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Le document présente le livre 'Le Ministère de la bienfaisance' d'Ellen G. White, qui traite des principes de la charité chrétienne et de l'évangélisation à travers des actes de bonté. L'ouvrage compile des instructions de l'Esprit de prophétie sur la manière de servir les nécessiteux et d'apporter un soutien aux personnes en souffrance. Ellen G. White, une auteure influente, a consacré sa vie à promouvoir ces valeurs à travers ses écrits et son exemple personnel.

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Le Ministère de la

bienfaisance

Ellen G. White

1970

Copyright © 2021
Ellen G. White Estate, Inc.
Informations sur ce livre

Sommaire
Ce e-livre est offert par l’Ellen G. White Estate. Il fait part d’une
grande collection gratuite de livres-online du site Web du Ellen G.
White Estate.

Concernant l’auteur
Ellen G. White (1827-1915) est considérée comme l’auteur amé-
ricain le plus souvent traduit, ses œuvres ont été publiées en plus
de 160 langues. Elle a écrit plus de 100,000 pages sur une grande
variété de thèmes spirituels et pratiques. Guidée par le Saint-Esprit
elle a exalté Jésus et attiré l’attention sur les Ecritures comme étant
la base de la foi de chacun.

Liens supplémentaires
Une bref biographie de Ellen G. White
Concernant l’Ellen G. White Estate

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White Estate : [email protected]. Nous vous remercions de votre
intérêt, de vos commentaires et nous vous souhaitons les bienfaits
de la grâce divine pendant votre lecture.

ii
iii
Table des matières

iv
Table des matières
Informations sur ce livre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . i
Table des matières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iv
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . vii
Section 1—La philosophie divine de la souffrance et de la
pauvreté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Chapitre Premier—Pourquoi la pauvreté et l’affliction ? . . . 12
Chapitre 2—La sympathie du Christ pour l’humanité
souffrante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Section 2—Le programme divin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Chapitre 3—Esaïe 58 — Une prescription divine . . . . . . . . . 24
Chapitre 4—La pure religion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Chapitre 5—La parabole du bon Samaritain . . . . . . . . . . . . . 33
Section 3—Le plan du Nouveau Testament . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Chapitre 6—Notre exemple dans le ministère de la
bienfaisance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Chapitre 7—Les visites - Le plan du Nouveau Testament . . 45
Chapitre 8—Dorcas, son œuvre et son influence . . . . . . . . . . 50
Section 4—Le champ d’évangélisation le plus proche . . . . . . . 53
Chapitre 9—Différents aspects de l’évangélisation de notre
voisinage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Chapitre 10—La bonté, la clé qui ouvre les cœurs . . . . . . . . 62
Chapitre 11—Comment faire des visites . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Chapitre 12—L’efficacité des visites évangéliques . . . . . . . . 75
Chapitre 13—Organisation de l’Eglise pour le ministère de
la bienfaisance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
Section 5—Le soulagement de l’humanité souffrante . . . . . . . 85
Chapitre 14—Sur les pas de Jésus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Chapitre 15—Le ministère médical dans les foyers . . . . . . . 92
Chapitre 16—Se préparer pour la crise et les désastres des
derniers jours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Section 6—Le mouvement Dorcas dans l’Eglise . . . . . . . . . . . 105
Chapitre 17—Une œuvre pour les femmes . . . . . . . . . . . . . 106
Chapitre 18—Qualifications des femmes pour le service . . 111
Chapitre 19—Influence de la femme chrétienne . . . . . . . . . 117
v
vi Le Ministère de la bienfaisance

Section 7—Au service des pauvres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125


Chapitre 20—Au service des pauvres . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
Chapitre 21—Le pauvre dans l’Eglise. . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
Chapitre 22—Les pauvres du monde . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
Chapitre 23—Aider les pauvres à se suffire à eux-mêmes . 146
Chapitre 24—Les pauvres doivent exercer la bienfaisance . 153
Section 8—Au service des personnes éprouvées . . . . . . . . . . . 157
Chapitre 25—Notre devoir envers les malheureux . . . . . . . 158
Chapitre 26—Encourager et aider les veuves . . . . . . . . . . . . 162
Chapitre 27—Le soin des orphelins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
Chapitre 28—Adoption d’enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Chapitre 29—Le soin des personnes âgées . . . . . . . . . . . . . 180
Chapitre 30—Notre responsabilité envers les aveugles . . . . 182
Section 9—Les réprouves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
Chapitre 31—Travailler pour les proscrits . . . . . . . . . . . . . . 186
Chapitre 32—Précautions nécessaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
Chapitre 33—Un appel pour une œuvre bien équilibrée . . . 195
Section 10—Ressources financières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
Chapitre 34—Notre responsabilité individuelle . . . . . . . . . . 200
Chapitre 35—Renforcer l’œuvre de la bienfaisance . . . . . . 205
Chapitre 36—Fonds spéciaux pour l’œuvre de la
bienfaisance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Chapitre 37—La richesse des Gentils . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
Chapitre 38—Ventes d’aliments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
Chapitre 39—Méthodes défendues pour se procurer de
l’argent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
Section 11—Les résultats du ministère de la bienfaisance . . . 225
Chapitre 40—L’influence du ministère de la bienfaisance . 226
Chapitre 41—Bénédictions reflétées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
Chapitre 42—Les récompenses présentes et éternelles . . . . 238
Préface

Le ministère de la bienfaisance renferme les instructions de


l’Esprit de prophétie relatives à l’œuvre délicate de toucher et de
gagner les cœurs par la bonté manifestée envers le prochain. C’est
un moyen d’évangélisation que de nombreux Adventistes du 7e
jour n’ont jusqu’à maintenant que rarement utilisé. Et pourtant ce
ministère institué par Dieu est le mieux approprié pour attirer l’at-
tention des gens sur le Christ et le christianisme ; il promet de riches
récompenses.
Ellen G. White, l’auteur de cet ouvrage, a non seulement, par
des conseils précis, bien définis, exposé en quoi consiste la bienfai-
sance chrétienne, mais pendant des années, quoique absorbée par
ses devoirs domestiques et ses responsabilités comme messagère du
Seigneur, elle a donné l’exemple, souvent à son insu, en s’occupant
de ceux qui étaient dans le besoin. Le récit autobiographique de
son ministère désintéressé, consigné dans son journal et dans ses
lettres, comme on le verra dans l’appendice de ce volume, sera lu
avec beaucoup d’intérêt et on pourra même en prendre connaissance
avec profit avant de lire l’ouvrage lui-même. De toute façon, le lec-
teur se rendra bientôt compte que le ministère de la bienfaisance,
recommandé à l’Eglise, n’est pas une activité sociale ordinaire, mais
une sorte de ministère d’amour, et un des meilleurs moyens de faire
connaître l’Evangile.
En rassemblant les conseils de l’Esprit de prophétie relatifs à cet
important travail, on a puisé dans le vaste réservoir des instructions
précieuses données au cours de sept décennies. Ils ont été tirés, non
seulement des nombreux ouvrages d’Ellen G. White, mais encore des [8]
milliers d’articles parus dans les journaux de notre dénomination, des
témoignages imprimés sous forme de brochures et des manuscrits
non publiés. Sélectionnés ainsi de sources variées, de différentes
époques, ils comportent inévitablement des répétitions, mais celles-
ci ont pour but de faire ressortir certains points importants et vitaux
dans le développement complet du sujet. De telles répétitions, bien
vii
viii Le Ministère de la bienfaisance

que réduites au minimum, ne sauraient être tout à fait évitées dans


une compilation comme celle-ci. Les compilateurs ont limité leur
travail à faire un choix et à présenter ces textes dans un ordre logique.
C’est une tâche bien difficile, presque impossible, de réunir dans
un ouvrage les nombreuses instructions laissées par Ellen G. White
touchant ce genre de travail et de lui donner comme titre « Le minis-
tère de la bienfaisance ».
Ce n’est pas chose facile de choisir des matériaux et d’établir
une ligne de démarcation entre la visite de voisinage et la visite mis-
sionnaire, ou encore de considérer différemment l’œuvre accomplie
avec dévouement par des femmes adventistes et celle qui se borne à
poursuivre un objectif missionnaire. Pour l’enfant de Dieu, tout cela
est repris dans les différentes activités de la vie quotidienne.
Nous attirons l’attention sur certains termes revenant fréquem-
ment dans ce volume, tels que « œuvre médicale missionnaire » et
œuvre du secours chrétien ». Il faut noter qu’une étude sérieuse des
écrits d’Ellen G. White révèle que l’expression « œuvre médicale
missionnaire » est employée par l’auteur pour désigner des services
professionnels de docteurs et d’infirmières consacrés, mais que sa si-
gnification va beaucoup plus loin. Il s’agit de tous les actes de bonté
désintéressée. Quant à l’expression « œuvre du secours chrétien ”,
elle était plus souvent employée par les premiers Adventistes que par
ceux d’aujourd’hui. Elle désigne le travail de bienfaisance. Ayant
écrit sur plusieurs continents l’auteur cite la monnaie de l’époque.
Parfois elle parle de dollars, d’autres fois de livres et de shillings.
Le lecteur est prié de lire ces instructions dans leur propre
contexte et de découvrir les principes compris dans chaque cas. Par
exemple, une étude des conseils touchant les « soupers de l’Eglise »
révélera que bien qu’il y ait une mise en garde contre la satisfaction
de l’appétit ou l’amour des plaisirs en tant que moyens de se procu-
rer des fonds pour l’Eglise, c’est le privilège de celle-ci de s’engager
dans la préparation et la vente de produits alimentaires hygiéniques
si cette entreprise est bien gérée et s’effectue dans un lieu approprié.
A l’exception de cas isolés où une phrase ou deux peuvent
énoncer clairement un principe, les compilateurs se sont efforcés de
[9] citer un contexte suffisant de chaque extrait pour assurer le lecteur
du bon usage de la citation. Chaque fois la date de celle-ci, ou de sa
Préface ix

première publication, a été indiquée en rapport avec la source d’où


elle émane.
Cet ouvrage a été préparé dans les bureaux du Comité respon-
sable de la publication des Ecrits d’Ellen G. White. Ce travail a
été fait en pleine harmonie avec ses instructions à ce Comité, qui
devait s’occuper des « compilations de ses manuscrits ”, car « ils
contiennent, a-t-elle dit, les instructions que le Seigneur m’a confiées
pour son peuple ».
Puissent celles qui sont contenues dans cet ouvrage et adressées
aux Adventistes du 7e jour - aux laïques comme aux pasteurs en-
courager l’Eglise à saisir les occasions offertes par les relations du
voisinage ; puissent-elles guider chacun de nous dans un service
d’amour, consciencieux et intelligent, et faire que par ces directives
une abondante moisson d’âmes soit recueillie dans le royaume de
Dieu, c’est le désir sincère du

COMITE DE PUBLICATION DES ECRITS D’ELLEN G.


WHITE
x Le Ministère de la bienfaisance
Section 1—La philosophie divine de la [10]
souffrance et de la pauvreté. [11]

[12]
Le péché a détruit l’amour que Dieu avait
mis dans le coeur de l’homme. L’Eglise doit le
faire revivre, collaborer avec le ciel pour déra-
ciner l’égoisme qui s’y trouve, et lui restituer
la bienveillance qu’il possédait dans son état
originel de perfection.. — „Lettre” 134, 1902
Chapitre Premier—Pourquoi la pauvreté et
[13] l’affliction ?

Il y aura toujours des indigents dans la


pays ; c’est pourquoi je te donne ce com-
mandement : Tu ouvriras ta main à ton
frère, au pauvre et à l’indigent dans ton
pays. Deut.15 :11.

Heureux les miséricordieux — Le Seigneur Jésus a dit : «


Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! » Ja-
mais une époque n’a nécessité plus que la nôtre l’exercice d’une
grande miséricorde. Tout autour de nous se pressent des pauvres,
des affligés, des personnes en détresse, et qui courent à leur perte.
Les hommes qui ont acquis des richesses y sont arrivés en exer-
çant les talents reçus de Dieu ; mais ces talents leur ont été confiés
pour soulager les pauvres. Ces dons procèdent de celui qui fait briller
son soleil et tomber la pluie sur l’injuste comme sur le juste, afin que
grâce à la fécondité du sol les hommes soient dans l’abondance et
aient ainsi tout ce qui leur est nécessaire. Les champs ont été bénis
du ciel. « Ton peuple établit sa demeure dans le pays que par ta
bonté, ô Dieu ! tu avais préparé pour les malheureux. » Ps.68 :11.
- ,Signs of the Times”, 13 juin 1892.
La souffrance et la misère ne sont pas voulues de Dieu —
Beaucoup accusent Dieu du fait que la misère et la souffrance règnent
dans le monde, mais ce n’était pas sa volonté qu’il en fût ainsi. Il
n’est jamais entré dans ses desseins qu’un homme jouisse de toutes
les douceurs de la vie tandis que les enfants des autres meurent de
faim. Dieu est un Dieu de bonté. - ,Témoignages”, vol. 11, p. 596.
Dieu a fait des hommes ses économes, et il ne doit pas être
accusé d’être l’auteur de la souffrance, des privations et de la misère
qui existent sur la terre. Il a pourvu abondamment aux besoins de
tous. Il a comblé de richesses des milliers d’hommes pour que ceux-
ci viennent en aide à leurs semblables. Mais ces économes n’ont
12
Chapitre Premier—Pourquoi la pauvreté et l’affliction ? 13

pas été fidèles : ils n’ont pas soulagé la souffrance et pris soin des
nécessiteux.
Lorsque des hommes, qui ont été abondamment bénis du ciel et [14]
qui disposent d’une grande fortune, n’accomplissent pas le dessein
d’en haut, ne soulagent pas le pauvre et l’opprimé, cela déplaît
au Seigneur, qui les visitera sûrement. Ils n’ont aucune excuse en
ne venant pas en aide à leur entourage avec les moyens dont ils
disposent. Dieu est déshonoré et son caractère dénaturé par Satan ;
celui-ci représente Dieu comme un juge sévère qui fait souffrir ses
créatures. Cette caricature semble être justifiée, et ainsi les tentations
de l’ennemi des hommes se font plus fortes. Satan accuse le Très-
Haut du mal même qu’il fait commettre aux hommes lorsque ceux-
ci gardent pour leur propre satisfaction l’argent qu’ils devraient
consacrer à soulager la souffrance. Il attribue ainsi à Dieu ses propres
caractéristiques. “Review and Herald”, 26 juin 1894.
Il ne devrait y avoir ni souffrance ni indigence — Si les
hommes consentaient à accomplir leur devoir comme de fidèles
dispensateurs des biens du Seigneur, personne ne souffrirait de la
faim ou de l’indigence. C’est leur infidélité qui est responsable de
la misère dans laquelle est plongée l’humanité. Si ceux dont le Sei-
gneur a fait ses dispensateurs voulaient consacrer leurs biens aux
objectifs pour lesquels ils les ont reçus, la souffrance n’existerait pas.
Le Seigneur met les hommes à l’épreuve en les comblant de bonnes
choses, comme fut le riche de la parabole. Si nous nous montrons
infidèles dans les richesses injustes, qui nous confiera les véritables
richesses ? Ce sont ceux qui se seront montrés fidèles ici-bas, qui
auront obéi au Seigneur en exerçant la miséricorde, en employant
leurs moyens pour l’avancement de son règne, qui entendront ces
paroles des lèvres du Maître : « Cela va bien, bon et fidèle serviteur.
» - “Id.”
Des riches, des pauvres — La raison pour laquelle Dieu a per-
mis à quelques membres de la famille humaine d’être si riches et
à d’autres d’être si pauvres restera un, mystère pour les hommes
jusque dans l’éternité, à moins qu’ils ne soient vraiment en com-
munion avec Dieu et ne se conforment à ses plans au lieu de suivre
leurs propres idées égoïstes. “Testimonies to Ministers”, p. 280.
Encourager l’amour et la miséricorde — Dans la providence
divine les événements se sont déroulés de telle manière qu’il y aura
14 Le Ministère de la bienfaisance

toujours des pauvres parmi nous, afin que les hommes s’exercent
constamment à la pratique de la miséricorde et de l’amour. Ceux-ci
doivent cultiver la tendresse et la compassion manifestées par le
Christ ; il ne faut pas qu’ils se séparent eux-mêmes de ceux qui sont
dans la tristesse, l’affliction, le besoin et la détresse. — “Signs of
the Times”, 13 juin 1892.
[15] Former en l’homme un caractère semblable à celui de Dieu-
Si le monde a besoin de sympathie, s’il a besoin des prières et du
secours des enfants de Dieu, s’il est nécessaire qu’il puisse voir
le Christ dans la vie de ses disciples, les chrétiens ont également
besoin d’occasions qui suscitent leurs sympathies, rendent leurs
prières efficaces et développent en eux un caractère semblable à
celui du divin Modèle.
C’est pour nous procurer ces occasions que Dieu a placé parmi
nous des pauvres, des malheureux, des malades et des affligés. Ils
constituent un legs de Dieu à l’Eglise, qui doit prendre soin d’eux
comme le ferait le Christ lui-même. C’est ainsi que Dieu enlève les
scories et purifie l’or, nous permettant d’acquérir cette culture du
cœur et cette formation du caractère qui nous sont nécessaires.
Le Seigneur pourrait continuer son œuvre sans notre concours.
Il n’a besoin ni de notre argent, ni de notre temps, ni de nos services.
Mais l’Eglise a du prix à ses yeux. C’est l’écrin qui renferme ses
joyaux, le bercail qui réunit son troupeau, et son ardent désir est de
la voir sans tache, ni ride, ni rien de semblable. Il éprouve pour elle
une tendresse inexprimable. C’est la raison pour laquelle il nous
fournit des occasions de travailler pour lui, et il accepte nos travaux
comme gage de notre amour et de notre loyauté. — “Témoignages”,
vol. II, P. 581, 582.
Pour que nous puissions comprendre la miséricorde divine
— Le pauvre, comme le riche, est l’objet de l’attention et du soin
particulier de Dieu. Supprimez la pauvreté, vous n’aurez plus aucun
moyen de comprendre la miséricorde et l’amour divins, de connaître
la compassion et la sympathie du Père céleste. — “Lettre” 83, 1902.
Dieu nous donne pour que nous puissions donner — Dieu
nous accorde sa bénédiction pour que nous puissions en faire part
à d’autres. Lorsque nous lui demandons notre pain quotidien, il
regarde si nos cœurs sont disposés à le partager avec ceux qui sont
plus nécessiteux que nous. Quand nous prions : « Aie pitié de moi
Chapitre Premier—Pourquoi la pauvreté et l’affliction ? 15

qui suis un pécheur », il nous observe pour voir si nous manifestons


de la compassion pour ceux qui nous entourent. La preuve que nous
sommes en communion avec lui se trouve dans le fait que nous
sommes miséricordieux comme notre Père céleste est miséricor-
dieux. — “Témoignages”, vol. 11, p. 608.
Une puissance spirituelle rabougrie — Rien ne sape plus ra-
pidement la spiritualité de l’âme qu’une conduite égoïste. Ceux qui
cultivent le moi et négligent le soin des âmes et des corps de ceux
pour lesquels le Christ a donné sa vie, ne mangeront pas le pain
vivant ou ne boiront pas l’eau de la source du salut. Ils sont dessé- [16]
chés, comme un arbre qui ne porte pas de fruit. Ce sont des nains
spirituels, qui ne pensent qu’à eux-mêmes ; mais « ce qu’un homme
sème, il le moissonnera, aussi ». “Review and Herald”, 15 janvier
1895.
C’est parce qu’il néglige de s’occuper des pauvres, ainsi que
Dieu l’a recommandé, que le riche devient si orgueilleux, si égoïste,
si dur. Il se sépare du pauvre simplement parce qu’il est pauvre, ce
qui rend celui-ci envieux et jaloux. Un grand nombre de nécessiteux
sont remplis d’amertume, de haine envers ceux qui possèdent tant
de choses alors qu’ils n’ont rien.
Dieu pèse les actes, et tous ceux qui ont été infidèles dans leur
économat, qui n’ont pas porté remède aux maux existants, alors
qu’ils pouvaient le faire, ne seront pas honorés dans les cours cé-
lestes. Ceux qui sont indifférents aux besoins des nécessiteux feront
partie des économes infidèles, et considérés comme des ennemis de
Dieu et des hommes. Ceux qui gardent pour eux-mêmes les biens
que le Seigneur leur a confiés pour venir en aide aux malheureux,
prouvent par là qu’ils ne sont pas en communion avec le Christ : ils
n’ont pas manifesté la tendresse du Sauveur envers ceux qui sont
moins privilégiés qu’eux. — “Id”, 10 décembre 1895.
Si le riche suit l’empreinte des pas du Christ — Le riche
est un économe de Dieu. S’il marche dans l’empreinte des pas du
Christ, dans l’humilité, la piété, il devient, par la transformation du
caractère, doux et humble de cœur. Il comprend que ses biens sont
des trésors qui lui sont prêtés, et il a le sentiment qu’un dépôt sacré
lui a été confié pour venir en aide aux nécessiteux et à ceux qui
souffrent, comme le ferait le Christ. Cette façon de se comporter
le conduira à déposer ses talents et ses trésors devant le trône de
16 Le Ministère de la bienfaisance

Dieu. Ainsi le riche croîtra dans la vie spirituelle, comme un fidèle


économe des biens du Seigneur. — “Manuscrit” 22, 1898.
La souffrance - un moyen de former le caractère — Les pa-
roles du Sauveur contiennent aussi un message de réconfort pour
ceux qui sont dans le deuil ou le dénuement. Nos épreuves ne sont
pas fortuites et « ce n’est pas volontiers que Dieu humilie et afflige
les enfants des hommes » (La.3 :33). Lorsqu’il permet à la tribula-
tion ou au chagrin de nous visiter, c’est « pour notre bien, afin que
nous participions à sa sainteté » (Hé.12 :10). Si nous la recevons
avec foi, cette épreuve aujourd’hui si amère et si lourde se changera
pour nous en bénédiction. Les coups du sort qui flétrissent nos joies
nous amènent à diriger nos regards vers le ciel. Combien d’êtres
n’auraient jamais connu Jésus si la douleur ne les avait poussés à
chercher en lui leur consolation !
[17] Les épreuves de la vie sont des agents dont Dieu se sert pour
discipliner et transformer notre caractère. Il est douloureux d’être
par elles taillé, épuré, ciselé, lissé, poli, broyé sous la meule. Mais
c’est ainsi seulement que l’on peut devenir une pierre vivante et
authentique dans l’Eglise du Seigneur. Les matériaux ordinaires ne
sont pas l’objet d’attentions et de soins minutieux, mais seulement
les pierres de choix, dignes d’entrer dans l’édification d’un palais.
Le Seigneur agira ainsi pour tous ceux qui mettent leur confiance
en lui, et, s’ils sont fidèles, ils remporteront de brillantes victoires
; ils recevront de précieuses leçons et acquerront une expérience
inestimable. — “Jésus et le bonheur”, p. 18.
Affliction et calamité ne signifient pas défaveur divine — «
Jésus vit, en passant un homme aveugle de naissance. Ses disciples
lui firent cette question : Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses
parents, pour qu’il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ce n’est pas
que lui ou ses parents aient péché ; mais c’est afin que les œuvres
de Dieu soient manifestées en lui. » Jn.9 :1-3.
On croyait généralement, chez les Juifs, que le péché était puni
dans cette vie. Toute affliction était considérée comme étant la péna-
lité de quelque erreur, ou de celui qui souffrait ou de ses parents. Il
est vrai que toute souffrance est le résultat de la transgression de la
loi divine, mais cette vérité a été pervertie. Satan, l’auteur du péché
et de ses résultats, a poussé les hommes à considérer la maladie et
la mort comme un châtiment de Dieu arbitrairement infligé à cause
Chapitre Premier—Pourquoi la pauvreté et l’affliction ? 17

du péché. C’est ainsi que l’on pensait qu’une grande affliction ou


calamité ne pouvait s’abattre que sur un grand pécheur. ...
Dieu avait donné une leçon pour prévenir cette idée. L’histoire
de Job avait montré que la souffrance est infligée par Satan, et est
employée par Dieu pour montrer sa miséricorde. Mais Israël ne
comprit pas cette leçon. La même erreur pour laquelle Dieu avait
repris les amis de Job se répétait chez les Juifs dans leur réjection
du Christ.
La croyance des Juifs relative au péché et à la souffrance se
retrouvait chez les disciples du Christ. Pour corriger cette erreur,
Jésus n’expliqua pas la cause de l’affliction de cet homme, mais
il leur dit quel en serait le résultat : les œuvres de Dieu seraient
manifestées. « Pendant que je suis dans le monde, dit-il, je suis la lu-
mière du monde. » Puis, après avoir appliqué de la boue sur les yeux
de l’aveugle, il l’envoya se laver au réservoir de Siloé, et l’aveugle
« s’en retourna voyant clair ». Ainsi Jésus répondit à la question
des disciples d’une manière pratique, comme il faisait généralement
pour ceux qui lui posaient - des questions par curiosité. Les disciples
n’avaient pas à discuter pour savoir si l’aveugle avait péché ou non,
mais ils devaient comprendre le pouvoir de la miséricorde de Dieu [18]
manifestée en rendant la vue à l’aveugle. - “Desire of Ages”, p. 470,
471.
Le Christ doit être vu et entendu par nous — Dieu désire que
le malade, le malheureux, tous ceux qui sont possédés par l’esprit
du mal, entendent sa voix par notre intermédiaire. Par ses agents
humains il veut être un consolateur, tel que le monde n’en a jamais
connu auparavant. Ses disciples doivent faire connaître ses paroles :
« Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, et croyez aussi
en moi. »
Le Seigneur opère par le moyen de tous ceux qui se consacrent
à son service, non seulement pour prêcher la Parole, mais encore
pour s’occuper des malheureux et faire naître l’espérance dans le
cœur de ceux qui en sont dépourvus. Nous devons faire notre part
dans le soulagement des misères de cette vie. Ces misères sont
accompagnées de mystères qui ne sont pas plus clairs à nos yeux
qu’ils ne l’étaient il y a des milliers d’années. Un devoir s’impose
à nous : « Lève-toi, nous dit le prophète Esaïe, sois éclairé, car ta
lumière arrive, et la gloire de l’Eternel se lève sur toi. » (60 :1.)
18 Le Ministère de la bienfaisance

Il y a des nécessiteux tout près de nous, des gens qui souffrent.


Nous devons nous efforcer de leur venir en aide dans l’esprit du
Christ et par sa grâce. Fortifiés par celui qui est tout-puissant, nous
travaillerons comme nous ne l’avons jamais fait. “Manuscrit” 65 b,
1898.
Chapitre 2—La sympathie du Christ pour [19]
l’humanité souffrante

Le Christ a souffert lui-même avec l’humanité souffrante-


Le Christ s’est identifié avec l’humanité souffrante. Il a repris sa
propre nation pour avoir mal agi envers le prochain. Il a déclaré que
ceux qui négligent les faibles, ceux qui en abusent ou ceux qui leur
témoignent de l’intérêt font tout cela à lui-même. Il ne nous a pas
laissés dans les ténèbres à cet égard : il a répété maintes fois les
mêmes leçons sous différentes formes. Il convoque les acteurs au
grand jour des rétributions finales, et il déclare que ce que l’on a fait
à l’un des plus petits de ses frères, c’est à lui-même qu’on l’a fait. «
C’est à moi que vous l’avez fait », dit-il, ou « c’est à moi que vous
ne l’avez pas fait ».
Il est notre substitut, notre sécurité. Il se met à la place de l’huma-
nité : il est affecté comme l’est le plus faible de ses disciples. Telle
est la sympathie du Christ, qui n’est jamais un spectateur indifférent
des souffrances de ses enfants. Il n’est aucune blessure, si légère
soit-elle, provenant des paroles ou des actes, qui ne touche le cœur
de celui qui a donné sa vie pour l’humanité déchue. N’oublions pas
que le Christ est le grand cœur d’où provient le sang qui coule dans
nos veines. Il est la tête d’où procèdent les nerfs qui aboutissent aux
membres les plus insignifiants de notre être. Quand un membre du
corps, avec lequel le Christ est si mystérieusement associé, souffre,
la douleur est ressentie par le Sauveur.
L’Eglise ne se réveillera-t-elle pas ? Ses membres ne sympathi-
seront-ils pas avec le Christ, de façon à traiter avec tendresse toutes
les brebis et tous les agneaux de son troupeau ? Par amour pour eux,
Jésus, la Majesté du ciel, s’est abaissé lui-même ; il est descendu
dans un monde plongé dans la souillure du péché. Il travailla jour
et nuit pour instruire, relever un peuple ingrat et désobéissant, et
lui apporter la joie. Par amour pour les hommes perdus, il se fit
pauvre, afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis. Pour eux,
il se dépouilla lui-même ; pour eux, il endura la privation, la mo- [20]
19
20 Le Ministère de la bienfaisance

querie, le mépris, la souffrance et la mort. Pour eux, il prit la forme


d’un serviteur. Il est notre modèle. Ne voulons-nous pas l’imiter ?
Ne voulons-nous pas prendre soin de l’héritage du Seigneur ? Ne
voulons-nous pas témoigner une tendre compassion pour ceux qui
s’égarent, qui sont tentés et éprouvés ? „Lettre” 45, 1894.
Touché par nos infirmités — Le Christ, notre substitut, fut un
« homme de douleur ”, habitué à la souffrance. Il passa toute sa vie
terrestre à travailler en faveur de l’héritage qu’il était venu racheter
à un prix infini. Il fut touché par nos infirmités. Par son sang versé
sur le Calvaire, il nous adopte comme ses enfants, il fait de nous
l’objet de sa tendre sollicitude. Et pour que nous puissions recevoir
tout ce qui nous est nécessaire : matériellement et spirituellement, il
exhorte ceux qui font partie de son Eglise, en ces termes : «Toutes
les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes
frères, c’est à moi que vous les avez faites.» - “Manuscrit” 40, 1899.
Le Christ est venu soulager la souffrance — Ce monde est
un vaste hôpital ; mais le Christ est venu pour guérir les malades
et procurer la délivrance aux captifs de Satan. Il était lui-même
santé et force. Il communiquait sa vie aux malades, aux affligés,
aux possédés, et ne renvoyait aucun de ceux qui accouraient à lui
pour obtenir la guérison. Le Sauveur n’ignorait pas que ceux qui
imploraient son secours étaient souvent responsables de leurs maux
; néanmoins il ne refusait jamais de leur rendre la santé. Quand une
force issue du Christ se communiquait à ces pauvres âmes, elles
étaient convaincues de péché, et plusieurs étaient délivrées de leurs
maladies spirituelles aussi bien que de leurs maladies physiques.
L’Evangile possède toujours la même puissance ; pourquoi donc ne
serions-nous pas témoins aujourd’hui des mêmes résultats ?
Le Christ ressent le contrecoup des malheurs de tous ceux qui
souffrent. Lorsque de mauvais esprits tourmentent un corps humain,
il éprouve les effets de la malédiction ; et si la fièvre dessèche le
courant de la vie, il ressent une intense souffrance. Il est tout aussi
désireux de guérir les malades aujourd’hui qu’il l’était quand il vivait
sur la terre. Les serviteurs du Christ sont ses représentants et ses
instruments de travail ; par leur intermédiaire il désire exercer son
pouvoir guérisseur. — “Jésus-Christ”, p. 455.
Seul le Christ a connu tous les chagrins et toutes les tentations
auxquels les êtres humains peuvent être exposés. Nul ne fut plus
La sympathie du Christ pour l’humanité souffrante 21

tenté que lui et nul autant que lui n’eut à supporter l’écrasant fardeau
du péché et des souffrances humaines. Jamais personne ne fut doté
d’une puissance de sympathie aussi grande et aussi tendre. Partici-
pant à toutes les expériences de l’humanité, il pouvait non seulement [21]
compatir, mais encore souffrir avec tous ceux qui luttaient contre la
tentation. “Education”, p. 74, 75.
Le Christ fut riche et pauvre à la fois — Le Christ se fit pauvre,
afin que par sa pauvreté nous puissions devenir riches en ce qui
concerne le caractère, et comme lui être « une odeur de vie, don-
nant la vie ». En s’identifiant avec les pauvres, il pouvait compatir
à leur misère. Son humanité pouvait comprendre leur humanité et
les aider à tendre à la perfection en contractant de bonnes habitudes
et un noble caractère. Il pouvait leur apprendre comment se faire
un trésor impérissable dans les cieux. Il devint un avec l’humanité,
, participant à ses souffrances et à ses afflictions, afin que, par son
caractère exempt de souillure, ses disciples puissent devenir parti-
cipants de la nature divine, en fuyant la corruption qui règne dans
le monde. Le Christ était aussi une joie pour le riche, car il pouvait
lui enseigner comment sacrifier ses biens terrestres pour sauver les
âmes qui périssent dans les ténèbres de l’erreur. “Lettre” 150, 1899.
Cultiver la compassion et la sympathie du Christ — Le
Christ éprouva une tendre sympathie pour l’humanité déchue et
souffrante. Si vous désirez devenir ses disciples, il vous faut cultiver
la compassion et la sympathie. Un vif intérêt pour les souffrances
d’autrui doit remplacer l’indifférence devant les malheurs humains.
La veuve, l’orphelin, le malade et le mourant auront toujours besoin
d’aide. Il y a là une bonne occasion de prêcher l’Evangile - de par-
ler de Jésus, notre espérance et notre consolation. Quand le corps
souffrant a été guéri, et que vous avez manifesté de l’intérêt pour
celui qui est affligé, alors le cœur s’ouvre, et vous pouvez y verser
le baume céleste. Si vous regardez à Jésus, si vous recevez de lui
la connaissance, la force et la grâce, vous pouvez communiquer
à d’autres la consolation, parce que le Consolateur est avec vous.
“Medical Missionary”, janvier 1891.
22 Le Ministère de la bienfaisance
Section 2—Le programme divin [22]
[23]

[24]
Vous qui vous dites enfants de Dieu, lisez Esaïe 58. Et vous surtout
qui avez tant de peine à comprendre que vous devez vous occuper
des nécessiteux, lisez-le. Lisez-le aussi, vous dont le cœur et la
maison sont trop étroits pour accueillir les orphelins et les veuves,
victimes de la pauvreté et de la dureté des hommes. Lisez-le, vous
qui craignez que le malheur ne s’abatte sur votre foyer,
anéantissant ainsi vos plus chers espoirs. Il se peut que vos craintes
soient vaines, que des bénédictions quotidiennes vous attendent et
vous comblent. Mais s’il devait en être autrement, si de plus
grandes peines vous attendaient, comptez sur celui qui a fait cette
promesse : «Ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison
germera promptement.

» Il m’a été montré que si les hommes ne sont pas plus spirituels,
s’ils n’ont pas davantage de foi, c’est à cause de leur égoïsme. Le
prophète Esaïe ne s’adresse pas à des pécheurs, à des incroyants,
mais à des observateurs du sabbat, à des hommes qui se prétendent
très pieux. Ce ne sont ni vos nombreuses réunions, ni vos multiples
prières que le Seigneur agrée, mais les bonnes œuvres faites au
moment opportun. Il faut s’occuper moins de soi-même, et pratiquer
davantage la bienfaisance. Notre âme doit s’épanouir. Alors nous
serons « comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux
ne tarissent pas ». - Testimonies”, vol. II, p. 35, 36.
[25] Chapitre 3—Esaïe 58 — Une prescription divine

La religion pure et sans tache, devant


Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins
et les veuves dans leurs afflictions,
et à se préserver des souillures du monde. Ja.1 :27.

Le chapitre qui définit notre œuvre — Le chapitre cinquante-


huit d’Esaïe doit être considéré comme un message pour notre temps,
qu’il faut proclamer sans se lasser. — “Special Testimonies”, série
B, no 8,
Que dit le Seigneur au chapitre 58 d’Esaïe ? Tout ce chapitre est
de la plus haute importance. - Testimonies”, vol. VIII, p. 159.
Il m’a montré que je devais attirer l’attention de notre peuple
sur ce chapitre. Qu’il le lise soigneusement et comprenne le genre
de ministère qui vivifiera nos églises. L’œuvre de l’Evangile doit
être accomplie par l’exercice de notre libéralité aussi bien que par
nos travaux. Lorsque vous êtes en présence de gens qui sont dans le
besoin, aidez-les ; s’ils ont faim, donnez-leur à manger. En agissant
de cette manière vous vous associez au ministère du Christ, car son
œuvre a été une œuvre de bienfaisance. Que nos membres soient
partout encouragés à y prendre part. - Manuscrit” 7, 1908.
L’œuvre esquissée -, Veuillez lire Esaïe 58 : « Est-ce là le jeûne
auquel je prends plaisir, un jour où l’homme humilie son âme ?
Courber la tête comme un jonc, et se coucher sur le sac et la cendre,
est-ce là ce que tu appelleras. un jeûne, un jour agréable à l’Eternel ?
Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de
la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les
opprimés, et que l’on rompe toute espèce de joug ; partage ton pain
avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux
sans asile ; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas
de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta
[26] guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la
gloire de l’Eternel t’accompagnera. Alors tu appelleras, et l’Eternel

24
Esaïe 58 — Une prescription divine 25

répondra ; tu crieras, et il dira : Me voici ! Si tu éloignes du milieu


de toi le joug, les gestes menaçants et les discours injurieux, si tu
donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, si tu rassasies l’âme
indigente, ta lumière se lèvera sur l’obscurité, et tes ténèbres seront
comme le midi. L’Eternel sera toujours ton guide, il rassasiera ton
âme dans les lieux arides, et il redonnera de la vigueur à tes membres
; tu seras comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux
ne tarissent pas. »
Tel est le travail qui nous incombe. Toutes nos prières et tous nos
jeûnes n’ont aucune valeur si nous n’accomplissons pas résolument
cette œuvre. Des obligations sacrées reposent sur nous. Notre devoir
est nettement défini. Le Seigneur nous a parlé par son prophète, et
ses pensées ne sont pas celles qu’imaginent des mortels aveugles et
égoïstes. Il regarde au cœur. Si l’égoïsme y domine, il le voit. Nous
pouvons chercher à cacher à nos frères et sœurs notre vrai caractère,
Dieu le connaît. Rien ne se dérobe à sa vue.
Le jeûne auquel le Seigneur prend plaisir est ici décrit. Il consiste
à partager son pain avec l’affamé et à recueillir chez soi le pauvre.
Il ne faut pas attendre que ceux-ci viennent à vous. Ce n’est pas
à eux de réclamer entretien et demeure, c’est à vous de les offrir.
Vous devez saisir d’une main le bras puissant qui sauve, et de l’autre
relever l’opprimé. Vous ne pouvez jeûner en tenant d’une main le
bras de Dieu alors que l’autre s’occupe de vos propres plaisirs.
Si vous vous engagez dans cette œuvre de miséricorde et
d’amour, s’avérera-t-elle trop difficile pour vous ? Craignez-vous
de succomber sous un fardeau trop lourd pour vos épaules et que
votre famille soit privée de votre assistance et de votre influence ?
Non, non, Dieu a eu bien soin d’éliminer tout doute à cet égard,
en vous faisant une promesse qu’il accomplira si vous êtes obéis-
sants. Cette promesse rassure les plus exigeants, les plus hésitants.
« Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera
promptement. » Croyez seulement que celui qui a fait cette promesse
est fidèle. Il peut renouveler les forces physiques. Il y a plus : il
nous assure qu’il le fera. Mais la promesse ne s’arrête pas là : « Ta
justice marchera devant toi, et la gloire de l’Eternel t’accompagnera.
» Dieu édifiera autour de vous une forteresse. La promesse va plus
loin encore : « Alors tu appelleras, et l’Eternel répondra tu crieras,
et il dira : Me voici ! » Si nous mettons de côté l’oppression, si
26 Le Ministère de la bienfaisance

nous ne prononçons pas paroles vaines, si nous nous occupons du


malheureux, « alors, est-il ajouté, ta lumière se lèvera sur l’obscurité,
et tes ténèbres seront comme le midi, l’Eternel sera toujours ton
guide, il rassasiera ton âme dans les lieux arides, et il redonnera de
[27] la vigueur à tes membres ; tu seras comme un jardin arrosé, comme
une source dont les eaux ne se tarissent pas. » - “Testimonies”, vol.
II, p. 33-35.
La double réforme d’Esaïe 58 — L’œuvre spécifiée dans ce
chapitre d’Esaïe est celle que Dieu exige de son peuple. C’est une
œuvre qu’il a lui-même recommandée. A l’observation des comman-
dements de Dieu et à la réparation de la brèche faite à un précepte du
Décalogue, il faut ajouter la compassion pour l’humanité souffrante.
Nous devons manifester un amour suprême envers le Seigneur, exal-
ter son mémorial, foulé aux pieds par les hommes, et avec cela faire
preuve de bienveillance, de miséricorde et de tendre pitié pour la
race déchue. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » En
tant que peuple, prenons cette œuvre à cœur. L’amour au service de
l’humanité souffrante donne une signification et une puissance à la
vérité. — “Special Testimonies”, série A, no 10, p. 3, 4.
Une véritable interprétation de l’Evangile — Ce n’est que
par un service désintéressé envers les nécessiteux que nous pourrons
faire une démonstration pratique de la vérité évangélique. « Si un
frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque
jour, et que l’un de vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et
vous rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire
au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas
les œuvres, elle est morte en elle-même. » « Maintenant ces trois
choses demeurent : la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus
grande de ces choses, c’est la charité. »
La prédication de l’Evangile comprend beaucoup plus qu’un
simple sermon. Il faut instruire l’ignorant, relever le découragé,
guérir le malade. La voix humaine doit jouer son rôle dans l’œuvre
de Dieu. Que des paroles de tendresse, de sympathie et d’amour
témoignent en faveur de la vérité. La prière fervente rapproche les
anges de nous. ...
Le Seigneur vous aidera à réussir dans ce travail, ... lorsque
vous vivrez et pratiquerez ce qu’il comprend. S’occuper du corps
Esaïe 58 — Une prescription divine 27

en même temps que de l’âme, voilà la véritable interprétation de


l’Evangile. ,Review and Herald”, 4 mars 1902.
Le conseil est positif — Je n’ai pas de crainte pour les ouvriers
qui sont engagés dans l’œuvre décrite au chapitre 58 d’Esaïe. Ce
chapitre est explicite, et assez clair pour tous ceux qui désirent faire
la volonté de Dieu. De nombreuses occasions d’être en bénédiction
à l’humanité s’offrent à chacun de nous. Le message du troisième
ange ne doit pas occuper la seconde place dans cette œuvre, mais en
faire partie. Il peut exister, et il existe vraiment, un danger d’étouffer
les grands principes de la vérité en accomplissant l’œuvre qui nous
est confiée. Celle-ci doit être au message ce que la main droite est au [28]
corps. Les nécessités spirituelles de l’âme doivent être maintenues
au premier plan. — “Lettre” 24, 1898
L’œuvre que le Seigneur nous a confiée — Je ne saurais trop
insister auprès de tous nos membres d’église, de tous ceux qui sont de
vrais missionnaires, de tous ceux qui croient au message du troisième
ange, de tous ceux qui « retiennent leurs pieds pendant le sabbat ”, en
leur disant de méditer sur le message du cinquante-huitième chapitre
d’Esaïe. L’œuvre de bienfaisance recommandée dans ce chapitre est
celle que Dieu réclame de son peuple aujourd’hui. C’est l’œuvre
même du Seigneur. Nous ne sommes pas laissés dans le doute au
sujet de son application et du temps où elle doit s’accomplir, car voici
ce que nous lisons : « Les tiens rebâtiront sur d’anciennes ruines,
tu relèveras des fondements antiques ; on t’appellera réparateur des
brèches, celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable. »
Vers. 12. Mémorial divin, signe de son œuvre en créant le monde,
le sabbat du septième jour a été changé par l’homme de péché. Le
peuple de Dieu a un travail spécial à accomplir en réparant la brèche
qui a été faite à la loi divine, et plus nous approchons de la fin, plus
urgente devient cette œuvre. Tous ceux qui aiment Dieu prouveront
qu’ils portent son sceau en gardant ses commandements. ...
Lorsque l’Eglise accepte d’accomplir l’œuvre que le Seigneur
lui a confiée, voici la promesse qui lui est faite : « Ta lumière
poindra comme l’aurore, et ta guérison germera promptement ta
justice marchera devant toi, et la gloire de l’Eternel t’accompagnera.
» ,Testimonies”, vol. VI, p. 265-267.
[29] Chapitre 4—La pure religion

Définition de la pure religion — Qu’est-ce que la pure religion


? Le Christ a dit que c’est l’exercice de la piété, de la sympathie et
de l’amour au foyer, dans l’église et dans le monde. C’est cette sorte
de religion qu’il faut enseigner aux enfants car c’est la véritable.
Apprenez-leur qu’ils ne doivent pas concentrer leurs pensées sur
eux-mêmes, mais que partout où existe un besoin ou une souffrance
humaine, il y a un champ missionnaire à cultiver. — “Review and
Herald”, 12 nov. 1895.
La religion pure et sans tache devant le Père « consiste à visiter
les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver
des souillures du monde ». Les bonnes œuvres sont le fruit que le
Christ exige que nous portions : de bonnes paroles, des actes de
bienfaisance, de tendre compassion pour les pauvres, les nécessiteux,
les affligés. Lorsque des cœurs sympathisent avec des cœurs fatigués
et chargés, lorsque la main s’ouvre en faveur de celui qui est dans le
besoin, lorsque celui qui est nu est vêtu, lorsque l’étranger est bien
accueilli à votre foyer et a une place dans votre cœur, alors les anges
s’approchent tout près de vous, et un chant de louange éclate dans
les cieux. - ,Testimonies”, vol. II, p. 25.
Dieu met à l’épreuve notre religion — J’ai reçu, concernant
nos devoirs envers les malheureux, des instructions dont je dois vous
entretenir.
J’ai vu que c’est la Providence divine qui a mis en contact avec
l’Eglise chrétienne les veuves et les orphelins, les aveugles, les
sourds, les paralytiques et les personnes affligées de différentes fa-
çons, en vue de former ses membres et développer leur caractère.
Les anges de Dieu veillent à la manière dont nous traitons ces per-
sonnes qui ont besoin de notre sympathie, de notre amour, de notre
bienveillance désintéressée. C’est ainsi que le Seigneur éprouve
notre caractère. Si nous pratiquons la véritable religion de la Bible,
nous aurons le sentiment d’avoir à régler avec le Christ une dette
consistant en amour, en bonté et en intérêt pour ses frères ; et nous
28
La pure religion 29

ne pourrons pas faire moins que de manifester notre gratitude pour


son amour incommensurable alors que nous étions des pécheurs [30]
indignes de sa grâce, en montrant un profond intérêt et un amour
désintéressé pour nos frères qui sont moins favorisés que nous. ,Id.”,
vol. III, p. 51 1.
Comment faire luire votre lumière — Ceux qui devraient être
la lumière du monde se sont montrés faibles et maladifs. Qu’est-ce
que la lumière ? C’est la piété, la bonté, la vérité, la miséricorde,
l’amour c’est la révélation de la vérité dans le caractère et la vie.
Pour être incisif, l’Evangile dépend de la piété personnelle de ses
croyants. Par la mort de son Fils bien-aimé, le Seigneur a fait en
sorte que toute âme soit à même d’accomplir de bonnes œuvres.
— “Review and Herald”, 24 mars 1891.
Le signe distinctif de la vraie et de la fausse religion — La
véritable sympathie d’un homme pour ses semblables doit être le
signe qui distingue ceux qui aiment et craignent Dieu de ceux qui
sont indifférents à sa loi. Quelle sympathie le Christ ne manifesta-
t-il pas en venant ici-bas afin de donner sa vie en sacrifice pour
un monde perdu ! Sa religion l’amena à faire une véritable œuvre
médicale missionnaire * Il était une puissance guérissante. « C’est la
miséricorde que je veux, et non le sacrifice ”, a-t-il dit. C’est ce qui
permet au grand auteur de la vérité de distinguer entre la vraie et la
fausse religion. - ,Manuscrit” 117, 1903.
Sympathie pratique, preuve de pureté — Satan s’efforce de
faire de chaque âme sa proie. Il sait que la sympathie qui s’exprime
par les actes est une preuve de pureté et de désintéressement, et il
fait tout ce qui est en son pouvoir pour fermer nos cœurs aux besoins
de nos semblables, afin de nous rendre finalement insensibles à la
vue de la souffrance. Il a recours à tous les expédients pour nous
empêcher de témoigner notre affection et notre sympathie. C’est
ainsi qu’il perdit Judas. La satisfaction du moi était la seule chose qui
préoccupait ce disciple. Il est à cet égard le représentant d’une classe
importante de soi-disant chrétiens de notre époque. C’est pourquoi
nous devons approfondir son cas. Nous vivons aussi près du Christ
qu’il vivait lui-même. Toutefois si, comme Judas, notre association
*. Le terme « oeuvre médicale missionnaire » employé par Mme White va bien
au-delà de la profession médicale. Il comprend tous les actes de miséricorde et de bonté
désintéressées
30 Le Ministère de la bienfaisance

avec le Sauveur ne nous unit pas à lui au point que nous soyons un
avec le Maître, si elle ne crée pas dans nos cœurs une sympathie
sincère pour tous ceux en faveur desquels le Christ a donné sa vie,
nous courons le danger d’être hors du Christ, et c’est là le but des
tentations de Satan.
Nous devons nous garder de la première déviation de la justice
car une seule transgression, une seule négligence dans la manifesta-
tion de l’Esprit du Christ, ouvre la voie à bien d’autres jusqu’au jour
[31] où notre esprit se trouve maîtrisé par les principes de l’ennemi. En-
tretenu, l’égoïsme devient une passion dévorante que rien ne pourra
vaincre en dehors de la puissance du Christ. - ,Testimonies ”, vol.
VI, p. 264, 265.
La pure religion accomplit des actes de miséricorde et d’amour
- La vraie piété se mesure aux œuvres que l’on accomplit. Ni la
profession ni la situation n’ont d’importance. Un caractère semblable
à celui du Christ, voilà la preuve que nous comprenons la raison
pour laquelle Dieu a envoyé son Fils dans le monde. Ceux qui se
disent chrétiens, et qui ne font pas ce que le Christ ferait s’il était à
leur place, déshonorent la cause du Seigneur. Ils représentent mal
leur Sauveur. ...
La religion pure et sans tache n’est pas un sentiment, mais l’ac-
complissement d’actes de miséricorde et d’amour. Cette religion
est nécessaire à la santé et au bonheur. Elle pénètre dans le temple
souillé de l’âme et en chasse le péché. Elle sanctifie tout par sa pré-
sence, illuminant le cœur par les brillants rayons du Soleil de justice.
Elle ouvre les fenêtres de l’âme vers le ciel, pour que les rayons
de l’amour de Dieu puissent y pénétrer. Elle apporte avec elle la
sérénité et le calme. La force physique, mentale et morale s’accroît,
parce que l’atmosphère céleste est un agent actif qui remplit l’âme.
Le Christ est formé en nous, l’espérance de la gloire. — “Review
and Herald”, 15 octobre 1901.
Devenir infatigable, continuer patiemment à faire le bien, exige
un travail désintéressé. C’est une œuvre glorieuse, que le ciel regarde
avec le sourire. Un travail fidèle est mieux accepté par Dieu que
le culte le plus fervent. Le véritable culte consiste à être ouvrier
avec le Christ. Les prières, l’exhortation, la parole sont de maigres
fruits, fréquemment réunis. Mais les fruits qui se manifestent par de
bonnes œuvres, dans le soin des nécessiteux, des orphelins et des
La pure religion 31

veuves, sont de véritables fruits : ils croissent naturellement sur un


bon arbre. - ,Testimonies”, vol. Il, p. 24.
Sommes-nous enfants de Dieu ? — Ce n’est pas un service
irrégulier que le Seigneur accepte ; ce ne sont pas des actes spas-
modiques de piété qui font de nous des enfants de Dieu. Ce service
exige de nous une conformation aux vrais principes, la fermeté et la
persévérance. Si le Christ est en nous, on le verra dans notre carac-
tère, dans notre ressemblance avec lui. Il faut que nous représentions
le Sauveur devant le monde, comme le Christ a représenté son Père.
— “Review and Herald”, 11 janv. 1898.
Nous devons manifester de la cordialité et du dévouement, sans
penser que nous faisons quelque chose d’extraordinaire, mais parce
que c’est ce que nous attendons d’un chrétien authentique, placé
dans les mêmes circonstances. — “Lettre” 68, 1898.
Ne pas se lasser de faire le bien — Il arrive souvent que l’on [32]
semble faire peu de cas de nos efforts en faveur du prochain, et
que ceux-ci semblent vains. Mais que cela ne nous serve pas de
prétexte pour nous lasser de faire le bien. Que de fois Jésus a cher-
ché des fruits sur des arbres dont il avait pris soin, et n’a trouvé
que des feuilles ! Nous pouvons être déçus devant les résultats de
nos meilleurs efforts, mais il ne faut pas que cela nous conduise à
l’indifférence à l’égard des malheurs des autres. « Maudissez Méroz,
dit l’ange de l’Eternel. Maudissez, maudissez ses habitants, car ils
ne vinrent pas au secours de l’Eternel, parmi les hommes vaillants. »
- “Testimonies”, vol. III. p. 525.
En travaillant pour les autres, nous travaillons pour le
Christ — D’après ce qui m’a été montré, les observateurs du sabbat
deviennent plus égoïstes à mesure qu’ils s’enrichissent. Leur amour
pour le Christ et pour son peuple diminue. Ils ne voient plus les
besoins des nécessiteux ; ils ne ressentent plus leurs souffrances et
leurs tristesses. Ils ne comprennent pas qu’en négligeant le pauvre
et celui qui souffre, ils négligent le Christ, et qu’en soulageant la
misère et les souffrances du pauvre, ils travaillent pour le Christ.
« Il dira à ceux qui sont à sa gauche : Retirez-vous de moi,
maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable
et pour ses anges. Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à
manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais
étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu, et vous ne
32 Le Ministère de la bienfaisance

m’avez pas vêtu, j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas


visité. Ils répondront Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant faim,
ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne
t’avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra : Je vous le dis en
vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un
de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. Et
ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle.
» Mt.25 :41-46.
Ici Jésus s’identifie lui-même avec ceux qui souffrent. C’était
moi, dit-il, qui avais faim et soif, qui étais étranger, nu, malade, en
prison. Quand vous aviez des aliments en abondance sur vos tables,
je souffrais de la faim dans une cabane ou dans la rue non loin de
chez vous. Quand vous me fermiez la porte, alors que vous disposiez
de chambres inoccupées, je n’avais pas un lieu où reposer la tête.
Votre garde-robe était garnie de toutes sortes de vêtements dont vous
auriez pu vous passer, alors que j’étais dans le dénuement. Quand
vous jouissiez d’une santé florissante, j’étais malade. Le malheur me
fit jeter en prison, les pieds dans les fers, me privant ainsi de liberté
et d’espérance, alors que vous pouviez vous déplacer librement.. En
[33] s’exprimant ainsi, Jésus a souligné sa solidarité parfaite avec ses
disciples qui souffrent ! Il se met à leur place, il s’identifie avec
eux. Chaque fois que nous négligeons un pauvre, un nécessiteux, un
orphelin, nous négligeons Jésus dans leurs personnes.
Je connais certaines personnes qui se croient de bonnes chré-
tiennes et dont le cœur se plaît dans l’égoïsme, au point qu’elles
ne sauraient apprécier ce que j’écris en ce moment. Toute leur vie
ces gens n’ont pensé et vécu que pour le moi. Faire un sacrifice
pour soulager autrui, se priver pour lui, c’est une chose qu’ils ne
peuvent comprendre. Ils n’ont pas la moindre idée de ce que Dieu
exige d’eux. Le moi est leur idole. De précieuses semaines, des
mois et des années passent dans l’éternité, mais les livres du ciel
n’enregistrent aucun acte de bonté de leur part, aucun sacrifice pour
faire du bien à autrui, nourrir celui qui a faim, vêtir celui qui est nu,
héberger l’étranger. Accueillir ce dernier est une chose désagréable
pour eux. S’ils étaient persuadés que tous ceux qu’ils secourraient
en étaient dignes, ils seraient disposés à les aider. Mais il est méri-
toire d’en prendre le risque. On peut ainsi recevoir des anges sans le
savoir. ,Id.”, vol. II, p.24-26.
Chapitre 5—La parabole du bon Samaritain [34]

La nature de la véritable religion illustrée — Par l’histoire du


bon Samaritain, le Christ nous fait comprendre que la vraie religion
ne consiste pas en des systèmes, des credos ou des rites, mais en
l’accomplissement d’œuvres de miséricorde, en la bienfaisance, la
vraie bonté. ...
Actuellement cette leçon est tout aussi nécessaire qu’à l’heure
où elle sortit des lèvres de Jésus. L’égoïsme et un froid formalisme
ont presque entièrement éteint le feu de l’amour et chassé les grâces
qui donnent du parfum au caractère. Beaucoup de ceux qui font
profession de porter son nom ont oublié que le devoir des chrétiens,
c’est de représenter le Christ. Si l’esprit de sacrifice ne se manifeste
pas d’une manière pratique, en faveur d’autrui, dans le cercle de la
famille, dans le voisinage, dans l’église, et où que ce soit, nous ne
sommes pas de vrais chrétiens, quelle que soit notre profession de
foi. - ,Jésus-Christ”, p. 231, 235.
Qui est mon prochain ? — Chez les Juifs la question : « Qui
est mon prochain ? » était souvent le sujet de discussions intermi-
nables. Ils n’étaient pas dans le doute au sujet des païens et des
Samaritains. Ces derniers étaient considérés comme des étrangers.
Mais comment devait-on faire la distinction entre les gens du pays
et les différentes classes de la société ? Qui donc, en fait, rabbins,
prêtres et anciens du peuple devaient-ils regarder comme leur pro-
chain ? Ils passaient toute leur existence à assurer leur purification,
car le contact avec les masses incultes et indifférentes occasionnait
une souillure dont on ne pouvait se débarrasser que par des céré-
monies harassantes. Fallait-il voir dans ces « impurs » son prochain
?
Le Christ va répondre à cette question par la parabole du bon
Samaritain. Il montre que le prochain n’est pas simplement notre
coreligionnaire, et qu’on ne le reconnaît ni à la couleur de sa peau, ni
à la race, ni au rang social. Le prochain, c’est quiconque a besoin de
notre aide, tous ceux qui ont été blessés et meurtris par l’adversaire.
33
34 Le Ministère de la bienfaisance

[35] En un mot, le prochain, c’est toute âme qui est la propriété de Dieu.
— “Paraboles”, p. 387, 388.
Illustré par une parabole — Le Christ s’adressait à une grande
foule. Les pharisiens, dans l’espoir de lui faire prononcer des paroles
qui le condamneraient, chargèrent un docteur de la loi de lui poser
une question. « Maître, dit-il à Jésus, que dois-je faire pour hériter
la vie éternelle ? » Le Sauveur lisait dans le cœur des pharisiens
comme dans un livre ouvert. Il répondit : « Qu’est-il écrit dans la
loi ? Qu’y lis-tu ? » Le docteur répondit : « Tu aimeras le Seigneur,
ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de
toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même. »
« Tu as bien répondu, lui dit Jésus, fais cela et tu vivras. » Le
docteur n’ignorait pas que sa propre réponse le condamnait. Il savait
qu’il n’aimait pas son prochain comme lui-même. Mais, voulant se
justifier, il demanda : « Et qui est mon prochain ? ”
Le Christ répondit à cette question en relatant un incident récent,
qui était encore dans la mémoire de ses auditeurs. - ,Manuscrit” 117,
1903.
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au
milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups,
s’en allèrent, le laissant à demi-mort. »
Pour se rendre de Jérusalem à Jéricho, il fallait traverser une
partie du désert de Judée. La route serpentait au sein des gorges
rocheuses et sauvages, infestées de brigands ; elles étaient souvent
le théâtre de scènes de violence. C’est là que le voyageur de la
parabole fut attaqué et dépouillé de tout ce qu’il possédait. Il gisait
seul, à demi-mort, sur la route. Un prêtre passa, qui vit le malheureux
blessé, baignant dans son sang. Mais, au lieu de se précipiter à son
secours, il « passa outre ». Ensuite, vint un Lévite qui, curieux de
savoir ce qui était arrivé à ce pauvre homme, s’arrêta pour le voir. Il
fut vite convaincu de son devoir, mais celui-ci n’avait rien d’agréable.
Il aurait bien mieux aimé n’être pas passé en cet endroit : il n’aurait
pas rencontré ce malheureux. Il se persuada que ce n’était pas son
affaire, et lui aussi « passa outre ».
Mais un Samaritain qui passait par là vit le blessé. Il fit en sa
faveur ce que les autres n’avaient pas voulu faire. Avec tendresse
il prit soin du malheureux. Il « fut ému de compassion lorsqu’il le
vit. Il s’approcha, banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin
La parabole du bon Samaritain 35

; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie,


et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à
l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le
rendrai à mon retour. » Le prêtre et le Lévite faisaient l’un et l’autre
profession de piété, mais le Samaritain prouva qu’il était vraiment
converti. Cette besogne ne lui était pas plus agréable qu’aux deux [36]
autres, mais il montra par ses œuvres que ses sentiments battaient à
l’unisson avec ceux du Seigneur.
En donnant cette leçon, le Christ présentait les principes de la loi
d’une manière claire et précise. Il faisait comprendre à ses auditeurs
combien ils étaient négligents à l’égard de ces principes. Ses paroles
étaient si claires et si directes que le doute ne pouvait être admis,
aussi le docteur ne put rien objecter. Ses préjugés à l’égard du Christ
se dissipèrent, mais il n’avait pas encore pu vaincre ses antipathies
raciales pour faire l’éloge du Samaritain. Quand le Seigneur lui
demanda : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain
de celui qui était tombé au milieu des brigands ? » il répondit : «
C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui. » « Jésus lui dit
: Va, et toi, fais de même ! » Manifeste la même piété envers les
malheureux. C’est ainsi que l’on verra que tu es un observateur de
la loi. - ,Paraboles”, p. 390, 391.
Quiconque est dans le besoin est notre prochain — Tout être
humain qui a besoin de notre sympathie et de nos bons offices,
est notre prochain. Ceux qui souffrent, les déshérités de n’importe
quelle classe, sont pour nous le prochain, et lorsque nous connaissons
leurs besoins c’est notre devoir de les aider autant que possible. —
“Testimonies”, vol. IV, p. 226, 227.
Dans cette parabole le devoir de l’homme envers ses semblables
est tracé pour toujours. Nous devons nous occuper de toute personne
qui souffre, venir en aide jusqu’à l’extrême limite de nos possibilités
aux nécessiteux, comme doivent le faire des agents de Dieu, chargés
de ce soin. Nous sommes ouvriers avec Dieu. Il en est qui mani-
festent une grande affection pour leur parenté, pour leurs amis et
leurs préférés, mais qui manquent de bonté à l’égard des personnes
qui sont dans le besoin et auxquelles une tendre sympathie serait si
nécessaire. Demandons-nous sérieusement : « Qui est mon prochain
? » Notre prochain ce n’est pas seulement celui avec lequel nous
sommes associés, un ami cher, un membre de notre église ou quel-
36 Le Ministère de la bienfaisance

qu’un qui pense comme nous. Notre prochain, c’est tout le genre
humain. Nous devons exercer notre bonté envers tous les hommes,
mais spécialement envers les frères en la foi. Il faut que nous don-
nions au monde la preuve de ce que signifie l’observation de la loi
de Dieu. Nous devons aimer Dieu par-dessus tout, et notre prochain
comme nous-mêmes. - ,Review and Herald”, 1er janv. 1895.
La vraie religion travestie - Le prêtre et le Lévite avaient été au
temple pour participer aux cérémonies rituelles prescrites par Dieu
lui-même. C’était un grand privilège. Ces deux hommes estimaient
qu’après avoir été les objets d’une telle marque de distinction, c’eût
été s’abaisser que de panser un blessé inconnu, gisant au bord du
[37] chemin. Ils laissèrent passer ainsi l’occasion que Dieu leur offrait
d’être ses instruments pour venir en aide à un malheureux.
Il en est beaucoup aujourd’hui qui commettent la même erreur.
Ils classent leurs devoirs en deux catégories distinctes. La première
est composée de grandes choses réglées par la loi divine ; la seconde
est faite de petites choses supposées dans lesquelles le commande-
ment « tu aimeras ton prochain comme toi-même » est méconnu.
Cette catégorie de devoirs est abandonnée aux caprices, et dépend
des inclinations et des impulsions. C’est ainsi que le caractère est
faussé et la religion du Christ travestie.
D’aucuns pensent que s’occuper des souffrances des autres, c’est
s’abaisser. Ils regardent avec indifférence, quand ce n’est pas avec
mépris, les temples en ruine que sont tant d’âmes. Il en est qui
méprisent les pauvres pour d’autres raisons. Ils se croient employés
à l’œuvre du Christ, et collaborent à quelque activité louable. Ils ont
l’idée de faire quelque chose de noble et de grand, et ils oublient
leurs devoirs à l’égard des pauvres et des malheureux. Fiers de ce
qu’ils font, ils se croient même autorisés à opprimer les malheureux,
à les priver de leurs droits légitimes et à méconnaître leurs besoins
réels. Cependant, en tout cela, ces gens se croient justifiés parce que,
en agissant ainsi, ils pensent travailler à l’avancement de la cause du
Christ. — “Paraboles”, p. 392, 393.
Exigences de la loi divine — Ne pas s’occuper du prochain
malheureux, c’est faire une brèche à la loi divine. Dieu fit passer
le prêtre le long de la route pour qu’il ait l’occasion de voir quel-
qu’un qui avait besoin de miséricorde et de secours ; mais le prêtre,
bien qu’occupant un saint office, dont le but était de faire du bien
La parabole du bon Samaritain 37

et d’exercer la miséricorde, passa outre. Il montra ainsi son vrai


caractère devant les anges de Dieu. Il pouvait bien faire de longues
prières, mais il ne voyait pas la nécessité de se conformer aux prin-
cipes de la loi en aimant Dieu de tout son cœur et son prochain
comme lui-même. Le Lévite faisait partie de la même tribu que le
blessé. Tout le ciel observait cet homme qui passait par la route,
pour voir si son cœur serait touché par un malheureux. En le voyant,
le Lévite comprit son devoir, mais celui-ci n’était pas agréable. Il
regretta de n’avoir pas suivi un autre chemin ; il n’aurait pas vu ce
blessé, nu et mourant, qui avait besoin du secours de ses semblables.
Il passa outre, se persuadant que ce n’était pas son affaire, que sa
conscience était en repos. Il se disait interprète de la loi, ministre
des choses sacrées, mais il passa de l’autre côté.
Au sein de la colonne de nuée, le Seigneur Jésus avait donné des
directives spéciales au sujet des actes de miséricorde envers l’homme
et les animaux. La loi de Dieu exige que nous aimions le Seigneur
par-dessus tout et notre prochain comme nous-mêmes. Mais elle
exige aussi que nous nous occupions des créatures muettes qui ne [38]
peuvent exprimer par des paroles leurs besoins et leurs souffrances.
« Si tu vois s’égarer le bœuf ou la brebis de ton frère, tu ne t’en
détourneras point. Tu les ramèneras à ton frère. » Celui qui aime
Dieu aime aussi non seulement ses semblables, mais regarde avec
une tendre compassion les créatures que Dieu a faites. Lorsque
l’Esprit de Dieu est dans un homme, il le pousse à soulager plutôt
qu’à créer la souffrance. — “Review and Herald”, ler janv. 1895.
Les principes de la loi de Dieu ont été oubliés — Le prêtre et
le Lévite n’avaient pas d’excuse à leur froide indifférence. La loi de
la miséricorde et de la bonté était clairement établie dans l’Ancien
Testament. Il était de leur devoir de s’occuper du cas de cet homme
blessé. S’ils avaient observé la loi qu’ils prétendaient honorer, ils ne
seraient pas passé sans lui porter secours. Mais ils avaient oublié les
principes de la loi que le Christ avait donnée à leurs pères, au sein
de la colonne de nuée, alors qu’ils marchaient dans le désert.
Qui est mon prochain ? Voilà une question à laquelle toutes nos
églises doivent répondre. Si le prêtre et le Lévite avaient, lu avec
discernement le code hébraïque, ils auraient traité le blessé bien
différemment. — “Manuscrit” 117, 1908.
38 Le Ministère de la bienfaisance

Conditions pour hériter la vie éternelle — Les conditions


pour hériter la vie éternelle ont été clairement établies par notre
Sauveur. L’homme qui avait été blessé et volé représente tous ceux
qui méritent notre sympathie et notre charité. Si nous négligeons
les nécessiteux et les malheureux qui nous sont connus, quels qu’ils
soient, nous n’avons pas l’assurance d’obtenir la vie éternelle, car
nous ne répondons pas à ce que Dieu réclame de nous. Nous ne
manifestons ni compassion ni pitié pour l’humanité sous prétexte
qu’il ne s’agit ni de parents ni d’amis. Nous sommes alors des trans-
gresseurs du second commandement du sommaire de la loi, dont
les six derniers commandements dépendent. Quiconque transgresse
l’un d’eux est coupable de tous. Ceux qui ferment leurs cœurs aux
besoins et aux souffrances de l’humanité ne seront pas fidèles aux
quatre premiers préceptes du Décalogue. Notre cœur, nos ,affections
vont aux idoles. Dieu n’est pas honoré et ne règne pas suprêmement
sur nous. — “Testimonies”, vol. 111, p. 524.
Votre occasion et la mienne — Dieu donne aujourd’hui aux
hommes l’occasion de montrer si oui ou non ils aiment leur pro-
chain. Celui qui aime vraiment le Seigneur et son semblable, c’est
le croyant qui montre de la miséricorde envers les déshérités, les
malades, les blessés et ceux qui sont sur le point de mourir. Dieu
[39] demande à chaque homme d’entreprendre cette œuvre négligée, de
chercher à restaurer dans l’humanité l’image morale du Créateur.
— “Lettre” 113, 1901.
Comment nous pouvons aimer notre prochain comme nous-
mêmes - Nous ne pouvons aimer notre prochain comme nous-
mêmes que si nous aimons Dieu par-dessus tout. L’amour de Dieu
fera naître l’amour pour notre prochain. Beaucoup pensent qu’il
est impossible d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, mais
c’est là le véritable fruit du christianisme. Aimer son prochain, c’est
se revêtir du Seigneur Jésus-Christ ; c’est marcher et travailler en
vue du monde invisible. C’est de cette manière que nous garderons
les regards fixés sur Jésus, le chef et le consommateur de notre foi.
“Review and Herald”, 26 juin 1894.
Section 3—Le plan du Nouveau Testament [40]
[41]

[42]
Les disciples du Christ ont été rachetés en vue du service. Ils
doivent se dépenser pour Dieu et pour leurs semblables. Notre
Seigneur enseigne que le véritable but de la vie, c’est l’utilité
commune. Le Christ lui-même fut un ouvrier, et il a fait du travail
une loi pour tous . Il a présenté au monde une conception de la vie
plus élevée que celle qui lui avait jamais été proposée jusqu’alors.
Une vie consacrée à servir le prochain met l’homme en communion
avec le Christ. La loi du service est l’anneau qui nous relie à Dieu
et à nos semblables.

Le Christ confie ses biens à ses serviteurs, comme quelque chose


qu’ils doivent utiliser pour son service. A chacun il donne sa tâche,
car chacun est appelé à collaborer avec lui au salut des âmes.
Notre champ d’activité ici-bas est tout aussi certain que la place
que le Seigneur est allé nous préparer dans les parvis célestes.
- ,Paraboles”, p. 332, 333.
Chapitre 6—Notre exemple dans le ministère de la
[43] bienfaisance

Le Fils de l’homme est venu, non pour être


servi, mais pour servir. Marc 10 : 45.

Le Christ est notre grand modèle — Prenez l’œuvre du Christ


comme exemple. Il allait partout, faisant le bien, nourrissant les
affamés et guérissant les malades. Aucun de ceux qui venaient à
lui ne repartait déçu. Chef des cours célestes, il revêtit notre chair
et habita parmi nous. Sa vie fut un exemple de ce que nous devons
faire. Son tendre amour, sa pitié condamnent notre égoïsme et notre
cruauté. - ,Manuscrit” 55, 1901.
Le Christ est le chef de l’humanité qu’il a revêtue. Il témoignait
une telle sympathie et un tel amour que les plus pauvres n’hésitaient
pas à venir à lui. Il manifestait de la bonté pour tous, de sorte que les
plus humbles pouvaient l’approcher. Il allait de maison en maison,
guérissant les malades, nourrissant les affamés, consolant les affligés,
parlant de paix à ceux qui étaient dans la détresse. ... Il s’humiliait
volontiers lui-même, ne pensant qu’aux autres. Il ne cherchait pas à
se mettre en avant, mais se faisait le serviteur de tous. Sa nourriture
et son breuvage quotidiens consistaient à réconforter et consoler
autrui, faire renaître la joie dans les cœurs endeuillés.
Le Christ se présente devant nous comme l’homme modèle, le
grand missionnaire médical, l’exemple pour tous ceux qui veulent le
suivre. Son amour, pur et saint, rejaillissait sur ceux qui se plaçaient
sous son influence. Son caractère était d’une perfection absolue,
exempt de toute trace de péché. Il était l’expression de l’amour
insondable de Dieu, non pour accabler, pour juger et condamner,
mais pour redresser le caractère défectueux, pour délivrer hommes
et femmes du pouvoir de Satan. Il est le Créateur, le Rédempteur, le
Soutien du genre humain. Il adresse à tous cette invitation : « Venez
à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du
[44] repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car
40
Notre exemple dans le ministère de la bienfaisance 41

je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos


âmes. Car mon joug est aisé, et mon fardeau léger. »
Tel est l’exemple que nous devons présenter au monde. Il nous
faut accomplir un travail semblable à celui du grand missionnaire
médical, suivre le sentier du sacrifice et du renoncement foulé par le
Christ. „Spécial Testimonies”, série B, n” 8, p. 31, 32.
Le Christ était ému de compassion — Voyant la foule qui
l’entourait, le Christ « fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle
était languissante et abattue, comme des brebis qui n’ont pas de
berger ». Le Sauveur avait connaissance de l’état de maladie comme
des soucis, des misères et de la dégradation de la multitude qui
se pressait sur ses pas. Tous les besoins, toutes les détresses de
l’humanité lui étaient connus. Parmi les grands et les petits, les plus
honorés comme les plus dégradés il voyait des âmes qui soupiraient
après les bénédictions qu’il était venu apporter.
Le même état de choses subsiste de nos jours. Le monde a un
réel besoin d’hommes qui travaillent comme a travaillé le Christ
en faveur de ceux qui souffrent et en faveur de tous les pécheurs.
Il faut atteindre une multitude de gens. Le monde est envahi par la
souffrance, la maladie, la détresse et le péché. Il est rempli d’êtres
qui ont faim et soif du message destiné aux faibles, aux délaissés,
aux ignorants, aux misérables. ,Témoignages”, vol. 11, p. 573, 574.
Le modèle que nous devons suivre — Le véritable esprit mis-
sionnaire est celui du Christ. Le Rédempteur du monde fut le grand
modèle missionnaire. Beaucoup de ses disciples ont travaillé avec
ferveur et abnégation au salut de l’humanité ; mais le travail d’au-
cun homme ne peut supporter la comparaison avec l’abnégation, le
sacrifice, la bienfaisance de notre Modèle.
L’amour que le Christ a manifesté pour nous est sans égal. Avec
quelle ferveur il travaillait ! Bien souvent il s’isolait sur le flanc de
la colline ou dans un jardin retiré pour faire monter vers le ciel ses
supplications, parfois avec de grands cris et des larmes. Avec quelle
persévérance il priait en faveur des pécheurs ! Même sur la croix,
il oubliait ses propres souffrances dans son amour pour ceux qu’il
était venu sauver. Combien froid est notre amour, et faible notre
intérêt pour les choses spirituelles, si on les compare à ceux que
manifestait notre Sauveur. Il se donna lui-même pour nous racheter,
et cependant avec quelle promptitude nous nous excusons de ne pas
42 Le Ministère de la bienfaisance

lui donner tout ce que nous possédons. Notre Sauveur s’astreignit


à un travail harassant, à l’ignominie et à la souffrance. Il fut rejeté,
raillé, tourné en dérision, alors qu’il se consacrait à la grande œuvre
qu’il était venu accomplir
[45] Vous vous dites, mes frères et mes sœurs : Quel modèle devons-
nous suivre ? Je n’attire pas votre attention sur des hommes dévoués
et remarquables, mais sur le Rédempteur du monde. Si nous voulons
posséder le véritable esprit missionnaire, il faut que nous soyons
imbus de l’amour du Christ, que nous regardions à l’auteur et au
consommateur de notre foi, que nous étudiions son caractère, que
nous cultivions son esprit de douceur et d’humilité, et que nous
suivions l’empreinte de ses pas.
Il en est beaucoup qui supposent que l’esprit missionnaire et les
aptitudes pour le travail en faveur des âmes sont des dons spéciaux
ou des capacités accordées à tous les prédicateurs et à quelques
membres d’église, et que tous les autres doivent être de simples
spectateurs. Il n’y eut jamais plus grande erreur. Chaque vrai chrétien
possède un esprit missionnaire ; car être chrétien, c’est ressembler au
Christ. Nul ne vit pour soi-même, et « si quelqu’un n’a pas l’Esprit du
Christ, il ne lui appartient pas ». Quiconque a goûté aux puissances
du monde à venir, qu’il soit jeune ou vieux, cultivé ou non, sera
animé de l’esprit qui était en Christ. Le premier mouvement du
cœur renouvelé est d’en amener d’autres au Sauveur. Ceux qui ne
ressentent pas ce désir prouvent qu’ils ont perdu leur premier amour.
Ils devraient examiner soigneusement leur propre cœur à la lumière
de la Parole de Dieu, et chercher avec ferveur un nouveau baptême
de l’Esprit du Christ. Ils devraient prier pour obtenir une plus grande
compréhension du merveilleux amour que Jésus a manifesté à notre
égard en quittant le royaume de gloire, pour venir dans un monde
perdu sauver ceux qui périssent. - ,Id.”, p. 148-150.
L’interprétation de l’Evangile donnée par le Christ — La
mission divine n’a pas besoin de réforme. La manière dont le Sau-
veur présentait la vérité ne peut être améliorée. Il a donné à ses
disciples des leçons pratiques, leur enseignant comment travailler
pour amener des âmes à la vérité. Il sympathisait avec ceux qui
étaient fatigués et chargés ; il nourrissait les affamés, guérissait les
malades. Il ne cessait de faire le bien. Par ses paroles d’amour et ses
actes de bonté, il interprétait l’Evangile aux hommes.
Notre exemple dans le ministère de la bienfaisance 43

Au cours de son bref ministère public, il s’acquitta de l’œuvre


pour laquelle il était venu ici-bas. Quelle impression produisaient
les vérités qu’il enseignait ! Comme sa vie fut bien remplie ! Quelle
nourriture spirituelle il procurait chaque jour à des milliers d’âmes
affamées. Sa vie fut un vivant ministère de la Parole. Il ne promit
jamais rien qu’il ne pût accomplir.
Le Sauveur présentait les paroles de vie avec une telle simplicité
qu’un enfant aurait pu les comprendre. Hommes, femmes et enfants
étaient impressionnés par sa manière d’expliquer les Ecritures, au
point qu’ils pouvaient, après l’avoir entendu, reproduire l’intonation
même de sa voix, ses paroles, ses gestes. La jeunesse s’inspirait de [46]
son esprit missionnaire, et cherchait à imiter ses manières courtoises,
en s’efforçant de venir en aide aux nécessiteux.
De même que nous devinons un cours d’eau par la verdure qui
l’accompagne, de même on pouvait discerner le passage du Christ
par les actes de miséricorde qui avaient marqué son sentier. Où qu’il
se rendît, la santé renaissait, il semait partout le bonheur. L’aveugle et
le sourd se réjouissaient en sa présence. Il dispensait abondamment
et continuellement ses bénédictions. Les trésors de l’éternité étaient
donnés dans la personne du Christ, le riche don du Seigneur fait à
l’homme.
Mais l’œuvre de Jésus en faveur de l’humanité n’est pas terminée.
Elle se poursuit encore de nos jours. Ses ambassadeurs doivent
continuer à prêcher l’Evangile, et révéler son amour pour les âmes
qui périssent. En exerçant un ministère désintéressé envers ceux qui
ont besoin d’aide, ils font une démonstration pratique de la vérité
évangélique. Cette œuvre comprend beaucoup plus qu’un simple
sermon. Il s’agit de l’évangélisation du monde que Dieu a ordonné
de faire en son nom. Ils doivent être des collaborateurs du Christ,
en révélant à ceux qui vont à leur perte sa pitié, son tendre amour.
Dieu adresse un appel à des milliers d’hommes afin qu’ils travaillent
pour lui, non en prêchant la Parole à ceux qui connaissent la vérité,
mais en avertissant ceux qui n’ont jamais entendu parler du dernier
message de miséricorde. Travaillez avec un cœur débordant de zèle
pour les âmes qui se perdent. Accomplissez une œuvre missionnaire
médicale. Vous magnerez ainsi les cœurs, et le chemin sera préparé
pour une proclamation plus décisive de la vérité.
44 Le Ministère de la bienfaisance

Qui veut être ouvrier avec le Christ dans cette œuvre missionnaire
médicale ? Qui a appris les leçons du Maître, et sait comment toucher
les âmes pour lesquelles le Christ a donné sa vie ? Il nous faut - en
grand nombre - des médecins dont l’âme a été éduquée à l’école
du Christ et qui peuvent travailler selon sa méthode. “Review and
Herald”, 17 déc. 1914.
Chapitre 7—Les visites - Le plan du Nouveau [47]
Testament

Les méthodes de travail du Christ — Nous pouvons apprendre


beaucoup des méthodes de travail du Christ. Il n’en suivait pas
qu’une seule : il attirait de différentes manières l’attention de la
multitude, pour présenter devant elle les vérités de l’Evangile.
Le Sauveur s’occupait surtout des pauvres, des nécessiteux, et
des ignorants. En toute simplicité il les préparait à recevoir les
bénédictions du ciel, et ainsi il créait en eux le désir d’avoir part au
pain de vie. La vie du Christ est un exemple pour tous ses disciples.
C’est à ceux qui ont appris à le suivre qu’il incombe d’enseigner aux
autres à croire à la Parole de Dieu. Ils sont nombreux aujourd’hui
ceux qui ont besoin d’être instruits sur les vérités de l’Evangile. La
plupart des hommes vivent dans la méchanceté. Mais nous avons
des paroles d’espérance pour tous ceux qui sont dans les ténèbres.
— “Review and Herald”, 9 mai 1912.
Le ministère du Christ de maison en maison — Notre Sau-
veur allait de maison en maison, guérissant les malades, réconfortant
les malheureux, apaisant les affligés, parlant de paix aux inconso-
lables. Il prenait les petits enfants dans ses bras et les bénissait, et il
disait des mots d’espoir et de réconfort aux mères fatiguées. Avec
une constante tendresse, il abordait toutes les formes de la misère
et de la douleur humaines. Ce n’était pas pour lui, mais pour les
autres qu’il se dépensait. Il était le serviteur de tous. Sa nourriture et
son breuvage, c’était d’apporter l’espoir et la force à tous ceux qu’il
rencontrait. - Le ministère évangélique”, p. 182.
Le vrai succès procède de la méthode du Christ — La mé-
thode du Sauveur pour sauver les âmes est la seule qui réussisse.
Il se mêlait aux hommes pour leur faire du bien, leur témoignant
sa sympathie, les soulageant et gagnant leur confiance. Puis il leur
disait : « Suivez-moi. » “Rayons de Santé”, p. 316.
C’est ainsi que l’Eglise chrétienne a été fondée. Le Christ a
choisi quelques personnes et leur a dit de le suivre. Celles-ci allèrent
45
46 Le Ministère de la bienfaisance

trouver leurs parents et leurs amis, et les amenèrent au Sauveur. Voilà


[48] comment nous devons travailler. Quelques âmes bien fondées dans
la vérité en évangéliseront d’autres, comme les premiers disciples.
— “Review and Herald”, 8 déc. 1885.
Le divin exemple d’évangélisation personnelle — Jésus se
mettait en contact personnel avec les hommes. Il n’évitait pas ceux
qui recherchaient son aide. Il entrait dans les maisons, consolait
ceux qui pleuraient, guérissait les malades, réveillait les indifférents,
faisait le bien. Si nous suivons l’empreinte de ses pas, nous agirons
comme lui, nous manifesterons la même bonté envers les nécessi-
teux. — “Id.”, 24 avril 1888.
Ce n’est pas la prédication qui est la chose la plus importante,
mais le travail de maison en maison et l’explication détaillée de la
Parole de Dieu. — “Le ministère évangélique”, p. 457.
Le Seigneur désire que la parole de grâce soit présentée à toute
âme. Le travail personnel entre pour une grande part dans cette
œuvre. C’était la méthode du Sauveur : son œuvre consistait en
grande partie en entrevues personnelles. Il faisait grand cas des
entretiens intimes avec une seule personne, et il arrivait fréquemment
que le message évangélique était transmis par cette âme unique à
des milliers d’autres. “Paraboles”, p. 229.
Les douze apôtres envoyés de maison en maison — Les dis-
ciples devaient effectuer ce premier tour uniquement dans des en-
droits visités par Jésus et dans des milieux où il s’était fait des amis.
... Rien ne devait distraire leur esprit d’une œuvre aussi importante,
ou provoquer une opposition qui pourrait les gêner au cours de leurs
travaux. Ils ne devaient pas adopter les vêtements des docteurs de la
religion, et rien dans leur extérieur ne devait dissimuler leur humble
origine. Ils ne devaient pas convoquer des assemblées dans des sy-
nagogues ; leur travail devait se faire de maison en maison. ... En
entrant dans une demeure, ils devaient prononcer cette belle salu-
tation : « La paix soit sur cette maison ! » Ce foyer serait rendu
heureux par leurs prières, leurs chants de louanges et l’étude de
l’Ecriture faite en famille. - ,Jésus-Christ”, p. 155.
Les soixante-dix de même — Ayant appelé les douze, Jésus
les envova deux à deux dans les villes et les villages. Personne ne
partit seul, le frère fut associé au frère, l’ami à l’ami. Ils pourraient
ainsi s’encourager mutuellement, prendre conseil l’un de l’autre et
Les visites - Le plan du Nouveau Testament 47

prier ensemble, la force de l’un venant au secours de la faiblesse


de l’autre. Plus tard il envoya, de la même manière, les soixante-
dix disciples. C’était le dessein du Sauveur que les messagers de
l’Evangile fussent ainsi unis. Notre œuvre d’évangélisation porterait
beaucoup plus de fruits si nous suivions de plus près cet exemple.
- ,Id.”, p. 154.
Paul allait de maison en maison — Paul travaillait en public [49]
mais aussi de maison en maison, prêchant la repentance envers Dieu
et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. Il allait trouver les hommes
chez eux, et, avec larmes, leur déclarait tout le conseil de Dieu. -
,Review and Herald”, 24 avril 1888.
Le secret de la puissance et du succès de Paul — A une cer-
taine occasion Paul dit : « Vous savez de quelle manière, depuis le
premier jour où je suis entré en Asie, je me suis sans cesse conduit
avec vous, servant le Seigneur en toute humilité, avec larmes, et au
milieu des épreuves que me suscitaient les embûches des juifs. Vous
savez que je n’ai rien caché de ce qui vous était utile, et que je n’ai
pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans
les maisons. » ...
Ces paroles expliquent le secret de la puissance et du succès de
Paul. Il ne négligeait rien de ce qui pouvait être profitable pour les
gens. Il parlait du Christ publiquement, sur les places du marché et
dans les synagogues. Il enseignait de maison en maison, se mêlant
aux conversations familiales. Il visitait les malades et les affligés,
et les réconfortait. C’est ainsi qu’il prêchait un Sauveur crucifié et
ressuscité. - ,Youth Instructor”, 22 nov. 1900.
Paul gagnait aussi des âmes en exerçant son métier — Au
cours de son long ministère à Ephèse, où il fournit pendant trois ans
un travail évangélique intensif, Paul s’adonna à son métier. ...
Certaines personnes critiquaient Paul parce qu’il travaillait de
ses mains ; à leurs yeux, le travail manuel n’était pas compatible
avec la tâche d’un prédicateur. Pourquoi l’apôtre, objectaient-elles,
ministre de haute classe, alliait-il le travail manuel à la prédication ?
L’ouvrier n’était-il pas digne de son salaire ? Pourquoi s’employait-
il à faire des tentes, alors que son temps pouvait être mieux utilisé
?
Mais Paul ne considérait pas comme perdu le temps qu’il consa-
crait à la fabrication de ses tentes. Tout en travaillant en compagnie
48 Le Ministère de la bienfaisance

d’Aquilas, il restait en contact avec le grand Maître, cherchant toutes


les occasions pour rendre témoignage en faveur du Christ et venir en
aide à ceux qui étaient dans le besoin. Son esprit était sans cesse à la
recherche de la connaissance spirituelle. Il en entretenait ses compa-
gnons de travail, tout en leur donnant l’exemple de l’activité et de la
piété. C’était un artisan habile, adroit et diligent : fervent d’esprit, il
servait le Seigneur. En exerçant son métier, il pouvait pénétrer dans
des milieux qu’il n’aurait jamais pu atteindre autrement.
Parfois il arrivait à Paul de travailler nuit et jour, non seulement
afin d’assurer sa subsistance personnelle, mais pour aider ses colla-
[50] borateurs. Il partageait son gain avec Luc, et il assistait Timothée. Il
endurait parfois même la faim pour subvenir aux besoins des autres.
- ,Conquérants pacifiques”, p. 311, 312.
Paul montrait l’exemple de ce que peut être un ministère
laïque volontaire — Son activité, son ardeur au travail est un vivant
reproche à l’égard de l’oisiveté et de l’amour de la vie facile. Paul
voulait s’opposer, en donnant l’exemple du travail, au sentiment
qui grandissait dans l’Eglise, à savoir que l’Evangile ne pouvait
être prêché avec succès que par ceux qui ne sont pas assujettis au
travail manuel. L’apôtre démontrait, par sa vie même, comment
les frères devaient se comporter partout où l’on ignorait les vérités
évangéliques. Sa façon d’agir suggérait aux humbles travailleurs le
désir de faire quelque chose pour l’œuvre de Dieu, tout en vaquant à
leur labeur quotidien. Aquilas et Priscille n’avaient pas été appelés
à consacrer tout leur temps à l’évangélisation ; cependant, Dieu se
servit de ces modestes serviteurs pour montrer plus parfaitement à
Apolos le chemin de la vérité.
Le Seigneur emploie différents moyens pour atteindre ses fins.
Tantôt il fait appel à des chrétiens doués de talents particuliers pour
enseigner et prêcher l’Evangile, tantôt il choisit des hommes mo-
destes qui n’ont jamais été consacrés au ministère et qui sont appelés
cependant à jouer un rôle important dans le salut des âmes.
Un vaste champ de travail est ouvert aux serviteurs de Dieu qui
vivent de leurs propres ressources. Par ailleurs, de nombreux mi-
nistres de l’Evangile pourraient, en s’adonnant à un travail manuel
quelconque, faire de riches expériences personnelles. Certains prédi-
cateurs capables seraient en même temps formés, par cette méthode,
Les visites - Le plan du Nouveau Testament 49

pour servir utilement dans les champs où les besoins sont pressants.
- ,Id.”, p. 314, 315.
Dans l’esprit qui animait Paul — Allez visiter vos voisins, les
uns après les autres, et conduisez-vous de telle manière que leurs
cœurs soient touchés par votre désintéressement et votre sympathie
à leur égard. Priez avec eux, profitez des occasions qui se présentent
pour leur faire du bien. Si c’est possible, réunissez quelques per-
sonnes et expliquez-leur la Parole de Dieu. Agissez comme si vous
deviez rendre compte des âmes qui vous sont confiées, Remerciez
le Seigneur pour le privilège qu’il vous donne de travailler dans sa
vigne.
Ne négligez pas de parler avec vos voisins, et faites-leur tout le
bien possible, afin de « pouvoir en sauver quelques-uns ». Ce qu’il
nous faut, c’est l’esprit qui animait l’apôtre Paul qui allait de maison
en maison annoncer avec larmes la repentance envers Dieu, et la foi
en notre Seigneur Jésus-Christ-. “Review and Herald”, 13 mai 1888.
Les premières œuvres de l’Eglise du Nouveau Testament — [51]
On vit les premières œuvres de l’Eglise du Nouveau Testament
lorsque les croyants allèrent trouver leurs amis, leurs parents et leurs
connaissances, avec des cœurs brûlants d’amour, et leur racontèrent
ce que Jésus était pour eux. — “Special Testimonies”, série A, no 2,
p. 17.
Succès du plan du Nouveau Testament — Plus on suivra le
plan du Nouveau Testament dans le travail missionnaire, mieux
on réussira. Nous devons œuvrer comme le divin Maître, répandre
avec soin la semence de la vérité. Si nous ne voulons pas nous
lasser de faire le bien, il nous faut posséder l’esprit du Christ. Sa vie
fut un continuel sacrifice en faveur d’autrui. Suivons son exemple.
“Testimonies”, vol. III, p. 210.
[52] Chapitre 8—Dorcas, son œuvre et son influence

Rendue à la vie pour continuer son œuvre — Au cours de


son ministère, l’apôtre Pierre rendit visite aux chrétiens de Lydde.
Là, il guérit Enée, paralysé depuis huit ans. « Enée, lui dit Pierre,
Jésus-Christ te guérit ; lève-toi, et arrange ton lit. Et aussitôt il se
leva. Tous les habitants de Lydde et de Saron le virent, et ils se
convertirent au Seigneur. »
Il y avait à Joppé, près de Lydde, une femme nommée Dorcas,
digne disciple de Jésus, très estimée pour ses bonnes œuvres. Sa vie
était remplie d’actions charitables. Elle savait qui avait besoin de
vêtements chauds, de sympathie, et elle donnait généreusement aux
pauvres et aux malheureux. Ses doigts habiles agissaient plus que sa
langue.
Or, « elle tomba malade en ce temps-là, et mourut ». Les chré-
tiens de Joppé comprirent l’importance de leur perte, et, apprenant
que Pierre était à Lydde, ils lui envoyèrent des messagers pour le
« prier de venir chez eux sans tarder. Pierre se leva, et partit avec
ces hommes. Lorsqu’il fut arrivé, on le conduisit dans la chambre
haute. Toutes les veuves l’entourèrent en pleurant, et lui montrèrent
les tuniques et les vêtements que faisait Dorcas pendant qu’elle était
avec elles. ”
L’apôtre fut ému de compassion devant le chagrin de ces femmes.
Ordonnant qu’elles sortent de la chambre, il se mit à genoux et
adressa au Seigneur une fervente prière pour qu’il redonne la vie et
la santé à Dorcas. Puis, se tournant vers le corps inanimé, il dit : «
Tabitha, lève-toi ! Elle ouvrit les yeux, et ayant vu Pierre, elle s’assit.
» Dorcas rendait de grands services à l’église, et Dieu la ramena
miraculeusement du royaume des ténèbres, car son activité et son
courage pouvaient encore être en bénédiction aux malheureux. Dieu
avait, en outre, par cette manifestation de sa puissance, l’occasion
d’affermir la cause du Christ.
Un digne disciple qui ne pouvait pas disparaître — Elle [Dor-
cas] avait été un digne disciple de Jésus-Christ. Sa vie avait été ca-
50
Dorcas, son œuvre et son influence 51

ractérisée par des actes de charité et de bonté à l’égard des pauvres et


des malheu- reux, ainsi que par son zèle pour la vérité. Sa mort était [53]
une grande perte pour l’Eglise naissante, qui pouvait difficilement
se passer de ses nobles efforts. ...
Cette résurrection fut, à Joppé, le moyen de gagner au Christ
un grand nombre de personnes. — “Spirit of Prophecy ” vol.3,
p.323,324.
52 Le Ministère de la bienfaisance
Section 4—Le champ d’évangélisation le [54]
plus proche [55]

[56]
Les membres d’église doivent taire un travail missionnaire dans les
maisons de leur entourage, où la vérité pour notre époque n’est pas
encore connue. Ce travail d’amour, de maison en maison, est en
harmonie avec les instructions données par le Seigneur à ses
disciples quand il les envoya pour la première fois annoncer la
bonne nouvelle. Par le chant de cantiques, d’humbles et ferventes
prières, une simple présentation des vérités bibliques dans les
familles, bien des âmes seront sauvées. Les messagers célestes
seront présents pour convaincre les cœurs. « Je suis avec vous tous
les jours », telle est la promesse qui nous est faite. Travaillons donc
avec persévérance, foi et courage. ...

Chers frères et sœurs, consacrez-vous au service du Seigneur.


Visitez vos voisins ; par la sympathie et la bonté, efforcez-vous de
gagner les cœurs. Visitez les malades, ceux qui souffrent,
témoignez-leur de l’intérêt. Si vous le pouvez, rendez-leur la vie plus
facile. Vous leur inspirerez ainsi confiance, et vous aurez l’occasion
de leur parler du Christ. Seule l’éternité révélera ce que peut
accomplir un tel travail. — “Review and Herald”, 21 nov. 1907.
Chapitre 9—Différents aspects de l’évangélisation
[57] de notre voisinage

Que votre lumière luise ainsi devant les


hommes, afin quels voient vos bonnes
œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui
est dans les cieux. Mat. 5 : 16.

Une grande œuvre attend nos églises — Très peu de croyants


ont une idée de l’œuvre qui incombe à nos églises. ... Nous devons
pourvoir au soutien de nos ouvriers évangéliques dans le grand
champ de la moisson, et nous réjouir des gerbes qu’ils réunissent.
Mais, à part cela, il reste encore une œuvre à accomplir qui n’a pour
ainsi dire pas été amorcée. La mission du Christ consistait à guérit
les malades, encourager les désespérés, relever les cœurs brisés. Il
faut poursuivre cette tâche.
Dieu réclame non seulement votre bienveillance, mais encore
votre sympathie, vos mots d’espoir, votre poignée de main. Il y
a des affligés à consoler, des malades à guérir, des malheureux à
secourir, du soleil à apporter dans les cœurs. Il y a des gens qui
ont perdu courage ; offrez-leur quelques paroles d’espoir, priez
pour eux, Lisez-leur la Parole de Dieu. Il y a une maladie de l’âme
qu’aucun baume, aucun médicament ne saurait soulager. Priez pour
ces personnes, faites-leur connaître Jésus-Christ. Le Sauveur vous
assistera, et fera impression sur le cœur des hommes. — “Manuscrit”
105, 1898.
Visitez chaque famille et enquérez-vous de leur condition
spirituelle. — Partout où une église est organisée, tous ses membres
devraient s’engager dans une activité missionnaire, visiter chaque
famille de leur entourage, et connaître leur condition spirituelle.
Si tous ceux qui se disent chrétiens avaient entrepris cette œuvre,
lorsque leurs noms ont été inscrits sur les registres de l’église, on ne
verrait pas tant d’incrédulité, d’iniquité et de méchanceté, comme
on en voit aujourd’hui dans le monde. Si chaque membre d’église
54
Différents aspects de l’évangélisation de notre voisinage 55

avait cherché à éclairer ses semblables, des milliers de personnes se


seraient jointes au peuple qui garde les commandements de Dieu.
Les résultats de cette négligence dans le travail missionnaire ne [58]
se constatent pas seulement dans le monde, on les observe aussi dans
l’Eglise où il existe un état de choses qui a éclipsé l’intérêt que l’on
devrait porter à l’œuvre de Dieu. Il y règne un esprit de critique et
d’amertume, et le discernement spirituel d’un grand nombre a été
obscurci. C’est la raison pour laquelle la cause de Dieu a tellement
souffert. Les intelligences célestes ont attendu la collaboration des
agents humains, mais nous n’en avons pas discerné la présence.
Il est urgent aujourd’hui de nous repentir. Tout le peuple de Dieu
doit s’intéresser à l’œuvre de la bienfaisance. Que les cœurs et les
âmes s’unissent afin de faire un sérieux effo bjkih rt pour élever et
éclairer ceux qui se perdent . — “Testimonies”, vol. VI, p. 296, 297.
A la recherche de ceux qui écouteront — Il y a quelques an-
nées, je visitai le sud des Etats-Unis. Au cours d’un long déplace-
ment, je demandai qui occupait les maisons que nous voyions. On
m’apprit que dans beaucoup d’entre elles habitaient des hommes
qui remplissaient de hautes fonctions dans la gérance de grands do-
maines. On me dit encore que personne n’avait jamais rien entrepris
pour leur faire connaître la Parole de vie. Personne n’était venu les
trouver avec la Bible, pour leur dire : « Nous possédons quelque
chose de précieux dont nous aimerions vous entretenir. » Il m’a été
montré maintes fois qu’un travail de ce genre devait s’accomplir. Il
faut que nous allions « dans les chemins et le long des haies » porter
le message de vérité que le Christ nous a confié. Contraignez-en un
grand nombre à entrer. — “Manuscrit” 15, 1909.
Amenez des âmes au Christ — Que de gens ont perdu tout
espoir ! Ramenons le soleil dans leurs cœurs. Combien d’autres sont
découragés. Adressons-leur des paroles de réconfort. Prions pour
eux. D’aucuns ont besoin de recevoir le pain de vie. Lisons-leur la
Parole de Dieu. D’autres sont tourmentés, ils ne peuvent recevoir
aucun baume terrestre, et nul ne saurait les soulager. Amenons ces
âmes en détresse à Jésus. Disons-leur qu’il existe un baume et un
docteur en Galaad. - .,Prophètes et rois”, P. 544.
Travaillez pour toutes les classes — Partout il y a une œuvre à
accomplir en faveur de toutes les classes de la société. Occupons-
nous des pauvres et des miséreux, de ceux qui sont victimes de
56 Le Ministère de la bienfaisance

l’intempérance, sans oublier la classe plus élevée : les avocats, les


ministres, les députés, les magistrats. N’épargnons aucun effort pour
leur faire comprendre que leur âme vaut la peine d’être sauvée, que
la vie éternelle est un bien désirable. — “Testimonies”, vol. VII, p.
58.
Appelés à différentes manières de servir — Le Seigneur nous
appelle à servir de différentes manières. Nous n’accomplissons
[59] qu’une toute petite partie du travail que Dieu veut nous voir faire
parmi nos voisins et nos amis inconvertis. En montrant de la bonté à
l’égard des pauvres, des malades, des affligés, nous pouvons avoir
sur eux une influence qui permettra à la vérité divine de faire son
chemin dans leurs cœurs. Prenons garde de ne pas négliger de telles
occasions. C’est là le travail missionnaire le plus important que nous
puissions accomplir. La présentation de la vérité de maison en mai-
son avec amour et sympathie est en harmonie avec les instructions
du Christ à ses disciples, lorsqu’il les envoya pour la première fois
prêcher l’Evangile. — “Review and Herald”, 6 juin 1912.
Secourez l’humanité à l’instar du Christ — Il [le Christ] pas-
sait par les villes et les villages, tel un courant vivifiant, répandant
la vie et la joie. Les disciples du Christ sont appelés à travailler
comme il l’a fait. Nous devons nourrir ceux qui ont faim, vêtir ceux
qui sont nus et consoler ceux qui souffrent, ceux qui sont affligés,
nous occuper de ceux qui désespèrent, et leur rendre l’espérance.
— “Jésus-Christ”, p. 154.
L’œuvre qui incombe à chaque membre d’église - Recueillir
les malheureux et les opprimés, prendre soin des malades et des
indigents, voilà l’œuvre même à laquelle devrait se livrer depuis
longtemps chaque église qui prétend croire à la vérité évangélique
pour notre époque. Nous devons faire preuve d’une sympathie aussi
tendre que celle du bon Samaritain, en subvenant aux besoins phy-
siques des malheureux, en donnant à manger à ceux qui ont faim, en
abritant dans nos foyers les malheureux sans asile et en puisant en
Dieu, jour après jour, les forces et la grâce qui nous permettront de
pénétrer jusque dans les bas-fonds de la misère humaine pour venir
en aide à ceux qui ne peuvent d’eux-mêmes en sortir. Ce travail nous
fournira une occasion favorable de faire connaître le Christ crucifié.
— “Témoignages”, vol. 11, P. 599.
Différents aspects de l’évangélisation de notre voisinage 57

Ce que les sermons ne sauraient faire — Par un travail person-


nel, allez chercher les gens là où ils sont. Faites leur connaissance.
L ’oeuvre que nous accomplissons ne peut se faire par procuration,
ni en prêtant ou en donnant de l’argent. Les sermons prononcés en
chaire ne sont pas suffisants. — „Le ministère évangélique” , p. 182.
Groupes de chanteurs — Il y a une puissance dans le chant. Les
étudiants qui s’exercent à chanter des chants évangéliques peuvent
faire beaucoup de bien. Ils auront ainsi de nombreuses occasions
d’employer leurs talents musicaux pour apporter un peu de soleil
dans de nombreux endroits solitaires et assombris par la tristesse et
l’affliction.
Les étudiants doivent aller “dans les chemins et le long des
haies”, afin d’atteindre les plus déshérités comme la classe la plus
élevée. Qu’ils pénètrent dans les maisons du riche et du pauvre, et
qu’ils leur demandent s’ils pourraient leur chanter quelques can- [60]
tiques. Puis, lorsque les cœurs se seront attendris, ils pourront pro-
noncer une prière pour demander la bénédiction du ciel. Il en est
peu qui refuseront de les écouter. Il y a là un véritable travail mis-
sionnaire. — “Counsels to Parents, Teachers and Students”, p. 547,
548.
Un vaste champ de service pratique — Il existe un vaste
champ missionnaire pour les femmes comme pour les hommes.
La cuisinière, la couturière, l’infirmière peuvent toutes se rendre
utiles. Apprenez aux pauvres comment faire la cuisine, comment
confectionner leurs vêtements, soigner les malades, tenir leur mé-
nage. Même les enfants peuvent apprendre à faire quelques commis-
sions pour ceux qui sont moins favorisés qu’eux.
On peut encore rendre des services d’un autre genre. - Ce dont
on a besoin aujourd’hui, ce n’est pas de savants et éloquents orateurs,
mais d’humbles chrétiens, hommes et femmes.
Travaillez avec désintéressement, avec amour et patience pour
tous ceux que vous approchez. Ne soyez pas impatients, ne pronon-
cez aucun propos méchant. Que l’amour du Christ soit dans votre
cœur, la bonté sur vos lèvres. — “Review and Herald”, 7 août 1913.
Employez les jours fériés à travailler pour le Seigneur —
Voici encore d’autres genres de service. Certains sont capables d’ex-
pliquer les Ecritures et de communiquer à d’autres ce qu’ils croient.
Il y a là un moyen d’apporter un précieux réconfort à de pauvres
58 Le Ministère de la bienfaisance

âmes découragées, qui semblent ne pouvoir saisir l’espérance et la


foi. D’autres se demandent comment il leur serait possible de se
rendre utiles. Si leur travail les absorbe tous les jours de la semaine,
sauf le dimanche et les jours fériés, au lieu d’employer ces jours à
leurs propres plaisirs, qu’ils les mettent au service du Seigneur. Leur
exemple stimulera leurs frères à faire quelque chose à la gloire de
Dieu. Ecoutez ces paroles inspirées de l’apôtre : « Soit donc que
vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque
autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » C’est ainsi qu’un
principe divin vous animera dans vos activités de la vie quotidienne
: être bons, faire le bien. ...
Tous ne peuvent pas donner tout leur temps au travail mission-
naire, leurs occupations ne le leur permettant pas. Mais qu’ils em-
ploient les jours fériés à faire quelque chose pour le Seigneur, s’ils
ne peuvent donner beaucoup d’argent pour la cause. — “Lettre” 12,
1892.
Les heures si souvent passées à des amusements et ne procurant
aucun repos pour le corps ni pour l’âme, devraient être employées
à rendre visite aux malades et à ceux qui souffrent, ou à s’efforcer
de venir en aide à celui qui est dans le besoin. “Témoignages”,
[61] vol. II, p. 600. Le ministère de la bienfaisance le jour du sabbat
— Selon le quatrième commandement, le jour du sabbat doit être
consacré au repos et aux services religieux. Tout travail séculier doit
donc être interrompu, mais on peut accomplir ce jour-là des œuvres
de miséricorde. Ni le moment, ni le lieu ne les limitent. Soulager
les affligés, consoler ceux qui pleurent, voilà une œuvre d’amour
qui honorera le Seigneur et son saint jour. - ,Redemption : or the
Teachings of Christ”, no 4, p. 46.
Anciennes méthodes à renouveler — Que tous ceux qui
sentent reposer sur leurs épaules le fardeau des âmes qui se perdent
se rendent de maison en maison, pour expliquer la Parole de Dieu,
« préceptes sur préceptes, un peu ici, un peu là ”, conduisant gra-
duellement leurs auditeurs à la pleine lumière de la vérité biblique.
C’est ce qui a été fait aux premiers jours du message. Lorsque des
efforts sérieux sont tentés, le Seigneur répand sa bénédiction sur
les ouvriers et sur ceux qui cherchent à comprendre la vérité telle
qu’elle est contenue dans la Bible.
Différents aspects de l’évangélisation de notre voisinage 59

L’Ecriture sainte renferme de précieuses et de glorieuses vérités.


Notre privilège consiste à les faire connaître au monde. Allons
trouver ceux qui ne peuvent assister à des conférences, en raison de
la distance, et présentons-leur la vérité dans toute sa simplicité.
Quelle lumière se dégage de la Parole ! Nous lisons dans Esaïe «
Crie à plein gosier, ne te retiens pas. Elève la voix comme une trom-
pette, et annonce à mon peuple ses iniquités. » Notez l’expression :
« Mon peuple. » Pourquoi le prophète dit-il : « Mon peuple » ? A
ce moment-là, les Israélites étaient loin de se conformer à la lumière
de la vérité ; mais Dieu voulait les sauver de leurs péchés. La vérité
devait leur-être rappelée dans toute sa simplicité.
Le message du troisième ange doit être proclamé à toute nation,
et le Christ a déclaré qu’il devait retentir « jusqu’aux extrémités du
monde ». « Crie à plein gosier, ne te retiens pas ”, recommande-t-il.
Il faut donc faire connaître partout la vérité telle qu’elle est révélée
dans la Parole de Dieu, soit en public soit de maison en maison.
— “Manuscrit” 15, 1909.
N’attendez pas que les âmes viennent à vous - Nous ne devons
pas attendre que les âmes viennent à nous. Il faut aller les chercher
là où elles se trouvent. Quand le prédicateur descend de la chaire,
son travail ne fait que commencer. Des multitudes de gens ne seront
jamais touchés par l’Evangile si nous n’allons pas le leur annoncer
chez eux. “Paraboles”, p. 229.
Travaillez de maison en maison, sans oublier les pauvres. Le
Christ a dit . . . « il m’a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux
pauvres. » Nous devons aller et faire de même. — “Review and [62]
Herald”, 11 juin 1895.
« Je suis perdu et vous ne m’avez pas averti » — Allez dans
les maisons de ceux qui ne manifestent aucun intérêt pour la vérité.
Alors que la douce voix de la miséricorde invite le pécheur, employez
toutes les ressources de votre cœur et de votre cerveau, comme le fit
l’apôtre Paul, « qui ne cessait d’avertir chacun nuit et jour dans les
larmes ». Au jour du jugement, ils seront nombreux ceux qui nous
diront : « Je suis perdu ! Je suis perdu ! et vous ne m’avez jamais
averti, vous ne m’avez jamais parlé du retour de Jésus. J’aurais cru
comme vous, et j’aurais averti mes semblables avec prière et avec
larmes de ce qui allait se produire. » “Id.”, 24 juin 1884.
60 Le Ministère de la bienfaisance

Influence du travail missionnaire sur notre vie spirituelle —


Visitez vos voisins, faites-vous-en des amis. ... Ceux qui ne prennent
pas part à cette œuvre, qui sont indifférents, perdront bientôt leur
premier amour, et se mettront à critiquer et à condamner leurs frères.
- ,id.„, 13 mars 1902.
L’œuvre n’est ni ennuyeuse ni sans intérêt — Tous ceux qui
sont en communion avec Dieu trouveront de nombreuses occasions
de travailler pour lui. Ceux qui s’en vont dans l’esprit du Maître,
s’efforçant de gagner des âmes à la vérité ne considéreront pas leurs
efforts pour attirer les âmes au Sauveur comme une corvée pénible
et désagréable. Ils sont les vignerons de Dieu, et ils recevront une
vie de plus en plus abondante à mesure qu’ils se consacreront au
service de Dieu. C’est un bonheur que d’expliquer les Ecritures.
— “Témoignages”, vol. A, p. 258.
Faites des heureux — Soyez joyeux selon le Seigneur. Le Christ
est la lumière ; en lui il n’y a pas de ténèbres. Prenez l’habitude
de louer Dieu. Faites des heureux. C’est là votre premier travail ;
il affermira les meilleurs traits de votre caractère. Ouvrez toutes
grandes les fenêtres de votre âme vers le ciel, et laissez-y pénétrer le
Soleil de justice, le matin, à midi et le soir, afin que votre cœur soit
rempli des brillants rayons de la lumière céleste. — “Review and
Herald”, 7 avril 1904.
Faites revivre l’esprit missionnaire de 1844 * - Récemment,
pendant les veilles de la nuit, le Saint-Esprit a fait impression sur
moi, et je me disais que si le Seigneur revenait aussi tôt que nous
le voudrions, nous devrions être plus actifs qu’au cours des années
écoulées, en proclamant la vérité.
[63] Je revis alors en esprit les activités des croyants adventistes
de 1843, 1844. A cette époque, on faisait beaucoup de visites de
maison en maison, pour avertir les gens des événements dont parlait
la Parole de Dieu. Nous devrions arriver à faire davantage encore
que ceux qui proclamaient le premier message si fidèlement. Nous
approchons rapidement de la fin de l’histoire de la terre, et si nous
étions vraiment persuadés que le Seigneur va revenir bientôt, nous
travaillerions comme nous ne l’avons jamais fait. Notre devoir est de
*. C’est le dernier message de Mme E. G. White lu à la session de la Conférence
Générale, en 1913, par le président A. G. Daniells, le mardi matin, 27 mal.)
Différents aspects de l’évangélisation de notre voisinage 61

donner le signal d’alarme. “General Conference Bulletin”, 27 mai


1913, p. 164.
Faites de nouveau ce travail — En allant, comme les disciples,
de lieu en lieu, pour faire connaître l’amour du Sauveur, vous vous
ferez des amis, et vous verrez le fruit de vos travaux. Tous les vé-
ritables, humbles et fidèles ouvriers du Seigneur seront soutenus
et affermis par la puissance d’en haut. Ils gagneront les cœurs en
suivant l’exemple du Christ. Les malades seront soignés, les affligés
consolés. On entendra des chants et des prières. Les Ecritures seront
lues pour témoigner de la vérité, et le Seigneur confirmera par des
signes ce qui aura été dit.
Cette manière de travailler est passée de mode. Remettons-la
en pratique. Les champs blanchissent et sont prêts pour la moisson.
Le Seigneur réclame plus de moissonneurs. Il sera avec ceux qui
étudient la Parole de Dieu et obéissent à ses commandements. Il
leur donnera sa grâce. Allez au nom du Christ, en vous souvenant
qu’il est votre compagnon, et qu’il entend chaque prière, chaque mot
que vous prononcez, chaque cantique que vous chantez. Le message
de la venue prochaine du Christ avec puissance et grande gloire
apportera la conviction dans bien des cœurs. “Review and Herald”,
ler février 1904.
[64] Chapitre 10—La bonté, la clé qui ouvre les cœurs

Beaucoup de gens ne peuvent être gagnés que par la bonté


et par l’amour — Ceux qui vont de maison en maison trouveront de
nombreuses occasions de faire le bien. Ils prieront pour les malades
et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour soulager la souffrance.
Ils devront s’occuper des humbles, des pauvres et des opprimés,
intercéder pour ceux qui manquent de volonté et ne peuvent contrôler
leur appétit dégradé par la passion. Il faudra faire des efforts tenaces
et persévérants pour le salut de ceux dans le cœur desquels un intérêt
pour la vérité a été éveillé. Beaucoup ne seront gagnés que par des
actes de bonté désintéressée. il faudra pourvoir en premier lieu à
leurs besoins physiques. Grâce à l’amour que vous leur témoignerez,
il leur sera plus facile de croire à celui du Seigneur.
Les infirmières missionnaires sont les mieux qualifiées pour ce
genre de travail, mais d’autres sœurs peuvent se joindre à elles.
Celles-ci, bien que n’étant pas spécialement formées comme infir-
mières, apprendront de leurs compagnes la meilleure manière de
donner des soins.
Les paroles, le pharisaïsme, la louange du moi abondent, mais
tout cela ne gagnera jamais une âme au Sauveur. Un amour pur,
sanctifié, semblable à celui qu’a manifesté le Christ au cours de
son ministère est un parfum sacré. Comme celui de Marie, qui a
brisé un vase pour oindre les pieds de son Maître, il remplira toute
la maison. L’éloquence, la connaissance de la vérité, les talents,
avec l’amour, tout cela est précieux. Mais les plus grands talents ne
sauraient remplacer l’amour. — “Testimonies”, vol. VI, p. 83, 84.
Avec l’amour qui procède du cœur — L’amour est le fonde-
ment de toute piété. Quelle que soit notre dévotion, nous n’aimons
pas vraiment Dieu si nous n’aimons pas nos frères d’une manière
désintéressée. Souvenons-nous que nous ne parviendrons jamais à
la possession de cet esprit en « essayant » d’aimer les autres, car ce
qu’il nous faut, c’est l’amour du Christ dans notre cœur. Le moi étant
absorbé par lui, l’amour jaillira spontanément. On réalise vraiment
62
La bonté, la clé qui ouvre les cœurs 63

un caractère chrétien quand on se sent constamment poussé à venir


en aide aux autres, et quand la lumière céleste inonde le cœur et se
reflète sur le visage.
Il est impossible qu’un cœur où réside Jésus soit dépourvu [65]
d’amour Si nous aimons Dieu parce qu’il nous a aimés le premier,
nous aimerons aussi tous ceux pour lesquels son Fils est mort. Nous
ne pouvons entrer en contact avec Dieu sans entrer en contact avec
l’humanité, car la divinité et l’humanité se trouvent combinées en
celui qui siège sur le trône de l’univers. Dès que nous sommes en
rapport avec le Christ, nous sommes aussi unis à nos semblables
par les chaînes d’or de l’amour. C’est alors que se manifestent dans
notre vie la piété et la tendresse du Sauveur. Nous n’attendons pas
que les malheureux et les nécessiteux viennent à nous, nous n’avons
pas besoin d’être exhortés à la charité il nous est tout aussi naturel
de leur venir en aide qu’il l’était au Christ de se rendre de ville en
ville pour faire le bien.
L’action du Saint-Esprit se manifeste là où il y a un cœur débor-
dant d’amour et de sympathie, éprouvant un besoin irrésistible de se
sacrifier pour les autres, afin de les ennoblir. — “Paraboles”, p. 395,
396.
L’amour et la sympathie chrétienne gagnent les cœurs — Le
Sauveur s’adressait aux publicains, aux pécheurs, aux proscrits, à
ceux qu’on méprisait, et il les suppliait de venir à lui. Les seuls
qui n’avaient pas son approbation étaient les propres justes qui,
se tenant orgueilleusement à l’écart, considéraient les autres avec
mépris. — “Rayons de santé”, p. 216.
Aimez comme aimait le Christ — L’amour inspiré par celui
que nous avons pour Jésus nous fera voir dans toute âme, riche
ou pauvre, un trésor d’une valeur inestimable. Le monde est peu
de chose comparé à la valeur d’une seule âme. L’amour de Dieu
envers l’homme dépasse notre compréhension. Il est infini. Et l’agent
humain qui est participant de la nature divine aimera comme le
Christ a aimé, travaillera comme il a travaillé. Il y aura en lui une
compassion et une sympathie naturelles qui ne feront jamais défaut.
C’est l’esprit qui doit exister dans la vie de chaque croyant. Cet
amour ne peut se conserver pur et saint que s’il découle de celui
que nous éprouvons pour le Christ et que fortifie une communion
quotidienne avec Dieu. Toute froideur de la part des chrétiens est un
64 Le Ministère de la bienfaisance

abandon de la foi. Mais cet esprit sera adouci chez les disciples du
Christ par le baume de son amour. Ceux-ci obéiront naturellement
à l’injonction : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai
aimés. » - ,Manuscrit” 60, 1897.
Priez pour avoir des cœurs compatissants — Nous pouvons
être assurés que le Seigneur sera avec nous si nous croyons en lui,
si nous faisons sa volonté, en renonçant au moi, en marchant dans
l’humilité. ... Priez pour qu’il vous donne un cœur de chair, un cœur
qui peut compatir à la tristesse des autres, qui peut être touché par
[66] leur malheur. Priez pour qu’il vous donne un cœur qui ne restera
pas insensible aux besoins de la veuve ou de l’orphelin. Priez afin
d’avoir des entrailles de miséricorde envers le pauvre, l’infirme et
l’opprimé. Priez pour que vous puissiez aimer la justice et liait le vol.
Ne faites aucune différence en accordant vos faveurs, si ce n’est pour
prendre en considération le cas des nécessiteux et des déshérités.
Alors vous pourrez être au bénéfice des déclarations du chapitre 58
d’Esaïe. — “Lettre” 24, 1889.
Parlez de courage — Ne soyez jamais, non jamais, de ces cœurs
durs, froids, insensibles, qui condamnent. Ne perdons jamais l’occa-
sion de dire un mot d’encouragement, de communiquer la flamme
de l’espérance. — “Témoignages”, vol. 11, p. 301.
Lorsque vous travaillez en faveur de ceux qui ont contracté de
mauvaises habitudes, tournez leurs regards vers Jésus et les gloires
célestes au lieu de les pousser au désespoir. Vous réussirez bien
mieux ainsi à sauver les corps et les âmes de ces malheureux qui
se sentent abandonnés et, apparemment, sans espérance, qu’en les
menaçant des terreurs de l’enfer. - ,Ministry of Healing”, p. 62.
Le blâme n’a jamais sauvé personne — Il est toujours humi-
liant d’être repris. Que nul n’ajoute à la répréhension l’amertume
d’une censure inutile. Le blâme n’a jamais corrigé personne. Il a au
contraire endurci bien des cœurs, en les empêchant de reconnaître la
faute commise. Des dispositions affectueuses, une attitude aimable
et bienveillante peuvent sauver le pécheur et couvrir une multitude
de péchés. “Rayons de santé”, p. 218.
Cultivez l’amour de l’hospitalité — Pensez à votre salut éter-
nel, réveillez-vous et commencez à répandre la bonne semence. Ce
que vous sèmerez, vous le récolterez aussi. Le temps de la moisson
est proche, la grande moisson où vous récolterez ce que vous avez
La bonté, la clé qui ouvre les cœurs 65

semé. Cette moisson viendra sûrement un jour. Aujourd’hui, c’est


l’époque des semailles ; c’est le moment « d’être riches en bonnes
œuvres, d’avoir de la libéralité, de la générosité, et de s’amasser
ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide, afin de
saisir la vie véritable ». Je vous en supplie, mes frères, revenez de
votre froideur, cultivez l’amour de l’hospitalité, cet amour qui vous
poussera à venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. — “Review
and Herald”, 20 avril 1880.
Retrouvez l’esprit du bon Samaritain — Il est rare de trouver
aujourd’hui dans nos églises l’esprit du bon Samaritain. Beaucoup
de nécessiteux ont été négligés. On a « passé outre » comme le prêtre
et le Lévite devant ce blessé qui gisait à demi-mort sur la route. On
n’a pas pris soin de ceux qui avaient besoin de la puissance du divin
guérisseur, on n’a pas pansé leurs blessures. Un bon nombre se sont
comportés comme s’il leur suffisait de savoir que Satan avait tendu [67]
ses pièges pour séduire une âme, ils sont rentrés chez eux et n’ont
plus pensé à la brebis perdue. Il est évident que ceux qui manifestent
un tel esprit ne sont pas participants de la nature divine. Ils se rangent
avec les ennemis de Dieu. — “Testimonies”, vol. VI, p. 294, 295.
La sympathie aussi bien que la charité — Il m’a été montré
que parmi ceux qui acceptent la vérité présente, il en est beaucoup
dont le caractère a besoin d’être transformé. Tous ceux qui se disent
chrétiens devraient s’examiner eux-mêmes et voir s’ils sont aussi
bien considérés par leurs semblables qu’ils aimeraient l’être. Alors
on verrait en eux une reproduction de l’image divine.
Le Seigneur est honoré par nos actes de miséricorde, par l’intérêt
que nous portons aux déshérités et à ceux qui sont dans la détresse.
La veuve et l’orphelin ont besoin de recevoir plus que notre charité. Il
leur faut de la sympathie, des paroles réconfortantes, et une situation
où ils pourront apprendre à subvenir à leurs besoins. Tout ce que
nous ferons pour eux, c’est comme si nous le faisions au Christ. En
venant en aide aux malheureux, nous suivons l’exemple du Sauveur.
Il ne refusa jamais de s’occuper de ceux qui avaient commis des
erreurs. Ses œuvres de miséricorde s’étendaient à toutes les classes
de la société ; il faisait du bien aux injustes comme aux justes. Il
les délivrait de leurs maladies et leur donnait des instructions quand,
humblement, ils le sollicitaient.
66 Le Ministère de la bienfaisance

Ceux qui se réclament du nom du Christ doivent lui ressembler


par des actes de bonté et de miséricorde. Ce n’est qu’au jour du
jugement que l’on saura tout le bien qui a été accompli en cherchant
à suivre l’exemple du Sauveur. — “Lettre” 140, 1908.
La bonté, la clé de l’évangélisation — Si nous voulions nous
humilier devant Dieu, devenir aimables, courtois et compatissants,
il se produirait cent conversions à la vérité là où il ne s’en produit
qu’une aujourd’hui. ,Témoignages”, vol. A, p. 328, 329.
Chapitre 11—Comment faire des visites [68]

Gagnez l’amitié de vos voisins — Visitez vos voisins les uns


après les autres, et efforcez-vous de gagnez leurs cœurs par votre
dévouement et votre affection. Sympathisez avec eux, priez pour
eux, et faites-leur du bien à l’occasion. Si vous le pouvez, réunissez-
en quelques-uns, et lisez ensemble la Parole de Dieu. — “Review
and Herald”, 15 mars 1888.
Venez en aide aux plus nécessiteux — Partout, autour de vous,
il y a des malheureux qui ont besoin d’entendre vos paroles d’af-
fection, de tendresse, et vos humbles prières. D’aucuns souffrent
cruellement de dénuement, d’autres de maladie, de chagrin, de dé-
couragement, de mélancolie. Comme Job, ayez des yeux pour les
aveugles et des jambes pour les paralytiques. Intéressez-vous à leur
sort, cherchez à savoir ce dont ils ont le plus besoin, et procurez-le-
leur. - ,Testimonies”, vol. III, p. 530.
Occupez-vous d’abord de leurs besoins temporels, soulagez leurs
souffrances. C’est ainsi que vous trouverez le chemin de leurs cœurs
; jetez-y alors la bonne semence de la vertu et de la religion. — “Id.”,
vol. IV, p. 227.
Un contact persuasif — Manifestez de la bonté, de l’amabilité,
du courage et de l’amour pour le Christ. ... Aucun langage humain
ne saurait dire l’influence exercée par la prédication de la Parole et
le Saint-Esprit, ni faire connaître ce que peuvent communiquer à
notre esprit borné les bénédictions de Jésus de Nazareth. — “Lettre”
60, 1903.
Soyez compréhensifs — C’est une œuvre délicate que la cure
d’âme. Seul celui qui peut lire dans les cœurs sait comment amener
les hommes à la repentance. Lui seul nous donnera la sagesse néces-
saire pour conduire au pied de la croix ceux qui se perdent. Si, dans
votre orgueil, il vous arrive de dire : « Je suis plus saint que toi ”,
quelle que soit la logique de votre raisonnement ou la véracité de
vos paroles, vous ne toucherez jamais le cœur de votre interlocuteur.
Il n’y a que l’amour du Christ, manifesté dans les paroles et dans les
67
68 Le Ministère de la bienfaisance

[69] actes, qui puisse opérer ce miracle. Les préceptes ou les arguments
n’aboutiraient à rien. - ,Rayons de santé”, p. 215, 216.
Manifestez une chaude sympathie — Montrons plus de sym-
pathie chrétienne, non seulement envers les hommes qui nous
semblent irréprochables mais encore envers ceux qui souffrent,
luttent, tombent souvent dans le péché et se repentent, qui suc-
combent à la tentation et se découragent. Emus de compassion
devant la faiblesse de nos semblables, à l’instar de notre grand prêtre,
Jésus-Christ, approchons-nous d’eux. — “Id.”, p. 216.
Travaillons de manière à faire tomber les préjugés — Frères
et sœurs, visitez les personnes de votre entourage ; efforcez-vous
de gagner leurs cœurs par la sympathie et l’amabilité. Veillez à
dissiper les préjugés plutôt qu’à les créer. Souvenez-vous que ceux
qui possèdent la connaissance de la vérité pour notre époque, et qui
néanmoins se bornent à travailler dans leurs églises, se refusant à le
faire chez leurs voisins inconvertis, auront à répondre d’un devoir
non accompli. - ,Témoi-gnages”, vol. A, p. 177, 178.
Entrez dans les maisons quand vous le pouvez — Allez trou-
ver les gens chez eux ; n’attendez pas qu’ils viennent à vous. “Lettre”
8, 1895. -
Trois étapes importantes en allant dans les maisons. — Ce
qui importe, c’est de convaincre les âmes de la vérité. On y arrive
plus facilement par des efforts personnels, en allant trouver les gens
chez eux, en priant avec eux, et en leur expliquant les Ecritures.
— “Review and Herald”, 8 décembre 1885.
Importance d’une poignée de main — La façon dont vous
abordez les gens que vous visitez a une grande importance. Vous
pouvez, en saluant quelqu’un, lui serrer la main de manière à gagner
immédiatement sa confiance, ou au contraire, si froidement que cette
personne pensera que vous ne vous intéressez pas du tout à elle.
— “Le ministère évangélique”, p. 183.
Nécessité de la politesse chrétienne — On rencontre bien des
gens qui voudraient être chrétiens. Un travail s’opérera chez eux,
dans la mesure où l’Esprit de Dieu sera avec nous. Nous nous ren-
drons compte alors que l’on gagne des âmes, non par notre habileté,
mais par l’Esprit-Saint. Néanmoins la capacité et la puissance que
nous avons reçues d’en haut doivent être mises à réquisition. Ne
soyons pas toujours des novices ; sachons nous conduire dignement
Comment faire des visites 69

et pratiquer la politesse chrétienne. Celle-ci nous est nécessaire dans


tout ce que nous faisons. Efforçons-nous de corriger les défauts de
notre caractère. Travaillons avec humilité, c’est le meilleur moyen [70]
d’y parvenir. — “Manuscrit” 10 1888.
Pouvoir de la courtoisie — La pratique de la courtoisie et la dé-
cision de faire aux autres ce qu’on voudrait qu’on vous fît, suffiraient
pour faire disparaître la moitié des maux qui affligent notre société.
C’est de Satan que vient la cupidité. Jésus donne aux siens une
charité qui ne cherche pas son intérêt. — “Patriarches et prophètes”,
p. 122.
Notre comportement à l’égard des pauvres — Ne donnez pas
aux pauvres l’impression que vous les visitez par condescendance.
Parlez-leur comme s’ils étaient sur le même niveau social que vous-
mêmes. Ils n’ont que peu de lumière, peu de joie. Faites en sorte
que leurs cœurs en soient remplis. Nous devons manifester la tendre
sympathie de Jésus-Christ. Ainsi nous obtiendrons leur confiance.
Que notre mise soit modeste, de façon qu’ils aient le sentiment que
nous sommes leurs égaux, et se croient dignes du salut en Jésus-
Christ.
Frères et sœurs, recherchons la meilleure méthode de gagner
des âmes. Nous pourrons ainsi former des ouvriers pour le Seigneur
dans chaque église. - ,Manuscrit” 10, 1888.
Avez du tact comme le Christ — Il dissipait avec tact les pré-
jugés, et retenait l’attention de ses auditeurs par des illustrations. Il
gagnait ainsi les cœurs. — “Desire of Ages”, p. 254.
Parlez de courage — Ne prononcez aucune parole qui fasse
la joie de Satan. Parlez de la bonté et de la puissance du Sauveur,
d’espérance, de confiance et de courage. C’est aussi facile que d’énu-
mérer ses plaintes. « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je
le répète, réjouissez-vous. » - “Review and Herald”, 7 avril 1901..
Allez droit au but — Quand vous entrez dans une maison, ne
parlez pas de choses futiles. Allez droit au but et dites à vos hôtes
que vous désirez qu’ils aiment Jésus, car Jésus les a aimés le premier.
... Donnez-leur des imprimés et invitez-les à les lire. S’ils se rendent
compte que vous êtes sincère, ils apprécieront ce que vous faites.
On peut toucher les cœurs les plus endurcis. Approchez-vous d’eux
avec simplicité, sincérité et humilité. C’est ainsi que vous atteindrez
les âmes pour lesquelles le Christ est mort. - ,Manuscrit” 10, 1888.
70 Le Ministère de la bienfaisance

Parlez du Christ dans l’intimité du foyer — A tous ceux qui


travaillent avec le Christ, je voudrais dire : Partout où vous le pouvez,
pénétrez dans les foyers, saisissez-en l’occasion. Prenez votre Bible
et faites connaître les grandes vérités qu’elle contient. Votre succès
ne dépendra pas tellement de vos connaissances et de vos talents,
mais surtout de votre aptitude à trouver le chemin des cœurs. En
[71] pénétrant dans les foyers, vous pourrez changer le cours des pensées
plus facilement que par le discours le plus habile. Faire connaître le
Christ dans chaque famille ou dans de petites assemblées réunies
dans un local privé, réussit souvent davantage à gagner les âmes à
Jésus que des sermons prêchés en plein air à la foule mouvante, ou
même dans des salles de conférences ou des églises. - Le ministère
évangélique”, p. 187.
Racontez comment vous avez trouvé Jésus — Visitez vos voi-
sins, et intéressez-vous à leur salut. Employez toutes vos énergies
spirituelles. Dites à ceux que vous visitez que la fin de toutes choses
est proche. Le Seigneur Jésus-Christ ouvrira la porte des cœurs, et
produira sur les esprits des impressions durables.
Cherchez à arracher hommes et femmes à leur insensibilité spi-
rituelle. - Dites-leur de quelle manière vous avez trouvé Jésus, et
quel a été votre bonheur depuis le jour où vous êtes entré à son
service. Dites-leur quelle bénédiction vous recevez lorsque vous
vous asseyez aux pieds du Sauveur et apprenez les précieuses leçons
contenues dans sa Parole. Parlez-leur des joies qu’on éprouve dans
la vie chrétienne. Vos paroles chaudes et ferventes leur donneront
la conviction que vous avez trouvé la perle de grand prix. Que vos
paroles gaies et encourageantes montrent que sûrement vous avez
trouvé la voie la plus excellente. Voilà du travail missionnaire au-
thentique, et qui, s’il est accompli, fera que plusieurs se réveilleront
comme d’un sommeil. — “Témoignages”, vol. A, p. 181.
Parlez du Christ et de son merveilleux amour — Il y a de
nombreuses âmes qui cherchent la lumière, afin d’obtenir l’assurance
et la force qu’elles n’ont pu trouver. Il faut aller les voir et leur parler
avec patience et avec persévérance. Demandez avec ferveur à Dieu
qu’il vous aide. Parlez-leur de Jésus, qui est pour vous un Sauveur
personnel, de son amour incomparable, de sa grâce salvatrice. A
moins que ces personnes ne vous le demandent, ne parlez pas de
Comment faire des visites 71

doctrines, mais de la Parole, de la justice du Christ, dont nous avons


tous besoin pour être sauvés. — “Manuscrit” 27, 1895.
Que tout ce que vous dites démontre que vous connaissez Jésus.
Parlez de sa grâce qui sauve et purifie, de sorte que ceux pour lesquels
vous travaillez puissent, par la contemplation, être transformés à
l’image divine. La chaîne qui descend du trône de Dieu est assez
longue pour atteindre les profondeurs de l’abîme du péché. Dites
aux pécheurs qu’il y a un Sauveur qui pardonne, et qui intercède
auprès de Dieu en leur faveur. Il est capable de les retirer du péché,
afin qu’ils puissent être reconnus comme des enfants de Dieu et
recevoir avec le Christ un héritage immortel. Ils peuvent entrer en
possession d’une vie qui se mesure à celle de Dieu. — “Review and
Herald”, 11 avril 1912.
La puissance du chant sacré — Ceux qui sont doués pour le [72]
chant ont un rôle à jouer. Le chant est l’un des moyens les plus
efficaces pour faire pénétrer la vérité dans les cœurs. C’est souvent
par le chant des cantiques que la repentance et la foi ont été obtenues.
Que les membres d’église, jeunes et vieux, apprennent à chanter
pour aller proclamer le dernier message au monde. S’ils restent
humbles, les anges de Dieu les accompagneront et leur enseigneront
à proclamer l’Evangile pour notre époque. — “Id.”, 6 juin 1912.
Les cœurs sont touchés par des cantiques simples — Appre-
nez à chanter des cantiques simples. Cela vous aidera à travailler
de maison en maison, et les cœurs seront touchés par l’influence du
Saint-Esprit. On entendait souvent le Christ entonner des chants de
louange, et cependant j’ai ouï dire par certaines personnes : « Le
Christ n’a jamais souri. » Comment commettre une erreur pareille !
Il y avait de la joie dans le cœur du Sauveur. L’Ecriture nous dit qu’il
y a de la joie parmi les anges pour un seul pécheur qui se repent,
et que le Seigneur lui-même fait de l’Eglise sa joie. — “Id.”, 11
novembre 1902.
Témoignez de la sympathie, et adressez des appels person-
nels. — Il peut résulter d’entretiens personnels avec vos amis et vos
voisins beaucoup plus de bien que vous ne le pensez. C’est parce
que l’on a négligé cette sorte de travail qu’un grand nombre d’âmes
pour lesquelles le Christ est mort se perdent. ... On arrive ainsi à
toucher les cœurs bien mieux que par de grandes conférences. Si
l’on combine les deux, avec la bénédiction de Dieu, on peut ac-
72 Le Ministère de la bienfaisance

complir un travail plus efficace. Mais si vous ne pouvez en faire


qu’un seul, choisissez de préférence les études bibliques dans les
maisons. Adressez des appels personnels, et entretenez-vous fami-
lièrement avec les gens qui vous reçoivent. Ne parlez pas de choses
quelconques, mais des grands thèmes de la rédemption. Que l’on
puisse se rendre compte que vous vous intéressez au salut des âmes.
» “Id.”, 13 mars 1888.
Efficacité du contact personnel — Mes frères dans le minis-
tère, ne pensez pas que la seule œuvre qui vous incombe, la seule
méthode par laquelle vous atteindrez les âmes, soit de faire des
conférences. Le meilleur travail que vous puissiez accomplir, c’est
d’enseigner, d’éduquer. Toutes les fois que vous pouvez avoir l’oc-
casion d’agir de la sorte, allez dans quelques familles et laissez les
gens vous poser des questions. Répondez-leur avec patience, avec
humilité. Continuez ce travail en relation avec vos conférences. Prê-
chez moins et enseignez davantage par les études bibliques et la
prière dans les familles ou dans de petits cercles. “Le ministère
évangélique”, p. 187.
[73] Avec une voix à l’accent pathétique — Que la voix exprime la
sympathie, la tendresse. La voix du Christ faisait toujours une forte
impression. Nous pouvons, par des efforts persévérants, cultiver
notre voix, la rendre douce. Demandons au Seigneur qu’il nous
donne une voix convertie, une langue convertie, une sympathie à la
mesure de celle du Christ. C’est grâce à la sympathie et à la tendresse
que nous pouvons gagner les âmes. — “Review and Herald”, 11
novembre 1902.
Si l’on vous ferme la porte au nez, que faut-il faire ? — Mais,
dira quelqu’un, supposez que nous ne puissions pas pénétrer dans
certaines maisons, parce que les gens sont hostiles à la vérité que
nous présentons. Devons-nous nous en tenir là ? Nullement. Même
si l’on vous fermait la porte au nez, ne partez pas indignés, ne cessez
pas vos efforts pour sauver ces gens-là. Demandez au Seigneur avec
foi de vous aider à les atteindre. Réfléchissez aux moyens que vous
pourriez employer pour arriver jusqu’à eux. Si vous ne parvenez pas
à les voir personnellement, adressez-leur un message silencieux de
la vérité. Il y a tant d’orgueil dans le cœur humain que nos imprimés
arriveront mieux que nous-mêmes à se faire admettre. — “Historical
Sketches”, p. 150.
Comment faire des visites 73

Comment le Christ abordait les gens — Nous pouvons ap-


prendre beaucoup par la manière dont le Christ abordait les gens.
Dans le récit évangélique nous lisons comment il travaillait pour
toutes les classes de la société, comment il s’y prenait pour parler du
salut, dans les villes et dans les villages, aux milliers de personnes
qui se pressaient autour de lui pour écouter ses enseignements. Les
paroles du Maître étaient claires et distinctes, pleines de sympathie
et de tendresse. Il leur donnait l’assurance que ce qu’il disait était la
vérité. Ce qui amenait de si nombreuses foules autour de lui, c’était
la simplicité et le sérieux qui caractérisaient son travail et ses paroles.
— “Review and Herald”, 18 janvier 1912.
Rien de mécanique dans le travail — Tous ceux qui s’engagent
dans un travail personnel devraient prendre garde de ne pas le faire
mécaniquement, de même que le prédicateur qui prêche la Parole. Il
faut constamment apprendre. — “Le ministère évangélique”, p. 187.
Cherchez de nouvelles méthodes — je m’adresse aux chrétiens
qui vivent dans nos grandes villes. Dieu vous a fait dépositaires de
la vérité, non pour que vous la gardiez égoïstement, mais pour que
vous puissiez en faire part à d’autres. Vous devez aller de maison
en maison comme de fidèles dispensateurs de la grâce du Christ.
Tout en travaillant, cherchez de nouvelles méthodes, de nouveaux
plans, sans vous lasser. Vos facultés intellectuelles arriveront ainsi à
se développer. La tiédeur, la négligence dans l’accomplissement du
devoir est une injure envers l’âme pour laquelle le Christ a donné [74]
sa vie. Si nous voulons découvrir les perles qui se trouvent dans
les décombres des villes, il nous faut être prêts à accomplir l’œuvre
exigée par le Maître. — “Review and Herald”, 11 juin 1895.
Nouvelle vie et nouveaux plans — Il nous faut des hommes
qui prient le Seigneur pour obtenir la sagesse, qui apportent une vie
nouvelle dans les vieilles méthodes de travail, et peuvent inventer
de nouveaux plans pour éveiller l’intérêt des membres d’église afin
d’atteindre les hommes et les femmes du monde. - ,Manuscrit” 117,
1907.
Par le pouvoir de la persuasion, la prière et l’amour — Les
pauvres doivent être aidés, les malades soignés, les affligés et ceux
qui pleurent consolés, les ignorants instruits, les inexpérimentés
conseillés. Nous devons pleurer avec ceux qui pleurent, nous réjouir
avec ceux qui se réjouissent. Grâce au pouvoir de la persuasion, de
74 Le Ministère de la bienfaisance

la prière, de l’amour de Dieu, cette œuvre ne sera pas, ne pourra pas


être stérile. “Ministry of Healing”, p. 143, 144.
Chapitre 12—L’efficacité des visites évangéliques [75]

Le rôle des visites évangéliques dans l’achèvement de


l’œuvre de Dieu — Comment la grande œuvre du message du
troisième ange peut-elle s’accomplir ? Par des efforts persévérants,
individuels, par des visites à domicile. - ,Historical Sketches”, p 150.
L’un des moyens les plus efficaces pour communiquer la lumière,
c’est l’effort personnel. Dans le cercle familial, au foyer de notre
voisin, au chevet du malade, dans le calme, vous pouvez lire les
Ecritures et parler de Jésus et de la vérité. C’est ainsi que vous
répandrez la précieuse semence qui lèvera et portera du fruit. —
“Testimonies”, vol. VI, p. 428, 429.
Cela paie un millier de fois — Frères et sœurs, réveillez-vous.
Ne craignez pas d’accomplir de bonnes œuvres. Ne vous lassez pas
de faire le bien, car vous moissonnerez au temps convenable, si vous
ne vous relâchez pas. ... Cultivez l’amour de l’hospitalité, l’amour
qui nous pousse à nous dévouer pour autrui.
Il est possible que vous ayez eu des déceptions, que vous vous
soyez occupés de personnes qui se sont montrées indignes de votre
charité, et que vous ayez été découragés de venir en aide aux néces-
siteux. je place jésus devant vous. ..,. Une âme arrachée aux griffes
de Satan, une âme secourue, une âme encouragée, voilà qui vous
récompensera de tous vos efforts. C’est à vous que jésus a dit : «
Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits
de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » Ne devons-nous
pas accomplir joyeusement tout ce que nous pouvons pour imiter la
vie de notre divin Sauveur ? “Review and Herald”, 20 avril 1886.
Une œuvre vitale pour notre destinée éternelle — Aussitôt
que vous vous serez mis à l’œuvre, vous aurez près de vous des auxi-
liaires invisibles. Les anges du ciel se tenaient près du Samaritain
quand il pansait le voyageur blessé. Des anges de Dieu sont aux côtés
de tous ceux qui font sa volonté en exerçant un ministère d’amour
envers leurs semblables. Vous pouvez compter sur la collaboration
étroite du Christ lui-même. Il est celui qui guérit, et dès que vous [76]
75
76 Le Ministère de la bienfaisance

travaillerez sous sa direction, vous verrez de grands résultats. De


votre fidélité à cet égard dépend non seulement la prospérité de vos
semblables, mais encore votre destinée éternelle. - ,Paraboles”, p.
399.
Le Christ les accompagne dans les maisons — Le Seigneur
désire que la vérité soit à la portée des gens, et cela ne peut être
réalisé que par un travail personnel. L’ordre suivant est vaste : «
Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras,
contrains-les d’entrer, afin que ma maison soit remplie. » Il y a là
une œuvre qui n’a pas encore été commencée. Que les ouvriers du
Seigneur enseignent la vérité dans les familles, se familiarisent avec
ceux pour lesquels ils travaillent. S’ils collaborent ainsi avec Dieu, il
les revêtira de puissance spirituelle. Le Christ les guidera dans leur
œuvre, il les accompagnera dans les maisons et leur inspirera les
paroles qu’ils devront prononcer, afin qu’elles pénètrent profondé-
ment dans le cœur des auditeurs. Le Saint-Esprit ouvrira les esprits
pour qu’ils reçoivent les rayons qui procèdent de la source de toute
lumière. -„Review and Herald”, 29 décembre 1904.
Apportez l’espérance aux gens - Il est impossible pour celui qui
croit au Christ de voir l’œuvre qui devrait être accomplie et de ne
rien faire. jour après jour nous recevons le baume guérissant de la
grâce de Dieu qui doit être apporté à ceux qui sont dans le besoin ou
qui souffrent. Les disciples du Christ doivent chercher à connaître
les malheurs des pauvres de leur voisinage immédiat, et leur donner
quelque soulagement. Ceux dont la vie est obscure et peu agréable
sont ceux-là même à qui il faut parler d’espérance, car le Christ est
leur Sauveur. N’y a-t-il pas des croyants qui veulent aller de maison
en maison, de famille en famille, et répéter l’A B C de la véritable
expérience chrétienne ? - ,Id.”, 11 avril 1912.
L’exemple d’Ellen G. White — Je me souviens du jour où,
dans mon enfance, la puissance régénératrice du Seigneur vint sur
moi. je désirais que tous puissent recevoir la même bénédiction, et
je ne pouvais trouver la paix avant d’avoir parlé de mon expérience.
je commençai par mes jeunes amies ; j’allai chez elles pour leur dire
combien le Sauveur m’était précieux, comment je voulais le servir,
et comment je désirais aussi qu’elles le servent. je leur demandai :
« Ne voulez-vous pas vous mettre à genoux et prier avec moi ? »
Quelques-unes le firent tandis que d’autres restaient assises sur leurs
L’efficacité des visites évangéliques 77

chaises. Mais avant de nous relever, toutes s’étaient agenouillées et


nous avons prié ensemble pendant plusieurs heures de suite, jusqu’à
ce que la dernière dise : « Je crois que Jésus a pardonné mes péchés.
» Parfois le soleil commençait à faire son apparition dans le ciel
avant que nous cessions la lutte. Il y a une grande puissance en
Jésus-Christ. — “Manuscrit” 10, 1888.
Les « premières œuvres » donnent déjà des résultats — La [77]
raison pour laquelle tant de chrétiens ne réussissent pas, c’est qu’ils
se confient beaucoup trop en eux-mêmes, et ne sentent pas la néces-
sité de demeurer en Christ, quand ils vont chercher et sauver celui
qui se perd. Ils accompliront peu de chose jusqu’à ce qu’ils aient
l’Esprit du Christ et enseignent la vérité telle qu’elle est en Jésus. ...
L’atmosphère de l’Eglise est glaciale. Son esprit est tel que
hommes et femmes ne peuvent pas comprendre l’exemple de la
piété primitive. Son premier amour s’est refroidi, et à moins qu’elle
ne soit baptisée du Saint-Esprit, qu’elle ne se repente et fasse ses
premières œuvres, son chandelier sera ôté de sa place. Les premiers
travaux missionnaires de l’Eglise eurent lieu lorsque les croyants
allèrent trouver leurs amis, leurs parents, leurs connaissances, et leur
racontèrent avec un cœur débordant d’amour l’histoire de Jésus, ce
qu’il était pour eux et ce qu’ils étaient pour lui. — “Testimonies to
Ministers”, p. 167, 168.
Vous êtes une lettre ; faites-la connaître — L’apôtre Paul écri-
vait aux chrétiens de Corinthe : « Vous êtes manifestement une lettre
de Christ, ... connue et lue de tous les hommes. » En chacun de ses
enfants Jésus envoie une lettre au monde. Si vous êtes son disciple,
vous êtes la lettre qu’il envoie à la famille où vous logez, au village, à
la rue que vous habitez. Par vous, Jésus désire parler au cœur de ceux
qui ne le connaissent pas. Peut-être ne lisent-ils pas la Bible, n’en-
tendent-ils pas la voix qui leur parle dans ses pages, et ne voient-ils
pas l’amour de Dieu dans ses œuvres. Mais si vous êtes un véritable
représentant de Jésus, il est possible que, par vous, ils soient amenés
à comprendre quelque chose de sa bonté, et à l’aimer et le servir.
— “Vers Jésus”, p. 115, 116.
Les imprimés que nous laissons dans les maisons porteront
leurs fruits — « Mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne
l’Evangile de paix. » Vous serez ainsi préparés à aller de maison
en maison pour faire connaître la vérité. Il vous arrivera parfois de
78 Le Ministère de la bienfaisance

trouver que ce travail est très fatigant, mais si vous marchez par
la foi, le Seigneur vous précédera, et sa lumière brillera sur votre
sentier. En entrant dans les maisons de vos voisins pour leur vendre
ou leur donner nos imprimes, avec humilité enseignez-leur la vérité.
La lumière du ciel vous accompagnera. — “.Review and Herald”,
11 novembre 1902.
Le Seigneur fera de grandes choses pour nous, si nous restons
humbles et nous tenons à ses pieds. ... Plus d’un millier d’âmes se
convertiront en un jour, dont la plupart attribueront leurs premières
convictions à la lecture de nos imprimés. — “Id.”, 10 novembre
1885.
[78] Le meilleur moyen pour atteindre les âmes — A l’ombre
même des maisons de Dieu se trouvent des multitudes de pécheurs,
qui ne connaissent pas la vérité, et n’ont point d’espérance. ... Dans
chaque ville, dans chaque lieu où des chrétiens se rencontrent pour
adorer Dieu, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui
doivent être ajoutés au troupeau. Un grand nombre d’entre eux
n’ont jamais entendu parler de la Parole de Dieu. Qui veut se sou-
cier de leur salut ? Qui veut apprendre du grand Docteur que le
meilleur moyen d’atteindre les âmes est un appel direct, personnel
aux pécheurs, à ceux qui sont morts dans leurs péchés, pour qu’ils
contemplent le Rédempteur crucifié, et qu’ils vivent ? Chrétiens,
que vos cœurs débordent de sympathie et d’amour pour ceux qui ne
connaissent pas la vérité. — “Manuscrit” 81, 1900.
Situations adaptées à nos talents — Si ceux qui enseignent sa
Parole le désirent, le Seigneur les mettra en rapport avec le peuple. Il
les dirigera dans les maisons de personnes qui sont dans le besoin et
cherchent la vérité, où ils trouveront les situations les mieux adaptées
à leurs talents. ,Lettre” 95, 1896.
Les talents de tous sont nécessaires — Le Seigneur a une place
pour chacun dans son vaste plan. Il ne donne que les talents néces-
saires. Il en accorde à tous les hommes, et c’est à eux de les dévelop-
per. Même si un talent est petit, Dieu peut l’utiliser ; il fera l’œuvre à
laquelle il est destiné. Les talents de l’humble villageois sont néces-
saires pour le travail de maison en maison : ils peuvent accomplir
davantage en ce domaine que les dons les plus brillants. Celui qui
emploie fidèlement son unique talent recevra sa récompense aussi
bien que celui qui en a cinq. Dieu récompense ses serviteurs qui ont
L’efficacité des visites évangéliques 79

travaillé selon les capacités qu’il leur avait accordées. — “Lettre”


41, 1899.
Comment trouver le temps de visiter ses voisins — Si les
jeunes gens et les jeunes filles voulaient se consacrer solennelle-
ment au Seigneur, s’ils voulaient pratiquer le renoncement au foyer
familial, soulageant leur mère fatiguée, chargée de soucis, quel chan-
gement se produirait dans nos églises ! La mère trouverait le temps
de faire des visites à ses voisins. Quand l’occasion se présenterait,
les enfants pourraient l’aider en rendant çà et là de petits services,
s’ils sont trop jeunes pour faire mieux. C’est ainsi que des milliers
de foyers pauvres et nécessiteux seraient visités. On pourrait y placer
des livres sur la santé et la tempérance. La diffusion de ces livres est
une œuvre importante, car ils contiennent de précieux conseils pour
le traitement des maladies - ce qui est une grande bénédiction pour
ceux qui ne peuvent payer la visite du médecin. — “Manuscrit” 119,
1901.
N’attendez pas qu’on vous fixe votre devoir — N’attendez [79]
pas qu’on vous fixe votre devoir. Ouvrez les yeux et voyez ce qui est
autour de vous. Faites connaissance avec les déshérités, les affligés
et les nécessiteux. Ne vous dérobez pas, ne cherchez pas à ignorer
leurs besoins. Qui donnera la preuve qu’il pratique la religion pure
et sans tache dont parle Jacques ? — “Testimonies”, vol. II, p. 29.
Allez travailler, que vous en ayez envie ou non — Mes frères
et sœurs, désirez-vous rompre le charme qui vous retient ? Voulez-
vous sortir de cette paresse qui ressemble à la torpeur de la mort
? Allez travailler, que vous en ayez envie ou non. Faites un effort
pour gagner des âmes à Jésus et à la connaissance de la vérité. Un
tel travail sera pour vous à la fois un stimulant et un tonique ; il
vous réveillera et il vous fortifiera. Par l’exercice, vos facultés spiri-
tuelles acquerront plus de vigueur, de sorte que vous pourrez, avec
un succès plus grand, travailler à votre propre salut. La stupeur de la
mort spirituelle paralyse beaucoup de ceux qui prétendent croire au
Christ. Faites tous vos efforts pour les réveiller. Avertissez, suppliez,
admonestez. Priez pour que l’amour attendrissant de Dieu puisse
réchauffer et adoucir ces natures de glace. Même si ces personnes
refusent d’écouter, votre travail ne sera pas inutile. Dans votre effort
pour faire du bien aux autres vos âmes seront bénies. “Témoignages”
vol. II, p. 151, 152.
80 Le Ministère de la bienfaisance

Créez une atmosphère céleste — Visitez les malades, réconfor-


tez les pauvres et les affligés pour l’amour du Christ, vous recevrez
ainsi les brillants rayons du Soleil de justice, et votre attitude ré-
vélera la paix qui réside dans une âme. Le visage des hommes et
des femmes qui parlent avec Dieu, pour qui le monde invisible est
une réalité, reflète la paix d’en haut. Ces croyants portent avec eux
la douce atmosphère du ciel, et inspirent des actes de bonté. Leur
influence est telle qu’elle gagne des âmes au Christ. Si tous pou-
vaient comprendre et suivre la Parole de Dieu, quelle paix, quel
bonheur, quelle santé corporelle, quelle paix de l’âme il en résulte-
rait ! Une chaude atmosphère, faite de bonté, d’amour, de tendresse
chrétienne ne saurait être surestimée. L’amour a plus de valeur que
l’or et l’argent, que les pierres précieuses, et rend les agents humains
semblables à celui qui vécut non pour lui-même mais pour les autres.
— “Lettre” 43, 1895.
La vision de centaines et de milliers d’adventistes visitant
des familles — Dans les visions de la nuit, il me fut montré un
grand mouvement de réforme au sein du peuple de Dieu. Beaucoup
louaient le Seigneur, les malades étaient guéris, et d’autres miracles
s’opéraient. On remarquait un esprit de prière dans le genre de celui
qui se manifestait avant le grand jour de la Pentecôte. Des centaines
[80] et des milliers de personnes se rendaient dans les familles, et leur
expliquaient les Ecritures. Les cœurs étaient touchés par la puis-
sance du Saint-Esprit, et on voyait de véritables conversions. De
tous côtés des portes s’ouvraient à la proclamation de la vérité. Le
monde semblait illuminé de la lumière divine. De grandes béné-
dictions étaient accordées aux enfants de Dieu humbles et sincères.
J’entendais des actions de grâce et des louanges. On se serait cru en
1844. — “Témoignages”, vol. III, p. 411.
Chapitre 13—Organisation de l’Eglise pour le [81]
ministère de la bienfaisance

Le dessein de Dieu dans l’organisation de l’Eglise — L’Eglise


du Christ sur la terre a été organisée pour des buts missionnaires,
et le Seigneur désire la voir tout entière faire des plans et trouver
les moyens nécessaires pour que grands et petits, riches et pauvres,
puissent entendre le message de la vérité. — “Testimonies”, vol. VI,
p. 29.
L’unité dans l’exercice de la charité — Où que la vérité ait été
proclamée et que des gens se soient convertis, ils doivent s’unir sans
tarder pour exercer la charité. Où que la Bible ait été présentée, une
œuvre de piété pratique doit commencer. Partout où une église a été
organisée, un travail missionnaire doit être accompli pour venir en
aide à ceux qui sont dans le besoin ou qui souffrent. — “Id.”, p. 84,
85.
Un appel pour trouver des conducteurs — A moins d’avoir
des hommes qui trouvent le moyen de tirer parti du temps, de la force
et des cerveaux des membres d’église, il restera beaucoup à faire. Le
hasard ne saurait suffire pour cette tâche. Il faut, dans l’Eglise, des
croyants qui soient capables d’organiser un travail pratique pour que
des, jeunes hommes et des jeunes femmes s’occupent des besoins
de l’humanité et du salut de l’âme des hommes, des femmes, des
adolescents et des enfants. - ,Lettre” 12, 1892.
L’Eglise est une école — Chaque paroisse doit être une école
de travailleurs chrétiens. Ses membres apprendront à lire l’Ecriture
dans les familles, à servir de catéchistes, à secourir les pauvres, à
soigner les malades et à œuvrer en faveur des inconvertis. Il de-
vrait y avoir des cours d’hygiène, de cuisine, et d’autres encore, où
l’on enseignerait les différentes branches du service chrétien. Mais
l’enseignement seul ne suffit pas ; il faut aussi un travail actif sous
la direction de maîtres compétents. Ceux-ci donneront l’exemple
en s’occupant des nécessiteux ; d’autres s’efforceront de les imi-

81
82 Le Ministère de la bienfaisance

ter. Un seul exemple a plus de valeur que beaucoup de préceptes.


— “Rayons de santé”, p. 323.
[82] Préparez notre jeunesse pour un service pratique — Le
grand Docteur collabore avec tous ceux qui s’occupent de soula-
ger les souffrances de l’humanité. Enseignez aux élèves à faire une
application pratique des leçons qu’ils ont reçues. En présence de
la misère et du profond dénuement de ceux dont ils s’occupent, ils
seront émus de compassion. Leurs cœurs seront touchés et subjugués
par les principes révélés dans la Parole de Dieu. Le grand Médecin
prendra part à tout ce qui se fait en faveur de l’humanité souffrante
pour rendre la santé au corps, la lumière et la guérison à l’âme. ...
Il faut examiner ce qui pourrait être fait pour instruire les élèves en
vue d’un travail missionnaire pratique. “Manuscrit” 70, 1898.
Enseignez à faire un travail missionnaire pratique — A l’oc-
casion de nos camp-meetings annuels, nous ne devons pas perdre de
vue la possibilité qui nous est offerte d’enseigner aux frères et sœurs
comment faire du travail missionnaire pratique dans leurs localités.
Dans bien des cas, il conviendrait de confier à des hommes choisis
la responsabilité des diverses branches d’instruction au cours de
ces assemblées. Que les uns apprennent aux membres à donner des
études bibliques et à diriger des réunions familiales. Que d’autres
aient la charge d’enseigner les principes de la santé et de la tempé-
rance, ainsi que la manière de soigner les malades. D’autres encore
peuvent travailler en faveur de l’œuvre de nos périodiques et de nos
livres. — “Témoignages”, vol. A, p. 223, 224.
Formez des groupes missionnaires — Cette question m’a été
présentée par celui qui ne peut se tromper. Dans une grande église,
formez de petits groupes afin de travailler, non seulement en faveur
des membres mais aussi pour les incroyants. Si, dans un endroit, il
n’y a que deux ou trois adventistes, qu’ils organisent un groupe mis-
sionnaire. Bien unis, animés par l’amour divin, ils s’encourageront
mutuellement à marcher de l’avant, et chacun sera fortifié et soutenu
par ses frères. ”,Témoignages”, vol. 111, p. 96.
Des groupes bien organisés dans chaque église — Qu’il y
ait dans chaque église des groupes bien organisés pour travailler
dans leur voisinage. Oubliez le moi, et laissez le Christ vous précé-
der. C’est lui qui est votre vie et votre puissance. Que cette œuvre
soit faite sans délai, et la vérité sera comme un levain sur la terre.
Organisation de l’Eglise pour le ministère de la bienfaisance 83

Lorsque de telles forces seront à l’œuvre dans toutes nos églises,


il y aura une rénovation, une réforme, une puissance agissante au
milieu d’elles, car les membres accompliront l’œuvre même que
Dieu leur a ordonné de faire. Que tous nos membres soient actifs,
zélés, pleins de l’enthousiasme de l’Esprit et de la puissance de Dieu.
C’est l’emploi intelligent des moyens, des capacités et des facultés
données par Dieu et consacrées à son service qui vous indiquera les [83]
communautés où vous pourrez travailler. Il se peut que vous débu-
tiez modestement dans certains endroits, mais ne vous découragez
pas ; l’œuvre prendra de l’extension, et vous ferez le travail d’un
évangéliste. Inspirez-vous des méthodes du Christ, travaillez comme
il a travaillé. “Review and Herald”, 29 septembre 1891.
Travaillez en donnant un nom à votre association — Pour ac-
complir son œuvre de salut Dieu a prévu la coopération de l’homme.
Pour cette raison, il désire que l’Eglise ait une piété plus profonde,
un sens plus juste du devoir, une vue plus nette des obligations qui
reposent sur elle. Il exige que ses membres soient purs, sanctifiés,
actifs. Le travail de bienfaisance leur donne le moyen d’y parvenir,
car le Saint-Esprit opère avec tous ceux qui œuvrent pour le Sei-
gneur. ... je voudrais dire : Continuez à vous dépenser avec tact et
intelligence. Demandez à vos compagnons de travailler sous un nom
quelconque, afin que vous puissiez vous organiser pour collaborer
harmonieusement. Mettez à l’œuvre les jeunes gens et les jeunes
filles des églises. — “Testimonies”, vol. VI, p. 266, 267.
Organisez et entraînez la jeunesse pour l’achèvement de
l’œuvre — Il existe plusieurs branches de travail dans lesquelles la
jeunesse peut trouver des occasions de se dévouer. Organisez-la en
groupes pour le service, sa collaboration s’avérera fructueuse.
Dans l’achèvement de l’œuvre évangélique, il y a un vaste champ
inoccupé. Plus que jamais il faudra trouver du renfort chez de simples
membres d’église. jeunes et vieux, au cours des années, seront appe-
lés à quitter leurs champs, leurs vignobles, leurs ateliers, pour être
envoyés par le Maître, afin de proclamer son message. Beaucoup
n’auront sans doute pas eu l’occasion de faire des études, mais le
Christ voit en eux des qualités qui les rendront capables d’accomplir
ses desseins. S’ils mettent leurs cœurs dans l’œuvre et continuent à
se former, ils seront à même de travailler pour lui.
84 Le Ministère de la bienfaisance

En se préparant le mieux possible, des milliers de jeunes et


d’autres plus âgés pourront se consacrer à l’œuvre de Dieu. Plusieurs
ont déjà répondu à l’appel du Maître, et leur nombre ne cessera
d’augmenter.
Tous ceux qui s’engagent dans le ministère sont les ouvriers du
Seigneur. Aucune autre tâche ne permet aux jeunes de retirer de
plus grands bienfaits. Ils collaborent avec les anges, ou plutôt, ils
sont des agents humains par lesquels les anges accomplissent leur
mission. Ceux-ci parlent par leurs voix et travaillent par leurs mains.
Et ces hommes, collaborant avec les agences célestes, bénéficient de
leur éducation et de leur expérience. Comme système d’éducation,
quel « cours universitaire » peut égaler celui-là ? Grâce à l’armée
d’ouvriers que notre jeunesse, bien entraînée, pourrait constituer,
[84] avec quelle rapidité la bonne nouvelle Laguna. Pendant ce temps
un atelier pour hommes et une mission medicale avaient fonctionne.
Dans
C’est dans ce but que l’Eglise a été organisée — Quelqu’un
doit accomplir la mission du Christ ; quelqu’un doit continuer
l’œuvre qu’il a commencée sur la terre ; et c’est à l’Eglise qu’a
été confié ce privilège. C’est dans ce but qu’elle a été organisée.
Alors pourquoi les membres d’église n’acceptent-ils pas cette res-
ponsabilité ? Certains ont constaté cette grande négligence et ont vu
les besoins de ceux qui souffrent ou sont dans le dénuement. Ils ont
reconnu dans ces malheureux ceux pour lesquels le Christ a donné
sa vie, leurs cœurs ont été touchés et toutes leurs énergies en ont
été stimulées. Ils se sont organisés pour se mettre au travail avec les
frères désireux d’annoncer la vérité de l’Evangile à ceux qui vivent
dans le vice et l’iniquité, afin qu’ils puissent être libérés d’une vie
de dissipation et de péché.
Ceux qui se sont engagés dans cette œuvre ont fait ce que le
Seigneur leur commandait, et il a accepté leurs travaux. Ce qui a été
fait dans ce domaine, chaque adventiste devrait le réaliser avec tout
le zèle dont il est capable. “Testimonies”, vol. VI, p. 295, 296.
Section 5—Le soulagement de l’humanité [85]
souffrante [86]
[87]

[88]
Quelle activité débordante déployait le Christ ! jour après jour on
pouvait le voir entrer dans d’humbles loyers, où des gens vivaient
dans la misère ou la tristesse, et y apporter l’espérance et la paix.
Les pauvres et les malades étaient l’objet de sa tendre sollicitude.
Les enfants, attirés par la sympathie qu’il leur témoignait,
l’affectionnaient particulièrement. Par des propos aimables, très
simples, il dissipait leurs malentendus. Souvent il les prenait sur ses
genoux, et leur parlait de manière à gagner leurs cœurs.

Le Seigneur demande à son peuple, aujourd’hui, d’accomplir une


œuvre médicale missionnaire semblable à la sienne. Avec tendresse,
humilité, il allait partout, faisant le bien, nourrissant ceux qui
avaient faim, encourageant ceux qui étaient abattus, consolant les
affligés. Aucun de ceux qui venaient à lui n’en repartait déçu. Il ne
donnait pas l’exemple du moindre égoïsme. Il vivait la vie qu’il
aurait voulu voir vivre par tous ceux qui croyaient en lui. Sa
nourriture et son breuvage consistaient à faire la volonté de son
Père. A tous ceux qui réclamaient son secours, il communiquait la
foi, l’espérance et la vie. Il répandait sur tous ses précieuses
bénédictions.

Voici le message que le Sauveur nous adresse « Si quelqu’un veut


venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa
croix, et qu’il me suive. ». ,Manuscrit” 115, 1902.
[89] Chapitre 14—Sur les pas de Jésus

Il les envoya prêcher le royaume de Dieu


et guérir les malades. Luc 9 : 2.

Le Christ, notre modèle dans le ministère médical — Pen-


dant trois ans, les disciples avaient eu le merveilleux exemple du
Christ. jour après jour ils marchaient et parlaient avec lui, écoutant
ses paroles réconfortantes adressées à ceux qui étaient fatigués et
chargés, et voyant les manifestations de sa puissance en faveur des
malades et des affligés. Lorsque vint pour lui le temps de les quitter,
il leur donna le pouvoir de faire ce qu’il avait fait. Il leur dispensa sa
grâce, en disant : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuite-
ment. » Ils devaient aller dans le monde répandre la lumière de son
Evangile d’amour et de guérison et accomplir le même travail que
lui.
C’est aussi l’œuvre qui nous incombe. Il nous faut, avec sympa-
thie et compassion, secourir ceux qui sont dans le besoin, chercher à
soulager les malheurs de l’humanité. L’influence de cette œuvre est
irrésistible et nous serons richement bénis en l’accomplissant. C’est
ainsi que nous gagnerons des âmes au Rédempteur. Le côté pratique
de la mission du Sauveur est une démonstration de la puissance de
l’Evangile. Cette œuvre exige de notre part un effort laborieux, mais
elle en vaut la peine, car c’est par elle que sont sauvées les âmes qui
périssent. Grâce à son influence, des hommes et des femmes seront
amenés à la croix du Calvaire.
L’homme a un corps à sauver, aussi bien qu’une âme. Les deux
doivent recouvrer la santé par des méthodes simples mais efficaces,
réclamant des hommes et des femmes intelligents. En acceptant
la vérité, les âmes verront la nécessité d’une préparation pour les
devoirs de la vie. Lorsque la santé du corps est retrouvée, les facultés
mentales sont capables saisir les grandes vérités de l’Evangile. —
“Lettre” 152, 1901.
[90] S’occuper d’abord des besoins temporels — Ceux qui

86
Sur les pas de Jésus 87

souffrent, les déshérités, à quelque classe qu’ils appartiennent, sont


notre prochain, et lorsque nous connaissons leurs besoins, notre
devoir est de les secourir autant que possible. Dans la parabole
du bon Samaritain, un principe que les disciples du Christ feront
bien d’adopter est mis en relief. Occupez-vous d’abord des besoins
temporels, soulagez les misères physiques, et le chemin des cœurs
s’ouvrira. Vous pourrez alors y répandre la bonne semence de la
vertu et de la religion. — “Testimonies”, vol. IV, p. 226, 227.
Un monde à sauver — Ne perdons pas de vue qu’il y a un
monde à sauver, et que nous devons participer à cette grande œuvre
en tant que collaborateurs du Christ. Il est la tête, nous sommes
sa main droite. Il désire que par l’œuvre médicale missionnaire
nous déchargions les opprimés du lourd fardeau sous lequel ils suc-
combent. Ne fermez pas les yeux aux misères qui vous environnent,
ni vos oreilles aux cris de détresse qui ne cessent de monter vers
le ciel. Le Christ est le plus grand missionnaire que le monde ait
jamais connu. Il est venu pour relever et encourager les affligés et
ceux qui sont dans la détresse. C’est à cette tâche qu’il nous convie.
— “Manuscrit” 31, 1901.
Suivre les pas de Jésus dans le domaine de la pauvreté —
Beaucoup estiment que ce serait pour eux un grand privilège que de
visiter les lieux mêmes où le Christ a vécu ici-bas, de fouler le sol
qu’il a foulé, de contempler le lac de Génésareth sur les rives duquel
il se plaisait à enseigner, de voir les collines et les vallées où ses
yeux se sont souvent posés. Mais il n’est pas nécessaire de se rendre
à Nazareth, à Capernaüm, ou à Béthanie pour suivre les empreintes
des pas de Jésus. Nous les trouvons au chevet du malade, dans la
cabane du pauvre, dans les artères populeuses des grandes villes,
partout où il y a des cœurs à consoler. En se conduisant comme
Jésus lorsqu’il était ici-bas, nous suivons l’empreinte de ses pas.
— “Desire of Ages”, p. 640.
L’Evangile qui soulage la souffrance — L’œuvre médicale
missionnaire apporte à l’humanité la Bonne Nouvelle qui soulage
la souffrance. C’est l’œuvre primordiale de l’Evangile, sa mise en
pratique, la compassion du Christ révélée. Cette œuvre est des plus
nécessaires et le monde y est très sensible. Le Seigneur nous donne
l’assurance que son importance sera comprise, et que de nouveaux
88 Le Ministère de la bienfaisance

champs de travail s’ouvriront immédiatement devant elle. - ,Manus-


crit” 55, 1901.
Commencez dans votre voisinage — En tant que réformateur,
il faut qu’il [le peuple de Dieu] marche dans la lumière. Or, l’œuvre
médicale ouvrira devant lui de nombreuses portes. Il n’est pas néces-
saire d’être appelé dans quelque pays lointain pour faire du bien à ses
[91] semblables. Où que vous soyez, vous pouvez commencer immédia-
tement. De nombreuses occasions s’offrent à vous. Acquittez-vous
d’abord du travail qui doit être fait dans votre foyer et dans votre
entourage. Mettez-vous à l’œuvre dans la crainte de Dieu, en vous
souvenant que vous êtes responsable devant celui qui est mort pour
vous. Agissez comme si le Christ vous appelait personnellement à
faire tout ce que vous pouvez à son service. Ne vous inquiétez pas de
savoir si d’autres sont prêts à le faire. Si vous êtes réellement consa-
cré, le Seigneur vous emploiera pour amener à la vérité d’autres
âmes qui, à leur tour, communiqueront la lumière à une foule de
gens tâtonnant encore dans les ténèbres.
Tous peuvent se rendre utiles. D’aucuns diront, pour s’excuser «
Mes devoirs, mes enfants réclament mon temps et mes moyens. »
Parents, vos enfants devraient vous aider à décupler vos forces et vos
capacités au service du Maître. Ce sont les plus jeunes membres de la
famille de Dieu. Encouragez-les à se consacrer au Seigneur auquel ils
appartiennent par droit de création et de rédemption. Qu’ils sachent
que toutes les énergies du corps, de l’esprit et de l’âme sont au divin
Maître. Qu’ils apprennent à servir dans les différentes branches de
l’œuvre. — “Témoignages”, vol. III, p. 117.
Chacun doit faire de son mieux — Le Seigneur désire que
chaque ouvrier fasse de son mieux. Ceux qui n’ont pas eu de forma-
tion professionnelle dans une de nos institutions médicales peuvent
penser qu’ils ne sauraient faire que très peu de chose ; mais, mes
chers frères, souvenez-vous que dans la parabole des talents le Christ
ne représente pas tous les serviteurs comme en ayant reçu le même
nombre. L’un en reçut cinq, un autre deux, et un autre encore un. Si
vous ne disposez que d’un talent, employez-le sagement ; faites-le
valoir. Un seul ne peut pas faire autant que plusieurs, mais chacun
doit accomplir tout ce qu’il peut pour combattre la maladie et la
détresse qui abondent dans notre monde. Montez au secours de
l’Eternel, au secours de l’Eternel contre les puissances des ténèbres.
Sur les pas de Jésus 89

Dieu désire que chacun de ses enfants possède l’intelligence et la


connaissance, afin que, avec une clarté et une puissance implacables,
sa gloire soit révélée dans notre monde “Review an Herald ”, 9 juin
1904.
Ouvriers avec Dieu — Un aspect important de l’œuvre de Dieu
est révélé par ces mots : « Missionnaire médical ». Etre un mis-
sionnaire médical signifie être ouvrier avec Dieu. L’œuvre médicale
missionnaire, œuvre qui doit apporter un grand secours et une grande
force à la Cause, doit être poursuivie avec tous les soins et toute la
sagesse nécessaires. Dans cette œuvre, que rien ne vienne compro-
mettre le beau modèle que le Seigneur désire en faire. — “Manuscrit”
139, 1902.
Proclamer la vérité au malade comme au bien-portant — [92]
Le ministère évangélique comprend la proclamation de la vérité
au malade comme au bien-portant. Il combine l’œuvre médicale
missionnaire avec le ministère de la Parole. Grâce à ces deux agents,
des occasions sont offertes pour communiquer la lumière et présenter
l’Evangile à toutes les classes et à tous les niveaux de la société.
Dieu désire que les prédicateurs et les membres d’église s’intéressent
vivement à l’œuvre médicale missionnaire.
Prendre les gens où ils sont, quelle que soit leur position ou
leur condition, voilà le ministère évangélique. Ceux dont le corps
est malade ont presque toujours l’esprit malade, et quand l’âme est
malade le corps l’est aussi. — “Testimonies”, vol. VI, p. 300, 301.
Le chapitre cinquante-huit d’Esaïe contient la vérité présente
pour le peuple de Dieu. Nous avons ici un aperçu de la combinaison
de l’œuvre médicale missionnaire et du ministère évangélique dans
la proclamation du message au monde. La responsabilité d’accom-
plir une œuvre de miséricorde et de bienfaisance repose sur ceux
qui observent le sabbat de l’Eternel. L’œuvre médicale missionnaire
doit aller de pair avec le message, et être scellée du sceau de Dieu.
- ,Manuscrit” 22, 1901.
Nord, Sud, Est, Ouest — Pourquoi n’a-t-on pas compris que
l’œuvre médicale missionnaire est un accomplissement de ces pa-
roles de l’Ecriture : « Va promptement dans les places et dans les
rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et
les boiteux. Le serviteur dit : Maître, ce que tu as ordonné a été fait,
et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur : Va dans les
90 Le Ministère de la bienfaisance

chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les


d’entrer, afin que ma maison soit remplie. ”
C’est là une œuvre que les églises du nord et du sud, de l’est
et de l’ouest doivent entreprendre. L’occasion de s’acquitter de ce
travail leur a été donnée. Pourquoi ne l’ont-elles pas fait ? Cette
mission doit être remplie.
Ce travail aurait dû être entrepris. Ceux qui se sont engagés dans
l’œuvre médicale missionnaire ont accompli l’œuvre même que le
Seigneur aurait réalisée à leur place.
Que de choses restent encore à faire ! Et dire qu’un grand nombre
de croyants qui pourraient employer leurs talents ne font presque
rien dans ce domaine ! Ils ne pensent qu’à eux-mêmes. Mais le bras
de l’Eternel n’est pas raccourci, et s’ils veulent travailler aujourd’hui
dans sa vigne, il acceptera leurs services. - ,Manuscrit” 18, 1897.
Etre équilibré - L’œuvre médicale missionnaire doit être accom-
plie par l’église grâce à des efforts bien organisés. Elle est à la cause
de Dieu ce que le bras droit est au corps. Mais il ne faut pas qu’elle
[93] prenne une importance à laquelle elle n’a pas droit. Qu’on l’accom-
plisse sans négliger les autres branches de l’œuvre. — “Lettre” 139,
1898.
L’œuvre du bras droit — Le bras droit ouvre les portes par
lesquelles le corps doit passer. Il en est ainsi de l’œuvre médicale
missionnaire. Elle ouvre largement la voie pour la réception de la
vérité présente. Que serait un corps sans bras ? Si l’on honore le
corps, il faut aussi honorer les bras, dont l’importance est telle que
sans eux le corps serait incapable de rien faire. C’est pourquoi le
corps qui traite indifféremment le bras droit, refusant son aide, ne
saurait rien accomplir. — “Manuscrit” 55, 1901.
Une partie d’un grand tout — L’œuvre médicale missionnaire
aurait toujours dû exister dans l’œuvre de réforme. Mais elle ne doit
jamais être un moyen de détourner les prédicateurs de leur ministère.
Le Christ unit ces deux branches dans tous leurs travaux. L’œuvre
médicale missionnaire fait partie d’un grand tout, comme le bras fait
partie du corps. Mais le bras ne dira pas à la tête : je n’ai pas besoin
de toi. Le corps ne peut se passer de la tête ni des bras pour accomplir
une œuvre efficace, offensive. Le corps ne doit pas devenir le bras.
Chaque membre du corps a un travail déterminé. — “Manuscrit”
105, 1899.
Sur les pas de Jésus 91

La prière du missionnaire médical — Les pasteurs et les


professeurs doivent œuvrer intelligemment, chacun dans sa sphère,
et apprendre aux membres d’église à faire un travail missionnaire
médical. Lorsque ceux qui se disent disciples du Christ posséderont
le Sauveur dans leurs cœurs, ils feront ce qu’il a fait lui-même ; ils
ne pourront rester inactifs ; la besogne ne leur manquera pas. Et ce
qu’ils font sous les auspices de l’Eglise sera la meilleure façon de
communiquer la lumière.
Celui qui travaille selon le plan de Dieu prononcera cette prière
« Que l’on sache en ce jour, alors que j’accomplis mon œuvre en
faveur de l’humanité souffrante, qu’il y a un Dieu en Israël, et que
je suis ton serviteur. Que l’on voie que je travaille, non selon ma
propre impulsion ni ma propre sagesse, mais selon ta Parole. »
Lorsque l’homme adopte cette attitude, comprend qu’il opère
selon le plan de Dieu et que Dieu opère par lui, il possède la di-
vine puissance, qui ne connaît pas d’échec. Tout ce qui pourrait
s’y opposer ne compterait pas plus que la balle qu’emporte le vent.
— “Manuscrit” 115, 1899.
Ce sera la vie pour les églises — Je dirai à mes frères dans le
ministère Poursuivez cette œuvre avec tact et intelligence. Mettez
au travail les jeunes hommes et les jeunes femmes de vos églises.
Combinez l’œuvre médicale missionnaire avec la proclamation du
troisième message. Organisez-vous pour réveiller les églises du
sommeil de la mort dans lequel elles sont plongées depuis des années. [94]
Suscitez des ouvriers qui feront ressortir devant chaque famille et
chaque individu les principes de la réforme sanitaire en rapport avec
le message du troisième ange. Encouragez tout le monde à rendre
part à cette œuvre en faveur du prochain. Vous verrez bientôt que la
vie renaîtra dans les églises. “Lettre” 54, 1898.
[95] Chapitre 15—Le ministère médical dans les foyers

La porte d’entrée des foyers — L’œuvre médicale mission-


naire est l’œuvre qui fraie le chemin de l’Evangile, la porte d’entrée
qui permet à la vérité pour notre époque de pénétrer dans de nom-
breux foyers. Le peuple de Dieu doit comprendre de véritables
missionnaires médicaux, car il faut s’occuper à la fois de l’âme et
du corps. Que nos ouvriers fassent preuve du plus pur désintéres-
sement. Grâce à la connaissance et à l’expérience acquises par la
pratique, ils pourront donner des traitements aux malades. En se
rendant de maison en maison, ils trouveront accès à de nombreux
cœurs. Plusieurs seront ainsi gagnés qui, autrement, n’auraient ja-
mais entendu le message évangélique. — “Review and Herald”, 17
décembre 1914.
Le Christ nous guidera dans ce ministère — Si vous vivez en
communion avec le Christ, si vous vous chargez de son joug, vous
apprendrez chaque jour comment proclamer le message de paix et
de réconfort aux affligés, aux désappointés, aux cœurs brisés. Vous
pourrez parler aux découragés de la Parole de Dieu et intercéder
pour les malades. En priant, adressez-vous au Christ comme à un
ami. Ayez la dignité douce et aimable d’un enfant de Dieu. Il faut
que l’on s’en rende compte. “Testimonies”, VI, p.323, 324.
Le ministère chrétien du médecin et de l’infirmière —
Puissent tous les malades être traités par un médecin et une in-
firmière ayant la crainte de Dieu, qui les aideront à confier leurs
corps fatigués aux soins du grand Guérisseur, avec la foi qu’il les
rétablira.
Chaque croyant sincère s’incline devant Jésus comme étant le
vrai médecin des âmes. Lorsque le Sauveur se tient au chevet des
malades, beaucoup sont non seulement convertis mais guéris. Si,
grâce à un travail judicieux, le patient est amené à donner son cœur
à Jésus, soumettant ses pensées à la volonté de Dieu, une grande
victoire sera remportée. “Review and Herald”, 9 mai 1912.
[96] L’infirmière au foyer — Le Seigneur désire que des hommes
92
Le ministère médical dans les foyers 93

et des femmes consacrés exercent la vocation de gardes-malades.


... Il y a bien des moyens de se rendre utile dans ce travail. Au sein
des familles, ils peuvent chercher à éveiller un intérêt pour la vérité.
Un peu partout un grand nombre de gens n’assistent à aucun service
religieux. Si on veut qu’ils connaissent l’Evangile il faut le leur
porter chez eux. On ne peut souvent les atteindre qu’en adoucissant
leurs maux physiques. En soignant les malades et en soulageant la
misère des pauvres, les infirmières auront l’occasion de prier avec
eux, de leur lire des passages de la Parole de Dieu, de leur parler du
Sauveur. Elles pourront aussi intercéder pour les déshérités, pour
ceux qui n’ont pas la force de volonté de dominer leur appétit, - que
la passion a dégradés. Elles apporteront un rayon d’espérance dans
la vie de ceux qui ont perdu tout espoir. Un amour désintéressé,
manifesté par des actes de bonté, permet plus facilement de croire à
l’amour du Christ. - ,Ibid.”
Apprenez aux gens à se bien porter — L’œuvre missionnaire
médicale offre bien des occasions de se rendre utile. L’intempé-
rance dans la manière de se nourrir, l’ignorance des lois de la nature
causent de nombreuses maladies, privant ainsi le Seigneur de la
gloire qui lui revient. ... Dites aux gens qu’il vaut mieux savoir
conserver sa santé que de soigner une maladie. Il faut que nous
soyons de sages éducateurs, qui mettent en garde contre toute indul-
gence. Devant tous les maux physiques qui sont dus à l’ignorance,
comment ne pas faire notre part pour soulager celui qui souffre ?
— “Id.”, 6 juin 1912.
De simples principes que tous doivent connaître — Ceux qui
appartiennent au peuple de Dieu doivent être de véritables mission-
naires médicaux. Il faut qu’ils apprennent à soigner les maux de
l’âme et du corps. Qu’ils sachent comment donner de simples trai-
tements qui contribueront beaucoup à soulager la souffrance et à
guérir la maladie. Il est indispensable qu’ils soient familiers avec
les principes de la réforme sanitaire, afin de pouvoir montrer aux
autres comment, par de bonnes habitudes dans le manger, le boire
et le vêtement, on peut prévenir la maladie et recouvrer la santé.
Une démonstration de la valeur des principes de la réforme sani-
taire contribuera énormément à supprimer les préjugés à l’égard
de notre œuvre évangélique. Le grand Médecin, le promoteur de
l’œuvre médicale missionnaire, bénira tous ceux qui iront de l’avant,
94 Le Ministère de la bienfaisance

humblement et avec confiance, afin de répandre la vérité pour notre


époque. — “Id.”, 5 mai 1904.
Une réforme constante est essentielle — Une réforme
constante doit se poursuivre parmi le peuple, et, par notre exemple,
nous devons donner plus de poids à notre enseignement. La vraie
[97] religion et les lois de la santé vont de pair. Il est impossible de tra-
vailler au salut des hommes et des femmes sans leur présenter la
nécessité de rompre avec les excès qui ruinent la santé, souillent
l’âme et empêchent la vérité divine de faire impression sur l’esprit.
Hommes et femmes doivent apprendre à se corriger soigneusement
de leurs mauvaises habitudes et abandonner immédiatement tout ce
qui pourrait nuire à la santé de leurs corps et obscurcir leurs esprits.
— “Id.”, 12 novembre 1901.
Enseignez les principes d’une cuisine saine — Les avenues
de l’âme ayant été obstruées par le tyran que l’on nomme Préjugé,
beaucoup ignorent les principes d’une cuisine hygiénique. On rendra
à ces gens-là un excellent service en leur enseignant comment prépa-
rer des aliments sains. Cette branche de l’œuvre est aussi essentielle
que n’importe quelle autre. Il faut organiser davantage de cours de
cuisine, et aller de maison en maison donner des instructions sur
l’art de cuire de bons aliments. De très nombreuses personnes seront
ainsi délivrées de leur déchéance physique, mentale et morale par
l’influence de la réforme sanitaire. Ces principes seront les bienve-
nus pour ceux qui cherchent la lumière, et il leur sera plus facile de
comprendre la vérité pour notre temps.
Dieu désire que nous recevions pour donner. - Comme des té-
moins impartiaux, désintéressés, nous devons faire part aux autres
de ce que le Seigneur nous a accordé. En vous livrant à ce travail, et
par tous les moyens dont vous disposez, assurez-vous que vos efforts
tendent à dissiper les préjugés au lieu de les créer. Faites de la vie
du Christ votre étude constante. Travaillez comme il le fit, suivez
son exemple. “Id.”, 6 juin 1912.
Nous avons besoin de recevoir une véritable éducation dans l’art
culinaire. ... Organisez des cours, où vous pourrez enseigner com-
ment cuire du bon pain, et comment faire différentes combinaisons
de grains et de végétaux. - “Manuscrit” 150, 1905.
Suivez un cours qui recommande la réforme — Un certain
nombre de vues préconisées par les adventistes du 7e jour sont
Le ministère médical dans les foyers 95

diamétralement opposées à celles du monde. Ceux qui défendent


des vérités impopulaires et les croient supérieures à toutes les autres,
doivent chercher à être conséquents avec eux-mêmes. Leur but n’est
pas d’essayer de voir à quel point ils diffèrent d’autrui, mais de
savoir comment arriver à trouver ceux qu’ils veulent influencer, pour
les amener à pratiquer ce qu’ils pratiquent eux-mêmes. Un cours de
ce genre fera apprécier les vérités qu’ils défendent.
Ceux qui préconisent une réforme dans le régime doivent, par
ce qui paraît sur leurs tables, présenter sous leur meilleur jour les
avantages de l’hygiène, et mettre en évidence ses principes, de telle
façon que ceux-ci se recommandent au jugement d’un esprit candide.
...
Lorsque ceux qui se font les avocats de la réforme sanitaire [98]
tombent dans les extrêmes, il ne faut pas blâmer les gens qui s’en
écartent. C’est ainsi que nos idées religieuses sont discréditées et,
dans bien des cas, ceux qui nous observent ne peuvent jamais être
amenés à l’idée qu’il y ait quelque chose de bon dans la réforme.
Ces extrémistes font plus de mai en quelques mois qu’ils ne peuvent
en réparer pendant toute leur vie. Ils se sont engagés dans une œuvre
que Satan aime à les voir accomplir. ... Des idées étroites et poussées
à l’extrême ont fait un mal incalculable à la cause de l’hygiène.
— “Christian Temperance and Bible Hygiene”, p. 55-57.
Ne cherchez pas à imposer vos vues personnelles — Ceux qui
n’ont qu’une idée imparfaite des principes de la réforme sanitaire
sont souvent les plus tenaces, non seulement à maintenir leur point
de vue, mais à chercher à l’imposer à leur famille et à leurs amis.
Cette réforme tronquée a des effets désastreux sur leur santé ; leurs
efforts pour la faire adopter donnent à beaucoup une fausse idée de
la véritable et les amènent à la rejeter complètement.
Ceux qui ont vraiment compris les lois de la santé évitent les
extrêmes. Ils choisissent leurs aliments, non pour satisfaire leur
appétit, mais pour fortifier leur corps. Ils cherchent à maintenir toutes
leurs énergies dans le meilleur état possible, pour les mettre au
service de Dieu et de leurs semblables. Leur appétit est contrôlé par
la raison et conscience, et il en résulte la santé du corps et de l’âme.
Ils ne cherchent pas à imposer leurs convictions, mais leur exemple
n’en rend pas moins témoignage en faveur de leurs principes. Ils
exercent autour d’eux une heureuse influence.
96 Le Ministère de la bienfaisance

Montrons du bon sens dans la réforme sanitaire. Etudions à


fond ce sujet. Et d’abord, nul ne doit se permettre de critiquer ceux
dont la manière d’agir n’est pas en tous points en harmonie avec la
sienne. On ne saurait établir une règle invariable pour tout le monde,
et personne n’a le droit de se croire le critère auquel les autres
devraient se conformer. Tous ne peuvent manger les mêmes mets ;
des aliments sains et appétissants pour les uns seront désagréables
et même nuisibles pour les autres. D’aucuns ne peuvent supporter le
lait, alors qu’il réussit très bien à d’autres. Il en est qui ne digèrent
pas les petits pois et les haricots, tandis que d’autres s’en trouvent
très bien. Pour les uns, les préparations de céréales à l’état brut
sont excellentes, d’autres ne peuvent en faire usage. — “Rayons de
santé”, p. 106, 107.
Lumière pour le salut du monde — Ceux qui se mettent à en-
seigner doivent bien connaître la maladie et ses causes, comprendre
que chaque fonction du corps humain doit être en harmonie avec
les lois de la vie. Pour notre salut et celui du monde, le Seigneur
[99] m’a communiqué la lumière au sujet de la réforme sanitaire. Il faut
que les hommes et les femmes sachent ce que comprend la demeure
humaine, destinée par le Créateur à être le temple où il habite, et
dont il veut que nous prenions soin comme de fidèles économes.
« Nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit :
J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils
seront mon peuple. » “Review and Herald”, 12 novembre 1901.
Ranimez la confiance — Un grand nombre de personnes ne pos-
sèdent pas la foi en Dieu et ont perdu confiance dans les hommes,
mais elles apprécient des actes de sympathie et de générosité.
Lorsqu’elles voient quelqu’un venir chez elles, sans chercher des
louanges terrestres ou des compensations, pour donner des soins à
un malade, apporter de la nourriture ou des vêtements, consoler les
affligés, en attirant les regards sur celui dont il n’est que le messager,
alors leurs cœurs sont touchés. La gratitude engendre la foi. Elles
se rendent compte que Dieu s’occupe d’elles et elles sont prêtes à
écouter sa Parole. — “Id.”, 9 mai 1912.
Beaucoup sont sauvés de la déchéance - Il m’a été montré
que l’œuvre médicale missionnaire pourrait découvrir, dans la plus
profonde déchéance, des hommes qui étaient autrefois de brillants
esprits, richement doués, et les sortir de l’abîme du péché. Après
Le ministère médical dans les foyers 97

nous être occupés de leurs besoins physiques, il sera possible de


leur présenter la vérité telle qu’elle est en Jésus. Le Saint-Esprit
collaborera avec ceux qui relèvent ces malheureux, qui pourront
baser leur foi sur un fondement solide. Il ne s’agit pas d’apporter à
ces gens que Dieu aime et dont a il pitié, des doctrines étranges, mais
de les aider physiquement par des soins médicaux. Leurs énergies
spirituelles et mentales reprendront leurs activités, et ces pauvres
âmes seront, pour la plupart, sauvées dans le royaume des cieux.
Rien ne saurait mieux caractériser notre œuvre dans la présen-
tation de la vérité que de venir en aide aux gens où ils se trouvent,
Comme le fit le bon Samaritain. Une œuvre bien conduite pour
sauver de pauvres pécheurs ouvrira le chemin à la vérité. Un ordre
de choses différent doit être établi parmi nous, en tant que peuple.
Lorsqu’on en arrivera là, il régnera autour des ouvriers une atmo-
sphère tout autre, car le Saint-Esprit collaborera avec ceux qui sont
au service de Dieu ; ils seront une puissance pour le Seigneur, en
relevant, fortifiant et sauvant les âmes qui sont sur le point de périr.
— “Special Testimonies”, série A, no. 11, p. 32.
Zèle et persévérance indispensables — Que je serais heureuse
si je pouvais réveiller notre peuple pour qu’il s’engage dans l’œuvre
médicale missionnaire, avec un saint zèle et une divine persévérance,
non en quelques endroits seulement, mais partout. C’est là un véri- [100]
table travail missionnaire. En certains lieux il semble qu’il ait peu
de réussite ; mais le Seigneur finit par ouvrir la voie, et des succès
remarquables couronnent nos efforts. Les paroles prononcées sont
un clou enfoncé à la bonne place. Des anges collaborent avec des
instruments humains, et des pécheurs sont gagnés pour le Sauveur.
- ,Lettre” 13, 1903.
Dieu appelle des hommes et des femmes, pieux — Il nous
faut aujourd’hui des hommes et des femmes consacrés pour faire
un travail missionnaire médical. Qu’ils cultivent à l’extrême leurs
facultés physiques et mentales, ainsi que leur piété. Il faut faire
l’impossible pour trouver des ouvriers intelligents. La même grâce
que Jésus-Christ fit reposer sur Paul et Apollos, et qui les distin-
gua par leur spiritualité, doit reposer aujourd’hui sur de nombreux
missionnaires dévoués. “Special Testimonies Relating to Médical
Missionary Work”, p. 8.
98 Le Ministère de la bienfaisance

N’attendez pas — Aujourd’hui, nous avons besoin d’hommes


qui se vouent à ce travail. Vous ne pouvez consacrer des années
à vous préparer. Des portes qui sont ouvertes actuellement vont
bientôt se fermer pour toujours. Proclamez le message. N’attendez
pas que l’ennemi prenne possession des territoires où vous pouvez
pénétrer maintenant. Que de petits groupes accomplissent l’œuvre
assignée par le Christ à ses disciples. Qu’ils travaillent comme évan-
gélistes, répandant nos imprimés, parlant de la vérité à ceux qu’ils
rencontrent. Qu’ils prient pour les malades, s’efforçant de les soula-
ger, non par des médicaments, mais par des remèdes naturels. Qu’ils
leur enseignent comment recouvrer la santé et éviter la maladie.
“Témoignages”, vol. 111, p. 441.
Note Pour plus de détails concernant le ministère médical et la
présentation de notre message sur la santé, voir “Rayons de santé”,
“Medical Ministry”, “Counsels on Diet and Food”, et “Counsels on
Heàlth”.
Chapitre 16—Se préparer pour la crise et les [101]
désastres des derniers jours

Les événements des derniers jours nous poussent à nous pré-


parer — Nous vivons au temps de la fin. La succession rapide des
signes des temps proclame l’imminence de la venue du Seigneur.
Nous sommes àune époque importante et solennelle. L’Esprit de
Dieu se retire de la terre, progressivement mais sûrement. Déjà plaies
et jugements frappent les contempteurs de la grâce divine. Calamités
sur terre et sur mer, instabilité de l’état social, menaces de guerres,
autant de mauvais présages annoncent la proximité d’événements
d’une gravité inouïe.
Les forces du mal se coalisent et s’accroissent en vue de la
crise finale. De grands changements vont bientôt se produire dans le
monde, et les événements de la fin, se précipiter.
L’état actuel des choses montre que des temps troublés vont
fondre sur nous. Les journaux sont remplis d’allusions à un conflit
formidable devant se produire à brève échéance. Des cambriolages
audacieux arrivent fréquemment, les grèves sont communes, les vols
et les meurtres se multiplient. Des vies d’hommes, de femmes et
d’enfants sont supprimées par des individus soumis à des esprits
démoniaques. Le vice sévit et le mal prévaut sous toutes ses formes.
— “Témoignages”, vol. III, p. 335, 336.
Quelque chose de décisif va bientôt se produire — Notre
époque est du plus grand intérêt pour tous les vivants. Les gou-
verneurs et les hommes d’Etat, tous ceux qui occupent une position
de confiance, tous les hommes et toutes les femmes qui pensent, à
quelque classe qu’ils appartiennent, ne peuvent se désintéresser de
ce qui se passe autour d’eux. Ils suivent des yeux l’inquiétude des
nations et la pression qu’elles exercent l’une sur l’autre. Ils observent
la puissance qui s’empare de tous les éléments terrestres, et ils se
rendent compte que quelque chose de grand et de décisif se prépare,
que le monde est à la veille d’une crise épouvantable.
Les anges retiennent en ce moment les vents de la guerre, afin de [102]
99
100 Le Ministère de la bienfaisance

les empêcher de se déchaîner jusqu’à ce que le monde ait été averti


du sort qui le menace, mais une tempête extraordinaire va bientôt
se déchaîner sur la terre, et lorsque Dieu ordonnera à ses anges de
lâcher les vents, on assistera à des scènes de révolte indescriptibles.
— “Education”, p. 181, 182.
Le temps est proche où le monde connaîtra une douleur que
nul ne sera capable de soulager. L’Esprit de Dieu se retire de la
terre. Les cataclysmes se succèdent à une cadence accélérée. Que
de fois n’entendons-nous pas parler de tremblements de terre, de
cyclones, de ravages causés par des incendies et des inondations,
de lourdes pertes de vies humaines et de biens matériels ! A vues
humaines, ces calamités résulteraient des déchaînements capricieux
des forces de la nature, désorganisées et déréglées, échappant au
contrôle de l’homme. Mais ce sont des moyens employés par Dieu
pour chercher à éveiller chez tous le sentiment du danger qu’ils
courent. — “Prophètes et rois”, p. 211.
De grandes villes disparaîtront - Il y a longtemps que l’on
aurait dû s’occuper activement de gagner des âmes pour le Christ ;
‘cette œuvre reste en souffrance. Les habitants des villes corrompues
sur lesquels s’abattront bientôt des calamités ont été cruellement
négligés. Le temps est proche où de grandes agglomérations vont
être balayées, et tous doivent en être avertis. Mais qui se chargera de
cette œuvre qu’un fidèle service pour Dieu exige ? ...
Aujourd’hui, on n’a pas fait la millième partie du travail qui
aurait dû être accompli dans les villes, si hommes et femmes s’étaient
acquittés de leur devoir. “Manuscrit” 33, 1910.
Que le peuple de Dieu ne perde pas de vue la pensée que des mil-
liers de villes, plongées aujourd’hui dans l’idolâtrie, seront détruites
“Review and Herald”, 10 septembre 1903.
Désastres imminents — Récemment, une scène impression-
nante se déroula devant moi. je vis une immense boule de feu qui
tombait sur de belles maisons, les anéantissant instantanément. J’en-
tendis quelqu’un dire : « Nous savions que les jugements de Dieu
s’abattraient sur la terre, mais nous ignorions que ce serait si tôt. »
A quoi d’autres répondirent : « Vous le saviez ? Alors pourquoi ne
nous en avez-vous rien dit ? Nous, nous l’ignorions. » De tous côtés
j’entendais prononcer de telles paroles. ...
Se préparer pour la crise et les désastres des derniers jours 101

Des troubles graves se produiront bientôt parmi les nations,


troubles qui ne cesseront pas jusqu’à ce que le Christ revienne.
Comme jamais auparavant nous avons besoin de serrer nos rangs,
en servant celui qui a établi son trône dans les cieux et qui règne
suprêmement sur tous. Dieu n’a pas oublié son peuple, et nous serons
forts si nous ne l’oublions pas. Les jugements de Dieu s’exercent [103]
sur la terre. Les guerres et les bruits de guerres, les destructions
par le feu et les inondations nous disent clairement que le temps
de détresse, qui ne cessera de croître jusqu’à la fin, est proche, à la
porte. Nous n’avons pas de temps à perdre. Le monde est saturé par
l’esprit de la guerre. Les prophéties du chapitre 11 de Daniel sont
presque toutes arrivées à leur accomplissement final. —” Id. ”, 24
novembre 1904.
Terreur indescriptible — Vendredi dernier, juste avant de
m’éveiller, une scène très impressionnante se déroula devant moi. Il
me semblait sortir de mon sommeil, mais je n’étais pas chez moi. De
mes fenêtres je pouvais voir une terrible conflagration. De grandes
boules de feu tombaient sur les maisons, et de ces boules jaillissaient
des flammes dans toutes les directions. Impossible d’éteindre le feu
qui était allumé, et de nombreux endroits étaient détruits. La terreur
des gens était indescriptible. Puis je me réveillai et me rendis compte
que j’étais chez moi. ,Lettre” 278, 1906.
Se préparer tandis qu’il en est temps — Lorsque les libertés
de notre nation seront en péril, ceux qui combattent pour la liberté
de conscience se trouveront dans une situation défavorable. Pour
leur propre sécurité, alors qu’ils en ont l’occasion, ils devraient être
intelligents en ce qui concerne la maladie, ses causes, ses mesures
préventives, et sa guérison. Ceux qui s’engageront dans cette voie
trouveront partout un champ de travail. Ils auront partout des souf-
frances à soulager, des secours à donner, non seulement parmi ceux
de notre foi, mais surtout parmi ceux qui ne connaissent pas la vérité.
— “Ministry Missionary”, novembre, décembre 1892.
Prêt à fournir une assistance immédiate — Nous connaîtrons
des familles qui sont dans la pauvreté et dans la détresse, et il faudra
soulager les affligés et ceux qui souffrent. Nous n’avons qu’une
faible idée des souffrances humaines qui existent partout autour de
nous, mais lorsque nous en avons l’occasion nous devons être prêts
102 Le Ministère de la bienfaisance

à fournir une assistance immédiate à tous ceux qui passent par des
moments difficiles. — “Manuscrit” 25, 1894.1
La main secourable du Seigneur dans le soulagement de la
souffrance — L’œuvre de la réforme sanitaire est le moyen dont
Dieu se sert pour diminuer la souffrance dans le monde, et pour
purifier son Eglise. Montrez à chacun qu’il peut devenir l’auxiliaire
du Seigneur en collaborant avec lui en vue de restaurer la santé
physique et spirituelle. “Témoignages”, vol. A, p. 252.
[104] Chaque membre d’église doit s’engager dans l’œuvre mis-
sionnaire médicale — Nous vivons à une époque où chaque ad-
ventiste devrait faire un travail missionnaire médical. Le monde
est un vaste hôpital, rempli des victimes de maladies physiques et
spirituelles. Partout des gens se meurent parce qu’ils ne connaissent
pas les vérités qui nous ont été confiées. Aussi les membres d’église
doivent-ils se réveiller et comprendre qu’ils ont la responsabilité de
répandre ces vérités. - ,Id.”, vol. 111, p. 116.
Une porte ouverte dans les grandes villes — En bien des en-
droits des âmes n’ont pas encore entendu parler du message. Il faut
donc poursuivre l’œuvre missionnaire médicale avec plus de zèle
que jamais, car elle est la porte par laquelle la vérité pénétrera dans
les grands centres. — “Id.”, p. 436.
Il faut que des ouvriers bien formés se rendent dans toutes les
villes pour v accomplir un travail missionnaire médical. — “Testi-
monies”, vol. VII, p. 59
Dans chaque ville, qu’une équipe d’ouvriers organisés, bien
disciplinés, composée non seulement d’un ou deux, mais d’un certain
nombre, se mettent à l’œuvre. — “Lettre” 34, 1892.
Chaque église doit y prendre part — L’œuvre médicale mis-
sionnaire doit avoir des représentants partout où une église est orga-
nisée. “Manuscrit” 88, 1902.
Dans chaque ville où nous avons une église, il doit y avoir un en-
droit où des traitements peuvent être donnés. Mais peu de membres
possèdent des maisons offrant des facilités pour soigner les malades.
C’est pourquoi il faut trouver un édifice à cet effet. Celui-ci, même
s’il n’est pas élégant, devrait posséder les commodités nécessaires
pour que l’on puisse y donner de simples traitements. » - “Testimo-
nies”, vol., VI, p.113.
Se préparer pour la crise et les désastres des derniers jours 103

L’œuvre médicale missionnaire devrait faire partie des activités


de chaque église. Conduite indépendamment, elle serait bientôt
un étrange amalgame d’atomes désorganisés, qui consommerait
mais ne produirait pas. Au lieu d’agir comme la main de Dieu
pour diffuser la vérité, elle saperait la vie et la force de l’Eglise et
affaiblirait le message. Non seulement elle absorberait nos moyens
et nos talents qui sont nécessaires ailleurs, mais dans l’œuvre même
qui consiste à venir en aide aux déshérités, en dehors de la Parole,
elle amènerait les hommes à tourner en dérision les vérités bibliques.
— “Témoignages”, vol. 11, p. 615.
Le ministère médical missionnaire dans la crise finale —
Mon cœur est attristé lorsque je vois nos églises qui devraient être de
cœur et d’âme engagées dans l’œuvre médicale missionnaire. ... Je
désire vous dire que bientôt on ne pourra plus rien faire dans notre
œuvre si ce n’est
le travail médical missionnaire. L’œuvre d’un pasteur est de [105]
remplir son ministère. Nos prédicateurs doivent travailler selon le
plan évangélique.
Vous n’exercerez jamais un ministère selon l’ordre évangélique
si vous ne manifestez pas de l’intérêt pour l’œuvre médicale mis-
sionnaire, l’Evangile de la guérison, qui bénit et fortifie. Montons
au secours de l’Eternel, au secours de l’Eternel contre la puissance
des ténèbres afin qu’on ne dise pas à notre sujet : « Maudissez
Méroz. ... Maudissez ses habitants, car ils ne vinrent pas au secours
de l’Eternel. » juges 5 23. “General Conférence Bulletin”.
104 Le Ministère de la bienfaisance
Section 6—Le mouvement Dorcas dans [106]
l’Eglise [107]

[108]
Il y avait à Joppé une femme nommée Dorcas, dont les doigts
étaient plus habiles que la langue. Elle connaissait ceux qui avaient
besoin de vêtements chauds et ceux qui avaient besoin de
sympathie ; elle s’occupait activement des uns et des autres. Quand
elle mourut, l’église de Joppé se rendit compte de la grande perte
qu’elle venait de subir. Il n’est pas étonnant qu’il y ait eu à cette
occasion des pleurs et des lamentations. Elle jouait un tel rôle dans
l’église qu’elle lut ramenée du pays de l’ennemi par la puissance
divine, afin de pouvoir encore employer ses capacités et son énergie
pour faire du bien autour d’elle.

Il est rare de voir une telle piété et une telle persévérance. Mais
l’Eglise ne saurait prospérer sans elles. Elles lui sont nécessaires
ainsi qu’à l’Ecole du Sabbat et à la société. Beaucoup manifestent,
dans leurs rapports avec les autres membres d’église, leurs traits de
caractère naturels, et lorsque survient une crise exigeant des esprits
bien trempés, ils s’abandonnent au découragement et rendent
l’Eglise responsable, sans s’apercevoir qu’ils sont dans l’erreur. La
Cause n’a pas besoin de telles personnes, car elles ne sont pas
dignes de confiance. Ce qu’il faut, ce sont des ouvriers
inébranlables, craignant Dieu, qui ne se découragent pas aux jours
de l’adversité. “Testimonies”, vol. V, p. 304.
[109] Chapitre 17—Une œuvre pour les femmes

Il y avait à Joppé, parmi les disciples, une


femme nommée Tabitha, ce qui signifie
Dorcas ; elle faisait beaucoup de bonnes
œuvres et d’aumônes. Actes 9 :36.

L’œuvre de Dorcas aujourd’hui — Beaucoup plus de femmes


devraient s’occuper des souffrances de l’humanité, soulager les mal-
heureux, leur apprendre à croire - tout simplement - à Jésus-Christ
notre Sauveur. Lorsque ces âmes s’abandonneront entièrement au
Seigneur, elles comprendront la doctrine. ...
Je suis peinée de savoir qu’en Amérique nos sœurs ne font pas le
travail qu’elles pourraient accomplir pour le Seigneur Jésus. Si elles
demeuraient en Christ, elles recevraient le courage, la force et la foi
nécessaires. Beaucoup de femmes aiment à bavarder. Pourquoi ne
parlent-elles du Christ aux âmes qui se perdent ? Plus nous vivrons
près du Sauveur, mieux nous connaîtrons la misère de ceux qui
vivent loin de Dieu et déshonorent sans s’en rendre compte Jésus
qui les a rachetés à un prix infini.
Lorsque les femmes croyantes sentiront le fardeau des âmes et
celui de leurs péchés, elles travailleront comme le Christ a travaillé.
Elles considéreront qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour gagner
des âmes au Sauveur. Tous ceux qui possèdent cet amour pour les
âmes sont nés de Dieu ; ils sont prêts à suivre l’empreinte de ses pas
; leurs paroles et leur voix seront des talents employés au service du
Maître. ...
Dans ce travail on s’instruit sans cesse. On découvre ses fai-
blesses et son inefficacité. On amène les âmes au Seigneur par la
prière, et le Sauveur intervient par son Esprit pour qu’elles com-
prennent que c’est lui qui amollit et brise les cœurs endurcis. —
“Lettre” 133, 1898.

106
Une œuvre pour les femmes 107

La valeur de l’organisation - L’œuvre que vous * accomplissez


en aidant nos sœurs à comprendre leur responsabilité individuelle
envers Dieu est excellente et nécessaire. Elle a été longtemps né- [110]
gligée. Mais lorsqu’elle est simplement et clairement définie, on
peut s’attendre à ce que les devoirs du foyer, au lieu d’être négligés,
soient accomplis d’une façon beaucoup plus intelligente. Le Sei-
gneur n’obligera jamais celui qui ne le désire pas à comprendre la
valeur d’une âme.
Si l’on organise des groupes et si on leur apprend à travailler
intelligemment, nos églises posséderont une vitalité dont elles ont
besoin depuis longtemps. La valeur de l’âme que le Christ a rachetée
sera appréciée. Généralement, nos sœurs ont des difficultés parce
que leur famille s’accroît et leurs épreuves sont incomprises. Depuis
longtemps je désire que des femmes soient formées pour aider nos
sœurs à triompher de leur découragement et à sentir qu’elles peuvent
faire une œuvre pour le Seigneur. Cela illuminera leur vie et celle
des autres. Dieu vous bénira, ainsi que tous ceux qui s’unissent à
vous dans cette grande tâche. — “Lettre” 54, 1899.
Le Seigneur a une œuvre pour les femmes — Le Seigneur a
une œuvre pour les femmes aussi bien que pour les hommes. Elles
ont un rôle à jouer à notre époque de crise. Si elles comprennent
leurs devoirs, et opèrent sous l’influence du Saint-Esprit, elles possé-
deront les qualités requises pour notre époque. Le Sauveur réfléchira
sur elle la lumière de sa face, et il leur donnera une puissance qui
dépassera celle des hommes. Elles accompliront dans les familles
une œuvre que les hommes ne sauraient faire, une œuvre qui atteint
les profondeurs de la vie intérieure. Elles arriveront à s’approcher
des cœurs que les hommes ne peuvent atteindre. Leurs travaux sont
nécessaires. — “Review and Herald”, 26 août 1902.
Les femmes ont une haute destinée — Mes sœurs, si nous
le voulons, nous pouvons faire une belle œuvre pour le Seigneur.
La femme ne connaît pas sa puissance. Dieu ne désire pas qu’elle
emploie toutes ses facultés à se poser des questions de ce genre :
« Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? De quoi serons-nous
vêtus ? » Il y a un but plus élevé pour la femme, une destinée plus
noble. Elle doit développer ses facultés pour que Dieu l’emploie à
*. Adresse a une femme de grande experience qui s’etait jointe a l’Eglise adventiste.
108 Le Ministère de la bienfaisance

sauver des âmes de la ruine éternelle. — “Témoignages”, vol. 1, p.


691.
On peut affirmer sans se tromper que la dignité et l’importance
de la mission de la femme et ses devoirs particuliers ont un caractère
plus sacré que les devoirs de l’homme. ... Que la femme comprenne
la sainteté de son œuvre, et qu’elle l’accomplisse dans la crainte de
Dieu et par sa force. — “Testimonies”, vol. III, p. 565.
Si nous pouvions faire comprendre à nos sœurs le bien qu’elles
pourraient accomplir par le Seigneur Jésus-Christ, nous verrions une
grande œuvre s’effectuer. - ,Lettre” 119, 1898.
[111] Les femmes appelées à être des messagères de miséricorde
— Ce qu’il nous faut ce sont des femmes consacrées qui, comme
messagères de miséricorde, visiteront les mères et les enfants dans
leurs ers, et les aideront dans leurs devoirs quotidiens, si c’est néces-
saire, avant de leur parler de la vérité pour notre époque. Vous verrez
que par cette méthode vous gagnerez des âmes comme résultat de
vos efforts. “Review and Herald”, 12 juin 1906.
Pourquoi rester oisifs ? — Le maître de la vigne dit à de nom-
breuses femmes qui ne font rien : « Pourquoi vous tenez-vous ici
toute la journée sans rien faire ? » Elles peuvent être des instruments
de justice, rendre de saints services. C’est Marie qui la première
prêcha Jésus ressuscité. L’influence bénie des femmes chrétiennes
est nécessaire dans la grande œuvre de la prédication de la vérité.
S’il y avait vingt femmes faisant du salut des âmes leur œuvre pré-
férée là où il n’y en a qu’une maintenant, nous verrions bien plus
de conversions à la vérité. Un zèle constant dans la cause de Dieu
donnerait un plein succès, et étonnerait par ses résultats. C’est avec
patience et persévérance que l’œuvre doit être accomplie ; c’est
ainsi que se manifeste la piété réelle. Dieu veut des actes et non des
paroles seulement.
L’œuvre de Dieu est digne de nos meilleurs efforts.
Nos intérêts nous absorbent souvent au point que nous ne pen-
sons pas aux besoins de l’humanité. Nous ne manifestons aucune
sympathie, aucune bienveillance à l’égard des nécessiteux, des op-
primés, de ceux qui souffrent. - ,Signs of the Times”, 10 septembre
1886.
L’œuvre qui doit être accomplie — L’inaction et une oisiveté
raffinée affaiblissent les forces vives des jeunes femmes. Il en est
Une œuvre pour les femmes 109

qui passent des heures précieuses au lit, ce qui ne leur donne aucune
force et ne leur permet pas de soulager les autres de leurs fardeaux.
Il en résulte pour elles de la débilité et de mauvaises habitudes. Ces
heures passées au lit ne seront jamais retrouvées. Le péché du temps
ainsi perdu est inscrit sur les registres du ciel.
Il y a beaucoup à faire dans le monde affairé qu’est le nôtre. Il ne
manque pas de personnes dans la grande famille de Dieu qui ont be-
soin de sympathie et d’aide. Si notre travail nous le permet, visitons
les malades, les pauvres qui doivent être secourus et encouragés.
— “The Health Reformer”, juin 1873.
Une place unique pour les femmes dans l’œuvre de Dieu —
Il y a un vaste champ où nos sœurs peuvent rendre de grands services
pour le Maître dans différentes branches de l’œuvre de Dieu. Par
leur travail missionnaire elles atteindront une classe de la société où
nos pasteurs ne peuvent rien faire. ... Il y a une œuvre, négligée ou
accomplice imparfaite- ment, que pourraient faire nos sœurs. Il existe [112]
tant de sortes de travaux trop fatigants pour des femmes et que nos
frères sont appelés à accomplir, que plusieurs branches du travail
missionnaire sont négligées. Certaines choses, dans nos églises,
peuvent être faites par des femmes, si celles-ci sont convenablement
instruites. Nos sœurs peuvent remplir des postes de secrétaires, ou se
livrer à d’autres occupations négligées. Il y a bien d’autres emplois
encore dans la cause de Dieu pour lesquels nos sœurs sont mieux
qualifiées que nos frères. — “Review and Herald”, 19 décembre
1878.
Correspondance missionnaire — Les femmes peuvent accom-
plir un excellent travail missionnaire en écrivant à leurs amis, et
en cherchant a connaître leurs véritables sentiments pour la cause
de Dieu. On arrive à savoir bien des choses par ce moyen. On ne
cherchera pas à s’exalter soi-même, mais à présenter la vérité dans
sa simplicité partout où l’occasion se présente. — “Signs of the
Times”, 16 septembre 1886.
Dieu réclame notre temps et notre argent — Il ne nous est
pas permis, mes chères sœurs, de gaspiller notre temps, et de donner
le mauvais exemple à cet égard. ... Nous avons des obligations
religieuses dont nous devons nous acquitter. Si nous les négligeons,
et si nous passons notre temps à des choses inutiles, nous rapetissons
notre intelligence et nous nous privons des affections du Seigneur.
110 Le Ministère de la bienfaisance

L’auteur de notre existence a des droits sur notre temps et sur nos
biens. Il existe tout autour de nous des pauvres que notre argent peut
soulager, et auxquels de bonnes paroles feront du bien. Le Christ
s’identifie lui-même avec l’humanité souffrante. Si vous négligez
de visiter la veuve et l’orphelin qui passent par la fournaise de
l’affliction et qui souffrent de privations, vous n’avez pas compris
que le Christ enregistrera dans les livres du ciel votre conduite à
leur égard comme si vous l’aviez lui-même négligé. — “The Health
Reformer”, juin 1873.
S’engager personnellement dans l’évangélisation — L’œuvre
de nos sœurs qui se sont données au Seigneur pour travailler en fa-
veur des pécheurs doit nécessairement comporter un travail person-
nel d’évangélisation. Celles qui s’engagent dans cette voie portent
l’Evangile dans les foyers des grands centres aussi bien que dans
les endroits reculés et perdus. Elles lisent et expliquent la Parole de
Dieu aux familles, elles prient avec elles, prennent soin des malades
et viennent en aide à ceux qui sont dans le besoin. “Témoignages”,
vol. 11, p, 472.
Chapitre 18—Qualifications des femmes pour le [113]
service

Les femmes appelées au service — Dieu demande des ou-


vrières sincères, empressées, au cœur tendre et dévoué, et qui soient
fidèles aux principes reçus. Il demande des femmes persévérantes,
animées d’un esprit d’abnégation et disposées à renoncer à leurs
aises, des femmes qui concentrent toutes leurs aptitudes et toutes
leurs possibilités sur le Christ. ... Nos sœurs ne veulent-elles pas se
lever pour faire face aux besoins urgents de l’heure ? Ne veulent-
elles pas travailler pour le Maître ? — “Témoignages”, vol. II, p.
472, 473.
A l’école du Christ — Le Seigneur a une œuvre pour les
femmes comme pour les hommes. Elles peuvent accomplir un bon
travail pour Dieu si elles apprennent à l’école du Christ les leçons
précieuses de la douceur. Elles doivent non seulement se réclamer
du nom du Sauveur, mais posséder son Esprit, marcher comme il
a marché lui-même, et purifier leur âme de toutes souillures. Elles
pourront alors faire du bien en parlant de la puissance de Jésus.
— “Manuscrit” 119, 1907.
Fermeté dans les principes et caractère résolu — Il nous faut
des femmes fermes sur les principes et au caractère résolu, des
femmes qui croient que nous sommes dans les derniers temps et se
conduisent en conséquence, persuadées que nous avons à proclamer
au monde un message solennel d’avertissement, ayant le sentiment
qu’elles sont engagées dans une œuvre importante, celle qui consiste
à répandre les rayons de lumière que le ciel a déversés sur elles.
Lorsque l’amour de Dieu et de sa vérité sera pour elles un principe
intangible, elles ne se laisseront ni détourner du devoir ni décou-
rager dans leur tâche. Elles posséderont la crainte de Dieu dans
leurs cœurs, et la tentation de situations lucratives ou de perspec-
tives attrayantes n’arrivera pas à les distraire de leurs travaux. Elles
conserveront leur intégrité quel qu’en soit le prix. Elles représen-
teront dignement la religion du Christ, et leurs paroles semblables
111
112 Le Ministère de la bienfaisance

à « des pommes d’or sur des ciselures d’argent » seront pleines


d’à-propos. De telles personnes feront de bien des manières une
[114] œuvre précieuse pour le Seigneur, qui les a appelés dans le grand
champ de la moisson pour y rassembler des gerbes. — “Signs of the
Times”, 16 septembre 1886.
Tact, sensibilité, habileté — Il y a un vaste champ où les
femmes peuvent accomplir un excellent travail pour le Maître. Dans
le passé on a vu de nobles femmes manifester un courage moral
tel qu’elles ont fait pencher la balance en faveur de la vérité. En
faisant preuve de tact, de sensibilité et d’habileté, elles ont permis
aux ouvriers du Seigneur d’obtenir un plein succès dans leur œuvre.
— “Ibid.”
Les qualités de Marthe et de Marie combinées — Toutes
celles qui travaillent pour Dieu doivent posséder à la fois les qualités
de Marthe et de Marie : un esprit de service et un profond amour de
la vérité. L’égoïsme doit disparaître. — “Témoignages”, vol. II p.
472.
Il faut des femmes converties — On a besoin de femmes non
pas infatuées d’elles-mêmes, mais aimables et humbles de cœur, qui
travailleront avec la douceur du Christ partout où il y a quelque chose
à faire pour le salut des âmes. Tous ceux qui sont participants de la
nature divine doivent avoir à cœur de faire part, à ceux qui n’ont pas
le même privilège qu’eux, de la vérité qui leur est précieuse. Ils ne
désireront pas seulement qu’ils en bénéficient, mais veilleront à ce
qu’ils la possèdent et feront tout dans ce sens.
Ceux qui deviennent ouvriers avec Dieu croîtront en puissance
morale et spirituelle, alors que ceux qui gaspillent leur temps et leurs
énergies à s’occuper d’eux-mêmes s’étioleront, se dessécheront, et
finiront par mourir. — “Signs of the Times”, 16 septembre 1886.
Développement des talents — Nos sœurs ... ne manquent pas
de capacités, et si elles voulaient faire un bon usage des talents
qu’elles possèdent déjà, leur efficacité serait beaucoup plus grande.
— “Testimonies”, vol. IV, p. 629, 630.
Courage et assurance. — Beaucoup de foyers sont très mal-
heureux à cause des plaintes inutiles de la maîtresse de maison, qui
considère avec dégoût les tâches de la vie domestique. Elles trouvent
éprouvants les soins et les devoirs qui leur incombent, et qui pour-
raient être non seulement plaisants, mais intéressants et profitables.
Qualifications des femmes pour le service 113

Elles se considèrent avec répugnance comme des esclaves et des


martyres.
A vrai dire, les choses ne sont pas toujours faciles. Il faut appor-
ter aux devoirs domestiques de la patience et de la force de caractère.
Mais si les mères ne sont pas responsables des circonstances sur
lesquelles elles n’ont pas de contrôle, on ne peut nier que ces cir-
constances agissent différemment dans la vie quotidienne des unes
et des autres. Elles ont tort lorsqu’elles permettent aux circonstances [115]
de renverser les principes, lorsqu’elles se lassent et ne restent pas
fidèles à leur tâche en négligeant leurs devoirs.
L’épouse, et la mère, qui, noblement, fait face aux difficultés
sous lesquelles d’autres succombent par manque de patience et de
courage, non seulement devient elle-même plus forte en accomplis-
sant son devoir mais en triomphant des obstacles elle se fortifie pour
accomplir un travail efficace en faveur d’autrui, tant par ses paroles
que par son exemple. Beaucoup de femmes, qui se conduiraient
bien dans des circonstances favorables, se laissent influencer par
l’adversité et par l’épreuve ; leur déficience est en proportion de
leurs difficultés. Mais le Seigneur n’a jamais voulu que l’on soit le
jouet des circonstances. — “The Health Reformer”, août 1877.
Les éléments d’un caractère chrétien — Mères, vous formez
un caractère. Votre Rédempteur compatissant veille sur vous avec
amour et sympathie ; il est prêt à entendre vos prières, et à vous
assister dans vos besoins journaliers. L’amour, la joie, la paix, la
longanimité, l’amabilité, la foi et la charité, voilà les éléments du
caractère chrétien. Ces grâces précieuses sont les fruits de l’Esprit
; elles sont la couronne et le bouclier du chrétien. Les aspirations
les plus élevées ne sauraient aller plus loin. Rien ne peut donner
plus de satisfaction. Ces objectifs célestes ne dépendent pas des
circonstances, ni de la volonté ou du jugement imparfait de l’homme.
Le Sauveur, qui connaît nos cœurs et les faiblesses de notre nature,
a pitié de nous ; il oublie nos erreurs et répand sur nous les grâces
que nous désirons sincèrement. — “Ibid.”
Une noble dame — Vous faites des erreurs ? Pourquoi vous
décourager ? Le Seigneur permet que vous fassiez de petites erreurs
pour vous en épargner de plus grandes. Allez à Jésus, demandez-lui
de vous pardonner, et croyez qu’il l’a fait. « Si nous confessons nos
114 Le Ministère de la bienfaisance

péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et nous purifier
de toute iniquité. ”
Lorsqu’on vous adresse des paroles décourageantes, ne répondez
pas méchamment, mais aimablement. Dites-vous à vous-même :
« je ne décevrai pas mon Sauveur. » La femme chrétienne est une
noble dame. La loi de la bonté gouverne ses lèvres, Elle ne parle
pas hâtivement. Prononcer des mots aimables lorsqu’on est irrité,
apporte un peu de soleil dans votre cœur, rend votre sentier plus
doux. Une écolière à qui l’on demandait une définition de la douceur
répondit : « Les gens doux sont ceux qui répondent avec douceur
quand on leur dit des choses désagréables. » Le Christ a dit : «
Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre. » Ce sont des
sujets du royaume des cieux ils se laissent enseigner. “Review and
Herald”, 7 avril 1904.
[116] Grâce et dignité — Ne considérez pas la vie comme si elle était
un roman, mais comme une réalité. Accomplissez vos devoirs les
plus insignifiants dans la crainte et l’amour de Dieu, avec fidélité
et avec joie. Le Seigneur déclare : « Celui qui est fidèle dans les
moindres choses l’est aussi dans les grandes. »
Etudiez la vie que vécut le Christ alors qu’il était ici-bas. Il ne
négligea pas les devoirs les plus simples. La perfection marqua
tout ce qu’il fit. Regardez à lui pour trouver du secours, et vous
serez capables d’accomplir vos devoirs quotidiens avec grâce et
dignité. — “Ibid”. (Conseils donnés à : « Mes sœurs tentées par le
découragement ».)
Fidèles dans les petites choses — Mes frères et sœurs, ne né-
gligez pas les petites choses pour ne vouloir vous occuper que des
grandes. Vous pouvez réussir dans les petites mais échouer dans les
grandes, et sombrer dans le découragement. Faites le travail qui se
présente à vous. C’est en accomplissant ce qui est à la portée de
votre main que vous développerez vos talents et vos aptitudes en
vue d’un plus grand travail. C’est en négligeant les petites choses
que tant de gens deviennent stériles et s’atrophient. — “Id.”, 26 août
1902.
Attentifs aux petites choses — Nous insistons beaucoup sur
la grandeur de la vie du Christ. Nous parlons des grandes choses
qu’il a accomplies, des miracles qu’il a faits, des paroles qu’il a
prononcées pour apaiser la tempête, des guérisons qu’il a opérées en
Qualifications des femmes pour le service 115

faveur des aveugles et des sourds, des morts qu’il a ramenés à la vie.
Mais l’attention qu’il a accordée aux petites choses est une preuve
plus forte encore de sa grandeur. Ecoutez-le s’adressant à Marthe
lorsque celle-ci lui demande de dire à sa sœur de l’aider à le servir.
Il lui conseille de ne pas permettre aux soins du ménage de troubler
la paix de son âme. « Marthe, Marthe, lui dit-il, tu t’inquiètes et tu
t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire.
Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. » - “Id.”, 7
avril 1904.
Economie ; ramassez les morceaux — « Ramassez les mor-
ceaux qui restent, afin que rien ne se perde. » Celui qui disposait de
toutes les ressources de l’univers nous donne là une leçon. Il faut que
rien ne se perde. Celui qui a en abondance ne doit pas gaspiller. Ne
perdons rien de ce qui pourrait soulager une personne. Ramassez les
morceaux, car quelqu’un en a besoin. Il y a là des leçons touchant les
bénédictions spirituelles qui doivent être sérieusement considérées.
— “Manuscrit” 60, 1897.
Le pouvoir de la politesse — Toutes les femmes doivent culti-
ver un esprit bien équilibré et un caractère pur, réfléchissant seule-
ment ce qui est vrai, bon et beau. Celle qui est femme et mère peut [117]
s’attacher son mari et ses enfants par un amour constant, par des
paroles aimables et un comportement courtois. La politesse est une
chose rare, mais elle possède le pouvoir d’adoucir les natures qui
seraient rudes sans elle. La politesse chrétienne doit régner dans
chaque foyer. Cultiver une courtoisie constante, faire aux autres ce
que l’on voudrait qu’lils nous fassent, voilà ce qui supprimera la
moitié des difficultés de la vie. — “Signs of the Times”, 15 août
1906.
Ayez l’assurance de travailler pour Jésus — Nos sœurs ne
sauraient avoir des excuses en ne prenant aucune part à l’œuvre de
Dieu. Tous ceux qui ont goûté les puissances du monde à venir ont
une œuvre à accomplir dans la vigne du Seigneur. Nos sœurs passent
souvent leur temps à faire de petits ouvrages pour embellir leur
intérieur ou pour offrir à des amis. Ce genre d’occupation peut être
apprécié, mais Jésus le considère-t-il comme un sacrifice vivant pour
lui-même ? Dira-t-il à leurs auteurs : « Je connais tes œuvres, ton
travail, ta persévérance ”, « Tu as de la persévérance, tu as souffert à
cause de mon nom, et tu ne t’es point lassé » ?
116 Le Ministère de la bienfaisance

Que nos sœurs se demandent : Comment, au jour du jugement,


pourrons-nous rencontrer les personnes avec, lesquelles nous avons
été en contact ou que nous aurions pu fréquenter ? Avons-nous
considéré leurs cas particuliers ? Avons-nous connu suffisamment
notre Bible pour pouvoir la leur expliquer ? ...
Est-ce là l’œuvre que le Seigneur vous a assignée : reproduire
des modèles de broderies ou les points difficiles de tels ouvrages
dans le but d’imiter ce que d’autres ont fait ou pour montrer ce
que vous-mêmes pouvez faire ? Est-ce cela qui doit absorber votre
temps et vos talents de telle façon que vous n’ayez plus ni goût ni
aptitude pour le travail missionnaire ? Tous ces ouvrages ne sont
que foin, bois ou chaume, que le feu des derniers jours dévorera.
Mais où sont vos offrandes pour le Seigneur ? Où est votre patient
labeur, votre zèle ardent qui vous met en communion avec le Christ,
en portant son joug, ses fardeaux ? Où sont l’or, l’argent et les
pierres précieuses que vous avez posés sur le solide fondement, que
le feu ne consumera pas, parce que ces matières sont impérissables
? — “Review and Herald”, 31 mai 1887.
Jésus connaît les fardeaux des femmes — Celui qui rendit à la
veuve son fils unique, quand on le conduisait au cimetière, est touché
aujourd’hui encore par le deuil des mères. Celui qui rendit à Marie
et à Marthe leur frère enseveli, qui versa des larmes de sympathie
sur le tombeau de Lazare, qui pardonna à Marie-Madeleine, qui se
souvint de sa mère alors qu’il agonisait sur la croix, qui apparut aux
[118] femmes éplorées après sa résurrection et en fit des messagères pour
prêcher un Sauveur ressuscité, en disant à Marie : « Va trouver mes
frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers
mon Dieu et votre Dieu ”, est le meilleur ami de la femme, et est
prêt à l’aider dans ses problèmes, si elle veut bien se confier en lui
“The Health Reformer”, août 1877.
Chapitre 19—Influence de la femme chrétienne [119]

La mission admirable de la femme — Les Adventistes du 7e


jour ne doivent en aucun cas sous-estimer le travail des femmes.
“Ministère évangélique”, p. 442.
La mission des femmes et des mères de famille, ainsi que celle
des plus jeunes, est admirable. Si elles le veulent, elles exerceront
autour d’elles une grande influence pour le bien. Par la modestie dans
leurs vêtements et par leur comportement, elles rendront témoignage
à la vérité dans sa simplicité. Elles feront briller leur lumière pour
que d’autres voient leurs bonnes œuvres et glorifient leur Père qui est
dans les cieux. Une femme vraiment convertie pourra faire beaucoup
de bien. Elle secondera son mari dans son travail, et sera pour lui un
sujet d’encouragement et de bénédiction. Lorsque la volonté et le
vouloir sont soumis à l’Esprit de Dieu, il n’y a pas de limite au bien
qui peut être accompli. - ,Manuscrit” 91, 1908.
Faire sa part dans l’achèvement de l’œuvre de Dieu — Nos
sœurs qu’elles soient jeunes, plus âgées ou avancées en âge, peuvent
participer à l’achèvement de l’œuvre de Dieu pour notre époque.
Elles feront ainsi une expérience d’une très grande valeur pour
elles-mêmes. Si elles mettent de côté le moi, elles croîtront dans la
grâce. En dirigeant leur esprit dans cette direction, elles apprendront
comment porter des fardeaux pour Jésus. — “Review and Herald”,
2 juin 1879.
Servir avec fidélité et discernement — A notre époque, les
talents de chaque ouvrier doivent être considérés comme sacrés pour
la proclamation de l’œuvre de la réforme. Le Seigneur m’a fait
savoir que nos sœurs ayant reçu une certaine formation qui les a
qualifiées pour occuper un poste de confiance doivent s’en acquitter
avec fidélité et discernement, et employer sagement leur influence.
Avec leurs frères dans la foi, elles feront une expérience qui les
rendra aptes à une tâche plus importante. ...
Autrefois, le Seigneur opéra merveilleusement par l’intermé-
diaire de femmes consacrées qui, unies dans son œuvre avec des
117
118 Le Ministère de la bienfaisance

hommes, l’ont représenté dignement. Il se servit d’elles pour rem-


[120] porter des victoires éclatantes et décisives. Souvent, aux heures
critiques, il les a placées au front des combats, et œuvré par elles
pour sauver de nombreuses vies. ,Lettre” B 22, 1 9 1 1.
La première responsabilité de la mère — L’influence de la
mère s’exerce continuellement, soit pour le bien, soit pour le mal,
et si elle veut voir son travail subir l’épreuve du jugement, elle fera
passer la gloire de Dieu avant toute autre chose. Son premier devoir
consiste à s’occuper de ses enfants, former leur caractère, afin qu’ils
puissent être heureux en ce monde et se préparer pour le monde à
venir. Elle ne doit jamais se laisser influencer par Madame A ou
par Madame B dans ce qu’elle fait, soit pour la façon de se vêtir,
différente de celle des autres, soit par l’ameublement de sa maison
qui vise au confort plutôt qu’à ce qui frappe les yeux, soit encore
par la manière d’élever ses enfants.
Dans l’éducation de ses enfants, Dieu a donné à la mère une
responsabilité qui dépasse toute autre chose. — “Good Health”, juin
1880.
La société a des droits sur la femme — Le devoir de la femme
consiste à s’occuper de son mari, soigner sa garde-robe, chercher’
à le rendre heureux. Elle doit contribuer au développement de son
esprit, au raffinement de ses manières, et faire en sorte qu’il soit
sociable et joyeux. Qu’elle apporte un peu de soleil au foyer et en
fasse un ciel en miniature. Qu’elle ne borne pas son intérêt au « moi
et à ce qui est à moi ». Elle ne doit jamais oublier que la société a
des droits sur elle. “The Health Reformer”, juin 1873.
Une œuvre en dehors du foyer — Les hommes et les femmes
n’accomplissent pas le dessein de Dieu lorsqu’ils ne font que mani-
fester leur affection pour le cercle familial, ou pour leurs parents et
leurs amis, alors qu’ils excluent de leur amour ceux qu’ils pourraient
réconforter et soulager dans leurs besoins. ...
Quand le Seigneur nous invite à faire du bien en dehors de notre
foyer, cela ne veut pas dire que notre. affection pour les nôtres
doive diminuer, et que nous aimions moins nos compatriotes ou
notre pays parce qu’il désire nous voir étendre nos sympathies. Mais
nous ne devons pas renfermer dans nos murs nos affections et nos
sympathies, et restreindre les bénédictions que Dieu a répandues sur
Influence de la femme chrétienne 119

nous, de façon que d’autres n’en puissent pas profiter. — “Review


and Herald”, 15 octobre 1895.
Flargir la sphère de notre utilité - Tous n’ont pas la même occu-
pation. Chacun a sa propre tâche à accomplir. Mais dans tous ces
travaux il peut y avoir une harmonie magnifique, unissant toutes ces
choses. Notre Père céleste n’exige pas que celui qui n’a reçu qu’un
talent apporte les intérêts de cinq. Mais si ce talent est employé sa-
gement, son posses- seur aura vite fait d’augmenter l’étendue de son [121]
influence et la sphère de son utilité, en usant au mieux des talents que
le Seigneur lui a confiés. Il pourra conserver sa propre individualité,
et cependant faire partie de l’ensemble, en contribuant au progrès de
l’œuvre de la réforme.
Si elle emploie sagement son temps et ses facultés et demande
au Seigneur force et sagesse, la femme pourra être l’égale de son
mari en tant que conseillère, compagne et collaboratrice, sans pour
cela perdre sa grâce et sa modestie féminines. Elle formera ainsi,
tout à la fois, son propre caractère et celui des siens, puis exercera
inconsciemment une grande influence sur les gens de son voisinage.
— “Good Health”, juin 1880.
Apprendre à gagner d’autres femmes à la vérité — Les
femmes peuvent apprendre ce qu’il faut faire pour gagner d’autres
femmes à la vérité. Il en est qui sont particulièrement qualifiées
pour donner des études bibliques, et qui réussissent très bien en
présentant la Parole de Dieu dans sa simplicité. Elles deviennent
ainsi une grande bénédiction en gagnant les mères et les filles. C’est
une œuvre sacrée, et celles qui l’accomplissent ont besoin d’être
encouragées. “Lettre” 108, 1910.
Responsabilité de rassembler des grebes — Que chaque sœur
qui se dit enfant de Dieu sente la responsabilité de venir en aide à
tous ceux qui sont à sa portée. La plus noble de toutes les acquisitions
peut être obtenue par le renoncement et la bienfaisance envers ses
semblables. Mes chères sœurs, Dieu vous appelle à travailler dans sa
moisson pour y rassembler des gerbes. ... La femme intelligente la
plus modeste peut employer ses facultés dans différentes branches
de travail missionnaire, et réussit admirablement. — “Review and
Herald”, 10 décembre 1914.
Une influence sur la réforme et la vérité — Pourquoi la femme
ne cultiverait-elle pas son intelligence ? Pourquoi ne répondrait-elle
120 Le Ministère de la bienfaisance

pas au dessein de Dieu à son égard ? Pourquoi ne comprendrait-elle


pas sa propre puissance, sachant que celle-ci lui a été accordée par
le Seigneur, afin qu’elle l’emploie pleinement pour accomplir le
bien et faire progresser l’œuvre de la réforme et de la vérité ? Satan
n’ignore pas que les femmes exercent une grande influence pour le
bien ou pour le mal ; c’est pourquoi il cherche à les enrôler dans sa
cause. De nos jours, il invente des quantités de modes pour tenter
les femmes, comme il fit pour Eve en la persuadant de cueillir du
fruit et de le manger. Il les pousse à adopter ces modes toujours
changeantes, et qui ne satisfont jamais.
Mères chrétiennes, nous avons un haut idéal à atteindre, une
noble tâche à accomplir. Tout cela est bien plus intéressant que la
dernière mode et tous les ornements du Moloch moderne. Nous
pouvons devenir son esclave, sacrifier sur ses autels notre personne
[122] et le bonheur présent et futur de nos enfants. Mais que gagnons-nous
en définitive ? Nous avons semé pour la chair ; nous moissonnerons
la corruption. Notre œuvre ne peut porter l’estampille de Dieu. Nous
verrons à la fin combien d’âmes auraient pu être bénies et arrachées
des ténèbres de l’erreur par notre influence, qui, au contraire, auront
été encouragées à se livrer à l’orgueil et à la recherche des ornements
extérieurs. — “Good Health” juin 1880.
Placer le levain de la Parole de Dieu au foyer — Les femmes
aussi bien que les hommes peuvent s’engager dans l’œuvre qui
consiste à répandre la vérité là où elle peut opérer et se manifester.
... Les femmes humbles et discrètes peuvent accomplir une bonne
œuvre en expliquant la vérité dans les foyers. La Parole de Dieu
ainsi exposée commencera à lever comme le levain, et grâce à son
influence des familles entières se convertiront. — “Lettre” 86, 1907.
Ne vous lassez pas du service missionnaire — Mes sœurs, ne
vous lassez pas de répandre nos imprimés. C’est un travail que vous
pouvez toutes entreprendre avec succès, si vous êtes en communion
avec le Seigneur. Avant de visiter vos amis ou vos voisins ou d’écrire
des lettres missionnaires, élevez vos cœurs vers Dieu par la prière.
Tous ceux qui, avec humilité, prennent part à ce travail, se qualifie-
ront pour être ouvrières dans la vigne du Seigneur. — “Review and
Herald”, 10 décembre 1914.
Les femmes peuvent toucher les cœurs — A nos amis qui se
préparent à partir bientôt dans d’autres pays, je dirai : « Souvenez-
Influence de la femme chrétienne 121

vous que vous pouvez triompher de l’opposition la plus tenace en


vous intéressant aux gens que vous rencontrez. C’est ce que faisait
le Christ quand il était ici-bas. Lors de ses déplacements, il accom-
plissait l’œuvre d’un missionnaire médical. Imitons-le. Donnons à
manger à ceux qui ont faim, procurons des vêtements à ceux qui
sont nus, et consolons les affligés. ”
Les femmes peuvent faire énormément pour toucher les cœurs.
- Où que vous soyez, mes sœurs, œuvrez dans la simplicité. Si vous
êtes dans une maison où il y a des enfants, montrez de l’intérêt à
leur égard. Qu’ils se rendent compte que vous les aimez. S’il y a
un malade, offrez-lui de lui donner des traitements ; s’il y a une
mère rongée de soucis parce que son enfant est souffrant, aidez-la.
— “Id.”, 11 novembre 1902.
S’unir à d’autres femmes dans l’œuvre de la tempérance —
L’union des femmes chrétiennes dans l’œuvre de la tempérance est
une organisation qui a pour but de faire connaître des principes que
nous pouvons défendre de tout notre cœur. Il m’a été montré que
nous ne devons pas nous en tenir à l’écart. Sans sacrifier quoi que [123]
ce soit de nos convictions unissons-nous autant que possible à elles
pour travailler en faveur de la tempérance.
Lorsque les agents humains soumettent leur volonté à celle de
Dieu, le Saint-Esprit opère dans les cœurs de ceux pour lesquels ils
travaillent. Il m’a été montré que nous ne devions pas ignorer celles
qui font partie de l’Union de la Tempérance des femmes chrétiennes
(W.C.T.U.). En nous joignant à elles pour prêcher une abstinence
totale, nous ne modifions pas notre position concernant l’observa-
tion du septième jour, et nous manifestons notre appréciation de
cette œuvre de la tempérance. En leur ouvrant notre porte, en les
invitant à s’unir à nous sur cette question, nous nous adjoindrons des
collaboratrices auxquelles nous aurons l’occasion de faire connaître
la vérité. — “Id.”, 18 juin 1908.
Surprise par l’indifférence — J’ai eu l’occasion de me rendre
compte des grands avantages qu’offre l’adhésion à la W.C.T.U., et
j’ai été surprise de constater l’indifférence d’un grand nombre de
nos dirigeants en ce qui concerne cette organisation. J’adresse un
appel à nos frères pour qu’ils se réveillent. — “Lettre” 271, 1907.
Apprécier le bien accompli par la W.C.T.U. — Il m’a été mon-
tré que la W.C.T.U. groupe des capacités et de précieux talents.
122 Le Ministère de la bienfaisance

Beaucoup de temps et d’argent ont été absorbés parmi nous pour des
choses qui n’ont rien donné. Au lieu de cela, quelques-uns de nos
talents seraient bien utilisés dans la W.C.T.U., non pour évangéliser,
mais pour encourager ce qui a été accompli par cette organisation.
Cherchons à gagner la confiance de ses membres, en travaillant avec
elles autant que faire se peut. ... Ces personnes ont été riches en
bonnes œuvres. — “Manuscrit” 91, 1907.
Une influence qui compte — Conseil donné à une sœur - J’es-
père, ma sœur, que vous aurez à la W.C.T.U. une heureuse influence,
consciente ou inconsciente, qui révélera que vous avez la lumière de
la vie et qui resplendira sur d’autres comme un témoignage direct,
positif, sur des sujets où vous pouvez toutes être d’accord. Ce sera
vraiment une influence qui compte. Mon cœur bat à l’unisson du
vôtre dans cette œuvre de la tempérance. Je parle de ce sujet d’une
manière positive, et cela doit avoir une influence positive sur d’autres
esprits. — “Manuscrit” 74, 1898.
Accomplir un travail missionnaire sans négliger ses devoirs
domestiques — Les femmes chrétiennes intelligentes peuvent em-
ployer leurs talents de la manière la plus efficace. Par leur vie de
renoncement et leur décision, de travailler au mieux de leurs capaci-
tés, elles montreront qu’elles croient à la vérité et sont sanctifiées
[124] par elle. Beaucoup ont besoin de faire un travail de ce genre, afin
de développer les facultés qu’elles possèdent déjà. Les femmes et
mères de famille ne doivent sous aucun prétexte négliger leur mari et
leurs enfants, mais elles arriveront à faire un bon travail sans oublier
leurs devoirs domestiques.
Qui peut posséder un plus grand amour envers les hommes pour
lesquels le Christ est mort que les croyants qui participent à sa grâce
? Qui peut mieux représenter la religion du Christ que les femmes
chrétiennes qui travaillent avec zèle pour amener des âmes à la
lumière de la vérité ? Qui d’autre serait mieux adapté à la marche
de l’Ecole du Sabbat ? La vraie mère est la véritable éducatrice de
ses enfants. Si, le cœur rempli de l’amour du Christ, elle enseigne
les élèves de sa classe, prie avec eux et pour eux, elle verra des
âmes se convertir et venir s’ajouter au troupeau du Sauveur. Je
ne recommande pas à la femme d’occuper la place de l’homme,
mais qu’elle fasse du travail missionnaire, enseigne la vérité par
correspondance, distribue des imprimés, explique la Parole dans les
Influence de la femme chrétienne 123

familles, et prie avec la mère et les enfants. Elle peut ainsi faire un
bon travail, et être une bénédiction. — “Signs of the Times”, 16
septembre 1886.
Les femmes ne sont pas dispensées à cause de leurs devoirs
domestiques. — Certaines femmes peuvent accomplir plus que
d’autres, mais toutes arriveront à faire quelque chose ; aucune ne
doit se croire dispensée à cause des soins domestiques. Qu’elles
aient assez d’intelligence pour savoir comment travailler avec plus
d’efficacité et de méthode en amenant des âmes au Christ. Si toutes
voulaient comprendre combien il est important de faire au mieux de
ses capacités dans l’œuvre de Dieu, avec un profond amour pour les
âmes, sentant reposer sur elles le fardeau de l’œuvre, des centaines
seraient engagées comme ouvrières actives, qui, jusque-là, ont été
indolentes et indifférentes, ne faisant rien ou bien peu de chose.
Dans de nombreux cas les décombres du monde obstruent les
canaux de l’âme. L’égoïsme domine l’esprit et fausse le caractère.
Si la vie était cachée avec le Christ en Dieu, le service ne serait
pas pénible. Si le cœur tout entier était consacré au Seigneur, toutes
trouveraient quelque chose à faire et voudraient participer à l’œuvre
de Dieu. Elles sèmeraient le long des eaux, prieraient et croiraient
que le fruit mûrira. L’ouvrier qui craint Dieu ira de l’avant, priera
avec foi pour obtenir la grâce et la sagesse célestes afin de pouvoir
accomplir son travail avec courage. Il cherchera à recevoir les rayons
de la lumière divine pour la faire resplendir sur le sentier des autres.
— “Ibid.”
La beauté d’un caractère résolu — Que chaque membre
d’église se pose cette question : « Que puis-je faire pour gagner
des âmes à Jésus-Christ ? » « Je veux, dira quelqu’un, me limiter
dans mes besoins, ne pas rechercher les ornements inutiles, ni rien [125]
dépenser pour satisfaire l’orgueil ou l’apparat. je me consacrerai
moi-même au Seigneur. Mes désirs pour satisfaire le moi seront sup-
primés avant de porter des fruits. » C’est là une excellente résolution
; elle plaira au Sauveur qui vous a rachetés. ...
Quelqu’un d’autre dira : « Je ne gagne pas beaucoup d’argent,
mais je veux me consacrer moi-même au Seigneur. Je veux m’ins-
truire et profiter de toutes les occasions qui s’offrent à moi. J’ai
toujours été actif, mais, après tout, je n’ai pas eu de satisfaction
dans la manière dont j’ai occupé mon temps. Je me rends compte
124 Le Ministère de la bienfaisance

maintenant, comme jamais auparavant, que j’ai cherché bien souvent


à ne faire que ce qui me plaisait. Aujourd’hui, je désire accomplir
ce qui plaît au Seigneur, et je consacrerai une partie de mon temps
à travailler pour le Maître. Je visiterai les malades, je m’efforcerai
de manifester de la sympathie à ceux qui souffrent, et j’ajouterai, si
possible, quelques faveurs pour leur rendre la vie plus facile. Ainsi
je pourrai gagner leurs cœurs et dire une parole en tant que serviteur
de Jésus-Christ. Je cultiverai l’art du ministère, et gagnerai des âmes
pour le Sauveur. » Ne croyez-vous pas que Jésus dira « Cela va bien
», à ce genre de serviteur ? “Lettre” 12, 1892.
Section 7—Au service des pauvres [126]
[127]

[128]
Le vrai chrétien est l’ami du pauvre. Il se comporte avec son frère
malheureux comme avec une plante délicate. Dieu désire que ses
serviteurs soient des messagers de son amour et de sa miséricorde
auprès des malades et de ceux qui souffrent. Il nous observe pour
voir comment nous nous conduisons avec le prochain, si nous
manifestons à l’égard de tous le caractère du Christ, qu’ils soient
grands ou petits, riches ou pauvres, libres ou
esclaves. ...

Lorsque vous êtes en présence de ceux qui sont « fatigués et


chargés ”, qui ne savent que faire pour trouver du soulagement,
efforcez-vous de leur venir en aide. Dieu ne veut pas que ses enfants
se renferment en eux-mêmes et se désintéressent de ceux qui sont
moins favorisés qu’eux. N’oubliez pas que le Christ est mort pour
eux comme pour vous. Gagnez, par la bonté, leur confiance et vous
leur communiquerez l’espoir et le courage.—
“Lettre” 30, 1887.
[129] Chapitre 20—Au service des pauvres

Si un frère ou une sœur sont nus et man-


quent de la nourriture de chaque jour, et
que l’un d’entre vous leur dise : Allez en
paix, chauffez-vous, et vous rassasiez ! et
que vous ne leur donniez pas ce qui est
nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il
en est ainsi de la foi ; si elle n’a pas les
œuvres, elle est morte en elle-même. Jacques 2 : 15-17.

L’Evangile dans toute sa beauté — L’Evangile doit être prêché


aux pauvres. Jamais celui-ci n’a eu un aspect plus beau que lorsqu’il
a été apporté aux plus nécessiteux et dans les régions les moins
favorisées. Ses préceptes règlent la conduite des hommes de toutes
les conditions et ses promesses les encouragent à s’acquitter de leurs
devoirs. C’est alors que la lumière de l’Evangile brille dans toute
sa splendeur et toute sa puissance. La vérité de la Parole de Dieu
pénètre dans la chaumière du paysan, et éclaire la cabane du pauvre.
Les rayons du Soleil de justice apportent la joie au malade et à
celui qui souffre. Les anges de Dieu sont présents, et la simple foi
manifestée fait d’un verre d’eau et d’un croûton de pain un banquet
plantureux. Ceux qui ont été méprisés et abandonnés sont élevés
par la foi et le pardon à la dignité de fils et de filles de Dieu. Bien
au-dessus de ce bas monde, ils sont assis dans les lieux célestes en
Jésus-Christ. Ils ne possèdent pas de trésors terrestres, mais ils ont
trouvé la perle de grand prix. Le Sauveur qui pardonne reçoit le
pauvre et l’ignorant, il les nourrit du pain qui descend du ciel et leur
donne à boire de l’eau vive. — “Lettre” 113, 1901.
Jésus s’associe lui-même avec le pauvre — Il est de bon ton
aujourd’hui de se pencher sur la misère des pauvres. ... Mais le
Seigneur Jésus était pauvre, et il sympathisait avec les pauvres, avec
ceux qui sont méprisés ou opprimés. Il déclare que tout le mal qui
leur est fait rejaillit sur lui-même. Je suis de plus en plus surprise que

126
Au service des pauvres 127

ceux qui se disent enfants de Dieu manifestent si peu de sympathie,


de tendresse et d’amour à cet égard. Si toutes les églises, du nord au [130]
sud, étaient animées de l’Esprit de notre Seigneur, que ne verrions-
nous pas ? — “Manuscrit” 8, 1891.
Le Christ est venu évangéliser les pauvres — Le Christ se
tenait à la tête de l’humanité, ayant revêtu celle-ci. Il manifestait
une telle sympathie et un tel amour que les plus pauvres n’avaient
pas peur de venir à lui. Il était bon pour tous et se mettait à la portée
de chacun. Il allait de maison en maison, guérissait les malades,
nourrissait les affamés, consolait les affligés, parlait de paix à ceux
qui étaient dans la détresse. “Lettre” 117, 1903.
« Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume,
il entra dans la synagogue lé jour du sabbat. Il se leva pour faire la
lecture, et on lui remit le livre du prophète Esaïe. L’ayant déroulé,
il trouva l’endroit où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi,
parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ;
il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer
aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue,
pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce
du Seigneur. »
Nous avons là une remarquable description de l’œuvre du Christ.
Les pharisiens et les sadducéens méprisaient les pauvres. Le savant
et le riche les ignoraient, comme si la fortune et la connaissance leur
donnaient plus de valeur qu’aux pauvres. Mais Jésus déclara que
son œuvre consistait à encourager, à réconforter et à venir en aide
partout où le besoin s’en faisait sentir. — “Manuscrit” 65 b, 1898.
Comment le Christ éveillait la faim de l’âme — L’œuvre prin-
cipale du Christ consistait à prêcher l’Evangile aux pauvres. Il s’oc-
cupait des nécessiteux, des ignorants. Dans la simplicité, il répandait
sur eux ses bénédictions, et éveillait ainsi leur faim de vérité qui
est le pain du ciel. La vie du Christ est un exemple pour tous ses
disciples. — “Id.” 103, 1906.
La preuve de la divinité de l’Evangile — Le Christ obtint
ses plus grands succès parmi les pauvres. En s’occupant de cette
classe de gens, chaque être humain, qu’il soit savant ou ignorant,
peut trouver un travail abondant. Le pauvre a besoin de réconfort
et de sympathie. Sans cela, il en est qui ne sauraient jamais se tirer
d’affaire. En travaillant pour eux, les disciples du Christ rempliront
128 Le Ministère de la bienfaisance

pleinement leur mandat. C’est là la plus importante des lettres de


créance du ministère évangélique. Si l’Evangile venait des hommes,
il aurait été sympathique aux riches et aux puissants ; mais il consi-
dère avec mépris les riches et les puissants, et il exige que tous ceux
[131] qui l’acceptent accomplissent l’œuvre du Christ : venir en aide aux
déshérités, aux affligés, à ceux qui sont méprisés.
Ceux qui s’engageront dans l’œuvre de Dieu pour l’amour du
Christ et l’amour des âmes travailleront selon le Sauveur. Ce monde
est un vaste hôpital, mais Jésus est venu pour guérir les malades,
réconforter les cœurs brisés, proclamer aux captifs la délivrance,
rendre la vue aux aveugles. L’Evangile est l’essence même de la
restauration. Le Christ veut que nous nous occupions des affligés, de
ceux qui n’ont point d’espérance, car l’année de l’Eternel est arrivée.
— “Manuscrit” 65 b, 1898.
Le christianisme est la consolation du pauvre — Il y a une
étroite union entre la religion du Christ et la pauvreté. Le christia-
nisme est la consolation du pauvre. Il y a une fausse religion qui met
en danger l’âme de ceux qui en font partie. Cette religion enseigne
que le plaisir égoïste est le summum du bonheur. Mais la parabole
du mauvais riche et de Lazare fait ressortir que tout cela est faux. Il
vint un temps où le riche aurait donné toute sa fortune pour être à la
place de Lazare, qui était pauvre et couvert d’ulcères.
Il y a dans l’humanité du Christ des fils d’or qui relient le croyant,
pauvre et confiant, à celui qui est l’amour infini. C’est le grand
médecin. Quand il était ici-bas il a porté nos infirmités, il a pris sur
lui nos fardeaux. Il guérissait toutes les maladies. Bien que pauvre,
il était le centre de toute bonté, de toute bénédiction. C’est une
source de puissance pour tous ceux qui deviennent enfants de Dieu.
— “Manuscrit” 22, 1898.
Le Christ ôte les stigmates de la pauvreté — Le Christ a tou-
jours été l’ami des pauvres. Il a lui-même choisi la pauvreté, et il l’a
honorée. Il l’a débarrassée du dédain qui pesait sur elle en bénissant
le pauvre, l’héritier du royaume de Dieu. Telle fut son œuvre. En
se livrant lui-même à une vie de pauvreté, il a libéré celle-ci de
son humiliation. Il s’est placé avec le pauvre, afin de supprimer les
stigmates que le monde lui avait faits. Il connaissait le danger que
fait courir l’amour des richesses. Cet amour a perdu bien des âmes ;
il pousse le riche à satisfaire tous ses désirs de grandeur et à mépriser
Au service des pauvres 129

ceux qui souffrent de la misère ; il affaiblit l’esprit humain, et fournit


la preuve que, malgré leurs richesses, les gens fortunés ne sont pas
riches pour Dieu.
Le caractère d’un grand nombre a été faussé par la confiance
qu’ils ont placée dans les richesses de ce monde. Celui qui possède
des maisons et des terres, séduit par le respect qu’on lui porte, peut
mépriser le pauvre, qui, lui, possède des vertus dont le riche est
dépourvu. Lorsqu’il sera pesé dans la balance du sanctuaire, le riche,
égoïste et cupide, sera trouvé trop léger, alors que le pauvre, qui n’a
compté que sur Dieu, sera déclaré héritier des richesses éternelles [132]
dans le royaume de Dieu. “Manuscrit” 22, 1898.
Incapables de résoudre le problème — Les grandes villes
comptent des multitudes de miséreux, privés presque complètement
de nourriture, de vêtements et d’abri, alors que l’on rencontre dans
les mêmes villes des gens qui possèdent plus que le cœur ne peut
souhaiter, qui vivent dans le luxe. dépensant leur argent en maisons
richement meublées, en bijoux, ou ce qui est pis, pour des gourman-
dises, des liqueurs, du tabac et d’autres choses tendant à détruire les
facultés individuelles, à troubler l’esprit et à souiller l’âme. Les cris
des foules mourant d’inanition montent jusque vers le ciel. ...
Ils sont peu nombreux, même parmi les éducateurs et les hommes
d’Etat, ceux qui comprennent les causes réelles des conditions ac-
tuelles de la société. Les hommes qui tiennent les rênes du pouvoir
sont incapables de résoudre les problèmes de la corruption morale,
du paupérisme et du crime grandissant. C’est en vain qu’ils s’ef-
forcent de donner aux affaires commerciales une base plus sûre. Si
l’on voulait accorder plus d’attention à l’enseignement de la Parole
de Dieu, on trouverait une solution à tous les problèmes. — “Témoi-
gnages”, vol. 111, p. 336, 338.
Le plan de Dieu pour Israël — Il s’agissait de faire comprendre
à Israël, d’une part, que le pays à eux confié pendant un temps était,
la propriété légitime de Dieu, et, d’autre part, que ses occupants
étaient tenus d’avoir des égards tout particuliers pour les indigents,
ces derniers ayant autant que les plus fortunés le droit d’y occuper
leur place.
Tels étaient les règlements établis par un Créateur miséricordieux
en vue de diminuer la souffrance, de jeter quelques rayons de soleil
dans la vie des déshérités et des malheureux, comme aussi de faire
130 Le Ministère de la bienfaisance

briller dans leurs cœurs l’étoile de l’espérance. Le Seigneur désirait


aussi élever une barrière contre l’amour insatiable des richesses et
combattre le fléau qui résulte nécessairement de l’accroissement
continuel de la fortune dans certaines classes de la société, à sa-
voir l’aggravation de la misère chez les autres. En effet, sans un
frein quelconque, la puissance des riches aboutit au monopole, et
les pauvres - bien que tout aussi estimables à tous égards aux yeux
du Seigneur - sont considérés et traités par leurs frères plus opulents
comme une race inférieure. Cette oppression allume des sentiments
de colère et de haine chez les classes indigentes, qui, en proie au dé-
couragement et au désespoir, ne tardent pas à déchaîner des conflits
meurtriers, sûrs désorganisateurs et destructeurs de l’ordre civil. Or
les lois que Dieu établit en Israël avaient pour but de sauvegarder
l’égalité sociale. Les règlements de l’année sabbatique et ceux du
jubilé étaient de nature à rétablir et à reconstituer ce qui, dans l’in-
tervalle, s’était désaxé dans l’économie sociale et politique de la
nation.
[133] (D’ailleurs, ces règlements avaient en vue le bien des riches
tout autant que celui des pauvres ; ils réprimaient la cupidité et
l’ambition des uns en cultivant chez eux de nobles sentiments de
bienfaisance. L’encouragement qu’ils donnaient à la bienveillance
et à la confiance entre toutes les classes de la société ne pouvait
manquer de consolider l’ordre social et d’assurer la stabilité de
l’Etat.
Membres d’une même humanité, semblables aux mailles d’un
vaste filet, nous sommes tous liés les uns aux autres. Tout ce qui
contribue au bonheur et au relèvement de notre prochain a sur nous-
mêmes une répercussion bienfaisante. La loi de l’interdépendance
embrasse toutes les classes de la société. Les pauvres ne dépendent
pas plus des riches que ceux-ci ne dépendent des pauvres. Si les
classes inférieures réclament une part des bienfaits du Ciel à leurs
voisins plus favorisés de la fortune, ceux-ci ont besoin du labeur
fidèle, du service intelligent et des bras vigoureux qui constituent le
capital du pauvre.
Bien des gens préconisent avec enthousiasme l’idée d’une ré-
partition égale des biens temporels. Ce système n’entre pas dans
les vues du Créateur. Dieu se sert de la diversité des conditions
sociales pour éprouver les caractères. Il entend que ceux qui pos-
Au service des pauvres 131

sèdent des biens terrestres se considèrent comme les économes des


richesses qu’il leur a confiées en vue du soulagement des malheu-
reux et des nécessiteux. Le cœur du Rédempteur sympathise avec
les plus pauvres et les plus humbles de ses enfants. Il appelle ceux-ci
ses représentants sur la terre, où il les a placés pour éveiller dans
nos cœurs l’amour qu’il ressent lui-même pour les infortunés et les
opprimés, La pitié et la bienfaisance qui leur sont témoignées sont
acceptées par le Sauveur, comme s’il en était lui-même l’objet. Par
contre, il est personnellement frappé par tout acte de cruauté ou de
négligence à leur égard. — “Patriarches et prophètes”, p. 568-570.
Le Christ voit dans l’extrême détresse humaine une occa-
sion favorable — Le Sauveur se réjouit de voir des pauvres dans
toute l’acception du terme ; il se réjouit de voir les débonnaires
maltraités et ceux qui sont terrassés par le deuil ; il se réjouit de voir
ceux qui n’arrivent pas à apaiser leur faim de justice. Il accueille
avec joie, pour ainsi dire, la condition même des choses qui décou-
rageraient beaucoup de prédicateurs. Il voit là une occasion de venir
en aide à ceux qui ont tant besoin de secours, en allant les trouver là
où ils sont.
Le Seigneur Jésus corrige notre piété errante. Il charge du soin
des pauvres et des nécessiteux ceux qui peuvent comprendre l’igno-
rant et l’homme qui s’écarte du bon chemin. Il leur montre comment
aborder ces cas. Ces ouvriers seront encouragés lorsqu’ils verront
des portes s’ouvrir devant eux pour accomplir un travail missionnaire
médical. Ayant peu de confiance en eux-mêmes, ils en attribueront
toute la gloire au Seigneur. Il est là pour les aider, en commençant [134]
par ceux dont les mains sont rudes et malhabiles, mais dont le cœur
est susceptible d’éprouver de la pitié envers les malheureux qui
abondent. Le Seigneur opère par ceux qui sont capables de discerner
la miséricorde dans la détresse, de trouver un avantage dans la perte
de toutes choses. Lorsque celui qui est la lumière du monde apparaît,
on voit des privilèges où il ne semblait v avoir que difficultés, l’ordre
sortir de la confusion, le succès et la sagesse divine dans ce qui
paraissait être un échec dans l’expérience humaine.
Le Christ prononce une bénédiction sur ceux ont faim et soif de
justice. Nous lisons dans Luc : « Heureux les pauvres. » Le pauvre
n’éprouve pas la centième partie des tentations et des séductions du
riche. Nous lisons aussi dans Matthieu : « Heureux les pauvres en
132 Le Ministère de la bienfaisance

esprit, car le royaume des cieux est à eux. » La pauvreté d’esprit


signifie que la fortune terrestre doit être remplacée par les richesses
de la grâce de Dieu. — “Lettre” 100, 1902.
Si la pauvreté n’existait plus — La pauvreté existera toujours,
quel que soit le niveau de la connaissance et de la moralité, ou le
degré de civilisation. La pauvreté continuera pour que se manifestent
les richesses de la grâce de Dieu, et comme un monument de la vérité
de ces paroles : « Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais
c’est par mon esprit, dit l’Eternel des armées. » Il ne serait pas
bénéfique pour les chrétiens que le Seigneur supprime la pauvreté.
Une porte serait ainsi fermée qui est maintenant ouverte pour exercer
la foi - un moyen par lequel le cœur des malheureux peut être gagné
à l’Evangile de la bonté. Grâce à la libéralité chrétienne, des âmes
sont atteintes qui ne le seraient d’aucune autre manière. C’est là la
main secourable de l’Evangile. “Lettre” 83, 1902.
Chapitre 21—Le pauvre dans l’Eglise. [135]

Subvenir aux besoins de nos frères en la foi — Nous devons


exprimer notre amour pour Dieu en venant en aide aux nécessiteux et
à ceux qui souffrent, à ces frères dont nous apprenons le dénuement
et qui réclament nos soins. Toute âme est tenue, devant Dieu, d’avoir
pour les indigents qui en sont dignes une compassion particulière.
On ne doit les négliger sous aucun prétexte. — “Témoignages”, vol.
11, p. 592
« Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons
le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. »
Le Christ a chargé son Eglise de prendre un soin tout particulier
de ses membres nécessiteux. Il permet qu’il y ait des pauvres dans
chaque communauté - n’a-t-il pas dit qu’il y en aurait toujours ?
- mais il tient les chrétiens pour responsables de la sollicitude dont il
y a lieu de les entourer.
De même que les membres d’une famille digne de ce nom s’en-
traident les uns les autres, entourant de leurs conseils les inexpéri-
mentés, ainsi les « frères en la foi » doivent prendre soin de ceux
des leurs qui sont dans le besoin. Aucune considération ne saurait
les en dispenser. “Rayons de santé”, p. 163, 164.
Deux classes dont on doit s’occuper — Il y a deux catégories
de pauvres que nous aurons toujours parmi nous : ceux qui se
ruinent en faisant leur propre volonté, qui persévèrent dans leur
égarement, et ceux qui, pour l’amour de la vérité, ont été amenés
à vivre dans des circonstances difficiles. Nous devons aimer notre
prochain comme nous-mêmes, et dans notre attitude envers ces deux
catégories de personnes, nous ferons bien de nous laisser guider par
une saine sagesse.
En ce qui concerne ceux qui sont pauvres à cause de leur foi,
aucune question ne se pose. Chaque fois que ce sera nécessaire,
il faudra leur venir en aide. Dieu veut que son peuple révèle à un
monde pécheur qu’il ne l’a pas laissé périr. Des sacrifices particu-
liers doivent être consentis en faveur de ceux qui, à cause de leur
133
134 Le Ministère de la bienfaisance

attachement à la vérité, sont chassés de leur foyer et exposés à la


[136] souffrance. De plus en plus, il faudra de grands cœurs, ouverts, géné-
reux, des cœurs qui bannissent l’égoïsme et s’occupent de ceux que
le Seigneur aime. Les pauvres qui se trouvent parmi nous ne doivent
pas être laissés sans secours. Il faut, d’une manière quelconque, leur
procurer un moyen d’existence. Quelques-uns devront apprendre
à travailler. Une assistance particulière est nécessaire à ceux qui
font un travail pénible, au-dessus de leurs forces, pour subvenir aux
besoins des leurs. Nous devrions nous intéresser à de tels cas en
aidant ces familles à s’assurer un emploi. Un fonds devrait être créé
pour venir en aide à ces foyers nécessiteux, dignes d’intérêt, aimant
le Seigneur et obéissant à ses commandements.
On devra prendre garde que l’argent réuni à cet effet ne soit pas
détourné pour d’autres fins. Il y a une grande différence entre venir
en aide aux pauvres qui, en observant les commandements de Dieu,
manquent du nécessaire et en souffrent, et négliger ceux-ci pour se-
courir des blasphémateurs qui foulent aux pieds les commandements
de Dieu. Le Seigneur a égard à cette différence. Les observateurs
du sabbat ne devraient pas négliger ceux qui souffrent pour la vérité
et qui sont dans le besoin pour s’occuper de ceux qui persistent à
transgresser la loi divine et qui se sont accoutumés à recevoir du
secours des autres. Ce n’est pas là un bon travail missionnaire ; il
n’est pas en harmonie avec le plan de Dieu.
Partout où se trouve une église, nos membres sont tenus de faire
une œuvre fidèle en faveur des croyants qui sont dans le besoin.
Mais ils ne doivent pas s’arrêter là. Il faut qu’ils aident également les
autres, quelle que soit leur appartenance religieuse. Comme résultat
d’un tel travail, quelques-uns accepteront les vérités relatives à notre
époque.
« S’il y a chez toi quelque indigent d’entre tes frères, dans l’une
de tes portes, au pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne, tu n’en-
durciras pas ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton
frère indigent. Mais tu lui ouvriras la main, et tu lui prêteras de quoi
pourvoir à ses besoins. Garde-toi d’être assez méchant pour dire
en ton cœur : La septième année, l’année de relâche, approche !
Garde-toi d’avoir un œil sans pitié pour ton frère indigent et de lui
faire un refus. Il crierait à l’Eternel contre toi, et tu te chargerais
d’un péché. Donne-lui, et que ton cœur ne lui donne point à regret
Le pauvre dans l’Eglise. 135

; car, à cause de cela, l’Eternel, ton Dieu, te bénira dans tous tes
travaux et dans toutes tes entreprises. Il y aura toujours des indigents
dans le pays ; c’est pourquoi je te donne ce commandement : Tu
ouvriras ta main à ton frère, au pauvre et à l’indigent dans ton pays.
» De.15 :11.
Par suite de certaines circonstances, il en est qui deviennent
pauvres tout en aimant Dieu et en lui obéissant. D’aucuns ne sont
pas prudents et ne savent pas diriger leurs affaires. D’autres s’ap-
pauvrissent par la maladie et par des revers de fortune. Ils sont dans [137]
le besoin et, quelles qu’en soient les causes, les aider est une partie
importante du travail missionnaire. — “Témoignages”, vol. II, p.
590-592.
La pauvreté peut résulter de circonstances adverses — Ce
n’est pas toujours à cause de son incapacité qu’un frère, par suite
de circonstances adverses, a dû contracter des dettes, ou souffrir de
manque de nourriture ou de vêtements, même en ne les remboursant
pas, bien que faisant l’impossible pour cela. Ce frère a besoin d’une
main secourable pour le remettre sur pied, afin qu’il puisse travailler
dans la vigne du Seigneur, sans être inquiété par le souci de ses
dettes. — “Manuscrit” 34, 1894.
La responsabilité de l’église ou des églises — Chaque église
a le devoir de faire des arrangements judicieux pour le soin de ses
pauvres et de ses malades. — “Lettre” 169, 1901.
Dieu permet qu’il se trouve des pauvres dans chaque église. Il v
en aura toujours parmi nous et le Seigneur place sur chaque membre
la responsabilité d’en prendre soin. Nous ne devons pas passer cette
responsabilité à d’autres. Envers ceux qui sont au milieu de nous,
nous devons manifester le même amour, la même sympathie que le
Christ leur témoignerait s’il était à notre place. Nous devons ainsi
être disciplinés, afin de pouvoir travailler selon l’exemple du Christ.
Le prédicateur devrait enseigner chaque famille, et encourager
son église à prendre soin de ses pauvres et de ses malades. Il devrait
mettre ,en valeur les talents qu’elles ont reçus de Dieu. Si une église
a une charge trop lourde dans ce domaine, que d’autres viennent
à son secours. Que nos membres d’église fassent preuve de tact et
de délicatesse, en prenant soin de ces personnes, qui font partie du
peuple de Dieu. Qu’ils renoncent au luxe, aux ornements inutiles,
afin que ceux qui souffrent de la misère soient secourus. En agissant
136 Le Ministère de la bienfaisance

ainsi, ils suivent les instructions données au chapitre 58 d’Esaïe et la


béatitude renfermée dans ce passage sera la leur. — “Témoignages”,
vol. 11, p. 594.
Chaque membre d’église doit faire sa part — Le peuple de
Dieu doit être inflexible comme l’acier dans ses principes. Le Sei-
gneur a assigné à tous les membres d’église l’œuvre qui leur in-
combe. Il faut qu’ils accomplissent leur devoir à l’égard de ceux qui
font partie du bercail, qu’ils traitent généreusement leurs propres
pauvres, fassent un travail missionnaire systématique, et enseignent
à leurs enfants la voie du Seigneur, le jugement et la justice.
Mais la lumière qu’a reçue l’Eglise depuis des années n’a pas
été appréciée. L’œuvre qui aurait dû être faite pour l’humanité souf-
frante dans chaque église a été négligée. Les membres d’église n’ont
pas écouté la parole du Seigneur, ce qui les a privés de faire une ex-
périence bénie dans l’œuvre évangélique. — “Review and Herald”,
4 mars 1902.
[138] Les pauvres et les nécessiteux doivent être secourus. Il ne faut
pas les négliger quel qu’en soit le prix ou le sacrifice. — “Youth’s
Instructor”, 26 août 1897.
L’Eglise doit porter le fardeau — Les églises qui ont des
pauvres parmi elles ne doivent pas s’en désintéresser et compter pour
les secourir sur nos établissements sanitaires. Tous les membres sont
responsables devant Dieu de leurs déshérités. Qu’ils portent leurs
propres fardeaux. S’il y a parmi eux des personnes malades, qui ont
besoin de traitements, ils doivent, s’ils le peuvent, les envoyer dans
un établissement. En agissant ainsi, non seulement ils donneront du
travail à une institution que Dieu a établie, mais ils viendront en
aide à ceux qui sont dans le besoin comme Dieu nous le demande.
— “Testimonies”, vol. IV, p. 551,
Quand les pauvres du Seigneur sont négligés — Lorsque les
pauvres du Seigneur sont laissés de côté et oubliés, ou traités avec
mépris, que les coupables sachent qu’ils négligent le Christ dans
la personne de ses saints. Notre Sauveur identifie ses intérêts avec
ceux de l’humanité souffrante. De même que les parents se penchent
avec pitié et avec tendresse sur l’agneau de leur troupeau qui souffre,
de même le cœur de notre Rédempteur sympathise avec les plus
pauvres et les plus humbles de ses enfants. Il les a placés parmi nous
pour éveiller dans nos cœurs cet amour pour celui qui souffre ou qui
Le pauvre dans l’Eglise. 137

est opprimé. Ses jugements s’abattront impitoyablement sur tous


ceux qui les traitent à la légère ou en abusent. — “Ibid”.
Cherchons à connaître ceux qui sont dans le besoin — Nous
apprécions vos bonnes intentions, mais elles ne sauraient suffire à
nourrir et à vêtir les pauvres. Il faut à ceux-ci des preuves matérielles
de votre bonté, soit en vivres, soit en vêtements. Dieu ne désire
nullement que ses enfants mendient leur pain. Il vous a donné abon-
damment afin que vous puissiez venir en aide à ceux qui sont dans
le besoin, malgré leur travail et leurs économies. N’attendez pas
qu’ils attirent votre attention sur ce qui leur manque. Imitez Job qui
cherchait à savoir ce qui lui était inconnu. Informez-vous, apprenez
à connaître les besoins de ceux qui vous entourent et comment y
suppléer. — “Témoignages”, vol. p. 45.
N’attendons pas qu’ils viennent à nous — Nous apprendrons
que des familles sont dans la pauvreté et la détresse et nous devrons
soulager ces affligés et ces malheureux. ... N’attendez pas que ceux-
ci viennent à vous. Rendez-vous compte de ce qui leur manque, et
aidez-les si c’est nécessaire, Vous devez donner de l’argent pour
venir en aide à des jeunes gens et à des jeunes filles, afin qu’ils
reçoivent une éducation qui les qualifiera pour porter l’Evangile aux
pauvres, aider ceux qui se sont placés dans une situation difficile [139]
en prenant position pour la vérité. Lorsque des cas spéciaux se
présentent, le pasteur doit être prêt à soulager ceux qui sont dans la
pauvreté pour l’amour de la vérité. “Manuscrit” 25, 1894.
Venons en aide aux nouveaux convertis qui perdent leurs
situations — Dans notre œuvre de bienfaisance, une aide spéciale
doit être accordée à ceux qui sont convaincus de la vérité et se sont
convertis. Nous devons nous occuper de ceux qui ont eu le courage
moral d’accepter la vérité, qui ont de ce fait perdu leur situation, et
à qui on refuse du travail pour subvenir aux besoins de leur famille.
Aidons les pauvres qui sont dignes et trouvons un emploi à ceux
qui aiment Dieu et gardent ses commandements. Ils ne doivent pas
rester sans secours, croire qu’ils sont obligés de travailler le jour
du sabbat ou mourir de faim. Ceux qui prennent position pour le
Seigneur doivent trouver chez les Adventistes du Septième jour une
chaude atmosphère, un peuple prêt au sacrifice, qui, courageusement
et joyeusement, assiste les frères dans le besoin. C’est de ceux-là
spécialement que parle le Seigneur quand il dit : « Fais entrer dans
138 Le Ministère de la bienfaisance

ta maison les malheureux sans asile. » Es.58 :7. — “Testimonies”,


vol. VI, p. 85.
Procurons du travail aux familles pauvres — Sur l’emplace-
ment de l’école en Australie, on doit créer des vergers et des jardins,
afin que les élèves puissent faire de l’exercice physique combiné
avec le travail mental, et payer ainsi la moitié et même, pour certains,
la totalité de leur écolage. Du terrain doit aussi être acheté pour
que des familles qui ne peuvent trouver du travail dans les villes
à cause du sabbat puissent gagner leur vie en le cultivant. C’est
une absolue nécessité pour ce pays. Des instructions doivent être
données concernant la culture du sol. Nous devons nous attendre
que le Seigneur bénira cet effort. “Manuscrit” 23, 1894.
Notre devoir envers les familles pauvres — On nous a souvent
posé des questions au sujet de nos devoirs envers les pauvres qui
entrent dans l’Eglise. Nous-mêmes avons été longtemps perplexes,
ignorant comment agir avec discrétion dans ce cas. Mais tandis que
nous étions à Roosevelt (N.Y.), le 3 août 1861, j’ai eu une vision à
ce sujet.
Dieu n’exige pas que nos frères prennent en charge chaque
famille pauvre qui adhère au message du troisième ange. Si c’était
le cas, il faudrait cesser d’évangéliser de nouveaux territoires, car
les caisses seraient vidées par les secours accordés aux nécessiteux.
Beaucoup d’entre eux sont dans la pauvreté parce qu’ils ne savent
pas employer convenablement leur argent. Leur venir en aide serait
en réalité leur nuire. Certains seront toujours pauvres. Leur procurer
[140] tous les avantages ne leur servirait de rien. Ils ne savent pas calculer
et dépenseraient vite tout ce qui serait en leur possession, que ce soit
beaucoup ou peu.
Certaines personnes ignorent ce que veut dire renoncer à elles-
mêmes et économiser afin de se préserver des dettes et d’avoir un
peu d’argent de côté en cas de besoin. Si l’Eglise aidait de telles
personnes au lieu de les. laisser se tirer d’affaire par elles-mêmes,
cela leur serait finalement nuisible. Ces personnes s’attendraient à
être aidées et ne pratiqueraient pas le renoncement et l’économie
lorsque leur situation financière le permettrait. Si elles ne recevaient
pas de secours chaque fois qu’elles en auraient besoin, Satan les
tenterait et les amènerait à être jalouses et à reprocher à leurs frères
de ne pas faire leur devoir envers elles. En réalité, les torts seraient
Le pauvre dans l’Eglise. 139

de leur seul côté. Ces personnes ne font pas partie des pauvres du
Seigneur.
Les instructions que nous donne la Parole de Dieu à ce sujet ne
comprennent pas ces cas-là, mais les malheureux et les affligés. Dieu,
dans sa providence, a éprouvé certaines personnes pour qu’elles
servent elles-mêmes d’épreuve aux autres. Les veuves et les infirmes
sont dans l’Eglise afin d’être une source de bénédiction pour elle. Ils
sont un des moyens que Dieu a choisis pour développer le caractère
de ceux qui se prétendent les disciples de Jésus-Christ et leur donner
une occasion de manifester les traits de celui de notre Rédempteur
compatissant.
Bien des gens qui ont de la peine à vivre célibataires, se décident
à se marier et à élever une famille, alors qu’ils savent fort bien qu’ils
sont incapables de l’entretenir. Ce qui est pis encore, c’est qu’ils ne
savent pas diriger une famille. Tout leur comportement se ressent de
leurs habitudes de négligence et de mollesse. Ils ont peu de contrôle
sur eux-mêmes et sont emportés, impatients et irritables. Quand de
telles personnes deviennent adventistes, elles pensent qu’elles ont
droit à l’assistance de leurs frères plus fortunés. Si l’on ne va pas
au-devant de leurs désirs, elles se plaignent de l’Eglise et l’accusent
de ne pas vivre sa foi. Mais qui doit souffrir en pareil cas ? L’œuvre
de Dieu doit-elle être sapée à la base et les caisses vidées pour
subvenir à l’entretien de ces familles nombreuses ? Assurément non.
Ce sont les parents qui doivent en supporter les conséquences. D’une
façon générale, ils ne seront pas plus gênés qu’ils ne l’étaient avant
d’observer le sabbat.
Il y a dans le cœur de certains de nos pauvres un mal qui les
perdra, s’ils n’arrivent pas à en triompher. Ils ont accepté la vérité
en gardant leurs habitudes grossières, rudes et incultes. Il leur faut
un certain temps pour s’en apercevoir et se rendre compte que cela
ne s’accorde pas avec le caractère du Christ. Ils considèrent ceux
qui sont plus rangés et cultivés comme des gens fiers et on peut les
entendre dire : « La vérité nous abaisse tous au même niveau. »
Mais c’est une erreur complète de penser que la vérité abaisse celui
qui l’accepte. Au contraire, elle l’élève, affine les goûts, sanctifie le [141]
jugement et, si elle est vécue, le prépare à vivre avec les saints anges
dans la cité de Dieu. La vérité est destinée à nous amener tous à un
niveau élevé.
140 Le Ministère de la bienfaisance

Ceux qui ont le plus de sagesse devraient toujours se comporter


noblement et généreusement avec leurs frères plus pauvres, leur
donner de bons conseils et les laisser ensuite livrer eux-mêmes les
batailles de la vie. Mais il m’a été montré que l’Eglise a le devoir
solennel de s’occuper tout spécialement des veuves, des orphelins
et des infirmes privés de ressources. — “Témoignages”, vol. 1, p.
102-104.
Conseils concernant une œuvre équilibrée — Le Christ ne
nous a pas recommandé de travailler uniquement pour les pauvres
et d’employer à leur égard tous nos dons. Nous avons un devoir à
accomplir envers ceux qui remplissent cette mission : « Allez par
tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. »
L’augmentation du nombre des prédicateurs exigera davantage de
fonds. ...
Lorsque vous dépensez de l’argent, dites-vous : « Est-ce que
j’encourage la prodigalité ? » Quand vous donnez aux pauvres,
posez-vous cette question : « Est-ce que je les aide, ou leur fais du
mal ? » ...
Pensez aux nécessités de la mission qui nous est confiée : l’évan-
gélisation du monde. ... Notre époque comprend des intérêts éternels,
Nous devons proclamer la vérité à un monde qui se perd. Dieu ré-
clame des hommes qui se groupent sous la bannière ensanglantée du
Christ pour faire connaître la Bible aux gens, multiplier les camps-
meetings dans dif-férentes localités, avertir les villes, aller partout
annoncer la Parole. ”,Manuscrit” 4, 1899.
Chapitre 22—Les pauvres du monde [142]

Subvenir aux besoins des pauvres — Tout autour de nous


s’étalent la misère et la souffrance. Des familles sont dans le dé-
nuement le plus complet, de petits enfants pleurent pour avoir un
morceau de pain. La demeure des pauvres est privée de meubles et du
linge nécessaire. Beaucoup logent dans des taudis et ne connaissent
aucun confort. Leur cri monte jusqu’au ciel. Dieu voit, il entend.
— “Témoignages”, vol. III, p. 39.
Alors que Dieu, dans sa providence, a chargé la terre de ses
trésors et rempli ses greniers d’abondance, le dénuement et la misère
s’étalent de toutes parts. Une Providence généreuse a placé entre les
mains de ses représentants de quoi pourvoir avec abondance aux be-
soins de tous ; mais les économes de Dieu se sont montrés infidèles.
Dans le monde qui se dit chrétien, il se dépense en extravagances de
quoi pourvoir largement aux besoins de tous les affamés et de quoi
vêtir ceux qui sont nus. Des hommes qui portent le nom de chrétiens
font servir l’argent du Seigneur à la satisfaction de leurs plaisirs
égoïstes et de leurs appétits, à l’usage de boissons alcoolisées et de
mets délicats, à l’achat de maisons, d’ameublements somptueux et
de vêtements coûteux, alors qu’ils accordent à peine un regard de
pitié ou une parole de sympathie aux êtres souffrants et nécessiteux.
Que de misère au cœur de nos pays qui se disent chrétiens !
Pensez aux conditions de vie des indigents dans nos grandes villes.
Dans ces centres se trouvent des multitudes d’êtres humains aux-
quels on accorde moins d’attention qu’aux bêtes. On y rencontre
des milliers d’enfants infortunés, mi-vêtus, mourant de faim, qui
portent sur leurs visages la flétrissure du vice et de la dégradation.
Des familles vivent ensemble dans de misérables habitations dont
beaucoup ne sont que des caves ou des celliers suintant l’humidité
et de pourriture. Des bébés viennent au monde dans ces bouges,
des enfants et des adolescents y grandissent sans jamais rien voir
d’attrayant, et dans l’ignorance des beautés naturelles créées par
Dieu pour réjouir le cœur. Les pratiques basses et honteuses, les
141
142 Le Ministère de la bienfaisance

[143] exemples pernicieux qui s’offrent constamment à ces enfants, à ces


jeunes gens et à ces jeunes filles, modèlent leur caractère. Le nom
de Dieu n’est prononcé devant eux que sous forme d’injures. Ils
sont saturés de vapeurs d’alcool et de fumée de tabac. Des paroles
inconvenantes retentissent à leurs oreilles. Tous les aspects de la
dégradation morale s’étalent sous leurs yeux et pervertissent leurs
sens. Des cris pitoyables pour de la nourriture et des vêtements se
font entendre de ces repaires de la misère où la prière est totalement
inconnue.
Nos églises ont à cet égard à accomplir une œuvre dont un grand
nombre de personnes n’ont qu’une faible idée et qui n’a pour ainsi
dire pas été entamée. « J’ai eu faim, a dit le Christ, et vous m’avez
donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais
étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu
; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous
êtes venu vers moi. » Mt.25 :35, 36. Quelques-uns pensent que
s’ils donnent de l’argent à cette œuvre ils ont fait tout ce qui leur
est demandé, mais ils se trompent. Les dons en argent ne peuvent
remplacer le travail personnel. Il est juste de donner de nos biens, et
un plus grand nombre d’entre nous devraient agir de la sorte ; mais
un service personnel est demandé à tous, suivant les forces et les
possibilités de chacun.
Le travail qui consiste à recueillir les malheureux et les opprimés,
à prendre soin des malades et des indigents est l’œuvre même à
laquelle devrait se livrer depuis longtemps chaque église qui prétend
croire à la vérité évangélique pour notre époque. Nous devons faire
preuve d’une sympathie aussi tendre que celle du bon Samaritain,
en subvenant aux besoins physiques des malheureux, en donnant à
manger à ceux qui ont faim, en abritant dans nos foyers ceux qui
sont sans asile et en puisant en Dieu, jour après jour, les forces et la
grâce qui nous permettront de pénétrer jusque dans les bas-fonds de
la misère humaine pour venir en aide à ceux qui ne peuvent d’eux-
mêmes en sortir. Ce travail nous fournira une occasion favorable de
faire connaître le Christ crucifié. „Témoignages”, vol. 11, p. 597-
599.
Commencez par aider vos voisins — Chaque membre d’église
devrait avoir le sentiment qu’il est de son devoir de travailler en
faveur de ceux qui vivent autour de lui. Demandez-vous comment
Les pauvres du monde 143

vous pouvez le mieux secourir ceux qui ne témoignent aucun intérêt


pour les choses religieuses. Et tandis que vous rendez visite à vos
amis et à vos voisins, montrez-leur que vous vous intéressez à leur
état spirituel aussi bien qu’à leur bien-être matériel. Parlez-leur du
Christ comme d’un Sauveur qui pardonne les péchés. Invitez chez
vous vos amis et lisez-leur des passages de la Parole de Dieu et de
livres qui expliquent les vérités qu’elle renferme. Ces lectures ainsi
que des cantiques simples et de fer- ventes prières feront impression [144]
sur les cœurs. Que les membres d’église s’entraînent à ce travail. Il
est tout aussi important que celui qui consiste à aller à la recherche
des âmes enténébrées dans les pays lointains. Si quelques-uns ont
à cœur l’œuvre des missions lointaines, que tous ceux qui restent
dans leur pays s’intéressent au salut des âmes qui les entourent et
travaillent en leur faveur tout aussi diligemment que les premiers le
font pour les indigènes de quelque contrée lointaine.
Les heures si souvent consacrées à des amusements ne procurant
aucun repos pour le corps ni pour l’âme devraient être employées à
rendre visite aux pauvres, aux malades et à ceux qui souffrent, ou à
s’efforcer de venir en aide à quelqu’un dans le besoin.
Dans cette œuvre en faveur des pauvres, des méprisés, des aban-
donnés, ne restez pas drapés dans votre dignité et votre supériorité,
car en agissant ainsi vous n’accomplirez rien de bon. Soyez réel-
lement convertis et apprenez de celui qui est doux et humble de
cœur. Le Seigneur doit toujours être présent à nos esprits et à nos
cœurs. Comme serviteurs du Christ, répétons sans cesse, de crainte
de l’oublier : « J’ai été racheté à un grand prix. »
Dieu ne fait pas seulement appel à votre bienveillance, mais
il aime vous voir un visage joyeux, vous entendre prononcer des
paroles d’espérance et vous voir tendre une main amie. Dans vos
visites aux affligés, vous rencontrerez des personnes qui vivent sans
espoir. Faites pénétrer dans leurs cœurs quelques rayons d’espérance.
D’autres ont besoin du pain de vie, lisez-leur la Parole de Dieu.
D’autres encore sont atteintes de ces maladies de l’âme qu’aucun
baume terrestre ni aucun médecin ne saurait soulager ou guérir. Priez
pour elles et conduisez-les à Jésus.
Dans certaines occasions, quelques-uns se laissent guider par
leurs sentiments et en arrivent ainsi à agir par impulsion. Peut-
être s’imaginent-ils être d’une grande utilité à l’œuvre de Dieu
144 Le Ministère de la bienfaisance

en se conduisant de la sorte, mais il n’en est rien. Leur zèle est


de courte durée et leur service pour le Christ est bientôt négligé.
Dieu n’agrée pas un service irrégulier, et ce n’est pas par des gestes
impulsifs que nous pouvons faire du bien à nos semblables. Les
efforts spasmodiques dans l’œuvre de bienfaisance font souvent plus
de tort que de bien. — “Id.”, p. 599, 600.
Donnez l’aide qui convient — La manière de venir en aide
aux nécessiteux doit être considérée sérieusement et avec prière.
Il faut pour cela la sagesse de Dieu, car il sait mieux que nous
comment prendre soin de ses créatures. Il en est qui donnent sans
discrimination à tous ceux qui sollicitent leur aide. Ils se trompent.
En essayant de donner aux nécessiteux nous devons bien prendre
garde de ne leur fournir que ce dont ils ont besoin. Certains de
ceux qui ont été secourus s’attendent constamment à recevoir. Ils
[145] agiront ainsi aussi longtemps qu’ils le pourront. En leur donnant
n’importe comment et n’importe quoi nous encourageons la paresse,
l’extravagance et l’intempérance.
Lorsque nous donnons aux pauvres nous devons nous demander
« Est-ce que j’encourage la prodigalité ? Est-ce que je fais du bien
ou du mal ? » Aucun homme qui peut gagner sa vie n’a le droit de
dépendre des autres.
Le dicton : « Le monde me doit la subsistance » aboutit inévita-
blement au mensonge, à la fraude et au vol. Le monde ne doit rien
à quiconque est capable de travailler et de gagner sa vie. Mais si
quelqu’un frappe à notre porte et nous demande à manger, ne nous
détournons pas de celui qui a faim. Sa pauvreté peut être le résultat
du malheur.
Il nous faut aider ceux qui ont la charge d’une famille nombreuse,
et qui luttent sans cesse contre l’indigence. Beaucoup de veuves,
restées seules avec des orphelins, s’astreignent à un dur travail pour
les garder auprès d’elles et leur procurer de la nourriture et des
vêtements. Un grand nombre d’entre elles sont mortes d’épuisement.
Toute veuve a besoin de réconfort, de paroles d’encouragement, et
d’une aide substantielle. — “Testimonies”, vol. VI, p. 227, 228.
Prenez note de chaque cas — C’est le dessein de Dieu que
riches et pauvres soient étroitement unis par des liens de sympathie
et d’entraide. Dieu nous invite à nous intéresser à tous les cas de
misère et de souffrance qui peuvent venir à notre connaissance. ...
Les pauvres du monde 145

Bien des gens qui ne partagent pas notre foi ont soif de l’aide
véritable qui constitue les devoirs des chrétiens à leur égard. Si
les enfants de Dieu témoignaient à leurs voisins un réel intérêt,
beaucoup d’entre eux seraient gagnés aux vérités particulières pour
notre temps. Rien ne donnera ou ne peut donner du caractère à notre
œuvre comme le fait de venir en aide aux nécessiteux, là même
où ils se trouvent. Des milliers d’hommes et de femmes pourraient
aujourd’hui se réjouir dans le message si ceux qui professent aimer
Dieu et garder ses commandements travaillaient dans l’esprit du
Christ. — “Témoignages”, vol. 11, p. 604.
Le meilleur moyen de gagner les cœurs aujourd’hui — En
montrant de l’intérêt pour l’humanité souffrante nous pouvons mieux
atteindre les cœurs. La culture de l’esprit et du cœur est beaucoup
plus facile quand nous manifestons une tendre sympathie pour ceux
à qui nous venons en aide. — “Lettre” 116, 1897.
Nous représenterons le Christ en nous occupant des autres. Nous
devons accomplir la mission qu’il a confiée à ses disciples : « Allez,
faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du
Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur tout ce que je vous
ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin [146]
du monde. » Atteindre les gens qui sont négligés, et les amener au
Christ, voilà notre œuvre.
Jusqu’à maintenant nos membres n’ont fait que peu de chose
à cet égard. Le Christ est venu, non pour appeler les justes à la
repentance, mais les pécheurs. Il veut que chaque âme comprenne
l’efficacité illimitée de son sang, capable de sauver parfaitement tous
ceux qui viennent à lui. Il veut que tous les hommes, formés à son
image, se souviennent que Dieu est infini, et que son amour, révélé
dans le sacrifice du Christ en faveur de toute l’humanité, montre la
valeur qu’il attache à celle-ci. Il invite chacun à venir à lui pour être
sauvé. Ayons recours à la source de toute miséricorde. Il veut faire
des hommes ses agents, afin de détourner leurs semblables du péché.
“Lettre” 33, 1898.
[147] Chapitre 23—Aider les pauvres à se suffire à
eux-mêmes

Apprenez aux pauvres à se suffire à eux-mêmes — Des


hommes et des femmes de Dieu possédant du discernement et de la
sagesse devraient être désignés pour s’occuper des pauvres et des
nécessiteux, en commencent par ceux de la maison de Dieu. Ces
personnes devraient faire à l’église un rapport de leurs investigations
et donner leurs conseils et leurs suggestions concernant l’œuvre à
accomplir.
Au lieu d’encourager les pauvres à penser qu’ils peuvent être
nourris gratuitement ou à peu près, nous devrions veiller à ce qu’ils
puissent s’aider eux-mêmes. Nous devrions nous efforcer de leur
procurer du travail, et si- cela est nécessaire leur apprendre à tra-
vailler. Qu’on enseigne aux membres des familles pauvres à cuisiner,
à confectionner et à raccommoder leurs vêtements, à tenir le ménage
dans un état convenable de propreté. Que garçons et filles apprennent
un métier ou se livrent à une occupation utile. Nous devons enseigner
aux pauvres à compter sur eux-mêmes. C’est un véritable service à
leur rendre, ils pourront ainsi non seulement arriver à se suffire mais
à venir en aide aux autres. — “Témoignages”, vol. II, p. 602.
Un appel aux hommes possédant des talents et des moyens
— Une question se pose souvent : Que peut-on faire lorsque prévaut
la pauvreté, et qu’il faut constamment intervenir ? Dans des circons-
tances semblables on se demande comment arriver à redresser la
situation. Sans doute est-ce difficile, et à moins que les hommes
qui réfléchissent et ceux qui disposent de moyens n’exercent leurs
talents pour accomplir l’œuvre du Christ, un travail important sera
négligé. Le changement nécessaire ne se fera jamais si hommes et
femmes ne sont pas animés par une puissance supérieure. Ceux qui
ont des talents et des capacités doivent les employer à faire du bien à
leurs semblables, s’efforcer de leur apprendre à s’aider eux-mêmes.
C’est ainsi que l’éducation acquise dans nos écoles aura le meilleur
rendement.
146
Aider les pauvres à se suffire à eux-mêmes 147

Les talents que le Seigneur nous a confiés ne doivent pas être mis
sous le boisseau ou sous un lit. « Vous êtes la lumière du monde », a
dit le Christ. Mt.5 :14. Lorsque vous voyez des familles logées dans [148]
des taudis, sans meubles, sans vêtements, sans outils, sans livres, ou
autres marques de raffinement, ne voulez-vous pas vous intéresser à
leurs cas et vous efforcer de leur apprendre comment utiliser le mieux
possible leurs énergies, afin qu’elles puissent arriver à améliorer leur
situation ? “Testimonies”, vol. VI, p. 188, 189.
La Parole de Dieu nous donne la solution du problème — Il
est des hommes et des femmes au cœur généreux que le paupérisme
angoisse et qui cherchent avec sollicitude les moyens d’y remédier.
Mais comment faire pour aider les chômeurs et les sans-asile à se
procurer les commodités les plus élémentaires de l’existence ? Telle
est la question qui se pose.
Si les hommes étaient attentifs aux enseignements de la Parole
de Dieu, ils trouveraient une solution à tous ces problèmes. L’Ancien
Testament renferme de précieux enseignements concernant le travail
et l’assistance aux pauvres. Dieu désirait que chaque famille israélite
possédât une maison et eût assez de terre cultivable pour assurer sa
subsistance. Ce système fournissait à chacun les moyens de mener
une vie active, utile et indépendante. Aucune organisation humaine
ne saurait améliorer ce dessein ; la pauvreté et la misère de notre
société sont dues en grande partie à son abandon.
En Israël, le travail manuel était considéré comme un devoir.
Chaque père de famille devait apprendre un métier à ses fils. Les
hommes les plus éminents savaient travailler de leurs mains. Quant
aux femmes, il fallait qu’elles connussent tous les devoirs de la
maîtresse de maison, et l’habileté dans le travail domestique était
en honneur chez celles qui faisaient partie de la meilleure société.
On enseignait différents métiers dans les écoles des prophètes, et
beaucoup d’étudiants pourvoyaient à leurs besoins par le travail
manuel.
La règle de vie que Dieu avait donnée à Israël devait servir à
toute l’humanité. Si l’on appliquait ces principes aujourd’hui, le
monde serait bien différent. — “Rayons de santé”, p. 145, 146, 147,
149.
Des multitudes peuvent trouver à se loger sur la terre —
Dans les vastes limites de la nature, il y a assez de place pour que
148 Le Ministère de la bienfaisance

tous ceux qui souffrent de la misère puissent trouver un abri, et elle a


suffisamment de ressources pour les nourrir. Des trésors sont cachés
dans les profondeurs de la terre, et les hommes qui font preuve de
courage, de volonté et de persévérance peuvent les recueillir. La
culture du sol, que Dieu avait autrefois assignée à Adam, permet à
des multitudes d’assurer leur subsistance. ...
Si les pauvres entassés dans les villes allaient habiter à la cam-
pagne, ils pourraient non seulement y gagner leur vie mais y trouver
[149] la santé et le bonheur. Un travail ardu, une nourriture frugale, une
économie rigoureuse, parfois des difficultés et des privations seraient
leur lot, mais quelles bénédictions pour eux de quitter la ville, sa
misère, ses tentations, ses incitations au mal, ses crimes, pour vivre
dans la quiétude, la paix et la pureté !...
Pour pouvoir gagner leur vie, beaucoup ont besoin qu’on les
assiste, qu’on les encourage et qu’on les instruise. Il y a un grand
nombre de familles pauvres en faveur desquelles le travail mis-
sionnaire le plus profitable consisterait à les aider à s’établir à la
campagne et à leur apprendre à cultiver la terre de manière à en tirer
leur subsistance.
Il est des pays où cette nécessité ne se fait pas sentir dans les
villes seulement. A la campagne même, où la vie est pourtant plus
facile, les pauvres abondent et leurs besoins sont grands. Des villages
entiers ont besoin d’éducation en matière professionnelle et dans les
principes élémentaires de l’hygiène.
Des esprits obtus, des corps faibles et difformes trahissent une
funeste hérédité et des habitudes pernicieuses. Il faut que la forma-
tion de ces gens commence par les premiers éléments. Ils ont mené
une vie indolente et vicieuse, et ils doivent contracter des habitudes
de travail et de pureté. Mais comment pourraient-ils saisir la néces-
sité de se perfectionner ? Comment comprendront-ils un idéal plus
élevé ? Comment les aider à se relever ? Que faire là où prévaut la
pauvreté ? L’œuvre est certainement difficile. — “Id.”, p. 149, 153,
154, 155.
Une œuvre pour les fermiers chrétiens — Les cultivateurs
chrétiens peuvent accomplir une véritable œuvre philanthropique en
aidant les pauvres à se loger à la campagne, et en leur apprenant à
travailler la terre, à la rendre productive, à se servir d’instruments
agricoles, à cultiver les céréales et à soigner les arbres fruitiers.
Aider les pauvres à se suffire à eux-mêmes 149

Bien des cultivateurs, dans certains pays, n’obtiennent pas une


récolte satisfaisante à cause de leur négligence. Ils ne soignent pas
convenablement leurs vergers, ne sèment pas au moment voulu,
et ne travaillent la terre que superficiellement ; puis ils accusent
faussement de leur insuccès la stérilité d’un sol qui, convenable-
ment travaillé, les aurait richement récompensés. Il faut absolument
qu’ils renoncent à la routine et s’efforcent de pratiquer les meilleures
méthodes de culture. — “Id.”, p. 154, 155.
Même les plus pauvres arriveront à améliorer leur situation en
se levant tôt et en travaillant dur. ... C’est grâce à un travail diligent,
en exerçant au mieux chacune de leurs facultés, en apprenant à ne
pas gaspiller leur temps, qu’ils réussiront à tirer profit de ce qu’ils
possèdent et à cultiver leurs terres. — “Testimonies”, vol. VI, p. 188,
189.
Etablissement d’industries — On devrait fonder des industries [150]
variées où les pauvres trouveraient un emploi. Les charpentiers, les
forgerons et tous ceux qui exercent un métier utile l’apprendraient à
ceux qui l’ignorent et sont sans travail.
Les cuisinières, les ménagères, les couturières, les infirmières
peuvent apprendre aux femmes pauvres à cuisiner, à bien tenir leur
maison, à confectionner leurs vêtements, à soigner les malades. ...
Des familles pieuses devraient s’installer dans les régions in-
cultes. Que des fermiers, des financiers, des entrepreneurs et des
artisans aillent se fixer dans les lieux en friche pour y améliorer le
sol, y fonder des industries, y construire d’humbles maisons pour
eux-mêmes et venir en aide à leurs voisins. — “Rayons de santé”, p.
l@55, 156.
Enseigner aux hommes à se suffire à eux-mêmes — Nous
pouvons souvent venir en aide aux pauvres en leur enseignant
quelque chose de pratique. Généralement, ceux qui n’ont pas appris
à travailler manquent d’initiative, de persévérance ‘, d’économie et
de renoncement. Ils ne savent pas se tirer d’embarras. Par manque
de soin et de jugement, ils gaspillent souvent ce qui suffirait à leur
assurer le confort. « Le champ que défriche le pauvre donne une
nourriture abondante, mais tel périt par défaut de justice. »
Il y a une manière de donner aux pauvres qui leur fait du tort
c’est celle qui leur apprend à compter sur les autres.
150 Le Ministère de la bienfaisance

La véritable charité consiste à aider les indigents à pourvoir eux-


mêmes à leurs moyens d’existence. ... La vraie bienfaisance consiste
en autre chose qu’à donner. Elle exige que nous nous intéressions
sincèrement à la prospérité de nos semblables ; que nous cherchions
à comprendre les besoins de ceux qui sont dans la détresse et à leur
apporter le secours qui leur est le plus nécessaire. Donner de son
temps, ses propres forces, sa pensée, c’est bien plus que de donner
simplement de l’argent. Mais c’est là la véritable charité. — “Id.” p.
157.
Efforts physiques et force morale indispensables — Pour ar-
river à régénérer et réformer il faut déployer un effort physique et
une force morale. Cherchons à obtenir des connaissances dans le
domaine temporel et dans le domaine spirituel, afin de pouvoir en
faire bénéficier d’autres. Vivons entièrement en conformité avec
l’Evangile, de façon que les bénédictions temporelles et spirituelles
puissent se faire sentir autour de nous. — “Testimonies”, vol. VI, p.
189.
Nuire inconsciemment — Vous pouvez donner aux pauvres
sans leur faire du bien, susciter chez eux le sentiment qu’ils n’ont
pas besoin de s’aider eux-mêmes et de pratiquer l’économie. Pre-
[151] nons garde de ne pas encourager l’indolence ou des habitudes qui y
conduisent. — “Historical Sketches”, p. 293.
Vous pouvez donner aux pauvres, et leur faire du mal, parce que
vous les habituez à compter sur autrui et non sur eux-mêmes. Faites
en sorte qu’ils arrivent à ne compter que sur eux. — “Manuscrit” 46,
1898.
Ne pas encourager la paresse — La Parole de Dieu nous en-
seigne que si l’on ne veut pas travailler on ne doit pas non plus
manger. Le Seigneur ne demande pas de se fatiguer outre mesure
pour entretenir ceux qui ne sont pas diligents. C’est la perte de temps,
le manque d’énergie qui conduisent à la pauvreté et à la misère. Si
ces défauts ne sont pas corrigés, tout ce que l’on peut faire revient à
mettre un trésor dans un sac percé. Mais il existe une pauvreté inévi-
table et nous devons manifester de la tendresse et de la compassion
envers ceux qu’elle atteint. — “Review and Herald”, 3 janvier 1899.
Les pauvres ont besoin de conseils — Il y a une classe de
frères pauvres qui ne sont pas exempts de tentations. Ce sont de
mauvais administrateurs dépourvus de sagesse. Ils veulent obte-
Aider les pauvres à se suffire à eux-mêmes 151

nir des fonds sans soutenir un effort persévérant. Certains ont une
telle hâte d’améliorer leur situation qu’ils s’engagent dans n’importe
quelle entreprise sans consulter des hommes compétents et au juge-
ment sûr. Leurs espérances se réalisent rarement ; au lieu de gagner
ils perdent, et alors ils envient les riches et les tentations surviennent.
Ils voudraient participer à la fortune de leurs frères, et se croient
éprouvés parce qu’ils ne le peuvent pas. Mais ils ne méritent pas
qu’on leur vienne en aide. Ils ont la preuve de la dispersion de leurs
efforts. Ils ont été versatiles dans leur travail et leur anxiété et leur
souci ne leur ont rien rapporté. De telles personnes doivent écouter
les conseils de ceux qui ont de l’expérience. Mais le plus souvent
elles sont les dernières à le faire. Elles croient posséder un jugement
supérieur et ne veulent rien entendre.
Bien souvent ces mêmes personnes sont victimes de solliciteurs
dont le succès ne dépend que de l’art de la séduction. Il faut qu’elles
apprennent à ne pas mettre leur confiance en de tels hommes. Mais
les frères croient facilement les choses mêmes qu’ils devraient sus-
pecter et dont ils feraient bien de se méfier. Qu’ils se souviennent
de l’instruction de Paul à Timothée : « C’est, en effet, une grande
source de gain que la piété avec le contentement. » « Si donc nous
avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. » Que le pauvre
ne croie pas que la richesse soit la seule chose enviable. Alors que le
riche s’accroche avec avidité à ce qu’il possède et cherche à obtenir
davantage, le pauvre court le grand danger de convoiter sa fortune.
— “Testimonies”, vol. I, p. 480, 481.
Etre disposé à recevoir des conseils— Beaucoup ignorent com- [152]
ment s’organiser et économiser. Ils ne savent pas se conduire avec
circonspection. De telles personnes ne devraient pas se fier à leur
jugement déficient, mais consulter des frères expérimentés. Ceux qui
manquent de jugement et ne connaissent pas l’économie font souvent
la sourde oreille aux conseils qu’on pourrait leur donner. Ils pensent
généralement qu’ils savent conduire leurs affaires temporelles et
ne tiennent pas compte des avis qu’ils reçoivent. Ils prennent de
mauvaises décisions et en subissent les conséquences. Leurs frères
sont peinés en les voyant souffrir, et ils s’efforcent de les sortir d’em-
barras. Leur mauvaise gestion affecte l’Eglise. Ils épuisent le trésor
du Seigneur qui devrait servir à faire avancer la cause de la vérité
présente.
152 Le Ministère de la bienfaisance

Si ces frères pauvres consentaient à se conduire humblement


et à se laisser guider par des hommes d’expérience, ces derniers
auraient le sentiment qu’il est de leur devoir de les encourager et de
les sortir d’embarras. Mais s’ils persistent à faire ce qui leur plaît,
s’ils s’obstinent à suivre leur propre jugement, ils devront en subir
les conséquences et apprendre par expérience que « le salut est dans
le grand nombre des conseillers ». Les enfants de Dieu dépendent les
uns des autres. Ils doivent se conseiller mutuellement, afin que ceux
qui manquent de sagesse profitent de celle des autres. — „Review
and Herald”, 18 avril 1871.
La plupart des pauvres peuvent s’aider eux-mêmes — Il en
est très peu dans notre pays où tout abonde qui soient réellement
pauvres au point d’avoir besoin d’aide. Si chacun consentait à se
bien conduire, personne ne serait dans le besoin. Je dis aux riches :
Soyez généreux envers vos frères pauvres, et employez votre argent
à faire avancer le règne de Dieu. Les pauvres qui sont dignes, ceux
qui le deviennent par suite de malheurs ou de maladies, méritent
toute notre attention. « Soyez tous animés des mêmes pensées et
des mêmes sentiments, pleins d’amour fraternel, de compassion,
d’humilité. » — „Testimonies”, vol. I, p. 481.
Observez la règle d’or— Dieu élève souvent celui qui, même à
son désavantage, empêche le pauvre d’être placé dans une position
où il aurait tout à perdre. C’est le devoir d’un homme envers ses
semblables. Il est injuste de profiter de l’ignorance de celui qui
ne sait pas discerner le résultat de ses décisions. Le devoir de son
frère consiste à lui exposer clairement les choses, de peur qu’il
n’agisse aveuglément et ne soit privé des ressources qui sont les
siennes. Lorsque les hommes observent la règle d’or : « Faites aux
autres ce que vous voudriez qu’ils vous fassent ”, bien des difficultés
disparaissent rapidement. — „Lettre” 85, 1896.
Chapitre 24—Les pauvres doivent exercer la [153]
bienfaisance

Non la somme donnée mais la promptitude de l’amour— Le


pauvre ne doit pas être exclu du privilège de donner. Il peut aussi
bien que le riche participer à cette oeuvre. La leçon du Christ au
sujet de la veuve qui donna deux petites pièces nous montre que
la plus petite offrande du pauvre, si elle est dictée par l’amour, est
aussi précieuse que le plus grand don du riche. Dans la balance du
sanctuaire les dons du pauvre, procédant de l’amour du Christ, sont
estimés, non d’après la somme versée, mais selon l’amour qui a dicté
le sacrifice, — „Review and Herald”, 10 octobre 1907.
Un sacrifice est aussi exigé du pauvre— Il en est qui sont
pauvres en biens de ce monde et s’attendent que les riches prennent
à leur charge la diffusion du message. Mais ils ne comprennent pas
qu’eux aussi ont une oeuvre à accomplir. Dieu exige qu’ils fassent
un sacrifice. — „Id.”, 18 avril, 1871.
« Elle a mis tout ce qu’elle avait. » — Le Sauveur appela ses
disciples et leur fit remarquer la pauvreté de la veuve. Il leur dit :
« Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. » Des larmes
de joie remplissaient ses yeux en voyant que son acte était compris
et apprécié. Beaucoup lui auraient conseillé de garder ses deux
pièces de monnaie pour son propre usage. Données aux prêtres ces
pièces étaient confondues avec les gros dons versés au trésor. Mais
Jésus comprit son mobile. Elle croyait que le service du temple était
ordonné par Dieu, et elle voulait faire tout ce qu’elle pouvait pour
le soutenir. Elle a donné tout ce qu’elle avait. Son acte reste un
monument à sa mémoire à travers tous les âges, et ce sera sa joie
pendant l’éternité. Son coeur dicta son obole. Celle-ci fut estimée,
non d’après la valeur de l’argent, mais d’après l’amour et l’intérêt
pour l’oeuvre qui l’avaient poussée à agir.
Jésus a dit de la pauvre veuve qu’elle « avait fait plus que tous
les autres ». Les riches avaient donné de leur superflu, la plupart
pour être vus et honorés des hommes. Leurs dons importants ne les
153
154 Le Ministère de la bienfaisance

[154] avaient privés d’aucun confort, ni même du luxe. Ils n’avaient exigé
d’eux aucun sacrifice, et on ne pouvait les comparer en valeur aux
deux pièces de monnaie de la veuve.
C’est leur mobile qui donne une signification à nos actes, qui met
sur eux l’estampille de l’ignominie ou d’une haute valeur morale.
Ce ne sont pas les grandes choses que tous les yeux admirent et
dont toutes les langues parlent que le Seigneur apprécie le plus. Les
petits devoirs joyeusement accomplis, les petits dons qui peuvent
paraître insignifiants sont souvent ce qu’il aime le plus. Un coeur
animé par la foi et l’amour est plus cher au Seigneur que le don le
plus élevé. La pauvre veuve alla au-delà de ses moyens en donnant
tout ce qu’elle possédait pour vivre. Elle se priva de nourriture en
offrant ses deux pièces de monnaie pour la cause qu’elle aimait. Elle
le fit par la foi, persuadée que son Père céleste ne l’abandonnerait
pas. Ce fut son esprit désintéressé, sa foi enfantine qui plurent au
Seigneur.
Nombreux sont les pauvres qui désirent manifester leur gratitude
envers le Seigneur pour sa grâce et sa vérité, et sont prêts à participer,
avec leurs frères plus favorisés, au soutien de son service. Il ne faut
pas les repousser. Qu’ils déposent leurs pièces de monnaie à la
banque du ciel. S’ils donnent pour le Seigneur avec un coeur rempli
d’amour, ce qui semble une bagatelle deviendra un don sacré, une
offrande inestimable que le Seigneur acceptera avec le sourire, et
qu’il bénira. — „ Desire of Ages”, p. 614-616.
Comment répondit l’église de Macédoine— Paul écrivit à
l’église de Corinthe : « Nous vous faisons connaître, frères, la grâce
de Dieu qui s’est manifestée dans les églises de la Macédoine. Au
milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées, leur joie
débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance
de riches libéralités de leur part. Ils ont, je l’atteste, donné volon-
tairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens,
nous demandant avec de grandes instances la grâce de prendre part
à l’assistance destinée aux saints. Et non seulement ils ont contribué
comme nous l’espérions, mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes
au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu. Nous avons donc
engagé Tite à achever chez vous cette oeuvre de bienfaisance. ”
Il y avait une famine à Jérusalem, et Paul savait que beaucoup de
chrétiens avaient été dispersés au loin. Il se souvenait aussi que ceux
Les pauvres doivent exercer la bienfaisance 155

qui étaient restés dans la ville seraient vraisemblablement privés de


toute sympathie humaine et exposés à l’inimitié religieuse. C’est
pourquoi il exhorta les églises à assister pécuniairement leurs frères
de Jérusalem. La somme réunie par les églises dépassa l’attente des
apôtres. Poussés par l’amour du Christ, les croyants donnèrent avec
libéralité et furent remplis de joie parce qu’ils pouvaient ainsi ma-
nifester leur gratitude envers leur Rédempteur et leur amour envers [155]
leurs frères. Tel doit être le vrai fondement de la charité selon la
Parole de Dieu. — „Témoignages”, vol. II, p. 593.
Selon les talents à nous confiés— Nous lisons au sujet de
l’église de Macédoine qu’au « milieu de beaucoup de tribulations
qui les ont éprouvés [les chrétiens ] , leur joie débordante et leur
pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités
». Ceux donc qui se disent enfants de Dieu peuvent-ils se croire
excusés de ne rien faire pour la vérité parce qu’ils sont pauvres ?
Nous considérons la lumière précieuse de l’Evangile comme un
trésor inépuisable. Nous devons exercer une influence proportion-
née aux talents qui nous ont été confiés, que nous soyons riches ou
pauvres, grands ou petits, savants ou ignorants. Nous sommes des
serviteurs de Jésus-Christ, et il attend de nous que nous fassions de
notre mieux. — „Review and Herald”, 4 septembre 1894.
Ne pas se priver de la bénédiction de donner — Les ministres
du Christ ont le devoir d’apprendre aux églises à être généreuses.
Même les pauvres doivent avoir une part dans la présentation des
offrandes pour le Seigneur. Il faut qu’ils soient les participants de la
grâce du Christ, en renonçant à eux-mêmes pour venir en aide à ceux
qui sont plus pauvres qu’eux. Pourquoi les pauvres ne pourraient-
ils pas jouir de la bénédiction qui consiste à donner pour secourir
ceux qui sont plus pauvres qu’eux ? L’éducation de nos membres
à ce sujet a été négligée, certaines églises n’ont pas compris la
nécessité de venir en aide à des communautés moins favorisées
qu’elles. Elles n’ont donc pas reçu cette bénédiction à laquelle elles
devaient participer, et elles ne la recevront que lorsqu’elles se seront
rendu compte de leur négligence. —„Ibid.”
156 Le Ministère de la bienfaisance
Section 8—Au service des personnes [156]
éprouvées [157]

[158]
Au sein des ténèbres spirituelles la gloire de Dieu doit resplendir
par l’intermédiaire de son Eglise, en relevant les opprimés et en
réconfortant les affligés.

Les gémissements d’un monde éprouvé s’élèvent tout autour de


nous. Partout on voit des pauvres et des gens dans la détresse. C’est
à nous qu’incombe le devoir de soulager et d’adoucir les
tribulations et les misères de la vie. Seul l’amour du Christ peut
répondre aux besoins de l’âme. Si Jésus demeure en nous, notre
cœur débordera de sympathie divine. Les sources d’un zèle ardent
jailliront sous l’impulsion d’un amour semblable à celui du
Sauveur.“Prophètes et rois”, p. 543, 544.
[159] Chapitre 25—Notre devoir envers les malheureux

Je sauvais le pauvre qui implorait du


secours, et l’orphelin qui manquait d’appui.
La bénédiction du malheureux venait sur
moi ; je remplissais de joie le cœur de la
veuve. Je me revêtais de la justice et je
lui servais de vêtement. J’avais ma droiture
pour manteau et pour turban. J’étais l’œil de
l’aveugle et le pied du boiteux. J’étais le
père des misérables, j’examinais la cause de l’inconnu. Job 29 :
12-16.

Compassion pour les aveugles, les paralytiques et les affligés


— Ceux qui ont compassion des malheureux, des aveugles, des pa-
ralytiques des affligés, des veuves, des orphelins et des nécessiteux
sont considérés par le Christ comme des observateurs des comman-
dements de Dieu, qui hériteront la vie éternelle. “Testimonies”, vol.
III, p. 512.
Sympathie refroidie — Lorsqu’ils voient ce que le ciel a fait
pour sauver les pécheurs, comment les participants des richesses de
la grâce du Christ peuvent-ils se désintéresser de leurs semblables
? Comment peuvent-ils s’enorgueillir de leur rang et mépriser les
déshérités et les pauvres ?
Il n’est que trop vrai que l’orgueil du rang et l’oppression du
pauvre qui prévalent dans le monde existent aussi parmi ceux qui
se disent disciples du Christ. Pour beaucoup la sympathie qui de-
vrait s’exercer d’une manière toute particulière envers l’humanité
semble se refroidir. Les hommes s’approprient les dons qui leur ont
été confiés au lieu d’en faire profiter d’autres. Le riche écrase le
pauvre et emploie son argent à satisfaire son orgueil et son amour de
l’apparat, même dans la maison de Dieu. ... Si le Seigneur n’avait
pas révélé son amour envers le pauvre, au cœur contrit, ce monde

158
Notre devoir envers les malheureux 159

serait bien triste pour ce dernier. — “Review and Herald”, 20 juin


1893.
Se mettre à la place du frère dans le malheur — Lorsqu’un
croyant s’efforce honnêtement de subvenir à ses besoins et à ceux
de sa famille sans pouvoir y parvenir, et manque de nourriture et de
vêtements, le Seigneur ne tiendra pas nos frères pour innocents, s’ils [160]
considèrent ce cas avec indifférence ou recommandent à cet homme
certaines choses qu’il est virtuellement incapable de faire. ... Il faut
se mettre à la place de ceux qui sont dans l’adversité.
Une négligence de la part de ceux qui se disent disciples du
Christ, une occasion manquée de venir en aide à un frère ou à une
sœur qui gémissent sous le joug de la pauvreté et de l’oppression,
tout cela est enregistré dans les livres du ciel comme une offense
faite au Christ dans la personne de ses saints. Quels comptes devront
rendre au Seigneur un très grand nombre de ceux qui prêchent aux
autres la parole du Christ, mais ne manifestent pas leur sympathie et
leur sollicitude pour un frère en la foi qui est moins favorisé qu’eux.
Si vous connaissiez les circonstances par lesquelles ce frère est
passé, et si vous n’avez pas fait l’impossible pour le secourir, pour
changer en liberté son oppression, vous n’avez pas accompli les
œuvres du Christ, et vous êtes coupables devant Dieu. Je m’exprime
clairement, car selon la lumière qui m’a été donnée par le Seigneur,
il y a un aspect de l’œuvre qui a été négligé.
Il est possible qu’on ait montré un grand intérêt pour des achats
en gros destinés à procurer de la nourriture à ceux qui vivent dans
la pauvreté. Je n’ai, à cet égard, aucune objection à formuler, mais
c’est un zèle mal dirigé si nous négligeons nos frères dans la foi et
laissons leurs cris monter jusqu’au ciel à cause de souffrances qui
pourraient être soulagées, et si nous ne représentons pas Jésus-Christ
dans la sympathie et dans l’amour. Le Seigneur nous reprochera
cette négligence. Il ne peut dire « cela va bien » à un homme ou à
une femme qui ne possèdent pas les attributs du Sauveur : la bonté,
la compassion et l’amour envers ses semblables. - ,Manuscrit” 34,
1894.
Procurez des foyers à ceux qui en sont dépourvus — Il m’a
été montré, il y a déjà des années, que le peuple de Dieu serait mis
à l’épreuve au sujet du devoir qui consiste à procurer des foyers à
ceux qui en sont dépourvus ; que beaucoup de ceux qui en étaient
160 Le Ministère de la bienfaisance

réduits à cette extrémité le devaient à leur amour de la vérité ; que


l’opposition et la persécution priveraient les croyants de leurs foyers
; et que ceux qui en possédaient devraient ouvrir leurs maisons à
ceux qui n’en avaient pas. Il m’a été montré plus récemment que
Dieu éprouverait spécialement sur ce point ceux qui se réclament de
son nom.
Par amour pour nous, le Christ s’est fait pauvre, afin que par
sa pauvreté nous soyons enrichis. Il est mort afin de procurer une
demeure aux pèlerins et aux étrangers qui cherchent une patrie, à
savoir la céleste. Ceux qui participent à sa grâce, qui s’attendent à
hériter de l’immortalité, refuseront-ils de partager leurs foyers avec
[161] ceux qui sont sans asile ? Nous qui sommes disciples du Christ,
fermerons-nous nos portes aux étrangers parce qu’ils n’ont aucun
lien de parenté avec nous ?
L’injonction de l’apôtre n’a-t-elle plus aucune force à nos yeux
: « N’oubliez pas l’hospitalité ; car en l’exerçant, quelques-uns ont
logé des anges sans le savoir » ?...
Notre père céleste sème des bénédictions déguisées sur notre
sentier ; mais certains n’en profitent pas de crainte d’être privés de
leurs plaisirs. Les anges nous observent pour se rendre compte si
nous saisissons les occasions qui se présentent à nous de faire le
bien, si nous désirons être en bénédiction aux autres, afin qu’à leur
tour ils soient à même de nous faire du bien. ...
J’ai entendu bien des personnes s’excuser de ne pas inviter chez
elles les enfants de Dieu. « Je n’ai rien de prêt, disaient-elles, je
n’ai pas fait de cuisine. Il vaut mieux qu’ils aillent ailleurs. » Les
prétextes pour ne pas recevoir ceux qui ont besoin d’hospitalité
abondent. Les visiteurs sont profondément déçus, et ont une mau-
vaise impression en constatant le manque d’hospitalité de ces soi-
disant frères et sœurs. Si vous n’avez pas de pain, ma sœur, imitez
l’homme de la parabole du Sauveur. Allez trouver votre voisin, et
dites-lui : « Ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé
de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir. » Nous n’avons donc
aucune excuse pour refuser de recevoir une visite. Quand Elie se
rendit chez la veuve de Sarepta, elle partagea le morceau de pain
qui lui restait avec le prophète, et il opéra un miracle. En recevant
Elie, et en partageant son pain avec lui, elle fut elle-même rassasiée
; sa vie et la vie de son fils furent préservées. Plusieurs feront une
Notre devoir envers les malheureux 161

expérience semblable s’ils agissent de la même manière, avec joie


et pour la gloire de Dieu. — “Testimonies” , vol. 11, P. 27, 29.
Le corps de l’Eglise responsable de la négligence de ses
membres — Dieu tiendra l’église de ............ responsable, en tant
que corps, de la mauvaise manière dont se conduisent ses membres.
Si l’on tolère un esprit égoïste et dépourvu de sympathie envers les
malheureux, la veuve, l’orphelin, le paralytique et le malade de corps
ou d’esprit, le Seigneur cachera sa face à son peuple, jusqu’à ce qu’il
accomplisse son devoir et ôte le mal de son sein. Si quelqu’un se
réclame du nom du Christ, et le présente sous un faux jour au point
d’oublier son devoir envers les affligés, ou s’il cherche son avantage
en portant préjudice aux malheureux, et le prive ainsi de ses moyens
d’existence, le Seigneur tient l’Eglise pour responsable du péché de
ses membres. Il n’exaucera pas la prière de son peuple, si celui-ci
néglige les orphelins, les paralytiques, les aveugles et les malades.
— “Id.”, vol. III, p. 517.
Un rapport fidèle est tenu dans le ciel — Le Christ considère [162]
tout acte de miséricorde, de bienfaisance, ou d’amabilité envers les
malheureux, les aveugles, les malades, les veuves et les orphelins
comme s’il en était lui-même le bénéficiaire. Le ciel l’enregistre
fidèlement, et il sera récompensé. Il enregistre aussi la conduite de
ceux qui se montrent indifférents au malheureux, à l’exemple du
prêtre et du Lévite, et de ceux qui profitent du malheur des autres.
“Id.”, p.512, 513.
[163] Chapitre 26—Encourager et aider les veuves

Les droits des veuves et des orphelins — Parmi tous ceux


dont les besoins réclament notre attention, la veuve et l’orphelin
sont les premiers à qui nous devons témoigner notre sympathie et
nos soins. « La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père,
consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et
à se préserver des souillures du monde. ”
Le père qui est mort dans la foi en se reposant sur l’éternelle
promesse de Dieu, a quitté ses bien-aimés pleinement confiant que
le Seigneur prendrait soin d’eux. Comment le Seigneur interviendra-
t-il ? Il ne fera pas un miracle en envoyant la manne du ciel, ou des
corbeaux pour les nourrir, mais en bannissant l’égoïsme des cœurs,
en faisant jaillir les sources de l’amour chrétien. Il mettra à l’épreuve
l’amour de ceux qui se disent ses disciples, en faisant appel à leur
tendre miséricorde en faveur de ceux qui sont dans l’affliction et
le deuil, des pauvres et des orphelins. Ce sont là, dans un sens tout
particulier, les petits sur lesquels se posent les regards du Christ.
Ceux qui les négligent, négligent le Christ dans la personne des
affligés et l’offensent. Tout acte de bonté à leur égard, accompli au
nom de Jésus, est considéré par lui comme fait à lui-même, car il
identifie ses intérêts avec ceux de l’humanité souffrante ; il a confié
à son Eglise la grande mission de travailler pour lui en venant en aide
aux malheureux. La bénédiction divine reposera sur tous ceux qui
s’occupent d’eux avec un cœur généreux. — “Review and Herald”,
27 juin 1893.
Accordez une aide tangible à la veuve, allégez ses fardeaux
— Beaucoup de mères, restées veuves, luttent héroïquement sous
le poids de leur double fardeau, travaillant souvent au-delà de leurs
forces pour subvenir aux besoins de leurs chers enfants et les garder
près d’elles. Elles ont bien peu de temps à consacrer à l’éducation
et à l’instruction de ces derniers, et rares sont les occasions qui leur
permettraient d’avoir quelques distractions. Elles ont besoin d’en-
couragements, de sympathie et d’aide matérielle. Dieu nous appelle
162
Encourager et aider les veuves 163

à remplacer dans la mesure du possible, auprès de ces enfants, le


père qui n’est plus. Au lieu de nous tenir à l’écart et de nous plaindre [164]
de leurs espiègleries et du dérangement qu’ils peuvent nous causer,
venons à leur secours autant que faire se peut. Cherchons à soulager
la mère rongée de soucis. Allégeons son fardeau. — “Rayons de
santé”, p. 165.
Soyons les intermédiaires par lesquels Dieu répand ses bien-
faits. — Dans les maisons pourvues de tout le confort désirable,
dans les greniers chargés de récoltes abondantes, dans les magasins
remplis d’étoffes et de vêtements, dans les coffres où sont entas-
sés l’or et l’argent se trouvent les moyens de subsistance que Dieu
tient en réserve pour les nécessiteux. Il nous demande d’être les
auxiliaires de sa munificence. - ,Id.”, p. 164, 165.
L’assistance aux veuves est confiée à ceux qui sont prospères
— Il y a parmi nous des pauvres, des sans-asile et des veuves. J’ai
entendu un riche fermier décrire la situation d’une veuve de sa
connaissance. Il se lamentait au sujet des circonstances difficiles
par lesquelles elle passait. « Je me demande, disait-il, comment elle
fera pour supporter les frimas de l’hiver. » Il avait oublié le grand
Modèle, et par ses actes il disait : « Non, Seigneur, nous ne pouvons
pas boire à la coupe du renoncement, de l’humiliation et du sacrifice
que tu as bue, ni être baptisés du baptême de la souffrance dont tu as
été baptisé. Nous ne pouvons pas vivre pour faire du bien aux autres.
Prendre soin de nous-mêmes nous occupe suffisamment. »
Qui peut savoir comment la veuve se tirera d’affaire si ce n’est
les frères dont les greniers sont bien remplis ? Le moyen pour
qu’elle y arrive est tout trouvé. Les économes de Dieu oseront-ils
négliger les disciples du Christ qui sont dans le besoin ? Si oui, ils
négligent Jésus. Vous attendez-vous à voir le Seigneur faire tomber
du ciel le grain pour soulager les nécessiteux ? N’en a-t-il pas placé
entre vos mains pour venir en aide à ces derniers par votre moyen
? N’a-t-il pas fait de vous ses instruments pour cette bonne œuvre,
afin de vous donner le privilège de posséder un trésor dans le ciel ?
— “Testimonies”, vol. II, p. 32, 33.
Mes frères, pour l’amour du Christ, remplissez votre vie de
bonnes œuvres. ... Tout ce que vous possédez appartient au Sei-
gneur. Prenez garde que votre égoïsme ne vous amène à thésauriser
164 Le Ministère de la bienfaisance

les munificences dont il vous a comblés pour venir en aide à la veuve


et à l’orphelin. - “Id.”, vol. IV, p. 627.
Les chrétiens possèdent en abondance pour les nécessiteux
— Les chrétiens sont inexcusables de laisser les cris de la veuve
et les prières de l’orphelin monter jusqu’au ciel à cause de leurs
souffrances, alors qu’une Providence libérale a placé entre les mains
de certains d’entre eux tout ce qui est nécessaire pour subvenir à
leurs besoins. Que les cris de la veuve et des orphelins n’attirent pas
sur l’Eglise la vengeance céleste. Dans le monde qui se dit chrétien,
[165] l’argent dépensé en bijoux et en ornements suffirait à nourrir tous
ceux qui ont faim et à vêtir tous ceux qui sont nus dans nos villes et
nos villages. Et cependant ces soi-disant disciples du doux et humble
Jésus ne sont guère disposés à se priver d’une nourriture appropriée
et de vêtements convenables. Que diront ces membres d’église au
jour du jugement, lorsqu’ils seront confrontés avec les pauvres, les
affligés, les veuves et les orphelins qui ont manqué du nécessaire,
alors que, pour des vêtements coûteux ou des ornements inutiles,
expressément défendus par la Parole de Dieu, ils dépensaient des
sommes folles qui auraient suffi à subvenir à tous les besoins ?
„Review and Herald”, 21 juin 1878.
Ne négligez pas ceux qui sont près de vous — Pour chaque
don et chaque offrande les donateurs devraient avoir un but précis,
non celui de venir en aide aux paresseux, ou d’être vus des hommes,
ou encore d’acquérir une grande renommée, mais celui de glorifier
Dieu et de faire avancer sa cause. D’aucuns peuvent faire de gros
dons à l’Eglise de Dieu, alors que tout près d’eux souffre un frère
pauvre, qu’ils ne cherchent pas à soulager. De petits actes de bonté,
accomplis secrètement en faveur de leurs frères, les uniraient en-
semble et seraient notés dans le ciel. J’ai vu que les riches devaient
favoriser les affligés, les veuves et les pauvres qui sont parmi eux.
— “Testimonies”, vol. 1, p. 194.
Dieu entend la prière de la veuve — Les lois données à Israël
protégeaient tout particulièrement les intérêts de ceux qui avaient
besoin d’aide. « Tu ne maltraiteras point l’étranger, et tu ne l’oppri-
meras point ; car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte. Tu
n’affligeras point la veuve, ni l’orphelin. Si tu les affliges, et qu’ils
viennent à moi, j’entendrai leurs cris ; ma colère s’enflammera, et
Encourager et aider les veuves 165

je vous détruirai par l’épée vos femmes deviendront veuves, et vos


enfants orphelins. »
Que ceux qui font partie de nos églises et ceux qui occupent des
postes de confiance dans nos institutions trouvent dans ces paroles
la manière dont le Seigneur protège les intérêts des personnes qui
ne peuvent se tirer d’affaire toutes seules. Il entend le cri des veuves
pour leurs enfants privés de père. Il amènera sûrement en jugement
ceux qui méprisent les règles qui leur servent de bouclier.
Et cependant, malgré les avertissements du Seigneur, il en est
qui ne craignent pas de porter préjudice à la veuve et à l’orphelin. La
Parole de Dieu est parvenue jusqu’à eux, mais ils refusent de changer
leur conduite en venant en aide aux nécessiteux. Ils détournent
l’oreille de la plainte de l’orphelin. Ils sont indifférents aux larmes
et aux prières des veuves. -„Manuscrit” 117, 1903.
Visiter les veuves — Visiter les veuves et les orphelins, selon la
recommandation de l’apôtre, consiste à manifester une sympathie
chrétienne sanctifiée à l’égard de ceux qui sont dans l’affliction, à
épouser leurs intérêts, à travailler pour eux, à renoncer à ses aises [166]
pour les aider. C’est leur donner des conseils chrétiens, s’unir à eux
dans la prière et avoir sans cesse à l’esprit que Jésus-Christ est pré-
sent dans toutes ces visites, et qu’un récit fidèle du but poursuivi et
de l’œuvre accomplie par des croyants sera conservé pour prouver
qu’ils sont des hommes et des femmes convertis. Ils montreront
qu’ils lisent la Bible, croient ce qu’elle dit et lui obéissent. Ils ne
chercheront pas à susciter de la sympathie pour eux-mêmes en par-
lant mal d’une femme ou d’un mari ; ils ne penseront qu’à faire du
bien aux autres en s’oubliant eux-mêmes. Ils seront en bénédiction
à l’humanité, car c’est là la volonté de Dieu. Ils marcheront avec
circonspection, et révéleront le caractère du Christ. En s’occupant
des veuves et des orphelins, ils feront ce qu’ils voudraient qu’on leur
fasse si leurs femmes devenaient veuves et leurs enfants orphelins.
Tous ceux qui se disent enfants de Dieu devraient penser qu’un
Témoin assiste à chaque transaction et enregistre chaque acte dont
il sera donné connaissance au grand jour, lorsque chacun recevra
selon ses œuvres, à moins que ces péchés n’aient été effacés après
avoir été confessés par le pécheur repentant. Toute injustice faite
à un enfant de Dieu ou à un pécheur recevra alors son châtiment.
Le Christ identifie ses intérêts avec ceux de son peuple dans toutes
166 Le Ministère de la bienfaisance

ses afflictions. Le Seigneur vengera ceux qui maltraitent la veuve


et l’orphelin, ou qui leur nuisent d’une manière ou d’une autre.
-“Lettre” 30, 1888.
Nos responsabilités ne diminuent pas. — Chaque pauvre,
chaque âme a besoin de lumière, de tendresse, de sympathie, de
paroles d’espérance. Chaque veuve a besoin d’être secourue et d’en-
tendre des propos réconfortants et encourageants. ...
Une grande œuvre doit être accomplie dans notre monde. En
approchant de la fin de l’histoire de la terre, elle ne diminue pas,
bien au contraire. Lorsque le parfait amour de Dieu règne dans un
cœur, des choses merveilleuses se réalisent. Le Christ est dans le
cœur du croyant comme une source jaillissante jusque dans la vie
éternelle. “Review and Herald”, 15 janv. 1895.
Chapitre 27—Le soin des orphelins [167]

Nécessité d’avoir des pères et des mères convertis — Jusqu’à


ce que la mort soit engloutie dans la victoire il faudra s’occuper
des orphelins. Ils souffriront de différentes manières si la tendre
compassion et la bonté de nos membres d’église ne s’exercent pas
à leur égard. Le Seigneur nous exhorte en ces termes : « Recueille
le pauvre sans asile. » Le christianisme doit donner des pères et des
mères à ceux qui n’ont pas de foyer. La compassion pour la veuve et
l’orphelin, manifestée par la prière et par des actes, montera jusque
vers Dieu, et ne tardera pas à recevoir sa récompense. — “Review
and Herald”, 27 juin 1893.
Le Christ nous demande de nous charger de ces enfants —
Les enfants qui n’ont ni père ni mère sont confiés aux bons soins
de l’Église. Le Christ dit à ses disciples de s’en charger et de les lui
amener. Ils recevront leur récompense. Mais à cet égard j’ai constaté
beaucoup d’égoïsme. A moins que certains de nos membres n’aient
la preuve certaine qu’ils retireront eux-mêmes quelque avantage en
adoptant ces enfants, ils s’en désintéressent totalement. Leur salut
ou leur perte les laissent indifférents. Ceci n’est pas leur affaire,
pensent-ils. A l’instar de Caïn, ils disent : « Suis-je le gardien de
mon frère ? » Ils ne désirent nullement se mettre dans l’embarras
ni faire quelque sacrifice pour les orphelins. Ils sont prêts à les
jeter dans les bras du monde, mieux disposé parfois à les accueillir
que ces soi-disant chrétiens. Au dernier jour, Dieu redemandera des
comptes pour ces enfants que le ciel leur avait donné l’occasion de
sauver. Ils se sont récusés ; ils n’ont voulu accomplir de bonnes
œuvres que poussés par l’intérêt. Il m’a été montré que ceux qui
refusent de profiter des occasions de faire le bien entendront un jour
ces paroles : « Toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à
l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. »
“Testimonies”, vol. 11, p. 33.
Ouvrez vos cœurs et vos foyers — Mon mari et moi, bien
qu’absorbés par un dur labeur dans le ministère, avons eu le pri-
167
168 Le Ministère de la bienfaisance

vilège d’accueillir à notre foyer des enfants nécessiteux, et de les


[168] aider à former des caractères pour le ciel. Nous n’avons pas voulu
les adopter, car cela aurait occupé notre temps et notre esprit au
détriment du service que le Seigneur réclamait de nous pour le salut
des âmes. Mais nous avions le sentiment que les instructions d’Esaïe
58 nous concernaient, et que la bénédiction du Seigneur reposait
sur nous puisque nous obéissions à sa Parole. Tous peuvent faire
quelque chose pour les nécessiteux, en les plaçant dans des foyers
où l’on pourra en prendre soin. — “Manuscrit 35Y 1896.
Un vaste champ d’activité s’offre à tous ceux qui veulent tra-
vailler pour le Maître en prenant soin de ces enfants et de ces ado-
lescents qui ont été privés de la direction vigilante de parents et de
la douce influence d’un foyer chrétien. Parmi eux, beaucoup ont
hérité de mauvais traits de caractère et, si on les laisse grandir dans
l’ignorance, ils feront des connaissances qui pourront les entraîner
au vice et au crime. Ces jeunes peu prometteurs devraient être placés
dans des conditions favorables à la formation d’un bon caractère
afin qu’ils puissent devenir des fils et des filles de Dieu.
Vous qui professez être enfants de Dieu, remplissez-vous le rôle
qui vous incombe à l’égard de ces orphelins qui ont tant besoin
qu’on leur apprenne avec patience comment venir au Sauveur ? Ces
êtres incultes, peut-être mal équilibrés, se soucient-ils de l’amour
que le Christ a manifesté pour nous ? Faites-vous votre part comme
fidèles serviteurs du Christ. Ces jeunes sont en danger de perdre
leur âme si on les abandonne à eux-mêmes. Ils ont besoin d’une
instruction persévérante, besoin d’amour et de tendresse chrétienne.
N’y aurait-il aucune révélation pour nous indiquer notre devoir ?
Ce que nous avons sous les yeux et ce que nous savons des résultats
inévitables de cause à effet suffirait pour nous pousser à aller au
secours de ces infortunés. Si les membres d’église apportaient dans
cette œuvre la même énergie, le même tact, la même habileté qu’ils
consacrent aux affaires ordinaires de la vie, s’ils recherchaient la sa-
gesse d’en haut, et s’ils examinaient sérieusement comment modeler
ces esprits indisciplinés, beaucoup d’âmes qui sont sur le point de
périr seraient sauvées. ...
Frères et sœurs, je vous demande de considérer sérieusement ce
sujet. Pensez aux besoins de ceux qui n’ont ni père ni mère. Vos
cœurs ne sont-ils pas touchés à la vue de leurs souffrances ? Voyez
Le soin des orphelins 169

si quelque chose ne peut être fait pour eux. Autant qu’il dépend de
vous, procurez un foyer à ceux qui n’en ont pas. Que chacun soit
prêt à faire sa part dans cette œuvre. Le Seigneur dit à Pierre : « Pais
mes agneaux ! » Ce commandement est aussi pour nous ; en ouvrant
notre foyer aux orphelins, nous contribuons à son accomplissement.
Que Jésus ne soit pas déçu à notre sujet.
Prenez ces enfants, et présentez-les au Seigneur comme une [169]
offrande d’agréable odeur. Demandez-lui de les bénir, puis efforcez-
vous de les modeler selon l’ordre du Christ. Notre peuple acceptera-t-
il ce saint mandat ? Ceux pour lesquels le Christ est mort devront-ils
souffrir et s’engager dans de faux sentiers à cause de notre piété
superficielle et de nos ambitions mondaines ? — “Témoignages”,
vol. 11, p. 606-609.
Ils sont la propriété de Dieu — Prêtés par le Seigneur aux
chrétiens, les orphelins sont trop souvent négligés, et pourtant ils ont
la même valeur que nous-mêmes aux yeux du Très-Haut.
Il faut en prendre soin ; il faut leur accorder une attention toute
particulière. Vous ne sauriez mieux dépenser votre argent qu’en
leur ouvrant vos portes. Si le Seigneur voit que vous êtes fidèles en
faisant ce que vous pouvez pour soulager la misère humaine, il en
inspirera d’autres ,pour trouver les moyens, afin de secourir ceux qui
sont dans le besoin. En s’engageant de tout cœur dans cette œuvre,
on ne fait que son devoir.
Le Christ est notre exemple. Bien qu’étant la majesté du ciel, il
a fait pour les hommes ce qu’aucun de nous ne pourrait accomplir.
« Vous êtes ouvriers avec Dieu. » Que nul ne se permette de faire
des dépenses inutiles pour satisfaire l’orgueil et la vanité. Mettez
vos petites pièces et vos sommes importantes à la banque du ciel, où
elles seront en sécurité. Beaucoup de ceux qui ont eu de précieuses
occasions de se charger du joug du Christ dans cette œuvre précieuse,
ont refusé de le faire. Il ne leur a pas plu de pratiquer le renoncement,
et ils ont négligé de prendre soin des pauvres et des malheureux. Ils
n’ont pas écouté les injonctions du Christ et développé les talents
que Dieu leur a confiés. Ils n’ont pas collaboré avec les êtres célestes
en recueillant des êtres qui serviraient le Christ, honoreraient et
glorifieraient son nom. — “Review and Herald”, 15 juin 1895.
Conseils aux parents adoptifs — Cher frère et chère sœur D,
votre dernière visite et notre conversation m’ont donné de nombreux
170 Le Ministère de la bienfaisance

sujets de réflexion et je ne peux m’abstenir de venir, par lettre, vous


parler de quelques-uns d’entre eux. J’ai été très peinée que E. ne se
soit pas toujours bien conduit ; mais, après tout, vous ne pouvez pas
vous attendre à trouver la perfection chez des jeunes de son âge. Les
enfants commettent des fautes, et ils ont besoin que l’on use envers
eux de beaucoup de patience.
Que ses sentiments n’aient pas toujours été convenables, il n’y
a là rien d’étonnant pour un enfant. Souvenez-vous qu’il n’a ni
père ni mère, ni d’autre parent à qui confier ses sentiments, ses
tristesses et ses tentations. Chacun a besoin de sympathie. Ce garçon
[170] a été ballotté de l’un à l’autre. Il peut avoir commis de nombreuses
erreurs, de nombreuses négligences, être très indépendant et manquer
de révérence, mais il est très entreprenant. S’il est bien conseillé et
traité de la bonne manière, j’ai la certitude qu’il ne décevra pas vos
espérances et que vous serez pleinement récompensés de tous vos
efforts à son égard. Malgré ses désavantages, je crois que c’est un
très brave garçon.
Quand nous vous avons demandé de le prendre, nous avons agi
avec la conviction profonde que tel était votre devoir, et qu’en le
faisant vous seriez bénis. Nous n’avons pas pensé que vous l’ac-
compliriez simplement pour profiter des services qu’il pourrait vous
rendre, mais pour vous occuper d’un orphelin - devoir dont chaque
chrétien devrait chercher à s’acquitter et qui vous serait bénéfique si
vous le faisiez avec joie ; pour être un instrument entre les mains de
Dieu et sauver des griffes de Satan l’âme d’un enfant dont le père a
voué sa vie précieuse à amener des âmes à l’Agneau de Dieu qui ôte
le péché du monde. ...
En ce qui concerne E., je vous prie de ne pas oublier que c’est
un enfant qui n’a que l’expérience de son âge. Ne comparez pas ce
pauvre et faible garçon avec vous-mêmes, et n’attendez pas de lui
ce qu’il ne saurait donner. je crois sincèrement qu’il est en votre
pouvoir de faire du bien à cet orphelin. Vous pouvez lui rendre les
choses attrayantes pour qu’il n’ait pas le sentiment que sa tâche
est désagréable et qu’il est privé d’encouragements. Vous pouvez,
mon frère et ma sœur, jouir d’une confiance réciproque, sympathi-
ser et vous distraire ensemble, vous faire part de vos épreuves et
de vos difficultés. Vous avez bien des raisons de vous encourager
mutuellement, tandis qu’il est seul. C’est un garçon réfléchi, mais
Le soin des orphelins 171

qui n’a personne à qui se confier ou qui pourrait lui donner un mot
d’encouragement au sein des tribulations par où je sais qu’il passe,
comme ceux qui sont plus avancés en âge.
Si vous vous repliez sur vous-mêmes, vous manifestez un amour
égoïste. que le ciel ne saurait bénir. J’ai toutes les raisons d’espérer
que vous aimerez cet orphelin pour l’amour du Christ, que vous
aurez le sentiment que vos biens ont peu de valeur si vous ne les
employez pas à être utiles. Faites de bonnes œuvres, soyez-en riches,
donnez volontiers, déposez votre trésor en lieu sûr en vue des temps
futurs, afin d’obtenir la vie éternelle. Seul celui qui se sacrifie aura
comme récompense une vie qui ne finira point. Un père et une mère
qui se mouraient ont confié leurs enfants aux soins de l’Eglise pour
qu’elle les initie aux choses de Dieu et les prépare pour le ciel.
Lorsque ces parents verront ce que sont devenus leurs bien-aimés,
et que l’un d’entre eux est absent parce qu’il a été négligé, que leur
dira alors l’Eglise ? C’est elle qui est en grande partie responsable
du salut de ces orphelins.
Très probablement, vous n’avez pas réussi à gagner la confiance
et l’affection de ce garçon, en ne lui donnant pas davantage de
preuves tangibles de votre amour et en ne l’encourageant pas assez. [171]
Si vous ne pouvez dépenser de l’argent en sa faveur, montrez-lui
que vous n’êtes pas indifférents à son cas. C’est une erreur de croire
que l’affection ne doit exister que d’un seul côté. Quelle est celle
que vous avez décidé de manifester ? Vous vous repliez trop sur
vous-mêmes, et vous ne voyez pas la nécessité de vous entourer
d’une atmosphère de tendresse et de bonté, qui procède de la vraie
noblesse de l’âme. Frère et sœur F. ont confié leurs enfants aux soins
de l’Eglise. Plusieurs membres de leur parenté auraient voulu s’en
charger ; mais ce sont des incroyants, et s’ils les avaient pris chez
eux, ils auraient mis en danger leur salut en les détournant de la
vérité. Parce que l’on n’a pas permis à ces parents de s’occuper de
ces petits, ils furent mécontents et s’en désintéressèrent. N’oublions
pas que le père et la mère ont placé leur confiance dans l’Eglise.
Nous avons pour ces enfants une affection toute particulière.
L’un d’eux, une jeune fille, a déjà rendu un bon témoignage chrétien
et a épousé un ministre de l’Evangile. Aujourd’hui, en retour des
soins qu’elle a reçus, elle est un véritable soutien dans l’Eglise.
Ceux qui sont moins expérimentés qu’elle recherchent avec profit
172 Le Ministère de la bienfaisance

ses conseils. Elle possède la véritable humilité, une dignité qui peut
inspirer le respect et la confiance chez tous ceux qui la connaissent.
je considère ces enfants comme si c’étaient les miens. je ne les
perds pas de vue, et je ne cesse de m’occuper d’eux. je les aime
sincèrement, tendrement, affectueusement. — “Testimonies”, vol.
11, p. 327-334.
Jugés par ce qu’ils n’ont pas fait. — Il y a des orphelins dont
il faut s’occuper ; mais certains ne veulent pas s’en charger, car ce
serait pour eux un supplément de travail, et ils n’auraient plus assez
de temps pour s’occuper de leur personne. Mais lorsque le Roi des
rois demandera des comptes à ces êtres égoïstes, ils s’apercevront
que le ciel est réservé à ceux qui ont renoncé à eux-mêmes pour
l’amour du Christ. Aucune protection ne sera accordée aux êtres qui
n’ont pensé qu’à eux. Le terrible châtiment du Roi qui s’abattra sur
ceux qui sont à sa gauche n’est pas dû, dans ce cas, à leurs crimes.
Ils sont condamnés non pour ce qu’ils ont fait, mais pour ce qu’ils
n’ont pas fait. Vous ne m’avez pas fait, leur dira-t-il, ce que le ciel
vous avait commandé. Vous n’avez pensé qu’à vous, et vous serez
traités en conséquence. — “Id.”, p. 27.
Soyez des filles de la bonté — Je dirai à nos sœurs : Soyez
des filles de la bonté. Le Fils de l’homme est venu pour chercher et
sauver ce qui était perdu. Peut-être pensez-vous que si vous trouviez
un enfant sans défaut, vous le prendriez à la maison ; mais vous
occuper d’un jeune auquel il faudrait désapprendre beaucoup de
choses pour lui en enseigner de nouvelles, voilà une tâche que vous
refusez d’entreprendre. Instruire l’ignorant, réformer ceux qui n’ont
[172] appris que le mal, n’est pas chose facile ; mais de telles créatures,
placées par le ciel sur votre chemin, sont des bénédictions déguisées.
— “Ibid.”
Celles qui ont un vrai cœur de mère — Les mères qui ont sa-
gement élevé leurs enfants ont le sentiment de leurs responsabilités,
non seulement à leur égard, mais aussi à l’égard des enfants des
autres. La sympathie d’une mère véritable s’exerce envers tous ceux
avec lesquels elle entre en contact. Elle fait tous ses efforts pour
amener au Christ les âmes égarées. En s’appuyant sur la force du
Seigneur, elle peut faire beaucoup de bien. Celles qui n’ont pas d’en-
fants ont aussi certaines responsabilités. Elles ont de nombreuses
occasions de recevoir sous leur toit des orphelins sans asile, aux-
Le soin des orphelins 173

quels elles pourront, pour l’amour du Christ, apprendre à pratiquer


les vertus dont le monde a aujourd’hui un si pressant besoin. —
“Manuscrit” 34, 1899.
Que le cœur de chaque mère soit touché par la condition de ces
orphelins, et que leur amour maternel s’exerce à leur égard. Il faut,
pour ces pauvres enfants, mettre à réquisition tous les attributs que
le Seigneur a placés dans le cœur humain. — “Médical Missionary”,
avril 1895.
Dans l’atmosphère affectueuse d’un foyer chrétien — Beau-
coup d’enfants sont privés de la tutelle de leurs parents et de l’in-
fluence d’une famille pieuse. Que les chrétiens ouvrent leurs cœurs
et leurs maisons à ces infortunés. Cette œuvre que Dieu leur a
personnellement confiée ne devrait pas être abandonnée à quelque
institution de bienfaisance ou aux hasards de la charité publique. Si
ces enfants n’ont personne parmi leur parenté qui puisse en prendre
soin, il incombe aux membres de l’Eglise de leur procurer un asile.
Le dessein de notre Créateur est que nous vivions en famille, car
c’est dans l’atmosphère aimante d’un intérieur chrétien que l’enfant
peut le mieux se développer.
Beaucoup de gens sans enfants pourraient faire une bonne œuvre
en prenant soin de ceux des autres. Au lieu de passer leur temps à
soigner et à dorloter des animaux, qu’ils s’occupent plutôt de petits
enfants dont ils peuvent façonner le caractère à la ressemblance
divine. Qu’ils reportent leur amour sur les déshérités de la famille
humaine, et s’efforcent de les élever « en les instruisant et en les
avertissant selon le Seigneur ». Beaucoup se feraient ainsi un grand
bien à eux-mêmes. — “Rayons de santé”, p. 165, 166.
Pourquoi la responsabilité incombe d’abord à l’Eglise —
Dieu nous a confié le soin des pauvres et de ceux qui souffrent.
Nous devons agir à leur égard comme le Christ a agi envers nous. Le
Seigneur désire que cette œuvre s’accomplisse dans les différentes
églises, plutôt que dans des institutions car cela priverait l’Eglise de
la mission qui lui a été confiée.
Lorsque des pères et des mères meurent et laissent derrière eux [173]
des enfants, l’Eglise doit en prendre soin. Ouvrez vos cœurs, vous
qui connaissez l’amour de Dieu, et recueillez-les dans vos maisons.
, “Manuscrit” 105, 1899.
174 Le Ministère de la bienfaisance

Orphelinat — Quand on a fait tout ce qu’on devait faire en


accueillant des orphelins dans nos foyers, il reste encore dans le
monde de nombreux nécessiteux dont nous devons nous occuper.
Ils peuvent être déguenillés, grossiers, et peu intéressants sous bien
des rapports, mais ils ont été rachetés et ils sont aussi précieux
aux yeux de Dieu que nos propres enfants. Ils sont la propriété de
Dieu et les chrétiens en sont responsables. Le Seigneur dit : « Je te
redemanderai leur âme. ”
S’occuper des déshérités est une bonne œuvre ; cependant, au
temps où nous vivons, le Seigneur ne nous a pas donné, en tant
que peuple, des directives pour fonder de vastes et dispendieuses
institutions à cet effet. Si, toutefois, parmi nous quelques-uns se
sentent appelés à ouvrir des orphelinats, qu’ils agissent selon leurs
convictions. Mais en s’occupant des pauvres du monde, ils devront
faire appel au soutien financier des gens du monde. Ils ne doivent
pas compter sur le peuple auquel le Seigneur a confié l’œuvre la
plus importante qui ait jamais été confiée aux hommes, celle qui
consiste à porter le dernier message de miséricorde à toute nation,
tribu, langue et peuple. Le trésor du Seigneur doit avoir des réserves
pour soutenir l’évangélisation dans les terres lointaines.
Que ceux qui se sentent poussés à fonder des institutions de
ce genre aient des quêteurs avisés pour présenter leurs besoins et
trouver des fonds. Que les gens du monde, que les églises soient
sollicités par des hommes qui sentent la nécessité de faire quelque
chose en faveur des pauvres et des orphelins. Dans chaque église, il
y a des âmes qui craignent Dieu. Qu’on fasse appel à elles, car Dieu
leur a confié cette œuvre. ...
Le but de ces orphelinats ne doit pas être uniquement de procurer
aux enfants la nourriture et le vêtement, mais de leur apprendre
à connaître Dieu et Jésus-Christ. Ceux qui travaillent dans cette
branche devraient être des hommes et des femmes au cœur généreux,
enthousiasmés par la croix du Calvaire, cultivés, prêts au sacrifice,
travaillant comme le Christ a travaillé pour la cause de Dieu et celle
de l’humanité. “Témoignages”, vol. 11, p. 610, 611.
Petites institutions familiales — Pour que de telles institutions
soient efficaces, il faudrait qu’elles soient calquées sur le modèle
d’un véritable foyer chrétien. Plutôt que de vastes établissements
groupant un grand nombre d’enfants, il serait préférable d’avoir
Le soin des orphelins 175

plusieurs petites institutions, Au lieu d’être à la ville ou dans le voi-


sinage d’un grand centre, on devrait établir celles-ci à la campagne,
à proximité de terres cultivables, où les enfants seraient en contact [174]
avec la nature et pourraient également bénéficier d’un enseignement
professionnel. Ceux qui auraient la responsabilité de telles insti-
tutions seraient des hommes et des femmes cultivés, magnanimes,
désintéressés, travaillant par amour pour le Christ. Entourés de soins,
beaucoup d’enfants négligés et sans foyer pourraient devenir des
membres utiles de la société, être en honneur au Christ et soulager à
leur tour la misère de leurs semblables. “Rayons de santé”, p. 168.
Importance de rechercher les conseils — Dieu ne bénira pas
ceux qui agissent sans rechercher les conseils de leurs frères. On
ne peut avoir confiance dans un adventiste qui croit tout savoir et
veut suivre son propre jugement. Il ne marche pas dans la lumière
comme le Christ est dans la lumière. Il en est beaucoup qui n’ont pas
une vue correcte dans ce qu’ils font. Les hommes ont besoin d’avoir
des idées claires, une profonde spiritualité. Dieu désire que chacun
fasse preuve de bon sens dans son service, pesant les mobiles qui le
poussent à agir. — “Manuscrit” 28, 1902.
Si nous obéissons aux instructions du Seigneur — La Parole
de Dieu abonde en instructions relatives à notre attitude à l’égard de
la veuve et de l’orphelin, de l’indigent et de celui qui souffre. Si tous
obéissaient aux injonctions bibliques, le cœur de la veuve tressailli-
rait de joie, les petits enfants affamés seraient rassasiés, ceux qui
sont nus seraient vêtus et ceux qui sont sur le point de périr seraient
vivifiés. Les intelligences célestes nous observent et lorsque, animés
de zèle pour l’honneur du Christ, nous nous abandonnons au soin de
la Providence divine, ces messagers d’en haut nous communiquent
une nouvelle force spirituelle, en sorte que nous puissions affronter
les difficultés et triompher des obstacles. “Témoignages”, vol. II, p.
609.
[175] Chapitre 28—Adoption d’enfants

Que des familles adoptent des enfants — Une œuvre spéciale


doit être accomplie pour les enfants plus avancés en âge. Que les
familles adventistes qui le peuvent adoptent ces enfants, et elles en
recevront des bénédictions. — “Lettre” 205, 1877.
Il en est qui n’ont pas d’enfants et qui pourraient faire beaucoup
de bien en en adoptant. Ceux sur qui ne repose pas la responsabilité
de proclamer la Parole de Dieu et de travailler directement au salut
des âmes peuvent s’engager dans d’autres branches de l’œuvre. S’ils
sont consacrés au Seigneur, et qualifiés pour modeler l’esprit humain,
ils auront la bénédiction d’en haut en se chargeant des enfants des
autres.
Mais nous devons tenir compte en premier lieu de ceux des
croyants. Il y a parmi les observateurs du sabbat un très grand
nombre de familles nombreuses dont on, ne s’occupe pas. Beaucoup
de parents donnent la preuve qu’ils n’ont pas appris du Christ les
leçons qui feraient d’eux les sûrs gardiens de leurs enfants. Ceux-ci
n’en reçoivent pas l’enseignement approprié. Et il y a parmi nous
bien des enfants que la mort a privés des soins de leurs parents. Il en
est qui pourraient s’en charger et chercher à former leurs caractères,
selon les principes bibliques. -„Manuscrit” 35, 1896.
Dieu a en ce monde un peuple, et il en est beaucoup qui peuvent
adopter des enfants et en prendre soin comme si c’étaient ceux du
Seigneur. - ,Lettre” 68, 1899.
Enfants de croyants — Le Seigneur voudrait que chaque église
comprenne l’obligation religieuse qui lui incombe en adoptant les
bébés des parents morts dans la foi. Que des familles prennent chez
elles ces petits orphelins. - ,Manuscrit” 44, 1900.
Conseil à un couple sans enfants — Vous n’avez pas compris
qu’il vous était demandé de vous intéresser aux autres, de vous
mettre à leur place, et de vous occuper des petits qui ont le plus
besoin d’aide. Vous ne vous êtes pas occupés de secourir ceux qui
en avaient le plus besoin.
176
Adoption d’enfants 177

Si vous aviez eu des enfants nécessitant vos soins et votre affec- [176]
tion, vous ne vous seriez pas tant repliés sur vous-mêmes en pensant
à vos propres intérêts. Si ceux qui n’ont pas d’enfants, et que Dieu a
établis économes de ses biens, consentaient à s’occuper des petits qui
ont besoin d’affection et d’être assistés par les biens de ce monde,
ils seraient bien plus heureux. Aussi longtemps que les jeunes qui
ne jouissent pas des soins paternels ni de la tendresse d’une mère
sont exposés aux influences corruptrices des derniers jours, c’est
le devoir de quelques-uns de remplacer leurs pères et leurs mères.
Apprenez à leur témoigner de l’affection et de la sympathie.
Tous ceux qui professent avoir un Père dans les cieux, sur lequel
ils peuvent compter et qui finalement les prendra dans la demeure
qu’il leur a préparée, doivent avoir le sentiment qu’une obligation
solennelle repose sur eux. Ils seront les amis de ceux qui en sont
dépourvus, des pères pour les orphelins, des protecteurs pour les
veuves et des bienfaiteurs de l’humanité en se rendant utiles en ce
monde. Beaucoup n’ont pas vu ces choses sous leur vrai jour. S’ils
ne vivent que pour eux-mêmes, ils n’auront de force que pour cela.
— “Testimonies”, vol. II, p. 328, 329.
Est-ce la volonté de Dieu ? — L’adoption d’un enfant, spécia-
lement un bébé, comporte une sérieuse responsabilité. On ne saurait
la considérer à la légère. ... Chacun doit se poser cette question :
En agissant ainsi, est-ce que je satisfais simplement mon propre
désir, ou est-ce un devoir que le Seigneur m’a prescrit ? Est-ce sa
volonté ou la mienne Nous devons tous être ouvriers avec Dieu. Nul
n’échappe à cette règle. Vos talents ne vous appartiennent pas, vous
ne pouvez les employer au gré de votre fantaisie. Demandez-vous
: Qu’est-ce que le Seigneur veut que je fasse des talents qu’il m’a
confiés ? — “Manuscrit” 35, 1896.
Pesez les mobiles — Nous devons sonder sérieusement nos
cœurs et peser nos mobiles. L’égoïsme peut nous amener à faire
ce qui paraît à nos yeux désintéressé et digne d’être accompli. La
raison qui en pousse plusieurs à adopter des enfants : le désir d’avoir
quelqu’un sur qui porter son affection, prouve que leur cœur n’est
pas centré sur le Christ, ni absorbé par son œuvre. — “Ibid.”
Les pasteurs doivent-ils adopter des enfants ? — On m’a
posé la question suivante : Une femme de prédicateur devrait-elle
adopter de petits enfants ? Voici ma réponse : Si elle n’a aucune
178 Le Ministère de la bienfaisance

inclination, aucune capacité pour faire du travail missionnaire en


dehors de son foyer, si elle a le sentiment que son devoir est de
prendre des orphelins et de se dévouer pour eux, elle peut accomplir
une bonne œuvre. Mais que le choix des enfants se fasse d’abord
[177] parmi ceux dont les parents étaient observateurs du sabbat. Dieu
bénira les personnes qui partageront généreusement leur foyer avec
ces déshérités.
Mais si la femme du prédicateur peut elle-même prendre une
part active à l’œuvre qui consiste à éduquer d’autres personnes,
elle devrait y consacrer ses facultés, être la véritable auxiliaire de
son mari en l’assistant dans son ministère, en se perfectionnant
intellectuellement et en collaborant à la proclamation du message. La
voie est ouverte devant les femmes humbles et consacrées, ennoblies
par la grâce du Christ, pour visiter ceux qui ont besoin d’assistance
et apporter la lumière aux âmes découragées. Elles peuvent relever
ceux qui sont abattus en priant avec eux et en leur montrant le Christ
au lieu de consacrer leur temps et leur force à un petit être qui
réclame des soins constants. Elles ne devraient pas se lier ainsi les
mains volontairement. — “Témoignages”, vol. II, p. 609, 610.
Dieu a peut-être retiré sa bénédiction — Une famille bien
organisée, bien disciplinée, exercera une puissante influence pour le
bien. Mais si vous n’avez pas d’enfants, il se peut que le Seigneur
ait de bonnes raisons de ne pas vous accorder cette bénédiction. Il
ne faudrait pas en conclure que c’est la preuve que vous devriez
en adopter un. Cela ne pourrait être vrai qu’en certains cas. Si le
Seigneur vous demande d’élever un enfant, alors n’hésitez pas. Mais
en général il ne serait pas sage pour une femme de pasteur de se
charger d’une telle responsabilité.
Si une femme de pasteur seconde son mari dans l’œuvre du salut
des âmes, elle se livre à l’occupation la plus importante qui soit. Les
soins d’un petit être risqueraient de l’absorber au point qu’elle ne
puisse plus assister aux réunions et faire des visites missionnaires.
Même si elle accompagnait son mari, l’enfant serait trop souvent
un sujet de conversation, et les visites s’en ressentiraient. Ceux que
le Seigneur a appelés à être ses collaborateurs ne sauraient avoir
d’idoles qui détournent et absorbent leurs pensées et leur affection.
— “Manuscrit” 35, 1896.
Adoption d’enfants 179

Garder une juste notion de ses responsabilités — Nous de-


vons avoir une haute idée de l’œuvre que nous accomplissons. N’as-
sumons pas un fardeau trop lourd en prenant soin d’un bébé. Cette
œuvre doit être faite par d’autres. Nous avons une œuvre spéciale
consistant à éduquer des enfants plus âgés. Que les familles qui le
peuvent adoptent ces petits ; elles en recevront des bénédictions.
— “Testimonies”, vol. VI, p. 246, 247.
[178] Chapitre 29—Le soin des personnes âgées

Respectueusement et tendrement soignés — Un autre pro-


blème souvent évoqué est celui des soins que nous devons prendre
de nos frères et de nos sœurs âgés et sans foyer. Que pouvons-
nous faire pour eux ? Les instructions que le Seigneur m’a données
m’ont été répétées. L’idéal ne consiste pas à établir des maisons de
vieillards où ils puissent jouir de la compagnie les uns des autres. Ils
ne devraient pas non plus être obligés de s’éloigner de leur demeure
pour qu’on s’occupe d’eux. Que les membres de chaque famille
prennent soin de leurs propres parents. Quand ce n’est pas possible,
cette tâche incombe à l’Eglise qui devrait l’accepter à la fois comme
un devoir et comme un privilège. Tous ceux qui ont l’esprit du Christ
témoigneront de la tendresse et un intérêt spécial à ceux qui sont
faibles et âgés. — “Témoignages”, vol. II, p. 593.
Rester parmi les amis et les parents — Les vieillards ont
eux aussi besoin des influences bienfaisantes de la famille. Qu’ils
trouvent au foyer de leurs frères et de leurs sœurs en Christ la conso-
lation d’avoir perdu le leur. Si vous leur permettez de s’intéresser aux
activités de la famille et de participer aux occupations du ménage,
ils auront le sentiment de n’être pas inutiles et de pouvoir encore
faire quelque chose. Dites-leur que vous appréciez leur aide ; cela
réjouira leur cœur et donnera un but nouveau à leur existence.
Les personnes dont les cheveux blancs et la démarche incertaine
indiquent la fin prochaine devraient autant que possible trouver asile
chez leurs amis, dans un endroit qui leur soit familier.
La présence sous notre toit de ces personnes âgées est une oc-
casion précieuse de collaborer avec le Christ dans son œuvre de
miséricorde, et de développer des traits de caractère semblables aux
siens. Une bénédiction repose sur l’association des vieux et des
jeunes. Ceux-ci peuvent apporter un rayon de soleil dans le cœur
des vieillards qui, au moment où la vie va bientôt leur échapper, ont
besoin du contact de leur enthousiasme et de leur optimisme. En
retour, les jeunes profiteront des leçons de sagesse et d’expérience
180
Le soin des personnes âgées 181

que leur donneront leurs aînés. Ils ont surtout besoin d’apprendre [179]
à accomplir un service désintéressé. La présence d’un être ayant
besoin de sympathie et d’indulgence serait pour bien des foyers
une bénédiction inestimable. Elle adoucirait et raffermirait la vie de
famille et ferait naître chez les jeunes comme chez les plus âgés les
grâces chrétiennes qui les illumineraient d’une beauté divine et les
enrichiraient des trésors impérissables. - ,Rayons de santé”, p. 166,
167.
Les institutions ne sont pas ce qu’il y a de meilleur — Les
hommes ne devraient pas employer leur temps et leurs talents à
recueillir des personnes âgées ou des orphelins pour les nourrir et
les vêtit. Ce n’est pas la meilleure manière de les aider. ...
Il n’est pas davantage convenable de construire des maisons
destinées aux vieillards. Que l’on s’en occupe à l’endroit même
où ils se trouvent. Que les familles prennent soin des leurs, et que
l’Eglise s’occupe de ceux qui dépendent d’elle. C’est là l’œuvre
que le Seigneur aimerait lui voir accomplir. Elle en recevrait la
bénédiction. - ,Manuscrit” 44, 1900.
[180] Chapitre 30—Notre responsabilité envers les
aveugles

Traitez les aveugles avec compassion — Le Seigneur désire


que ceux qui se sont engagés dans l’œuvre médicale soient de vrais
missionnaires. Ils doivent imiter le Christ dans leurs paroles et dans
leurs actes. Qu’ils n’usent pas seulement de miséricorde quand ils
s’y sentent poussés, et n’agissent pas égoïstement envers ceux qui
méritent le plus de bénéficier de leur ministère. Les aveugles, par
exemple, doivent être traités avec compassion. Que les missionnaires
médicaux exercent leur action à leur égard, afin de pouvoir se rendre
compte, en tant que serviteurs de Dieu, de ce qu’ils n’ont pas fait
pour ces infortunés. D’après ce qui m’a été montré, je sais qu’en de
très nombreux cas, ceux-ci n’ont pas reçu l’encouragement que le
Christ leur aurait donné s’il avait été à la place de nos missionnaires
médicaux.
Le Seigneur prend note de ces négligences. Chacune de ces
mauvaises actions représente mal sa miséricorde, sa bonté et sa
bienveillance.
J’ai reçu ces instructions : « Veillez attentivement, avec prière,
consciencieusement, de peur que votre esprit ne soit absorbé par les
multiples occupations de ce monde, au point que la véritable piété
soit perdue de vue et que l’amour se refroidisse, au détriment des
grands besoins des aveugles et des infortunés pour lesquels vous
devez être la main secourable de Dieu. Ce sont les plus déshérités
qui réclament notre plus grande attention. Employez votre temps et
votre force à apprendre à être « fervents d’esprit ”, à agir avec justice,
à user de miséricorde, à « servir le Seigneur ». Souvenez-vous des
paroles du Christ : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits
de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » - ,Manuscrit 109,
19
Si le Seigneur est l’ami des aveugles et des malheureux, il n’ex-
cuse pas pour cela leurs péchés. Il exige qu’ils soient victorieux
et forment un parfait caractère chrétien au nom de Jésus qui vain-
182
Notre responsabilité envers les aveugles 183

quit pour eux. Mais le Sauveur a pitié de notre faiblesse, et il est


prêt à nous donner la force de supporter l’épreuve et de résister aux
tentations de Satan, si nous voulons déposer sur lui nos fardeaux.
Les anges protègent les aveugles — Les anges sont envoyés [181]
pour exercer un ministère en faveur des enfants de Dieu qui sont
aveugles physiquement. Ils protègent leurs pas et les sauvent des
multiples dangers qui jalonnent leur sentier et qu’ils ignorent. Mais
l’Esprit de Dieu ne les assistera que s’ils cultivent la bonté et
cherchent sincèrement à dominer leur nature, leurs passions et sou-
mettent à la volonté du Seigneur toutes leurs facultés. Ils doivent
manifester un esprit d’amour, contrôler leurs paroles et leurs actes.
Il m’a été montré que Dieu exige de son peuple qu’il soit bien
plus sensible à la pitié envers les malheureux qu’il ne l’est en réalité.
« La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à
visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se pré-
server des souillures du monde. » Voilà la définition de la véritable
religion. Dieu veut que la même considération accordée aux veuves
et aux orphelins soit aussi accordée aux aveugles et à ceux qui sont
affligés d’autres infirmités. La bienfaisance désintéressée est très
rare dans le monde à notre époque. “Testimonies”, vol. III, p. 516.
Gardiens des déshérités — Si, dans l’Eglise, il se trouvait
quelqu’un qui fasse trébucher un aveugle, il devrait être traduit en
justice ; car Dieu nous a fait les gardiens des aveugles, des veuves
et des orphelins. Lorsqu’il est dit dans la Parole de Dieu : « Tu ne
mettras devant un aveugle rien qui puisse le faire tomber », il ne
s’agit pas d’une bûche de bois placée devant lui, mais de choses plus
importantes. C’est tout ce qui pourrait porter atteinte à l’influence
de cet aveugle, travailler contre ses intérêts ou nuire à sa prospérité.
Un frère qui est aveugle, pauvre et malade, et fait tout ce qu’il
peut pour subvenir lui-même à ses besoins, afin de ne dépendre
de personne, doit être encouragé le plus possible par ses frères en
la foi. Ceux qui professent être ses frères, qui jouissent de toutes
leurs facultés, qui ne dépendent de personne, mais qui sont loin
d’accomplir leur devoir envers un aveugle en facilitant sa tâche,
font une œuvre qui exige la repentance et la restitution avant que le
Seigneur accepte leurs prières. Et l’Eglise de Dieu qui a permis que
ces malheureux frères soient lésés, sera coupable de ce péché tant
184 Le Ministère de la bienfaisance

qu’elle n’aura pas fait l’impossible pour redresser ses torts. — “Id.”,
p. 519, 520.
Le point de vue de la miséricorde — J’aimerais que vous puis-
siez tous voir de la même manière que le Seigneur, que vous compre-
niez comment Dieu considère ceux qui se disent disciples du Christ,
qui jouissent de la vue et des avantages qu’elle offre, et qui cependant
convoitent l’humble prospérité dont bénéficie un pauvre aveugle. Ils
voudraient en profiter eux-mêmes, augmenter leur avoir aux dépens
de leurs frères affligés. Dieu considère cela comme un crime et un
[182] vol abominables. C’est un grave péché, qu’il punira certainement.
Dieu n’oublie jamais. Il ne voit pas ces choses à la manière des
hommes, froidement, sans en être touché. Il ne les considère pas en
adoptant le point de vue mondain, mais celui de la miséricorde, de
la pitié et de son amour infini. — “Id.”, p. 514, 515.
L’aveugle est souvent maltraité — Le Seigneur agira envers
les hommes comme ils ont agi envers ceux qui réclamaient leur
aide. Il m’a été montré que l’aveugle avait été souvent traité sans
miséricorde.
La véritable sympathie entre l’homme et ses semblables doit être
le signe qui distingue ceux qui aiment et craignent Dieu de ceux qui
ne font aucun cas de sa loi. — “Manuscrit” 117, 1903.
S’acquitter de ses responsabilités à l’égard des déshérités
— Il est étrange que ceux qui se disent chrétiens s’écartent des
enseignements clairs et positifs de la Parole de Dieu, et n’aient
aucun scrupule. Dieu leur confie la responsabilité de s’occuper du
malheureux, de l’aveugle, du paralytique, de la veuve et de l’orphelin
; mais beaucoup ne font aucun effort en ce sens. Pour leur salut,
Dieu les frappe fréquemment de la verge de l’affliction ; il les place
dans des situations semblables à celles par où passent les personnes
qui ont besoin de leur aide et de leur sympathie, mais qu’ils leur
refusent. “Testimonies”, vol. III, p. 517.
Section 9—Les réprouves [183]

[184]
Il y a une œuvre à faire en faveur de beaucoup de gens auxquels il
ne serait pas sage d’exposer la vérité, car ils seraient incapables de
la comprendre. Mais vous pouvez les gagner par des actes de
bienfaisance. Ce sont les proscrits, ceux qui ont perdu jusqu’à la
notion de Dieu, et qui doivent d’abord être nourris, soignés, vêtus
décemment. Ils ne sont pas en état d’entendre parler du Christ, de
son grand amour et de son désir de les sauver. Que ces âmes qui se
perdent se rendent d’abord compte que votre conduite à leur égard
est dictée par l’amour que vous ressentez pour elles.

Le Seigneur se sert d’agents humains. Le divin et l’humain doivent


s’unir, œuvrer ensemble pour restaurer en l’homme l’image morale
de Dieu. ... Agissez intelligemment, avec persévérance. Ne vous
découragez pas si vous ne rencontrez pas toute la sympathie et toute
la coopération que vous attendez. Si vous travaillez sous le regard
du Seigneur, soyez persuadés qu’il est toujours avec celui qui est
humble et débonnaire. Mais vous avez besoin qu’il opère dans votre
cœur et dans votre esprit, afin de savoir comment agir
chrétiennement. Priez pour ceux que vous vous efforcez de secourir.
Qu’ils puissent se rendre compte que vous dépendez d’une
puissance supérieure. C’est ainsi que vous gagnerez des âmes.
— “Lettre” 24, 1889.
[185] Chapitre 31—Travailler pour les proscrits

Reprenez les uns, ceux qui contestent,


sauvez-en d’autres en les arrachant du feu,
et pour d’autres encore, ayez une pitié
mêlée de crainte, haïssant jusqu’à la tuni-
que souillée par la chair. Jude 22, 23.

L’invitation évangélique s’adresse à toutes les classes — Le


Christ a illustré les bénédictions spirituelles de l’Evangile par un
festin, l’invitation au souper. Il fait ressortir la merveilleuse condes-
cendance divine dans l’invitation du maître du festin pour tous ceux
qui viendraient. L’appel spécial de l’Evangile qui doit être proclamé
près de la fin de l’histoire de la terre est aussi mentionné.
L’invitation, d’abord adressée « à beaucoup de gens », fut reje-
tée. Alors le maître se tourna vers la classe la plus déshéritée : les
pauvres, les paralytiques, les aveugles. Ceux-là n’étaient pas domi-
nés par des projets ambitieux. Rien ne les empêchait d’accepter. Les
serviteurs s’acquittèrent de leur mission, et revinrent en disant : «
Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. »
Alors le maître dit à ses serviteurs : « Allez dans les chemins et
le long des haies, et ceux que vous trouverez, les créatures les plus
dépravées et les plus délaissées, contraignez-les d’entrer, afin que
ma maison soit remplie. » - “Manuscrit” 81, 1890. « Contraignez-
les d’entrer. » C’est ainsi que parle le Christ. ... Pour obéir à ces
paroles, nous devons aller vers les païens qui sont près de nous et
vers ceux qui sont au loin. Il faut que les « publicains et les femmes
de mauvaise vie » entendent l’invitation du Sauveur. Grâce à la
bonté et à la constance de ses messagers, l’invitation devient une
puissance contraignante pour relever tous ceux qui ont sombré dans
l’abîme du péché. — “Ministry of Healing”, p. 164.
Le Christ désire vivement réformer le caractère — Quelle
que soit la profondeur de l’abîme du péché qu’une créature ait
atteinte, nous ne devons pas la mépriser et passer près d’elle avec

186
Travailler pour les proscrits 187

indifférence, mais considérer que le Christ est mort pour elle. ...
Le Sauveur désire vivement réformer le caractère humain défiguré, [186]
restaurer chez l’homme l’image morale de Dieu. — “Review and
Herald”, 15 octobre 1895.
Tous sont précieux à ses yeux — Toute âme est l’objet de
l’intérêt affectueux de celui qui donna sa vie afin de la ramener à
Dieu. Cet amour persévérant de notre Père céleste nous enseigne
que les déshérités et les proscrits ne doivent pas être considérés avec
indifférence. Ils appartiennent au Seigneur par droit de création et
de rédemption. Si nous nous fiions à notre propre jugement, nous
serions portés à croire qu’un grand nombre de pécheurs notoires
sont dans une condition morale désespérée. Mais le Seigneur voit
les choses différemment. Bien que ces gens ne le recherchent pas, ils
sont précieux à ses yeux. Celui à qui rien n’échappe sait comment
toucher les esprits. S’ils sont pécheurs, ils peuvent se repentir, se
convertir à la vérité. C’est là l’œuvre dans laquelle nous sommes
engagés. — “Lettre” 80, 1898.
Ne pas demander s’ils sont dignes — Quand il entend l’appel
des égarés, de ceux qui sont tentés et des malheureuses victimes de
la misère et du péché, le chrétien ne se demande pas : « Sont-ils
dignes ? » mais plutôt : « Comment puis-je leur être utile ? » Dans
les hommes les plus dégradés, les plus souillés, il voit des êtres pour
le salut desquels Jésus est mort et pour lesquels il a confié à ses
disciples le ministère de la réconciliation. — “Jésus et le bonheur”,
p. 26, 27.
Découverts par l’œuvre médicale missionnaire — Il m’a été
montré que l’œuvre médicale missionnaire découvrira, dans les pro-
fondeurs mêmes de l’abîme de dégradation, des hommes qui, bien
qu’ils se soient adonnés à l’intempérance et à des habitudes disso-
lues, seront gagnés par les efforts particuliers faits en leur faveur.
Mais il faut qu’on aille à leur recherche et qu’on les encourage. De
fermes et patients efforts sont nécessaires pour les retirer de l’abîme
dans lequel ils sont tombés. Ils ne peuvent en sortir eux-mêmes.
Il se peut qu’ils entendent l’appel de Dieu, mais ils sont trop durs
d’oreille pour en saisir la signification, et ils ont les yeux trop obscur-
cis pour discerner quelque bien en réserve pour eux. Ils sont morts
dans leurs fautes et dans leurs péchés. Et cependant, même ceux-
là ne sont pas exclus du festin de l’Evangile. Ils doivent entendre
188 Le Ministère de la bienfaisance

l’invitation qui les convie à entrer, bien qu’ils s’en rendent indignes.
C’est à eux que le Seigneur pense quand il dit : « Contrains-les
d’entrer. » N’acceptez aucune excuse, mais gagnez-les par l’amour
et la tendresse.
Cette œuvre, convenablement dirigée, sauvera un grand nombre
de pauvres pécheurs que les congrégations religieuses ont négligés.
[187] “Témoignages”, vol. Il, p. 603, 604. Cette œuvre de restauration
demande de grands et douloureux efforts. Point n’est besoin de
faire auprès des personnes des exposés saisissants de doctrines qui
pourraient leur paraître étranges ; il faut plutôt leur faire part du
message évangélique tout en leur donnant les soins médicaux dont
ils peuvent avoir besoin. Des hommes, des femmes, des jeunes gens
et des jeunes filles ont besoin de connaître la grande portée de la loi
de Dieu. Ce ne sont ni les privations, ni le travail, ni la pauvreté qui
dégradent l’humanité, mais la transgression de la loi de Dieu.
Tous les efforts faits pour sauver les proscrits, les perdus ne
seront d’aucune utilité, à moins que les exigences de la loi de Dieu
et le besoin de loyauté envers leur Créateur n’aient fait impression
sur leurs esprits et sur leurs cœurs. Dieu n’a rien prescrit qui ne soit
nécessaire pour relier à lui l’humanité. « La loi de Dieu est parfaite,
elle restaure l’âme. ... Les commandements de l’Eternel sont purs,
ils éclairent les yeux. » « A la parole de tes lèvres, dit le Psalmiste, je
me tiens en garde contre la voie des violents. » Ps.19 :8,9 ; Ps.17 :4.
Les anges nous viennent en aide dans cette œuvre qui consiste
à relever ceux qui sont tombés et à les ramener à celui qui a donné
sa vie pour les racheter. Le Saint-Esprit coopère également avec
les agents humains dans leur ministère en faveur du relèvement
des forces morales, en s’adressant au cœur des hommes et en les
convainquant de péché, de justice et de jugement. — “Id.”, p. 579,
580.
Travailler pour les intempérants — Il faut s’efforcer sérieuse-
ment de libérer ceux qui sont esclaves de mauvaises habitudes. Il
n’est pas un endroit où il n’y ait quelque chose à faire pour les vic-
times de l’intempérance. Dans les églises, les institutions religieuses,
et même au sein des familles soi-disant chrétiennes, de nombreux
jeunes s’engagent dans le chemin qui conduit à leur perte. Intempé-
rants, ils se rendent malades. Pour se procurer l’argent nécessaire à la
satisfaction de leur passion, ils n’hésitent pas à commettre des actes
Travailler pour les proscrits 189

malhonnêtes. Ils ruinent ainsi leur santé et faussent leur caractère.


Eloignés de Dieu, méprisés par la société, ces malheureux se rendent
compte qu’il n’y a plus d’espoir pour eux, ni dans cette vie ni dans
la vie à venir. Ils ont brisé le cœur de leurs parents. Les hommes
estiment que leur cas est désespéré. Mais ce n’est pas ainsi que Dieu
les considère. Il connaît les circonstances qui les ont amenés là, et il
a pitié d’eux. Ce sont de pauvres créatures qui ont besoin qu’on leur
vienne en aide. Ne leur donnons pas l’occasion de dire « Personne
ne s’occupe de moi. ”
Parmi les victimes de l’intempérance, il en est de toutes classes et
de toutes professions. Des hommes éminents par leurs talents ou leur
savoir se sont conduits de telle manière qu’il leur a été impossible de
résister à la tentation. D’aucuns qui étaient riches sont maintenant
sans foyer et sans amis. Plongés dans la misère, la souffrance, la [188]
maladie et le déshonneur, ils ont perdu tout empire sur eux-mêmes. Si
une main secourable ne leur est tendue, ils descendront toujours plus
bas. Pour eux, la satisfaction de leurs passions n’est pas seulement
un péché, c’est une maladie. - ,Rayons de santé”, p. 201, 202.
Une bataille maintes fois livrée — N’entreprenons aucune
œuvre au hasard, par intermittence. Pour gagner des âmes sur le
point de périr, on ne doit pas se borner à prier pour un buveur, parce
qu’il pleure et confesse la souillure de son âme, et dire ensuite qu’il
est sauvé. Il faut livrer maintes et maintes fois la bataille. — “Test”.,
vol. VIII, p. 196.
Lisez l’Ecriture à ceux qui sont la proie de la tentation. ... Conti-
nuez patiemment vos efforts, jusqu’à ce qu’ils saisissent avec re-
connaissance l’espoir de la rédemption par le Christ. Persévérez
auprès d’eux, sinon vous ne réussirez jamais. Ils continueront à être
les jouets de la tentation. Mais poursuivez vos efforts, sans vous
décourager. — “Rayons de santé”, p. 203.
Cette œuvre n’est pas vaine — Lorsque, en unissant leurs ef-
forts avec le divin, d’aucuns s’efforcent d’atteindre les profondeurs
de la misère humaine, Dieu fait reposer sur eux une riche bénédic-
tion. Même s’il en est peu qui acceptent la grâce de notre Seigneur
Jésus-Christ leur œuvre n’est pas vaine, car une âme est très pré-
cieuse aux yeux de Dieu. Le Christ serait mort pour une seule, afin
qu’elle puisse vivre éternellement.
190 Le Ministère de la bienfaisance

Grâce à de fidèles ouvriers du Seigneur, de nombreuses âmes


sont arrachées des griffes de Satan. Certains sentent reposer sur leurs
épaules le fardeau d’une âme qui se perd pour la ramener au Christ.
Gagner une âme sur laquelle Satan a triomphé suscite de la joie
parmi les anges. Il en est qui ont détruit en elles-mêmes l’image
morale de Dieu. Le filet évangélique ramasse ces pauvres proscrits.
Les anges de Dieu coopèrent avec ceux qui sont engagés dans cette
œuvre et font l’impossible pour sauver les âmes qui périssent, en leur
donnant l’occasion que beaucoup n’ont jamais eue. Il n’y a qu’en
Christ que l’on peut les atteindre. Le Sauveur ne cesse de travailler
au relèvement de celui qui souffre et de lui enseigner la justice. Ce
n’est qu’ainsi que les pécheurs peuvent être tirés des profondeurs de
la dégradation. — “Testimonies”, vol. VIII, p. 72, 73.
Travailler dans l’amour — Les ouvriers du Seigneur doivent
travailler dans l’amour, en nourrissant et en habillant ceux qui ont
besoin de secours. C’est ainsi que les proscrits pourront savoir que
quelqu’un s’intéresse à leur âme. Le Seigneur m’a montré qu’un
grand nombre de ces pauvres rejetés de la société, grâce au minis-
[189] tère des agents humains, collaboreront avec la puissance divine et
chercheront à restaurer l’image morale chez d’autres humains pour
lesquels le Christ a versé son sang. Ils seront appelés les élus de
Dieu, et se tiendront tout près de son trône. ...
Le Seigneur s’efforce d’atteindre les plus dépravés. Beaucoup
sauront ce que veut dire être conduits au Christ, mais n’auront pas
le courage moral de vaincre l’appétit et la passion. Toutefois les
ouvriers du Seigneur ne doivent pas se décourager pour cela ; car il
est écrit : « Dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la
foi, pour s’attacher à des doctrines de démons. » 1Ti.4 :1. N’y a-t-il
que ceux qui ont été arrachés aux profondeurs de l’abîme du péché
qui apostasient ? Cette parole concerne aussi les pasteurs qui ont eu
la lumière et la connaissance de la vérité et ne seront pas victorieux.
Ils ne peuvent maîtriser leurs appétits et leurs passions, ou renoncer
à eux-mêmes pour l’amour du Christ. Beaucoup de proscrits, de
publicains et de pécheurs saisiront l’espérance qui se présente à eux
dans l’Evangile et précéderont dans le royaume des cieux ceux qui
ont eu de grandes lumières, mais ont marché dans les ténèbres. ...
Mes frères et sœurs, placez-vous du côté du Seigneur, soyez fervents
et actifs ; soyez de courageux collaborateurs du Christ, travaillant
Travailler pour les proscrits 191

avec lui pour chercher et sauver ceux qui se perdent. — “Id.”, vol.
V, p. 74, 75.
Ne pas suivre les méthodes de l’Armée du salut — Le Sei-
gneur nous a indiqué la façon dont nous devions travailler. En tant
que peuple nous ne devons pas imiter les méthodes de l’Armée du
salut. Ce n’est pas là l’œuvre qui nous a été confiée. Ce qui ne veut
pas dire que nous devions la condamner ou en parler mal. Il y a dans
l’Armée du salut des âmes précieuses et dévouées. Nous ne pouvons
qu’en dire du bien. Il en est qui servent sincèrement le Seigneur
; elles recevront de plus grandes lumières, et accepteront toute la
vérité. Les officiers de l’Armée du salut s’efforcent de sauver les
êtres négligés et méprisés. Ne les décourageons pas. Laissons-les
faire ce travail selon leurs propres méthodes. Mais le Seigneur a
clairement indiqué l’œuvre que doivent accomplir les Adventistes
du 7e jour. — “Id.”, vol. VIII, p. 184, 185.
Aidez les proscrits à s’engager dans une nouvelle carrière
— A mesure que les enfants de Dieu se consacrent à cette œuvre
[de relever ceux qui sont tombés], un grand nombre d’hommes et
de femmes saisiront la main tendue pour les sauver, et se sentiront
contraints d’abandonner leurs mauvaises voies. Quelques-uns pour-
ront même, par la foi en Christ, occuper des places importantes et
assumer des responsabilités dans l’œuvre du salut des âmes. Ils
connaissent par expérience les besoins de ceux pour lesquels ils tra-
vaillent. Ils savent comment leur venir en aide le plus efficacement,
et ont connaissance des meilleurs moyens à employer pour sauver [190]
une âme qui se perd. Leurs cœurs débordent de gratitude envers
Dieu pour tous ses bienfaits ; l’amour les presse et leurs énergies
fortifiées sont mises au service d’autres âmes qui périraient sans
secours. Avec la Bible pour guide, le Saint-Esprit pour conseiller
et consolateur, ils s’engagent dans la carrière qui s’ouvre devant
eux. Chaque personne qui vient s’ajouter à l’armée des ouvriers du
Seigneur, lorsqu’elle est bien instruite et bien préparée, collabore,
avec ceux dont elle a reçu la lumière, à l’œuvre du salut des âmes.
C’est ainsi que Dieu est honoré et que la vérité fait son chemin.
— “Témoignages”, vol. II, p. 580.
[191] Chapitre 32—Précautions nécessaires

Les bouges ne doivent pas être idéalisés — Des précautions


sont nécessaires dans cette dernière œuvre que des mortels entrepren-
dront. Il y a un danger de fasciner les esprits, de telle sorte que des
personnes qui sont totalement incapables de s’engager dans l’œuvre
de Dieu se croiront désignées par le ciel pour travailler en faveur des
proscrits et des dépravés. Si l’on parlait de toutes les expériences,
bonnes et mauvaises, on ne mettrait pas autant d’empressement pour
ce travail. Beaucoup se lancent dans cette œuvre parce qu’ils aiment
ce qui est sensationnel et excitant. Mais s’ils n’apportent pas toutes
leurs énergies dans la grande œuvre du salut des âmes, ils révéleront
qu’ils ne possèdent pas le véritable esprit missionnaire. - ,Manuscrit”
177, 1899.
Danger en travaillant pour les proscrits — Dans tous ses ef-
forts pour rester vigilant, l’homme a besoin d’être gardé par la puis-
sance divine. Il y a un risque constant de contamination dans l’œuvre
en faveur de ceux qui sont tombés et dépravés. Alors pourquoi des
hommes et des femmes frôleraient-ils ainsi le danger, n’étant pas
préparés à résister à la tentation, et n’ayant pas suffisamment de
force de caractère pour ce genre de travail ?
L’empreinte que reçoit l’esprit de nombreux jeunes gens engagés
dans cette prétendue œuvre médicale missionnaire n’est pas du tout
celle que le docteur ou ses associés imaginent. *
Il n’est pas sage de les exposer aux pièges de Satan. Ce serait
les éloigner progressivement de la vie familiale et des influences
salutaires. Il faut signaler aux jeunes le danger qu’ils courent. Partout
où des hommes et des femmes travaillent en faveur des dégradés,
quelqu’un doit se charger de ces graves responsabilités, sinon les
ouvriers feront bon marché de leur attitude, de leurs paroles et de
[192] leurs principes. Beaucoup s’engagent dans cette œuvre avec l’idée
qu’ils seront délivrés de leur vie de péché, et lorsque l’occasion se
*. Allusion au Dr J. H. Kellogs, qui avait entrepris un travail parmi les dépravés et les
proscrits.

192
Précautions nécessaires 193

présentera ils croiront qu’il est normal de prévariquer, d’être mal-


honnêtes, ou de commettre certains péchés dont ils ont été coupables
dans le passé. En conséquence, les ouvriers qui ne vivent pas en
communion intime avec Dieu ne deviendront pas meilleurs mais
pires. Ils imiteront les manières de ceux qui vivent ouvertement
dans le péché. Ils se joindront aux malfaiteurs en approuvant tout
ce qui est mauvais, et perdront tout raffinement dans leurs paroles
ou leurs manières. Leur crainte de Dieu et l’amour de la justice se
confondront avec une sorte de fièvre religieuse inacceptable aux
yeux de Dieu. — “Manuscrit” 177, 1899.
Plus de perdus que de sauvés — Il est dangereux de demander
à des jeunes gens et des jeunes filles de travailler en faveur des pros-
crits. On les place en contact avec toutes les formes d’impureté, et
Satan profite de cette occasion pour consommer leur perte. Il y a ainsi
bien plus de perdus que de sauvés. Beaucoup d’efforts consacrés aux
réprouvés de la société ont pour résultat la perte de la pureté de ces
ouvriers. Ceux qui visitent les maisons de prostitution s’exposent
eux-mêmes à de terribles tentations. Ce genre de travail est toujours
dangereux. C’est une machination diabolique pour induire les âmes
en tentation et les faire succomber à des pratiques luxurieuses. «
Sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez
pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai, je serai pour vous
un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur
tout-puissant. »
Plus les jeunes gens et les jeunes filles s’éloignent des lieux
corrompus, meilleures et plus sûres seront leurs futures expériences.
Les ouvriers missionnaires médicaux doivent être purs, raffinés,
ennoblis. Ils doivent se tenir sur la plateforme de l’éternelle vérité.
Mais il m’a été montré que la vérité n’est pas apparue sous son vrai
jour. Il en résulte que ce qui est fait tend à corrompre les esprits,
que les choses sacrées sont mises au rang des choses communes.
— “Lettre” 162, 1900.
Préservez la sainteté de l’œuvre — Bien des choses m’ont été
présentées. Il m’a été montré qu’une œuvre doit être accomplie pour
la classe la plus dépravée, mais il faut que ce sujet soit considéré plus
sérieusement, de façon à ne pas travailler en vain. Des jeunes gens et
des jeunes filles ne doivent pas être exposés au danger, comme cela
a été fait dans le passé, en s’occupant des réprouvés. Il faut agir avec
194 Le Ministère de la bienfaisance

une certaine prudence, car il existe des dangers manifestes. L’œuvre


de Dieu est sacrée, ne l’oublions pas. De grandes précautions doivent
être prises dans le travail en faveur de la basse classe dans les grandes
villes et beaucoup devront s’en abstenir. — “Manuscrit” 17, 1901.
Chapitre 33—Un appel pour une œuvre bien [193]
équilibrée

Avoir une juste perspective — A mesure que l’œuvre avance,


des dangers se présentent contre lesquels il faut se prémunir. A me-
sure que l’on s’engage dans de nouvelles entreprises, on a tendance
à faire en sorte qu’elles absorbent tout le reste, et ce qui devrait avoir
la première place devient secondaire. Il faut à l’Eglise une nouvelle
puissance, une nouvelle vitalité, mais il y a un grand danger, lors-
qu’on s’engage dans une certaine branche de l’œuvre, de dépenser
toutes les énergies au lieu d’apporter la vie dans l’Eglise. - , The
Daily Bulletin of the General Conference”, 2 mars 1899.
Notre principal travail ne doit pas être consacré aux pros-
crits. — Dernièrement ( 1899), un grand intérêt a été suscité en
faveur des pauvres et des proscrits ; une œuvre importante a été
entreprise pour relever les dégradés. En elle-même c’est une bonne
œuvre. Nous devons toujours manifester l’esprit du Christ : faire le
même travail que lui pour 1’humanité souffrante. Sans conteste, le
Seigneur veut qu’une œuvre soit accomplie en faveur des proscrits et
que quelques-uns se dévouent pour sauver ces âmes qui se perdent.
Cela fait partie de la proclamation du message du troisième ange et
des autres vérités bibliques. Mais il y a un danger de mettre chacun
à ce travail, d’y accorder trop d’importance. Ce danger, c’est que
des hommes concentrent leurs énergies sur cette branche de travail,
alors que Dieu les a appelés à une œuvre différente.
Notre devoir envers l’humanité est une question sérieuse. Il faut
une grande grâce de Dieu pour savoir comment accomplir le plus
de bien possible. Tout le monde n’est pas appelé à travailler parmi
la basse classe. Le Seigneur n’exige pas de ses ouvriers qu’ils ac-
quièrent une éducation pour s’occuper exclusivement de cette classe.
Nous pouvons savoir qu’une œuvre est voulue de Dieu lorsqu’il est
manifeste que c’est lui qui la dirige et que des principes sacrés sont à
la base de chaque action. Mais Dieu m’a montré qu’il est dangereux [194]
de s’occuper des proscrits d’une manière qui provoquerait des mou-
195
196 Le Ministère de la bienfaisance

vements spasmodiques causés par l’émotion. De tels procédés ne


donneraient aucun résultat bénéfique. Cela encouragerait certaines
personnes à faire un genre de travail qui serait loin de communiquer
à l’œuvre une activité harmonieuse.
L’invitation évangélique doit être donnée au riche et au pauvre,
au grand et au petit. Nous devons trouver le moyen de proclamer la
vérité dans de nouveaux lieux et à toutes les classes. Le Seigneur
nous ordonne : « Va dans les chemins et le long des haies, et ceux
que tu trouveras, contrains-les d’entrer, afin que ma maison soit
remplie. » Commencez par aller « le long des haies, dit-il, et préparez
un groupe qui, uni avec vous, s’engagera dans l’œuvre même que fit
le Christ en cherchant à sauver ceux qui étaient perdus ».
Le Christ a prêché l’Evangile aux pauvres, mais il ne confina
pas son travail à cette classe de gens, Il s’adressa à tous ceux qui
voulaient écouter sa Parole - non seulement aux publicains et aux
proscrits, mais aux riches et aux pharisiens cultivés, aux juifs nobles,
aux centurions et aux gouverneurs romains. J’ai toujours considéré
que c’est là le genre de travail qui nous incombe. Nous ne devons
pas engager toutes nos forces spirituelles dans l’œuvre en faveur des
basses classes, et ne plus nous occuper d’autre chose. Il nous faut
travailler ailleurs pour amener au Maître des âmes qui sont prêtes à
entendre la vérité, auxquelles on pourra confier des responsabilités,
et qui emploieront leurs facultés à travailler dans la classe élevée
comme dans la plus humble.
L’œuvre en faveur des classes déshéritées n’a pas de limite. Mais
elle ne sera jamais exclusive ; elle fait partie du grand tout. Accorder
notre première attention à cette œuvre, alors qu’il y a de vastes
parties de la vigne du Seigneur ouvertes à la culture, et où l’on n’a
encore rien fait, c’est commencer par le mauvais bout. Ce que le bras
droit est au corps, l’œuvre médicale missionnaire l’est au message
du troisième ange. Mais le bras droit ne saurait devenir tout le corps.
L’œuvre parmi les proscrits est importante, mais elle ne doit pas être
la partie essentielle de notre mission. — “Manuscrit” 3, 1899.
Nous ne sommes pas appelés à construire des maisons pour
les femmes et les bébés abandonnés — je dois parler clairement
de certaines choses que nous devons délaisser. Il ne faut pas que
nous ouvrions des maisons pour les femmes et les bébés abandonnés.
Il vaut mieux que cette responsabilité repose sur des familles, qui
Un appel pour une œuvre bien équilibrée 197

s’occuperont de ceux qui pourraient en avoir besoin. - ,Lettre” 11,


1900.
Le Seigneur ne nous a donné aucune directive pour ouvrir des
maisons, afin d’y recevoir des bébés ; bien que cela soit une bonne
œuvre, ce n’est pas notre tâche présente. Il faut laisser au monde ce [195]
genre de travail. Notre temps et nos moyens doivent être consacrés à
une branche différente. Nous devons prêcher le dernier message de
miséricorde de la meilleure façon possible pour atteindre ceux qui,
dans les églises, intercèdent pour recevoir la lumière. — “Lettre”
232, 1899.
Allez dans les champs prêts pour la moisson — Cette œuvre
a accaparé toutes les énergies, mais ceci n’est pas conforme à l’ordre
de Dieu. Si cette tâche interminable devait continuer comme par
le passé, il faudrait toute la puissance du peuple de Dieu pour la
contrebalancer, car l’œuvre qui consiste à préparer un peuple pour
subsister au sein des périls des derniers jours ne serait jamais faite.
Notre œuvre consiste à revêtir l’armure du chrétien et à livret
un combat offensif. Les ouvriers ne doivent pas être encouragés à
travailler dans les bouges et la fange des villes, où ils n’amèneront
à la conversion que des gens qu’il faudra surveiller constamment.
Tandis que des champs sont mûrs pour la moisson, nous ne devons
pas consacrer tout notre temps et notre argent à rassembler ceux qui,
par l’assouvissement de leur appétit, se sont habitués à vivre dans le
péché. Il en est parmi ceux-là qui seront sauvés, D’aucuns peuvent
travailler dans les bas-fonds sans en subir des dommages. Mais il
n’est pas prudent de confier à des jeunes gens et à des jeunes filles
cette sorte de travail. L’expérience risquerait de nous coûter cher.
Ainsi ceux qui pourraient travailler « le long des haies » seraient
disqualifiés pour n’importe quelle autre œuvre. ...
Certains hommes peuvent être profondément émus en voyant
des êtres souffrir des conséquences de leur conduite. Ils peuvent se
sentir particulièrement appelés à entrer en contact direct avec cette
classe de gens, le Seigneur leur confiant la mission de travailler dans
ces endroits de perdition, de faire tout ce qui est en leur pouvoir
pour atteindre ces proscrits et les mettre sous la garde de l’Eglise.
Mais Dieu n’a pas appelé les adventistes du 7e jour à se consacrer
spécialement à ce travail. Cela absorberait le temps de nombreux
ouvriers ou viderait le trésor. “Manuscrit” 16, 1900.
198 Le Ministère de la bienfaisance

Financé par le monde, non par l’Eglise — Il faut s’occuper


des proscrits, mais cette œuvre ne doit pas nous absorber totalement.
... Personne ne devrait se rendre dans nos églises et insister pour
qu’elles financent ce travail. L’argent doit être offert abondamment
et il le sera par ceux qui ne sont pas de notre foi. Quant aux églises,
qu’elles fassent l’œuvre qui leur est désignée, celle de présenter
« le long des haies » la vérité contenue dans les oracles de Dieu.
- ,Lettre” 138, 1898.
Le Seigneur n’a pas chargé son peuple du fardeau d’une classe
endurcie par le péché, de sorte que beaucoup de ceux qui y seraient
[196] engagés n’en bénéficieraient pas eux-mêmes ni n’en feraient bé-
néficier d’autres. S’il y a des hommes qui peuvent entreprendre ce
travail en faveur des plus bas tombés, si Dieu leur demande de s’y
consacrer, qu’ils le fassent et trouvent dans le monde les moyens
nécessaires. Mais qu’ils ne comptent pas sur l’argent que Dieu a
destiné au soutien du message du troisième ange. - ,Testimonies”,
vol. VI, p. 246.
Les nations attendent la lumière — Certains frères supposent
que le Seigneur leur a confié l’œuvre de relever les proscrits qui
se sont ruinés eux-mêmes, et continuent à le faire. Ils subsistent en
outre grâce au secours que leur fournissent les adventistes du 7e
jour. Le Seigneur leur dit : Qui vous a confié ce travail ? Il y a des
peuples et des nations qui n’ont pas encore reçu la lumière de la
vérité pour notre époque : il faut la leur faire connaître.
Partout où le message est proclamé, des missionnaires doivent
se présenter la Bible à la main. Des âmes doivent se convertir et
s’affermir dans la vérité. Des maisons de prière seront construites et
l’Eglise témoignera de la puissance de la vérité. Ses membres feront
resplendir leur lumière de la même manière qu’une ville située sur
une montagne. “Lettre” 41, 1900.
Section 10—Ressources financières [197]

[198]
Pour que l’homme ne soit pas frustré des fruits bénis de la charité,
notre Rédempteur décida de le faire participer à son œuvre. Par un
enchaînement de circonstances qui doivent faire naître les œuvres
charitables, Jésus accorde à l’homme le meilleur moyen de cultiver
la bienveillance en lui faisant prendre l’habitude d’aider les
pauvres et de faire avancer sa cause. Il envoie ceux-ci comme ses
représentants. L’indigence de ceux qui sont dans la détresse nous
amène à faire usage de nos talents, c’est-à-dire de nos biens et de
notre influence, en leur parlant de la vérité dont ils ont le plus
urgent besoin. Lorsque nous répondons à ces appels par notre
travail et nos actes charitables, nous sommes rendus semblables à
celui qui, pour notre salut, s’est fait pauvre. En donnant, nous
sommes en bénédiction aux autres et nous entrons en possession des
vraies richesses. — “Témoignages” vol. Il p. 415, 416.2
[199] Chapitre 34—Notre responsabilité individuelle

La multitude de ceux qui avaient cru


n’étaient qu’un cœur et qu’une âme. Nul
ne disait que ses biens lui appartinssent
en propre, mais tout était commun entre
eux. Les apôtres rendaient avec beaucoup
de force témoignage de la résurrection du
Seigneur Jésus. Et une grande grâce repo-
sait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux
aucun indigent ; tous ceux qui possédaient
des champs ou des maisons les vendaient, apportaient
le prix de ce qu’ils avaient
vendu aux pieds des apôtres ; et l’on faisait
des distributions à chacun selon qu’il en
avait besoin. Actes 4 : 32-35.

Un travail individuel confié aux disciples du Christ — Le


Christ a confié à ses disciples un travail personnel, qui ne peut
être fait par procuration. Apporter aux malades et aux pauvres ce
dont ils ont besoin, proclamer l’Evangile à ceux qui se perdent,
voilà des tâches qui ne doivent pas être abandonnées à des comités
du à des œuvres de bienfaisance. L’Evangile éveille le sentiment
des responsabilités personnelles, il exige des efforts individuels, le
sacrifice de soi-même. “Rayons de santé”, p. 51 ( anc. éd. ).
Recevoir pour donner — Le Christ nous exhorte par le pro-
phète en ces termes : « Partage ton pain avec celui qui a faim ”, et
« rassasie l’âme indigente » ; « si tu vois un homme nu, couvre-le
”, « fais entrer dans ta maison les malheureux ». Il nous dit encore
: « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la
création. » Mais nos cœurs défaillent et notre foi faiblit, lorsque nous
voyons la grandeur de la tâche et les moyens dont nous disposons.
A l’instar d’André, devant les cinq pains d’orge et les deux petits
poissons, nous nous écrions : « Qu’est-ce que cela pour tant de gens

200
Notre responsabilité individuelle 201

? » Souvent nous hésitons, ne désirant pas donner tout ce que nous


avons, dans la crainte de dépenser et de nous ruiner pour les autres.
Mais Jésus dit « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Son ordre
est une promesse : il possède la même puissance qu’il déploya pour [200]
nourrir la multitude qui se trouvait près de la mer.
L’acte par lequel le Christ a pourvu aux nécessités temporelles
d’une foule affamée sert d’image à une profonde leçon spirituelle
destinée à tous nos ouvriers. Le Sauveur donna aux disciples ce qu’il
avait reçu du Père ; les disciples distribuèrent ce don à la foule et
les personnes présentes se passèrent les aliments les unes aux autres.
Ainsi ceux qui sont unis au Christ recevront de lui le pain de vie, la
nourriture céleste, et la distribueront à d’autres.
Les disciples servirent de moyens de communication entre le
Christ et le peuple. Il y a là un puissant encouragement pour ceux
qui sont aujourd’hui ses disciples. Le Sauveur est le grand centre, la
source de toute force. C’est de lui que ses disciples doivent recevoir
leurs ressources. Les plus intelligents, les plus spirituels ne peuvent
donner que dans la mesure où ils reçoivent. Ils ne tirent rien d’eux-
mêmes pour les besoins de l’âme. Il nous est impossible de rien
donner si nous n’avons reçu du Christ ; et nous ne sommes à même
de recevoir qu’en tant que nous communiquons à d’autres. Aussi
longtemps que nous transmettons, nous continuons de recevoir ; et
plus nous donnons, plus nous recevons. C’est ainsi que nous pouvons
constamment croire, nous confier, recevoir et dispenser.
L’œuvre qui a pour but d’établir le royaume du Christ fera des
progrès, bien qu’elle ne paraisse avancer que lentement, et même si
des obstacles insurmontables semblent s’opposer à sa marche, cette
œuvre étant celle de Dieu, lui-même fournira les moyens nécessaires
; il enverra du secours : de vrais disciples, sincères, dont les mains
remplies seront tendues vers la multitude mourant d’inanition. Dieu
n’oublie pas ceux qui s’efforcent, avec amour, de donner la Parole
de vie aux âmes qui périssent, s’ils tendent leurs mains vers lui pour
obtenir la nourriture qui rassasiera ces âmes. — “Jésus-Christ”, p.
168, 169.
Le fardeau ne doit pas être placé sur des organisations —
Nous sommes en danger, en travaillant pour le Seigneur, de trop
compter sur ce que l’homme peut faire avec ses talents et son ha-
bileté. Ainsi nous perdons de vue le grand Chef des travaux. Trop
202 Le Ministère de la bienfaisance

souvent celui qui travaille pour le Christ n’a pas un sentiment assez
vif de sa responsabilité personnelle. Il risque de se décharger de son
fardeau sur des organisations, au lieu de compter sur celui qui est la
source de toute puissance. Quand il s’agit de l’œuvre de Dieu, c’est
une grande erreur de se confier dans la sagesse humaine ou dans
le nombre. Le succès de l’œuvre accomplie par le Christ dépend
bien moins du nombre ou du talent que de la pureté des intentions
et d’une foi vraiment simple, sincère et absolument confiante. Des
responsabilités personnelles doivent être assumées, des devoirs per-
[201] sonnels accomplis, des efforts personnels réalisés en faveur de ceux
qui ne connaissent pas le Christ. Au lieu de vous décharger de votre
responsabilité sur quelqu’un que vous estimez plus richement doué
que vous-même, travaillez selon vos capacités. — “Id.”, p. 169.
Dieu procurera les moyens — Les moyens dont nous disposons
peuvent paraître insignifiants pour les besoins de l’œuvre. Cepen-
dant des ressources abondantes s’offriront à nous si seulement nous
voulons marcher en avant par la foi, croyant à la puissance divine
qui suffit à tout. Si l’œuvre est de Dieu, il pourvoira lui-même aux
moyens nécessaires à son accomplissement. Celui qui compte sur
lui, sincèrement et avec simplicité, se trouvera récompensé. Le peu
qui sera employé au service du Seigneur du ciel, d’une manière pru-
dente et économe, s’accroîtra au moment même de la distribution.
La petite provision de nourriture que le Christ tenait en sa main ne
diminua point tant que la multitude affamée ne fut pas rassasiée.
Si nous nous dirigeons vers la source de toute puissance, les mains
de la foi ouvertes pour recevoir, nous serons soutenus dans notre
œuvre, même au milieu des circonstances les plus défavorables, et
nous serons à même de donner à d’autres le pain de vie. — “Id.”, p.
170.
Risquer quelque chose pour sauver les âmes — Dans cette
grande œuvre on craint de courir le risque de faire des dépenses
inutiles. Pourquoi, demandera-t-on, dépenser de l’argent, si des âmes
ne sont pas sauvées ? Pourquoi engager inutilement une partie des
moyens dont on dispose ? Mais ne vaut-il pas mieux agir que de
se croiser les bras ? Nul ne sait ce qui réussira, ceci ou cela. Les
hommes investissent des moyens, et on trouve tout naturel qu’ils
fassent de lourdes pertes. Mais dans la cause de Dieu on est vite
effrayé. L’argent dépensé semble une perte sèche si des âmes ne sont
Notre responsabilité individuelle 203

pas sauvées immédiatement. N’oublions pas que l’argent que l’on


investit si chichement dans la cause de Dieu sera dans peu de temps
jeté aux idoles, aux taupes et aux chauves-souris. Lorsque la réalité
des scènes éternelles se déploiera devant nous, l’argent n’aura plus
aucune valeur.
Le Seigneur désire que les hommes risquent tout pour sauver les
âmes qui se perdent. Ceux qui ne veulent rien faire, jusqu’à ce que
tout soit clair devant eux, n’auront pas l’avantage de voir progresser
la vérité. On a besoin aujourd’hui d’ouvriers qui vont de l’avant,
dans les ténèbres comme dans la lumière, qui sont vaillants malgré
le découragement et les espoirs déçus, d’ouvriers qui œuvrent par
la foi, avec larmes et persévérance, semant le long des eaux, et se
confiant dans le Seigneur. - “The True Missionary”, janvier 1894.
Chaque dollar est nécessaire — La fin de toutes choses est
proche. Le Seigneur invite les hommes à s’engager dans un service
actif, en vue de sauver des âmes. Guidés par le Saint-Esprit, ces
hommes géreront sagement les fonds qui leur sont confiés, les dé- [202]
penseront selon la grandeur et l’importance de l’œuvre qui doit être
accomplie. ...
Le Seigneur, le Dieu du ciel, recherche des hommes qui aban-
donneront leurs idoles, qui réprimeront tout désir extravagant, sup-
primeront tout ce qui n’est que parade et ornement, et pratiqueront
l’économie dans l’achat de leurs vêtements et de leur ameublement.
Ne dépensez pas un franc en futilités. Votre argent signifie le sa-
lut des âmes ; ne le gaspillez pas en bijoux, en or ou en pierres
précieuses. ...
Vous pouvez donner des milliers de dollars à la cause de Dieu
et cependant un dollar, un franc mal dépensé aurait pu être utile.
Chaque franc est nécessaire, chaque centime peut être utilisé et
investi de telle manière qu’il vous rapportera un trésor impérissable.
Mes chers amis, qui aimez Dieu et désirez le servir de tout votre
cœur, je voudrais que vous vous posiez cette question, quand vous
dépensez de l’argent : Est-ce que je glorifie le Seigneur, ou est-ce
que je satisfais mes désirs humains ? Est-ce que j’emploie cet argent
que je tiens dans la main pour mon plaisir, pour faire des cadeaux
à mes enfants ou à mes amis, ou est-ce que je suis ouvrier avec le
Christ, un modèle pour tous ceux qui s’efforcent de glorifier Dieu ?
Souvenons-nous de ces paroles : « Soit donc que vous mangiez, soit
204 Le Ministère de la bienfaisance

que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites
tout pour la gloire de Dieu. » “Lettre” 90, 1895.
Chapitre 35—Renforcer l’œuvre de la bienfaisance [203]

Soyez des économes de Dieu — Dieu a confié des biens aux


hommes pour qu’ils puissent apprendre à être miséricordieux, don-
ner généreusement pour soulager les souffrances de ses créatures
déchues. “Signs of the Times”, 20 juin 1892.
Avoir des cœurs tendres et compatissants — Dieu désire que
les actes de générosité et de bienveillance rendent les cœurs des
enfants des hommes tendres et compatissants, et les incitent à ma-
nifester de l’intérêt et de l’affection pour autrui, selon l’exemple
du Maître qui, par amour pour nous, se’ fit pauvre, afin que nous
fussions enrichis. — “Testimonies”, vol. III, p. 547.
Les cours d’eau de la bienfaisance ne doivent pas être taris
— Les petits cours d’eau de la bienfaisance ne doivent pas cesser de
se déverser dans le trésor. La providence de Dieu nous précède et
dépasse de beaucoup nos libéralités. - ,Manuscrit” 26, 1891.
Un flot constant de dons — L’argent que Dieu a confié aux
hommes doit être employé pour faire du bien à l’humanité, pour
soulager la souffrance et la misère. Les hommes croient souvent
qu’ils ont accompli des merveilles lorsqu’ils ont fait à certaines
institutions ou églises des dons généreux. Dans sa sage providence,
Dieu leur présente continuellement ceux qui ont besoin de leur
aide. Il faut soigner ceux qui souffrent, vêtir ceux qui sont nus, et
en soulager beaucoup d’autres qui passent par des circonstances
difficiles et luttent en faisant appel à .’toutes leurs énergies pour
préserver leur famille de la pauvreté. — “Review and Herald”, 4
janvier 1898.
Nous demandons pour les autres — Quand nous disons : «
Donne-nous notre pain quotidien ”, nous prions aussi bien pour nos
semblables que pour nous-mêmes. Et nous reconnaissons que les
biens reçus de Dieu ne sont pas exclusivement pour nous. Dieu nous
prête, afin que nous puissions venir en aide à ceux qui ont faim.
Dans sa bonté, il a pourvu au soulagement des pauvres. Et il dit : [204]
« Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite pas tes amis, ni
205
206 Le Ministère de la bienfaisance

tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches. ... Mais, lorsque tu
donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des
aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te rendre
la pareille ; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. »
- “Jésus et le bonheur”, p. 118, 119.
L’estampille de Dieu sur chaque dollar — Quel que soit le
nombre de vos talents, que vous en ayez un, deux, ou cinq, vous ne
devez pas dépenser un centime pour favoriser la vanité, l’orgueil,
ou l’égoïsme. Chaque dollar en votre possession porte l’estampille
de Dieu, Aussi longtemps qu’il y aura dans le monde des affamés
à nourrir, des pauvres qui sont nus à vêtir, des âmes qui périssent
faute du pain de vie et des eaux du salut, tout ce qui ne vous est pas
nécessaire, tout surplus de votre avoir doit être consacré aux pauvres.
— “Signs of the Times”, 20 juin 1892.
Les cours d’eau de la bienfaisance taris — Plus les personnes
dépenseront en vêtements, moins elles auront d’argent pour nourrir
l’affamé ou vêtir celui qui est nu ; et les moyens nécessaires à la
bienfaisance, qui devraient constamment se renouveler, seront taris.
Chaque franc économisé en refusant de se procurer des ornements
inutiles peut servir aux nécessiteux, ou être placé dans le trésor
du Seigneur pour la proclamation de l’Evangile, pour envoyer des
missionnaires en pays lointain, pour multiplier les imprimés, afin
de faire connaître la lumière aux âmes qui sont dans les ténèbres
de l’erreur. Chaque franc dépensé inutilement prive celui qui le fait
d’une occasion précieuse d’accomplir le bien. — “Testimonies”, vol.
IV, p. 645, 646.
Dieu nous appelle au renoncement — Dieu demande aux
jeunes de renoncer aux ornements inutiles, ou à certains articles
de vêtements, même s’ils ne coûtent pas cher, et de mettre de côté
cet argent pour des œuvres de charité. Il réclame aussi de ceux qui
sont plus avancés en âge de réfléchir quand ils envisagent l’achat
d’une montre ou d’une chaîne en or, ou encore de quelques meubles
coûteux, et de se poser la question : Est-ce bien de dépenser une telle
somme pour des choses dont nous pourrions nous passer, ou quand
un article moins cher nous suffirait ? En renonçant à vous-même,
et en élevant la croix du Christ, qui par amour pour vous s’est fait
pauvre, vous pourrez faire beaucoup pour soulager les souffrances
des pauvres qui sont parmi vous, et, en imitant ainsi l’exemple de
Renforcer l’œuvre de la bienfaisance 207

notre Seigneur et Maître, vous recevrez son approbation et sa béné-


diction. — “Id.”, p. 511.
Ce n’est pas peu de chose que d’être un économe du Sei-
gneur. — Que diraient ceux qui font de grandes dépenses pour
meubler leurs mai- sons, s’ils pouvaient lire cette inscription sur [205]
leurs meubles et leurs tableaux : « Fais entrer dans ta maison les
malheureux sans asile. » Dans la salle à manger où se trouve une
table bien garnie, le doigt de Dieu a tracé ces mots : « Partage ton
pain avec celui qui a faim » !
Que tous, jeunes et vieux, considèrent que ce n’est pas peu de
chose d’être les économes du Seigneur, et d’être accusés dans les
livres du ciel d’avoir agi d’une manière égoïste. Les nécessiteux, les
opprimés sont laissés dans la pauvreté, alors que l’argent du Sei-
gneur est égoïstement dépensé en choses luxueuses ou extravagantes.
Oh ! puissions-nous nous souvenir que Dieu ne fait acception de
personne ! C’est une grande chose que d’être des économes fidèles
et véritables devant un Dieu juste et impartial, qui n’excuse aucune
infidélité. — “Manuscrit” 11, 1892.
Une merveilleuse réforme promise — Lorsque la grâce du
Christ est exprimée dans les paroles et dans les actes des croyants, la
lumière resplendit pour ceux qui sont dans les ténèbres ; car, tandis
que les lèvres louent le Seigneur, la main est occupée à faire du bien
à ceux qui périssent. Nous lisons dans les Ecritures qu’au jour de la
Pentecôte, quand le Saint-Esprit descendit sur les disciples réunis,
aucun chrétien ne disait que ce qu’il avait lui appartenait en propre.
Tout ce qu’il possédait était destiné à faire progresser l’œuvre de
Dieu, et des milliers d’âmes se convertissaient en un jour. Lorsque
le même Esprit agira sur les croyants de notre époque et qu’ils
donneront avec la même libéralité, une grande œuvre s’accomplira.
- “Manuscrit” 95, 1907.
[206] Chapitre 36—Fonds spéciaux pour l’œuvre de la
bienfaisance

Les chrétiens doivent agir comme des trésoriers de DieuLes


pauvres sont l’héritage du Seigneur. Le Christ a donné sa vie pour
eux. Il veut que ceux qu’il a désignés comme ses économes soient
généreux avec l’argent qui leur est confié pour soulager la misère
et soutenir son œuvre sur la terre. Dieu est riche en ressources. Il a
désigné des hommes pour être ses trésoriers dans le monde. Ce qu’il
leur a confié, ils doivent l’employer pour son service. — “Manuscrit”
146, 1903.
Une offrande d’actions de grâces pour les pauvres — Dans
chacune de nos églises, il devrait v avoir un fonds des pauvres. Que
chaque membre offre un sacrifice d’actions de grâces une fois par
semaine ou une fois par mois, comme il lui conviendra le mieux.
Cette offrande exprimera notre gratitude pour la santé, la nourriture
et le vêtement qui nous ont été dispensés. Dans la mesure où Dieu
nous aura bénis, nous donnerons pour les pauvres, les souffrants
et les nécessiteux. Je voudrais spécialement attirer l’attention de
mes frères sur ce point. Souvenez-vous des pauvres, et renoncez à
un peu de votre luxe, même à vos aises ; assistez ceux qui n’ont
qu’une maigre nourriture et des habits de misère. En agissant ainsi,
vous obligerez Jésus dans la personne de ses saints, car il s’identifie
lui-même avec l’humanité souffrante. N’attendez pas pour agir que
vos besoins imaginaires soient tous satisfaits, ne donnant que lorsque
vous vous y sentez poussés. Donnez avec régularité, soit dix, soit
cinquante centimes ou un franc chaque semaine, c’est-à-dire ce que
vous aimeriez voir inscrit à votre compte dans le livre du ciel au
dernier jour. — “Témoignages”, vol. II, p. 44, 45.
Renoncement et économie — Que chacun ait chez lui une boîte
où il mettra l’argent auquel il renonce, et lorsqu’il voudra dépenser
quelques centimes ou quelques francs pour son plaisir, qu’il se sou-
vienne des nécessiteux et de ceux qui meurent de faim en Afrique
et aux Indes, et même devant sa porte. Il y a des pauvres parmi
208
Fonds spéciaux pour l’œuvre de la bienfaisance 209

nous. Pratiquez l’économie, et présentez chaque cas au Seigneur.


Demandez-lui de vous donner l’esprit d’en haut, afin d’être dans
toute l’acception du terme des disciples du Christ et de recevoir sa [207]
bénédiction. En vous détournant du culte du moi et en essayant de
soulager les souffrances de l’humanité, priez pour que Dieu vous
donne d’accomplir un véritable travail missionnaire en faveur des
âmes. Alors ceux qui viendront assister au culte dans la maison
de Dieu verront un peuple vêtu modestement, en harmonie avec
la foi et la Parole de Dieu. Ce sont les choses extravagantes qui
sapent l’amour et la confiance du peuple de Dieu, qui gâtent l’expé-
rience religieuse et développent un égoïsme que le Seigneur ne peut
supporter. — “Manuscrit” 52, 1898.
La seconde dîme — Pour encourager l’assiduité au service,
comme pour subvenir aux nécessités des pauvres, Dieu réclama des
Israélites une seconde dîme de tous leurs revenus. Voici ce qu’il
avait dit de la première dîme : « Quant aux enfants de Lévi, voici,
je leur donne en héritage toutes les dîmes d’Israël. » A l’égard de la
deuxième, il avait ordonné ce qui suit : « Tu mangeras, en présence
de l’Eternel, ton Dieu, dans le lieu que l’Eternel aura choisi pour
que son nom y soit invoqué, la dîme de ton blé, de ton vin nouveau,
de ton huile, des premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail, afin
que tu apprennes à craindre toujours l’Eternel, ton Dieu. ”
Deux années de suite, les Israélites devaient apporter cette se-
conde dîme, ou son équivalent en argent, à la résidence du sanctuaire.
Après avoir fait à Dieu une offrande d’actions de grâces, et donné
une portion déterminée au sacrificateur, l’offrant devait consom-
mer le reste en agapes religieuses auxquelles il invitait l’étranger,
l’orphelin et la veuve. ...
Chaque troisième année, par contre, cette deuxième dîme devait
être utilisée pour recevoir sous son toit le Lévite et le pauvre. « Tu
la donneras, disait la loi, au Lévite et à l’étranger, à l’orphelin et à
la veuve, afin qu’ils aient à manger dans les villes et qu’ils soient
rassasiés. » Cette dîme constituait ainsi un fonds destiné à des buts
charitables et hospitaliers. — “Patriarches et prophètes”, p. 563, 564.
La consécration à Dieu d’une dîme du revenu, soit du verger,
soit de la moisson, soit du troupeau, soit du produit du travail des
mains ou de l’esprit, la consécration d’une seconde dîme en faveur
des pauvres ou d’œuvres de bienfaisance, obligeaient le peuple à se
210 Le Ministère de la bienfaisance

souvenir que tout ce qui existe appartient à Dieu et que les hommes
peuvent être les canaux par lesquels se déversent sur le monde ses
bénédictions. Cette éducation était destinée à tuer tout égoïsme et à
cultiver d’une manière large et intelligente la noblesse du caractère.
— “Education”, p. 40.
Dons et offrandes pour l’œuvre de la bienfaisance — Il faut
faire des actes de miséricorde ; il faut venir en aide aux pauvres et à
ceux qui souffrent. Des dons et des offrandes doivent être recueillis
dans ce but. Accomplissons cette œuvre spécialement dans les nou-
[208] veaux champs où l’étendard de la vérité n’a pas encore été déployé.
— “Special Testimonies”, série A, no 9, p. 68.
Les missionnaires médicaux trouveront un champ où soulager la
détresse de ceux qui souffrent de maux physiques. Ils doivent avoir
les moyens pour vêtir ceux qui sont nus et nourrir ceux qui ont faim.
Leur aide chrétienne sera plus profitable qu’un sermon. — “Review
and Herald”, 24 décembre 1895.
Il faut créer un fonds pour que les ouvriers puissent disposer de
moyens leur permettant de venir en aide à ceux qui vivent dans la
pauvreté et dans la détresse. Ce ministère pratique ouvrira le cœur
de ces derniers à la vérité. — “Id.”, 28 janvier 1896.
Des hommes sont désignés pour proclamer la vérité dans de nou-
veaux endroits. Ils doivent disposer d’un budget pour leur entretien.
Il faut qu’ils en aient un autre pour venir en aide aux pauvres et
aux nécessiteux qu’ils rencontreront au cours de leurs travaux. La
bienveillance qu’ils manifesteront à l’égard des pauvres donnera du
poids à leurs efforts pour proclamer la vérité. Leur empressement à
secourir les nécessiteux leur vaudra la gratitude de ceux qui en ont
été les bénéficiaires et l’approbation du ciel. — “Lettre” 32, 1903.
Contributions spéciales, non régulières — Au sixième cha-
pitre des Actes, nous voyons de quelle manière, lorsque des hommes
furent choisis pour occuper un poste dans l’Eglise, on présenta la
chose au Seigneur par une prière très fervente, afin de recevoir ses
directives. Les veuves et les orphelins furent secourus par des contri-
butions de l’Eglise. Ils devaient être aidés par des dons spéciaux.
La dîme était consacrée au Seigneur et devait toujours être destinée
au soutien du ministère. Il faut choisir des hommes pour s’occuper
des pauvres, réunir des fonds à cet effet, afin que personne parmi les
croyants ne manque du nécessaire. - ,Lettré” 9, 1899.
Fonds spéciaux pour l’œuvre de la bienfaisance 211

Personne ne souffrira si les plans de Dieu sont suivis —


D’autres dispositions encore étaient prises pour les pauvres. Les
droits de Dieu mis à part, ce qui frappe le plus dans les lois données
par Moïse, c’est l’esprit de libéralité, de compassion et d’hospitalité
qui caractérise les recommandations relatives aux pauvres. Bien
que Dieu ait promis à son peuplé d’abondantes bénédictions, il n’a
jamais été dans ses intentions que la pauvreté y soit entièrement
inconnue. Il avait déclaré qu’il y aurait toujours, dans le pays, des
pauvres et des gens qui feraient appel à la sympathie et à la bienfai-
sance de son peuple. Comme aujourd’hui, on était sujet au malheur
et à des pertes matérielles. Mais aussi longtemps qu’Israël fut fidèle
aux divins préceptes, on n’y vit jamais de mendiants, ni de personnes
souffrant de la faim. — “Patriarches et prophètes”, p. 561.
[209] Chapitre 37—La richesse des Gentils

Ne pas détourner les fonds de la Cause — La dîme est mise à


part pour un usage spécial. Elle ne doit pas être considérée comme
un fonds des pauvres ; elle est spécialement destinée au soutien de
ceux qui proclament le message au monde. Il ne faut pas la détourner
de son but. “Review and Herald”, Supplément, ler décembre 1896.
Ne négligeons pas la cause de Dieu pour donner aux pauvres la
première place. Un jour le Christ enseigna sur ce point une leçon
très importante à ses disciples. Lorsque Marie oignit la tête de Jésus,
Judas plaida en faveur des pauvres, et murmura contre ce qu’il
considérait comme un gaspillage d’argent. Mais Jésus justifia l’acte
de Marie, en disant : « Partout où cet Evangile sera prêché, dans
le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce
quelle a fait. » Nous comprenons par là qu’il faut honorer le Christ
en lui consacrant le meilleur de ce que l’on possède. Si toute notre
attention était concentrée sur le soulagement des pauvres, la cause
de Dieu en souffrirait. Or celle-ci doit passer avant toute autre chose.
— “Testimonies”, vol. IV, P. 550, 551.
Il faut d’abord satisfaire les exigences de Dieu. Ensuite les
pauvres et les nécessiteux pourront recevoir notre attention. —
“Youth Instructor”, 26 août 1897.
Recevoir des dons de l’extérieur — Dieu ouvrira la voie pour
que nous ayons accès à des sources de l’extérieur. je ne comprends
pas pourquoi certains s’opposent à ce que nous recevions des dons
de gens qui ne sont pas de notre foi. On ne peut le faire qu’en
adoptant des vues extrêmes, et en tirant des conclusions qui ne sont
pas défendables. - ,Special Testimonies to Ministers and Workers”,
no 3, p. 43.
Dieu pousse les incroyants à nous aider — Vous me demandez
avec déférence s’il est permis de recevoir des dons des Gentils, ou
des païens. Votre question n’a rien d’étrange. Mais laissez-moi
vous en poser une autre : A qui appartient notre globe ? Qui est
le véritable propriétaire des maisons et des terres qu’il contient ?
212
La richesse des Gentils 213

N’est-ce pas Dieu ? N’est-ce pas lui qui a répandu ici-bas des biens à [210]
profusion, et les a placés entre les mains des hommes, pour que ceux
qui ont faim puissent être rassasiés, ceux qui sont nus, vêtus, et ceux
qui n’ont pas de foyer, logés ? Le Seigneur poussera les hommes,
même des idolâtres, à donner de leur superflu pour soutenir l’œuvre
de Dieu, à condition toutefois que nous leur parlions sagement, et
que nous leur en fournissions l’occasion. Et ce qu’ils décident de
donner, considérons que c’est un privilège de l’accepter.
Nous devons entrer en contact avec des hommes haut placés, et,
en exerçant la prudence du serpent et la simplicité de la colombe,
nous pouvons en obtenir des avantages ; car Dieu les poussera à
être généreux en faveur de son peuple. Si des personnes qualifiées
voulaient présenter aux hommes qui possèdent des moyens et de
l’influence les besoins de l’œuvre de Dieu. ces hommes pourraient
faire beaucoup pour l’avancement de la cause du Seigneur dans le
monde. Nous avons négligé les privilèges et les avantages dont nous
aurions pu bénéficier, parce que nous n’avons pas voulu dépendre
du monde. Mais, sans sacrifier un seul de nos principes, nous devons
profiter de tous les avantages et de toutes les occasions pour faire
avancer la cause de Dieu. — “Id.”, p. 29, 30.
Demander à des hommes importants et généreux de nous ai-
der — Il y a un monde à évangéliser, et nous avons eu des scrupules
en faisant appel à des riches, membres d’église ou du monde, pour
nous seconder dans cette tâche. Nous aimerions que tous ceux qui se
disent chrétiens soient avec nous, qu’ils donnent généreusement pour
nous aider à faire avancer le règne de Dieu dans le monde. Faisons
appel à certains hommes importants et bien disposés. Invitons-les
à se dévouer pour sauver ceux qui se perdent. — “The Origin and
Development of Thanksgiving Plan”, p. 5.
Ne pas refuser de tels dons — Lorsque nous montrerons au
monde, aux anges et aux hommes que la prospérité de la cause de
Dieu est notre première préoccupation, Dieu nous bénira. Il opère
parfois par des incroyants, et des dons inespérés nous parviennent.
Il met au cœur des hommes le désir de nous aider. Il ne faut pas
refuser les fonds offerts de cette manière. Quand des incroyants nous
donnent de l’argent il doit être employé par des agents humains pour
honorer Dieu.
214 Le Ministère de la bienfaisance

Le Seigneur ne compte pas sur notre argent. Il n’est pas limité


par les hommes. Ses voies sont toujours les meilleures, et tout ce qui
peut faire avancer sa cause et son œuvre dans n’importe laquelle de
nos institutions doit être employé comme venant de lui. Il ne faut
pas refuser les dons des incroyants. L’argent est au Seigneur, et il
doit être reçu avec gratitude. Dieu l’envoie par qui il veut. ... Nous
croyons que nous sommes arrivés à la fin des temps. L’éternité est
à la porte. Nos moyens sont limités, et grande est l’œuvre qui doit
[211] être accomplie. C’est maintenant qu’il faut exercer notre foi. Notre
capacité vient de Dieu. — “Manuscrit” 17, 1899.
Les riches nous donneront des possibilités d’agir — A . . . ,
que ceux qui travaillent pour la cause de Dieu parlent des besoins de
l’œuvre aux riches de ce monde. Qu’ils le fassent judicieusement.
Expliquez-leur ce que vous vous efforcez de faire. Sollicitez des dons
de leur part. Leur argent est au Seigneur, et ils doivent l’employer
pour éclairer le monde.
Il y a, enfouis dans la terre, de grands trésors d’or et d’argent.
Les hommes ont accumulé des richesses. Allez vers eux, avec un
cœur rempli d’amour pour le Christ et l’humanité souffrante, et
demandez-leur de vous aider dans l’œuvre que vous vous efforcez
de faire pour le Maître. En voyant que vos sentiments révèlent la
bienveillance de Dieu, la corde sensible de leur cœur sera touchée.
Ils comprendront le bien qu’ils peuvent accomplir en s’occupant de
l’œuvre médicale missionnaire. Ils seront amenés à collaborer avec
Dieu, à nous donner les moyens nécessaires pour le travail qui doit
être entrepris. — “Manuscrit” 40, 1901.
Poussé par l’Esprit à donner — La classe élevée a été étran-
gement négligée. On trouvera là un grand nombre de personnes qui
accepteront la vérité parce que celle-ci est logique et porte l’estam-
pille du noble caractère de l’Evangile. Beaucoup d’hommes capables
seront gagnés à la cause et entreront dans l’œuvre du Seigneur.
Dieu demande à ceux qui occupent des postes importants, aux-
quels il a confié des dons précieux, d’employer à son service leurs
talents et leur fortune. Nos ouvriers doivent faire à ces hommes un
clair exposé de notre plan de travail, et leur expliquer ce qu’il nous
faut pour venir en aide aux pauvres et aux nécessiteux, ainsi que pour
établir l’œuvre sur une base solide. D’aucuns seront impressionnés
et poussés par le Saint-Esprit à investir l’argent du Seigneur de fa-
La richesse des Gentils 215

çon à faire avancer sa cause. Ils contribueront à créer des centres


d’influence dans les grandes villes. — “Testimonies”, vol. VII, p.
112.
L’argent nous sera donné — Nous renouvellerons l’expérience
des jours apostoliques si des hommes sont animés par le Saint-Esprit.
Le Seigneur retirera sa bénédiction où l’égoïsme prévaut, mais il
accordera à son peuple des biens dans le monde entier, s’il veut,
généreusement, employer ses capacités à relever l’humanité. Son
œuvre sera comme un signe de sa bienveillance, un signe qui gagnera
la confiance du monde et procurera des ressources pour l’avancement
de l’Evangile. — “Special Testimonies”, série B, no.1, p. 20.
L’argent est au Seigneur — Pourquoi ne pas demander l’assis-
tance des Gentils ? Il m’a été montré qu’il y avait dans le monde des
hommes et des femmes au cœur compatissant, qui seront touchés [212]
quand on leur présentera les besoins de l’humanité souffrante. ...
C’est ainsi que ce sujet m’a été présenté. Notre œuvre doit être
militante. L’argent appartient au Seigneur, et si les riches sont abor-
dés de la bonne manière, le Seigneur touchera leurs cœurs, et il les
poussera à nous donner de l’argent.
Parlez-en de ci de là, et faites tout ce que vous pouvez pour vous
assurer des dons. Nous ne devons pas avoir le sentiment que ce
n’est pas une bonne chose de demander de l’argent à des hommes
du monde, car c’est précisément ce que nous devons faire. Ce plan
m’a été présenté comme un moyen de toucher les riches. C’est ainsi
que beaucoup d’hommes entendront parler de la vérité pour notre
époque et l’accepteront. “Stewardship Série”, no. 1, p. 15, 16.
Comment établir le contact — Des multitudes de gens qui
mènent une vie prospère et qui ne descendent jamais la pente du
vice sous ses formes grossières suivent néanmoins le chemin de la
perdition à cause de leur amour des richesses.
Ces gens-là ont besoin de l’Evangile. Il faut que leurs yeux
se détachent de la vanité des choses matérielles pour contempler la
valeur des biens impérissables. Ils ont besoin d’apprendre à connaître
la joie de donner et le bonheur que l’on éprouve à être ouvriers avec
Dieu.
Les personnes appartenant à cette classe sont le plus souvent
difficiles à atteindre ; mais le Christ ouvre la voie qui conduit vers
elles. Que nos ouvriers les plus consacrés, les plus fidèles, ceux qui
216 Le Ministère de la bienfaisance

sont pleins d’avenir se mettent à la recherche de ces âmes. Qu’avec


la sagesse et le tact que communique l’amour de Dieu, qu’avec toute
la délicatesse et la courtoisie qui découlent de la présence seule de
Jésus dans le cœur, ils se mettent à l’œuvre pour ceux qui, éblouis
par l’éclat des richesses terrestres, ne peuvent apercevoir la gloire
des trésors célestes. Que ces ouvriers étudient avec eux la Parole
de Dieu en s’efforçant de faire pénétrer dans leurs cœurs les vérités
évangéliques. Lisez-leur les textes sacrés : « C’est par lui que vous
êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse,
justice et sanctification et rédemption. » « Ainsi parle l’Eternel :
Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie
pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais
que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence
et de me connaître, de savoir que je suis l’Eternel, qui exerce la
bonté, le droit et la justice sur la terre ; car c’est à cela que je prends
plaisir, dit l’Eternel. » « En lui nous avons la rédemption par son
sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » « Mon
Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire en
Jésus-Christ. » 1Co.1 :30 Jé.9 :23,24 ; Ep.1 :7 ; Ph.4 :19.
[213] De tels appels adressés dans l’esprit du Christ ne sont pas dé-
placés. Ils feront impression sur un grand nombre de ceux qui se
rattachent aux classes élevées de la société.
Grâce à des efforts tentés avec sagesse et amour, plus d’un
homme sera éveillé au sens de sa responsabilité devant Dieu. Beau-
coup répondront à l’appel quand on leur aura clairement démontré
que le Seigneur les considère comme ses représentants pour tra-
vailler au relèvement de l’humanité souffrante, et ils feront part aux
pauvres de leurs biens et de leur sympathie. Lorsque leurs esprits
seront de la sorte détournés de leurs propres intérêts, beaucoup se-
ront amenés à se donner au Christ et emploieront leurs talents, leur
influence et leurs moyens pour travailler à cette œuvre de relèvement
avec l’humble missionnaire qui a été l’instrument dont Dieu s’est
servi pour les amener à la conversion. Par un bon usage de leurs
richesses terrestres, ils s’amasseront « un trésor inépuisable dans les
cieux, où le voleur n’approche point, et où la teigne ne détruit point
». Ils s’assureront de la sorte un trésor impérissable de sagesse et de
justice. — “Témoignages”, vol. 11, 576-578.p.
Chapitre 38—Ventes d’aliments [214]

Les ventes d’église comprenant de l’alimentation ne sont


pas condamnées — Lorsque la foire de Battle Creek eut lieu,
nos frères installèrent trois ou quatre cuisinières dans l’enceinte
de l’exposition pour démontrer comment préparer de bons repas
sans viande. Nous eûmes la réputation d’avoir dressé la meilleure
table de la foire. Partout où de grands rassemblements se tiennent,
c’est notre privilège de faire des plans pour démontrer ce qu’est un
aliment sain. — “Manuscrit” 27, 1906.
Une expérience unique dans l’éducation sanitaire — Le 28
juin 1877, à l’occasion du passage à Battle Creek du grand cirque
Barnum, les dames de la société « Woman’s Christian Tempérance
Union » décidèrent de frapper un grand coup en faveur de la tempé-
rance et de la réforme sanitaire. Elles organisèrent dans ce but un
immense restaurant pour recevoir la foule qui venait de l’extérieur,
et empêcher les gens de fréquenter les établissements de la ville où
ils seraient exposés à la tentation. On dressa la tente géante, em-
ployée chaque année pour les camps-meetings de la Fédération du
Michigan, où pouvaient se réunit cinq mille personnes. Sous cette
immense maison de toile, on installa quinze ou vingt tables pour
recevoir les invités.
Notre clinique de Battle Creek plaça au centre une grande table,
abondamment garnie de fruits délicieux, de grains et de légumes.
Cette table fut la principale attraction et fréquentée plus qu’aucune
autre. Bien qu’elle ait eu plus de dix mètres de long, les clients
étaient si nombreux qu’il fallut en ajouter une autre presque aussi
longue. - ,Testimonies”, vol. IV, p. 275.
Organiser un banquet — J’ai eu hier une conversation de deux
heures avec A. et sa femme, qui travaillent ici à la clinique. Je
crois qu’elle a été profitable. Ils m’ont parlé d’un plan qu’ils ont
imaginé, celui d’organiser à l’hôpital un banquet auquel on inviterait
les notables de St Helena - les avocats, les banquiers, les pasteurs. Ils
espèrent ainsi faire disparaître l’impression que semblent partager
217
218 Le Ministère de la bienfaisance

[215] certaines personnes à St Helena - que cette institution ne soigne


que des faibles d’esprit et des gâteux. Frère B., le gérant du « San
Francisco Vegetarian Café », aurait la charge de préparer ce banquet.
Je n’ai pas vu d’objection à ce plan. Lorsque la lumière sur la
réforme sanitaire nous fut donnée, à l’occasion des jours fériés nous
faisions appel, en certains endroits fréquentés, à des cuisinières afin
qu’elles fassent des petits pains légers et des galettes. Et je crois
que nos efforts furent couronnés de succès, bien que, naturellement,
nous ne possédions pas, à ce moment-là, les aliments sains que nous
avons maintenant. A cette époque nous commencions tout juste à
apprendre comment on pouvait vivre sans manger de la viande.
Il nous arriva parfois de faire un grand dîner, et nous prenions
bien soin que tout ce que nous avions préparé fût appétissant et bien
servi. A la saison des fruits nous avions des myrtilles, des framboises
et des fraises. Nous faisions de la table une leçon de choses en
montrant aux personnes présentes que notre régime, tout en étant
en accord avec les principes de la réforme sanitaire, était loin d’être
pauvre. Parfois on donnait une courte causerie sur la tempérance
en rapport avec ce repas, et les gens se familiarisaient avec nos
principes. Autant que nous l’avons su, tout le monde était satisfait
et éclairé. Nous étions toujours disposés à expliquer pourquoi il
est nécessaire de se procurer de bons aliments et de les préparer
simplement tout en les rendant appétissants et agréables au goût.
- ,Lettre” 106, 1908.
Danger de faire du bénéfice financier de certaines ventes
l’objectif principal — Il m’a été aussi montré que dans les villes où
la possibilité existe on imite ce qu’on a fait à la foire de Battle Creek.
En harmonie avec cette révélation, des restaurants végétariens ont
été ouverts. Mais les employés de nos restaurants courent le risque
de devenir si imbus de l’esprit commercial qu’ils ne communiquent
pas la lumière aux gens qui en ont besoin. Nos restaurants nous
mettent en contact avec beaucoup de gens, mais si nous avons l’es-
prit préoccupé par le profit financier, nous n’accomplirons pas le
plan de Dieu, qui aimerait que nous profitions de toutes les occasions
pour présenter la vérité qui doit sauver hommes et femmes de la
mort éternelle. - ,Manuscrit” 27, 1906.
Le Christ savait toucher les gens à leurs fêtes et à leurs re-
pas — Le Christ est notre Maître. Avant de quitter ses disciples il
Ventes d’aliments 219

leur a donné des instructions précises sur l’œuvre qui les attendait.
Aussitôt qu’il put parler, le Christ usa du don de la parole, dans le
cercle familial, et parmi ses amis et ses connaissances, d’une ma-
nière parfaite. jamais une parole impure n’effleura ses lèvres. jamais
il ne commit une mauvaise action, car il était le Fils de Dieu. Bien
qu’il possédât la nature humaine, il était sans péché.
Lorsque, au début de son ministère, il était prié d’assister à un [216]
repas, ou à une fête, par un pharisien ou un publicain, il acceptait
l’invitation. Il était accusé par les chefs religieux de manger avec
les publicains, et d’être comme eux. Mais en de telles occasions le
Christ contrôlait les conversations, et donnait de précieuses leçons.
Ceux qui étaient présents l’écoutaient ; car n’avait-il pas guéri leurs
malades, réconforté leurs affligés, pris leurs enfants dans ses bras
et ne les avait-il pas bénis ? Les publicains et les pécheurs étaient
attirés vers lui, et quand il ouvrait la bouche pour parler, il captivait
leur attention.
Le Christ enseignait à ses disciples comment ils devaient se
conduire avec ceux qui étaient religieux et ceux qui ne l’étaient pas.
Par son exemple, il leur apprenait que, lorsqu’ils se trouvaient dans
un rassemblement, ils n’avaient pas à se soucier de ce qu’ils auraient
à dire. Sa conversation différait radicalement de ce qu’ils avaient
entendu au cours des fêtes passées. Chaque mot qu’il prononçait était
une odeur de vie donnant la vie à ses auditeurs, et ils l’écoutaient
avec une attention soutenue, désirant en entendre davantage.
Le respect manifesté à l’égard du Christ pendant les fêtes aux-
quelles il assistait contrastait avec la façon dont les scribes et les
pharisiens étaient traités. Le Christ donnait des leçons appropriées
aux besoins de ses auditeurs. C’est à une fête qu’il dit la parabole du
grand souper, par laquelle il montre de quelle manière l’invitation
du roi fut considérée. ...
Le grand Docteur parlait comme ayant autorité. Il instruisait
ses disciples sur les devoirs et les règles de la véritable vie sociale,
qui sont les mêmes que les lois du royaume de Dieu. Le Christ
parlait avec une grande clarté et une grande simplicité, et non d’une
manière vague. Ses paroles étaient « comme des pommes d’or sur
des ciselures d’argent ». - Manuscrit” 19, 1899.
Occasions offertes au cours de grandes réunions — Il m’a
été montré qu’à mesure que nous approchons de la fin il y aura de
220 Le Ministère de la bienfaisance

grands rassemblements dans nos villes, comme il y en eut un récem-


ment à St Louis, et qu’il faudra se préparer à présenter la vérité dans
de telles occasions. Le Christ agissait ainsi lorsqu’il était ici-bas.
Quels que soient le lieu et les circonstances d’un rassemblement, sa
voix se faisait entendre, claire et distincte, pour délivrer son message,
Il en résulta qu’après sa crucifixion et son ascension, des milliers se
convertirent en un jour. La semence jetée par le Christ pénétrait pro-
fondément dans les cœurs et germait. Lorsque les disciples reçurent
le don du Saint-Esprit, la moisson était prête.
A chacune de ces grandes réunions quelques-uns de nos pasteurs
devraient être présents et agir avec sagesse afin de trouver des oreilles
attentives et répandre la lumière de la vérité devant le plus grand
nombre d’auditeurs possible.
[217] Nous devrions profiter de toutes les occasions comme celle qui
s’est présentée à la foire de St Louis. Dans chacun de ces rassemble-
ments il doit se trouver des hommes que Dieu peut employer. Des
brochures contenant la lumière de la vérité présente seront répandues
parmi le peuple comme les feuilles en automne. Pour de nombreux
assistants ces brochures seront comme les feuilles de l’arbre de vie,
qui servent à la guérison des nations. — “Lettre” 206, 1908.
Chapitre 39—Méthodes défendues pour se procurer [218]
de l’argent

Ne pas utiliser l’appétit immodéré et l’amour des plaisirs


pour se procurer des fonds — De nos jours des églises encouragent
les festivités, la gloutonnerie et la dissipation, en organisant des
banquets, des ventes, des danses, ou autres choses semblables dans
le but de réunir de l’argent pour leur trésor. C’est là une méthode
inventée par des esprits charnels pour trouver des fonds sans faire
de sacrifice.
De tels procédés impressionnent la jeunesse, qui croit que les
loteries, les ventes et les jeux sont sanctionnés par l’Eglise. Il y a là,
pense-t-elle, quelque chose de fascinant pour obtenir de l’argent. ...
Nous devons nous élever résolument contre ces corruptions reli-
gieuses, cette dissipation, ces festivités, qui ont une influence démo-
ralisante sur les jeunes et sur les vieux. Nous ne pouvons pas jeter
sur leurs promoteurs le manteau de la sainteté, parce que cet argent
est destiné à des activités d’église. De telles offrandes portent la
malédiction divine elles sont le prix des âmes. Des pasteurs peuvent
justifier les festivités, les bals, les loteries, les ventes pour obtenir de
l’argent pour l’Eglise, mais ne participons en aucune façon à tout
cela, car si nous le faisions, nous attirerions le déplaisir de Dieu. Ne
profitons pas de l’appétit immodéré ou des amusements mondains
pour demander à de soi-disant chrétiens l’argent que Dieu leur a
confié. S’ils ne donnent pas volontairement, pour l’amour du Christ,
leurs offrandes ne peuvent être agréées de Dieu. — “Review and
Herald”, 21 novembre 1878.
L’église est profanée — A quels moyens un grand nombre
d’églises ont-elles recours lorsqu’il s’agit de trouver de l’argent
pour des œuvres charitables ? - A des ventes, des banquets, des
loteries et autres expédients de ce genre. Souvent les lieux consacrés
aux services divins sont profanés par des festins où l’on boit, vend et
achète, où l’on se divertit. C’est ainsi que la jeunesse perd le respect
pour la maison de Dieu et pour le culte. La maîtrise de soi-même
221
222 Le Ministère de la bienfaisance

diminue, l’égoïsme, l’appétit, l’amour de la parure sont excités et


fortifiés par l’exercice. “Témoignages”, vol. III, p. 392.
[219] Comment les incroyants sont-ils impressionnés ? — Quelle
impression les incroyants ressentent-ils ? La bannière de la Parole
de Dieu est traînée dans la poussière. Le mépris est jeté sur Dieu
et sur le nom de chrétien. Les principes les plus corrompus sont
renforcés par un moyen antiscripturaire de trouver de l’argent. Et
c’est justement ce que Satan recherche. Les hommes répètent le
péché de Nadab et Abihu. Ils font usage du feu commun au lieu
du feu sacré pour le service de Dieu. Le Seigneur n’accepte pas de
telles offrandes.
Toutes ces méthodes visant à apporter de l’argent dans son trésor
sont pour lui en abomination. C’est une fausse piété qui dicte de
telles inventions. Oh quel aveuglement, quelle folie pour des gens qui
se disent chrétiens. Les membres d’église se conduisent comme les
antédiluviens, lorsque toutes les pensées de leurs cœurs se portaient
chaque jour uniquement vers le mal. Tous ceux qui craignent Dieu
auront en horreur ces manières d’agir qui représentent mal la religion
de Jésus-Christ. — “Review and Herald”, 8 décembre 1896.
Donner pour des considérations égoïstes — Dans ces réunions
de gens qui se disent chrétiens, Satan jette un vêtement religieux
sur des plaisirs illusoires et impurs pour donner l’apparence de la
piété, et les consciences d’un grand nombre sont tranquillisées, parce
qu’on a trouvé de l’argent pour faire face aux dépenses de l’église.
Les hommes refusent de donner pour l’amour de Dieu ; mais pour
l’amour des plaisirs et la satisfaction de l’appétit, pour des considé-
rations égoïstes, ils sont prêts à être généreux.
C’est parce que les gens n’ont pas compris les leçons du Christ
sur la bienfaisance, l’exemple qu’il nous a donné, et la grâce de
Dieu agissant dans les cœurs pour les amener à le glorifier avec
leurs moyens, qu’ils ont recours à de tels procédés pour soutenir
l’Eglise. Dans ces scènes d’amusements et de gloutonnerie on se
fait un mal considérable physiquement, mentalement et moralement.
Seul le jour du règlement des comptes révélera l’influence de ces
démonstrations de gaieté et de folie.
Il est déplorable que des considérations sacrées et éternelles
n’aient pas le pouvoir d’ouvrir les cœurs des soi-disant chrétiens,
afin de les amener à faire des dons volontaires pour le soutien de
Méthodes défendues pour se procurer de l’argent 223

l’Evangile, au lieu des festins et des divertissements. C’est une triste


réalité que ces stimulants réussissent, alors que les choses éternelles
n’arrivent pas à influencer les cœurs pour les engager dans l’œuvre
de la bienfaisance.
Le plan de Moïse dans le désert pour trouver de l’argent eut
un plein succès. Là il n’y eut pas de contrainte. Moïse ne fit pas
un grand banquet. Il n’invita pas le peuple à des scènes de gaieté,
à des danses, ou à d’autres plaisirs. Il n’organisa pas non plus de
loteries ou autres expédients profanes pour obtenir les moyens de
construire le tabernacle. Dieu recommanda à Moïse d’inviter les
enfants d’Israël à apporter des offrandes. L’homme de Dieu devait [220]
accepter les dons de tous ceux qui les faisaient de bon cœur. Ces
offrandes volontaires furent si abondantes que Moïse dut proclamer
qu’il y en avait assez. On devait cesser les présents, car on avait
donné plus qu’il ne fallait.
Les tentations de Satan réussissent avec les soi-disant disciples
du Christ quand il s’agit de plaisirs et d’appétit. Se déguisant en ange
de lumière, l’ennemi des âmes cite les Ecritures pour justifier ses
tentations. Ces gens qui se disent chrétiens sont faibles moralement
; ils sont fascinés par les moyens de corruption que Satan présente
devant eux, et celui-ci remporte la victoire.
Comment le Seigneur considère-t-il les églises soutenues par de
tels procédés ? Le Christ ne saurait accepter ces offrandes, parce
qu’elles ne procèdent pas de leur amour et de leur piété, mais de leur
idolâtrie du moi. Ce que beaucoup ne feront pas pour l’amour du
Christ, ils le feront par amour des friandises qui flattent l’appétit et
par amour des plaisirs mondains, car ces choses plaisent au cœur
charnel. — ”,Id.”, 13 octobre 1874.
Le mobile du donateur est enregistré — Il m’a été montré que
les anges tiennent un registre fidèle de chaque offrande consacrée
au Seigneur et placée dans le trésor, comme aussi du résultat final
des dons ainsi obtenus. L’œil de Dieu voit chaque centime destiné à
sa cause, et la manière dont il a été offert. Le mobile du donateur est
aussi enregistré. Ceux qui donnent volontairement, qui rendent au
Seigneur ce qui lui appartient, comme ils le doivent, seront récom-
pensés selon leurs œuvres. - Testimonies”, vol. II, p. 518, 519.
224 Le Ministère de la bienfaisance
Section 11—Les résultats du ministère de [221]
la bienfaisance

[222]
Le monde surveille et observe ceux qui prétendent croire aux vérités
spéciales pour notre époque. Il les observe pour voir si leur vie et
leur conduite représentent le Christ. En s’adonnant humblement ce’
patiemment à l’œuvre qui consiste à faire du bien à tous, les enfants
de Dieu exerceront une influence qui permettra de reconnaître, dans
chaque ville et dans chaque village, les foyers dans lesquels la
vérité a pénétré. Si tous ceux qui connaissent la vérité veulent bien
saisir les occasions qui se présentent à eux d’accomplir, jour après
jour, de petits actes d’amour, ils seront pour leurs voisins une
représentation du Christ, et l’Evangile se révélera comme une
puissance agissante et non comme un assemblage de fables
habilement conçues ou comme de vaines spéculations. Il deviendra
pour eux une réalité et ne sera plus envisagé comme le résultat de
l’imagination ou de l’enthousiasme. Et ceci aura plus d’importance
que tous les sermons, professions de foi et credo.
— “Témoignages”, vol. II, p. 584, 585.
Chapitre 40—L’influence du ministère de la
[223] bienfaisance

Vous serez de la sorte enrichis à tous


égards pour toute espèce de libéralités,
qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu
des actions de grâces. Car le secours de
cette assistance non seulement pourvoit
aux besoins des saints, mais il est encore
une source abondante de nombreuses ac-
tions de grâces envers Dieu. En considé-
ration de ce secours dont ils font l’expérience ,
ils glorifient Dieu de votre obéis-
sance dans la profession de l’Evangile du
Christ, et de la libéralité de vos dons
envers eux tous ; ils prient pour vous,
parce qu’ils vous aiment à cause de la
grâce éminente que Dieu vous a faite. 2Co.9 :11-14.

Ce que le monde voit — Que le monde voie que nous ne


sommes pas étroits ni exclusifs au point de vue religieux, mais
généreux et désireux de faire part de nos biens et de nos privilèges,
grâce à l’influence de la vérité. Qu’il se rende compte que la religion
que nous professons ne ferme pas les avenues de notre âme, nous
rendant antipathiques et exigeants. Que tous ceux qui prétendent
avoir trouvé le Christ, se dévouent comme il le fit pour l’humanité
et cultivent un esprit de sage bienveillance. Nous verrons alors bien
des âmes suivre la lumière qui se dégage de notre doctrine et de
notre exemple. — “Testimonies”, vol. IV, p. 59.
Le secours chrétien est plus efficace que la prédication —
Les bonnes œuvres des enfants de Dieu sont la prédication la plus
efficace que les incroyants puissent entendre. — “Spiritual Gifts”,
vol. II, p. 235.

226
L’influence du ministère de la bienfaisance 227

Accomplissons une œuvre secourable. Donnons à manger à ceux


qui ont faim, vêtons ceux qui sont nus. Cela aura une influence
beaucoup plus grande que les sermons. — “Testimonies”, vol. VII,
P.227,228.
Nos idées sur la bienfaisance chrétienne doivent être reconsi-
dérées, si nous voulons qu’elles soient élargies. Un travail pratique
fera plus que les sermons. — “Id.”, vol. VI, p. 302.
Influence de la vie du service chrétien — Notre vie chrétienne [224]
témoignera que nous sommes gouvernés par d’autres lois que celles
du monde - des lois d’un ordre plus élevé. La volonté de Dieu,
notre Créateur, est de rendre manifestes en nous, non seulement le
nom que nous portons, mais notre vie de renoncement. Nous devons
donner la preuve que nous sommes influencés et dirigés par des
principes désintéressés. Tous nos objectifs et notre conduite doivent
être distincts de l’égoïsme du monde.
L’unité avec le Christ rend les hommes capables d’exercer une
influence beaucoup plus grande que celle des hommes illustres de
ce monde. Alors qu’ils suivent l’exemple du Christ, ils ont, avec sa
grâce, la puissance de faire du bien à l’Eglise et à la société. L’in-
fluence qu’ils exercent est exactement proportionnée à la précision
de la ligne de démarcation qui les sépare des principes du monde.
De même que l’union fait la force, la source de toute puissance,
de toute bonté, miséricorde et amour, prend l’être humain limité
et se l’associe dans le but de communiquer sa divine puissance et
répandre son influence auprès et au loin. Quand on est uni au Christ,
participant de sa nature divine, les intérêts s’identifient avec ceux de
l’humanité souffrante. En regardant à la croix du Calvaire, chaque
fibre de notre cœur et de notre cerveau tressaillira de sympathie
pour la misère humaine dans toutes les parties du monde. Ceux
qui sont nés de nouveau en Jésus-Christ comprendront l’horreur du
péché et la divine compassion de Jésus dans son sacrifice infini pour
l’homme tombé. La communion avec le Sauveur donne la tendresse
du cœur ; celui qui la connaît manifestera la sympathie dans le
regard, dans le ton de la voix. Ses efforts seront caractérisés par une
tendre sollicitude, l’amour et l’énergie, qui lui permettront de gagner
des âmes au Christ. — “Medical Missionary” , juin 1891.
Influence bénie des actes de bienfaisance — Si les mondains
avaient devant eux l’exemple que Dieu demande aux croyants de
228 Le Ministère de la bienfaisance

montrer, ils seraient amenés à faire les œuvres du Christ. Si Jésus


était encore ici-bas, crucifié parmi nous, si nous voyions la croix du
Calvaire à la lumière de la Parole de Dieu, nous voudrions être un
avec lui comme il était un avec le Père. Bien différente de ce qu’elle
est aujourd’hui, notre foi serait la foi qui est agissante par l’amour
de Dieu et de nos semblables, et purifierait l’âme. Si le peuple de
Dieu possédait cette foi, beaucoup plus de gens croiraient en Christ.
Une influence bénie s’exercerait par des actes de bienfaisance de
la part des serviteurs de Dieu, et leur lumière resplendirait dans le
monde. — “Special Testimonies”, série A. no. 10, p. 2.
Plus fort que l’épée des cours de justice — L’amour de Dieu
dans le cœur, manifesté par un travail missionnaire véritable et dés-
[225] intéressé, sera plus efficace que l’épée des cours de justice ne l’est
envers les malfaiteurs. Le missionnaire actif, le cœur rempli de
l’amour de Dieu, peut renverser les barrières. Le missionnaire médi-
cal, dans l’œuvre qui lui est assignée, peut non seulement soulager
les maladies du corps, mais, par l’amour et la grâce du Christ, guérir
aussi les maladies de l’âme, la lèpre du péché. Le cœur humain s’en-
durcit souvent sous les reproches, mais il ne peut résister à l’amour
qui lui est témoigné au nom du Christ. — “Manuscrit” 60, 1897.
L’amour dissipe les préjugés — La gloire du ciel consiste à
relever ceux qui sont tombés, à réconforter ceux qui sont dans la
détresse. Quel que soit le cœur dans lequel le Christ habite, il se
révélera toujours de la même manière. Partout où elle se manifeste,
la religion du Sauveur fera du bien. Où qu’elle opère, elle produira
la lumière. ...
Quelle que puisse être la religion d’un homme, son cri de détresse
ne doit pas rester sans réponse. Là où règne l’amertume à cause
des divergences religieuses, on peut faire beaucoup de bien par le
soulagement des souffrances physiques. La bienfaisance fait tomber
les préjugés et amène les âmes à Dieu. — “Paraboles”, p. 396, 397.
Il faut désarmer les préjugés — A l’approche du temps de
détresse, le peuple de Dieu devra faire tout ce qui est en son pouvoir
pour gagner les bonnes grâces du public, pour désarmer les préjugés.
— “Tragédie”, p. 669.
L’œuvre médicale missionnaire est un bon moyen pour vaincre
les préjugés et gagner les esprits. ... Il nous faut présenter l’Evangile
médical missionnaire pour guérir ceux dont l’âme est atteinte de
L’influence du ministère de la bienfaisance 229

la maladie du péché en leur annoncent le message du salut. Cette


œuvre renversera les préjugés mieux que toute autre chose. — “Tes-
timonies”, vol. IX, p. 211.
Témoin de la vertu, une vie désintéressée — Les bonnes
œuvres du peuple de Dieu ont une bien plus grande influence que
les paroles. Ceux qui voient des vies vertueuses et désintéressées
sont amenés à désirer posséder cette même justice qui produit de si
bons fruits. — “Review and Herald”, 5 mai 1885.
Les actes sont plus importants que les credo — La vérité
divine n’a que peu d’influence sur le monde, alors qu’elle devrait
en exercer une grande. Ils sont nombreux ceux qui font une simple
profession de religion. Mais la seule profession n’a que peu de poids.
On peut se dire disciple du Christ et croire à toutes les vérités de la
Parole de Dieu, mais si nos actes journaliers ne sont pas en accord
avec nos croyances, quel bien en retireront nos voisins ? Si nous
ne sommes pas des chrétiens dignes de ce nom, notre piété aurait
beau être aussi élevée que le ciel, elle ne saurait nous assurer la vie [226]
éternelle, ou celle de nos semblables. Un bon exemple fera plus de
bien au monde que toutes nos prétentions. “Paraboles” p. 394.
L’influence d’un foyer où règne l’amour — Ceux qui cultivent
l’amour au foyer formeront un caractère selon la ressemblance du
Christ, et exerceront une heureuse influence autour du cercle familial.
Ils seront en bénédiction aux autres par leur bonté, leurs bonnes
paroles, leur sympathie chrétienne, et leurs actes de bienfaisance.
Ils seront prompts à discerner ceux qui manquent d’affection. Ils
feront une fête aux nécessiteux et aux affligés. Ceux qui possèdent
un discernement céleste, qui jettent un tendre regard sur chaque
membre de la famille, et font tout leur devoir, se qualifient eux-
mêmes pour accomplir une œuvre qui fera du bien à d’autres foyers
en leur enseignant par le précepte et par l’exemple ce qui peut rendre
une demeure heureuse. — “Review and Herald”, 15 octobre 1895.
Exemples d’influence — Par leur sagesse et leur justice, par
la pureté et la bienveillance de leur vie quotidienne, par leur dé-
vouement aux intérêts du peuple - et d’un peuple idolâtre - Joseph
et Daniel se montrèrent fidèles aux principes qui leur avaient été
inculqués dans leur enfance, fidèles à celui dont ils étaient les re-
présentants. Ces hommes furent honorés de toute l’Egypte et de
tout l’empire babylonien. En eux, un peuple païen et toutes les na-
230 Le Ministère de la bienfaisance

tions avec lesquelles ils entretenaient des relations contemplèrent un


exemple de la bonté et de la bienveillance de Dieu et de l’amour du
Christ.
Quelles vies admirables que celles de ces nobles Hébreux ! Alors
qu’ils quittaient les lieux où s’était écoulée leur enfance, comme
ils songeaient peu à leur haute destinée ! Fermes et fidèles, ils se
soumirent à la direction divine afin que par eux le Seigneur pût
réaliser ses plans.
Dieu désire dévoiler par la jeunesse et les enfants d’aujourd’hui
les mêmes vérités que par ces hommes. L’histoire de joseph et de
Daniel illustre ce que Dieu peut faire pour ceux qui se soumettent à
lui et cherchent de tout leur cœur à accomplir sa volonté. Aujour-
d’hui le monde a surtout besoin d’hommes, non pas d’hommes qui
puissent s’acheter ou se vendre, mais d’hommes qui soient fidèles
et honnêtes jusque dans l’intimité de leur âme, d’hommes qui ne
craignent pas d’appeler le péché par son nom et dont la conscience
est aussi fidèle au devoir que la boussole l’est au pôle, d’hommes qui
tiendraient pour la justice et la vérité même si l’univers s’effondrait.
— “Education”, p. 34, 35.
Chapitre 41—Bénédictions reflétées [227]

La loi de l’action et de la réaction — La sagesse divine a


établi, dans le plan du salut, la loi de l’action et de la réaction, de
sorte que l’œuvre de la bienfaisance dans toutes ses ramifications
est doublement bénie. Celui qui donne aux nécessiteux leur est en
bénédiction et il est béni lui-même dans une plus grande mesure
encore. Dieu aurait pu atteindre son but en sauvant les pécheurs
sans l’aide des hommes, mais il savait que ceux-ci ne pouvaient
être heureux sans participer à la grande œuvre qui les amènerait à
cultiver le renoncement et l’amour du prochain. Pour que l’homme
ne soit pas frustré des fruits bénis de la charité, notre Rédempteur
décida de l’associer à son œuvre. — “Témoignages”, vol. I, p. 415.
C’est lorsque nous nous donnons à Dieu pour le service de
l’humanité qu’à son tour il se donne à nous. Nul ne peut ouvrir son
cœur au Seigneur et lui consacrer sa vie pour transmettre au monde
les bénédictions qui lui sont destinées sans en être lui-même enrichi.
— “Jésus et le bonheur”, p. 89.
Aider les autres à former un caractère — C’est en accomplis-
sant les œuvres du Christ, en travaillant comme lui pour ceux qui
souffrent ou qui sont affligés, que nous développons un caractère
chrétien. C’est pour notre bien que Dieu nous a appelés à pratiquer
le renoncement pour l’amour du Christ, à porter la croix, à travailler
et à nous sacrifier pour sauver ce qui était perdu. Le Seigneur raffine,
épure les plus vils matériaux, afin que les précieux traits de caractère
puissent apparaître chez le croyant, .. Par la grâce du Christ, nos
efforts pour faire du bien aux autres sont non seulement le moyen de
nous faire croître dans la grâce, mais ils contribuent à notre bonheur
éternel. A ceux qui ont été ouvriers avec le Christ, il sera dit : «
C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose,
je te confierai beaucoup. » - “Review and Herald”, 27 juin 1893.
L’esprit désintéressé apporte au caractère une profondeur, une
stabilité et une beauté qui reflètent celles du Christ et communiquent

231
232 Le Ministère de la bienfaisance

la paix et le bonheur à son possesseur. — “Témoignages”, vol. II, p.


295.
[228] La source du vrai bonheur — En étant une source de bénédic-
tion, nous éprouverons une douce satisfaction et une paix intérieure
qui seront notre meilleure récompense. Poussés par ce grand et noble
désir d’être utiles à nos semblables, nous trouverons le vrai bonheur
dans l’accomplissement de nos nombreuses tâches quotidiennes.
— “Témoignages”, vol. I, p. 232.
On ne trouve le vrai bonheur qu’en étant bon et en faisant du
bien. “Youth’s Instructor”, 5 décembre 1901.
Notre bonheur sera fonction de nos œuvres désintéressées, inspi-
rées par l’amour divin, car dans le plan du salut Dieu a établi la loi
de l’action et de la réaction. — “Signs of the Times”, 25 novembre
1886.
L’œuvre de la bienfaisance procure la santé — Ceux qui font
une démonstration pratique de la bienfaisance par leur sympathie
à l’égard des pauvres, de ceux qui souffrent et des malheureux,
soulagent non seulement la souffrance, mais contribuent dans une
grande mesure à leur propre bonheur et à la santé de leur âme et de
leur corps. Esaïe a clairement décrit l’œuvre que Dieu accepte de
son peuple, et qu’il bénit. “Testimonies”, vol. IV, p. 60.
J’attire votre attention sur les résultats certains qui découlent de
l’exhortation du Seigneur en ce qui concerne le soin des affligés. «
Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera
promptement. » N’est-ce pas ce que nous désirons tous ? Il y a santé
et paix pour celui qui accomplit la volonté de son Père céleste. « Ta
justice marchera devant toi, et la gloire de l’Eternel t’accompagnera.
Alors tu appelleras, et l’Eternel répondra ; tu crieras, et il dira : Me
voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, les gestes menaçants
et les discours injurieux, si tu donnes ta propre subsistance à celui
qui a faim, si tu rassasies l’âme indigente, ta lumière se lèvera sur
l’obscurité, et tes ténèbres seront comme le midi. L’Eternel sera
toujours ton guide, il rassasiera ton âme dans les lieux arides, et
il redonnera de la vigueur à tes membres ; tu seras comme un
jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne se tarissent pas. »
- “Medical Missionary”, juin 1891.
Un remède contre la maladie — Certains aimeraient faire
quelque chose, mais ils prétendent que leur santé ne le leur per-
Bénédictions reflétées 233

met pas. Ils se sont repliés sur eux-mêmes, se cantonnant dans leurs
propres sentiments ; ils ne parlent que de leurs souffrances, de leurs
épreuves et de : leurs afflictions, de sorte qu’elles constituent pour
eux leur vérité présente. Ils ne peuvent penser qu’à leur propre per-
sonne, même si tant d’autres ont besoin de sympathie et d’assistance.
Vous qui ne jouissez que d’une petite santé, il existe pour vous un
remède. Si vous procurez des vêtements à ceux qui en manquent,
si vous recueillez celui qui est sans asile, si vous donnez du pain à
celui qui a faim, « alors votre lumière poindra comme l’aurore, et [229]
votre guérison germera promptement ». Faire le bien est un excellent
remède contre la maladie. Ceux qui se mettent à l’œuvre sont invités
à demander l’aide du Seigneur, qu’il a promis lui-même de leur
accorder. Leur âme altérée deviendra alors comme un jardin arrosé
dont les eaux ne tarissent pas. — “Testimonies”, vol. II, p.29.
C’est le remède que le Christ a prescrit pour celui dont le cœur
défaille, qui doute et tremble. Que ceux qui sont dans le deuil, qui
marchent en pleurant devant le Seigneur, se lèvent et viennent en
aide à celui qui est dans le besoin. — “Id.”, vol. VI, p. 266.
La sympathie fait un grand bien — Lorsque la sympathie
humaine se conjugue avec l’amour et la bienfaisance, qu’elle est
sanctifiée par l’esprit de Jésus, elle constitue un élément qui peut
faire beaucoup de bien. Ceux qui cultivent la bienfaisance ne font
pas seulement une bonne œuvre en s’occupant des autres, mais
ils en bénéficient eux-mêmes en ouvrant leurs cœurs à la douce
influence de la véritable bonté, Tout rayon de lumière qui brille
sur les autres se réfléchira sur nos propres cœurs. Toute parole de
bonté et de sympathie adressée à un affligé, tout acte accompli pour
soulager l’opprimé, et tout don destiné à faire face aux besoins
de nos semblables, donné ou fait en vue de la gloire de Dieu, se
traduira en bénédictions pour le donateur. Ceux qui se conduisent
ainsi obéissent à la loi du ciel, et recevront l’approbation de Dieu. ...
Jésus connaissait l’influence de la bienfaisance sur le cœur et
la vie du bienfaiteur, et il cherchait à impressionner l’esprit de ses
disciples par les bienfaits qui dérivaient de l’exercice de cette vertu.
Il leur disait : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
Par la parabole du bon samaritain, il fit comprendre dans quel esprit
nous devons exercer la bienveillance envers nos amis, nos voisins et
les étrangers. — “Id.”, vol. IV, p. 56, 57.
234 Le Ministère de la bienfaisance

En sauvant son prochain il se sauva lui-même — Une église


qui travaille est une église qui grandit. Ses membres trouvent un sti-
mulant et un tonique à aider les autres. J’ai lu l’histoire d’un homme
qui, étant en voyage un jour d’hiver, alors que la neige tombait en
rafales, fut engourdi par le froid qui, presque imperceptiblement,
paralysait ses centres vitaux. Il était à demi-mort et sur le point
d’abandonner la lutte lorsqu’il entendit les gémissements d’un autre
voyageur qui se trouvait dans la même situation que lui. Il se mit
à frictionner les membres glacés de cet infortuné et, après un ef-
fort considérable, essaya de le remettre sur pied. Mais l’homme ne
pouvait se tenir debout. Aussi le prit-il dans ses bras et ils sortirent
tous deux de cette tempête dont il avait pensé ne pouvoir se tirer
lui-même.
[230] Lorsqu’il eut transporté son compagnon de voyage en lieu sûr,
il comprit brusquement qu’en sauvant cet homme il s’était sauvé
lui-même. Ses efforts pour en aider un autre avaient fait circuler le
sang qui se glaçait dans ses veines, et une chaleur bienfaisante avait
réchauffé les extrémités engourdies de son corps,
Cette leçon, qui nous fait comprendre qu’en aidant les autres on
s’aide soi-même, doit être enseignée avec beaucoup de puissance, par
le précepte et par l’exemple, aux personnes nouvellement converties,
afin que, dans leur expérience chrétienne, elles aient les meilleurs
résultats possible. Que ceux qui se découragent facilement, ceux qui
sont disposes a croire que le chemin de la vie éternelle est pénible
et difficile, se mettent à l’œuvre pour aider les autres. Leurs efforts,
unis à la prière, feront battre leurs propres cœurs par l’influence
vivifiante de la grâce de Dieu et ils brûleront d’une divine ferveur.
Toute leur vie chrétienne deviendra une réalité et ils seront plus
ardents, plus disposés à la prière. — “Le Ministère évangélique”, p.
193, 194.
L’église est bénie — Que, pendant la semaine, les membres
d’église fassent leur part fidèlement et que, le sabbat, ils racontent
leurs expériences. La réunion sera alors comme de la nourriture au
temps convenable, apportant à tous une vie et une vigueur nouvelles.
Quand le peuple de Dieu verra combien il a besoin de travailler
comme le Christ l’a fait à la conversion des pécheurs, les témoi-
gnages du sabbat seront remplis de puissance. Avec joie, on dira
Bénédictions reflétées 235

combien est précieuse l’expérience acquise en travaillant pour les


autres. — “Id.”, p. 194.
Nos propres grâces exercées — Si tout allait bien dans le
monde, la patience, la longanimité, la gentillesse, la douceur ne
seraient pas nécessaires. Plus on exercera ces grâces, plus elles aug-
menteront et se fortifieront. Plus nous fournirons de pain à celui qui a
faim, plus souvent nous vêtirons celui qui est nu, plus nous visiterons
lés malades et soulagerons l’orphelin et la veuve dans leurs afflic-
tions, plus nous profiterons des bénédictions divines. - ,Manuscrit”
64, 1894.
Pourquoi les bénédictions ne sont pas accordées — La béné-
diction de Dieu ne peut être accordée à ceux qui ne font rien dans
sa vigne. Les soi-disant chrétiens qui ne sont pas actifs neutralisent
les efforts des bons ouvriers par leur influence et leur exemple. Les
grandes vérités qu’ils professent croire sont pour eux inconsistantes,
et ne leur pro-fitent pas. Ils représentent mal le caractère du Christ.
Comment le Seigneur pourrait-il envoyer les ondées de la grâce sur
les églises composées en grande partie de cette sorte de membres ?
Ils ne s’occupent en aucune manière de l’œuvre de Dieu. Comment
le Maître pourrait-il leur dire : « Cela va bien, bon et fidèle serviteur
... entre dans la joie de ton maître », alors qu’ils n’ont été ni bons ni [231]
fidèles ? Dieu ne saurait parler faussement. La puissance de la grâce
divine ne peut être donnée dans une grande mesure aux églises. Dieu
déshonorerait son glorieux caractère s’il la répandait sur les gens
qui ne consentent pas à porter le joug du Christ, à se charger de ses
fardeaux, à renoncer à eux-mêmes. A cause de leur nonchalance, ils
entravent ceux qui voudraient se mettre à l’œuvre. — “Review and
Herald”, 21 juin 1896.
Devenir un canal de bonnes œuvres — Si Dieu, le Christ et les
anges se réjouissent quand un seul pécheur se repent, l’homme ne
devrait-il pas manifester le même esprit et travailler pour le temps et
pour l’éternité, en faisant des efforts persévérants pour sauver, non
seulement son âme, mais celles des autres ? Si vous œuvrez dans la
bonne direction, de tout votre cœur, en saisissant toutes les occasions
qui se présentent à vous, alors vous deviendrez graduellement un
chrétien parfait. Le cœur ne sera pas desséché et insensible. La vie
spirituelle ne sera pas rabougrie. Le cœur portera l’empreinte de
l’image divine, car il sera en communion avec Dieu. La vie entière
236 Le Ministère de la bienfaisance

deviendra un canal d’amour et de sympathie envers l’humanité. Le


moi sera oublié et les voies de ces chrétiens seront affermies en
Dieu. En arrosant ses semblables, on est arrosé soi-même. L’eau
qui coule de l’âme provient d’une source jaillissante et se répand
sur les autres sous forme de bonnes œuvres, d’efforts fervents et
désintéressés pour leur salut. Pour être un arbre fécond, l’homme
doit recevoir sa substance de la source de la vie, et être en harmonie
avec le Créateur. — “Id.”, 2 janvier 1879.
La raison de la stérilité — Aucun membre de nos églises ne
devrait être stérile, improductif. Quelques-uns de nos frères et de
nos sœurs sont en danger de mort spirituelle, même s’ils entendent
continuellement la vérité présentée par nos pasteurs, car ils négligent
de faire part de ce qu’ils ont entendu. Dieu exige de chacun de ses
économes qu’il emploie les talents qu’il lui a confiés. Il nous octroie
ces dons pour que nous puissions librement en faire part à d’autres. Il
inonde le cœur de la lumière de sa présence, afin que nous puissions
révéler le Christ à nos semblables. Comment ceux qui se croisent les
mains, qui se contentent de ne rien faire, peuvent-ils s’attendre que
Dieu continue à pourvoir à leurs besoins ? Les membres de toutes
nos églises devraient travailler comme ceux qui sont tenus de rendre
des comptes. — “Id.”, 11 novembre 1902.
Il en va de notre destinée — C’est l’œuvre que nous faisons ou
que nous ne faisons pas qui décidera de notre destinée. Dieu exige
que nous profitions de toutes les occasions qui nous sont offertes.
Les négliger serait mettre en péril notre croissance spirituelle. —
“Testimonies”, vol, III, p. 540.
[232] Celui qui vit pour lui-même n’est pas chrétien — « Partage
ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les
malheureux sans asile. Si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te
détourne pas de ton semblable. » Qu’avons-nous fait dans tous ces
cas ? Que de chrétiens ont fermé leurs yeux et leurs portes à ceux
qui les sollicitaient, de peur d’être amenés à accomplir une œuvre de
bonté et de charité ! L’œuvre du Christ ne cessera jamais. Son tendre
amour et sa bonté sont inépuisables. Sa miséricorde s’étend sur tous
les enfants des hommes. Le Seigneur Jésus veut que vous soyez
bénis en vous occupant de ceux qui sont dans le besoin et de ceux
qui souffrent. Il a fait des hommes ses associés. « Nous sommes
ouvriers avec Dieu. » Le Christ ne nous a-t-il pas enseigné par le
Bénédictions reflétées 237

précepte et par l’exemple ce que nous devions faire ? Nous devons


travailler, animés par son Esprit, en regardant à la croix, prêts, s’il
nous le demande, à renoncer à tout par amour pour lui. Celui qui vit
pour lui-même n’est pas chrétien. Il n’a pas été créé une seconde
fois en Jésus-Christ.
Le chrétien a le sentiment qu’aucun autre être dans l’univers ne
possède les mêmes droits que Jésus à son égard. Il a été racheté au
prix infini du sang de l’Agneau. Il doit se consacrer sans réserve au
Christ ; ses pensées, ses paroles et toutes ses œuvres doivent être
soumises à la volonté du Christ. - ,Medical Missionary”, juin 1891.
Satisfaction ici-bas et récompense éternelle dans l’au-delà
— Pour être heureux, nous devons nous efforcer de reproduire le
caractère que le Christ a manifesté. L’une des caractéristiques du
Sauveur était son abnégation et sa bienveillance. Il n’est pas venu
chercher ce qui lui était propre ; il allait partout, faisant le bien
: c’était sa nourriture et son breuvage. En suivant son exemple,
nous pouvons être en communion avec lui, et en cherchant chaque
jour à imiter son caractère, nous serons en bénédiction au monde.
Nous jouirons ici-bas du contentement, en attendant une récompense
éternelle dans l’au-delà. “Testimonies”, vol, IV, p. 227.
[233] Chapitre 42—Les récompenses présentes et
éternelles

Le service apporte la récompense — La grande récompense


finale ne sera donnée qu’à la venue du Christ ; cependant, un service
désintéressé pour le Seigneur apporte une récompense même dans
cette vie. “Testimonies”, vol. VI, p. 305, 306.
S’approcher plus près de Jésus — Quand vous secourez les
pauvres, quand vous sympathisez avec les affligés et les opprimés,
quand vous prenez soin des orphelins, vous vous approchez plus
près de Jésus. “Id.”, vol. II, p. 25.
La promesse d’une expérience plus riche — En pratiquant
les principes de l’amour que le Christ a enseigné par le précepte
et par l’exemple, vous ferez une expérience semblable à la sienne.
— “Review and Herald”, 15 janvier 1895.
En ouvrant votre porte aux nécessiteux et à ceux qui souffrent,
vous accueillez des anges invisibles. Vous invitez des êtres célestes,
qui apportent avec eux une atmosphère de joie et de paix. Ils entrent
avec des louanges sur les lèvres, et une douce mélodie leur fait écho
dans le ciel. Tout acte de miséricorde est salué par une musique
céleste. “Desire of Ages”, p. 639.
Eprouver un grand contentement — Un grand travail reste à
faire. Tout ce qui s’accomplit doit élever l’humanité. Il en est tant qui
ont besoin d’aide. Le cœur de celui qui vit, non pour se complaire en
lui-même, mais pour être en bénédiction à ceux qui en reçoivent peu,
éprouvera un grand réconfort. Que tous les paresseux se réveillent
pour faire face aux réalités de la vie. Prenez la Parole de Dieu et
sondez ses pages. Si vous pratiquez cette Parole, la vie sera vraiment
une vivante réalité, et vous trouverez que la récompense est grande.
— “Manuscrit” 46, 1898.
Les problèmes difficiles seront résolus — Si vous attendez du
Seigneur une conversion journalière, si, de vous-même, vous aspirez
[234] à la liberté et à la joie qui résident en Dieu, si, répondant à l’appel de
sa grâce, vous acceptez de porter le joug de l’obéissance et du service,
238
Les récompenses présentes et éternelles 239

alors tous vos murmures cesseront, vos difficultés seront aplanies, et


les pro-blèmes angoissants qui vous tourmentaient trouveront leur
solution. Jésus et le bonheur”, p. 108.
Souvent payé avec la monnaie du royaume — La règle d’or
rejoint ici la même vérité enseignée dans le Sermon sur la montagne
: « On vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. » Tout
ce que nous faisons à autrui, soit en bien, soit en mal, rejaillira
inévitablement sur nous en bénédiction ou en malédiction. Nous
retrouverons tout ce que nous donnons. Les biens terrestres que
nous partageons avec nos sem-blables nous sont même souvent
rendus sous une forme tangible. Nous recevrons fréquemment dans
un moment difficile bien plus que le qua-druple de ce que nous
avons donné. Mais si nous sommes, dès ici-bas, récompensés de
nos bienfaits,. c’est surtout par le sentiment toujours plus intime et
profond de l’amour de Dieu, qui réunit en lui toutes les gloires et
tous les trésors du ciel. - ,Id.”, p. 141, 142.
Dieu récompensera — Il y a au ciel un livre où sont enregistrées
les actions de ceux qui s’intéressent aux besoins de leurs semblables,
un livre qui sera ouvert au dernier jour, lorsque chacun sera jugé
selon ce qui y est écrit. Alors Dieu punira tous les actes d’injustice
dont les pauvres ont été victimes. Ceux qui manifestent de l’indiffé-
rence ou du mépris pour les malheureux ne doivent pas s’attendre
à recevoir la béné-diction de celui qui a déclaré : « Ce que vous
avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous
l’avez fait. » - ,Lettre” 140, 1908.
Toutes les bonnes actions récompensées — Dieu n’a pas été
inattentif aux bonnes œuvres et aux renoncements de l’Eglise dans
le passé. Tout est inscrit là-haut. — “Témoignages”, vol. II, p. 300.
Notre fidélité et notre désintéressement seront inscrits par les
anges dans les registres du ciel. — “Id.”, vol. 1, p. 232.
Les anges ont pour mission de nous venir en aide. Ils volent entre
la terre et le ciel, et enregistrent les actions des enfants des hommes.
“Southern Watchman”, 2 avril 1903.
Le registre du ciel ne sera jamais détruit — Tout acte
d’amour, toute parole aimable, toute prière en faveur de ceux qui
souffrent ou qui sont opprimés est rapportée devant le trône éternel,
et enregistrée dans le livre indestructible du ciel. — “Testimonies”,
vol. V, p. 133.
240 Le Ministère de la bienfaisance

Il serait bon qu’ils se souviennent du livre du ciel où tout est


enregistré - de ce livre où il n’y a ni omission ni erreur, et par lequel
nous serons jugés au dernier jour. Là sont mentionnées toutes les
[235] occasions perdues. Mais là aussi sont inscrits tous les actes de foi et
d’amour dont le souvenir est immortel. — “Prophètes et Rois”, p.
486.
Récompensé pour l’œuvre de la bienfaisance — Les enfants
de Dieu qui ont manifesté une tendre pitié pour les pauvres, les
orphelins, les opprimés et les affligés, recevront la plus belle récom-
pense. ... Il en est autour de nous qui ont un esprit de douceur et
d’humilité, l’Esprit du Christ, qui accomplissent de petites choses
pour venir en aide à ceux qu’ils côtoient, et qui trouvent cela tout
naturel. Ils seront étonnés un jour d’apprendre que le Christ a pris
note des bonnes paroles qu’ils ont adressées aux découragés, ainsi
que du plus petit don offert pour soulager les pauvres. - ,Review and
Herald”, 3 juillet 1894.
Dieu prend note des actes de bonté — Tout acte de justice,
de miséricorde et de bienfaisance produit une mélodie dans le ciel.
Du haut de son trône, le Père contemple ceux qui accomplissent
ces actes de miséricorde, et les met au nombre de ses plus précieux
trésors. « Ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Eternel des
armées, au jour que je ferai. » - Darby. Tout acte de miséricorde en
faveur des nécessiteux et de ceux qui souffrent est considéré comme
s’il était fait pour jésus. “Testimonies”, vol. II, p. 25.
Récompensé pour de petites choses généralement dédai-
gnées — Au jour du jugement, ceux qui ont accompli fidèlement
leur tâche quotidienne et qui s’en sont acquittés promptement, sans
en attendre des louanges et des profits, entendront ces paroles :
« Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du
royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Le
Christ ne les loue pas à cause de leurs sermons éloquents, de la
grande puissance intellectuelle qu’ils ont déployée ou de leur gé-
nérosité. Il les récompense pour les petites choses, généralement
négligées. — “Youth’s Instructor”, 17 janvier 1901.
Lorsque le cas de tous sera examiné devant Dieu, on ne deman-
dera pas : Qu’ont-ils professé ? mais bien : Qu’ont-ils fait ? Ont-ils
été des observateurs de la Parole ? Ont-ils vécu pour eux-mêmes ou
exercé la bienfaisance par des actes de bonté et d’amour, préférant
Les récompenses présentes et éternelles 241

les autres à eux-mêmes, renonçant à leur moi afin de pouvoir être


en bénédiction à leur prochain ? Si les registres du ciel révèlent
que telle a été leur vie, que leur caractère a été façonné par la ten-
dresse, l’abnégation et la bienveillance, ils recevront la bénédiction
du Christ : « Cela va bien. » « Venez, vous qui êtes bénis de mon
Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la
fondation du monde. » - “Testimonies”, vol. III, p. 525.
Le bon mobile est essentiel — Ce sont nos mobiles qui donnent
à nos actes leur véritable valeur, les marquant au coin de l’ignomi-
nie, ou leur conférant la plus haute dignité morale. Les grandes [236]
choses que tous les yeux voient et que toutes les langues célèbrent
ne sont pas les plus précieuses aux regards de Dieu. De petits de-
voirs joyeusement accomplis, de modestes dons faits sans vanité,
bien qu’insignifiants aux veux des hommes, ont souvent la plus haute
valeur aux yeux de Dieu. Le Seigneur préfère un cœur plein de foi
et d’amour au don le plus précieux. “Jésus-Christ”, p. 295, 296.
Jugés par nos mobiles — Examiner les actions du jour écoulé,
se demander si notre conscience les approuve ou les condamne, est
nécessaire pour tous ceux qui veulent atteindre la perfection d’un
caractère chrétien. On s’aperçoit ainsi que le mobile de ce qui a
été considéré comme une bonne œuvre, comme un acte charitable
n’était pas toujours sans reproche.
On applaudit chez beaucoup de gens des qualités qu’ils ne pos-
sèdent pas. Celui qui sonde les cœurs pèse les intentions, et souvent
il voit que des actions hautement approuvées par les hommes sont
issues de l’égoïsme et de l’hypocrisie. Chacun de nos actes, même
excellent et digne de louange, exempt de blâme, est jugé par celui
qui sonde les cœurs suivant les mobiles qui l’ont provoqué. — “Le
Ministère évangélique”, p. 270, 271.
Les deux rames : la foi et les œuvres. Si nous sommes fidèles
en faisant notre part, en collaborant avec lui, Dieu se servira de nous
pour accomplir sa volonté. Mais il ne peut nous employer si nous ne
faisons aucun effort. Si nous voulons obtenir la vie éternelle, nous
devons travailler, et travailler sérieusement. ... Ne nous laissons pas
séduire par l’assertion souvent répétée : « Tout ce que vous avez à f
aire, c’est de croire. » La foi et les œuvres sont deux rames que nous
devons également manier, si nous voulons ne pas être entraînés par
le courant de l’incrédulité. « La foi, si elle n’a pas les œuvres, est
242 Le Ministère de la bienfaisance

morte en elle-même. » Le chrétien est un homme qui pense et qui


pratique. Sa foi plonge fortement ses racines en Christ. C’est par la
foi et par les œuvres qu’il conserve le niveau de sa spiritualité. Sa
force augmente quand il s’efforce d’accomplir les œuvres de Dieu.
— “Review and Herald”, 11 juin 1901.
Notre couronne peut être brillante ou obscure — Bien que
nous n’ayons aucun mérite par nous-mêmes, dans sa grande bonté
et son grand amour, Dieu nous récompense comme si nous mé-
ritions quelque chose. Lorsque nous avons accompli tout le bien
possible, nous sommes encore des serviteurs inutiles. Nous n’avons
fait que notre devoir, par la grâce du Christ, et nous ne méritons
aucune récompense. Mais, par les mérites de notre Sauveur, toutes
les promesses de Dieu se réaliseront et chacun recevra selon ses
œuvres.
[237] Les précieuses récompenses du monde futur seront en propor-
tion de notre foi, de notre travail et de notre amour dans la vie
présente. « Celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème
abondamment moissonnera abondamment. » Nous devrions être
plus reconnaissants pour la miséricorde infinie du Seigneur qui nous
permet de semer en vue de la moisson future, et considérer sérieuse-
ment ce que sera cette moisson. Que notre couronne soit brillante
ou terne, cela dépend de notre conduite. Nous pouvons assurer notre
élection et entrer en possession d’un riche héritage, ou bien nous
priver nous-mêmes de ce « poids éternel de gloire ». — “Id.”, 27
juin 1893.
Rencontrer ceux qui seront sauvés par nos efforts — Lorsque
les rachetés se tiendront devant Dieu, des âmes précieuses répondront
à l’appel de leurs noms parce que de fidèles et patients efforts ont été
faits en leur faveur. C’est grâce à ceux-ci qu’elles ont été persuadées
de se réfugier dans la forteresse. Ainsi ceux qui, en ce monde, ont été
ouvriers avec Dieu, recevront leur récompense. — “Testimonies”,
vol. VIII, P. 196, 197.
Les rachetés se retrouveront et reconnaîtront ceux qui ont attiré
leur attention sur le Sauveur. Quelles conversations bénies auront
ces âmes ! « Nous étions des pécheurs, diront-elles, sans Dieu et
sans espérance dans le monde. Vous êtes venus vers nous, vous avez
attiré notre attention sur le Christ, notre seule espérance. » ...
Les récompenses présentes et éternelles 243

D’autres exprimeront leur gratitude à ceux qui ont nourri les


affamés et vêtu ceux qui étaient nus. Lorsque le désespoir poussait
notre âme à l’incrédulité diront-ils, le Seigneur vous a envoyés vers
nous pour nous parler d’espérance et de consolation. Vous nous avez
donné des aliments pour notre corps, et vous avez ouvert devant
nous la Parole de Dieu, réveillé nos perceptions spirituelles. Vous
nous avez traités en frères, vous avez sympathisé avec nous dans
notre tristesse et réconforté notre âme blessée. Nous avons pu ainsi
saisir la main du Christ qui se tendait vers nous pour nous sauver.
Dans notre ignorance, vous nous avez enseigné patiemment que
nous avions un Père dans les cieux qui s’occupait de nous. — “Id.”,
vol. VI, p. 3 1 1.
« Venez, vous qui êtes bénis de mon Père » — Lorsque les
nations seront rassemblées devant Dieu, il n’y aura que deux classes
de gens, et leur destinée éternelle sera déterminée par ce qu’ils ont
fait ou ont négligé de faire pour lui dans la personne des pauvres
et de ceux qui souffraient. En ce jour, le Christ ne présentera pas
devant les hommes la grande œuvre qu’il a accomplie en donnant sa
vie pour leur rédemption. Il Présentera les bonnes œuvres qu’ils ont
faites pour lui.
A ceux qui sont à sa droite il dira : « Venez, vous qui êtes bénis
de ‘non Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé
dès la fondation du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à [238]
manger j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire j’étais étranger,
et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu j’étais
malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus
vers moi.» Mais ceux à qui Jésus s’adresse ne savent pas ce qu’ils
ont fait pour lui. Devant leur perplexité, il répond : « Toutes les fois
que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous les avez faites. » ...
Ceux que le Christ accueille au jour du jugement peuvent n’avoir
que très peu fait de théologie, mais ils ont connu les principes qu’il
a enseignés. Grâce à l’influence de l’Esprit de Dieu, ils ont été en
bénédiction à ceux qui les entouraient. Même parmi les païens il en
est qui ont cultivé la bonté ; avant d’avoir entendu l’Evangile, ils
ont reçu les missionnaires au péril de leur vie. Parmi eux, certains
adorent Dieu sans le connaître, la lumière ne leur ayant jamais été
apportée par des instruments humains. Bien qu’ignorant la loi, telle
244 Le Ministère de la bienfaisance

qu’elle est écrite, ils ont entendu la voix divine parler dans la nature
et ont accompli certaines choses que la loi exigeait. Leurs œuvres
sont la preuve que le Saint-Esprit a touché leurs cœurs, et ils sont
reconnus comme enfants de Dieu.
Quelle surprise et quelle joie éprouveront les humbles qui vien-
dront de toutes les nations et même du paganisme, quand ils enten-
dront des lèvres du Sauveur : « Toutes les fois que vous avez fait
ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que
vous les avez faites » ! Quel ne sera pas le bonheur de celui dont
l’amour est infini quand ses disciples le regarderont avec surprise et
avec joie en entendant ses paroles d’approbation - “Desire of Ages”,
p. 637, 638.

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