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Cours Iecr 4 (2025)

Le document traite des réalités contemporaines du chômage en France, soulignant son évolution depuis les années 1970 et les disparités selon les groupes d'âge, de diplôme et d'origine migratoire. Il met en évidence la complexité du phénomène, avec des taux de chômage plus élevés chez les jeunes et les moins diplômés, ainsi que des différences notables entre les natifs et les immigrés. Enfin, il aborde les indicateurs de chômage et les controverses liées à leur mesure, ainsi que l'importance de l'employabilité et de la vulnérabilité au chômage.

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Cours Iecr 4 (2025)

Le document traite des réalités contemporaines du chômage en France, soulignant son évolution depuis les années 1970 et les disparités selon les groupes d'âge, de diplôme et d'origine migratoire. Il met en évidence la complexité du phénomène, avec des taux de chômage plus élevés chez les jeunes et les moins diplômés, ainsi que des différences notables entre les natifs et les immigrés. Enfin, il aborde les indicateurs de chômage et les controverses liées à leur mesure, ainsi que l'importance de l'employabilité et de la vulnérabilité au chômage.

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Emploi, chômage et revenu

du travail :
réalités contemporaines et
évolutions de longue période
Chômage
• solde des variations de la population active et des variations
de l'emploi = variations du chômage

• [Link]
interactif/5367857/tableau/50_MTS/52_CHO

• [Link]
Evolution
• Après une montée continue du début des années 1970 au
début des années 1980, le taux de chômage en France est
resté pendant 20 ans, à un niveau élevé avec des variations
conjoncturelles importantes, en lien avec les différentes crises.
Il est orienté tendanciellement à la baisse depuis 2016.

• Le taux de chômage des hommes était historiquement plus


bas que celui des femmes, mais ce n’est plus le cas depuis la
crise de 2008 = surexposition sectorielle des hommes
(tertiaire moins touché)
Le chômage n’est pas un phénomène homogène, il dépend
des caractéristiques des individus et des emplois occupés
Un phénomène hétérogène
• Le taux de chômage des jeunes est bien plus élevé :
Les < 25 ans présents sur le marché du travail sont pas ou
peu diplômés
 Mais aussi effet de structure : taux d’activité faible => base
de calcul étroite.
Rapportée à la population totale, la part des chômeurs
parmi les 15-24 ans (7,3 %) se rapproche de celle mesurée
parmi les 15-64 ans (5,5 %).

• Le taux de chômage des moins diplômés est plus élevé, ce qui


se retrouve avec la catégorie socio-professionnelle
Un phénomène hétérogène

Le taux de chômage des immigrés et celui des descendants d’immigrés


sont nettement supérieurs à celui des personnes sans ascendance
migratoire directe et la disparité entre femmes et hommes persiste pour
ces catégories de travailleurs
Analyse en termes de flux
• À chaque instant, le taux de chômage est la résultante de 2
flux de sens opposés :
le taux de retour à l'emploi des chômeurs = proportion des
chômeurs qui trouvent un emploi
le taux de sortie de l’emploi vers le chômage = part des
travailleurs qui deviennent chômeurs
• Un stock élevé de chômeurs peut s’expliquer par des taux
élevés d’entrée au chômage et des périodes de chômage
relativement courtes [cas des jeunes] ou, à l’inverse, à des
taux d’entrée faible et des périodes de chômage longues
Pour lutter contre le chômage, il faut diminuer la vulnérabilité
et augmenter l’employabilité
Vulnérabilité au chômage
= probabilité de perdre son emploi
50 ans ou
Situation précédant l'entrée au chômage 15-24 ans 25-49 ans
plus
Chômeurs n'ayant jamais travaillé 30,0 5,3 2,3
Chômeurs ayant déjà travaillé 100,0 100,0 100,0
Fin d’emploi à durée limitée 72,9 48,2 38,8
Fin de période d’essai 3,9 3,4 3,1
Licenciement économique 1,0 4,6 8,3
Autre licenciement 1,5 5,9 9,2
Rupture de contrat pour maladie ou invalidité 0,9 3,1 6,0
Rupture conventionnelle de contrat de travail 2,7 13,4 13,3
Démission 8,4 8,9 5,6
Cessation d’activité 1,0 1,9 2,1
Préretraite 0,0 0,1 1,8
Faillite 0,0 0,3 0,5
Autre situation 7,6 10,0 11,3

Chômage d’insertion
Instabilité de l’emploi

Données INSEE 2023


Employabilité
= probabilité des transitions chômage-emploi
Part du chômage de longue durée (>1an) dans le chômage total

15-24 ans 10,5


25-49 ans 24,5
50 ans ou plus 40,8
Ensemble 24,5
 Si les 15-24 sont plus vulnérables au chômage, ils ont aussi
une probabilité plus élevée de retrouver un emploi
(instabilité de l’emploi et récurrence du chômage)

 L’employabilité diminue avec l’âge des chômeurs :


sélection des employeurs, difficultés de reconversion
Employabilité
• L’employabilité diminue avec l’ancienneté dans le chômage :

comportement des chômeurs (découragement)


dégradation de leurs aptitudes professionnelles
politiques de recrutement des employeurs (durée du
chômage interprétée comme un indicateur de la qualité du
travailleur)

• Problématique spécifique du chômage de longue durée


Comparaisons internationales
• En comparaison internationale, la France apparaît comme un
pays où le chômage est relativement plus important
A l’échelle de l’UE (forte hétérogénéité) :
[Link]
ault/map?lang=fr&category=t_labour.t_employ.t_lfsi.t_une

Ou graphique
[Link]
interactif/5367857/europe/50_MTS/52_CHO/52H_FigureE1
Comparaisons internationales
• En comparaison internationale, la France apparaît comme un
pays où le chômage est relativement plus important
A l’échelle de l’OCDE :
[Link]
[Link]
releases/2025/02/unemployment-rates-updated-february-
[Link]

Y compris pour les diplômés du supérieur


[Link]
[Link]#indicator-chart
20

18

16

14

12

10

0
Espagne Suède Italie France Danemark Allemagne Royaume-Uni États-Unis

Taux de chômage des allochtones Taux de chômage des autochtones

• Données OCDE (2022), 15-64 ans


• Immigrant workers are affected to a greater extent by
unemployment than native-born workers in European
countries that have traditionally received migrants.
Adults' educational attainment distribution, by country of birth
Age: From 25 to 64 years Source : OCDE (2024). Education at a glance
Migration status Native-born Foreign-born
Educational Below upper Upper Tertiary Below Upper Tertiary
attainment level secondary secondary education upper secondary education
(2023) education or post- secondary or post-
secondary education secondary
France 13,3 43,5 43,2 33,0 28,8 38,2
Germany 10,5 54,8 34,8 35,7 35,0 29,3
Italy 32,9 44,1 23,0 43,5 42,6 13,9
Spain 33,6 21,0 45,4 43,4 28,5 28,1
Sweden 8,7 41,7 49,6 29,6 21,5 48,9
United Kingdom 18,8 33,1 48,1 13,5 14,6 71,9
United States 4,8 43,0 52,2 20,5 34,7 44,9
Adults' educational attainment distribution, by country of birth and gender
Age: From 25 to 64 years
Migration status Native-born Foreign-born
Educational Below Upper Tertiary Below Upper Tertiary
attainment level upper secondary education upper secondary education
(2023) secondary or post- secondary or post-
education secondary education secondary
Sex: Female
France 12,6 40,6 46,8 33,0 27,1 39,9
Germany 10,8 57,3 31,8 34,5 35,0 30,5
Italy 30,7 43,0 26,3 38,5 44,1 17,3
Spain 30,0 20,6 49,4 40,1 28,6 31,2
Sweden 6,6 34,8 58,5 27,7 20,2 52,1
United Kingdom 18,1 32,2 49,7 13,6 14,2 72,2
United States 4,3 39,1 56,7 18,8 34,4 46,8
Sex: Male Adults' education
France 13,9 46,6 39,6 33,0 30,8 36,2
Germany 10,2 52,2 37,6 36,9 34,9 28,2
Italy 35,1 45,2 19,6 49,3 40,8 9,9
Spain 37,0 21,5 41,5 47,2 28,4 24,3
Sweden 10,7 48,2 41,0 31,4 22,9 45,7
United Kingdom 19,6 34,0 46,5 13,3 15,1 71,6
United States 5,4 46,9 47,7 22,2 34,9 42,9
Interprétation des indicateurs

 Le taux de chômage dépend du nombre de chômeurs recensés


mais aussi du nombre d’actifs
Or les taux d’activité sont très variables selon les pays mais aussi
selon les âges
Un indicateur plus pertinent : le taux d’emploi (25-54 ans)
Population des hommes 25-54 ans (2023, OCDE)
10
Taux de
8
chômage
6

0
Espagne Italie France Suède Danemark États-Unis Allemagne Royaume-Uni

90

85
Taux
80
d’emploi
75

70

65
Italie Espagne États-Unis France Danemark Royaume-Uni Allemagne Suède

95
94
93 Taux
92
91
d’activité
Participation
90
au marché du
89
travail
88
87
86
United States Italy Denmark United Kingdom Spain France Germany Sweden
Mais que mesure-t-on ?
• Convention internationale (BIT) harmonisée au niveau
européen, 3 critères définis sur une semaine de référence.

1) être sans travail (rémunéré): les personnes ayant travaillé


ne serait-ce qu’une heure sont considérées comme ayant un
travail et même s’il s’agit d’un emploi occasionnel ou d’un
stage
2) être disponible (dans les 15 jours) pour travailler : sont
exclues les personnes en formation ou qui ont un problème
de santé ou de garde d’enfants
3) être à la recherche (active) d’un travail : sont exclus les
chômeurs découragés
Controverses
• Mesure conventionnelle
• Conception très restrictive du chômage et symétriquement
très extensive de l’emploi
controverses sur les « vrais chiffres du chômage » : plus la
définition du chômage est restrictive, plus le nombre de
chômeurs recensés diminue.
Productions d’indicateurs complémentaires

• 2 sources en France : enquête Emploi (INSEE – BIT) et


assurance chômage
1 chômeur inscrit à
France travail qui n’a
pas fait de démarches
actives de recherches
d’emploi (critères BIT)
sur la période, n’est
pas comptabilisé dans
le chômage BIT
En 2017, 40 % des
DEFMA ne sont pas
chômeurs au sens du
BIT
Plus fréquemment
des séniors (55 et +) =
problèmes de santé +
découragement

[Link]
DEFM
• Comptage administratif des demandes d’emplois en fin de
mois (DEFM), classées en 5 catégories (A, B, C,D,E).
• Catégorie A : demandeurs d’emploi n’ayant exercé aucune
activité dans le mois précédent et tenus de faire des actes
positifs de recherche d’emploi.
• Catégories B/C : demandeurs d’emploi qui ont exercé dans le
mois « une activité occasionnelle ou réduite » courte (moins
de 78 heures par mois) / longue (plus de 78 heures).
• Catégories D/E: demandeurs d’emploi qui ne sont pas tenus
de faire une recherche d’emploi (pas immédiatement
disponibles) : personnes en stage ou en formation, ou en
maladie ou encore bénéficiaires de contrat aidé
DEFM
T4 2023
Caractéristiques Effectif
(en milliers)
Ensemble des demandeurs d'emploi (catégories A à E) 6 160
Demandeurs d'emploi tenus de rechercher un emploi (catégories A, B, C) 5 398
N'ayant exercé aucune activité (catégorie A) 3 032
Ayant exercé une activité (catégories B et C) 2 366
Demandeurs d'emploi non tenus de rechercher un emploi (catégories D et E) 762
Note : Données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO). Les
évolutions et répartitions du nombre de demandeurs d'emploi sont calculées à partir d'effectifs

Total : 6 160 000 contre 3 032 000 BIT


Indicateurs complémentaires
• Le halo du chômage (frontière chômage/inactivité) :
personnes qui souhaitent un emploi mais qui ne sont pas
immédiatement disponible et/ou ne font pas de recherche
active (ex. chômeurs découragés)

• Le sous-emploi (frontière emploi/chômage) : personnes en


emploi qui travaillent à temps partiel, souhaitent travailler
davantage et sont disponibles pour le faire, ou les personnes
qui ont travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de
référence en raison de chômage partiel ou de mauvais temps
=> durée du travail inférieure à celle qui est souhaitée
Offre de travail “contrainte”
Au moins une
En moyenne annuelle fois dans
l’année
Statut sur le marché du travail Part de la
population Part de la
Effectifs
active population
(en millions)
élargie active élargie
(en %) (en %)
Chômage (1) 2,2 7,0 16,4
Halo (2) 1,9 5,9 14,7
Sans emploi contraint (1) + (2) 4,1 12,9 24,2
Sous-emploi (3) 1,2 3,9 8,6
Offre de travail contrainte (1) + (2) + (3) 5,4 16,7 30,1
Population active élargie 32,1 100,0 100,0
1. Un individu pouvant vivre des épisodes de natures différentes au cours de l’année, les sous-totaux des colonnes correspondan

5,4 millions de personnes de 15 à 64 ans sont en France contraintes


dans leur offre de travail en moyenne sur l’année 2023.

Le halo est plus stable que le chômage


Offre de travail “contrainte”
• L’idée d’une offre de travail « contrainte » s’inscrit dans la
thématique keynésienne du sous-emploi, contraint par le
niveau de la demande globale
• Principe de la « demande effective » : A l’échelle macro, c’est
la demande rentable anticipée par les employeurs qui
détermine effectivement le niveau de la production globale
et donc de l’emploi
 Les employeurs décident du niveau de production et de
l’emploi de façon à maximiser leur espérance de profit, étant
donné le niveau anticipé de la demande et leurs conditions
de rentabilité => niveau d’équilibre pour eux mais ne garantit
pas le plein emploi.
Perspective keynésienne
le système peut être en équilibre durable de sous-emploi si ce
niveau d’emploi est celui qui maximise l’espérance de profit
des entreprises étant donné le niveau de demande rentable
anticipé = le chômage s’explique par l’insuffisance de la
demande effective
• Raisonnement de court terme, supposant un état donné de
l’équipement, de la technologie et des coûts des facteurs de
production (conditions de rentabilité)
• Stabilité supposée des conditions d’offre versus instabilité
supposée des conditions de demande => c’est la dynamique
de la qui fait la dynamique de l’emploi
Perspective keynésienne
• Pour Keynes, cette instabilité vient du comportement
d’investissement des entreprises, qui repose sur des
anticipations incertaines d’évolution de l’activité future => ces
anticipations changent brutalement avec l’état de confiance
des entreprises
• Instabilité accrue par le développement des marchés
financiers
Laissé à lui-même, le système connaît des fluctuations
importantes de l’activité et de l’emploi (récurrence des crises
et du chômage) = les causes du chômage sont endogènes et
non exogènes.
Rôle stabilisateur des institutions (ex. l’assurance chômage
maintient le niveau de la demande en période de crise)
Perspective keynésienne
Toute perturbation du niveau de l’investissement exerce un effet
amplifié sur la production globale :
Sur le marché des biens, l’offre s’ajuste à la demande
𝑌 = 𝐶 + 𝐼 + 𝐺 = 𝑐. 𝑌 − 𝑇 + 𝐶0 + 𝐼 + 𝐺
⇒ 1 − 𝑐 𝑌 = 𝐼 + 𝐶0 − 𝑐. 𝑇 + 𝐺
1
⇒ ∆𝑌 = ∆𝐼
1−𝑐
 Ce sont les variations autonomes de l’investissement qui
provoquent les variations conjoncturelle de la demande et par suite
de la production et de l’emploi ; l’effet multiplicateur de la
consommation augmente leur impact
 L’investissement est sujet à des vagues d’optimisme/pessimisme des
entreprises => instabilité du volume national d’investissement
 Cette instabilité est, selon Keynes, accrue par le développement des
marchés financiers (financiarisation de l’économie)
Perspective classique
• Pour les Classiques, au contraire, le système économique est,
par nature, stable ; si on laisse faire les mécanismes
marchands, il conduit au plein emploi => seule l’insuffisante
rentabilité de l’offre productive liées aux entraves
institutionnelles explique la persistance du chômage
Les institutions sont une entrave aux mécanismes marchands
autorégulateurs
« En admettant la libre concurrence des travailleurs et la parfaite
mobilité du travail, [...] les taux de salaires ont toujours tendance
à s’adapter à la demande de telle façon que tout le monde soit
employé. Par conséquent, en condition de stabilité, chacun
trouve normalement un emploi. » (Arthur Cecil Pigou, La théorie
du chômage, 1933)
Perspective classique
• Le marché du travail est un marché comme les autres, la
configuration de concurrence parfaite sert de norme de
référence ; le salaire réel de marché est la variable
d’ajustement
• L’offre de travail, une fois la condition de participation au
marché du travail satisfaite, est supposée croissante avec le
salaire réel ; l’effet de substitution l’emporte sur l’effet revenu
 Effet de substitution : quand le salaire augmente, le coût
d’opportunité du loisir augmente, l’individu est incité à
substituer du travail au loisir
Effet revenu : quand le salaire augmente, chaque heure
travaillée est plus rémunérée, l’individu peut maintenir sa
consommation en travaillant moins (en ayant plus de loisir)
Offre globale de travail (𝐿 )
𝑠

𝐿𝑆

Salaire de réserve 𝑤𝐴

𝐿
En supposant que le travail est homogène et que les comportements décrits
sont représentatifs de l’ensemble des 𝑁 agents, on obtient une courbe de
d’offre de travail qui associe à chaque niveau de salaire réel, un volume
horaire proposé 𝐿 = 𝑁. ℎ(𝑤)
La perspective classique
• A CT, la demande de travail maximise l’espérance de profit
des entreprises pour un niveau donné de capital => la
quantité demandée décroît avec le salaire réel de marché
La fonction de profit de l’entreprise-type est donnée par :
Π = P. Y − CK . K − CL . L − CF où 𝐶𝐹 représente les coûts fixes,
𝐶𝐿 le coût/unité de travail et 𝐶𝐾 le coût/unité de capital
𝑌= volume de production = 𝑭(𝑲, 𝑳) : « fonction de
production » qui résume les conditions techniques de la
production
En termes réels, en supposant que 𝑐𝐾 = 𝑟, 𝑐𝐿 = 𝑤 :
π = 𝑦 − r. K − w. L − c = F(K, L) − r. K − w. L − c
On cherche 𝑳∗ qui maximise le profit pour 𝑟, 𝐾, 𝑤 donnés.
La perspective classique
• La quantité de travail 𝐿∗ qui va permettre de maximiser le
profit vérifie :
𝑑Π
= 0 ⇒ FL′ K, 𝐿∗ − w = 0 [pour 𝑟, 𝐾, 𝑤 𝑑𝑜𝑛𝑛é𝑠]
𝑑𝐿
⇒ 𝐹𝐿′ 𝐾, 𝐿∗ = 𝑤 [ce qui revient à recette marginale=coût mg]
• Cette condition de premier ordre (CN) définit une relation
implicite entre 𝐿∗ (endogène) et 𝑤(exogène) qui va permettre
d’étudier l’effet d’une variation de 𝑤 sur 𝐿∗ en fonction des
propriétés de 𝐹
• En supposant que la productivité marginale du travail est
décroissante au moins à partir d’un certain niveau de Y
(𝐻𝑦𝑝: 𝐹𝐿′′ ≤ 0), on obtient une fonction de demande de
𝐶𝑁 𝐻𝑦𝑝
travail décroissante : ∆𝑤 > 0 ∆𝐹𝐿′ >0 ∆𝐿 < 0
Demande globale de travail
Salaire réel 𝑤 =
𝑊
𝑃
𝑤 𝑤
Pour chaque niveau de 𝑤, on
peut déterminer la quantité 𝐿 𝐿𝐷
telle que 𝑤 = 𝐹𝐿′
∆𝑤 > 0 ⇒ ∆𝐿 < 0
𝑤2
Productivité mg
du travail
𝑤 𝑤1
𝐹𝐿′

𝐿𝐷 𝐿
𝐷
𝐿𝐷2 𝐿1 𝐿
En supposant que le comportement décrit est représentatif de
l’ensemble des entreprises, on obtient une courbe de
demande globale de travail décroissante avec le salaire
L’équilibre du marché L
𝑤
En concurrence parfaite,
l’équilibre est à l’intersection 𝐿𝐷 𝐿𝑆
de 𝐿𝑠 et de 𝐿𝐷
Unique point : 𝐿∗ , 𝑤 ∗ .

Equilibre de plein emploi 𝑤∗

Allocation pareto-optimale
𝐿∗ 𝐿
Concurrence parfaite
𝑤
Surplus pour les offreurs :
Tous les travailleurs dont 𝐿𝐷 𝐿𝑆
𝑤𝑟 < 𝑤 ∗ tirent un gain net
de leur participation au
marché du travail
= le salaire de marché est 𝑤∗
plus élevé que leur salaire
de réserve
𝐿∗ 𝐿

Surplus pour les demandeurs : tous les emplois dont la


productivité est supérieur à 𝑤 ∗ génèrent un gain net
pour les employeurs
Concurrence parfaite
𝑤
Ce niveau d’emploi d’équilibre
𝐿∗ est qualifié de plein emploi, au 𝐿𝐷 𝐿𝑆
sens où il n’existe aucun
rationnement : toutes les
quantités de travail que les
ménages désirent offrir pour ce
𝑤∗
niveau de rémunération
rencontrent une demande ;
réciproquement, toutes les
quantités de travail que les 𝐿∗ 𝐿𝑆 𝐿
entreprises demandent pour ce Ce niveau 𝐿∗ ne sature pas toute l’offre de
niveau de rémunération sont travail : mais ce travail non employé
satisfaites correspond à une inactivité choisie. Etant le
niveau 𝑤 ∗ du salaire réel, les offreurs ne
souhaitent pas offrir plus de travail que 𝐿∗
Le chômage classique
Dans cette configuration, le chômage
correspond à une situation de
déséquilibre sur le marché du travail et,
plus précisément, au cas où les offreurs
𝑤
ഥ de travail sont rationnés : la totalité de
leur offre de travail au taux de salaire
réel du marché ne trouve pas preneur.

Vous pouvez voir sur le graphique que : 𝐿𝐷 < 𝐿𝑆 ⇒ 𝑤 > 𝑤 ∗


Il y a chômage quand le salaire de marché est supérieur à 𝑤 ∗
Dans ce cas, le niveau d’emploi est fixé par la demande 𝐿 = 𝐿𝐷
Le chômage classique
Comment apparaît le chômage ?
Le chômage peut provenir d’une
baisse du niveau général des prix
𝑃0 > 𝑃1 (excès de D sur le marché
des biens) :
𝑊0
𝑤
ഥ 𝑤0 = 𝑤 =∗
𝑃0
𝑊0
𝑤1 = 𝑤ഥ=
𝑃1
⇒ 𝑤1 > 𝑤0
Le chômage classique
𝑤
Comment apparaît le 𝐿𝐷 𝐿𝑆
chômage ?
Il peut provenir d’une
modification des paramètres
conditionnant l’offre ou la 𝑤0
demande de travail (« choc
exogène »)
𝐿𝐷1 < 𝐿𝑆0 𝐿
𝐿𝐷0 < 𝐿𝑆1
 Augmentation de l’offre à 𝑤 inchangé (déplacement de 𝐿𝑆 sur la droite)
 Diminution de la demande à 𝑤 inchangé (déplacement de 𝐿𝐷 sur la gauche)
 Ces nouvelles conditions impliquent une baisse du salaire réel d’équilibre : 𝑤0
(salaire d’équilibre initial) ne permet plus d’égaliser offre et demande
La perspective classique
Et après ?
 Si le taux de salaire nominal est parfaitement flexible, la concurrence entre
travailleurs fait baisser le taux de salaire, ce qui augmente la demande et baisse
l’offre => le chômage se résorbe.
 Ce processus d’ajustement peut prendre du temps et connaître des frottements :
on parle alors de chômage « frictionnel ».
 La persistance d’un niveau élevé de chômage ne peut s’expliquer que par
l’existence d’obstacles à la baisse du taux de salaire :

« Si la concurrence entre les ouvriers est parfaitement libre et si la main d’œuvre est
parfaitement mobile, la nature de la relation sera des plus simples. Une impulsion
énergique s’exercera toujours sur les salaires pour maintenir entre leur taux et la demande
de force de travail une relation telle que tout le monde soit employé. En conséquence le
chômage, quel que soit sont importance, est uniquement dû au fait que les conditions de la
demande varient sans cesse et que les résistances de frottement empêchent la réalisation
immédiate des ajustements de salaire devenus nécessaires. […] Le chômage est dû avant
tout à une politique de salaires qui ne réussit pas à s’adapter suffisamment aux
modifications de la courbe de demande réelle de travail. » (Arthur Cecil Pigou, La théorie
du chômage, 1933)
Le renouvellement
• L’existence de syndicats, d’indemnités chômage ou encore la
fixation par l'État d’un salaire minimum (supérieur au taux de
salaire réel d’équilibre) sont mis en avant comme des causes
de la persistance du chômage = blocage de l’ajustement des
salaires.
• Des modélisations en concurrence imparfaite vont conduire à
renouveler cette vision des contraintes institutionnelles.
• L’existence d’imperfections (d’origine diverses) sur les marchés
permet des comportements stratégiques des acteurs pour
lesquels les institutions sont à la fois sources de contrainte et
d’opportunité => analyse microéconomique de l’impact des
facteurs institutionnelles sur les comportements d’offre et de
demande.
La théorie du job search
• Théorie de la « prospection d’emploi » (1970) : complexifie la
décision d’offre de travail en équilibre partiel (le
comportement des employeurs est fixé)
• La modélisation standard de l’offre de travail n’explique que le
nombre d’heures dédiées au travail pour un salaire donné
 ne prend pas en compte le temps et le coût lié à la recherche
d’un emploi dans un univers où l’information sur les emplois
disponibles est imparfaite
La théorie du job search
• Principe : sur un marché où l’information est imparfaite,
l’agent poursuit sa recherche tant qu’il peut espérer
augmenter son bien-être en continuant à prospecter ; pour
cela il compare 2 perspectives de gain
 Gains liés l’acception d’une offre d’emploi, évalués sur toute la
vie professionnelle et actualisés => dépend du salaire proposé
mais aussi des conditions d’emploi et perspectives de carrière
Gains liés à la poursuite de la prospection, nets des coûts de
cette prospection et actualisés => dépend des ressources hors
travail (dont les indemnités chômage), de la probabilité
estimée de retrouver un emploi, de l’aversion au risque, des
coûts liés à la recherche d’emploi.
La théorie du job search
Prédiction : le chômeur continue sa recherche d’emploi tant
que le gain attendue de la prospection est supérieur à celui de
l’emploi offert.
• Comme le gain de l’emploi augmente avec le salaire, il y a un
niveau de salaire pour lequel le chômeur est indifférent entre
accepter l'offre qui lui est faite et continuer sa recherche =>
c’est le « salaire de réservation » : salaire qui égalise les 2
gains.
la stratégie supposée d'un chômeur est alors simple : il arrête
de chercher un emploi à la première offre reçue qui propose
un salaire supérieur au salaire de réservation.
Le comportement du chômeur dépend de son salaire de
réservation, lequel est influencé notamment par les
allocations chômage et la fréquence des propositions d’emploi
Durée moyenne du chômage
• Prédiction : toute hausse des allocations chômage ou de la
fréquence d'arrivée des offres entraîne une augmentation du
salaire de réservation
 le chômeur dispose de ressources plus importantes pendant
toute la durée de sa recherche et peut donc se montrer plus
sélectif parmi les propositions qui lui sont faites.
Le chômeur a la possibilité d'accroître le niveau de ses
exigences s'il pense que les propositions d'embauche seront
plus nombreuses que par le passé.
• Prédiction : la durée moyenne du chômage est une fonction
croissante du salaire de réservation ; lorsque le chômeur accroît
ses exigences, il prolonge la durée de sa recherche
=> une plus grande générosité du système d'indemnisation du
chômage augmente théoriquement la durée moyenne du
chômage
Chômage de longue durée
• Suivant ce modèle, la fin programmée de la période
d’indemnisation doit faire baisser le salaire de réservation et
par suite inciter les chômeurs a accepté les offres d’emploi qui
se présentent (baisse des exigences)
• Quid des chômeurs de longue durée ? Dans ce cas, c’est la
baisse des offres d’emploi qui est mise en avant, baisse liée à
l’érosion des qualifications ou au fait que les employeurs
estiment qu'une trop longue période de chômage constitue
un mauvais « signal » sur les capacités inobservées des
travailleurs
Extension–appariement
• L'augmentation des allocations permet de différer la reprise
de l’emploi
• Mais l'augmentation des allocations permet aussi aux
chômeurs d’être plus sélectifs, de trouver des emplois en
moyenne plus productifs.
l'allocation chômage peut-être vu comme une subvention à la
recherche d'emploi susceptible d'améliorer la qualité
moyenne des appariements entre emplois et travailleurs, et
même, dans certaines circonstances, le produit global d'une
économie [Diamond, 1981 ; Acemoglu et Shimer, 2000].

[Link]
Modèles d’appariement
• Modélisent la dynamique des flux sur le marché du travail,
comme le résultat de la confrontation des comportements
optimisateurs d’agents rationnels, interagissant
stratégiquement sur un marché du travail caractérisé par des
imperfections, notamment des coûts de transaction et
d’information
• Contrairement au modèle standard, les échanges (rencontres
entre offreurs et acheteurs) sur le marché du travail sont
analysés comme un processus non coordonné (aléatoire), non
instantané et coûteux, en raison de multiples imperfections :
chercher à pourvoir un poste vacant pour une entreprise tout
comme chercher et trouver un travail pour un chômeur sont
des processus longs, coûteux et aléatoires.
Обучение и переобучение;
Целевая политика занятости (помощь молодёжи, стажировки и т.д.);
Прозрачные платформы по поиску работы;
Гибкость рынка труда (вида контрактов, возможность быстро нанять/

Modèles d’appariement
уволить).

• La recherche d’un emploi et le recrutement d’un employé sont


des activités complexes en raison de l’existence
d’hétérogénéités, de frictions et du caractère fragmentaire
des informations dont disposent les agents :
- les travailleurs ne sont pas identiques et leurs caractéristiques
sont cachées
- tous les emplois ne sont pas semblables : leur intérêt, leur
pénibilité sont mal connus

les entreprises et les travailleurs doivent investir du temps et


de l’argent pour trouver un partenaire qui leur soit bien
assorti.
Modèles d’appariement
• Les modèles DMP (Diamond, Mortensen, Pissarides) étudient
les conséquences sur le chômage de ce processus :
 Le chômage est le sous-produit d’un processus permanent de
créations et de destructions d’emplois, engendrant
d'importants flux de travailleurs (changement d’emplois), et
d’un processus complexe d'appariement et de négociation
entre les entreprises et les travailleurs
Les modèles DMP synthétisent les effets de ces facteurs sur la
vitesse de formation des emplois par une fonction
d’appariement agrégée 𝑀 = 𝑚 𝑈, 𝑉 où le nombre total
d’embauches M est une fonction croissante et concave des
stocks d’emplois vacants V et de chômeurs U (une fonction de
production créant des paires)
Courbe de Beveridge
• L’importance des flux et les difficultés d’appariement sur le
marché du travail expliquent la coexistence en permanence de
chômeurs et d’emplois vacants
renouvelle l’intérêt pour le chômage « frictionnel »

• Fondements théoriques de la courbe de Beveridge (observée


empiriquement) faisant apparaître une lien négatif entre taux
de chômage 𝑈 et taux d’emploi vacants 𝑀, en % de la pop.
active.
Courbe de Beveridge
Quand le nombre d’emplois
vacants augmente, les
demandeurs d’emploi
parviennent plus facilement à
trouver un emploi, ce qui
entraîne une diminution du
chômage, et inversement.

Pour un même nb d’emplois vacants, le taux de chômage est +/-


élevé : indice des difficultés structurelles d’appariement
Courbe de Beveridge
• Les facteurs conjoncturels déterminent les déplacements le
long de la courbe : en période de conjoncture favorable, le
taux de chômage diminue tandis que le taux d’emplois vacants
augmente; en période de récession, le taux de chômage
s’accroît alors que le taux d’emplois vacants tend à diminuer.
• Les facteurs structurels et frictionnels expliquent les
déplacements de la courbe :
Plus on se rapproche de l’origine, plus l’appariement entre les
emplois vacants et les travailleurs est efficace : taux de
chômage et taux d’emplois vacants sont plus faibles =
amélioration du processus d’appariement
Plus on s’éloigne de l’origine, moins le marché du travail est
efficace : détérioration du processus d’appariement
Courbe de Beveridge
Déplacements le long
de la courbe =
facteurs
conjoncturels

Déplacements de la
courbe = facteurs
structurels et
frictionnels

 renouvelle l’intérêt pour le chômage « frictionnel »


Courbe de Beveridge
OFCE Policy brief, n°103

(1) Comparaison 2003-2008 et 2015-2021 => pour un même taux de chômage,


le taux d’emplois vacants est supérieur => degradation de l’efficacité du marché
du travail (qualité de l’appariement) post-crise 2008
(2) Baisse significative du taux de chômage à partir de 2015 => tensions sur le
marché du travail
Marché avec frictions
• Les modèles avec frictions sont une modélisation alternative
au modèle concurrentiel néo-classique
• Les frictions prennent la forme de temps et de ressources
financières consacrées à l’échange.
• Les marchés compétitifs sont réinterprétés : ce n’est plus la
norme théorique mais des cas particuliers dans lesquels les
agents peuvent obtenir très rapidement et sans coûts des
informations pertinentes (information parfaite) => ils peuvent,
sur cette base, prendre des décisions optimales du point de
vue privé comme du point de vue social.
Rôle des institutions
• Contrairement au modèle concurrentiel standard, dans le
marché avec « frictions », les décisions individuelles optimales
n’aboutissent pas nécessairement à des optimums collectifs
• Justifie des politiques publiques visant à améliorer l’efficacité
de l’appariement et, par suite, l’allocation des ressources
(diminution du chômage d’équilibre) :
- créations de plateformes d’information pour les chômeurs,
d’agences d’emploi,
- Créations de formations adaptées aux besoins de l’appareil
productif,
- Activation des dépenses d’indemnisation du chômage plutôt
que de simples dépenses passives visant à compenser les
pertes de revenu liées à la perte d’emploi.
Rôle des institutions
• Les modèles d’appariement supposent que les frictions jouent
un rôle structurant sur les marchés, et ne peuvent être
éliminées, seulement réduites
tous les efforts des travailleurs et des employeurs pour nouer
une relation d’emploi contribuent à l’efficacité collective et
doivent être facilités et encouragés par des incitations
adaptées.
≠ modèles basés sur l’abstraction de marchés efficients qui
déduisent que tout déséquilibre (chômage, rationnement) est le
résultat de contraintes inefficaces comme les régulations ou
l’existence de prix rigides.
Rôle des institutions
• Contrairement aux modèles classiques qui préconisent
l’abandon des contraintes et des régulations, les modèles de
frictions ne vont pas nécessairement avoir de conclusions
univoques : cela dépendra du contexte et, dans les modèles
mathématiques, de la valeur des paramètres du modèle.
• Dans certains contextes, la politique optimale est à l’opposé
des prédictions d’un modèle de concurrence parfaite, dans
d’autres, les implications normatives sont convergentes
Les défaillances de marché justifient l’intervention publique
et, plus spécifiquement l’existence d’institutions ; cependant,
il n’y a pas d’unanimité sur l’analyse et la portée de ces
défaillances.
L’assurance chômage
• Certains modèles prédisent qu’une assurance-chômage
optimale (sans effets désincitatifs) est favorable à l’efficience
économique :
 favorise la qualité des appariements en laissant aux chômeurs
un temps raisonnable pour choisir ce qui leur convient mieux
= une recherche insuffisante (être contraint de prendre le 1er
emploi qui se présente) peut conduire à des appariements
inefficaces.
D’autres modèles font ressortir les effets désincitatifs et
concluent à l’importance de réduire l’assurance-chômage au
profit d’autres formes d’assurance = peut conduire les
travailleurs à être trop exigeants dans leur recherche, et ainsi à
rester trop longtemps au chômage.
[Link]

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