AP3 Cours 3
AP3 Cours 3
Intégrale de Riemann
Une question importante sera de déterminer pour quel type de fonctions l’inté-
grale construite a un sens.
5
3.1 Continuité uniforme
1
La fonction x 7→ x est continue sur ]0, +∞[. Donc pour x dans ]0, +∞[ et ε > 0,
On prend ε = 1 :
Où est l’erreur ?
Définition 3.1. Soit f une fonction réelle définie sur la partie D de R. On dit que
f est uniformément continue sur D quand pour tout ε > 0, il existe δ > 0, tel
que pour tous x et x′ dans D, si |x − x′ | < δ, alors |f (x) − f (x′ )| < ε.
Ou encore :
Remarques.
1. Ici δ ne dépend que de ε. Comparez l’ordre des quantificateurs avec la définition
de la continuité sur D.
4. Bien évidemment, une fonction uniformément continue sur D est aussi continue
sur D.
Théorème 3.2 (Heine). Une fonction réelle continue sur un segment [a, b] est
uniformément continue sur ce segment.
Démonstration : Soit f continue sur [a, b]. On suppose que f n’est pas uniformément
continue sur [a, b] :
∃ε > 0, ∀δ > 0, ∃x ∈ [a, b], ∃x′ ∈ [a, b], |x − x′ | < δ et |f (x) − f (x′ )| > ε
Soit f une fonction réelle continue sur [a, b], et fixons ε > 0. D’après le théorème
de Heine, on peut trouver δ > 0 tel que
Remarques. • On a donc deux « escaliers » qui encadrent la fonction f sur [a, b].
• Supposons f > 0, les aires de ces deux escaliers encadrent l’aire sous le graphe
de f à moins de (b − a)ε près, ce qui peut être rendu aussi petit que l’on veut par
le choix de ε.
Exercice. Les fonctions suivantes sont-elles uniformément continues ?
1. x 7→ ln(1 + x) sur [0, 1].
2. x 7→ cos x sur R.
3. x 7→ x2 sur R.
3.2 Continuité par morceaux
On se donne un intervalle fermé borné [a, b] de R.
Enfin, on dit que la subdivision Y est plus fine que la subdivision X quand X
est un sous-ensemble de Y .
Remarques.
• Une subdivision X = {a0 , . . . , an } permet de découper l’intervalle [a, b] en n in-
tervalles [ai−1 , ai ] pour i = 1, . . . , n.
Exemples.
• La fonction
3
x2 − x + 1 si x ∈ [1, 2[
•
sin x si x ∈ [2, 3[
2
f : x 7−→
3 si x=3 •
1
•
ℓn x si x ∈]3, 4]
•
1 si x = 1
3
1
f : x 7−→ si x ∈]1, 2]
x−1 2 ) •
2 si x ∈]2, 4]
1 • •
Définition 3.5. Soit I un intervalle. On dit qu’une fonction f à valeurs réelles est
continue par morceaux sur I si, pour tout [a, b] ⊂ I, f est continue par morceaux
sur [a, b].
On note Cm (I, R) l’ensemble des fonctions continues par morceaux sur l’intervalle
I.
Remarque. Une fonction continue sur l’intervalle I est bien sûr continue par
morceaux sur I.
3.3 Construction de l’intégrale sur un segment
3.3.1 Sommes de Darboux
Remarque. Ces bornes inférieures et supérieures existent bien parce qu’on a sup-
posé f bornée sur [a, b], et donc a fortiori sur chaque [ai−1 , ai ].
i=1
i=1
Idée : encadrer l’aire « sous le graphe de f » par deux sommes d’aires de rec-
tangles :
- une « par en-dessous » (somme de Darboux inférieure)
- et l’autre « par au-dessus » (somme de Darboux supérieure).
Mi
mi
ai−1 ai
1 2 n−1
• On subdivise [0, 1] en X = {0, , , . . . , , 1}.
n n n
i−1 i
On a ainsi des intervalles [ai−1 , ai ] = [ , ] pour i > 1.
n n
i − 1 2 i 2
• On en déduit mi = et Mi = .
n n
i=1 6
(n − 1)n(2n − 1) (n − 1)(2n − 1)
s(f, X) = = .
6n3 6n2
• De même (exercice !)
(n + 1)(2n + 1)
S(f, X) = .
6n2
2. Soit f : [0, 1] → R donnée par f (x) = 1 si x ∈ Q et f (x) = 0 sinon.
Exercice. Calculer les sommes de Darboux associées à la fonction exp sur [0, 1],
1 2 n−1
associées à la subdivision X = {0, , , . . . , , 1}.
n n n
Proposition 3.7.
1) Si la subdivision Y est plus fine que la subdivision X, alors :
Démonstration : 1)
• Il suffit de considérer ce qui se passe quand on ajoute un point à la subdivision
X, par exemple quand on intercale c avec ai−1 < c < ai . Posons
• Les autres termes des deux sommes étant deux à deux identiques, on a
s(f, X) 6 S(f, Y ).
3.3.2 Fonctions intégrables au sens de Riemann
Démonstration :
• L’ensemble (non vide) des s(f, X), où X est une subdivision de [a, b], est majoré
par S(f, Y ).
• Il a donc une borne supérieure s(f ) qui est inférieure ou égale à S(f, Y ).
• Ainsi l’ensemble (non vide) des S(f, Y ) est minoré par s(f ), et il a donc une
borne inférieure S(f ), qui vérifie s(f ) 6 S(f ).
Exemple. Soit f : [0, 1] → R donnée par f (x) = x2 .
1 2 n−1
• On subdivise [0, 1] en Xn = {0, , , . . . , , 1}.
n n n
• On a
(n − 1)(2n − 1) 1
s(f ) > n→∞
lim s(f, Xn ) = n→∞
lim =
6n2 3
et
1
S(f ) 6 n→∞
lim S(f, Xn ) = .
3
• Ainsi
1 1
6 s(f ) 6 S(f ) 6
3 3
et on a même
1
s(f ) = S(f ) = .
3
Définition 3.9. La fonction f est dite intégrable au sens de Riemann sur
l’intervalle [a, b] quand s(f ) = S(f ). Son intégrale sur [a, b] est alors cette valeur
commune s(f ) = S(f ), et on la note
Z b
f (x) dx.
a
Remarque.
• Le x est une variable muette, on peut le remplacer par n’importe quel autre
nom, comme ab f (u)du.
R
Exemple.
La fonction constante égale à λ sur [a, b] est Riemann-intégrable sur [a, b] et on a
Z b
λ dt = λ(b − a).
a
Exercice. Montrer que la fonction exp est intégrable sur [0, 1]. Calculer la valeur
de son intégrale.
Exercice. Montrer que la fonction exp est intégrable sur [0, 1]. Calculer
la valeur de son intégrale.
ne(i−1)/n e−1
s(exp, Xn ) = =
X
i=1 n n(e1/n − 1)
tend vers e − 1 lorsque n → ∞, et
n ei/n
S(exp, Xn ) = = e1/n s(exp, Xn )
X
i=1 n
tend vers e − 1 lorsque n → ∞.
Ainsi
e − 1 6 s(exp) 6 S(exp) 6 e − 1
et exp est intégrable sur [0, 1] avec
Z 1
ex dx = e − 1.
0
Idée de la définition des fonctions intégrables : l’encadrement entre les sommes
de Darboux inférieures et les sommes de Darboux supérieures peut être rendu aussi
précis que l’on veut, déterminant un réel unique.
En posant X = Y ∪ Z, on obtient
Réciproquement,
Réciproquement, supposons le critère vérifié :
• pour tout ε > 0, on peut donc trouver une subdivision X telle que
• Or on a toujours
et donc
S(f ) − s(f ) < ε.
• Comme ceci doit avoir lieu pour tout ε > 0, c’est que s(f ) = S(f ) et donc que
f est intégrable sur [a, b].
• On a
1 1
S(f, Xn ) − s(f, Xn ) = (n + 1)(2n + 1) (n 1)(2n 1) =
− − −
6n2 n
1
• Ainsi, pour tout ǫ > 0, dès que n > , on a
ǫ
S(f, Xn ) − s(f, Xn ) < ǫ.
• En effet, pour ε > 0 fixé, l’hypothèse assure l’existence de δ > 0 tel que
Étudions la réciproque.
On suppose donc f intégrable.
• f étant bornée :
∀x ∈ [a, b], m 6 f (x) 6 M.
Notons alors A = M − m.
• Soit Y une subdivision dont le pas est strictement inférieur à δ = Min (ai −ai−1 ).
16i6n
• On a donc
• Par suite, si
ε
p(Y ) < inf(δ, )
2A(n + 1)
alors
S(f, Y ) − s(f, Y ) 6 ε
d’où le premier résultat :
• Or
lim S(f, X) − s(f, X) = 0.
p(X)→0
3.3.3 Sommes de Riemann
i=1
θi ∈ [ai−1 , ai ].
Proposition 3.13. Soit f une fonction réelle intégrable sur l’intervalle [a, b]. Alors
Z b
toute somme de Riemann R(f, X) tend vers f (t) dt quand le pas p(X) de la
a
subdivision X de [a, b] tend vers 0.
x
Exemple. Soit f : [0, 1] → R donnée par x 7→ √ .
4 − x2
• En conclusion
1X n i √
lim √ = 2 − 3.
n→∞ n i=1 4n2 − i2
Remarque. On choisira souvent une subdivision de [a, b] en intervalles de même
longueur Xn = {a0 , . . . , an } avec ai = a + i(b − a)/n, pour n ∈ N∗ .
√ √ √
1+ 2+ 3 + ··· + n
Exemple. On veut calculer lim
n→∞
√ .
n n
√
• Si on pose f (x) = x, on peut réécrire le terme général de la suite comme
1 1 2 1X n i 1−0 X
n 1−0
! ! !
f ( ) + f ( ) + · · · + f (1) = f = f 0+i
n n n n i=1 n n i=1 n
• on reconnait une somme de Riemann pour f sur [0, 1].
• En anticipant sur le cours, la fonction f est intégrable sur [0, 1], et la limite
vaut Z 1√ 2 3 1 2
x dx = x 2 = .
0 3 0 3
3.3.4 Intégration des fonctions à valeurs complexes
Définition 3.14. Une fonction bornée f : [a, b] → C est dite intégrable sur [a, b] si
sa partie réelle et sa partie imaginaire sont intégrables sur [a, b] et on pose
Z b Z b Z b
f (t) dt = Re f (t) dt + i Im f (t) dt
a a a
De même, une fonction à valeurs complexes est dite continue si ses parties réelle
et imaginaire sont continues.
Exemple.
Z 2π Z 2π Z 2π
(cos t + i sin t)dt = cos tdt + i sin tdt
0 0 0
En anticipant encore, on obtient
Z 2π
(cos t + i sin t)dt = 0.
0
3.4 Classes de fonctions intégrables au sens de Riemann
Proposition 3.15 (Fonctions continues). Toute fonction continue sur le segment
[a, b] est intégrable au sens de Riemann sur [a, b].
∀ǫ > 0, ∃η > 0, ∀(x, y) ∈ [a, b]2 , |x − y| < η ⇒ |f (x) − f (y)| < ε/(b − a).
• Donc n n ε
b−a X
S(f, Xn ) − s(f, Xn ) = (Mi − mi ) = ε,
X
<
i=1 n i=1 n
et le critère d’intégrabilité est vérifié.
Exemples.
√
1. La fonction x 7→ x est intégrable sur [0, 1].
x
2. La fonction x 7→ √ aussi.
4 − x2
Proposition 3.16 (Fonctions monotones). Toute fonction monotone sur le segment
[a, b] est intégrable au sens de Riemann sur [a, b].
• On a donc
n b−a n b−a
s(f, Xn ) = f (ai−1 ), S(f, Xn ) = f (ai ).
X X
i=1 n i=1 n
Ceci donne
(f (b) − f (a))(b − a)
S(f, Xn ) − s(f, Xn ) = .
n
• On se donne ε > 0. En choisissant l’entier n tel que
• les bornes inférieures et supérieures des sommes de Darboux dont calculées sur
[ai−1 , ai ] et non ]ai−1 , ai [,
n
• il est facile de trouver une somme de Riemann qui vaut λi (ai − ai−1 ).
X
i=1
Démonstration :
Proposition Toute fonction en escalier ϕ : [a, b] → R est Riemann-intégrable
sur [a, b]. De plus, si X = {a0 , . . . , an } avec a = a0 < a1 < . . . < an = b est une
subdivision de [a, b] adaptée à ϕ c’est à dire telle que ϕ soit constante égale à λi sur
Z b n
]ai−1 , ai [, alors ϕ(t) dt = λi (ai − ai−1 ).
X
a i=1
i=1 k
2M n
avec |B| 6 et donc
k
n
lim s(ϕ, Xk′ ) = λi (ai − ai−1 ).
X
k→∞ i=1
Mais le pas de Xk′ ne tend pas vers 0, on ne peut pas encore conclure sur la
valeur de l’intégrale...
• On a donc s(ϕ, Xk′′ ) = s(ϕ, Xk′ ) et le résultat s’en déduit puisque p(Xk′′ ) k→∞
✲ 0.
Théorème 3.19 (Fonctions continues par morceaux).
Toute fonction continue par morceaux sur le segment [a, b] est intégrable au sens de
Riemann sur [a, b].
De plus, si la subdivision a = a0 < a1 < · · · < an = b est telle que la restriction
de f à chaque intervalle ouvert ]ai , ai+1 [ ait un prolongement par continuité gi :
[ai , ai+1 ] → R, alors :
Z b n−1
X Z ai+1
f (t) dt = gi (t) dt
a i=0 ai
- et de la relation de Chasles,
inf{(f + g)(x), x ∈ [ai−1 , ai ]} > inf{f (x), x ∈ [ai−1 , ai ]} + inf{g(x), x ∈ [ai−1 , ai ]}.
• En sommant ces inégalités (après multiplication par ai − ai−1 > 0), on obtient
• On en déduit donc
• Puisque f et g sont intégrables sur [a, b], le membre de droite de cette der-
nière inégalité tend vers 0 lorsque p(X) tend vers 0. Il en est donc de même de
S(f + g, X) − s(f + g, X) et f + g est donc intégrable.
• De plus,
Z b
s(f, X) + s(g, X) 6 s(f + g, X) 6 (f + g) 6 S(f + g, X) 6 S(f, X) + S(g, X)
a
Z b Z b Z b
En passant à la limite dans ces inégalités on obtient bien (f + g) = f+ g.
a a a
Point 2. Le cas λ = 0 est trivial.
• Par suite, Z b
lim s(λf, X) = λ f = lim S(λf, X)
p(X)→0 a p(X)→0
ce qui montre que λf est intégrable et que son intégrale est λ fois celle de f .
Nous admettrons par ailleurs le résultat suivant :
• Alors g−f est nulle en dehors de ces points et c’est donc une fonction en escalier.
• Par suite g − f est intégrable sur [a, b] et son intégrale est nulle.
Z b
• On en déduit que g = (g − f ) + f est intégrable et que son intégrale est f.
a
3.6 Propriétés de l’intégrale de Riemann
3.6.1 Propriété de la moyenne
Proposition 3.23. Soit f une fonction réelle intégrable sur [a, b], et soit m et M
des réels tels que pour tout x de [a, b] on a m 6 f (x) 6 M . Alors
Z b
m(b − a) 6 f (x) dx 6 M (b − a).
a
a f (x) dx
Rb
Si en outre f est continue sur [a, b], alors il existe c ∈ [a, b] tel que = f (c).
b−a
La quantité ( ab f (x) dx)/(b − a) est appelé valeur moyenne de f sur [a, b].
R
a f (x) dx
Rb
f (c1 ) 6 6 f (c2 ).
b−a
Proposition 3.24. Soit a < b < c trois nombres réels, et soit f une fonction
intégrable sur [a, b] et sur [b, c]. Alors f est intégrable sur [a, c] et
Z c Z b Z c
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx.
a a b
Démonstration :
• Soit X = {a0 , ..., an } une subdivision de [a, b], et soit Y = {b0 , ..., bp } une sub-
division de [b, c].
Ceci montre que f est intégrable sur [a, c], et que son intégrale sur [a, c] est la
somme de celles sur [a, b] et sur [b, c].
Exercice 3.1. Montrer que si f est intégrable sur [a, b] et si a < c < b, alors f est
intégrable sur [a, c] et sur [c, b].
On veut étendre la relation que l’on vient de montrer au cas où les nombres réels
a, b et c sont en position quelconque.
Corollaire 3.25 (Relation de Chasles). Soit a, b et c trois nombres réels. Soit f une
fonction intégrable sur un intervalle fermé contenant a, b et c. Alors
Z c Z b Z c
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx.
a a b
Exercice 3.2. À l’aide de cette relation, démontrer le théorème 3.19 sur l’intégrabilité
des fonctions continues par morceaux.
3.6.3 Intégrale et relation d’ordre
2) Si f est continue sur [a, b], l’intégrale n’est nulle que si et seulement si f est
identiquement nulle.
Démonstration :
Point 2 Supposons f positive ou nulle et non identiquement nulle sur [a, b].
• On a x→c
lim f (x) = f (c) par continuité de f , et donc
f (c)
∃δ > 0, ∀x ∈ [c − δ, c + δ], f (x) > .
2
Z c+δ
• La propriété de la moyenne montre alors que f (x)dx est minoré par
c−δ
f (c)
(c + δ − (c − δ)) = δf (c).
2
Z c−δ Z b
• Par ailleurs on peut minorer f (x)dx et f (x)dx par 0, puisque f est
a c+δ
positive ou nulle.
f (c)
> (c + δ − (c − δ)) = δf (c) > 0.
2
Attention : on ne peut pas enlever l’hypothèse « f continue » dans la proposi-
tion précédente.
Par exemple la fonction f qui vaut 0 sur [0, 1/2[∪]1/2, 1] et telle que f (1/2) = 1
a une intégrale nulle, bien que f soit positive ou nulle et non identiquement nulle
sur [0, 1].
Exercice 3.4. Soit f une fonction continue sur [a, b] telle que = 0. Montrer que
Rb 2
af
f est la fonction nulle.
Proposition 3.28. Soit f une fonction réelle intégrable sur [a, b]. Alors sa valeur
absolue |f | est aussi intégrable sur [a, b], et on a
Z b Z b
f (x) dx 6 |f (x)| dx.
a a
• Soit X une subdivision de [a, b]. Plaçons nous sur un intervalle [ai−1 , ai ] du
découpage donné par la subdivision.
−|f | 6 f 6 |f |
et du corollaire précédent.
R n sin(nx)
Exemple. Soit In = 1 1+xn dx. Montrons que In → 0 lorsque n → +∞.
sin(nx)
• Déja l’intégrale existe par continuité de x 7→ 1+xn sur [1, n].
Démonstration :
Z b
• L’intégrale (g − Xf )2 est positive ou nulle (positivité de l’intégrale).
a
• Posons
Z b Z b Z b
α= f 2 (x)dx, β= f (x)g(x)dx, γ= g 2 (x)dx.
a a a
αX 2 − 2βX + γ > 0.
Z b
- Si α = f 2 (x)dx 6= 0, on a un trinôme du second degré qui est de signe constant
a
donc de discriminant négatif.
Par suite ∆ = 4β 2 − 4αβ 6 0 ce qui donne l’inégalité voulue.
Z b
- Si α = f 2 (x)dx = 0, vérifier l’inégalité annoncée revient alors à montrer que
Z ba
β= f g = 0.
a Z b
Sinon, on aurait par exemple β = f g < 0.
a
En faisant tendre X vers −∞ dans l’inégalité, on obtient une contradiction.
Démonstration :
• Pour h 6= 0 on a finalement
F (x + h) − F (x)
= f (u),
h
et quand h tend vers 0, u qui est coincé entre x et x + h tend vers x.
Corollaire 3.31.
Toute fonction réelle continue sur un intervalle I a une primitive sur I.
Remarques.
0 0
x3
2. Une primitive de x 7→ x2 est x 7→ 3 donc
Z 1
x3 1
x2 dx = = 31 .
h i
0 3 0
3. On a Z x it=x
cos t dt = sin t = sin x − sin a
h
a t=a
xn+1
xn dx = +c (n ∈ N) sur R
R
n+1
xα+1
xα dx = +c (α ∈ R \ {−1}) sur ]0, +∞[
R
α+1
R 1
x dx = ln |x| + c sur ]0, +∞[ ou ] − ∞, 0[
dx
= arctan x + c sur R
R
1+x2
arcsin x + c
√ dx
= sur ] − 1, 1[
R
π
2 − arccos x + c
1−x2
Argshx + c
√ dx
= √ sur R
R
ln x + x2 + 1 + c
x2 +1
Argchx + c
√ dx
= √ sur x ∈]1, +∞[
R
ln x + x2 − 1 + c
x2 −1
R 1
• Par exemple pour x dx nous avons deux domaines : I1 =]0, +∞[ et
I2 =] − ∞, 0[.
R 1 R 1
• Donc x dx = ln x + c1 si x > 0 et x dx = ln |x| + c2 = ln(−x) + c2 si x < 0.
• Mais on sait que arcsin x + arccos x = π2 , donc les primitives diffèrent bien
d’une constante !
Exercice 3.5. Soit f une fonction continue impaire. Montrer que ses primitives sont
paires. En déduire que −a f (t) dt = 0.
Ra
Z x2
Exercice 3.6. Montrer que la fonction Φ : x 7−→ ℓn(t)dt est définie et dérivable
x
sur l’intervalle ]0, +∞[, et que sa dérivée est Φ′ : x 7−→ (4x − 1)ℓn x.
Remarque. Une fonction intégrable n’admet pas forcément une primitive.
• Si F est une primitive de f , elle est constante (disons égale à c) sur [0, 12 [.
1
• Elle vaut x 7→ x + c − 2 sur [ 21 , 1].
• Toutes ces fonctions étant Riemann-intégrables (car continues) sur [a, b] (ou
[b, a]), la linéarité de l’intégrale entraîne
Z b Z b Z b
f g′ = (f g)′ − f ′ g.
a a a
Exemple.
1. Calcul de
R1 x
0 xe dx.
dx = 01 f (x)g ′ (x) dx
R1 x
0 xe
R
i1
= f (x)g(x) 0 − 01 f ′ (x)g(x) dx
h R
i1
= xex 0 − 01 1 · ex dx
h R
h i1
= 1 · e1 − 0 · e0 − ex 0
= e − (e1 − e0 )
= 1
2. Calcul d’une primitive de arcsin.
Z x
Z
1 · arcsin x dx = x arcsin x −
h i
√ dx
√1 − x 2
= x arcsin x − − 1 − x2
h i h i
√
= x arcsin x + 1 − x2 + c
Exercice 3.8. Montrer à l’aide de deux intégrations par parties qu’une primitive de
x 7→ x2 ex est
x 7→ (x2 − 2x + 2)ex .
Corollaire 3.33 (Formule de Taylor avec reste intégral). Soit f une fonction de
classe C n+1 sur un intervalle I. Pour tous réels a et b dans I on a
f (n) (a) 1 Z b (n+1)
f (b) = f (a) + (b − a)f ′ (a) + · · · + (b − a)n + f (t)(b − t)n dt
n! n! a
• Pour nZ b
= 1 et f de classe C 2 , on procède à une intégration par parties dans
l’intégrale f ′ (t)dt.
a
Les fonctions u : t 7→ t − b et v = f ′ étant de classe C 1 sur I, on a
Z b Z b
′
u (t)v(t) dt = [u(t)v(t))]ba − u(t)v ′ (t) dt
a a
soit
Z b Z b Z b
f ′ (t) dt = [(t − b)f ′ (t)]ba − (t − b)f ′′ (t) dt = (b − a)f ′ (a) + (b − t)f ′′ (t)dt.
a a a
′ nf (a)
(n)
1 Z b (n+1)
f (b) = f (a) + (b − a)f (a) + · · · + (b − a) + f (t)(b − t)n dt
n! n! a
Hypothèse à l’ordre n ∈ N :
si f est de classe C n+1 sur I, pour tous réels a et b dans I on a
′ nf (a)
(n)
1 Z b (n+1)
f (b) = f (a) + (b − a)f (a) + · · · + (b − a) + f (t)(b − t)n dt
n! n! a
Soit f une fonction de classe C n+1 sur un intervalle I telle que f (n+1) soit majorée
en valeur absolue par un réel M sur I. Alors, pour tous a et b dans I on a :
′ nf (a)
(n)
|b − a|n+1
f (b) − f (a) − (b − a)f (a) − · · · − (b − a) 6M
n! (n + 1)!
La fonction exp est de classe C ∞ . La formule de Taylor à l’ordre n sur [0, 1] donne
n 1 1 Z1 t
e= + e (1 − t)n dt
X
k=0 k! n! 0
Une étude de fonction montre que x 7→ ex (1 − x)n est majorée par 1 sur [0, 1].
Alors Z 1
06 et (1 − t)n dt 6 1
0
et n 1 1
06e−
X
6 .
k=0 k! n!
1
Pour n = 8 on obtient n! > 104 , et donc e ≃ à 10−4 près.
P8
k=0 k!
3.8.2 Changement de variables
• Toutes ces fonctions étant Riemann-intégrables (car continues) sur [a, b] (ou
[b, a]), cela entraîne
Z b Z b
′
(F ◦ ϕ) = ϕ′ × f ◦ ϕ
a a
soit Z b
F [ϕ(b)] − F [ϕ(a)] = ϕ′ × f ◦ ϕ
a
ce qui est le résultat annoncé puisque
Z ϕ(b)
ϕ(b)
F [ϕ(b)] − F [ϕ(a)] = [F (x)]ϕ(a) = f (x) dx.
ϕ(a)
(Changement de variables) Soit f une fonction continue sur l’inter-
valle ouvert J, et soit ϕ une fonction de classe C 1 sur un intervalle
ouvert I et à valeurs dans J. Si a et b sont dans I,
Z ϕ(b) Z b
f (x) dx = f (ϕ(t)) ϕ′ (t) dt.
ϕ(a) a
Exemple. Calcul de
Z 1/2 t
dt
0 (1 − t2 )3/2
• la fonction intégrée est continue sur le segment [0, 1/2], donc l’intégrale est bien
définie.
Z Z sin t
F = tan t dt = dt .
cos t
• Par une primitive.
u′
On reconnaît ici une forme u avec u = cos t et u′ = − sin t, dont une primitive
est ln |u|.
Donc Zu′
F = − = − ln |u| = − ln |u| + c = − ln | cos t| + c.
h i
u
• En terme de changement de variables.
Remarque.
L’intégrale est bien définie tant que tan t est définie, donc t 6≡ π2 mod π.
Sur un intervalle ] − π2 + kπ, π2 + kπ[, la primitive est de la forme − ln | cos x| + c.
Mais la constante c peut être différente sur un intervalle différent.
Nous savons intégrer beaucoup de fonctions simples.
Par exemple toutes les fonctions polynomiales : si f (x) = a0 +a1 x+a2 x2 +· · ·+an xn
alors
Z x2 x3 xn+1
f (x) dx = a0 x + a1 + a2 + · · · + an + c.
2 3 n+1
√
Exemple. Pour f (t) = a2 cos2 t + b2 sin2 t alors l’intégrale 02π f (t) dt ne peut
R
λ
• d’éléments simples de première espèce du type , dont on connaît une
(x − a)n
primitive puisque
1
λ
si n 6= 1,
λ
Z
dx = 1 − n (x − a)n−1
(x − a)n
λℓn|x − a|
si n = 1
λx + µ
• d’éléments simples de deuxième espèce du type n avec b 6= 0.
(x − a)2 + b2
Pour les éléments simples de deuxième espèce, le calcul est plus délicat :
Pour les éléments simples de deuxième espèce, on écrit d’abord
dx
Z λx + µ λZ 2(x − a) λa + µ Z
n dx = n dx + b n .
(x − a)2 + b2 2 (x − a)2 + b2 x−a 2
b2n−1 + 1
b
u′
Pour la première primitive, on reconnaît la forme n et donc :
u
1 1
2(x − a) si n 6= 1,
1 − n (x − a)2 + b2 n−1
Z
n dx =
(x − a)2 + b2
ℓn (x − a)2 + b2 si n = 1
Calcul de In (t)
• I1 (t) = arctan t, et
• In (t) se calcule par récurrence sur n en utilisant une intégration par parties.
Z dt
In (t) =
(1 + t2 )n
t Z −2nt2
= − dt
(1 + t2 )n (1 + t2 )n+1
1 1
t Z
= + 2n − dt
(1 + t2 )n (1 + t2 )n (1 + t2 )n+1
t
= + 2nIn − 2nIn+1 ,
(1 + t2 )n
d’où
1
t
In+1 = (2n − 1)In + .
2n (1 + t )
2 n
Z x dx
Exemple. La calcul de risque d’être très pénible en décompo-
(x2 − 1)(x2 + 1)3
sant en éléments simples.
Ainsi
Z du 1 1 1 1
= ℓn|u − 1| + + − ℓn|u + 1|
(u − 1)(u + 1)3 8 4(u + 1)2 4(u + 1) 8
u+2 1 u−1
= + ℓn ,
4(u + 1)2 8 u+1
et
Z x dx x2 + 2 1 x2 − 1
= + ℓn 2 .
(x2 − 1)(x2 + 1)3 8(x2 + 1)2 16 x +1
x+1
Exercice 3.9. Pour f donnée par f (x) = 2x2 +x+1 , vérifier que
1 3 4 1
Z !
f (x) dx = ln 2x2 + x + 1 + √ arctan √ x + +c
4 2 7 7 4
3.10 Primitives se ramenant à des primitives de fractions
rationnelles
On va faire une liste (non exhaustive...) de techniques de calcul propres à
certains types d’intégrales.
Le calcul de primitives
Z
de telles fonctions se ramène, par linéarité, à celui de
primitives de la forme cosn x sinm x dx.
On a alors
1 − t2 2t 2
cos x = sin x = dx = dt,
1 + t2 1 + t2 1 + t2
et on est amené à calculer
1 − t2 2t 2
Z
R , dt,
1 + t 1 + t2 1 + t2
2
2 dt
Z 0 dx Z 0
1+t2
= 2t
− π2 1 − sin x −1 1 − 1+t 2
Z 0 dt
= 2
−1 1 + t2 − 2t
dt 1 0 1
Z 0 " #
= 2 = 2 = 2 1 =1
−
−1 (1 − t)2 1 − t −1 2
Remarque. les calculs ne sont pas très agréables en général.
On a intérêt à essayer d’autres changements de variables.
Exemple. Calculer une primitive de f (x) = (1 + sin x) tan x pour x ∈] − π/2, π/2[.
on pose u = sin x.
v
ux
Z u − 1 dx
Exemple. Calcul de t
sur [1, +∞[ ou sur ] − ∞, −1[.
x+1 x
r
x−1 1+u2 4u
On pose u = x+1 d’où l’on tire x = 1−u2 et dx = (1−u2 )2 du.