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L'eau est essentielle à la vie et représente 70 % de la surface terrestre, mais seulement 3 % est douce, dont 0,9 % est disponible pour l'usage. Le Maroc fait face à des problèmes de raréfaction et de pollution de l'eau, exacerbés par la croissance démographique et des pratiques agricoles intensives. Cette étude vise à explorer les méthodes de traitement des eaux usées pour améliorer la qualité de l'eau et protéger la santé publique et l'environnement.

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L'eau est essentielle à la vie et représente 70 % de la surface terrestre, mais seulement 3 % est douce, dont 0,9 % est disponible pour l'usage. Le Maroc fait face à des problèmes de raréfaction et de pollution de l'eau, exacerbés par la croissance démographique et des pratiques agricoles intensives. Cette étude vise à explorer les méthodes de traitement des eaux usées pour améliorer la qualité de l'eau et protéger la santé publique et l'environnement.

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Introduction générale

L’eau est la base de toute vie, elle joue un rôle déterminant dans celle des hommes, des
animaux et des plantes. Selon l’organisation mondiale de la santé et les grands spécialistes
de la nutrition, l’homme a besoin en moyenne de 2 à 3 litres d’eau par jour pour rester actif
et performant. S’il n’y avait pas d’eau sur la terre, il n’y aurait aucun organisme vivant.
C'est un sujet auquel nous réfléchit rarement. Nous pouvons vivre sans abri ou vêtements
pendant des mois, sans manger pendant des jours mais, sans eau, la vie est une question
d'heures et de minutes.

La Terre porte le nom de planète bleue parce que c’est ainsi qu’elle apparaît depuis l’espace
du fait que sa surface est couverte d’eau à 70 %. L’eau salée constitue plus de 97 % de l’eau
sur Terre, Il ne reste donc plus que 3% pour l'ensemble des eaux douces. Dans ce faible
pourcentage, les glaces et les neiges permanentes représentent 2,1 % et l'eau douce
disponible 0,9 %.

L’eau est une ressource naturelle précieuse et essentielle pour de multiples usages
(domestiques, industriels et agricoles). Sa qualité est un facteur influençant l’état de santé et
la mortalité à la fois chez l’homme et les animaux).

Comme tous les autres pays, le Maroc connait, aussi, des problèmes de raréfaction et de
pollution de l’eau. En effet, on note une décroissance de la disponibilité de l’eau, face à la
poussée démographique et aux épisodes de sécheresse qu’a connu le Maroc depuis 1980. La
pollution par les rejets urbains non traités, l’usage intensif des engrais et des pesticides dans
les zones d’irrigation et de déchargement dans les oueds de produits toxiques provenant des
tanneries et des usines, viennent aggraver le problème par la contamination des eaux
superficielles et aussi souterraines.

L’eau, que ce soit à usage alimentaire ou industriel doit être d’une excellente qualité.il est
donc important de l’analyser c’est-à-dire d’y détecter et doser les espèces chimiques qui y
sont dissoutes.

L’objectif global de cette étude est de donner un aperçu général sur les méthodes de
traitement des eaux usées que ça soit physico-chimique ou biologique ou chimique.

Le présent mémoire intitulé : « Traitement des eaux usées » est composé de deux parties :
• La première partie « Synthèse Bibliographique
Chapitre I : Problématique de la
pollution de l’eau et méthodes de
traitement des eaux usées
Introduction

Les écosystèmes aquatiques connaissent actuellement une dégradation nette de la qualité,


suite au rejet permanent de polluants sous différentes formes, conséquences du
développement de l’urbanisation, de l’intensification de l’agriculture et de l’activité
industrielle. A la fin du 20 iéme siècle, l’humanité a brutalement pris conscience du problème
crucial posé par la pollution et la rareté de l’eau et de ses éventuelles conséquences sur notre
vie. De ce fait les responsables ont commencé à adopter des processus pour la protection de
l’environnement et en particulier des processus de traitement pour préserver la qualité des
eaux. Cependant de nombreux progrès restent encore à faire. Les méthodes de traitements
sont en constante évolution afin de répondre de manière spécifique au contexte dans lequel
les stations de traitement s’insèrent. Nous tenterons alors de répondre à la question
suivante : Quels sont les défis du traitement des eaux usées ? Nous verrons tout d’abord la
diversité des modes de traitements des eaux usées, des traitements les plus basiques aux plus
innovants. Puis nous étudierons les contextes socio-politiques et les régulations qui pèsent
sur le traitement des eaux usées.

Il existe plusieurs types de polluants dans l’eau usée. Ils ont été mis en évidence
progressivement et grâce aux améliorations techniques de détection. Les premiers éléments
à avoir attiré l’attention ont été les bactéries, à l’origine de problèmes sanitaires, tels que le
choléra. Les eaux usées domestiques sont aussi source de matière organique, dissoute ou
sous forme particulaire qui contient du carbone, de l’azote et aussi du phosphore ; ces
substances nutritives en trop fortes concentrations enrichissent, parfois jusqu’à l’asphyxie le
milieu où elles sont déversées, sols et eaux de surface. Puis de nouveaux problèmes sont
arrivés. La révolution industrielle a apporté de nombreux polluants métalliques ainsi que des
produits chimiques toxiques tels que les nonylphénols retrouvés dans l’industrie de la
papeterie. Les polluants que l’on découvre aujourd’hui sont des composés actifs tels que les
détergents, les médicaments, les œstrogènes et des perturbateurs endocriniens. Leur
présence est à relier directement à leur utilisation quotidienne dans la population. Ces
nouveaux polluants sont autant de défis à relever et autant de nouvelles technologies à créer
pour y répondre.
I. Définition de traitement des eaux et son importance

I.1. Définition

Le traitement des eaux désigne l'ensemble des opérations visant à purifier l'eau, qu'il s'agisse
des eaux potables destinées à la consommation humaine ou des eaux usées issues des
activités domestiques, industrielles ou commerciales. Ces procédés ont pour objectif
d'éliminer les substances indésirables afin de garantir la santé publique et de protéger
l’environnement.

I.2. Importance

Le traitement de l’eau permet d’éliminer les polluants, les bactéries, les substances
chimiques et d’autres impurtés. Il protège notre santé, préserve l’environnement et garantit
une eau de qualité pour les besoins domestique et industrielle.

I.3. Qualité de l’eau à l’échelle nationale et internationale

I.3.1. Qualité de l’eau

La qualité de l'eau est une question essentielle à la fois à l'échelle nationale et internationale,
car elle touche directement la santé humaine, l'écosystème, l'agriculture, et l'industrie. Voici
un aperçu de la situation à différentes échelles :

I.3.2. À l’échelle nationale et internationale

La qualité de l’eau, à l’échelle nationale et internationale, est un enjeu crucial pour la santé
humaine et l’environnement. À l’échelle mondiale, de nombreux pays rencontrent des
difficultés liées à la pollution de l’eau, à l’accès inégal à l’eau potable et aux effets du
changement climatique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des milliards de
personnes n’ont pas accès à une eau propre et salubre, ce qui augmente les risques de
maladies.

Au Maroc, la situation est marquée par un stress hydrique important, aggravé par les
sécheresses répétées, la surexploitation des nappes phréatiques et la pollution des ressources
naturelles. Bien que l’eau potable soit généralement bien contrôlée en milieu urbain, des
disparités subsistent, notamment dans les zones rurales. Le pays déploie des efforts à travers
des programmes nationaux pour améliorer la qualité de l’eau, renforcer les infrastructures de
traitement et encourager une gestion durable de cette ressource vitale.

I.4. Origine de pollution

La pollution de l’eau est un problème mondiale majeur qui affecte non seulement la santé
humaine, mais aussi les écosystèmes aquatiques et la biodiversité. Elle est causée par un
large éventail d’activités humaines, notamment l’agriculture, l’industrie et l’urbanisation.

I.4.1. Pollution chimique

La pollution chimique peut être causée par des accidents ou par des rejets réguliers des
industries. Elle détériore l’environnement, surtout lorsqu’il y a peu de stations d’épuration
pour traiter les eaux polluées.

I.4.2. Les décharges sauvages

Les décharges sauvages (huile de vidange, batteries…) et tout ce que l'on jette dans la nature
sans vraiment y prêter attention, représentent une source de pollution qui fait parfois
beaucoup de dégâts….

Figure 1: Les décharges sauvages.

I.4.3. La pollution domestique

A la maison, l'eau des toilettes comme l'eau des lavages est une source de pollution :
- Organique (graisses)
- Chimique (poudres à laver, détergents…)
La pollution domestique est représentée par les eaux usées domestiques, l'eau de pluie (qui
lave les rues), les commerces. 500 litres par jour et par habitant.

Figure 2: La pollution domestique.

I.4.4. La pollution agricole

La concentration des élevages (élevage industriel) donne un excédent de déjections


animales; celles-ci s'évacuent dans les cours d'eau et les nappes souterraines ; elles
constituent une source de pollution bactériologique. Les engrais chimiques (nitrates et
phosphates) altèrent la qualité des nappes souterraines qu'ils atteignent par infiltration des
eaux. Les herbicides et les insecticides s'accumulent dans les sols et les nappes phréatiques.

Figure 3: La pollution agricole.

I.4.5. La pollution accidentelle

Désigne une dégradation soudaine de l’environnement causée par un événement imprévu,


souvent lié à une erreur humaine, un accident industriel ou un incident de transport. Elle
peut concerner l’eau, l’air ou le sol. Par exemple, le déversement d’hydrocarbures dans une
rivière, l’explosion d’une usine chimique ou la fuite de substances toxiques sont des cas
typiques de pollution accidentelle.
Ce type de pollution peut avoir des conséquences graves sur la santé humaine, la
biodiversité et les écosystèmes. Au Maroc, bien que les cas majeurs soient rares, des
accidents peuvent survenir dans les zones industrielles ou lors du transport de produits
dangereux. Pour limiter les impacts, il est essentiel de renforcer les mesures de sécurité, les
systèmes de surveillance et les plans d’intervention d’urgence.

I.4.6. La pollution industrielle


La fabrication des produits industriels génère très souvent des rejets d’eau polluée par les
ateliers de production. Ils sont appelés effluents industriels. Ces effluents doivent
impérativement être traités car la pollution qu’ils contiennent peut-être très concentrée, ou
avoir un effet toxique sur les organismes vivants et ainsi nuire au pouvoir d’autoépuration
de l’eau. Ils peuvent aussi induire l’accumulation de certains éléments dans la chaîne
alimentaire (métaux, radioactivité, substances toxiques…). Les rejets d’eaux chaudes
peuvent aussi perturber tout l’écosystème d’une rivière.

Figure 4: La pollution industrielle.

I.5. Caractéristiques physico chimiques de l’eau usée


I.5.1. Couleur
Grisâtre qui devient noirâtre avec le temps. La couleur constitue un critère beaucoup moins
important dans le traitement des eaux usées que dans le traitement des eaux potables.
Toutefois, dans le traitement des eaux usées, mis à part le fait qu'il peut permettre d'observer
l'efficacité d'un traitement, il peut aussi être utilisé pour indiquer la "condition" des eaux
usées. En d'autres mots, on peut déterminer par la couleur s'il s'agit d'une eau usée fraîche
"gray sewage" ou d'une eau usée noire "black sewage", devenue complètement anaérobique,
avec une teneur en oxygène dissous égale à zéro. [14]
I.5.2. Odeur
Désagréable, nauséabonde (H2S), ces deux caractéristiques peuvent être changées par
l’apport de rejets industriels, c-à-dire l’odeur d’une eau usée accompagne généralement la
couleur, plus la couleur est foncée plus l’odeur est forte, ceci s’explique par la présence
importante des sulfures d’hydrogène (H2S).

I.5.3. Les solutions totales


Selon (Clesceri et al), le principe de ce test consiste à placer un certain volume (V) d'un
échantillon d'eau bien mélangé dans un plat et à le sécher dans un four à une Température
constante comprise entre 103 – 105° C pendant au moins une heure.
Les solides totaux Composées de matière dissoute (sucre, sels) matière colloïdale (turbidité),
matière en suspension (papier), matière flottante (graisse).

I.5.4. La température
La température joue un rôle important en ce qui concerne la solubilité des sels et des gaz.
Par ailleurs, la température détermine le taux et la vitesse des réactions de dégradation
biochimique. Plus la température est importante, plus les réactions sont rapides. La
température des eaux usées influent beaucoup sur l'efficacité du procédé de traitement. Par
exemple, la décantation est plus efficace à des températures élevées.

I.5.5. Le pH
Le pH (potentiel hydrogène), est le reflet de la concentration d'une eau en ions H +. Le pH,
indique l'alcalinité des eaux usées, son rôle est capital pour la croissance des micro-
organismes qui ont généralement un pH optimum variant de 6,5 à 8. Lorsque le pH est
inférieur à 5 ou supérieur à 8,5, la croissance des micro-organismes est directement affectée.

I.5.6. La conductivité
La mesure de la conductivité de l'eau nous permet d'apprécier la quantité des sels dissous
dans l'eau (chlorures, sulfates, calcium, sodium, magnésium…). Elle est plus importante
lorsque la température de l'eau augmente.

I.6. Types de l’eau à traiter


Suivant l'origine des substances polluantes, on distingue quatre catégories d'eaux usées :

I.6.1. Eaux usées industrielles


Sont classés dans les eaux industrielles tous les rejets correspondant à une utilisation de
l'eau autre que domestique. Les caractéristiques de ces eaux sont extrêmement variables et
directement liées au type d'industrie. En plus de matières organiques, azotées ou
phosphorées, elle peut également contenir des produits toxiques, des solvants, des
micropolluants organiques, des hydrocarbures, des produits chimiques (acides, bases...), des
métaux lourds (mercure, cadmium, ...), des molécules de synthèse (pesticides, ...), des
produits radioactifs, de la chaleur (eaux de refroidissement, ...) et Elles sont mêlées aux eaux
domestiques que lorsqu'elles ne présentent plus de danger pour les réseaux de collecte et ne
perturbent pas le fonctionnement des usines de dépollution (Richard, 1996).

I.6.2. Eaux pluviales


Eau pluviale est le nom que l'on donne à l'eau de pluie après qu'elle a touché le sol ou une
surface construite ou naturelle susceptible de l'intercepter ou de la récupérer (toiture
terrasse, arbre...). Ces eaux peuvent constituer la cause de pollutions importantes des cours
d'eau, notamment pendant les périodes orageuses. L'eau de pluie se charge d'impuretés au
contact de l'air (fumées industrielles), puis, en ruisselant, des résidus déposés sur les toits et
les chaussées des villes (huiles de vidange, carburants, résidus de pneus et métaux lourds...).
Lorsque le système d'assainissement est dit ''unitaire'', les eaux pluviales sont mêlées aux
eaux usées domestiques. En cas de fortes précipitations, les contraintes de préservation des
installations d'épuration peuvent imposer un déversement de ce mélange très pollué dans le
milieu naturel.

I.6.3. Eaux de ruissellement dans les zones agricoles


Il s'agit de rejets liquides agricoles issus du ruissellement d'eau d'irrigation qui entraîne des
engrais des pesticides, des herbicides ou des rejets organiques dus à un élevage important.

I.6.4. Eaux usées domestiques


Désigne les eaux résiduaires qui proviennent des différents usages domestiques. Elles sont
essentiellement porteuses de polluants organiques. La composition de ces eaux est à peu
près la même pour toutes les habitations. Et elles sont subdivisées en deux catégories :

 Eaux grises :

Les eaux grises sont les eaux des baignoires, douches, lavabos, éviers, machines à laver.
Elles représentent près de 40 % de notre consommation quotidienne. Ce sont des eaux peu
chargées en matières polluantes. Leur charge polluante est surtout composée de savons, de
détergents (produits de nettoyage, de lessive, de vaisselle, d'hygiène personnelle, etc.), de
graisses et parfois des phosphates provenant de certains produits de lessives, est l'absence
quasi totale de matières organiques azotées (protéines, urée), de résidus de médicaments
(Œstrogènes, antibiotiques) et de phosphore organique d'origine métabolique.

 Eaux noires :

(Ou eaux vannes) sont les eaux usées issues des Sanitaires. Elles contiennent diverses
substances plus polluantes ou plus difficiles à éliminer tels que des matières fécales, des
produits cosmétiques. Elles peuvent être un danger pour la santé car elles véhiculent des
maladies d'origine virale et bactérienne.

I.7. Méthodes et étapes de traitement des eaux


Le traitement des eaux usées sert à éviter le plus possible de polluer le milieu naturel ou
elles sont rejetées. Pour cela, on dispose des stations d'épuration qui nettoient ces eaux.
Aujourd'hui, les stations de traitement des eaux usées sont devenues des usines de
dépollution compactes, couvertes, désodorisées, automatisées. Elles mettent en œuvre des
traitements de plus en plus performants, capables d'éliminer à la fois les différentes
substances polluantes carbonées, azotées et phosphorées. Ces stations sont dimensionnées
pour traiter une certaines charges de pollution et assurer un rejet conforme aux valeurs
limites définies par l'arrêté préfectoral d'autorisation. Alors Les différentes étapes du
traitement des eaux usées sont classiquement les suivantes :

I.7.1. Le prétraitement
Les prétraitements sont une phase d’épuration grossière. On élimine tous les éléments
solides volumineux et grossiers (sables, corps gras) qui pourraient d’ailleurs endommager
les installations par la suite. Notons qu’on retire alors environ 35% des éléments polluants.
Tout d’abord on réalise le dégrillage : on fait passer l’eau à travers des grilles plus ou moins
grossières pour récupérer tous les éléments solides plus gros que les espacements des grilles.
L’eau qui est issue de ce premier traitement subit ensuite le dessablage et le déshuilage-
dégraissage. La vitesse d’écoulement de l’eau est ralentie, des particules de taille alors plus
petite vont sédimenter (boues primaires) et les graisses, moins denses vont remonter à la
surface. On va alors retirer les sables par pompage et prélever l’écume.

I.7.2. Traitements physico-chimiques : traitements primaires


Le traitement primaire fait appel à une étape de décantation, qui consiste en une séparation
des éléments liquides et des éléments solides sous l'effet de la pesanteur. Les matières
solides se déposent au fond d'un ouvrage appelé "décanteur" pour former les "boues
primaires". Ce traitement élimine 50 à 60 % des matières en suspension et réduit d'environ
25% à 50% de la DBO5. La décantation est encore plus performante lorsqu'elle
s'accompagne d'une floculation préalable. La coagulation-floculation permet d'éliminer
jusqu'à 90 % des matières en suspension. Cette technique comporte une première phase
d'adjonction d'un réactif, qui provoque l'agglomération des particules en suspension, puis
une accélération de leur chute au fond de l'ouvrage. Le traitement primaire est une étape
facultative et dans de nombreuses stations d'épuration, les eaux usées prétraitées sont
directement acheminées vers la phase de traitement secondaire.

I.7.3. Traitements biologiques : traitements secondaires


Il s'agit d'un traitement biologique dont l'objectif est l'élimination de la pollution carbonée,
azotée et phosphorée. Le principe de l'épuration par voie biologique consiste, dans un
premier temps, à faire assimiler la pollution carbonée par des microorganismes dont
l'activité est améliorée en la plaçant dans des conditions optimales, la pollution de l'eau est
alors transformée en biomasse. Puis cette biomasse est extraite de l'eau sous forme de boues.

Les techniques de traitement biologique les plus couramment employées sont :

 Les boues activées :


Le traitement par boues activées est très largement utilisé. Il s'agit d'un réacteur qui contient
les eaux à traiter mélangées avec des microorganismes floculant et de l'oxygène dissous. Les
bactéries consomment la matière organique et contribuent à l'élimination de l'azote et du
phosphate. Le bassin d'aération est équipé d'un système d'aération fonctionnant en
discontinu. La nitrification s'effectue durant les phases aérobies et la dénitrification durant
les phases d'anoxie.

 Lits bactériens aérobie :


C'est un système à cellules immobilisées le plus largement utilisé. Dans ce type de réacteur,
la biomasse est fixée sur un support solide circulaire surmonté d'un distributeur rotatif.
L'effluent à traiter est introduit par le haut et s'écoule par gravité sur le lit bactérien. Les
matériaux supports ont tout d'abord été constitués de gros morceaux de pierre avec une
surface relative assez limitée. Dorénavant des supports en plastique à faible densité
(polystyrène) sont couramment utilisés et offrent des surfaces relatives importantes.
L'injection d'air pour la nitrification se fait par le fond du lit.
 Lits bactériens anaérobie :
Les lits bactériens anaérobie ou digesteurs anaérobie sont des réacteurs biologiques ou la
biomasse est maintenue à l'abri de l'aire et de la lumière. La flore en cause se caractérise par
un métabolisme anaérobie libérant comparativement très peu d'énergie, donc ne provoquant
qu'une faible production de biomasse comme elle assure la transformation de la majeure
partie du carbone organique en dioxyde de carbone et de méthane.

I.7.4. Traitement tertiaire


Les traitements tertiaires visent à extraire la fraction des polluants non traités par les
traitements primaires ou secondaires. Ils sont mis en place pour respecter les normes de rejet
au milieu récepteur établies par des arrêtés préfectoraux. Parmi les techniques utilisées dans
ce traitement en distingue : Filtre à sable, Filtre planté de micropyles, l'UV, l'ozone (O3) ces
deux derniers sont utilisés pour l'élimination des germes pathogène.

I.8. Impact du changement climatique sur les ressources en eau


Le changement climatique affecte les ressources en eau de plusieurs manières :

 Précipitations : Plus de sécheresses et de pluies extrêmes, modifiant la disponibilité


de l'eau.
 Fonte des glaciers : Réduction des réservoirs d'eau douce, notamment en montagne.
 Élévation du niveau de la mer : Salinisation des aquifères côtiers, réduisant l'eau
douce.
 Gestion de l'eau : Modifications des débits des rivières et de la recharge des nappes
phréatiques.
 Stress hydrique : Accroissement des pénuries d'eau, impactant l'agriculture et la
sécurité alimentaire.
 Qualité de l'eau : Augmentation de la pollution de l'eau par des bactéries et algues.
 Écosystèmes aquatiques : Perturbation de la faune et de la flore aquatiques.
En résumé, le changement climatique modifie la disponibilité, la distribution et la qualité de
l'eau, avec des conséquences sur les écosystèmes et les sociétés humaines.

I.9. Réglementation pour la protection de l’environnement


La législation est un outil puissant pour organiser et réguler la société. En ce qui concerne la
pollution par les eaux usées et la protection de l’environnement, il est intéressant de
connaître la position de la législation pour cibler l’intérêt d’un outil d’évaluation
environnementale. La sensibilité des milieux naturels à la pollution des eaux usées a depuis
longtemps été expérimentée dans l’histoire des hommes, avec pour conséquences directes la
dégradation des Ressources en eau et des dommages gravissimes, d’abord sur la santé des
populations, puis sur Les écosystèmes.

Par conséquence, le développement d’un outil d’évaluation environnementale s’avère à la


fois nécessaire pour identifier le système capable de satisfaire l’ensemble des
réglementations de protection de l’environnement, et complémentaire à la législation pour
l’intégrer, dans une perspective de développement durable.

I.10. Les technologies modernes de traitement de l’eau


I.10.1 Technique membranaire
Les procédés membranaires utilisés pour le traitement de l'eau sont des procédés de
séparation entraînés par la pression, où la force motrice est une différence de pression à
travers la membrane. Avec ces membranes, l'eau à traiter est séparée en un flux de filtrat ou
perméat, et une quantité restante de rétentat, également appelée concentrat (voir Fig. 4). Les
composants contenus dans l'eau d'alimentation, qui ont été retenus par la membrane,
s'accumulent dans le rétentat. Les membranes utilisées dans ces procédés peuvent être
considérées comme des barrières bien définies. Cela permet un contrôle continu et
reproductible de la qualité du filtrat ou perméat obtenu, à l'aide d'instruments de mesure
robustes. En même temps, la fonction de barrière des membranes garantit l'obtention d’un
filtrat ou perméat de haute qualité.

Figure 2: Schéma de principe de l’osmose inverse comme exemple du fonctionnement des procédés
membranaires à pression.

Elle est presque indépendante des variations de concentration des composants ou des
contaminants dans l’alimentation. Les installations équipées de membranes de
microfiltration (MF), ultrafiltration (UF), nanofiltration (NF) ou d’osmose inverse (RO) – si
elles sont correctement conçues, fabriquées et exploitées – présentent une grande stabilité de
fonctionnement, car le processus est commandé par interrupteur. Les différents modes de
fonctionnement, tels que le démarrage, le fonctionnement normal, le fonctionnement
intermittent, le rinçage, le nettoyage, l’arrêt ou l’arrêt d’urgence, sont déclenchés par la
pression d’un bouton ou par une commande enregistrée. Pendant le fonctionnement, ces
commandes sont contrôlées par un automate programmable (PLC – Programmable Logic
Controller). Le démarrage et l’arrêt ne nécessitent aucune attention particulière et peuvent
être réalisés en quelques minutes. La conception modulaire des systèmes constitue une base
de grande flexibilité face aux variations du volume d’eau à traiter, et permet de réduire
l’empreinte carbone de l’installation elle-même. La compacité de ces installations, le temps
de construction réduit, la propreté, la facilité d’utilisation, ainsi que la fiabilité économique
et opérationnelle à long terme, sont d’autres avantages notables. Ces caractéristiques
résultent des propriétés intrinsèques des membranes et de leur association à une
configuration de modules appropriée, ainsi qu’à une conception d’usine strictement adaptée
aux besoins de chaque application spécifique. Les raisons de cette sélection reposent sur les
capacités des procédés, et seront abordées en détail dans les sections suivantes.

A) Microfiltration :

La microfiltration est le procédé de filtration membranaire utilisant le type de membrane le


moins restrictif. Elle est utilisée, par exemple, pour l’élimination des bactéries, des pigments
et d’autres particules dont la taille se situe dans la gamme submicronique. Il s’agit de
membranes poreuses avec des tailles de pores comprises entre environ 0,1 et 1,0 µm (1 mm
= 1000 µm), la taille moyenne des pores la plus courante pour les membranes commerciales
étant de 0,2 µm. La pression de fonctionnement peut atteindre jusqu’à 500 kPa (5 bars).

B) Ultrafiltration :

Les membranes d’ultrafiltration peuvent éliminer les bactéries et les virus, et peuvent
également séparer les macromolécules telles que les sucres et les protéines, ainsi que la
silice colloïdale et les pyrogènes. Les plages typiques de coupure par poids moléculaire
varient de 5000 à 200 000 g/mol. La taille des pores habituelle est de l'ordre de 0,05 µm. La
pression de fonctionnement peut atteindre jusqu'à 1000 kPa (10 bars).
C) Nanofiltration :

Les membranes utilisées en nanofiltration fonctionnent selon un principe de diffusion de


solution, où les ions monovalents diffusent à travers la membrane, plutôt que de bloquer les
ions de passer à travers la membrane en raison de la taille des pores, comme cela se produit
en microfiltration ou ultrafiltration. La nanofiltration est utile, par exemple, pour
l’élimination des couleurs, des sucres et des teintures, ou pour enlever les précurseurs des
THM, ainsi que la dureté ou les sulfates des sources d’eau ou des eaux usées, telles que le
drainage minier acide (AMD) . La pression de fonctionnement peut atteindre jusqu’à 5000
kPa (50 bars).

D) Osmose inverse :

L'osmose inverse fonctionne avec le type de membrane le plus étroit disponible. Les
molécules organiques et inorganiques sont séparées d'une solution d'alimentation par un
processus de diffusion de solution. En général, les membranes d'osmose inverse sont
utilisées pour séparer les sels dissous et les ions ayant un poids moléculaire inférieur à 200
g/mol. Les applications vont de la production d'eau ultrapure pour les semi-conducteurs et
l'industrie pharmaceutique au dessalement de l'eau de mer pour la production d'eau potable,
ainsi que la purification des eaux usées industrielles, telles que le lixiviat de décharge. La
pression de fonctionnement est généralement jusqu'à 7000 kPa (70 bars), et jusqu'à 15 000
kPa (150 bars) pour les systèmes d'osmose inverse à haute pression.

Les avantages de cette technique

 Haute efficacité de séparation: elles permettent d’éliminer efficacement les particules,


les bactéries, les virus, et même certains sels et métaux lourds.

 Qualité d’eau produite élevée: elles produisent une eau très pure, adaptée à l’eau potable
ou à des usages industriels sensibles.

 Procédés compacts: les installations membranaires prennent généralement peu de place.

 Facilité d’automatisation: ces technologies sont compatibles avec les systèmes de


contrôle automatisés, ce qui réduit le besoin d’intervention humaine.

 Peu ou pas de produits chimiques: dans certains cas, le traitement se fait sans ajout de
produits chimiques.

Les inconvénients
 Coût élevé: le coût d’investissement initial et les coûts d’exploitation (énergie,
maintenance) peuvent être importants.

 Encrassement des membranes (fouling): les membranes peuvent se colmater, ce qui


diminue leur performance et nécessite un nettoyage régulier.

 Production de concentrats: le rejet (concentré) doit être traité ou éliminé, ce qui pose un
problème environnemental.

 Durée de vie limitée des membranes: elles doivent être remplacées régulièrement.

 Sensibilité à la qualité de l’eau d’entrée: une prétraitement est souvent nécessaire pour
protéger les membranes.

I.10.2. Technique ultraviolet (UV)

Le traitement de l'eau par ultraviolets (UV) est une méthode de désinfection qui utilise la
lumière ultraviolette pour éliminer les micro-organismes pathogènes tels que les bactéries,
les virus et les protozoaires. Cette technologie est largement utilisée pour rendre l'eau
potable, traiter les eaux usées et dans diverses applications industrielles.

Le processus de traitement par UV repose sur l'exposition de l'eau à une lumière UV de


longueur d'onde spécifique (généralement 254 nanomètres). Cette lumière pénètre les
cellules des micro-organismes et endommage leur ADN, les rendant incapables de se
reproduire et de causer des maladies.

Le traitement UV de l'eau utilise des rayons ultraviolets, spécifiquement les UV-C d'une
longueur d'onde de 254 nanomètres, pour inactiver les micro-organismes présents dans l'eau.
Les rayons UV pénètrent les cellules des micro-organismes et endommagent leur
ADN/ARN, le neutralisant ainsi.

Cette technologie se distingue par sa rapidité d’action : la désinfection s’effectue en


quelques secondes et cible un large spectre de contaminants, y compris des pathogènes
résistants au chlore comme Cryptosporidium. De plus, elle évite les risques liés au stockage
ou à la manipulation de produits chimiques dangereux, ce qui en fait une solution sûre pour
les foyers, les hôpitaux ou les industries sensibles.

Les avantages du Traitement UV sont nombreux


 Efficacité : Détruit 99,99% des micro-organismes pathogènes.

 Écologique : Ne nécessite pas l'ajout de produits chimiques, ce qui évite la


formation de sous-produits de désinfection nocifs.
 Économique : Faible coût d'exploitation et d'entretien, principalement lié au
remplacement annuel des lampes UV.

 Rapidité : Traitement instantané sans besoin de temps de rétention.

 Sécurité : Aucun risque de manipulation de produits chimiques dangereux.

Quant aux inconvénients et limitations de la désinfection de l'eau par UV, on peut


néanmoins citer
 Une efficacité limitée : Ne traite que les micro-organismes et n'élimine pas les
contaminants chimiques comme les métaux lourds ou les pesticides.

 Une pré-filtration nécessaire : L'efficacité peut être réduite par la turbidité ou les
solides dissou. De ce fait, l'eau doit être claire pour que les UV puissent pénétrer
efficacement, ce qui peut nécessiter une pré-filtration.

 Un entretien régulier : Nécessite un nettoyage et un remplacement périodique des


lampes UV2.

 Une absence de rémanence : L'eau traitée n'a pas d'effet désinfectant prolongé.

 Un coût initial à ne pas négliger : L'installation peut représenter un investissement


significatif.

I.11. Comparaison entre les deux techniques (membranaires et UV)

Le tableau présente une comparaison simplifiée entre la technique membranaire et le


traitement UV, en mettant l’accent sur le coût et le rendement.

Critère Technique membranaire Traitement UV

Coût d'investissement Élevé (systèmes complexes, Faible à moyen (lampe UV,


initial membranes coûteuses) chambre de traitement)
Moyen à élever (énergie, Faible (électricité pour la
Coût d’exploitation
remplacement des membranes) lampe, entretien)
Fréquente (nettoyage, Faible (remplacement de la
Maintenance
remplacement des membranes) lampe tous les 6-12 mois)

Durée de vie des 6 000 à 10 000 heures pour


3 à 5 ans pour les membranes
composants une lampe UV
Consommation Moyenne à élevée (surtout Faible
énergétique pour osmose inverse)
Très élevé (filtration, Très bon pour la
Rendement (efficacité)
désinfection possible) désinfection uniquement
Physique (filtration des Physique (désinfection
Type de traitement
particules, sels, microbes) microbienne uniquement)
Variable selon le type de
Très rapide (eau désinfectée
Débit de traitement membrane(souvent plus
en continu)
lent)
Moyennement polluées,
Très polluées ou salées
Adapté aux eaux faible turbidité
(avec prétraitement)
recommandée
Chapitre 2 : Étude de la Performance du
Dispositif de Traitement des Eaux UsÉes par
Boues ActivÉes de la ville d’Al Hoceima, Maroc
Introduction

La protection de l’environnement est depuis longtemps devenue un enjeu économique et


politique majeur. Parmi les priorités figure la sauvegarde des ressources en eau. L’eau est
nécessaire à la vie et à l’activité humaine mais la demande en eau n’est pas uniforme d’une
région du globe à l’autre et la disponibilité des ressources en eau encore moins. De nos jours
la production des eaux usées urbaines générées par les villes augmentent avec la croissance
démographique et les activités socio-économiques qui en découlent. L’épuration des eaux
usées a pour objectif soit de rejeter dans le milieu naturel soit de réutiliser des eaux qui
doivent répondre à des normes fixées par les autorités responsables de la gestion des
ressources en eau (Jacquet, 1999).

Actuellement, le volume total réel des eaux usées rejetées au Maroc est estimé à environ 750
millions de m3 ; 48% de ces eaux sont rejetées dans les rivières et le milieu naturel ; le reste
est rejeté dans la mer sans aucun traitement préalable. La charge polluante des eaux usées est
estimée à environ 131715 tonnes de charge organique, 42131 tonnes d’azote et 6230 tonnes
de phosphore (Mandi et Ouazani, 2013).

Au Maroc, comme dans tous les pays en développement, l'assainissement et le traitement des
eaux usées constituent certainement l'un des plus grands problèmes environnementaux.
L'absence de réseau public, le manque de stations d'épuration, l'absence de contrôle et de
sensibilisation à l'environnement contribuent à la propagation des maladies, à la dégradation
du paysage et à la contamination des eaux superficielles et souterraines. Les eaux usées sont
considérées comme les principales sources de pollution pour les eaux souterraines et de
surface. En effet, le Maroc a plus de 60 stations de European Scientific Journal June 2016
edition vol.12, No.17 ISSN: 1857 – 7881 (Print) e - ISSN 1857- 74318_274 traitement des
eaux usées dont 77% sont des lagunes naturelles, 15% utilisent d’autres techniques (lagunes
aérées, des filtres bactériens et 8% des boues activées (Makhoukh et Bourziza, 2011) dont
celle de la ville d’Al-Hoceima.

A l’instar des autres pays, les collectivités locales marocaines doivent chercher les meilleures
solutions pour faire face aux quantités énormes des eaux usées déversées dans la nature sans
aucun traitement. En effet, la croissance démographique et l’évolution des modes de vie et de
consommation génèrent des quantités importantes des eaux usées. La composition de ces eaux
usées dépend essentiellement de l'eau d'alimentation et de l'usage qu'on en a fait. Les eaux
usées domestiques restent dangereuses par leur forte teneur en germes pathogènes tels que les
bactéries, les virus et les protozoaires (Chapman et Kimstach, 1996), (Lukasik et al. 2004).

Dans ce cadre, on s’intéresse à la station de traitement des eaux usées d’Al-Hoceima.


L’objectif de ce travail est le suivi des valeurs moyennes des paramètres physico-chimique et
bactériologique de l’effluent à l’entrée et à la sortie afin d’évaluer les performances
épuratoires de ce système de traitement.

Matériels et méthodes

Al Hoceima est une ville côtière située au nord du Maroc, sur la rive méditerranéenne. Elle
compte une population de 55 357 habitants selon le Haut-Commissariat au Plan (2014). La
région bénéficie d’un ensoleillement annuel moyen supérieur à 8 heures par jour, avec une
température moyenne annuelle dépassant 12 °C. Son économie repose principalement sur la
pêche et le tourisme (Haut-Commissariat au Plan, 2010).

Le site étudié est la station d’épuration des eaux usées (STEP) de la ville d’Al Hoceima
(voir Fig. 1), conçue par l’Office National de l’Eau Potable (ONEP). Elle est localisée au
nord-ouest de la ville, sur un terrain de 4 hectares en bordure sud de la mer Méditerranée.
Mise en service en 1996, elle a été réhabilitée et modernisée en 2011, faisant passer sa
capacité nominale de 4 800 m³/j à 9 600 m³/j, pour une capacité d’équivalent-habitant de 127
000 Eq/hab.

La ville dispose d’un réseau d’assainissement collectif de 100 km, majoritairement de type
unitaire. Une petite partie, située dans les quartiers récents, est de type pseudo-séparatif.

Le système de traitement mis en œuvre repose sur un procédé biologique par boues activées
à faible charge. La capacité nominale de traitement des charges organiques atteint 3 800 kg
DBO₅/j en période estivale de pointe, ce qui correspond à une concentration moyenne de 400
mg/l de DBO₅. La STEP permet ainsi de rejeter, après traitement, une eau conforme aux
normes marocaines et européennes.
Figure 1. Localisation de la STEP d’Al-Hoceima

Description de la STEP (Figure 2) :

1. Filière d’épuration des eaux usées : un prétraitement conventionnel constitué d’une


succession d’opération de dégrillage, dessablage et déshuilage.

2. Un traitement primaire (TP) constitué de décanteurs classiques.

3. Un traitement biologique secondaire (TS) composé de bassins d’aération et de bassins de


clarification. Le traitement biologique est de type boue activée faible charge.

4. Le traitement tertiaire de finalisation constitué d’une succession d’opérations et une


désinfection par UV.

5. Filière boue.

Figure 2. Schéma synoptique de la station d’épuration des eaux usées de la ville d’Al-
Hoceima
Paramètres et méthodes d’analyse

Les analyses sont effectuées quotidiennement sur des échantillonscomposites de 24 heures


prélevés automatiquement toutes les heures. Les échantillons sont prélevés au niveau de deux
points : à l’entrée de la STEP et à la sortie du traitement. Les échantillons des effluents de la
station sont prélevés durant l’année 2014. Cette étude vise à mieux connaître le procédé pour
le rendre plus compétitif dans le but de la protection de l’environnement ce qui favorise le
développement durable au niveau de la région. Les paramètres suivis lors de cette étude sont:
pH, Température, Conductivité, DBO5, DCO, MES, NTK et Pt. L’analyse des échantillons se
fait selon les méthodes standards internationales.

Résultats et discussion

Température

Figure 3. Évolution de la température mensuelle moyenne

La température d'eau est un facteur important dans le milieu aquatique, a une influence sur les
réactions physico-chimiques et biologiques (Chapman et Kimstach, 1996). C’est un facteur
clé dans l'activité biologique avec des répercussions écologiques (Leynaud, 1968). À l’entrée
de la STEP de la ville d’Al-Hoceima, la température des eaux usées est comprise entre 10,5°C
et 28,7°C avec une moyenne de 19,3°C. Le suivi de cette dernière à l’entrée de la STEP,
montre que la température de l’eau suit celle de la saison, oscillant entre 21°C (période
hivernale) et 30°C qui correspond au pic de la période estivale. Ce sont des valeurs favorables
pour le fonctionnement des bioréacteurs et acceptables par les valeurs limites des rejets
indirects (Adouani et al. 2015). Celles des eaux usées épurées à la sortie sont comprises entre
13,25°C et 29,03°C avec une moyenne de 22°C. Ces températures enregistrées sont incluses
dans la fourchette des valeurs limites des rejets directs dans le milieu récepteur (Ministère de
l’Environnement du Maroc, 2002), et dans la fourchette des normes marocaines de qualité des
eaux destinées à l’irrigation (Comité Normes Standards, 1994).

Potentiel d’hydrogène: PH

Figure 4. Variation des valeurs moyennes mensuelles du pH

Le pH est un indicateur de la pollution par excellence, il varie suite à la nature des effluents
basiques ou acides. Le pH de l’eau brute reste pratiquement stable durant toute l’année avec
une valeur moyenne de l’ordre de 8,05 indiquant une faible alcalinité de l’eau, cette moyenne
se situe dans l’intervalle des normes marocaines (Ministère de l’Environnement du Maroc,
2012). Un faible pH favorise la croissance de champignons filamenteux et les autres
organismes qui causent des boues flottantes (Arcand et al., 1989). Le pH des eaux usées
brutes à l’entrée de la station varie entre 7,13 et 8,33. Ces valeurs se situent dans la fourchette
des limites des rejets directs (Ministère de l’Environnement du Maroc, 2012). Cependant,
l’épuration nous a conduits à des valeurs de pH relativement stables entre avril et septembre,
comprises entre 7,33 et 8,53, et restent dans l’intervalle limite des rejets directs (Ministère de
l’Environnement du Maroc, 2002); et se situent dans la fourchette des normes marocaines de
qualité des eaux destinées à l’irrigation (Comité Normes Standards, 1994).

La conductivité électrique (C.E)


Figure 5. Evolution de la moyenne mensuelle de la conductivité électrique (CE)

La conductivité électrique est probablement l’une des plus simples et des plus importantes
pour le contrôle de la qualité des eaux usées. Elle traduit le degré de minéralisation globale,
elle nous renseigne sur le taux de salinité. Les valeurs de la conductivité enregistrées au
niveau des eaux usées brutes de la ville d’Al-Hoceima varient entre 1260μs/cm et 3500μs/cm
avec une moyenne de 2463μs/cm. Une diminution exceptionnelle a été enregistrée le mois
d’août et qui est attribuée à la minéralisation naturelle de l’eau potable et de celle à usage
domestique. Ces valeurs de conductivité sont un peu élevées, ceci pourrait être expliqué par le
rejet des eaux usées résiduaires des petites unités industrielles connectées au réseau
d’assainissement, mais cette moyenne de conductivité reste proche des valeurs limites des
rejets directs (Ministère de l’Environnement du Maroc, 2002), et inférieure à la valeur
maximale 3000μs/cm des eaux destinées à l’irrigation (Comité Normes Standards, 1994). Les
eaux épurées présentent des valeurs de conductivité stables par rapport à celles d’entrée, elles
sont comprises entre 2120μs/cm et 2640μs/cm avec une moyenne de 2368μs/cm. Les
moyennes obtenues restent proches des valeurs limites marocaines de rejets directs et
indirects (Ministère de l’Environnement du Maroc, 2012).

Les matières en suspension (MES)


Figure 6. Evolution de la moyenne mensuelle de matières en suspension (MES)
Les matières en suspension, représentent l’ensemble des particules minérales et organiques
contenues dans les eaux usées (Hamid et al., 2015). Leurs effets sur les caractéristiques
physico-chimiques de l’eau sont très néfastes (modification de la turbidité des eaux, réduction
de la pénétration de la lumière donc de la photosynthèse). La quantité de la matière en
suspension à l’entrée varie entre 350mg/l et 500mg/l avec une moyenne assez élevée de
439,58mg/l. Ces résultats sont liés souvent à la charge importante en matières organiques et
minérales engendrées par la population des quartiers drainés par les collecteurs
d’assainissement branchés avec la station. Le suivi de ce paramètre à la sortie montre que la
MES varie entre un minimum de 8,3mg/l pendant le mois de juillet et un maximum 125mg/l
pendant le mois d’avril. La valeur moyenne annuelle est de 39mg/l. Excepté les mois entre
janvier et avril, la MES reste aux alentours des limites marocaine et européenne des rejets
directs fixées respectivement à 30mg/l (Arrêté conjoint du 7 novembre 2013) et 35mg/l
(Arrêté du 22 juin 2007). A l’exception du mois d’avril (49%), les rendements épuratoires de
la MES sont importants et dépassent 80%. Ces résultats montrent que malgré la charge en
MES, son élimination se fait de façon efficace et avec un bon rendement.

La demande biochimique en oxygène (DBO5)


Figure 7. Evolution moyenne mensuelle de DBO5 en mg d’O2/L
La DBO5 est une expression pour indiquer la quantité d’oxygène qui est utilisée pour la
destruction de matières organiques décomposables par des processus biochimiques (Arcand et
al., 1989). Les concentrations de la DBO5 à l’entrée varient entre 450mg/l et 565,0mg/ l avec
une moyenne de 529,08mg/l. La valeur élevée de la DBO5 au niveau de l’entrée de la station
est tout à fait compréhensible, car les eaux usées domestiques sont chargées en matières
organiques biodégradables. En effet, les moyennes enregistrées à la sortie de traitement
fluctuent entre 3 et 20 mg d’O2/l respectivement les mois de mai et avril avec une moyenne
annuelle de 10,3 mg d’O2/l, ce qui correspond à un rendement annuel dépassant les 95 %. Ces
résultats sont conformes aux normes marocaines et européennes qui réglementent les rejets

des eaux usées dans la nature et qui sont respectivement fixées à 40 mg d’O2/l (Arrêté
conjoint du 7 novembre 2013), et 25 mg d’O2/l (Arrêté du 22 juin 2007). La valeur minimale
enregistrée au niveau de la sortie de la STEP, indique que le traitement biologique effectué
sur l’eau usée est très significatif, surtout si on considère que la norme exige une DBO5
inférieure à 25mg/ l. Ces valeurs enregistrées de la DBO5 à la sortie sont conformes aux
valeurs limites spécifiques de rejets domestiques (Ministère de l’Environnement du Maroc,
2002).

La demande chimique en oxygène (DCO)


Figure 8. Evolution de la moyenne mensuelle de la DCO en mg d’O2/L
La DCO permet d’apprécier la concentration en matières organiques ou minérales dissoutes
ou en suspension dans l’eau, au travers de la quantité d’oxygène nécessaire à leur oxydation
chimique totale (Rodier, 2009). Les valeurs de la DCO à l’entrée varient entre 800 et
1195,00mg/l avec une moyenne de 1010,4mg d’O2/l. À la sortie du traitement les valeurs de
DCO gravitent autour 38.4 mg d’O2/L le mois juin et 193mg d’O2/l, le mois d’avril avec une
valeur moyenne annuelle de 82,4 mg d’O2/l. À l’exception du mois d’avril, les valeurs
obtenues sont plus ou moins inférieures à 120 mg d’O2/l (Arrêté conjoint du 7 novembre
2013), et 125 mg d’O2/l (Arrêté du 22 juin 2007) qui sont respectivement les limites
marocaine et européenne autorisées des rejets dans le milieu naturel avec des rendements
supérieurs à 85% excepté le mois d’avril où ce pourcentage décroit à 74%. Ces valeurs
enregistrées de la DCO à la sortie sont conformes aux valeurs limites spécifiques de rejets
domestiques (Ministère de l’Environnement du Maroc, 2002).

Interprétation des résultats de NTK/Pt

L’abattement de l’azote et du phosphore est une nécessité pour réduire les phénomènes
d’eutrophisation (Eau, Environnements, OGM, Coordination Rurale, 2014).

NTK

Figure 9. Variation des valeurs moyennes de NKT


La teneur de NTK des eaux usées brutes est de l’ordre de 76,5mg/l, avec une valeur minimale
de l’ordre de 54,0mg/l enregistrée en décembre et la valeur maximale de 91,00 mg/l trouvée
en octobre. Cette valeur est légèrement supérieure à la norme marocaine des rejets directs
(Ministère de l’Environnement du Maroc, 2002). A la sortie, la moyenne mensuelle minimale
(3,5 mg d’N/l) est obtenue le mois de juin et la maximale (19.7mg d’N/l) est obtenue en avril.
La valeur moyenne sur l’année est de 9.3 mg d’N/l. Excepté les mois de janvier et d’avril, ces
résultats sont largement inférieurs aux valeurs guides marocaine et européenne
respectivement fixées à 40 mg et 15 mg d’N/l (Arrêté conjoint du 7 novembre 2013); (Arrêté
du 22 juin 2007). Ces valeurs sont extrêmement supérieures à celles trouvées à Kénitra au

Maroc (El Guamri et Belghyti, 2007). Les rendements d’élimination de NTK dépassent les
80% hormis les mois de janvier et d’avril où ce rendement décroit à 60%. Les rendements
d’élimination de NTK sont significatifs.

Pt

Figure 10. Evolution des valeurs moyennes mensuelles de Pt


L’évolution mensuelle des teneurs en phosphate total dans les effluents d’Al-Hoceima a
montré que ces dernières sont plus concentrées avec une moyenne de 13,3 mg/l, et des valeurs
extrêmes de 10,3mg/l et 16,8mg/l. Ces valeurs dépassent la norme marocaine des rejets
directs dans le milieu récepteur (Arrêté conjoint du 7 novembre 2013). Cette augmentation
des teneurs des phosphates est due à une minéralisation très poussée de la matière organique,
tandis qu’à la sortie la moyenne mensuelle de cet indicateur varie entre 2,5 et 8,03mg/l en
avril. La moyenne annuelle de l’ordre de 5,2mg P/l. Le rendement d’élimination du Pt reste
plus au moins stable et affiche une moyenne annuelle de 55% avec une baisse nette les mois
de février, d’avril et juillet (40%). Ces valeurs dépassent la limite acceptable de 2mg/l d’un
rejet direct dans le milieu récepteur (Arrêté conjoint du 7 novembre 2013), (Arrêté du 22 juin
2007). Considérée comme étant la valeur seuil pour les normes marocaines et européennes
des rejets directs dans le milieu récepteur, mais restent en deçà des valeurs rencontrées au
Yémen (Raweh et al., 2011).

Suivi de la qualité bactériologique

Les résultats des analyses bactériologiques à l’entrée de la station d’épuration révèlent la


présence des germes indicateurs de contaminationfécale ainsi que certains germes pathogènes.
La charge moyenne en coliformes totaux (CT) est de l’ordre de 2,3.106 germes/100ml. Pour
les coliformes fécaux (CF) les valeurs moyennes sont de 2,7.106 germes/100ml. A la sortie de
la station, les concentrations moyennes des (CT), et des (CF) sont de 230 germes/100. Ces
valeurs ne dépassent pas la norme marocaine des eaux dessinées à l’irrigation. Le rendement
épuratoire est donc proche de 100%, mais ceci ne doit pas faire illusion car il suffit de
quelques germes pour contaminer une eau. Ce qui nous permet de déduire que le traitement
adopté honore des rendements largement inférieurs aux valeurs exigées par les normes (1000
UFC/100 ml).

Conclusion

A l’issue de cette étude qui a porté essentiellement sur l’évaluation de la fiabilité de traitement
des eaux usée de la ville d’Al-Hoceima, il ressort que la quasi-totalité des paramètres analysés
sont conformes aussi bien à la réglementation nationale qu’internationale en matière de
d’épuration. Du degré de pollution physico-chimique et bactériologique, on retient que
l’ensemble des paramètres étudiés, en particulier les paramètres de la pollution organique
(DBO5, DCO et MES) situent les eaux usées de la ville d’Al-Hoceima dans la tranche de
concentration moyenne à importante (Metcalf et Eddy, 1991). Ceci est lié à la faible dilution
de la matière organique en raison de la consommation plus ou moins limitée d’eau par
habitant en comparaison avec les pays développés. Le suivi des paramètres physico chimiques
et bactériologiques des eaux usées brutes et épurées de la station d’épuration d’Al-Hoceima
nous a permis de déduire que :

 Le rendement épuratoire a connu une fiabilité significative. En effet, ces rendements


ont atteint des valeurs de 96%, 95% et 85% respectivement pour la DBO5, DCO et
MES ;
 Les rendements épuratoires bactériologiques de coliformes totaux et fécaux sont
conformes aux valeurs exigées par la norme marocaine, leur abattement est proche de
100%. Ces valeurs montrent une bonne performance épuratoire de la station, due au
bon dimensionnement des bassins, des systèmes d’aération et à l’adaptation des
microorganismes bio-dégradeurs de la matière organique;
 Grace à l’efficacité de la technique, la qualité des eaux épurées permet leur
réutilisation en agriculture (Catégorie A selon le tableau de classement des eaux
épurées destinées à l’irrigation) (Ministère de l’Environnement du Maroc, 2002).

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