Cours Modelisation Vignal
Cours Modelisation Vignal
Toulouse
Université Paul Sabatier
[email protected]
2
Table des Matières 3
1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Niveau de description : hypothèse de continuité du milieu . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Principes de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Fluides ou solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.5 Référentiel et repère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3 Lois de conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.1 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2 Equation de conservation de la masse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.3 Equation de conservation de la quantité de mouvement . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3.2 Tenseur des contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.3.3 Forme locale de la conservation de la quantité de mouvement . . . . . . . 19
3.4 Equation de conservation de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.5 Bilan des équations de conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4 Différents modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1 Modèles fluides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1.1 Forme du tenseur des contraintes intérieures au fluide . . . . . . . . . . . 25
4.1.2 Equations de Navier-Stokes compressible . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.1.3 Equations d’Euler compressible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.1.4 Equations de Navier-Stokes incompressible . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.1.5 Equations de Stokes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.1.6 Equations d’Euler incompressible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.1.7 Lois d’état des gaz parfaits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.1.8 Classification des modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.1.8.1 Le nombre de Reynolds : de Stokes à Euler . . . . . . . . . . . 31
4.1.8.2 Vitesse du son dans un fluide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4 Table des Matières
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
6 exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
5
Chapitre 1
Introduction
1.1 Généralités
Ce cours a pour but de présenter des modèles mathématiques classiquement utilisés par les
ingénieurs pour décrire certains phénomènes physiques. Je me suis beaucoup inspirée des très
bons cours de
– Patrick Huère, “Mécanique des milieux continus, Tome 3, Mécanique des fluides”, cours de
l’Ecole Polytechnique, [5].
– Jean-Yves Plantec, “Introduction à la mécanique des milieux continus”, cours INSA, [6].
– Jean-Pierre Raymond, “Modélisation-EDP”, cours Master 1 IMAT, Université Toulouse 3, [8].
– Jean Salençon, “Mécanique des milieux continus, Tome 1, Concepts généraux”, cours de
l’Ecole Polytechnique, [9].
Le domaine de la modélisation est très vaste, il n’est donc pas envisageable de décrire l’ensemble
des modèles utilisés. Ceci d’autant plus que chaque phénomène étudié appelle une modélisation
différente. Toutefois, il est possible, sur un plan physique, d’identifier et donc de modéliser
au sein d’une extrême diversité de comportements, quelques propriétés et caractères basiques
communs à plusieurs dispositifs.
La physique moléculaire nous explique que chaque milieu (solides, liquides ou gazeux) est
constitué de molécules qu’on peut décider de décrire individuellement. Mais lorsqu’on cherche
à modéliser un écoulement de lave, une avalanche, une vague qui déferle, la déformation d’un
pneu, la structure d’un avion ou d’un pont de béton, ... on se convainc aisément qu’on peut
considérer la matière comme un milieu continu. Ceci parce que le niveau de description qu’on
choisit est suffisamment macroscopique pour le faire.
Je me limiterai dans ce cours aux milieux dits continus et je ne m’intéresserai pas aux milieux
dits raréfiés pour lesquels les échelles de longueur du phénomène sont du même ordre que la
distance inter-atomique. C’est le cas, par exemple, dans les écoulements à très grandes vitesses
en haute atmosphère, dans l’écoulement d’un flux sanguin dans un vaisseau, dans l’étude des
nanotechnologies, ...
L’étude des milieux continus repose sur l’hypothèse fondamentale qu’à l’échelle d’observation
choisie, on peut supposer qu’en tout point du milieu et à tout instant, il est possible de définir
des fonctions telles que la masse volumique, la température, la vitesse, la pression. Il n’est donc
pas nécessaire de suivre l’évolution de chaque molécule physique et on suppose que le milieu
est constitué de “particules” comportant un grand nombre de molécules et occupant un volume
négligeable à l’échelle macroscopique d’observation.
6 Introduction
On peut quantifier cette notion d’un point de vue mathématique. On note l l’échelle micro-
scopique (distance inter-atomique) et L l’échelle macroscopique (échelle d’observation). On
introduit alors le nombre de Knüdsen :
l
Kn =
L
Un milieu se comporte alors comme un milieu continu si
Kn ! 1.
Dans les milieux continus, on distingue classiquement les milieux fluides et les milieux solides
(déformables ou non). Les fluides se composent des liquides et des gaz. Ils sont régis par les
mêmes lois fondamentales de la mécanique des fluides. Ils se différencient essentiellement par leur
compressibilité. Un gaz est plus compressible qu’un fluide. C’est à dire que lors de variations de
pression, les variations de masse volumique sont beaucoup plus grandes dans un gaz. Toutefois,
malgré ces différences, les mêmes modèles peuvent être utilisés.
Enfin, pour terminer cette introduction, nous allons parler de référentiel et de de repères :
deux notions très distinctes. En effet, la formulation mathématiques de phénomènes physiques
nécessite de repérer dans l’espace et au cours du temps le système étudié.
Expliquons tout d’abord la notion de référentiel. Le référentiel est l’espace entrainé par l’obser-
vateur. Choisissons, par exemple, l’exemple du système d’un train dans une gare et supposons
1.5 Référentiel et repère 7
que le train soit en mouvement. Si l’observateur est dans le train, alors un passager assis dans
le train est immobile, sa vitesse est nulle. Pour cet observateur la gare est en mouvement !
Maintenant, si l’observateur est sur le quai de la gare, alors ce même passager assis est en
mouvement et sa vitesse est non nulle, elle est égale à la vitesse du train. Pour cet observateur
la gare est immobile. On voit ainsi que le choix du référentiel est très important.
Lorsque le référentiel est choisi, on fixe un repère dans le référentiel pour déterminer la position
de chaque point. On peut changer de repère sans changer de référentiel. Pour revenir à l’exemple
du train dans la train, changer de repère dans le référentiel lié à un passager du train revient à
changer la position de l’observateur.
On suppose par la suite que le référentiel R est fixé. On suppose de plus l’échelle de temps
fixée. l’instant initial est noté t0 .
8 Introduction
9
Chapitre 2
L’ensemble des particules ou points matériels constituant le système étudié occupe, à chaque
instant t ≥ t0 , un ensemble de positions dans l’espace euclidien IR3 : c’est la configuration du
système à l’instant t, notée Ωt ⊂ IR3 .
Plus généralement, on entendra par configuration du système, l’ensemble des position spatiales
mais aussi la donnée des grandeurs physiques concernant le système dans cette configuration
(par exemple : masse volumique, vitesse, pression, ...)
On appelle configuration actuelle du système, la configuration Ωt correspondant à l’instant
courant t. On introduit aussi la notion de configuration de référence, ou configuration initiale :
c’est la configuration particulière Ωt0 à l’instant t0 . On notera souvent Ωt0 = Ω0 car en général
t0 = 0.
On suppose que le repère est direct et orthonormé R = (0, − →
e1 , −
→
e2 , →
−
e3 ). Le repérage de la confi-
guration Ωt du système S dans le référentiel R et le repère R peut se faire au moyen du
vecteur-position OM, noté aussi M, qui précise la position de chaque particule du système à
partir de l’origine O.
On note X ou (x, y, z) les coordonnées des vecteurs positions M de Ωt . On note X0 ou (x0 , y0 , z0 )
celles des vecteurs positions M0 de Ω0 .
2.2.1 Définition
Pour définir le mouvement d’un système, on peut se donner une configuration de référence Ω0 à
l’instant initial t0 et ensuite donner à chaque instant t l’expression du vecteur position X dans
Ωt de la particule située en X0 à l’instant t0 . On définit
X = φ(X0 , t0 ; t).
2.3.1 Définition
→
−
où m est la masse de la particule et où les F i sont les forces exercées sur la particule.
Ainsi, la vitesse est constante par rapport au temps, toutefois elle varie dans le domaine.
Les particules se déplaçant dans le domaine au cours du temps, la vitesse d’une particule
donnée change au cours du temps bien que le mouvement soit dit stationnaire ! On précise cette
remarque avec la notion de dérivée Lagrangienne dans le paragraphe suivant.
b : Ωt × [0, +∞[ → IR
(X, t) '→ b(X, t)
∂b
La dérivée partielle de b par rapport à t, notée ∂t b = , mesure les variations de b au cours
∂t
du temps en un point donné du domaine.
On passe en variable Lagrangienne, on considère une particule à la position X0 ∈ Ω0 à l’instant
initial t0 , elle sera à la position X = φ(X0 , t0 ; t) à l’instant t. Les variations de b au cours
du temps pour cette particule sont données par les variations de b en temps et celles liées au
mouvement de la particule dans le domaine. Mathématiquement cela s’écrit
d' (
φ(X0 , t0 ; t), t) = ∂t b(φ(X0 , t0 ; t), t) + ∇X b(φ(X0 , t0 ; t), t) · ∂t φ(X0 , t0 ; t),
dt
= ∂t b(φ(X0 , t0 ; t), t) + ∇X b(φ(X0 , t0 ; t), t) · u(φ(X0 , t0 ; t), t),
où ∇X b ∈ IR3 = (∂x b, ∂y b, ∂z b)T est le gradient de b par rapport à X, en notant X = (x, y, z)T .
12 Concepts généraux pour les milieux continus
d' (
La quantité b(φ(X0 , t0 ; t), t) est appelée la dérivée Lagrangienne ou particulaire de b. Cette
dt
quantité est souvent notée dans la littérature
Db
(X, t) = ∂t b(X, t) + ∇X b(X, t) · u(X, t), ∀X ∈ Ωt , ∀t ∈ IR.
DT
13
Chapitre 3
Lois de conservation
3.1 Notations
b : Ω × [t0 , +∞[ → IR
(X, t) '→ b(X, t)
∂b
On rappelle qu’on note X = (x, y, z)T les coordonnées de X, ∂t b ou la dérivée partielle de
∂t
b par rapport à t, ∇X b = (∂x b, ∂y b, ∂z b)T ∈ IR3 son gradient en X. De plus on note ∆X b =
∂x2 b + ∂y2 b + ∂z2 b son Laplacien.
Pour toute fonction vectorielle
Qu’on soit avec un fluide ou un solide, la masse est conservée au cours du temps. C’est le
première loi que nous allons exploiter, elle est le fondement de la mécanique classique.
L’expression de la conservation de la masse dans le domaine au cours du temps s’exprime sous
la forme suivante :
Théorème 3.1 On suppose qu’à l’instant t, le système occupe un domaine Ωt ⊂ IR3 et que de
plus la description Lagrangienne du système, φ, est de classe C 2 ainsi que sa réciproque φ−1 .
On note ρ(X, t) ∈ IR+ et u(X, t) ∈ IR3 la masse volumique et la vitesse du milieu continu qu’on
veut décrire.
Alors l’équation locale de conservation de la masse (ou équation de continuité) est donnée par
' (
∂t ρ(X, t) + ∇X · ρ(X, t) u(X, t) = 0, (3.1)
pour presque tout X ∈ Ωt et tout t > t0 . Si de plus, ρ u est de classe C 1 et si Ωt est borné et de
classe C 1 , alors la forme intégrale de la conservation de la masse est donnée par
- -
∂t ρ(X, t) dX + ρ(X, t) u(X, t) · n(X, t) dµ(X) = 0, (3.2)
Ωt ∂Ωt
pour tout t > t0 et où ∂Ωt est la frontière de Ωt , n est la normale unitaire à ∂Ωt extérieure à
Ωt et dµ(X) est la mesure 2-dimensionnelle induite par la mesure de Lebesgue de IR3 .
Preuve du Théorème 3.1 : Pour tout t, la masse totale dans le domaine est donnée par
-
M(t) = ρ(X, t)dX.
Ωt
∂φ
u(φ(X0, t0 ; t), t) = (X0 , t0 ; t),
∂t
et
φ(·, t0; t) : Ω0 → Ωt
X0 '→ X = φ(X0 , t0 ; t)
3.2 Equation de conservation de la masse 15
est bijective. Mais φ et φ−1 étant de classe C 1 , φ est un changement de variables. On note
Jφ (X0 , t0 ; t) la jacobienne de φ au point X0 . En notant X0 = (x0 , y0 , z0 ) et φ = (φx , φy , φz ) les
composantes de X0 et φ, on a alors
∂x0 φx ∂y0 φx ∂y0 φx
Jφ (X0 , t0 ; t) = DX0 φ(X0 , t0 ; t) = ∂x0 φy ∂y0 φy ∂y0 φy (X0 , t0 ; t).
∂x0 φz ∂y0 φz ∂y0 φz
Alors -
M(t) = ρ(φ(X0 , t0 ; t), t) |det(Jφ (X0 , t0 ; t))| dX0.
Ωt 0
de plus Jφ satisfait
φ(X0 , t0 ; t0 ) = X0 .
Mais φ(·, t0; t) étant de classe C 1 , det(Jφ (X0 , t0 ; t)) est continue pour tout t0 et t. Une fonction
continue ne s’annulant pas est de signe constant et det(Jφ (X0 , t0 ; t0 )) = 1 > 0.
Il reste à établir l’équation différentielle. Nous allons le faire en dimension 2 pour se convaincre
que cela fonctionne, la dimension 3 est laissée en exercice ! On a donc X0 = (x0, y0) ∈ IR2 ,
φ = (φx , φy ) ∈ IR2 et
4 4
4 ∂x0 φx (X0 , t0 ; t) ∂y0 φx (X0 , t0 ; t) 4
det(Jφ (X0 , t0 ; t0 )) = 4
4 4,
∂x0 φy (X0 , t0 ; t) ∂y0 φy (X0 , t0 ; t) 4
= ∂x0 φx (X0 , t0 ; t) ∂y0 φy (X0 , t0 ; t) − ∂x0 φy (X0 , t0 ; t) ∂y0 φx (X0 , t0 ; t).
Donc
d
det(Jφ (X0 , t0 ; t)) = ∂t2x0 φx (X0 , t0 ; t) ∂y0 φy (X0 , t0 ; t) + ∂x0 φx (X0 , t0 ; t) ∂t2y0 φy (X0 , t0 ; t)
dt
−∂t2x0 φy (X0 , t0 ; t) ∂y0 φx (X0 , t0 ; t) − ∂x0 φy (X0 , t0 ; t) ∂t2y0 φx (X0 , t0 ; t).
∂t2x0 φx (X0 , t0 ; t) = ∂x0 (∂t φx (X0 , t0 ; t)) = ∂x0 (ux (φ(X0 , t0 ; t), t))
= ∂x ux (φ(X0 , t0 ; t), t) ∂x0 φx (X0 , t0 ; t) + ∂y ux (φ(X0 , t0 ; t), t) ∂x0 φy (X0 , t0 ; t).
Notons alors que ce raisonnement peut être fait sur n’importe quel sous ensemble ωt ⊂ Ωt issu
d’un sous-ensemble ω0 de Ω0 . En particulier sur toute boule ouverte B contenue dans Ωt . On
peut alors appliquer le résultat d’intégration suivant, que nous admettrons.
3.3 Equation de conservation de la quantité de mouvement 17
Théorème 3.3 Si ϕ est une application intégrable sur un ouvert Ω ⊂ IRd (d ∈ IN# ) et si pour
toute boule ouverte B ⊂ Ω, on a -
ϕ(X) dX = 0,
B
Ce qui termine la démonstration du Théorème 3.1. On termine ce paragraphe avec une définition
de milieu incompressible.
Définition 3.4 Un milieu est dit incompressible, si au cours du mouvement des points matériels
le domaine reste inchangé, c’est à dire si
Ωt = Ω0 .
On a alors, φ(·, t0 ; t) = IdΩ0 et donc Jφ (X0 , t0 ; t) = IdIR3 et det(Jφ (X0 , t0 ; t) = 1, le Lemme 3.2,
nous donne alors
∇X · u(X, t) = 0,
pour tout X ∈ Ωt et tout t.
3.3.1 Introduction
d−
→p &−→
= Fi ,
dt i
où −
→
p = m− →
u est la quantité de mouvement.
Dans le cas de notre milieu continu, on a
Lemme 3.5 On suppose qu’à l’instant t, le système occupe un domaine Ωt ⊂ IR3 et que de
plus la description Lagrangienne du système, φ, est de classe C 2 ainsi que sa réciproque φ−1 .
On note ρ(X, t) ∈ IR+ et u(X, t) ∈ IR3 la masse volumique et la vitesse du milieu continu qu’on
veut décrire.
18 Lois de conservation
De plus
d−
→p
- 7 ' ( ' (8
= ∂t ρ(X, t) u(X, t) +∇X ρ(X, t) u ⊗ u(X, t) dX.
dt Ωt
Afin d’écrire la conservation de la quantité de mouvement, Il nous faut préciser quelles sont les
forces exercées sur le système.
Les forces exercées sur le système sont de deux natures : il y a les forces extérieures qui dépendent
du système considéré, et les forces intérieures au milieu. En effet, chaque sous domaine exerce
des efforts sur les autres sous domaines.
Les forces extérieures sont déterminées par la physique du système considéré. Par exemple, si
le milieu considéré est un plasma (gaz contenant des particules chargées), les forces extérieures
peuvent être de nature électromagnétique (force de Lorentz). Elle s’exprime en fonction d’un
champ extérieur donné ou en fonction du champ créé par le mouvement des particules. Dans le
premier cas, la force ne dépendra que de la position et du temps, dans le deuxième elle dépendra
de la densité et de la vitesse du fluide ainsi que de la position et du temps. Mais à chaque fois,
elle s’exerce en tous points du domaine.
Dans l’étude d’un avion en vol, une des forces extérieures est la gravité (heureusement, ce n’est
pas la seule...). Cette force s’exerce en tous points du domaine.
Si le milieu est un fluide stocké dans un piston, le mouvement du piston peut comprimer le fluide.
Cette compression sera modélisée par une force de pression exercée sur la surface extérieure du
système. On en tient compte dans la modélisation en donnant des conditions aux limites du
domaine occupé par le système étudié.
Ce ne sont que trois exemples parmi tant d’autres, et il n’est pas possible de les décrire tous.
Nous retiendrons que les forces extérieures peuvent être surfaciques, auquel cas on en tient
compte au travers des conditions aux limites. Elles peuvent également être volumiques et dans
ce cas elles sont données.
L’étude des forces intérieures relève d’observations expérimentales et de principes ainsi établis.
Pour une question de temps, il n’est pas possible de donner dans ce cours, les détails de l’étude
permettant d’établir l’expression de ces forces (ceci est très bien fait dans le cours de Jean
Salençon [9]). Je résume ci dessous les conclusions de cette étude.
Si on considère des sous domaines arbitraires dans Ωt , chaque sous domaine domaine exerce
des efforts sur les autres. Ces efforts sont exercés sur la surface des sous domaines. Ainsi, on
3.3 Equation de conservation de la quantité de mouvement 19
représente ces efforts par un vecteur T , appelé “vecteur des contraintes”, et défini en tout point
de la frontière des sous domaines.
On peut montrer que ce tenseur est une fonction de la position X, du temps et de la normale
unitaire à la frontière du sous domaine, extérieure au sous domaine, notée n. Dans les milieux
continus, on montre de plus que ce tenseur est une fonction linéaire de n. On a ainsi
où σ est un tenseur, c’est à dire une matrice 3 × 3, appelé tenseur des contraintes de Cauchy.
Dans les milieux continus, ce tenseur est symétrique.
Nous verrons dans les chapitres suivants plusieurs exemples de l’expression de ce tenseur, no-
tamment dans le cas des fluides ou des solides déformables.
Théorème 3.6 On suppose qu’à l’instant t, le système occupe un domaine Ωt ⊂ IR3 . On note
ρ(X, t) ∈ IR+ et u(X, t) ∈ IR3 la masse volumique et la vitesse du système.
Alors l’équation locale de conservation de la quantité de mouvement est donnée par
' ( ' (
∂t ρ(X, t) u(X, t) +∇X · ρ(X, t) u ⊗ u(X, t) −∇X · (σ(X, t)) = ρ(X, t) f (X, t), (3.5)
pour presque tout X ∈ Ωt et tout t > t0 et où σ ∈ IR3×3 est le tenseur symétrique des contraintes
intérieures au milieu étudié et le vecteur f ∈ IR3 modélise la résultante des forces volumiques
extérieures s’appliquant en chaque point matériel du système.
d−
→p
- -
= ρ(X, t) f (X, t) dX + σ(X, t) n(X) dµ(X).
dt Ωt ∂Ωt
En utilisant la formule de Green sur chacune des composantes du terme source, pour i = 1, 2
ou 3, on a
!- " -
σ(X, t) n(X) dµ(X) = (σi1 , σi2 , σi3 )(X, t) n(X) dµ(X),
∂Ωt i ∂Ωt
- σi1 (X, t)
= σi2 (X, t) · n(X) dµ(X),
∂Ωt σ i3 (X, t)
- σi1 (X, t)
= ∇X · σi2 (X, t) dX.
Ωt σi3 (X, t)
Et alors - -
σ(X, t) n(X) dµ(X) = ∇X · (σ(X, t)) dX.
∂Ωt Ωt
20 Lois de conservation
Remarque 3.7 Nous verrons dans les chapitres suivants plusieurs exemples de l’expression de
ce tenseur, notamment dans le cas des fluides ou des solides déformables.
Dans la littérature, on trouve parfois cette équation sous une forme différente qui tient compte
de l’équation de conservation de la masse.
Corollaire 3.8 On suppose qu’à l’instant t, le système occupe un domaine Ωt ⊂ IR3 . On note
ρ(X, t) ∈ IR+ et u(X, t) ∈ IR3 la masse volumique et la vitesse du système. On suppose qu’elles
satisfont l’équation de continuité (3.1).
Alors l’équation locale de conservation de la quantité de mouvement (3.5) est équivalente à
7 ' ( 8
ρ(X, t) ∂t u(X, t) + u(X, t) · ∇X u(X, t) −∇X · (σ(X, t)) = ρ(X, t) f (X, t), (3.6)
pour presque tout X ∈ Ωt et tout t > t0 et où σ ∈ IR3×3 est le tenseur symétrique des contraintes
intérieures au milieu étudié et le vecteur f ∈ IR3 modélise la résultante des forces volumiques
extérieures s’appliquant en chaque point matériel du système.
Preuve :
Remarquons que
' (
∂t ρ(X, t) u(X, t) = ∂t ρ(X, t) u(X, t) + ρ(X, t) ∂t u(X, t),
et que
' ( ' (
∇X · ρ(X, t) ux (X, t)u(X, t) = ux (X, t) ∇X · ρ(X, t) u(X, t) +ρ(X, t) u(X, t) · ∇X ux (X, t).
Ainsi
' ( ' ( ' (
∇X · ρ(X, t) u ⊗ u(X, t) = ∇X · ρ(X, t) u(X, t) u(X, t) + ρ(X, t) u(X, t) · ∇X u(X, t).
Nous allons décrypter tout cela... Tout d’abord, qu’est ce que l’énergie interne. L’énergie interne
est constituée des énergies cinétiques microscopiques correspondant à l’agitation thermique des
particules et des énergies d’interactions microscopiques correspondant aux énergies de liaisons
et d’interactions diverses. Par exemple dans le cas des gaz parfaits pour lesquels il n’y a pas
d’interactions microscopiques (pas de réaction nucléaire) entre les molécules, l’énergie interne
e mesure donc l’énergie thermique. On peut montrer que si T est la température alors e est
proportionnel à T pour les gaz parfaits.
Pour tout effort F , ou force, appliquée sur un élément de volume en mouvement à la vitesse u,
la puissance de cet effort est donnée par F · u.
Enfin, le taux de chaleur reçu par une partie du système provient soit d’une source extérieure
de chaleur, soit des autres sous parties du système par conduction thermique.
Pour l’apport de chaleur extérieure au système, on supposera que celui ci s’applique en volume,
sinon il se modélise avec des conditions aux limites.
Pour les apports intérieurs, ceux ci s’appliquent sur la surface du système et il a été établi
(expérimentalement par Fourier en 1822) qu’ils étaient proportionnels au gradient de température.
Si T est la température, alors le taux de chaleur est donné par
pour X ∈ ∂Ωt et tout t et où κ est une constante spécifique du matériau appelée conductivité
thermique, elle est déterminée de manière expérimentale.
On montre le résultat suivant
Théorème 3.10 On suppose qu’à l’instant t, le système occupe un domaine Ωt ⊂ IR3 . On note
ρ(X, t) ∈ IR+ , u(X, t) ∈ IR3 , T (X, t) ∈ IR et e(X, t) ∈ IR+ la masse volumique, la vitesse, la
température et la densité massique d’énergie interne (ou énergie spécifique interne) du système.
Alors l’équation locale de conservation de l’énergie est donnée par
! " !! " "
∂ 1 2 1 2
A B
ρ |u| + ρ e + ∇X · ρ |u| + ρ e u − ∇X · σ u −κ ∆X T = ρ f · u + Q,
∂t 2 2
pour presque tout X ∈ Ωt et tout t > t0 et où σ ∈ IR3×3 est le tenseur symétrique des contraintes
intérieures au milieu étudié, κ ∈ IR est la conductivité thermique du matériau, le vecteur f ∈ IR3
modélise la résultante des forces volumiques extérieures s’appliquant en chaque point matériel
du système et enfin Q modélise l’apport volumique extérieur de chaleur.
Preuve
L’énergie totale est donnée par la somme de l’énergie cinétique et de l’énergie interne
- ! "
1 1
- -
2 2
E(t) = ρ(X, t) |u(x, t)| dX + ρ(X, t) e(X, t) dX = ρ |u| + ρ e (X, t) dX,
2 Ωt Ωt Ωt 2
Enfin, le flux ou taux de chaleur total reçu par l’extérieur ou l’intérieur du système est donné
par - -
Q(X, t) dX + κ ∇X T (X, t) · n(X, t) dµ(X).
Ωt ∂Ωt
Nous avons obtenu trois lois de conservation à l’aide des trois premier principe de la mécanique
classique : conservation de la masse, conservation de la quantité de mouvement et conservation
de l’énergie. Nous n’avons pas exposé comment tenir compte du dernier principe appelé “second
principe de la thermodynamique” car cela dépasse le cadre de ce cours.
En résumé, on suppose qu’à l’instant t, le système occupe un domaine Ωt ⊂ IR3 . Les inconnues
sont ρ(X, t) ∈ IR+ , u(X, t) ∈ IR3 , T (X, t) ∈ IR et e(X, t) ∈ IR+ la masse volumique, la vitesse, la
température et la densité massique d’énergie interne (ou énergie spécifique interne) du système.
Elles satisfont le système d’équations aux dérivées partielles suivant
' (
∂t ρ(X, t) + ∇X · ρ(X, t) u(X, t) = 0,
' ( ' (
∂t ρ(X, t) u(X, t) +∇X · ρ(X, t) u ⊗ u(X, t) −∇X · (σ(X, t)) = ρ(X, t) f (X, t),
! " !! " "
∂ 1 2 1 2
A B
ρ |u| + ρ e + ∇X · ρ |u| + ρ e u − ∇X · σ u −κ ∆X T = ρ f · u + Q,
∂t 2 2
pour presque tout X ∈ Ωt et tout t > t0 et où σ ∈ IR3×3 est le tenseur symétrique des
contraintes intérieures au milieu étudié, κ ∈ IR est la conductivité thermique du matériau, le
vecteur f ∈ IR3 est la densité de la résultante des forces volumiques extérieures s’appliquant en
chaque point matériel du système et enfin Q modélise l’apport volumique extérieur de chaleur.
3.5 Bilan des équations de conservation 23
À cela s’ajoute une loi d’état pour fermer le système (c’est à dire autant d’équations que
d’inconnues)
e = e(ρ, T ),
reliant l’énergie interne, la densité et la température. Nous verrons dans le chapitre suivant
quelles expressions sont utilisées.
24 Lois de conservation
25
Chapitre 4
Différents modèles
Le but de ce chapitre, est de donner différents modèles utilisés dans la littérature et obtenue à
l’aide des équations de conservation établies dans le chapitre précédent.
Lorsque le fluide est au repos, c’est à dire lorsque sa vitesse est nulle, les efforts ne sont pas
nuls. Chaque sous domaine exerce une pression ou plutôt une compression sur les autres. Il
est assez naturel (cela est vérifié par l’expérience) de supposer que cette compression se fait
parallèlement à la normale du domaine. Ainsi σ est proportionnel à la matrice identité de taille
3. On l’exprime en introduisant la notion de pression hydrostatique (c’est à dire la pression du
milieu au repos), notée p. C’est un scalaire et le tenseur des contraintes est donné par
L’expérience montre que, lorsque le fluide est en mouvement, la pression ne suffit pas à ex-
pliquer les phénomènes et qu’il convient d ?introduire des forces tangentielles qui s ?opposent
au mouvement du fluide. Ces forces, de type frottement, dues aux interactions entre molécules
du fluide, sont appelées forces de viscosité. Ainsi, des effets visqueux se rajoutent aux effets
de pression hydrostatique dans un fluide en mouvement. Nous nous limiterons aux fluides dits
Newtoniens qui sont définis par les trois propriétés suivantes :
– le tenseur des contraintes visqueuses est une fonction linéaire de ∇X u.
– le tenseur des contraintes demeure inchangé lorsqu’on applique à l’ensemble du système un
mouvement rigidifiant (non déformant) quelconque. Cette propriété est appelée “principe
d’objectivité”.
– le milieu fluide est isotrope, c’est à dire qu’aucune direction n’est privilégiée.
Remarquons que la première propriété est cohérente avec le fait que les effets visqueux dispa-
raissent lorsque la vitesse est nulle.
Le mouvement général d’un point matériel de fluide est caractérisé par les tenseurs de trans-
lation, de rotation, de déformation et de dilatation. Le principe d’objectivité implique qu’un
fluide Newtonien soumis à un mouvement de translation ou de rotation est libre de toutes
contraintes. Ainsi, le tenseur des contraintes ne dépend pas des tenseurs de translation et de
rotation. Nous avons déjà vu que le taux de dilatation d’un volume est proportionnel à ∇X · u.
Ainsi, puisque le milieu est isotrope, le tenseur de dilatation volumique est donné par
∇X · u IdIR3 .
26 Différents modèles
où λ et µ sont les coefficients de viscosité de Lamé. La viscosité λ est appelée la viscosité
volumique et µ est appelée la viscosité dynamique, nous verrons qu’elle nous permettra de
définir le nombre de Reynolds, important en mécanique des fluides.
Les équations de Navier-Stokes sont données en utilisant l’expression (4.1) du tenseur des
contraintes. On remarque de plus que
! ( ! " "
'
T 2µ
∇X · σ = ∇X · −p IdIR3 + µ ∇X u + ∇X u + λ − ∇X · u IdIR3 ,
! "3
2µ
= −∇X p + µ ∆X u + µ ∇X (∇X · u) + λ − ∇X (∇X · u),
3
' µ (
= −∇X p + µ ∆X u + λ + ∇X (∇X · u),
3
car
∇X · (∇X u) = ∆X u, et ∇X · (∇X uT ) = ∇X (∇X · u).
Les équations de Navier-Stokes sont données par
∂t ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
' µ(
∂ t (ρ u) + ∇ X · (ρ u ⊗ u) + ∇ X p − µ ∆ X u − λ + ∇X (∇X · u) = ρ f,
3
! " !! " "
∂ 1 2 1 2
ρ |u| + ρ e + ∇X · ρ |u| + ρ e u − κ ∆X T
∂t 2 2
5!
' ( ! 2µ
" " 6
T
+∇X · p − µ ∇X u + ∇X u + λ − ∇X · u u = ρ f · u + Q,
3
(4.2)
pour presque tout X ∈ Ω ⊂ IR3 et tout t > 0.
De plus, λ et µ sont les coefficients de viscosité de Lamé. La viscosité λ est appelée la viscosité
volumique et µ est appelée la viscosité dynamique, κ ∈ IR est la conductivité thermique du
matériau, le vecteur f ∈ IR3 est la densité de la résultante des forces volumiques extérieures et
enfin Q modélise l’apport volumique extérieur de chaleur. Ces quantités sont données.
Les inconnues (ou variables) sont ρ ∈ IR+ , u ∈ IR3 , p ∈ IR+ , T ∈ IR et e ∈ IR+ la masse
volumique, la vitesse, la pression, la température et l’énergie interne. Le système est donc
fermé par des équations dites “lois d’état” de la forme
p = p(ρ, T ),
e = e(ρ, T ).
Nous verrons, dans le paragraphe 4.1.7 quelques exemples de lois d’état applicable aux gaz
parfaits (à ne pas confondre avec fluides parfaits).
4.1 Modèles fluides 27
Les équations d’Euler sont utilisées pour décrire des fluides dits parfaits. Un fluide est dit parfait
si les termes visqueux dans le tenseur des contraintes peuvent être négligés. Nous verrons dans
le paragraphe 4.1.8, quand cette approximation peut être faite.
Pour les fluides parfaits, le tenseur des contraintes est sphérique et donné par
σ(X, t) = −p(X, t) IdIR3 .
Les équations d’Euler, sont alors données par
∂t ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
∂ (ρ u) + ∇ · (ρ u ⊗ u) + ∇ p = ρ f,
t X X
! " !! " "
∂ 1 2 1 2
ρ |u| + ρ e + ∇X · ρ |u| + ρ e u − κ ∆X T + ∇X · (p u) = ρ f · u + Q,
∂t 2 2
(4.3)
3
pour presque tout X ∈ Ω ⊂ IR et tout t > 0.
De plus, κ ∈ IR est la conductivité thermique du matériau, le vecteur f ∈ IR3 est la densité de la
résultante des forces volumiques extérieures s’appliquant en chaque point matériel du système
et enfin Q modélise l’apport volumique extérieur de chaleur. Ces quantités sont données.
Les inconnues (ou variables d’état) sont ρ ∈ IR+ , u ∈ IR3 , p ∈ IR+ , T ∈ IR et e ∈ IR+ la masse
volumique, la vitesse, la pression, la température et l’énergie interne. Le système est donc fermé
par des équations dites “lois d’état” de la forme
p = p(ρ, T ),
e = e(ρ, T ).
Nous verrons, dans le paragraphe 4.1.7 quelques exemples de lois d’état applicables aux gaz
parfaits (à ne pas confondre avec fluides parfaits).
Remarque 4.1 Les inconnues (ou variables d’état) sont ρ ∈ IR+ , u ∈ IR3 , p ∈ IR+ , T ∈ IR
et e ∈ IR+ la masse volumique, la vitesse, la pression, la température et l’énergie interne. Soit
7 inconnues réelles, notons alors que le système est constitué de 6 équations indépendantes, il
manque donc une équation (loi d’état) pour fermer le système. Remarquons de plus que ρ est
fixée par la première équation. Les deux équations suivantes sont indépendantes de la dernière.
On doit ainsi déterminer (u, p) solution des équations
0
∇X · u = 0,
∂t u + (u · ∇X )u + ∇X (p/ρ0 ) − ν ∆X u = f,
e = e(ρ, T ).
Nous avons déjà vu que la première équation traduit l’incompressibilité du milieu. Quant à la
deuxième équation, elle traduit mathématiquement que les variations en temps de la vitesse
dans le fluide (terme ρ0 ∂t u) sont dû (outre les variations de pression et les forces extérieurs)
aux forces inertielles, terme ρ0 (u · ∇X )u et aux forces de viscosité, terme µ ∆X u.
Nous verrons que dans certains régimes, les forces de viscosités sont prépondérantes, on peut
alors négliger les termes inertiels.
On obtient ainsi le système de Stokes :
0
∇X · u = 0,
(4.5)
∂t u + ∇X (p/ρ0 ) − ν ∆X u = f,
pour presque tout X ∈ Ω ⊂ IR3 et tout t > 0 et où ν = µ/ρ0 est appelée la viscosité cinématique
du fluide.
Le système est bien fermé, même si ρ0 n’est pas connu. En effet, il suffit de choisir comme
inconnues u et p̄ = p/ρ0 . La contrainte d’incompressibilité permet alors de déterminer p̄.
De même que précédemment, dans certains régimes ce sont les termes de viscosité qui pourront
être négligés, et le milieu sera décrit par les équations d’Euler incompressible :
0
∇X · u = 0,
∂t u + (u · ∇X )u + ∇X p̄ = f,
4.1 Modèles fluides 29
pour presque tout X ∈ Ω ⊂ IR3 et tout t > 0 et où p̄ = p/ρ0 est complètement déterminé par
la contrainte d’incompressibilité.
Nous donnerons des exemples de lois d’état dans le cas des gaz parfaits. Un gaz est dit (ther-
miquement) parfait lorsque son équation d’état thermique p = p(ρ, T ) prend la forme :
p = ρ r T,
où r = R/M est la constante du gaz, R étant la constante universelle des gaz parfaits (R =
8, 314J/K) et M est la masse molaire du gaz considéré.
Dans ce cas, on déduit des deux principes de la thermodynamiques que e ne dépend pas de ρ
et ainsi e = e(T ).
Suivant le système étudié on ferme le système avec les lois traduisant la physique considérée.
Par exemple, si on considère une transformation isentropique (i.e. à entropie constante) ce
qui est le cas pour une transformation réversible et adiabatique (c’est à dire sans échange
thermique), on peut montrer que
p = C ργ ,
où C est une constante positive donnée et γ = Cp /Cv > 1 est le rapport des chaleurs spécifiques
(c’est une constante donnée). Cette constante dépend du gaz considéré, pour un gaz monoato-
mique γ = 5/3, pour un gaz diatomique γ = 7/5...
Ainsi, connaissant ρ, on connait p et donc T = p/(ρ r) et e = e(T ). Dans le cas d’un fluide
parfait, on peut ne considérer que les équations de conservation de la masse et de la quantité
de mouvement. On obtient les équations d’Euler isentropique
∂ ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
t
∂t (ρ u) + ∇X · (ρ u ⊗ u) + ∇X p(ρ) = ρ f, (4.6)
p(ρ) = C ργ ,
∂t ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
' µ(
∂t (ρ u) + ∇X · (ρ u ⊗ u) + ∇X p − µ ∆X u − λ + ∇X (∇X · u) = ρ f,
3
! " !! " "
∂ 1 1
2
ρ |u| + ρ e + ∇ X · ρ |u|2 + ρ e u
∂t 2 5! 2
' ( ! 2µ
" " 6
T
+∇X · p − µ ∇X u + ∇X u + λ − ∇X · u u = ρ f · u,
3
p = (γ − 1) ρ e,
(4.7)
30 Différents modèles
pour presque tout X ∈ Ω ⊂ IR3 et tout t > 0. Ce système porte le nom de système de la
dynamique complète des gaz parfaits dans la littérature.
Remarque 4.2 Le système de la dynamique des gaz est écrit sur les variables (ρ, ρ u, 12 ρ |u|2 +
ρ e) qui sont les quantités conservées au cours du temps. On dit que ce sont les variables conser-
vatives. Il est parfois utile d’écrire le système en utilisant les variables, dites physiques, (ρ, u, p).
On obtient le système équivalent suivant
∂t ρ + ∇X · (ρ u) = 0, (4.9)
ρ ∂t u + ρ (u · ∇X )u + ∇X p = ρ f, (4.10)
∂t p + u · ∇X p + γ p∇X · u = 0, (4.11)
p
ρe = . (4.12)
γ−1
En effet, on commence par remarquer que
∇X · (ρ u ⊗ u) = ρ (u · ∇X )u + ∇X · (ρ u) u.
ρ ∂t u + ∂t ρ u + ∇X · (ρ u) u + ρ (u · ∇X )u + ∇X p = ρ f,
soit encore
|u|2 |u|2 ' (
∂t ρ+ρ u·∂t u+∂t (ρ e)+ ∇X ·(ρ u)+u· ρ (u·∇X )u +∇X ·(ρ e u)+u·∇X p+p ∇X ·u = ρ f ·u.
2 2
Alors, en utilisant l’équation de conservation de la masse ainsi que l’équation en vitesse, (4.10)
et l’équation d’état, il vient
1 1
∂t p + ∇X · (p u) + p ∇X · u = 0.
γ−1 γ−1
Ce qui donne bien (4.11).
Ce ne sont que des exemples parmi d’autres, ce sont toutefois ceux rencontrés le plus fréquemment...
4.1 Modèles fluides 31
Navier-Stokes compressible
! "
Euler compressible Navier Stokes incompressible
! "
Euler incompressible Stokes
Il est nécessaire de savoir dans quels régimes chacun d’entre eux est valide.
Pour cela, nous allons voir qu’il est intéressant d’adimensionner les équations.
En physique, dire qu’une quantité est grande ou petite n’a pas vraiment de sens, ce qui a
du sens c’est dire qu’une quantité est grande (ou petite) devant une autre quantité. En effet,
suivant le système physique étudié, les ordres de grandeurs peuvent être vraiment différents.
Par exemple, si on s’intéresse au trafic routier, les vitesses des voitures seront de l’ordre de
100km/h ≈ 30m/s. Maintenant, si on s’intéresse au mouvement de particules élémentaires
comme des électrons dans un tube cathodique par exemple, les vitesses considérées seront
plutôt de l’ordre de 3 × 107 m/s. On voit bien que les notions de grand ou petit dépendent du
problème étudié !
Ainsi, il est naturel d’adimensionner les équations. Pour cela, on se fixe des ordres de grandeurs
pour chaque quantité dans les équations. Et, on va travailler sur des quantités adimensionnées
par leurs ordre de grandeur. On se ramène ainsi à des quantités qui sont de l’ordre de 1.
Nous verrons que du choix de ces ordres de grandeurs dépendra la mise en avant de certains
phénomènes physiques et donc de certains régimes.
ρ(X, t) = ρ(X, 0) = ρ0 = cste,
∇X · u = 0,
ρ0 ∂t u + ρ0 (u · ∇X )u + ∇X p − µ ∆X u = 0,
! 2 " !! 2 " "
∂ |u| |u| 7' ' (( 8
+ e u + ∇X · p − µ ∇ X u + ∇X u T
ρ0
+ e + ρ0 ∇X · u = 0,
∂t 2 2
pour tout X ∈ Ω ⊂ IRd et tout t ∈ [0, Tf ] où Tf est le temps final auquel on cherche à déterminer
l’état du système.
Choisissons les ordres de grandeurs de chacunes des variables. Ces ordres de grandeurs sont fixés
par la physique en pratique. On suppose connu l’ordre de grandeur de la norme des vitesse, on le
note u0 ∈ IR. Remarquons alors que les termes ρ0 ∂t u et ∇X p sont homogènes en terme d’unité.
Ainsi, une pression est homogène au produit d’une densité d’une vitesse et d’une distance divisé
par un temps, soit au produit d’une densité et du carré d’une vitesse. On peut donc choisir
d’adimensionner la pression par ρ0 u20 . On procède de même pour l’énergie interne.
On choisit comme ordres de grandeur
32 Différents modèles
On effectue alors le changement de variables (X, t) '→ (X̄, t̄) = (X/L, t/t0 ).
On voit alors les inconnues comme des fonctions adimensionnées et exprimées en terme de ces
nouvelles variables. Ainsi, on pose
ρ(X, t) = ρ0 ρ̄(X̄, t̄), u(X, t) = u0 ū(X̄, t̄), p(X, t) = p0 p̄(X̄, t̄), e(X, t) = e0 ē(X̄, t̄).
Alors
∂ ∂' ( ∂ t̄ ∂ ρ0 ∂
ρ(X, t) = ρ0 ρ̄(X̄, t̄) = ρ0 ρ̄(X̄, t̄) = ρ̄(X̄, t̄),
∂t ∂t ∂t ∂ t̄ t0 ∂ t̄
de même pour les autres termes du système.
On obtient ainsi une version adimensionnée du système
ρ̄(X̄, t̄) = ρ̄(X̄, 0) = 1,
u0
∇X̄ · ū = 0,
L
ρ0 u0 ρ0 u20 ρ0 u20 µ u0
∂t̄ ū + (ū · ∇X̄ )ū + ∇X̄ p̄ − 2 ∆X̄ ū = 0,
t0 L L L
2 2 3 2
ρ0 u30
! " !! " "
ρ u ∂ |ū| ρ u |ū|
0 0
0 0
+ ē + ∇X̄ · + ē ū + ∇X̄ · (p̄ ū)
t0 ∂ t̄ 2 L 2 L
µ u20
'' ( (
T
− 2 ∇X̄ · ∇X̄ ū + ∇X̄ ū ū = 0.
L
Soit encore, après simplifications et en remarquant que t0 /L = 1/u0 , on obtient :
ρ̄(X̄, t̄) = ρ̄0 ρ(X̄, 0) = 1,
∇X̄ · ū = 0,
∂ ū + (ū · ∇ )ū + ∇ p̄ − µ ∆ ū = 0,
t̄ X̄ X̄
ρ0 L u0 X̄
∂ |ū|2
! " !! 2 " "
|ū|
+ ē + ∇X̄ · + ē ū + ∇X̄ · (p̄ ū)
∂ t̄ 2 2
µ
'' ( (
− ∇X̄ · ∇X̄ ū + ∇X̄ ūT ū = 0.
ρ0 L u0
Il ne subsiste plus qu’un seul paramètre. C’est l’inverse d’un nombre bien connu en mécanique
des fluides qui s’appelle le nombre de Reynolds. Il est défini par
ρ0 L u0
Re = .
µ
Ce nombre joue un rôle très important en mécanique des fluides car il permet de distinguer
deux types d’écoulement.
– L’écoulement à petit nombre de Reynolds Re ! 1 : Dans ce cas l’écoulement est
laminaire (nous verrons ci-dessous ce que cela veut dire) et essentiellement gouverné par
la viscosité. Le terme d’inertie (u · ∇X )u est négligeable et l’équation de la vitesse devient
linéaire. On peut alors, dans le cas incompressible, utiliser le système de Stokes pour décrire
le système.
4.1 Modèles fluides 33
Remarque 4.3 Attention, ces résultats sont toutefois à temporiser. En effet, l’approximation
du modèle d’Euler (loin des bords ou des obstacles) lorsque le nombre de Reynolds est élevé
est fausse pour des trop grands nombres de Reynolds. À partir de certaines valeurs, on voit se
développer des instabilités qui s’amplifient au point de donner naissance à des phénomènes chao-
tiques dans lesquels on ne peut pas distinguer d’organisation. On est alors dans un régime appelé
régime turbulent (voir la remarque 4.4 point 4 ci-dessous, pour l’illustration expérimentale de
ces phénomènes).
Remarque 4.4 1. Il est classique, en mathématique, que les termes de viscosités (∆X u)
stabilisent et régularisent les solutions et donc les écoulements. Ainsi, quand le nombre
de Reynolds augmente, le régime laminaire devient instable puis turbulent.
2. Dans le régime à très petit nombre de Reynolds, le modèle utilisé est linéaire en vitesse.
Une des conséquences de cette linéarité est la réversibilité des écoulements à très petits
nombres de Reynolds. Cette réversibilité s’observe en réalisant des simulations numériques
obtenues en utilisant le modèle non linéaire de Navier-Stokes. La figure 4.1 illustre ce
phénomène.
3. La transition entre ces différents régimes se produit dans une certaine gamme de valeurs
du nombre de Reynolds qui dépend du problème physique considéré.
Les écoulements que nous observons couramment dans l’air ou l’eau sont presque tous à
très grand nombre de Reynolds, il faut donc se méfier des raisonnement intuitifs qui nous
sont dictés par ces exemples. On trouve les exemples suivants dans le cours de Mécanique
des fluides de Marc Fermigier à l’ESPCI ParisTech (Ecole Supérieure de Physique et de
Chimie Industrielles de la ville de Paris) :
– écoulement atmosphérique : u ≈ 10m/s, L ≈ 100km, Re ≈ 1011 .
– écoulement autour d’une aile d’avion : u ≈ 100m/s, L ≈ 10m, Re ≈ 108 .
– écoulement autour d’une voiture : u ≈ 30m/s, L ≈ 4m, Re ≈ 106 à 107 .
– jet d’eau sortant d’un robinet : u ≈ 10cm/s, L ≈ 1cm, Re ≈ 103 .
– écoulement du sang dans l’aorte : u ≈ 1m/s, L ≈ 1cm, Re ≈ 104 .
– écoulement du sang dans les vaisseaux capillaires : u ≈ 100µm/s, L ≈ 10µm, Re ≈
10−3 .
4. La transition du régime laminaire au régime turbulent s’observe de manière expérimentale.
En effet, en utilisant des marqueurs, qui sont de la fumée pour les gaz ou des colorants
pour les liquides, on peut observer ces différents régimes et ainsi des différences impor-
tantes dans le comportement des écoulements des fluides.
34 Différents modèles
Dans certains écoulements, les particules marquées diffusent très lentement c’est à dire
s’écartent peu les unes des autres, les différentes couches (lamelles) glissent les unes par
rapport aux autres sans se mélanger. On est dans le cas d’un écoulement laminaire.
Au contraire dans d’autres écoulements les particules marquées s’éloignent très rapidement
de manière aléatoire et irrégulière, dans toutes les directions. On ne retrouve plus de trace
de marquage significative très près de l’endroit où le marqueur a été introduit. On est dans
le cas d’un écoulement turbulent.
Cette transition se voit très bien sur la figure 4.2, pour l’écoulement d’un gaz autour d’un
cylindre. On voit très bien en haut à gauche l’écoulement laminaire, puis l’apparition
d’instabilités autour de l’obstacle qui finissent par générer de la turbulence en bas à droite.
4.1 Modèles fluides 35
Figure 4.1 – Ecoulement à Re = 0 (à gauche) et Re = 50 (à droite). Sur les figures du haut
l’écoulement va de gauche à droite, sur les figures du bas, de droite à gauche. Lignes de courant
déterminées par résolution numérique de l’équation de Navier-Stokes. Figure tirée du cours de
Mécanique des fluides de Marc Fermigier à l’ESPCI ParisTech (Ecole Supérieure de Physique
et de Chimie Industrielles de la ville de Paris
36 Différents modèles
Figure 4.2 – Ecoulement autour d’un cylindre pour différents nombres de Reynolds. En haut
à gauche Re = 0, 16, en haut à droite Re = 1, 5. En bas à gauche Re = 26 et en bas à droite
Re = 10000. Photographies : S. Taneda., J. Phys. Soc. Jpn. (Re 0.16, 1.5, 26), T. Corke et H.
Nagib (Re 10000).
4.1 Modèles fluides 37
ρ = ρ0 + ρ1 , u = u0 + u1 ,
avec ρ1 et u1 petits.
On écrit alors le système d’Euler isentropique ou isotherme
∂ ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
t
∂t (ρ u) + ∇X · (ρ u ⊗ u) + ∇X p(ρ) = 0,
p(ρ) = C ργ ,
où C > 0, γ > 1 dans le cas isentropique et γ = 1 et C = T0 > 0 dans le cas isotherme avec T0
la température du fluide constante dans le cas isotherme.
Nous avons vu que ce système peut être réécrit
∂ ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
t
ρ ∂t u + ρ (u · ∇X ) u + ∇X p(ρ) = 0,
p(ρ) = C ργ ,
Pour étudier ce système, on peut le linéariser autour de (ρ0 , u0 ), c’est à dire qu’on fait des
développements de Taylor des termes non linéaires et on néglige tous les termes non linéaires
en la perturbation.
Puisque ρ0 et u0 sont constants, on a ∂t ρ = ∂t ρ1 et
∇X ·(ρ u) = ∇X ·((ρ0 +ρ1 ) (u0 +u1 )) = ρ0 ∇X ·u1 +u0 ·∇X ρ1 +∇X ·(ρ1 u1 ) ≈ ρ0 ∇X ·u1 +u0 ·∇X ρ1 ,
et
' (
∇X (p(ρ)) = ∇X p(ρ0 ) + (ρ1 − ρ0 ) p# (ρ0 ) + O((ρ1 − ρ0 )2 )
' (
= p (ρ0 ) ∇X ρ1 + ∇X O((ρ1 − ρ0 ) ) ≈ p# (ρ0 ) ∇X ρ1 .
# 2
Remarquons que ce soit dans le cas isentropique ou isotherme, on a p# (ρ0 ) > 0 puisque p# (ρ0 ) =
C γ ργ−1
0 = γ p(ρ0 )/ρ0 On pose
γ p(ρ0 )
c2 = ,
ρ0
avec c > 0.
38 Différents modèles
∂tt2 ρ1 − c2 ∆X ρ1 = 0.
∂2
ρ̃1 (p, q) = 0,
∂p∂q
Par intégration, on obtient
0 ∂
ρ̃ (p, q) = g(p),
∂p 1
- -
∂
⇒ ρ̃1 (p, q) = g(p) dp + h(q) dq,
ρ̃ (p, q)
∂q 1
= h(q),
Le premier terme est une onde qui se propage à la vitesse c donc dans le sens des x croissants.
On l’appelle “onde progressive”.
Le deuxième terme est une onde qui se propage à la vitesse −c donc dans le sens des x
décroissants. On l’appelle onde régressive.
Ces ondes sont les ondes de pression qui se propagent dans le fluide. La vitesse c de ces ondes
portent le nom de vitesse du son dans le fluide. Elle peut être exprimée soit en terme de la
pression p0 comme nous l’avons déjà vu, soit en terme de température en remarquant que
r T0 = p0 /ρ0 . On a alors D
γ p(ρ0 ) E
c= = γ r T0 . (4.13)
ρ0
Ce résultat n’est pas limité aux systèmes sans équations d’énergie. En effet, si l’hypothèse
d’isentropie ou d’isothermie n’est plus valide, on doit alors considérer le système de la dynamique
complète des gaz.
∂t ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
ρ ∂t u + ρ (u · ∇X )u + ∇X p = 0,
∂t p + u · ∇X p + γ p∇X · u = 0,
∂t ρ + u0 · ∇X ρ = 0,
ρ0 ∂t u + ∇X p = 0,
∂t p + γ p0 ∇X · u = 0.
4.1 Modèles fluides 39
On procède de même que précédemment, le but est d’obtenir une équation découplée des autres.
Pour cela, on prend la dérivée en temps de l’équation de pression qu’on multiplie par ρ0 et on
lui retranche la divergence de l’équation en vitesse multipliée par γ p0 , on obtient
ρ0 ∂tt2 p − γ p0 ∆X p = 0.
On retrouve une équation des ondes sur p avec le même terme c2 = γ p0 /ρ0 .
Nous allons voir que cette vitesse du son va nous permettre de définir les zones de validité des
régimes compressibles et incompressibles.
où C > 0, γ > 1 dans le cas isentropique et γ = 1 et C = T0 > 0 dans le cas isotherme avec T0
la température du fluide constante dans le cas isotherme.
On va comme on l’a fait pour introduire le nombre de Reynolds, adimensionner le système en
choisissant les unités d’adimensionnement suivantes
L = diam(Ω) pour les longueurs, ρ0 pour les densités,
t0 = L/u0 pour le temps, u0 > 0 pour les vitesses.
On effectue alors le changement de variables (X, t) '→ (X̄, t̄) = (X/L, t/t0 ) et on voit les
inconnues comme des fonctions adimensionnées et exprimées en terme de ces nouvelles variables.
Ainsi, on pose
ρ(X, t) = ρ0 ρ̄(X̄, t̄), u(X, t) = u0 ū(X̄, t̄), p(X, t) = p0 p̄(X̄, t̄).
En omettant les barres, on obtient alors le système adimensionné suivant
∂t ρ + ∇X · (ρ u) = 0,
γ ργ0
∂t (ρ u) + ∇ X · (ρ u ⊗ u) + ∇X p(ρ) = 0,
ρ0 u20
p(ρ) = ργ .
Nous n’avons fait qu’entrevoir les connaissances en mécanique des fluides. Nous n’avons parlé
que des modèles les plus fréquemment rencontrés dans la littérature. Et même concernant
ces modèles, il resterait beaucoup de choses à expliquer. Notamment les problèmes de condi-
tions aux limites et les résultats mathématiques d’existence et d’unicité pour ces modèles. Ces
résultats sortent du cadre de ce cours. Toutefois, nous essaierons en travaux dirigés d’entrevoir
ces problèmes.
Chapitre 5
Bibliographie
Chapitre 6
exercices
où T > 0 est le temps final d’observation fixé, et où x0 ∈ IR et v0 ∈ IR sont les données initiales
du problème. m est la masse d’un électron et q sa charge.
On remarque que x est solution d’une équation différentielle non linéaire d’ordre 2 donnée par
##
x (t) = E(x(t)), pour t ∈ [0, T ],
x(0) = x0 ,
#
x (0) = v0 .
Le but de cette feuille est de revoir quelques propriétés des systèmes différentiels ainsi que celles
des schémas classiquement utilisés pour discrétiser ces problèmes.
– On dit que le système différentiel (6.2) est Hamiltonien s’il existe H ∈ C 2 (IR2 , IR) telle que
∂H
(x(t), y(t)),
x# (t)
! "
X # (t) = = f (X(t)) = ∂y
y # (t) − ∂H (x(t), y(t)).
∂x
La fonction H est appelée le Hamiltonien du système.
– Si le système différentiel (6.2) est Hamiltonien et si (x(t), y(t)) est solution de ce système
alors
d' ( ∂H ∂H
H(x(t), y(t) = (x(t), y(t)) x#(t) + (x(t), y(t)) y #(t) = −y # (t) x# (t) + x# (t) y #(t) = 0.
dt ∂x ∂y
1. (Le cas des équations linéaires) On considère l’équation linéaire d’ordre 1 donnée par
x=1
x
−a
xK (t)
avec λ et µ réels.
i. Si det(B) = λ µ = 0, donnez les solutions, tracez le portrait de phase suivant le
signe de la valeur propre non nul.
ii. Si det(B) = λ µ > 0 , donnez les solutions(z1 , z2 ). Montrez que z1 (et z2 ) est une
fonction soit nulle, soit strictement positive, soit strictement négative. Montrez
que pour (z1 , z2 ) += (0, 0)
! "µ ! "λ
z1 z2
= ,
K1 K2
où K1 et K2 sont des constantes respectivement du même signe que z1 et z2 .
Tracez le portrait de phase pour (λ, µ) = (1, 2) et (λ, µ) = (−1, −2).
iii. Si det(B) = λ µ < 0, tracez le portrait de phase pour (λ, µ) = (1, −1).
(d) Troisième cas : Une valeur propre double.
On peut montrer dans ce cas que A est semblable à une matrice de la forme
! "
λ 0
B= ,
0 λ
avec λ réel.
48 exercices
On pourra remarquer que cette convergence est en Ø(t) grâce à la parité de la fonction x '→
u(x, t). 6. On reste en dimension une, on considère alors l’équation
2
u(x, t) + c∂x u(x, t) = 0 pour (x, t) ∈ IR × IR+ ,
0
∂t u(x, t) − λ∂xx
(6.6)
u(x, 0) = u0 (x) pour x ∈ IR,
51
avec - 1 - 1
an = cos(nπx) F (x) dx et bn = sin(nπx) F (x) dx.
−1 −1
∇X · (∇X U) = ∆X U,
∇X · ((∇X U)T ) = ∇X (∇X · U),
∇X · (ρ U ⊗ U) = ρ(U · ∇X )U + ∇X · (ρ U)U.
avec γ > 1.
1. On choisit (ρ, q) pour variables avec q = ρ u. Linéarisez le système autour de la solution
constante donnée par (ρ0 , q0 ) avec ρ0 > 0 et q0 ∈ IR# .
2. Montrez que le système linéarisé s’écrit sous la forme
! " ! "
ρ ρ
∂t + A ∂x = 0,
q q
4. On suppose dans cette question que le problème est posé pour tout x ∈ IR et on se donne
une condition initiale ! " ! "
ρ ρ0
(x, 0) = (x).
q q0
Résoudre le système.
5. On suppose dans cette question que le problème est posé pour tout x ∈]0, 1[ et on se
donne la même condition initiale que dans la question précédente. Précisez combien de
conditions aux limites il faut se donner pour que le problème soit bien posé. On pourra
considérer différents cas suivant les valeurs de ρ0 et q0
56 exercices
Le but de ce problème est l’étude des équations de Stokes stationnaires qui décrivent le mou-
vement d’un fluide visqueux, incompressible et homogène en temps grand.
1. Etablissement du modèle stationnaire
Le domaine d’étude est un ouvert Ω borné, connexe, régulier inclus dans IR2 . Le fluide
considéré est supposé de densité constante égale à ρ0 .
1
On note U(x, y, t) = (u1 (x, y, t), u2(x, y, t)), son champ de vitesses, et p(x, y, t) sa pression,
pour toute position X = (x, y) ∈ Ω et tout t ∈]0, T [ où T > 0 le temps final de description
donné.
Ces quantités U 1 et p sont solutions du système de Stokes donné par :
∂U1 1
1
(X, t) − ν ∆U(X, t) + ∇p(X, t) = f1(X), pour X ∈ Ω et t ∈]0, T [(6.12)
∂t ρ0
∇·U 1 (X, t) = 0, pour X ∈ Ω, (6.13)
1 (x, t) = 0,
U pour X ∈ ∂Ω, (6.14)
La fonction vectorielle f1(X, t) = (f1 (X), f2 (X)) ∈ L2 (Ω)2 est donnée et représente les
forces exercées sur le fluide et ν ∈]0, +∞[ est le coefficient de viscosité cinématique du
fluide.
(a) Ecrire les équations de ce système en (u1 , u2, p).
(b) On veut adimensionner le système. Pour cela, on choisit comme unité d’adimension-
nement : T pour le temps, L = diam(Ω) pour les longueurs. On introduit le change-
ment de variables X = X/L et t = t/T . On définit alors les inconnues adimensionnées
par (u1 (X, t), u2(X, t)) = (u1 (X, t), u2 (X, t))/V0 , p(X, t) = p(X, t)/p0 , où V0 et p0
sont les ordres de grandeurs des vitesses et des pressions. Et, on suppose qu’il existe
(f¯1 , f 2 ) telles que (f1 (X, t), f2 (X, t)) = f0 (f 1 (X, t), f 2 (X, t)), où f0 est donné.
L/V0
On suppose = ε ! 1, ν = V0 L, p0 = ρ0 V02 et L f0 = V02 .
T
Montrez que le système adimensionné, en ommettant les “barres”, s’écrit
1
∂U
ε (X, t) − ∆U1 (X, t) + ∇p(X, t) = f1(X), pour X ∈ Ω et t ∈]0, T(6.15)
[
∂t
1
∇ · U(X, t) = 0, pour X ∈ Ω, (6.16)
1
U(x, t) = 0, pour X ∈ ∂Ω, (6.17)
et on désigne par (·, ·)H 1(Ω) le produit scalaire usuel sur H 1 (Ω).
Montrez que V, muni du produit scalaire de H01 (Ω)2 , est un espace de Hilbert.
(b) Montrez que la formulation variationnelle du problème (6.18)-(6.20) est
-
Trouver (U 1 , p) ∈ V × L (Ω) tel que
2
p(X) dX = 0 et tel que
- Ω
1 , V1 ) −
a(U p(X) ∇ · V1 (X) dX = b(V1 ), (6.21)
Ω
pour tout V1 ∈ H01 (Ω)2
où -
b(V1 ) = f1(X) · V1 (X) dX. (6.22)
Ω
Attention on expliquera bien pourquoi il est nécessaire de choisir p à moyenne nulle,
pour cela on pensera à remplacer p par une constante et à utiliser la formule de
Green.
1 ∈ V tel que
(c) Montrez qu’il existe un unique X
1 ,V
a(W 1 ) = b(V1 ) pour tout V1 ∈ V. (6.23)