Sioux 43 Juil Aout V1
Sioux 43 Juil Aout V1
Le coin du préparant réalise sur un serpent de mer : l’armée européenne, serpent de mer. Les fiches de lecture
débutent par l’étude de Martin van Creveld, réalisée en 1980 à la demande du Pentagone. Il s’agit de comparer les
démarches de développement de la Wehrmacht et de l’US Army durant la WWII. Pour cette dernière, il faut prendre
les bonnes décisions et soutenir les efforts dans la réforme des forces armées américaines. Parmi les livres qui ont
attiré notre attention, deux sont mis en avant. La prévention du terrorisme en Grande-Bretagne, où l’auteur décrit
précisément la mise en œuvre du principal programme PREVENT. Le deuxième est écrit par un capitaine sur le
massacre de militaires français à Gwan (Afghanistan) le 20 janvier 2012. Cinq d'entre eux y laisseront la vie. En ce
qui concerne le coin détente, nous vous proposons la BD « U47, tome 3 convois sur l’Arctique ». Le scénariste
parvient brillamment à passionner le lecteur pour le monde des sous mariniers allemands de la Seconde Guerre
mondiale ! (Le onzième tome est attendu pour cet été). Le film (Zero dark thirty (2012)) évoque de manière très
réaliste la traque de Ben Laden. Enfin, nous vous proposons un jeu. Fruit de l’expérience d’un officier français, il
vous permettra d’entrainer de manière réaliste et complète vos subordonnés, chef de section, chef de groupe, dans un
cadre réaliste et interarmes : le rêve pour bien préparer votre reprise !
Pour la deuxième partie, nous débutons par la libération de la poche de Colmar, alors que, quasiment en même temps,
a lieu un combat en zones urbaines peu connu : la bataille de Manille. Un crochet indochinois clôturera l’étude de
l’évolution de notre armée sur ce théâtre par la question de l’appui-feu avec une mise en pratique immédiate : la
bataille de Vin-Yen. L’armée de l’air n’est pas en reste, puisque nous partageons l’excellent article sur la bataille de
OUADI-DOUM en 1986.
La dernière partie débute par un point de doctrine/ concept. Elle vous propose le probable futur concept de l’armée
américaine (#MultiDomainBattle), puis un peu de RI avec une fiche sur le maréchal Khalifa Belqasim Haftar, et une
autre sur les conséquences de l’élection iranienne. En Syrie, l’Etat Islamique tire les leçons de la bataille de Mossoul,
avec un point complet et précis grâce à Stéphane MANTOUX sur cette bataille. Enfin une présentation d’un nouveau
théâtre de l’EI aux Philippines. Sans oublier le traditionnel billet d’Arsène.
Enfin chers lecteurs, nous vous encourageons à nous faire part de vos remarques, questions, suggestions, voir
dialoguer avec nous et entre nous, soit sur notre page Facebook [Link]
/782917638416377/ que nous essayons de nourrir d’actualités militaires, soit par courriel à
lesiouxnewsletter@[Link].
Bonnes vacances et nous nous retrouvons à la rentrée.
Chef de Bataillon Nicolas de LEMOS,
ORSEM Promotion Colonel Pierre MESSMER.
LE SIOUX PAGE 2
Toutes les informations et images présentées, sont issues de sources ouvertes et n’ont d’autre vocation que
d’informer.
Les propos et articles n’engagent pas l’institution militaire, ils ne sont que des supports personnels.
L’heure est-elle à la relance de l’« Europe de la défense » ? Certains veulent le croire, comme
le nouveau président français Emmanuel Macron ou la chancelière allemande Angela Merkel.
Les obstacles à une avancée significative demeurent pourtant nombreux et la levée, avec le
Brexit, de l’opposition britannique à une défense européenne pleinement constituée ne doit pas
dissimuler les contradictions et les oppositions qui existent entre les autres États membres de
l’Union européenne.
Avant toute réflexion sur les architectures et les organigrammes, il convient de se faire une idée
claire des moyens que les pays européens accordent à leur défense. Basé sur les données du
Military Balance de l’International Institute for Strategic Studies, de l’OTAN et de l’Agence
européenne de défense, l’état des lieux est alarmant.
Titre de l’ouvrage Fighting Power : German and US Army Performance, 1939 -1945
2) SYNTHESE DE L’OUVRAGE
L'étude que Martin van Creveld a faite en 1980 à la demande du Pentagon sur la
Wehrmacht et sur la US Army avait pour objet de soutenir les efforts de ce dernier dans la
réforme des forces armées américaines entreprise pour l’aider à surmonter la profonde crise
dans laquelle elles étaient plongées suite à la guerre du Vietnam. Cette étude a contribué à
instaurer dans l’armée américaine le « système de cohortes », cette réglementation qui
consistait à ne plus disperser dans d’autres unités les militaires du rang dès leur formation de
base accomplie comme c’était autrefois le cas.
Le point de départ de
Creveld a résidé dans la question
de savoir quels étaient les
facteurs conditionnant la valeur
au combat, la « fighting power »
d’une armée. Selon cette étude,
cette valeur se base sur des
assises spirituelles, intellectuelles
ainsi qu’organisationnelles et
s’exprime dans la discipline, dans
la cohésion, dans le moral des
troupes au combat, dans
l’initiative, le courage, la rigueur et
la volonté d’en découdre. On en
déduit que la valeur au combat
repose sur des qualités qui, au-
delà de l’équipement matériel, déterminent la performance militaire.
La Wehrmacht a fait l’objet de son choix car, à son avis, comme de celui d’ailleurs de
quelques autres historiens militaires américains, elle est considérée comme la meilleure armée
du XXe siècle.
Au long de 209 pages, le problème est décortiqué scientifiquement en 12 chapitres et
est largement documenté en données statistiques. Les notes et remarques sont intégrées aux
chapitres, ce qui facilite la lisibilité de l’ensemble.
En outre et comme par le passé, des structures solides, se basant sur l’origine commune et sur
la formation, jouent un rôle déterminant au niveau tactique. Malgré toute la nécessité de
structures multinationales dans les pays d’engagement, on voit ici l’immense importance de
formations connues. Les contingents opérationnels allemands de la Bundeswehr sont
régulièrement confrontés au problème de l'absence de connaissance réciproque au début d’une
opération en raison de la composition artificielle des formations. Souvent, les soldats d’un
groupement tactique en opex sont originaires de nombreuses unités différentes. Il y a là l’un des
défis qu’il convient de relever, car les structures de base sont encore insuffisamment adaptées
à la réalité des opérations. Une adaptation du modèle américain des National Guards ou bien
de celle du système des régiments fixes du modèle britannique qui s’inscrit dans cette logique,
semble ici secourable.
Plus encore, cette étude accrédite l’idée que la supériorité en termes de valeur au
combat ne peut combler les déficits des autres domaines que dans une mesure limitée.
Toutefois, la Bundeswehr doit relever ce défi de manière singulière et dans un contexte
budgétaire limité. Une approche qui se limiterait à une supériorité matérielle basée sur une
technologie des plus modernes et sur sa puissance de feu, n'est tout simplement pas finançable
pour toutes les armées européennes et politiquement parlant irréaliste.
Malheureusement, l’étude de Creveld ne tient pas compte de l’énorme influence des
technologies modernes ainsi que la nécessité qui en découle d'une spécialisation approfondie.
C’est là qu’apparaissent les limites manifestes à une application potentielle pour les forces
armées d’aujourd’hui, ne serait-ce qu’en raison du degré de spécialisation qui exige une
formation homogène et une durée des affectations comparativement plus longues et qu’il est
actuellement plus difficile à mettre en place.
Qui plus est, l’étude met à jour la neutralité morale du potentiel militaire. Les armées
occidentales modernes se voient ici confrontées à des défis beaucoup plus grands en raison de
l’omniprésence des médias.
L’ouvrage de Creveld est très méritoire et cet examen fouillé devrait être connu de tous
ceux qui émettent une opinion sur l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale et qui
cherchent à comprendre le concept et la signification de la capacité opérationnelle.
(Attention, la plupart de ces vidéos montrent crument les effets létaux des armes
d’aujourd’hui. Ceux qui ne supportent pas la vue du sang ou d’hommes morts devraient
s’abstenir de les visionner)
Blog généraliste :
[Link]
[Link]
un camp ou dans l’autre de ce conflit mondial. La saga U.47 ne cherche pas à entrer dans un
manichéisme ou une prise de position quelconque, elle retrace une histoire humaine avec sa
part d’ombre et de lumière. La technicité du vocabulaire employé dans la marine militaire aurait
pu être un dernier obstacle pour le lecteur, mais là encore Mark Jennison a trouvé la parade. En
effet, à omettre ce vocabulaire technique la BD aurait perdu en authenticité, mais à se contenter
de ce vocabulaire elle aurait perdu en lisibilité : la solution d’annoter les vignettes pour définir au
lecteur les termes techniques résout le problème avec simplicité et efficacité. L’aspect
graphique est également des plus convaincants dans cette saga ! Le dessin de Gerardo Balsa
est précis et réaliste, la mise en couleurs de Nicolas Caniaux est dans la même optique, aussi
se régaleton à admirer les détails du UBoote sous la lumière électrique de la base sousmarine
de Lorient, sous le soleil couchant ou dans les brumes océanes… Cet excellent résultat ne peut
être que le fruit d’un talent artistique certain, combiné à une recherche poussée dans les
moindres détails pour le matériel, l’équipement… Des détails intérieurs et extérieurs du sous-
marin, à l’armement ou l’uniformologie, les amateurs de militaria ont de quoi se réjouir ! Il faut
dire que les éditions Zéphyr sont spécialisées en histoire militaire…
Et les amateurs de la Seconde Guerre
mondiale se réjouiront d’autant plus en
apprenant que les Éditions Zéphyr sont
également en partenariat avec l’éditeur
Conflit & Stratégie ! Avec une telle
collaboration d’éditeurs, on pouvait
espérer que cette bande dessinée soit
un modèle de BD historique, sachant
faire passer en douceur le lecteur de la
fiction à l’Histoire par un scénario et un
souci du détail dans un premier temps,
puis par un dossier documentaire
purement historique dans un second temps. Nous avons vu que la première partie du contrat
est parfaitement remplie par l’U.47, mais qu’en estil du dossier ? Nos lecteurs habitués savent à
quel point nous insistons sur ces dossiers qui permettent à la BD historique de devenir un des
fers de lance de la vulgarisation historique. Hélas certains éditeurs les négligent, d’autres
mettent la main à la patte avec plus ou moins de succès, allant de la petite notice au
complément photographique… « Convois sur l’Arctique » est visiblement à un tout autre niveau
avec son dossier consacré à Adalbert Schnee !
Adalbert Schnee, L’as du U201 Pour la première édition, les tomes de la saga sont
accompagnés d’un complément documentaire conséquent et de qualité. Après un dossier
consacré aux UBoote et un consacré à la base de Lorient, ce troisième tome comporte un
dossier réalisé par Luc Brauer et consacré à Adalbert (dit « Adi ») Schnee, sous-marinier
allemand considéré comme un spécialiste de l’attaque de convois. Ce dossier suit la carrière de
Schnee depuis son entrée dans la marine en 1934, ses formations dans les diverses écoles
militaires, ses commandements sur des sous-marins de plus en plus modernes jusqu’au U201.
Les sept patrouilles effectuées au commandement du U201 sont très bien décrites, attaquant
seul ou en meute le sous-marin torpille pas moins de 27 navires entre 1940 et 1942. Loin d’être
monotone, le récit se lit avec une grande facilité, le lecteur suivant les péripéties du sousmarin
tantôt prédateur et tantôt proie, évitant les grenadages et les attaques aériennes. Le dossier
finit avec la carrière de Schnee en état-major comme chef des opérations anti convois avant
qu’il ne reprenne le commandement d’un tout nouveau type de sous-marin type XXI juste avant
la fin de la guerre. Ce dossier de 95 pages est très richement illustré avec de nombreuses
photographies d’époque (avec toutefois quelques inversions dans les légendes), des cartes,
des plans, une fiche technique sur l’Unterseeboot Type VIIE…
Un modèle de BD historique ? Il faut reconnaitre en conclusion que cette première édition de «
Convois sur l’Arctique », avec son dossier sur Adalbert Schnee représentant environ les 2/3 de
l’ouvrage, apparait comme un modèle à suivre dans le milieu de la bande dessinée historique :
un scénario efficace, un dessin et une mise en couleur précis et une formidable capacité à faire
passer le lecteur de la fiction à l’Histoire. Nous avons là une arme de vulgarisation massive !
Faute de Croix de Fer, le site HPT ne peut que classer cette BD dans ses « Coup de Cœur » …
Source : ICI
CRITIQUE : Film touffu, et historiquement bien renseigné. Kathryn Bigelow spécialiste du film
commercial et bodybuildé est ici dans son élément. Elle sort de la production de « Démineurs »
(« The hurt locker« ) (2009) 6 fois oscarisé et vainqueur de plusieurs prix à travers les festivals
du monde.
Le scénario sur la traque de Ben Laden était déjà prêt, mais sa mort le 2 mai 2011 suite à
l’opération « Neptune’s Spear » oblige le scénariste Mark Boal à remanier sa copie.
Le film a au moins deux mérites : Il met en avant la pratique de la torture dans la base de
Guantanamo, et sa relative efficacité, il souligne aussi que le but de l’opération « Neptune’s
Spear » (Opération Trident de Neptune) était la liquidation physique de Ben Laden. Il n’a jamais
été question de le capturer. En fait la mort du terroriste était décidée bien avant que l’on
découvre sa planque à Abbottabad au Pakistan.
Là où le film de Kathryn Bigelow est moins précis c’est sur les relations americano-
pakistanaises qui justifient une expédition américaine sur un pays souverain et allié des Etats-
Unis. Il est aussi assez vague sur les considérations politiques de l’administration Bush Jr. Puis
sur celles de l’administration Obama. Seule la fin de la torture décrétée par la nouvelle
administration démocrate est réellement abordée dans le film.
Cependant le film est très intéressant à voir. Il permet de souligner les atermoiements de la CIA
face aux attentats qui succèdent à ceux du 11 septembre et qui semblent imprévisibles. Et
aussi son manque de résultat en termes de « cibles » à éliminer.
Scénario solide, casting irréprochable, réalisation carrée à la technologie de pointe, et
entertainment préservé malgré la lourdeur du sujet. Le film est une belle réussite. On pourra
reprocher l’assaut du repaire du chef d’Al-Qaida un peu confus, mais le résultat est vraiment
satisfaisant.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE : Le vol de nuit des deux hélicoptères furtifs vers le Pakistan vers
la demeure où la CIA pense avoir « logé » Ben Laden. Séquence spectaculaire et
impressionnante de technologie.
L’ANECDOTE : Le casting du film est impressionnant. Non pas par pour ses stars (il n’y en a
pas) mais par le nombre de rôles. Plus d’une centaine !
Claire Arènes se demande à l’issue de son travail si PREVENT ne s’est pas révélé
contre-productif, et n’a pas conduit le gouvernement britannique à « perdre les cœurs et les
esprits » d’une partie de la population. Si tel est le cas, espérons que le PART français
connaîtra un meilleur destin.
Source : [Link]
[Link]/2017/02/24/la-prevention-du-terrorisme-en-
grande-bretagne/
Figure 1 SCH Svilen Simeonov, 2e REG, BCH Geoffrey Baumela, ADC Denis Estin, ADC
Fabien Willm et CNE Christophe Schnetterle, 93e RAM, assassinés à Gwan
Source : [Link]
07-03-trahison-sanglante-en-afghanistan-d-audrey-
ferraro/
Wargame : Urban
operations
1
[Link]
2
[Link]
Présentation du jeu
Pas si simple de représenter au niveau tactique toute la complexité des opérations urbaines,
avec le souci de respecter le principe KISS (keep it stupid simple) et de fournir un produit
réellement ludique. C’est pourtant la tâche à laquelle Sébastien de Peyret, avec l’équipe de
Nuts ! Publishing, s’est attelé en développant Urban Operations.
Au départ, Urban Operations a été pensé pour un public militaire, comme un outil
d’entraînement réaliste, simple à utiliser, peu coûteux, et adapté à cet environnement très
exigeant qu’est la zone urbaine. Rapidement la réflexion pousse à développer des cas
historiques, et le contact avec Nuts ! Publishing amène à un projet de jeu complet, pour
wargamer, mais que des unités professionnelles peuvent très aisément utiliser comme un
serious game.
Urban Operations représente donc des combats à l’échelle tactique, exclusivement en milieu
urbain. Chaque camp peut mettre en action l’équivalent d’une compagnie, avec tous ses
renforcements interarmes. Surtout, toutes les contraintes de la ville sont représentées : effet
des armes, tir fratricide, présence de la population, risques technologiques, angles de tir très
contraints. Le joueur doit prendre en compte tous ces paramètres avant d’engager ses unités.
L’auteur
Officier d’infanterie, Sébastien de Peyret travaille depuis de nombreuses années à un système
de jeu pour représenter de manière fluide tous les effets du combat urbain. Il a nourri ses
réflexions au fil de ses affectations en tant qu’instructeur à Saint Cyr, en opérations, ainsi que
comme chef du département entraînement du centre d’entraînement aux actions en zone
urbaine (CENZUB) de Sissonne. Dans ce site l’armée de terre française prépare l’ensemble de
ses unités à la guerre en ville, avec des moyens très réalistes et une équipe d’instructeurs à
l’expertise reconnue au niveau international.
Contexte général :
Après la prise de
Strasbourg (23 novembre
1944) par la 2è DB du
général Leclerc, toute
l’attention des alliés se porte
désormais sur la ‘poche de
Colmar’. Celle-ci représente
un saillant depuis le Sud de
Strasbourg jusqu’au Sud de
Mulhouse. Les alliées
débutent une première
attaque le 7 décembre mais
elle demeure infructueuse,
car d’une part ils doivent faire face à des difficultés logistiques dues à l’éloignement de leurs
ports de ravitaillement, et d'autre part parce que le commandement français manque d'initiative.
Après une contre-attaque allemande ‘NORTHWIND’ contre le VIè groupe d’armées américain
situé dans les Ardennes et autour de Strasbourg qui a provoqué une véritable panique dans les
états-majors alliés. Il est nécessaire de
définitivement réduire cette poche de résistance.
Remarque : L'Alsace, qui avait été
annexée par l'Allemagne quatre ans plus tôt, fut
défendue par les Allemands avec la même
âpreté que n'importe quelle autre terre du Reich.
À cette fin, le groupe d’armée « Oberrhein »
(Rhin supérieur) qui défendait l’Alsace était placé
sous le commandement direct du « Reichsführer
» SS Heinrich Himmler.
Déroulement de la bataille :
Le terrain et la météo : La plaine
alsacienne est extraordinairement plate et n’offre
pratiquement aucune couverture à un attaquant.
Lorsque les troupes alliées attaquèrent, elles
furent donc gênées par un temps très froid et
fortement exposées aux feux défensifs des
Allemands bien retranchés dans les villages.
Le schéma général de la manœuvre : Le
général d’armée de Lattre de Tassigny
commandant la 1ère Armée française, a prévu de
réaliser une attaque en tenaille. Le 1er Corps
d’Armée du général Béthouart attaquera par le
Sud pour aspirer les réserves de la XIXè armée
allemande. Puis deux jours plus tard, le 2è Corps
d’Armée du général Monsabert attaquera par le
Nord-Ouest en direction de Neuf-Brisach.
Temps 1 - du 20 au 24 janvier
1945 :
L’offensive du 1er CA débute le
20 janvier à 7H30, malgré la tempête de
neige la progression est initialement
rapide puis limitée et contrecarrée, dès le
22 janvier, par de violentes contre-
attaques qui obligent cependant les
Allemands à engager une partie de leurs
réserves. L’offensive du 2è CA débute le
22 janvier à 21H30, elle bénéficie d’un
effet de surprise. Sur tout le front les
combats sont acharnés, l’ennemi
réagissant par ses blindés et son
artillerie. Notant la progression difficile
des unités alliées, le général de Lattre a
demandé des renforts au 6è groupe
d'armées U.S. Donnant son accord, le
général Devers a placé le XXIe corps
U.S. du général Milburn sous les ordres
de la 1ère armée française.
Temps 2 - du 25 janvier au 03
février :
Fuseau Nord (2è CA et XXIè CA
US à partir du 29 janvier) : Le 26 janvier,
le 2è CA a débloqué la situation en
franchissant l’Ill en plusieurs points. Une
de ses divisions, la 5è division blindée se
dirige vers Neuf-Brisach, tandis qu’une
autre, la 3ème division d'infanterie US
combat encore à Jebsheim qui est la clef
de la défense du canal Rhin-Rhône.
Après des combats acharnés, les paras
du 1er RCP avec les Américains du 254è
régiment d'infanterie ont enfin libéré Jebsheim le 29 janvier. Le XIX è CA US s'est lancé dans
l'offensive et dès le 30 janvier, il établit une solide tête de pont au-delà de Colmar.
Fuseau Sud (1er CA) :
Le 1er CA est entré dans Vieux-Thann le 26 janvier et une nouvelle bataille s'amorce :
celle qui devrait empêcher les restes de la XIXème armée allemande de s'évader de la poche
de Colmar par le pont de Chalampé, qu'ils tiennent solidement. Pour cela, l'avancée du 1er CA
semble bien lente pour boucler l'encerclement. De Lattre entend donc utiliser ses réserves pour
intervenir vers Chalampé.
Temps 3 - du 04 au 09 février :
La jonction entre les fuseaux Sud (1er CA) et Nord (XXIè CA US) est réalisée le 5 février
à Rouffach.
Tout au long de la journée du 6 février, les Allemands passent sur la rive Est du Rhin
soit par bacs, soit par le pont de Chalampé malgré l'artillerie et les bombardements alliés. Le 8
février 1945, la jonction Nord-Sud est définitivement bouclée autour de ce qui fut la poche de
Colmar. Malgré les ordres contradictoires d’Hitler, le 9 février à 8 h, les Allemands ont fait sauter
le pont de Chalampé après le passage de leurs derniers soldats sur la rive droite du Rhin. Il n'y
a plus de poche de Colmar. Mais entre-temps, la XIXème armée a pu évacuer de la poche de
Colmar : 50 000 hommes, 60 chars et 500 canons. De Lattre envoya ce communiqué : "Au 21 è
jour d'une âpre bataille au cours de laquelle les troupes américaines et françaises ont rivalisé
d'ardeur, de ténacité et de sens manœuvrier, l'ennemi a été chassé de la plaine d'Alsace et a
dû repasser le Rhin."
BILAN :
Conformément aux
directives du Général
Eisenhower, la poche de
Colmar avait été réduite et le
6è groupe d'armée américain
a alors occupé des positions
sur le Rhin depuis la
frontière suisse jusqu'au
nord de la région de
Strasbourg. La XIX è armée
allemande, bien que pas
complètement détruite, a
perdu la plupart de ses
combattants expérimentés.
L'Alsace avait alors changé
de mains pour la quatrième
fois en 75 ans entre la
France et l'Allemagne. Après
la bataille, les Français ont
accordé à la 3è division d'infanterie U.S. le droit de porter la Croix de Guerre.
Enseignements de la
bataille :
Procédés tactiques :
Après la poche de
Falaise, la fermeture de la poche
de Colmar n’a pas été
complètement hermétique et a
permis à la XIXè armée
allemande d’exfiltrer la grande
majorité de ses troupes et de ses
matériels.
La manœuvre de
fermeture d’une poche nécessite
une importante coordination en
amont pour éviter les tirs
fratricides sans laisser
s’échapper l’ennemi.
Il est utile de disposer de solides connaissances du milieu dans lequel les troupes
combattent, dans ce cas-là, le froid et la fortification des maisons, a permis aux allemands de
s’accrocher au terrain et de freiner durablement la progression des alliés.
Renseignement :
Le manque de renseignement allemand a impliqué une mauvaise utilisation de sa
réserve (elle l’a directement utilisée contre l’élément de diversion).
Bien connaître son ennemi : les Allemands ont défendu l’Alsace comme leur patrie.
Elément réservé :
L’utilisation précoce, au deuxième jour des combats, de la réserve allemande a permis
aux alliés de progresser rapidement dans le 2è et 3è temps de cette opération.
Disposer d’une réserve suffisante avant l’action : le général de Lattre de Tassigny a dû
renégocier, en pleine opération, un CA supplémentaire pour s’assurer de la victoire.
INTRODUCTION.
Contexte opérationnel. Les chefs d'état-major interarmées des États-Unis, après de vigoureux
débats internes, ont choisi les Philippines plutôt que Formose comme prochaine cible majeure à
l'automne 1944. MacArthur a décidé de commencer son assaut des Philippines en frappant le
centre de l'archipel à Leyte.
Cela a permis aux forces américaines
d'isoler la plus grande île de Mindanao au
sud, tout en fournissant un tremplin pour
l'assaut sur Luzon, l'île la plus grande et la
plus au nord. Luzon était la clé, car il
contenait le meilleur port (Manille), les
meilleures installations d'aérodrome (Clark
Field), et il était le plus proche des îles
japonaises et d'autres territoires japonais.
Des assauts américains ont été effectués
à Mindoro en décembre pour capturer des
aérodromes plus près de Luzon.
La bataille de Manille (3 février-3 mars
1945) est l'une des rares bataille urbaines
menées par l'armée américaines dans le
Pacifique pendant la seconde guerre
mondiale, au milieu d'une population civile imposante. La ville, qui compte plus d'un million
d'habitants en 1944, est coupé en deux d'est en ouest par la rivière Pasig. Au nord se trouve le
quartier populaire du Tondo. Au sud se trouvent les installations portuaires modernes, la vielle
forteresse espagnole, l'Intramuros, et des immeubles.
I/ VERS MANILLE
Février 1945. Pour pouvoir utiliser pleinement les Philippines dans leur chemin vers le Japon,
les forces américaines ont dû capturer l'île la plus au nord de Luzon. Pour tirer pleinement parti
de Luzon, les forces américaines avaient besoin de capturer Manille. Cependant, l'intérêt
accordée à Manille elle-même était minime durant la planification américaine pour la campagne
de Luzon. Un mélange d'espoir, de déni et de rapports de renseignements erronés a amené le
général Douglas Mac Arthur à croire que les Japonais ne se battraient pas pour la capitale des
Philippines, mais plutôt à la déclarer ville ouverte, comme il l'avait lui-même fait trois ans plus
tôt. Ce ne sera pas le cas, contrairement aux souhaits du commandant japonais sur Luzon, le
général Tomoyuki Yamashita. Après que les forces américaines aient débarqué dans le golfe
de Lingayen sur le nord de Luzon le 9 janvier 1945, il leur a fallu presque un mois pour se
déplacer vers le sud, à travers la plaine centrale, vers Manille. En face, il y avait une armée
mixte de la marine japonaise, composée par les commandants japonais locaux à partir des
restes des unités disponibles. Il a fallu un autre mois de durs combats pour deux divisions
américaines renforcées pour approcher de la ville.
La sixième armée du général Walter Krueger a débarqué quatre divisions le 9 janvier 1945 dans
le golfe de Lingayen, sur la côte nord de Luzon. Les deux divisions du Ier Corps étaient à
gauche, tandis que les deux divisions du XIVème Corps étaient à droite, et à la tombée de la
nuit, 68 000 hommes étaient débarqués à terre et avaient poussé à l'intérieur une moyenne de
quatre milles.
Les premières poussées
vers Manille furent rapides,
au-delà des attentes des
planificateurs. L'opposition
rencontrée à l'avance sur
la rivière Agno était si
faible que le haut
commandement pensait à
un éventuel piège japonais.
Les unités du XIVème
Corps, sur le flanc droit,
ont progressé sans
difficulté vers le sud en bas
de la Plaine Centrale,
tandis que Ier Corps a
rencontré des forces
japonaises importantes sur
le flanc gauche sur un
terrain accidenté. Cette
résistance différenciée a
rapidement exposé le flanc
gauche du XIVème Corps
du général de division
Oscar Griswold. Krueger
préférait une avance lente
vers le sud, mais son
patron pensait autrement.
MacArthur, commandant
de la zone sud-ouest du
Pacifique, a estimé que le
danger d'une contre-
attaque de la part de la
gauche était minime et que
les Japonais ne se
battraient pas pour Manille,
deux idées sur lesquels
Krueger n'était pas
d'accord.
La progression rapide du
XIVème Corps étant le
reflet de la volonté japonaise et de son plan défensif. Le général Yamashita, commandant de la
14ème Région de l'armée, n'avait pas l'intention de défendre la plaine centrale, ni Manille elle-
même. Yamashita n'avait que deux buts principaux pour Luzon: attrition maximale des forces
américaines et retard maximum. Tout le reste était secondaire, y compris la survie de ses forces.
Son plan était axé sur la tenue de trois redoutes montagneuses, l'une à l'est de Manille, l'autre à
l'ouest de Clark Field et la principale redoute dans le nord-est de Luzon.
Les Japonais ont fortifié la ville, en particulier au sud de la Pasig. Yamashita, qui commande les
troupes des Philippines, veut former un réduit dans le nord de Luçon. Il ordonne au générale
Yokoyama, qui commande le Groupe Shimbu à Manille, d'évacuer la ville. Mais la marine
impériale, sous les ordres du vice-amiral Okochi, refuse de le faire. Elle crée une Force de
Défense Navale de Manille. Elle est commandée par le contre-amiral lwabuchi, qui dirige déjà la
31è force navale spéciale. Iwabuchi aligne 17 000 hommes en tout : 4 500 au nord de la Pasig
avec Noguchi, 5 000 au sud, 5 000 à l’extérieur de la ville, au sud, à Nichols Field, et quelques
milliers de marins sur les navires coulés dans la baie ou à l'est. lwabuchi doit tenir Manille le
plus longtemps possible et faire sauter toutes les installations portuaires. L'armée ne peut que
s'incliner et le colonel Noguchi prend la tête d'un détachement de l'armée au nord de la Pasig.
La 31è force navale spéciale va combattre de son côté, seule, avec un conglomérat hétéroclite
d’équipages d'avions et de bateaux débarqués, de travailleurs coréens et de Formose, de
personnels civils de la base navale, le tout sans aucune expérience du combat urbain et pas
forcément dotés d’une arme individuelle. Mais les Japonais disposent de près d'un millier de
canons de 20 mm, de 600 mitrailleuses, de 60 canons doubles de 120 mm de la marine. Des
obus ou des bombes servent à fabriquer des mines ou des pièges.
Côté américain, Mac Arthur veut absolument prendre Manille. Il pense que les Japonais la
déclareront ville ouverte comme il l'avait fait en 1942. Krüger, le commandant de la 6 è US Army
qui a débarqué dans le golfe de Lingayen le 27 janvier 1945 est plus sceptique. Il ne voit pas
l’intérêt stratégique de Manille et craint les contre-attaques de Yamashita sur ses lignes de
communication.
Les deux divisions engagées dans les
combats de rues. Les 7éme Infanterie
Division et 1er Cavalry Division, n'ont pas
l'expérience de la guerre urbaine mais
ont reçu un entraînement correspondant
et connaissent la doctrine. Plutôt
formatées pour le combat de jungle, elles
ne peuvent par ailleurs utiliser le soutien
d'aviation, ni celui d'artillerie de manière
libre. Au début de la bataille, la 1ère
Cavalry Division mène un raid éclair à
partir du 1er février et arrive aux abords
de la ville le 3, la 37ème ID suivant le
lendemain. La 1ère Cavalry Division libère
l'université Santo Tomas où se trouvaient
détenus plus de 2 000 Américains, mais
est coupée de ses arrières par les
Japonais. La 37éme ID doit la dégager.
Elle s'occupe ensuite de prendre les
secteurs où se trouvent l'alimentation en
eau et en électricité de la ville. La 37ème
ID progresse à partir du 4 février à
travers le quartier du Tondo, à l'ouest de
la 1er Cavalry. La résistance se fait plus
dure en approchant de la Pasig. Le 7
février, les Japonais sont rejetés au sud
de la Pasig et font sauter les ponts. La 37éme ID étend son front pour se charger du
franchissement tandis que la 1er Cavalry entame une manœuvre d'enveloppement par l'est, le
sud puis l'ouest sont pris pour couper les Japonais de tout renfort.
La 37ème ID franchit la Pasig le 8 février et affronte les combats les plus violents dans le district
avoisinant, jusqu'à l'assaut de l'Intramuros le 23. Les 9 et 10 février, la 37 ème ID perd ainsi 45
morts et 307 blessés dans des combats de rues. Les premiers chars interviennent dans la
bataille après avoir franchi la Pasig le 14 février. La 1er Cavalry, après avoir contourné la ville et
être arrivée à l'ouest remonte vers le nord et affronte elle aussi une résistance acharnée. la
37ème ID est arrivée près du mur est de l'Intramuros et commence à le pilonner le 17 février. Le
23, c'est presque toute l'artillerie de la division qui est concentrée sur cet objectif, avec plus de
7400 obus expédiés sur l'édifice. Les combats sont particulièrement violents au fort Santiago,
au nord-ouest. Sur les 26 prisonniers, tous viennent de Formose, aucun n'est japonais. Le
contre-amiral Iwabuchi se suicide avec son état-major, le 26 février, en apprenant la chute de la
forteresse. Les japonais tiennent encore plusieurs bâtiments importants au sud-est. Le
nettoyage de ces places fortes dure jusqu'au 3 mars.
CONCLUSION :
Les civils ont
particulièrement
souffert. Les très
nombreuses victimes
civiles et la
destruction du tissu
urbain ont également
été les
caractéristiques de la
bataille de Manille.
Dans leur défense
fanatique de la
capitale, les forces
japonaises ont
massacré près de
100 000 civils, soit
près de 14% de la
population civile de
Manille dont
beaucoup exécutés
par les japonais,
mais aussi du fait de
l'artillerie américaine. Pour parvenir à la victoire, les forces d'assaut américaines ont été forcées
de faire sauter les des défenseurs japonais retranchés dans des immeubles, laissant 70 pour
cent des zones résidentielles et d'affaires dans des ruines détruits. La bataille montre
l'importance de prendre en charge les civils.
Les Américains ont perdu 1 010 tués et 5 565 blessés. Les Américains ont encore une fois mis
en œuvre la combinaison des armes jusqu'au plus petit échelon. L'aviation n'a pas joué son rôle
traditionnel, contrairement à l'artillerie, dont les restrictions sont levées dès le 10 février. Le
général américain Robert S. Beightler, observant la destruction de Manille de son quartier
général, écrivait : « De grandes langues de feu ont balayé les toits, couvrant parfois plusieurs
blocs de la ville dans leur vol de destruction. Le rugissement, même éloigné, ressemblait à un
convertisseur de Bessemer, et la terre tremblait fréquemment ... Nous voyions l'horrible
pyrotechnie de la destruction, se répandant toujours plus vite pour englober et détruire la plus
belle ville d'Extrême-Orient ». Il y a aussi un volet amphibie dans cette action urbaine.
Les japonais ont 16 665 morts. Au vu de l'inexpérience de leurs troupes en matière urbaine et
du manque de coordination interarmes, les japonais ont réussi à conduire une défense coriace
avec bien peu. Ils se condamnent à une défense statique jusqu'à la mort, avec plus un
équipement naval, d'ailleurs, que terrestre. Les combats de Manilles ont démontré l'esprit
typique de combat japonais, et une utilisation efficace du paysage urbain en défensive. Bien
que ne faisant pas partie de la planification défensive du commandant japonais, la bataille de
Manille ralentit la conquête de Luzon et affaiblit considérablement les forces américaines
participantes.
La prédominance de l’artillerie.
Les Français comptent sur un appui-
feu extérieur pour leurs formations d'infanterie.
Leur principal élément d'appui-feu réside dans
leur artillerie, même si l'aviation met en valeur
sa capacité d'engagement à longue portée.
L'artillerie française qui accompagne
le Corps Expéditionnaire à l'origine est
rapidement rompue en petits éléments pour
soutenir les nombreux postes occupés. Cette
artillerie est réunie en bataillons de campagne
traditionnels au fur et à mesure de l'extension
des groupements mobiles. L'artillerie
française est ainsi soit de l'artillerie de position,
fixe ou semi-mobile, soit de l'artillerie de
campagne composée de bataillons d'artillerie
assignés aux groupements mobiles, conser-
vés en réserve ou, occasionnellement, rendus
disponibles par les commandements de secteur.
A l'époque des réformes du général de Lattre, les Français disposent de 228
pièces de fortifications et 240 pièces de campagne en Indochine. A l'exception d'une
unique batterie de canons de 155 mm au Tonkin, ces pièces sont pour l'essentiel des
obusiers de 105 mm et quelques-uns de 155 mm. A la fin de la guerre, ce total est monté
à 323 pièces de garnison et 370 de campagne. Les pièces de campagne sont affectées à
des bataillons de 12 obusiers chacun avec un bataillon d'artillerie par groupement mobile
et quelques autres réservés pour un soutien général. L'artillerie de forteresse, répartie en
général en section de deux pièces d'artillerie, est déployée le long de la ligne de Lattre et
dans des postes similaires dans toutes les parties du pays. En règle générale, ces
sections sont positionnées de façon à pouvoir se couvrir mutuellement et, à la fin de la
guerre, 323 occupent 160 positions, couvrant un front de 3200 kilomètres. Cette
dispersion de l'artillerie procure un soutien psychologique aux troupes car les Français
sont persuadés qu'elles ont besoin de savoir qu'il est toujours disponible. Cependant,
disperser ces soutiens peut tout aussi bien répondre à une exigence tactique au vu de
l'avantage de l'infanterie régulière Viet Minh sur l'infanterie régulière.
Le 13 janvier 1951, Giap passe à l'attaque. Des semaines durant, il a massé dans les
vallées touffues du Tarn Dao ses trois divisions d'infanterie. Son intention, procéder à des
opérations de diversion sur un front de 120 kilomètres, pour disperser les forces adverses, puis
appliquer l'effort principal sur Vinh Yen et le Fleuve Rouge en direction de Hanoï, qui ne sera
plus qu'à 40 kilomètres. Son plan manque réussir. En se portant au secours du poste de Bao
Chue, à l'ouest du Tarn Dao, le Groupement mobile n°3 du colonel Vanuxem tombe dans une
sévère embuscade et, bousculé, doit se replier jusque sous les murailles de Vinh Yen. Dans le
même temps, une offensive contre Huong Khanh, où se tient le Groupement mobile nord-
africain du colonel Edon, donne lieu à de violents combats que les blindés et l'artillerie auront
du mal à circonscrire.
Le 13 janvier, la situation des Français est précaire : déjà, les dépêches d'agence
annoncent que Giap est à deux jours de marche de Hanoï. Ce 13 janvier au soir, le front
français est enfoncé. A Vinh Yen, les défenseurs n'ont plus de munitions ; à Huong Khanh, le
colonel Edon doit lui-même défendre son P.C. à la mitraillette comme un simple voltigeur. Cinq
bataillons viêt-minh ont franchi la R.C.2 à l'ouest de Phuc Yen et foncent vers le Fleuve Rouge.
La nuit vient, mais Giap n'attaque pas. Et c'est son erreur. Au matin du 14 janvier, les
Français se sont ressaisis. Alerté dans la nuit, le général de Lattre arrive à Saigon et, dans
l'après-midi, son Morane se pose sur le petit terrain de fortune de Vinh Yen, encadré par les
traceuses de la D.C.A.
Sur place, il se fait rapidement une idée exacte de la situation.
« Ce qui compte pour Giap, c'est enlever Vinh Yen à tout prix. C'est là que nous nous
battrons, tout le reste est secondaire. »
A son tour, il développe son idée
de manœuvre : ramener sur le centre des
combats les groupes mobiles voisins -
celui du colonel de Castries jusque-là
maintenu devant Luc Nam, celui du colonel
Edon, qui vient de dégager Huong Khanh,
celui du colonel Clément, constitué en hâte
avec des paras et des cavaliers. Toute la
nuit du 14 au 15 janvier, les convois
routiers et blindés convergent sur le champ
de bataille.
Au matin du 15 janvier, la contre-
offensive se développe. Tirailleurs et
goumiers montent à l'assaut et
reconquièrent la série de collines qui
protègent Vinh Yen au nord.
Les combats sont rudes. Le
G.M.N.A. du colonel Edon prend le
dispositif ennemi de flanc et oblige la
Division 308 à lâcher pied et à se retirer
Figure 5 Le général d'armée de Lattre de Tassigny, le colonel de dans la plaine et sur les premières pentes
Castries (commandant le GM2) et des officiers (dont le colonel du Tarn Dao.
Erulin commandant le GM1 et le colonel Allard) en train d'étudier
une carte à Vinh Yen pendant la bataille.
Figure 6 1. 13 janvier - Attaque du poste de Bao Chuc - Le G.M. 3 (Vanuxem) va au secours et tombe dans une embuscade,
se replie le 14 au soir, sous les murs de Vinh Yen. 2. Le G.M.N.A. (Edon), après avoir stoppé, lance une attaque de diversion
sur Huong K
Le diner se passe dans un calme relatif car chacun est conscient des enjeux et des risques :
l’attaque de la piste a bien évidemment une connotation politique très forte et les défenses
sol/air de la base sont importantes.
Je regagne l’hôtel où on loge vers 22 heures, accompagné de 3D, avec qui je partage la
chambre et qui sera mon équipier demain. L’extinction des feux se fait relativement tôt et je
mets assez peu de temps à m’endormir.
Le petit déjeuner est calme car nous ne sommes pas vraiment d’humeur à plaisanter et on sent
que chacun est déjà dans la mission. Arrivés dans la zone OPS, Alban nous fait un briefing
rapide qui a surtout pour but de nous rappeler les éléments essentiels : horaires, fréquence,
déroulement, … On ressent un peu de tension, mais la signature de la forme 11 au bureau de
piste, le tour avion, l’installation nous ramènent à une routine bien connue.
Après la mise en route lors de la vérification du tour cabine, une mauvaise surprise m’attend.
Les pompes de transfert du groupe arrière sont sur arrêt ! Je lance la main sur la banquette
droite, là où se trouve l’ensemble des breakers accessibles, sachant pertinemment qu’il n’y en
pas pour les pompes carburant. Ce n’est pas possible ! Pas aujourd’hui ! J’ai presque 2000
heures de Jaguar et je n’ai jamais eu (et vu) cette panne. En tant que leader de la 2 ème
patrouille, je peux prendre l’avion du N°4 (c’est prévu) mais dans 2 minutes on roule, ce qui ne
m’en laisse plus vraiment le temps.
Au premier check radio, Zézette annonce « mon avion est en panne, je coupe » ; c’était mon
N°4, et c’est son avion que je devais prendre si j’avais décidé de changer….
Le test des freins à la sortie du parking est musclé, espérant débloquer ces foutues pompes,
mais rien n’y fait. Et puis, petit miracle, en arrivant au point de manœuvre, il y en a une sur les
deux qui bascule sur marche.
Les 4 avions de la première patrouille sont alignés puis lâchent les freins à 30 secondes
d’intervalle. Le spectacle des dards PC allumés dans la nuit est toujours aussi beau, et je ne
peux m’empêcher de penser au raffut que ça doit faire en ville puisqu’on décolle face au sud.
J’imagine aussi les derniers noctambules rentrant chez eux, ceux qui se lèvent, qu’on a réveillé,
bref tous ces gens partis pour une journée normale et qui sont loin d’imaginer qu’on va aller
casser une piste à 1500 kilomètres de là.
Le décollage ne pose pas de problème particulier et peu après, en me retournant je vois les
rotatings de mes équipiers en train de rassembler. Le TACAN déjà en fonction air-air donne une
distance, mais pas de relèvement sur le Boeing qu’on doit rejoindre. Il fait beau, le jour
commence à se lever et l’acquisition visuelle s’effectue relativement vite. La rejointe est
standard, sauf qu’en courte finale le Boeing grossit vite, très vite, trop vite ce qui m’oblige à
sortir les aérofreins, cabrer puis la vitesse diminuant vers 250 kts, à sortir des volets et allumer
les PC car à cette altitude et avec toutes les charges qu’on a, le Jaguar vole très mal. J’ai
l’impression d’être dans une phase de combat et je n’ose imaginer ce que ça doit donner au
niveau de mes équipiers ! Je dois avouer que je n’ai pas regardé car je dois assurer le
rassemblement et puis et surtout j’ai une entière confiance ; on se connait et je sais qu’ils
tiendront leur place. Au cours du débriefing lorsqu’on a évoqué cette phase, j’ai bien aimé leur
commentaire « le rassemblement ? oui, effectivement ce fut un peu chaud ». En fait, les tankers
qui avaient eu un peu de souci au décollage de Libreville avaient 10 secondes d’avance sur le
timing et se sont présentés sans prévenir (silence radio oblige) avec une vitesse de 250 kts au
lieu des 300 kts prévus, ce qui nous a donné une vitesse de rapprochement de 100kts au lieu
de 50.
On enchaine aussitôt sur le premier ravitaillement ; l’air est calme et ça passe tranquillement. Le
transit vers le 16 Nord s’effectue aussi tranquillement ce qui me donne le temps de penser à ce
qui s’est passé depuis le début ; j’espérais un début de mission plus paisible et j’espère que ce
n’est pas signe de mauvaise augure.
Au 16 Nord, après avoir ravitaillé une deuxième fois, descente plein complet pour passer sous
la couverture des radars de Ouadi-Doum. Le trajet en basse altitude est long et pose un
problème de pétrole ; la vitesse a été limitée à 420kts au lieu des 450 pour réduire la
consommation. On sait qu’on est vraiment juste, surtout pour la dernière patrouille qui est en
bombes 250 kg avec un seul bidon. Pendant la préparation j’avais demandé à pouvoir larguer
les bidons une fois vides, mais cela nous avait été refusé. Quand je pense à la consommation
qui en a été faite lors de la guerre du Golfe….
Pendant ce trajet en basse altitude, je me souviens avoir survolé des paysages magnifiques
comme je n’avais jamais vu auparavant. Je me suis dit alors « je ne sais pas comment va se
terminer la mission, mais quelle qu’en soit l’issue, la journée n’aura pas été entièrement
mauvaise » ; étonnant ce décalage entre l’enjeu de la mission et la manière dont on le vit.
Le point de recalage situé 5 minutes avant l’attaque approche et fort de la réflexion précédente,
je me trouve étonnamment calme ; sauf que je m’aperçois que mon crayon gras n’arrête pas de
faire des allers et retours entre ma poche de combinaison et mon anti-G, signe de nervosité
évidente. Le point de recalage est normalement à mes midis mais je ne le reconnais pas
vraiment. Alban et ses quatre avions sont justes devant et il serait étonnant d’avoir la même
erreur de calculateur ; on est forcément sur le chemin prévu !
Virage à gauche pour sortir de la vallée et la piste doit se trouver dans mes 10 heures. Tout
d’un coup je vois des flashes lumineux justes au niveau de la première patrouille, flashes que je
prends pour des tirs de l’artillerie sol/air. Bizarrement ça m’amène une grande sérénité ; ça y est
c’est parti ! (Ces flashes étaient en fait les leurres infra-rouge largués par les avions de
devant…)
C’est peut-être parti, mais je ne vois pas cette foutue piste ! Suite à une mission de
reconnaissance effectuée quelques mois plus tôt, je cherchais des bandes blanches (voir
photo) alors qu’elles étaient maintenant noires. L’acquisition tardive m’oblige à faire une
manœuvre brusque à gauche puis à droite ; là encore une pensé rapide à mes équipiers (3D : «
pas grave chef, j’étais plus bas que vous.. ). Et puis on se focalise sur la séquence de tir,
séquence qu’on a répétée maintes fois à l’entrainement. Les éléments de l’avion sont stables, «
l’épée » qui se rapproche doucement de la cible et l’appui sur le bouton bombe qui va permettre
le largage. Cette séquence 30 ans après est encore très présente dans ma mémoire ; ce fut un
grand moment qui pour moi représentait l’aboutissement de plus 10 ans d’entrainement passés
sur avion d’arme.
Reco photo de la piste de Ouadi Doum en La “fabuleuse” conduite de tir du Jaguar, avec
aout 1985 “l’épée” au centre
Le dégagement se fait dans l’axe en descendant et je jette un coup d’œil dans les rétroviseurs ;
là encore grand moment quand j’ai vu les colonnes de fumées noires qui montaient dans le ciel.
On ne leur avait pas laissé vraiment de chance ; 11 avions qui arrivent de la vallée, soleil dans
le dos (il est 7H55) et qui attaquent la piste en moins d’une minute. Du bon travail !
Encore quelques nautiques en très basse altitude et c’est le début de la remontée hors du
domaine de tir des missiles sol/air. Comme prévu Alban fait un check radio (première annonce
depuis le décollage) ; tout le monde répond et un grand soulagement succède à cette période
de concentration extrême.
Plus qu’un ravitaillement à assurer et ce sera gagné ; le TACAN air/air est bien accroché sur le
tanker et la distance nous séparant de lui reste quasiment constante, signifiant que nous
sommes en route parallèle. Mes appels radio restent sans réponse et pourtant on a passé le
point de début de rejointe depuis 5 bonnes minutes. La fatigue aidant je commence à devenir
nerveux car je n’ai aucune envie de me dérouter à N’Djamena ; « ils sont 3 à bord, dans une
phase où ils ne sont pas surchargés de travail, et même pas foutus de répondre à la radio ! ».
Je demande à un autre tanker de faire le relais et à force de, ça finit par le faire. Rejointe sans
problème et arrivé en position de ravitaillement, je découvre un panier tout cabossé qui
visiblement avait bien souffert. C’était l’œuvre d’un F1C qui avait eu beaucoup de mal à
ravitailler et qui avait pris plus de temps que prévu, expliquant ainsi pourquoi le tanker ne
répondait pas, puisque F1C et Jaguar étaient sur des fréquences différentes. Quand je pense
que les F1C devaient assurer notre couverture haute altitude durant cette phase de rejointe…
L’accueil des mécanos et des autres militaires présents sur le site fut plus que chaleureux ! J’en
profite pour saluer ces mécanos sans qui rien n’aurait été possible, qui ont œuvré loin des OPS,
dans une certaine indifférence et qui ont travaillé sans compter le temps qu’il fallait pour nous
préparer et sortir les avions. Je ne dirai jamais assez tout le bien que je pense d’eux.
Le soir, le COMAIR nous amène dans un restaurant du centre-ville ; l’ambiance est bien
évidemment bonne mais ce n’est pas délirant. La soirée se finit autour de quelques bières mais
plutôt tranquillement.
Le lendemain matin, je suis réveillé par des coups frappés à ma porte de chambre d’hôtel. J’ai
un peu de mal à émerger et en ouvrant je vois Jean Mi qui m’annonce que les Libyens viennent
de bombarder N’Djamena « on est tous convoqués à la villa des pilotes pour préparer l’attaque
de la piste de Faya Largeau »
André CARBON (promotion 1972 de l’Ecole de l’Air)
Source : [Link]
[Link]/attaque-de-ouadi-doum-2-eme-partie
by Command Sgt. Maj. David Davenport, U.S. Army Training and Doctrine Command. Posted in Army Operating
Concept, Designing the Army, Featured, Frontpage, Leader Development, Multi-Domain Battle, NCO education,
Straight from the CSM, TRADOC CSM, Training
As I visit different
locations or speak
at various panels, I
am often surprised
to find Soldiers
really don’t have a
basic
understanding of
how and why the
U.S. Army Training
and Doctrine
Command is driving
changes for the
future force.
To win in this complex world, Army forces must provide the joint force with multiple options,
integrate the efforts of multiple partners, operate across multiple domains, and present our
enemies with multiple dilemmas. The AOC is the starting point for developing the future force,
and provides the intellectual foundation for a comprehensive strategy to change the Army and
guide capability development.
The emerging concept of Multi-Domain Battle, or MDB, describes what the Army must be able
to do to overcome the challenges defined in the AOC.
When published, MDB will be a concept that describes how U.S. ground forces, as part of joint
and multinational teams, deter adversaries and defeat highly capable peer enemies in the 2025-
2050 timeframe.
Multi-Domain Battle matches the physical domains of land, sea, and air, with greater emphasis
on space, cyberspace and the electromagnetic spectrum. Within this focus, the information
environment and the cognitive dimension of warfare are of critical importance.
Ideally, in future application, MDB will provide commanders with numerous options for executing
simultaneous and sequential operations using surprise and speed of action to present multiple
dilemmas to an adversary in order to gain physical and psychological advantages, along with
influence and control, over the operational environment.
The Army adapts and innovates to keep its combat edge by thinking about future conflict,
learning collaboratively, analyzing capability gaps, and implementing solutions.
While thinking clearly about future armed conflict, four trends emerged: all domains will be
contested; operations will be degraded; the U.S. Army will operate in complex terrain, e.g.
dense urban areas; and increased lethality of the battlefield.
At its core, MDB will likely require flexible and resilient ground formations that project combat
power from land into other domains to enable joint forces freedom of action, as well as seize
positions of relative advantage and control key terrain to consolidate gains.
Because of this new environment, more will be asked of our noncommissioned officer corps.
TRADOC is already working on how to develop the next generation of competent and
committed NCOs of character — trusted Army professionals who thrive in chaos, adapt and win
in a complex world.
NCOs develop as leaders over time, through deliberate progressive and sequential processes,
incorporating training, education and experience across the three learning domains throughout
the Soldier’s career. Those domains, which include self-development (individual), operational
(unit), and institutional (TRADOC) learning, all work together to produce that next generation of
NCOs.
As we look on the future role of the NCO in MDB, basic responsibilities will remain the same.
NCOs to be the bearer of high-quality standards and discipline and serve as role models
of each
NCOs to conduct inspections
NCOs to ensure that equipment and Soldiers are at a high state of readiness to
accomplish the mission given
NCOs to be the primary trainers of individual and small team tasks and mentors to the
officer corps
Most importantly, commanders expect NCOs to ensure the care and well-being of
Soldiers and their families, within their scope of responsibility.
As members of the NCO corps, individuals have an inherent responsibility to continually self-
improve — whether through civilian education, technical certifications, participation in
competitive events and boards, or reading professional journals. NCOs should not wait until
they attend professional military education courses to expand their knowledge.
Organizations also play a critical role in NCO development, by placing them in positions of
responsibility during daily missions, training exercises and deployments. The best way to create
a solid organization is for leaders to empower subordinates within the tenants of mission
command. Empowering subordinates does not mean omitting checks and only making
necessary corrections. Leaders help subordinates in identifying successes and mistakes by
ensuring they sort out what happened and why.
Because subordinates learn best by doing, leaders should be willing to take prudent risks and
accept the possibility that less-experienced subordinates will make mistakes. Risk assessment
and management help determine existing challenges and mitigation strategies. If subordinate
leaders are to grow and develop trust, it is best to let them learn through experience. Effective
leaders allow space for subordinates to experiment within the bounds of intent-based orders
and plans.
There are leader development opportunities every day for our Soldiers, and leaders must seize
these opportunities using mission command tenants.
The Army develops NCOs through a progressive and sequential professional educational
system that has rigor and relevance. TRADOC is driving change for the future in leader
development through these imperatives:
Commitment to the Army profession, lifelong learning and development
Balance the Army’s commitment to the training, education and experience components
of leader development
Manage talent to benefit both the institutional and the individual
Select and develop leaders with positive attributes and proficiency in core leadership
competencies for responsibility at higher levels
Develop adaptive and creative NCOs capable of operating within a complex operational
environment and the entire range of military operations
Embed mission command principles in leader development
Value a broad range of leader experiences and developmental opportunities
To best prepare our NCO corps for the challenges of an uncertain future, we must
fundamentally change and evolve the NCO professional education system into a
comprehensive leader development system that links training, education and
experiences across all three learning domains.
The Army’s strength is the Soldier, so it must equip and prepare them to fight and win across all
domains. Multi-Domain Battle and the associated capabilities will ensure that future Soldiers
and joint teams can fight, win and survive on tomorrow’s battlefields.
NCOs will be expected to be more than the backbone of the Army … they must be known as
high-caliber professionals, who are comfortable in ambiguity and operating within the
commander’s intent to accomplish the mission.
Il s'active, se déplaçant à Genève, Madrid ou encore Sofia, pour préparer un nouveau coup
d'État contre Kadhafi. Celui-ci doit avoir lieu le 19 octobre 1993 mais finalement, une vague
d'arrestations lancée une semaine avant l'opération compromet le projet. Certains des conjurés
sont exécutés ; deux des frères de Khalifa Haftar sont condamnés à 15 et 20 ans de prison.
La visite du président américain Donald Trump en Arabie saoudite a offert un rare aperçu de
son programme émergent de politique étrangère. Il est maintenant certain que l'administration
Trump va s'abstenir de faire la morale aux dirigeants étrangers sur les faiblesses de leurs pays
en matière de démocratie et que la promotion des droits de l'homme va céder le pas à d'autres
priorités.
Les efforts visant à encourager la démocratie et le respect des droits de l'homme ont très
rarement eu le dessus contre 110 milliards de ventes d'armes, ce qui sera particulièrement vrai
au cours de la présidence de Trump. La question de savoir si un partenaire commercial
potentiel adhère aux normes internationales en matière de droits de l'homme semble n'avoir
aucun rapport avec cette administration.
Mais la véritable nouvelle du voyage de Trump, c'est qu'il a à présent entièrement adopté le
monde arabe sunnite, en particulier par son opposition à l'Iran. Dans son discours lors d'une
réunion des dirigeants musulmans sunnites à Riyad, Trump a adressé un fort reproche viscéral
contre toutes les propositions de l'Iran, notamment contre les récentes élections dans ce pays.
Ses remarques ont fait les délices des dirigeants arabes sunnites, qui considèrent l'Iran comme
la racine de tous les maux et comme la source de la résurgence chiite en Irak.
En Israël, Trump a continué d'alerter contre une menace iranienne, en révélant la raison pour
laquelle l'Iran occupe une place si cruciale dans sa pensée. Trump estime qu'Israël et les pays
arabes sunnites sont en fait des alliés dans une lutte mortelle contre l'Iran et qu'ils devraient
s'unir autour de cette cause, plutôt que de permettre à des questions comme celles des
territoires palestiniens de les diviser. Trump semble penser que cette vision supposée du conflit
israélo-palestinien peut être transformée en un règlement qui concrétisera enfin la paix au
Moyen-Orient, ou qui du moins pourra réaligner la région face à l'Iran.
Alors que Trump était en route vers l'Arabie saoudite, les électeurs iraniens ont élu leur
président sortant modéré Hassan Rohani à un deuxième mandat, afin qu'il mette en place des
réformes nécessaires de toute urgence. Le processus électoral iranien est souvent remis en
question, à juste titre. Le Conseil des gardiens de la Constitution, un organe non élu de juristes
islamiques, examine de près chaque candidat et la Garde révolutionnaire supervise toutes les
élections. Pourtant la campagne âpre entre Rohani et son principal adversaire Ebrahim Raisi
laisse penser que cette élection n'a pas été une mascarade.
Entre Rohani et Raisi, les électeurs iraniens ont été confrontés à un choix difficile. Raisi a une
réputation bien établie de religieux radical et d'ancien procureur aux opinions antioccidentales.
S'il avait été élu, l'avenir de l'accord nucléaire iranien avec le P5+1 (les cinq membres
permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, plus Allemagne), aurait pu être remis en
question.
La forte participation aux élections (plus de 75 %), suggère que les Iraniens ne veulent pas se
détourner de l'accord. Bien que la plupart des ménages n'aient pas bénéficié de la lente levée
des sanctions internationales et que le chômage reste élevé, ils restent prêts à faire confiance à
Rohani pour tenir sa promesse d'améliorer les moyens de subsistance des citoyens ordinaires
iraniens.
Mais il reviendra aux Iraniens eux-mêmes de faire pression pour obtenir les réformes dont ils
ont besoin. Il est clair que ni le monde arabe sunnite ni l'actuel gouvernement des États-Unis ne
sont prêts à parier (ni même à encourager) la réussite de Rohani.
Dans l'histoire récente, les
relations entre les États-Unis
et l'Iran ont été
particulièrement tendues. En
1979, après un soulèvement
contre le chah Mohammad
Reza Pahlavi et sa police
secrète redoutée, la Savak,
le peuple iranien a saisi
l'ambassade américaine. Ils
ont accusé les diplomates
américains d'espionnage et
les ont détenus pendant 444
jours. Après un processus de
négociation long et délicat,
les otages ont finalement été
libérés le jour de l'investiture
du président Ronald Reagan.
Depuis lors, l'Iran n'a jamais
présenté ses excuses pour l'épisode des otages et les États-Unis n'ont jamais pardonné à l'Iran.
Pire encore, Mahmoud Ahmadinejad, le président de l'Iran de 2005 à 2013, non seulement a
remis en question le droit d'Israël à exister : une mesure que les dirigeants arabes sunnites
acceptent depuis longtemps simplement pour la forme. Mais il a également déclaré que
l'Holocauste était un canular, en enfermant encore plus son pays dans un isolement
international. Tout dernièrement, l'Iran a continué à soutenir le président syrien Bachar el-Assad
et a maintenu son soutien de longue date en faveur du Hezbollah, la milice chiite libanaise.
Alors que l'administration Trump discute de sa manière d'envisager l'Iran, elle a dû faire face au
fait que l'accord ne peut pas être facilement modifié. Pourtant, durant le séjour de Trump au
Moyen-Orient, le Congrès américain a commencé à étudier une nouvelle série de sanctions
pour punir l'Iran suite à son intervention en Syrie et à son soutien à des groupes considérés,
selon eux, comme terroristes comme le Hezbollah.
La politique intérieure âpre de l'Iran suggère que ce pays est sur le point de changer. Mais
l'héritage funeste de ce pays, depuis la crise des otages en 1979 jusqu'à son implication
actuelle en Syrie, n'est pas une chose facile à pardonner ni à oublier pour de nombreux
décideurs américains.
En fin de compte, c'est aux Iraniens qu'il revient de décider de leur avenir. Ils ont fait un premier
pas important en renouvelant le mandat de Rohani et ils vont devoir à présent le soutenir à
l'heure où il va mettre en œuvre de difficiles réformes nationales et en matière de politique
étrangère.
L'Iran a beaucoup de retard à rattraper dans ses relations avec le reste du monde. Mais si les
réformes peuvent finalement être mises en œuvre et soutenues, et si l'accord peut être
préservé contre les extrémistes, l'Iran sera en mesure de se libérer de son passé et de devenir
un membre normal de la communauté internationale.
Le 5 novembre 2016, les Forces démocratiques syriennes (FDS) lançaient l'opération « Colère
de l'Euphrate » pour libérer Raqqa, aux mains de l'État islamique depuis 2014. Après avoir
repris Tabqa, au sud, le groupe arabo-kurde, soutenu par la coalition, lance le 6 juin l'assaut
final sur la ville. Interrogé par L'Orient-Le Jour, Stéphane Mantoux, spécialiste des questions
militaires, revient sur les enjeux de l'offensive et les stratégies des acteurs engagés dans la
bataille.
La semaine dernière, l'ONU jugeait « excessives » les frappes aériennes. La coalition est-
elle moins précautionneuse dans cette bataille ?
Au début de la bataille de Mossoul, la coalition s'est refusée à bombarder pour éviter au
maximum les pertes civiles. Le choix inverse a été fait à Raqqa, parce que les FDS, encore une
fois, ont fortement besoin de cet appui pour se battre en milieu urbain. Elles ont des mortiers,
quelques pièces d'artillerie, mais c'est largement insuffisant pour appuyer leurs troupes. La
coalition a donc fait le choix de les soutenir beaucoup plus massivement. Par ailleurs,
l'utilisation du phosphore blanc par la coalition, dès le début de la bataille, est assez frappante.
À Mossoul, on ne l'a vu qu'au bout de quelques mois. Cela a probablement été utilisé pour
débarrasser les toits des tireurs de missiles antichars ou des francs-tireurs de l'EI, mais cela
marque un tournant.
Agrégé d'histoire et spécialiste des questions de défense, Stéphane Mantoux répond aux
questions de « L'Orient-Le Jour » sur les enjeux militaires de la bataille dans la
« capitale » syrienne de Daech.
Source : [Link]
[Link]
(Consulté le mercredi 21 juin 2017)
Deux semaines après la mise à sac de la ville de Marawi par des islamistes brandissant le
drapeau noir du groupe Etat islamique (EI), les autorités ont changé de discours. Loin d'un
règlement rapide, elles redoutent que la bataille s'éternise.
Ils se cachent dans des tunnels à l'épreuve des bombes, dissimulent des armes antichars dans
les mosquées, se servent de boucliers humains et maîtrisent parfaitement le terrain : les
jihadistes retranchés dans le sud des Philippines sont pour l'armée un adversaire redoutable.
"L'avantage (de l'ennemi), c'est leur maîtrise du terrain. Ils savent où mènent les allées les plus
petites et sont libres de circuler", a dit à la presse le major Rowan Rimas, officier des Marines.
"Ils savent d'où viennent les forces gouvernementales et où elles s'abritent. Ils ont des tireurs
embusqués et leurs positions sont bien défendues".
Le ministre de la Défense Delfin Lorenzana avait reconnu au début du conflit le 23 mai 2017
que les forces de sécurité avaient été prises par surprise. En tendant de capturer un des chefs
islamistes, elles ne s'attendaient pas à voir surgir des dizaines de jihadistes dans les rues. Les
combattants ont alors semé le chaos dans cette localité de 200.000 habitants, la plus grande
ville musulmane des Philippines catholiques, prenant un prêtre en otage, ouvrant les portes de
deux prisons et détruisant de nombreux édifices.
Depuis, le ministre
comme les chefs
de l'armée ont
raconté que leurs
forces avaient
sans le prévoir
déjoué un coup
spectaculaire
programmé par
les jihadistes :
prendre Marawi
pour démontrer
que l'EI avait
gagné un territoire
aux Philippines.
Initialement, ils
estimaient à une
centaine le nombre de combattants avant de réviser ce chiffre à 500, dont des étrangers venus
de Tchétchénie, d'Arabie saoudite ou du Yémen.
Failles
Les islamistes
disposent en
outre d'un
arsenal imposant,
y compris des
lance-roquettes
et des munitions
semble-t-il
inépuisables
pour leurs
puissants fusils
d'assaut.
D'après les
autorités, deux
frères dénommés
Maute sont les
principaux
meneurs des
combats qui ont permis aux jihadistes de résister à une campagne intensive de bombardements
aériens et de tirs de roquettes.
Ils contrôlent environ 10% de Marawi. Les tunnels et les caves leur permettent de résister à des
bombes de 227 kilogrammes, expliquait lundi à l'AFP le porte-parole de l'armée, le colonel Joar
Herrera. "Même les mosquées ont des tunnels", a-t-il ajouté, précisant que les islamistes s'en
servaient cacher leurs armes. Le porte-parole souligne que le règlement de l'armée lui interdit
de frapper les mosquées et les écoles islamiques, des failles exploitées par les combattants.
Les habitants de Marawi avaient creusé des bunkers et des tunnels sous les maisons après un
soulèvement musulman en 1970, durant lequel des quartiers entiers avaient été incendiés,
raconte à l'AFP Norodin Alonto Lucman, homme politique local respecté.
Le groupe Maute marche de concert avec Isnilon Hapilon, cible du raid initial des forces de
sécurité et considéré par l'armée comme "l'émir" de l'EI, le chef aux Philippines du groupe
jihadiste proche-oriental. L'armée pense qu'il est toujours à Marawi.
Cache de liquide
Les autorités sont d'autant plus inquiètes
quant aux agissements des islamistes
qu'elles ont découvert lundi 52,2 millions
de pesos (un million de dollars) en liquide
dans une de leurs maisons.
Ils se servent en outre comme boucliers
humains d'environ 2.000 civils pris au
piège, parmi lesquels le prêtre et plus
d'une dizaine de civils capturés au début
de la crise.
Quelques heures après le début des
combats, le président Rodrigo Duterte
avait imposé la loi martiale à toute la région de Mindanao, où vivent 20 millions d'habitants,
dans une tentative pour écraser rapidement la menace représentée par l'EI. Il avait fixé un délai
- désormais écoulé- pour débarrasser la ville de ses jihadistes. A son expiration, il a usé de sa
rhétorique agressive coutumière à l'endroit des soldats. "Je vous ordonne d'écraser votre
ennemi", a-t-il lancé. "Quand je dis écraser, vous devez tout détruire, y compris des vies".
Mais une victoire militaire rapide semble de plus en plus irréaliste.
Le ministre Lorenzana, qui avait lui aussi fixé un délai de 10 jours écoulé ce weekend, a
souligné que par le passé, les affrontements avec les islamistes débouchaient sur leur
débandade. Cette fois-ci, ils se montrent plus déterminés. "Normalement, dans ce type de
conflit, les combattants déguerpissent et se cachent dans les montagnes. De manière
surprenante, ils se sont retranchés là et attendent de combattre, peut-être jusqu'au dernier".
Lieutenant-colonel ® Ch. MARCILLE
Centre d’Entrainement aux actions en
Zones Urbaines – 94è RI – CEP
Les discussions autour des fichés S n’aboutiront à rien, pas plus que la déchéance de
nationalité. Au moins, pendant que les experts débattent de cela, le public ne regarde pas
ailleurs. Si nous ne voulons prendre aucun risque, il faudra fermer les clubs de tirs sportifs mais
aussi de modélisme ! L’EI sait transformer une maquette en drone IED… En termes
d’innovation tactique, nous avons beaucoup à leur envier.
« Mais soyez assurés que ma détermination n’a jamais été aussi grande ! La guerre est
terminée, les Séparatistes ont été défaits et la menace Jedi éradiquée. Nous sommes au seuil
d’une nouvelle ère. Pour garantir la sécurité dans la continuité et la stabilité, la République sera
bientôt réorganisée et deviendra la Première Puissance Galactique Impériale ! Pour une société
fondée sur l’ordre et la sécurité ! » (Star wars III).
C’est l’usage de la peur, qui empêche de raisonner convenablement et qui fait basculer Anakin
du côté obscur et les Etats-Unis – ou la République dans l’univers de Star Wars – vers l’Empire.
C’est bien une guerre totale. Tous les pays sont visés (même ceux qui ne réalisent pas de
frappes aériennes au Levant). Et quel but poursuivent donc les jihadistes en frappant soi-disant
au hasard ? Ils cherchent à nous diviser, à jouer sur nos peurs. Ils cherchent à scinder la
communauté nationale, à s’approprier le courant sunnite mais aussi et surtout l’identité des
populations de culture musulmane. Et quand, à force de carnages, de tragédies, de crimes
insensés, ils auront transformé une société démocratique laïque et éduquée en une bande de
soiffards ivres de haine, ils auront gagné. Ils sont en train de réussir leur pari insensé.
Ils sont en train de réussir parce que nous les y aidons par veulerie. Nos chefs ne voient qu’une
réélection, ne comprennent rien (trop loin de l’ENA ou d’HEC) et sont conseillés par des experts
de papiers. Ils sont en train de gagner parce que vous avez peur, que nous acceptons cette
bêtise, ces idioties du BFMTV direct et que ceux qui devraient incarner la grandeur de notre
république se vautrent avec délice dans l’abjection et la démagogie les plus débridées. Ils sont
en train de gagner parce que ceux de leur communauté refusent de les condamner, s’affirme
les victimes.
Dans cette guerre, la ligne de front n’est pas à l’EST, simple, visible. Le front est chez nous,
dans nos écoles, nos entreprises, nos bureaux, nos maisons. Détruisons les combattants du
camp d’en face. Pour ceux chez nous, bénéficiant de notre droit, ne jouons pas au béat et
empêchons les d’agir, de se répandre : définitivement. Les objectifs du camp d’en face sont
clairs et nets : la destruction de notre société, du modèle occidental. Leurs publications sont
nettes, sans ambages. Assumons les nôtres, faisons une vraie guerre totale… Bonnes
vacances !
Arsène
28 juin 2017