0225 Notecacao
0225 Notecacao
E
xceptée la dernière campagne (2023-2024) qui s’est prononcé chez les jeunes - et de revenus suffisants pour mobiliser
caractérisée par des cours jamais atteints auparavant, de la main d’œuvre salariée, beaucoup d’exploitations en Afrique
la filière se distingue par une hausse régulière des de l’Ouest - et en Côte d’Ivoire en particulier - recourent au travail
surfaces cultivées et des volumes produits et des enfants au-delà des seuils autorisés par l’OIT et de la plupart des
consommés ces 20 dernières années, associée à une législations nationales. Une majorité de familles cacaocultrices se
tendance globale baissière des prix aux producteurs depuis plus retrouve aujourd’hui piégée dans un cercle vicieux de pauvreté et
d’un demi-siècle jusqu’à 2023. La majorité des cacaoculteurs à travers dégradation des ressources naturelles. Ces problématiques écono-
le monde vit en dessous du seuil de pauvreté. La conduite des miques, environnementales et sociales sont ainsi fortement interdé-
systèmes de culture des cacaoyers se traduit le plus souvent par une pendantes et conditionnent le degré de durabilité de la filière cacao
diminution progressive de la fertilité des sols, de la productivité des dans son ensemble.
plantations et des revenus. Contraints par la petite surface de terre
dont ils disposent et leur manque de capacité d’investissement dans Face à ce constat, AVSF - forte de ses plus de 40 ans d’expérience au
leurs exploitations faute de revenus suffisants, ces producteurs et développement des filières agricoles dans les pays du Sud - s’implique
productrices n’ont d’autre solution que d’abattre de la forêt pour y aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, en Amérique du Sud, en Haïti et à
cultiver de nouvelles parcelles de cacaoyers. Ainsi la Côte d’Ivoire a Madagascar sur la filière cacao, auprès des familles paysannes, leurs
été victime d’un processus de déforestation durant ces trente dernières organisations et leurs syndicats. AVSF participe aussi activement à
années qui lui a fait perdre 90% de sa forêt primaire et dont la cacao- divers espaces de concertation sectorielle en France et au niveau
culture a été grandement motrice. Entre 2000 et 2019, 2,4 millions européen. Son action à la fois technique et militante vise à relever
d’ha de forêts primaires ivoiriennes - soit la taille du Rwanda - ont les défis majeurs d’équité et durabilité de la filière.
La filière du Cacao en quelques chiffres
1er défi majeur : de gestion de la fertilité des sols et de lutte contre les ennemis du
développer des services pour cacaoyer (maladies, insectes plus particulièrement) sont souvent très
limitées et reposent majoritairement sur l’utilisation de pesticides et
accompagner l’intensification d’engrais de synthèse. L’usage de tels fertilisants contribue à la diminu-
écologique de la cacaoculture tion de la teneur en matière organique des sols et à leur acidification.
Au fil du temps, le maintien de la fertilité de ces sols, dont la capacité
en agroforesterie de rétention en éléments nutritifs se dégrade progressivement, repose
sur l’épandage de ces engrais, seuls éléments composant la fumure
d’entretien des cacaoyères. Par ailleurs, le changement climatique
rendant les cacaoyers moins résistants aux attaques des insectes et
Pour la très grande majorité du cacao produit en Afrique de l’Ouest (la aux maladies, les cacaoculteurs ont tendance à utiliser des mélanges
Côte d’Ivoire et le Ghana représentant plus de 60% de la production de pesticides à large spectre au détriment de leur santé et de celle
mondiale1), les cacaoyers ne sont pas cultivés dans des conditions de l’environnement naturel. La productivité des cacaoyers dépend
comparables à leur écosystème amazonien d’origine, sous ombrage également de la taille et de l’égourmandage2 des arbres ainsi que
des arbres plus élevés de la forêt tropicale, leur permettant d’exprimer de l’entretien régulier des parcelles (sarclage), des techniques pas
ainsi leur plein potentiel. Ainsi en Côte d’Ivoire, ils sont le plus souvent toujours appliquées par les paysans. En cause : des services techniques
exploités dans des systèmes dits « plein soleil », plantés en monoculture de vulgarisation agricole parfois limités ou encore trop verticaux, les
sans association avec des arbres d’ombrage. Par ailleurs, les pratiques difficultés d’accès au matériel requis, mais aussi un revenu trop faible
Pauvreté
Monoculture intensive
en intrants chimiques
D’UN SYSTÈME
d’expériences entre cacaoculteurs), accès à du petit équipement nécessairement aller de pair avec un contrôle plus efficace des forêts
de la part des autorités nationales compétentes, pour empêcher le
agricole pour la taille, du matériel végétal pour la réhabilitation des Interception
DE CACAOCULTURE
cacaoyères vieillissantes et l’installation des cultures associées, des poussières développement de la cacaoculture en zone forestière.
pluie et
Gliricidia de la biodiversité
LESIgname
AVANTAGES Maintien
d’une réserve
DE L’AGROFORESTERIE
Haricot : Interception
pluie et
utile
Minéraux
D’UN SYSTÈME
DE CACAOCULTURE Maintien
INNOVANT d’une réserve
utile
Optimisation
de la fertilité
Minéraux
Oranger Percolation
Optimisation Bananier
vers les nappes
de la lumière Cacaoyer
Gliricidia
Optimisation
Igname
de l’eau
Haricot
Optimisation
de la biodiversité
Maintien
d’une réserve
utile
Minéraux Percolation
vers les nappes
(3) Association, au sein de la parcelle, des cacaoyers avec 4 espèces végétales de 4 hauteurs différentes, avec dans l’exemple illustré ignames, Gliricidia, agrumes et arbres forestiers
(4) Programme de soutien aux initiatives de Commerce Equitable en Afrique de l’Ouest initié en 2016 dont la co-maitrise d’ouvrage est assurée par AVSF et CEF et financé par l’AFD
et le FFEM.
2e défi majeur :
mieux rémunérer
les cacaoculteurs
sur le long terme, pierre
angulaire de la durabilité
de la filière
Cacaocultrice péruvienne
Dans ce contexte, les prix moyens payés aux producteurs dans la
filière cacao conventionnelle sont loin de leur garantir un revenu
décent couvrant leurs besoins prioritaires (production, alimenta-
tion, logement, éducation, santé). Ainsi, en comparaison du prix Répartition de la valeur et des coûts au sein
de référence du cacao à payer au producteur pour lui assurer de la filière européenne cacao-chocolat,
un revenu décent (Living Income Reference Price), déterminé Le Basic et FAO, 2020 ; et AVSF, 2017
par Fairtrade International en 2022 à 2,39 USD/Kg, les prix prati-
qués en Côte d’Ivoire par les négociants étaient loin du compte,
n’atteignant qu’à peine 60 % de ce prix de référence. C’est ainsi Part du prix de vente Part du cacao
d’une tablette de chocolat noir dans les revenus totaux
qu’en Côte d’Ivoire, plus de 70 % des familles cacaocultrices du producteur
vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2018 (Fairtrade). De
la même manière, en octobre 2023, la fondation FARM affirmait
que la plupart des cacaoculteurs ghanéens vivaient en dessous
du seuil de pauvreté.
19 %
80 %
Des initiatives dites durables du secteur privé qui ne 70 % 11 %
s’attaquent pas frontalement à la question du prix
payé aux producteurs…
productivité des cacaoyères. Dans la majorité des cas, le résultat est Les mécanismes de fixation des prix minima garantis des différents
sans appel5: sans amélioration des prix payés aux producteurs de fèves labels de commerce équitable doivent permettre l’atteinte du prix
l’augmentation de la productivité dans la culture du cacao n’améliore de référence pour un revenu décent des familles cacaocultrices.
pas suffisamment les revenus des ménages pour les sortir de la Aujourd’hui, seuls les prix minima calculés selon les règles du standard
pauvreté. Cette stratégie exige en effet des investissements souvent Symbole des Producteurs Paysans - SPP (2750 USD/T + prime de 850
inaccessibles pour les cultivateurs, qu’il s’agisse d’une augmentation USD/T) aboutissent à un prix proche de ce prix de référence. Dans un
des coûts en intrants chimiques ou de la nécessaire mobilisation de contexte d’inflation qui augmente les coûts de production, il est impé-
plus de main-d’œuvre. ratif que ces prix minima soient régulièrement actualisés (idéalement
pour chaque campagne, à minima chaque année).
La seconde stratégie affichée par l’industrie du cacao pour améliorer
les revenus des familles cacaocultrices est la diversification agricole. En dehors des périodes exceptionnelles de cours mondiaux élevés, les
Cependant, cela nécessite également des investissements et de la prix de vente que permet la double certification commerce équitable
main-d’œuvre qui le plus souvent limitent considérablement ces et agriculture biologique, constituent une stratégie centrale des organi-
revenus additionnels. sations pour valoriser leur offre de qualité et rémunérer plus justement
leurs membres. Mais le marché constitue une limite majeure du déve-
Accompagner les producteurs à augmenter la productivité de leur loppement de cette double-certification : la majorité des entreprises
cacaoyère ou mener d’autres activités agricoles avec des charges conventionnelles du négoce et de l’industrie du chocolat n’est pas
additionnelles sans augmentation substantielle du prix des fèves disposée à augmenter de façon substantielle son prix d’achat aux
payés aux producteurs, n’impacte pas de façon conséquente le revenu producteurs avec les certifications de commerce équitable et de
des familles cacaocultrices, et donc ni leurs conditions de vie ni leur l’agriculture biologique. Grâce aux volumes commercialisés, leurs
capacité à investir dans des pratiques de production plus durable. marges sont pourtant substantielles en valeur absolue. Ces acteurs de
l’aval, s’ils le décident effectivement, ont ainsi la capacité financière
d’assurer via des prix d’achat plus élevés, la juste rémunération des
La nécessaire régulation du commerce pour familles cacaocultrices et la préservation plus efficace des forêts
un meilleur prix aux producteurs : l’exemplarité dans les pays producteurs !
du commerce équitable
Rares sont les entreprises de la filière enclines à payer de manière Des hausses des cours mondiaux ponctuelles
effective et volontaire des prix plus élevés aux producteurs pour et qui ne bénéficient globalement pas suffisamment
leur assurer un revenu décent. Il s’agit principalement de celles aux producteurs
certifiées par un label de commerce équitable et qui respectent
un prix minimum garanti établi sur la base des coûts de production En grande partie du fait de conditions météorologiques défavorables,
incluant la nécessaire transition écologique, et des besoins priori- la production mondiale de cacao a chuté de près de 20% en 2023.
taires des exploitations familiales. Cette importante baisse a entraîné une flambée des prix, qui ont atteint
cacaocultrices
• Augmentation des rendements
des revenus des familles
• Diversification de la production
• Préservation des ressources
naturelles
la mise en place de politiques des entreprises (comme le devoir de vigilance des entreprises). AVSF
prend ainsi part aux espaces de dialogue sectoriel mis en place en
publiques ambitieuses, France (Comité de suivi de la Stratégie Nationale de lutte contre la
Déforestation Importée et Initiative Française pour un Cacao Durable)
garantissant la durabilité et au niveau européen (Cocoa talks de l’Initiative cacao durable de la
de la filière Commission Européenne) pour y positionner les intérêts des familles
cacaocultrices et partager les références issues des pays producteurs
et des organisations partenaires. Elle accompagne également ces
Passer à l’échelle de l’ensemble de la filière, les références que organisations afin qu’elles participent le plus activement possible
constituent entre autres les organisations de producteurs partenaires dans leurs pays respectifs au dialogue et à la négociation en cours
d’AVSF, requiert des politiques publiques ambitieuses de préservation avec les pouvoirs publics de politiques publiques nationales, en étant
de l’environnement et de régulation de la filière, aussi bien dans les force de propositions.
pays producteurs que dans les pays consommateurs. Le dialogue
des pouvoirs publics avec les principaux négociants du cacao et Certains principes et outils du commerce équitable (prix minimum
l’industrie du chocolat est en cours, en Europe comme en Afrique de garanti aux producteurs plus particulièrement) qui continuent de
l’Ouest, depuis des années. Mais les avancées obtenues, qui reposent démontrer leur efficacité pour répondre aux divers enjeux de la
encore principalement sur les initiatives privées et volontaires des durabilité de la filière cacao, doivent inspirer certaines des politiques
multinationales du chocolat, des organisations de producteurs de publiques nécessaires. L’initiative du Différentiel de Revenu Décent
cacao et des ONG d’appui, ne vont pas suffisamment vite et ne sont impulsée par la Côte d’Ivoire et le Ghana fin 2020, visant à rémunérer
pas à la hauteur requise pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté plus justement les cacaoculteurs avec une prime additionnelle aux
des familles de cacaoculteurs, du recours abusif au travail des enfants cours mondiaux de fèves de 400 USD/tonne à leur verser directe-
dans certains pays et de la déforestation. ment par les acheteurs, est à saluer. Les multinationales concernées
ont certes réussi dans un premier temps à contourner ce nouveau
AVSF promeut et soutient toute initiative publique visant à réguler mécanisme contraignant via des différentiels pays négatifs et la
la filière cacao au bénéfice des cacaoculteurs, qu’il s’agisse de mobilisation de stocks de fèves dont elles disposaient. Elles vont
politiques agricoles (régulation de la production ou des volumes cependant devoir s’y plier, l’Etat ivoirien conditionnant depuis fin 2022
mis sur le marché, régulation des prix, appui à la commercialisation toute vente de cacao à l’export, au versement effectif de ce DRD,
et à l’organisation des filières), de mesures commerciales ou fiscales, avec impossibilité d’appliquer des différentiels d’origine négatifs.
ou encore de cadres règlementaires (comme la norme ARS-1000 L’alliance entre la Côte d’Ivoire et le Ghana - qui à eux deux rassemblent
en Afrique de l’Ouest et le Règlement européen de lutte contre la plus de la moitié de la production mondiale - au sein de l’Initiative
Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) constitue une avancée majeure systèmes de traçabilité déjà performants dont elles disposent. Il
dans le repositionnement progressif des pays producteurs dans la est indispensable que les dispositifs publics de mise en conformité
gouvernance et la régulation de la filière cacao. Une alliance plus en cours d’élaboration dans les pays producteurs, prennent bien en
large entre pays producteurs - entre les Etats mais également entre compte les contraintes des producteurs et de leurs organisations,
les organisations de producteurs de cacao, paraît essentielle pour et soient fonctionnels sur les plans technologiques et administratifs.
contrebalancer le pouvoir que concentrent les multinationales Il est aussi crucial que les acteurs publics (Union européenne, Etats
situées en aval de la filière, pour réguler l’offre mondiale de cacao des pays producteurs) et privés (négociants, industrie du chocolat
et pour participer plus activement à l’élaboration de politiques et distribution) contribuent financièrement à la mise en conformité
publiques adaptées, répondant effectivement aux principales des producteurs et de leurs organisations, tout en garantissant à ces
problématiques de la filière. organisations la propriété des informations relevées et produites.
Si les politiques de régulation doivent être impérativement soutenues, Les négociations actuelles autour du report de l’application de ce
il est fondamental de veiller à ce que leur mise en application ne règlement ainsi que de certaines de ses dispositions, ne doivent
fragilise pas davantage les exploitations de cacaoculteurs ni leurs pas servir de prétexte à la revue à la baisse de ses exigences visant
coopératives : elles doivent ainsi tenir compte des conditions et à responsabiliser les entreprises de leurs activités sur la filière cacao
capacités des familles cacaocultrices et de leurs organisations, au et leurs impacts sur les droits humains et l’environnement. Ce temps
regard du degré de complexité des dispositions à adopter et des supplémentaire doit permettre en revanche de finaliser rapide-
surcoûts générés par la mise en conformité. A titre d’illustration, ment des dispositifs nationaux efficaces dans les pays producteurs,
le RDUE - qui interdit l’importation de cacao et produits dérivés et de soutenir les organisations de producteurs dans leurs efforts
provenant de terres qui ont été déboisés après le 31 décembre de mise en conformité.
2020 - devrait imposer à partir du 1er janvier 2026 une traçabilité
physique depuis la parcelle de toutes les fèves de cacao qui seront Enfin, AVSF soutient toutes les initiatives publiques et privées
importées sur le marché européen. AVSF soutient cette initiative permettant aux acteurs des pays producteurs de reprendre le
qui va conférer une plus grande durabilité environnementale contrôle de la filière et d’en capter une valeur ajoutée plus impor-
à la filière malgré la réticence des principales multinationales tante. La Côte d’Ivoire a ainsi lancé en 2021 la construction de deux
du cacao et chocolat concernées, globalement réticentes à usines de transformation du cacao à Abidjan et San Pedro. L’objectif, à
davantage se responsabiliser de l’impact de leurs pratiques terme, est de se positionner plus en aval de la chaîne de valeur encore,
d’approvisionnement. avec la production du chocolat de couverture, pour augmenter
ainsi la part de valeur ajoutée générée dans le pays. Dans la même
Toutefois, ces exigences de traçabilité avec géolocalisation des logique, AVSF soutient de plus petites initiatives de transforma-
parcelles et utilisation de systèmes de gestion de l’information tion du cacao dans les pays producteurs, artisanales (production
informatisé, représentent un coût additionnel important que de chocolat), qui permettent, en plus de générer localement de
même les conditions actuelles du marché ne permettent pas la valeur ajoutée, de créer des revenus et de l’emploi pour les
aux organisations de couvrir seules ! Les organisations avec jeunes et les femmes qui travaillent au sein de ces initiatives de
des certifications Agriculture biologique et commerce équitable transformation, et commercialisent directement leurs productions
disposent certes d’un avantage comparatif important avec les artisanales sur le marché local et national.
Recommandations pour une filière cacao plus équitable
et durable
Adopter des politiques d’approvisionnement en priorité auprès d’organisations de cacaoculteurs engagées dans les
transitions agroécologiques, l’agriculture biologique et certifiées par des labels de commerce équitable.
Exiger aux négociants, qu’ils achètent les fèves de cacao des producteurs à un prix rémunérateur qui i) couvre les coûts
de production incluant les pratiques agroécologiques, et ii) permette une rémunération suffisante pour satisfaire les
besoins fondamentaux des producteurs et de leurs familles.
Appuyer financièrement (au-delà du versement d’un prix rémunérateur aux producteurs) et techniquement les orga-
nisations de producteurs devant se mettre en conformité avec les politiques de régulation (telles que le RDUE et la
norme ARS-1000) afin qu’elles puissent bénéficier des formations nécessaires et se doter des ressources humaines et
du matériel requis.
Garantir aux coopératives fournisseuses la propriété de l’ensemble des données collectées et produites dans les cas où
elles imposent au niveau de ces mêmes coopératives des logiciels de gestion de l’information pour assurer la traçabilité
exigée.
Élaborer, rendre public et s’engager à respecter un plan d’action, avec les budgets nécessaires et des échéances précises,
pour contribuer à l’adoption de techniques de production durable du cacao, et faire évoluer leurs pratiques d’achat avec
le paiement du prix de référence pour un revenu décent et un engagement commercial pluriannuel auprès de leurs
fournisseurs.
Dans le cas des labels de commerce équitable dissociés de la certification biologique (autres que le label SPP), renforcer
les cahiers des charges sur les plans agronomique et environnemental, en promouvant davantage les pratiques agrofo-
restières pour permettre des transitions agroécologiques plus ambitieuses et l’agriculture biologique.
Actualiser plus régulièrement les prix minima garantis en y intégrant les coûts de la transition agroécologique (notam-
ment l’agroforesterie) et les besoins prioritaires des familles paysannes, pour aboutir au prix de référence pour un revenu
décent ; ainsi que les coûts de la mise en conformité avec les politiques de régulation de la filière.
Instaurer une prime aux producteurs qui mettent en place des systèmes agroforestiers, en complément de la prime du
commerce équitable.
Renforcer la participation des cacaoculteurs organisés et de leurs faitières à la gouvernance effective des systèmes
de garantie, afin d’assurer la prise en compte prioritaire de leurs besoins et intérêts au moment d’en faire évoluer les
standards.
Intensifier la prospection commerciale au profit des organisations de cacaoculteurs certifiées afin d’identifier des
marchés valorisant la certification équitable et donc plus rémunérateurs que les marchés conventionnels.
Intensifier les programmes d’appui et fonds d’investissements visant à renforcer les capacités des coopératives de cacao-
culteurs à investir davantage dans la transformation locale et à s’inscrire durablement dans des trajectoires de transition
agroécologique et d’agriculture biologique.
Garantir des accords de libre-échange entre l’Union européenne et d’autres parties (et notamment les accords de parte-
nariats économiques) qui assurent le respect de normes sociales, sanitaires et environnementales et des conditions de
vie décentes des familles productrices de cacao dans le respect des droits humains.
Développer des programmes d’appui au développement du commerce équitable dans les pays producteurs de cacao,
visant l’insertion d’un plus grand nombre d’organisations de cacaoculteurs à ce marché, de même que l’insertion des
jeunes dans la filière, facteur déterminant pour assurer la continuité de la production et sa durabilité à moyen terme.
Appuyer les organisations de producteurs à se doter des compétences et des ressources financières nécessaires à la
mise en conformité avec le RDUE
Au niveau de l’Union Européenne :
Garantir une application du RDUE au 1er janvier 2026.
Développer et soutenir politiquement et financièrement toute initiative de régulation à la hausse des prix payés aux
producteurs et à leurs organisations leur permettant de supporter le coût de la mise en application du RDUE .
Assurer le dialogue avec les autres pays producteurs que la Côte d’Ivoire et la Ghana, totalement absents des discussions
et négociations initiales ayant abouti au RDUE, bien qu’également concernés par sa mise en application.
Financer davantage dans le cadre de sa coopération, l’organisation des cacaoculteurs en coopératives et en syndicats
représentatifs, et leur participation active dans les processus de dialogue et négociation des politiques publiques natio-
nales et internationales.
Appuyer les organisations de producteurs à se doter des compétences et des ressources financières nécessaires à la
mise en conformité avec le RDUE.
PROJET CACAO BIOANDINO « Côte d’Ivoire-Ghana : une filière cacao plus juste et durable
avec le DRD ? », Nitidae & FARM 2023
PROMOTION DE LA FILIÈRE CACAO FIN ET AROMATIQUE
avec certifications biologique et commerce équitable « Guide des labels et systèmes de garanties », CEF 2022
via l’appui à 26 organisations en Equateur, au Pérou et en
Colombie . « Chocolat durable : un avenir incertain pour les petits
producteurs », Reporterre 2023