Table des matières
I. CONCEPTS CLES DES RESSOURCES ET RESERVES MINERALES ............................ 3
I.1 Rappelons d'abord les définitions: .................................................................................... 3
I.2 Méthodes d'Analyse et de Cartographie Géologique ........................................................ 3
II. ANALYSE DES ROCHES ET DES GITES MINERAUX ASSOCIES .............................. 4
II.1. Roches Magmatiques ...................................................................................................... 4
II.2. Roches Sédimentaires ..................................................................................................... 5
II.3. Roches Métamorphiques ................................................................................................ 5
III. L'ALTERATION HYDROTHERMALE ............................................................................ 6
III.1 Types d'altération : ......................................................................................................... 6
III.2 Métasomatisme par H+ : ................................................................................................ 7
III.3 Méthode de prospection minérale .................................................................................. 7
IV. PARAGENESES ET TEXTURES DES CONCENTRATIONS MINERALES ................ 9
IV.1 Texture des roches ......................................................................................................... 9
IV.2 Brèches ........................................................................................................................... 9
V. GEOCHRONOLOGIE ET TRAÇAGE ISOTOPIQUE EN METALLOGENIE ............... 10
[Link]çage isotopique ........................................................................................................ 10
VI. PROSPECTION DES ALLUVIONS ET ELUVIONS : METHODES ET EVALUATION
DU TONNAGE ........................................................................................................................ 11
VI.1. Principes applicables aux formations sédimentaires ................................................... 11
VI.1.1. Prospection alluvionnaire stratégique .................................................................. 12
VI.1.2. Gisement éluvionnaire ......................................................................................... 13
INTRODUCTION
L’analyse des gites minéraux est un domaine essentiel de la géologie et de l’exploitation
des ressources naturelles qui consiste à étudier les concentrations de minéraux dans le sous-sol
en intégrant des méthodes scientifiques avancées afin d’évaluer leur potentiel économique et
leur impact environnemental. Ainsi, pour mieux comprendre ces analyses de gites nous devons
comprendre : Objectifs de l'analyse : Déterminer la nature, la géométrie et la chronologie des
minéralisations, les relations avec l'encaissant, et l'insertion dans l'histoire géologique
locale/régionale; Approches génétiques : Reconstitution directe des environnements et
processus (sources, transport, dépôt) ou modélisation inverse des paramètres physico-
chimiques ; Facteurs clés : Conditions de dépôt, de transport (inclusions fluides, équilibres
minéralogiques, géothermométrie isotopique, microtectonique) et nature des sources
(géochimie des éléments traces, géochimie isotopique) ; Modélisation : Synthèse des données
via des modèles descriptifs ou génétiques ; Guides de prospection : Validation des résultats
de la recherche pour orienter l'exploration ; Méthodes de terrain : Stratigraphie, cartographie
détaillée, tectonique, minéralogie descriptive, pétrologie, géophysique; Méthodes de
laboratoire : Description détaillée des objets géologiques/miniers et compréhension de la
genèse ; Stratégie d'étude : Identification des guides géologiques spécifiques à chaque région
(types lithologiques, structures), tactique adaptée à chaque étape de la recherche et matériel
approprié ; Ressources et réserves : Distinction entre les ressources (concept large) et les
réserves (concept précis, incluant paramètres techniques et économiques). Les ressources
inférées (ou supposées) ont un faible degré de certitude ; Formation des gîtes : Collecte des
éléments chimiques et fluides à la source, puis transport via des discontinuités perméables
(failles, fractures, roches poreuses) ; Compétences requises: L'analyse et la classification des
ressources minérales doivent être effectués par une équipe de "personnes compétentes"
conformément aux normes internationales (JORC, SAMREC, CIM NI 43-101).
I. CONCEPTS CLES DES RESSOURCES ET RESERVES MINERALES
I.1 Rappelons d'abord les définitions:
Ressources Minérales Mesurées: Haut degré de certitude concernant la quantité, la
qualité, la densité, la forme, etc.
Ressources Minérales Indiquées: Intérêt économique intrinsèque, mais degré de
certitude inférieur aux ressources mesurées.
Ressources Minérales Inférées: Estimation basée sur des informations limitées et une
extrapolation géologique. Le niveau de confiance est le plus faible.
Réserves Minérales: Partie économiquement exploitable des ressources mesurées et
indiquées, validée par une étude de faisabilité. Prend en compte les dilutions possibles
du minerai.
I.2 Méthodes d'Analyse et de Cartographie Géologique
L'analyse des gisements minéraux s'appuie sur diverses méthodes :
Analyse des cartes :
Cartes de reconnaissance (échelle 1/250 000 ou moins) : réalisées rapidement
pour la géologie générale, souvent par photogéologie et survol aérien avec des
vérifications au sol minimales.
Cartes spécialisées : cartes à grande échelle de zones spécifiques pour enregistrer
des détails géologiques précis, y compris les plans de mines (à ciel ouvert :
1:1000 à 1:2500 ; souterraines : 1:500 ou plus) et les études de site d'ingénierie.
Télédétection pour la cartographie géologique : L'imagerie satellitaire et la
photographie aérienne, combinées aux capacités informatiques, ont modernisé la
cartographie géologique, permettant l'analyse d'images de télédétection et de cartes
aéromagnétiques pour identifier les anomalies liées aux minéralisations (chrome, or,
béryl, etc.).
Équipement de terrain et outils : La cartographie nécessite des outils spécifiques tels
que marteaux, boussoles, GPS, carnets de terrain, et lentilles.
Levés de surface, souterrain et forage :
Surface : Cartographie régionale (altération, niveaux stratigraphiques), locale (à
l'échelle du gîte) et de détail (affleurement), notant les types de roches, contacts,
formes des corps minéralisés, âges relatifs, porosité, perméabilité, altération et
caractéristiques de dépôt.
Souterrain : Cartographie des galeries et informations de subsurface sur la structure
et la lithologie.
Forage : Carottage continu dans les zones minéralisées pour des données
tridimensionnelles.
Analyse structurale : Comprendre la relation entre l'évolution structurale et la
minéralisation, incluant l'étude des plis, des joints, des failles et des brèches.
Les traversées : Méthode d'observation systématique des affleurements le long de
chemins prédéterminés pour couvrir le terrain en détail et extrapoler les
caractéristiques géologiques.
Méthodes géophysiques : Utilisation de techniques sismiques, gravitationnelles,
magnétiques, électriques et électromagnétiques pour cartographier la structure
souterraine, élucider les formations rocheuses et détecter les gisements minéraux.
II. ANALYSE DES ROCHES ET DES GITES MINERAUX ASSOCIES
II.1. Roches Magmatiques
Genèse: Formées par le refroidissement et la solidification du magma (roches
intrusives) ou de la lave (roches extrusives).
Gîtes Minéraux Associés:
Intrusions Stratifiées: (Ex: Bushveld en Afrique du Sud) Gîtes de platine, chrome,
vanadium, nickel. La cristallisation fractionnée du magma crée des couches
minéralisées.
Gîtes de Pegmatite: (Ex: pegmatites granitiques) Gîtes de béryl, lithium
(spodumène), tantale, niobium, terres rares. Formation de gros cristaux à partir de
fluides magmatiques enrichis en éléments rares.
Gîtes de Cuivre Porphyrique: (Ex: Chuquicamata au Chili) Cuivre, molybdène, or.
Formation de vastes zones de minéralisation disséminée autour d'intrusions
magmatiques.
Kimberlites: Diamants. Remontée rapide de magma provenant du manteau profond.
Analyse:
Cartographie Géologique: Identifier les types de roches intrusives et extrusives, les
contacts géologiques, et les zones d'altération (indicateurs de minéralisation). Les
cartes spécialisées à grande échelle sont cruciales pour les mines à ciel ouvert.
Géochimie: Analyser la composition chimique des roches pour détecter des
anomalies en métaux précieux, métaux de base, etc.
Géophysique: La magnétométrie peut aider à identifier les intrusions magmatiques.
La polarisation provoquée (PP) peut détecter la présence de sulfures.
Exploration en Profondeur (Forages): Essentiel pour évaluer la taille et la teneur du
gîte en 3D. L'analyse des carottes permet d'estimer les ressources et de classer leur
niveau de confiance (mesurées, indiquées, inférées). L'étude structurale des failles et
des fractures est essentielle pour comprendre la distribution des fluides
minéralisateurs.
Etude de Faisabilité: Déterminer la rentabilité du projet minier. La courbe tonnage-
teneur est cruciale pour optimiser la planification minière.
II.2. Roches Sédimentaires
Genèse: Formées par l'accumulation et la cimentation de sédiments (fragments de
roches, minéraux, matières organiques).
Gîtes Minéraux Associés:
Gîtes de Fer Sédimentaire: (Ex: Itabira au Brésil) Formations de fer rubanées (BIF).
Précipitation chimique de fer dans des bassins marins anciens.
Gîtes de Placer: (Ex: Klondike au Canada) Or, platine, diamants, étain. Concentration
de minéraux lourds par l'action de l'eau ou du vent.
Évaporites: Sels (halite, gypse, sylvite), potasse. Précipitation de sels dans des
environnements d'évaporation intense.
Gîtes d'Uranium Sédimentaire: (Ex: Cigar Lake au Canada) Uranium. Précipitation
d'uranium à partir de fluides circulant dans des sédiments poreux.
Analyse:
Stratigraphie: Déterminer l'âge, la séquence et la géométrie des couches
sédimentaires. Identifier les horizons favorables à la minéralisation.
Sédimentologie: Étudier les processus de transport et de dépôt des sédiments.
Comprendre les environnements de dépôt (fluviatiles, lacustres, marins).
Géochimie: Analyser la composition chimique des sédiments pour détecter des
anomalies en métaux, uranium, etc.
Géophysique: La sismique réflexion peut aider à cartographier les couches
sédimentaires et à identifier des structures piégeant les fluides minéralisateurs.
Analyse des Placer: Echantillonnage rigoureux des sédiments, suivi de la
concentration des minéraux lourds et de leur identification.
Forages: Évaluer l'épaisseur et la teneur des couches minéralisées. Analyser la
porosité et la perméabilité des sédiments (important pour les gîtes d'uranium).
II.3. Roches Métamorphiques
Genèse: Formées par la transformation de roches préexistantes (magmatiques,
sédimentaires ou autres métamorphiques) sous l'effet de la chaleur, de la pression, et/ou
de fluides chimiques.
Gîtes Minéraux Associés:
Gîtes de Métamorphisme Régional: Graphite, amiante, talc, marbre.
Transformation minéralogique de roches sur de vastes zones.
Gîtes de Métamorphisme de Contact: (Skarns) Cuivre, zinc, tungstène,
molybdène. Réaction chimique entre une intrusion magmatique et les roches
encaissantes.
Gîtes de Métamorphisme Hydrothermal: Or, argent, cuivre, plomb, zinc.
Remobilisation et concentration de métaux par des fluides chauds circulant dans des
zones de faille.
Analyse:
Pétrologie Métamorphique: Identifier les minéraux métamorphiques et les faciès
métamorphiques (indicateurs de la température et de la pression).
Analyse Structurale: Comprendre la déformation des roches et le rôle des failles
et des plis dans la concentration des minéraux.
Géochimie: Analyser la composition chimique des roches et des fluides pour
retracer l'origine des métaux et des agents minéralisateurs.
Géophysique: Les méthodes électriques peuvent aider à identifier les zones de
conductivité anormale associées aux fluides minéralisateurs.
Forages: Essentiel pour évaluer la géométrie et la teneur des gîtes en profondeur.
Etude des Skarns: Cartographie détaillée des zones d'altération autour des
intrusions. Analyse des minéraux de skarn (grenat, pyroxène, etc.) pour comprendre
l'histoire des fluides.
III. L'ALTERATION HYDROTHERMALE
L'altération hydrothermale est un processus de transport de matériaux par infiltration ou
diffusion, résultant d'un déséquilibre entre les roches encaissantes et les fluides hydrothermaux.
III.1 Types d'altération :
Pervasive : Remplacement quasi total des minéraux originaux, détruisant
partiellement ou totalement les textures.
Non pervasive : Remplacement de certains minéraux seulement, affectant des
parties spécifiques de la roche (ex: bords de fractures).
Canalisée : Extension locale, discordante, contrôlée par la porosité des fractures.
Pervasive (plus large) : Souvent d'extension régionale, discordante ou
concordante, résultant de la perméabilité de la roche encaissante.
La nature des altérations est reconnue par les assemblages minéralogiques, les études
minérales détaillées et les bilans de masse basés sur des analyses chimiques, ainsi que par les
relations chronologiques avec les minéralisations et les encaissants.
III.2 Métasomatisme par H+ :
Roches silicatées : La consommation de H+ pour altérer les feldspaths en muscovite
(séricite) ou kaolinite affecte le pH du fluide, la solubilité des métaux et leur
transport/dépôt. Cela montre l'interdépendance entre l'altération et la minéralisation.
Roches silicatées avec S : Des réactions impliquant des sulfates peuvent former des
minéraux comme la magnétite et la pyrite.
Roches carbonatées : Les réactions de H+ avec les carbonates libèrent du CO2,
pouvant entraîner un nouveau métasomatisme.
Hydratation-Déshydratation : Ces processus impliquent l'ajout ou le retrait de
molécules d'eau aux minéraux, influencés par les conditions de pression et de
température (ex: formation de serpentine, goethite, pyrophyllite, talc).
Métasomatisme et échange de cations de base : Réactions où des cations sont
échangés entre la solution et un minéral, comme l'albitisation de la microcline
III.3 Méthode de prospection minérale
Analyse Minéralogique et Spatiale
La méthode repose sur une description précise incluant :
Minéralogie, séquence paragénétique et zonalité : Étude détaillée des minéraux
(métallographie) pour déterminer leur position par rapport aux roches encaissantes et
l'ordre de leur formation (paragenèse).
Paragenèse : Décrit les assemblages de minéraux formés simultanément, souvent à
l'équilibre. Le terme inclut également la séquence paragénétique, qui représente les
changements de composition chimique du fluide hydrothermal ou des conditions
physico-chimiques lors de la précipitation des minéraux.
Association minérale : Terme plus neutre que paragenèse, désignant simplement les
minéraux trouvés ensemble.
Zonation (zoning) : Identification de variations spatiales dans la composition
minéralogique, qui peuvent être :
Régionale (ex: zonation des gîtes métallifères dans une chaîne montagneuse).
Relative à un district (ex: types de gîtes en Tunisie du Nord).
Relative à un gisement unique (différenciations minéralogiques et chimiques au sein
d'un gisement).
Relative à un corps minéralisé (variations dans les filons rubanés).
Interactions Roche-Fluide
Les altérations hydrothermales des roches encaissantes sont cruciales. Leurs produits et effets
dépendent du type de réaction, de la composition du fluide hydrothermal et de la roche
encaissante, ainsi que de la pression et de la température. Les réactions importantes sont
l'hydrolyse, l'hydratation-déshydratation, le métasomatisme alcalin, la décarbonatation, la
silicification, l'oxydation-réduction, et des réactions d'addition ou de remobilisation comme la
carbonatisation, la désulfuration, la sulfuration et la fluoration.
Principes de Prospection
Nous avons notamment pour les gisements d'uranium et de diamant :
Minéralisations des massifs cristallins (Uranium) :
Le rôle de la tectonique post-granitique est primordial, en particulier les structures
ayant rejoué longtemps après la mise en place des granites.
Les gîtes d'uranium sont rarement directement dans les grandes fractures, mais plutôt
à leur proximité, dans les failles secondaires (obliques aux accidents majeurs), souvent
accompagnées de brèches ou de mylonites.
La gangue calcédonieuse et fluorée est un guide de prospection important pour les
filons uranifères, car elle résiste bien à l'altération.
La rubéfaction des roches (rougeur due à l'oxydation) peut indiquer la proximité de
gisements uranifères, mais n'est pas un guide exclusif car elle peut être due à d'autres
facteurs comme la pyrite. La pyrite est un minerai métallique associé caractéristique,
parfois accompagné de galène, blende, chalcopyrite et bismuthinite.
Les méthodes géochimiques et géophysiques spécialisées peuvent indiquer des
concentrations minérales aux contacts de zones de résistivité différente.
Gisements kimberlitiques (Diamant) :
La prospection peut être directe (recherche de diamant dans les alluvions pour un
gisement alluvionnaire) ou indirecte (recherche de minéraux "satellites" pour
remonter à la kimberlite, roche-mère du diamant).
L'ilménite magnésienne (picro-ilménite) est le minéral traceur le plus utilisé.
D'autres minéraux comme la chromite riche en chrome, le grenat pyrope, l'olivine
et le diopside chromifère sont également des indicateurs, mais leur fragilité les rend
utiles uniquement à proximité des sources primaires.
La prospection alluvionnaire implique le prélèvement et l'analyse de graviers et de
concentrés pour identifier ces minéraux satellites.
IV. PARAGENESES ET TEXTURES DES CONCENTRATIONS MINERALES
L'étude des structures et textures des concentrations minérales, à diverses échelles
(terrain, échantillon, microscope), fournit des informations cruciales sur leur formation et
l'histoire géochimique des fluides minéralisateurs. La texture décrit l'arrangement spatial des
minéraux, bien qu'une confusion sémantique existe entre les termes "texture" et "structure".
IV.1 Texture des roches
Textures massives : Ces textures présentent des cristaux orientés de manière aléatoire,
donnant un aspect homogène à la minéralisation. Elles peuvent être primaires, issues
d'une cristallisation simultanée, ou secondaires, résultant d'une recristallisation
diagénétique ou métamorphique.
Textures rubanées : Les minéraux sont disposés en bandes ou rubans, fréquemment
observés dans les filons. On distingue trois sous-catégories :
Textures crack-and-seal (rupture et cimentation) : Caractérisées par des
rubanements de cristaux perpendiculaires aux épontes, avec des alignements
d'inclusions indiquant des ruptures pendant la croissance cristalline.
Laminations : Les cristaux sont allongés le long de la zone de déformation, montrant
des signes d'écrasement et de cristallisation sous contraintes (ex: quartz). Elles indiquent
une plus grande profondeur de formation (plus de 10 km) en raison de la ductilité
nécessaire des minéraux. Elles sont courantes dans les zones de cisaillement aurifères.
Encroûtements : Formées par la croissance des cristaux depuis les épontes vers le
centre.
IV.2 Brèches
Deux grandes familles de brèches sont distinguées :
Brèches mécaniques : Résultent de la fragmentation des roches, souvent liées à des
processus tectoniques (zones de faille) ou volcaniques. Elles comprennent :
Brèches de friction ou de comminution : Associées aux zones de faille, dues à
l'augmentation des contraintes.
Brèches d'explosion : Caractéristiques des environnements volcaniques ou des volcans
de boue.
Brèches hydrauliques : Généralement associées aux zones de faille, résultant d'une
augmentation de la pression des fluides.
Brèches d'effondrement : Formées après une ouverture, avec des fragments
hétérogènes de toutes tailles.
Brèches fluidalisées : Formées par la circulation rapide de fluides denses chargés en
fragments, avec des fragments alignés.
Brèches chimiques : Résultent de la dissolution des roches.
V. GEOCHRONOLOGIE ET TRAÇAGE ISOTOPIQUE EN METALLOGENIE
La géochronologie est un outil essentiel en métallogénie pour dater précisément les
événements de minéralisation. Bien que la chronologie relative puisse être suffisante pour les
minéralisations syngénétiques, elle est souvent imprécise pour les minéralisations
épigénétiques comme les filons. Pour une datation absolue fiable, il est crucial d'utiliser un
minéral "datable" qui soit bien intégré dans l'histoire de la minéralisation, sans altération
ultérieure ou recristallisation. Des examens rigoureux (microscopie, diffraction X, analyses
chimiques) sont nécessaires pour garantir l'intégrité du minéral. La méthode de datation la plus
courante et précise est l'argon-argon (⁴⁰Ar/³⁹Ar), qui a remplacé l'ancienne méthode K-Ar.
[Link]çage isotopique
Le traçage isotopique utilise la composition isotopique de certains éléments pour
déterminer leur source et leur histoire, fournissant ainsi des informations sur les processus
chimiques et/ou biologiques de leur formation. Les éléments les plus fréquemment utilisés pour
le traçage sont l'oxygène (O), l'hydrogène (H), le carbone (C), le soufre (S) et le plomb (Pb).
De nombreux autres isotopes sont en cours de développement.
Traditionnellement, la composition isotopique est mesurée sur des minéraux, ce qui est
une mesure indirecte. Pour obtenir la composition isotopique de l'eau du fluide minéralisateur,
il faut déterminer expérimentalement le fractionnement isotopique entre le fluide et le réseau
cristallin, données qui sont fonction de la température et connues pour les minéraux courants.
La microanalyse ICP-MS (Inductive Coupled Plasma-Mass Spectrometry) couplée à un laser
permet désormais de mesurer directement les compositions isotopiques sur des inclusions
fluides.
Oxygène et Hydrogène : Traçage de l'origine de l'eau : L'eau est le composant
principal des fluides hydrothermaux et son origine (profonde ou superficielle) est
cruciale pour élaborer des modèles génétiques. L'analyse des compositions isotopiques
de l'oxygène (¹⁶O, ¹⁷O, ¹⁸O) et de l'hydrogène est souvent réalisée sur des minéraux
hydratés (gypse, argiles) ou hydroxylés (micas, amphiboles) pour déterminer cette
origine.
Soufre : Le soufre est couramment présent sous forme de H₂S ou SO₂ dans les fluides
hydrothermaux, permettant la cristallisation de sulfures. Dans le cas des minéralisations
sous-marines, la majorité du soufre provient de la réduction des sulfates de l'eau de mer
par les fluides hydrothermaux. Le soufre possède quatre isotopes stables : ³²S, ³³S, ³⁴S,
et ³⁶S.
Plomb commun : Le plomb commun est le plomb présent dans les systèmes naturels
avec de très faibles ou nuls rapports U/Pb et Th/Pb, comme la galène (PbS), les
feldspaths et la plupart des roches et minéraux non uranifères. Il se distingue du plomb
radiogénique formé dans des environnements à rapport U/Pb élevé. Le plomb commun
est composé de quatre isotopes : ²⁰⁴Pb (non radiogénique), ²⁰⁶Pb, ²⁰⁷Pb, et ²⁰⁸Pb. Les trois
derniers sont partiellement primitifs et partiellement radiogéniques, résultant de la
désintégration de ²³⁸U, ²³⁵U et ²³²Th respectivement. La géochimie isotopique du plomb
est un outil puissant pour identifier la source du plomb et des métaux associés,
permettant de distinguer, par exemple, des origines mantelliques ou crustales pour les
gisements.
VI. PROSPECTION DES ALLUVIONS ET ELUVIONS : METHODES ET EVALUATION
DU TONNAGE
La prospection vise à identifier les sites de concentrations minérales économiques. La
prospection alluvionnaire, bien exécutée, est une méthode performante qui consiste à prélever
et laver des échantillons d'alluvions ou d'éluvions pour évaluer la concentration des minéraux
utiles, exprimée en grammes par mètre cube.
VI.1. Principes applicables aux formations sédimentaires
Bien que l'expérience soit limitée, la prospection s'applique à divers gisements
sédimentaires, qu'ils soient syngénétiques (phosphates uranifères) ou hydrothermaux (schistes
uranifères et cuprifères). L'étude stratigraphique, lithologique et tectonique est essentielle pour
les minéralisations hydrothermales, liées aux accidents tectoniques. L'uranium est souvent
associé à la matière organique.
VI.1.1. Prospection alluvionnaire stratégique
La prospection stratégique, alluvionnaire ou géochimique, vise à identifier des indices ou
anomalies à contrôler ultérieurement. Elle est souvent menée simultanément dans le réseau
hydrographique, mettant en évidence :
Des zones regroupant des anomalies et des points minéralisés, nécessitant une
prospection tactique,
Des points du réseau hydrographique à fortes minéralisations alluvionnaires (Au, Sn,
Nb, Ta, W, diamants, gemmes), contrôlés par une prospection alluvionnaire générale.
VI.1.1.1 Règles générales
La densité des prélèvements doit être régulière, principalement dans les affluents des
grands collecteurs, et aux points de concentration optimale des minéraux lourds (seuils rocheux,
marmites d'érosion, dépôts à gros galets). Il est recommandé de faire plusieurs prises par point
de prélèvement pour constituer un échantillon moyen. Les volumes d'alluvions prélevés doivent
être mesurés et une carte de prélèvement est établie.
VI.1.1.2. Traçage des itinéraires
L'objectif est de couvrir une surface maximale avec un minimum de kilomètres linéaires
et de temps, en prospectant systématiquement les ruisseaux par des prises d'échantillons
alluvionnaires et géochimiques. Les itinéraires sont planifiés pour une durée maximale de 20
jours, soit environ 160 km, avec une progression moyenne de 8 km par jour en forêt. Chaque
bassin versant doit être couvert par le collecteur principal et ses affluents.
VI.1.1.3 Cubage des gisements alluvionnaires
Le cubage est l'estimation des réserves avant l'exploitation. Il est généralement effectué en
fin de prospection, mais le prospecteur doit être capable d'estimer la valeur globale
approximative du gisement. Les éléments de la documentation incluent :
la longueur du gisement,
la largeur moyenne du gisement,
l'épaisseur moyenne du gravier.
À partir de ces données, on calcule le volume du gravier et du stérile, ainsi que les teneurs
moyennes au gravier et à l'excavé. Le poids de la substance utile est ensuite calculé.
VI.1.2. Gisement éluvionnaire
La prospection des éluvions est similaire à celle des alluvions, mais les méthodes varient
selon le type de champ éluvionnaire et les objectifs (découverte d'un gisement alluvionnaire
exploitable ou recherche d'un gîte minéralisé primaire).
Méthodes d'exécution
Pour localiser et cuber un gisement éluvionnaire, la prospection suit les mêmes principes
que la prospection alluvionnaire. Le réseau de puits peut être carré ou rectangulaire, en fonction
de la structure géologique. La dimension de la maille est choisie en fonction de la surface à
prospecter. Pour approcher un gisement primaire, on se base sur la distribution croissante des
teneurs éluvionnaires, la netteté des grains de minerai et l'aspect des fragments de la roche
formant la gangue.
Cubage d'un gîte éluvionnaire
L'évaluation des réserves dépend du type de gisement éluvionnaire :
Placer : Les méthodes de calcul sont identiques à celles de la prospection alluvionnaire.
Chaos ou éboulis de pente : Le calcul est basé sur l'estimation du tonnage payant total
d'éléments rocheux minéralisés.
Gisement mixte : On estime les réserves dans la terre et le poids du minéral utile en
roche.
La teneur est obtenue après la pesée du concentré et est exprimée en grammes par tonne de
minerai brut.
VI.1.2.1. Données permettant de localiser un gisement primaire
L'arrêt de la minéralisation et des blocs anguleux de gangue sur une pente indique le
gîte primaire. La présence de minéralisation sur les deux flancs d'un relief indique que le gîte
occupe ou recoupe la crête. Dans une éluvion ancienne, on ne cube que les parties payantes.
Minéralisation éluvionnaire : La minéralisation peut être libre dans l'éluvion (placer), incluse
dans des fragments de gangue (éboulis de pente, chaos) ou une combinaison des deux (gîtes
mixtes). L'échantillonnage est similaire à celui de la prospection alluvionnaire.
Fonçage des puits, surveillance : Pendant le fonçage des puits, les déblais sont séparés par
couches. On arrête le puits dès qu'on trouve la roche en place. Le gravier est lavé et les minéraux
récupérés.
Broyage : Il est utile de tester les éléments rocheux par broyage et panage. Pour préparer un
échantillon à analyser, les rejets sont cassés, mélangés, divisés et concassés.
Concentration d'un échantillon : L'échantillon est broyé et concentré dans un sluice ou un
pan. Le concentré est nettoyé et, si nécessaire, l'or amalgamable est récupéré.
CONCLUSION
L'analyse des gîtes minéraux est une démarche complexe et multidisciplinaire, comme le
révèlent les résumés sur les paragenèses, textures, géochronologie, traçage isotopique et
prospection. Elle vise à comprendre la formation, la localisation et l'évaluation économique des
concentrations minérales. L'étude des paragenèses et textures (massives, rubanées,
bréchiques) offre des indices essentiels sur le contexte géologique et la géochimie des fluides
minéralisateurs, permettant de reconstituer l'histoire de la formation des gisements.
Parallèlement, la géochronologie, notamment par la méthode Argon-Argon, fournit des âges
absolus cruciaux pour dater les événements minéralisateurs. Le traçage isotopique (O, H, S,
Pb) affine cette compréhension en révélant l'origine des fluides et des éléments constitutifs des
minéralisations, distinguant par exemple des sources mantelliques ou crustales. Ces
informations sont vitales pour élaborer des modèles génétiques précis. Enfin, la prospection,
qu'elle soit alluvionnaire ou éluvionnaire, constitue l'étape pratique de la recherche et de
l'évaluation des gisements. Elle repose sur des méthodes rigoureuses d'échantillonnage,
d'analyse des textures et de cubage, permettant d'estimer les réserves. L'expérience du
prospecteur et la compréhension des mécanismes de concentration sont déterminantes pour le
succès de cette phase, aboutissant à la localisation et à l'évaluation économique des gîtes
primaires ou secondaires.
En somme, l'analyse d'un gîte minéral combine l'observation détaillée des caractéristiques
physiques et chimiques, la datation précise des processus géologiques et une méthodologie de
prospection rigoureuse pour aboutir à une compréhension complète et à une évaluation fiable
de son potentiel.