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Chapitre 3-MAT322

Ce chapitre traite de la dérivation au sens complexe et des fonctions holomorphes dans le plan complexe. Il introduit les propriétés fondamentales des fonctions dérivables, les équations de Cauchy-Riemann, et démontre que toute fonction dérivable au sens complexe est infiniment dérivable et harmonique. Les résultats incluent également des définitions et des propriétés des fonctions analytiques et des fonctions holomorphes.

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Chapitre 3-MAT322

Ce chapitre traite de la dérivation au sens complexe et des fonctions holomorphes dans le plan complexe. Il introduit les propriétés fondamentales des fonctions dérivables, les équations de Cauchy-Riemann, et démontre que toute fonction dérivable au sens complexe est infiniment dérivable et harmonique. Les résultats incluent également des définitions et des propriétés des fonctions analytiques et des fonctions holomorphes.

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1 Dérivation au sens complexe

CHAPITRE 3

Fonctions holomorphes dans C

Sommaire
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1. Dérivation au sens complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.1 Premières propriétés de fonctions holomorphes . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.2 Equations de Cauchy Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
1.3 Fonctions Harmoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2. Holomorphie des fonctions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.1 Fonction exponentielle, Fonctions trigonométriques et hyperboliques . . . 33
2.2 Fonction logarithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3 Fonctions trigonométriques et hyperboliques inverses . . . . . . . . . . . 33
3. Fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.2 Propriétés des fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

Introduction
La notion de fonction complexe est suffisamment connue jusqu’ici. Dans ce chapitre, nous allons
introduire la notion de dérivation au sens complexe et la notion de fonctions analytiques. Nous ver-
rons que les règles de dérivation au sens complexe sont "identiques" à celles de dérivation au sens
réel. Néanmoins, la dérivation au sens complexe conduit aux propriétés qui font de la classe des fonc-
tions dérivables au sens complexe une classe importante des fonctions complexes. Par exemple, on
démontrera les résultats suivants :
(1) Toute fonction dérivable au sens complexe est infiniment dérivable.
(2) Toute fonction dérivable au sens complexe est harmonique.

1. Dérivation au sens complexe


Définition 3.1. Soit Ω un ouvert de C et f : Ω → C une fonction complexe. Soit z0 ∈ Ω. On dit
que f est dérivable (au sens complexe) au point z0 si
f (z) − f (z0 )
(3.1) lim existe dans C.
z→z0 z − z0
On note alors cette limite par
f (z) − f (z0 )
lim = f 0 (z0 ).
z→z0 z − z0
Edgar Tchoundja 27
1 Dérivation au sens complexe

Remarque 3.2. Par un changement linéaire de variable, on a aussi


f (z0 + h) − f (z0 )
lim = f 0 (z0 ).
h→0 h
Exemple 1.1. On considère la fonction f : C → C, z 7→ z2 + z. Montrer que f est dérivable en
tout point de C.
Solution 1.1. Soit z0 ∈ C, on a
f (z0 + h) − f (z0 ) z20 + 2z0 h + h2 + z0 + h − z20 − z0
lim = lim
h→0 h h→0 h
2z0 h + h2 + h
= lim = 2z0 + 1.
h→0 h
Ainsi f est dérivable en tout point z0 .
f : C → C
Exercice 3.1. Montrer que n’est pas dérivable en tout point z0 ∈ C.
z 7→ z
Définition 3.3. Soit Ω un ouvert de C et f : Ω → C une fonction complexe. On dit que f est
dérivable (au sens complexe) sur Ω si f est dérivable (au sens complexe) en tout point z0 ∈ Ω.
On dit aussi que f est holomorphe dans Ω.
On note par H(Ω) l’ensemble des fonctions holomorphes dans Ω. Lorsque f est holomorphe dans
Ω, on obtient une fonction complexe notée f 0 qu’on appelle dérivée (complexe) de f et f 0 est définie
par
f0 : Ω → C
.
z 7→ f 0 (z)
Définition 3.4. Une fonction holomorphe dans C est appélée fonction entière.
Les propriétés suivantes sont vérifiées aisément en utilisant la définition et les techniques ana-
logues à celles utilisées dans R.
1.1 Premières propriétés de fonctions holomorphes
Propriétés 3.5. Soit z0 ∈ Ω. On suppose que f et g sont deux fonctions dérivables en z0 .
(1) Les fonctions λ f, f ± g, f g sont dérivables en z0 et on a
(λ f )0 (z0 ) = λ f 0 (z0 ); ( f ± g)0 (z0 ) = f 0 (z0 ) ± g0 (z0 ); ( f g)0 (z0 ) = f 0 (z0 ) g(z0 ) + f (z0 ) g0 (z0 )
f
(2) Si g(z0 ) , 0, alors g est dérivable en z0 et on a
!0
f f 0 (z0 ) g(z0 ) − f (z0 ) g0 (z0 )
(z0 ) = .
g (g(z0 ))2
On suppose que f : Ω1 → C et g : Ω2 → C avec f (Ω1 ) ⊂ Ω2 . On suppose que f est dérivabe en z0 et
g est dérivabe en f (z0 ). Alors g ◦ f est dérivable en z0 et on a
(g ◦ f )0 (z0 ) = f 0 (z0 ) g0 ( f (z0 )).
Démonstration. Exercice pour le lecteur.

df
On note souvent l’opérateur de dérivation complexe par dzd
. Ainsi on note dz (z) = f 0 (z). On déduit
rapidement des propriétés précédentes que pour tout n ∈ N∗
d n
dz (z ) = nzn−1 d 1
dz ( zn ) = −n
zn+1
d
dz (( f (z))n ) = n f 0 (z)( f (z))n−1 .
Proposition 3.6. Les polynômes complexes sont holomorphes dans C.
Les fonctions rationnelles sont holomorphes dans leur domaine de définition.
Démonstration. Il suffit d’utiliser les assertions contenues dans Propriétés 3.5.
Université de Yaoundé I - Licence de Mathématiques - Variables Complexes 28
1 Dérivation au sens complexe


Lemme 3.7. Si f est dérivable en z0 , alors f est continue en z0 .
Démonstration. On a pour z , z0
f (z) − f (z0 )
f (z) = f (z0 ) + (z − z0 ).
z − z0
On applique alors les règles de la somme et du produit, et en utilisant la définition de f 0 (z0 ) on obtient
le résultat.

Exercice 3.2. Calculer les dérivées des fonctions suivantes :
1 az + b
f (z) = (z2 + 1)n ; g(z) = ; h(z) = .
z−1 cz + d
Exercice 3.3. Montrer que si f est holomorphe dans Ω et si g(z) = f (z), alors g est holomorphe
dans Ω := {z : z ∈ Ω} et on a g0 (z) = f 0 (z).
La proposition suivante est souvent utile dans les démonstrations.
Proposition 3.8. Soit f : Ω → C une fonction complexe et z0 ∈ Ω. Les assertions suivantes sont
équivalentes.
(1) f est dérivable en z0 .
(2) Il existe A ∈ C et  : Ω → C avec lim (z) = 0, tels que
z→z0
f (z) = f (z0 ) + A(z − z0 ) + (z)(z − z0 ).
f (z)− f (z0 )
(3) Il existe A ∈ C tel qu’on ait lim z−z0 = A.
z→z0
(4) Il existe A ∈ C et η : Ω → C avec lim η(z) = 0, tels que
z→z0
f (z) = f (z0 ) + A(z − z0 ) + η(z)|z − z0 |.
On remarque alors que dans ce cas A = f 0 (z0 ).
Démonstration. Evident.

Remarque 3.9. La Proposition 3.8 permet de montrer que si f est dérivable en z0 alors elle est
R−différentiable comme fonctions de deux variables. En effet on a
f (z) = f (z0 ) + A(z − z0 ) + η(z)|z − z0 |
= f (z0 ) + A(x − x0 ) + iA(y − y0 ) + η(z)|z − z0 |.
1.2 Equations de Cauchy Riemann
Soit Ω un ouvert de C et f : Ω → C une fonction complexe. Posons f (z) = u(z) + iv(z) =
u(x, y) + iv(x, y), où u, v sont des fonctions de R2 vers R.
Théorème 3.10. Soit f : Ω → C une fonction complexe et f = u+iv sa décomposition algébrique.
Les propriétés suivantes sont équivalentes.
(1) f est holomorphe dans Ω.
(2) f considérée comme fonctions de 2 variables est R−différentiable dans Ω et les dérivées
partielles de u et v satisfont aux équations de Cauchy-Riemann suivantes :
∂u ∂v

 ∂x = ∂y

.

(3.2)
 ∂u = − ∂v


∂y ∂x
De plus, on a pour tout z ∈ Ω
∂f ∂u ∂v ∂f
f 0 (z) = (z) = (x, y) + i (x, y) = −i (z).
∂x ∂x ∂x ∂y
Edgar Tchoundja 29
1 Dérivation au sens complexe

Démonstration. Montrons que (1) implique (2). De la Remarque 3.9, on sait que f est R−différentiable.
Soit z0 = (x0 , y0 ) ∈ Ω. De la Proposition 3.8 (4), on a
f (z) = f (z0 ) + A(z − z0 ) + η(z)|z − z0 |
u(x, y) + iv(x, y) = u(x0 , y0 ) + iv(x0 , y0 ) + A(x − x0 ) + iA(y − y0 ) + η(z)|z − z0 |
(3.3) u(x, y) − u(x0 , y0 ) = −i (v(x, y) − v(x0 , y0 )) + A(x − x0 ) + iA(y − y0 ) + η(z)|z − z0 |.
En divisant l’égalité (3.3) par x − x0 pour x , x0 et en prenant y = y0 , on obtient
u(x, y0 ) − u(x0 , y0 ) v(x, y0 ) − v(x0 , y0 )
!
|x − x0 |
= −i + A + η(x, y0 ) ,
x − x0 x − x0 x − x0
d’où, en faisant tendre x vers x0 , on a
∂u ∂v
(z0 ) = −i (z0 ) + A.
∂x ∂x
Ainsi
∂u ∂v
(3.4) A= (z0 ) + i (z0 ).
∂x ∂x
En interchangeant les rôles de x et y, on obtient
∂v ∂u
(3.5) A = (z0 ) − i (z0 ).
∂y ∂y
En identifiant (3.4) et (3.5), on a bien les équations de Cauchy Riemann
∂u ∂v

 ∂x (z0 ) = ∂y (z0 )

.

 ∂u (z0 ) = − ∂v (z0 )


∂y ∂x
De plus, on a bien
∂u ∂v ∂f
f 0 (z0 ) =
(z0 ) + i (z0 ) = (z0 )
∂x ∂x ∂x
∂v ∂u ∂u ∂v ∂f
!
f (z0 ) = (z0 ) − i (z0 ) = −i
0
(z0 ) + i (z0 ) = −i (z0 ).
∂y ∂y ∂y ∂y ∂y
Montrons que (2) implique (1). Soit z0 = (x0 , y0 ) ∈ Ω. La R−différentiabilité implique qu’il existe
une fonction η avec lim η(z) = 0 et telle que
z→z0
∂f ∂f
(3.6) f (x, y) = f (x0 , y0 ) + (z0 )(x − x0 ) + (z0 )(y − y0 ) + η(z)|z − z0 |.
∂x ∂y
Les équations de Cauchy Riemann sont équivalentes à ∂∂yf (z0 ) = i ∂∂xf (z0 ). En remplaçant ceci dans (3.6)
on a
∂f
f (z) = f (z0 ) + (z0 )(z − z0 ) + η(z)|z − z0 |.
∂x
On conclut alors en vertu de la Proposition 3.8 (4) que f est dérivable en z0 . Ce qui achève la dé-
monstration.

Remarque 3.11. Si la fonction f est donnée en coordonnées polaires, c’est-à-dire que f = F(reiθ ).
On obtient les équations de Cauchy Riemann en coordonnées polaires en utilisant les formules de
dérivation en chaîne. Ainsi si f = f (reiθ ) = U(r, θ) + iV(r, θ), f est holomorphe dans Ω alors les
équations de Cauchy Riemann sont données par :

∂U
= 1r ∂V
(
(3.7) ∂r ∂θ .
∂U
∂θ = −r ∂V ∂r

De plus f 0 (z) = e−iθ ∂∂rf reiθ .


 

Exercice 3.4. Démontrer les assertions de la Remarque 3.11.


Université de Yaoundé I - Licence de Mathématiques - Variables Complexes 30
1 Dérivation au sens complexe

Définition 3.12. On dit qu’une fonction f : Ω → C est localement fini si f est constante sur
chaque composante connexe de Ω.
Remarque 3.13. Si Ω est un domaine, alors f est localement fini si et seulement si f est constante
sur Ω.
La caractérisation des fonctions holomorphes à travers les équations de Cauchy Riemann permet
d’avoir immédiatement de conséquences intéressantes.
Théorème 3.14. Si f est holomorphe dans un ouvert Ω et si f 0 (z) = 0 sur Ω, alors f est localement
fini.
En particulier, si Ω est connexe alors f est constante.
∂u ∂u ∂v ∂v
Démonstration. Des équations de Cauchy Riemann, on a ∂x = ∂y = 0 et ∂x = ∂y = 0 sur Ω. On
en déduit que f est localement fini.

Théorème 3.15. Si f est holomorphe et réelle dans un ouvert Ω, alors f est localement fini.
En particulier, si Ω est connexe alors f est constante.
Démonstration. Puisque f est réelle, on a v = 0 sur Ω. Des équations de Cauchy Riemann, on a
∂u ∂u ∂v ∂v
alors ∂x = ∂y = 0 et ∂x = ∂y = 0 sur Ω. On en déduit que f est localement fini.

Remarque 3.16. Le lecteur devrait déjà constaté, avec les conséquences ci-dessus, une grosse
différence avec la théorie des fonctions dérivables dans R.
Exercice 3.5. On donne u(x, y) = xy. Chercher une fonctions réelle v telle que f = u + iv soit
2 2
holomorphe dans C. Même question pour u(x, y) = e x −y cos(2xy).
1.3 Fonctions Harmoniques
On va considérer ici une classe importante des fonctions qui joue un rôle important dans les
applications.
Définition 3.17. On dit qu’une fonction u définie dans un ouvert Ω de C est harmonique si u est
de classe C2 (au sens réel) et on a
∂2 u ∂2 u
∆u := 2 + 2 = 0.
∂x ∂y
Une nouvelle application de la caractérisation des fonctions holomorphes via les équations de
Cauchy Riemann conduit à de nouvelles propriétés des fonctions holomorphes.
Proposition 3.18. Soit f = u + iv une fonction holomorphe dans Ω. On suppose que les fonctions
u et v sont de classes C2 dans Ω. Alors u et v sont des fonctions harmoniques dans Ω.
Démonstration. Des équations de Cauchy Riemann, on a
∂2 u ∂2 u ∂ ∂u ∂ ∂u
! !
+ = +
∂x2 ∂y2 ∂x ∂x ∂y ∂y
∂ ∂v ∂ ∂v
! !
= + −
∂x ∂y ∂y ∂x
= 0.
D’où u est harmonique. On procède de la même manière pour v.

Remarque 3.19. On montrera plus tard que dans cette proposition, l’hypothèse u, v ∈ C2 (Ω) est
redondante.
Edgar Tchoundja 31
2 Holomorphie des fonctions élémentaires

Définition 3.20. Soit u une fonction harmonique dans un domaine Ω. On appelle conjugué har-
monique de u, toute fonction harmonique v telle que f = u + iv soit holomorphe dans Ω.
Proposition 3.21. Soit u une fonction harmonique dans un domaine Ω. Le conjugué harmonique
de u s’il existe est unique à une constante additive près.
Démonstration. Si v1 et v2 sont deux conjugués harmoniques de u, on a −i ((u + iv1 ) − (u + iv2 )) =
v1 − v2 est holomorphe dans Ω et réelle. D’où v1 − v2 est constante.

Remarque 3.22. L’étude des fonctions harmoniques se fera avec plus de détails dans le cours
d’Analyse Complexe I en Master I (Pour ceux qui voudront bien y arriver ! ! ! )
Théorème 3.23 (Application Ouverte). Soit z0 ∈ Ω et f ∈ H(Ω) telle que f 0 (z0 ) , 0. Alors Ω
contient un voisinage ouvert U de z0 tel que f|U : U → f (U) = V soit une bijection et la bijection
−1 de f : V → U est holomorphe dans V et vérifie
réciproque, f|U |U

 0 1
f −1 (z) = , z ∈ V.
f0 f −1 (z)
Démonstration. Posons f = u + iv ≡ (u, v). On peut alors voir f comme une fonction de l’ouvert
Ω vers R2 (x, y) 7→ (u(x, y), v(x, y)). Cette fonction a un jacobien en z0 donné par
∂u ∂v
∂x ∂x ∂u ∂v ∂u ∂v
J f (z0 ) = ∂u ∂v = − .
∂y ∂y ∂x ∂y ∂y ∂x
f étant holomorphe, on applique les équations de Cauchy Riemann et on a
!2 !2
∂u ∂v
J f (z0 ) = + = | f 0 (z0 )|2 .
∂x ∂x
Ainsi le théorème usuel d’inversion locale dit qu’il existe un voisinage ouvert U de z0 = (x0 , y0 ) et
un voisinage ouvert V = f (U) de f (z0 ) tels que f : U → V soit un C 1 − difféomophisme. Il reste
à montrer que f −1 : V → U est holomorphe dans V. Soit z, z1 ∈ V, z , z1 , posons w = f −1 (z) et
w1 = f −1 (z1 ). On a f (w) = z, f (w1 ) = z1 , et w , w1 . Comme f est un C 1 − difféomophisme, quand
z → z1 , w → w1 et inversement. Ainsi, comme
f −1 (z) − f −1 (z1 ) w − w1 1
= = f (w)− f (w1 )
,
z − z1 f (w) − f (w1 )
w−w1
on a
1 1
→ .
f (w)− f (w1 ) f 0 (w1 )
w−w1

D’où f −1 est dérivable au sens complexe en z1 ∈ V et on a


 0 1
f −1 (z1 ) = .
f0 f −1 (z 1)

2. Holomorphie des fonctions élémentaires


Nous avons vu que les fonctions polynômes et les fonctions rationnelles sont holomorphes dans
leur domaine de définition. Nous allons montrer ici que les fonctions classiques du chapitre précedent
définissent les fonctions holomorphes dans leur domaine.
Université de Yaoundé I - Licence de Mathématiques - Variables Complexes 32
2 Holomorphie des fonctions élémentaires

2.1 Fonction exponentielle, Fonctions trigonométriques et hyperboliques


On rappelle que la fonction exponentielle
+∞ n
X z
exp(z) := ez = .
n=0
n!
On a montré que pour z = x + iy, on a ez = e x cos y + ie x sin y. Ainsi, u(x, y) = <e (ez ) = e x cos y et
v(x, y) = =m (ez ) = e x sin y. Il est clair que u et v sont de classe C1 dans C et on a
∂u ∂v ∂u ∂v
= e x cos y = et = −e x sin y = − .
∂x ∂y ∂y ∂x
Donc u et v vérifient les équations de Cauchy Riemann. On conclut, en vertu du Théorème 3.10, que
ez est holomorphe dans C. De plus, on a
∂u ∂v
(ez )0 =
+i = ez .
∂x ∂x
Comme conséquence immédiate, en vertu des propriétés des fonctions holomorphes et des relations
obtenues à la sous-section 4.3 du Chapitre 2, on a que les fonctions cos z, sin z, cosh z, sinh z sont
holomorphes dans C et on a
(3.8) (cos z)0 = − sin z; (sin z)0 = cos z; (cosh z)0 = sinh z; (sinh z)0 = cosh z.

2.2 Fonction logarithme


On considère la détermination principale du logarithme, Log. On rappelle qu’elle est donnée par
Log : C\∆−π −→ S −π = {z ∈ C : −π < =m z < π}
z 7−→ Log(z) = ln(|z|) + iArg(z).
La fonction Log est holomorphe sur le plan fendu C\(−∞, 0]. En effet, puisque Log est l’inverse de ez
(eLogz = z) et que ez , 0 pour tout z, on peut alors utiliser le théorème de l’Application ouverte (voir
Théorème 3.23) pour conclure que Log est holomorphe et on a dz d
(Log z) = eLogz
1
= 1z .
Exercice 3.6. Montrer que Log est holomorphe en utilisant les équations de Cauchy Riemann en
coordonnées polaires.
Montrer que pour tout α ∈ R, Logα est holomorphe et que dzd
(Logα z) = 1z .
En considérant la détermination principale du logarithme, montrer que pour a ∈ C, on a (za )0 =
aza−1 .
2.3 Fonctions trigonométriques et hyperboliques inverses
Au vu des formules obtenues pour les fonctions trigonométriques et hyperboliques inverses (voir
sous-section 5.4 du chapitre 2), on sait que les déterminations de ces fonctions dépendent de la dé-
termination du logarithme et de la détermination de la racine carrée choisies. Il est alors clair que
les déterminations de ces fonctions sont holomorphes dans leurs domaines de définition. On veut ici
calculer les dérivées de ces fonctions. Nous allons présenter ici le cas d’une détermination de arcsin z.
Soit w = arcsin z une détermination de la fonction arcsin z. Puisque
arcsin z = w ⇔ z = sin w,
en dérivant la deuxième égalité par rapport à z, on a
dw dw 1
1 = cos w ⇒ = .
dz dz cos w
Or cos2 w + sin2 w = 1. Ceci implique que cos w = (1 − sin2 w)1/2 = (1 − z2 )1/2 (où on a choisi la
même détermination de la racine carrée que celle utilisée pour la fonction arcsin z). Ainsi
d 1
(arcsin z) = √ .
dz 1 − z2
Edgar Tchoundja 33
3 Fonctions analytiques

Remarque 3.24. On constate donc qu’on obtient la même formule que le cas de la fonction arcsin
dans R. La différence réside dans le fait qu’on doit préciser le choix de la détermination de la racine
carrée qu’on a effectué sinon la dérivée d’une fonction donnerait une fonction multiforme, bizarre
non ! ! !.
De façon analogue, on obtient les formules des dérivées des fonctions trigonométriques et hyper-
boliques inverses suivantes :

d −1 d 1
(3.9) (arccos z) = √ ; (arctan z) = .
dz 1 − z2 dz 1 + z2

d 1 d 1 d 1
(3.10) (argsh z) = √ ; (argch z) = √ ; (argth z) = .
dz z2 + 1 dz z2 − 1 dz 1 − z2
Exercice 3.7. Etablir les formules données en (3.9) et (3.10).
Calculer
d d
arccos z , arccos z .
dz z=−i dz z= 1+i

2

3. Fonctions analytiques
3.1 Définitions
Définition 3.25. Soit Ω un ouvert dans C et z0 ∈ Ω. On dit qu’une fonction f : Ω → C est
+∞
P n
analytique en z0 s’il existe une série entière an z de rayon de convergence non nul et un disque
n=0
ouvert D(z0 , r) ⊂ Ω tels que, pour tout z ∈ D(z0 , r)
+∞
X
f (z) = an (z − z0 )n .
n=0

Définition 3.26. On dit qu’une fonction f est analytique dans un ouvert Ω si f est analytique en
chaque point z0 de Ω.
On denote par A(Ω) l’ensemble des fonctions analytiques dans Ω.
3.2 Propriétés des fonctions analytiques
Soient f et g deux fonctions définies sur Ω. Si f, g ∈ A(Ω) alors
f + g, λ f, f g sont des fonctions analytiques dans Ω.
Théorème 3.27. Soit f une fonction définie sur Ω. Supposons que f soit une fonction analytique
+∞
en z0 et que sur D(z0 , R) ⊂ Ω on a f (z) = an (z − z0 )n . Alors f est dérivable (au sens complexe)
P
n=0
dans D(z0 , R) et la fonction dérivée est donnée par
+∞
X
f 0 (z) = nan (z − z0 )n−1 ,
n=1
où la série obtenue a même rayon de convergence.
De plus, pour tout k ∈ N∗ , f est dérivable à l’ordre k dans D(z0 , R) et on a
+∞
X
(3.11) f (z) =
(k)
n(n − 1)(n − 2) · · · (n − k + 1)an (z − z0 )n−k .
n=k

Démonstration. Soit z ∈ D(z0 , R), on pose r = |z − z0 |, il existe ρ > 0 tel que r < ρ < R. Ainsi,
pour
(3.12) 0<η<ρ−r
Université de Yaoundé I - Licence de Mathématiques - Variables Complexes 34
3 Fonctions analytiques

fixé, on a donc
D(z, η) ⊂ D(z0 , ρ) ⊂ D(z0 , R).
Soit h ∈ C tel que |h| < η, on a z + h ∈ D(z, η). On a alors
+∞
X +∞
X
f (z + h) = an (z + h − z0 )n = an ((z − z0 ) + h)n
n=0 n=0
+∞
 n 
X 
X k 
= n−k k 
 
an 
 {n (z − z0 ) h  
 
n=0 k=0
+∞
 n

X  X 
= n
+ n−1
+ k n−k k 
 
an  (z − z ) nh(z − z ) { (z − z ) h

 0 0 n 0 

 
n=0 k=2
+∞
X +∞
X +∞
X n
X
= an (z − z0 ) + h
n
nan (z − z0 ) n−1
+ an {kn (z − z0 )n−k hk ,
n=0 n=1 n=0 k=2
car les séries convergent absolument dans D(z0 , R). Ainsi
+∞ +∞ n
f (z + h) − f (z) X X X
= nan (z − z0 )n−1 + an {kn (z − z0 )n−k hk−1 .
h n=1 n=0 k=2
On a
n
X n
X
{kn (z − z0 ) n−k k−1
h = |h| {kn (z − z0 )n−k hk−2
k=2 k=2
n
X
≤ |h| {kn ηk−2 |z − z0 |n−k
k=2
n
|h| X |h| |h|
≤ {kn ηk rn−k = (r + η)n < 2 ρn .
η2 k=0
η 2 η
Ainsi
+∞ +∞
f (z + h) − f (z) X |h| X
− nan (z − z0 )n−1 ≤ 2 |an |ρn .
h n=1
η n=0
+∞
Puisque ρ < R, et que la série (par définition) an zn est absolument convergente sur D(0, R), alors
P
n=0
+∞
|an |ρn = Aρ < ∞. On fait tendre h vers 0, on a alors
P
n=0
+∞
f (z + h) − f (z) X
lim = nan (z − z0 )n−1 .
h→0 h n=1
La fonction f est donc dérivable (au sens complexe) en tout point de D(z0 , R) et on a
+∞
X
f 0 (z) = nan (z − z0 )n−1 .
n=1
La seconde partie s’obtient par itération, ceci achève la démonstration du théorème.

On obtient aisément les conséquences suivantes.
Corollaire 3.28. Si f est analytique dans Ω, alors pour tout k ∈ N, f (k) est holomorphe dans Ω
et est analytique dans Ω. Ainsi on a
f (k)
A(Ω) ⊂ H(Ω) et A(Ω) ⊂ C∞ (Ω).
Edgar Tchoundja 35
3 Fonctions analytiques

+∞
Corollaire 3.29. Si f (z) = an (z − z0 )n est une série entière de rayon de convergence R > 0,
P
n=0
Alors pour tout k ∈ N, f (k) est analytique sur D(z0 , R).
+∞
Corollaire 3.30. Si f (z) = an (z − z0 )n sur D(z0 , R), alors pour tout n, on a
P
n=0

f (n) (z0 )
an = .
n!
Corollaire 3.31. La fonction exponentielle est analytique dans C. Elle est donc holomorphe
dans C. Les polynômes sont analytiques dans C.

Université de Yaoundé I - Licence de Mathématiques - Variables Complexes 36

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