JEAN BOULÈGUE 2013
Les royaumes wolof dans l’espace sénégambien (XXIIIe -XVIIIe siècles)
Paris : L’Harmattan
2013, mars 2019
Quelles voies pour restituer l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest ?
Ce troisième volet de la réflexion sur l’avenir de l’ethnographie aborde la question de la
mobilisation de sources historiques issues de sources européennes et de traditions orales locales.
Quelles voies pour restituer l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest ?
Comment restituer l’histoire précoloniale de l’Afrique de l’Ouest ?
Cette question est au cœur de mes réflexions depuis longtemps et je me suis attaché à cerner
quelques domaines où il était possible de développer des approches combinant archéologie,
ethnohistoire et ethnoarchéologie. Nos fouilles sur le site mégalithique de Santhiou Kohel au
Sénégal (1980-81) ont été, depuis plus de trente ans, l’un des sujets demandant ce type de
réflexion (Gallay, Pignat, Curdy 1982 ; Becker, Martin 1982).
1
Le mégalithisme sénégambien, matière à réflexion
Rappelons tout d’abord quelques faits.
- les sépultures mégalithiques sénégambiennes se développent entre Ve siècle av. J.-C. et le
XVe siècle pour les estimations les plus larges concernant essentiellement les cercles
mégalithiques. Les sépultures les plus tardives de ce type ne devraient néanmoins pas dépasser
le XIIIe siècle (Cros et al. 2013).Les tumulus à pierre frontale, comme celui que nous avons
fouillé à Santhiou Kohel, ne sont par contre, à ce jour, pas datés.
- Le phénomène mégalithique n’a laissé aucune trace dans la mémoire collective, alors qu’il est
partiellement contemporain de périodes abordées par les traditionnalistes et les textes
historiques précoloniaux pour d’autres régions de l’Afrique de l’Ouest. La population qui aurait
été à l’origine du phénomène n’est jamais mentionnée.
Tombes sérer 1821. D'après http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Graves_of_the_Sereres-
1821.jpg
- Les recherches archéologiques actuelles, souvent d’excellente qualité, se sont donc totalement
détournées des questionnements ethnohistoriques. Un récent projet de recherche se focalise
ainsi sur la question du déterminisme paléoenvironnemental et climatique du phénomène et sur
des questions de paléogénétique des populations inhumées, deux questions en conformité avec
les paradigmes actuellement en vogue dans les milieux scientifiques, comme si les contextes
ethnohistoriques, sociaux et politiques associés à ce type de phénomène était totalement
inatteignables et/ou sans aucun intérêt.
Une possibilité de recouvrement, certes partiel, entre données archéologiques et données
ethnohistoriques existe pourtant.
Un bilan historique essentiel
Le livre posthume de Jean Boulègue Les royaumes wolof dans l’espace sénégambien (XIIIe-
XVIIIesiècles) nous invite à nouveau à nous plonger sur cette question. Ce livre de référence
2
essentiel dresse un bilan historique de l’histoire des royaumes wolof entre le XIIIe siècle et le
XVIIIe siècle fondé sur une analyse extrêmement fouillée, exhaustive et pointue des sources
historiques, traditions orales, textes européens de la période des contacts et de la traite
esclavagiste (récits de voyage, documents d’archives, etc.) précédant la colonisation.
« La documentation est en grande partie constituée par les sources européennes : récits de
voyageurs, marins et commerçants et synthèses de compilateurs et de géographes. Ces écrits
sont d’abord portugais ou liés à l’expansion portugaise, puis français, anglais et néerlandais.
A partir de la fin du XVIIe siècle interviennent les archives des compagnies de commerce,
françaises et anglaises. Elles apportent des informations plus précises et plus suivies, à la fois
ponctuelles et mises en séries.
Non moins important est l’apport des sources orales. Les traditions sont multiples, propre aux
collectivités locales comme aux centres islamiques, et se présentent sous des formes différentes
plus ou moins figées. Parmi elles, les chroniques des royaumes ont la plus grande ampleur, et
le plus grand développement narratif. » (Boulègue 2013, p. 8)
Ces sources nous offrent notamment un bilan de nos connaissances sur l’histoire des royaumes
sereer du Siine et du Saalum, qui concerne directement notre propos. On remarquera que les
sources les plus anciennes ne remontent guère au-delà du XIIIe siècle, soit à une époque
contemporaine de la date admise pour la fin du phénomène mégalithique. Le recouvrement
entre archéologie et ethnohistoire semble donc, a priori, très faible ou nul.
Hypothèse défendue
Rappelons brièvement la thèse que je défends.
Pour moi, les tumulus à pierre frontale, qui, dans les nécropoles, se situent souvent à la
périphérie des zones occupées par les pierres frontales et sont particulièrement abondants dans
le bassin du Saalum et du Bao Bolon, doivent être mis en relation avec les formations étatiques
du Siine et surtout du Saalum. Ils signalent la prééminence politique des Gelwaar; ils sont donc
tardifs et devraient se situer entre le XIVe et le XVIe siècle.
Les sépultures sous tumulus du Saalum et du Bao Bolon sont donc à mettre en relation avec le
notion de monarchie d’Abdulay Bara Diop ou d’Etat marchand de ma classification (Diop
1981 ; Gallay 2011a et b, 2013) et pourraient concerner l’aristocratie de ces formations, enrichie
par le commerce atlantique et la traite des esclaves. Dans ce cadre une régression du nombre
des morts d’accompagnement devrait être attendue, étant donné la place qu’occupent désormais
les esclaves dans le fonctionnement de la royauté (esclaves de la Couronne) et le commerce,
une situation qui trouve aujourd’hui un début de confirmation dans les deux tumulus fouillés à
Sine Ngayène (malheureusement non datés) (Holl, Bocum 2006 ; Holl et al. 2007). Les deux
sépultures ne contenaient en effet chacune qu’un individu (fig. 8).
3
Santhiou Kohel, Mbolob Topé. Les fouilles du Tumulus 43. Fouilles Gallay, Curdy, Pignat 1980-
81.
Santhiou Kohel, Mbolob Tobé. Restitution de la construction de tumulus entouré de quatre fossés.
Cette séquence a très vraisemblablement été précédée d’une construction funéraire sous forme de
hutte ayant permis le dépôt de sépultures en milieu ouvert (Cros et al. à paraître).
4
Fig. 1. Classement des sociétés wolof et ouest-africaines précoloniales (Gallay 2013).
Chronologie du Siine et du Saalum
Je résumerai ici l’histoire des royaumes du Siine er du Saalum en me fondant sur les données
du livre de Boulègue, complétées par d’autres travaux utilisés dans mes précédents travaux.
Occupation du Siine par les Sereer (XIe siècle)
Le Sereer adoptent le rite funéraire sous tumulus. Depuis Delafosse, on admet que les Sereer
sont originaires de la vallée du fleuve Sénégal et qu’ils auraient migré en direction du Siine
dans le contexte des bouleversements causés par la poussée des Almoravides et la fin de
l’empire du Ghana. Cette formation étatique s’effondre sous la pression des Berbères (prise de
Ghana en 1076-1077), entraînant le refoulement vers le Sud des réfractaires animistes. A leur
arrivée dans le Siine, les Sereer adoptent le rituel funéraire sous tumulus des Socé.
5
Des royaumes malinké au sud de la Gambie (XIVe siècle)
Une royauté d’origine étrangère se consolide au sud de la Gambie. Dans cette formation la
transmission en ligne matrilinéaire du pouvoir est « expliquée » par l’union du conquérant
étranger et d’une femme, soit d’origine locale, soit d’origine aristocratique malinké.
Les traditions du Gabou
Un lieutenant de Sundiata Keyta, Tirimaxan Traoré ou Amari Sonko (selon Boulègue 2013) ou
encore Tyira Magan Ba (selon Girard 1992), affronte les forces du Jolof et fonde un royaume
malinké au sud de la Gambie, dit royaume du Gabou, qui jouit d’une certaine autonomie par
rapport au Mali. Cette conquête n’est probablement pas postérieure à l’apogée du Mali (1300-
1350 environ).
Selon Girard (1992) la légende de Balana/Balaba Sané (ou Ténéba/Ténemba Gassama), femme
issue du Mandé, mais imprégnée des traditions locales beliyan, illustre le passage à une tradition
matriarcale de transmission du pouvoir royal (d’oncle à neveu utérin). La nouvelle caste
matrilinéaire manding des Nyantyo naît de l’union de cette femme avec les envahisseurs et
devient détentrice du pouvoir royal dans l’empire animiste du Gabou (fig. 2). Certaines
traditions fixent cette mutation sous Mansa Mamprong Sané, un descendant de Tyira Magan
Ba. Une autre tradition considère que le premier Nyantyo est Mana Siri Bana Sané, fils de Tyiri
Magan Ba et d’une femme beliyan nommée Sira Sané ou Tyira Sané. Au milieu du siècle
suivant, les Européens constateront, en Gambie, l’existence de royaumes malinké dépendant
encore de l’empire du Mali.
Des structures sociales originales apparaissent, fondées sur la fusion des traditions malinké et
des traditions locales beliyan (terme désignant les Bassari, les Bedik, les Bedoyen et les
Badyaranké actuels). Une structure étatique se superpose aux anciennes structures lignagères.
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Fig.2. Carte de l’empire malinké du Gabou au sud de la Gambie et trajet suivi par Tyira Magan Ba
(Carte établie d’après Girard 1992).
Les traditions du Siine
Les traditions de l’origine des Gelwaar reprennent les motifs des légendes de l’origine des
Nyantyo du Gabou en reliant la lignée à l’empereur du Mali. La fille illégitime de Bayira Kéyta,
elle-même fille de Soundiata, s’exile au Gabou accompagnée de son griot. Cette légende est
parallèle à celle de l’origine des Nyantyo du Gabou et se réfère aux mêmes évènements
historiques. Cette confrontation permet de fixer les limites de l’utilisation des mythes de
fondation dans la reconstitution de l’histoire.
Les Gelwaar et la fondation du royaume du Siine (deuxième moitié du XIVe siècle)
Une royauté d’origine étrangère dans le Siine adopte également la transmission matrilinéaire
du pouvoir et les rites funéraires Sereer, elle s’ouvre aux traites esclavagistes et au commerce
atlantique.
La description que fait Da Mosto des Sereer comme de peuples sans État et à faible
hiérarchisation sociale ne s’applique pas aux Sereer du Siine (qui, comme le terme même
de Barbacins l’indique, dépendaient d’un roi). Le royaume Sereer du Siine, voisin méridional
7
des royaumes wolof et inclus dans le Grand Jolof à l’arrivée des Portugais, est concerné de
beaucoup plus près par l’empire du Mali. Les Sereer se pourvoient en effet en rois sur la mode
malinké. Issus de la caste royale des Nyantyo du Gabou, dont ils forment l’aristocratie, ces
derniers prennent le nom de Gelwaar en conservant la matrilinéarité de la transmission du
pouvoir. Le premier mansa gelwaar est Mayssa Wali Joon (Maissa Waly Dione), qui aurait fui
le royaume du Gabou ou serait né au Siine même d’un fils du mansa nyantyo Soliman Koli.
Par la suite, les conquérants malinké adoptent la langue des Sereer et beaucoup d’institutions
wolof. La fondation du Siine ne fut qu’une extension de l’empire du Mali au-delà de l’empire.
Les listes dynastiques permettent de situer l’épopée de Mayssa Wali Joon entre 1350 et 1420
approximativement. Sous Wagane Faye, 3ème roi du Siine, les Gelwaar contrôlent à la fois la
région proche de la côte et l’intérieur des terres. Les premiers règnes gelwaar ont eu pour
conséquence une profonde réorganisation des peuplements, marquée par les nombreuses
fondations de villages et les mouvements de populations que confirment les traditions
villageoises.
Expansion du Jolof (XIIIe – XVe siècle)
L’histoire du Grand Jolof se superpose à celle des royaumes du Siine et du Saalum. L’entrée su
Siine et du Saalum dans la mouvance du Grand Jolof, n’a pu avoir lieu qu’après la conquête du
Siine par Maysa Wali Joon, soit dans la seconde moitié du XIVe siècle. La dernière phase, celle
de la domination sur la rive nord de la Gambie, n’a pu avoir lieu que lors du déclin du Mali, au
plus tôt, à la fin du XIVe siècle, peut-être au début du XVe siècle, peu avant l’arrivée des
Portugais.
La chronologie de l’expansion du Jolof est donc la suivante :
- fondation du royaume du Walo : deuxième moitié du XIIIe siècle
- expansion sur le Jolof, le Kajoor et le Bawol : XIVe siècle
- Expansion sur le Siine et le Saalum : fin du XIVe ou début du XVe siècle
- Expansion sur la rive nord de la Gambie : première moitié du XVe siècle
- Dislocation : seconde moitié du XVe siècle.
8
Carte du Grand Jolof tiré de l’atlas national du Sénégal.
Des chefferies locales antérieures au contrôle gelwaar (première moitié du
XVe siècle)
Un substrat de chefferies traditionnelles. Dans la première moitié XVe siècle, des chefferies se
forment au Saalum et en Gambie. La région entre les deux fleuves est placée sous l’autorité de
chefferies comparables à celle du Siine traditionnel alors que des micro-états théocratiques
islamiques dirigés par des marabouts peul occupent la rive droite du Saalum.
Découverte par les Portugais (deuxième moitié du XVe siècle)
Lors de la période des contacts, les Portugais découvrent les côtes de Sénégambie entre 1444
et 1446. A cette époque, l’autorité du roi du Mali existe sur toute la rive méridionale du fleuve
Gambie (Casamance et Gabou), alors que la rive Nord est sous la suzeraineté du Jolof. Le
Portugais Da Mosto est accueilli d’une manière hostile dans l’estuaire du Saalum et à
l’embouchure de la Gambie, mais à son second voyage, en 1456, il peut pénétrer et entrer en
contact avec le roi du Bati.
La même année, Diogo Gomes remonte la Gambie jusqu’à Cantor. Peu de temps après, le Siine
s’ouvre au commerce avec les Portugais. La province se trouve ainsi très tôt en possession d’un
port où, en 1460, Diego Gomes rapporte l’échange d’esclaves contre des chevaux. Il nomme ce
port Zaza. Quel que fût l’emplacement de Zaza, le commerce entre le Siine et le Portugal y était
fort actif dès 1460. De son côté le Portugais Pacheco Pereira décrit avec précision le Rio dos
Barbacins (le Saaloum) comme point de traite, mais ne mentionne pas de royaume dans cette
région. Les indications données par Pereira doivent être antérieures à la formation du royaume
du Saaloum ou contemporaines des troubles qui ont précédé cette conquête.
9
Une caravelle portugaise du XVe siècle.
Mbegaan Nduur et la conquête du Saalum (début XVIe siècle)
Développement du commerce atlantique. Extension de la royauté au Saloum et diffusion
possible du rite funéraire sous tumulus.
Dans la deuxième moitié du 15e siècle le Jolof ne contrôlait plus le Siine. Au début du
16e siècle, Mbagaan Nduur (Mbégane Ndour), roi du Siin et contemporain de Koli
Tengela, intervient dans le Saalum et crée un second royaume.
Le Siin et le Saalum profitent du commerce atlantique.
Les échanges se font obligatoirement par le fleuve, qu’il fallait remonter sur une certaine
distance. La traite mentionnée par Pereira dans le rio dos Barbacins peut s’appliquer aussi bien
au royaume du Saalum qu’au royaume du Siin. Les vingt lieues indiquées par l’auteur nous
conduisent aux environs de Kaolak (112 km de la mer), sur le Saalum tandis que le Sine n’est
pas navigable sur une aussi longue distance. Avec l’affermissement de la monarchie gelwaar
sur le pays, le commerce prend un essor dont avons connaissance avec Almada. En 1576, celui-
ci se trouvait auprès du roi du Saalum pour lui acheter des esclaves ; il nous indique plus loin
que c’est la région la plus sûre de toute la Guinée et que les rois de ce pays sont
traditionnellement favorables aux commerçants portugais.
Développement du royaume du Saalum (deuxième moitié du XVIe siècle)
Alors que le Grand Jolof se disloque (1549 – 1575), le Saalum étend son emprise vers le Sud
et contrôle désormais la moitié de la rive nord de la Gambie.
Dès le début, les échanges atlantiques provoquent une rupture d’équilibre entre les
communautés rurales, dirigées par des laman, et le pouvoir royal. Bénéficiaires des échanges,
les souverains sont désormais en mesure d’accroître leur puissance et leur pouvoir. La
centralisation fait des progrès au détriment des laman. Ce n’est là qu’un simple début.
10
Influence manding au nord de la Gambie (fin du XVIe siècle)
L’influence manding s’étendra par la suite au nord du fleuve Gambie avec la création des
royaumes du Nioni et du Badibou, fondés au détriment du royaume du Saloum.
Mbegaan Nduur et la conquête du Saalum (début XVIesiècle)
Lors du développement du commerce atlantique on constate une extension de la royauté au
Saalum (Boulèghue 1966) et la diffusion possible du rite funéraire sous tumulus.
Dans la deuxième moitié du XVe siècle le Jolof ne contrôlait plus le Siine. Au début du
XVIe siècle, Mbagaan Nduur (Mbégane Ndour), roi du Siine et contemporain de Koli
Tengela, intervient dans le Saalum et crée un second royaume. Le Siine et le Saalum profitent
alors du commerce atlantique.
Les échanges se font obligatoirement par le fleuve, qu’il fallait remonter sur une certaine
distance. La traite mentionnée par Pereira dans le rio dos Barbacins peut s’appliquer aussi bien
au royaume du Saalum qu’au royaume du Siine. Les vingt lieues indiquées par l’auteur nous
conduisent aux environs de Kaolak (112 km de la mer), sur le Saalum tandis que le Sine n’est
pas navigable sur une aussi longue distance. Avec l’affermissement de la monarchie gelwaar
sur le pays, le commerce prend un essor dont avons connaissance avec Almada (1654). En
1576, celui-ci se trouvait auprès du roi du Saalum pour lui acheter des esclaves ; il nous indique
plus loin que c’est la région la plus sûre de toute la Guinée et que les rois de ce pays sont
traditionnellement favorables aux commerçants portugais.
Développement du royaume du Saalum (deuxième moitié du XVIe siècle)
Alors que le Grand Jolof se disloque (1549 – 1575), le Saalum étend son emprise vers le Sud
et contrôle désormais la moitié de la rive nord de la Gambie. Dès le début, les échanges
atlantiques provoquent une rupture d’équilibre entre les communautés rurales, dirigées par des
laman, et le pouvoir royal. Bénéficiaires des échanges, les souverains sont désormais en mesure
d’accroître leur puissance et leur pouvoir. La centralisation fait des progrès au détriment des
Laman. Ce n’est là qu’un simple début.
Influence manding au nord de la Gambie (fin du XVIe siècle)
L’influence manding s’étendra par la suite au nord du fleuve Gambie avec la création des
royaumes du Nioni et du Badibou, fondés au détriment du royaume du Saalum.
Un recouvrement possible et testable
Nous avons pour les périodes récentes, d’un côté, une histoire bien connue, emblématique des
dynamiques qui peuvent affecter les sociétés ouest-africaines précoloniales et, de l’autre, des
sépultures particulières. Comment ces deux types de données n’ont-ils jamais été confrontés,
comme si les populations historiques n’enterraient jamais leurs morts et comme si les sépultures
relevaient d’une réalité autonome, dénuée de tout contexte historique, social et politique
humain ?
Je suis parfaitement conscient que le scénario que je défends ne relève que de l’hypothèse. Mais
l’intérêt de cette démarche est que la proposition peut être parfaitement testée et (in)validée en
datant les tumulus à pierres frontales et en repérant dans les mobiliers funéraires des objets qui
11
pourraient relever du commerce avec les Portugais. Comment se fait-il que, depuis trente ans,
aucun archéologue n’ait jamais cherché à répondre à cette question essentielle pour l’histoire
du Sénégal ? Rappelons que nous l’avions posée dès les années 80, mais que nous n’avions pas
pu obtenir de dates C14 pour l’érection du tumulus 43 de Santhiou Kohel.
Le sujet de la datation de sépultures sous tumulus avec pierres frontales été à nouveau soulevée
par Adrien Delvoye (à paraître) dans sa thèse, un point qui nécessite une discussion
approfondie. Il concerne la nouvelle datation du tumulus 43 proposée, qui, s’il fallait l’accepter,
remettrait en cause une grande partie des scénarios historiques que nous proposons pour
expliquer l’apparition de ce type de sépulture dans la région du Bao Bolon et qui a fait l’objet
de plusieurs publications (par ex. Gallay 2006, à paraître). Nous pouvons néanmoins montrer
que l’interprétation historique qui est la nôtre peut être préservée.
Dans sa thèse Adrien Delvoye (à paraître) propose, sur la base des données du site mégalithique
de Wanar situé à peu de distance de Santhiou Kohel, une réévaluation des datations du cercle
15 et du tumulus 43 fondée sur la chronologie de la céramique qu’il a pu établir à Wanar selon
une argumentation qu’il résume ainsi :
« L’ensemble de ces données suggèrent ainsi une légère mais significative différence
typologique entre les assemblages du cercle mégalithique n° 15 et du tumulus n° 43. La mise
en phase avec la séquence céramique de Wanar suggère ainsi que les productions liées au
tertre funéraire à pierre frontale à bouton sont contemporaines de son horizon III, soit aux
environs des XI1eet XIIesiècles de notre ère. Cette architecture funéraire serait donc légèrement
antérieure au cercle mégalithique 15, un monument de type B dont la production céramique
représentée au sein de poteries entières coïncide avec l’horizon II de Wanar, placé entre les
XIIIeet XIVe s. de notre ère. » (p. 671).
L’enjeu est de taille au regard des interprétations historiques que je propose pour le tumulus 43.
Je peux répondre ici à la proposition de Delvoye sous la forme d’une argumentation présentée
sous forme logiciste. Cette démonstration un peu technique montre comment il convient de
mobiliser sources historiques et archéologiques.
P1. J’accepte les expertises d’Adrien Delvoye concernant le rattachement du matériel du
cercle 15 à l’horizon II correspondant aux cercles à monolithes trapus et celui du tumulus
43 à l’horizon III de Wanar correspondant à des monolithes élancés.
L’analyse du matériel de Wanar constitue en effet une référence incontournable et parfaitement
argumentée pour la chronologie de la céramique mégalithique sénégambienne.
Deux ensembles de propositions permettent néanmoins de rejeter l’interprétation
chronologique avancée par l’auteur pour le tumulus 43.
La première est une proposition centrale forte comprenant deux volets (P2 et P3) :
P2. Le matériel contenu dans le tumulus, rattaché à l’horizon III, ne permet pas de dater le
monument.
Nous pouvons donc conserver l’hypothèse d’une datation tardive pour ce monument et donc
les interprétations historiques que nous avons proposées à ce jour.
Car :
1. Comme avancé par Delvoye lui-même, le matériel présent dans les masses tumulaires
sont des matériaux de remblai qui ne permettent pas de dater l’édification du monument.
Les productions présentes ne constituent donc qu’un terminus post quem (Delvoye
12
2018,p. 134). L’interprétation proposée par l’auteur est donc en contradiction avec le
postulat proposé par ce dernier à propos du monument 1 de Wanar.
2. Certains critères externes comme la situation périphérique des tumulus dans les
nécropoles comprenant à la fois des cercles et des tumulus permettent de conserver
l’idée d’une date tardive pour ce type de monument. Selon nos décomptes nous
observons 9 exemples de positions périphériques et 8 exemples de juxtaposition, mais
aucun cas de positions centrales (fig. 3 à 10).
Fig. 3. A gauche : Kayemor W (S17/N111). Plan schématique du site d’après documentation Charles
Becker (sans échelle). A droite : Keur Modi Toy (S19/N189). Plan schématique du site d’après
documentation Charles Becker et Bocoum 2000 : fig. 7.
Fig. 4. A gauche : Kounon Mbayène (S26/N118). Plan schématique du site d’après documentation
Charles Becker. A droite : Malsine E (S43/N44). Plan schématique du site d’après documentation
Charles Becker. Bouklgue 2013_FIG5x
13
Fig. 5. A gauche : Moussou Diarka (S29/N189). Plan schématique du site d’après documentation
Charles Becker. A droite : Santhiou Kohel (cf. Kolomba S, S17/N99).Plan schématique du site
d’après documentation Gallay.
Fig. 6. A gauche : Saré Sekourou (S45/N113). Plan schématique du site d’après documentation
Charles Becker. A droite : Sine Ngayène (S15/N54). Plan schématique du site d’après
documentation Charles Becker et Boccoum 2000 : fig. 5.
Fig. 7. A gauche : Sorokogne (S8/N151). Plan schématique du site d’après documentation Charles
Becker. A droite : Tene Koli SE (S33, cf N40-44). Plan schématique du site d’après documentation
Charles Becker.
14
Fig. 8. A gauche : Thialène (S29/173). Plan schématique du site d’après documentation Charles
Becker. A droite : Thiobé (S10/N199). Plan schématique du site d’après documentation Charles
Becker.
Fig. 9. A gauche : Tiékène (S18/N724). Plan schématique du site d’après documentation Charles
Becker. A droite : Tiékène Boussoura (S29/N194). Plan schématique du site d’après documentation
Charles Becker, Thilmans, Descamp 1974 : fig. 1 et Bocoum 2000 : fig. 6.
Fig.10. Kolonto (S32/N14). Plan schématique du site d’après documentation Charles Becker.
3. Le découplage géographique des tumulus à pierre frontale occupant prioritairement la
région du Saalum par rapport à la zone de répartition plus méridionale des cercles parle
en faveur d’une large autonomie historique de ce type de monuments par rapport aux
cercles (fig. 11).
15
Fig. 11. Découplage de la zone du Saaloum riche en tumulus au nord et de la zone du Bao Bolon au
sud où coexistent cercles et tumulus.
4. Sur le plan des rites funéraires j’avais distingué une tradition tumulaire propre au monde
mandé et un ensemble très hétérogène et d’origine probablement plus ancienne
rattachable à la famille atlantique que je regroupe ici sous le terme de traditions du
terroir. Ce classement par groupes linguistiques fait apparaître quelques contrastes
intéressants.
5.
Traditions du terroir
Des analogies entre les rituels funéraires des cercles mégalithiques sénégambiens et les
traditions du terroir, décrites notamment par Luc Laporte (Laporte et al. 2018), permettent de
proposer un rattachement des mégalithes sénégambiens à cette famille atlantique et, comme
démontré, une date relativement ancienne.
Traditions tumulaires primitives
Les tumulus caractérisent essentiellement des populations sahéliennes des groupes mandé et
atlantique septentrionaux pour lesquelles on a décrit des formations étatiques. Les tumulus les
plus imposants semblent liés au groupe mandé et présentent donc une connotation tardive,
16
l’impact de l’empire du Mali s’étant manifesté tardivement dans l’ouest, notamment au
Sénégal.
Traditions tumulaires dérivées
Les traditions tumulaires de la famille atlantique septentrionale, notamment les traditions sereer
peuvent être considérées comme des émanations récentes du monumentalisme mandé dont les
circonstances historiques sont bien connues à travers la formation du royaume du Saalum.
Ce groupe atlantique septentrional (Wolof et Sereer) se caractérise par des constructions plus
modestes. Ici, comme dans les traditions tumulaires primitives, les masses de terre peuvent
recouvrir des constructions qui sont souvent simplement des toits de cases déplacés permettant
éventuellement un accès ultérieur à l’espace funéraire, cela pendant un temps limité. On peut
donc proposer une filiation entre tradition tumulaire primitive d’origine mandé et tradition
tumulaire dérivée dont le scénario reste à préciser au plan monumental.
Les zones méridionales voient disparaître les tumulus. Alors que la coutume de mettre à mort
des dépendants reste relativement discrète en zone sahélienne dans les formations étatiques,
nous assistons par contre à de véritables hécatombes dans les sociétés non étatiques de la zone
forestière, que ce soit les îles Bissagos ou l’ancienne Côte d’Or. Ce contraste conforte ce que
nous disons de l’importance de l’État dans la limitation du nombre des individus mis à mort
lors des funérailles.
5. On peut se demander si la sériation obtenue à partir de la périodisation des cercles de
Wanar, même si elle peut être étendue à l’ensemble de la zone mégalithique pour ce
type de monument, peut constituer une référence fiable pour la datation des tumulus.
6. Les deux poteries rituelles déposées au pied de la pierre frontale sont les seuls éléments
qui pourraient permettre une datation directe. Malheureusement ce matériel très
fragmenté et incomplet est difficile d’interprétation.
Selon Delvoye la poterie 1, une jatte à pâte blanche, est typologiquement identique à certains
exemplaires de la production à pâte blanche de l’horizon III.
Mais : cette poterie ne comporte pas d’éléments diagnostiques formels déterminants dans la
perspective d’une attribution fondée sur la sériation de Wanar.
Selon Delvoye la poterie 2, dont le dépôt est plus tardif, est une jatte à pâte noire et impression
TCR (roulette de cordelette torsadée), à torsion en S, qui peut être rattachée à l’horizon
IIcoïncidant avec l’adoption massive des roulettes TCR à torsion en Z.
Mais : cette poterie est en fait à pâte rouge et on rappellera que nous l’avions assimilée au type
20 de notre série G, ce qui renvoie à la question de la place de cette série dans l’histoire de la
sépulture (cf infra) (Gallay 2010-1).
P3. L’origine du matériel remanié dans le tumulus reste donc inconnue.
Il est possible qu’il s’agisse d’un matériel primitivement en relation avec des dépôts rituels de
certains cercles de la nécropole de type A (cercles 7 ou 9 par exemple ?). Il semble en effet que
les matériaux céramiques associés aux maisons funéraires contemporaines des inhumations
soient largement détruites au moment de l’édification des monuments funéraires définitifs à
l’occasion des grandes funérailles.
Cette analyse peut être complétée par trois propositions dites faibles, indépendantes, qui
concernent le statut chronologique à accorder au décor imprimé roulé à l’aide d’un cylindre de
bois donnant des motifs de chevrons (BCHEV). Cette interprétation est dite faible car elle entre
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partiellement en contradiction avec l’idée que la masse tumulaire ne comporte que des
matériaux antérieurs au processus funéraire à l’origine du tumulus, mais ne remet pas en
question les propositions P1 à P3.
P4. Les poteries à décor en chevrons constituent un matériel intrusif tardif contemporain du
processus funéraire ayant mené à l’édification du tumulus.
Celles-ci peuvent être interprétées comme les vestiges des poteries disposées en offrande autour
de la maison des morts au moment des inhumations. Ce type de décor est donc remanié dans la
masse du tumulus au même titre que le reste du matériel, mais l’écart chronologique qui sépare
son utilisation première de ce dépôt est probablement plus court que pour le matériel attribué à
juste titre à l’horizon III de Wanar. Cette interprétation ne contredit donc pas le postulat avancé
pour la signification du matériel contenu dans les masses tumulaires.
Car :
1. La sériation des matériaux issus de notre prospection attribue une situation tardive à ce
type de matériel dont le site d’habitat de Tiékène est emblématique. La fréquence de ce
type de décor atteint 21.7% ce qui correspond à la fréquence observée dans le tumulus
43 (21.3%) (fig. 12).
2. La poterie rituelle 2 pourrait correspondre à ce type de céramique malgré l’absence de
décor en chevrons.
Boulègue 2013_FIG12X Fig.12. Habitat de Tiékène (Bao Bolon). Céramique à décor de chevrons
(13, 39, 44, 47, 52, 58).
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P5. Ce décor de chevrons est d’origine certainement plus ancienne, mais ne trouve son plein
développement qu’à l’époque de l’édification du tumulus 43.
Car :
- A Wanar, la présence de ce type de décor est extrêmement discrète : quelques tessons isolés
sur plusieurs milliers (7028) et absence de ce décor sur les 57 poteries complètes décrites. Cette
situation témoigne de son l’ancienneté, mais sa position est totalement marginale dans le
développement des traditions céramiques de cette nécropole.
- L’ancienneté de ce décor est confirmée par les quelques tessons trouvés en avant du cercle 15.
P6. La soudaine augmentation de ce type de décor témoin de l’édification des tumulus dans
la région pourrait avoir accompagné l’installation d’une nouvelle caste de potières qui
auraient développé auparavant leur activité dans des zones géographique externes (le
Saalum ?).
Cela expliquerait la présence de poteries portant ce type de décor en faible quantité aux périodes
anciennes, présence due à des transferts marchands à partir de centres de production extérieurs.
Ce modèle est parfaitement validé par ce que nous savons de la diffusion des poteries dans un
régime d’économie à marchés périphériques (Gallay 2010a, 2012, 2014).
P7. L’acceptation de la proposition 2 redonne donc une actualité à la question de l’origine,
non résolue, d’une partie du matériel remanié qui devait se trouver dans le sol entourant le
tumulus.
Nous avions marginalisé cette question en attribuant l’ensemble de ce matériel au remaniement
des matériaux associés à la cabane funéraire primitive ce qui ne peut plus être accepté
aujourd’hui.
Rappelons que la question d’un matériel contenu dans le sol des nécropoles avait déjà posé un
problème à Delvoye dans le cadre de la nécropole de Wanar.
Dans cette perspective le statut fonctionnel de l’horizon IV dit « prémégalithique » n’est pas
discuté par l’auteur qui adopte tout au long de son travail une vision essentiellement descriptive
selon la séquence compilation (Cc) – ordination (Ct) en marginalisant les préoccupations
interprétatives (Ce), ce qu’on ne saurait lui reprocher. On peut néanmoins se demander si cet
ensemble ancien ne pourrait pas être mis en rapport avec la phase d’installation des sépultures
qui seront par la suite surmontées des cercles de type A. Ces poteries auraient alors joué le rôle
d’offrandes déposées aux environs des maisons funéraires. Mais alors, quid de la situation
observée pour les monuments de type B qui devraient logiquement révéler les traces de
pratiques similaires pour des poteries stylistiquement distinctes, ce qui ne semble pas être le
cas.
Le rejet de cette hypothèse nécessiterait que l’on propose d’autres pistes pour expliquer
l’origine de ces matériaux, une question comparable à celle sur laquelle nous avions buté lors
de notre première analyse de la céramique de Santhiou Kohel.
La question ne pourra être tranchée que lorsque nous disposerons d’un ensemble de datations
C14 pour les tumulus. Nous avons appelé de nos vœux depuis longtemps ce type d’enquête
mais nous n’avons semble-t-il pas été entendu par la communauté scientifique. L’interprétation
proposée par Delvoye montre aujourd’hui que cette question revêt une certaine urgence. Nous
attendons donc beaucoup des nouvelles fouilles du tumulus de Soto près de Kaffrine initiées
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par Luc Laporte, un monument d’où provient la pierre-lyre conservée au Musée du quai Branly
à Paris. Les premières observations (2018) montrent déjà que le tumulus est constitué, comme
à Santhiou Kohel d’un emboîtement de plusieurs couvertures.
Ci-dessous quelques illustrations concernant les rituels funéraires serrer
Typologie des sépultures sérer utilisant divers type de constructions funéraires temporaires. La
construction proposée pour le tumulus de Santhiou Kohel devrait s'apparenter aux chambres
"souterraines" de types a,b ou c, le sol de dépôt des corps étant plus bas que le sol naturel (D’après
Becker, Martin 1982).
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Le poids des survivances. : une sépulture sérer actuelle entourée d’un fossé et précédée d’un pieu de
bois évoquant les pierres frontales des sépultures protohistoriques (D’après Becker, Marin 1982).
Un tumulus seerer. L'homme indique la profondeur du fossé entourant la tombe. Archives nationales
du Sénégal. http://www.au-senegal.com/Cartes-postales-anciennes-Villes.html
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Un cimetière seerer proche du village. On distingue, au pied des baobabs, trois toits de huttes
recouvrant des tombes. Archives nationales du Sénégal. http://www.au-senegal.com/Cartes-
postales-anciennes-Villes.html
Un tumulus seerer entouré d'un fossé et précédé d'une pierre levée aux côtés de laquelle est déposée
une poterie. http://www.archivesdusenegal.gouv.sn
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