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GLOBALISATION FINANCIERE
INTRODUCTION
La mondialisation est un phénomène ancien qui connaît une accélération
depuis les années 1980. C’est un processus de mise en concurrence des
économies par le capitalisme libéral. La mondialisation est organisée par un
certain nombre d’acteurs étatiques et privés. La mondialisation déchaîne les
passions notamment dans les vieilles nations industrielles d’Europe ou
d’Amérique du Nord qui se sentent menacées par la croissance économique de
nouveaux pays. Elle a généré d’importants flux qui ont, à leur tour, modifié la
hiérarchie économique [Link] définitions de la mondialisation abondent
dans la littérature scientifique, ce qui entraîne une certaine confusion quant à
l’utilisation de ce terme. Plusieurs des définitions proposées pêchent soit par
minimalisme, en réduisant le phénomène à ces manifestations économiques,
soit par généralisation excessive en l’associant à tous les changements
modernes au sein de la société humaine.
I. MONDIALISATION : DEFINITIONS ET CONCEPTS
Dans le milieu des sciences économiques et du monde des affaires par
exemple, on utilise fréquemment le concept de mondialisation pour ne référer
qu’à l’accroissement des transactions commerciales et financières
transfrontalières. Dans sa définition de la mondialisation, Jean-Luc
Ferrandéry insiste sur la nature capitaliste de ce concept qui, selon lui, désigne
un « mouvement complexe d’ouverture des frontières économiques et de
déréglementation, qui permet aux activités économiques capitalistes d’étendre
leur champs d’action à l’ensemble de la planète. ».
Dans les autres disciplines des sciences sociales, le concept de
mondialisation est souvent utilisé de manière plus englobante où il représente
alors la tendance à « l’interconnexion mondiale croissante » dans
pratiquement tous les domaines : économique, culturel, technologique,
politique, juridique, militaire, environnemental et social. Grahame Thompson
va jusqu’à dire qu’elle fait intervenir « la totalité des phénomènes sociaux
contemporains ».
II. LES PRINCIPALES PHASES DE LA MONDIALISATION
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Le phénomène de mondialisation est intrinsèquement liée au
développement du capitalisme dans le monde. La mondialisation n’est pas
linéaire et on la divise traditionnellement en trois phases
La première mondialisation commence sous la forme d’un capitalisme
marchand. A la fin du XVe siècle les Européens se lancent dans des voyages
d’exploration et ils se constituent des empires coloniaux. Ces premiers empires
se disloquent au XVIIIe et au début du XIXe siècles.
La seconde mondialisation débute au XIXe siècle pour accompagner
l’essor du capitalisme industriel. Les pays européens se lancent dans
l’industrialisation. Les entreprises recherchent des matières premières à bas
prix et des débouchés. Les États font la conquête de nouvelles colonies en
Afriqueet en Asie du sud. Les flux commerciaux s’exercent désormais à
l’échelle mondiale. Deux économies-monde se succèdent : anglaise (vers 1850)
puis américaine (à partir de 1918). Entre 1929 et 1945, la mondialisation subit
un coup d’arrêt en raison de la dépression mondiale, de la montée des
totalitarismes et de la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, les États-
Unis réorganisent le monde (Conférence de Bretton Woods qui crée le FMI et
la Banque mondiale) et imposent en 1947, le libre-échange par les Accords du
GATT : les pays signataires baissent leurs droits de douanes pour relancer le
commerce. Le GATT devient en 1995 l’OMC (Organisation Mondiale du
Commerce).
La troisième mondialisation commence à la fin des années 1960 quand
les colonies deviennent indépendantes et elle s’accélère à partir des années
1990 quand le communisme disparaît. On parle alors de « globalisation».Tous
les pays adoptent le modèle capitaliste libéral, même ceux qui conservent une
référence au communisme (Chine...). Le capitalisme prend une forme
financière car le secteur de la finance qui a été dérégulé (réformes de
MargaretThatcher au Royaume-Uni et de Ronald Reagan aux Etats-Unis)
impose désormais ses règles aux autres secteurs de l’économie (rentabilité très
forte, publication régulière de résultats, primauté de la rémunération de
l’actionnaire).
III. LES CARACTERISTIQUES DE LA MONDIALISATION
1. L’internationalisation des économies
La mondialisation se traduit par une diffusion accrue des marchandises
et des services. Le commerce international s’est considérablement accru
depuis une quarantaine d’années : de 14% en 1970, il est passé à 30% de la
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production mondiale des biens et services aujourd’hui, soit 18200 milliards de
dollars en 2012. Ceci démontre l’intégration croissante des économies dans la
mondialisation, à commencer par celles des pays émergents comme les BRIC
(Brésil, Russie, Inde et Chine).
L’intégration dans le commerce modial (ou l’ouverture sur) est
appréciée par deux indicateurs d’ouverture des économies :
Le coefficient de dépendance : rapport entre les importations et le
PIB, qui exprime la dépendance du pays relativement aux
approvisionnements externes ;
Le coefficient d’ouverture sur l’extérieur : rapport entre les
exportations et le PIB, qui mesure la dépendance du pays
relativement aux débouchés extérieurs.
La libéralisation des échanges, la révolution des transports (hausse des
trafics aériens et maritimes de 40% depuis 90) et des communications (hausse
du trafic téléphonique de 500%, satellites de communication, fibres optiques)
ainsi que l’interdépendance de plus en plus poussée entre les différents pays
du globe en sont les trois moteurs essentiels.
La structure des échanges a longtemps été marquée par la
prépondérance des matières premières et des sources d’énergie. Ces flux sont
toujours aussi importants en volume (2 milliards de tonnes de pétrole, 100
millions de tonnes de blé échangés en 2002) mais, en valeur, ils ne réalisent
plus aujourd’hui qu’environ 10% du commerce international.
Les échanges de produits manufacturés sont ceux qui ont progressé le
plus rapidement depuis 1950, atteignant un indice 5 000 en 2009, en raison
d’une croissance annuelle moyenne de 7 %. Le volume d’échanges de biens
manufacturés a donc été multiplié par 50 depuis cette date. Ainsi, en 2009, les
produits manufacturés représentent près des trois quarts des échanges
mondiaux.
Pour ces produits, ce sont les pays riches qui dominent car une très large
part du commerce des pays développés résulte des échanges que ces pays font
entre eux (80% du commerce international).
Une analyse plus fine de la structure par pays montre un changement
important depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les années 60 et 70 ont
ainsi vu les USA perdre la position de domination sans partage qui était la leur
(part des exportations des Etats Unis dans les exportations mondiales s’est en
effet notablement amenuisée, passant de près de 25% du commerce mondial
dans les années 50 à un peu plus de 10% aujourd’hui). Montée en puissance de
l’Allemagne; du Japon, de la Chine, et de ce que l’on a longtemps appelé les
NPI (nouveaux pays industriels (Brésil…). 3
Les flux de services (informatiques, financiers, assurances,
communications, tourisme...) dans le monde progressent très rapidement
depuis un quart de siècle (en 2002, 1 500 milliards de dollars de services
échangés soit 21% de la valeur du commerce mondial). Cette progression est
liée au développement technologique qui facilite la diffusion des services. Ils
concernent pour l’essentiel les pays développés à travers les firmes
multinationales, la tertiarisation des activités et le degré de développement des
sociétés.
2. Les flux financiers
Les flux de capitaux connaissent une croissance spectaculaire en raison
des TIC. Les marchés financiers forment un réseau planétaire et ils cotent en
continu. De nouveaux acteurs placent leur argent à la bourse de New York, de
Londres ou de Tokyo : les fonds de pension, les fonds souverains, les
assurances... Les États du Nord versent toujours une Aide Publique au
Développement (APD) aux pays les plus pauvres. Mais cette aide s’est
considérablement réduite au cours des années. En revanche, les travailleurs
expatriés envoient des « remises » à leur famille restée au pays. Ces sommes
constituent une part non négligeable du PIB de certains États.
Les flux d’IDE (investissements directs étrangers) ont connu une grande
progression à partir des années 1980. Ils circulent encore plus facilement que
les marchandises. Plus de la moitié de ces flux est encore à destination des pays
riches. Un rééquilibrage est en cours au profit des pays émergents (même si sa
part reste modeste, l’Afrique commence à intéresser les investisseurs
étrangers).
En effet, les pays riches accueilleraient près de 70% du stock mondial
d’investissements directs à l’étranger (IDE) alors que près de 150 Etats ne
recevrait que 5%. Les Etats-Unis restent le principal pays de destination et
d'origine des IDE. En 2007, les pays en développement présentaient près de
253 milliards d’IDE. Il s’agit pour l’essentiel de l'expansion à l'étranger des
sociétés transnationales asiatiques. Le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine)
constitue un puissant facteur d’attractivité.
Les investissements réalisés à l’étranger pour acquérir une entreprise ou
pour en créer une nouvelle sont qualifiés d’investissements directs par
opposition aux investissements de portefeuille, à caractère financier, qui n’ont
pas pour objectif d’influer directement sur la gestion des entreprises. Ces
investissements directs sont l’œuvre de firmes « multinationales » .
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Les investissements directs ne sont pas uniquement constitués d’achats
d’actions et de titres de participation. Ils comprennent aussi les
investissements immobiliers, les bénéfices réinvestis (partie non distribuée sous
forme de dividendes du résultat courant des sociétés investies revenant aux
investisseurs directs) et l’ensemble des prêts, emprunts et dépôts entre des
entreprises résidentes et leurs affiliés non-résidents (maisons mères et filiales
directes et indirectes, sociétés soeurs).
Deux principaux facteurs sont liés à l’évolution des investissements
directs :
Dans l’optique de l’organisation de leur production, c’est par
l’intermédiaire d’une localisation optimale de leurs unités de production que
les firmes vont tenter de réduire leurs coûts de production. Ceci revient à
décomposer le processus de production en faisant réaliser chaque opération
élémentaire dans le pays où elle est la moins coûteuse : on dit qu’il y a division
internationale des processus de production. Les modules ou pièces du produit
sont ensuite acheminés vers un ou plusieurs points d’assemblage à partir
desquels les produits seront réexpédiés vers les marchés les plus proches. Cette
stratégie conduit à créer des filiales-ateliers qui concourent à la réalisation
d’un produit sans être capables par ailleurs de fonctionner de manière
autonome (illustration de la stratégie du Japon dans les années 60).
Dans l’optique de la conquête de parts de marché, l’investissement
direct peut être décidé pour plusieurs raisons. En premier lieu, l’amplitude des
mouvements qui ont affecté les principales monnaies a rendu plus difficile les
exportations et poussé les entreprises à s’implanter sur leurs principaux
marchés. En second lieu, certains pays comme les Etats- Unis ont souvent été
tentés de prendre des mesures protectionnistes, en particulier lorsque leur
monnaie était surévaluée. Enfin, les grandes entreprises après avoir restauré
leur situation financière à partir de 1982 (mouvement lancé aux USA), se sont
lancées dans de vastes opérations de restructuration ou de diversification,
souvent par voie d’OPA, mettant à profit leurs liquidités souvent abondantes,
les facilités de financement obtenues aisément auprès des banques, du marché
des capitaux, ou encore grâce à des innovations financières comme les Junk
Bonds (bons à taux d’intérêt élevés, souvent garantis par les actifs de la société
visée par l’OPA).
IV. LES ACTEURS DE LA MONDIALISATION.
La mondialisation ne se réduit pas aux flux et aux réseaux. Elle doit se
comprendre comme l’interaction d’acteurs de plus en plus nombreux, aux
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intérêts parfois contradictoires, agissant à des échelles différentes. Ces acteurs
participent à l’élaboration d’une nouvelle répartition des pôles moteurs de
l’économie mondiale.
1. Les Etats-nations face à la mondialisation.
Pendant longtemps, les Etats géraient leurs affaires dans un cadre
national aux frontières délimitées: ils intervenaient pour soutenir leurs
économies (protectionnisme, nationalisations...) ou en définir les priorités à
travers des politiques de planification plus ou moins incitatives, pour organiser
une certaine redistribution des fruits de la croissance à travers les avantages
sociaux de l’Etat-Providence. Cependant, la mondialisation réduit aussi leurs
pouvoirs en faisant disparaître les frontières et en facilitant l’émergence de
nouveaux acteurs non soumis au pouvoir des Etats (FMN, ONG).
Par conséquent, les Etats doivent trouver une nouvelle place dans le
contexte de la mondialisation. Ils assurent aussi un rôle de régulateur de la
mondialisation en défendant les intérêts de leur population et de leurs
entreprises. Dans ce cadre, l’Etat réhabilite, une forme d’interventionnisme à
travers l’attractivité ; pour attirer investissements et emplois, les Etats se
doivent de créer un environnement politique, économique, social, culturel
favorable (les zones franches ou, à l’extrême, les paradis financiers). Les
Etats restent aussi des acteurs importants en matière de négociations
commerciales et économiques avec les autres Etats, mais aussi avec les
organisations supranationales spécialisées (OMC, FMI, Banque mondiale...).
Enfin, face à tous ces pouvoirs supranationaux (les multinationales, le marché,
les décideurs...), de plus en plus de citoyens réclament de l’Etat davantage de
régulation via les normes protégeant les consommateurs, de transparence, de
justice. La mondialisation suscite le besoin accru d’un Etat protecteur. Par
exemple, des Etats résistent parfois à la mondialisation dès que les priorités
nationales sont en jeu : c’est le cas de la France avec son exception culturelle.
Ce nouveau rôle de l’Etat reste encore largement à définir.
Les Etats-nations sont donc contraints de recherche une nouvelle utilité
dans le cadre de la mondialisation. Pour cela ils ont tendance à se regrouper
dans des organisations internationales ou régionales.
2. Un rôle grandissant des organisations internationales et régionales.
Issues pour la plupart des lendemains de la Seconde Guerre mondiale
(FMI, Banque mondiale, OMC, FAO, UNESCO...) ou d’autres formes moins
institutionnalisées (G8, Forum économique mondiale de Davos, mais aussi les
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associations altermondialistes), les organisations internationales ont été mises
en place afin d’établir une gouvernance mondiale et voient leur rôle se
renforcer dans le cadre de la mondialisation. Ces institutions peuvent avoir
une vocation universelle (ONU) ou présentées des compétences spécifiques :
aide au développement (FAO), éducation (UNESCO), justice (TPI), finance
(Banque mondiale, FMI). Dans le cadre de la mondialisation, trois organismes
jouent un rôle important : l’OMC (Organisation mondiale du commerce) qui
encourage les échanges mondiaux en limitant le protectionnisme et en
arbitrant les différents entre Etats, le FMI (Fonds monétaire internationale)
qui surveille la stabilité financière mondiale et la Banque mondiale qui
accorde des prêts aux pays en difficulté afin de permettre leur développement
en échange de la mise en place de réformes structurelles libérales. Le contexte
de mise en place de ces institutions explique une domination totale des pays
riches à l’intérieur de ces organisations. Dans le cadre d’une économie
devenue multipolaire, les organisations internationales sont de plus en plus
contestées et doivent se réformer, notamment pour laisser une place plus
importante aux puissances émergentes.
En attendant d’éventuels changements, la gouvernance économique
mondiale évolue vers un pilotage informel par de grands sommets
internationaux du G8 (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne,
Italie, Japon, Russie) mais surtout du G20 (G8 + Afrique du Sud, Arabie
saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie,
Mexique, Turquie, Union Européenne). Pour peser dans la mondialisation, les
Etats se rassemblent dans des associations régionales plus ou moins
ambitieuses (projet politique d’intégration économique et territoriale comme
l’UE, intégration purement économique comme l’ALENA, le MERCOSUR ou
l’ASEAN). Les organisations régionales jouent également un rôle croissant
dans le développement des échanges. Ainsi, plus de 70% des échanges
extérieurs de l’Union européenne se font entre ses membres.
La remise en cause du pouvoir des Etats a conduit au développement du
rôle d’organisations internationales et régionales. Mais, à côté du pouvoir
politique, un nouvel acteur s’est imposé : les firmes multinationales.
3. Le rôle fondamental des firmes multinationales.
Les 80 000 firmes multinationales ou transnationales (FMN/FTN) 1 sont
les principaux agents de la mondialisation : avec 800 000 filiales à l’étranger,
elles réalisent les 2/3 du commerce mondial pour 25% du PIB mondial et
emploient 77 millions de salariés, soit 4% de la main-d’œuvre mondiale.
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Entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 500 millions de $ et effectuant plus du quart de ses activités de
production et d’échanges dans des filiales présentes dans au moins 6 pays.
Leur puissance économique et financière dépasse celle de certains Etats
et en fait de puissants groupes de pression dans le cadre de la gouvernance
économique mondiale. Ces entreprises, bien qu’elles maintiennent un fort
ancrage national (siège social, contrôle du capital, dirigeants), s’organisent
selon trois logiques : l’accès aux matières premières, l’accès aux marchés et
l’exploitation des avantages comparatifs des territoires. Elles sont aussi à
l’origine d’une nouvelle division internationale du travail qui recherche les
meilleures conditions de conception et d’élaboration de leurs productions.
La troisième phase de la mondialisation a fait des FMN les acteurs
essentiels de la mondialisation. Pourtant, de nombreux acteurs transnationaux
non-gouvernementaux jouent aussi un rôle croissant dans la mondialisation.
4. Les Organisations non gouvernementales
Leur nombre les deux milles Organisations non gouvernementales (ONG
- Greenpeace, Médecins du monde, Amnesty International, Attac...). Elles sont
d’origine privée et à caractère non lucratif et ont été créées avant le processus
de la mondialisation.
Cependant, avec celui-ci, elles deviennent de véritables contre-pouvoirs
dans la mobilisation d’une « opinion mondiale » sur des grandes causes
internationales (environnement, pollution, droits de l’homme...) et notamment
pour s’élever contre la mondialisation ou pour réclamer qu’elle soit plus
respectueuse des hommes.
Toutefois, les ONG ne représentent que leurs adhérents, souvent
originaires des pays développés du Nord ; elles ne diffusent ainsi qu’une
certaine vision du monde pas forcément partagée par tous et ne sont pas
présentes sur les lieux de décision.
V. DEVELOPPEMENT DE LA FINANCE INTERNATIONALE ET GLOBALISATION
FINANCIERE
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Les marchés financiers ; On estime aujourd’hui que seulement 3% de
l’activité des marchés des changes sont liés au commerce mondial et 97% à des
mouvements financiers. Importance des fonds de pension.
L’internationalisation des investissements réalisés par les investisseurs
institutionnels constitue une réelle nouveauté. Ces investisseurs (au premier
rang desquels on retrouve les caisses de retraite américaines) gèrent plus de 10
000 milliards de $, dont la moitié aux USA et une grande partie en Grande
Bretagne, au Japon et aux Pays Bas (les réserves des Fonds de Pension
équivaudraient à 80% du PIB hollandais). Environ 10% de ces sommes (soit 1
000 milliards de $) sont investies à l’étranger (à titre d’information rappelons
que les réserves de change de la Banque de France s’élèvent à 35 milliards de
$)
1. La globalisation financière
La globalisation financière correspond aux 3 D (déréglementation,
désintermédiation, décloisonnement).
La déréglementation
Consiste à abolir les réglementations entravant la liberté dans les
opérations financières internationales. Elle s’est progressivement généralisée à
l’ensemble des pays industrialisés. S’appuyant notamment sur l’ouverture du
système financier japonais en 1983-1984, sur le démantèlement des systèmes
nationaux de contrôle des changes (1985 en France), sur la création du marché
unique des capitaux (1990) et une certaine harmonisation des fiscalités en
Europe, La déréglementation s’inscrit dans le cadre de la vague de
libéralisation des mouvements de capitaux qui s’est répandue dans l’ensemble
des pays.
La désintermédiation
Traduit le développement de la finance directe par rapport à la finance
indirecte, c’est-à-dire le recours de plus en plus important, pour toute
opération de placement ou d’emprunt, aux marchés financiers internationaux,
sans passer par les intermédiaires financiers et bancaires.
Le décloisonnement
Correspond non seulement à la suppression des frontières nationales
entre les marchés mais aussi, à l’intérieur de ces marchés, à l’éclatement des
compartiments existants : le marché monétaire (capitaux à court terme).
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2. organisation du marché financier
Le marché financier national, à l’instar des autres marchés du monde,
est composé d’un marché d’émission et d’un marché secondaire (la bourse au
sens strict du terme).
Le marché primaire
Le marché primaire est celui des émissions de titres. Il met en relation
les agents à déficit de financement c'est-à-dire les entreprises, les collectivités
locales et l’Etat qui émettent des produits financiers (actions, obligations et
autres produits), et les agents à surplus de financement, les épargnants,
essentiellement les ménages, qui les souscrivent. Ce compartiment remplit
une fonction de financement, d’allocation du capital.
Le marché secondaire
Le marché secondaire ne concerne que l’échange des valeurs mobilières
déjà émises. Par exemple, un épargnant ayant souscrit à une émission
d’obligations d’Etat peut souhaiter revendre ce titre acheté à l’Etat ; c’est sur
le marché secondaire qu’il pourra réaliser cette opération. C’est donc sur ce
marché secondaire que varient les prix des valeurs mobilières, appelés cours.
Ces cours peuvent alors s’écarter considérablement du cours d’émission fixé
par l’émetteur de valeur mobilières (marché primaires). Sur le marché
secondaire, qui correspond au terme de « Bourse », l’émetteur n’intervient
plus (sauf s’il souhaite racheter ses propres actions) puisque seules les offres et
les demandes de titres déterminent les cours. A la Bourse, les titres déjà émis
s’échangent contre de l’argent liquide. Le marché secondaire de La Bourse de
Casablanca est composé de deux marchés : le Marché Central et le Marché de
Blocs.
Le Marché Central (MC)
Il s'agit d'un marché organisé dont le système de cotation se fonde sur
le principe de recherche du cours permettant la maximisation des échanges
et un traitement proportionnel et chronologique des ordres. Les cours ainsi
dégages reflètent la profondeur du marche. Cette centralisation des
échanges permet une plus grande rigueur dans le traitement des ordres.
L’architecture de la Bourse de Casablanca confère au MC un rô1e
pilote. Ainsi en dehors des transactions de blocs, toute transaction sur une
valeur mobilière cotée doit passer sur le marché central. De ce fait, le
système de négociation de la BVC est celui d'un marché centralisé gouverné
par les ordres et animé par les sociétés de bourse.
Le marchée de blocs (MB)
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En raison de 1'absence de contrepartie suffisante sur la feuille du
marché au moment ou ils sont présentés, certains ordres, du fait de leur
importance, ne peuvent être exécutes en totalité. Ainsi la Bourse de
Casablanca a mis en place un Marche de Blocs qui permet le traitement
immédiat de tels ordres à un cours issu de la feuille du marché.
Les opérations sur le MB doivent :
- Porter sur un nombre de titres au moins égal a la taille minimum de bloc
(TMB), définie par la BVC pour chaque valeur par référence, à la fois, au
volume de transactions historiques et à la liquidité du titre échangé;
- Etre conclues à un cours inclus dans la fourchette moyenne pondérée (FMP)
issue de la feuille du marché pour les valeurs cotées en continu ou a un cours
inclus dans une fourchette de 1% par rapport au prix coté pour les valeurs
cotées au fixing. La FMP de chaque valeur est calculée automatiquement et en
temps réel tout au long de la séance en continu.
3. Les principaux intervenants
L’autorité de surveillance du marché : le CDVM
Dans toutes les bourses du monde, il existe en principe un organe chargé
du contrôle de l’information et de la protection de l’épargnant. D’où la mise
en place pour la bourse des valeurs de Casablanca du Conseil Déontologique
des Valeurs Mobilières (CDVM). Le CDVM est l’équivalent de la Security
Exchange Commission (SEC) aux USA et de l’autorité des marchés financiers
(AMF) en France.
Le CDVM est un établissement public doté de personnalité morale et
d'autonomie financière et placé sous la tutelle du Ministère des Finances. Il a
pour mission :
- De veiller au bon fonctionnement, à la transparence, à 1'intégrité et à la
pérennité du marché des capitaux;
- D’assister le gouvernement dans l’exercice de ses attributions en matière de
réglementation du marché financier
- De contrôler les sociétés de Bourse ;
- De contrôler les sociétés cotées ;
- Et de contrôler les actionnaires à travers la déclaration de franchissement
des seuils.
Son rôle en matière de protection des épargnants est particulièrement
important. Cette protection se traduit par la vérification du respect du
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principe de l’égalité de tous les investisseurs, notamment les petits porteurs,
devant l’information et par la vérification de la sincérité et de la fiabilité des
informations publiées par les sociétés cotées ou par les opérateurs boursiers
afin d’éviter tout usage opportuniste et frauduleux de ces informations par des
initiés potentiels.
Les sociétés de bourse (SDB)
Sur le marché financier marocain, l’intermédiation boursière se limite
essentiellement au courtage assuré par des sociétés de bourse. Ces dernières
bénéficient du monopole sur les négociations des valeurs mobilières inscrites à
la Bourse des Valeurs.
Outre le monopole d’exécution des transactions sur les valeurs
mobilières, le texte de réforme a élargi le domaine d’intervention des sociétés
de bourse qui peuvent également:
- Assurer la garde des titres ;
- Participer au placement des titres émis par des personnes morales faisant
appel public à l’épargne ;
- Gérer des portefeuilles de valeurs en vertu d’un mandat.
- placement en capital risque.
Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières
(OPCVM)
Il s’agit d’institutions dont l’activité consiste à gérer, de manière
collective, des valeurs mobilières acquises sur les marches en contrepartie des
fonds confiés par des épargnants qui deviennent ainsi des détenteurs indirects
de titres de capital ou de créances.
La loi distingue deux types d’OPCVM: Les Fonds Commun de
Placement (FCP) est les Sociétés d’Investissements à Capital Variable
(SICAV).
Les FCP sont des copropriétés de valeur mobilière et de liquidité dont
les parts sont émises et rachetées à tout moment à la demande de tout
souscripteurs ou porteurs de part, à un prix déterminé.
Les SICAV sont des sociétés anonymes qui ont pour objet exclusive le
gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières et de liquidités, dont les actions
sont émises et rachetées à tout moment à la demande de tous souscripteurs ou
actionnaires à un prix déterminé.
Les OPCVM proposent eux-mêmes des valeurs mobilières : les SICAV
des actions et les FCP des parts de copropriété. Ils sont contrôlés par le CDVM
et sont tenus, au même titre que les autres acteurs du marché boursier, au
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respect des règles prudentielles destinées à protéger leurs actionnaires ou
porteurs de parts ainsi que les souscripteurs ou investisseurs potentiels.
Outre la différence juridique, un FCP se distingue d’une SICAV par :
- Une taille plus petite (montant minimum des apports d’un FCP est de 1
million de dirhams contre 5 millions pour une SICAV;
- Une information moins fournie ;
- Les opérations d'un FCP sont réalisées par 1'entremise d'un établissement de
gestion qui agit comme mandataire au nom de ce fonds. Par contre, une
SICAV peut gérer elle-même son portefeuille, bien qu’en générale elle délègue
sa gestion à une société de gestion.
Les valeurs mobilières offertes par les OPCVM présentent de nombreux
avantages :
- Un montant unitaire suffisamment faible pour attirer des petits épargnants,
un coût de gestion réduit puisque les achats et les ventes portent sur de
grandes quantités de titres ;
- Une adaptabilité aux besoins des épargnants : les épargnants peuvent choisir
leur OPCVM en fonction du rendement qu'ils souhaitent obtenir et du risque
qu'ils acceptent de prendre. En effet, obligation est faite à chaque OPCVM
d’informer le public de ses objectifs. Ainsi, des OPCVM sont plutôt spécialisés
dans le versement régulier de revenus, d'autres dans la recherche de plus-
values en capital ;
- Une diversification des risques : l'importance des sommes gérées par les
OPCVM leur ouvre la porte à 1'acquisition de titres de multiples émetteurs
sur des marches différents et à 1'utilisation de méthodes de couverture,…, et à
toutes procédures auxquelles un épargnant agissant seul a difficilement accès.
De plus, la gestion de titres par un OPCVM apparaît plus sûre puisqu'elle est
le fait de professionnels des marchés financiers ;
- Une grande liquidité. La cession peut intervenir sans préavis ni délai, le
capital d'une SICAV variant chaque jour au gré des apports et retraits ;
- Une information permanente sur leur valorisation puisque la « valeur
liquidative », majorée des droits d'entrée ou diminuée des droits de sortie et
des frais de gestion, est publiée à fréquence prédéfinie ;
- Les actions de SICAV et les parts de FCP peuvent être cotées sur le marche
boursier si les organismes gestionnaires s'engagent à intervenir pour éviter un
écart de cours supérieur ou inférieur a 1,5% de la valeur liquidative ;
- Une fiscalité identique à celle imposée aux titres gérés individuellement.
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Généralement, on retient quatre catégories d’OPCVM. Il s’agit des :
- OPCVM actions : Dans ce cadre, les SICAV et les FCP ont !'obligation d'être
investis, en permanence, a hauteur de 60% au moins sur le marche des
actions.
- OPCVM obligations : Comme leur nom l'indique, ces OPCVM doivent
comporter essentiellement des obligations, leur exposition au risque action ne
doit pas dépasser 10% de leur actif net.
- OPCVM monétaires ou obligations à court terme : Ces OPCVM doivent être
investis, en permanence, en titres du marche monétaire : Bons du Trésor
négociables (BTN) émis par adjudications, certificats de dépôts négociables,
Bons de Sociétés de Financement (BSF), Billets de Trésorerie (BT) et autres
titres de créances à court terme (bons de caisse, Bons du Trésor à court terme
sur le marche secondaire...).
- OPCVM diversifiés : Les SICAV et les FCP diversifies n’ont pas les mêmes
contingentements que ceux développés plus haut et sont libres d'acquérir des
actions, des obligations et des titres de marché monétaire ou de créances à
court terme.
4. Le fonctionnement du marché financier
La capitalisation boursière
Un moyen de cerner l’activité de la bourse repose sur le calcul de la
capitalisation boursière. Elle est égale au produit du cours d’un titre par le
nombre de titres émis. La capitalisation totale est la valeur boursière de tous les
titres inscrits à la cote d’une place financière. Il existe également une
capitalisation boursière des actions, des obligations, des titres participatifs…
La capitalisation varie en fonction des fluctuations des cours boursiers et
des opérations en capital. Les introductions en bourse, les privatisations, les
augmentations de capital, l’inscription à la cote de nouveaux emprunts
obligataires renforcent la capitalisation boursière.
La capitalisation flottante permet de caractériser la liquidité du marché
d’une action. Elle correspond à la proportion de titres détenus par les
actionnaires dont l’objectif n’est pas de contrôler l’entreprise mais de gérer un
portefeuille d’actions de façon à obtenir la meilleure rentabilité. Un flottant
élevé garantit une bonne liquidité sur le marché secondaire.
Les indices boursiers
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Les indices boursiers permettent de mesurer l’évolution des marchés
boursiers, de comparer les résultats des différentes places financières.
Ils servent de référence pour mesurer les performances boursières des
investisseurs et des gestionnaires de portefeuilles. Un indice boursier
représente par un nombre unique la variation relative d’un ensemble de cours
boursiers.
Il se définit par l’échantillon des valeurs retenues, la pondération des
valeurs le composant, la date de référence (ou période de base).
Au Maroc, les principaux indices boursiers sont : le MASI qui comprend
toutes les valeurs cotées, et le MADEX qui est composé des valeurs les plus
actives sur le marché Mais ils en existent d’autres comme l’indice CFG25.
Les produits financiers
Trois types de produits (les actions, les obligations et les titres mixtes)
Les obligations sont des titres de créance émis par les entreprises
publiques ou privées, l’Etat ou les établissements de crédits. Pour les
souscripteurs, il s’agit de créances sur les émetteurs, donnant droit à une
rémunération en principe fixe, déterminée par le taux d’intérêt en vigueur au
moment de l’emprunt. Sur le marché obligataire, l’Etat est généralement le
principal émetteur d’obligations.
On distingue généralement :
• les obligations à taux variable (le taux et le coupon annuel varient en
fonction du taux pris comme référence)
• les obligations indexées (sur les prix)
• les obligations convertibles en actions (si le cours est supérieur au
remboursement de l’obligation, le souscripteur peut exercer un droit
d’option et devenir actionnaire) Les obligations à bons de
souscription (OBSO), donnant droit à souscrire à de nouvelles
obligations à un prix préalablement fixé.
Les actions sont des titres de propriété qui correspondent à une part du
capital social d’une société. Les actions sont émises lors de la constitution des
sociétés ou de l’augmentation de capital. Elles sont la contrepartie d’un apport
de fonds propres, et donnent droit aux actionnaires : (i) de participer à la
gestion de la société (présence au conseil d’administration où ils ont droit de
vote au prorata de leur apport); (ii) de percevoir des dividendes lors de la
réalisation de bénéfices par la société.
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On distingue les actions à bons de souscription d’actions (ASBA) émises
à un prix supérieur à leur cote (permettant d’acheter ultérieurement d’autres
titres de la même société) ; les actions à dividende prioritaire sans droit de vote
(ADPSDV) ; les dividendes titres ou actions accumulantes dont les dividendes
sont payés en actions et non en monnaie (cette procédure permet aux sociétés
d’augmenter leurs capitaux propres sans puiser dans leur capacité
d’autofinancement).
Les titres mixtes comprennent les certificats d’investissement et les titres
participatifs. Les CI sont divisés en un certificat de droit de vote et un
certificat d’investissement négociable (droit aux bénéfices et aux réserves,
droit à l’information). Lorsque les deux certificats sont entre les mains du
même titulaire, l’action est reconstituée de plein droit. sont considérés comme
des fonds propres. Les TP ne confèrent ni droit de vote, ni droit de regard
dans la gestion de l’entreprise. Ils assurent cependant une rémunération
comportant une partie fixe et une partie variable.
5. Rôle économique du marché financier
Dans sa revue de littérature de 1970, paragraphe introductif, Fama
précise que la fonction première du marché financier est d’allouer les
ressources en capital vers les emplois productifs. Il doit constituer un circuit
de financement pour les entreprises (et pour l’Etat) en vue de réaliser leurs
investissements. Cette description correspond au rôle que joue le marché
primaire (ou marché d’émission).
Toutefois, pour pouvoir remplir cette fonction, le marché financier doit
être en mesure de canaliser l’épargne et de la transformer en ressources
longues. A cette fin, il est appelé à satisfaire les attentes et préférences des
épargnants (et des émetteurs) : le marché primaire offre, bien évidement, aux
épargnants l’opportunité de faire fructifier leurs économies en achetant des
actifs financiers, mais ces derniers souhaitent également pouvoir les
transformer, à tout instant et sans difficultés, en liquidité. Le marché
secondaire assure la négociabilité et la liquidité des titres. Il offre, en outre,
l’occasion à ceux qui ne désirent pas s’aventurer dans ces titres lors de leur
émission de le faire par la suite.
L’existence d’un marché financier permet donc la réalisation plus
efficient d’un certains nombre de fonctions économiques, ces dernières
peuvent en fait être regroupées autours de quatre thèmes :
Le financement de l’économie : il collecte des capitaux auprès des agents
économiques qui disposent de capacités de financement, et procure aux
entreprises et aux administrations publiques des ressources langues. Ainsi il
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facilite la croissance des sociétés ; et confère a l’Etat des moyens
supplémentaires pour mener à bien sa politiques dans les domaines
économiques et social.
L’organisation de la liquidité et de l’épargne à long terme : le marché
financier consiste à prémunir contre le risque d’immobilisation d’une épargne
qui hésiterait à s’engager si elle n’était s’assurer sur sa faculté de redevenir
liquide.
En effet les placements sur le marché financier présentent par rapport a
d’autres types d’investissement mobilisable, les détenteurs d’un titre coté en
bourse a la possibilité de vendre à un autre investisseur.
La mesure de la valeur des actifs : en affichant à chaque séance de
bourse un cours pour une action donnée, le marché financier est ainsi un
instrument de mesure de la valeur d’une entreprise. Le marché financier
anticipe également la valeur à moyen terme des entreprises en formulant des
hypothèses sur leur devenir.
La négociation des risques : couvrir une exposition aux risques,
spéculer, procéder à des arbitrages occupent aujourd’hui nombre
d’opérateurs dans les salles de marché. En effet l’interconnexion des différents
compartiments du marché financier et les variations plus erratiques de cours
accentuent l’importance de cette fonction.
6. Les dysfonctionnements des marchés financiers
Si les marchés fonctionnaient de manière convenable, le prix d’un actif
devrait toujours refléter son niveau normal (la finance parle de prix
fondamental), c’est à dire la somme actualisée des revenus futurs qu’il
procure. Dans la réalité, des anomalies apparaissent suite à des problèmes
d’information ou d’irrationalité des agents.
Les problèmes d’information interviennent lorsque les acteurs présents
sur le marché ne disposent pas de la même information (l’asymétrie
d’information est étudiée par la théorie de l’agence) ou d’une mauvaise
information. Ceux qui bénéficient d’un avantage en la détention
d’informations que d’autres n’ont pas (le spéculateurs, les initiés connaissant à
l’avance les entreprises et leurs stratégies, les dirigeants d’entreprises) peuvent
manipuler les marchés à leur profit (exemple des affaires Enron, MobilCom,
Vivendi…).
Les problèmes d’irrationalité d’agents surgissent lorsque les agents
économiques se trompent sur les évolutions futures ou sur les mécanismes
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économiques les expliquant (exemple des erreurs d’anticipations liées à une
surévaluation ou une sous-évaluation des résultats d’une entreprise).Dans tous
les cas de figure, les prix des actifs vont diverger par rapport à leurs prix
fondamentaux. De tels mouvements conduisent à des corrections brutales de
cours. Ainsi paradoxal que cela soit, plus les marchés financiers auront une
bonne connaissance du monde économique (c’est à dire des informations
fiables et pertinentes sur la situation économique et financière des agents qui
interviennent sur les marchés), plus les corrections risquent d’être brutales.
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