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Décision

La décision est un choix effectué par un acteur ou un groupe d'acteurs pour résoudre un problème, impliquant un processus de délibération qui peut être influencé par des facteurs psychologiques, juridiques, économiques et contextuels. Différentes approches théorisent la décision, allant de la rationalité optimisatrice à la rationalité limitée, prenant en compte les biais cognitifs et émotionnels. Le processus décisionnel est complexe et peut être affecté par des luttes de pouvoir, des contextes variés et des incertitudes, nécessitant parfois des techniques d'aide à la décision.

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Décision

La décision est un choix effectué par un acteur ou un groupe d'acteurs pour résoudre un problème, impliquant un processus de délibération qui peut être influencé par des facteurs psychologiques, juridiques, économiques et contextuels. Différentes approches théorisent la décision, allant de la rationalité optimisatrice à la rationalité limitée, prenant en compte les biais cognitifs et émotionnels. Le processus décisionnel est complexe et peut être affecté par des luttes de pouvoir, des contextes variés et des incertitudes, nécessitant parfois des techniques d'aide à la décision.

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corsaire, voir Le Décidé.

Première page de l'édition de 1837 de


l'Éthique à Nicomaque, l'un des premiers
ouvrages à théoriser la décision.
La décision est le fait d'un acteur (ou d'un
ensemble plus ou moins cohérent d'acteurs)
qui effectue un choix entre plusieurs
solutions susceptibles de résoudre le
problème ou la situation auxquels il est
confronté.
D'une manière générale, la décision est
l'action de l'esprit qui décide quelque chose
ou se décide après délibération individuelle
ou collective :
 en psychologie, la décision est l'action
volontaire et réfléchie de l'esprit qui se
détermine à l'occasion d'un choix d'une
des issues au terme d'un processus de
délibération ;
 en droit ou dans les domaines
administratifs, la décision est une
disposition arrêtée par une autorité
compétente collégiale ou unique, après
délibération, ou une instruction de
service émanant d'une autorité
hiérarchique (par ex: militaire) ;
 en économie, les micro ou macro
décisions correspondent aux décisions
prises par des agents économiques
simples ou complexes ;
 en stratégie, la décision est d'abord un
courage opposé constamment aux
détracteurs, appliqué à une situation
d'incertitude, se révélant perspicace
dans la capacité à anticiper et
réactualisé constamment pour s'adapter
aux aléas de l’adversité.
La décision peut également désigner une
disposition de l'esprit : l'esprit de décision
est la qualité d'une personne qui sait
rapidement prendre parti et ne revient pas
sans motif valable sur ce qu'elle a décidé.
Ce peut être aussi la fermeté de caractère
d'une personne qui sait prendre et assumer
des choix difficiles.
Sommaire
 1 Étymologie
 2 Approches
o 2.1 Limites empiriques du
mécanisme décisionnel
o 2.2 Rationalité du mécanisme
décisionnel
o 2.3 Dimension cognitive du
mécanisme décisionnel
o 2.4 Décisions conditionnées par le
Jeu des acteurs
o 2.5 Influence du contexte de la
décision
o 2.6 Influence du degré de
certitude/incertitude affectant la
décision
 3 Processus décisionnel
o 3.1 Déroulement logique
o 3.2 L'aide à la décision
 4 Cas spécifiques de processus
décisionnels
o 4.1 Décisions dans le cadre de
l'intelligence économique
o 4.2 Décisions politiques dans
l'Union européenne
o 4.3 Décisions en matière
Constitutionelle (France)
 5 Notes et références
 6 Annexes
o 6.1 Articles connexes
Étymologie
Décider provient du verbe latin
« decidere » signifiant « trancher » et plus
anciennement de « caedere » signifiant
« couper »1
Approches[modifier | modifier le code]
L'une des premières théorisations est celle
d'Aristote dans l'Éthique à Nicomaque, qui
fait de la décision l'aboutissement de la
délibération. Aujourd'hui co-existent
plusieurs approches du concept de la
décision qui divergent sur beaucoup
d'aspects et ne sont pas réconciliables.
Ainsi la décision continue à être un
concept clé de la philosophie, donnant
même son nom à l'une de ses spécialités, la
philosophie de l'action, ainsi qu'en
sociologie. Par ailleurs, elle fait l'objet de
modélisations en mathématiques, avec
notamment la théorie des jeux et la théorie
de l'action.
Limites empiriques du mécanisme
décisionne
Au XVIIe et XVIIIe siècles des auteurs
pointent des cas où la logique décisionnelle
se trouve prise en défaut . Ainsi Jean de La
Fontaine, dans sa Fable Le meunier, son
fils et l'âne montre qu'un décideur réputé
unique, lorsqu'il n'est pas stable, peut subir
des influences externes et prendre
successivement des décisions
contradictoires... Mise en évidence aussi
par Condorcet que le choix opéré par un
ensemble de décideurs se révèle hautement
complexe voire dans certains cas
impossible: C'est l'objet du célèbre
paradoxe de Condorcet (repris plus tard par
l'économiste Arrow dans son théorème
d'impossibilité d'Arrow.
Rationalité du mécanisme décisionnel

Manifestation du collectif Women Strike


for Peace (en) durant la crise des
missiles de Cuba, ici à New York à côté du
bâtiment des Nations unies. On lit
notamment un poster: « Laissez l'ONU
gérer la crise! ». Ce tournant de la guerre
froide est l'objet du livre de Graham
Allison, L'Essence de la décision.
Une première école estime que la décision
est un choix rationnel de type optimisateur.
Cette approche s'illustre par le courant de
la recherche opérationnelle. L'optimisation
linéaire, en particulier, formalise la
décision comme étant le fait de maximiser
ou de minimiser une fonction objectif dans
le respect d'une série de contraintes.
Exemple : déterminer les quantités à
produire, en maximisant le volume produit,
sous des contraintes de coût et de
disponibilité des matières premières. Dans
ce cadre, la décision résulte d'un calcul
logique où les données, non prises en
compte par la formulation de la fonction
objectif ou des fonctions de contrainte sont
évacuées.
Dimension cognitive du mécanisme
décisionnel |
Au XXe siècle, la sociologie des
organisations, dès les années 1940-50, avec
les travaux d'Herbert Simon introduit le
modèle de la rationalité limitée. Cette école
met en avant la dimension cognitive des
décideurs et notamment leurs limites quant
à l'appréciation de la rationalité. Ici, il est
toujours question d'un choix entre solutions
potentielles, mais en insistant sur le fait
que celui-ci intervient dans un processus de
décision qui fait appel à un ou plusieurs
critère(s) de satisfaction. Voir les travaux
de H.A. Simon et des neurosciences qui
montrent que le processus de décision peut
difficilement être étudié sous le seul angle
de la rationalité. Pour eux, le processus
décisionnel est le siège de confrontations
entre cognition, ignorance et émotion2.
Dès les années 1940, Simon remet en effet
en cause le modèle de l'homo œconomicus
en introduisant le concept de rationalité
limitée (Administrative Behavior, A Study
of Desicion-Making Processes in
administrative organizations). Dans cet
ouvrage, il montre que « dans les décisions
réelles, la sélection des moyens alternatifs
ne se fait pas selon une vision panoptique
permettant la découverte de la solution
optimale, mais selon une procédure
séquentielle qui s’achève quand l’individu
découvre une solution adaptée à des
critères minima de satisfaction »3. Dans
l'article cité, Ph. Urfalino évoque ensuite
deux livres importants, !A Behavioral
Theory of the Firm! (1963) de Richard
Cyert et James March, ouvrage fondateur
de la sociologie des organisations, puis
L'Essence de la décision (1971) de Graham
T. Allison (en),
Décisions conditionnées par le Jeu des
acteurs[modifier | modifier le code]
Michel Crozier a bien décrit comment dans
les organisations, les décisions sont prises
et par conséquent doivent être interprétées
à la lumière des luttes de pouvoir entre
différents individus et groupe, notamment
pour le contrôle des zones d'incertitude.
Le cas du paradoxe d’Abilene, présenté par
Jerry Harvey dans son ouvrage The Abilene
Paradox and Other Meditations on
Management (San Francisco : Jossey-Bass,
1988), illustre dans un autre registre la
difficulté d’un groupe non structuré à
prendre une décision et à gérer
collectivement son accord. Dans cette fable
moderne, aucun des quatre membres d'un
groupe ne souhaitait se rendre à Abilene
mais par crainte d'offenser et de se
contredire mutuellement, ils y finissent
tous !
Influence du contexte de la
décision[modifier | modifier le code]
Une autre approche récente (G. Klein,
1998) introduit dans le mécanisme
décisionnel, outre le décideur, le contexte
dans lequel se déroule la décision. Il est
question de Naturalistic Decision Making
(le terme Naturalistic renvoyant au travail
des naturalistes). Il ne s'agit pas de
construire un modèle a priori de la décision
selon lequel les décideurs sont censés
fonctionner, mais plutôt d'observer
comment les décideurs se comportent en
situation et d'essayer de modéliser ce
comportement. Ici, le moteur de la décision
- plus qu'un choix rationnel entre
alternatives-, réside dans la capacité du
décideur à reconnaître la situation dans
laquelle il se trouve . Cette approche met
en avant l'expérience du décideur et son
degré de conscience de la situation
(situation awareness).
Influence du degré de
certitude/incertitude affectant la
décision[modifier | modifier le code]
Le choix peut s'opérer dans le cadre d'un
univers dit certain (où les aléas sont
évacués sinon réduits au strict minimum)
ou dans un univers dit incertain (où les
aléas sont importants et nombreux).
Exemples :
 En avenir certain, l'exemple typique
consiste à choisir l'itinéraire le plus
court pour livrer un certain nombre de
clients
 En avenir incertain, un bon cas de
figure est fourni par le lancement d'une
innovation dite de rupture (cad n'ayant
pas d'équivalent à ce jour).
 Le choix peut s'opérer selon la théorie
des jeux dans le cadre de situations où
les enjeux sont « ouverts »
(problématique et solution pouvant être
élargies) ou au contraire « fermés »
(problématique figée et solution
consistant en un partage forcément de
type "gagnant-perdant"
Nicolas Tenzer, intellectuel français et
président du Centre d’études et de
réflexion pour l’action politique (CERAP),
affirme que si toute décision consiste
initialement pour l'individu en un mélange
de certitudes et de doutes, c'est en raison de
ce qu'elle adviendra, en tant que décision,
comme ce qui "changera le système", ce
qui "déplacera les lignes"4.
Processus décisionnel[modifier |
modifier le code]
Déroulement logique[modifier | modifier
le code]
Pour le décideur, deux phases principales
et successives sont à distinguer :
1. la détermination du problème
(problem finding) : déterminer le
problème auquel il estime être
confronté ;
2. la résolution du problème
(problem solving) : répondre au
problème précédemment formulé.
Il est possible que les étapes nécessaires à
la résolution du problème amènent le
décideur :
 à reformuler la détermination initiale du
problème ;
 à décomposer la résolution du problème
en plusieurs étapes et notamment :
1. la collecte d'informations,
2. l'analyse de ces informations et
la création de solutions potentielles,
3. la prise de décision qui fait suite
à cette analyse consiste à faire le
choix et donc à renoncer aux autres
possibilités.
Le processus de décision est plus ou moins
rationnel, du fait de l'intrusion de biais
cognitifs et émotionnels dans ces diverses
phases. Une fois la décision prise, un
certain nombre d'effets vont se produire
conditionnant alors les prochaines prises de
décision.
Par exemple, dans un cadre juridique,
l'instruction d'une affaire qui est l'étape,
longue, de préparation et la délibération du
jury qui est courte malgré le nombre des
intervenants.
L'aide à la décision[modifier | modifier
le code]
Le mythe de la liberté absolue du décideur
s'est dissipé. Lucien Sfez, professeur
émérite de l'université Paris-I Panthéon-
Sorbonne, considère par exemple, dans son
ouvrage Critique de la décision5, que sur le
plan politique la tendance s'est inversée :
décision et pouvoir ne sont plus solidaires.
À un processus décisionnel descendant et
linéaire, il propose une analyse multi-
linéaire et systémique[précision nécessaire]. Avant
lui, Michel Foucault avait bien isolé cette
dissémination des instances décisionnelles
qu'il avait conceptualisé en "micro-
physique du pouvoir". Si la rationalité non-
entravée de l'individu n'est plus le facteur
déterminant de la décision, d'autres
processus, d'autres co-processus, s'y sont
substitués. Cet ensemble constitue ce qu'on
appelle les « techniques d'aide à la
décision. » Empruntant tantôt aux
mathématiques, à la physique, aux théories
de la communication, ces instruments,
parmi lesquels on peut citer l’algorithme
(en finance, le trading algorithmique) ou
encore le sondage (en politique, le sondage
d'intention de vote), ont pris une
importance considérable. Importance telle
qu'ils apparaissent parfois comme
coercitifs : structurant la stratégie
décisionnelle, l'approche quantitative
outrepasse désormais les notions de
sensibilité et de vision comme le remarque
Robin Rivaton, économiste et membre du
conseil scientifique de Fondapol6.
Cas spécifiques de processus
décisionnels[modifier | modifier le code]
Décisions dans le cadre de l'intelligence
économique[modifier | modifier le code]
Le processus de décision est l'un des 11
facteurs d'intelligence économique dans le
modèle de l'AFDIE. Il se compose des
critères suivants :
 processus de management stratégique et
processus décisionnel ;
 pertinence des objectifs par rapport au
champ des possibilités ;
 résultats obtenus par rapport aux
objectifs ;
 retour d'expérience et analyse des
échecs.
Décisions politiques dans l'Union
européenne[modifier | modifier le code]
Articles connexes : Processus de décision
dans l'Union européenne et Principe de
subsidiarité de l'Union européenne.
La question de savoir si les décisions
peuvent être prises au niveau de l'Union
européenne ou au niveau des États
membres s'est posée au moment des
négociations sur le traité de Maastricht
(1992).
Un protocole sur le principe de subsidiarité
a été annexé au traité instituant la
Communauté européenne (1992), révisant
le traité de Rome de 1957. Ce même
principe de subsidiarité fait l'objet d'un
protocole spécial dans le traité
d'Amsterdam.
Voir aussi :
 Processus de décision dans le traité
d'Amsterdam
 Processus de décision au niveau de la
Commission européenne
 Processus de décision pour la politique
européenne de développement durable
Décisions en matière Constitutionelle
(France)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Article 16 de la
Constitution de la Cinquième République
française.
L'article 16 de la Constitution permet, en
période de crise, de donner les pleins
pouvoirs au président de la République
française.
L'existence de cet article 16 rejoint les
difficultés évoquées ci-dessus lorsqu'il
s'agit de prendre une décision
collectivement : c'est pourquoi, en période
de crise grave, où des décisions rapides et
parfois drastiques doivent être prises, la
Démocratie républicaine accepte la
principe de donner le pouvoir de décision à
un seul décideur (en l'occurrence le
président de la République).
Le Conseil d'État précise la portée de ce
pouvoir décisionnel : il ne s'agit pas de
pouvoirs absolus, mais de pouvoirs
exceptionnels dévolus pour un objet et une
durée strictement limités
Dans la Constitution de 1958, le
mécanisme décisionnel d'une instance de
haut niveau de l’État : Au niveau du
Conseil constitutionnel en France.
Notes et références[modifier | modifier le
code]
1. ↑ Larousse Étymologique 1971,
Paris.
2. ↑ Antonio R. Damasio (trad. Marcel
Blanc), L'Erreur de Descartes
[« Descartes'error »], Paris, Odile
Jacob, 2006 (1re éd. 1995), 368 p.
(ISBN 2-7381-1713-9)
3. ↑ Philippe Urfalino, « La décision
fût-elle jamais un objet
sociologique? [archive] », texte
provisoire sur le site du
CESPRA/EHESS.
4. ↑ « Interview de Nicolas Tenzer -
Série "Faire la décision" » [archive], sur
Comfluence, juillet 2014
5. ↑ Lucien Sfez, Critique de la
décision, Presses de la Fondation
nationale des sciences politiques, 1992
(4ème édition), 571 p. (ISBN 2-7246-
0607-8), Décision, Pouvoir et
Communication
6. ↑ « Interview de Robin Rivaton -
série Faire la décision » [archive], sur
Comfluence, juillet 2014
Annexes[modifier | modifier le code]
Sur les autres projets Wikimedia :
 décision, sur le Wiktionnaire
Articles connexes[modifier | modifier le
code]
 Aide à la décision
 Comparaison par paires
 Prise de décision
 Problème de la décision
 Problème de décision
 Systèmes de prise de décision
 Théorie de la décision

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