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Ce mémoire de fin d'études présente la caractérisation physico-chimique des boues de la station d'épuration de Sour el ghouzlane à Bouira, dans le cadre de l'obtention d'un diplôme de Master en Chimie. L'étude vise à explorer les possibilités de valorisation de ces boues dans divers domaines, en tenant compte des enjeux environnementaux liés à leur traitement. La recherche a été soutenue par un jury composé de plusieurs enseignants et a été réalisée en collaboration avec la station de traitement des effluents urbains.

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Ce mémoire de fin d'études présente la caractérisation physico-chimique des boues de la station d'épuration de Sour el ghouzlane à Bouira, dans le cadre de l'obtention d'un diplôme de Master en Chimie. L'étude vise à explorer les possibilités de valorisation de ces boues dans divers domaines, en tenant compte des enjeux environnementaux liés à leur traitement. La recherche a été soutenue par un jury composé de plusieurs enseignants et a été réalisée en collaboration avec la station de traitement des effluents urbains.

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On rdre........../F.S.S.A/UAMOB/2019

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE AKLI MOHAND OULHADJ-BOUIRA

Faculté des Sciences et des Sciences Appliquées


Département Chimie

Mémoire de fin d’études


Présenté par :
BOUDHANE Thiziri

En vue de l’obtention du diplôme de Master :

Filière : CHIMIE
Option : Chimie des matériaux

Thème :

Caractérisation physico-chimique des boues de la STEP de Sour el


ghouzlane Bouira (Contribution à une éventuelle valorisation dans divers
domaines)

Soutenu le: 20/10/ 2019

Devant le jury composé de :

Mme MANSOURI Sadia UAMOB Présidente


Mme TEDJANI Fatiha UAMOB Encadreur
Mme LANASRI Kahina UAMOB Examinatrice
Mr BOUDAA Amrane UAMOB Examinateur
Melle MENDIL Sabrina UMMTO Invitée

Année Universitaire 2018/2019


REMERCIEMENTS

Ce travail a été effectué au laboratoire de chimie de la faculté des sciences et des sciences
appliquées de l’Université de Bouira en collaboration avec la station de traitement des
effluents urbains (STEP) Sour el ghouzlane (Bouira).
Je remercie le bon Dieu miséricordieux et clément, qui m’a donné la volonté et le
courage pour mener ce modeste travail.
Mes remerciements les plus sincères s’adressent particulièrement à:
Mme TEDJANI. F, Maître a Assistants A à l’Université Akli Mohand OULHADJ de
Bouira, qu’elle trouve ici l’expression de ma profonde gratitude pour son suivi et ses précieux
conseils.
Mme MANSOURI. S, Maître de Conférences classe B à l’Université Akli Mohand
OULHADJ d’avoir accepté de présider ce jury.
Mr BOUDAA.A, et Mme K. LANASRI Maîtres Assistants classe A à l’Université de
Akli Mohand OULHADJ qui ont accepté d’examiner ce travail.
Mme MENDIL. S, Maître de Conférences classe B à l’Université de Mouloud
MAMMERI de Tizi-Ouzou d’avoir accepté l’invitation pour le jury de soutenance.
Mme GHOUALEM. H, Professeur à USTHB de m’avoir accueillis dans le Laboratoire
d’Electrochimie, Corrosion, Métallurgie et Chimie Minérale. Faculté de Chimie. Université
des Sciences Technologie Houari BOUMEDIENE Bab-Ezzouar, Alger pour effectuer mes
analyses par absorption atomique.
Mme ROUIBI. A, chef de département de la STEP Sour el ghouzlane (Bouira) ainsi
que tout le personnel de la STEP d’avoir été très aimable et serviable avec moi pendant la
durée de mon stage.
L’ensemble du personnel des laboratoires de chimie de l’Université de Bouira pour
leur soutien scientifique mais également pour leur bonne humeur au sein du laboratoire.
Enfin, que toutes les personnes qui, de prés ou de loin ont contribué à la réalisation de
ce travail trouvent ici le témoignage de mon estime.
DEDICACES

Je dédis ce travail à :
Mes très chers parents, qui n’onrt jamais cessé de me chérir et me soutenir durant
toutes mes années d’études. Je leur dis merci et que dieu vous garde.
Mes adorables sœurs Kahina, Mounira , Sihem, Nadjat et Dihia, qui m’ ont
encouragé et soutenu pendant tous le long de mes études.
À mes chers frères Taher, Tarik , Khaled, Salem et Ilyes.
Mon fiancé et sa famille.
Tous mes camardes de la section de chimie 2018/2019, pour leur présence effective.

Thiziri
Liste des figures

Figure.I.1 : Station d’épuration à boues activées................................................................ 03


Figure.I.2 : Schéma de la composition principale du lit de séchage..................................... 12
Figure. I.3 : Filières de traitement des boues d’épuration....................................................... 16
Figure.II.1 : Présentation de la STEP de Sour el ghozlane................................................... 18
Figure.II. 2 : Schéma du processus de traitement des eaux usées dans la STEP de Sour el
ghouzelane .................................................................................................... 19

Figure.II.3 : Image représentatives des lieus de prélèvement des boues............................ 20


Figure. II.4 : Image représentatives des formes des boues prélevées.................................. 20
Figure. II. 5 : Aspect visuel des bouesdu lit de séchage sécheés calcinées............................ 22
Figure. II. 6 : Aspect visuel des bouesdu déshydratées sécheés calcinées............................. 22
Figure. III.1 : Spestre infrarouge des boues du lit de séchage................................................. 34
Figure .III.2 : Spestre infrarouge des boues déshydraté ........................................................ 34
Liste des tableaux

Tableau .I.1 : Composition générale des boues d’épuration .................................................... 05


Tableau .I.2 : Consistance des boues........................................................................................ 07
Tableau .III.1 : Résultats des analyses physico-chimique des boues........................................... 28
Tableau .III.2 : Concentrations en métaux lourds des boues fraiches et des boues de lit du
séchage ......................................................................................................................................... 30
Tableau III.3 : Teneurs et flux des éléments traces métalliques pour boues et pour solsRéf….. 30
Tableau . III.4 : Résultats de la perte au feu des boues incinérées à différentes températures… 32
Tableaun.III.5 : Mesures des masses volumiques et des porosités des boues ............................ 32
Liste des Abréviations
BLS Boue du lit de séchage
C Carbone
CE Conductivité
Cd Cadmium
CO2 Dioxyde de Carbone
°C Degré Celsius
Cu Cuivre
EH Equivalant Habitant
ETM Eléments Traces – Métalliques
H Hydrogène
H( Humidité
H2O Molécule d’eau
HPA Hydrocarbures polycycliques aromatiques
FV Fraction volatile
IR Spectroscopie Infrarouge
MES Matières en suspension
Mg/kg Milligramme par kilogramme
MO Matière Organique
MS Matière Sèche
N Azote
Ni Nickel
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONA Office Nationale de l’Assainissement
P Phosphore
PAF Perte au feu
Pb Pbomb
PCB Polychlorobiphényles
pH Potentiel d’Hydrogène
S Siccité
STEP Station d’épuration des eaux usées
°T Température
ρr Masse volumique réelle
ρa Masse volumique apparente
Ɛ Porosités
Zn Zinc
% Pour 100
Sommaire
Sommaire
Remercîment
Dédicace
Sommaire
Liste des figures
Liste des tableaux
Introduction générale………………………………………………………. 01
Chapitre I : Etude bibliographique
I.1. Introduction………………………………………………..…………….. 02
I.2. Production d'une boue de station d'épuration……………..…………….. 02
I.2.1.Production des boues…………………………………………………… 03
I.2.1.1. Prétraitement ……………………………………………………….. 03
I.2.1.2. Traitements primaires ………………………………………………. 03
I.2.1.3. Traitements secondaires……………………………………………… 04
I.2.1.4. Procédés de traitement des eaux usées ………………………………. 04
1.3. Boues résiduaires……………………………………………………….. 04
I.3.1. Définition des boues………………………………………………….. 04
I.3.2.Composition des boues résiduaires……………………………………. 04
I.3.3. Différents types de boues ……………………………………………… 05
I.3.3. 1.Les boues industrielles ……………………………………………….. 05
I.3.3. 2.Les boues primaires…………………………………………………. 05
I.3.3. 3.Les boues biologiques ou secondaires ……………………………… 05
I.3.3. 4.Les boues physico-chimiques ……………………………………….. 06
I.4. Caractéristiques des boues ………………………………………………. 06
I.4.1.Caractéristiques chimico-physiques des boues ………………………. 06
I.4.1.1.Matière sèche MS et siccité S ……………………………………….. 06
I.4.1.2. Matières en suspension (MES) ……………………………………… 06
I.4.1.3. Indice de boue SVI (Sludge Volume Index) ………………………… 06
I.4.1.4.Fraction volatile FV (en % des MS) ………………………………….. 06
I.4.1.5. Consistance…………………………………………………………. 07
I.4.2.Caractéristiques biologiques des boues ………………………………. 07
I.4.2.1.Bactéries ………………………………………………………………. 07
I.4.2.2.Virus …………………………………………………………………… 07
I.4.2.3. Parasites……………………………………………………………….. 08
I.4.2.4. Micropolluante ……………………………………………………….. 08
I.4.3.Composition des matières organiques …………………………………. 08
I.4.4.Composition des matières minérales ……………………………………. 08
I.5. Différentes filières de traitement des boues………………………………. 08
I.5.1.Epaississement …………………………………………….……………. 08
I.5.1.1.Epaississement gravitaire (la décantation) ………………..…………… 08
I.5.1.2.Epaississement dynamique ……………………………………………. 09
I.5.2. stabilisation des boues …………………………………………………. 09
I.5.2. 1. Par digestion anaérobie ………………………………………………. 09
I.5.2. 2. Par digestion aérobie …………………………………………………. 09
I.5.3. Déshydratation ………………………………………………………… 10
I.5.3.1.Déshydratation mécanique ..................................................................... 10
I.5.3.2. Déshydratation naturelle ……………………………………………… 11
I.6. Mise en décharge contrôlée………………………………………………. 12
I.7. Incinération ……………………………………………………………… 12

I.7.1.Incinération des boues seules ou incinération spécifique……………….. 13


I.7.2. Co-incinération avec ordures ménagères……………………………… 13
I.7.2.1. Injection directe dans le four ………………………………………… 13
I.7.2.2. Incinération en mélange avec les ordures ménagères ………………… 13
I.8. Valorisation des boues…………………………………………………….. 14
I.8. 1. Valorisation organique………………………………………………….. 14
I.8.2. Valorisation agronomique ……………………………………………… 15
1.8.3. Utilisation agricole des boues………………………………………… 15
I.9.Conclusion…………………………………………………………………. 16
Chapitre II :Matériels et méthodes
II.1. Introduction……………………………………………………………… 17
II.2. Problématiques…………………………………………………………… 17
II.3.Station d’épuration de Sour et ghouzlane………………………………… 18
II.3.1. Présentation du milieu d’étude ………………………………………. 18
II.4.Principe de fonctionnement………………………………………………. 19
II.5. Échantillonnage (point, méthode et matériels de prélèvement)………….. 20
II.6.Préparation des échantillons aux analyses………………………………. 20
II.7. Caractérisation physico-chimique des boues…………………………….. 23
II.7.1. Caractérisation physique……………………………………………….. 23
II.7.1.1. Détermination du pH ………………………………………………… 23
II.7.1.2. Détermination de la conductivité électrique (CE) …………………. 23
II.7.1.3. Calcul d’humidité et/ou siccité (NF ISO 11465)…………………….. 23
II.7.1.4. Teneur en matière sèche (MS) et en eau…………………………… 24
II.7.2. Caractérisation chimique………………………………………………. 25
II.7.2. 1. Détermination du taux de la matière organique…………………… 25
II.7.2. 2.Analyses chimiques en éléments traces métalliques(ETM)…………. 25
II.7.2. 3. Analyses spectrales………………………………………………….. 26

II.8. Détermination de la perte au feu (PAF)………………………………. 27


CHAPITRE III : Résultats et discussions
III.1. Introduction……………………………………………………………… 28
III.2.Résultats des analyses physico-chimiques ………………………………. 28
III. 3. Résultats des analyses des éléments traces métalliques………………… 29
III.4.Etude de la valorisation agriculture des boues de la station d’épuration
Sour el ghouzlane……………………………………………………………… 31
III.5. Perte au feu de la boue fraiche et de la boue de lit de séchage…………. 31
III.6. Masses volumiques apparentes, masses volumiques réelles et porosités.. 32
III.7. Analyse des cendres par Spectrométrie Infrarouge à transformée de
Fourier(IR)…………………………………………………………………….. 33
III. 7. Conclusion ……………………………………………………………… 35
Conclusion générale …………………………………………………………... 36
Annexe
Introduction générale
Introduction générale

Les eaux usées contiennent divers polluants organiques et inorganiques. Leur rejet
direct dans la nature sans traitement s'avère très néfaste sur l'environnement et l'homme
d’où l'importance de leur traitement.
En Algérie, il existe plus d’une centaine de STEP dont une soixantaine « dites
urbaines » consacrées aux eaux usées domestiques. Les autres étant installées dans les unités
industrielles. Le besoin d’épurer les eaux usées ira en s’accroissant en Algérie et dans les
autres pays, en raison de la démographie et de la consommation accrue des zones urbaines
et industrielles.
La station d'épuration des eaux usées de Sour el ghouzlane (Bouira), traite tout type
d'eau usée (domestique, Agricole, industrielle). A la sortie de STEP l’eau épurée, jeté dans
le milieu naturel, est accompagnée par une production de quantités non négligeables de boues
dont il faut s'en débarrasser, ainsi la STEP à choisie de les éliminer en les mettant en
décharge.
La mise en décharge s'avère une technique peu valorisante et légalement interdite dans
de nombreux pays (directive 1999/31/CE). L'incinération des boues a un coût prohibitif
et présente un risque lié à l’impact de gaz toxiques sur l’environnement tel que celui de la
dioxine (ADEME, 1999, Gao. Ningbo, 2014). La valorisation énergétique et agricole des
boues sont des techniques vertes permettant de transformer les boues considérées des déchets
à un produit de valeur tout en minimisant la pollution.
La présente étude a pour objectif de caractériser et d'étudier la possibilité de convertir
les boues en combustibles propre qui répondent aux exigences énergétiques
et environnementales ainsi que l'étude des caractéristiques et de la valorisation des cendres
issues de la combustion.
Notre étude est divisée en deux parties principales ; partie théorique et partie
expérimentale.
- Le Premier chapitre présente des généralités sur les boues : leurs origines, leurs principes de
la réglementation, leurs filières de traitement et leurs domaines de valorisation.

Partie Expérimentale est consacrée pour les différents résultats d’analyse et ces
interprétations :

Deuxième chapitre décrit les différentes technique expérimentales et les moyens utilise pour
l’ensemble des expériences effectués et consacré à la discussion des résultats physico-
chimique et celles obtenus après l’incinération.

1
Chapitre I :
Synthèse bibliographique
Chapitre I Etude bibliographique

I.1. Introduction
Le parc des stations d’épuration d’eaux usées urbaines en Algérie est constitué
essentiellement de procédés d’épuration à (boues activées), et à un degré moindre «
lagunage naturel ». Ce dernier produit des boues, avec assez longs 5 à 10 ans qui ne
nécessite pas la gestion de ces boues au niveau de la station. Le procédé à boues
activées produit des boues de manière régulière (Journalière) qui oblige leur gestion sur
le site de la station avant destination finale (A. Guy, 2003).
De cette contrainte est née la filière de traitement des boues en parallèle avec
celle de l’eau pour une meilleure maîtrise de ce sous-produit.
Les procédés de traitement des boues existants au niveau des stations d’épuration
dépendent de l’origine et de la nature des boues produites par ces stations. Ainsi
les stations à moyenne charge sont dotées de procédé de stabilisation et celles à faible
charge produisent des boues ayant été déjà stabilisées au niveau de la filière
de traitement de l’eau (ONA, 2004). De par sa vocation, sa raison d’être une station
d’épuration existe pour protéger le milieu environnant notamment la ressource
hydrique. On a souvent tendance à confondre entre le rôle principal et les rôles
secondaires d’une station d’épuration.
Nous insistons pour dire que la protection de la ressource hydrique est le rôle
principal de la station à savoir eau souterraine, eau de surface, et eau de baignade (zone
côtière). Les rôles secondaires restent bien entendu la réutilisation des eaux épurées en
agriculture et à usage industriel ainsi que la valorisation des boues produites en
agriculture (ONA 2004).
I.2. Production d'une boue de station d'épuration
L'épuration des eaux usées, qu'elles soient d'origine domestique, pluviale,
industrielle et agricultures ou qu'elles correspondent à des matières de vidange, aboutit
à la production de boues. Ces dernières sont ensuite traitées en fonction de leur
destination finale.
Il convient de distinguer les eaux usées urbaines qui sont formées par les rejets
des eaux domestiques aux quelles peuvent s’ajouter les eaux usées d’ensembles
collectifs (aéroports, écoles, campings, parkings) et celles d’activités artisanales
et commerciales (cabinets médicaux, cabinets dentaires, ateliers photo… etc).
Les eaux usées industrielles ont des compositions très variables selon le type
d’industrie (agro-alimentaire, chimique, métallurgique, etc.), selon le degré de recyclage
des produits et de l’eau, et selon le cycle de fabrication.

2
Chapitre I Etude bibliographique

Les eaux usées agricole proviennent des terres cultivées après lessivages
et ruissellement. Ces eaux sont riches en éléments fertilisants (D.D. Mara, 1980).

I.2.1.Production des boues


L’épuration des eaux usées passe par différentes étapes. La figure I.1 donne
le schéma de fonctionnement d’une station d’épuration à boues activées.

Figure I.1 : Station d’épuration à boues activées


Source : http://www.ademe.fr/partenaires/Boues/Pages/f14.htm
I.2.1.1. Prétraitement
Elle permet d’éliminer les éléments solides les plus grossiers par des procédés
physiques tels que la sédimentation, la flottaison, le tamisage. On élimine ainsi les
feuilles, les morceaux de papier de plastique, les graisses, et le sable.
Les sous-produits de ces opérations de prétraitement seront traités comme des déchets.
Au terme de cette phase, il reste des polluants dissous et des matières en suspension.
Une deuxième phase d’épuration va ensuite permettre de les éliminer ou de les réduire.
I.2.1.2. Traitements primaires
Ils vont permettre la décantation des matières en suspension, par des
processus de décantation simple, des traitements physico-chimiques ajoutant des agents
coagulants ou floculant etc. Les boues ainsi obtenues sont des boues fraîches, non
stabilisées, elles sont fermentescibles et sont donc instables.

3
Chapitre I Etude bibliographique

I.2.1.3. Traitements secondaires


Il s’agit de clarification par traitements biologiques. Ils consistent à extraire les
matières organiques dissoutes dans les eaux usées. On utilise des micro-organismes qui
vont se nourrir de ces substances dissoutes.
I.2.1.4. Procédés de traitement des eaux usées
Ils existent plusieurs procédés de traitement des eaux usées tel que le lagunage
naturel, les procédés biologiques à culture libre avec les boues activées, les procédés
biologiques à culture fixées ou bio filtre et à lits bactériens.
Les boues ainsi obtenues vont ensuite être traitées en vue de leur utilisation :
par un traitement tertiaire comprenant des étapes de filtration, désinfection etc.
par des traitements complémentaires modifiant les caractéristiques des boues,
permettant une désodorisation etc (C. Chassande, 2000).
1.3. Boues résiduaires
I.3.1. Définition des boues
Les boues se situent à la frontière des domaines respectifs des déchets solides
et des eaux résiduaires. On les assimile généralement à des déchets solides. Ce sont des
mélanges de solides et de liquide (l’eau dans la plupart des cas), dont la fraction solide
est constituée de fines particules (de la fraction de micromètre à quelques millimètres
(ADEME, 2001, A. Damien, 2013).
I.3.2.Composition des boues résiduaires
La composition des boues varie selon l'origine des eaux usées, la période
del’année, du type de traitement et de conditionnement pratiqué au sein de la station
d’épuration. Elles représentent un réservoir important de matière première composée de
différents éléments organiques et inorganiques (éléments fertilisants N, P.., éléments en
traces métalliques). En plus de ces éléments valorisables, on trouve dans des boues des
composés toxiques comme les éléments traces métalliques (ETM), des micropolluants
organiques (Hydrocarbures Polycycliques Aromatiques (HPA) et les
Polychlorobiphényles (PCB)) et des agents pathogènes (micro-organismes pathogènes,
parasites…etc.) en relation avec la nature des activités raccordées au réseau
d’assainissement.

4
Chapitre I Etude bibliographique

Le tableau (I.1) indique le pourcentage des éléments fertilisants ainsi que lepourcentage
de la matière organique contenue dans les boues.
Tableau I.1 : Composition générale des boues d’épuration (Ademe, 1999).
Matière sèche (MS) 2 à 95 % selon la siccité
Matière organique 50 à 70 de la MS (30% si boues chaulées)

Azote (N) 3-9 % de la MS


Phosphore (P) 4- 6 % de la MS
Potasse (KOH) < 1 % de la MS
Magnésie (Mg) < 1 % de la MS
Chaux (CaO) 4 à 8 % de la MS (25% si boues chaulées)

I.3.3. Différents types de boues


Au cours des traitements primaires et secondaires des boues sont produites, elles
sont classées en trois grandes catégories de boues urbaines (figure I.1) qui différent par
une grande hétérogénéité, de nature et de composition.
I.3.3. 1.Les boues industrielles
C’est l’ensemble de déchets liquides, pâteux ou solides sortant du site de
production (S. Salhi, 2003).
I.3.3. 2.Les boues primaires
Elles sont obtenues par simple décantation d’un résidu insoluble. Ces boues
correspondent à la pollution particulaire directement décantables. Elles sont produites
par les industries de la cellulose, les industries de traitement des métaux et des
industries agroalimentaires générant des déchets fibreux (Ademe, 1999).
I.3.3. 3.Les boues biologiques ou secondaires
Ce sont les boues issues du traitement biologique des eaux usées. Elles sont
issues des purges en sortie des bassins d’aération et sont également appelées boues en
excès.
Elles sont essentiellement constituées de bactéries et sont très organiques et peu
concentrées (M. Murillo 2004).
Les boues mixtes
C’est le mélange des boues biologiques et les boues primaires.
Ce mélange est généralement réalisé avant la stabilisation de la boue ( Ademe, 1999).

5
Chapitre I Etude bibliographique

Les boues d’aération prolongées


Ces boues existent au niveau des STEP sans décantation primaire. Elles
sont moins organiques et donc produisent moins de nuisances ultérieures.
I.3.3. 4.Les boues physico-chimiques
Elles sont générées par l’ajout d’un réactif injecté soit en tête de traitement, soit
en traitement de finition. On retrouve souvent dans ces boues des hydroxydes et des
métaux dans le cas des industries de traitement de surface. Ces boues peuvent donc
présenter certaines similitudes avec des boues d’eau potable (Ademe, 2001).
I.4. Caractéristiques des boues
I.4.1.Caractéristiques chimico-physiques des boues
I.4.1.1.Matière sèche MS et siccité S
Le paramètre principal de la définition de filière et surtout un des plus
faciles à mesurer MS. Rapporté à la masse totale de boue, on l’exprimera en fraction
massique S qui correspond à la siccité. Il permet de connaître la quantité de boue
à traiter, quel que soit son niveau de concentration dans la filière de traitement
(R.A.Kormanik, 1972).
I.4.1.2. Matières en suspension (MES)
Les MS sont faciles à déterminer sur les phases concentrées, il n’en va pas de
même sur les phases clarifiées où la procédure de mesure des MES par filtration sur
membrane est plus appropriée.
Afin d’écrire un bilan matière rigoureux soit en MS, soit en MES sur une opération de
séparation de phase (qui ne sépare que les MES) (E. Jerde, 2002), on reliera les deux
paramètres par la relation expérimentale suivante :

MES = MS – [substances organiques et minérales dissoutes]

I.4.1.3. Indice de boue SVI (Sludge Volume Index)


Il caractérise l’aptitude à la décantation, et donc ultérieurement
à l’épaississement puis à la déshydratation d’une boue issue d’un traitement biologique.
Il est à relier indirectement aux MS et MV. (H. Amadou, 2007).
I.4.1.4.Fraction volatile FV (en % des MS)
Le rapport des matières volatiles MV sur les matières sèchesMS.Elle donne
une précieuse indication sur le degré de stabilisation de la boue, et son aptitude à divers
traitements (déshydratation, incinération…) (A. Dudkowski, 2000).

6
Chapitre I Etude bibliographique

I.4.1.5. Consistance
La consistance de la boue est un critère essentiel pour le stockage,
l'homogénéisation, la manutention et l'enfouissement. Elle est liée à son état physique
(S. Karoune, 2008). Quatre états physiques sont généralement définis en tenant compte
de la siccité (tableau I.2).
Tableau I.2 : Consistance des boues (C.T.E.S, 2010)
Type de boues Taux de siccité %
Liquides De 3 à 10
Pâteuses De 10 à 25
Solides >30
Sèches De 85 à 95

I.4.2.Caractéristiques biologiques des boues


Les boues résiduaires contiennent une grande quantité de micro-organismes
(virus, bactéries et parasites). Ils sont éliminés de l’eau avec les boues qui décantent.
La concentration de pathogènes peut être réduite significativement par les procédés de
traitement des boues, comme la digestion anaérobie, aérobie et le compostage (C.
Tauzin, 1986).
I.4.2.1.Bactéries
On dénombre de différents types de bactéries dans les boues, une partie de celles-
ci est d’origine fécale et porteuse de germe. Elles peuvent donc être pathogènes. On les
classé en quatre familles:
-Aérobies strictes qui développent qu’en présence d’air, elles sont nombreuses
dans les boues activées.
-Aérobies facultatives qui peuvent se dévloppent en anaérobiose par
consommation de l’oxygène contenue dans la matière organique (aéromonase).
-Anaérobies facultatives qui peuvent supporte la présence de l’air mais ne se
développement que grâce à des processus anaérobies (lactobacillus).
-Anaérobies stricte dont le développement ne s’effectue qu’en anaérobiose
(clostridum).
I.4.2.2.Virus
On trouve des entérovirus, des adénovirus adsorbés sur la matière organique solide
des boues dans une proportion non négligeable environ 30% des échantillons de boues.

7
Chapitre I Etude bibliographique

Leur élimination n’est pas facile selon l’utilisation ultérieure des boues, il faut s’en
préoccuper (C. Tauzin, 1986).
I.4.2.3. Parasites
On trouve de très nombreux parasites dans les boues d’origine fécale ou tellurique,
ce sont des œufs d’ascaris.
I.4.2.4. Micropolluante
Les bous contiennent, en faible quantité de nombreux produits qui peuvent être
toxiques pour les plantes qui présentent des inconvénients ou même des dangers pour
l’homme par l’intermédiaire des plantes.
I.4.3.Composition des matières organiques
Les boues sont constituées de matière organique complexe non dégradée.
La matière organique est principalement constituée de quatre grandes familles : les
protéines (acide aminé), les lipides (méthanol), les carbohydrates (glucose) et les acides
gras.
I.4.4.Composition des matières minérales
Il s’agit essentiellement de ce qu’on nomme des métaux lourds, qui ont été très
largement étudié en laboratoire et sur le terrain pour leur rôle dans le développement des
cultures irriguées par des boues liquides ou par des boues sèches.
I.5. Différentes filières de traitement des boues
Le traitement des boues est défini comme l’ensemble des opérations visant
à modifier les caractéristiques des boues en excès afin de rendre leur destination finale.
I.5.1.Epaississement
L’objectif de cette étape est de réduire la quantité d’eau pour diminuer le volume
des boues pour les étapes suivantes de traitement. Très souvent l’épaississement
est réalisé par des moyens physiques tels la flottation, la centrifugation ou la mise dans
des bassins pour une simple traitement.
Il existe deux types d’épaississement :
Epaississement gravitaire
Epaississement dynamique

I.5.1.1.Epaississement gravitaire (la décantation)


Cette technique est la plus utilisée pour la concentration des boues, elle est très
répandue dans les grandes stations (10 000 - 100 000 EH). Une hauteur de 3,5 à 4m

8
Chapitre I Etude bibliographique

est préconisée pour le bassin de décantation, en tenant compte du volume de stockage,


afin de faciliter le tassement de la boue. La siccité des boues à la sortie de ce procédé
varie de 2 à 10% selon la nature des boues traitées.
Ce procédé est peu coûteux (consommation énergétique de l’ordre de 1 à 7 kWh/t
MS) et d’exploitation simple mais de faible performance sur les boues biologiques
(boues très fermentescibles) avec une siccité seulement de 1,5 - 2,5%. De plus, la mise
en place la boue nécessite une surface et un volume très importants. Le temps de séjour
des boues dans l’épaississeur est d’environ 48h. La performance est variable selon
la nature des boues : pour les boues primaire, 40 - 80kg de MS/m²/jour.
I.5.1.2.Epaississement dynamique
Au classique épaississement par décantation statique sont venues
s’ajouter, depuis quelques années, trois techniques d’épaississement dynamiques qui, en
particulier avec les boues légères , permettent d’obtenir des meilleurs taux
d’épaississement au prix. Il est d’une plus forte dépense d’énergie électrique
et éventuellement de réactifs floculant. Il s’agit de la flottation, de la décantation
et centrifuge, plus récemment, des grilles et tamis d’égouttage.
I.5.2. stabilisation des boues
Elle vise la neutralisation des matières organiques susceptible de subir des
phénomènes de fermentation. Quand la composition des boues reste constante au cours
du temps, celles-ci sont alors dites stabilisées. La stabilisation des boues peut être
biologique aérobie ou anaérobie ou chimique (O, I, E. 2001).
Elle permet d’éliminer 20 à 50% de la matière organique et peut se faire :
I.5.2. 1. Par digestion anaérobie
A lieu dans le digesteur où la matière organique subit une transformation en
dioxyde de carbone et en méthane avec également une production d’ammoniac
(M. Merciecca, 1984).

C5H7O2N (MV bio-degradable) + 3H2O →5/2 CO2 +5/2 CH4 + NH3

I.5.2. 2. Par digestion aérobie


C’est une transformation de la matière organique par oxydation
en milieu aérobie avec dégagement de chaleur et production de dioxyde de carbone.

9
Chapitre I Etude bibliographique

Pour cela les boues séjournent dans des bassins dites stabilisent (M. Merciecca, 1984).

C5H7O2N + 5O2 → 5CO2 + 2H2O+ NH3

I.5.3. Déshydratation
La déshydratation est une étape du traitement des boues faisant passer les boues
de l’état liquide à un état solide.
Elle permet de diminuer la teneur en eau des boues, et d'atteindre en sortie une
siccité allant de 15 à 40%, variable selon la filière de traitement des eaux, la nature des
boues et la technique de déshydratation utilisée. Elle s’opère sur un mélange de
boues primaires, secondaires voire tertiaires.
Il existe deux types de déshydratation des boues (G. Antonini, 2000) :
La déshydratation mécanique
La déshydratation naturelle
I.5.3.1. Déshydratation mécanique
Dans les stations d’épuration, l’étape de traitement finale des boues est leur
déshydratation mécanique afin d’éliminer un maximum d’eau. Une teneur en matières
sèches située entre 15 et 35% est obtenue, ce qui signifie que les boues contiennent
encore jusqu’à 85% d’eau. Il est donc impératif d’optimiser cette étape afin d’assurer
la plus grande élimination possible d’eau.
Le procédé de déshydratation généralement utilisés des bandes presseuses, le filtre
presse et la centrifugeuse.
a. Filtre à bandes presseuses
C’est la filtration sous pression progressive, de 0,3 à 1 bar. On comprime la boue
au moyen de rouleaux entre une bande filtrante et une bande pressante.
Le processus comporte les étapes suivantes :
– floculation avec des poly-électrolytes ;
– égouttage sur un support filtrant de l’eau interstitielle libérée ;
– pressage de la boue drainée, entre deux toiles qui la compriment
progressivement.
b. Filtre
C’est un appareil qui permet de filtrer des boues en chambre étanche sous
pression de l’ordre de 5 à 15 bars .Il fonctionne en discontinu.

10
Chapitre I Etude bibliographique

c. Centrifugeuse
Elle peut être assimilée à une sédimentation accélérée. La centrifugation
est précédée d’un conditionnement à l’aide de polymères de synthèse aboutissant à une
boue floculée.
I.5.3.2. Déshydratation naturelle
Le système consiste à sécher les boues à l’air libre sur des lits de séchage
drainés.
Lit de séchage
On utilise les lits de séchage pour des boues très minéralisées issues
d’une station d’épuration totale ou d’un dispositif de digestion des boues.
On introduit la boue dans des bassins peu profonds contenant des graviers et de sable
munis d’un système de drainage, la déshydratation naturelle des boues s’opère en faits
de deux façons (O.N.A 2004).

-Filtration naturelle à travers le lit : perte jusqu’à 80% de la teneur en eau.


Evaporation naturelle (Séchage atmosphérique)

-Le lit de séchage est composé de plusieurs couches

-Une couche supérieure de sable de 5 à 10 cm. (calibre 0,5 à 15 mm). -Une couche
intermédiaire de gravier fin de 10 cm (calibre 5 à 15 mm).

-Une couche inférieure de gros graviers de 20 cm. (calibre 10 à 40 mm).

-Les matériaux reposant sur un sol imperméabilisé et nivelé.

11
Chapitre I Etude bibliographique

-Des grains en ciment ou en plastique sont disposés avec une légère pente sur la couche
de base.

La figure I.2 donne la composition principale du lit de séchage.

Figure I.2: Schéma de la composition principale du lit de séchage


I.6. Mise en décharge contrôlée
La mise en décharge contrôlée consiste en un enfouissement des boues (souvent
mélangées avec les ordures ménagères) en tenant compte de certaines conditions telles
que compactage des résidus, site étanche, récupération et traitement des jus de
décharges (lixiviats), équipement et gestion du site (S. Amir, 2001). Les boues doivent
être préalablement stabilisées et déshydratées (humidité maximale de 70 %).
Cette solution a perdu progressivement de son intérêt et se retrouve actuellement
interdite pour des raisons financières (procédure de fermeture …) et pour des problèmes
environnementaux tels que les odeurs nauséabondes, pullulation de moustiques,
entraînement d’éléments fertilisants (nitrates, phosphates) et de produits toxiques par les
eaux superficielles et contamination des nappes d'eaux souterraines (Looser et al, 1999;
Kjeldsen et al, 2002). Les décharges ne doivent plus accepter que des déchets qui ne
peuvent plus être raisonnablement valorisés ou à caractère non dépolluables ou
dangereux appelés aussi déchets ultimes (A. Bouamrane, 2014). La directive
européenne du 26 avril 1999 impose une diminution d'au moins 65 % de la quantité de
déchets organiques.
I.7. Incinération
L’incinération est une oxydation thermique complète de la matière organique qui
consiste à brûler les boues dans une chambre (incinérateur) à haute température (plus
de 500°C) des boues avec un apport suffisant d’oxygène. Il en résulte de la fumée qui se

12
Chapitre I Etude bibliographique

dégage et de la matière minérale résiduelle restante nommée « cendre » ou « résidu ».


Bien que l’incinération reste un investissement coûteux, ce procédé présente de
nombreux avantages. Elle permet non seulement d’écarter les boues de la chaine
alimentaire mais aussi de réduire leur volume et de réutiliser aussi bien les vapeurs
dégagées que les résidus résultants. Compte tenu de l’interdiction de la mise en
décharge qui commence à se propager dans plusieurs pays dans le monde et de
l’épandage agricole. Il semble que l’incinération est la voie de transformation et de
recyclage la plus attrayante à moyen et à long terme (Simons, 1994).
I.7.1.Incinération des boues seules ou incinération spécifique
Bien qu’elle puisse se faire dan des fours tubulaires rotatifs ou des
fours à soles étagées, l’incinération des boues seules se pratique le plus couramment
dans des fours à lit fluidisé. Afin d’atteindre le seuil d’auto-combustibilité, les boues
sont préalablement séchées soit par un apport extérieur d’énergie, soit par récupération
de chaleur sur les gaz chauds émis par la chambre de combustion (A.B.D. Ramdani,
2011).
I.7.2. Co-incinération avec ordures ménagères
Cette méthode, bien que délicate à mettre en œuvre, est adaptable à la majorité
des fours d’incinération des ordures ménagères existants. Il existe deux possibilités de
co-incinération :
I.7.2.1. Injection directe dans le four
Les boues sont injectées dans la chambre de combustion en proportion
adaptée au pouvoir calorifique des ordures ménagères (environ 15 à 20% du poids des
ordures pour des boues à une siccité de 12 à 40%). Il n’y a pas d’influence sur
la capacité thermique du four et la qualité des mâchefers est identique. Cette méthode
est généralement contraignante vis-à-vis de l'exploitation mais présente l'avantage
d'utiliser des boues peu déshydratées (diminution des coûts de conditionnement).
I.7.2.2. Incinération en mélange avec les ordures ménagères
Les boues sont préalablement déshydratées afin d’avoir les mêmes
caractéristiques, en termes de combustion, que les ordures ménagères (la siccité des
boues doit être d’environ 65%). Dans ce cas la déshydratation pourra être effectuée dans
un sécheur dont l’énergie est issue de la chaleur de la chambre de combustion (le
conditionnement des boues en station ne nécessite donc pas de frais de déshydratation
trop élevés). Cette pratique est couramment employée car elle permet la récupération de
chaleur du four et n’entraîne pas de difficulté d’exploitation. Elle est par ailleurs simple

13
Chapitre I Etude bibliographique

à adapter à des fours existants ou en projet puisqu'il n’y a pas de modification de


fonctionnement du four lui-même.
I.8. Valorisation des boues
La valorisation des boues de stations d'épuration des eaux usées est devenue une
préoccupation du monde entier, vue l'augmentation de leur production et leur
composition diversifiée qui leur révèlent un intérêt économique et environnementale
important. Cette valorisation permet de faire passer les boues de STEP d'un statut de
"déchet" au statut de "produit". Elle est donc une nécessité primordiale pour
la protection de l'environnement.

I.8. 1. Valorisation organique


a. L'épandage
L'épandage des boues d'épuration consiste leur utilisation comme des
éléments nutritifs, sur les sols inertes, érodés ou faiblement végétalistes à l'aide de
matériel approprié.
L'épandage des boues d'épuration reste une pratique courante. Cette technique
est recommandée pour permettre la réhabilitation des sites stériles tels que les décharges
et les carrières. L'aménagement des espaces verts urbains est aussi envisageable.
L’épandage des boues présente des avantages agronomiques vu sa composition
en éléments fertilisants (N et P), ainsi elles sont disponibles selon les besoins (besoin de
stockage), faciles à utiliser et rentable en comparaison avec l'utilisation d'engrais
minéraux de commerciaux.
Malgré les intérêts qu’elle présente, cette valorisation a des limites. Elle
est assez mal acceptée quand la présence des ETM, des CTO et les germes pathogènes
dans les boues dépassent certaines valeurs.
b .Le compostage des boues
Le compostage est un procédé de stabilisation de la matière organique
avant qu'il soit un procédé de valorisation organique produisant un compost. Il présente
plusieurs avantages par rapport à l'épandage :
Réduction du volume des boues et de leur teneur en eau ;
Réduction des odeurs ;
Meilleure maniabilité (meilleure structure que les boues non compostées) ;
Stabilisation et hygiénisation naturelles sans additifs chimiques ;
Plus grand intérêt agronomique (une grande quantité d'humus riche en éléments

14
Chapitre I Etude bibliographique

fertilisants).
Le compostage des boues nécessite leur mélange avec des déchets verts qui
permettent une meilleure structuration et aération du produit final, et cela vue leur
rapport très faible carbone/azote (C/N) et l'absence d'éléments structurants.
L’utilisation du compost fournit aux végétaux un support aéré, un réservoir d’eau et de
nutriments. Ceci permet un enracinement important des végétaux qui favorise leur
productivité et diminue les risques d’érosion (K. Vaucher, 2012).
c. Valorisation énergétique par combustion
Les boues de stations ne sont pas auto-combustibles, elles nécessitent un
mélange avec d'autres déchets tels que les déchets ménagers pour qu'elles puissent être
incinérées dans des fours spécifiques et traitées dans des installations de traitement
thermique de déchets non dangereux.
L'incinération consiste à la matière organique des déchets par combustion à haute
température plus de 500 °C produisant de la chaleur qui est récupérée sous forme de
vapeur ou d'électricité pour le fonctionnement du four lui-même et pour le chauffage
urbain ou industriel. Les résidus de l'incinération (Mâchefer) sont utilisables pour les
travaux de construction.
I.8.2. Valorisation agronomique
Pour les boues présentant un intérêt fertilisant et conformes aux exigences
réglementaires d’innocuité, cette filière permet le retour au sol de la matière organique
et de ses composés fertilisants, réduisant d’autant l’utilisation d’engrais minéraux.
La valorisation agronomique des boues constitue la filière la plus utilisée depuis
des décennies sans aucune difficulté d’ordre sanitaire ou agronomique ne soit apparue.
Cette filière répond parfaitement aux besoins de matières organiques et d’éléments
fertilisants des sols mis en cultures, ainsi qu’aux critères du développement durable.
La valorisation agronomique des boues sous forme brute, chaulée, compostée ou
séchée est réalisée par épandage sur les sols.
1.8.3. Utilisation agricole des boues
La valorisation agricole peut être considérée comme le mode de recyclage
le plus adapté pour équilibrer les cycles biogéochimiques (C, N, P, ..), pour
la protection de l’environnement et d’un très grand intérêt économique. Elle vise
surtout à ménager les ressources naturelles et à éviter toute pollution et gaspillage de
matières organiques dû à l’incinération ou à l’enfouissement dans les décharges (D.

15
Chapitre I Etude bibliographique

Lambkin et al. 2004). Les boues résiduaires peuvent ainsi remplacer ou réduire
l’utilisation excessive d'engrais coûteux.
La figure III.3 montre les performances de divers procédés de traitement de
la boue de la station d’épuration.

Boues provenant Boues liquides issues du


de l’épuration des eaux traitement des eaux usées

Epaississement Flottation Séparation


gravitaire centrifuge Epaississement

Digestion Digestion Stabilisation


Stabilisation
anaérobie aérobie chimique

Conditionnement Conditionnement chimique Conditionnement chimique


par polyélectrolyte Conditionnement
thermique Par sels minéraux

Séchage thermique Filtration Filtration Filtre à Centrifugation


Déshydratation
ou atmosphérique Sous vide sous pression bande

Mise en décharge Valorisation Autre type de Incinération Elimination finale


contrôlée agricole valorisation

Figure II.3 : Filières de traitement des boues d’épuration


I.9.Conclusion
La synthèse bibliographique montre que les boues d’épuration sont considérées
comme des déchets à cause de leurs teneurs en polluants et qu’un grand nombre
d’études présentent des développements analytiques visant à réutiliser les boues
d’épuration dans différents domaines.
Elle montre également que la mise en décharge et la valorisation agricole ne constituent
pas des alternatives à long terme parce qu’elles peuvent poser des problèmes
environnementaux et générer des inquiétudes sur les risques potentiels en matière de
santé contrairement à la qui calcination permet non seulement de récupérer l’énergie
générée par le processus mais aussi de valoriser les cendres.

16
Chapitre I Etude bibliographique

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19
Chapitre II
Matériels et méthodes
Chapitre II Matériels et méthodes

II.1. Introduction

Ce fait, ce chapitre décrit dans un premier temps la problématique, les échantillons de


boues, la procédure d’échantillonnage ainsi que les techniques utilisées pour la détermination
des différents paramètres physico-chimiques des boues prélevé. La deuxième partie représente
l’étude de combustion des échantillons à différentes températures (500, 600,700, 800, 900
et 1000 °C) et la présentation la technique d’analyse utilisée pour la caractérisation des
résidus de combustion (cendres) et puis leur caractérisation par Infra-rouge.

II.2. Problématiques

En fonction des critères clés qui permettront de savoir quelle filière répondra le mieux
à nos priorités et nos objectifs :
Tout d'abord le domaine d'applicabilité du procédé donne une présélection de tous les
procédés envisageables à partir des caractéristiques principales des boues les critères d'entrée :
-Les quantités annuelles des boues;
-La teneur en matière sèche ;
-La matière organique ;
-Valorisation agricole envisageable (contraintes réglementaires et normes) ;
-État de stabilisation ou hygiénisation ;
Ensuite d'autres aspects sont pris en compte des boues (minimalisation des coûts et des
risques économiques, gestion du risque sanitaire, minimisation des impacts
environnementaux, problèmes spécifiques liés à la composition des boues pour un procédé
donné, limitations des procédés, …).

Pour prendre la caractérisation détaillée des boues afin de déterminer leurs caractéristiques
physico-chimiques est obligatoire. Dans cet égard, leur analyse est envisagée.
Cette analyse a été faite sur deux types de boues : une boue fraiche qui a été récupérée juste
après le traitement des eaux, une deuxième qui est stockée pendant huit ans dans les lits du
séchage.
Ces deux boues ont été prélevées afin de pouvoir suivre l'évolution de leurs caractéristiques
physico-chimiques et pouvoir ainsi noter les changements dans leur état et la possibilité de
leur valorisation.

17
Chapitre II Matériels et méthodes

II.3.Station d’épuration de Sour el ghouzlane


II.3.1. Présentation du milieu d’étude

La station d’épuration (STEP) de Sour el ghouzlane, se situe à la sortie nord de


la ville de Bouira, avec une capacité d’épuration de 75000 EH, un volume journalier
de 11367m3/jours.
Elle a été réalisée par la société Algéro-Tunisienne, mise en service en 2009
actuellement gérée et exploitée par l’Office National de l’Assainissement (ONA) et fait partie
de l’unité d’assainissement de Bouira qui compte trois (03) STEPs : Oued housse, El khdaria
et Sour el ghouzlane.
La mise en place de ce système de management environnemental relatif
l’assainissement a pour objectif la protection du milieu récepteur. En effet, la STEP de Sour el
ghouzlane est en charge de traiter les eaux usées de la ville de Sour el ghouzlane et les eaux
utilisées dans l'irrigation des terres agricoles des plateaux d'El Esnam et du Sahel. Les eaux
usées urbaines et industrielles arrivant à cette station via un réseau d’assainissement unitaire,
sont traitées biologiquement par boues activées.
La STEP est exploitée par l’Office National de l’Assainissement (ONA) depuis 2005.
A noter que l’ONA a été créé en avril 2001 sous la tutelle du Ministère des Ressources en
Eau, qui est une entreprise publique nationale à caractère industriel et commercial, dont
les principales missions sont : la gestion, l’exploitation et la maintenance des infrastructures
d’épuration.

Figure II.1: Présentation de la STEP de Sour el ghozlane.

18
Chapitre II Matériels et méthodes

II.4.Principe de fonctionnement
Le principe de fonctionnement des eaux usées arrivent dans une cuve en béton
équipée par des pompes électrique immergées.
Un panier de protection retient les gros déchets pour protéger les pompes.
Plusieurs flotteurs vont régulariser le niveau d’eau dans la cuve, la remontée les flotteurs met
en route les pompes, ces derniers sont munis de ventilateurs :
Une échelle permet de descendre dans la cuve.
L’alimentation électrique se trouve à l’extérieur de l’installation.
Un tampon de fermeture assure la sécurité du dispositif.

Les eaux usées vont alors être aspirées et transférées par des tuyaux verticaux.

Prétraitement Traitement de l’eau

Eau épurée
Eau Traitement Traitement
Dégrillage Dessablage Déshuilage Primaire Secondaire
USée
Boue

Epaississement
Traitement
Evacuation
Des boues Epandage ou
Conditionnement
décharge

Fumées
Déshydratation
Incinération
Cendres

Figure II.2 : Schéma du processus de traitement des eaux usées dans la STEP de Sour
el ghouzlane (Bouira).

19
Chapitre II Matériels et méthodes

II.5. Échantillonnage (point, méthode et matériels de prélèvement)

Les boues étudiées dans ce travail proviennent de la STEP qui se situe au niveau Sour
el ghouzlane (Bouira). Il s’agit d’une station de traitement par boues activées à faible charge.
Les prélèvements ont été effectués manuellement et sont mis dans des boites en
plastique pour la caractérisation. Les boues déshydratées sont recueillies à la sortie de
la bande presseuse et le deuxième échantillon est prélevé du lit de séchage phase finale
du traitement de boues on l’appelle boue du lit de séchage (BLS).
L’échantillonnage a été effectué manuellement à l’aide d’une pelle et un récipient en plastique

Déshydratation lit de séchage

Figure II.3 : Images représentatives des lieux de prélèvement des boues

Boue déshydratée Boue du lit de séchage

Figure II.4 : Images représentatives des formes des boues prélevées

II.6. Préparation des échantillons aux analyses

Les échantillons composites de boues sont collectés, puis séchés dans une étuve
pendant 24 heures à 105°C puis broyés dans un mortier.

20
Chapitre II Matériels et méthodes

La première partie du travail expérimental consiste à caractériser les boues. Certains


paramètres sont étudiés sur les boues fraiches puis sur les boues séchées.
Dans la seconde partie de ce mémoire les boues prélevées en mois de Juin, préalablement
séchées et broyées, vont subir des traitements thermiques à différentes températures. Les
échantillons traités seront caractérisés et comparés avec les boues séchées non traitées afin de
suivre et de mieux comprendre les différents changements et transformations observés
pendant le processus de combustion. La combustion est réalisée au laboratoire dans un four
à moufle programmable dans des creusets en céramique de type Nabertherm HTC 03/15
380-415 3/N/PE.
Les boues sont calcinées à différents paliers de températures : 500, 600, 700, 800, 900,
1000, 1100 et 1200°C. La vitesse de montée en température à la température désirée est de
10°C/min. La durée de chaque palier est de 3 heures pour une calcination complète des
échantillons. Ce temps a été choisi après avoir effectué plusieurs essais au laboratoire.
L’objectif de la calcination à différentes températures est de déterminer la ou les températures
optimales pour une valorisation.
Les boues séchées et broyées de départ se présentent sous forme de poudre de couleur
grise alors que les boues calcinées ont des couleurs différentes figure II.5 et figure II.6. En
effet au fur et à mesure que la température de combustion augmente les grains composant
le matériau passe du gris-noir vers le brun-orangé jusqu’à ce qu’ils deviennent tous bruns-
orangés, visuellement, à partir de 800°C. Ce changement de couleur vers l’orangé est dû
principalement à la calcination des oxydes de fer (C. Tribout, 2010).
De plus, l’examen visuel montre que les grains formant les échantillons s’agglomèrent
et la friabilité devient plus difficile par pression aux doigts avec l’élévation de la température.
Ceci
est un début de frittage thermique engendré par la calcination. Cependant la température de
combustion n’est pas suffisamment élevée pour une forte cohésion des agglomérats.

21
Chapitre II Matériels et méthodes

105°C 500°C 600°C 700°C 800°C 900°C

1200°C 1100°C 1000°C

Figure II.5 : Aspect visuel des boues du lit de séchage séchées et calcinées.

105 °C 500°C 600°C 700 °C 800 °C 900°C

1200°C 1100°C 1000°C

Figure II. 6. Aspect visuel de boues déshydratées séchées et calcinées

22
Chapitre II Matériels et méthodes

II.7. Caractérisation physico-chimique des boues

II.7.1. Caractérisation physique


II.7.1.1. Détermination du pH

Les mesures du pH sont effectuées en milieu aqueux conformément à la norme NF


EN 12176 à l'aide d’un pH mètre de type OHAUS , STARTER 2100.
Une masse de 7,25 g de boues dans est dissoute dans de l’eau distillée jusqu’à obtention d’une
masse totale égale à 150 g. Le pH est mesuré après 20 minutes d’agitation à température
ambiante. L’expérience est répétée trois fois pour chaque échantillon.

II.7.1.2. Détermination de la conductivité électrique (CE)

La conductivité électrique constitue une approximation de la concentration des sels


solubles présents dans un échantillon. Les mesures sont réalisées en solution, à l’aide d’un
conductimètre de type COND 3110. On pèse 25g d’échantillon et on ajoute 100 ml d’eau
distillée. Le mélange est agité pendant 40 min puis filtré et la conductivité électrique dans
le filtrat obtenu est ensuite mesurée
Les essais sont effectués en triplicatas pour chaque échantillon.

II.7.1.3. Calcul d’humidité et/ou siccité (NF ISO 11465)

Le taux d’humidité est déterminé par dessiccation dans une étuve maintenue à 105°C
jusqu’à ce que la masse devienne constante. La différence de masse correspond au taux
d’humidité et le résidu représente la teneur en matière sèche de l’échantillon (siccité).
Pour déterminer le taux d’humidité, une prise d’échantillon d’une masse de 5 g, soit m0
à l’aide d’une balance de marque Nahita avec précision de 0.0001 g, est mise dans un creuset
en porcelaine préalablement sèche et taré p0, ensuite l’ensemble (m0 + m1) est placé dans une
étuve de marque BINDER à 105°C jusqu’à l’obtention d’une masse m2 constante. La capsule
est pesée après refroidissement dans un dessiccateur soit le poids obtenu est m0. Le taux
d’humidité est calculé selon l’expression suivante :
Taux d’humidité (%)= [[(m1- m0) – (m2 -m0)]/ (m1 - m0)] x 100 …. (II.1)
• m0: masse de la capsule vide ;
• m1: masse de la capsule + masse des boues ;

23
Chapitre II Matériels et méthodes

• m2 : masse de la capsule + masse des boues après séchage à l’étuve à 105°c pendant
2h.
II.7.1.4. Teneur en matière sèche (MS) et en eau
On a déterminé la masse volumique apparente (ρa), la masse volumique réelle
(ρr) et la porosité (ε).
La masse volumique apparente d’un échantillon correspond à la masse volumique d’un
volume de matériau pris en tas y compris tous les vides.
La masse volumique apparente est calculée selon la norme NF ISO 11272 par la mesure de
la masse de l’échantillon sec contenu dans une éprouvette de 10 ml. Les valeurs sont obtenues
par la relation suivante :
ρa = mr − m0/ V ………… (II.2)

m0 : masse de l’éprouvette (en g) ;


mr : masse de l’éprouvette et la masse de l’échantillon mis en place (introduit dans
l’éprouvette) ;
V : volume de l’éprouvette (en cm3).

La masse volumique réelle est le rapport de la masse par le volume occupé par
le solide. Sa détermination se fait à l’aide un pycnomètre à eau conformément à la norme NF
ISO 11508. Le principe de mesure repose sur la détermination de la différence de masse entre
le volume de l’échantillon sec étudié et celui d’un fluide inerte (l’eau) dans lequel
il est immergé.
Un échantillon sec de masse comprise entre 1 et 2 g est pesé et introduit dans un pycnomètre
à demi plein d’eau. Le remplissage est complété avec de l’eau distillée et le pycnomètre
est pesé. Enfin le pycnomètre est vidé, rempli seulement l’eau distillée puis pesé.
La masse volumique réelle est exprimée par l’équation suivante :

ρr = mech × ρe / mech + m2 − m1………(II.3)

méch : masse de l’échantillon sec (en g) ;


m1 : masse du pycnomètre contenant l’échantillon et l’eau distillée (en g) ;
m2 : masse du pycnomètre rempli d’eau uniquement ;
ρe : masse volumique de l’eau (en g/cm3).

24
Chapitre II Matériels et méthodes

La détermination des densités apparente et réelle permettent de déduire la porosité ε


(en %) des échantillons étudiés selon l’équation II.4 (Chen et al, 2013, Gras, 1994).

ԑ(%)=Vp / Véch x100 = (1- ρa / ρr) x 100……..(II.4)

Vp : volume des pores ;


Véch : volume de l’échantillon ;
Les expériences effectuées pour la détermination des masses volumiques absolue et réelle
sont répétées trois fois pour chaque échantillon et les valeurs moyennes sont ainsi déduites.

II.7.2. Caractérisation chimique


L'analyse de la composition chimique des boues nécessite leur minéralisation pour
réparer une solution qui contient les différents éléments chimiques à analyser.
La minéralisation qui se fait par différentes méthodes qu'on spécifie selon l'objectif du
manipulateur.
L'objectif de notre travail est l'analyse des boues. On veut déterminer la composition chimique
des boues (principalement les métaux lourds), pour d'évaluer leur degré de pollution, de
s'assurer de leur conformité pour une valorisation agricole ou pour la mise en décharge
et à partir de là le choix d'une mise en solution douce avec l'eau régale qui ne libère pas
nécessairement tous les éléments (les silicates, certains oxydes, par exemple).

II.7.2.1. Détermination du taux de la matière organique


On détermine le taux de matière organique avec le même échantillon séché (105°C) pour
le calcul de l'humidité de masse en le calcinée dans le four à 550°C pendant 2 heures. On
le laisse refroidir et on pèse pour obtenir une masse.
MO (%)= (m2 – m1) x 100 ………(II.5)

m1: masse du la capsule avec l’échantillon après séchage dans l’étuve à 105°C pendant 2h;
m2 : masse du la capsule avec l’échantillon après 2h de chauffage à 550 °C.
II.7.2.2.Analyses chimiques en éléments traces métalliques (ETM)

L’essai de lixiviation consiste à mettre en contact, sous


agitation

25
Chapitre II Matériels et méthodes

permanente et pendant 24 heures, l’échantillon à tester 50 g avec 500ml d’eau distillée.


La lixiviation a été réalisée conformément à la norme française X31-210. La solution a été
séparée de la fraction solide résiduelle par filtration en utilisant un filtre de porosité de
0,45 µm. Les solutions obtenues serviront ensuite pour les analyses chimiques. La solution
est analysée dans le spectromètre à absorption atomique de type (novAA350).

II.7.2. 3. Analyses spectrales


A. Analyse par Spectroscopie Infrarouge IR

Le rayonnement infrarouge (IR) fut découvert en 1800 par Frédéric Wilhelm Herschel.
Ces radiations localisées au-delà des longueurs sont situées entre la région du spectre visible
et des ondes hertziennes. Le domaine infrarouge s’étend de 0,8 µm à 1000 µm.
Il est arbitrairement divisé en 3 catégories, le proche infrarouge (0,8 à 2,5 µm soit
12500-4000 cm-1), le moyen infrarouge (2,5 à 25 µm soit 4000-400 cm-1) et le lointain
infrarouge (25 à 1000 µm soit 400-10 cm-1).
Cette technique d’analyse qualitative permet d’identifier les fonctions chimiques,
principalement organiques et les éléments mal cristallisés.

L’analyse infrarouge concerne les rayonnements de nombre d’ondes variant entre


4000 cm-1 et 400 cm-1. Elle est basée sur l’absorption d’un rayonnement infrarouge par
l’échantillon à analyser. Le spectre obtenu se compose de bandes d’absorption correspondant
aux différents modes de vibration dont la fréquence varie selon la nature des liaisons. Chaque
bande d’absorption peut être attribuée à un plusieurs groupements caractéristiques. Les
mesures par transformée de Fourier des absorbances permet d’effectuer le dosage à des
teneurs et quantités de matières très faibles. Les différents montages disponibles permettent
d’analyser pratiquement tout type de matériaux.
Nos échantillons ont été analysés par un spectroscope infrarouge à transformée de
Fourier de type FT-IR de marque JASCO FT-IR -4200, ATR PRO450-S.

B. Analyse par Absorption atomique

La spectrométrie d’absorption atomique à flamme est une méthode qui permet de doser
essentiellement les métaux en solution. Cette méthode d’analyse élémentaire impose que la
mesure soit faite à partir d’une analyse (élément à doser) transformé à l’état d’atomes libres.

26
Chapitre II Matériels et méthodes

L’échantillon est porté à une température de 2000 à 3000 degrés pour que les combinaisons
chimiques dans lesquelles les éléments sont engagés soient détruites. La spectrométrie
d’absorption atomique est basée sur la théorie de la quantification de l’énergie de l’atome.
Le dispositif expérimental utilisé en absorption atomique se compose d'une source, la lampe
à cathode creuse, d'un brûleur et un nébuliseur, d'un monochromateur et d'un détecteur relié
à un amplificateur et un dispositif d'acquisition.

II.8. Détermination de la perte au feu (PAF)

La perte au feu est mesurée sur des échantillons de boues, préalablement séchés
à 105°C pendant 2h et broyés, introduits dans un four à moufle à 1200°C pendant 1 heure.
La pesée avant et après calcination permet de déterminer la perte au feu exprimée en
pourcentage.

L’expérience est établie sur trois échantillons simultanément :

PAF (%) = [(m1-m2) / mboue] * 100…………(II.6)

m1: masse de la capsule avec l’échantillon après séchage dans l’étuve à 105°C pendant 2h ;
m2 : masse de la capsule avec l’échantillon après 1h dans le four à 1100 °C ;
mboue: masse de l’échantillon utilisé.

27
Chapitre II Matériels et méthodes

Références bibliographiques

C. Tribout, (2010). Valorisation de sédiments traités en techniques routières : contribution


à la mise en place d’un protocole d’acceptabilité, Thèse de Doctorat, Université de Toulouse.
D. Louati, M. Choura, (2014). Traitement par stabilisation/solidification de boues à l’huile
de forages petroliers generes par la compagnie agip bv tunisia résultats, Larhyss Journal,
ISSN 1112-3680, n°19, 37-50.

28
Chapitre III
Résultats et discussion
Chapitre III Résultats et discussions

III.1. Introduction
Dans le présent chapitre sont exposés les résultats des différents essais expérimentaux
physico-chimiques , relatifs à la caractérisation des boues générées au niveau de la STEP de
Sour el ghouzlane (Bouira). L’objectif est d’obtenir une meilleure connaissance des propriétés
de ce type de et déchet et de recueillir un maximum d’informations utiles permettant de leur
identifier un traitement adéquat.

III.2.Résultats des analyses physico-chimiques


Les analyses physico-chimiques de la boue dans cette expérimentation ont été réalisées
au niveau des laboratoires chimie de l’Université de Bouira. Le dosage des métaux lourds
à été réalisé au niveau de laboratoire chimico-physique des matériaux inorganique
à l’Université U.S.T.H.B Alger.
Les résultats détaillés des analyses physico-chimiques de la boue de la STEP sont illustrés dans
le tableau III.1.

Tableau III.1 : Résultats des analyses physico-chimique des boues.


Paramètres Boue déshydratée Boue du lit de séchage
pH 7,45 7,07
Conductivité ( mS/cm) 1,142 0 ,399
Conductivité ( mS/cm) séchage à 105°C 2 ,03 0,91
Humidité (%) 48,538 13,533
Matière sèche (%) 50,92 86,40
Matière Volatile (%) 15,89 12,15
PAF (%) 10,15 48,76

D’après les résultats représentés dans le tableau III.1, les boues déshydratées et celles du
lit de séchage ont un pH neutre.
La conductivité électrique est un bon indicateur de la concentration des sels solubles
dans l’échantillon. Les mesures présentées sur le tableau III.1 montrent que la boue déshydratée
présente des valeurs de conductivité électrique relativement faibles. Ce qui indique que
la concentration des sels solubles est basse. Cependant après séchage des boues à 105°C ces
valeurs deviennent plus importantes allant de 2,03 mS/cm pour la boue déshydraté et 0,91

28
Chapitre III Résultats et discussions

mS/cm pour la boue du lit de séchage ce qui est en accord avec est les résultats trouvés pour
les boues sèches étudiées par (Dusza et al, 2009) [0,1 - 4,3 mS/cm].
On constate aussi que la boue déshydratée contient un taux d’humidité beaucoup plus
élevé à celui de la boue du lit de séchage, ce qui peut être explique par le fait que aux boues du
lit de séchage sont exposées à une longue période d’ensoleillement surtout avec le climat semi-
aride de Bouira qui accélère le phénomène d’évaporation et augmente la siccité ou bien
la quantité de la matière sèche de la boue.
La teneur en matières volatiles permet d’indiquer le taux de matière organique contenu
dans l’échantillon considéré. C’est un paramètre qui peut influer sur le maintien des polluants
et notamment des métaux lourds. En effet la rétention de ces derniers est favorisée par une
teneur élevée en matières volatiles (Durand, 2003 ; F. Benoudjit, 2016). De plus
la détermination de la proportion de la matière organique est primordiale pour une valorisation
des boues dans les matériaux de construction.
D’après le tableau III.1 nous constatons des teneurs faibles en matière volatile pour
la boue déshydratée et boue du lit de séchage respectivement est l’ordre15.89 et 12.15mS/cm.
Ce paramètre nous renseigne sur l’exo-thermicité en incinération. En effet, la diminution de
la teneur en matière organique augmente le degré de stabilité des boues et facilite leur
épaississement ou leur déshydratation mais diminue leur exo-thermicité. Par contre,
l’augmentation de la teneur en matière organique des échantillons engendre augmentation leur
pouvoir calorifique jusqu’à 16500KJ/kg (E. Guibelin, 2000). Ceci est avantageux pour
la valorisation énergétique par incinération des boues.
Nous constatons aussi, une grande teneur en matière minérale dans la boue de lit séchage près
de 48,76% par apport à la boue de déshydratation qui est près de 10%.

III. 3. Résultats des analyses des éléments traces métalliques


Les métaux provenant d’apport anthropiques sont présents sous des formes chimiques
assez réactives et entrainent de ce fait des risques supérieurs aux métaux d’origine naturelle qui
sont le plus souvent immobilisés sous des formes relativement inertes.
La présence des métaux lourds dans les boues provient de la phase de séparation
liquide-solide par décantation due à la rétention par absorption du la matière organique,
à la formation de complexe insoluble entre cette dernière et la formation minérale
et à la précipitation d’hydroxyde métalliques (M.S. Mitahri, 2012).

29
Chapitre III Résultats et discussions

L’analyse des éléments mineurs par spectrométrie d’absorption atomique permet de


connaitre le degré de pollution des boues. Les concentrations en éléments mineurs, exprimées
en mg/kg de MS, dans les boues sont récapitulées sur le tableau III.2

Tableau III. 2 : Concentrations en métaux lourds des boues fraiches et des boues du lit de
séchage de la station d’épuration Sour el ghozlane

Elements Boue fraiche Boue de lit de séchage


(mg/kg) (mg/kg)
Cuivre (Cu) 3,1 2,64
Zinc (Zn) 89 145
Nikel (Ni) 7 3,2
Cadmium (Cd) Trace Trace
Plomb (Pb) 4,21 4,34

Pour préserver les teneurs naturelles du sol en éléments traces métalliques lors de
l’utilisation de boues en agriculture de règlementation ont été mises en place et les valeurs
limites dans les effluents solides et liquides sont consignées dans le tableau III.2.
L’examen des analyses effectuées concernant les métaux lourds sur les échantillons de
boues de la STEP, ne révèlent pas aucune indication (menace de toxicité) par rapport aux
normes (G. Miquel, 2003 ; M.S. Metahri, 2012).
L’utilisation de ces boues sur le sol serait avantageuse, car elle permet de lui apporter
des quantités non négligeables en matières organiques et minérales (Ca, Mg, K, P).

Tableau III.3 : Teneurs et flux des éléments traces métalliques pour boues et pour sols (Adem,
1999)
Constituants Valeur limites dans les Valeur limites dans les sols
boues (mg/Kg MS) (mg/Kg MS)
Cd 20 2
Cr 1000 150
Cu 1000 100
Hg 10 1
Ni 3000 300
Pb 20 2
Zn 3000 300

30
Chapitre III Résultats et discussions

Zn+ Cr+ Cu+ Ni 4000 -

III.4. Etude de la valorisation agriculture des boues de la station d’épuration Sour


el ghouzlane
Les résultats obtenus montrent que les boues étudiées dans ce travail contiennent des
métaux lourds avec des teneurs inférieures aux valeurs maximales admises par la norme, ce qui
rend la valorisation ou bien l’élimination de ces boues sans conséquence grave sur la santé
humaine et l’environnement.
L’épandage des boues comme amendement organique ne présente donc aucune
restriction quant à leur utilisation agricole.
La valorisation agricole peut être considérée comme le mode de recyclage le plus adapté
pour rééquilibrer les cycles biogéochimie (C, N, P,…..), pour la protection de l’environnement
et d’un très grand intérêt économique. Elle vise également à ménage les ressources naturelles
et à éviter toute pollution et gaspillage de matières organique dû à l’incinération
ou à l’enfouissement dans les déchets qui nécessite des espaces de plus en plus importants
(J.C. Baudez, 2010).
Les éléments traces métalliques tels que le Cuivre, Chrome, Zinc, Nikel, Cadmium
présentes dans les boues sont aussi indispensables au développement des végétaux et des
animaux.
La concentration en matière organique dans les boues peut varier de 30 à 80%.
Elle est constituée de matières particuliers élimines par gravité dans les boues primaires, des
lipides ( 6 à19% de matières organique), des polysaccharides, des protéines et des acides
aminés (Jus qu’a 33%, de matière organique) de la lignine résultant des traitement agricole
demeure l’opération la plus pratique et la plus répandue dans de nombreux pays.

III.5. Perte au feu de la boue fraiche et de la boue de lit de séchage

La perte au feu à 1000°C permet non seulement l’oxydation de la matière organique


mais aussi la décomposition de la calcite (CaCO3) à 1000°C, en CaO et en CO2.
Les mesures des pertes au feu de la boue fraiche et la boue du lit de séchage sont regroupées
sur le tableau III.4.

Les cendres sont issues de l’incinération (à différentes températures : 500, 600, 700,
800, 900, 1000et 1100°C) de la boue fraiche et la boue du lit de séchage. Pour calculer la perte

31
Chapitre III Résultats et discussions

au feu de la boue à différentes températures, nous avons utilisé l’équation II.6. Le tableau III.4
montre les résultats de ces calculs.

Tableau III. 4 : Résultats de la perte au feu des boues incinérées à différentes températures

T (°C) 500 600 700 800 900 1000 1100


PAF boue fraiche (%) 45,95 46,18 48,18 49,22 49,48 52,23 52,49
PAF boue du lit de 40,156 42,55 44,313 45,419 45,971 46, 041 47.34
séchage (%)

Selon Wang et al, (2012) une haute teneur en matière organique supérieure à 40%
indique que les boues fraiches et les boues du lit de sèches étudiées sont riches en matière
organique et leur combustion est une source de production d’énergie qui peut être récupérée.
Ceci constitue une bonne alternative dans le domaine du développement durable et qui permet
une réduction du volume de ce déchet.

III.6. Masses volumiques apparentes, masses volumiques réelles et porosités

Les mesures des masses volumiques apparentes et réelles ainsi que des porosités
relatives aux échantillons en poudres de boues sont reportées sur le tableau III.5.

Tableau III.5 : Mesures des masses volumiques et des porosités des boues

Echantillons ρa (g/cm3) ρr (g/cm3) ε (%)

Boue fraiche 1 1,196 16

Boue du lit de 1, 092 1, 314 16,9


séchage

Les masses volumiques apparentes 1g/cm3 pour la boue fraiche et 1, 092g/cm3 pour
la boue du lit de séchage et les masses volumiques réelles 1, 196 g/cm3 pour la boue fraiche,
1,314 g/cm3 pour la boue du lit de séchage. Ces masses volumiques relativement faibles sont
probablement dues à la présence de matière organique dans les boues séchées à 105C°.
La légère différence de ces valeurs entre les deux boues est probablement due à la différence

32
Chapitre III Résultats et discussions

de composition des échantillons étudiés. Sur la base des masses volumiques obtenues, les
porosités des boues calculées s’avèrent importantes et varient entre 16 % pour la boue fraiche,
à16, 9% pour la boue du lit de séchage.
III. 7. Analyse des cendres par Spectrométrie Infrarouge à transformée de Fourier (IR)

L’interprétation des spectres infrarouges s’avère complexe à cause du mélange


de matière organique et de matière minérale qui rentre dans la composition des boues.
L’interprétation a été établie grâce à des analyses similaires dans des travaux antérieurs (J. O.
Silva et al, 2012 ; O. Francioso et al., 2010 ; G. Guibaud et al., 2003 ; V. C. Farmer, 1968).
En tenant compte de l’origine urbaine des boues étudiées et de leur teneur non négligeable en
matières organiques, elles peuvent contenir différents groupements fonctionnels :
hydroxyliques, carboxyliques, amines, amides, aromatiques et méthyléniques (J. Ábrego et al,
2009).

Selon la figure III.1 les spectres IR obtenus pour la boue du lit de séchage séchée
à 105°C, calcinée à 600°C et 800°C indiquent la présence des bandes de vibrations analogues.
En effet, les bandes situées à 476 et 1015 cm-1 ont été attribuée selon la littérature (A. Banerjee,
2009), à la vibration des liaisons dans les oxydes Métal-Oxygène (M-O) dont le pic de
vibration devient intense de plus en plus lorsque la température de calcination augmente. Les
bandes observées à 1234 et 1398 cm-1 caractéristiques de la vibration des liaisons dans les
carbonates CO3-2 de la calcite (A. Bouamrane, 2014) et celle observée à 2282 cm-1 caractérise
la présence des vibrations d’élongation des groupements CO2 provenant probablement de l’air.
En plus de ces bandes, la bande de vibration situées à 2908 est attribuée selon la littérature (A.
Bouamrane, 2014) à la vibration des liaisons dans la cellulose (C12H20O10) et la lignine
[C6H4(OCH3) C3H6O]n qui sont des matières organiques, les bandes observées à 3651 et 3846
cm-1 indiquent la présence des groupements –OH isolés et/ou terminaux.

Il est très important de signaler ici que la bande de vibration située à 2908 cm-1 n’a pas
été apparue sur les spectres de la boue du lit de séchage calcinée à 600°C et 800°C et ceci
à cause de la combustion de la matière organique à ces deux températures.
De plus ; l’augmentation de l’intensité des pics de vibration relatifs aux oxydes avec
la calcination de
la boue du lit de séchage (vers 476 et 1015 cm-1), nous informe sur une éventuelle valorisation
de la cendre cette boue dans le domaine de l’élaboration des matériaux.

33
Chapitre III Résultats et discussions

180 Boue lit de séchage séchée à 105 °C


Boue lit de séchage calcinée à600 °C
150 Boue lit de séchage calcinée à 800 °C

120
Absorbance units

90
3846,88
60 2282,42
1398,79
476,12
30 1015,41
3651,14 1234,78
0
2908,08

4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000 500

W aven um bre cm -1

Figure III.1 : Spectre infrarouge des boues du lit de séchage

Les spectres IR-TF figure III. 1 obtenus pour la boue déshydratée séchée à 105°C, calcinée
à 600°C et 800° présentent relativement les mêmes bandes d’absorption que la boue du lit de
séchage à l’exception de la bande observé entre 3000 et 3600 cm-1 qui est une bande large
et ceci chose logique vu le taux d’humidité qui existe dans cette dernière.

34
Chapitre III Résultats et discussions

B o u e d ésyd ratée séch ée à 1 0 5 °C


B o u e d ésyd raté calcin é à 6 0 0 °C
10 0 B o u e d ésyd raté calcin ée à 8 0 0 °C

80
Absorbance units

60

40

20

4 0 00 35 0 0 3 00 0 2 5 00 2000 15 0 0 1 0 00 50 0
W a v en u m b er cm -1

Figure III.1 : Spectre infrarouge des boues déshydraté

III. 7. Conclusion

Les quantités des boues produites sont en augmentation continue suite à la réglementation
relative aux normes de rejet des eaux usées, qui exige un traitement de plus en plus poussé. Par
ailleurs, leur élimination constitue un enjeu national qui doit faire face à des problèmes de plus
en plus aigus en raison de l’évolution des législations. L’un des principaux problèmes
est la présence de métaux qui réduit les voies d’élimination et impose des contraintes
supplémentaires en termes d’exploitation et des risques sanitaires et environnementaux.
Nous avons caractérisé les boues résiduaires de la STEP Sour el Ghozlane (Bouira).
Les résultats ont montré que les concentrations en métaux lourds sont inferieurs aux normes
requises ; par conséquent elles présentent aucune limite ou nuisance pour utilisation agricole.

La réduction à la source des rejets où des entrées de micropolluants dans le réseau


d'assainissement représente l’approche essentielle à privilégier pour préserver la qualité des
boues et garantir la diminution des risques sanitaires et environnementaux des différentes
filières d'élimination des boues urbaines.

35
Chapitre III Résultats et discussions

Références bibliographiques

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origine et devenir des métaux traces et des polluants organiques, thèse de Doctorat, Université
de Poitiers.
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36
Chapitre III Résultats et discussions

V. C., Farmer,(1963). Invited review: Infrared spectroscopy in clay mineral studies. Clay
Minerals, 7, 1968, 373-387.

37
Conclusion
Conclusion générale

Lors de la réalisation de ce mémoire de fin d’études, nous avons pris conscience de


l’importance de la station d’épuration Sour el ghouzlane (Bouira) qui a pour objectif d’épurer
les eaux usées (domestiques industrielle et agricole) pour qu’elles ne soient pas directement
rejetées dans le milieu récepteur, car elles peuvent engendrer de graves problèmes
environnementaux et de santé publique. Par contre, cette stations génère un autre déchet
(boue), riche en huile usagée de nature toxique et ne peut être ni stockée, ni mise en décharge.
La composition exacte des boues varie en fonction de l'origine des eaux usées, de la période
de l'année et du type de la station d'épuration.

Les boues sont très riches en matière organique (50 à 70 % de la matière sèche), ce qui
favorise la prolifération de microorganismes qui se multiplient et décomposent la matière
organique. En absence d'une aération suffisante, la décomposition libère des composés
organiques nauséabonds, ainsi que des gaz à effet de serre (gaz carbonique, méthane, . . .etc.).

Le traitement thermique des boues vise l’étude de l’influence de la température sur la


composition des boues dans leurs teneurs en matière organique. Sachant que cette dernière
peut influer négativement sur l’agriculture, il a été décidé de l’éliminer par calcination. Les
boues préalablement séchées ont de ce fait subi un traitement thermique (calcination) à partir
de 500°C. Afin de s’assurer de la dégradation de la matière organique, on a calciné des boues
jusqu’à 1100°C pour déterminer la température optimale permettant une valorisation
adéquate. Les analyses physico-chimiques de ces dernières ont donné les résultats suivants :

Réduction considérable du volume des boues après calcination due


principalement à la dégradation de la matière organique dont la teneur est non négligeable
(>40%).
L’étude de La composition de la boue en métaux lourds a montré que leur
concentration est inférieure aux valeurs limites. Autrement dit, ces éléments se trouvent
à l’état de traces dans ces boues rejetées, ce qui permet leur valorisation en agriculture sans
risque sur l’environnement, et notamment sur la santé humaine.
L'analyse des paramètres physico-chimiques des boues on montré que les
boues stockées sont les plus favorables pour la valorisation énergétique et agricoles par
rapport à celles obtenues directement après le traitement des eaux usées et celles envoyées à la
décharge.

36
Conclusion générale

La valorisation des boues de STEP Sour el ghouzlane est encouragée d'après ces
premières analyses, mais elle nécessite d'autres analyses plus détaillées pour les boues ainsi
que pour les sols de culture. Il faut trouver des solutions en ce qui concerne les contraintes
réglementaires et juridiques qui par la quasi-absence d'une loi encadrant la gestion des boues
de STEP en général et des textes fixant les modalités de leur utilisation dans tout domaine
risque d'être la plus grande contrainte devant cette valorisation. En plus de ces contraintes, il
ya les contraintes techniques et économiques qui exigent un matériel et des techniques
spécifiques pour pouvoir suivre les changements des caractéristiques de ces boues durant le
temps et en fonction de plusieurs facteurs.
L’analyse par la FTIR des cendres issues de l’incinération des boues du lit de
séchage et des boues déshydratés à différentes températures, a révélé la présence de phases
différentes lorsqu’on passe d’une température d’incinération à une autre, ceci est bien clair
par la décomposition de la calcite en CO2 et CaO qui se combine avec d’autres phases pour
former de nouvelles phases à partir de 800°C.

Perspectives
Réaliser des analyses DRX, fluorescence X, microbiologique et parasitologique de
ces boues.
Effectuer des analyses des sols afin de fixer les conseils de fertilisation.

37
Annexe

Tableau 1 : Résultats des analyses physico-chimique des boues

Ce tableau présente les paramètres physico –chimiques des boues. Chaque analyse a été
effectuée (trois fois) pour la boue fraiche et la boue de lit de séchage. Les valeurs de chaque
essai, ainsi que leur valeur moyenne sont portées comme suit :

Echantillons Boues fraiches Moyennes Boues du lit de Moyennes


séchage

H% 47.08 48.67 49.85 48.53 11.52 13.42 15.66 13.53

S% 51.32 51.32 50.14 50.92 88.47 86.42 84.33 86.40

MO% 16.14 15.78 15.76 15.89 12.07 11.95 12.45 12.15

Ce 1.127 1.303 0.983 1.137 0.423 0.304 0.471 0.399

pH 7.36 7.42 7.58 7.45 7.06 6.92 7.24 7.07

Ma 1 1 1 1 1.092 1.092 1.093 1.092

Ρr 1.196 1.196 1.196 1.196 1.314 1.314 1.314 1.314

Ɛ 16 16 16 16 16.9 16.9 16.9 16.9

Courbes d’étalonnages
1/ Une solution on dissous de nickel d’une concentration 2,2ppm a été préparée par
dissolution l0, 0495g de NiNO3 dans 100ml d’eau distillée. Ensuite, des dilutions ont été
faites pour obtenir deux autres solutions de concentrations 1,2 et 1 ppm.

2/ Une solution on dissous de plomb d’une concentration 3 ppm a été préparée par dissolution
0.0146 g pb SO4 dans 100ml d’eau distillée. Ensuite, des dilutions ont été faites pour obtenir
deux autres solutions de concentrations de 2et 1 ppm.
Annexe

Ni
0,15

0,14

0,13

0,12
Absorbance (%)

0,11

0,10

0,09

0,08

0,07

0,06
1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 2,2

Conc (ppm)

Pb
0,18

0,16

0,14
Absorbance (%)

0,12

0,10

0,08

0,06

0,04

0,02

0,00

1,0 1,5 2,0 2,5 3,0

Conc (ppm)

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