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Ce mémoire présente une étude théorique des réactions de cycloaddition [3+2] d'intérêt biologique, en se concentrant sur la réaction entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone. Il aborde les mécanismes de réaction, la stéréo et régiosélectivité, ainsi que l'analyse des états de transition et des surfaces d'énergie potentielle. La recherche s'appuie sur des méthodes de chimie quantique, notamment la théorie de la fonctionnelle de densité (DFT) et la méthode B3LYP.

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Ce mémoire présente une étude théorique des réactions de cycloaddition [3+2] d'intérêt biologique, en se concentrant sur la réaction entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone. Il aborde les mécanismes de réaction, la stéréo et régiosélectivité, ainsi que l'analyse des états de transition et des surfaces d'énergie potentielle. La recherche s'appuie sur des méthodes de chimie quantique, notamment la théorie de la fonctionnelle de densité (DFT) et la méthode B3LYP.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

MEMOIRE
Présenté à

FACULTE DES SCIENCES – DEPARTEMENT DE CHIMIE

Pour l’obtention du diplôme de :

MASTER
Filière : Chimie
Option : Chimie Théorique et Computationnelle

Par :

KOUIZI Rachida

Sur le thème

Etude théorique des réactions de cycloaddition [3+2]


d’intérêt biologique

Soutenu publiquement le 10 Septembre 2020 devant le jury composé de :

Mme BELLIFA Khadidja Maître de Conférences B Université de Tlemcen Président


Mme BENCHOUK Wafaa Maître de Conférences A Université de Tlemcen Examinateur
Mme CHEMOURI Hafida Maitre de conférences A ESSA - Tlemcen Examinateur
Mr MESSAOUDI Boulanouar Maître de Conférences B ESSA - Tlemcen Encadrant

Laboratoire de Thermodynamique Appliquée et Modélisation Moléculaire (LATA2M), N° 53


BP 119, 13000 Tlemcen - Algérie
Dédicaces

*Grâce à mon Dieu « El Kadir » Je dédie ce travail*

*A mes très chers parents qui m’ont soutenue tout au long de ma vie*

*A mes frères : Abderrahime, Ayoube et Souhaib*

*Mon grand-père pour sa grande tendresse*

*Mes oncles et mes tantes*

*A tous mes amis*

....A toute personne qui m’est chère.


Remerciement

Avant toute chose, je tiens à remercier Dieu pour m’avoir donnée la force et le courage de
terminer le travail de ce mémoire.

Je tiens à adresser mes vifs remerciements et l'expression de mon profond respect à


Monsieur Sidi Mohamed MEKELLECHE, Professeur à l'Université A. Belkaïd de Tlemcen,
Responsable de la formation master CTC, le professeur qui a réussi à me donner l'envie
d’apprendre, et qui m'a fourni les outils nécessaires à la réussite de mes études et de m'avoir
fait bénéficier de ses connaissances en chimie quantique, Merci pour tout ce que vous avez
fait.

Je tiens à remercier, Monsieur MESSAOUDI Boulanouar, Maître de conférences B à


l’École Supérieure en Sciences Appliquées de Tlemcen, pour l’encadrement de ce mémoire, de
m’avoir guidée, et pour ces précieux conseils et orientations.

Je tiens également à remercier Madame BELLIFA Khadidja, Maître de conférences B à


l’Université A. Belkaïd de Tlemcen, d’avoir accepté la présidence de jury. Je tiens à vous
remercier pour votre engagement à mon côté, pour votre enseignement et votre soutien tout
au long de ces années.

J’exprime mes vifs remerciements à Madame BENCHOUK Wafaa Maître de conférences A à


l’université A. Belkaïd de Tlemcen, et Madame CHEMOURI Hafida, Maître de conférences A à
l’École Supérieure en Sciences Appliquées de Tlemcen, d’avoir accepté d’examiner ce travail.
Je vous remercie d'avoir partagé vos connaissances, une prof comme vous je ne l'oublierais
jamais.

Enfin, mes remerciements à tous mes enseignants qui ont contribué à cette formation et à
mes collègues de laboratoire de recherche « Thermodynamique Appliquée et Modélisation
Moléculaire ».
SOMMAIRE
Chapitres page
INTRODUCTION GENERALE 01
Bibliographie 06
CHAPITRE I : METHODES DE LA CHIMIE QUANTIQUE 07
II.1 Introduction 07
II.2 Equation de Schrödinger 07
II.3 Méthode de Hartree-Fock-Roothaan (HFR) 08
II.3.1 La méthode de Hartree –Fock 09
II.3.2 Les équations de Roothaan et Hall 09
II.4 La DFT conceptuelle 10
II.4.1 Généralités 10
II.4.2.1 Premier théorème de Hohenberg et kohn 11
II.4.2.2 Second théorème de Hohenberg et Kohn 12
II.4.3 Méthode de Kohn et Sham 12
II.4.4 Approximation du potentiel d’échange – corrélation 13
II.4.5 Les fonctionnelles hybrides B3LYP 14
II.4.6 La méthode M06L 15
II.5 Bases d’orbitales atomiques 15
II.6 Indices de réactivité dérivant de la DFT 18
II.6.1 Généralités 18
II.6.2 Indices locaux de réactivité 18
a) Indices de Fukui 18
b) Electrophilie locale 18
c) Nucléophilie locale 18
d) Modèles polaires basés sur les indices et 18
e) Fonction de Parr 19
II.7 Mécanisme de réaction en chimie théorique 19
II.7.1 Généralités 19
II.7.2 Optimisation de la géométrie 20
II.7.3 Surface d'énergie potentielle 20
II.7.4 Théorie de l’état de transition 21
II.8 Analyse topologique de la fonction ELF 22
Bibliographie du chapitre I 24
CHAPIRE II : RESULTAST ET DISCUSSION 26
I. Introduction 28
II. Résultats et discussions 29
II.1 Au niveau théorique B3LYP/6-31G* 29
a) Détermination du caractère électrophile ou nucléophile des réactifs 29
b) Prédiction de la régiosélectivité 31
c) Analyse de l’IRC de la réaction CD13 entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène 37
(1) et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone (2-ag)
d) Analyse structurale des états de transition 39
II.2 Au niveau théorique M06L/6-31G* 42
a) Détermination du caractère électrophile ou nucléophile des réactifs 42
b) Prédiction de la régiosélectivité 43
c) Analyse de l’IRC de la réaction CD13 entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène 48
(1) et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone (2-ag)
d) Analyse structurale des états de transition 51
II.3 L’analyse topologique de la fonction de localisation électronique (ELF) 54
Bibliographie du chapitre II 57
Conclusion Générale 58
*** LISTE des ABREVIATIONS ***

B3LYP : Becke 3 Lee-Yang-Parr.


CD13 : Cycloaddition 1,3-Dipolaire.
CLOA : Combinaison Linéaire d'Orbitales Atomiques.
DFT : Density Functional Theory.
OMF : Orbitale Moléculaire Frontière.
GTO : Gaussian Type Orbital.
HOMO : Highest Occupied Molecular Orbital.
LUMO : Lowest Unoccupied Molecular Orbital.
M06L : Minnesota 2006 Local Fonctionnel.
MPA : Mulliken Population Analysis.
MK : Merz-Kollman.
NPA : Natural Population Analysis.
OA : Orbitale Atomique.
OM : Orbitale Moléculaire.
PES : Potential Energy Surface.
STO : Slater Type Orbital.
TCE : TetraCyano-Ethylène.
TST : Transition State Theory.
INTRODUCTION GENERALE
Introduction Générale |1

Les cycloadditions sont parmi les réactions les plus utiles pour les chimistes organiciens.
Elles permettent de construire des structures carbocycliques et hétérocycliques [1]. Ces
dernières constituent les structures de base pour plusieurs composés d’intérêt chimique,
biologique, pharmacologique … [2].
La cycloaddition décrit l'union de deux systèmes indépendants par le biais d'un processus
concerté [3] impliquant la formation de deux nouvelles liaisons σ via la rupture de deux
liaisons π. Ces réactions sont classées en fonction du nombre d'électrons impliqués dans
chaque composant réagissant. Il y a plusieurs classes de cycloaddition dont les principales
sont les [2+2], [3+2] et [4+2].
La réaction de cycloaddition [3+2] (schéma 1) est une des plus importantes manières
utilisées pour former un cycle à cinq chaînons [4]. Cette réaction est aussi appelée réaction
d’annélation assistée par les métaux de transition. Cette annélation fait intervenir deux
partenaires, le partenaire A possède trois électrons il est formé par action d’un métal de
transition, et le B qui est une espèce à deux électrons.
Büchner qui a réalisé la première réaction de cycloaddition-1,3 dipolaire [5], bien que le
premier dipôle fût découvert en 1883 par le chimiste allemand Curtius.
Pratiquement toutes les fonctions biologiques des organismes vivant, les animaux, les
microorganismes ont une base chimique. La base chimique des fonctions et des activités
biologiques est étudiée par des scientifiques du domaine de la chimie, de la biologique,
tandis que les hétérocycles à cinq chaînons sont largement utilisés comme composés
biologiquement actifs [5]. Les composés hétérocycliques avec deux hétéroatomes différents
sont particulièrement l'objet d'un intérêt croissant de la part des chimistes pour la
recherche.
Très peu de réactions de cycloaddition [3+2] sont décrites. Seuls quelques 1,3 dipôles ont
été impliqués dans la cycloaddition [3+2] comme les nitrones, les nitriles oxydes, les
diazoalcanes, et les ylures azotés.
Les nitrones sont connues pour être de très bonnes partenaires des réactions de
cycloaddition [3+2]. Ce sont des composés dipolaires qui contiennent le groupe azométhine-
N-oxyde. Elles réagissent avec une grande variété de dipolarophiles, comme par exemple
avec des alcènes.
Cette réaction est une cycloaddition 1,3-dipolaire, dans laquelle la nitrone agit comme le
dipôle, et l'alcène ou l'alcyne comme le dipolarophile [6].
Introduction Générale |2

Les réactions 1,3-dipolaires sont aussi des cycloadditions. Ce type de réactions a été bien
défini par Huisgen comme la réaction entre le 1,3 dipôle et le dipolarophile conduisant à la
création d’un cycle à cinq chaînons [7].
Le dipolarophile est décrit par une liaison multiple tandis que le dipôle est représenté par
une espèce zwittérionique c’est-à-dire il est chargé mais neutre globalement.

Schéma-1- Mécanisme de la réaction de cycloaddition [3+2].

Les dipôles-1,3 sont définies comme une structure triatomique a−b−c qui subit les
réactions de CA32 avec un dipolarophile [8,9]. Ils existent deux différents types de dipôles-
1,3.

a) Anion allyle :
Ce type est défini par quatre électrons répartis sur trois orbitales parallèles et
perpendiculaires au plan du dipôle. L’atome b est l’atome central qui présente soit l’azote
(N), l’oxygène (O) ou le soufre (S).

Schéma-2- Anion allylique.


Introduction Générale |3

b) Anion propargyle-allényle :
Il est de forme linéaire où l’atome central est l’azote (N). Ce dernier possède une charge
positive et il est lié à deux autres atomes (carbone C ou hétéroatome) dont l’un chargé
négativement.

Schéma-3- Anion propargylique.

La détermination du mécanisme de la cycloaddition 1,3-dipolaire est l’intérêt d’une


communauté des chercheurs [10,11].
De ce fait, Huisgen a proposé en 1960 le premier concept utilisé aujourd’hui dans les
réactions de CD-1,3 où la formation des deux liaisons σ se produit comme un processus
concerté c’est-à-dire un mécanisme caractérisé par une seule étape, et cycloaddition de
quatre centres, où deux nouvelles liaisons sont formées partiellement à l’état de transition,
bien qu’elles n’aient pas nécessairement la même longueur [12]. Cela signifie que
l’interaction se fait entre le 1,3 dipôle qui possède 4 électrons π distribués sur les trois
orbitales parallèles qui peut interagir ou combiner de façon suprafaciale avec les
électrons π des oléfines (alcène ou alcyne) distribués sur les deux orbitales (Schéma 2).

Schéma-4- Interaction entre le 1,3 dipôle et le dipolarophile selon un mécanisme


concerté.
Introduction Générale |4

Cependant, une réaction à deux centres peut avoir lieu dans trois types de mécanisme :
• Un mécanisme concerté en une seule étape définie où la formation de deux liaisons σ
se passe simultanément à des vitesses différentes.
• Un autre mécanisme a été proposé par Fireston [13] pour ces mêmes réactions ; c’est
le mécanisme non concerté en deux étapes passant par un intermédiaire
biradicalaire ou zwitterionique stable.
• Un mécanisme concerté en une seule étape et à deux phases. La première liaison σ
créée est suivie par la fermeture du cycle sans passage par intermédiaire réactionnel.

Dans les années 60 [14], Huisgen établie pour la première fois des études systématiques
pour l'application générale des dipôles-1,3 en chimie organique. En même temps le nouveau
concept de la conservation de la symétrie orbitalaire, développé par Woodward et
Hoffmann est apparu [15,16] pour la compréhension du mécanisme des réactions de
cycloaddition. Sur la base de ce dernier concept, Houk nous a donné une base pour prédire
la réactivité et la régiosélectivité des réactions de cycloaddition 1,3- dipolaire [17,18].

Les théories quantiques de la réactivité chimique [19] permettent, actuellement, de


justifier et prédire d’une façon rationnelle les régiosélectivité et stéréosélectivité
expérimentales, et le développement des réactions de cycloaddition dipolaire-1,3 qui sont
arrivées à un nouveau stade de contrôle de la régiochimie et la stéréochimie. Le choix des
substrats et l’utilisation d’un catalyseur sont utilisés pour contrôler la stéréochimie des
réactions CD-1,3 [20]. La nature du substituant porté par le dipôle ou le dipolarophile peut
avoir une influence déterminante sur le chemin réactionnel suivi.

Dans ce travail, nous nous sommes intéressés à l’étude théorique de la réaction de


cycloaddition [3+2] d’intérêt biologique entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z) -C-aryl-
N-phénylnitrones. Les différents aspects de la stéréo et régiosélectivité sont abordés. La
localisation des états de transition et la détermination de la surface d’énergie potentielle
(SEP) ont été effectuées. La théorie de l’état de transition est utilisée au niveau des théories
B3LYP/6-31G* et M06L/6-31G*.
Introduction Générale |5

Ce manuscrit comporte donc deux parties :


• Premièrement, nous nous intéressons à l'élucidation du développement de la
réaction de CA32,
• Dans le premier chapitre, nous présentons différentes méthodes de la chimie
quantique à savoir la méthode SCF de Hartree-Fock-Roothaan, et la DFT qui sont
utilisées pour l’étude du mécanisme réactionnel, de la régiosélectivité et de la
stéréosélectivité. Une brève explication des bases d’orbitales atomiques et de
l'analyse topologique ELF (Electron localisation function) est aussi présentée dans ce
chapitre.
• Dans le deuxième chapitre nous avons discuté le mécanisme de la réaction CD13
entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z) -C-aryl-N-phénylnitrones aux niveaux
théoriques M06L/6-31G* et b3LYP/6-31G* sur la base des résultats théoriques
obtenus.
• Nous terminons ce manuscrit par une conclusion générale.
Introduction Générale |6

Bibliographie :
[1] A. T. Balaban, D. C. Oniciu, A. R. Katrizky, Chem. Rev. 104 (2004) 2777.
[2] a) S. Kumar, R. Saini, H. Singh, J. Inclusion. Phenom. Mol. Recognit. Chem. 11 (1991) 115.
b) A. W. Cuthbert, M. E. Hickman, P. Thorn, L. J. MacVinish, Am. J. Physiol. 277 (1999) 11.
[3] R. Bruckner, Advanced Organic Chemistry, Reaction Mechanisms, Elsevier, 2002.
[4] P. De Shong, J. [Link], S. W. Lander, J. Org. Chem. 51 (1986) 574.
[5] [Link], R. A. Jorgensen, Chem. Rev. 98 (1998) 863.
[6] C. H. Hassall, A. E. Lippman, J. Chem. Soc. 1059 (1953) 1063.
[7] R. Huisgen, Angew. Chem. Int. Ed. 2 (1963) 565.
[8] O. Diels, K. Alder, Liebigs. Ann. Chem. 98 (1928) 460.
[9] P. A. Wade, Comprehensive organic synthesis, B. M. Trost, I. Flemming, Eds. Pergamon
Press: Oxford, 4 (1991) 1111.
[10] L. R. Domingo, M. Ríos-Gutiérrez, A. L. Adjieufack , I. M. Zdassa , C. N. Nouhou , J. K.
Mbadcam . Chem Select. 3 (2018) 5412.
[11] L. R. Domingo, M. Ríos-Gutiérrez. Molecules. 22 (2017) 750.
[12] R. Huisgen, 1,3-Dipolar Cycloaddition Chemistry. In A. Padwa (Ed), Wiley, New York, 1
(1984) 733.
[13] R. A. Firestone, J. Org. Chem. 33 (1968) 2285.
[14] B. Lejczak, P. Kafarski, Biological Activity of Aminophosphonic Acids and Their Short
Peptide. Springer-Verlag Berlin Heidelberg, 20 (2009) 31.
[15] R. B. Woodward, R. Hoffmann, The Conservation of Orbital Symmetry, Verlag Chemie,
Weinheim, 1970.
[16] R. Huisgen, Angew. Chem. 75 (1963) 604.
[17] K. Houk, K. Yamaguchi, 1,3-Dipolar Cycloaddition Chemistry, A. Padwa, Ed. Wiley : New
York, 2 (1984) 88.
[18] K. Houk, J. Sims, C. R. Watts, L. J. Luskus, J. Am. Chem. Soc. 95 (1973) 7301.
[19] a) H. Eyring, M. Polanyi, Z. Phys. Chem. 12 (1931) 279.
b) R. G. Pearson, Inorg. Chem. 27 (1988) 734.
[20] P. Merino, Science of Synthesis, Ed. George Thieme. 27 (2004).
Chapitre I

METHODES DE LA CHIMIE
QUANTIQUE
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |7

II.1 Introduction
La chimie quantique est la discipline qui s’applique au calcul des propriétés structurales
(fréquences de vibration, géométries etc.), énergétiques (énergies de liaison, énergies
d’excitation, …) et réactionnelles (barrières d’activation, liaisons chimiques, …) des
molécules en appliquant les lois de la mécanique ondulatoire aux électrons.
« La Modélisation Moléculaire », est l’utilisation des méthodes théoriques pour la
création des modèles qui puissent comprendre et prédire les structures, les propriétés et les
interactions moléculaires. La modélisation moléculaire permet de donner une idée précise
sur la structure de l’état de transition pour une réaction donnée, ce qui est difficile, pour la
chimie expérimentale.
Grâce à des scientifiques et savants comme Schrödinger, Bohr, Born Oppenheimer,
Hartree et Slater, les fondements de la chimie quantique se sont beaucoup développés dans
les années 1920. La méthode du champ autocohérent qui a été développée par Hartree et
Fock permit d’effectuer les premiers calculs ab-initio sur des systèmes diatomiques. En 1964,
nombreuses méthodes de calcul se sont développées comme la théorie de la fonctionnelle
de densité par Hohenberg et Kohn c’est-à-dire après l’apparition de l’ordinateur en 1950. Les
méthodes semi empiriques et l’utilisation des bases de fonction gaussienne se sont
particulièrement développées dans les années 1970 et 1980. La modélisation s’est invitée
dans nos ordinateurs à partir des années 1990. La méthode B3LYP apparaît en 1993 est une
méthode hybride qui permet d’effectuer des calculs DFT. Les travaux de recherche
s’orientent vers la modélisation des systèmes de taille plus en plus importants comme les
peptides, les protéines…, tout ça grâce à des algorithmes performants et à de nouvelles
approches consistant à coupler les méthodes de la chimie quantique pour une petite région
réactive, et la mécanique moléculaire (QM/MM) ou un continuum, pour le reste du système.

II.2 Equation de Schrödinger


Une particule quantique est toujours décrite par une fonction d’onde (vecteur d’état). En
général cette fonction d’onde dépend de l’espace et du temps.
En mécanique quantique, on introduit la fonction d’onde
ψ(r⃗, t) (1)
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |8

Pour un système qui ne dépend pas du temps (c'est-à-dire un système stationnaire) et non
relativiste, l'équation de Schrödinger (2) s'écrit sous la forme suivante :

HΨ = EΨ (2)

Ψ représente les fonctions propres de H, tandis que les valeurs propres de H sont données
par E.
Ĥ est l'opérateur hamiltonien associé au système.
Dans le cas d'un système polyatomique moléculaire composé de N noyaux et de n
électrons, l'hamiltonien H du système est décrit sous la forme :
ħ² ħ² !² ' '( !² ' !²
H= - ∑ Δ- ∑ Δ +∑ %& +∑ %) -∑ ∑ (3)
"#$ " ( * #

Où les deux premiers termes correspondent aux termes cinétiques associés respectivement
aux électrons et aux noyaux, le terme suivant est associé à la répulsion électrons-électrons
et les deux derniers termes sont, dans l’ordre, les termes de répulsions noyaux-noyaux et
d’attractions électrons-noyaux.
Les noyaux sont supposés fixes d’après l’approximation de Born-Oppenheimer [1] car la
masse d’un électron étant près de deux mille fois inférieure à celle du noyau alors les
mouvements des noyaux sont très lents par rapport aux mouvements des électrons.
L’hamiltonien du système dans le cadre de l’approximation de Born-Oppenheimer est :

ħ² !² ' !²
H= - ∑ Δ +∑ %& -∑ ∑ (4)
"#$ * #

II.3 Méthode de Hartree-Fock-Roothaan (HFR)


L’équation de Schrödinger (2) est raisonnable juste pour les deux systèmes : l’hydrogène et
les hydrogénoïdes.
Dans la résolution de l’équation de Schrödinger, l'approximation de Hartree consiste à
négliger le terme d’interaction électron- électron. Donc chaque électron se déplace de façon
indépendante dans le champ moyen [2] crée par les noyaux et le restes d’électrons.
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |9

En tenant compte de cette approximation, le potentiel biélectronique pourra être écrit sous
la forme d’un potentiel monoélectronique moyen.
La fonction d’onde totale s’écrit sous la forme d’un produit de fonction monoélectronique
[3] :
Ψ (1,2, 3…n) =+, (1).+ (2)……………+- (n) (5)

II.3.1 La méthode de Hartree–Fock


Le déterminant de Slater [4] proposé par Fock est donné pour définir la fonction d'onde
totale Ψ. Ce déterminant est constitué de fonction monoélectronique nommée spin orbital
et s’applique aux systèmes à couche fermée [5].
La fonction d’onde polyélectronique s’écrit donc :

./0 =
,
8 , 62) … … … . Ф< 62= − 1)Ф
4Ф, 61)Ф 8 < 62=)4 (6)
√2!

Ф : une orbitale moléculaire monoélectronique.


avec ∶ Ф, 61) = Ф, 61)α61) (7)
8 , 62) = Ф, 62)β62)
Ф (8)
α et β ∶ les fonctions de spin.

II.3.2 Les équations de Roothaan et Hall


En 1951, Roothaan et Hall proposaient une méthode basée sur l’approximation LCAO
(Linear Combination of Atomic Orbitals) [6,7].
Les orbitales peuvent s’écrire sous la forme :
Ф =∑G
"H, C" Ф" (9)

C" : sont les coefficients à modifier.


M : le nombre d’OA combinées.
Lorsqu’on applique la théorie CLOA aux équations HF on obtient l’équation de Roothan et
Hall. Le formalisme obtenu est appelé le formalisme de Hartree -Fock -Roothaan :

" C" 6F"J − E S"J ) = 0


∑G s = 1,2,3, … … … M (10)
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |10

F"J : éléments de la matrice de Fock.


S"J : éléments de la matrice de recouvrement dans la base des orbitales atomiques
avec ∶ F"J = hQ"J + ∑TH, ∑UH, PTU V2⟨rs|pq⟩ − ⟨rq|ps⟩\ (11)

hQ"J =] ϕ∗" 6i)hQ ϕJ(i)db (12)

S"J = ⟨ϕ" |ϕJ ⟩ (13)

⟨rs|pq⟩, ⟨rq|ps⟩ : les intégrales biélectroniques coulombienne et d'échange respectivement.


PTU : est l’élément de la matrice densité.
r, s, p et q symbolisent les OA.

II.4 La DFT conceptuelle :


II.4.1 Généralités :
La DFT est basée sur l’idée de représenter l’énergie d’un système par sa seule densité. Elle
présente l’avantage d’être moins coûteuse en ressources informatiques et une faible durée
de calcul. Ces méthodes se montrent meilleures pour certains systèmes, mais décrivent mal
certaines interactions à longue distance (liaison hydrogène).
II.4.2.1 Premier théorème de Hohenberg et kohn
Pour une molécule à l’état fondamental, l’énergie, la fonction d’onde et toutes les
propriétés électroniques sont déterminées uniquement à partir de la densité électronique
de (x,y,z) [8].
Dans ce théorème, la densité électronique ρ(f⃗) de l’état fondamental de 6f) détermine
uniquement le potentiel extérieur g hi 6f
⃗).
de 6f) représente la densité électronique au point r.
La formule générale de l’hamiltonien électronique d’un système polyélectronique est :

ħ² !²
H=- ∑ Δ + ∑ j& + ∑ g!kl 6r ) (14)
" #$

] de 6f)mf = n (15)
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |11

n représente le nombre de tous les électrons.


Donc, l’énergie totale sera :

Ee oρe q = V ! oρe q + Toρe q + V!! oρe q (16)

avec : V ! oρe q = ] ρe 6r)V6r)dr (17)

Si : Toρe q + V!! oρe q= Foρe q

Donc : Ee oρe q = ] ρe 6r)V6r)dr + Foρe q (18)

La fonctionnelle Foρe q est inconnue.

II.4.2.2 Second théorème de Hohenberg et Kohn


Théorème : « Pour une densité d’essai dt6f) telle que dt6f) ≥ 0 et ] de 6f)mf = n , l’inégalité
Ee ≤ Eodtq est justifiée».
La densité minimisant l’énergie totale de l’état fondamentale détermine l’énergie d’un état
fondamental non dégénéré.

II.4.3 Procédure de Kohn et Sham :


À l’état fondamental, les théorèmes de Hohenberg et Kohn ne citent pas une procédure
pour le calcul d’énergie. En 1965, Kohn et Sham ont élaboré une méthode de calcul de
l’énergie de l’état fondamental par l’effet de la densité électronique [9]. Kohn et Sham
considèrent un système fictif d’électrons constitué par les n électrons non interagissants. Le
potentiel effectif w xx est choisi pour que ce système ait la même densité que le système
réel.
ρy Ql y 6r) = ρe 6r) (19)
Les équations de Kohn et Sham sont donnée par :

h J J
=ℇ J J
(20)
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |12

J
∶ orbitale de Kohn et Sham de l’électron i.
ħ²
Avec : h J
=− Δ + vy Ql y 6r )

h J
est l’hamiltonien monoélectronique de Kohn et Sham.

L’hamiltonien du système de référence s’écrit :

ħ²
Hy Ql y = ∑ H,o − Δ + vy Ql y 6r )q = ∑ H, h J
(21)

La densité électronique peut-être calculée à l’aide des orbitale de KS :

dx{|i{x 6f)=de 6f)=∑ H,4 J


4² (22)

II.4.4 Approximation du potentiel d’échange – corrélation


Le potentiel d’échange-corrélation est donné comme étant la première dérivée de l’énergie
d’échange -corrélation par rapport à la densité électronique. La formule est donnée comme
suit :

•€
w}~ = •ƒ6")
•‚
(23)

On a : ΔT =T[ρ]-TJ oρq (24)

ƒ6"† )ƒ6"‡ )
et : ΔV!! = V!! oρq − 1/2 ∬ dr, dr (25)
"†‡

ΔT est l’écart de l’énergie cinétique entre les deux systèmes réel et fictif.
ΔV!! est l’écart de la répulsion réelle-coulombienne.
Alors, l’énergie s’écrit :
, ƒ6"† )ƒ6"‡ )
Eˆ oρq = ] ρ 6r)V6r)dr + TJ oρq +ΔT[ρ]+ΔV!! oρq+ ∬ "†‡
dr, dr (26)

et : ‰}~ = ΔToρq + ΔV!! oρq (27)


Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |13

EŠ‹ est la fonctionnelle d’énergie d’échange-corrélation.


ƒ6"† )ƒ6"‡ )
Eˆ oρq = ] ρ 6r)V6r)dr + TJ oρq + EŠ‹ oρq + 1/2 ∬ dr, dr (28)
"†‡

Il existe plusieurs approximations pour trouver l’expression de la fonctionnelle d'échange-


corrélation la plus proche de l’expression exacte.
II.4.5 Les fonctionnelles hybrides B3LYP
Les fonctionnelles hybrides sont une approche qui combine les traitements Hartree-Fock et
ceux de la DFT sur les effets d’échange (et de corrélation) à travers des fonctionnelles
hybrides. L’expression de l’énergie d’échange corrélation s’écrit :

Œ•Ž" •!
EŠ‹ = CŒ• EŠŒ• + C‘•’ EŠ‹
‘•’
(29)

La fonctionnelle hybrides B3LYP (Becke 3-parameters Lee-Yang-Parr) est la plus utilisée


[10]. C’est une hybridation à trois paramètres de plusieurs fonctionnelles avec diverses
méthodes.

EŠ‹
“”•–—
= 61 − ae − aŠ )EŠ•˜‘™ + ae EŠ!kšQl + aŠ EŠ“›› + 61 − a‹ )E‹œ• + a‹ E‹•–— (30)

où ae = 0.20 ; aŠ = 0.72 ; a‹ = 0.81

II.4.6 La méthode M06L


La méthode M06l (signifie : Minnesota 2006 local fonctionnel) est l'un des plus récents
fonctionnels hybrides de méta-corrélation. La fonction M06l est paramétrisée pour les
métaux de transition et les non-métaux. M06l est une combinaison linéaire des formes
fonctionnelles des fonctions d'échange M05 [11,12] et VSXC [13,14]. Les parties locales de la
fonction M06l dépendent de trois variables: densité de spin (dž ), gradient de densité de spin
réduit (Ÿž ) et densité d'énergie cinétique de spin ( ž ).
La fonction d'échange M06 est donnée par l’équation :

M06 ∑ PBE6ρ
E = ¦ ] dr £F , ∇ρ¦ )f6w¦ ) + ε•˜‘™
Ц hk 6x¦ , z¦ )-
X Xσ ¦
(31)
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |14

PBE6ρ
F , ∇ρ¦ ) Est la densité d'énergie d'échange du modèle d'échange PBE [15] (qui est lui-
Xσ ¦
même une version modifiée de la fonction d'échange B86 [16]).
ε•˜‘™
Ц est l'approximation locale de la densité de spin pour l'échange [17].
f6w¦ ) est le facteur d'amélioration cinétique-énergétique-densité de spin.
hk 6x¦ , z¦ ) est une fonction de travail.

II.5 Bases d’orbitales atomiques


La méthode CLOA est la combinaison linéaire d’orbitales centrées sur chaque noyau,
appelées par commodité orbitales atomiques (OA) pour former les orbitales moléculaires.
Les OA de l’hydrogène et des hydrogénoïdes sont définies par la relation suivante :

"
Ψ ® = NY® 6 , l)P6r) ²,
exp6− ) (32)
³´

P est un polynôme en r.

Y® est la fonction angulaire classique.

Pour les fonctions de base, il y a deux types qui sont d'un emploi courant. Les orbitales de
type Slater STO proposés par Slater et celles de type gaussien. Les orbitales de Slater sont les
meilleures [18] et sont données par :

Ψ =N r exp6−ζr)Y® 6 , ϕ)
∗ ²,
® (33)

où N représente le facteur de normalisation.


ζ est l'exponentielle orbitale.
Y®, 6 , ϕ) définit les harmoniques sphériques.

Dans les systèmes polyatomiques, l’exponentielle pose de grandes difficultés dans ce type
de fonction. Boys [19] a remplacé cette exponentielle par gaussienne (αr²).

g(α,r)=CX Y ® Z exp6−αr ) (34)

α représente une constante déterminant de la taille de la fonction, et (n+l+m) est une


somme qui défini le type d’orbitale atomique (s, p ou d).
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |15

En effet, une orbitale atomique de Slater (STO) est rapprochée par plusieurs OA
gaussiennes (GTO).

Figure-1- Comparaison entre STO et GTO.

La partie radiale de chaque OA est représentée par une combinaison linéaire de n


gaussiennes. Les bases gaussiennes les plus communément utilisées sont celles qui ont été
développées par Pople et ses collaborateurs [20].

Dans la base STO-3G, encore appelée base minimale, chaque orbitale atomique est décrite
par une combinaison linéaire de trois fonctions gaussiennes.

Les bases d’orbitales notées N-MLG (split valence) [21] proposées par Pople et ses
collaborateurs, où les orbitales de cœur sont représentées par une seule fonction composée
de N GTO, alors que les orbitales de valence sont représentées par 2STO, la première est
composée de LGTO et la deuxième de MGTO. Les deux bases les plus connues de cette
famille sont 3-21G et 6-31G.

La distribution de charge cause un effet de polarisation qui déforme les orbitales


atomiques grâce à la présence de liaisons entre atomes de différentes électronégativités
dans une molécule. Pour en tenir compte, on a introduit de nouvelles fonctions, dites de
polarisation [22]. Un astérisque (*) à la fin d’une base, exprime les orbitales « d » pour les
atomes lourds, et un deuxième astérisque exprime les orbitales « p » pour l’atome
d’hydrogène. A titre d’exemple, on peut citer : 6-31G* et 6-31G**.
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |16

Dans le cas des anions et des composés chimiques présentant plusieurs doublets
électroniques libres, les orbitales diffuses permet d’améliorer la description du nuage
électronique. Elles sont représentées par un signe. Un seul « + » signifie qu’on a ajouté des
fonctions diffuses pour les orbitales p, tandis qu’un « ++ » signifie qu’on a pris en compte les
deux orbitales, s et p. Par exemple : 6-31+G*et 6-311++G*.

II.6 Indices de réactivité dérivant de la DFT :


II.6.1 Généralités :
La Théorie de la Fonctionnelle de la Densité ou DFT est l'une des méthodes les plus
utilisées dans les calculs quantiques de la structure électronique de la matière (atomes,
molécules…).

En 1969, Hohenberg et Kohn ont généralisé le principe variationnel à la fonctionnelle


d’énergie de la densité électronique. Cependant, l’énergie d’un système est une
fonctionnelle de la densité électronique et est donnée par :

E=E[ρ] (35)

On optimise la densité comme :

] d6f) mf = (36)

À partir de la méthode de variations, on aura la condition :

· [ E – μ ( ] d6f) − )]=0 (37)

avec µ est le multiplicateur de Lagrange donné par :

•0¸¹
V (r) + =μ (38)
•º

Le multiplicateur de Lagrange peut être déterminé comme [23]:

»€
μ = (»2 )¼ = -½ (39)

La variation de l’énergie entre deux états est :

dE = μ dN + ] d6f)·w6f)mf (40)

ρ(r) : densité électronique.


Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |17

µ : potentiel chimique.

V(r) : potentiel externe du système.

La dureté (hardness) globale η du système [24] est définie comme étant la première dérivée
partielle de µ par rapport à N.

»¾ »²€ ,
2η =(»2)¼6¿) =(»²2) = À (41)

avec le N est le nombre total d’électrons.


S représente la mollesse globale du système.
On peut calculer le potentiel chimique électronique µ et la dureté globale η en utilisant les
deux expressions suivantes :
€¸ÁÂÁ à €ÄÅÂÁ
μ=( ) (42)

η = (‰)ÆÇÈ − ‰/ÈÇÈ ) (43)

La valeur du nombre d’électrons gagnés et la stabilisation énergétique autorisent la


comparaison du pouvoir électrophile de deux espèces.

La variation de l’énergie électronique d’un électrophile lors d’un transfert de charge peut
s’écrire :

,
ΔE = É e ΔN + η ΔN² (44)

Le pouvoir électrophile est la stabilisation énergétique due au transfert de charge, et qui


définit la capacité d'un électrophile d'accepter une charge électronique supplémentaire.

µ²
ω= Ë
(45)

Selon Domingo et ses collaborateurs [25], si une molécule est faiblement électrophile, alors
elle est fortement nucléophile.

L’indice de nucléophilie N est [26]:

N = ( ‰/ÈÇÈ62Ì) - ‰/ÈÇÈ6Í~€) ) (46)

La molécule tétracyanoéthylène (TCE) est utilisée comme une référence.


Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |18

II.6.2 Généralités sur les indices locaux de réactivité


La prédiction de la réactivité en utilisant des charges nettes peut amener à des prédictions
inconcevables avec l’expérience [27].
Les études modernes [28, 29] ont montré la commodité d’utilisé le principe HSAB dans
l’étude des interactions entre molécules.

Dans le but de la prédiction des sites réactifs d’une molécule, nous donnons les
fondements théoriques des principaux indices locaux.

Par définition, la fonction de Fukui Î d’un site k d’une molécule est la première
dérivée de la densité électronique ρ(r) d’un système par rapport au nombre d’électrons N
à potentiel externe v(r) constant [30].

»º6¿) »¾
Î =£ »2
- = £»¼6¿)- (47)
¼6¿) 2

La fonction de Fukui n’est pas bien définie pour les molécules isolées à la température zéro
à cause de la discontinuité de la dérivée [31]. Le problème se réside dans les fonctions de
Fukui positive et négative données à l’aide des dérivées séparées à gauche et à droite.

»º6¿) à ºÐÑℇ 6¿)²ºÐ 6¿)


οà = £ - = lim (48)
»2 ¼6¿) ℇ ℇ

»º6¿) ² ºÐ 6¿)²ºÐÒℇ 6¿)


ο² = £ - = lim (49)
»2 ¼6¿) ℇ ℇ

Une molécule est capable de suivre l'attaque électrophile sur le site possédant la valeur de
ÎÓ² la plus grande, car c’est la localité où l’immigration d'électron déstabilise moins la
molécule. Par contre, une molécule est apte à subir l'attaque nucléophile au site possédant
la valeur de ÎÓÃ la plus grande.

Quel atome ou groupement fonctionnel est plus réactif ? La réponse à cette question se
réside dans la condensation des fonctions de Fukui [32].

Yang et Mortier [32] ont proposé l’expression condensée des fonctions de Fukui dans une
molécule à N électrons :

Î Ã = [Ô (N+1) −Ô (N)] pour une attaque nucléophile (50)


Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |19

Î ² = [Ô 6N) − Ô (N-1)] pour une attaque électrophile (51)

Ô (N) , Ô (N+1) , Ô (N-1) représentent les populations électroniques de l’atome k dans la


molécule neutre, anionique et cationique, respectivement.

Le site électrophile peut être exprimé par l’indice [33].

= ωÎ Ã (52)

avec : ω = ∑ (53)

Par contre, le site nucléophile peut être donné par l’indice [34].

= NÎ ² (54)

avec : N = ∑ (55)

× ×
e) Modèles polaires basés sur les indices ÕÖ , ØÖ :

La création de la liaison chimique est justifiée par l’interaction électrophile-nucléophile la


plus favorable entre les deux molécules interagissantes c’est-à-dire entre le site le plus
électrophile de l’électrophile et le site le plus nucléophile du nucléophile [34].

f) Fonction de Parr :
Domingo et al. [35] ont proposé la fonction de Parr pour étudier les changements de densité
d'électrons le long de la formation de liaison C-C dans les réactions polaires.

Ã
L’indice d’électrophilie local a été défini comme suit:

Ù Ã
=ω (56)

²
L’indice de nucléophilie local a été défini comme suit:

Ù ²
=N (57)

II.7 Mécanisme de réaction en chimie théorique :


II.7.1 Généralités
Depuis plusieurs années, la chimie théorique, et notamment la chimie quantique a
contribué fortement à l’analyse et à la compréhension des mécanismes de réaction qui
expliquent en détail le processus au cours d’une transformation chimique et décrivent
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |20

chaque étape en spécifiant les états de transitions et les intermédiaires réactionnel, ainsi
que la quantité de chaque réactif consommé et la quantité de chaque produit formé.
L’analyse de la surface d’énergie potentielle (SEP), l’optimisation de la géométrie des points
stationnaires sont les moyens nécessaires pour la détermination du mécanisme réactionnel.

II.7.2 Optimisation de la géométrie


Pour obtenir les structures performantes, il faut faire l’optimisation des structures qui
constitue la première étape de l’étude théorique des molécules. La technique d’optimisation
nécessite la détermination des points stationnaires sur la surface d’énergie suivant toutes les
coordonnées potentielles dont le gradient de l’énergie est nul.

ÛÜ

Grad (E) = ÚÛ•


ÛÜ

Ý=0 (58)
Û•†

II.7.3 Surface d'énergie potentielle

Une surface d’énergie potentielle (SEP) en réalité est donc une hypersurface, fonction de 3N-
6 variables, qui joue un rôle important dans la description théorique de la réactivité
chimique, structure et des propriétés moléculaires [36]. Il est nécessaire d’utiliser les
coordonnées de réaction pour décrire un chemin de réaction et pour suivre l’évolution de la
géométrie du système en allant des réactifs jusqu’aux produits.

Figure-1- Surface d’énergie potentielle.

Les points stationnaires sont des points caractéristiques sur une SEP et on distingue : les
minima locaux (les réactifs, intermédiaires de réaction ou produits et sont des états stables)
et les maxima globaux qui sont des états de transition reliant ces minima.
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |21

Les maxima et les minima sont les points critiques de la surface. Pour déterminer leur
nature, il faut faire un calcul de fréquence. Un état de transition (maximum global) est
caractérisé par la présence d’une et une seule valeur imaginaire négative, tandis que les
réactifs et les produits sont caractérisés par un ensemble de fréquences de vibration
positives. Un point de selle à deux ou plusieurs fréquences imaginaires n’est pas un état de
transition.

Il est nécessaire de faire appel à un calcul IRC (Intrinsic Reaction Coordinate) pour s’assurer
que le mode de vibration correspond bien au passage des réactifs aux produits de la réaction
étudiée.

Figure-2- Principe d’un calcul IRC à partir de la structure d’un état de transition.

Il faut fournir de l’énergie qu’on appelle énergie d’activation (∆Þ ß ) pour atteindre l’état de
transition qui est l’état le plus énergétique dans le passage d’un réactif vers un produit. Pour
les réactions à plusieurs étapes, il apparaît des minimas secondaires qui correspondent aux
intermédiaires réactionnels (IR).

II.7.4 Théorie de l’état de transition

Elle est connue comme la TST (transition state theory). Cette théorie établie par Eyring [37] a
pour but d’expliquer la vitesse en fonction des paramètres thermodynamiques. Elle relie la
thermodynamique à la cinétique. Les réactifs doivent couvrir un état de transition (un
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |22

Complexe active) où l’accélération de cette réaction est proportionnelle à la concentration


de ce complexe.

L’équation d’Eyring est donnée par :

ãä∗
àÍ
K= á
â ²
åæ (59)

ãä∗
â ² åæ : est la constante d’équilibre entre le complexe activé (état de transition) et les
réactifs.

K : constante de vitesse.

çè : constante de Boltzman.

T : température thermodynamique.

ℎ : constante de Planck

∆G≠ : enthalpie libre d’activation.

R : constante des gaz parfaits.

II.8 Analyse topologique de la fonction ELF :


L’analyse topologique de la fonction ELF proposée par Silvi et Savin [38], permet une
partition de l’espace moléculaire non pas en bassins atomiques mais plutôt en bassins de
localisation électronique au sein desquels l’excès d’énergie cinétique dû à la répulsion de
Pauli est minimum. Elle est beaucoup utilisée en chimie pour la description de la liaison
chimique et en réactivité.

Les bassins se répartissent en bassins de cœur (sont localisés autour des noyaux sauf pour
l’hydrogène) et les bassins de valence [39]. Les bassins de valence sont classés en fonction
de leur connectivité avec les bassins de cœur et on peut définir l’ordre synaptique [40]
(Tableau-1-)
Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |23

Tableau -1- Classification des bassins ELF selon l’ordre synaptique.

Ordre synaptique Nomenclature Symbole du bassin Signification chimique

0 Asynaptique V -
1 Monosynaptique V(ê{ ) paire libre
2 Disynaptique V(ê{ , ë& ) liaison covalente
≥3 Polysynaptique V(ê{ , ë& , …) liaison multicentrique

En fonction du nombre d’attracteurs contenu dans un domaine, il est possible de distinguer


trois types de domaines : les domaines de valence contenant uniquement les attracteurs de
valence, les domaines de cœur contenant les attracteurs de cœur et les domaines contenant
à la fois, les attracteurs de valence et de cœur d’une molécule. Ces derniers sont appelés
domaines parents.

Les domaines de localisation sont colorés à chaque point de l’isosurface pour visualiser les
bassins ELF.

À titre d'exemple, on peut considérer la molécule d’azote qui possède cinq bassins :

Bassin Ordre synaptique Signification chimique

C( ,) - Cœur ,

C( ) - Cœur
V( ,) 1 paire libre ,

V( ) 1 paire libre
w6 ,, ) 2 liaison C-O

Figure-2- Domaine de localisation de la molécule de CO.


Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |24

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Chapitre I Méthodes de la Chimie Quantique |25

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CHAPITRE II

RESULTAST ET DISCUSSION
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 26

Introduction

Les nitrones ont une grande importance dans la synthèse organique. Ce sont des composés
intermédiaires de nombreux produits d'intérêt biologique. L'efficacité thérapeutique des
nitrones a été reconnue depuis des années 30 [1]. Plusieurs nitrones ont été synthétisées et
utilisées en médecine. Une étude sur leurs capacités à piéger des radicaux libres in vitro ou
in vivo a été signalée [2]. Il y a eu aussi quelques rapports sur leur activité antimicrobienne
[3]. Les nitrones les plus connues sont le 5,5-diméthyl-1-pyrroline-N-oxyde (DMPO) et le
phényl-N-tertbutylnitrone (PBN). Le PBN montre une activité protectrice dans le cas de
l'ischémie cérébrale [4].

Les réactions de cycloaddition 1,3-dipolaire (1,3-DC) des nitrones avec les alcènes donnent
des isoxazolidines qui sont des hétérocycles à cinq chaînons saturés [5].

Figure-1- Les nitrones DMPO et PBN.

Le cycloadduit isoxazolidinique contient trois centres chiraux lui permettant une multitude
d’investigations aussi bien sur la régioselectivité que sur la stéréoselectivité.

Figure-2- Formation disoxazolidine.


C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 27

La régioélectivité et la stéréosélectivité sont les deux paramètres importants en chimie


organique.

La sélectivité endo/exo n’est qu’un des deux paramètres stéréochimiques les plus
importants déterminant la sélectivité cis/trans pour une nitrone qui peut subir une
interconversion Z/E dans la réaction de cycloaddition 1,3-dipolaire.

Figure-3- Stéréosélectivité de la cycloaddition dipolaire.

La cycloaddition entre une nitrone et un alcène monosubstitué peut donner quatre


stéréoisomères possibles par la création de deux centres stéréogènes. Si la nitrone existe
dans un équilibre entre deux isomères Z et E alors le nombre de situations stéréochimiques
possibles est le double. Ces approches correspondent aux deux types de stéréosélectivité de
la cycloaddition : la sélectivité endo/exo et la sélectivité faciale α/β.
MECANISME REACTIONNEL, REGIOSELECTIVITE, ET
STEREOSELECTIVITE DES REACTIONS DE CYCLOADDITION [3+2]
ENTRE LE 2-METHYL-1-NITROPROP-1-ENE ET LE (Z)-C-ARYL-N
PHENYLNITRONE
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |28

Les nitroalcènes conjuguées représentent l’un des plus importants matériaux pour la
synthèse organique grâce à la vaste gamme de transformations potentielles du groupe NO2,
comme les composés nitro qui peuvent être convertis en nitronates, amines, composés
carbonylés et de nombreux autres types de composés. Les composés nitro ont également de
diverses applications importantes [8] à cause de leurs activités biologiques.

De plus, les réactions connues de cycloaddition [3+2] (32CA) de la molécule de


nitroéthène parente avec des nitrones sont beaucoup [9,10]. Ces réactions ont été étudiées
en détail à l'aide de diverses approches théoriques [11,12].

Expérimentalement, Jasiński et ses collaborateurs [13] ont étudiée la réaction de


cycloaddition 1,3 dipolaire entre Cétonitrones et Nitroalkènes conjugués. Ils ont constaté que le
cycloaddition 1,3 dopôle entre le 1a et 2b donne l’isoxazolidine 3c comme un seul isomère
formé avec un bon rendement d’un pourcentage de 94%.

Figure-4- Régiosélectivité de réaction de cycloaddition [3+2] entre le 1a et 2b

Ce travail repose sur l’étude du mécanisme moléculaire et aussi la prédiction de la


sélectivité de la réaction de CA32 entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-
phénylnitrone en présence et en absence de substituants en prend en considération les
résultats expérimentaux. Donc nous avons analysé les vois théoriquement possibles
présentés dans la figure-5-.

La cycloaddition 1,3-dipolaire de 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-


phénylnitrone peut se procéder selon six voies réactives compétitives, à savoir, les deux
voies régioisomériques ortho et méta et les deux approches stériques endo et exo(figure-4-).
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |29

Figure-5- Voies théoriquement possibles de la cycloaddition entre 1 et 2-ag.

Ces modes de cyclisation sont associés aux deux attaques régioisomériques, regio1 (A, B)
et regio2 (C, D), de (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone à la double liaison C=C de 2-méthyl-1-
nitroprop-1-ène. Ainsi quatre TSs ; TS1, TS2, TS3, et TS4 ont été localisés.

Dans ce qui suit, on explorera la surface d’énergie potentielle et on détermine les indices
statiques de réactivité pour justifier théoriquement la régiosélectivité, la stéréosélectivité et
élaborer le mécanisme réactionnel de la réaction de cycloaddition 1,3-dipolaire entre le 2-
méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N- phénylnitrone.

Pour ce faire, on a utilisé :

• Le programme GaussView 5.0 pour la visualisation des géométries des états de


transition.
• Les méthodes B3LYP/6-31G* et M06L/6-31G* pour les calculs quantiques.
• Un calcul des indices locaux de réactivité.
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |30

Méthodologie de calculs :

• L’optimisation des géométries d'équilibre au niveau de calcul B3LYP/6-31G* et


M06L/6-31G* à l’aide du programme GaussView 5.0W en utilisant l'algorithme de
Berny [15].
• Localisation des états de transition pour les quatre modes de cyclisation au niveau
B3LYP/6-31G* et M06L/6-31G*.
• L’exploration des ordres de liaisons [16] par la méthode NBO (Natural Bond Orbital)
[17].

II. Résultats et discussions


II.1 Au niveau théorique B3LYP/6-31G*
a. Détermination du caractère électrophile ou nucléophile des réactifs :
Pour prédire les caractères électrophile/nucléophile des deux réactifs, le 2-méthyl-1-
nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone, les valeurs des potentiels chimiques
électroniques μ , indices d’électrophilie ω , et des indices de nucléophilie N sont données
dans le tableau suivant (Tableau-1).

Tableau-1- Les propriétés électroniques (eV) des deux réactifs au niveau théorique
B3LYP/6-31 G*.

Composé 1 2-ag-H 2-ag-Me 2-ag-OMe


ìíîïî -7.60 -5.48 -5.42 -5.34
ìðñïî -2.17 -1.78 -1.58 -1.67
B3LYP/6-31G* μ -4.89 -3.63 -3.50 -3.51
η 5.43 3.70 3.73 3.67
ω 2.20 1.78 1.60 1.68
N 1.76 3.89 3.95 4.02
L’analyse du tableau-1- montre que :

 Les trois dipôles possèdent les indices d’électrophilie les plus faibles (ω = 1.78 eV,
1.60 eV, et 1.698eV) et les potentiels électroniques les plus élevés (µ = -3.63 eV, -3.50
eV, et -3.51eV) par contre pour le dipolarophile (ω = 2.20 eV et µ = -4.98 eV).
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |31

 Pour l’indice de nucléophilie , les trois dipôles possèdent les indices de nucléophilie
les plus grands (N = 3.89 eV, 3.95 eV, et 4.02 eV) par rapport au dipolarophile (N =
1.76 eV).
 On constate également que le caractère nucléophile du dipôle est augmenté par la
présence de substituant électrodonneur (OMe et Me).
Conclusion :
D'après ces résultats on constate que les trois dipôles (2-ag) agissent comme un nucléophile
(donneur d’électrons) alors que le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) agit comme électrophile
(accepteur d’électrons). Par conséquent, le transfert de la charge aura lieu du (Z)-C-aryl-N-
phénylnitrone vers 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène. La faible différence d’électrophilies entre le
dipôle et le dipolarophile indique un faible caractère polaire de cette réaction de
cycloaddition 1,3-dipolaire [18].

[Link]édiction de la régiosélectivité :
Ù Ù
Dans cette partie, on a calculé les indices de nucléophilie et d’électrophile locaux et
(Tableau 2 et 3) qui constituent un moyen crédible de l'étude de la réactivité chimique des
différents sites de la molécule avant et après l'attaque.
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |32

Figure-6- : Numérotation (par défaut sur le GaussView 5.0) des atomes du composé 2-ag.

Figure-7- : Numérotation (par défaut le GaussView 5.0) des atomes du composé 1.

Figure-8- : Numérotation pour les calculs des fonctions de Parr au niveau B3LYP/6-31G* et
M06L/6-31G*.

à Ù
Tableau-2- : Fonction de Parr et électrophilie local pour les atomes C1 et C2 du
dipolarophile (1).

Réactifs ôÃ
Ö ÕôÖ
1 C1 0,135 0,297
C2 -0,061 -0,134
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |33

² Ù
Tableau-3- : Fonction de Parr et nucléophilie locale pour les atomes O, N, et C3 du
dipôle (2-ag).

ô²
Ö ØôÖ
Réactifs
H O 0.424 1.652
N 0.039 0.155
C3 0.146 0.571
O 0.435 1.654
Me N 0.049 0.188
C3 0.101 0.386
OMe O 0.438 1.761
N 0.049 0.199
C3 0.101 0.409

A partir des résultats des tableaux 2 et 3, on peut tirer les remarques suivantes :

 L'atome C1 du dipolarophile (1) possède une valeur élevée de


Ù
par rapport à celle de C2 donc c’est le site le plus électrophile.
 L'atome d’oxygène O du dipôle (2-ag) possède une valeur élevée de
Ù
par rapport à celle de carbone et d’azote, par conséquent, c’est le site le plus
nucléophile.
On conclut que l’interaction entre l’atome C1 du dipolarophile (1) et l’atome d’oxygène
du dipôle (2-ag) est la plus favorisée. Par conséquent, la formation du régioisomère 1
(regio1) est la plus favorisée.

Les énergies des réactifs 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) et (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone (2-ag)


pour R = (H, Me, et OMe), des états de transition et des cycloadduits (3-ag, 4-ag, 5-ag et 6-
ag) au niveau B3LYP/6-31G* sont données dans les Tableaux-4- et -5-.
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |34

Tableau-4- : Les énergies totales E(u.a.) et relatives (õ‰ ß , Kcal/mol) pour les quatre états de
transition de la réaction 32CA entre 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) et (Z)-C-aryl-N-
phénylnitrone.

Etat de transition R E (u.a.) ö÷ß (Kcal/mol)


TS1 H -993.276118 17.01
Me -1032.56557 17.25
OMe -1107.76534 17.22
TS2 H -993.276388 16.84
Me -1032.56548 17.30
OMe -1107.76499 17.44
TS3 H -993.261232 26.35
Me -1032.55042 26.75
OMe -1107.74977 26.99
TS4 H -993.264511 24.30
Me -1032.5535 24.82
OMe -1107.75247 25.29

Tableau-5- : Energies totales B3LYP/6-31G* (E, u.a.) et relatives (ΔE, Kcal/mol), pour les
quatre cycloadduits de la réaction 32CA entre 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) et (Z)-C-aryl-N-
phénylnitrone.

Composé R E (u.a.) ö÷ (Kcal/mol)


1 -361.608303 -
2-ag H -631.694926 -
Me -670.984749 -
OMe -746.184474 -
3-ag H -993.31953 -10.23
Me -1032.60847 -9.67
OMe -1107.80725 -9.08
4-ag H -993.327066 -14.96
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Me -1032.61686 -14.94
OMe -1107.81471 -13.77
5-ag H -993.320604 -10.90
Me -1032.60937 -10.24
OMe -1107.80804 -9.58
6-ag H -993.319395 -10.14
Me -1032.60923 -10.15
OMe -1107.80703 -8.94

L’analyse des tableaux (4 et 5) montre que :

 Les énergies d'activation (ΔE / au réactifs) associées à la réaction 32CA de 1 avec


2-ag-H varie de 16.84 à 26.35 kcal. mol-1.D’une autre part les ΔE de la réaction 32CA
de 1 avec 2-ag-Me varie de 17.25 à 26.75 [Link]-1. Tandis que celles associées à la
réaction 32CA de 1 avec 2-ag-OMe varient de 17.22 à 26.99 [Link]-1.
 ΔE ß (TS2-H) < ΔE ß (TS1-H) ΔE ß (TS4-H) < ΔE ß (TS3-H) ce qui montre que le produit
4-ag-H est plus favorisé cinétiquement par rapport aux autres produits. Par contre,
pour la réaction de 32CA avec R = Me et OMe, on remarque que le produit 3-ag (R =
Me, OMe) est favorisé cinétiquement par rapport aux autres produits car ΔE ß (TS1-
Me) < ΔE ß (TS2-Me) <ΔE ß (TS4-Me) < ΔE ß (TS3-Me) et ΔE ß (TS1-OMe) < ΔE ß (TS2-
OMe) < ΔE ß (TS4-OMe) < ΔE ß (TS3-OMe).
 La formation des isoxazolidines correspondantes est exothermique de -10.14 à -
14.96 [Link]-1 (3-ag-H à 6-ag-H), -9.67 à -14.94 [Link]-1 (3-ag-Me à 6-ag-Me) et -
9.08 à -13.77 [Link]-1 (3-ag-OMe à 6-ag-OMe).
 La réaction de la 32CA entre le 1 et 2-ag-H est complètement méta régiosélective,
TS2(H) étant 7.46 [Link]-1 moins énergétique que TS4(H) et légèrement endo
stéréosélective, TS2(H) = 16.84 [Link]-1 étant inférieur en énergie que TS1(H) =
17.01 [Link]-1. Pour la réaction de la 32CA de 1 avec 2-ag-Me, le TS1(Me) étant 9.5
[Link]-1 moins énergétique que TS3(Me) alors cette réaction est méta
régiosélective et exo stéréosélective, car le TS1(Me) = 17.25 [Link]-1 étant
inférieur en énergie que TS2(Me) = 17.30 [Link]-1. Tandis que la réaction de 32CA
entre le 1 et 2-ag-OMe est hautement méta régiosélective, le TS1(OMe) étant 9.77
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |36

[Link]-1 moins énergétique que le TS3(OMe) et modérément exo stéréosélective,


TS1(OMe) étant 0.22 [Link]-1 inférieur en énergie que TS2(OMe).

La figure-9- montre clairement que :

 Le produit 4-ag est favorisé cinétiquement pour la réaction de cycloaddition 1,3-


dipolaire entre le réactif 1 le réactif 2-ag-H.
 Le produit 3-ag est favorisé cinétiquement pour la réaction de cycloaddition 1,3-
dipolaire entre le composer 1 (dipolarophile) le réactif 2-ag avec substituant (R = Me
et OMe).
 Le produit 4-ag est le plus stable (favorisé thermodynamiquement) pour la réaction
de cycloaddition 1,3-dipolaire entre le 1 et le réactif 2-ag (R = H, Me, et OMe)
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n | 37

Figure-9- Schémas de la surface d’énergie potentielle de la réaction 32CA entre le 2-méthyl-


1-nitroprop-1-ène et (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone en présence des substituants (R = H, Me, et
OMe) au niveau B3LYP/6-31G*.

[Link] de l’IRC de la réaction CD13 entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1)


et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone(2-ag) :
À partir du chemin réactionnel le plus favorisé (TS2-OMe), on a effectué le calcul IRC.
L’analyse d’IRC (Figure-10-) montre que cette réaction a lieu suivant un mécanisme concerté
en une seule étape (absence d’intermédiaire réactionnel) à deux phases [19] où la liaison
O-C3 est formée en premier lieu et la liaison C1-C2 dans le deuxième.
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |38

Figure-10- IRC forward et reverse pour la réaction CD13 entre 1 et 2-ag-OMe


pour TS2-OMe-.

Etat de transition R H (u.a.) öø ß (Kcal/mol) G (u.a.) öùß (Kcal/mol)


TS1 H -993.275174 16.42 -993.343783 30.28
Me -1032.56462 16.65 -1032.63826 32.01
OMe -1107.76439 16.63 -1107.83913 31.83
TS2 H -993.275444 16.25 -993.345077 29.47
Me -1032.56454 16.71 -1032.63892 31.60
OMe -1107.76405 16.84 -1107.83964 31.51
TS3 H -993.260287 25.76 -993.328762 39.70
Me -1032.54947 26.16 -1032.62237 41.98
OMe -1107.74883 26.39 -1107.82307 41.91
TS4 H -993.263567 23.70 -993.332237 37.52
Me -1032.55256 24.23 -1032.62624 39.56
OMe -1107.75153 24.70 -1107.82562 40.30
Tableau-6- : Les énergies libres des quatre états de transition à différents substituants.

Tableau-7- : Les énergies libres des quatre chemins réactionnels à différents substituants.
Composé R H (u.a.) ΔH (Kcal/mol) G (u.a.) ΔG (Kcal/mol)
1 -361.607358 - -361.648697 -
2-ag H -631.693982 - -631.743338 -
Me -670.983805 - -671.040582 -
OMe -746.18353 - -746.241154 -
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n | 39

3-ag H -993.318586 -10.82 -993.387359 2.93


Me -1032.60752 -10.27 -1032.68114 5.11
OMe -1107.80725 -10.27 -1107.88084 5.65
4-ag H -993.326121 -15.55 -993.394955 -1.83
Me -1032.61592 -15.53 -1032.68728 1.26
OMe -1107.81377 -14.36 -1107.88861 0.78
5-ag H -993.31966 -11.50 -993.387878 2.61
Me -1032.60843 -10.83 -1032.68178 4.71
OMe -1107.80709 -10.17 -1107.88146 5.26
6-ag H -993.318451 -10.74 -993.385589 4.04
Me -1032.60829 -10.75 -1032.67856 6.72
OMe -1107.80608 -9.54 -1107.87949 6.50

L’analyse des deux tableaux (6 et 7) montre que :

 La réaction de cycloaddition 1,3-dipolaire entre les deux réactifs 1 et 2-ag sans


substituants montre que le cycloadduit 4-ag (regio1-TS2 (endo)) est le plus favorisé
thermodynamiquement par rapport aux autres produits grâce à la faible énergie libre
d’activation ΔGß (TS2) = 29.47 [Link]-1, tandis que pour la réaction de
cycloaddition 1,3-dipolaire entre les deux réactifs avec les substituants (R = Me et
OMe), on remarque que pour le chemin regio1, TS2(endo) est plus favorisé que les
autres chemins grâce à l’énergie libre d’activation ΔGß (TS2-Me) = 31.60 [Link]-1,
ΔGß (TS2-OMe) = 31.51 [Link]-1. On peut conclure que le produit 4-ag avec les
trois substituants R = H, Me, et OMe au niveau de calcul B3LYP/6-31G* est le plus
stable par rapport aux autres produits (Figure-10-).
 pour le chemin regio2, TS4 (endo) est plus favorisé que TS3 (exo) pour R = H, Me, et
OMe.

d. Analyse structurale des états de transition :


Les états de transition TS1, TS2, TS3 et TS4 (au niveau de calcul B3LYP/6-31G*)
correspondent aux quatre régioisomères à différents substituants. La condition d’une seule
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |40

fréquence imaginaire a été bien confirmée et elle correspond au mode de vibration


caractérisant la formation des deux nouvelles liaisons. Les quatre états de transition à
différents substituants étudiés sont représentés dans la figure suivante (Figure-11-).

Tableau-8- Valeurs des ordres et longueurs de liaisons en (A°).


Etat de transition R Ordres de liaisons (A°) Longueurs de liaisons (A°)

TS1 H OL1=0.50 D1=1.82


OL2=0.24 D2=2.39
Me OL1=0.50 D1=1.81
OL2=0.24 D2=2.40
OMe OL1=0.50 D1=1.81
OL2=0.24 D2=2.42
TS2 H OL1=0.41 D1=1.97
OL2=0.32 D2=2.24
Me OL1=0.42 D1=1.96
OL2=0.32 D2=2.25
OMe OL1=0.43 D1=1.95
OL2=0.32 D2=2.26
TS3 H OL1=0.38 D1=2.002
OL2=0.45 D2=2.10
Me OL1=0.38 D1=2.001
OL2=0.45 D2=2.10
OMe OL1=0.38 D1=2.001
OL2=0.45 D2=2.10
TS4 H OL1=0.33 D1=2.11
OL2=0.46 D2=2.10
Me OL1=0.33 D1=2.11
OL2=0.46 D2=2.10
OMe OL1=0.33 D1=2.10
OL2=0.46 D2=2.10

Les ordres de liaison (OL) ont été calculés à l’aide des indices de Wiberg [20].
Les résultats obtenus montrent que :
 Pour la synchronicité de la cyclisation, on peut mesurer la différence entre les
longueurs des deux nouvelles liaisons sigma formées, c.-à-d. ∆d = dist1 - dist2. Les
∆ds calculées pour les TSs (TS1 et TS2), pour le chemin régioisomérique 1 (regio1),
montrent un caractère asynchrone plus élevé que celui du chemin régioisomérique 2
(regio2) pour les trois réactions. Par exemple, ∆d pour TS1-H (exo) est 0.57 Å, tandis
que pour TS3-H (exo) est 0.098 Å.
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n | 41


 Les valeurs de BO données dans le tableau-8- pour les deux nouvelles liaisons
formées indiquent aussi que le chemin régioisomérique 1 est plus asynchrone que le
chemin régioisomérique 2. Par exemple, pour la réaction de 32CA (R=H), les BOs sont
0.24 (C4-C3) et 0.50 (01-C2) pour TS1-exo, tandis que les BOs sont 0.32 (C1-C2) et
0.41 (O5-C3) pour TS2-endo. Pour le TS3-exo, les BOs sont 0.45 (C1-C2) et 0.38 (O5-
C3) pour TS-2-5-endo, tandis que les BOs sont 0.33 (O1-C2) et 0.46 (C4-C3) pour TS4-
endo.

Conclusion :

On conclut que les réactions de cycloaddition [3+2] entre le composé 1 et 2-ag avec le R = (H,
Me, et OMe) étudiées suivent un mécanisme concerté asynchrone.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 42

Figure-11- : Structures des états de transition pour la réaction CD13 entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone
pour R (H, Me, et OMe) avec les longueurs de liaisons (Å) et les valeurs de l’indice de Wiberg (entre crochets).
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |43
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 44

II.2Au niveau théorique M06L/6-31G*


a. Détermination du caractère électrophile ou nucléophile des réactifs
Les indices globaux μ, ω, et N sont donnés dans le Tableau-9- pour prédire les caractères
électrophile/nucléophile des deux réactifs; le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-
phénylnitrone.

Tableau-9- Les propriétés électroniques (eV) des deux réactifs au niveau théorique M06L/6-
31 G*.

Composé 1 2-ag-H 2-ag-Me 2-ag-OMe


ìíîïî -6.46 -4.93 -4.87 -4.79
ìðñïî -2.82 -2.35 -2.16 -2.27
M06L/6-31G*
μ -4.64 -3.64 -3.52 -3.53
η 3.63 2.58 2.70 2.52
ω 2.96 2.57 2.29 2.47
N 2.91 4.43 4.50 4.58

A partir de l’analyse du tableau- 9-, on peut dire que:

 Les trois dipôles possèdent l’indice d’électrophilie le plus faible (ω = 2.57eV, 2.29eV,
et 2.47 eV) et le potentiel électronique le plus élevé (µ = -3.64, -3.52, et -3.53 eV) par
contre le dipolarophile (ω = 2.96 eV et µ = -4.64 eV).
 Pour l’indice de nucléophilie, les trois dipôles possèdent l’indice de nucléophilie le
plus grand (N = 4.43eV, 4.50eV, et 4.58eV) par contre le dipolarophile (N = 2.91eV).
 On constate aussi que le caractère nucléophile du dipôle est augmenté par la
présence du substituant électrodonneur (OMe et Me).
Conclusion :

On constate que les trois dipôles (2-ag) agissent comme un nucléophile (donneur
d’électrons) alors que le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) agit comme électrophile (accepteur
d’électrons). Le transfert de la charge aura lieu du (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone vers 2-méthyl-
1-nitroprop-1-ène. La faible différence d’électrophilies entre le dipôle et le dipolarophile
indique un faible caractère polaire de cette réaction de cycloaddition 1,3-dipolaire et que la
réaction (Même remarque que pour B3LYP/6-31G*).
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |45

[Link]édiction de la régiosélectivité
Ù Ù
Les indices de nucléophilie et d’électrophile locaux et sont présentés dans les
Tableau 10 et 11.

Figure-12- : Numérotation (par défaut sur le GaussView 5.0) des atomes du composé 2-ag.

Figure-13- : Numérotation (par défaut sur le GaussView 5.0) des atomes du composé 1.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 46

Ã
Tableau-10- : Fonction de Parr et électrophilie local pour les atomes C1 et C2 du
dipolarophile (1).

Réactifs ôÃ
Ö ÕÖ
1 C1 0,456 1,351
C2 -0,003 -0,011
² x
Tableau-11- : Fonction de Parr et nucléophilie locale pour les atomes O, N, et C3 du
dipôle (2-ag).

Réactifs ô²
Ö ØÖ
H O 0.343 1.523
N 0.051 0.226
C3 0.170 0.756
Me O 0.351 1.571
N 0.058 0.264
C3 0.131 0.589
OMe O 0.353 1.619
N 0.069 0.319
C3 0.183 0.839

D’après les résultats des tableaux 2 et 3, on peut tirer les remarques suivantes :
 Le site le plus électrophile est l’atome C1 du dipolarophile (1) car il possède une
Ù
valeur élevée de par rapport à celle de C2.
 L'atome d’oxygène O du dipôle (2-ag) possède une valeur élevée de
Ù
par rapport à celle du carbone et d’azote, par conséquent, c’est le site le plus
nucléophile.
Conclusion :

L’interaction entre l’atome C1 du dipolarophile (1) et l’atome d’oxygène du dipôle (2-ag) est
la plus prédominante. Par conséquent le régioisomère 1 (regio1, Meta) est le plus favorisé.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 47

Les énergies des réactifs 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) et (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone (2-ag)


pour R = (H, Me, et OMe), des états de transition et des cycloadduits (3-ag, 4-ag, 5-ag et 6-
ag) au niveau M06L/6-31G* sont données dans les Tableaux-12- et -13-.

Tableau-12- Energies totales M06L/6-31G* (E, u.a.) et relatives (õ‰ ß , Kcal/mol), pour les
quatre états de transition de la réaction 32CA entre 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) et (Z)-C-
aryl-N-phénylnitrone
Etat de transition R E(u.a.) ö÷ß (Kcal/mol)
TS1 H -993.166896 9.72
Me -1032.44975 9.37
OMe -1107.64305 8.97
TS2 H -993.166873 9.74
Me -1032.44921 9.71
OMe -1107.64161 9.87
TS3 H -993.154135 17.73
Me -1032.43638 17.76
OMe -1107.62905 17.75
TS4 H -993.158473 15.01
Me -1032.4407 15.05
OMe -1107.6327 15.46

Tableau-13- : Energies totales M06L/6-31G* (E, u.a.) et relatives (∆E, Kcal/mol), pour les
quatre états de transition de la réaction 32CA entre 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1) et (Z)-C-
aryl-N-phénylnitrone.

Composé R E(u.a.) ΔE(Kcal/mol)


1 -361.568148 -
2-ag H -631.614244 -
Me -670.896531 -
OMe -746.089189 -
3-ag H -993.205852 -14.72
Me -1032.48816 -14.74
OMe -1107.67988 -14.14
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4-ag H -993.212898 -19.14


Me -1032.49494 -18.99
OMe -1107.68666 -18.40
5-ag H -993.228532 -17.21
Me -1032.49055 -16.23
OMe -1107.6828 -15.98
6-ag H -993.208812 -16.58
Me -1032.49087 -16.43
OMe -1107.68282 -15.99

Au niveau M06L/6-31G* :

 Les chemins réactionnels de la réaction de cycloaddition [3+2] entre 1 et 2-ag-H sont


fortement exothermiques: entre -14.72 et -19.14 [Link]-1, pour 2-ag-Me avec 1
sont variés entre -14.74 et -18.99 [Link]-1, tandis que la réaction entre 2-méthyl-1-
nitroprop-1-ène et (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone (R = OMe) les énergies d’activation
varient entre -14.14 et -18.40 [Link]-1.
 D’après les résultats du tableau 13, on remarque que le produit favorisé
cinétiquement pour la réaction de cycloaddition [3+2] entre le 1 et 2-ag (R = H, Me,
et OMe) est le 3-ag (R = H, Me, et OMe) car ΔE ß (TS1-H) < ΔE ß (TS2-H) <ΔE ß (TS4-H)
< ΔE ß (TS3-H) pour les trois substituants.
 La formation des isoxazolidines correspondantes est exothermique de -14.72 à
-28.95 [Link]-1 (3-ag-H à 6-ag-H), -14.74 [Link]-1 à -18.99 [Link]-1 (3-ag-Me à 6-
ag-Me) et -14.14 à -18.40 [Link]-1 (3-ag-OMe à 6-ag-OMe).
 Le stéréoisomère le plus favorable 3-ag-H possède une stéréochimie exo pour la
réaction 32 CA dont l’énergie TS1(H) = 9.72 [Link]-1 étant inférieur en énergie que
TS2(H) = 9.74 [Link]-1. Cette réaction est complètement méta régiosélective,
TS1(H) étant 8.01 [Link]-1 moins énergétique que TS3(H).
 Pour la réaction de la 32CA de 1 avec 2-ag-Me, TS1(Me) étant 8.39 [Link]-1 moins
énergétique que TS3(Me) alors cette réaction est méta régiosélective et exo
stéréosélective, car la TS1(Me) = 9.37 [Link]-1 étant inférieur en énergie que
TS2(Me) = 9.71 [Link]-1. Par ailleurs, la réaction de 32CA entre le 1 et 2-ag-OMe est
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 49

Hautement méta régiosélective, le TS1(OMe) étant 8.78 [Link]-1 moins énergétique


que le TS3(OMe) et modéremment exo stéréosélective, TS1(OMe) étant 0.9 [Link]-1
inférieur en énergie que TS2(OMe).

La figure-14- montre clairement que :

 Le produit 3-ag est favorisé cinétiquement pour la réaction de cycloaddition 1,3-


dipolaire entre le 1 et le réactif 2-ag (R = H, Me, et OMe).
 Le produit 4-ag est favorisé thermodynamiquement donc c’est le plus stable pour la
réaction de cycloaddition 1,3-dipolaire entre le 1 et le réactif 2-ag avec le R = (H, Me,
et OMe).
Figure-14- : Schémas de la surface d’énergie potentielle de la réaction 32CA entre le
2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone en présence des substituants
(R = H, Me, et OMe) au niveau M06L/6-31G*.
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |50

c. Analyse de l’IRC de la réaction CD13 entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène (1)


et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone(2-ag) :
La courbe IRC du chemin réactionnel le plus favorisé 4-ag-OMe pour la réaction de
cycloaddition 1,3-dipolaire est donnée dans la figure-15-.
L’analyse de l’IRC montre que cette réaction a lieu selon un mécanisme concerté en une
seule étape à deux phases [19], c’est-à-dire la création de la liaison C1-C2 dans la première
phase andis que la formation de la liaison O-C3 ait lieu dans la deuxième phase.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |51

Figure-15- IRC forward et reverse pour TS2-OMe- au niveau M06L/6-31G* pour une
réaction CD13 entre 1 et 2-ag-OMe.

Tableau-14- : Les énergies libres des quatre états de transition à différents substituants.

Etat de R H(u.a.) öø ß (Kcal/mol) G(u.a.) öùß (Kcal/mol)


transition
TS1 H -993.1659 9.13 -993.2327 23.85
Me -1032.4488 8.78 -1032.5195 25.08
OMe -1107.6421 8.38 -1107.7145 24.39
TS2 H -993.1659 9.15 -993.2339 23.10
Me -1032.4482 9.11 -1032.5206 24.36
OMe -1107.6406 9.28 -1107.7151 24.00
TS3 H -993.1531 17.14 -993.2198 31.90
Me -1032.4354 17.17 -1032.5067 33.10
OMe -1107.6281 17.16 -1107.7004 33.19
TS4 H -993.1575 14.42 -993.2248 28.79
Me -1032.4397 14.46 -1032.5112 30.25
OMe -1107.6317 14.87 -1107.7047 30.50
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |52

Tableau-15- : Les énergies libres des quatre chemins réactionnels à différents substituants.

Composé R H (u.a.) ΔH(Kcal/mol) G (u.a.) ΔG (Kcal/mol)


1 -361.5672 - -361.6082 -
2-ag H -631.6133 - -631.6625 -
Me -670.8955 - -670.9512 -
OMe -746.0882 - -746.1451 -
3-ag H -993.2049 -15.31 -993.2726 -1.19
Me -1032.4872 -15.33 -1032.5591 0.23
OMe -1107.6789 -14.74 -1107.7521 0.76
4-ag H -993.2119 -19.74 -993.2794 -5.48
Me -1032.4940 -19.58 -1032.5651 -3.51
OMe -1107.6857 -18.99 -1107.7587 -3.35
5-ag H -993.2088 -17.80 -993.2759 -3.27
Me -1032.4896 -16.83 -1032.5614 -1.24
OMe -1107.6818 -16.57 -1107.7561 -1.76
6-ag H -993.2078 -17.17 -993.2750 -2.72
Me -1032.4899 -17.03 -1032.5606 -0.74
OMe -1107.6818 -16.58 -1107.7543 -0.58

L’analyse des deux tableaux (14 et 15) montre que :

 Le cycloadduit 4-ag-H (regio1-TS2 (endo)) possède la valeur ΔGß = -5.48 [Link]-1


donc, c’est le plus favorisé thermodynamiquement par rapport aux autres produits,
tandis que pour la réaction de cycloaddition 1,3-dipolaire entre les deux réactifs avec
les substituants (R = Me et OMe), on remarque que pour le chemin regio1, TS2(endo)
est plus favorisé que les autres chemins grâce à l’énergie libre d’activation ΔGß (TS2-
Me) = 24.36 [Link]-1, öùß (TS2-OMe) = 24.00 [Link]-1.
 On peut conclure que le produit 4-ag avec les trois substituants R = (H, Me, et OMe)
au niveau de calcul M06L/6-31G* est le plus stable par rapport aux autres produits
(Figure-13-)
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |53

 Pour le chemin regio2, TS4 (endo) est plus favorisé que TS3 (exo) pour R = (H, Me, et
OMe).
d. Analyse structurale des états de transition :
Les états de transitions TS1, TS2, TS3 et TS4 obtenus à M06L/6-31G* correspondent aux
quatre régioisomères étudiés. Ces états de transition à différents substituants sont
représentés dans la Figure-16-, après avoir vérifié leur existence.

Tableau-16- Valeurs des ordres et longueurs de liaisons en (A°).

Etat de transition R Ordres de liaisons (A°) Longueurs de liaisons (A°)


TS1 H OL1=0.55 D1=1.74
OL2=0.23 D2=2.40
Me OL1=0.56 D1=1.74
OL2=0.22 D2=2.42
OMe OL1=0.56 D1=1.74
OL2=0.21 D2=2.43
TS2 H OL1=0.41 D1=1.99
OL2=0.37 D2=2.15
Me OL1=0.40 D1=1.99
OL2=0.36 D2=2.14
OMe OL1=0.41 D1=1.98
OL2=0.36 D2=2.15
TS3 H OL1=0.31 D1=2.13
OL2=0.48 D2=2.01
Me OL1=0.31 D1=2.13
OL2=0.48 D2=2.01
OMe OL1=0.31 D1=2.12
OL2=0.49 D2=2.00
TS4 H OL1=0.26 D1=2.27
OL2=0.52 D2=1.95
Me OL1=0.51 D1=2.27
OL2=0.009 D2=1.95
OMe OL1=0.52 D1=2.26
OL2=0.009 D2=1.96
Les valeurs des BO (ordre de liaison) des liaisons formées O-C et C-C sont données dans le
Tableau-16-.

Les résultats obtenus montrent que :


 Les deux états de transition TS1 et TS2 sont plus asynchrones que TS3 et TS4. Les ∆ds
calculées montrent un caractère asynchrone plus élevé que celui du chemin
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |54

 régioisomérique 2 (regio2) pour les trois réactions (R = H, Me, et OMe). Par exemple,
∆d pour TS1-H (exo) est 0.66 Å, tandis que pour TS3-H (exo) est 0.12 Å.
 La formation de TS2 (endo) est en retard par rapport à la formation de TS1 (exo).
 Les valeurs de BO données dans le tableau-16- montrent que le chemin
régioisomérique 1 est plus asynchrone que le chemin régioisomérique 2. Par
exemple, pour la réaction de 32CA (R = H), les BOs sont 0.23 (C4-C3) et 0.55(01-C2)
pour TS1-exo, tandis que les BOs sont 0.37 (C1-C2) et 0.41 (O5-C3) pour TS2-endo,
pour le TS3exo, les BOs sont 0.48 (C1-C2) et 0.31 (O5-C3) pour TS-2-5-endo, tandis
que les BOs sont 0.26 (O1-C2) et 0.52 (C4-C3) pour TS4-endo.

Conclusion :

D’après les résultats obtenus, on peut conclure que les réactions de cycloaddition [3+2]
entre le composé 1 et 2-ag avec le R = (H, Me, et OMe) étudiées suivent un mécanisme
concerté asynchrone.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |55

Figure-16- : Structures des états de transition de la réaction CD13 entre 1 et 2-ag pour R = (H, Me, et OMe) avec les longueurs de liaisons (Å) et
les valeurs de l’indice de Wiberg.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 56
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 57

II.3L’analyse topologique de la fonction de localisation électronique (ELF)


On a effectué l'analyse topologique ELF du 2-méthyl-1-nitropropène (1) et (Z)-C-aryl-N-
phénylnitrone (2-ag-OMe), TS2(OMe), 4-ag-OMe, afin de caractériser la structure
électronique durant le déroulement de cette réaction CD13.
Les études ELF ont été réalisées avec le programme MultiWFN [19], en utilisant la phase
gazeuse B3LYP/6-31G* et M06L/6-31G*.
Les tableaux -17- et -18- représentent les populations N des bassins de valence de ces
structures.

Tableau- 17- Les populations des bassins calculés, N, de quelques points de l’IRC TS2-OMe, I,
II de la réaction CD13 de 1 avec 2-ag-OMe au niveau théorique B3LYP/6-31G*.

V 1 et 2-ag TS2-OMe I II 4-ag-OMe


2-ag C1-N 3.96 2.46 1.74 1.74 1.79
N-O 1.29 1.08 0.87 0.87 0.81
O 2.87 2.91 2.61 2.61 2.59
N - 0.14 2.10 2.10 2.27
C1 - 2.08 2.10 2.10 -

C1-C2 - - - 1.83 1.93


O-C3 - - 1.13 1.16 1.27

1 C2-C3 2.82 2.77 2.04 2.03 1.96


C2 - - 2.09 2.09 2.09
C3 - - 2.09 2.09 2.09

Le tableau-17- montre que :

 Pour 2-ag isolé, le bassin disynaptique V (C1, N), N = 3.96e et le bassin


monosynaptique V(O), N = 2.87e des paires libres de l'atome O (charge négative
incluse) sont les plus importants.
 Les deux bassins V (C2, C3) , N = 2.82e de la double liaison C2=C3 sont les plus
importants pour le composé 1 isolé.
 Pour TS2-OMe, on remarque une faible diminution de la population du bassin
disynaptique V (C2, C3) pour le composé 1. Les populations des bassins
monosynaptiques sont V(C1) =2.08 et V(N)=0.14.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n | 58

 Pour l'étape I, il y a un changement dans la population d'électrons grâce à la création


d’un nouveau bassin disynaptique V (O, C3), N = 1.13e, qui correspond à la création
de la 1ère liaison sigma O-C3. On remarque aussi qu’il y a la formation de nouveau
bassin monosynaptique sur les atomes C2 et C2 avec une population électronique de
2.09e.
 La formation de la seconde liaison sigma C1-C2 est retardée par rapport à O-C3 avec
V (C1, C2), N = 1.83e.
 Pour le 4-ag-OMe, l'analyse ELF montre qu’il y a deux bassins disynaptiques V (C1, C2)
et V (O, C3) correspondant aux deux nouvelles liaisons C1-C2 et O-C3 avec une
population de N = 1.93e et N = 1.27e, respectivement.

Tableau- 18- Les populations des bassins calculés, N, correspondant à quelques points de
l’IRC TS2-OMe, I, II de la réaction CD13 de 1 avec 2-ag-OMe au niveau théorique M06L/6-
31G*.

V 1 et 2-ag TS2-OMe I II 4-ag-OMe


2-ag C1-N 3.79 1.74 1.73 1.73 2.58
N-O 1.24 0.87 0.87 0.86 1.22
O 2.89 2.61 2.69 2.63 6.07
N - 2.03 2.12 2.11 4.61
C1 - 2.1 2.09 2.09 -

C1-C2 - - 1.78 1.82 2.73


O-C3 - - - 1.11 1.98

1 C2-C3 1.82 2.04 2.08 2.07 2.72


C2 - - 2.09 2.09 2.09
C3 - - 2.09 2.09 2.09

L’analyse du tableau-18- montre que :

 Le 2-ag présente cinq bassins de valence V (C1, N), V (N, O), V(O), V(N), V(C1) où
V(C1-N) est le plus important N = 3.79e.
 Les bassins de valence les plus importants du composé 1 isolé, ceux de la double
liaison C2=C3, sont les deux bassins V (C2, C3) avec N = 1.82e.
 On note que TS2-OMe ne possède pas de bassin monosynaptique sur C2 et C3, ils
seront définis par la suite lors de la formation de la liaison σ.
C h a p i t r e II R é s u l t a t e t d i s c u s s i o n |59

 Pour l'étape I, on aura un changement dans la population d'électrons à cause de la


formation d'un bassin disynaptique V (C1, C2), N=1.78e qui correspond à la formation
de la 1ère liaison sigma C1-C2. Dans cette partie, Il est important de noter qu’un
nouveau bassin monosynaptique est créé sur les atomes C2 et C3 avec une
population électronique de 2.09e. La création de la deuxième liaison sigma O-C3 est
ralentie par rapport à C1-C2 avec V (O, C3), N = 1.11e, observée dans l'étape II.
 L’analyse ELF du produit 4-ag-OMe montre la présence de deux bassins
disynaptiques V (C1, C2) et V (O, C3) correspondant aux deux nouvelles liaisons C1-C2
et O-C3 avec une population de N = 2.73e et N = 1.98e, respectivement.
C h a p i t r e II R é s u l t a t s e t D i s c u s s i o n |60

Bibliographie chapitre II:


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[15] H. B. Schlegel, J. Comput. Chem. 3 (1982) 214
[16] K. B. Wiberg, Tetrahedron. 24 (1968) 1083.
[17] J. Fleming, Frontiers Orbitals and Organic Chemical Reactions, Wiley, London (1976).
[18] a) C. Sobhi, A. Khorief Nacereddine, A. Djerourou, M. Ríos-Gutiérrez, L. R. Domingo, J.
Phys. Org. Chem. 30 (2017) 3637.
b) L. R. Domingo, S. R. Emamian, Tetrahedron. 70 (2014) 1267.
[19] L. R. Domingo, J. A. Saéz, R. J. Zaragozá, M. Arnó, J. Org. Chem. 73 (2008) 8791.
[20] K. B. Wiberg, Tetrahedron. 24 (1968) 1083.
CONCLUSION GENERALE
Conclusion Générale |61

[Link] :

Dans ce travail, nous avons mené une étude théorique aux niveaux de calcul B3LYP/6-
31G* et M06L/6-31G* en phase gazeuse de la réaction CD13 du 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène
et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone à différents substituants R = (H, Me, et OMe).
Nous avons étudié le mécanisme, la stéréosélectivité et la régiosélectivité de la réaction
CD13 du 2-méthyl-1-nitroprop-1-ène et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone.

L’étude théorique a été menée en utilisant :

 L’analyse de la surface d’énergie potentielle (SEP) pour la prédiction du mécanisme


réactionnel.
 L’application des indices statiques de réactivité dérivant de la DFT conceptuelle pour
la prédiction des nouvelles liaisons formées.

Dans notre travail, nous avons utilisé :

 Le calcul des énergies HOMO/LUMO, potentiels chimiques électroniques µ,


électrophilies ω et des nucléophilies N globales.
 Le calcul des indices locaux de réactivité.

Dans ce travail, nous avons justifié théoriquement que :

 Cette cycloaddition suit un mécanisme asynchrone concerté en une seule étape


(one-step) à deux phases (two-stage) justifié par l'exploration de la SEP. Il
correspond à l'attaque nucléophile de l'atome C1 du dipolarophile (1) sur l’atome
d’oxygène O du dipôle (2-ag). Il montre aussi que le mode de cyclisation 4-ag-
endo (R = H, Me, et OMe) est le plus favorable.
 L’analyse des indices de réactivité des fragments et la faible différence
d’électrophilie entre les réactifs 1 et 2-ag montrent que la réaction en absence de
substituants, lorsque le R = H, est une réaction très faiblement polaire et la
Conclusion Générale |62

réaction en présence de substituants, R = Me et OMe, est une réaction polaire


pour les deux niveaux B3LYP/6-31G* et M06L/6-31G*.
 La comparaison entre les trois réactions de cycloaddition entre 1 et 2-ag (R = H, Me,
et OMe) montre que la présence de substituant augmente le caractère polaire de la
réaction.
 Le caractère nucléophile du dipôle est augmenté par la présence de substituant
électrodonneur (OMe).
 La prédiction de la régiosélectivité de cette réaction DC13 par le calcul des indices de
réactivité.
 L’analyse topologique ELF des populations électroniques justifie correctement le
mécanisme trouvé (one-step two-stage).
 Les résultats obtenus aux deux niveaux théoriques B3LYP/6-31G* et M06L/6-31G*
sont en bon accord mais pas dans le cas de l’analyse ELF car il y’a une contradiction
dans les résultats pour les deux méthodes.

Comme perspectives plausibles à ce travail, nous envisagerons d’utiliser les approches


théoriques de réactivité pour :
 Étudier la régiosélectivité, la stéréosélectivité de réactions cycloaddition [3+2] ou 1,3-
dipolaire d’intérêt chimique, biologique où la nitrone joue le rôle de dipôle.
 Étudier les effets de substituants sur le mécanisme des réactions CA13 et également
sur les problèmes de sélectivité (régio-, stéréo -, …).
 Faire l’étude de telles réactions en présence et en absence de substituants.
 Comparer les résultats obtenus des deux niveaux théoriques M06L/6-31G* et
B3LYP/6-31G*.
‫ﻣﻠﺨﺺ‬
M06L/6-31G* ‫ ﻭ‬B3LYP/6-31G* ‫ ﻗﻤﻨﺎ ﺑﺈﺟﺮﺍء ﺩﺭﺍﺳﺔ ﺣﺴﺎﺑﻴﺔ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﻤﺴﺘﻮﻳﻴﻦ ﺍﻟﻨﻈﺮﻳﻴﻦ‬،‫ﻓﻲ ﻫﺬﺍ ﺍﻟﻌﻤﻞ‬
((Z)-C-Aryl-N-phénylnitrone)‫(ﻣﻊ‬2-méthyl-1-nitropropène) ‫ ﺛﻨﺎﺋﻲ ﺍﻟﻘﻄﺐ ﻝ‬1,3 ‫ﻟﺘﻔﺎﻋﻼﺕ ﺍﻹﺿﺎﻓﺔ ﺍﻟﺤﻠﻘﻴﺔ‬
‫ﻓﻲ ﺣﻀﻮﺭ ﻭﻏﻴﺎﺏ ﺍﻟﻤﺴﺘﺒﺪﻻﺕﻣﻦ ﺃﺟﻞ ﺗﺒﻴﺎﻥ ﺗﺄﺛﻴﺮ ﺍﻟﻤﺴﺘﺒﺪﻝ ﺍﻟﻤﻮﺟﻮﺩ ﻓﻲ ﺍﻟﻘﻄﺐ ﻋﻠﻰ ﺍﻻﻧﺘﻘﺎﻟﻴﺔ ﺍﻟﻤﻮﺿﻌﻴﺔ ﻭ ﺍﻟﻔﺮﺍﻏﻴﺔ ﻭﻣﻦ‬
.‫ﺃﺟﻞ ﻓﻬﻢ ﺁﻟﻴﺔ ﻫﺬﺍ ﺍﻟﺘﻔﺎﻋﻞ‬
.‫ ﺍﻟﻤﺒﺪﺋﻴﺔ ﻭﻧﻈﺮﻳﺔ ﺍﻟﺤﺎﻟﺔ ﺍﻻﻧﺘﻘﺎﻟﻴﺔ‬DFT ‫ ﻗﻤﻨﺎ ﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎﻝ‬،‫ﻓﻲ ﻫﺬﻩ ﺍﻟﺪﺭﺍﺳﺔ‬

،‫ﺍﻟﻤﺒﺪﺋﻴﺔ‬DFT ،‫ ﺁﻟﻴﺔ ﺍﻟﺘﻔﺎﻋﻞ‬،‫ ﺍﻻﻧﺘﻘﺎﻟﻴﺔ ﺍﻟﻔﺮﺍﻏﻴﺔ‬،‫ ﺍﻻﻧﺘﻘﺎﻟﻴﺔ ﺍﻟﻤﻮﺿﻌﻴﺔ‬،‫ ﻧﻴﺘﺮﻭﻥ‬،[2+3] ‫ ﺍﻹﺿﺎﻓﺎﺕ ﺍﻟﺤﻠﻘﻴﺔ‬:‫ﻟﻤﻔﺘﺎﺣﻴﺔ‬
‫ﻟﻜﻠﻤﺎﺕ ﺍ‬
‫ﺍ‬
.ELF ‫ ﺣﺎﻟﺔ ﺍﻟﺘﻤﻮﺿﻊ ﺍﻻﻟﻜﺘﺮﻭﻧﻲ‬،‫ﻧﻈﺮﻳﺔ ﺍﻟﺤﺎﻟﺔ ﺍﻻﻧﺘﻘﺎﻟﻴﺔ‬

Résumé
Dans ce travail, une étude computationnelle au niveau théorique B3LYP/6-31G* et
M06L/6-31G* de la réaction de Cycloaddition dipolaire-1,3 entre le 2-méthyl-1-nitroprop-1-
ène et le (Z)-C-aryl-N-phénylnitrone a été effectuée en absence et en présence de
substituants pour mieux comprendre l’influence de substituants portés par le dipôle sur la
régiosélectivité, la stéréosélectivité, et de comprendre le mécanisme de cette réaction.
L’étude théorique a été menée à l’aide de la DFT conceptuelle et la théorie de l’état de
transition.

Mots-Clés : [3 + 2] cycloaddition ; Nitrone ; Régiosélectivité ; Stéréosélectivité ; Mécanisme


réactionnel ; DFT conceptuelle ; Théorie de l’état de transition ; Fonction de localisation
électronique ELF.
Abstract
In this work, a computational study at the B3LYP/6-31G* and the M06L/6-31G*
theoretical levels of the 1,3- dipolar cycloaddition reaction between 2-methyl-1-nitroprop-1-
ene and (Z)-C-aryl-N-phenylnitrones has been done in the absence and presence of
substituents in order to put in evidence the effect of the substituents present in the dipole
on regioselectivity, stereoselectivity, and to understand the mechanism of this reaction. The
theoretical study was performed by the conceptual DFT and the transition state theory.

Keywords : [3 + 2] cycloaddition ; Nitrone ; Regioselectivity ; Stereoselectivity; Reaction


mechanism ; Conceptual DFT; Transition state theory; Electron localization function ELF.

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