COD/COI/COS
Le complément d’objet direct (COD) est un constituant essentiel de la phrase
qui complète directement le verbe, c’est-à-dire sans préposition. Il permet de
préciser la personne, l’animal, la chose ou l’action qui subit l’effet du verbe.
Le verbe qui accepte un COD est appelé verbe transitif direct. Pour identifier
le COD, on pose la question « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe conjugué. Il
peut être un groupe nominal (comme un nom accompagné ou nom d’un
déterminant), un pronom personnel (le, la, les, l’), un infinitif ou encore une
proposition subordonnée. Le COD peut être déplacé ou pronominalisé dans la
phrase. Il est très important en analyse grammaticale car il peut parfois
déterminer l’accord du participe passé lorsque le verbe est conjugué avec avoir
et que le COD est placé avant ce verbe.
Par exemple, dans la phrase "Léo regarde un film", le mot "un film" est le COD,
car on peut poser la question "Léo regarde quoi ? → un film". Le verbe regarder
est donc transitif direct, car il accepte ce complément sans préposition. Si l’on
écrit "Le film que Léo a regardé était intéressant", le participe passé regardé
s’accorde avec film car ce COD est placé avant le verbe. Le COD peut aussi être
un infinitif comme dans "Il aime chanter" (chanter = quoi ?). Si le complément
est remplacé par un pronom, on obtient des phrases comme "Il le regarde" (le =
COD).
Le complément d’objet indirect (COI), quant à lui, est un complément essentiel
qui accompagne certains verbes appelés verbes transitifs indirects. Ces verbes
ne peuvent pas être suivis directement d’un complément : ils exigent l’emploi
d’une préposition, généralement à ou de, pour relier le verbe à son complément.
Le COI permet d’exprimer à qui, à quoi, de qui ou de quoi s’applique l’action du
verbe. Pour l’identifier, on pose donc l’une des questions suivantes après le verbe
: "à qui ?", "à quoi ?", "de qui ?", "de quoi ?". Le COI peut prendre la forme d’un
groupe nominal prépositionnel, d’un pronom personnel ou d’une proposition
subordonnée. À la différence du COD, le COI ne provoque jamais l’accord du
participe passé, même s’il est placé avant le verbe. Il est aussi un complément
essentiel, et son absence rend la phrase incomplète dans la plupart des cas.
Prenons l’exemple "Elle parle à son ami". Le complément à son ami est un COI,
car on ne peut pas dire "elle parle son ami" : il faut utiliser la préposition à. La
question est "elle parle à qui ?". On trouve d’autres exemples avec le verbe
penser : "Je pense à mon avenir". Si le complément est un pronom, cela devient
"J’y pense", "Je lui parle", etc. Ce remplacement est un bon indice pour repérer
les COI. Attention, certains verbes sont ambigus et peuvent être employés
tantôt avec un COD, tantôt avec un COI selon leur sens.
Le complément d’objet second (COS) est un complément plus complexe à
repérer car il apparaît uniquement dans les phrases qui contiennent deux
compléments d’objet : un COD ou un COI, suivi d’un second complément. Le COS
est donc le deuxième objet d’un verbe dit "bi-transitif", c’est-à-dire un verbe
qui nécessite deux compléments pour exprimer complètement son sens. On
retrouve souvent ce type de complément avec des verbes comme donner,
offrir, envoyer, prêter, écrire, expliquer, dire, etc. Le COS est introduit par
une préposition (souvent à ou de) et il complète le verbe après un premier
COD (ou inversement, selon la construction de la phrase). Il est généralement un
bénéficiaire ou un destinataire de l’action.
Dans la phrase "Elle donne un cadeau à sa sœur", "un cadeau" est le COD (on
donne quoi ?) et "à sa sœur" est le COS (à qui donne-t-elle ?). On pourrait
reformuler cette phrase en disant "Elle lui donne un cadeau" : "lui" est ici le
pronom représentant le COS. Dans une autre phrase comme "J’ai écrit une
lettre à mon ami", "une lettre" est le COD, et "à mon ami" est le COS. Il est
important de noter que le COS ne peut jamais exister seul : il dépend de la
présence d’un premier objet (COD ou COI). Il enrichit donc la phrase en
indiquant à qui ou pour qui l’action est faite.
Les trois compléments d’objet — COD, COI, COS — sont tous des compléments
essentiels au verbe, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent généralement pas être
supprimés sans rendre la phrase incorrecte ou incomplète. Les repérer
correctement est essentiel pour l’analyse grammaticale, mais aussi pour la
concordance des temps, l’accord du participe passé et la transformation des
phrases actives en passives. Seuls les COD peuvent devenir le sujet dans une
phrase passive. Par exemple : "Paul a écrit une lettre" → "Une lettre a été
écrite par Paul". On ne peut pas dire "À son ami a été écrit une lettre", car le
COS ne peut pas devenir sujet de la forme passive. Ce critère est donc aussi un
bon moyen de vérifier si un complément est un COD.