0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
39 vues22 pages

Levangelisation Sous Toutes Ses Formes

Le document explore les différents aspects de l'évangélisation, en répondant aux questions essentielles sur son but, son public, son timing, ses méthodes et son contenu. Il met en avant la figure de Marie-Madeleine comme patronne de l'évangélisation et modèle de discernement, ainsi que l'importance de la rencontre personnelle avec Jésus-Christ. Enfin, il souligne la nécessité d'une approche respectueuse et adaptée aux besoins des personnes en quête spirituelle.

Transféré par

bulding GROUP
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
39 vues22 pages

Levangelisation Sous Toutes Ses Formes

Le document explore les différents aspects de l'évangélisation, en répondant aux questions essentielles sur son but, son public, son timing, ses méthodes et son contenu. Il met en avant la figure de Marie-Madeleine comme patronne de l'évangélisation et modèle de discernement, ainsi que l'importance de la rencontre personnelle avec Jésus-Christ. Enfin, il souligne la nécessité d'une approche respectueuse et adaptée aux besoins des personnes en quête spirituelle.

Transféré par

bulding GROUP
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

L’évangélisation sous tous ses aspects

Table des matières


L’évangélisation sous tous ses aspects ................................................................ 1
Table des matières ............................................................................................... 1
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ? ................................... 3
La figure de Marie-Madeleine, patronne de l’évangélisation.............................. 3
La rencontre de Jésus ressuscité = les 4 étapes de l’évangélisation ................... 3
Marie-Madeleine figure du discernement ............................................................ 4
La Vierge Marie figure du baptisé spirituel .......................................................... 5
Le carré sémiotique du discernement .................................................................. 5
Le médaillon de l’arrestation de Jésus ........................................................ 6
L’accompagnement spirituel ................................................................... 8
Pourquoi ? Dans quel but ? Quel est le sens de l’évangélisation ? ...................... 8
Par qui l’évangélisation se fait-elle ? ................................................................... 9
A qui s’adresse notre évangélisation ? ............................................................... 10
Quand ? Feu vert – feu rouge ............................................................................. 10
Comment ? .......................................................................................................... 11
Exemples : .................................................................................................. 12
Exemples : ............................................................. Erreur ! Signet non défini.
Évangélisation en paroisse : .................................................................. 13
Quoi ? .................................................................................................................. 13
Atelier de témoignage ................................................................................ 15
Selon le pape François et ses prédécesseurs ..................................................... 15
Trois conditions pour l’évangélisation ................................................................ 15
Première condition de l’évangélisation : la docilité .............................. 16
Deuxième condition : le dialogue .......................................................... 16
Troisième condition : la confiance en Dieu ............................................ 16
Entretien avec le pape François ......................................................................... 17
L’importance primordiale de l’Esprit-Saint ........................................... 17
L’Église en sortie = aller aux périphéries ............................................... 17
L’élan missionnaire par l’attraction ...................................................... 17
Non pas une évangélisation élitiste ....................................................... 18
1
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

L’inculturation ........................................................................................ 18
La réforme de la Curie en ligne de mire ................................................ 19
Extraits ....................................................................................................... 19
Le témoignage suscite l’admiration ...................................................... 19
La tromperie du prosélytisme ................................................................ 19
Faire goûter la tendresse de Dieu .......................................................... 20
La force de la rencontre ......................................................................... 20
Le message révélé ne s’identifie à aucune culture ................................ 20
L’évangélisation par la guérison : ...................................................................... 22

2
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?


Nous voudrions développer tous les aspects de l’évangélisation en répondant
aux questions principales :
• Pour quoi évangéliser, quel est le but et le sens ?
• Qui évangéliser, à qui s’adresse notre évangélisations, quelles sont les
personnes concernées par l’évangélisation ?
• Par qui ces personnes sont évangélisées, qui évangélise ?
• Quand évangéliser, le moment opportun pour laisser les cœurs s’ouvrir au
Seigneur ?
• Où évangéliser, quels sont les lieux adéquats, temps et espace sont liés :
moments et lieux favorables vont ensemble.
• Comment évangéliser, quels sont les moyens adéquats, quels sont les
instruments à notre disposition pour évangéliser et lesquels sont adaptés à
quel public ?
• Quoi évangéliser, qu’est-ce que nous voulons annoncer, transmettre,
témoigner, dire ?

La figure de Marie-Madeleine, patronne de l’évangélisation

Marie de Magdala est la patronne de l’évangélisation car elle est la première à


rencontrer Jésus ressuscité.

La rencontre de Jésus ressuscité = les 4 étapes de l’évangélisation

Jean 20,1.11-18
1
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand
matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du
tombeau.
11
Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en
pleurant, elle se pencha vers le tombeau.
12
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds,
à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
13
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a
enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
14
Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle
ne savait pas que c’était Jésus.
15
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant
pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as
déposé, et moi, j’irai le prendre. »
16
Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu :
« Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

3
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

17
Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le
Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre
Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
18
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! »,
et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Dans ce récit nous trouvons les 4 étapes de l’évangélisation :


1° Marie-Madeleine cherche le corps de Jésus => sens littéral : une recherche et
un désir sincère.
2° Marie-Madeleine se retourne = 1ère conversion extérieure : elle prend Jésus
pour le jardinier => sens tropologique : une première découverte de Jésus.
3° Marie-Madeleine se retourne = 2e conversion = retournement intérieur : elle
reconnaît Jésus => sens allégorique : un accueil en profondeur de Jésus-Christ
vivant dans son cœur et sa vie.
4° « Ne me retiens pas, … Va trouver mes frères » = mission = sens anagogique :
évangéliser à son tour en vivant, parlant et annonçant Jésus-Christ.

Ainsi l’évangélisation :
1° Elle s’adresse à des personnes qui sont en recherche (explicite ou implicite,
exprimée ou suggérée) => susciter d’abord le désir.
2° Elle demande une ouverture du cœur, le plus souvent provoquée
extérieurement. La recherche intérieure s’oriente vers des pis-aller : ésotérisme,
bouddhisme, spiritualité humaniste, la pleine conscience, bien-être, … qui sont
des recherches détournées de Jésus, mais qu’il faut prendre en compte.
3° Elle est la rencontre personnelle de Jésus-Christ ressuscité et vivant : « Marie
– Rabouni ». Celle-ci est différente et unique pour chacun-e.
4° Elle est une mission : « Va trouver tes frères ».
Il est important de respecter l’ordre de ces 4 étapes au risque de passer à côté
de l’évangélisation authentique et profonde.

Marie-Madeleine figure du discernement

Marie-Madeleine est aussi la figure du discernement à la fois du discernement


des esprits (Esprit-Saint – esprit de l’homme et du monde – esprit du malin) et
du discernement de la volonté de Dieu.
Texte des Laudes de la fête de Marie-Madeleine, 22 juillet : Romains 12,1-
2 : « Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre
personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour
vous l'adoration véritable. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais
transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître
quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce
qui est parfait ».
4
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Savoir reconnaître = discerner – la volonté de Dieu = sens littéral


Ce qui est bon = sens tropologique – moral : comment agir ?
Ce qui est capable de plaire à Dieu = sens allégorique, par rapport à Jésus, dans
notre relation personnelle avec lui.
Ce qui est parfait = sens anagogique, par rapport à l’ensemble de l’histoire du
salut = l’amour

Marie de Magdala représente à la fois le pardon (miséricorde) et le discernement


indispensable au baptisé et à l’Église. Nous la mettons en lien avec l’arrestation
de Jésus (un lien inhabituel). La figure de Marie de Magdala comporte deux
composantes :
• d’une part, l’amour inconditionnel de Jésus, en opposition à la trahison de
Judas qui pervertit cet amour par son baiser ;
• d’autre part, la force humaine : l’épée de Pierre qui veut défendre l’amour
de Jésus avec ses propres armes humaines contrairement à la guérison de
l’oreille du serviteur, signe de la miséricorde agissante de Jésus. Marie de
Magdala veut toucher Jésus, le rencontrer physiquement.
Marie-Madeleine dégage ainsi le discernement nécessaire pour distinguer
l’action de l’homme (l’épée de Pierre et les soldats), de l’action du malin (le
baiser de Judas) et de l’action de Dieu (la guérison de l’oreille et la soumission
de Jésus). Ce discernement n’est pas d’abord et surtout un enseignement, mais
une expérience vécue par et dans l’accompagnement spirituel (une rencontre
régulière avec un accompagnateur : homme ou femme, un directeur de
conscience, un père spirituel, avec ou sans le sacrement de la réconciliation).

La Vierge Marie figure du baptisé spirituel


Avec Marie-Madeleine, la Vierge Marie est la figure du baptisé spirituel, elle se
laisse conduire en tout par l’Esprit-Saint grâce à son oui total et sans réserve.
Elle nous aide à découvrir et expérimenter cette conduite de l’Esprit.
Avec Marie, nous sommes invités à passer de l’A attitude qui consiste à regarder
toute chose à partir de nous-mêmes à la B attitude (Béatitude en Mathieu 5,1-
12), qui consiste à regarder toutes choses à partir de Dieu, dans son
accomplissement et avec son regard de révélation et de non-jugement, de
miséricorde, de vérité, d’amour et de pardon dont le fruit est la paix.

Le carré sémiotique du discernement


Mais examinons de plus près la figure de Marie-Madeleine comme étant la figure
du discernement humain, moral et spirituel. Pour cela nous la mettons en relation
avec l’arrestation de Jésus, qui permet de dégager toutes les dimensions de ce
discernement, qui s’accomplit en elle.

5
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Nous pouvons développer un schéma pour exprimer le carré sémiotique du


discernement à partir du récit de l’arrestation de Jésus :

Le médaillon de l’arrestation de Jésus


du tissu de médiation de Nicolas de Flue.

Sens littéral
Épée de Pierre = force humaine = l’esprit humain PÉCHÉ AMITIÉ TRAHIE
Sens allégorique
Baiser de Judas = relation à Jésus = être disciple
Sens tropologique / moral

6
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Oreille guérie du serviteur = l’agir GUÉRISON PHYSIQUE GUÉRISON


INTÉRIEURE
LIBÉRATION Sens anagogique
Libération de l’homme prisonnier = action de l’Esprit-Saint

Avec l’arrestation de Jésus, il y a toutes les composantes d’un bon discernement.


L’épée est le mouvement de Pierre, et la couronne posée par le soldat,
représentent la force humaine pour se faire justice par soi-même ; c’est l’esprit
de l’homme. Il a pour conséquence en l’occurrence d’une part de trancher l’oreille
du serviteur, c’est le péché de l’homme qui agit par lui-même avec ses propres
forces et qui enclenche la spirale de la violence : violence => vengeance =>
excès ; et d’autre part de se moquer de Jésus comme roi, c’est l’orgueil à la base
de bien des péchés.

Le baiser de Judas représente l’amitié trahie. Le signe par excellence de l’amour


et de l’amitié (le baiser) devient le signe par excellence de la trahison, c’est le
péché de l’homme révolté contre Dieu ; c’est l’esprit du mal qui nous détourne à
la fois de l’homme : nos frères et sœurs, et de Dieu. C’est la trahison du disciple.

L’oreille guérie par Jésus est la transformation du péché de l’homme par le


pardon et l’action de Jésus et de l’Esprit-Saint, qui se manifeste ici par la
guérison physique. Ainsi, l’homme prisonnier de son péché et du mal est libéré
par Jésus-Christ pour son salut, afin qu’il puisse librement choisir de se laisser
aimer par Jésus et aimer à son tour comme il se sait aimé de Dieu. Tout ce
processus s’accomplit en Marie-Madeleine, la pécheresse pardonnée, libérée et
renouvelée par l’amour et le salut de Jésus-Christ.

Précisons encore les quatre éléments de ce carré sémiotique du discernement :


• Le péché : c’est le choix délibéré (libre) de l’homme de ne pas tendre vers
le bien, de ne pas accomplir la volonté de Dieu. Il ne se comprend qu’à l’intérieur
de la relation spirituelle de l’homme qui découvre l’Amour de Dieu et se laisse
aimer par Lui. Il dépasse l’aspect moral, en l’intégrant dans une relation de
communion avec Dieu.
• L’amitié trahie et travestie : c’est le choix de l’homme de refuser de se
laisser aimer par Dieu, en transformant (travestissant et singeant) cet amour de
Dieu en son opposé et son contraire, en se laissant guider par le maître du mal
(Satan) et en lui donnant prise en nous. C’est l’opposé du disciple.
• La guérison intérieure – la libération : Jésus est venu dans le monde pour
apporter le salut aux hommes. Il est venu libérer l’homme de tout péché pour
qu’il puisse choisir librement la volonté de Dieu et l’accomplir dans sa vie par la
force de l’Esprit-Saint. C’est souvent une guérison intérieure des entraves de
notre passé : manque d’amour dans notre enfance, voire dans le sein maternel,
7
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

gestes déplacés, blessures occasionnées par l’éducation, par de mauvaises


fréquentations, … Jésus est toujours avec nous ; il a subi avec nous tous les
mauvais traitements, les manques, qui nous ont marqués. Nous pouvons donc
refaire le chemin avec lui et découvrir sa présence dans tous ces moments de
notre vie qui nous ont blessés, afin de pardonner, de nous laisser guérir et ainsi
de contempler notre passé avec un regard neuf celui de Dieu lui-même : pour
vivre le présent libéré de toute entrave du passé et envisager l’avenir avec
sérénité.
• La guérison physique : elle est comme le signe extérieur de ce que Dieu
accomplit en profondeur dans l’homme. C’est une grâce particulière donnée
davantage pour manifester la gloire du Royaume de Dieu, que pour le bien-être
de la personne elle-même. Mais il serait bon également de redécouvrir en Église
la prière de guérison comme Jésus la pratiquait avec les foules pour manifester
la bonté et l’amour de son Père et rendre présent le Royaume de Dieu déjà à
l’œuvre.

Ainsi, nous sommes amenés à distinguer dans notre cœur :


• l’esprit de l’homme, l’esprit du monde, qui nous pousse à ne compter que
sur nous-même et nous fondre dans la masse ;
• l’esprit du mal, que nous inspire le maître du mal : Satan ;
• l’Esprit-Saint, qui souffle en nous depuis notre baptême.
Ce discernement est un apprentissage dans et par la pratique, favorisé par un
bon accompagnement spirituel.

L’accompagnement spirituel
Juste encore deux mots sur l’accompagnement spirituel dont devrait bénéficier
tout baptisé. Il est comme un miroir, par l’écoute active de l’accompagnatrice
ou l’accompagnateur, de ce que l’accompagné veut partager, pour mieux
prendre conscience de la présence et de l’action de Dieu dans sa vie. Il ne
consiste pas d’abord dans des conseils ou des directives, mais surtout en une
écoute fraternelle et un encouragement dans l’action de grâce, tel que pratiqué
dans l’accompagnement et les retraites de St Ignace.

Prière
Seigneur notre Dieu, c'est à Marie Madeleine que ton Fils bien-aimé a confié la
première annonce de la joie pascale ; accorde-nous, à sa prière et à son exemple,
la grâce d'annoncer le Christ ressuscité et de le contempler un jour dans ta gloire.
Lui qui règne avec toi et l’Esprit-Saint pour les siècles des siècles. Amen

Pourquoi ? Dans quel but ? Quel est le sens de l’évangélisation ?

8
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Par notre baptême nous sommes tous appelés à témoigner de notre foi. Ce n’est
pas une option, car par notre confirmation, nous avons reçu pleinement l’Esprit-
Saint pour accomplir cette mission.
Peut-être avons-nous besoin d’être renouvelé par et dans l’Esprit-Saint, et nous
pouvons recevoir l’effusion de l’Esprit-Saint : un feu intérieur qui nous dynamise
et nous pousse vers les autres.
L’évangélisation, comme le nom l’indique, c’est vivre l’évangile, en témoigner et
l’annoncer. C’est bien dans cet ordre que nous évangélisons. Par notre attitude,
nos gestes, nos paroles nous vivons l’évangile, puis nous en témoignons lorsque
l’occasion opportune et adéquate se présente et enfin nous annonçons le
kérygme : la mort et la résurrection de Jésus. Si nous inversons l’ordre
l’évangélisation ne sera pas réussie ou au pire sera un contre-témoignage voire
provoquera un dégoût profond.
Le but est de faire connaître Dieu, mais plus encore donner l’occasion à chacun
de rencontrer le Seigneur vivant. L’évangélisation n’est pas une catéchèse qui
affirme, interroge, approfondit la foi, elle est une première annonce en particulier
du kérygme : Jésus Christ est mort pour nos péchés, il a donné sa vie pour nous,
plus encore il est ressuscité, il est vivant, l’as-tu rencontré ?
Le sens de cette première annonce, c’est de permettre à chacun d’ouvrir son
cœur et se laisser évangéliser par le Seigneur lui-même qui vient à notre
rencontre en nous respectant dans notre liberté, notre individualité, en
s'adressant à nous de manière unique, en s'adaptant à notre langage, notre être,
notre personne, notre moi le plus profond. La rencontre personnelle avec Jésus
vivant au cœur de cette première évangélisation est différente et unique pour
chacun-e.

Par qui l’évangélisation se fait-elle ?


Par toutes personnes baptisées :
• Pour les enfants cela se fait essentiellement en famille par la prière et la
découverte de la vie de Jésus et de la Bible, par la catéchèse et la messe
du dimanche.
• Pour les adolescents en osant porter un signe distinctif au Lycées, CO, …
[Link] : une croix, un chapelet au bras, une médaille de Marie. Mais surtout
en utilisant ces objets pour se rappeler soi-même son baptême, son
attachement à Jésus et à Marie ; et susciter interrogation voire moquerie
(comme Jésus).
• Pour les jeunes en osant parler de ce qu’ils vivent en-dehors de l’école,
comment ils vivent leur foi au quotidien (prière, messe, confiance, amitié,
partage, lecture de la Bible, …).
• Pour les adultes en parlant de ce que la foi leur apporte, de ce qu’ils vivent
en Église (sérénité, confiance, messe, groupe de partage, amitié, famille
plus large, …).
9
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Mais n’oublions pas de nous laisser d’abord évangéliser par les personnes
contactées ou rencontrées. À nous de reconnaître les semences d’évangile
qu’elles vivent souvent sans le savoir : les valeurs de respect, de justice, de
collaboration, … les attitudes d’amour : délicatesse, simplicité, attention, bonté,
bienveillance, … : les fruits de l’Esprit sans savoir les nommer : (Galates 5,22-
23 : « voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance,
fidélité, douceur et maîtrise de soi »).
En nous laissant évangéliser nous pourrons révéler à ces personnes toutes ses
valeurs, semences, attitudes, qui viennent du Christ notre sauveur.

A qui s’adresse notre évangélisation ?


Aussi bien à nos proches, c’est plus difficile que ceux que nous ne connaissons
pas :
• Avec ceux qui nous connaissent et que nous côtoyons souvent : en profitant
des occasions opportunes (j’ai vécu une retraite ; j’ai vécu une fin de
semaine superbe : en montagne avec un temps d’adoration ; j’ai vécu une
rencontre qui m’a interpellé, …) Mais sans casser les pieds à ceux qui ne
vivent pas la foi comme nous. Elles ne sont pas forcément incroyantes ou
non-pratiquantes mais le plus souvent elles n’ont pas vécu une rencontre
personnelle avec Dieu et elles ont une pratique et une foi différente. Il nous
faut d’abord les écouter et souligner et encourager les valeurs qu’elles
vivent au quotidien. Pas de reproche, par de sermon, pas de morale
seulement une écoute attentive, des encouragements, des biens dire, de la
bienveillance, de l’humour (qui rime amour) apportent bien plus. Nous
sommes invités à les aimer tel qu’elles sont, comme le Seigneur lui-même.
C’est la difficulté des grands-parents avec leurs petits-enfants, et encore
davantage avec leurs enfants : face à la foi de leur descendance qui ne
correspond à la leur, ils ont tendance à rattraper ce qui a été souvent mal
vécu : une transmission de la foi surtout par des obligations et des
habitudes sans vraie profondeur et rencontre personnelle avec Jésus.
• Avec ceux que nous rencontrons occasionnellement, en nous intéressant
d’abord à eux, en les écoutant, en cherchant à les connaître (travail, loisirs,
famille, …) mais sans intrusion, de manière progressive. Et en attendant le
moment favorable pour parler et faire le lien avec la foi, la rencontre de
Dieu.
• À ceux que nous de ne connaissons pas : en entamant la discussion et le
dialogue de manière extérieure (le temps, les nouvelles, …) puis en
s’intéressant à leur métier, leurs hobbys (mais sans intrusion) puis
progressivement en faisant le lien avec Dieu.

Quand ? Feu vert – feu rouge

10
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Au moment favorable, que nous indique l’Esprit-Saint, se souffle intérieur qui


nous pousse de manière adéquate à témoigner, à parler de Dieu, à raconter notre
rencontre personnelle avec Dieu, ou simplement dire qui nous sommes, quelle
joie nous anime.
Feu vert et rouge : demander intérieurement l’Esprit-Saint pour discerner quand
est le moment favorable : Feu vert pour témoigner et parler de Jésus – Feu
orange pour parler d’autre chose – Feu rouge pour se taire et respecter le silence.
L’évangélisation peut aussi avoir lieu dans le silence car c’est toujours l’Esprit-
Saint qui est à l’œuvre !
Notre attitude en toutes occasions doit être vraie, sincère, spontanée et profonde
en nous laissant guider par l’Esprit-Saint, c’est lui qui indique la couleur du feu
et conduit la conversation. Mais en toutes occasions nous pouvons entrer en
contact avec les gens et répandre la bonne humeur et la joie.
Attendre le moment favorable c’est profiter d’une remarque, d’un événement,
d’un fait, d’une parole pour faire le lien avec la foi et parler de Dieu de manière
adéquate et opportune.

Comment ?
D’abord par l’humour, le rire et la joie = les béatitudes (heureux, de la joie de
Dieu). Le rire et la joie interrogent bien plus que des paroles sur Dieu.
L’évangélisation est d’abord une attitude intérieure de l’évangélisateur : par une
conversion personnelle du cœur, pour se laisser inspirer par l’Esprit-Saint. Nous
ne sommes pas des représentant qui ont une marchandise à vendre ou à
présenter (à la façon des témoins de Jéhovah), mais des chrétiens qui laissent
l’amour de Dieu se répandre autour d’eux, par rayonnement naturel.
Le plus important n’est pas d’avoir à la bouche le nom de Dieu à toutes les
phrases et à toutes les sauces. Le plus souvent nous évangélisons bien mieux en
ne prononçant pas le nom de Dieu, et sans affirmer ou témoigner que nous
sommes chrétiens. Nos interlocuteurs savent reconnaître qui nous sommes et
quelles sont nos intentions. Nous n’avons pas besoin de le dire mais par notre
attitude, notre intérêt, nos paroles, laisser transparaître cette présence d’amour
de Dieu et susciter le désir de connaître la source, la raison de cette joie et de
cette confiance.

Exemples :
• Dans une télécabine j’entame la discussion sur le temps, puis je m’intéresse
au métier de mon interlocuteur : il est vigneron et sa fille Hélène (la lumière)
vient de terminer ses études d’enseignantes ; avec humour et joie nous
parlons ensemble.
Nous nous quittons puis après mon repas je les revois et les salue. Il me
demande alors quel est mon métier : « je suis prêtre » et il me répond que
c’est ce qu’il vient de dire à sa fille Hélène. Je luis demande comment il a
11
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

deviné que j’étais prêtre il me répond : « à votre sourire, votre joie mais
surtout à votre intérêt pour les personnes ! »
• Un homme inconnu dans une petite ville me salue un peu à ma surprise. Je le
revois assis et je le remercie pour sa salutation spontanée. Il me répond
combien il est important de se saluer en se regardant dans les yeux pour
reconnaître que nous faisons partie de la même humanité. Je le quitte en le
remerciant pour cette belle et bonne valeurs chrétienne.
• Dans une file d’attente je fais connaissance d’une famille en m’intéressant à
leur plus jeune fils : Victor, qui a la même marque de ski que moi, et au chien :
minou. Nous parlons de ski, du temps, … Je m’intéresse au métier et au travail
du papa et de la maman. Et la grande sœur me reconnaît come prêtre,
m’ayant rencontré au CO pour l’animation de la confirmation.
Le plus important est d’être authentique et de témoigner de notre propre
expérience sans l’imposer mais en écoutant et en nous intéressant d’abord aux
personnes qui nous entourent.
Il s’agit de provoquer l’intérêt et l’interrogation plutôt que des réponses et des
affirmations toutes faites. Il ne s’agit pas d’abord d’annoncer ou de parler de
Jésus-Christ à tort et à travers, mais bien d’aimer et de nous intéresser aux
personnes auxquelles nous nous adressons.
Pas besoins nécessairement de parler de Jésus : saluer une personne de tout
notre cœur, lui adresser la parole avec bienveillance, s’intéresser à elle et à tous
ceux nous côtoyons a bien plus de valeur et d’effets que de placer Jésus d’une
manière inappropriée dans la conversation. Le mieux est d’attendre que notre
interlocuteur nous pose une question, c’est le moment favorable.

Exemples :
Je demande volontiers à un-e africain-e de quel beau pays il-elle vient ?
A des grands-parents qui sont avec leur petits enfants je leur dit : « voilà des
grands parents heureux d’être avec leur petits enfants ! »
A des parents dont le fils crie, je leur dis : « voilà un vrai garçon qui s’exprime en
toute vérité ! »
A la vendeuse qui tend le ticket : « Je n’en ai pas besoin, parce que vous n’allez
pas me réclamer une deuxième fois ! »
Des petites phrases pleine d’humour, qui détendent l’atmosphère, qui font rire,
voilà une bonne manière de répandre la joie de l’évangile !

Dans le train je prie mon office des heures. Et voilà que mon voisin d’en face
s’intéresse à moi et engage la conversation. Et nous parlons de notre manière de
vivre la foi.

12
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Comme quoi prier de manière visible et authentique, mais non ostensible


interpelle et permet à celui qui a le cœur ouvert d’entamer la discussion.

Dans la voiture, lorsque je prends (rarement) des autostoppeurs, je m’intéresse


à leur vie et les fait parler sur eux. Une occasion d’être à l’écoute de ce que
l’Esprit-Saint veut nous dire à travers eux et à eux travers nous.
Lorsque je prends le taxi (rarement) j’essaie d’entamer la discussion à partir de
l’environnement immédiat : une croix, un chapelet ou alors en m’intéressant à
leurs métier à leurs difficultés, à leur famille.

Si nous savons être à l’écoute intérieurement nous saurons en toutes


circonstance entamer une discussion ou alors par notre silence, notre prière, …
interpelle les personnes rencontrées.

Évangélisation en paroisse :
Dans une évangélisation en paroisse par des visites, il est bon d’aller à deux
comme Jésus lui-même le recommande (Luc 10,1 : « Après cela, parmi les
disciples le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par
deux, en avant de lui »). Ainsi l’un prie et écoute pour être attentif aux moments
favorables, pendant que l’autre parle et dialogue dans une écoute active. C’est
une bonne manière d’entrer en relation profonde, accueillante et respectueuse.

Certains confrères ou les membres d’une équipe pastorale consacrent au moins


2 heures par semaine pour des visites à deux. Il est bon de cibler les visites :
familles de premiers communiants, familles de confirmands, personnes seules ou
âgées, visites dans un quartier. Quelquefois il est bon de prendre rendez-vous
d’autre fois au contraire la visite impromptue et plus porteuse. Il s’agit de
s’adapter aux personnes et aux situations.

Quoi ?
• D’abord notre joie et notre bonheur (les béatitudes). C’est le plus souvent
notre attitude, notre comportement, et nos gestes qui évangélisent bien plus
que des paroles.
• Un sourire à chaque personne rencontrée.
• Des gestes galants : s’écarter pour laisser passer une personne en premier à
une porte, ladies first, ouvrir la portière de la voiture, …
• Faire rire et rire est un moyen d’annoncer et de laisser transparaitre la joie et
le bonheur qui nous habite. A la fin de la journée je me demande : combien
de personnes ai-je fait rire ? Combien de temps ai-je rit ?
• Un remerciement, nous ne disons jamais suffisamment merci, une parole
bonne (dire du bien = bénir comme Dieu). Un serveur était tout étonné que je

13
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

le remercie : « je fais mon travail ». Même et surtout le travail mérite


remerciement. En tant que prêtre je dis chaque jour merci au sacristain-ine.
• Un encouragement ou une félicitation (particulièrement pour des jeunes) :
cela leur permet de découvrir leurs qualités, leurs compétences, voire leur
caractère.
• Une plaisanterie (sur soi, jamais sur ou au dépend des autres).
Tant de manières d’annoncer cette joie intérieure qui nous vient de Dieu.

Exemples :
A des jeunes j’aime souligner leurs qualités, ce qu’ils ont bien fait ou vécu :
merci pour ton sourire, tu es une belle personne, merci pour ton service, merci
pour ta sérénité et ton calme, merci pour ta disponibilité, …

On ne dit jamais assez merci :


Dire merci en toutes occasions. Toujours après la messe je remercie le-la
sacristain-ine. Je remercie la cuisinière et ajoute ce que j’ai particulièrement
aimé : ton gâteau aux légumes est très bon, ta viande est cuite à sourire, ta
salade est vraiment délicieuse !

Combien de fois as-tu dis merci depuis ce matin ? Combien d’occasion as-tu
manqué ? A qui as-tu dit merci ?
Aux enfants mais aussi aux jeunes je leur demande s’ils ont remercié leurs
parents, quand la dernière fois ? Pour quoi ? Chaque jour ?

Rire et surtout faire rire est un puissant moyen d’évangélisation, pour répandre
la bonne humeur, la joie et le bonheur qui nous viennent d’ailleurs, de notre
Seigneur Jésus-Christ.

Combien de personne as-tu fais rire aujourd’hui ? Quelle est ta dernière parole,
ta dernière plaisanterie qui a fait rire les autres ?

Comment faire rire ? En riant de soi, en racontant quelque chose d’amusant, en


plaisantant !
A quelqu’un qui sifflote le matin, je le remercie de répandre le soleil du cœur dès
le matin, la joie du visage et même le soleil du ciel (il fait beau temps) … tout le
monde a ri !
Lorsque je bois du vin avec d’autres, je leur raconte : je n’ai qu’un seul et unique
défaut, je supporte très bien le vin et l’alcool, dans cette phase il n’y a qu’une
seule et unique contre-vérité laquelle ? Qui peut prétendre n’avoir qu’un seul et
unique défaut ?

14
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

L’évangélisation est d’abord une attitude intérieure du cœur, pour laisser


transparaître, la joie et le bonheur de celui qui nous habite !
Elle se fait d’abord par notre attitude, nos gestes !
Les paroles de merci, d’encouragements, de félicitations, d’humour et de rire
précèdent la première annonce du kérygme.

Puis à partir des questions de nos interlocuteurs nous pouvons :


• Témoigner de notre rencontre personnelle avec le Seigneur : quand ?
comment ? où ?
• Qu’est-ce que la foi change dans ma vie ?
• Comment je vis ma foi au quotidien ?
• Quelle influence ma foi a-t-elle dans mon travail, mes loisirs, ma famille, mes
sports ?
Ce sera toujours adapté à la capacité d’écoute et à l’intérêt de nos
interlocuteurs.
Il ne s’agit pas de noyer les personnes dans un flot de parole, mais les envelopper
de notre amour et de celui de Dieu.

Atelier de témoignage
Il est bon et nécessaire d’avoir déjà préparé différents témoignage que nous
pourrons « utiliser » à bon escient le moment venu. Organiser un atelier de
témoignage pour apprendre le bon ton de voix, le débit agréable, le contenu
adapté en réalisant quelques témoignages que nous écrivons puis racontons
sans support. Apprendre l’authenticité et la vérité pour ne pas enjoliver les faits
ni les dissimuler mais en rendre compte dans la simplicité.

Selon le pape François et ses prédécesseurs


Trois conditions pour l’évangélisation
La docilité à l’Esprit Saint, le dialogue avec les personnes pour comprendre où
elles en sont, et la confiance en Dieu, qui est l’Évangélisateur, sont les trois
conditions indispensables de l’évangélisation, a expliqué le pape François lors
de la messe de ce jeudi 8 mai, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe,
justement, consacrée à l’Esprit Saint1.

« Celui qui fait l’évangélisation, c’est Dieu », a rappelé le pape, selon la synthèse
publiée par l’Osservatore Romano et Radio Vatican. Le pape commentait la

1
[Link]
[Link]
15
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

lecture des Actes des Apôtres qui racontent comment l’apôtre Philippe va sur la
route de Gaza et rencontre l’intendant de la reine d’Éthiopie. Ce sera le premier
baptisé de cette nation.

Première condition de l’évangélisation : la docilité


La docilité de Philippe à l’Esprit Saint le fait quitter ses occupations pour se
rendre sur la route de Gaza où passe le char, explique le pape : « Philippe obéit.
Il est docile à l’appel du Seigneur (…). Sans cette docilité à la voix de Dieu,
personne ne peut évangéliser. Personne ne peut annoncer Jésus Christ : au mieux,
il s’annoncera lui-même. C’est Dieu qui appelle Philippe et qui le met en chemin
».

Deuxième condition : le dialogue


« C’est un dialogue que l’Apôtre a la délicatesse de commencer en respectant la
sensibilité spirituelle de son interlocuteur » en train de lire – comme cela se
faisait alors, à haute voix - le prophète Isaïe, qu’il n’arrive pas à comprendre. «
On ne peut pas évangéliser sans dialogue. On ne peut pas. Il faut commencer à
partir de là où la personne à évangéliser, se trouve », a fait observer le pape.
Il va lui-même au-delà des objections de son auditoire : « Mais, mon père,
comme cela on perd tellement de temps, parce que chacun a son histoire, ses
idées » ; Il répond à l’objection : « Perd ce temps ! » à l’image de Dieu : « Plus
Dieu a perdu de temps à créer le monde, plus il l’a bien fait ! »
Du dialogue naît chez le fonctionnaire de la reine le désir du baptême : un plan
d’eau et Philippe le baptise.

Le pape François a partagé une anecdote qui lui est arrivée pendant les JMJ à
Cracovie à l'été 2015, lors d'un déjeuner avec une quinzaine de jeunes du monde
entier. L'un d'entre eux lui a demandé que dire à un de ses amis, un bon ami
mais… athée. François a expliqué lui avoir répondu : « La dernière choses à faire
est de dire quelque chose. Tu vis de l'Évangile. Et si lui te demande "Pourquoi tu
fais cela ?", tu pourras lui expliquer. » Aux yeux du pape, « quand on vit avec
témoignage, respect, on fait la paix ».

Troisième condition : la confiance en Dieu


C’est Dieu qui suscite l’évangélisation et la mène à son terme, explique le pape.
Ainsi, par ce sacrement, « Philippe remet l’Ethiopien dans les mains de Dieu et
de sa grâce » et « le ministre éthiopien sera en mesure de communiquer la foi ».
Il souligne cette source de liberté spirituelle du chrétien, tout le contraire de la «
bureaucratie », en donnant ce point d’examen de conscience : « La grâce est plus
importante que toute la bureaucratie. Tant de fois, nous, dans l’Église, nous
sommes une machine à fabriquer des empêchements pour que la personne ne
puisse pas arriver à la grâce ! Que le Seigneur nous aide à comprendre cela ».
16
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Entretien avec le pape François

Le nouveau livre d’entretien2 que le pape publie ce mercredi 8 janvier est


l’occasion pour François de revenir sur ce qui, dès l’origine, a été au cœur de son
pontificat : la volonté d’une Église plus crédible dans l’évangélisation.

L’importance primordiale de l’Esprit-Saint


Une volonté affichée dès les réunions de cardinaux précédant le conclave quand,
dans une intervention remarquée, il avait plaidé pour une Église appelée « à
sortir d’elle-même vers la périphérie existentielle de l’humanité, pour qu’elle
devienne mère féconde de la “douce et réconfortante joie d’évangéliser” ».
Ou bien avec son exhortation Evangelii gaudium « sur l’annonce de l’Évangile
dans le monde d’aujourd’hui », véritable programme du pontificat. Ou encore
quand, parmi ses premières interventions, il avait repris les mots de son
prédécesseur Benoît XVI : « L’Église ne grandit pas par prosélytisme. Elle grandit
par attraction ». « Sans l’Esprit, la mission devient une conquête »
Au fil des pages de cet entretien avec le journaliste Gianni Valente, François
prend le temps d’expliquer cette vision souvent mal comprise, voire détournée
par tous ceux qui veulent dépeindre François comme un pape refusant l’annonce
explicite de la foi.

L’Église en sortie = aller aux périphéries


François est pourtant clair : « Soit l’Église est en sortie, soit elle n’est pas l’Église.
Soit elle est annonce, soit elle n’est pas l’Église »… Si l’Église ne sort pas, elle se
corrompt, se dénature, explique-t-il. Elle devient (…) une multinationale
destinée à lancer des initiatives et des messages au contenu éthique et religieux.
»
L’évangélisateur, explique François, ne saurait être « le petit imprésario de la vie
ecclésiale où tout arrive selon un programme établi et où il suffit de suivre les
instructions ». Ce qui arrive, continue-t-il, quand on ne propose plus la rencontre
avec le Christ et qu’on oublie le rôle de l’Esprit Saint : sans, lui, affirme-t-il, « la
mission devient autre chose (…) une conquête religieuse, ou peut-être
idéologique ». « Faciliter la foi et non à la contrôler »

L’élan missionnaire par l’attraction


D’où un long développement pour expliquer combien « l’élan missionnaire ne
peut être fécond » que s’il se produit par « attraction ». « Si c’est le Christ qui
vous attire et que vous agissez parce que vous êtes attiré par le Christ, les autres
n’ont aucune peine à s’en rendre compte », insiste-t-il.

2
Un livre d’entretien avec le journaliste Gianni VALENTE, Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire. Être missionnaire
aujourd’hui dans le monde, texte inédit du pape François, Bayard/Librairie éditrice vaticane, 128 p., 12,90 €.
17
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Et si François rappelle que « l’Église n’est pas une ONG », il défend le travail
humanitaire comme faisant « partie de sa mission ». « Tout dépend de l’amour
qui anime le cœur de celui ou celle qui fait les choses », explique-t-il, prenant
l’exemple d’une religieuse dans un hôpital : « fut-ce au milieu de personnes non
chrétiennes, (elle) annonce l’Évangile par la charité avec laquelle elle soigne les
malades et manifeste ainsi son amour pour Jésus et l’amour de Jésus pour les
malades ».
Pour ce pape qui a toujours refusé les « douanes pastorales », le missionnaire
chrétien est donc celui qui cherche « à faciliter la foi et non à la contrôler », à «
ne pas mettre d’obstacle au désir de Jésus d’embrasser tout le monde, de guérir
tout le monde, de sauver tout le monde ». « Rendre visible le Christ aux autres
par le témoignage »

Non pas une évangélisation élitiste


C’est ce qui explique son rejet d’une évangélisation « élitiste » qui serait « la
compétence exclusive de groupes particuliers » : « Jésus ne dit pas aux apôtres
de former un groupe exclusif, un groupe d’élite », affirme celui pour qui « le
baptême est suffisant pour annoncer l’Évangile » et qui se dit réticent face à
l’expression « laïcs engagés ». « Si vous êtes un laïc baptisé, vous êtes déjà
engagé. Le baptême suffit. Il n’est pas nécessaire d’imaginer un baptême
double, un baptême spécial réservé à la catégorie des “laïcs engagés”. »
Au contraire, à la suite du concile Vatican II, le pape rappelle qu’il revient à tous
les laïcs de « “rendre visible” le Christ aux autres par le témoignage de leur vie
», notamment en vivant « sur le mode missionnaire les choses les plus ordinaires
de la vie quotidienne ».

L’inculturation
D’où, enfin, pour François, la nécessité de l’inculturation. Il faut, insiste-t-il, «
tenir compte des rythmes quotidiens et des événements ordinaires des lieux et
des communautés humaines ». « Comment imaginer que la foi puisse se
transmettre comme une espèce de transplantation de l’organisation d’un pays
dans un autre, d’une situation dans une autre ? », s’interroge-t-il. « Se libérer de
certaines sacralisations orgueilleuses »
S’il reconnaît que « plusieurs cultures ont été étroitement liées à la prédication
de l’Évangile et au développement de la pensée chrétienne », il souligne que « le
christianisme ne dispose pas d’un seul et unique modèle culturel » et qu’il faut «
garder présent à l’esprit que le message révélé ne s’identifie à aucune culture ».
« Il ne faut pas essayer d’imposer une forme culturelle déterminée en même
temps que la proposition évangélique », insiste-t-il.
« Aujourd’hui, dans l’œuvre missionnaire aussi, il convient de ne pas emporter
de lourds bagages, de se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses de leur
propre culture », met en garde le pape pour qui « il ne s’agit pas de faire de
18
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

l’animation missionnaire comme s’il s’agissait d’un métier, mais de vivre avec
les autres, de les suivre pas à pas, de demander à les accompagner en apprenant
à cheminer à leur rythme. »

La réforme de la Curie en ligne de mire


Avec ce livre, qui rappelle les fondements évangélisateurs de son pontificat,
François pose aussi les jalons d’une année qui s’annonce cruciale. 2020 devrait
en effet voir la publication de la constitution régissant la Curie romaine, en
chantier depuis sept ans. Provisoirement intitulée Praedicate evangelium, «
Proclamez l’Évangile », elle devrait rappeler combien la Curie est au service du
travail d’évangélisation des Églises locales qui disposeraient de beaucoup plus
d’autonomie qu’actuellement.
Un brouillon de ce texte qui a circulé a suscité de vives réactions et n’est sans
doute pas étranger à la remobilisation de tous ceux qui, par peur de voir
s’estomper leur pouvoir ou battre en brèche leur vision de l’Église, veulent à tout
prix en empêcher la publication.
C’est à cette aune qu’il convient de lire les récentes rumeurs de démission du
pape qui visent surtout à affaiblir la réforme : pourquoi suivre un pape qui va
bientôt partir ? D’où l’importance pour François de redire l’urgence
évangélisatrice qui fait le cœur de sa réforme.

Extraits
Le témoignage suscite l’admiration
« L’attraction se fait témoignage en nous. Le témoin montre ce que l’œuvre du
Christ et de son Esprit a vraiment accompli dans sa vie. Après la Résurrection,
c’est le Christ qui se rend visible aux apôtres. C’est lui qui fait d’eux des témoins.
Le témoignage n’est pas une prestation pour elle-même, on est témoin des
œuvres du Seigneur. (…) Le témoignage suscite l’admiration, et l’admiration
suscite des questions chez ceux qui le voient. Les autres se demandent :
“Comment se fait-il que cette personne soit ainsi ? D’où lui vient le don d’espérer
et de traiter les autres avec charité ?” Lorsque Dieu œuvre directement dans la
vie et le cœur des gens, cela est source de stupeur. Admiration et stupeur
voyagent ensemble dans la mission. (…) Admiration et stupeur sont les
sentiments, les traits distinctifs qui caractérisent le chemin des missionnaires.
Cela n’a rien à voir avec l’impatience et les angoisses des publicitaires envoyés
par les entreprises pour gagner des adhérents et faire des prosélytes. » …

La tromperie du prosélytisme
« Il y a du prosélytisme partout où se trouve l’idée de faire croître l’Église en se
passant de l’attraction du Christ et de l’œuvre de l’Esprit, en misant tout sur une
sorte de “discours savant”. Aussi, le prosélytisme exclut de la mission le Christ
lui-même, et l’Esprit Saint même quand il prétend parler et agir au nom du
19
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Christ, de manière nominaliste. Par nature, le prosélytisme est toujours violent,


même quand il dissimule sa violence ou qu’il l’exerce avec des gants. Il ne
supporte pas la liberté et la gratuité avec lesquelles la foi peut se transmettre,
par la grâce, de personne à personne. C’est pourquoi le prosélytisme
n’appartient pas uniquement au passé, à l’époque du colonialisme ou des
conversions forcées ou obtenues contre la promesse d’avantages matériels. Il
peut exister du prosélytisme aujourd’hui, au sein des paroisses, des
communautés, des mouvements ou encore des congrégations religieuses. » …

Faire goûter la tendresse de Dieu


« Annoncer l’Évangile à haute voix ne consiste pas à assiéger les autres à l’aide
de discours apologétiques, à hurler rageusement à l’adresse des autres la vérité
de la Révélation. Il n’est pas plus utile de lancer à la tête des autres des vérités
et des formules doctrinales comme si elles étaient des pierres. Quand cela se
produit, c’est le signe que les paroles chrétiennes elles-mêmes sont passées à
travers un alambic et se sont transformées en idéologie. (…) Annoncer l’Évangile
signifie transmettre à l’aide de mots sobres et précis le témoignage du Christ
comme le firent les apôtres. Mais il ne sert à rien d’inventer des discours
persuasifs. (…) C’est pourquoi la répétition littérale de l’annonce n’a pas
d’efficacité en elle-même et peut tomber dans le vide si les personnes à qui elle
s’adresse n’ont pas l’occasion de rencontrer et de goûter d’une manière ou d’une
autre la tendresse de Dieu pour eux, et sa miséricorde qui guérit. » …

La force de la rencontre
« Dans l’expérience commune, on n’est pas frappé si l’on rencontre quelqu’un
qui circule en martelant ce qu’est le christianisme, ce que sont le bien et le mal
et ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour aller ou non en enfer ou au paradis.
Dans l’expérience commune, il arrive le plus souvent d’être marqué par la
rencontre avec une personne ou une réalité humaine qui surprennent par des
gestes et des mots révélant leur foi dans le Christ. Ce n’est que dans le climat
d’admiration et de stupeur provoquant des questions que cette personne et cette
réalité humaine peuvent attester et proclamer le nom et le mystère de Jésus de
Nazareth, dans l’espoir de pouvoir répondre aux attentes et aux questions
suscitées chez les autres par leur témoignage. (…) La stupeur suscitée par ce que
le Seigneur réalise dans ses témoins précède habituellement l’annonce. » …

Le message révélé ne s’identifie à aucune culture


« Tous les processus féconds d’inculturation ont toujours creusé leur chemin petit
à petit dans la trame de la vie concrète et quotidienne. Voilà quelle est la
véritable inculturation. S’inculturer, c’est être dans la vie ordinaire, dans la
temporalité comme dans la manière de s’exprimer et

20
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

d’exprimer la vie de ces peuples. Comment imaginer que la foi puisse se


transmettre comme une espèce de transplantation de l’organisation d’un pays
dans un autre, d’une situation dans une autre ? L’inculturation ne se fait pas
dans des laboratoires théologiques, mais dans la vie quotidienne. (…)
Au cours des deux derniers millénaires, les peuples qui ont reçu la grâce de la foi
l’ont fait s’épanouir dans leur vie quotidienne et l’ont transmise selon leurs
propres usages culturels. Le christianisme ne dispose pas d’un seul et unique
modèle culturel. (…)
Il est vrai que plusieurs cultures ont été étroitement liées à la prédication de
l’Évangile et au développement de la pensée chrétienne. À l’époque où nous
vivons, il devient toujours plus urgent de garder présent à l’esprit que le message
révélé ne s’identifie à aucune culture. Dans la rencontre avec de nouvelles
cultures ou avec des cultures qui n’ont pas accueilli la prédication chrétienne, il
ne faut pas essayer d’imposer une forme culturelle déterminée en même temps
que la proposition évangélique. Aujourd’hui, dans l’œuvre missionnaire aussi, il
convient de ne pas emporter de lourds bagages, de se libérer de certaines
sacralisations orgueilleuses de leur propre culture. »

Repères
Un livre d’entretien avec le journaliste Gianni Valente

Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire. Être missionnaire aujourd’hui dans le
monde, texte inédit du pape François (entretien avec Gianni Valente),
Bayard/Librairie éditrice vaticane, 128 p., 12,90 €.

Romain d’origine et spécialiste de l’Orient chrétien, Gianni Valente a collaboré


au magazine 30 Giorni avant de rejoindre l’agence Fides, liée à la Congrégation
pour l’évangélisation des peuples.
Grand connaisseur de la Chine, il collabore aussi à la revue italienne de
géopolitique Limes et au site d’information Vatican Insider.

Le pape s’adresse aux catéchistes pour l’évangélisation :


[Link]

21
Évangéliser Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Quoi ?

Un itinéraire missionnaire en 7 vidéos

semaine 1 La rencontre, origine de la mission


semaine 2 La Résurrection, fondement de la mission
semaine 3 La fraternité, au cœur de la mission
semaine 4 La grâce et la paix, sens de la mission
semaine 5 La communion, pour vivre la mission
Rameaux La croix, révélation du salut
Pâques L'Esprit Saint, moteur de la mission

[Link]
mission/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=saison_
23-sem_1_26-02-2023

L’évangélisation par la guérison :


La guérison : charismes – prière – réconciliation :
Comment trouver le bon équilibre :
[Link]
Diffusée en direct le 10 janvier 2002. Les prières de guérison, pour les délivrances
des petites et grandes souffrances du quotidien : est-ce que c'est dans la mission
de l'Église catholique ? De quoi Dieu guérit-Il ? Quel secours peut-Il apporter ?
Pourquoi certains sont guéris et d'autres non ? Et comment éviter les abus, le
charlatanisme, les dérives ? Nous avons choisi d'en parler ! Et nous avons invité
Mgr Michel Aupetit, l'archevêque de Paris. Il vient dialoguer avec des chrétiens
convaincus ou sceptiques sur cette question.

22

Vous aimerez peut-être aussi