Guide du voyageur
dans le palais et la forêt
de Fontainebleau, ou
Histoire et description
abrégées de ces lieux
[...]
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Denecourt, Claude-François (1788-1875). Guide du voyageur dans le palais et la forêt de Fontainebleau, ou Histoire et description abrégées de ces lieux remarquables et
pittoresques... par F. Denecourt. 1840.
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GUIDE DU VOYAGEUR
DANS
LE PALAIS ET LA FORÊT
DE FONTAINEBLEAU.
Fontainebleau,Imp dp E. JACQUIN.
GUIDE DU VOYAGEUR
UANS
LE PALAISET LAFORÊT
FONTAINEBLEAU,
ou
HISTOIRE ET DESCRIPTION ABRÉGÉES
DE CES LIEUX REMARQUABLES ET PITTORESQUES.
AVEC CARTES TOPOGRAPHIQUES.
PAR F. DENECOURT.
PRIX 2 F. 50 C.
FONTAINEBLEAU,
CHEZ L'AUTEUR RUE DE FRANCE 49.
F. LHUILLIER, SUCCESSEUR DE S. PETIT, LIBRAIRE,
MÈME RUE, N° 11.
1840
TABLE.
PREMIÈRE PARTIE.
DU CHANTEAU.
Origine de Fontainebleau 5
Souvenirs historiques. 7
Description du Château. — Cours. 13
Intérieur. 15
Extérieur. 29
Eglise d'Avon. 33
DEUXIÈME PARTIE.
DE LA FORÊT.
Introduction. 3
Productions de la forêt. 7
La Forêt en cinq promenades de 6 heures 15
chaque
Première Promenade. 19
Deuxième 35
Troisième 49
Quatrième 59
Cinquième 69
La Forêt en deux promenades de 8 heures chaque 87
La Forêt en six de -1 li. Id. 97
promenades
Promenade la intéressante en 5 h. 111
plus
FIN DE LA TABLE.
PREMIÈRE PARTIE.
1
AVERTISSEMENT.
compris l'utilité en même temps que la né-
Avant
cessité de renfermer en un livre volumineux la
peu
de tout ce y a d'intéressant et de re-
description clu'il
dans le Palais et la Forèt de Fontaine-
marquable
bleau, me suis décidé à publier cet ouvrage, dont
je
la narration de tout détail superflu, ne
dégagée
contient l'indication exacte et succincte des
que
choses méritent d'être vues. Ce sera, à le
qui j'aime
le guide le plus commode et le utile aux
croire, plus
viennent chaque année, davantage, à
étrangers qui
Fontainebleau, pour en visiter les chefs-d'œuvre et
les merveilles.
4
Afin de leur faciliter les moyens de parcourir
avec connaissance de cause ces lieux pleins de
souvenirs et si dignes d'intérêt, j'ai joint à cet
ouvrage deux cartes topographiques, l'une du Châ-
teau, l'autre de la Forêt.
ORIGINE
FONTAINEBLEAU.
La vallée, d'où apparaissent Fontainebleau
et son magnifique château, est environnée de
bois, de rochers, et située au milieu de la
vaste forêt du même nom. Au dixième siècle,
cette vallée n'était qu'un désert de sable cou-
vert çà et là de landes et de bruyères, parmi
lesquelles serpentaient, en coulant vers la
Seine, les eaux d'une source abondante, alors
à peu ignorée des mortels humains, mais
près
fréquentée uniquement par les bêtes fauves
ces lieux sauvages. L'eau de
qui peuplaient
cette source parut si limpide et si belle au
chasseur qui le premier pénétra sur ses bords,
la Fontaine C'est de
du'il la nomma Belle-Eau.
— 6 —
là, dit-on, que Fontainebleau tient son nom.
Une autre version rapporte qu'un chien, ap-
loelé Bléau, ayant conduit son maître vers la
fontaine, celui-ci lui aurait donné le nom de
cet animal Foucaiue Bléau.
Un troisième auteur, le Père Guilbert, qui
a écrit, il y a un peu plus d'un siècle, ul
livre sur Fontainebleau, prétend qu'aupara-
vant l'existence de cette résidence royale, il y
avait au lieu et place une habitation particu-
lière, sorte de manoir appelé Bréau, nom que
porte encoreaujourd'hui l'abreuvoir situé au
sud ,du Parterre, et alimenté parles eaux de
la source en question, et à laquelle,
toujours
d'après l'auteur cité, ce nom aurait été le vé-
ritable qui lui fùt donné, Fontaine-Béau, et
et non pas Fontaine Belle-Eau, ni Blêau. Dans
l'incertitude qui règne sur l'étymologie .de
Fontainebleau, je laisse il la sagacité du lec-
teqr le soin d'en décider.
— 8 —
SOUVENIRS
HISTORIQUES.
L'existence la ancienne du de
plus palais
Fontainebleau, dont la date soit certaine, re-
monte au xnp siècle. La charte de Louis VII
ne laisse aucun doute à ce elle se ter-
sujet;
mine ainsi Actum publicè apod Fontene-Bleaudi
in nostro, anno Domini 1169 (donné
palatio
dans notre palais de Fontaine-
publiquement
l'an 1169.) C'est sous le de ce
bleau, règne
fut construite la Cha-
prince que jg;ie petite
pelle de Saint-Saturnin.
A cette époque, Fontainebleau n'était qu'un
misérable hameau, et son Château un manoir,
oit la alors contrariée la
royauté, par puis-
— 8 —
sance qu'avaient usurpée le clergé et la no-
blesse, venait parfois ensevelir sa mélancolie
et ses ennuis
Louis ix, qui aimait beaucoup cette soli-
tude, qu'il appelait ses déserts, y fit faire de
grandes constructions, dont les plus remar-
quables sont une Église dédiée à la Sainte-
Trinité, et un Pavillon qui a conservé son
nom.
En 1262,Philippe-le-Bel vint au monde à
Fontainebleau, et y est mort en 1324.
C'est seulement sous François I", que fut
construite la plus grande partie des immenses
bâtimens que nous voyons aujourd'hui, et que
cette solitude royale se transforma en un bril-
lant rendez-vous de chasse, en un vaste foyer
de fêtes et de bonheur pour les grands sei-.
gneurs, les courtisans et les beautés dont les
aventures galantes remplissent les fastes de la
cour.
1 Fontainebleau est une ville dont la po-
Aujourd'hui
s'élève à environ dix mille habaans. à
pulation Quant
l'étendue de son château on peut s'en faire une idée
sachant que la toîture seule présente une superficie
en
de soixante mille mètres carrés.
— 9 —
Le 10 septembre 155 1, Henri uc y vint au
monde, et mourut à Saint-Cloud, poignardé
par un fanatique formé à l'école des Jésuites.
Henri m, avec la belle Gabrielle d'Estrées,
l'habita souvent et ajouta à son agrandis-
sement en faisant élever les vastes bâtimens
de la cour des Cuisines et de celle des Prin-
ces.
Louis XIII, son fils et son successeur, y
naquit en 1601, et y fut baptisé sous la cou-
pole du donjon de la cour Ovale, le 14 sep-
tembre 1606.
Après les guerres de la Fronde, Louis xiv
y fit pendant assez long-temps sa résidence.
Ses amours avec madame de la Vallière y com-
mencèrent, pour aller finir un peu plus tard
à Versailles. Quand ce prince n'habitait pas le
château de Fontainebleau il en faisait hon-
neur à d'autres. C'est ainsi que l'ex-reine de
Suède, la fameuse Christine, y séjourna assez
pour y faire assassiner, sous ses
long-temps
et sans aucune forme de le mar-
yeux procès,
quis de lfonaldesclii, son écuyer, qui avait
eu le malheur de lui être infidèle et de dé-
voiler des secrets confiés au milieu des rela-
tions les plus intimes.
— 10 —
Le grand Condé y termina sa carrière le
H décembre 1686.
Le 5 octobre 4725, Louis xv y épousa une
réfugiée polonaise, la princesse Marie, fille
de Stanislas Lecksenski, qui, après avoir été
deux fois roi de Pologne, s'était retiré en
France, pauvre et dénué de tout.
Le Dauphin, leur fils, père de trois rois de
France, Louis XVI, Louis XVIII et Charles x,
et dont les restes mortels sont déposés dans
la cathédrale de Sens, y est mort le 20 dé-
le règnede Louis XVI, la cour et les
Sous
courtisans commencèrent à négliger Fontaine-
bleau; et ce magnifique palais, si riche de
souvenirs et dans lequel s'étaient écoulés des
siècles de plaisir et de volupté, fut bientôt
complètement oublié. Mais Napoléon, après
avoir restauré la monarchie, le fit revivre en
rétablissant les voyages annuels.
En 1808, Charles IV, roi d'Espagne, à qui
l'empereur venait d'enlever la couronne et les
états, y séjourna quelque temps en se rendant
à Compiègne, lieu qui lui avait été assigné
Le 12 juin 1812, un prisonnier non moins
—11 —
illustre, le Pie VII, fut amené et retenu
pape y
mois de janvier 1814.
jusqu'au
A cette époque, la impériale allait
puissance
ejyi décroissant. C'est à Fontainebleau qu'elle
est venue s'ensevelir au mois d'avril suivant.
Oui, c'est la, dans .ce palais qu'il avait si
bien et d'où plus d'une fois il avait
restauré,
sa suprême volonté à l'Europe vaincue
imposé
et soumise à ses lois, qu'est venu définitive-
ment se briser le sceptre de cet homme extra-
ordinaire. Accahlé toutes les
par puissances,
trahi ses courtisans et ses généraux,
par qu'il
avait tirés du néant, puis délaissé par la France
envahie et décimée, il a bien fallu
fatiguée,
se à l'abdication que lui
qu'il résignât signer
à leur tour ses ennemis devenus
imposèrent
abdication il renon-
vainqueurs par laquelle
çait lui et ses héritiers au premier trône
pour
du monde.
cette époque, Napoléon ne reparut
Depuis
seule fois à Fontainebleau, ce fut
plus qu'une
à son retour de l'îlc (l'Elbe mais il resta
n'y
heures, pour régler les arran-
que quelques
rclatifs à son entrée dans Paris.
gemens
Sous la Restauration, il ne est de
s'y passé
que la réception de la princesse
remarquable
— 12 —
de Naples, fiancée au duc de Berri; c'est la
seule fois que le roi Louis XVIII a visité le
Palais de Fontainebleau.
Depuis 1830, le nouveau chef du gouverne-
ment, Louis-Philippe Ier, y a fait souvent des
voyages qu'expliquent les nombreux travaux
qu'il continue à y faire exécuter. Son fils aîné,
le duc d'Orléans, y a épousé, le 30 mai 1837,
la princesse de Mecklembourg.
Hélène
DESCRIPTION
DU CHATEAU,
DES JARDINS ET DU PARC.
COURS.
Six cours principales donnent accès dans les
appartemens.
1° La cour du Cheval-Blanc, ainsi nommée,
parce que Catherine de Médicis y avait fait
placer un cheval en plâtre, moulé par Vignole,
sur celui de Marc-Aurèle qui est sur l'une des
places de Rome. Les constructions qui s'élè-
vent de chaque côté et au fond de cette cour,
la plus vaste du palais sont du temps de
François ICr, de Louis XIV et de Louis xv. L'es-
calier en fer-à-cheval est l'ouvrage de Lemer-
— 14 —
cier, de Louis XIII. C'est à quelques
architecte
pas de ce -vieux monument, que Napoléon fit
ses adieux aux débris de sa garde.
2° La cour de la Fontaine, dont les bâtimens
sont du temps de François Ier et de Henri iv,
est ornée d'une jolie fontaine en marbre blanc,
surmontée d'une statue d'Ulysse.
3° La cour Ovale, dont la dénomination vient
de sa forme, est la plus ancienne du palais;
on y voit un pavillon qui date du règne de
Louis ix le reste est du temps de François lPr
et de Henri IV.
4° La cour des Princes c'est dans le bâti-
ment du fond qu'habitait la reine de Suède
quand clle a fait assassiner son écuyer lllonal-
deschi.
5° La cour des Cuisines dont les construc-
tions sont du temps de Henri iv.
G° La cour des Mathurins, établie sdr l'em-
placement où ces religieux avaient, sous Fran-
çois Ier, leur maison qui n'a été totalement dé-
truite qu'en 1792.
— 15 —
APPARTEMENT DU DUC D'ORLÉANS.
Avant Louis celui des Reines-
xiv c'était
Mères voilu pourquoi il a été décoré par Anne
d'Autriche, fcmmc de Louis XIII; plus tard
il fut les frères cadets des rois de
occupé par
France, portaient le titre de Monsieur, et
qui
sous il a servi il loger deux illustres
l'Empire,
prisonniers, Charles iv, roi d'Espagne, et le
Pie vii.
pape
Les deux premières en entrant tirent
pièces
leur jour sur le jardin et ont une ad-
Anglais
mirable vue sur elles sont ornées de
l'étang
tapisseries des Gobelins fort remarquables.
La chambre à coucher et les deux cabinets
la suivent, ont été décorés à l'occasion du
qui
mariage du duc d'Orléans.
Le dont le .est l'un des
salon, plafond plus
riches du château, a été orné le
par peintre-
décorateur Cotelle, de Meaux, sous Louis xm.
— 16 —
Dans la pièce suivante, on admirera une ma-
gnifique tapisserie sortie des ateliers flamands,
et dont les dessins sont de Jules Romain.
La salle de hillard et l'antichambre, res-
taurées en 1834, sont tout-à-fait dans le style
des autres pièces qu'on vient de parcourir.
APPARTEMENT DU ROI.
1° Salle d'Attente, restaurée en 1833 avec
en chêne, copiées
de trois
portes
augmentation
sur celle qui a été faite sous Louis xm.
2° Chapelle de la Sainte-Trinité, construite
sous François Ier et décorée sous Louis xm
par le peintre Fréminct c'est la que Louis xv
a été marié en 1725, et le duc d'Orléans, fils
aîné du roi, en 1837.
3° La galerie de François 1er, construite et
décorée sous le règne de ce prince, par Rosso,
peintre-sculpteur et architecte en même temps,
14 tableaux, dont 13 sont peints à
comprend
fresque et un à l'Iuile, sur toile. Ce sont des
rapport aux faits principaux
allégories ayant
de la vie du vainqueur à Marignan. Ces tableaux
— 17
sont accompagnés de sculptnres, de bas-reliefs
et de médaillons d'un exquis que l'on
goût
attribue à des artistes italiens.
généralement
Au fond de cette est exposé un vase
galerie
sorti des ateliers de Sèvres, modelé d'après
Bernard Palissy il coûte dit-on dix mille
francs.
4° Anticliambre des du roi, où
appartemens
l'on verra une très a
horloge compliquée, qui
été acquise par l'empereur Napoléon.
5° Salon des huissiers, dans le fond duquel
est une de Flandre faite
ahpliquée tapisserie
sur les dessins de Jules Romain.
6° Salle de bains et cabinets établis sous
l'empire.
7° Premier cabinet de travail, richement dé-
coré dans le même ainsi les deux
temps, que
pièces qui suivent dans ce cabinet on conserve
la table sur laquelle Napoléon a signé son ab-
dont le fac simile est encadré et
dication, posé
sur une console.
8° Cabinet de travail de au
l'empereur, pla-
fond est un du
duquel tableau, ouvrage peintre
Renaud.
9° Chambre à conservée telle
coucher,
2
18
était du temps de et remar-
qu'elle Napoléon,
quable par sa riche simplicité.
10° Salle du conseil, décorée par le peintre
Boucher, a fait lui-même les tableaux du
qui
La table est dans la partie for-
plafond. qui
mant l'ovale a 2 mètres 10 centimètres de dia-
mètre, et est d'un seul morceau de bois de
Sainte-Lucie.
41° Salle du trône; sa décoration, l'une des
riches l'on puisse imaginer, est du
plus que
de Louis XIII et de Louis xiv le
temps plafond
à se démontent pièce
compartimens qui par
pièce est couvert de sculptures entièrement
ainsi lambris qui est parfaitement
dorées, que le
en avec lui. Le du trône est
rapport baldaquin
du de l'empire cette pièce ayant été
temps
la chambre à coucher du roi sur
jusques-là
la cheminée est un en pied de
portrait
Louis m il est de Philippe Champagne.
12° Boudoir. Rien de plus gracieux que la
décoration de cette Louis XVI fit faire
pièce, que
Marie-Antoinette. Lui-même a
pour fabriqué
les des croisées que les gens de
espagnolettes
l'art comme un chef-d'œuvre de ci-
regardent
selure. Le tableau du est l'ouvrage de
plafond
Barthélemy.
— 19 —
13' Chambre à coucher de la reine. Sa dé-
coration est du même temps que celle de la
salle du trône et a beaucoup d'analobie avec
elle. Le vaste lit de parade que l'on y voit
a été fait pour Marie-Antoinette, mais n'a été
posé que sous l'empire, l'étoffe étant restée
jusqu'à cette époque dans l'un des magasins
de Lyon, où elle avait été commandée.
44° Salon. Il a été orné sous
le règne de
Louis XVI les tentures et les meubles sont du
temps de l'empire, ainsi que les beaux vases
de la manufacture de Sèvres qui sont posés sur
les consoles. Le tableau du plafond est de
Barthélemy.
15° Galerie de Diane. C'est Henri iv qui l'a
fait construire et décorer, mais l'abandon dans
lequel est resté le châteaude 1792 à 1804,
lui a été si nuisible, que force fut de détruire
ce qui en restait. Napotéon en a commencé la
restauration que Louis XVIII a terminée. La
de cette galerie est de 120 pieds et
loubueur
sa largeur de 30.
Le plafond est divisé en 8 compartimens ou
travées, sur le fond desquels deux peintres,
membres de l'institut, messieurs Abel de Puj ol
— 20 —
et ont à l'huile sur
Blondel, peint plâtre, l'his-
toire fabuleuse de Diane.
Les alon, qui est l'œuvre de M. Blondel seul,
est entièrement consacré à cette les
déesse
tableaux, ceux des côtés de même ceux du
que
plafond, représentent divers traits de sa vie,
tantôt chaste et tantôt ainsi
dévergondée, que
des emblèmes de sa passion la chasse. La
pour
galerie rlc Diane est une des belles choses mo-
dernes que nous possédons en la ri-
France,
chesse des décorations ne le cédant en rien à
tout ce a été lait de sous le
qui plus somptueux
règne de Louis XIV.
Au-dessous, était la galerie des Cerfs où a
été assassiné llionaldesclri. Elle a été détruite
sous Louis xv, et transformée en cham-
petites
bres et salons pour le servicc les
pendant
voyages.
16° Escalier de la reine, restauré et em-
belli tout récemment. On un
y verra immense
tableau de clrasse sous Louis xv, c'est
l'ouvrage
du peintre Oudry.
17° Antichambre des appartemens de ré-
Rien a voir des
ception. y qu'une tapisserie
Gobelins, représentant les aventures de Don
Quichotte, de la Manche.
— 21 —
18° Le premier salon est remarquable par
son plafond neuf, calqué sur ceux qu'on fai-
sait au seizième siècle. Sur la cheminée est un
tableau en tapisserie, représentant Cltarles-
Quint conduit à Saint-Denis par François 1er.
La tenture est des Gobelins elle date du règne
de Louis xv et représente divers sujets pasto-
raux.
49" Le deuxième salon
est, avec celui qui
le suit, ce qu'il y a de plus intéressant en ce
genre à voir dans le palais. La cheminée, du
seizième siècle, est tout ce qu'il y a de plus
curieux; le tableau du médaillon, représentant
Mars et Vénus, est l'oeuvre de Primatice, ainsi
que tous les accessoires de peintures; le bas-
relief apporté d'Italie est en stuc. A côté delà,
et pour concorder, il y a un plafund du même
temps que la décoration des côtés, oit l'on
vient de poser dans de vastes cadres, des tapis-
series modernes des Gobelins, rappelant divers
traits de l'histoire des rois de France: l'in-
scription qui se voit dans la partie inférieure
les fera connaître.
20- Troisième Salon, dit de Louis xm, ainsi
nommé, parce quec'était lachambreà coucher
de Marie de Médicis, qui l'y a mis au monde, le
— 22 —
27 septembre 4601 de cette cette
époque,
pièce a cessé d'être une chambre à coucher,
parce que Henri iv, pour conserver le souve-
nir de cet événement, l'a fait décorer l'aul
par
Bril et orner de tableaux par Ambroise Dubois,
peintre de l'école française, qui a tiré ses su-
jets de l'histoire merveilleuse de Théagène et
Chariclée. Au fond dc cette pièce est un ta-
bleau de forme ovale, représentant Louis XIII
enfant, à cheval sur un dauphin des amours
versent sur lui des fleurs, et d'autres tiennent
en mains les attributs de la royauté. Ce tableau
a été peint par Ambroise Dubois lui-même.
21° Quatrième salon remarquable par la
décoration de son plafond qui est toute récente
et par la statue équestre de Henri iv qui orne
la cheminée elle est en marbre blanc et a été
sculptée par le fameux Jacquet.
22° Cinquième salon, décoré comme le pré-
cédent. Les tableaux supportés par le lambris
sont d'Ambroise Dubois. La pendule, d'un riche
et élégant travail, y a été apportée du palais
de Versailles.
23° Salle des Gardes. Le plafond à solivesap-
parentes et la frise sont du temps de Louis XIII
ils ont été restaurés en 1835. Toute la décora-
23
tion du lambris et la tenture
qui est au-dessus,
sont l'ouvrage de M. Mœnch, fils, peintre dé-
corateur de Napoléon. Cet important travail
a été terminé en 4837. Tous les emblèmes qui
couvrent les panneaux se rapportent aux sou-
verains français dont les noms sont inscrits
dans les fastes de Fontainebleau. La cheminée
en marbre blanc est du temps de Henri II; les
deux statues renrésentant la Force et la Paix,
ainsi que le grand encadrement au milieu du-
quel a été placé le buste de Henri iv, sont,
dit-on, l'ouvrage du sculpteur Francaville.
24° Petit salon de forme ovale, orné et dé-
coré dans le même style que la salle des Gardes
à laquelle il fait suite c'est encore l'œuvre de
M. Mœnch.
25° Escalier du Roi. C'était du temps de
François Ier la chambre à coucher de la du-
chesse d'Etampes, maîtresse de ce prince. Les
peintures à fresque, représentant toutes quel-
ques traits principaux de la vie érotique d'A-
lexandre-le-Grand, sortent du pinceau de Pri-
matice et viennent d'être restaurées par M. Abel
de Pujol. La coupole a été ajoutée en 1837
c'est un morceau d'un travail admirablement
flui, dont M. Mœnch est encore l'auteur. Dans
— 24 —
le il a lui-même les des
pourtour, peint portraits
souverains français qui se sont plus particu-
lièrement du palais de Fontainebleau.
occupés
26° Salle de Spectacle. C'est l'œuvre des ar-
chitectes de Louis xv elle a été sous
réparée
l'empire, mais aujourd'hui que ces sortes de
constructions sont faites dans des proportions
mieux calculées et que les intérieurs surtout
sont d'une commodité qu'ils n'avaient pas au-
trefois, il est à désirer que bientôt on la mette
en harmonie avec les belles et riches choses
qui
sont si nombreuses dans le de Fontai-
palais
nebleau.
27° de Maintenon. C'est une
Appartement
de ces habitations de femme comme on savait
si bien les faire sous le du bon
règne plaisir.
Un salon richement décoré où assure-t-on,
a été la révocation de l'édit de
signée Nantes
deux autres petits salons qui sont contigus au
une chambre à coucher
premier, puis magni-
fique et un joli cabinet, voilà ce qui compose
cet appartement qui est un véritable boudoir
de petite maîtresse, et qui vient d'être entière-
ment remis à neuf.
28° Salle de Bal construite sous François ler
et décorée sous son successeur Henri n. Cette
25
pièce est une des plus belles choses qui exis-
tent en Europe, elle vient d'être restaurée dans
son M. Alaux,
entier par peintre d'histoire huit
tableaux à Prima-
grands fresque, peints par
tice et Nicolo del Abbate, représentant di-
verses fictions poétiques, ornent les murs de
côté, depuis le lambris jusqu'au plafond, et
autres du même maître remplissent
cinquante
les voussures des arcades. A droite de la che-
minée, François 1er est peint sous la figure
d'un liercule tenant un et à
sanglier, gau-
che, sous celle d'un homme de feu
jeune plein
et de souplesse se battant à coups d'épée contre
un Au-dessous de ces deux ta-
loup-cervier.
bleaux, les portraits de Diane de Poitiers avec
deux costumes et emblèmes différens, attestent
l'empire de cette femme sur de Henri n,
l'esprit
qui a eu soin de faire par des crois-
rappeler,
sans dans les panneaux du lambris et du pla-
fond, cette magnifique salle de bal a été
que
décorée en l'honneur de la fillc de Saint- Yallier,
à François 1er avait accordé la
laquelle grâce
de son condamné à mort avoir fa-
père, pour
vorisé la fuite du connétable de Bourbon.
29° Bibliothèque. C'était autrefoisla chapelle
Haute ou chapelle du Roi sa construction est
26 —
du temps de François 1 e" et sa décoration de
l'époque de Henri et Henri IV. Sous l'em-
n
pire, Napoléon, qui aimait Fontainebleau, vou-
lant réunir tout ce qui pouvait être néces-
y y
saire pour un long séjour, y lit apporter les
livres provenant de la bibliothèque du Conseil-
d'État et du Tribunat. La chapelle Haute fut
choisie par lui pour leur classement; des dis-
furent faites pour y placer au moins
positions
trente mille volumes, nombre qui s'augmente
chaque année, davantage, parles acquisitions
fait la liste civile.
que
30° Chapelle Basse ou de Saint-Saturnin.
Elle est le fondamental du château de Fon-
point
tainebleau. Tombée en ruineet anéantie
presque
François 1er eut l'idée de faire sa
quand prin-
cipale résidence au milieu de la très vaste forêt
l'environne, cette chapelle fut le premior
qui
de sa sollicitude il la lit reconstruire en-
objet
tièrement, mais elle ne fut décorée, comme
nous la sous Henri iv et Louis XIII.
voyons, que
On vient faire une adjonction importante,
d'y
c'est celle de vitraux de couleurs aux trois
croisées. Ils ont été fabriqués à Sèvres,
grandes
sur les dessins d'une femme dont la
réputa-
tion comme artiste vivra plus long-:emps que
— 27 —
le titre de princesse qu'elle portait je veux
parler de la duchesse de Wurtemberg, Marie
d'Orléans, enlevée à la fleur de son âge, aux
arts qu'elle cultivait avec prédilection.
31" Salle d'Attente. A la place de logemens
mal distribués, de bureaux et de magasins, on
a fait, en 4835, cette pièce, plus remarquahle
par le caractère de sévérité que lui donnent
ses volumineuses colonnes, clue par sa déco-
ration, qui est très simple, cluoidu'elle ait
beaucoup de ressemblance avec tout ce qui se
faisait en ce genre au seizième siècle. Cette
vaste salle qui est au-dessous de la galerie de
Henri II, est moins large que celle-ci, par la
raison fort simple qu'il eût fallu des poutres
d'une énorme dimension pour supporter la
masse des bâtimens qui composent l'étiage
supérieur. C'est là que le mariage du duc
d'Orléans, sous le rit protestant, a été célé-
bré le 30 mai 1837. Tout est nouveau, tout
est de notre époque, depuis les siéges jusqu'aux
candélabres et lustres qui ornent le plafond.
32° Porte Dorée. C'est un passage qui con-
duit de la cour Ovale à l'avenue de Maintenon,
et de là au Mail de Henri IV, rendez-vous
de les plus à proximité et les
promenades
— 28 —
plus agréables de Fontainebleau La dé-
coration de ce est due à
passage Primatice,
en menant en
qui, France, y avait apporté toutes.
les idées d'Italie. Les tableaux du et
plafond
des côtés sont des ou tirés de la
allégories sujets
Fable, comme c'était la mode dans le où
temps
ils ont été faits. Inutile, je pense, d'en donner
la description, parce qu'il y a en projet une amé-
lioration essentielle, qui consiste à
indiquer
dans un coin du tableau le sujet qu'il repré-
sente ce commode les
sera-plus pour curieux,
n'en déplaise toutefois au nombre de ceux
petit
qui aiment mieux chercher et se mettre l'es-
prit à la torture pour arrivera un résultat, qui
bien souvent n'est ni exact ni vrai.
Mais ces jolis rendez-vous de promcnade, naguère
encore si fréquentés et si animés le public, sont
par
devenus silencieux et presque déserts, car les
passades
on s'y rendait facilement et sans de
par lesquels trop
détours, ont été, depuis 1830, interdits aux paisibles
promeneurs, ainsi qu'aux nombreuses personnes ap-
pelées journellement par leurs affaires vers le sud et
l'est de la ville. Ou espère cependant cette
que étrange
mesure, prise sans doute à l'insu du roi, sera bientôt
levée, et que la cour du Cheval-Blanc ainsi celle
que
de la Fontaine seront rendues à la du
circulation,
lnoins pendant l'inoccupation du Château.
29
EXTERIEUR.
JARDINS DU PALAIS.
1° Jardin de l'Orangerie ou de Diane, où
l'on voit encore une fontaine en
magnifique
marbre blanc que Napoléon fit élever sur les
ruines d'une autre qui était en gresserie.
L'étendue de ce jardin est de trois arpens
environ, en y comprenant l'emplacement du
bâtiment dit de la Chancellerie, démoli en
1834 pour l'embellir et t'agrandir.
2° Jardin Anglais. Ce fut une forêt de
jadis
broussailles que Napoléon fit transformer
comme nous le Là était la
voyons aujourd'hui.
célèbre fontaine Bleau ou Belle-Eau, à qui le
château et la ville doivent leur nom, et dont
malheureusement la source a été en grande
lors des travaux
partie perdue hydrauliques qui
exécutés sous Les deux bâti-
y furent l'empire.
mens l'on remarque dans ce sont le
que jardin,
Carrousel, construit sous Louis xiv et Louis xv
les chevaux du Roi, et le Manège élevé
pour
30
en 1810 pour l'usage de l'École Militaire, alors
établie dans les bâtimens de l'aile gauche de la
cour du Cheval-Blanc, La superficie du jardin
Anglais est de trente-trois arpens, distribués
et ombrabés
délicieusement.
L'ÉTANG ET SON PAVILLON.
Le jardin Anglais est borné au levant et au
nord par une pièce d'eau de neuf arpens; un
joli pavillon a été construit à peu près au milieu
en 1540. Dans l'intérieur sont des peintures
à l'huile sur plâtre et sur bois, représentant
des oiseaux de plusieurs espèces. Cette décora-
tion est de l'empire, mais le tout a été restauré
en 1834.
Lecontour verdoyant de l'étang, ainsi que les
jolis saules pleureurs qui se réfléchissent dans
ses eaux, offrent à l'œil un tableau plein de
charme et de fraîcheur. Il faut voir aussi les
monstrueuses carpes qui peuplent et sillonnent
ce vaste bassin.
31
PARTERRE.
C'est un carré régulier, borné d'un côté par
les bàtimens du château et de l'autre par la
pièce d'eau appelée le Bréau. Depuis son origine,
sous François Ier, ce jardin a subi plusieurs trans-
formations d'abord sous Henri IV, puis sous
Louis xiv, époque à laquelle il a été dessiné par
Lenôtre dans la forme que nous lui voyons à
présent. La pièce d'eau ronde se nommait le
Tibre, à cause d'une figure allégorique en
bronze était au milieu, avec un groupe
qui
représentant Romulus et Rémus allaités par
une louve. En 1703, on l'a enlevée pour la
convertir en canons.
La pièce d'eau du milieu du parterre est
carrée et est alimentée par une vasque, sorte
de bouillant dont le jet est passablement
pot
abondant.
PARC.
C'est Henri iv qui a acquis le vaste terrain
— 32 —
sur lequel le Parc a été établi, et dont la con-
tenance totale est d'environ 169 C'est
arpens.
lui a fait creuser et entourer de murs en
qui
le Canal, l'un des beaux de
gresseries plus
France, qui comprend 1,200 mètres de lon-
sur 39 de largeur.
gueur
Avec le canal, le Parc renferme une autre
d'eau appelée le Miroir, à cause de sa
pièce
forme c'est le réservoir des eaux du Château.
Elles sont amenées par des conduits
y qui
naissance à l'entrée de la ville, sous
prennent
les hameaux des Pieux et des Provenceaux. Sur
la gauche de cette pièce d'eau est la fameuse
treille Louis xv fit et dont la
que planter,
longueur excède 1,400 mètres. Elle produit,
dit-on, année commune, de 3 à 4,000 kilo-
grammes d'excellent clrasselas, qui ne le cède
en rien pour la délicatesse à celui de
Thomery,
dont la réputation est presque européenne.
V Mais ce qui ome le plus majestueusement
le Parc, ce sont les vieilles et hautes avenues
qui le dans tous les sens, et
coupent parmi
lesquelles on admire principalement celle con-
duisant vers le hameau de Changy. Les ormes
qui la composent, plantés il y a deux cents
ans, sont d'une élévation A côté
prodigieuse.
33
et sur la gauche de cette gigantesque avenue,
on pénètre sous un labyrinthe, dont les routes
sinueuses et gracieusement boisées offrent de
charmantes solitudes.
A la droite du Parc, s'élèvent en amphi-
théâtre des maisons, au milieu desquelles on
remarque une vieille construction, qui semble
appartenir au xie siècle c'est l'Église d'Avon,
(lui fut, jusqu'au règne de Louis XIII, la pa-
roisse du bourg de Fontainebleau. Là reposent
les cendres de Monatdeschi, cet infortuné Ita-
lien, sacrifié a la vengeance de l'ex-reine de
Suède, dont l'impunité fut un autre erime; puis
celles clu célèbre mathématicien Bezout, né à
Nemours, et du naturaliste d'Aubanton, morts
tous deux au hameau des Basses-Loges, où ils
s'étaient retirés pour se reposer de leurs
scientifiques travaux, dont on leur saura gré
pendant de longues années.
3
DEUXIÈME PARTIE.
INTRODUCTION.
INTRODUCTION.
La forêt de Fontainebleau ce charmant rendez-
vous des voyageurs, ce vaste atelier de nos jeunes
et laborieux artistes, a trente-deux mille arpens de
superficie et vingt lieues de circonférence. Son sol,
véritable chaos, offre une telle variété d'accidens
que le peintre, plein d'admiration, ne sait plus où ar.
rêter son ça et là sont des rochers dont les
pinceau
masses, tantôt arides ou boisées, tantôt couvertes de
mousses ou de lichens, se divisent et se réunissent tout-
sous les formes les diverses et les bi-
à-coup plus plus
zarres ici elles sont amoncelées en pyramides ou
sous la forme d'un dôme; là elles sont et
éparses,
il —
apparaissent, aux yeux des voyageurs, comme des trou-
peaux de monstres paissant au fond d'une vallée; d'un
autre côté, elles offrent de longues et sinueuses
chaînes de montagnes contre lesquelles les flots et
les tempêtes semblent avoir jadis inutilcment épuisé
leurs fureurs. A côté d'une plaine stérile, on aper-
çoit une antique futaie peuplée d'arbres gigantes-
ques, parmi lesquels on voit des chênes au front
chauve, et dont l'âge se perd dans la nuit des temps
près d'une montagne de sable, dont l'éclatante blan-
cheur fait penser aux frimas et aux neiges du Mont-
Blanc, on voit un massif de pins verdâtres, ou bien
une plantation dont la variété des arbres et la distri-
bution des allées offrent de délicieuses promenades.
D'une riante vallée richement boisée, le voyageur
passe tout-à-coup dans un affreux désert de sable mou-
vant, ou sur une colline tapissée d'humble bruyère.
A peine a-t-il quitté un sommet escarpé d'où il vient
de contempler d'immenses plaines, des villes, des
châteaux, des hameaux et de vertes prairies serpentées
par la Seine et d'autres rivières, qu'il se voit sous la
voûte sombre d'une futaie, ou bien comme précipité
au fond d'une gorge hérissée d'apres et menaçans ro-
— 5 —
chers, du sein desquels s'échappent des arbres à moitié
renversés et des troncs vermoulus. Sortant de fouler une
pelouse parsemée de quelques fleurs sauvages et em-
baumée par le serpolet, il pénètre au milieu des houx
et des genévriers, ou bien encore sous les frais feuil-
des hêtres et des charmilles; puis à chaque pas,
lages
des gradations de perspectives des mouvemens de ter-
rain toujours capricieux, et toujours de nouveaux ro-
chers, des carrières, des précipices où des amas de grès
semblent avoir été superposés par un bouleversement
diluvien.
Tel est, en général, l'aspect qu'offre celte admirable
forêt, dont quelques-uns des cantons conservent encore
ce caractère de sauvagerie des premiers âges l, que tout
le monde aime; et dont l'observateur peut seul
1 Mais, disons-le, cet aspect sauvage de la forêt disparaît chaque
année davantage sous la verdure des pins, des mélèzes, et même
sous celle des cèdres qui couvrent déjà la plus grande partie de nos
rochers et de nos déserts. Cette grande amélioration est due à l'admi-
nistration de l'ancien conservateur des forêts de la liste civile, et
surtout à celle de son successeur, M. Marrier de Bois-d'Hyver,
qui survcille d'une manière toute particulière l'entretien des routes,
en même temps qti a fait pratiquer des sentiers des allées, des
issues faciles et commodes pour arriver aux principaux points de
vu?, et de làsc porter ailleurs,
-6-
apprécier les beauté aussi est-elle une
explorée par
foule d'herboristes et de naturalistes. Mais je suis près
d'oublier que le tableau d'une nature aussi grandiose
doit être l'oeuvre du peintre ou du dont elle
poète,
enflamme le génie, et que ma mission doit se borner
à diriger le voyageur qui vient en admirer les beau-
tés. Attiré moi-même par la douce paix et le bon-
heur qui résident au fond de ces bois et de ces déserts,
je les ai long-temps parcourus, et, aidé par les obser-
vations des artistes qui les frécluentent journelle-
ment, j'ai acquis une connaissance de la localité
qui m'a mis à même d'en signaler toutes les parties
les plus pittoresques, et d'offrir au voyageur les moyens
de les visiter avec autant de facilité que d'agrément.
Comme il est des personnes qui aiment les longues
promenades, d'antres, celles qui ont moins de durée,
et que les voyageurs n'ont pas tous le même laps
de temps à consacrer à notre forêt, ai classé et
j'en
divise les sites par tournées, dont les combinaisons dif-
férentes correspondent à tous les désirs.
Si en dressant la carte qui cet itiné-
accompagne
raire, je me suis dispensé d'y faire figurer les innom-
brables routes qui sillonnent nos bois et nos rochers,
7
et qui ne peuvent être utilement tracées sur une
que
carte d'une très grande échelle, c'est voulu
que j'ai
éviter cette confusion qui existe à sur
peu près
toutes celles publiées dans un format étendu.
peu
D'ailleurs, les personnes viennent
qui journellement
la forêt de Fontainebleau,
parcourir ayant principale-
ment pour but d'en connaître les sites les remar-
plus
j'ai dû tout simplement m'attacher à faire
quables,
figurer leurs positions avec le tracé des chemins qui
y conduisent le plus agréablement.
PRODUCTIONS DE LA FORÊT.
Les bois, exploités de toutes an-
façons rapportent
nuellement à la liste civile de 5 à 600,000 francs;
mais cette somme se trouve en partie absorbée par les
d'entretien de la forêt et du C'est
dépenses palais.
aussi du sein de cette vaste forêt qu'est tiré le grès ser-
vant au des rues de la et des routes
pavage capitale
environnantes. De nombreux et pauvres carriers usent
leur vie, cn peu d'années, à l'extraire et à le fendre;
des cenlailles de voitures sont journellement employée
— 8 —
à charrier cette lourde matière vers les rives de la
Seine; chaque année, il en est
transporté une quantité
dont le poids excède deux cent million de kilogram-
mes.
PLANTES ET FLEURS'.
Parmi les variétés infinies de et de fleurs
plantes
qui attirent l'herboriste dans notre on
foret, remarque
les suivantes
PLANTES ET FLEURS. FAMILLES,
Agripaume. Labiées.
Alysse des montagne3, Crucifères.
Aspérule odorante. Rubiacées.
Basilique sauvage. Labiées.
Belladone baccifère. Solanées.
Boucage à feuilles de Ombellifères,
pimprenelle.
Bugle-Ivette. Labiées.
Buglose officinale. Borraginées.
Chardon Ombellifères.
Roland.
Charmeadrys. Labiées.
Chirone centaurée. Gentianées.
1 La
nomenclature de c,s plantes et Peurs il été
communiquée à
Fauteur par M. Bernard, herboiste de notre ville.
— 9 —
PLANTES ET FLEURS. FAMILLES.
Cicuta. Ombellifères.
Cigue
Ciste à ombelles. Gistoïdes.
Élatine verticillée. Cariophillées.
Eupatoire ou aigremoine. Corymbifèrcs.
Euphorbe. Titymaloïdes.
Thinanthoïdcs.
Euphraise officinale.
Gentiane d'lliver. Gentianées,
Grand Ombellifères.
tordyle.
Hellébore blanc. Renonculacées.
Hellébore noir. Idem.
Solanecs.
Jusquiame.
Laser à feuilles larges. Ombellifères.
Lin des montagnes. Caryophyllées.
Millepertuis. Ilipéricoïdes.
Molène officinale. Solanées.
de mai ou Lis des bois. Asparagoïdes.
Muguet
Orchis blanc. Orchidées,
Idem.
Orchis pyramidal.
Origan sauvage. Labiées,
Liliacécs.
Ornithogale jaune.
des Idem.
Ornithogale Pyrénées.
ou rautinc. Orchidécs.
Ophrisc
— 10 —
PLANTES ET FLEURS. FAMILLES.
Œillet d'amour.
Caryophillées.
Œillet mignonnette.. Idem.
Orpin. Succulentes.
Orvale ou Sauge des bois. Labiées.
Passerage des rochers. Crucifères.
Petite marguerite rose et blanclie. Corymbifcres.
Phalangère. Liliacées.
Polypode. Fougères.
Potentille ou quinte-feuille, Rosacées.
Renoncule des bois. Renonculacées.
Renoncule Chélidoine. Idem.
Rosier églantier. Rosacées.
Rosier à feuilles de Idem.
pimprenelle.
Sabline rouge. Caryophillées.
Sabline des rochers. Idem.
Séneçon visqueux. Corymbifères.
Seneçon vulgaire. Idem.
Sanicle. Ombellifères,
Scabieuse.. Dipsacées.
Séseli des montagnes. Ombellifères.
Spirée filipendule. Rosacées.
Stramoine. Solanées.
— 14 —
PLANTES ET FLEURS. FAMILLES.
Tanaisie. Corymbifères.
Thésion. Eléagnoïdes.
Tliim-Serpolet. Labiées.
Tillée aquatique. Succulentes.
Tormentille. Rosacées.
Tussillage ou Pas-d'Ane. Corymbifères.
Véronique officinale. Rhynanthoïdes.
Ajoutons à cette nomenclature les lierres, les ge-
nêts, Ies bruyères, les chèvrefeuilles, puis les mousses
et les lichens.
OISEAUX.
Si la forêt de Fontainebleau est la plus pittoresque
et la à parcourir, elle est aussi, par l'é-
plus agréable
lévation et la nature de son sol la moins humide et
la saine soit en Europe, et au
plus qui peut-être
mais il est à les causes de cette
monde regretter que
salubrité la à d'une eau fraî-
privent peu près partout
che et limpide. Ses limites vers la Seine et les jardinsdu
entoure sont les seuls endroits où l'on
palais qu'elle
— 42 —
voit jailliret couler cet élément si précieux pour levoya-
geur. Partoutailleurs, l'eau qu'on y trouve n'est autre
que celle déposée par les pluies dans quelques bassins
que la naturc a creusés sur la plate-forme de certains
rochers et dans quelques bas-fonds.
Cependant, malgré la de ses eaux, cette forêt
possède une assez grande variété d'oiseaux, parmi les-
quels se trouvent les espèces suivantes:
La grive. Lc bouvrcuil.
Le rossignol. La linotte.
Le pinson. La tourterelle.
L'alouette. Le geai.
Le rouge-gorge. Lepi vert.
Le verdier. Le corbeau.
Le gros-bec. La pie.
Lc luriot. La corneille.
La mésange. Le coucou.
La fauvette. La perdrix.
Le chardonneret. Le co1 de bruyère.
Et enfin le hibou et le chat-huant, dont les cris fu-
nèbres, dans le silence des nuits, contrastent singuliè-
13 —
rement avec le chant mélodieux du rossignol qui an-
nonce le point du jour.
Ces différentes espèces d'oiseaux, déjà peu nom-
breuses dans nos bois, sont crucllemcnt décimées,
soit le fusil du chasseur, soit la voracité de
par par
de la buse ou du héron, et quelquefois par
l'épcrvicr,
Souvent nous voyons ces redoutables
l'aigle voyageur.
oiseaux, du haut des airs, décrire de grands
planant
cercles en à découvrir Ieur proie, et dès
cherchant
l'ont aperçue, s'arrêter un instant immobiles
qu'ils
et suspendus, puis tout-à-coup fondre, comme un trait,
sur l'innocente perdrix ou sur quelque reptile, bien-
tôt déchiré et en;louti.
GIBIER.
Avant 1850, notre forèt renfermait plusieurs milliers
de têtes de haut gibier; on y rencontrait les cerfs, les
biches les chevreuils et les sangliers par hordes;
si nombreux se
les lapins y étaient qu'il passait peu
de chasses sans qu'on n'en des four-
remplît
Cette forêt était, har la présence de tant de gibier,
gons.
très agréablement animée; mais sa végétation ainsi
— 14 —
que les récoltes des champs qui l'avoisinent, en étaient
considérablement endommagées. Aussi, à l'avènement
de Philippe au trône, l'entière destruction des diverses
espèces fut-elle ordonnée sans pitié. tout n'a
Cependant
pas péri, car nous commençons à voir reparaître quel-
ques cerfs et des chevreuils on affirme que le nombre
dépasse déjà la centaine. Encore quelques années, et
il sera triplé.
EN CINQ PROMENADES CHOISIES.
NOTA. — Ces cinq promenades, dont le tracé est figuré
sur la carte ci-jointe, et les chemins exactement indiqués
dans cette brochure, sont d'environ six heures chacune
mais celte durée peut facilement se diminuer ou s'augmen-
ter selon le désir des persounes qui parcourent la foret.
NOTES EXPLICATIVES.
Différentes acceptions de mots usités à l'égard de la Fo-
rêt pouvant, faute d'être parfaitement comprises, occasio-
ner quelques méprises dans la marche du voyageur, j'ai
Cru devoir en donner ici la signification, savoir
Carrefour, Croisière, Étoile, Rotende sont des points de
la Forêt sur lesquels aboutissent ou se croisent plusieurs
chemins.
Plateaux Plaines élevées, boisées ou non.
Routes, Chemins Y oies de communications quelconques,
même les chemins inabordables aux voilures.
Roule Ronde Grand chemin qui parcourt la forêt de
Fontainebleau autour de la vallce au milieu de laquelle est
sitlléecelle ville, et dont la circonférence a dix lieues. Cette
route sera souvent traversée, et quelquefois suivie dans
le cours des promenades tracées ci-après on la recon-
naîtra facilement par sa grande largeur, et par les nom-
breux écriteaux qui l'indiquent.
Directement Trajet suivi en ligne droite.
Sans dérier Suivre une voie directe ou sinueuse, en
négligeant tout embranchement de chemin a droite et à
gauche.
NOTA. En lisaut la phrase qui suit Partant de tel
point on.sc dirgiera par la première route à droite il faut
entendre c'est la première route à la droite du
que voya-
geur, au moment où il a ahordé ce point; et de même lors-
à gauche.
qu il s'agit de prendre
2
PREMIÈRE PROMENADE.
PREMIÈRE PROMENADE
Sortie par la rue ùes Bois.
POINTS LES PLUS REMARQUABLES:
Vallée du — Haute futaie du Gros-
Nid-de-l'Aigle.
Fouteau. — Rocher des Deux-Sœurs et vue sur la
de La Solle. — Sommet des
vallée gorges d'Apre-
mont. — Montoir du Fourneau-David. — Ancien
de rrancltard et Roche-qui-Pleure.— Antre
ermitage
des Druides. — Belvéder de la
Gorge-aux-Merisiers,
— du Houx. —
Gorge Mont-Aigu.
En sortant de la rue des Bois, on suivra le che-
min le plus large, celui qui esthordé de peupliers
jusqu'au joli carrefour des Huit-Routes. De
-22-
ce point on se dirigera par la troisième route,
à droite, vers le mont Ussy, au pied duquel on
à gauche, entre la lisière d'un bois
prendra
taillis et les rochers. Ici, la promenade devient
trancliée et plus agreste en marchant à
plus
l'ombre des chênes, on rase les flancs d'une
hérissée de grès, et nuancée par des
montagne
des bouleaux et des genévriers. Après
pins,
avoir côtoyé le mont Ussy l'espace d'un petit
de lieue, on arrivera sur le travers d'un
quart
chemin qu'il faudra suivre à gauche, et pren-
dre immédiatement à droite la route qui pénè-
tre dans la vallée du Nid-de-l'Aigle au milieu
de laduelle on se trouve bientôtI. Cette vallée,
ayant à peine quelques cents pas de profondeur
sur de largeur, est ombragée à gauche
autant
des massifs d'arbres, dont les uns, en py-
par
ramides, et les autres formant de magnifiques
offrent de belles études au paysagiste.
gerbes,
Au fond, et sur la droite, on voit des monts et
des rochers diversement boisés, et couronnés
de arbres, lescluels on dis-
par superbes parmi
le Charlemagne chêne qui n'a pas
tingue
Cette vallée est ainsi nommée, parce qu'autrefois
on a vu des arrêter et y faire leurs nids.
aides s'v
23
moins de vingt pieds de circonférence, et dont
l'âge se perd dans la nuit des siècles. Pour voir
ce doyen de la forîst, il faudra mettre pied à
terre à l'entrée de la vallée, et prendre par le
premier chemin qui s'offre à droite, à côté
d'un assez beau bouleau, et après l'avoir gravi
de deux cents pas on se trouvera au
l'espace
de ce colosse dont la masse étreint et
pied
couvre un rocher. Après l'avoir contemplé, et
donné un coup d'œil sur les divers côtés de la
colline, dont il est le principal ornement, on
rejoindra la voiture pour se diriger vers la
haute futaie dite du Gros-Fouteau; à cet effet,
il faudra sortir de la vallée du Nid-de-l'Aigle,
en retournant sur ses pas et prendre par le
chemin d'équerre à droite condui-
premier
sant directement sous cette futaie, l'une des
plus vieilles de la forêt. Abordant le haut du
on tournera à droite un chemin
plateau par
continuant sous de délicieux et
ombrages,
allant aboutir sur les hauteurs de la vallée de
la Solle, en traversant le carrefour du Gros-
et ensuite un bois taillis a l'extrémité
Fouteau,
on arrivera sur un carrefour où l'on
duquel
voit un l'être dont le pied est entouré d'un
tertre en gazon. Ici on a devant soi des houx,
— 24 —
des genevriers et des arbres épars dont les in-
tervalles offrent des échappées de vue loin-
taines.
De ce point on ira au rocher des Deux-SœursuI
en prenant par la deuxième route à gauche, et
ensuite par la première à droite; celle-ci se ter-
mine après un trajet de cinquante pas au mi-
lieu des genévriers, et se convertit en un sen-
tier qui pénètre entre les masses ombragées
du rocher, et rejoint la route de calèclie après
un circuit de cinq à six minutes.
Cesentiercst une sorte de galerie qui entoure
les bords escarpés d'un des sites les plus pitto-
resques de la forêt; en le parcourant on jouit
d'une vue délicieuse sur la vallée de la Solle
et sur les plaines au-delà de la Seine, d'où ap-
paraissent les tours de
Blandy, et, plus rap-
prochés, les beaux villaâes de Sivry,
Chartrette,
le Châtelet, etc., ete.
C'est au pied de ce rocher, et sous les feuil-
lages d'un agreste bosquet, que les citadins
Ce rocher, rendu accessible l'ancien conserra-
par
teur de la forêt, doit son nom aux deux demoiselles
de ce fonctionnaire, venaient
lesquelles y souvent
en famille.
25 —
de Fontainebleau viennent plusieurs fois cha-
année, se réunir, et, par des jeux, des dan-
que
ses, et surtout par un diner sous la feuillée, faire
diversion à la monotonie des salons, et oublier
la raideur de l'étiquette.
En sortant du rocher des Deux-Sœurs, et
rentré sur la route de calèche, on continuera
à la suivre à droite, et sans dévier, jusqu'au
carrefour des Ventes-aux-Postes, où l'on arri-
vera après avoir traversé la pointe d'un grand
bois, et laisse à gauche un embranchement de
chemin. Du milieu de ce carrefour on prendra
le premier chemin à gauche, conduisant di-
par
rectement à la gorge aux Nésliers, en coupant le
pavé de Paris et en longeant la majestueuse fu-
taie dite la Tillaie, en traversant la route Ronùe,
et en pénétrant sous les feuillabes d'un magnifi-
que taillis. La gorge aux Néfliers, dépourvue de
rochers et d'accidens de terrain bien tranchés,
n'est remarquable que par les bois qui en cou-
ronnent diversement les hauteurs.
Du carrefour de cette gorge, il faudra se di-
à droite par le chemin dont l'écriteau in-
riger
Route allant au bornage de Fleury;
dique l'ayant
gravi et suivi jusqu'au deuxième carrefour,
est un hêtre solitaire; l'équipage
près duquel
— 26 —
s'arrêtera, et les voyageurs prendront la route
à droite pour aborder, à très de distance
peu
de là, le désert d'Apremont, vaste hé-
gouffre
rissé de rochers dont l'ariUité et le sombre as-
pect offrent l'image du chaos et de la stéri-
lité.
Étant remonté en voiture, on continuera le
chemin qui borde la lisière du bois, et après un
trajet de quelque cents pas, on dominera la
deuxième gorge d'Apremont, dont le panorama
est tout autre que celui qu'on vient de quitter;
les monts et les roches y sont moins nus et plus
accidentés; on y voit de vastes pelouses, de
belles touffes de genévriers, des hêtres et des
chênes séculaires, parmi lesquels on remarque
le Henri iv et le Sully. Mais ce qui accroît l'in-
térêt qu'offre cette gorge, c'est son étendue
spacieuse, son développement dans tous les
sens, et notamment les beaux points de vue
qu'offrent les sommets qui l'entourent; aussi
est-elle le principal rendez-vous des paysa-
gistes.
En quittant les hauteurs des gorges d'Apre-
mont, il faudra retourner sur ses pas jusqu'au
second carrefour, où l'on prendra le
par
deuxième chemin à droite, qui sera suivi entre
— 27 —
un bois-taillis, à la sortie on traversera
duquel
sans dévier une clairière pour pénétrer de nou-
veau entre de délicieux et descen-
ombrages
dre dans la partie sud de la gorge aux Né-
fliers, que l'on coupera en montant le chemin
du PuiLs-au-Géant, et parmi les genévriers, les
hêtres et les charmilles mélangés de bouleaux.
Ayant gravi et suivi directement, dans l'espace
de quelques minutes on arrivcra sur un car-
refour de quatre chemins à l'entrée d'un bois
de hêtres superbes. De ce point, on se dirigera
par la route à droite, qui sera poursuivie jusqu'à
la première à gauche allant directement sur la
route Ronde, où l'on arrivera après avoir mar-
ehétoujours sous de jolis ombrages et traversé
le large chemin de Fleury.
Étant sur la route Ronde, entre un taillis et la
futaie du Chêne-Brùlé, on la suivra à droite
jusqu'au premier chemin qui pénètre en ser-
sous cette futaie, à l'extrémité de la-
pentant
on arrive Ù Franchard, habitation élevée
quelle
sur les ruines 'd'un ancien monastère et ser-
vant de logement au garde forestier du canton.
Celui qui l'habite actuellement, M. Delamotte,
y a élevé dix enfans. On trouve chez lui du
miel ercellent, ricolté dans la forèt, du laitage,
— 28 —
des œufs frais, et au besoin le vin tiré des en-
virons.
L'ancien Ermitage de Franchard est à la fois
un des principaux rendez-vous de cliasse et le
point intermédiaire de l'une des promenades les
plus agrestes et les plus fréquentées de la'forêt.
C'est près de là sur la pelouse et à l'om-
bre de la futaie du Chêne-Brûlé, que chaque
année, aux fêtes de la Pentecôte, les habitans
de Fontaineleau et ceux des environs vien-
nent en foule se rccréer, boire, danser, et quel.
quefois s'égarer; on y voit arrivcr, de tous les
points de la forêt, des villabeois à pied, en char-
rette ou enfourchés sur des ânes de modestes
citadins entassés dans des pataches ou montés
sur des rossinantes; puis la bourgeoisie en bril-
lans équipages ou portée par de superbes cour-
siers en un mot, ce rendez-vous est un dimi-
nutifde la fête de Saint-Cloud ou une imitation de
celle des Loges dans la forêt de Saint-Germain.
En quittant Franchard, il faudra se diriger
à pied par le sentier des Abeilles, à gauche du
puits; et après l'avoir suivi quelques instans
sous les marronniers et parmi d'antiques gene-
vriers, en laissant la rnare à gauche, on descen-
dra un escalier débouchant lresqu'en face de la
— 20 —
Roche-qui-Pleure, où l'on joindra l'équipage
qui aura dû, en partant de l'ermitage, pren-
dre par la route de calèche à droite du puits, et
la suivre toujours à gauche.
La Roche-qui-Pleure, ainsi nommée a cause
d'un filet d'eau qui s'échappe goutte à goutte de
sa partie inférieure, est une masse de grès
située sur la droite et tout près du chemin, en-
tre plusieurs blocs non moins volumineux et pa-
raissant n'avoir jadis formes qu'un seul et même
rocher, dont le tout se sera rompu et divisé,
par suite de la dégradation occasionée par les
eaux, du terrain qui lui servait de point d'appui.
Du haut de la Roche-qui-Pleure, la vue se
projette sur d'arides rochers et au loin sur la
petite plaine de Saint-Martin. En face de cette
roche et de l'autre côté du chemin, on en voit
une dont la profonde cavité et les quelques ar-
bres qui en ombragent les abords offrent un as-
pect singulièrement pittoresque.
Sortantde la Roche-qui-Pleure, on se dirigera
vers l'antre des Druides, en suicanl la route de
caicclie qui descend dans la gorge et en pre-
nant lepremierchemin droite, qu'il faudrasui-
vre quelques centaines de pas; puis mettre pied
à terre à l'entrée d'un sentier à gauche, par
— 30 —
lequel on gravira l'antre des Druides, sorte
de galerie couverte par une roche entièrement
suspendue et pouvant abriter à la fois plus de
quarante Son sommet, vu du fond
personnes.
de la gorge, ressemble à un lion dévorant sa
proie; l'intérieur de l'antre est meublé de ta-
bles et de bancs en pierre brute, servant quel-
quefois aux personnes qui vont faire des parties
de plaisir en forêt, et surtout des repas cham-
pêtres.
En sortant de cette espèce de galerie, on se di-
rigera à gauche, vers un escalier qui correspond
à un sentier serpentant sur la crête du rocher et
conduisant à l'entrée des Hautes-Plaines ou
l'on rejoindra le cocher qui, après avoir des-
cendu ses voyageurs au bas de l'antre des
Druides aura dû aller reprendre en retour-
nant sur ses pas, le chemin de calèche, et le
continuer à droite jusqu'au premier carrefour
au-dessusdela gorge. Decepoint sedirigerpar la
route droite, ensuite première à gauche,
parla
pour aborder les Hautes-Plaines à dix pas au-de-
là d'un chemin qui traverse la route parcourue.
Remonté en voiture, on se dirigera vers le
belvéder de la Gorge-aux-Merisiers, en suivant
directement jusqu'à un carrefour de sept rou-
— 31 —
tes, où l'on prendra la troisième à gauche,
aboutissant sur un autre carrefour deneuf rou-
tes. De ce point, il faudra se diriger parla qua-
trième à droite, allant directement, en traver-
sant la route Ronde, au Cèdre du belvéder de
la Gorge-aux-Merisiers; du carrefour où s'élève
cet arbre, on prendra par la quatrième route
à gauche, aboutissant, à quelques pas delà, sur
un second carrefour qui sera traversé pour cô-
toyer le haut bord du poteau jusqu'au belvéder,
plate-forme dominant la plaine du Puits-du-
Cormier, et d'où l'on jouit d'une vue assez
étendue et assez Sur la droite appa-
agreste.
raissent les arides rochers de la Salamandre,
ainsi nommés à cause de la forme
singulière
de blocs dont la ressemblance a rap-
plusieurs
port Ü celle d'une Salamandre sur la gauche,
c'est le rocher Long-Boyau, avec sa sinueuse
et longue chaîne formant une infinitéde petites
collines où les masses de grès sont des plus
Au loin, et du même
agrestement groupées.
côté, on aperçoit les rochers d'Avon, ombra-
bragés par des massifs de pins maritimes; à
droite, en prolongement de la Salamandre, ce
sont les rochers Moraillon et Bouligny, égale-
ment boisésdepins, ensuite la vallée profonde et
32 —
médiocrement boisée qu'on a à ses pieds, c'est
la plaine du Puits-du-Cormicr, ainsi nommée
à cause d'un puits qui jadis y fut creusé près
d'un cormier; il est en ruines.
En quittant le belvéder, on tournera à gau-
che en suivant le long du bois et ayant en vue
la gorge aux Merisiers. Arrivé au premier car-
refour, il faudra se diriger par la route de ca-
lèche, à droite, continuant le haut bord de la
gorge, et ensuite descendant légèrement entre
de frais feuillages; ayant traverse un chemin qui
descend dans cette gorge, et continué queldues
instans sans dévier on arrivera sur un car-
refour traversé par l'inévitable route Ronde,
qu'il faudra suivre à droite en traversant
l'extrémité des Ilautes-Plaincs et pénétrant
ensuite sur un terrain plus aride et plus acci-
denté. Après quelques centaines de pas parmi
des rochers peu é!evés on se dirigera a
droite par le chemin allant au carrefour du
Mont-Fessas; l'ayanlsuivi quelques minutes, on
arrivera sur un autre carrefour à l'entrée de la
gorge du Houx, dans laquelle on descendra en
suivant la route la plus frayée. Cette gorge,
d'abord étro;te et profonde, s'élargit bientôt
et présente l'aspect d'un monde de rocliers.
— 33 —
L'ayant descendue de vingt minutes,
l'espace
on apercevra sur la gauche, à peu de distance.
du chemin, un énorme bloc appelé le Cœur-du-
Diable, et devant lequel s'élève un jeune et
blanc houleau. Immédiatement après avoir dé-
passé cette roche, on traversera un carrefour
en prenant par la troisième route à gauche, la.
quelle traverse en ligne directe deux autres car-
refours et va aboutir au pied du Mont-Aigu.
Comme il arrive assez fréquemment aux voya-
geurs qui font l'ascension de ce rocher de pren-
dre des sentiers incommodes et très fatigans,
je vais, pour parer à cet inconvénient, indi-
quer le chemin a la fois le plus pittoresque et
le plus doux à gravir.
Après avoir mis pied à terre au dernier car- =
refour mentionné, on continuera dans la même
direction, c'est-à-dire
par la quatrième route
à droite, et on se dirigera de la manière sui-
vante Ayant traversé un chemin, on trouvera,
un peu plus loin, deux embranchemens il fau-
dra prendre celui de gauche et suivre en tour-
nant le rocher jusqu'au sommet, en négligeant
tous les chemins et sentiers à droite.
Le sommet du rocher Mont-Aigu, formé d'é-
normes masses de grès, dont les unes à moitié
3
34
renversées et les autres suspendues, est un
des points les plus élevés de la forût, d'où l'on
jouit d'une agréable vue sur Fontainebleau et
sur les contrées voisines l'horizon se projette
jusque sur les côteaux de la Bourgogne. seici
En quittant la crête de ce rocher, on repren-
dra le sentier par où l'on y est arrivé, et on
descendra jusqu'au troisième sentier à gauche,
lcqucl, ou pied du mont, se transforme en une
allée bordée de pins du Nord, aboutissant au
carrefour du Mont-Fessas, rotonde étoilée par
dix routes, où l'on rejoindra l'équipage, qui,
pour y arriver, aura dû en se séparant des
voyageurs, prendre la première route a gauche
de celles qu'ils ont suivies, et la continuer en
tournant le Mont-Aigu toujours à droite.
Du carrefour du Mont-Fessas, on se dirigera
vers la Faisanderie qu'on a en vue à l'extrémité
du bois taillis; et, arrivé contre la maison du
garde, on suivra par le chemin à gauche en
côtoyant le mur du parquet et le continuant
jusqu'à l'entrée de la rue Royale.
DEUXIÈME PROMENADE.
— 88 —
DEUXIÈME PROMENADE1.
Sortie la rue !Je france.
pur
POINTS LES PLUS REMARQUABLES
La Butte-aux-Aires — La Tillaie. Le Mont-Saint-
Père. Belle-Vue. La mare aux Évées. — Le
Mont de Truis. Les Gorges du Mont-Saint-Ger-
main. La Vallée de la Solle. Le belvéder de
la Fontaine-Désirée. Le Calvaire.
En sortant de la rue de France, et à quelques
de la grille qui termine celte rue, on prcn-
pas
1 En prenant par le chemin de ou par la
rlcury
route de Paris on arrive dirccten.cnt vers le
à peu près
38
s dra à droite sous les d'une allée
feuillages
aboutissant sur l'avenue du Mont-Pierreux,
qu'il faudra suivre à gauche; arrivé au carre-
four de ce nom, on le traversera directement
en prenant la route allant à celui de 1-la.
ris, laquelle serpente jusque sur le haut de la
montagne, et devient ensuite moins sinueuse et
mieux boisée. Après l'avoir continuée quelques
minutes, toujours dans sa partie la plus large
et la plus fréquentée, on longera l'antique fu-
taie du Gros-Fouteau, et l'on traversera direc-
tement le carrefour de la Butte-aux-Aires, en
pénétrant sous les délicieux ombrages de la fu-
taie.
Arrivé sur le pavé de Paris on le travcr-
deuxième de cette promenade, mais la première
point
de ces deux voies étant impraticable aux voitures sus-
et l'autre u'offrant longue et en-
pendues qu'une
côte dont les pavés sont du matin au soir dar-
nuyeuse
dés par le soleil, cru devoir, ici comme ailleurs
j'ai
en pareil cas, faire dévier le tracé de mes promenades,
afin de parcourir de les chemins les plus
préférence
et les mieux ombragés. Cet agrément sera.par-
agréables
fois, il, est vrai payé d'un pied a terre pour faciliter
l'équipage à gravir les sommets qui sont un peu raides.
39
sera ébalemént, en prenant la route allant
au Bouquet du. Iloi, chêne situé au bord du
chemin et au centre de la Tillaic; c'est le
plus droit et le plus liaut de la forêt seu
tronc a six mètres de circonférence. aib taes
£ Du pied de cet arbre (en face de l'éeriteau), on
se dirigera sur la droite à environ cinquante
pas, vers un hêtre non moins remarquable, et
dont le tronc, se divisant en trois grandes et
belles tiges, forme un majestueux bouquet; aussi
le nomme-t-on le Bouquet-de-la-Reine. dprés
avoir passé sous cet arbre et continué quelques
pas, on rentrera sur une route de cali;chc, qu'il
faudra suivre à gauche en passant entre deux
énormes chênes qu'on nomme les Deux-Frères,
et dont la circonférence de chacun est de vingt
pieds. A quelques pas sur la droite, il en est un
autre dont la structure et la caducité offrent
une étude des plus agrestes c'est le Phara-
Après s'être séparé de ces vieux habitansdela
forêt et avoir continué environ un quart-d'heure
le chemin sur lequel on vient d'entrer, on sera
hors de la Tillaic, de cette vaste et délicieuse so-
litude, et près de rentrer sur la grande route
de Paris, ctu'il faudra suivre à gauche jusqu'au
40-
carrefour de la Croix-du-Grand-Veneur, d'où
l'on se dirigera à droite par la troisième route
entre un bois taillis; on la suivra
pénétrant
chemin à gauche, condui-
jusqu'au premier
sant directement dans la vallée du rocher Cu-
vier. Ayant suivi ce chemin jusqu'au com-
mencement de la descente, on prendra à
droite par la route côtoyant le mont Saint-Père,
et arrivant au belvéder de ce nom, plate-forme
d'où l'on a un très beau point de vue; à droite
s'élève et se prolonge la chaîne du rocher Cu-
vier, ornée de houx, de bouleaux, de gene-
vriers et de quelques grandis arbres, parmi les-
quels on en voit un à l'entrée et au pied de ce
rocher, qui est très beau et que la tige parfai-
tement ronde a fait nommer le Chêne Rond.
A l'extrémité de la valléc apparaît la vieille et
haute futaie du Bas-Bréau, formant sur ce point
une des belles limites de la forêt. Au-delà,
plus
sur la droite, se montre le Tartre-Blanc,
monticule de sable, situé près du village de
Saint-Germain, à cinq lieues de Fontainebleau
et sur la gauche, rapprochées on voit les
plus
crètes hérissées d'Apremont se prolongeant jus-
vers le hameau de Barbison.
ques
Du Belvéder, on continuera à côtoyer le mont
— 41 —
Saint Père jusques sur un chemin pavé, qui
sera suivi à droite en passant au pied de la Belle-
Croix, aux environs de laquelle on voit d'agres-
tes chênes qui ont poussé et grandi sur le roc;
il en est un à gaucheau bord d'une petite mare,
près du chemin, dont l'extrême vieillesse et
la caducité attirent fréquemment les artistes,
qui le désignent sous le nom de Clovis.
Aprèsavoir visilé cet arbre séculaire, on conti-
nuera le pavé jusqu'au troisième chemin à gau-
che, allant au mont de Faye, lequel sera suivi
en traversant un bouquet de futaie et continué
vers la marc du rocher Cuvier, mare assez pro-
fonde et attenant à un massif de pins. Un peu
au-delà, on se à droite par la route
dirigera
allant à la Table du Grand-Maître. Arrivé au
deuxième carrefour, à l'angle de la futaie du
Beau-Tilleul, on prendra le premier chemin à
gauche, longeant cette futaie jusqu'à un carre-
four entouré de hêtres et de charmilles, et au
milieu duquel on voit un tilleul d'une assez
chétive apparence et qui cependant est nommé
le Beau-Tilleul.
De ce point, on se vers en
dirigera Bellevue,
sous la haute futaie la route al-
pénétrant par
lant aux Longues-Vallées, qui est la deuxième à
— 42 —
droite. Arrivé à l'entrée de la descente, sur un
carrefour de six routes, on prendra la première
à gauche côtoyant la vallée sous de pittoresques
ombrages jusqu'à Bellevue, position dominant
le rocher Canon, et d'où l'œil embrasse un
immense horizon. En se servant d'une lunette,
on peut compter plus de soixante communes,
dont les plus importantes sont Mclun, Corbeil
et Montlhéry.
De Bellevue, on se rendra à la mare aux
Évées en prenant la première route à gauche,
laduelle aboutit sur un carrefour, d'où l'on se
dirigera à droite par le deuxième chemin des-
cendant sous d'épais feuillages au carrefour cle
la pointe du rocher Canon là on montera
par la deuxième route à droite. Ayant franchi
ce rocher, on continuera sans dévier vers une
jeune futaie en vue à quelques pas en avant, et
sous laquelle on pénétrera jusqu'au premier
chemin à droite, chemin, bien boisé, et
dont la en ligne droite est de trois
lonâueur
mille on le suivra jusqu'à la deuxième
mètres;
route à gauche, très agréable à par-
également
courir et aboutissant sur un carrefour à l'en-
trée de la vieille futaie qui entoure la marc aux
Lvécs. On pénétrera sous cette futaie par le
43 —
troisième chemin à droite, qui sera suivi jus-
qu'au prcmier carrefour où l'on mettra pied
à terre pour visiter cette marc et ses abords.
La mare aux Évées, dont la superficie est
de trente-deux arpcns, consiste en une infinité
de fossés larges et remplis d'eau, symétrique-
ment divisés, et au centre desquels il existe un
bassin d'environ deux cents pieds de diamètre
sur dix à douze de profondeur; on arrive sur
les bords de ce bassin par quatre grandes chaus-
sées flanquées d'eau et plantées de divers ar-
brcs, de même que toutes les digues qui séparent
les fossés. Ce qui donne un aspect pittoresque à
cette marc, c'est la vieille futaie qui en ombrage
le pourtour, et où l'on voit des chênes et des llc-
trcs dont la colossale structure et la caducité
sont dignes du pinceau des peintres qui vont
les visiter.
En quittant la mare aux Evées, on se diri-
gera vers la Table du Grand-Maître, en reve-
nant sur. ses pas gagner le carrefour à la sortie
dc la vieille futaie, où l'on prendra la troisième
route à gauche (ccllc qu'on a parcourue en ve-
nant à la marc), et qui sera directement suivie
entre un bois de charmilles et sous une jeune
et belle futaie à l'extrémité de laquelle on arri-
— 44 —
vera sur une clairière à la pointe du rocher Ca-
non. Ayant traversé cette clairière, on conti-
nuera sans dévier entre un bois taillis et une
futaie parscmée de roches à la sortie de
on tournera à gauche vers un carre-
laquelle
four coupé la route Ronde, (la deuxième à
par
qui sera suivie pour monter à la 'fable
droite)
du Grand-Maître par le pavé qu'on apcrçoit à
quelques pas.
La Table du Grand Maitre, établie sur un
carrefour d'où l'on jouit d'une assez belle vue,
est un grès de sept pieds sur cinq, taillé et
posé en forme de table sur des piliers égale-
ment en grès et entouré de bancs de même na-
ture. Sa date porte 1723.
De ce point, on sedirigeraparla route allant au
mont Saint-Germain, qui est la deuxième à gau-
che, côtoyant le mont de Truis sous de jolis
ombrages à travers lesclucls on a de très belles
de vues sur les campagnes au-delà de
échappées
la Seine. Ayant suivi cette route sans dévier, on
arrive sur un chemin pavé, qu'il faut suivre à
droite et continuer jusqu'à la Belle-Croix, (point
traversé) et de l'autre côté de laquelle on
déjà
le premier chemin à gauche descen-
prendra
dant dans la vallée de la Solle, en longeant le
— 45 —
rocher Saint-Germain, si connu par ses belles
cristallisations. Ayant côtoyé ce rocher l'espace
de quelques minutes, en suivant le long des
houx et des genévriers qui bordent sa base, on
arrivera sur une pelouse entourée à droite par
un petit bois, et à gauche par de très belles touf
fes de genevriers, où l'on mettra pied à terre
pour aller visiter la partie la plus intéressante
de ce beau rocher. A cet effet, il faudra se di
riger à gauche par un chemin pénétrant parmi
les roches et les genévriers, lesquels, à chaque
pas qu'on fait, deviennent plus volumineux et
plus agrestes. Après quelques minutes de tra-
jet, on se trouvera au centre des gorges et à
l'endroit où-le chemin se divise en deux bran-
ches on suivra celle à droite l'espace de cin-
quante pas pour voir un chêne et une roche
très remarquables parla singulière adhérence
qui les unit. De ce point, on reviendra sur ses
monter en voiture et continuer à descendre
pas
entre les et le bois jusqu'à une
genévriers
croisière de chemins où l'on prendra par le
deuxième, aboutissant sur l'Étoile de la Solle,
à la sortie du bois.
aperçue
De l'Étoile de la Soüe, on se dirigera la
par
troisième route a gauche conduisant vers le
— 46 —
Mont-Chauvet, en traversant la vallée à l'om-
bre d'un jeune bois taillis et ayant sous les yeux
les pittoresques bouleaux et les genévriers qui
sont sur la gauche.
Arrivé sur un carrefour dont les abords sont
plus encore, on prendra la deuxième
agrestes
route à gauche faudra suivre sans dé-
qu'il
vier, entre le bois à droite et les à
genévriers
gauche jusque sur la grande route de blelun,
qui sera suivie à droite en gravissant la mon-
tagne Saint-Louis.
Parvenu au sommet du havé, on tournera à
gauche par un chemin qui, après un trajet
d'environ cent pas en arrière, sur le bord es-
carpé de la route, pénètre sous les feuillages et
va aboutir sur un carrefour où l'on prendra à
droite, et bientôt on arrivera sur le point cul-
minant de la route de Fontaine-le-Port, d'où
l'on jouit d'une échappée de vue sur l'Obélis-
que de Toulouse, les tirés de Sermaise, et les
plaines de la Brie.
Cette route sera traversée en prenant le che-
min à droite conduisant au carrefour de la
Butte-à-Gai, d'où l'on se dirigera vers le bel-
véder de la Fontaine-Désirée en prenant le pre-
mier chemin à droite qui sera suivi jusqu'au
— 47 —
deuxième gauche, par lequel on passera en-
tre la Sablière et une jeune plantation de
bouleaux, à l'extrémité de laquelle on tournera
à droite pour aller gagner la route passant au
pied du poteau indicateur qui est
à quelques
pas de là; cette route aboutit, après un court
sur le belvéder, plate-forme sous la-
trajet,
est la fontaine, et d'où l'on a une ad—
quelle
miravle vue sur la forêt et sur la campagne.
Les bois de la Madeleine et des Basses-Loges,
dont les arbres les plus élevés balancent leurs
cîmes à cent pieds au-dessous de ce point de
vue, semblent être un immense et magnifique
tapis vert mais ce qui fait agréablement ressor-
tir la teinte unie et légèrement agitée de ces
bois, véritable mer de feuillages, ce sont les
villages et les hameaux qui en forment les
riantes limites tels que Férici, Ilérici Yu-
laine, Samoreau, Thomery, etc.
De la fontaine Désirée, on se dirigera vers
le Calvaire, en continuant, sans dévier la
route la plus large, laquelle, après avoir
traversé deux carrefours, devient une allée
bordée de pins silvestrcs, aboutissant à une
croix sur la pointe du rocher où na-
plantée
était une sorte de chapelle. De cette
guère
— 48 —
de nomme le et
pointe rocher, qu'on Calvaire,
d'où la vue sur est des
Fontainebleau, plus
on retournera sur ses
belles, pas jusqu'au
chemin à droite, les bords
premier côtoyant
du rocher et allant aboutir sur le travers d'une
route dont la descente sera suivie.
Arrivé au bas du rocher et à l'entrée du
où le chemin se divise en deux bran-
bois,
ches, on celui de faudra
prendra droite, qu'il
suivre la route de calèche à
jusqu'à première
conduisant directement vers la
droite, chapelle
dite d'où l'on ren-
Notre-Dame-de-Bon-Secours,
trera à Fontainebleau la barrière de Mc-
par
lun.
TROISIÈME PROMENADE.
4
TROISIÈME PROMENADE1.
Sortie par l'Obrtisque.
POINTS LES PLLS REMARQUABLES
du Bréau. — Avon. — Point de vue de
Quinconces
Veneux-Nadon. — Thomery. — Chemin de la
fontaine Saint-Aubin. — Bois de la Madeleine.
L'Arbre-en-l'Air.
Sortant de la barrière, par la rue de l'Obé-
lisque, on se trouve au pied d'une pyramide
s'élevant du milieu d'un vaste carrefour sur
Cette parcourue sans rencontrer de
promenade,
rochers, n'en est pas moins très agréable par les beaux
points de vue qu'elle offre sur la Seine, par ses routes
diversement ombragées, et par les villages et ha-
meaux qu elle traverse, au nombre desquels se trouve
Thomery, si renommé par le fameux chasselas, dit
de Fontainebleau.
— 52 —
lequel aboutissent huit routes, dont quatre de
grandes communications celles de Paris, d'Or-
léans, de Moulins et celle de Bourgogne. Il fau-
dra se diriger par cette dernière, la première
à gauche, et la suivre jusqu'à la rotonde de l'a-
venue de Maintenon, carrefour tout aussi vaste
que celui qu'on vient de quitter et également
étoilé par huit routes; on prendra la première
à gauche du pavé de la grande route, laquelle
pénètre sous une double rangée de pins du
Nord, en traversant les quinconces du Bréau;
après avoir coupé la spacieuse avenue qui fait
face au jet d'eau du parterre, et, rencontré
une très belle route qui croise en biais celle
l'on il faudra prendre à droite
que parcourt,
aller le bois taillis qu'on a devant
pour gagner
soi et sous lequel on pénétrera directement par
la voie la plus large.
On arrivera à un carrefour de six routes,
l'on traversera en prenant la troisième à
que
droite, qui continue sous les ombrages et qui
aboutit sur un petit carrefour de quatre cliemins;
de là on se dirigera à gauche
par le deuxième
arrivant sur une petite porte en vue et près de
laquelle on tournera à droite vers la pointe du
village d'Avon qui sera traversé directement.
— 53 —
En quittant la dernière maison, on prendra
la route à droite allant à la croix de Guise,
laduellc sera suivie sans dévier l'espace d'une
demi-lieue, en passant entre le bois de la Ga-
renne et le Tivoli d'Avon1; cette route sera
continuée en longeant le mont Andart jusqu'à
un bouquet de futaie, à l'entrée duquel il fau-
dra prendre le troisième chemin à droite, tra-
vcrsant en droite ligne les carrefours de la Pc-
tite-IIaie, des Fraillons et de la Pointe-d'l'raie,
et aboutissant à la sortie du vieux mur de bor-
de l'autre côté duquel on se dirigera par
nage,
le premier chemin à droite, en passant par
une seconde porte. On prendra ensuite la pre-
mière route à gauche, allant à Ycneux-Nadon,
hameau qui sera traversé directement et à la
sortie duquel on a une jolie vue sur la Seine,
dont les eaux encaissées dans une profonde et
riante vallée s'augmentent en cet endroit
celles du Loing et du canal
par d'Orléans;
mais ce qui embellit encore ces rives, ce sont
Le 'fivoli d'Avon est la partie de haute futaie si-
tuée sur la droite du chemin et sous on voit
laquelle
des buttes servant aux tirs de l'arc. Le de la Saint-
jour
Pierre, cet endroit est un rendez-vous champêlre pour
les liabitans d'Avon et de Fontainebleau,
— 54 —
les villages de Thomery, Champagne, Saint-
Mamert, et la petite ville de Moret dont les
vieilles murailles et la tour de l'église appa-
raissent sur la droite.
En quittant Veneux-Nadon, il faudra se di-
riger à gauche par le chemin vicinal condui-
sant à By, hamcau plus riche et mieux bâti que
Veneux. En y entrant, on prendra par la rue à
droite, laquelle se continue en descendant vers
Thomery, village d'une assez grande étendue, et
dont le territoire est coupé par une infinité de
murs garnis de belles treilles et d'espaliers;
chaque maison, au temps des raisins, offre une
délicieuse tapisserie de chasselas dorés.
Tous les ans ce pays expédie, par la Seine,
pour la capitale, plus de cent mille paniers de
cet excellent raisin, le seul qui ait la propriété
de résister à de longs transports, et de se con-
server long-temps dans son état de fraîcheur.
Arrivé près de l'église de Thomcry, on ga-
gnera les rises du fleuve, en longeant le ha-
meau d'Effondré et en ayant en vue le Mont-
Mélian, chaîne de rochers élevés qui se trouve
sur la rive droite de la Seine et au pied de
laqucllc est situé le château du Pressoir,
Ayant descendu la colliltc jusqu'à la sortie
— 55 —
d'Essondré on prendra a1 gauche, et après
avoir gravi la côte et continué le pavé l'espace
de quelques minutes, on arrivera à la pointe
des Forls-Thomery, partie de haute futaie, à
l'entrée de laquelle est un carrefour de neuf
d'où l'on se dirigera
routes, par la première
à droite allant au bornage, en traversant des
clairières limitées par de superbes rameaux de
chênes et par un bois taillis. Arrivé à un car-
refour de cinq routes, on prendra la deuxième
à gauche, de l'autre côté d'un chêne dont la
adroite et àgauche,. Cette
tige s'étend largement
route conduit sur l'ancienne route de Bourgogne,
qu'il faudra suivre à droite jusqu'à l'extrémité
du.mur, d'où l'on se dirigera de nouveau à droite
par le chemin de Saint-Aubin, aboutissant,
après un trajet de quelques sur un car-
pas,
refour qui sera traversé en prenant la route
du milieu, conduisant sur le chemin de la fon-
taine Saint-Aubin, lequel sera suivi à gauche
en le haut bord de la Seine sous les
côtoyant
ombrages du bois Gautier; de cet endroit, l'on
jouit de délicieuse échappées de vue sur la
rive droite de cette rivière.
Ayant suivi sans dévier ce joli chemin
on descendra sur le pavé des Basses Loges
— 56 —
qu'on suivra à droite jusqu'auprès du pont de
Valvins, d'où il faudra se diriger à gauche par la
route montant vers l'Ermitage de la Madeleine,
habitation dominant la rivière, sur la limite
de la forêt, et appartenant aujourd'hui à
la liste civile. C'était jadis le séjour de quel-
ques moines opulens et débauchés. On y voit
une source dont les eaux sont si abondan-
tes, qu'elles suffisent *non seulement ali-
menter les prés et les jardins du château de
Fontainebleau, mais encore a faire tourner la
roue d'un moulin situé au bas de cet Ermi-
Arrivé aux deux tiers de la côte, à la hauteur
de la Madeleine, que l'on voit sur la droite, on
le pavé en prenant le premier chemin à
quittera
qui côtoie sous la lisière d'une futaie,
gauche
d'où l'on planera de nouveau sur la Seine, et
un loin sur le pavillon du prince de
peu plus
la Trémouille, jolie habitation champêtre, si-
tuée sur le haut d'une pelouse enclavée dans la
forêt et peu éloignée des Basses-Loges.
Avant d'avoir ce pavillon, on pren-
dépassé
dra le premier chemin à droite qui va aboutir
sur l'ancienne route de Bourgogne, que l'on
traversera en entrant dans un jeune bois taillis.
— 57 —
Parvenu à la sortie des bouleaux, on se dirigera
par la route à droite conduisant sur un carre-
four où l'on prendra le premier chemin à gau-
che, petite allée délicieusement boisée, que
l'on suivra jusqu'à la porte aux Vaches, en pas-
sant près de l'Arbre-en-l'Air, hêtrc pour ainsi
dire hors de terre et dont le dessous des raci-
nes, à jour, forme une caverne où vingt per-
sonnes pourraient trouver un abri.
En sortant de la porte aux Vaches, on sui-
vra à droite sous une avenue de platanes qui
conduit directement à Fontainebleau, ct. qui
termine notre troisième promenade.
QUATRIÈME PROMENADE.
QUATRIÈME PROMENADE.
Sortie par l'Obélisque.
POINTS LES PLUS REMARQUABLES:
Mail de Henri IV. — Futaie des Ventes-à-la-Reine. —
Mare du Rocher-aux-Fées. — des
Gorge Etroitures.
Le Haut-Mont. — Rocher Bénard. — Jeunes
futaies du Chêne-Feuillu. — Rocher d'Avon.
En partant de l'Obélisque, on se
dirigera par
le chemin de Montigny, le premier à droite de
la route de Bourgogne. L'ayant parcouru sept
à huit minutes sans dévier, en traversant un
assez beau carrefour, on arrivera au milieu de
l'avenue de Maintenon, dont à
l'extrémité,
— 62 —
gauche, aboutit au château, et à droite
au Mail de Henri IV, montagne dont les flancs
ombragés par des massifs de pins plantés
riga,
en quinconces, offrent de sombres et silen-
cieuses solitudes. Il faudra se rendre vers ce
dernier point arrivé au pied de la butte on
descendra de voiture pour en gravir le som-
met, et jouir de ses différons points de vue.
Pendant ce temps, l'équipage se dirigera à
droite, en longeant la futaie des pins jusqu'au
premier carrefour, situé à l'angle de cette fu-
taie, et sur lequel il attendra les voyageurs qui,
de leur côté, étant arrivés sur la plate-forme de
cette butte, prendront à droite par le deuxième
chemin, traversant un bouquet de bois, à la
sortie duquel on a une vue assez étendue sur
l'intérieur de la forêt. Après avoir descendu
quelques cents pas en côtoyant la montagne et
en suivant la voie-la plus large, on se trouvera
sous les pins et près de l'équipage.
Étant remonté en voiture, on continuera la
jolie allée laquelle le cocher est entré au
par
carrefour. Arrivé à un autre carrefour, il fau-
dra prendre le deuxième chemin à gauche, al-
fc lée moins large, mais tout aussi agréable, qui
va aboutir sur une croisière à l'entrée du ro-
— 63 —
cher Bouligny, d'où l'on
se dirigera par la
deuxième route à droite conduisant au pavé
de Bouron, qu'il faudra suivre à gauche, en
rasant la pointe du rocher Bouligny, et plus
loin celle du rocher Foureau, dont les blocs
arides sont répandus jusque dans la plaine.
Ayant suivi la grande route jusque vers le
milieu de la côte, on verra à gauche deux po-
teaux indicateurs, entre lesquels on se dirigera
par le chemin allant au rocher Boulins, le-
quel sera directement suivi entre la vallée
aux Cerfs et le bois du mont Saint-Iiérem.
Parvenu sur un carrefour de quatre routes,
à peu près au-dessus de la côte qui termine la
vallée, on se dirigera à droite par une route
bien percée et agréablement ombragée, con-
duisant directement au carrefour des Forts-
Marlotte, et laquelle sera suivie en traversant
la route Ronde et en pénétrant sous la haute
futaie, dite les Ventes-à-la-Reine.
Ayant dépassé la descente de la Gorge-aux-
Loups, on prendra, à gauche, le premier che-
min qui traverse en serpentant la partie la
plus remarquable de la futaie, à la sortie de
laquelle on pénétrera directement sous les feuil-
64 —
lages d'un bois plus jeune, mais tout aussi
agréable à parcourir.
Arrivé à une croisière de quatre jolies allées,
on entrera dans celle qui se trouve à gauche etqui
va aboutir sur un carrefour, où l'on de
prendra
nouveau à gauche une route allant à la gorge
aux Loups, qu'il faudra suivre une centaine de
pas, et tourner à droite par un chemin passant en-
tre le bois et la mare du Rocher-aux-Fées, vers
l'extrémité de laquelle on mettra pied à terre
pour en visiter les agrestes bords, et voir les
points de vue et les admirables perspectives
qui se découvrent à chaque pas que l'on fait au
pourtour du rocher. Il est une vue surtout qu'il
ne faut pas oublier d'aller voir, c'est celle de la
vallée de Marlotte. Pour y parvenir, on traver-
sera la pointe du bois qui borde le chemin sur
lequel on a mis pied à terre, et après un trajet
de quelques pas à travers ce bois, on se trou-
vera sous un bouquet de pins et sur une roche
escarpée, d'où l'observateur étonné voit à ses
pieds la cime des chênes qui tapissent le fond
de la vallée, et à la sortie de la colline, le joli
hameau de Marlotte; plus loin, des plaines et
esd coteaux cultivés.
Étant remonté en voiture, on continuera à
— 65 —
suivre le chemin par on est arrivé et
lequel
descend aux Étroitures, étroites et
qui gorges
formées des dont les
profondes, par montagnes
arides rochers commencent à disparaître sous la
verdure des pins qu'on y a semés en quantité.
être descendu en le bois
Après côtoyant
fond de la première on se trou-
jusqu'au gorge,
véra sur le chemin pavé de liarloite, qu'il fau-
dra suivre à gauche en la
gravissant montagne
et en le un carrefour situé
continuant jusqu'à
à la sortie des roches et à l'entrée du
grand
llois. De ce carrefour, on prendra à gauche la
route de calèche allant a la gorge aux Loups,
sera premier chemin à
laquelle suivie jusqu'au
droite, allant aboutir sur un grand carrefour,
d'où l'on se le chemin
dirigera par premier
aussi à droite, le rocher houlins dont
longeant
les masse grisâtres sont couronnées par un
massif de pins maritimes.
Arrivé à un embranchement de route, on
celle à gauche traversant la la
prendra partie
moins élevée du rocher, et ensuite on se diri-
le premier chemin à va
gera par droite, leclucl
directement aboutir sur un carrefour situé à
la sortie des bois Héron et du Haut.tllont.
près
5
GG
Ce carrefour sera directement traeersé, et l'on
continuera, sans dévicr, jusqu'à une croisière
de cinq routes; là on prendra la deuxième
à droite, dont la voie offre tout juste la largeur
nécessaire au passage d'une voiture. Cette pe-
tite route est la plus intéressante à parcourir
pour arriver sur le Haut-Mont, à cause d'une
roche très remarquable par sa cristallisation et
sa structure, située à mi-cûtc et près de laquelle
il faut passer. La surface de son sommet pré-
sente une infinité de petites cellules singuliè-
rement évidées et divisées. Cette masse de grès,
digne des investigations de la géologie, est
nommée la Hoche Cristallisée.
visité la roche Cristallisée, on conti-
Ayant
nuera à le Haut-Mont jusqu'au carre-
gravir
four, situé sur le milieu du plateau, où l'on
à gauche, la route conduisant direc-
prendra,
tement vers la pointe de la montagne, belvéder
d'où l'on jouit d'une vue immense; à droite et
peu éloignée, on voit la chaine du Long-Rocher,
se prolongeant vers les plaines de Sorques, où
coule la rivière du Loing sur la gauche, éga.
lement peu éloignée, c'est la Malmontagne, dont
le plateau offre d'agréables promenades et aussi
de beaux points de vue en face et dans un ho-
67 —
rizon lointain, on aperçoit les hauteurs de Mon-
tereau, les coteaux de la Bourgogne, et plus
u droite les contrées du Gâtinais.
En quittant ce beau point de vue, on retour-
nera sur ses pas, en suivant toujours la route la
plus à droite, jusqu'à celle par laquelle on des-
cend le Haut-Mont; on la parcourra jusqu'à un
carrefour de quatre routes; on prendra celle à
droite,, qui sera suivie constamment à l'ombre
des bois jusqu'au troisième chemin à gauche,
lequel va directement aboutir au rocher Bé-
nard, l'un des sites les plus pittoresques de la
forêt par les superbes genévriers et les agrestes
bouleaux qui l'ornent et l'ombragent, et par les
massifs de haute futaie qui l'entourent. Ce joli
rocher sera directement traversé, et l'on conti-
nuera sans dévier
jusqu'au pavé de Moret,
près duquel on arrivera après avoir parcouru
une suite d'allées offrant de délicieux ombra-
ges. En abordant la grande route, il faudra
prendre à gauche celle qui rentre sous la fu-
laie, et qui conduit à la route Ronde. L'ayant
directement suivie jusqu'à la sortie des grands
bois, on se dirigera à droite entre la futaie et
une jeune plantalion de bouleaux.
Après un trajet de quelques cents pas, ou
— 68 —
arrivera sur le carrefour de la Croix-de-Mont-
Morin, traversépar la route de Bourgogne,
laquelle sera suivie à gauche pour aller gagner
le rocher d'Avon. L'ayant parcourue pendant
environ un quart-d'heure, on prendra à gau-
che par un chemin qui est près du poteau in-
dicateur dont l'inscription porte Route de Fon-
tainebleau. Ce chemin aboutit, après un trajet
très court, sur la route de calèche qui longe
la chaîne du rocher d'Avon on la suivra à
droite, sans dévier, jusqu'au premier carrefour
de l'autre côté de l'avenue de Maintenon, dont
il est parlé au commencement de cette prome-
nade. De ce carrefour, on prendra la deuxième
route sur la droite; elle conduit à la Pyramide
et termine la quatrième promenade.
CINQUIÈME PROMENADE.
CINQUIÈME PROMENADE.
Sortie par l'Oblisque.
POINTS LES PLUS REMARQUABLES
Plaine du Parquet-des-Pins.—Rocher des Demoiselles.
Futaie du Déluge. Belvéder de la Gorge-aux-
Futaie des Ventes-à-la-Reine. Redoute
Loups. —
et vue sur Bouron. — Mare du Parc-aux-Bœufs. —
Mare aux Corueilles. Bois des Grands-Feuillards.
Vallée et rochers de la Salamandre.
i Sortant de la barrière de l'Obélisque, il fau-
dra se par le premier chemin à droite de
diriger
— 72 —
la route de Bourgogne on le suivra jusqu'à un
carrefour de six routes où l'on prendra la
deuxième à droite laquelle sera parcourue en
traversant directement une rotonde de huit au-
tres routes et continuée sans dévier jusque sur
un carrefour
situé à l'angle de la belle futaie de
pins qui ombragent la montagne de Henri iv.
Arrivé à ce point, on se dirigera par la pre-
mière allée à droite, traversant la plaine des
pins que l'on suivra jusqu'au premier carre-
four, où l'on prendra la deuxième route à gau-
che, petite allée conduisant au pied du ro-
cher Bouligny. Arrivé sur un carrefour, à
l'entrée de ce rocher, il faudra se diriger par
la deuxième route à droite, allant au pavé de
Bouron que l'on parcourra à gauche pour aller
gagner le grand chemin dc Recloses, petite
route pavée qui sera rencontrée à droite, après
un trajet de quelques minutes et par laquelle
on se dirigera. L'ayant suivie jusque suriehaut
de la montagne, on prendra par le premier che-
min à droite, entre une jeune plantation de
pins et un bois taillis d'arbres de diverses es-
pèces après avoir suivi ce chemin sans dévier,
en traversant deux carrefours on arrivera à
un troisième carrefour où l'on prendra le
— 75 —
deuxième chemin à gauche, allant aboutir
après un trajet de quelques pas à une
croisière située sur les hauteurs de la gorge
du Rocher des Demoiselles. Ici, on mettra
pied à terrc pour aborder, par le premier
cliemin à droite les masses de grès qui cou-
ronnent le rocher et d'où l'on jouira de di-
verses vues et perspectives sur la forêt.
Après avoir parcouru quelques instans la
crête du rocher des Demoiselles, on remon-
tera en voiture, puis on partira du carrefour
par la première route à gauche (la première
après celle par laquelle la voiture y est en-
Arrivé à un autre carrefour, d'où l'on
trée ).
a une vue sur la gorge et les rochers du Mau-
vais-Passage, on traversera ce lieu en se diri-
par la troisième route a gauche, abou-
geant
tissant à l'étoile des Demoiselles, vaste carre-
four entouré d'une épaisse plantation de pins.
De ce point, on prendra la quatrième route à
aboutir au chemin de Recloses,
gauche allant
du Grand Hêtre, ainsi nommé à cause de
près
la prodigieuse élévation de sa tige qui est aper-
de quatre à cinq lieues. Ar-
çue à la distance
rive au de cet arbre, on se dirigera
pied
vers la futaic du Déluge, en prenant la
— 74 —
route allant au carrefour des la pre-
Ypréaux,
mièvre à droite du Grand-Hêtre, sera
laquelle
suivie sans dévier jusqu'à un carrefour de six
routes où l'on prendra la deuxième à droite,
pénétrant sous de frais Arrivé sur
ombrages.
une croisière de chemins à l'entrée des vieux
chênes du Déluge, il faudra prendre la pre-
mière route à gauche qui sera suivie en lon-
geant la vieille futaie, jusqu'au deuxième che-
min à droite lequel pénètre, en
serpentant
sous un bois épais, et devient bientôt une allée
qui traverse en ligne droite, la pittoresque fu-
taie dite les Erables. Ayant suivi ce chemin,
sans dévier, on arrivera surla route Ronde, qu'il
faudra suivre à gauche, vers la jolie rotonde
Saint-Hérem coupée par la route de Lyon
elle sera directement traversée en continuant
la route Ronde et en rentrant sous de nouveaux
et délicieux ombrages à la sortie desquels et
à l'endroit où le plateau se termine et où la route
Ro nde commencé à descendre, on changera de
direction en prenant, à droite, le chemin cô-
toyant le haut bord de la montagne, que l'on
suivra en se dirigeant vers les quelques chênes
qui couronnent et ombragent médiocrement la
pointe du platcau. Parvenu sur une petite
— 75 —
à l'extrémité (le cette pointe, dite
plate-forme,
le Belvéder de la il faudra
Gorge-aux-Loups,
s'arrêter un instant contempler l'immense
pour
de vue qu'offre cette sur la
point position
on voit des des montagnes et
droite, gorges,
des rochers se à de grandes dis-
prolongeant
tances et servant de limites aux bois qui ta-
la vaste a sous les yeux et
pissent plaine qu'on
un océan de au-delà, sont
qui piraît feuillages
des fertiles, des des ha-
campagnes villages et
loin, dans un horizon où l'œil se
meaux; plus
à gauche, c'est la ville haute de Provins,
perd,
avec son dùme que l'on aperçoit lorsque le
est très clair.
temps
En le belvéder de la
quittant Gorge-aux-
on continuera à suivre sans dévier le
Loups,
chemin à droite côtoie le haut bord de
qui
cette un de cents
pointe. Après trajet quelques
on rentrera sur la route Ronde, du'il fau-
pas,
à aller le che-
dra suivre gauche pour gagner
min de calèche descendant dans la
gorgo
aux ce chemin est le deuxième à
Loups; gau-
che. l'avoir suivi sans dévier
Après jusqu'au
fond de la on se celle à
gorge, dirigera par
d'une vingtaine de pas, pour
gauche t'espace
aller visiter, à droite et à peu de distance d
76
chemin, un Hètre remarquable ses
par épais
feuillages et sa forme ronde; mais ce le
qui
distingue plus particulièrement, c'est une Au-
bépine qui, sortie de terre au de son
pied
trone, le pénètre au cœur, et après l'avoir tra-
versé, porte et confond ses rameaux fleuris
parmi ceux du hêtre.
Quand on aura visité cet arbre singulier, on
rentrera sur la route qui sera remontée Ù gauche,
vers l'intérieur de la gorge jusqu'au deuxième
carrefour, où l'on prendra le chemin à gauche
montant sous les arbres et passant entre deux
chênes séculaires paraissait contemporains, et
qu'on nomme les Deux Gardiens. Du point où
sont ceschènes, on aautour desoi des gradations
de terrain et des perspectives des plus pittores-
de haute
ques, des massifs futaie, des bosquets,
des pelouses, des genévriers et des rochers ta-
de verte mousse et ombragés par des
pisscs
houx, des hêtres et d'autres grands végétaux
s'élançant d'entre leurs masses admirablement
et superposées.
groupées
En continuant à monter au-de)a des deux
on passera près d'une grotte assez
gardiens,
remarquable par sa structure intérieure, dont
les une infinité de petits évi-
parois présentent
— 77 —
démens longitudinaux, diriâés dans tous les
sens, ressemblant à des traces laissées par l'af-
filage de quelque outil, et qui cependant sont
l'ouvrage de la nature.
Ayant dépassé les masses do grès qui bor-
dent le chemin, et étant parvenu sur le haut
de la sortie de la gorge aux Loups, on conti-
nuera sans dévier entre la vieille futaie des
Ventes-à-la-Reine et un bois plus jeune, mais
d'une très belle venue, et dont les arbres pro-
mettent de rivaliser un jour avec les colosses
qui les avoisinent.
Arrès un trajet de quelques minutes, on ar-
rivera sur le carrefour des Forts-Marlolle, l'un
des plus remarquables de la forêt. il est en-
touré de magninques bois, et étoilé par dix
routes bien percées et agréablement ombra-
gées.
Du carrefour des Forts-Marlotte, on se diri-
gera par la quatrième route à droite allant à la
montagne de Bouron on la suivra sans dévier,
et sous des bois délicieux jusqu'à la grande
route, qui sera directement traversée en péné-
trant sous de nouveaux ombrages, où l'on pren-
dra le premier chemin à gauche, conduisant,
en serpentant, sur la redoute de Bouron, po-
— 78 —
sition dominant la route, et ainsi nommée,
parce qu'en 1814 l'armée française y avait placé
de l'artillerie pour défendre le passage contre
les Prussiens. C'est depuis celte funeste époque
qu'on a pratiqué des chemins arrivant à ce
point, et qu'il est devenu un but de promenade,
cl'où la vue se développe sur la vallée de Ne-
mours.
Ayant traversé la redoute de Bouton, on ar-
rivera sur le travers d'un chemin qui sera suivi
à gauche (en serpentant) sous des berceaux de
feuillages; il sera continué sans dévier jusqu'à la
sortie du grand bois, où l'on prendra à gaucheet
ensuite le premier chemin droite, traversant la
plantation des mélèzes et plusietlrs carrefours;
on le parcourra jusqu'à la route Ronde, qu'il
faudra prendre à gauche en longeant la partie
sud de la futaie du Déluge, une des plus vieilles
de la forLt; mais qui est très éclaircie. Cepen-
dant les témoins qui attestent son ancienne
splendeur sont encore, malgré leur caducité, de
très beaux arbres.
La route Ronde sera continuée en traversant
le grand carrefour de Recloses, après lequel on
arrivera à la mare du Parc-aux-Bœufs. Cette
mare, que la nature a crensce sur le roc est
—79—
entourée pelouse ombragée par des hê-
d'une
tres, des charmes et quelques chênes sous
lesquels une fète champêtre a lieu une fois
l'année.
On repartira de la mare du Parc-aux-Bœufs
en continuant la route Ronde jusqu'au pre-
mier chenfin à droite, allant à la montagne
d'Uri.
Arrivé au premier carrefour, il faudra se di-
riger par le chemin que l'on trouvera tout d'a-
bord à gauche, pénélrant dans une jeune futaie
et allant directement aboutir sur la route d'Or-
léans. Cette route sera suivie à gauche vers la
croix de Souvray, où l'on rentrera sur la route
Ronde, la deuxième à droite,
qu'il faudra suivre
jusqu'àla mare aux Corneilles. Cette mare, dont
la surface est trancliée par une quantité de
petites roches se dessinant diversement, est,
comme celle du Parc-aux-Bœufs, environnée
d'une pelouse agrestement ombragée.
De la mare aux Corneilles, on prendra la
quatrième route à gauche allant aux Grands-
Feuillards, futaie dégarnie et couvrant une fo-
rôt de genévriers.
Arrivé au premier carrefour, on se dirigera
par la deuxième route à droite allant aboutir
— 80 —
à un autre carrefour, qui sera traversé en sui-
vant le deuxième chemin à gauclie, qui passe
entre un grand bois et un terrain peu boisé, à
l'extrémité duquel on arrivera sur une croi-
sière de cinq routes; il faudra se diriger par
la deuxième à droite, qui est agréablement
boisée et qui sera suivie jusqu'au troisième
chemin aussià droite, lequel va directement
aboutir au carrefour des Petits-Feuillards, situé
sur la route Ronde, à la sortie des grands bois.
Ce carrefour sera travcrsé en prenant la deuxiè-
me roule à droite, et cn pénétrant dans une
jeune plantation de bouleaux.
Arrivé à l'endroit où cette route se divise eh
deux branches, il faudra se diriger par celle
à gauche et la suivre, sans dévier, en traversant
plusieurs carrefours. Parvenu à l'extrémité
du plateau on aura une vue assez étendue et
des plus agrestes, sur les vallées et sur les ro-
chers, qui occupent le centre de la forêt, mais
principalement sur la chaîne rocailleuse et aride
de la Salamandre, dont on
distinguera bientôt la
roche qui lui a valu son nom et vers laquelle
on descendra, en poursuivant le chemin que
l'on parcoure. Arrivé sur une petite route
pavée on la suivra à droite
jusqu'auprès
—81—
d'un où elle se termine, et d'où l'on
poteau
prendra à gauche, en
côtoyant les pins qui
couvrent la suite des rochers de la Salamandre,
et à la pointe desquels on abordera la grande
route d'Orléans qu'il faudra suivre à gauche
pour se diriger vers Fontainebleau et tcrmi-
ner cette promenade.
fi
AUTRES COMBINAISONS
DE
AVERTISSEMENT.
Quoique l'itinéraire qui précède indique générale-
ment tous les points les plus de la forêt
remarquables
j'ai crn devoir le faire suivre de autres com-
quelques
binaisons de promenades. Ces promenades, il est
vrai, ne sont que sommairement mais, à
indiquées;
l'aide de la carte qui cette et
accompagne brochure,
sous la conduite des cochers sont habitues
qui à parcou-
rir la forêt, on sera'sûr d'arriver au but sans s'égarer.
LA FORÊT
EN DEUX PROMENADES
CHACUNE
D'ENVIRON HUIT HEURES.
PREMIÈRE PROMENADE.
SORTIE PAR LA RUE DES BOIS.
Étoile des Huit-Routes.
Rocher du Mont-Chauvet.
Vallée du Nid-de-l'Aigle.
Le Charlemagne, chêne colossal et des plus
agrestes.
Le Gros-Fouteau, haute futaie.
La Tillaie, idem.
Le du Roi, arbre
Bouquet remarquable.
Le de la idem. 1,
Bouquet Reine,
Le Pharamond, idem.
90—
Étoile de la Gorge-aux-Néflicrs.
Vue sur la première gorge d'Apremont.
Vue sur la deuxième.
Descente vers les chênes de IIenri iv et de
Sully.
Roche de Maric-Thérèse.
Dormoir des vaches de Lantara.
Bas-Bréau, haute et très vieille futaie.
Chêne de la reine Blanche.
Vallée du Rocher-Guvier.
Belvéder du Mont-Saint-Père, agréable point
de vue.
Chêne de Clovis.
Mare du Rocher-Cuvier. I SUTROS
Beau-Tilleul, haute futaie.
Bellevue.
Hauteurs des Longues-Vallées.
Carrefour de la Table-du-Grand-Maître.
Route côtoyant le mont de Truis.
Belle-Croix.
Descente dans la -Vallée de la Solle.
Gorge du rocher Saint-Germain.
Le Chêne engloutissant une roche.
Étoile de la Vallée de la Solle.
Gorge du Mont-Chauvet.
Sortie de la vallée par la route de Melun.
— 91 —
Bois de la Bihourdière.
Belvéder de la Foutainc-Bésiréc, très beau
point de vue.
Calvaire et vue sur rontainehleau.
Carrefour d'Augas.
Mont Ussi et nouvelle vue sur Fontainebleau.
Rocher des Deux-Sœurs et vue sur une partie
de la forêt et sur la campagne, etc.
Jolic routc traversant le Gros-Fouteau.
Descente de la Butte-aux-Aircs et très belle
vue sur la ville et la vallée de Fontainebleau.
DEUXIÈME PROMENADE.
PAR LA BARRIÈRE DE L'OBÉLISQUE.
SORTIE
Avenue de Maintenon.
Montagne de Henri iv et divers points de
vue.
Grande allée de la plaine des Pins.
Rocher Bouligny.
Sommet du rocher des Demoiselles et vue
sur l'intérieur de la foret.
Étoile du rocher des Demoiselles.
Le grand Hêtre du Montoir de Recloses.
Le Déluge, haute et très vieille futaie.
— 94 —
Bois des Érables.
Rotonde Saint-IIércm.
Ventes-à-la-Reine, haute futaie.
Belvéder de la Gorge-aux-Loups, immense
point de vue.
Descente dans la gorge aux Loups.
Le Hêtre-Aubépine.
Sortie
de la gorge aux Loups par le chemin
de la Grotte.
Bois des Forts-Marlotte.
Mare du Rocher-aux-Fées et divers points de
vue.
Étoile des Forts-Marlotte.
Redoute de Bouron et vue sur la vallée de
Nemours.
Traversée du plateau de la, Gave-aut-Bri-
Le cute du sud.
Déluge,
Étoile du carrefour de
Recloses.
Mare du
Parc-aux-Bœufs.
de la
Carrefour Croix-de-Souvray.
Mare aux Corneilles.
Bois des Grands-Feuillards.
Gorge aux Merisiers.
— 95 —
Antre des Druides.
Descente dans la gorge de Franchard.
Roche qui Pleure.
Grotte des Ermites.
Chemin des Abeilles.
Ancien Ermitage de Franchard.
Croix des Ermites.
Descente dans la gorge du Houx.
Le Cœur-du-Diable, masse de grès dont la
forme est à peu près celle d'un cœur.
La roche des Animaux, autre masse de grès
dont la structure offre plusieurs ressemblances
d'animaux, et plus particulièrement celle de
l'éléphant.
Rocher Mont-Aigu et rentrée à Fontaine-
bleau.
LA FORÊT
EN SIX PROMENADES
D'ENVIRON
QUATRE HEURES CHACUNE.
7
PREMIÈRE PROMENADE.
SORTIE PAR LA RUE DE FRANCE.
Etoile du Mont-Pierreux.
Butte-aux-Aires.
La Tillaie.
Bouquets du Roi et de la Reine.
Bois des Charmes.
Fourneau-David.
Chêne-Brûlé, haute futaie.
Ancien Ermitage de Franchard.
Chemin des Abeilles.
Roclie qui Pleure.
100
Grotte des Ermites.
.Descente dans la gorge cle Franehard.
Antre des Druides.
Belvéder de la Gorgc-aux-Merisiers.
Descente dans la gorge du Houx.
Cœur du Diable.
Roche des Animaux.
Mont-Aigu et rentrée à Fontainebleau.
DEUXIÈME PROMENADE.
SORTIE PAR LA BARRIÈRE DE PARIS.
Fosse-au-Rateau.
La Tillaie, partie du sud.
Etoile de la Gorge-aux-Nésliers.
Vue sur le désert des gorges d'Apremont.
Hauteur de la deuxième gorge et beau point
de vue.
Descente aux chênes de Henri iv et de
Sully.
Roche de Marie-Thérèse.
— 102 —
Dormoir des Vaches de Lantara.
Bas-Bréau vieille futaie.
Chêne de la reine Blanche.
Belvéder du Roeher-Cuvier.
Mare du Rocher-Cuvier.
Chêne de Clovis.
Belvéder du Mont-Saint-Père.
Traversée du Gros-Fouteau.
Descente de la Butte-aux-Aires.
Etoile du Mont Pierreux et rentrée en
ville.
201 —
TROISIÈME PROMENADE.
SORTIE PAR LA RUE DE FRANCE.
Etoile des Huit-Routes.
Rocher du Mont-Chauvet.
Valéc du Nid-de-l'Aigle.
Le Charlemagne.
Rocher des Deux-Sœurs.
Descente dans les de la Solle.
gorges
Tivoli de la Solle.
Gorge du Rocher-Saint-Cermain.
Pointe du rocher Casse-Pot.
— 104 —
Bois de la Glandée.
Etoile des Ecouettes.
Futaie et bosquet du Pavillon-Chinois.
Obélisque de Toulouse.
Butte-à-Gai.
Belvéder de la Fontaine-Désirée.
Calvaire et vue sur Fontainebleau.
Descente à Bon-Secours par le rocher Si-
mon, et rentrée en ville par la barrière de Me-
lun.
QUATRIÈME PROMENADE.
SORTIE PAR LA BARRIÈRE DE L'OBÉLISQUE.
Retonde de l'avenue de Maintenon.
Village d'Avon.
Bois de la Garenne.
Forts- Thomery haute futaie.
Chantoiseau et vue sur la Seine.
Descente à Thomerv.
Effondrée.
Allée de la fontaine Saint-Aubin.
de la Madeleine.
Bois
106
Jeune futaie des Basses-Loges.
L'Arbre-en-l'Air.
Porte aux Vaches.
Avenue des Platanes, et rentrée à Fontai-
nebleau par la barrière de Valvins.
PROMENADE.
CINQUIÈME
SORTIE PAR LA BARRIÈRE DE L'OBÉLISQUE.
Avenue de Maintenon.
Pointe de la de Henri IV, à l'est.
montagne
Les placereallx.
Rocher aux Nymphes.
Futaie des Ventes-Héron.
La Roche Cristallisée.
Le Haut-Mont et ses admirables de
points
vue.
Le rocher Bénard et ses jolis genévriers.
— 108 —
Les diverses futaies de la plaine du Chêne-
Feuillu.
Carrefour de la Croix-Mont-Morin.
Rocher d'Avon.
Avenue de lliaintenon et rentrée en ville par
l'Ohélisquc..
'r-'
SIXIÈME PROMENADE.
SORTIE PAR LA BARRIÈRE DE L'OBÉLISQUE.
Plaine du Parquet-des-Pins.
Rocher Bouligny.
Vallée aux Cerfs.
Belvéder de la
Gorge-aux-Loups.
Descente dans la gorge aux Loups.
Le
Hètre-Aubépine.
Sortie de la gorge chemin de la Grotte.
parle
Haute futaie des Ventes-à-la-Reine.
Étoile des Forts-Marlotte.
110 —
Redoute de Bouron et vue sur la vallée de
Nemours.
Plantations des Mélèzes.
Vieille futaie du Déluge.
Mare du Parc-aux-Bœuss.
Sommet du Rocher-des-Demoiselles.
Descente du montoir de Recloses, et rentrée
en ville par. l'Obélisque.
PROMENADE
LA PLUS PITTORESQUE ET LA PLUS INTÉRESSANTE
DE LA FORÊT
DE FONTAINEBLEAU.
dont le est d'en-
Cette promenade trajet
viron six lieues donnera aux voya-
petites
une idée géné-
geurs qui l'entreprendront
et exacte sur l'ensemble de notre vaste
rale
forêt. Ses délicieuses ses gorges,
perspectives,
ses rochers, ses déserts et ses vieilles futaies
comme enchantement sous les
passeront par
de l'observateur.
veux
de Fontainebleau rue des
On sortira par la
et l'on se les points désignés
Bois, dirigera par
ci-après.
1° vallée du où l'on visi-
La Nid-de-l'Aigle,
tera le sameux chêne dit le
Charlemagne.
8
112 —
2° Le Gros-Fouteau l'une des plus '¡cilles et
des plus belles futaies de la forêt.
3° La Tillaie autre futaie tout aussi belle
et où l'on admirera des arbres
gigantesques,
parmi lesquels se le le
distinguent Goliath,
Majestueux, les Bouquets du Hoi et de la Reine,
le les Deux-Frères et une insinité
Pharamond,
d'autres dont la nomenclature deviendrait
trop longue.
u" Le désert des
grand Gorges-d'Apremont,
sur les bords on arrivera
escarpes duquel en
passant près de la croix du Grand-Veneur.
5" Le Mont Saint-Père, d'où l'on d'une
jouira
jolie vue sur la Vallée du Bas-Bréau.
caduc chêne de
6° Le Clovis précieuse
étude pour les paysagistes.
7° Le Promontoir du Rocher Cuvier, l'un
des plus beaux de vue de la forêt.
points
8° Le Carrefour de ne
Believue, point qui
le cède au
guère précédent.
9° La Table du rendez-
Grand-Maître, joli
vous de chasse.
10° Le Rocher des d'où
Deux-Sœurs, l'on
a une délicieuse vue sur la Vallée de la
Solle.
11° Le Mont nouvellement embelli
Ussy
113 —
par plusieurs points de \ue sur le château et
la ville de Fontainebleau.
12° Le Belvéder de la Fontaine-Désirée
d'où t'unit plane à la fois sur la forèt et sur
la campagne.
13" Le Calvaire, pointe de rocher d'où l'on
découvre parfaitement la ville de Fontaine-
bleau.
14° Le Rocher du Fort-des-Moutins, na-
guère inabordable, et maintenant sillonné
par une route large et commode, récemment
inaugurée sous le nom de Route de la Reine
Amélie, et dont le trajet, d'environ cinq six
minutes offre une suite de perspectives et
de points de vue admirables
r Cetteroute, que voudront parcourir tous les étran-
gers qui viennent admirer les merveilles de Fontaine-
bleau, ne sera pas un des moindres souvenirs qu'aura
laissés notre ville le bon goût de l'inspecteur de la fo-
rêt, M. Marrier de Boisd'hyver.
FIN.
FONTAINEBLEAU
Légende du Plan.
A Cour du Chenal blanc L Cascades
C id. Ovule N La Fontaine de' la Reine
D id. des Cuisines 0 Piece d'eau dite le Miroir
de Diane R Carrefour de de
la grille
G Jardin Anglais Maintenon
JI Manège
1 Carrousel N° 1 Hôtel de France
J et son Panillon 2 de noir
l'Etang l'Aigle
K Le Parterre 3 du Cadran bleu
4 de la Poste aux Chevaux
de Ste Trinité. celle de de Henri II et celle
Nota Les choses les voir dans le sont la la St saturnin; la Salle de Louis la Galer de et celle de Diane la Salle des Gardes les Salons
plus remarquables Palais de Hintainebleau Chapelle Philippe François
de L.L.M.M. et du Prince les le Jardin le dont la le
de de Louis XIII et de François I: l'Escalier du les Royal petits Bibliothcque du Roisle le Parterre et Pare contenance totale
St Louis, Roi, celui de la Reine Appartemens Appartemens la Jardin Anglais y compris
Vol. in E. damin dans la Fôret et la Salamandre Vol. in 12. un Poëme en chants sur la Forel
de sur cette Résidence sont 1° Notice et descriptive 8° par Vol in 12 du même auteur
canal est 250 arpens Les ouvrages publiès Royale historique 2° Quatre promenades quatre
dans le Palais et la Foret de Fontainebleau. Vol. in de deux Guide du dans le il ornée d'une
de 8. Grade 8° orné Cartes Topographiques par C.F. Denecourt. Voyageur Palais. Brochure in
Fontainebleau par A. Durand Menuisier. Vol. grand in dux Voyageur
in 8° avec Carte des Sites
Carte du Château du même Auteur, et le Guide du dans la Forêt. Brochure les plus
Voyageur pittoresques.
C. F. Denecourt Editeur subrogé — 1839.
PROMENADE, I. PROMENADE 5.
d'Avon Rocher des Demoiselles.
Village
Futaie du Gros Fouteau La Petite Haie
Futaie du
Rocher des deux Sœurs Déluge
Fontaine Nadon
aux
Gorge Néfliers. Veneux Gorge aux Loups
Sommet d'Apremont
Thomeri
Redoute de Bouron
Antre des Druides. Effondré
aux Mérisiers. Bois Gautier Parc aux
Gorge Bœufs
du Houx. La Madeleine
Gorge
Mare aux Corneilles.
Mont Porte aux
Aigu. Vaches.
Rocher de la Salamandre
PROMENADE 4.
Bulle aux Aires.
la Ti!lrri. Mail de Henri IV. SIGNES
M.t S.t Père Vallée aux Cerfs.
Beau VILLAGE
Tilleul
Belle Vue aux
Mare Fées.
Mare aux Evées. HAMEAU
Rocher des Etroitures.
Table du Grand Maitre
Le llrttl Mont Carrefour
Rocher S.t Germain
Rocher Bénard
Vallée de la Solle. Point de Vue
Futaie du 10:
Fontaine Désirée. Chène feuillu
Caboaire. Rocher d'Avon
NOMS INDIQUÉS PAR DES CHIFFRES
1 Butte aux tires 10 Gorge de la Solle
11 Chène de Clovis.
20 Chène Rouge
3 N. D. de bon Secours. 12 Marv du Rocher Cuvier
13 Chène de la Reine Blanche
5 Rocher Simon 14 Dormoir des Vaches
23 Mare aux Fées
15 de la Tillaie
Bouquets
24 Rocher aux Fées
7 La Bihousdière 16 Ermitage de Franchard
8 Le Charlemagne 17 Marc des Ermitès
Rocher des deux Sœurs. 18 Roche
9 qui pleure
Avin. Pour indications plus complètes voir la Brochure qui se trouve également
principaux
chev l'Editeur de DF.
cette FONTAINEBLEAU.
Carte et dans les
Hotels
Denecourt Ed! Rue de France. 49. Maivon du Sellier