LAQIBI Zakaria Canada
LAQIBI Zakaria Canada
de titane Ti-6Al-4V
par
Zakaria LAQIBI
LE 21 DÉCEMBRE 2016
Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidé à réaliser ce travail, notamment mon
directeur de projet Philippe Bocher et mon codirecteur Vincent Demers. Grace à leurs
conseils précieux, leurs indications d’encadrement qu’ils m’ont fourni. Je remercie
également, la compagnie Turboméca. Notamment, Mickael Amar et Guillaume Albouze pour
l’aide apportée chacun pendant une période du projet. Je tiens également à remercier
Jianqiang Chen et Serges Plamondon pour leur disponibilité pour lancer mes essais
mécaniques.
Merci à toutes les personnes que j’ai côtoyées durant cette période. Enfin, j’adresse un
profond remerciement à ma famille et mes amis qui m’ont épaulé durant des moments
difficiles.
ÉVALUATION DE LA TENUE EN FATIGUE DES JOINTS BRASÉS EN Ti-6Al-4V
Zakaria LAQIBI
RÉSUMÉ
Zakaria LAQIBI
ABSTRACT
The optimization of manufacturing costs, weight and energy consumption of structures are at
the center of concerns in the aerospace industry. In this context, industry orients their
research towards the development of materials and manufacturing techniques. Among
developing manufacturing techniques figure the brazing furnace. This is a manufacturing
technique to assemble materials by means of a filler metal. This technique provides several
assemblies simultaneously. The brazed assemblies are usually free of residual stresses that
can have harmful effects on duty. Otherwise, a relief structure is necessary ensuring good
performance in service. Based on the choice of materials, titanium alloys are a good choice
because they have an excellent specific strength.
Page
INTRODUCTION .....................................................................................................................5
CONCLUSION ......................................................................................................................111
RECOMMANDATIONS ......................................................................................................113
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................127
LISTE DES TABLEAUX
Page
Tableau 1-1 Niveau des énergies libres de formation des oxydes selon GibbsErreur ! Signet non d
Tableau 1-3 Propriétés mécaniques du titane pur et d’un alliage α − β, TA6V ............ 27
Tableau 1-4 Résultats obtenues pour validation des critères type plan critique ............ 59
Tableau 1-5 Résultats obtenues pour validation des critères type approche globale ..... 60
Tableau 3-1 Les niveaux de charges appliqués pour les essais de traction obtenues
par calcul éléments finis. ............................................................................ 72
Tableau 3-2 Les niveaux de charges appliqués pour les essais de flexion 3-points
obtenues par calcul éléments finis.............................................................. 74
Tableau 4-5 Les grandeurs du critère de Crossland obtenues par Code Aster. ........... 105
Tableau 4-6 Charges appliquées pour un joint en T en flexion.Erreur ! Signet non défini.
LISTE DES FIGURES
Page
Figure 1-1 Représentation schématique d’un joint brasé ............................................. 10
Figure 1-3 a) une goutte de métal d’apport en forme de boule étalée, b) une goutte
du métal d’apport contractée ...................................................................... 12
Figure 1-4 Un modèle pour décrire le processus de brasage par diffusion, (a)
condition initiale, (b) dissolution du métal d’apport, (c) solidification
isotherme, (d) homogénéisation et (e) développement des structures de
Widmanstätten............................................................................................ 13
Figure 1-9 Schéma démonstratif de l’effet des éléments d’alliages sur la stabilité
des phases et sur quelques propriétés ......................................................... 21
Figure 1-12 Exemple de morphologie que l’on peut rencontrer dans l’alliage
TA6V, a) structure lamellaire, b) structure duplexe, c) structure
équiaxe ....................................................................................................... 27
Figure 1-14 Microstructures des joints de TA6V brasés à 950°C avec le Ti-Zr-Ni-
Cu ............................................................................................................... 29
Figure 1-18 Relation entre la température de brasage et les propriétés en tension des
joints brasés à plusieurs configurations de Ti-Zr-Cu-Ni ............................ 37
Figure 1-19 Propriétés des joints de TA6V brasés avec Ti-Zr-Cu-Ni ........................... 38
Figure 1-21 Défaut de fabrications dans les filets d’un joint en T brasé à 900°C ........ 40
Figure 1-27 Différents types de contraintes utilisées pour les analyses de fatigue
d’un joint en T ............................................................................................ 51
Figure 1-28 Ensemble des critères multiaxiaux de fatigue et leur classification ........... 52
Figure 3-1 Schéma des deux configurations, a) joint caractérisable en flexion trois
points, b) joint caractérisable en traction. .................................................. 67
Figure 3-4 a) Dimensions (en mm) des éprouvettes utilisées pour les essais
mécaniques (ASTM E08-4), b) échantillon testé en fatigue uniaxe. ......... 71
Figure 3-5 Machine MTS Landmark utilisé pour effectuer les tests de fatigue de
traction à l’école de technologie supérieure de Montréal .......................... 72
Figure 3-6 A) et B) les cotes des éprouvettes de fatigue avant polissage, C) cote
après polissage. .......................................................................................... 73
Figure 4-4 Joint brasé avec de la pâte à un fini de surface de 80 grain. ...................... 87
Figure 4-5 Joint brasé avec de la pâte à un fini de surface de 1200 grain. .................. 88
Figure 4-7 Joint brasé à 900°C pendant 120 minutes à un fini de surface de 1200
grain et de la pâte pour métal d’apport....................................................... 90
Figure 4-8 a) Joint brasé à 900°C pendant 80 minutes, b) Joint brasé à 900°C
pendant 120 minutes. ................................................................................. 91
Figure 4-15 Application du critère de Crossland aux joints brasés en Ti-6Al-4V. ..... 106
J Le flux d’atomes
D La constante de proportionnalité de Fick, coefficient de diffusion
C La concentration d’atomes
CBM la concentration des éléments dans le métal de base
, Sont les températures de début et de fin de transformation martensitique
variables dépendamment des alliages
S L’amplitude de contrainte ou la contrainte alternée
S La contrainte moyenne
S La contrainte maximale
S La contrainte minimale
∆S La variation totale de contrainte, soit S −S = 2S
R S
Le rapport de chargement ou ratio de fatigue, donné par S
N Nombre de cycle à la rupture
S La contrainte alternée du cycle = ∣ σ −σ ∣
∆K Correspond à l’amplitude du facteur d’intensité de contraintes pour R = 0
σ La contrainte nominale du joint en T proche du joint
K La valeur maximale du facteur d’intensité de contraintes du aux contraintes
résiduelles
ϕ (t) Un vecteur contrainte
( ) Une contrainte normale
( ) Une contrainte tangentielle
σ L’amplitude de la contrainte normale
( ) La partie alternée de la contrainte normale à l’instant
Contrainte normale minimale
Contrainte normale maximale
Contrainte normale moyenne
Amplitude de la contrainte tangentielle (rayon du plus petit cercle circonscrit au
trajet de charge)
Contrainte tangentielle moyenne
( ) La partie alternée de la contrainte tangentielle à l’instant
La fonction de fatigue de Findley
La fonction de fatigue de Matake
La fonction de fatigue de Dang Van
La fonction de fatigue de Crossland
J ,
L’amplitude du second invariant du tenseur déviateur (amplitude de cission)
σ , La contrainte hydrostatique maximale
La limite d’endurance en torsion
La limite d’endurance en tension
( ) La partie alternée de la contrainte tangentielle
TA6V Abréviation du Ti-6Al-4V
2
UNITÉ CALORIFIQUE
°C
° C /min
UNITÉ GÉOMÉTRIQUE
mm
m
UNITÉ DE TEMPS
min
s
Contrainte, pression
MPa
mbar
Torr
Force
N newton
kN
INTRODUCTION
L’allégement des structures, passe principalement par le choix des matériaux utilisés.
L’alliage de titane Ti-6Al-4V est utilisé dans des applications en aérospatiale, pour son
excellente résistance spécifique. Dans ce cadre industriel, la compagnie Turboméca
spécialisée dans les moteurs d’hélicoptères cherche à remplacer des assemblages structuraux
brasés en superalliage déjà mise en place par des assemblages en alliage de titane TA6V. Les
assemblages brasés seront soumis à des sollicitations cycliques. Ceci nécessite d’acquérir de
nouvelles données concernant la fatigue de ces assemblages.
méthodologie adoptée pour atteindre les objectifs, le quatrième chapitre présente les résultats
du brasage et des essais de fatigue obtenues et une application sur des joints brasés en T. Et
pour finir, des recommandations pour les futurs travaux.
CHAPITRE 1
REVUE DE LA LITTÉRATURE
Le procédé d’assemblage par brasage de nos jours, remonte à l’époque des sumériens ayant
découvert la fonte des métaux dans leurs fours 5000 AV.J.-C. Cette découverte a été
exploitée pour des fins artistiques pour assembler l’argent et l’or, qui étaient largement
utilisés par cette population 3400 AV.J.-C. Par ailleurs, la compréhension de la nature et du
comportement des matériaux a considérablement contribué dans l’évolution de cette
technique d’assemblage, qui est devenu une préoccupation des scientifiques et des industriels
(G.Humpston, 1993b).
De nos jours, cette technique d’assemblage est utilisée dans de nombreux domaines,
notamment, dans l’industrie aérospatiale, un domaine d’application très exigeant en termes
de sécurité et de qualité de production des pièces brasés, ce qui incite à améliorer cette
technique pour une gamme de matériaux qui présentent les meilleures propriétés mécaniques.
Il convient également de citer les types de brasage existant, le brasage tendre (ou en anglais
soldering) et le brasage fort (ou brazing). Les types de brasage se différencient par la
température de fusion du métal d’apport. Dans la définition de l’AWS, il est bien souligné
que la température de fusion du métal d’apport dans le cas du brasage fort est en dessus de
450°C. La présente étude est une application du cas de brasage fort. Une représentation
schématique d’un joint brasé est donnée dans la Figure 1-1.
Le brasage des matériaux fait apparaitre des phénomènes physiques qui nécessitent une
analyse métallurgique des joints brasés afin de trouver les solutions adéquates en variant les
paramètres de brasage. Ces phénomènes seront discutés à la lumière d’une revue de la
littérature, soit le mouillage, la capillarité, la diffusion, la liquation ou encore les contraintes
résiduelles.
Il existe une variété de moyens pour effectuer le brasage, on s’intéressera dans notre étude au
cas de brasage au four sous vide qui constitue notre moyen de travail. Avant la mise en four
les pièces à assembler doivent être poli afin d’éliminer les oxydes qui nuisent au bon
mouillage du métal d’apport. La brasure sous forme de pate ou de feuillard est déposée entre
ou près des pièces préassemblées par soudure par fusion ou autres moyens de fixation.
L’ensemble des éléments est placé dans le four (voir Figure 1-2) qui monte à la température
du brasage à une vitesse appelée vitesse de chauffe, un maintien se fait à cette température
pendant un certain temps, suivi du refroidissement lent ou rapide du four, selon les
11
Le four sous vide présente l’avantage de chauffer et refroidir lentement les pièces, ce qui
permet de limiter les contraintes dues à une dilatation des pièces, qui en résulte fissuration
dans le joint. En plus de cet avantage, tous les variables dans le cycle du brasage peuvent être
contrôlés selon des programmes. L’atmosphère sous vide poussé dans le four permet
d’assembler des matériaux qui sont très avides d’oxygène comme le titane et ses alliages.
Une attention doit être prêtée aux variables du cycle de brasage (vitesse de chauffe et
l’isotherme de brasage) afin d’éviter un grand décalage entre les températures programmées
et les températures effectives à l’intérieur du four, des paliers d’homogénéisation sont
introduits en dessous de la température de liquidus du métal d’apport pour permettre une
homogénéisation de la température dans l’ensemble du four.
Le brasage par induction est aussi une autre solution pratique, utilisée sous atmosphère à gaz
inerte ou sous vide. Il est très efficace pour assembler des pièces symétriques de petites
tailles mais il n’est pas efficace pour une production industrielle.
12
La mouillabilité peut être définit par l’exemple de dépôt d’une goutte de métal d’apport
fondu (voir Figure 1-3), qui aura tendance à se contracter en forme de boule et qui s’étale
avec une montée en température de surface, appelée température de mouillage.
Le phénomène de mouillage est régi par des forces d’adhérence du liquide sur le solide. En
brasage pour qu’il y ait un remplissage complet du joint, le métal d’apport doit mouiller le
métal de base sous l’action des forces capillaires. L’étalement du liquide entre les deux
surfaces du joint, est proportionnelle à la tension superficielle entre liquide et surfaces du
joint et inversement proportionnelle au jeu entre les deux surfaces. Cette loi montre que la
température ne doit pas dépasser excessivement la température limite de mouillage car la
tension superficielle diminue avec l’augmentation de la température.
D’autant plus, l’écartement entre les surfaces ne doit pas être trop petit pour obtenir un fort
étalement du métal d’apport dans le joint. Pour une meilleure capillarité et une résistance
mécanique élevée du joint, l’écartement doit être choisi dans un intervalle de 30 à 80 m
(0.0012 to 0.003 in.) (Schwartz, 2003). En cas du brasage des alliages de titane sous vide un
gap ≤50 μm est recommandé (Shapiro et Flom, 2007).
13
1.1.3.2 Diffusion
L’assemblage par brasage constitue une des méthodes de liaison par diffusion solide.
L’objectif de la liaison par diffusion solide est de joindre les surfaces de deux ou plusieurs
pièces ce qui en résulte la formation d’une bande d’interdiffusion comme présenté sur la
Figure 1-4.
Les deux mécanismes les plus communs avec lesquels la diffusion des atomes se produit sont
la diffusion interstitielle et substitutionnelle. La diffusion interstitielle se produit en présence
des atomes du métal d’apport de petites tailles comparées aux atomes du métal de base.
Quant à la diffusion par substitution, les atomes occupent les lacunes au voisinage
immédiat(Furrer et Semiatin, 2009). La diffusion solide est un phénomène irréversible qui
correspond à des sauts d’atomes dans les défauts du cristal, sous l’effet de l’agitation
thermique. Ce phénomène est régi par deux lois formulées par Adolph Fick en 19ème siècle.
La première loi de Fick indique que le flux d’atomes J est proportionnel au gradient de
concentration dans une direction (voir équation (1.1)). La constante de proportionnalité,
est le coefficient de diffusion et C est la concentration d’atomes.
14
∂C (1.1)
=−
∂x
La première loi de Fick est utile pour calculer le flux quand le gradient de concentration est
connu. Mais, pour plus de détail sur la variation de la concentration d’un élément spécifique
en fonction de sa position dans un matériau et en fonction du temps, C( , ) est obtenue par
l’équation de diffusion :
∂C ∂ ∂C (1.2)
= ( )
∂t ∂x ∂x
Pour simplifier la solution analytique de l’équation (1.2). La deuxième loi de Fick prend
comme hypothèse constante (Furrer et Semiatin, 2009) :
∂C ∂ C (1.3)
=D
∂t ∂x
W W
1 x+ x−
C(x, t) = C + (C −C )(erf 2 − erf 2 )
2 (1.4)
(4Dt) (4Dt)
1.1.3.3 Dissolution
La dissolution du métal de base dans le métal d’apport fondu à haute température de brasage
est inévitable. L’aspect bénéfique de la dissolution du métal de base c’est qu’elle permet
d’améliorer le processus d’alliage du joint brasé et ainsi améliorer ses propriétés mécaniques.
Par ailleurs, d’autres aspects désavantageux apparaissent, comme l’augmentation de la
viscosité du métal d’apport ce dernier devient moins fluide qui en résulte des défauts de
remplissage et des vides dans le joint brasés (Zhang et Shi, 2004). L’étude menée par
M.Arafin et al. (2007) a montré que la dissolution est considérablement sensible à la
température de brasage et au temps de maintien. La Figure 1-5 montre que la dissolution
évolue rapidement en augmentant le temps de brasage. Néanmoins, elle atteint une limite de
saturation très tôt, pour les différentes températures de brasage. On peut également constaté
que le seuil de saturation de l’épaisseur dissoute du métal de base augmente avec la
température de brasage.
1.1.3.4 Liquation
La liquation est définit, dans le cadre des applications de brasage, comme le résultat du
brasage avec un métal d’apport possédant un large intervalle de fusion porté à une lente
vitesse de chauffe. Lorsque la température se situe entre le solidus et le liquidus, la brasure
biphasé se sépare en une portion phase liquide qui s’écoule par capillarité dans le joint en
laissant une partie en phase solide vide des éléments abaissants sa température de fusion, par
conséquent, nécessite une température de fusion plus élevée que celle envisagée pour le
brasage, ce qui en résulte un joint fragile de mauvaise qualité (Roberts, 2013). Pour éviter la
liquation l’alliage de brasage choisi doit être de composition eutectique ou un alliage à
intervalle de solidus liquidus très étroit (Roberts, 2013) ou encore par une vitesse de
chauffage rapide lorsque la température atteint le solidus de la brasure (AWS, 2007).
Le titane et ses alliages exposées à l’air à haute température (>500°C) absorbent l’oxygène
qui conduit à la formation des alpha-cases (Winstone, 2001). La présence des alpha-cases
n’est pas tolérée dans les composants exposés à de hautes sollicitations en service. Sous
microscope les alpha-cases peuvent être distinguées par leur aspect blanc brillant. Les
facteurs qui contribuent à la formation des alpha-cases sont la présence d’oxygène, temps de
maintien à haute température et la pression. Ils existent plusieurs moyens pour enlever les
alpha-cases des surfaces, comme le décapage, l’usinage, le meulage ou autres moyens
mécaniques (Fabian, 1993). Les oxydes de titane et d’aluminium retrouvés dans les joints
brasés, sont parmi les plus difficiles à réduire par leurs niveaux d’énergie de formation très
bas.
Une présence de 20% du chrome dans des métaux d’apport commerciaux, améliore la
résistance des joints brasés à l’oxydation et la corrosion (Campbell, 2006). Mais,
malheureusement les températures de liquides de ces métaux d’apport dépassent la
température de −transus du TA6V, ce qui les rend moins intéressants pour cette
application.
17
Le brasage de deux matériaux de base qui possèdent des coefficients de dilatation thermique
très différents, provoque l’apparition des contraintes résiduelles dues à la contraction des
matériaux durant le refroidissement. Ces contraintes résiduelles causent des déformations
localisées et des fissures dans les joints. Un contrôle de la vitesse de refroidissement permet
d’éviter les contraintes résiduelles dans les joints brasés (Brazing, Soldering et Knovel,
2007).
1.2 Titane et ses alliages
Le titane est un métal de transition, découvert en 1790 par William Gregor. Il est le
quatrième métal le plus abondant sur la croute terrestre. Le titane et ses alliages possèdent
des compositions chimiques et des morphologies de microstructures dont découlent des
propriétés physiques, chimiques et mécaniques exceptionnelles : une résistance spécifique
élevée, une excellente résistance à l’érosion et à la corrosion, une biocompatibilité et des
performances mécaniques excellentes, parmi elles la ductilité, la résistance et la ténacité
(COMBRES, 2010). Ces propriétés en font des métaux de choix pour nombreuses
applications industrielles, aérospatiales et médicales. Ces premières applications ont été
orientées principalement dans l’industrie aérospatiale, mais les dernières années ont connu
une large utilisation du titane et de ses alliages en industrie automobile, sport et en industrie
médicale. Quelques exemples d’applications, on trouve que 30% de la cellule d’un avion de
chasse avancé F-22 est faite de Ti, ainsi qu’une large utilisation de l’alliage Ti10-2-3 dans la
fabrication des trains d’atterrissage du Boeing 777. La biocompatibilité des alliages de
titane, justifie leur utilisation dans des implants chirurgicaux, des prothèses de hanche et
genou, vis osseuses, composants pour la fabrication de valves cardiaques et d’autres
applications médicales (Froes, 2015).
Le titane possède deux formes allotropiques (voir Figure 1-6 a)). Au-dessous de 880°C, le
titane pur a une structure hexagonale compacte stable appelé phase et au-dessus de cette
température les atomes de titane sont arrangés en structure cubique centrée appelée phase ;
18
la phase est stable de 880°C jusqu’à sa température de fusion de 1660°C. Elle peut
également être présente à de basses températures en présence d’éléments -gènes comme le
présente le diagramme pseudo-binaire de la Figure 1-6 .b), l’ajout des éléments -gènes
élargit le domaine de stabilité de la phase . De même pour la phase en présence des
éléments -gènes stabilisateurs de cette phase à des températures dépassant la température de
transformation allotropique 880°C.
Un ajout d’une quantité suffisante des éléments -gènes transforme le titane pur de
structure , sous traitement thermique, en partie en phase et comme résultat final du
procédé une structure d’alliage − .
Les éléments d’alliages sont généralement alliés en proportions variables pour créer des
propriétés matériaux spécifiques à conditions de service déterminées. La Figure 1-9 présente
l’effet de la quantité des stabilisateurs de phases sur les propriétés (résistance au fluage, la
réponse au traitement thermique, la soudabilité, etc...) des alliages systèmes alpha et béta.
Phase :
Phase :
La phase stable ( ) : phase résiduelle qui résulte d’un refroidissement hors équilibre.
Phases martensitiques :
24
La phase prime ( ′) : la structure prime (voir Figure 1-11) est une structure hexagonale
compacte, mais ayant la même composition chimique que le d’origine; formée par un
mécanisme purement displacif (transformation martensitique), c’est une phase hors
d’équilibre obtenue par trempe rapide de la phase .
La phase seconde ( ′′) : phase orthorhombique, formée sous contrainte dans ou dans
une phase contenant 10% de vanadium (Ortolo, 2012a), peut être obtenue de deux
manières différentes : soit lors de la trempe depuis le domaine pour les alliages ayant une
teneur en éléments béta-gènes légèrement inférieure à celle nécessaire pour stabiliser la phase
, soit sous l’action d’une contrainte externe dans les alliages -métastable mécaniquement
instables. Il s’agit d’une transformation de type martensitique.
Phase intermétalliques :
Phase deux ( ) : composé intermétallique de type Ti Al. Les alliages contenant cette
phase sont connus par une résistance à la propagation de fissures (Semiatin, 2005).
Les intermétalliques Ti Al, TiAl sont stables à haute température, mais fragile à température
ambiante.
Phase fragilisantes :
Phase ( ) : est une phase métastable, qui se forme dans les alliages de titane et de zirconium
avec des éléments de transition. Elle peut se former durant une trempe ou durant un
vieillissement pour des températures entre 100°C et 500°C d’un matériau trempé contenant la
phase métastable. Des observations expérimentales ont montrées que l’aluminium retarde
la précipitation de cette phase fragilisante (Hickman, 1969).
Le métal de base utilisé dans cette application est le TA6V (ou Ti-6Al-4V). Il s’agit d’un
alliage de type − contenant 6% en poids d’Aluminium stabilisant la phase α et 4% en
Vanadium stabilisant β. Le Tableau 1-1 donne la composition chimique du TA6V.
%wt max bal 6,7 4,5 0,25 0,20 0,05 0,08 150ppm
Les phases présentes dans le TA6V, sont généralement : , , et avec une présence
minoritaire de la phase au sein de la microstructure (≈10%).
- Structure bimodale ou duplexe (voir la Figure 1-12 b)), obtenue par revenu après
trempe depuis le domaine α + β. Elle est formée de grains de phase α dans une matrice
de phase β.
- Structure équiaxe (voir Figure 1-12 c)), par traitement thermomécanique (déformation
à chaud ou simple traitement thermique sur structures très déformées), on peut «briser»
les lamelles et les faire recristalliser en nodules sphériques (Roberts, 2013).
27
Le Tableau 1-2 permet de faire une comparaison entre les propriétés mécaniques du titane
pur et de l’alliage de titane TA6V choisi comme métal de base pour les joints brasés.
Le brasage du titane et ses alliages peut être effectué, dans une fournaise ou par induction,
sous vide ou sous atmosphère à gaz inerte. Il existe une variété d’alliage utilisée comme
métal d’apport pour braser les alliages de titane : des alliages d’aluminium, des alliages à
base d’argent, des alliages de Ti-Cu ou Ti-Cu-Ni/Zr, des alliages Cu-Ni ou Cu-Ni-Ti ou
encore les alliages du Ti-Zr. L’inconvénient des alliages à base d’argent et d’aluminium,
c’est qu’ils forment des intermétalliques fragiles et leur température d’utilisation ne dépasse
pas 316°C (Campbell, 2012a).
Les fours comme moyen de brasage présentent une solution pour calibrer les rampes de
température avec des vitesses déterminées, ainsi que les paliers isothermes, ce qui permet de
diminuer les problèmes tels que la liquation, la ségrégation des éléments d’alliages qui
entrainent la formation des précipités intermétalliques ou encore les distorsions dues aux
gradients de température élevés. La Figure 1-13 présente un cycle thermique de brasage
adapté de (Yeh et Chuang, 1997). Une rampe de température poursuivit d’un palier juste
avant la température du solidus du métal d’apport pour homogénéiser la température dans
l’ensemble du joint et une dernière rampe de température à faible vitesse pour éviter un
dépassement de la température de brasage souhaitée pour finir avec un refroidissement après
un maintien à la température de brasage. Le refroidissement peut se faire en introduisant un
gaz inerte ou par maintien au four jusqu’à la température ambiante (AWS, 2007). Le
refroidissement rapide depuis la température de brasage, permet la formation de fines
lamelles de la phase α lamellaires (Ganjeh et al., 2012).
29
Figure 1-14 Microstructures des joints de TA6V brasés à 950°C avec le Ti-Zr-Ni-Cu
pendant (a) 10, (b) 20, (c) 30 minutes
(Ganjeh et al., 2012).
30
L’échantillon maintenu pendant 10 minutes contient trois couches (voir Figure 1-14.a)). La
couche A correspond à une phase lamellaire (lamelles blanches) et une phase
intergranulaire (noire); lors du refroidissement, les grains coalescent depuis les joints de
grains . La couche B est une zone d’interdiffusion ; pendant le brasage la diffusion des
atomes de Zr, Cu et Ni du métal d’apport dans le métal de base pour transformer ce dernier
en phase . La couche C correspond à une structure presque identique à la composition
originale du métal d’apport.
Le maintien prolongé jusqu’à 30 minutes, permet de supprimer les couches centrales du joint
et faire apparaitre une structure de Widmanstätten + , avec des lamelles qui raccordent
les deux surfaces du joint (voir Figure 1.15.c).
Dans le cas d’une différence entre la température enregistrée sur le thermocouple mis sur
l’échantillon et celle commandée, l’isotherme de brasage peut être calibré en la transformant
en une pente afin de maitriser le dépassement de la température de brasage recommandée.
- Minimiser les effets thermiques sur le métal de base (perte de planéité après
refroidissement, grossissement de grains, etc…).
- Minimiser les interactions entre le métal d’apport et de base.
- Utiliser les brides de maintien, un gabarit qui pourra résister pour plusieurs essais.
- Économiser l’énergie électrique.
31
In-Ting Hong et al. (2006) ont étudié l’effet des paramètres de brasage (temps de maintien et
température) sur l’évolution de la microstructure d’un joint de Ti-6Al-4V et C103 avec le
métal d’apport Ti-20Cu-20Ni-20Zr. Pour une température de brasage de 950°C et une durée
de maintien de 15 min des composés intermétalliques (Ti, Zr) Cu , (Ti, Zr) Ni et (Ti, Zr) Cu
ont été observé sur une couche au centre du joint, un brasage prolongé jusqu’à 20 min a
permis la suppression de cette couche contenant des composés fragiles et seule une zone
eutectoide a été observée. Une augmentation de la température de brasage à 1000°C pour une
durée de maintien de 10 min, a permis également de donner un joint avec une zone
eutectoide libre de la couche centrale de composition identique au métal d’apport, mais
l’observation microstructurale a révélée qu’un long maintien à 1000°C provoque le
grossissement de grains du métal de base et la structure de Widmanstâtten devient longue et
moins fine, ce qui diminue la résistance mécanique des joints brasés (Hong et Koo, 2006). La
Figure 1-15 montre la variation de la résistance du joint au cisaillement en fonction du temps
de maintien pour des températures de brasage de 950°C et 1000°C. Un brasage prolongé en
dessus de la température de β −transus du TA6V, qui est 980°C, produit des joints brasés
avec des structures de Widmanstâtten grossières et plus longues. Ceci explique les résultats
présentés sur la Figure 1-15, en prolongeant le temps de brasage à 1000°C, les joints brasés
deviennent de moins en moins résistants au cisaillement, contrairement au brasage à 950°C le
maintien prolongé améliore la résistance du joint (Hong et Koo, 2006).
32
Le choix d’un métal d’apport, se fait par rapport à sa compatibilité métallurgique avec le
métal de base. Pour une bonne application de brasage, le métal d’apport doit posséder les
caractéristiques suivantes :
Dans le cadre de notre application le métal d’apport, soit le Ti-20Zr-20Cu-20Ni, est choisi
pour sa compatibilité métallurgique avec les alliages à base de titane, permet d’obtenir des
joints brasés de haute résistance, soit 50% à 70% comparée à la résistance du métal de base à
température ambiante et de 40% à 50% la résistance du métal de base à 500°C (Shapiro et
Rabinkin, 2003). Ses températures de solidus et de liquidus sont respectivement 848°C et
856°C, dû à la présence de l’élément Zr. Son utilisation est justifiée également par sa
température de liquidus en dessous de la température de β −transus du Ti-6Al-4V, ce qui
permet d’éviter des changements microstructuraux non désirées, principalement un
grossissement des grains (Hong et Koo, 2006).
1.3.5 Effets des paramètres du brasage sur la microstructure des joints brasés
Une identification de la microstructure des joints brasés est nécessaire, étant donné son effet
sur le comportement en service des pièces mécaniques, plusieurs moyens sont disponibles
pour effectuer cette tâche.
34
Dans la description, on s’intéresse aux zones (A), (B), (C) qui entrent dans le cadre de notre
application de brasage.
Une structure Widmanstätten aciculaire dans la zone (A), est le résultat de la diffusion des
éléments Cu et Ni du métal d’apport dans la microstructure du métal de base, soit l’équiaxe
35
dans une matrice . Portée à la température de brasage avec la présence de Cu et Ni qui sont
des -Ti stabilisateurs, cette microstructure se transforme entièrement en . Lors du
refroidissement, une phase aciculaire coalescent depuis les joints de grains et se
développent suivant une direction [1 1 0] , laissant une quantité de phase non-transformée
(Hong et Koo, 2006).
Une microstructure eutectoide est observée dans la zone (B), composée de Ti avec des traces
de Ni, Cu et Zr du coté Ti-6Al-4V du joint brasé. Les résultats de mesures EDX indiquent
que cette région est composée de α-Ti, Ti Ni et Ti Cu. Par ailleurs, la solubilité de Zr dans
Ti Ni et Ti Cu (Botstein et Rabinkin, 1994) permet de conclure avec certitude l’existence de
composés intermétalliques (Ti, Zr) Ni et (Ti, Zr) Cu. En effet, ces phases sont le résultat
d’une dissolution des éléments du métal de base qui entrent en réaction avec les éléments Cu,
Ni et Zr du métal d’apport. Une image prise au MEB (voir Figure 1.17) montre des lamelles
eutectoidales très fines dans cette zone, les lamelles sombres et d’autres claires qui
correspondent respectivement à α-Ti et (Ti, Zr) Ni ou (Ti, Zr) Cu.
36
Pour améliorer la résistance mécanique des joints en TA6V brasés, Ghanjeh et.al (2012) ont
étudié l’évolution de la microstructure des joints brasés en variant le temps de brasage.
Les mêmes microstructures ont été observées par Ortollo (2012) lors de son analyse d’un
joint en Ti-6Al-4V brasé avec un feuillard de Ti-20Zr-20Cu-20Ni à 900°C. Les images prises
au MEB en électrons rétrodiffusés, ont permis de détecter des intermétalliques (Ti, Zr)Cu ,
(Ti, Zr) Ni, (Ti, Zr) (Ortolo, 2012b).
Le comportement mécanique des joints brasés est intimement lié à la microstructure au cœur
et aux filets de l’interface de brasage.
différentes compositions chimiques indiqué dans le tableau de la figure. Les joints brasés à
950°C avec les métaux d’apport 1510 et 1515 présentent des propriétés en tension
comparables à celle du métal de base, soit une résistance maximale à la traction de 1060
MPa. Par ailleurs, la rupture s’introduit dans le métal de base des joints brasés à la
température de brasage de 1000°C qui dépasse −transus. Les résultats des essais
démontrent que les propriétés en tension sont considérablement affectées par le temps et la
température de brasage.
Des essais de fatigue ont été menés par Onzawa et al. (1990), sur des échantillons bout à bout
sous mode tension-tension à rapport de charge 0.1 et un cycle de contrainte de 50 Hz. Les
38
Les résultats sont présentés sur la courbe S-N de la Figure 1-19. La rupture s’introduit à
l’interface du brasage pour tous les cas des joints brasés en dessus de la température de
−transus avec une vie en fatigue qui dépasse 10 à un niveau de charge maximal de 590
MPa, contrairement au cas de brasage en dessus de 1000°C la rupture se fait dans le métal de
base avec une vie en fatigue de 1.8x10 cycles à un niveau de chargement maximal de 490
MPa. Par ailleurs, les joints brasés présentent une courte vie en fatigue en comparaison avec
le métal de base.
L’observation des joints brasés a révélée quelques problèmes liés à la fabrication. Parmi les
problèmes retrouvés, la discontinuité de la microstructure lamellaire liée à la géométrie des
joints (Chabrol, 2014). D’autres problèmes sont localisés principalement au niveau des
rayons de raccordements comme les fissures et les porosités. Dans cette section les différents
problèmes seront brièvement discutés.
39
Parmi les problèmes rencontrés en fabrication des joints et plus particulièrement les joints en
T, le défaut de perpendicularité qui empêche la formation de la microstructure lamellaire sur
l’intégralité de la jonction entre les deux plaques brasés comme le montre la Figure 1-20
(Chabrol, 2014).
Les solutions proposées dans la littérature pour un maintien en parfaite perpendicularité, sont
les taquages et les gabarits de maintien.
Le gabarit de maintien doit être fabriqué d’un matériau non-réactif avec le titane, l’acier
carbone et le graphite revêtu d’alumine Al O (le revêtement est utilisé pour éviter une
carburation des pièces) présentent une bonne solution, contrairement au nickel, en contact
avec le titane forme des eutectiques à basse température de fusion, qui provoquera une fusion
du gabarit avec les pièces à braser (Campbell, 2012b). Il doit permettre une dilatation et une
contraction afin de ne pas provoquer des distorsions de l’assemblage. Des ressorts peuvent
être ajoutés pour maintenir les composants; les matériaux de ressorts les plus recommandées
sont l’acier et l’inconel et la zone de contact doit être réduite à une ligne de contact pour
40
minimiser le transfert de chaleur entre les composants et le gabarit. Par ailleurs, d’autres
matériaux qui forment des eutectiques peuvent être utilisés à condition qu’ils soient séparés
du titane par un placage par pulvérisation ou à la brosse. Les types de placages utilisés sont
l’oxyde d’aluminium stable ou l’oxyde de zirconium (Fabian, 1993).
La fabrication d’un gabarit de maintien est prévue dans le cadre de ce projet, comme solution
au problème de discontinuité de la microstructure lamellaire le long du joint brasé en T.
Les rayons de raccordements ou filets sont des zones qui contiennent du métal d’apport en
excès dans toutes les configurations des joints brasés. Ils présentent à la fois des sites de
concentration de contrainte et des endroits de concentration des alpha-cases. Un gradient de
température élevé provoque des distorsions dans ces zones, ce qui nécessite un contrôle des
vitesses de refroidissement. La Figure 1-21 montre les différents défauts rencontrés dans les
filets.
Les rayons de raccordements varient d’un joint brasé à un autre et sont contrôlés par la
quantité de pâtes déposées. L’idéale est de produire des joints avec des filets vides des phases
intermétalliques, de fissures et qui permettent de disperser les contraintes loin de l’interface
41
Plusieurs formes de pores peuvent être rencontrées dans les joints brasés. Les porosités ne
dérivent pas uniquement des bulles d’air de l’humidité ou de gaz existant dans le four, ils
peuvent être un résultat de contraction de la matière (Humpston et Jacobson, 2004). Dans la
plupart des matériaux la transformation de l’état liquide à l’état solide est accompagnée
d’une réduction de volume. Les porosités dues à la contraction, ont tendance à se former
dépendamment de la fraction de volume solide/liquide et de l’intervalle de solidification de
l’alliage (Kaufman et Rooy, 2004). Les cavités formées par contraction lors de la
solidification ne sont pas toujours une source d’une faible résistance mécanique car elles sont
fines et distribuées. Elles peuvent être différenciées des autres types de porosités par leur
localisation sur les frontières entre les phases présentes de la brasure et par leurs formes
irrégulières (Humpston et Jacobson, 2004).
La fatigue des joints brasés est au centre des préoccupations du présent projet. Il convient
ainsi de définir ce mode d’endommagement.
1.4.1 Généralités
Le terme fatigue est apparu dans le vocabulaire technique avec la révolution industrielle du
XIXème siècle. Lorsque les pièces mécaniques en fonction, étaient soumises à des
sollicitations répétées, se virent rompus en service. Le terme fatigue constitua un peu plus
tard la terminologie universelle pour désigner le processus d’endommagement et de rupture
des matériaux sous charges cycliques (G.henaff, 2005).
La fatigue est définie comme une modification des propriétés des matériaux consécutives à
l’application des chargements mécaniques répétés à valeurs de contraintes inférieures à celle
42
nécessaire à sa rupture statique, une répétition qui provoque l’amorçage de fissures voire une
rupture au bout d’un nombre de fluctuations (ASTM, 2013).
L’endommagement par fatigue causé par un chargement cyclique peut est caractérisé par une
contrainte alternée, une contrainte moyenne, un rapport de charges et la forme du chargement
cyclique (sinusoïdale, carré, etc…), comme le montre la Figure 1-22.
Pour prédire la rupture de pièces en service, des essais sont menés en laboratoire sur
différents types d’éprouvettes soumises à des cycles de contrainte ou de déformation jusqu’à
la rupture. Des éprouvettes entaillées peuvent éventuellement être utilisées pour évaluer la
43
- Une zone de fatigue oligocyclique (zone 1), sous forte contrainte, la rupture survient à
faible nombres de cycles.
- Une zone d’endurance limitée (zone 2), où le nombre de cycles à rupture croit
lorsqu’on abaisse l’amplitude de contrainte.
- Zone d’endurance illimitée (zone 3), où la rupture ne se produit pas à plus de 10
cycles.
En fatigue les chargements qui causent d’éventuels dommages sont de type cyclique et
peuvent être d’amplitude constante ou variable, peuvent être proportionnelle ou non.
44
Un chargement à amplitude variable peut être périodique, comme c’est le cas du cycle
décollage/vol/atterrissage sur un train d’atterrissage d’avion. La séquence de cycles
d’amplitude variable se répète en fonction du temps tel qu’illustré sur la Figure 1-24 a). Les
séquences de chargement peuvent être également aléatoires pour les éléments tels que les
ressorts, les triangles de suspension et le châssis d’un véhicule évoluant sur le relief du sol.
La Figure 1-24 b) représente une séquence de chargements aléatoire typique.
Un chargement dont les directions des axes des contraintes principales ne varient pas, est
appelé chargement proportionnel. À l’inverse d’un chargement non proportionnel sur la
Figure 1-25.
45
Il convient de préciser que les critères de fatigue multiaxiale ne permettent pas de prédire
l’amorçage de fissures dans le cas d’un chargement non proportionnel à amplitude variable.
L’endommagement subi par une structure peut être analysé sous plusieurs angles. Pour un
ingénieur en analyse non-destructive, une fissure est amorcée lorsqu’elle est détectable par
une technique d’inspection (Doquet, 2009). Un métallurgiste considère que l’amorçage de
fissures est relié à la taille de la microstructure; la taille d’un ou plusieurs grains (Hertzberg,
1996). Un ingénieur en structure quant à lui considère qu’une fissure est amorcée lorsqu’elle
atteint une longueur prédéfinit ce qui justifie un calcul de propagation de fissures basé sur la
mécanique élastique linéaire de la rupture.
Les modèles retrouvés dans la littérature pour évaluer la fatigue des joints brasés se basent
sur l’approche de propagation de fissures, qui consiste à quantifier l’avancée d’une fissure
préexistante dans la structure.
46
Plusieurs études expérimentales ont été menées pour étudier l’influence des conditions de
brasage, la microstructure des joints et les facteurs environnementaux sur le comportement
en fatigue des joints brasés lors de l’initiation et de propagation de fissures. Par ailleurs, peu
de chercheurs qui ont caractérisés le comportement en fatigue des joints brasés en utilisant
des équations empiriques (Ghovanlou, Jahed et Khajepour, 2014). Brossa et al (Brossa et al.,
1994) ont étudiés expérimentalement le comportement en fatigue d’un joint de métal de base
AISI 316L brasé avec deux types de métaux d’apport (BNi-6 et BNi-7). Ils ont testés quatre
échantillons pour chaque métal d’apport, afin d’obtenir les coefficients de la loi de Paris, qui
permettent de caractériser la propagation de fissures dans le joint brasé.
.
. (1.5)
=
.
. (1.6)
=
47
L’étude nécessite des essais expérimentaux de propagation de fissures pour déterminer les
facteurs d’intensité de contraintes seuils à différents rapport de charge R, les résultats
obtenues pour les différents seuils à partir de la loi de Paris, permettent de faire des
approximations numériques pour avoir la forme du , ainsi que .
Les contraintes résiduelles ont été mesurées pour les prendre en considération dans
l’estimation dans la limite d’endurance. L’étude de ces contraintes résiduelles, montrent
clairement qu’ils ne contribuent que peu dans la variation de l’amplitude d’intensité de
contraintes seuil ∆ , avec moins de 10 %, dont ils ne parviennent pas à les qualifiés
bénéfiques ou non pour la limite d’endurance. Le critère d’endurance est donné par
l’inégalité :
∆ − (1.7)
0.422 ∗ √
Cette approche qui se base essentiellement sur la loi de Paris, ne permet pas de faire un
dimensionnement en cas de chargement variable, et elle est limitée à l’échelle de petites
déformations (Kobayashi et al., 1991). D’autant plus, les recherches expérimentales
indiquent que la vitesse de propagation de fissures dépend de la géométrie de l’éprouvette et
du chargement appliqué (Ghovanlou, Jahed et Khajepour, 2014).
Morvarid et al. (2014) ont essayé de modéliser la propagation de fissures d’un joint en acier
carbone brasé avec du cuivre, en utilisant un modèle de zone cohésive (CZM). Ce type de
modélisation consiste à représenter l’évolution des surfaces d’endommagement ou de rupture
d’un solide en 2D ou 3D, sans fissures ou partiellement fissuré, soumis à plusieurs types de
chargements (mode mixte, chargements cycliques, thermiques…) en régime quasi-statique
ou dynamique pour un matériau présentant ou non des non linéarités dans son comportement.
L’étude repose sur le principe de la minimisation de l’énergie, elle permet de représenter
l’amorçage et la propagation de fissures sans hypothèses sur leurs évolutions spatio-
temporelles et quel que soit le chargement appliqué. Cette théorie postule que la
configuration d’équilibre d’une structure est celle qui minimise, à chaque incrément de
chargement, son énergie totale, somme de l’énergie potentielle et de l’énergie de surface.
L’énergie de surface correspond à l’énergie dissipée pour créer une ou plusieurs fissures.
Cette approche nécessite une localisation géométrique des fissures potentielles. Malgré
qu’elle fournit un cadre sûr et robuste pour prédire la cinétique de propagation cette voie de
modélisation reste limitée à une évolution suivant un chemin de fissure prédéfinit
(LAVERNE, 2011). Les autres difficultés qui se présentent lors de la mise en œuvre de cette
méthode de modélisation sont :
Avant de voir les différentes études entreprises pour quantifier l’amorçage de fissures, il
convient de définir le domaine d’amorçage.
Les rayons de raccordements ou filets constituent le maillon faible dans un joint brasé car ils
présentent des sites de concentrations de contraintes.
SAVAIDIS et.al (2003), ont étudiés la fatigue dans les rayons de raccordements des joints
soudés d’un composant automobile sous chargement aléatoire de flexion et de torsion non-
proportionnel. Les contraintes dans la structure ont été calculés par la méthode des éléments
finis selon l’approche de la contrainte hot-spot combiné dans un premier temps avec un
critère plan critique mode I (de contrainte normale), et dans un deuxième temps combiné
avec des critères mode II et III (de contrainte cisaillement) nommé aussi critère de rupture en
fatigue multiaxiale. Un banc d’essais a été mis en place pour valider la méthode de prédiction
utilisée, les résultats expérimentaux ont montrés que l’approche de la contrainte hot-spot
combiné à un critère plan critique mode I est légèrement conservative pour de bas niveau de
chargements, et une bonne concordance pour des hauts niveaux de chargements,
contrairement au cas d’un critère plan critique mode II et III qui prédisent une vie en fatigue
plus élevés que celles obtenues expérimentalement (Savaidis et al., 2003).
Dang Van et.al (2003) ont adoptés une approche basée sur l’utilisation d’une contrainte
équivalente locale qui dérive d’une contrainte de cisaillement et sa contrainte hydrostatique
associée comme défini dans le critère de Dang Van. L’approche est combinée à un maillage
de type coque spécifique au cas de tôles minces rencontres en industrie automobile. La
méthode proposée permet une meilleure prédiction de la vie en fatigue des structures minces
soudes à géométries complexes. Cette méthode a pu prédire avec succès les résultats
expérimentaux d’une structure soudée soumise à différents chargements multiaxiaux en
phases et déphasés. La méthode a été utilisée également pour évaluer la qualité de la soudure
et l’influence des contraintes résiduelles sur la tenue en fatigue d’un grand nombre
d’échantillons et structures soudés par l’institut de soudure en France.
50
Esmaili et.al (2014) ont évalué la tenue en fatigue des assemblages boulonnés à l’aide des
critères de fatigue multiaxiale, la comparaison des résultats de six critères avec des essais
expérimentales de serrage ont montrés que le critère de Crossland donne la meilleur
prédiction d’amorçage de fissures (Esmaeili, Chakherlou et Zehsaz, 2014).Cette voie de
modélisation parait encourageante pour développer une méthodologie d’évaluation de la
tenue en fatigue des joints brasés, car ils ont une courte vie en fatigue après un amorçage de
fissures (Schindler et Leinenbach, 2010).Cette approche de dimensionnement est largement
utilisée dans le dimensionnement des joints soudés. Elle consiste à décrire la réponse du
matériau initialement sans défauts apparents, soumis à des chargements à long terme dans le
but de réaliser une représentation des résultats en fatigue de type courbe S-N.
Les modèles des joints traités dans la littérature par l’approche d’amorçage de fissures de
fatigue uniaxiale, sont pour la plupart des joints soudés des structures métalliques offshores,
notamment des joints tubulaires soudés en T ou en K. Une analogie peut être établie pour
estimer la durée de vie des joints brasés. Il existe une variété de méthodes proposées dans la
littérature pour estimer la durée de vie en fatigue uniaxiale des joints soudés (D.Radaj, 1990).
L’approche uniaxiale la plus commune dans le dimensionnement des structures métalliques
insérées dans les codes standards (Standardization, 1992), consiste à comparer les amplitudes
des contraintes nominales appliqués au joint avec les valeurs des contraintes nominales
obtenues de la courbe S-N.
Quant aux approches locales basées sur les paramètres locaux sont plus utilisées par la
communauté de recherche : comme l’approche de contrainte géométrique, l’approche de
contrainte locale et l’approche de la mécanique de la rupture. La Figure 1-27 illustre les
types de contrainte utilisée dans les trois premières méthodes, soit l’approche de contrainte
nominale, l’approche de la contrainte géométrique et l’approche de contrainte locale.
51
L’estimation de la fatigue des joints soudés par les approches locales, devient plus
compliquée lorsqu’on a un état de contrainte multiaxial au voisinage du joint.
- La première approche nommée empirique, rassemble les critères basés sur des
résultats expérimentaux obtenus par un type de sollicitations multiaxiales et un
matériau donné.
- La deuxième approche, dite approche globale, regroupe des critères dont la
formulation nécessite le calcul des invariants du tenseur des contraintes et de son
déviateur.
- La troisième approche, appelée communément approche du plan critique, consiste à
chercher un plan physique critique. L’endommagement de la matière est localisé sur
ce plan qui dépend du cycle multiaxial considéré.
Il convient d’éclaircir sur la Figure 1-29 les contraintes intervenant dans la formulation des
critères de fatigue de type plan critique, ils sont principalement les composantes normales et
53
tangentielles des contraintes agissant sur un plan physique (π) de normale h au cours du
cycle multiaxial considéré.
( ) = [ ( )]ℎ (1.8)
( ) = ℎ[ ( )]ℎ (1.9)
(1.10)
( )= ( )+ ( )
( ) = [ ( )]ℎ (1.11)
( ) = [ ( )]ℎ (1.12)
Où (u, v, h) est le repère lié au plan physique, et le repère lié à la matière et dans lequel sont
exprimés les contraintes est (1, 2, 3) sont présentés dans la Figure 1-29.
Les quantités qui découlent de l’évolution de la contrainte normale σ (t), utilisées pour la
formulation des critères sont :
+ (1.13)
=
2
−
= (1.14)
2
( )= ( )− (1.15)
Les quantités issues de la contrainte tangentielles, sont difficiles à déterminer, du fait que
cette contrainte change en norme et en direction au cours d’un même cycle. La manière la
plus précise pour déterminer l’amplitude et la moyenne de la contrainte tangentielle, est de
construire le plus petit cercle circonscrit au trajet de chargement (voir Figure 1-30).
55
Dans cette revue de la littérature l’explication sera limitée aux critères les plus utilisées en
dimensionnement et ceux implémentés dans des codes de calcul par éléments finis de
développement ou commercial.
a) Critère de Findley
+ . (1.16)
=
=2 −1 (1.17)
(1.18)
=
Le domaine de validité de ce critère est donné par 0. Le critère prévoit une influence de
la torsion moyenne sur l’amplitude limite de la torsion, ce qui est en général en désaccord
avec la tendance générale des résultats expérimentaux (G.henaff, 2005).
b) Critère de Matake
+ . (1.19)
=
Le critère de Dang Van est le premier à être utilisé dans des applications industrielles. Il
utilise une combinaison linéaire de la partie alternée de la contrainte tangentielle ( ) et la
pression hydrostatique ( ) donnée par :
( )+ ( )+ ( ) (1.20)
( )=
3
Ce critère se différencie des autres critères de fatigue par sa formulation qui constitue un
contrôle instantané et local de l’état des contraintes microscopiques, de la forme :
( )+ . ( ) (1.21)
=
= ( ) (1.22)
Le principal défaut de cette version, qu’elle est très coûteuses en temps de calcul pour la
construction du plus petit cercle circonscrit au trajet de charge et pour la double
maximisation sur ℎ et .
d) Critère de Crossland
J + A. σ , (1.23)
=
B
J ,
L’amplitude du second invariant du tenseur déviateur (amplitude de cission).
Les constantes et B sont identifiés à l’aide de deux limites d’endurance en torsion alternée
et flexion alternée :
σfD−1
σto
D−1 −
√3 (1.24)
A=
σfD−1
3
(1.25)
B=
Afin d’illustrer les grandeurs pour formuler le critère de Crossland, considérons le cas d’un
chargement de traction-torsion déphasé synchrone. Le tenseur d’état de contrainte est :
58
2 2
, + , , ( − )+ , 0
[ ( )] = (1.26)
2
, ( − )+ , 0 0
0 0 0
, + ,
, = (1.27)
3
1 2
, 2
2
, 2 4 2 2
(1.28)
J , = ( + , )+ ( + , ) − , , sin
√2 3 3 3
Possibilité de f f
calibrage
1 X X
2 X X
3 X X
4 X X
Les recherches montrent que la prédiction d’amorçage de fissures par des critères de fatigue
dépend du matériau et des états de contraintes. Pour les matériaux fragiles tels que les fontes,
le critère de contrainte normale donne d'excellents résultats.
59
Pour l’acier carbone et les aciers faiblement alliés, ainsi que l'alliage d'aluminium les critères
basés sur la contrainte de cisaillement comme celui de Findley sont plus précis en prédiction.
La zone de sécurité délimitée par chacun des critères de fatigue est validée par une
confrontation avec une banque d’essais expérimentaux multiaxiaux pour différents types de
sollicitations. Les résultats de validation sont présentés sur les Tableau 1-4 et Tableau 1-5.
Les constantes des critères sont calées par des sollicitations simples comme la flexion
alternée symétrique ou encore la traction alternée.
Après calage des critères, des essais multiaxiaux sont réalisés.
- [-40%, -2%] : non conservatif.
- [-2%, +2%] : justesse.
- [+2%, +40%] : conservatif.
Tableau 1-4 Résultats obtenues pour validation des critères type plan critique
(Duval, 2005).
La banque de données comporte 233 essais multiaxiaux de fatigue, réalisés entre 1945 et
1992. Les matériaux sont des aciers, allies ou non, ayant dans certains cas subis des
traitements thermiques (Duval, 2005).
Tableau 1-5 Résultats obtenues pour validation des critères type approche globale
(Duval, 2005).
Altenbach & Z.1 233 224 (96,1%) 19 (8,2%) 194 (83,3 %) 11 (4,7 %)
Altenbach & Z.2 233 126 (54,1%) 12 (5,2%) 99 (42,5 %) 15 (6,4 %)
Crossland 233 230 (98,7%) 28 (12%) 180 (77,3 %) 22 (9,4 %)
Deitman & Issler 1 233 197 (84,5%) 11 (4,7%) 70 (30 %) 116 (49,8 %)
Fogue 233 232 (95,5%) 52 (22,3%) 90 (38,6 %) 81 (34, 8 %)
Froustey & L. 233 224 (96,1%) 46 (19,7%) 73 (31,3 %) 105 (45,1 %)
Kakuno & Kawada 233 232 (99,6%) 44 (18,9%) 114 (48,9 %) 74 (31,8 %)
Kinasoshvili 233 168 (72,1%) 12 (5,2%) 141 (60,5 %) 15 (6,4 %)
Marin 233 229 (90,6%) 42 (18 %) 117 (50,2 %) 70 (30 %)
Papadoupolos 1 233 230 (98,7%) 28 (12 %) 180 (77,3 %) 22 (9,4 %)
Papadoupolos 2 233 232 (99,6%) 45 (19,3 %) 130 (55,8 %) 57 (24,5 %)
Sines 233 231 (99,1%) 47 (20,2 %) 99(4,7 %) 85 (36,5 %)
L’objectif principal de ce projet est d’évaluer la tenue en fatigue des joints brasés en alliage
de titane Ti-6Al-4V sous chargement multiaxial.
Le premier objectif spécifique consiste à fabriquer des échantillons brasés en faisant varier
les paramètres. Les échantillons brasés doivent contenir un minimum de défauts de
fabrication:
- Moins d’érosion du métal de base.
- Moins d’alpha-cases et de porosités dans les filets des joints.
- Une interface de brasage la plus réduite possible, dans l’idéal IB ≤ 50μm.
- Une continuité de microstructure lamellaire le long de l’interface de brasage.
- Une microstructure alpha-lamellaire fine au cœur du joint, nécessaire pour des joints
structuraux.
Le deuxième objectif spécifique consiste à obtenir les limites d’endurance des joints brasés à
partir des essais de fatigue de flexion et de traction.
Le troisième objectif spécifique est d’utiliser les données expérimentales de fatigue (flexion
et traction) pour prédire l’amorçage des fissures de fatigue dans les joints brasés soumis à des
64
chargements complexes, par les critères de fatigue multiaxiale. Ces critères permettent de
donner les contraintes équivalentes seuils d’amorçage de fissures ou de rupture, de
déterminer le plan critique et de déterminer le cisaillement maximal dans les joints brasés.
MÉTHODOLOGIE
La méthodologie adoptée en vue de réaliser les objectifs de l’étude consiste. Tout d’abord, à
trouver les paramètres optimaux de brasage pour fabriquer des joints brasés structurales, en
variant les paramètres des campagnes de brasage. Parallèlement, une analyse par éléments
finis a été utilisée pour concevoir les configurations des joints brasés en fatigue. Par la suite,
des essais expérimentaux de fatigue ont été effectués pour s’en servir comme données
d’entrées pour formuler un critère d’endurance en fatigue multiaxiale propre aux joints brasés
en alliage de titane Ti-6Al-4V.
Cette première partie de notre étude fait suite au travail de Rémi Chabrol (Chabrol, 2014) qui
consiste à trouver les paramètres optimaux de brasage. A travers les différentes campagnes
de brasage réalisées par Rémi Chabrol, il a pu déterminer une microstructure lamellaire a une
température de brasage de 900 C, comparable à celle retrouvée dans la littérature. Ainsi, pour
fabriquer les joints brasés en alliage de titane, les paramètres de brasage ont été variés :
Des essais métallographiques ont permis de déterminer l’état de phase dans l’interface de
brasage, identifier les problèmes de fabrication et identifier les échantillons brasés avec un
minimum de défauts qui seront testés en fatigue.
Le brasage a été effectué dans une fournaise à température contrôlée par thermocouple mis
au cœur de l’échantillon à braser. Cette méthode permet d’atteindre les vraies températures
de brasage au cœur des échantillons. Cette fournaise est permet d’atteindre un vide poussé
d’environ 3 x 10-5 mbar (voir ANNEXE II) et de brasé huit (8) échantillons en une fournée.
Pour effectuer les essais métallographiques, les échantillons sont découpés par tronçonneuse
pour prélever un échantillon d’analyse, qui sera enrobé par une résine d’époxy à l’aide d’une
presse « STRUERS CitroPress-20 ». Ensuite les échantillons enrobés sont meulés par des
disques de papier abrasifs de carbure de silicium de 240, 320, 400, 600, 800 et 1200 et polies
par un liquide abrasif à base de poudre de diamant de 1 micromètre. L’étape de meulage
polissage se fait à l’aide d’une polisseuse automatique. La surface polie est ensuite attaqué
chimiquement « Kroll » (1.5 mL HF, 4 mL HNO , 190 mL H O) afin de révéler la
microstructure.
Les premières sessions de brasage ont permis d’identifier une série de problèmes qui ont été
étudiés et puis corrigés. Premièrement, l’érosion du métal de base au niveau des filets a été
diminuée par l’utilisation d’une seringue graduée afin de mettre le volume de la pâte
suffisant, par une variation des temps de maintien pour voir la sensibilité de l’érosion au
temps de maintien au niveau du palier d’homogénéisation (voir Figure 1-13) et par une étude
de sensibilité de l’érosion à la température d’homogénéisation (palier d’homogénéisation
67
(voir Figure 1-13). Deuxièmement, les phases alpha-cases et d’autres contaminants durant le
brasage en fournaise ont été réduite. Pour ce faire, il est recommandé d’utiliser une feuille de
titane (AMS 4900) d’épaisseur de 30 m à 80 m, proche de l’assemblage, afin d’absorber
les résidus gazeux qui pourront être l’origine de contamination, les feuilles ne doivent pas
être en contact avec les assemblages (Kay, 2010). Utiliser des gants en laine pour absorber
les gouttes du nettoyage des plaques (AWS, 2007) et utiliser une fournaise conforme aux
recommandations du brasage du titane avec un taux de fuite d’oxygène moins de 5 microns/h
(Kay, 2010).
À l’issue de cette étape de fabrication, les paramètres optimaux de brasage seront déterminés
et deux configurations de joints brasés seront fabriqués (des joints brasés de flexion trois
points et des joints brasés caractérisables en traction).
La première étape consiste à dimensionner les éprouvettes de telle sorte que les joints aient
une rupture dans la zone brasée. Le choix des dimensions des éprouvettes se fait selon les
spécifications des machines disponibles. Cette étape est réalisée à l’aide du code commercial
de calcul par éléments finis Ansys. Ensuite, réaliser les essais expérimentaux pour déterminer
68
les limites d’endurances sous deux rapports de charge pour les joints brasés caractérisables
en flexion trois points et un seul rapport de charge pour les joints brasés caractérisables en
traction en vue de tracer l’ du critère de Crossland (voir Figure 3-7).
La conception des éprouvettes de fatigue a été réalisée par le logiciel commercial Ansys
Workbench 14.0. Cette partie de l’étude présente dans un premier temps une simulation de
chargement des éprouvettes en flexion trois points et en flexion quatre points, en vue
d’évaluer le cas de chargement du joint le plus critique, cette partie permettrait également de
déterminer le déplacement de l’éprouvette pour assurer une stabilité de cette dernière lors de
l’essai de fatigue. Dans un deuxième temps, des simulations sont effectués sur une éprouvette
de traction. Pour les deux cas de simulation on s’intéresse à avoir un tableau de
correspondance entre le niveau de charge à programmer sur la machine de fatigue et les
niveaux de contrainte atteint pour cette charge. Le même mode de maillage a été utilisé pour
tous les cas de simulation, soit des éléments volumiques et un raffinement au niveau des
filets pour garantir la précision des calculs.
Un mode tétraédrique de maillage a été utilisé afin d’augmenter la précision de calcul aux
niveaux des rayons de raccordements (filets). La Figure 3-2 présente les modèles de maillage
utilisées dans les calculs avec un zoom sur la partie de maillage raffinée de l’assemblage. Le
modèle de l’éprouvette de flexion a été maillé avec des éléments tétraédriques qui
comportent 323 157 nœuds et 231 229 éléments à une taille des éléments de 0.2 mm et un
ordre de raffinement 3, plus de détails sur les caractéristiques du maillage des éprouvettes est
fourni dans l’ANNEXE III.
69
3.2.1.2 Conditions aux limites pour les cas de flexion 3-points et de traction
Deux conditions limites ont été utilisées pour déterminer le mode de chargement le plus
critique de flexion. Une liaison linéaire rectiligne simulant l’appui de l’éprouvette sur les
deux extrémités de la machine Figure 3-3 a). Une force de 2 kN a été appliquée au centre de
la face supérieure de l’assemblage pour le cas de la flexion trois points et proche des filets
pour le cas de la flexion quatre points. Pour le cas de chargement de l’éprouvette de traction
une extrémité (B) est soumise à une de charge donnée et l’autre extrémité (A) est encastrée
(voir Figure 3-3 b)).
70
La limite d’endurance est obtenue en fonction des contraintes locales (hot-spot) selon un
critère d’arrêt déterminé (amorçage de fissure sur une longueur donnée, rupture totale,
diminution de rigidité, etc…), pour une durée de vie 10 cycles. Les essais sont effectués en
appliquant des niveaux de charges inspirés de la littérature sur deux types d’éprouvettes; des
éprouvettes de traction (voir Tableau 3-1 du paragraphe 3.2.2.1) et éprouvettes de flexion 3-
71
points (voir Tableau 3-2 du paragraphe 0) ces derniers avec deux rapports de charges. Les
rapports de charges sont choisis pour calibrer les critères de fatigue multiaxiale.
Les essais de fatigue en traction se feront conformément au standards ASTM E08-4. Ainsi,
les joints caractérisables en traction sont usinés selon cette norme (voir Figure 3-4).
Figure 3-4 a) Dimensions (en mm) des éprouvettes utilisées pour les essais
mécaniques (ASTM E08-4), b) échantillon testé en fatigue uniaxe.
La machine utilisée pour ces tests est une Landmark (voir Figure 3-5), possédant une cellule
de charge d’une capacité allant jusqu’à 100 kN, avec une vitesse de sollicitation de 20 Hz.
Les données permettant d’avoir les propriétés mécaniques des joints sont le déplacement
axial des mors en fonction de la charge et du temps de sollicitation.
72
Figure 3-5 Machine MTS Landmark utilisé pour effectuer les tests
de fatigue de traction à l’école de technologie supérieure de Montréal
(TSOUNGUI, 2010).
Les échantillons à tester en fatigue de traction sont au nombre de cinq (5), les échantillons
sont testés sans préparation de surface à l’avance.
Tableau 3-1 Les niveaux de charges appliqués pour
les essais de traction obtenues par calcul éléments finis.
2 93
3 140
3.5 163
5 233
6 284
6.5 305
73
Les joints brasés testés en flexion trois points subissent un polissage mécanique des côtés
(voir Figure 3-6), en commençant par du papier 80 grains pour finir avec 1200 grains, en
passant par 240, 300 du 400, du 600 et du 800 grains. Cette étape est essentielle, car elle
permet d’obtenir une planéité en surface des côtés et d’éliminer les concentrateurs de
contraintes en dehors de la zone à tester.
La campagne d’essais de flexion trois points a été effectué à température ambiante Six
échantillons sont testés, soit trois (3) échantillons pour un rapport de charge R=0.1 et trois (3)
échantillons a un rapport de charge R=0.5 à une fréquence de 15 Hz.
74
Contrainte Hot-spot
Charge en (kN)
(MPa)
0.6 100
0.7 116
0.8 134
0.9 150
1 170
1,5 256
À l’issue de cette étape, nous allons obtenir les limites d’endurance caractéristiques de
traction et de flexion trois points. Les éprouvettes de fatigue sont fabriquées suivant deux
campagnes de brasage (campagne 6 et campagne 7) et sont testées avec des rapports de
charges R=0.1, R=0.5 et R=0.7. Quatre éprouvettes de la campagne 1, ont été usiné suivant la
norme ASTM afin de réaliser des essais de traction. Le plan expérimental des essais de
fatigue avec le nombre d’éprouvettes testées pour chaque campagne de brasage, est présentée
dans le Tableau 3-3 suivant:
Matériau Ti-6Al-4V
Dimensions des éprouvettes Flexion 100*25*6/25*25*6 Traction ASTM (Figure 3.5)
Nom des éprouvettes Fi Ti
Rapport de charge R 0,1 0,5 0,7 0,1
Nombres Campagne 6 - 3 - 4
d’éprouvettes Campagne 7 3 3 2 -
Fréquence (Hz) 10-15 20
Force appliquée -
75
Plusieurs critères de fatigue pour déterminer le seuil d’endurance sous chargement cyclique
multiaxial, sont proposés dans la littérature. Ces critères ont pour forme générale :
+ ∗ ≤ (3.1)
J , + ∗ , ≤ (3.2)
Les constantes et sont des constants matériaux qui peuvent être déterminée à l’aide d’un
essai de traction standard à deux rapports de charge, mais dans le cas des joints brasés il
n’est pas facile de fabriquer des joints brases caractérisables en traction pure type bout à
bout. Pour cela nous allons détailler notre démarche de calcul dans la section suivante.
Une autre méthode pour déterminer ces constantes est proposée dans cette étude, qui consiste
à combiner une analyse par éléments finis. D’une part, pour déterminer l’état de contrainte
dans le point chaud de l’assemblage brasé (ou l’éprouvette) et d’autre part, pour effectuer des
essais expérimentaux de fatigue sur des éprouvettes caractérisables en flexion trois points.
Cette méthode appliquée pour deux rapports de charge d’une même géométrie d’éprouvette
suffira pour déterminer la zone de sécurité de Crossland.
Dans le cadre de ce projet, nous disposons d’un ordinateur de calcul core (TM) disposant
d’un processeur i7-3770 à 3.40GHz et de 8Go de RAM pour effecteur tous les calculs avec le
logiciel Ansys et dans laquelle nous avons installé une machine virtuelle Ubuntu 10.04.3
LTS 64 bit en utilisant le logiciel de simulation de machine VM player 4.0.2. La machine
virtuelle simulée dispose de 1 Go de RAM et d’un core du processeur pour effectuer les
calculs avec Code Aster.
Code Aster est un code de simulation numérique pour l’étude du comportement mécanique
des structures. L’avantage de ce code c’est qu’il est libre d’utilisation, diffusé sous licence
GNU-GPL et ouvert pour la modification et le développement de nouvelles lois de
comportement et des critères mécaniques contenus dans le code. Son code source est
composé de routine Fortran (pour l’écriture des lois et des critères) de fonction C (pour la
gestion de mémoire et calcul de temps) et des fichiers de commandes s’appuyant sur le
langage python pour lancer une étude avec Code-Aster.
Le Code-Aster contient des grandeurs nécessaires pour la formulation des critères de fatigue
a grand nombre de cycles en l’occurrence de Crossland, Sines et des critères de fatigue a bas
nombres de cycles comme celui de Fatemi-Socie. Pour savoir s’il y a une rupture ou non de
la pièce, Code-Aster propose une méthode de dimensionnement, qui consiste à déterminer les
grandeurs du critère de fatigue et une valeur critère qui permet de déduire s’il y a des
dommages sur la pièce, ceci à partir de l’état de contrainte en un point de la pièce (le point le
plus sollicité de la pièce) pendant un cycle de chargement. Le critère s’écrit sous la forme :
(3.3)
= + ∗ −
Si est négatif ou nul, il n’y a pas de dommage. Si est positif il est susceptible d’y
avoir du dommage (TRAN, 2010), sur la Figure 3-7 nous avons une représentation graphique
du critère :
77
Deux limites d’endurances ou plus permettent d’avoir l’enveloppe en noir, qui délimite une
zone de rupture et de non-rupture pour une pièce avec une géométrie donnée sous
sollicitation simple ou complexe. La troisième partie de ce projet consiste à développer un
modèle numérique permettant de prédire l’amorçage de fissures de fatigue en cas de
chargement multiaxial des joints en T. Cette partie sera développé à partir des critères de
fatigue multiaxiaux (critère d’approche globale) implémentés dans le code de calcul de
développement Aster. Les résultats des essais de fatigue (limites d’endurances et l’histoire de
chargements) obtenues des essais de fatigue à chargements uniaxiales (traction, flexion trois
points) constitueront les lois constitutives des joints brasés, qui serviront comme données
d’entrée pour effectuer les calculs.
Afin de valider les calculs par code Aster. Il convient de calculer à la main les grandeurs des
critères de fatigue et nous les comparons aux grandeurs introduites dans Code Aster à travers
un exemple de données de fatigue tirées de la littérature sur une éprouvette d’alliage
d’aluminium A356-T6 :
, = 81 .
78
, = 61,5 .
, = 51 .
J ,
L’amplitude de cission.
- Pour l’essai de traction alternée symétrique, décrit par l’état de contrainte (3.4) ayant
une composante normale alternée non-nulle suivant l’axe x (avec σ , limite de fatigue) :
, 0 0
[ ( )] = 0 0 0 (3.5)
0 0 0
, 0 0
[ ] = 0 0 0 (3.6)
0 0 0
On obtient ainsi :
, , (3.7)
, = =
L’amplitude de cission qui correspond à l’état de contrainte (3.6), est obtenue par
simplification de l’équation (1.28) du paragraphe 1.4.4.4) :
79
=
, (3.8)
,
√3
(3.9)
( , , , ) = (27; 46.7653)
, ,
+ 0 0
[ ( )] = 2 2 (3.10)
0 0 0
0 0 0
= ( ,
+ ,
) (3.11)
Donc :
=
, (3.12)
,
3
,
0 0
[ ( )] = 2 (3.13)
0 0 0
0 0 0
=
, (3.15)
,
√3
80
(3.16)
, , , = (41; 35.50)
0 , 0
[ ( )] = (3.17)
, 0 0
0 0 0
0 , 0
[ ( )] = (3.18)
, 0 0
0 0 0
L’amplitude de cission est :
(3.19)
, = ,
(3.20)
( , , , ) = (0; 51)
Les valeurs calculées par code Aster sont reproduites a la main (voir Tableau 3-4) avec un
écart d’erreur de 0 % pour une fin de validation du code implémenté dans code Aster.
Analytique Aster
Traction , 27 27
R= -1 46.76 46.76
Traction , 41 41
R= 0 35.50 35.507
Torsion , 0 0
R= -1 51 51
CHAPITRE 4
RÉSULTATS ET ANALYSE
Les résultats qui seront discutés dans cette section serviront sur plusieurs niveaux. Tout
d’abord, faire un choix sur le mode de chargement critique comme discuté dans la
méthodologie. Ensuite, permettre de déterminer l’épaisseur des plaques requise pour une
stabilité des éprouvettes lors de l’essai de fatigue, notamment dans le cas des éprouvettes de
flexion 3-points.
En vue de justifier l’intérêt de choisir un essai de flexion trois points, nous avons extrait les
valeurs de la contrainte normale dans le Tableau 4-1 le long de la trajectoire, et nous l’avons
84
comparé à celles obtenus lors d’un essai de flexion quatre points. Cette démarche a permis de
qualifier l’essai choisi comme critique.
Tableau 4-1 La contrainte locale maximale.
Contrainte normale Contrainte normale
Profondeur en
en flexion 4 points en flexion 3 points
(mm)
en (MPa) en (MPa)
0 351 365
1 177 174
2 110 106
3 59 54
4 13 8
5 -30 -37
6 -57 -66
En vue de réaliser un essai de flexion trois points à grand nombre de cycles avec une stabilité
des éprouvettes, des simulations sur quatre configurations d’éprouvettes avec différentes
épaisseurs de plaques ont été réalisées (voir Figure 4-2) pour tirer les niveaux des
déplacements rapportés dans le Tableau 4-2.
85
1.02/1.02 17.85
6/6 0.10
6/1.02 0.16
1.02/6 14.86
L’épaisseur des plaques choisies pour fabriquer les éprouvettes, est de 6 mm, ce choix est fait
pour pouvoir atteindre les hautes fréquences et ainsi d’effectuer le nombre d’essais requis
dans les délais planifiés.
Pour montrer la pertinence d’un fini de surface poli miroir sur les résultats de brasage. Les
surface du substrat à comparer sont polis avec des papiers de carbure de silicium de 80 grains
seul, et des surfaces allant de 80 à 600 grains et d’autres allant de 80 jusqu’à 1200 grains.
86
700
600
500 Température
400 commandée
300 Température sur
200 le thermocouple
100
0
0 50 100 150
Temps en min
Dans cette analyse, seul le centre du joint fera l’objet d’une observation comparative. Trois
(3) joints brasés ont fait l’objet d’analyse chacun a été découpé pour fournir l’information sur
le centre du joint, mais seulement deux joints feront l’objet de discussion dans cette section.
87
Avec un fini de surface de 80 grains, on constate également une importante quantité du métal
d’apport au milieu du joint, qui peut être expliqué par une faible vitesse d’écoulement due à
la surface rugueuse du substrat.
En comparant les résultats des deux finis de surface à 80 grains et 1200 grains, nous
constatons une différence d’épaisseurs finales aux centres des joints de 60 µm, ce résultat est
répétable sur deux échantillons avec une légère différence des épaisseurs. Ce qui permet de
conclure qu’un polissage miroir est nécessaire pour un bon étalement du métal d’apport sur le
métal de base.
Afin d’améliorer les résultats de la fournée nous avons procédé à des modifications dans le
cycle thermique. L’observation microstructurale permettra de mettre en avant l’importance
de ces modifications.
Les mêmes conditions de brasage de la première session sont reproduites avec des
modifications dans le cycle thermique. Le cycle thermique utilisé pour cette session de
brasage diffère de celui d’avant par une modification de la vitesse de montée en température
et celle du refroidissement. Ainsi, un palier d’homogénéisation de 20 minutes est ajouté à
760°C pour mettre l’ensemble des assemblages et le four à température égale. S’ensuit une
montée en température jusqu’à 900°C avec une vitesse de chauffe de 17°C/min, puis une
stabilisation à 900°C de 120 minutes au lieu de 80 minutes, et pour éviter un gradient de
température élevée qui pourrait causer des fissures au niveau du joint, nous avons choisi un
89
refroidissement piloté d’environ -10 °C/min jusqu’à 300°C, suivi d’un maintien de 5 minutes
et d’une trempe au gaz d’argon. La Figure 4-6 présente le cycle thermique décrit.
700
600
500 Température
commandée
400
300 Température
200 sur l'échantillon
100
0
0 100 200 300
Temps de brasage en min
Dans cette analyse, trois zones du joint font l’objet d’observation, les rayons de raccordement
et le centre du joint. L’examen au microscope optique permet d’observer : Une érosion du
métal de base, due à l’excès de la pâte utilisée. La présence des porosités irrégulières peut
être expliqué par une ségrégation des éléments comme le zirconium avec une grande
concentration ce qui génère de phases qui ont des températures de solidification différentes et
du fait que la matière n’a pas suffisamment de temps pour se solidifier, donc elle reste figée
et crée des cavités. Cet examen a permis également de mettre en avant l’influence du temps
de brasage prolongé et un refroidissement piloté sur l’amélioration de la qualité du brasage.
Ainsi, nous observons sur la Figure 4-7 le développement des lamelles au centre du joint, qui
raccordent les deux substrats du Ti-6Al-4V et les joints ne présentent pas de fissures après
découpe au niveau des rayons de raccordements. Mais, il y a toujours une présence d’alpha-
cases d’une dureté 726 HV.
90
Comme proposition pour diminuer l’érosion du métal de base, il est recommandé d’utiliser
une seringue à aiguille fine pour contrôler l’injection de la pâte, cette technique servira à
mettre la quantité de pâte suffisante.
En comparant les résultats de la 1ère fournée et ceux de la 2ème fournée (voir Figure 4-8), on
remarque que plus le temps de maintien est long plus les lamelles se développent. Ainsi, le
taux de refroidissement du cycle de brasage n’intervient pas dans la formation de ces
lamelles contrairement, à ce qui est mentionné dans les analyses de Rémi Chabrol. En
l’occurrence, on trouve des lamelles de petites tailles pour une vitesse de refroidissement
non-piloté et rapide de la première fournée et des lamelles qui raccordent les substrats du
métal de base pour une vitesse de refroidissement moins rapide de la 2ème fournée.
91
On peut tirer de cette comparaison que l’augmentation du temps de brasage permettrait une
grande diffusion du métal d’apport vers le métal de base.
À la différence de la dernière session de brasage deux paramètres ont été changé un temps de
maintien plus long au niveau de l’isotherme de brasage prolongé à 140 min (voir Figure 4-9)
et une quantité de pate contrôlée par une seringue graduée.
92
800
Temperature en °C
600
Température
400 commandée
Température
200 mesurée
0
0 200 400 600
Temps en min
La Figure 4-10 d’un joint brasé sous ces nouvelles conditions de brasage, révèle une présence
importante des phases oxydées en surface et à l’intérieur du joint qui peuvent provenir soit
des inclusions d’air lors du jet d’argon, de la qualité du vide ou lors de la préparation des
échantillons. On observe également une érosion du métal de base sur une profondeur du de
324 m proche du filet droit et une présence de porosités.
Pour remédier à ces problèmes, il est proposé tout d’abord, de prolonger le palier de
refroidissement avant l’injection du gaz d’argon jusqu’à un refroidissement du joint, et il est
recommandé d’utiliser des éponges en titane pour absorber les résidus et éliminer les phases
blanches due à la qualité du vide.
93
Les essais de brasage réalisés avec le cycle thermique modifié de la Figure 4-11, ont présenté
des résultats bien améliorés comparé aux autres sessions de brasage. L’observation
microstructurale permettra de mettre en avant l’importance d’une lente chauffe après le palier
d’homogénéisation.
Le cycle de brasage commandé de la 3ème session de brasage est repris avec une vitesse de
chauffe de 6.5 (C/min) à partir de 610 °C.
700 Temperature
600 commandee
500
Temperature
400 mesuree
300
200
100
0
0 200 400 600 800 1000
Temps en min
L’observation par microscope optique à démontrer une nette amélioration au niveau des
rayons de raccordement de la Figure 4-12, une absence d’alpha-cases et un bon étalement du
métal d’apport ce qui a permis de diminuer l’érosion du métal de base. Cependant, les
porosités sont toujours présentent.
94
Une revue de la littérature a permis de révéler que généralement, les porosités sur les bords et
non pas au centre de l’échantillon, sont les résultats de la préparation métallographique. Pour
valider cette information sur nos échantillons, il faut procéder à un plaquage au niveau des
filets pour faire déplacer ces porosités irrégulières dans les nouveaux bords qui seront les
couches de plaquage, un revêtement de 2 à 4 mm est requis.
La Figure 4-13 est un élément qualitatif permettant de constater une nette amélioration au
niveau des rayons de raccordement, un bon étalement, moins d’érosion et une absence
d’alpha-cases dans le joint produit de la dernière image. Le temps d’homogénéisation et la
vitesse de chauffe lente ont permis d’étaler l’excès de la pâte loin des rayons ce qui favorise
une formation d’un rayon de filet et de minimiser l’érosion dans cette zone. Les mesures
caractéristiques des zones observées sont présentées dans le Tableau A V-1 de l’ANNEXE
V.
95
Différentes forces ont été appliquées de manière cyclique jusqu’à la rupture de l’échantillon.
Les contraintes nominales ont été déterminées à partir des forces appliquées en simulation et
à partir de la section la plus petite des éprouvettes, soit la partie qui comprend qu’une seule
96
épaisseur du métal de base (6 mm x 6 mm). Les cinq premiers échantillons ont été testés en
fatigue de traction et la rupture des joints s’amorcent dans les zones prédites par les
simulations numériques.
Les résultats de rupture des quatre échantillons testés en fatigue de traction sont présentés
dans le Tableau 4-3. Les essais se sont déroulé à force contrôlée sous un rapport de charge
R=0.1 et une fréquence de 20 Hz.
Tous les échantillons testés dans ce projet, sont supposés avoir le même rayon de
raccordement et sont vides de microfissures qui peuvent provenir de l’usinage. Or, une
grande différence de vie en fatigue est notée entre le premier échantillon T1 et le reste des
échantillons. Cette faible limite d’endurance de l’échantillon T1, peut être due à une amorce
introduite lors de l’usinage donc le facteur usinage élimine cet échantillon de la comparaison
avec le reste des échantillons testés.
Il convient de mentionner que l’essai s’arrête après une taille de fissure de 4 mm détectée sur
l’éprouvette (voir Figure 4-14). Dans tous les joints testés, la fissure s’amorce dans le filet et
se propage dans le métal de base.
Le Tableau 4-4 présente les résultats de fatigue de flexion trois points avec un rapport de
charge de R=0.5 et une fréquence de 15 Hz.
Il convient de mentionner que le tube de pate utilisé pour fabriquer les joints brasés dans
cette campagne, était de mauvaise qualité, la pâte sort en paquet du tube.
En vue de valider les zones de sécurité dans le plan de Crossland, nous avons réalisé une
deuxième campagne de brasage (7ème campagne de brasage dans le projet).
Trois échantillons ont fait l’objet d’essais de fatigue pour déterminer une limite d’endurance
des joints brasés en flexion 3-points à un rapport de charge R = 0.1 et une fréquence de 15
Hz. Le Tableau 4-5 présente les résultats des essais de fatigue.
100
Le Tableau 4-6 présente les résultats de fatigue de flexion trois points à un rapport de charge
R = 0.5 et une fréquence de 15 Hz. Pour déterminer une limite d’endurance des joints brasés
en flexion 3-points à ce rapport de charge, trois échantillons ont fait l’objet d’essai de fatigue.
Les résultats des trois joints testés semblent cohérents et il n’y a pas une différence notable
dans les vies en fatigue qui suscite plus d’investigation. La limite d’endurance à 106 cycles
retenue est de 420 MPa en contrainte maximale locale.
Avec les mêmes conditions d’essai de fatigue. Les limites d’endurance obtenues par cette
fournée (7ème campagne de brasage) semblent meilleures comparées à ceux obtenues par la
6ème campagne de brasage, ce qui explique que la qualité de la pâte est un facteur majeur
dans l’amélioration de la vie en fatigue des joints brasés.
Le Tableau 4-7 présente les résultats de fatigue de flexion trois points à un rapport de charge
R = 0.7 et une fréquence de 15 Hz.
Les résultats des essais de fatigue sont exploités pour calculer les grandeurs du critère de
Crossland. Le calcul se fait par Code Aster et ne nécessite aucun maillage. Il convient de
rappeler que les joints testés en fatigue de traction à un rapport de charge R = 0.1, ont une
limite d’endurance σ =284 MPa et les joints testés en fatigue de flexion trois points sous
rapport de charge R=0.5, ont une limite d’endurance σ =360 MPa. L’état de contrainte est
le résultat d’une simulation numérique en chargement statique qui permet de donner toutes
les composantes de l’état de contrainte sous forme d’une matrice données ci-dessous :
[ ]= (4.1)
104
284 10 89
[ ] = 10 (4.2)
48 19
89 19 68
360 23 172
[ ] = 23 111 33 (4.3)
172 33 212
Tableau 4-8 :
1 (4.4)
σ , = tr( )
3
1 (4.5)
̿= − tr( )
3
1 1 (4.6)
J , = ( + + + + + )
2 2
105
, ,
Dans cette étude le chargement est proportionnel, il est présenté sur la Figure 4-15 par une
droite partant de l’origine du plan de Crossland. Le deuxième point de cette droite est
déterminée à partir de l’état de contrainte du joint en l’occurrence en T (voir. Figure 4-17).
L’état de contrainte obtenu par l’application d’une charge donnée, permet de calculer les
composantes du plan de Crossland comme définit précédemment.
Le point d’intersection entre les deux droites du graphe (voir. Figure 4-15), constitue le
chargement critique que peut supporter le joint en T pendant un million de cycle. Par calcul
des coordonnées de ce point dans le plan de Crossland, et à l’aide du calcul inverse nous
pouvons remonter à la charge critique pour un million de cycles. La limite d’endurance
estimée pour un joint brasé en T, est de 164 MPa.
106
, ,
Pour la formulation du critère de Crossland pour cette fournée, nous avons réalisé des essais
de fatigue de flexion 3-points avec trois rapport de charge, afin d’éviter les délais d’usinage
des éprouvettes de traction.
107
Le point d’intersection entre les deux droites, constitue le chargement critique que peut
supporter le joint en T pendant un million de cycle. De la manière que le cas précédent (voir.
Paragraphe 4.5.1.2), nous pouvons remonter à la charge critique pour un million de cycles
estimée à 285 MPa pour cette configuration du joint brasé en T.
La zone de sécurité délimitée par Crossland, permet de faire l’estimation d’une charge du
joint en T en flexion, sous rapport de charge en fatigue R = -1 pendant un million de cycles.
La Figure 4-18 présente l’intersection du chargement (droite de chargement en vert) avec les
droits de Crossland obtenues par les résultats de fatigue des deux fournées de brasages. La
charge critique estimée par le critère de Crossland est de 164 MPa (resp. 285 MPa) pour la
campagne de brasage 6 (résp. la campagne de brasage 7).
Nous constatons un large décalage entre les droites de Crossland obtenues par les
échantillons de fatigue des deux fournées 6 et 7, ceci peut être expliqué par les images de
fractographies de la Figure 4-19. Sur l’échantillon de la fournée 6 l’amorçage se fait suivant
109
une ligne entière, et la propagation se poursuit suivant cette ligne, ceci est signe de
l’existence d’une large zone fragile. De plus les échantillons de cette fournée possèdent une
zone eutectique d’une largeur moyenne qui dépasse 200 m, signe d’une grande érosion du
métal de base. Sachant que l’érosion fragilise le joint ainsi, elle diminue la vie en fatigue. En
cas du joint de la fournée 7, nous avons quelques sites d’amorçage ce qui permet de dire que
certaines zones du joint sont moins fragiles, ce qui explique la résistance du joint en fatigue à
des niveaux de contraintes plus élevée.
a) b)
Pour pouvoir utiliser ces résultats à l’échelle industrielle, il serait nécessaire de faire une
validation de ces résultats suivant les normes industriels en reproduisant les mêmes
conditions de brasage, en tenant compte des paramètres externes au cycle de brasage comme
l’atmosphère de brasage qui doit être bien contrôlée, afin de réduire des phases fragilisantes
du joint comme les alpha-cases, et un deuxième facteur très intéressant, concerne la pâte qui
doit être d’une bonne qualité pour permettre un bon étalement sur les rayons de
raccordement.
CONCLUSION
L’objectif principal de ce projet était d’évaluer la tenue en fatigue des joints brasés en alliage
de titane Ti-6Al-4V avec comme métal d’apport Ti-20Ni-20Zr-20Cu, en tenant compte de la
multiaxialité de contrainte. Le premier objectif spécifique était de fabriquer des échantillons
brasés contenant un minimum de défauts de fabrication. Le deuxième objectif spécifique
consistait à obtenir les limites d’endurance des joints brasés à partir des essais de fatigue de
flexion et de traction. Le troisième objectif spécifique était d’utiliser les données
expérimentales de fatigue de flexion et de traction pour prédire l’amorçage des fissures dans
les joints brasés, à l’aide des critères de fatigue multiaxiale.
Dans un premier temps, les campagnes effectuées en variant les paramètres ont permis de
révéler les paramètres clés du brasage du Ti-6Al-4V. Les résultats visualisés par microscope
ont montré que la meilleure combinaison des paramètres de brasage est celles obtenues lors
de la fournée 5 pour cette géométrie des joints. Ensuite, des simulations ont été menées sous
Ansys pour dimensionner les éprouvettes représentant des joints brasés avec un rayon de
raccordement standard. Un deuxième objectif des simulations, était de déterminer l’état de
contrainte pour une série de charges appliquées lors des essais expérimentaux de fatigue. Les
essais de fatigue ont été effectués sur deux configurations des joints brasés. Les limites
d’endurance déterminées par les essais de fatigue ont permis d’identifier les points d’une
ligne délimitant la zone de sécurité dans le plan de Crossland. Finalement, une méthodologie
de mise en œuvre d’un critère de fatigue a été présentée à travers un exemple d’application
effectuée sur un joint en T. Des essais expérimentaux de fatigue sur des joints en T en
flexion, permettront la validation des charges estimées sécuritaires pour un million de cycles.
RECOMMANDATIONS
En second lieu, il faut effectuer un grand nombre d’essais pour s’assurer d’une répétabilité
des résultats sur les limites d’endurance, car le nombre d’essais de fatigue réalisés est très
faible. Et il est recommandé de choisir des configurations de joints à tester qui ne nécessitent
pas une intervention supplémentaire comme l’usinage, car les microfissures introduites
d’usinage rendent difficile l’évaluation exacte des joints brasés. Et finalement pour valider
les zones de sécurités estimées par Crossland, il serait intéressant d’appliquer d’autres
critères de fatigue dont les grandeurs sont programmées dans Code Aster comme les critères
de Sines, Dang Van et Matake.
ANNEXE I
L’état de contraintes en un point d’un solide est donné par un tenseur de contraintes en
coordonnées cartésiennes S (voir Figure-A I-1) :
(4.7)
=
Le vecteur normal unitaire passant par le point , et caractérisé par les coordonnées polaires
avec l’axe et l’angle d’azimut avec l’axe x dans un système de coordonnées 3D figure
1 peut être écrit sous la forme suivante :
=[ ] (4.8)
= (4.9)
116
= = (4.10)
= − (4.11)
L’histoire du chargement peut être obtenue à partir d’un capteur montée sur un composant
lors de l’essai expérimental.
ANNEXE II
DEBUT();
TAUN1=DEFI_FONCTION(
NOM_PARA='INST',
VALE=( 0.0 , 284 ,
1.0 , 28.4 ,
2.0 , 284 ,
3.0 , 28.4 ,
4.0 , 284 ,),);
TAUN2=DEFI_FONCTION(
NOM_PARA='INST',
VALE=( 0.0 , 48.28 ,
1.0 , 4.828 ,
2.0 , 48.28 ,
3.0 , 4.828 ,
4.0 , 48.28 ,),);
TAUN3=DEFI_FONCTION(
NOM_PARA='INST',
VALE=(0.0 , 68.16 ,
1.0 , 6.816 ,
2.0 , 68.16,
3.0 , 6.816,
4.0 , 68.16,),);
TAUN12=DEFI_FONCTION(
NOM_PARA='INST',
VALE=( 0.0 , 10.79 ,
1.0 , 1.079,
2.0 , 10.79 ,
3.0 , 1.079 ,
4.0 , 10.79,),);
TAUN13=DEFI_FONCTION(
NOM_PARA='INST',
VALE=( 0.0 , 89 ,
1.0 , 8.9,
2.0 , 89 ,
3.0 , 8.9 ,
4.0 , 89,),);
122
TAUN23=DEFI_FONCTION(
NOM_PARA='INST',
VALE=(0.0, 19.312 ,
1.0, 1.9312 ,
2.0, 19.312,
3.0, 1.9312 ,
4.0, 19.312 ,),);
WHOL=DEFI_FONCTION(
NOM_PARA='SIGM',
VALE=(
,),
INTERPOL='LOG',
PROL_DROITE='LINEAIRE',
PROL_GAUCHE='LINEAIRE',);
MAT0=DEFI_MATERIAU(ELAS=_F(E=?,
NU=0.3,
ALPHA=0.0,),
FATIGUE=_F(WOHLER=WHOL,
D0=?,
TAU0=?,),);
######################################################
#-----------------------------------------------------------------------
TAB_1=POST_FATIGUE(CHARGEMENT='MULTIAXIAL',
HISTOIRE=_F(SIGM_XX=TAUN1,
SIGM_YY=TAUN2,
SIGM_ZZ=TAUN3,
SIGM_XY=TAUN12,
SIGM_XZ=TAUN13,
SIGM_YZ=TAUN23,),
TYPE_CHARGE='PERIODIQUE',
DOMMAGE='WOHLER',
MATER=MAT0,
CRITERE='CROSSLAND',);
IMPR_TABLE(TABLE=TAB_1,);
#
ANNEXE V
327,47 46 27
46 28 14
27 14 104,06
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Maintaining microstructural integrity during titanium alloy brazing involves addressing challenges such as phase balance and grain structure. Uncontrolled brazing can lead to the formation of brittle intermetallic compounds caused by inappropriate filler selection or temperature gradients . The time at brazing temperature affects phase distributions, potentially causing unwanted phase transformations that degrade mechanical properties . Additionally, avoiding excessive grain growth by optimizing time and temperature to maintain fine microstructures like the equiaxed or lamellar forms ensures better mechanical performance . Therefore, precise control over processing parameters is critical to balance phases and maintain desirable grain structures .
Mechanical testing methods for evaluating brazed joints in titanium alloys include tensile, shear, and fatigue testing. Tensile tests assess joint strength and ductility, correlating with microstructural features like grain size and phase distribution . Shear tests, especially in conjunction with the Crossland criterion, indicate susceptibility to fatigue by examining joint integrity under multiaxial stress . Fatigue tests, both uniaxial and multiaxial, evaluate endurance limits that relate to microstructural stability and phase transformations resulting from brazing processes . These tests provide insight into the mechanical performance and potential microstructural weaknesses such as crack propagation paths and grain boundary integrity .
Optimizing brazing parameters to minimize defects like liquation and segregation is crucial for achieving high-quality titanium alloy joints. Liquation can be minimized by selecting filler metals with appropriate melting ranges and homogeneous composition, ensuring even distribution throughout the joint . Segregation, caused by differential diffusion of alloying elements, can be controlled by precise regulation of heating and cooling rates to promote uniform phase formation . Carefully optimized isothermal hold times and brazing temperatures prevent premature melting of low-melting-point constituents and metallurgical segregation, maintaining structural integrity and mechanical performance . Failure to optimize these parameters can lead to precipitation of brittle phases and weak joint interfaces .
Selecting filler metals for brazing titanium alloys requires consideration of metallurgical compatibility, wetting ability, solidus/liquidus interval, and resultant joint properties. A good filler should wet the base metal, distribute uniformly through capillary action, and maintain stable composition and properties . For TA6V, Ti-20Zr-20Cu-20Ni filler is chosen for its compatibility, forming high-strength joints . Filler metals should minimize interactions causing brittle intermetallics or base metal erosion. Their effects on joint quality are observed in mechanical performance and thermal stability, with improper selection leading to defects like liquation, segregation, and weak joint intermetallic compounds .
The time and temperature of brazing significantly affect the microstructural evolution of TA6V joints. At a brazing temperature of 950°C for 10 minutes, the microstructure consists of three distinct layers: layer A with lamellar alpha and intergranular beta phases, layer B as an interdiffusion zone, and layer C similar to the original braze material composition . Extending the brazing time to 20 minutes removes central layers, revealing a Widmanstätten alpha + beta structure. At 30 minutes, lamellae connect both joint surfaces . Changes observed in these phases highlight the importance of optimizing brazing parameters to achieve desired mechanical properties without introducing brittleness or excessive grain growth .
Interfacial reactions between filler metals and titanium substrates are crucial in defining the performance of brazed joints. Effective wetting and diffusion of filler metal elements such as Zr, Cu, and Ni into the titanium base result in robust interfacial bonding and phase transformation, creating a strong matrix . However, excessive diffusion can lead to brittle intermetallic phase formation, which reduces joint toughness and increases susceptibility to thermal cycling and mechanical stresses . The choice of filler metal, alloying elements, and brazing conditions must be optimized to balance these reactions and prevent detrimental metallurgical interactions .
Phase transformation kinetics during the brazing of titanium alloys significantly impact the final joint properties by dictating phase compositions and distributions. Rapid transformations result in fine lamellar structures, enhancing strength and toughness . Conversely, slow kinetics may facilitate undesirable transformations, leading to coarse beta-phase dominance, reducing ductility and introducing brittleness . The kinetics are influenced by brazing temperature, time, and cooling rate, which affect diffusion pathways and transformation rates. Improper control can lead to excessive grain growth or the formation of embrittling intermetallics, compromising joint mechanical properties and operational reliability .
The main structural phases observed in TA6V titanium alloys are the lamellar structure, duplex structure, and equiaxed structure. The lamellar structure is characterized by layers of alpha and beta phases. The duplex structure consists of grains of alpha phase within a beta phase matrix, obtained by aging after quenching from the alpha + beta domain . The equiaxed structure forms through thermomechanical treatment, involving hot deformation or thermal treatment of highly deformed structures, leading to recrystallized spherical nodules from broken lamellae .
Different brazing cycles and cooling rates significantly impact phase distribution in titanium alloy joints by influencing nucleation and growth kinetics of phases. Rapid cooling from brazing temperatures leads to fine alpha-phase lamellae by limiting diffusion and promoting nucleation . Conversely, slower cooling allows for the growth of beta-phase grains, increasing the risk of coarsening and reducing mechanical strength due to the formation of larger, less desirable phases like beta-transus and subsequent thick α lamellae . Optimizing the thermal cycle by controlling cooling rates and isothermal holds enables the tuning of phase distribution, achieving desired microstructure .
Brazing above the beta-transus temperature, particularly beyond 980°C for TA6V, affects mechanical properties and microstructure by producing coarser, longer Widmanstätten structures, reducing mechanical strength . As the temperature increases to 1000°C, maintaining the temperature for extended periods causes grain growth and a less fine microstructure, which diminishes shear strength . The coarsening is due to longer diffusion paths that lead to significant metallurgical transformations. Therefore, while stress-relieving or eliminating surface contaminants may require higher temperatures, excessive time at these conditions can adversely affect joint integrity and performance .