui permet de distinguer les produits ou les services
– d'une personne physique ou morale189 de ceux offerts par la concurrence. Ainsi, on
distingue trois types de marques: une marque de fabrique est apposée par un fabricant
sur un produit intermédiaire ou sur un produit fini; une marque de commerce elle est
apposée sur des produits mis en vente par un commerçant. Et une marque de services qui
désigne les services offerts par une entreprise par exemple (services financiers,
publicitaires, restauration, etc.)
– Une marque peut être en outre, une marque collective si elle est déposée par
– un groupement de personnes (association, coopérative, etc.,) permettant de distinguer les
produits et/ou services de ses membres de ceux d'autres entités. L'utilisation de la marque
se fait tout en se soumettant à un règlement d'usage, ou une marque de certification qui
s'applique à un produit ou un service qui respecte certaines normes précisées dans le
règlement de l'enregistrement comme l'ISO 9000.
– A/-Les caractéristiques d'une marque
– Le fait de bénéficier d'une protection juridique en matière de marque de fabrique de
commerce et de services exige le respect d'un certain nombre de conditions de validité. Il
s'agit dans un premier lieu, du trait distinctif. En effet, la marque doit présenter une
certaine originalité, et n'être ni générique ni descriptive: générique, c'est-à-dire qu'elle
constitue l'appellation habituelle du produit ou du service (Frigidaire, caoutchouc, etc.,) et
descriptive
– qu'elle ne fait qu'énoncer la qualité essentielle du produit (pratiquement incassable po une
bouteille de thermos, chic pour des articles de modèle). Dans les deux cas, la désignation
ne permets pas de distinguer le produit des autres, et il serait inconcevable de leur assurer
une protection, privant ainsi les concurrents de la possibilité d'informer le consommateur
des qualités de leurs produits!90
– Deuxièmement, la marque doit être nouvelle, un signe ne peut être déposé que lorsqu'il
est disponible, autrement dit, non adopté antérieurement par un tiers pour les mêmes
produits. On parle de l'exigence de « nouveauté », qui revêt ici un sens différent de ce
qu'elle signifie en matière de brevet ou de dessins et modèles. En effet, pour ces derniers,
la nouveauté est absolue, alors qu'en matière de marques la nouveauté est relative.
– La marque doit simplement être disponible au moment où le titulaire en prend possession.
– Troisièmement, une marque ne doit pas être illicite ni immorale, ce trait impose à ce que la
marque objet d'enregistrement ne doit pas avoir un usage légalement interdit, ni de porter

atteinte à l'ordre public et aux bonnes mœurs.


– Et enfin, qu'elle ne soit ni descriptive ni frauduleuse, cette exige impose à ce que le signe
ne doit pas être déceptif de sorte qu'il induit en erreur le public, ainsi, il ne doit pas
tromper le consommateur sur sa nature réelle, sur sa qualité, ni sur sa provenance
géographique.
– B/-La publication et l'enregistrement de la marque
– Selon les dispositions de l'article 140 de la loi 17-97, le droit à la marque s'acquiert par
l'enregistrement, celui-ci produit ses effets à compter de la date de dépôt pour une
période de 10 ans indéfiniment renouvelable'". La demande d'enregistrement est déposée
à l'OMPIC.
– Elle doit être accompagnée d'un dossier de dépôt comportant la date de son dépôt et
– comprenant les pièces suivantes: une demande d'enregistrement de marque mentionnant
l'énumération claire et complète des produits ou services pour lesquels l'enregistrement
de la marque est demandé; quatre reproductions du modèle de la marque en noir et blanc;
PIETEND
– Equatre reproductions du modèle de la marque en couleurs en cas de revendications en
couleurs ; le film permettant la reproduction de la marque; les justifications des droits
exigibles'*.
– Une fois, les conditions de validité d'une marque sont respectées, la marque déposée
– est publiée pour une durée de deux mois dans le « catalogue officiel des marques »
accessible sur le site web de l'OMPIC. Après l'écoulement de la période de deux mois, et
si aucune opposition n'est survenue, la marque est enregistrée (confère un droit exclusif
de propriété sur la marque pour les produits ou les services désignés et il est interdit aux
tiers de l'exploiter sans l'autorisation préalable du propriétaire de la marque). Et un
certificat d'enregistrement de la marque193 est remis ou notifié au déposant ou à son
mandataire.

CHAPITRE II. LES CONTRATS PORTANT SUR


LE FONDS DE COMMERCE
Nombreuses sont les opérations dont fait l'objet un fonds de commerce, qu'il s'agit de sa vent
(Section D), son nantissement (Section ID), 'apport en société (Section I) ou a mine
en location-gérance dite la gérance libre (Section IV).
Section I. La vente du fonds de commerce
La vente d'un fonds de commerce est d'une nature plus complexe par rapport à la vente
ordinaire. Dans un souci de préserver les intérêts des contractants en l'occurrence le vendeur et
l'acheteur et des tiers en l'occurrence les créanciers du vendeur, le législateur a mis en place
certaines règles spéciales prévues par les articles 81 à 103 du CC, pour assurer leur protection,
bien que ce type de vente, soit soumis aux règles du droit commun qui s'appliquent à toute
vente.
Paragraphe 1. Les conditions de validité d'une vente d'un fonds de commerce
A/- Les conditions de forme
L'acte de vente d'un fonds de commerce doit être rédigé sous forme d'un écrit (acte
authentique ou sous seing privé) 194.
. Il doit être enregistré auprès du greffe du tribunal de
commerce, dans un délai d'un (1) mois à compter de sa signature et son droit d'enregistrement
exigé est de 5%.
En effet, la cession du fonds de commerce doit contenir un certain nombre de mentions
obligatoires notamment :
– Le nom du vendeur, la date et la nature de son acte d'acquisition, le prix de cette
acquisition en spécifiant distinctement les prix des éléments incorporels, des
marchandises et du matériel ;
– L'état des inscriptions, des privilèges et nantissement grevant le fonds ;
– Les informations sur le bail, s'il y a lieu, sa date sa durée, le montant du loyer, l'identité et
l'adresse du bailleur ;

-L'origine de la propriété du fonds.
Lorsque l'une des mentions susmentionnées ne figure pas sur l'acte de vente, l'acquéreur peut
demander l'annulation du contrat, si l'absence de cette mention lui a porté préjudice. Par contre,
si les mentions figurant sur l'acte en question sont inexactes, l'acheteur est en droit de
demander l'annulation du contrat ou la réduction du prix si cette inexactitude lui a porté
préjudice. Dans tous les cas, la partie lésée dispose d'un délai d'un (1) an pour intenter l'action
en annulation ou demander la réduction du prix de ventel95
Après l'enregistrement, un exemplaire de l'acte sous seing privé ou une expédition de l'acte
notarié doit être déposé dans un délai de quinze (15) jours de sa date au secrétaire-greffier du
tribunal du ressort duquel est exploité le fonds de commerce ou le principal établissement du
fonds si la vente porte sur des succursales.
Un extrait de l'acte de cession est inscrit sur le registre du commerce et il est procédé
à sa publicité en entier et sans délai au bulletin officiel et dans un journal d'annonces légales aux
frais des parties et par les soins de secrétariat-greffe du même tribunal. L'objectif d'une telle
publicité est de renseigner les créanciers du cédant afin qu'ils agissent et puissent faire prévaloir
leurs droits.
Cette insertion est renouvelable à la diligence de l'acquéreur entre le huitième (8) et
le quinzième (15) jour après la première insertion.
B/- Les conditions de fond
La vente de fonds de commerce est soumise aux conditions générales de validité des contrats et
aux exigences propres du contrat de vente. En effet, ses conditions exigent premièrement,
l'échange de consentement qui doit exister et non vicié ni par la violence ni par le dol ou l'erreur.
Deuxièmement, les parties contractantes doivent disposer de la capacité commerciale.
Troisièmement, son objet qui doit obligatoirement porter sur des éléments incorporels
susceptibles d'attirer la clientèle. Et enfin, la cause du contrat qui doit être licite.
La question qui se pose quant à la nature juridique de la vente du fonds de commerce, s'agit-elle
d'un acte civil ou commercial. Elle est considérée comme un acte de commerce non par nature
puisque, l'opération est isolée et que la cession d'un fonds n'est pas énumérée

par les dispositions du CC19, mais, d'un acte de commerce par accessoire accomplit par un
futur commerçant pour les besoins de son futur commerce.
Paragraphe 2. Les effets d'une vente d'un fonds de commerce
A/- Les obligations des contractants
Le vendeur d'un fonds de commerce est tenu de la double obligation de délivrer le fonds qu'il
vend et qui consiste pour lui de mettre en possession l'acquéreur de tous les éléments du fonds
énumérés dans le contrat.
Les modalités de la délivrance (tous les éléments du fonds sont soumis à la possession de
l'acquéreur) varient selon la nature des éléments du fonds. En ce qui concerne la clientèle, il est
prévu dans le contrat que le vendeur facilitera les rapports de son successeur avec elle, en la lui
présentant et en l'assistant techniquement durant la période de transition d'une part.
D'autre part, de garantir l'acheteur contre les vices cachés et du fait personnel où le vendeur est
garant de l'éviction de son acheteur. Cette garantie prend la forme d'une interdiction de troubler
l'acquéreur dans sa jouissance et son exploitation paisible du fonds, en respectant la clause de
non-concurrence - à condition qu'elle soit limitée dans le temps et dans l'espace pour qu'elle ne
bafoue pas le principe de la liberté du commerce - qui empêche le vendeur de s'établir à
proximité du fonds vendu.
Quant aux obligations qui incombent à l'acheteur, ce dernier n'est tenu de payer que le prix de la
vente et ses frais accessoires (le droit de timbre des actes, les frais de la publicité légale, le droit
d'enregistrement...), comme il doit également, honorer les contrats de travail du personnel
employé par l'ancien acquéreur, puisqu'il s'agit dans ce cas d'une exception à l'effet relatif du
contrat de vente.
B/- Les mesures de protection prises à l'égard des parties : le vendeur et
l'acheteur
S'agissant de la protection du vendeur, elle permet de prémunir le vendeur contre le risque de
non-paiement. La loi en vigueur a créé à son profit un privilège et une action résolutoire. En effet,
tant qu'il n'a pas été payé, le vendeur se voit offrir le privilège qui lui permettra de se faire payer
par priorité (droit de préférence) sur le prix du fonds en cas de revente, comme il peut jouir d'un
droit de suite qui lui permet de suivre le fonds de mains en mains en cas de cession successive.
Pour bénéficier de ce privilège, il suffit de l'inscrire dans un délai de quinze (15) jours197, sous
peine de nullité, à compter de la date de l'acte de vente au registre national électronique des
suretés mobilières 198 , soit personnellement
soit par un tiers au secrétariat-greffe du tribunal, en présentant l'un des exemplaires de l'acte de
la vente 199
En outre, le privilège garanti séparément chacun des prix des éléments incorporels, du matériel
et des marchandises et s'exerce séparément sur les prix éventuels de revente de ces éléments.
En inscrivant son privilège, le vendeur peut se réserver expressément une action
résolutoire qui lui permet de faire anéantir rétroactivement la vente, si le vendeur n'est pas payé
à l'une des échéances convenues200
. La résolution éventuelle oblige le vendeur à reprendre
tous les éléments du fonds de commerce, même ceux sur lesquels son privilège et son action
sont éteints et le rend « comptable du prix des marchandises et du matériel existant au moment
de sa reprise de possession »201
Le vendeur doit obligatoirement la notifier aux créanciers inscrits sur le fonds, au domicile
désigné par eux dans leurs inscriptions. Le jugement ne peut intervenir que trente
(30) jours après la notification. Cette notification est également exigée en cas de résolution
amiable obtenue par le vendeur de la part de l'acheteur ou lorsqu'il s'agit de résolution de plein
droit. Il est tenu de notifier aux créanciers inscrits, à domicile élu, la résolution encourue ou
consentie qui ne deviendra définitive que trente jours après la notification ainsi faite.
Quant à la protection de l'acheteur, ce dernier se trouve assuré par les mentions l'identité du
vendeur, la nature, la date et le prix de l'acquisition202; l'état des privilèges et nantissement
grevant le fonds; s'il y a lieu le bail, sa date, sa durée, le montant du loyer actuel et l'identité du
bailleur; l'origine de la propriété du fonds de commerce) à inscrire dans l'ac
destiné à le renseigner sur la valeur réelle du fonds.
En cas d'omission des indications précitées, l'acheteur peut demander l'annulation du
contrat s'il en résulte pour lui un préjudice.
Par contre, en cas d'inexactitude de ces nentions, l'acheteur peut faire jouer le droit commun de
la nullité relative pour dol, si les inexactitudes sont non dolosives, on peut les assimiler à des
vices cachés auquel cas elles donneront lieu soit à la résolution de l'acte, soit à la résolution du
prix et l'attribution de dommages-intérêts.
Dans tous les cas, l'action doit être formée dans le délai d'une année à compter de
la date de la vente.
C/- Les mesures de protection prises à l'égard des tiers : les créanciers
du vendeur
La protection des créanciers du vendeur se réalise de prime abord, par le biais de la publicité de
la vente puisque, toute cession de fonds de commerce doit faire l'objet d'une inscription au
registre de commerce et d'une publication au bulletin officiel et dans un journal d'annonces
légales et ce, dans les quinze (15) jours de la date de l'acte de vente.
Avertis par la publicité qui est renouvelée à la diligence de l'acquéreur entre le 8° et le 15° jour
après la première insertion, les créanciers peuvent faire opposition dans les 15 jours qui suivent
la deuxième insertion - même si leurs créances ne sont pas échues - au paiement du prix de la
vente.
Si les créanciers n'ont pas fait d'opposition dans le délai précité, ils perdent tout droit de recours
contre l'acquéreur. En effet, l'opposition doit être adressée par lettre recommandée avec accusé
de réception ou déposée au secrétariat-greffe du tribunal qui a reçu l'acte. Elle doit être justifiée
et énoncée, sous peine de nullité, le montant et les causes de la créance. Durant le délai de 15
jours accordé aux créanciers, l'acheteur doit s'abstenir de payer le prix de la vente au vendeur.
Au cas contraire, il s'expose à devoir régler les créanciers du vendeur.
Ces créanciers disposent par la même occasion, d'un droit de surenchère. En effet, le créancier
inscrit ou qui a formé opposition qui estime que le prix de la vente du fonds est insuffisant pour
désintéresser les créanciers, peut dans les 30 jours qui suivent la dernière insertion, former une
surenchère du sixième203
. Autrement dit, de se porter
acquéreur du fonds en proposant un prix dont le montant est égal au prix majoré du sixième de la
valeur des éléments incorporels seulement.
Le fonds du commerce est alors mis en vente aux enchères publiques et adjugé
au créancier qui a surenchéri s'il n'y a pas d'offre plus avantageuse.
En cas de vente judiciaire du fonds de commerce ou de vente poursuivie à la requête d'un syndic
de redressement ou de liquidation judiciaire ou de copropriétaires indivis du fonds de commerce
faite par voie des enchères publiques, la mesure surenchère du sixième n'est pas admise204
Section II. Le nantissement du fonds de commerce
Le nantissement du fonds de commerce en tant que gage, qu'un commerçant utilise pour
garantir son fonds de commerce contre ses dettes tout en conservant sa jouissance.
Cette sureté mobilière qui « se forme sans dépossession »205 est régie par les dispositions du
CC (art. 106 et s.), fait échec aux règles classiques du gage puisqu'il n'y a pas dépossession et
que le bien grevé (le fonds de commerce) demeure entre les mains du débiteur (le commerçant).
Paragraphe 1. Les conditions du nantissement
Le nantissement est soumis à des conditions de fond, de forme et de publicité destinées à avertir
les tiers que le fonds qui se trouve entre les mains du commerçant est l'objet d'un nantissement.
A/- Les conditions de fond
Le nantissement peut porter sur les éléments du fonds de commerce énumérés dans l'article 80
du CC notamment, la clientèle et l'achalandage, le nom commercial, l'enseigne, le droit au bail,
matériel et outillage, droits de propriété industrielle, littéraire ou artistique (les brevets
d'invention, les dessins et modèles, les marques de fabrique, les licences etc.) attachés au
fonds. Toutefois, les marchandises ne peuvent pas être comprises dans le nantissement206.
Elles sont exclues, car elles sont destinées à être vendues. Les inchure e le nantissement
équivaudrait en effet, à empêcher le commerçant de poursuivre l'exploitation
du fonds.
À défaut de désignation expresse et précise dans le contrat des éléments nantis, le nantissement
ne portera que sur le nom commercial, l'enseigne, le droit au bail, la clientèle et l'achalandage. Si
le nantissement porte sur ún fonds de commerce et ses succursales, celles-ci doivent être
désignées avec précision en fonction de leur siège207.
B/- Les conditions de forme et de publicité
Le nantissement doit, sous peine de nullité, être constaté par un acte écrit (notarié ou sous seing
privé) enregistré. Une expédition de l'acte notarié ou un double de l'acte sous seing privé doit
dans les 15 jours de sa date, être déposé au secrétariat-greffe du tribunal dans le ressort duquel
est exploité le fonds. La même formalité doit être effectuée auprès de chaque tribunal dans le
ressort duquel se trouve une succursale du fonds comprise dans le nantissement208
L'extrait de l'acte dressé doit en outre, être inscrit au registre du commerce dans les 15 jours à
compter de sa date. Cette inscription n'est pas soumise à la publication dans les journaux 209
Paragraphe 2. Les effets du nantissement
A/- La jouissance des créanciers nantis d'un droit de préférence et d'un
droit de suite
Le nantissement permet au créancier nanti de jouir d'un droit réel de garantie comportant un
droit de préférence et un droit de suite. Le droit de préférence correspond au droit pour le
créancier nanti (en tant que créancier privilégié inscrit) d'être payé avant les créanciers
chirographaires. Le créancier nanti impayé peut après avoir sommé son débiteur de payer,
demander devant le tribunal dans le ressort duquel est exploité le fonds, sa mise en vente aux
enchères publique210. En cas de pluralité des créanciers nantis, ils sont payés dans l'ordre de
leurs inscriptions?l1
Le créancier nanti jouit également d'un droit de suite212 qui lui permet de procéder à la vente du
fonds de commerce même si celui-ci a changé de propriétaire entre-temps.
Par ailleurs, l'acquéreur est néanmoins protégé par le fait qu'il peut prendre connaissance du
gage grevant le fonds après consultation du registre des inscriptions des nantissements.
Il est possible à l'acquéreur d'opérer la purge du nantissement en offrant aux créanciers nantis
de leurs verser le prix d'acquisition.
Si le prix est jugé insuffisant, tout créancier nanti peut former surenchère du dixième du prix
principal non compris le matériel et les marchandises. C'est-à-dire, que le créancier
surenchérisseur, doit offrir un prix au moins égal au prix du précédent acquéreur augmenté de
10% sur la valeur des éléments incorporels. Il doit donner caution pour le paiement du prix et
charges ou justifier d'une solvabilité suffisante213. Le fonds en question est alors mis aux
enchères publiques et adjugé si personne ne surenchérit. La vente judiciaire dudit fonds opère
purge de plein droit des créanciers inscrits et aucune surenchère du sixième n'est alors,
admise214
B/- La protection des créanciers nantis face au déplacement du fonds et
la diminution de la valeur du gage
Le déplacement du fonds peut lui faire perdre sa clientèle et réduire de ce fait sa valeur.
En effet, la loi en vigueur impose au propriétaire du fonds, avant de procéder à son déplacement
d'en informer les créanciers inscrits 15 jours à l'avance. À défaut du respect de cette exigence,
les créances inscrites deviendront de plein droit exigibles. De même, les créances antérieures
ayant pour cause l'exploitation du fonds deviennent également exigibles par le fait de
l'inscription du nantissement. Tout rancer nant doi, ans la quinzaine de 'avis qui tu es noire ou
dans ar jous où il a eu conisnce du déplament, modifier l'inscription existante sur le jours où il a
eu connaissance du déplacement, modifier l'inscription existante sur le registre national
électronique des sûretés mobilières en indiquant le nouveau siège du fonds.
Le créancier inscrit qui n'observe pas ces formalités peut être déchu de son privile si sa
négligence a causé un préjudice aux tiers en les induisant en erreur sur la condition
juridique du fonds de commerce 215.
Si le déplacement du fonds de commerce entraîne sa dépréciation, les créanciers qui n'y ont pas
consenti, peuvent demander devant le tribunal du ressort duquel est exploité le fonds, la
déchéance du terme et le remboursement immédiat de leurs créances.
De même, la vente séparée d'un ou plusieurs éléments d'un fonds de commerce grevé
d'inscriptions peut entraîner la diminution de sa valeur voire même sa disparition.
En effet, les dispositions de l'article 120 du CC, prévoient des mesures protectrices dans le cas
d'une vente grevé d'inscriptions poursuivies soit sur saisie-exécution, soit en vertu de la
réalisation du gage. L'une de ces mesures consiste à notifier aux créanciers inscrits, le
déclenchement de la vente séparée qui ne peut avoir lieu, que dix jours au plus tôt après la
notification de la poursuite aux créanciers qui se feront inscrits quinze jours au moins avant
ladite notification au domicile élu par eux dans leurs inscriptions. Cependant, cette vente
séparée ne peut s'appliquer au droit du bail.
Tout créancier inscrit, que sa créance soit ou non arrivée à son terme, pourra durant le délai de
dix jours, adresser une requête au tribunal dans le ressort duquel est exploité le fonds, pour
demander une vente intégrale de tous les éléments du fonds de commerce 216
Section III. L'apport en société
Les apports en société sont les biens qui sont mis en commun par les associés lors de la création
d'une société. Ces apports peuvent être en numéraire, en industrie ou en nature.
Chaque associé reçoit en contrepartie de ses apports des droits sociaux (actions ou parts
sociales). Ils traduisent la volonté des personnes de s'associer et plus encore d'œuvrer au
développement d'une entreprise commune, ce qui explique pourquoi la constitution d'un apport
est exigé dans toutes les formes de sociétés.
Bien que l'apport en société ressemble dans ses modalités de paiement, les mentions
obligatoires qui doivent être mentionnées sur l'acte définitif, la garantie d'éviction et des vices
cachés avec la vente du fonds de commerce. Toutefois, une différence entre les deux opérations
se manifeste notamment, au nivéau du mode de paiement. En effet, l'équivalent fourni à
l'apporteur n'est pas une somme d'argent, mais plutôt des parts sociales ou des actions.
Paragraphe 1. La publicité légale
L'apport d'un fonds de commerce à une société est soumis aux mêmes modalités de publicité
que dans une vente notamment, après enregistrement, une expédition de l'acte notarié ou un
une copie de l'acte sous seing privé doit être, dans les quinze jours de sa date, déposé au
secrétariat-greffe du tribunal dans le ressort duquel est exploité le fonds ou le principal
établissement du fonds en cas de succursale.
Un exemplaire de cet extrait est inscrit au registre du commerce et publié en entier et
sans délai par le secrétaire-greffier, au bulletin officiel et dans un journal d'annonces légales, aux
frais des intéressées. Cette publication est renouvelée à la diligence de l'acquéreur entre le
huitième et le quinzième jour après la première insertion?7.
Tout créancier non inscrit de l'associé apporteur fera connaître par une déclaration
au secrétariat-greffe - qui lui délivrera un récépissé de sa déclaration - du tribunal qui a reçu
l'acte, la somme qui lui est due et ce, dans les 15 jours au plus tard après la deuxième insertion
dans un journal d'annonces légales218
Paragraphe 2. Les options offertes aux associés
Les associés de l'apporteur peuvent accepter ou refuser la reprise du passif déclaré.
Ils peuvent dans les trente (30) jours qui suivent la deuxième insertion, d'adresser une demande
en annulation de la société ou de l'apport devant le tribunal du lieu du siège social.
Si l'annulation est prononcée, le fonds tombe à nouveau dans le patrimoine de l'apporteur, qui
demeure responsable de manière personnelle du passif qui le grève. Toutefois, si cette demande
en annulation n'est pas formulée par les coassociés ou l'un d'eux ou si elle n'est pas prononcée,
la société responsable solidairement avec le débiteur
principal du paiement du passif déclaré et dûment justifié 21ºe.
S'il s'agit d'apport de société à une autre société à la suite d'une fusion ou d'une scission les
mêmes modalités susmentionnées sont applicables, mais sous réserve de celles prévues par la
loi dans les cas de fusions et scissions de sociétés.
Section IV. La gérance libre
Le propriétaire d'un fonds de commerce peut le donner en location-gérance à un gérant libre.
Cette location-gérance est considérée comme « un contrat par lequel le propriétaire ou
l'exploitant d'un fonds de commerce en concède totalement ou partiellement la location à un
gérant qui l'exploite à ses risques et périls »220.
La gérance libre est régie par les dispositions des articles 152 à 158 du CC.
Ces dispositions portent d'une part, sur les formalités de publicité (Paragraphe 1). Et d'autre
part, sur les effets qu'elle produit (Paragraphe 2).
Paragraphe 1. Les formalités de publicité
Le contrat de gérance libre doit être publié dans la quinzaine de sa date sous forme d'un extrait,
au bulletin officiel et dans un journal d'annonces légales afin de pouvoir porter à la connaissance
des tiers, la mise en gérance du fonds de commerce.
Le gérant libre doit en outre, être inscrit au registre du commerce alors que le bailleur, s'il est
inscrit doit radier son inscription personnelle ou la faire modifier pour signaler de manière
expresse la mise en gérance libre dudit fonds. La fin de la gérance libre est également soumise
aux mêmes formalités de publicité.
Par ailleurs, le gérant est tenu de préciser à l'en tête de tous les documents liés à son activité
commerciale: factures, lettres ainsi que sur toutes les pièces signées par lui, son numéro
d'immatriculation au registre du commerce, le siège du tribunal où il est immatriculé et sa qualité
de gérant libre du fonds. L'inobservation de cette disposition est sanctionnée par le paiement
d'une amende de
2.000 à 10.000 dirhams221.
À défaut du respect des formalités de publicité ou l'atteinte aux dispositions de la loi en vigueur,
le contrat de location-gérance consentit par le bailleur du fonds de commerce ou son
propriétaire est passible de nullité. Cependant, cette dernière ne peut être invoquée par les
contractants à l'égard des tiers222
Paragraphe 2. Les effets du contrat de gérance
Le gérant libre dispose de la qualité de commerçant et se trouve soumis à toutes les obligations
qui en découlent (Immatriculation au RC, formalités de dépôt et de publicité la mention de la
qualité de gérant sur tous ses documents commerciaux, etc.). Il gère le fonds en son propre nom
et à ses risques et périls.
Lorsque le contrat de gérance libre est de nature à porter préjudice aux créanciers du
bailleur du fonds, en mettant en péril le recouvrement de leurs créances, ils peuvent faire
prononcer par le tribunal du ressort la déchéance du terme et l'exigibilité immédiate de leurs
créances antérieures ayant pour cause l'exploitation du fonds de commerce. Ils sont tenus
d'intervenir sous peine de forclusion, dans un délai de trois (3) mois à compter de la publication
du contrat de location-gérance.
Tant que le contrat de gérance libre n'a pas été publié et pendant les six (6) mois qui suivent
cette publication, « le loueur est responsable solidairement es dettes contractées 223 dans le
cadre de l'exploitation du fonds par le gérant.
À la fin de la location-gérance, les dettes contractées par le gérant libre durant sa gérance
pour l'exploitation du fonds de commerce deviennent immédiatement exigibles

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