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Entretien de Recherche

L'entretien est une méthode essentielle en réhabilitation pour évaluer et explorer les expériences humaines, permettant aux individus de partager leurs perceptions et contextes de vie. Il se caractérise par sa flexibilité, son interactivité et sa capacité à révéler des émotions, tout en respectant la confidentialité et le cadre de recherche. Les compétences de l'interviewer sont cruciales pour établir un climat de confiance et guider la conversation, favorisant ainsi une compréhension approfondie du sujet abordé.

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Entretien de Recherche

L'entretien est une méthode essentielle en réhabilitation pour évaluer et explorer les expériences humaines, permettant aux individus de partager leurs perceptions et contextes de vie. Il se caractérise par sa flexibilité, son interactivité et sa capacité à révéler des émotions, tout en respectant la confidentialité et le cadre de recherche. Les compétences de l'interviewer sont cruciales pour établir un climat de confiance et guider la conversation, favorisant ainsi une compréhension approfondie du sujet abordé.

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Entretien de recherche

Sylvie Tétreault Ph.D.

INTRODUCTION
L’entretien demeure une méthode très utilisée en réadaptation autant pour
l’évaluation clinique que pour la recherche. L’entretien est facile à planifier
et à réaliser, car la plupart des intervenants ont reçu, lors de leur formation
initiale, des notions sur l’entrevue et sur la relation d’aide. Il faut préciser
que les termes « entrevue, interview et entretien » sont utilisés de façon inter-
changeable dans les écrits pour désigner une conversation entre un informa-
teur (personne interrogée) et un intervieweur (celui qui pose les questions).
Pour les besoins de cet ouvrage, le terme entretien a été priorisé. Plusieurs
aspects pratiques de cette méthode seront présentés dans ce chapitre.

DÉFINITION DE L’ENTRETIEN
L’entretien est une méthode qui donne un accès direct à la personne, à ses
idées, à ses perceptions ou représentations. Celle-ci peut décrire ses expé-
riences et son contexte de vie. L’entretien se déroule habituellement autour
d’un thème proposé par le chercheur (Holstein & Gubrium, 2002). Il peut se
réaliser face à face, individuellement ou en groupe, au téléphone ou par
l’entremise d’une technologie (par exemple : visioconférence). L’entretien
peut varier d’une forme libre (go with the flow) jusqu’à une forme ayant des
questions très structurées (par exemple : Pourriez-vous me nommer trois élé-
ments qui nuisent à votre qualité de vie ?). Dans cette section, il sera surtout
question de l’entretien qualitatif avec des questions ouvertes. Pour l’entretien
structuré, il est possible de se référer aux sections sur le sondage et le ques-
tionnaire.
En fait, l’intérêt d’utiliser l’entretien comme méthode de collecte de don-
nées est lié à l’intention du chercheur d’explorer des expériences humaines,

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 215


de découvrir ce que les personnes pensent, font ou ont l’intention de faire.
Il s’agit d’offrir l’opportunité à un individu de s’exprimer et de mettre en
mots sa compréhension de ce qu’il vit. L’entretien ressemble à une conversa-
tion où l’interviewer manifeste dès le départ son besoin d’informations et
son intérêt d’écouter l’autre. L’entretien en profondeur et dynamique se place
dans une approche phénoménologique, c’est-à-dire qu’il explore la réalité
perçue par la personne, afin de mieux saisir les différentes facettes d’un
phénomène donné.

FONCTIONS DE L’ENTRETIEN
Dans son sens large, l’entretien peut avoir de nombreuses fonctions comme
interroger sur un sujet précis, transférer des informations (par exemple :
éducation thérapeutique), soutenir ou évaluer les connaissances d’une per-
sonne. Il peut s’agir d’un entretien exploratoire, qui permet de se familiari-
ser à une situation et de découvrir un phénomène. En fait, il importe de bien
distinguer la conversation informelle (celle de tous les jours lors des échanges
avec les autres), l’entrevue clinique (utile pour l’intervenant afin d’évaluer
le patient et d’assurer son suivi) et l’entretien de recherche (cueillette d’in-
formations pour répondre à une question de recherche). Par ailleurs, il faut
aussi discriminer l’entretien qualitatif (avec des questions ouvertes) de celui
qui se limite à un questionnaire prédéterminé avec des questions fermées ou
un choix restreint de réponses (comme dans les sondages ou les enquêtes).
De fait, le niveau de « flexibilité » de l’entretien se trouve contraint lorsqu’il
y a des questions structurées avec une orientation évaluative, alors qu’il
s’avère plus important s’il s’agit d’une forme plus narrative qui offre à la
personne la liberté de choisir les thèmes à aborder. Les objectifs de l’entre-
tien ainsi que les moyens disponibles pour le faire sont d’autres éléments à
considérer. En somme, la fonction principale de l’entretien de recherche
consiste à approfondir la compréhension d’un thème à travers le discours
d’une personne. Cette démarche permet de reconstruire la réalité et de
découvrir le sens de ce que la personne dit et vit.

CARACTÉRISTIQUES DE L’ENTRETIEN
L’entretien de recherche possède cinq caractéristiques.
D’abord, la première caractéristique de l’entretien consiste à permettre à
une personne de contribuer à l’avancement des connaissances sur un sujet
précis. D’ailleurs, le mot « interview » se rapporte souvent au journaliste qui

216 Guide pratique de recherche en réadaptation


interroge quelqu’un dans le but de publier ses propos et donc d’en faire une
diffusion publique. Par conséquent, il s’avère essentiel dès le départ de bien
expliquer l’utilisation potentielle (par exemple : publication, communi-
cation scientifique) des éléments provenant de l’entretien. Le fait qu’il soit
enregistré confirme l’importance des déclarations obtenues et la possibilité
de les réécouter, de les analyser. Il faut s’assurer que la personne comprenne
la démarche de recherche et qu’elle puisse avoir la possibilité d’ajouter des
éléments, d’ajuster ou de retirer ses propos. Le temps de « conservation » des
données recueillies doit aussi être mentionné lors de l’introduction. Habi-
tuellement, les informations obtenues au cours d’un entretien de recherche
sont détruites environ deux ans après la publication des travaux ou de
l’étude. Ce délai variera selon les demandes du comité d’éthique ou de l’ins-
titution encadrant les travaux de recherche.
Deuxièmement, il doit être interactif tout en étant intrusif. Par contre, il ne
doit pas être menaçant ou déstabilisant pour la personne interrogée. Géné-
ralement, l’entretien doit être souple et permettre à l’interviewer de saisir
des opportunités pour explorer certains aspects novateurs ou complexes.
Pour cela, l’interviewer doit démontrer de bonnes habiletés de communica-
tion et une ouverture à l’autre, afin de l’amener à s’exprimer le plus libre-
ment possible. Il doit veiller à maintenir la conversation et permettre à la
personne d’approfondir sa réflexion. Ainsi, la façon d’établir le contact et de
développer un lien de confiance amènera la personne interrogée à prendre
l’initiative de parler et d’aborder des pensées plus intimes. Ceci repose en
partie sur l’habileté de l’interviewer d’établir sa crédibilité comme confident
et de confirmer la confidentialité des propos entendus. Il importe que la
personne interrogée soit à l’aise de puiser dans son vécu et d’aborder des
aspects autant concrets qu’émotionnels.
Une troisième caractéristique de l’entretien repose sur son apparence spon-
tanée et naturelle alors qu’il suit une trame prédéfinie par le guide d’entre-
tien. Il vise essentiellement à recueillir des informations à partir de questions
prédéterminées (ou encore des thèmes à explorer). Le guide d’entretien
variera selon le niveau de flexibilité déterminé par l’interviewer, car il s’agit
d’une communication active et surtout unidirectionnelle. En effet, le cher-
cheur pose des questions, demande des précisions, prend des attitudes
d’écoute et d’encouragement. Par contre, il ne donne pas d’informations
personnelles, jamais d’avis ou de commentaires sur les propos entendus. En
fait, le déroulement de l’entretien repose sur deux éléments fondamentaux,
soit la motivation de la personne à s’exprimer sur un sujet et la capacité de
l’interviewer à poser les bonnes questions au bon moment.
Selon Siedman (2006), une autre caractéristique de l’entretien concerne la
possibilité de la scinder en trois phases, parfois sur trois périodes distinctes.
Pour cet auteur, la première phase doit surtout être de nature narrative. Les

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 217


questions posées amènent la personne à décrire son expérience et à faire le
tour de la thématique de recherche. Lors de la deuxième phase d’un entretien,
l’individu est amené à fournir des détails et à préciser ses idées. Cela lui per-
met de revisiter son discours, de prendre davantage conscience de son expé-
rience et de reconstruire ce qu’il a vécu. Durant la troisième phase, les
questions amènent la personne à exprimer sa compréhension des évènements,
au-delà d’une évaluation de sa satisfaction ou d’une énumération des retom-
bées de ce qu’elle a vécu. Il s’agit plutôt de favoriser des interrelations entre
l’intellectuel (la raison) et l’émotionnel (le ressenti). Voici quelques exemples
de questions à utiliser :
 Considérant tout ce que vous venez de me dire à propos de votre situa-
tion, comment ces évènements se manifestent-ils dans votre vie de
tous les jours ?
 Actuellement, quel sens cela a pour vous ?
 Comment entrevoyez-vous votre avenir ?

Cette orientation, qui se base sur une notion de sens et de compréhension


de son expérience personnelle, demande à l’individu d’explorer de quelles
façons les éléments abordés lors de l’entretien interagissent avec sa situation
présente et future.
La cinquième caractéristique réside dans la nature révélatrice de l’entre-
tien. À cet effet, la personne qui parle ne peut pas être détachée ou insen-
sible à ses propres paroles. À travers ce qu’elle dit, elle revit l’évènement, elle
retourne dans ses souvenirs et peut se retrouver envahie par de multiples
émotions. Cet état peut l’amener à manifester son chagrin, sa colère ou son
désespoir. Considérant cela, l’entretien peut prendre une direction diffé-
rente de celle prévue au départ. L’habileté de l’interviewer à faire face à des
situations impromptues est alors mise à rude épreuve. En cas d’émotions
trop intenses, l’interviewer peut proposer différentes alternatives, comme
offrir un temps de repos, arrêter l’entretien et le reprendre une autre fois ou
bien proposer à la personne interviewée d’écrire ce qu’elle ressent. Quelle
que soit la réaction, il est essentiel de reconnaitre le contenu émotif de la
personne, de le nommer et de l’inviter à exprimer ce qu’elle désire en faire
dans le cadre du présent entretien. Le texte proposé par Hould (2009) donne
des indications sur plusieurs situations pouvant être rencontrées lors d’en-
tretiens de recherche. Pour faciliter les interactions pendant l’entretien, le
tableau 1 propose diverses façons d’agir en tant qu’interviewer. Il faut tou-
jours garder en tête que, de façon générale, l’entretien de recherche n’a pas
de visée thérapeutique ou encore qu’il ne cherche pas à offrir un soutien
émotionnel ou technique précis.

218 Guide pratique de recherche en réadaptation


Tableau 1. Suggestions en lien avec des comportements de la personne
interrogée, collaboration avec Jean-Michel Caire Ph.D. (cand.),
Institut de Formation en Ergothérapie de Bordeaux.

Comportements
de la personne Propositions de la part de l’interviewer
interrogée
Anxieuse, inquiète  Établir un climat de confiance
 Rassurer sur sa performance
 Avoir une attitude de soutien pour encourager la réponse
 Faire preuve de compréhension en utilisant une écoute active
 Utiliser un message clair et précis afin de rassurer la personne
 Orienter la personne vers l’objectif de l’entretien et le thème proposé
 Mentionner que c’est son opinion qui nous intéresse
 Si l’anxiété est trop forte et inhibe la personne dans ses réponses, aborder
les questions de la conclusion et remercier la personne de sa participation

Se blâme, s’accuse  Faire preuve d’ouverture et laisser la personne s’exprimer


ou se condamne  Utiliser la règle des six secondes de silence pour faciliter l’expression de
l’autre
 Aider à structurer sa pensée et faire des liens avec la thématique proposée
 Apaiser la personne et reprendre l’entretien
 Ne pas poursuivre l’exploration du blâme ou des critiques, car l’objectif de
l’entretien n’est pas de remédier à la situation
 Si les propos se répètent et que la personne persiste, aborder les questions
de la conclusion et remercier la personne de sa participation
 Utiliser la technique du brouillage, qui consiste à désamorcer la situation
en donnant raison sur certains éléments énoncés par la personne, afin de
poursuivre l’entretien
Pleure, sanglote  Arrêter l’entretien et l’enregistrement
 Attendre quelques instants en silence que la personne se calme
 Reconnaître son émotion et lui offrir d’être seul ou de sortir de la pièce
 Nommer les émotions pour les détecter et les apprivoiser
 Lui offrir de l’eau et un mouchoir en papier
 Vérifier son intérêt à poursuivre ou non l’entretien
Crie et se fâche  Arrêter l’entretien, attendre et écouter la personne
 Indiquer que sa colère est compréhensible, mais que vous n’avez pas à la
subir et que vous n’avez aucun pouvoir de changer sa situation
 Articuler les opinions avec les faits : elle est furieuse, à cause de quelles
circonstances ? Dans quel contexte ? (à mettre en lien avec la thématique)
 Ne pas argumenter, ni provoquer la personne par des questions
 Ne tolérer aucune violence verbale ou physique

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 219


Comportements
de la personne Propositions de la part de l’interviewer
interrogée
Crie et se fâche  Aborder la façon d’échanger plutôt que le contenu de l’entretien, en disant
(suite) clairement que l’agressivité ne mène à rien et qu’il est préférable de
trouver un ton plus agréable pour poursuivre la discussion
 Évaluer comment la situation évolue, si la personne se calme, offrir un
moment d’arrêt. Reprendre cinq minutes après.
 L’inviter à s’exprimer sur les raisons de cette colère, puis faire des liens afin
de reprendre l’entretien
 Si la situation et les comportements semblent menaçants pour votre
intégrité (physique ou mentale), remercier la personne, ramasser votre
matériel et quitter la pièce immédiatement
Garde le silence  Respecter le silence
 Utiliser la règle des six secondes de silence pour faciliter l’expression de
l’autre
 Attendre jusqu’à ce que la personne s’exprime
 Vérifier son niveau de compréhension et son intérêt à poursuivre

Répond vaguement  Reformuler la question en offrant une rétroaction de ce que vous avez
à la question compris du discours de l’autre
 Prendre des éléments de la réponse et demander des précisions
 Proposer d’approfondir des éléments de la réponse
 Aider à structurer sa réponse avec des sous-questions
 Utiliser une feuille d’entretien avec les concepts clés à explorer (facilite
l’organisation de la pensée)
 S’assurer que la personne est disposée à explorer avec vous la thématique

Ne répond pas  Reformuler la question


adéquatement à la  Répéter la réponse et vérifier ce qu’elle veut dire
question  Simplifier les questions, introduire certaines questions fermées (oui, non
ou un choix de réponses)
 Aider à structurer la réponse avec des sous-questions
 Tenter de comprendre pourquoi elle répond de cette façon
 Utiliser une feuille illustrant les concepts clés à explorer (facilite l’orga-
nisation de la pensée)
 Respecter sa réponse même si elle ne vous semble pas en accord avec vos
représentations

Rit nerveusement  Arrêter l’entretien et l’enregistrement


ou d’une façon  Attendre que la personne se calme
incontrôlée  Vérifier si quelque chose la rend mal à l’aise
 Vérifier si elle désire une pause
 Reprendre dès qu’elle semble prête à poursuivre

220 Guide pratique de recherche en réadaptation


Comportements
de la personne Propositions de la part de l’interviewer
interrogée
Pose des questions  Mentionner que ces questions ne sont pas en lien avec l’objectif de
personnelles ou en l’entretien, que les gestes (par exemple à connotation sexuelle) sont
dehors du sujet, a inacceptables
des gestes déplacés  Souligner que ces informations ne peuvent pas être données dans le cadre
de l’entretien, qu’elles n’ajoutent rien à la démarche de recherche
 Si la personne insiste, préciser que les gestes sont déplacés et que vous
devez mettre fin à l’entretien

Se lève et marche  Demander à la personne si elle a besoin d’un temps d’arrêt


dans la pièce  Vérifier son intérêt à poursuivre l’entretien
 S’assurer qu’elle revienne à la table ou que l’enregistrement puisse se faire
si elle continue à se déplacer
 Différer l’entretien si nécessaire

Quitte subitement  Arrêter l’entretien et attendre cinq minutes que la personne revienne
la pièce  Si le délai se prolonge, aller voir si la personne a besoin d’aide
 Si la personne a quitté les lieux et qu’elle ne revient pas, ramasser votre
matériel et quitter à votre tour
 Écrire à la personne pour vérifier si ce sont vos questions qui ont provoqué
son attitude
 Vérifier si elle conserve un intérêt à poursuivre ou non la démarche

ÉLABORATION DE L’ENTRETIEN
L’entretien autant par sa forme, son contenu et son organisation doit être
soigneusement planifié. Cette section vise à donner des informations pra-
tiques pour élaborer et réaliser un entretien de recherche.

Types d’entretien
Lors de la planification de la démarche, il est nécessaire de déterminer le
type d’entretien désiré. Cette décision se base sur les objectifs de l’étude et
les attentes du chercheur selon le besoin d’information. Classiquement, il
existe trois types d’entretien, soit : structuré (directif), semi-structuré (semi-
directif) et libre (non directif).

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 221


• Entretien structuré
L’entretien structuré se compose d’une liste de questions précises ayant un
ordre prédéterminé. L’introduction de l’entretien, les rétroactions et les
reformulations doivent être déterminées à l’avance. Elles sont basées sur des
phrases standardisées et validées. En conséquence, l’interviewer a peu de
liberté, car il doit suivre un guide. Celui-ci comporte des questions fermées (la
réponse étant oui, non ou non-applicable) ou encore des choix de réponses.
Cette méthode peut facilement remplacer le questionnaire auto-administré.
Toutefois, elle demeure plus intéressante puisque grâce à l’entretien il y a un
contact direct avec la personne et la possibilité de vérifier sa compréhension
des questions. Pour choisir l’entretien structuré, il faut que la thématique
soit bien opérationnalisée (c’est-à-dire les variables sont définies et la façon
de les mesurer est précisée) et que les indicateurs soient déterminés.
En somme, les caractéristiques de l’entretien structuré lui confèrent davan-
tage de fiabilité. Par exemple, Lange et ses collaborateurs (2011) ont pris
l’entretien structuré pour explorer le niveau de satisfaction de différentes
consoles (Playstation, Wii, Wii Fit, Xbox) utilisés en réadaptation avec des
personnes ayant un problème d’équilibre. L’entretien (questionnaire d’ap-
préciation) portait sur la perception de la technologie, le niveau de moti-
vation et le potentiel de changement en lien avec le jeu. Pour leur part,
Wolstencroft, Oades, Caputi et Andresen (2010) ont voulu développer un
entretien structuré pour documenter les différentes étapes de récupération
(psychological recovery) que traverse une personne ayant un problème de santé
mentale. Suite à une recension des écrits, ils ont identifié cinq étapes pour
élaborer leur guide d’entretien, soit : (1) le moratoire (absence d’espoir, non-
responsabilité face à son bien-être) ; (2) la reconnaissance (prise de conscience
qu’une récupération est possible) ; (3) la préparation (exploration de ce qui
est possible de faire ou d’entreprendre) ; (4) la reconstruction (prise de
contrôle de sa propre vie) et (5) la croissance (établissement d’une perception
positive de soi et un engagement vers le futur). Afin de saisir le contenu de
cet entretien structuré, voici un exemple d’une question fermée qui concerne
l’étape de moratoire :

Lorsque vous songez à votre futur, pensez-vous qu’un rétablissement ou


qu’une meilleure vie est impossible pour vous ?
 Oui  Non

222 Guide pratique de recherche en réadaptation


• Entretien semi-structuré
L’entretien semi-structuré est une méthode plus souple, qui représente un
intermédiaire entre les deux autres. Elle se retrouve habituellement dans les
recherches qualitatives en réadaptation. L’entretien semi-structuré com-
porte des questions prédéterminées abordant différents thèmes pertinents
au sujet de recherche. L’ordre de ces questions demeure flexible, car il doit
suivre le fil du discours de la personne interrogée. Ainsi, l’interviewer a la
possibilité de poser les questions au fur et à mesure que la personne parle, et
ce, au moment qu’il juge le plus adéquat. Son rôle est de l’aider à se concen-
trer sur la thématique de recherche. La souplesse de l’entretien semi-struc-
turé permet de poser des questions de manière à établir des liens entre les
différents sujets et à approfondir davantage certains éléments énoncés par le
participant. Par exemple, l’étude de Van Der Riet, Dedkhard et Srithong
(2012) porte sur l’expérience des thérapies complémentaires (ou alternatives)
par des personnes ayant un accident vasculaire cérébral et sur leur perception
de leurs progrès. Pour cela, les participants ont dû répondre à trois questions :
1. Pourriez-vous décrire les traitements reçus (massage thaï et
herbes médicinales) ?
2. Quelle est votre perception des effets obtenus, plus précisément
en ce qui concerne vos habiletés physiques, la douleur, votre
sommeil et votre humeur ?
3. Est-ce que vous recommanderiez ces traitements complémen-
taires à des personnes dans votre situation ?

Afin de faciliter les réponses portant sur la perception, des auteurs ont parfois
employé une feuille réponse illustrant des expressions faciales (échelle ana-
logique) de triste à joyeuse. Un autre exemple d’utilisation de l’entretien
semi-structuré, combiné à un focus groupe et des observations sur le terrain
(soit le jardin), se retrouve dans l’étude d’Adevi et Lieberg (2012). Ces cher-
cheurs désirent mieux comprendre les facteurs significatifs liés au proces-
sus de récupération (psychologique et physique), suite à un stress important.
Ils s’intéressent particulièrement à l’apport du jardinage et du contact avec
la nature comme modalité thérapeutique. Pour cela, ils ont fait des entre-
tiens avec des thérapeutes en horticulture provenant d’un établissement en
santé mentale. Ceux-ci se servent du jardinage avec des personnes ayant eu
un stress post-traumatique (exhaustive disorder). À l’aide d’un guide d’entre-
tien très large, ils ont demandé de décrire leur situation comme intervenant
et d’expliquer les liens qu’ils établissent avec les patients au contact du jar-
dinage. Les chercheurs ont également complété cette collecte de données
avec des observations terrain ainsi qu’un focus groupe.

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 223


• Entretien libre
Lors de l’entretien libre, c’est le phénomène étudié et son explication qui
servent de base à l’interviewer. De fait, la façon dont la personne réagit au
thème de départ, ses propos et la dynamique créée par la conversation repré-
sentent des éléments permettant l’émergence de questions. Au fur et à mesure
que se déroule l’entretien, l’interviewer fait un bilan des informations reçues
et s’ajuste selon son besoin d’information. Par exemple, Coenen, Stamm,
Stucki et Cieza (2011) posaient la question de départ à des personnes arthri-
tiques : « Lorsque vous pensez à votre vie de tous les jours, quels sont vos pro-
blèmes ? ». Par la suite, un modèle théorique (dans cette étude, la classification
Internationale de Fonctionnement : CIF) a servi à guider le questionnement
autour de quatre dimensions : fonctions du corps, structures du corps, activi-
tés et participation. La personne devait aussi explorer les facteurs environne-
mentaux (barrières et facilitateurs) qui influencent sa vie de tous les jours.

Guide d’entretien
Le guide d’entretien est un texte comportant les différents éléments devant
être abordés. Il contient les questions prédéterminées dans un ordre logique,
ce qui assure une continuité dans la collecte des informations. Habituelle-
ment, il comporte quatre parties, soit : (1) l’introduction de l’étude et du
thème ciblé ; (2) les considérations éthiques ; (3) les questions en lien avec la
thématique ; (4) la conclusion de l’entretien, incluant les remerciements. Un
exemple d’un guide d’entretien utilisé avec des parents immigrants (Tétreault
et al., 2014) se retrouve à l’annexe 2.

1re PARTIE : INTRODUCTION ET


CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES
L’introduction doit être élaborée avec précision, car elle est le point de départ
de la conversation. Il faut bien situer la recherche et préciser les objectifs de
celle-ci. Il importe également d’énoncer les différents sujets qui seront abordés
au cours de l’entretien. Le chercheur doit s’assurer de la compréhension de la
personne et vérifier si elle a des questions en lien avec la recherche.
La question initiale est souvent ouverte et large. Cette première question
permet d’identifier dès le début le phénomène étudié. Elle cerne les zones
ou les aspects à explorer par la personne. En voici deux exemples :

224 Guide pratique de recherche en réadaptation


 De quelle manière avez-vous adapté votre vie quotidienne à la mai-
son, suite à votre accident vasculaire cérébral ?
 Que se passe-t-il lorsque votre enfant désire vous exprimer un besoin et
que vous ne le comprenez pas ? Pourriez-vous me donner des exemples ?

Le tableau 2 propose différents éléments à intégrer dans l’introduction et


spécifie certaines considérations éthiques.

Tableau 2. Éléments de l’introduction, incluant les considérations éthiques.

Introduction  Se présenter et indiquer son rôle dans l’étude


 Nommer le titre et les objectifs de l’étude
 Nommer la personne et s’assurer qu’elle correspond bien aux critères
de sélection (ceci peut être fait au téléphone, lors de la prise de
rendez-vous)
 Indiquer les différentes sections de l’entretien (catégories d’informations
qui seront recueillies)
 Préciser le temps prévu pour l’entretien
 Valider la volonté de la personne de participer à l’entretien
 Rassurer la personne concernant sa participation et ses réponses

Considérations  Lire le formulaire de consentement


éthiques  Vérifier la compréhension du contenu du formulaire et le faire signer
(si ce n’est pas fait)
 Préciser l’utilisation potentielle des données et les préjudices éventuels
 Indiquer que l’entretien peut être interrompu et que la personne est
libre de se retirer de la recherche à tout moment
 Souligner les mesures prises pour garantir l’anonymat des données et
la confidentialité
 Répondre aux questions de la personne
 Signer le formulaire de consentement et en remettre une copie au
participant

Dès le début de la rencontre, l’interviewer doit permettre à la personne de


s’impliquer rapidement dans les échanges. Idéalement, le fait d’être l’un en
face de l’autre (avec ou sans table) favorise le contact visuel et stimule les
échanges. De courtes questions factuelles et informelles doivent l’amener à
parler, avant même d’amorcer la thématique à proprement dit. Par exemple :
« Avez-vous trouvé facilement l’endroit ? Êtes-vous bien installé ? Avez-vous
besoin d’un verre d’eau ? Est-ce que la température de la pièce vous convient ? ».
Cette conversation un peu banale favorise un climat d’échange et facilite
l’engagement graduel de la personne. Les longues introductions avec des

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 225


statistiques et des résultats de recherche sont à éviter puisque celles-ci peu-
vent diminuer le niveau d’attention de la personne. Il est préférable d’adop-
ter une approche simple de la thématique. Également, il est pertinent de
poser d’abord des questions sur la situation présente avant d’interroger sur
le passé ou le futur.

2e PARTIE : CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES


Plusieurs considérations éthiques doivent aussi être abordées, dont le formu-
laire de consentement, l’enregistrement de la discussion, l’utilisation poten-
tielle des données et la possibilité de se retirer en tout temps. Le formulaire
de consentement doit être expliqué et signé, si cela n’a pas été fait au préa-
lable. Un exemple d’un feuillet d’information et d’un formulaire de consen-
tement utilisé par Chrétien-Vincent (2013) se retrouve à l’annexe 3.

3e PARTIE: QUESTIONS EN LIEN


AVEC LA THÉMATIQUE
La construction des questions pour un entretien qualitatif demeure une
tâche ardue, mais fort intéressante. Il faut d’abord structurer l’ensemble de
l’entretien. Moscovici et Buschini (2003, p. 156-157) recommandent :
« de partir du concret et du particulier pour aller vers le général et
l’abstrait. […] La situation ne s’est dénouée qu’à partir du moment où
j’ai commencé à demander de quelle façon les personnes organisaient
leur vie […] pour passer ensuite, pour chaque description, du comment
au pourquoi, explorant avec elles les significations de leurs conduites
ou leurs interprétations de la conduite [des autres] ».

Pour élaborer la structure de l’entretien, Kvale et Brinkmann (2009) sug-


gèrent de documenter au préalable trois questions :
1. Pourquoi : il faut identifier clairement le but et les objectifs de la
recherche ;
2. Quoi : il faut compiler des informations scientifiques et empiriques
sur le thème que vous désirez explorer ;
3. Comment : il faut connaître et examiner différentes techniques d’en-
tretien et d’analyse, puis déterminer celle que vous désirez utiliser.

Ces mêmes auteurs proposent des principes pour considérer l’aspect tempo-
rel de l’entretien. D’abord, il faut s’assurer que les questions posées couvrent

226 Guide pratique de recherche en réadaptation


l’ensemble de la thématique de recherche et qu’elles permettent d’en avoir
une vision claire. Des éléments de transition sont nécessaires entre les diffé-
rentes sous-parties de l’entretien afin d’assurer sa fluidité et de faciliter la
compréhension du participant. De plus, cette continuité permet au partici-
pant de demeurer centré sur le sujet. Le fils conducteur de l’entretien le
guidera à travers ses idées et ce qu’il ressent, cela facilitera le déroulement
de la rencontre.
Au cours de l’entretien, il importe d’inclure des questions qui favorisent
l’approfondissement et la réflexion sur la thématique. Elles doivent être
introduites une fois que les éléments principaux ont été mentionnés et que
la personne semble prête à explorer davantage le sujet. L’interviewer doit
être vigilant aux réactions et aux propos du participant afin de cibler le
moment opportun où ces questions peuvent être abordées. Parfois, la ques-
tion n’apporte pas ce que le chercheur désire avoir. Il faut être attentif à ce
que la personne veut dire, mais aussi à ce qu’elle ne veut pas dire ou à ce
qu’elle hésite à dire. De plus, le langage corporel peut traduire beaucoup
d’informations non dites.
Il faut souligner que l’organisation des questions doit permettre un mouve-
ment d’aller-retour pour créer comme une spirale, plutôt qu’un processus
trop linéaire. Lors de la préparation des questions, il faut toujours garder en
tête l’objectif et le but de l’entretien ainsi que les attentes vis-à-vis les per-
sonnes interviewées. Dans les écrits consultés, plusieurs éléments de nature
technique sont recommandés. Ils se retrouvent au tableau 3.

Tableau 3. Suggestions pour l’élaboration des questions.

 Utiliser une structure simple


 Élaborer une question courte contenant une seule idée
 Formuler la question en s’inspirant du langage parlé plutôt qu’écrit
 Vérifier à ne pas inclure des termes techniques ou des abréviations. Si cela est impossible,
prendre le temps de les expliquer à l’aide d’un langage simple, d’une image, d’un schéma
ou d’un texte écrit
 Éviter d’utiliser la double négation (par exemple : Ne croyez-vous pas qu’il ne faudrait pas… ?)
 Préciser les termes complexes ou moins connus, au besoin utiliser une illustration, une
figure ou un schéma
 Éviter de suggérer des réponses ou de les diriger
 Préparer des phrases pour les transitions entre les sous-sections

Pour sa part, McNamara (2009) fait plusieurs recommandations précises


pour élaborer des questions efficaces. D’abord, il suggère d’utiliser davan-
tage de questions ouvertes, car elles permettent à la personne de choisir ses

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 227


propres mots pour répondre. Afin de ne pas influencer les réponses, il est
également proposé d’adopter un ton neutre dans la rédaction des questions
ainsi que face aux réponses des participants. L’interviewer devrait s’abstenir
de tout commentaire ou remarque.
Lors de l’élaboration du guide de l’entretien, il importe que les questions
soient claires et précises avec une seule idée. Il faut vérifier si elles sont en
lien avec la question principale. Le chercheur doit se demander quel sera
l’apport des réponses à son étude. Si elles ne contribuent pas à répondre à la
question de recherche, si elles n’apportent pas d’éléments pertinents ou
encore fournissent des énoncés non utilisables, elles devraient être retirées.

Types de questions
Généralement, les écrits distinguent deux catégories de question, soit ouverte
et fermée. Il existe les questions classiques qui débutent par : Qui ? Que ?
Quoi ? Comment ? Pourquoi ? Il est également fait mention de questions
directes ou indirectes. Il est suggéré de poser des questions directes lorsque
la réponse désirée est en lien avec une expérience, une description ou un
jugement. S’il s’agit de sentiments, d’émotions ou de sensations, il est préfé-
rable d’utiliser des questions indirectes. Dans le cadre de ce livre, l’accent
est porté sur l’intention derrière la question, c’est-à-dire quelle est l’infor-
mation que vous désirez obtenir sur un phénomène ou sur une situation.
En fonction de cette information, il est nécessaire de sélectionner la façon
la plus adéquate de questionner pour l’obtenir. Le tableau 4 propose diffé-
rents types de questions inspirées des écrits de Kvale et Brinkmann (2009)
ainsi que de Patton (2002).

Tableau 4. Types de questions et exemples.

Information
Exemples de questions
désirée
Opinion ou  Pourriez-vous me donner votre opinion sur… ?
croyance  Que pensez-vous de… ?
Concerne ce que la  Si vous étiez confronté à…, que feriez-vous… ?
personne pense ou  Pourquoi croyez-vous que cette méthode pourrait vous convenir ?
croit  Comment pensez-vous que la pratique évoluera au cours des prochaines
années ?
 Si vous avez l’impression d’avoir un problème avec…, que feriez-vous ?
 Que signifie pour vous le concept de... ?
 Selon vous, quelle est l’utilité de… ?
 Qu’est-ce qui détermine votre choix de… ?

228 Guide pratique de recherche en réadaptation


Information
Exemples de questions
désirée
Connaissance  Si vous aviez besoin de…, à qui pourriez-vous le demander ?
Vise les faits ou les  Quelles sont les ressources actuellement disponibles dans votre commune ?
informations que la  Connaissez-vous des endroits inaccessibles dans votre région ?
personne connait  Qui offre des services de loisirs pour les adultes handicapés ?
 Comment différenciez-vous… de… ?
 Que devez-vous faire pour prévenir un mal de dos ?
Expérience ou  Comment avez-vous acquis ces compétences ?
comportement  Comment procédez-vous à… ?
Se rapporte à ce  Quel type de traitement faites-vous avec… ?
que la personne fait  Quelles difficultés rencontrez-vous lorsque... ?
ou a réalisé  Quelles sont les limites de… ?

 Quelles sont vos activités durant la semaine ?


 Comment se répartissent les tâches entre vous et… ?
 Que faites-vous lorsque vous terminez… ?
 De quelle manière intégrez-vous le conjoint dans vos activités ?
 Pourquoi utilisez-vous cet outil pour… ?
 Pour quelles raisons la communication avec… est complexe ?
Sentiment  Comment vous sentez-vous vis-à-vis… ?
Vise à explorer ce  Comment envisagez-vous l’avenir de… ?
que la personne  Quels sont les sentiments que vous éprouvez devant… ?
ressent  Suite à cette expérience, qu’avez-vous ressenti ?
 Qu’est-ce que vous apporte votre travail auprès de… ?
 Lorsque cela se passe, que ressentez-vous ?
 En ce moment, quels sont vos sentiments concernant la situation de… ?
 Quels sont vos espoirs ? Vos craintes ? Vos désirs ?
 Qu’est-ce qui vous rend triste ? Heureux ? Anxieux ?
 Comment vivez-vous certains comportements agressifs de… ?
Aspect sensoriel  Qu’avez-vous vu lors de… ?
Concerne ce que la  Qu’avez-vous entendu ?
personne a vu,  Lorsque vous avalez un aliment solide, que ressentez-vous ?
entendu, touché,  Où se situe la douleur que vous ressentez ?
senti ou goûté  Quel type de douleur ressentez-vous lors de... ?
 Dans quelle position êtes-vous le plus confortable ?
Caractéristique Il existe des questions ouvertes :
sociodémogra-  Quelle est votre date de naissance ?
phique  Quel est votre niveau de scolarité ?

 Quel est votre travail (ou occupation) ?


Décrit la personne
 Quel est votre revenu ?

 Quel est votre état civil ?

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 229


Information
Exemples de questions
désirée
Se rapporte aux  Combien avez-vous d’enfants ?
données standards  Comment pourriez-vous qualifier votre état de santé ?
en lien avec l’âge,  Quels sont les problèmes de santé que vous avez eus au cours de la
l’éducation, le dernière année ?
travail, le revenu…
Il est aussi possible d’offrir un choix de réponses :
 Dans quelle catégorie d’âge vous situez-vous ?

 Quelle catégorie correspond à votre niveau de scolarité ?

 Parmi cette liste, quelle description correspond le plus à votre travail

actuel ?
 Dans quelle catégorie se situe votre revenu ?

 Considérant votre état civil, quelle catégorie correspond le mieux à votre

situation ?

Afin de faciliter l’approfondissement de la réflexion du participant, il est


possible de préparer des questions complémentaires (tableau 5).

Tableau 5. Questions complémentaires pour faciliter l’entretien.

De stimulation  Vous venez de dire.... Puis, qu’arrive-t-il après ?


Probing question  Je vois ce que vous voulez dire, et… ? Ensuite… ?
 Comment pourriez-vous résumer votre pensée ?
 Qu’est-ce qui vous amène à dire cela ?
 En conséquence, qu’arrive-t-il à… ?

De précision et  Que voulez-vous dire par… ?


d’approfondisse-  Pourriez-vous expliquer davantage votre idée ?
ment  Pourriez-vous me donner un exemple pour illustrer votre idée ?
 Pourriez-vous m’indiquer où cela se produit ? À quel moment ? Dans quelles
circonstances ? Avec qui ?
 Pour quelles raisons intervenez-vous de cette façon ?
 Pourriez-vous me préciser la séquence des évènements ?
 Pourriez-vous élaborer davantage ?
 Pourriez-vous m’en dire plus sur… ?
 Quels sont les liens entre ce que vous venez de dire et… ?

De redirection  Ce que vous dites est intéressant, mais j’aimerais vous entendre sur ce
sujet précis, soit…
 Croyez-vous que nous pourrions revenir sur la question, à savoir… ?

230 Guide pratique de recherche en réadaptation


De temps  Au cours de la dernière année, qu’avez-vous observé comme changement ?
 Au cours de votre hospitalisation, qu’avez-vous fait pour… ?
 Au cours de votre carrière, quels sont les évènements les plus importants ?
 Que faites-vous actuellement pour… ?

D’expérience  En tenant compte de votre pratique comme ergothérapeute, qu’est-ce que


vous estimez… ?
 Considérant le travail en équipe, qu’avez-vous observé chez… ?

De suivi  Suite à votre visite en…, qu’avez-vous modifié dans vos activités de la vie
quotidienne ?
 Pourriez-vous me parler de ce que nous avons discuté la dernière fois et
comment cela a été intégré dans vos activités ?

4e PARTIE : CONCLUSION DE L’ENTRETIEN


Il est intéressant de garder une question générale pour clore l’entretien. Par
exemple : « Nous avons parlé de plusieurs éléments en lien avec votre situa-
tion et des services que vous avez reçus. J’aimerais connaître votre apprécia-
tion générale de la situation. Avez-vous des suggestions à faire pour améliorer
les services offerts ? » En fait, la dernière question doit inviter la personne à
fournir toute information qu’elle juge pertinente et qui n’a pas été abordée
au cours de l’entretien (tableau 6). Elle peut aussi donner un aperçu de sa
satisfaction concernant l’entretien. En somme, l’ensemble de l’entretien
repose sur une préparation soigneuse et une connaissance préalable de la
problématique explorée.

Tableau 6. Éléments de la conclusion.

 Vérifier si la personne a des éléments à ajouter ou des questions à poser


 Fournir les coordonnées du responsable de l’étude pour toute information supplémentaire
ou suivi
 Vérifier si la personne désire un rapport synthèse de l’étude et prendre ses coordonnées,
selon le cas
 Remercier pour la collaboration et le temps consacré à l’entretien

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 231


RÉALISATION DE L’ENTRETIEN
Organisation
L’entretien idéal se situe entre 60 et 90 minutes. Au-delà de cette période, la
personne se fatigue et risque de perdre de l’intérêt à la conversation. Selon
sa condition ou son âge, il est possible de lui proposer plus d’une rencontre.
Il faut aussi tenir compte de l’endroit où il se déroule. Particulièrement, il
faut veiller au confort de la personne, s’assurer qu’il est possible de se placer
face à face. Il faut évaluer la luminosité, la présence de bruits dérangeants
(par exemple : si près d’une rue ou d’une circulation dense), la température
et la disposition de la pièce. Idéalement, une table permet de déposer l’enre-
gistreuse et les autres documents (par exemple : formulaire de consente-
ment). De plus, des accessoires, comme une horloge de table, un verre d’eau,
des papiers mouchoirs, un crayon et du papier, peuvent être apportés. Il est
essentiel de veiller à ce qu’aucun intrus ne puisse écouter la conversation ou
encore intervenir. Pour cela, il est important de le préciser avant de débuter
l’entretien et de se déplacer vers un autre endroit, si nécessaire. Avant de
débuter, l’interviewer doit vérifier si l’enregistreuse fonctionne. Comme il
détient un rôle central dans l’entretien, différentes attitudes à adopter sont
suggérées dans le tableau 7.

Tableau 7. Attitudes à adopter par l’interviewer lors de l’entretien.

 Rassurer la personne sur sa performance, il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponses


 Poser une question à la fois, écouter, parler peu
 Respecter les silences
 Se concentrer sur la personne, la regarder dans les yeux
 Encourager la personne à parler en adoptant une attitude d’écoute et des signes non
verbaux, soit en hochant la tête ou en disant des « Hum, hum »
 Encourager la personne à parler avec des sous-questions, des demandes de précision
 Faire attention aux comportements non verbaux de l’interviewer qui peuvent signifier
de l’impatience ou de l’ennui
 Prendre en considération les attitudes et comportements non verbaux de la personne
 Ne pas argumenter, contredire ou confronter
 Utiliser un ton le plus neutre possible
 Noter ce qu’elle désire dire et ce dont elle ne veut pas parler
 Identifier ce qu’elle ne peut dire sans aide
 Si la personne a un comportement surprenant (pleurs, agressivité, etc.), se référer au
tableau 1 à la page 219
 Respecter le temps prévu et garder le contrôle de l’entretien
 Avoir une apparence soignée

232 Guide pratique de recherche en réadaptation


Immédiatement après l’entretien, il est important de noter dans son journal
de bord le déroulement (lieu, temps), l’atmosphère et les observations faites
qui ne sont pas captées par les appareils d’enregistrement. Est-ce que des
éléments ou réactions de la personne vous ont surpris ? Y a-t-il eu des évène-
ments inattendus ou perturbateurs qui ont interrompu l’entretien ? Le jour-
nal de bord ou cahier de notes est un outil indispensable. Il permet de colliger
toutes les informations en lien avec la recherche, le développement du guide
d’entretien, les personnes et documents consultés, ainsi que les réflexions
du chercheur. Il sert également à noter le contexte de chacun des entretiens.
Son contenu sera utile lors de l’analyse.

Sélection des participants


Le choix des participants repose sur les objectifs de la recherche et sur la
nécessité d’identifier des personnes qui ont une expérience ou une opinion
à partager en lien avec le sujet de la recherche. D’abord, les caractéristiques
recherchées chez les participants doivent être déterminées par le chercheur.
Pour cela, des critères de sélection doivent être précisés pour guider le recru-
tement. Ensuite, différents milieux (associations, hôpitaux, garderies, écoles,
etc.) peuvent être contactés afin de collaborer au recrutement. Générale-
ment, il s’agit d’endroits où se retrouvent les participants potentiels. Il faut
saisir que, dans le cadre de l’entretien qualitatif, la représentativité de la
population n’est pas un enjeu. Au contraire, l’importance est mise sur le fait
d’avoir des informateurs crédibles et participatifs. Plusieurs méthodes de
recrutement sont possibles, comme la méthode boule-de-neige. Dans ce cas,
le premier participant donne le nom d’une personne répondant aux carac-
téristiques recherchées, qui fournira à son tour le nom d’une autre personne
et ainsi de suite, jusqu’à la constitution de l’échantillon.

Analyse des données provenant de l’entretien


L’analyse des données provenant d’un entretien doit suivre un plan prééta-
bli. Considérant l’objectif de ce livre, seules les principales règles sont men-
tionnées. Afin d’obtenir davantage d’informations sur la manière de procéder
pour faire l’analyse, il est suggéré de consulter les nombreux ouvrages sur
le sujet (Lincoln & Guba, 1985 ; Miles & Huberman, 2003 ; Rubin & Rubin,
2005 ; Sandelowski & Barroso, 2007 ; Turner, 2010).
Une recommandation de Strauss et Corbin (2004) concerne le fait que l’inter-
viewer doit établir un équilibre entre objectivité et sensibilité. D’abord,
l’entretien doit être retranscrit intégralement. Tous les propos sont traités.
Le contenu des entretiens est relu à plusieurs reprises afin de s’en imprégner :
tout ou long de la lecture flottante, il importe de prendre des notes et de

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 233


ressortir les idées intéressantes. Puis, le codage se fait, soit selon un modèle
ouvert (aucune catégorie préétablie), fermé (catégorie liée au cadre théo-
rique) ou mixte (catégorie préétablie, mais avec la possibilité d’en rajouter).
Il s’agit de faire une lecture ligne par ligne et de faire émerger (d’identifier)
des catégories. Ces catégories sont numérotées et elles ont des caractéris-
tiques précises. Elles doivent être mutuellement exclusives, c’est-à-dire que
les idées ne peuvent se retrouver que dans une seule catégorie. Les catégories
doivent exhaustives et pertinentes. En effet, elles doivent être en lien avec la
question ou la thématique à l’étude. Elles doivent avoir le même sens pour
tout le monde (univoques) et être homogènes (ne contenir qu’une seule
dimension). En somme, le codage signifie d’associer un sens aux mots de la
personne interrogée. Cette signification repose sur la représentation que
donne le chercheur au contexte de vie de la personne ainsi qu’au phéno-
mène étudié et à sa compréhension. Cette classification des idées par codage
est une étape clé de l’analyse et constitue un premier déblayage (Hammell,
Carpenter & Dyck, 2005).
Le codage se base sur l’identification d’unités d’enregistrement à travers le
texte, qui se présentent sous plusieurs formes. Par exemple, l’unité peut être
un mot, un thème (comme les émotions) ou un sujet (comme les soins à
domicile). C’est le chercheur qui détermine comment il découpera le texte
en petites unités de sens ou autre. Une fois le codage terminé, il s’agit de faire
l’analyse et l’interprétation des entretiens. Cette démarche doit être rigou-
reuse et permettre de reconstituer le sens que les personnes donnent au phé-
nomène étudié. Différents livres sur l’analyse de contenu sont disponibles et
aideront à approfondir cette technique (Cresswell, 2012 ; Denzin & Lincoln,
2011 ; Hesse-Biber & Leavy, 2011 ; Paillé & Mucchielli, 2012). Il faut aussi préci-
ser que plusieurs logiciels permettent de faciliter la retranscription, le codage
et l’analyse : parmi les plus connus, il y a Atlas, NVivo ou QDA Miner. Certains
logiciels peuvent soutenir des recherches mixtes (qualitatives et quantita-
tives). Il existe aussi une variété de logiciels libres et gratuits sur internet. La
plupart de ces logiciels permettent d’effectuer la saisie des propos des parti-
cipants, de les classifier, de les coder et de les analyser.

Différents types d’entretien

Entretien individuel
L’entretien individuel peut être épisodique (correspond à une période pré-
cise ou un évènement dans la vie de la personne) ou narratif (se réfère à la
personne qui raconte une histoire liée à un évènement). Par exemple, Prain,
McVilly et Ramcharan (2012) ont fait des entretiens individuels avec huit

234 Guide pratique de recherche en réadaptation


intervenants œuvrant auprès d’adultes ayant une déficience visuelle congé-
nitale. Cette méthode leur a permis de documenter les interactions avec ces
adultes et d’identifier les difficultés rencontrées lors des apprentissages de
tous les jours. Ils ont mis l’accent sur une description détaillée de leur travail,
ce qui a permis de ressortir trois thèmes émergents : la construction du bon-
heur de la personne aveugle, la rationalisation du désengagement de cette
personne et les rôles prioritaires du personnel. Les auteurs concluent que les
entretiens ont permis de s’approprier de façon intime le vécu des interve-
nants rencontrés.

Entretien de groupe
L’entretien de groupe consiste à interroger un ensemble d’individus pouvant
être liés par un lien familial, un contexte de vie, une situation commune ou
encore une caractéristique géographique. Ce type d’entretien peut prendre
différentes formes selon l’animation mise en place et les objectifs visés. Par
exemple, si le chercheur désire recueillir des opinions sur une thématique,
il optera pour le focus groupe1. S’il veut obtenir un consensus, il priorisera
la méthode Triage ou le groupe nominal. Par exemple, la recherche de Howe
et ses collaborateurs (2012) s’intéresse à l’identification des objectifs d’inter-
vention en réadaptation pour et par les membres des familles vivant avec
une personne ayant eu un accident vasculaire cérébral et une aphasie. Pour
cela, ils ont choisi l’entretien familial. Toutefois, c’est la personne aphasique
elle-même qui identifiait les membres de sa famille (1 à 3) à interroger. En
groupe, ils abordaient à tour de rôle leur expérience d’avoir quelqu’un dans
la famille avec ce problème de santé. Puis, ils élaboraient sur leurs propres
besoins et leurs objectifs en réadaptation. Ils discutaient de leurs expé-
riences avec l’aphasie et des interactions avec les intervenants de réadapta-
tion. Enfin, ils identifiaient les services qu’ils auraient aimé recevoir.

Entretien téléphonique
L’utilisation d’un entretien téléphonique dans une recherche qualitative
semble inaccoutumée, car l’importance est souvent mise sur la relation qui
se développe lors d’une rencontre face à face. Or, l’étude de Sturges et Han-
rahan (2004) compare les deux méthodes et arrive à la conclusion qu’elles
donnent des résultats similaires, et ce, sans diminuer la qualité des résul-
tats. Ils suggèrent donc d’offrir le choix aux participants. Par ailleurs, ils
estiment que l’entretien téléphonique est une méthode efficace, économique
et attrayante en recherche qualitative. En effet, l’entretien au téléphone
offre de nombreux avantages tant pour le chercheur que pour la personne

1. Cette méthode sera décrite en détail au chapitre 9.

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 235


interviewée. Tout d’abord, il permet de rejoindre une partie importante de
la population à faible coût, puisque la majorité des gens ont accès au télé-
phone. D’ailleurs, les données américaines indiquent que 85 % des adultes
possèdent leur propre téléphone portable (Zickuhr, 2011). De plus, l’entre-
tien téléphonique diminue les dépenses connexes, car il n’implique pas de
frais de déplacement ou de stationnement. Son utilisation permet une flexi-
bilité de l’horaire et du lieu de travail pour l’interviewer (domicile ou tra-
vail). En outre, cette méthode comporte de nombreux avantages, notamment
en hiver ou en fonction des périodes de disponibilité des participants (par
exemple : en soirée). Parfois, il arrive que les personnes soient réticentes à
accueillir des gens chez eux pour toutes sortes de raisons (par exemple : impres-
sion d’ingérence, crainte du jugement par l’autre). Considérant cela, l’entre-
tien téléphonique peut constituer un atout dans le recrutement des participants.
Quelques auteurs recommandent l’entretien téléphonique uniquement s’il
est court (moins de 30 minutes), si le sujet est très précis ou encore s’il s’agit
d’un entretien directif. Il ressort également que les répondants préfèrent le
téléphone pour aborder des sujets plus sensibles (car ils seront moins intimi-
dés qu’en face-à-face). Cette situation peut être liée au sentiment d’anonymat
et de sécurité que procure le téléphone. Il est souligné par Sturges et Hanra-
han (2004) que la qualité des données s’améliore avec le téléphone s’il s’agit
d’un sujet gênant à discuter. Par contre, si le sujet est davantage émotionnel et
même douloureux, il est préférable d’opter pour une rencontre en personne.
Conséquemment, l’entretien téléphonique peut davantage convenir à des
individus qui auraient refusé un entretien face à face, d’où la nécessité
d’offrir les deux options.

Entretien avec une nouvelle technologie ou un réseau social


La présence des nouvelles technologies dans le quotidien de la population
permet de s’interroger sur leur utilisation dans une démarche de recherche.
En effet, l’émergence du Web 2.0 permet de solliciter de nombreux parti-
cipants potentiels (Alexander & Levine, 2008 ; Levine et al., 2011 ; Ramo &
Prochaska, 2012). La popularité indéniable des réseaux sociaux virtuels les
rend attrayants pour les chercheurs, particulièrement lorsque la population
visée concerne des groupes plus jeunes et en âge d’utiliser fréquemment
Internet. Devant ces faits, les réseaux sociaux offrent des occasions d’appro-
fondir la compréhension de phénomènes sociaux ou comportementaux (Kan-
ter & Fine, 2010). Les données actuelles confirment l’omniprésence de la
technologie dans la vie des citoyens. L’utilisation d’Internet et la participa-
tion aux réseaux sociaux sont en constante évolution. À ce jour, Facebook
représente le premier réseau social en importance et l’un des sites Web les
plus visités à travers le monde (Bolanos et al., 2012 ; Mychasiuk & Benzies,

236 Guide pratique de recherche en réadaptation


2012). Il compte plus de 845 millions d’utilisateurs à l’échelle planétaire
(Brickman Bhutta, 2012). Comme chercheur, il est essentiel de considérer les
opportunités qu’offre ce vaste réseau. Il s’agit d’un moyen rapide pour recru-
ter des populations parfois difficiles à atteindre.
Différents écrits ont abordé l’utilisation de Facebook en recherche (Tétreault
et al., 2013). Pour valider la création d’un groupe Facebook, il faut s’assurer
d’obtenir le consentement libre et éclairé des participants, de vérifier leur
compréhension des objectifs de la recherche et de l’utilisation qui sera faite
des données recueillies. Il faut préciser la manière d’assurer la confidentia-
lité de l’identité des membres et de prendre en considération les aspects
éthiques. Pour garantir le respect de la confidentialité et obtenir le consen-
tement du participant par Facebook, un feuillet portant sur les aspects
éthiques doit se retrouver dans la description du groupe. Il est précisé qu’en
devenant membre du groupe de la recherche sur Facebook, le participant a
lu les objectifs et la nature de l’étude. Il accepte et respecte également les
mesures prises pour garantir la confidentialité de tous. Pour être efficace sur
un réseau social virtuel, il est primordial d’avoir des conditions favorables.
D’abord, l’animateur doit stimuler la discussion semaine après semaine. Il
doit ensuite être disponible et très motivant. Ses rétroactions doivent ame-
ner les membres à approfondir leurs réflexions et les échanges. Il faut égale-
ment que l’invitation pour adhérer au groupe Facebook puisse se rendre aux
personnes ciblées par la recherche.
L’utilisation des réseaux sociaux virtuels ouvre la porte à plusieurs avenues
en recherche. Des participants peuvent être consultés de façon synchrone ou
non, par l’utilisation des applications de clavardage ou de création de groupe
de discussion comme le proposent plusieurs réseaux, dont Facebook et MySpace
(Burrows et al., 2001 ; Stewart & Williams, 2005). Une recherche qualitative de
qualité peut être réalisée à partir d’une consultation en ligne (Joinson,
2005). Il ressort que l’utilisation des réseaux sociaux permet de documenter
rapidement les changements sociaux (Kanter & Fine, 2010). Le groupe peut
être interrogé, faire circuler l’information et échanger avec d’autres indivi-
dus. Dans le cadre d’une recherche-action, des réseaux d’entraide peuvent
être créés et permettre de partager des expériences et des solutions (Burrows
et al., 2001). En somme, l’utilisation des réseaux sociaux virtuels amène des
avenues prometteuses. Ils rendent possible le contact direct avec la popula-
tion et réduisent les contraintes de temps, de lieu ou de matériel. Des oppor-
tunités de diffusion d’information et de réseautage sont aussi à explorer.

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 237


Entretien avec des photos
L’entretien avec photos se retrouve dans différentes recherches sous l’appel-
lation photo elicitation et photovoice. Ces méthodes représentent deux façons
de procéder.

• Photo elicitation
Le terme photo elicitation pourrait simplement se traduire par photo-interview.
Il s’agit de montrer des photos à une personne, de lui demander de l’évaluer
et de répondre à la question de recherche. La photo peut aussi servir pour
susciter son opinion, ses commentaires ou ses réactions. Elle peut également
être utilisée pour faire parler la personne de sa situation. Tout ceci dépend de
l’objectif de l’étude, comme dans l’exemple suivant. Dans l’étude pilote de
Reinhardt et ses collègues (2011), l’objectif était de déterminer si un stimu-
lus visuel peut activer des stéréotypes chez la personne. Pour cela, ils ont
présenté 12 photos à une centaine d’individus. Ces photos représentaient
quatre personnes avec une déficience intellectuelle, quatre autres assises
dans un fauteuil roulant et quatre sans signe visible de leur condition de
santé. En somme, la photo sert de point de départ pour amener la personne
à parler et à s’expliquer.

• Photovoice
Il s’agit d’une méthode de recherche-action participative. Elle permet aux
personnes d’identifier, de se représenter et d’améliorer leur communauté à
l’aide d’une technique photographique spécifique. Trois objectifs sont visés,
soit : (1) amener les personnes à identifier les forces et les préoccupations de
leur communauté à propos d’un sujet particulier ; (2) promouvoir une ana-
lyse critique par l’entremise d’un dialogue et la production de connais-
sances ; (3) impliquer les décideurs politiques. Cette méthode est surtout
utilisée pour décrire des situations, illustrer des problèmes sociaux d’indivi-
dus (par exemple : personnes sans domicile fixe) ou d’une collectivité (par
exemple : personnes avec de faibles revenus dans une région rurale). Elle
peut aussi servir pour documenter un projet d’intervention communautaire,
une modification majeure dans un milieu de vie ou la réalité d’un groupe.
La méthode inclut quatre étapes : (1) le choix du thème à explorer avec des
membres d’une communauté ; (2) la production des photos par ceux-ci ;
(3) la sélection des photos pour la discussion de groupe ; (4) leur mise en
contexte et leur codification. Pour conclure, une diffusion des résultats est
réalisée. Avec l’accord des participants, une exposition publique des photos
représente une autre façon de procéder. Par exemple, dans leur étude, Watson
et Douglas (2012) ont demandé à une dizaine d’adolescents vivant dans une
banlieue défavorisée de prendre des photos sur le thème suivant : « Qu’est-ce

238 Guide pratique de recherche en réadaptation


qui m’amène à me sentir heureux et en bonne santé ou triste et malade ? » La
consigne était de ne pas se mettre en danger pour réaliser les photos. De
plus, si des activités illicites étaient photographiées, la police en serait infor-
mée. Dix photos étaient sélectionnées pour chaque participant. Puis indivi-
duellement, il était questionné en utilisant la technique ShowED de Shaffer
(1983). Elle sert à faciliter la discussion autour des photos à l’aide des ques-
tions suivantes : (1) Que voyez-vous sur cette photo ? ; (2) Qu’est-ce qui arrive
réellement ? ; (3) Quels sont les liens entre cette photo et votre propre (vraie)
vie ? ; (4) Pourquoi ce problème (situation, préoccupation, force) existe ? (5)
Que pouvons-nous faire à ce sujet ?. Cette technique de discussion se base sur
les écrits de Freire (1973), qui vise le développement de l’appropriation par
les membres de la communauté.
Tout au long de la démarche Photovoice, le chercheur accompagne le groupe,
s’occupe des aspects techniques et procède à l’enregistrement des données.
Il s’assure que les règles éthiques sont respectées et que personne ne subit
de préjudices pour avoir participé à la recherche. Comme une caméra
(numérique ou jetable) est donnée aux participants pour qu’ils enregistrent
visuellement ce qui se passe dans leur environnement, il faut prévoir un cours
d’initiation à la photo en fonction des habiletés des participants. Ceci implique
un enseignement des habiletés de base pour cadrer et photographier.
Avec la méthode Photovoice, l’accent est mis sur l’appropriation du pouvoir
d’action, sur les forces de l’individu et de sa communauté (figure 1). Le co-
apprentissage, la capacité de la communauté à construire ainsi que l’équi-
libre entre recherche et action sont d’autres caractéristiques intéressantes.
Cette méthode permet d’explorer une variété de thématiques comme la dis-
crimination, la violence ou encore l’autonomie. Elle est accessible à un vaste
public, peu importe leur âge ou leur condition. Viswanathan et ses collègues
(2004) ont identifié plus de 300 recherches l’utilisant comme moyen pour
recueillir des informations. Pour leur part, Catalani et Minkler (2010) ont
procédé à une revue systématique sur ce sujet. Ils ressortent diverses façons
d’utiliser les photos pour réaliser un entretien de groupe et ils indiquent
que la technique ShowED de Shaffer (1983) est souvent mentionnée.
Une autre façon consiste à inviter les gens à choisir des photographies qui
représentent le plus adéquatement les besoins ou enjeux (difficultés) de leur
communauté. Ils expliquent le sens qu’ils accordent à ces photos (mise en
contexte). Puis, ils ressortent les questions, les thèmes ou les théories émer-
gentes. Le résultat est transmis aux décideurs locaux pour les inciter à
mettre en place des actions. Il est certain que cette méthode se base sur un
partenariat solide avec des associations et des organisations communautaires.
Leur engagement dans la démarche de recherche consolide sa pertinence et
facilite le recrutement des participants.

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 239


Choix du thème
avec la
communauté Sélection
des photos

Entraînement Recherche
Discussion
à la et production
de groupe
photographie des photos

Retombées de la diffusion des résultats


• Actions et représentations auprès des pouvoirs politiques, institutionnels ou
autres autorités
• Compréhension des besoins et des possibilités de la communauté
• Appropriation de l’individu

Figure 1. Illustration de la technique photovoice.

En somme, cette méthode (photovoice) vise un processus de changement au sein


d’un groupe. Il s’agit de mettre en action une communauté en favorisant son
engagement dans la résolution de leurs problèmes et dans l’amélioration de
leur qualité de vie. L’augmentation des connaissances de leurs besoins et de
leurs possibilités permet d’amener des bénéfices à la communauté et de favo-
riser l’auto-détermination de chacun des membres participant à la démarche.

Exemples d’utilisation de l’entretien


La recherche de Höglund et Larsson (2013) vise à explorer l’expérience de la
maternité à partir d’entretiens réalisés avec dix femmes ayant une défi-
cience intellectuelle. Les chercheurs ont utilisé la méthode boule-de-neige
pour identifier les participantes. Considérant leur situation particulière,
leur implication dans la recherche a été discutée préalablement avec leur
curateur ou leur responsable légal. Le guide d’entretien semi-structuré cou-
vrait la période de la grossesse jusqu’à la naissance de l’enfant. Il a été déve-
loppé par une équipe de professionnels (médecin, psychologue, travailleur
social, sage-femme) et a fait l’objet d’une validation auprès de deux mères.
L’entretien se déroulait à la maison et sur deux périodes consécutives. La

240 Guide pratique de recherche en réadaptation


question initiale était la suivante : « Pourriez-vous me parler de votre expé-
rience quand vous étiez enceinte et quand votre enfant est né ? ». Si nécessaire,
le langage était simplifié et les termes étaient expliqués. Selon les auteurs,
l’expérience de ces femmes indique à quel point elles se sentent vulnérables
dans leur situation et fait ressortir la crainte constante de perdre leur
enfant. La naissance est vécue comme une période de transition, qui les amène
à expérimenter une variété de sentiments. D’ailleurs, le premier contact
avec leur enfant fut rapporté comme étant positif, même si elles se sentaient
parfois dépourvues devant les besoins du bébé. Pour Höglund et Larsson
(2013), les intervenants doivent identifier rapidement les besoins de soutien
de ces femmes.
Une autre illustration de l’entretien provient de l’étude de Prain et al. (2013).
Deux questions de recherche étaient utilisées, soit : « Quelles sont les percep-
tions du personnel de soutien au regard de leurs interactions avec des
adultes ayant une déficience auditive et visuelle congénitale ? Comment ces
interactions correspondent-elles à ce qui se retrouve dans les recherches
quantitatives, c’est-à-dire qu’elles sont très limitées ? ». Les participants étaient
huit membres du personnel provenant de deux foyers de groupe pour
adultes ayant ce type de déficience. Le guide d’entretien comprenait huit
questions ouvertes, comme : « Parlez-moi de votre dernière plage-horaire de
travail ? Parlez-moi du temps que vous avez consacré à telle personne pen-
dant votre dernier quart de travail ? Parlez-moi d’autres périodes pendant
lesquelles vous avez consacré du temps à telle personne ? ». Par la suite, trois
individus interviewés ont visionné individuellement de courts extraits vidéos
les montrant en interaction avec ladite personne. Des questions étaient
posées : « Pouvez-vous me décrire ce que vous voyez ? Que se passe-t-il ? ». Mal-
gré le fait qu’il y avait peu d’interactions entre le personnel et les adultes
ayant une double déficience, il ressort que les personnes interrogées se sou-
ciaient du bien-être et du bonheur de ces individus. Elles conçoivent leur
rôle comme ayant une prédominance fonctionnelle et leurs actions comme
répondant à un besoin, s’il est manifeste. Les auteurs concluent que si l’ob-
jectif de la réadaptation est de fournir un contexte de vie stimulant et des
interactions sociales satisfaisantes, il importe de l’inscrire dans les procé-
dures de l’établissement d’accueil. De plus, il est nécessaire que le personnel
adhère à ces orientations et qu’il soit formé en conséquence.

CONCLUSION
L’entretien comme méthode de recherche représente une démarche scienti-
fique valable et très pratique pour les intervenants en réadaptation et les
étudiants. De plus, l’entretien est économique, rapide et très concret. Les

C H A P I T RE 8 Méthodes de recherche pour explorer ce que l’autre pense… 241


différentes formes que peut prendre l’entretien représentent un atout indé-
niable. Selon le niveau d’aisance de la personne interrogée et l’habileté de
l’interviewer, il est possible d’arriver à un niveau de compréhension plus
approfondi qu’avec un questionnaire. Le choix entre ces deux méthodes
dépendra des objectifs visés, de la thématique à explorer et des ressources
disponibles (temps, argent, accès aux personnes). En conclusion, l’entretien
de recherche constitue une avenue offrant de multiples possibilités.

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