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Docteur

L'upwelling, phénomène de remontée d'eaux froides riches en nutriments, se décline en plusieurs types, dont l'upwelling côtier, équatorial, saisonnier et topographique. Au Cameroun, il est principalement côtier et saisonnier, avec une intensité modérée, influencé par les vents de mousson, et contribue légèrement à la productivité marine. Le Golfe de Guinée, riche en biodiversité, est affecté par des courants marins et des facteurs climatiques, ayant des impacts sur la pêche et l'écosystème local.

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L'upwelling, phénomène de remontée d'eaux froides riches en nutriments, se décline en plusieurs types, dont l'upwelling côtier, équatorial, saisonnier et topographique. Au Cameroun, il est principalement côtier et saisonnier, avec une intensité modérée, influencé par les vents de mousson, et contribue légèrement à la productivité marine. Le Golfe de Guinée, riche en biodiversité, est affecté par des courants marins et des facteurs climatiques, ayant des impacts sur la pêche et l'écosystème local.

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B.1.

Les types d’upwelling et la situation au Cameroun

1. Types d’upwelling dans le Golfe de Guinée et au niveau mondial

L’upwelling (ou remontée d’eau) désigne le phénomène par lequel des


eaux froides et profondes remontent vers la surface. Ces eaux sont riches
en nutriments (nitrates, phosphates, silicates), ce qui stimule la production
primaire (plancton), favorisant ainsi les chaînes alimentaires marines.

On distingue plusieurs types d’upwelling :

a) Upwelling côtier

Le plus fréquent.

Il se produit lorsque des vents soufflent parallèlement à la côte,


repoussant les eaux de surface vers le large.

Remplacées par des eaux froides remontant des profondeurs.

Exemples : côte du Pérou, Namibie, Ghana.

b) Upwelling équatorial

Observé le long de l’équateur, où la divergence des masses d’eau dues à


la rotation de la Terre (effet de Coriolis) permet la remontée d’eau
profonde.

Présent dans l’Atlantique équatorial, notamment autour de 0° de latitude.

c) Upwelling saisonnier

Dépend des variations saisonnières du vent.

Dans le Golfe de Guinée, l’upwelling saisonnier a lieu surtout entre juillet


et septembre.

d) Upwelling localisé ou topographique

Lié à la forme de la côte ou au relief sous-marin (canyons, promontoires).

Il peut être temporaire ou permanent selon la configuration.

2. L’upwelling au Cameroun

Au Cameroun, le phénomène d’upwelling est faible ou modéré, comparé


aux zones comme la Namibie ou le Ghana. Voici ce qu’il faut retenir :

A) Type observé

Principalement un upwelling côtier saisonnier, influencé par les vents de


mousson du sud-ouest soufflant de juin à septembre.
Il se manifeste au large de la côte sud-ouest, notamment vers Kribi,
Campo et Limbe, mais de façon irrégulière.

b) Effets observés

Léger refroidissement des eaux de surface durant l’été austral (juin à


septembre).

Augmentation locale de la productivité marine, mais moins intense qu’au


large du Ghana ou du Sénégal.

Certaines études signalent la présence d’eaux plus oxygénées et riches en


nutriments entre 20 et 60 m de profondeur dans ces périodes.

c) Contraintes

L’upwelling est atténué par :

Une côte relativement orientée nord-sud, moins favorable au vent


parallèle.

Une bande continentale étroite avec des pentes bathymétriques abruptes.

Des effets modérateurs des marées et des estuaires.

3. Résumé

Type d’upwelling Présence au Cameroun Saison Intensité Effets

Côtier saisonnier Oui (modéré) Juin-Septembre Faible à modéré


Hausse des nutriments, pêche locale

Équatorial Non direct (mais influencé régionalement) Variable


FaiblePas directement observable sur les côtes

Topographique Possible (zones de Kribi, estuaires) Localisé Très faible


Peu étudié

Introduction

Le Golfe de Guinée, situé sur la côte ouest de l’Afrique, joue un rôle clé
dans la dynamique océanographique de l’océan Atlantique tropical. La
circulation des eaux dans cette région est influencée par plusieurs
facteurs, notamment les vents dominants, les marées, les variations
saisonnières et les échanges entre les couches de surface et de
profondeur. Comprendre ces mouvements d’eau est essentiel pour la
pêche, le climat régional, le transport maritime, et la protection des
écosystèmes marins.

1. Caractéristiques générales du Golfe de Guinée


Le Golfe de Guinée s’étend de la côte de la Guinée jusqu’à celle de
l’Angola, bordant plusieurs pays comme le Nigeria, le Cameroun, la Côte
d’Ivoire ou encore le Gabon. Cette région connaît une forte activité
maritime et une richesse écologique importante (mangroves, upwelling,
zones de frai…).

Les conditions climatiques y sont marquées par l’alternance des saisons


sèches et humides, ainsi que par la présence du courant de mousson
d’Afrique de l’Ouest.

2. Les courants de surface


2.1. Courants dominants

Le Courant Sud-Équatorial (CSE) : courant chaud qui se déplace d’est en


ouest à travers l’Atlantique équatorial. Il touche le golfe principalement en
surface.

Le Contre-Courant Équatorial (CCE) : courant est en direction inverse, qui


ramène une partie des eaux vers l’Afrique.

Le Courant du Bénin : un courant côtier qui circule vers l’est le long de la


côte ouest-africaine, principalement durant la saison des pluies.

2.2. Facteurs d’influence

Les vents alizés du sud-est et les marées semi-diurnes influencent


fortement ces courants. Le vent pousse les eaux de surface vers le large,
ce qui peut générer des remontées d’eaux froides appelées upwellings,
particulièrement visibles au large du Ghana et du Nigeria.

3. Les courants de profondeur


3.1. Courant profond de retour

À mesure que l’eau de surface est repoussée vers l’ouest, une


compensation se fait par un retour d’eau en profondeur vers l’est. Ces
eaux sont plus froides, plus salées et riches en nutriments.

3.2. Interaction avec la thermocline

La thermocline, couche de transition entre les eaux chaudes de surface et


les eaux froides profondes, joue un rôle crucial. Dans le Golfe de Guinée, la
thermocline peut varier en profondeur selon les saisons, influençant les
échanges verticaux d’eau.

4. Variabilité saisonnière et effets climatiques

En été, l’intensité des vents du sud favorise l’upwelling côtier, refroidissant


la température de surface.
En hiver, la stratification de l’eau est plus marquée, limitant les échanges
verticaux.

La circulation d’eau influence le climat régional, en régulant les


températures et l’humidité.

5. Impacts écologiques et socio-économiques

Les zones d’upwelling favorisent la productivité marine (plancton,


poissons).

Les courants transportent des polluants et influencent la dispersion des


marées noires ou déchets plastiques.

Ils ont aussi une influence sur les routes de navigation et la sécurité
maritime.

Conclusion

La circulation de l’eau dans le Golfe de Guinée résulte d’un système


complexe de courants de surface et de profondeur, influencés par les
vents, les marées et la température. Ces mouvements ont des effets
directs sur l’environnement marin, les activités humaines, la biodiversité
et le climat régional. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour
mieux gérer les ressources marines, prévenir les catastrophes et protéger
les écosystèmes côtiers.

Remontée d’eaux profondes dans le Golfe de Guinée : plus sensible à la


courbure de la côte qu’au panache du fleuve Niger

Publié par IRD Occitanie, le 18 janvier 2021

Les remontées d’eaux côtières qui apparaissent chaque été au nord du


golfe de Guinée favorisent la pêche en Côte d’Ivoire et au Ghana. En
revanche, elles profitent peu au Togo et Bénin, situés plus à l’est, du fait
de leur affaiblissement rapide près du panache du fleuve Niger. Des
chercheurs de l’UMR LEGOS et leurs collaborateurs africains ont montré
que cette diminution n’était pas due aux eaux du fleuve, d’abord
suspectées, mais à la courbure de la côte à l’approche de son delta.

La remontée d’eau (upwelling en anglais) est un phénomène


océanographique qui se produit lorsque de forts vents marins,
généralement saisonniers, écartent les eaux de surface des océans,
laissant ainsi un vide où peuvent remonter les eaux profondes froides et
chargées de nutriments. Concrètement, pour les pêcheurs, la remontée
d’eau se traduit par une augmentation importante de la quantité de
poissons. Quels en sont les déterminants ?

Golfe de Guinée

Upwelling : variation locale le long de la côte nord du golfe de Guinée

En face du Ghana, le vent, parallèle à la côte, se combine à la force de


Coriolis ? pour transporter les eaux de surface à sa droite, vers le large
(divergence d’Ekman). La nature ayant horreur du vide, ceci induit le long
de la côte des remontées d’eaux froides et salées, donc denses : c’est
l’upwelling du Golfe de Guinée. Ce phénomène océanique s’étend en fait
sur 1000 km, de la Côte d’Ivoire au Nigéria, et assure de bonnes pêches
qui sont une ressource essentielle pour les populations locales. « C’est l’un
des objets d’études du projet européen TRIATLAS, visant une gestion
durable des écosystèmes marins de l’Atlantique », explique Julien Jouanno,
modélisateur au LEGOS. A l’est, en face du Togo et du Bénin, l’upwelling
laisse progressivement place aux eaux chaudes et peu salées, moins
denses, du panache (zone de dispersion des eaux douces dans l’océan) du
fleuve Niger. Comme la colonne de liquide d’un thermomètre dont la
hauteur varie avec la température, le niveau de la mer augmente vers
l’est avec ces variations de densité. Cette pente, combinée à la force de
Coriolis, crée des courants dirigés vers la côte (convergence
géostrophique), observés par satellite et reproduits dans une simulation à
haute résolution horizontale (1/12°) du modèle océanique NEMO.

Conditions moyennes de surface en été :

(a) Température, densité simulée et vent côtier

(b) Salinité

© Niveau de la mer et courant géostrophique

(d) Différences entre la simulation avec et sans fleuve, en termes de


température, salinité et courant

Un effet topographique plutôt que l’influence des eaux douces

Une équipe de chercheurs français et africains, impliqués dans la Jeune


Equipe Associée à l’IRD (JEAI) ivoirienne IVOARE-UP et la JEAI béninoise
SAFUME, a voulu éclaircir le rôle du panache du fleuve Niger sur ces
courants dits « convergents », qui s’opposent aux courants « divergents »
générant l’upwelling. Pour cela, ils ont supprimé le flux d’eau douce du
fleuve Niger dans une seconde simulation qu’ils ont comparée à la
première. D’après ces analyses, le fleuve modifie trop peu et sur une
couche trop fine les courants pour contribuer significativement à la
convergence géostrophique. Le calcul d’indices d’upwelling, permettant de
quantifier les variations côtières des courants divergents et convergents,
montre que cette convergence réduit de 50 % l’upwelling à l’est du Ghana.
Elle est en fait probablement due au brusque renflement de la côte associé
au delta du fleuve, qui change l’angle entre le vent et la côte, freinant
ainsi la divergence d’Ekman. Cette courbure de la côte renforce le front de
densité au bord est de l’upwelling et la convergence géostrophique
associée. « La découverte de cet effet topographique reste à approfondir
et son rôle potentiel dans d’autres régions d’upwelling à évaluer, ajoute
Gaël Alory, océanographe physicien au LEGOS. S’il ne modifie pas
l’upwelling à sa source, le fleuve est néanmoins responsable d’un
réchauffement côtier qui atteint 1°C en surface et dont les mécanismes
feront l’objet d’une prochaine étude ». Ces effets locaux liés à la
topographie côtière et aux fleuves sont à prendre en compte dans
l’évolution actuelle liée au changement climatique des upwellings, de leur
productivité biologique et des écosystèmes associés, pour en assurer une
gestion durable.

Publication : Alory, G., C. Da-Allada, S. Djakouré, I. Dadou, J. Jouanno and


D.P. Loemba (2021), Coastal upwelling limitation by onshore geostrophic
flow in the Gulf of Guinea around the Niger River plume, Frontiers in
Marine Science, 2021, [Link]

Contacts science :

Gael Alory, CNAP, UMR LEGOS [Link]@[Link]

Julien Jouanno, IRD, UMR LEGOS [Link]@[Link]

Source : [Link]
profondes-dans-le-golfe-de-guinee-plus-sensible-a-la-courbure-de-la-cote-
qu-au-panache-du-fleuve-niger.

Références bibliographiques

1. Carton, J.A. & Huang, B. (1994). Warm events in the tropical Atlantic.
Journal of Physical Oceanography.
2. Bourlès, B. et al. (2002). The Atlantic Equatorial Undercurrent :
Seasonal variability and ocean-atmosphere interactions. Deep Sea
Research.
3. International Hydrographic Organization (IHO). Limits of Oceans and
Seas.
4. FAO (2020). Fisheries and the oceanographic systems in West Africa.
5. UNESCO-IOC. (2019). Ocean circulation in the tropical Atlantic and
coastal West Africa.

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