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0225 Notecacao

Le document aborde les défis de la filière cacao, notamment la déforestation, la pauvreté des cacaoculteurs et la nécessité d'une intensification écologique via l'agroforesterie. Il souligne l'importance d'améliorer les conditions de vie des producteurs en augmentant leurs revenus et en adoptant des pratiques durables pour préserver l'environnement. AVSF s'engage à soutenir les cacaoculteurs en Afrique de l'Ouest pour relever ces défis et promouvoir une filière cacao plus équitable et durable.

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0225 Notecacao

Le document aborde les défis de la filière cacao, notamment la déforestation, la pauvreté des cacaoculteurs et la nécessité d'une intensification écologique via l'agroforesterie. Il souligne l'importance d'améliorer les conditions de vie des producteurs en augmentant leurs revenus et en adoptant des pratiques durables pour préserver l'environnement. AVSF s'engage à soutenir les cacaoculteurs en Afrique de l'Ouest pour relever ces défis et promouvoir une filière cacao plus équitable et durable.

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NOTE TEC H NI QUE

Pour une filière cacao


durable et équitable
Défis et leviers pour concilier
développement économique
et social et protection
de l’environnement été remplacés par des cacaoyères. Le cacao constitue ainsi la
quatrième filière d’importation en Europe qui contribue le plus à la
déforestation dans les pays producteurs. Enfin, face au vieillissement
des propriétaires des cacaoyères, faute de main d’œuvre familiale
disponible en raison de l’exode rural en cours - particulièrement

E
xceptée la dernière campagne (2023-2024) qui s’est prononcé chez les jeunes - et de revenus suffisants pour mobiliser
caractérisée par des cours jamais atteints auparavant, de la main d’œuvre salariée, beaucoup d’exploitations en Afrique
la filière se distingue par une hausse régulière des de l’Ouest - et en Côte d’Ivoire en particulier - recourent au travail
surfaces cultivées et des volumes produits et des enfants au-delà des seuils autorisés par l’OIT et de la plupart des
consommés ces 20 dernières années, associée à une législations nationales. Une majorité de familles cacaocultrices se
tendance globale baissière des prix aux producteurs depuis plus retrouve aujourd’hui piégée dans un cercle vicieux de pauvreté et
d’un demi-siècle jusqu’à 2023. La majorité des cacaoculteurs à travers dégradation des ressources naturelles. Ces problématiques écono-
le monde vit en dessous du seuil de pauvreté. La conduite des miques, environnementales et sociales sont ainsi fortement interdé-
systèmes de culture des cacaoyers se traduit le plus souvent par une pendantes et conditionnent le degré de durabilité de la filière cacao
diminution progressive de la fertilité des sols, de la productivité des dans son ensemble.
plantations et des revenus. Contraints par la petite surface de terre
dont ils disposent et leur manque de capacité d’investissement dans Face à ce constat, AVSF - forte de ses plus de 40 ans d’expérience au
leurs exploitations faute de revenus suffisants, ces producteurs et développement des filières agricoles dans les pays du Sud - s’implique
productrices n’ont d’autre solution que d’abattre de la forêt pour y aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, en Amérique du Sud, en Haïti et à
cultiver de nouvelles parcelles de cacaoyers. Ainsi la Côte d’Ivoire a Madagascar sur la filière cacao, auprès des familles paysannes, leurs
été victime d’un processus de déforestation durant ces trente dernières organisations et leurs syndicats. AVSF participe aussi activement à
années qui lui a fait perdre 90% de sa forêt primaire et dont la cacao- divers espaces de concertation sectorielle en France et au niveau
culture a été grandement motrice. Entre 2000 et 2019, 2,4 millions européen. Son action à la fois technique et militante vise à relever
d’ha de forêts primaires ivoiriennes - soit la taille du Rwanda - ont les défis majeurs d’équité et durabilité de la filière.
La filière du Cacao en quelques chiffres

50 PAYS 8 MILLIONS 7 ENTREPRISES 5 ENTREPRISES


producteurs d’hectares produisent contrôlent
5,5 MILLIONS 5 MILLIONS 70 % 75 %
de familles de tonnes DU CHOCOLAT DU BROYAGE
productrices de fèves / an industriel des fèves
dans le monde

CONTINENT CÔTE D’IVOIRE CONTINENT MARCHÉ DE L’UE


AFRICAIN 44 % LATINO 60 %
74 % de l’offre mondiale AMÉRICAIN des importations
de l’offre mondiale 17 % mondiales
de l’offre mondiale

1er défi majeur : de gestion de la fertilité des sols et de lutte contre les ennemis du

développer des services pour cacaoyer (maladies, insectes plus particulièrement) sont souvent très
limitées et reposent majoritairement sur l’utilisation de pesticides et
accompagner l’intensification d’engrais de synthèse. L’usage de tels fertilisants contribue à la diminu-

écologique de la cacaoculture tion de la teneur en matière organique des sols et à leur acidification.
Au fil du temps, le maintien de la fertilité de ces sols, dont la capacité
en agroforesterie de rétention en éléments nutritifs se dégrade progressivement, repose
sur l’épandage de ces engrais, seuls éléments composant la fumure
d’entretien des cacaoyères. Par ailleurs, le changement climatique
rendant les cacaoyers moins résistants aux attaques des insectes et
Pour la très grande majorité du cacao produit en Afrique de l’Ouest (la aux maladies, les cacaoculteurs ont tendance à utiliser des mélanges
Côte d’Ivoire et le Ghana représentant plus de 60% de la production de pesticides à large spectre au détriment de leur santé et de celle
mondiale1), les cacaoyers ne sont pas cultivés dans des conditions de l’environnement naturel. La productivité des cacaoyers dépend
comparables à leur écosystème amazonien d’origine, sous ombrage également de la taille et de l’égourmandage2 des arbres ainsi que
des arbres plus élevés de la forêt tropicale, leur permettant d’exprimer de l’entretien régulier des parcelles (sarclage), des techniques pas
ainsi leur plein potentiel. Ainsi en Côte d’Ivoire, ils sont le plus souvent toujours appliquées par les paysans. En cause : des services techniques
exploités dans des systèmes dits « plein soleil », plantés en monoculture de vulgarisation agricole parfois limités ou encore trop verticaux, les
sans association avec des arbres d’ombrage. Par ailleurs, les pratiques difficultés d’accès au matériel requis, mais aussi un revenu trop faible

Cercle vicieux de la pauvreté et de la déforestation en Côte d’Ivoire

Pauvreté

Baisse des rendements


Augmentation des coûts Déforestation
Prix de vente bas

Monoculture intensive
en intrants chimiques

(1) Kakaoplattform, 2024.


(2) Suppression des branches situées à la base du tronc des cacaoyers.
pour investir du temps dans l’entretien de leurs cacaoyères. Cette protègent les cacaoyers adultes contre le soleil et le vent en plus
situation particulièrement caractéristique de l’Afrique de l’Ouest est d’améliorer le cycle de la fertilité grâce à leurs systèmes racinaires
moins présente dans les pays latino-américains comme l’Equateur et profonds et la restitution en surface des éléments nutritifs absorbés
le Pérou ou encore en Haïti, où le cacao est produit majoritairement suite à la chute des feuilles. Cette végétation associée augmente
au sein de systèmes agroforestiers. également la résistance des cacaoyers aux épisodes de sécheresse
et permet de réduire la pression phytosanitaire sur les cacaoyers à
En revanche, dans de nombreuses zones de production, et en Afrique la condition d’une gestion adéquate de l’ombrage. Enfin, et ce n’est
de l’Ouest en particulier, la faible productivité des cacaoyères est pas le moindre de ses intérêts, elle permet de diversifier les sources
très fréquente : elles sont constituées d’arbres vieillissants poussant de revenus des familles paysannes, plus particulièrement au moment
sur des sols à la fertilité réduite et décroissante, fortement affectés de l’installation de ces systèmes.
par les maladies et nuisibles et atteignant des niveaux de rendement
bien bas en comparaison des 750 à 1000 kg/ha obtenus avec une Comme le démontrent les diverses expériences développées et
application moyenne des bonnes pratiques agricoles et des cacaoyers accompagnées par AVSF et ses partenaires, l’application de bonnes
à maturité de production. Confrontées à de très faibles rendements pratiques agricoles au sein de systèmes agroforestiers cacaoyers
et à leur diminution progressive, beaucoup de familles productrices permet effectivement d’augmenter les rendements des cacaoyers tout
n’ayant qu’un accès très limité au foncier agricole défrichent des zones en préservant la fertilité des sols, et de diversifier les productions à des
forestières pour y planter de nouveaux cacaoyers qui répondent très fins alimentaires et économiques. Outre l’accès à des services adaptés,
bien à ces nouveaux sols riches en humus. Face aux conséquences les familles cacaocultrices ne peuvent cependant investir dans cette
environnementales désastreuses de ces dynamiques de production intensification que si elles disposent d’une trésorerie suffisante : à titre
particulièrement prégnantes en Côte d’Ivoire et au Ghana, et au défi d’exemple, l’installation en Côte d’Ivoire d’un système agroforestier à
d’augmentation de la productivité de la terre et du travail qui se pose quatre strates3 comme dans le schéma présenté (Source : Programme
plus globalement aux familles productrices de cacao, il est indispen- Equité4), coûte environ 2.286 euros/hectare (main d’œuvre, matériel
sable de développer des services à la production qui permettent
LES AVANTAGES
l’intensification écologique des systèmes de culture des cacaoyers
végétal, intrants). Condition fondamentale pour promouvoir de tels
systèmes : une rémunération plus importante des producteurs et
DE L’AGROFORESTERIE :
reposant sur l’agroforesterie pour stabiliser les zones de production productrices de cacao qui leur permette d’investir dans la transition de
cacaoyère actuelles et préserver les forêts restantes : conseil agricole sur leurs systèmes de production. Si la promotion de tels systèmes permet
EXEMPLE IVOIRIEN
les bonnes pratiques (formations individuelles et collectives, échanges effectivement de stabiliser les zones de production actuelles, Arbreselle doit
d’ombrage

D’UN SYSTÈME
d’expériences entre cacaoculteurs), accès à du petit équipement nécessairement aller de pair avec un contrôle plus efficace des forêts
de la part des autorités nationales compétentes, pour empêcher le
agricole pour la taille, du matériel végétal pour la réhabilitation des Interception
DE CACAOCULTURE
cacaoyères vieillissantes et l’installation des cultures associées, des poussières développement de la cacaoculture en zone forestière.
pluie et

biofertilisants, entre autres. Dans les systèmes de culture agroéco-


INNOVANT
Arbres d’ombrage

logiques, les cacaoyers plus productifs sont associés à différentes


Optimisation
strates de végétation. Certaines sont destinées à l’autoconsommation
de la fertilité
Le soutien financier à la transition agroforestière en Côte d’Ivoire
et/ou à la commercialisation sur les marchés locaux (tubercules, fruits AVSF, dans le cadre du Programme Equité, en collaboration avec
Oranger
Optimisation
et légumes, légumineuses entre autres). D’’autresdeassurent l’ombrage l’Institut Financier Advans, a mis en place un dispositif de prêts
la lumière (le Fond de Transition Agroécologique) à des coopératives de
Cacaoyer
des tous jeunes plants de cacaoyers (bananiers plantains) ; tandis Gliricidia

Optimisation cacaoculteurs afin que ces derniers puissent disposer de la


que des cultures intermédiaires assurent l’ombrage des cacaoyers
de l’eau trésorerie nécessaire
Igname à l’implantation de systèmes agroforestiers
en croissance (agrumes,
Oranger papayers, avocatiers ou encore anacardiers). et l‘intensification écologique de leur production.
Des arbres forestiers (généralement utilisés comme bois d’œuvre) Bananier
Optimisation
Cacaoyer
Haricot

Gliricidia de la biodiversité

LESIgname
AVANTAGES Maintien
d’une réserve
DE L’AGROFORESTERIE
Haricot : Interception
pluie et
utile

EXEMPLE IVOIRIEN Arbres d’ombrage


poussières

Minéraux
D’UN SYSTÈME
DE CACAOCULTURE Maintien
INNOVANT d’une réserve
utile
Optimisation
de la fertilité
Minéraux
Oranger Percolation
Optimisation Bananier
vers les nappes
de la lumière Cacaoyer
Gliricidia

Optimisation
Igname
de l’eau
Haricot
Optimisation
de la biodiversité

Maintien
d’une réserve
utile

Minéraux Percolation
vers les nappes

Arbres Arbres Bananiers Gliricidia Légum


forestiers fruitiers 1320 rejets/ha 1500 plants/ha 3000 pla
26 arbres/ha 100 arbres/ha
écart. : 20m écart. : 13,5m

Arbres Arbres Bananiers Gliricidia Légumes Buttes Cacaoyer


forestiers fruitiers 1320 rejets/ha
Arbres
1500
Arbres
plants/ha
Bananiers
3000 plants/ha
Gliricidia d’igname
Légumes Buttes Cacaoyer
1320 pieds/ha
forestiers fruitiers 1320 rejets/ha 1500 plants/ha 3000 plants/ha d’igname 1320 pieds/ha
26 arbres/ha 100 arbres/ha 26 arbres/ha 100 arbres/ha écart. :écart.
6000 buttes/ha6000 buttes/ha 2,5 : 2,5
à 3mà 3m
écart. : 20m écart. : 13,5m
écart. : 20m écart. : 13,5m

(3) Association, au sein de la parcelle, des cacaoyers avec 4 espèces végétales de 4 hauteurs différentes, avec dans l’exemple illustré ignames, Gliricidia, agrumes et arbres forestiers
(4) Programme de soutien aux initiatives de Commerce Equitable en Afrique de l’Ouest initié en 2016 dont la co-maitrise d’ouvrage est assurée par AVSF et CEF et financé par l’AFD
et le FFEM.
2e défi majeur :
mieux rémunérer
les cacaoculteurs
sur le long terme, pierre
angulaire de la durabilité
de la filière

Une très forte concentration du négoce, du


broyage et de l’industrie du chocolat qui limite
considérablement le pouvoir de négociation des
producteurs

Pour la majorité des familles de cacaoculteurs, la commercialisa-


tion des fèves de cacao constitue la principale source de revenus,
mais malgré l’essor continu du marché du cacao et du chocolat,
les producteurs constituent les acteurs de la filière qui sont le
plus lésés sur le plan économique. Les quelques entreprises multi-
nationales dominantes du négoce, du broyage et de l’industrie
du chocolat combinent spéculation sur les fèves et captation de
l’essentiel de la valeur ajoutée créée. Ainsi, en 2019, cinq entreprises
(Barry Callebaut, Cargill, Olam, Bloomer, Guan) se partageaient plus de
75 % du marché mondial du broyage de cacao et sept compagnies
(Mars, Mondelez, Nestlé, Ferrero, Meiji, Hershey, et Lindt) contrôlaient
70 % du marché mondial pour la production de chocolat industriel
(Banque Mondiale). Ce contexte de marché a pour conséquence
une décorrélation importante entre le prix mondial de la fève et
le prix bord champ au producteur. C’est ainsi que la répercussion
d’une hausse des cours mondiaux sur les prix aux producteurs est la
plupart du temps différée dans le temps et surtout moindre. Cette
décorrélation est particulièrement importante en Côte d’Ivoire et
au Ghana où les prix aux producteurs sont régulés par les Etats. A
l’inverse, on constate une incidence amplifiée d’une chute des cours
sur les prix offerts aux producteurs.

Cacaocultrice péruvienne
Dans ce contexte, les prix moyens payés aux producteurs dans la
filière cacao conventionnelle sont loin de leur garantir un revenu
décent couvrant leurs besoins prioritaires (production, alimenta-
tion, logement, éducation, santé). Ainsi, en comparaison du prix Répartition de la valeur et des coûts au sein
de référence du cacao à payer au producteur pour lui assurer de la filière européenne cacao-chocolat,
un revenu décent (Living Income Reference Price), déterminé Le Basic et FAO, 2020 ; et AVSF, 2017
par Fairtrade International en 2022 à 2,39 USD/Kg, les prix prati-
qués en Côte d’Ivoire par les négociants étaient loin du compte,
n’atteignant qu’à peine 60 % de ce prix de référence. C’est ainsi Part du prix de vente Part du cacao
d’une tablette de chocolat noir dans les revenus totaux
qu’en Côte d’Ivoire, plus de 70 % des familles cacaocultrices du producteur
vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2018 (Fairtrade). De
la même manière, en octobre 2023, la fondation FARM affirmait
que la plupart des cacaoculteurs ghanéens vivaient en dessous
du seuil de pauvreté.
19 %

80 %
Des initiatives dites durables du secteur privé qui ne 70 % 11 %
s’attaquent pas frontalement à la question du prix
payé aux producteurs…

Durant ces 20 dernières années, en réponse aux questionnements


croissants de la société civile des pays consommateurs concernant
l’impact de leurs activités sur l’environnement, la situation de pauvreté
des familles cacaocultrices et le recours abusif au travail des enfants, À l’industrie du chocolat et la distribution
Aux négociants et autres acteurs
les multinationales du chocolat ont développé des « programmes
Aux producteurs
de durabilité » avec pour objectif principal, l’augmentation de la
Séchage des fêves en Colombie

productivité des cacaoyères. Dans la majorité des cas, le résultat est Les mécanismes de fixation des prix minima garantis des différents
sans appel5: sans amélioration des prix payés aux producteurs de fèves labels de commerce équitable doivent permettre l’atteinte du prix
l’augmentation de la productivité dans la culture du cacao n’améliore de référence pour un revenu décent des familles cacaocultrices.
pas suffisamment les revenus des ménages pour les sortir de la Aujourd’hui, seuls les prix minima calculés selon les règles du standard
pauvreté. Cette stratégie exige en effet des investissements souvent Symbole des Producteurs Paysans - SPP (2750 USD/T + prime de 850
inaccessibles pour les cultivateurs, qu’il s’agisse d’une augmentation USD/T) aboutissent à un prix proche de ce prix de référence. Dans un
des coûts en intrants chimiques ou de la nécessaire mobilisation de contexte d’inflation qui augmente les coûts de production, il est impé-
plus de main-d’œuvre. ratif que ces prix minima soient régulièrement actualisés (idéalement
pour chaque campagne, à minima chaque année).
La seconde stratégie affichée par l’industrie du cacao pour améliorer
les revenus des familles cacaocultrices est la diversification agricole. En dehors des périodes exceptionnelles de cours mondiaux élevés, les
Cependant, cela nécessite également des investissements et de la prix de vente que permet la double certification commerce équitable
main-d’œuvre qui le plus souvent limitent considérablement ces et agriculture biologique, constituent une stratégie centrale des organi-
revenus additionnels. sations pour valoriser leur offre de qualité et rémunérer plus justement
leurs membres. Mais le marché constitue une limite majeure du déve-
Accompagner les producteurs à augmenter la productivité de leur loppement de cette double-certification : la majorité des entreprises
cacaoyère ou mener d’autres activités agricoles avec des charges conventionnelles du négoce et de l’industrie du chocolat n’est pas
additionnelles sans augmentation substantielle du prix des fèves disposée à augmenter de façon substantielle son prix d’achat aux
payés aux producteurs, n’impacte pas de façon conséquente le revenu producteurs avec les certifications de commerce équitable et de
des familles cacaocultrices, et donc ni leurs conditions de vie ni leur l’agriculture biologique. Grâce aux volumes commercialisés, leurs
capacité à investir dans des pratiques de production plus durable. marges sont pourtant substantielles en valeur absolue. Ces acteurs de
l’aval, s’ils le décident effectivement, ont ainsi la capacité financière
d’assurer via des prix d’achat plus élevés, la juste rémunération des
La nécessaire régulation du commerce pour familles cacaocultrices et la préservation plus efficace des forêts
un meilleur prix aux producteurs : l’exemplarité dans les pays producteurs !
du commerce équitable

Rares sont les entreprises de la filière enclines à payer de manière Des hausses des cours mondiaux ponctuelles
effective et volontaire des prix plus élevés aux producteurs pour et qui ne bénéficient globalement pas suffisamment
leur assurer un revenu décent. Il s’agit principalement de celles aux producteurs
certifiées par un label de commerce équitable et qui respectent
un prix minimum garanti établi sur la base des coûts de production En grande partie du fait de conditions météorologiques défavorables,
incluant la nécessaire transition écologique, et des besoins priori- la production mondiale de cacao a chuté de près de 20% en 2023.
taires des exploitations familiales. Cette importante baisse a entraîné une flambée des prix, qui ont atteint

(5) Baromètre du cacao , Voice, 2022


plus de 12.000 USD la tonne au printemps 2024 (contre 2.000 USD en que ceux du chocolat de haute qualité organoleptique fabriqués avec
septembre 2023). Les prix se sont finalement stabilisés autour de 7.000 des cacaos fins et aromatiques. Les multiples expériences de coopé-
USD la tonne correspondant à une hausse de plus de 250% sur une ratives de cacaoculteurs accompagnées par AVSF qui s’inscrivent
année. En Côte d’Ivoire et au Ghana, les systèmes de régulation des prix dans des démarches de transition écologique de leur production
basés sur des systèmes de ventes anticipés gérés par leurs Etats, n’ont et de mise en marché collective de produits de qualité, démontrent
cependant pas permis aux producteurs de bénéficier d’une hausse que préserver les sols et les forêts en augmentant substantiellement
des prix proportionnelle à celle des cours mondiaux : entre octobre le prix aux cacaoculteurs, est tout à fait possible et efficace ! Enfin,
2023 et septembre 2024, le prix y a augmenté respectivement de 50 de telles organisations sont essentielles en cette période de retour de
et 58%. Dans les pays où le marché est libéralisé, les prix ont augmenté politiques publiques de régulation de la filière, afin que les voix et les
dans des proportions bien plus importantes : en septembre 2024, le intérêts des familles cacaocultrices soient respectivement entendues
prix au producteur au Cameroun était de 4.000 francs CFA contre 1.800 et pris en compte davantage dans les processus de co-construction
francs CFA en Côte d’Ivoire ; et en Equateur le prix a augmenté de plus entre les acteurs de la filière. A cet effet, il est indispensable que des
de 150% en un an. Si les dispositifs de régulation garantissent des prix organisations faîtières de représentation des organisations de produc-
minima aux producteurs en période de crise, en période d’embellie teurs de cacao soient mises en place et/ou accompagnées afin de
des cours mondiaux ils ne permettent pas la hausse proportionnelle disposer des capacités nécessaires à la représentation et défense
des prix payés aux producteurs. des intérêts des familles cacaocultrices, au niveau national et même
au niveau international.
L’augmentation des charges des producteurs générée par l’inflation,
la dépendance croissante en intrants chimiques de la production
conventionnelle, et le coût de la mise en conformité avec de nouvelles Le soutien aux organisations syndicales de producteurs de
règlementations de la filière (voir ci-après) limitent également l’im- cacao
pact d’une hausse ponctuelle des cours mondiaux sur l’amélioration Dans les Andes, en Afrique de l’Ouest et en Haïti, AVSF promeut
des conditions de vie et la capacité d’investissement des familles une gouvernance plus équilibrée de la filière via l’appui à
cacaocultrices. l’émergence et la consolidation d’organisations faîtières au niveau
national, représentatives et avec des capacités de plaidoyer. AVSF
Enfin comme l’observe Ethiquable (avril 2024), si des flambées des accompagne par exemple au Pérou depuis 2004 l’Association
prix surviennent au mieux une fois tous les 7 ans, la tendance plus Péruvienne des Producteurs de Cacao (APP Cacao), activement
globale reste à la baisse des prix payés aux producteurs, loin de impliquée dans l’élaboration de diverses politiques publiques
ceux nécessaires dans la durée pour effectivement leur permettre un nationales spécifiques d’appui à la filière (programme national
revenu décent stable. d’assistance technique, promotion commerciale, Plan national
pour le cacao et le chocolat, etc.).

3e défi majeur : Cercle vertueux de la plus juste rémunération des


renforcer l’organisation familles productrices de cacao
des producteurs pour
conjuguer transition Investissement
dans l’intensification
écologique des systèmes écologique
de la production
de culture du cacao
et amélioration de la situation
économique des familles Augmentation
et stabilisation

cacaocultrices
• Augmentation des rendements
des revenus des familles
• Diversification de la production
• Préservation des ressources
naturelles

Les producteurs individuels de cacao ne peuvent pas accéder aux


divers services indispensables à la nécessaire transition écologique de
leurs exploitations. AVSF appuie ainsi les producteurs à se regrouper
en coopérative qui leur assure de tels services à la production. L’autre
rôle essentiel de ces organisations est d’améliorer les conditions de
commercialisation des fèves de cacao produites par les membres.
Si la capacité de négociation des organisations est limitée face aux
opérateurs économiques dominants, elle n’en demeure pas moins
supérieure à celles des producteurs individuels, contraints de vendre
aux acheteurs locaux aux conditions qui leur sont imposées - y compris
en-deçà du prix minimum bord-champs fixé pourtant par les autorités
nationales de régulation lorsqu’elles existent, et de leurs propres coûts
de production ! L’organisation des producteurs de cacao est par ailleurs
indispensable à la constitution d’une offre en quantité et de qualité,
traçable, qui puisse être commercialisée sur les marchés bien plus rému-
nérateurs du commerce équitable et de l’agriculture biologique, ainsi
Parcelle agroforestière de Côte d’Ivoire

4e défi majeur : déforestation et la dégradation des forêts - RDUE) et de régulation

la mise en place de politiques des entreprises (comme le devoir de vigilance des entreprises). AVSF
prend ainsi part aux espaces de dialogue sectoriel mis en place en
publiques ambitieuses, France (Comité de suivi de la Stratégie Nationale de lutte contre la
Déforestation Importée et Initiative Française pour un Cacao Durable)
garantissant la durabilité et au niveau européen (Cocoa talks de l’Initiative cacao durable de la
de la filière Commission Européenne) pour y positionner les intérêts des familles
cacaocultrices et partager les références issues des pays producteurs
et des organisations partenaires. Elle accompagne également ces
Passer à l’échelle de l’ensemble de la filière, les références que organisations afin qu’elles participent le plus activement possible
constituent entre autres les organisations de producteurs partenaires dans leurs pays respectifs au dialogue et à la négociation en cours
d’AVSF, requiert des politiques publiques ambitieuses de préservation avec les pouvoirs publics de politiques publiques nationales, en étant
de l’environnement et de régulation de la filière, aussi bien dans les force de propositions.
pays producteurs que dans les pays consommateurs. Le dialogue
des pouvoirs publics avec les principaux négociants du cacao et Certains principes et outils du commerce équitable (prix minimum
l’industrie du chocolat est en cours, en Europe comme en Afrique de garanti aux producteurs plus particulièrement) qui continuent de
l’Ouest, depuis des années. Mais les avancées obtenues, qui reposent démontrer leur efficacité pour répondre aux divers enjeux de la
encore principalement sur les initiatives privées et volontaires des durabilité de la filière cacao, doivent inspirer certaines des politiques
multinationales du chocolat, des organisations de producteurs de publiques nécessaires. L’initiative du Différentiel de Revenu Décent
cacao et des ONG d’appui, ne vont pas suffisamment vite et ne sont impulsée par la Côte d’Ivoire et le Ghana fin 2020, visant à rémunérer
pas à la hauteur requise pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté plus justement les cacaoculteurs avec une prime additionnelle aux
des familles de cacaoculteurs, du recours abusif au travail des enfants cours mondiaux de fèves de 400 USD/tonne à leur verser directe-
dans certains pays et de la déforestation. ment par les acheteurs, est à saluer. Les multinationales concernées
ont certes réussi dans un premier temps à contourner ce nouveau
AVSF promeut et soutient toute initiative publique visant à réguler mécanisme contraignant via des différentiels pays négatifs et la
la filière cacao au bénéfice des cacaoculteurs, qu’il s’agisse de mobilisation de stocks de fèves dont elles disposaient. Elles vont
politiques agricoles (régulation de la production ou des volumes cependant devoir s’y plier, l’Etat ivoirien conditionnant depuis fin 2022
mis sur le marché, régulation des prix, appui à la commercialisation toute vente de cacao à l’export, au versement effectif de ce DRD,
et à l’organisation des filières), de mesures commerciales ou fiscales, avec impossibilité d’appliquer des différentiels d’origine négatifs.
ou encore de cadres règlementaires (comme la norme ARS-1000 L’alliance entre la Côte d’Ivoire et le Ghana - qui à eux deux rassemblent
en Afrique de l’Ouest et le Règlement européen de lutte contre la plus de la moitié de la production mondiale - au sein de l’Initiative
Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) constitue une avancée majeure systèmes de traçabilité déjà performants dont elles disposent. Il
dans le repositionnement progressif des pays producteurs dans la est indispensable que les dispositifs publics de mise en conformité
gouvernance et la régulation de la filière cacao. Une alliance plus en cours d’élaboration dans les pays producteurs, prennent bien en
large entre pays producteurs - entre les Etats mais également entre compte les contraintes des producteurs et de leurs organisations,
les organisations de producteurs de cacao, paraît essentielle pour et soient fonctionnels sur les plans technologiques et administratifs.
contrebalancer le pouvoir que concentrent les multinationales Il est aussi crucial que les acteurs publics (Union européenne, Etats
situées en aval de la filière, pour réguler l’offre mondiale de cacao des pays producteurs) et privés (négociants, industrie du chocolat
et pour participer plus activement à l’élaboration de politiques et distribution) contribuent financièrement à la mise en conformité
publiques adaptées, répondant effectivement aux principales des producteurs et de leurs organisations, tout en garantissant à ces
problématiques de la filière. organisations la propriété des informations relevées et produites.

Si les politiques de régulation doivent être impérativement soutenues, Les négociations actuelles autour du report de l’application de ce
il est fondamental de veiller à ce que leur mise en application ne règlement ainsi que de certaines de ses dispositions, ne doivent
fragilise pas davantage les exploitations de cacaoculteurs ni leurs pas servir de prétexte à la revue à la baisse de ses exigences visant
coopératives : elles doivent ainsi tenir compte des conditions et à responsabiliser les entreprises de leurs activités sur la filière cacao
capacités des familles cacaocultrices et de leurs organisations, au et leurs impacts sur les droits humains et l’environnement. Ce temps
regard du degré de complexité des dispositions à adopter et des supplémentaire doit permettre en revanche de finaliser rapide-
surcoûts générés par la mise en conformité. A titre d’illustration, ment des dispositifs nationaux efficaces dans les pays producteurs,
le RDUE - qui interdit l’importation de cacao et produits dérivés et de soutenir les organisations de producteurs dans leurs efforts
provenant de terres qui ont été déboisés après le 31 décembre de mise en conformité.
2020 - devrait imposer à partir du 1er janvier 2026 une traçabilité
physique depuis la parcelle de toutes les fèves de cacao qui seront Enfin, AVSF soutient toutes les initiatives publiques et privées
importées sur le marché européen. AVSF soutient cette initiative permettant aux acteurs des pays producteurs de reprendre le
qui va conférer une plus grande durabilité environnementale contrôle de la filière et d’en capter une valeur ajoutée plus impor-
à la filière malgré la réticence des principales multinationales tante. La Côte d’Ivoire a ainsi lancé en 2021 la construction de deux
du cacao et chocolat concernées, globalement réticentes à usines de transformation du cacao à Abidjan et San Pedro. L’objectif, à
davantage se responsabiliser de l’impact de leurs pratiques terme, est de se positionner plus en aval de la chaîne de valeur encore,
d’approvisionnement. avec la production du chocolat de couverture, pour augmenter
ainsi la part de valeur ajoutée générée dans le pays. Dans la même
Toutefois, ces exigences de traçabilité avec géolocalisation des logique, AVSF soutient de plus petites initiatives de transforma-
parcelles et utilisation de systèmes de gestion de l’information tion du cacao dans les pays producteurs, artisanales (production
informatisé, représentent un coût additionnel important que de chocolat), qui permettent, en plus de générer localement de
même les conditions actuelles du marché ne permettent pas la valeur ajoutée, de créer des revenus et de l’emploi pour les
aux organisations de couvrir seules ! Les organisations avec jeunes et les femmes qui travaillent au sein de ces initiatives de
des certifications Agriculture biologique et commerce équitable transformation, et commercialisent directement leurs productions
disposent certes d’un avantage comparatif important avec les artisanales sur le marché local et national.
Recommandations pour une filière cacao plus équitable
et durable

À destination des broyeurs et chocolatiers :

Adopter des politiques d’approvisionnement en priorité auprès d’organisations de cacaoculteurs engagées dans les
transitions agroécologiques, l’agriculture biologique et certifiées par des labels de commerce équitable.
Exiger aux négociants, qu’ils achètent les fèves de cacao des producteurs à un prix rémunérateur qui i) couvre les coûts
de production incluant les pratiques agroécologiques, et ii) permette une rémunération suffisante pour satisfaire les
besoins fondamentaux des producteurs et de leurs familles.
Appuyer financièrement (au-delà du versement d’un prix rémunérateur aux producteurs) et techniquement les orga-
nisations de producteurs devant se mettre en conformité avec les politiques de régulation (telles que le RDUE et la
norme ARS-1000) afin qu’elles puissent bénéficier des formations nécessaires et se doter des ressources humaines et
du matériel requis.
Garantir aux coopératives fournisseuses la propriété de l’ensemble des données collectées et produites dans les cas où
elles imposent au niveau de ces mêmes coopératives des logiciels de gestion de l’information pour assurer la traçabilité
exigée.
Élaborer, rendre public et s’engager à respecter un plan d’action, avec les budgets nécessaires et des échéances précises,
pour contribuer à l’adoption de techniques de production durable du cacao, et faire évoluer leurs pratiques d’achat avec
le paiement du prix de référence pour un revenu décent et un engagement commercial pluriannuel auprès de leurs
fournisseurs.

À destination des systèmes de garantie du commerce équitable :

Dans le cas des labels de commerce équitable dissociés de la certification biologique (autres que le label SPP), renforcer
les cahiers des charges sur les plans agronomique et environnemental, en promouvant davantage les pratiques agrofo-
restières pour permettre des transitions agroécologiques plus ambitieuses et l’agriculture biologique.
Actualiser plus régulièrement les prix minima garantis en y intégrant les coûts de la transition agroécologique (notam-
ment l’agroforesterie) et les besoins prioritaires des familles paysannes, pour aboutir au prix de référence pour un revenu
décent ; ainsi que les coûts de la mise en conformité avec les politiques de régulation de la filière.
Instaurer une prime aux producteurs qui mettent en place des systèmes agroforestiers, en complément de la prime du
commerce équitable.
Renforcer la participation des cacaoculteurs organisés et de leurs faitières à la gouvernance effective des systèmes
de garantie, afin d’assurer la prise en compte prioritaire de leurs besoins et intérêts au moment d’en faire évoluer les
standards.
Intensifier la prospection commerciale au profit des organisations de cacaoculteurs certifiées afin d’identifier des
marchés valorisant la certification équitable et donc plus rémunérateurs que les marchés conventionnels.

À destination des pouvoirs publics français :

Intensifier les programmes d’appui et fonds d’investissements visant à renforcer les capacités des coopératives de cacao-
culteurs à investir davantage dans la transformation locale et à s’inscrire durablement dans des trajectoires de transition
agroécologique et d’agriculture biologique.
Garantir des accords de libre-échange entre l’Union européenne et d’autres parties (et notamment les accords de parte-
nariats économiques) qui assurent le respect de normes sociales, sanitaires et environnementales et des conditions de
vie décentes des familles productrices de cacao dans le respect des droits humains.
Développer des programmes d’appui au développement du commerce équitable dans les pays producteurs de cacao,
visant l’insertion d’un plus grand nombre d’organisations de cacaoculteurs à ce marché, de même que l’insertion des
jeunes dans la filière, facteur déterminant pour assurer la continuité de la production et sa durabilité à moyen terme.
Appuyer les organisations de producteurs à se doter des compétences et des ressources financières nécessaires à la
mise en conformité avec le RDUE
Au niveau de l’Union Européenne :
Garantir une application du RDUE au 1er janvier 2026.
Développer et soutenir politiquement et financièrement toute initiative de régulation à la hausse des prix payés aux
producteurs et à leurs organisations leur permettant de supporter le coût de la mise en application du RDUE .
Assurer le dialogue avec les autres pays producteurs que la Côte d’Ivoire et la Ghana, totalement absents des discussions
et négociations initiales ayant abouti au RDUE, bien qu’également concernés par sa mise en application.
Financer davantage dans le cadre de sa coopération, l’organisation des cacaoculteurs en coopératives et en syndicats
représentatifs, et leur participation active dans les processus de dialogue et négociation des politiques publiques natio-
nales et internationales.
Appuyer les organisations de producteurs à se doter des compétences et des ressources financières nécessaires à la
mise en conformité avec le RDUE.

À destination des États des pays producteurs :


Réviser les mécanismes nationaux de régulation des prix dans les cas de la Côte d’Ivoire et du Ghana, afin qu’ils permettent
aux producteurs de bénéficier de prix proportionnels à ceux des cours mondiaux lorsque ceux-ci connaissent une
hausse importante.
Développer des programmes d’appui, des mesures incitatives (subventions / fiscalité différentiée sur certains intrants
et équipements) et renforcer les services publics de conseil agricole, visant à améliorer les capacités des cacaoculteurs
en agroécologie et agriculture biologique.
Adopter des mesures et des politiques publiques de soutien aux coopératives pour la mise en place des systèmes
de gestion interne et de traçabilité et la conformité avec le RDUE et la norme ARS-1000.
Faciliter le développement par le secteur bancaire d’outils financiers adaptés aux organisations de cacaoculteurs, pour
que ces derniers puissent financer plus facilement la transition écologique de leurs systèmes de culture de cacaoyers
(création de produits spécifiques avec prêts à taux bonifiés, fonds de garantie, etc.) et investir dans des équipements
qui leur permettent de dégager une plus-value plus importante, en se positionnant sur le maillon de la transformation.
Soutenir l’insertion de jeunes ruraux dans la filière via des mesures incitatives à la production cacaoyère (conditions
d’accès au foncier, au crédit, etc.), l’appui à la création d’unités locales de transformation qui génèrent de l’emploi, et
le développement d’une offre plus adaptée de formation technique et professionnelle destinée aux jeunes ruraux.
Quelques références Ressources
bibliographiques
PROJET EQUITE 2 Note de positionnement « Des filières agricoles équitables
et durables », AVSF 2019
RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DE 39 ORGANISATIONS
(REPRÉSENTANT ENVIRON 120.000 PRODUCTEURS)
Texte de référence « Le renforcement des organisations
dans des dynamiques de commerce équitable en Afrique économiques paysannes pour une insertion favorable et
de l’Ouest, renforcement de plateformes nationales d’orga- juste des petits paysans sur les marchés », AVSF, 2008
nisations certifiées dans la sous-région.
Actes de l’atelier international « Méthodes et innovations pour
le renforcement de la filière cacao en Afrique de l’Ouest :
PROJET PROCACAO HAÏTI échanges d’expériences et capitalisation avec des produc-
teurs d’Amérique Latine, des Caraïbes et de l’Océan Indien »,
DU CACAO DE QUALITÉ ET ÉQUITABLE AU NORD D’HAÏTI : AVSF 2017
Consolidation d’une fédération de 8 coopératives de petits
planteurs (3000 familles) du Nord d’Haïti et de 3 coopéra- « Hausse des prix du cacao « , Ethiquable 2024
tives de la Grande Anse (1500 familles) pour la production,
transformation et commercialisation d’un cacao fermenté « Baromètre du cacao », Voice 2022
sur les marchés du commerce équitable, bio et de qualité
« Revenu vital et secteur du cacao : repères », Voice 2022

PROJET CACAO BIOANDINO « Côte d’Ivoire-Ghana : une filière cacao plus juste et durable
avec le DRD ? », Nitidae & FARM 2023
PROMOTION DE LA FILIÈRE CACAO FIN ET AROMATIQUE

avec certifications biologique et commerce équitable « Guide des labels et systèmes de garanties », CEF 2022
via l’appui à 26 organisations en Equateur, au Pérou et en
Colombie . « Chocolat durable : un avenir incertain pour les petits
producteurs », Reporterre 2023

PROYECTO CACAO MADAGASCAR


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