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Corralg 1

Le document présente des corrections d'exercices d'algèbre linéaire, abordant des concepts tels que les projecteurs, les espaces vectoriels, et les applications linéaires. Les démonstrations incluent des propriétés des projecteurs et des relations entre les noyaux et images d'applications linéaires. Les résultats montrent des inclusions et des égalités importantes dans le cadre des espaces vectoriels et des projecteurs.

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Corralg 1

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Lycée La Bruyère, Versailles 2012/2013

ECS 2 – Mathématiques – A. Troesch

Algèbre 1 – Révisions d’algèbre linéaire

Correction de l’exercice 2 –
Tout d’abord, supposons que p + q soit un projecteur. Alors (p + q)2 = p + q, soit p2 + pq + qp + q 2 = p + q (attention,
a priori, pq 6= qp, la composition n’étant pas commutative). Comme p2 = p et q 2 = q, on obtient pq + qp = 0.
On compose cette égalité par pq à gauche et q à droite : 0 = pqpq 2 + pq 2 pq = 2pqpq. Ainsi, pqpq = 0
On compose l’égalité pq + qp = 0 par p à gauche et q à droite : 0 = pqpq + q 2 p2 = pqpq + qp = qp.
Par conséquent, qp = 0, puis pq = −qp = 0.
Réciproquement, si pq = qp = 0, alors

(p + q)2 = p2 + q 2 + pq + qp = p2 + q 2 = p + q,

et p + q est donc un projecteur.

Correction de l’exercice 4 – Soit E un R-espace vectoriel.


1. • Montrons que la somme Ker(g) + (Ker(f ) ∩ Im(g)) est directe. Cela provient du fait que, puisque g est un
projecteur, Ker(g) et Im(g) sont en somme directe (ils sont supplémentaires dans E). Ainsi

{0} ⊂ Ker(g) ∩ Ker(f ) ∩ Im(g) ⊂ Ker(g) ∩ Im(g) = {0}.

Ainsi, par double-inclusion, Ker(g) ∩ Ker(f ) ∩ Im(g) = {0}, donc Ker(g) ⊕ (Ker(f ) ∩ Im(g)) est directe
• Soit x ∈ Ker(f ◦ g). Alors f ◦ g(x) = 0. Comme E = Ker(g) ⊕ Im(g), il existe x1 ∈ Ker(g) et x2 ∈ Im(g)
tels que x = x1 + x2 . On a alors

0 = f ◦ g(x) == f ◦ g(x1 ) + f ◦ g(x2 ).

Or, x1 ∈ Ker(g), donc f ◦ g(x1 ) = 0, et x2 ∈ Im(g), et g étant un projecteur, g(x2 ) = x2 . Donc la relation
précédente se réécrit 0 = f (x2 ), et par conséquent x2 ∈ Ker(f ).
On a donc x = x1 + x2 , où x1 ∈ Ker(g) et x2 ∈ Ker(f ) ∩ Im(g). Ainsi x ∈ Ker(g) ⊕ (Ker(f ) ∩ Im(g)).
On obtient donc l’inclusion Ker(f ◦ g) ⊂ Ker(g) ⊕ (Ker(f ) ∩ Im(g)).
• Réciproquement, soit x ∈ Ker g, alors f ◦g(x) = f (0) = 0, donc Ker(g) ⊂ Ker(f ◦g). Soit x ∈ Ker(f )∩Im(g).
Alors, comme g est un projecteur, g(x) = x, donc 0 = f (x) = f ◦ g(x), donc x ∈ Ker(f ◦ g). Par conséquent,
Ker(f ) ∩ Im(g) ⊂ Ker(f ◦ g). Ces deux inclusions amènent Ker(g) ⊕ (Ker(f ) ∩ Im(g)) ⊂ Ker(f ◦ g).
Les deux inclusions amènent l’égalité.
2. • Soit x ∈ Im(f ◦ g). Il existe y ∈ E tel que x = f (g(y)), donc x ∈ Im(f ). De plus, x = x − g(y) + g(y), et
f (x − g(y)) = f (x) − f ◦ g(y) = x − x = 0, car f (x) = x, puisque x ∈ Im(f ), et f est un projecteur. Ainsi,
x ∈ Ker f + Im(g). Donc x ∈ Im(f ) ∩ (Ker f + Im g)
• Réciproquement, si x ∈ Im(f ) ∩ (Ker f + Im g), alors il existe y ∈ E, z ∈ E, et t ∈ Ker(f ) tels que
x = f (y) = t + g(z). Alors

x = f (y) = f ◦ f (y) = f (t) + f ◦ g(y) = f ◦ g(y),

donc x ∈ Im(f ◦ g).


3. • On a (id − g)2 = id + g 2 − 2g = id + g − 2g = id − g, donc id − g est un projecteur.
• Si p est un projecteur, Im(p) = Ker(id − p), car x ∈ Im(p) si et seulement si p(x) = x. En appliquant cela
à id − g et à g, il vient :

Im(id − g) = Ker(id − (id − g)) = Ker(g) et Im(g) = Ker(id − g).

4. On suppose que f et g sont deux projecteurs de E.

1
• Si f ◦ g est un projecteur également, alors Im(f ◦ g) ⊂ Ker(f ◦ (id − g)). En effet, soit x ∈ Im(f ◦ g). Alors,
comme f ◦ g est un projecteur, x = f ◦ g(x), et donc

f (x) = f 2 ◦ g(x) = f ◦ g(x) soit: f (x − g(x)) = 0 soit: f ◦ (id − g)(x) = 0.

Ainsi, Im(f ◦ g) ⊂ Ker(f ◦ (id − g)), et d’après la description donnée pour ces espaces, du fait que f , g et
id − g sont des projecteurs,

Im(f ) ∩ (Ker(f ) + Im(f )) ⊂ Ker(Id − g) ⊕ (Ker(f ) ∩ Im(id − g)) = Im(g) ⊕ (Ker(f ) ∩ Ker(g)).

• Réciproquement, si cette inclusion est vérifiée, donc si Im(f ◦ g) ⊂ Ker(f ◦ (id − g)), soit x ∈ E. Alors

(f ◦ (id − g))(f ◦ g)(x) = 0 soit: f 2 ◦ g(x) − (f ◦ g)2 (x) = 0 soit: f ◦ g(x) = (f ◦ g)2 (x).

Ceci étant vrai pour tout x, f ◦ g est un projecteur.

Correction de l’exercice 8 – Soit A, B, C et B ′ quatre espaces vectoriels sur K = R ou C, et soit f , g, f ′ , g ′ et


h des applications linéaires telles que ci-dessous :
B
f g

A h C

f′ g′
B′
On suppose en outre que :
(i) h ◦ f = f ′ et g ′ ◦ h = g,
(ii) f et f ′ sont injectives, g et g ′ sont surjectives,
(iii) Im(f ) = Ker(g) et Im(f ′ ) = Ker(g ′ ).
1. Soit a ∈ A. Alors f (a) ∈ Im(f ), et comme Im(f ) = Ker(g), on obtient f (a) ∈ Ker(g). Ainsi, g(f (a)) = 0.
De même, puisque Im(f ′ ) = Ker(f ′ ), g ′ ◦ f ′ (a) = 0.
2. Étude de l’injectivité de h
(a) Soit b ∈ B tel que h(b) = 0. Ainsi, g ′ étant linéaire,

g ′ ◦ h(b) = g ′ (0) = 0.

Or, par hypothèse g ′ ◦ h = g, donc g(b) = 0.


(b) On en déduit que b ∈ Ker(g), donc, puisque Ker(g) = Im(f ), on a b ∈ Im(f ), et donc, il existe a ∈ A tel
que f (a) = b.
(c) On a alors f ′ (a) = h ◦ f (a) = h(b) = 0. Par conséquent, a ∈ Ker(f ′ ), et comme f ′ est injective,
Ker(f ′ ) = {0}. Ainsi, a = 0. On en déduit que b = 0.
Ainsi, Ker(h) = {0}, et par conséquent, h est injective.
3. Étude de la surjectivité de h.
(a) L’application g est surjective, donc g ′ (b′ ) dans C admet une image réciproque par g. Il existe donc b ∈ B
tel que g(b) = g ′ (b′ ).
(b) On a alors g ′ (h(b) − b′ ) = g ′ (h(b)) − g ′ (b′ ), et comme g ′ ◦ h = g, on a g ′ (h(b) − b′ ) = g(b) − g ′ (b′ ) = 0.
Par conséquent, h(b) − b′ ∈ Ker(g ′ ), et comme Ker(g ′ ) = Im(f ′ ), h(b) − b′ ∈ Im(f ′ ).
Soit a ∈ A tel que h(b) − b′ = f ′ (a). Comme f ′ = h ◦ f , on a h(b) − b′ = h(f (a)), donc h(b) − b′ ∈ Im(h).
(c) On a donc b′ = h(b) − h(f (a)) = h(b − f (a)), et donc b′ ∈ Im(h). Cela montre bien que h est surjective.
Étant une application linéaire injective et surjective, h est donc un isomorphisme.

Correction de l’exercice 11 – (D’après ESCL 1993)


1. (a) • f étant linéaire, on a :

(f − a · id) ◦ (f − b · id) = f ◦ f − af − bf + ab · id = a2 P + b2 q − a2 p − abq − abp − b2 q + ab(p + q) = 0.

2
• De même,
(f − b · id) ◦ (f − a · id) = f ◦ f − bf − af + ab · id = 0.

(b) On a f − a · id = ap + bq − a(p + q) = (b − a)q, et de même f − b · id = ap + bq − b(p + q) = (a − b)p.


(c) Ainsi,
0 = (f − a · id) ◦ (f − b · id) = (b − a)q ◦ ((a − b)p) = −(a − b)2 q ◦ p
puisque q est linéaire. Ainsi, puisque (a − b)2 est un scalaire non nul par hypothèse, q ◦ p = 0. De même
en inversant le rôle de a et b, on trouve p ◦ q = 0.
(d) On a p + q = id. En composant par p, on obtient p ◦ p + p ◦ q = p, et comme p ◦ q = 0, on trouve
finalement p ◦ p = p. Ainsi, p est un projecteur.
De même, en composant par q au lieu de p, on trouve q ◦ q = q, donc q est un projecteur de E.
2. Soit, pour tout n dans N, la propriété P(n): f n = an p + bn q.
On a f 0 = id = p + q = a0 p + b0 q. Ainsi P(0) est vérifié.
Soit n ∈ N tel que P(n) soit vrai. Alors

f n+1 = f n ◦ f = (an p + bn q) ◦ f = an p ◦ f + bn q ◦ f.

Or, f = ap + bq, donc p étant linéaire, p ◦ f = a · p ◦ p + b · p ◦ q = ap, puisque p est un projecteur et que
p ◦ q = 0.
De même, q ◦ f = q ◦ (ap + bq) = a · q ◦ p + b · q ◦ q = bq.
Ainsi f n+1 = an+1 p + bn+1 q, d’où P(n + 1).
Par conséquent, P(0) est vraie, et pour tout n dans N, P(n) entraîne P(n + 1). D’après le principe de
récurrence, P(n) est vraie pour tout n dans N.
3. (a) On a, par linéarité de f :  
1 1 1 1
f◦ ·p+ ·q = f ◦ p + f ◦ q.
a b a b
Comme dans la question précédente, f ◦ p = (ap + bq) ◦ p = ap ◦ p + bq ◦ p = ap, et f ◦ q = bq. Ainsi,
 
1 1 1 1
f◦ · p + · q = · ap + · bq = p + q = id.
a b a b

(b) De la même façon, on a :


 
1 1 1 1 1 1
· p + · q ◦ f = · p ◦ f + · p ◦ q = · ap + · bq = p + q = id.
a b a b a b

Ainsi, f est bijective, et f −1 = 1


a ·p+ 1
b · q. Puisque f est linéaire, f est donc un isomorphisme.
(c) En posant a′ = 1
a et b′ = 1b , la récurrence de la question 2 donne immédiatement

1 1
(f −1 )n = · p + n · q.
an b
4. (a) Soit λ ∈ R. On a f − λid = ap + bq − λp − λq = (a − λ)p + (b − λ)q.
Si a − λ et b − λ sont non nuls, le même calcul que dans la question 3 donne l’inversibilité de f − λid,
1 1
un inverse étant a−λ · p + b−λ · q.
Si a − λ = 0, alors f − λid = (b − 1)q. Cette application linéaire est non inversible, sinon, Ker((b − 1)q) =
{0}, et comme b − 1 6= 0 (puisque a 6= b), on obtiendrait Ker(q) = {0}. Or, p étant un projecteur, on
a Ker q ⊕ Im q = E, donc on aurait Im q = E. Mais pour tout x de Im q, donc pour tout x de E on a
q(x) = x, donc q = id, puis p = 0, ce qui contredit l’hypothèse initiale.
De même, si b − λ = 0, f − λid est non inversible.
Ainsi, S = {a, b}.
(b) • Soit x ∈ Ker(f − a · id) ⊕ Ker(f − b · id). Alors

f (x) − ax = 0 et f (x) = bx, donc: ax = bx soit: (a − b)x = 0.

Comme a − b 6= 0, on en déduit que x = 0. Ainsi, Ker(f − a · id) ⊕ Ker(f − b · id) = {0}, donc la somme
de ces deux espaces vectoriels est directe.

3
• Ker(f − a · id) et Ker(f − b · id) sont des sous-espaces vectoriels de E, donc leur somme aussi, d’où
l’inclusion Ker(f − a · id) ⊕ Ker(f − b · id) ⊂ E
• Réciproquement, soit x ∈ E. Comme p + q = id, on peut écrire x = p(x) + q(x). Or

(f − aid)p(x) = (b − a)q ◦ p(x) = 0,

donc p(x) ∈ Ker(f − a · id), et de même q(x) ∈ Ker(f − b · id).


Ainsi, x ∈ Ker(f − a · id) + Ker(f − b · id). D’où l’inclusion E ⊂ Ker(f − a · id) + Ker(f − b · id).
Ayant les deux inclusions, et la somme étant directe, on peut donc conclure que Ker(f − λ1 id) ⊕ Ker(f −
λ2 id) = E.

Correction de l’exercice 12 – (D’après Mines 1990, partie I)


1. De manière évidente, ϕ est à valeurs dans R[X].
Soit P et Q deux polynômes et λ un réel. Alors

ϕ(λP +Q)(X) = (λP +Q)(X +1)+(λP +Q)(X) = λ(P (X +1)+P (X))+(Q(X +1)+Q(X)) = λϕ(P )+ϕ(Q).

Donc ϕ est une application linéaire de R[X] dans R[X], donc un endomorphisme de R[X].
2. (a) Soit P ∈ Ker(ϕ). Alors P (X + 1) + P (X) = 0. Si P est non nul, soit d ∈ N son degré et ad 6= 0 son
coefficient dominant. Alors P (X + 1) est de même degré, et même coefficient dominant que P (X). Par
conséquent, les coefficients dominants ne se compensant pas, le degré de P (X + 1) + P (X) est d et
son coefficient dominant est 2ad 6= 0. En particulier, P (X) + P (X + 1) est non nul, ce qui contredit
P ∈ Ker(ϕ). On en déduit que P = 0, donc que Ker(ϕ) ⊂ {0}, puis Ker(ϕ) = {0}, l’inclusion réciproque
étant immédiate.
(b) Par conséquent, d’après le cours, ϕ est injective.
(c) Au cours de la démonstration de la question 2(a), nous avons vu que deg ϕ(P ) = deg(P ), donc si
P ∈ Rn [X], alors ϕ(P ) aussi. Ainsi, ϕ se restreint en un endomorphisme de Rn [X].
Dans peu de temps, Rn [X] étant de dimension finie, on pourra dire directement que ϕ, étant injective, est
un isomorphisme (vrai pour toute application linéaire injective entre deux espaces vectoriels de même
dimension finie). Ce résultat sera une conséquence imméiate du théorème du rang.
Ne disposant pas encore de ce résultat, je donne un autre argument.
Soit (1, X, . . . , X n ) la base canonique de Rn [X]. Alors ϕ étant injective (ϕ(1), . . . , ϕ(X n )) est une famille
libre de Rn [X]. Son cardinal étant égal à la dimension de Rn [X], c’en est une base, donc en particulier
une famille génératrice. Or, (1, X, . . . , X n ) étant une famille génératrice de Rn [X],

Im(ϕ) = Vect(ϕ(1), . . . , ϕ(X n )) = Rn [X].

Ainsi, ϕ restreint à Rn [X] est une surjection sur Rn [X]. Étant aussi injective, c’est un isomorphisme de
R[X] sur lui-même, c’est-à-dire un automorphisme de R[X].
(d) Ayant déjà justifié l’injectivité de ϕ, il reste à montrer sa surjectivité. Soit P ∈ R[X]. Alors il existe
n ∈ N tel que P ∈ Rn [X]. Ainsi, ϕ se restreignant en un automorphisme de Rn [X], il existe Q ∈ Rn [X]
(donc Q ∈ R[X]) tel que P = ϕ(Q). Ainsi, ϕ est surjective, puis bijective.
Ainsi, ϕ est un endomorphisme bijectif, donc un automorphisme de R[X].
3. Soit E = Ker(ϕ − 2id), et F l’ensemble des polynômes s’annulant en 0. On note Fn le sous-ensemble de F
constitué des polynômes de F de degré inférieur ou égal à n.
(a) • Par définition, F est un sous-ensemble de R[X], et 0 ∈ F , car le polynôme nul s’annule en 0.
De plus, soit P et Q deux éléments de F , et λ un scalaire. Alors (λP + Q)(0) = λP (0) + Q(0) = 0,
donc λP + Q ∈ F . Ainsi, F est stable pas combinaisons linéaires.
Par conséquent, F est un sous-espace vectoriel de R[X].
• Soit n ∈ N. Alors Fn = Rn [X] ∩ F , et donc, Fn est un sous-espace vectoriel de R[X], en tant
qu’intersection de deux sous-espaces vectoriels. De plus, Fn ⊂ F , donc il s’agit d’un sous-espace
vectoriel de F .
(b) • Soit P ∈ E. Alors 0 = ϕ(P )(X) − 2P (X) = P (X + 1) − P (X), donc P (X + 1) = P (X). Si P admet
une racine réelle ou complexe r, alors P (r + 1) = P (r) = 0, et par une récurrence immédiate, pour
tout n ∈ N, P (r + n) = 0. Ainsi, P admet une infinité de racine donc P est nul. Ainsi, soit P est le
polynôme nul, soit P n’admet pas de racine dans C, ce qui, d’après le théorème de d’Alembert-Gauss,
n’est possible que si P est constant. Dans les deux cas de figure, P ∈ R0 [X]. Ainsi, E ⊂ R0 [X].

4
• Réciproquement, soit P ∈ R0 [X]. Alors P est constant, donc P (X + 1) = P (X), donc P ∈ Ker(ϕ −
2id) = E, d’où R0 [X] ⊂ E.
Les deux inclusions amènent l’égalité E = R0 [X].
(c) • Soit P ∈ E ∩ F . Alors P est constante, et s’annule en 0. Cela n’est possible que si P = 0, bien sûr ;
Ainsi, E ∩ F = {0}, donc la somme E + F est directe.
• On a bien sûr E + F ⊂ R[X]. De plus, soit P ∈ R[X]. Alors P = (P − P (0)) + P (0), avec P (0) ∈
R0 [X] = E, et P − P (0) ∈ F . Donc P ∈ E + F , et donc R[X] ⊂ E + F , puis E + F = R[X].
(d) Soit f la restriction de ϕ − 2id à F . Soit P ∈ Ker f . Alors f (P ) = 0, donc P ∈ F et P ∈ Ker(ϕ − 2id),
donc ∈ E ∩ F = {0}. Par conséquent, Ker(f ) = {0}, donc f est injective.
De plus, soit fn la restriction de ϕ − 2id à Fn . Alors fn est injective. Donc fn est un isomorphisme de Fn
sur son image Im(fn ). Par conséquent, Fn et Im(fn ) étant isomorphes, ils ont même dimension. Ainsi,

dim Im(fn ) = dim(Fn ) = dim Rn [X] − dim E = n + 1 − 1 = n,

car par un argument similaire à celui de la question précédente, E ⊕ Fn = Rn [X].


Par ailleurs, pour tout P de degré d, P (X + 1) est aussi de degré d, donc la différence P (X + 1) − P (X)
est de degré au plus d. Les deux polynômes P (X) et P (X + 1) ont même coefficient dominant, donc
le terme de degré d de P (X + 1) − P (X) est nul. Ainsi, ϕ(P ) − 2P est de degré au plus d − 1. Par
conséquent fn est à valeurs dans Rn−1 [X].
On a donc Im(fn ) ⊂ Rn−1 [X]. Ces deux espaces étant de même dimension n, on en déduit qu’on a une
égalité, et donc que fn est surjective.
Ainsi, fn est un isomorphisme de Fn sur Rn−1 [X].
(e) On a déjà répondu à cette question en fait : deg(ϕ − 2id)(P ) < deg P .
4. Pour tout n ∈ N∗ , Un vérifie (ϕ − 2id)(Un ) = Un−1 et Un ∈ F .
Soit, pour tout n dans N, la propriété P(n): Un vérifiant les conditions requises existe (et est unique).
U0 est donné explicitement, donc existe.
Soit n ∈ N tel que Un existe et vérifie les propriétés requises. Alors :
+∞
• Comme ϕ − 2id est injective sur chaque Fn , elle est injective sur Fn = F , car ces ensembles sont inclus
S
n=0
les uns dans les autres. En effet, soit P ∈ Ker((phi − 2id)|F . Alors il existe n tel que P ∈ Fn , et donc
puisque ϕ − 2id est injective sur Fn , P = 0.
• De plus, comme la restriction de ϕ − 2id à chaque Fn , n > 1, est surjective sur Rn−1 [X], ϕ − 2id est
+∞
surjective sur
S
Rn−1 [X] = R[X].
n=1
Ainsi, ϕ − 2id induit un isomorphisme de F sur R[X]. Par conséquent, il existe un unique polynôme Un+1 de
F (c’est-à-dire vérifiant Un+1 (0) = 0), tel que (ϕ − 2id)(Un+1 ) = Un , c’est-à-dire Un+1 (X + 1) − Un+1 (X) =
Un (X).
Par conséquent, P(0) est vraie, et pour tout n dans N, P(n) entraîne P(n + 1). D’après le principe de
récurrence, P(n) est vraie pour tout n dans N.
Par conséquent, il existe une suite de polynômes (Un )n∈N , vérifiant U0 = 1, pour tout n ∈ N∗ , Un (0) = 0, et
Un (X + 1) = Un (X) + Un−1 (X).
Soit n ∈ N∗ . Soit dn le degré de Un et an son coefficient dominant. Ainsi, il existe un polynôme P de degré
au plus dn − 1 tel que Un = an X dn + P . On a de plus, en évaluant en 0, P (0) = 0, puisque Un (0) = 0. Ainsi,
P ∈ Fdn −1 On a alors, par linéarité de ϕ,

(ϕ − 2id)(Un ) = an ((X + 1)dn − X dn ) + (ϕ − 2id)(P ).

Or,
dn  n −1
dX
  
X dn dn
an ((X + 1)dn − X dn ) = an X k − an X n = an X k.
k k
k=0 k=0

Ainsi, il s’agit d’un polynôme de degré dn − 1 et de coefficient dominant an dnd−1 = an dn .


n


De plus, ϕ − 2id se restreint en une bijection de Fdn −1 sur Rn−2 [X], donc (ϕ − 2id)(P ) est de degré au plus
dn − 2. On en déduit que (ϕ − 2id)(Un ) est de degré dn − 1, et de coefficient dominant an dn .

5
Or, (ϕ − 2id)(Un ) = Un−1 , par conséquent, on obtient les relations, pour tout n > 1 :

dn = dn−1 + 1 et an−1 = an dn .

La première relation définit une suite arithmético-géométrique de raison 1, et de terme initial d0 = 0. Ainsi,
pour tout n ∈ N, dn = n. Par conséquent, pour tout n > 1, an = an−1 a0 1
n , donc an = n! = n! .
5. Soit, pour tout N dans N, la propriété P(N ): (Un )06n6N est une base de RN [X].
(U0 ) est non nul, et c’est un polynôme constant, donc dans R0 [X]. Comme cet espace est de dimension 1,
(U0 ) est bien une base de R0 [X] (vous remarquerez qu’il s’agit de la base canonique, en fait). Ainsi, P(0) est
vérifié.
Soit n ∈ N tel que P(n) soit vérifié. Tout d’abord, les Ui , i ∈ [[0, N + 1]], sont bien des éléments de RN +1 [X],
d’après la question précédente. Soit λ0 , . . . , λn+1 des scalaires tels que

λ0 U0 + · · · + λN +1 UN +1 = 0.

Pour tout i < N + 1, deg Ui = i < N + 1. Ainsi, UN +1 est le seul terme qui contribue à donner un terme
de degré N + 1. Soit aN +1 son coefficient dominant. Alors aN +1 6= 0, et le terme de degré N + 1 dans
l’expression de gauche est λN +1 aN +1 . Par identification des coefficients dans l’égalité ci-dessus, on en déduit
que λN +1 aN +1 = 0, et comme αN +1 6= 0, il vient λN +1 = 0. Ainsi,

λ0 U0 + · · · + λN UN = 0.

Or, par hypothèse de récurrence, la famille (U0 , . . . , UN ) est libre, donc λ0 = · · · = λN = 0. Ainsi,
(U0 , . . . , UN +1 ) est une famille libre. Son cardinal est N + 2, et il s’agit d’une famille libre dans l’espace
RN +1 [X], qui est dimension N + 2 également. Ainsi, c’est une base de RN +1 [X]. D’où P(N + 1).
Par conséquent, P(0) est vraie, et pour tout N dans N, P(N ) entraîne P(N + 1). D’après le principe de
récurrence, P(N ) est vraie pour tout N dans N.
6. L’existence et l’unicité de (Pn )n∈N provient du fait que ϕ est un automorphisme de R[X], d’après la question
2(d). Par conséquent, pour tout n ∈ N, 2X n admet un unique antécédent Pn par ϕ.
7. (a) Soit n ∈ N, et Qn (X) = (−1)n Pn (1 − X). On a :

Qn (X) + Qn (X + 1) = (−1)n (Pn (1 − X) + Pn (−X)) = (−1)n 2(−X)n = 2X n ,

d’après la relation satisfaite par Pn . Ainsi, ϕ(Qn ) = 2X n = ϕ(Pn ), et par injectivité de ϕ, Qn = Pn .


(b) En particulier, pour tout n ∈ N∗ , P2n (1 − X) = P2n (X), donc P2n (1) = P2n (0). De plus, en évaluant en
0 la relation définissant P2n , on obtient :

P2n (0) + P2n (1) = 2 · 02n = 0.

Ainsi, il vient immédiatement, pour tout n ∈ N∗ , P2n (0) = P2n (1) = 0.


Pour n = 0, on obtient P0 (0) + P0 (1) = 2, et P0 (0) = P0 (1), donc P0 (0) = P0 (1) = 1. Dans ce cas,
on vérifiera aisément d’ailleurs que P0 est le polynôme constant égal à 1 (ce polynôme vérifie l’égalité
requise, et par unicité, il est donc égal à P0 .)
Pour tout n ∈ N, la relation de la question précédente amène P2n+1 (1 − X) = −P2n+1 (X), d’où, en
évaluant cette expression en 12 :
     
1 1 1
P2n+1 = −P2n+1 , donc: P2n+1 = 0.
2 2 2
Pn′
(c) Soit n > 1, et Rn = n . Alors
1 ′ 1
Rn (X + 1) + Rn (X) = (Pn (X + 1) + Pn′ (X)) = · 2nX n−1 ,
n n
en dérivant l’équation définissant Pn . Ainsi,

Rn (X + 1) + Rn (X) = 2X n−1 .

Ainsi, Rn vérifie la même relation que Pn−1 . Par unicité de la solution de cette équation, on en déduit
que Rn = Pn−1 , donc que Pn′ = nPn−1 .
On en déduit notamment que :

6
• P0 = 1 (déjà vu)
• P1 vérifie P1′ = 1 · P0 = 1, donc P1 = X + a, pour une certaine valeur de a. Comme de plus, 12 est
racine de P1 , on en conclut que P1 = X − 12 .
• P2′ = 2 · (X − 21 ), donc il existe a tel que P2 = X 2 − X + a. De plus, P2 (0) = P2 (1) = 0, d’où a = 0,
et donc P2 = X 2 − X.
• P3′ = 3P2 = 3(X 2 − X) donc P3 = X 3 − 32 X 2 + a. Comme P2 12 = 0, on obtient a = − 81 + 38 = 41 , et


par conséquent
3 1
P3 = X 3 − X 2 + .
2 4
• P4′ = 4X 3 − 6X 2 + 1, donc P4 = X 4 − 2X 3 + X + a, et a = 0, car P4 (0) = 0. Ainsi

P4 = X 4 − 2X 3 + X.

On vérifie rapidement que P4 (1) = 0.


• P5′ = 5X 4 −10X 3 +5X donc P5 = X 5 − 52 X 4 + 52 X 2 +a. L’égalité P5 25 amène a = − 32 1 5
− 58 = − 21 .

+ 32
Ainsi
5 5 1
P5 = X 5 − X 4 + X 2 − .
2 2 2
(d) On regarde ce qu’il se passe sur les petits rangs pour deviner la propriété à démontrer.
Soit, pour tout n dans N∗ , la propriété P(n):
• si n ≡ 1 mod 4, Pn est strictement croissante sur [0, 1]
• si n ≡ 2 mod 4, Pn est strictement décroissante sur [0, 21 ] et strictement croissante sur [ 21 , 0] ;
• si n ≡ 3 mod 4, alors Pn est strictement décroissante sur [0, 1] ;
• si n ≡ 0 mod 4, alors Pn est strictement croissante sur [0, 12 ] et strictement décroissante sur [ 21 , 1].
.
La propriété P(1) dit la croissance de P1 , ce qui est vrai, vu l’expression de P1 .
Soit n ∈ N∗ tel que P(n) soit vérifié. Alors :
• si n ≡ 1 mod 4, alors n − 1 ≡ 0 mod 4, donc Pn−1 est croissante sur [0, 12 ] et décroissante sur [ 12 , 1].
Comme Pn−1 (0) = Pn−1 (1) = 0, on en déduit que la fonction polynomiale Pn−1 est positive. De plus,
Pn′ est du signe de Pn−1 d’après la question précédente, donc Pn est croissante sur [0, 1].
• Si n ≡ 2 mod 4, alors n − 1 ≡ 1 mod 4, donc Pn−1 est croissante sur [0, 1], et s’annule en 21 . Donc
Pn−1 (et donc Pn ) est négative sur [0, 21 ] et positive sur [ 21 , 1]. Ainsi, Pn est décroissante sur [0, 12 ] et
croissante sur [ 12 , 1].
• Si n ≡ 3 mod 4, alors n − 1 ≡ 2 mod 4, donc Pn−1 est décroissante puis croissante et s’annule en 0
et 1, donc Pn−1 (et par conséquent, Pn′ ) est négative sur [0, 1]. Ainsi Pn est décroissante sur [0, 1].
• Si n ≡ 0 mod 4, alors n − 1 ≡ 3 mod 4, et Pn−1 est décroissante sur [0, 1], s’annulant en 21 . Par
conséquent, Pn−1 est positive sur [0, 12 ] et négative sur [ 12 , 1], et de même que précédemment, Pn est
alors croisante sur [0, 21 ] et décroissante sur [ 12 , 1].
Par conséquent, P(1) est vraie, et pour tout n dans N∗ , P(n) entraîne P(n + 1). D’après le principe de
récurrence, P(n) est vraie pour tout n dans N∗ .

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