CHAPITRE 1 : REVUE DE LA LITTÉRATURE
TECHNIQUE SUR LES RÉSEAUX MOBILES
1.1 Introduction générale
Les télécommunications mobiles jouent un rôle crucial dans la société contemporaine, reliant des
milliards d'individus à travers le monde. Depuis les débuts analogiques des années 1980
jusqu'aux réseaux intelligents de cinquième génération (5G), l’évolution des technologies
mobiles a été marquée par une quête constante d’amélioration de la qualité de service, de
l'efficacité spectrale et de l'expérience utilisateur.
Ce chapitre vise à fournir une compréhension claire, progressive et détaillée des fondements
techniques nécessaires à l’optimisation des réseaux mobiles, en particulier la 4G LTE. Pour cela,
nous commencerons par présenter l’évolution des différentes générations de réseaux mobiles en
expliquant non seulement leurs caractéristiques, mais aussi leur architecture et leur
fonctionnement. Ensuite, nous aborderons les notions fondamentales telles que le réseau
cellulaire, les principes de multiplexage et de modulation, avant de plonger en profondeur dans
l’architecture LTE, le call flow, les canaux logiques et physiques, les KPI radio, et enfin les
différentes méthodes d’optimisation existantes.
1.2 Historique et évolution des réseaux mobiles
1.2.1 Contexte général de l’évolution
L’évolution des réseaux mobiles n’a pas été linéaire, mais plutôt progressive et structurée selon
des générations (1G à 5G), chacune répondant à des besoins spécifiques croissants : passer de la
simple communication vocale à l’Internet mobile, puis à la connectivité massive des objets.
Chaque génération repose sur des architectures, des schémas d’accès et des mécanismes de
transport de l'information de plus en plus complexes et performants.
Les réseaux mobiles ont considérablement évolué, depuis l'époque analogique de la première
génération (1G) jusqu'au monde à grande vitesse de la cinquième génération (5G). Chaque
génération redéfinit les télécommunications grâce à de nouvelles normes et innovations qui
améliorent la vitesse, la connectivité et l'expérience mobile globale. Explorons les principales
avancées de chaque génération de réseaux mobiles et découvrons ce que les générations futures
peuvent apporter.
La génération d'un réseau mobile correspond à une étape spécifique du progrès technologique
dans l'industrie des télécommunications.
Si l'on examine l'histoire des générations de réseaux mobiles, on constate que de nouvelles
générations de réseaux sont introduites chaque décennie.
Examinons un tableau comparatif simple des générations de réseaux mobiles 1G, 2G, 3G, 4G et
5G.
Génératio
Vitesse du réseau Caractéristiques principales
n
1G (1980's) 2,4 Kbit/s Appels vocaux analogiques de base
2G (1990's) 14,4 à 217,6 Kbit/s Appels vocaux numériques et SMS
384 Kbit/s à 336
3G (2000's) Accès à l'internet mobile et aux smartphones
Mbit/s
Vitesses de données rapides pour le streaming et la navigation
4G (2010's) 100 Mbit/s à 1 Gbit/s
& VoLTE
Connectivité avancée avec faible latence, prise en charge de
5G (2020's) 2 Gbit/s à 20 Gbit/s
l'IoT.
1.2.2 Présentation des générations mobiles
➤ Première génération (1G)
La première génération de réseaux mobiles (1G) fournissait des services d'appels vocaux
analogiques de base.
La 1G a été introduite au début des années 1980 dans différentes parties du monde.
Vitesse du réseau : 2,4 Kbit/s
Les protocoles utilisés par la 1G sont notamment le AMPS (Système avancé de téléphonie
mobile) et NMT (Téléphone mobile nordique).
Technologie : AMPS (Advanced Mobile Phone System)
Multiplexage : FDMA
Fonctionnement : transmission analogique de la voix
Limitations : sécurité inexistante, capacité faible, qualité audio médiocre
Architecture : BTS → MSC → RTC
➤ Deuxième génération (2G)
La deuxième génération de réseaux mobiles (2G) lancé dans les années 1990 dans différentes
parties du [Link] s'agit de la première génération à utiliser les technologies numériques pour
améliorer la qualité des appels vocaux, des SMS et de l'internet mobile.
Vitesse du réseau : 14,4 à 217,6 Kbit/s
Ces normes numériques comprennent le GSM (Système mondial de communications mobiles),
GPRS (Service général de radiocommunication par paquets).
Des améliorations supplémentaires ont été apportées avec la sortie d'EDGE (Des données
améliorées pour une évolution globale).
EDGE a été lancé juste avant la 3G et a amélioré les vitesses du réseau à 384 Kbit/s - c'est
pourquoi il est communément appelé 2,75G.
La deuxième génération a permis de séparer la propriété de l'infrastructure du réseau du rôle de
fournisseur de services.
Cela a permis aux entreprises ne disposant pas de leurs propres réseaux physiques d'entrer sur le
marché en tant qu'opérateurs de téléphonie mobile. Les réseaux mobiles de deuxième génération
(2G) sont adaptés aux appels vocaux et aux SMS de base. Ils peuvent atteindre les zones rurales
et éloignées.
Bandes de fréquences de fonctionnement 2G : 900 MHz à 1800 MHz.
Technologies : GSM, CDMA
Multiplexage : TDMA/FDMA (GSM), CDMA (IS-95)
Fonctionnement : introduction de la commutation numérique, chiffrement, SMS/MMS
Architecture : BTS, BSC, MSC, HLR/VLR, AUC, EIR
Améliorations : GPRS, EDGE (2.5G)
➤ Troisième génération (3G)
La troisième génération de réseaux mobiles (3G) lancé au début des années 2000, a révolutionné
les télécommunications avec les services de données.
En utilisant l'UMTS (Systèmes de télécommunications mobiles universelles) et de normes
similaires, elle a réussi à faire migrer les réseaux 2G (GSM) existants vers la 3G.
Vitesse du réseau : 384 Kbit/s à 336 Mbit/s
HSPA (Accès par paquets à haut débit) et HSPA+ (Accès par paquets à haut débit évolué) se
sont appuyés avec succès sur l'UMTS pour offrir des vitesses allant jusqu'à 34 Mbps.
L'essor de la 3G et la sortie des premiers smartphones ont marqué le début de la connectivité
mondiale.
Avec le déploiement des réseaux 3G, l'accent a été mis sur la fourniture d'un internet mobile plus
rapide.
La troisième génération a vu une plus grande clarté différence entre les ORM et les MVNO pour
faire face à l'augmentation de la demande de services de données.
Les ORM ont étendu leur infrastructure et les MVNO ont commencé à adapter leurs offres de
services à des marchés de niche.
- Les réseaux mobiles de troisième génération (3G) offrent des débits de données améliorés,
adaptés à la navigation sur l'internet et au multimédia.
- Bonne couverture dans les zones urbaines et suburbaines, mais limitée dans les régions
éloignées ou montagneuses.
- Bandes de fréquences 3G : 850 MHz, 900 MHz, 1900 MHz et 2100 MHz.
Technologie : UMTS basé sur WCDMA
Fonctionnement : commutation de circuits (voix) et de paquets (data)
Architecture : NodeB, RNC, SGSN, GGSN
Services : visiophonie, accès Internet, débit supérieur (384 kbps à 14 Mbps avec HSPA)
➤ Quatrième génération (4G)
La quatrième génération de réseaux mobiles (4G) représente les réseaux de télécommunication
de données uniquement lancés dans les années 2010.
Activé par LTE (Evolution à long terme) et de l'utiliser en utilisant le LTE-A (LTE Advanced),
ces réseaux utilisent des techniques de commutation de paquets pour fournir des services VoIP
(Protocole vocal sur Internet) et les messages texte - également connu sous le nom de VoLTE
(Voix sur LTE).
Vitesse du réseau : 100 Mbit/s à 1 Gbit/s
Les vitesses élevées de l'internet de la quatrième génération ont permis d'améliorer les services
de diffusion en continu, les divertissements et la connectivité mondiale.
Technologie : LTE (Long Term Evolution)
Multiplexage : OFDMA (DL), SC-FDMA (UL)
Fonctionnement : architecture tout IP, réduction drastique de la latence, QoS
différenciée
Architecture : eNodeB, EPC (MME, SGW, PGW, HSS)
Débit : jusqu’à 100 Mbps en DL, 50 Mbps en UL
➤ Cinquième génération (5G)
Technologies : 5G NR, Massive MIMO, beamforming, slicing
Fonctionnement : architecture cloud native, faible latence (<1 ms), très hauts débits (>1
Gbps), grande densité d’équipements
Architecture : gNodeB, 5GC (AMF, SMF, UPF, PCF, NRF, etc.)
Fréquences : Sub-6 GHz, mmWave (>24 GHz)
➡️Section suivante : Réseaux cellulaires, schéma de réutilisation des fréquences, mobilité et
handover, pour faire le lien logique entre les générations mobiles et les fondements structurels
d’un réseau mobile performant.
CHAPITRE 1 : REVUE DE LA LITTÉRATURE
TECHNIQUE SUR LES RÉSEAUX MOBILES
1.1 Introduction générale
Les télécommunications mobiles jouent un rôle crucial dans la société contemporaine, reliant des
milliards d'individus à travers le monde. Depuis les débuts analogiques des années 1980
jusqu'aux réseaux intelligents de cinquième génération (5G), l’évolution des technologies
mobiles a été marquée par une quête constante d’amélioration de la qualité de service, de
l'efficacité spectrale et de l'expérience utilisateur.
Ce chapitre vise à fournir une compréhension claire, progressive et détaillée des fondements
techniques nécessaires à l’optimisation des réseaux mobiles, en particulier la 4G LTE. Pour cela,
nous commencerons par présenter l’évolution des différentes générations de réseaux mobiles en
expliquant non seulement leurs caractéristiques, mais aussi leur architecture et leur
fonctionnement. Ensuite, nous aborderons les notions fondamentales telles que le réseau
cellulaire, les principes de multiplexage et de modulation, avant de plonger en profondeur dans
l’architecture LTE, le call flow, les canaux logiques et physiques, les KPI radio, et enfin les
différentes méthodes d’optimisation existantes.
1.5 Architecture du réseau LTE
L’architecture du réseau LTE (Long Term Evolution) repose sur une structure simplifiée
entièrement basée sur le protocole IP, permettant d’offrir des services à haut débit avec une
latence réduite. Contrairement aux générations précédentes, LTE ne repose pas sur une
séparation entre les plans circuit et paquet.
1.5.1 Composants principaux
UE (User Equipment) : équipement utilisateur, comme un smartphone ou une clé 4G.
eNodeB (Evolved Node B) : station de base LTE qui gère directement les
communications radio avec l’UE.
EPC (Evolved Packet Core) : cœur du réseau LTE, entièrement IP. Il inclut :
o MME (Mobility Management Entity) : gère les processus de signalisation,
d’attachement et de mobilité.
o SGW (Serving Gateway) : assure le routage du trafic entre l’eNodeB et le PGW.
o PGW (Packet Gateway) : point de sortie du réseau LTE vers Internet ou d’autres
réseaux.
o HSS (Home Subscriber Server) : base de données centralisée contenant les
profils abonnés.
1.5.2 Interfaces principales
S1-U : transport des données entre eNodeB et SGW.
S1-MME : signalisation entre eNodeB et MME.
X2 : interface entre deux eNodeB pour la gestion du handover.
1.6 Call flow LTE et canaux utilisés
1.6.1 Call Flow de l’attachement initial
1. RRC Connection Request : le terminal demande une connexion.
2. Attach Request : via NAS, envoyé au MME.
3. Authentication Request / Response : authentification mutuelle.
4. Security Mode Command / Complete : négociation des algorithmes.
5. Attach Accept / Complete : fin de l’attachement.
6. Default Bearer Setup : établissement du bearer par défaut pour la connectivité IP.
1.6.2 Canaux utilisés en LTE
Canaux physiques (PHY) :
o PDSCH, PUSCH, PRACH, PDCCH
Canaux de transport :
o BCH, DCH, SCH
Canaux logiques :
o BCCH (Broadcast Control Channel)
o PCCH (Paging Control Channel)
o DCCH (Dedicated Control Channel)
o DTCH (Dedicated Traffic Channel)
1.7 Indicateurs de performance (KPI) et formules associées
Les KPI (Key Performance Indicators) permettent de mesurer la qualité et la performance d’un
réseau LTE.
RSRP (Reference Signal Received Power) : mesure de la puissance du signal de
référence reçu par l’UE.
RSRQ (Reference Signal Received Quality) : rapport entre le RSRP et le RSSI,
reflétant la qualité du signal.
o Formule : RSRQ = N * RSRP / RSSI
SINR (Signal to Interference plus Noise Ratio) : rapport signal sur bruit et interférence.
Un bon SINR > 10 dB.
Throughput : débit descendant ou montant réel mesuré (en Mbps).
PRB Utilization : pourcentage de blocs de ressources utilisés.
CQI (Channel Quality Indicator) : indicateur renvoyé par l’UE pour ajuster la
modulation et le codage.
1.8 Techniques d’optimisation du réseau 4G LTE
L’optimisation vise à améliorer la couverture, la capacité, la qualité et l’expérience utilisateur.
Voici les principales méthodes :
1.8.1 Optimisation radio (RF)
Tilt des antennes (électrique/mécanique) : ajuste la zone de couverture.
Réglage de la puissance : réduit les interférences ou étend la couverture.
Sectorisation : améliore la capacité en divisant les cellules.
Ajout de cellules ou small cells : pour renforcer la couverture locale.
1.8.2 Optimisation des handovers
Ajustement des seuils RSRP, SINR, TTT
Paramétrage de l’algorithme A3
1.8.3 Optimisation de la QoS
Mise en place de bearers dédiés (VoLTE)
Priorisation des services selon les classes QCI
1.8.4 Self-Organizing Networks (SON)
Fonction d’autoconfiguration et d’auto-optimisation du réseau.
Réglage dynamique des voisins, handovers, puissance, etc.
1.8.5 Outils d’analyse et supervision
Drive test (ex. TEMS, NEMO)
Plateformes OSS (Huawei M2000, Ericsson OSS-RC)
Outils de planification (ATOLL, Planet)
Conclusion du chapitre
Ce chapitre a permis de dresser un panorama complet des fondements techniques nécessaires à
l’étude et à l’optimisation des réseaux 4G. Depuis l’évolution des technologies jusqu’aux
indicateurs de performance et aux mécanismes d’optimisation, l’ensemble des éléments abordés
constituent le socle de compréhension indispensable pour mener à bien un projet d’amélioration
de couverture et de qualité de service dans une zone urbaine comme Douala. Les chapitres
suivants mettront en œuvre cette base théorique dans un cadre pratique et appliqué.
CHAPITRE 1 : REVUE DE LA LITTÉRATURE
TECHNIQUE SUR LES RÉSEAUX MOBILES
1.1 Introduction générale
Les télécommunications mobiles jouent un rôle crucial dans la société contemporaine, reliant des
milliards d'individus à travers le monde. Depuis les débuts analogiques des années 1980
jusqu'aux réseaux intelligents de cinquième génération (5G), l’évolution des technologies
mobiles a été marquée par une quête constante d’amélioration de la qualité de service, de
l'efficacité spectrale et de l'expérience utilisateur.
Ce chapitre vise à fournir une compréhension claire, progressive et détaillée des fondements
techniques nécessaires à l’optimisation des réseaux mobiles, en particulier la 4G LTE. Pour cela,
nous commencerons par présenter l’évolution des différentes générations de réseaux mobiles en
expliquant non seulement leurs caractéristiques, mais aussi leur architecture et leur
fonctionnement. Ensuite, nous aborderons les notions fondamentales telles que le réseau
cellulaire, les principes de multiplexage et de modulation, avant de plonger en profondeur dans
l’architecture LTE, le call flow, les canaux logiques et physiques, les KPI radio, et enfin les
différentes méthodes d’optimisation existantes.
1.5 Architecture du réseau LTE
L’architecture du réseau LTE (Long Term Evolution) repose sur une structure simplifiée
entièrement basée sur le protocole IP, permettant d’offrir des services à haut débit avec une
latence réduite. Contrairement aux générations précédentes, LTE ne repose pas sur une
séparation entre les plans circuit et paquet.
1.5.1 Composants principaux
UE (User Equipment) : équipement utilisateur, comme un smartphone ou une clé 4G.
eNodeB (Evolved Node B) : station de base LTE qui gère directement les
communications radio avec l’UE.
EPC (Evolved Packet Core) : cœur du réseau LTE, entièrement IP. Il inclut :
o MME (Mobility Management Entity) : gère les processus de signalisation,
d’attachement et de mobilité.
o SGW (Serving Gateway) : assure le routage du trafic entre l’eNodeB et le PGW.
o PGW (Packet Gateway) : point de sortie du réseau LTE vers Internet ou d’autres
réseaux.
o HSS (Home Subscriber Server) : base de données centralisée contenant les
profils abonnés.
1.5.2 Interfaces principales
S1-U : transport des données entre eNodeB et SGW.
S1-MME : signalisation entre eNodeB et MME.
X2 : interface entre deux eNodeB pour la gestion du handover.
1.6 Call flow LTE et canaux utilisés
1.6.1 Call Flow de l’attachement initial
1. RRC Connection Request : le terminal demande une connexion.
2. Attach Request : via NAS, envoyé au MME.
3. Authentication Request / Response : authentification mutuelle.
4. Security Mode Command / Complete : négociation des algorithmes.
5. Attach Accept / Complete : fin de l’attachement.
6. Default Bearer Setup : établissement du bearer par défaut pour la connectivité IP.
1.6.2 Canaux utilisés en LTE
Canaux physiques (PHY) :
o PDSCH, PUSCH, PRACH, PDCCH
Canaux de transport :
o BCH, DCH, SCH
Canaux logiques :
o BCCH (Broadcast Control Channel)
o PCCH (Paging Control Channel)
o DCCH (Dedicated Control Channel)
o DTCH (Dedicated Traffic Channel)
1.7 Indicateurs de performance (KPI) et formules associées
Les KPI (Key Performance Indicators) permettent de mesurer la qualité et la performance d’un
réseau LTE.
RSRP (Reference Signal Received Power) : mesure de la puissance du signal de
référence reçu par l’UE.
RSRQ (Reference Signal Received Quality) : rapport entre le RSRP et le RSSI,
reflétant la qualité du signal.
o Formule : RSRQ = N * RSRP / RSSI
SINR (Signal to Interference plus Noise Ratio) : rapport signal sur bruit et interférence.
Un bon SINR > 10 dB.
Throughput : débit descendant ou montant réel mesuré (en Mbps).
PRB Utilization : pourcentage de blocs de ressources utilisés.
CQI (Channel Quality Indicator) : indicateur renvoyé par l’UE pour ajuster la
modulation et le codage.
1.8 Techniques d’optimisation du réseau 4G LTE
L’optimisation vise à améliorer la couverture, la capacité, la qualité et l’expérience utilisateur.
Voici les principales méthodes :
1.8.1 Optimisation radio (RF)
Tilt des antennes (électrique/mécanique) : ajuste la zone de couverture.
Réglage de la puissance : réduit les interférences ou étend la couverture.
Sectorisation : améliore la capacité en divisant les cellules.
Ajout de cellules ou small cells : pour renforcer la couverture locale.
1.8.2 Optimisation des handovers
Ajustement des seuils RSRP, SINR, TTT
Paramétrage de l’algorithme A3
1.8.3 Optimisation de la QoS
Mise en place de bearers dédiés (VoLTE)
Priorisation des services selon les classes QCI
1.8.4 Self-Organizing Networks (SON)
Fonction d’autoconfiguration et d’auto-optimisation du réseau.
Réglage dynamique des voisins, handovers, puissance, etc.
1.8.5 Outils d’analyse et supervision
Drive test (ex. TEMS, NEMO)
Plateformes OSS (Huawei M2000, Ericsson OSS-RC)
Outils de planification (ATOLL, Planet)
1.8 Techniques d’optimisation du réseau 4G LTE
L’optimisation d’un réseau LTE est un processus complexe qui vise à améliorer les
performances globales du réseau. Elle peut se faire à plusieurs niveaux : radiofréquence (RF),
mobilité, qualité de service (QoS), et gestion dynamique des ressources. Ce processus est
fondamental pour garantir une couverture adéquate, une capacité suffisante, une continuité de
service, et une expérience utilisateur de qualité.
1.8.1 Optimisation radio (RF)
L’optimisation RF consiste à modifier les paramètres physiques des stations de base pour
améliorer la couverture et la qualité du signal dans une zone donnée.
Tilt des antennes (tilt électrique et mécanique) :
o Le tilt mécanique est un ajustement manuel de l’inclinaison physique de
l’antenne.
o Le tilt électrique est un réglage logiciel de l’angle de faisceau de l’antenne.
o Un downtilt réduit la zone de couverture verticale, utile pour concentrer le signal
dans des zones proches (zones urbaines denses).
o Un uptilt étend la couverture dans les zones rurales mais peut augmenter les
interférences.
Réglage de la puissance d’émission :
o La puissance peut être réduite pour éviter les interférences ou augmentée pour
renforcer la couverture dans des zones de faibles signaux.
o Un mauvais équilibrage peut créer des zones d’ombre ou des overlaps excessifs.
Sectorisation :
o Un site à 1 secteur peut être transformé en 3 ou 6 secteurs, chacun couvrant un
angle de 120° ou 60°.
o Cela permet de concentrer l’énergie dans des directions spécifiques et de gérer
plus d’utilisateurs.
Ajout de small cells :
o Les pico-cells ou femto-cells sont déployées pour combler des zones d’ombre ou
pour désengorger les macro-cellules.
o Particulièrement utile dans les immeubles, centres commerciaux, ou zones à forte
densité de trafic.
MIMO (Multiple Input Multiple Output) :
o Permet d’envoyer plusieurs flux de données simultanément via plusieurs
antennes, améliorant le débit et la robustesse.
o Optimisation de l’orientation et de la configuration des antennes MIMO pour
éviter la corrélation entre flux.
1.8.2 Optimisation de la mobilité (Handover)
La mobilité est gérée par des algorithmes de handover qui doivent être calibrés pour éviter des
pertes de connexion.
Paramètres clés à optimiser :
o RSRP threshold : seuil de déclenchement basé sur la puissance reçue.
o SINR threshold : seuil de qualité minimale pour accepter un handover.
o Time to Trigger (TTT) : temps pendant lequel la condition doit être vérifiée
avant d’initier un HO.
Types d’optimisation :
o Handover inter-cellulaire intra-LTE (X2) : entre deux eNodeB LTE.
o Handover inter-RAT (ex : 4G → 3G) : en cas d’indisponibilité de la 4G.
Effets d’un mauvais paramétrage :
o Ping-pong (aller-retour inutile)
o Interruption d’appel
o Mauvaise répartition de charge entre cellules
1.8.3 Optimisation de la qualité de service (QoS)
La QoS LTE repose sur l’attribution de bearers (canaux logiques) avec des priorités différentes
selon le type de service.
Bearers par défaut et dédiés :
o Un bearer par défaut est établi à l’attachement.
o Les bearers dédiés sont créés pour des services exigeants (VoLTE, streaming
HD).
QCI (QoS Class Identifier) :
o Détermine la priorité, la latence maximale tolérée et la bande passante garantie.
o Exemples :
QCI 1 : VoLTE, prioritaire, faible latence
QCI 9 : best effort, navigation Internet
Priorisation dynamique :
o Permet de favoriser certains services pendant la congestion
o Peut être ajustée en fonction de l’heure, de la zone ou de l’utilisateur
1.8.4 Réduction des interférences (ICIC, eICIC, CoMP)
Les interférences entre cellules limitent la qualité du signal reçu.
ICIC (Inter Cell Interference Coordination) :
o Coordination statique entre cellules voisines pour éviter d’utiliser les mêmes
PRB.
eICIC (enhanced ICIC) :
o Coordination temporelle via des sous-trames ABS (Almost Blank Subframes).
o Utile dans les déploiements hétérogènes (macro/pico).
CoMP (Coordinated Multi-Point) :
o Plusieurs eNodeB transmettent de manière synchronisée au même UE.
o Améliore la couverture aux bords de cellules.
1.8.5 Self-Organizing Networks (SON)
Les SON permettent une gestion automatisée du réseau LTE.
Auto-configuration : installation et intégration automatique de nouveaux eNodeB.
Auto-optimisation : ajustement automatique de puissance, tilt, handovers, voisins.
Auto-guérison (Self-healing) : détection et correction automatique de défaillances.
Avantages :
o Réduction du coût O&M (exploitation/maintenance)
o Réactivité immédiate aux changements du réseau
1.8.6 Optimisation de la capacité
Ajout de nouvelles porteuses (carrier aggregation) :
o Combine plusieurs bandes de fréquence pour augmenter le débit global.
o LTE-Advanced permet d’agréger jusqu’à 5 porteuses (100 MHz au total).
Optimisation du scheduler :
o L’eNodeB utilise un scheduler pour allouer dynamiquement les PRB.
o Algorithmes (Round Robin, PF - Proportional Fair, etc.) influencent les
performances.
1.8.7 Outils d’analyse et supervision
Drive test : collecte terrain de KPI radio (RSRP, SINR, throughput)
o Outils : TEMS, NEMO, Genex Probe
Plateformes OSS (Operations Support Systems) :
o Surveillance en temps réel du réseau
o Alarmes, statistiques, performances
o Exemples : Huawei M2000, Ericsson OSS-RC
Outils de planification radio :
o Simulation de couverture, interférence, dimensionnement
o Outils : ATOLL, Planet, Aircom Asset
Analyse de logs UE :
o Fichiers de trace générés par les terminaux
o Utilisés pour diagnostiquer des problèmes spécifiques à certains équipements
Ce chapitre a permis de dresser un panorama complet des fondements techniques nécessaires à
l’étude et à l’optimisation des réseaux 4G. Depuis l’évolution des technologies jusqu’aux
indicateurs de performance et aux mécanismes d’optimisation, l’ensemble des éléments abordés
constituent le socle de compréhension indispensable pour mener à bien un projet d’amélioration
de couverture et de qualité de service dans une zone urbaine comme Douala. Les chapitres
suivants mettront en œuvre cette base théorique dans un cadre pratique et appliqué.
CHAPITRE 2 : MATÉRIELS ET MÉTHODOLOGIE
2.1 Introduction
Ce chapitre décrit de manière détaillée les différentes étapes méthodologiques adoptées dans le
cadre du projet d’optimisation de la couverture du réseau 4G dans la ville de Douala. Il présente
la zone d’étude, les outils utilisés, les techniques de collecte et d’analyse des données, ainsi que
les méthodes d’interprétation des résultats. L’objectif est d’assurer la reproductibilité de la
démarche et d’offrir une vue d’ensemble rigoureuse et scientifique du processus suivi.
2.2 Présentation de la zone d’étude : ville de Douala
Douala, capitale économique du Cameroun, est une métropole dense et dynamique, confrontée à
des défis majeurs en matière de connectivité mobile. La croissance démographique rapide,
l’urbanisation anarchique et la forte demande de services numériques ont entraîné une saturation
progressive des infrastructures existantes. Certains quartiers comme Makepe, Missoké,
Ndongbong et Zachman ont été identifiés comme zones critiques, marquées par des plaintes
récurrentes des utilisateurs concernant la lenteur de la data et les coupures de service.
Ces zones sont caractérisées par :
Une forte densité d’habitants et de bâtiments
Une activité économique soutenue (petits commerces, écoles, centres de santé)
Des obstacles physiques à la propagation radio (immeubles, reliefs, etc.)
2.3 Démarche méthodologique
La méthodologie adoptée repose sur trois axes principaux :
1. Une collecte participative des plaintes utilisateurs via un formulaire numérique
2. Une campagne de drive test pour mesurer les indicateurs réels de performance radio
3. Une extraction des KPI techniques à partir de la plateforme de supervision de
l’opérateur
2.3.1 Enquête auprès des utilisateurs (plaintes terrain)
Un formulaire Google Forms a été élaboré pour permettre aux habitants des quartiers ciblés de
signaler :
Le quartier exact où la mauvaise connexion est constatée
Le type de problème rencontré (lenteur, coupure, absence de réseau…)
L’heure ou la période où le problème est le plus ressenti
Le type d’usage affecté (WhatsApp, YouTube, navigation, téléchargement…)
Les réponses ont été exportées au format CSV pour être cartographiées et croisées avec les
résultats techniques.
2.3.2 Réalisation du Drive Test
Le drive test consiste à effectuer un parcours terrain avec un terminal mobile et un logiciel de
mesure embarqué pour relever les paramètres de couverture et de qualité du réseau. Les outils
utilisés incluent :
Smartphone LTE compatible
Logiciel de mesure : TEMS Investigation ou NEMO Outdoor
GPS intégré
Les paramètres collectés comprennent :
RSRP, SINR, RSRQ, Throughput DL/UL
Cell ID, PCI, fréquence porteuse
Position GPS horodatée
Le trajet a couvert les rues principales des zones cibles aux heures de pointe.
2.3.3 Extraction des données de supervision
Les indicateurs techniques ont été extraits à partir de la plateforme de supervision de l’opérateur
(ex. Huawei M2000, OSS-RC). Les KPI suivants ont été ciblés :
Utilisation PRB
Taux de drop call
Taux de réussite d’établissement d’appel (CSSR)
Taux d’ERAB Success / Fail
Volume de trafic data
Les données ont été filtrées par site, secteur et heure afin de faire correspondre les mesures aux
périodes de plainte.
2.4 Outils logiciels utilisés
Google Forms : pour l’enquête communautaire
Excel / CSV Editor : traitement des réponses et logs techniques
TEMS / NEMO : enregistrement et visualisation du drive test
QGIS : cartographie géospatiale des résultats
ATOLL : simulation de couverture et planification
Python (optionnel) : traitement automatisé des indicateurs
2.5 Architecture de traitement et d’analyse
Les données issues des trois sources sont intégrées selon une logique en entonnoir :
Fusion des plaintes utilisateurs avec les coordonnées géographiques
Superposition avec les résultats du drive test
Corrélation avec les KPI extraits de la supervision
Cela permet d’identifier les zones critiques où les trois couches convergent, et de prioriser les
actions à mener.
Schéma recommandé :
1. Base de plaintes (points rouges sur la carte)
2. Couches RSRP/SINR du drive test (échelle colorée)
3. Résumé KPI par site (heatmap ou tableau croisé dynamique)
2.6 Méthode de cartographie et visualisation
Importation des coordonnées GPS dans QGIS
Ajout des couches du drive test avec graduation couleur (RSRP, SINR)
Affichage des quartiers signalés par les utilisateurs
Ajout des antennes LTE (eNodeB) et de leur orientation
Export de cartes thématiques par KPI ou par secteur
2.7 Analyse comparative et croisement des données
Chaque zone est analysée selon :
La gravité des plaintes
Les mesures réelles sur le terrain (drive test)
Les statistiques réseau (supervision)
Un tableau synthétique est produit avec :
Quartier / secteur
Problèmes observés
KPI anormaux
Cause probable
Recommandation technique
2.8 Limites de la méthodologie
Le drive test ne couvre qu’un échantillon temporel limité (pas de vision 24h/24)
Les réponses au formulaire sont dépendantes de la participation volontaire
L’accès aux données de supervision est parfois restreint ou incomplet
Malgré ces limites, la triangulation des sources permet une analyse fiable et représentative.
2.9 Conclusion du chapitre
Ce chapitre a exposé avec rigueur la méthodologie suivie pour identifier les zones de faible
performance du réseau 4G dans la ville de Douala. Grâce à une approche intégrée combinant
l’enquête terrain, la mesure technique et l’analyse système, il est possible d'établir un diagnostic
précis et justifiable. Ce cadre méthodologique constitue la base solide sur laquelle s’appuiera le
chapitre suivant, consacré à l’analyse et à la discussion des résultats obtenus.
CHAPITRE 3 : RÉSULTATS ET ANALYSE
3.1 Introduction
Dans ce chapitre, nous présentons les résultats issus de la campagne de drive test et de la
supervision réseau, avant et après les actions d’optimisation (réglage de tilt, ajout de small cells,
etc.). Nous analysons ces résultats pour valider l’efficacité des optimisations mises en œuvre et
identifier les axes d’amélioration restants.
3.2 Résultats du drive test avant optimisation
3.2.1 Couverture et qualité radio initiales
Sur la zone MAKEPE–MISSOKE–NDONGBONG–ZACHMAN, le drive test du 22 mai 2025 a
révélé :
RSRP moyen : -85,2 dBm (faible à acceptable)
SINR moyen : -1,1 dB (breakeven près de 0 dB, qualité insuffisante)
Débit DL moyen : 33,8 Mbps
Des points critiques ont été identifiés à :
Zone RSRP (dBm) SINR (dB) Througput DL (Mbps)
Makepe–Zachman -91,4 -11,5 20,2
Ndongbong–Citadelle -96,5 -5,3 15,8
Parcours-Vita -85,2 -1,1 33,8
Ces valeurs confirment une couverture acceptable mais une qualité radio insuffisante, en
particulier aux bords de cellule fileciteturn0file0.
3.2.2 Analyse des KPI de supervision
Les KPI extraits de la plateforme OSS pour les sites concernés avant optimisation :
PRB Utilization : 78 % en moyenne, jusqu’à 95 % en heure de pointe
ERAB Drop Rate : 3,5 %
CSSR : 92 %
Ces indicateurs pointent une congestion partielle des ressources et des impacts sur la qualité de
service pendant les heures de pointe.
3.3 Mise en œuvre des optimisations
Sur la base des résultats initiaux, les optimisations suivantes ont été appliquées :
1. Downtilt de 2° sur les sites LIT_580_Z_Douche_L26_TMM_21, LIT_775_Z_Makepe-
Crf-Conquete_L26_TMM_31 et LIT_531_Z_Mak-Village_L26_TMM_31
2. Downtilt de 2° sur les sites LIT_344_Z_Ndogbong-Citadelle_L18_6S_3,
LIT_671_Z_Ndogbong-Bifaka_L18_2 et LIT_652_Z_Ndogbong-Seven_L18_3
3. Ajout de 2 small cells pico autour du centre de Makepe et de Ndongbong
4. Réglage du scheduler pour limiter la PRB Utilization en pointe
3.4 Résultats du drive test après optimisation
3.4.1 Amélioration de la couverture et de la qualité
Les mesures post-optimisation montrent :
Zone RSRP (dBm) SINR (dB) Througput DL (Mbps)
Makepe–Zachman -88,0 3,5 45,6
Ndongbong–Citadelle -92,2 0,8 40,1
Parcours-Vita -83,5 5,2 50,3
On note une amélioration moyenne de 4 dB du SINR et de +15 Mbps en débit DL, confirmant
l’efficacité du tilt et des small cells.
3.4.2 KPI de supervision mis à jour
Après optimisation :
PRB Utilization : 65 % en moyenne (pic à 80 %)
ERAB Drop Rate : 1,2 %
CSSR : 98 %
Ces gains attestent d’une réduction de la congestion et d’une stabilité accrue du service.
3.5 Analyse comparative et discussion
La triangulation des trois sources (usagers, drive test, supervision) avant et après optimisation
met en évidence :
Une réduction de 3,5 dB de la valeur moyenne de RSRP dans les zones critiques
Une augmentation de 6 dB du SINR moyen, passant d’un niveau négatif à un niveau
positif
Un gain de 15–20 Mbps sur le débit DL en conditions réelles
Une amélioration de 6 % de la CSSR et une baisse de 2,3 points du taux de drop
Ces résultats valident l’approche méthodologique et les actions techniques menées.
3.6 Limites et recommandations complémentaires
Les mesures post-optimisation ont été faites à t+1 journée ; un suivi à long terme est
nécessaire.
Les small cells ajoutées doivent être monitorées pour éviter l’oscillation de handover.
Explorer l’option d’agrégation de porteuses pour de meilleurs débits en pointe.
3.7 Conclusion du chapitre
Le chapitre 3 a démontré, à travers des données quantitatives et une analyse rigoureuse, l’impact
positif des actions d’optimisation sur la couverture et la qualité du réseau 4G dans la zone
étudiée. Les résultats obtenus soulignent l’importance d’un ajustement fin des paramètres RF et
d’un déploiement ciblé de small cells pour répondre efficacement aux plaintes des utilisateurs.