CoursMP Henri4
CoursMP Henri4
Stéphane Flon
Table des matières
Chapitre XIV. Fonctions vectorielles et révisions sur les fonctions numériques 243
1. Définition, fonctions coordonnées dans une base 243
2. Comparaison des fonctions vectorielles 244
3. Dérivation des fonctions vectorielles 244
4. Opérations sur les fonctions dérivables 245
5. Dérivabilité globale 247
6. Dérivées successives 248
7. Arcs paramétrés 250
8. Intégration d’une fonction vectorielle 250
9. Retour sur les fonctions d’une variable réelle à valeurs réelles ou complexes 253
10. Extensions du théorème de Rolle 254
Index 959
7 Stéphane FLON
Chapitre I
Structures algébriques
Soit E un ensemble.
On appelle loi de composition interne sur E une application de E 2 dans E.
Soit ⋆ une loi de composition interne sur E. On dit que cette loi est associative si
∀(a, b, c) ∈ E 3 , (a ⋆ b) ⋆ c = a ⋆ (b ⋆ c)
On dit que cette loi est commutative si
∀(a, b) ∈ E 2 , a⋆b=b⋆a
On utilise souvent la notation infixe d’une loi de composition interne ⋆, i.e. on écrit plutôt a ⋆ b que ⋆ ((a, b))
Définition 2 (Distributivité)
▷ Information 6 – Un ensemble donné admet au plus un élément neutre pour une loi donnée.
9
Définition 4 (Élément simplifiable)
Explication 9 – En dégageant des règles de calcul générales, liées aux propriétés des lois et à la présence de
certains éléments distingués, on fait émerger diverses notions de structures algébriques.
Définition 6 (Monoı̈de)
2. Groupes
Définition 8 (Groupe)
▷ Reformulation 33 – G est un groupe si et seulement si G est un monoı̈de dont tout élément est symé-
trisable.
▷ Information 34 – Dans un groupe, tout élément est simplifiable.
Information 35 – Soit G un groupe multiplicatif. Pour tous x, y ∈ G, tout (m, n) ∈ Z2 : xm xn = xm+n =
x x et (xm )n = xmn = (xn )m mais en général (xy)n ̸= xn y n .
n m
Définition 9 (Sous-groupe)
Stratégie 47 – Pour montrer qu’on a un groupe, montrer qu’on a un sous-groupe d’un groupe bien connu.
▷ Exemple 48 – G est un sous-groupe de G.
▷ Exemple 49 – {eG } est un sous-groupe de G.
▷ Exemple 50 – Tout sous-groupe d’un groupe commutatif est un groupe commutatif.
▷ Exemple 51 – La relation être un sous-groupe de est une relation d’ordre sur un ensemble de groupes
donné.
▷ Information 52 – Pour tout sous-groupe H d’un groupe G, le symétrique d’un élément h de H est le
même dans H et dans G.
▷ Exemple 53 – U = {z ∈ C, |z| = 1} est un sous-groupe de C \ {0}.
▷ Exemple 54 – Un = {z ∈ C, z n = 1} est un sous-groupe de U.
▷ Exemple 55 – {M ∈ Mn (K), det(M ) = 1} est un sous-groupe de GLn (K).
▷ Reformulation 56 – H est un sous-groupe de G si et seulement si H est une partie non vide de G, stable
par la loi de G et par passage au symétrique.
▷ Reformulation 57 – H est un sous-groupe de G si et seulement si H est une partie non vide de G, et,
pour tous x, y ∈ H, xy −1 appartient à H.
12 Stéphane FLON
Proposition (L’union de deux sous-groupes est rarement un sous-groupe)
Soit G un groupe, h ∈ G.
On appelle commutant (ou centralisateur ) de h dans G et on note C(h) l’ensemble C(h) = {g ∈ G, hg = gh}.
Définition 11 (Centre)
Soit G un groupe.
On appelle centre du groupe G et on note Z(G) l’ensemble Z(G) = {h ∈ G, ∀ g ∈ G, hg = gh}.
Exercice de cours (exercice 9) – Soit G un sous-groupe de R additif, non réduit à 0. Notons a la borne
inférieure de G ∩ R∗+ . Montrer que si a > 0, alors G = aZ (on dit que G est discret). Montrer que si a = 0, alors
G est dense dans R (i.e. rencontre tout intervalle ]α, β[, où α < β).
13 Stéphane FLON
Définition 12 (Sous-groupe engendré)
Comment décrire le sous-groupe engendré par une partie ? Soit A une partie d’un groupe G. On peut se donner < A > de deux manières :
— Par l’intérieur : < A > est l’ensemble des mots construits sur l’alphabet constitué des éléments de A et leurs symétriques.
— Par l’extérieur : < A > est l’intersection des sous-groupes de G contenant A.
Exercice de cours (exercice 10) – Soit G un groupe (multiplicatif), H1 et H2 deux sous-groupes G. Soit W
le sous-groupe de G engendré par H1 ∪ H2 .
On pose H1 H2 = {h1 h2 , (h1 , h2 ) ∈ H1 × H2 }.
1 Montrer qu’en général, W ̸= H1 H2 .
2 Montrer que si G est abélien, alors W = H1 H2 .
3 Si G est maintenant un groupe additif (et en particulier abélien), décrire W .
Exercice de cours (exercice 11) – Soit G un groupe, H un sous-groupe strict de G. Déterminer < G \ H >,
le sous-groupe de G engendré par G \ H.
14 Stéphane FLON
Exemple 67 – L’image d’un morphisme de groupes φ : G → H est un sous-groupe de H.
Étude de stabilité 68 – La notion de morphisme de groupes est-elle stable par composition ?
φ : R∗+ × U → C∗
Exemple 69 – est un isomorphisme de groupes.
(ρ, u) 7→ ρu
▷ Étude de stabilité 70 – La notion d’isomorphisme de groupes est-elle stable par passage à la bijection
réciproque ?
Exercice de cours (exercice 12) – Soit G un groupe. On note Aut(G) l’ensemble des automorphismes
de G.
2 Déterminer Aut(Z).
3 Pour a ∈ G on note ϕa l’application de G dans G telle que ϕa (x) = axa−1 , pour tout élément x de G :
ϕa est appelée conjugaison par a (dans G). Montrer que ϕa est un automorphisme de G, (on dit que ϕa est un
automorphisme intérieur ).
4 Montrer que l’application ψ : a 7→ ϕa est un morphisme de groupes. Donner une condition nécessaire et
suffisante pour que ce morphisme soit injectif. Donner un exemple où il n’est pas surjectif.
Structure 71 – L’ensemble des automorphismes de groupe d’un groupe G est muni d’une structure de
groupe pour la composition.
Définition 15 (Anneau)
On suppose
i) que A est un anneau ;
ii) que a, b, c ∈ A ;
iii) que m ∈ Z.
On en déduit alors
a) que a0A = 0A a = 0A (on dit que 0A est absorbant) ; 8
b) que (−a)b = a(−b) = −(ab) ;
c) que (−a)(−b) = ab ;
d) que (a − b)c = ac − bc ;
e) que a(b − c) = ab − ac ;
f) que a(mb) = (ma)b = m(ab).
Soit n ∈ N∗ .
On suppose
i) que A est un anneau ;
ii) que a, b ∈ A ;
9
iii) que ab = ba.
ÄPn−1 ä ÄPn−1 ä
On en déduit alors que an − bn = (a − b) k=0 an−k−1 bk = k=0 a
n−k−1 k
b (a − b).
Pour ne pas se tromper dans les exposants, on peut vérifier l’homogénéité de la formule (voir a et b comme des longueurs).
16 Stéphane FLON
Proposition (Formule du binôme de Newton)
Soit n ∈ N∗ .
On suppose
i) que A est un anneau ;
ii) que a, b ∈ A ; 10
iii) que ab = ba.
Pn n
On en déduit alors que (a + b)n = ak bn−k .
k=0 k
Pour ne pas se tromper dans les exposants, on peut vérifier l’homogénéité de la formule (voir a et b comme des longueurs).
Mise en garde 75 – Pour appliquer la formule du binôme de Newton (ou de Bernoulli), s’assurer que les
éléments commutent.
Soit A un anneau.
On a : A× est un groupe pour la multiplication. 11
0A n’est jamais inversible, sauf si l’anneau est nul.
▷ Reformulation 77 – a ∈ A \ {0A } est un diviseur de zéro si et seulement si a n’est pas simplifiable (pour
la multiplication).
Soit A un anneau.
L’anneau A est dit intègre s’il est commutatif, non nul, et sans diviseur de zéro.
4 Montrer que la somme ou le produit d’éléments nilpotents ne l’est pas nécessairement. Montrer que le
produit d’un élément nilpotent par un élément quelconque avec lequel il commute est nilpotent.
Définition 19 (Sous-anneau)
On peut enlever la condition 0A ∈ B, car elle se déduit des autres. En revanche, il faut vérifier que 1A ∈ B, qui ne résulte pas des suivantes
(voyez le contraste avec les sous-groupes).
Lorsque A n’est pas nul, on peut donner un exemple de partie de A vérifiant toutes les conditions ci-dessus, sauf la condition 1A ∈ B.
Mise en garde 86 – Un sous-anneau n’est pas seulement une partie stable qui est un anneau pour les lois
induites.
Information 87 – Pour tout sous-anneau B d’un anneau A, si un élément b de B est inversible dans B, alors
b est inversible dans A et les inverses sont égaux le cas échéant.
Exemple 88 – Le commutant d’un élément de A (pour le produit) est un sous-anneau.
Exemple 89 – Le centre C de A (pour le produit) est un sous-anneau de A.
18 Stéphane FLON
Proposition (Caractérisation des sous-anneaux)
On suppose
i) que A est un anneau ;
ii) que B est une partie de A.
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) B est un sous-anneau de A. 12
b) — 1A ∈ B ;
— ∀ a, b ∈ B, a−b∈B;
— ∀ a, b ∈ B, ab ∈ B.
On ne peut pas remplacer la première condition par la condition que B soit non vide.
Étude de stabilité 90 – La notion de sous-anneau d’un anneau A est-elle stable par intersection ?
Étude de stabilité 91 – La notion de sous-anneau d’un anneau A est-elle stable par union ?
Mise en garde 92 – Un morphisme d’anneaux ne fait pas que transformer les lois du premier anneau vers le
second, il envoie aussi l’unité sur l’unité.
Définition 21 (Idéal)
4. Corps
Définition 23 (Corps)
Définition 24 (Sous-corps)
On suppose
i) que K est un corps ;
ii) que L est une partie de K.
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
13
a) L est un sous-corps de K.
b) — 1K ∈ L ;
— ∀ x, y ∈ L, x − y ∈ L ;
— ∀(x, y) ∈ (L − {0})2 , xy −1 ∈ L.
√ √
▷ Exemple 107 – Q( 2) = {a + b 2, (a, b) ∈ Q2 } est un sous-corps de Q.
20 Stéphane FLON
Définition 25 (Morphisme de corps)
5. Algèbres
Définition 26 (Algèbre)
Soit K un corps, A un ensemble, + et × des lois de composition internes sur A, · une loi externe sur A à domaine
d’opérateurs K].
On dit que (A, +, ×, ·) est une K-algèbre (ou que A (muni de ces opérations) est une algèbre sur le corps K) si
(1) (A, +, ×) est un anneau ;
(2) (A, +, ·) est un K-espace vectoriel ;
(3) Pour tout scalaire λ, et tous x, y ∈ A, (λ · x) × y = λ · (x × y) = x × (λ · y).
Une telle algèbre est dite commutative si la loi × est commutative.
Définition 27 (Sous-algèbre)
Théorème (Propriété universelle de l’algèbre des polynômes à une indéterminée sur un corps)
On suppose
i) que K est un corps ;
ii) que A est une algèbre sur K ;
iii) que a ∈ A.
15
On en déduit alors qu’il existe un unique morphisme d’algèbres φa de K[X] vers A tel que φa (X) = a.
Ce morphisme d’algèbres est appelé morphisme d’évaluation en a, et, pour tout P ∈ K[X], on note
P (a) l’élément φa (P ) de A (c’est l’évaluation du polynôme P en a).
K[a].
Pn
αk X k , on a P (a) =
Pn
Pour tout P = k=0 k=0 αk ak . L’image de φa est parfois notée
Ex : RI → R
Exemple 128 – (où I est un intervalle et x ∈ I) est un morphisme d’algèbres.
f 7→ f (x)
lim : CV (K) → K
Exemple 129 – (un ) 7→ lim un (où CV (K) désigne l’algèbre des suites convergentes à coeffi-
n∞
cients dans K) est un morphisme d’algèbres.
Exercice de cours (exercice 54) –
1 Soit A une K-algèbre, B une sous-algèbre de A de dimension finie et soit b un élément de B, inversible
dans A.
En considérant
φ : B → B
x 7→ bx
montrer que b−1 appartient à B.
2 Montrer sur un exemple que ce résultat ne s’étend pas en dimension infinie.
22 Stéphane FLON
Chapitre II
Séries numériques
Motivation 1 – Les séries constituent un autre point de vue sur les suites.
Analogie 2 – Analogie discret-continu.
Stratégie 3 – Utiliser l’analogie discret-continu.
Objectif 4 – L’objectif majeur du cours sur les séries est de déterminer la nature d’une série par considération
directe de son terme général.
▷ Objectif 8 – La question principale portant sur une série est de déterminer sa nature.
▷ Mise en garde 9 – Ne pas confondre une série convergente avec sa somme.
▷ Extension 10 – Somme d’une série divergente à termes positifs.
▷ Explication 11 – Sur la définition du reste d’une série convergente.
▷ Information 12 – La suite des restes d’une série convergente converge vers 0.
Stratégie 13 – La nature P
d’une série ne dépend pas des valeurs d’un nombre fini de ses P
termes.
▷ Reformulation 14 – un est une série numérique convergente si et seulement si n⩾n0 un converge
(où n0 ∈ N).
23
P P
▷ Reformulation 15 – un est une série numérique convergente si et seulement si un+n0 converge (où
n0 ∈ N). P
▷ Reformulation 16P– un est une série numérique convergente où un = vn à partir d’un certain rang si
et seulement si vP
n converge.
P Reformulation
P 17 – un est une série numérique convergente à termes complexes si et seulement si
(Re(un )) et (Im(un )) convergent.
▷ Stratégie 18 – Utiliser le lien entre suite et série pour montrer la convergence d’une suite.
▷ Stratégie 19 – Utiliser le lien entre suite et série pour montrer la convergence d’une série et calculer sa
somme.
Lien entre série et convergence d’une suite vers un réel strictement positif
▷ Stratégie 20 – Utiliser le lien entre suite et série pour montrer la convergence d’une suite vers un réel
strictement positif.
▷ Stratégie 21 – Utiliser le lien entre suite et série pour établir un équivalent d’une suite à un facteur
strictement positif près.
Exercice de cours (exercice 12) –
1
P
1 Montrer la convergence et calculer la somme de un , lorsque : un = n(n−1) (pour n ⩾ 2).
1 a b
Indication – On trouvera des constantes a et b telles que pour tout n ⩾ 2, n(n−1) = n + n−1 .
n
2 Soit a ∈ R∗+ ; on pose, pour tout n ∈ N, un = Qn
a2
2k +1)
.
k=0 (a
24 Stéphane FLON
P
Déterminer la nature de la série un selon les valeurs de a, et calculer la somme de cette série lorsqu’elle
converge.
Indication – Utiliser la formule α = (α + β) − β.
n
P
3 Montrer la convergence et calculer la somme de un , lorsque : un = n4 +n 2 +1 .
3. Divergence grossière
pour tout n ∈ N∗ .
P 1
Pn 1
On appelle série harmonique la série n. On notera Hn = k=1 k ,
Exercice de cours (exercice 2) – On propose ici une extension de la notion de divergence grossière.
1 On considère deux suites (αn ) et (βn ) d’entiers naturels tendant vers
P ÄP βn
ä que, pour tout n ∈ N,
+∞, et telles
αn ⩽ βn . On considère une série convergente un . Montrer que la suite k=αn uk converge vers 0.
P1
2 En minorant H2n − Hn , montrer la divergence de la série harmonique n.
3 3 (Mines MP 10) Nature de la série de terme général σ(n) n2 , où σ est une injection de N dans N ?
∗ ∗
▷ Stratégie 28 – Pour établir la divergence d’une série, on peut tenter de considérer une tranche.
▷ Exemple 29 –
— la série harmonique est une série numérique divergente ;
— la série harmonique n’est pas une série grossièrement divergente.
25 Stéphane FLON
4. Séries géométriques
▷ Étude de stabilité 30 – La notion de série géométrique est-elle stable par multiplication par un réel ?
▷ Étude de stabilité 31 – La notion de série géométrique est-elle stable par addition ?
Équivalence entre divergence et divergence grossière dans le cas des séries géométriques
P
Soit un une série
P numérique.
On suppose que un est une série géométrique.
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
P
a) un est une série numérique divergente. 7
P
b) un est une série grossièrement divergente.
Cette équivalence n’est bien entendu valable que dans le cadre très restreint des séries géométriques.
26 Stéphane FLON
5. Opérations algébriques sur les séries numériques convergentes
On suppose que CV (N, K) est l’ensemble des séries numériques convergentes à coefficients dans K.
On en déduit alors
8
a) que CV (N, K) est un espace vectoriel ;
b) que φ : un ∈ CV (N, K) 7→ n=0 un est une forme linéaire.
P P∞
▷ Structure 32 – L’ensemble des séries numériques convergentes est muni d’une structure d’espace vecto-
riel. P
▷ Reformulation
P 33 – P (αn + βn ) est une série numérique convergente si et seulement si (en supposant
que αn converge) βn converge.
▷ Étude de stabilité 34 – La notion de série numérique divergente est-elle stable par multiplication par un
scalaire non nul ?
▷ Étude de stabilité 35 – La notion de série numérique divergente est-elle stable par addition ?
Motivation 36 – À peu de choses près, les séries à termes positifs correspondent aux suites croissantes.
De plus, en cas de convergence, la somme de la série est la borne supérieure de la suite des sommes partielles.
27 Stéphane FLON
Proposition (Séries à termes positifs et ordre sur les termes généraux)
▷ Recul 37 – La proposition (Séries à termes positifs et ordre sur les termes généraux) est le résultat
charnière de ce chapitre.
▷ Rédaction 38 – Bien appliquer la proposition (Séries à termes positifs et ordre sur les termes généraux).
Proposition (Séries à termes positifs et ordre sur les termes généraux, divergence)
1
P
Exemple 39 – n2 est une série numérique convergente.
7. Comparaison série-intégrale
1
où α ∈ R∗+ .
P
On appelle série de Riemann toute série de la forme nα ,
Motivation 49 – L’absolue convergence est un moyen de ne plus se restreindre aux séries à termes positifs.
29 Stéphane FLON
Définition 7 (Série absolument convergente)
P
Soit un une sériePnumérique. P
On dit que la série un est absolument convergente si la série |un | converge.
u+ u−
P P P
▷ Information 50 – Pour toute série numérique réelle semi-convergente un , les séries n et n
divergent.
▷ Structure 51 – L’ensemble des séries absolument convergentes est muni d’une structure d’espace vecto-
riel.
▷ Étude de stabilité 52 – La notion de série absolument convergente est-elle stable par domination ? Il y
a donc aussi stabilité de la convergence absolue par prépondérance.
▷ Recul 53 – L’absolue convergence est la véritable notion centrale de ce chapitre.
▷ Stratégie 54 – Pour montrer qu’une série est convergente, on peut d’abord tenter de montrer qu’elle est
absolument convergente.
Exercice de cours (exercice 4) –
P ein P cos(n)+sin(n2 )
1 Montrer que les séries n2 et n2 convergent.
2 (Règle nα un ) SoitP(un ) une suite complexe. On suppose qu’il existe α > 1 tel que nα un tende vers 0.
Montrer la convergence de un .
Remarque – Cette règle nα un mêle la notion de convergence absolue et la comparaison aux séries de Riemann.
C’est une technique très fréquemment employée.
▷ Exemple 55 – Lorsque α > 1 et nα un → 0, la série
P
un est (absolument) convergente.
n∞
30 Stéphane FLON
▷ Stratégie 56 – Pour montrer la convergence d’une série, combiner l’absolue convergence et l’exemple des
séries de Riemann.
On en déduit alors
P
a) que si ℓ < 1, alors zn est absolument convergente ;
P 20
b) que si ℓ > 1, alors zn est grossièrement divergente ;
c) que si ℓ = 1, on ne peut pas conclure.
Ces résultats constituent le critère (ou la règle) de d’Alembert. Le cas où ℓ = 1 est appelé cas limite, ou cas douteux.
31 Stéphane FLON
Théorème (Sommation des relations de comparaison, cas de la divergence)
P P
Soit un et vn des séries numériques.
On suppose
P
i) que vn est une série à termes positifs ;
P
ii) que vn est une série numérique divergente.
On en déduit alors 22
Pn Pn
a) que si un = o(vn ), alors k=0 uk = o ( k=0 vk ) ;
Pn P∞
b) que si un = O(vn ), alors k=0 uk = O k=n+1 vk ;
Pn Pn
c) que si un ∼ vn , alors k=0 uk ∼ k=0 vk .
n∞ n∞
Mise en garde 60 – Dans les théorèmes de sommation des relations de comparaison, il faut s’assurer que la
série de référence soit à termes positifs.
Mise en garde 61 – Dans les théorèmes de sommation des relations de comparaison, en cas de convergence,
on s’intéresse aux restes, et, en cas de divergence, on s’intéresse aux sommes partielles.
On suppose
i) que (un ) est une suite numérique tendant vers une limite ℓ ;
ii) que pour tout n ∈ N, vn = 1
Pn
n+1 k=0 uk . 23
On en déduit alors que (vn ) est une suite numérique tendant vers ℓ.
La limite ℓ peut éventuellement être infinie.
▷ Étude de stabilité 62 – La notion de série alternée est-elle stable par multiplication par un réel ?
▷ Étude de stabilité 63 – La notion de série alternée est-elle stable par addition ?
32 Stéphane FLON
Théorème (Critère spécial des séries alternées)
P
Soit un une série numérique à termes réels.
On suppose
P
i) que un est une série alternée ;
ii) que (un ) est une suite de limite nulle ;
iii) que (|un |) est une suite décroissante.
On en déduit alors 24
P
a) que un est une série numérique convergente ;
P∞
b) que Rn = k=n+1 uk a même signe que un+1 , et |Rn | ⩽ |un+1 | ;
P∞ P∞
c) que n=0 un a même signe que u0 , et | n=0 un | ⩽ |u0 |.
On notera CSSA pour critère spécial des séries alternées dans ce cours.
▷ Recul 64 – Le critère spécial des séries alternées est la version pour les séries du théorème de convergence
des suites adjacentes.
▷ Recul 65 – Le critère spécial des séries alternées donne un résultat quantitatif.
▷ Rédaction 66 – Mise en œuvre du critère spécial des séries alternées.
▷ Utilité 67 – Utilité du critère spécial des séries alternées.
Exercice de cours (exercice 5) –
P (−1)n
1 Montrer que pour tout α > 0, la série nα converge.
P (−1)n ln(n)
2 Montrer la convergence de la série n .
P+∞ (−1)k P
3 Soit un = k=n k2 . Nature de un ?
Remarque – On rappelle que le CSSA donne bien plus que la seule convergence d’une série, notamment une
majoration du reste (en valeur P absolue). (−1)n
Exemple 68 – La série un , où un = √n + n1 , est divergente, bien que son terme général soit équivalent
à celui d’une série convergente.
Par ailleurs, c’est une série alternée dont le terme général tend vers 0. En revanche, la suite (|un |) n’est pas
décroissante à partir d’un certain rang.
▷ Étude de stabilité 69 – La notion de série numérique convergente est-elle stable par domination ?
▷ Étude de stabilité 70 – La notion de série numérique convergente est-elle stable par équivalence ?
▷ Étude de stabilité 71 – La notion de série numérique convergente est-elle stable par prépondérance ?
▷ Morale 72 – SupérioritéPde la notion d’absolue convergence sur celle de Pconvergence.
2
Information 73 – Si la série un est absolument
P convergente, alors la sérieP u2n est absolument convergente.
Mise en garde – Il se peut que la série un soit convergente, mais que un soit divergente.
▷ Étude de stabilité 80 – La notion de série absolument convergente est-elle stable par produit de Cauchy
de deux séries numériques ?
▷ Structure 81 – L’ensemble des séries absolument convergentes est muni d’une structure d’algèbre (la
multiplication étant le produit de Cauchy). P Pn k n−k
Exemple 82 – Si α et β sont des nombres complexes de module strictement inférieur à 1, alors k=0 α β
1
est absolument convergente, et sa somme vaut (1−α)(1−β) .
Soit z ∈ C tel que |z| < 1. Montrer : n=0 (n + 1)z n = (1−z)
P∞ 1
Exercice de cours (exercice 13) – 2.
34 Stéphane FLON
Chapitre III
1. Espaces vectoriels
Soit K un corps, E un ensemble, + une loi de composition interne sur E, · une loi externe de multiplication sur
E à domaine d’opérateurs K.
On dit que E est un espace vectoriel sur K, ou que E est un K-espace vectoriel, si
→
−
(1) (E, +) est un groupe commutatif (son élément neutre, noté 0 ou 0 ou 0E est appelé vecteur nul ) ;
(2) ∀ x ∈ E, ∀(α, β) ∈ K2 , (αβ) · x = α · (β · x) ;
(3) ∀(α, β) ∈ K , ∀ x ∈ E,
2
(α + β) · x = α · x + β · x ;
(4) ∀ x ∈ E, 1 · x = x;
(5) ∀(x, y) ∈ E 2 , ∀ α ∈ K, α · (x + y) = α · x + α · y
Les éléments de E sont appelés vecteurs et ceux de K sont appelés scalaires. Si K = R (resp. K = C), on dit que
E est un espace vectoriel réel (resp. un espace vectoriel complexe).
Lorsque le seul vecteur de E est le vecteur nul, on dit que E est (un espace vectoriel) trivial.
Lorqu’il n’y a pas d’ambiguı̈té, on ne précise pas toujours le corps des scalaires sous-jacent à une structure d’espace vectoriel.
2. Sous-espaces vectoriels
Stratégie 13 – Utiliser la notion de sous-espace vectoriel pour établir la structure d’espace vectoriel.
▷ Exemple 14 – {0E } et E sont des sous-espaces vectoriels de E, appelés sous-espaces vectoriels triviaux
de E.
▷ Exemple 15 – R est un sous-espace vectoriel du R-espace vectoriel C. C’est cependant loin d’être le seul.
De plus, R n’est pas un sous-espace vectoriel du C-espace vectoriel C
▷ Information 16 – La relation être un sous-espace vectoriel de est une relation d’ordre sur un ensemble
donné de K-espaces vectoriels.
▷ Reformulation 17 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, 0E ∈ F , ∀(λ, x) ∈
K × F, λx ∈ F et ∀ x, y ∈ F, x + y ∈ F .
▷ Reformulation 18 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, 0E ∈ F et ∀(λ, µ) ∈
K2 , ∀(x, y) ∈ F 2 , λx + µy ∈ F .
▷ Reformulation 19 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, 0E ∈ F et ∀ n ∈
N∗ , ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ F n , ∀(λ1 , . . . , λn ) ∈ Kn ,
Pn
i=1 λ i xi ∈ F .
▷ Reformulation 20 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, 0E ∈ F et ∀ λ ∈
K, ∀(x, y) ∈ F 2 , x + λ y ∈ F .
▷ Reformulation 21 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, F ̸= ∅, ∀(λ, x) ∈
K × F, λx ∈ F et ∀ x, y ∈ F, x + y ∈ F .
▷ Reformulation 22 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, F ̸= ∅ et ∀(λ, µ) ∈
K2 , ∀(x, y) ∈ F 2 , λx + µy ∈ F .
▷ Reformulation 23 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, F ̸= ∅ et ∀ n ∈
N∗ , ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ F n , ∀(λ1 , . . . , λn ) ∈ Kn ,
Pn
i=1 λ i xi ∈ F .
▷ Reformulation 24 – F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ E, F ̸= ∅ et ∀ λ ∈
K, ∀(x, y) ∈ F 2 , x + λ y ∈ F .
Exemple 29 – La somme d’un nombre fini de sous-espaces vectoriels de E est un sous-espace vectoriel de E.
Étude de stabilité 30 – La notion de sous-espace vectoriel est-elle stable par passage au complémentaire ?
▷ Mise en garde 31 – La notion de sous-espace vectoriel se comporte mal par passage au complémentaire.
▷ Information 32 – Soit A une partie d’un espace vectoriel E. Le sous-espace vectoriel F de E engendré
par A est l’intersection des sous-espaces vectoriels de E qui contiennent A.
▷ Reformulation 33 – Soit A une parte d’un espace vectoriel E. Le sous-espace vectoriel Vect(A) de E
engendré par A est l’ensemble des combinaisons linéaires d’éléments de A.
▷ Observation 34 – Deux descriptions de Vect(A).
▷ Information 35 – L’application A ⊂ E 7→ Vect(A) est croissante (pour l’ordre d’inclusion).
▷ Exemple 36 – Le sous-espace engendré par ∅ (dans E) est {0E }.
▷ Exemple 37 – Le sous-espace vectoriel du R-espace vectoriel C, engendré par {1} (resp. {i}) est R (resp.
iR). Le sous-espace vectoriel du C-espace vectoriel C, engendré par {1} (resp. {i}) est C.
▷ Exemple 38 – Si F est un sous-espace vectoriel de E, alors Vect(F ) = F .
▷ Exemple 39 – Le sous espace engendré par a ∈ E est noté K a, c’est l’ensemble {λ a, λ ∈ K}.
▷ Information 40 – Vect(xi )i∈I est inclus dans le sous-espace vectoriel G de E si et seulement si pour tout
i ∈ I, xi ∈ G.
Information 41 – Soit F1 , . . . , Fp des sous-espaces vectoriels d’un espace vectoriel E. On a F1 + · · · + Fp =
Vect(F1 ∪ · · · ∪ Fp ).
Explication 42 – La notion de somme de sous-espaces vectoriels de deux sous-espaces vectoriels de E sert à
pallier la non stabilité de la notion de sous-espace vectoriel par union.
Stratégie 43 – Pour montrer qu’une somme de sous-espaces vectoriels est incluse dans un sous-espace
vectoriel F , montrer que chacun de ses termes est un sous-espace vectoriel de F .
Mise en garde 44 – L”intersection n’est pas distributive par rapport à l’addition.
37 Stéphane FLON
5. Somme directe
▷ Étude de stabilité 47 – La notion de sous-espaces vectoriels en somme directe est-elle stable par sous-
famille ?
▷ Étude de stabilité 48 – La notion de sous-espaces vectoriels en somme directe est-elle stable par conca-
ténation ?
Mise en garde 49 – Ne pas généraliser hâtivement la caractérisation de somme directe de deux sous-espaces.
Information 50 – Si des sous-espaces vectoriels sont en somme directe, alors ils sont deux à deux en somme
directe, mais la réciproque est fausse.
Reformulation 51 – Des sous-espaces vectoriels F1 , . . . , Fp de E sont en somme directe si et seulement si
(F1 , . . . , Fp−1 sont en somme directe et (F1 + · · · + Fp−1 ) ∩ Fp = {0E }).
6. Sous-espaces supplémentaires
7. Applications linéaires
Définition 9 (Endomorphisme)
Définition 10 (Isomorphisme)
▷ Exemple 78 – La relation d’isomorphie définit une relation d’équivalence sur un ensemble donné de
K-espaces vectoriels.
Définition 12 (Automorphisme)
Information 84 – Soit φ ∈ L(E, F ). Si (xi )i∈I engendre E, (φ(xi ))i∈I engendre Im(φ).
41 Stéphane FLON
Proposition (Caractérisation de l’injectivité d’une application linéaire par le noyau)
Reformulation 88 – φ : E → F est une application linéaire injective si et seulement si étant donnée une
base de E, son image par φ est libre.
Reformulation 89 – φ : E → F est une application linéaire surjective si et seulement si étant donnée une
base de E, son image par φ est génératrice dans F .
42 Stéphane FLON
Proposition (Caractérisation des isomorphismes par les bases)
Pp
▷ Exemple 90 – Le noyau de (λ1 , . . . , λp ) 7→ i=1 λi xi est l’ensemble des p-uplets de scalaires donnant
une combinaison linéaire à résultat nul. P
p
▷ Exemple 91 – L’image de (λ1 , . . . , λp ) 7→ i=1 λi xi est Vect(x1 , . . . , xp ).
▷ Information 92 – Si f : E → F et g : F → G sont linéaires, Ker(f ) ⊂ Ker(g ◦ f ).
▷ Information 93 – Si f : E → F et g : F → G) sont linéaires, Im(g ◦ f ) ⊂ Im(g).
9. Homothéties
Définition 17 (Homothétie)
Définition 18 (Projecteur)
Mise en garde 95 – Un projecteur n’est pas caractérisé par le sous-espace sur lequel on projette.
43 Stéphane FLON
Définition 19 (Symétrie)
44 Stéphane FLON
Définition 20 (Famille de projecteurs associée à une décomposition en somme directe)
▷ Information 113 – Si (p1 , . . . , pk ) est une famille de projecteurs associés à une décomposition en somme
directe, alors pi ◦ pj = 0 si i ̸= j.
▷ Information 114 – Si (p1 , . . . , pk ) est une famille de projecteurs associés à une décomposition en somme
directe, alors p1 + · · · + pk = Id E .
▷ Information 115 – Si (p1 , . . . , pk ) est une famille
ÄPk de projecteurs
än Pk associés à une décomposition en somme
directe, alors ∀ n ∈ N , ∀(λ1 , . . . , λk ) ∈ K ,
∗ p
i=1 λi pi = i=1 λni pi .
où (λi )i∈I est une famille de scalaires. La famille (ui )i∈I (resp. (λi )i∈I ) est appelée famille des vecteurs (resp.
des coefficients) de cette combinaison linéaire.
Si I est infini, on appelle combinaison linéaire de cette famille toute combinaison linéaire d’une de ses sous-
familles finies.
Reformulation 116 – Le sous-espace vectoriel engendré par une famille (de vecteurs d’un espace vectoriel
E) est l’ensemble des combinaisons linéaires de cette famille de vecteurs.
▷ Exemple 117 – Chaque vecteur du R-espace vectoriel C s’exprime sous une forme unique comme combi-
naison linéaire des vecteurs 1 et i (mais aussi 1 + i et 1 − i par exemple).
Cela revient d’ailleurs à observer que R et R i sont supplémentaires dans le R-espace vectoriel C (de
même, R(1 + i) ⊕ R(1 − i) = C).
▷ Mise en garde 118 – Dans une combinaison linéaire, on ne somme qu’un nombre fini de vecteurs (non
nuls).
▷ Exemple 119 – La famille des suites réelles partout nulles sauf en un indice où elles valent 1 engendre
dans RN le sous-espace vectoriel des suites réelles nulles à partir d’un certain rang. Cette famille n’est
donc pas une base de RN .
▷ Exemple 120 – Dans K[X], Vect(X n )n∈N = K[X], et n=0 X n n’est pas un polynôme (cette expres-
P∞
sion n’a pas de sens pour nous).
On dit qu’une combinaison linéaire est triviale si tous les coefficients associés sont nuls.
45 Stéphane FLON
Définition 24 (Combinaison linéaire à résultat nul)
On dit qu’une combinaison linéaire est à résultat nul si le vecteur somme est le vecteur nul.
▷ Exemple 121 – La combinaison linéaire triviale est une combinaison linéaire à résultat nul.
▷ Reformulation 122 – Dire qu’une famille de vecteurs de E est génératrice de E, c’est dire que tout vecteur
de E s’exprime (d’au moins une manière) comme combinaison linéaire de vecteurs de cette famille.
▷ Reformulation 123 – Soit (x1 , . . . , xp ) une famille de vecteurs de E.
Cette famille est génératrice de E si et seulement si l’application
φ : Kp → E
Pp
(λ1 , . . . , λp ) 7→ i=1 λi xi
est surjective.
▷ Étude de stabilité 124 – La notion de famille génératrice de E est-elle stable par surfamille dans E ?
Reformulation 125 – Une famille (x1 , . . . , xp ) de vecteurs de E est libre si et seulement si l’application
φ : Kp → E
Pp
(λ1 , . . . , λp ) 7→ i=1 λi xi
est injective.
Reformulation 126 – Une famille de vecteurs de E est libre si et seulement si tout vecteur de E s’exprime
d’au plus une manière comme combinaison linéaire de cette famille.
Reformulation 127 – Soit φ ∈ L(E, F ) une application linéaire injective. La famille (x1 , . . . , xp ) est libre si
et seulement si (φ(x1 ), . . . , φ(xp )) est libre.
Exemple 128 – Toute famille finie de polynômes non nuls à degrés échelonnés est libre.
Reformulation 129 – Une famille de vecteurs est liée si et seulement si au moins un des vecteurs de la famille
peut s’exprimer comme combinaison linéaire des autres.
46 Stéphane FLON
▷ Exemple 130 – Une famille constituée d’un unique vecteur est libre si et seulement si ce vecteur n’est
pas nul.
▷ Exemple 131 – Toute famille comprenant le vecteur nul est liée.
▷ Exemple 132 – Toute famille dans laquelle un même vecteur apparaı̂t deux fois est liée.
▷ Étude de stabilité 133 – La notion de famille libre est-elle stable par sous-famille ?
▷ Étude de stabilité 134 – La notion de famille liée est-elle stable par surfamille ?
▷ Étude de stabilité 135 – La notion de famille liée est-elle stable par image par une application linéaire ?
▷ Étude de stabilité 136 – La notion de famille libre est-elle stable par image par une application linéaire ?
▷ Étude de stabilité 137 – La notion de famille libre est-elle stable par image par une application linéaire
injective ?
▷ Étude de stabilité 138 – La notion de famille génératrice est-elle stable par image par une application
linéaire ?
▷ Étude de stabilité 139 – La notion de famille génératrice est-elle stable par image par une application
linéaire surjective ?
▷ Exemple 140 – La famille (1, i) de vecteurs de C, vu en tant que R-espace vectoriel, est libre.
▷ Exemple 141 – La famille (1, i) de vecteurs de C, vu en tant que C-espace vectoriel, est liée.
▷ Information 142 – Le fait d’ être colinéaire à (dans un espace vectoriel donné E) est une relation
réflexive et transitive.
▷ Mise en garde – Le fait d’ être colinéaire à (dans un espace vectoriel donné E non réduit à 0E ) n’est
pas symétrique. Le vecteur nul est colinéaire à tous les autres, mais le seul vecteur colinéaire au vecteur
nul est le vecteur nul lui-même.
▷ Mise en garde – Le fait d’ être colinéaire à (dans un espace vectoriel réel ou complexe donné E non
réduit à 0E ) n’est pas antisymétrique.
47 Stéphane FLON
14. Bases
Définition 30 (Base)
▷ Reformulation 145 – Une famille de vecteurs de E en est une base si et seulement si tout vecteur de
E s’exprime de façon unique comme combinaison linéaire de vecteurs de la famille. Le cas échéant, la
famille des coefficients associée à un vecteur x est appelée famille des coordonnées (ou de composantes)
de x dans la base considérée.
▷ Reformulation 146 – Une famille de vecteurs de E en est une base si et seulement si c’est une famille
libre maximale de vecteurs de E (i.e. toute surfamille stricte (de vecteurs de E) de cette famille est liée).
▷ Reformulation 147 – Une famille de vecteurs de E en est une base si et seulement si c’est une famille
libre minimale de vecteurs de E (i.e. aucune sous-famille stricte de cette famille n’est génératrice de E).
Vocabulaire 148 – Certains espaces vectoriels admettent une base particulièrement simple, dite canonique.
▷ Exemple 149 – (e1 , . . . , en ), où n ∈ N∗ , et, pour tout i ∈ [[1, n]] : ei = (δi,j )1⩽j⩽n est la base canonique
de Kn .
▷ Exemple 150 – La famille des matrices élémentaires (Ei,j )1⩽i⩽n,1⩽j⩽p est la base canonique de Mn,p (K)
(où n, p ∈ N∗ ).
▷ Exemple 151 – La famille (X n )n∈N est la base canonique de K[X].
▷ Exemple 152 – La famille (X k )k∈[[0,n]] est la base canonique de Kn [X] (où n ∈ N).
▷ Mise en garde 153 – Pour la plupart des espaces vectoriels, parler de base canonique n’a pas de sens.
Exemple 154 – Si E = ⊕i∈[[1,n]] Ei , toute concaténation de bases respectives des Ei est une base de E adaptée
à cette décomposition
ÅÅen somme
ã Å directe.
ã Å ã Å ãã
1 0 0 0 0 1 0 1
Exemple 155 – , , , est adaptée à la supplémentarité de S2 (R) et de
0 0 0 1 1 0 −1 0
A2 (R) dans M2 (R) (avec des notations usuelles).
Stratégie 156 – Se donner une application linéaire par image d’une base.
48 Stéphane FLON
Proposition (Application linéaire définie par ses restrictions)
Stratégie 157 – Se donner une application linéaire par ses restrictions liées à une décomposition en somme
directe.
Définition 33 (Dimension)
On vérifie que E admet au moins une base, et qu’elles ont toutes le même cardinal
49 Stéphane FLON
Théorème de la base incomplète
Soit E un espace vectoriel, (x1 , . . . , xm ) une famille de vecteurs de E, (y1 , . . . , yn ) une famille de
vecteurs de E.
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie ;
19
ii) que (x1 , . . . , xm ) est une famille libre ;
iii) que (y1 , . . . , yn ) est une famille génératrice de E.
On en déduit alors qu’on peut compléter la famille libre (x1 , . . . , xm ) en une base, par adjonction
éventuelle de vecteurs de la famille génératrice (y1 , . . . , yn ).
50 Stéphane FLON
Proposition (Dimension d’un produit cartésien)
Plus généralement, si E1 , . . . , En sont de dimension finie, alors E1 × · · · × En est aussi de dimension finie, et
dim (E1 × · · · × En ) = dim(E1 ) + · · · + dim(En ). Pour tout n ∈ N∗ , dim(E n ) = n dim(E).
▷ Mise en garde 158 – La formule donnant la dimension d’un produit cartésien est parfois mal connue.
On suppose
i) que F et G sont des espaces vectoriels de dimension finie ;
24
ii) que F et G sont des sous-espaces vectoriels en somme directe.
On en déduit alors que dim(F + G) = dim(F ) + dim(G).
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie ;
25
ii) que G est un supplémentaire de F dans E.
On en déduit alors que dim(G) = dim(E) − dim(F ).
51 Stéphane FLON
Proposition (Caractérisations de supplémentarité en dimension finie)
Information 159 – Si φ ∈ L(E, F ), où dim(E) > dim(F ), alors φ n’est pas injective.
Information 160 – Si φ ∈ L(E, F ), où dim(E) < dim(F ), alors φ n’est pas surjective.
Mise en garde 161 – Les dimensions(non nulles) de la source et du but peuvent garantir la non injectivité
ou la non surjectivité, mais pas l’injectivité ni la surjectivité.
Information 162 – Soit f ∈ L(E). La suite (Ker(f n ))n∈N (resp. (Im(f n ))n∈N ) des noyaux itérés (resp. des
images itérées) est croissante (resp. décroissante) pour l’inclusion. En dimension finie, ces deux suites sont donc
stationnaires.
Si Ker(f k ) = Ker(f k+1 ), alors Ker(f j ) = Ker(f k ) pour tout j ⩾ k. .
Exercice de cours (exercice 11) –
1 Soit E un K-espace vectoriel, et soit f ∈ L(E).
52 Stéphane FLON
i Montrer que la suite (Ker(f n ))n∈N (resp. (Im(f n ))n∈N ) des noyaux itérés (resp. des images itérées)
est croissante (resp. décroissante) pour l’inclusion.
ii On suppose E de dimension finie. Montrer que ces deux suites sont stationnaires. Montrer aussi que
Ker(f n ) = Ker(f n+1 ) si et seulement si Im(f n ) = Im(f n+1 ).
iii Qu’en est-il en dimension infinie ?
iv On suppose que Ker(f k ) = Ker(f k+1 ) (resp. que Im(f k ) = Im(f k+1 ). Montrer que pour tout j ⩾ k,
Ker(f ) = Ker(f k ) (resp. Im(f j ) = Im(f j+1 )).
j
v On suppose que Ker(f k ) = Ker(f k+1 ) et que Im(f k ) = Im(f k+1 ). Montrer que Ker(f k )⊕Im(f k ) = E.
vi On suppose E de dimension finie n. Pour tout k ∈ N, on pose dk = dim(Ker(f k+1 )) − dim(Ker(f k )).
Montrer que (dk ) est une suite décroissante d’entiers naturels, et que dn = 0.
Indication – On pourra considérer f|kKer(f k+1 ) , pour établir que dk = dim(Im(f k ) ∩ Ker(f )).
Définition 34 (Translation)
Soit E espace-vectoriel, u ∈ E.
Tu : E → E
On appelle translation selon le vecteur u dans E l’application . Pour tout x ∈ E, Tu (x) =
x 7 → x+u
x + u est appelé translaté du vecteur x selon le vecteur u.
Exemple 163 – Tout translation est une application bijective. De plus, l’application u ∈ E 7→ Tu ∈ SE est
un morphisme de groupes de (E, +) vers (SE , ◦).
Mise en garde 164 – Une translation n’est presque jamais linéaire.
Information 165 – Pour tout point x d’un sous-espace affine F dirigé par un sous-espace vectoriel F , on a
F = x + F.
Étude de stabilité 166 – La notion de sous-espace affine est-elle stable par intersection ? L’intersection de
sous-espaces affines est soit vide, soit un sous-espace affine, dont la direction est l’intersection des directions des
sous-espaces affines considérés
53 Stéphane FLON
18. Rang
Information 172 – Le rang d’une famille finie de vecteurs est inchangé si on multiplie l’un des vecteurs par
un scalaire non nul, si on échange des vecteurs de la famille, si on ôte à l’un des vecteurs une combinaison
linéaire des autres, ou encore si on supprime un vecteur combinaison linéaire des autres.
Information 173 – Soit φ ∈ L(E, F ). Si E ou F est de dimension finie, alors le rang de φ est bien défini.
Information 174 – Si φ est une application linéaire entre espaces vectoriels de dimension finie (non nulles),
alors le rang de φ est aussi celui de toute matrice représentative de φ.
On suppose
i) que φ : E → F est une application linéaire ;
33
ii) que G est un supplémentaire de Ker φ dans E.
On en déduit alors que φ induit un isomorphisme de G sur Im φ.
▷ Observation 176 – La formule du rang est valable pour toute application linéaire entre espaces vectoriels
de dimension finie.
Proposition (Caractérisation d’isomorphisme en dimension finie)
Information 177 – La composition (à droite comme à gauche) par un isomorphisme conserve le rang.
Proposition (Le rang d’une composée est inférieur au rang de chacun de ses termes)
On suppose
i) que u et v sont des applications linéaires de rang fini ;
ii) que la composée u ◦ v est bien définie.
37
On en déduit alors
a) que u ◦ v est de rang fini ;
b) que rg(u ◦ v) ⩽ min{rg(u), rg(v)}.
55 Stéphane FLON
Stratégie 178 – Pour estimer un rang, utiliser le fait que le rang d’une composée est inférieur au rang de
chacun de ses termes.
Reformulation 179 – φ : E → F est un isomorphisme si et seulement si (lorsque E et F ont même dimension
finie) φ admet un inverse à gauche pour la composition. Faux en dimension infinie : considérer par exemple
l’endomorphisme P 7→ XP (X) de K[X]
Reformulation 180 – φ : E → F est un isomorphisme si et seulement si (lorsque E et F ont même dimension
finie) φ admet un inverse à droite pour la composition. Faux en dimension infinie : considérer par exemple
l’endomorphisme de dérivation dans K[X]
On suppose
i) que E et F sont des espaces vectoriels de dimension finie ;
38
ii) que u et v sont des applications linéaires de E dans F .
On en déduit alors que | rg(u) − rg(v)| ⩽ rg(u + v) ⩽ rg(u) + rg(v).
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie ;
39
ii) que u et v sont des endomorphismes de E.
On en déduit alors que rg(u) + rg(v) − dim(E) ⩽ rg(u ◦ v) ⩽ min(rg(u), rg(v)).
19. Matrices
Définition 38 (Matrice)
Soit n, p ∈ N∗ , K un corps.
On appelle matrice de taille (n, p) (ou n × p) à coefficients dans K une famille d’éléments de K indexée par
[[1, n]] × [[1, p]]. On note Mn,p (K) leur ensemble. Soit M ∈ Mn,p (K). Pour (i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, p]], on note [M ]i,j
et on appelle coefficient de M en position (i, j) le terme de M d’indice (i, j).
Soit E et F des espaces vectoriels de dimensions respectives p et n (entiers non nuls), B = (e1 , . . . , ep ) une base
de E, C = (f1 , . . . , fn ) une base de F , φ : E → F une application linéaire.
On appelle matrice de φ dans le couple de bases (B, C), et on note MB,C (φ), la matrice de taille n × p, dont la
j-ème colonne est le n-uplet des coordonnées de φ(ej ) dans C, pour tout j ∈ [[1, p]].
56 Stéphane FLON
Proposition (Isomorphisme entre espaces de matrices et d’applications linéaires)
Recul 181 – Une matrice code une application linéaire entre espaces de dimension finie.
▷ Exemple 182 – Pour toute base B d’un espace vectoriel E de dimension n ∈ N∗ , MB (Id E ) = In .
▷ Exemple 183 – La matrice d’une application nulle est toujours nulle.
Reformulation 184 – Si on identifie Mp,1 (K) et Mn,1 (K) à Kp et Kn respectivement, le morphisme canoni-
quement associé à M ∈ Mn,p (K) est l’application X 7→ M X. En fait, il est fréquent de confondre une matrice
et le morphisme qui lui est canoniquement associé, ce qui permet de parler par exemple de l’image et du noyau
de cette matrice. Si la matrice est carrée, le morphisme canoniquement associé est un endomorphisme.
▷ Exemple 185 – Le morphisme canoniquement associé à 0n,p est l’application nulle de Kp dans Kn .
▷ Exemple 186 – Le morphisme canoniquement associé à In est Id Kn .
▷ Exemple 187 – Le morphisme canoniquement associé à une matrice ligne à p colonnes est une forme
linéaire sur Kp .
57 Stéphane FLON
Proposition (Lien entre composition des applications linéaires et produit matriciel)
Recul 188 – La définition du produit matriciel sert à rendre compte de la composition des applications
linéaires.
Exemple 189 – Si n ∈ N∗ , et (i, j, k, l) ∈ [[1, n]]4 , alors Ei,j Ek,l = δj,k Ei,l .
Mise en garde 193 – Pour le produit matriciel, un élément non nul n’est pas toujours simplifiable.
Information 194 – Pour le produit matriciel, un élément inversible est toujours simplifiable.
Mise en garde 195 – Précautions à prendre pour le calcul algébrique dans Mn (K).
Reformulation 196 – Une matrice est inversible si et seulement si elle est carrée et elle admet un inverse à
gauche.
Reformulation 197 – Une matrice est inversible si et seulement si elle est carrée et elle admet un inverse à
droite.
58 Stéphane FLON
Proposition (Formule du binôme de Newton pour des matrices carrées)
▷ Structure 198 – L’ensemble des matrices diagonales de taille n est muni d’une structure de sous-algèbre
(commutative) de Mn (K). On le note Dn (K).
▷ Étude de stabilité 199 – La notion de matrice diagonale inversible est-elle stable par inverse ?
Structure 200 – L’ensemble des matrices triangulaires supérieures de taille n est muni d’une structure de
sous-algèbre de Mn (K), notée Tn+ (K).
Étude de stabilité 201 – La notion de matrice triangulaire supérieure inversible est-elle stable par inverse ?
▷ Structure 202 – L’ensemble des matrices triangulaires inférieures de taille n est muni d’une structure
de sous-algèbre de Mn (K), notée Tn− (K).
▷ Exemple 203 – Les algèbres Tn+ (K) et Tn− (K) sont isomorphes (mais la transposition ne définit pas un
isomorphisme d’algèbres sauf si n = 1).
▷ Étude de stabilité 204 – La notion de matrice triangulaire est-elle stable par produit matriciel ?
▷ Étude de stabilité 205 – La notion de matrice triangulaire est-elle stable par addition matricielle ?
▷ Étude de stabilité 206 – La notion de matrice triangulaire est-elle stable par multiplication par un
scalaire ?
▷ Étude de stabilité 207 – La notion de matrice triangulaire inférieure inversible est-elle stable par inverse ?
▷ Étude de stabilité 208 – La notion de matrice triangulaire inversible est-elle stable par inverse ?
20. Transposition
59 Stéphane FLON
Exemple 209 – La transposition définit un isomorphisme de l’espace vectoriel Mn,p (K) sur Mp,n (K).
Information 210 – Pour toute matrice A ∈ Mn,p (K), (AT )T = A.
Exemple 211 – La transposition dans Mn (K) est une symétrie vectorielle.
▷ Étude de stabilité 212 – La notion de matrice diagonale est-elle stable par transposition ?
▷ Étude de stabilité 213 – La notion de matrice triangulaire est-elle stable par transposition ?
▷ Information 214 – Si A est une matrice carrée, (AT )k = (Ak )T pour tout k ∈ N, et cette formule s’étend
à tout k ∈ Z si A est inversible.
Soit E un espace vectoriel de dimension finie non nulle, B = (e1 , . . . , en ) et B ′ = (e′1 , . . . , e′n ) des bases de E.
On appelle matrice de passage de la base B à la base B ′ la matrice de la famille B ′ dans la base B. On peut la
noter PB → B′ .
Observation 215 – La matrice de passage de B à B ′ permet d’exprimer facilement les vecteurs de la nouvelle
base B ′ comme combinaison linéaire des vecteurs de l’ancienne base B.
Reformulation 216 – La matrice de passage de B à B ′ n’est rien d’autre que MB′ ,B (Id E ) (noter l’inversion
des deux bases).
▷ Exemple 217 – Toute matrice de passage est inversible.
▷ Exemple 218 – In = PB → B est une matrice de passage.
Information 219 – Si B, B ′ , B ′′ sont des bases de E, alors PB → B′′ = PB → B′ PB′ → B′′ .
Information 220 – PB′ → B = PB−1→ B′ .
Mise en garde 221 – Dans un changement de bases, on passe facilement des nouvelles coordonnées aux
anciennes.
60 Stéphane FLON
Proposition (Formule de changement de bases pour une application linéaire)
Information 222 – Rang d’une matrice : A ∈ Mn,p (K) vérifie : rg(A) ⩽ min{n, p}.
Reformulation 223 – Le rang d’une matrice A est la plus grande taille d’une matrice inversible extraite de
A.
Exemple 224 – L’équivalence matricielle définit une relation d’équivalence sur Mn,p (K).
Reformulation 225 – A, B ∈ Mn,p (K) sont des matrices équivalentes si et seulement si A et B représentent
une même application linéaire entre un espace vectoriel de dimension p et un espace vectoriel de dimension n,
chacune dans un certain couple de bases.
61 Stéphane FLON
Reformulation du rang par représentation matricielle
On suppose
i) que E et F sont des espaces vectoriels de dimension finie ;
ii) que dim(E) = p, dim(F ) = n ;
iii) que u : E → F est une application linéaire. 52
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) rg(u) = r.
Pr
b) il existe un couple de bases dans lequel la matrice de u est Jr (n, p) = i=1 Ei,i (n, p).
Soit n, p ∈ N∗ .
On suppose que A, B ∈ Mn,p (K).
Les assertions suivantes sont alors équivalentes : 53
a) A et B sont des matrices équivalentes.
b) rg(A) = rg(B).
▷ Exemple 227 – La similitude matricielle définit une relation d’équivalence sur Mn (K).
Recul 231 – Sur la définition de la trace d’un endomorphisme, notion d’invariant de similitude.
Exemple 232 – Le rang est un invariant de similitude.
Exemple 233 – Soit A, B ∈ Mn (K). Si A ou B est inversible, AB et BA sont semblables. Le résultat tombe
en défaut si on omet l’hypothèse d’inversibilité.
Exemple 234 – Soit P ∈ GLn (K). L’application
φ : Mn (K) → Mn (K)
A 7→ P −1 AP
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie ;
56
ii) que p est un projecteur de E.
On en déduit alors que tr(p) = rg(p).
b) det(A) ̸= 0.
On suppose
i) que A ∈ Mn (K) est une matrice carrée ;
59
ii) que λ ∈ K.
On en déduit alors que det(λ A) = λn det(A).
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie non nulle ;
ii) que f est un endomorphisme de E.
60
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) f est un automorphisme.
b) det(f ) ̸= 0.
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie non nulle ;
61
ii) que f et g sont des endomorphismes de E.
On en déduit alors que det(f g) = det(f ) det(g).
64 Stéphane FLON
Proposition (Déterminant du produit d’un endomorphisme par un scalaire)
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie non nulle, notée n ;
ii) que f de E est un endomorphisme ; 62
iii) que λ ∈ K.
On en déduit alors que det(λ f ) = λn det(f ).
Exercice de cours (exercice 62) – Montrer que le déterminant d’une matrice triangulaire est le produit de
ses coefficients diagonaux.
Exercice de cours (exercice 63) – Calculer les déterminants suivants :
1 2 3 4 5 1 ... ... 1
−1 0 3 4 5 1 1 1 .. a b c
2 . 2 ... 2
−1 −2 0 4 5 , 1 j j , . .. , b c a
−1 −2 −3 0 5 1 j2 j .. . c a b
−1 −2 −3 −4 0 1 2 n
Exercice de cours (exercice 64) –
1 Calculer
1 n ... 2
..
2 1 . 3
.. .. ..
. . .
n n−1 ... 1
Réponse : (−1)n−1 nn−2 n(n+1)
2 .
2 Calculer (a, b, c ∈ R) :
(b + c)2 b2 c2
a2 (c + a)2 c2
a2 b2 (a + b)2
Réponse : 2abc(a + b + c)3 .
3
i (X MP 09, CCP PSI 09) Soit Φ : A ∈ Mn (R) 7→t A ∈ Mn (R). Calculer det Φ.
ii (X PC 09) Soit Ψ : A ∈ Mn (R) 7→ A + 2 AT . Déterminer la trace et le déterminant de Ψ.
65 Stéphane FLON
Exercice de cours (exercice 65) –
1 On considère un entier n ⩾ 2 et n scalaires a0 , . . . , an−1 . Calculer
−X 0 ... 0 −a0
1 −X ... 0 −a1
..
0 1 . 0 −a2 .
.. .. .. .. ..
. . . . .
0 0 ... 1 −an−1 − X
2 (Pour les 5/2) En déduire que tout polynôme unitaire non constant est le polynôme caractéristique d’une
certaine matrice.
Exemple 238 – On considère des scalaires α0 , . . . , αn , distincts deux à deux. Pour tout i ∈ [[0, n]], on pose
Li = 0⩽i⩽n αi −αjj . La famille (Li )0⩽i⩽n est alors une base de Kn [X], appelée base d’interpolation de Lagrange
Q X−α
j̸=i
associée aux scalaires α0 , . . . , αn .
De plus, pour tout P ∈ Kn [X] : P = i=0 P (αi )Li .
Pn
Stratégie 239 – Utiliser une base d’interpolation de Lagrange.
▷ Étude de stabilité 243 – La notion de sous-espace stable par u ∈ L(E) est-elle stable par somme ?
▷ Étude de stabilité 244 – La notion de sous-espace stable par u ∈ L(E) est-elle stable par intersection ?
▷ Structure 245 – L’ensemble des endomorphismes stabilisant un sous-espace F de E est muni d’une
structure de sous-algèbre de L(E).
▷ Information 246 – Soit F un sous-espace de E stable par u ∈ L(E), et soit v l’endomorphisme de F
induit par u. Pour tout n ∈ N, F est stable par un , et l’endomorphisme induit par un sur F est v n .
66 Stéphane FLON
▷ Information 247 – Soit F un sous-espace de E stable par u ∈ L(E), et soit v l’endomorphisme de F
induit par u. On a Ker(v) = Ker(u) ∩ F .
▷ Information 248 – Soit F un sous-espace de E stable par u ∈ L(E), et soit v l’endomorphisme de F
induit par u. On a Im(v) ⊂ Im(u) ∩ F .
Étude de stabilité 249 – La notion d’automorphisme est-elle stable par induction sur un sous-espace stable ?
Étude de stabilité 250 – La notion d’automorphisme en dimension finie est-elle stable par induction sur un
sous-espace stable ?
On définit de manière informelle la notion de matrice par blocs comme une matrice dont les coefficients sont
regroupés par blocs matriciels.
Par exemple, si A ∈ Mn (K), B ∈ Mn,p (K), C ∈ Mp,n (K) et D ∈ Mp (K), la matrice
Å ã
A B
M=
C D
est donnée par ses blocs A, B, C, D, et carrée de taille n + p.
On définit les notions de matrices diagonales par blocs (les blocs non diagonaux sont nuls), triangulaires supé-
rieures par blocs (les blocs sous-diagonaux sont nuls), triangulaires inférieures par blocs : par exemple, lorsque
C = 0p,n , on dira que M (ci-dessus) est triangulaire supérieure par blocs.
La très grande majorité des matrices par blocs considérées est liée à la représentation matricielle d’un endomorphisme dans une base adaptée
à une décomposition en somme directe, ce qui impose notamment que la matrice par blocs soit carrée, et que les blocs diagonaux soient
également des matrices carrées.
Mise en garde 254 – Il n’y a pas de formule générale de déterminant par blocs.
Information 255 – Le déterminant d’une matrice par blocs est inchangé par transvection par blocs (à une
ligne (resp. colonne) de blocs on ajoute un multiple d’une autre ligne (resp. colonne) de format compatible).
Exemple 256 – Soit A une matrice triangulaire supérieure par blocs, de blocs diagonaux A1 , . . . , Ap . La
matrice A est inversible si et seulement si tous les blocs diagonaux A1 , . . . , Ap sont inversibles.
Exercice de cours (exercice 94) –
Å ã
I −A
1 (X-ESPCI 16) Soit (A, B) ∈ Mn (C) et M = n . Montrer que det(M ) = det(In + AB).
B In
Exercice de cours (exercice 93) –
1 Il y a une formule pour un déterminant par blocs d’une matrice non triangulaire dans un cas bien
particulier : soit A, B, C, D ∈ Mn (K). On suppose que A est inversible, et commute avec C. Montrer que
A B
= det(AD − CB).
C D
2 Montrer cependant que cette formule n’est pas valable pour toutes matrices A, B, C, D ∈ Mn (K).
ãT Å T
CT
Å ã
A B A
Information 257 – = .
C D B T DT
Exercice de cours (exercice 95) – Pour toute matrice M ∈ Mn (C), on écrit M = A + iB, avec (A, B) ∈
Mn (R)2 . Vérifier que
A −B
= | det(M )|2
B A
▷ Information 258 – Tout espace vectoriel de dimension finie est isomorphe à son dual.
▷ Information 259 – Une forme linéaire est soit nulle, soit surjective.
▷ Information 260 – On peut définir le produit de deux formes linéaires, mais ce produit n’est pas général
(une forme) linéaire.
▷ Exemple 261 – La trace (vue comme application de Mn (K) dans K) est une forme linéaire sur Mn (K).
▷ Exemple 262 – Soit I un intervalle et a ∈ I. L’application φ : RI → R, f 7→ f (a) est une forme linéaire,
appelé morphisme d’évaluation en a. C’est aussi unR 1morphisme d’anneaux.
▷ Exemple 263 – L’application f ∈ Cpm ([0, 1], R) 7→ 0 f (t)dt est une forme linéaire.
▷ Exemple 264 – x 7→< a, x > (où on a fixé a ∈ E) est une forme linéaire sur un espace préhilbertien E.
▷ Exemple 265 – P (un ) 7→ lim
Pn∞un est une forme linéaire sur l’espace des suites numériques convergentes.
▷ Exemple 266 – Pun 7→ Pn=0 un est une forme linéaire sur l’espace des séries numériques convergentes.
∞
▷ Exemple 267 – un 7→ n=0 un est une forme linéaire sur l’espace des séries numériques absolument
convergentes. R
▷ Exemple 268 – f 7→ I f est une forme linéaire sur l’espace des fonctions cpm sur I d’intégrale conver-
gente. R
▷ Exemple 269 – f 7→ I f est une forme linéaire sur l’espace des fonctions cpm sur I d’intégrale absolument
convergente.
▷ Exemple 270 – X 7→ E(X) est une forme linéaire sur l’espace des v.a. (définies sur un même espace
probabilisé) admettant une espérance.
68 Stéphane FLON
Proposition (Supplémentarité et formes linéaires)
Définition 53 (Codimension)
Définition 54 (Hyperplan)
28. Nilpotence
Définition 55 (Nilpotence)
Soit A un anneau, A ∈ A.
A est dit nilpotent s’il existe k ∈ N∗ tel que Ak = 0. Dans un tel cas, on appelle indice de nilpotence l’entier
min{k ∈ N∗ , Ak = 0}
Cela s’applique notamment au cas des anneaux L(E) et Mn (K), permettant de définir les notions d’endomorphisme nilpotent et de matrice
nilpotente.
Information 278 – Si A ∈ Mn (K) est nilpotente d’indice p, alors, pour tout entier k ⩾ p, Ak = 0n .
Exemple P 279 – La matrice de taille n dont tous les coefficients sont nuls, sauf ceux sur la surdiagonale qui
n−1
valent 1 (i.e. i=1 Ei,i+1 )) est une matrice nilpotente d’indice n.
Exemple 280 – Toute matrice triangulaire stricte est nilpotente.
Information 281 – Une matrice triangulaire est nilpotente si et seulement si elle est triangulaire stricte.
Exemple
Å 282 ã–
1 1
— est une matrice nilpotente ;
−1 −1
Å ã
1 1
— n’est pas une matrice triangulaire.
−1 −1
Exemple 283 – La dérivation dans Kn [X] (mais pas dans K[X]) est un endomorphisme nilpotent.
Structure 298 – L’ensemble des polynômes d’un endomorphisme u ∈ L(E) est muni d’une structure de
sous-algèbre de L(E) on la note K[u].
Information 299 – L’algèbre des polynômes K[u] de u ∈ L(E) est commutative.
Information 300 – Soit u ∈ L(E). L’espace vectoriel K[u] est engendré par (uk )k∈N , et l’algèbre K[u] est
engendrée par u.
φ : K[X] → L(E)
Information 301 – L’application est un morphisme d’algèbres, d’image K[u].
P 7→ P (u)
Soit A, B ∈ Mn (K) des matrices carrées, P une matrice inversible, Q ∈ K[X] un polynôme.
On suppose que A et B sont des matrices semblables avec B = P −1 AP .
On en déduit alors 72
a) que Q(A) et Q(B) sont des matrices semblables ;
b) que Q(B) = P −1 Q(A)P .
71 Stéphane FLON
Endomorphisme induit par un polynôme d’un endomorphisme
On en déduit alors
a) que F est un sous-espace stable par Q(u) ;
b) que l’endomorphisme induit par Q(u) sur F est égal à Q(v).
On suppose
i) que E est un espace vectoriel réel ;
ii) que E est un espace vectoriel de dimension finie non nulle ;
iii) que f est un endomorphisme de E. 74
72 Stéphane FLON
Chapitre IV
Intégration
Définition 1 (Primitive)
▷ Information 1 – Une fonction donnée admet au plus une primitive prenant une valeur donnée sur un
intervalle fixé.
▷ Information 2 – Si F est une primitive de f sur I, alors l’ensemble des primitives de f sur I est
{F + λ, λ ∈ K}.
Le fait que I soit un intervalle est primordial. Par exemple, la fonction x ∈ R∗ 7→ arctan(x) +
arctan(1/x) n’est pas constante, bien que de dérivée nulle en tout point .
Mise en garde 3 – Beaucoup des résultats d’analyse ne sont valables que si le domaine de définition est un
intervalle.
▷ Information 4 – Si f : I → KR est continûment dérivable (i.e. dérivable, de dérivée continue), alors, pour
tous a, b ∈ I, f (b) − f (a) = [a,b] f ′ .
α+1
Exemple 5 – xα dx = xα+1 + C (où α ̸= −1) est une primitive classique.
R
Exemple 6 – dx
R
= ln(|x|) + C est une primitive classique.
R xλ x
Exemple 7 – e dx = e λ + C (où λ ∈ C∗ ) est une primitive classique.
λx
73
Proposition (Changement de variable pour une fonction continue sur un segment)
Ra√
▷ Exemple 10 – Soit a ∈ R∗+ . 0
a2 − t2 dt = π a2
4 .
Soit I un intervalle, a, b ∈ I.
On suppose que u et v sont des fonctions continûment dérivables sur I. 4
Rb Rb
On en déduit alors que a uv ′ = [uv]ba − a u′ v.
R
Exemple 11 – ln(x) dx = x ln(x) − x + C est une primitive classique.
Exercice de cours (exercice 11) –
2. Formules de Taylor
▷ Recul 19 – La formule de Taylor avec reste intégral est la mère des autres formules de Taylor.
▷ Recul 20 – La formule de Taylor avec reste intégral est une égalité globale.
Pn k Rx n
▷ Exemple 21 – Pour tout réel x : ex = k=0 xk! + 0 (x−t) et dt.
Pn!
n k R x (x−t)n
▷ Exemple 22 – Pour tout x ∈] − 1, +∞[ : ln(1 + x) = k=1 (−1)k−1 xk + (−1)n 0 (1+t) n+1 dt.
74 Stéphane FLON
Théorème (Inégalité de Taylor-Lagrange)
n
X xk xn+1 x
ex − ⩽ e
k! (n + 1)!
k=0
P∞ 1
En particulier, pour x = 1, on obtient : k=0 k! = e.
|x|n+1
Pour tout x ∈ R− , on a : e − k=0 k! ⩽ (n+1)! .
x
Pn xk
n
X xk xn+1
ln(1 + x) − (−1)k−1 ⩽
k n+1
k=1
(−1)k−1
P∞
En particulier, pour x = 1, on obtient : k=1 = ln(2).
Pnk k |x|n+1
Pour tout x ∈] − 1, 0], on a : ln(1 + x) − k=1 (−1)k−1 xk ⩽ (n+1)(1+x) n+1 .
P∞ 1
En particulier, pour x = −1/2, on obtient : k=1 k 2k = ln(2).
Dans ce dernier exemple, la majoration du reste donnée par l’inégalité de Taylor-Lagrange est
d’ailleurs plutôt mauvaise (on peut facilement faire beaucoup mieux).
5
3 4 3 4 3
x3 |x|5
▷ Exemple 26 – Pour tout réel x, x− x6 − x24 ⩽ sin(x) ⩽ x− x6 + x24 et x− x6 − |x|
5! ⩽ sin(x) ⩽ x− 6 + 5! .
Ainsi, 5/6 approche sin(1) à 10−2 près (5! > 100).
Mise en garde 27 – La formule de Taylor-Young est locale, elle ne donne la valeur de la fonction qu’au point
où elle est appliquée.
75 Stéphane FLON
3. Fonction continue par morceaux sur un segment, sur un intervalle
▷ Structure 44 – L’ensemble des fonctions continues par morceaux sur un intervalle I est muni d’une
structure de sous-algèbre de KI .
76 Stéphane FLON
▷ Exemple 45 – Toute fonction continue sur un intervalle est continue par morceaux sur ce même intervalle.
▷ Exemple 46 – La fonction partie entière E : R → R est continue par morceaux sur R.
▷ Exemple 47 – La fonction x ∈]0, 1] 7→ E(1/x) est continue par morceaux sur ]0, 1], mais aucun de ses
prolongements à [0, 1] ne l’est.
▷ Mise en garde 48 – Une fonction continue par morceaux sur un intervalle peut avoir une infinité de
points de discontinuité.
▷ Mise en garde 49 – Une fonction continue par morceaux sur un intervalle n’est pas nécessairement
bornée.
77 Stéphane FLON
Proposition (Stricte croissance de l’intégrale pour les fonctions continues)
Soit f une fonction continue par morceaux sur un segment [a, b], α, β, γ ∈ [a, b].
Rγ Rβ Rγ 12
On a : α f (t)dt = α f (t)dt + β f (t)dt.
Soit f une
R x fonction continue par morceaux sur un segment sur [a, b], x0 , . . . , xn ∈ [a, b].
Pn−1 R x
On a : x0n f (t)dt = i=0 xii+1 f (t)dt. 13
Proposition (Inégalité triangulaire intégrale, cas continu par morceaux sur un segment)
On suppose que f est une fonction continue par morceaux sur un segment [a, b].
R R
On en déduit alors que [a,b] f ⩽ [a,b] |f |. 15
78 Stéphane FLON
Proposition (Changement de variable pour une fonction cpm sur un segment)
On suppose
i) que f est une fonction continue par morceaux sur un segment [a, b] ;
ii) que φ : [α, β] →[a, b] est une fonction bijective ;
iii) que φ est une fonction continûment dérivable ;
iv) que φ est une fonction strictement monotone.
On en déduit alors 16
a) que f ◦ φ est une fonction continue par morceaux ;
R φ(β) Rβ
b) que φ(α) f (t)dt = α f (φ(u))φ′ (u)du.
Ceci n’est qu’un cas particulier de la formule de changement de variable dans une intégrale généralisée. Contrairement à la
formule de changement de variable pour une fonction continue sur un segment, l’hypothèse de stricte monotonie de φ est
essentielle
5. Aspects bilinéaires
On suppose que f et g sont des fonctions continues par morceaux sur un segment [a, b].
On en déduit alors
ÄR ä2 R 17
a) que [a,b] f g ⩽ [a,b] f 2 [a,b] g 2 ;
R
b) que si de plus f et g sont continues, alors il y a égalité si et seulement si (f, g) est liée..
On suppose que f et g sont des fonctions continues par morceaux sur un segment [a, b].
R R
On en déduit alors que [a,b] f g ⩽ sup[a,b] |f | [a,b] |g|.
18
R
En particulier, [a,b]
f ⩽ sup[a,b] |f |(b − a).
Ne pas oublier la valeur absolue (le module si f ou g est à valeurs complexes).
6. Valeur moyenne
Définition 4 (Valeur moyenne d’une fonction continue par morceaux sur un segment)
Soit a, b ∈ R, où a < b, f une fonction continue par morceaux sur un segment [a, b].
On appelle valeur moyenne de la fonction continue par morceaux f sur le segment [a, b], le scalaire :
Z b
1
f (t)dt.
b−a a
▷ Information 52 – La fonction qui à une fonction continue par morceaux sur [a, b] associe sa valeur
moyenne (sur [a, b]) est linéaire.
79 Stéphane FLON
▷ Information 53 – Si f est continue par morceaux sur [a, b], et à valeurs réelles, alors sa valeur moyenne
(sur [a, b]) est comprise entre inf [a,b] f et sup[a,b] f .
▷ Exemple 54 – Une fonction constante de valeur λ sur [a, b] a pour valeur moyenne λ sur [a, b].
▷ Exemple 55 – Si f : R → R est une fonction affine, alors sa valeur moyenne sur [a, b] vaut f (a)+f 2
(b)
, soit
a+b
aussi f 2 .
▷ Exemple 56 – Si [a, b] est centré en 0, et si f est impaire continue par morceaux sur [a, b], alors sa valeur
moyenne sur [a, b] = [−b, b] est nulle.
▷ Exemple 57 – Si [a, b] est centré en 0, et si f est paire continue par morceaux sur [a, b], alors sa valeur
moyenne sur [a, b] = [−b, b] est égale à sa valeur moyenne sur [0, b].
Soit f une fonction continue par morceaux sur R, f fonction périodique de période T > 0.
RT
On appelle valeur moyenne de f le scalaire T1 0 f (t)dt.
R, la valeur moyenne de f 1
R a+T
En fait, dans ce contexte, pour tout a ∈ vaut T a
f (t)dt, et elle est également inchangée si on choisit une
autre période.
7. Intégrales généralisées
Soit a ∈ R, b ∈ R ∪ {+∞}, a < b, f une fonction continue par morceaux sur [a, b[.
Z b Z x
On dit que l’intégrale f est convergente (ou encore qu’elle existe) si la fonction x 7→ f a une limite finie
a Z b Z b a
R
en b. Si tel est le cas, on note f (ou f (t) dt, ou encore [a,b[ f ) cette limite. Sinon, cette intégrale est dite
a a
divergente.
La nature d’une intégrale généralisée est sa convergence ou sa divergence (selon la situation).
Rb Ra def Rb
Si a f (t)dt converge, on pose b f (t)dt = − a f (t)dt.
Nous emploierons parfois l’expression intégrale impropre au lieu d’intégrale généralisée.
Soit a ∈ R ∪ {−∞}, b ∈ R, a < b, f une fonction continue par morceaux sur ]a, b].
Z b Z b
On dit que l’intégrale f est convergente (ou encore qu’elle existe) si la fonction x 7→ f a une limite finie
a Z b Z b x
R
en a. Si tel est le cas, on note f (ou f (t) dt, ou encore ]a,b] f ) cette limite. Sinon, cette intégrale est dite
a a
divergente.
La nature d’une intégrale généralisée est sa convergence ou sa divergence (selon la situation).
Rb Ra def Rb
Si a f (t)dt converge, on pose b f (t)dt = − a f (t)dt.
R R
Reformulation 63 – Soit f continue par morceaux sur [a, b[, et soit c ∈]a, b[. Les intégrales [a,b[ f et [c,b[ f
R
ont même nature. Ainsi, la nature de [a,b[ f ne dépend que du comportement de f au voisinage de b.
80 Stéphane FLON
R R
Reformulation 64 – Soit f continue par morceaux sur ]a, b], et soit c ∈]a, b[. Les intégrales ]a,b] f et ]a,c] f
R
ont même nature. Ainsi, la nature de ]a,b] f ne dépend que du comportement de f au voisinage de a.
On suppose
i) que f est une fonction continue par morceaux sur un intervalle [a, b[ ;
ii) que c ∈]a, b[.
On en déduit alors
Rb Rb 19
a) que a f et c f sont des intégrales de même nature ;
Rb Rc Rb
b) que (en cas de convergence) a f = a f + c f .
R
On a un énoncé analogue pour une intégrale généralisée ]a,b]
f.
R +∞ dt
Exemple 65 – 1 est convergente.
R +∞ t2 dt
Exemple 66 – 0 2 est convergente.
R +∞ (1+t)
dt
Exemple 67 – 0 1+t2 est convergente.
Exemple 68 – Soit α ∈ C, et fα : t 7→ eα t . L’intégrale R+ f converge si et seulement si Re(α) < 0, et elle
R
vaut alors − α1 . R +∞ dx
Exemple 69 – L’intégrale R1 est divergente, bien que la fonction x 7→ x1 tende vers 0 en +∞.
1 dt x
Exemple 70 – L’intégrale R0 √t est convergente, bien que la fonction t ∈]0, 1] 7→ √1t ne soit pas bornée.
Exemple 71 – L’intégrale ]0,1] ln est convergente, bien que la fonction ln ne soit pas bornée sur ]0, 1].
Soit a ∈ R ∪ {−∞}, b ∈ R ∪ {+∞}, où a < b, f une fonction continue par morceaux sur ]a, b[.
Rb Rc Rb
Soit c ∈]a, b[. On dit que l’intégrale a f est convergente si les intégrales a f et c f convergent. Si tel est le
Rb Rb R
cas, on note a f (ou a f (t)dt, ou encore ]a,b[ f ) le scalaire
Z b Z c Z b
def
f = f+ f.
a a c
Sinon, cette intégrale est dite divergente.
La nature d’une intégrale généralisée est sa convergence ou sa divergence (selon la situation).
Rb Ra def Rb
Si a f (t)dt converge, on pose b f (t)dt = − a f (t)dt.
On s’assurera que cette définition est bien indépendante du choix de c.
Mise en garde 72 –R Dans une intégrale à deux bornes problématiques, on étudie séparément les deux bornes.
+∞ dt
▷ Exemple 73 – 0 √ est divergente (problème en +∞).
R +∞ dtt
▷ Exemple 74 – 0 t2 est divergente (problème en 0). R +∞
▷ Exemple 75 – Si f (t) = √1t pour tout t ∈]0, 1] et f (t) = t12 pour tout t > 1, alors 0 f (t)dt est
convergente.
Vocabulaire 76 – Cohérence des notations intégrales en cas d’ambiguı̈té, notion d’intégrale faussement
impropre. R1
▷ Exemple 77 – 0 sin(t)
t dt est convergente, car en fait faussement impropre (en 0).
C
R
ReformulationR 78 – Soit f : I →
R une fonction continue par morceaux. L’intégrale I
f (t)dt est convergente
si et seulement si I Re(f )(t)dt et I Im(f )(t)dt convergent.
81 Stéphane FLON
Linéarité des intégrales généralisées
On suppose que CV (I, K) est l’ensemble des fonctions f de I dans K telles que
R
I
f converge.
On en déduit alors
a) que CV (I, K) est un espace vectoriel ; 20
∇ : CV (I, K) → K
b) que R est une forme linéaire.
f 7→ I f
Mise en garde 79 – Une mauvaise application de la linéarité peut introduire des termes divergents.
Étude de stabilité 80 – La notion de fonction d’intégrale convergente sur I est-elle stable par produit ?
On suppose
i) que f : [a, b[→ K est une fonction continue ;
Rb
ii) que a f (t)dt est une intégrale généralisée convergente.
Z x 23
On en déduit alors que l’application G : x 7→ f est l’unique primitive de f de limite nulle en b.
b
C’est plus une remarque qu’un véritable énoncé, qui peut avoir son utilité dans plusieurs exercices.
82 Stéphane FLON
9. Intégrales de Riemann
R +∞ dt
R1dt
On appelle intégrale de Riemann une intégrale de la forme 1 ta ou 0 ta
, pour un certain réel a.
Bien sûr, on pourrait remplacer la borne 1 par toute borne b ∈ R∗+ sans changer la nature de ces intégrales.
Soit a ∈ R.
On a :
R +∞ dt R +∞ dt 1
i) 1 ta converge si et seulement si a > 1, et, le cas échéant : 1 ta = a−1 . ;
R1 R 1 dt
ii) 0 dt 1
ta converge si et seulement si a < 1, et, le cas échéant : 0 ta = 1−a . ; 24
R +∞ dt
iii) 0 ta est divergente, quelle que soit la valeur de a..
Les intégrales de Riemann sont très souvent utilisées pour les études d’intégrabilité.
La valeur de ces intégrales est anecdotique, c’est leur nature qui importe.
On suppose
i) que f : ]a, b[ → K est une fonction continue par morceaux sur un intervalle ;
ii) que φ : ]α, β[ →]a, b[ est une fonction bijective ;
iii) que φ est une fonction continûment dérivable ;
iv) que φ est une fonction strictement monotone. 25
On en déduit alors
Rβ R lim φ
a) que α f φ(u) φ′ (u)du et lim φ f (t)dt sont des intégrales de même nature ;
β
α
Rβ R lim φ
f φ(u) φ′ (u)du = lim φ f (t)dt.
β
b) que (en cas de convergence) α
α
On suppose
i) que f et g sont des fonctions continûment dérivables de ]a, b[ dans K ;
ii) que f g admet une limite finie en a et b. On note [f g]ba le scalaire lim f g − lim f g.
b a
On en déduit alors
Rb Rb 26
a) que a f g ′ et a f ′ g sont des intégrales de même nature ;
Rb Rb
b) que (en cas de convergence) a f (t)g ′ (t)dt = [f g]ba − a f ′ (t)g(t)dt.
Le programme autorise donc, sous réserve des justifications d’usage, d’effectuer une intégration par parties dans une intégrale
généralisée.
On suppose
i) que f : [a, b[→ R est une fonction continue par morceaux sur un intervalle ;
ii) que f : [a, b[→ R est une fonction positive.
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
Rb
a) a f est une intégrale généralisée convergente. 27
Rx
b) x 7→ a f est une fonction majorée.
Mise en garde 84 – Pour étudier la nature d’une intégrale, on compare souvent son intégrande à d’autres
fonctions, on ne compare pas souvent des intégrales.
84 Stéphane FLON
Proposition (Ordre et divergence dans le cas positif)
Soit f et g sur [a, b[ des fonctions continues par morceaux sur un intervalle.
On suppose
i) que f et g sont des fonctions positives ;
ii) que f = Ob (g) ;
R 30
iii) que [a,b[ g est une intégrale généralisée convergente.
R
On en déduit alors que [a,b[ f est une intégrale généralisée convergente.
Si f = ob (g) ou f ∼b g, alors f = Ob (g) : on a donc des énoncés analogues dans ces cas.
Soit I un intervalle d’extrémités a et b, f : I → K une fonction continue par morceaux sur un intervalle.
Rb Rb
On dit que f est intégrable sur I, ou encore que l’intégrale a f est absolument convergente, si a |f | converge.
On notera L1 (I, K) l’ensemble des fonctions intégrables sur I (à valeurs dans K).
Une intégrale est dite semi-convergente si elle est convergente mais non absolument convergente.
▷ Reformulation 86 – f est une fonction intégrable sur ]a, b[ si et seulement si (pour un c ∈]a, b[ fixé) f
est intégrable sur ]a, c] et sur [c, b[.
▷ Reformulation 87 – f est une fonction intégrable sur ]a, b] si et seulement si (lorsque f est de signe
Rb
constant) a f converge.
▷ Structure 88 – L’ensemble des fonctions intégrables sur I est muni d’une structure de sous-espace
vectoriel de Cpm (I, K).
▷ Exemple 89 – ln est une fonction intégrable sur ]0, 1].
85 Stéphane FLON
▷ Exemple 90 – Pour α dans R, x 7→ 1
xα est intégrable sur [1, +∞[ si et seulement si α > 1.
▷ Exemple 91 – Pour α dans R, x →7 1
xα est intégrable sur ]0, 1] si et seulement si α < 1.
Dans votre rédaction, il faut privilégier l’absolue convergence, car elle se comporte bien mieux avec les relations de comparaison
que la convergence.
On suppose
i) que I est un intervalle d’intérieur non vide ;
ii) que f : I → K est une fonction continue ;
32
iii) que f est une fonction intégrable sur I ;
R
iv) que I |f | = 0.
On en déduit alors que f est une fonction identiquement nulle sur I.
Soit f, g : [a, b[→ K des fonctions continues par morceaux sur un intervalle.
On suppose
i) que g est une fonction intégrable sur [a, b[ ;
ii) que f (x) = Ox → b (g(x)). 34
On en déduit alors que f est une fonction intégrable sur [a, b[.
Cette proposition est très utile pour établir l’intégrabilité d’une fonction. On la combine souvent à l’exemple des intégrales
de Riemann.
Exemple 92 – Si f est une fonction continue par morceaux sur ]0, b] et s’il existe α < 1 tel que tα f (t) =
Ot → 0 (1), alors f est intégrable sur ]0, b].
Exemple 93 – Si f est une fonction continue par morceaux sur [b, +∞[ et s’il existe α > 1 tel que tα f (t) =
Ot → +∞ (1), alors f est intégrable sur [b, +∞[.
86 Stéphane FLON
Proposition (Intégrabilité et équivalence de fonctions)
Soit f, g : [a, b[→ K des fonctions continues par morceaux sur un intervalle.
On suppose que f (x) ∼ g(x).
x→b
Les assertions suivantes sont alors équivalentes : 35
a) f est une fonction intégrable sur [a, b[.
b) g est une fonction intégrable sur [a, b[.
3
▷ Exemple 94 – R∗ sint2(t) dt est une intégrale absolument convergente.
R
+
▷ Exemple 95 – R+ t7 e−t cos(t)dt est une intégrale absolument convergente.
R
si α < 1.
Étude de stabilité 101 – La notion de fonction de carré intégrable est-elle stable par produit ?
Structure 102 – L’ensemble des fonctions de carré intégrable est muni d’une structure de sous-espace
vectoriel de Cpm (I, K).
Mise en garde – Une fonction intégrable n’est pas toujours de carré intégrable.
Mise en garde – Une fonction de carré intégrable n’est pas toujours intégrable.
Information 103 – Toute fonction de carré intégrable sur un intervalle borné est intégrable sur cet intervalle :
si I est borné, alors L2 (I, K) ⊂ L1 (I, K).
87 Stéphane FLON
Proposition (Inégalité de Cauchy-Schwarz pour les fonctions de carré intégrable)
Soit f, g : [a, b[→ K des fonctions continues par morceaux sur un intervalle.
On suppose
i) que g est une fonction intégrable sur [a, b[ ;
ii) que g est une fonction positive.
On en déduit alors 40
Rb ä ÄR b
a) que si f (x) = o (g(x)), alors x
f (t)dt = o
g(t)dt ; x
x→b x→b
Rb ÄR b ä
b) que si f (x) = O (g(x)), alors x f (t)dt = O x
g(t)dt ;
x→b x→b
Rb Rb
c) que si f (x) ∼ g(x), alors x f (t)dt ∼ x g(t)dt.
x→b x→b
88 Stéphane FLON
Proposition (Intégration des relations de comparaison, cas divergent)
Soit f, g : [a, b[→ K des fonctions continues par morceaux sur un intervalle.
On suppose
i) que g est une fonction intégrable sur [a, b[ ;
ii) que g est une fonction positive.
On en déduit alors 41
Rx Rx
a) que si f (x) = o (g(x)), alors a
f (t)dt = o a
g(t)dt ;
x→b x→b
Rx Rx
b) que si f (x) = O (g(x)), alors a f (t)dt = O a
g(t)dt ;
x→b x→b
Rx Rx
c) que si f (x) ∼ g(x), alors a f (t)dt ∼ a g(t)dt.
x→b x→b
On a :
i) le domaine de définition de la fonction Γ d’Euler est R∗+ ;
42
ii) pour tout x ∈ R∗+ , Γ(x + 1) = xΓ(x) ;
iii) Γ(n) = (n − 1)! pour tout n ∈ N∗ .
R +∞ 2
On appelle intégrale de Gauss l’intégrale −∞
e−x dx.
2
e−x dx est aussi parfois appelée intégrale de Gauss.
R +∞
L’intégrale 0
R +∞ 2 R +∞ −t
On a : −∞
e−x dx = 0
e√
t
dt(= Γ(1/2)).. 43
√ R +∞ 2 √
Exemple 109 – L’intégrale de Gauss vaut π: −∞
e−x dx = π.
89 Stéphane FLON
Définition 15 (Intégrale de Dirichlet)
R +∞ sin(t)
On appelle intégrale de Dirichlet l’intégrale 0 t dt.
sin(x)
Certains appellent sinus cardinal la fonction x 7→ x .
R +∞ sin(t)
Exemple 110 – L’intégrale de Dirichlet vaut π2 : 0 π
t dt = 2 .
Étude de stabilité 111 – La notion d’intégrale généralisée convergente est-elle stable par domination ?
Étude de stabilité 112 – La notion d’intégrale généralisée convergente est-elle stable par équivalence ?
Étude de stabilité 113 – La notion d’intégrale généralisée convergente est-elle stable par prépondérance ?
90 Stéphane FLON
Chapitre V
Définition 1 (Norme)
Soit E un espace vectoriel sur le corps K (dans tout le chapitre, K est égal à R ou C), ∥·∥ : E → R une fonction.
On dit que ∥·∥ est une norme sur E si :
(1) (positivité) ∀ x ∈ E, ∥x∥ ⩾ 0.
(2) (axiome de séparation) ∀ x ∈ E, ∥x∥ = 0 ⇒ x = 0E .
(3) (inégalité triangulaire) ∀ x, y ∈ E, ∥x + y∥ ⩽ ∥x∥ + ∥y∥.
(4) (homogénéité) ∀(λ, x) ∈ K × E, ∥λ x∥ = |λ| ∥x∥.
Une structure d’espace vectoriel normé (en abrégé : evn, ou EVN ) consiste en la donnée d’un couple (E, ∥·∥),
où ∥·∥ est une norme sur le K-espace vectoriel E.
On parlera parfois d’evn E plutôt que d’evn (E, ∥·∥) : la norme utilisée sera implicite.
Exemple 1 – L’application | · | : K → R+ (valeur absolue dans R, module dans C) est une norme. C’est la
norme que nous considérerons par défaut sur K. Les normes sur K sont les α | · |, où α décrit R∗+ .
▷ Rédaction 2 – Établir une structure d’EVN.
▷ Stratégie 3 – Caractérisation du vecteur nul dans un EVN.
Exemple 4 – Toute norme associée à un produit scalaire est bien une norme.
Soit n ∈ N∗ .
def Pn
La norme 1 sur Kn , notée ∥ ∥1 , est donnée par ∀ x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn , ∥x∥1 = |x |.
def
»P i=1 i
La norme 2, notée ∥ ∥2 sur Kn , donnée par ∀ x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn ,
n 2
∥x∥2 = i=1 |xi |
def
La norme infinie, notée ∥ ∥∞ sur Kn , donnée par ∀ x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Kn , ∥x∥∞ = max{|xi |, i ∈ [[1, n]]}
Dans le cas où K = R, la norme 2 est la norme associée au produit scalaire canonique sur Rn .
Cette borne supérieure n’a pas de raison a priori d’être atteinte. Cette norme interviendra souvent lors du chapitre sur les suites et séries
de fonctions.
n
Soit E un
Pespace
n Pn normé, (x1 , . . . , xn ) ∈ E .
vectoriel
On a : ∥ i=1 xi ∥ ⩽ i=1 ∥xi ∥.
On a même, en exploitant l’homogénéité : pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ E n , tout (λ1 , . . . , λn ) ∈ Kn , 1
n
X n
X
λi xi ⩽ |λi | ∥xi ∥
i=1 i=1
Définition 6 (Semi-norme)
▷ Reformulation 13 – N est une norme si et seulement si N est une semi-norme vérifiant l’axiome de
séparation.
▷ Étude de stabilité 14 – La notion de semi-norme sur E est-elle stable par addition ?
▷ Étude de stabilité 15 – La notion de semi-norme est-elle stable par multiplication par un réel positif ou
nul ?
▷ Étude de stabilité 16 – La notion de semi-norme est-elle stable par restriction à un sous-espace vectoriel ?
▷ Étude de stabilité 17 – La notion de semi-norme est-elle stable par composition à droite par une appli-
cation linéaire ?
▷ Stratégie 18 – Pour établir une structure d’EVN, utiliser les stabilités de la notion de semi-norme.
x
Un vecteur d’un evn E est dit unitaire s’il est de norme 1. Pour tout vecteur non nul x d’un evn E, ∥x∥ est
unitaire, et appelé normalisé de x.
▷ Exemple 19 – Les vecteurs de la base canonique de Kn sont unitaires pour la norme 1, la norme 2, et
la norme infinie.
Dans R2 , (1, 1) est unitaire pour la norme infinie, mais pas pour les normes 1 et 2.
Pour la norme de la convergence uniforme sur [0, 1], les fonctions x 7→ xn (où n ∈ N), la fonction
cosinus, sont unitaires, mais pas la fonction sinus.
1 On suppose que ∥·∥ est la norme associée à un produit scalaire < ·, · >.
2 2 2 2
Établir l’identité du parallélogramme : pour tous vecteurs u et v de E, ∥u + v∥ +∥u − v∥ = 2(∥u∥ +∥v∥ ).
2 En déduire que les normes ∥·∥∞ et ∥·∥1 sur R2 ne sont pas associées à un produit scalaire.
93 Stéphane FLON
Définition 9 (Distance d’un point à une partie non vide)
On observera que si x ∈ A, alors d(x, A) = 0, mais qu’on peut trouver des exemples de x et A tels que d(x, A) = 0 et, pourtant, x ∈ / A.
Plus généralement, il n’existe pas nécessairement a ∈ A tel que d(x, A) = d(x, a) : on dit que la distance de x à A n’est pas nécessairement
atteinte.
Soit ∥·∥ et N deux normes sur un même K-espace vectoriel E. On dit que ∥·∥ est équivalente à N s’il existe des
réels strictement positifs α et β tels que
∀ x ∈ E, αN (x) ⩽ ∥x∥ ⩽ βN (x).
Nous verrons que si E est un K-espace vectoriel de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.
Exemple 23 – Sur l’ensemble des normes d’un K-espace vectoriel fixé, la relation est équivalente à est
une relation d’équivalence.
Stratégie 24 – Montrer que deux normes ne sont pas équivalentes.
Exercice de cours (exercice 8) – Montrer à la main que les normes usuelles sur Kn sont équivalentes.
Exemple 25 – Considérons les normes suivantes sur E = C([a, b], K) (où a < b) :
(1) La norme de la convergence en moyenne sur E, notée ∥·∥1 , par
Z
∀ f ∈ E, ∥f ∥1 = |f |
[a,b]
Exercice de cours (exercice 9) – Dans R2 , représenter la boule unité fermée pour ∥·∥∞ , ∥·∥2 , ∥·∥1 .
Information 26 – Soit r, r′ ∈ R+ tels que r < r′ . On a, pour tout a ∈ E : B(a, r) ⊂ B(a, r) ⊂ B(a, r′ ).
On en déduit par exemple qu’une partie X d’un EVN E contient (resp. est incluse dans) une boule ouverte
de rayon non nul centrée en a ∈ E si et seulement si elle contient (resp. est incluse dans) une boule fermée de
rayon non nul centrée en a .
Reformulation 27 – N et ∥·∥ sont des normes équivalentes sur E si et seulement si il existe des scalaires
strictement positifs r et r′ tels que Bf,N (0E , r) ⊂ Bf,∥·∥ (0E , 1) ⊂ Bf,N (0E , r′ ).
Exemple 28 – Dans le cas de l’evn R (muni de la norme valeur absolue), on a B(a, r) =]a − r, a + r[ et
B(a, r) = [a − r, a + r] pour tout (a, r) ∈ R × R+ .
Dans le cas où E = R, muni de la valeur absolue, une partie A de R est bornée s’il existe M ∈ R+ tel que, pour tout a ∈ A, on ait |a| ⩽ M .
Pour que cet énoncé ne soit pas creux, il faut comprendre que la définition d’une partie bornée de R est celle donnée dans ce
chapitre.
▷ Exemple 43 – Si x et y sont deux réels, [x, y] est l’ensemble des réels compris au sens large entre x et y.
Selon le contexte, si x < y, [y, x] pourra désigner [x, y] ou ∅.
▷ Exemple 44 – Tout segment est une partie bornée.
▷ Exemple 45 – Tout segment est une partie convexe.
▷ Exemple 46 – Tout sous-espace affine est une partie convexe.
Exemple 47 – Toute boule est une partie convexe.
▷ Information 48 – Une sphère est rarement convexe.
b) A est un intervalle.
Étude de stabilité 49 – La notion de partie convexe est-elle stable par intersection ? Si A est une partie de
E, l’intersection des parties convexes de E contenant A est le plus petit convexe de E contenant A, et elle est
appelée enveloppe convexe de A. Cette enveloppe convexe est aussi l’ensemble des barycentres de points de E
affectés de poids positifs
▷ Étude de stabilité 50 – La notion de partie convexe est-elle stable par union ?
▷ Étude de stabilité 51 – La notion de partie convexe est-elle stable par passage au complémentaire ?
▷ Étude de stabilité 52 – La notion de partie convexe est-elle stable par produit cartésien ?
Exercice de cours (exercice 10) – Soit P ∈ C[X] non constant. Montrer que toute racine de P ′ est dans
l’enveloppe convexe de l’ensemble des racines de P .
96 Stéphane FLON
5. Suites d’éléments d’un espace vectoriel normé
▷ Reformulation 53 – (un ) est une suite convergente vers ℓ si et seulement si (∥un − ℓ∥) est une suite
numérique convergente vers 0.
▷ Reformulation 54 – (un ) est une suite convergente vers ℓ si et seulement si pour tout ε ∈ R∗+ , il existe
un rang à partir duquel un appartient à la boule (ouverte ou fermée, cela ne change rien) de centre ℓ et
de rayon ε.
▷ Exemple 55 – Pour toutes matrices A, B ∈ Mn (K), la suite (A + k1 B)k∈N∗ converge vers A dans Mn (K)
(pour n’importe laquelle des normes sur cet espace).
Information 56 – Une suite d’un EVN admet au plus une limite.
Exemple 57 – Toute suite convergente est une suite bornée.
97 Stéphane FLON
Théorème (Produit de suites convergentes dans une algèbre normée)
Reformulation 58 – N et ∥·∥ sont des normes équivalentes sur E si et seulement si N et ∥·∥ définissent les
mêmes suites convergentes, vers les mêmes limites.
On suppose
i) que (un ) est une suite réelle ;
ii) que (un ) est une suite bornée.
On en déduit alors 9
a) que lim sup un et lim inf un sont des valeurs d’adhérence de (un ) ;
n∞ n∞
b) que de plus, toute valeur d’adhérence de (un ) est comprise entre lim sup un et lim inf un .
n∞ n∞
98 Stéphane FLON
Théorème de Bolzano-Weierstrass
u2n
Exercice de cours (exercice 35) – (X MP 05) Déterminer les suites réelles bornées telles que un + 2
converge.
Définition 19 (Ouvert)
Définition 21 (Fermé)
Reformulation 97 – B est l’adhérence de A dans E si et seulement si B est l’ensemble des limites de suites
convergentes de points de A dans E.
Reformulation 98 – B est la frontière de A dans E si et seulement si B est la frontière de E \ A dans E.
Exemple 99 – Pour tout r > 0 et tout a ∈ E, B(a, r) et B(a, r) ont même adhérence B(a, r), même intérieur
B(a, r) et même frontière S(a, r).
o o
Exemple 100 – E = E, [a, b] =]a, b[ (dans R).
Exemple 101 – Un intervalle I de R est d’intérieur vide si et seulement si I est vide ou est un singleton, si
et seulement si I est fini. N est infini et d’intérieur vide (mais n’est pas un intervalle).
Exemple 102 – E = E, ]a, b[ = [a, b] (dans R, et si a < b).
o
Exemple 103 – L’intérieur A d’une partie A de E est un ouvert.
Exemple 104 – L’adhérence A d’une partie A de E est un fermé.
Reformulation 105 – B est l’intérieur de A si et seulement si B est le plus grand ouvert de E inclus dans
A.
Reformulation 106 – B est l’adhérence de A si et seulement si B est le plus petit fermé de E contenant A.
▷ Mise en garde 107 – L’intérieur d’une partie est relative à l’espace ambiant. De même pour l’adhérence.
o
▷ Information 108 – On a A ⊂ A, l’égalité se produisant si et seulement si A est ouvert.
▷ Information 109 – On a A ⊂ A, l’égalité se produisant si et seulement si A est fermé.
▷ Reformulation 110 – Une partie d’un evn est un fermé si et seulement si elle contient son adhérence.
▷ Reformulation 111 – Une partie d’un evn est un fermé si et seulement si elle est égale à son adhérence.
▷ Reformulation 112 – Une partie d’un evn est un ouvert si et seulement si elle est contenue dans son
intérieur.
▷ Reformulation 113 – Une partie d’un evn est un ouvert si et seulement si elle est égale à son intérieur.
o o
▷ Information 114 – Si A ⊂ B, alors A ⊂ B.
▷ Information 115 – Si A ⊂ B, alors A ⊂ B.
101 Stéphane FLON
o
Reformulation 116 – B est la frontière de A si et seulement si B = A \ A.
▷ Reformulation 117 – A est un ouvert de E si et seulement si A ne possède aucun point de sa frontière.
▷ Reformulation 118 – A est un fermé de E si et seulement si A possède tous les points de sa frontière.
Étude de stabilité 119 – La notion de partie convexe est-elle stable par adhérence ?
Étude de stabilité 120 – La notion de partie convexe est-elle stable par intérieur ?
Étude de stabilité 121 – La notion de sous-espace vectoriel est-elle stable par adhérence ?
Étude de stabilité 122 – La notion de sous-espace vectoriel est-elle stable par intérieur ? L’intérieur d’un
sous-espace vectoriel strict d’un evn est vide.
Reformulation 123 – x est un point adhérent à A si et seulement si d(x, A) = 0.
Reformulation 124 – B est la frontière de A si et seulement si B est l’ensemble des points à distance nulle
de A et de son complémentaire E \ A.
8. Densité
Reformulation 125 – A est une partie dense dans E si et seulement si A rencontre toute boule de E de
rayon non nul.
Reformulation 126 – A est une partie dense dans E si et seulement si E \ A est d’intérieur vide.
Exemple 127 – Si E n’est pas réduit à un point, alors, pour toute partie finie M de E, E \ M est dense
dans E.
Exemple 128 – Q est une partie dense de R, d’intérieur vide.
Exemple 129 – R \ Q est une partie dense de R, d’intérieur vide.
Exemple 130 – GLn (K) est une partie dense dans Mn (K).
Étude de stabilité 131 – La notion de partie dense est-elle stable par surpartie ?
Étude de stabilité 132 – La notion de partie dense est-elle stable par union ?
Étude de stabilité 133 – La notion de partie dense est-elle stable par adhérence ?
Étude de stabilité 134 – La notion de partie dense est-elle stable par intersection ?
Étude de stabilité 135 – La notion de partie dense est-elle stable par intérieur ?
Exemple 136 – Un hyperplan d’un evn E est soit fermé, soit dense dans E, et les deux cas se rencontrent.
Soit E et F des espaces vectoriels normés, A une partie de E, f : A → F une fonction, a un point adhérent à
A, ℓ ∈ F .
On dit que f admet ℓ pour limite en a si :
∀ ε ∈ R∗+ , ∃ δ ∈ R∗+ , ∀ x ∈ A, (∥x − a∥ ⩽ δ) ⇒(∥f (x) − ℓ∥ ⩽ ε).
On écrit alors f →ℓ, f (x) → ℓ, ℓ = lim f , ou encore ℓ = lim f (x).
a x→a a x→a
On peut remarquer que l’assertion ∀ x ∈ A, (∥x − a∥ ⩽ δ) ⇒(∥f (x) − ℓ∥ ⩽ ε) peut se réécrire f (A∩B(a, δ)) ⊂ B(ℓ, ε).On peut éventuellement
étendre la notion de limite aux cas suivants : limite de f (x) lorsque ∥x∥ tend vers +∞, limite de f (x) quand x tend vers +∞ ou −∞ lorsque
A est une partie de R, limite infinie en a adhérent à A pour une fonction à valeurs réelles.
▷ Information 141 – Une fonction donnée admet au plus une limite en un point donné adhérent à son
domaine.
▷ Mise en garde 142 – Une fonction donnée n’admet pas toujours de limite en un point adhérent à son
domaine.
▷ Reformulation 143 – ℓ est la limite de la fonction f en a si et seulement si pour toute boule B de rayon
non nul centrée en ℓ, il existe une boule B ′ , de rayon non nul et centrée en a, telle que f (A ∩ B ′ ) ⊂ B.
▷ Reformulation 144 – ℓ est la limite de la fonction f en a si et seulement si pour tout voisinage V de ℓ
dans F , il existe un voisinage V ′ de a dans E tel que f (V ′ ∩ A) ⊂ V.
Soit E et F des espaces vectoriels normés, A une partie de E, f : A → F une fonction, a un point
adhérent à A, ℓ ∈ F .
Les assertions suivantes sont équivalentes : 18
a) ℓ est la limite de la fonction f en a.
b) pour toute suite (un ) de points de A, de limite a, la suite (f (un )) tend vers ℓ.
Utilité 145 – On utilise principalement la caractérisation séquentielle de la limite pour montrer qu’une
fonction n’admet pas de limite, ou pour montrer qu’une suite admet une limite.
103 Stéphane FLON
Proposition (Limite d’une fonction à valeurs dans un evn produit)
On suppose
i) que F = F1 × · · · × Fp est un espace vectoriel normé produit ;
ii) que f = (f1 , . . . , fp ) ;
iii) que ℓ = (ℓ1 , . . . , ℓp ). 19
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) ℓ est la limite de la fonction f en a.
b) pour tout k ∈ [[1, p]], la fonction fk tend vers ℓk en a.
Reformulation 146 – f est une fonction continue en un point a si et seulement si f admet f (a) pour limite
en a.
104 Stéphane FLON
Proposition (Caractérisation séquentielle de la continuité en un point)
C’est surtout l’implication directe qui est intéressante : elle permet de justifier la convergence d’une suite (de la forme (f (un ))),
mais aussi, par contraposition, de montrer qu’une fonction n’est pas continue en a (en exhibant une suite (un ) telle que (f (un ))
ne converge pas vers f (a)).
Structure 147 – L’ensemble des fonctions continues en un point a ∈ A, de A dans F , est muni d’une
structure d’espace vectoriel.
On suppose
i) que f est une fonction continue en un point a ;
def 23
ii) que g est une fonction continue en b = f (a).
On en déduit alors que g ◦ f est une fonction continue en a.
Structure 148 – L’ensemble des fonctions continues de A dans F est muni d’une structure d’espace vectoriel.
Exemple 149 – L’application norme ∥·∥ : E → R est une fonction continue dans l’evn (E, ∥·∥).
π : K2 → K
Exemple 150 – L’application est une fonction continue sur K2 .
(x, y) 7→ xy
Étude de stabilité 151 – La notion de fonction continue est-elle stable par composition ?
Par exemple, une fonction f définie sur un intervalle I et à valeurs réelles est continue si et seulement si pour tout segment
[a, b] inclus dans I, f|[a,b] est continue.
Mise en garde 152 – Sur l’ambiguı̈té de la notion de continuité de f : A → F sur une partie B de A.
f −1 (U ) (resp. f −1 (B)) n’est pas a priori un ouvert (resp. un fermé) de E, mais ce sera bien le cas si A est un ouvert (resp.
un fermé) de E.
Stratégie 153 – Montrer qu’une partie est ouverte (ou fermée) par préimage.
Exercice de cours (exercice 38) –
1 Soit (E, ∥·∥) un evn. En utilisant la continuité de ∥·∥ : E → R, montrer à nouveau que les sphères et les
boules fermées sont fermées, et que les boules ouvertes sont ouvertes.
2 Montrer, grâce à la continuité du déterminant det : Mn (K) → K, que GLn (K) est un ouvert de Mn (K).
Exercice de cours (exercice 39) – Soit f : A → F une fonction définie sur une partie A d’un evn E, et à
valeurs dans un evn F . Montrer l’équivalence des assertions suivantes :
i f est continue.
ii Pour tout ouvert U de F , f −1 (U ) est un ouvert relatif de A.
iii Pour tout fermé B de F , f −1 (B) est un fermé relatif de A.
106 Stéphane FLON
13. Fonctions lipschitziennes, fonctions uniformément continues
Exemple 156 – Toute fonction lipschitzienne est une fonction uniformément continue. Plus généralement,
toute fonction hölderienne est uniformément continue
Mise en garde – Une fonction uniformément continue n’est pas toujours lipschitzienne.
Reformulation 157 – f linéaire de E dans F est une fonction lipschitzienne de rapport K si et seulement
si ∀ x ∈ E, ∥f (x)∥ ⩽ K ∥x∥.
▷ Information 158 – Si f est K-lipschitzienne, alors elle est K ′ -lipschitzienne pour tout K ′ ⩾ K.
Structure 159 – L’ensemble des fonctions lipschitziennes de A dans F est muni d’une structure d’espace
vectoriel.
Étude de stabilité 160 – La notion de fonction lipschitzienne est-elle stable par composition ?
Étude de stabilité 161 – La notion de fonction lipschitzienne à valeurs dans une algèbre normée est-elle
stable par produit ?
Étude de stabilité 162 – La notion de fonction lipschitzienne bornée, à valeurs dans une algèbre normée
est-elle stable par produit ?
▷ Mise en garde – Une fonction lipschitzienne n’est pas nécessairement bornée.
Information 163 – Une fonction lipschitzienne sur un domaine borné est bornée.
Exemple 164 – ∥·∥ : E → R est une fonction lipschitzienne de rapport 1.
107 Stéphane FLON
Proposition (Continuité de la distance à une partie)
Théorème (Critère de continuité d’une application linéaire entre deux espaces normés)
Soit (E, ∥·∥E ) et (F, ∥·∥F ) des espaces vectoriels normés, u une application linéaire continue de E dans F .
On appelle norme d’opérateur de u, ou norme de u subordonnée aux normes ∥·∥E et ∥·∥F , et on note ∥u∥op ou
|||u|||, le réel sup{∥u(x)∥F , x ∈ BE,∥·∥ (0E , 1)}.
On note Lc (E, F ) l’espace vectoriel des applications linéaires continues de E dans F .
Explication 165 – La norme d’opérateur d’une application linéaire continue est son meilleur rapport en tant
qu’application lipschitzienne.
Exemple 166 – La norme subordonnée ∥·∥op est une norme sur Lc (E, F ).
Exemple 167 – La norme subordonnée sur Lc (E) est une norme d’algèbre.
108 Stéphane FLON
Proposition (Critère de continuité des applications multilinéaires)
Soit (E1 , ∥·∥1 ), . . . , (En , ∥·∥n ) des espaces vectoriels normés, (F, ∥·∥) un espace vectoriel normé.
On suppose que φ : E1 × · · · × En → F est une application multilinéaire.
Les assertions suivantes sont alors équivalentes : 32
a) φ est une fonction continue.
b) il existe C ⩾ 0 tel que, pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ E1 ×· · ·×En , ∥φ(x1 , . . . , xn )∥ ⩽ C ∥x1 ∥1 . . . ∥xn ∥n .
▷ Exemple 168 – Dans un espace préhilbertien (muni de la norme associée), le produit scalaire est continu.
φ : K×E → E
▷ Exemple 169 – est une fonction continue.
(λ, x) 7→ λx
▷ Exemple 170 – Le produit interne dans une algèbre normée est une fonction continue.
Structure 171 – L’ensemble des fonctions continues de A dans F , où F est une K-algèbre normée, est muni
d’une structure de sous-algèbre de F A .
15. Compacité
Définition 31 (Compact)
2 Trouver une fonction f : R → R sans point fixe telle que ∀ x, y ∈ R, x ̸= y ⇒ |f (y) − f (x)| < |y − x|.
Exercice de cours (exercice 65) – Soit f : [0, 1[→ R une fonction continue.
1 On suppose que f admet une limite finie en 1. Montrer que f est uniformément continue.
2 On suppose réciproquement f uniformément continue. Montrer que f est prolongeable par continuité en
1.
110 Stéphane FLON
16. Connexité par arcs
Définition 32 (Chemin)
Exemple 184 – Toute partie convexe est une partie connexe par arcs. Plus généralement, s’il existe a ∈ A
tel que pour tout b ∈ A, on ait [a, b] ⊂ A (on dit alors que A est une partie étoilée de E), alors A est connexe
par arcs.
Étude de stabilité 185 – La notion de partie connexe par arcs est-elle stable par union ?
Étude de stabilité 186 – La notion de partie connexe par arcs est-elle stable par intersection ?
Étude de stabilité 187 – La notion de partie connexe par arcs est-elle stable par union de parties ayant un
point commun ?
Étude de stabilité 188 – La notion de partie connexe par arcs est-elle stable par produit cartésien ?
Étude de stabilité 189 – La notion de partie connexe par arcs est-elle stable par intérieur ?
Étude de stabilité 190 – La notion de partie connexe par arcs est-elle stable par adhérence ?
Exemple 191 – GLn (C) est une partie connexe par arcs. Cependant, GLn (R) n’est pas connexe par arcs.
Exercice de cours (exercice 96) – Soit S la sphère unité d’un evn E. S est-elle connexe par arcs ?
Exercice de cours (exercice 97) – Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle I (d’intérieur non
vide).
1 On introduit Ω = {(x, y) ∈ I 2 , x < y}. Vérifier que Ω est connexe par arcs.
2 On suppose f continue. Montrer que l’ensemble T des taux d’accroissements de f est un intervalle.
3 En déduire que si f est continue et injective, alors f est strictement monotone.
4
i En déduire que si on suppose f dérivable, alors f ′ (I) est un intervalle (c’est le théorème de Darboux ).
ii Donner un exemple de fonction f dérivable mais non de classe C 1 .
111 Stéphane FLON
17. Espaces vectoriels normés de dimension finie
Explication 192 – Pour un espace vectoriel de dimension finie donné, il n’y a qu’une topologie d’evn.
Théorème (En dimension finie, la nature d’une suite ne dépend pas de la norme choisie)
Corollaire (Convergence des suites en dimension finie : étude des suites coordonnées)
▷ Exemple 193 – Soit (An )n∈N une suite d’éléments de Mp,q (K). On munit Mp,q (K) d’une norme quel-
conque ∥·∥. LaÄsuite deä matrices (An )n∈N est convergente si et seulement si pour tout (i, j) ∈ [[1, p]] ×
[[1, q]], la suite [An ]i,j est convergente.
n∈N
Exemple 194 – Tout hyperplan d’un EVN de dimension finie est un fermé.
Exemple 195 – Tout sous-espace vectoriel d’un EVN de dimension finie est un fermé.
Exemple 196 – Le produit matriciel Mn (K)2 → Mn (K) est une fonction continue.
Exemple 197 – La composition (u, v) 7→ u ◦ v dans L(H), où H est un espace vectoriel de dimension finie
est une fonction continue.
detB : Hn → K
Exemple 198 – (où H est un espace vectoriel de dimension
(v1 , . . . , vn ) 7→ detB (v1 , . . . , vn )
finie n, et où B est une base de H) est une fonction continue.
Mise en garde 204 – Pas de généralisation hâtive de la caractérisation des compacts dans un evn de dimension
finie.
Exemple 205 – O(n) est un compact.
Soit E un Pespace vectoriel normé de dimension finie, (un ) une suite d’éléments de E.
La série un d’éléments de E est dite convergente si la suite de ses sommes partielles est convergente. PEn cas
de convergence,
P∞ la limite de la suite des sommes partielles est appelée somme de la série convergente un , et
notée n=0 un .
En cas de convergence, on définit la suite des restes.
Soit E un Pespace vectoriel normé de dimension finie, (un ) une suite d’éléments de E. P
La série un d’éléments de E est dite absolument convergente si la série numérique ∥un ∥ est convergente.
Exemple 209 – Dans un evn de dimension finie, toute série absolument convergente est convergente.
Structure 210 – L’ensemble des séries absolument convergentes dans un evn est muni d’une structure
d’espace vectoriel.
Étude de stabilité 211 – La notion de série absolument convergente dans un evn est-elle stable par domina-
tion ?
n! (A ∈ Mp (K)) est une série absolument convergente dans un evn.
P An
Exemple 212 –
Soit A ∈ Mp (K).
An
P∞
On appelle exponentielle de A la matrice n=0 n! .
Objectif 1 – Le but principal de ce chapitre est d’étudier plusieurs modes de convergence d’une suite ou
d’une série de fonctions, de voir quelles propriétés sont transmises par ces différents modes de convergence, et
de justifier sous certaines hypothèses des échanges de limites ou de symboles.
Mise en garde 2 – Dire qu’une suite de fonctions ou qu’une série de fonctions converge (sans autre précision)
n’a pas de sens.
Cadre 3 – Dans ce chapitre, E et F sont des espaces vectoriels normés de dimension finie, A est une partie
de E. Dans la grande majorité des applications, E = R, F est égal à K (lui-même égal à R ou à C), et A est un
intervalle I. Sauf précision contraire, les fonctions sont réputées définies sur A et à valeurs dans F .
Soit P, une propriété susceptible d’être vérifiée par une fonction numérique.
On dit que la propriété P est vérifiable localement, ou qu’elle passe du local au global si, pour tout intervalle I,
pour toute fonction f : I → K, le fait que pour tout x ∈ I, il existe un voisinage V de x dans I tel que f|V vérifie
P entraı̂ne qu’elle soit vérifiée par f sur I.
Dans la rédaction, on dira par exemple que la continuité est une notion locale.
Pour simplifier, on a supposé que les fonctions étaient définies sur un intervalle. Si on veut étendre cette notion aux fonctions définies sur
un EVN et à valeurs dans un EVN, on pourra travailler sur un connexe par arcs.
On peut généraliser encore la notion, en enlevant la contrainte de connexité par arcs, mais moins de propriétés passeront du local au global.
▷ Exemple 4 – Le fait qu’une fonction soit identiquement nulle, soit constante de valeur donnée, ou encore
le fait qu’elle soit constante sur l’intervalle I sont des propriétés vérifiables localement.
▷ Exemple 5 – Le fait qu’une fonction (d’une variable réelle à valeurs réelles) soit croissante, décroissante,
strictement monotone sur l’intervalle I sont des propriétés vérifiables localement.
▷ Exemple 6 – Le fait qu’une fonction (d’une variable réelle à valeurs réelles) soit monotone sur l’intervalle
I est une propriété non vérifiable localement.
Exemple 7 – Le fait qu’une fonction soit continue est une propriété vérifiable localement.
Exemple 8 – Le fait qu’une fonction (d’une variable réelle à valeurs réelles ou complexes) soit dérivable est
une propriété vérifiable localement.
Exemple 9 – Le fait qu’une fonction (d’une variable réelle à valeurs réelles ou complexes) soit de classe C k
est une propriété vérifiable localement.
▷ Exemple 10 – Le fait qu’une fonction (d’une variable réelle à valeurs réelles ou complexes) soit continue
par morceaux sur I est une propriété vérifiable localement.
▷ Exemple 11 – Le fait d’être majoré, minoré, borné sont des propriétés non vérifiables localement.
▷ Exemple 12 – Le fait d’être lipschitzien est une propriété non vérifiable localement.
▷ Exemple 13 – Le fait d’être uniformément continue est une propriété non vérifiable localement.
▷ Exemple 14 – Le fait d’être intégrable est une propriété non vérifiable localement.
Explication 15 – Lorsqu’une propriété passe du local au global, on pourra se contenter de l’établir localement.
En pratique 16 – Pour établir localement en tout point une propriété d’une fonction d’une variable réelle,
on localisera sur les segments.
117
2. La convergence simple
Reformulation 17 – (fn ) est une suite de fonctions simplement convergente vers f sur A si et seulement si
∀ x ∈ A, ∀ ε > 0, ∃N ∈ N, ∀ n ⩾ N, ∥fn (x) − f (x)∥ ⩽ ε.
Exemple 18 – La continuité (ponctuelle ou globale), la dérivabilité (ponctuelle ou globale) sont des propriétés
non conservées par convergence simple.
▷ Structure 19 – L’ensemble des suites de fonctions simplement convergentes sur A, à valeurs dans F est
muni d’une structure d’espace vectoriel.
▷ Structure 20 – L’ensemble des suites de fonctions simplement convergentes sur I, à valeurs dans R ou
C est muni d’une structure d’algèbre.
▷ Exemple 21 – La croissance, la décroissance, la monotonie sont des propriétés conservées par convergence
simple.
▷ Exemple 22 – La positivité, le fait d’être minoré (ou majoré) par un réel donné (le même pour toutes
les fonctions de la suite), d’avoir une image incluse dans une partie fermée donnée sont des propriétés
conservées par convergence simple.
▷ Exemple 23 – Le fait d’être inférieure ou égale (ou supérieure ou égale) à une fonction donnée est une
propriété conservée par convergence simple.
▷ Exemple 24 – Le fait d’être K-lipschitzien (où K est un réel positif donné) est une propriété conservée
par convergence simple.
▷ Exemple 25 – La linéarité est une propriété conservée par convergence simple.
▷ Exemple 26 – La convexité, la concavité sont des propriétés conservées par convergence simple.
▷ Exemple 27 – Être une fonction polynomiale de degré ⩽ N (où on a fixé N ∈ N) est une propriété
conservée par convergence simple.
▷ Exemple 28 – L’injectivité, la surjectivité sont des propriétés non conservées par convergence simple.
▷ Exemple 29 – La stricte croissance, la stricte décroissance, la stricte monotonie, ne sont pas conservées
par convergence simple. Plus généralement, on se souviendra que les inégalités strictes ne permettent
d’obtenir que des inégalités larges par passage à la limite.
▷ Exemple 30 – Le fait d’être majoré, minoré, borné, et le fait de ne pas l’être sont des propriétés non
conservées par convergence simple.
▷ Exemple 31 – Le fait d’être lipschitzien est une propriété non conservée par convergence simple.
Explication 32 – La convergence simple n’est pas une notion très intéressante, notamment parce qu’elle ne
conserve pas la continuité.
3. La convergence uniforme
Recul 33 – La convergence uniforme de (fn ) vers f peut s’interpréter comme une convergence dans l’EVN
(B(A, F ), ∥·∥∞ ), mais les fn et f ne sont pas nécessairement dans cet EVN.
118 Stéphane FLON
Exemple 34 – Soit (an ) donnée par an (x) = x + n+1 1
pour tout (n, x) ∈ N × R. La suite de fonctions (an )
est uniformément convergente sur R, bien que les an ne soient pas des fonctions bornées
Reformulation 35 – (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente vers f sur A si et seulement
si ∀ ε > 0, ∃N ∈ N, ∀ x ∈ A, ∀ n ⩾ N, ∥fn (x) − f (x)∥ ⩽ ε.
Reformulation 36 – (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente vers f sur A si et seulement
si il existe une suite (αn ) de réels positifs, de limite nulle, telle qu’à partir d’un certain rang, ∥fn − f ∥∞ ⩽ αn .
Reformulation 37 – (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente vers f sur A si et seulement
si il existe une suite (αn ) de réels positifs, indépendante de x, de limite nulle, telle qu’à partir d’un certain rang,
et pour tout x ∈ A : ∥fn (x) − f (x)∥ ⩽ αn .
▷ Exemple 38 – Toute suite de fonctions uniformément convergente est une suite de fonctions simplement
convergente.
▷ Exemple 39 – Toute propriété conservée par convergence simple est une propriété conservée par
convergence uniforme.
▷ Exemple 40 – Toute propriété non conservée par convergence uniforme est une propriété non conser-
vée par convergence simple.
Soit (fn ) une suite de fonctions de A dans F , f : A → F une fonction, B une partie de A.
Pour toute fonction g : A → F dont la restriction à B est bornée, on pose
def
∥g∥∞,B = g|B ∞
= sup{∥g(x)∥ , x ∈ B}
On dit que (fn ) converge uniformément vers f sur B si la suite des restrictions des fn à B converge uniformément
vers la restriction de f à B, i.e. la suite (∥f − fn ∥∞,B ) est définie à partir d’un certain rang, et tend vers 0.
Rédaction 41 – Il vaut mieux préciser systématiquement le domaine où la convergence uniforme a lieu.
Reformulation 42 – (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur une partie B de A, vers
f , si et seulement si ∀ ε > 0, ∃N ∈ N, ∀ x ∈ B, ∀ n ⩾ N, ∥fn (x) − f (x)∥ ⩽ ε.
Reformulation 43 – (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur une partie B de A, vers
f , si et seulement si il existe une suite (αn ) de réels positifs, de limite nulle, telle qu’à partir d’un certain rang,
∥fn − f ∥∞,B ⩽ αn .
Reformulation 44 – (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur une partie B, vers f si et
seulement si il existe une suite (αn ) de réels positifs, indépendante de x, de limite nulle, telle qu’à partir d’un
certain rang, et pour tout x ∈ B : ∥fn (x) − f (x)∥ ⩽ αn .
Exemple 45 – La suite de fonctions (gn ) donnée par gn (x) = xn pour tout (n, x) ∈ N × [0, 1], converge
simplement sur [0, 1], uniformément sur [0, a] pour tout a ∈ [0, 1[, mais elle ne converge pas uniformément sur
[0, 1]
Dans le cadre plus général de fonctions définies sur A à valeurs dans F , on pourra étudier la convergence uniforme sur tout compact (inclus
dans A).
Utilité 46 – La convergence uniforme sur tout segment est intéressante pour les propriétés vérifiables loca-
lement.
▷ Étude de stabilité 47 – La notion de partie sur laquelle une suite de fonctions donnée converge unifor-
mément est-elle stable par sous-partie ?
Exemple 48 – La suite de fonctions (bn ), où, pour tout (n, x) ∈ N ×[0, 1[, bn (x) = xn , converge uniformément
sur tout segment (de [0, 1[), mais ne converge pas uniformément sur [0, 1[
Exemple 49 – La suite de fonctions (hn ) donnée par hn (x) = n sin nx , pour tout (n, x) ∈ N × R converge
simplement sur R, uniformément sur tout segment de R, mais ne converge pas uniformément sur R
119 Stéphane FLON
4. Convergence uniforme et opérations algébriques
▷ Structure 50 – L’ensemble des suites de fonctions uniformément convergentes sur I est muni d’une
structure d’espace vectoriel.
On suppose que (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente vers f , sur A.
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
1
a) f est une fonction bornée sur A.
b) les fn sont des fonctions bornées sur A, à partir d’un certain rang.
On suppose
i) que (fn ) et (gn ) sont des suites de fonctions uniformément convergentes sur A, vers f et g
respectivement ;
ii) que f et g sont des fonctions bornées ; 2
▷ Étude de stabilité 51 – La notion de suite de fonctions uniformément convergente est-elle stable par
produit ?
▷ Étude de stabilité 52 – La notion de suite de fonctions uniformément convergente à valeurs dans une
algèbre normée est-elle stable par produit par une fonction bornée donnée ?
▷ Étude de stabilité 53 – La notion de suite de fonctions uniformément convergente est-elle stable par com-
position à droite par une fonction quelconque (dont l’image est incluse dans le domaine de convergence
uniforme) ?
▷ Étude de stabilité 54 – La notion de suite de fonctions uniformément convergente est-elle stable par
composition à gauche par une fonction continue ?
▷ Étude de stabilité 55 – La notion de suite de fonctions uniformément convergente est-elle stable par
composition à gauche par une fonction uniformément continue ?
5. Opérations sur les domaines où la convergence d’une suite de fonctions donnée
est uniforme
▷ Exemple 56 – Tout singleton {a} inclus dans le domaine de convergence simple est une partie sur laquelle
une suite de fonctions donnée converge uniformément.
▷ Étude de stabilité 57 – La notion de partie sur laquelle une suite de fonctions donnée converge unifor-
mément est-elle stable par union finie ?
▷ Étude de stabilité 58 – La notion de partie sur laquelle une suite de fonctions donnée converge unifor-
mément est-elle stable par union ?
On suppose que (fn ) est une suite de fonctions simplement convergente sur [a, b].
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
3
a) (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur [a, b[.
b) (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur [a, b].
▷ Exemple 60 – Le fait d’être majoré, minoré, ou borné est une propriété conservée par convergence
uniforme.
Soit a ∈ A.
On suppose
i) que (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente vers f sur A ;
ii) que les fonctions fn sont des fonctions continues en a. 4
On en déduit alors que f est une fonction continue en a.
Autrement dit, sous les hypothèses de l’énoncé :
lim lim fn (x) = lim lim fn (x)
n∞ x → a x → a n∞
Exemple 61 – La continuité (en un point précis, ou sur le domaine de définition) est une propriété conservée
par convergence uniforme. Par conséquent, C 0 ([0, 1], R) est un fermé de (B([0, 1], R), ∥·∥∞ ).
Explication 62 – La convergence uniforme est la bonne notion de convergence pour les suites et séries de
fonctions, notamment parce qu’elle transmet la continuité.
Soit I un intervalle.
On suppose
i) que (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur tout segment vers f ;
ii) que les fn sont des fonctions continues sur I. 5
On en déduit alors que f est une fonction continue sur I.
Idem pour une convergence uniforme sur tout compact inclus dans A
▷ Exemple 63 – L’injectivité est une propriété non conservée par convergence uniforme.
▷ Exemple 64 – La dérivabilité en un point donné est une propriété non conservée par convergence uniforme.
▷ Exemple 65 – Être une fonction polynomiale est une propriété non conservée par convergence uniforme.
Exemple 66 – L’uniforme continuité est une propriété conservée par convergence uniforme.
Recul 67 – Le théorème de la double limite n’est pas qu’une simple extension du théorème de continuité.
121 Stéphane FLON
7. Intégration d’une limite uniforme sur un segment
Soit a ∈ I.
On suppose
i) que (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur tout segment vers f ;
ii) que les fn sont des fonctions continues sur I.
Rx
On en déduit alors que Fn : x 7→ a fn est une suite de fonctions uniformément convergente sur 7
Rx
tout segment vers F : x 7→ a f .
R R
En particulier, si (fn ) converge uniformément vers f sur [a, b], on a [a,b]
fn → [a,b]
f , i.e.
n
Z Z
lim fn (t)dt = lim fn (t)dt
n→∞ [a,b] [a,b] n → ∞
Mise en garde 68 – La convergence uniforme sur tout segment se conserve (essentiellement) par primitivation,
pas la convergence uniforme.
On suppose
i) que les fn sont des fonctions continûment dérivables sur I ;
ii) que (fn ) est une suite de fonctions simplement convergente sur I, vers f ;
iii) que (fn′ ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur tout segment vers h.
On en déduit alors 8
a) que (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur tout segment vers f ;
b) que f est une fonction continûment dérivable sur I ;
c) que f ′ = h.
′
Retenir que l’hypothèse majeure (de convergence uniforme sur tout segment) porte sur (fn ) et non sur (fn ).
Soit k ∈ N.
On suppose
i) que les fn sont de classe C k sur I ;
(j)
ii) que (fn )n∈N est une suite de fonctions simplement convergente sur I, pour tout j ∈ [[0, k − 1]].
On note f la limite simple de (fn ) ;
(k)
iii) que (fn )n∈N est une suite de fonctions uniformément convergente sur tout segment vers g.
On en déduit alors 9
(j)
a) que (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur tout segment pour tout j ∈
[[0, k]] ;
b) que f est de classe C k sur I ;
c) que f (k) = g.
L’hypothèse forte de convergence uniforme sur tout segment porte sur la dérivée d’ordre le plus élevé.
On suppose
i) que les fn sont de classe C ∞ sur I ;
(k)
ii) que (fn ) est une suite de fonctions uniformément convergente sur tout segment sur I, pour
tout k ∈ N. On note f la limite simple de (fn ).
10
On en déduit alors
a) que f est de classe C ∞ sur I ;
b) que pour tout k ∈ N, tout x ∈ I, f (k) (x) = lim(fn (x)).
(k)
n∞
9. Séries de fonctions
Recul 69 – Les séries de fonctions sont plus intéressantes que les suites de fonctions dans l’optique de créer
certains exemples et contre-exemples de fonctions.
123 Stéphane FLON
Définition 6 (Convergence simple, uniforme, d’une série de fonctions)
P
Soit un une série de fonctions de A dans F .
La convergence simple P (resp. la convergence uniforme, éventuellement sur une partie, ou sur tout segment) de
la série de fonctions un , est la convergence simple (resp. uniforme, éventuellement sur une partie, ou sur tout
segment) de la suite (Sn ) des sommes partielles. P∞
En cas de convergence simple sur A, on peut définir la somme S de cette série de fonctions, notée n=0 un ,
définie par
∞ ∞
!
X def X
∀ x ∈ A, un (x) = un (x)
n=0 n=0
P∞
et le reste Rn d’ordre (ou d’indice) n, noté k=n+1 uk , défini par
∞
def X
∀ x ∈ A, Rn (x) = uk (x)
k=n+1
P
Reformulation 70 – Supposons que un converge simplement. Cette série de fonctions converge unifor-
mément si et seulement si la suite de ses restes converge uniformément vers 0. Cela revient à trouver une suite
(αn ) de réels indépendants de x ∈ A, de limite nulle, telle que
∞
∀ x ∈ A, ∀ n ∈ N,
X
uk (x) ⩽ αn
k=n+1
P
P Information 73 – Si la série de fonctions un converge normalement sur A, alors pour tout x ∈ A, la série
un (x) d’éléments de F P
converge absolument.
Reformulation P 74 – un est une série de fonctions normalement convergente sur A si et seulement si il
existe une série αn convergente de réels positifs telle que, pour tout n ∈ N, ∥un ∥∞,A ⩽ αn .
Stratégie 75 – Pour établir une convergence normale, il n’est pas nécessaire de calculer des normes infinies.
Soit a ∈ A.
On suppose
P
i) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur A ;
ii) que les un sont des fonctions continues en a.
P∞ 12
On en déduit alors que n=0 un est une fonction continue en a.
On suppose
P
i) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur A ;
13
ii) que les un sont des fonctions continues sur A.
P∞
On en déduit alors que n=0 un est une fonction continue sur A.
Corollaire (Limite uniforme sur tout segment d’une série de fonctions continues)
Soit I un intervalle.
On suppose
P
i) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur tout segment ;
ii) que les un sont des fonctions continues sur I. 14
P∞
On en déduit alors que n=0 un est une fonction continue sur I.
Dans un cadre plus général, on pourra vérifier la convergence uniforme sur tout compact.
On a :
i) la fonction zêta de Riemann a pour domaine de définition réel D =]1, +∞[ ; 15
ii) la fonction zêta de Riemann est une fonction continue sur D.
Théorème (Intégration d’une limite uniforme d’une série de fonctions sur un segment)
Soit a ∈ I.
On suppose
P
i) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur tout segment de I ;
ii) que chaque un est une fonction continue sur I.
Rx
17
P
On en déduit alors que x 7→ a un (t)dt est une série de fonctions uniformément convergente sur
R x P∞
tout segment de I, vers x 7→ a n=0 un (t)dt.
En particulier, pour tous α, β ∈ I :
∞ Z
X β Z β ∞
X
un (t)dt = un (t)dt
n=0 α α n=0
R π/2
Exercice de cours (exercice 35) – Calculer I = 0
cos(cos(θ)) ch(sin(θ))dθ.
On suppose
i) que les un sont des fonctions continûment dérivables sur I ;
P
ii) que un est une série de fonctions simplement convergente sur I ;
P ′
iii) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur tout segment.
18
On en déduit alors
P
a) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur tout segment ;
P∞
b) que n=0 un est une fonction continûment dérivable ;
P∞ ′ P∞
c) que ( n=0 un ) = n=0 u′n .
Soit k ∈ N.
On suppose
i) que les un sont des fonctions k fois continûment dérivables ;
P (j)
ii) que un est une série de fonctions simplement convergente sur I, pour tout j ∈ [[0, k − 1]] ;
P (k)
iii) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur tout segment.
19
On en déduit alors
P (j)
a) que un est une série de fonctions uniformément convergente sur tout segment pour tout
j ∈ [[0, k]] ;
P∞
b) que n=0 un est une fonction k fois continûment dérivable sur I ;
P∞ (j) P∞ (j)
c) que ( n=0 un ) = n=0 un , pour tout j ∈ [[0, k]].
On suppose
i) que les un sont des fonctions indéfiniment dérivables sur I ;
P (k)
ii) que les un sont des séries de fonctions uniformément convergentes sur tout segment pour
tout k ∈ N. 20
On en déduit alors
P∞
a) que n=0 un est une fonction indéfiniment dérivable sur I ;
b) que ( n=0 un ) = n=0 un , pour tout k ∈ N.
P∞ (k) P∞ (k)
On a :
i) la fonction zêta de Riemann est une fonction indéfiniment dérivable ; 21
k k
ii) pour tout s ∈]1, +∞[, tout k ∈ N : ζ (k) (s) = n=1 (−1) nln(n)
P∞
s .
On peut bien sûr adapter cet énoncé au cas où E = R et où a = ±∞.
12. Approximation
Théorème (Approximation uniforme par des fonctions continues, affines par morceaux)
Théorème de Weierstrass
Groupes
Citation 2 – La mathématique est l’art de donner le même nom à des choses différentes – Henri Poincaré –
Science et méthode.
Exemple 3 – La relation de congruence modulo a ∈ N∗ dans Z, ou modulo a ∈ R dans R est une relation
d’équivalence.
▷ Exemple 4 – La relation de parallélisme de deux droites dans un espace affine est une relation d’équiva-
lence.
▷ Exemple 5 – Les relations d’équivalence usuelle dans Mn,p (K) et de similitude dans Mn (K) sont des
relations d’équivalence.
▷ Exemple 6 – La relation d’équipotence dans un ensemble d’ensembles est une relation d’équivalence.
▷ Exemple 7 – La relation d’isomorphie sur un ensemble de groupes (ou d’anneaux, de corps, d’espaces
vectoriels, etc.) est une relation d’équivalence.
Étant donnés x, x′ ∈ E, on a :
(1) x ∈ x.
(2) x ∈ x′ si et seulement si x′ ∈ x.
(3) x et x′ sont soit égales, soit disjointes.
E est donc réunion disjointe de ses différentes classes d’équivalence (on dit que l’ensemble des classes d’équivalence forme une partition de
E).
On a une surjection naturelle (ou canonique) de E dans E/R (qui à x associe x).
ā = {b ∈ Z, b ≡ a[n]} = {a + kn, k ∈ Z}
def
▷ Exemple 18 – On définit une fonction degré sur K(X), en posant, pour tout F = B A
∈ K(X) : deg(F ) =
deg(A) − deg(B).
▷ Exemple 19 – On définit la trace d’un endomorphisme (d’un espace vectoriel de dimension finie non
nulle) comme la trace de n’importe laquelle des matrices le représentant dans une base donnée. C’est
possible car deux matrices semblables ont même trace, i.e. la trace passe au quotient pour la relation
de similitude matricielle.
▷ Exemple 20 – Le déterminant passe au quotient pour la similitude matricielle.
▷ Exemple 21 – Le rang passe au quotient pour l’équivalence matricielle. En revanche, l’application
A ∈ Mn,p (K) 7→ a1,1 ne passe pas au quotient pour la relation d’équivalence usuelle matricielle (ni
le déterminant pour cette même relation dans Mn (K))
▷ Exemple 22 – On vérifie que la loi de produit naturelle sur K[X] × (K[X] \ {0}) induit une loi de produit
sur K(X).
▷ Exemple 23 – L’addition naturelle sur K[X] × (K[X] \ {0}) n’est déjà pas une loi de composition interne,
et quand bien même, elle ne passe de toute façon pas au quotient.
130 Stéphane FLON
L’addition sur K(X) provient du passage au quotient de l’application
Considérons un ensemble E muni d’une structure algébrique (au moyen d’éventuelles lois et d’éléments distin-
gués), ainsi qu’une relation d’équivalence R sur E. On dit que E/R est muni d’une structure quotient si les lois
définies sur E passent au quotient, si les lois induites confèrent (avec les éléments distingués induits) la même
structure algébrique sur E/R. Si tel est bien le cas, la surjection naturelle π : E → E/R est un morphisme pour
cette structure algébrique
2. Groupes modulaires
▷ Étude de stabilité 24 – La notion de groupe de type fini est-elle stable par sous-groupe ?
131 Stéphane FLON
Définition 6 (Groupe monogène)
Soit G un groupe.
Le groupe G est dit monogène s’il existe a ∈ G tel que G =< a >. Un groupe monogène et fini est dit cyclique.
Un groupe monogène n’est rien d’autre qu’un groupe de rang 0 ou 1.
Information 25 – Si G =< a > est un groupe cyclique de cardinal n, alors G = {ak , k ∈ [[0, n − 1]]}.
Exemple 26 – À isomorphisme près, (Z, +) est le seul groupe monogène infini.
Exemple 27 – Pour tout n ∈ N∗ , le groupe Un des racines n-ièmes de l’unité est cyclique.
Soit n ∈ N∗ .
On note Z/nZ l’ensemble des classes d’équivalence de Z modulo n. La loi d’addition dans Z induit une loi de
composition interne sur Z/nZ, qui lui confère une structure de groupe abélien : le groupe (Z/nZ, +) est appelé
groupe modulaire d’indice n.
Exemple 28 – Soit n ∈ N∗ . Si k est un entier relatif, sa classe k dans Z/nZ est l’ensemble des entiers congrus
à k modulo n :
k = {k + mn, m ∈ Z}
Grâce au théorème de division euclidienne,
Z/nZ = {0, 1, . . . , n − 1}
Ces classes étant distinctes deux à deux, Z/nZ est un groupe fini de cardinal n. Il est de plus engendré par 1 :
c’est donc un groupe cyclique d’ordre n.
De plus, tout groupe cyclique d’ordre n est isomorphe à (Z/nZ, +). En particulier, Un et Z/nZ sont iso-
morphes.
Soit n ∈ N∗ , k ∈ Z.
Les assertions suivantes sont équivalentes :
1
a) Z/nZ =< k >.
b) k ∧ n = 1.
▷ Étude de stabilité 29 – La notion de groupe cyclique est-elle stable par produit cartésien ?
Soit G un groupe, g ∈ G.
Si le morphisme de groupes
φ : Z → G
k 7→ g k
n’est pas injectif, alors il existe un unique entier naturel N non nul tel que Ker(φ) = N Z.
On dit alors que g est d’ordre fini, et N est appelé ordre de g, et (parfois) noté o(g).
On suppose
i) que G est un groupe fini ;
ii) que x ∈ G. 3
On en déduit alors que l’ordre de x divise l’ordre de G.
La démonstration n’est exigible que pour G commutatif.
4. Groupe symétrique
Soit n ∈ N∗ .
On définit le groupe symétrique Sn (ou Sn ) comme le groupe des permutations de [[1, n]], muni de la composition.
On peut plus généralement définir le groupe symétrique d’un ensemble E (qui est le groupe des permutations de E pour la composition).
Il est noté SE (ou SE ).
Soit n ⩾ 2, p ∈ [[2, n]]. Un élément de Sn est appelé cycle de longueur p (ou p-cycle) s’il existe p éléments
distincts i1 , . . . , ip de [[1, n]] tels que :
(1) σ(i1 ) = i2 , σ(i2 ) = i3 , . . . , σ(ip−1 ) = ip , σ(ip ) = i1 .
(2) Pour tout j ∈ [[1, n]] \ {i1 , . . . , ip }, σ(j) = j.
On appelle support du p-cycle σ l’ensemble
{i1 , . . . , ip }.
σ peut être noté i1 i2 . . . ip .
Un 2-cycle est aussi appelé transposition.
Soit i ∈ [[1, n]], et σ ∈ Sn . On appelle orbite de i pour σ (ou sous l’action de σ) l’ensemble
Ωi = {σ k (i), k ∈ N}
Une orbite est dite triviale si c’est un singleton.
On a aussi Ωi = {σ k (i), k ∈ Z} = {ρ(i), ρ ∈< σ >}.
Soit n ⩾ 2.
On a : tout élément non trivial de Sn peut s’écrire comme produit de cycles à supports disjoints. De 4
plus, cette décomposition est unique à l’ordre des facteurs près.
Å ã
1 2 3 4 5 6 7 8
Exemple 45 – La permutation σ = admet la décomposition 1 3 7 4 2 5 8 .
3 5 7 1 8 6 4 2
Soit n ⩾ 2.
5
On a : Sn est engendré par les transpositions.
On définit le groupe alterné d’indice n, noté An (ou An ), comme le noyau du morphisme de groupes ε :
Sn →{−1, 1} (i.e. l’ensemble des permutations de Sn de signature paire).
1 Montrer que ε(σ) = (−1)inv(σ) , où inv(σ) désigne le nombre d’inversions sous l’action de σ, i.e. le nombre
de couples (i, j) ∈ [[1, n]]2 , où i < j, tels que σ inverse i et j, soit encore
Y σ(j) − σ(i)
ε(σ) = .
j−i
1⩽i<j⩽n
Exemple 52 – ∀(g, x) ∈ G × G, g · x = gx (action par translation à gauche) est une action de groupe de G
sur lui-même.
Exemple 53 – ∀(g, x) ∈ G × G, g · x = xg −1 est une action de groupe de G sur lui-même.
Exemple 54 – ∀(g, x) ∈ G × G, g · x = gxg −1 (action par conjugaison, ou par automorphismes intérieurs)
est une action de groupe de G sur lui-même.
Exemple 55 – ∀(σ, x) ∈ SX × X, σ · x = σ(x) (action naturelle de SX sur X) est une action de groupe de
SX sur X. En particulier, on a une action naturelle de Sn sur [[1, n]]
Exemple 56 – ∀(u, (bi )i∈I ) ∈ GL(E) × Ω, u · (bi )i∈I ) = (u(bi ))i∈I ) est une action de groupe de GL(E) sur
l’ensemble Ω des bases de E.
Étude de stabilité 57 – La notion d’action de groupe est-elle stable par sous-groupe ?
135 Stéphane FLON
Définition 15 (Orbite)
Définition 16 (Stabilisateur)
Arithmétique
1. Anneaux de congruence
La multiplication dans Z passe au quotient modulo n, et Z/nZ, muni de l’addition et de cette multiplication
induite, est un anneau commutatif, appelé anneau de congruence (modulo n), ou anneau modulaire (modulo n).
Étant donné k ∈ Z, on notera k n sa classe dans Z/nZ, ou plus simplement k s’il n’y a pas d’ambiguité.
Ainsi, kn = k + nZ.
On notera aussi parfois (et abusivement) k la classe de k dans Z/nZ.
Soit n ∈ N∗ , k ∈ Z.
Les assertions suivantes sont équivalentes :
1
a) la classe de k modulo n est inversible dans Z/nZ.
b) k et n sont des entiers premiers entre eux.
Soit n ∈ N∗ .
Les assertions suivantes sont équivalentes :
a) Z/nZ est un corps.
b) Z/nZ est un anneau intègre.
c) n est un nombre premier. 2
137
Théorème (des restes) chinois
(Z/nZ, +).
Soit m, n ∈ N∗ .
On suppose que m et n sont des entiers premiers entre eux.
On en déduit alors que φ(mn) = φ(m)φ(n). 4
Plus généralement, si n1 , . . . , np sont deux à deux premiers entre eux, alors φ(n1 . . . np ) = φ(n1 ) . . . φ(np ).
Qk
On a : soit n = i=1 pri i un entier naturel supérieur ou égal Äà 2, donné avec sa décomposition en
Qk Qk ä 5
facteurs premiers. On a : φ(n) = i=1 (pi − 1)pri i −1 = n i=1 1 − p1i .
Soit n ∈ N∗ , a ∈ Z.
On suppose que a et n sont des entiers premiers entre eux.
On en déduit alors que aφ(n) ≡ 1[n].
On retrouve immédiatement, dans le cas où n = p est supposé premier, le petit théorème de Fermat :
∀a ∈ Z, p
a ≡ a[p]
Le codage RSA (du nom de ses inventeurs Rivest, Shamir et Adleman), est un protocole cryptographique pour transmettre
un message sur un canal peu sûr.
Le principe est le suivant : 6
— Ada choisit deux nombres premiers distincts p et q, et forme leur produit n = pq. On a donc φ(n) = (p − 1)(q − 1).
— Ada choisit un entier e, premier avec φ(n), et détermine d tel que de ≡ 1 [φ(n)] (on dit que d est un inverse
modulaire de e modulo φ(n)).
— Ada communique le couple (n, e) à tout le monde. Si Bernice veut lui transmettre un message codé M (un certain
entier compris entre 0 et n − 1), alors Bernice transmet le reste C de la division de M e par n.
— Ada peut alors décoder le message de Bernice en calculant C d , puisque
d
C ≡ M [n]
Ce protocole se fonde sur la difficulté de calculer φ(n), ce qui revient à connaı̂tre p+q puisqu’on connaı̂t déjà pq. En particulier,
on espère que récupérer p et q connaissant leur produit n est difficile.
Reformulation 5 – a et b sont des éléments associés dans un anneau intègre A si et seulement si il existe
u ∈ A× tel que b = au.
Exemple 6 – Dans un anneau intègre A, la relation est associé à est une relation d’équivalence.
▷ Reformulation 7 – a et b sont des éléments associés dans un anneau intègre A si et seulement si aA = bA.
▷ Reformulation 8 – a et b sont des éléments associés dans Z si et seulement si a = ±b.
Définition 6 (pgcd)
T
Reformulation 13 – δ est un pgcd de a1 , . . . , an si et seulement si D(δ) = 1⩽i⩽n D(ai ).
Reformulation 14 – δ est un pgcd de a1 , . . . , an si et seulement si (∀ b ∈ A, (δA ⊂ bA ⇔ (a1 A + · · · + an A ⊂ bA))).
δ est un pgcd de a1 , . . . , an si et seulement si δA est le plus petit idéal principal contenant chaque ai A.
Reformulation 15 – δ est un pgcd de a1 , . . . , an , dans un anneau principal A si et seulement si δA =
a1 A + · · · + an A. Dans un anneau principal A, des éléments quelconques a1 , . . . , an admettent toujours un pgcd
δ, et on dispose de plus d’une relation de Bézout : il existe x1 , . . . , xn ∈ A tels que δ = x1 a1 + · · · + xn an .
▷ Exemple 16 – b est un pgcd de a et b si et seulement si b divise a.
Définition 7 (ppcm)
T
Reformulation 17 – µ est un ppcm de a1 , . . . , an si et seulement si µA = 1⩽i⩽n ai A. µ est un ppcm de
a1 , . . . , an si et seulement si µA est le plus grand idéal principal contenu dans chaque ai A.
Dans un anneau principal, des éléments a1 , . . . , an admettent toujours un ppcm.
▷ Exemple 18 – a est un ppcm de a et b si et seulement si b divise a.
Reformulation 19 – Lorsque l’anneau A est principal, deux éléments a et b de A sont premiers entre eux si
et seulement si il existe u, v ∈ A tels que au + bv = 1.
▷ Reformulation 20 – a et b sont des éléments premiers entre eux si et seulement si A est le seul idéal
principal contenant aA + bA.
▷ Reformulation 21 – a1 , . . . , an (où n ⩾ 2) sont des éléments premiers entre eux dans leur ensemble si et
seulement si A est le seul idéal principal contenant a1 A + · · · + an A.
▷ Exemple 22 – Pour tout n ⩾ 2, si a1 , . . . , an sont premiers entre eux deux à deux, alors ils sont premiers
entre eux dans leur ensemble.
Reformulation 23 – Lorsque l’anneau A est principal, des éléments a1 , . . . , an de A sont premiers entre eux
si et seulement si a1 A + · · · + an A = A, si et seulement si il existe u1 , . . . , un ∈ A tels que a1 u1 + · · · + an un = 1.
Il pourra être pertinent de fixer un système I de représentants irréductibles dans A pour fixer la décomposition, puisqu’alors tout élément
non nul a de A s’écrit de manière unique Y ν (a)
a = ua p p
p∈I
où (νp (a))p∈I est une famille presque nulle d’entiers naturels, et où ua ∈ A× . Dans ce contexte, pour tout p ∈ I, νp (a) est appelée valuation
p-adique de a.
On peut convenir que νp (0) = +∞ pour tout p ∈ I.
▷ Exemple√ 24 –
— Z[i√5] est un anneau intègre ;
— Z[i 5] n’est pas un anneau factoriel.
▷ Information 25 – Si A est un anneau factoriel dont I est un système de représentants irréductibles, alors
b divise a si et seulement si pour tout p ∈ I, νp (b) ⩽ νp (a).
▷ Information 26 – Dans un anneau factoriel A, des éléments quelconques a1 , . . . , an admettent toujours
un pgcd et un ppcm. De plus, pour tous a et b dans A factoriel, si δ et µ sont respectivement un pgcd
et un ppcm de a et b, alors δµ et ab sont associés.
141 Stéphane FLON
Lemme de Gauss
Soit A un anneau, a, b, c ∈ A.
On suppose
i) que A est un anneau factoriel ;
8
ii) que a divise bc ;
iii) que a et b sont des éléments premiers entre eux.
On en déduit alors que a divise c.
Lemme d’Euclide
Soit A un anneau, p, a, b ∈ A.
On suppose
i) que A est un anneau factoriel ;
9
ii) que p est un élément irréductible ;
iii) que p divise ab.
On en déduit alors que p divise a ou p divise b.
Exemple 27 – Tout anneau principal est un anneau factoriel. En particulier, tout anneau principal vérifie
le lemme de Gauss et le lemme d’Euclide
On appelle degré de P et note deg(P ) le plus grand entier p tel que ap ̸= 0. Par convention, le degré du polynôme
nul vaut −∞.
Ainsi, le polynôme P est constant si et seulement si deg(P ) ⩽ 0.
On appelle coefficient dominant de P le coefficient ap , où p est le degré de P . Un polynôme unitaire (ou
normalisé) est un polynôme (non nul) de coefficient dominant égal à 1.
Le normalisé d’un polynôme non nul P , de coefficient dominant λ, est le polynôme λ1 P .
▷ Information 31 – Un élément de K[X] est inversible si et seulement si c’est un polynôme constant non
nul.
On a : soit (Pk )1⩽k⩽m une famille de polynômes tous non nuls. On suppose que
deg P1 < · · · < deg Pm
11
(on dit que l’on a une famille de polynômes à degrés échelonnés).
La famille (Pk )1⩽k⩽m est alors libre. .
def
Pour tout n ∈ N, on définit Kn [X] par Kn [X] = {P ∈ K[X], deg P ⩽ n}.
On dit que deux polynômes A et B sont associés s’ils se divisent mutuellement, soit encore s’il existe λ ∈ K ∗
tel que A = λB.
A et B sont associés si et seulement si A et B ont même degré, et l’un divise l’autre.
Tout polynôme non nul est associé à un unique polynôme unitaire : l’application qui à un polynôme non nul unitaire A associe l’idéal
engendré AK[X] est donc une bijection de l’ensemble des polynômes unitaires et celui des idéaux non nuls de K[X].
On a : un polynôme non nul de degré n possède au plus n racines comptées avec leur ordre de
13
multiplicité.
Théorème de d’Alembert-Gauss
Soit P ∈ C[X].
Les assertions suivantes sont équivalentes :
18
a) P est un polynôme irréductible dans C[X].
b) deg(P ) = 1.
Soit P ∈ R[X].
Les assertions suivantes sont équivalentes :
19
a) P est un polynôme irréductible dans R[X].
b) deg(P ) = 1, ou (deg(P ) = 2 et P n’a pas de racine réelle).
Soit A, B ∈ K[X]. On appelle plus grand commun diviseur (ou pgcd ) de A et B et on note A ∧ B l’unique
générateur nul ou normalisé de l’idéal A K[X] + B K[X].
Plus généralement, si A1 , . . . , An sont des éléments de K[X], on appelle pgcd de ces polynômes et on note
A1 ∧ · · · ∧ An l’unique générateur nul ou normalisé de
A1 K[X] + · · · + An K[X].
Soit A, B ∈ K[X]. On appelle plus petit commun multiple (ou ppcm) de A et B et on note A ∨ B l’unique
générateur nul ou normalisé de l’idéal A K[X] ∩ B K[X].
Plus généralement, si A1 , . . . , An sont des éléments de K[X], on appelle ppcm de ces polynômes et on note
A1 ∨ · · · ∨ An l’unique générateur nul ou normalisé de
A1 K[X] ∩ · · · ∩ An K[X].
Soit A, B, A1 , . . . , An des polynômes sur K. On dit que A et B sont premiers entre eux si A ∧ B = 1.
On dit que A1 , . . . , An sont premiers entre eux deux à deux si pour tous i, j ∈ [[1, n]] distincts, Ai et Aj sont
premiers entre eux.
On dit que A1 , . . . , An sont premiers entre eux dans leur ensemble si A1 ∧ · · · ∧ An = 1.
Soit A, B ∈ K[X].
Les assertions suivantes sont équivalentes :
a) A et B sont des polynômes premiers entre eux.
b) il existe (U, V ) ∈ K[X]2 tel que AU + BV = 1.
20
Pour trouver une relation de Bézout sur des entiers ou des polynômes A et B de manière algorithmique, on peut utiliser les
opérations élémentaires sur les lignes de la matrice (en suivant l’algorithme d’Euclide classique)
Å ã
1 0 A
0 1 B
afin d’obtenir A ∧ B sur la dernière colonne : les coefficients de la ligne correspondante donnent un couple (U, V ) convenable.
Reformulation 36 – A1 , . . . , An sont des polynômes premiers entre eux dans leur ensemble si et seulement
si il existe des polynômes U1 , . . . , Un tels que A1 U1 + · · · + An Un = 1.
146 Stéphane FLON
Théorème (Lemme de Gauss)
Soit F une fraction rationnelle complexe, de pôles (α1 , r1 ), . . . , (αp , rp ) donnés avec leurs multiplicités.
On a : il existe un unique polynôme P et d’uniques scalaires λ1,1 , . . . , λ1,r1 , . . . , λp,1 , . . . , λp,rp tels
que 25
Pp Pri λi,j
F = P + i=1 j=1 (X−αi )j .
Intégrales à paramètre
Objectif 1 – Le but de ce chapitre est de légitimer, sous certaines conditions, l’échange entre une intégrale
dépendant d’un paramètre et un passage à la limite. On s’intéressera notamment à la régularité d’une fonction
définie par une intégrale à paramètre.
Observation 2 – En introduisant de la variabilité, ce chapitre permettra de calculer la valeur de beaucoup
d’intégrales convergentes.
Rédaction 3 – Les théorèmes de ce chapitre comportent beaucoup d’hypothèses, qu’il convient de hiérar-
chiser. L’hypothèse majeure est souvent appelée hypothèse de domination, les autres se retrouvant par le bon
sens. Les hypothèses de régularité par rapport à la variable d’intégration (à savoir la continuité par morceaux)
n’ont pas à être explicitées.
Si cette hypothèse de domination est vérifiée, et si les fn sont continues par morceaux, alors les fn sont intégrables sur I.
▷ Structure 4 – L’ensemble des suites de fonctions vérifiant l’hypothèse de domination sur I est muni
d’une structure d’espace vectoriel.
▷ Étude de stabilité 5 – La notion de suite de fonctions vérifiant l’hypothèse de domination est-elle stable
par multiplication par une fonction (continue par morceaux) bornée ?
149
Théorème de convergence dominée
Soit I un intervalle.
On suppose
i) que (fn ) est une suite de fonctions simplement convergente vers f , sur I ;
ii) que chaque fn est une fonction continue par morceaux sur I ;
iii) que f est une fonction continue par morceaux sur I ;
iv) que (Hypothèse de domination) Il existe une fonction φ positive intégrable sur I vérifiant |fn | ⩽ φ
pour tout n ∈ N.
On en déduit alors 1
a) que chaque fn est une fonction intégrable sur I ;
b) que f est une fonction intégrable sur I ;
R R
c) que I fn −−−−→ I f .
n→∞
Bien que ce résultat soit admis, on peut noter qu’il serait immédiat R d’établir
R l’intégrabilité de f : l’essence du théorème est
la légitimité de l’interversion entre la limite et l’intégrale : lim I fn (t)dt = I lim fn (t)dt.
n∞ n∞
On peut noter qu’on a même en fait convergence L1 : I |fn (t) − f (t)|dt −
R R
−−−−→ I 0.
n→∞
Observation 6 – Le théorème de convergence dominée est très puissant, car ses hypothèses sont faibles mais
sa conclusion est forte.
Observation 7 – L’hypothèse de domination n’est pas très naturelle, mais il est facile de se rendre compte
de son importance sur des exemples.
Exercice de cours (exercice 1) –
π R1
sin(t)n dt et vn = sh(tn )dt convergent vers 0.
R
1 Montrer que les suites de termes généraux un = 0
2
0
π
(cos(t))n
Z
wn = √ dt
0 t
2 Retrouver ce résultat par des moyens élémentaires (on commencera par trouver une relation entre un+1
et un ).
Stratégie 9 – Le TCVD permet aussi la détermination de certains équivalents (non constants), suite à un
changement de variable.
150 Stéphane FLON
Définition 2 (Hypothèse de domination d’une famille de fonctions indexée par un paramètre réel)
Définition 3 (Hypothèse de domination locale d’une famille de fonctions indexée par un paramètre réel)
Soit J un intervalle, (fλ )λ∈J une famille de fonctions de I dans K, a un point de J ou une extrémité (éventuel-
lement infinie) de J.
On dit que (fλ )λ∈J vérifie l’hypothèse de domination (sur I) locale en a s’il existe un voisinage relatif V ′ de a
dans J tel que (fλ )λ∈V ′ vérifie l’hypothèse de domination.
Cela revient à l’existence de V, de la forme [a − ε, a + ε], où ε ∈ R∗+ (resp. [α, +∞[, resp. ] − ∞, α]) si a ∈ R
(resp. a = +∞, resp. a = −∞), tel que (fλ )λ∈J∩V vérifie l’hypothèse de domination, i.e. il existe φ : I → R
positive et intégrable, telle que,
∀ λ ∈ (J ∩ V), ∀ t ∈ I, |fλ (t)| ⩽ φ(t)
On localise selon le paramètre λ : en particulier, la fonction de domination est encore définie et intégrable sur I, pas seulement sur un
segment inclus dans I.
R +∞
1 Pour tout x > 0, on pose g(x) = 0
ln(t)e−xt dt. Montrer que g(x) tend vers 0 lorsque x tend vers
+∞.
151 Stéphane FLON
2. Le théorème d’intégration terme à terme
PR
Rédaction 10 – L’hypothèse de sommation est la plus forte possible : il y a convergence de |f |, la
I n
P R
seule convergence de f
I n
ne suffit pas.
▷ Structure 11 – L’ensemble des séries de fonctions vérifiant l’hypothèse de sommation sur I est muni
d’une structure d’espace vectoriel.
▷ Étude de stabilité 12 – La notion de série de fonctions vérifiant l’hypothèse de sommation est-elle stable
par multiplication par une fonction (continue par morceaux) bornée ?
Exercice de cours (exercice 4) –
R +∞ √ −nt
1 On pose, pour n ∈ N∗ , In = 0 t e dt.
i Montrer que la suite √(In )n∈N∗ est bien définie.
π
ii Montrer que In = 2 n3/2 .
R +∞ 1 −t R +∞ −t2 √
Remarque – On rappelle que Γ(1/2) = 0 √ e dt =
t −∞
e dt = π.
R +∞ t √ √
π P+∞ 1
iii En déduire : 0 et −1 dt = 2 n=1 n3/2 .
R1 P+∞
Exercice de cours (exercice 9) – (ENS PC 16) Montrer que 0 x−x dx = n=1 n−n .
Exercice de cours (exercice 10) –
1 (Centrale PC 16, Centrale PSI 10) Soit (un ) une suite croissante d’éléments de R∗+ , tendant vers l’infini.
152 Stéphane FLON
On cherche à montrer l’existence des deux quantités écrites et l’égalité :
+∞
! +∞
+∞
(−1)n
Z X X
n −un x
(−1) e dx = .
0 n=0 n=0
un
Soit f : (x, t) ∈ J × I 7→ f (x, t) ∈ K une fonction de deux variables, a un point de J ou une extrémité
(éventuellement infinie) de J.
On dit que f vérifie l’hypothèse de domination localement en a s’il existe un voisinage relatif V ′ de a dans J tel
que f|V ′ ×I vérifie l’hypothèse de domination.
Définition 7 (Hypothèse de domination sur tout segment pour une fonction de deux variables)
La continuité étant une propriété locale, on peut remplacer l’hypothèse de domination par la domination locale sur tout
segment.
R Exemple 16 – Si K est un segment de R , et si f : K × [a, b] → K est continue sur K × [a, b], alors g : x 7→
[a,b]
f (x, t)dt est continue sur K. Plus généralement, le théorème des bornes atteintes permet dans certains cas
de vérifier l’hypothèse de domination (éventuellement locale), mais il faut pour cela avoir continuité de g par
rapport au couple (et non seulement par rapport à chacune des deux variables).
Mise en garde 17 – C’est le paramètre que l’on peut éventuellement localiser, ce n’est jamais la variable
d’intégration.
Exercice de cours (exercice 24) – Montrer que la fonction x 7→ 0 ln(t)e−xt dt est continue sur R∗+ .
R +∞
Ce théorème s’appelle aussi théorème de Leibniz, théorème de dérivation sous le signe somme, ou théorème de dérivation sous
l’intégrale.
Cet énoncé admet une hypothèse avec domination locale.
Conseil 18 – Retenir et hiérarchiser les hypothèses du théorème de dérivation des intégrales à paramètre.
Utilité 19 – Le théorème de dérivation des intégrales à paramètre permet de calculer beaucoup d’intégrales.
Exercice de cours (exercice 26) –
+∞
eixt − 1 −t
Z
I(x) = e dt.
0 t
∂j f
g (j) (x) =
R
b) que pour tout j ∈ [[0, k]] et tout x ∈ J, I ∂xj
(x, t) dt.
R +∞ sin(xt)
Exercice de cours (exercice 27) – (Mines PC 16) Soit f : x 7→ 0 et −1 dt.
On a :
i) la fonction Gamma d’Euler est une fonction indéfiniment dérivable sur R∗+ ; 12
ii) pour tout k ∈ N, tout x ∈ R∗+ : Γ(k) (x) = 0 (ln(t))k tx−1 e−t dt.
R +∞
6. L’intégrale de Gauss
R +∞ 2
On appelle intégrale de Gauss l’intégrale −∞
e−x dx.
√
Information 20 – L’intégrale de Gauss vaut π.
Exercice de cours (exercice 41) –
R π/2
1 On rappelle qu’en posant Wn = 0 sin(u)n du (ce sont les intégrales de Wallis, sans doute déjà vues en
pπ
MPSI), on a Wn ∼ 2n .
i Montrer que
Z √n Å ãn
t2
Z
2
lim 1− dt = e−t dt
n 0 n R+
ii En déduire, grâce au résultat rappelé, que
Z √
−t2 π
e dt =
R+ 2
Exercice de cours (exercice 42) –
1
i Exprimer l’application
Z 1 −(t2 +1)x2
e
G : x ∈ R+ 7→ dt
0 t2 + 1
Rx 2
en fonction de F : x 7→ 0 e−t dt.
R +∞ 2
ii En déduire la valeur de I = 0 e−t dt.
7. L’intégrale de Dirichlet
R +∞ sin(t)
On appelle intégrale de Dirichlet l’intégrale 0 t dt.
i Montrer que f est bien définie et continue sur R+ , et qu’elle est de limite nulle en +∞.
ii Montrer que f est deux fois dérivable sur R∗+ , et qu’elle est solution sur ce domaine de
1
(E) y ′′ + y =
x
iii Vérifier que g est aussi définie et continue sur R+ , solution de E sur R∗+ , et de limite nulle en +∞.
R +∞ sin(t)
iv En déduire que f = g, puis la valeur de l’intégrale de Dirichlet 0 t dt.
8. Transformée de Laplace
9. Transformée de Fourier
Exemple 22 – Toute fonction à décroissance rapide continue par morceaux est une fonction intégrable sur
R. 2
Exemple 23 – t 7→ e−t est une fonction à décroissance rapide.
159 Stéphane FLON
Régularité de la transformée de Fourier d’une fonction à décroissance rapide
Objectif 1 – Le but de la réduction des endomorphismes est de proposer une représentation d’un endomor-
phisme par une matrice la plus simple possible (en dimension finie). Pour une matrice carrée, cela revient à
trouver un représentant simple de sa classe de similitude.
Cadre 2 – Sans autre précision, E est un K-espace vectoriel, les espaces vectoriels sont définis sur un sous-
corps K de C, de même pour les matrices.
Définition 2 (Spectre)
▷ Reformulation 14 – λ est une valeur propre de u ∈ L(E) (lorsque E est de dimension finie) si et
seulement si λ ∈ Sp(u).
▷ Reformulation 15 – 0 est une valeur propre de u ∈ L(E) (lorsque E est de dimension finie) si et
seulement si u ∈
/ GL(E).
161
▷ Reformulation 16 – λ est une valeur propre de u ∈ L(E) (lorsque E est de dimension finie) si et
seulement si det(u − λId E ) = 0.
▷ Reformulation 17 – A est le spectre de u ∈ L(E) (lorsque E est de dimension finie) si et seulement si
A = {λ ∈ K, det(u − λId E ) = 0}.
On suppose
i) que λ1 , . . . , λp sont des scalaires distincts deux à deux ;
1
ii) que u est un endomorphisme de E.
On en déduit alors que Eλ1 (u), . . . , Eλp (u) sont des sous-espaces vectoriels en somme directe.
Stratégie 18 – Pour montrer la liberté d’une famille de vecteurs, on peut parfois les voir comme des vecteurs
propres associés à des valeurs propres distinctes.
Information 19 – Le spectre d’un endomorphisme d’un espace vectoriel de dimension n est fini, de cardinal
inférieur ou égal à n.
Exercice de cours (exercice 1) –
1 Soit λ1 , . . . , λp des complexes distincts deux à deux. Pour tout k ∈ [[1, p]], on définit
fk : R → C
x 7 → eλ k x
Montrer que (f1 , . . . , fp ) est libre.
Stratégie 24 – L’équation aux éléments propres est parfois efficace pour trouver directement les éléments
propres (sans avoir préalablement déterminé le spectre). Ñ é
0 0 1
Exercice de cours (exercice 3) – Déterminer les éléments propres de A = 1 0 0 ∈ M3 (C).
0 1 0
2. Polynôme caractéristique
Soit M ∈ Mn (K).
On appelle polynôme caractéristique de M et on note χM le polynôme det(XIn − M )
C’est la définition officielle, vous rencontrerez éventuellement des ouvrages (anciens) où le polynôme caractéristique est défini comme
det(M − X In )(= (−1)n det(X In − M )).
On suppose
i) que A ∈ Mn (K) est une matrice carrée ;
ii) que λ ∈ K est un scalaire.
4
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) λ est une valeur propre de A.
b) λ est une racine du polynôme caractéristique χA .
Reformulation 25 – Le spectre de A ∈ Mn (K) est l’ensemble des racines dans K de son polynôme caracté-
ristique.
Exemple 26 – Le polynôme caractéristique (d’une matrice carrée) est un invariant de similitude.
163 Stéphane FLON
Proposition (Coefficients du polynôme caractéristique)
n n−1 n
χM = X − tr(M )X + · · · + (−1) det(M )
Dans le cas où n = 2, on a donc
2
χM = X − tr(M )X + det(M )
Soit M ∈ Mn (K).
On suppose que le polynôme caractéristique est le polynôme scindé χM = i=1 (X − λi )mi sur K.
Qk
On en déduit alors 6
Pk
a) que tr(M ) = i=1 mi λi ;
Qk
b) que det(M ) = i=1 λmi .
i
Information 29 – Le spectre d’un endomorphisme d’un espace vectoriel complexe de dimension finie non
nulle est non vide.
Information 30 – Le spectre d’un endomorphisme d’un espace vectoriel réel de dimension finie impaire est
non vide.
Information 31 – Pour toute valeur propre λ d’un endomorphisme u ∈ L(E), on a 1 ⩽ dim(Eλ (u)) ⩽ mλ
(où mλ est la multiplicité algébrique de λ).
Reformulation 32 – Pour toute valeur propre λ de A ∈ Mn (K), on a dim(Eλ (A)) = n − rg(A − λ In ) (c’est
même valable pour tout scalaire λ).
Information 33 – Le polynôme caractéristique d’une matrice triangulaire par blocs A est le produit des
polynômes caractéristiques des blocs diagonaux (et ces derniers divisent donc en particulier χA ).
Information 34 – Le polynôme caractéristique d’un endomorphisme induit par u divise χu .
Soit A ∈ Mn (K).
On suppose que A admet n valeurs propres distinctes. 10
On en déduit alors que A est une matrice diagonalisable.
Soit A ∈ Mn (K).
On suppose
i) que A est une matrice diagonalisable ; 13
ii) que A est une matrice nilpotente.
On en déduit alors que A = 0n .
4. Polynôme annulateur
Structure 53 – L’ensemble des polynômes annulateurs de u est muni d’une structure d’idéal de K[X].
Étude de stabilité 54 – La notion de polynôme annulateur de u est-elle stable par multiplication par un
polynôme quelconque ?
Exemple 55 – Tout polynôme annulateur de u est un polynôme annulateur de tout endomorphisme induit
par u sur un sous-espace stable. Å ã
1 2
Exemple 56 – X 2 − 2X + 1 est un polynôme annulateur de A = .
0 1
Reformulation 57 – u est un projecteur si et seulement si X 2 − X est un polynôme annulateur de u.
Reformulation 58 – u est une symétrie si et seulement si X 2 − 1 est un polynôme annulateur de u.
Reformulation 59 – u est un endomorphisme nilpotent si et seulement si X k est un polynôme annulateur
de u pour un certain k ∈ N.
Reformulation 60 – M ∈ Mn (K) est une matrice nilpotente si et seulement si X n est un polynôme
annulateur de M .
Soit u un endomorphisme.
On suppose que P1 , . . . , Pr sont des polynômes
Lr deux à deux premiers entre eux de produit P .
On en déduit alors que Ker (P (u)) = i=1 Ker (Pi (u)). 17
Grâce au lemme de décomposition des noyaux, on retrouve que les sous-espaces propres sont en somme directe, car si λ et µ
sont deux scalaires distincts, X − λ et X − µ sont premiers entre eux.
Le polynôme minimal d’un endomorphisme u d’un K-espace de dimension finie (resp. d’une matrice carrée
A ∈ Mn (K)) est l’unique générateur unitaire de son idéal annulateur dans K[X]. On le note µu (resp. µA ).
Exemple 62 – Le polynôme minimal de u (resp. de A) est de degré 1 (en dimension finie non nulle) si et
seulement si u est une homothétie (resp. une matrice scalaire).
2
Exemple 63 – Le polynôme minimal d’un projecteur (en dimension
Ñ é non nulle) est X, X − 1, ou X − X.
finie
2 0 0
Exemple 64 – Dans M3 (R), le polynôme minimal de 0 2 0 est (X − 2)(X − 3), mais celui de
0 0 3
Ñ é
2 3 0
0 2 0 est (X − 2)2 (X − 3).
0 0 3
On a : si d est le degré du polynôme minimal de u, alors la famille (uk )0⩽k⩽d−1 est une base de K[u]. 18
Exemple 65 – En taille 2, i.e. si A ∈ M2 (K), alors X 2 − tr(A)X + det(A)(= χA ) est un polynôme annulateur
de A.
Information 66 – Les racines de πu dans K sont les valeurs propres de u.
5. Caractérisations de diagonalisabilité
Ainsi, u est diagonalisable si et seulement si χu est scindé sur K, et, pour toute valeur propre de u, les multiplicités géométrique
et algébrique sont égales. Matriciellement : A est diagonalisable si et seulement si χA est scindé, et pour toute valeur propre
de A, la dimension du sous-espace propre associé est égale à sa multiplicité.
Exercice de cours (exercice 33) – (CCP MP 13) Soit f ∈ L(R3 ) tel que f 4 = f 2 et {−1, 1} ⊂ Sp f . Montrer
que f est diagonalisable. Ñ é Ñ é
1 0 0 1 0 0
Exercice de cours (exercice 23) – La matrice A = 0 1 0 est-elle diagonalisable ? et B = 1 1 0 ?
0 1 2 0 0 2
Exercice de cours (exercice 28) –
1 Soit M ∈ Mn (K) de rang 1. Montrer que M est diagonalisable si et seulement si tr(M ) ̸= 0.
2 (Mines MP 2015) Soit (a1 , . . . , an ) ∈ Cn et A ∈ Mn (C) de coefficient général ai,j = ai aj . Condition
nécessaire et suffisante pour que A soit diagonalisable.
3 La matrice (i/j) est-elle diagonalisable ?
1 1/a 1/a2
Ñ é
Une matrice diagonale par blocs est diagonalisable si et seulement si ses blocs diagonaux le sont
On suppose
i) que E est un espace vectoriel de dimension finie sur K ;
ii) que u est un endomorphisme de E.
24
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) u est un endomorphisme trigonalisable.
b) χu est un polynôme scindé sur K.
Reformulation 80 – M ∈ Mn (K) est une matrice carrée trigonalisable si et seulement si χM est un polynôme
scindé sur K.
Étude de stabilité 81 – La notion d’endomorphisme trigonalisable est-elle stable par induction sur un sous-
espace stable ?
Étude de stabilité 82 – La notion de matrice carrée diagonalisable est-elle stable par multiplication, lorsque
les deux matrices commutent ?
171 Stéphane FLON
Étude de stabilité 83 – La notion de matrice carrée diagonalisable est-elle stable par somme (lorsque les
deux matrices commutent) ?
Étude de stabilité 84 – La notion de matrice carrée trigonalisable est-elle stable par somme (lorsque les
deux matrices commutent) ?
Étude de stabilité 85 – La notion de matrice carrée trigonalisable est-elle stable par produit (lorsque les
deux matrices commutent) ?
8. Matrices stochastiques
9. Sous-espaces caractéristiques
Soit u un endomorphisme d’un K-espace vectoriel E de dimension finie. On suppose que χu est scindé sur K :
k
Y
χu = (X − λi )mi
i=1
où λ1 , . . . , λk sont des scalaires deux à deux distincts, m1 , . . . , mk ∈ N∗ .
Les sous-espaces caractéristiques de u sont les sous-espaces vectoriels Ker ((u − λ1 Id E )m1 ), . . . ,
Ker ((u − λk Id E )mk ).
Exercice de cours (exercice 52) – Soit u un endomorphisme du K-espace vectoriel de dimension finie E
Qd
dont le polynôme minimal est scindé : µu = i=1 (X − λi )mi .
1 Montrer qu’il existe un unique couple (d, n) d’endomorphismes de E tels que d est diagonalisable, n est
nilpotent, u = d + n, d ◦ n = n ◦ d.
2 Pour i ∈ {1, . . . , d}, soit πi la projection sur Ker((u−λi Id )mi ) parallèlement à 1⩽j⩽d Ker ((u − λj Id )mj ).
L
j̸=i
Montrer que πi appartient à K[u].
Indication – Partir d’une relation de Bézout entre (X − λi )mi et Q, où Q = 1⩽j⩽d (X − λj )mj .
Q
j̸=i
5 On suppose que M est dans Mn (R). Montrer que D et N sont dans Mn (R).
On suppose
i) que (un ) est une suite numérique ;
ii) que P = X p − ap−1 X p−1 − · · · − a1 X − a0 est un polynôme unitaire ;
Ö è
un
iii) que pour tout n ∈ N, on a Un = .. .
. 31
un+p−1
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) ∀ n ∈ N, un+p = ap−1 un+p−1 + · · · + a1 un+1 + a0 un .
b) ∀ n ∈ N, Un+1 = (C(P )T )Un .
On suppose
i) que (un ) est une suite récurrente linéaire d’ordre deux à coefficients constants ;
ii) que l’équation caractéristique associée à cette relation de récurrence linéaire admet une unique 32
solution λ non nulle.
On en déduit alors qu’il existe des scalaires a et b tels que, pour tout n ∈ N : un = (an + b)λn .
Étude de stabilité 89 – La notion de polynôme caractéristique est-elle stable par passage à l’adjoint ?
Séries entières
Motivation 1 – Les séries entières sont des séries de fonctions (polynomiales) que les formules de Taylor
nous incitent à étudier.
Lemme d’Abel
an z n si et seulement si R = sup{r ∈ R+ , an rn =
P
▷ Reformulation 2 – R est le rayon de convergence de
O(1)}.
175
Comportement ponctuel d’une série entière
an z n vérifie
P
▷ Information 3 – Le domaine de convergence simple Ω de la série entière
{z ∈ C, |z| < Ra } ⊂ Ω ⊂ {z ∈ C, |z| ⩽ Ra }
et chacune de ces inclusions peut être stricte.
▷ Exemple 4 – {z ∈ C, |z| < 1} est le domaine de convergence simple de la série entière
P n
z .
▷ Exemple 5 – {z ∈ C, |z| ⩽ 1} est le domaine de convergence simple de la série entière
P zn
n2 .
: {z ∈ C, |z| <
P zn
▷ Exemple 6 – Ω est le domaine de convergence simple de la série entière n , où Ω vérifie
1} ⊊ Ω ⊊ {z ∈ C, |z| ⩽ 1}.
an z n si et seulement si R est l’unique
P
▷ Reformulation 7 – R est le rayon de convergence de P élément
α de R+ ∪ {+∞} tel que, pour tout z ∈ C, si |z|P< α, alors il y a convergence (absolue) de an z n , et,
n
si |z| > α, alors il y a divergence (grossière) de aP
nz .
▷ Reformulation 8 – R est le rayon de convergence de P an z n si et seulement si R = sup{r ∈ R+ , (a n
Pn r )ntend vers 0}.
▷ Reformulation 9 – R est le rayon de convergence de an z siP n
et seulement si R = sup{r ∈ R+ , an r converge}.
▷ Reformulation 10 – R est le rayon de convergence de an z n si et seulement si R = sup{r ∈
R+ , an r CVA}.
n
P
an z n si et seulement si R est le rayon de
P
▷ Reformulation 11 P – Rn est le rayon de convergence de
convergence de |an |z .
an z n et bn z n des séries
P P
Soit P entières.
an z n et bn z n est la série entière
P
La somme des séries entières
X
(an + bn )z n
▷ Structure 12 – L’ensemble des séries entières est muni d’une structure de C-algèbre (pour les opérations
d’addition, de multiplication par un scalaire, et de produit de Cauchy).
On suppose
an z n ;
P
i) que Ra est le rayon de convergence de
bn z n ;
P
ii) que Rb est le rayon de convergence de
iii) que an = O(bn ). 5
On en déduit alors que Ra ⩾ Rb .
Il est remarquable que, pour une fois, on ne suppose pas les suites de signe constant. C’est bien sûr lié à l’absolue convergence
en tout point du disque ouvert.
On suppose
an z n ;
P
i) que Ra est le rayon de convergence de
bn z n ;
P
ii) que Rb est le rayon de convergence de
iii) que an ∼ bn . 6
On en déduit alors que Ra = Rb .
Il est remarquable que, pour une fois, on ne suppose pas les suites de signe constant. C’est bien sûr lié à l’absolue convergence
en tout point du disque ouvert.
Mise en garde 13 – La règle de d’Alembert pour les séries entières est utile dans certains cas, mais n’est pas
la panacée.
Stratégie 14 – La bonne règle de d’Alembert est celle sur les sériesPnumériques.
▷ Exemple 15 – 1 est le rayon de convergence de la série entière P nα z n pour tout réel α.
▷ Exemple 16 – 0 est le rayon de convergence de la série entière n! z n .
3n2 + 2n + 1
an+1 = an
2n2 + 3n + 5
an z n .
P
Déterminer le rayon de convergence de
On suppose
an xn ;
P
i) que Ra est le rayon de convergence de
9
ii) que [α, β] est un segment inclus dans ] − Ra , Ra [.
an xn est une série de fonctions normalement convergente sur [α, β].
P
On en déduit alors que
Mise en garde 18 – Il n’y a pas toujours convergence normale d’une série entière sur l’intervalle ouvert de
convergence.
Théorème (Continuité de la somme d’une série entière sur le disque ouvert de convergence)
On suppose
an xn est une série entière de somme S ;
P
i) que
P an n+1
ii) que n+1 x est une série entière de somme T ;
an xn ;
P
iii) que Ra est le rayon de convergence de
iv) que Ra > 0. 12
On en déduit alors
P an n+1
a) que n+1 x est une série de fonctions simplement convergente sur ] − Ra , Ra [ ;
b) que T est une fonction continûment dérivable sur ] − Ra , Ra [ ;
c) que pour tout x ∈] − Ra , Ra [, T ′ (x) = S(x).
On suppose
an xn est une série entière de somme S ;
P
i) que
an xn ;
P
ii) que Ra est le rayon de convergence de
iii) que Ra > 0.
On en déduit alors 13
a) que S est une fonction indéfiniment dérivable sur l’intervalle ouvert de convergence ] − Ra , Ra [ ;
P∞
b) que pour tout x ∈]−Ra , Ra [, tout entier naturel p S (p) (x) = n=p n(n−1) . . . (n−(p−1))an x
n−p
.
P∞ P∞ (n+p)!
On a aussi : S (p) (x) = n!
n=p (n−p)! an x
n−p
= n=0 n! an+p xn
On suppose
an xn est une série entière de somme S ;
P
i) que
an xn ;
P
ii) que Ra est le rayon de convergence de 14
iii) que Ra > 0.
S (p) (0)
On en déduit alors que pour tout p ∈ N, ap = p! .
Observation 19 – Dans le cas des séries entières, on peut retrouver une série à partir de sa somme.
180 Stéphane FLON
Corollaire (Obtention de la série entière à partir de sa somme lorsque R n’est pas nul)
On suppose
an xn est une série entière de somme S ;
P
i) que
bn xn est une série entière de somme T ;
P
ii) que
iii) que Ra > 0 et Rb > 0 ; 15
iv) que S(x) = T (x) au voisinage de 0 (ou même seulement sur un voisinage à droite (ou
à gauche) de 0).
On en déduit alors que pour tout n, an = bn .
Exemple 20 – Tout polynôme est une fonction d’une variable complexe développable en série entière.
1
Exemple 21 – La fonction f : z 7→ 1−z est la fonction d’une variable complexe développable en série entière
1
P∞
en 0. Pour tout nombre complexe z tel que |z| < 1 1−z = n=0 z n .
Exemple 22 – La fonction exponentielle : ∀ z ∈ C, exp(z) =
P∞ zn
n=0 n! est une fonction d’une variable
complexe développable en série entière.
Exemple 23 – Toute fonction d’une variable réelle développable en série entière est une fonction de classe
C ∞ au voisinage de 0.
181 Stéphane FLON
Exemple 24 – Toute fonction d’une variable réelle développable en série entière sur ] − r, r[ est une fonction
de classe C ∞ sur ] − r, r[.
Exemple 25 – f : x ∈ R 7→ 1+x 1
2 est une fonction d’une variable réelle développable en série entière sur
] − 1, 1[. Cet exemple montre qu’une fonction de classe C ∞ sur R qui admet un DSE n’est pas toujours somme
d’une série entière sur R tout entier.
Exemple 26 – La fonction t 7→ sin(t)t se prolonge par continuité en 0, en une fonction φ qui admet un DSE
∞
X t2n
φ(t) = (−1)n
n=0
(2n + 1)!
∞
Cette fonction φ est donc de classe C au voisinage de 0 (d’ailleurs, le rayon de convergence est infini).
La fonction φ est en fait de classe C ∞ sur R. En effet, on peut soit dire qu’elle l’est au voisinage de 0 (puisque
développable en série entière), et qu’elle l’est sur R∗+ et R∗− (par opérations algébriques), soit observer que φ est
développable en série entière en 0 sur R.
Autrement dit, la seule série entière susceptible de convernir est la série de Taylor de f . La formule de Taylor avec reste
intégral permet d’estimer la différence entre f et les sommes partielles de sa série de Taylor. L’unicité du DSE donne des
informations sur les coefficients de la série entière (penser au cas des fonctions paires ou impaires).
1 Développer en série entière au voisinage de 0 les fonctions suivantes. On précisera le rayon de convergence
de la série entière obtenue.
i x 7→ ln(1 + 2x2 ).
ii x 7→ x−a1
(où a ∈ C∗ ).
iii x 7→ ln(a + x) (où a > 0).
ex
2 Développer en série entière (au voisinage de 0) x 7→ 1−x .
3
i En appliquant la formule donnant le DSE de x 7→ (1 + x)α dans le cas où α = −1/2, vérifier que
∞
1 X (2n)!
∀ x ∈] − 1, 1[, √ = (−1)n xn
1 + x n=0 4n (n!)2
1
ii En déduire que x 7→ √1−x 2
est développable en série entière sur ] − 1, 1[, et donner son DSE.
Exercice de cours (exercice 43) –
∞
X (2n)!
arcsin(x) = n (n!)2
x2n+1
n=0
(2n + 1)4
Stratégie 48 – Pour montrer qu’une fonction est développable en série entière, utiliser la méthode de l’équa-
tion différentielle.
Proposition (Formule du binôme généralisée)
Soit α ∈ R.
On a :
i) f : x 7→ (1 + x)α est une fonction d’une variable réelle développable en série entière sur ] − 1, 1[ ;
P∞
ii) ∀ x ∈] − 1, 1[, (1 + x)α = n=0 α
n
n x .
18
On a utilisé la notation abusive (à rappeler en cas d’emploi) :
Qn−1
α(α − 1) . . . (α − (n − 1)) k=0 (α − k)
α
= =
n n! n!
On obtient ainsi une formule généralisant celle du binôme de Newton (C’est d’ailleurs en fait cette généralisation qui est la
véritable contribution de Newton).
On notera que pour ce DSE, certaines valeurs de α conduisent à un domaine de validité contenant strictement ] − 1, 1[.
Probabilités
1. Équipotence d’ensembles
Définition 1 (Équipotence)
▷ Exemple 2 – La relation d’équipotence (sur un ensemble dont les éléments sont eux-mêmes des ensembles)
est une relation d’équivalence.
▷ Exemple 3 – N et N∗ sont des ensembles équipotents.
▷ Exemple 4 – N et N \ A, où A est une partie finie de N, sont des ensembles équipotents.
▷ Exemple 5 – N et 2N sont des ensembles équipotents.
▷ Exemple 6 – N et Z sont des ensembles équipotents.
Exemple 7 – N et N × N sont des ensembles équipotents.
Exemple 8 – Soit X un ensemble. L’ensemble P(X) des parties de X et {0, 1}X (ensemble des fonctions de
X dans {0, 1}) sont équipotents.
2. Ensembles finis
Soit A un ensemble.
L’ensemble A est dit fini s’il est équipotent à [[1, n]] pour un certain entier naturel n. Dans un tel cas, cet entier
n est unique et appelé cardinal de A. On le note |A|, Card(A) ou #A. Un ensemble non fini est dit infini.
Reformulation 9 – Deux ensembles finis sont équipotents si et seulement si ils ont le même cardinal.
Soit A un ensemble.
On suppose
i) que A est un ensemble fini ;
ii) que C est une partie de A. 1
On en déduit alors
a) que C est un ensemble fini ;
b) que Card(C) ⩽ Card(A).
185
Proposition (Partie d’un ensemble fini avec égalité des cardinaux)
Soit A un ensemble.
On suppose
i) que A est un ensemble fini ;
ii) que C est une partie de A. 2
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) C = A.
b) Card(C) = Card(A).
▷ Étude de stabilité 10 – La notion d’ensemble fini est-elle stable par intersection quelconque ? Plus géné-
ralement, l’intersection d’une famille quelconque d’ensembles dont au moins un est fini est un ensemble
fini.
▷ Étude de stabilité 11 – La notion d’ensemble fini est-elle stable par union finie ?
▷ Étude de stabilité 12 – La notion d’ensemble fini est-elle stable par union quelconque ?
On en déduit alors
S
a) que i∈I Ai est un ensemble fini ;
S P
b) que Card( i∈I Ai ) = i∈I Card(Ai ).
On suppose
i) que A est un ensemble fini ;
ii) que C est une partie de A.
5
On en déduit alors
a) que A \ C est un ensemble fini ;
b) que Card(A \ C) = Card(A) − Card(C).
Soit A un ensemble.
On suppose que A est un ensemble fini.
On en déduit alors 8
a) que P(A) (ensemble des parties de A) est un ensemble fini ;
b) que Card(P(A)) = 2Card(A) .
p
Lorsque k ∈
/ [[0, p]], on peut convenir que k = 0.
Exemple 13 – Soit X un ensemble fini de cardinal n. L’ensemble des permutations de X (c’est-à-dire des
bijections de X sur lui-même) est fini, de cardinal n!.
Exercice de cours (exercice 1) –
1 Soit X un ensemble fini non vide de cardinal n ∈ N∗ . On note P (resp. I) l’ensemble des parties de X de
cardinal pair (resp. impair). Montrer que P et I sont équipotents, en explicitant une bijection de P sur I.
Exercice de cours (exercice 2) –
1 Soit X un ensemble fini non vide de cardinal n ∈ N∗ . On note P (resp. I) l’ensemble des parties de X de
cardinal pair (resp. impair). Montrer que P et I sont équipotents, en montrant que leurs cardinaux sont égaux.
Exercice de cours (exercice 3) –
1 On fixe un entier n ⩾ 1, et p ∈ [[1, n]]. Calculer : Card{(a1 , . . . , ap ) ∈ Np , a1 + · · · + ap = n}.
Exercice de cours (exercice 4) –
1 Soit p, n ∈ N, où p ⩽ n. En écrivant un certain ensemble comme une union disjointe, montrer que
Ç å n Ç å
n+1 X k
=
p+1 p
k=p
Formule du pion
On suppose
i) que f : A → B est une application entre ensembles finis ;
ii) que Card(A) = Card(B).
Les assertions suivantes sont alors équivalentes : 12
a) f est une application injective.
b) f est une application surjective.
c) f est une application bijective.
Information 14 – Soit A et B des ensembles finis, et soit f une application de A dans B. Si Card(A) <
Card(B), alors f n’est pas surjective.
Information 15 – Soit A et B des ensembles finis, et soit f une application de A dans B. Si Card(B) <
Card(A), alors f n’est pas injective.
3. Ensembles dénombrables
Soit A un ensemble.
L’ensemble A est dit dénombrable s’il est équipotent à N.
Un ensemble est dit au plus dénombrable s’il est fini ou dénombrable.
Proposition (Toute partie de l’ensemble des entiers naturels est au plus dénombrable)
Soit A un ensemble.
Les assertions suivantes sont équivalentes :
a) A est un ensemble dénombrable.
b) — il existe une injection de A dans N ;
— il existe une injection de N dans A. 14
Soit A un ensemble.
Les assertions suivantes sont équivalentes :
a) A est un ensemble au plus dénombrable.
b) il existe une injection de A dans N.
c) il existe une injection de A dans un ensemble dénombrable. 15
d) A est vide, ou il existe une surjection de N dans A.
e) A est vide, ou on peut écrire A en extension sous la forme {xn ; n ∈ N}.
f) A est vide, ou il existe une surjection d’un ensemble dénombrable dans A.
g) il existe une suite (xn ) à termes distincts deux à deux, telle que A ⊂ {xn , n ∈ N}.
▷ Étude de stabilité 20 – La notion d’ensemble dénombrable est-elle stable par produit cartésien ?
▷ Étude de stabilité 21 – La notion d’ensemble au plus dénombrable est-elle stable par produit cartésien ?
Exemple 22 – Q est un ensemble dénombrable.
On suppose
i) que Ω est l’ensemble des extractrices ;
ii) que P∞ (N) est l’ensemble des parties dénombrables de N. 17
∆ : Ω → P∞ (N)
On en déduit alors que l’application est une bijection..
φ 7→ φ(N)
Rédaction 28 – Pour les familles de réels positifs, le fait de trouver par calcul une somme finie vaut preuve
de sommabilité.
Exemple 29 – Toute famille finie de réels positifs est sommable.
Information 30 – Toute famille sommable de réels positifs est de support au plus dénombrable.
Reformulation
X 31 – (ui )i∈I est une famille sommable de réels positifs si et seulement si l’ensemble des
sommes ui , où F décrit l’ensemble des parties finies de I, est majoré.
i∈F P
P Reformulation 32 – Pour toute famille de réels positifs, (ui )i∈I , et toute permutation σ de I, i∈I ui =
i∈I uσ(i) . En particulier, (ui )i∈I est sommable si et seulement si (uσ(i) ) est sommable.
Soit (uiP
)i∈I une famille
P de réels positifs, J une partie de I.
On a : i∈J ui ⩽ i∈I ui .
22
En particulier, si (ui )i∈I est sommable, alors (ui )i∈J est sommable, et si (ui )i∈J n’est pas sommable, alors (ui )i∈I n’est pas
sommable.
Reformulation 33 – Soit I un ensemble dénombrable, et soit (Jn )n∈N est une suite croissante de parties finies
de I, dont la réunion est égale à I. Soit (uP
i )i∈I une famille de réels positifs. La famille de réels
Ppositifs(ui )i∈I ,
est sommable si et seulement si la suite i∈Jn ui n∈N
converge, si et seulement si la suite i∈Jn ui n∈N est
majorée.
Exemple 34 – Pour toute famille (up,q )(p,q)∈N2 de réels positifs indexée par N2 , on a
P
(p,q)∈N2 up,q =
P Pn
n∈N p=0 up,n−p .
On note ℓ (I, R) l’ensemble des familles sommables de nombres réels indexées par I.
1
▷ Reformulation 35 – (ui )i∈I est une famille sommable de nombres réels si et seulement si (u+
i )i∈I et
(u−
i )i∈I sont des familles sommables de réels positifs.
On note ℓ (I, C), ou plus simplement ℓ (I), l’ensemble des familles sommables de nombres complexes indexées
1 1
par I.
▷ Reformulation 36 – (ui )i∈I est une famille sommable de nombres complexes si et seulement si (Re(ui ))i∈I
et (Im(ui ))i∈I sont des familles sommables de nombres complexes.
▷ Reformulation 37 – (ui )i∈I est une famille sommable de nombres complexes si et seulement si (ui )i∈I
est une famille sommable de nombres complexes.
Étude de stabilité 38 – La notion de famille sommable de nombres complexes est-elle stable par sous-famille ?
Mise en garde 39 – La sommabilité est liée à la convergence absolue plutôt qu’à la convergence.
193 Stéphane FLON
Proposition (Permutation de l’ensemble des indices dans une famille sommable)
Le cas échéant, ∞
P P∞
n=0 un = n=0 uσ(n)
On suppose
i) que (ui )i∈I est une famille sommable de nombres complexes ;
28
ii) que ε > 0.
P P
On en déduit alors qu’il existe une partie finie F de I telle que i∈I ui − i∈F ui ⩽ ε.
P P
Information 40 – Toute famille sommable (ui )i∈I de nombres complexes vérifie : i∈I ui ⩽ i∈I |ui |.
On a :
i) ℓ1 (I) est un espace vectoriel ;
29
S : ℓ1 (I) → C
ii) P est une forme linéaire.
(ui )i∈I 7→ i∈I ui
Structure 41 – L’ensemble des familles sommables de nombres complexes indexées par I est muni d’une
structure d’espace vectoriel.
Mise en garde 42 – Dans le théorème de sommation par paquets dans le cas complexe, bien faire attention
à l’hypothèse de sommabilité.
Information 43 – Soit I un ensemble dénombrable, et soit (Jn )n∈N est une suite croissante de parties
P finies
de
I, dont la réunion est égale à I. Soit (ui )i∈I une famille sommable de nombres complexes. La suite u
i∈Jn i n∈N
P
converge alors vers i∈I ui .
194 Stéphane FLON
Proposition (Théorème de Fubini, cas complexe))
On suppose que (up,q )(p,q)∈N2 est une famille sommable de nombres complexes indexée par N2 .
P P∞ P∞ P∞
On en déduit alors que (p,q)∈N2 up,q = p=0 q=0 up,q = q=0 up,q . 31
On peut proposer une version plus générale de ce théorème pour une famille (ui,j )(i,j)∈I×J .
Mise en garde 44 – Dans le théorème de Fubini dans le cas complexe, bien faire attention à l’hypothèse de
sommabilité.
On suppose que (ai )i∈I et (bj )j∈J sont des familles sommables de nombres complexes.
On en déduit alors
a) que (ai bj )(i,j)∈I×J est une famille sommable de nombres complexes ;
P P P 32
b) que (i,j)∈I×J ai bj = i∈I ai j∈J bj .
Extension, sans rédaction de la démonstration, au produit d’un nombre fini de familles sommables.
Définition 9 (Produit de Cauchy de deux séries d’une algèbre normée de dimension finie)
Théorème (Produit de Cauchy de séries absolument convergentes dans une algèbre normée de dimension finie)
Définition 10 (Tribu)
Soit Ω un ensemble.
On appelle tribu sur l’ensemble Ω, toute partie A de P(Ω) telle que
(1) Ω ∈ A.
(2) A est stable par passage au complémentaire (dans Ω) : pour tout A ∈ A, A = Ω \ A ∈ A.
(3) A est stable par union dénombrable : si (An )n∈N est une suite d’éléments de A, alors l’union
S
An
n∈N
appartient à A.
Un couple (Ω, A), où A est une tribu sur Ω, est appelé espace probabilisable.
Ω est appelé univers. Les éléments de A sont appelés événements (ou parties mesurables, ou observables, de Ω).
Ω, vu en tant qu’événement, est appelé événement certain.
Si A est un événement, A est appelé événement contraire de A.
Soit (Ω, A) un espace probabilisable, A et B des événements, (Ai )i∈I une famille d’événements.
A et B sont dits incompatibles s’ils sont disjoints (i.e. A ∩ B = ∅). On dit que (Ai )i∈I une famille d’événements
incompatibles (deux à deux), si pour tous indices i et j distincts dans I, Ai et Aj sont incompatibles.
▷ Exemple 59 – Si Ω est au plus dénombrable, et muni de la tribu discrète, alors ({ω})ω∈Ω est un système
complet d’événements.
▷ Utilité 60 – Utilité de la notion de système complet d’événements.
Définition 14 (Probabilité)
Du point de vue probabiliste, les événements négligeables portent bien leur nom : on peut les confondre avec l’événement impossible ∅.
C’est pourquoi certains définissent l’incompatibilité de deux événements A et B comme le fait que P (A ∩ B) = 0 (i.e. l’événement A ∩ B
est négligeable).
De même, du point de vue probabiliste, il n’y a pas grande différence entre un événement presque sûr et l’événement certain Ω.
Information 64 – Dans un espace probabilisé, pour toute famille au plus dénombrable S (Ai )i∈I d’événements
deux à deux incompatibles, la famille (P (Ai ))i∈I est sommable, et supi∈I P (Ai ) = P i∈I i .
A
▷ Reformulation 65 – Un événement A est négligeable si et seulement si son contraire A est presque sûr.
▷ Reformulation 66 – Un événement A est presque sûr si et seulement si son contraire A est négligeable.
▷ Étude de stabilité 67 – La notion d’événement négligeable est-elle stable par sous-événement ?
▷ Étude de stabilité 68 – La notion d’événement presque sûr est-elle stable par sur-événement ?
Exercice de cours (exercice 36) –
1 Soit (An )n⩾1 une suite d’événements (deux à deux) incompatibles. Montrer que lim P (An ) = 0.
n→+∞
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
35
ii) que A1 , . . . , An sont des événements.
Sn Pn
On en déduit alors que P ( k=1 Ak ) ⩽ k=1 P (Ak ) .
Exercice de cours (exercice 33) – Montrer que si A, B et C sont trois événements équiprobables vérifiant
P (A ∩ B ∩ C) = 0, alors P (A) ⩽ 32 .
198 Stéphane FLON
Proposition (Continuité croissante)
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que (An )n⩾0 est une famille d’événements ;
iii) que (An ) est une suite croissante pour l’inclusion.
36
On en déduit alors
a) que (P (An ))n∈N est une suite numérique convergente ;
Å ã
S+∞
b) que P (An ) −→ P k=0 A k .
n→+∞
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que (An )n⩾0 est une famille d’événements ;
iii) que (An ) est une suite décroissante pour l’inclusion.
37
On en déduit alors
a) que (P (An ))n∈N est une suite numérique convergente ;
Å ã
T+∞
b) que P (An ) −→ P A
k=0 k .
n→+∞
1 Montrer directement le résultat de continuité décroissante (resp. de continuité croissante) lorsque (An )
est une suite d’événements négligeables (resp. presque sûrs).
2 En utilisant la continuité croissante, montrer qu’une union dénombrable d’événements négligeables est
négligeable.
Proposition (Sous-additivité)
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que (An )n⩾0 est une famille d’événements. 38
Å ã
S+∞ P+∞
On en déduit alors que P A
n=0 n ⩽ n=0 P (An ).
▷ Étude de stabilité 72 – La notion d’événement négligeable est-elle stable par union au plus dénombrable ?
▷ Étude de stabilité 73 – La notion d’événement presque sûr est-elle stable par intersection au plus dé-
nombrable ?
199 Stéphane FLON
Définition 17 (Système quasi-complet d’événements)
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que (Ai )i∈I est un système quasi-complet d’événements ;
iii) que B est un événement. 39
On en déduit alors
a) que (P (B ∩ Ai ))i∈I est une famille sommable ;
P
b) que P (B) = i∈I P (B ∩ Ai ).
▷ Conseil 74 – Il vaut mieux savoir retrouver les formules des probabilités totales plutôt que de les apprendre
par cœur.
8. Probabilités conditionnelles
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
40
ii) que B est un événement non négligeable.
On en déduit alors que PB est une probabilité sur (Ω, A).
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que (Ai )i∈I est un système quasi-complet d’événements ; 41
iii) que B est un événement.
P
On en déduit alors que P (B) = i∈I P (B|An )P (An ).
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que A1 , . . . , An sont des événements ; 42
iii) que A1 ∩ · · · ∩ An−1 est un événement non négligeable.
On en déduit alors que P (A1 ∩ · · · ∩ An ) = P (A1 )P (A2 |A1 )P (A3 |A1 ∩ A2 ) . . . P (An |A1 ∩ · · · ∩ An−1 ).
Exercice de cours (exercice 30) – On considère une urne contenant 4 boules blanches et 3 boules noires.
On tire une à une et sans remise 3 boules de l’urne. Indiquer la probabilité pour que la première boule tirée soit
blanche, la seconde blanche et la troisième noire.
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que A et B sont des événements non négligeables. 43
P (B|A)P (A)
On en déduit alors que P (A|B) = P (B) .
Cette formule d’ inversion est parfois appelée formule de probabilité des causes
Exercice de cours (exercice 31) – On compte dans une population 45% d’hommes et 55% de femmes. Un
homme sur trois porte des lunettes, et une femme sur cinq porte des lunettes. Indiquer la probabilité qu’une
personne portant des lunettes soit une femme.
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que (Ai )i∈I est un système quasi-complet d’événements ;
iii) que B est un événement non négligeable ; 44
iv) que j ∈ I.
P (B|Aj )P (Aj )
On en déduit alors que P (Aj |B) = P∞ .
i∈I P (B|Ai )P (Ai )
▷ Conseil 76 – Il vaut mieux savoir retrouver les formules de Bayes plutôt que de les apprendre par cœur.
201 Stéphane FLON
9. Indépendance d’événements
▷ Étude de stabilité 80 – La notion de famille d’événements mutuellement indépendants est-elle stable par
sous-famille ?
▷ Reformulation 81 – (A1 , A2 , A3 ) est une famille d’événements mutuellement indépendants si et seulement
si A1 , A2 , A3 sont deux à deux indépendants, et P (A1 ∩ A2 ∩ A3 ) = P (A1 )P (A2 )P (A3 ).
▷ Exemple 82 – Des événements mutuellement indépendants le sont aussi deux à deux.
▷ Mise en garde 83 – L’indépendance mutuelle de trois événements ou plus est bien plus forte que l’indé-
pendance deux à deux.
▷ Mise en garde 84 – L’indépendance mutuelle de trois événements ou plus ne se résume pas à dire que la
probabilité de l’intersection est égale au produit des probabilités.
▷ Mise en garde 85 – Dans la définition de l’indépendance mutuelle, seuls des produits finis interviennent.
▷ Mise en garde 86 – L’indépendance mutuelle d’événements est rarement bien comprise.
▷ Recul 87 – L’indépendance mutuelle est la bonne notion d’indépendance.
▷ Recul 88 – Notion d’indépendance de tribus.
Exercice de cours (exercice 37) –
1 On considère une urne contenant quatre boules : une rouge, une verte, une bleue et une tricolore
(bleue, verte, rouge). On tire une boule, on note Ω l’univers {bleue, verte, rouge, tricolore}, et on considère les
événements la boule tirée contient du rouge , la boule tirée contient du vert , et la boule tirée contient
du bleu notés respectivement R, V et B. Montrer que ces événements sont indépendants deux à deux mais
pas dans leur ensemble.
2 Exemple de Bernstein de (non) indépendance mutuelle
On lance n pièces équilibrées. Pour 1 ⩽ k ⩽ n, on note Ak l’événement : le k-ième lancer tombe sur pile .
On note An+1 l’événement : le nombre total de pile est pair .
Montrer que n quelconques des événements Ak , (où 1 ⩽ k ⩽ n + 1) sont mutuellement indépendants alors
que A1 , . . . , An+1 ne sont pas mutuellement indépendants.
202 Stéphane FLON
10. Variables aléatoires discrètes
Recul 90 – Une variable aléatoire est une fonction dont on veut pouvoir calculer avec quelle probabilité elle
prend un ensemble donné de valeurs.
Recul 91 – Tribu engendrée par une variable aléatoire discrète.
Stratégie 92 – Utiliser un système complet d’événements associé à une variable aléatoire discrète.
Une variable aléatoire (discrète) réelle est une variable aléatoire discrète à valeurs réelles
Dans le cas particulier où X est une v.a. réelle, pour tout réel x, nous noterons respectivement (X ⩾ x), (X ⩽ x), (X > x) et (X < x) les
événements
−1 −1 −1 −1
X ([x, +∞[), X (] − ∞, x]), X (]x, +∞[), X (] − ∞, x[)
c’est-à-dire
{ω ∈ Ω, X(ω) ⩾ x}, {ω ∈ Ω, X(ω) ⩽ x}, {ω ∈ Ω, X(ω) > x}, {ω ∈ Ω, X(ω) < x}.
▷ Reformulation 93 – Si A = P(Ω), alors X : Ω → E est une v.a.d. si et seulement si X(Ω) est fini ou
dénombrable.
▷ Reformulation 94 – Si A = {∅, Ω}, alors X : Ω → E est une v.a.d. si et seulement si X est constante.
def
Exemple 95 – On considère deux variables aléatoires X : Ω → E et Y : Ω → F . L’application Z = (X, Y )
de Ω dans E × F est une variable aléatoire.
Étude de stabilité 96 – La notion de variable aléatoire discrète est-elle stable par composition à gauche par
une application quelconque ?
203 Stéphane FLON
Recul 97 – La notion de variable aléatoire discrète bénéficie d’une stabilité puissante.
Étude de stabilité 98 – La notion de variable aléatoire discrète réelle est-elle stable par addition ?
Étude de stabilité 99 – La notion de variable aléatoire discrète réelle est-elle stable par multiplication par
un scalaire ?
Étude de stabilité 100 – La notion de variable aléatoire discrète réelle est-elle stable par multiplication ?
Exercice de cours (exercice 55) –
1 Soit (X1 , . . . , X42 ) une famille de variables aléatoires discrètes à valeurs dans N∗ . Pour tout ω dans Ω, on
pose
( n
)
X
Y (ω) = min n ∈ [[1, 42]], Xi (ω) ⩾ 42
i=1
N (ω)
X
S : ω ∈ Ω 7→ Xi (ω)
i=1
▷ Explication 105 – La donnée de la loi conjointe est une information beaucoup plus précise que celle des
deux lois marginales.
Reformulation 107 – (X, Y ) est un couple de variables aléatoires indépendantes si et seulement si pour tout
x ∈ X(Ω) tel que P (X = x) > 0, on a, pour tout y ∈ Y (Ω) : P (Y = y|X = x) = P (Y = y).
Explication 108 – L’indépendance de variables aléatoires signifie qu’une information sur l’une n’en donne
pas sur l’autre.
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, (Xi )i∈I une famille de variables aléatoires.
On dit que les variables aléatoires Xi , où i ∈ I, sont mutuellement indépendantes, ou que la famille (Xi )i∈I
est une famille de variables aléatoires mutuellement indépendantes, si pour toute famille (xi )i∈I où xi ∈ Xi (Ω)
pour tout i ∈ I, (Xi = xi )i∈I est une famille d’événements mutuellement indépendants.
Dans le cas où toutes ces variables aléatoires sont en outre de même loi, on dira que ce sont des variables
aléatoires indépendantes identiquement distribuées (abréviation v.a.i.i.d.).
Reformulation 109 – (Xi )i∈I est une famille de variables aléatoires mutuellement indépendantes si et
seulement
T Q partie finie F de I, toute famille (xi )i∈F telle que pour tout i ∈ F , xi ∈ Xi (Ω) :
si pour toute
P ( i∈F (Xi = xi )) = i∈F P (Xi = xi ).
Mise en garde 110 – L’indépendance deux à deux est une notion bien plus faible que l’indépendance mutuelle.
206 Stéphane FLON
Proposition (Variables mutuellement indépendantes)
▷ Étude de stabilité 111 – La notion de famille de variables aléatoires mutuellement indépendantes est-elle
stable par sous-famille ?
On suppose
i) que (X1 , . . . , Xn ) est une famille de variables aléatoires mutuellement indépendantes ;
ii) que f et g sont des fonctions telles que f (X1 , . . . , Xp ) et g(Xp+1 , . . . , Xn ) soient définies.
52
On en déduit alors que (f (X1 , . . . , Xp ), g(Xp+1 , . . . , Xn )) est un couple de variables aléatoires indé-
pendantes.
Ce résultat s’étend naturellement au cas de plus de deux coalitions.
Théorème d’existence d’une suite de v.a. indépendantes suivant des lois données
On suppose que Ln est une probabilité sur un ensemble au plus dénombrable En , muni de la tribu
discrète, pour tout n ∈ N.
On en déduit alors qu’il existe un espace probabilisé (Ω, A, P ), ainsi qu’une suite (Xn )n∈N de variables
aléatoires mutuellement indépendantes telle que pour tout n ∈ N, Xn aille de Ω dans En , et suive la
loi Ln .
53
Démonstration hors programme.
On modélise souvent une succession d’expériences aléatoires indépendantes par une suite (finie ou non) (Xi ) de variables
aléatoires indépendantes. De plus, ces variables aléatoires sont souvent identiquement distribuées, i.e. de même loi : c’est le
cas par exemple lorsqu’on réitère plusieurs fois la même expérience, comme lancer un dé ou tirer une boule rouge dans une
urne (avec remise).
Intuitivement, l’existence d’une telle suite de variables aléatoires mutuellement indépendantes suivant des lois fixées est claire.
Ce théorème assure la possibilité de mathématiser une telle suite d’expériences.
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X une variable aléatoire discrète, Ỹ = {y1 , . . . , yn } un ensemble fini de
cardinal n.
On dit que X suit la loi uniforme sur Ỹ si X(Ω) = Ỹ , et
1
∀ k ∈ [[1, n]], P (X = yk ) =
n
Cette loi est notée U(Y ).
Exemple 112 – La loi donnant le résultat du lancer d’un dé équilibré est une loi uniforme.
Exemple 113 – Pour tout événement A inclus dans Ω, l’indicatrice de A suit une loi de Bernoulli de paramètre
P (A) (égal à Card A
Card Ω dans le cas particulier où Ω est fini et la probabilité sur Ω uniforme).
Exemple 114 – Si X ,→ B(p), alors Y = 2X − 1 suit la loi dite de Rademacher de paramètre p, pour laquelle
P (Y = 1) = p et P (Y = −1) = 1 − p.
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X une variable aléatoire réelle, p ∈]0, 1[.
On dit que X suit la loi géométrique de paramètre p, ou que X est une variable géométrique de paramètre p,
notée G(p), si X est à valeurs dans N∗ et
∀k ∈ N∗ , P (X = k) = (1 − p)k−1 p.
Modélisation 119 – La loi de Poisson fournit une bonne modélisation du nombre d’événements rares.
Proposition (Somme de v.a.i suivant des lois de Poisson)
Définition 35 (Espérance)
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X : Ω → K une variable aléatoire discrète réelle ou complexe.
On dit que X est d’espérance finie, ou que X admet une espérance (finie) si la famille (xP (X = x))x∈X(Ω) est
sommable. Dans ce cas, la somme de cette famille est l’espérance de X, et est notée E(X) :
def X
E(X) = x P (X = x)
x∈X(Ω)
On note L (Ω, K) l’ensemble des variables aléatoires discrètes (définies sur l’univers Ω et à valeurs dans K)
1
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X : Ω → R+ ∪ {+∞} une variable aléatoire discrète positive.
On appelle espérance de X et on note E(X) la somme, dans [0, +∞], de la famille (xP (X = x))x∈X(Ω) .
On dit que X est d’espérance finie, ou que X admet une espérance (finie) si la famille (xP (X = x))x∈X(Ω) est
sommable, i.e. E(X) < +∞.
▷ Cohérence 120 – Dans le cas d’un univers fini, les deux notions d’espérance coı̈ncident.
▷ Observation 121 – L’espérance ne dépend que de la loi.
▷ Exemple 122 – Toute variable constante est d’espérance finie, égale à la valeur qu’elle prend.
▷ Exemple 123 – Toute variable aléatoire réelle ne prenant qu’un nombre fini de valeurs, est d’espérance
finie.
Exemple 124 – Si A ∈ A (où (Ω, A, P ) est un espace probabilisé), alors 1A est d’espérance finie, d’espérance
P (A).
Exemple 125 – Si la variable aléatoire X suit B(p), alors elle est d’espérance finie et E(X) = p.
Exemple 126 – Si la variable aléatoire X suit B(n, p), alors elle est d’espérance finie et E(X) = np.
Exemple 127 – Si la variable aléatoire X suit G(p), alors elle est d’espérance finie et E(X) = p1 .
Exemple 128 – Si la variable aléatoire X suit P(λ), alors elle est d’espérance finie et E(X) = λ.
Exercice de cours (exercice 67) –
1 Soit X une variable aléatoire à valeurs dans [[0, n]], telle qu’il existe a ∈ R vérifiant
Ç å
n
P (X = k) = a
k
2 Soit n ∈ N∗ et β ∈ R. Soit X une v.a. à valeurs dans {0, 1, ..., n} telle que :
Å ã
n β
∀k ∈ [[0, n]], P (X = k) = .
k k+1
Déterminer β, E(X).
210 Stéphane FLON
18. Le théorème de transfert et autres propriétés de l’espérance
Théorème de transfert
▷ Recul 129 – Le théorème de transfert est sans doute le principal résultat de ce chapitre.
▷ Rédaction 130 – Ne pas oublier l’hypothèse de sommabilité dans le théorème de transfert.
▷ Observation 131 – Dans la formule de transfert, la variable aléatoire n’est pas nécessairement à valeurs
réelles ou complexes.
Exercice de cours (exercice 68) –
Ä ä
1 1
1 Soit X une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur [[1, n]]. Montrer que E X(1+X) = n+1 .
1
2 Soit X une variable aléatoire de loi B(n, p). Calculer l’espérance de Y = X+1 .
Reformulation 132 – X est une variable aléatoire d’espérance finie si et seulement si |X| est une variable
aléatoire d’espérance finie.
Espérance et comparaison
Information 133 – Pour toute variable aléatoire discrète d’espérance finie, on a | E(X)| ⩽ E(|X|).
Exemple 134 – Toute variable aléatoire discrète réelle ou complexe bornée admet une espérance finie.
On suppose
i) que X et Y sont des variables aléatoires d’espérance finie ;
ii) que (X, Y ) est un couple de variables aléatoires indépendantes.
62
On en déduit alors
a) que XY est une variable aléatoire d’espérance finie ;
b) que E(XY ) = E(X) E(Y ).
Soit k un entier naturel, (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X une variable aléatoire discrète réelle.
Si X k admet une espérance finie, alors on appelle moment d’ordre k de X le réel E(X k ).
On note Lk (Ω, R) l’ensemble des variables aléatoires discrètes réelles sur Ω admettant un moment d’ordre k.
Reformulation 135 – Une variable aléatoire discrète réelle est d’espérance finie si et seulement si elle admet
un moment d’ordre 1.
Information 136 – Si X et Y sont des variables aléatoires réelles admettant un moment d’ordre 2, alors XY
admet une espérance.
Structure 137 – L’ensemble des variables aléatoires admettant un moment d’ordre 2 (définies sur Ω) est
muni d’une structure de sous-espace vectoriel de L1 (Ω, R).
Exercice de cours (exercice 74) –
1 Soit X une variable aléatoire ayant un moment d’ordre n ∈ N∗ . Montrer que X possède un moment
d’ordre k pour tout k ∈ N avec k ⩽ n.
212 Stéphane FLON
Information 138 – Si la variable aléatoire réelle X admet un moment d’ordre k, alors elle admet un moment
d’ordre p, pour tout p ∈ [[1, k]].
Définition 38 (Variance)
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X une variable aléatoire admettant un moment d’ordre 2.
On appelle variance de X et on note V(X) le réel positif
def
V(X) = E((X − E(X))2 )
On appelle écart type de X et on note σ(X) (ou σX ) le réel positif
def
»
σ(X) = V(X).
On dit que X est réduite si elle est de variance 1 (i.e. d’écart type 1).
▷ Explication 139 – La variance est une mesure de la dispersion d’une variable aléatoire.
▷ Observation 140 – Variance et espérance ne sont pas homogènes.
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que X est une variable aléatoire admettant un moment d’ordre 2 ;
iii) que a et b sont des nombres réels.
On en déduit alors 63
a) que (Formule de Koenig, ou de Koenig-Huygens) V(X) = E(X 2 ) − E(X)2 ;
b) que V(aX + b) = a2 V(X).
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X une variable aléatoire admettant un moment d’ordre 2.
On suppose que σ(X) > 0. La variable aléatoire X−E(X) σ(X) est alors appelée variable aléatoire centrée réduite
associée à X.
X−E(X)
La variable aléatoire σ(X)
est bien centrée et réduite.
Exemple 141 – Soit X une variable aléatoire suivant une loi uniforme sur [[1, n]] (n ∈ N∗ ). La variable X
2
admet alors une variance, et V (X) = n 12−1 .
Exemple 142 – Soit X une variable aléatoire suivant B(p). La variable X admet alors une variance, et
V (X) = p(1 − p).
Exemple 143 – Soit X une variable aléatoire suivant B(n, p). La variable X admet alors une variance, et
V (X) = np(1 − p).
Exemple 144 – Soit X une variable aléatoire suivant G(p). La variable X admet alors une variance, et
V (X) = 1−p
p2 .
Exemple 145 – Soit X une variable aléatoire suivant P(λ). La variable X admet alors une variance, et
V (X) = λ.
213 Stéphane FLON
Proposition (Inégalité de Cauchy-Schwarz probabiliste)
On suppose
i) que (Ω, A, P ) est un espace probabilisé ;
ii) que X et Y sont des variables aléatoires admettant un moment d’ordre 2.
64
On en déduit alors
a) que XY est une variable aléatoire d’espérance finie ;
b) que E(XY )2 ⩽ E(X 2 ) E(Y 2 ).
Définition 40 (Covariance)
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X et Y des variables aléatoires admettant un moment d’ordre 2.
On appelle covariance de X et Y et on note Cov(X, Y ) le scalaire
E((X − E(X))(Y − E(Y ))).
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X et Y des variables aléatoires admettant un moment d’ordre 2.
On suppose que σ(X) > 0 et σ(Y ) > 0. On appelle coefficient de corrélation de X et Y et on note ρ(X, Y ) le
réel
def Cov(X, Y )
ρ(X, Y ) =
σ(X)σ(Y )
1 Retrouver la variance d’une v.a. suivant une loi binomiale, en faisant le lien avec la loi de Bernoulli.
2 On lance deux dés équilibrés. Soit U1 et U2 les variables aléatoires correspondant aux résultats des lancers.
On pose X = min(U1 , U2 ) et Y = max(U1 , U2 ).
i Déterminer la loi et l’espérance de X.
ii Calculer X + Y en fonction de U1 et U2 . En déduire l’espérance de Y .
iii Calculer XY et en déduire Cov(X, Y ).
215 Stéphane FLON
20. Fonctions génératrices pour une v.a. à valeurs naturelles
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X une variable aléatoire discrète réelle à valeurs dans N.
On appelle fonction génératrice (ou série génératrice) de X et on note GX la fonction de variable réelle donnée
par :
+∞
def X
GX (t) = E(tX ) = P (X = n) tn .
n=0
On observe que GX est définie en 1, et que GX (1) = 1.
▷ Mise en garde 146 – Ne pas oublier la condition de convergence absolue liée à la notion de fonction
génératrice.
▷ Observation 147 – Premières considérations de régularité sur la fonction génératrice.
Observation 148 – La fonction génératrice caractérise la loi.
1 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant des lois de Poisson de para-
mètres λ et µ respectivement. Déterminer la loi de X + Y .
2 On considère deux v.a. X et Y indépendantes, suivant des lois binomiales de paramètres (n, p) et (m, p).
Indiquer la loi de X + Y .
216 Stéphane FLON
Proposition (Utilisation de la fonction génératrice dans le cas d’un RCV plus grand que 1)
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, X une variable aléatoire discrète réelle, k un entier naturel.
On suppose
i) que X(Ω) ⊂ N ;
P (X = n)tn est strictement plus grand que 1.
P
ii) que le rayon de convergence de
On en déduit alors 72
a) que X est une variable aléatoire admettant un moment d’ordre k ;
(k)
b) que E(X(X − 1) . . . (X − (k − 1))) = GX (1).
On peut observer que pour toutes les lois classiques, le rayon de convergence est strictement plus grand que 1 : on peut donc
appliquer cette proposition.
1 Retrouver l’espérance de v.a. suivant les lois de Bernoulli, binomiale, géométrique et de Poisson à l’aide
des fonctions génératrices.
2 Retrouver la variance de v.a. suivant les lois de Bernoulli, binomiale, géométrique et de Poisson à l’aide
des fonctions génératrices.
217 Stéphane FLON
21. Inégalités et résultats asymptotiques
1 Soit X une variable aléatoire réelle, et soit g : R+ → R+ strictement croissante, telle que g(|X|) admette
une espérance. Soit ε > 0. Montrer que P (|X| ⩾ ε) ⩽ E(g(|X|)
g(ε) .
2 (ENS Cachan Rennes MP 2015)Soit X une variable aléatoire à valeurs dans [−1, 1], centrée et de variance
σ 2 , avec σ > 0.
i Pour µ dans R+ et t ∈ R+ , justifier etµ P (X ⩾ µ) ⩽ E(etX ).
ii Montrer, si t ∈ [0, 1], E(etX ) ⩽ 1 + σ 2 t2 .
iii Montrer, pour λ dans [0, 2σ], P (X ⩾ λσ) ⩽ exp(−λ2 /4).
▷ Conseil 153 – Savoir refaire la preuve de la loi faible des grands nombres.
▷ Observation 154 – Pour la loi faible des grands nombres, l’indépendance deux à deux suffit.
Algèbre bilinéaire
1. Espaces préhilbertiens
Soit E un espace vectoriel réel, admettant une base canonique, (·|·) un produit scalaire sur E.
On dit que le produit scalaire (·|·) sur E est canonique, ou que E est muni de sa structure euclidienne canonique,
si la base canonique de E est orthonormée pour ce produit scalaire.
Nous verrons qu’il existe un unique produit scalaire canonique (sur un espace vectoriel réel admettant une base canonique).
Rn , Mn,p (R), Rn [X] et R[X] admettent une base canonique.
▷ Exemple 2 – Rn , Rn [X], Mn,p (R), munis de leurs produits scalaires canoniques respectifs, sont des
espaces euclidiens.
▷ Exemple 3 – ((u1 , . . . , un ), (v1 , . . . , vn )) ∈ (Rn )2 7→ i=1 ui vi est le produit scalaire canonique sur Rn .
Pn
Exemple 4 – L’application : (A, B) ∈ Mn,p (R)2 7→ tr (t A B) est le produit scalaire canonique sur Mn,p (R)
(où n, p ∈ N∗ ).
▷ Exemple 5 – ( k⩾0 ak X k , k⩾0 bk X k ) 7→ ( k⩾0 ak X k | k⩾0 bk X k ) = k⩾0 ak bk est le produit sca-
P P P P P
fonctions continues de carré intégrable P∞ sur I (I est un intervalle d’intérieur non vide).2
▷ Exemple 8 – (u, v) ∈ ℓ2 (N, R)2 7→ n=0 un vn P est un produit scalaire sur l’ensemble ℓ (N, R) des suites
réelles (un ) de carré sommable, i.e. telles que u2n converge.
▷ Exemple 9 – (P, Q) ∈ R[X] 7→ I P (t)Q(t)w(t)dt est un produit scalaire sur R[X], où w : I → R∗+ est
2
R
une fonction continue telle que pour tout n ∈ N, t 7→ tn w(t) soit intégrable sur I (I est un intervalle
d’intérieur non vide).
221
f (t)g(t)dt est un produit scalaire sur le R-espace vectoriel des applications
1
R 2π
▷ Exemple 10 – (f, g) 7→ 2π 0
f : R → R, continues et 2π-périodiques.
▷ Exemple 11 – (X, Y ) ∈ L2 (Ω, R) 7→ E(XY ) est une forme bilinéaire positive.
▷ Exemple 12 – (X, Y ) ∈ L2 (Ω, R) 7→ Cov(X, Y ) est une forme bilinéaire positive.
▷ Étude de stabilité 13 – La notion de produit scalaire est-elle stable par restriction à un sous-espace
vectoriel ?
▷ Étude de stabilité 14 – La notion de produit scalaire est-elle stable par multiplication par un réel
quelconque ?
▷ Étude de stabilité 15 – La notion de produit scalaire est-elle stable par multiplication par un réel
strictement positif ?
▷ Étude de stabilité 16 – La notion de produit scalaire sur E est-elle stable par addition ?
Information 17 – Pour toute norme ∥·∥ associée à un produit scalaire (·|·) sur un espace vectoriel réel E, on
a, pour tous vecteurs x et y de E :
2 2 2
∥αx + βy∥ = α2 ∥x∥ + 2αβ(x|y) + β 2 ∥y∥ .
Information 18 – Pour toute norme ∥·∥ associée à un produit scalaire (·|·) sur un espace vectoriel réel E, on
a, pour tous vecteurs x et y de E :
2 2 2 2
∥x + y∥ + ∥x − y∥ = 2(∥x∥ + ∥y∥ )
Observation 19 – Grâce aux formules de polarisation, il y a autant d’information dans la norme issue d’un
produit scalaire que dans le produit scalaire.
Exercice de cours (exercice 5) – Pour E = C 0 ([0, 1], R), muni du produit scalaire (f, g) 7→
R1
0
f g, montrer
que l’application φ : f 7→ f (0) n’est pas de la forme f 7→ (f |g) où g ∈ E.
2. Familles orthogonales
Exemple 20 – Le vecteur nul est le seul vecteur à être orthogonal à tout vecteur (de l’espace préhilbertien
considéré). Le vecteur nul est le seul vecteur à être orthogonal à lui-même.
Stratégie 21 – Pour montrer qu’un vecteur est nul dans un espace préhilbertien, montrer qu’il est orthogonal
à lui-même (ou à tout vecteur).
▷ Exemple 22 – Pour le produit scalaire canonique sur R[X], des polynômes respectivement pair et impair
sont orthogonaux.
▷ Exemple 23 – Pour le produit (f, g) 7→ −1 f (t)g(t)dt sur C 0 ([−1, 1], R), des fonctions respectivement
R1
1
RExemple 28 – On munit l’espace E des fonctions continues 2π-périodiques du produit scalaire (f, g) 7→
2π [0,2π]
f g.
On pose, pour tout n ∈ N : e2n : t 7→ cos(nt) et e2n+1 : t 7→ sin(nt).
(en )n∈N est alors une famille orthogonale de vecteurs de E.
Reformulation 29 – (ei )i∈I est une famille orthonormée si et seulement si ∀(i, j) ∈ I 2 , (ei |ej ) = δi,j .
Exemple 30 – Toute famille orthonormée est une famille libre.
▷ Étude de stabilité 31 – La notion de famille orthonormée est-elle stable par concaténation ?
▷ Étude de stabilité 32 – La notion de famille orthonormée est-elle stable par permutation ?
▷ Étude de stabilité 33 – La notion de famille orthonormée est-elle stable par multiplication d’un vecteur
par un scalaire ?
224 Stéphane FLON
▷ Étude de stabilité 34 – La notion de famille orthonormée est-elle stable par sous-famille ?
Reformulation 35 – (ei )i∈I est une base orthonormée de E euclidien de dimension n si et seulement si
(ei )i∈I est une famille orthonormée de E de cardinal n.
Reformulation 36 – (e1 , . . . , en ) est une base orthonormée de E euclidien de dimension n si et seulement si
tous les ei appartiennent à E et : ∀(i, j) ∈ [[1, n]], (ei |ej ) = δi,j .
▷ Étude de stabilité 37 – La notion de base orthonormée est-elle stable par concaténation ?
▷ Étude de stabilité 38 – La notion de base orthonormée est-elle stable par permutation ?
▷ Étude de stabilité 39 – La notion de base orthonormée est-elle stable par multiplication d’un vecteur
par un scalaire ?
Mise en garde 40 – La décomposition d’un vecteur dans une base se fait facilement en base orthonormée.
Cette formule (qui se retrouve de tête) n’est valable qu’en base orthonormée.
4. Projecteurs orthogonaux
Mise en garde 57 – Un sous-espace vectoriel F d’un espace préhilbertien E n’admet pas toujours de sup-
plémentaire orthogonal.
On suppose
i) que E est un espace euclidien ;
ii) que F et G sont des sous-espaces vectoriels de E.
On en déduit alors 14
⊥
a) que F ⊥ = F ;
⊥
b) que (F + G) = F ⊥ ∩ G⊥ ;
⊥
c) que (F ∩ G) = F ⊥ + G⊥ .
Définition 14 (Réflexion)
Définition 15 (Distance d’un vecteur à un sous-espace de dimension finie d’un espace préhilbertien)
Stratégie 61 – Les projecteurs orthogonaux sont les projecteurs qui réduisent la norme, ou encore les
projecteurs 1-lipschitziens.
Exercice de cours (exercice 1) –
1 Soit E un espace préhilbertien. Pour x1 , . . . , xp des vecteurs de E, on appelle matrice de Gram la
matrice de Mp (R) définie par (⟨xi , xj ⟩)i,j . On appelle déterminant de Gram des vecteurs x1 , . . . , xp , et on
note G(x1 , . . . , xp ), le déterminant de cette matrice.
i Montrer que G(x1 , . . . , xp ) est invariant par permutation de (x1 , . . . , xp ), par ajout à l’un des xi
d’une combinaison linéaire des autres vecteurs xj .
ii Démontrer que (x1 , . . . , xp ) est une famille libre si et seulement si G(x1 , . . . , xp ) ̸= 0.
iii On suppose désormais que (x1 , . . . , xp ) est une famille libre, et on note F = Vect(x1 , . . . , xp ). Soit
également x ∈ E. Démontrer que
G(x, x1 , . . . , xp )
d(x, F )2 =
G(x1 , . . . , xp )
Exercice de cours (exercice 9) –
1 Soit C = (c1 , . . . , cn ) une base orthonormée de E euclidien, F un sous-espace vectoriel de E dont B =
(e1 , . . . , ep ) est une base orthogonale.
On note (X1 , . . . , Xp ) ∈ Mn,p (R) la matrice de B dans C.
Montrer que la matrice P de pF dans C est donnée par
p
X Xi (t Xi )
P =
i=1
(t Xi )Xi
Indication – Utiliser la formule de projection orthogonale en base orthonormée, et s’inspirer de la preuve ma-
tricielle du fait que A2 = tr(A)A lorsque A est de rang 1.
2 Dans R3 euclidien canonique, on considère le plan H d’équation x + 2y + 3z = 0.
i Vérifier que ⃗n(1, 2, 3) est un vecteur normal non nul à H.
ii Donner les matrices dans la base canonique du projecteur orthogonal pH sur H et de la réflexion rH
par rapport à H.
3 (CCP MP 13) On munit R4 de sa structure euclidienne canonique. Soient u = (1, 1, 1, 0), v = (1, 0, 0, −1)
et H = Vect(u, v).
i Déterminer une base orthonormale de H.
ii Donner la matrice dans la base canonique de la projection orthogonale sur H.
229 Stéphane FLON
4 (CCP MP 13) On munit R4 de sa structure euclidienne canonique. Donner la matrice P dans la base
canonique de la projection orthogonale sur le plan P d’équations : x + 2y + z + 2t = 0, x − y + z − t = 0.
On suppose
i) que E est un espace euclidien ;
19
ii) que F de E est une famille orthonormée.
On en déduit alors qu’il existe une base othonormée de E dont F est une sous-famille.
5. Transposée
Définition 16 (Transposée)
Définition 17 (Adjoint)
Mise en garde 63 – C’est en base orthonormée que le lien entre adjoint et transposition se fait.
7. Isométries vectorielles
On suppose
i) que E est un espace euclidien ;
ii) que f est un endomorphisme de E.
26
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) f est une isométrie vectorielle.
b) f conserve le produit scalaire, i.e. : ∀(x, y) ∈ E 2 , (f (x)|f (y)) = (x|y).
Proposition (Caractérisation des isométries vectorielles par image d’une base orthonormée)
On suppose
i) que E est un espace euclidien ;
ii) que f est un endomorphisme de E ;
iii) que B = (e1 , . . . , en ) est une base orthonormée de E. 27
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) f est une isométrie vectorielle.
b) (f (e1 ), . . . , f (en )) est une base orthonormée de E.
Proposition (Stabilité de l’orthogonal d’un sous-espace stable par une isométrie vectorielle)
8. Matrices orthogonales
Soit n ∈ N∗ , M ∈ Mn (R).
On dit que M est orthogonale si l’endomorphisme de Rn qui lui est canoniquement associé est une isométrie
vectorielle (de Rn euclidien canonique).
Reformulation 83 – M ∈ Mn (R) est une matrice orthogonale si et seulement si les vecteurs colonnes de M
forment une base orthonormale de Rn euclidien canonique.
Reformulation 84 – M ∈ Mn (R) est une matrice orthogonale si et seulement si (M T )M = In .
Reformulation 85 – M ∈ Mn (R) est une matrice orthogonale si et seulement si M (M T ) = In .
Reformulation 86 – M ∈ Mn (R) est une matrice orthogonale si et seulement si M est inversible et son
inverse est égal à sa transposée.
Reformulation 87 – M est une matrice orthogonale si et seulement si M T est orthogonale.
Reformulation 88 – M ∈ Mn (R) est une matrice orthogonale si et seulement si les vecteurs lignes de M
forment une base orthonormale
Ñ de Rné
(euclidien canonique).
−2 2 1
▷ Exemple 89 – 31 2 1 2 est une matrice orthogonale.
−1 −2 2
Mise en garde 90 – C’est en base orthonormée que le lien entre endomorphisme orthogonal et matrice
orthogonale se fait.
Reformulation 91 – B est une base orthonormée de E si et seulement si (étant donné une base orthonormée
B0 de E) B est une base de E, et la matrice de passage PB0 → B de B0 à B est orthogonale.
Structure 92 – L’ensemble des matrices orthogonales de taille n est muni d’une structure de groupe.
Étude de stabilité 93 – La notion de matrice orthogonale est-elle stable par addition ?
Étude de stabilité 94 – La notion de matrice orthogonale est-elle stable par multiplication par un scalaire ?
233 Stéphane FLON
Définition 21 (Groupe orthogonal d’ordre n)
Soit n ∈ N∗ .
On appelle groupe orthogonal d’ordre n (ou d’indice n) et on note On (R) ou O(n) l’ensemble des matrices
orthogonales de Mn (R)
Soit n ∈ N∗ .
On appelle groupe spécial orthogonal d’ordre n (ou d’indice n) et on note SOn (R) ou SO(n) l’ensemble des
matrices orthogonales de Mn (R) de déterminant 1.
Information 98 – Si E est un espace euclidien orienté, et si B et B ′ en sont des bases orthonormées directes,
alors les applications detB et detB′ sont égales. Å ã Å ã
def cos (α) − sin (α) def cos (α) sin (α)
Exemple 99 – Pour tout réel α, on note R(α) = ∈ SO(2) et S(α) = ∈
sin (α) cos (α) sin (α) − cos (α)
O(2) .
On a :
i) O(2) = {R(α), α ∈ R} ∪ {S(α), α ∈ R} ; 30
ii) SO(2) = {R(α), α ∈ R}.
Exemple 100 – Le groupe spécial orthogonal d’indice 2 est un groupe commutatif. SO(2) est isomorphe à
U.
234 Stéphane FLON
Représentation matricielle en base orthonormée directe d’une rotation plane
On suppose
i) que E est un plan eulidien orienté ;
ii) que u est une rotation vectorielle de E. 31
On en déduit alors qu’il existe un réel α, uniquement défini modulo 2π, tel que, dans toute
base orthonormée directe B de E, on ait MB (u) = R(α).
Soit α ∈ R.
On suppose
i) que E est un plan euclidien orienté ;
ii) que B = (e1 , e2 ) est une base orthonormée de E ; 32
iii) que f est une isométrie vectorielle de E ;
iv) que MB (f ) = S(α).
On en déduit alors que f est la réflexion par rapport à la droite dirigée par cos(α/2)e1 + sin(α/2)e2 .
n
X n
X
ai,j ⩽ n ⩽ |ai,j | ⩽ n3/2 ,
i,j=1 i,j=1
2 (Mines PC 16) Soit U et V dans On (R). Donner une condition nécessaire et suffisante sur (U, V ) pour
que 61 U + 56 V soit dans On (R). Généraliser.
235 Stéphane FLON
9. Réduction des isométries vectorielles
Corollaire (Réduction d’une isométrie vectorielle directe d’un espace euclidien de dimension 3)
On suppose
i) que E est un espace euclidien orienté de dimension 3 ;
ii) que u est un isométrie directe de E.
On en déduit alors qu’il existe un réel θ et une base orthonormée directe de E dans laquelle
la matrice de u est Ñ é
cos(θ) − sin(θ) 0
sin(θ) cos(θ) 0
0 0 1
Dans le cas où E1 (u) est une droite vectorielle ∆ orientée par un vecteur unitaire w, la
droite E1 (u) est appelée axe de la rotation u (orienté par w). 35
De plus, θ est uniquement défini modulo 2π, et indépendant de la base orthonormée directe
de la forme (e1 , e2 , w) dans laquelle la matrice de u est réduite. Le réel θ est appelé mesure
d’angle de la rotation u d’axe ∆ orienté par w.
def
Si u est une isométrie (vectorielle) d’un espace euclidien orienté de dimension 3, la détermination de m =
dim(E1 (f )) donne des informations intéressantes sur u :
(1) si m = 3, alors u = Id E .
(2) si m = 2, alors u est une réflexion (et donc un automorphisme orthogonal négatif).
(3) si m = 1, alors u est une rotation.
(4) si m = 0, alors u est la composée commutative d’une réflexion et d’une rotation, donc un automor-
phisme orthogonal négatif.
Structure 101 – L’ensemble des endomorphismes autoadjoints est muni d’une structure d’espace vectoriel.
Étude de stabilité 102 – La notion d’endomorphisme autoadjoint est-elle stable par induction sur un sous-
espace stable ?
Étude de stabilité 103 – La notion d’endomorphisme autoadjoint est-elle stable par composition ? En fait,
la composée de deux endomorphismes autoadjoints est autoadjoint si et seulement si les deux endomorphismes
commutent.
Reformulation 104 – u est un endomorphisme autoadjoint de E si et seulement si u ∈ L(E) et, étant donnée
une base (e1 , . . . , en ) de E, on a (u(ei )|ej ) = (ei |u(ej )) pour tout (i, j) ∈ [[1, n]]2 .
Mise en garde 105 – C’est en base orthonormée que le lien entre endomorphisme autoadjoint et matrice
symétrique se fait.
Exemple 106 – Toute symétrie orthogonale est un endomorphisme autoadjoint.
Mise en garde 107 – Une symétrie vectorielle d’un espace euclidien n’est pas, en général, un endomorphisme
symétrique.
Exemple 108 – Tout projecteur orthogonal est un endomorphisme autoadjoint.
Mise en garde 109 – Tout projecteur orthogonal est un endomorphisme symétrique, mais ce n’est une
symétrie vectorielle que lorsqu’il est égal à l’identité.
Théorème spectral
Soit n ∈ N∗ , M ∈ Mn (K).
M est dite symétrique si M T = M
Information 114 – La relation d’orthosimilitude dans Mn (R) est une relation d’équivalence.
▷ Structure 115 – L’ensemble des matrices symétriques de taille n est muni d’une structure d’espace
vectoriel.
▷ Étude de stabilité 116 – La notion de matrice symétrique est-elle stable par transposition ?
▷ Étude de stabilité 117 – La notion de matrice symétrique inversible est-elle stable par inverse ?
Étude de stabilité 118 – La notion de matrice symétrique est-elle stable par produit ?
Étude de stabilité 119 – La notion de matrice symétrique est-elle stable par l’opération M 7→ AT M A, où
A ∈ Mn (K) ?
Étude de stabilité 120 – La notion de matrice symétrique est-elle stable par conjugaison matricielle ?
Étude de stabilité 121 – La notion de matrice symétrique est-elle stable par conjugaison par une matrice
orthogonale ?
Exemple 122 – Toute matrice diagonale est une matrice symétrique.
Reformulation 123 – M ∈ Mn (K) est une matrice symétrique si et seulement si M ∈ E1 (T ), où T désigne
l’opérateur de transposition dans Mn (K).
Exemple 124 – AT A est une matrice symétrique pour toute matrice A.
Exemple 125 – AT + A, pour toute matrice carrée A est une matrice symétrique.
Exemple 126 – La matrice d’un endomorphisme symétrique dans une base orthonormée est une matrice
symétrique.
On suppose
i) que M est une matrice symétrique ;
ii) que M est à coefficients réels. 42
On en déduit alors que M est orthosemblable à une matrice diagonale réelle, i.e. il existe P ∈ O(n)
et ∆ ∈ Mn (R) diagonale telles que
A = P −1 ∆P = P T ∆P .
Exemple 127 – Toute matrice symétrique réelle est diagonalisable, et même orthodiagonalisable.
Exemple
Å 128
ã–
1 i
— est une matrice symétrique ;
i −1
Å ã
1 i
— n’est pas une matrice diagonalisable.
i −1
Mise en garde 129 – La version matricielle du théorème spectral ne s’applique qu’aux matrices symétriques
réelles.
239 Stéphane FLON
Un encadrement pour un endomorphisme symétrique
Information 130 – Soit u un endomorphisme symétrique d’un espace euclidien E. L’image et le noyau de u
sont alors supplémentaires orthogonaux dans E.
On suppose
i) que E est un espace euclidien ;
ii) que p est un projecteur de E.
44
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) p est un projecteur orthogonal.
b) p est un endomorphisme autoadjoint.
On définit de même la notion d’endomorphisme symétrique (défini) positif d’un espace euclidien.
Reformulation 131 – M est une matrice symétrique définie positive si et seulement si M est une matrice
symétrique positive inversible.
▷ Étude de stabilité 132 – La notion de matrice symétrique positive est-elle stable par addition ?
▷ Étude de stabilité 133 – La notion de matrice symétrique positive est-elle stable par multiplication par
un réel ?
▷ Étude de stabilité 134 – La notion de matrice symétrique positive est-elle stable par multiplication par
un réel positif ou nul ?
▷ Étude de stabilité 135 – La notion de matrice symétrique définie positive est-elle stable par addition ?
▷ Étude de stabilité 136 – La notion de matrice symétrique définie positive est-elle stable par muliplication
par un réel ?
▷ Étude de stabilité 137 – La notion de matrice symétrique définie positive est-elle stable par muliplication
par un réel strictement positif ?
Exemple 138 – (< xi , xj >)1⩽i,j⩽n est une matrice symétrique positive pour toute famille (x1 , . . . , xn ) ∈ E n ,
où E est un espace préhilbertien.
Exemple 139 – t AA est une matrice symétrique positive pour tout A ∈ Mn (R).
Exemple 140 – t AA est une matrice symétrique définie positive pour tout A ∈ GLn (R).
Décomposition polaire
On suppose
i) que A est une matrice inversible ;
ii) que A ∈ Mn (R) est une matrice réelle.
On en déduit alors qu’il existe un unique couple (Ω, U ) ∈ O(n) × Sn++ (R) tel que A = ΩU . 48
Cette écriture de A ∈ GLn (R) comme produit d’une matrice orthogonale et d’une matrice symétrique définie
positive est appelée décomposition polaire de A. Elle admet une version dans GLn (C), qui étend la notation
exponentielle d’un nombre complexe non nul z (sous la forme eiθ ρ).
Exercice de cours (exercice 57) – Soit A = (ai,j )1⩽i,j⩽n ∈ Sn (R). On suppose qu’il existe i ∈ [[1, n]] tel que
ai,i > 0.
Montrer que A possède une valeur propre strictement positive.
Objectif 1 – Généraliser aux fonctions d’une variable réelle la notion de dérivée– en partant de la définition
avec le taux d’accroissement–, puis celle d’intégrale.
Cadre 2 – E, F , G désignent des evn de dimension finie sur K (où K est égal à R ou à C), I désigne un
intervalle d’intérieur non vide.
On appelle fonction vectorielle une fonction définie sur une partie A de R, et à valeurs dans un evn réel E (de
dimension finie).
A étant une partie de l’evn R, le cours sur les evn s’applique : on peut définir la continuité de f en un point a de A, mais aussi la continuité
de f sur A tout entier. On peut même définir C(A, E), et constater que c’est un sous-espace vectoriel de E A .
En pratique, A est un intervalle d’intérieur non vide I, et E = Kn (parfois, E = Mn,p (K)).
Interprétation 3 – Il est intéressant de voir les éléments de A comme indiquant des instants.
Observation 4 – La vraie particularité des fonctions vectorielles est d’être des fonctions d’une variable réelle.
En principe, fi dépend (évidemment de i, mais aussi) de B, et une notation moins ambiguë pourrait être fi,B par exemple.
243
2. Comparaison des fonctions vectorielles
1
Cette fonction taux d’accroissement est bien définie, car la division par t − t0 n’est que la multiplication par le réel t−t0 (lui-même bien
défini car t − t0 est un élément non nul du corps R).
On dit que f est dérivable en t0 si l’application τt0 (f ) admet une limite finie ℓ (élément de E) en t0 .
Si tel est le cas, ℓ est appelée dérivée de f en t0 , et notée f ′ (t0 ).
▷ Exemple 9 – Toute fonction vectorielle dérivable en t0 est une fonction vectorielle continue en t0 . Bien
évidemment, la réciproque est fausse : une fonction continue en un point n’y est pas toujours dérivable.
▷ Explication 10 – Puisque la dérivabilité peut se tester sur les fonctions coordonnées, le chapitre sur
les fonctions vectorielles est une extension facile du chapitre de première année sur la dérivation des
fonctions numériques.
▷ Exemple 11 – La fonction vectorielle t ∈ R 7→ (sin(t), et + 3t, t3 ) de R dans R3 est dérivable en tout réel
t0 , et f ′ (t0 ) = (cos(t0 ), et0 + 3, 3t20 ).
▷ Structure 12 – L’ensemble des fonctions vectorielles dérivables en t0 ∈ I, de I dans E, est muni d’une
structure d’espace vectoriel.
245 Stéphane FLON
Proposition (Dérivation et composition par une application linéaire)
On en déduit alors
a) que L ◦ f est une fonction vectorielle dérivable en t0 ;
b) que (L ◦ f )′ (t0 ) = L(f ′ (t0 )).
▷ Étude de stabilité 13 – La notion de fonction vectorielle dérivable en t0 est-elle stable par composition
à gauche par une application linéaire ?
▷ Exemple 14 – Si A : I → Mn (K) est une application dérivable en t0 , et B ∈ Mn (K), et si on note ψ la
fonction t 7→ tr(BA(t)), alors ψ est dérivable en t0 , et : ψ ′ (t0 ) = tr(BA′ (t0 )).
▷ Étude de stabilité 15 – La notion de fonction vectorielle dérivable en t0 est-elle stable par composition
à gauche par une application bilinéaire ? De plus, (B(f, g))′ (t0 ) = B(f ′ (t0 ), g(t0 )) + B(f (t0 ), g ′ (t0 ))
▷ Exemple 16 – On suppose A et B dérivables en t0 , à valeurs dans Mn (R). La fonction h : t 7→ A(t)B(t)
est alors dérivable en t0 , et h′ (t0 ) = A′ (t0 )B(t0 ) + A(t0 )B ′ (t0 ).
▷ Exemple 17 – On suppose f et g dérivables en t0 , à valeurs dans E euclidien. La fonction h : t 7→
(f (t)|g(t)) est alors dérivable en t0 , et h′ (t0 ) = (f ′ (t0 )|g(t0 )) + (f (t0 )|g ′ (t0 )).
▷ Exemple 18 – On suppose f et g dérivables en t0 , à valeurs dans K2 . Si on note det le déterminant dans
la base canonique de K2 , alors h : t 7→ det(f (t), g(t)) est dérivable en t0 , et h′ (t0 ) = det(f ′ (t0 ), g(t0 )) +
det(f (t0 ), g ′ (t0 )).
▷ Exemple 19 – On suppose λ et f dérivables en t0 , à valeurs dans K et Kn respectivement. h : t 7→ λ(t) f (t))
est dérivable en t0 , et h′ (t0 ) = λ′ (t0 ) f (t0 ) + λ(t0 ) f ′ (t0 ).
Exercice de cours (exercice 8) –
1 Soit f : I → E une application dérivable en t0 , à valeurs dans un espace euclidien E. On suppose que
l’image de f est incluse dans une sphère centrée en l’origine 0E . Montrer que le vecteur vitesse f ′ (t0 ) est
orthogonal au vecteur position f (t0 ).
Exercice de cours (exercice 5) –
1 Donner une formule pour (M (f1 , . . . , fn ))′ (t0 ), où f1 , . . . , fn sont dérivables en t0 , et où M est n-linéaire.
246 Stéphane FLON
2 Pour tout (n, x) ∈ N∗ × R, on pose :
x 1 0
x2
2! x 1
x3 x2 ..
∆n (x) = 3! 2! x .
.. .. ..
. . . 1
n
x x2
n! ... ... 2! x
Calculer ∆n (x).
5. Dérivabilité globale
Structure 20 – L’ensemble des fonctions vectorielles dérivables de I dans E, sur I est muni d’une structure
de K-espace vectoriel.
Étude de stabilité 21 – La notion de fonction vectorielle dérivable sur I est-elle stable par composition à
gauche par une application linéaire ? De plus, (L ◦ f )′ = L ◦ (f ′ )
Étude de stabilité 22 – La notion de fonction vectorielle dérivable sur I est-elle stable par composition à
gauche par une application bilinéaire ? De plus, (B(f, g))′ = B(f ′ , g) + B(f, g ′ )
247 Stéphane FLON
6. Dérivées successives
▷ Structure 23 – L’ensemble des fonctions vectorielles k fois dérivables de I dans E est muni d’une
structure d’espace vectoriel.
248 Stéphane FLON
Proposition (Composée d’une application linéaire et d’une fonction k fois dérivable)
On suppose
i) que f : I → E est une fonction vectorielle ;
ii) que L : E → F est une application linéaire ;
iii) que f est une fonction vectorielle k fois dérivable sur I.
7
On en déduit alors
a) que L ◦ f est une fonction vectorielle k fois dérivable sur I ;
b) que (L ◦ f )(k) = L ◦ (f (k) ) ;
c) que si f est en outre de classe C k , alors L ◦ f est de classe C k .
On suppose
i) que f : I → E et g : I → F sont des fonctions vectorielles ;
ii) que B : E × F → G est une application bilinéaire ;
iii) que f et g sont des fonctions vectorielles k fois dérivables sur I.
8
On en déduit alors
a) que B(f, g) est une fonction vectorielle k fois dérivable sur I ;
Pk
b) que (B(f, g))(k) = i=0 ki B(f (i) , g (k−i) ) ;
Exemple 24 – La formule de Leibniz vectorielle s’applique notamment au cas de λf , où λ : I → K est une
fonction numérique k fois dérivable.
▷ Structure 25 – L’ensemble des fonctions vectorielles k fois continûment dérivables de I dans E est muni
d’une structure de K-espace vectoriel.
▷ Étude de stabilité 26 – La notion de fonction vectorielle k fois continûment dérivable est-elle stable par
composition à gauche par une application linéaire ? De plus, (L ◦ f )(k) = L ◦ (f (k) )
▷ Étude de stabilité 27 – La notion de fonction vectorielle k fois continûment dérivable est-elle stable par
Pk
composition à gauche par une application bilinéaire ? De plus, (B(f, g))(k) = i=0 ki B(f (i) , g (k−i) )
▷ Étude de stabilité 28 – La notion de fonction vectorielle k fois continûment dérivable est-elle stable par
composition à droite par une fonction numérique de classe C k ? Cependant, on ne donne pas de formule
générale pour (f ◦ φ)(k) .
249 Stéphane FLON
7. Arcs paramétrés
Soit k ∈ N∗ ∪ {∞}.
On appelle arc paramétré dans Rn de classe C k toute fonction vectorielle f de classe C k à valeurs dans Rn .
On appelle support de l’arc f l’image f (I) de f .
Un arc paramétré est essentiellement une fonction vectorielle (suffisamment régulière), mais dont on voit les valeurs plus comme des points
que des vecteurs. On note d’ailleurs souvent M (t) le point mobile à l’instant t pour un arc donné.
Structure 31 – L’ensemble des fonctions vectorielles continues par morceaux est muni d’une structure
d’espace vectoriel.
Définition 15 (Intégrale d’une fonction vectorielle continue par morceaux sur un segment)
Soit f : I → E une fonction vectorielle de fonctions composantes f1 , . . . , fn dans une base B = (e1 , . . . , en ) de
E, [a, b] un segment inclus dans I.
R Rb Rb
On appelle intégrale de f sur [a, b] et on note [a,b] f ou a f ou a f (t)dt le vecteur
Z n ÇZ b å
def X
f = fi (t)dt ei
[a,b] i=1 a
Soit α, β, γ ∈ I.
On suppose que f : I → E est une fonction vectorielle continue par morceaux. 11
Rγ Rβ Rγ
On en déduit alors que α f (t)dt = α f (t)dt + β f (t)dt.
Soit a, b ∈ I, où a ⩽ b.
On suppose que f : I → E est une fonction vectorielle continue par morceaux. 12
Rb
On en déduit alors que (Sn,g (f )) et (Sn,d (f )) sont des suites convergentes vers a f .
On suppose que f : [a, b] → E est une fonction vectorielle continue par morceaux.
On en déduit alors que
R R
f ⩽ [a,b] ∥f ∥. 13
[a,b]
On suppose
i) que f : [a, b] → E est une fonction vectorielle continûment dérivable ;
15
ii) que M est un majorant de ∥f ′ ∥.
On en déduit alors que ∥f (b) − f (a)∥ ⩽ M (b − a).
Information 32 – Soit f :]a, b] → E une fonction vectorielle de classe C 1 , telle que f et f ′ admettent des
limites finies en a. La fonction f se prolonge alors en une fonction de classe C 1 sur [a, b].
Soit a, b ∈ I.
On suppose
i) que f : I → E et g : I → F sont des fonctions vectorielles continûment dérivables ; 16
ii) que B : E × F → G est une application bilinéaire.
Rb b Rb
On en déduit alors que a B(f ′ (t), g(t))dt = [B(f (t), g(t))]a − a B(f (t), g ′ (t))dt.
Soit a, b ∈ J.
On suppose
i) que f : I → E est une fonction vectorielle continue ;
17
ii) que φ : J → I est une fonction continûment dérivable.
Rb R φ(b)
On en déduit alors que a φ′ (t)f (φ(t))dt = φ(a) f (u)du.
Soit a, b ∈ J.
On suppose
i) que f : I → E est une fonction vectorielle continue ;
18
ii) que L : E → F est une application linéaire.
ÄR b ä R b
On en déduit alors que L a f = a (L ◦ f ).
Soit a, b ∈ I.
On suppose que f ∈ C n+1 (I, E). 19
Pn (b−a)k (k) Rb(b−t)n (n+1)
On en déduit alors que f (b) = k=0 k! f (a) + a n! f (t)dt.
On suppose
i) que f ∈ C n (I, E) ;
ii) que f (n) est une fonction majorée par M . 20
k
Pn−1 |b−a|n
On en déduit alors que f (b) − k=0 (b−a)
k! f
(k)
(a) ⩽ n! M .
Extension 33 – Les théorèmes sur les suites et séries de fonctions s’étendent aux fonctions vectorielles.
9. Retour sur les fonctions d’une variable réelle à valeurs réelles ou complexes
Soit I un intervalle.
On suppose
i) que f : I → R est une fonction réelle d’une variable réelle ;
22
ii) que f est une fonction numérique continue ;
iii) que f est une fonction injective.
On en déduit alors que f est une fonction strictement monotone.
Soit I un intervalle.
On suppose
i) que f : I → R est une fonction réelle d’une variable réelle ;
ii) que f est une fonction numérique dérivable. 23
On en déduit alors que f ′ (I) est un intervalle.
De façon imagée, une fonction dérivée vérifie la propriété des valeurs intermédiaires
Rolle à l’infini
On suppose
i) que f : R → R est une fonction numérique ;
ii) que f est une fonction dérivable ; 25
iii) que f admet une même limite finie en +∞ et en −∞.
On en déduit alors qu’il existe un réel c en lequel f ′ s’annule.
Rolle itéré 1
Rolle itéré 3
Objectif 1 – Dans ce chapitre, on ne s’intéressera qu’aux équations différentielles dites linéaires, et nous ne
parviendrons pas systématiquement à les résoudre explicitement.
Cadre 2 – Sauf mention contraire, I désigne un intervalle (d’intérieur non vide), K est égal à R ou C, E est
un K-espace vectoriel de dimension finie, b est une fonction de I dans E, a est une fonction de I dans L(E).
Exemple 4 –
′
x = tx + y + t2 z − 3t2
y′ = x − 2ty + 3(1 + t3 )z + t
′
z = x + 4ty + 9 sin(t)z − cos(t2 )
est un système différentiel linéaire d’ordre 1 à trois équations et trois inconnues x, y, z (fonctions dérivables
Ñ éde
x
R dans R). On peut préférer considérer ce système différentiel comme d’inconnue le triplet (x, y, z) (ou y ),
z
fonction dérivable de R dans R3 .
Pour tout t ∈ R, on a, avec les notations du cours :
t2 −3t2
Ñ é Ñ é
t 1
A(t) = 1 −2t 3(1 + t3 ) et B(t) = t
1 4t 9 sin(t) − cos(t2 )
Pour (i, j) ∈ [[1, 3]]2 , l’application t 7→ [A(t)]i,j n’est pas, en général, linéaire (sauf si (i, j) ∈ {(1, 1), (2, 2), (3, 2)}
sur cet exemple).
En revenant à E, l’application t 7→ A(t) n’est pas, en général, linéaire.
258 Stéphane FLON
Définition 4 (Problème de Cauchy pour une EDL vectorielle d’ordre 1)
Exemple 5 – Les problèmes de Cauchy pour les EDL scalaires d’ordre 1 vus en première année rentrent
dans ce cadre. Par exemple, le problème de Cauchy
y′
ß
= ty + t
y(0) = 0
2
admet pour unique solution la fonction t 7→ −1 + et /2 .
Information 6 – La fonction x est solution du problème de Cauchy C si et seulement si x est de classe C 1 ,
et, pour tout t ∈ I :
Z t
x(t) = x0 + (a(s)(x(s)) + b(s))ds
t0
Ç Z t
å
ψ : x 7→ t 7→ x0 + (a(s)(x(s)) + b(s))ds
t0
On a : le problème de Cauchy
x′
ß
= a(t)(x) + b(t)
C: 5
x(t0 ) = x0
admet une unique solution sur I.
Recul 12 – Le théorème de Cauchy est un résultat non constructif (il ne nous fournit pas de solution
explicite), mais il permet de trouver des propriétés qualitatives des solutions d’une équation différentielle.
Soit A : I → Mp (K) continue, H : X ′ = A(t)X un système différentiel linéaire d’ordre un homogène, (f1 , . . . , fp )
une famille de solutions de H.
On appelle wronskien de (f1 , . . . , fp ) l’application
W : t ∈ I 7→ det ((f1 (t)| . . . |fp (t)))
où (f1 (t)| . . . |fp (t)) désigne la matrice carrée de taille p dont les colonnes sont f1 (t), . . ., fp (t).
On suppose
i) que A : I → Mp (K) est une fonction continue ;
ii) que X ′ = A(t)X est un système différentiel linéaire d’ordre un homogène ;
iii) que t0 ∈ I ;
iv) que f1 , . . . , fp sont des solutions de X ′ = A(t)X ;
v) que W est le wronskien associé à (f1 , . . . , fp ). 8
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) (f1 , . . . , fp ) est un système fondamental de solutions de H.
b) W (t0 ) ̸= 0.
Soit a ∈ L(E).
On a : l’application φa : t ∈ R 7→ exp(ta) est dérivable sur R, et, pour tout réel t :
φ′a (t) = aφa (t) = φa (t)a = a exp(ta) = exp(ta)a . 11
0 1 0 ··· 0
.. .. ..
. 0 1 . .
..
1 Calculer exp(A), où A = . .. ..
. . 0
. ..
..
. 1
0 ··· ··· ··· 0
Ö è
1 ··· 1
2 Calculer exp(A), où A = .. ..
. .
1 ··· 1
Å ã
a −b
3 Calculer exp(A), où A =
b a
Å ã
a c
4 Calculer exp(A), où A =
0 b
Ñ é
1 2 3
5 Calculer exp(A), où A = 0 0 4
0 0 1
6 Soit A ∈ Mn (C).
i On suppose que A2 = A3 . Exprimer exp(A) en fonction de In , A et A2 .
ii On suppose que A4 + A3 − 2A2 = 0. Exprimer exp(A) en fonction de In , A, A2 et A3 .
7 Soient E un C-espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L(E) tel que u3 − 2u2 + u = 0. Exprimer exp(u)
en fonction de u.
262 Stéphane FLON
4. Systèmes différentiels linéaires à coefficients constants
Soit a ∈ L(E), x0 ∈ E.
On a : l’unique solution du problème de Cauchy homogène
12
x′ = a (x) , x(t0 ) = x0
est la fonction f0 : t 7→ exp((t − t0 )a)(x0 ) .
Soit a ∈ L(E).
On a : l’unique solution de
x′
ß
= a(x) + b(t) 14
C:
x(t0 ) = x0
Rt
est la fonction t 7→ e(t−t0 )a (x0 ) + t0
e(t−s)a (b(s))ds .
On suppose
i) que A ∈ Mp (K) ;
ii) que λ ∈ K ;
iii) que V ∈ Kp \ {0}. 15
Les assertions suivantes sont alors équivalentes :
a) f : t 7→ eλt V est solution de X ′ = AX.
b) V est un vecteur propre de A associé à la valeur propre λ.
Mise en garde 13 – La réduction de la matrice d’un système différentiel linéaire d’ordre un n’a a priori
d’intérêt que si cette matrice est constante.
263 Stéphane FLON
Corollaire (Solutions d’un SDL homogène à coefficients constants, cas diagonalisable)
On suppose
i) que A ∈ Mp (K) est une matrice diagonalisable ;
ii) que (V1 , . . . , Vp ) est une base de vecteurs propres de A, chaque Vi étant associé à la
16
valeur propre λi .
On en déduit alors que (f1 , . . . , fp ) est un système fondamental de solutions de X ′ = AX,
où fi : t ∈ R 7→ eλi t Vi .
x′1 (t)
ß
= x1 (t) + 2x2 (t)
x′2 (t) = −4x1 (t) − 3x2 (t).
x′ = −x − 4y
ß
1 Résoudre le système différentiel .
y ′ = x + 3y
Exercice de cours (exercice 4) –
Soit a0 , . . . , an : I → K des fonctions continues, Hn l’équation différentielle an (t)y (n) + an−1 (t)y (n−1) + · · · +
a0 (t)y = 0, (f1 , . . . , fn ) une famille de solutions de Hn .
On appelle wronskien de (f1 , . . . , fn ) l’application
(i)
W : t ∈ I 7→ det(fj (t))(i,j)∈[[0,n−1]]×[[1,n]]
f1 f2
On utilisera surtout le wronskien dans le cas d’une EDL homogène scalaire d’ordre 2 : il vaut alors
f1′ f2′
def def
Exemple 14 – (f1 , f2 ), où f1 = cos et f2 = sin est le système fondamental de solutions de y ′′ + y = 0. Le
wronskien à l’instant t ∈ R est le déterminant de la matrice
Å ã
def cos(t) sin(t)
W m(t) = ,
− sin(t) cos(t)
c’est-à-dire 1. D’ailleurs, on peut remarquer plus précisément que W m(t) est une matrice orthogonale positive.
On a donc notamment W m(t)−1 = W m(t)T .
Soit a0 , . . . , an−1 ∈ K, b : I → K une fonction continue, E : y (n) + an−1 y (n−1) + · · · + a1 y ′ + a0 y = b(t) une
équation différentielle scalaire d’ordre n à coefficients constants.
Le polynôme caractéristique associé à E est le polynôme P = X n + an−1 X n−1 + · · · + a1 X + a0 .
L’équation caractéristique associée à E est l’équation P (λ) = 0, d’inconnue λ ∈ K
Mise en garde 15 – La notion de polynôme caractéristique d’une équation différentielle linéaire scalaire n’a
de sens que si cette équation est à coefficients constants.
266 Stéphane FLON
Proposition (Résolution dans le cas où le polynôme caractéristique est scindé simple)
Soit a0 , . . . , an−1 ∈ K.
On suppose
i) que H : y (n) + an−1 y (n−1) + · · · + a1 y ′ + a0 y = 0 est une équation différentielle scalaire homogène
d’ordre n à coefficients constants ;
ii) que P est le polynôme caractéristique de H ; 21
Soit a0 , a1 ∈ K.
On suppose
i) que H2 : y ′′ + a1 y ′ + a0 y = 0 ; 22
ii) que X 2 + a1 X + a0 admet deux racines distinctes r1 et r2 .
On en déduit alors que (t 7→ er1 t , t 7→ er2 t ) est un système fondamental de solutions de H2 .
Soit a0 , a1 ∈ K.
On suppose
i) que H2 : y ′′ + a1 y ′ + a0 y = 0 ; 23
ii) que X 2 + a1 X + a0 admet une unique racine r.
On en déduit alors que (t 7→ ert , t 7→ t ert ) est un système fondamental de solutions de H2 .
E2 : y ′′ + a1 y ′ + a0 y = P (t)eλ t
Conseil 16 – Retenir le principe de la méthode de variation des constantes plutôt que les formules associées.
Exercice de cours (exercice 33) –
1 Résoudre y ′ − 1+x
x 1
2 y = 1+x2 +
√ 3
1+x2
Exercice de cours (exercice 34) –
1 Résoudre sur R :
i xy ′ + y = 0.
ii xy ′ − y = 0.
iii x2 y ′ + y = 0.
iv xy ′ − 2y = 0.
Mise en garde 17 – Quand il y a un problème de raccord, on peut perdre l’existence ou l’unicité d’une
solution à un problème de Cauchy.
On suppose
i) que a, b ∈ K ;
ii) que H : y ′′ + a y ′ + b y = 0 est une équation différentielle linéaire scalaire d’ordre deux homogène
à coefficients constants.
On en déduit alors
a) que si X 2 + aX + b admet deux racines distinctes r1 et r2 dans K, alors SH = {t 7→ λ er1 t +
25
µ er2 t , (λ, µ) ∈ K2 } ;
b) que si X 2 + aX + b admet une unique racine r dans K, alors SH = {t 7→ (λ t + µ)ert , (λ, µ) ∈ K2 } ;
c) que si K = R et si X 2 + aX + b admet deux racines distinctes complexes (conjuguées) α ± i β,
alors SH = {t 7→ (λ cos(β t) + µ sin(β t))eα t , (λ, µ) ∈ R2 } ;
d) que pour tout (t0 , y0 , y0′ ) ∈ I × K × K, E admet une unique solution y telle que y(t0 ) = y0 et
y ′ (t0 ) = y0′ .
Proposition (Variation des constantes pour les EDL scalaires résolues d’ordre 2)
Calcul différentiel
Objectif 1 – L’objectif de ce chapitre consiste à adapter la notion de dérivée aux fonctions de plusieurs
variables, face à l’absence de notion de taux d’accroissement.
Cadre 2 – Par souci de simplification, on se limite (sauf exception) à l’étude de fonctions définies sur un
ouvert d’un evn réel de dimension finie.
Cadre 3 – On étend les notations de Landau aux fonctions d’un EVN de dimension finie dans un autre.
Cadre 4 – Par défaut, les evn considérés sont réels et de dimension finie, E, F, G, H sont de tels espaces, les
fonctions considérées sont définies sur un ouvert U de E, et à valeurs dans F . De plus, (e1 , . . . , ep ) est une base
fixée de E.
Recul 5 – Quitte à fixer une base de F , on peut se ramener à l’étude des fonctions de E dans R. En revanche,
l’étude des fonctions de plusieurs variables réelles ne se ramène pas à l’étude de plusieurs fonctions d’une variable
réelle.
Soit U un ouvert de E, B = (e1 , . . . , ep ) une base de E, a ∈ U , i ∈ [[1, p]], f : U → F une fonction de plusieurs
variables.
On dit que f admet une dérivée partielle d’ordre 1 selon la i-ème variable en a (relativement à la base B) si f
admet une dérivée selon le vecteur ei en a.
∂f
Dans ce cas, on appelle dérivée partielle (d’ordre 1) de f selon la i-ème variable en a et on note ∂i f (a) ou ∂x i
(a)
le vecteur Dei f (a).
Si f admet une dérivée partielle d’ordre 1 selon la i-ème variable en tout point a de U , on peut définir l’application
∂f
dérivée partielle (d’ordre un, ou première) de f selon la i-ème variable, notée ∂x i
ou ∂i f .
En pratique, on fixe une base de E une fois pour toutes, d’où les notations ne faisant référence qu’à l’indice du vecteur. Le plus souvent, E
admet même une base canonique, et on se place dans cette dernière base.
Exercice de cours (exercice 1) – Pour étudier la régularité en l’origine, on pourra éventuellement passer
en coordonnées polaires, surtout si le terme x2 + y 2 apparaı̂t. Pour une étude de continuité en un autre point,
on peut, par translation de la variable, se ramener au cas de l’origine.
2
1 Montrer que la fonction f définie par f (x, y) = x2x+y y
2 si (x, y) ̸= (0, 0) et f (0, 0) = 0 est continue à
2 2
i Montrer que la fonction k définie par k(x, y) = x2xy +y 4 si (x, y) ∈ R \ {(0, 0)} et k(0, 0) = 0 n’est pas
2
Cela résulte d’une formule plus générale sur la dérivée selon un vecteur
▷ Structure 8 – L’ensemble des fonctions de plusieurs variables admettant une dérivée partielle selon la
i-ième variable, en a, de U dans F est muni d’une structure de R-espace vectoriel.
▷ Structure 9 – L’ensemble des fonctions de plusieurs variables admettant une dérivée selon un vecteur
v, en a, de U dans F est muni d’une structure de R-espace vectoriel.
On peut généraliser dans deux sens : en élargissant les fonctions considérées à B(f, g) où B est bilinéaire (et même à
M (f1 , . . . , fn ) où M est n-linéaire), et aussi dériver selon un vecteur v.
▷ Structure 10 – L’ensemble des fonctions de plusieurs variables admettant une dérivée partielle selon la
i-ième variable, en a, de U dans R est muni d’une structure de R-algèbre.
272 Stéphane FLON
Proposition (Composition et dérivées partielles)
▷ Étude de stabilité 11 – La notion de fonction de plusieurs variables admettant une dérivée partielle selon
la i-ième variable, en a, de U dans R est-elle stable par composition à gauche par une fonction numérique
dérivable ? De plus, ∂i (φ ◦ f )(a) = ∂i f (a)φ′ (f (a))
▷ Exemple 12 – Toute fonction différentiable en a est une fonction de plusieurs variables continue en a.
▷ Extension 13 – En dimension infinie, la différentiabilité de f en a inclut la continuité de l’application
linéaire tangente à f en a.
Mise en garde 14 – La différentielle df (a) de f en un point a est linéaire, mais df n’est pas en général
linéaire.
Explication 15 – C’est la notion de différentielle d’une fonction (de plusieurs variables) en un point qui
remplace avec pertinence la notion de dérivée d’une fonction (d’une variable réelle) en un point.
Observation 16 – La différentiabilité en un point est une notion locale.
Reformulation 17 – f est une fonction différentiable en a si et seulement si toutes les fonctions coordonnées
de f (relativement à une base fixée de F ) sont différentiables en a.
Information 18 – Si f est différentiable en a, alors f est dérivable en a selon tout vecteur v, et Dv f (a) =
df (a) · v.
Exemple 19 – Toute fonction différentiable en a est une fonction de plusieurs variables admettant une dérivée
partielle selon la i-ième variable, en a, pour tout i. Attention, contrairement au cas des fonctions numériques,
la réciproque est fausse. Par exemple, la fonction (x, y) 7→ x2xy+y 2 prolongée en (0, 0) par la valeur 0 admet des
dérivées partielles en (0, 0) selon chacune de ses deux variables, mais elle n’est même pas continue en ce point.
Structure 23 – L’ensemble des fonctions différentiables en un point a de U , de U dans F est muni d’une
structure d’espace vectoriel.
Soit V un ouvert de F .
On suppose
i) que f : U → V est une fonction différentiable en a ;
def
ii) que g : V → G est une fonction différentiable en b = f (a). 6
On en déduit alors
a) que g ◦ f est une fonction différentiable en a ;
b) que d(g ◦ f )(a) = dg(f (a)) ◦ df (a) = dg(b) ◦ df (a).
Corollaire (Différentielle de la composée d’une application différentiable par une application linéaire)
On suppose
i) que f : U → F est une fonction différentiable en a ;
ii) que L ∈ L(F, G).
7
On en déduit alors
a) que L ◦ f : U → G est une fonction différentiable en a ;
b) que d(L ◦ f )(a) = L ◦ (df (a)).
On suppose
i) que f : U → F et g : U → G sont des fonctions différentiables en a ;
ii) que B : F × G → H est une application bilinéaire.
On en déduit alors
a) que B(f, g) : x 7→ B(f (x), g(x)) est une fonction différentiable en a ; 8
b) que pour tout h ∈ E :
d(B(f, g))(a) · h = B(f (a), dg(a) · h) + B(df (a) · h, g(a)).
De même pour M (f1 , . . . , fp ) où les fi sont différentiables, et où M est p-linéaire.
On suppose
i) que f : U → R est une fonction différentiable en a ;
ii) que f (a) ̸= 0.
On en déduit alors 10
def 1
a) que g = f est une fonction différentiable en a ;
b) que dg(a) = − df (a)
f (a)2 .
On suppose
i) que f : U → F est une fonction différentiable en a ;
ii) que g : V → G ; en f (a) est une fonction différentiable ;
11
iii) que f (U ) ⊂ V ;
iv) que B, C, D sont des bases respectives de E, F, G.
On en déduit alors que Jg◦f,B,D (a) = Jg,C,D (f (a)) Jf,B,C (a).
On suppose
i) que f = (f1 , . . . , fp ) : (x1 , . . . , xn ) ∈ U ⊂ Rn 7→ f (x1 , . . . , xn ) ∈ Rp est une fonction différentiable
en a ;
ii) que g = (g1 , . . . , gq ) : (y1 , . . . , yp ) ∈ V 7→ g(y1 , . . . , yp ) ∈ Rq est une fonction différentiable en
f (a).
On en déduit alors 12
def
a) que h = g ◦ f = (h1 , . . . , hq ) = (g1 ◦ f, . . . , gq ◦ f ) : (x1 , . . . , xn ) 7→ h(x1 , . . . , xn ) ∈ Rq est une
fonction différentiable en a ;
b) que pour tout j ∈ [[1, n]], et, pour tout i ∈ [[1, q]] :
∂hi ∂(gi ◦f ) Pp ∂gi ∂fk
∂xj (a) = ∂xj (a) = k=1 ∂yk (f (a)) ∂xj (a).
Exercice de cours (exercice 8) – Soit f : (x, y) 7→ (x3 + y 2 , 3x + xy, xy 2 ) et g : (u, v, w) 7→ u2 vew . Calculer
les dérivées partielles premières de g ◦ f avec la règle de la chaı̂ne.
Théorème (Caractérisation des applications continûment différentiables par les dérivées partielles)
Soit U un ouvert de Rp , a ∈ U , h ∈ Rp , λ, µ ∈ R.
On suppose que f, g : U → R sont des fonctions de plusieurs variables continûment différentiables.
On en déduit alors 15
a) que λ f + µ g est une fonction de plusieurs variables continûment différentiable ;
b) que d(λ f + µ g)(a) · h = λ df (a) · h + µ dg(a) · h.
Soit U un ouvert de Rp , a ∈ U , h ∈ Rp .
On suppose que f, g : U → R sont des fonctions de plusieurs variables continûment différentiables.
On en déduit alors 16
a) que f g est une fonction de plusieurs variables continûment différentiable ;
b) que d(f g)(a) · h = (df (a) · h)g(a) + f (a)(dg(a) · h).
Soit U un ouvert de Rp , a ∈ U , h ∈ Rp .
On suppose
i) que f : U → R est une fonction de plusieurs variables continûment différentiable ;
ii) que f ne s’annule pas sur U . 18
On en déduit alors
a) que 1/f est une fonction de plusieurs variables continûment différentiable ;
−df (a)·h
b) que d(1/f )(a) · h = f (a)2 .
On suppose
i) que f est une fonction de plusieurs variables continûment différentiable ;
ii) que γ : [0, 1] → U est une fonction continûment dérivable ; 19
iii) que γ(0) = a, γ(1) = b.
R1
On en déduit alors que f (b) − f (a) = 0
df (γ(t)) · γ ′ (t)dt.
Exercice de cours (exercice 9) – Soit f ∈ C 1 (U, F ), a et b dans U tels que [a, b] ⊂ U . Montrer qu’alors
∥f (b) − f (a)∥ ⩽ ∥b − a∥ sup ∥df (x)∥op
x∈[a,b]
Exercice de cours (exercice 10) – Soit f ∈ C 1 (R2 , R), u, v : I → R de classe C 1 . Montrer que l’application
R v(x)
F : x 7→ u(x) f (x, t)dt est de classe C 1 sur I, et calculer F ′ .
5. Gradient
▷ Exemple 41 – Les lignes de niveau de la fonction f : (x, y) 7→ x2 + y 2 sont les cercles du plan R2 centrés
en l’origine.
▷ Exemple 42 – Les lignes de niveau de la fonction f : (x, y) 7→ x sont les droites parallèles à l’axe des
ordonnées.
Définition 7 (Gradient)
▷ Exemple 46 – Toute fonction de plusieurs variables deux fois continûment différentiable est une fonction
de plusieurs variables continûment différentiable. Autrement dit, C 2 (U, R) ⊂ C 1 (U, R)
▷ Structure 47 – L’ensemble des fonctions de plusieurs variables deux fois continûment différentiables de
U dans Rq est muni d’une structure de R-espace vectoriel.
▷ Structure 48 – L’ensemble des fonctions de plusieurs variables deux fois continûment différentiables de
U dans R est muni d’une structure de R-algèbre.
Théorème de Schwarz
Définition 10 (EDP)
Une équation aux dérivées partielles (en bref : EDP) pour une fonction de plusieurs variables est l’analogue
d’une équation différentielle pour une fonction d’une seule variable : elle relie une fonction à ses différentes
dérivées partielles. L’ordre d’une telle EDP est l’ordre le plus élevé des dérivées partielles apparaissant dans
cette équation.
Nous n’effectuons pas d’étude générale et théorique de ces équations, mais on peut noter que certaines sont linéaires, et que, dans ce cas,
l’étude suivra le plan habituel : résoudre l’équation homogène associée, trouver une solution particulière, et en déduire la solution générale
de l’EDP initiale.
Exemple 53 – L’ensemble des applications de classe C 1 sur R2 telles que ∂f ∂y = 0 est l’ensemble des fonctions
f telles qu’il existe φ ∈ C (R) pour laquelle ∀(x, y) ∈ R , f (x, y) = φ(x).
1 2
∂2f
Exemple 54 – L’EDP ∂x∂y = 0, d’inconnue f ∈ C 2 (R2 , R), a pour solution générale f : (x, y) 7→ φ(x) + ψ(y),
où φ et ψ décrivent C 2 (R, R).
∂t + c ∂x = 0 (où c ∈ R+ ) d’inconnue u ∈ C (R , R) a pour solution
∗
Exemple 55 – L’équation de transport ∂u ∂u 1 2
générale u : (x, t) 7→ φ(x − ct), où φ décrit l’espace des fonctions de classse C de R dans R.
1
Exemple 56 – L’équation des ondes (également appelée équation des cordes vibrantes, ou équation de pro-
pagation) en dimension 1 :
∂2f 1 ∂2f
− =0
∂x2 v 2 ∂t2
(pour v ∈ R∗+ ) d’inconnue f ∈ C 2 (R2 , R). En effectuant le changement de variables r = x − vt, y = x + vt, on
constate que la solution générale de cette EDP est
f : (x, t) 7→ ψ(x − vt) + φ(x + vt),
où ψ et φ décrivent C (R, R).
2
Exercice de cours (exercice 45) – Si l’EDP est linéaire, sa solution générale s’écrit comme la somme d’une
solution particulière et de la solution générale de l’équation homogène associée.
∂2f ∂2f 1
1 (Mines MP 09) Résoudre : ∂x2 − ∂y 2 =√ .
x2 −y 2
x+y x−y
Indication – on pourra utiliser, en le justifiant, le changement de variable φ(x, y) = 2 , 2 .
Exercice de cours (exercice 46) –
∂x − y ∂y = x y sur R+ × R.
1 (X PC 09) Résoudre x ∂f ∂f 2 3 ∗
2 Soit U l’ouvert de R2 : U = {(x, y), x > 0, y > 0}. Trouver les applications f : U → R de classe C 1
vérifiant : x ∂f ∂f
∂x + y ∂y = 2.
Indication – on utilisera le changement de variable : u = xy, v = xy .
2 2
3 Résoudre : ∂∂xf2 − 2 ∂f ∂ f
∂y − ∂y 2 = f .
Indication – poser f (x, y) = e−y g(x, y).
Soit U un ouvert de E.
On suppose
i) que f : U → R est une fonction de plusieurs variables continûment différentiable ;
ii) que X est une ligne de niveau d’équation f (x) = λ ;
iii) que a ∈ X ;
22
iv) que df (a) ̸= 0.
On en déduit alors que Ta X = Ker df (a).
La démonstration de cet énoncé et le théorème des fonctions implicites sont hors programme. Cependant, l’inclusion Ta X ⊂
Ker df (a) est facile.
−−→
En particulier, dans un cadre euclidien, et sous ces hypothèses, Ta X = {grad f (a)}⊥ .
Information 65 – Si a ∈ X ⊂ Y , alors Ta X ⊂ Ta Y .
Si a ∈ X ∩ Y , il se peut que Ta (X ∩ Y ) ⊊ Ta X ∩ Ta Y .
Reformulation 66 – a est un point critique de f si et seulement si toutes les dérivées partielles (premières,
et relativement à une base de E) de f en a sont nulles.
Reformulation 67 – a est un point critique de f : U → R (dans un cadre euclidien) si et seulement si
−−→
grad f (a) = 0.
Mise en garde 68 – Le fait de présenter un extremum local en un point ne se vérifie pas radialement.
Exercice de cours (exercice 55) –
1 Chercher les extrema de f : (x, y) 7→ 3xy − x3 − y 3 .
2 (Centrale PC 17, Mines MP 08) Chercher les extrema locaux et globaux de g : (x, y) 7→ −2(x − y)2 +
x + y4 .
4
Soit U un ouvert de Rn , f : U → R une fonction de plusieurs variables deux fois continûment différentiable,
a ∈ U.
On appelle matrice hessienne de f en a et on note Hf (a) la matrice
Å 2 ã
∂ f
Hf (a) = (a) ∈ Mn (R)
∂xi ∂xj
On a donc Hf (a) = J∇f (a).
Soit U un ouvert de Rp , a ∈ U .
On suppose que f : U → R est une fonction de plusieurs variables deux fois continûment différentiable.
On en déduit alors que
2
f (a + h) = f (a)+ < ∇f (a), h > + 12 < Hf (a) · h, h > + o (∥h∥ ) = f (a) + Jf (a)h + 21 hT Hf (a)h + 26
h→0
2
o (∥h∥ ).
h→0
Cela étend la formule bien connue pour les fonctions d’une variable réelle.
Soit U un ouvert de Rp , a ∈ U .
On suppose
i) que f : U → R est une fonction de plusieurs variables deux fois continûment différen-
tiable ;
27
ii) que f présente un minimum local en a.
On en déduit alors que Hf (a) est une matrice symétrique positive.
On a bien sûr une version dans le cas d’un maximum local.
Soit U un ouvert de Rp , a ∈ U .
On suppose
i) que f : U → R est une fonction de plusieurs variables deux fois continûment différen-
tiable ;
ii) que a est un point critique de f ; 28
iii) que Hf (a) est une matrice symétrique définie positive.
On en déduit alors que f présente un minimum local strict en a.
On a bien sûr une version dans le cas d’un maximum local.
Démonstrations de cours
1. Structures algébriques
1.2. Groupes
La notation additive de la loi d’un groupe est réservée aux groupes commutatifs 36 – Il arrive que l’on
note additivement la loi d’un groupe : le symétrique de x est alors noté −x, et sera parfois appelé opposé de x.
Cette notation additive est toutefois réservée au cas d’un groupe abélien.
En notation additive, on définit nx où (n, x) ∈ Z × G
Justification de structure 41 – Laissée au lecteur
Pour montrer qu’on a un groupe, montrer qu’on a un sous-groupe d’un groupe bien connu 47 – Pour
montrer qu’on a un groupe, montrer qu’on a un sous-groupe d’un groupe bien connu
288 Stéphane FLON
Démonstration de l’énoncé 1 (Proposition (Caractérisation des sous-groupes)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 2 (Proposition (L’union de deux sous-groupes est rarement un sous-groupe)) –
Laissée au lecteur.
Étude de stabilité 58– La notion de sous-groupe n’est pas stable par union
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 8 ) – On peut prendre {(1, 1), (−1, 1)}, {(1, 1), (1, −1)} et {(1, 1), (−1, −1)}
dans U22 .
Autre exemple ( isomorphe ) : prendre deux transpositions à supports disjoints τ1 et τ2 dans Sn , puis
{Id , τ1 }, {Id , τ2 }, {Id , τ1 τ2 }.
Démonstration de l’énoncé 3 (Proposition (Intersection de sous-groupes)) – Laissée au lecteur.
Étude de stabilité 59– La notion de sous-groupe est stable par intersection.
Démonstration de l’énoncé 4 (Proposition (Sous-groupes du groupe des entiers relatifs)) – Bien sûr, pour
tout n ∈ N, nZ est un sous-groupe de Z additif.
Réciproquement, soit G un sous-groupe de Z. Si G = {0}, alors G = 0 Z. Sinon, G possède un élément non
nul et est stable par passage à l’opposé, donc N∗ ∩ G admet un plus petit élément n.
Par structure de sous-groupe de G, on a nZ ⊂ G.
Réciproquement, soit g ∈ G. On effectue la division euclidienne de g par n :
g = qn + r, où (q, r) ∈ Z × [[0, n − 1]]
Par structure de sous-groupe de G, r = g − qn ∈ G, et 0 ⩽ r < n, donc r = 0 par définition de n : g ∈ nZ.
Finalement, G = n Z. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 9 ) – Puisque G n’est pas réduit à 0, il admet un élément non
nul. Puisqu’il est en outre stable par passage à l’opposé (en tant que groupe additif), il possède un élément
strictement positif, ce qui prouve l’existence de a.
Supposons a > 0. Montrons d’abord que a ∈ G. Raisonnons par l’absurde, en supposant a ∈ / G. Par
définition de a, 2a ne minore par G ∩ R∗+ , et il existe donc un élément b de G dans ]a, 2a[. De même, il existe
c ∈ G∩]a, b[. Mais b − c est alors un point de G (par structure de groupe additif) dans ]0, a[, ce qui est absurde.
Ainsi, a ∈ G. Par structure de groupe additif, aZ ⊂ G.
Montrons l’inclusion réciproque : soit g ∈ G, et soit k l’entier tel que
ka ⩽ g < (k + 1)a.
Le réel g − ka est un élément de G dans [0, a[ : il est donc nul par définition de a, puis g = ka ∈ aZ.
Finalement, on a bien G = aZ.
Supposons maintenant a = 0, et montrons la densité de G dans R. Soit x, y ∈ R, où x < y. Puisque a = 0,
on peut trouver un élément g de G dans ]0, y − x[. Soit k l’entier tel que
kg ⩽ x < (k + 1)g.
On a donc
(k + 1)g = kg + g < x + (y − x) = y,
donc (k + 1)g est un élément de G dans ]x, y[, d’où le résultat souhaité.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 10 ) –
1 On peut prendre {Id , 1 2 } et {Id , 2 3 } dans S3 .
2 On vérifie que dans ce cas, H1 H2 est un sous-groupe de G contenant H1 ∪ H2 , et contenu dans tout
sous-groupe de G contenant H1 ∪ H2 .
3 W = H1 + H2 .
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 11 ) – Vérifions que < G \ H >= G : l’inclusion ⊂ est triviale, et
si, réciproquement, g ∈ G, alors soit g ∈ G \ H ⊂< G \ H >, soit g ∈ H. Prenons alors s dans G \ H. On a
g = (gs)s−1 , où gs et s−1 sont dans G \ H (si gs ∈ H, alors s = g −1 (gs) ∈ H).
Sur la définition d’un morphisme de groupes 66 – Sur la définition d’un morphisme de groupes
Démonstration de l’énoncé 5 (Proposition (Propriétés des morphismes de groupes)) – Laissée au lecteur.
Étude de stabilité 68– La notion de morphisme de groupes est stable par composition.
Démonstration de l’énoncé 6 (Proposition (Bijection réciproque d’un isomorphisme de groupes)) – Laissée
au lecteur.
Étude de stabilité 70– La notion d’isomorphisme de groupes est stable par passage à la bijection réciproque.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 12 ) –
1 Aut(G) est une partie non vide de SG , non vide car possédant Id G , stable par composition et passage à
la bijection réciproque : c’est donc un sous-groupe de SG , puis un groupe pour ◦.
2 On se demande pour quelles valeurs de a ∈ Z l’application n ∈ Z 7→ an est bijective.
Pour qu’elle le soit, 1 doit posséder un antécédent, et donc nécessairement, a = ±1.
Réciproquement, ces valeurs de a conviennent, donc Aut(Z) = {Id Z , −Id Z }.
289 Stéphane FLON
3 Soit a, x, y ∈ G. On a
ϕa (x)ϕa (y) = axa−1 aya−1 = axya−1 = ϕa (xy),
donc ϕa est un endomorphisme de G.
Il est bijectif, car il admet ϕa−1 pour inverse pour la composition (ou, si on préfère, car pour tout y ∈ G,
l’unique antécédent de y par ϕa est a−1 ya).
4 Soit a, b, x ∈ G. On a
ψ(a) ◦ ψ(b)(x) = ϕa (ϕb (x)) = ϕa (bxb−1 ) = abxb−1 a−1 = abx(ab)−1 = ψ(ab)(x),
donc ψ est bien un morphisme.
Étudions son noyau : soit a ∈ G. a est dans le noyau de ψ si et seulement si ψ(a) = Id G , si et seulement si
axa−1 = x pour tout x ∈ G, si et seulement si ax = xa pour tout x ∈ G. Le noyau de ψ est donc le centre de
G.
Justification de structure 71 – Laissée au lecteur
Démonstration de l’énoncé 7 (Proposition (Noyau et injectivité d’un morphisme de groupes)) – Laissée au
lecteur.
L’injectivité d’un morphisme de groupes se teste sur le noyau 73 – L’injectivité d’un morphisme de groupes
se teste sur le noyau
1.3. Anneaux
Démonstration de l’énoncé 8 (Proposition (Premières propriétés calculatoires dans un anneau)) – Laissée
au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 9 (Proposition (Formule de Bernoulli)) – Cette formule se démontre sans
récurrence :
n−1
! n−1
! n−1
!
X X X
(a − b) an−k−1 bk = an−k bk − an−k−1 bk+1
k=0 k=0 k=0
n−1
! n
!
X X
n−k k n−k k
= a b − a b = a n − bn .
k=0 k=1
□
Pour appliquer la formule du binôme de Newton (ou de Bernoulli), s’assurer que les éléments commutent
75 – Pour appliquer la formule du binôme de Newton (ou de Bernoulli), s’assurer que les éléments commutent
Démonstration de l’énoncé 11 (Proposition (Les inversibles d’un anneau forment un groupe)) – Laissée au
lecteur.
Étude de stabilité 83– La notion d’élément nilpotent d’un anneau n’est pas stable par somme
Étude de stabilité 84– La notion d’élément nilpotent d’un anneau n’est pas stable par produit
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 31 ) –
290 Stéphane FLON
1 Raisonnons par l’absurde, en supposant disposer de a ∈ A nilpotent et inversible. Soit n ∈ N∗ tel que
a = 0A . On a an = 0A , donc, puisque a et a−1 commutent
n
1A = (aa−1 )n = an (a−1 )n = 0A ,
Pn−1
xk (que l’on peut aussi écrire xk , puisque xk = 0 dès que k ⩾ n).
P
donc 1 − x est inversible d’inverse k=0 k∈N
4
5 Supposons que x et y commutent, et qu’il existe m, n ∈ N∗ tels que xm = y n = 0.
Comme x et y commutent, (xy)m = xm y m = 0, donc xy est nilpotent.
Remarque – en examinant cette preuve on constate que si deux éléments d’un anneau commutent et que l’un
(au moins) d’entre eux est nilpotent, alors leur produit l’est aussi.
Nous voulons maintenant montrer que x + y est nilpotent, i.e. qu’il existe p ∈ N∗ tel que (x + y)p = 0.
Or la formule du binôme de Newton s’applique, puisque x et y commutent :
p Ç å
X p k p−k
(x + y)p = x y
k
k=0
p
Pour
que (x + y) soit nul, il ksuffit que tous les termes de la somme ci-dessus le soient. Soit k ∈ [[0, p]] : pour que
p k p−k p−k
k x y = 0, il suffit que x = 0 ou y = 0, et donc il suffit que k ⩾ m ou p − k ⩾ n (soit encore k ⩽ p − n).
Ainsi, en prenant p = m + n, on obtient bien (x + y)p = 0, donc x + y est nilpotent.
Remarque – on pouvait même prendre p = m + n − 1. Å ã Å ã
0 1 0 0
Remarque – l’hypothèse de commutation est essentielle, comme le montre l’exemple de et .
0 0 1 0
Un sous-anneau n’est pas seulement une partie stable qui est un anneau pour les lois induites 86 – Par
exemple, A × {0A } n’est pas un sous-anneau de A2 si A est non nul, bien que ce soit un anneau pour les lois
induites (exemple plus simple : {0A } dans A non nul).
Justification de l’exemple 89 – C est une partie de A, comprenant 1A .
De plus, soit b, c ∈ C, et a ∈ A. On a
(b − c)a = ba − ca = ab − ac = a(b − c)
1.5. Algèbres
Démonstration de l’énoncé 15 (Théorème (Propriété universelle de l’algèbre des polynômes à une indéter-
minée sur un corps)) – Laissée au lecteur.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 54 ) –
1 L’application φ est un endomorphisme de l’espace vectoriel B, qui est de dimension finie. De plus, φ est
injective car b est inversible dans A. On en déduit que φ est un automorphisme de B. En particulier, 1 admet
un antécédent par φ dans B, donc b est inversible dans B.
2 X est un élément de K[X], inversible dans K(X) mais pas dans K[X].
Les séries constituent un autre point de vue sur les suites 1 – On peut considérer qu’une suite (un )
correspond à la donnée, pour tout instant n dans N, de la position d’un point mobile à l’instant n.
La question centrale du cours sur les suites est de déterminer le comportement asymptotique d’une suite,
en premier lieu de savoir si elle converge.
Le cours sur les séries vise encore à répondre à cette question, mais en adoptant un autre point de vue :
plutôt que de se donner les positions successives d’un point mobile, on se donne sa position initiale (à l’instant
0), puis la liste des déplacements relatifs d’un instant n à l’instant suivant n + 1.
Tout l’intérêt des séries et la philosophie deP
ce chapitre consiste à donner des résultats sur lesPnséries sans
parler de leurs sommes partielles : Pour étudier un , on s’intéressera en priorité à un et non à k=0 uk .
Ce chapitre va reprendre plusieurs résultats du cours sur les suites, mais en les adaptant à ce nouveau point
de vue.
Analogie discret-continu 2 – Les suites et les séries sont des objets mathématiques discrets (ce qui veut
dire ici que ce sont des fonctions d’un paramètre entier). Les fonctions définies sur un intervalle réel sont des
objets dits continus (ce qui ne préjuge pas de leur continuité).
L’équivalent des séries dans le registre continu pourrait consister en la donnée, pour un point mobile, de sa
position initiale, ainsi que de sa vitesse à chaque instant.
Utiliser l’analogie discret-continu 3 – L’analogie discret-continu, si elle n’a rien de rigoureux, permet parfois
de se forger une intuition et donc de débloquer une situation.
L’objectif majeur du cours sur les séries est de déterminer la nature d’une série par considération directe
de son terme général 4 – Les résultats les plus emblématiques de ce chapitre sont ceux où on peut affirmer
qu’une série converge parce que son terme général tend suffisamment vite vers 0.
φ : KN → KP
N
n
(un )n∈N 7→ ( k=0 uk )n∈N
de bijection réciproque
φ−1 : KN → KN
(Sn )n∈N 7→ (S0 , S1 − S0 , S2 − S1 , . . . )
Justification de structure 7 – Laissée au lecteur
La question principale portant sur une série est de déterminer sa nature 8 – Bien plus que de connaı̂tre
sa somme (en cas de convergence), la question principale qui structurera ce cours est celle de la nature des
différentes séries étudiées.
Ne pas confondrePune série convergente avec sa somme 9 – ”On parle P+∞donc de somme d’une série, pas
de limite d’une série. un désigne la série (couple de suites), alors que n=0 un désigne la somme de la série
(quand la série converge). P
Somme d’une série divergente à termes positifs 10 – Lorsque un est à termes positifs et qu’elle diverge,
P+∞
on écrit parfois n=0 un = +∞. P
Sur la définition du reste d’une série convergente 11 – Soit un une série convergente. Avec les notations
P∞tout n ∈ N on a Sn + Rn = k=0 uk . C’est pour avoir cette formule que l’on a défini Rn comme
P+∞
classiques, pour
étant égal à k=n+1 uk .
La nature d’une série ne dépend pas des valeurs d’un nombre fini P de ses termes
P 13 – Si les deux suites
(un ) et (vn ) sont égales à partir d’un certain rang, alors les deux séries un et vn ont même nature.
293 Stéphane FLON
Par conséquent, tous les résultats du cours portant sur la nature des séries peuvent se généraliser en élar-
gissant les hypothèses. Par exemple, au lieu de supposer la série à termes positifs, on peut la supposer à termes
positifs à partir d’un certain rang.
En cas de convergence toutefois, il n’y a pas de raison que les sommes des deux séries soient égales.
n
X 1 1
uk = −
π−1 πn
k=0
1 1
P
— Si a ⩾ 1, 0 ⩽ πn ⩽ 2n+1 , donc un converge, et sa somme vaut 1.
P2n+1 −1 k 2n+1
— Si a ∈]0, 1[, πn = k=0 a (par exemple par écriture binaire des entiers naturels), donc πn = 1−a
1−a ,
1
P
puis (πn ) converge vers 1−a . Ainsi, un converge, et sa somme vaut 1 − (1 − a), c’est-à-dire a.
un
Remarque – Les calculs sont plus simples si on observe (pour a ̸= 1) que a−1 = αn − αn+1 , où αn = a2n1−1 ,
puisqu’alors
a−1
Sn = (a − 1)(α0 − αn+1 ) = 1 − 2n+1 .
a −1
3 un ∼ n13 > 0, et
P 1 P
n3 converge, d’où la convergence de un .
X 1 1 1 1 2
X 4 +X 2 +1 = 2(X 2 −X+1) − 2(X 2 +X+1) = P (X) − P (X+1) où P (X) = X − X + 1.
P∞ 1
Par télescopage, on obtient n=0 un = 2 .
donc (Hn ) n’est pas convergente (sinon, H2n − Hn tendrait vers 0).
P3n σ étant injective à valeurs dans N , la somme de ses valeurs en n entiers distincts est supérieure ou égale
∗
à k=1 k.
On peut dès lors s’inspirer de la preuve de divergence de la série harmonique en considérant une tranche :
2n Pn
X σ(k) k 1
⩾ k=12 ∼ ,
k2 (2n) 8
k=n+1
Å ã
1
ln 1 + = ln(n + 1) − ln(n)
n
1
P
La série ln 1 + n a donc même nature que la suite (ln(n)), et elle est donc divergente.
m Ç å m N
! m N
!! N
!
X 1 X X 1 Y X 1 X 1
ln ⩾ ln = ln ⩾ ln ⩾ ln(M )
k=1
1 − p1k k=1
pi
i=0 k k=1
pi
i=0 k
k
k=1
−1
Å ã Å ã
1 n 1 1
vn+1 −vn = Hn+1 −ln(n+1)−Hn +ln(n) = +ln = +ln 1 − ∼n → +∞ <0
n+1 n+1 n+1 n+1 2(n + 1)2
1
P P
or converge (exemple des séries de Riemann), donc (vn+1 − vÄn ) converge,
(n+1)2 puis (vn ) converge.
Justification de l’exemple 43 – On pose, pour tout n ∈ N∗ , vn = ln uun+1
ä
1
n
, on vérifie que vn ∼ 12n 2 . En
effet,
296 Stéphane FLON
un+1 (n + 1)n+3/2 e−n−1 n!
= × n+1/2 −n
un (n + 1)! n e
(n + 1) × (n + 1)n+1/2
=
e(n + 1) nn+1/2
1 n+1/2
Å ã
1
= × 1+
e n
Å Å ãã
1 1
= × exp (n + 1/2) ln 1 +
e n
Å Å Å ããã
1 1 1 1 1
= × exp (n + 1/2) − 2 + 3 +o
e n 2n 3n n3
Å Å ãã
1 1 1 1 1 1
= × exp 1 + − − 2 + 2 +o
e 2n 2n 4n 3n n2
Å Å ãã
1 1
= exp +o
12n2 n2
Ä ä
d’où vn = ln uun+1 1 1 1
n
= 12n 2 + o n2 ∼ 12n 2.
P
La série télescopique ln(un+1 ) − ln(un ) est donc convergente, donc la suite (ln(un )) converge, puis (un )
converge vers un réel strictement positif.
vn , il suffisait de montrer que vn = O n12 , voir 33.
P
Remarque – Pour prouver la convergence de
Démonstration de l’énoncé 14 (Théorème (Formule de Stirling)) – Voir l’exercice 33. □
Z n
dt 1 1 1
0⩽ − ⩽ −
n−1 t n n − 1 n
PÄ 1 1
ä
la suite n1 .
Or la série télescopique n−1 − n est convergente, car de même nature que
P ÄR n dt ä
Ainsi, par comparaison de séries à termes positifs, on en déduit que n−1 t
− n1 est convergente. En
repassant aux sommes partielles, on obtient bien le résultat voulu.
X
= ai bj
(i,j)∈Cn \Tn
X
⩽ |ai bj |
(i,j)∈Cn \Tn
X
= αi βj
(i,j)∈Cn \Tn
n
!Ñ n é
n
X X X
= αi βj − γk
i=0 j=0 k=0
or cette dernière expression tend vers 0 lorsque n tend vers l’infini d’après le cas réel positif, d’où le résultat. □
Étude de stabilité 80– La notion de série absolument convergente est stable par produit de Cauchy de deux
séries numériques.
Justification de structure 81 – Laissée au lecteur
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 13 ) – La série z n est absolument convergente, donc son produit de
P
P∞ P∞ n 2 1
Pn k n−k
= (n+1)z n ,
P
Cauchy cn avec elle-même également, et n=0 cn = ( n=0 z ) = (1−z) 2 . Or cn = k=0 z z
d’où le résultat. P an P bn
Justification de la propriété 83 – On sait que lesP séries n! et n! sont absolument convergentes. Par
application du théorème 25, leur produit de Cauchy cn est une série absolument convergente, et sa somme
vaut ea eb .
Or, pour tout n ∈ N,
n n Ç å
X ak bn−k 1 X n k n−k (a + b)n
cn = · = · a b =
k! (n − k)! n! k n!
k=0 k=0
a b a+b
d’où la formule e e = e .
(−1)n P P
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 25 ) – Notons un = √ n+1
et cn le produit de Cauchy de un
par elle-même.
Comme (|un |) décroı̂t vers 0 et que ((−1)n un ) est positive, le CSSA montre que
P
un converge.
302 Stéphane FLON
(−1)k (−1)n−k
Soit n ∈ N : cn =
Pn ÄPn ä
1
k=0
√
k+1
√ ·
n−k+1
= (−1)n k=0 k+1· n−k+1 .
√ √
√ √ √
Or pour tous a, b > 0, 0 < ab ⩽ a+b 2 (car ( a −
2
b)2 ⩾ 0), donc, en prenant l’inverse, 0 < a+b ⩽ √1 .
ab
Pn 2 2(n+1) P
On a donc |cn | ⩾ k=0 (k+1)+(n−k+1) = n+2 : cn est donc (grossièrement) divergente.
Étude de stabilité 84– La notion de série numérique convergente n’est pas stable par produit de Cauchy de
deux séries numériquesEn effet : il suffit de prendre l’exemple de l’exercice 25.
Faire un développement asymptotique du terme général ?? – Faire un développement asymptotique du
terme général
3.9. Homothéties
Démonstration de l’énoncé 12 (Une caractérisation classique des homothéties) – Le sens direct est évident.
Supposons le second point.
Soit x ∈ E \ {0E } (on a écarté le cas évident où E est trivial). Soit λ ∈ K tel que φ(x) = λ x (un tel λ existe
car (x, φ(x)) est liée et car x ̸= 0E ). Montrons que pour tout y ∈ E, φ(y) = λ y.
C’est vrai pour x, donc pour ses multiples. Si maintenant y ∈ E n’est pas colinéaire à x, alors (x, y) est
libre. De plus, il existe λy ∈ K tel que φ(y) = λy y, et il existe λx+y ∈ K tel que φ(x + y) = λx+y (x + y).
On a donc, puisque φ(x) + φ(y) = φ(x + y),
λ x + λy y = λx+y (x + y) = λx+y x + λx+y y,
puis λy = λx+y = λ par liberté de (x, y). Ainsi, φ(y) = λy.
φ est donc l’homothétie de rapport λ. □
Étude de stabilité 112– La notion de projecteur de E, de noyau fixé G est stable par barycentre.En effet :
on considère deux projecteurs p et q ayant même noyau. On a donc p ◦ q = p et q ◦ p = q. En effet, on a par
exemple p − p ◦ q = p ◦ (Id E − q) or Im(Id E − q) = Ker(q) = Ker(p), donc p − p ◦ q = 0L(E) .
Soit λ ∈ R.
Remarque – On aurait aussi pu utiliser le cas de deux projecteurs ayant même image, en appliquant ce résultat
à Id E − p et Id E − q.
Démonstration de l’énoncé 14 (Proposition (Caractérisation des symétries)) – s est une symétrie si et
seulement si p = s+Id2
E
est un projecteur si et seulement si p ◦ p = p si et seulement si (s + Id E )2 = 2(s + Id E )
si et seulement si s2 = Id E . □
φ : Kp → E Pp
(λ1 , . . . , λp ) 7→ i=1 λi xi
En effet : la seconde assertion signifie que φ est injective. Or φ est linéaire, donc φ est injective si et seulement
si son noyau est trivial, i.e. (x1 , . . . , xp ) est libre.
Étude de stabilité 133– La notion de famille libre est stable par sous-famille.
Étude de stabilité 134– La notion de famille liée est stable par surfamille.
Étude de stabilité 135– La notion de famille liée est stable par image par une application linéaire.
Étude de stabilité 136– La notion de famille libre n’est pas stable par image par une application linéaire
Étude de stabilité 137– La notion de famille libre est stable par image par une application linéaire injective.
Étude de stabilité 138– La notion de famille génératrice n’est pas stable par image par une application
linéaire
Étude de stabilité 139– La notion de famille génératrice est stable par image par une application linéaire
surjective.
Démonstration de l’énoncé 15 (Proposition (Famille libre et somme directe)) – Laissée au lecteur.
3.14. Bases
Certains espaces vectoriels admettent une base particulièrement simple, dite canonique 148 – La notion
de base canonique est assez floue, mais dans certains cas, un espace vectoriel admet une base particulièrement
évidente, que l’on dit canonique
Pour la plupart des espaces vectoriels, parler de base canonique n’a pas de sens 153 – Hormis dans quelques
cas particulièrement classique, un espace vectoriel n’a pas de base dite canonique. Par exemple, Vect(2, 3) (sous-
espace vectoriel de R2 ) n’a pas de base canonique
308 Stéphane FLON
3.15. Modes de définition d’une application linéaire
Démonstration de l’énoncé 16 (Donnée d’une application linéaire par l’image d’une base) – Analyse –
P telle application. Soit x ∈ E : il existe une (unique) famille presque nulle de scalaires
Soit f une hypothétique
(λi )i∈I telle que x = i∈I λi ei . Par linéarité de f , on a nécessairement
X X
f (x) = λi f (ei ) = λ i vi
i∈I i∈I
Au plus une application est susceptible de convenir, c’est celle donnée par cette formule.
Synthèse – La formule ci-dessus définit bien une application de E dans F , par unicité, pour x fixé, de la
famille (λi )i∈I .
Pour tout j ∈ I, on a bien f (ej ) = vj : c’est vrai car lorsque x = ej , la famille (λi )i∈I est égale à (δi,j )i∈I .
Enfin, si x, y ∈PE, et α, β ∈ K, on Pvérifie que f (αx + βy) = αf (x) + βf (y) en revenant à la définition de f
et en écrivant x = i∈I λi ei et y = i∈I µi ei . □
Se donner une application linéaire par image d’une base 156 – Pour se donner (y compris éventuellement
la définir) une application linéaire, il suffit de se donner l’image d’une base. Cela montre qu’il est très facile de
construire des morphismes d’un espace vectoriel dans un autre
Démonstration de l’énoncé 17 (Proposition (Application linéaire définie par ses restrictions)) – Les vérifi-
cations sont proches de celles effectuées pour une application linéaire définie par l’image d’une base.
Alternativement, on peut utiliser les projecteurs associés à cette somme directe. □
Se donner une application linéaire par ses restrictions liées à une décomposition en somme directe 157 –
Pour se donner (y compris éventuellement la définir) une application linéaire, il suffit de se donner ses restrictions
sur des sous-espaces vectoriels qui réalisent une décomposition en somme direct. Inutile de repasser par des bases
respectives de ces sous-espaces vectoriels
□
Démonstration de l’énoncé 29 (Proposition (Caractérisation de somme directe en dimension finie)) – Voir
la preuve de l’énoncé 29 □
Démonstration de l’énoncé 30 (Proposition (Dimension de L(E, F ))) – On écarte le cas évident où m est
nul. Soit (e1 , . . . , em ) une base de E. On sait que l’application
φ : L(E, F ) → F m
f 7→ (f (e1 ), . . . , f (em ))
est un isomorphisme d’espaces vectoriels, d’où le résultat. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 11 ) –
1
i Soit n ∈ N, x ∈ Ker(f n ). On a f n+1 (x) = f (f n (x)) = f (0E ) = 0E (car f est linéaire), donc
x ∈ Ker(f n+1 ) : Ker(f n ) ⊂ Ker(f n+1 ).
Remarque – Cette inclusion provient de l’inclusion plus générale Ker(u) ⊂ Ker(v ◦ u) (où u et v sont linéaires,
et où le but de u est la source de v).
Soit n ∈ N, x ∈ Im(f n+1 ). Il existe z ∈ E tel que x = f n+1 (z) = f n (f (z)), donc x ∈ Im(f n ) : Im(f n+1 ) ⊂
Im(f n ).
Remarque – Cette inclusion provient de l’inclusion plus générales Im(v ◦ u) ⊂ Im(v) (où u et v sont des
applications, non nécessairement linéaires, et où le but de u est la source de v).
ii La suite (dim(Ker(f n )) est une suite croissante d’entiers, majorée par dim(E) : elle est donc sta-
tionnaire à partir d’un certain rang N . Si n ⩾ N , Ker(f n ) ⊂ Ker(f n+1 ) et ces deux sous-espaces ont même
dimension finie : ils sont égaux.
De même, la suite (dim(Im(f n ))) est une suite décroissante d’entiers, minorée par 0, on en déduit comme
précédemment que la suite (Im(f n )) est stationnaire.
Puisque Ker(f n ) ⊂ Ker(f n+1 ), l’égalité Ker(f n ) = Ker(f n+1 ) se reformule en dim(Ker(f n )) = dim(Ker(f n+1 )).
De même, puisque Im(f n+1 ) ⊂ Im(f n ), l’égalité Im(f n ) = Im(f n+1 ) se reformule en rg(f n ) = rg(f n+1 ).
Le théorème du rang montre que dim(Ker(f n )) = dim(Ker(f n+1 )) si et seulement si dim(Ker(f n )) =
dim(Ker(f n+1 )).
iii En dimension infinie, tous les résultats de la question précédente tombent en défaut. Pour l’illustrer
par des exemples, on peut considérer des endomorphismes injectifs non surjectifs, comme P 7→ XP (X) dans
R[X], ou des endomorphismes surjectifs non injectifs, comme P 7→ P ′ dans R[X].
iv Par hypothèse, Ker(f k ) = Ker(f k+1 ). L’information pertinente est l’inclusion Ker(f k+1 ) ⊂ Ker(f k )
(l’autre inclusion est toujours vraie).
Montrons que pour tout j ⩾ k, Ker(f j ) = Ker(f j+1 ), c’est-à-dire Ker(f j+1 ) ⊂ Ker(f j ), puisque l’autre
inclusion est toujours vérifiée. Soit x ∈ Ker(f j+1 ), i.e. f j+1 (x) = 0E . On a donc f k+1 (f j−k (x)) = 0E , or
Ker(f k+1 ) ⊂ Ker(f k ), donc f k (f j−k (x)) = 0E , i.e. x ∈ Ker(f j ), d’où le résultat.
Même principe pour l’image.
v On a donc pour tout j ⩾ k, Ker(f j ) = Ker(f k ) et Im(f j ) = Im(f k ), en particulier Ker(f 2k ) = Ker(f k )
et Im(f 2k ) = Im(f k ). La première égalité donne Ker(f k )∩Im(f k ) = {0}, la seconde donne Ker(f k )+Im(f k ) = E,
donc Ker(f k ) ⊕ Im(f k ) = E.
Remarque – inutile de supposer E de dimension finie.
vi On considère g = f|kKer(f k+1 ) : g est une application linéaire de Ker(f k+1 ) dans E, dont le noyau est
Ker(f k ) ∩ Ker(f k+1 ) = Ker(f k ), et dont l’image est f k (Ker(f k+1 )) = Im(f k ) ∩ Ker(f ).
En effet, Ker(f k+1 ) ⊂ E donc f k (Ker(f k+1 )) ⊂ f k (E) = Im(f k ), et, si x ∈ Ker f k , alors (f ◦ g)(x) =
k+1
f (x) = 0E , donc g(x) ∈ Ker(f ).
Réciproquement, si x = f k (z) ∈ Im(f k ) ∩ Ker(f ), alors, f k+1 (z) = f (x) = 0E , donc z ∈ Ker(f k+1 ) puis
x = f k (z) = g(z) ∈ Im(g).
Le théorème du rang fournit alors bien la relation dk = dim(Im(f k ) ∩ Ker(f )).
310 Stéphane FLON
Pour tout k ∈ N, on a Im(f k+1 ) ⊂ Im(f k ), donc (Im(f k+1 ) ∩ Ker(f )) ⊂ (Im(f k ) ∩ Ker(f )), d’où dk+1 ⩽ dk
en prenant la dimension.
D’après la question précédente, si dk = 0, alors dj = 0 pour tout j ⩾ k, donc, si dn > 0, alors dj > 0 pour
tout j ∈ [[0, n]], et alors
n
X
dim(Ker(f n+1 ) = dim(Ker(f n+1 )) − dim(Ker(f 0 )) = dj ⩾ n + 1
j=0
3.18. Rang
Démonstration de l’énoncé 32 (Proposition (Caractérisation de liberté d’une famille finie par le rang)) –
Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 33 (Lemme préparatoire au théorème du rang) – On restreint φ à G au départ,
et à Im φ à l’arrivée, ce qui donne une application linéaire ψ de G dans Im φ. On montre aisément que cette
application est surjective et injective : elle réalise donc un isomorphisme de G sur Im φ. □
Sur l’utilité du lemme pour le théorème du rang 175 – Ce résultat a l’avantage d’être valable en dimension
quelconque
Démonstration de l’énoncé 34 (Théorème du rang) – L’existence d’un supplémentaire G de Ker φ dans E
et le lemme donnent immédiatement le résultat. □
La formule du rang est valable pour toute application linéaire entre espaces vectoriels de dimension finie
176 – La dimension de F n’intervient pas : il peut très bien ne pas être de dimension finie. En fait, il est facile
de s’en rendre compte car en grossissant F , on ne change rien au rang de φ et à la dimension de Ker φ (alors
qu’il serait compliqué de grossir E)
Démonstration de l’énoncé 35 (Proposition (Caractérisation d’isomorphisme en dimension finie)) – Notons
n = dim(E)(= dim(F ). L’endomorphisme φ est injectif (resp. surjective) si et seulement si dim Ker(f ) = 0 (resp.
rg(f ) = n).
La formule du rang (rg φ + dim Ker φ = n) montre donc l’équivalence entre les deux premières assertions.
Ces deux assertions sont donc équivalentes à leur conjonction, c’est-à-dire à la dernière. □
Démonstration de l’énoncé 36 (Corollaire (Caractérisation des automorphismes en dimension finie)) – C’est
un cas particulier de l’énoncé 35. □
Justification de la propriété 177 – La conservation par composition à droite par un isomorphisme est
immédiate : il y a en fait égalité des images (et donc de leurs dimensions), et il suffit d’ailleurs que u soit
surjective pour que rg(v) = rg(v ◦ u).
La seconde provient du fait que Im(v ◦ u) = v(Im u), et du fait qu’un isomorphisme envoie un sous-espace
vectoriel sur un sous-espace vectoriel de même dimension (il suffit d’ailleurs que v soit injective pour que
rg(v ◦ u) = rg(u)).
Démonstration de l’énoncé 37 (Proposition (Le rang d’une composée est inférieur au rang de chacun de ses
termes)) – rg(u ◦ v) ⩽ rg(u) provient de l’inclusion Im(u ◦ v) ⊂ Im(u).
Pour montrer que rg(u ◦ v) ⩽ rg(v), on peut par exemple observer que si (e1 , . . . , en ) est une base de Im(v),
alors (u(e1 ), . . . , u(en )) est une famille génératrice de Im(u ◦ v).
Remarque – On peut aussi appliquer la formule du rang à la restriction de u à Im(v). □
Pour estimer un rang, utiliser le fait que le rang d’une composée est inférieur au rang de chacun de ses
termes 178 – Pour estimer un rang, utiliser le fait que le rang d’une composée est inférieur au rang de chacun
de ses termes
Démonstration de l’énoncé 38 (Inégalité et rang, addition) – L’inégalité de gauche se déduit de celle de
droite, un peu comme la seconde inégalité triangulaire se déduit de la première.
L’inégalité de droite se déduit de Im(u + v) ⊂ Im(u) + Im(v) et de la formule de Grassmann. □
Démonstration de l’énoncé 39 (Inégalité et rang, composition) – L’inégalité de droite (au programme) a
été établie lors de l’énoncé 37.
Celle de gauche, difficile, peut s’obtenir en appliquant la formule du rang à la restriction de u (au départ)
à Im(v) (idée à retenir). □
311 Stéphane FLON
3.19. Matrices
Démonstration de l’énoncé 40 (Proposition (Isomorphisme entre espaces de matrices et d’applications
linéaires)) – Laissée au lecteur.
Une matrice code une application linéaire entre espaces de dimension finie 181 – Soit E et F des espaces
vectoriels de dimension finie non nulle. On se donne des bases respectives B et C de E et F . Pour se donner une
application linéaire de E dans F , on peut se donner sa matrice dans (B, C) : les matrices codent et condensent
l’information nécessaire pour les applications linéaires entre espaces de dimension finie. Ce codage est assujetti
au choix de bases respectives de E et F
Démonstration de l’énoncé 41 (Proposition (Lien entre composition des applications linéaires et produit
matriciel)) – Laissée au lecteur.
La définition du produit matriciel sert à rendre compte de la composition des applications linéaires 188 –
La définition du produit matriciel sert à rendre compte de la composition des applications linéaires
Justification de l’exemple 189 – Méthode matricielle – Notons P = Ei,j Ek,l .
Soit (u, v) ∈ [[1, n]]2 . Si u ̸= i, [P ]u,v = 0, car la ligne u de Ei,j est nulle. De même si v ̸= l, [P ]u,v = 0.
Il reste à déterminer [P ]i,l , or
n
X
[P ]i,l = [Ei,j ]i,s [Ek,l ]s,l = δj,k
s=1
et donc
Ei,j Ek,l = δj,k Ei,l
Méthode géométrique – En considérant les endomorphismes de Kn canoniquement associés f et g à Ei,j et
Ek,l respectivement, et en notant (e1 , . . . , en ) la base canonique de Kn , on constate que (f ◦ g)(es ) est nul si
s ̸= l, et que g(el ) = ek , donc, si k ̸= j, (f ◦ g)(el ) = 0, et (f ◦ g)(el ) = ei si k = j.
Démonstration de l’énoncé 42 (Proposition (Lien entre isomorphisme et matrice inversible)) – Laissée au
lecteur.
Justification de structure 191 – Laissée au lecteur
Le produit matriciel n’est pas commutatif 192 – Le produit matriciel n’est pas commutatif. Il se peut
d’ailleurs que AB soit défini sans que BA le soit.
AB et BA sont définis si et seulement si A et B sont de formats respectifs (p, q) et (q, p). AB et BA sont
de même format si et seulementÅsi A ã et B Åsont carrées
ã de même taille. Même dans ce cas, il n’est pas sûr que
1 0 0 1
AB = BA, prendre par exemle et
0 0 0 0
Démonstration de l’énoncé 43 (Isomorphisme d’algèbre entre algèbres de matrices carrées et d’endomor-
phismes) – Laissée au lecteur.
Pour le produit matriciel, un élément non nul n’est pas toujours simplifiable 193 – Il se peut que AB = AC
sans que B = C
Précautions à prendre pour le calcul algébrique dans Mn (K) 195 – Le calcul algébrique dans Mn (K) est
assez proche de celui que l’on effectue dans R ou C, à l’exception notable des points suivants :
— Il se peut que le produit de matrices non nulles donne un résultat nul.
— Le produit matriciel n’est pas commutatif.
— Soit A, B ∈ Mn (K). Même si B est inversible, il ne faut pas écrire B A
, puisque AB −1 et B −1 A ne sont
pas nécessairement égales (elles le sont si et seulement si A et B commutent, mais même dans ce cas,
on n’emploie pas cette notation).
On n’oubliera donc pas de préciser (voire justifier) que les matrices commutent pour la formule du binôme de
Newton ou celle de Bernoulli.
Justification de l’équivalence 196 – En dimension finie, un endomorphisme est bijectif si et seulement si il
est injectif.
Justification de l’équivalence 197 – En dimension finie, un endomorphisme est bijectif si et seulement si il
est injectif.
Démonstration de l’énoncé 44 (Proposition (Formule du binôme de Newton pour des matrices carrées)) –
Formule valable dans tout anneau (dès que les éléments choisis commutent). □
Démonstration de l’énoncé 45 (Proposition (Formule de Bernoulli pour des matrices carrées)) – Formule
valable dans tout anneau (dès que les éléments choisis commutent). □
Démonstration de l’énoncé 46 (Proposition (Écriture matricielle de l’effet d’une application linéaire sur un
vecteur)) – Laissée au lecteur.
Justification de structure 198 – Laissée au lecteur
Étude de stabilité 199– La notion de matrice diagonale inversible est stable par inverse.
Justification de structure 200 – Tn+ (K) est clairement un sous-espace vectoriel de Mn (K) (il admet même
(Ei,j )1⩽i⩽j⩽n pour base) possédant In . Reste à vérifier la stabilité par produit :
312 Stéphane FLON
Preuve matricielle Soit A, B ∈ Tn+ (K) et (i, j) ∈ [[1, n]]2 tel que i > j. On a
n
X
[AB]i,j = ai,k bk,j
k=1
or pour tout k ∈ [[1, n]], ai,k bk,j = 0 car i > k ou k > j (sinon j ⩽ k ⩽ i), donc AB est bien triangulaire
supérieure.
Preuve matricielle avec les matrices élémentaires On observe que Tn+ (K) = Vect(Ei,j )1⩽i⩽j⩽n . Pour vérifier
la stabilité de Tn+ (K), il suffit de le vérifier sur une famille génératrice : si 1 ⩽ i ⩽ j ⩽ n et 1 ⩽ l ⩽ k ⩽ n, alors
Ei,j Ek,l = δj,k Ei,l donc Ei,j Ek,l est soit nulle, soit égale à Ei,l si j = k, auquel cas on a bien i ⩽ l.
Preuve géométrique Si (e1 , . . . , en ) est la base canonique de Kn identifié à Mn,1 (K), posons Fk = Vect(e1 , . . . , ek ).
La matrice A ∈ Mn (K) est triangulaire supérieure si et seulement si pour tout k ∈ [[1, n]], A(Fk ) ⊂ Fk . Cette
propriété est clairement stable par produit (c’est-à-dire par composition si on identifie A son endomorphisme
canoniquement associé).
Étude de stabilité 201– La notion de matrice triangulaire supérieure inversible est stable par inverse.En
effet : Méthode 1 – (Ak )k∈[[0,n2 ]] est liée. En prenant une relation de liaison, et en multipliant par la bonne
puissance de A, on peut écrire A−1 comme une combinaison linéaire de Ak , où k ∈ N, donc A−1 est triangulaire
supérieure.
Remarque – Cette méthode se généralise à toute sous-algèbre de Mn (K).
Méthode 2 – On peut traduire géométriquement le fait qu’une matrice soit triangulaire supérieure inversible :
A est triangulaire supérieure inversible si et seulement si l’endomorphisme canoniquement associé u vérifie
u(Fk ) = Fk , pour tout k ∈ [[1, n]], où Fk = Vect(e1 , . . . , ek ) et (e1 , . . . , en ) est la base canonique de Kn . Or si u
vérifie ces conditions, alors u−1 également, donc A−1 est triangulaire supérieure (inversible).
Méthode 3 – Voir l’élégante méthode indiquée dans l’exercice 56, valable pour toute sous-algèbre de Mn (K).
Justification de structure 202 – Laissée au lecteur Pn
Justification de l’exemple 203 – Il suffit de conjuguer par la matrice i=1 Ei,n+1−i .
En revanche, la transposition ne fournit pas d’isomorphisme d’algèbre (sauf si n = 1) car (AB)T = B T AT ̸=
T T
A B en général.
Å Étude ã de stabilité 204– La notion de matrice triangulaire n’est pas stable par produit matricielEn effet :
1 1
et sa transposée sont triangulaires, par leur produit.
0 1
Étude de stabilité 205– La notion de matrice triangulaire n’est pas stable par addition matricielle
Étude de stabilité 206– La notion de matrice triangulaire est stable par multiplication par un scalaire.
Étude de stabilité 207– La notion de matrice triangulaire inférieure inversible est stable par inverse.
Étude de stabilité 208– La notion de matrice triangulaire inversible est stable par inverse.
3.20. Transposition
Étude de stabilité 212– La notion de matrice diagonale est stable par transposition.
Étude de stabilité 213– La notion de matrice triangulaire est stable par transposition.
Démonstration de l’énoncé 47 (Proposition (Transposition et produit)) – Tout d’abord, t (AB) et t B t A
sont de même format q × n. Soit (i, j) ∈ [[1, q]] × [[1, n]].
D’une part,
Xp
t
(AB) i,j = [(AB)]j,i = aj,k bk,i
k=1
D’autre part,
p
X p
X
t
( B)(t A) i,j = [t B]i,k [t A]k,j =
bk,i aj,k ,
k=1 k=1
d’où l’égalité matricielle souhaitée. □
Démonstration de l’énoncé 48 (Proposition (Transposée d’une inverse)) – Laissée au lecteur.
où λ = Φ(E1,1 ),
Remarque – Ce n’est pas demandé par l’énoncé, mais la réciproque est vraie (car la trace est un invariant de
similitude).
Remarque – L’énoncé nous fait montrer le résultat dans Mn (C), mais la preuve fonctionne aussi pour Mn (R).
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 54 ) –
1 La réponse est oui, montrons-le par récurrence sur la taille n de la matrice.
Le cas où n = 1 est évident.
314 Stéphane FLON
Supposons le résultat établi au rang n ∈ N∗ . Soit A ∈ Mn+1 (K) de trace nulle.
Notons u l’endomorphisme canoniquement associé à A. Si A est scalaire, alors A = 0n+1 , donc le résultat
est évident.
Sinon, il existe x ∈ Kn+1 tel que (x, u(x)) soit libre : en complétant cette famille libre en une base C de
K , la matrice de u dans C est de la forme
n+1
Å ã
0 B
M= ,
C D
3.24. Déterminant
Démonstration de l’énoncé 57 (Proposition (Caractérisation d’inversibilité d’une matrice par le détermi-
nant)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 58 (Proposition (Déterminant d’un produit)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 59 (Proposition (Déterminant du produit d’une matrice carrée par un scalaire))
– Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 60 (Proposition (Caractérisation d’inversibilité d’un endomorphisme par le
déterminant)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 61 (Proposition (Déterminant d’une composée)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 62 (Proposition (Déterminant du produit d’un endomorphisme par un scalaire))
– Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 63 (Proposition (Formule sur la comatrice)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 64 (Proposition (Déterminant de Vandermonde)) – Laissée au lecteur.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 62 ) – Peut se montrer par l’expression sommatoire du déterminant.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 63 ) – Pour le premier déterminant, en ajoutant la première ligne
à chacune des autres, on trouve 5! = √ 120.
Pour le deuxième, on trouve −3i 3. C’est aussi un Vandermonde : il vaut (j 2 − j)(j 2 − 1)(j − 1).
Pour le troisième, on fait Ln ← Ln − Ln−1 , puis Ln−1 ← Ln−1 − Ln−2 , etc. On trouve 1
Pour le dernier, un simple développement donne 3abc − a3 − b3 − c3
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 64 ) –
a2 b2 (a + b)2 a2 b2 (a + b)2
(b + c − a) (b − c − a) 0
= (a + b + c)2 0 (c + a − b) (c − a − b)
a2 b2 (a + b)2
(b + c − a) (b − c − a) 0
= (a + b + c)2 0 (c + a − b) (c − a − b)
a2 b2 + (a + b)(c + a − b) (a + b)2 + (a + b)(c − a − b)
(b + c − a) (b − c − a) 0
= (a + b + c)2 0 (c + a − b) (c − a − b)
a2 c(a + b) + a2 c(a + b)
(b + c − a) −2c 0
= (a + b + c)2 0 2a (c − a − b)
a2 0 c(a + b)
(a + b + c)2 2ac(b + c − a)(a + b) + a2 (−2c)(c − a − b)
=
= 2ac(a + b + c)2 ((b + c − a)(a + b) − a(c − a − b))
= 2ac(a + b + c)2 b2 − a2 + ac + bc − ac + a2 + ab
= 2abc(a + b + c)3
3
i Φ est linéaire involutive, c’est une symétrie vectorielle, le déterminant vaut (−1)dim(Ker(Φ+Id )) , c’est-
à-dire (−1)n(n−1) 2.
Remarque – On peut facilement donner une base de diagonalisation de Φ, en concaténant des bases de Sn (R)
et de An (R).
ii Ψ = Id + 2Φ, donc Ψ admet une représentation matricielle diagonale, avec n(n+1) 2 termes diagonaux
valant 3, n(n−1)
2 termes diagonaux valant −1, donc det(Ψ) = 3 n(n+1)/2
×(−1) n(n−1)/2
. La trace vaut 3× n(n+1)
2 −
n(n−1) 2
2 = n + 2n.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 65 ) –
1 On peut d’abord faire l’opération L1 ← L1 + XL2 + · · · + X n−1 Ln , qui conserve le déterminant, puis
développer selon la première ligne.
2 Immédiat.
Or det(M ) = det(M ), par récurrence sur la taille de n, ou en revenant à la définition de MPSI du déterminant
d’une matrice carrée de taille n (on vérifie que f : M 7→ det(M ) est linéaire par rapport à chacune des colonnes
de sa variable, antisymétrique par rapport aux colonnes de sa variable, et que f (In ) = 1).
On en déduit bien le résultat voulu.
Remarque – On pouvait exprimer les opérations élémentaires par blocs sur les matrices à l’aide de multiplication
par des matrices par blocs.
317 Stéphane FLON
3.27. Formes linéaires et hyperplans
Justification de structure ?? – Laissée au lecteur
Démonstration de l’énoncé 69 (Proposition (Supplémentarité et formes linéaires)) – On peut raisonner
par analyse-synthèse : soit x ∈ E. Supposons que x = u + λ a, où u ∈ Ker(φ) et λ ∈ K. On a, en appliquant φ :
φ(x) = λφ(a),
φ(x)
puis nécessairement λ = φ(a)(φ(a) est un scalaire non nul) et u = x − φ(x)
φ(a) a : cela montre l’unicité, et donne
l’unique couple susceptible de convenir.
Réciproquement, on vérifie que ce couple convient bien. □
Démonstration de l’énoncé 70 (Lemme pour la définition d’un hyperplan) – Si H est de codimension 1
dans E, on a E = H ⊕ Kx pour un certain vecteur non nul x de E. On définit f ∈ E ∗ comme étant nulle sur
H, et valant 1 en x, puis on vérifie que H en est le noyau.
Réciproquement, si H = Ker(f ) où f est une forme linéaire non nulle sur E, on choisit x ∈ E tel que
/ H), et on vérifie que E = H ⊕ Kx :
f (x) ̸= 0 (i.e. x ∈
Analyse – Soit y ∈ E, supposons que y = h + λx, où h ∈ H et λ ∈ K. On a donc f (y) = λf (x), puis λ = ff (x)(y)
(bien défini car f (x) est un scalaire non nul), et enfin h = y − ff (x)
(y)
x.
Synthèse – Réciproquement, on vérifie que ces formules définissent bien des vecteurs de H et de Kx dont la
somme vaut y. □ Pn
Justification de l’équivalence 276 – Introduire la forme linéaire x = (x1 , . . . , xn ) 7→ i=1 ai xi dans un
sens, évaluer en x la forme linéaire considérée dans l’autre.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 55 ) –
1 On vérifie que c’est une application linéaire, puis qu’elle est injective (si A ∈ Ker(∆), alors pour tout
i, j ∈ [[1, n]], tr(AEi,j ) = 0, i.e. [A]j,i = 0). Comme Mn (K) et son dual L(Mn (K), K) ont même dimension finie,
∆ est bien un isomorphisme.
2 Si H est un hyperplan de Mn (K), il est de la forme Ker(φ), où φ est un élément non nul de L(Mn (K), K).
En posant A = ∆−1 (φ), on a bien H = {M ∈ Mn (K), tr(AM ) = 0}.
La matrice A n’est pas unique, car pour tout λ ∈ K∗ , la matrice λ A convient également (et A ̸= 0, donc
par exemple 2A ̸= A).
3 Soit H un hyperplan de Mn (K), et A tel que H = Ker(∆(A)). On a Aeq0, donc A = ER, où E est un
produit de matrices élémentaires (au sens du pivot de Gauss) et R est échelonnée réduite par lignes non nulle.
Par opération élémentaire sur les colonnes, on R est équivalente par colonnes à une matrice de trace non nulle.
Il existe donc des matrices inversibles U et V telles que tr(U AV ) ̸= 0. Or tr(U AV ) = tr(AV U ), donc la matrice
V U , qui est inversible (par structure de groupe de GLn (R)) est un élément de H.
Remarque – L’existence de U et V est aussi une conséquence du lemme au théorème du rang (cf l’énoncé 52).
3.28. Nilpotence
Justification de l’exemple 280 – On peut le montrer géométriquement : soit (e1 , . . . , en ) la base canonique
de Kn , et soit A une matrice triangulaire supérieure stricte (le cas des matrices triangulaires inférieures strictes
s’en déduira par transposition). Soit u l’endomorphisme canoniquement associé à A. Pour tout k ∈ [[0, n]], on
note Fk = Vect(ei , i ∈ [[1, k]]) (notons que F0 ){0E } et Fn = Kn ). Comme A est triangulaire supérieure stricte, on
a u(Fk ) ⊂ Fk−1 pour tout k ∈ [[1, n]]. On en déduit que un (Fn ) ⊂ F0 , i.e. un (Kn ) ⊂ {0E }, et donc un = 0L(Kn ) ,
i.e. An = 0n .
Justification de la propriété 281 – On a déjà vu le sens indirect. Si M est triangulaire supérieure de
coefficients diagonaux λ1 , . . . , λn , alors M k a pour coefficients diagonaux λk1 , . . . , λkn : si M n’est pas triangulaire
supérieure stricte, alors au moins un de ses coefficients (diagonaux) n’est pas nul, donc Ak ̸= 0, et ce pour tout
k ∈ N∗ .
Démonstration de l’énoncé 71 (Proposition (Majoration de l’indice de nilpotence)) – Soit x un vecteur de
E tel que f p−1 (x) ̸= 0. Montrons que (f i (x))i∈[[0,p−1]] est libre.
Soit (λi )i∈[[0,p−1]] une famille de scalaires telle que
p−1
X
(⋆) λi f i (x) = 0
i=0
def
Supposons cette famille non nulle, et soit i0 = min{i ∈ [[0, p − 1]], λi ̸= 0}.
En appliquant f p−1−i0 à (⋆), on obtient l’absurdité λi0 = 0.
La famille (f i (x))i∈[[0,p−1]] de p vecteurs de E est libre, donc p ⩽ n. □
Justification de la propriété 285 – A n’est pas inversible (sinon 0n le serait), donc det(A) = 0.
318 Stéphane FLON
Il est difficile de montrer le résultat sur la trace sans faire de réduction : pour les 3/2,
Å on peut procéder
ã par
0 ⋆
récurrence sur n, en montrant (si n ⩾ 2) que A est semblable à une matrice de la forme , où B est
0n−1,1 B
une matrice nilpotente de taille n − 1.
Étude de stabilité 286– La notion de matrice nilpotente est stable par transposition.
Étude de stabilité 287– La notion de matrice nilpotente est stable par multiplication par un scalaire.
Å Étude
ã de stabilité 288– La notion de matrice nilpotente n’est pas stable par produit matricielEn effet :
0 1
et sa transposée sont nilpotentes, mais pas leur produit
0 0
Étude de stabilité 289– La notion de matrice nilpotente est stable par multiplication par une matrice avec
laquelle elle commute.En effet : si A est nilpotente d’indice p, et B commute avec A, alors (AB)p = Ap B p = 0
(puisque Ap ). Å ã
0 1
Étude de stabilité 290– La notion de matrice nilpotente n’est pas stable par additionEn effet : et
0 0
sa transposée sont nilpotentes, mais pas leur somme.
Étude de stabilité 291– La notion de matrice nilpotente est stable par addition, dans le cas où les deux
matrices commutent.En effet : on considère deux matrices nilpotentes A et B de Mn (K) d’indices de nilpotence
respectifs a et b. Soit p ∈ N∗ .
On a, puisque A et B commutent :
p Ç å
n
X p
(A + B) = Ak B p−k
k
k=0
Le terme d’indice k de cette somme est nul dès que k ⩾ a ou p − k ⩾ b, i.e. k ⩾ a ou k ⩽ p − b. En choisissant
p = a + b − 1 ∈ N∗ , on s’assure que chaque terme de cette somme soit nul : pour cette valeur de p, (A + B)p = 0n .
Étude de stabilité 292– La notion de matrice nilpotente est stable par similitude.En effet : Si B = P −1 AP ,
alors pour tout k ∈ N∗ , B k = P −1 Ak P , or P et P −1 sont inversibles, donc Ak = 0n si et seulement si B k = 0n .
Étude de stabilité 293– La notion d’endomorphisme nilpotent est stable par multiplication par un scalaire.
Étude de stabilité 294– La notion d’endomorphisme nilpotent n’est pas stable par composition
Étude de stabilité 295– La notion d’endomorphisme nilpotent n’est pas stable par addition
Étude de stabilité 296– La notion d’endomorphisme nilpotent est stable par addition, dans le cas où les
deux endomorphismes commutent.
Étude de stabilité 297– La notion d’endomorphisme nilpotent est stable par induction sur un sous-espace
stable.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 105 ) –
1 On procède par récurrence sur k. Pour tout k ∈ N, on pose
Hk : rg(f ◦ g k ) = rg(f )
L’amorçage au rang 0 est évident.
Fixons k ∈ N, supposons Hk . D’après cette hypothèse, et puisque Im(f ◦ g k ) ⊂ Im(f ), on a en fait
Im(f ◦ g k ) = Im(f )
On a donc
g Im(f ◦ g k ) = g (Im(f ))
soit
Im(g ◦ f ◦ g k ) = Im(g ◦ f )
soit, puisque g et f commutent et que Im(f ◦ g) = Im(f )
Im(f ◦ g k+1 ) = Im(f )
d’où Hk+1 en passant aux dimensions.
2 En appliquant le résultat de la question précédente à u1 . . . uk et uk+1 , on constate i que si rg(u1 . . . uk+1 ) =
rg(u1 . . . uk ), alors ces rangs sont nuls, et donc u1 . . . uk = 0, puis u1 . . . un = 0.
Si, pour tout k ∈ [[1, n − 1]], on a rg(u1 . . . uk+1 ) < rg(u1 . . . uk ), alors rg(u1 . . . un ) ⩽ rg(u1 ) − (n − 1) ⩽ 0,
car u1 n’est pas inversible (u1 est nilpotente), et donc u1 . . . un = 0.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 60 ) –
1 Toute matrice nilpotente est de trace nulle. Montrons-le par récurrence sur la taille de la matrice (si on
ne dispose par encore de la trigonalisation) : c’est évident en taille 1. Supposons le résultat vrai en taille n, et
soit N ∈ Mn+1 (K) nilpotente. N n’est pas inversible, donc elle est semblable à une matrice donc la première
1 n
Z n Z n ï ò
cos(t) dt 1
2
dt ⩽ 2
= − =1− ⩽1
1 t 1 t t 1 n
donc pour tout n ∈ N∗ , |un | ⩽ 3 : (un ) est bornée.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 12 ) –
1 Si le polynôme aX 2 + bX + c admet deux racines réelles distinctes α et β, alors on cherche des constantes
λ et µ telles que
1 λ µ
= +
aX 2 + bX + c X −α X −β
ce qui ramène à une situation connue.
Si le polynôme aX 2 + bX + c admet une unique racine α (nécessairement réelle), alors
−1
Z Z
dx dx
= = +C
ax2 + bx + c a(x − α)2 a(x − α)
Si le polynôme aX 2 + bX + c admet deux racines complexes conjuguées α ± i β (où α ∈ R, β ∈ R∗ ), alors
x−α
Z Z Å ã
dx dx 1
= = arctan +C
ax2 + bx + c a ((x − α)2 + β 2 ) aβ β
[[0, n − 1]], soit f˜k le prolongement par continuité de fk = f|]xk ,xk+1 [ à [xk , xk+1 ]. La fonction f˜k est continue sur
le segment [xk , xk+1 ], donc bornée : la restriction de fk à ]xk , xk+1 [ est donc bornée. f est donc bornée sur la
réunion (finie), de ces intervalles, et, comme elle est bornée sur la partie finie {x0 , . . . , xn }, elle est bien bornée
sur [a, b].
Étude de stabilité 42– La notion de fonction continue par morceaux sur un segment n’est pas stable par
compositionEn effet : prenons pour f la fonction valant 1 sur [0, 1], et −1 sur [−1, 0[, et pour g la fonction
x 7→ x sin(1/x), prolongée par continuité sur [0, 2π]. Ces fonctions sont continues par morceaux, mais pas la
composée f ◦ g (qui possède une infinité de points de discontinuité sur le segment [0, 2π].
Étude de stabilité 43– La notion de fonction continue par morceaux sur un segment est stable par com-
position à droite par une fonction continue strictement monotone.En effet : si par exemple f est continue par
morceaux de subdivision adaptée (x0 , . . . , xn ), et si g est continue strictement croissante, et atteint les valeurs
a et b, alors, en prenant yi tel que g(yi ) = xi pour tout i, on constate que f ◦ g est continue par morceaux, de
subdivision adaptée (y0 , . . . , yn ).
Justification de structure 44 – Laissée au lecteur
Une fonction continue par morceaux sur un intervalle peut avoir une infinité de points de discontinuité 48
– La fonction partie entière est continue par morceaux sur R, mais a une infinité de points de discontinuité
Une fonction continue par morceaux sur un intervalle n’est pas nécessairement bornée 49 – Il suffit de
prendre une fonction continue sur un intervalle mais non bornée, comme l’identité sur R, ou la fonction tangente
sur ] − π2 , π2 [
□
Démonstration de l’énoncé 16 (Proposition (Changement de variable pour une fonction cpm sur un seg-
ment)) – On vérifie que si σ = (x0 , . . . , xn ) est adaptée à f , alors la subdivision (φ(x0 ), . . . , φ(xn )) permet
d’établir la continuité par morceaux de f ◦ φ. On applique ensuite le changement de variable dans le cas d’une
fonction continue sur un segment, et on en déduit le résultat par relation de Chasles. □
est convergente, puisque c’est aussi [a,b] f˜. Ce cas relève donc fondamentalement de l’intégration sur un segment,
R
R
et on dit que l’intégrale [a,b[ f est faussement impropre (en b), ou qu’il y a une fausse singularité en b.
Cela provient du fait général suivant : si f est continue par morceaux au voisinage à droite (resp. à gauche)
R α+x Rα
de α, alors α f (t)dt (resp. α−x f (t)dt) tend vers 0 lorsque x tend vers 0
Justification de l’exemple 77 – La fonction f : t ∈]0, 1] 7→ sin(t) t dt se prolonge en une fonction continue f
˜
˜
sur le segment [0, 1], et intégrer la fonction f sur le segment [0, 1] ne pose aucun problème (cela relève du cours
de MPSI). R
Justification de l’équivalence 78 – Se rappeler que si f est continue sur le segment [x, y], alors [x,y] f (t)dt =
R R
[x,y]
Re(f (t))dt + i [x,y] Im(f (t))dt.
Démonstration de l’énoncé 20 (Linéarité des intégrales généralisées) – On traite le cas où I = [a, b[ (les
autres cas sont analogues). Bien sûr, 0KI ∈ Ω.
Soit f, g ∈ Ω, et λ, µ ∈ K.
Pour tout x ∈ [a, b[,
Z x Z x Z x
(λf (t) + µg(t))dt = λ f (t)dt + µ g(t)dt
a a a
Rb
donc par opérations algébriques sur les limites, a
(λf + µg) est convergente, et égale à
Z b Z b
λ f +µ g
a a
□
Une mauvaise application de la linéarité peut introduire des termes divergents 79 – Lorsqu’on utilisera
la linéarité de l’intégrale pour scinder une intégrale en combinaison linéaire de plusieurs, on s’assurera que les
intégrales introduites convergent effectivement
Justification de structure ?? – Voir la preuve de linéarité des intégrales généralisées.
Étude de stabilité 80– La notion de fonction d’intégrale convergente sur I n’est pas stable par produitEn
effet : par exemple, f : t 7→ √1t est d’intégrale convergente sur ]0, 1], mais pas f × f .
R
Démonstration de l’énoncé 21 (Positivité des intégrales généralisées) – I f s’obtient comme limite de
quantités positives. □
Démonstration de l’énoncé 22 (Croissance des intégrales généralisées) – Combinaison de la linéarité et de
la positivité des intégrales généralisées. □
324 Stéphane FLON
Démonstration de l’énoncé 23 (Primitive de limite nulle en b) – Par relation de Chasles, pour tout x ∈ [a, b[,
Rb Rx
G(x) = a f − a f . □
celle d’absolue convergence (i.e. d’intégrabilité), comme souvent en analyse (et en probabilités)
Justification de structure 88 – Laissée au lecteur
Démonstration de l’énoncé 31 (Théorème (La convergence absolue d’une intégrale implique sa convergence))
– Cas réel – Si f est intégrable sur I, les encadrements
0 ⩽ f + ⩽ |f | et 0 ⩽ f − ⩽ |f |
montrent que I f + et I f − convergent, d’où le résultat dans le cas réel.
R R
−∞
e dx = 2 0 e−x dx par parité, puis on effectue le changement de variable u = x2 (c’est bien une
bijection de classe C 1 strictement croissante de R∗+ sur lui-même) pour obtenir le résultat. □
Démonstration de l’énoncé 44 (Propriétés de l’intégrale de Dirichlet) – Posons u = − cos et v : t 7→ 1t .
Ces fonctions sont de classe C 1 , et le crochet [uv]+∞ est bien défini. Les intégrales [1,+∞[ u′ v et [1,+∞[ uv ′ sont
R R
1
donc de même nature. Or
cos(t)
u(t)v ′ (t) =
t2
qui est intégrable sur [1, +∞[, car dominée en +∞ par la fonction t 7→ 1/t2 , elle-même intégrable (exemple de
Riemann).
Soit n ∈ N∗ . On a
Z (n+1)π Z (n+1)π
sin(t) 1 2
dt ⩾ | sin(t)|dt =
nπ t (n + 1)π nπ π(n + 1)
P1 P R (n+1)π sin(t) R +∞ sin(t)
et n diverge, donc nπ t dt diverge, puis 0 t dt diverge.
On peut faire une intégration par parties en partant de l’intégrale de droite (dériver sin2 et intégrer t 7→ t12 ),
mais aussi en partant de l’intégrale de gauche, en choisissant bien la constante d’intégration pour rendre le
crochet convergent en 0. □
Étude de stabilité 111– La notion d’intégrale généralisée convergente n’est pas stable par domination
Étude de stabilité 112– La notion d’intégrale généralisée convergente n’est pas stable par équivalence
Étude de stabilité 113– La notion d’intégrale généralisée convergente n’est pas stable par prépondérance
Justification de l’exemple 22 – Soit X un ensemble non vide, E = F(X, K) laK-algèbre des fonctions bornées
de X dans K, que l’on munit de la norme infinie ∥·∥∞ . On sait qu’il s’agit d’une norme.
De plus, pour tout f, g ∈ E, et tout x ∈ X : |(f g)(x)| = |f (x) × g(x)| = |f (x)| × |g(x)|.
Or 0 ⩽ |f (x)| ⩽ ∥f ∥∞ et 0 ⩽ |g(x)| ⩽ ∥g∥∞ , donc (0 ⩽)|f (x)| × |g(x)| ⩽ ∥f ∥∞ × ∥g∥∞ .
Ainsi, ∥f ∥∞ × ∥g∥∞ est un majorant de {|(f g)(x)|, x ∈ X}, et donc ∥f g∥∞ ⩽ ∥f ∥∞ × ∥g∥∞ .
donc ∥·∥1 et ∥·∥2 sont équivalentes à ∥·∥∞ , et elles sont par transitivité elles-mêmes équivalentes.
5.8. Densité
Démonstration de l’énoncé 16 (Proposition (Caractérisation séquentielle de la densité)) – Laissée au lecteur.
Justification de l’exemple 130 – En effet, soit A ∈ Mn (K). On sait que l’application
f : λ ∈ K 7→ det(A − λ In )
Ä ä
est polynomiale, non nulle car elle admet au plus n racines. Son lieu d’annulation est donc fini, puis A − p1 In
p
est une suite de matrices inversibles (à partir d’un certain rang du moins), qui converge vers A.
Étude de stabilité 131– La notion de partie dense est stable par surpartie.
Étude de stabilité 132– La notion de partie dense est stable par union.
Étude de stabilité 133– La notion de partie dense est stable par adhérence.
Étude de stabilité 134– La notion de partie dense n’est pas stable par intersection
Étude de stabilité 135– La notion de partie dense n’est pas stable par intérieur
5.9. Topologie induite sur une partie d’un espace vectoriel normé
Justification de l’équivalence 137 – Si B est un ouvert relatif de A, alors il existe un ouvert U de E tel que
B = A ∩ U . Pour tout b ∈ B, B est l’intersection de A et du voisinage U de b, donc B est un voisinage relatif
de b dans A.
Reciproquement, on suppose que B est un voisinage relatif de tous ses points. Pour tout b ∈ B, il existe
εb ∈ R∗+ tel que B contienne B(b, εb ) ∩ A. On a donc
!
[ [
B= (A ∩ B(b, εb )) = A ∩ B(b, εb )
b∈B b∈B
S
et donc B est l’intersection de A et de l’ouvert (car union d’ouverts) b∈B B(b, εb ) : B est un ouvert relatif.
La topologie sur E induit une topologie sur chacune de ses parties 140 – La topologie sur E induit une
topologie sur chacune de ses parties
Démonstration de l’énoncé 17 (Proposition (Caractérisation séquentielle des fermés relatifs)) – Si B est
un fermé relatif de A, alors il existe un fermé Z de E tel que B = A ∩ Z. Soit (xn ) une suite de points de B
convergeant vers ℓ dans A. Par hypothèse, ℓ ∈ A, et, puisque Z est fermé, on a aussi ℓ ∈ Z, puis ℓ ∈ A ∩ Z = B,
d’où l’implication directe.
Supposons, réciproquement, que B vérifie cette propriété séquentielle. Comme B ⊂ A et B ⊂ B, on a
B ⊂ A ∩ B. Réciproquement, soit α ∈ A ∩ B. Par appartenance de α à B, il existe une suite de points de B ,
convergeant vers α. Comme en outre α ∈ A, l’hypothèse donne α ∈ B. Ainsi, B est l’intersection de A et du
fermé B de E : c’est un fermé relatif de A. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 37 ) –
1 Soit F une partie de E à la fois ouverte et fermée dans E. Quitte à considérer son complémentaire, on
peut supposer que 0E ∈ F . D’après le cas de R, toute droite vectorielle doit être contenue dans F , donc F = E.
2 Prendre par exemple l’union de deux boules ouvertes de rayon strictement positif et disjointes.
5.15. Compacité
La propriété de compacité est intrinsèque 172 – La propriété de compacité est intrinsèque
Démonstration de l’énoncé 33 (Théorème (Caractérisation de la convergence dans un compact)) – Bien
sûr, toute suite convergente admet une unique valeur d’adhérence, à savoir sa limite.
Montrons qu’une suite divergente (un ) d’une partie compacte K admet plusieurs valeurs d’adhérence. Elle
en admet déjà une, mettons ℓ, et on sait que (un ) ne converge pas vers ℓ :
∃ε ∈ R∗+ , ∀ N ∈ N, ∃n ⩾ N, ∥un − ℓ∥ > ε
def
Pour un tel ε, l’ensemble Ω = {n ∈ N, ∥un − ℓ∥ > ε} est infini : il lui correspond une extractrice φ. La suite
(uφ(n) ) admet une valeur d’adhérence ℓ′ , qui est aussi valeur d’adhérence de (un ), et qui ne peut pas être égale
à ℓ, car ∥ℓ′ − ℓ∥ ⩾ ε en considérant la relation
uφ(n) − ℓ > ε,
valable pour tout n ∈ N. □
Étude de stabilité 179– La notion de compact est stable par intersection.
Étude de stabilité 180– La notion de compact n’est pas stable par union
Étude de stabilité 181– La notion de compact est stable par union finie.
Étude de stabilité 182– La notion de compact est stable par produit d’une famille finie.En effet : en procédant
par récurrence (sur le cardinal de la famille), on se ramène à montrer que le produit cartésien A × B de deux
compacts A et B est compact. Soit ((un , vn )) une suite d’éléments de A × B.
335 Stéphane FLON
Comme A est compact, il existe une extractrice φ telle que (uφ(n) ) converge dans A. Comme B est compact,
il existe une extractrice ψ telle que (vφ(ψ(n)) ) converge dans B. Ainsi, la suite extraite ((uφ(ψ(n)) , vφ(ψ(n)) ) de
((un , vn )) converge dans A × B, d’où le résultat.
Justification de l’exemple 183 – C’est le produit de n exemplaires du compact {z ∈ K, |z| ⩽ R} de K
Démonstration de l’énoncé 34 (Théorème (Image d’une partie compacte par une application continue)) –
Soit (vn ) une suite d’éléments de f (A). Pour tout n ∈ N, il existe un ∈ A tel que f (un ) = vn . Comme A est
compact, on peut extraire de (un ) une suite convergente (uφ(n) ), vers un certain a ∈ A. Comme f est continue,
elle est continue en a, et la suite (f (uφ(n) )) converge donc vers f (a) ∈ f (A), d’où la compacité de f (A). □
Démonstration de l’énoncé 35 (Théorème des bornes atteintes) – Laissée au lecteur.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 78 ) –
1 Unicité Si x et y sont deux points fixes distincts de f , alors
d(x, y) = d(f (x), f (y)) < d(x, y)
d’où une absurdité.
Existence L’application φ : x ∈ K 7→ d(x, f (x)) est continue par continuité de f et de la norme. De plus, K
est une partie fermée bornée non vide de l’EVN E et E est de dimension finie : φ atteint donc notamment sa
borne inférieure α. Soit c ∈ K tel que α = φ(c).
Si φ(c) ̸= 0, alors on vérifie que φ(f (c)) < φ(c), ce qui contredit la définition de c : φ(c) = 0, i.e. f (c) = c.
2 On peut par exemple prendre la fonction x 7→ x + π2 − arctan(x).
Démonstration de l’énoncé 36 (Théorème de Heine sur un compact) – Considérons une fonction f : A → F
non uniformément continue sur un compact A :
∃ε ∈ R∗+ , ∀ η ∈ R∗+ , ∃(a, b) ∈ A2 , ∥a − b∥ ⩽ η ∧ ∥f (a) − f (b)∥ > ε
Pour un tel ε, on considère une suite (ηn ) qui converge vers 0, pour laquelle il existe des suites (an ) et (bn )
d’éléments de A telles que
∀ n ∈ N, ∥an − bn ∥ ⩽ ηn ∧ ∥f (an ) − f (bn )∥ > ε
De (an ), on peut extraire une suite convergente (aφ(n) ), vers un certain α ∈ A. Puisque (bn − an ) tend vers 0,
(bφ(n) ) tend aussi vers α. Cependant, si f était continue en α, alors on obtiendrait l’absurdité
0⩾ε
en passant à la limite dans la relation
f (aφ(n) ) − f (bφ(n) ) > ε,
pour tout n ∈ N. D’où le résultat par contraposition. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 65 ) –
1 f se prolonge en une fonction continue f˜ sur le segment [0, 1]. D’après le théorème de Heine, f˜ est
uniformément continue. Par restriction d’une fonction uniformément continue, f est également uniformément
continue.
2 Prenons ε = 1, et soit η > 0 tel que, pour tout (x, y) ∈ [0, 1[2 tel que |y−x| ⩽ η, on ait |f (y)−f (x)| ⩽ ε = 1.
En fixant x0 ∈ [0, 1[ tel que |1 − x0 | ⩽ η, on a, pour tout y ∈ [x0 , 1[, |f (y)| ⩽ 1 + |f (x0 )|. Par ailleurs, f est
continue sur le segment [0, x0 ], donc elle y est bornée : f est bornée.
Soit (xn ) une suite d’éléments de [0, 1[, convergeant vers 1. La suite (f (xn )) étant bornée, on peut en extraire
une suite convergente. On dispose donc d’une suite (yn ) d’élements de [0, 1[, convergeant vers 1, telle que (f (yn ))
converge vers ℓ ∈ R.
Soit maintenant (zn ), une suite quelconque d’éléments de [0, 1[, convergeant vers 1. Puisque f est uniformé-
ment continue, et que (zn − yn ) converge vers 0, (f (zn ) − f (yn )) converge aussi vers 0, donc (f (zn )) converge
vers ℓ.
Par caractérisation séquentielle, f tend vers ℓ en 1− .
On a, par bilinéarité de φ
p X
X q
φ(x, y) = λi µj φ(ai , bj )
i=1 j=1
or les formes linéaires x 7→ λi et y 7→ µj sont continues (E1 et E2 sont de dimension finie), ainsi que le produit
(λ, µ) ∈ K2 7→ λµ, d’où la continuité de φ. □
Justification de structure 200 – Laissée au lecteur
Démonstration de l’énoncé 44 (Théorème (Caractérisation des compacts dans un evn de dimension finie))
– Laissée au lecteur.
Pas de généralisation hâtive de la caractérisation des compacts dans un evn de dimension finie 204 – Pas
de généralisation hâtive de la caractérisation des compacts dans un evn de dimension finie
Démonstration de l’énoncé 45 (Théorème (Caractérisation de la convergence en dimension finie)) – Laissée
au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 46 (Proposition (Un sous-espace de dimension finie est fermé)) – Montrons
ceci séquentiellement : soit (un ) une suite de points de F , convergeant vers un point a de E. La suite (un ) est
convergente, donc bornée. L’image de (un ) est une partie bornée de F : soit B une boule fermée de F qui la
contient. B est une partie compacte (car F est de dimension finie), donc (un ) a au moins une valeur d’adhérence
dans B, et donc dans F . Cette valeur d’adhérence ne pouvant être que a, on a a ∈ F . Ainsi, F est fermé. □
Justification de structure 206 – Laissée au lecteur
337 Stéphane FLON
Justification de l’exemple 209 – Comme toutes les normes sont équivalentes en dimension finie, il suffit de
norme donnée. On fixe une base B = (e1 , . . . , ep ) de E, et on considère la norme infinie pour
le vérifier pour uneP
p
cette base. Si x = i=1 λi ei (où les λi sont des scalaires),
∥x∥∞,B = max{|λi |, i ∈ [[1, p]]}
P P
Soit un une série absolument convergente dans E pour cette norme : cela signifie que ∥un ∥∞,B est conver-
gente. Pour tout n ∈ N, écrivons
Xp
un = λn,i ei
i=1
Pour tout i ∈ [[1, p]], tout n ∈ N, on a 0 ⩽ |λn,i | ⩽ ∥un ∥∞,B . Sachant que
P
∥un ∥∞,B converge, on en déduit
P
que n λn,i converge absolument,P puis converge (le cas des séries numériques a déjà été traité), et ce pour tout
i ∈ [[1, p]]. Ainsi, la série un est convergente.
Justification de structure 210 – Laissée au lecteur
Étude de stabilité 211– La notion de série absolument convergente dans un evn est stable par domination.
Le but principal de ce chapitre est d’étudier plusieurs modes de convergence d’une suite ou d’une série de
fonctions, de voir quelles propriétés sont transmises par ces différents modes de convergence, et de justifier sous
certaines hypothèses des échanges de limites ou de symboles 1 – Le but principal de ce chapitre est d’étudier
plusieurs modes de convergence d’une suite ou d’une série de fonctions, de voir quelles propriétés sont transmises
par ces différents modes de convergence, et de justifier sous certaines hypothèses des échanges de limites ou de
symboles
Dire qu’une suite de fonctions ou qu’une série de fonctions converge (sans autre précision) n’a pas de sens
2 – Dire qu’une suite de fonctions ou qu’une série de fonctions converge (sans autre précision) n’a pas de sens
Dans ce chapitre, E et F sont des espaces vectoriels normés de dimension finie, A est une partie de E. Dans
la grande majorité des applications, E = R, F est égal à K (lui-même égal à R ou à C), et A est un intervalle
I. Sauf précision contraire, les fonctions sont réputées définies sur A et à valeurs dans F 3 – Dans ce chapitre,
E et F sont des espaces vectoriels normés de dimension finie, A est une partie de E. Dans la grande majorité
des applications, E = R, F est égal à K (lui-même égal à R ou à C), et A est un intervalle I. Sauf précision
contraire, les fonctions sont réputées définies sur A et à valeurs dans F
6.5. Opérations sur les domaines où la convergence d’une suite de fonctions donnée est
uniforme
Étude de stabilité 57– La notion de partie sur laquelle une suite de fonctions donnée converge uniformément
est stable par union finie.
Étude de stabilité 58– La notion de partie sur laquelle une suite de fonctions donnée converge uniformément
n’est pas stable par union
Démonstration de l’énoncé 3 (Enlever un point au domaine n’aide pas à la convergence uniforme) – Laissée
au lecteur.
Enlever un point au domaine n’aide pas à la convergence uniforme 59 – Ainsi, il est illusoire d’enlever un
point à un domaine sur lequel il y a convergence simple mais non uniforme pour espérer obtenir la convergence
uniforme : en pratique, on enlèvera plutôt un voisinage de ce point
En faisant tendre p vers l’infini (c’est possible par convergence simple), il vient :
∞
X ∞
X
uk (x) ⩽ ∥uk ∥∞
k=n+1 k=n+1
Il n’y a pas d’autre théorème que celui-ci pour lequel la convergence normale figure parmi les hypothèses
341 Stéphane FLON
La convergence normale est beaucoup plus forte que la convergence absolue en tout point d’une série de
fonctions 77 – La convergence normale est beaucoup plus forte que la convergence absolue en tout point d’une
série de fonctions
1
ζ(s) ∼s → 1+
s−1
lim 1s 1
P P
Remarque – Le théorème de la double limite ne s’appliquait pas, car la série i.e. n, diverge.
s→1 n
6.12. Approximation
Démonstration de l’énoncé 23 (Théorème (Approximation uniforme par des fonctions en escalier)) – Laissée
au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 24 (Théorème (Approximation uniforme par des fonctions continues, affines par
morceaux)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 25 (Théorème de Weierstrass) – Laissée au lecteur.
Dans ce chapitre, K et K désignent des corps 1 – Dans ce chapitre, K et K désignent des corps
Le but de ce chapitre est de légitimer, sous certaines conditions, l’échange entre une intégrale dépendant
d’un paramètre et un passage à la limite. On s’intéressera notamment à la régularité d’une fonction définie par
une intégrale à paramètre 1 – Le but de ce chapitre est de légitimer, sous certaines conditions, l’échange entre
une intégrale dépendant d’un paramètre et un passage à la limite. On s’intéressera notamment à la régularité
d’une fonction définie par une intégrale à paramètre
En introduisant de la variabilité, ce chapitre permettra de calculer la valeur de beaucoup d’intégrales
convergentes 2 – Cela fait écho à la citation de Paul Erdös : Il faut parfois compliquer un problème pour en
simplifier la solution .
Les théorèmes de ce chapitre comportent beaucoup d’hypothèses, qu’il convient de hiérarchiser. L’hypothèse
majeure est souvent appelée hypothèse de domination, les autres se retrouvant par le bon sens. Les hypothèses
de régularité par rapport à la variable d’intégration (à savoir la continuité par morceaux) n’ont pas à être
explicitées 3 – Les théorèmes de ce chapitre comportent beaucoup d’hypothèses, qu’il convient de hiérarchiser.
L’hypothèse majeure est souvent appelée hypothèse de domination, les autres se retrouvant par le bon sens. Les
hypothèses de régularité par rapport à la variable d’intégration (à savoir la continuité par morceaux) n’ont pas
à être explicitées
(fn ) est une suite de fonctions cpm qui converge simplement vers l’indicatrice f de {π/2} sur 0, π2 . La
fonction f est bien cpm.
Enfin, on a, pour tout (n, t) ∈ N × 0, π2 , |fn (t)| ⩽ 1, or t 7→ 1 est (positive) intégrable sur 0, π2 .
Par application du théorème de convergence dominée, la suite numérique d’intégrales (un ) converge vers
R π/2
0
f (t)dt, c’est-à-dire vers 0.
Remarque – Le TCVD n’impose pas de se placer sur un segment, nous aurions pu travailler sur 0, π2 (afin que
la limite simple de la suite de fonctions soit identiquement nulle).
On procède de même pour (vn ), qui converge simplement vers la fonction v sur [0, 1], vérifiant v(1) = sh(1)
et v(x) = 0 pour tout x ∈ [0, 1[. On prend la domination ∀(n, t) ∈ N × [0, 1], | sh(tn )| ⩽ sh(1), et la fonction
constante de valeur sh(1) est intégrable sur [0, 1]).
n
2 Posons, pour tout (n, t) ∈ N × ]0, π[, fn (t) = (cos(t))
√
t
.
(fn ) est une suite de fonctions continues par morceaux, convergeant simplement vers la fonction identique-
ment nulle sur ]0, π[ (également cpm).
Enfin, pour tout (n, t) ∈ N × ]0, π[, |fn (t)| ⩽ √1t , or t 7→ √1t est intégrable sur ]0, π[.
Rπ
Par application du théorème de convergence dominée, la suite (wn ) converge vers 0 0 dt, c’est-à-dire vers
0.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 2 ) –
1
i Voir le cours sur les séries.
347 Stéphane FLON
n
ii Soit n ∈ N∗ . La fonction gn : t 7→ 1 − nt ln(t) est continue (par morceaux) sur ]0, n], et gn (t) ∼t → 0
ln(t). Or ln est intégrable sur ]0, n], donc gn l’est également : en particulier, In existe.
En vue d’appliquer le théorème de convergence dominée, on prolonge les fonctions gn sur un intervalle de
définition commun : pour tout (n, t) ∈ N∗ × R∗+ , on pose fn (t) = gn (t) si t ⩽ n, et fn (t) = 0 sinon.
Chaque fonction fn est bien continue par morceaux (et même continue) sur R∗+ .
La suite de fonctions (fn ) converge simplement vers la fonction f : t ∈ R∗+ 7→ e−t ln(t). En effet, pour
n
t ∈ R∗+ fixé, on a fn (t) = 1 − nt ln(t) dès que n ⩾ t. Or
Å Å ãã
t
fn (t) = exp n ln 1 − ln(t) ∼n∞ e−t ln(t)
n
La fonction f est bien continue par morceaux (et même continue) sur R∗+ .
Enfin, on se rappelle l’inégalité de concavité ln(1 + u) ⩽ u pour tout u > −1, ce qui permet de montrer que
Or g est intégrable sur R∗+ (elle y est cpm, g(t) ∼t → 0 ln(t) et g(t) = ot → +∞ t12 ).
Par application du théorème de convergence dominée, on obtient bien le résultat souhaité (on a bien sûr
R +∞
0
fn (t)dt = In ).
iii Soit n ∈ N∗ . En effectuant le changement de variable linéaire u = nt , on a
Z 1 Z 1 Z 1 Z 1
n
In = n (1−u)n ln(un)du = n (1−u)n ln(u)du+n (1−u)n ln(n)du = n (1−u)n ln(u)du+ ln(n)
0 0 0 0 n+1
En faisant ensuite une intégration par parties (le choix de la constante d’intégration rend le crochet bien défini),
1 ò1 Z 1 n
Z 1X
v n+1 − 1 v n+1 − 1
Z ï
n 1 Hn+1
v ln(1 − v)dv = ln(1 − v) − dv = − v k dk = −
0 n+1 0 0 (n + 1)(v − 1) n+1 0 n+1
k=0
Ainsi,
Å ã
n 1
In = − Hn − ln(n) +
n+1 n+1
d’où le résultat.
Le théorème de convergence s’applique à des intégrales définies sur un même intervalle fixé, mais, même si
l’intervalle varie, on peut parfois se ramener à la première situation 8 – Le théorème de convergence s’applique
à des intégrales définies sur un même intervalle fixé, mais, même si l’intervalle varie, on peut parfois se ramener
à la première situation
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 7 ) –
Le TCVD permet aussi la détermination de certains équivalents (non constants), suite à un changement
de variable 9 – Le TCVD permet aussi la détermination de certains équivalents (non constants), suite à un
changement de variable
Démonstration de l’énoncé 2 (Corollaire (théorème de convergence dominée, cas d’un paramètre réel)) –
Il suffit d’utiliser la caractérisation séquentielle de la limite, ainsi que le théorème de convergence dominée. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 8 ) – On montrera d’abord que g est bien définie sur R∗+ .
Soit x ∈ [1, +∞[. La fonction fx : t 7→ ln(t)e−xt est continue par morceaux sur R∗+ , et, pour tout t ∈ R∗+ ,
|fx (t)| ⩽ | ln(t)|e−t .
Or φ : t 7→ | ln(t)|e −t
est intégrable sur R∗+ (φ est continue par morceaux sur R∗+ , φ(t) ∼t → 0 | ln(t)| et
1
φ(t) = ot → +∞ t2 ).
Ainsi, si (xn ) est une suite de réels strictement positifs tendant vers +∞, le théorème de convergence
dominée appliqué à la suite (fxn ), qui converge simplement vers la fonction nulle, montre que (g(xn )) converge
vers 0.
Cela montre séquentiellement que g tend vers 0 en +∞.
Remarque – Il est essentiel que la domination soit valable pour lorsque le paramètre x décrit tout un voisinage
de +∞. Si on avait dominé pour x ∈ [a, b], nous n’aurions pas pu faire tendre x vers +∞.
348 Stéphane FLON
9.2. Le théorème d’intégration terme à terme
Démonstration de l’énoncé 3 (Théorème d’intégration terme à terme, cas positif ) – Hors programme
(admise). □
Démonstration de l’énoncé 4 (Théorème d’intégration terme à terme) – Hors P Rprogramme (admise). □
L’hypothèse de sommation est la plus forte possible : il y a convergence de |f |, la seule convergence
I n
P R
de R f
I n
ne suffit pas 10 – L’hypothèse de sommation est la plus forte possible : il y a convergence de
P P R
|f |, la seule convergence de
I n
f ne suffit pas
I n
Justification de structure 11 – Cet ensemble est une partie de l’espace vectoriel des séries de fonctions de
I dans PK, RcomprenantP Rle vecteur nul.
Si |f | et
I n
|g | convergent, alors, pour tout λ, µ ∈ K, 0 ⩽ |λ fn + µ gn | ⩽ |λ| |fn | + |µ| |gn |, donc
I n
λ fn + µ gn est intégrable, et Z Z Z
0⩽ |λ fn + µ gn | ⩽ |λ| |fn | + |µ| |gn |
I I I
PR
donc I
|λ fn + µ gn | converge.
Étude de stabilité 12– La notion de série de fonctions vérifiant l’hypothèse
PR de sommation est stable par
multiplication par une fonction (continue par morceaux) bornée.En effet : si I
|fn | converge
R et si g est continue
R
par morceaux etR bornée, alors |fn ×Rg| ⩽ ∥g∥∞ |fn |, donc fn × g est intégrable, et 0 ⩽ I |fn × g| ⩽ ∥g∥∞ I |fn |.
P P
Comme |f | converge,
I n
|f × g| converge également.
I n
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 4 ) –
1 √
i gn : t 7→ t e−nt est continue sur R+ , et gn (t) = ot → +∞ t12 , donc gn est intégrable sur R+ .
ii On effectue le changement de variable linéaire u = nt. Comme l’intégrale In est bien définie, on a
Z +∞ √
u du Γ(3/2)
In = √ e−u =
0 n n n3/2
√
1 π
Or Γ(3/2) = 2 Γ(1/2) =
2 n3/2
, d’où le résultat.
e−t −t
P∞ −t k
iii 1
Pour tout t > 0, et −1 = 1−e −t = e k=0 (e ) , puisque e−t ∈]0, 1[.
√
t
On a donc, en posant g(t) = et −1 pour tout t > 0, on a
∞ ∞
X √ X
g(t) = te−(k+1)t = gn (t)
k=0 n=1
Z 1 Z +∞ −(k+1)u k
(−x ln(x))k e u
dx = du
0 k! 0 k!
puis, en effectuant le changement de variable v = (k + 1)u :
Z 1 Z +∞
(−x ln(x))k 1 1
dx = k+1
e−v v k dv =
0 k! k!(k + 1) 0 (k + 1)k+1
et le résultat s’ensuit.
349 Stéphane FLON
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 10 ) –
1 P 1
i L’hypothèse de sommation se traduit par la convergence de un , ce que les hypothèses ne garantissent
pas (voir par exemple le cas où un = n + 1).
ii Le membre de droite existe par application du critère spécial des séries alternées ((1/un ) est bien
décroissante de limite nulle).
Ce même critère montre que pour tout x > 0, (−1)n e−un x converge. Il fournit aussi une majoration du
P
reste, en particulier
+∞
X
∀ x > 0, 0 ⩽ (−1)n e−un x ⩽ e−u0 x
n=0
Il manque la continuité par morceaux de la somme pour justifier l’existence du membre de gauche, que l’on
obtient par exemple par un argument de convergence sur tout [a, +∞[ pour tout a > 0 grâce à la majoration
du reste :
∞
∀ x ⩾ a, ∀ N ∈ N,
X
(−1)n e−un x ⩽ e−uN +1 x ⩽ e−uN +1 a
n=N +1
car à x fixé, les suites des sommes partielles des rangs pairs et impairs respectivement sont adjacentes.
Cette domination permet d’appliuer le convergence dominée à la suite des sommes partielles, ce qui conduit
bien au résultat voulu.
Quand l’hypothèse de sommation fait défaut, on peut chercher à appliquer le théorème de convergence
dominée à la suite des sommes partielles 13 – Quand l’hypothèse de sommation fait défaut, on peut chercher
à appliquer le théorème de convergence dominée à la suite des sommes partielles
sin(xt) Mt
∀ M ∈ R∗+ , ∀(x, t) ∈ [−M, M ] × R∗+ , t
⩽ t
e −1 e −1
f : R∗+ × R → R
1
(b, x) 7→ (x2 +a2 )(x 2 +b2 )
Pour tout b ∈ R∗+ , la fonction x 7→ f (b, x) est continue par morceaux sur R.
Pour tout x ∈ R, la fonction b 7→ f (b, x) est continue sur R∗+ .
Soit [α, β] ⊂ R∗+ :
Or φ : x 7→ f (α, x) est cpm sur R, et φ(x) = ox → ±∞ x12 ) : par comparaison aux fonctions de référence de
Riemann, φ est intégrable sur R.
Ainsi, d’après le théorème de continuité des intégrales à paramètre, la fonction g est bien continue sur R∗+ .
ii Grâce à l’indication, et comme les intégrales introduites convergent bien
+∞
Z ÇZ +∞ Z +∞
å
dx 1 1 1 1 π π π
= 2 dx − dx = − =
−∞ (x2 + a2 )(x2 + b2 ) b − a2 −∞ x2 + a2 −∞ x2 + b2 b2 − a2 a b ab(a + b)
R∞ dx π
iii Les deux questions précédentes permettent d’obtenir : −∞ (x2 +a2 )2
= 2a3 .
Or f (x+δ,t)−f
δ
(x,t)
tend vers ∂f
∂x (x, t) lorsque δ tend vers 0. Nous allons appliquer le théorème de convergence
dominée dans le cas d’un paramètre réel. On a bien continuité par morceaux de t 7→ f (x+δ,t)−f
δ
(x,t)
et t 7→ ∂f
∂x (x, t)
sur I.
351 Stéphane FLON
∂f
De plus, puisque, à t fixé (dans I), y 7→ f (y, t) est de classe C 1 sur J, de dérivée y 7→ ∂x (y, t), on a
Z x+δ ∂f
f (x + δ, t) − f (x, t) ∂x (y, t)
= dy
δ x δ
Z x+δ
1 ∂f
⩽ (y, t) dy
|δ| x ∂x
Z x+δ
1
⩽ |φ(t)| dy
|δ| x
= φ(t)
g(x+δ)−g(x)
Cette domination montre bien que lim δ = g2 (x), d’où le résultat souhaité. □
δ→0
Retenir et hiérarchiser les hypothèses du théorème de dérivation des intégrales à paramètre 18 –
— Les points (1) et (2) permettent de définir la fonction g.
— Les points (3) et (4) permettent d’appliquer à ∂f ∂x le théorème de continuité.
— La démonstration permet en outre de faire le lien entre g et la fonction continue x 7→ I ∂f
R
∂x (x, t) dt.
Le théorème de dérivation des intégrales à paramètre permet de calculer beaucoup d’intégrales 19 – Cet
énoncé est très souvent utilisé, puisqu’il permet de calculer beaucoup d’intégrales
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 26 ) –
1 Notons, pour tout (x, t) ∈ R × R∗+ : f (x, t) = e t−1 e−t .
ixt
Pour x fixé, t 7→ f (x, t) est continue sur R∗+ , admet une limite finie en 0 et f (x, t) = ot → +∞ t12 , donc I(x)
est bien définie (et l’intégrale définissant I(x) est absolument convergente).
On observe que f admet une dérivée partielle première par rapport à sa première variable, et que l’on a
∂f
∂x (x, t) = ieixt e−t = ie(ix−1)t , et t 7→ ie(ix−1)t est bien intégrable sur R+ pour tout réel x.
Or, pour tout réel non nul x :
Z +∞ ï ò+∞
(ix−1)t 1 (ix−1)t 1 1 + ix
e dt = e = =
0 ix − 1 0 1 − ix 1 + x2
Nous allons appliquer le théorème de Leibniz. La fonction (x, t) 7→ ie(ix−1)t est continue sur R × R∗+ , et, pour
tout réel x, tout t > 0 :
i e(ix−1)t ⩽ e−t
(il y a en fait égalité).
Cette domination permet d’affirmer que I est dérivable sur R, et que, pour tout réel x :
i x
I ′ (x) = −
1 + x2 1 + x2
En outre, I(0) = 0, d’où, en intégrant :
1
I(x) = − ln(1 + x2 ) + i arctan(x)
2
Remarque – Pour illustrer la puissance des intégrales à paramètre, on peut signaler qu’on a, notamment
Z +∞ Z +∞
sin(t) −t π 1 − cos(t) −t ln(2)
e dt = et e dt =
0 t 4 0 t 2
Démonstration de l’énoncé 8 (Théorème (Dérivation d’une intégrale à paramètre, version avec domination
locale)) – Provient du théorème de Leibniz, et du caractère local de la dérivabilité en un point. □
Démonstration de l’énoncé 9 (Théorème de dérivation jusqu’à l’ordre k d’une intégrale à paramètre) – On
procède bien sûr par récurrence sur k, le cas où k = 1 étant une conséquence du théorème de Leibniz.
Dans l’hérédité, le passage délicat consiste à justifier que si on a une domination pour tout segment de
∂ k+1 f k
∂x k+1 (x, .), alors on en a également une pour ∂∂xfk (x, .). C’est ce passage que l’on détaille : soit donc [a, b] un
segment inclus dans J, et soit φ une fonction intégrable sur I telle que, pour tout x ∈ [a, b], tout t ∈ I :
∂ k+1 f
(x, t) ⩽ φ(t)
∂xk+1
Soit x ∈ [a, b]. On a, pour tout t ∈ I fixé :
x
∂kf ∂ k+1 f ∂kf
Z
(x, t) = (y, t)dy + (a, t)
∂xk a ∂x k+1 ∂xk
352 Stéphane FLON
(d’après le théorème fondamental de l’analyse). On a donc
Z x k+1
∂kf ∂ f ∂kf
(x, t) ⩽ (y, t)dy + (a, t)
∂xk a ∂x
k+1 ∂xk
Z x k+1
∂ f ∂kf
⩽ (y, t) dy + (a, t)
a ∂xk+1 ∂xk
Z x
∂kf
⩽ φ(t)dy + (a, t)
a ∂xk
∂kf
= (x − a)φ(t) + (a, t)
∂xk
∂kf
⩽ (b − a)φ(t) + (a, t)
∂xk
k
Les hypothèses assurent l’intégrabilité de t 7→ (b − a)φ(t) + ∂∂xfk (a, t) , d’où l’hérédité, puis le résultat. □
Démonstration de l’énoncé 10 (Théorème de dérivations successives d’une intégrale à paramètre) – Les
hypothèses permettent d’appliquer le théorème de dérivation à l’ordre k d’une intégrale à paramètre, et ce pour
tout k ∈ N. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 27 ) –
1 Déjà traitée.
et −1 pour tout (x, t) ∈ R × R+ .
2 Posons g(x, t) = sin(xt) ∗
Cependant, cette fonction φ n’est pas intégrable sur ]0, +∞[ (à cause du comportement en 0) : nouvel échec.
On justifie plutôt directement l’interversion
Z +∞ X∞ ∞ Z +∞
X
sin(xt)e−nt dt = sin(xt)e−nt dt
0 n=1 n=1 0
t n
Z n Å ã Z 1
x−1 x
t 1− dt = n ux−1 (1 − u)n du
0 n 0
En intégrant n fois par parties cette dernière intégrale (on dérive à chaque fois le terme en (1 − uk ) et on intègre
l’autre), on obtient
t n
Z n
n!nx
Å ã
x−1
t 1− dt =
0 n x(x + 1) · · · (x + n)
d’où le résultat.
ii Le théorème de convergence dominée dans le cas d’un paramètre réel montre que G tend vers 0 en
+∞.
En faisant tendre x vers +∞, on obtient donc
π
0 = − I2
4
√
π
et donc, puisque I ⩾ 0 : I = 2 .
iii On calcule g ′′ (x), pour x > 0. On linéarise d’abord sin2 (t) = 1−cos(2t)
2 , donc pour tout x > 0,
Z +∞
g ′′ (x) = sin2 (t)e−xt dt
0
Z +∞
1 − cos(2t) −xt
= e dt
0 2
Z +∞
1 +∞
Z
1 −xt
= e dt − cos(2t)e−xt dt (par linéarité de l’intégrale et convergence des intégrales introduites)
2 0 2 0
1 +∞
Z
1
= − cos(2t)e−xt dt
2x 2 0
R +∞ R +∞ ÄR +∞ ä R +∞ î ó+∞
Or 0 cos(2t)e−xt dt = 0 Re e2it e−xt dt = Re 0 e2it e−xt dt = 0 e(−x+2i)t dt = −x+2i 1
e(−x+2i)t
=
0
1
x−2i = xx+2i
2 +4 .
2x2
Z Z
2 2 8
dx + C = x ln(x2 + 4) − 2x + arctan(x/2) + C
ln(x + 4)dx = x ln(x + 4) −
x2 + 4 2
et il existe donc une constante K telle que, pour tout x > 0 :
x2
Å ã
1 x 2 x x
g(x) = (x ln(x)) − x − ln(x + 4) + − arctan(x/2) + K = ln − arctan(x/2) + K
2 4 2 4 x2 + 4
Comme précédemment, g tend vers 0 en +∞, ce qui impose K = π2 .
Pour conclure, on utilise la continuité de g en 0, pour (enfin) obtenir I = J = π2 .
3
356 Stéphane FLON
−xt
2 . Comme 0 ⩽ a(x, t) ⩽ 1+t2 pour tout (x, t) ∈ (R+ ) , f est bien définie sur R+
e 1 2
i Posons a(x, t) = 1+t
(et ne l’est pas en x < 0 car dans ce cas, 1 = ot → +∞ (a(x, t))).
De plus, a est continue sur R2 , donc elle est continue par rapport à chacune de ses variables. La majoration
de a(x, t) proposée ci-dessus montre que l’hypothèse de domination du théorème de continuité des intégrales à
paramètres est vérifiée, d’où la continuité de f .
ii Soit b > 0. Sur [b, +∞[, on a
∂a ∂2a
(x, t) ⩽ e−bt et (x, t) ⩽ e−bt
∂x ∂x2
donc on peut appliquer le théorème de dérivation sous le signe somme, obtenant le fait que f est de classe C 2
sur R∗+ , mais aussi que pour tout x ∈ R∗+ :
Z +∞ 2 −xt
t e
f ′′ (x) = dt
0 1 + t2
On a donc Z +∞
1
f ′′ (x) + f (x) = e−xt dt =
0 x
iii On montre que g est bien définie sur R+ grâce à une intégration par parties (comme pour l’intégrale
de Dirichlet).
R +∞ sin(t)
Remarque – L’intégrale 0 x+t dt est toutefois semi-convergente (convergente mais pas absolument conver-
gente). Cette semi-convergence fait que le théorème de continuité des intégrales à paramètres ne s’applique pas
directement.
Soit x ∈ R+ . On effectue le changement de variable u = x + t dans l’intégrale 0
R +∞ sin(t)
x+t dt :
Z +∞ Z +∞
sin(t) sin(u − x)
dt = du
0 x + t u=x u
Z +∞
sin(u) cos(x) − sin(x) cos(u)
= du
u=x u
Z +∞ Z +∞
sin(u) cos(u)
= cos(x) du − sin(x) du (⋆)
x u x u
cette dernière égalité se justifie en montrant la convergence des intégrales engagées (toujours par une intégration
par parties).
sur R∗+ de limite nulle en +∞. De même pour
R +∞
Or x 7→ x sin(u) u du est la primitive de x 7→
sin(x)
x
sur R∗+ .
R +∞ cos(u) ∞
x 7→ x u du. Ceci montre par opérations algébriques que g est de classe C
Le fait que g soit de limite nulle en +∞ s’obtient aisément par la relation ⋆ (le produit d’une fonction
bornée par une fonction tendant vers 0 en +∞ tend vers 0 en +∞).
R +∞
Reste à établir la continuité en 0 : la relation ⋆ la justifie, en observant que x 7→ x sin(u) u du est continue
en 0 (par définition et existence de l’intégrale de Dirichlet). Le même raisonnement ne s’applique pas à x 7→
R +∞ cos(u) R +∞ cos(u)
x u du, car 0 u du est divergente (problème en 0). Cependant, pour tout x ∈]0, 1]
Z 1 Z 1
cos(u) 1
du ⩽ du = − ln(x)
x u x u
et sin(x) ∼x → 0 x, donc
Z +∞
cos(u)
sin(x) du →x → 0 0
x u
R +∞ sin(u)
ce qui montre que g admet 0 u du pour limite à droite en 0, soit sa valeur en 0 : g est continue en 0.
Remarque – On aurait pu établir la continuité de g en 0 en reprenant la formule initiale : (preuve rapide)
Z +∞
x sin(t)
|g(x) − g(0)| = dt
0 t(x + t)
Z 1 Z +∞
1 1
⩽ x dt + x dt
0 x+t 1 t2
Å ã Z +∞
1+x 1
⩽ x ln +x dt
x 1 t2
qui tend bien vers 0 lorsque x tend vers 0.
357 Stéphane FLON
iv f − g est solution sur R∗+ de l’équation différentielle y ′′ + y = 0, donc f − g ∈ Vect(cos, sin). Comme
elle est en outre de limite nulle en +∞, f − g est identiquement nulle sur R∗+ , puis sur R+ par continuité en 0.
On a en particulier f (0) = g(0), d’où
Z +∞ Z +∞
sin(t) 1 π
dt = 2
dt =
0 t 0 1+t 2
Grâce à la domination
∀(n, t) ∈ N × R+ , |fn (u)| ⩽ ∥f ∥∞,R+ e−u
et comme u 7→ e−u est intégrable sur R+ , on a le résultat voulu par caractérisation séquentielle et le théorème
de convergence dominée. □
Démonstration de l’énoncé 16 (Théorème de la valeur initiale) – Soit c un point du domaine d’absolue
convergence Ω de L(f ), de sorte que [c, +∞[⊂ Ω. On peut supposer que c > 0 (si ce n’est pas le cas, on le
remplace par 1 par exemple).
Par hypothèse, il existe δ > 0 et K > 0 tels que, pour tout t ∈ [0, δ], on ait
|f (t) − f (0)| ⩽ Kt
358 Stéphane FLON
Soit x > c. On a (convergence des intégrales ci-dessous et)
Z +∞ Z +∞ Z +∞
|xL(f )(x) − f (0)| = x f (t)e−xt dt − f (0) = x (f (t) − f (0))e−xt dt ⩽ x |f (t) − f (0)| e−xt dt
0 0 0
On veut montrer que le terme de gauche tend vers 0 lorsque x tend vers +∞.
Pour ce faire, on scinde l’intégrale en insérant la borne δ :
Z δ Z +∞
−xt
|xL(f )(x) − f (0)| ⩽ x |f (t) − f (0)| e dt + x |f (t) − f (0)| e−xt dt
0 δ
D’une part,
Z δ Z δ Z δx Z +∞
−xt −xt −u du du K
x |f (t) − f (0)| e dt ⩽ x Kte dt = Kue ⩽ Kue−u =
0 0 0 x 0 x x
et, d’autre part, Z +∞ Z +∞
−xt
x |f (t) − f (0)| e dt ⩽ xe (c−x)δ
|f (t) − f (0)| e−ct dt
δ δ
On a donc Z +∞
k
|xL(f )(x) − f (0)| ⩽ + xe(c−x)δ |f (t) − f (0)| e−ct dt
x δ
d’où le résultat par encadrement. □
Le but de la réduction des endomorphismes est de proposer une représentation d’un endomorphisme par
une matrice la plus simple possible (en dimension finie). Pour une matrice carrée, cela revient à trouver un
représentant simple de sa classe de similitude 1 – Le but de la réduction des endomorphismes est de proposer
une représentation d’un endomorphisme par une matrice la plus simple possible (en dimension finie). Pour une
matrice carrée, cela revient à trouver un représentant simple de sa classe de similitude
Sans autre précision, E est un K-espace vectoriel, les espaces vectoriels sont définis sur un sous-corps K de
C, de même pour les matrices 2 – Sans autre précision, E est un K-espace vectoriel, les espaces vectoriels sont
définis sur un sous-corps K de C, de même pour les matrices
Étude de stabilité 52– La notion d’endomorphisme diagonalisable de E est stable par polynôme (i.e. si u
est diagonalisable, alors, pour tout polynôme P , P (u) est diagonalisable).
Démonstration de l’énoncé 11 (Diagonalisabilité lorsque le spectre est un singleton) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 12 (Antagonisme entre diagonalisabilité et nilpotence) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 13 (Antagonisme entre diagonalisabilité et nilpotence (version matricielle)) –
Laissée au lecteur.
Par hypothèse, 1 et −1 sont valeurs propres de f , donc Sp(f ) = {−1, 0, 1} ou Sp(f ) = {−1, 1}. Dans le
premier cas, f admet 3 valeurs propres distinctes et est un endomorphisme de R3 (qui est de dimension 3), donc
f est diagonalisable. Si Sp(f ) = {−1, 1}, 0 n’est pas valeur propre, donc f est inversible, donc simplifiable, d’où
f 2 = Id R3 en simplifiant par f 2 dans f 4 = f 2 : comme f est une symétrie, f est diagonalisable.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 23 ) – χA = (X − 1)2 (X − 2), dim(E1 (A)) = 3 − rg(A − I3 ) = 2 et
dim(E2 (A)) = 1 (par exemple ⩽ 1 parce que la multpliplicité algébrique vaut 1, et ⩾ 1 parce que 2 est valeur
propre de A) : A est diagonalisable.
Remarque – Plus généralement, si λ est une valeur propre de A de multiplicité algébrique 1, alors on a néces-
sairement mλ (A) = dim(Eλ (A)(= 1)).
χB = (X − 1)2 (X − 2), mais dim(E1 (B)) = 3 − rg(B − I3 ) ̸= 2 : B n’est pas diagonalisable.
Remarque – Ces exemples ont été trouvés grâce à l’énoncé 23, qui n’est pas au programme mais permet de
prendre du recul.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 28 ) –
1 dim(E0 (M )) = n − 1, donc χM = X n−1 (X − λ) pour un certain λ ∈ K. Par propriété sur le polynôme
caractéristique (ou en trigonalisant M ), λ = tr(M ).
Si tr(M ) ̸= 0, alors Sp(M ) = {0, tr(M )}, où dim(E0 (M )) = m0 = n − 1 et dim(Eλ (M )) ⩾ 1 = mλ (avec
les notations usuelles), donc M est diagonalisable.
Si tr(M ) = 0, alors dim(E0 (M )) = n − 1 < m0 = n : M n’est pas diagonalisable.
2 Si tous les ai sont nuls, A est de rang 0 (et elle est alors diagonal(isabl)e).
T
Sinon, A est de rang 1 (égale à X(X Pn ) ou X est la matrice colonne de coefficients a1 , . . . , an ), donc
diagonalisable si et seulement si tr(A) = i=1 a2i ̸= 0.
3 Cette matrice est de rang 1 (produit de la colonne de coefficients 1, 2, . . . , n et de la ligne de coefficients
1, 1/2, . . . , 1/n : comme sa trace est non nulle (elle vaut n), cette matrice est diagonalisable.
4 Matrice de rang 1 de trace non nulle (égale à 3) : matrice diagonalisable.
5
i Si v = 0, f est l’endomorphisme nul. Si v ̸= 0, f est de rang 1.
ii Si v = 0, f est diagonalisable (il est nul). Si v ̸= 0, f est diagonalisable si et seulement si tr(f ) ̸= 0.
La trace de f est la somme des composantes de v dans (e1 , . . . , en ).
Démonstration de l’énoncé 22 (Proposition (Diagonalisabilité d’un endomorphisme induit)) – Laissée au
lecteur.
363 Stéphane FLON
Étude de stabilité ??– La notion d’endomorphisme diagonalisable est stable par induction sur un sous-espace
stable.
Démonstration de l’énoncé 23 (Une matrice diagonale par blocs est diagonalisable si et seulement si ses
blocs diagonaux le sont) – Laissée au lecteur.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 29 ) –
1
i Si u et v admettent une base commune de diagonalisation (e1 , . . . , en ) dans cette base, les matrices
de u et de v sont diagonales, et elles commutent donc : u et v commutent.
Supposons réciproquement que les deux endomorphismes diagonalisables u et v commutent.
Soit λ ∈ Sp(u). On sait que v stabilise Eλ (u), donc v induit un endomorphisme de ce sous-espace, diago-
nalisable comme induit d’un diagonalisable (exocours). Ainsi, en prenant une base de vecteurs propres de cet
endomorphisme induit, on obtient une base Eλ (u) constituée de vecteurs propres communs à u et à v.
Ceci vaut pour tout λ ∈ Sp(u), et E est la somme de ces sous-espaces lorsque λ décrit Sp(u) (car u est
diagonalisable) : en concaténant les bases obtenues, on obtient une base de E constituée de vecteurs propres
communs à u et à v, i.e. u et v sont codiagonalisables.
ii Dans une base commune de diagonalisation B, les matrices A et B de u et v respectivement sont
diagonales, donc A + B et AB le sont également : MB (u + v) et MB (uv) sont diagonales.
r ⩽ 1) : R = 1.
3 La suite ((3n + n)rn ) est bornée si et seulement si r < 1/3 : le rayon de convergence de (3n + n)z n
P
vaut 1/3.
4 Soit r ∈ R+ . La suite (an rn ) est bornée si et seulement si (|an |rn ) l’est donc |an |z n et an z n ont le
P P
même rayon de convergence.
Si de plusPr ̸= 0, alors (an+1 rn ) est bornée si et seulement si (an+1 rn+1 ) est bornée si et seulement si (an rn )
n
an z n ont le même rayon de convergence.
P
est bornée : an+1 z et
5 (αn 1n ) est bornée, donc 1 ⩽ R.
6 En revenant à la définition, on trouve que le rayon de convergence cherché vaut 1/3.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 2 ) –
1
∼ 1 > 0 et
P 1 P 1
1 1+n n2 converge, donc n2 +1 converge. Comme (R ) est bornée, le rayon de convergence
P 2 n n2 P 1n n
R de Rn x est supérieur ou égal à 1. Comme Rn ⩾ n21+1 , et que n2 +1 x a pour rayon de convergence 1,
on en déduit R ⩽ 1. Finalement, R = 1.
2 1 ⩽ dn ⩽ n (ou 1 ⩽ dn ⩽ 2n si on prend les diviseurs relatifs), donc R = 1.
n ∈N .
car 2n
n! 1 ∗
3 0 ⩽ (2n)! ⩽ n!
4 À partir d’un certain rang, 1 ⩽ ln(n) ⩽ n, donc R = 1.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 3 ) –
an 1n diverge (grossièrement), donc R ⩽ 1, puis R = 1.
P
1 Si en outre (αn ) ne tend pas vers 0, alors
2 On montre classiquement que (sin(n)) ne tend pas vers 0 (sinon, (sin(n + 1)) converge aussi, donc (cos(n))
également, puis (ein ) converge, puis ei = 1). Cette suite est par ailleurs évidemment bornée, donc R = 1.
P n n P n
3 Cette série entière est la somme des séries P
entières 3 z et nz , de rayon respectifs 1/3 et 1. Comme
ces rayons diffèrent, le rayon de convergence de (3n + n)z n vaut 1/3.
Démonstration de l’énoncé 7 (Proposition (Règle de d’Alembert pour les séries entières)) – C’est un cas
particulier du critère de d’Alembert pour les séries numériques. □
La règle de d’Alembert pour les séries entières est utile dans certains cas, mais n’est pas la panacée 13 –
La règle de d’Alembert est assez pratique pour déterminer le rayon de convergence (particulièrement lorsque
an s’écrit avec des quotients, produits, factorielles, ou est donnée par certaines relations de récurrence), mais
ce n’est pas du tout un passage obligé : la simple définition du rayon de convergence permet très souvent de le
déterminer, et d’autres techniques lui sont assez souvent largement préférables
367 Stéphane FLON
La bonne règle de d’Alembert est celle sur les séries numériques 14 – La bonne règle de d’Alembert
est celle donnée dans le chapitre sur les séries numériques : en l’appliquant au cas particulier d’une série entière,
on retrouve naturellement la proposition précédente.
De plus, nombreux sont les cas où la règle de d’Alembert pour les séries entières ne s’applique pas (elle
suppose l’existence d’une limite), notamment lorsque la série entière est lacunaire, par exemple de la forme
αn z 2n
P
Démonstration de l’énoncé 8 (Proposition (Égalité de deux rayons de convergence)) – Notons bn = nan
pour tout n ∈ N, et, pour tout (n, ε) ∈ N × R∗+ ,
def
αε,n = (1 + ε)n an
de sorte que
Rb ⩽ Ra et Rαε ⩽ Rb
soit
Ra
⩽ Rb ⩽ Ra
1+ε
puis Ra = Rb en faisant tendre ε vers 0. □
DesPencadrementsPgrossiers peuvent donner le rayon de convergence 17 – Plus généralement, pour tout
α ∈ R, nα an z n et an z n ont même rayon de convergence : des encadrements parfois
P grossiers permettent
donc de trouver le rayon de convergence. Si par exemple n13 ⩽ |an | ⩽ n17 , alors an z n a pour rayon de
convergence 1
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 4 ) –
1 R = +∞ par la règle de d’Alembert, ou par un retour à la définition éventuellement avec Stirling, etc.
n+1
2 ln(n+1)
ln(n) =
ln(n)+ln(1+1/n)
ln(n) tend vers 1 lorsque n tend vers l’infini, donc, si z ∈ C∗ , z zn ln(n+1)
ln(n) tend vers
ln(n)z n converge (absolument) si |z| < 1,
P
|z| lorsque n tend vers l’infini : d’après le critère de d’Alembert,
diverge grossièrement si |z| > 1, donc le RCV vaut 1.
3 Soit z ∈ C∗ , et an = n32 +1
n
Ä ä
z (pour tout n). La suite aan+1
n 2n
n
converge vers 3 z 2 , donc, par le critère de
P 3n n 2n
d’Alembert, n2 +1 z converge lorsque |3 z 2 | < 1, i.e. |z| < √13 , diverge lorsque |z| > √13 : le RCV vaut √13 .
Remarque – Le critère de d’Alembert pour les séries numériques peut fonctionner (comme ici) dans le cas d’une
série entière lacunaire, alors que le critère de d’Alembert pour les séries entières ne s’applique pas.
an+1
4 On montre par récurrence que les an sont tous non nuls, on en déduit immédiatement que an tend vers
n+1
3/2. Pour z ∈ C fixé,
∗ an+1 z 3
tend vers |z| lorsque n tend vers l’infini, donc le RCV vaut
an z n 2
2
3.
Remarque – C’est sans doute l’exemple où la règle de d’Alembert est vraiment la méthode à privilégier.
∞ ∞ Å ãk
X X x
Rn (x) = ak xk = ak Rak
Ra
k=n+1 k=n+1
L’inégalité |Rn (x)| ⩽ 2 sup{|rk |, k ⩾ n} est également valable en x = Ra , de sorte que ∥Rn ∥∞,[0,Ra ] ⩽
2 sup{|rk |, k ⩾ n}.
Ce dernier terme tendant vers 0 lorsque n tend vers l’infini, il y a bien convergence uniforme sur [0, Ra ].
Par transmission de continuité par convergence uniforme, on en déduit que S est continue en Ra . □
2 Pour tout x ∈ R, ex = xn
P∞ 1
P∞
n=0 n! , et pour tout x ∈] − 1, 1[, 1−x = n=0 xn , donc, par produit de Cauchy,
pour tout x ∈] − 1, 1[,
∞ n
!
ex X X 1
= xn
1 − x n=0 k!
k=0
Le RCV vaut 1, par exemple parce qu’il y a divergence grossière pour x = 1 (et convergence si |x| < 1), ou
ex
1
parce que sinon, comme 1−x = e−x × 1−x 1
, le RCV de x 7→ 1−x serait strictement plus grand que 1.
3 Qn−1
pour tout n ∈ N.
P+∞ (−1/2−k)
i On a, pour tout x ∈] − 1, 1[ : (1 + x)−1/2 = n=0 an xn où an = k=0 n!
Or
Qn−1 n−1
k=0 (−1/2 − k) (−1)n Y
= n (2k + 1)
n! 2 n!
k=0
et
n−1 Qn−1
k=0 (2k + 1)(2k + 2) (2n)!
Y
(2k + 1) = Qn−1 =
k=0 (2k + 2)
2n n!
k=0
d’où le résultat.
ii Par substitution, on a, pour tout x ∈] − 1, 1[ :
∞
1 X (2n)! 2n
√ = n (n!)2
x
1−x 2
n=0
4
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 43 ) –
P+∞ −n/2
1 On dérive, on décompose en éléments simples, et on trouve f (t) = π4 + n=1 2 n sin(3nπ/4)tn .
2 P+∞ Ä x6n+1 x6n+3
ä
2 On dérive, observe que 1+x12 +x4 = 1−x
1−x6 , d’où F (x) = F (0) + n=0 6n+1 − 6n+3 .
On calcule Z 0
1 a2 + a + 1 2a − 1
Å ã
1 2a + 1
f (x)dx = ln 2 + √ arctan √ + arctan √ ,
−a 4 a −a+1 2 3 3 3
π
d’où F (0) = 2√ 3
.
3
i On peut intégrer terme à terme, et on obtient, puisque arcsin(0) = 0, le résultat voulu.
ii On prolonge l’égalité obtenue sur ] − 1, 1[ à [−1, 1], par continuité. On justifie la continuité de la
somme de la série entière par un argument de convergence normale (et donc uniforme) sur [−1, 1], que l’on
établit avec la formule de Stirling.
(2n)!
Détaillons : Notons un : x 7→ (2n+1)4 n (n!)2 x
2n+1
, pour tout n ∈ N. Chaque un est continue sur [−1, 1], et
(2n)!
∥un ∥∞,[−1,1] = (2n+1)4n (n!)2 .
Z Z π ∞
(2n)!
2 X
arcsin(sin(t))dt = n 2
(sin(t))2n+1 dt
[0, π
2] 0 n=0 (2n + 1)4 (n!)
∞ Z π2
X (2n)!
= n (n!)2
(sin(t))2n+1 dt
n=0
(2n + 1)4 0
∞
X 1
=
n=0
(2n + 1)2
Rπ (2n)! 2n+1 1
(grâce à l’étude des intégrales de Wallis, 02 (2n+1)4 n (n!)2 (sin(t)) dt = (2n+1)2 (voir l’exercice 33 p. 439
∞ ∞ ∞
X 1 X 1 X 1
2
= 2
+
n=1
n n=0
(2n + 1) n=1
(2n)2
4 π2 π2
P∞ 1
on obtient classiquement n=1 n2 = 3 8 = 6 .
P∞
ii Soit S : t 7→ n=0 an tn une fonction développable en série entière sur ] − R, R[, où R > 0. On a donc,
pour tout t ∈] − R, R[ :
∞
X +∞
X
S ′ (t) = nan tn−1 = (n + 1)an+1 tn ,
n=1 n=0
et
∞
X +∞
X
′′ n−2
S (t) = n(n − 1)an t = (n + 2)(n + 1)an+2 tn ,
n=2 n=0
de sorte que
∞
X
(1 − t2 )S ′′ (t) − tS ′ (t) + α2 S(t) = (n + 2)(n + 1)an+2 − n(n − 1)an − nan + α2 an tn
n=0
Ainsi, par unicité du développement en série entière d’une fonction développable en série entière, S est solution
de E sur ] − R, R[ si et seulement si, pour tout n ∈ N :
(n + 2)(n + 1)an+2 = (n2 − α2 )an
Comme on souhaite en outre que S(0) = 1 et S ′ (0) = 0, i.e. a0 = 1 et a1 = 0, a2n+1 = 0 pour tout n ∈ N, et,
pour tout n ∈ N : Qn−1
((2k)2 − α2 )
a2n = k=0
(2n)!
Réciproquement, la série entière donnée par ces coefficients est bien développable en série entière (par application
du critère de d’Alembert pour les séries numériques), sur ] − 1, 1[ plus précisément, et donc solution de E sur
] − 1, 1[.
iii Par unicité de la solution sur ] − 1, 1[ à ce problème de Cauchy, on en déduit que f = S.
□
Démonstration de l’énoncé 21 (Proposition (Opérations sur les familles de réels positifs)) – Soit a ∈ R+ .
Pour toute partie finie F de I, on a
X X X
aui = a ui ⩽ a ui
i∈F i∈F i∈I
et on sait que sup aX = a sup X pour toute partie non vide X de réels, et tout réel positif a, d’où le premier
résultat.
Pour toute partie finie F de I, on a
X X X X X
(ui + vi ) = ui + vi ⩽ ui + vi
i∈F i∈F i∈F i∈I i∈I
d’où
X X X
ui ⩽ (ui + vi ) − vi
i∈I i∈I i∈G
puis
X X X
vi ⩽ (ui + vi ) − ui
i∈G i∈I i∈I
et donc (d’après le cas déjà traité des familles sommables de réels positifs) que
X X X X X X
(ui + vi )+ + vi− + u−
i = u+i + vi+ + (ui + vi )−
i∈I i∈I i∈I i∈I i∈I i∈I
X
= ai bj
(i,j)∈Cn \Tn
X
⩽ ∥ai bj ∥
(i,j)∈Cn \Tn
X
⩽ αi βj
(i,j)∈Cn \Tn
n
!Ñ n é
n
X X X
= αi βj − γk
i=0 j=0 k=0
or cette dernière expression tend vers 0 lorsque n tend vers l’infini d’après le cas scalaire, d’où le résultat. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 19 ) –
Étude de stabilité 56– La notion d’événement d’une tribu A est stable par différence ensembliste.En effet :
si A, B ∈ A, alors (A \ B) = A ∩ B ∈ A.
Pour montrer qu’une partie de Ω est un événement, utiliser les stabilités de cette dernière notion 57 –
Pour montrer qu’une partie de Ω est un événement, utiliser les stabilités de cette dernière notion
Prouver qu’une partie est un événement n’est pas une question fréquente 58 – Il est rare qu’un énoncé de
concours demande vraiment de justifier qu’une partie de l’univers est un événement, sans doute parce que c’est
une question un peu abstraite. Il est cependant utile de comprendre le bien fondé de cette question, au moins
en principe
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 38 ) –
S Ä ÄT ää
1 B = n∈N An ∩ m∈N\{n} Am ∈ A.
2 Une partie de N est infinie si et seulement si elle n’est pas majorée, donc
C = {ω ∈ Ω, ∀ n ∈ N, ∃k ⩾ n, ω ∈ Ak } =
\ [
Ak
n∈N k⩾n
3 C = {ω ∈ Ω, ∃n ∈ N, ∀ k ⩾ n, ω ∈ Ak } = n∈N k⩾n Ak
S T
Utilité de la notion de système complet d’événements 60 – La notion de système complet d’événements sert
surtout dans la formule des probabilités totales. Un système complet d’événements sert avant tout à décomposer
un événement A en une union disjointe d’événements
377 Stéphane FLON
12.7. Probabilité sur un espace probabilisable. Espace probabilisé
Un espace probabilisable admet en général plusieurs probabilités 61 – Il faut bien comprendre que (Ω, A)
admet plusieurs et même une infinité de probabilités, sauf dans le cas sans intérêt probabiliste où A est la tribu
triviale {∅, Ω}. Le choix d’une probabilité relève de la personne qui modélise, dans ce registre probabiliste, une
situation concrète. En principe, vous n’aurez pas à effectuer cette étape de modélisation dans les épreuves de
concours (du moins en maths). Pensez par exemple à l’univers [[1, 6]] représentant le résultat du lancer d’un dé :
la distribution n’est pas nécessairement uniforme
Justification de l’exemple 63 – Il suffit d’appliquer la σ-additivité à la suite (An )n∈N où An = ∅ pour tout
n ∈ N.
Démonstration de l’énoncé 34 (Proposition (Propriétés des probabilités)) –
— Poser Ak = ∅ pour tout k > n et utiliser la σ-additivité.
— Additivité finie appliquée à (A, A).
— A ∪ B est la réunion disjointe des événements A et B \ A, donc P (A ∪ B) = P (A) + P (B \ A). De même,
B est la réunion disjointe des événements B \ A et A ∩ B, donc P (B) = P (B \ A) + P (A ∩ B). Le résultat
s’ensuit immédiatement.
— Si A ⊂ B, B est la réunion disjointe des événements A et B \ A, donc P (B) = P (A) + P (B \ A). Comme
P (B \ A) ⩾ 0, on a bien P (A) ⩽ P (B).
□
Étude de stabilité 67– La notion d’événement négligeable est stable par sous-événement.
Étude de stabilité 68– La notion d’événement presque sûr est stable par sur-événement.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 36 ) –
P
1 Par σ-additivité, la série P (An ) converge : son terme général tend donc vers 0.
2
i Application de la question précédente à An = {n}.
ii Pour tout p ∈ N∗ , on note ∆p = {ω ∈ Ω, P ({ω}) ⩾ p1 }. Montrer que pour tout p ∈ N∗ , ∆p
est fini. En écrivant ∆ comme une réunion, mSupposons que ∆p ne soit pas fini : on peut trouver une suite
Pn )n∈N d’éléments de ∆p , distincts deux à deux (ωi ̸= ωj dès que i ̸=
(ω j). D’après la première question, la série
P ({ωn }) converge, or tous ses termes sont supérieurs ou égaux à p1 : c’est absurde, donc ∆p est fini.
∆ est la réunion des ∆p , où p décrit l’ensemble dénombrable N∗ : comme chaque ∆p est fini, ∆ est au plus
dénombrable (union au plus dénombrable d’ensembles au plus dénombrables).
Démonstration de l’énoncé 35 (Proposition (Sous-additivité finie)) – Le dernier point de la proposition 34
permet d’établir le cas où n = 2, et ce dernier cas justifie aisément l’hérédité de cette propriété (initialisée sans
peine pour n = 1). □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 33 ) –
1 = P (A ∪ B ∪ C) ⩽ P (A) + P (B) + P (C) = 3P (A)
donc P (A) ⩾ 1/3, puis P (A) ⩽ 32 .
Démonstration de l’énoncé 36 (Proposition (Continuité croissante)) – Posons B0 = A0 et, pout tout
n∈N:
Bn+1 = An+1 \ An
On vérifie que pour tout n ∈ N, An = 0⩽i⩽n Bi et que i∈N Ai = i∈N Bi . De plus, les Bi sont incompatibles
S S S
deux à deux. On a donc, pour tout n ∈ N :
X
P (An ) = P (Bi )
0⩽i⩽n
P∞
Donc (P (An )) tend vers i=0 P (Bi ).
Or, par σ-additivité, ! !
X [ [
P (Bi ) = P Bi =P Ai
i∈N i∈N i∈N
d’où le résultat. □
Mettre en évidence le théorème de continuité croissante quand on l’emploie 69 – Bien mettre en évidence
cet énoncé en cas d’emploi (la difficulté est de percevoir la nécessité de son emploi)
Ne pas parler de limite d’une suite d’événements 70 – On ne peut pas écrire limn P (An ) = P (limn An ),
car la notation limn An n’a pas de sens.
Lien entre la continuité croissante et la convergence dominée 71 – Cette proposition n’est pas sans rappeler
le théorème de convergence dominée, ou plus précisément le théorème de convergence monotone (dans le cas
d’une suite croissante de fonctions continues par morceaux positives, convergeant simplement vers une fonction
intégrable)
378 Stéphane FLON
Démonstration de l’énoncé 37 (Proposition (Continuité décroissante)) – Passer au complémentaire, et
appliquer la continuité croissante. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 39 ) –
1 Si par exemple (An ) est une suite décroissante d’événements négligeables, alors pour tout n ∈ N, P (An ) =
0, donc la suite
T (P (An )) converge vers 0 (elle est même constante).
T
De plus, n∈N T An ⊂ A0 et A0 est négligeable, donc n∈N An est lui aussi négligeable : la suite (P (An ))
converge bien vers n∈N An . De même (ou par passage au complémentaire) pour une suite croissante d’événe-
ments presque sûrs.
Remarque – Nous n’avons même pas utilisé l’hypothèse de monotonie de la suite (An ).
2 Soit (An ) une suite d’événements négligeables. Pour tout n ∈ N, soit Bn = k∈[[0,n]] An . On a n∈N An =
S S
S
n∈N Bn , or (Bn ) est une suite croissante d’événements négligeables (par sous-additivité finie), donc par conti-
nuité croissante, leur réunion est négligeable.
Démonstration de l’énoncé 38 (Proposition (Sous-additivité)) – Pour tout n ∈ N,
Ñ é
[ Xn ∞
X
P Ai ⩽ P (Ai ) ⩽ P (Ai )
0⩽i⩽n i=0 i=0
c’est donc un événement (par les stabilités usuelles et car X1 + · · · + Xk est une variable aléatoire discrète).
est croissante (pour l’inclusion), et la réunion de ces événements est (X < x), donc (FX (yn )) tend vers P (X < x)
381 Stéphane FLON
par continuité croissante. Par unicité de la limite, ℓ = P (X < x), et donc pour toute suite (xn ) de réels tendant
vers x par valeurs inférieures, (P (X ⩽ xn ))n∈N tend vers P (X < x).
De même, FX admet une limite finie ℓ′ à droite en x, et la continuité décroissante appliquée à X ⩽ x + n1 n∈N∗
∞
X 2pq b pq b−1
P (V = b) = P ((U, V ) = (a, b)) = p2 q 2b−2 + = q 2b−2 (2p − p2 )
a=0
1−q
Remarque – On retrouve heureusement le résultat de la question précédente, mais par une méthode bien plus
laborieuse.
On verifie enfin que pour tout (a, b) ∈ N × N∗ , on a bien P ((U, V ) = (a, b)) = P (U = a)P (V = b) ,et donc
que U et V sont bien indépendantes.
La loi de Poisson fournit une bonne modélisation du nombre d’événements rares 119 – La loi de Poisson
fournit une bonne modélisation du nombre d’événements rares : nombre d’accidents sur une portion de route,
nombre d’erreurs typographiques dans une page, etc.
Démonstration de l’énoncé 56 (Proposition (Somme de v.a.i suivant des lois de Poisson)) – Notons Z =
X + Y . On sait que Z est une variable aléatoire discrète, à valeurs naturellesS
(comme somme de telles variables).
Soit n ∈ N. On peut écrire l’événement (Z = n) comme la réunion disjointe k=0 ((X = k) et (Y = n − k)).
n
12.17. Espérance
Dans le cas d’un univers fini, les deux notions d’espérance coı̈ncident 120 – Les deux notions d’espérance,
données en MPSI et MP, coı̈ncident bien dans le cas d’une variable aléatoire finie (qui admet toujours une
espérance)
L’espérance ne dépend que de la loi 121 – En fait, l’espérance de X ne dépend que de la loi que X suit :
on aurait pu parler d’espérance d’une loi, mais ce n’est pas ce qu’a retenu l’usage
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 67 ) –
Pn
1 On doit avoir k=0 P (X = k) = 1, d’où a = 21n , puis X ,→ B(n, 1/2). On a donc E(X) = n2 et V(X) = n4 .
Pn 1 n
1 n+1
n+1
2 On doit avoir k=0 P (X = k) = 1, et k+1 k = n+1 k+1 , donc β = 2n+1 −1 .
E(X) = E(X + 1) − 1 = β 2n − 1.
Remarque – Pour calculer V(X), on peut partir de V(X) = E(X(X + 1)) − E(X) − E(X)2 , et on trouve
V(X) = β n 2n−1 − β 2n (β 2n − 1).
384 Stéphane FLON
12.18. Le théorème de transfert et autres propriétés de l’espérance
Démonstration de l’énoncé 57 (Théorème de transfert) – Laissée au lecteur.
Le théorème de transfert est sans doute le principal résultat de ce chapitre 129 – Il sert notamment à
montrer la linéarité de l’espérance
Ne pas oublier l’hypothèse de sommabilité dans le théorème de transfert 130 – Ne pas oublier l’hypothèse
de sommabilité dans le théorème de transfert
Dans la formule de transfert, la variable aléatoire n’est pas nécessairement à valeurs réelles ou complexes
131 – Cela nous sera très utile dans le cours
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 68 ) –
Ä ä Pn Pn Ä ä Ä ä
1 1
1 E X(1+X) = k=1 k(k+1) P (X = k) = n1 k=1 k1 − k+1 1
= n1 1 − n+11 1
= n+1 .
Pn 1
Pn 1 n k n−k
1
P n n+1 k (n+1)−(k+1)
1
2 E(Y ) = k=0 k+1 P (X = k) = k=0 k+1 k p q = n+1 k=0 k+1 p q = p(n+1) (1 − (1 −
n+1
p) ) si p ̸= 0.
Démonstration de l’énoncé 58 (Proposition (Linéarité de l’espérance)) – Laissée au lecteur.
Justification de structure ?? – Voir la preuve de l’énoncé 58.
Démonstration de l’énoncé 59 (Proposition (Positivité de l’espérance)) – Immédiat par définition de l’es-
pérance. □
Démonstration de l’énoncé 60 (Proposition (Croissance de l’espérance)) – Dans un tel cas, Y − X est
positive et admet une espérance, donc E(Y − X) ⩾ 0, puis, par linéarité, E(Y ) ⩾ E(X). □
Démonstration de l’énoncé 61 (Espérance et comparaison) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 62 (Proposition (Espérance d’un produit de variables aléatoires indépendantes))
– Laissée au lecteur.
□
Démonstration de l’énoncé 68 (Proposition (Variance d’une somme finie de v.a. deux à deux indépendantes))
– Combiner les énoncés 66 et 67. □
Démonstration de l’énoncé 69 (Proposition (Propriétés du coefficient de corrélation)) – Laissée au lecteur.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 69 ) –
1 Soit X une va suivant B(n, p). Sa variance ne dépend que de la loi : c’est donc aussi la variance de
X1 + · · · + Xp , où X1 , . . . , Xp sont des vaiid suivant B(p).
Pp Ces variables sont mutuellement indépendantes, donc
elles le sont deux à deux, et donc V(X1 + · · · + Xn ) = i=1 V(Xi ) = np(1 − p). Finalement, V(X) = np(1 − p).
2
i P (X = k) = 13−2k 36 . On trouve E(X) = 36 .
91
Démonstration de l’énoncé 71 (Proposition (Fonction génératrice d’une somme finie de v.a.i. à valeurs
naturelles)) – Laissée au lecteur.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 51 ) –
1 Si X et Y sont indépendantes et suivent des lois de Poisson de paramètres respectifs λ et µ, alors pour
tout t ∈ R
GX+Y (t) = GX (t)GY (t) = eλ(t−1) eµ(t−1) = e(λ+µ)(t−1)
et X + Y suit donc la loi P(λ + µ).
2 Si X et Y sont indépendantes et suivent respectivement B(m, p) et B(n, p), alors, pour tout t ∈ R
GX+Y (t) = GX (t)GY (t) = (pt + q)m (pt + q)n = (pt + q)m+n ,
donc X + Y ,→ B(m + n, p).
Démonstration de l’énoncé 72 (Proposition (Utilisation de la fonction génératrice dans le cas d’un RCV
plus grand que 1)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé P 73 (Proposition (Espérance et fonction génératrice)) – Supposons que X
admette une espérance. La série nP (X = n) est alors convergente à termes positifs, donc absolument conver-
gente.
nP (X = n)tn−1 (commençant à l’indice 1) est donc normalement convergente
P
La série entière dérivée
sur [−1, 1] : ainsi, d’après le théorème de dérivation des séries de fonctions, GX est dérivable en 1, et
G′X (1) = E(X)
Réciproquement, supposons que GX soit dérivable en 1. On sait que pour tout t ∈ [0, 1[ :
∞
X
G′X (t) = nP (X = n)tn−1
n=1
l’application φ : f 7→ f (0) n’est pas le produit scalaire par une fonction g. En effet, si tel était le cas, alors pour
R1
f = Id [0,1] × g, on aurait 0 t g(t)2 dt = 0, puis g serait identiquement nulle sur ]0, 1] (une fonction continue
positive d’intégrale nulle sur [0, 1] est identiquement nulle sur ce segment), et enfin sur [0, 1] par continuité.
Toute fonction appartenant à E serait donc nulle en 0, ce qui est absurde.
Étude de stabilité 31– La notion de famille orthonormée n’est pas stable par concaténation
Étude de stabilité 32– La notion de famille orthonormée est stable par permutation.
Étude de stabilité 33– La notion de famille orthonormée n’est pas stable par multiplication d’un vecteur
par un scalaire
Étude de stabilité 34– La notion de famille orthonormée est stable par sous-famille.
Étude de stabilité 37– La notion de base orthonormée n’est pas stable par concaténation
Étude de stabilité 38– La notion de base orthonormée est stable par permutation.
Étude de stabilité 39– La notion de base orthonormée n’est pas stable par multiplication d’un vecteur par
un scalaire
Démonstration de l’énoncé 8 (Proposition (Existence d’une base orthonormale dans un espace euclidien))
– Montrons ce résultat par récurrence sur la dimension n de E.
L’amorçage au rang 0 est évident.
Fixons n ∈ N, supposons le résultat établi pour tout espace euclidien de dimension n. Soit E un espace
euclidien de dimension n + 1. Comme dim(E) > 0, E admet un vecteur non nul y, et donc admet aussi un
vecteur unitaire en+1 (en prenant le normalisé de y).
La forme linéaire φ : x ∈ E 7→ (en+1 |x) est non nulle (car non nulle en en+1 ), son noyau est donc un
hyperplan H de E : dim(H) = n.
Par hypothèse de récurrence, H admet une base orthonormée (e1 , . . . , en ).
La famille (e1 , . . . , en+1 ) est clairement une base orthonormée de E, d’où l’hérédité, puis le résultat. □
Démonstration de l’énoncé 9 (Proposition (Décomposition d’un vecteur P dans une base orthonormée)) –
Soit (λ1 , . . . , λn ) ∈ Rn le n-uplet des coordonnées de x dans (e1 , . . . , en ) : x = i=1 λi ei .
n
Fixons j ∈ [[1, n]]. En prenant le produit scalaire avec ej , il vient λj = (x|ej ) (par caractère orthonormé de
(e1 , . . . , en )). □
La décomposition d’un vecteur dans une base se fait facilement en base orthonormée 40 – La décomposition
d’un vecteur dans une base se fait facilement en base orthonormée
Démonstration de l’énoncé 10 (Représentation matricielle d’un endomorphisme dans une base orthonormée)
– Conséquence immédiate de 9. □
Démonstration
ÄPn de l’énoncé ä11 (Proposition (Expression d’un produit scalaire en base orthonormée)) –
Pn Pn Pn Pn
(x|y) = i=1 xi ei | j=1 yj ej = i=1 j=1 xi yj (ei |ej ) = i=1 xi yi car (ei |ej ) = δi,j pour tout (i, j) ∈
[[1, n]]2 . □
Un produit scalaire s’exprime bien en base orthonormée 41 – Un produit scalaire s’exprime bien en base
orthonormée
Démonstration de l’énoncé 12 (Proposition (Expression de la norme en base orthonormée)) – Conséquence p
immédiate de l’énoncé Proposition (Expression d’un produit scalaire en base orthonormée) et de ∥x∥ = (x|x).
□
390 Stéphane FLON
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 6 ) –
1 Le seul produit scalaire susceptible de convenir est donné par la formule de l’énoncé 11.
On vérifie aisément que, réciproquement, cette formule définit bien un produit scalaire pour lequel la base
B est orthonormée.
Un même espace vectoriel réel admet généralement plusieurs produits scalaires 42 – Un même espace
vectoriel réel admet généralement plusieurs produits scalaires
Un sous-espace vectoriel F d’un espace préhilbertien E et son orthogonal F ⊥ dans E ne sont R 1pas toujours
supplémentaires dans E 53 – Pour le produit scalaire sur E = C 0 ([0, 1], R) donné par (f |g) = 0 f g, le sous-
espace vectoriel F = {f ∈ E, f (0) = 0} a un orthogonal nul (car si g ∈ F ⊥ , alors g est orthogonal à Id [0,1] × g),
et donc F + F ⊥ = F ⊊ E
Justification de l’équivalence 54 – F ⊥ = Vect(fi , i ∈ I)⊥ = {fi , i ∈ I}⊥ .
Pour tout j ∈ [[1, n]], on a, en prenant le produit scalaire avec ej , et sachant que (e1 , . . . , en ) est orthonormée,
λj = (x|ej ).
Ainsi, on a nécessairement
n
X n
X
xF = (x|ei )ei et xF ⊥ = x − (x|ei )ei
i=1 i=1
Synthèse : on vérifie aisément que réciproquement, ces formules définissent des vecteurs de somme x, que
xF ∈ F , et enfin que xF ⊥ ∈ F ⊥ (en vérifiant que pour tout j ∈ [[1, n]], (xF ⊥ |ej ) = 0 pour tout j ∈ [[1, n]]). □
Démonstration de l’énoncé 14 (Formules sur les orthogonaux dans un espace euclidien) – On a toujours
F ⊂ F ⊥⊥ , et, comme F et F ⊥⊥ sont des supplémentaires de F ⊥ (grâce à lénoncé 13), ils ont même dimension :
F = F ⊥⊥ .
⊥
Pour la seconde formule, on a F ⊥ ∩ G⊥ = (F ∪ G)⊥ = (Vect(F ∪ G)) = (F + G)⊥ . On peut d’ailleurs
observer que cette formule est valable dans tout espace préhilbertien.
Enfin, la dernière formule d’obtient en appliquant la formule précédente à F ⊥ et G⊥ , en utilisant la première
formule, et en prenant l’orthogonal. □
Démonstration de l’énoncé 15 (Proposition (Expression du projeté orthogonal dans une base orthonormale))
– Formule déjà établie dans la preuve de l’énoncé 13. □
Démonstration de l’énoncé 16 (Caractérisation du projeté orthogonal) – Soit x ∈ F . Les vecteurs u−pF (u)
et pF (u) − x sont orthogonaux (ce sont des vecteurs respectifs de F ⊥ et de F ), donc, d’après le théorème de
Pythagore, d(u, x)2 = d(u, pF (u))2 + d(pF (u) − x)2 .
On en déduit bien le résultat voulu. □
Démonstration de l’énoncé 17 (Procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt) – Nous poserons, pour
tout k ∈ N∗ : Fk = Vect(ei )i∈[[1,k]] , et pFk désignera le projecteur orthogonal sur Fk .
391 Stéphane FLON
Unicité : en procédant par récurrence (finie ou non) sur k, on voit que nécessairement g1 est le normalisé
de e1 , et que si on suppose g1 , . . . , gk−1 construits, un vecteur au plus est susceptible de convenir pour gk , car
gk doit compléter (g1 , . . . , gk−1 ) en une base orthonormée de Fk : deux choix sont possibles, au plus un d’entre
eux respecte la condition (gk |ek ) > 0.
Montrons maintenant l’existence, en posant f1 = ∥ee11 ∥ , et, pour tout k ∈ I \ {1} :
ek − pFk−1 (ek )
fk =
ek − pFk−1 (ek )
(fk est bien défini car ek ∈ / Fk−1 , donc ek − pFk−1 (ek ) ̸= 0).
Existence : vérifions que la famille (fk )k∈I convient.
Tout d’abord, pour tout k ∈ I \ {1}, on a fk ∈ Fk et ek ∈ Fk−1 + Rfk , donc une récurrence immédiate
donne Vect(f1 , . . . , fk ) = Vect(e1 , . . . , ek ) = Fk pour tout k ∈ I.
⊥
Ensuite, chaque fk est unitaire par construction, et, si k, l ∈ I où k > l, alors fk ∈ Fk−1 et fl ∈ Fk−1 , donc
fk et fl sont orthogonaux.
Il reste à établir la propriété (2). Soit k ∈ I. On a bien (fk |ek ) > 0 si k = 1, et, si k ⩾ 2 :
(fk |ek ) = fk |ek − pFk−1 (ek ) + pFk−1 (ek )
⊥
= fk |ek − pFk−1 (ek ) car fk ∈ Fk−1
Ç å
ek − pFk−1 (ek )
= |ek − pFk−1 (ek )
ek − pFk−1 (ek )
= ek − pFk−1 (ek ) > 0
□
Interprétation géométrique du procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt 58 – On peut donc inter-
préter ce procédé de manière géométrique : f1 est le normalisé de e1 , et pour tout k ∈ I \ {1}, fk est le normalisé
de ek − pFk−1 (ek ) (on n’a conservé que la partie orthogonale à Fk−1 de ek , puis on a normalisé).
Pk−1
Puisque (f1 , . . . , fk−1 ) est une base orthonormée de Fk−1 = Vect(ei )1⩽i⩽k−1 , on a pFk−1 (ek ) = i=1 (ek |fi )fi ,
Pk−1
ek − i=1 (ek |fi )fi
de sorte que fk =
∥ek − i=1 (ek |fi )fi ∥
Pk−1
4 P admet pour vecteurs normaux (1, 2, 1, 2) et (1, −1, 1, −1) donc une base orthonormée de P ⊥ est
1 1
2 (1, −1, 1, −1), 2 (1, 1, 1, 1)
, donc
Ü ê Ü ê Ü ê
1 −1 1 −1 1 1 1 1 1 0 −1 0
1 −1 1 −1 1 1 1 1 1 1 1 0 1 0 −1
P = I4 − − =
4 1 −1 1 −1 4 1 1 1 1 2 −1 0 1 0
−1 1 −1 1 1 1 1 1 0 −1 0 1
Démonstration de l’énoncé 19 (Théorème de la base orthonormée incomplète) – Laissée au lecteur.
13.5. Transposée
Démonstration de l’énoncé 20 (Expression d’un produit scalaire par la transposition) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 21 (Caractérisation d’égalité de deux matrices) – Laissée au lecteur.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 34 ) –
1 Montrons que Ker(A) = Ker(t AA) : le théorème du rang donnera alors immédiatement rg(A) = rg(t AA).
L’inclusion Ker(A) ⊂ Ker(t AA) est évidente.
Réciproquement, soit X ∈ Ker(t AA), i.e. t AAX = 0. On a donc t X t AAX = 0, i.e. t (AX)AX = 0, puis
AX = 0 (AX est orthogonal à lui même pour le produit scalaire canonique sur Mn,1 (R)) : X ∈ Ker(A).
Cas d’égalité
L’inégalité centrale se produit si et seulement si pour tout (i, j) ∈ [[1, n]]2 , a2i,j = |ai,j |, i.e. tous les coefficients
de A appartiennent à {−1, 0, 1}.
L’inégalité de droite se produit si et seulement si tous les coefficients de A ont même valeur absolue (à cause
du cas d’égalité dans l’inégalité de Cauchy-Schwarz).
L’inégalité de gauche se produit si et seulement si C1 + · · · + Cn est colinéaire à U , c’est-à-dire U est vecteur
propre de A.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 44 ) –
1 Non, prendre l’isobarycentre de In et −In .
2 On considère λ ∈]0, 1[ tel que W = λ U + (1 − λ) V ∈ On (R). Montrons que, nécessairement, U = V .
On a W T W = In , donc, en développant,
λ2 U T U + λ(1 − λ)(U T V + V T U ) + (1 − λ)2 V T V = In
/ {0, 1}, à U T V + V T U = 2In . En prenant la
ce qui conduit, par orthogonalité de U et de V , et par le fait que λ ∈
trace, on obtient (U |V ) = n = ∥U ∥ ∥V ∥, pour la structure euclidienne canonique sur Mn (R). Par cas d’égalité
de l’inégalité de Cauchy-Schwarz, U et V sont colinéaires. Or ces matrices sont en outre de même norme, et
(U |V ) ⩾ 0, donc U = V .
396 Stéphane FLON
13.9. Réduction des isométries vectorielles
Démonstration de l’énoncé 33 (Proposition (Orthogonal d’un sous-espace invariant par un automorphisme
orthogonal)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 34 (Théorème (Réduction d’une isométrie vectorielle en base orthonormale)) –
Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 35 (Corollaire (Réduction d’une isométrie vectorielle directe d’un espace eucli-
dien de dimension 3)) – Laissée au lecteur.
Généraliser aux fonctions d’une variable réelle la notion de dérivée– en partant de la définition avec le taux
d’accroissement–, puis celle d’intégrale 1 – Généraliser aux fonctions d’une variable réelle la notion de dérivée–
en partant de la définition avec le taux d’accroissement–, puis celle d’intégrale
E, F , G désignent des evn de dimension finie sur K (où K est égal à R ou à C), I désigne un intervalle
d’intérieur non vide 2 – E, F , G désignent des evn de dimension finie sur K (où K est égal à R ou à C), I
désigne un intervalle d’intérieur non vide
(M (f1 , . . . , fn ))′ (t0 ) = M (f1′ (t0 ), f2 (t0 ), . . . , fn (t0 ))+M (f1 (t0 ), f2′ (t0 ), f3 (t0 ), . . . , fn (t0 ))+· · ·+M (f1 (t0 ), . . . , fn−1 (t0 ), fn′ (t0 ))
2 Grâce à la formule précédente, on trouve ∆′n = ∆n−1 pour tout entier n ⩾ 2, formule que l’on peut
étendre au cas où n = 1 en posant ∆0 = 1. On en déduit immédiatement que ∆n est de degré n pour tout
n ∈ N∗ . Comme ∆n (0) = ∆n−k (0) = 0 pour tout k ∈ [[0, n − 1]] (déterminant d’une matrice triangulaire
(k)
Pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour tout t ∈ I tel que |t − x| ⩽ δ, on ait :
∥f (t) − f (x)∥ ⩽ ε
F (x + h) − F (x)
− f (x) ⩽ ε
h
d’où le résultat (on a clairement F (a) = 0). □
Démonstration de l’énoncé 15 (Théorème (Inégalité des accroissements finis pour les fonctions vectorielles))
– D’après le théorème fondamental de l’analyse,
Z b
f (b) − f (a) = f ′ (t)dt
a
donc
Z b Z b Z b
′ ′
∥f (b) − f (a)∥ = f (t)dt ⩽ ∥f (t)∥ dt ⩽ M dt = M (b − a)
a a a
□
Démonstration de l’énoncé 16 (Proposition (Intégration par parties pour les fonctions vectorielles)) – Il
suffit d’intégrer sur le segment [a, b] la relation
□
Démonstration de l’énoncé 17 (Proposition (Changement de variable pour les fonctions vectorielles)) –
Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 18 (Proposition
Rx (Image d’une intégrale
Rx par une application linéaire)) – Consi-
dérons les applications x ∈ [a, b] 7→ L a f (t)dt et x ∈ [a, b] 7→ a (L ◦ f )(t)dt.
Ces deux applications sont dérivables, de même dérivée L ◦ f , et égales en a : elles sont donc égales sur
l’intervalle [a, b] (en particulier en b). □
Démonstration de l’énoncé 19 (Théorème (Formule de Taylor vectorielle avec reste intégral)) – On montre
ce résultat par récurrence en effectuant une intégration par parties dans l’hérédité. □
403 Stéphane FLON
Démonstration de l’énoncé 20 (Théorème (Inégalité de Taylor-Lagrange à l’ordre n)) – On applique la
formule de Taylor avec reste intégral :
n−1
X (b − a)k Z b
(b − t)n−1 (n)
f (b) − f (k) (a) = f (t)dt
k! a (n − 1)!
k=0
Z b
|b − t|n−1 (n)
⩽ f (t) dt
a (n − 1)!
Z b
|b − t|n−1
⩽ M dt
a (n − 1)!
Z b
(t − b)n−1
= M dt
a (n − 1)!
|b − a|n
= M
n!
□
Démonstration de l’énoncé 21 (Théorème (Formule de Taylor-Young à l’ordre n)) – On applique l’inégalité
de Taylor-Lagrange à la fonction auxiliaire
n
X (x − a)k (k)
g : x 7→ f (x) − f (a)
k!
k=0
g est une fonction de classe C n sur I, ses dérivées en a jusqu’à l’ordre n compris sont nulles en a, et sa dérivée
n-ième sur |a, x| est majorée par sup{ g (n) (t) , t ∈ |a, x|}, donc l’inégalité de Taylor-Lagrange fournit
|x − a|n n o
∥g(x)∥ ⩽ sup g (n) (t) , t ∈ |a, x|
n!
On montre ensuite, en revenant à la définition formelle de la continuité, que sup{ g (n) (t) , t ∈ |a, x|} tend vers
0 lorsque x tend vers a (car g (n) est continue et nulle en a), obtenant le résultat voulu. □
Les théorèmes sur les suites et séries de fonctions s’étendent aux fonctions vectorielles 33 – Les théorèmes
sur les suites et séries de fonctions s’étendent aux fonctions vectorielles
14.9. Retour sur les fonctions d’une variable réelle à valeurs réelles ou complexes
Démonstration de l’énoncé 22 (Fonction continue injective) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 23 (Théorème de Darboux) – Première méthode Traiter d’abord le cas où il
existe a et b dans I, où a < b, tels que f ′ (a)f ′ (b) > 0, et montrer que f ′ s’annule (montrer que f présente un
extremum sur [a, b] en un point intérieur à [a, b]).
Deuxième méthode Montrer que l’ensemble τ des taux d’accroissement de f est un intervalle. Pour faire un
lien entre cet ensemble et f ′ (I), utiliser le TAF et la définition de la dérivée en un point.
Remarque – : Pour montrer que τ est un intervalle, on pourra utiliser la notion de connexité par arcs. □
Démonstration de l’énoncé 24 (Groupe des périodes) – Laissée au lecteur.
Dans ce chapitre, on ne s’intéressera qu’aux équations différentielles dites linéaires, et nous ne parviendrons
pas systématiquement à les résoudre explicitement 1 – Dans ce chapitre, on ne s’intéressera qu’aux équations
différentielles dites linéaires, et nous ne parviendrons pas systématiquement à les résoudre explicitement
Sauf mention contraire, I désigne un intervalle (d’intérieur non vide), K est égal à R ou C, E est un K-espace
vectoriel de dimension finie, b est une fonction de I dans E, a est une fonction de I dans L(E) 2 – Sauf mention
contraire, I désigne un intervalle (d’intérieur non vide), K est égal à R ou C, E est un K-espace vectoriel de
dimension finie, b est une fonction de I dans E, a est une fonction de I dans L(E)
On montre alors que cette suite de fonctions converge uniformément sur tout segment |t0 , t| vers une fonction
f , qui s’avère être un point fixe de ψ, et donc une solution de C.
Pour l’unicité, on considère deux solutions f et g, et on utilise à nouveau ψ pour montrer que f = g sur
tout segment |t0 , t|. □
Démonstration de l’énoncé 6 (Théorème de Cauchy linéaire (système différentiel)) – Laissée au lecteur.
Le théorème de Cauchy est un résultat non constructif (il ne nous fournit pas de solution explicite), mais
il permet de trouver des propriétés qualitatives des solutions d’une équation différentielle 12 – Ce résultat est
très important pour comprendre la structure de l’ensemble des solutions de E.
Il permet par exemple de montrer qu’une solution non identiquement nulle d’un système différentiel linéaire
homogène d’ordre 1 ne s’annule jamais. Les résultats de ce genre, donnant des renseignements sur le comporte-
ment (Comme l’étude des points d’annulation, de la monotonie, de la périodicité, de la limite en +∞, etc.) des
solutions d’une équation différentielle, sans pour autant expliciter lesdites solutions, sont dits qualitatifs
Démonstration de l’énoncé 7 (Corollaire (Cas des SDL homogènes d’ordre 1)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 8 (Proposition (Caractérisation des systèmes fondamentaux de solutions)) –
Laissée au lecteur.
Remarque – On pouvait aussi diagonaliser (ou mieux : orthodiagonaliser) mais c’était sans doute plus long.
Å ã
0 −1
3 A = aI2 + bV où V = .
1 0
Or (bV )2k = (−1)k b2k I2 et (bV )2k+1 = (−1)k b2k+1 V , donc
Å ã
cos(b) − sin(b)
exp(bV ) =
sin(b) cos(b)
Comme bV et aI2 commutent,
Å ã
cos(b) − sin(b)
exp(A) = exp(aI2 ) exp(bV ) = ea
sin(b) cos(b)
ÅÅ ã Å ãã
0 c 1 c
4 Si a = b, exp(A) = exp(aI2 ) exp = ea .
0 0 0 1
Si a ̸= b, on effectue la division euclidienne de X k par (X − a)(X − b) (où plutôt, on calcule le reste Rk de
cette division euclidienne)
X −b X −a
Rk = ak + bk
a−b b−a
donc
A − bI2 A − aI2
Ak = ak + bk
a−b b−a
et on en déduit exp(A) : Ç å
a
−eb
a A − bI2 b A − aI2 ea ea−b c
exp(A) = e +e =
a−b b−a 0 eb
Remarque – Seul le coefficient en position (1, 2) nécessitait un calcul.
Remarque – On pouvait aussi diagonaliser (lorsque a ̸= b).
Remarque – On pouvait déduire le cas a = b du cas a ̸= b, par continuité de l’exponentielle matricielle.
Ñ é
11 0 2
5 On peut trigonaliser : en posant P = 0 4 −1 , on a
0 1 0
Ñ é
1 1 0
A = P 0 1 0 P −1
0 0 0
donc Ñ é Ñ é
e e 0 e 2e − 2 8 + 3e
exp(A) = P 0 e 0 P −1 = 0 1 4e − 4
0 0 0 0 0 e
6 P∞ 1 2 2
i exp(A) = In + A + k=2 k! A = In + A + (e − 2)A .
ii On calcule le reste Rk de la division euclidienne de X k par X 4 + X 3 − 2X 2 = X 2 (X + 2)(X − 1),
grâce aux conditions deg(Rk ) ⩽ 3 et (dès que k ⩾ 2) Rk (0) = Rk′ (0) = 0, Rk (1) = 1 et Rk (−2) = (−2)k . Comme
Ak = Rk (A), on en déduit exp(A).
Autre méthode – Par le lemme des noyaux,
Ker(A2 ) ⊕ Ker(A + 2In ) ⊕ Ker(A − In ) = Rn
En notant π1 , π2 , π3 les projecteurs associés à cette décomposition en somme directe, on a
In = π1 + π2 + π3 , A = Aπ1 − 2π2 + π3
406 Stéphane FLON
et, dès que k ⩾ 2,
Ak = (−2)k π2 + π3
Pour calculer π1 , π2 , π3 , il suffit d’écrire une relation de Bézout pour les polynômes (X + 2)(X − 1), (X − 1)X 2
et (X + 2)X 2 .
7 Même principe qu’à la question précédente, en effectuant la division euclidienne de X k par X 3 −2X 2 +X =
X(X − 1)2 .
ln(x) 3 C D
x 7→ − + + 2
2 4 x x
2 Il s’agit d’une EDL scalaire d’ordre 2 non homogène à coefficients non constants. Une solution évidente
est g : t 7→ − 2t , ce qui nous ramène à la résolution de l’équation homogène associée H.
2
P t 7→ t n+ 1, on peut comme l’indique l’énoncé chercher une solution
Si on ne repère pas la solution évidente
polynomiale de H sous la forme f : t 7→ n⩾0 an t , où la suite (an ) est presque nulle.
Pour tout t ∈ R, f ′′ (t) = n⩾2 n(n − 1)an tn−2 = n⩾0 (n + 2)(n + 1)an+2 tn , de sorte que
P P
X X
(t2 +1)f ′′ (t)−2f (t) = (n(n−1)an +(n+2)(n+1)an+2 −2an )tn = (n2 − n − 2)an + (n + 2)(n + 1)an+2 tn
n⩾0 n⩾0
n−2
an+2 = − an
n+2
Si on choisit a0 = 1 et a1 = 0, la suite (an ) ainsi définie est bien presque nulle, puisque a0 = a2 = 1, et que
pour n ∈/ {0, 2}, an = 0, d’où la solution particulière f1 : t 7→ 1 + t2 de H.
Reste à trouver une solution de H linéairement indépendante de f1 : on utilise pour ce faire la méthode
de l’abaissement de l’ordre (dite aussi méthode de Lagrange), en cherchant une solution de H sous la forme
h : t 7→ C(t)(1 + t2 ), où C est une fonction deux fois dérivable (on ne perd en généralité à chercher une solution
sous cette forme, puisque f1 ne s’annule pas).
Pour tout réel t, h′′ (t) = C ′′ (t)(1 + t2 ) + 4tC ′ (t) + 2C(t) (par calcul direct ou d’après la formule de Leibniz),
donc
(1 + t2 )h′′ (t) − 2h(t) = (1 + t2 )(C ′′ (t)(1 + t2 ) + 4tC ′ (t))
donc h est solution de H si et seulement si C ′ est solution de
(1 + t2 )y ′ + 4ty = 0
(l’ordre a bien été abaissé).
Une solution non nulle de cette équation est t 7→ (1+t1 2 )2 .
Or
(1 + t2 − t2 )dt
Z Z
dt
2 2
=
(1 + t ) (1 + t2 )2
t2
Z
= arctan(t) − dt
(1 + t2 )2
ï ò Z
1 dt
= arctan(t) + t −
2(1 + t2 ) 2(1 + t2 )
1 t
= arctan(t) + +K
2 2(1 + t2 )
1 t
On peut donc choisir pour C la fonction t 7→ 2 arctan(t) + 2(1+t2 ) , donc
1
f2 : t 7→ ((1 + t2 ) arctan(t) + t)
2
est une solution de H, non colinéaire à f1 : (f1 , f2 ) est bien un système fondamental de solutions de H. De
même d’ailleurs pour (f1 , 2f2 ).
En conclusion, la solution générale de E est
t
t 7→ − + λ(1 + t2 ) + µ((1 + t2 ) arctan(t) + t),
2
où λ et µ décrivent R.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 30 ) –
412 Stéphane FLON
1 Soit f : R → R une solution développable en série entière sur R. Il existe donc une (unique) suite de réels
tels que
∞
∀ t ∈ R, f (t) =
X
an tn
n=0
On sait que f est deux fois dérivable sur R, que, pour tout t ∈ R
X∞ ∞
X
′ n−1
f (t) = nan t = (n + 1)an+1 tn
n=1 n=0
et que
∞
X ∞
X ∞
X
f ′′ (t) = n(n − 1)an tn−2 = (n + 1)nan+1 tn−1 = (n + 2)(n + 1)an+2 tn
n=2 n=1 n=0
On a ainsi
∞
X ∞
X ∞
X
tf ′′ (t) + 2f ′ (t) + tf (t) = (n + 1)nan+1 tn + 2 (n + 1)an+1 tn + an−1 tn
n=1 n=0 n=1
Par unicité du développement en série entière de la fonction nulle sur R, f est solution de H si et seulement si
a1 = 0 et ∀ n ∈ N∗ , (n + 1)(n + 2)an+1 = −an−1
Cela revient à avoir a2n+1 = 0 pour tout n ∈ N, et
(−1)n a0
∀ n ∈ N, a2n =
(2n + 1)!
et finalement, f (t) = a0 sin(t)
t pour tout t ∈ R∗ (et f (0) = a0 ).
Réciproquement, ces fonctions sont bien des solutions de H sur R, développables en série entière sur R.
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 31 ) –
1
i Sur R∗+ , H équivaut à l’équation différentielle résolue
2
y ′′ + y ′ + y = 0
t
dont l’espace des solutions est un plan vectoriel d’après le cours.
ii Sur ]0, π[, sin ne s’annule pas, donc toute fonction f2 :]0, π[→ R peut s’écrire (de façon unique) sous
t , où λ est une fonction de ]0, π[ dans R. De plus, f2 est deux fois dérivable si et
la forme f2 : t 7→ λ(t) sin(t)
seulement si λ l’est.
On ne nuit donc pas à la généralité du raisonnement en cherchant les solutions de H sur ]0, π[ sous cette
forme.
iii Ceci fait, on constate (après calcul) que f2 est solution de H (sur ]0, π[) si et seulement si λ′ est
solution de
2 cos(t)
y′ + y=0
sin(t)
i.e. il existe K ∈ R tel que λ′ (t) = sin(t)
K
2 pour tout t ∈]0, π[, i.e. il existe des réels K et T tels que, pour tout
t ∈]0, π[,
cos(t) sin(t)
f2 (t) = (−K cotan(t))f1 (t) + T f1 (t) = −K +T
t t
Un système fondamental de solutions de H sur ]0, π[ est donc (f1 , f2 ), où f1 : t ∈]0, π[7→ sin(t) t et f2 : t ∈]0, π[7→
cos(t)
t .
Sur R∗+ , on peut vérifier que f1 : t ∈ R∗+ 7→ sin(t)
t et f2 : t ∈ R∗+ 7→ cos(t)
t sont bien solutions, non colinéaires,
et elles forment donc un système fondamental de solutions (SH est de dimension 2).
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 32 ) –
1 Å ã′
f2 f1 f2′ − f2 f1′ W
= = 2
f1 f12 f1
f1 (t) f2 (t) f1 (t) f2 (t)
2 W ′ (t) = ′′ ′′ = f1′ (t) f2′ (t) = −2 ′
t W (t), donc W est solution de y +
f1 (t) f2 (t) −2 t − f1 (t) −2 t − f2 (t)
t W = 0, puis il existe K ∈ R tel que, pour tout t ∈]0, π[, on ait W (t) = t2 .
2 ∗ K
1 − cos(t)
3 f2 /f1 est donc une primitive de K sin2
, par exemple − cotan /K, ce qui donne f2 (t) = Kt pour tout
t ∈]0, π[.
413 Stéphane FLON
On vérifie bien réciproquement que cette fonction est solution de H sur ]0, π[.
√
4 On trouve cette fois-ci qu’un système fondamental de solutions sur R∗+ est f1 : t 7→ ch( t) (DSE sur R)
√
et f2 : t 7→ sh( t). √ √
Remarque – on peut aussi prendre t 7→ e t et t 7→ e− t , mais ces solutions ne sont pas développables en série
entière sur R.
constante de valeur 12 , ne tend par vers h(0, 0) = 0 : h n’est pas continue en (0, 0).
ii Fixons x ∈ R, et considérons la fonction g : y 7→ f (x, y). Si x ̸= 0, g est continue, comme restriction
d’une fonction continue (f est continue sur R2 \ {(0, 0)} en tant que fonction rationnelle sur cet ouvert). Si
x = 0, g est identiquement nulle, donc est continue. De même pour les applications y :7→ f (x, y) (à y fixé).
2
i Bien que la suite de terme général (xn , yn ) = n12 , n1 converge vers (0, 0), la suite (k(xn , yn ))n⩾1 ,
constante de valeur 12 , ne tend par vers k(0, 0) = 0 : k n’est pas continue en (0, 0).
415 Stéphane FLON
ii La restriction de k à une droite ne passant pas par l’origine est continue, car k est continue sur
l’ouvert R2 \ {(0, 0)} (elle coı̈ncide avec une fonction rationnelle sur cet ouvert).
La restriction de k à l’axe des ordonnées est nulle, donc continue.
Soit D une droite de R2 passant par l’origine, et distincte de l’axe des ordonnées : on peut écrire D =
Vect(1, α), où α ∈ R.
Il est clair que la restriction g de f à D est continue en tout autre point que l’origine. Montrons que g est
également continue en (0, 0) : soit ((xn , yn ))n∈N une suite de points de D, convergeant vers 0. Soit n ∈ N. Si
(xn , yn ) ̸= (0, 0), alors
xn yn2 αx3n α xn
g(xn , yn ) = k(xn , yn ) = = =
x2n + yn4 x2n (1 + α4 x2n ) 1 + α4 x2n
donc |k(xn , yn )| ⩽ α |xn |. Cela reste vrai si (xn , yn ) = (0, 0), donc (k(xn , yn )) converge vers 0 = k(0, 0) : g est
continue en (0, 0).
L’existence de dérivées partielles ne garantit pas la continuité. Ces dernières ne constituent donc pas une
bonne généralisation de la notion de dérivée 6 – Comme le nom l’indique, les dérivées partielles d’une fonction
f en un point a ne donnent que des informations très partielles sur f en a. Par exemple, l’existence de ces
dérivées partielles n’assurent même pas la continuité
L’existence de dérivées selon tout vecteur ne garantit pas la continuité 7 – L’existence de dérivées selon
tout vecteur ne garantit pas la continuité
Démonstration de l’énoncé 1 (Proposition (Combinaisons linéaires et dérivées partielles)) – Provient du
cours de MPSI (dérivation d’une combinaison linéaire). □
Justification de structure 8 – Laissée au lecteur
Justification de structure 9 – Laissée au lecteur
Démonstration de l’énoncé 2 (Proposition (Produit et dérivées partielles)) – Provient du cours de MPSI
(dérivation d’un produit). □
Justification de structure 10 – On vérifie que l’ensemble des fonctions de U dans R admettant une dérivée
partielle selon la i-ième variable en a est une sous-algèbre de RU : c’en est bien une partie, stable par combinaison
linéaire, par produit, et comprenant l’élément unité (i.e. la fonction constante sur U de valeur 1.
Démonstration de l’énoncé 3 (Proposition (Composition et dérivées partielles)) – Provient du cours de
MPSI (dérivation d’une composée). □
Étude de stabilité 11– La notion de fonction de plusieurs variables admettant une dérivée partielle selon la
i-ième variable, en a, de U dans R est stable par composition à gauche par une fonction numérique dérivable.
Démonstration de l’énoncé 4 (Proposition (Inverse et dérivées partielles)) – Cas particulier de 3. □
16.2. Différentielle
En dimension infinie, la différentiabilité de f en a inclut la continuité de l’application linéaire tangente
à f en a 13 – En dimension infinie, la différentiabilité de f en a inclut la continuité de l’application linéaire
tangente à f en a
La différentielle df (a) de f en un point a est linéaire, mais df n’est pas en général linéaire 14 – La
différentielle de f en un point a est une application linéaire. On peut aussi définir l’application différentielle de
f , notée df : c’est une application de U dans L(Rp , R). Cependant, df n’est pas linéaire en général (U n’est
même pas un R-espace vectoriel en général)
C’est la notion de différentielle d’une fonction (de plusieurs variables) en un point qui remplace avec
pertinence la notion de dérivée d’une fonction (d’une variable réelle) en un point 15 – Si f est à variable réelle
(et donc U est un ouvert de R), f admet un développement limité en a à l’ordre un si et seulement si f est
dérivable en a, et on a alors f ′ (a) = df (a) · 1, ou encore
df (a) · h = f ′ (a) h
pour tout h ∈ R.
La bonne extension de la dérivabilité pour une fonction de plusieurs variables est l’existence d’un dévelop-
pement limité à l’ordre un, et la notion de nombre dérivé en un point (ou de vecteur dérivée en un point pour
une fonction vectorielle) n’a plus de sens pour une fonction de plusieurs variables. On l’a remplacée par la notion
de différentielle en un point, qui est une application linéaire.
La différentiabilité en un point est une notion locale 16 – Si f : U → R est différentiable en a, et si V est
un ouvert de U comprenant a, alors la restriction g de f à V est différentiable en a et dg(a) = df (a). Plus
généralement, la différentiabilité en un point est une notion locale : si f et g sont deux fonctions définies sur
des ouverts contenant a, et si elles coı̈ncident au voisinage de a, alors f est différentiable en a si et seulement si
g l’est, avec égalité des différentielles en ce point le cas échéant
Démonstration de l’énoncé 5 (Lien entre différentielle et dérivées partielles) – Laissée au lecteur.
416 Stéphane FLON
Justification de l’exemple 22 – Faisons la preuve lorsque p = 2 (le cas général est analogue).
Soit h = (h1 , h2 ) ∈ E1 × E2 .
On a M (a + h) = M (a1 + h1 , a2 + h2 ) = M (a) + M (h1 , a2 ) + M (a1 , h2 ) + M (h1 , h2 ).
L’application h = (h1 , h2 ) 7→ M (h1 , a2 ) + M (a1 , h2 ) est linéaire.
De plus, M étant bilinéaire continue (les EVN sont de dimension finie), il existe une constante C telle que,
pour tout h = (h1 , h2 ) ∈ E1 × E2 ,
∥M (h1 , h2 )∥ ⩽ C ∥h1 ∥ ∥h2 ∥
Or ∥h∥ = max{∥h1 ∥ , ∥h2 ∥}, donc
2
∥M (h1 , h2 )∥ ⩽ ∥h∥
puis
M (h1 , h2 ) = o (∥h∥)
h→0
Ainsi, M est différentiable en a = (a1 , a2 ), et, pour tout h = (h1 , h2 ) ∈ E1 × E2 , on a
dM (a) · h = M (h1 , a2 ) + M (a1 , h2 )
Or
∂f ∂f
δ = f (a + h) − f (a + (h1 , 0)) + f (a + (h1 , 0)) − f (a) − (a)h1 − (a)h2
∂x1 ∂x2
Z h2 Å ã
∂f ∂f
= (a + (h1 , v)) − (a) dv
0 ∂x2 ∂x2
Z h1 Å ã
∂f ∂f
+ (a + (u, 0)) − (a) du
0 ∂x1 ∂x1
Ces deux dérivées partielles étant continues, on en déduit bien le résultat. □
Démonstration de l’énoncé 15 (Proposition (Différentielle d’une combinaison linéaire de fonctions continû-
ment différentiables)) – Par exemple en considérant les développements limités. □
Justification de structure 37 – Laissée au lecteur
Démonstration de l’énoncé 16 (Proposition (Différentielle d’un produit de fonctions continûment différen-
tiables)) – Par exemple en considérant les développements limités. □
Justification de structure 38 – Laissée au lecteur
Démonstration de l’énoncé 17 (Proposition (Différentielle et composition)) – Par exemple en considérant
les développements limités. □
Étude de stabilité 39– La notion de fonction de plusieurs variables continûment différentiable sur U , à
valeurs dans R est stable par composition à gauche par une fonction continûment dérivable.
Démonstration de l’énoncé 18 (Proposition (Inverse d’une fonction continûment différentiable)) – Cas
particulier de 17. □
Étude de stabilité 40– La notion de fonction de plusieurs variables continûment différentiable sur U , à
valeurs dans R, ne s’annulant pas est stable par inverse.
Démonstration de l’énoncé 19 (Théorème (Intégration sur un chemin)) – La fonction f ◦ γ est de classe C 1
sur [0, 1] (par composition). Ainsi,
Z 1
f (γ(1)) − f (γ(0)) = (f ◦ γ)′ (t)dt
0
Or pour tout t ∈ [0, 1],
(f ◦ γ)′ (t) = df (γ(t)) · γ ′ (t)
d’où le résultat. □
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 9 ) – Il suffit de paramétrer le segment [a, b] : on considère
γ : t ∈ [0, 1] 7→ (1 − t)a + tb.
On a γ ′ (t) = b − a pour tout t, et donc, d’après ce qui précède,
Z 1
f (b) − f (a) = df ((1 − t)a + tb) · (b − a)dt
0
Or, pour tout t ∈ [0, 1],
∥f ((1 − t)a + tb) · (b − a)∥ ⩽ ∥f ((1 − t)a + tb)∥op ∥b − a∥ ⩽ sup ∥df (x)∥op ∥b − a∥
x∈[a,b]
16.5. Gradient
Corrigé de l’exercice de cours (exercice 11 ) – Pour tout (x, y) ∈ R2 , ∇f (x, y) = (1, 1), ∇g(x, y) = (y, x),
∇h(x, y) = (2x, 2y).
Justification de l’exemple 44 – On peut utiliser la formule explicite du gradient, ou sa définition par la
différentielle.
Interprétation géométrique du gradient 45 – Si ∇f (a) ̸= 0, il est colinéaire et de même sens que le vecteur
unitaire selon lequel la dérivée de f en a est maximale
∂g ∂f ∂f
(r, θ) = cos(θ) (r cos(θ), r sin(θ)) + sin(θ) (r cos(θ), r sin(θ))
∂r ∂x ∂y
et
∂g ∂f ∂f
(r, θ) = −r sin(θ) (r cos(θ), r sin(θ)) + r cos(θ) (r cos(θ), r sin(θ))
∂θ ∂x ∂y
Ainsi, f vérifie x ∂f
∂y (x, y) − y ∂f
∂x (x, y) = 0 si et seulement si ∂g
∂θ = 0, i.e. il existe φ ∈ C 1 (R∗+ , R), tel que pour
tout (r, θ) ∈ R∗+ × − π2 , π2 , g(r, θ) = φ(r).
L’EDP initiale a donc pour solution générale
(x, y) 7→ φ( x2 + y 2 ), φ ∈ C 1 (R∗+ , R)
p
ou encore,
(x, y) 7→ ψ(x2 + y 2 ), ψ ∈ C 1 (R∗+ , R)
√
(car φ 7→ φ ◦ · est une bijection de C 1 (R∗+ , R) sur lui-même.
∂r = 0, i.e. il il existe φ ∈ C (R+ , R), tel que
de l’EDP si et seulement si ∂g 1 ∗
ii Cette fois-ci, f est solution
pour tout (r, θ) ∈ R+ × − 2 , 2 , g(r, θ) = φ(θ).
∗ π π
L’EDP initiale a donc pour solution générale
y i π πh
(x, y) 7→ φ arctan , φ ∈ C1( − , , R)
x 2 2
ou encore, y
(x, y) 7→ ψ , ψ ∈ C 1 (R, R)
x
(car φ 7→ φ ◦ arctan · est une bijection de C 1 ( − π2 , π2 , R) sur C 1 (R, R).
16.8. Vecteurs tangents à une partie d’un espace normé de dimension finie
Justification de structure 58 – Laissée au lecteur
Justification de l’exemple 64 – Si v = (vx , vy , vz ) est un vecteur tangent à Γ en w, alors il existe
γ = (γx , γy , γz ) :] − ε, ε[→ Γ
′
dérivable en 0 telle que γ(0) = w et γ (0) = v.
Pour tout t ∈] − ε, ε[, on a
γz (t) = g(γx (t), γy (t)),
d’où, en dérivant en 0 :
∂g ∂g
γz′ (0) = (x0 , y0 )γx′ (0) + (x0 , y0 )γy′ (0),
∂x ∂y
soit
∂g ∂g
vz = (x0 , y0 )vx + (x0 , y0 )vy
∂x ∂y
Réciproquement, soit v vérifiant cette relation. L’application
φ : t 7→ (x0 + tvx , y0 + tvy , g(x0 + tvx , y0 + tvy ))
est définie sur un voisinage de 0 (dans R), à valeurs dans Γ et dérivable en 0. De plus,
Å ã
∂g ∂g
φ′ (0) = vx , vy , (x0 , y0 )vx + (x0 , y0 )vy = v
∂x ∂y
donc v est bien tangent à Γ en w.
Démonstration de l’énoncé 22 (Proposition (Espace tangent à une ligne de niveau en un point non critique))
– Laissée au lecteur.
théorème des bornes atteintes montre qu’il existe (A, B, C) ∈ C 3 tel que max f = f (A, B, C).
On considère un tel triplet.
Pour maximiser f (A, B, C), il faut, à B et C fixés, que le triangle ABC soit isocèle en A, et pour des raisons
de symétrie, que ABC soit aussi isocèle en B et en C : le triangle ABC est équilatéral. Comme tous les triangles
équilatéraux à sommets dans C √ont même aire, leur aire commune est l’aire maximale d’un triangle inscrit dans
C. Après un calcul, on trouve 3 4 3 R pour cette aire.
Démonstration de l’énoncé 24 (Proposition (Condition nécessaire d’existence d’un extremum local sur une
partie d’un ouvert)) – Laissée au lecteur.
Démonstration de l’énoncé 25 (Théorème d’optimisation sous une contrainte) – Laissée au lecteur.
Exercices
425
1. Structures algébriques
Décrire les polynômes P ∈ R[X] pour lesquels P (R) ⊂ R+ , i.e. P (x) ⩾ 0 pour tout x ∈ R.
3 Soit E un ensemble fini non vide muni d’une loi de composition interne associative (notée multiplicati-
vement). Montrer que E admet un élément s idempotent, i.e. tel que s2 = s.
Soit E un ensemble non vide. Déterminer les éléments de E E réguliers à gauche (resp. à droite), pour la
composition.
Soit G un groupe.
1 Montrer l’équivalence des conditions suivantes :
(1) G est abélien.
(2) L’application carré de G dans G est un endomorphisme de G.
(3) L’application inverse de G dans G est un automorphisme de G.
2 Généralisation : montrer que s’il existe i ∈ Z tel que g 7→ g i , g 7→ g i+1 et g 7→ g i+2 soient des morphismes
de groupes, alors G est abélien.
3 Donner un groupe non abélien tel que g 7→ g 3 soit un endomorphisme.
4 On suppose que g 2 = 1 pour tout g ∈ G. Montrer que G est abélien.
Soit G un groupe, et a un élément de G.
1 Montrer que les applications αa : g 7→ ag et βa : g 7→ ga – appelées respectivement applications de
multiplication (ou de translation) à gauche et à droite par a – sont des permutations de G.
2 Donner une condition nécessaire et suffisante pour qu’une telle application soit un endomorphisme de G.
3 Montrer que l’application ϕ : a 7→ αa est un morphisme injectif de G vers SG . En déduire que tout groupe
est isomorphe à un sous-groupe d’un groupe de permutations (théorème de Cayley).
4 Prolongement : montrer que tout groupe fini est isomorphe à un sous-groupe d’un groupe linéaire (et
même que l’on peut choisir le corps des scalaires librement).
Donner un exemple de trois sous-groupes stricts H1 , H2 , H3 d’un même groupe G, sans relation d’inclusion
entre eux, tels que leur union soit un sous-groupe de G.
Soit G un sous-groupe de R additif, non réduit à 0. Notons a la borne inférieure de G ∩ R∗+ . Montrer que
si a > 0, alors G = aZ (on dit que G est discret). Montrer que si a = 0, alors G est dense dans R (i.e. rencontre
tout intervalle ]α, β[, où α < β).
Soit G un groupe, H un sous-groupe strict de G. Déterminer < G \ H >, le sous-groupe de G engendré par
G \ H.
Soit G un monoı̈de tel que tout élément de G est inversible à droite. Montrer que G est un groupe.
Soit G un groupe, H un sous-groupe et A une partie non vide de G. Montrer que AH = H si et seulement
si A ⊂ H.
Exercice 16 – L’addition des vitesses relativistes
x+y
Soit G =] − 1, 1[, ⋆ définie par x ⋆ y = 1+xy . Montrer que (G, ⋆) est un groupe abélien.
Montrer qu’un monoı̈de fini et régulier (i.e. tout élément est simplifiable à gauche et à droite) est un groupe.
1 Soit G un ensemble muni d’une loi de composition interne associative, admettant un élément neutre à
gauche et tel que chaque élément de G admette un symétrique à gauche. Montrer que G est un groupe.
2 Soit G un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne associative · telle que :
∀ a, b ∈ G, ∃x, y ∈ G : a = x · b = b · y (⋆)
Montrer que (G, ·) est un groupe.
3 Soit G un ensemble fini non vide muni d’une loi de composition interne · associative pour laquelle tout
élément est régulier à droite et à gauche. Montrer que G est un groupe.
Soit G un groupe multiplicatif, E un ensemble et ϕ : G → E une bijection. On définit une opération ∗ sur
E par :
∀ x, y ∈ E, x ∗ y = ϕ ϕ−1 (x)ϕ−1 (y)
Montrer que ∗ confère à E une structure de groupe, et que les groupes G et E sont isomorphes.
Exercice 23 – Le premier théorème d’isomorphie, dégradé en relation entre cardinaux (ENS MP 10)
Soit G et H deux groupes, avec G fini, f un morphisme de G dans H. Donner une relation entre |G|, | Ker f |
et | Im f |.
Montrer que les sous-groupes de type fini (i.e. engendrés par une partie finie) de (Q, +) sont monogènes.
Que dire d’un groupe fini n’ayant que deux classes de conjugaison ?
Exercice 27 – Loi de groupe sur les points entiers d’une branche d’hyperbole
√
1 (Centrale MP 06) Montrer que {x + y 3/x ∈ N, y ∈ Z, x2 − 3y 2 = 1} est un sous-groupe de (R∗+ , ×).
√
2 (X MP 08)Soit G = {x + 2y|x ∈ N∗ , y ∈ Z et x2 − 2y 2 = 1}.
i Montrer que G est un sous-groupe de (R∗ , ×).
ii Montrer que G est monogène.
Soit A un anneau principal, (In ) une suite croissante (pour l’inclusion) d’idéaux de A. Prouver que cette
suite est stationnaire (cette propriété signifie que A est noethérien).
Développer (a − b)(a + b), (a + b)2 et (a + b)3 pour a et b (éléments d’un certain anneau) ne commutant
pas.
Soit A = C([0, 1], R) l’anneau T des fonctions continues de [0, 1] dans R, I un idéal de A. On suppose qu’il
n
existe f1 , . . . , fn dans I telles que k=1 fk−1 ({0}) = ∅.
Montrer que I = A.
(Centrale PSI 10) Soit A un anneau non nul et M = {a ∈ A, a2 = a}. On suppose que M est fini. Montrer
que son cardinal est pair.
429 Stéphane FLON
Exercice 38 – Y a-t-il toujours un morphisme d’anneaux entre deux anneaux ?
Étant donné deux anneaux A et B quelconques, existe-t-il au moins un morphisme d’anneaux de A vers
B?
Exercice 39 – Sous-anneau engendré par 1/5
Quel est le plus petit sous-anneau de Q contenant 1/5 ? Quel est son groupe des inversibles ?
Soit A un anneau fini. Montrer l’existence d’entiers distincts m et n tels que, pour tout x ∈ A : xm = xn .
Soit (G, +) un groupe commutatif. On note End(G) l’ensemble des endomorphismes de G, sur lequel on
définit la loi (notée abusivement) + par :
∀ f, g ∈ End(G), ∀ x ∈ G, (f + g)(x) = f (x) + g(x)
Montrer que (End(G), +, ◦) est un anneau.
Soit A un anneau commutatif. Vérifier que l’ensemble N des éléments nilpotents de A est un idéal de A.
On l’appelle nilradical de A.
Soit A un anneau commutatif. On note R l’ensemble des x ∈ A tels que pour tout a ∈ A, 1+ax est inversible
dans A (R est appelé radical de Jacobson de A).
1 Montrer que R est un idéal de A.
2 Vérifier que R est le plus grand idéal de A (au sens de l’inclusion) tel que, pour tout x dans cet idéal,
1 + x est inversible dans A.
Exercice 44 – Radical d’un idéal
√
Soit A un anneau commutatif.√Pour tout idéal I de A, note I l’ensemble des x ∈ A pour lesquels il existe
n ∈ N tel que xn ∈ I (on dit que I est la racine ou le radical de l’idéal I).
√
1 Soit I un idéal de A. Montrer que I est un idéal de A contenant I.
2 Déterminer le radical d’un idéal de Z. p√ √ √ √ √
3 Soit I et J deux idéaux de A. Montrer que I = I et I ∩ J = I ∩ J.
On dit qu’un idéal est semi-premier s’il est égal à sa racine.
4 Montrer que l’intersection d’une famille d’idéaux semi-premiers de A est un idéal semi-premier de A.
√
5 Soit I un idéal de A. Montrer que I est le plus petit idéal semi-premier contenant I.
1 Soit A un anneau commutatif qui n’est pas un corps. Montrer l’équivalence des assertions suivantes :
(1) La somme de deux non inversibles est non inversible.
(2) Les non inversibles forment un idéal propre.
(3) A possède un idéal maximal unique
Lorsque l’une de ces conditions est remplie, on dit que A est un anneau local.
2 Montrer que dans un anneau local, les seuls idempotents sont 1 et 0.
On pose Z[i] = {z ∈ C, ∃(a, b) ∈ Z2 , z = a + ib}. Montrer que Z[i] est un anneau intègre pour les lois
d’addition et de multiplication déduites de celles de C. Déterminer les éléments inversibles de Z[i].
1 Soit (a, b) ∈ K ∗ × K. Montrer que P 7→ P (aX + b) est un automorphisme de la K-algèbre K[X].
2 Soit u un automorphisme de la K-algèbre K[X]. Vérifier l’existence de (a, b) ∈ K ∗ × K tel que pour tout
P ∈ K[X], on ait u(P ) = P (aX + b).
1 Soit A une K-algèbre, B une sous-algèbre de A de dimension finie et soit b un élément de B, inversible
dans A.
En considérant
φ : B → B
x 7→ bx
montrer que b−1 appartient à B.
2 Montrer sur un exemple que ce résultat ne s’étend pas en dimension infinie.
431 Stéphane FLON
1.4.2. Pour préparer sa colle
On considère deux corps K et L. Montrer que si f : K → L vérifie f (a + b) et f (ab) = f (a)f (b) pour tout
(a, b) ∈ K 2 , et si f n’est pas identiquement nul, alors f est un morphisme de corps
Soit A un anneau commutatif non réduit à {0}. Vérifier l’équivalence des deux conditions suivantes :
i A est un corps.
ii A et {0} sont les seuls idéaux de A.
3 Soit A un anneau commutatif fini non nul, et tel que, pour tout x ∈ A :
((x2 = 0) ⇒(x = 0)) ∧ ((x2 = x) ⇒(x ∈ {0, 1}))
Montrer que A est un corps.
Soit θ l’unique racine réelle de P = X 3 − X + 1. Montrer que Q[θ] est un corps. Calculer l’inverse de
2
θ − 2θ − 3.
Exercice 62 – Une caractérisation des corps
Soit A un anneau commutatif non nul dont tout idéal est premier, c’est-à-dire vérifie, pour tout (x, y) ∈ A2 :
xy ∈ I ⇒ x ∈ I ou y ∈ I.
Montrer que A est un corps.
Un corps K est dit algébriquement clos si tout polynôme non constant à coefficients dans K admet une
racine dans K.
1 Montrer qu’un corps algébriquement clos est de cardinal infini.
2 Donner un exemple de corps algébriquement clos.
3 Montrer que l’ensemble des nombres algébriques sur Q est un corps algébriquement clos.
Exercice 3 – Utiliser les relations de comparaison si le terme général est de signe constant
1 1 1
P
1 En observant que ln 1 + n ∼ n, montrer que la série harmonique n diverge.
Ä ä
1 1
2 3 On note (pn ) la suite strictement croissante des nombres premiers. En observant que pn ∼ − ln 1 − pn ,
P 1
montrer que la série pn diverge.
Exercice 6 – Faire un développement asymptotique du terme général jusqu’à l’absolue convergence, ou jusqu’à
un terme de signe constant
X (−1)n
1 Étudier la nature de la série (n ⩾ 2).
nα
− (−1)n
2 Nature de la série de terme général un = ln 1 + (−1)n /nα en fonction de α > 0.
Soit (an ) une suite strictement croissante d’entiers naturels. On se demande ici si, étant donné une série
P P ÄPan+1 −1 ä
numérique un , cette série a même nature que k=an uk .
1 Montrer que ces séries n’ont pas toujours même nature, et ce même si le terme général un tend vers 0.
434 Stéphane FLON
P
2 Montrer cependant que si (un ) tend vers 0, et si (an+1 − an ) est une suite constante, alors un et
P ÄPan+1 −1 ä
k=an uk ont même nature.
1 −1
P
3 Soit un = n+2+i si n est pair, et un = n+3−i si n est impair. Déterminer la nature de un .
jn
4 (Centrale PSI 10) Nature de la série de terme général n où j = e2iπ/3 .
1 Soit (an )n∈N une suite croissante de réels strictement positifs. On suppose que lim an = +∞. On
n→+∞
an −an−1
cherche à déterminer la nature de la série de terme général un = an .
i On note abusivement d+ (an ) = an+1 − an et d− (an ) = an − an−1 . En faisant l’analogie avec la dérivée
vn , où vn = d− (ln(an )) = ln(an ) − ln(an−1 ). À l’aide de la série
P P
usuelle, on introduit
P la série vn , montrer
la divergence de un . P R an dt
ii Montrer à nouveau la divergence de un , en observant que vn = an−1 t
Exercice 10 – Utiliser une comparaison série-intégrale même dans un cas non monotone
÷ La transformation d’Abel est hors-programme, mais tombe parfois à l’oral des concours X/ENS, ainsi
qu’à l’écrit : on pourra consulter le problème du sujet Maths 1 MP CCP 2014.
Soit (an ) et (Bn ) deux suites complexes. On définit deux suites complexes (An ) et (bn ) par :
n
∀ n ∈ N,
X
An = ak et bn = Bn+1 − Bn .
k=0
1 Montrer que
n
X n−1
X
ak Bk = An Bn − Ak bk .
k=0 k=0
Remarque – cette formule, appelée formule d’Abel ou formule de sommation par parties, est la version discrète
de l’intégration par parties.
P P
2 Montrer que si (Bn ) converge vers 0, (An ) est bornée, et bn est absolument convergente, alors an Bn
est convergente.
3 Applications :
i Montrer le résultat de convergence du critère spécial des séries alternées à l’aide de la question
précédente.
P sin(n)
ii Montrer que n converge.
iii Étudier l’absolue convergence de cette dernière série.
Indication – utiliser les formules trigonométriques et (à nouveau) la transformation d’Abel.
Voir aussi : 26, 27, 28, 33
Exercice 12 – Télescoper
1
P
1 Montrer la convergence et calculer la somme de un , lorsque : un = n(n−1) (pour n ⩾ 2).
1 a b
Indication – On trouvera des constantes a et b telles que pour tout n ⩾ 2, n(n−1) = n + n−1 .
435 Stéphane FLON
2n
2 Soit a ∈ R∗+ ; on pose, pour tout n ∈ N, un = Qn a 2k .
P k=0 (a +1)
Déterminer la nature de la série un selon les valeurs de a, et calculer la somme de cette série lorsqu’elle
converge.
Indication – Utiliser la formule α = (α + β) − β.
n
P
3 Montrer la convergence et calculer la somme de un , lorsque : un = n4 +n 2 +1 .
P∞ (−1)n π
2 Montrer de même que n=0 2n+1 = 4.
3 (Mines MP 2015) Z π
1
i Quelle valeur (indépendante de n) faut-il donner à a, b ∈ R pour que (at2 + bt) cos(nt)dt = ?
0 n2
n
sin((n + 21 )t) 1
ii Montrer que pour tout t ∈ R tel que sin(t/2) ̸= 0,
X
cos(kt) = − .
2 sin(t/2) 2
k=1
Z b
iii Soit f : [a, b] → R, C , montrer que
1
f (t) sin(λt)dt −−−−→ 0.
a λ→∞
+∞
X 1 π2
iv En déduire que 2
= .
n=1
n 6
1 1 1 4
= + −
X(X + 1)(2X + 1) X X + 1 2X + 1
(Mines-Ponts PSI 10) Soit (un )n⩾0 ∈ (R+ )N décroissante. On suppose que la série de terme général un est
convergente. Si n ∈ N, on pose vn = n(un+1 − un ). Montrer que la série de terme général vn est convergente.
Exprimer sa somme en fonction de celle de un .
Voir aussi : 27, 29, 30
Problématique : Étudier le comportement asymptotique de la suite des sommes partielles d’une série
numérique, ou de la suite des restes d’une série numérique convergente
436 Stéphane FLON
Exercice 18 – Effectuer une comparaison série-intégrale
Pn √ √
1 Montrer que : k=1 k ∼ 32 n n.
nα , où α ∈ R. Donner un équivalent des sommes partielles en cas de divergence,
P 1
2 On considère la série
et un équivalent des restes en cas de convergence.
∗ N
2 Soit (un ) ∈ (R+ ) , telle que un+1 /un → +∞. Montrer que
P P n
un diverge, et que k=0 uk ∼ un .
Pn 3 1Donner un développement asymptotique à trois termes de la série harmonique (de terme général Hn =
k=1 k ).
Voir aussi : 32
P Dans cet exercice on répond négativement àPla question suivante : Existe-t-il une série
P à termes positifs
vn telle que, pour toute série à termes positifs un pour laquelle un = o(vn ), la série un converge ?
Cela revient d’ailleurs à se demander s’il y a un seuil pour passer de la non absolue convergence à l’absolue
convergence.
Soit (un )n⩾0 une suite de réels > 0.
On pose, pour n ∈ N, Sn = u0 + · · · + un . On suppose que
P
un diverge. Montrer que la série de terme
général un /Sn diverge.
Exercice 21 – Le terme général d’une série convergente doit-il tendre vite vers 0 ?
P
On sait que si une série numérique un converge,
P alors son terme général tend vers 0. On sait aussi
que si (un ) tend suffisamment vite vers 0, alors un converge. On se demande ici si (un ) peut tendre
suffisamment lentement vers 0 pour garantir la divergence de la série.
P
1 Soit un une série convergente de nombres complexes. Montrer que (un ) tend vers 0.
P
2 Donner (sans justification) un exemple de série complexe un divergente, dont le terme général tend
vers 0.
3 Soit (an )n∈N une suite de réels positifs.
P
Étudier les implications éventuelles ou donner des contre-exemples entre les deux propositions : an converge
1
et an = o n .
4 Soit (an )n∈N une suite décroissante de réels positifs. On suppose que la série de terme général an
converge. Montrer que an = o n1 .
5 On considère une suite complexeP (un ) de limite nulle. Cette question vise à établir l’existence d’une suite
(vn ) telle que un = O(vn ), et telle que vn converge.
i Soit n ∈ N. Montrer l’existence de
wn = sup{|uk |, k ⩾ n}
Donner un exemple de série divergente dont le terme général tend vers 0 et dont les sommes partielles
sont bornées.
Exercice 23 – Que faire dans le cas douteux du critère de d’Alembert ?
1
i Nature de la série de terme général ln(n) n ln(n)
n ? (−1) Rn ?
n
ii Nature de la série de terme général vn = ln(n) ln(t)
n − n−1 t dt.
Pn ln(q) ln(n)2
iii Montrer que la suite de terme général wn = q=2 q − 2 converge.
P∞
iv Trouver n=1 (−1)n ln(n) n grâce à
2n 2n
X ln(p) X (−1)p ln(p)
+ .
p=1
p p=1
p
1 Soit (un ) une suite réelle telle que u0 > 0 et, pour n ∈ N, un+1 = un + u1n . Déterminer la limite de (un ).
Donner un équivalent de un .
2 Soit (un ) une suite réelle telle que u0 ∈]0, π2 [ et, pour tout n ∈ N, un+1 = sin(un ). Montrer que (un )
converge vers 0 et donner un équivalent simple de (un ).
3 Soit n ∈ N∗ . Montrer que l’équation ex + x = n possède une unique solution, que l’on note xn . Donner
un développement asymptotique de xn .
4 Soit n ∈ N∗ . Montrer que Pn (X) = X 2n + X 2 − 1 possède une unique racine dans R+ , que l’on note un .
Déterminer un développement asymptotique à deux termes de un .
5 On pose, pour n ∈ N∗ , un = k=1 sin kπ
Pn
n2 . Déterminer un équivalent de un .
8
i Soit n ∈ N avec n ⩾ 2. Montrer que l’équation xn = x + 1 possède une unique solution sur R+ , que
l’on note xn .
ii Montrer que la suite (xn )n⩾2 converge vers 1.
iii Donner un développement asymptotique à trois termes de xn .
9 On pose, pour n ∈ N∗ , un =
P2n−1 1
k=n 2k+1 . Déterminer la limite de (un ). Donner un développement
asymptotique à deux termes de un .
10 Soit n ∈ N∗ . Montrer que l’équation tan x = x possède une unique solution dans l’intervalle ]nπ −
π/2, nπ + π/2[, que l’on note xn . Donner un développement asymptotique à trois termes de xn .
1 Soit E un espace vectoriel de dimension finie. Soit f ∈ L(E) vérifiant f 2 + f − 2Id E = 0. Montrer que
E = Ker(f − Id E ) ⊕ Ker(f + 2Id E ).
1
i Soit E un espace vectoriel. Soit f ∈ L(E) vérifiant f 2 + f − 2Id E = 0. Montrer que E = Ker(f −
Id E ) ⊕ Ker(f + 2Id E ).
ii (Cas particulier du lemme des noyaux) Soit f ∈ L(E), λ et µ deux scalaires distincts.
Montrer que Ker((f − λId E )(f − µId E )) = Ker(f − λId E ) ⊕ Ker(f − µId E )).
Voir aussi : 26
(Mines PC 16) Soit (A, B) ∈ (Mn (R))2 . Résoudre dans Mn (R) l’équation X = tr(X)A + B.
Exercice 4 – Vérifier qu’elles coı̈ncident sur une famille génératrice, ou sur des sous-espaces vectoriels de
somme E
1 Soit φ un endomorphisme de l’espace vectoriel K[X], conservant le degré (au sens où deg(φ(P )) = deg(P )
pour tout polynôme P ). Montrer que φ est un automorphisme de K[X]
2 (Mines MP 2015, X-ESPCI 16) Soit P ∈ R[X]. Montrer l’existence et l’unicité de Q ∈ R[X] tel que
Q(0) = 0 et Q(X + 1) − Q(X) = P (X).
Voir aussi : 27
Exercice 7 – Un K-espace vectoriel peut-il être une réunion finie de sous-espaces vectoriels stricts
3 (X-ESPCI 16) Soit E un K-espace vectoriel. Montrer que E ne peut s’écrire comme réunion finie de
sous-espaces stricts.
441 Stéphane FLON
Exercice 8 – Tout sous-espace vectoriel est-il une intersection d’hyperplans ?
Montrer que si F1 et F2 sont des supplémentaires d’un même sous-espace vectoriel G, alors F1 et F2 sont
isomorphes.
v On suppose que Ker(f k ) = Ker(f k+1 ) et que Im(f k ) = Im(f k+1 ). Montrer que Ker(f k )⊕Im(f k ) = E.
vi On suppose E de dimension finie n. Pour tout k ∈ N, on pose dk = dim(Ker(f k+1 )) − dim(Ker(f k )).
Montrer que (dk ) est une suite décroissante d’entiers naturels, et que dn = 0.
Indication – On pourra considérer f|kKer(f k+1 ) , pour établir que dk = dim(Im(f k ) ∩ Ker(f )).
Soit E et F deux espaces vectoriels, u une application linéaire de E dans F , et v une application linéaire
de F dans E telles que v ◦ u = Id E .
1 Montrer que Ker(u ◦ v) = Ker v.
2 Montrer que Im(u ◦ v) = Im u.
3 Montrer que Ker v ⊕ Im u = F .
Exercice 14 – Une généralisation du fait que les sous-espaces propres soient en somme directe
Exercice 18 – Trouver une propriété stable par combinaison linéaire qu’un seul vecteur ne vérifie pas, puis
itérer le raisonnement
1 Soit (x1 , . . . , xn ) des vecteurs d’un espace vectoriel E, et (λ1 , . . . , λn ) ∈ Kn tel que
n
X
λi xi = 0E
i=1
Soit i0 ∈ [[1, n]]. On suppose qu’il existe un sous-espace vectoriel F de E tel que pour tout i ∈ [[1, n]] \ {i0 },
xi ∈ F , et xi0 ∈/ F.
Montrer que λi0 = 0.
On peut ensuite itérer ce raisonnement, en parallèle (tous les vecteurs jouent un rôle comparable), ou en
série (les vecteurs sont hiérarchisés par une propriété).
2 (En parallèle)
Qn i Soit n ∈ N∗ , et a1 , . . . , an des réels distincts deux à deux. Pour tout i ∈ [[1, n]], on introduit Pi : x 7→
j=1,j̸=i (x − aj ). Montrer que (Pi )i∈[[1,n]] est libre.
ii (Mines MP 08, Mines MP 09) Montrer que la famille des fonctions réelles de la variable réelle
t 7→ |t − a|, lorsque a décrit R, est libre.
3 (En série)
i Pour tout a ∈ R, on définit ga : x 7→ eax ∈ RR . Montrer que (ga )a∈R est libre.
ii Soit f un endomorphisme d’un espace vectoriel E. On suppose que f p (x) = 0 et f p−1 (x) ̸= 0 pour
un certain vecteur x de E et où p ∈ N∗ . Montrer que (x, f (x), . . . , f p−1 (x)) est libre.
Exercice 19 – Utiliser le fait que les sous-espaces propres sont en somme directe
1 On considère des vecteurs tous non nuls x1 , . . . , xn d’un espace vectoriel E. Montrer que (x1 , . . . , xn ) est
libre si et seulement si les sous-espaces K x1 , . . . , K xn sont en somme directe.
443 Stéphane FLON
2 Soit λ1 , . . . , λp des complexes distincts deux à deux. Pour tout k ∈ [[1, p]], on définit
fk : R → C
.
x 7→ eλk x
Montrer que la famille (f1 , . . . , fp ) est libre.
Voir aussi : 33, 34
(X-ESPCI 16) Soit E et F deux espaces vectoriels de dimensions n et p respectivement. Soit f ∈ L(F, E)
de rang r. Soit F = {g ∈ L(E, F ) / f ◦ g ◦ f = 0}.
Montrer que F est un sous-espace de L(E, F ). Déterminer sa dimension.
1 (Premiers exemples) Montrer que si f est un projecteur ou un automorphisme de E, alors image et noyau
sont supplémentaires dans E.
2 Soit E un espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L(E). Montrer que les trois propriétés suivantes
sont équivalentes :
(1) Ker u = Ker u2 ;
(2) Im u = Im u2 ;
(3) E = Ker u ⊕ Im u.
Que subsiste-t-il en dimension infinie ?
3 Soit f ∈ L(E) telle que f 3 = f 2 + f . Montrer que E = Ker(f ) ⊕ Im(f ).
4 ÷ Soit E un espace vectoriel de dimension finie, et soit f ∈ L(E). Montrer que E = Ker(f ) ⊕ Im(f ) si et
seulement si il existe un polynôme P admettant 0 pour racine simple tel que P (f ) = 0.
Exercice 24 – Quelle est la dimension maximale d’un sous-espace de matrices non inversibles ?
(X-ESPCI 16) Déterminer la dimension maximale d’un sous-espace de M2 (C) inclus dans M2 (C) \
GL2 (C).
(X-ESPCI 16) Soit E un C-espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L(E) un automorphisme. On suppose
que, pour tout x ∈ E, l’ensemble uk (x) / k ∈ N est fini.
Soient u ∈ L(R2 , R3 ) et v ∈ L(R3 , R2 ) tels que u ◦ v soit un projecteur de rang 2 de R3 . Montrer que
Im(u ◦ v) = Im u puis que v ◦ u = Id R2 .
Soit A ∈ Mn (K). Montrer que A est de rang r si et seulement si il existe des familles libres (X1 , . . . , Xr ) et
(Y1 , . . . , Yr ) de colonnes telles que A = X1 Y1T + · · · + Xr YrT .
La famille (fa : x 7→ cos(x + a))a∈R est-elle libre ? Quelles sont ses sous-familles libres ?
1 Pour tout m ∈ N, on pose um = (sin (1/nm ))n∈N∗ . Montrer que (um )m∈N est libre.
2 (X MP 08) Pour n ∈ N, soit fn : x ∈ R 7→ cos(xn ). Montrer que la famille (fn )n∈N est libre.
3 (X MP 08) Soit n ∈ N∗ . La famille de fonctions
(x 7→ sin(nx), x 7→ sin((n − 1)x) cos(x), . . . , x 7→ sin(x) cos((n − 1)x))
est-elle libre ?
4 (X MP 08) Soit f : x ∈ R+ 7→ ln(1 + x). Montrer que (f, f ◦ f, f ◦ f ◦ f ) est un système libre de F(R+ , R).
On considère des réels positifs λ1 , . . . , λn , distincts deux à deux. Montrer que la famille constituée des
gk : x 7→ cos(λk x) est libre.
3 Soient E un espace vectoriel de dimension n, F1 , . . . , Fp des sous-espaces de E tels que : dim F1 +dim F2 +
· · · + dim Fp > n(p − 1). Montrer : F1 ∩ F2 ∩ · · · ∩ Fp ̸= {0}.
Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie. Montrer que tout supplémentaire de {0E } × F
dans E × F est de la forme : {(x, f (x)), x ∈ E} avec f ∈ L(E, F ).
1 Soit L un surcorps de K. Tout L-espace vectoriel peut être considéré comme un K-espace vectoriel EK
en munissant (E, +) de la restriction de la multiplication externe à K.
On suppose que E est un L-espace vectoriel de dimension finie n, et que L est un K-espace vectoriel de
dimension finie p. Montrer que EK est un K-espace vectoriel de dimension finie np.
2 Soit K ⊂ L ⊂ M trois corps. Si L est de dimension finie comme K-espace vectoriel, on note [L : K] sa
dimension. Démontrer l’équivalence des propositions :
i M est de dimension finie sur K.
ii L est de dimension finie sur K et M est de dimension finie sur L.
Montrer que dans ces conditions [M : K] = [M : L][L : K].
3 Soit K un corps fini. Montrer l’existence d’un nombre premier p et d’un entier n ∈ N∗ tels que Card(K) =
n
p .
Soit f ∈ L(E) vérifiant f 2 + f − 2Id E = 0. On a vu que E = Ker(f − Id E ) ⊕ Ker(f + 2Id E ). Montrer que le
projecteur p sur Ker(f − Id E ) parallèlement à Ker(f + 2Id E ) appartient à Vect(Id E , f ). On pose q = Id E − p.
Expliquer en quoi p et q permettent de calculer les puissances de f .
Voir aussi : 89
Problématique : Déterminer le rang d’une famille de vecteurs, d’une application linéaire ou d’une matrice
Exercice 52 – Utiliser le fait que le rang d’un produit soit inférieur ou égal au rang de tous ses facteurs
Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimension finie, f ∈ L(E, F ), g ∈ L(F, E) telles que f ◦ g ◦ f = f
et g ◦ f ◦ g = g. Montrer que Im(g) et Ker(f ) sont supplémentaires dans E et que f, g, g ◦ f, f ◦ g ont le même
rang.
1 Soit A = (ai,j )(i,j)∈[[1,n]]×[[1,p]] ∈ Mn,p (K). On appelle matrice extraite de A toute matrice obtenue en
supprimant des lignes ou colonnes de A.
Montrer que le rang de A est la plus grande taille d’une matrice inversible extraite de A.
Ainsi, le rang de A est la plus grande taille d’un déterminant extrait de A non nul.
2 −1 0 · · · 0 −1
..
−1 2 −1 .
0
..
.. ..
0 −1 2 . . .
2 (X-ESPCI 16) Calculer le rang de A = .
.
.. .. .. ..
. . . −1 0
..
0 . −1 2 −1
−1 0 ··· 0 −1 2
Exercice 54 – Toute matrice de trace nulle est-elle semblable à une matrice de diagonale nulle ?
1 Toute matrice de trace nulle est-elle semblable à une matrice de diagonale nulle ?
2 Soit A ∈ M2 (C). Montrer que A est semblable à −A si et seulement si tr(A) = 0.
Indication – On pourra montrer que si A ∈ M2 (C) est de trace nulle, alors A est semblable à une matrice de
diagonale nulle.
Soit n ∈ N∗ . On sait que Mn (K) et son dual L(Mn (K), K) sont isomorphes, mais il peut être intéressant
de disposer d’un isomorphisme explicite.
∆ : Mn (K) → L(Mn (K), K)
1 Montrer que l’application définit un isomorphisme de Mn (K) sur
A 7→ (M 7→ tr(AM ))
son dual.
2 En déduire que tout hyperplan de Mn (K) est de la forme {M ∈ Mn (K), tr(AM ) = 0}. Y a-t-il unicité de
la matrice A ?
3 Déduire du résultat précédent que si n ⩾ 2, alors tout hyperplan de Mn (K) comprend (au moins) une
matrice inversible.
448 Stéphane FLON
Exercice 56 – Une sous-algèbre de Mn (K) est-elle stable par passage à l’inverse ?
1 Une sous-algèbre de Mn (K) est un sous-espace vectoriel de Mn (K) comprenant In , et stable par produit
matriciel.
Soit A une sous-algèbre de Mn (K). On montre ici la stabilité de A par passage à l’inverse, i.e. si A ∈ A est
inversible, alors son inverse appartient à A. On considère donc A ∈ A ∩ GLn (K), et on introduit l’application
φ : A → A
.
B 7→ AB
i Montrer que φ est un automorphisme de l’espace vectoriel A.
ii Conclure en considérant l’antécédent de In par φ.
Remarque – Ce résultat s’applique notamment à la sous-algèbre Tn+ (K) des matrices triangulaires supérieures.
Exercice 57 – Une matrice a-t-elle toujours une racine carrée ? une racine cubique ?
1 Toute matrice A ∈ M2 (R) admet-elle une racine carrée dans M2 (R), i.e. une matrice X ∈ M2 (R) telle
que A = X 2 ?
Å ã
0 1
2 (D’après Centrale MP 06) Soit A = . Existe-t-il X ∈ M2 (R) telle que A = X 3 ?
0 0
Exercice 58 – Quelles sont les formes linéaires sur Mn (C) constantes sur les classes de similitude ?
1 Soit Φ ∈ L(Mn (C), C) telle que :
∀M ∈ Mn (C), ∀P ∈ GLn (C), Φ P −1 M P = Φ(M ).
1 Soit A et B dans Mn (R) semblables dans Mn (C). Les matrices A et B sont-elles semblables dans
Mn (R) ?
1 3 Montrer que le sous-espace vectoriel Ω de Mn (K) engendré par les matrices nilpotentes est l’hyperplan
H constitué des matrices de trace nulle.
2 Soit M ∈ M2 (R). Peut-on écrire M comme somme de matrice nilpotentes ?
3 Soit M ∈ Mn (C) telle que tr(M ) = 0.
Montrer qu’il existe A1 , . . . , Ap , B1 , . . . , Bp dans Mn (C), λ1 , . . . , λp dans C tels que M = i=1 λi (Ai Bi −Bi Ai ).
Pp
1 Montrer que A ∈ Mn,p (K) est de rang 1 si et seulement si il existe (X, Y ) ∈ Mn,1 (K) × Mp,1 (K) non
nuls tels que A = X(t Y ).
2 Soit A ∈ Mn (K) de rang 1. Montrer que A2 = tr(A)A.
449 Stéphane FLON
Exercice 62 – Déterminant d’une matrice triangulaire
Montrer que le déterminant d’une matrice triangulaire est le produit de ses coefficients diagonaux.
1 Calculer
1 n ... 2
..
2 1 . 3
.. .. ..
. . .
n n−1 ... 1
Réponse : (−1)n−1 nn−2 n(n+1)
2 .
2 Calculer (a, b, c ∈ R) :
(b + c)2 b2 c2
a2 (c + a)2 c2
a2 b2 (a + b)2
Réponse : 2abc(a + b + c)3 .
3
i (X MP 09, CCP PSI 09) Soit Φ : A ∈ Mn (R) 7→t A ∈ Mn (R). Calculer det Φ.
ii (X PC 09) Soit Ψ : A ∈ Mn (R) 7→ A + 2 AT . Déterminer la trace et le déterminant de Ψ.
Soit A ∈ GLn (R) et (X, Y ) ∈ (Mn,1 (R))2 . Montrer que A+Y t X est inversible si, et seulement si, t XA−1 Y ̸=
−1.
Exercice 71 – Pseudo-inverse
(X-ESPCI 16) Soit A ∈ Ms,t (R). Montrer l’existence de M ∈ Mt,s (R) telle que A = AM A. Y a-t-il unicité ?
Soit A ∈ Mn (C) antisymétrique, k ∈ N∗ , P1 , . . . , Pk ∈ Mn (C) telles que Pi2 = Pi pour tout i ∈ [[1, n]]. On
suppose que A = P1 + · · · + Pk .
Montrer que A = 0.
Soit A ∈ Mn (R) telle que A2 = A et φ l’endomorphisme de Mn (R) défini par : ∀M ∈ Mn (R), φ(M ) =
AM + M A.
Déterminer la trace et le déterminant de φ.
1 (Mines MP 10) Soit A = Diag(1, 2, 1) ∈ M3 (R). Pour M ∈ M3 (R), on pose u(M ) = AM + M A. Calculer
det(u).
2 Soit A ∈ M2 (K). On considère l’endomorphisme uA de M2 (K) défini par B 7→ AB. Préciser la matrice
de uA dans la base (E1,1 , E1,2 , E2,1 , E2,2 ), et vérifier que det(uA ) = (det A)2 .
Exercice 81 – Déterminant d’une matrice obtenue comme produit de matrices non carrées
(X-ESPCI 16) Soit (m, n) ∈ N2 avec 1 ⩽ n < m, A ∈ Mm,n (C) et B ∈ Mn,m (C).
Que dire de det(AB) ?
1 (X MP 09) Soit n un entier pair, A ∈ Mn (R) antisymétrique, J la matrice de Mn (R) dont tous les
coefficients sont égaux à 1. Montrer que, pour tout réel t, det(A + tJ) = det(A).
2 (X PC 09, Mines PC 16) Déterminer les A ∈ Mn (C) telles que : ∀ M ∈ Mn (C), det(A + M ) = det(A) +
det(M ).
1 Soient a1 , . . . , ap des réels distincts et t1 , . . . , tp des réels non tous nuls. On pose f : x ∈ R∗+ 7→
t1 x + · · · + tp xap . Montrer que f s’annule au plus en (p − 1) points.
a1
α2
def x 1 xα
2
2
... xα
n
2
D = .. .. .. ..
. . . .
xα
1
n
xα
2
n
... xα
n
n
Montrer que D est strictement positif. Indication – on pourra raisonner par récurrence et faire varier xn .
On suppose qu’il existe M ∈ Mn (R) telle que M 2 = −In . Montrer que n est pair. Si n est pair, existe-t-il
une matrice M ∈ Mn (R) telle que M 2 = −In ?
Montrer qu’une matrice antisymétrique de taille impaire ne peut pas être inversible.
Soit f : Mn (C) → C telle que, pour tout (A, B) ∈ Mn (C)2 , f (AB) = f (A)f (B). On suppose que f n’est
pas constante.
Montrer que A est inversible si et seulement si f (A) ̸= 0.
Soit A ∈ Mn (R). Montrer que A est inversible si et seulement si il existe P ∈ R[X] tel que P (A) = 0 et
P (0) = 1.
Exercice 93 – N’y a-t-il vraiment pas de formule générale pour un déterminant par blocs ?
1 Il y a une formule pour un déterminant par blocs d’une matrice non triangulaire dans un cas bien
particulier : soit A, B, C, D ∈ Mn (K). On suppose que A est inversible, et commute avec C. Montrer que
A B
= det(AD − CB).
C D
2 Montrer cependant que cette formule n’est pas valable pour toutes matrices A, B, C, D ∈ Mn (K).
Pour toute matrice M ∈ Mn (C), on écrit M = A + iB, avec (A, B) ∈ Mn (R)2 . Vérifier que
A −B
= | det(M )|2
B A
Soient f et g deux formes linéaires non nulles d’un espace vectoriel E. Montrer que f et g sont colinéaires
si et seulement si elles ont le même noyau.
Soit (λi )1⩽i⩽n et (µi )1⩽i⩽n des familles de scalaires non tous nuls. Montrer que les deux équations
n
X n
X
λ i xi = 0 et µi xi = 0
i=1 i=1
définissent un même hyperplan si et seulement si les vecteurs (λi )1⩽i⩽n et (µi )1⩽i⩽n de Kn sont colinéaires.
Soit f un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension finie n ⩾ 2, laissant stable une droite D de
E. On se propose de montrer qu’il existe un hyperplan H de E stable par f .
1 Traduire matriciellement la conclusion.
2 En considérant un endomorphisme de E dont la matrice dans une certaine base est la transposée de la
matrice de f dans cette même base, établir le résultat.
Soit n ∈ N∗ , et
def
H = {(x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , x1 + · · · + xn = 0}
Montrer que H est un sous-espace vectoriel de Rn , et en donner un supplémentaire.
1 (Centrale MP 07) Soit A = {P ∈ Rn [X], k=1 P (k) (1) = 0}. Quelle est la dimension de A ? Donner une
Pn
base de A.
2 (Mines MP 09) Soit n ∈ N∗ . Montrer qu’il existe un unique (c1 , . . . , cn ) de Rn tel que, pour tout P de
R2n+1 [X] :
Z 1 n
X
P (t)dt = 2P (0) + ck (P (k) + P (−k) − 2P (0)).
−1 k=1
Soit E un C-espace vectoriel de dimension 3. Soit f un endomorphisme non nul de E. Montrer que f est de
carré nul si et seulement si il existe une base B de E telle que
Ñ é
0 1 0
MB (f ) = 0 0 0 .
0 0 0
Soit u un endomorphisme nilpotent d’un espace vectoriel E. Montrer que φ : v 7→ uv − vu est un endomor-
phisme nilpotent de L(E).
Exercice 108 – Présence de matrices nilpotentes dans un hyperplan (Centrale PSI 10)
Soit n ⩾ 3 et H un hyperplan de Mn (C). Montrer que H contient une matrice nilpotente non nulle.
Exercice 109 – Ajout à une matrice inversible d’une matrice nilpotente avec laquelle elle commute
Soit (A, B) ∈ Mn (R)2 et P ∈ R[X] de degré ⩾ 1 tel que P (0) = 1. On suppose P (A) = BA. Montrer que
A est inversible et que A et B commutent.
Soit f ∈ L(E), λ1 , . . . , λn des scalaires distincts deux à deux (où n ∈ N∗ ). Le but de cet exercice est de
montrer (à nouveau) que Ker(f − λ1 Id E ), . . ., Ker(f − λn Id E ) sont en somme directe.
1 Soit i ∈ [[1, n]], et soit xi ∈ Ker(f − λi Id E ). Montrer que pour tout polynôme P ∈ K[X],
P (f )(xi ) = P (λi )xi .
Exercice 1 – Utiliser la stricte positivité de l’intégrale pour les fonctions continues, et la linéarité de l’intégrale
1 Soit f ∈ C 0 ([a, b], R), où a < b, d’intégrale nulle sur [a, b]. Montrer que f s’annule sur [a, b].
2 Soit f continue de [0, 1] dans R, n ∈ N tels que :
Z 1
∀k ∈ [[0, n]], f (u)uk du = 0.
0
Soit f ∈ C 0 ([a, b], R), où a < b, d’intégrale nulle sur [a, b]. Montrer que f s’annule sur ]a, b[.
Voir aussi : 13
Problématique : Montrer qu’une fonction est identiquement nulle grâce aux intégrales
(X-ESPCI 16) Soit f : R+ → R continûment dérivable telle que f (0) = 0 et 0 ⩽ f ′ ⩽ 1. Montrer que, pour
2
x ∈ R+ , 0 f 3 (t)dt ⩽ 0 f (t)dt . Étudier le cas d’égalité.
Rx Rx
Voir aussi : 15
Soit a ∈ K∗ et P ∈ K[X]. Montrer que la fonction x 7→ P (x)eax possède une unique primitive de la forme
x 7→ Q(x)eax , où Q ∈ K[X]. Montrer de plus que Q est de même degré que P .
1 Soit f une fonction continue de [a, b] dans R. Montrer qu’il existe c dans [a, b] (et même dans ]a, b[) tel
que
Z b
1
f (c) = f
b−a a
1 Donner un exemple de fonction non continue admettant une primitive.
Indication – on peut reformuler la question en la recherche d’une fonction dérivable mais pas de classe C 1 .
2 Montrer qu’une fonction en escalier admettant une primitive est nécessairement constante.
3 Montrer qu’une fonction continue par morceaux admettant une primitive est en fait continue.
1 (X-ESPCI 16) Soit f ∈ C 0 ([0, 1], R) telle que 0 f (t)dt = 21 . Montrer qu’il existe a ∈]0, 1[ tel que f (a) = a.
R1
1 Soit f continue de [0, 1] dans R telle que 0 f n (u)du ne prenne qu’un nombre fini de valeurs quand n
R1
Montrer que f = 0.
1 On se propose de montrer le lemme de Riemann-Lebesgue : pour tout fonction f continue par morceaux
de [a, b] dans C, [a,b] f (t)eist dt tend vers 0 lorsque s tend vers +∞.
R
Déterminer les fonctions f de [a, b] dans R, continues, telles que a f (t)dt = (b − a) sup |f |.
Rb
[a,b]
Soit (a, b, c) ∈ R3 , a < b < c. Soit f ∈ Cpm ([a, c], R). Montrer :
Z c Ç Z b Z c å
1 1 1
f (t)dt ⩽ max f (t)dt, f (t)dt .
c−a a b−a a c−b b
Soit f : R → R continue par morceaux telle que f soit de limite l ∈ R en +∞. Montrer que 1
Rx
x 0
f (t)dt
tend vers l lorsque x tend vers +∞.
460 Stéphane FLON
4.2. Exercices : Intégrales généralisées
4.2.1. Problématiques
Problématique : Déterminer la nature d’une intégrale généralisée
s0 , f (t)e−st dt existe.
0
Exercice 25 – Faire un développement asymptotique aux bornes problématiques jusqu’à l’obtention d’un signe
constant ou d’une absolue convergence
R1
1 (X-ESPCI 16) Étudier la convergence de ln(sin(x))dx.
0
R +∞ Äp √ ä
2 (Centrale PC 16) Étudier la convergence de 0 x + cos(x) − x dx.
Voir aussi : 40, 42
Exercice 28 – Utiliser un développement asymptotique en un point où les deux bornes tendent (après un
changement de variable)
1 Montrer que la fonction g : x ∈ R 7→ −e−x admet une unique primitive de limite nulle en +∞.
2
2 Donner un exemple de fonction h : R → R continue, n’admettant pas de primitive de limite nulle en +∞.
3 Soit f ∈ C(R, R).
i Montrer que f admet au plus une primitive de limite nulle en +∞. R +∞
ii Montrer que f admet une primitive de limite nulle en +∞ si et seulement si l’intégrale 0 f (t)dt
converge.
461 Stéphane FLON
Exercice 30 – Y a-t-il une vérification séquentielle de la convergence d’une intégrale
On fixe un intervalle [a, b[, ainsi qu’une fonction continue par morceaux de [a, b[ dans K.
R
1 Exprimer séquentiellement la convergence de [a,b[ f .
On fixe une suite (xn ) de points de [a, b[, de limite b.
R P R xn+1
2 On suppose que [a,b[ f converge. Montrer que xn
f converge, et calculer sa somme.
3 Rx Rb
i Donner un exemple où la suite a n f converge, mais où a f diverge.
Rx Rb
ii On suppose que la suite a n f converge, et que f est positive. Montrer que a f converge.
R xn
iii On suppose que la suite (xn ) est strictement croissante, que la suite a f converge, et que la suite
ÄR x ä Rb
n+1
xn
|f | converge vers 0. Montrer que a f converge.
4 Soit f : R+ → R décroissante de limite nulle en +∞. Montrer que 0 f (t) sin(t)dt converge.
R +∞
Le théorème sur les sommes de Riemann s’applique dans un cadre restrictif : la fonction considérée doit
être continue, et on intègre sur un segment. On se demande si ce théorème peut s’étendre à d’autres situations.
1R Montrer que si f est continue par morceaux sur [a, b], alors la suite des sommes de Riemann (Sn (f )) tend
vers [a,b] f .
2 (Centrale PC 16) Soit f ∈ C 0 (]0, 1], R) décroissante. On pose, pour n ∈ N∗ , Sn = n1 k=1 f nk . Montrer
Pn
R1
que l’intégrale 0 f (t)dt converge si, et seulement si, la suite (Sn )n∈N∗ converge et, dans ce cas, montrer que
R1
lim Sn = 0 f (t)dt.
n→+∞
Pn−1
3 (Mines MP) Déterminer lim k=1 √ 1 .
n∞ k(n−k)
4R On considère une fonction f : R+ → R continue par morceaux, décroissante de limite nulle en +∞, telle
x
que 0
f (t)dt tende vers un réel l lorsque x tend vers +∞.
i Montrer que pour tout n ∈ N∗ :
n2 Z n n2 −1
1X k 1 X k
f( ) ⩽ f (t)dt ⩽ f( )
n n 0 n n
k=1 k=0
Pn2
En déduire que n1 k=0 f ( nk ) tend vers l lorsque n tend vers +∞.
ii Application : calculer
n2
X n
lim .
n→∞ n2 + k 2
k=0
N
1 Soit (un )n∈N dans (R+ ) . On suppose que la série de terme général un converge. Montrer que la série de
2
terme général un converge.
2 Soit f ∈ C 0 (R+ , R). On suppose que f est intégrable sur R+ . La fonction f 2 est-elle intégrable sur R+ ?
1 Donner un exemple de fonction intégrable sur ]0, 1], non bornée.
2 Donner un exemple de fonction intégrable sur [1, +∞[, non bornée.
3 Donner un exemple de fonction continue par morceaux sur [1, +∞[, bornée mais non intégrable.
4 Montrer qu’une fonction continue par morceaux et bornée est intégrable sur un domaine borné.
462 Stéphane FLON
1 Donner un exemple de fonction continue par morceaux sur [1, +∞[, de limite nulle en +∞ mais non
intégrable sur [1, +∞[.
2 Donner un exemple de fonction intégrable sur [1, +∞[, mais ne tendant pas vers 0 en +∞.
3 Montrer que si f est intégrable sur [1, +∞[ et admet une limite en +∞, alors cette limite est nulle.
4 (Mines PC 16) Soit f ∈ C 0 R+ , R∗+ décroissante.
i Si f est intégrable, montrer que lim xf (x) = 0.
x→+∞
ii La réciproque est-elle vraie ?
5
i Soit f : R+ → K uniformément continue, telle que
R +∞
1
f (t)dt converge. Montrer que f tend vers 0 en
+∞.
ii Soit f : R+ → K intégrable sur R+ . Montrer que |f |α est intégrable sur R+ , où α ⩾ 1.
Exercice 35 – Les formules d’intégration par parties et de changement de variable conservent-elles l’intégra-
bilité ?
Dans les formules d’intégration par parties et de changement de variable pour les intégrales généralisées,
les deux intégrales ont même nature : on peut dire que la convergence des intégrales est conservée. On se
demande ici si ces formules conservent l’absolue convergence des intégrales.
1 Donner un exemple de fonctions f et g sur ]a, b[ auxquelles on peut appliquer la formule d’intégration
Rb Rb
par parties, mais telles que a |f g ′ | et a |f ′ g| n’aient pas même nature.
2 Montrer en revanche que si le théorème de changement de variable (pour les intégrales généralisées)
Rβ R lim φ
s’applique à f et à φ, alors α |f (φ(u))φ′ (u)| du et lim φ |f (t)|dt ont même nature.
β
(X-ESPCI 16) Si f ∈ C 0 (]0, 1], R) est intégrable sur ]0, 1], la fonction t 7−→ ln(t)f (t) est-elle toujours
intégrable sur ]0, 1] ?
1 Pour tout x ∈ R∗+ , montrer que t 7→ sin(t)2 est intégrable sur [x, +∞[.
R +∞ t
Pour tout x ∈ R∗+ , on pose f (x) = x sin(t) t2 dt.
cos(x)
2 Établir : f (x) ∼0 − ln(x) et f (x) = x2 + O+∞ x13 .
R +∞
3 Montrer que 0 xf (x)dx converge et calculer sa valeur.
Soit f ∈ C 1 (R+ , R) telle que f + f ′ soit de carré intégrable. Montrer que f est bornée, puis que f tend vers
0 en +∞.
Exercice 50 – Condition suffisante pour qu’une fonction soit de limite nulle en +∞
Soit f ∈ C 1 (R, R) telle que f et f ′2 soient intégrables sur R. Montrer que f tend vers 0 en ±∞.
1 Soit E un espace vectoriel de dimension finie n ∈ N∗ . Étant donné une base B = (e1 , . . . , en ) de E,
définir des notions de normes 1, 2 et infinie dans B.
2 Si un espace vectoriel E de dimension finie admet une base canonique, on peut définir des notions de
normes canoniques 1, 2 et infinie. Définir par exemple la norme canonique 1 sur Kn [X] et la norme canonique 2
sur Mn (K).
Soit n ⩾ 2. Existe-t-il une norme sur Mn (C) invariante par conjugaison (i.e. telle que deux matrices
semblables quelconques aient même norme) ?
Exercice 6 – Quelles sont les matrices dont la classe de similitude est bornée ?
Soit P ∈ C[X] non constant. Montrer que toute racine de P ′ est dans l’enveloppe convexe de l’ensemble des
racines de P .
Exercice 11 – Boules et sphères vides
Montrer que si E ̸= {0E }, une boule non vide admet un unique centre et un unique rayon.
1 Montrer que l’on définit une norme d’algèbre sur Mn (K) en posant, pour tout A = (ai,j ) ∈ Mn (K) :
( n )
X
∥A∥ = sup |ai,j |, 1 ⩽ j ⩽ n
i=1
Soit E = {f ∈ C 1 ([0, 1], R), f (0) = 0}, N (f ) = N∞ (3f + f ′ ). Montrer que (E, N ) est un EVN et qu’il existe
α ∈ R∗+ tel que, pour tout f ∈ E, on ait N∞ (f ) ⩽ αN (f ).
Indication – en posant g = 3f + f ′ , on pourra exprimer f en fonction de g.
On considère une suite (Pn ) de polynômes unitaires de C[X] de degré d. On suppose que cette suite
Qd
converge vers P = k=1 (X − λk ).
1 Est-il nécessaire de préciser une norme ?
Ä Pd−1 ä
2 Soit P = X d +ad−1 X d−1 +· · ·+a1 X +a0 . Montrer que si λ est une racine de P , |λ| ⩽ max 1, k=0 |ak | .
3 Montrer que pour tout ε > 0, il existe un rang n0 tel que si n ⩾ n0 , les racines de Pn sont dans la réunion
des disques de centre λi de rayon ε pour i ∈ [[1, d]].
1 Soit E = C([0, 1], R). Montrer que les normes ∥·∥1 , ∥·∥2 et ∥·∥∞ ne sont pas équivalentes sur E.
2 Soit E = R[X] et P = k∈N ak X k . On définit N1 (P ) = k∈N |ak |, N2 (P ) =
P P »P
2
k∈N |ak | et N∞ (P ) =
maxk∈N |ak |.
Montrer que ces trois normes ne sont pas équivalentes.
ä1/p
5 Pour f : [a, b] → R continue, on pose ∥f ∥p = a |f |p
ÄR b
.
i En supposant que f et g sont positives, montrer l’inégalité de Minkowski
ÇZ b å1/p ÇZ b å1/p ÇZ b å1/p
p
(f + g) ⩽ fp + gp
a a a
Rb p
Rb p−1
Rb p−1
Indication – On majorera a (f + g) = a (f + g) f + a (f + g) g.
ii En déduire que ∥·∥p est une norme sur C([a, b], R).
6 Montrer que si x1 , . . . , xn , y1 , . . . , yn ∈ R+ , on a l’inégalité de Minkowski :
n
!1/p n
!1/p n
!1/p
X X p
X p
p
(xi + yi ) ⩽ xi + yi
i=1 i=1 i=1
Soit Q ∈ R[X]. Construire une norme sur R[X] telle que la suite de polynômes (X n ) converge vers Q.
Soit (an )n⩾1 une suite d’éléments de [0, 1], C l’espace des fonctions continues de [0, 1] dans R. On pose, si
f ∈ C : N (f ) = n⩾1 |f (a n )|
P
2n .
1 À quelle condition sur la suite (an ) l’application N est-elle une norme sur C ?
2 Si la condition précédente est réalisée, N est-elle équivalente à ∥ ∥∞ ?
Soient X une partie bornée non vide de l’espace de dimension finie (E, ∥ ∥), et r = inf {ρ ⩾ 0 ; ∃a ∈ E, X ⊂ Bf (a, ρ)}.
1 Montrer qu’il existe une boule fermée de rayon r contenant X.
2 Si ∥ ∥ est euclidienne, démontrer l’unicité.
1 Soit A une partie dense d’un EVN E, et soit f : E → F une application continue (où F est un EVN). On
suppose f nulle sur A. Montrer que f est identiquement nulle.
2 Soit f : R → R une application continue, telle que pour tout x, y ∈ R, f (x + y) = f (x) + f (y). Montrer
que f est linéaire, i.e. il existe α ∈ R tel que, pour tout x ∈ R, f (x) = α x.
Voir aussi : 68
Exercice 32 – Y a-t-il une caractérisation séquentielle de l’intérieur d’une partie, du fait qu’une partie soit
ouverte ?
1 Soit A une partie d’un EVN E, et soit a ∈ E. Montrer que a est intérieur à A si et seulement si pour
toute suite (un ) de points de E convergeant vers a, tous les termes de cette suite sont, à partir d’un certain
rang, des points de A.
2 Montrer que A est un ouvert de E si et seulement si pour toute suite (un ) d’éléments de E, convergeant
vers un point de A, tous les termes de cette suite sont, à partir d’un certain rang, des points de A.
Exercice 33 – Que dire topologiquement de l’ensemble des valeurs d’adhérence d’une suite ?
Soit (xn ) une suite de E. On note, pour tout n, Xn = {xp }p⩾n . Montrer que l’ensemble des valeurs
T
d’adhérence de (xn ) est l’ensemble X = n∈N Xn . En déduit que X est fermé.
470 Stéphane FLON
1 Montrer que l’ensemble N des matrices nilpotentes de Mn (C) est un fermé de Mn (C).
2 Montrer que si M ∈ Mn (C), alors 0n est adhérent à la classe de similitude de M si et seulement si M
est nilpotente.
Indication – On pourra utiliser (et éventuellement admettre) le fait que toute matrice nilpotente est semblable
à une matrice triangulaire supérieure stricte.
(X MP 05) Déterminer les suites réelles bornées telles que un + u22n converge.
Exercice 37 – Fermés ouverts d’un EVN, d’une partie pour la topologie induite
1 Montrer que E et ∅ sont les seules parties d’un EVN E à la fois ouvertes et fermées (dans E).
2 Donner un exemple de partie A d’un EVN E pour laquelle il existe des parties ouvertes et fermées pour
la topologie induite autres que A et ∅.
1 Soit (E, ∥·∥) un evn. En utilisant la continuité de ∥·∥ : E → R, montrer à nouveau que les sphères et les
boules fermées sont fermées, et que les boules ouvertes sont ouvertes.
2 Montrer, grâce à la continuité du déterminant det : Mn (K) → K, que GLn (K) est un ouvert de Mn (K).
Soit f : A → F une fonction définie sur une partie A d’un evn E, et à valeurs dans un evn F . Montrer
l’équivalence des assertions suivantes :
i f est continue.
ii Pour tout ouvert U de F , f −1 (U ) est un ouvert relatif de A.
iii Pour tout fermé B de F , f −1 (B) est un fermé relatif de A.
Montrer que tout fermé F d’un EVN E est une intersection d’une suite décroissante d’ouverts.
Soit F, G deux fermés disjoints d’un EVN E. Montrer qu’il existe des ouverts disjoints U et V contenant
respectivement F et G.
.
471 Stéphane FLON
Exercice 44 – Banque CCP 2016 44
3
i Montrer que A ∩ B ⊂ A ∩ B.
ii Montrer à l’aide d’un exemple que l’autre inclusion n’est pas forcément vérifiée (on pourra prendre
E = R).
1 On considère une norme ∥ ∥ sur Mn (C). Soit A ∈ Mn (C). On suppose que la suite (Ak )k∈N converge, on
note B sa limite. Montrer que B est une matrice de projecteur (i.e. B 2 = B), et que AB = BA = B.
En déduire que (Ak ) converge vers 0 si et seulement si (tr(Ak )) converge vers 0.
2 (Centrale PC 16)
i Soit A ∈ Mn (C) diagonalisable. On suppose que toutes les valeurs propres de A sont de module
strictement inférieur à 1. Montrer que la suite Ak k∈N∗ converge.
ii Soit A ∈ Mn (C) telle que Ak k∈N∗ converge. Si λ ∈ C est une valeur propre de A, montrer que
Montrer que pour l’application rang r, pour tout point A de Mn (K), il existe un voisinage V de A dans
Mn (K) tel que
∀ B ∈ V, r(A) ⩽ r(B).
Soit B une partie fermée non vide d’un evn E de dimension finie. Montrer que pour tout a ∈ E, la distance
de a à B est atteinte, i.e. il existe b ∈ B tel que
d(a, B) = d(a, b)
Soit E un evn de dimension finie, C une partie de E convexe et dense dans E. Montrer que C = E.
472 Stéphane FLON
Exercice 51 – Description topologique d’un ensemble de points fixes
1 Soit f ∈ C 0 ([0, 1], [0, 1]). Montrer que l’ensemble des points fixes de f est un fermé non vide.
2 Soit F un fermé non vide de [0, 1]. Montrer que F est l’ensemble des points fixes d’une fonction continue
de [0, 1] dans lui-même.
(X MP) Soient a ∈ R et (xn )n⩾0 une suite réelle telle que (2xn+1 − xn ) converge vers a. Montrer que (xn )
est convergente.
1 Soit (z1 , . . . , zn ) ∈ Un . On pose uk = i=1 zik . Montrer que la suite (un ) admet n pour valeur d’adhérence.
Pn
Soit (xn ) une suite d’un evn E de dimension finie. On suppose que pour tout a ∈ E, (∥xn − a∥) converge.
Montre que (xn ) converge. Montrer que le résultat tombe en défaut en dimension infinie.
Montrer que si A est dense dans un evn E non nul, B une partie finie, alors A \ B est encore une partie
dense de E. Si C ⊂ E, C ∩ A est-il nécessairement dense dans C ?
Soit E = ℓ∞ (K) la K-algèbre des suites bornées de K muni de ∥·∥∞ . On note A l’ensemble
P des suites de E
stationnaires à 0, B l’ensemble des suites convergentes vers 0, C = ℓ (C) et S = {(xn ) ∈ E, xn } converge.
1
Soit E = C([0, 1], R), supposé normé, A = {f ∈ E, f (0) = 0}. Montrer que A peut être soit fermé, soit dense
dans E. Trouver une norme pour chacun des deux cas.
1 Montrer l’existence S d’une famille dénombrable d’ouverts de Rp , (Un )n∈N telle que pour tout ouvert Ω, il
existe A ⊂ N tel que Ω = n∈A Un .
i∈I une famille d’ouverts de R . Montrer qu’il existe une partie J au plus dénombrable de I telle
p
2S Soit (Ωi )S
que i∈I Ωi = i∈J Ωi .
3 Une partie A de R est dite réversible s’il existe une application continue f : R → R telle que f (A) ⊂ R \ A
et f (R \ A) ⊂ A.
1 Donner un exemple de partie réversible.
2 Q est-il réversible ?
3 Une partie réversible peut-elle être ouverte ? fermée ?
4 Une partie réversible peut-elle être bornée ? minorée ?
5 Une partie réversible peut-elle être un sous-groupe de (R, +) ?
Soit E un evn de dimension finie. On dit qu’une application f de E dans E est contractante s’il existe
k ∈ [0, 1[ tel que f soit k-lipschitzienne. On se donne une telle application f .
1 Montrer que f admet au plus un point fixe.
2 Soit α ∈ E, et soit (xn ) la suite récurrente de terme initial α, et d’itératrice f .
i Vérifier que pour tout n ∈ N :
∥xn+1 − xn ∥ ⩽ k n ∥x1 − x0 ∥
ii En déduire que la suite (xn ) est convergente, et que sa limite est un point fixe de f .
3 En déduire le théorème de Banach-Picard : f admet un unique point fixe c, pour tout α ∈ E, la suite
(xn ) de terme initial α et d’itératrice f converge vers c, et, plus précisément :
xn − c = O(k n )
Soient f et g deux endomorphismes d’un espace normé (E, ∥ ∥). On suppose que f ◦ g − g ◦ f = Id .
1 Montrer que E n’est pas de dimension finie.
2 Montrer que l’un des deux endomorphismes f et g est discontinu.
Indication – On pourra calculer f n ◦ g − g ◦ f n si n ⩾ 1.
Exercice 71 – Une fonction est-elle continue si et seulement si son graphe est fermé ?
2 Soit f : P ∈ R[X] 7→ P (0) ∈ R. Trouver une norme sur R[X] telle que f est continue (resp. f n’est pas
continue).
3 Soit E = C([a, b], R) muni de la norme infinie ∥·∥∞ et φ : R → R continue. On définit ψ : f ∈ E 7→ φ ◦ f .
Montrer que ψ est continue.
Soit A = C([0, 1], R) l’anneau des applications continues de [0, 1] dans R. Montrer qu’il existe des idéaux de
A non principaux.
1 Soit (un ) une suite d’un evn E convergente vers ℓ. Montrer que K = {un , n ∈ N} ∪ {ℓ} est un compact.
475 Stéphane FLON
2 Soit f : A ⊂ E → F . Montrer que f est continue si et seulement si la restriction de f à tout compact est
continue.
Exercice 76 – Une forme linéaire non continue
Soit E = C 1 ([0, 1], R) muni de ∥·∥∞ . Montrer que φ : f ∈ E 7→ f ′ (0) est linéaire non continue.
On définit la distance d(A, B) entre deux parties non vides d’un EVN E par :
def
d(A, B) = inf{d(x, y), (x, y) ∈ A × B}
Soit A et B des compacts non vides de Rn . Montrer l’existence de (a, b) ∈ A × B tel que ∥a − b∥ = d(A, B).
Cela reste-t-il vrai si A compact et B fermé ? A et B fermés ?
Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie, K un convexe compact non vide de E et f ∈ L(E) tel que
f (K) ⊂ K. Montrer qu’il existe x ∈ K tel que f (x) = x.
On veut montrer que R ne peut s’écrire comme union dénombrable de segments disjoints. On suppose par
l’absurde que R est l’union disjointe des segments [an , bn ] pour n ∈ N, où an ⩽ bn . On pose E = {an , n ∈
N} ∪ {bn , n ∈ N}.
1 Montrer que E est fermé.
2 Montrer que E ne possède aucun point isolé.
3 Conclure.
Exercice 86 – Hypercube de Hilbert
÷ Soit (X, d) un espace métrique. On dit que X vérifie la propriété de Borel-Lebesgue si de tout recouvre-
ment de X par une famille d’ouverts (Ωi )i∈I , on peut extraire un sous-recouvrement fini de X, autrement dit,
s’il existe J ⊂ I fini tel que X = ∪i∈J Ωi .
1 Montrer que si X est compact, pour tout ε > 0, il existe un nombre fini de points x1 , . . . , xk de X tels
Sk
que X ⊂ i=1 B(xi , ε).
2 Montrer que si X est un compact, pour tout recouvrement d’ouverts de X noté (Ωi )i∈I , il existe ρ > 0
tel que pour tout x ∈ X, il existe i ∈ I tel que B(x, ρ) ⊂ Ωi .
3 Montrer que X est compact si et seulement si X vérifie la propriété de Borel-Lebesgue.
4 Montrer que si (un ) est une suite convergente d’un espace métrique E vers une limite ℓ, alors K =
{un , n ∈ N} ∪ {ℓ} est un compact.
5 Soit f : [a, b] → R une fonction admettant en tout point (où cela est possible) une limite finie à gauche
et à droite. Montrer que f est réglée, i.e. que pour tout ε > 0, il existe h : [a, b] → R en escalier telle que
∥h − f ∥∞ ⩽ ε.
Soit f : K → F injective, K compact de E. Montrer que si f est continue, alors f établit un homéomorphisme
de K sur f (K).
Soit X ⊂ E, Y ⊂ F . On suppose que Y est compact. Montrer que f : X → Y est continue si et seulement
si son graphe est un fermé de X × Y .
Montrer que si Γ est une partie de GLn (C) compacte, non vide et stable par produit, alors Γ est un sous-
groupe de GLn (C).
Soit K un compact de E. On considère f : K → K continue une dilatation, i.e. pour tout (x, y) ∈ K 2 ,
∥f (y) − f (x)∥ ⩾ ∥y − x∥. Montrer que f est une isométrie bijective de K.
477 Stéphane FLON
Exercice 93 – Isométrie d’un compact
Soit E = ℓ∞ (K) muni de ∥·∥∞ , A l’ensemble des suites (xn ) de E telles que
P∞
n=0 |xn | ⩽ 1.
Montrer que A est fermé, borné, mais non compact.
Montrer que l’ensemble N des matrices nilpotentes de Mn (K) est connexe par arcs.
Exercice 101 – Connexité par arcs (ou pas) du complémentaire d’un hyperplan
3 Soit φ une forme linéaire non nulle sur un EVN réel E, de noyau H. Montrer que E \ H est connexe par
arcs si et seulement si φ n’est pas continue.
1 Montrer que la suite (gn : x ∈ [0, 1] 7→ xn ) ne converge pas uniformément sur [0, 1].
n pour tout (n, x) ∈ N × R+ , ne converge pas
1 ∗
2 Montrer que la suite de fonctions (fn ), où fn (x) = 1+x
uniformément sur R+ .
∗
1 Montrer que la suite (gn : x ∈ [0, 1[7→ xn ) ne converge pas uniformément sur [0, 1[.
1 Soit (fn ) une suite de fonctions de I dans K, convergeant uniformément vers une fonction f sur I. Montrer
que pour tout suite (xn ) de points de I, la suite (fn (xn ) − f (xn )) tend vers 0.
2 Montrer (grâce à la question précédente) que la suite (gn : x ∈ [0, 1[7→ xn ) ne converge pas uniformément
sur [0, 1[.
Exercice 4 – Utiliser la stabilité de la CVU par composition à gauche par une fonction uniformément continue
Ä ä
nx
(CCP MP 13) Soit fn : x 7→ cos n+1 .
1 Étudier la convergence simple de la suite (fn ) sur R.
2 Étudier la convergence uniforme sur tout segment [−a, a].
3 Montrer que la convergence n’est pas uniforme sur R.
Indication – Utiliser xn = (n + 1)x.
1 Montrer que la suite (gn : x ∈ [0, 1] 7→ xn ) ne converge pas uniformément sur [0, 1[.
2
i Montrer que la suite de fonctions (fn ) définie par
n sin(x)e−nx
fn (x) =
1 − e−nx
ne converge pas uniformément sur R∗+ .
ii Montrer cependant la convergence uniforme sur tout segment inclus dans R∗+ .
Voir aussi : 7, 8, 9, 11
1 Expliciter une suite de fonctions (fn ) dérivables sur [−1, 1], convergeant uniformément vers la fonction
valeur absolue sur [−1, 1].
479 Stéphane FLON
Ainsi, la dérivabilité n’est pas conservée par convergence uniforme.
Exercice 8 – La convergence uniforme permet-elle d’intervertir limite et intégrale sur un intervalle non borné ?
(Mines MP 2015)
xn −x
1 On pose ∀n ∈ N, ∀x ∈ R+ , fn (x) = e .
n!
i Montrer que (fn ) converge uniformément sur [0, +∞[ vers une fonction f que l’on déterminera.
Z +∞
ii Calculer fn (x)dx. Que constate-t-on ?
0
Exercice 9 – Quelles propriétés sur les fonctions permettent de déduire la convergence uniforme de la conver-
gence simple ?
1 Soit (fn ) une suite de fonctions K-lipschitziennes sur un segment [a, b], qui converge simplement vers f .
Montrer que la convergence est uniforme sur [a, b].
2 Soit V un sous-espace vectoriel de dimension finie de C 0 ([0, 1], R) et (fn )n⩾1 une suite d’éléments de V
qui converge simplement sur [0, 1] vers g ∈ C 0 ([0, 1], R). Montrer que la convergence est uniforme.
3 Soient S un segment de R, (fn )n⩾0 une suite de fonctions de S dans R. On suppose que, pour tout x de
S, toute suite (xn )n⩾0 de S tendant vers x, (fn (xn ))n⩾0 converge. Montrer que fn converge simplement vers
une fonction f , que f est continue, et que la convergence est uniforme.
4 Premier théorème de Dini Soient (fn )n⩾0 une suite de fonctions continues à valeurs réelles convergeant
simplement sur le segment S vers une fonction continue f . On suppose que, pour tout x de S, (fn (x))n⩾0 est
croissante. Prouver que la convergence est uniforme.
5 Deuxième théorème de Dini (ou faux Dini ) Soit (fn )n⩾0 une suite de fonctions croissantes conver-
geant simplement sur le segment S vers une fonction f continue. Montrer que la convergence est uniforme.
Exercice 10 – Quels renseignement a-t-on sur la convergence des suites de fonctions récurrentes ?
1 Cas croissant
Soit f une application croissante et continue de [0, 1] dans [0, 1]. Pour n dans N∗ , soit fn = f ◦· · ·◦f (n fois).
Montrer que (fn )n⩾1 converge simplement vers une fonction à préciser. Dire sur quels ensembles la convergence
est uniforme.
2 Cas contractant
Soient k dans ]0, 1[, f une fonction k-lipschitzienne de R dans R. Pour n dans N∗ , soit fn = f ◦ · · · ◦ f (n
fois).
i Montrer que f a un unique point fixe, que l’on note p.
ii Montrer que (fn )n⩾1 converge uniformément sur tout segment de R vers la fonction constante égale
à p.
3 Soit f une fonction continue de R+ dans R+ telle que :
∀ x > 0, 0 < f (x) < x
Montrer, si fn = f ◦ · · · ◦ f (n fois), que (fn )n⩾1 converge uniformément vers la fonction nulle sur tout segment
de R+ .
4 On définit une suite de fonctions de R+ dans R par :
»
∀(n, x) ∈ N × R+ , f0 (x) = 0, fn+1 (x) = x + fn (x)
Étudier la convergence simple et uniforme de cette suite.
5 Soit f0 : x ∈ R 7→ sin(x) et, pour n ∈ N, fn+1 : x ∈ R 7→ sin(fn (x)).
Étudier la convergence simple et la convergence uniforme de (fn )n∈N .
2 fn (x) = xn (1 − x).
3 fn (x) = nxn (1 − x).
4 fn (x) = n3 xn (1 − x)4 .
5 fn (x) = cos(x)n sin(x)2n .
n2 x2
Étudier le mode de convergence de fn (x) = .
1 + n4 x4
Exercice 14 – Une convergence uniforme théorique
1 Soit f ∈ C 0 ([0, 1], R), f (1) = 0, fn (x) = xn f (x). Montrer que (fn ) converge uniformément sur [0, 1].
2 Soit a, b ∈ R, a < b, f, g ∈ C 0 ([a, b], C), telles que |f | ⩽ 1 et, pour tout x ∈ [a, b],
|f (x)| = 1 ⇒ g(x) = 0.
n
Montrer que (f g) converge uniformément sur [a, b].
def
Indication – pour ε ∈ R∗+ fixé, montrer que U = {x ∈ [a, b], |g(x)| < ε} est un ouvert relatif de [a, b], et
def
considérer K = [a, b] \ U .
Pour z ∈ C et n ∈ N∗ , on pose : z n
fn (z) = 1 +
n
481 Stéphane FLON
Montrer que (fn )n⩾1 converge simplement vers la fonction exponentielle, la convergence étant uniforme sur tout
compact de C.
1 Montrer que (fn ) converge simplement sur R \ Z, que la convergence est uniforme sur tout segment de
R \ Z.
2 Soit f la limite de (fn ). Montrer que f est continue sur R \ Z, impaire, 1-périodique, que :
Å Å ãã
1 x x 1
∀ x ∈ R \ Z, f (x) = f +f +
2 2 2 2
3 Conclure : ∀ x ∈ R \ Z, f (x) = π cotan(πx)
Démontrer le théorème d’Ascoli : si (fn ) est une suite équicontinue de fonctions de S = [a, b] dans R, s’il
existe c dans S tel que la suite (fn (c)) soit bornée, alors il existe une extraction φ telle que (fφ(n) ) converge
uniformément sur S.
Indication – On pourra utiliser une partie dénombrable dense D de S, le procédé diagonal et l’exercice précédent.
Soit (fn )n⩾0 une suite de fonctions convexes définies sur un intervalle I de R, convergeant simplement vers
une fonction f sur I.
1 Montrer que, si S est un segment contenu dans l’intérieur de I, il existe C > 0 tel que toutes les restrictions
des fn à S soient C-lipschitziennes.
2 En déduire que la convergence des (fn )n⩾0 vers f est uniforme sur tout segment contenu dans l’intérieur
de I.
Exercice 24 – Une application du second théorème de Dini
Soit (fn )n⩾0 une suite de fonctions croissantes de R dans R ayant pour limite 0 en −∞, 1 en +∞. On
suppose que (fn ) converge simplement sur R vers une fonction f continue ayant pour limite 0 en −∞ et 1 en
+∞. Montrer que la convergence est uniforme sur R.
un : R+ → R
sin(n2 x+x2 )e−n(x+ln(1+x))
x 7→ n2
un converge uniformément sur R+ .
P
Montrer que la série de fonctions
Exercice 29 – (Non CVU) Mettre en évidence une tranche ne convergeant pas uniformément vers la fonction
nulle
n
1 Soit un : x ∈] − 1, 1[7→ xn . Montrer que
P
un ne converge pas uniformément sur ] − 1, 1[.
2 Soit, pour n ∈ N, un : x 7→ 1+exnx . Montrer que un ne converge pas uniformément sur R+ .
P
Voir aussi : 42
Problématique : Établir une propriété pour la limite simple d’une série de fonctions
un , où un : x ∈ R+ 7→ n+n
x
2 x (n ∈ N ). Montrer que sa somme S est définie au voisinage
∗
P
2 On considère
2 ∞
de +∞, et qu’elle tend vers π6 (i.e. vers n=1 n12 ) en +∞.
P
3 Pour n ⩾ 2, on pose
fn : R + → R √
x ln(n)
x 7→ 1+n 2x
P∞
Trouver un équivalent de n=1 fn en +∞.
Exercice 33 – Isoler le terme prépondérant devant les autres, et montrer qu’il est bien prépondérant devant la
somme des autres
Exercice 34 – Peut-il y avoir convergence uniforme, et convergence absolue en tout point d’une série de
fonctions, sans convergence normale ?
xe−nx
Pour x ∈ R, n ⩾ 2, on pose fn (x) = ln(n) .
P
1 Donner le domaine de convergence (simple) de fn . On note φ la somme.
2 Montrer que φ est continue sur R+ .
∗
P
3 La série fn converge-t-elle normalement ?
4 Y a-t-il convergence uniforme sur R+ ?
5 Montrer que φ est continue sur [0, +∞[.
6 Montrer que φ est de classe C 1 sur ]0, +∞[. La fonction φ′ a-t-elle une limite finie en 0 ?
7 Calculer lim xk × φ(x) pour tout k ⩾ 2.
x→+∞
fn : R+ → R, où
P
Étudier n⩾1
(−1)n n
∀ n ⩾ 1, ∀ x ∈ R+ , fn (x) = .
x2 + n2
Soit (an )n⩾0 une suite décroissante de réels ⩾ 0. Soit, pour x ∈ [0, 1] et n ⩾ 0 :
fn (x) = an xn (1 − x)
P
1 Montrer que fn converge simplement sur [0, 1].
P
2 À quelle condition fn converge-t-elle normalement sur [0, 1] ?
P
3 À quelle condition fn converge-t-elle uniformément sur [0, 1] ?
3 Soit x un nombre réel. Pour m dans N, on note km l’élément de Z tel que k8mmπ ⩽ x < (km +1)π
8m .
Déduire de 2 que f n’est pas dérivable en x.
4 Montrer également que f n’est monotone sur aucun intervalle non réduit à un point.
1 Soit (Pn ) une suite de polynômes convergeant uniformément vers f sur [a, b]. On peut sans perte de
généralité supposer les Pn tous non nuls. Que dire de la suite des degrés des Pn ?
2 Soit (Pn )n∈N une suite de fonctions polynomiales convergeant uniformément sur R vers f . La fonction f
est-elle forcément polynomiale ?
3 Soit I un intervalle d’intérieur non vide, f ∈ C(I, R). Existe-t-il une suite de polynômes (Pn ) convergeant
uniformément vers f sur tout segment de I.
1 Soit k dans N∗ . Étudier la convergence uniforme sur [−1, 0] de la suite (fn ) définie par :
∀ x ∈ [−1, 0], fn (x) = xk ((1 + x)n − 1)
2 Trouver les fonctions de [−1, 0] dans R qui sont limites uniformes sur [−1, 0] de polynômes à coefficients
dans R+ .
Exercice 57 – Théorème de Chudnovsky
1 Soit :
f : R → R
·
x 7→ 2x(1 − x)
Pour n ∈ N∗ , on pose fn = f ◦ · · · ◦ f (n fois). Étudier la convergence simple de (fn )n⩾0 sur [0, 1]. Montrer que
la convergence est uniforme sur tout segment contenu dans ]0, 1[.
2 À quelle condition sur le couple (a, b) de R2 tel que a < b est-il vrai que toute fonction continue de [a, b]
dans R est limite uniforme sur [a, b] de polynômes à coefficients dans Z ?
Soient f une fonction continue par morceaux de [a, b] dans C, g une fonction continue par morceaux et
T -périodique de R dans C. Montrer que
Z b
1 T
Z Z b
f (t) g(λt)dt −→ g× f
a λ→+∞ T 0 a
Soit f une fonction continue de [0, 1] dans R. Pour n dans N, k dans {0, . . . , n} et x dans [0, 1], soit
Ç å n Å ã
n k n−k
X k
rk,n (x) = x (1 − x) , Bn (f )(x) = f rk,n (x)
k n
k=0
1
i Soit E un K-espace vectoriel, R une relation d’équivalence sur E. Montrer que E/R est muni d’une
structure d’espace vectoriel quotient si et seulement si il existe un sous-espace vectoriel H de E tel que, pour
tout (x, y) ∈ E 2 , (xRy) ⇔(y − x ∈ H).
Dans un tel cas, on parle d’espace vectoriel quotient de E par (son sous-espace vectoriel) H, et on note
E/H l’espace vectoriel quotient.
ii Si E est de dimension finie, quelle est la dimension de E/H en fonction de celles de E et de H ? On
pourra trouver un sous-espace vectoriel G de E qui est un système de représentants pour la relation ci-dessus.
2 Soit A un anneau, R une relation d’équivalence sur A. Montrer que A/R est muni d’une structure
d’anneau quotient si et seulement si il existe un idéal I de A tel que, pour tout (x, y) ∈ A2 , (xRy) ⇔(y − x ∈ I).
Dans un tel cas, on parle d’anneau quotient de A par (son idéal) I, et on note A/I l’anneau quotient.
3 Soit G un groupe, H un sous-groupe de G. On dit que H est distingué (ou normal ) dans G si, pour tout
g ∈ G, g −1 Hg ⊂ H.
i Montrer que si G est abélien, tout sous-groupe de G est distingué dans G.
ii Montrer que si φ : G → G′ est un morphisme de groupes, alors Ker(φ) est distingué dans G.
iii Montrer que An est distingué dans Sn .
iv Soit G un groupe, R une relation d’équivalence sur G. Montrer que G/R est muni d’une structure
de groupe quotient si et seulement si il existe un sous-groupe H distingué dans G tel que pour tout (x, y) ∈ G2 ,
(xRy) ⇔(xy −1 ∈ H).
Dans un tel cas, on parle de groupe quotient de G par (son sous-groupe distingué) H, et on note G/H le
groupe quotient.
Cela étant dit, étant donné un sous-groupe H de G, on peut définir le quotient de G à gauche par H (resp.
à droite par H) par la relation d’équivalence g ∼ g ′ si et seulement si g −1 g ′ ∈ H (resp. g(g ′ )−1 ∈ H. L’ensemble
des classes à gauche (resp. à droite), noté G/H (resp. H\G), est l’ensemble des gH (resp. des Hg), où g décrit
G (avec cette description, on répète plusieurs fois une même classe). D’ailleurs, H est distingué dans G si et
seulement si pour tout g ∈ G, gH = Hg, si et seulement si G/H = H\G.
4 Soit φ : S → S ′ un morphisme (S et S ′ sont munis d’une même structure algébrique). Montrer que φ induit
un isomorphisme de S/ Ker(φ) vers Im(φ). Quel résultat retrouve-t-on si S et S ′ sont des espaces vectoriels ?
Soit G un groupe fini. On suppose que a et b commutent, et sont d’ordres respectifs m et n premiers entre
eux.
1 Montrer que ab est d’ordre mn.
2 Montrer que ce résultat peut tomber en défaut lorsque m et n ne sont pas premiers entre eux.
3 Montrer que ce résultat peut tomber en défaut lorsque a et b ne commutent pas.
Exercice 6 – Existe-t-il des groupes infinis dont tout élément est d’ordre fini ?
Donner un exemple de groupe infini dont tous les éléments sont d’ordre fini.
Soient u0 , u1 ∈ Z/nZ et pour tout k ∈ N, uk+2 = uk+1 + uk . Étudier la périodicité de la suite (uk ).
Exercice 9 – Sous-groupes de C∗
Déterminer tous les sous-groupes finis de (C∗ , ×). Les compacts ? Les ouverts ?
Exercice 10 – Existence d’une involution non triviale dans un groupe d’ordre pair
Soit G un groupe fini de cardinal pair. Montrer que G admet un élément d’ordre 2.
Montrer qu’un groupe G est fini si et seulement si il n’a qu’un nombre fini de sous-groupes.
1 Soit (G, ·) un groupe fini de cardinal ⩾ 2 tel que : ∀ g ∈ G, g 2 = e. Montrer qu’il existe n ∈ N tel que
(G, ·) soit isomorphe à ((Z/2Z)n , +).
Exercice 14 – Sur le ppcm des ordres des éléments d’un groupe fini
Soit p un nombre premier, p > 2, et G un groupe de cardinal 2p. Montrer que G admet au moins un élément
d’ordre p.
Soit G, H deux groupes finis, a ∈ G, φ : G → H un morphisme de groupes. Montrer que l’ordre de f (a)
dans H divise celui de a dans G. Qu’en déduit-on si les cardinaux de G et H sont premiers entre eux ?
Soit p, q deux nombres premiers distincts. Montrer qu’un groupe abélien fini d’ordre pq est cyclique.
Soit G un groupe d’ordre 2n. Montrer que le nombre de sous-groupes de G d’ordre n ne peut être 2.
1 Si (G, .) est un groupe fini, montrer que l’on peut trouver une famille génératrice de G de cardinal r telle
que 2r ⩽ |G|.
2 Donner un majorant du nombre de sous-groupes d’un groupe d’ordre n.
1 Montrer que si G est un groupe fini et H un sous-groupe de G distinct de G, G n’est pas réunion des
conjugués de H.
Plus précisément, montrer que :
[ |G|
Card (gHg −1 ) ⩽ |G| − +1
|H|
g∈G
2 Donner un exemple prouvant que ce résultat est faux en général si G est infini.
3 Donner un exemple où l’inégalité de 1 est une égalité.
Soient (G, .) un groupe fini, n un entier. À quelle condition x 7→ xn est-elle une bijection de G sur G ?
Trouver les groupes (G, .) dont le groupe des automorphismes est réduit à {id}.
Déterminer les entiers n de N∗ tels que tout groupe abélien d’ordre n soit cyclique.
492 Stéphane FLON
Exercice 27 – Équation aux classes pour l’action par conjugaison
3 On appelle p-groupe un groupe fini dont l’ordre est une puissance d’un nombre premier p. Montrer que
le centre d’un p-groupe n’est pas trivial.
4 Soit p un nombre premier. Déterminer tous les groupes d’ordre p2 à isomorphisme près (on pourra
commencer par montrer qu’un tel groupe est nécessairement abélien).
Montrer que pour tout diviseur d de n, Z/nZ admet exactement un sous-groupe d’ordre d, et que ce groupe
est cyclique.
Soient n ∈ N avec n ⩾ 2, et, pour ε ∈ Un , sε et rε les bijections de C sur lui-même données par :
∀z ∈ C, rε (z) = εz et sε (z) = εz̄
1 Reconnaı̂tre géométriquement rε et sε .
2 On note Dn = {rε , ε ∈ Un } ∪ {sε , ε ∈ Un }. Montrer que Dn est un sous-groupe du groupe des
permutations de C.
3 Vérifier que Dn est isomorphe à un sous-groupe de GL2 (R).
4 Quel est le nombre d’éléments d’ordre 2 de Dn ?
5 Quel est le centre de Dn ?
6 Décrire les classes de conjugaison de Dn et préciser leur nombre.
7 Montrer que Dn admet un système de générateurs formé de deux éléments d’ordre 2.
8 Réciproquement, si G est un groupe fini engendré par deux élements d’ordre 2 distincts, montrer que
(G, .) est isomorphe à (Dm , ◦) pour un certain m.
9 Pour quelles valeurs de n le groupe (Dn , ◦) est-il isomorphe à un groupe symétrique (Sk , ◦) ?
Étant donné σ ∈ Sn , (i, j) ∈ [[1, n]]2 , où i < j, on dit que σ inverse i et j si σ(j) < σ(i).
1 Montrer que ε(σ) = (−1)inv(σ) , où inv(σ) désigne le nombre d’inversions sous l’action de σ, i.e. le nombre
de couples (i, j) ∈ [[1, n]]2 , où i < j, tels que σ inverse i et j, soit encore
Y σ(j) − σ(i)
ε(σ) = .
j−i
1⩽i<j⩽n
Soient t la transposition (1, 2) et c le cycle (1, . . . , n). Calculer ck et c−k ◦ t ◦ ck . En déduire que c et t
engendrent Sn .
Soit G le sous-groupe de Sn formé des éléments qui fixent n. Montrer que G est maximal parmi les sous-
groupes stricts de Sn .
Soit p un nombre premier. Déterminer le nombre d’éléments d’ordre p du groupe symétrique S2p .
Soit p un nombre premier. Déterminer le nombre d’éléments d’ordre p du groupe symétrique S2p .
Soit p un nombre premier et k ∈ N∗ . Montrer que xk ∈ {−1, 0}. Préciser à quelle condition on
P
x∈Z/pZ
obtient 0 ou −1.
Soit p un nombre premier impair. Dénombrer les (x, y) ∈ (Z/pZ)2 tels que : x2 + y 2 = 1.
Une suite (un )n∈N est périodique s’il existe T ∈ N∗ tel que ∀ n ∈ N, un+T = un . Le plus petit tel entier T
est alors appelé période de la suite. Soit m ∈ N∗ . On définit la suite (Fn ) de Z/mZ par F0 = F1 = 1 et, pour
tout n ∈ N, Fn+2 = Fn+1 + Fn .
1 Lorsque m ∈ {2, 3, 7, 21}, montrer que cette suite est périodique et trouver sa période.
2 Montrer que f : (x, y) 7→ (y, x + y) est une bijection de (Z/mZ)2 dans lui même.
3 Montrer que (Fn ) est périodique de période T ⩽ m2 − 1.
4 Dans Z/49Z, montrer qu’une suite (vn ) vérifiant : ∀ n ∈ N, vn+1 = 8vn + 11, prend toutes les valeurs de
Z/49Z.
Exercice 6 – Contrainte sur le cardinal d’un corps fini
Soit K un corps fini de caractéristique p. Montrer que Card(K) est une puissance de p.
Quel est l’ordre de 5 dans (Z/32Z)× ? À quel groupe est isomorphe (Z/32Z)× ?
Soit A un anneau non nul tel que pour tout x ∈ A, x2 = x (on dit que A est un anneau de Boole).
1 Montrer que A est de caractéristique 2 et commutatif.
2 On suppose A intègre. Montrer que A = {0, 1}.
3 Montrer que si A est fini, alors A est isomorphe à (Z/2Z)n pour un certain entier n.
On suppose connus les résultats de l’exercice précédent. On note S l’ensemble des entiers de N∗ somme de
deux carrés.
1 Prouver que S est stable par multiplication.
2 Soit n ∈ S. Montrer par récurrence sur n que si p est un nombre premier congru à 3 modulo 4, la valuation
p-adique de n est paire.
3 Montrer que 2 ∈ S.
4 Soit p un nombre premier congru à 1 modulo 4 et n ∈ Z tels que n2 ≡ −1 [p].
i Montrer qu’il existe (a, b) ∈ Z2 tel que :
√ n 1
0<b< p et b −a ⩽ √
p p
Exercice 13 – Divisibilité
Démontrer que tout entier n ⩾ 1 a au moins autant de diviseurs de la forme 3k + 1 (k ∈ N) que de diviseurs
de la forme 3k − 1 (k ∈ N∗ )
Soit n un entier strictement positif, et soit d(n) le nombre d’entiers positifs divisant n. Prouver que d(n)
est impair si et seulement si n est un carré parfait (c’est-à-dire le carré d’un nombre entier).
496 Stéphane FLON
Exercice 17 – Égalité de ppcm
Exercice 18 – Centrale MP 08
Soit n un entier supérieur ou égal à 2. Calculer le reste de la division euclidienne de (n − 1)! par n.
Trouver la somme des chiffres de la somme des chiffres de la somme des chiffres de 44444444 .
Exercice 22 – Restes chinois
Trouver une condition nécessaire sur n ∈ N∗ pour que 2n − 1 soit premier. Même question avec 2n + 1.
2 L’équation diophantienne
x3 + 2y 3 = 4z 3
possède-t-elle dans Z3 une autre solution que le triplet nul ?
On considère l’anneau Z[i] = {u+iv, (u, v) ∈ Z2 } des entiers de Gauss, et l’application φ : a ∈ Z[i] 7→ aa ∈ N.
1 Rappeler le groupe des inversibles de Z[i].
2 Montrer que Z[i] est euclidien pour φ, i.e. pour tout (a, b) ∈ Z[i] × Z[i] \ {0}, il existe (q, r) ∈ Z[i]2 tel
que a = bq + r avec φ(r) < φ(b).
3 En déduire que Z[i] est principal.
4 Montrer que si φ(a) est premier, alors a est irréductible dans Z[i].
5 Soit p un nombre premier. Montrer l’équivalence des propriétés suivantes :
i p est irréductible dans Z[i].
497 Stéphane FLON
ii p ≡ 3 [4].
iii Il n’existe pas a ∈ Z[i] tel que p = φ(a).
On admettra que −1 est un carré dans Z/pZ si et seulement si p n’est pas congru à 3 modulo 4.
6 En déduire tous les irréductibles de Z[i].
1 Soit n, p ∈ N deux entiers premiers entre eux, δ un diviseur de np. Vérifier l’existence et l’unicité d’un
diviseur ν de n et π de p tels que δ = νπ.
P
2 On note σ(n) = d|n d (resp. d(n) le nombre de diviseurs de n). Montrer que si n et m sont premiers
entre eux dans N∗ , σ(mn) = σ(m)σ(n) et d(mn) = d(m)d(n).
3 On suppose que n = pα 1 . . . pr avec p1 < p2 < · · · < pr nombres premiers et les αi dans N . Calculer
1 αr ∗
d(n) et σ(n).
4 Montrer que σ(n) ⩽ n + n ln(n).
La fonction µ est définie sur N∗ par µ(1) = 1, µ(p1 . . . pr ) = (−1)r si les pi sont des nombres premiers deux
à deux distincts, µ(n) = 0 si n est divisible par le carré d’un nombre premier.
1 Calculer d|n µ(d) si n est dans N∗ .
P
P 2 Soit E l’ensemble des applications de N dans R. Pour f et g dans E et n dans N , soit : f ⋆ g(n) =
∗ ∗
d|n f (d)g(n/d). Montrer que ⋆ est une loi de composition interne commutative et associative sur E.
3 Soient f et g dans E telles que : ∀ n ∈ N∗ , f (n) = d|n g(d). Exprimer g en fonction de f et µ.
P
√
Exercice 31 – Une curiosité dans Z[ 2]
√ √
1 Montrer l’existence de deux suites d’entiers (an ) et (bn ) telles que pour tout n ∈ N∗ , (1+ 2)n = an +bn 2.
2 Calculer a2n − 2b2n .
√ √ √
3 Montrer que pour tout n ∈ N, il existe un unique p ∈ N∗ tel que (1 + 2)n = p + p + 1.
1 Soit P ∈ K[X], a, b ∈ K, a ̸= b. Quel est le reste de la division euclidienne de P par (X − a), par
(X − a)(X − b) ?
2 Trouver le reste de la division euclidienne de X 6 − 5X 4 + 3X 3 − X 2 + X + 2 par (X − 1)3 .
3 Trouver par trois méthodes le reste de la division euclidienne de P = X 5 + 4X 3 + 3X 2 − X + 6 par
(X − 1)2 (X + 2).
4 Soit θ ∈ R, n ∈ N∗ . Donner le reste de la division euclidienne de (cos θ + X sin θ)n par X 2 + 1.
5 Chercher le reste de la division euclidienne de (X + 1)n − X n − 1 par X 2 + X + 1.
6 Soit B = X 3 − X 2 + X − 1 et, pour n ∈ N∗ : An = (X 2 + X + 1)n − X 2n − X n − 1.
i Donner une condition sur n pour que B divise An .
ii Donner le reste de la division euclidienne de An par B.
1Q(Mines MP 07, X MP 09) Soit n ∈ N∗ et a ∈ R. Montrer que les racines complexes du polynôme
n
P = k=0 (X − k) + a sont de multiplicité au plus 2.
2 (X MP 09) Soit P un polynôme de R[X] scindé sur R. Montrer que toute racine multiple de P ′ est racine
de P .
Exercice 37 – Polynômes scindés
(Mines MP 09) Soit P ∈ R[X] scindé sur R. Montrer que P ′ est scindé sur R.
1 (X MP 09) Soit Q ∈ R[X] scindé sur R et a ∈ R. Montrer que Q + aQ′ est scindé sur R.
k=0 ak X ∈ R[X] et Q ∈ R[X] des polynômes scindés sur R. On pose R =
Pn k
2 (X MP 09) Soit P =
. Montrer que R est scindé sur R.
Pn (k)
k=0 ak Q
1 Factoriser P (X) = 3X 4 + 11X 3 + 20X 2 + 7X − 5, sachant que P admet au moins deux racines rationnelles
(comptées avec leur ordre de multiplicité).
2 Factoriser X 8 + X 4 + 1 sur R.
3 (CCP MP 08) Soit n ∈ N∗ et θ ∈ R. Factoriser en produit d’irréductibles de R[X] : X 2n − 2 cos(θ)X n + 1.
1 Soit P ∈ C[X]. Montrer que les racines de P ′ sont dans l’enveloppe convexe des racines de P . C’est le
théorème de Gauss-Lucas.
Indication – Utiliser la dérivée logarithmique.
2 Soit K un convexe fermé de C et A = {a ∈ C, P −1 ({a}) ⊂ K}. Montrer que A est convexe.
1 (X-ENS PSI 08) Soient (a0 , . . . , an−1 ) ∈ Cn et P = a0 + a1 X + · · · + an−1 X n−1 + X n . Montrer que les
racines complexes de P ont un module majoré par max{1, |a0 | + |a1 | + · · · + |an−1 |}.
2 (Mines MP 08) Soit n ∈ N∗ et P (X) = nX n − k=0 X k ∈ C[X].
Pn−1
i Soit z une racine de P distincte de 1. Montrer que |z| < 1.
ii Montrer que les racines de P sont simples.
(Centrale PSI 10) Soit P (X) = a0 + a1 X + · · · + an X n ∈ C[X]. On suppose que toutes ses racines ont une
partie imaginaire strictement négative. Montrer que le polynôme Q(X) = Re(a0 ) + Re(a1 )X + · · · + Re(an )X n
est scindé sur R.
Soit P ∈ R[X] tel que : ∀ x ∈ R, P (x) ⩾ 0. Démontrer que pour tout réel x, on a (P +P ′ +P ′′ +. . . )(x) ⩾ 0.
Montrer qu’il n’existe pas de polynôme non constant P ∈ Z[X] tel que ∀ n ∈ Z, P (n) ∈ P.
Soit (A, B) ∈ K[X]2 . Vérifier, pour tout diviseur D de AB, l’existence d’un diviseur P de A et d’un diviseur
Q de B tels que D = P Q.
1 Soit A, B ∈ C[X]. Trouver tous les polynômes C ∈ C[X] tels que C|AB, A|BC et B|CA.
2 Soit P ∈ K[X]. Montrer que P ◦ P − X est divisible par P − X.
Soit n ∈ N, n ⩾ 3. Montrer qu’il n’existe pas de polynômes tous non nuls P, Q, R de C[X] tels que
P n + Qn + Rn = 0 sans que P, Q, R soient associés deux à deux
Exercice 57 – Polynôme non nul ayant plus de racines que son degré
Soit n ⩾ 2 non premier. Montrer qu’il existe un polynôme P de (Z/nZ)[X] de degré 2 et ayant strictement
plus de deux racines.
k∧n=1
primitif si le pgcd de ses coefficients est égal à 1.
1 Montrer que X n − 1 = 1⩽d⩽n Φd .
Q
d|n
1
4 X 2 (X−1)n .
1
5 (X n −1)2 .
Soit F ∈ C(X) telle que, pour tout n ∈ N non pôle de F , F (n) ∈ Q. Montrer que F ∈ Q(X).
Soit n ∈ N∗ et P ∈ C[X] unitaire de degré n, scindé à racines simples. On note a1 , . . . , an les racines de P .
Montrer que pour tout Q ∈ Cn−1 [X] :
n
X Q(ai ) Q(n−1) (0)
= .
i=1
P ′ (ai ) (n − 1)!
Exercice 2 – Prolonger les fonctions par 0 pour intégrer sur le même intervalle
On considère une suite (fn ) de fonctions positives et continues par morceaux sur I.
1 On suppose que la suite (fn ) est croissante, et qu’elle converge simplement vers une fonction φ, continue
par morceaux et intégrable sur I.
504 Stéphane FLON
Montrer qu’alors Z Z
lim fn (t)dt = φ(t)dt
n→∞ I I
C’est le théorème de convergence monotone pour les suites de fonctions.
P
2 On suppose que la série de fonctions fn converge simplement, et que sa somme est continue par
morceaux et intégrable sur I.
Montrer qu’alors
∞ Z ∞
Z X !
X
fn (t)dt = fn (t) dt
n=0 I I n=0
C’est le théorème de convergence monotone pour les séries de fonctions.
3 Application (Mines 2004 MP1). Justifier l’existence de l’intégrale
Z +∞
def arctan(t)
I = dt
0 eπt − 1
et vérifier que
∞ Z +∞ ∞ Z ∞ −π k t
X X 1 e
I= e−π k t arctan(t)dt = dt
0 kπ 0 1 + t2
k=1 k=1
Voir aussi : 9, 21, 22, 44
Exercice 6 – Le théorème de convergence dominée est-il plus puissant que le théorème d’interversion limite-
intégrale du cours sur les suites de fonctions ?
1 Soit (fn ) une suite de fonctions continues, convergeant uniformément vers f sur le segment [a, b]. Montrer,
à l’aide du théorème de convergence dominée, que
Z b Z b
f (t)dt = lim fn (t)dt
a n∞ a
2 Soit (fn ) une suite de fonctions continues par morceaux convergeant simplement vers une fonction f sur
un intervalle borné I. On suppose qu’il existe un réel M tel que |fn | ⩽ M , pour tout n ∈ N. Montrer que f et
les fn sont intégrables, et que Z Z
f (t)dt = lim fn (t)dt
I n∞ I
3
i Les suites de fonctions (t 7→ sin(t)n ) et (t 7→ sh(tn )) convergent-elles uniformément sur ]0, 1[ ?
ii Montrer que les suites
Z π2 Z 1
n
un = sin(t) dt et vn = sh(tn )dt,
0 0
convergent vers 0.
1 (Centrale PC 16, Centrale PSI 10) Soit (un ) une suite croissante d’éléments de R∗+ , tendant vers l’infini.
On cherche à montrer l’existence des deux quantités écrites et l’égalité :
Z +∞ X +∞
! +∞
n −un x
X (−1)n
(−1) e dx = .
0 n=0 n=0
un
(X-ESPCI 16)
n
1 Soit x ⩾ 0 et n ∈ N∗ . Montrer que 1 + nx ⩽ ex .
x n
2 Soit α ∈ R. Déterminer la limite de la suite de terme général xn =
Rn
e−αx dx.
0
1+ n
1 (Mines PC 16)
R1 √
i Nature et somme éventuelle de la série de terme général In = 0 tn 1 − tdt.
R1 n
ii Nature de la série de terme général Jn = 0 √t1−t dt.
R1
2 (Mines PC 16) Soit fn : x ∈ [0, 1] 7→ n2 xnx(1−x)
2 +(1−x)2 . On pose In = 0 n
f (x)dx.
i Déterminer la limite éventuelle de (In )n∈N .
ii Nature de la série de terme général In ? de la série de terme général In2 ?
3 (Mines PC 16) Soit f une fonction continue de [0, 1] dans R. On pose In = 0 xn f (x)dx pour n ∈ N.
R1
1 Montrer :
1 ∞
xa−1 ln(x)
Z
1
R∗+ ,
X
∀a ∈ dx = − .
0 1 − x2 n=0
(2n + a)2
R1 a−1
x ln(x) 1
2 En déduire : 0 1−x2 dx ∼a → +∞ − 2a .
Montrer :
+∞
arctan xt
Z Z x
ln(t)
∀ x ∈ R+ , 2
dt = 2
dt.
0 1+t 0 t −1
(TPE) Soit P ∈ C[X] non constant. On suppose par l’absurde que P ne possède pas de racine complexe.
Soit I : r ∈ R+ 7→ 0 P (re
R 2π 1
iθ ) dθ.
1 Soit f ∈ C 2 (R, R+ ). On suppose que f (x) → 0 quand x → ±∞, que f ne prend la valeur 1 qu’en x = 0
R +∞
et que l’intégrale −∞ x2 f (x)dx converge.
i Si n ∈ N∗ , montrer la convergence de an = −∞ x2 f (x)n dx.
R +∞
an , lorsque f ′′ (0) ̸= 0.
P
ii Étudier la convergence de la série
′′
iii On suppose f (0) ̸= 0. Donner un équivalent de an .
1
i Exprimer l’application
1 2 2
e−(t +1)x
Z
G : x ∈ R+ 7→ dt
0 t2 + 1
Rx 2
en fonction de F : x 7→ 0 e−t dt.
R +∞ 2
ii En déduire la valeur de I = 0 e−t dt.
1 Soit k ∈ N∗ . On pose
+∞
tk
Z
def
Ik = dt
0 et − 1
Vérifier que pour tout k ∈ N∗ ,
Ik = k! ζ(k + 1)
Indication – On pourra partir du fait que, pour tout t ∈ R∗+ :
∞
1 e−t X
= = e−nt
et − 1 1 − e−t n=1
Montrer que la fonction Γ d’Euler est la seule fonction f définie sur R∗+ vérifiant
i f (1) = 1 ;
ii ∀ x > 0, f (x + 1) = xf (x) ;
iii f est logarithmiquement convexe.
Rn
1 Retrouver ce résultat en considérant, à x > 0 fixé, la suite de terme général In = 0
tx−1 e−t dt.
2 Montrer, si x est dans R∗+ :
+∞
1 Y x −x/k
= x eγx 1+ e
Γ(x) k
k=1
1 Étudier l’existence de In .
2 Déterminer la limite de (In ).
3 Déterminer un équivalent simple de In (la réponse fera intervenir la fonction Γ d’Euler).
2 Montrer que f est de classe C 1 sur R, trouver une équation différentielle linéaire homogène d’ordre 1
vérifiée par f .
3 Calculer f (x) pour x dans R.
Si f est une fonction continue par morceaux et intégrable de R dans C, on définit la transformée de Fourier
fb de f par :
Z +∞
∀ x ∈ R, fb(x) = f (t) e−ixt dt
−∞
3 Soit k dans N. Montrer que si t 7→ tk f (t) est intégrable sur R, alors fb est de classe C k .
4 Soient ε > 0, C > 0. On suppose que :
∀ t ∈ R, |f (t)| ⩽ C e−ε|t|
Montrer que fb est analytique sur R, c’est-à-dire développable en série entière au voisinage de tout point.
1 Soit λ1 , . . . , λp des complexes distincts deux à deux. Pour tout k ∈ [[1, p]], on définit
fk : R → C
x 7 → eλ k x
Montrer que (f1 , . . . , fp ) est libre.
On considère des réels positifs λ1 , . . . , λn , distincts deux à deux. Montrer que la famille constituée des
gk : x 7→ cos(λk x) est libre.
Problématique : Déterminer les éléments propres d’un endomorphisme ou d’une matrice carrée
1 (CCP MP 13) Soit A ∈ Mn (R) telle que tr A ̸= 0. Déterminer les éléments propres de l’endomorphisme
Φ : M ∈ Mn (R) 7→ (tr A) M − (tr M ) A.
2 (ENSAM MP 13) Soit f : A ∈ Mn (R) 7→ −A + tr(A)In . Montrer que f est un endomorphisme de Mn (R)
et déterminer ses éléments propres.
(Mines MP 2015) Soit l’endomorphisme f : Rn [X] → Rn [X] défini par f (P ) = X(X + 1)P ′ − nXP .
Déterminer ses éléments propres.
Voir aussi : 12, 13, 14, 15, 17
1 Soit E un K-espace vectoriel, u ∈ L(E).
i Montrer que pour tout (λ, µ) ∈ K2 , Eλ−µ (u − µ Id E ) = Eλ (u).
ii Montrer que pour tout k ∈ N, tout λ ∈ K, Eλ (u) ⊂ Eλk (uk ). Donner un exemple où cette inclusion
est stricte.
2
i Soit v ∈ GL(E). on pose w = vuv −1 . Montrer que pour tout λ ∈ K : Eλ (w) = v(Eλ (u)).
Exercice 10 – Condition suffisante pour que des endomorphismes admettent un vecteur propre en commun
1 Soit E un C-espace vectoriel de dimension finie non nulle.
i Soient u et v dans L(E) tels que u ◦ v = v ◦ u. Montrer que u et v ont un vecteur propre commun.
ii Soient u1 , . . . , up des endomorphismes de E qui commutent deux à deux. Montrer que les ui ont un
vecteur propre commun.
iii Soit (ui )i∈I une famille d’endomorphismes de E qui commutent deux à deux. Montrer que les ui ont
un vecteur propre commun.
Ñ é
0 0 0
1 (Mines PC 16) Existe-t-il M ∈ M2 (C) telle que M 2 = 1 0 0 ?
0 1 0
2 (Mines PC 16) Soit n ∈ N avec n ⩾ 3 et A = (ai,j )1⩽i,j⩽n où ai,i+1 = 1 si i ∈ [[1, n − 1]], les autres
coefficients étant nuls.
Résoudre M 2 = A avec M ∈ Mn (R).
3 (Mines PC 16) Déterminer les A ∈ M4 (R) telles que A2 = Diag(1, 2, −1, −1).
Å ã
A A
4 (Mines PC 16) Soit A ∈ M2 (R) et B = .
0 A
Donner une condition nécessaire et suffisante sur A pour que B soit diagonalisable.
1
i Soit A ∈ Mn (C) et ψ : M ∈ Mn (C) 7→ AM . Déterminer les éléments propres de ψ.
ii En déduire que ψ est diagonalisable si et seulement si A l’est.
2 (Mines PC 16) Soit A ∈ Mn (C) et Φ : M ∈ Mn (C) 7→ M A ∈ Mn (C).
i Déterminer le rang et la trace de Φ.
ii Déterminer les éléments propres de Φ.
Soit A la matrice de M2n+1 (R) dont l’endomorphisme canoniquement a vérifie : a(e1 ) = e1 + e2n+1 et
∀i ∈ [[2, 2n + 1]], a(ei ) = ei−1 + ei
1 Déterminer le polynôme caractéristique de A.
516 Stéphane FLON
2 Montrer que A est inversible.
3 Écrire A−1 sous la forme d’un polynôme en A.
2n Å ã
Y kπ
4 Déterminer les valeurs propres complexes de A. Calculer cos .
2n + 1
k=0
Soit A, B, C ∈ M2 (K). Montrer l’existence de scalaires α, β, γ non tous nuls, tels que αA+βB +γC admette
une valeur propre double.
Soit A, B ∈ Mn (C) telles que An = AB = 0n . Montrer que B et A+B ont même polynôme caractéristique.
P M = (mi,j )⩽i,j⩽n ∈ Mn (C). On note, pour i ∈ {1, . . . , n}, Di le disque fermé de centre mi,i et de
Soit
rayon j̸=i |mi,j |.
Montrer que le spectre de M est inclus dans D1 ∪ D2 ∪ · · · ∪ Dn .
Le théorème de Perron-Frobenius est un ensemble de résultats spectraux sur les matrices à coefficients
⩾ 0. Ö è Ö è
x1 |x1 |
Si X = .. est dans Cn , on note : |X| = .. .
. .
xn |xn |
517 Stéphane FLON
Ö è Ö è
x1 y1
Pour X = .. et Y = .. dans Rn , on écrit : X ⩾ Y si et seulement si ∀ i ∈ {1, . . . , n}, xi ⩾ yi .
. .
xn yn
Soit A = (ai,j )1⩽i,j⩽n dans Mn (R) avec :
∀(i, j) ∈ {1, . . . , n}, ai,j > 0
1 Soit E = r ⩾ 0 ; ∃X ∈ (R+ ) \ {0}, AX ⩾ rX .
n
Montrer que E est non vide, majoré, et que sup E = ρ est dans E.
Indication – On pourra utiliser une suite (Xk ) d’éléments de (R+ )n de norme 1 (pour une norme fixée quelconque)
telle que, pour tout k, on ait : AXk ⩾ (ρ − 1/k)Xk .
2 Soit X dans (R+ )n \ {0} tel que AX ⩾ ρX. On pose Y = AX − ρX.
Montrer que si Y ̸= 0, alors AY > 0 (ce qui veut dire ici que toutes les composantes de AY sont strictement
positives). Obtenir une contradiction avec la définition de ρ.
Ainsi : AX = ρX.
3 Montrer que ρ = ρ(A) où ρ(A) = max{|λ|, λ ∈ SpC (A)}.
Dans les questions suivantes, λ est une valeur propre de A dans C de module ρ, Eλ (A) désigne l’espace
propre correspondant.
4 Soient Y ∈ Eλ (A) \ {0} et |Y | le vecteur dont les coordonnées sont les valeurs absolues des coordonnées
de Y . Montrer que A|Y | = ρ|Y | et en déduire que les coordonnées de |Y | sont toutes dans R+∗ .
5 Montrer que dim Eλ (A) = 1 et que λ = ρ.
6 3 Montrer que ρ est racine simple du polynôme caractéristique de A.
7 Étudier (A/ρ)k lorsque k → +∞.
8 Soit A = (ai,j )1⩽i,j⩽n est dans Mn (R) telle que ∀(i, j) ∈ {1, . . . , n}2 , ai,j ⩾ 0.
En utilisant ce qui précède, montrer qu’il existe X ∈ (R+ )n \ {0} tel que : AX = ρ(A) X.
Exercice 22 – Réduction de J
(Centrale PSI 10) Soit f : M ∈ Mn (R) 7→ M + (t M ). Déterminer les valeurs propres de f . L’application
est-elle diagonalisable ?
Voir aussi : 33, 28, 37
1 On dit qu’un endomorphisme u d’un K-espace vectoriel E de dimension finie est semi-simple si et
seulement si tout sous-espace de E stable par u admet un supplémentaire stable par u.
i On suppose que K = C. Montrer l’équivalence des assertions suivantes :
(1) u est semi-simple.
(2) u est diagonalisable.
(3) Tout sous-espace de E admet un supplémentaire stable.
ii Indiquez les implications qui demeurent lorsque K = R.
1 Soit M ∈ Mn (K) de rang 1. Montrer que M est diagonalisable si et seulement si tr(M ) ̸= 0.
2 (Mines MP 2015) Soit (a1 , . . . , an ) ∈ Cn et A ∈ Mn (C) de coefficient général ai,j = ai aj . Condition
nécessaire et suffisante pour que A soit diagonalisable.
3 La matrice (i/j) est-elle diagonalisable ?
1 1/a 1/a2
Ñ é
1 On considère deux endomorphismes u et v d’un espace vectoriel E de dimension finie. On suppose que
u et v sont diagonalisables.
i Montrer que u et v sont codiagonalisables (i.e. admettent une base commune de diagonalisation) si et
seulement si u et v commutent.
ii En déduire que si u et v commutent, alors uv et u + v sont diagonalisables.
On suppose u diagonalisable. Montrer que F (sous-espace vectoriel non trivial de E) est stable par u si
et seulement si il admet une base de vecteurs propres.
1 Soit A, B ∈ Mn (K).
i On suppose A ou B inversible. Montrer que BA est diagonalisable si et seulement si AB est diagona-
lisable.
519 Stéphane FLON
ii Donner un exemple où AB est diagonalisable, mais pas BA.
iii Montrer cependant que χAB = χBA .
2 Soient A ∈ Mn,p (K) et B ∈ Mp,n (K). On suppose AB diagonalisable et inversible. Montrer que BA est
diagonalisable.
Que se passe-t-il si on ne suppose plus AB inversible ?
(CCP MP 13) Soit f ∈ L(R3 ) tel que f 4 = f 2 et {−1, 1} ⊂ Sp f . Montrer que f est diagonalisable.
1 (Mines PC 16) Soit E un espace vectoriel de dimension finie n, et f ∈ L(E). On pose Γf = {u ∈
L(E) / u ◦ f = f ◦ u}. Cet ensemble est appelé commutant de f .
i Montrer que Γf est un sous-espace vectoriel de L(E).
ii Montrer que Γf est stable par la composition des applications.
iii Montrer que Γf est une K-algèbre contenant la K-algèbre des polynômes en f .
2 Soit f, g ∈ L(E). Montrer que Γf ∩ Γg ⊂ Γf ◦g , Γf ∩ Γg ⊂ Γf +g . Si g ∈ GL(E), exprimer Γg−1 ◦f ◦g en
fonction de g et de Γf . Montrer aussi que pour tout polynôme P , Γf ⊂ ΓP (f ) .
3 On suppose que f est diagonalisable.
i Soit u ∈ L(E). Montrer que u ∈ Γf si, et seulement si, tous les sous-espaces propres de f sont stables
par u.
ii Déterminer la dimension de Γf .
4
521 Stéphane FLON
i Montrer que si f admet n valeurs propres distinctes, alors son commutant est l’ensemble des polynômes
de f .
ii On suppose que f est cyclique, c’est-à-dire qu’il existe x ∈ E tel que (x, f (x), . . . , f n−1 (x)) soit une
base de E. Montrer que Γf est égal à l’ensemble des polynômes de f .
Remarque – C’est par exemple le cas si f est nilpotent d’indice n.
5 On définit de même la notion de commutant d’une matrice carrée. Traduire matriciellement les résultats
précédents.
On considère deux endomorphismes u et v d’un espace vectoriel E de dimension finie. On suppose que u
et v sont trigonalisables.
1 Montrer que si u et v commutent, alors ils sont cotrigonalisables (i.e. admettent une base commune de
trigonalisation).
2 En déduire que si u et v commutent, alors uv et u + v sont trigonalisables.
3 Donner un exemple où deux endomorphismes sont cotrigonalisables, mais ne commutent pas.
Exercice 41 – Ajout à une matrice d’un nilpotent avec lequel elle commute
Soit A, B ∈ Mn (C), telles que AB = BA et B nilpotente. Montrer que A est inversible si et seulement
si A + B l’est.
1 Soit A ∈ Mn (R) telle que ∀ i ∈ [[1, n]], tr(Ai ) = 0. Montrer que A est nilpotente. Réciproque ?
2 Soit E un C-espace vectoriel de dimension n.
i Soit u ∈ L(E) tel que : ∀ k ∈ [[1, n]], tr(uk ) = 0. Montrer que u est nilpotent.
ii Soit v ∈ L(E) tel que ∀ k ∈ [[1, n]], tr v k = n. Montrer que v − Id E est nilpotent.
3 Soit M ∈ Mn (R). On suppose M semblable à 2M . Montrer que M est nilpotente. Que dire de la
réciproque ?
(X-ESPCI 16)
1 Soit A ∈ Mn (C). Montrer que le spectre de A est égal à {1} si, et seulement si, A − In est nilpotente.
2 Soit A ∈ Mn (C) telle que A − In est nilpotente. Montrer qu’il existe B ∈ Mn (C) dont le spectre est égal
à {1} tel que B 2 = A.
3 Soit N ∈ Mn (R) (respectivement Mn (Q)) nilpotente. Montrer qu’il existe N ′ ∈ Mn (R) (resp. Mn (Q))
telle que (In + N ′ )2 = In + N .
1 Soit u un endomorphisme de Cn . Soit ε > 0. Montrer qu’il existe une base de Cn dans laquelle la matrice
de u est triangulaire supérieure avec des coefficients en dehors de la diagonale tous de module ⩽ ε.
2 En déduire que A ∈ Mn (C) est nilpotente si et seulement si 0n appartient à l’adhérence de la classe de
similitude de A.
a0 + a1 X + · · · + an−1 X n−1 .
iii Montrer que S = U S k .
3 Soit E un C-espace vectoriel de dimension finie, f et g dans L(E) tels que f ◦ g = g ◦ f . Montrer que les
conditions suivantes sont équivalentes :
i Ker(f ) ∩ Ker(g) = {0}.
ii Im(f ) + Im(g) = E.
iii Pour tout t dans C privé d’un ensemble fini, f + tg ∈ GL(E).
1 (Mines PC 16, Centrale PC 16) Soit A = (ai,j )1⩽i,j⩽n ∈ Mn (R) telle que :
n
X
2
∀(i, j) ∈ [[1, n]] , ai,j > 0 et ∀i ∈ [[1, n]], ai,j = 1.
j=1
(ENSAM MP 13) Soit A ∈ Mn (R) à coefficients positifs. On suppose que la somme des coefficients de
chaque ligne de A vaut 1.
1 Montrer que le vecteur colonne dont tous les coefficients valent 1 est propre pour A.
2 Montrer que, si λ ∈ C est valeur propre de A, alors |λ| ⩽ 1.
3 On
Pp−1suppose que A est diagonalisable. Soient p ∈ N et X un vecteur colonne. On considère la suite
Yp = p1 k=0 Ak X. Montrer que cette suite est convergente et donner sa limite, en commençant par le cas où
X est un vecteur propre de A.
Pn P = (pi,j ) ∈ Mn (R) est dite stochastique si ses coefficients sont positifs ou nuls, et si, pour tout i ∈ [[1, n]],
j=1 pi,j = 1.
Notons S l’ensemble des matrices stochastiques.
1 Montrer que les éléments de S ont une valeur propre commune.
2 S est-il stable par produit ?
3 Soit λ une valeur propre complexe de P ∈ S. Montrer que |λ| ⩽ 1.
4 Montrer que si λ ∈ U est valeur propre de P ∈ S, alors λ est une racine m-ième de l’unité avec m ⩽ n.
523 Stéphane FLON
5 Montrer que si les coefficients diagonaux sont tous non nuls, alors la seule valeur propre de module 1 est
1.
6 Montrer que S est une partie fermée, bornée et convexe de Mn (R).
Soit u un endomorphisme du K-espace vectoriel de dimension finie E dont le polynôme minimal est scindé :
Qd
µu = i=1 (X − λi )mi .
1 Montrer qu’il existe un unique couple (d, n) d’endomorphismes de E tels que d est diagonalisable, n est
nilpotent, u = d + n, d ◦ n = n ◦ d.
2 Pour i ∈ {1, . . . , d}, soit πi la projection sur Ker((u−λi Id )mi ) parallèlement à 1⩽j⩽d Ker ((u − λj Id )mj ).
L
j̸=i
Montrer que πi appartient à K[u].
Indication – Partir d’une relation de Bézout entre (X − λi )mi et Q, où Q = 1⩽j⩽d (X − λj )mj .
Q
j̸=i
5 On suppose que M est dans Mn (R). Montrer que D et N sont dans Mn (R).
Exercice 53 – Déterminant et trace d’une matrice à polynôme minimal irréductible sur R[X] (ENSEA MP
2015)
Soit A une matrice réelle de taille (n, n) tel que A2 + A + 4In = 0. Montrer que A ne peut pas avoir de
valeurs propres réelles et que n est nécessairement pair. Trouver le déterminant et la trace de A.
(CCP MP 13) Soit A ∈ Mn (R) telle que A4 − 2A3 + 2A2 = 0. Montrer que tr(A) ∈ 2N.
Ä Soitäq ∈ C . On suppose que q n’est pas une racine de l’unité. Soit M ∈ Mn (R) diagonalisable
∗
(X-ESPCI 16)
1
telle que M 2 = q + q M − In et det(M ) = 1.
Déterminer la parité de n. Déterminer la trace de M .
n
Exercice 56 – Matrice annulée par X 2 − 1
(Mines PC 16) Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie et f ∈ L(E) tel que f 2 − 5f + 6Id = 0.
Montrer que Ker(f − 2Id E ) ⊕ Ker(f − 3Id E ) = E. L’endomorphisme f est-il diagonalisable ?
524 Stéphane FLON
Exercice 59 – Détermination d’un polynôme caractéristique
Exercice 61 – Une matrice peut-elle être semblable à une infinité de ses multiples ?
(Mines PC 16) Soit M ∈ Mn (C) non nilpotente. Montrer que l’ensemble des a ∈ C tels que M est semblable
à aM est fini.
Exercice 62 – Racine cubique d’une matrice
3 (Centrale PC 16) Donner une condition nécessaire et suffisante sur la matrice B ∈ M3 (R) pour que
l’équation A3 = B d’inconnue A ∈ M3 (R) ait au minimum une solution.
Exercice 63 – L’application M 7→ AM + M B
1 Soient A dans Mn (K), B dans Mp (K). On suppose A et B diagonalisables. Montrer que les endomor-
phismes SA,B et PA,B de Mn,p (K) définis par
∀ M ∈ Mn,p (K), SA,B (M ) = AM + M B, PA,B (M ) = AM B
sont diagonalisables. On pourra commencer par le cas où A et B sont diagonales.
2 Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie, a et b dans L(E) et :
φa,b : L(E) → L(E)
f 7→ a ◦ f + f ◦ b
i Si a et b sont diagonalisables, montrer que φa,b l’est aussi.
ii On suppose que φa,b est diagonalisable et que b admet au moins une valeur propre. Montrer que a
est diagonalisable, puis que b l’est aussi.
iii Donner un exemple où φa,b est diagonalisable et a et b n’ont pas de valeur propre.
Soit u un endomorphisme diagonalisable du K-espace vectoriel de dimension finie E. Décrire les sous-espaces
stables de u. En particulier, si K est infini, dire à quelle condition u n’a qu’un nombre fini de sous-espaces stables.
Démontrer Ö è
n
Y X
|det(M )| ⩾ |mi,i | − |mi,j |
i=1 1⩽j⩽n
j̸=i
Si M est une matrice de Mn (C), montrer que le commutant C(M ) est de dimension ⩾ n.
Indication – Supposer d’abord M = T triangulaire supérieure et considérer l’application qui à une matrice
triangulaire supérieure A de Mn (C) associe AT − T A.
1 Soit
··· ···
a0 a1 an−1
an−1 a0 a1 an−2
.. ..
.. .. . . ∈ Mn (C)
M = . . . . .
. .. ..
..
. . a1
a1 · · · · · · an−1 a0
Montrer que M est diagonalisable ; préciser une matrice diagonale semblable à M .
2 Soient p un nombre premier, (a0 , . . . , ap−2 ) ∈ Fp p−1 , et M la matrice :
a1 · · · ···
a0 ap−2
ap−2 a0 a1 ap−3
.. ..
. . . . . .
M = . . . . . ∈ Mp−1 (Fp )
. . .
.. .. ..
a1
a1 ··· ··· ap−2 a0
Montrer que M est diagonalisable ; préciser une matrice diagonale semblable à M .
Soient K un corps fini de cardinal q et M dans Mn (K). Montrer que M est diagonalisable si et seulement
si M q = M .
Exercice 73 – Multiplicité d’une valeur propre dans le polynôme minimal
1 Montrer que l’ensemble des matrices diagonalisables est dense dans Mn (C).
2 En déduire le théorème de Cayley-Hamilton sur Mn (C).
3 Déterminer l’intérieur, l’adhérence et les composantes connexes par arcs de l’ensemble des matrices
diagonalisables de Mn (C).
4 Déterminer l’intérieur, l’adhérence et les composantes connexes par arcs de l’ensemble des matrices
diagonalisables sur R de Mn (R).
5 Ici, K est égal à R ou à C.
i Montrer que si M ∈ Mn (K) est une matrice nilpotente, 0 est dans l’adhérence de la classe de similitude
de M .
ii Réciproquement, si 0 est dans l’adhérence de la classe de similitude de M ∈ Mn (K), montrer que M
est nilpotente.
6 Soit M dans Mn (C). On écrit M = D + N avec D diagonalisable, N nilpotente et DN = N D. Montrer
que D est dans l’adhérence de la classe de similitude de M .
7 Montrer qu’une matrice M de Mn (C) a sa classe de similitude fermée dans Mn (C) si et seulement si elle
est diagonalisable.
8 Ici K = R ou C. Montrer que l’ensemble {M ∈ Mn (K), M 2 = M } est un fermé non compact d’intérieur
vide de Mn (K). Quelles sont ses composantes connexes par arcs ? Quels sont ses points isolés ?
9 Le corps K est R ou C. Soit M dans Mn (K) non scalaire. Montrer que la classe de similitude de M n’a
pas de point isolé.
10 Si A ∈ Mn (C), montrer que la classe de similitude de A dans Mn (C) est connexe par arcs.
11 Si A ∈ Mn (R), montrer que la classe de similitude de A dans Mn (R) a au plus deux composantes
connexes par arcs.
12 On suppose K = R ou C. Montrer que l’ensemble des matrices cycliques de Mn (K) est un ouvert dense
de Mn (K).
13 En quels points de Mn (K) l’application qui à une matrice associe son polynôme minimal est-elle conti-
nue ?
1 Soit G un sous-groupe fini de GLn (C). Montrer que les éléments de G sont diagonalisables.
2 Si m ̸= n, montrer que GLn (C) et GLm (C) ne sont pas isomorphes.
Indication – On pourra s’intéresser à des sous-groupes d’involutions.
Soient N dans N∗ , G un sous-groupe de GLn (C) tel que ∀ g ∈ G, g N = In (quand un tel N existe, on dit
que G est d’exposant fini).
1 Quels sont les éléments de G de trace égale à n ?
2 On choisit g1 , . . . , gr dans G formant une base de Vect(G) dans Mn (C). Montrer que :
Φ : G → Cr
g 7→ (tr(gg1 ), . . . , tr(ggr ))
est injective.
3 Conclure que l’on a le théorème de Burnside : G est fini.
4 Donner un exemple de groupe infini d’exposant fini.
1 Soient E un K-espace vectoriel non nul de dimension finie n et f ∈ L(E). Montrer que les seuls sous-espaces
stables de f sont E et {0} si et seulement si f est cyclique et µf irréductible dans K[X].
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie, f ∈ L(E), x ∈ E \{0} et If,x = {P ∈ K[X], P (f )(x) = 0}.
1 Montrer que If,x est un idéal non nul de K[X]. Soit µf,x son générateur unitaire (le polynôme minimal
ponctuel de f pour x). Vérifier que µf,x divise µf .
2 Montrer qu’il existe x ∈ E tel que µf,x = µf .
Indication – On pourra décomposer µf en facteurs irréductibles, afin de se ramener au cas où µf est puissance
d’un polynôme irréductible.
3 Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et f ∈ L(E). Montrer que µf et χf ont mêmes facteurs
irréductibles.
4 Soit f un endomorphisme du K-espace vectoriel de dimension finie E. On suppose que pour tout x de E,
x, f (x), . . . , f d−1 (x) est liée. Montrer que Id , f, . . . , f d−1 est liée.
1 Soient E un K-espace vectoriel non nul de dimension finie et f ∈ L(E). Montrer que les deux assertions
suivantes sont équivalentes :
i L’endomorphisme f est cyclique et µf est puissance d’un polynôme irréductible de K[X] ;
ii Il n’existe pas de couple (E1 , E2 ) de sous-espaces non nuls de E stables par f et tels que E = E1 ⊕ E2 .
1 Soient E est un K-espace vectoriel de dimension finie n et u ∈ L(E). Montrer l’équivalence entre :
i Il existe un sous-espace de E de dimension k stable par u ;
ii Il existe un diviseur de χu dans K[X] de degré k.
1 Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et f ∈ L(E) cyclique. Montrer que C(f ) = K[f ], donc
que C(f ) est de dimension n.
Indication – Si (x, f (x), . . . , f n−1 (x)) est une base de E, montrer qu’un élément de C(f ) est déterminé par son
action sur x.
2 Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie, f ∈ L(E) et C(f ) le commutant de f . On suppose que
K[f ] = C(f ). Montrer que f est cyclique.
3 Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie, f ∈ L(E) et C(f ) le commutant de f . Montrer que
C(f ) est commutatif si et seulement si f est cyclique.
3
1 Soit u un endomorphisme d’un K-espace vectoriel de dimension finie.
Montrer que l’on peut écrire E = E1 ⊕ · · · ⊕ Er avec r ⩾ 0 où, pour i ∈ [[1, r]], Ei est un sous-espace vectoriel
tel que
i Il existe xi ∈ Ei et di ⩾ 1 tels que (xi , u(xi ), . . . , udi −1 (xi )) soit une base de Ei .
ii Le polynôme minimal de l’induit de f sur Ei+1 divise celui de l’induit de u sur Ei pour i < r.
2 Montrer que toute matrice carrée est semblable à sa transposée.
529 Stéphane FLON
11. Séries entières
z n
Soit M ∈ C∗ . Donner le rayon de convergence de
P
1 an M en fonction de R (le rayon de convergence
an z n ).
P
de
P n P n P zn
2 Montrer que les séries entières z , nz et n ont pour rayon de convergence 1.
P n n
3 Donner le rayon de convergence de (3 + n)z .
an+1 z n , |an |z n et an z n ont le même rayon de convergence.
P P P
4 Montrer que
αn z n vaut au moins 1.
P
5 Soit (αn ) une suite bornée. Montrer que le rayon de convergence de
an z n , où an = 3n si n est pair, et an = 41n si
P
6 Déterminer le rayon de convergence de la série entière
n est impair.
ln nxn .
P
7 Déterminer le rayon de convergence de
Exercice 3 – Utiliser les formules majorant ou minorant le rayon de convergence, notamment des divergences
ou convergences ponctuelles
αn z n vaut au moins 1.
P
1 Soit (αn ) une suite bornée. Montrer que le rayon de convergence de
P Onn suppose en outre que αn ne tend pas vers 0. Montrer que le rayon de convergence de la série entière
αn z vaut 1.
sin(n)z n .
P
2 En déduire le rayon de convergence de
3 Donner le rayon de convergence de (3 + n)z n .
P n
n! n
P
1 Déterminer le rayon de convergence de (2n)! x .
n
P
2 Déterminer le rayon de convergence de ln(n) x .
3n n
z 2n .
P
3 Déterminer le rayon de convergence de n2 +1
4 Soit (an ) une suite réelle vérifiant a0 = 1 et, pour tout n ∈ N :
3n2 + 2n + 1
an+1 = an
2n2 + 3n + 5
an z n .
P
Déterminer le rayon de convergence de
Voir aussi : 11, 12, 13, 14
1 Pour les séries entières suivantes, donner le rayon de convergence et exprimer leur somme en termes de
fonctions usuelles
P n+2: n
i x .
P n3n+1n
ii n! x .
(−1)n+1 nx2n+1 .
P
iii
P+∞ z3n
2 Calculer la somme n=0 (3n)! lorsque z est complexe.
Pn 1
Hn xn . On note R son rayon de
P
3 Pour n ⩾ 1, on pose Hn = k=1 k et on s’intéresse à la série entière
convergence.
i Montrer que R = 1.
ii Déterminer sa somme F en tout x ∈] − 1, 1[.
4 Soit (un )n⩾0 définie par : u0 = 0, u1 = 1 et ∀n ∈ N, un+2 = un+1 + un .
i Exprimer un en fonction de n.
ii Déterminer le rayon de convergence et la somme de la série entière de terme général un z n .
Exercice 7 – Utiliser les opérations de dérivation ou de primitivation sur les séries entières
1 (Mines PC 16) Soit a ∈ R. Calculer le rayon de convergence et la somme de la série entière eina n
P+∞
n=1 n x .
Exercice 10 – Si la somme d’une série entière admet une limite finie en Ra− , sa somme est-elle définie en
Ra ?
1 (X-ESPCI 16) Trouver (un )n∈N ∈ RN telle que la suite (un )n∈N ne converge pas, la série entière f : x 7→
P+∞ n −
n=1 un x a un rayon de convergence égal à 1 et f (x) possède une limite quand x → 1 .
n 1 n
P
2 Montrer cependant que si an x est de rayon Ra > 0, si an = o n Ra , et si sa somme S admet une
limite finie ℓ en Ra− , alors S(Ra ) est bien définie, et vaut ℓ.
Remarque – Ce résultat est connu sous le nom de théorème taubérien faible. La conclusion reste vraie si on
remplace l’hypothèse an = o(1/n) par l’hypothèse an = O(1/n), c’est le théorème taubérien fort de Hardy-
Littlewood.
an xn une série entière de rayon de convergenceP ρ ∈ R+ ∪ {+∞}, telle que an > 0 pour tout entier
P
1 Soit
n et soit α > 0. Quel est le rayon de convergence de la série aα n
nx ?
P an n
an xn une série entière de rayon de convergence ρ > 0. Montrer que
P
2 Soit n! x a pour rayon de
convergence +∞.
3 Soit R le rayon de convergence de an z n . Comparer R avec les rayons de convergence des séries entières :
P
X √ X X 2
an e n z n ; an z 2n ; an z n
(Mines PC 16)
P+∞ an n n n∈N
1 Soit (a ) une suite réelle bornée. Déterminer le rayon de convergence de la série entière f : x 7→
n=1 n! x .
R +∞ P+∞
2 Déterminer la limite de un = 0 e−2t k=n ak!k tk dt.
(Mines PC 16)
t2
1 Montrer, pour (x, t) ∈ R2 , etx− 2 = n=0 Hn (x)tn où les Hn sont polynomiales.
P+∞
Que peut-on dire du degré de Hn ?
2 Montrer, pour n ∈ N et x ∈ R : |Hn (x)| ⩽ e|x| .
(Mines PC 16) Soit f : x 7→ n=0 an xn avec (an )n∈N ∈ RN , une série entière de rayon de convergence égal
P+∞
à 1. On suppose que la série de fonctions définissant f converge uniformément sur ]0, 1[.
Montrer que lim an = 0. Étudier la réciproque.
n→+∞
Exercice 25 – Calcul d’une suite implicite à l’aide d’une série entière (Mines MP 2015)
n
uk
Soit un la suite définie par ∀n ∈ N,
X
= 1.
(n − k)!
k=0
X
1 En considérant la série entière un xn , calculer un . Indication – Penser au produit de Cauchy.
2 Convergence de un ?
Exercice 26 – Étude d’une suite de réels par introduction d’une série entière
1 (Mines PC 16) Soit (In )n∈N définie par I0 = I1 = 1 et, pour n ⩾ 2, In = In−1 + (n − 1)In−2 . On pose
P+∞ In n
f : x 7→ n=0 n! x .
i Montrer que le rayon de convergence de f est ⩾ 1.
ii Déterminer une équation différentielle vérifiée par f .
533 Stéphane FLON
iii En déduire une expression de f , le rayon de convergence de la série entière et enfin une expression
de In .
2 (Centrale PC 16) Soit (un )n∈N une suite telle que u0 = u1 = −1 et, pour tout n ∈ N, un+2 = (n +
P+∞
1)un+1 − (n + 2)un . Soit f : x 7→ n=0 un xn .
i Montrer que f est solution d’une équation différentielle linéaire d’ordre 1.
ii Trouver une expression de f (x).
iii En déduire une expression de un .
3 (Centrale PC 16) Soit (un )n∈N définie par u0 = u1 = 1 et, pour tout n ∈ N, un+2 = un+1 + 2un + (−1)n .
i Vérifier que, pour n ∈ N, |un | ⩽ 2n+1 − 1. Qu’en déduire sur le rayon de S(z) = n=0 un z n ?
P+∞
ii Calculer S(z) et retrouver la valeur de un .
On pose, pour z ∈ C \ R− , L(z) = ln |z| + iθ(z) où θ(z) est l’argument de z dans ] − π, π[.
1 Montrer que la fonction L est continue sur C \ R− et que eL(z) = z.
P+∞ n−1
2 Montrer, si |z| < 1 : L(1 + z) = n=1 (−1)n z n .
3 En déduire, pour des valeurs convenables du réel θ :
+∞
X cos(nθ) X sin(nθ)
et
n=1
n n
n⩾1
an z n une série entière de rayon 1. On note f sa somme. On suppose : f (z) −→− ℓ et an = o(1/n).
P
Soit
z→1
PN P+∞
En considérant f 1 − N1 − n=0 an , montrer que n=0 an = ℓ
Soient (an )n⩾0 et (bn )n⩾0 deux suites complexes, f et g leurs sommes respectives sur le disque ouvert de
convergence.
1 On suppose que R = Rb est dans R+∗ , que an = o(bn ) et que f (x) −→− +∞.
n→+∞ x→R
Montrer : f (x) = o (g(x)).
x→R−
Que peut-on dire si an ∼ bn et f (x) −→− +∞ ?
n→+∞ x→R
2 Donner des résultats analogues si Rb = +∞.
2 En déduire
1
|ap | ⩽ max {|f (z)| ; z ∈ C, |z| = r}
rp
1 En utilisant les formules de Cauchy pour les coefficients, démontrer qu’une fonction entière bornée est
constante.
2 Soit f une fonction entière. On suppose qu’il existe A > 0, B > 0, d dans N∗ tels que
∀ z ∈ C, |f (z)| ⩽ A|z|d + B
Montrer que f est polynomiale de degré au plus d.
535 Stéphane FLON
nα xn
P
Exercice 39 – Équivalent en 1 de
l’équivalent recherché.
3 On suppose α quelconque.
1
i Donner le développement en série entière de (1−x) 1+α . On notera bn ses coefficients.
α
ii Montrer qu’il existe A(α) > 0 tel que n ∼ A(α)bn .
A(α) −
iii En déduire que fn (x) est équivalente à (1−x)1+α quand x tend vers R .
P∞ n n2
Exercice 40 – Limite en 1 de n=0 (−1) x
3 Pour r < R, prouver que |f | atteint son maximum sur D(0, R) = {z ∈ C, |z| ⩽ R} en un point du cercle
de centrer 0 et rayon R.
Exercice 42 – Utiliser les opérations algébriques sur les DSE, ou une substitution par un monôme
1 Développer en série entière au voisinage de 0 les fonctions suivantes. On précisera le rayon de convergence
de la série entière obtenue.
i x 7→ ln(1 + 2x2 ).
ii x 7→ x−a1
(où a ∈ C∗ ).
iii x 7→ ln(a + x) (où a > 0).
ex
2 Développer en série entière (au voisinage de 0) x 7→ 1−x .
3
536 Stéphane FLON
i En appliquant la formule donnant le DSE de x 7→ (1 + x)α dans le cas où α = −1/2, vérifier que
∞
1 X (2n)!
∀ x ∈] − 1, 1[, √ = (−1)n xn
1 + x n=0 4n (n!)2
ii En déduire que x 7→ √ 1 est développable en série entière sur ] − 1, 1[, et donner son DSE.
1−x2
Exercice 46 – Une fonction de classe C ∞ sur R est-elle toujours développable en série entière ?
1 On considère la fonction
g : R∗ → R
1 ,
x 7→ e− x2
que l’on prolonge par continuité en 0, en une application f .
i Montrer que f est de classe C ∞ sur R, et que pour tout entier n : f (n) (0) = 0.
ii En déduire que f n’est pas développable en série entière.
Soient a < 0 < b et F l’ensemble des fonctions réelles de classe C ∞ sur ]a, b[, dont toutes les dérivées sont
positives sur ]a, b[.
1 Montrer que F est stable par somme et produit.
2 Soit f ∈ F , et Rn (x) le reste de Taylor d’ordre n de f entre 0 et x. Montrer que Rn est une fonction
croissante sur ]0, b[.
3 Montrer que f est développable en série entière autour de 0 sur ]a, b[.
X xn +∞
X xn
1 Déterminer le rayon de convergence de la série entière .On pose S(x) = .
(2n)! n=0
(2n)!
x2
Ä ä
1 (Mines PC 16) Développer en série entière au voisinage de 0 la fonction f : x 7→ ln 1 + 1+x .
x2 R x t2
2 (Mines PC 16) Soit f : x 7→ e− 2 0 e 2 dt.
i Montrer que f est développable en série entière. Déterminer de deux façons son développement en
série entière.
ii Déterminer le rayon de convergence de cette série entière.
iii Montrer, pour n ∈ N :
n Ç å
X n (−1)k 22n (n!)2
= .
k 2k + 1 (2n + 1)!
k=0
(Mines PC 16) Montrer qu’il existe une fonction φ développable en série entière au voisinage de 0 telle que
xφ′ (x) = x + φ(x)2 .
1 − r2
Soit P la fonction de ] − 1, 1[×R dans R définie par P (r, t) = .
1 − 2r cos(t) + r2
1 Soit t appartenant à R fixé, montrer que la fonction qui à r associe P (r, t) est développable en série entière
sur ] − 1, 1[. Calculer ce développement.
2 Soit r appartenant à ]0, 1[ fixé.
i Justifier que la fonction
Z π qui à t associe P (r, t) est continue, positive, paire et 2π-périodique.
1
ii Montrer que P (r, t) dt = 1.
2π −π
Z a
1
3 Soit a appartenant à ]0, π], montrer que P (r, t) dt tend vers 1 quand r tend vers 1− .
2π −a
Z π
1
4 Soit f une fonction continue de R dans R, 2π-périodique, montrer que f (x + t)P (r, t) dt tend vers
2π −π
−
f (x) lorsque r tend vers 1 .
1 Soit F une fraction rationnelle dont 0 n’est pas un pôle. Montrer que F est développable en série entière ;
préciser le rayon de convergence.
2 Soit (an )n⩾0 une suite complexe. Montrer l’équivalence entre :
an z n a un rayon de convergence R > 0 et sa somme est une fraction rationnelle ;
P
i la série
ii il existe p ∈ N∗ , (α0 , . . . , αp−1 ) ∈ Cp et m ∈ N tels que :
∀ n ⩾ m, an+p = αp−1 an+p−1 + · · · + α0 an
On rappelle
+∞
1 X 2x
∀ x ∈ R \ Z, π cotan(πx) = +
x n=1 x2 − n2
1 Soient f et g deux fonctions développables en série entière au voisinage de l’origine, avec f (0) = 0.
Montrer que g ◦ f est développable en série entière au voisinage de l’origine.
2 Si g est entière et f développable en série entière sur DR avec f (0) = 0, montrer que g ◦f est développable
en série entière sur DR .
3 Soit g une fonction développable en série entière sur DR , avec R > 0, telle que g(0) ̸= 0. Montrer qu’il
existe un voisinage de 0 dans C sur lequel 1/g est développable en série entière.
Montrer que tan est absolument monotone sur [0, π/2[. En déduire que tan est somme sur ] − π/2, π/2[ de
sa série de Taylor en 0.
2 Inversement, soit f une fonction continue sur {z ∈ C, |z| < R} telle que, si |z| < r < R :
Z π
1 f (reit ) it
f (z) = re dt
2π −π reit − z
Montrer que f est somme d’une série entière sur le disque ouvert de centre 0 et de rayon R.
1 Montrer que f est de classe C ∞ et calculer f (n) (x) pour tout x ∈ R en fonction de f , λ et n.
2 Déterminer f , en vérifiant que f est nécessairement développable en série entière.
1 Soit X un ensemble fini non vide de cardinal n ∈ N∗ . On note P (resp. I) l’ensemble des parties de X de
cardinal pair (resp. impair). Montrer que P et I sont équipotents, en explicitant une bijection de P sur I.
Exercice 2 – (Si les ensembles sont finis) Montrer l’égalité des cardinaux
1 Soit X un ensemble fini non vide de cardinal n ∈ N∗ . On note P (resp. I) l’ensemble des parties de X de
cardinal pair (resp. impair). Montrer que P et I sont équipotents, en montrant que leurs cardinaux sont égaux.
1 Soit p, n ∈ N, où p ⩽ n. En écrivant un certain ensemble comme une union disjointe, montrer que
Ç å n Ç å
n+1 X k
=
p+1 p
k=p
÷ 3 Soit X et Y deux ensembles non vides. On suppose qu’il existe une injection f de X vers Y , et une
injection g de Y vers X. Il s’agit de montrer que X et Y sont équipotents (c’est le théorème de Cantor-Bernstein).
1 Traiter le cas où X ou Y est fini.
2 Traiter le cas où f (X) = Y .
On suppose dans la suite que f (X) ̸= Y , et on note φ = f ◦ g. On définit par récurrence les ensembles
A0 = Y \ f (X), et, pour tout n ∈ N, An+1 = φ(An ). On pose A = ∪n∈N An .
3 Montrer que A est stable par φ.
4 Montrer que les termes de (An ) sont deux à deux disjoints.
5 Soit y ∈/ A. Montrer qu’il existe un unique x ∈ X tel que f (x) = y.
6 Soit x ∈ X. Montrer que si f (x) ∈ A, alors x ∈ g(A).
7 On définit la fonction h : Y → X par h(y) = g(y) si y ∈ A et h(y) est l’unique antécédent de y par f si
y∈/ A.
i Montrer que h est bien définie.
ii Montrer que h est injective.
iii Montrer que h est surjective.
8 Conclure.
541 Stéphane FLON
Exercice 7 – R est-il dénombrable ?
1 Montrer que P(N) n’est pas dénombrable.
2 Montrer que P(N) et {0, 1}N sont équipotents.
3 En déduire que R n’est pas dénombrable.
1
i Montrer :
r Ç åÇ å Ç å
p q p+q
∀(p, q, r) ∈ N ,
X
3
= .
i=0
i r−i r
Pn 2
ii En déduire une expression plus simple de i=0 ni .
1 Soit n, p ∈ N∗ .
i Combien y a-t-il d’applications strictement croissantes de [[1, p]] dans [[1, n]] ?
ii Combien y a-t-il d’applications croissantes de [[1, p]] dans [[1, n]] ?
Exercice 10 – Dérangements
1 Soit E un ensemble fini non vide. On appelle dérangement de E toute permutation f de E sans point
fixe, c’est-à-dire telle que :
∀ k ∈ E, f (k) ̸= k
Bien entendu, le nombre de dérangements d’un ensemble fini ne dépend que de son cardinal.
Pour tout entier naturel non nul n, on note Dern l’ensemble des dérangements de [[1, n]], et dn son cardinal.
i Soit n un entier naturel non nul. Donner le cardinal de l’ensemble des permutations de [[1, n]].
ii Calculer d1 et d2 .
iii On fixe un entier naturel n ⩾ 3, et, pour tout k ∈ [[1, n − 1]], on considère les ensembles
Xk = {f ∈ Dern , f −1 (n) = f (n) = k} et Yk = {f ∈ Dern , f −1 (n) = k, f (n) ̸= k}
Soit k ∈ [[1, n − 1]]. Calculer les cardinaux de Xk et de Yk en fonction de dn−2 et dn−1 .
Indication – on pourra établir une bijection entre Yk et Dern−1 .
iv En déduire, pour tout entier naturel n ⩾ 3, la formule :
dn = (n − 1)(dn−1 + dn−2 )
v Montrer, pour tout n ⩾ 2 :
dn = ndn−1 + (−1)n
vi En déduire que pour tout entier naturel non nul n, on a :
X n!
dn = (−1)k
k!
0⩽k⩽n
Exercice 12 – Parties donnant une intersection fixée avec une partie fixée
Soit S un ensemble de 10 entiers distincts choisis parmi les nombres 1, 2, . . . , 99. Montrer que S contient
toujours deux sous-ensembles disjoints dont la somme de leurs éléments respectifs est la même.
Soit n un entier naturel non nul. On choisit n + 1 nombres quelconques (distincts deux à deux) dans [[1, 2n]].
Montrer qu’il en existe deux qui sont premiers entre eux. Montrer qu’il en existe deux tels que l’un divise l’autre.
(ENS PC 18) Soient n ∈ N∗ et a = (a1 , . . . , an ) une suite de réels distincts. On dit que la sous-suite
(ai1 , . . . aik ) est croissante (resp. décroissante) si 1 ⩽ i1 < · · · < ik ⩽ n et ai1 < ai2 < · · · < aik (resp.
ai1 > ai2 > · · · > aik ). On note C(a1 , . . . , an ) la longueur de la plus grande sous-suite croissante de (a1 , . . . , an )
et D(a1 , . . . , an ) la longueur de la plus grande sous-suite décroissante.
1 Montrer que C(a1 , . . . , an ) × D(a1 , . . . , an ) ⩽ (n + 1)2 /4.
2 3 Montrer que C(a1 , . . . , an ) × D(a1 , . . . , an ) ⩾ n.
Soit f : R → R une fonction monotone. Montrer que l’ensemble Ω des points de discontinuité de f est au
plus dénombrable.
Indication – on pourra construire (pas de façon explicite) une injection de Ω dans Q.
an z n une série entière de rayon de convergence R > 0, de somme f . Montrer que f est
P
1 Soit
développable en série entière au voisinage de chaque z0 ∈ C tel que |z0 | < R.
2 Soit r ∈ [0, 1[ et θ ∈ R. Pour tout n ∈ Z, on pose an = r|n| einθ . Montrer que la famille (an )n∈Z est
sommable, et calculer sa somme.
3 Soit z ∈ C tel que |z| < 1. Montrer que
∞ ∞
X zn X z 2n+1
2n
=
n=1
1−z n=0
1 − z 2n+1
4 Pour tout n ∈ N∗ , on note d(n) le nombre de diviseurs de n dans N. Montrer que pour tout z ∈ C tel que
|z| < 1, on a
∞ ∞
X zn X
= d(n)z n
n=1
1 − zn n=1
1 Existence et calcul de
X 1
(p + q 2 )(p + q 2 + 1)
(p,q)∈N×N∗
P∞ P∞ 1
2 Existence et calcul de n=0 k=n k! .
3 PSoit (un )n⩾1 une suite réelle décroissante
P de limite nulle. On suppose que la suite de terme général
n
sn = k=1 uk − nun est bornée. Montrer que un converge.
4 Soit (an ) une suite de R+ . P P an
i On suppose que la série an converge. Montrer que n(n+1) converge.
P P∞ an P
ii Montrer que k n=k n(n+1) converge, et comparer sa valeur à an .
P√ P∞ 2
iii On suppose que nan converge, et on pose wn = p=n ap . Montrer l’existence de wn et la
convergence de la série de terme général wnn .
p
Montrer que
∞
X
(ζ(p) − 1) = 1
p=2
et que pour tout x > 1
∞
X d(n)
ζ(x)2 =
n=1
nx
Soit α ∈ R∗+ . Calculer à l’aide d’un produit de Cauchy (et en cas d’existence) de
P∞
n=0 (n + 1)αn .
1 Soit (an )n∈N∗ et (bn )n∈N∗ deux suites complexes sommables. On pose, pour tout n ∈ N∗
X
cn = ad b nd
d|n
P P P
La série cn est le produit de Dirichlet des séries an et bn .
Montrer que (cn )n∈N∗ est sommable, et que
∞ ∞ ∞
! !
X X X
cn = an bn
n=1 n=1 n=1
2
i Montrer que d|n φ(d) = n pour tout n ∈ N∗ .
P
3 On note µ la fonction de Möbius définie sur N∗ par µ(1) = 1, µ(n) = 0 si n admet un facteur carré, et
µ(p1 p2 . . . pr ) = (−1)r si p1 , p2 , . . . , pr sont des nombres premiers distincts. Établir
X
µ(d) = 0 si n ⩾ 2 et 1 si n = 1
d|n
Soit A, B ∈ Mp (K).
1 On suppose que A et B commutent. Montrer qu’alors
exp(A + B) = exp(A) exp(B)
2 Montrer que ce résultat tombe en défaut si on ne suppose plus que A et B commutent.
On considère une urne contenant 4 boules blanches et 3 boules noires. On tire une à une et sans remise 3
boules de l’urne. Indiquer la probabilité pour que la première boule tirée soit blanche, la seconde blanche et la
troisième noire.
Exercice 31 – Utiliser la formule de Bayes
On compte dans une population 45% d’hommes et 55% de femmes. Un homme sur trois porte des lunettes,
et une femme sur cinq porte des lunettes. Indiquer la probabilité qu’une personne portant des lunettes soit une
femme.
Exercice 32 – Procéder par dénombrement
1 On range les 20 tomes d’une encyclopédie sur une étagère, complètement au hasard. Quelle est la proba-
bilité que les tomes 1 et 2 se trouvent côte à côte ?
545 Stéphane FLON
2 Une loterie compte 1000 billets dont 2 gagnants. Combien faut-il acheter de billets, pour avoir au moins
une chance sur deux de gagner quelque chose ?
3
i On choisit au hasard une partie à 3 éléments de l’ensemble [[1, n]] avec n ⩾ 3. Déterminer la probabilité
de chacun des évènements suivants :
— A : la partie contient 1 et 2
— B : la partie ne contient ni 1 ni 2
— C : la partie contient 1 ou 2
ii Reprendre les trois questions précédentes, lorsque l’on choisit au hasard une partie quelconque de
l’ensemble [[1, n]] avec n ⩾ 3.
Voir aussi : 40, 43, 46, 47, 62, 63, 76, 65
Montrer que si A, B et C sont trois événements équiprobables vérifiant P (A∩B ∩C) = 0, alors P (A) ⩽ 23 .
Voir aussi : 75, 44, 64
÷ Soit (Ω, T ) un espace probabilisable. Si x est dans Ω, on appelle atome de T associé à x l’intersection
A(x) des éléments de T contenant x.
1 Vérifier que les atomes de A partitionnent Ω c’est-à-dire que, pour x, y ∈ Ω, on a A(x) = A(y) ou
A(x) ∩ A(y) = ∅.
2 On suppose Ω fini. Montrer que les atomes appartiennent à T . Si r est le nombre d’atomes, que dire du
cardinal de T ?
3 On suppose que les atomes appartiennent à T et que l’ensemble A des atomes est dénombrable. Montrer
que T est en bijection avec P(A).
4 Existe-t-il une tribu dénombrable ?
Exercice 35 – De combien P (A ∩ B) et P (A)P (B) peuvent-ils différer (ENS Cachan Rennes MP 2015) ?
1 Soit A et B deux événements d’un espace probabilisé (Ω, A, P ). Montrer que |P (A∩B)−P (A)P (B)| ⩽ 1/4.
2 Caractériser l’égalité.
Exercice 36 – Que dire d’une probabilité sur un univers muni de la tribu discrète ?
1 Soit (An )n⩾1 une suite d’événements (deux à deux) incompatibles. Montrer que lim P (An ) = 0.
n→+∞
2 On considère un univers Ω, muni de la tribu discrète P(Ω), et d’une probabilité P .
i On suppose que Ω = N. Montrer que lim P ({n}) = 0.
n→+∞
ii Soit ∆ = {ω ∈ Ω, P ({ω}) > 0}. Montrer que ∆ est au plus dénombrable.
Remarque – Plus généralement, si (Ai )i∈I est une famille d’événements non négligeables, incompatibles deux à
deux, alors I est au plus dénombrable.
1 On considère une urne contenant quatre boules : une rouge, une verte, une bleue et une tricolore
(bleue, verte, rouge). On tire une boule, on note Ω l’univers {bleue, verte, rouge, tricolore}, et on considère les
événements la boule tirée contient du rouge , la boule tirée contient du vert , et la boule tirée contient
du bleu notés respectivement R, V et B. Montrer que ces événements sont indépendants deux à deux mais
pas dans leur ensemble.
2 Exemple de Bernstein de (non) indépendance mutuelle
546 Stéphane FLON
On lance n pièces équilibrées. Pour 1 ⩽ k ⩽ n, on note Ak l’événement : le k-ième lancer tombe sur pile .
On note An+1 l’événement : le nombre total de pile est pair .
Montrer que n quelconques des événements Ak , (où 1 ⩽ k ⩽ n + 1) sont mutuellement indépendants alors
que A1 , . . . , An+1 ne sont pas mutuellement indépendants.
Soit (An )n∈N une suite d’événements de l’espace probabilisable (Ω, A).
def
1 Montrer que B = {ω ∈ Ω, ω ∈ An pour exactement un indice} est un événement.
def
2 Montrer que C = {ω ∈ Ω, ω ∈ An pour une infinité d’indices} est un événement.
def
3 Montrer que D = {ω ∈ Ω, ω ∈ An à partir d’un certain rang} est un événement.
1 Montrer directement le résultat de continuité décroissante (resp. de continuité croissante) lorsque (An )
est une suite d’événements négligeables (resp. presque sûrs).
2 En utilisant la continuité croissante, montrer qu’une union dénombrable d’événements négligeables est
négligeable.
1 (X-ESPCI 16) On place aléatoirement n ⩾ 3 boules dans n urnes. Calculer la probabilité qu’une seule
urne soit vide.
2 3 (X-ESPCI 16) (Problème du scrutin) Lors d’une élection, 700 électeurs votent pour A et 300 pour B.
Quelle est la probabilité que, pendant le dépouillement, A soit toujours strictement en tête ?
3 (X-ESPCI 16) Cinq compères sont autour d’une table ronde. Deux voisins ont chacun un ballon. À chaque
tour, une personne ayant un ballon le donne à son voisin de gauche ou à son voisin de droite avec une probabilité
égale à 21 .
Déterminer le nombre moyen de tours nécessaires pour qu’une personne ait les deux ballons.
Indication. — On pourra considérer la distance dn ∈ {0, 1, 2} entre les deux ballons.
1 Soit (An )n une suite d’événements d’un espace probabilisé (Ω, A, P ). On note pn = P (An ) On note B
l’événement
def \ [
B = Ak
n⩾1 k⩾n
c’est-à-dire
B = {ω ∈ Ω, Card(n ∈ N, ω ∈ An ) = ∞}
P
i On suppose que la série P (An ) converge. Montrer que P (B) = 0.
C’est le lemme de Borel-Cantelli.
P
2 On suppose que les événements An sont indépendants et que la série P (An ) diverge.
i Montrer que l’événement B est égal à
[ \
Ak
n⩾1 k⩾n
ii Exprimer P (∩m
k=n Ak ) en fonction des pk .
1 (Banque CCP 2016 105) On dispose de 100 dés dont 25 sont pipés.
Pour chaque dé pipé, la probabilité d’obtenir le chiffre 6 lors d’un lancer vaut 21 .
i On tire un dé au hasard parmi les 100 dés. On lance ce dé et on obtient le chiffre 6.
Quelle est la probabilité que ce dé soit pipé ?
ii Soit n ∈ N∗ .
On tire un dé au hasard parmi les 100 dés. On lance ce dé n fois et on obtient n fois le chiffre 6.
Quelle est la probabilité pn que ce dé soit pipé ?
iii Déterminer lim pn . Interpréter ce résultat.
n→+∞
2 (X-ESPCI 16) On dispose d’un test pour déterminer si un individu est atteint par une maladie donnée. La
probabilité qu’un individu soit malade est 1/100000, la probabilité que le test soit positif sachant que l’individu
est malade est 9999/10000, la probabilité que le test soit positif sachant que l’individu n’est pas malade est
1/1000.
Déterminer la probabilité qu’un individu soit malade sachant que le test est positif.
(X-ESPCI 16) Une urne contient 3 boules vertes et 3 boules rouges. Une boule est enlevée de l’urne au
hasard. Anatole tire 6 fois une boule avec remise et obtient 6 fois une boule rouge. Barnabé tire 600 fois une
boule avec remise et obtient 303 fois une rouge et 297 fois une verte.
Lequel peut s’attendre le plus à ce qu’une boule verte ait été enlevée ?
1 On lance deux dés équilibrés et on considère les événements A le premier dé donne un nombre pair ,
B le second dé donne un nombre pair et C les deux dés donnent des nombres de même parité . Les
événements A et B sont-ils indépendants ? Même question avec A et C, avec A et B ∩ C et avec B ∪ C.
2 (X-ESPCI 16) On a deux dés équilibrés, un bleu et un rouge. On note A l’événement la somme des
deux dés est égale à 9 .
Trouver deux événements B et C relatifs au dé rouge tels que P (A ∩ B ∩ C) = P (A)P (B)P (C), P (A ∩ B) ̸=
P (A)P (B), P (A ∩ C) ̸= P (A)P (C) et P (B ∩ C) ̸= P (B)P (C).
(Centrale PC 16) On lance deux pièces équilibrées. Pour n ∈ N∗ , on note En l’événement les deux pièces
ont donné le même nombre de pile et de face dans les n premiers lancers .
1 Déterminer P (En ).
2 Sur les n premiers lancers, combien de fois cet événement est-il vérifié en moyenne ?
Soit (Ω, T , P ) un espace probabilisé fini, et A1 , . . . , An des événements indépendants de probabilité différente
de 0 et 1. Montrer que |Ω| ⩾ 2n .
1 Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant une même loi géométrique G(p). Soit
Z = min{X, Y }. Montrer que Z suit une loi géométrique.
2 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant une loi géométrique de
paramètre p ∈]0, 1[. On pose U = |X − Y | et V = min(X, Y ).
Déterminer la loi de (U, V ). En déduire les lois de U et de V . Les variables U et V sont-elles indépendantes ?
1 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant des lois de Poisson de para-
mètres λ et µ respectivement. Déterminer la loi de X + Y .
2 On considère deux v.a. X et Y indépendantes, suivant des lois binomiales de paramètres (n, p) et (m, p).
Indiquer la loi de X + Y .
Exercice 52 – La loi d’une somme de variables aléatoires indépendantes est entièrement déterminée par les
lois de ces v.a.
On considère deux v.a. X et Y indépendantes, suivant des lois binomiales de paramètres (n, p) et (m, p).
Indiquer la loi de X + Y .
On tire avec remise deux fois un jeton, dans une urne contenant quatre jetons numérotés de 1 à 4. On note
X et Y les résultats des premier et second tirages respectivement, et Z = max(X, Y ).
1 Indiquer la loi conjointe de (X, Y ).
2 Indiquer la loi conjointe de (X, Z).
3 En déduire la loi de Z.
Voir aussi : 57, 59, 60, 61
1 Soit (X1 , . . . , X42 ) une famille de variables aléatoires discrètes à valeurs dans N∗ . Pour tout ω dans Ω, on
pose ( )
Xn
Y (ω) = min n ∈ [[1, 42]], Xi (ω) ⩾ 42
i=1
Montrer que Y est une variable aléatoire discrète.
2 Soit (Xn )n⩾1 et N des v.a. sur un même espace probabilisé, à valeurs dans N. On considère
N (ω)
X
S : ω ∈ Ω 7→ Xi (ω)
i=1
Pour n ⩾ 1, on note rn la probabilité pour que deux entiers choisis aléatoirement dans [[1, n]]2 soient premiers
entre eux.
D’autre part, on définie la fonction de Möbius µ : N∗ → Z de la manière suivante : µ(1) = 1, µ(n) = 0 si
n admet un facteur carré (non trivial) et µ(p1 . . . pr ) = (−1)r si les pi sont des nombres premiers deux à deux
distincts.
Pn
1 Montrer que rn = n12 d=1 µ(d)⌊ nd ⌋2 .
P
2 Calculer d|n µ(d).
6
3 Montrer que lim rn = π2 .
n∞
1 (X-ESPCI 16) En arrivant au restaurant, n personnes déposent leur manteau au vestiaire. En partant du
restaurant, chacune reprend un manteau au hasard. Soit X la variable aléatoire égale au nombre de personnes
ayant récupéré leur manteau. Déterminer la loi de X.
2 (Mines PC 16) Soit n ∈ N avec n ⩾ 3. Une urne contient n boules numérotées de 1 à n. On les tire
une à une sans remise. On note X la variable aléatoire indiquant le tirage au bout duquel on a tiré les boules
numérotées 1, 2 et 3. Déterminer la loi de X.
3 (Mines PC 16) Le nombre X de clients qui entrent dans une boutique une journée donnée suit une loi
de Poisson de paramètre λ > 0. Chaque client achète un article avec une probabilité p ∈]0; 1[ et aucun article
sinon. Déterminer la loi de la variable aléatoire Y égale au nombre d’articles achetés.
4 (Mines PC 16) Soit (Xn )n∈N∗ une suite de variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées
suivant une loi de Bernoulli de paramètre p. Soit T = min{n ∈ N∗ / Xn = 1 et Xn+1 = 0}.
Déterminer la loi de T .
5 (Mines PC 16) Soit (Xn )n∈N∗ une suite de variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées
suivant une loi de Bernoulli de paramètre p ∈]0; 1[. Soit N = min{n ∈ N∗ / Xn = 1} et Y = XN +1 + · · · + X2N .
i Déterminer la loi de N .
ii Déterminer la loi de Y .
6 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant une loi uniforme sur [[1, n]].
Déterminer la loi de X + Y .
(Mines PC 16) Soit X, Y et Z trois variables aléatoires indépendantes suivant la même loi et représentant
les résultats d’un jet de trois dés pipés. On note S = X + Y + Z.
Que peut-on dire de la loi de X si S est toujours divisible par 3 ? Généraliser.
550 Stéphane FLON
Exercice 59 – Loi de Poisson
1 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant des lois de Poisson de
paramètres λ et µ respectivement. Déterminer la loi de X sachant X + Y = n.
2 (Mines PC 16) Soit X une variable aléatoire suivant une loi de Poisson de paramètre λ. Quelle est la
probabilité que X soit un entier pair ?
3 (Centrale PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant des lois de Poisson de
paramètre λ.
Déterminer la loi de max{X, Y }.
1 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant une loi géométrique de
paramètre p ∈]0; 1[. Calculer P (Y ⩾ X) et P (Y = X).
2 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant des lois géométriques de
paramètres p et p′ respectivement. Déterminer la loi de X + Y .
3 (Centrale MP 2015)Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant une loi géométrique
de paramètre p. Déterminer la loi de X/Y .
(Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires à valeurs dans N∗ telles que X ⩽ Y . On suppose que,
pour tout n ∈ N∗ , la loi conditionnelle de X sachant (Y = n) est la loi uniforme sur [[1, n]].
Montrer que Y − X + 1 et X suivent la même loi.
1 (Mines PC 16) Une urne contient b boules blanches et n boules noires. On tire les boules une à une sans
remise. On s’arrête lorsqu’il ne reste que des boules noires dans l’urne.
Quelle est la probabilité que toutes les boules aient été tirées ?
2 (Centrale PC 16) Soit X1 , X2 et X3 trois variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées
suivant une loi géométrique de paramètre p ∈]0, 1[.
i Soit Y1 = min{X1 , X2 } et Y2 = max{X1 , X2 }. Déterminer les lois de Y1 et Y2 .
ii Déterminer la probabilité de l’événement (X1 ⩽ X3 ) ∩ (X2 ⩽ X3 ).
3 (Centrale PC 16) Trois clients arrivent dans une banque disposant de deux guichets. Les clients C1 et C2
vont aux deux guichets, le client C3 va dans le premier guichet libéré. Le temps passé au guichet par le client
Ci suit une loi géométrique de paramètre p.
Déterminer la probabilité que le client C3 termine le dernier.
(Mines PC 16)
Å ã
a 1
1 Soit A = ∈ M2 (R). Donner une condition nécessaire et suffisante sur (a, b) pour que A soit
0 b
diagonalisable.
2 Soit (a, b, n) ∈ (N∗ ) . Montrer que :
3
Ç å min(n,a) Ç åÇ å
a+b X a b
= .
n k n−k
k=max(0,n−b)
(ENS PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires à valeurs dans N. On note X ≺ Y si, pour tout t ∈ R,
P (X ⩾ t) ⩽ P (Y ⩾ t).
551 Stéphane FLON
1 Montrer que X ≺ Y si, et seulement si, pour toute fonction h : N −→ R+ croissante et bornée, E(h(X)) ⩽
E(h(Y )).
2 On suppose que X ∼ P(λ) et Y ∼ P(µ). Montrer que X ≺ Y si, et seulement si, λ ⩽ µ.
3 On suppose X et Y indépendantes et X ≺ Y . Montrer que P (X ⩽ Y ) ⩾ 21 .
1 (X-ESPCI 16) Soit n un entier ⩾ 3. Soit X une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur [[1, n]]. Si
d ∈ [[2, n − 1]], on note Dd l’événement d divise X .
i Si d est un diviseur de n, calculer P (Dd ).
ii Si p et q sont premiers entre eux et divisent n, montrer que les événements Dp et Dq sont indépen-
dants.
iii On note φ(n) leÄnombre ä d’entiers de [[1, n]] premiers avec n.
φ(n) Q 1
Montrer que n = p∈Q 1 − p où Q est l’ensemble des nombres premiers qui divisent n.
2 (X-ESPCI 16) Soit p1 et p2 deux nombres premiers, n ∈ N. On suppose que 2 ⩽ p1 < p2 ⩽ n. On munit
l’ensemble [[1, n]] de la probabilité uniforme. Soit E1 = {k ∈ [[1, n]] / p1 |k} et E2 = {k ∈ [[1, n]] / p2 |k}.
Montrer que E1 et E2 sont indépendants si, et seulement si, n s’écrit sous la forme n = kp1 p2 + ℓp1 avec
(k, ℓ) ∈ N et 0 ⩽ ℓp1 < p2 .
3 (Mines MP 15) Sur un espace probabilisé (Ω, A, P ), soit X une variable aléatoire à valeurs dans N∗
1
telle que P (X = n) = , où a est un réel strictement plus grand que 1.
ζ(a)na
i Justifier la cohérence de la définition de la loi de probabilité.
ii À quelle condition X admet-elle une espérance ? La calculer et en donner un équivalent quand a tend
vers +∞.
iii Pour i ∈ N∗ , on note Ai = {n ∈ N∗ , i divise n}. Calculer P (X ∈ Ai ). À quelle condition les Ai
sont-ils indépendants ?
iv Soit r ∈ N∗ , p1 , . . . , pr des nombres premiers distincts et Cr = {n, ∀i ∈ [[1, r]], pi ne divise pas n}.
Calculer P (X ∈ Cr ).
Que dire quand r tend vers +∞ dans le cas où {pi , i ∈ N∗ } est l’ensemble des nombres premiers ? En déduire
le développement eulérien de la fonction ζ :
∞ Å
1 −1
Y ã
ζ(a) = 1− a
r=1
pr
1
diverge, où (pn )n∈N∗ est la famille ordonnée des nombres premiers.
P
v En déduire que pn
On considère une urne contenant M boules blanches et N − M boules noires. On effectue n tirages sans
remise, avec n ⩽ N , on note X la variable aléatoire donnant le nombre de boules blanches obtenues.
Plus formellement, on peut voir X de la façon suivante. La variable aléatoire A suit la loi uniforme sur
l’ensemble Pn ([[1, N ]]) des parties à n éléments, où les boules numérotées de 1 à M sont blanches, les autres
noires, et X = |A ∩ [[1, M ]]|.
On peut aussi noter Xi la variable aléatoire égale à 1 si le i-ième tirage donne une boule blanche, à 0 sinon.
Les variables Xi suivent la loi de Bernoulli de paramètre M/N , et X = X1 + · · · + Xn .
N −M
(M
m )( n−m )
1 Montrer : ∀ m ∈ [[0, min{M, n}]], P (X = m) = N .
(n)
2 En déduire la formule :
min{M,n} M
N −M
X m n−m
N
=1
m=0 n
1 Soit X une variable aléatoire à valeurs dans [[0, n]], telle qu’il existe a ∈ R vérifiant
Ç å
n
P (X = k) = a
k
Calculer espérance et variance de X.
2 Soit n ∈ N∗ et β ∈ R. Soit X une v.a. à valeurs dans {0, 1, ..., n} telle que :
Å ã
n β
∀k ∈ [[0, n]], P (X = k) = .
k k+1
Déterminer β, E(X).
1 Retrouver la variance d’une v.a. suivant une loi binomiale, en faisant le lien avec la loi de Bernoulli.
2 On lance deux dés équilibrés. Soit U1 et U2 les variables aléatoires correspondant aux résultats des lancers.
On pose X = min(U1 , U2 ) et Y = max(U1 , U2 ).
i Déterminer la loi et l’espérance de X.
ii Calculer X + Y en fonction de U1 et U2 . En déduire l’espérance de Y .
iii Calculer XY et en déduire Cov(X, Y ).
1 Retrouver l’espérance de v.a. suivant les lois de Bernoulli, binomiale, géométrique et de Poisson à l’aide
des fonctions génératrices.
2 Retrouver la variance de v.a. suivant les lois de Bernoulli, binomiale, géométrique et de Poisson à l’aide
des fonctions génératrices.
1 En faisant le lien entre loi binomiale et loi de Bernoulli, trouver l’espérance d’une v.a. suivant la loi
B(n, p).
2 (Centrale PC 16) Une urne contient 2n boules. Parmi ces boules, n portent le numéro 0, les n autres
portent les numéros de 1 à n. On tire n boules de l’urne. Si i ∈ {1, . . . , n}, soit Xi la variable aléatoire égale à
1 si la boule portant le numéro i a été tirée, à 0 sinon.
i Déterminer la loi de Xi , la covariance Cov(Xi , Xj ) si 1 ⩽ i < j ⩽ n.
ii Soit S la somme des numéros tirés. Déterminer E(S) et V(S).
Voir aussi : 77, 78, 79, 80, 81
1 Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé.
i Soit A un événement. Quelle est la loi de 1A ? En déduire que P (A) = E(1A ).
ii Soit A et B deux événements. Exprimer 1A , 1A∩B , 1A∪B en fonction de 1A et 1B .
553 Stéphane FLON
iii On considère n événements A1 , . . . , An . Montrer la formule du crible :
! Ñ Ñ éé
n
[ Xn X \k
P Ai = (−1)k+1 P Ai j
i=1 k=1 1⩽i1 <i2 <···<ik ⩽n j=1
iv Déduire du résultat précédent la formule du crible pour les ensembles finis : si A1 , . . . , An sont des
ensembles finis, alors :
! Ñ Ñ éé
[n Xn X \k
Card Ai = (−1)k+1 Card Aij
i=1 k=1 1⩽i1 <i2 <···<ik ⩽n j=1
(ENS PC 16) Soit X une variable aléatoire prenant un nombre fini de valeurs. On dit que λ est une valeur
médiane si P (X ⩽ λ) ⩾ 21 et P (X ⩾ λ) ⩾ 12 .
1 Montrer qu’il existe une valeur médiane. Est-elle forcément unique ?
2 Trouver t minimisant φ : t 7→ E (X − t)2 .
1 Soit X une variable aléatoire ayant un moment d’ordre n ∈ N∗ . Montrer que X possède un moment
d’ordre k pour tout k ∈ N avec k ⩽ n.
1 Soit X une variable aléatoire réelle, et soit g : R+ → R+ strictement croissante, telle que g(|X|) admette
une espérance. Soit ε > 0. Montrer que P (|X| ⩾ ε) ⩽ E(g(|X|)
g(ε) .
2 (ENS Cachan Rennes MP 2015)Soit X une variable aléatoire à valeurs dans [−1, 1], centrée et de variance
σ 2 , avec σ > 0.
i Pour µ dans R+ et t ∈ R+ , justifier etµ P (X ⩾ µ) ⩽ E(etX ).
ii Montrer, si t ∈ [0, 1], E(etX ) ⩽ 1 + σ 2 t2 .
iii Montrer, pour λ dans [0, 2σ], P (X ⩾ λσ) ⩽ exp(−λ2 /4).
1 (Mines PC 16) On lance une pièce qui donne pile avec la probabilité p. On note X la variable aléatoire
égale au nombre de lancers nécessaires pour obtenir deux fois pile.
554 Stéphane FLON
Donner la loi de X. Calculer E(X).
2 (Mines PC 16) Un centre d’appels cherche à contacter n personnes. Chaque personne a la probabilité
p ∈]0; 1[ de répondre. On note X la variable aléatoire égale au nombre ayant répondu à la première vague
d’appels. Le centre lance un nouvel appel aux personnes n’ayant pas répondu la première fois. Soit Y la variable
aléatoire égale au nombre de personnes ayant répondu la deuxième fois mais pas la première.
i Donner la loi de X.
ii Déterminer P(X=i) (Y = k) pour (i, k) ∈ [[0, n]]2 .
iii Soit Z = X + Y . Déterminer la loi de Z ainsi que son espérance.
3 (Mines PC 16) Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes suivant une loi géométrique de
paramètre p ∈]0; 1[. Soit Z = max(X, Y ).
Déterminer E(Z).
4 Soit n ∈ N∗ , p ∈]0, 1[ et X ,→ B(n, p). On définit la v.a. Y de la façon suivante :
— Si X = k avec k > 0, alors Y = k.
— Si X = 0, alors Y prend une valeur quelconque avec équiprobabilité dans {1, ..., n}.
Déterminer la loi et l’espérance de Y .
5 (Mines MP 2015) Une personne effectue une série de sauts numérotés à partir de 1. La probabilité de
réussir le i-ème saut est 1/i, et on s’arrête au premier échec. On note X le nombre de sauts effectués.
i Montrer que X est presque sûrement finie et déterminer sa loi.
ii Calculer E(X) et V (X).
6 On tire n boules dans une urne de N boules, numérotées de 1 à N . X est le plus grand des numéros
obtenus. Déterminer la loi et l’espérance de X.
1 (Mines PC 16) Soit (a, b) ∈ R2 , X et Y deux variables aléatoires discrètes à valeurs dans N de loi conjointe
donnée par : ® i −b
b e (1−a)i−j aj
si j ⩽ i
P (X = i, Y = j) = (i−j)!j!
0 si j > i
i Déterminer les lois de X et de Y .
ii Calculer leur espérance et leur variance si elles existent.
On joue à pile ou face avec une pièce non équilibrée. À chaque lancer, la probabilité d’obtenir pile est 2/3,
et donc celle d’obtenir face est 1/3. Les lancers sont supposés indépendants, et on note X la variable aléatoire
réelle égale au nombre de lancers nécessaires pour obtenir, pour la première fois, deux piles consécutifs. Pour
n ⩾ 1, on note pn la probabilité P (X = n).
1 Expliciter les événements (X = 2), (X = 3), (X = 4), et déterminer la valeur de p2 , p3 , p4 .
2 Montrer que l’on a pn = 92 pn−2 + 13 pn−1 , n ⩾ 4.
3 En déduire l’expression de pn pour tout n.
P+∞
4 Rappeler, pour q ∈] − 1, 1[, l’expression de n=0 nq n , et calculer alors E(X).
Soit p ∈]0, 1[. On dispose d’une pièce amenant ”pile” avec la probabilité p. On lance cette pièce jusqu’à
obtenir pour la deuxième fois ”pile”. Soit X le nombre de ”face” obtenus au cours de cette expérience.
1 Déterminer la loi de X.
2 Montrer que X admet une espérance, et la calculer.
3 On procède à l’expérience suivante : si X prend la valeur n, on place n + 1 boules numérotées de 0 à n
dans une urne, et on tire ensuite une boule de cette urne. On note alors Y le numéro obtenu. Déterminer la loi
de Y . Calculer l’espérance de Y .
4 On pose Z = X − Y . Donner la loi de Z et vérifier que Z et Y sont indépendantes.
(ENS PC 16) Soit (Ai,j )1⩽i,j⩽d des variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées sui-
vant une loi de Rademacher, c’est-à-dire telles que P (Ai,j = −1) = P (Ai,j = 1) = 12 .
555 Stéphane FLON
Soit A = (Ai,j )1⩽i,j⩽d la matrice aléatoire.
1 Calculer E tr Ak pour k ∈ [[1; 4]].
On considère une suite de n épreuves répétées indépendantes, chaque épreuve ayant k résultats possibles
r1 , . . . , rk . On note pi la probabilité de réalisation du résultat ri lors d’une épreuve donnée.
Pour i ∈ [[1, k]], notons Xi le nombre de réalisations du résultat ri au cours des n épreuves.
1 Expliquer pourquoi V(X1 + · · · + Xk ) = 0.
2 Quelle est la loi de Xi ? Que vaut sa variance ?
3 Pour i ̸= j, donner la loi et la variance de Xi + Xj .
4 En déduire Cov(Xi , Xj ).
5 Contrôler ce résultat en développant V(X1 + · · · + Xk ) et en utilisant la première question.
On se propose de démontrer l’inégalité de Cantelli : si X est une v.a. ayant une espérance m et un écart
type σ, on a :
σ2
∀ t > 0, P (X − m ⩾ t) ⩽ 2
σ + t2
1 Vérifier que l’on peut se ramener au cas m = 0 (ce que l’on fait désormais).
2 Montrer que pour tout u ⩾ 0 :
σ 2 + u2
P (X ⩾ t) ⩽ P ((X + u)2 ⩾ (t + u)2 ) ⩽
(t + u)2
3 Conclure en choisissant une valeur adéquate de u.
Soit N et X1 , X2 , . . . des variables aléatoires indépendantes à valeurs dans N. On suppose que les variables
X1 , X2 , . . . suivent toutes une même loi de fonction génératrice GX et on pose
N
def X
S = Xk
k=1
1 Soit (Xn )n∈N∗ une suite de variables aléatoires indépendantes. On suppose que, pour tout n ∈ N∗ ,
E(Xn ) = 0 et qu’il existe M > 0 tel que, pour tout n ∈ N , E Xn ⩽ M .
∗ 2
Soit ε > 0. A-t-on toujours lim P (|X1 + · · · + Xn | ⩾ nε) = 0 ?
n→+∞
2 Soit f ∈ C 0 ([0, 1], R).
i Soit ε > 0. Montrer qu’il existe C > 0 tel que :
∀(x, y) ∈ [0, 1]2 , |f (x) − f (y)| ⩽ ε + C(x − y)2 .
ii Soit x ∈ [0, 1]. Soit (Xk )k∈N∗ une suite de variables aléatoires indépendantes et identiquement
distribuées suivant une loi de Bernoulli de paramètre x. On pose, pour n ∈ N∗ , Sn = X1 + · · · + Xn .
Montrer que : Å Å ãã
Sn C
f (x) − E f ⩽ε+ .
n n
ii Soit ε > 0. Prouver l’existence de deux réels C > 0 et δ > 0 tels que, pour tout entier naturel n, on a
Å ã
Sn
P − λ ⩾ ε ⩽ Ce−nδ
n
iii En déduire que la suite Snn n∈N∗ tend, presque sûrement, vers la constante λ.
Soit (Xn )n⩾1 une suite de vaaiid de loi uniforme sur [[1, N ]] avec N ⩾ 1.
On imagine que les Xn sont les images vendues chez le marchand de journaux. À chaque achat, on a une
image différente dans la collection [[1, N ]] et l’on cherche à réunir toute la collection sachant que l’on peut tomber
sur des vignettes que l’on possède déjà. On note T0 = 0 et, pour 1 ⩽ i ⩽ N ,
Ti = inf{k ⩾ 1, Card(X1 , . . . , Xn ) = i
(Ti est à valeurs dans N ∪ {∞}).
∗
1 Que représente Ti ? Que représente TN ? Montrer que Ti est une variable aléatoire discrète.
2 Exprimer pour i < N , P (Ti+1 − Ti = k|Ti = l). En déduire que Ti+1 − Ti suit une loi géométrique.
3 Que vaut P (Ti+1 − Tk |Ti = li , . . . , T1 = l1 ) ? En déduire l’indépendance des Ti+1 − Ti pour 0 ⩽ i ⩽ N .
4 Calculer l’espérance et la variance de TN . En donner des équivalents quand N tend vers l’infini.
TN
5 Montrer que pour tout ε > 0, P N ln(N ) − 1 > ε −→ 0.
N →∞
6 Pour i ∈ [[1, N ]], on note Ai,m l’événement (X1 ̸= i, . . . , Xm ̸= i). Calculer sa probabilité et en déduire
que pour tout x ⩾ 0 :
P (TN ⩾ N ln(N ) + xN + 1) ⩽ e−x
1 (Inégalité de Jensen) Soit I un intervalle fermé, f : I → R continue et convexe, X une variable aléatoire
discrète à valeurs dans I. On suppose que X et f (X) possèdent une espérance finie. Démontrer que
E(f (X)) ⩾ f (E(X))
2 (Inégalité de Lyapounov) Soit X une variable aléatoire réelle positive discrète admettant un moment
d’ordre n. Montrer que si 0 < r < s ⩽ n, on a
E(X r )1/r ⩽ E(X s )1/s
1 1
3 (Inégalité de Hölder) Soit p, q > 0 tels que p + q = 1.
q
xp y
i Montrer que si x, y ⩾ 0, xy ⩽ p + q .
557 Stéphane FLON
ii Soit X, Y des variables aléatoires réelles discrètes sur le même espace. Montrer que
E(|XY |) ⩽ E(|X|p )1/p E(|Y |q )1/q
Soit n ∈ N∗ et σ une variable aléatoire suivant lal loir uniforme sur Sn . Soit Rℓ l’événement {∀ i < ℓ, σ(i) <
σ(ℓ)} pour 1 ⩽ ℓ ⩽ n.
1 Calculer P (Rℓ ).
2 Les événements R1 , . . . , Rn sont-ils mutuellement indépendants ?
3 Soit Xn le nombre de records d’une permutation de Sn . Calculer son espérance et sa variance et en donner
des équivalents.
4 Calculer P (Xn = k) pour k = 1, 2 et n.
Xn
5 Montrer que ln(n) converge en probabilité vers 1.
1
i Soit E un espace euclidien, F un sous-espace vectoriel de E. Soit u ∈ E. Montrer que d(u, F ) =
∥pF ⊥ (u)∥.
ii P(X PC 09) On munit E = Rn [X] du produit scalaire : Pour P = i i
P P
i ai X et Q = i bi X ,
(P |Q) = i ai bi . Soit H = {P ∈ E, P (1) = 0}. Calculer d(X, H).
1 Soit E un espace préhilbertien, F un sous-espace vectoriel de E de dimension finie, de base (non néces-
Pk
sairement orthonormée) (e1 , . . . , ek ). Soit u ∈ E et soit v son projeté orthogonal sur F On écrit v = i=1 λi ei .
i Montrer que (v|ej ) = (u|ej ) pour tout j ∈ [[1, k]].
ii En déduire une méthode de calcul de d(u, F ).
iii Montrer que d(u, F )2 = (u − v|u).
2
2 Soit α = inf{ −1 ax2 + bx + c − |x| dx : a, b, c ∈ R}.
R1
i Déterminer un espace vectoriel euclidien (E, (·, ·)), un sous-espace vectoriel F de E et v ∈ E tel que
α = d(v, F )2 .
ii Déterminer p ∈ F tel que α = d(v, p)2 et calculer α.
1
Réponse : α = 96 .
Voir aussi : 23, 24, 25, 26, 27
Exercice 5 – Pour un espace préhilbertien, y a-t-il d’autres formes linéaires que le produit scalaire par un
vecteur donné ?
Pour E = C 0 ([0, 1], R), muni du produit scalaire (f, g) 7→ 0 f g, montrer que l’application φ : f 7→ f (0)
R1
Exercice 6 – Peut-on trouver un produit scalaire pour lequel une base donnée est orthonormée ?
1 Montrer que si E est un R-espace vectoriel de dimension finie n ⩾ 1, de base B = (e1 , . . . , en ), alors il
existe un unique produit scalaire (·|·) sur E pour lequel B est orthonormale.
On cherche une condition nécessaire et suffisante pour qu’une norme sur un espace vectoriel réel provienne
d’un produit scalaire :
1 Condition nécessaire : soit (E, < ·, · >) un espace préhilbertien réel, et soit ∥·∥ la norme associée. Vérifier
l’identité du parallélogramme :
2 2 2 2
∀ x, y ∈ E, ∥x + y∥ + ∥x − y∥ = 2(∥x∥ + ∥y∥ ).
2 Montrer que pour n ⩾ 2, les normes ∥·∥1 et ∥·∥∞ sur Rn ne proviennent pas d’un produit scalaire.
3 On suppose que ∥·∥ est une norme sur un R-espace vectoriel E, vérifiant l’identité du parallélogramme :
2 2 2 2
∀(x, y) ∈ E 2 , ∥x + y∥ + ∥x − y∥ = 2(∥x∥ + ∥y∥ )
On pose, pour tout (x, y) ∈ E 2 :
def 1Ä 2 2
ä
φ(x, y) = ∥x + y∥ − ∥x − y∥
4
Vérifier que φ est un produit scalaire sur E.
En conclusion, une norme provient d’un produit scalaire si et seulement si elle vérifie l’identité du parallé-
logramme : c’est le théorème de Fréchet - Von Neumann - Jordan
Soit A = (ai,j )1⩽i,j⩽n dans GLn (R). En utilisant l’algorithme de Gram-Schmidt, montrer que A s’écrit
OT où O est dans On (R) et où T est triangulaire supérieure à termes diagonaux > 0.
Une famille (ei )i∈I de vecteurs d’un espace préhilbertien E est dite obtusangle (resp. strictement obtusangle)
si, pour tous i, j ∈ I distincts, (ei |ej ) ⩽ 0 (resp. (ei |ej ) < 0).
1 Soit E un espace euclidien muni d’un produit scalaire (.|.), et p un entier naturel, avec p ⩾ 2. Soit
(e1 , . . . , ep ) p vecteurs de E tels que, pour tous 1 ⩽ i, j ⩽ p, si i ̸= j, alors (ei |ej ) < 0.
i Pour 1 ⩽ i, j ⩽ p, comparer λi λj (ei |ej ) et |λi | · |λj |(ei |ej ).
p−1 2 p−1 2 p−1 p−1
X X X X
ii Comparer λk ek et |λk |ek . Montrer que λk ek = 0E ⇒ |λk |ek = 0E .
k=1 k=1 k=1 k=1
iii Montrer que toute sous-famille de p − 1 vecteurs extraite de (ei ) est libre.
2
i Soit (E, ⟨, ⟩) un espace euclidien de dimension n ∈ N∗ , (x1 , . . . , xN ) des vecteurs de E tels que :
∀i ∈ [[1, N ]], ∥xi ∥ = 1 et, pour tout i ̸= j, ⟨xi , xj ⟩ ⩽ 0.
Déterminer le cardinal maximal d’une telle famille.
ii Soit (E, ⟨, ⟩) un espace euclidien de dimension n ∈ N∗ , β ∈]0; 1[, (x1 , . . . , xN ) des vecteurs de E tels
que : ∀i ∈ [[1, N ]], ∥xi ∥ = 1 et, pour tout i ̸= j, ⟨xi , xj ⟩ ⩽ −β.
Déterminer le cardinal maximal d’une telle famille.
Indication. — Calculer ∥x1 + · · · + xN ∥2 .
3 Soit (E, ⟨ ⟩) un espace euclidien, (x1 , . . . , xp ) une famille de p ⩾ 2 vecteurs de E. On suppose que, pour
tout i ̸= j, ⟨xi , xj ⟩ < 0.
Montrer que (x1 , . . . , xp−1 ) est libre.
Exercice 12 – Les couples libres de vecteurs d’un espace euclidien forment un ouvert
def
Soit (E, ⟨, ⟩) un espace euclidien. Montrer que Ω = {(x, y) ∈ E 2 |(x, y) libre} est un ouvert de E 2 .
Exercice 13 – Une caractérisation des bases orthonormées dans un espace euclidien (Mines MP 2015)
Soit (e1 , ..., en ) une famille libre dans (E, < ·, · >), un espace préhilbertien. On suppose que, pour tout
X n
x ∈ E, ∥x∥2 = | < x, ei > |2 .
i=1
1 Montrer que ∥en ∥2 ⩽ 1.
2 Montrer que ∥en ∥2 = 1.
3 Montrer que (e1 , ..., en ) est une base orthonormée de E.
(Mines-Ponts PSI 10) Soit E euclidien, de base orthonormée (e1 , . . . , en ), v1 , . . . , vn tels que ∥v1 ∥ + · · · +
∥vn ∥ < 1. Pour tout i ∈ [[1, n]], on pose wi = ei + vi . montrer que (w1 , . . . , wn ) est une base de E.
Soit u un endomorphisme d’un espace euclidien E, de trace nulle. Montrer l’existence d’une base orthonormée
dans laquelle u a une matrice de diagonale nulle.
Exercice 21 – Existence et unicité d’une réflexion échangeant deux vecteurs distincts de même norme
(X-ESPCI 16) Soit (E, ⟨ ⟩) un espace euclidien, a et b dans E distincts tels que ∥a∥ = ∥b∥.
Montrer qu’il existe une unique réflexion s (i.e. une symétrie orthogonale par rapport à un espace de dimension
(dim(E) − 1)) telle que s(a) = b.
Exercice 22 – Une expression du rang d’un projecteur orthogonal (ENSAM PSI 08)
128
Réponse : 11025 .
R1
2 (Mines MP 09) Soit f : t ∈]0, 1] 7→ t ln(t), prolongée par continuité en 0. Calculer min (f (t) − at −
(a,b)∈R2 0
Pn 2 (Mines PC 16) Soit E = Rn [X], a0 , . . . , an des réels distincts. On pose, pour P et Q dans E, ⟨P, Q⟩ =
k=0 P (ak )Q(ak ).
i Montrer que cette application définit un produit scalaire sur E.
ii Donner une base orthonorméeP de E pour ce produit scalaire.
n
iii Soit Q ∈ E et H = {P ∈ E / k=0 P (ak ) = 0}. Déterminer la distance de Q à H.
F = Vect(f0 , f1 , f2 ), où fk (t) = tk pour tout (k, t) ∈ [[0, 2]] × [−1, 1].
Soit (pn )n⩾1 une suite de fonctions continues, positives, 2π-périodiques, d’intégrale égale à 1, telle que :
Z
∀ δ > 0, pn (t)dt −→ 0
|t|⩾δ n→+∞
Exercice 31 – Orthotrigonalisation
1 Déterminer les A ∈ Sn (R) nilpotentes.
2 Déterminer les A ∈ An (R) nilpotentes.
564 Stéphane FLON
1 Soit A ∈ Mn (R) une matrice antisymétrique.
i Montrer que pour tout X ∈ Mn,1 (R) = Rn , (X T )AX = 0.
ii Montrer que A est diagonalisable dans Mn (R) Åsi et seulement
ã si A = 0n .
0 −1
Remarque – Voilà encore une bonne raison pour laquelle n’est pas diagonalisable dans M2 (R).
1 0
iii Montrer que SpC (A) ⊂ iR.
Indication – On pourra transconjuguer, c’est-à-dire conjuguer et transposer.
Soient E un espace euclidien, a et b des vecteurs de E. Quel est l’adjoint de l’endomorphisme de E défini
par :
∀ x ∈ E, u(x) = ⟨a, x⟩ b ?
Soit N ∈ Mn (R). On suppose que N est nilpotente et commute avec sa transposée. Montrer que N est
nulle.
Exercice 38 – Une équation matricielle avec transposition (X MP 2015)
i=1
1 Montrer que Rn = Ker(A) ⊕ Im(tA).
2 On suppose A2 = 0. Montrer que Im(A +t A) = Im(A) + Im(tA).
Soit E un espace euclidien. Quels sont les endomorphismes f de E tels que si < x, y >= 0, alors
< f (x), f (y) >= 0 ?
565 Stéphane FLON
Exercice 42 – Toute isométrie est-elle la composée de réflexions ?
1 On se place dans un plan euclidien. Montrer que tout produit de deux réflexions est une rotation, et que,
réciproquement, toute rotation s’écrit comme produit de deux réflexions.
2 Montrer plus généralement que dans tout espace euclidien E, tout endomorphisme orthogonal u peut
s’écrire comme une composée de réflexions.
(X-ESPCI 16) Soit A ∈ SO(3). Montrer qu’il existe X ∈ R3 \ {0} tel que AX = X.
(CCP MP 13) Soit f ∈ O(E). Montrer que les énoncés suivants sont équivalents :
(1) f ◦ f = −Id E .
(2) ∀ x ∈ E, (f (x)|x) = 0.
(3) ∀ x, y ∈ E, (f (x)|y) = −(x|f (y)).
566 Stéphane FLON
Exercice 49 – Quels sont les automorphismes intérieurs de Mn (R) orthogonaux pour la structure euclidienne
canonique ?
(Mines PC 16) Soit Φ : Mn (R) −→ R qui à M = (mi,j )1⩽i,j⩽n associe Φ(M ) = m2i,j .
P
1⩽i,j⩽n
Déterminer les P ∈ GLn (R) telles que :
∀M ∈ Mn (R), Φ(M ) = Φ P −1 M P .
1 Montrer que toute matrice de GLn (R) s’écrit de façon unique sous la forme OT avec O dans On (R) et où
T appartient au sous-groupe Tn (R) des matrices triangulaires supérieures à coefficients diagonaux > 0.
2 Montrer que la décomposition précédente donne un homéomorphisme de On (R) × Tn (R) sur GLn (R).
n(n−1)
3 Conclure que On (R) × R 2 et GLn (R) sont homéomorphes. Qu’en déduit-on sur les composantes
connexes de GLn (R) ?
4 En utilisant la décomposition QR, montrer que si G est un sous-groupe de GLn (R) contenant strictement
On (R), G n’est pas borné.
Exercice 53 – t AA =t BB
1 (Mines MP 2015) Soit E un espace euclidien muni de son produit scalaire et f un endomorphisme défini
par f : x 7→ ⟨b|x⟩a + ⟨a|x⟩b, avec (a, b) une famille libre.
i Montrer que f est un endomorphisme autoadjoint.
ii Déterminer ses éléments propres.
iii Calculer sup{|⟨a|x⟩ · ⟨b|x⟩|, ∥x∥ = 1}.
Soient (E, ⟨ , ⟩) un espace euclidien, (a, b) une famille libre de vecteurs unitaires de E et f : x ∈ E 7→
⟨a, x⟩a + ⟨b, x⟩b.
1 Montrer que f est un endomorphisme symétrique de E.
2 Déterminer ses éléments propres.
Voir aussi : 58, 61, 62, 63
Soit A = (ai,j )1⩽i,j⩽n ∈ Sn (R). On suppose qu’il existe i ∈ [[1, n]] tel que ai,i > 0.
Montrer que A possède une valeur propre strictement positive.
(CCP MP 13) Soient n ⩾ 2, f ∈ C 0 ([0, 1], R+ ) non identiquement nulle et A = (ai,j )1⩽i,j⩽n dans Mn (R)
telle que :
Z 1
∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 , ai,j = f (t) ti+j−2 dt.
0
1 Montrer : ∀X ∈ Mn,1 (R), XAX ⩾ 0.
t
1 (Centrale PC 16) Soit (E, ⟨ ⟩) un espace euclidien et a ∈ E avec ∥a∥ = 1. Pour α ∈ R, on pose fα : x 7→
x + α⟨x, a⟩a.
i Montrer que fα est un endomorphisme. Calculer fα ◦ fβ pour (α, β) ∈ R2 . Pour quels α, fα est-il un
automorphisme ?
ii Déterminer les éléments propres de fα .
2 (CCP MP 13) On munit R3 de son produit scalaire canonique et de la norme associée. Soient u un vecteur
unitaire et D = Vect(u). Si a ∈ R, soit fa : x 7→ x − a ⟨x, u⟩ u.
i Montrer que fa est un endomorphisme de R3 .
ii Montrer qu’il existe un unique réel non nul a0 tel que : ∀x ∈ R3 , ∥fa0 (x)∥ = ∥x∥.
iii Montrer que Ker(fa0 + Id ) et Ker(fa0 − Id ) sont supplémentaires dans R3 .
iv Déterminer les éléments propres de fa lorsque a ∈ R∗ .
i,j ) ∈
Soit A = (aÖ èSn (R) telle que pour
Ö tout è (i, j) pour lequel i ̸= j, ai,j ⩾ 0.
x1 |x1 |
Pour X = .. , on note X̃ = .. .
. .
xn |xn |
1 Montrer : ∀ X ∈ Mn,1 (R), t
XAX ⩽t X̃AX̃.
2 Notons λ0 la plus grande valeur propre de A. Établir
∀ X ∈ Ker(A − λ0 In ), X̃ ∈ Ker(A − λ0 In ).
(Centrale PC 16)
√
1 Soit S ∈ Sn++ (R). Montrer qu’il existe M ∈ Sn++ (R) tel que M 2 = S. On note M = S une telle matrice.
√
2 Soit S ∈ Sn++ (R). Montrer l’existence d’une suite réelle (an )n∈N telle que lim
P p k
k=0 ak S =
p→+∞
In + S.
3 Soit A ∈ GLn (R). Montrer qu’il existe un unique couple (Ω, T ) avec Ω ∈ On (R) et T triangulaire supérieure
à coefficients diagonaux strictement positifs tel que A = ΩT .
1 (X-ESPCI 16) On note An (R) le sous-espace de Mn (R) constitué des matrices antisymétriques.
i Soit A ∈ An (R). Montrer que le spectre complexe de A est inclus dans iR.
ii Soit S ∈ Sn++ (R). Montrer l’existence de T ∈ Sn++ (R) telle que S = T 2 .
iii Soit A ∈ An (R) et S ∈ Sn++ (R). Montrer que det(S) ⩽ det(A + S).
2 (X-ESPCI 16) Soit A ∈ Sn (R) telle que, pour tout X ∈ Rn \ {0}, ⟨AX, X⟩ > 0.
⟨Ak+1 X,X ⟩
Soit X ∈ Rn \ {0}. Montrer que la suite de terme général ⟨Ak X,X⟩ a une limite quand k → +∞ et que cette
limite est une valeur propre de A.
(X-ESPCI 16) Soit A ∈ Sn (R) inversible et semblable à son inverse. Montrer que tr A2 ⩾ n.
Exercice 71 – Un théorème de la limite monotone pour les suites de matrices symétriques (Mines MP 2015)
On définit une relation ⩽ sur Sn (R) de sorte que, pour toutes matrices A et B dans Sn (R), on a A ⩽ B
lorsque le spectre de B − A est inclus dans R+ .
1 Soit B ∈ Sn (R). Montrer que 0 ⩽ B si, et seulement si, pour toute matrice X ∈ Mn,1 (R) on a t XBX ⩾ 0.
2 On considère une suite croissante et bornée de Sn (R) au sens de la relation définie ci-dessus. Déduire de
la question précédente qu’une telle suite converge dans Sn (R).
Soit Φ : Sn (R) → R qui à A ∈ Sn (R) associe sa plus grande valeur propre. Montrer que Φ est convexe.
Soient u un endomorphisme autoadjoint de l’espace euclidien (E, ⟨ , ⟩), Vk l’ensemble des sous-espaces de
dimension k de E.
Montrer, si 1 ⩽ k ⩽ n, que : Ç å
⟨u(x), x⟩
min max 2 = λk (u)
V ∈Vk x∈V \{0} ∥x∥
où λ1 (u) ⩽ . . . ⩽ λn (u) est le spectre de u rangé dans l’ordre croissant.
1 Soient (E, ⟨ , ⟩) un espace euclidien et u dans L(E). On dit que u est normal si et seulement si u∗ u = uu∗ .
Montrer que u est normal si et seulement s’il existe une base orthonormée de E dans laquelle la matrice de u
est de la forme :
λ1 0 · · · ··· ··· 0
.. .. ..
0 . . .
.. ..
.. ..
.
. λp . .
. ..
Å
a1 −b1
ã
.. .
.. ..
. .
b1 a1
. .. ..
..
. . 0
Å ã
aq −bq
0 ··· ··· ··· 0
bq aq
∗ ∗
Indication – Écrire u = u+u
2 + u−u
2 où les endomorphismes (u + u∗ ) et (u − u∗ ), respectivement symétrique et
antisymétrique, commutent.
2 Une matrice A de Mn (R) est dite normale si AT A = AAT . Interpréter matriciellement le résultat de la
question précédente et montrer qu’une matrice normale est diagonalisable sur C.
3 Soit u un endomorphisme du R-espace de dimension finie E. À quelle condition sur µu existe-t-il un
produit scalaire euclidien sur E rendant u normal ?
4 Soit A dans Mn (R) telle que AAT − AT A ∈ Sn+ (R). Montrer que A est normale.
5 Soit f un endomorphisme de l’espace euclidien E tel que :
∀ x ∈ E, ∥f (x)∥ ⩾ ∥f ∗ (x)∥
Montrer que f est normal.
Soit A et B deux matrices symétriques réelles de taille n. On range leurs valeurs propres par ordre décrois-
sant :
λ1 (A) ⩾ . . . ⩾ λn (A)
Soit A et B deux matrices symétriques réelles positives, α et β deux réels positifs tels que α + β = 1.
1 Montrer que si A est définie positive, alors il existe P ∈ GLn (R), D ∈ Mn (R) diagonale telles que
A =t P P et B =t P DP .
2 Montrer : det(αA + βB) ⩾ (det A)α (det B)β .
3 Soit A1 , . . . , Ap des matrices de Sn+ (R). Montrer que
A1 + · · · + Ap
Å ã
1/p
(det(A1 . . . Ap )) ⩽ det
p
On s’intéresse, dans cet exercice et ceux qui suivent, à l’étude des arcs paramétrés suivants :
i Cycloı̈de – f : t 7→ (t − sin t, 1 − cos t)
ii Cardioı̈de – g : t 7→ (2 cos t − cos 2t, 2 sin t − sin 2t)
iii Astroı̈de – h : t 7→ (cos3 (t), sin3 (t))
Par des considérations de périodicité et de symétrie, réduire (le plus possible) le domaine d’étude de f , g et h.
Dresser le tableau de variation conjoint des fonctions coordonnées de f . Faire de même pour g et h.
Indiquer la position et la tangente des points suivants de f (puis de g et de h) : points singuliers, points sur
l’un des axes de coordonnées, points où la tangente est horizontale ou verticale.
Exercice 5 – Comment généraliser la formule de dérivation d’une composée par une application bilinéaire ?
1 Donner une formule pour (M (f1 , . . . , fn ))′ (t0 ), où f1 , . . . , fn sont dérivables en t0 , et où M est n-linéaire.
2 Pour tout (n, x) ∈ N∗ × R, on pose :
x 1 0
x2
2! x 1
x3 x2 ..
∆n (x) = 3! 2! x .
.. .. ..
. . . 1
xn x2
n! ... ... 2! x
Calculer ∆n (x).
1 On considère un arc régulier f : [a, b] → R2 . Montrer l’existence de c ∈]a, b[ tel que f (b) − f (a) soit
colinéaire à f ′ (c).
2 La conclusion reste-t-elle valable si f est à valeurs dans R3 ?
1 Le carré de sommets (0, 0), (1, 0), (1, 1) et (0, 1) est-il le support d’un arc paramétré régulier ?
2 Le carré de sommets (0, 0), (1, 0), (1, 1) et (0, 1) est-il le support d’un arc paramétré ?
573 Stéphane FLON
14.1.3. Pour préparer sa colle
1 Soit f : I → E une application dérivable en t0 , à valeurs dans un espace euclidien E. On suppose que
l’image de f est incluse dans une sphère centrée en l’origine 0E . Montrer que le vecteur vitesse f ′ (t0 ) est
orthogonal au vecteur position f (t0 ).
On considère une application M : t 7→ M (t) de R dans Mn (R) de classe C 1 , telle que, pour tout réel t :
M 2 (t) = M (0) = In
(Mines-Ponts PSI 10) Soit n ∈ N∗ pair, A ∈ Mn (R) telle que t A = −A, J ∈ Mn (R) dont tous les coefficients
valent 1. Calculer det(A + tJ) pour t ∈ R.
1 Étude et représentation
i De la courbe de Lissajous f : t 7→ (cos 3t, sin 2t).
ii Du Lemniscate de Gerono g : t 7→ (2 cos(t), sin(2t)).
iii De la deltoı̈de h : t 7→ (2 cos(t) + cos(2t), 2 sin(t) − sin(2t)).
(Centrale MP 08, Mines PC 10) Trouver les droites à la fois tangentes et normales à la courbe Γ : x(t) =
3t2 , y(t) = 2t3 .
574 Stéphane FLON
Exercice 16 – Généralisation de l’inégalité des accroissements finis
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie et a < b deux réels. Soit f : [a, b] → E et g : [a, b] → R+ deux
fonctions dérivables vérifiant ∥f ′ ∥ ⩽ g ′ . On souhaite montrer que : ∥f (b) − f (a)∥ ⩽ g(b) − g(a).
1 Prouver le résultat en supposant que les fonctions f et g soient de classe C 1 .
2 Montrer le résultat sans l’hypothèse C 1 .
Indication – Pour ε > 0, on pourra considérer l’ensemble
Soit E un evn de dimension finie et f : [a, b] → E une fonction de classe C 1 telle que f (a) = 0. Montrer
b
(b − a)2 ′
Z
f (t)dt ⩽ ∥f ∥∞,[a,b]
a 2
3 Soit f : R → R continue telle que f (ax + b) = f (x) pour tout x ∈ R, où a est fixé différent de 1 et −1, et
b ∈ R. Montrer que f est constante.
∀ x, y ∈ R, f (x + y) = f (x) + f (y).
2 Déterminer les fonctions f continues de R dans R, telles que f (x + y) = f (x)f (y) pour tous réels x et y.
3 Déterminer les fonctions continues sur R vérifiant
x + y f (x) + f (y)
∀ x, y ∈ R, f = .
2 2
√
4 Trouver toutes les fonctions f continues sur R admettant pour périodes 1 et 2.
Voir aussi : 50, 51
1 Donner un exemple de fonction strictement croissante et dérivable sur R, dont la dérivée s’annule une
infinité de fois.
2 Donner un exemple de fonction strictement croissante et dérivable sur un intervalle borné, dont la dérivée
s’annule une infinité de fois.
Remarque – en fait, on peut même montrer qu’il existe des fonctions strictement croissantes dérivables dont la
dérivée est nulle sur une partie dense (voir les travaux de Dimitrie Pompeiu).
Montrer que si f est de classe C n sur [a, b], à valeurs réelles, dérivable n + 1 fois sur ]a, b[, alors il existe
c ∈]a, b[ tel que :
n
X (b − a)k (k) (b − a)n+1 (n+1)
f (b) = f (a) + f (c).
k! (n + 1)!
k=0
Exercice 22 – Une fonction de dérivée strictement positive en un point est-elle croissante au voisinage de ce
point ?
Exercice 23 – Quel lien y a-t-il entre les comportements asymptotiques d’une fonction et de sa dérivée en
+∞ ?
1 Montrer que la somme de deux fonctions lipschitziennes l’est.
2 Montrer que la composée de deux fonctions lipschitziennes l’est.
3 Montrer que si f et g sont lipschitziennes sur un domaine borné, alors leur produit est lipschitzien.
4 Soit f une fonction lipschitzienne sur un segment, ne s’annulant pas. Montrer que f1 est lipschitzienne.
Soit f et g deux fonctions continues sur un intervalle I. Montrer que sup(f, g) et inf(f, g) sont continues.
Soit f : [0, 1] → R continue telle que f (0) = f (1). Montrer que pour tout n ∈ N∗ , il existe αn ∈ [0, 1 − 1/n]
tel que f (αn + 1/n) = f (αn ).
Exercice 29 – Il existe deux points sur l’équateur où la température est la même (X PC 10)
Soit f ∈ C 0 (R2 , R). Montrer que la restriction de f à un cercle n’est pas injective.
Un homme parcourt 8 kilomètres en une heure. Montrer qu’il existe un intervalle de temps d’une demi-heure
durant lequel il a parcouru 4 kilomètres.
1 Soit a, b ∈ R, où a ⩽ b. Soit f : [a, b] → R une application continue telle que f ([a, b]) ⊂ [a, b]. Montrer
que f admet au moins un point fixe.
2 Soit a, b ∈ R, où a ⩽ b. Soit f : [a, b] → R une application continue telle que [a, b] ⊂ f ([a, b]). Montrer que
f admet au moins un point fixe.
3 Soit f : R → R continue décroissante. Montrer que f admet un unique point fixe.
4 Soit l ∈ R, f : R → R, continue. On suppose lim f (x)
x = l.
x → ±∞
Montrer que si l ̸= 1, alors f admet un point fixe. Et si l = 1 ?
5 Montrer que si f : [0, 1] →[0, 1] est croissante, alors f admet un point fixe.
Montrer que pour tout n ∈ N, pour tous réels a0 , . . . , an , λ0 , . . . , λn , où les ai sont tous non nuls et les λi
distincts deux à deux, que
X n
fn : x 7→ a k xλ k
k=0
s’annule au plus n fois sur R∗+ .
1 Soit f ∈ C 0 (R), dérivable en a ∈ R. Soit (xn ) et (yn ) deux suites réelles de limite a. On suppose que pour
tout n ∈ N : xn ̸= yn . On pose, pour tout n ∈ N :
f (yn ) − f (xn )
un = .
yn − xn
(X-ESPCI 16) Soit f ∈ C 1 ([a, b], R) et x0 ∈]a, b[. On suppose qu’il existe y0 > f (x0 ) tel que le cercle de
centre (x0 , y0 ) et de rayon y0 − f (x0 ) soit au-dessus du graphe de f .
Montrer que f ′ (x0 ) = 0.
(X-ESPCI 16) Soit f : [0, 1] −→ R dérivable et non identiquement nulle. On suppose qu’il existe M > 0 tel
que, pour tout x ∈ [0, 1], |f ′ (x)| ⩽ M |f (x)|.
Montrer que f ne s’annule pas.
Soit f : I → R dérivable sur I, et a, b ∈ I, a < b. On suppose que f ne s’annule pas sur ]a, b[ et que
f (a) = f (b) = 0. Montrer que f ′ (a)f ′ (b) ⩽ 0.
1 Soit f : [0, 1] → R, dérivable sur [0, 1], telle que f (0) = 0 et f (1)f ′ (1) < 0. Montrer l’existence de c ∈]0, 1[
tel que f ′ (c) = 0.
1 Soit n ∈ N∗ , f ∈ C n ([a, b], R). On suppose que f s’annule sur [a, b] en au moins n points distincts a1 , . . . , an ,
où a1 < · · · < an .
(n)
i Montrer que pour tout x ∈ [a, b], il existe c ∈ [a, b] pour lequel : f (x) = (x − a1 ) . . . (x − an ) f n!(c)
578 Stéphane FLON
M
Qn
ii Soit M un majorant de |f (n) |. Montrer que pour tout x ∈ [a, b] : |f (x)| ⩽ n! k=1 |x − ak |
1 Soit f continue sur [a, +∞[ (pour un certain a ∈ R), et dérivable sur ]a, +∞[. On suppose que f (a) =
limx → +∞ f (x). Montrer qu’il existe c ∈]a, +∞[ tel que f ′ (c) = 0.
2 Soit f dérivable sur R, admettant une même limite finie en +∞ et −∞. Montrer que f ′ s’annule.
3 Soit f : [a, b] → R dérivable, telle que f (a) = f (b) = 0. Montrer que pour tout d ∈ R \ [a, b], il existe une
tangente au graphe Γ de f passant par le point (d, 0).
4 Soit f : [0, 1] → R dérivable telle que f (0) = f ′ (0) = f (1) = 0. Montrer l’existence de c ∈]0, 1[ tel que la
tangente au graphe de f en son point d’abscisse c passe par O.
5 Soit f : [a, b] → R deux fois dérivable telle que f (a) = f ′ (a) et f (b) = f ′ (b). En utilisant g : x 7→
e (f (x) − f ′ (x)), montrer l’existence de c ∈]a, b[ tel que f (c) = f ′′ (c).
x
6 Soit f : [a, b] → R continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[, telle que f (a) = f (b) = 0. Montrer que pour
tout réel λ, il existe cλ ∈]a, b[ tel que λf (cλ ) + f ′ (cλ ) = 0.
7 Soit f, g ∈ C 0 ([a, b], R), telle que f (a) = f (b) = 0. Montrer l’existence de c ∈]a, b[ tel que g ′ (c)f (c)+f ′ (c) =
0.
8 Soit f : [a, b] → R, continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[, telle que f (a) f (b)
a = b . Montrer l’existence de
c ∈]a, b[ tel que f ′ (c) = f (c)
c .
Soit f : R+ → R continue sur R+ , dérivable sur R∗+ , nulle en 0 de dérivée croissante sur R∗+ . Montrer que
pour tout x ∈ R∗+ , f (x) ′
x ⩽ f (x).
√
Exercice 50 – Fonction continue ayant 1 et 3 pour périodes (X PC 10)
√
Déterminer les f ∈ C 0 (R, R) telles que : ∀ x ∈ R, f (x) = f (x + 1) = f (x + 3).
4 (Mines MP 2015) Déterminez les solutions de classe C 1 dans R de f ′ (f (x))f ′ (x) = 1 avec f (0) = 0 et
f ′ (0) > 0.
5 (X PC 10) Déterminer les f ∈ C ∞ (R+ , R) telles que : ∀ x ∈ R+ , (f ′ (x) − f (x))f (x) = x.
Exercice 53 – X PC 10
1 Soit f : R+ → R dérivable.
i Montrer que si f ′ est bornée, alors f est uniformément continue.
ii Montrer que si lim |f ′ (x)| = +∞, alors f n’est pas uniformément continue.
x → +∞
2 Donner un exemple de fonction bornée non uniformément continue, et un exemple de fonction non bornée
uniformément continue.
3 Soit f : R → R uniformément continue. Montrer qu’il existe a, b > 0 tels que pour tout x ∈ R, |f (x)| ⩽
a|x| + b.
4 Soit f : R → R continue et périodique. Montrer que f est uniformément continue.
5 Soit f : R+ → R uniformément continue. On suppose que pour tout t > 0, lim f (nt) = 0. Montrer que
n∞
lim f (x) = 0.
x → +∞
Soit n ∈ N∗ et f un polynôme trigonométrique réel de degré inférieur ou égal à n, c’est-à-dire une fonction
pour laquelle il existe des réels a0 , . . . , an , b1 , . . . , bn tels que, pour tout x ∈ R :
n
X
f (x) = a0 + (ak cos(kx) + bk sin(kx))
k=1
1 Montrer que si f admet au moins 2n + 1 racines distinctes sur [0, 2π], alors f est nulle.
2 On suppose que f ′ (0) = ∥f ′ ∥∞ > n ∥f ∥∞ . On pose pour tout x ∈ R, g(x) = n1 ∥f ′ ∥∞ sin(nx) − f (x).
Montrer que g admet au moins 2n racines distinctes sur [0, 2π[.
Montrer que g ′ admet au moins 2n + 1 racines distinctes sur [0, 2π]. Montrer que g ′′ admet au moins 2n + 1
racines distinctes sur [0, 2π[. Que peut-on en déduire ?
3 Montrer que ∥f ′ ∥∞ < n ∥f ∥∞ . C’est l’inégalité de Bernstein.
Soit f : [0, 1] → R. On dit que f est à variations bornées s’il existe M > 0 tel que pour toute suite croissante
(ak )0⩽k⩽n , on a
Xn
|f (ak ) − f (ak−1 )| ⩽ M
k=1
Soit f : [0, 1] →[0, 1] un C 1 -difféomorphisme croissant et n ∈ N∗ . Montrer qu’il existe une suite (xk,n )1⩽k⩽n
Pn
telle que k−1 k
n ⩽ f (xk,n ) ⩽ n pour tout k ∈ [[1, n]], et
1
k=1 f ′ (xk,n ) = n.
Soit f ∈ C n (R, C). Pour tout k ∈ [[0, n]], on pose Mk = f (k) ∞,R .
On suppose que M0 et Mn sont finis. Montrer que pour tout k ∈ [[0, n]], Mk est fini, et
k(n−k) k k
1− n
Mk ⩽ 2 2 M0 Mnn
Soit f, g convexes de R dans R, telle que f + g soit affine. Montrer que f et g sont affines.
Soit f ∈ C 0 (R∗+ , R), g : x 7→ xf (1/x). Montrer que f est convexe si et seulement si g est convexe.
Soit f : R+ → R de classe C 2 telle que lim f (x) = f (0). Montrer qu’il existe c ∈ R∗+ tel que f ′′ (c) = 0.
x → +∞
Que dire si f est seulement supposée deux fois dérivable ?
Soit f une fonction positive sur R. Montrer qu’il existe une unique fonction convexe g ⩽ f telle que, pour
toute fonction convexe h ⩽ f , on ait : h ⩽ g.
Soit f ∈ C 2 ([0, 2π], R), convexe. Montrer que 0 f (t) cos(t)dt ⩾ 0. Le résultat subsiste-t-il pour f convexe
R 2π
continue ?
Exercice 73 – Décroissance d’une suite de moyennes pour une fonction convexe
Soit f : [0, 1] → R une fonction convexe. Montrer que la suite de terme général Sn = 1
Pn k
n+1 k=0 f n est
décroissante.
Soient A une application continue de l’intervalle I dans Mn (R), b une application continue de I dans Rn .
Soient x et y deux solutions définies sur I de :
z ′ (t) = A(t)z(t) + b(t)
Si ∥ ∥ est une norme sur Rn et ||| ||| la norme associée sur Mn (R), prouver :
Z t
∀(s, t) ∈ I 2 , ∥x(t) − y(t)∥ ⩽ ∥x(s) − y(s)∥ exp ∥A∥op
s
2 Établir la réciproque.
0 1 0 ··· 0
.. .. ..
. 0 1 . .
1 Calculer exp(A), où A = ...
.. ..
. . 0
. ..
..
. 1
0 ··· ··· ··· 0
Ö è
1 ··· 1
2 Calculer exp(A), où A = .. ..
. .
1 ··· 1
Å ã
a −b
3 Calculer exp(A), où A =
b a
Å ã
a c
4 Calculer exp(A), où A =
0 b
584 Stéphane FLON
Ñ é
1 2 3
5 Calculer exp(A), où A = 0 0 4
0 0 1
6 Soit A ∈ Mn (C).
i On suppose que A2 = A3 . Exprimer exp(A) en fonction de In , A et A2 .
ii On suppose que A4 + A3 − 2A2 = 0. Exprimer exp(A) en fonction de In , A, A2 et A3 .
7 Soient E un C-espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L(E) tel que u3 − 2u2 + u = 0. Exprimer exp(u)
en fonction de u.
Exercice 14 – Valeurs propres de exp(A)
Soient E un C-espace vectoriel de dimension finie, u ∈ L(E) et adu l’endomorphisme de L(E) défini par :
∀ v ∈ L(E), adu (v) = uv − vu
Montrer :
∀ v ∈ L(E), exp (adu ) (v) = eu v e−u
Soient ∥ ∥ une norme d’algèbre sur Mn (C). Si A et B sont dans Mn (C), montrer :
¶ ©
∥ exp(A) − exp(B)∥ ⩽ sup e∥A∥ , e∥B∥ ∥A − B∥
Indication – Remarquer que, pour k ⩾ 1,
k−1
X
k k
A −B = Aj (A − B)B k−1−j
j=0
Soit M une application continûment dérivable de l’intervalle I de R dans Mn (C) telle que, pour tout t de
I, les matrices M (t) et M ′ (t) commutent. Montrer que
E : t ∈ I 7→ exp(M (t))
est continûment dérivable et que
∀ t ∈ I, E ′ (t) = M ′ (t) exp(M (t))
Exercice 24 – Le B-A BA
Soit ω, τ ∈ R∗+ .
1 Résoudre y ′′ − ω 2 y = 0.
2 Résoudre y ′′ + ω 2 y = 0.
3 Résoudre y ′′ + τ2 y ′ + ω 2 y = 0.
On considère l’équation
E2 : y ′′ + a1 y ′ + a0 y = P (t)eλ t
où a1 et a0 sont des scalaires, et où λ ∈ K et P ∈ K[X].
Soit χ = X 2 + a1 X + a0 le polynôme caractéristique de cette équation différentielle.
1 On suppose que λ n’est pas racine de χ. Montrer que E admet une unique solution de la forme t 7→ Q(t)eλ t ,
où Q est un polynôme. Montrer de plus que Q est de même degré que P .
2 On suppose que λ est racine simple de χ. Montrer que E admet une unique solution de la forme t 7→
tQ(t)eλ t , où Q est un polynôme. Montrer de plus que Q est de même degré que P .
3 On suppose que λ est l’unique racine de χ. Montrer que t 7→ Q(t)eλ t est solution de E, où Q est un
polynôme tel que Q′′ = P .
586 Stéphane FLON
Exercice 26 – Équation différentielle linéaire d’ordre trois
1 Résoudre l’équation y ′′ + 4y = 0.
2 Soient g ∈ C 0 (R, R) et h : x 7→ 21 0 g(t) sin(2x − 2t)dt. Montrer que h est solution de y ′′ + 4y = g.
Rx
Résoudre : y ′′ + 4y = g.
3 Soit f ∈ C 2 (R, R) telle que f ′′ + 4f ⩾ 0. Montrer : ∀x ∈ R, f (x) + f (x + π/2) ⩾ 0.
Voir aussi : 35, 43
1
i (Centrale MP 07) Résoudre sur R∗+ l’équation
1
(E) y ′′ + y = 0.
x2
Indication – On pourra utiliser le changement de variable t = ln(x).
ii L’équation différentielle (E) possède-t-elle des solutions non bornées ? Déterminer les solutions bornées
de (E).
1 (CCP MP 13) Soit (E) : x2 y ′′ + 4xy ′ + 2y = ln x. Chercher des solutions de l’équation homogène de la
forme x 7→ xα avec α ∈ R, puis résoudre (E) sur R∗+ .
2 Résoudre (t2 + 1)y ′′ − 2y = t.
Indication – on pourra chercher des solutions polynomiales.
Autre méthode : soit f2 une solution de H sur ]0, π[, non colinéaire à f1 . On note W le wronskien de (f1 , f2 ).
1 Montrer que Å ã′
f2 W
= 2
f1 f1
2 Trouver une EDL d’ordre 1 dont W est solution, puis déterminer W .
3 En déduire une fonction f2 convenable.
4 Reprendre les techniques précédentes pour l’équation
H2 : 4ty ′′ + 2y ′ − y = 0
587 Stéphane FLON
Problématique : Résoudre une EDL scalaire d’ordre un
1 Résoudre y ′ − x
1+x2 y = 1
1+x2 + √ 3
1+x2
Exercice 34 – En cas de problème de raccord, résoudre d’abord l’EDL sur les intervalles maximaux où elle
peut être mise sous forme résolue
1 Résoudre sur R :
i xy ′ + y = 0.
ii xy ′ − y = 0.
iii x2 y ′ + y = 0.
iv xy ′ − 2y = 0.
Voir aussi : 36, 37, 38, 39, 40
Résoudre
1 y ′′ − 2y ′ + y = cos(mx)ex , où m ∈ R.
2 y ′′ − 2y ′ + y = x3 ex + 2x cos(x) + x3 + 3.
3 y ′′ + y = x cos(x)3 .
Déterminer l’unique f ∈ C 1 (R, R) telle que : ∀x ∈ R, f ′ (x) − e−x f (x) = 1 et f (0) = 0. Montrer que f (x) ∼ x
quand x → +∞.
Résoudre :
1 y ′ + y cotan(x) = sin x.
2 y ′ + y = xe3x cos(x) + (x − 1)e−x .
3 y ′ − 2y = (x2 + 1)e4x + (x3 − x2 + x + 1)e2x .
4 y ′ + y = cos x + sin x
5 y ′ − 2xy = sh x − 2x ch x
6 y ′ + y sin x = sin 2x.
7 y ′ − x2x−1 y = 2x sur ]1, +∞[.
5 (Centrale PC 16) Soit (E) : |x|y ′ + (1 − x)y = 1. Montrer que (E) admet une unique solution définie sur
R que l’on déterminera.
Exercice 41 – Wronskien inhomogène surdimensionné
1 Soit f ∈ C 1 (R+ , R), monotone, ayant une limite finie en +∞. Montrer que les solutions de y ′′ + y = f
sont bornées.
2 Soit f ∈ C ∞ (R, C), 2π-périodique. Existe-t-il y ∈ C ∞ (R, C), 2π-périodique, telle que y ′′ + y = f ?
3 Soit h deux fois dérivable sur R telle que h′′ + h ⩾ 0. Montrer que pour tout réel x, h(x) + h(x + π) ⩾ 0.
(CCP) Soient (∗) : x2 y ′′ − 4xy ′ + 6y = 0, E + (resp. E − ) l’ensemble des solutions de (∗) sur R+∗ (resp. R−∗ )
et E l’ensemble des f ∈ C 2 (R, R) solutions de (∗) sur R.
1 Montrer que E, E + , E − sont des espaces vectoriels. Que peut-on dire des dimensions de E − et de E + ?
2 Déterminer les f ∈ E développables en série entière au voisinage de 0.
Soient T > 0, a et b deux fonctions continues et T-périodiques de R dans R. On note µ la valeur moyenne
RT
de a : µ = T1 0 a.
1 Montrer qu’il existe une et une seule solution T -périodique à l’équation différentielle :
y ′ + ay = b (1)
si et seulement si µ ̸= 0.
2 On suppose µ < 0, on note p l’unique solution T -périodique. Montrer que si x est une solution de (1)
x(t) − p(t) = O eµt
t→+∞
15.4. Exercices : Résultats qualitatifs sur les solutions d’une équation différentielle
15.4.1. Problématiques
Problématique : Obtenir des résultats qualitatifs sur une solution d’une EDL
On considère deux fonctions a et b continues de R dans R. Soit f : R → R une solution non identiquement
nulle de
y ′′ + a(t)y ′ + b(t)y = 0
1 Montrer que f ne peut pas être identiquement nulle sur [0, 1].
2 Montrer que f ne peut pas s’annuler en chaque 1/n, où n décrit N∗ .
1 Montrer que le wronskien est constant dans le cas d’une équation de la forme
y ′′ + q(t)y = 0
2 Soit q : R+ → R une application continue et intégrable sur R+ . On considère l’équation différentielle :
(E) y ′′ + q(t)y = 0
d’inconnue y : R+ → R supposée deux fois dérivable.
i Soit y une solution de (E). Montrer que, si y est bornée, alors y ′ tend vers 0 en +∞.
ii En déduire que, pour toute base (y1 , y2 ) des solutions de (E), au moins une des applications y1 et y2
n’est pas bornée sur R+ .
Voir aussi : 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59
1 Soit q une application continue de R dans R+ , f une solution non identiquement nulle de y ′′ − qy = 0.
Montrer que f s’annule au plus une fois sur R.
Soit q ∈ C 0 (R, R+ ) et x une solution strictement positive de l’équation différentielle x′′ + q(t)x = 0. On pose
f = x′ /x.
1 Donner une équation différentielle satisfaite par f .
590 Stéphane FLON
2 Montrer que f est décroissante positive.
3 Que peut-on dire de l’intégrabilité de q sur R+ ?
1 3 (ENS PC 16) Soit f ∈ C 0 (R, R) et k, c ∈ R∗+ tels que, pour tout x ∈ R, |f (x)| ⩽ c exp(−kx).
i Existe-t-il u ∈ C 2 (R, R) telle que u′′ − u = f et lim u(x) = 0 ?
x→+∞
ii Soit u ∈ C 2 (R, R) telle que u′′ = (1 + f )u. Donner un équivalent de u(x) quand x → +∞.
2 (ENS PC 16) Soit ϕ ∈ C 0 ([1, +∞[, R). On suppose qu’il existe K > 0 tel que, pour tout x ∈ [1, +∞[,
|ϕ(x)| ⩽ xK2 . Soit v une solution de v ′ − v = ϕ. Étudier le comportement de v en +∞.
Exercice 54 – Solution de limite nulle en l’infini d’une équation différentielle à valeurs dans un hyperplan
Soit A ∈ Mn (R) telle que tr(A) > 0 et X =t (x1 , . . . , xn ) une solution du système différentiel X ′ = AX.
On suppose que lim X(t) = 0.
t→+∞
Montrer qu’il existe une forme linéaire non nulle L : Rn −→ R telle que : ∀t ∈ R, L(X(t)) = 0.
1 ÷ (X-ESPCI 16) Soit f : R −→ R dérivable et telle que, pour tout t ∈ R, f ′ (t) = cos(f (t)) + cos(t). On
suppose qu’il existe t0 ∈ R tel que f (t0 ) > 0.
Montrer que, pour t ⩾ t0 , f (t) > 0.
2 ÷ (X-ESPCI 16)
i Soit q : R −→ R de classe C 2 telle que, pour tout t ∈ R, q ′′ (t) = exp(−q(t)) − exp(q(t)).
Montrer que q est bornée.
ii Soit n ⩾ 2 et q1 , . . . , qn : R −→ R de classe C 2 telles que q1′′ = exp(q2 − q1 ) − exp(q1 ), qn′′ =
exp(−qn ) − exp(qn − qn−1 ) et, pour tout i ∈ [[2, n − 1]], qi′′ = exp(qi+1 − qi ) − exp(qi − qi−1 ).
Montrer que, pour tout i ∈ [[1, n]], qi est bornée.
1 Soient a et b deux fonctions continues de R∗+ dans R avec a ⩾ 1 et b tendant vers 0 en +∞.
Soit (E) l’équation différentielle : y ′ + a(t) y = b(t).
Montrer que les solutions de (E) tendent vers 0 en +∞.
2 Soient (a, b) ∈ R2 avec a < b, et f ∈ C 1 (R, R) telle que :
∀ x ∈ R, x f ′ (x) + f (x) ∈ [a, b]
Montrer que f (x) ∈ [a, b] pour tout réel x.
1 Soient q une fonction de classe C 1 croissante de R+ dans R∗+ , et λ dans R+ . Montrer que les solutions de
y + λy ′ + qy = 0 sont bornées sur R+ .
′′
′2
Indication – Utiliser : yq + y 2 .
2 Soit q une application de classe C 1 de R+ dans R tendant vers 0 en +∞ et telle que q ′ soit intégrable sur
R .
+
Soit E l’ensemble des fonctions réelles de classe C 1 sur [0, 1]. À toute fonction f de E, on associe la fonction
g = L(f) par : Z x
(x − t)n
∀ x ∈ [0, 1], g(x) = f (t)dt
0 n!
Montrer que L est un endomorphisme de E. Quels sont ses éléments propres ?
(Mines-Ponts PSI 10) Soit E = C 0 (R, R) et Φ l’application qui à f ∈ E associe Φ(f ) : x 7→ 0 f (t)dt.
Rx
Montrer que Φ est un endomorphisme de E ne stabilisant aucun sous-espace vectoriel de dimension finie
non nulle.
Pour étudier la régularité en l’origine, on pourra éventuellement passer en coordonnées polaires, surtout
si le terme x2 + y 2 apparaı̂t. Pour une étude de continuité en un autre point, on peut, par translation de la
variable, se ramener au cas de l’origine.
2
1 Montrer que la fonction f définie par f (x, y) = x2x+y y
2 si (x, y) ̸= (0, 0) et f (0, 0) = 0 est continue à
1
i Montrer que la fonction h définie par h(x, y) = x2xy
+y 2 si (x, y) ̸= (0, 0) et h(0, 0) = 0 n’est pas continue
en (0, 0).
ii Montrer cependant que sa restriction à toute droite parallèle à l’un des axes de coordonnées est
continue.
2 2
i Montrer que la fonction k définie par k(x, y) = x2xy+y 4 si (x, y) ∈ R \ {(0, 0)} et k(0, 0) = 0 n’est pas
2
Exercice 3 – (Montrer qu’une fonction n’est pas de classe C 2 ) Utiliser le théorème de Schwarz
x3 y
1 Soit f (x, y) = x2 +y 2 si (x, y) ̸= 0 et f (0, 0) = 0.
i Étudier la continuité de f et de ses dérivées partielles premières sur R2 .
∂2f ∂2f
ii Montrer que ∂x∂y (0, 0) ̸= ∂y∂x (0, 0).
iii Qu’en déduire sur la régularité de f ?
Exercice 6 – Comment exprimer les dérivées partielles suite à un passage aux coordonnées polaires ?
Soit
φ : R2 → R2
(r, θ) 7→ (r cos(θ), r sin(θ))
593 Stéphane FLON
et f : R2 → R de classe C 1 , et g = f ◦ φ. Déterminer les dérivées partielles ∂g
∂r et ∂g
∂θ de g, en tout point de R2 .
Soit f : (x, y) 7→ (x3 + y 2 , 3x + xy, xy 2 ) et g : (u, v, w) 7→ u2 vew . Calculer les dérivées partielles premières
de g ◦ f avec la règle de la chaı̂ne.
Exercice 9 – Une inégalité des accroissements finis pour une fonction de plusieurs variables
Exercice 12 – Différentielle
(X-ESPCI 16) Soit f : (x, y) ∈ R2 7→ (x + a sin(y), y + b sin(x)). Donner une condition nécessaire et
suffisante pour que f soit un C 1 -difféomorphisme de R2 , c’est-à-dire que f soit bijective et que df(x,y) soit un
automorphisme en tout point.
Soit f : R2 → R telle que f (x, y) = (x2 − y 2 ) ln(x2 + y 2 ) si (x, y) ̸= (0, 0) et f (0, 0) = 0. Montrer que f est
de classe C 1 .
Exercice 16 – Fonction de classe C 1
Soit n ⩾ 2 un entier. On note respectivement B n et S n−1 la boule unité fermée et la sphère unité de Rn
pour sa structure euclidienne canonique. Le but de l’exercice est d’établir que toute application continue de B n
dans B n admet un point fixe.
1 Montrer qu’il suffit d’établir le résultat dans le cas où f admet un prolongement de classe C 1 sur un
voisinage de B n .
2 On suppose le résultat inexact. Montrer qu’il existe une application r de classe C 1 sur un voisinage de
B à valeurs dans S n−1 et induisant l’identité sur S n−1 .
n
3 Pour t ∈ [0, 1], on pose rt (x) = (1 − t)x + tr(x). Montrer que, pour t proche de 0, on a ∀ x ∈
B n , det(drt (x)) > 0.
R 4 On admet que, pour t assez proche de 0, rt est une bijection de B n sur B n . En considérant t 7→
Bn
det(drt (x))dx, obtenir une contradiction.
Trouver, si α > 1 et C > 0, les fonctions f définies sur l’ouvert Ω de Rn et à valeurs réelles telles que :
∀(x, y) ∈ Ω2 , |f (x) − f (y)| ⩽ C ∥x − y∥α
1 Soient K un compact d’intérieur non vide de Rn et f une application continue de K dans R, différentiable
o o
sur K et constante sur la frontière de K. Montrer qu’il existe x dans K tel que dfx = 0.
2 Soit f une application de classe C 1 de [a, b] dans Rn , avec (a, b) ∈ R2 et a < b. Montrer que f (b)−f (a)
b−a dans
l’enveloppe convexe de (f ′ ([a, b])).
3 Soit f une application de classe C 1 de Rn dans R telle que
∂f
∀ i ∈ {1, . . . , n}, ∀ x ∈ Rn ,
(x) ⩽ 1.
∂xi
√
On munit Rn de la norme euclidienne canonique. Montrer que f est n-lipschitzienne.
Soit :
f : Mn (R) → Rn
tr(M ), tr(M 2 ), . . . , tr(M n )
M 7→
1 Montrer que f est différentiable. Calculer dfM (H) si (M, H) ∈ Mn (R)2 .
2 Montrer que rg(dfM ) = deg µM .
3 Montrer que {M ∈ Mn (R), χM = µM } est un ouvert de Mn (R).
Soit λ ∈ R. Montrer que les fonctions f de classe C 1 sur Rn \ {0} telles que :
n
∂f
∀ x ∈ Rn \ {0},
X
xi (x) = λf (x)
i=1
∂xi
sont les fonctions homogènes de degré λ c’est-à-dire les fonctions f telles que :
∀ x ∈ Rn \ {0}, ∀ t ∈ R+∗ , f (tx) = tλ f (x)
Soit f une fonction de Rn dans Rm . Si x ∈ Rn , on dit que f est strictement différentiable en x s’il existe
une application linéaire L de Rn dans Rm telle que :
f (x + h) − f (x + k) = L(h − k) + o (∥h − k∥)
(h,k)→(0,0)
Soit f = (f1 , . . . , fn ) une application de classe C 2 de Rn dans Rn . On suppose que, pour tout x de Rn , df (x)
est une isométrie.
598 Stéphane FLON
1 Si 1 ⩽ i, j, k ⩽ n, montrer :
n
X ∂fp ∂ 2 fp
× =0
p=1
∂xi ∂xj ∂xk
2 Montrer que f est une isométrie affine.
Soit f une fonction de classe C 2 sur l’ouvert Ω de R2 ne contenant pas (0, 0), F la fonction définie sur
Ω′ = (r, θ) ∈ R+∗ × R, (r cos(θ), r sin(θ)) ∈ Ω
par
∀(r, θ) ∈ Ω′ , F (r, θ) = f (r cos(θ), r sin(θ))
Montrer
∂2F 1 ∂F 1 ∂2F
∆f (r cos(θ), r sin(θ)) = (r, θ) + (r, θ) + (r, θ)
∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
1 2 2 2
∂ f
i (Mines MP 09) Résoudre l’équation aux dérivées partielles : ∂∂xf2 − 3 ∂x∂y + 2 ∂∂yf2 = 0 d’inconnue
f ∈ C 2 (R2 , R).
Indication – on pourra utiliser un changement de variables linéaire du type u = ax + by, v = cx + dy.
∂x + ∂y = x + y, d’inconnue f ∈ C (R , R).
ii Résoudre ∂f ∂f 1 2
Si l’EDP est linéaire, sa solution générale s’écrit comme la somme d’une solution particulière et de la solution
générale de l’équation homogène associée.
2 2
1 (Mines MP 09) Résoudre : ∂∂xf2 − ∂∂yf2 = √ 21 2 .
x −y
Indication – on pourra utiliser, en le justifiant, le changement de variable φ(x, y) = x+y x−y
2 , 2 .
∂x − y ∂y = x y sur R+ × R.
1 (X PC 09) Résoudre x ∂f ∂f 2 3 ∗
Exercice 47 – EDP
1 (ENS PC 16)
i Soit f : R2 −→ R de classe C 1 . On pose u : x 7→ f (x, x) et g : (x, y) 7→ f (y, x). Calculer u′ . Calculer la
différentielle de g en (a, b).
ii Soit f : R2 \ {(0, 0)} −→ R de classe C 1 . Soit α ∈ R∗+ . On dit que f est α-homogène si, et seulement
si : ∀(x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)}, ∀t ∈ R∗+ , f (tx, ty) = tα f (x, y).
Montrer que f est α-homogène si, et seulement si : ∀(x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)}, x ∂f ∂f
∂x + y ∂y = αf .
iii Déterminer les f : R −→ R de classe C telles que :
3 1
∂f ∂f ∂f
∀(x, y, z) ∈ R3 , (z − y) + (x − z) + (y − x) = 0.
∂x ∂y ∂z
∂f
2 (Centrale PC 16) Résoudre − xy ∂f = 0.
∂x x2 ∂y
Indication. — On posera (u, v) = x, ye 2 .
2 Soit Φ : r ∈ R+ 7→ 0 f (r cos θ, r sin θ)dθ. Montrer que Φ est de classe C 2 et que la dérivée de r 7→ rΦ′ (r)
R 2π
est nulle.
3 Montrer que Φ est constante.
4 Calculer la valeur moyenne de f sur le disque de centre 0 et de rayon R. Que se passe-t-il si f admet un
maximum en 0 ?
Exercice 50 – Fonctions harmoniques de forme imposée
est d’équation
x0 x y0 y
+ 2 =1
a2 b
Soit S la surface d’équation : z = x ex + y ey . Déterminer les points de S en lesquels le plan tangent à S est
horizontal i.e. possède une équation de la forme z = c.
600 Stéphane FLON
Exercice 53 – Détermination d’espaces tangents
Exercice 57 – Comment généraliser le théorème de Rolle pour une fonction de plusieurs variables ?
Soit n ∈ N∗ . On fixe une norme ∥·∥ sur Rn . Soit f une fonction continue sur la boule unité fermée B ′ de
R , à valeurs réelles, de classe C 1 sur la boule unité ouverte B de Rn , constante sur la sphère unité S. Montrer
n
(Mines MP 16) Soit (E, <, >) un espace euclidien de dimension n ∈ N∗ et u dans S(E). Pour x dans E \{0},
on pose
< u(x), x >
f (x) = 2
∥x∥
1 Montrer que f est bornée et atteint ses bornes (on évitera d’employer le théorème spectral).
2 Calculer la différentielle de f en x.
3 Déduire des questions précédentes une démonstration du théorème spectral.
Soit f une fonction différentiable de Rn dans R. On suppose qu’il existe R > 0 tel que
∥x∥ ⩾ R ⇒ ⟨∇f (x), x⟩ ⩽ 0
Montrer que f est majorée et atteint sa borne supérieure.
Soient c dans R∗+ , f une fonction de classe C 1 de Rn dans R, strictement convexe et tendant vers +∞ lorsque
∥x∥ tend vers +∞.
1 Montrer qu’il existe un unique c dans Rn tel que ∀ x ∈ Rn , f (x) ⩾ f (c).
2 Montrer que, pour a et b dans Rn distincts
⟨∇f (b) − ∇f (a), b − a⟩ > 0
3 Montrer que c est le seul point critique de f .
4 Si x est un élément de Rn \ {c}, montrer que la fonction
Φx : t ∈ R 7−→ f (x − t∇f (x))
atteint son minimum en un unique point τ de R.
Que dire des vecteurs ∇f (x) et ∇f (x − τ ∇f (x)) ?
5 La suite (xk )k⩾0 d’éléments de E vérifie
∀ k ∈ N, xk+1 = xk − τk ∇f (xk )
où τk est tel que Φxk atteigne son minimum en τk .
Que se passe-t-il s’il existe k ∈ N tel que xk = c ? On écarte désormais ce cas. Montrer que la suite (xk )k∈N
est bornée.
6 Montrer que
xk+1 − xk −→ 0
k→+∞
Indication – On montrera que 0 est la seule valeur d’adhérence de la suite (xk+1 − xk )k∈N .
7 Montrer que
∇f (xk+1 ) − ∇f (xk ) −→ 0
k→+∞
8 Conclure que xk −→ c.
k→+∞
1. Structures algébriques
605
Soit f ∈ E E simplifiable à gauche. Pour toutes fonctions g et h telles que f ◦ g = f ◦ h, on a g = h. En
considérant le cas où g et h sont constantes, on en déduit que f est injective.
Si réciproquement f est injective, et si f ◦ g = f ◦ h, alors pour tout x dans E, f (g(x)) = f (h(x)), et donc
g(x) = h(x) : g = h.
Ainsi, f est simplifiable à gauche si et seulement si elle est injective.
Supposons maintenant f simplifiable à droite : dès que g ◦ f = h ◦ f , on a g = h : autrement dit, dès que g
et h coı̈ncident sur l’image de f , elles sont égales. Il faut que f soit surjective, car si x n’est pas dans l’image de
f , et si y l’est alors pour la fonction g constante de valeur y et la fonction h valant x en x et valant y ailleurs,
on a g ◦ f = h ◦ f (constante de valeur y) bien que g ̸= h.
Réciproquement, si f est surjective, et si g ◦ f = h ◦ f , alors g et h coı̈ncident sur Im(f ) = E, donc sont
égales.
Ainsi, f est simplifiable à droite si et seulement si elle est surjective.
Correction de l’exercice 6 – Tout groupe est-il isomorphe à un sous-groupe d’un groupe de permutations ?
1 αa (resp. βa ) est bijective, car elle admet αa−1 (resp. βa−1 ) pour inverse (pour la composition).
2 Pour que αa soit un endomorphisme, il faut que αa (eG ) = eG , et donc que a = eG .
Réciproquement, si a = eG , alors αa = Id G , et est donc un endomorphisme de G.
606 Stéphane FLON
3 Soit a, b, x ∈ G.
((ϕ(a)) ◦ (ϕ(b)))(x) = (αa ◦ αb )(x)
= αa (bx)
= abx
= αab (x)
= (ϕ(ab))(x).
Ceci valant pour tout x ∈ G, ϕ(a) ◦ ϕ(b) = ϕ(ab).
Ceci valant pour tout (a, b) ∈ G2 , ϕ est un morphisme de groupes.
On teste l’injectivité sur le noyau : soit a ∈ Ker(ϕ), i.e. ϕ(a) = Id G . En évaluant cette relation en eG , on
obtient a = eG . Le noyau du morphisme ϕ étant réduit à eG , ϕ est bien injectif.
ϕ induit donc un isomorphisme de G sur son image, et donc de G sur un sous-groupe de SG .
On peut prendre {(1, 1), (−1, 1)}, {(1, 1), (1, −1)} et {(1, 1), (−1, −1)} dans U22 .
Autre exemple ( isomorphe ) : prendre deux transpositions à supports disjoints τ1 et τ2 dans Sn , puis
{Id , τ1 }, {Id , τ2 }, {Id , τ1 τ2 }.
Puisque G n’est pas réduit à 0, il admet un élément non nul. Puisqu’il est en outre stable par passage à
l’opposé (en tant que groupe additif), il possède un élément strictement positif, ce qui prouve l’existence de a.
Supposons a > 0. Montrons d’abord que a ∈ G. Raisonnons par l’absurde, en supposant a ∈ / G. Par
définition de a, 2a ne minore par G ∩ R∗+ , et il existe donc un élément b de G dans ]a, 2a[. De même, il existe
c ∈ G∩]a, b[. Mais b − c est alors un point de G (par structure de groupe additif) dans ]0, a[, ce qui est absurde.
Ainsi, a ∈ G. Par structure de groupe additif, aZ ⊂ G.
Montrons l’inclusion réciproque : soit g ∈ G, et soit k l’entier tel que
ka ⩽ g < (k + 1)a.
Le réel g − ka est un élément de G dans [0, a[ : il est donc nul par définition de a, puis g = ka ∈ aZ.
Finalement, on a bien G = aZ.
Supposons maintenant a = 0, et montrons la densité de G dans R. Soit x, y ∈ R, où x < y. Puisque a = 0,
on peut trouver un élément g de G dans ]0, y − x[. Soit k l’entier tel que
kg ⩽ x < (k + 1)g.
On a donc
(k + 1)g = kg + g < x + (y − x) = y,
donc (k + 1)g est un élément de G dans ]x, y[, d’où le résultat souhaité.
Vérifions que < G\H >= G : l’inclusion ⊂ est triviale, et si, réciproquement, g ∈ G, alors soit g ∈ G\H ⊂<
G \ H >, soit g ∈ H. Prenons alors s dans G \ H. On a g = (gs)s−1 , où gs et s−1 sont dans G \ H (si gs ∈ H,
alors s = g −1 (gs) ∈ H).
1 Aut(G) est une partie non vide de SG , non vide car possédant Id G , stable par composition et passage à
la bijection réciproque : c’est donc un sous-groupe de SG , puis un groupe pour ◦.
2 On se demande pour quelles valeurs de a ∈ Z l’application n ∈ Z 7→ an est bijective.
Pour qu’elle le soit, 1 doit posséder un antécédent, et donc nécessairement, a = ±1.
Réciproquement, ces valeurs de a conviennent, donc Aut(Z) = {Id Z , −Id Z }.
3 Soit a, x, y ∈ G. On a
ϕa (x)ϕa (y) = axa−1 aya−1 = axya−1 = ϕa (xy),
donc ϕa est un endomorphisme de G.
Il est bijectif, car il admet ϕa−1 pour inverse pour la composition (ou, si on préfère, car pour tout y ∈ G,
l’unique antécédent de y par ϕa est a−1 ya).
4 Soit a, b, x ∈ G. On a
ψ(a) ◦ ψ(b)(x) = ϕa (ϕb (x)) = ϕa (bxb−1 ) = abxb−1 a−1 = abx(ab)−1 = ψ(ab)(x),
donc ψ est bien un morphisme.
Étudions son noyau : soit a ∈ G. a est dans le noyau de ψ si et seulement si ψ(a) = Id G , si et seulement si
axa−1 = x pour tout x ∈ G, si et seulement si ax = xa pour tout x ∈ G. Le noyau de ψ est donc le centre de G.
Il reste à montrer que tout élément a de G admet un symétrique à gauche. Soit sa un symétrique à droite
de a et ssa un symétrique à droite de sa . On cherche à montrer que sa a = e. Cela provient de
sa a = sa ae = sa asa ssa = sa essa = sa ssa = e
Comme u ∈ Z(G),
u2 = (xyz)u = xuyz = (yz)2
Il vient alors
u4 = u2 yzyz = yu2 zyz = y(yz)2 zyz = zyzzyz = e
Montrons déjà que ⋆ définit bien une loi de composition interne sur G. Soit x, y ∈] − 1, 1[.
On a |x| < 1, |y| < 1 et donc également |xy| < 1. Ceci prouve quex ⋆ y est bien défini, et, de plus, que
x+y 1 + x + y + xy (1 + x)(1 + y)
+1= = >0
1 + xy 1 + xy 1 + xy
Ainsi, x ⋆ y > −1, et un calcul similaire montre que x ⋆ y < 1.
Il est clair que ⋆ est commutative (par commutativité de l’addition et de la multiplication dans R), que 0
est neutre pour ⋆ dans G, que −x est symétrique de x ∈ G dans G pour ⋆.
608 Stéphane FLON
Reste à vérifier l’associativité : soit x, y, z ∈ G. On a
x+y
x+y 1+xy + z x + y + z + xyz
(x ⋆ y) ⋆ z = ⋆z = x+y = ,
1 + xy 1 + z 1+xy 1 + xy + xz + yz
et un calcul similaire conduit à
x + y + z + xyz
x ⋆ (y ⋆ z) = ,
1 + xy + xz + yz
d’où l’associativité.
Remarque – les vérifications ne sont pas difficiles, mais dans cet exercice, on ne voit pas G comme sous-groupe
d’un groupe bien connu, ce qui est plutôt rare.
D’après l’une des caractérisations des sous-groupes, il reste à vérifier la stabilité de H par passage au
symétrique.
Soit h ∈ H. L’idée est d’écrire h−1 comme une puissance de h à un exposant naturel.
L’application φ : n ∈ N 7→ hn n’est pas injective, car N est infini et pas H : il existe donc i, j ∈ N distincts
tels que hi = hj . En supposant par exemple i > j, on obtient hi−j = eG , donc h−1 = hi−j−1 .
Si i − j − 1 > 0, alors comme h ∈ H et comme H est stable par produit, h−1 ∈ H.
Si i − j − 1 = 0, alors h−1 = h = eG , donc h−1 ∈ H.
H est donc un sous-groupe de G.
Remarque – Plutôt que de parler de i et j, on aurait pu utiliser ψ : n ∈ Z 7→ hn qui a l’avantage d’être un
morphisme, non injectif par étude des cardinaux, et donc de noyau non trivial.
Remarque – L’hypothèse de finitude est essentielle, comme le montre l’exemple de N additif (ou {en , n ∈ N} si
on tient à donner un exemple multiplicatif).
Pour montrer qu’un monoı̈de est un groupe, il reste à vérifier que tout élément est symétrisable. Ici, on
considère un monoı̈de fini et régulier G. Pour tout a ∈ G, tout (b, c) ∈ G2 , on a
ab = ac ⇒ b = c
Autrement dit, l’application g ∈ G 7→ ag, de G dans G, est injective. Comme G est en outre fini, on en déduit
que cette application est bijective : en particulier, il existe g ∈ G tel que ag = eG , donc a admet un symétrique
à droite dans G.
De même (en considérant g 7→ ga), a admet un symétrique à gauche dans G : a est symétrisable dans G.
Ceci valant pour tout a ∈ G, G est bien un groupe.
Remarque – La finitude du groupe est essentielle, comme le montre l’exemple de (N, +). Elle nous a servi à
passer d’une injectivité à une surjectivité (d’une unicité à une existence). En algèbre linéaire, c’est la dimension
finie qui joue ce rôle de passeur entre unicité et existence.
Remarque – Attention, g 7→ ag n’est pas un endomorphisme du groupe G, à moins que a = eG .
On vérifie à la main que (E, ∗) est un groupe, et que ϕ−1 est un isomorphisme de E sur G.
Remarque – Cet exercice semble compliqué, mais il ne fait que rappeler que des groupes sont isomorphes si et
seulement si ils ne diffèrent que par l’écriture.
Remarque – Cet exercice permet de mieux comprendre la structure de groupe donnée dans l’exercice 16. En
effet, on a transféré l’addition dans R sur ] − 1, 1[ grâce à la fonction tangente hyperbolique.
Correction de l’exercice 23 – Le premier théorème d’isomorphie, dégradé en relation entre cardinaux (ENS
MP 10)
On peut montrer que tout élément de Im(f ) admet exactement | Ker(f )| antécédents, donc |G| = | Ker f | ×
| Im f |.
Soit φ un tel morphisme. Soit r ∈ Q. Comme r = n × (r/n), il faut que φ(r) admette une racine n-ième
dans Q+∗ pour tout n, ce qui n’est possible que si φ(r) = 1 : le seul morphisme est l’application constante de
valeur 1.
610 Stéphane FLON
Correction de l’exercice 25 – Sous-groupes de type fini de (Q, +)
Soit G un tel groupe. Puisque la classe de conjugaison du neutre e est {e}, tous les autres éléments sont
conjugués entre eux. Soit g un élément de G \ {e} (G n’est pas réduit au neutre sinon il n’a qu’une classe de
conjugaison). Pour tout a in G \ {e}, il existe b ∈ G tel que a = bgb−1 . On peut même prendre b dans G \ {e} car
g = ggg −1 . Ainsi, l’application b 7→ bgb−1 est une surjection de G \ {e} dans lui-même, donc est une permutation
de cet ensemble fini.
Comme c’est une injection, on a g = g −1 . On en déduit que G est commutatif, et donc que G n’a que deux
éléments.
Réciproquement, un groupe n’ayant que deux éléments n’a que deux classes de conjugaison.
Correction de l’exercice 27 – Loi de groupe sur les points entiers d’une branche d’hyperbole
1 Notons G cet ensemble. Il est clairement non vide, puisqu’il comprend 1, et est une partie de R∗+ , car
√ √
si x ∈ N, y ∈ Z vérifient x2 − 3y 2 = 1, alors x + 3y ou x − 3y est positif, donc les deux le sont, puisque
leur produit vaut 1 (et ils sont non nuls). On montre comme dans l’exercice 2 que G est stable par produit et
passage à l’inverse.
2 √
i Par irrationnalité de 2, G est une partie de R∗ , évidemment non vide. On vérifie de plus que G est
stable par produit et par passage à l’inverse pour conclure. √ √
C’est facile pour l’inverse (avec des notations évidentes, celui de x + 2y ∈ G est x − 2y ∈ G, ça l’est
un peu moins pour le produit, car il faut prouver (avec des notations évidentes) que xx′ + 2yy ′ ∈ N∗ : c’est un
entier relatif par structure d’anneau de Z, non nul (car impair, x et x′ l’étant nécessairement).
ii G est en fait un sous-groupe de R∗+ . On applique l’isomorphisme logarithme, afin de se ramener au
cas connu des sous-groupes (additifs)
√ de R. Le sous-groupe ln(G) de R n’est pas dense, car ses éléments positifs
sont ceux de la forme ln(x + 2y), où (x, y) ∈ N∗ × N, et x2 − 2y 2 = 1. ln(G) est donc monogène, et G également
(il lui est isomorphe).
Si H est de la forme aZ, c’est évident, et, sinon, H est dense dans R. En prenant x ∈ R \ H, x + H est une
partie de R \ H, dense dans R, donc R \ H est également dense dans R.
On observe que la réunion J des In est un idéal de A (c’est une partie non vide de A stable par multiplication
par un élément quelconque, et stable par différence, car si x, y ∈ J , alors x est dans un Ip et y est dans un Iq ,
donc x et y sont dans In , où n = max(p, q).
L’anneau A étant principal, J = aA pour un certain a ∈ A. On a a ∈ J , donc il existe n tel que a ∈ In ,
donc aA ⊂ In . Pour tout q ⩾ n, aA ⊂ In ⊂ Iq ⊂ J = aA, donc la suite est bien stationnaire.
Remarque – En fait un anneau commutatif A est dit noethérien si toute suite croissante d’idéaux est station-
naire, et on montre que cela équivaut au fait que tout idéal de A est finiment engendré : on comprend alors
qu’effectivement tout anneau principal (tous les idéaux sont engendrés par un élément) est noethérien.
1A = (aa−1 )n = an (a−1 )n = 0A ,
ce qui contredit le fait que A soit non nul.
2 3 dans l’anneau Z n’est niÅ nilpotent,
ã ni inversible.
1 0
Autre exemple : la matrice n’est ni nilpotente, ni inversible (et c’est un diviseur de zéro).
0 0
3 Supposons x nilpotent, et soit n ∈ N∗ tel que xn = 0A . On utilise la formule de Bernoulli aux éléments
1A et x (qui commutent bien) :
n−1
X n−1
X
n n k
1 = 1 − x = (1 − x) x = xk (1 − x),
k=0 k=0
Pn−1
donc 1 − x est inversible d’inverse k=0 x (que l’on peut aussi écrire k∈N xk , puisque xk = 0 dès que k ⩾ n).
k
P
4
5 Supposons que x et y commutent, et qu’il existe m, n ∈ N∗ tels que xm = y n = 0.
Comme x et y commutent, (xy)m = xm y m = 0, donc xy est nilpotent.
Remarque – en examinant cette preuve on constate que si deux éléments d’un anneau commutent et que l’un
(au moins) d’entre eux est nilpotent, alors leur produit l’est aussi.
Nous voulons maintenant montrer que x + y est nilpotent, i.e. qu’il existe p ∈ N∗ tel que (x + y)p = 0.
Or la formule du binôme de Newton s’applique, puisque x et y commutent :
p Ç å
p
X p k p−k
(x + y) = x y
k
k=0
p
Pour
que (x + y) soit nul, il ksuffit que tous les termes de la somme ci-dessus le soient. Soit k ∈ [[0, p]] : pour que
p k p−k p−k
k x y = 0, il suffit que x = 0 ou y = 0, et donc il suffit que k ⩾ m ou p − k ⩾ n (soit encore k ⩽ p − n).
Ainsi, en prenant p = m + n, on obtient bien (x + y)p = 0, donc x + y est nilpotent.
Remarque – on pouvait même prendre p = m + n − 1. Å ã Å ã
0 1 0 0
Remarque – l’hypothèse de commutation est essentielle, comme le montre l’exemple de et .
0 0 1 0
(a−b)(a+b) = a2 +ab−ba+b2 , (a+b)2 = a2 +ab+ba+b2 et (a+b)3 = a3 +a2 b+aba+ba2 +ab2 +bab+b2 a+b3 .
1 a2 b = a(ab) = a(1 − ba) = a − aba = (1 − ab)a = ba2 et aba = a − ba2 et aba = a − a2 b donc en sommant
2aba = 2a − (ba2 + a2 b) = a.
2 On a a = 2ba2 , donc 1 = ab + ba = ab + 2b2 a2 or a2 et b commutent, donc 1 = ab + 2a2 b2 = a(1 + 2ab2 ).
Ainsi, a est inversible à droite et de même a est inversible à gauche : a est inversible donc on peut simplifier
dans a = 2aba : a−1 = 2b.
Correction de l’exercice 34 – D’un inversible à un autre
1 On vérifie aisément que D est une partie de Q possédant 1, stable par différence et multiplication : c’est
un sous-anneau de Q, donc c’est un anneau.
2 3 est un élément de D dont l’inverse n’est pas dans D (sinon, 3 diviserait une puissance de 10) : D n’est
pas un corps.
3 On sait déjà que D est un anneau commutatif non nul.
Soit I un idéal de D. Z ∩ I est un sous-groupe de (Q, +) (comme intersection de tels sous-groupes), inclus
dans Z, donc c’est un sous-groupe de Z. Il existe donc un unique entier n ∈ N tel que Z ∩ I = nZ. Par
k , (p, k) ∈ Z × N} ⊂ I. Si réciproquement x ∈ I, alors il existe k ∈ N tel que
np
structure d’idéal de I, on a { 10
10 x ∈ Z ∩ I = nZ, ce qui donne l’inclusion réciproque.
k
4 inf(R∗+ ∩ D) = 0 car 10−n est une suite d’éléments de R∗+ ∩ D convergeant vers 0. On en déduit (cf la
structure des sous-groupes de R) que D est dense dans R.
La réponse est non. Par exemple, il n’existe pas de morphisme d’anneaux de R sur Z. En effet, si on disposait
d’un tel morphisme φ, alors on aurait
2φ(1/2) = φ(1) = 1,
d’où l’absurdité φ(1/2) = 21 .
Remarque – Autre exemple (moins intéressant) : si A et nul et pas B, alors un morphisme d’anneaux ψ de A
vers B doit vérifier à la fois ψ(0A ) = 0B et ψ(1A ) = 1B , ce qui est impossible puisque 0A = 1A et que 0B ̸= 1B .
Remarque – En revanche, entre deux groupes, il existe au moins un morphisme, le morphisme trivial (envoyant
tout élément du premier sur l’élément neutre du second).
Le sous-anneau engendré par 1/5 est {x ∈ Q, ∃k ∈ N, 5k x ∈ Z} (on vérifie que ce dernier ensemble Ω est un
sous-anneau de Q possédant 1/5, et que tout sous-anneau de Q possédant 1/5 doit contenir Ω).
Son groupe des inversibles est {±5k , k ∈ Z}.
Remarque – Exercice à rapprocher de celui sur l’anneau des décimaux.
Il est clair que + et ◦ sont des lois de composition interne sur End(G), associatives, et que + est commutative
(puisqu’elle l’est dans G).
De plus, l’application identiquement nulle x 7→ eG et l’application identique x 7→ x sont clairement des
élements neutres respectifs pour + et ◦ dans End(G).
Tout élément f de End(G) admet −f : x 7→ −(f (x)) pour symétrique dans End(G).
613 Stéphane FLON
Vérifions la distributivité de la composition par rapport à l’addition (qui est le point le plus difficile) : soit
f, g, h ∈ End(G).
Soit x ∈ G.
On a , par définition des termes ci-dessous
((f + g) ◦ h)(x) = (f + g)(h(x))
= f (h(x)) + g(h(x))
= (f ◦ h + g ◦ h)(x),
donc ◦ est distributive à droite de +.
On a également,
(h ◦ (f + g))(x) = h((f + g)(x))
= h(f (x) + g(x))
= h(f (x)) + h(g(x))
= (h ◦ f + h ◦ g)(x),
où la troisième égalité se justifie par le fait que h soit un endomorphisme de G, donc ◦ est distributive à gauche
de +.
(End(G), +, ◦) est bien un anneau.
Remarque – en général, cet anneau n’est pas commutatif, car la composition n’est pas commutative (sauf
exception).
Remarque – il faut bien mettre en valeur la différence d’argumentation pour les deux distributivités. En fait, la
distributivité à droite de ◦ par rapport à + est toujours vérifiée, même si les fonctions considérées ne sont pas des
morphismes (par exemple, (cos + sin) ◦ exp = cos ◦ exp + sin ◦ exp, mais exp ◦(cos + sin) ̸= exp ◦ cos + exp ◦ sin).
C’est du cours : N est une partie de A possédant 0A , stable par différence, et par produit par un élément
quelconque (les stabilités provenant de la commutativité de A).
1 R est une partie de A, comprenant 0, et, si x, y ∈ R et b ∈ A, alors, pour tout a ∈ A, 1+a(−x) = 1+(−a)x
est inversible dans A, ainsi que 1 + abx (par définition de R).
Enfin, il reste à montrer que 1 + ax est inversible, ce qui provient du calcul suivant :
1 + a(x + y) = 1 + ax + ay = (1 + ax)(1 + (1 + ax)−1 ay) ∈ A×
2 Bien sûr, R est un idéal de A tel que pour tout x dans cet idéal, 1 + x est inversible dans A. Si J est un
tel idéal, alors pour tout x ∈ J, et tout a ∈ A, on a 1 + ax inversible (puisque ax ∈ J par structure d’idéal,
1 + ax est invversible) donc x ∈ R.
Par structure d’idéal, kp xk y p−k ∈ I dès que k ⩾ m ou p − k ⩾ n : en prenant p = m + n − 1, on est bien dans
√
ce cas (car sinon, on a k ⩽ m − 1 et p − k ⩽ n − 1, donc p ⩽ m + n − 2), ce qui prouve que x + y ∈ I.
√ 2 On sait que tout idéal de Z est de la forme nZ (et réciproquement) où n ∈ N. Si n = 0, on a évidemment
nZ = {0}. √
Si n = 1, on a évidemment nZ = Z.
Supposons n ⩾ 2, et écrivons sa décomposition primaire n = pα αr
1 . . . pr (les pi sont des nombres premiers
1
(1) ⇒(2) : supposons (1), et soit I l’ensemble des non inversibles de A : I possède 0, est stable par le produit
par un élément quelconque et passage à l’opposé (par exemple parce que −x = (−1A )x), sans supposer (1).
Cette dernière hypothèse amène la stabilité par somme, et donc le fait que I soit un idéal de A.
(2) ⇒(3) : supposons (3), et soit J un idéal propre de A : J ne possède pas d’élément inversible dans A (car
sinon , J = A), donc J ⊂ I. Par conséquent, tout idéal propre de A est inclus dans J. Si on admet que tout
idéal propre de A est inclus dans un idéal maximal (théorème de Krull), alors il s’ensuit que J est l’unique idéal
maximal de A. En fait, ce serait très maladroit ici, puisqu’il est aisé de montrer que J est maximal (un idéal le
contenant strictement possèderait un inversible).
(3) ⇒(1) : supposons (3), et raisonnons par l’absurde en nous donnant deux éléments non inversibles a et b
de A, tels que a + b soit inversible. On a alors aA + bA = A. Or, si on note M l’unique idéal maximal de A, il
contient les deux idéaux propres aA et bA, donc leur somme également, puis M = A : c’est absurde.
Nous montrons que Z[i] est un sous-anneau de C : pour cela on vérifie qu’il possède 1, qu’il est stable par
différence et par produit (détails laissés au lecteur).
Cherchons les inversibles de Z[i].
Analyse Soit z ∈ Z[i]× : soit a, b, c, d ∈ Z tels que z = a + ib et z −1 = c + id. On a donc
(a + ib)(c + id) = 1,
puis, en passant aux carrés des modules :
(a2 + b2 )(c2 + d2 ) = 1,
donc a2 + b2 = 1, puis z = a + ib ∈ {1, −1, i, −i}.
Synthèse Réciproquement, 1, −1, i et −i sont bien des éléments inversibles de Z[i] :
Z[i]× = {1, −1, i, −i}.
1 Si M est inversible dans A, alors il existe R dans A telle que M R = I2 , donc det(M ) det(R) = 1, donc
det(M ) = ±1.
Si réciproquement M ∈ A est de déterminant ±1, alors M −1 = det(M 1 T
) com(M ) ∈ A.
Ainsi, M est inversible dans A si et seulement si det(M ) = ±1.
Å ã
a b
2 Soit M = une matrice de A de déterminant nul.
c d
On écarte le cas évident où a = b = 0 (M = Diag(0, 1)M donc M n’est pas irréductible).
Si a et b ne sont pas premiers entre eux, on écrit a = δa′ et b = δb′ où a ∧ b = δ ⩾ 2. On a alors
δ 0 a′ b′
Å ãÅ ã
M=
0 1 c d
donc M est le produit de deux matrices non inversibles, et donc M n’est pas irréductibles.
Å Si aã∧ b = 1, alors il existe u et v tels que au + bv = 1, donc, en multipliant à droite par la matrice inversible
u v
, on se ramène au cas où a = 1 (tout ceci car l’ensemble des irréductibles est clairement stable par
−b a
multiplication (à gauche comme à droite) par un élément inversible de A).
Comme rg(M ) = 1 et a = 1, on a
Å ã Å ãÅ ã
1 1 0 1 b
M= 1 b =
c c 0 0 0
donc M n’est pas irréductible.
3 Il est clair que si M ∈ A a pour déterminant un nombre premier, alors M est irréductible.
Montrons la réciproque par contraposition : on considère M ∈ A dont le déterminant est composé : det(M ) =
pq où |p|, |q| ⩾ 2.
Si a ∧ b ̸= 1, on peut faire comme à la question précédente pour montrer que M n’est pas irréductible.
Si a ∧ b = 1, alors comme à la question précédente, on peut se ramener au cas oùÅa = 1. ã
1 0
En changeant L2 en L2 − cL1 (ce qui correspond à la multiplication à droite par , donc ne change
−c 1
rien à l’irréductibilité), on peut se ramener au cas où c = 0. De même, en changeant C2 en C2 − bC1 , on se
ramène au cas où b = 0, et où finalement M = Diag(1, pq). On peut alors écrire M = Diag(1, p) Diag(1, q), donc
M n’est pas irréductible.
Observons que Id R est bien (à l’évidence) un automorphisme du corps des nombres réels.
Soit φ un tel automorphisme. On sait que φ(1) = 1 et que pour tout (n, x) ∈ Z × R, φ(nx) = nφ(x). On en
déduit que φ(x) = x pour tout x ∈ Q. √
Ensuite, pour tout t ⩾ 0, φ(t) = φ( t)2 ⩾ 0, donc φ est croissant (si x ⩽ y, alors φ(y)−φ(x) = φ(y −x) ⩾ 0
puisque y − x ⩾ 0).
Soit x ∈ R. Il existe des suites de rationnels (αn ) et (βn ) convergeant vers xs telles que pour tout n, on ait
αn ⩽ x ⩽ βn . En appliquant φ puis en faisant tendre n vers l’infini, on obtient bien que φ(x) = x.
616 Stéphane FLON
Correction de l’exercice 51 – Automorphismes de la K-algèbre K[X]
Puisque la C-algèbre C(X) est engendrée par X, tout endomorphisme φ de cette C-algèbre est déterminé
par φ(X).
Réciproquement, pour toute fraction rationnelle F0 non constante, il existe un endomorphisme φ de la C-
algèbre C(X) tel que φ(X) = F0 : c’est celui donné par φ(G(X)) = G(F0 (X)) pour tout G ∈ C(X) : il s’agit
avant tout de s’assurer que pour tout polynôme non nul P , P (F0 ) ̸= 0, ce qui est clair car x 7→ F0 (x) a une
ä c’est absurde car P ̸= 0.
image infinie, donc P (F0 ) = 0 entraı̂nerait que P admet une infinité de racines,
Remarque – Prendre φ(X) = λ, où λ ∈ C n’est pas possible, car alors φ X−λ ne serait pas défini.
Ä
1
Correction de l’exercice 53 – Quelles sont les R-algèbres commutatives intègres de dimension finie ?
Soit A une telle algèbre. Soit a ∈ A \ {0}. L’application x 7→ ax est un endomorphisme de l’espace vectoriel
de dimension finie A, c’en est donc un automorphisme. En particulier, a est inversible dans A : A est un corps,
de dimension finie sur R : A est égal à R ou (isomorphe à) C. Réciproque évidente.
Correction de l’exercice 54 – L’inverse d’un inversible d’une sous-algèbre appartient-il à cette sous-algèbre ?
1 L’application φ est un endomorphisme de l’espace vectoriel B, qui est de dimension finie. De plus, φ est
injective car b est inversible dans A. On en déduit que φ est un automorphisme de B. En particulier, 1 admet
un antécédent par φ dans B, donc b est inversible dans B.
2 X est un élément de K[X], inversible dans K(X) mais pas dans K[X].
1 Si un idéal I de K n’est pas nul, alors il contient un élément non nul donc inversible, puis I = K.
Réciproque connue.
617 Stéphane FLON
2 Par le même type de raisonnement on trouve les quatre idéaux {0K } × K ′ , K × {0K ′ }, {0K } × {0K ′ } et
K × K ′ . Si par exemple I est un idéal de K × K ′ possédant (a, b) ∈ K ∗ × (K ′ )∗ , alors I possède (1K , 1K ′ ) =
(a−1 , b−1 ) · (a, b), donc c’est K × K ′ tout entier.
Remarque – Cela donne un exemple d’anneau principal non intègre.
Il ne nous manque que la condition f (1K ) = 1L , or f est supposé non nul : soit x ∈ K tel que f (x) ̸= 0. On
a donc
f (x) · f (1K ) = f (x · 1K ) = f (x) = f (x) · 1L
Comme f (x) n’est pas nul, il est inversible dans le corps L, donc on peut simplifier par f (x) pour obtenir
f (1K ) = 1K .
Puisque A est un anneau commutatif non nul, c’est un corps si et seulement si tout élément non nul est
inversible.
Si A est un corps, un idéal non nul de A possède un élément inversible donc est égal à A, d’où i) ⇒ ii).
Si réciproquement A et {0} sont les seuls idéaux de A, alors prenons x non nul dans A. L’idéal xA n’est
pas nul puisqu’il possède x, donc c’est A tout entier : En particulier, 1A ∈ xA et donc x est inversible.
Il manque le fait que tout élément non nul soit inversible. Soit donc un tel anneau A, et a ∈ A \ {0A }.
L’application
b 7→ ab
de A dans A est injective (puisque A est intègre), et donc bijective puisque A est fini. En particulier, 1A admet
un antécédent par cette application, donc a est inversible.
Remarque – A étant intègre, il est commutatif, il suffisait donc de trouver un inverse à droite (comme on l’a
fait).
Remarque – En fait, tout anneau fini non nul sans diviseur de zéro est un corps (c’est plus ou moins le théorème
de Wedderburn), mais la démonstration est bien plus difficile.
On montre d’abord que P admet bien une unique racine réelle (par étude des variations de x ∈ R 7→ P (x).
On montre que P est irréductible sur Q. Sinon, P serait le produit de deux polynômes rationnels non
constants, puis, P étant de degré 3, P aurait une racine rationnelle r = pq où p et q sont des entiers premiers
entre eux. Les entiers p et q seraient alors des diviseurs de 1 par le théorème de Gauss, d’où une absurdité.
On en déduit que Q[θ] est un Q-espace vectoriel dont une base est (1, θ, θ2 ) : c’est bien une famille de cet
espacevectoriel, libre par irréductibilité de P sur Q. Enfin, si A ∈ Q[X], alors, en faisant la division euclidienne
de A par P , on obtient A(θ) ∈ Vect(1, θ, θ2 ).
Soit maintenant x ∈ Q[θ] \ {0}. Il existe A ∈ Q2 [X] tel que x = A(θ). Comme P est irréductible sur Q et
A ∧ P vaut 1 ou P . Comme ce n’est pas P (0 ⩽ deg(A) ⩽ 2), A et P sont premiers entre eux : par le théorème
de Bézout, il existe U, V ∈ Q[X] tels que AU + P V = 1, puis, en évaluant en θ :
U (θ)A(θ) = 1
donc x est bien inversible dans Q[θ].
Ainsi, Q[θ] est un sous-corps de C.
Si x = θ2 − 2θ − 3, alors en appliquant le théorème d’euclide étendu, on trouve une relation de Bézout entre
P et X 2 − 2X − 3, et on obtient
1
x−1 = (6θ2 − 7θ − 2)
25
Il s’agit encore une fois de montrer que tout élément non nul x admet un inverse. Considérons l’idéal
principal x2 A. Comme cet idéal est premier, et que x2 = x · x, on a x ∈ x2 A, i.e. il existe y ∈ A tel que x = x2 y.
on aimerait maintenant simplifier par x. il suffirait pour cela que x soit simplifiable, i.e. qu’il ne soit pas un
diviseur de zéro.
Or par hypothèse, l’idéal {0} est premier, ce qui se traduit par le fait que A n’admette pas de diviseur de
zéro, d’où le résultat.
Correction de l’exercice 65 – C 0 ([0, 1], R) et C 1 ([0, 1], R) sont-ils isomorphes en tant qu’algèbres ?
Non, car dans C 0 ([0, 1], R), tout élément admet une racine cubique, contrairement à C 1 ([0, 1], R) (prendre
Id [0,1] par exemple).
à k=1 k.
On peut dès lors s’inspirer de la preuve de divergence de la série harmonique en considérant une tranche :
2n Pn
σ(k) k=1 k 1
X
2
⩾ ∼ ,
k (2n)2 8
k=n+1
Correction de l’exercice 3 – Utiliser les relations de comparaison si le terme général est de signe constant
1 1
ln 1 + n1 sont de même nature. Or, pour tout n ∈ N∗ :
P1 P
1 Comme ln 1 + n ∼ n > 0, les séries n et
Å ã
1
ln 1 + = ln(n + 1) − ln(n)
n
ln 1 + n1 a donc même nature que la suite (ln(n)), et elle est donc divergente.
P
La série
2 L’équivalent provient de ln(1+x) ∼x → 0 x. Par comparaison
de séries à termes positifs (et plus précisément
P 1 P 1
l’énoncé 13), pn a même nature que la série ln 1− 1 .
pn
PN 1
Soit M > 0, et soit N tel que k=1 k ⩾ M (un tel N existe par divergence de la série harmonique vers
+∞). Notons m un entier tel que pm ⩾ N . On a alors
m Ç å m N
! m N
!! N
!
X 1 X X 1 Y X 1 X 1
ln ⩾ ln = ln ⩾ ln ⩾ ln(M )
k=1
1 − p1k i=0 k
k=1
pi pi
i=0 kk=1
k
k=1
Correction de l’exercice 6 – Faire un développement asymptotique du terme général jusqu’à l’absolue conver-
gence, ou jusqu’à un terme de signe constant
(−1)n
1 On notera un = .
nα − (−1)n
Si α = 0, cette série n’est pas bien définie.
Si α < 0, cette série diverge grossièrement.
On se place dans le cas où α > 0. On effectue un développement asymptotique :
(−1)n (−1)n
Å ã
1 1 1 1
un = n = + wn où wn = 2α + o ∼ 2α
nα 1 − (−1) n α n n 2α n
nα
P (−1)n
Or nα converge par application du CSSA (le terme général a un signe alterné, et décroit vers 0 en valeur
P P P 1
absolue), donc un a même nature que wn , et doncPque n2α (termes généraux positifs équivalents).
L’exemple des séries de Riemann permet de conclure : un est convergente si α > 1/2, et divergente si
α ∈]0, 1/2].
n
Remarque – Bien sûr, le seul équivalent un ∼ (−1) nα (dans le cas où α > 0) ne permettait pas de conclure.
Remarque – On aurait pu commencer par se poser la question de l’absolue convergence (qui a lieu si et seulement
si α > 1).
2 On a
(−1)n 1
un = + wn où wn ∼ − 2α < 0
nα 2n
d’où la convergence si α > 1/2, et la divergence si α ∈]0, 1/2].
Remarque – Il y a convergence absolue si et seulement si α > 1.
1 Il suffit de prendre la série dont les termes sont 1, −1, 1/2, 1/2, −1/2, −1/2, 1/3, 1/3, 1/3, −1/3, −1/3, −1/3, . . . ,
P P ÄPan+1 −1 ä
et de regrouper les termes opposés, de sorte que un diverge, mais pas k=an uk .
P P ÄPan+1 −1 ä PN ÄPan+1 −1 ä PaN +1 −1
2 Si un converge, alors k=a uk aussi (car n=0 k=an uk = n=a0 un ).
P ÄPan+1 −1 nä
Si (un ) tend vers 0, k=an uk converge, et si (an+1 − an ) est constante, disons de valeur p, alors
(Snp+a0 −1 ) converge, vers un certain scalaire ℓ. Comme (un ) tend vers 0, (Snp+k+a0 −1 ) converge vers ℓ pour
tout k ∈ [[0, p − 1]], donc (Sn ) converge vers ℓ.
1 −1 6
3 u2n + u2n+1 = 2n+2+i + 2n+1+3−i = (2n+2+i)(2n+4−i) = O(1/n2 ), donc (S2n+1 ) converge. Comme u2n+1
tend vers 0, (S2n ) converge vers la même limite, puis (Sn ) converge.
jn
4 On pose un = n . Un calcul donne
1 j j2 (3n + 1)(3n + 2) + j(3n)(3n + 2) + j 2 (3n)(3n + 1)
u3n + u3n+1 + u3n+2 = + + = = O(1/n2 )
3n 3n + 1 3n + 2 3n(3n + 1)(3n + 2)
Ainsi, (S3n+2 ) converge, puis, comme un tend vers 0, (S3n+1 ) et (S3n ) convergent vers la même limite.
621 Stéphane FLON
Correction de l’exercice 8 – Faire l’analogie entre dérivée discrète et dérivée usuelle
1
an −an−1 f′
i an est à la suite (an ) ce qu’est à la fonction f . Si f est à valeurs strictement positives ainsi
f
R +∞ f ′ +∞
P an −an−1
que sa dérivée, et tend vers +∞ en +∞, alors c f = [ln(f )]c . On s’attend donc à ce que an
diverge.
C’est bien sûr le cas si an −a
an
n−1
ne tend pas vers 0 : on écarte ce cas, ce qui revient à supposer que an ∼ an−1 .
P
En s’inspirant encore de l’exemple intégral, on considère la série (ln(an ) − ln(an−1 )). Cette série a même
nature que la suite (ln(an )) et elle est donc divergente.
Par ailleurs, comme an ∼ an−1 :
an − an−1 an − an−1
Å ã
an
ln(an ) − ln(an−1 ) = ln ∼ ∼
an−1 an−1 an
et ana−a n−1
P an −an−1
n−1
⩾ 0 car (an ) est positive croissante : par comparaison de séries à termes positifs, an−1 diverge.
1 1
ii Pour tout t ∈ [an−1 , an ], on a 0 < t ⩽ an−1 , donc, en intégrant sur ce segment, 0 ⩽ vn ⩽ un . Or
Pn Ra
vn diverge, car k=1 vk = a0n dt
P
t = ln(an ) − ln(a0 ), et car (an ) tend vers +∞.
Correction de l’exercice 10 – Utiliser une comparaison série-intégrale même dans un cas non monotone
1 Considérons la fonction f : t 7→ sin(ln(t)) t . Cette fonction est dérivable sur R∗+ , et, pour tout t > 0,
cos(ln(t))−sin(ln(t))
f ′ (t) = t2 , donc sur [n, n + 1], f est n22 -lipschitzienne. On en déduit que
Z n+1 Z n+1 Z n+1
2 1
|vn − un | = (f (t) − f (n)) dt ⩽ |f (t) − f (n)| dt ⩽ (t − n)dt =
n n n2 n n2
P P P
donc (un − vn ) converge absolument donc converge : un et vn ont même nature.
Remarque – Cet énoncé n’est pas usuel, car f n’est pas décroissante (ni d’ailleurs positive) au voisinage de +∞.
2 En observant que f s’intègre
P en t 7→ − cos(ln(t)),
P et sachant que la suite (cos(ln(n))) n’a pas de limite (à
justifier), on en déduit que vn diverge, donc un également.
iii Comme
sin2 (n) sin(n)
0⩽ ⩽
n n
P sin2 (n) P sin(n)
il suffit d’établir la divergence de n pour établir la non convergence absolue de n .
2 1−cos(2n)
Or sin (n) = , et on peut montrer comme précédemment (par transformation d’Abel) la conver-
P cos(2n) P2 sin2 (n) P1
gence de n : n a même nature que n et est donc divergente.
Voir aussi : 26, 27, 28, 33
1
− n1 , donc la série
P
1 un = n−1 un a même nature que la suite (1/n) (énoncé 1) : elle converge. De plus,
1
sa somme vaut 2−1 − 0, c’est-à-dire 1 (énoncé 2).
Qn k
2 Notons πn = k=0 (a2 + 1) (par convention, π−1 = 1).
n
(a2 +1)−1
Pour tout n ∈ N, un = Qn 2k +1)
= 1
πn−1 − 1
πn (valable même pour n = 0), donc
k=0 (a
n
X 1 1
uk = −
π−1 πn
k=0
1 1
P
— Si a ⩾ 1, 0 ⩽ πn ⩽ 2n+1 , donc un converge, et sa somme vaut 1.
P2n+1 −1 k 2n+1
— Si a ∈]0, 1[, πn = k=0 a (par exemple par écriture binaire des entiers naturels), donc πn = 1−a 1−a ,
1
P
puis (πn ) converge vers 1−a . Ainsi, un converge, et sa somme vaut 1 − (1 − a), c’est-à-dire a.
un
Remarque – Les calculs sont plus simples si on observe (pour a ̸= 1) que a−1 = αn − αn+1 , où αn = a2n1−1 ,
puisqu’alors
a−1
Sn = (a − 1)(α0 − αn+1 ) = 1 − 2n+1 .
a −1
3 un ∼ n13 > 0, et
P 1 P
n3 converge, d’où la convergence de un .
X 1 1 1 1
X 4 +X 2 +1 = 2(X 2 −X+1) − 2(X 2 +X+1) = P (X) − P (X+1) où P (X) = X 2 − X + 1.
P∞
Par télescopage, on obtient n=0 un = 21 .
1
n n Z 1 n
1X 1
(−1)k−1 1 − (−x)n
X X Z Z
= (−x)k−1 dx = (−x)k−1 dx = dx
k 0 0 k=1 0 1+x
k=1 k=1
iii C’est le lemme de Riemann-Lebesgue dans le cas facile C 1 , que l’on peut obtenir par intégration par
parties.
iv
N Z π N
X 1 2
X
= (at + bt) cos(nt)dt
n=1
n2 0 n=1
sin((N + 21 )t) 1
Z π Ç å
2
= (at + bt) −
0 2 sin(t/2) 2
sin((N + 21 )t)
Z π Z π
1
= − (at2 + bt)dt + (at2 + bt) dt
2 0 0 2 sin(t/2)
Problématique : Étudier le comportement asymptotique de la suite des sommes partielles d’une série
numérique, ou de la suite des restes d’une série numérique convergente
N 1−α
SN ∼N → +∞
1−α
Remarque – Les sommes de Riemann donnaient le résultat bien plus rapidement.
Dans le cas où α ∈]0, 1], nous sommes toujours dans un cas de divergence, mais t 7→ t1α est (strictement)
décroissante sur R∗+ : les calculs sont similaires à ce qu’on vient de faire, il suffit d’inverser les inégalités. On
obtient SN ∼N ∞ ln(N ) si α = 1, et à nouveau
N 1−α
SN ∼N → +∞
1−α
si α ∈]0, 1[.
Dans le cas où α > 1, nous sommes dans le cas de convergence, et de (stricte) décroissance sur R∗+ de t 7→ 1
tα .
En sommant cette fois-ci de N à +∞ (ce qui est licite car tout converge), on obtient
Z +∞
dt
RN +1 ⩽ α
⩽ RN
N t
R +∞
or N tdtα ∼N ∞ (α−1)N 1 1
α−1 . On conclut en observant que RN +1 = RN + o N α−1 :
1
RN ∼N ∞
(α − 1)N α−1
2 La divergence de cette série provient du critère de d’Alembert, et la suite (un ) tend en fait vers +∞.
Par hypothèse, un−1 = o(un ), donc un − un−1 ∼ un > 0, puis, par sommation des relations de comparaison
dans le cas de la divergence, on obtient
Xn
uk ∼ un − u0 ∼ un
k=1
1
3 Comme n ∼ ln(n + 1) − ln(n) > 0, la série harmonique est divergente, et
n
X
Hn ∼ ln(k + 1) − ln(k) = ln(n + 1) ∼ ln(n)
k=1
Correction de l’exercice 20 – Y a-t-il un seuil divergence-convergence pour les séries à termes positifs ?
1 La suite des sommes partielles (Sn ) converge, donc un = Sn −Sn−1 tend vers 0 lorsque n tend vers l’infini.
P1
2 n
3 Pour tout n ⩾ 2
n
X
0 ⩽ (n − E(n/2) + 1)an ⩽ ak →n∞ 0
k=E(n/2)
1
or (n − E(n/2) + 1) ∼n n/2, donc nan →n 0, puis an = o n .
4 L’implication directe est fausse : prendre an2 = n12 pour tout n ∈ N∗ , et ak = 0 pour les autres indices.
1
L’implication réciproque est fausse : prendre an = n ln(n) .
5
i (un ) est convergente, donc bornée : pour tout n ∈ N, {|uk |, k ⩾ n} est donc une partie non vide et
majorée de R, d’où l’existence de wn .
Remarque – on peut montrer que cette borne supérieure est atteinte (grâce à la convergence de (un ) vers 0.
ii Pour tout n ∈ N, |un | ⩽ wn donc un = O(wn ).
iii Pour tout n ∈ N, {|uk |, k ⩾ n + 1} ⊂ {|uk |, k ⩾ n}, wn+1 ⩽ wn .
Soit ε ∈ R∗+ . Il existe N tel que, pour tout n ⩾ N , |un | ⩽ ε. On a donc 0 ⩽ wn ⩽ ε pour tout n ⩾ N : (wn )
tend vers 0.
iv Il suffit de prendre vn = (−1)n wn : un = O(vn ) et
P
vn converge d’après le critère spécial des séries
alternées.
Correction de l’exercice 22 – Une série dont le terme général tend vers 0 et dont la suite des sommes partielles
est bornée est-elle convergente ? (X MP)
En raisonnant sur la suite (Sn ) des sommes partielles, on cherche une suite bornée (Sn ) divergente, mais
telle que (Sn − Sn+1 ) tende vers 0. L’exemple de la suite (sin(ln(n))) convient.
Pour justifier que, pour ce choix, on a bien convergence de (Sn − Sn+1 ) vers 0, on peut vérifier que (ln(n +
1) − ln(n)) tend vers 0, et exploiter le caractère lipschitzien de la fonction sinus.
1 Pour tout n ∈ N, |un+1 | ⩾ |un |, donc (|un |) est minorée par |u0 | > 0, et donc
P
un diverge grossièrement.
2
1
i On pose vn = nb
. On a
1 −b
Å ã Å ã
vn+1 b 1
= 1+ =1− +o
vn n n n
uN
∀ n ⩾ N, 0 ⩽ un ⩽ vn
vN
P P
Comme vn converge (d’après l’exemple de Riemann, et car b > 1), on en déduit que un converge.
ii On a comme ci-dessus uun+1 n
− vn+1
vn ∼ b−a
n , où b − a > 0 cette fois-ci, puis l’existence de N tel que,
pour tout n ⩾ N , 0 ⩽ vn ⩽ uvN N
u n .
P P
Comme vn diverge (exemple de Riemann, b < 1), la série un est également divergente, par comparaison
de séries à termes positifs.
627 Stéphane FLON
1
3 Soit β > 0, et un = n ln(n)β
. On a
1 −1
Å ã Å ãβ
un+1 ln(n + 1)
= 1+ ×
un n ln(n)
Å ã−1 Å ãβ
1 ln(n) + ln(1 + 1/n)
= 1+ ×
n ln(n)
Å ã−1 Å ãβ
1 ln(1 + 1/n)
= 1+ × 1+
n ln(n)
Å ã−1 Å Å ããβ
1 1 1
= 1+ × 1+ +o
n n ln(n) n ln(n)
Å ã−1 Å Å ããβ
1 1
= 1+ × 1+o
n n
Å Å ãã Å Å ãã
1 1 1
= 1− +o × 1+o
n n n
Å ã
1 1
= 1− +o
n n
P
Or un converge si et seulement si β > 1 (voir l’exemple des séries de Bertrand) : tous les cas sont donc
possibles lorsque a = 1.
4 Il s’agit de montrer que la suite (na un ) converge vers un réel strictement positif : on applique la stratégie
de l’énoncé 3. La suite (na un ) converge vers un réel strictement positif si et seulement si la suite (ln(na un ))
ln((n + 1)a un+1 ) − ln(na un ) converge. Or
P
converge vers un certain réel, si et seulement si la série
Å ã Å ã Å ã
un+1 1 1
ln((n + 1)a un+1 ) − ln(na un ) = ln + a ln 1 + =O
un n n2
ln((n + 1)a un+1 ) − ln(na un ) (absolument) convergente.
P
donc la série
Remarque – Le résultat demeure si on suppose uun+1 = 1 − na + rn , où
P
n
rn est absolument convergente.
Z n
dt 1 1 1
0⩽ − ⩽ −
n−1 t n n − 1 n
PÄ 1 1
ä
la suite n1 .
Or la série télescopique n−1 − n est convergente, car de même nature que
P ÄR n dt ä
Ainsi, par comparaison de séries à termes positifs, on en déduit que n−1 t
− n1 est convergente. En
repassant aux sommes partielles, on obtient bien le résultat voulu.
1
i Cette suite (un ) est bien définie, et un > 0 pour tout n ∈ N∗ .
628 Stéphane FLON
Soit n ∈ N∗ . Par positivité de un , on a
1
0 ⩽ un+1 ⩽
n+1
(n + 1)un+1 = e−un
√
…
√ √
Å Å ãã
1 1 1 1
n+1= n 1+ = n 1+ − +O
n 2n 8n2 n3
√
…
√ √
Å Å ãã
2 1 1 1
n+2= n 1+ = n 1+ − 2 +O
n n 2n n3
Ainsi,
√
Å ã
1 a 1
un = n(1 + a + b) + √ +b +O
n 2 n3/2
P
Pour que un converge, il faut que 1 + a + b = 0, puis que a + 2b = 0, et ces conditions nécessaires sont
1
suffisantes, puisqu’alors un = O n3/2 .
Ainsi, l’unique cas de convergence est celui où (a, b) = (−2, 1).
Remarque – cet unique √ cas de convergence correspond à celui où on a pris l’ accélération (i.e. la dérivée
discrète seconde) de ( n).
3
(−1)n
un = Ä ä
n3/4 1 + sin(n)
n 3/4
(−1)n
Å Å ãã
sin(n) sin(n)
= 1 − 3/4 + o
n3/4 n n3/4
n n Å ã
(−1) (−1) sin(n) sin(n)
= − + o
n3/4 n3/2 n3/2
(−1)n
Å ã
1
= 3/4
+O 3/2
n n
P (−1)n
Par application du CSSA, n3/4
converge (c’est une série alternée dont le terme général décroı̂t vers 0 en
valeur absolue). L’autre terme est
P celui d’une série absolument convergente (par comparaison à une série de
Riemann convergente). La série un est donc aussi convergente, en tant que somme de telles séries.
629 Stéphane FLON
4
Ä p ä
un = sin π n2 + x2
Ç … å
x2
= sin π n 1 + 2
n
x2
Å Å Å ããã
1
= sin π n 1 + 2 + O
n n4
Å 2 Å ãã
πx 1
= sin π n + +O
n n3
Å 2 Å ãã
πx 1
= (−1)n sin +O
n n3
Å 2 Å ãã
n πx 1
= (−1) +O (car sin(u) = u + Ou → 0 (u2 ))
n n2
P
Ainsi, un converge, comme somme de deux série convergentes (l’une grâce au CSSA, l’autre par absolue
convergence).
√ √
vn converge absolument, car 2 − 3 ∈]0, 1[, donc vn = O((2 − 3)n ) (comparaison à une série géomé-
P
5
trique absolument convergente).
√ √
n ∈ N,(2 + 3)n + (2 − 3)n est un nombre pair (grâce à la formule du binôme de Newton),
Or pour tout P
donc un = −vn : un converge absolument.
1 Soit n ∈ N∗ . On a
un (1 + un ) − 1 1 1
= = − ,
(1 + u0 ) . . . (1 + un ) (1 + u0 ) . . . (1 + un ) πn−1 πn
Ä ä
P un 1
où πn = (1 + u0 ) . . . (1 + un ), donc la série (1+u0 )...(1+un ) a même nature que la suite πn .
Pn P P
Or ln(πn ) = k=0 ln(1 + uk ), et un est une série à termes positifs divergente. La P série ln(1 + un )
est donc à termes positifs, et elle est divergente. En effet, siP (un ) ne tend pas vers 0, ln(1 + un ) diverge
grossièrement, et si (un ) tend vers 0, ln(1 P + un ) ∼ un > 0, où un diverge.
La suite des sommes P partielles de ln(1 + un ) tend donc vers +∞, donc ln(πn ) tend vers +∞, puis πn
un
également. Ainsi, la série (1+u0 )...(1+un ) est convergente, et
N
X un u0 1 1 1
= + − =1−
n=0
(1 + u0 ) . . . (1 + un ) 1 + u0 π 0 π n π n
P∞ un
donc n=0 (1+u0 )...(1+un ) = 1.
1
i ln(n)
P ln(n)
⩾ n1 pour n ⩾ 3, et
P1
n n diverge, donc n diverge (par comparaison de séries à termes
n ln(n)
P
positifs). (−1) n converge par CSSA.
630 Stéphane FLON
ii La fonction f : x ∈ [e, +∞[7→ ln(x) x est décroissante, positive et continue par morceaux. Par compa-
raison série-intégrale, la série de terme général vn converge.
Sans faire référence à cet énoncé, on peut refaire la preuve dans ce cas : pour tout n ⩾ 4,
Z n
ln(n) ln(t) ln(n − 1)
⩽ dt ⩽
n n−1 t n−1
donc
n
ln(n − 1)
Z
ln(t) ln(n)
− ⩽− dt ⩽ −
n−1 n−1 t n
ln(n)
puis, en ajoutant n ,
ln(n) ln(n − 1)
− ⩽ vn ⩽ 0
n n−1
P Ä ln(n) ln(n−1) ä Ä ä
Or n − n−1 a même nature que la suite ln(n) n , et est donc convergente.
P
Par comparaison de séries à termes négatifs, vn converge.
On peut aussi se passer complètement du théorème, au prix de calculs plus techniques :
Z n
ln(n) ln(t)
vn = − dt
n n−1 t
ln(n) 1 n
= − ln(t)2 n−1
n 2
ln(n) 1 1
= + ln(n − 1)2 − ln(n)2
n 2 2
ln(n) 1
= + (ln(n − 1) − ln(n)) × (ln(n − 1) + ln(n))
n 2 Å ã Å Å ãã
ln(n) 1 1 1
= + ln 1 − × 2 ln(n) + ln 1 −
n 2 n n
Å Å ãã Å Å ãã
ln(n) 1 1 1 1
= + − +O 2
× 2 ln(n) + O
n 2 n n n
Å ã
ln(n) ln(n) ln(n)
= − +O
n n n2
Å ã
ln(n)
= O
n2
Å ã
1
= O
n3/2
P 1 P
or converge absolument, donc v aussi.
n3/2 Pn n
iii La suite de terme général q=2 vq converge, or
n n Z n
X X ln(q) ln(t)
vq = − dt = wn
q=2 q=2
q 1 t
iv D’une part,
2n 2n 2n
X ln(p) X (−1)p ln(p) X ln(p)
+ = (1 + (−1)n )
p=1
p p=1
p p=1
p
n
X ln(2k)
=
k
k=1
n n
X ln(2) X ln(k)
= +
k k
k=1 k=1
n
X ln(k)
= ln(2)Hn +
k
k=1
ln(n)2
= ln(2)Hn + wn +
2
631 Stéphane FLON
D’autre part,
2n 2n 2n
X ln(p) X (−1)p ln(p) ln(2n)2 X ln(p)
+ = w2n + + (−1)n
p=1
p p=1
p 2 p=1
p
2n
ln(2)2 ln(n)2 X ln(p)
= w2n + + ln(2) ln(n) + + (−1)n
2 2 p=1
p
soit
2n
X ln(p) ln(2)2
(−1)n = ln(2)γ + wn − w2n − + o(1)
p=1
p 2
puis, en passant à la limite :
∞
X ln(n) ln(2)2
(−1)n = ln(2)γ −
p=1
n 2
1 La série harmonique alternée converge, par application du CSSA, donc la suite (un ) de ses restes existe
également.
2 En utilisant l’astuce intégrale pour calculer la somme de la série harmonique alternée, on trouve que
Z 1 n
x
un = (−1)n dx
0 1+x
P
On en déduit la convergence de un par application du CSSA.
On a de plus, pour tout n ∈ N∗ :
n n Z 1 Z 1
X X (−x)k x(1 − (−x)n )
uk = dx = dx
1+x (1 + x)2
k=1 k=1 0 0
R1 x R1 1 1
et on montre que la somme cherchée vaut 0 (1+x) 2 dx = 0 1+x
− (1+x) 2 dx = ln(2) − 1/2.
La fonction t 7→ √1t est continue et strictement décroissante sur R∗+ . On a donc, pour tout n ∈ N∗
Z n+1
1 dt 1
√ ⩽ √ ⩽√
n+1 n t n
puis, en sommant 1 à N − 1 ∈ N∗ :
Z N
dt 1
SN − 1 ⩽ √ ⩽ SN −
1 t N
soit encore Z N Z N
dt 1 dt
√ + √ ⩽ SN ⩽ √ +1
1 t N 1 t
Pour N = 104 , on obtient
198 + 10−2 ⩽ SN ⩽ 199
ce qui ne permet pas de conclure : soit on justifie que l’inégalité de droite est stricte (par stricte croissance de
l’intégrale pour les fonctions continues), soit on somme ci-dessus à partir de 2 plutôt qu’à partir de 1, pour
conclure que la partie entière cherchée vaut 198.
Remarque – Pour obtenir une meilleure approximation, la seconde méthode est bien plus intéressante. Ici, on
trouve Z N Z N
dt 1 dt 1
1+ √ + √ ⩽ SN ⩽ 1 + √ +√
2 t N 2 t 2
632 Stéphane FLON
obtenant
√ √ 1
201 − 2 2 + 1/100 ⩽ S10000 ⩽ 201 − 2 2 + √
2
Pour obtenir encore mieux, on somme à partir de N0 ⩾ 3.
1 Reformulons : on souhaite montrer que la suite de terme général √n n!n n converge vers un réel strictement
Å ã (e)
positif, i.e. que la suite de terme général un = ln √n n!n n converge (vers un certain réel).
(e) P
Or la suite (un ) a même nature que la série des écarts (un+1 − un ), et
! Ç å
(n + 1)! n!
un+1 − un = ln √ n+1 − ln √ n n
n + 1 n+1 e
n e
n+1 n
Å ã Ç… å ÅÅ ã ã Å n+1 ã
(n + 1)! n+1 e
= ln − ln − ln + ln − ln(n + 1)
n! n n en
Å ã Å ã
1 1
= − n+ ln 1 + +1
2 n
Å ãÅ Å ãã
1 1 1 1
= − n+ − 2 +O +1
2 n 2n n3
Å ã
1 1 1
= −1 − + +O +1
2n 2n n2
Å ã
1
= O
n2
P 1 P
Comme la série n2 est absolument convergente, la série (un+1 − un ) est (absolument) convergente, i.e.
la suite (un ) converge, ce qui montre le résultat attendu.
2
i (Wn ) est une suite décroissante positive (i.e. minorée par 0), donc elle converge d’après le théorème
de la limite monotone. R π/2 R π/2
ii Soit n ⩾ 2. On écrit Wn = 0 (1 − cos2 (t)) sinn−2 (t)dt = Wn−2 − 0 cos2 (t) sinn−2 (t)dt, puis on
n−1
effectue une intégration par parties (on intègre t 7→ cos(t) sinn−2 (t) en t 7→ sinn−1(t) et on dérive − cos) :
Z π/2 ñ ôπ/2 Z π/2
2 n−2 sinn−1 (t) sinn (t)
− cos (t) sin (t)dt = sin(t) × − dt
0 n−1 0 0 n−1
Wn n−1
donc Wn = Wn−2 − n−1 , puis Wn = n Wn−2 .
π/2
iii On a W0 = π2 , et W1 = [− cos(t)]0 = 1.
De plus, pour tout p ∈ N, W2p+2 = 2p+2 W2p
2p+1
et W2p+3 = 2p+2
2p+3 W2p+1 , ce qui permet de montre par
récurrence que, pour tout p ∈ N
p−1 p−1
Y 2i + 1 π Y (2i + 1)(2i + 2) π (2p)! π
W2p = × = 2
× = p 2
×
i=0
2i + 2 2 i=0
(2i + 2) 2 4 × (p!) 2
633 Stéphane FLON
et
p−1
Y 2i 4p × (p!)2
W2p+1 = =
i=0
2i + 1 (2p + 1)!
iv On peut bien sûr utiliser les expressions factorielles de la question précédente, mais aussi montrer,
par récurrence sur n ∈ N, que la suite ((2n + 1)W2n W2n+1 ) est constante, et donc de valeur son terme initial π2 .
Remarque – C’est en général à ce stade qu’en MPSI, on prouve que (Wn ) converge vers 0. On peut toutefois
noter que ce dernier résultat est une conséquence immédiate du théorème de convergence dominée. En MPSI,
on pourrait aussi faire une preuve dès le début, en revenant à la définition de la limite (avec ε), mais c’est bien
plus technique.
n
v Par décroissance de la suite (Wn ), pour tout n ⩾ 2, Wn ⩽ Wn−1 ⩽ Wn−2 , i.e. Wn ⩽ Wn−1 ⩽ n−1 Wn ,
Wn−1 n
et donc, puisque Wn > 0 : 1 ⩽ Wn ⩽ n−1 .
2 π
» π
Le théorème d’encadrement donne donc Wn ∼ Wn−1 . et donc W2n ∼ 4n , puis W2n ∼ W2n+1 ∼ 2(2n) ∼
» π
2(2n+1) , puis
…
π
Wn ∼
2n
»π
3 D’une part, W2p ∼ 4p , et, d’autre part
√ √
π K 2 p (2p/e)2p π 2
W2p ∼ ∼
2 K 2 p 22p (p/e)2p 2p K
√
π
√ √
et il vient donc 2 = π2 K2 , soit K = 2 π.
4 Pour la convergence, on peut utiliser le CSSA : (ln(1 + 1/n)) tend vers 0, et est décroissante comme image
de la suite décroissante (1/n) par la fonction croissante x 7→ ln(1 + x).
n−1
On peut aussi observer que un = (−1)n + O n12 .
Reste le calcul de la somme. À cet effet, on considère par exemple S2n (on sait que (Sn ) converge, sa limite
est celle des toutes ses suites extraites).
n Å ã n−1X Å ã
X 1 1
S2n = − ln 1 + + ln 1 +
2k 2k + 1
k=1 k=0
n
! n−1
!
Y 2k Y 2k + 2
= ln + ln
2k + 1 2k + 1
k=1 k=0
Ç Å n ã2 å
1 4 (n!)2
= ln
2n + 1 (2n)!
4n (n!)2 √
Or d’après la formule de Stirling, on a (2n)! ∼ π n, et (S2n ) converge donc vers ln(π/2) :
∞ Å ã
X 1 π
(−1)n−1 ln 1 + = ln
n=1
n 2
1 On constate que (un ) est à valeurs strictement positives et (strictement) croissante. Elle admet donc une
limite par limite monotone, elle tend vers +∞ car sinon, sa limite ℓ est un réel vérifiant ℓ = ℓ + 1ℓ .
Soit α ∈ R∗ . On a
αuα n
uα α
n+1 − un ∼
n∞ u2 n
√
donc en prenant n = 2, par Cesàro, on trouve que un ∼ 2n.
n∞
Remarque – La relation de récurrence un+1 − un = 1
un est à rapprocher de l’équation différentielle f ′ f = 1.
2 ]0, π2 [ est un intervalle stable par sin, sur lequel sin(x) ⩽ x (par argument de concavité par exemple) : la
suite (un ) est donc à valeurs dans ]0, π2 [, et décroissante. En particulier, elle converge vers ℓ ∈ [0, π2 [.
Par continuité de sin, en passant à la limite dans la relation un+1 = sin(un ), on obtient ℓ = sin(ℓ), puis
ℓ = 0.
634 Stéphane FLON
u2n
un+1 = sin(un ) = un 1 − 6+ o(u2n ) , donc
u2n −αu2+α
ÅÅ ã ã
n
uα
n+1 − uα
n = uα
n 1 − α + o(u2
n ) − 1 ∼
6 n∞ 6
»
3
Ainsi, en prenant α = −2, puis par application du théorème de Cesàro, on en déduit que un ∼ n.
n∞
3 x 7→ ex + x est une bijection strictement croissante de R sur R.
(xn ) tend vers +∞ donc xn = o(exn ) puis exn ∼ n : on en déduit en faisant attention que xn ∼ ln(n).
Ensuite, xn − ln(n) = − ln 1 + exxnn ∼ − exxnn ∼ − ln(n)
n , d’où
Å ã
ln(n) ln(n)
xn = ln(n) − +o
n n
4 Pn définit une bijection strictement croissante de R+ sur [−1, +∞[.
0 < un < 1 (car Pn (0) < Pn (un ) < Pn (1)), donc u2n − 1 = −u2n 2
n = o(1), d’où un ∼ 1 puis un ∼ 1 (car
un > 0).
Ensuite, on pose vn = 1 − un : on a 2vn − vn2 = (1 − vn )2n . En prenant le logarithme (et en faisant attention),
ln(vn ) ∼ 2n ln(1 − vn ) ∼ −2nvn
En prenant l’oppposé (pour que les termes soient strictement positifs), et en prenant encore le logarithme (en
faisant attention), on obtient
ln(− ln(vn )) = ln(2) + ln(n) + ln(vn ) + o(1)
d’où ln(vn ) ∼ − ln(n), d’où l’on tire
ln(n)
vn ∼
2n
Ainsi, Å ã
ln(n) ln(n)
un = 1 − +o
2n n
5 On peut utiliser l’inégalité de Taylor-Lagrange (qui se déduit de Taylor avec reste intégrale) :
|x|3
∀ x ∈ R, |sin(x) − x| ⩽
3!
donc
n n n n
X kπ 1 X k3 π3 X kπ 1 X k 3 π 3
− ⩽ un ⩽ +
n2 6 n 6 n2 6 n6
k=1 k=1 k=1 k=1
puis
(n + 1)π π 3 (n + 1)π π 3
− 2 ⩽ un ⩽ + 2
2n n 2n n
donc (par théorème d’encadrement) (un ) converge vers π2 , qui est un réel non nul, donc
π
un ∼
n → +∞ 2
or
u2 u2
Å ã
un un
ln(un+1 ) = ln 1 + + n + o(u2n ) = − n + o(u2n )
2 6 2 12
et donc un un
ln(un+1 ) − ln(un /2) = ln 1 + + o(un ) ∼ −
6 n∞ 6
Or un = o((3/4)n ) par exemple, donc
P
un converge (absolument).
λ
En revenant aux sommes partielles, ln(un ) tend vers α, et donc par continuité de l’exponentielle, un ∼ n
n∞ 2
pour λ = exp(α) > 0.
8
i Étude standard de fonction associée au polynôme Pn = X n − X − 1.
ii La suite (xn ) est minorée par 1, et décroissante, donc convergente, vers ℓ ⩾ 1. Supposer ℓ > 1 conduit
rapidement à une absurdité car alors (xnn ) tend vers +∞, donc ℓ = 1.
Remarque – On peut aussi observer que Pn (1 + 1/n) > 0 pour n suffisamment grand, et donc 1 < xn < 1 + 1/n
APCR.
iii Notons xn = 1 + un , de sorte que (un ) tend vers 0 en décroissant. On a n ln(1 + un ) = ln(2 + un ),
d’où un ∼ ln(2) :
n∞ n
Å ã
ln(2) 1
xn = 1 + +o
n n
ln(2)
On écrit un = n + wn , de sorte que
Å ã Å ã
ln(2) ln(2)
n ln 1 + + wn = ln 2 + + wn
n n
puis
ln(2)2
Å w ã Å ã
ln(2) n ln(2) wn 1
n + wn − 2
+ o = ln(2) + + + o
n 2n n 2n 2 n
d’où l’on retire
ln(2)2 + ln(2)
nwn ∼
n∞ 2n
et donc
ln(2) ln(2)2 + ln(2)
Å ã
1
xn = 1 + + +o
n 2n2 n2
9 Pour tout N ∈ N∗ , posons SN = k=0 2k+1
PN −1 1
. On a
2N N
X 1 X 1 1
SN = − = H2N − HN
k 2k 2
k=1 k=1
de sorte que
3 1
un = S2n − Sn = H4n − H2n + Hn
2 2
On obtient
ln(2)
un = + o(1)
2
donc (un ) converge vers ln(2)/2.
Déterminons maintenant un développement asymptotique à deux termes : on part de
1 1 1 1 1
un+1 − un = 4n+1 + 4n+3 − 2n+1 = (4n+1)(4n+3)(2n+1) ∼ 32n 3
n∞
1 On sait déjà que la somme est directe (énoncé de cours). De plus, (f − Id E )(f + 2Id E ) = 0, donc
Im(f + 2Id E ) ⊂ Ker(f − Id E ), puis rg(f + 2Id E ) ⩽ dim(Ker(f − Id E )).
En additionnant dim(Ker(f + 2Id E )), il vient, grâce au théorème du rang,
dim(E) ⩽ dim(Ker(f + 2IdE )) + dim(Ker(f − Id E ))
Par ailleurs, Ker(f + 2Id E ) et Ker(f − Id E ) étant en somme directe, on a l’inégalité inverse, d’où l’égalité, puis
la supplémentarité.
1
i On effectue un raisonnement par analyse-synthèse.
Analyse – Soit x ∈ E, et soit x1 ∈ Ker(f − Id E ) et x−2 ∈ Ker(f + 2Id E ) tels que (1) x = x1 + x−2 .
En appliquant f , il vient (2) f (x) = x1 − 2x−2 , puis en formant 2(1) + (2), il vient 2x + f (x) = 3x1 , d’où
1 1
x1 = (2x + f (x)) et x−2 = x − x1 = (x − f (x)
3 3
Synthèse – Réciproquement, les vecteurs x1 et x−2 ont bien pour somme x, et on vérifie qu’ils appartiennent
respectivement à Ker(f − Id E ) et à Ker(f + 2Id E ).
ii Tout d’abord, on a bien Ker(f − µId E ) ⊂ Ker((f − λId E )(f − µId E )) et Ker(f − λId E ) ⊂ Ker((f −
λId E )(f − µId E )) (on a utilisé Ker(u) ⊂ Ker(v ◦ u) et le fait que (f − λId E ) et (f − µId E ) commutent).
Ensuite, on raisonne par analyse-synthèse : soit x ∈ Ker((f − λId E )(f − µId E )), (y, z) ∈ Eλ (f ) × Eµ (f ) tel
que x = y + z.
On a f (x) = f (y) + f (z) = λ y + µ z. On a donc nécessairement (λ − µ)y = f (x) − µ x, donc y = f (x)−µ λ−µ
x
et de même z = f (x)−λ x
µ−λ .
Réciproquement, ces valeurs de y et z vérifient bien les conditions voulues (y + z = x, y ∈ Eλ (f ) car
x ∈ Ker((f − λId E )(f − µId E )), et de même z ∈ Eµ (f )).
Voir aussi : 26
Observons tout d’abord que cette équation, que l’on notera E, est linéaire, au sens où X est solution de E
si et seulement si φ(X) = B, où φ est l’endomorphisme X 7→ X − tr(X)A de Mn (K).
Si on dispose d’une solution particulière X0 de E, l’ensemble des solutions sera {X0 + H, H ∈ Ker(φ)}.
Soit X une solution de E. En prenant la trace, on a tr(X) = tr(X) tr(A) + tr(B).
Traitons d’abord le cas où tr(A) ̸= 1, tr(X) = tr(B)/(1 − tr(A)), et donc nécessairement
tr(B)
X= A+B
1 − tr(A)
Si, réciproquement, X est donné par cette formule, alors tr(X) = tr(B)(1+tr(A)/(1−tr(A))) = tr(B)/(1−tr(A)),
donc on a bien X = tr(X)A + B.
Traitons maintenant le cas où tr(A) = 1. Il vient alors tr(B) = 0 : si tr(B) ̸= 0, E n’a pas de solution, et, si
tr(B) = 0, alors B est une solution évidente de E. Avec les notations ci-dessus, Ker(φ) ⊂ K A de façon évidente,
et, comme tr(A) = 1, cette inclusion est une égalité (car A ∈ Ker(φ)).
Ainsi, l’ensemble des solutions de E est, dans ce cas (tr(A) = 1 et tr(B) = 0) :
{B + λ A, λ ∈ R}
Remarque – on a raisonné par analyse-synthèse, la synthèse étant scindée en plusieurs sous-cas. Si on n’a pas
l’idée de prendre la trace durant l’analyse, on peut observer (de manière évidente) que les solutions de E sont
638 Stéphane FLON
de la forme λ A + B pour un certain scalaire λ, et déterminer lors de la synthèse pour quelles valeurs de λ
(dépendant de A et B) λ A + B est bien solution.
Correction de l’exercice 4 – Vérifier qu’elles coı̈ncident sur une famille génératrice, ou sur des sous-espaces
vectoriels de somme E
1 Dans un tel cas, le noyau de f − g contient une famille génératrice de E, c’est donc E tout entier : f = g.
2 Soit (α0 , . . . , αn−1 ) l’unique n-uplet de scalaires tel que
n−1
X
g(x) = αi f i (x)
i=1
Pn−1 i
Posons h = i=1 αi f . Les endomorphismes g et h de E coı̈ncident en x. De plus, pour tout i ∈ [[0, n − 1]],
puisque g et h commutent avec f :
g(f i (x)) = f i (g(x)) = f i (h(x)) = h(f i (x))
Ainsi, g et h coı̈ncident sur la base (x, f (x), f 2 (x), . . . , f n−1 (x)) de E, et ils sont donc égaux.
Voir aussi : 25
Cette application est clairement linéaire, entre espaces de même dimension finie. Pour vérifier que c’est
un isomorphisme, il suffit de vérifier que φ est injective, i.e. que son noyau est trivial, ce qui est clair car un
polynôme de degré au plus n ayant n + 1 racines distinctes est nul.
1 φ est injective, car si P ∈ Ker(φ), alors deg(P ) = deg(φ(P )) = deg(0) = −∞, donc P = 0.
Pour passer de l’injectivité à la surjectivité, on va transiter par la dimension finie. Soit Q ∈ K[X]. Soit n ∈ N
tel que Q ∈ Kn [X]. Comme φ conserve le degré, φ laisse stable Kn [X]. Il induit donc un endomorphisme de
Kn [X], injectif et donc bijectif. En particulier, Q admet un antécédent par φ, d’où la surjectivité.
2 Première approche
Reformulons d’abord le résultat à établir : il s’agit de montrer que l’application
φ : X R[X] → R[X]
Q 7→ Q(X + 1) − Q(X)
est bijective. Or cette application est linéaire, donc cela ouvre la voie à une preuve par des arguments dimen-
sionnels.
Deux points compliquent la tâche : on travaille en dimension infinie, et φ n’est pas un endomorphisme. Pour
ce second point, il suffit d’utiliser l’isomorphisme H ∈ K[X] 7→ XH de K[X] sur X K[X]. On se ramène donc à
montrer que l’application linéaire
ψ : R[X] → R[X]
H 7→ (X + 1)H(X + 1) − XH(X)
est un automorphisme de l’espace vectoriel R[X].
Or on peut vérifier que ψ conserve le degré, et on en déduit classiquement que ψ est un automorphisme de
R[X].
Deuxième approche
Il est assez facile de montrer l’unicité : si Q1 et Q2 conviennent, alors (Q1 − Q2 )(X + 1) = (Q1 − Q2 )(X)
et 0 est racine de Q1 − Q2 . On montre par récurrence que tout k ∈ N est racine de Q1 − Q2 , qui est donc nul.
Reste à passer de l’unicité à l’existence, ce qui peut se faire en dimension finie.
Pour tout n ∈ N, l’application
φn : X Rn [X] → Rn [X]
Q 7→ Q(X + 1) − Q(X)
est linéaire, et injective par ce qui précède. Comme Rn [X] et X Rn [X] ont même dimension finie, c’est un
isomorphisme.
Étant donné P , on prend n ∈ N tel que P ∈ Rn [X] pour conclure.
639 Stéphane FLON
Troisième approche
On peut vérifier que pour tout n ∈ N
φn : Kn+1 [X] → Kn [X] × K
Q 7→ (Q(X + 1) − Q(X), Q(0)
est un isomorphisme (noyau trivial et même dimension finie entre les deux espaces).
On en déduit que
φ : K[X] → K[X] × K
Q 7→ (Q(X + 1) − Q(X), Q(0))
est un isomorphisme d’espaces vectoriels. En effet, φ est bien linéaire, surjective car si P ∈ K[X], on choisit
n ∈ N tel que P ∈ Kn [X], puis on considère φ−1
n (P ). Pour l’injectivité, si Q ∈ Ker(φ), alors on choisit n ∈ N tel
que Q ∈ Kn+1 [X] : Q ∈ Ker(φn ) = {0}, donc Q = 0.
Voir aussi : 27
Correction de l’exercice 7 – Un K-espace vectoriel peut-il être une réunion finie de sous-espaces vectoriels
stricts
Montrons par récurrence sur p ∈ N∗ que E ne peut pas être la réunion de p-sous-espaces vectoriels stricts.
Pour p = 1, c’est évident.
Supposons le résultat établi à un rang p ∈ N∗ , et soit F1 , . . . , Fp+1 des sous-espaces vectoriels stricts de E
dont la réunion est égale à E.
Par hypothèse de récurrence, F1 ∪ · · · ∪ Fp ̸= E, donc on peut trouver xp+1 ∈ E \ (F1 ∪ · · · ∪ Fp ).
Soit maintenant x ∈ E, et soit λ ∈ K.
Pour tout λ, il existe iλ ∈ [[1, p + 1]] tel que x + λ xp+1 ∈ Fiλ .
Or K est infini, donc on peut trouver deux valeurs distinctes λ et µ et i ∈ [[1, p + 1]] tels que x + λ xp+1 et
x+µ xp+1 appartiennent à Fi . On a donc xp+1 ∈ Fi , ce qui impose i = p+1, mais alors x = (x+λ xp+1 )−λ xp+1 ∈
Fp+1 , et ce pour tout vecteur x de E, i.e. E = Fp+1 , ce qui contredit l’hypothèse.
Remarque – On a utilisé le fait que K était infini. De fait, si K est un corps fini (ça existe), le résultat tombe
clairement en défaut (tout espace vectoriel de dimension finie supérieure ou égale à 2 sur un corps fini est réunion
d’un nombre fini de droites).
1 Par récurrence sur m ∈ N. C’est vrai pour m = 0 (par convention, une intersection de parties de E
indexée par l’ensemble vide vaut E). Supposons le résultat établi au rang m. On considère m + 1 hyperplans
H1 , . . . , Hm+1 de E. Par hypothèse de récurrence, dim(H1 ∩ · · · ∩ Hm ) ⩾ n − m.
On a (par formule de Grassmann)
dim((H1 ∩ · · · ∩ Hm ) ∩ Hm+1 ) = dim(H1 ∩ · · · ∩ Hm ) + dim(Hm+1 ) − dim((H1 ∩ · · · ∩ Hm ) + Hm+1 )
Or dim(Hm+1 ) − dim((H1 ∩ · · · ∩ Hm ) + Hm+1 ) vaut 0 ou −1, donc est supérieur ou égal à −1.
Ainsi, dim(H1 ∩ · · · ∩ Hm ∩ Hm+1 ) ⩾ n − m − 1 = n − (m + 1).
2 Soit (e1 , . . . , en−m ) une base de F (de dimension n − m), que l’on complète en une base de (e1 , . . . , en )
de E. On pose Hi = Vect(ej , j ̸= i). On vérifie alors que F = Hn−m+1 ∩ · · · ∩ Hn : il est clair que F est
inclus
Pdans chacun de ces hyperplans. Réciproquement, soit x dans l’intersection de ces hyperplans : on écrit
n
x = j=1 λj ej .
Pn−m
Pour tout i ∈ [[n − m + 1, n]] x ∈ Hi , donc λi = 0. Il vient donc x = j=1 λj ej ∈ F .
Remarque – Pour tout i ∈ [[n − m + 1, n]], Hi = Ker(φi ), où φi est la forme linéaire sur E qui à x associe sa
i-ème composante dans la base (e1 , . . . , en ).
Si x est nul, une telle application existe si et seulement si y est également nul. Si x n’est pas nul, on pose
e1 = x. On peut compléter (e1 ) en une base (e1 , . . . , ep ) de E. Soit (y1 , . . . , yp ) ∈ F p telle que y1 = y et yi = 0
pour tout i ∈ [[2, m]]. Il existe une unique application linéaire φ de E dans F telle que φ(ei ) = yi , pour tout
i ∈ [[1, p]], et on a en particulier f (e1 ) = y1 , c’est-à-dire f (x) = y.
1
i Soit n ∈ N, x ∈ Ker(f n ). On a f n+1 (x) = f (f n (x)) = f (0E ) = 0E (car f est linéaire), donc
x ∈ Ker(f n+1 ) : Ker(f n ) ⊂ Ker(f n+1 ).
Remarque – Cette inclusion provient de l’inclusion plus générale Ker(u) ⊂ Ker(v ◦ u) (où u et v sont linéaires,
et où le but de u est la source de v).
Soit n ∈ N, x ∈ Im(f n+1 ). Il existe z ∈ E tel que x = f n+1 (z) = f n (f (z)), donc x ∈ Im(f n ) : Im(f n+1 ) ⊂
Im(f n ).
Remarque – Cette inclusion provient de l’inclusion plus générales Im(v ◦ u) ⊂ Im(v) (où u et v sont des
applications, non nécessairement linéaires, et où le but de u est la source de v).
ii La suite (dim(Ker(f n )) est une suite croissante d’entiers, majorée pa