REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
UNIVERSAIRE
UNIVERSITE CHRETIENNE BILINGUE DU CONGO
UCBC
Titre du travail :
CARACTERISTIQUE DES RELIGIONS
TRADITIONNELLES AFRICAINES
COURS DE SOCIOLOGIE DE LA RELIGION
Noms : CWINYAAY BARAKA David
Promotion : B0/ Matricule : 10625
Faculté de THEOLOGIE
Professeur : Père Antoine
ANNEE ACADEMIQUE 2024-2025
Question : « Prélever les caractéristiques de la culture de la religion traditionnelle africaine »
Dans la plupart des communautés d’Afrique, la religion a imprégné presque tous les aspects des
activités sociales, qu’il s’agisse de la politique, de l’économie, des relations entre les personnes,
etc. Les naissances et les enterrements étaient des affaires éminemment religieuses. Par conséquent,
pour comprendre la société qui peuple cette région du monde, il faudrait connaître ses croyances
et pratiques religieuses.
Entre 600 et 1500 apr. J.-C., trois cultes religieux se sont manifestés en Afrique. Le premier
concerne la RTA, indigène par nature et fondée sur l’ensemble du passé historique et philosophique
vécu par la population. Le deuxième est l’islam, et le troisième culte est le christianisme, qui y a
pénétré cinq siècles après l’islam. À la suite de l’introduction de ces deux dernières religions, les
pratiques confessionnelles des sociétés africaines se sont caractérisées par d’intenses interactions
entre la RTA et les religions étrangères.
On a souvent considéré la RTA comme une forme très inférieure de la religion et on l’a désignée
sous des noms péjoratifs tels qu’animisme, paganisme, fétichisme ou vaudou. Toutes ces
croyances n’auraient que la valeur de « mystères » et non de religions selon les musulmans et les
chrétiens. Ceux-ci ont voulu faire croire que, jusqu’à l’introduction de leur foi, les Africains
n’avaient en propre aucune religion digne d’être considérée comme véritable.
La médisance de la RTA se fonde sur le fait qu’elle s’accompagnait d’objets rituels façonnés par
l’homme, tels que les amulettes, mascottes, talismans, charmes ou autres articles du même genre,
et qu’elle pratiquait des cérémonies estimées répugnantes pour la dignité humaine. La RTA opère
en réalité une distinction entre certains objets rituels et les divinités vénérées. Les objets fabriqués
par l’homme et les rites étaient destinés à faciliter la concentration des fidèles ou à leur faire obtenir
la bienveillance de la divinité qui était le principal objet du culte. Malgré la multitude de divinités
qui jouaient pour eux le rôle d’intercesseurs, les Africains n’étaient pas des polythéistes.
Dans toute l’Afrique, la notion d’un être suprême, qui se situait au-dessus de tout et gouvernait
tout, était commune et universelle. On l’adorait comme le créateur tout-puissant de toutes choses
y compris des divinités intermédiaires, le générateur de toute vie, le régent de toute destinée et le
juge ultime des actions humaines, puisqu’il voyait et savait tout. En général, aucune représentation
physique de cet être n’était comprise dans les panthéons locaux où se trouvaient rassemblées les
divinités, car on considérait qu’il se situait au-delà des facultés de compréhension humaines.
L’être suprême portait différents noms dans les différentes parties de l’Afrique. C’est ainsi qu’en
langue mendé il s’appelait Ngewe ou Leve (créateur suprême), et portait les noms suivants dans les
différentes langues:
Tenda / Hounnounga/ L’Inconnu, Akan/ Onyame/ L’Être suprême, Ewe/ Mawu-se/ Dieu
— Le Dieu suprême, Gun/ Mawu Lisa/ Le Créateur suprême, Yoruba/ Olodumare/ Tout-
Puissant, Edo/ Osanobua / Créateur du monde, Urhobo/ Oghene / Seigneur de toute chose,
Nupé/ Tsoci/ Notre Seigneur, Tiv / Aondo Gba Tar / Dieu, le charpentier, Yako / Ubasi /
Créateur, Bamum / Nyinyi / L’Omniprésent, Ibo / Chineke Chukwu / Créateur — Grand
Esprit, etc.
Le nom local prêté à l’être suprême prenait toujours la forme du singulier et n’était pas un terme
générique. Cet être n’avait aucune image ou représentation visible, parce qu’il était trop puissant
pour être contemplé par un esprit humain. Il était très puissant au point où les mortels ordinaires ne
pouvaient pas l’approcher directement, mais uniquement à travers des intermédiaires. Ces
intermédiaires étaient des divinités, censées avoir été spécialement créées par le Dieu tout-puissant
pour lui servir de messagers et d’assistants particuliers. C’est ce qui distingue la RTA des autres
principales religions du monde. Les divinités comprenaient des esprits ancestraux et des créatures
surnaturelles. Elles pouvaient s’associer aux particularités de l’environnement, comme les collines,
les rivières et les arbres où elles choisissaient sa résidence. De même, certaines plantes et certains
animaux qui jouaient aussi des rôles importants d’une valeur de totems ou d’emblèmes avec
lesquels se forgeait un lien sacré.
La RTA avait croyance que toutes les choses, animées et inanimées, pouvez être investies par des
esprits qui avaient le pouvoir de communiquer avec Dieu. Si certaines d’entre eux comme les
arbres, rocher, … étaient exceptionnelles par leurs dimensions, ou des êtres humains jouissant tout
spécialement d’attributs extraordinaires, on leur attribuait alors une part inhabituelle des dons
spirituels accordés par Dieu.
Il y avait d’autres esprits ou pouvoirs mystiques qui étaient reconnus et dont on tenait compte dans
l’ordre des choses. Ceux-ci comprenaient les agents de la sorcellerie et de la magie. C’est à cause
d’eux que les individus allaient consulter des devins pour que ceux-ci les aident à résoudre leurs
problèmes. Sur ce s’ajoutait aussi les charmes, amulettes et autres artifices que l’on utilisait à des
fins protectrices ou agressives. Les RTA se caractérisaient par des rituels, sacrifices et cérémonies
compliqués qui étaient étroitement liés aux divers aspects de la vie comme l’agriculture, la
grossesse, la guérison des maladies, etc. L’aspiration qui cherchait à donner un sens à l’inconnu et
à l’au-delà, a engendré l’art de la géomancie pratiqué dans toute l’Afrique. Les pratiques
divinatoires, qui utilisent les noix de cola, les coquilles de cauri, les noix de palmier ou le sable,
donnaient l’impression qu’elles découlaient d’une source commune. La géomancie, appelée ifa
chez les Yoruba, afa chez les Nupé, etc a pris la dimension d’un système d’éducation hautement
organisé et destiné à résoudre les problèmes en puissance que pourraient devoir affronter les
individus ou la communauté dans son ensemble.1
A guise de synthèse de toutes ces pensées ci-haut exprimées ; certains auteurs mettent le point sur
qui semblent être très touchant que nous voyons ici :
1. Monothéisme implicite
Bien que certaines pratiques semblent polythéistes, de nombreuses traditions africaines
reconnaissent un Dieu Suprême, invisible et créateur, souvent accompagné d'esprits et d'ancêtres
qui servent d'intermédiaires. Selon le théologien John Mbiti dans son ouvrage affirme que les
africains sont profondément religieux et que leur spiritualité est omniprésente dans la vie
quotidienne. Il met en avant le concept de Dieu suprême et la continuité entre les vivants et les
ancêtres2. Le père Placide Tempels dans son ouvrage développe la notion de « force vitale »,
expliquant que la religion africaine est centrée sur l’énergie spirituelle et la connexion entre les
générations3.
2. Rôles central des ancêtres
Les ancêtres sont vénérés et considérés comme des médiateurs entre les vivants et le divin. Leur
culte est une forme de respect et de connexion avec le passé. Ainsi le père Placide Tempels souligne
1
History of Humanity - Vol. IV: From the Seventh to the Sixteenth Century
2
Introduction to African Religion
3
La philosophie bantoue
que les ancêtres sont perçus comme des forces vitaux influençant le quotidien4. Paul-Emile
Latoki analyse la religion africaine comme un moyen de maintenir l’ordre cosmique et social 5.
3. Religion et culture indissociables
La religion est profondément intégrée à la culture et aux traditions sociales. Elle influence les rites
de passage, la justice, la gouvernance, les normes morales et les structures communautaires. D’où
Andrew Walls et Scott Moreau étudient l’impact du syncrétisme religieux et la manière dont le
christianisme interagit avec les croyances africaines. Selon Paul-Emile Latoki explique que la
religion africaine est une quête de l’ordre cosmique et social6
4. Pratiques rituelles et symbolisme
Les rites incluent des sacrifices, des danses, des chants et des cérémonies visant à maintenir
l'équilibre cosmique et à honorer les divinités et les ancêtres. René Tabard explore comment les
RTA ont été historiquement marginalisées et comment elles influencent la théologie chrétienne en
Afrique7
5. Interconnexion entre le sacré et le quotidien
La spiritualité imprègne tous les aspects de la vie, y compris la politique et la médecine. Andrew
Walls et Scott Moreau ont étudié comment cette intégration influence la perception du
christianisme en Afrique. Émile Durkheim considère la religion comme un facteur de cohésion
sociale. Dans le contexte africain, les RTA jouent un rôle fondamental dans la structuration des
communautés et la régulation des comportements.8
L’étude de la religion traditionnelle africaine nous ramène à comprendre la relation qui était entre
nos ancêtres et l’être suprême. Ces caractéristiques montrent qu’elles ne sont pas simplement des
croyances, mais des systèmes de pensée et de vie profondément enracinés dans les sociétés
africaines.
4
La philosophie bantoue
5
La religion comme quête de l’ordre dans la société africaine traditionnelle
6
La religion comme quête de l’ordre dans la société africaine traditionnelle
7
Théologie des religions traditionnelles africaines
8
Les formes élémentaires de la vie religieuse