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These Ougnat Raddi

La thèse de Youssef Raddi présente une étude sur l'évolution tectonique polycyclique du massif de l'Ougnat dans l'Anti-Atlas oriental, mettant en évidence des discordances stratigraphiques et des formations volcaniques. Les résultats incluent des analyses des orogenèses tardi-panafricaine et hercynienne, ainsi que des intrusions magmatiques, soulignant l'instabilité tectonique de la région au cours du Paléozoïque. Cette recherche contribue à la compréhension des processus géologiques complexes à la marge du craton ouest-africain.

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These Ougnat Raddi

La thèse de Youssef Raddi présente une étude sur l'évolution tectonique polycyclique du massif de l'Ougnat dans l'Anti-Atlas oriental, mettant en évidence des discordances stratigraphiques et des formations volcaniques. Les résultats incluent des analyses des orogenèses tardi-panafricaine et hercynienne, ainsi que des intrusions magmatiques, soulignant l'instabilité tectonique de la région au cours du Paléozoïque. Cette recherche contribue à la compréhension des processus géologiques complexes à la marge du craton ouest-africain.

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UNIVERSITÉ MOHAMMED V – AGDAL

FACULTÉ DES SCIENCES

Rabat
N° d’ordre : 2704

THESE DE DOCTORAT

Présentée par

Youssef RADDI
Discipline : Géologie
Spécialité : Géologie appliquée

EVOLUTION TECTONIQUE POLYCYCLIQUE A LA MARGE DU


CRATON OUEST-AFRICAIN : LE MASSIF DE L’OUGNAT
(ANTI-ATLAS ORIENTAL, MAROC)

Soutenue le 15 Mars 2014 devant le jury composé de :

Président :
Mohammed ZAHRAOUI Professeur Faculté des Sciences – Rabat
Examinateurs :
Lahsen AIT BRAHIM Professeur Faculté des Sciences - Rabat
Driss OUKEMENI Professeur Faculté des Sciences - Rabat

Lahsen BAIDDER Professeur Faculté des Sciences – Ain Chok- Casablanca


Professeur Faculté des Sciences Semlalia– Marrakech
Abderahmane SOULAIMANI

Invités

André MICHARD Professeur Emérite Ecole Normale Supérieur, Paris– France


Christian HOEPFFNER Ex Professeur Faculté des Sciences - Rabat
Ech Charki RJIMATI Chef division patrimoine géologique Ministère Energie Mines- Rabat
Larbi TABIT Ex Directeur par intérim Géologie Ministère Energie Mines- Rabat

Faculté des Sciences, 4 Avenue Ibn Battouta B.P. 1014 RP, Rabat – Maroc
Tel +212 (0) 37 77 18 34/35/38, Fax : +212 (0) 37 77 42 61, http://www.fsr.ac.ma

1
Avant Propos
Les travaux présentés dans cette thèse ont été réalisés au sein de l’UFR : Géoenvironnement, Risques naturels et
Génie littoral, sous la direction du Professeur Lahsen AitBrahim, responsable de l’équipe GEORISK (Risques
Géologiques, Télédétection SIG et développement durable), Département des Sciences de la Terre à la Faculté
des Sciences de Rabat, Université Mohammed V –Agdal Rabat en collaboration avec Monsieur André Michard
Professeur émérite à l’école Normale Supérieur de Paris.

Au terme de ce travail, je tiens à exprimer mes vifs remerciements à Monsieur Lahsen AIT BRAHIM,
Professeur de l'Enseignement Supérieur à la Faculté des Sciences de Rabat, qui m'a proposé ce sujet de doctorat
et m'a accordé sa confiance et son soutien tout au long de ces travaux menés sous sa direction (surtout pendant
les moments difficiles). Spécialiste dans le domaine de la géologie et de la structurale du Maroc, il m'a bénéficié
de ses connaissances et sa longue expérience surtout dans l’analyse des déformations tectoniques et la
reconstitution des paléocontraintes. Il a su assurer avec délicatesse et rigueur le développement de l’esprit
d’ingénieur (ma formation d’origine) et les exigences de la recherche scientifique académique appliquée. Je le
remercie pour sa patience, sa disponibilité et surtout son indulgence dans la gestion du thème de ma thèse
(surtout lors des premières versions). J’ai été honoré de travailler sous sa direction. Qu’il trouve ici le
témoignage de ma grande reconnaissance pour les sacrifices dont il a fait preuve durant ces années de
recherche.

Je remercie Monsieur André MICHARD, Professeur émérite à l’école Normale Supérieur de Paris, Imminent
et grand spécialiste à l’échelle internationale de la géologie du Précambrien et du Paléozoïque et plus
particulièrement de la géologie du Maroc pour sa collaboration et son encadrement aussi bien sur le terrain
qu’au moment de la rédaction de ma thèse en 2013. Dès 2004, j’ai appris beaucoup avec lui lors des sorties sur
le terrain dans le cadre du plan national de cartographie géologique (PNCG) avec le Service Géologique de
Midelt. En 2013, Malgré ses nombreuses préoccupations, il m’a accordé le temps nécessaire pour me faire
profiter de ses connaissances et sa longue expérience dans le domaine de l’Anti Atlas pour que je puisse mener à
bien la rédaction de ma thèse. J’ai été honoré de collaborer avec un aussi grand spécialiste. Qu’il trouve ici le
témoignage de ma grande reconnaissance pour son aide, ses encouragements et sa disponibilité.

Je voudrais témoigner ma plus vive reconnaissance à Monsieur Mohamed ZAHRAOUI, Professeur de


l'Enseignement Supérieur à la Faculté des sciences de Rabat, grand spécialiste de la géologie du Précambrien
et du Paléozoïque au Maroc d’avoir accepté de me faire l'honneur de présider le jury de cette thèse malgré ses
nombreuses préoccupations d’enseignement et de recherche. Je le remercie infiniment.
Je remercie Monsieur Driss OUKEIMENI, Professeur de l'Enseignement Supérieur à la Faculté des Sciences
de Rabat (Rapporteur interne), grand expert de la géologie du Maroc et du domaine paléozoïque. Ses
remarques pertinentes, très constructives et les corrections effectuées, m’ont permis d’améliorer la qualité de ce
mémoire. Je le remercie vivement pour m'avoir fait l'honneur de faire partie de ce jury.

Je remercie Monsieur Christian HOEPFFNER ,Ex-Professeur de l'Enseignement Supérieur à la Faculté des


Sciences de Rabat (examinateur), Imminent et grand spécialiste de la géologie du Précambrien et du
Paléozoïque au Maroc pour l'honneur de faire partie de ce jury.
Je témoins ma gratitude à Monsieur Lahsen BAIDDER, Professeur à la Faculté des Sciences de Ain Chok,
Université Hassan II de Casablanca, grand spécialiste de la géologie du Précambrien et du Paléozoïque du
Maroc qui a accepté d’être Rapporteur de ma thèse et pour son aide et son encouragement durant plusieurs
années.
Monsieur Abderrahmane SOULAIMANI, Professeur de l’Enseignement Supérieur au Département des
Sciences de la Terre de la Faculté des Sciences de Semlalia à Marrakech, Université Qadi ayad (examinateur
externe) , grand spécialiste de la géologie du Précambrien et du Paléozoïque du Maroc. Je le remercie
vivement pour m'avoir fait l'honneur de faire partie de ce jury

2
Mes remerciements les plus respectueux vont à Monsieur Ech Charki RJIMATI Chef de division du patrimoine
géologique au Ministère de l’Energie et des Mines, Rabat (invité) pour son aide et ses encouragement durant
plusieurs années et l’honneur de faire partie de ce jury
Je témoins ma gratitude et m’a reconnaissance à Monsieur Larbi TABIT , Ex Directeur par intérim de la
Géologie au Ministère de l’Energie et des Mines, Rabat. Il est à l’origine de la poursuite de mes études
supérieurs par la préparation de mon DESA et mon inscription en Doctorat à la faculté des Sciences de rabat. je
n’oublierai jamais ses encouragements et ses aides. Je le remercie vivement pour m'avoir fait l'honneur de
faire partie de ce jury
Mes remerciements vont également à Madame Colette DERRE et Michel LECOLLE avec lesquels j’ai effectué
plusieurs missions de terrains sur le précambrien du secteur ainsi que pour leur accueil au laboratoire de
pétrographie à la Faculté des Sciences de Jussieu de l’université Pierre et Marie curie de Paris.
Je garde un heureux souvenir du soutien de Mr. BOUAZZA du Ministère de l’Energie et des Mines lors d'une
mission de terrain. Merci pour sa collaboration, sa gentillesse et son aide dans les moments difficiles.
Je pense aussi à tous ceux qui m'ont aidée de près ou de loin dans mes recherches, entre autres le Professeur
Larbi BOUDAD de la faculté des sciences d’Errachidia.
Enfin, au-delà de l'aide scientifique, je ne saurais oublier le soutien et la sympathie que m'ont témoignés tous
ceux que j’ai côtoyé pendant ma thèse : Mohamed TAHIRI, Mohamed HADDAN, Mohamed BELGHITI pour
tous leurs encouragements, leur bon humour de tous les jours.
Merci à toute ma famille pour la confiance qu'elle m’a toujours accordée, pour ses encouragements et son
soutien en tous moments.
Enfin, sans citer chacun par son nom, mes remerciements vont individuellement à mes très chers amis, mes
collègues de travail, mes professeurs, qui m’ont soutenu tout au long de la préparation de cette thèse.

3
Evolution Tectonique Polycyclique a la Marge du Craton Ouest-Africain : le
Massif de l’Ougnat, (Anti-Atlas oriental, Maroc)

Résumé : Sur le plan stratigraphique l’un des résultats important est la mise en
évidence des discordances au sein du groupe de Ouarzazate, lui-même discordant
sur le groupe de Saghro. Le groupe de Ourzazate est subdivisé en quatre
ensemble englobant de nouvelles intrusions et une nouvelles chronologie relative de
mise en place: 1)-Trois formations volcaniques acides effusives aériennes la
formation de Tamerzaga ; la formation de Bou Naga et la formation d’Awja n
Aissa, 2) -Deux niveaux volcano-sédimentaires intercalaires Vs1 et Vs2., 3)-Des
Granodiorites et une vaste intrusion de dacites/rhyo-dacites, 4) -Une série basique
de coulées et d’intrusions hypovolcaniques. Dans la série paléozoïque, de
nombreuses discordances syn sédimentaires ont été mises en évidence (certaines
pour la première fois) dans la série paléozoïque de l'Ougnat, elles soulignent le
caractère instable de ce domaine.
Première Orogenèse Tardi Panafricaine qui a structuré le socle en plis sub-
isoclinaux à déjetés, admettant une foliation de plan axial N20/30 à fort pendage
NW et développés en climat de métamorphisme épizonal lors de la dernière phase
panafricaine, vers 570 Ma. Cette structuration, corrélée à celle des boutonnières du
massif du Saghro, suggère un régime de transpression dextre en bordure du craton
ouest-africain ;
Par la suite, une période strictement extensive est enregistrée dans le massif
précambrien de l’Ougnat et sa couverture paléozoïque jusqu’au carbonifère : Dans
le Groupe d’Ouarzazate, c’est d’abord une extensive E-W à l’origine de horsts et de
grabens sub-méridiens (cette distension est aussi signalée dans le Saghro et dans
l’Anti Atlas en général), puis NW-SE à l’origine de la mise en place des
ignimbrites.
Cette distension se poursuit durant tout le Paléozoïque (Ordovicien, Dévonien
moyen et supérieur et au cours du Viséen), avec des intensités variables .
Une seconde orogenèse a été étudiée, celle de l’Hercynien avec une compression
NE-SW responsable de l’inversion partielle ou totale des paléoreliefs dans l’ougnat
(l’anti Atlas oriental), comme dans la chaîne de l’Ougarta où elle a pu être datée du
Stéphano-Autunien.
Par la suite, l’évolution tectonique polycyclique du massif de l’ougnat où les
chaînes de l’Anti-Atlas et de l’Ougarta se rencontrent va connaitre un magmatisme
phanérozoïque avec une discrimination des événements magmatiques paléozoïques
de ceux du protérozoïque. Des intrusions qui recoupent tout le paléozoïque
présentent des caractères similaires au volcanisme de la Province Magmatique de
l’Atlantique central. Enfin, des indices du volcanisme néogène sont possibles,
notamment des lamprophyres mis en place dans des affleurements ordoviciens et
qui présente des caractères pétrographiques similaires à ceux du volcanisme
néogène de Saghro.

Mots-clefs (5) : Massif de l’Ougnat, Précambrien, Paléozoïque, Tectonique Tardi-


panafricaine, Hercynienne, Magmatisme.

4
Abstract: This work is based on the geological mapping of the two quadrangles of Bou Adil and
Oukhit, scale 1:50,000, covering the Ougnat inlier in the eastern Anti Atlas. This area exposes both the
Precambrian basement and the overlying Paleozoic formations. We collected new data on the stratigraphy
(Ediacaran to Early Carboniferous), on the petrology of igneous rocks, very abundant in the upper
Ediacaran and Middle Cambrian, and on the tectonics of the end of the Pan-African orogeny and of the
whole Hercynian cycle (synsedimentary extensional tectonics and paroxysmal compressive tectonics).

The substratum (Saghro Group), Lower Ediacaran in age, is formed of a thick series of metapelite,
quartzite and metagreywacke involved in sub-isoclinal folds with a N20E-trending, NW-ward steeply
dipping axial plane foliation. Folding occurred in upper greenschist facies metamorphic conditions during
the last Pan African phase, about 570 Ma ago. This structure, correlated with that of the Saghro inliers
suggests a regime of dextral transpression along the northern boundary of the West African Craton.

The overlying Ouarzazate Group, Upper Ediacaran in age, begins with colluvial breccias strongly
discordant onto the Saghro Group folds. Three-rhyo-ignimbritic volcanic formations have been
distinguished, from bottom to top, i) Tamerzaga formation, ii) Bou Naga formation, not individualized so
far, and iii) Aouja n’Aissa formation. Two volcano-sedimentary members were distinguished in the former
" Ouin Oufroukh series" (Paile, 1983).

Some intrusions have been identified for the first time, for others we proposed a change to their
relative age, or about the way of emplacement: i) the granodiorite previously considered intrusive in the
base of Tamerzaga formation is also intrusive in the “Volcano-sedimentary 1” and the Bou Naga
formation; ii) the alleged andesite in the Tamerzaga formation rather corresponds to a protrusion of dacite
and rhyodacite intrusive in the Bou Naga formation ; iii) a mafic complex (dolerite, porphyry dolerite,
gabbro and monzogranite) was identified and mapped. It is attributed to the last stage of the Ouarzazate
Group accumulation, based on the disappearance of the dolerite dykes below the Lower Cambrian in the
west of Oukhit.

The tectonics that affected the Ouarzazate Group before the Cambrian is extensional or
transtensional, and contributed with erosion on the destruction of the mountain belt formed at the expense
of the Saghro Group. There are two Late Ediacaran extensional episodes: i) a first E-W to WNW-ESE
extension has created sub-meridian horsts and grabens, where accumulated the Tamerzaga and Bou Naga
formations, with the granodiorite and dacite-rhyodacite intrusions. This distension is also reported in the
Saghro and the Anti Atlas in general; ii) a second extension directed NW-SE resulted in the emission of the
Aouja n’Aissa rhyo-ignimbrites, coeval with the activity of normal faults trending N30 to N40; this
extension has also guided the development of the mafic complex in the south of the inlier.

In the Paleozoic series, many synsedimentary unconformities were identified (some of them for the
first time); they make clear the unstable character of the area for a large part of the Hercynian cycle,
especially during the Lower and Middle Cambrian, during the Ordovician, and more strongly during the
Middle Upper Devonian and the Visean. This instability is related to an extensional tectonics affecting the
metacratonic substratum of the whole Anti-Atlas. The intracontinental distension, already obvious in the
top of Proterozoic (see the various systems of dykes, especially N30-40), is marked in the Cambrian by an
important intraplate alkaline volcanism. Distension went on throughout the Paleozoic, with varying
intensity; it is similar to that described in the central and western Anti-Atlas and appears to be coeval with
the extensional episodes recognized in the Meseta area. The role of extensional tectonics in the substratum
and the permanence of active structures are evidenced by various sedimentary controls (variations in
5
thickness and facies, presence of particular facies such as seismites) and abundant volcanism. However,
the chaotic facies that was attributed in some cases to paleofaults are now currently related to the
Hirnantian glaciation.

During the Variscan orogeny, deformation occurred through total or partial inversion of the normal
paleofaults and relative horizontal displacements of the tilted blocks; the cover detached from the
substratum on various incompetent levels. Folding is concentrated along the reactivated faults and within
some sheared minor blocks. During the orogenic period, compression along the NE-SW horizontal axis has
been dominant as in the neighbouring Ougarta Chain where it is dated from the Stephano-Autunian. This
late Variscan compression interferes with the regional compression oriented NNW-SSE in the central Anti-
Atlas, and related to the collision of Meseta block against Gondwana by the end of Westphalian.

The Middle Cambrian magmatism is partly intrusive (sills, dykes), but mostly protrusive (large
intersecting massive), with some effusive lava flows. It is an intraplate alkaline volcanism similar to that of
J. Boho in the central Anti-Atlas, but younger (~ 520 Ma instead of 529 ± 3 Ma at J. Boho). This time lag
evokes that observed between the marine transgression in the west, at about 540 Ma, and his arrival in the
east at ca. 530 Ma.

Some sills and dykes can be ascribed to the Central Atlantic Magmatic Province (CAMP)
magmatism, ca. 200 Ma, such as the sills and dykes of olivine dolerite and the lamprophyre in the
Precambrian substratum, in the Cambrian and in the lower Ordovician. Other lamprophyre dykes and sills
in the Paleozoic, a brecciated dyke with brown hornblende, pyroxene and olivine, and the stocks of olivine
dolerite, characterized by a small alteration of ferromagnesian minerals and feldspars, were ascribed to
the Neogene volcanism, well represented in the J. Saghro.

During the Mesozoic and the Cenozoic, this region has suffered only weak movements, mostly with
dominant vertical component. These are successively: i) the post-Hercynian distension, which opened the
Atlas and Atlantic margin Triassic-Jurassic basins (breakup of Pangea). ii) the Jurassic-Cretaceous uplift,
resulting in the unconformity of the Lower Cretaceous continental red beds; this uplift concerned most of
Morocco and can be ascribed to a hot mantle anomaly (Frizon de Lamotte et al., 2009); iii) the relaxation
and moderate subsidence during the Upper Cretaceous-Eocene, allowing marine deposits to occur to all
over Anti-Atlas domain in relation with the Cenomanian-Turonian high stand ; iv) the Anti-Atlas bulge,
that formed contemporary with the uplift of the High Atlas, backlash of the Alpine compression. However,
part of the regional uplift must be assigned to a warm mantle anomaly at the edge of the craton (Missenard
and al., 2006. Fullea and al, 2010).

Tags (5): Massif Ougnat, Precambrian, Paleozoic tectonics Tardi-Pan African, Hercynian,
magmatism.

6
TABLE DES MATIERES
CHAPITRE 1: GENERALITES, INTRODUCTION
I.1. Objet et but de l’étude……………………………………………………..…………….…2
I.2. Méthodes d’approche…………………………………………………………….…….….5
I.3. Données géographiques………………………………………………………..………….5

3.1. Cadre géomorphologique …………………………………………..…………….5

3.2. Cadre environnemental……………………………………………..…………….6

I.4. Données géologiques…………………………………………………………..….………8

4.1. Le cadre régional……………………………………………………..….………..8

4.2. Structure générale du secteur d’étude……………………………..……………10

4.3. Aperçu sur le Quaternaire………………………………………….………..…..11

a. Les dépôts…………………………………………………………….........11
b. La préhistoire………………………………………………………….......14

CHAPITRE 2 : LES FORMATIONS DU PRECAMBRIEN

Introduction………………………………………………………………………….………..17

I. Le substratum néoprotérozoïque plissé (Groupe du Saghro)……………………………...17

II. La couverture Néoprotérozoïque post-panafricaine (Groupe d’Ouarzazate)………..…...20

II.1. Les brèches inférieures……………………………………………………..……21

II.2. Subdivisions du groupe du Ouarzazate………………………………………....22

II.3. La formation rhyo-ignimbritique de Tamerzaga………………………..……….25

II.4. La formation volcano-sédimentaire vs1…………………………….……….…..27

II.5. La formation rhyo-ignimbritique de Bou Naga …………………………..…..…31

II.6. Les intrusions hypo-volcaniques……………………………………….…….….33

II.7. Les apex hypo-volcaniques de granodiorite…………………………….….……34

II.8. Le sill-protrusion de dacites/ rhyo-dacites ………………………………...…….36

II.9. La formation volcano-sédimentaire vs2. ………………….................................39

II.10. La formation rhyo-ignimbritique d’Aouja N’Aissa……………………………42

II.11. Le complexe intrusif polyphasé de dolérites, dolérites porphyriques, gabbros et


granophyres…………………………………………………………….……………………..43

7
II.11.a Le corps composite stratoïde de dolérites à grain fin…………………………44

II.11.b Les dykes et chonolites de dolérites plus ou moins porphyriques…………….46

II.11.c Le dôme de gabbro …………………………………………………………...47

II.11.d Les monzodiorites quartzifères, monzonites et monzogranites… ……………49

II.11.e Les dykes de granophyres…………………………………………………….50

III. Interprétation et conclusion………………………………………………………………51


III.1. Les conditions de mise en place………………………………………….……..51
III.2. La paléogéographie ………………………………………………….. ………..53
III.3. Les datations géochronologiques dans l’Anti Atlas et dans l’Ougnat……….…53
IV. Conclusion ; modifications apportées au schéma classique……………………………...55
CHAPITRE 3 : LES FORMATIONS PALEOZOÏQUES

Introduction……………………………………………………………………………..….…58

I.1. Le Cambrien inférieur ……………………………………………………………………58

I.1. Description…………………………………………………………………….....58

a. Assemame…………………………………………………………………..……...58

b. A Tizi n’Tazzougart ………………………………………………………..….…..64

c. A l’Est de Tmenkal………………………………………………………..…….…64

d. Au Nord d’Itghi Aouragh …………………………………………………....……65

e. Les études pétrographiques…………………………………………………….…..66

I.2. Synthèse et conclusion sur la transgression paléozoïque………………………..67

II. Le Cambrien moyen…………………………………………………………………..…...70

II.1. La Brèche à Micmacca et les Schistes à Paradoxides (Em1)…………………...70

a. A Assemame……………………………………………………………………..…70

b. A Tizi n’Tazzougart………………………………………………………………..71

c. Le long de la falaise nord du Jbel Aberrchane et de l’Itri Aouragh…………….….73

d. Au sud de Tmenkal………………………………………………………………...73

e. Au col d’Ouinguigui………………………………………………….…………….73

II.2. La formation des Grès de Tabanit …………………………………..……....….74

8
a. Sur la rive gauche de l’oued Ouinguigui …………………………………………..74

b. A l’Est de Tmenkel …………………………………………………………….….75

c. A Tawjimmt n’Itibirene ……………………………………………………….…...75

d. A Tizi N Izem ………………………………………………………………….…..76

e. A Assemame…………………………………………………………………….….76

f. A l’échelle du secteur …………………………………………………………..…..76

II.3. Du sommet du Cambrien moyen à l’Ordovicien………………………………..78

a. A Tikent n Tfersikt…………………………………………………………….…...78

b. A l’Est d’Ouinguigui ………………………………………………………….…...79

III. L’Ordovicien……………………………………………………………………………...79

III.1. L’Ordovicien inférieur et moyen………………………………………….…...80

1.1. La Formation supérieure des Fezouata (Or2)……………………………….…...80

a. A Iouraghene ………………………………………………………………………80

b. A Tikent n’Tfersikt…………………………………………………….…………..80

c. Au Sud d’Ouinguigui,……………………………………………………………...83

d. Au Nord-Est d’Ikourbibene………………………………………………..………83

e. ATamjout al Qadi……………………………………………………….……….…84

f. A Tafraout n’Tmitar………………………………………………………..…….…84

g. A Amalou n’Taourirte…………………………………………………..……….…84

1.2. La Formation de Tachilla (Or3)………………………………………………….85


a. Au Sud d’Ouinguigui…………………………………………………………........85

b. Dans la zone de Taoujimt n’Itibirene………………………………………………86

c. A Tafraout n’Tmitar………………………………………………………………..86

d. A Alghoum n’Ikourbibene,…………………………………………………….…..86

1.3. Le Groupe du Premier Bani (Or4)…………………………………………….….86

a. A Iouraghene……………………………………………………………………….87

b. Au Sud de Ouinguigui………………………………………………………….…..87

c. A Tikent n’Tfersikt……………………………………………………………..…..88

9
d. A Tafraout n’Tmitar…………………………………………………………..……88

e. A Chahboune…………………………………………………………………….....89

f. A Ikourbibene……………………………………………………………………....89

g. A Amadel Ghioul et Tamjout n’Tmerna…………………………………….…..…89

h. A Tinjarfaouine…………………………………………………………………….89

III.2. L’Ordovicien supérieur………………………………………………………………....93

2.1. La Formation inférieure du Ktaoua………………………………………………….…93

2.1.1. Le membre inférieur (Or5a)……………………………………………………93

a. A Aghri n’Ighis…………………………………………………………….….…...93

b. A Tamarrcht………………………………………………………………….…….96

c. A Tamejout n’Tamerna………………………………………………………….…96

d. A Taqate Toungalt……………………………………………………………….…96

2.1.2. Le membre supérieur (Or5b) …………………………………………….…....96

a. A Taqate Toungalt (Tinjarfaouine)………………………………………….….….96

b. A Tizi n’Tmourghi……………………………………………………………..…..96

c. A Aghri n’Ighis……………………………………………………………....……101

2.2. La formation supérieure de Tiouririne (Or5c)…………………………………….…101

a. A Aghri n’Ighis……………………………………………………………...….…101

b. A Tizi n’Tmourghi,………………………………………………………….……102

c. A Taqqate Toungalt………………….………………………………………..…..102

2.3. La formation supérieure des Ktaoua (Or6a)………………………………….……...102

a. A Tizi n’Tmourghi …………………………………………………………..…...102

2.4. Le Groupe du Deuxième Bani (Or6b)…………………………………………..……103

a. A Isk Oungal (Taqat Toungalt)………………………………………….…….….104

b. A Chahboun au sud-est d’Oukhit…………………………………………..…..…105

c. A Tinjarfaouine …………………………………………………..…………....…106

d. A Aghri n’Ighis………………………………………………………..……....….106

e. A Tizi n’Tmourghi,………………………………………………………......…...106
10
f. A Ikourbibene,…………………………………………………………….......…..106

IV. Le Silurien …………………………………………………………………….…......…109

IV.1. La formation du Tizi n’Moukhazni (S1)…………………………………........109

a. Le membre inférieur (S1a) …………………………………………….…......109


b. Le membre supérieur (S1b) ……………………………………………....….110
IV.2. La ‘formation de Tamerghout’ (S2) ……………………………………....….111

V. Le Dévonien …………………………………………………………………………......111

V.1. Le Dévonien inférieur……………………………………………………...…..112

1.1. Le Praguien (di1) ……………………………………………………....…...112


1.2. L’Emsien (di2) …………………………………………………………......113
V.2. Le Dévonien Moyen………………………………………………………........114

2.1. L’Eifelien (dm1) ……………………………………………………….......114


2.2. Le Givétien (dm2) …………………………………………………….....…115

V.3. Le Dévonien Supérieur …………………………………………………....…..115

3.1. Le Frasnien (ds1) ……………………………………………………..…....115


3.2. Le Fammenien (ds2) …………………………………………………....….116

VI. Le Carbonifère …………………………………………………………………....….…118

VII. Synthèse et conclusion sur le Paléozoïque………………………………………....…120

Chapitre 4: LA TECTONIQUE TARDI-PANAFRICAINE

Introduction……………………………………………….……………………........124

I. La déformation tardi-panafricaine du Groupe du Saghro…………………………......….125

I.1.1. La déformation souple synmétamorphique…………………..............….…....125


I.1.2. Le métamorphisme du groupe du Saghro…………………………..……........128
I.1.3. Analyse des failles du groupe du Saghro et directions des contraintes .….......129

I.1.4. Discussion ……………………………………………………………………....….131

II. Analyse de la déformation post-panafricaine dans les unités magmatiques du groupe de


Ouarzazate. …………………………………………………………….....………..…….….137

II.1. La famille des failles N 140, N160 à subméridiennes …………………....…..138

II.2. La famille des failles N30 à N50…………………………………..………......142

11
II.3. Etats de contraintes dans les terrains du groupe de Ouarzazate ………....……146

II.4. Discussion………………………………………………………………………....…..148

III. Conclusion et synthèse de l’orogenèse panafricaine………………………………..….151

CHAPITRE 5 : LA TECTONIQUE EXTENSIONNELLE PALÉOZOÏQUE

Introduction………………………………………………………………………......154

I. Le rifting du Cambrien……………………………………………………..…........154
I.1. Variations stratigraphiques……………………………………………..…...….154
I.2. Magmatisme……………………………………………………………......…...156
I.3. Tectonique……………………………………………………………….......….158
I.4. Conclusion ……………………………………………………………….......…163

II. La tectonique en distension à l’Ordovicien………………………………......…...164


II.1. Les variations de faciès et d’épaisseur au Caradoc-Ashgill……………......….165
II.2. Le conglomérat d’Alnif………………………………………………….......…167

III. La tectonique en distension du Dévonien…………………………….…......……168


III.1. Au Dévonien inférieur et moyen……………………………………........…169
III.2. Au Dévonien supérieur……………………….……………….……........….170
III.3. Mécanisme du jeu des failles au Dévonien…………………………........….171
3.1. Les Failles du 1er ordre, de direction ENE – WSW…………….....…....173

3.2. Les Failles du 2ème ordre de direction NW-SE à NNE-SSW………......176

3.3. Les Failles du 3ème ordre de direction ENE-WSW à WNW-ESE….......177

3.4. Extension multidirectionnelle au Dévonien moyen – supérieur……...…177

IV. Formation des bassins carbonifères ……………………………………….......…178

Chapitre 6: LA TECTONIQUE VARISQUE

I. Introduction………………………………………………………………….......….182

I.1. L’Anti-Atlas, segment de la chaîne


varisque…………………………………….........……182

I.2. Objectif de l’étude…………………………………………………….…...….183

II. Cadre géologique (rappels)……………………………….………………………..….185

III. Rhéologie du socle et de la couverture………………………………………….…....186

IV. Les structures varisques au sud de l’Ougnat …………………………………….…..187

12
IV.1. Aspect général; présentation de la carte structurale……………………..…187

IV.2. Le faisceau de failles d’Akerouz et les blocs adjacents…………………...…192

VI.3. Les failles de Tinchraramine et les blocs adjacents…………………….....…193

IV.4. Le secteur faillé de Bou Adil…………………….………………………...….197

IV.5. La coupe Ouinguigui-Tawjimt-n’Tibirene………………………………....…199

IV.6. La zone plissée du J. Angal…………………………………………….…..….203

IV.7. La zone plissée centrale Lalla Mimouna-J. Gherghiz…………………...….....206

V. Mécanisme et chronologie de la déformation ………………………………….…....208

V.1. La mosaïque de blocs basculés ; cinématique synorogénique…………........…208

V.2. Direction de raccourcissement et chronologie……………………………........210

VI. Aperçu sur la région à l’ouest de l’Ougnat……………………………………….…..…211

VII. Cadre régional de la déformation varisque………………………………………...…..215

a. La faille de Tizi n’Boujou…………………………………………………….…..215

b. La faille Isk n’Izekelli………………………………………………………….…215

c. A l’échelle régionale ……………………………………………………….…..216

VIII- La déformation post varisque …………………………………………………….…..219

VIII-1- mouvements tectoniques et intrusions magmatiques au cours de l'extension


triasico jurassique…………………………………………………………………………………….219

a.Failles réactivées lors de la phase d’extension Trias supérieur-Lias inférieur ……..….219

b.Relation fracturation –Magmatisme lors de l'extension Triasico jurassique …...220

c. Comparaison avec les autres événements triasico-liasiques à l’échelle du Maroc. 220

VIII-2. Compression éocène……………………………………………………..…221

VIII-3- les événements Miocène –Pliocène – Quaternaire………………………..222

CHAPITRE 7 : LE MAGMATISME PHANEROZOÏQUE

I. Le magmatisme du Cambrien ……………………………………………………..…....228


I.1. Données générales……………………………………………………………….....….228
I.2. Volcanologie……………………………………………………………………........…231
I.2.1. Les massifs intrusifs et les appareils volcaniques effusifs …..….........232

13
I.2.2. Les sills…………………………………………………………......…236
I.2.3. Les dykes …………………………………………..…………….....…237
I.2.4 Les stocks……………………………………………….………....…...238
I.3. Pétrographie……………………………………………………………..……….……..240
I.4. Contexte de mise en place……………………………………………….…………….243
I.5. Corrélations ……………………………………………………………………….……244
1. Anti-Atlas central-occidental…………………………………………..…244
2. Haut Atlas occidental et Meseta ……………………………………..…...247
II. Les roches magmatiques post-ordoviciennes……………………………………….….252
II.1. Distribution……………………………………………………………………………..252
II.2. Pétrographie…………………………………………………………………………….254
II.3. Âge………………………………………………………………………………..……..255
1. Volcanisme CAMP………………………………………………..………255
2. Volcanisme Néogène…………………………………………..………….256
III. Conclusion ……………………………………………………………………...………257
1. Volcanisme Cambrien ………………………………………………….……257
2. Volcanisme post cambrien (CAMP)…………………………………………258
3. Volcanisme Néogène ……………………………………………………..….260

Chapitre 8 : CONCLUSION GENERALE

1-Le Protérozoïque…………………………………………………………...….260
2- Le Paléozoïque ……………………….…………………………………...….261
3- La tectonique de la fin du Précambrien……………………………….….…..263
4- La tectonique extensionnelle paléozoïque ………………………………..….263
5- La tectonique varisque …………………………………………………..…...265
6- Les mouvements du cycle alpin……………………………………….….….266
7- Les manifestations magmatiques durant le Phanérozoïque………………….267
8- Perspectives……………………………………………………………...……268
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………....…..271
LISTE DES FIGURES………………………………………………………………....……285

14
CHAPITRE 1 : GENERALITES ; INTRODUCTION

15
GENERALITES ; INTRODUCTION

I.1. Objet et but de l’étude


Le secteur étudié dans le présent mémoire englobe le massif précambrien de l’Ougnat et sa
couverture paléozoïque plissée. Ce massif constitue la boutonnière la plus orientale de la chaîne
varisque de l’Anti-Atlas, dans la région où elle se raccorde à la chaîne de l’Ougarta (Fig. 1.1).

Fig. 1.1: Situation du secteur d’étude dans le cadre géologique du Maroc. Encadré: Fig. 1.2.

Situé à une centaine de kilomètres au SSW d’Errachidia, le secteur est limité au Nord par le
sillon sud-atlasique, à l’Est par la plaine du Tafilalt, au Sud par la plaine du Maider, et à l’Ouest par le
massif du Saghro (Fig. 1.2).

16
Fig. 1.2: Situation du secteur d’étude sur une image satellite Landsat.

La géologie de l’Anti-Atlas a fait l’objet de nombreux travaux depuis les premières


descriptions données par Louis Gentil (1912), où les calcaires entourant l’axe montagneux
étaient attribués au Crétacé, et donc l’axe lui-même au Primaire. Une vue plus exacte de ces
régions fut acquise avec les travaux de J. Bourcart (1927, 1931) et de L. Neltner (1929, 1938),
qui reconnurent respectivement l’âge cambrien des calcaires à Archaeocyathes et la
discordance entre « Archéen » (en fait, Paléoprotérozoïque) et « Algonkien »
(Néoprotérozoïque) dans l’Anti-Atlas occidental. La première carte géologique moderne de
tout l’Anti-Atlas fut disponible à la fin des années cinquante du siècle dernier, avec la
publication par le Service géologique du Maroc des feuilles à 1/500.000 de Marrakech (1955-
56) et de Ouarzazate (1957-59). Une étape marquante dans l’amélioration des connaissances
fut la publication des cartes géologiques à 1/200.000, échelonnée pour l’essentiel dans les
années 70-80 du siècle dernier. Des cartes à 1/100.000 furent publiées dans les années 80-90,
intéressant l’Anti-Atlas occidental. Etape ultime dans la précision des relevés géologiques, le
Plan National de Cartographie Géologique (PNCG) a mis en route la cartographie de tout
l’Anti-Atlas à 1/50.000 à partir des années 2000.

C’est précisément dans le cadre du PNCG que j’ai été amené à étudier le massif ou
« boutonnière » de l’Ougnat (Fig. 1.1) pour dresser les cartes géologiques à 1/50.000 d’Oukhit
et de Bouadil, la première publiée en 2006, la deuxième en 2012. Le présent mémoire est le

17
fruit de mes recherches sur ces deux feuilles et leurs environs. Ces recherches se sont
échelonnées entre 2000 et 2013 et ont bénéficié de nombreuses collaborations: avec
Mohamed Tahiri pour les levers sur l’ensemble des feuilles ; avec Colette Derré et Michel
Lécolle pour l’étude du Précambrien, et avec Lahssen Baïdder pour celle du Paléozoïque et de
la tectonique varisque. Outre la publication des cartes et de leurs notices explicatives (Raddi
et al., 2006a et b, 2012a et b), ces recherches ont donné lieu à deux publications
internationales avec la collaboration de A. Michard (Raddi et al., 2007; Baidder et al., 2008).

Le massif de l’Ougnat est, vers l’Est de l’Anti-Atlas, le dernier massif montrant de


grands affleurements du socle au-dessous des séries paléozoïques. Les études les plus récentes
concernant l’ensemble du massif étaient celles de J. Caïa et A. Emberger pour le Précambrien,
de J. Destombes et H. Hollard pour le Paléozoïque, dans le cadre du lever de la carte à
1/200.000, feuille Todrha-Ma’der (1988). De plus, aucun mémoire explicatif d’ensemble
n’était disponible pour cette carte, seule la stratigraphie des terrains cambriens à ordoviciens
étant appelée à faire l’objet d’une publication par J. Destombes (2006). De fait, les
publications sur le massif, outre la carte citée, étaient surtout des études métallogéniques ou
pétrographiques portant sur le Précambrien seul (e.g. Paile, 1983; Freton, 1988; Abia, 1991,
2001; Aït Saadi, 1992; Abia et al., 2003). Vu l’importance du massif de l’Ougnat sur le plan
minier et hydrogéologique, une étude nouvelle incluant le socle et sa couverture s’avérait
donc nécessaire pour guider la mise en valeur de leurs ressources naturelles.

Dans le présent travail nous allons étudier particulièrement les sujets suivants:

- cartographie du Néoprotérozoïque supérieur affecté par la déformation panafricaine tardive


(« Précambrien II-III », Groupe du Saghro) dans les régions d’Oukhit et Bou Adil;
- compléments et modifications à la stratigraphie, pétrographie et structure du Précambrien III
(groupe de Ouarzazate) de l’Ougnat;
- lever avec détail des colonnes stratigraphiques des formations paléozoïques allant du
Cambrien au Carbonifère de la bordure sud de la boutonnière de l’Ougnat, avec des précisions
sur les variations latérales de faciès, les lacunes et les discordances angulaires;
- analyse tectonique du massif de l’Ougnat et de sa couverture; identification des différentes
structures et des événements tectoniques pré orogéniques du Cambrien au Dévonien
supérieur, puis orogéniques avec la formation de la chaîne hercynienne du Carbonifère au
Permien,
- étude détaillée des manifestations magmatiques cambriennes: cartographie, description,
lames minces, analyse microsonde;

18
- étude des manifestations magmatiques post-hercyniennes (mise en évidence pour la
première fois): cartographie, description, lames minces, analyse microsonde. Corrélation avec
des roches similaires dans le Tafilalet et attribution d’un âge;
- corréler la structuration du massif de l’Ougnat avec celle du reste de l’Anti Atlas Oriental (J.
Saghro), de l’Anti Atlas occidental, de la Meseta marocaine et de la chaîne de l’Ougarta en Algérie.

- identifier dans la mesure du possible les structures développées par la tectonique post-
varisque dans le secteur d’étude (en l’absence de formations méso-cénozoïques);

I.2. Méthodes d’approche


Au cours de ce travail, les méthodes suivantes ont été mises en œuvre

1- Dans le Précambrien: levés cartographiques des formations sur un fond topographique à


l’échelle 1/12 000, levés de coupes dans les formations volcaniques et volcano-sédimentaires, études
structurales et enfin études de laboratoire (lames minces, analyses au microscope électronique et à la
microsonde).

2- Dans le Paléozoïque, la cartographie a été réalisée sur un fond topographique à l’échelle


1/25 000. Cette étude a été accompagnée par une analyse sédimentologique des logs stratigraphiques
levés banc par banc pour mettre en évidence les variations latérales de faciès et d’épaisseur ainsi que
les lacunes et les discordances.

3- L’étude tectonique des orogenèses panafricaine et hercynienne et d’une façon sommaire


celle de l’orogenèse alpine a été basée sur l'élaboration de cartes thématiques, le traitement et l’analyse
d'un nombre important de données microtectoniques et l'utilisation de marqueurs structuraux
susceptibles de révéler les différents aspects cinématiques, géométriques et mécaniques de la
déformation.

I.3. Données géographiques


I.3.1. Cadre géomorphologique

Le relief du secteur étudié est contrasté, avec de vastes plaines alluviales dont l’altitude
moyenne est voisine de 900mètres au dessus de la mer, et des sommets le plus souvent peu accusés,
mais parfois armés par des falaises vigoureuses dont la hauteur peut dépasser 200 mètres (Fig. 1.3).

19
Fig. 1.3: Les deux types de reliefs rencontrés dans le secteur étudié. A gauche, falaises rhyolitiques
prismées à jbel Iferda (Carte d’Oukhit). A droite, le sommet des grès de Tabanit du pli du J. Angal (Carte de
Bou Adil).

Sur le plan géomorphologique, deux grands secteurs peuvent être distingués: au Nord, la zone
protérozoïque, à l’Est, au Sud et au Sud-Est la zone paléozoïque. Dans la zone protérozoïque le
modelé est surtout régi par les deux directions Nord-Est/Sud-Ouest et Nord-Ouest/Sud-Est, tandis que
dans la zone paléozoïque ces deux directions se surimposent à une direction Est-Ouest.

Dans la zone protérozoïque, les reliefs sont de deux types soit des plateaux volcaniques limités
par des falaises abruptes ou des sommets plus ou moins arrondis.

La zone paléozoïque se caractérise surtout par une succession nord-sud de côtes sub-
latitudinales, et localement par des dépressions allongées est-ouest limitées par des corniches plus ou
moins escarpées conformes à des structures synclinales et anticlinales.

Les points culminants de la zone protérozoïque sont: le Jbel Iferda (1258m) et le Jbel
Taghouilast (1269m), ceux de la zone paléozoïque: le Jbel Gherghiz (1287m) et le Jbel Taoujimt
n’Itbirne (1204m).

La région est drainée, dans sa moitié nord, par l’Assif n’Oukerouz, Oued Chari et l’Assif
n’Oukhit et leurs affluents, dont le bassin versant s’écoule vers le Nord-Est, et dans sa moitié sud, par
l’oued Al Qayd Ar Rami, Oued Bou Adil et leurs affluents, dont le bassin versant descend vers le Sud-
Est.

I.3.2. Cadre environnemental

Le climat est de type sub-désertique, avec des températures moyennes annuelles de 21°C. Les
maximas sont atteints durant les mois de Juillet-Août avec 41°C et les minimas en Janvier-Février
avec 0°C. Les précipitations cumulées sont assez faibles, mais variables, de 40 à 200 mm/an, et

20
concentrées surtout durant les mois de Septembre à Février, avec une nette culmination en Octobre. En
été surtout, des orages parfois très violents entraînent des crues subites et importantes qui peuvent
isoler pendant plusieurs heures des villages. Ces derniers ne sont reliés que par des pistes localement
difficiles à pratiquer.

Il n’y a pas d’oued permanent; dans les oueds les plus importants il peut subsister, au mieux en
fin d’été, quelques flaques dans lesquelles on discerne parfois un faible écoulement; là, la nappa
phréatique superficielle est sub-affleurante.

La végétation est en général très dispersée, sauf dans certaines parties du lit des oueds les plus
importants où des joncs (Joncacées) et une Cucurbitacée (Colocynthis vulgaris) le disputent aux plus
abondants lauriers roses, « Oulili » des Berbères (Nerium oleander, Apocynacées), souvent
accompagnés d’arbustes plus élevés, des tamaris (Tamarix sp, Tamaricacées), des Mimosacées
(Acacia sp.) et les plus fréquents Zizyphus lotus (Rhamnacées). Dans les lits d’oueds très asséchés
croît une curieuse Asclépiadacée Colotropis procera, dont les fleurs violacées et blanches sont les
prémices de gros fruits ovoïdes groupés par deux ou trois.

Sur les regs des glacis quaternaires et sur tous les jbels, la végétation se limite à des espèces
xérophytes, très basses, souvent épineuses, à habitat très dispersé. Ce sont des Astéracées variées
(Echinops spinosus, Catananche caerulata…), des Convolvulacées (Convolvulus trabutianus…), et
une assez fréquente variété de lavande (Lavandula mairei, Labiacées). Beaucoup moins fréquents et
présents seulement en certaines zones où ils dominent alors, ce sont les épais et hémisphériques
coussins de Fredolia aretoides (Chénopodiacées). Quelques individus isolés d’une Euphorbiacée
(Euphorbia echinus) se rencontrent dans les parties hautes de certains des affluents des oueds
principaux.

Cette liste est loin d’être exhaustive et de nombreuses autres familles botaniques sont
représentées, mais leurs représentants sont beaucoup moins fréquents (Brassicacées, Poacées,
Fabacées, Rutacées…).

Certaines parties élargies des oueds principaux, des terrasses alluviales étagées de superficies
variées, sont occupées par des oasis plantées de palmiers dattiers surtout (Phoenix dactylifera), mais
aussi d’amandiers (Prunus amygdalus), de figuiers (Ficus carica) et d’oliviers (Olea europea), sous et
autour desquels sont installées les cultures vivrières céréales, luzerne, pommes de terre, tomates,
poivrons, etc. ou cosmétiques le henné. Des villages, des douars, des hameaux, voire des fermes
isolées sont installés à proximité immédiate de ces zones cultivées: Bou Adil, Ouinguigui, Ait Oulhou,
Akerouz, Oukhit…..

21
La faune sauvage, à l’exception de certains Diptères (les mouches ‘domestiques’), est
relativement pauvre en nombre d’individus, mais assez riche en espèces, qu’il s’agisse des invertébrés
(insectes variés, arachnides) ou des vertébrés. Parmi ces derniers, les reptiles (Vipéridés, Colubridés)
et des lézards (Lacertidés, Agamidés, Gekonidés…) sont assurément les plus nombreux; les batraciens
(grenouilles diverses) sont plus rares et cantonnés aux flaques sub-permanentes de certains oueds
(Assif n Oumehri, Assif n’Oukerouz …).

Les oiseaux ne sont pas exceptionnels, en particulier le familier Oenanthe leucopyga, noir à
tête et queue blanches; des vols de rapaces divers sont parfois importants.

Les grands mammifères sont par contre rares. Quelques petits rongeurs divers comme les
écureuils terrestres, les gerbilles et les gerboises sont nombreux, le renard est exceptionnel.

Il existe par ailleurs une activité d’élevage transhumant des caprins, ovins, plus rarement
dromadaires; les très nombreux « azib » marquent les sites de fixation plus ou moins prolongée de
cette population nomade. Les bovidés sont exceptionnels et cantonnés à certaines fermes; l’âne est
omniprésent.

I.4. Données géologiques


4.1. Le cadre régional

Sur le schéma structural du secteur (Fig. 1.4), il est possible de reconnaître les caractères
essentiels du domaine considéré. Les deux feuilles à 1/50.000 de Bou Adil et Oukhit s’insèrent dans
la partie nord du cadre fourni par les cartes géologiques à 1/200.000 de Todrha-Ma’der et Tafilalt-
Taouz.

- le secteur étudié se situe dans l’axe de la chaîne de l’Anti Atlas, marqué par les massifs
antiformes précambriens du Saghro et de l’Ougnat. Tout à l’Est, le Précambrien est encore
visible au Gour Brikat.

22
Fig. 1.4: Le cadre géologique du secteur d’étude, les feuilles à 1/50.000 de Bou Adil et d’Oukhit, respectivement à
gauche et à droite sont encadré en jaune. Les feuilles à 1/200.000 de Tafilalt-Taouz et de Toudrha-Ma’der sont
encadré en blanc. Le Fond de carte est le schéma structural à 1/500.000.

- la chaîne est affectée par des plis dominants E-W, très visibles dans le Tafilalt, mais des plis
d’axe NNW-SSE apparaissent nettement vers le Sud (J. Zorg). Ce sont, respectivement, les
directions anti-atlasique et ougartienne. Elles interfèrent dans le Tafilalt méridional (cf. plis à
axe courbe du Ma’der et du secteur d’Ouzina Fig. 1.4).
- les massifs du Saghro et de l’Ougnat sont séparés l’un de l’autre par un ensellement. Celui-ci
fait affleurer une zone de chevauchements hercyniens à vergence sud (Michard et al., 1982;
Cerina-Feroni et al., 2007), liés au déversement de la chaîne mésétienne, zones internes de la
chaîne varisque, sur son avant-pays anti-atlasique.
- le massif de l’Ougnat se place à l’intersection de l’axe anti-atlasique E-W et de l’axe de
l’Ougarta, NNW-SSE, matérialisé par l’axe cambro-ordovicien Ougnat-Ouzina.
- la chaîne anti-atlasique est ceinturée par les plateaux crétacés-tertiaires du sillon sud-atlasique
(Goulmima, Aoufous) et des hamadas (Hamada du Guir, Kem-Kem). La surrection de la

23
chaîne hercynienne est liée à un épisode mio-pliocène, contemporain de la surrection de
l’Atlas (Zouhri et al., 2008).
4.2. Structure générale du secteur d’étude

Le secteur d’étude (les feuilles à 1/50 000 d’Oukhit et Bou Adil) comporte deux ensembles de
terrains superposés, séparés par une discordance majeure. Ces deux ensembles se reconnaissent
admirablement sur l’imagerie satellitaire, compte tenu de l’aridité de la région (Fig. 1.5).

Au centre de la boutonnière affleurent les terrains précambriens, qui constituent le massif de


l’Ougnat, formant un antiforme elliptique dont le grand axe est orienté ENE, et qui présente un
étranglement au sud de Taroucht. Autour du massif et s’appuyant généralement sur lui, s’étend la série
paléozoïque plissée, surtout développée au sud et à l’est du massif.

Fig. 1.5: Schéma structural de la région d’étude sur image Landsat, Limite du massif précambrien en
rouge. Failles en noir.

Le massif précambrien ne comporte que des terrains d’âge néoprotérozoïque, mais on y


distingue deux groupes contrastés, séparés par une discordance majeure et recoupés par divers plutons:

 sous la discordance, les terrains plissés et épimétamorphiques correspondent au Groupe du


Saghro de la nomenclature actuelle (ancien PII-III);

24
 au-dessus de la discordance, les brèches, conglomérats et complexes volcaniques acides du
Groupe de Ouarzazate (ancien PIII);
 recoupant l’ensemble, des granodiorites et complexes mafiques (gabbros et dolérites).

La couverture du massif, faiblement discordante sur les terrains précambriens des deux groupes du
socle, comporte toute la série paléozoïque depuis le Cambrien inférieur, du moins sur le bord sud du
massif, jusqu’au Carbonifère inférieur très peu représenté sauf plus au sud, dans le Maïder. Elle est
affectée de plis parfois très marqués Fig. 1.3 et Fig. 1.5 (e.g. J. Angal) et de nombreuses failles qui se
prolongent dans le socle.

L’intérêt de l’étude tectonique sera de démêler le rôle des failles et des décollements dans
l’acquisition de la structure de la chaîne varisque dans ce secteur. Il sera aussi, grâce à l’étude
stratigraphique précédente, de reconstituer l’histoire pré-orogénique des grandes failles du secteur, et
de montrer leur évolution depuis les phases d’extension synsédimentaires jusqu’à l’inversion varisque.

4.3. Aperçu sur le Quaternaire

a. Les dépôts

Plusieurs cycles de creusement et de remblaiement continental ont façonné le paysage de


l’Ougnat, avec au début du Quaternaire une première phase d’érosion qui a permis l’installation de
gros éléments, essentiellement de gros galets cimentés qui occupent une position topographique élevée
par rapport au lit des oueds actuels. L’âge de certaines de ces formations est controversé (Plaziat et al.,
2008); c’est en particulier le cas du Quaternaire ancien et très ancien. Le Quaternaire récent prend une
position plus basse et à proximité des oueds et de leurs affluents. Il sera caractérisé par un
remblaiement constitué de sédiments plus fins essentiellement de type fluvio-éolien. Les dépôts
lacustres sont également bien présents dans la région et ils témoignent de périodes d’humidité
alternant avec des périodes d’aridité (Boudad et al., 2003).

Le Quaternaire est essentiellement une succession de terrasses et de glacis occupant le réseau


hydrographique actuel, mais aussi des éboulis et des colluvions d’âges variés résultant du
démantèlement des reliefs. Ces éboulis et colluvions se raccordent plus ou moins clairement aux
différentes terrasses ou glacis.

Les plus anciennes terrasses (Salétien ou q4) sont les plus élevées dans les vallées des oueds
concernés. On les trouve dans les grandes dépressions du sud de la feuille de Bou Adil qui
correspondent aux vallées des oueds Timaker et Smile et à celle de l’Assif n’Ou Adil ; ce sont
respectivement les zones autour des villages d’Assemame et de Toufassamame, et pour les plus vastes,

25
les zones autour du jbel Lalla Mimouna et la longue bande subméridienne à l’est du jbel Iouraghane.
L’épaisseur résiduelle des terrasses q4 atteint la quinzaine de mètres. Elles sont constituées de
conglomérats en général assez bien cimentés. Les éléments sont angulo-arrondis à arrondis et de taille
fréquemment pluri-décimétrique.

Les terrasses salétiennes sont particulièrement sombres en raison de l’intense patine désertique
qui affecte leur surface (éléments et ciment). Cette patine est beaucoup plus discrète pour les terrasses
amiriennes (q3), pratiquement inexistante pour les terrasses et les glacis tensiftiens (q2); les terrasses
et alluvions récentes (Soltanien q1, Rharbien qA et Moderne A) en sont indemnes.

Les terrasses q3 (Amirien) sont plus basses que les précédentes et leur épaisseur de l’ordre de
la dizaine de mètres. Elles se trouvent dans les mêmes vallées que les terrasses salétiennes, mais aussi
dans le nord du massif ; en l’absence de ces dernières qu’elles érodent et remanient, elles sont les plus
fréquentes en relation avec les éboulis et colluvions les plus élevés au pied des reliefs. Elles sont aussi
constituées par des conglomérats grossiers (Fig. 1.6); ceux-ci sont moins cimentés et les éléments en
général plus arrondis et de taille plus faible (< 20 cm) que dans les terrasses q4.

Fig. 1.6: A gauche, terrasse amirienne (q3) en amont d’Ighiz n’Ahadjmi. A droite, calcaires
lacustres (q cl) assif n’Oukerouz a Bou Ougdoud.

À ces formations détritiques sont associés des calcaires lacustres (Fig. 1.6) et des travertins,
particulièrement bien représentés dans la vallée de l’oued Smile, à l’est du jbel Lalla Mimouna, et dans
celle de l’Assif n’Bou Adil, dans le secteur d’Oukhit.

Le Tensiftien (q2) comprend également des terrasses conglomératiques, mais aussi des glacis
constitués de petites (< 5x2 cm) esquilles aplaties organisées en nappes très peu pentées. Ces glacis

26
peu épais (< 10 m) sont très représentatifs de la proximité du substratum schisteux ; on les trouve en
particulier dans la vallée de l’Assif n’Ou Krouz au centre-nord de la feuille Bou Adil.

Ces formations q2 recoupent et remanient les terrasses q3 et q4; on les rencontre dans les
mêmes grandes vallées du sud, mais aussi dans toutes les plus petites vallées sur l’ensemble de la
feuille Bou Adil où elles relayent à leur tour les éboulis et colluvions de pentes.

Les conglomérats des terrasses q2 sont assez peu différents de ceux des terrasses q3, encore
que leurs éléments tendent vers un meilleur arrondi et des dimensions plus faibles.

Les formations postérieures, q1, qA et A occupent généralement les parties les plus basses des
vallées. En ce qui concerne le Soltanien q1, il convient de distinguer deux types de gisements : le plus
fréquent suit les chenaux fonctionnels des oueds, mais certains éboulis vifs lui sont aussi attribués (jbel
Lalla Mimouna, jbel Bou Saboun Est, Assemame Nord-Est et jbel Taiert Ouest).

Dans les parties basses, le faciès est argilo-sableux, à grain fin, bien classé, parfois à
stratifications croisées (Fig. 1.7); épais de quelques mètres, il supporte les cultures et les palmeraies.
Les éboulis plus ou moins vifs sont au contraire constitués de blocs anguleux, hétérométriques
(jusqu’à plusieurs mètres).

Fig. 1.7 : Terrasses soltanienne (q1) à l’Est de Taoudoudout montrant des stratifications entrecroisées
dont les lentilles forment le terrassement dans les méandres de l’Assif N’Ou krouz.

Le Rharbien (qA) constitue de basses et étroites terrasses très peu épaisses (< 5 m) qui
frangent le lit fonctionnel des oueds. Il est aussi constitué par des conglomérats très peu à pas
cimentés, peu cohérents, dont les éléments sont empruntés à toutes les formations quaternaires
antérieures; en conséquence, ils sont très hétérométriques, mal classés et le plus souvent angulo-
arrondis.

27
Les alluvions modernes (A) constituent le lit fonctionnel des oueds ainsi que des zones
d’épandages actuelles; sur ces dernières ce sont des limons, tandis que dans les lits vifs ce sont des
conglomérats à éléments non classés, arrondis et anguleux, très hétérométriques (jusqu’à 1 m).

Des croûtes calcaires peu épaisses (< 1 m) sont présentes en de nombreux points des lits
fonctionnels des oueds.

b. La préhistoire

La région est connue également par l’Art préhistorique : les gravures rupestres sont connues
essentiellement dans la région d’Oukhit (Fig. 1.8), sur des grès et quartzites de l’Ordovicien et sur des
roches magmatiques du Précambrien.

Dans la région de Mssissi, à l’Ouest du Rheris, on note la présence de plusieurs gravures


présentant une diversité de faune sauvage et des scènes d’hommes en activité de chasse (Simoneau,
1995; Boudad et al., 2008).

Fig. 1.8: Gravure rupestre à l’Est d’Oukhit.

28
PARTIE I : LA STRATIGRAPHIE

29
CHAPITRE 2 :

LES FORMATIONS DU PRECAMBRIEN

30
LES FORMATIONS DU PRECAMBRIEN

Introduction : Les travaux effectués dans la boutonnière de l’Ougnat antérieurement à nos


recherches (Clariond, 1944; Barbieri, 1976; Paile, 1983; Du Dresnay et al., 1988; Freton,
1988; Abia, 1991; Ait Saadi, 1992) ont montré, comme dans le Saghro, que les formations
précambriennes comprennent deux ensembles séparés par une discordance: un substratum
plissé et épimétamorphique, érodé jusqu’à la pénéplanation, et une couverture discordante,
très peu déformée, et surtout indemne de tout dynamo-métamorphisme régional. Le
substratum plissé est classiquement désigné sous le nom de Précambrien II-III et sa
couverture (sous-jacente au Cambrien) sous le nom de Précambrien III (Choubert, 1963). Ils
sont représentés sur la carte au 1/200.000ème (Du Dresnay et al., 1988) avec les symboles
XII-III et XIII, respectivement. Dans la nomenclature actuelle (Thomas et al., 2004 ; Gasquet
et al., 2005, 2008), il s’agit respectivement du Groupe du Saghro, d’âge Néoprotérozoïque
supérieur (environ 630-610 Ma), et du Néoprotérozoïque terminal (Ediacarien) du Groupe de
Ouarzazate, daté entre 580 et 550 Ma environ (Gasquet et al., 2008, et références incluses). Le
Groupe de Bou Salda, intermédiaire entre ceux du Saghro et de Ouarzazate, qui est encore
plissé mais pas métamorphique, n’est pas représenté dans l’Anti-Atlas oriental.

Le présent travail résulte des études détaillées du Précambrien réalisées lors de la


cartographie à 1/50 000 des feuilles d’Oukhit et de Bou Adil (Fig. 2.1) (Raddi et al., 2006a
et b ; Raddi et al., 2012a et b) et de la région située au NE de la feuille de Bou Adil
(Lécolle et al., 2003 a et b). Ces études nous amènent à proposer certaines modifications au
découpage stratigraphique classique.

I. Le substratum néoprotérozoïque plissé (Groupe du Saghro)

Le substratum au sens strict, constitué de schistes et de quartzites est affecté de plis


synmétamorphes, correspond au Groupe du Saghro.

Les brèches inférieures, au toit du Groupe du Saghro, sont fortement discordantes sur
celui-ci et formées des matériaux remaniés à partir du premier. Cet ensemble de deux groupes
a été apparemment pénéplané avant la mise en place des groupes volcano-plutoniques
appartenant à la couverture du Précambrien III. C’est pourquoi nous avons proposé de les
ranger tous deux dans le Précambrien II-III. Cependant, du point de vue de la déformation et
du métamorphisme, et compte-tenu des acquisitions récentes sur les âges des divers groupes
du Précambrien anti-atlasique, nous considérons aujourd’hui les Brèches inférieures comme
devant être rattachées à la base du Groupe de Ouarzazate (voir ci-après, section II).

31
Fig. 2.1: Carte structurale du massif précambrien de l’Ougnat.

32
Les terrains du substratum affleurent dans une dépression qui occupe le cœur de la
boutonnière. Ils affleurent en deux bandes allongées NE-SW: la première au NE, en plusieurs témoins
sous le Quaternaire au niveau du village de Mellab, la deuxième plus vaste (10x 6km), au sud d’un
demi graben NE-SW occupé par le Paléozoïque (Fig. 2. 1).

Le substratum est formé de roches sédimentaires plissées et affectées par un métamorphisme


épizonal (paragenèse à quartz- albite- muscovite-chlorite).

C'est une série constituée de bancs rythmiques, centimétrique à métriques, de nature gréseuse,
grauwakeuse et pélitique (Fig. 2.1 ; Fig. 2.2 et Fig. 2.3). Les métapélites et les métagrauwackes ont
une couleur gris sombre, parfois verdâtre ou beige clair. Les métashales, plus sombres, alternent
localement avec des lits peu épais (<10cm) de jaspes pourpres à blanc-verdâtre.

Ces terrains sont très redressés et affectés par une foliation S1 de direction, en général, N 30 à
N 45 (Fig. 2.2 et 2.3), parallèle au plan axial de plis sub-isoclinaux. Ce plissement est synchrone d’un
métamorphisme régional de faciès schiste vert supérieur(le degré de métamorphisme n’atteint pas la
biotite). Des plis d’échelle kilométrique soupçonnés sur photo aérienne n’ont pas pu être confirmés sur
le terrain, sauf pour l’un d’eux (coordonnées approximatives, x=557,3, y=490,9 Msissi 1/100 000), où
la zone de charnière se distingue par l’augmentation de l’angle entre la foliation métamorphique et la
stratification. Le plus souvent, foliation et stratification sont confondues. Leur pendage commun est
fort (> 70° ouest) à l’ouest de la boutonnière, et plus faible à l’est (< 50°ouest).

L’existence de laves basiques en coussins, décrites au nord de la boutonnière de Boumalne


Dadès dans le Saghro (Benkirane, 1987 ; Benkirane et Derré ; 1988) dans la série inférieure, n’est pas
observée dans l’Ougnat. Dans le Saghro, ce niveau basique est surmonté par des lits de jaspes et des
métapélites lie-de-vin qui pourraient représenter un niveau repère.

Le métamorphisme et le style tectonique ainsi décrits présentent une grande similitude avec le
substratum des boutonnières de Sidi Flah, Boumalne Dadès, et Imiter (Fekkak et al., 1999, 2001,
2003).

Le groupe du Saghro a été daté par la méthode U-Pb sur zircon entre 630 et 610 Ma par
Liégeois et al., 2006 et Errami et al. 2006 (voir Gasquet et al., 2008, p. 50). Il se situe donc à la fin du
Cryogénien-début de l’Ediacarien.

57
Fig. 2.2: Les schistes du groupe de Saghro de l’Ougnat, à gauche de la piste vers Ikachrane, S0 : stratification ;
S1 : Schistosité.

Fig. 2.3: Turbidites du Groupe du Saghro en série verticale à Mellab (massif de l’Ougnat). S 0 : stratification; S1 :
clivage tectonique. Le haut des couches est au Nord d’après le granoclassement. Cliché A. Michard, in Saddiqi et
al., 2011.

II. La couverture Néoprotérozoïque post-panafricaine (Groupe de Ouarzazate)

Dans notre approche actuelle, nous plaçons dans le groupe de Ouarzazate, d’abord les Brèches
inférieures, localisées et non-volcaniques, puis l’ensemble des termes volcano-sédimentaires très
développés du Groupe de Ouarzazate, ancien « PIII ».

58
II.1. Les brèches inférieures

Les brèches inférieures antérieures aux volcanites du Groupe de Ouarzazate ou


« PIII » ne sont connues que sous forme d’un faciès grossier de brèches (Fig. 2.4) et plus
sporadiquement de poudingues à éléments remaniés du substratum épimétamorphique et reposant en
discordance sur celui-ci. Quelles que soient les formations sous-jacentes, brèches et poudingues sont
monogéniques, c'est-à-dire que les éléments proviennent des divers faciès du socle métasédimentaire,
et la matrice est de nature semblable, comme l’avait souligné Paile, 1983 ; Abia, 1991 et Abia et al.
1999 Ces auteurs considèrent cette formation comme un conglomérat de base de la couverture
« PIII ».Ces brèches sans stratification ni classement nets sont très cohérentes et solidaires du
substratum (Fig. 2.4), passant par transition à des faciès à blocs légèrement déplacés. Ce sont des
formations subaériennes et colluviales. Elles sont préservées et localisés dans des creux subméridiens
du substratum dont la largeur varie de plusieurs dizaines de mètres à plusieurs centaines de mètres.
Leur épaisseur peut atteindre une dizaine de mètres. Les nappes d’ignimbrites qui scellent la paléo
topographie en contiennent des éléments.

Fig. 2.4: Brèches subaériennes à Aït Oulhou, constituées d’éléments variés du substratum
du Groupe du Saghro (métapélites et métagrauwackes).

59
Les granodiorites intrusives dans le substratum épimétamorphique ne sont pas remaniées dans
ces brèches bien qu’elles affleurent parfois à leur contact, ou les recoupent.

Au contraire, elles en contiennent des enclaves de différentes dimensions, depuis des éléments isolés
jusqu’à des panneaux de plusieurs mètres. Comme l’encaissant de ces intrusions (substratum
épimétamorphique et brèches), les enclaves montrent des paragenèses minérales non orientées, liées au
métamorphisme de contact ; ce sont en général des lamelles de biotite, et également des cristaux de
cordiérite et andalousite, témoins d’un métamorphisme statique dû aux intrusions, d’abord des
granodiorites, puis des dacites-andésites. Tout se passe donc comme si ces granodiorites étaient
intrusives à la fois dans le socle (groupe du saghro) et dans les premiers dépôts subaériens post-
orogéniques (groupe de Ouarzazate).

II.2. Subdivisions du groupe de Ouarzazate

Les travaux antérieurs sur la géologie du « Précambrien III » de la boutonnière de l’Ougnat


(Paile, 1983 ; Freton, 1988; Abia, 1991 ; Ait Saadi, 1992) ont conduit à subdiviser ce groupe en trois
formations superposées (Fig. 2.5):

La formation de Tamerzaga: Composée de roches ignimbritiques verdâtre à faciès rhyo-


dacitique et des coulées andésitiques.

La formation de Transition de Ouin Oufroukh: Constituée d'une série volcano-détritique


continentale composée de conglomérats, arkose, grés, pélites, tufs et brèches, et assure la transition
entre les deux formations de Tamerzaga et d’Aouja n’Aissa.

La formation d'Aoujane Aissa : Formée d'une succession de nappes ignimbritiques, avec un


ensemble basique terminal (Paile, 1983).

60
Fig. 2.5: Colonne stratigraphique de l’Ougnat central (Paile 1983).

61
Cependant, la définition de la Formation d’Ouin Oufroukh a été mise en doute par
Derré et Lécolle, 1999 ; Lécolle et al., 2003 a et b. A la suite de nos travaux de cartographie,
nous proposons une subdivision en quatre ensembles séparées par des discordances
d’importance variable, parfois soulignées par des formations volcano-sédimentaires (Fig.
2.6):

- ensemble 1 : Trois formations volcaniques acides effusives aériennes. La formation de


Tamerzaga ; la formation de Bou Naga et la formation d’Awja n Aissa
- ensemble 2 : Deux niveaux volcano-sédimentaires intercalaires Vs1 et Vs2,
- ensemble 3 : Des Granodiorites et une vaste intrusion de dacites/rhyo-dacites, peut-
être localement en dôme protrusif
- ensemble 4 : Une série basique de coulées et d’intrusions hypovolcaniques en dykes,
sills et« chonolites » de dolérites plus ou moins porphyriques, dans lesquels se sont
mis en place des massifs intrusifs de monzogabbros, monzodiorites et monzogranites.

62
Fig. 2. 6: La succession des formations du Groupe de Saghro, brèches inférieures et le groupe de Ouarzazate (« P III ») de l’Ougnat.

II.3. La formation rhyo-ignimbritique de Tamerzaga

C’est une formation d’épaisseur très variable, entre quelques mètres à Iferda Est,
environ 150 m à Bou Imraden et Ouin Ou Froukh et 300 m dans le Jbel Tamerzaga (Fig. 2.1.
Fig. 2.6 et Fig. 2.7).

Elle affleure soit sous forme de grande nappe (Jbel Tamergaza, carte Bou Adil) soit
sous forme de bandes moins continues N-S à N30E (carte Oukhit), une bande N-S depuis
l’Ouest du Jbel Iferda jusqu’à Imi n’Ikene ; bande N30/40 du Sud-Est d’Imi n’Ikène jusqu’au
Tizi n’Tazzougart, et bande N30/40 du Jbel Bou Oumnir au Nord au Jbel Taghouilast au Sud.
D’autre part il existe de nombreux autres affleurements plus discontinus : Sud du Jbel Iferda,
Jbel Bou Imraden etc.

63
Les rhyolites de cette formation se caractérisent par une patine souvent claire, blanche
à jaunâtre voire gris-verdâtre. A la cassure, elles sont grises et généralement pauvres en
phénocristaux de feldspaths et de quartz. On distingue plusieurs faciès typiques de cette
formation.

Fig. 2. 7: Formations de Tamerzaga, de Bou Naga et intrusion de la dacite à Jbel Bou Naga sur la Carte Bou Adil 1/50 000.

 des rhyolites à pyromérides bien formés ou des rhyolites à débit glomérulaire


(pyromérides ou glomérules de 1 à 3cm de diamètre) qui peuvent passer à des rhyolites à
petites fiammes noir verdâtre (2-4cm). Des rhyolites rouges (Fig. 2.8) plus ou moins
porphyriques s’intercalent localement vers le haut de cette formation. Les phénocristaux de
feldspaths roses sont toujours anguleux.
 des rhyolites à blocs (10 cm à 1m) apparaissent souvent vers le haut de la formation.
Elles se composent d’éléments plutôt arrondis dont la taille décroît en montant dans la
formation avant que celle-ci ne passe, soit à la formation volcano-sédimentaire 1 (vs1), soit à
la formation rhyo-ignimbritique de Bou Naga (Fig. 2.6 et Fig. 2.7). Les éléments sont formés,
soit d’une roche grise identique à celle du ‘ciment’ qui est glomérulaire ou à pyromérides
(faciès auto-bréchiques), soit de rhyolites rouges porphyriques et oligo-porphyriques
rappelant celles occupant latéralement le haut de cette formation de Tamerzaga.

64
Fig. 2.8 : Lithophyses dans une rhyo-ignimbrite de la formation de Tamerzaga.

II.4. La formation volcano-sédimentaire vs1.

Cette formation n’est pas présente partout entre les formations rhyo-ignimbritiques de
Tamerzaga et de Bou Naga, soit en raison de discordances de ravinement (érosion anté-
formation Bou Naga), soit en raison de l’intrusion de dacites/rhyo-dacites qui se sont mises en
place préférentiellement dans ce contact. Son épaisseur maximale est d’environ 100 mètres au
Sud du Jbel Bou Imraden (Oukhit 1/50000). La succession la plus complète peut être
observée dans deux secteurs.

Un secteur est situé entre le Jbel Bou Imraden et l’Assif n’Oumehri. Au-dessus des
rhyolites à blocs de la nappe rhyo ignimbritique de Tamerzaga, ((Fig. 2.1, Fig. 2.6, Fig. 2.9 et
Fig. 2.10A, B, C) se succèdent du bas en haut d’abord des niveaux pyroclastiques dominants
puis épiclastiques moyennement pentés vers le SE. Les dépôts pyroclastiques sont constitués
de tufs à lapillis ou à blocs de rhyolites rouges oligo-porphyriques, alternant avec des cinérites
localement à pisolites. Dans les dépôts épiclastiques se trouvent des cinérites (composées de
fragments de quartz et de feldspaths < 60 µm), certaines sont à pisolites (1cm de diamètre),
des jaspes, des niveaux silico-carbonatés et des lentilles carbonatées à stromatolites
localement importantes (500 m de long pour 20 m d’épaisseur), en passages latéraux des
jaspes, des cinérites et des pélites portant parfois des figures de dessiccation. Vers le haut, la
formation se terminer par des poudingues monogéniques à galets de rhyolites rouges, dans
une matrice épiclastique quartzo-feldspathique mal classée ; les galets sont souvent sub-
jointifs, en général bien classés et de petite taille (< 10 cm).
65
Fig. 2.9 : La formation volcano-sédimentaire vs1 du Jbel Bou Imraden (feuille d’Oukhit 1/50000).

Dans un autre secteur, 500m au Sud du Tizi n’Ouzouou, cette formation est très peu
épaisse, pas plus d’une vingtaine de mètres. Elle est représentée par des tufs plus ou moins
soudés et des cinérites. La continuité de cette formation est interrompue par l’intrusion des
dacites/rhyo-dacites qui recoupe les contacts.

Paile 1983 a décrit une seule formation volcano-sédimentaire sur la feuille Bou Adil,
appelée formation de Ouin Oufroukh ou formation de transition ; c’est l’équivalent de notre
premier niveau intercalaire vs1.

Dans les autres affleurements dans la boutonnière, la formation volcano-sédimentaire


vs1 n’est préservée que localement, soit dans le contact entre les rhyo-ignimbrites et
l’intrusion dacitique, soit en enclaves dans ces dacites. Le plus remarquable contact de ce type
peut être suivi, dans la région du Tizi n’Tfza (Fig. 2.10), sur plus de trois kilomètres selon une
direction NE-SW, où son pendage moyen, vers le SE, est de 50° environ. La formation
volcano-sédimentaire comprend là des lentilles de carbonates à stromatolithes (Fig. 2.10C)
intercalés dans des cinérites à pisolites. Cette formation est affectée par un métamorphisme de
contact lié à l’intrusion dacitique

66
Fig. 2.10 : A et B : La formation volcano-sédimentaire vs1 et les marbres à wollastonite- vésuvianite du
Tizi n’Tfza au sud du Jbel Taghouilast (feuille d’Oukhit). C : Les structures stromatolitiques sont préservées.

67
.

Fig. 2.11.: Volcano-sédimentaire 1 (Vs1) jbel Bou Imraden.

Fig. 2.12 : Volcano-sédimentaire 1 (Vs1) jbel Tagouilast.

Dans les lentilles métamorphisées (Fig. 2.10B et 2.12), les lamines carbonatées
(initialement en sphérules calcitiques plus ou moins dolomitisés) et les lamines siliceuses
ainsi que les mamelons stromatolitiques sont remplacés par des rubans de microcristaux
68
(45 µm) de grenat grossulaire, sur lesquels se disposent plus ou moins perpendiculairement de
petits cristaux zonés (300 µm x 45 µm) de vésuvianite moins ferrifère au coeur et contenant
1% de fluor et de wollastonite (200 µm). La wollastonite dominante se présente alors en fibres
flexueuses plus ou moins longues (150 µm à 200 µm), ou en grands cristaux (500 à 1000 µm).
Elle occupe aussi des veinules sécantes sur le rubanement. De la fluorite violette disséminée
et interstitielle est tardive. De rares veinules, recoupant l’ensemble, se composent de calcite et
d’un peu de quartz.

Les cinérites à pisolites sont finement litées (Fig. 2.11), de couleur claire, composées
de quelques fragments anguleux (130 µm) de plagioclase et de quartz et de plus rares
fragments de roche microlitique dans une matrice microcristalline (< 9 µm). Les pisolites
ovoïdes de 6 à 9 mm sont formées de micro-cristaux analogues à ceux de la cinérite. Dans ce
faciès, les néoformations métamorphiques se manifestent à la périphérie des pisolites et dans
de minces lits initialement plus calciques, par des aiguilles d’actinote verte et d’épidote
enchevêtrées.

Cette formation volcano-sédimentaire correspond à une période où l’activité


volcanique décroît, pour laisser place à des dépôts en milieu lacustre, interrompus par une
reprise de l’activité tectonique et volcanique, précurseurs de la mise en place des ignimbrites
de la formation de Bou Naga.

II.5. La formation rhyo-ignimbritique de Bou Naga

Cette formation constitue soit des massifs assez équidimentionnels (Jbel Bou Naga,
Jbel Taghouilast, Jbel el Hamda, Jbel Ma’rir, Jbel Bou Imraden Sud-Est, Sud de l’Oued Bou
Tadmasse), soit des massifs allongés sub-méridiens (Jbel Iferda Ouest) ou N30/40 (Tizi
n’Tfza et Assif n’Ajjaj Est). Elle dépasse 250 m d’épaisseur au Jbel Ma’rir et n’atteindre que
100 m au Jbel Iferda (Fig. 2.6, 2.7 et 2.9).A l’Ouest du Jbel Iferda, cette formation volcanique
à patine sombre surmonte directement les rhyolites claires 1, sans intercalaire vs1.

L’existence de différents faciès ignimbritiques (Fig. 2.13), dont la superposition peut


être observée dans la région du Tizi n’Tfza témoigne d’une mise en place en plusieurs nappes.
La base de la première nappe qui recouvre la formation volcano-sédimentaire vs1 comprend
des brèches rhyolitiques à éléments de jaspes, de cinérites jaunes à grises, puis des brèches à
blocs de rhyolites de faciès variés (grises, rouges plus ou moins porphyriques) provenant du
remaniement des rhyolites de la formation de Tamerzaga. Au-dessus se succèdent plusieurs

69
nappes de rhyolites à patine sombre, de couleurs variées à la cassure, grise à noire ou brun
rouge. Elles sont fluidales aphyriques, fiammées et assez riches phénocristaux de quartz,
feldspath potassique et plagioclase, ou à lithophyses (Fig. 2.14) plus ou moins dissoutes et
allongées selon une fluidalité. Des faciès à pyromérides sont également présents.

Fig. 2.13: coupe interprétative verticale des faciès de base de la formation de Bou Naga.

Fig. 2.14 : Lithophyses dans l’ignimbrite de la formation de Bou Naga, jbel Bou Naga Carte Bou Adil
1/50000.

Du point de vue pétrographique cette formation contient, outre des rhyolites claires,
oligo-porphyriques, où la fluidalité est marquée par des alternances de rubans micro-
cristallins (< 30 mm) et cryptocristallins (< 10 µm), des rhyolites riches en phénocristaux de
70
quartz, de feldspaths et de biotite (2-3 mm). Ces rhyolites contiennent des fragments lithiques
microcristallins, des fiammes recristallisées en sphérolites et des échardes vitreuses en X et Y
plus ou moins aplaties témoignant de l’éclatement puis de l’écrasement de ponces lors de la
mise en place de ces nappes.

II.6. Les intrusions hypo-volcaniques.

Le premier corps intrusif (chronologique) est représenté par plusieurs apex


granodioritiques. Ils sont de probables apophyses sud-orientales d’un vaste massif qui affleure
selon un croissant ouvert vers le Sud d’une quinzaine de kilomètres de diamètre dans le NE
du massif de l’Ougnat, (zones méridionales des feuilles de Goulmima et de Touroug et le NE
de celle de Bou Adil (Fig. 2.15).

L’intrusion suivante est un corps beaucoup plus important encore. Il s’agit d’un sill-
protrusion de dacite – rhyodacite de plus de 30 km de diamètre et d’environ 200 m
d’épaisseur, à peu près centré sur le précédent, connu jusque dans l’Ouest de la feuille de Bou
Adil. Dans cette partie ouest (Sud d’Igli) il présente quelques faciès effusifs. Sur Oukhit (Fig.
2.15), où ne sont connus que des faciès intrusifs, il occupe plus du tiers de la superficie
occupée par le Protérozoïque.

Fig. 2.15 : Vue vers le nord depuis l’est-sud-est d’Ighrane. Les métasédimentaire (sg) et les brèches de
colluvions (br) du substratum, ainsi que les rhyo-ignimbrites claires de la « Formation Tamerzaga »( Ta)
affleurent dans la vallée de l’assif n’Aït Oulhou jusqu’à mi-pente vers l’est, où ils sont intrudés par la
granodiorite ( ) puis par les dacites-andésites( ).

71
II.7. Les apex hypo-volcaniques de granodiorite

La granodiorite affleure largement dans les feuilles de Goulmima, Touroug et Bou


Adil (Fig. 2.6, 2.15et 2.16), Ces intrusions de granodiorites, découvertes et decrites pour la
première fois dans la feuille d’Oukhit affleurent dans trois secteurs:

- à 6 km au SSE d’Oukhit, deux apex de granodiorites (diorite quartzique) de 500x1000m


chacune, séparés par 800m de distance, sont intrusifs dans les rhyo-ignimbrites 2 ; la partie
septentrionale de l’intrusion située à l’Est, est masquée par la couverture quaternaire;
-à l’Est du Jbel Iferda , des essaims de petits pointements occupant une aire d’un kilomètre
carré environ, recoupent des lambeaux résiduels des rhyo-ignimbrites de la formation de
Tamerzaga et de la formation de Bou Naga, disloqués dans un sill dacitique;
-à l’Ouest et au Nord-Est d’Imi n’Ikene, affleurent deux petits pointements de moins de
100 m, également disloqués dans l’intrusion dacitique.
Ces divers pointements présentent les caractéristiques pétrographiques typiques des
granodiorites connues dans l’Ougnat autour de Mellab et dans tout le Saghro. Ils sont formés
d’une roche à structure grenue à grain moyen (2 à 5 mm) formée de cristaux de biotite
automorphe, de hornblende verte plus ou moins abondante, et de plagioclase zoné. Le
feldspath potassique et le quartz sont interstitiels. Dans l’apex du SSE d’Oukhit, la
granodiorite à grain moyen contient des enclaves sombres ovoïdes d’une roche dioritique à
grain fin (1 mm) comparables à la diorite quartzique qui pointe à un peu à l’Ouest. Ces roches
contiennent quelques phénocristaux de plagioclases (5 mm) dans un assemblage de
plagioclases, d’amphiboles et de biotites abondantes. Le quartz est interstitiel.

72
Fig. 2.16: Contact intrusif de la granodiorite ( dans les brèches pédogénétiques et colluviales du
substratum (br) à la base de la lame-corniche Vers le milieu de la photo, la lame massive, sombre, est un sill
dacitique ( recoupant la granodiorite ; dans le sill, les plages claires sont de petites enclaves de
granodiorite. En haut de la photo, les blocs éboulés sont des dacites-andésites provenant de la puissante
intrusion surincombante.

Les apex du SSE d’Oukhit montent jusque dans la formation rhyo-ignimbritique de


Bou Naga, plus haut dans la série que ce qui a été décrit par Paile, 1983 (Fig. 2.5), Freton,
1988 ; Abia, 1991 et Ait Saadi, 1992. Vers le toit de cette intrusion, l’étude microscopique
montre que le grain de la roche diminue sur un mètre d’épaisseur environ. La roche grenue
passe à une roche à grain fin (1 mm) puis microgrenue légèrement porphyrique
(phénocristaux de plagioclases de 3 mm). Les amphiboles et les biotites sont accolées aux
plagioclases. Dans la roche à grain fin, la mésostase est uniquement quartzo-feldspathique
(plagioclase et feldspath potassique) ; elle contient de la biotite dans le faciès microgrenu de
bordure.

Les intrusions de granodiorite ont induit un métamorphisme de contact dans les roches
encaissantes :

- les dépôts schisto-gréseux du Groupe du Saghro ont subi un métamorphisme de contact.

73
L’auréole de métamorphisme est visible près du village Ikachrane sur environ 2 à 3 km. Les
minéraux de métamorphisme apparaissent plus dans les pélites que dans les grés, ils sont
représentés par l’andalousite et la muscovite.
- la rhyolite encaissante du « Précambrien III » a subi un métamorphisme au contact de cette
intrusion ; il se marque par la recristallisation de la mésostase (initialement crypto-cristalline)
et par celle des pyromérides, en un assemblage microcristallin (30µm à 100 µm) quartzo-
feldspathique accompagné de néoformations poecilitiques de feldspaths potassiques puis de
muscovites.
- les petits apex des environs du Jbel Iferda et d’Imi n’Ikene contiennent de nombreuses
enclaves biotitisées de métasédiments du substratum (Groupe du Saghro), ainsi que des
enclaves des rhyo-ignimbrites de la formation de Tamerzaga et de la formation de Bou Naga.
Des aplites et des pegmatites ainsi que très localement du granite à grain fin à grenat
sont localement présents au toit de ces intrusions.

II.8. Le sill-protrusion de dacites/ rhyo-dacites

D’après ses rapports géométriques avec les divers encaissants et les panneaux
résiduels d’encaissant enclavés et déplacés, le sill-protrusion de dacites/rhyo-dacites s’est mis
en place dans deux grandes discontinuités (Fig. 2.6; 2.10A, 2.15 et 2.16), d’une part, la
discordance socle métamorphique Groupe du Saghro/couverture volcanique (Formation de
Tamerzaga et Formation de Bou Naga), et d’autre part la discordance entre les rhyo-
ignimbrites de Tamerzaga et de Bou Naga, qui correspond en général ici au toit des intrusions
de granodiorite. Il est recouvert par la formation volcano-sédimentaire vs2.

Les divers faciès qui le composent (des dacites et des rhyo-dacites) sont sans limites
nettes. On peut remarquer cependant que les faciès porphyriques et/ou auto-bréchiques se
trouvent plus souvent dans les parties inférieures du corps, tandis que les parties hautes
peuvent être sub-aphyriques, parfois à débit prismé sub-vertical (Jbel Iferda) (parties
protrusives du corps).

Dans la zone d’Iferda Est, le corps rhyo-dacitique s’insère dans le contact intrusif
entre granodiorite et rhyo-ignimbrites de Tamerzaga (Fig. 2.15 et 2.16). Les faibles largeurs
d’affleurement entre ces deux faciès suggèrent une faible épaisseur du corps rhyo-dacitique à
cet endroit. L’intrusion rhyo-dacitique dilacère le toit des granodiorites et de leur encaissant
méta-pélitique, et isole des enclaves de toutes tailles, certaines pouvant dépasser le mètre ; ces

74
enclaves sont mêlées à d’abondants cristaux de quartz, de feldspaths et de biotite. On y
rencontre aussi des enclaves de leucogranites à grenat et de très nombreux petits (< 2 cm)
éléments anguleux de rhyolite. Comme dans la partie la plus épaisse du sill, les dacites sont
riches en phénocristaux (2 mm) de plagioclase, d’amphibole et de biotite surtout (Fig. 2.18),
tandis que le quartz est peu abondant. La mésostase est sombre, brun-verdâtre à noire,
cryptocristalline et localement recristallisée en micro-sphérolites (diamètre 20-30 µm). Elle
contient des éléments aplatis (3-4cm) d’une roche noire oligo-porphyrique (Fig. 2.19 et 2.20),
à plagioclases zonés et à mésostase cryptocristalline à microlitique, et de fréquents petits
fragments de roches méta-sédimentaires du substratum.

Fig. 2.17 : La Dacite à enclaves de granodiorites.

Vers le toit, les dacites se chargent en éléments rhyo-ignimbritiques dont la nature


varie avec les formations encaissantes. Ainsi, de l’ESE du JbelI ferda, à l’Assif n’Oumheri,
les dacites, intrusives dans la base des rhyo-ignimbrites de Bou Naga, contiennent une grande
abondance d’éléments ronds de rhyolites rouges. Ces enclaves représentent les restes des
faciès à blocs des rhyolites de Tamerzaga et/ou des poudingues du sommet de la formation
volcano-sédimentaire vs1 (éléments de dimensions quasi constantes d’environ 10 cm)
présents vers l’Ouest dans le jbel Bou Imraden. Le contact intrusif indenté des dacites dans les
rhyo-ignimbrites de Bou Naga peut être observé sur un kilomètre au SW du Jbel Ma’rir.
Enfin, immédiatement au Sud du Tizi n’Ouzouou, on observe à nouveau les formations
volcaniques et volcano-sédimentaires recoupées par l’intrusion (Fig. 2.10 ; 2.11 ; 2.12 et
2.17).

Plus au Sud-Est, dans la bande NE-SW du Tizi n’Tfza, où le sill s’est mis en place

75
entre les rhyo-ignimbrites de Tamerzaga au mur et de Bou Naga au toit, les dacites, toujours
très riches en phénocristaux (plagioclases et quartz) contiennent d’abondants éléments
anguleux (1 à 10 cm) de rhyolites variées. Au toit, une partie relique de la formation volcano-
sédimentaire vs1 est affectée par un métamorphisme de contact bien visible dans les lentilles
carbonatées à stromatolites (cipolins à wollastonite, vésuvianite et grenat) et les cinérites à
pisolites (actinote et zoïsite) décrit précédemment.

Fig. 2.18: Dacite (Lame mince LPNA) très riche en phénocristaux de plagioclases, d’amphiboles chloritisées
(sections losangique et longitudinale à droite de la photo), dont les bordures sont localement arrondies et à
golfes. En noir, lamelles de biotites hématitisées. Ighrane Sud-Est.

Fig. 2.19 : Dacite à inclusions lenticulaires sombres, andésitiques, soulignant un flux peu
penté. Piste au Nord d’Aït Oulhou.

76
Fig. 2.20 : Dacites litées : le litage correspond à des ségrégations de ferromagnésiens et à des
inclusions lenticulaires d’andésites porphyriques (au-dessus du marteau, inclusion peu allongée
cerclée en noir) Est de l’Amalou n’Tamenirt, au sud d’Isk n’Oudadène.

A noter que ce corps composite de dacite-rhyodacite a été considéré comme une coulée
andésitique appartenant à la formation de Tamerzaga, par Paile 1983 (Fig. 2.5), Freton,
1988 ; Abia, 1991 et Ait Saadi, 1992).

II.9. La formation volcano-sédimentaire vs2.

Cette formation volcano-sédimentaire succède à la mise en place de corps


magmatiques intrusifs érodés (des granodiorites et des dacites/rhyo-dacites), à la différence de
la formation volcano-sédimentaire (vs1), qui se situe entre deux épisodes d’émissions
volcaniques aériennes, la formation Vs2 ne dépasse pas 100 m d’épaisseur et repose
localement en discordance de ravinement sur les dacites/rhyo-dacites et sur les divers faciès
de la formation de Tamerzaga, le volcano-sédimentaire intercalaire vs1 et la formation de Bou
Naga. (Fig. 2.6, 2.21 ; 2.22 ; 2.23 et 2.24).

77
Fig. 2.21: Les formations « Bou Naga » et « Aoujane Aîssa » séparées par la formation
volcano-sédimentaire 2 (vs2) à Jbel Iferda.

Fig. 2.22 : colonne stratigraphique de la formation volcano-sédimentaire vs2, du Jbel Iferda.

78
Fig. 2.23 : Volcano sédimentaire intercalaire N°2 (Vs2) Jbel Iferda.

Fig. 2.24 : Cinérites du volcano sédimentaire intercalaire n°2 jbel Iferda.

La formation Vs2 se compose essentiellement de matériel stratifié (Fig. 2.22),


provenant de l’érosion des formations volcaniques et intrusives antérieures (granodiorites et
dacites/rhyo-dacites). Elle débute en effet localement par des tuffites grossières verdâtres à la
base desquelles on observe localement des lentilles de poudingues (Ouest et Est du Jbel
Iferda) à éléments de rhyolites variées, de granodiorites et de leucogranites à grenat atteignant
parfois 1m. On y trouve aussi des éléments de métapélites du socle (Fig. 2.23). La matrice des

79
poudingues est tuffacée. L’essentiel du reste de la formation se compose de tuffites à éléments
granoclassés en alternances avec des cinérites. Les niveaux les plus fins peuvent présenter des
figures de glissement, des rides de courant (Fig. 2.24), des fentes de dessiccation. Ces tuffites
sont composées de fragments anguleux de quartz, de feldspaths potassiques et de plagioclases
(1mm), de biotites altérées, de roches microlitiques, et de ponces dont les pores sont remplis
de chlorite. Les niveaux carbonatés à stromatolites et oncholites sont plus rares et surtout
beaucoup moins épais que dans la formation volcano-sédimentaire vs1.

Dans les termes sommitaux de cette formation vs2 sont intercalés des niveaux peu
épais (< 5 m) de projections volcaniques directes, des tufs souvent très soudés, à ponces
tubulaires, à lapilli ou à blocs, prémices vraisemblables des puissantes émissions rhyo-
ignimbritiques de la formation d’Aouja n’Aissa.

II.10. La formation rhyo-ignimbritique d’Aouja N’Aissa

Cette formation de la couverture protérozoïque est un complexe volcanique felsique


polyphasé, surtout rhyo-ignimbritique. Sur la feuille de Bou Adil, les diverses unités de cette
formation (Fig. 2.25) affleurent dans une zone triangulaire d’une quinzaine de kilomètres de
côté, au centre de la partie protérozoïque de la carte, Sur la feuille d’Oukhit, elle forme le Jbel
Iferda (Fig. 2.21).

Cette formation (au moins 150 m sont actuellement conservés) repose en discordance
sur les autres formations volcaniques, volcano-sédimentaires et intrusions antérieures. Elle
comprend des nappes superposées de nature rhyo-ignimbritique et de tufs moins ou peu
soudés, puis une ou des protrusions (dôme-coulées). Les rhyo-ignimbrites forment les
entablements bien repérables dans le paysage par leurs falaises d’une cinquantaine de mètres
de hauteur au moins (Fig. 2.25).

Les faciès des ces rhyo-ignimbrites sont aussi variés par leur couleur (beige, noir,
rouge...) que par leurs structures (fluidales, fiammées, brèchique, à pyromérides...) que ceux
des formations volcaniques antérieures (formations de Tamerzaga et de Bou Naga). Leurs
caractères pétrographiques sont semblables à ceux des deux formations rhyo-ignimbritiques
précédentes.

80
Fig. 2.25: Nappes superposées de la formation d’Awja n’Aissa au niveau du douar Bou Ougdoud à l’Est de la
mine de BouMadine.

II.11. Le complexe intrusif polyphasé de dolérites, dolérites porphyriques, gabbros et


granophyres.

Ces intrusions sont guidées par des ouvertures sub-verticales dans un couloir de
direction N40 de 7 km de largeur environ, recoupant tout le Protérozoïque. Vers le NW, il est
masqué sous le Cambrien transgressif autour d’Oukhit pour réapparaître au NE de l’Aoualzi
n’Oukhit, ainsi que vers le Sud-Ouest, le long de l’Agoulf n’Tmenkal (Fig. 2.1 et 2.6).

Un corps composite de dolérites porphyriques-gabbros occupe la partie Sud-Ouest du


couloir ; vers le Nord-Est il se résoud en un réseau N40, plus ou moins dense, de dykes de
dolérite plus ou moins porphyriques, localement anastomosés en corps chonolitiques. Le
corps composite du Sud-Ouest comprend trois épisodes intrusifs mafiques successifs.
D’abord, un vaste corps (5 x 3 km) stratoïde (Fig. 2.26), épais de 250 m de dolérites à grain
fin (succession de sills peu épais -< 10 m), dans lequel s’insèrent ensuite des sills et des dykes
de dolérites gloméro-porphyriques à grain variable en continuité avec un corps massif sous-
jacent. Le troisième épisode est un corps massif de roche grenue, dont le toit recoupe
obliquement les corps stratoïdes.

A l’Ouest du couloir de dykes, un second corps (2 x 1 km) allongé N40 de dolérites


porphyriques affleure au voisinage d’Imi n’Ikene et de Talghoumt (Fig. 2.1).

81
II.11.a : Le corps composite stratoïde de dolérites à grain fin

Il est composé d’un empilement de niveaux peu épais (< 10 m), pentés à 35° vers le
Sud, de dolérites à grain fin (Fig. 2.26 et Fig. 2.27) dans lesquelles s’intercalent en sub-
conformité, des horizons (1m) plus ou moins discontinus de dolérites porphyriques à grain
variable (Fig. 2.29). Certains de ces horizons sont bréchiques (auto-bréchiques, et /ou
remaniant leurs épontes parfois à bordures vacuolaires (Fig. 2.28). Il existe aussi des dykes de
nature semblable qui recoupent l’ensemble stratoïde.

Au microscope, dans les dolérites à grain fin oligo-porphyriques, les phénocristaux


sont des plagioclases (< 2 mm), parfois associés à des pyroxènes (altérés en calcite +quartz
+oxydes) ; la mésostase, formée de plagioclases et de pyroxènes en petits cristaux
(< 500 µm), présente une structure doléritique intersertale à inéquigranulaire . Les interstices
sont occupés par des plagioclases aciculaires, branchus et du quartz, et/ou par un assemblage
symplectique de feldspath potassique et de quartz.

Ces structures témoignent de conditions de refroidissement rapide et d’une


cristallisation finale à l’eutectique.

Ces roches sont plus ou moins affectées par une altération à séricite, chlorite, épidote,
calcite et les opaques sont hématitisés (en conséquence, la composition des silicates initiaux
n’a pu être déterminée).

Fig. 2.26: Est du Tizi n’Tazougart. Empilement de coulées doléritiques,


pentées vers le sud ; l’épaisseur à l’affleurement dépasse 250 mètres.

82
Fig. 2.27: Le corps composite stratoïde de dolérites à grain fin sud de Tizi n’Tzougart.

Fig. 2.28 Coulée de dolérite vacuolaire.

83
Fig. 2.29 : Brèche magmatique doléritique à éléments plus ou moins porphyriques à ciment oligo-
porphyrique voir aphyrique à Izougaghen n’Tamda Bou Ouzou carte Bou Adil 1/50 000.

II.11.b : Les dykes et chonolites de dolérites plus ou moins porphyriques

Le couloir N40 (entre Taghouilast et Amegane, (Fig. 2.1) comprend des dykes de
faciès variés qui se recoupent, des dolérites gloméro-porphyriques, oligo-porphyriques et
aphyriques (Fig. 2.1 et 2.6). Ils sont groupés en faisceaux denses où la roche encaissante
n’occupe souvent plus qu’une faible partie. Localement ils sont connectés à des corps en sills
et constituent des chonolites ; celui du Sud-Ouest du Bou Imraden atteint un kilomètre de
long (Fig. 2.30).

Ces dykes recoupent toutes les formations du Groupe de Ouarzazate, les volcano-
sédiments vs1 et vs2, les intrusions de granodiorite et de dacites/rhyo-dacites, et même le
complexe de dolérite, dolérites porphyrique et gabbro. Ce dernier est seulement recoupé par
quelques dykes de direction N110/120 et plus rarement N20/30 et N-S de dolérites aphyriques
ou oligo-porphyriques, qui sont des directions de dykes coupant aussi le Cambrien. Il existe
donc parmi les divers dykes doléritiques N40, porphyriques, oligo-porphyriques ou
aphyriques de ce couloir, des dykes liés au magmatisme cambrien.

Comme critère de distinction entre les dykes appartenant au Protérozoïque (recouverts


en discordance par le Cambrien) et ceux appartenant au Paléozoïque, nous avons retenu le
caractère pétrographique macroscopique suivant : les dykes protérozoïques sont toujours des

84
faciès gloméro-porphyriques (plagioclases groupés en sphérules de diamètres variés de 5 à
25mm), alors que dans les dykes cambriens les plagioclases, de quelque taille que ce soit, sont
toujours en cristaux indépendants. A la cassure, la mésostase des dykes gloméro-porphyriques
est généralement brunâtre, à grain fin ou microcristalline, on y distingue aussi quelquefois une
teinte rose interstitielle, alors que celles des dykes dans le Cambrien est gris verdâtre et
microcristalline. Ces distinctions sont confortées par les différences de chimisme des laves.

Au microscope les dolérites porphyriques se composent de phénocristaux de


plagioclases gloméro-porphyriques plus ou moins abondants (labrador An 54 dans les zones
non séricitisées et épidotisées), parfois associés à des pyroxènes interstitiels. Dans la
mésostase les pyroxènes sont interstitiels entre les lattes de plagioclases (250 à 500 µm, 1 mm
dans les plus gros dykes). Les pyroxènes sont des augites (Wo 44-43 ; Fs 17,5-21,7). Les
derniers interstices sont occupés par une association granophyrique de feldspath potassique et
de quartz dont l’abondance peut se manifester par une teinte rose dans l’échantillon. La
magnétite interstitielle est abondante mais presque toujours remplacée par de l’hématite et du
rutile. L’apatite aciculaire est la plus tardive.

Fig. 2.30 : Chonolites porphyriques du Sud-Ouest du Bou Imraden.

II.11.c : Le dôme de gabbro

Situé sur le couloir N40 précité entre Tagouilast et Amegane (Fig. 2.1), un Faciès
porphyrique constitue un corps massif important allongé N40 (15x5 km) s’effilochant en
dykes de plus en plus fins vers le Nord-Est. Un corps également constitué par ces dolérites
porphyriques et plus ou moins allongé aussi N40 (3x1,5 km), affleure entre Talghoumt et Imi
n’Ikène (NE d’Amegane) sur la feuille d’Oukhit, tandis que de petits apex chonolitiques sont

85
connus tant sur Bou Adil (Sud du Jbel Bou Naga) que sur Oukhit (Sud du Jbel Bou Imraden et
ouest de la mine Bou Madine), où ils recoupent les rhyo-dacites intrusives entre les première
et deuxième formations effusives rhyo-ignimbritiques et la formation d’Awjane Aissa.

Au centre de ce couloir, se met en place un dôme de gabbros, à grain grossier souvent


à fond microgrenu ; au contact avec les dolérites équantes, les gabbros sont souvent à grain
fin et à fond largement microgrenu (bordure figée). La fin de ce quatrième ensemble
magmatique est marqué par l’injection de dykes (N40 surtout, mais aussi Nord-Sud) de
granophyres. Ces granophyres sont de teinte rose pâle et à grain très fin, ils intrudent et
tranchent nettement sur les gabbros et les dolérites, verdâtres quand ces deux derniers faciès
n’ont pas, ou peu, été altérés postérieurement.

La partie visible la plus basse du complexe intrusif, est un corps mafique grenu en
dôme elliptique (5 x 3 km) intrusif dans le corps stratoïde doléritique et dans les dolérites
porphyriques. Ce massif présente des variations de faciès du cœur vers la bordure :
diminution de la taille des cristaux, passage sans limite nette de faciès iso-granulaires à des
faciès porphyriques semblables à ceux des dykes gloméro-porphyriques.

Au cœur du gabbro, la structure est de grain moyen à grossier (5 à 20 mm), iso-


granulaire. Ce faciès est riche en clinopyroxène formant une structure sub-ophitique à inter-
granulaire avec les plagioclases (labrador à andésine, An 61 à 39 pour les moins altérés). La
phase interstitielle, très réduite se compose d’une association granophyrique de feldspath
potassique (orthose Ab 6 à 9) et de quartz. Les clinopyroxènes (augites Wo 40-42,8 ; Fs 17-
18), qui présentent souvent une macle simple selon 100, sont accolés à un autre minéral altéré
principalement en chlorite (XFe 0,39-0,40). Ce minéral altéré contient des exsolutions de
clinopyroxène en fines lamelles (13mm) et en chapelets de vermicules qui sont dans la même
orientation optique que celle des clinopyroxènes voisins. Leur disposition dans le minéral
chloritisé figure les directions 001 et 100 d’un ancien pyroxène (pigeonite).

Vers la bordure, les autres faciès grenus différent par la taille du grain, plus fin,
inférieur à 4 mm, passant à microgrenu, par la présence de phénocristaux d’un centimètre de
plagioclases gloméro-porphyriques, par l’abondance de pyroxènes qui peuvent présenter deux
temps de cristallisation (phénocristaux et mésostase) et par un remplissage final de feldspath
potassique et d’un peu de quartz en cristallisation symplectique.

Dans le contact entre ces gabbros et les dolérites stratoïdes, on observe en outre

86
localement des faciès grain fin dont la composition minéralogique est celle de diorites voire
de granodiorites.

Le toit du gabbro présente parfois une mince bordure pegmatitique où les cristaux
branchus de plagioclase et de pyroxène (2-3 cm) en intercroissance graphique ont cristallisé
vers l’intérieur. Ces pegmatites mafiques peuvent s’évader en veines sécantes et/ou
subconcordantes dans les dolérites stratoïdes du toit.

Les faciès les plus grenus du massif et les faciès gloméro-porphyriques, qualifiés de
«gabbros», ont des compositions minéralogiques de cumulats, représentés par les premiers
cristaux de plagioclases et de pyroxènes (phénocristaux, assemblage doléritique de
plagioclases et de deux pyroxènes en exsolutions). Les cristaux interstitiels ou inter-cumulus
(plagioclase, clinopyroxène, amphibole brune, feldspath potassique, quartz) proviennent de
consolidation de liquides plus différenciés. L’association de deux pyroxènes est
caractéristique de déstabilisations et de recristallisations à chaud de pigeonites initiales.

Les parties sud et sud-est du massif, ainsi que le toit de l’intrusion, sont souvent
fortement épidotisés de manière diffuse parfois autour de filons d’épidotite. Cette altération
peut remplacer totalement les minéraux ferromagnésiens et partiellement les plagioclases et
localement même toute la roche. Cette altération affecte également les volcanites recoupant le
Cambrien et leur encaissant gréseux ; elle n’est donc pas à rattacher à l’histoire magmatique et
hydrothermale protérozoïque.

II.11.d : Les monzodiorites quartzifères, monzonites et monzogranites

Les derniers corps intrusifs de l’ensemble quatre du groupe de Ouarzazate sont des
granites à gros grain, à pyroxène et/ou amphibole - biotite. Dans le massif du Saghro, ils
constituent le très grand (20x15 km) massif circonscrit, falciforme, de Bou Gafer et ses
équivalents occidentaux, non contigus (Sédrate de la Plaine), allongés N70. Localement, au
moins dans le Saghro centre-oriental, ces granites sont injectés en lames sub horizontales à
nouveau au toit des granodiorites (Massif d’Isk n’Alla au Nord de Tiouit). Dans l’Ougnat, ces
granites forment l’essentiel de la boutonnière de Bou Oufezzad (Fig. 2.31) à l’ouest de la
feuille de Bou Adil.

Sous le nom de « monzodiorites plus ou moins quartzifères et monzogranites» sont


regroupés plusieurs faciès de granulométrie et composition différentes parmi lesquels les
monzodiorites quartzifères à grain moyen (< 5 mm) et à pyroxène sont très largement
dominantes. Seuls des faciès à grain fin (< 1 mm) et microgrenus, en majorité leucocrates, ont
été distingués; ils comprennent des monzodiorites quartziques, des monzonites dans
lesquelles le pyroxène est moins abondant, et surtout des monzogranites à miaroles et des
granophyres.

87
Les faciès à grain fin et les faciès microgrenus porphyriques et/ou oligo-porphyriques
les plus leucocrates constituent le toit de l’intrusion ; les faciès à grain moyen encore
relativement leucocrates occupent le cœur du massif, tandis que des roches mésocrates se
situent à l’ouest-nord-ouest du massif, et apparaissent aussi en éléments de ‘mégabrèches’ à la
faveur d’oueds qui entaillent l’intrusion.

Fig. 2.31: Monzodiorite « litée ». Des veines irrégulières subhorizontales (très rarement verticales) soulignent le
débit local en pelure d’oignon des monzodiorites à Bou Oufezzad.

II.11.e : Les dykes de granophyres

Ces dykes de direction N40 et N-S, sont composés de roches à grain fin oligo-
porphyriques, de teinte rose à rougeâtre. Ils sont peu nombreux et peu épais en général
inférieur à 5 mètres, et d’extension réduite inférieur à 200 mètres ; un petit corps de
dimension (100 x 50 m) de composition similaire affleure à l’Est de Taghouilast.

Ces dykes recoupent la partie supérieure du dôme de gabbros ainsi que les dolérites
stratoïdes ; ils disparaissent peu vers le Nord du dôme du gabbro.

Au microscope, les phénocristaux de plagioclases et de quartz automorphes, sont


cernés par du feldspath potassique, et la cristallisation finale est représentée par une syn-
cristallisation graphique de quartz et de feldspath potassique.

Dans les granophyres, l’association de feldspath potassique et de quartz aciculaire


forme plus de la moitié du volume de ces roches. Cette texture, qualifiée de granophyrique,

88
correspond à une syncristallisation de la silice et du feldspath potassique. Dans la forme
aciculaire du quartz figurerait des cristaux initiaux de tridymite, indiquant des conditions de
haute température. Dans les cristaux aciculaires se distinguent du quartz limpide plus tardif,
en nourrissage ou souvent présent en remplissage de miaroles, par une grande abondance
d’inclusions fluides.

Les faciès de ces granophyres sont variés par les teintes (blanc crème, rosé à gris, gris
verdâtre) ; ils sont plus ou moins à texture gloméro-porphyrique et présentent parfois des
miaroles. Les minéraux ferromagnésiens sont peu abondants ou absents.

Ces roches seraient donc les derniers termes d’un liquide résiduel dont on trouve également la
présence dans le matériel cristallin interstitiel des gabbros et des dolérites.

III. Interprétation

Nous interpréterons d’abord aux conditions thermiques qui ont accompagné les diverses
intrusions du Néoprotérozoïque supérieur et à l’évolution paléo-magmatique (effusive et intrusive). La
paléogéographie sera ensuite précisée par la répartition et la morphologie des sites réceptacles des
séquences volcaniques effusives et des séquences volcano-sédimentaires.

III.1. Les conditions de mise en place

Tous les massifs intrusifs, des granodiorites aux gabbros-dolérites plus ou moins
porphyriques, sont de type hypo-volcanique comme le prouve l’omniprésence des faciès microgrenus
dans tous ces faciès. Cela implique que ces intrusions sont mises en place à des profondeurs
relativement faibles, c'est-à-dire, compte tenu du paysage continental régnant alors, sous des
couvertures surtout volcaniques relativement peu épaisses dans le Saghro. Derré et Lécolle, 1999 ;
Lécolle et al., 2003 a, b ont montré, que les granodiorites par exemple, s’étaient mises en place à une
profondeur de l’ordre du kilomètre. Pour l’Ougnat, les mêmes conditions sont parfaitement
compatibles avec les épaisseurs cumulées des nappes ignimbritiques de Tamergaza et de Bou Naga
sous lesquelles les granodiorites se mettent en place Cependant, on doit envisager que l’épaisseur de la
carapace volcanique a pu être diminuer de quelques kilomètres avant la transgression du Cambrien, ce
qui rend douteuse l’estimation précédente. Les dacites-andésites (Diorites) (Fig. 2.32),
immédiatement postérieures aux granodiorites, se mettent en place sous une couverture moins épaisse,
sous la seule nappe ignimbritique de Bou Naga et ou de Tamerzaga, au-dessus du substratum et de la
granodiorite. De plus deux parties de ce complexe sont des protrusions-extrusions situées sur une zone
d’alimentation, la partie occidentale et probablement à l’est de la feuille de Bou Adil.

89
Fig. 2.32: Coupe géologique Bou Dals Bou Malou feuille Bou Adil 1/50000 (Raddi et al. 2012b) Modifiée. Ta :
Formation de Tamerzaga, Vs1 : volcanosédimentaire1, AA1 : Formation d’Awja n’Issa, dacites
andésites, stocks et dykes rhyolitiques.

La présence du métamorphisme de contact (cornéennes à wollastonite-idocrase-grenat)


développé autour de ce complexe montre qu’il ne s’agit pas de coulées volcaniques. L’association
minéralogique des cornéennes à wollastonite-idocrase-grenat suppose un milieu de transformation
pauvre en eau, mais suffisamment ouvert pour permettre l’évacuation du gaz carbonique provenant de
la déstabilisation des carbonates initiaux. Ces nouveaux équilibres minéralogiques s’effectuent à des
températures voisines de 500°C. Ceci indiquerait, en admettant même un gradient géothermique fort,
de l’ordre de 100°C/km (tel qu’on en rencontre dans la Rift Valley avec une couverture volcano-
sédimentaire de près de 5 km d’épaisseur. En admettant que les diorites-dacites et granodiorites sont
d’âge néoprotérozoïque, leur couverture (d’âge néoprotérozoïque à peine plus ancien) a donc été
considérablement érodée entre la mise en place des intrusions et la transgression du Cambrien. Ces
conditions de pressions faibles et de températures fortes perdurent (ou se répètent) ensuite pendant la
mise en place des différents épisodes magmatiques, il devait y avoir des chambres magmatiques qui
alimentaient aussi le volcanisme d’Aoujane Aïssa. Ne pas oublier que le complexe de coulées de
dolérites, dykes et gabbros–monzogranites est discordant sur tout le reste. Les coulées ennoient des
paléovallées au terme de l’intrusion gabbro-doléritique. Les exsolutions à chaud des deux pyroxènes à
partir des pigeonites initiales, et l’existence d’un liquidus terminal cristallisant en associations
graphiques aciculaires confortent l’idée de telles conditions de surcharge.

III.2. La paléogéographie

Pour les différentes roches effusives rhyo-ignimbritiques, les conditions thermiques de leur
mise en place sont celles qui prévalent en régime continental aérien banal.

90
A l’Est de la boutonnière, les sites réceptacles, tels qu’ils peuvent être déduits de la carte
Oukhit à 1/50 000, seraient, pour la formation de Tamerzaga, des vallées sub-méridiennes (grabens)
séparées par des croupes (horsts) de mêmes directions sur lesquelles les épaisseurs de cette formation
(Tamergaza) sont moindres, voire nulles. Cette « architecture » paléogéographique aurait persisté
pendant le dépôt du volcano-sédimentaire Vs1, qui s’accumule dans des dépressions résiduelles ; ces
termes, alimentés par une érosion modérée des horsts intermédiaires et des rhyo-ignimbrites déjà
déposées latéralement, sont eux-mêmes en partie érodés avant que ne se mettent en place les nappes
rhyo-ignimbritiques de Bou Naga. Ces volcanites « rabotent » en partie le volcano- sédimentaire 1
(Vs1), et leur mise en place est la conséquence d’une reprise de l’extension subéquatoriale qui, cette
fois, active plus particulièrement la direction N40, les structures sub-méridiennes étant cependant
réactivées au moins localement.

La période d’inactivité volcanique effusive et au contraire d’érosion importante qui suit, avant
que ne reprennent les émissions rhyo-ignimbritiques d’Aouja n’Aissa, pourrait correspondre aux mises
en place des intrusions successives du « PIII ». Ces processus attestent d’une reprise modérée de
l’extension sub-latitudinale régionale qui se caractérise alors principalement par des effondrements
sub-verticaux

III.3. Les datations géochronologiques dans l’Anti Atlas et dans l’Ougnat

La géochronologie permet de distinguer trois épisodes (ou périodes) de magmatisme au cours


du Néoprotérozoïque (Mrini, 1993 ; Thomas, 2004 et Gasquet et al., 2008) (Fig. 2.33).

91
Fig. 2.33: Colonne lithostratigraphique généralisée de l’orogène panafricain dans l'Anti-Atlas. "PI" =
"XI", etc : symboles utilisés sur les cartes géologiques de l'Anti-Atlas. HKCA: (granitoïdes calco-
alcalins). D’après Thomas et al. (2004), Gasquet et al. (2005), Liégeois et al. (2006), Gasquet et al.
(2008).

Le premier épisode concerne le magmatisme océanique, antérieur à l’obduction de l’ophiolite


de Bou Azzer et du Siroua ; des âges de l’ordre Rb-Sr de 788 Ma ont été d’abord proposés (Clauer,
1974, 1976), mais rectifiés par U-Pb zircon sur un plagiogranite de l’ophiolite du Siroua à 7612 Ma
(Samson et al., 2004), les orthogneiss et métagabbros d’arc insulaire étant datés à Bou Azzer entre
7532 Ma (D’Lemos et al., 2006) et 7419 Ma (El Hadi et al., 2010).

92
Le second épisode, bien contraint par des datations U/Pb sur zircons et contemporain de
l’obduction panafricaine s’étale sur seulement 12Ma environ d’après les datations dans la boutonnière
de Bou Azzer : 6531 Ma pour la diorite quartzifère de Bou Offroukh et 6411 Ma pour la diorite
quartzifère d’Ousdrat (Inglis et al., 2005), plutons à mise en place syntectonique (Soulaimani et
Ouanaimi, 2011 ; Ouanaimi et Soulaimani, 2011).

Le troisième « épisode »magmatique s’étale sur environ 60 Ma, accompagnant les phases
tardives de l’orogenèse panafricaine :granite de Mzil, dans le Siroua, daté à 610 Ma ;datation à 5791
Ma (Inglis et al., 2004) pour la granodiorite post-tectonique de Bleïda à Bou Azzer ; granite de
Tarsouat (Kerdous) daté à 583-560 Ma (Aït Malek et al., 1998) ;granodiorites de Bouskour (Saghro)
daté à 570-580 Ma (Walsh et al., 2008);granite de Tafraout (Kerdous) daté à549 ± 6 Ma (Pons et al.
2006) ; granodiorite de Mellab (Ougnat) datée entre54726 Ma(Rb-Sr, Mrini, 1993).. Les volcanites
de la Série de Ouarzazate se situent elles-mêmes dans la fourchette d’âge 580-550 Ma (Clauer et al.,
1982 ; Mifdal et Peucat, 1985 ; Gasquet et al., 2008, avec références). En ce qui concerne le
volcanisme acide, les datations U/Pb sur zircons, réalisées dans le cadre des cartes géologiques au
1/50 000, donnent les âges suivants : 57036 Ma pour une ignimbrite rhyolitique à dacitique de la
carte d’Anzi (BGS, 2001), 5616 Ma pour une rhyolite de la carte d’Awkarda (Cocherie, 2004). Le
Groupe de Ouarzazate est daté à 550±3 Ma (U/Pb sonde ionique sur zircons) à Imiter (Cheilletz et al.,
2002), et à 553±15 Ma (U/Pb sonde ionique sur zircons) à Bou Madine (Levresse, 2001).

IV. Conclusion ; modifications apportées au schéma classique

La cartographie détaillée que nous avons effectué à 1/50 000 dans les régions
d’Oukhit et de Bou Adil (boutonnière de l’Ougnat), nous a permis d’élaborer une
stratigraphie détaillée du Néoprotérozoïque supérieur (ex-Précambrien III, Groupe de
Ouarzazate) à la lumière des nouvelles observations de terrain, de préciser la chronologie
et le mode de mise en place des différentes formations volcaniques et intrusives (Fig. 2.6)
et ainsi de compléter et de modifier le log de Paile (1983), réalisé sur l’Ougnat central aux
environs de la mine de Bou Madine (Fig. 2.5). Nos principaux résultats sont les suivants :

-Trois formations volcaniques ont été distinguées a)-Rhyo-ignimbritiques (Formations


Tamerzaga), b)- Formation de Bou Naga, non individualisée jusque là, et c)- Formation d’
Aouja n’Aissa ;

93
- Deux niveaux volcano-sédimentaires intercalaires (Fig. 2.9 et 2.22) ont été
distingués, cartés et étudiés, au lieu d’un seul, correspondant à la formation d’Ouin Oufroukh
de Paile, 1983;

- Certaines intrusions ont été identifiées pour la première fois, pour d’autres nous
avons proposé une modification soit de leur âge relatif, soit du mode de leur mise en place:

*La Granodiorite qui intrude le Groupe du Saghro, la formation de Tamerzaga, le


volcano sédimentaire 1 et la formation de Bou Naga (Fig. 2.6). Paile, 1983 considère la
granodiorite intrusive dans la base de la formation de Tamerzaga.

*L’andésite rangée par Paile, 1983 dans la formation de Tamerzaga correspond plutôt
à une grande protrusion de dacite et de rhyodacite qui est intrusive dans la formation de Bou
Naga (Fig. 2.6).

*Découverte et étude d’un complexe basique (dolérites, dolérites porphyriques, gabbro


à monzogranite ) (Fig. 2.1, Fig. 2.6 ; Fig. 2.26, Fig. 2.27, Fig. 2.30 et Fig. 2.31).

Enfin, la prise en compte des données thermométriques sur les minéraux de


métamorphisme de contact autour des intrusions suggère une épaisseur initiale du Groupe de
Ouarzazate de l’ordre de 5 km.

94
CHAPITRE 3

LES FORMATIONS PALEOZOÏQUES

95
LES FORMATIONS PALEOZOÏQUES

Introduction

Les travaux de Destombes et al., (1959-1973) et de H. Hollard (1956-1973), ont permis


l’établissement de la stratigraphie du Paléozoïque de l’Anti-Atlas oriental. Celui-ci constitue la
couverture du massif néoprotérozoïque sur lequel il repose toujours en forte discordance de
ravinement, parfois en discordance angulaire modérée (sud de Tagouilast et ouest Oukhit). Les noms
des formations et les datations paléontologiques ont été empruntés pour le Cambrien, l’Ordovicien et
le Silurien à Destombes (1971) et pour le Dévonien à Hollard (1967). Ce sont les divisions utilisées
sur la carte à 1/200.000 Saghro-Dadès (Du Dresnay et al., 1988). Notons qu’une nomenclature
différente a été publiée pour le Cambrien par Destombes et al. (1985), pour l’Anti-Atlas central et
occidental. Les corrélations entre le Cambrien réduit de l’Ougnat et le Cambrien subsident de l’Anti-
Atlas central et occidental étant difficiles à établir en l’absence fréquente de faunes, nous avons
conservé ici la terminologie classique, non sans indiquer les équivalences probables avec les
formations définies à l’ouest.

Le présent travail est basé sur une cartographie détaillée (1/50 000) du Paléozoïque
autour de la boutonnière de l’Ougnat dans les régions d’Oukhit et de Bou Adil (Raddi et al.
2006a et b ; Raddi et al. 2012a et b). Il nous a permis d’effectuer des levers de coupes
détaillées banc par banc dans les différentes formations et les différents secteurs (Fig. 3.1),
et l’élaboration de colonnes stratigraphiques. Les corrélations entre ces colonnes nous ont
permis de suivre l’évolution aussi bien verticale que latérale de ces formations, apportant
ainsi des précisions sur les variations latérales de faciès, les lacunes, les discordances
angulaires, etc.

I. Le Cambrien inférieur
I.1. Description

a. Assemame (ouest de la feuille Bou Adil 1/50 000) :

A Assemame, le Cambrien débute par des conglomérats de base de transgression, plus ou


moins indurés et à éléments polygéniques (granite, grès, schistes, andésites, rhyolites et ignimbrites) et
de taille variable, allant du cm au dm. D’une puissance de 400 m environ sur la bordure ouest de la
feuille de Bou Adil (Fig. 3.2 et Fig. 3.5), le Cambrien inférieur montrent une alternance de niveaux
continentaux, gréso-conglomératiques à carbonates littoraux, passant latéralement aux faciès

96
Fig. 3.1 : Localisation des lieux de colonnes stratigraphiques du Précambrien et du Paléozoïque.

97
continentaux notamment à l’Est du massif.

La colonne (Fig. 3.5) montre du bas vers le haut :

- 80 m de conglomérats et grès à laminations entrecroisées, à chenaux métriques à


décimétriques, figures de ravinements et des galets de pélites et de roches
magmatiques (Fig. 3.3);
- 10 m de niveaux pélitiques rouges (Fig. 3.4);
- 40 m d’alternances de calcaires dolomitiques (dolomicrosparite à dolosparite) avec des
fantômes de faune à huîtres, signant une avancée marine à cette époque (Fig. 3.2).
- 200 m à 250 m d’alternances gréso-pélitiques ;
- 50 à 80 m de grès grossiers à stratifications obliques et montrant un granoclassement plus
ou moins discret.
Les deux premiers niveaux sont les équivalents des grès de Tikirt ou « Taliouinien » de l’Anti-Atlas
occidental (Fig. 3.2 et Fig. 3.4). Les alternances calcaro-dolomitiques sont les équivalents latéraux très
réduits de la Formation d’Issafene et des Calcaires à Archaeocyathes, la barre gréseuse sommitale est
l’équivalent des « Grès terminaux » (« Etage d’Asrir, Formation de Tazlaft) (Fig. 3.2), classiquement
rangés dans le Cambrien inférieur, mais maintenant replacés à la base du Cambrien moyen à la suite
des travaux de Landing et al. (2006).

Fig. 3.2: Vue vers le Sud Est des formations du Cambrien au Nord du village Assemame (fig. 3.1).

98
Fig. 3.3 : Discordance entre les dolérites du groupe d’Ouarzazate et la brèche de base du Cambrien à Assemame.

Fig. 3.4 : Alternance des grés et de pelites violettes équivalent des grés de Tikirt « Taliwinien » au nord
d’Assemame.

99
Fig. 3.5: Colonne stratigraphique du Cambrien au nord d’Assemame localisation sur (Fig. 3.1).

100
Fig. 3.6: Colonne stratigraphique du Cambrien à Tizi n’Tazzougart, Localisation (Fig. 3.1).

101
b. A Tizi n’Tazzougart : Le Cambrien inférieur présente ici son maximum d’épaisseur, environ
200m. Il débute par un poudingue d’une vingtaine de mètres d’épaisseur. Les éléments de ce
poudingue sont en majorité des rhyolites néoprotérozoïques (sous-jacentes ou latéralement proches),
mais on trouve aussi des éléments de rhyo-dacites, de dolérites équantes et/ou porphyriques, ainsi que
de plus rares gabbros. Ce poudingue est mal classé (éléments de quelques centimètres à 50 cm) et mal
induré ; la matrice est gréso-arkosique et le ciment carbonaté est peu continu (Fig. 3.6 et Fig. 3.7).

Vers le haut les éléments de ce poudingue diminuent progressivement de taille, puis vient une
suite d’alternances de grès conglomératiques à petits éléments (< 5 cm) et de pélites rouges,
respectivement de 70 et 25 cm d’épaisseur.

La séquence se poursuit par des alternances de grès grossiers roses très peu indurés et de grès
fins massifs, en bancs de 50 cm environ vers le bas ; en montant la série, l’épaisseur des grès grossiers
augmente aux dépens de celle des grès fins qui montrent des chenaux à plusieurs échelles.

Fig. 3.7 : Le poudingue des grès terminaux à Tizi n’Tazzougart.

c. A l’Est de Tmenkal (Nord du Jbel Aberrchane), au débouché de l’oued Tadmasse:


L’épaisseur totale du Cambrien inférieur est ici réduite à 120 m environ (Fig. 3.8).

- au-dessus de poudingues épais (environ 20m), très semblables à ceux de la coupe précédente, le
Cambrien inférieur se poursuit par 20 mètres environ de grès grossiers roses à ciment carbonaté, à
stratifications entrecroisées (Fig. 3.12), qui se terminent par un horizon constitué par une décharge
détritique terrigène issus du substratum protérozoïque proche ; ce remaniement torrentiel (crues) des
brèches colluviales qui ennoyaient le substratum à cet endroit entraîne aussi des blocs de grès déjà
déposés et indurés.

- viennent ensuite 40 mètres d’alternances de bancs (0,20 m environ) de grès tendres et de grès
massifs indurés à stratifications entrecroisées et « parting lineations », surmontés par 2 m environ de

102
pélites ‘‘lie de vin’’, ravinées par des lentilles de poudingues dont l’ensemble ne dépasse pas 10 m
d’épaisseur.

- la séquence se termine par 30 m de grès grossiers et de barres de grès quartzitiques en bancs


d’épaisseurs décroissantes vers le haut. Ces grès présentent des stratifications obliques alternées (en
arêtes de poissons) et des stratifications entrecroisées.

Fig. 3.8: colonne stratigraphique du Cambrien inf et moyen à l’Est de Tmenkal. (Fig. 3.1).

d. Au Nord d’Itghi Aouragh : Dans cette zone, l’épaisseur totale du Cambrien inférieur est
réduite à 70 mètres environ (Fig. 3.9).

103
La séquence repose directement sur les volcanites du substratum (Nappe rhyolitique de Bou
Naga e2), sans interposition de poudingues. Elle se compose essentiellement de :

 grès clairs à ciment carbonaté comblant des chenaux successifs dans lesquels les stratifications
obliques et entrecroisées sont fréquentes.
 quelques lentilles, peu épaisses (1m) et peu étendues latéralement (< 10 m), de poudingues à
petits éléments (< 3 cm) bien roulés y sont intercalées.

Fig. 3.9 : Colonne du Cambrien inférieur au Nord d’Itrhi Aouragh, (Fig. 3.1).

Dans le secteur du Jbel Bou Imraden au Nord-ouest d’Oukhit, le Cambrien inférieur reste peu
épais (environ 50 m). C’est une séquence de grès à patine rosâtre, en bancs infra-métriques,
souvent à stratifications obliques ou entrecroisées, qui reposent directement sur des rhyo-
ignimbrites de Tamerzaga (e1) et sur l’intercalaire volcano-sédimentaire vs1du substratum.

e. Les études pétrographiques des grès au microscope, quelle que soit leur hauteur de
prélèvement dans la séquence, montrent une grande constance de composition et de structures ; les
différences ne concernent que la taille des grains détritiques, la présence plus ou moins importante
d’une matrice et une cimentation variable. Les grès sont constitués surtout de grains de quartz
(< 1 mm) très émoussés à bien arrondis, bien classés. Ces grains montrent souvent des auréoles
siliceuses de nourrissage. Les feldspaths, de même morphologie et taille, sont très peu fréquents, mais
il peut aussi exister des éléments rocheux divers de granulométrie voisine. La matrice, peu abondante,
est phylliteuse (argilo-micacée). Le ciment est le plus souvent carbonaté, mais il peut localement être
remplacé par des oxydes et hydroxydes de fer issus de l’altération des carbonates (Fig. 3.11).

104
Les grès du Cambrien inférieur sont donc des sédiments détritiques terrigènes très évolués
dont l’origine ne peut être recherchée dans le démantèlement et l’érosion du substratum protérozoïque
immédiat ou proche, sauf pour certains petits galets de volcanites diverses, épars dans certains
horizons. La longue histoire évolutive qu’ils ont subie est par contre parfaitement cohérente avec une
origine à partir de la plateforme africaine située plus au Sud, émergée depuis la fin du
Paléoprotérozoïque. Notons que des affleurements de Cambrien inférieur gréseux sont connus au sud
de l’Ougnat dans le Jbel Zorg (au SE de Taouz), et encore plus loin au SE dans l’Ougarta.

I.2. Synthèse et conclusion sur la transgression paléozoïque

Sur le pourtour du massif protérozoïque de l’Ougnat, la base de la série transgressive du


Paléozoïque est constituée par des sédiments détritiques terrigènes en majeure partie très évolués, du
Cambrien inférieur. Ce sont surtout des grès à stratifications obliques et/ou entrecroisées. Localement,
à la base de la séquence gréseuse existent des poudingues à galets de différents faciès du
Protérozoïque; on trouve aussi des récurrences de ces faciès à plusieurs niveaux dans la séquence
gréseuse. Plus localement, la base de la série cambrienne est représentée par des brèches
hétérométriques dont les éléments anguleux sont empruntés au substratum immédiat.

Par comparaison avec les termes cambriens représentés dans l’Anti-Atlas occidental et central,
les horizons transgressifs sur l’Ougnat sont le plus souvent attribuables au Cambrien inférieur.
Cependant, localement (Nord-Est du Jbel Bou Imraden), ce sont des niveaux plus récents, les pélites à
Paradoxides, voire les grès de Tabanit (grès à Conocoryphe) qui reposent directement sur les
différents termes du Protérozoïque, jusqu’au substratum épimétamorphique (Groupe du Saghro) lui-
même. Cette diversité des faciès protérozoïques transgressés est l’expression régionale de l’importance
de la lacune post- Aouja n’Aissa et anté-Cambrien inférieur et de la forte obliquité de la surface
d’érosion sur le Protérozoïque. (Fig. 3.10)

Les reliefs étendus et peu vigoureux sont recouverts en discordance angulaire très faible par
des sédiments terrigènes très évolués de granulométrie fine, sans intercalaires conglomératiques, sauf
localement à la base. Sur les paléo-falaises la discordance angulaire est très forte, avec des faciès
transgressifs majoritairement semblables, qui viennent buter contre les parois. Des décharges de faciès
détritiques terrigènes très peu évolués, issus de brèches colluviales qui nappent encore certaines parties
des paléo-reliefs, apparaissent à plusieurs niveaux du Cambrien.

105
Fig. 3.10: Variations latérales lithostratigraphique des formations du Cambrien. A : Assemame ; B : Tizi n’Tzougart ; C : Est de Tmenkal ; D : Itrhi Aouragh

(NOF : faille nord Oukhit, SOF : Faille sud Oukhit, OSF : faille de oued smile et ANF : Faille d’Alnif).

106
Fig. 3.11: Les différentes formations du Cambrien moyen au nord de Jbel Aberchane.

Fig. 3.12 : stratification entrecroisées en arrêtes de poissons dans les grés terminaux à l’Est de Tmenkal.

Les grès du Cambrien inférieur sont donc des sédiments détritiques terrigènes très évolués
dont l’origine ne peut être recherchée dans le démantèlement et l’érosion du substratum protérozoïque
immédiat ou proche, sauf pour certains petits galets de volcanites diverses, épars dans certains
horizons. La longue histoire évolutive qu’ils ont subie est par contre parfaitement cohérente avec une
origine à partir de la plateforme africaine (Fabre, 1976, 2005) située au loin au Sud, émergée depuis la
fin du Paléo-Protérozoïque. Notons que des faciès terrigènes du Cambrien inférieur sont décrits au sud
de l’Ougnat au Tazoult n’Ouzina et au J. Zorg, à l’ouest et au sud de Taouz, respectivement (cf. carte
géologique au 1/200.000ème Tafilalt-Taouz, Destombes et Hollard, 1986).

107
II. Le Cambrien moyen

Le Cambrien moyen est subdivisé classiquement, dans l’Anti-Atlas oriental, en deux


formations principales : la formation des Schistes à Paradoxides (avec à sa base, peu marquée, la
« Brèche à Micmacca ») et au-dessus, la formation des Grès de Tabanit. Dans l’Anti-Atlas central et
occidental (Destombes et al., 1985), il s’agit des formations du J. Afraou (se terminant par le niveau à
Bailiella) et la formation d’Azlaft.

II.1. La Brèche à Micmacca et les Schistes à Paradoxides (Em1)

L’épaisseur de cet ensemble (c’est-à-dire, pour l’essentiel, des Schistes à Paradoxides) varie
régionalement entre 50 m au Nord d’Oukhit et 100 m à Assemame (feuille Bou Adil).

a. A Assemame (Fig. 3.5 et Fig. 3.13), Cette formation débute par quelques mètres de pélites beiges
admettant des niveaux carbonatés peu épais (quelques centimètres) ; vient ensuite une lumachelle à
débris de trilobites, d’une épaisseur inférieure à 2 m (cette lumachelle est connue dans tout l’Anti-
Atlas sous le nom de « Brèche à Micmacca » (Fig. 3.14) ou formation de Wawrmast ; (Destombes et
al., 1985).

La suite de la formation, avec son faciès dominant est représenté par une épaisse (100m)
séquence de pélites vert-olive. Ce sont des pélites micacées et chloriteuses, avec des intercalations peu
épaisses (Fig. 3.15) (quelques centimètres à moins d’un décimètre), discontinues, de grès à grain fin de
même couleur. Vers le haut de la série apparaissent des horizons plus ou moins riches en nodules
carbonatés à cassure brunâtre ; ces nodules ont un diamètre inférieur à 5 cm.

Le passage vers la formation suivante est transitionnel mais rapide, les pélites devenant de plus
en plus gréseuses.

108
Fig. 3.13 : Formation des schistes a Paradoxidès surmontant les grés terminaux au niveau d’Assemame.

b. A Tizi n’Tazzougart (Fig. 3.6 et Fig. 3.11), la formation commence par des alternances de
bancs de pélites et de grès sur 6 mètres d’épaisseur environ, avec des niveaux carbonatés puis vient le
niveau de la brèche à Micmaca (Fig. 3.14).

Cette brèche est une litarénite bioclastique à lumachellique, avec des fragments de trilobites,
de stromatolites, des pisolites ferrugineux, et à bioturbation horizontale. Elle présente également des
stratifications obliques entrecroisées et des croûtes ferrugineuses interstratifiées. C’est un niveau
d’épaisseur variable de quelques centimètres à 3 mètres, formé de débris de tests de trilobites et de
brachiopodes (Fig. 3.15).

109
Fig. 3.14 : Niveau de brèche a Micmaca au nord d’Aberchane (Est de Tmekal).

Fig. 3.15 : Niveaux carbonaté lumachellique a l’Est de Tmenkal.

Au-dessus et sur environ 80 m d’épaisseur se sont déposées des pélites micacées à


Paradoxides (Choubert, 1963 ; Destombes, 1973) avec à la base des niveaux centimétriques à
décimétriques de grès et de carbonates lumachelliques. Latéralement ces niveaux sont remplacés par
une soixantaine de mètres de pélites micacées vertes, à nodules carbonatés plus ou moins ferrugineux.

110
En de nombreux points, ces pélites ont livré des trilobites du genre Paradoxides.

Vers le sommet de la séquence, les pélites deviennent plus silteuses et riches en micas ; des
bancs de grès dont l’épaisseur croît en montant dans la séquence, apparaissent progressivement. Ils
présentent des petits chenaux et des stratifications entrecroisées. La surface des bancs est couverte de
tests de Brachiopodes et de Lamellibranches.

c. Le long de la falaise nord du Jbel Aberrchane et de l’Itri Aouragh (Fig. 3.6 ; Fig. 3.8 ;
Fig. 3.9 ; Fig. 3.11 et Fig. 3.16), la limite entre les pélites à Paradoxides et les « grès de Tabanit » sus-
jacents est marquée par de fortes perturbations dans la sédimentation. Ces perturbations sont d’autant
plus importantes que le volcanisme mafique associé à cette séquence est présent.

Fig. 3.16 : Niveau d’instabilité à la limite schistes à Paradoxidès Grés de Tabanite au col d’Ouinguigui.

d. Au sud de Tmenkal (Fig. 3.8), la même instabilité est marquée par des chenaux, une
sédimentation chaotique des blocs hétérométriques de grès ou de pélites resédimentés, des slumps, des
séismites et des niches d’arrachement que l’on peut suivre sur de grande distance.

e. Au col d’Ouinguigui (Fig. 3.18), les perturbations sont matérialisées par une séquence où
abondent les slumps, les chenaux et les blocs de grès basculés dans les pélites (olistolithes) ; les
discordances angulaires internes sont nombreuses et les ‘grès de Tabanit’ qui viennent au-dessus sont
eux-mêmes en discordance angulaire sensible (environ 10°).

111
A l’échelle du secteur, le passage chaotique est donc constant du Tizi n’Tazzougart jusqu’au
nord d’Itghi Aouragh (Carte Oukhit 1/50 000) où il est marqué par de grands slumps décamétriques,
en passant par le Sud-Est de Tmenkal. C’est la traduction dans la fin de la sédimentation de cette
séquence de mouvements tectoniques que l’on peut rattacher aux prémices des distensions
accompagnant la mise en place des volcanites mafiques qui recoupent cette séquence ou y sont
interstratifiées en sills. Ces intrusions dans les pélites à Paradoxides sont les racines d’appareils
effusifs développés dans le sommet des Grès de Tabanit.

II.2. La formation des Grès de Tabanit

a. Sur la rive gauche de l’oued Ouinguigui (Fig. 3.18), cette formation atteint son épaisseur
maximale 300 m. A la base, une suite d’alternances de bancs de grès à laminations parallèles et de
pélites micacées épaisse d’environ 20 m, précède une vingtaine de mètres de grès massifs à ciment
siliceux et à Tigillites (Skolythes).

Un sill de volcanites mafiques de 15 m d’épaisseur vient ensuite et précède une succession


d’alternances de bancs de grès massifs, peu épais (< 50 cm) et de grès en plaquettes plus épais (<
1,5 m). Les grès massifs, à stratifications entrecroisées, montrent, en surface de bancs, des concrétions
ferrugineuses oxydées et des cubes de pyrite d’environ 1 cm d’arête. Dans les grès en plaquettes les
figures sédimentaires sont nombreuses et variées : figures d’échappement d’eau (Fig. 3.17), slumps,
séismites.

Au-dessus vient une vingtaine de mètres de grès clairs en plaquettes, pratiquement sans
intercalations de grès massifs (seuls subsistent quelques chenaux) ; dans les grès en plaquettes on
observe des slumps et des stratifications entrecroisées. Puis, une quinzaine de mètres d’alternances de
grès et de pélites sombres précède une cinquantaine de mètres de grès massifs en bancs décimétriques,
à lentilles et nodules carbonatés.

112
Fig. 3.17 : Structure d’échappement d’eau dans les grés de Tabanite a l’Est d’Ouinguigui.

Une dizaine de mètres de grès vacuolaires, sombres, silicifiés, avec des cubes de pyrite, en
bancs décimétriques alternent avec des niveaux, également décimétriques, de pélites vertes (Fig. 3.18).
Le sommet de la formation des Grès de Tabanit, sous l’Ordovicien, est constitué d’au moins trois
émissions de pyroclastites mafiques litées recoupées par des dykes de volcanites également mafiques ;
l’ensemble est épais de trente mètres environ. Certaines pyroclastites sont pulvérisées dans des grès
qui forment la matrice de la roche (Fig. 3.18, Fig. 3.19 et Fig. 3.20).

b. A l’Est de Tmenkel : La formation des grès de Tabanit, épaisse au total d’environ


120 mètres (Fig. 3.8 et Fig. 3.10), commence par un ensemble de 40 mètres d’épaisseur, de grès
rouges en bancs d’épaisseurs décroissantes en montant, décimétriques à fins niveaux pélitiques la base
qui passent à des bancs métriques de grès quartzitiques en dalles à Tigillites avec des niveaux
lumachelliques à brachiopodes et à stratifications entrecroisées.

Au dessus, des alternances de bancs de grès d’épaisseurs décimétriques et de pélites gréseuses


en plaquettes, présentant à leur toit, des figures de saltation de direction N50, précèdent une succession
d’environ 80 mètres de grès massifs en bancs d’épaisseur métrique.

c. A Tawjimmt n’Itibirene : Dans cette zone, la base de la formation des ‘grès de Tabanit’
n’est pas exposée. L’épaisseur visible est néanmoins de 200 mètres environ.

113
La partie supérieure de la séquence est similaire à celle décrite ci-dessus, mais les horizons sous-
jacents montrent une tendance pélitique de teinte verdâtre plus prononcée. Cela a parfois entraîné des
confusions avec le Cambrien moyen des ‘pélites à Paradoxides’, comme cela a aussi été le cas plus au
Nord, à l’Ouest d’Oukhit dans le Jbel Bou Imraden Est.

d. A Tizi N Izem : La formation des grés de Tabanite est différente, elle est plus épaisse et
montre trois unités distinctes. Elle montre à la base 70m de grés inférieurs, puis environs 200m
d’alternance de pélites et de grés ce qui prête à confusion avec les schistes a Paradoxidès, puis au
dessus 40m de grés supérieurs.

e. A Assemame (Fig. 3.5), cette formation est une suite d’alternances, d’épaisseur métrique,
de bancs de grès et de pélites verdâtres. Vers le bas de la formation, les grès sont à grain assez fin
(< 0,5 mm) ; ils deviennent de plus en plus grossiers en montant dans la série (# 1,5 mm). Au sommet
de la série, les bancs de grès, plus épais, montrent de très nettes stratifications entrecroisées ; de plus,
les bancs sont affectés de chenaux de profondeur métrique, comblés par des grès plus grossiers voire
conglomératiques.

f. A l’échelle du secteur : Les grés de Tabanite, appelés aussi ‘grès à Tigillites’ ou ‘‘grès à
Conocoryphes’’ (Choubert 1963), atteint 300 mètres d’épaisseur, qui comporte en général des grès
grauwackeux progrades en bancs d’épaisseurs croissantes vers le haut ; rouges à la base, jaune et
verdâtre en montant (apport du matériel volcanique), ces grès admettent des intercalaires pélitiques
d’épaisseurs variables qui sont souvent confondus avec les pélites à Paradoxides. Au sommet de la
séquence, au passage vers les dépôts ordoviciens, apparaissent plusieurs nivaux de tufs lités.

La séquence des ‘‘grès de Tabanit’’ représente des faciès de comblement lors du recul de la
mer épicontinentale, annonciateur de la lacune du Cambrien supérieur et de l’Ordovicien inférieur
(Fig. 3.19 et Fig. 3.20).

Cette évolution montre que la puissance diminue du Sud vers le Nord et de l’Ouest vers l’Est
pour la formation des grés terminaux (Fig. 3.10). On assiste à l’amenuisement des barres gréseuses.

Par contre la formation des grés de Tabanite est plus épaisse dans le secteur d’Oukhit avec
développement du magmatisme cambrien.

Vers l’Est, Il y a une violente diminution de puissance et transformation de faciès le long du


flanc est et nord de l’Ougnat aux abords du haut fond de Touroug-est, décrit dans la notice de la carte
géologique à 1/200 000 de Toudgha-Maider (Destombes 1986). Les séries sédimentaires cambriennes
y sont réduites à quelques dizaines de mètres.

114
La réduction générale de la série s’opère également par le haut car l’érosion qui a précédé le
dépôt de l’Ordovicien transgressif est de plus en plus importante du S vers le N.

Fig. 3.18 : Log stratigraphique de la formation du Grès de Tabanit à l’Est de Ouinguigui, (Fig. 3.1).

115
II.3. Du sommet du Cambrien moyen à l’Ordovicien

Une lacune de tout le Cambrien supérieur caractérise, à de rares exceptions près, tout l’Anti-
Atlas (Destombes et Feist, 1987). La transgression de l’Ordovicien s’est trouvée précédée, dans
l’Ougnat, d’une forte érosion du Cambrien moyen (Destombes, 2006).

a. A Tikent n Tfersikt, sur les Grès de Tabanit typiques reposent des faciès rougeâtres,
volcano-sédimentaires, gréseux à gréso-pélitiques de 3m d’épaisseur environ remaniant, dans leur
moitié supérieure, des blocs de grès et de volcanites mafiques. Ces faciès rougeâtres se terminent par
des lentilles de poudingues de 60 cm de puissance au maximum. On passe ensuite à des alternances de
grès et de pélites (4m), de grès et de poudingues (2m), puis à des alternances de grès et de cinérites ;
viennent ensuite des sédiments plus au moins grossiers gréseux à conglomératiques, à stratifications
entrecroisées, sur une épaisseur de 6m environ. S’épanche alors une coulée mafique sur laquelle se
déposent des alternances de grès et de pélites (4m) avec des niveaux carbonatés à concrétions
ferrugineuses et se termine par un poudingue en bancs centimétriques à décimétriques d’épaisseur
décroissante en montant, admettant des niveaux ferrugineux de quelques centimètres d’épaisseur (Fig.
3.19 et Fig. 3.20). Ces termes se rattachent encore clairement à la formation du Tabanit. Ils sont
recouverts directement par les pélites ordoviciennes de l’Arenig inférieur (Formation supérieure des
Fezouata ; Destombes, 2006).

Fig. 3.19 : La limite Cambrien-Ordovicien à Tikent n’Tfersikt.

116
Fig. 3.20: Coupe de la limite Cambrien-Ordovicien à Tikent n’Tfersikt.

b. A l’Est d’Ouinguigui : Le sommet de la formation des Grès de Tabanit, sous l’Ordovicien, est
constitué d’au moins trois émissions de pyroclastites mafiques litées intrudées de volcanites également
mafiques ; l’ensemble est épais de 30 m environ. Certaines pyroclastites sont pulvérisées dans des grès
qui forment la matrice de la roche (Fig. 3.18, Fig. 3.19 et Fig. 3.20).

III. L’Ordovicien

La série ordovicienne est transgressive, soit sur la série litée volcano-sédimentaire qui clôt
l’activité volcanique cambrienne, soit sur les derniers bancs gréseux du Tabanit, soit même sur les
Schistes à Paradoxides (Fig. 3.10). Comme l’explique J. Destombes (2006), le Cambrien de l’Ougnat
voit son épaisseur varier à la fois « par le bas » (transgression sur un haut-fond) et « par le haut »
(érosion au Cambrien supérieur-Tremadoc).

Le seul endroit où on peut voir le contact direct entre la première formation ordovicienne, les
pélites du Fezouata supérieur et les grès de Tabanit est à Ikourbibene à l’Est d’Oukhit. Ailleurs, ce
contact est perturbé par l’activité volcanique qui clôture le Cambrien moyen. A cet endroit, la
formation des Fezouata supérieur datée par graptolithes de l’Arenig inférieur (Destombes, 2006)
repose sur les grès du Cambrien moyen en discordance de ravinement très nette, par l’intermédiaire
d’un poudingue à galets de grès et de basaltes.

Sur la feuille Bou Adil, l’Ordovicien est transgressif en discordance de ravinement sur le
Cambrien moyen (Grès de Tabanit), il est lacunaire par sa base (le Trémadoc n’est pas représenté), et

117
il débute par l’Arénig inférieur (Destombes J. et al., 1985).

La série comporte de nombreuses discordances internes, accompagnées de lacunes plus ou


moins importantes. Des niveaux ferrugineux, oolithiques, discontinus, témoignent de périodes à
sédimentation réduite, voire de lacunes.

III.1. L’Ordovicien inférieur et moyen

Il comporte deux groupes et trois formations, de bas en haut : le « Groupe des Feijas
externes », avec la « Formation supérieure des Fezouata » et la « Formation du Tachilla », puis le
« Groupe du Premier Bani », qui se résume ici à une seule formation du même nom. La Formation
inférieure des Fezouata (Tremadoc), qui fait partie du groupe des Feijas externes, n’est fossilifère que
60 km environ vers le SW, près de Tazarine, et disparaît vers le nord-est autour de l’Ougnat
(Destombes, 2006).

1.1. La Formation supérieure des Fezouata (Or2)


La formation supérieure des Fezouata est bien caractérisée par ses faunes, essentiellement de
graptolithes, qui indiquent l’Arenig inférieur (Destombes et al., 1985 ; Destombes, 2006) ou Floien.
Son épaisseur diminue fortement du sud vers le nord du massif.

a. A Iouraghene : Son épaisseur (70 à 80 m) est assez constante. Sa base est marquée par un
horizon ferrugineux oolithique continu, peu épais (20 cm à 1 m), parfois chenalisé. L’essentiel de la
formation est constitué de pélites verdâtres riches en muscovite détritique (Fig. 3.21), dont le faciès est
convergent avec celui des pélites du Cambrien moyen (Pélites à Paradoxides). La formation se
termine par un horizon discontinu des psammites à grain fin (< 1,5 m) ; identifié au nord-ouest de la
feuille Bou Adil, cet horizon peut être assimilé aux Grès du J. Zini de l’Anti-Atlas sud-occidental.

b. A Tikent n’Tfersikt les pélites Or2 se déposent sur les coulées basaltiques, sur le volcano-
détritique ou sur les poudingues de la fin du Cambrien moyen, soulignant leur caractère discordant
(Fig. 3.22).

Sur le niveau oolithique ferrugineux basal se dépose une série de pélites micacées vert

clair à intercalations de pélites gréseuses. Les pélites sont en bancs d’épaisseur décroissante en
montant, et les pélites gréseuses passent à des grès en plaquettes lenticulaires avec des structures
d’échappement d’eau qui témoignent d’une sédimentation rapide. La séquence se termine par des
alternances de grès et de pélites.

118
Fig. 3.21: colonne Log stratigraphique de l’Ordovicien inférieur à Iouraghene au SE de Bou Adil. (Fig.3.1).

119
Fig. 3.22: Colonne stratigraphique de l’Ordovicien à Tichout n’Tferskit, (Fig.3.1).

120
c. Au Sud d’Ouinguigui, (Fig. 3.23), cette formation n’a que 40 à 50 m d’épaisseur alors
qu’en allant vers le Sud-Ouest (Tikent n’Tfersikt) sa puissance augmente et atteint 70 à 80 m ; dans
ces zones, elle repose toujours sur la séquence volcano-sédimentaire de la fin du Cambrien moyen.

Au sud immédiat de Ouinguigui, la séquence Or2 est constituée de pélites micacées silteuses
avec des niveaux de grès de quelques centimètres d’épaisseur. Les pélites renferment des nodules
aplatis de grès d’une vingtaine de centimètres de diamètre. Elle se termine par un niveau de grès
ferrugineux à oolithes de 60 cm d’épaisseur environ.

Fig. 3.23: Les formations de l’Ordovicien inférieur au sud-ouest d’Ouinguigui.

d. Au Nord-Est d’Ikourbibene, où la transgression ordovicienne sur les Grès de Tabanit est


bien visible, l’épaisseur de la formation supérieure des Fezouata est estimée à environ 40 m. On passe
du dernier banc des grès, avec sa surface ferruginisée, à un petit niveau de poudingue lenticulaire à
galets de grès et de volcanites mafiques, puis à des alternances de pélites gréseuses et de petits bancs
de grès.

Cette faible épaisseur conforte le rôle de paléo-relief déjà mis en évidence pour les formations
cambriennes.

121
e. A Tamjout al Qadi (Sud de Taoujimt n’Itibirene) (Fig. 3.24) : la formation de Fezouata
présente le maximum d’épaisseur environ 100 m.

L’extrême base du Fezouata est à ce niveau masquée par les éboulis quaternaires. La séquence
visible débute donc par des pélites vertes puis viennent des alternances de pélites et de grès (15m), des
pélites verdâtres à jaunâtres qui deviennent rougeâtres à brunes (40m) ; elle se termine par un niveau
oolitique ferrugineux de 0,5 m d’épaisseur. Deux sills sont interstratifiés dans cette séquence, le plus
bas est un lamprophyre d’environ 4 m d’épaisseur au maximum, le plus haut est un sill de volcanites
mafiques de 50 cm d’épaisseur maximale.

f. A Tafraout n’Tmitar (Fig. 3.25) au NE des zones précédentes, l’importante discordance de


ravinement de la base du Premier Bani (Or4) ne laisse subsister qu’une vingtaine de mètres de pélites
gréseuses micacées vertes du Fezouata supérieur

g. A Amalou n’Taourirte, au Nord Ouest de la carte Bou Adil au 1/50 000 (Piste Tinjdad-
Msissi), la formation débute localement par un horizon d’oolites ferrugineuses ou de glauconites, puis
viennent des pélites très fines, micacées, gréseuses de couleur gris vert, à laminations parallèles. Par
endroit, elle présente des nodules gréseux ne dépassant pas 30 cm de diamètre. Le cycle sédimentaire
de Fezouata se termine par un épisode régressif avec des dépôts de grès plus ou moins lenticulaires ;
c’est l’équivalent des grès du J. Zini, mis en évidence ici pour la première fois.

122
Fig. 3.24: Colonne stratigraphique du sommet de Tabanit de Fazouata et de Tachila à Tamajoute Al qadi (Fig.3.1).

1.2. La Formation de Tachilla (Or3)


Cette formation est la dernière du groupe des Feijas externes. Elle est bien datée du Llanvirn =
Darrivillien inférieur de la nomenclature actuelle (Destombes et al., 1985; Destombes, 1987, 2006). La
formation est bien délimitée par deux horizons de fer oolithique encadrant des argilites ou pélites
vertes. L’horizon oolithique de base marque le caractère transgressif du Llanvirn dans tout l’Anti-
Atlas. L’horizon supérieur marque la transgression des termes suivants, formant le groupe du Premier
Bani (Or4).

a. Au Sud d’Ouinguigui (Fig. 3.22 et Fig. 3.23), la ‘formation de Tachilla’ dont l’épaisseur ne
dépasse pas 40 m est formée de pélites micacées bioturbées, avec des niveaux de grès quartzeux
friables, à bioturbations, en bancs d’épaisseur variable (5 à 15 cm) plus nombreux vers le sommet.

123
b. au Sud de Taoujimt n’Itibirene, la formation de Tachilla présente son maximum d’épaisseur. Au-
dessus du niveau oolithique ferrugineux de base viennent des argilites qui sont d’abord grisâtres et
deviennent ensuite vert olive.

c. A Tafraout n’Tmitar (Fig. 3.25), La formation de Tachilla est représentée au-dessus du


niveau repère basal par 30 m d’argilites grises assez finement gréseuses.

Fig. 3.25: Colonne stratigraphique de l’Ordovicien inférieur au niveau de Tafraout n’Tmitar (point 1151 m), (Fig.3.1).

d. A Alghoum n’Ikourbibene, à l’extrême Nord-Est de la feuille d’Oukhit, l’horizon repère


ferrugineux de base devient glauconieux et conglomératique. Il est recouvert par 25 à 30 m de pélites
argileuses gris mauve et gris-vert.

A l’échelle du secteur, cette formation (souvent masquée sous les éboulis des falaises des grès
Or4 qui la surmontent) diminue d’épaisseur du Sud-Ouest vers le Nord-Est, passant respectivement de
80 m à 30 m environ. En revanche, son niveau-repère de base, formé de grès à oolithes ferrugineux,
varie peu d’épaisseur (30 à 50 cm). Ce niveau parfois conglomératique, avec aussi des crinoïdes et des
terriers, marque le caractère transgressif de cette formation (Fig. 3.28) après une phase tectonique,
probablement en extension, ayant provoqué des basculements des blocs du socle sous-jacent.

1.3. Le Groupe du Premier Bani (Or4)

Il s’agit d’un groupe à dominante gréseuse et qui joue, de ce fait, un rôle de commandement
morphologique dans l’Anti-Atlas occidental et central où le groupe est épais (Jbel Bani) ; ce rôle
diminue, avec l’épaisseur du groupe, dans la région de l’Ougnat. Son âge est Llandeilo s.l.
(Dariwillien supérieur), bien documenté paléontologiquement dans l’Anti-Atlas central (Destombes et
al., 1985). Sa base, transgressive, est marquée par un niveau d’oolithes ferrugineuses (« niveau d’Imi

124
n’Tourza » au Nord d’Alnif ; Destombes, 2006 ; Raddi et al., 2011). Son sommet est plus
difficilement repérable dans la région de l’Ougnat que plus à l’0uest, du fait que les premiers
dépôts du groupe suivant (Ktaoua), argileux à l’Ouest, deviennent gréseux vers le NE. De
même, tandis que ce groupe est subdivisé dans l’Anti-Atlas central en cinq formations, dans la
région de l’Ougnat, il n’a été possible de ne reconnaître qu’une seule formation, identifiée à
l’ensemble du groupe.

A l’Est de l’Ougnat (Sud d’Ouinguigui, Tikent n’Tfersikt et Tafraout n’Tmitar), le


Premier Bani, relativement mince, érode la formation de Tachilla sur une épaisseur de 30 m
environ (Fig. 3.25, Fig. 3.23 et Fig. 3.26). Au sud du massif (Iouraghene ; Fig. 3.21), la
discordance est moindre et la série plus épaisse.

a. A Iouraghene (Fig. 3.21), au SSE de Bou Adil, le Premier Bani débute par un
horizon ferrugineux, oolithique, peu épais (< 2 m) ; il se poursuit par une épaisse (< 60 m)
suite d’alternances de bancs gréseux d’épaisseur décimétrique et d’interlits plus fins, de
lumachelles carbonatées, avec parfois des intercalations de calcaires à Trilobites,
Brachiopodes et Échinodermes. Vient ensuite une nouvelle et épaisse (< 120 m) séquence
d’alternances de bancs de grès psammitiques et de pélites. Les bancs gréseux, à patine
grisâtre, dont l’épaisseur ne dépasse pas la vingtaine de centimètres en général, sont très
riches en lamelles de muscovite détritique, d’où leur débit aisé en plaquettes ; les interlits
pélitiques sont moins épais. Certains bancs de grès plus épais montrent des ravinements
chenalisants parfois profonds de plus d’un mètre. La surface des bancs gréseux présente
fréquemment des traces de pistes plus ou moins ramifiées ainsi que des terriers. Cette
séquence se clôt par un mince (< 4 m) horizon de pélites rubanées brun-noir. Vient enfin une
nouvelle séquence d’alternances de bancs de grès et de pélites gréseuses qui assure la
transition avec la formation surincombante (Or 5a).

b. Au Sud de Ouinguigui (Fig. 3.23 et Fig. 3.26), au-dessus du niveau oolithique


basal, cette formation est constituée, d’abord par un niveau de 0,5 m de puissance de
poudingues à éléments de grès de 1 à 5 cm de diamètre dans un ciment gréseux suivis de
remplissages gréseux de grands chenaux s’érodant mutuellement sur une trentaine de mètres.
Au-dessus se déposent environ 50 m des grès quartzitiques à ciment carbonaté, bioturbés et à
traces énigmatiques ; ces grès contiennent en outre une faune de Bryozoaires, de
Brachiopodes. Les grès sont déposés en plusieurs séquences de bancs d’épaisseurs croissantes
en montant ; les bancs varient de 5 à 1oo cm de puissance.

125
c. A Tikent n’Tfersikt (Fig. 3.23), toujours au-dessus du niveau repère ferrugineux de base,
le Premier Bani débute par des pélites gréseuses noires finement litées, devenant plus gréseuses vers le
haut, pour passer à des quartzites micacés sombres ferrugineux, feuilletés à la base, plus clairs vers le
haut, à nombreuses pistes (30 m) ; le ciment des grès est carbonaté ferrugineux. Au-dessus viennent
des quartzites et des grès quartzeux d’environ 25 m; le ciment de ces grès est carbonaté.

Fig. 3.26: Discordance de ravinement dans les formations gréseuses du groupe premier Bani (or4) au Sud de
Ouinguigui. Le ravinement des pélites de la formation de Tachilla (or3) par le groupe du Bani.

d. A Tafraout n’Tmitar (Fig. 3.25), ce groupe présente son minimum d’épaisseur (30m), au-
dessus du niveau repère oolitique ferrugineux de base, se sont déposés des grès argileux micacés gris-
vert, puis des grès micacés parfois ferrugineux à ciment siliceux et fines passées pélitiques, au sommet
desquels apparaît un horizon conglomératique à ciment ferrugineux. Au-dessus viennent des grès
quartzeux et argileux de couleur gris noir avec des bioturbations à la base puis des grès quartzeux à
stratifications obliques avec un niveau conglomératique lenticulaire à la base. Les ultimes bancs du
Premier Bani sont des grès fins durs et des grès blanchâtres en bancs décimétriques, à rides linguoïdes
et à ripple marks; la formation se termine par des grès quartzitiques à ciment siliceux, chenalisés, à
rides et à surface fortement bioturbée.

126
e. A Chahboune (SE d’Oukhit), après le niveau repère à oolithes ferrugineuses, le Premier
Bani est constitué de quatre barres peu épaisses (10m) de grès fins plus ou moins durs à ciment
carbonaté séparées par des niveaux tendres gréso-pélitiques à pistes.

f. A Algoum n’Ikourbibene, après le niveau repère à oolithes ferrugineuses, le Premier Bani


est constitué de quatre barres de grès quartzitiques à ciment carbonaté en bancs de 10 à 20 cm séparées
par des grès micacés tendres. Les grès à ciment carbonaté montrent de fortes bioturbations (traces de
terriers) et une pellicule ferrugineuse marque le sommet des bancs.

g. A Amadel Ghioul et Tamjout n’Tmerna (Fig. 3.27), le Premier Bani débute par le niveau
repère ferrugineux de base comprenant 1,50 m de minerai de fer oolitique avec une intercalation de
poudingue. Puis viennent des grès ferrugineux et une nouvelle couche de fer oolitique de 0,30 m
d’épaisseur, ensuite ce sont des grès fins blancs, des grès peu indurés blanc jaunâtre, des grès argileux
et micacés finement lités. Au-dessus se trouvent des grès quartzeux et micacés, en petits bancs qui
alternent avec des grès tendres à très nombreuses bioturbations; ces grès admettent, à leur base, un
nouvel horizon à oolithes ferrugineuses (0,10 m). La séquence se termine par des grès quartzeux très
indurés, à patine noire.

h. A Tinjarfaouine, après l’horizon repère, ferrugineux conglomératique de 1m de puissance,


le Premier Bani se continue par trois barres de grès beiges, très indurés, à Tinjarfaouine même, pour
n’être plus représenté que par une seule barre cinq kilomètres plus loin vers l’Ouest. Ces barres sont
séparées par des horizons de grès tendres, ferrugineux, sombres avec bioturbations et stratifications
obliques, associés à des grès blancs micacés, des grès quartzitiques beiges qui s’altèrent en boule, des
grès quartzeux en plaquettes, des grès micacés durs. La séquence se termine par une dalle de grès
quartzeux d’épaisseur inférieure à 10 m.

Ainsi, les dépôts du Premier Bani à dominante gréseuse, évoluent considérablement dans le
secteur d’étude. Le maximum d’épaisseur s’observe à Iouraghene dans la feuille Bou Adil (Fig. 3.21 et
Fig. 3.28) et au Nord-Est de la feuille d’Oukhit, au Jbel Alghoum n’Ikourbibene, avec 150 à 200 m. Le
groupe s’amincit progressivement vers le Sud-Est, avec un minimum au Sud-Est de Ouinguigui (70m
environ, Fig. 3.23 et Fig. 3.28 ; 30 m seulement à Tafraout n’Tmitar ; Fig.3.25 et Fig. 3.28), après
quoi, toujours dans la même direction et aussi vers le Sud, les épaisseurs augmentent à nouveau pour

127
atteindre 150 m à Amadel Ghioul et au Jbel Tinjarfaouine.

Après l’épisode basal à oolithes ferrugineuses, qui témoigne d’une reprise de la sédimentation
épicontinentale en milieu littoral peu profond, les sédiments détritiques terrigènes du Premier Bani,
avec leurs faciès plus ou moins micacés porteurs de nombreuses pistes, avec les décharges récurrentes
grossières voire très grossières (poudingues) donnent l’image d’un milieu de sédimentation
relativement énergique toujours dans un environnement littoral. La faible épaisseur relative de la
formation, comparativement à d’autres secteurs plus occidentaux (Destombes 1962, 1971, 2006) de
l’Anti-Atlas, confirme d’une part la plus faible subsidence de l’Ougnat et, subséquemment, son
caractère de paléo-relief continental persistant depuis le Cambrien inférieur.

128
Fig. 3.27: colonne stratigraphique de l’Or4 au NW de Tamjount n’Tamarna (Fig.3.1).

129
Fig. 3.28: Variation latérale d’épaisseur et de faciès des différentes formations de l’Ordovicien inf au sud de l’Ougnat. A : Iouraghene ; B : Tichout n’Tfersikt ; C : Tafraout
n’Tmitar (NOF : faille nord Oukhit, SOF : Faille sud Oukhit, OSF : faille de oued smile et ANF : Faille d’Alnif).

130
III.2. L’Ordovicien supérieur

Dans l’Ordovicien supérieur deux groupes ont été distingués par Destombes et al. (1985) dans
la région type de l’Anti-Atlas central; ce sont de bas en haut, le Groupe du Ktaoua (Caradoc-Ashgill
inférieur) et le Groupe du Deuxième Bani (Ashgill). Le groupe du Ktaoua est subdivisé en trois
formations : la Formation inférieure du Ktaoua (Sandbien), avec deux membres (Or 5a et Or 5b) ; la
Formation supérieure de Tiouririne (Or 5c), et la Formation supérieure du Ktaoua (Or6a) (Fig. 3.29),
ces deux dernières correspondant au Katien de la stratigraphie internationale. Le groupe du Deuxième
Bani est divisé, là où il est complet, en une Formation inférieure (Or6a), du Katien supérieur, et
une Formation supérieure (Or 6b) correspondant à l’Hirnantien (Alvaro et al., 2007).

Fig. 3.29 : Formations de l’Ordovicien Supérieur à Jbel Lalla Mimouna Carte Bou Adil.

2.1. La Formation inférieure du Ktaoua

Comme nous l’avons signalé plus haut, la limite entre le Premier Bani et la formation
inférieure du Ktaoua est difficile à identifier dans la région à cause du manque d’une rupture
lithologique nette.

A Iouraghene, au SSE de Bou Adil (Fig. 3.30), la faune de cette formation est composée
essentiellement de Trilobites, de Brachiopodes et d’Echinodermes.

2.1.1. Le membre inférieur (Or5a)

a. A Aghri n’Ighis (Fig. 3.31), le membre Or5a débute par un poudingue ravinant le Premier
Bani. Le poudingue est formé, sur environ 20 m d’épaisseur, de plusieurs bancs

131
Fig. 3.30: colonne stratigraphique de l’Ordovicien supérieur à Iouraghene. (Fig.3.1).

132
Fig. 3.31: colonne stratigraphique de l’Ordovicien sup. de Ktaoua dans le synclinal d’Aghri n’Ighis (Fig.3.1).

d’épaisseurs décroissantes en montant, en alternances avec des pélites et des grés à stratification

133
régulière et à figures de saltation de direction N-S. Au-dessus, viennent, sur 80 m environ, des
alternances de bancs métriques de pélites et de grès bioturbés, à rides de courants de direction E-W qui
indiqueraient un sens de courant vers le Nord.

b. A Tamarrcht, le membre inférieur Or5a est constitué par des alternances d’argilites grises
et de bancs de grès centimétriques à surface bioturbée. Cette formation prend un grand développement
vers le Nord où elle est constituée par des alternances de grès et d’argilo-pélites avec développement,
à l’intérieur de cette formation, d’une barre gréseuse qui pourrait constituer un équivalent de la barre
inférieure de la formation de Tiouririne.

c. A Tamejout n’Tamerna (Fig. 3.32 ; Fig. 3.33 et Fig. 3.34), le membre inférieur du Ktaoua
débute par des silts et des grès sableux à nombreuses traces de vers (bioturbations horizontales et
verticales), se poursuit par des grès grossiers blancs, en plaquettes centimétriques et en petits bancs
d’épaisseur croissante vers le haut, avec des intercalaires de grès micacés tendres et de grès durs ; et se
termine par des pélites gréseuses violettes avec un niveau de grès centimétrique. Cinq cents mètres à
l’Est de cette même localité, la séquence est constituée de grès grossiers micacés blancs, bioturbés,
mal cimentés, avec deux barres indurées de 3 à 4 m chacune de grès fin, dur et à ciment siliceux.

d. A Taqate Toungalt (Fig. 3.35), le membre inférieur Or5a est formé à la base, par 1 mètre
de conglomérat à éléments arrondis et anguleux d’épaisseur de 1 à 10 cm et à ciment ferrugineux. Au-
dessus, sur environ 70 m d’épaisseur, des grès sableux à chenaux conglomératiques. Au-dessus,
viennent 50 à 60 m de grès bioturbés, en plaquettes, à lentilles et boules carbonatées, à rides lyngoides
et à figures de saltation de direction N165. Les grés présentent une faune de trilobites et
d’echinodermes (Fig. 3.36 et Fig. 3.37).

L’épaisseur de ce membre est très variable, au Nord-Est (Jbel Askarne) il n’est représenté que
par quelques mètres de grès, tandis qu’il s’épaissit vers le Sud et le Sud-Ouest où, sous un faciès plus
pélitique il atteint 100m (Fig. 3.30 et Fig. 3.32).

2.1.2. Le membre supérieur (Or5b)

a. A Taqate Toungalt (Tinjarfaouine) (Fig. 3.35) : Son épaisseur est peu variable et
comprise entre 150 et 200m environ. Il repose en discordance de ravinement sur le membre inférieur.
Représenté par des grès en plaquettes à lentilles et boules carbonatées, au sommet des bancs de grès on
observe des bioturbations, des rides linguoïdes et des figures de saltation de direction N165.

b. A Tizi n’Tmourghi, au-dessus du conglomérat, Or5b est constitué par des bancs de grès
décimétriques à métriques, à lentilles et boules carbonatées, et à passées de fins niveaux pélitiques.

134
Fig. 3.32 : colonne stratigraphique de l’Or5a au SE de Tamjout n Tmarna (Fig.3.1).

135
Fig. 3.33: Grés Or5a et Or5b surmontés par le conglomérat d’Alnif à Tamejout n Tamerna.

Fig. 3.34: Grés Or5a à rides de courant et grés à bioturbations de Tamejjout n Tmerna.

136
Fig. 3.35: Colonne stratigraphique de l’Ordovicien au niveau de Tagat Toungalt, (Fig.3.1) feuille
Oukhit au 1/50 000.

137
Fig. 3.36 : Trace de Trilobites dans les grés de la formation Or5a a Taqate Toungalt (Fig.3.1),

Fig. 3.37:Trace d’Echinoderme dans les grés de la formation (Or5a) à Taqate Toungalt (Fig.3.1).

Fig. 3.38 : Nodules carbonaté fossilifère dans les grés de Tiourirines au Nord Est d’Aghri n’Irhis.

138
c. A Aghri n’Ighis (Fig. 3.31 et Fig. 3.41), après un conglomérat d’épaisseur réduite (1 m),
Or5b est formé de bancs de grès à interlits marneux. Les bancs de grès à ciment carbonaté, de 20 à
30 cm d’épaisseur, présentent des lentilles et des boules carbonatées de dimensions variables
(quelques centimètres à quelques mètres de diamètre) (Fig. 3.38). Ils présentent également des rides
linguoïdes, des slumps et des figures d’échappement d’eau.

Fig. 3.39 : Conglomérat d’Alnif à Tamejout n Tamerna.

2.2. La formation supérieure de Tiouririne (Or5c)

a. A Aghri n’Ighis (Fig. 3.31 ; Fig. 3.40 et Fig. 3.41), elle est constituée de grès micacés en
bancs de 1 à 5 cm de puissance avec des barres gréseuses de 10 à 15 cm, à rides linguoïdes de
direction E-W, qui indiquent un sens de mouvement vers le Nord. Au-dessus viennent des grès
grossiers micacés bioturbés, en alternances avec des bancs gréseux, bioturbés également et chenalisés.

139
Fig. 3.40 : Deux différents faciès de grés a Aghri n Irhis: Formations gréseuses (Or5c) grise et friable et
Formation (Or6b) noire et quartzitique.

b. A Tizi n’Tmourghi, cette formation est constituée de pélites vertes et grès calcaires en
plaquettes avec des lentilles de calcaires à Bryozoaires, Orthocères, Brachiopodes et Crinoïdes.

c. A Taqqate Toungalt (Fig. 3.35), Or5c est constitué de grès grossiers en bancs
décimétriques ou de grès fins en plaquettes à lentilles et boules carbonatées.

Le passage du deuxième membre de la formation inférieure des Ktaoua (Or5b) à la formation


de Tiouririne (Or5c) est matérialisé par la disparition des niveaux argileux et des dépôts de grès
grossiers. L’épaisseur de la formation de Tiouririne, qui a fourni des Trilobites, des Brachiopodes et
des Echinodermes, varie de 160 à 200m en allant vers l’Ouest (Fig. 3.46).

2.3. La formation supérieure des Ktaoua (Or6a)

a. A Tizi n’Tmourghi : C’est une formation essentiellement constituée par des argilites
parfois gréseuses à sphéroïdes de carbonates et aussi de minces horizons de calcaires à Bryozoaires.
L’augmentation de l’épaisseur des argilites aux dépens des grès indiquerait une fermeture
hydrodynamique de la plateforme de sédimentation, avec tendance euxinique.

Le passage entre la formation de Tiouririne (Or5c) et la formation supérieure des Ktaoua

140
(Or6a) est progressif (Fig. 3.35); les bancs de grès sont d’épaisseur croissante en montant dans la série.
Vers le haut, ils sont peu à peu remplacés par des argilites finement gréseuses vertes à gris-vert avec
de fins interlits gréseux (Tizi n’Tmourghi). Les lentilles et les boules carbonatées sont encore
présentes dans les niveaux gréseux; les boules sont néanmoins de plus petite taille (< 50 cm).

Cette formation est absente par endroits (Aghri n’Ighis, Gherghiz), soit par non dépôt soit par
érosion avant le dépôt du Groupe du Deuxième Bani, et elle ne dépasse jamais 60 m d’épaisseur (Tizi
n’Tmourghi).

Fig. 3.41: Ordovicien supérieur d’Aghri n’Ighis, avec les formations Or5b, Or5c et Or6b.

Fig. 3.42 : Conglomérat de base (Conglomérat d’Alnif) de la formation du 2eme Bani d’Aghri n’Irhis.

2.4. Le Groupe du Deuxième Bani (Or6b)

Seule la formation supérieure du Deuxième Bani est présente dans les régions orientales de
l’Anti-Atlas (Destombes et al., 1985 ; Destombes, 2006). Cette formation s’est déposée pendant la

141
période glaciaire de l’Hirnantien, qui a si profondément marqué tout l’Anti-Atlas (Destombes et al.,
1985 ; Villas et al., 2006 ; Alvaro et al., 2007 ; Le Heron et al., 2007 ; Clerc et al., 2013). Là où la
formation est complète (Alnif), on y distingue trois membres, respectivement, de bas en haut,

- le membre d’Alnif, composé d’une unité inférieure, le Conglomérat d’Alnif où sont regroupés les
conglomérats d’Amessoui et d’Imzizoui, sensu Destombes, 1987, 2006), remplissage chaotique de
vallées sous-glaciaires, suivi d’une succession monotone de grès et de quartzites noirs (Fig. 3.32 ; Fig.
3.42 ; Fig. 3.43 ; Fig. 3.44 et Fig. 3.45);

- le membre de Tamekhtart (‘argiles microconglomératiques’ sensu Destombes et al., 1985), qui


représente une diamictite à dominance schisteuse ; ce membre est souvent absent par érosion ;

- le membre d’Amouktir, alternance de schistes et grès quartzitiques recouverts par des


conglomérats.

Fig. 3.43 : Conglomérat d’Alnif, A Tinjarfaouine: A : bloc chaotique des grés du premier bani,

B : niveaux conglomératiques à blocs de grés.

a. A Isk Oungal (Taqat Toungalt) (Fig. 3.35), à l’extrême Sud-Est de la feuille Bou Adil, la
formation supérieur du Deuxième Bani est constituée à la base, sur 6 m d’épaisseur, par des
alternances de grès et de poudingues grossiers, hétérométriques (membre d’Alnif). Les éléments des
poudingues ont des dimensions comprises entre 1 et 50cm. Les grès sont quartzitiques à stratifications
obliques. Grès et poudingues contiennent des Brachiopodes, des Bryozoaires, des Orthocères, des
Gastéropodes et des Crinoïdes, souvent remaniés des niveaux sous-jacents.

Au-dessus, sur environ 30 m, se trouvent des alternances de grès et de pélites micacées fines.
Les grès sont calcareux, bioclastiques, à stratifications obliques et à rides de courant de direction N-S
avec un sens de courant vers l’Est.

142
b. A Chahboun au Sud-Est d’Oukhit: le conglomérat d’Alnif à la base de Or6b est
représenté par 20 m d’un conglomérat à éléments hétérométriques (de 10 à 100 cm), arrondis et
anguleux, avec des intercalations de niveaux gréseux qui montrent des slumps (Fig. 3.44). C’est un
conglomérat à granoclassement normal, à chenaux métriques de grès, à lentilles et/ou boules
diagénétiques carbonatées métriques à plurimétriques, et des slumps. Le passage vers les grès et
pélites surincombantes est progressif avec disparition des éléments.

Fig. 3.44: Colonne stratigraphique du conglomérat d’Alnif à Chahboun (Fig.3.1).

Fig. 3.45: Colonne stratigraphique de la formation du 2eme Bani, montrant le conglomérat d’Alnif à Tinjrfaouine.

143
c. A Tinjarfaouine : Dans son développement maximal (Tinjarfaouine Fig. 3.28), le
conglomérat d’Alnif, épais d’environ 40 m, est constitué d’une dizaine de mètres de termes très
hétérométriques, à éléments jointifs, anguleux et arrondis dont la taille varie du centimètre jusqu’à 6
m. La matrice est gréseuse fine à micas blancs flottés, le ciment argileux et carbonaté (Fig. 3.45). Au-
dessus viennent 3 m d’alternances de niveaux de conglomérats non classés et de grès à figures de
saltation de direction N120, puis 5 m de conglomérat à granoclassement direct et à éléments métriques
avec à la base des niveaux de grès ; suivent ensuite 24m d’alternances de conglomérat à petits
éléments (1 à 10cm), et de grès à laminations parallèles, rides de courant indiquant un sens de courant
vers l’WNW. L’alimentation se faisait à partir d’un paléo-relief situé à l’ESE. C’est l’équivalent du
conglomérat d’Imzioui attribué par Destombes 1985 à la base de Or5b

d. A Aghri n’Ighis (Fig. 3.31 ; Fig. 3.35 et Fig. 3.41), au-dessus d’une surface de ravinement,
Or6b débute par un conglomérat de 5m d’épaisseur, hétérogénique, composé par des éléments de
différents grès antérieurs et hétérométrique entre 1 et 20 cm, à éléments anguleux et arrondis. La
matrice est à éléments angulo-arrondis centimétriques. Le ciment est ferrugineux. Ce détritique
grossier est surmonté par 40 m de bancs de grès massifs et en plaquettes, à lentilles conglomératiques,
à stratifications obliques et à figures de saltation de direction NS à N160.

e. A Tizi n’Tmourghi, au-dessus du conglomérat grossier de base, Or6b est formé, sur une
cinquantaine de mètres d’épaisseur, par des grès quartzitiques en bancs métriques à stratifications
obliques (membre d’Amoukhtir).

f. A Alghoum n’Oukerbib, la formation supérieure du Deuxième Bani repose en discordance


de ravinement sur différentes formations, Or5b, Or5c, et Or6a, elles-mêmes biseautées vers le Nord-
Ouest. L’épaisseur de la formation Or6b augmente vers le SW, ce qui confirme la pérennité du paléo-
relief à l’Ouest d’ Alghoum n’Oukerbib.

A l’échelle du secteur, ces niveaux terminaux de l’Ordovicien sont en général grossiers et


conglomératiques (Fig. 3.46), à stratifications obliques, souvent organisés en deux barres successives
séparées par des argilites. Les dépôts gréseux admettent des intercalations à faune de Trilobites et
surtout de Brachiopodes. A la base, les conglomérats reposent en discordance sur différentes
formations antérieures, jusqu’à la formation du premier Bani. Les conglomérats et/ou poudingues de

144
base dépassent 30m d’épaisseur par endroits (Fig. 3.44 et Fig. 3.45); les grès les surmontant peuvent
atteindre 60m de puissance (Fig.3.30 ; Fig. 3.31 et Fig. 3.41). Ces dépôts enregistrent les événements
liés à la glaciation hirnantienne du Gondwana, à savoir une forte érosion à la base de l’inlandsis, le
creusement de vallées sous-glaciaires et leur comblement morainique, puis le dépôt de termes fluvio-
glaciaires, précédant la transgression silurienne.

145
Fig. 3.46: Variation latérale d'épaisseur et de faciès des différentes formations de l’Ordovicien supérieur. A :Iouraghene ; B :Aghri n’Irhis ; C :Taqate Toungalte (NOF : faille
nord Oukhit, SOF : Faille sud Oukhit, OSF : faille de oued smile et ANF : Faille d’Alnif).

146
IV. Le Silurien

Les dépôts du Silurien, souvent argileux parfois gréseux, peu indurés, sont généralement tendres et par suite,
disparaissent sous les dépôts quaternaires. Leur stratigraphie dans le secteur de l’Anti-Atlas oriental a été définie par
Destombes et al. (1985) et publiée à nouveau par Destombes (2006b). Là où la série est complète, le, silurien est
divisé en cinq formations, dont l’âge est donné par les associations de graptolithes. Les travaux récents sur ces terrains
sont orientés vers les reconstitutions paléogéographiques, de grand intérêt pour les recherches pétrolières (Lüning et
al. 2000). En effet, la base du Silurien (Rhuddanien) est faite de black shales riches en matière organique. Ces terrains
se sont déposés en comblement des vallées sous-glaciaires (Rhuddanien, généralement lacunaire), puis en
transgression sur la plateforme entière du fait de la montée post-glaciaire du niveau marin.

Sur le secteur, les termes successifs du Silurien sont conservés dans les dépressions synclinales : sur la carte
Oukhit, à Assif n’Tfersikt situé à l’Ouest d’Aghri n’Ighis, à Isk Angal, Foum Outaouch, et entre Gherghiz et Amadel
Rhioul), et sur la carte de Bou Adil, au Sud du Jbel Iouraghane et au Nord de Lalla Mimouna.

IV.1. La formation du Tizi n’Moukhazni (S1)

C’est la formation de Tizi Ambed de Destombes et al. (1985). les petits affleurements du cœur du synclinal
ordovicien de Foum Outaouch et d’Assif n Tfersikt (Fig. 3.47) sont rattachés à cette formation d’âge Llandovery.
C’est une formation à dominante pélitique riche en matière organique (ampélites) à la base et plus gréseuse au
sommet. Elle est constituée par deux membres.

a. Le membre inférieur (S1a)


Ce membre dont l’épaisseur atteint 60 m à l’Assif n Tfersikt (Fig. 3.47), est essentiellement pélitique. Il repose
sur les derniers bancs des grès quartzitiques à rides linguoïdes et bioturbations du Deuxième Bani. Dans le détail, ce
membre est constitué de pélites gréseuses micacées avec intercalations de petits bancs de grès fins, à ciment siliceux,
très bioturbés et en bancs d’épaisseurs croissantes qui vont de quelques centimètres à 0,5 m de puissance. Certains
bancs montrent des figures de charges (load-casts) et les pélites contiennent des nodules décimétriques disséminés à
‘Septaria’.

Entre Gherghiz et Amadel Rhioul, des grès grossiers à trous, à galets de quartzites assez peu roulés et
ferrugineux, de la base du Silurien local contiennent des graptolithes (Climacograptus); ils sont en contact direct sur le
toit de l’Ordovicien gréseux. Ces dépôts riches en Graptolites du genre Monograptus, représenteraient le Llandovery
supérieur (Aéronien).

153
Fig. 3.47: Colonne stratigraphique du Silurien du synclinale d’Assif n Tferskit (carte Oukhit au 1/50 000), (Fig.3.1).

b. Le membre supérieur (S1b)


Il est constitué, sur des épaisseurs variant de 100 à 150 m, par des alternances de grès et de pélites contenant des
graptolites du Llandovery supérieur (Destombes, 2006b). Une coupe dans le synclinal Assif n Tfersikt (Fig. 3.47)
montre à la base des bancs de pélites micacées claires en alternances avec des bancs de grès de 10 à 20 cm de
puissance, bioturbés à rides de courant de direction N120 et de sens d’écoulement vers le Nord. Les bancs de grès sont
d’épaisseur croissante en montant dans la série, et le sommet de la formation est formé par une barre de 20 m
d’épaisseur de grès grossiers à ciment carbonaté, en bancs de 4 à 20cm d’épaisseur.

154
IV.2. La Formation de Tamerghout (S2)

La coupe dans le synclinal de l’Assif n’Tfersikt (Fig. 3.47) montre une séquence d’environ 120 m
d’épaisseur, avec à la base des marnes roses à rouges à gypse disséminé, puis des couches de marnes jaunes
à gypse de 6 à 10 m d’épaisseur avec deux bancs calcaires bleus de 20 à 50 cm d’épaisseur, à Orthocères.

Sur la feuille Bou Adil, le Silurien est représenté par quelques affleurements d’ampélites, de
superficie réduite a l’affleurement, qui apparaissent au fond de ravineaux entaillant les terrasses quaternaires
au sud du Jbel Iouraghane et au Nord du Jbel Lalla Mimouna. Ces ampélites, riches en Graptolites du genre
Monograptus, représenteraient le Llandovery supérieur, Wenlock et Ludlow inférieur.

La suite du Silurien est lacunaire, ainsi que le Dévonien basal; les premiers termes transgressifs du
Dévonien reposent en discordance de ravinement, voire localement en discordance angulaire, sur le Silurien
S2.

V. Le Dévonien

Au Dévonien, la sédimentation marno-calcaire remplace les séries pélito-gréseuses de l’Ordovicien et


pélitiques du Silurien (Massa et al., 1965 ; Hollard, 1974, 1981). Ce sont des dépôts de plate-forme peu
profonde, avec une faune très abondante et variée. Dans le secteur étudié, le Dévonien affleure
essentiellement dans le Jbel Gherghiz (Fig. 3.48). Le Jbel Gherghiz constitue une unité remarquable,
encadrée de tous côtés par des failles, il forme une structure synclinale de direction NW-SE dans laquelle on
peut noter des variations lithologiques entre le versant Nord et le versant Sud. Le Dévonien supérieur
(Famennien) repose, comme dans toute la région, en discordance angulaire sur les formations antérieures. Le
Dévonien est bien développé et beaucoup plus continu une vingtaine de kilomètres au sud du secteur, dans le
Maïder, et au sud-est, dans le Tafilalet sud-oriental.

Le Dévonien montre plusieurs lacunes de sédimentation, il est affecté de nombreuses discordances


tant angulaires que de ravinement (Went 1985); il est aussi impliqué dans des décollements
tectoniques intra-cutanés, du fait de la présence de niveaux incompétents à la base et à l’intérieur de la série
(Baidder, 2007 ; Baidder et al., 2007). Cependant, un Dévonien inférieur, moyen et supérieur ont pu être
identifiés dans la région du J. Ghergiz, chacun étant subdivisé en deux étages.

155
Fig. 3.48: Le synclinal Dévonien de Jbel Gherghiz ; Cb : Basalte cambrien, di : dévonien inférieur, dm : dévonien moyen
, ds : dévonien supérieur.

V.1. Le Dévonien inférieur

Le Lochkovien n’est pas identifié entre le Silurien et le Praguien transgressif. Le Dévonien inférieur est
représenté par des calcaires noduleux à patine et cassure grises, riches en crinoïdes, puis des marnes et marno-calcaires
jaunâtres. L’ensemble est développé sur une épaisseur d’environ 130m (Kaufmann, 1998 ; Frölich, 2003).

1.1. Le Praguien (di1)


Il est représenté au SE du Jbel Gherghiz (Fig. 3.48 et Fig. 3.49) par une barre calcaire de 20 à 30 m
d’épaisseur qui débute par un banc calcaire de 2 m d’épaisseur, auxquels succèdent des bancs de 1 à 15 cm d’épaisseur
de calcaires noduleux à madréporaires, crinoïdes et brachiopodes, organisés en biohermes et biostromes témoignant
d’une eau chaude, oxygénée et peu profonde.

156
Fig. 3.49: colonne stratigraphique du Dévonien au SE de Gherghiz (Fig.3.1).

1.2. L’Emsien (di2)


Sur la même colonne (Fig. 3.49), l’Emsien est essentiellement marneux et marno-calcaire sur 100m
d’épaisseur. Il montre vers le sommet des intercalations de calcaires ferrugineux dans des calcaires clairs à
Goniatites (Sellanarcestes et Mimagoniatites), (Hollard, 1963, 1967).

157
V.2. Le Dévonien Moyen

Sur 100 à 150 m d’épaisseur, il est constitué de calcaires noduleux à goniatites et de calcaires à faciès
récifaux et péri-récifaux (biohermes et biostromes), avec une faune néritique à brachiopodes et polypiers.
Vers le sommet, ces calcaires présentent un faciès plus pélagique à goniatites.

2.1. L’Eifelien (dm1)

L’épaisseur de l’Eifelien est d’environ 80 m. Au Sud-Est du J. Gherghiz, l’Eifelien est formé, à la


base, par des bancs métriques de calcaires beiges à silex, en alternances avec des calcaires noir
saccharroïdes. Viennent ensuite des bancs décimétriques de calcaires noirs en bancs d’épaisseur décroissante
vers le haut, à coraux silicifiés (Fig. 3.50), à laminations algaires. L’ensemble, qui se poursuit par une barre
de 8 m d’épaisseur constituée de bancs de calcaires construits en bancs d’épaisseur croissante vers le haut de
un à deux mètre de calcaires à brachiopodes, des coraux, des algues et des bryozoaires, se termine par 30 m
de bancs centimétriques à décimétriques de calcaires lumachelliques à coraux silicifiés (Fig. 3.49).

Au Nord du massif, l’Eifelien est formé de calcaires massifs. Au sud il est représenté par des
calcaires gris noir alternant avec des marnes mauves ou violettes faisant suite à des alternances de bancs de
calcaires beiges d’un mètre d’épaisseur et plus minces, inférieur à 10 centimètre de calcaires gris noduleux à
patine jaunâtre lités. Ces calcaires beiges forment la falaise nord du Gherghiz ; ils contiennent des goniatites
de l’Eifelien (Agoniatites, Fidelites sp., Pinacites jugleri, Sobolewia sp., Subanarcestes).

158
Fig. 3.50 : Calcaires noires à coraux silicifiés d’âge Eifelien.

2.2. Le Givétien (dm2)

Sur la même colonne, son épaisseur est d’environ 70 m. Il est formé de deux barres de calcaires
massifs, d’environ 30 m d’épaisseur chacune, séparées par un niveau d’environ 10 m d’épaisseur de
calcaires en petits bancs. Les deux barres sont formées des bancs métriques, de couleur blanche à beige à
nodules siliceux, coraux silicifiés et stromatoporidés. Le niveau intercalaire est constitué des bancs de
calcaires de 5 à 20 cm d’épaisseur, à niveau de couleur blanche à beige, à nodules siliceux et coraux
silicifiés.

V.3. Le Dévonien Supérieur

D’une épaisseur d’environ 200 m, le Dévonien supérieur est conservé au centre du synclinal du J.
Gherghiz. Il débute par quelques mètres de grès ferrugineux plus ou moins conglomératiques continentaux,
se poursuit par des calcaires boudinés à crinoïdes, clyménies et brachiopodes, et se termine par des pélites
gréseuses verdâtres à stratifications obliques.

3.1. Le Frasnien (ds1)

Au Frasnien, le faciès péri-récifal qui a commencé à l’Eifelien-Givétien se poursuit avec des


calcaires riches en brachiopodes et goniatites ; on y rencontre deux niveaux à « Terebratula » pumilio de 10
à 20 cm d’épaisseur environ (Lottmann, 1990). Puis les calcaires vont s’enrichir en éléments détritiques des
calcaires et des grès antérieurs.

159
Au Sud-Est du Jbel Gherghiz, son épaisseur est d’environ 100 m. La coupe du Gherghiz (Fig. 3.49)
montre, à la base et sur environ 20 m d’épaisseur, des alternances de bancs de grès de 10 à 20 cm
d’épaisseur et des pélites vertes de 40 à 50 cm d’épaisseur. Puis viennent des pélites et des calcaires gréseux
en bancs de 1 à 5 cm ; au-dessus, ce sont des bancs de calcaires et de marnes gréseuses ; les bancs de
calcaires sont d’épaisseur croissante vers le haut (5 à 20 cm). Puis viennent des alternances de bancs de
calcaire de 20 à 50 cm d’épaisseur, et enfin, des marnes gréseuses sur environ 50 m.

Le passage Frasnien-Famennien est matérialisé par des pélites argileuses à minces niveaux de
calcaires noirs à goniatites (Manticoceras sp.), puis viennent des niveaux détritiques de grès sableux
grossiers.

3.2. Le Famennien (ds2)

Le Dévonien Supérieur (Famennien) est régionalement en discordance angulaire sur les formations
antérieures (Fig. 3.51 et Fig. 3.52), il peut reposer directement sur le Silurien. Les indices d’instabilité
tectonique vont dans le sens du soulèvement du plateau continental et de l’installation d’un régime
épicontinental et néritique (Wendt 1985, 1988 ; Baidder, 2007 ; Baidder et al., 2007). Par ailleurs, les
carbonates du Dévonien, riches en polypiers, sont des bons témoins d’un milieu de dépôt marin relativement
agité en eaux chaudes: plateforme avec des îlots récifaux.

160
Fig. 3.51 : Discordance des calcaires et pelites du Famennien sue les calcaires du Praguien dans la plaine de l’Oued Smile. Plaine
entre Gherghiz et Lalla Mimouna (Carte Bou Adil 1/50000).

Fig. 3.52 : Discordance des calcaires Famenniens sur les marnes vertes de l’Emsien au Sud de Lalla Mimouna .

L’épaisseur du Famennien est d’environ 100 m (Fig. 3.49). Il repose en discordance sur le Frasnien.
Cette discordance est matérialisée par un poudingue (Fig. 3.53A) de type fluviatile ou torrentiel à petits
galets de quartzites et de grès de l’Ordovicien avec des intercalations de calcaires gréseux conglomératiques
à petits éléments, et dont les surfaces de bancs sont ferruginisées. Les calcaires (Fig. 3.53B) ont fourni des
Platyclyménies.

161
Fig. 3.53 : Deux affleurements du Famennien, A : Poudingue ferrugineux à jbel Gherghiz ; B : Calcaires
boudinés au Sud de Lalla Mimouna.

La coupe au Sud-Est du Jbel Gherghiz montre que le Famennien débute par un poudingue (Fig.
3.53A) de base de 2m d’épaisseur, à éléments ferrugineux centimétriques avec des niveaux de pélites
intercalaires. Puis, sur 60 m d’épaisseur, viennent des alternances de bancs épais de 20 à 40 cm, de calcaires
(Fig. 3.53B) et de calcaires gréseux à silex. Ensuite, 20 m de calcaires gréseux à lits conglomératiques
(éléments centimétriques) et à silex, intercalés de niveaux de calcaires lumachelliques à brachiopodes
poursuivent la séquence. Au sommet, sur 40 m, viennent des calcaires gréseux en bancs décimétriques.

VI. Le Carbonifère

Il est lacunaire par sa base (absence du Tournaisien inférieur), et représenté dans la plaine à l’Ouest
du Jbel Gherghiz. Avec moins de 200 m d’épaisseur visible, il repose en discordance angulaire régionale
(Fig. 3.54 et Fig. 3.55) jusque sur le Dévonien. C’est une séquence monotone, grisâtre, de pélites plus ou
moins gréseuses et de siltites (Fig.3.56); les bancs de grès ont une épaisseur entre 5 et 10 cm. Les pélites
sont cimentées par des carbonates de manière très irrégulière, miches et lentilles plus ou moins
anastomosées. Les lits les plus gréseux, plus abondants à la base de la séquence, sont fréquemment affectés
de « slumps » témoignant de l’instabilité synsédimentaire du bassin. Cette série est d’âge Tournaisien
supérieur à Viséen inférieur (Fig. 3.56).

162
Fig. 3.54 : Discordance du Tournaisien sur le Famennien au NW de jbel Gherghiz.

Fig. 3.55 : Discordance du Tournaisien sur le Lochkovien a l’oued Smile NW de jbel Gherghiz.

Fig. 3.56: Pélites avec intercalation de niveau de grès dans le Carbonifère oued Smile au NW du J. Gherghiz.

163
VII. Synthèse et conclusion sur le Paléozoïque

Les résultats des travaux que nous avons effectués montrent que le massif de l'Ougnat constitue, dans
l’est de l’Anti-Atlas, la région qui offre la série stratigraphique paléozoïque la plus réduite, et qui comporte
le plus de lacunes et de variations latérales de faciès. La puissance totale de la série y est de l'ordre de 3000m
contre 10 000 m dans l’Anti Atlas occidental, et 6000 m dans le Tafilalt sud-oriental. La reconstitution
paléogéographique montre que l'Ougnat a joué durant tout le Paléozoïque le rôle d’un haut fond.

Les nombreuses discordances sédimentaires mises en évidence, certaines pour la première fois dans
la série paléozoïque de l'Ougnat soulignent le caractère instable de ce domaine pendant toute la période
sédimentaire du cycle hercynien. Cette instabilité est en relation avec une tectonique distensive qui affecte le
substratum panafricain de cette bordure nord du craton ouest africain. Cette distension intracontinentale
débuterait au Protérozoïque terminal - Cambrien inférieur (Chbani et al., 1999; Piqué 2001; Piqué et al,
1999; Algouti et al., 2001; Soulaimani et al., 2003, 2004) avec le volcanisme intra-plaque du Cambrien et
Ordovicien inférieur. La distension se poursuit durant tout le Paléozoïque, selon des intensités variables, elle
est similaire à celle décrite tant dans l'Anti-Atlas central et occidental que dans le domaine mésétien et
atlasique (Bernardin et al, 1988; Badra et al., 1992; Piqué, 2001; Piqué et al.,1990, 1999; Ouali et al, 2001,
2003; Bensaou, 1990; Bensaou et Hammoumi, 1999, 2003; Fekkak et al., 2003; Soulaimani, 1998;
Soulaimani et al., 2001, 2003; Belfoul, et al. 2002; Faik et al., 2002 2005; Piqué, 2005; Hoepffner et al.
2005, 2006; Simancas et al., 2005 ; El Hadi et al., 2006 ; Michard et al., 2008 et 2010). Le rôle de la
tectonique extensive du socle et la permanence des structures actives sont attestés par les divers contrôles
sédimentaires, variations d'épaisseurs et de faciès, présence de faciès particuliers tels les séismites et le
volcanisme abondant. Cependant, les faciès chaotiques que nous avons attribués, dans quelques cas, à des
événements tectoniques, paléofailles, se sont révélés être des dépôts liés à la glaciation hirnantienne.

La série paléozoïque relativement réduite de l’Ougnat constitue la suite (faiblement discordante) de


la couverture néoprotérozoïque non déformée qui recouvre le dernier groupe plissé de la chaîne panafricaine
(Groupe du Saghro).

La série paléozoïque est essentiellement détritique terrigène, d’abord laguno-lacustre (Cambrien


inférieur) puis marine épicontinentale, du Cambrien moyen à l’Ordovicien. Ensuite, une tendance marine
franche s’impose au Siluro-Dévonien, mais la série s’achève au Viséen basal avec des sédiments à nouveau
détritiques terrigènes épicontinentaux. De très nombreuses lacunes et discordances de ravinement plus ou
moins importantes, interrompent cette série ; les discordances angulaires restent néanmoins la plupart du
temps de faible degré.

Le Cambrien transgresse progressivement à partir de l’Ouest-Sud-Ouest ; les paléoreliefs, jusqu’à


leur ensevelissement complet, déchargeaient à leurs abords des biseaux conglomératiques. La transgression
cambrienne est plus ancienne au Sud qu’au Nord ; le Cambrien inférieur repose sur les termes les plus
164
jeunes du Groupe de Ouarzazate au sud du massif, tandis qu’il transgresse directement sur le Groupe du
Saghro au Nord-Est.

Le Cambrien moyen montre de puissantes assises gréseuses admettant des intercalations de


séquences pélitiques parfois épaisses. À la fin du Cambrien moyen, un important volcanisme basaltique se
met en place ; il est intrusif sous forme de sills, dykes, mais surtout de type protrusif a savoir de grands
massifs sécants des jbels Aberchan, Tawjimt n’Itbirène, Taiert Ouest, Smile Ahbari centre et Est, avec
quelques appareils effusifs parfois reconnaissables.

Le Cambrien supérieur (Postdamien) et l’Ordovicien basal sont lacunaires.

L’Ordovicien débute par des argilites et se poursuit par des grès et pélites. Une discordance de
ravinement majeure interrompt la continuité des dépôts à l’Ashgill supérieur : c’est l’effet de la grande
glaciation hirnantienne, qui entraîne une lacune fréquente au passage Ordovicien-Silurien (Destombes,
2006b ; Alvaro et al., 2007).

Le Silurien est représenté surtout par des ampélites à graptolithes, liées à la fonte de la calotte
glaciaire hirnantienne, et des grès fins.

Au Dévonien, la sédimentation marno-calcaire remplace les séries pélito-gréseuses de l’Ordovicien


et du Silurien. Ce sont des dépôts de plateforme peu profonde, avec une faune très abondante et variée.

Le Carbonifère, très peu représenté dans la zone d’étude, comporte des pélites gréseuses attribuées au
Tournaisien supérieur-Viséen inférieur.

165
PARTIE 2 : LA TECTONIQUE

166
CHAPITRE4

LA TECTONIQUE TARDI PANAFRICAINE

167
LA TECTONIQUE TARDI-PANAFRICAINE

Introduction

Les études structurales effectuées dans la boutonnière de l’Ougnat (Paile, 1983; Du Dresnay, 1988;
Benziane et Yazidi, 1992; Raddi, 1999; Derré et Lécolle, 1999; Lécolle et al., 2003a, b) et dans les
boutonnières de Saghro et de l’Anti Atlas central et occidental (Saquaque et al.,1989, 1992; Azizi et al.,
1990; Oughir et al., 1994; Ennih et al., 2001; Fekkak et al., 2001, Cheilletz et al., 2002; Thomas et al., 2004;
Gasquet et al., 2008; Errami et al., 2011 et Tuduri, 2005) montrent que les formations protérozoïques sont
affectées par l’orogenèse qui a conduit à la formation de la chaîne panafricaine au cours du
Néoprotérozoïque supérieur, entre 660 et 550 Ma. Dans l’Anti-Atlas oriental, seules les phases tardives de
l’orogenèse panafricaine sont observables. Une phase de compression-transpression a structuré le groupe du
Saghro («PII-III» ou «xII-III» sur les documents anciens), tandis que le relâchement tardi-orogénique a
guidé la mise en place du groupe de Ouarzazate («PIII» ou «xIII»). La déformation souple panafricaine de
l’ensemble schisto-grauwackeux du groupe du Saghro est généralement décrite comme le résultat d’un seul
état de contrainte ayant développé une seule schistosité de direction N20-N30. Concernant le Précambrien
III, les auteurs décrivent des épisodes de compression et d’extension.

L’objectif de ce chapitre est de reprendre, sur la base de la nouvelle cartographie au 1/50 000 de la
boutonnière de l’Ougnat (Raddi et al., 2006a et b, Raddi et al., 2012a et b), l’analyse structurale des terrains
précambriens, aussi bien en termes de déformations que de contraintes (microtectonique et analyse
quantitative). Le but est de proposer une chronologie des phases tardi-panafricaines responsables du
développement des différentes structures souples et cassantes que nous avons mesurées et cartographiées.
Cependant, s’agissant des structures cassantes, leur datation est difficile à atteindre, compte-tenu de
l’importance des jeux de failles superposés.

Nous examinerons dans ce chapitre les structures présentes dans les deux grands ensembles
géologiques suivants:

- L’ensemble schisto-grauwackeux du Groupe du Saghro dont la structuration majeure (plissement


synmétamorphique) est à rattacher à la tectonique panafricaine tardive (voir chapitre 2, fig. 2.32);

- Les formations volcano-détritiques du groupe de Ouarzazate, affectées par une tectonique cassante
directement liée à l’écroulement de la chaîne au Néoprotérozoïque terminal.

168
I. La déformation tardi-panafricaine du Groupe du Saghro

I.1. La déformation souple synmétamorphique

La partie la plus ancienne du socle de l’Ougnat est constituée d’une alternance de pélites et de
grauwackes plissées et métamorphiques, attribuables au Groupe du Saghro (Cryogénien supérieur-
Ediacarien inférieur; voir chap. 2). Cette série est recouverte en discordance, soit par le Groupe de
Ouarzazate, soit directement par le Cambrien, l’un et l’autre montrant des pendages faibles et une
déformation à plus grand rayon de courbure (Fig. 4.1). Les structures syn-foliation qu’on observe sous ces
unités discordantes résultent donc de la tectonique panafricaine tardive. En revanche, certains plis ouverts,
postérieurs à la foliation (Fig. 4.2), sont peut-être des effets du serrage varisque.

Fig. 4.1: Les métasédiments du groupe du Saghro (PII-III) sous la double discordance du groupe de Ouarzazate (PIII) et du
Cambrien inférieur (Ki) et moyen (Km1, Schistes à Paradoxides; Km2: Grès de Tabanit). Image Google earth basculée, au nord
du douar Ouin Oufroukh.

Ces structures sont des plis droits, serrés à fermés, de longueur d’onde décamétrique à hectométrique, à plans
axiaux de direction N20 à N40 accompagnés d’une schistosité de flux (S1) (Fig. 4.3). Cette schistosité, généralement
subverticale ou fortement inclinée vers le NW, se réfracte entre les lits pélitiques et les bancs gréso-greywackeux, où
elle est peu pénétrative. Lorsque les bancs gréseux sont épais et jointifs, les plis sont plus ouverts, mais conservent la
même orientation.

169
Axe du pli droit

Fig. 4.2 : Plis droits dans les flyschs du groupe du Saghro à plan axial de direction N20 à N40 au NE d’Ayt Oulhou.

Fig. 4.3: Schistes et métagreywackes du groupe du Saghro près du douar Ighrane. Noter la réfraction de la schistosité.

Le métamorphisme est de type épizonal (faciès schiste vert). Le style tectonique ainsi décrit présente

une grande similitude avec ce qui est décrit dans le Saghro, dans la boutonnière d’Imiter par Ouguir et al.,

1994; Cheilletz et al., 2002; dans les boutonnières de Boumalne et d’Imiter par Benkirane, 1987; Errami et

170
al., 2011; Fekkak et al., 2001 et Tuduri, 2005 et dans la boutonnière de Sidi Flah par Nerci, 1988 et Fekkak

et al., 2001.

Il s’agit d’épisodes compressifs NNW-SSE, synchrones d’un épi-métamorphisme régional conduisant à des
plis sub-isoclinaux à schistosité de plan axial sub-verticale, éléments d’une chaîne de montagnes allongée NE - SW.
On retrouve ces caractéristiques mécaniques et minéralogiques dans des éléments de la brèche inférieure et les galets
de quelques poudingues intercalés dans la couverture néo-protérozoïque, ainsi que dans des enclaves contenus dans les
bordures et au toit de certaines intrusions qui la recoupe.

Les axes de plis, à faible plongement, sont dispersés entre les directions N20 et N40 (Fig. 4.2). Ils admettent
une schistosité de flux de plan axial (S1) de direction N20 à N30 (Fig. 4.3 et 4.4), qui, en dehors des charnières, se
confond avec S0.

Fig. 4.4: Les schistes et grès du groupe de Saghro ; A : Charnière d’un pli dans avec le pendage de So et la direction de la schistosité
S1 ; B: Pli métrique montré par un niveau de grès et pelites avec So et S1à droite de la piste d’Ighrane ; C : Schistosité de flux (S
1) subverticale au nord de la piste vers Ighrane ; D : La schistosité S1 près de l’oued Chari piste vers ait Oulhou.

La direction de la schistosité varie peu entre N20 dans le secteur de Melaab et N30 dans le secteur est de Ouin Ou
Froukh et le douar Ighrane. La trajectoire de schistosité observée dans la boutonnière de l’Ougnat (Fig. 4.5) montre
une direction moyenne N20 à N30.

171
Fig. 4.5: La trajectoire de la schistosité dans le groupe de Saghro (PII-III) de l’Ougnat. GS : groupe de Saghro, GO : groupe de Ouarzazate, c :
Cambrien, Q : Quaternaire. Extrait de la carte structurale du massif précambrien de l’Ougnat (Fig. 2.1).

I.2. Le métamorphisme du groupe du Saghro

Un échantillon pélitique finement lité, prélevé sur la feuille de Bou Adil au point de coordonnées: X:
4°29'34.6" Y: 31°29'54.0", montre les minéraux suivants (Fig. 4.6): Quartz recristallisé de taille < à 10µ, biotite verte
chloritisée ; séricite et oxydes de fer (hématite).

Au microscope on observe également une schistosité S1 tracée par l’allongement des minéraux phylliteux et la
recristallisation des minéraux de quartz. La stratification S0 n’est pas distincte; la présence d’une S2 n’est pas
convaincante.

172
Ainsi l’association minéralogique observée est de type schiste vert de bas degré. C’est un métamorphisme de
basse pression dont les conditions de température sont généralement estimées aux alentours de 300°C.

Fig. 4.6: Micrographies d’un échantillon de métapélites du groupe du Saghro, en lumière polarisée. A
gauche, faible grandissement. A droite, fort grandissement. La schistosité de flux est clairement visible par
l’orientation des micas blancs et l’aplatissement des grains de quartz et de plagioclase (au centre, cliché de
droite). Coordonnées X: 4°29'34.6" Y: 31°29'54.0" Carte Bou Adil 1/50 000.

I.3. Analyse des failles du groupe du Saghro et directions des contraintes

Il est difficile de dater les failles qui affectent le socle, puisqu’il a été affecté par les déformations

cassantes postérieures à son plissement synmétamorphique, notamment pendant le Néoprotérozoïque

terminal (Groupe de Ouarzazate) et le Paléozoïque (chapitres 5 et 6). Les seules failles relativement bien

datées «fini-protérozoïques» sont celles qui ont guidé la mise en place des roches magmatiques du groupe de

Ouarzazate («PIII»): elles sont soit antérieures à ce groupe, avec une réactivation contemporaine du

magmatisme, soit actives seulement pendant l’évolution magmatique.. Nous les décrivons dans ce

paragraphe, mais qu’il soit clair que leur période d’activité la plus significative est contemporaine de

l’évolution du groupe de Ouarzazate. Les failles observées dans les terrains du groupe de Saghro sont:

- Les failles de direction N 30 à sub-méridienne observées au niveau du village de Mellab (Fig. 4.7);

-Les failles de direction N-S et de pendage vertical empruntés par des dykes andésitiques (Fig. 4.8).

De nombreux accidents secondaires de direction variable affectent la série schisto-gréseuse, ils sont
surtout localisés au NE de l’affleurement du groupe de Saghro et à la limite groupe de Saghro et sa
couverture volcanique du groupe de Ouarzazate et le Cambrien.

L’analyse microtectonique effectuée dans les terrains schisto-gréseux du groupe de Saghro de l’Ougnat au
niveau de Mellab (Fig. 4.6A); dans les mêmes terrains au sud ouest de Mellab (Fig.4.6B) et dans le secteur

173
de l’Oued Chari, nous a permis de déceler l’épisode de contrainte NW-SE (Fig. 4.7) qui a affecté les terrains
correspondants.

Il s’agit de l’épisode compressif qui indique pour la contrainte principale maximum une direction NW-
SE, responsable du jeu dextre des failles de direction N80 – 110, et senestre des failles de direction N130-
155 (Fig. 4.9).

Fig. 4.7: Les stéréogrammes des structures et indicateurs cinématiques dans les failles du groupe de Saghro au village Mellab, A: Schéma de
localisation des lieux de mesures GS : Groupe de Saghro, GO : Groupe de Ouarzazate, Gr : granodiorite ; C : Cambrien, Q : Quaternaire. B et
C : Stéréogramme, D : Légende des stéréogrammes : 1 : canevas de schmitt hémisphère inférieur ; 2 : Plan de faille a stries a jeu décrochant, 3 :
jeu inverse, 4 : jeu normal, 5,6 et 7 : axes principaux des tenseurs des contraintes (e1, e2 et e3), 8 : plan de faille 9 : direction de compression
10 : direction d’extension, 11 : plan de fracture sans stries, 12 :N : nord géographique M : nord magnetique13 :faille normale 14 : faille
inverse15 :décrochement dextre, 16 : décrochement senestre ; 17 : axes de plis, 18 : fentes de tension.

174
Fig. 4.8: injection de dyke andésitique dans le substratum (groupe de Saghro) à l’Ouest d’Ighrane (NE feuille Bou Adil
1/50000).

Fig. 4.9: Etat de contrainte dans le groupe de Saghro de l’Ougnat.

I.4. Discussion

Le but de ce paragraphe est la corrélation de la déformation tardi-panafricaine qui a affecté le Groupe


du Saghro, en se basant sur la direction de la schistosité et de la stratification dans les formations dans les
boutonnières de l’Ougnat et du massif du Saghro lui-même, à savoir les boutonnières d’Imiter, Boumalne,
El Kalaa et Sidi Flah.

Les formations du groupe de Saghro affleurent dans ces boutonnières au sein d’une couverture
volcanique et volcano-détritique d’âge Néoprotérozoïque (Groupe de Ouarzazate). Elles sont constituées de
schistes et de grauwackes, avec des volcanites basiques interstratifiées dans les formations turbiditiques dans
les boutonnières du Saghro, qui ne sont pas observées dans l’Ougnat. Elles sont affectées par la tectonique
panafricaine tardive (Ouguir et al., 1994; Fekkak et al., 2001). Cette tectonique a eu lieu dans des conditions
de métamorphisme épizonal. La direction régionale de la schistosité est NE-SW (Fig. 4.10). Cette direction

175
est bien apparente dans la boutonnière de Boumalne. Elle est réorientée progressivement dans les couloirs de
cisaillement ductiles WNW-ESE dextre à Kelaat Mgouna et NW-SE senestre à Sidi Flah (Fekkak et al.,
2001; Errami et al., 2009). En dehors des zones de cisaillement, les plis synschisteux sont isoclinaux. Dans
les zones de cisaillement, il s’agit de plis dissymétriques flancs longs - flancs courts. L’analyse de
l’ensemble de ces structures donne globalement une direction de la contrainte maximale NW-SE.

Fig. 4.10: Evolution de la direction de schistosité et de la contrainte dans les schistes et grauwackes du groupe de Saghro dans les
boutonnières de Saghro et l’Ougnat. Projection stéréographique des structures de la déformation (Plis et cisaillement) panafricaine
tardive et contrainte σ1 correspondante dans les groupes de Sidi Flah, Kelaat Mgouna et Boumalne (hémisphère inférieur)
(Fekkak et al. 2001). : Axe de plis synschisteux, : Zone de cisaillement ductile.

176
Il est intéressant de développer la comparaison entre ces boutonnières, du point de vue qui nous occupe. Sur le
terrain, les premiers effets visibles de la déformation panafricaine se traduisent par le redressement des unités méta-
sédimentaires, en réponse à la formation de grands plis d’échelle kilométrique.

Dans l’Ougnat: Comme nous l’avons vu, la compression NW-SE observée dans les terrains du groupe de Saghro
(PII-3) de l’Ougnat est matérialisée par une schistosité de flux de direction peu variable de N20 à N30 (Fig. 4.5), elle
est matérialisée aussi par des plis droit d’axe de direction N30 (Fig. 4.2 et Fig. 4.4). Ces observations sont complétées
par quelques mesures de stries sur les failles décrochantes dextres de direction N80-120 et senestres de direction
N130-155 (Fig. 4.7).

Cette phase de compression de direction NW-SE a été antérieurement décrite dans le secteur de Melaab (Paile,
1983; Freton, 1988; Aabia et al., 2003).

Dans la boutonnière d’Imiter, les plis P1 sont généralement des plis déjetés ou déversés à vergence sud-est
(Ouguir et al., 1994). Leur axe présente des directions ENE à WSW et des

Fig. 4.11: La trajectoire de la schistosité dans la boutonnière d’Imiter, selon Ouguir et al., (1994).

177
Fig. 4.12: Coupe NW-SE des formations grauwackeuse du «PII» dans la boutonnière d’Imiter, avec indication de rapport
stratification-schistosité (Ouguir et al., 1994).

plongements plus ou moins accentués vers le NE, les plus forts plongements s’observant à proximité des plutons.
Les plans axiaux ont un pendage nord d’environ 70°. Ces plis présentent un clivage de plan axial bien développé dans
les niveaux pélitiques qui se réfractent dans les niveaux grauwackeux plus grossiers. La trajectoire de schistosité
observée dans la boutonnière d’Imiter (Fig. 4.10, 4.11 et Fig. 4.12) montre une direction moyenne arquée ENE-
WSW, devenant franchement E-W dans sa partie orientale (Ouguir et al., 1994).

Dans la boutonnière de Boumalne, les formations du groupe du Saghro ont enregistré l’effet d’une contrainte de
direction NW-SE responsable du développement d’une schistosité dont la direction varie de N40 à N70 (Benkirane,
1987) (Fig. 4.10 et 4.13).

Dans la boutonnière de Sidi Flah, les formations du groupe de Saghro ont subi le même effet de la contrainte de
direction NW-SE, avec le développement d’une schistosité dont la trajectoire varie de N30 à N50 (Nerci, 1988) (Fig.
4.10 et 4.14)

Fig. 4.13: Schéma géologique de la boutonnière de Boumalne avec la direction de la schistosité dans le groupe de Saghro, d’après Benkirane
(1987). 1 2 et 3: granites et faciès indifférencié PIII, 4: couverture volcano sédimentaire PIII, 5: adamellite greisenisée de Taourirt Tamellalt, 6:
granodiorite Tabous’aid et Iknioun), 7 : Diorite quartzitique, 8,9, 11 et 12:schistes et grauwackes du PII 3, 10: coulée basiques PII3, 13: Post PIII
et 14: direction et pendage de la schistosité de flux S1.

178
Fig. 4.14:.Schéma géologique d’une partie de la boutonnière de Sidi Flah avec la direction de la schistosité dans le groupe de Saghro, d’après
Nerci (1988); 1: alluvions, 2: dykes basiques, 3:dykes d’andésite porphyrique, 4: Aplites et rhyolites, 5: granodiorites et apophyses N30, 6:
diorites N130, 7: Shales et grauwackes PII3 (dans l’auréole de contact), 8: Shales et grauwackes PII3, 9: Jaspes , 10: cinérites acides, 11:
amphibolites litées a la base, 12: S1 Schistosité de flux, 13: So Stratification.

Ainsi, au cours de l'orogenèse panafricaine, le Groupe du Saghro a été déformée par des plis de direction NE-
SW et une schistosité de plan axial de direction NE-SW. La schistosité est généralement due à la dissolution
sous pression et recristallisation dans les conditions du faciès schistes verts. La direction de la schistosité
varie de N 20 dans la boutonnière de l’Ougnat à N50-80 dans la boutonnière d’Imiter et Boumalne (Ouguir
et al., 1994; Fekkak et al., 2001; Errami et al., 2009), N100-130 dans les boutonnières de Kelaa M'gouna et
de Sidi Flah (Benkirane, 1987; Nerci, 1988; Saquaque et al., 1992 et Fekkak et al., 2001).

A Boumalne et Imiter, l’orientation moyenne de la stratification est N060-080°E avec un fort


pendage vers le N (75°N). Une légère divergence est observée à Kelâa Magouna où les séries sont
globalement orientées N090°E à N100°E et présentent un fort pendage vers le sud ou plus rarement vers le
nord. (Tuduri, 2005)

Dans le détail, les variations ont été fréquemment observées soit au contact de failles tardives NW-
SE (rebroussement), soit au contact d’intrusion de diorites ou de granodiorites (fig. 4.15, fig. 4.16). Ainsi,
dans la partie nord de la boutonnière d’Imiter, la stratification est orientée N070°E 75°N, tandis que plus au
sud, au contact de l’intrusion de diorite granodiorite de Bou Teglimt, la stratification est orientée NE-SW à
N-S et présente toujours un fort pendage vers l’W-NW (fig. 4.15). Toujours à Imiter, au contact des grands

179
accidents N070-090°E, le long desquels se localisent les implantations minières, la stratification tend à se
paralléliser à ces derniers (fig. 4.15).

Dans le secteur d’Imiter, les plis se courbent au niveau de leur terminaison périclinale et se
parallélisent aux failles N070-090°E. En fait, le synclinorium de Boumalne et l’anticlinorium d’Imiter
s’échelonnent dans un couloir tectonique limité par les principaux systèmes de failles du secteur (Tuduri,
2005).

Fig. 4.15: Schéma structural de la boutonnière d’Imiter (Tuduri, 2005).

180
Fig. 4.16: Schéma structural de la boutonnière de Boumalne (Tuduri, 2005).

II. Analyse de la déformation post-panafricaine dans les unités magmatiques du groupe de


Ouarzazate.

Après la tectonique tardi-panafricaine qui a affecté le groupe de Saghro, l’orogène commence à être
peu à peu détruit, les altitudes sont abaissées, en partie par l’érosion, mais surtout par des processus
extensifs, créant un système en horsts et grabens N-S, N130/140 et N30/40, objet du présent paragraphe.
Une surface continentale, pénéplanée mais encore affectée de paléoreliefs localement vigoureux accrochés
sur des horsts résiduels, est ainsi établie en plusieurs épisodes sur une très longue période.

Comme le montre la répartition des brèches subaériennes inférieures, qui occupent des couloirs
subméridiens, ainsi que les termes basaux de la couverture du groupe de Ouarzazate (PIII) discordante à la
fois sur le groupe de Saghro et les brèches inférieures, les structures d’effondrement sont d’abord orientées
nord-sud. Les directions dominantes limitant les effondrements sont alors N30/40 et N130/140.

Les trois directions N70, N30/40 et N130/140, vont régir toutes les évolutions tectoniques et
paléogéographiques de l’Anti-Atlas en général et celle de l’Ougnat en particulier, pendant toute la suite du
Protérozoïque.

Dans l’Ougnat, la série volcanique et volcano-détritique du Protérozoïque terminal groupe


d’Ouarzazate est faiblement déformée, elle est mise en place dans une paléogéographie en horsts et grabens
induite par la réactivation des accidents N30 et N160 au cours des premières phases d’extension post-
panafricaine. L’ensemble de la pile volcanique présente un léger basculement d’environ une trentaine de
degrés vers le NW dans le secteur Nord et vers le Sud et le SE dans le secteur sud.

181
En ce qui concerne les structures cassantes (qui ont aussi affectés le groupe de Saghro sous-jacent,
deux familles sont développées dans la série volcanique:

II.1. La famille des failles N 140, N160 à subméridiennes

Bien représentée dans le secteur ouest (Fig. 4.17), la direction N160 est matérialisée par des failles,
de nombreux dykes andésitiques (Fig. 4.20), les intrusions rhyolitiques (chonolites) et les filons
polymétalliques de Bou Madine.

Fig. 4.17: Structures N160 et N30 dans le secteur ouest de l’Ougnat, représentées par les bassins de dépôt des formations
de Tamerzaga et Bou Naga et l’intrusion dacitique et rhyo-dacitique avec injection de dykes N-S.

182
Fig. 4.18: Coupe géologique du secteur d’Ouin Oufroukh affecté par des failles N140 ; la faille N140 de Boumalou a joué

un rôle dans la formation des bassins de dépôt des formations de Tamerzaga, de Bou Naga et l’intrusion de dacites. Ta : Formation de Tamerzag
Vs1 : Volcano-sédimentaire1 ; BN : Formation de Bou Naga ; dacites-andésites ; AA1 : Formation d’Awja n’Aissa ; dolérites
porphyriques.

Ce système de fracture exploité par les intrusions andésitiques et dacitiques (Fig. 4.18), accompagné
des venues hydrothermales génératrices des veines minéralisées N 160 de Bou Madine (Abia et Soulaimani,
2011) est considéré comme un trait structural majeur de l’Ougnat. Le mode de fonctionnement de ce
système ne peut être dissocié de celui des failles N30. En effet leur rejeu en extension et cisaillant a
favorisé l’ouverture des fractures N160. Ces fractures sont cicatrisées par les systèmes de dykes de la région
(andésites, dacites, rhyodacites) (Fig. 4.17 et 4.18).

L’orientation des dykes situés dans l’ouest de la feuille Bou Adil (formation de Tamerzaga) montre
qu’il y a un passage progressif de la direction SSE au niveau de Boumadine à NNE au Nord en passant par
la direction N-S; ceci étant conforme avec une phase extensive de direction E-W.

Les failles de direction subméridienne sont bien représentées au NW de la feuille de Bou Adil où
elles mettent en contact les formations du Précambrien et la couverture paléozoïque (rejeu au Paléozoïque);
elles sont matérialisées par les rhyolites en chonolites d’Isk n’Oudaden et par ceux de la mine. Elles sont
également bien représentées dans le massif d’Aouja n’Aïssa et à l’Ouest de Bou Malou. Au cœur d’Aouja
n’Aïssa on identifie un certain nombre de fractures subméridiennes qui mettent en contact plusieurs
membres de la même formation:

-La faille N140 de Bou Malou, qui affecte l’est d’Aouja n’Aïssa, est importante dans la structuration du
massif, elle a joué un rôle dans la formation des bassins subméridiens où ont été déposées les formations de
Tamerzaga et Bou Naga ainsi que dans la mise en place des intrusions de dacites (Fig. 4.17, Fig. 4.18) et
granodiorites. Cette faille met on contact différentes formations du groupe de Ouarzazate avec le groupe de
Saghro (Fig. 4.17); ainsi que la formation d’Aouja n’Aissa avec la formation de Tamerzaga et l’intrusion de
dacite (Fig. 4.19).

183
-L’accident du secteur d’Afoud N’Ouhançal admet la même direction et a joué un rôle important dans
la structuration de ce secteur.

-Les bandes schisteuses de largeur allant de 40 à 250 mètres sur une longueur atteignant 1,5 km sont
particulières par leur concentration en pyrophyllite dans le secteur Bou Isseghi (Fig. 4.17 et Fig. 4.22);
elles admettent une direction principale N140. La schistosité a affecté la dacite et les rhyo-ignimbrites du
groupe de Ouarzazate qui affleurent au nord-ouest de Bou Isseghi. Dans ces bandes de schistosité, des
masses siliceuses apparaissent, elles résultent probablement d’un apport siliceux hydrothermal synchrone à
la mise en place de la pyrophyllite.

Fig. 4.19.: La faille N140 de Boumalou limitant la formations d’Awja n’Aissa avec la formation de Tamerzaga et l’intrusion de
dacite.

184
Fig. 4. 20 : Dykes de rhyodacites N160 dans la formation de Tamerzaga au nord d’Amgane.

Les formations de Tamerzaga et de Bou Naga ont été déposées sur une topographie du substratum
très variable, ce qui est montré par les grandes et rapides variations d'épaisseur de ces formations; ces
variations d’épaisseurs suggèrent que ce groupe a été déposé au cours d’une tectonique distensive
(transtensive).

Les effondrements post-«Bou Naga», prémices de la distribution actuelle et résiduelle de cette


formation, sont en partie des réajustements verticaux volcano-plutoniques, mais aussi des rejeux en grabens
dans un système distensif Est-Ouest régional qui ont contribué au démantèlement de plus en plus accentué
de la chaîne panafricaine et de sa couverture fini-protérozoïque naissante.

Postérieurement à la mise en place des ignimbrites «Bou Naga», et vraisemblablement en


conséquence (réajustements volcano-plutoniques), le môle de substratum et sa couverture Tamerzaga et Bou
Naga vont subir une nouvelle érosion et surtout une série d’effondrements régionaux qui, dans un système à
nouveau en extension, vont faire rejouer les structures antérieures, et entraîner, cette fois, d’importants
décollements subhorizontaux intracutanés polyphasés, le long de discontinuités préexistantes (limites des
formations, discordances); corrélativement, les divers magmas représentant la granodiorite et la dacite vont
s’y injecter successivement.

185
Fig. 4.21: Dykes d’andésites de direction N160 dans la dacite et la rhyodacite altérées au nord de la mine Bou Madine.

Fig. 4.22: Coupe géologique du cirque de Bou Isseghi montrant les bandes de schistosités N 140 à Pyrophyllite. Ta : Formation de Tamerzaga ;
Vs1 : Volcano-sédimentaire1 ; BN : Formation de Bou Naga ; dacites-andésites ; alt : dacite andésite altérées ; AA1 : Formation
d’Awja n’Aissa ; d1 : coulées doléritiques ; dolérites porphyriques ; Faciès hydrothermalisé de dacite andésite ; alt : (zone
silicifiée) ; pyr : pyrophyllite ; i2 : Cambrien inférieur.

II.2. La famille des failles N30 à N50

Ce sont des fractures plurikilométriques, facilement repérables dans le paysage, sur photos aériennes
et sur images satellitaires. Dans la région ces failles ne sont pas nombreuses (Fig. 4.23 et 4.26), toutefois on
peut citer celle, axée sur le cours de l’oued n’Oukerouz (Fig. 4.25), celle d’Amagane, celle d’Akka
n’Boudals et celle du secteur d’Afoud n’Ouhanssal au Nord de Bou Saboun ; elles sont de direction
moyenne N30 à N40 et ont joué un rôle important dans l’histoire tectonique du secteur.

Ces failles constituent des couloirs de déformation et se distribuent dans le paysage en découpant les
différents terrains du groupe d’Ouarzazate en plusieurs blocs structuraux, allongés suivant la même
direction (Fig. 4.23) et qui tracent la paléogéographie en horsts et grabens déjà instaurée au début, voire
avant la mise en place du groupe d’Ouarzazate.

186
L’ampleur du rejet de ces accidents a été estimée lors de la campagne de cartographie. Le long de
l’oued n’Oukerouz à l’aplomb duquel l’accident N30 a mis en contact, la formation de Tamerzaga et la
formation d’Aoujane n’Aïssa, le rejet est d’environ 250 m (Fig. 4.25).

La zone de fractures N30 (Mellab-Taoudoudout-Akerrouz-Tighzdist-Bou Ouddoud-Bou Madine) qui


a toujours été active, depuis le Groupe de Saghro, mais qui acquiert là un rejeu extensif important.

L’analyse structurale réalisée le long de l’accident de l’Oued Akerouz (stries et cannelures) (Fig.
4.27) a montré des mouvements horizontaux et/ ou verticaux à très fort pendage ce qui met en évidence le
caractère polyphasé de ces fractures. Ainsi, les failles N30 en rejouant dans un contexte cisaillant senestre
au cours du PIII ont permis l’ouverture de fentes en échelon cicatrisées par des dykes basiques de direction
N30 a N40 (Fig. 4.23 et Fig. 4.24).

Les accidents cassants N40 à N50 : Une série d'accidents avec un jeu normal avec une composante
cisaillante (dextres), de direction N40-50 s’est exprimée après le développement de la schistosité et a joué
un rôle dans le dépôt des termes de la formation d’Aoujane n’Aïssa et la mise en place du complexe de
dolerites, de dolerites porphyrique, de gabbro et de monzogranite ; elle correspond à une manifestation
tectonique extensive dans le Précambrien III de direction NW-SE. Ces accidents sont visibles dans le massif
en général, mais bien apparent à l’ouest et au SW d’Oukhit (Fig. 4.23), dans le jbel Aouja n’Aïssa et dans le
secteur de la mine Bou Madine (Fig. 4.17).

187
Fig. 4.23: Structures N40 dans les formations du groupe de Ouarzazate dans le secteur d’Oukhit; Ta : Tamerzaga ; BN : Bou Naga ; D :
Dacites ; AI: Awja n’Aissa ; DL : Dolérites; G : Gabbro ; C : Cambrien ; Q : Quaternaire.

Fig. 4.24: Coupe géologique du Jbel Tamerzaga montrant les intrusions de dykes et chonolite doléritique de direction N40 et qui matérialise
l’ouverture de direction NW-SE. Ta : Formation de Tamerzaga ; BN : Formation de Bou Naga ; dacites-andésites ; : dykes de
rhyolites claires ; dolérites porphyriques; i : Cambrien ; Or : Ordovicien ; q3 : Quaternaire.

188
Fig. 4.25: Faille N30 d’Akerouz limitant les dacites vers le NW et la formation d’Awja n’Aissa vers le SE au niveau du douar Bou
Ougdoud. Carte Bou Adil 1/50000.

Fig. 4.26: Faille normale N40 affectant la formation rhyolitique de Tamerzaga.

Dans son ensemble, les différents termes du complexe de dolérites, dolérite porphyrique, gabbro et
monzogranite affleurent dans une grande zone falciforme à convexité (Fig. 4.17) tournée vers le sud-ouest
qui dessine une dernière «auréole» de Protérozoïque, discontinue à l’extérieur de la Formation Aoujjane
Aïssa. Dans ce croissant, plusieurs zones se distinguent par leurs faciès et sont orientées suivant une

189
direction N40: i) les ‘cornes’ du croissant sont l’enveloppe de denses essaims de dykes N30 de dolérites plus
ou moins porphyriques, émissaires de massifs situés plus au sud; ii) le corps du croissant comporte une zone
interne avec des massifs de dolérites porphyriques à gloméro-porphyriques se résolvant donc vers le nord en
dykes et sills (chonolites) de direction N40 (Fig. 4.23), et une zone externe avec des coulées de dolérites
oligo-porphyriques à aphyriques.

Fig. 4.27: Stéréogrammes des structures et indicateurs cinématiques dans le groupe de Ouarzazate: A: Schéma de localisation des
lieux de mesures GS: Groupe de Saghro, GO: Groupe de Ouarzazate, C: Cambrien, Q: Quaternaire. B: stéréogramme à Bou
Ougdoud, à l’Est de la mine Boumadine, C: stéréogramme au contact groupe de Saghro-Groupe de Ouarzazate sur la piste vers
Ait Oulhou. D: légende des stéréogrammes, 1: canevas de schmitt, hémisphère inférieur; 2: Plan de faille à stries à jeu décrochant,
3: jeu inverse, 4: jeu normal; 5,6 et 7: axes principaux des tenseurs des contraintes (e1, e2 et e3), 8: plan de faille 9: direction de
compression 10: direction d’extension, 11: plan de fracture sans stries, 12:N: nord géographique M: nord magnetique,13:faille
normale, 14: faille inverse,15:décrochement dextre, 16: décrochement senestre; 17: axes de plis, 18: fentes de tension.

II.3. Etats de contraintes dans les terrains du groupe de Ouarzazate

L’analyse des cartes montre clairement que les terrains du groupe de Ouarzazate (« PIII ») sont
structurés d’abord suivant la direction N-S, limite des grabens dans lesquels ont été mises en place les
premières manifestations volcaniques de la région (dépôt des formations de Tamerzaga et Bou Naga) et par

190
la suite suivant la direction N40 qui a guidé la mise en place de l’ensemble des dykes basiques ainsi que le
complexe gabbroïque individualisé dans le secteur.

L’analyse microtectonique effectuée dans les formations volcaniques du groupe de Ouarzazate de


l’Ougnat (Ignimbrites, tufs, dacite) nous a permis de mettre en évidence deux épisodes tectoniques (Fig.
4.28):

-Un épisode distensif de direction en gros E-W, responsable du jeu des failles normales de direction
N160-N20. Cet épisode est responsable de l’ouverture des bassins N-S qui ont servi à la mise en place des
formations volcaniques de la formation de Tamerzaga et de Bou Naga ainsi que les intrusions de
granodiorites et la dacite ; ceci est matérialisé par la forme des affleurements actuels de ces formations (Fig.
4.17 et Fig. 4.18).

-Un deuxième épisode distensif de direction N150 à N160 responsable du jeu des failles normales de
direction N40 qui ont servi de chemin d’accès et de mise en place du complexe gabbroique et des dykes de
même générations selon une direction N40 (Fig. 4.23 et Fig. 4.24).

Fig. 4.28: Etats des contraintes dans le groupe de Ouarzazate de l’Ougnat.

191
II.4. Discussion

Ainsi, à la fin du Protérozoïque, la chaîne montagneuse anti-atlasique formée par le groupe de


Saghro, surmonté par le Groupe de Ouarzazate, est réduite à un môle allongé N70, relativement surbaissé, et
d’altitude décroissante de l’Ougnat à l’Est, au Saghro occidental à l’Ouest (comme le montre les variations
de la stratigraphie du Cambrien sus-jacent). Ce môle résiduel est donc intensément fracturé, en « touches de
piano » selon des directions successives: N-S, N160 et N40, les directions conjuguées complétant le
dispositif.

L’étude pétrographique des terrains du groupe d’Ouarzazate ne montrent jamais de transformations


minéralogiques orientées qui pourraient témoigner de l’existence d’un métamorphisme régional
syncinématique compressif ou extensif, non plus, d’ailleurs, de structures plissées qui puissent être
attribuées à un ou plusieurs épisodes compressifs. Les différentes unités du socle ne sont que légèrement
basculées. Ces basculements, incohérent avec les processus compressifs, sont plutôt redevables d’une
tectonique extensive polyphasée (Fig. 4.29) qui a induit une morphologie en horsts et grabens, encrée sur
les directions fragiles anciennes très permanentes N140 - 160 et N30 - 40.

La cartographie détaillée et l’étude tectonique de la boutonnière de l’Ougnat montrent que les


terrains du groupe de Ouarzazate sont structurés d’abord suivant la direction N-S limites des grabens dans
lesquels ont été mise en place les premières manifestations volcaniques de la région (dépôt des formations
de Tamerzaga et Bou Naga puis intrusions de granodiorites et d’andésites-dacites) et par la suite suivant la
direction N40 qui a guidé la mise en place de l’ensemble des dykes basiques ainsi que le complexe
gabbroique individualisé dans le secteur.

-La structuration des unités du groupe d‘Ouarzazate débute alors par un premier épisode distensif de
direction E-W, observé dans le secteur de la mine Bou Maadène et dans le secteur d’Ait Oulhou Imi n’Iken.
Il est responsable du jeu des failles normales de direction N160 et N40, il a guidé la mise en place des
formations de Tamerzaga et Bou Naga.

Dans la boutonnière d’Imiter, a une centaine de kilomètres à l’ouest, un épisode distensif de direction
NW-SE est observé par Ouguir et al., (1994), puis par Cheilletz et al., (2002) (Fig. 4.29, 4.30 et 4.31). Vers
l’ouest, un état distensif comparable est signalé dans l’Anti Atlas en général et la boutonnière de Bou Azzer
en particulier par Azizi et al., (1990) et Gasquet et al., (2008).

Dans la boutonnière de l’Ougnat, Paile, (1983) et Freton, (1988) distinguent des états de contraintes
compressifs (Fig. 4.31) pour mettre en évidence le couloir de schistosité près de la mine Bou Madine et la
mise en place des dykes N-S.

192
Fig. 4.29: Evolution de la direction des contraintes dans les formations magmatiques du groupe de Ouarzazate dans les
boutonnières de Saghro et l’Ougnat.

193
Fig. 4.30 : Les paléo contraintes (R1, R2, R3) ont été estimés en utilisant la méthode Angelier et Mechler (1977). Notez qu'un régime
semble prédominante et que le régime de contrainte changeant de A à B n'est pas couplé avec un changement majeur dans la succession
para génétique, sauf pour un changement dans la gangue de quartz et de dolomite. Cheilletz et al., (2002).

Cet événement en régime extensif dans les boutonnières de Saghro et un peu plus à l’ouest dans
l’Anti Atlas est responsable de la mise en place du volcanisme du Groupe de Ouarzazate et des granitoïdes
associés. Cette transtension se continue pour mettre en place les formations paléozoïques. (Azizi et al., 1990
; Ouguir et al., 1994 ; Levresse, 2001; Otmane et al., 2007).

Dans l’Anti Atlas en général et dans l’Anti Atlas oriental en particulier, le Groupe de Ouarzazate n'a
pas subi la déformation panafricaine, mais il a été déposé sur une topographie du substratum très variable,
ce qui est montré par les grandes et rapide variations d'épaisseur du Groupe de Ouarzazate; ces variation
d’épaisseur suggère fortement que ce groupe a été déposé au cours d’une tectonique distensive (transtensive)
(Gasquet et al., 2008).

Un deuxième épisode distensif de direction NW-SE, marqué par les jeux de failles normales de
direction N40, responsable de la mise en place de la formation d’Aouja n’Aissa et du complexe
basique (dolerites, dolerites porphyriques, Gabbro et Monzogranite) de la fin du PIII (Fig. 4.23, 4.24 et
4.31). Sur les mêmes terrains près de la mine de Bou Madine, un épisode de même direction est responsable
du jeu des failles normales de direction N30 (Freton 1988). Dans la boutonnière d’Imiter, un épisode
similaire est décrit dans les formations du groupe de Ouarzazate Ouguir et al., (1994) et Cheilletz et al.,
(2002).

194
Fig. 4.31: Tableau de comparaison des états de contraintes fini-protérozoïques reconnues dans le groupe de Ouarzazate dans les
boutonnières de l’Ougnat et d’Imiter.

III. Conclusion et synthèse de l’orogenèse panafricaine

Au Néoprotérozoïque, il convient de distinguer deux périodes d’évolution tectonique, d’abord la


structuration du socle schisto-gréseux du groupe du Saghro, puis celle de sa couverture volcanique du
groupe de Ouarzazate.

* Dans le groupe du Saghro, la tectonique est marquée par un épisode compressif intense NNW-
SSE, synchrone d’un épi-métamorphisme régional et conduisant à des plis sub-isoclinaux à foliation de plan
axial sub-verticale, éléments d’une chaîne de montagnes allongée NE - SW. Ce régime compressif avait
dans la boutonnière de l’Ougnat et dans celles du Saghro une direction NW-SE.

* Dans le groupe d’Ouarzazate, l’évolution tectonique est strictement extensive et concourt à la


destruction de la chaîne de montagnes édifiée par le groupe de Saghro. On distingue deux épisodes
distensifs:

195
- Une première extension de direction E-W à WNW-ESE qui permet la création de horsts et grabens
sub-méridiens, où se sont accumulées les formations de Tamerzaga et de Bou Naga avec l’intrusion de la
granodiorite et de la rhyo-dacite. Cette distension est aussi signalée dans le Saghro et dans l’Anti Atlas en
général.

- Une deuxième extension de direction NW-SE, a permis la mise en place des nappes rhyo-
ignimbritiques d’Aouja n Aissa, et le jeu des failles normales N30 à N40, et a aussi guidé la mise en place
du complexe dolérito-gabbroïque dans une bande plus ou moins large au sud de la boutonnière et sur une
même direction.

196
CHAPITRE 5

LA TECTONIQUE EN DISTENSION PALÉOZOÏQUE

197
LA TECTONIQUE EXTENSIONNELLE PALÉOZOÏQUE

Introduction

L’Anti-Atlas oriental s’est édifié à la marge de la plate-forme saharienne relativement stable pendant
le Paléozoïque. La déformation hercynienne y est faible, de sorte que les études y ont été consacrées surtout
à la stratigraphie et à la paléontologie du Paléozoïque, le volet tectonique étant presque ignoré. C’est au
cours de ces dernières années que certains auteurs se sont intéressés à la tectonique pré-orogénique ayant
dirigé la sédimentation du Paléozoïque dans cette région, notamment celle du Dévonien (Hollard, 1960 ;
Wendt, 1985 ; Baidder, 2007 ; Baidder et al., 2008 ; Raddi et al. 2007 ; Lubeseder et al 2008 et 2009 ;
Michard et al, 2008, Michard et al., 2010b).

Le but du présent chapitre est de proposer une chronologie détaillée des épisodes pré-orogéniques
(les indices de rifting au Cambrien, les mécanismes responsables de l’ouverture des bassins à l’Ordovicien,
au Dévonien et au Viséen) responsables des premières phases du développement des différentes structures
cassantes que nous avons mesurées et cartographiées. On s’attachera à préciser la relation entre la
fracturation et le magmatisme présent dans le secteur. Cette étude est effectuée pour la première fois autour
de la boutonnière de l’Ougnat.

I. Le rifting du Cambrien

I.1. Variations stratigraphiques


La couverture d’âge Cambrien inférieur et moyen longe les bordures du Saghro oriental et contourne
presque entièrement celle de l’Ougnat. Cette couverture, pauvre en marqueurs paléontologiques, débute par
des conglomérats, se poursuit par un complexe carbonaté et se termine par des grès. Les différents travaux
appuyés par des reconstitutions paléogéographiques (Boudda et al., 1979 ; Destombes et al., 1985 ; Bugguish
et al., 1987 ; Geyer et Landing, 2004 ; Benssaou, 2005 ; Landing et al, 2006 ; Malusà et al., 2007 ; Baidder,
2007) montrent que la Série de base et les Calcaires inférieurs (Adoudounien) sont absents dans l’Anti-Atlas
oriental (Raddi et al. 2007).

Ces mêmes reconstitutions paléogéographiques montrent également que le complexe


conglomératique basal correspond à la formation de Tikirt, alors que le complexe carbonaté médian
constitue l’équivalent des formations d’Issafene et des Calcaires à Archéocyathes (Anti-Atlas central). Ce
complexe médian est surmonté par la série schisto-calcaire et les Grès terminaux. Ce dernier ensemble
montre des réductions d’épaisseur, jusqu’à la disparition complète à l’Est de l’Ougnat (Jbel El Hamda) (Fig.
5.1 & Fig. 5.2) (cf Chap. 3).

198
Les formations des Schistes à Paradoxides et des Grès de Tabanit (Cambrien moyen), sont à
lithologie relativement monotone, mais montrent des variations d’épaisseurs importantes (cf Chapitre 3).

Ainsi, le Cambrien se caractérisent donc par des variations d’épaisseur et de faciès importantes dans
deux directions W-E et NW-SE. Ces variations sont dictées par plusieurs facteurs. Nous retenons comme
facteur le canevas de failles du substratum (Azizi & al., 1999). Il est formé par un réseau de failles héritées
du Précambrien. L’allure des isopaches du Cambrien inférieur et moyen, orientées NW-SE (Destombes et
al., 1985) nous permet la suggestion d’un fossé subsident vers l’Ouest (Boudda et al., 1979 ; Benssaou et
Hamoumi, 2003).

Les figures 5.1 et 5.2, montrent que les épaisseurs des principales unités lithostratigraphiques de (a à k)
diminue du SE vers le NW, aussi bien dans l’Ougnat que dans le Saghro. Au nord de ce dernier massif, le
Cambrien moyen repose directement sur le socle précambrien, soit en transgression (Michard et al., 1982),
soit détaché et allochtone ou parautochtone (Cerrina Feroni et al., 2009). Chose importante, certains
affleurements montrent clairement que ces variations d’épaisseur sont contrôlées par des failles normales
multiples (Fig. 5.3).

Fig. 5.1: Coupes lithostratigraphiques montrant les variations d’épaisseurs du Cambrien du NE vers le SW, en
relation avec les failles.

199
Fig. 5.2: Les coupes stratigraphiques des séries Cambro-Ordoviciennes (Malusà et al.., 2007, in Baidder, 2007,
modifié).

Fig. 5.3: Contact entre le Précambrien et le Cambrien inférieur au Sud de l’Ougnat.

I.2. Magmatisme
Dans l’Anti Atlas, un volcanisme s’est développé au Cambrien moyen surtout dans le Sud-Est de
l’Ougnat (Tawjimt-n-Itberne, d’Aberchane, d’Itri Aouragh, Smile Ahbari, Jbel Tayert et Jbel Seguenit) (Fig.
5.4). Il est plus rare au Nord de l’Ougnat, dans le Tafilalet nord-oriental et dans le Saghro oriental
(Destombes 2006a, Baidder 2007). Il s’agit d’un volcanisme fissural, contrôlé principalement par des
fractures N40, N100 à 140 (Fig. 5.5 et Fig. 5.6). Ces fractures sont vraisemblablement les voies
d’alimentation des appareils volcaniques mafiques. Il traverse le socle protérozoïque, les Grès terminaux et
les Schistes à Paradoxides, mais il est plutôt stratiforme dans les Grès de Tabanit du Cambrien moyen.
D’ailleurs, les Grès de Tabanit montrent une interstratification de niveaux volcano-sédimentaires représentés
par des cinérites, des brèches, des tufs, des lapilis, des épiclastites et au moins deux coulées de laves
basiques. Le magmatisme Cambrien, s’exprime par des dykes, des sills et des cheminées volcaniques (Fig.

200
5.5 et 5.6), de puissance variable (1 à 3m). Les roches magmatiques sont de composition basaltique et
rhyolitique (voir chapitre Volcanisme).

Fig. 5.4: Localisation du volcanisme (V) du Cambrien moyen (€) dans le Sud de l’Ougnat.

Fig. 5.5: Dyke volcanique du Cambrien moyen traversant les Schistes à Paradoxides parallèlement à la faille de
Tmenkel (Aberchane, au Sud de l’Ougnat).

201
Fig. 5.6: Les basaltes du Cambrien moyen, (a) forme d’orgue ; (b) forme de neck ; B : basaltes.

Ainsi, durant le Cambrien moyen, il y a eu la mise en place de deux types de magmas (Raddi & al.,
2006b). Le premier est alcalin. Il s’est manifesté par des roches basiques. Le second est calco-alcalin,
matérialisé par des roches acides. Les roches basiques et les roches acides sont donc génétiquement séparées.
L’ensemble de ces roches est mis en place dans un environnement de type intraplaque continentale.

À l’échelle du Maroc, on peut rapprocher l’activité magmatique cambrienne de cette région à celle
connues dans trois autres régions :

1) le magmatisme alcalin associé au rifting intracontinental du volcan du J.Boho dans l’Anti-Atlas


central (Alvaro et al., 2006) ;

2) le magmatisme connu dans le Haut Atlas occidental (El Archi et al., 2004) ;

3) le magmatisme du Cambrien de la Meseta occidentale (Ouali et al., 2000, 2003; El Hadi et al.,
2006).

I.3. Tectonique
Parmi les indices d’une tectonique en extension dans le Cambrien inférieur du secteur d’étude, on
notera d’abord la nette discordance angulaire à la base du Cambrien, qui révèle un basculement des blocs de
socle au début de la subsidence (Fig. 3.7, Fig. 5.7). D’autre part, on a noté plus haut les paléofailles normales
mineures qui jalonnent localement cette discordance (Fig. 5.3).

202
Fig. 5.7: Discordance angulaire entre le Précambrien et le Cambrien inférieur et variations des épaisseurs des
formations cambriennes au Sud de l’Ougnat.

Durant nos travaux de terrain, notre attention a été attirée par l’abondance d’indices d’instabilité
tectonique enregistrés dans les Grès de Tabanit, et qui ont des caractéristiques de séismites, selon le modèle
de Montenat et al., 2007 (Fig. 5.8).

Nous avons étudié particulièrement des affleurements du Cambrien moyen des sites de Ouinguigui, d’Oukhit
et de Tizi n’Izem (Fig. 5.9a). Sur tous ces affleurements, les nombreuses séismites (Montenat et al, 2007)
(Fig. 5.8), apparaissent toutes dans la formation des Grès de Tabanit (Fig. 5.9 a, b et c). Rappelons que dans
les Grés de Tabanit, le style de la tectonique s’associe au type de sédimentation pour réaliser des conditions
favorables et nécessaires au développement des séismites.

203
Fig. 5.8: Représentation schématique des étapes de la déformation d’une séismite. A : Sédimentation: alternances de
calcaires silteuxou sableux et lits plus argileux (prodelta) ; B : Choc séismique: mobilisation et mise sous pression de
l'eau contenue dans les sédiments (niveaux thixotropiques); formation d'une intumescence, éclatement et fissuration en
surface ; C : Expulsion d'eau et de sédiment fluide; mise en place de '' volcans de sable'' à l'aplomb d'évents. Dans la
plupart des cas, les cônes sont érodés ; D : Fossilisation de la déformation par un nouvel épandage normal sédimentaire
(d’après Montenat et al., 2007, in Baidder 2007).

Suite à nos travaux de terrain, nous considérons les localités suivantes comme étant des secteurs à
forte paléosismicité au cours du Cambrien moyen (Baïdder & al 2008) :

1. Tous les affleurements cambriens du Tafilalet nord oriental et de l’Ougnat, qui contournent les
affleurements précambriens (Baidder 2007);
2. Des affleurements cambriens qui ne contournent pas les affleurements précambriens: Jbel Zorg (au
Sud de Taouz), Jbel Tijekhet (au SW du Tafilalet), Jbel Taklimt, Jbel Boulagroune, Jorf Dahli et Koudiat
Maha (à l’ouest du Tafilalet), Jbel Boulaadam et Jbel Sguenit (au NE du Maïder) et dans la partie est de
l’Anti Atlas oriental (Baïdder 2007) .
Dans notre secteur d’étude, les séismites les plus abondantes sont du type « structures en cuvettes».
Ce sont des poches de sédiment mou, dues à des collapses soudains du matériel sus-jacent dans le sédiment
sous-jacent liquéfié. Les dimensions des structures varient entre 20 à 60cm de haut et 30 à 50cm de large. Le
plus souvent, la lamination à l’intérieur des « structures en cuvettes» se moule parallèlement à la
morphologie irrégulière du sédiment qui les entoure. Cependant, dans quelques structures, on note que la
lamination interne reste horizontale, ou peu déformée, avec un contact brusque contre les parois de la
structure en cuvette.

Leur variété est intimement liée à la nature rhéologique des sédiments affectés. Le stade de
lithifaction montre notamment que ces structures résultent directement ou indirectement d’une mobilisation
brutale de l’eau contenue dans les sédiments. Cette eau s’échappe sous les contraintes de cisaillement
horizontales, ou sous l’onde de choc sismique qui est parfois cyclique. Les différentes perturbations

204
sédimentaires que l’on peut ranger dans les séismites ont donc toutes en commun, le fait d’être liées à des
expulsions de fluides (Fig. 5.8).

La distinction entre une origine sismique et non sismique n’est pas toujours évidente, ni facile à
déceler. Elle nécessite, une connaissance approfondie du mode de sédimentation et une analyse détaillée des
structures sédimentaires.

Un examen critique permet d’exclure les cas où les modifications de l’équilibre interne du sédiment
soient liées à d’autres causes, en particulier, des causes de nature gravitaire (glissements, surcharges
engendrées par des écoulements gravitaires,…) ou les conséquences du jeu ’’normal’’ des migrations de
fluides (charge des sédiments, échappement de fluide en séquence turbiditique,…). Les écroulements et
écoulements gravitaires, qui constituent une large gamme de phénomènes, sont éventuellement induits par la
séismicité.

Fig. 5.9a: Esquisse de la carte du Tafilalet nord oriental et l’Ougnat

(A ; B ; C et D : emplacements des photos de la Fig. V. 9b & Fig. V.9c). AKF : Faille d’Akerouz ; SOF : Faille Sud
d’Oukhit ; NOF : Faille Nord d’Oukhit ; EF : Faille d’Erfoud.

Fig. 5.9b: Seismites dans la formation des Grès de Tabanit (Cambrien moyen)

A: des structures montrant des rebroussements suite à l’échappement de fluides contenu dans les sédiments sous-jacents
après une secousse sismique ( HassiNjar Al Foukani, photo Baidder 2007), B:slumpsballsà Tizi n’Izem( Nord de
l’Ougnat).

205
Fig. 5.9c: Seismites dans la formation des Grès de Tabanit du flanc SE de L’Ougnat

C : séismites induites suite à un collapse dans Jbel Aberchane D : « pillar » dans des grès de Tabanit (Nord d’Oukhit).

Toutes ces structures ont été interprétées comme étant le résultat de la thixotropie induite par des
secousses sismiques pendant le Cambrien moyen.

Notons que des critères, tels que les plis de glissement (Fig. 5.10), les glissements en masse (Fig.
5.11), les paléofailles normales et les brèches synsédimentaires, indiquent certainement une sédimentation
syn-rifting. Ce stade de rifting du Cambrien moyen dans l’Anti Atlas oriental est accompagné par un
volcanisme calco- alcalin intra-plaque bien marqué au Sud de l’Ougnat (voir le chapitre Volcanisme).

Fig. 5.10: Pli syn-sédimentaire, enregistreur d’un mouvement de faille au Cambrien, à Tmenkel à l’ouest de
Ouinguigui.

206
Fig. 5.11: Enregistrement des écoulements en masse dans la formation des Grés de Tabanit. La flèche indique le sens de
déplacement du Collapse, à l’W de Ouinguigui, le long de la faille de Tmenkel d’orientation NW-SE montrant un
glissement vers l’ouest.

I.4. Conclusion
L’ensemble de ces données laisse envisager qu’au Cambrien inférieur, une déchirure a dû se
produire le long de la bordure septentrionale du Craton Ouest-Africain, fragilisée par les accidents
panafricains dont le principal est l’accident majeur de l’Anti-Atlas et, probablement, le précurseur de
l’accident sud atlasique (accident du Tizi n’Test, Zone faillée sud-mésétienne de Michard et al., 2010). Dans
l’Anti-Atlas, la dislocation de la plate-forme post-panafricaine, qui a débuté au Nord-Ouest et s’est produite
en plusieurs étapes, résulterait d’une éventuelle rotation antihoraire du Craton Ouest-Africain, elle-même en
relation avec la migration vers le Sud du continent paléo-gondwanien au Cambrien inférieur.

Le rifting se poursuit au Cambrien moyen, mais cette fois plus au Nord-Est. La tectonique en
distension est marquée par la mise en place de basaltes alcalins à tholéitiques et de basaltes andésitiques dans
la série des « Schistes à Paradoxides » et des « Grès de Tabanit » dans l’Anti-Atlas oriental (Sud de
l’Ougnat ; Saghro oriental et Tafilalt nord-oriental).

Il s’agit de basculements de blocs à la fois vers le Sud-Est et vers l’Ouest avec une extension NW-
SE engendrée par un mécanisme de failles normales N70 se croisant avec des failles NW-SE sénestres (Fig.
5.12). Contrairement à Belfoul (2005), qui met tous les regards de failles N70 vers le Sud, dans l’Anti Atlas
oriental omettant l’épaulement du rifting cambrien.

207
Fig. 5.12 : Schéma illustrant les jeux de failles et la direction de l’extension NW-SE au cours du Cambrien dans l’Anti-
Atlas oriental (Baidder, 2007). (SMFZ : ″South Meseta Fault Zone ″ ; AMA : Accident majeur de l’Anti Atlas).

II. La tectonique en distension à l’Ordovicien


Dans cette étude, on s’est intéressé tout particulièrement à la tectonique extensionnelle de la
période de l’Ordovicien supérieur, du fait qu’elle est bien exprimée dans le Tafilalt nord oriental et sur l’axe
Ougnat-Ouzina.

Le Llandeilo, se caractérise par un détritisme important et par un dépôt de fer oolithique. Celui-ci
montre un épaississement considérable au voisinage de la bordure sud de l’Ougnat et du Saghro (zone où la
formation du premier Bani atteint son épaisseur minimum). Le groupe des grès du Premier Bani manifeste
des changements importants aussi bien d’épaisseur que de morphologie par rapport à l’Anti-Atlas central
(Destombes, 2006 ; Raddi et al., 2006). En particulier, on note une variation N-S de l’épaisseur dans la partie
NW du Maïder. Cette variation s’effectue parallèlement à la ride Ougnat-Ouzina (Destombes, 2006b) (cf.
Chap. 3). D’autre part, les isopaques des groupes des Feijjas externes et du groupe du Premier Bani ont une
orientation presque E-W, contrairement aux Schistes et Grès de Ktaoua (Caradoc-Ashgill) qui les
surmontent, et qui ont une direction plutôt NW-SE (Destombes et al., 1985 ; Baidder, 2007). Le groupe des
Grès du deuxième Bani (Asghill supérieur), clôture le système ordovicien. Il est caractérisé par l’abondance
de séismites et la présence de gros slumps, témoins de la poursuite d’une activité tectonique.

Les mouvements de failles les plus remarquables ont lieu au Caradoc-Ashgill, avant et pendant la
glaciation hirnantienne.

208
II.1. Les variations de faciès et d’épaisseur au Caradoc-Ashgill
De très importants changements de faciès interviennent dans le groupe de Ktaoua.
Ces changements sont enregistrés dans deux endroits : Jbel Taklimt et Tinjerfiouine (Fig.
5.13), où on note un passage franc de la sédimentation de plate-forme interne (calcaire à
bryozoaires), à des dépôts de pente (les deux niveaux conglomératiques).

Il est à noter, que ces deux endroits jalonnent deux failles de directions NW-SE. Les
isopaques des formations d’âge Caradoc, prennent une direction NW-SE parallèlement aux
grandes failles avec un maximum d’épaisseur sur l’axe Ougnat Ouzina.

Fig. 5.13: L’Ordovicien de l’Anti-Atlas : les variations ENE-WSW des formations


géologiques (Destombes & al. 1985) avec localisation du secteur de l’Ougnat (encadré).

Au cours de l’Ordovicien supérieur, on peut différencier une zone de fracturation


située entre le Tafilalt et le Maïder, avec des directions NW-SE, ainsi que des discordances.
En effet, nous plaçons :

1. Tout le Tafilalt Nord-Oriental et une partie du Tafilalt Occidental (NE de Tinjarfaouine et


Taklimt), dans la plate-forme interne : édification de biostromes (calcaires à bryozoaires) ;

2. L’axe Ougnat-Ouzina est le siège d’une pente : « débris flows » (brèches d’escarpements),
résultant des démantèlements de grande ampleur sous forme d’un éventail sous-marin et guidés par
des failles d’orientation NW-SE (Fig. 5.14).

181
3. Le Maïder dans la plate-forme externe : argiles à glauconie et épaisseur faible qui
témoigne d’un milieu profond par à rapport au Tafilalt nord-oriental.

Fig. 5.14: A : Log stratigraphique simplifié de l’Ordovicien supérieur de la région d’Alnif, avec
localisation des niveaux sédimentaires étudiés par Villas et al. (2006). a : membre d’Alnif, b : membre
Tamektart, c : membre d’Amouktir. B : Actualisation de la corrélation de l’Ordovicien supérieur des
régions de Zagora (Jbel Bani et coude du Draa), et d’Alnif (Jbel Gaiz et Tiskaouine) ; subdivision des
membres dans la formation supérieure d’après Villas et al. (2006).

182
II.2. Le conglomérat d’Alnif
Sa localité type est située à l’Est d’Alnif. Le conglomérat d’Imzizoui, décrit
et attribué au Caradoc par Destombes (1985), Destombes (2006 a et b), et Baidder
(2007) correspond en réalité à ce conglomérat d’Alnif (Villas et al. 2006), d’âge
Hirnantien. Ses variations d’épaisseur d’orientation NW-SE correspondent à une
certaine tectonique hirnantienne combinée aux effets de la glaciation qui se manifeste
par les paléo-fjords décrits par Destombes (2006a), Villas et al.(2006), Alvaro et
al.,(2007) et Clerc et al. (2013).

La cartographie de ce conglomérat montre qu’il est localisé dans l’axe


Ougnat-Ouzina, membre du Taferskhit (Nord d’Alnif). Par endroit, ce conglomérat
repose en discordance de ravinement (parfois angulaire) sur les formations
antérieures et il est repérable sur une dizaine de kilomètres (Tamjout n’Temrna; route
de Rissani-Mecissi). Son équivalent montre des discordances angulaires à Rabt El
Hjar (Tafilalt Nord Oriental).

Les conglomérats d’Alnif forment un ensemble chaotique de blocs et de fragments


de bancs emballés dans des schistes. Les masses chaotiques sont conservées le long
de failles d’échelle cartographique NW-SE. Les blocs issus des formations anciennes
ou contemporaines plus ou moins lithifiées (Fig. 5.15) sont véhiculés en association
avec une matrice marno-silteuse peu abondante (Fig. 5.16). Cette dernière
correspond aux interbancs originels, plus argileux, entre les bancs gréseux dont la
lithification était précoce. Les accumulations correspondent soit à des chutes de blocs
« rocks-falls », soit à une mise en place de type «debris-flow » qui entraîne parfois
l’érosion des schistes de Ktaoua inférieurs (cas de Tamjout n’Caid Rami et du
Tafilalet occidental).

183
Fig. 5.15: Conglomérat d’Alnif au NE de Caid Rami; Carte Oukhit 1/50000.

Ca: Calcaires du Caradoc; Or: Grès 1erBani.

Fig. 5.16: Conglomérats chaotiques d’Alnif à Tamjout N’Temerna (Raddi et al. 2006).

III. La tectonique en distension du Dévonien


Les séries dévoniennes de l’Anti-Atlas oriental ont fait l’objet de nombreuses études
détaillées bio-stratigraphiques et sédimentologiques (Hollard, 1960, 1967, 1974, 1981;
Destombes et al., 1985; Wendt et al., 1984; Wendt et Aigner, 1985 ; Wendt, 1985 , 1988;
Wendt et Belka, 1991 ; Frölich, 2004 ; Raddi et al., 2006 a et b ; Raddi et al. 2012a et b et

184
Baidder et al. 2008). En outre, des cartes précises au 1/200.000 couvrent toute la région
(Destombes et Hollard, 1986; Du Dresnay et al., 1988). Cependant, le volet tectonique a
souvent été laissé de côté, à l’exception de quelques travaux (Baidder et al 2008 ; Wendt,
1985) consacrés particulièrement à la tectonique dévonienne. C’est la raison pour laquelle
nous avons accordé un intérêt particulier à la tectonique qui se manifeste depuis le Dévonien
inférieur jusqu’au Viséen inférieur. Cette étude est effectuée pour la première fois autour de
la boutonnière de l’Ougnat.

Le présent travail, basé sur la cartographie à 1 / 50 000 du sud du massif de


l’Ougnat, met en évidence l’existence d’une dislocation du substratum Précambrien de
l’Anti-Atlas Oriental durant l'époque anté-Carbonifère, et plus spécialement pendant la
période du Dévonien. (Baidder et al.,2008 ).

III.1 Au Dévonien inférieur et moyen

Après la glaciation finie ordovicienne, les argilites noires à graptolithes du Silurien


s'accumulent dans toute la région en réponse à la transgression eustatique post-glaciaire.
Toutefois, les pélites du Silurien inférieur (Llandovery) ne sont conservées que dans une
bande d’orientation NW-SE parallèle à la ride Ougnat-Ouzina, et peuvent être considérées
comme un dépôt de chenal ou de paléofjord (Destombes et al., 1985). On ne peut pas
reconnaître d’activité tectonique durant cette période.

Au cours du Dévonien, la sédimentation carbonatée augmente progressivement, en


association avec une variation latérale de faciès à partir du Dévonien moyen (Figs. 5.17 et
5.18), (Hollard, 1967, 1974, 1981 ;Destombes et Hollard,1986 ; Kaufmann, 1998a, b). Les
dépôts du Lochkovien-Emsien forment une série assez homogène, avec des calcaires bien-
lités à grain fin, des marnes et de rares silicoclastites (Fig. 5.18). Des coulées basaltiques
calco-alcalines et des pépérites au nord de Hamar Laghdad (Fig. 5.17) se sont mises en
place dans les sédiments du Lochkovien. Certains biostromes coralliens ainsi que des
monticules bio-sédimentaires à stromatactis (Brachert et al., 1992; Montenat et al., 1996;
Mounji et al., 1998; Kaufmann, 1998a, b) se développent sur des hauts fonds du Tafilalt-
Maïder au cours de l’ Emsien-Givétien. L’approfondissement du milieu du dépôt dans le
sud du Tafilalt est indiqué par la présence d’argilites noires et de calcaires noduleux. La
subsidence est plus importante dans le bassin de Maïder, attestée par la présence de slumps
en direction du centre de ce bassin.
185
FF

OJTF

Fig. 5.17 : Répartition des faciès dans l’Anti Atlas oriental pendant le Dévonien moyen et supérieur
d’après Hollard (1974), Wendt (1985), complété par Baidder et al. 2008.

III.2. Au Dévonien supérieur

Le Dévonien supérieur de l'Anti-Atlas oriental, étudié par Hollard (1967, 1974,


1981), Wendt et al. (1984), Wendt et Aigner (1985), Bensaid et al. (1985), Wendt (1985,
1988), Walliser et al. (1990), Becker (1990) et Wendt et Belka (1991), montre à son tour
des variations latérales de faciès et d’épaisseurs importantes (Fig. 5.17 et 5.19).

La dislocation de la plate-forme carbonatée du Dévonien inférieur a conduit à une


individualisation d’aires de sédimentation différentes, comprenant, une plate-forme
restreinte dans le Tafilalt oriental, un bassin profond dans le sud-est du Tafilalt, un bassin
de l’Oued Gheris-Jorf et un bassin du Maïder. Une partie de la plate-forme du Dévonien,
sur la ride Ougnat-Ouzina, est représentée dans le Jbel Gherghiz. Les calcaires à
céphalopodes du Frasnien, et plus localement les formations anté-dévoniennes (dans le jbel
Gherghiz), sont recouverts, en discordance angulaire, par un conglomérat phosphaté et par
des calcaires gréseux du Famennien basal (Fig. 5.20a). Du Dresnay et al., 1988 ;
Destombes et Hollard, 1986 ; Baidder et al., 2008).

186
Au cours du Frasnien, les wackstones bioclastiques et les argiles se sont déposées dans des
bassins, alors que sur la plate-forme au nord du Tafilalt se sont déposés quelques mètres de
calcaires à céphalopodes (Fig. 5.20a et 5.18). La différentiation de la subsidence atteint son
maximum au cours du Famennien. A cette époque, le bassin du Maïder reçoit une
sédimentation argileuse, avec des calcaires mudstones à intercalations gréseuses, qui peut
atteindre plusieurs centaines de mètres d’épaisseur (Fig. 5.20b), contrairement à la plate-
forme du Tafilalt, où ne se déposent qu’un niveau condensé de calcaires à céphalopodes.
(Fig. 5.18 et 5.19). L'axe Saghro-Ougnat est de nouveau émergé à cette époque et devient
une aire distributive pour l’alimentation des bassins du Dévonien supérieur,
concurremment à la plate-forme saharienne.

Le passage des argiles et calcaires du Famennien supérieur aux dépôts deltaïques du


Carbonifère inférieur se fait en général d’une façon transitionnelle ou
progressive (Destombes et Hollard, 1986), mais, au sud du massif de l’Ougnat, les pélites
et les grès du Tournaisien se déposent en discordance transgressive sur les calcaires du
Dévonien inférieur.

Au Nord de l’Ougnat, l’olistostrome chaotique du Viséen supérieur de la région de


Tineghir-Tisdafine appartient à la zone Sud de la Meseta et chevauche vers le sud de
l’Anti-Atlas considéré comme l’avant pays de la chaîne varisque (Michard et al., 1982,
2008, 2010; Hoepffner et al., 2006, Raddi et al., 2008).

III.3. Mécanisme du jeu des failles au Dévonien

Les variations de faciès et d’épaisseurs et les contrastes paléogéographiques, au


cours du Dévonien, sont dus à la dislocation du substratum de l’Anti Atlas oriental, surtout
par le rejeu des paléofailles, pendant le Dévonien supérieur (Wendt, 1985; Wendt et Belka,
1991). Toutefois, ces auteurs ne s’attachent pas à décrire le réseau de paléofailles dans le
socle et la géométrie des blocs. Nous présentons un exemple significatif de paléo-failles du
Dévonien observées dans le sud du massif de l’Ougnat, comparable au réseau de failles
connu dans le Tafilalt-Maider (Raddi et al., 2007, Baidder et al., 2008, Michard et al.,
2008). Dans ce qui suit, les failles seront classées qualitativement en 1ère, 2ème et 3ème
ordre, selon leur importance.

187
Fig. 5.18: Les colonnes stratigraphiques illustrant les variations des épaisseurs et de faciès des
formations du Dévonien supérieur de la plate-forme du Jbel Gherghiz. (Fröhlich, 2004).

188
Fig. 5.19: Variations N-S des épaisseurs et de faciès durant le Dévonien supérieur dans la plate-forme
de Tafilalet, d’après Wendt (1988), modifié. Mêmes variations lithologiques que dans la figure 5.21.
Les changements lithologiques brusques sont reliés aux failles à direction E-W montrées sur les
Figures 5.24. A: J. Amelane; IF :BouIfarou; AT : J. Atrous; JD : Jdaid.( Baidder et al., 2008, modifié)

3.1. Les Failles du 1er ordre, de direction ENE – WSW

Au sud du massif Ougnat, et au nord du village Msissi (Mecissi), le Dévonien du jbel


Gherghiz - Tamjout recouvre, en série normale, le Paléozoïque inférieur au nord, alors
qu'il est limité au SSE par une faille majeure de direction N70 (faille Nord Msissi) qui est
relayée à l'est par la faille de Siguenit (Signit) de direction N120 (Fig. 5.21). La faille
Nord-Msissi, à pendage vers le NNW, a d’abord joué en faille normale, durant la
sédimentation du Dévonien supérieur (Frasnien), puis en faille inverse avec
décrochement sénestre lors de la compression varisque (Raddi et al., 2006a, Raddi et al.,
2007). Ce jeu normal est matérialisé par une discordance angulaire au nord du Jbel
Gherghiz fossilisée par un conglomérat phosphaté à la base du Famennien qui couvre les
dépôts antérieurs (Emsien, Praguien) (Fig. 5.20a et 5.22). L’activité de la faille est aussi
enregistrée par les instabilités synsédimentaires, telles des séismites observées dans les
formations famenniennes près des paléofailles à l’ouest du Gherghiz (Fig. 5.20B).

Au cours du Famennien, la faille Nord-Msissi sépare deux blocs inclinés vers le sud,
à savoir le bloc Msissi et le bloc Angal-Gherghiz, déformé ensuite par la compression
varisque entre les blocs adjacents.
189
Fig. 5.20 : Relation entre le bloc de Taghouilast et le bloc de Gherghiz-Angal. a : Discordance du
Famennien sur le Praguien au Nord de Jbel Gherghiz.b : Discordance du Famennien sur l’Emsien au
Sud de Lalla Mimouna Feuille Bou Adil au 1/50 000.

190
Fig. 5.21: Schéma montrant le jeu des failles dévoniennes. Lignes épaisses dentelées : paléofailles
normales avec cinématique dévonienne. Lignes épaisses simples : failles non différenciées. Tirettés :
axe de pli majeur dans le secteur du Maider-Tafilalt. Stéréogrammes : hémisphère inférieur; flèches :
directions de stries. ABF : faille de Aberchane; AF : synclinal de Aguelmous n'Fezzou; AKF : faille
de Akerouz; AMA : Accident Majeur de L'Anti-Atlas; EF : faille de Erfoud; ESF : faille Est Signit;
FF : faille de Fezzou; JA : synclinal de Jebel Atrous; JT : anticlinal de Jebel Tijekht; NMF : faille de
N-Mecissi; OJTF : faille de Oum Jerane-Taouz; SF : faille de WadiSmile; TF : faille de Tisserdmine.
(Baidder & al 2008).

Ces failles ENE du 1er ordre, ont été décrites dans le sud du Maïder (Baidder, 2007 ;
Baidder et al., 2008). On doit citer notamment la faille d'Oumjerane-Taouz (OJTF), qui est
une branche de l’Accident Majeur de l’Anti-Atlas et appartient au même groupe que la
faille nord de Msissi. Au Dévonien supérieur, son jeu normal est enregistré dans le J.
Mrakib, par l’intermédiaire d’un système de failles mineures qui affectent les calcaires du
Dévonien moyen et sont scellées par les dépôts du Frasnien-Famennien (Baidder et al.
2008). Toutefois, la disposition du récif de Mrakib et le mud mound de Guelb Mharch,

191
montre une pente vers le nord, c’est-à-dire vers le centre du bassin, déjà formé au cours de
l’Eifelien (Kaufmann, 1998a, 1998b).

Fig. 5.22 : Exemple de faille à pendage NNW de premier ordre d’âge Dévonien supérieur : la faille N-
Mecissi (voir Fig. 5.24). (a) Représentation schématique. (b) Colonne stratigraphique du J. Gherghiz,
directement au Nord de la faille. (c) Idem, à environ trois kilomètres vers le Nord dans le bloc basculé
de Oued Smile. Voir la Fig.. 5.23a et b.

3.2. Les Failles du 2ème ordre de direction NW-SE à NNE-SSW

Les paléofailles de directions NW-SE et NNE- SSW limitant des deux côtés le bassin
du Maïder au cours du Dévonien supérieur (Fig. 5.21) ont contrôlé les variations des
épaisseurs des formations du Frasnien et du Famennien entre le bassin et les plates-
formes adjacentes (Fig. 5.19), ainsi que les slumps dans les dépôts du Famennien,
convergeant vers l'axe du bassin (Wendt, 1985). Il est à noter que l'activité des paléo
failles a commencé dès le Dévonien moyen, par des débris flows dans les calcaires du
Dévonien moyen, et par le développement de récifs sur les blocs basculés du jbel
Gherghiz (Fig. 5.18). Ce même phénomène est observé dans le jbel Issemour (Baidder,
2007) et se manifeste par la formation de muds mounds à Hamar Laghdad (Hollard, 1967;
Brachert et al., 1992; Montenat et al., 1996; Mounji et al., 1998). Les failles normales
subméridiennes ont contrôlé cette activité tectonique au cours de l’Emsien, et ont permis
l’édification et la conservation des monticules bio-sédimentaires dans les blocs affaissés
(Montenat et al., 1996).

192
3.3. Les Failles du 3ème ordre de direction ENE-WSW à WNW-ESE

La discordance famennienne scelle souvent ces paléofailles relativement mineures. A


l’inverse, les grandes failles de 1er et 2ème ordre ont été réactivées lors de la compression varisque.
Des exemples clairs de ces paléofailles syn-sédimentaires scellées, dans le secteur du Gherghiz,
montrent un demi- graben hectométrique affectant les calcaires du Dévonien moyen qui est scellé
par les couches du Frasnien supérieur (Fig. 5.18 et 5.20). Ces mêmes types de paléofailles scellées
sont cités dans le Tafilalt à l’Est d’Erfoud, Bou Tchrafine, à J. Amelane et à J. Kreir (Fig. 5.21).
Elles sont la plupart du temps associées à des brèches synsédimentaires ( Baidder et al., 2008).

3.4. Extension multidirectionnelle au Dévonien moyen – supérieur

L'organisation générale de ces paléofailles (Fig. 5.21) nous permet de déduire une extension
multidirectionnelle dans le secteur d’étude ainsi qu’à l’échelle de l’Anti-Atlas oriental au cours du
Dévonien moyen - supérieur (Raddi et al., 2007 ; Baidder, 2007). Les paléofailles du 1er et du
3ème ordre de directions ENE–WSW et WNW-ESE sont dominées par une extension selon des
directions NNW et NNE situées au nord de l’accident Oumjerane-Taouz, qui est une branche de
l'AMA (Fig. 5.21). En même temps, une autre direction d'extension, NW-SE, correspondrait au
mouvement des paléofailles ENE-WSW du 2ème ordre. Ce réseau de failles normales engendre
une mosaïque des blocs plurikilométriques et multidimensionnels dans le socle basculé (avec sa
couverture) vers le Sud ou vers l’Est. C’est sur cette mosaïque que s’exercera la compression liée
à la collision de la chaîne varisque mésétienne contre la marge gondwanienne (futur Anti-Atlas)
au cours du Carbonifère supérieur (voir chap. Tectonique varisque).

Il est intéressant de noter que cette importante phase d’extension de la marge


gondwanienne est contemporaine du début des plissements varisques dans le domaine mésétien
(Hoepffner et al., 2005 ; Michard et al., 2010). Plus généralement, la marge nord-gondwanienne
toute entière est affectée de mouvements extensionnels importants alors même que débute le
plissement varisque dans les zones internes de la chaîne (Frizon de Lamotte et al., 2013). La
discordance liée aux phénomènes extensionnels du Dévonien supérieur n’est pas, à proprement
parler, une « discordance hercynienne », elle précède celle-ci dans le domaine de la marge
gondwanienne. Il est possible, suivant Frizon de Lamotte et al. (2013), de mettre en relation
l’extension de la marge gondwanienne avec les perturbations que la subduction varisque entraîne
dans le manteau sous la marge elle-même, avant le stade collisionnel.

193
IV. Formation des bassins carbonifères
Dans notre secteur d’étude, le Viséen n’affleure que dans le secteur de Gherghiz.
Aussi, l’essentiel de ce qui suit est basé sur la bibliographie faite à l’échelle de l’Anti-Atlas
Oriental, ainsi qu’à l’échelle du Maroc : Baidder, 2007 ; Soualhine et al., 2005 ; Bouabdelli,
1995 ; El Kamel & El Hassani, 2006 ; Wendt et al. , 2001 ; Michard et al., 2010.

Les dépôts tournaisiens et viséens conservés dans le Maïder, le Tafilalt, le massif de


Tisdafine (au NE de l’Ougnat) et dans l’Oued Rhéris-Jorf (au NW) entourent la boutonnière
de l’Ougnat et sa couverture anté-viséenne. Ils se présentent sous différents faciès, à
dominante gréso-pélitique : schistes pélitiques, grès, olistostromes, turbidites, récifs et mud-
mounds. Ils sont en général concordants au-dessus du Dévonien supérieur, mais dans
quelques secteurs, discordants jusque sur l’Ordovicien (secteur de la faille Oumjerane-
Taouz, au sud-est de cette localité ; Destombes et Hollard, 1986).

Il est probable que tout l’Anti-Atlas oriental ait été submergé et recouvert de
sédiments de quelques milliers de mètres d’épaisseur au cours du Carbonifère
inférieur, sans quoi on ne s’expliquerait pas le degré de cristallinité élevé de l’illite
dans les terrains siluriens et cambro-ordoviciens, révélé par Ruiz et al. (2008).
Cependant, le bassin carbonifère de l’Anti-Atlas oriental (Fig. 5.23) semble avoir
englobé des rides peu subsidentes et des dépocentres. Ces structures seraient
localisées respectivement dans les relais compressifs et distensifs des décrochements
sénestres alternants. Pour Bouabdelli (1989), la Zone faillée sud-mésétienne (Faille
du Tizi n’Test et son prolongement vers l’Est) est un accident décrochant sénestre à
composante normale. Il en est de même pour l'accident majeur de l’Anti Atlas au
niveau de la faille Oumjerane-Taouz (OJTF, Baidder et al. 2008).

Des mouvements de failles pendant le Viséen se matérialisent par des brèches et


olistostromes dans la région de Tineghir (Taourirt n’Rhelil, Tizgzaouine et au sud d’Amane
n’Ikidare, Baidder, 2007) ou dans les calcaires du Viséen du Tafilalt sud-oriental (J. Begaâ,
Michard (1976) ; Zrigat, Wendt et al., 2001 (Fig. 5.23). Les failles concernées sont
observables aussi bien à l'échelle cartographique qu'à l'échelle de l’affleurement.

194
Fig. 5.23: Mécanisme de formation des bassins carbonifères de l’Anti-Atlas oriental.

A l'échelle de l'affleurement, cet épisode tectonique se manifeste dans la région par :

- des slumpings au nord ouest de Gherghiz (Fig. 5.24) et des microfailles normales
observées sur les failles bordières des structures distensives. Leur miroir montre des
stries et des brèches molles comparables à celles observées sur des failles
hydroplastiques. Ces failles et les microfailles et fentes ouvertes associées, affectent des
niveaux calcaires incomplètement lithifiés;
-

Fig. 5.24: Slump dans le Viséen au NW du Jbel Gherghiz indiquant une paléo-pente vers le
SE.

195
-des décrochements en échelon qui affectent des dalles subhorizontales des grès du
Cambrien.

-et des failles normales qui décalent en paliers successifs une dalle subhorizontale de
grès du Dévonien. Ces failles sont remplies par les dépôts du Viséen. La surface structurale
de la dalle faillée (grès du Famennien), faillée, confirme le jeu sénestre par son décalage. Ce
jeu a induit des micrograbens comblés par les mêmes dépôts viséens. Ces deux exemples
illustrent bien le rôle des décrochements dans la formation de ces structures distensives.

Dans la région de Tineghir, Soualhine et al. (2003) ont montré que le bassin
carbonifère est un système de delta avec des failles normales synsédimentaires et une
sédimentation chaotique (Fig. 5.25), témoignant d'une distension au cours du Viséen.

Fig. 5.25 : Olistostromes à blocs de quartzites ordoviciens dans une matrice argilo-
pélitique au sud de Tineghir. Cliché A. Michard in Saddiqi et al., 2011.

En définitive, les exemples cités montrent que les structures distensives de cette
période sont induites par des décrochements, qu’il est logique de rapporter à l’évolution de la
convergence varisque.

Ainsi, au cours du Viséen, l'Anti Atlas oriental est marqué par une tectonique en
distension/transpression, qui fait suite à la tectonique en distension du Dévonien supérieur et
prélude à la phase hercynienne proprement dite.

196
Chapitre 6

LA TECTONIQUE VARISQUE

197
LA TECTONIQUE VARISQUE

I. Introduction

I.1. L’Anti-Atlas, segment de la chaîne varisque

Le craton ouest-africain (WAC) est entouré par deux orogènes superposés, à savoir
l’orogène panafricain et l’orogène varisque (hercynien), datant respectivement du
Néoprotérozoïque supérieur et du Paléozoïque supérieur (fig. 6.1). Les terrains affectés
par l’orogenèse panafricaine affleurent dans l’Anti-Atlas et l’Ougarta au niveau des
culminations antiformes de ces chaînes varisques, sous forme de massifs ou
« boutonnières ». On les trouve aussi, par place, dans la Meseta (e.g. massif des
Rehamna). Les terrains paléozoïques les plus fortement affectés par l'orogenèse varisque
(avec charriages, métamorphisme et intrusions granitiques) constituent le socle de la
Meseta et d’une grande partie du domaine atlasique, et forment les Mauritanides à la
lisière sud-ouest du domaine saharien. L'Anti-Atlas correspond à l’avant-pays plissé de
l'orogène varisque, avant-pays commun aux Mauritanides, à charriage vers l’est, et à la
chaîne mésétienne, déversée vers le sud et l’ouest (Michard et al., 1982; Piqué et Michard,
1989; Piqué, 2001; Simancas et al., 2005, 2009; Hoepffner et al., 2005, 2006;
Villeneuve et al., 2006, Raddi et al., 2006a et b ; Raddi et al., 2007, Michard et al., 2008,
2010). Rappelons que l’orogenèse varisque (ou hercynienne en Europe occidentale,
alleghanienne en Amérique du Nord) résulte de la collision entre les continents Laurussia
et Gondwana, survenue par suite de la subduction de l’océan Rhéique. Elle a marqué la
naissance de la Pangée, ce supercontinent du Permien qui commencera à se disloquer au
Trias.

198
Fig. 6.1: Localisation des chaînes de l’Anti-Atlas et de l’Ougarta à l’échelle du Maroc (d’après Michard et
al., 2008). Cartouche : Tracé (en vert) de la chaîne panafricaine autour du WAC (Craton Ouest -Africain) ;
en tirets, limite de la zone métacratonique.

I.2. Objectif de l’étude

La structure de l'Anti-Atlas a récemment été étudiée dans une optique moderne


(Caritg et al., 2004 ; Helg et al., 2004 ; Burkhard et al., 2006 ; Soulaimani et Burkhard,
2008 ; Robert-Charrue et Burkhard, 2008 ; Michard et al., 2010). Ces auteurs ont souligné
l'implication du socle précambrien dans le processus de raccourcissement qui provoque le
plissement de la couverture paléozoïque. Cette implication du socle est rendue évidente
par l’alignement des antiformes de socle (« boutonnières ») tout au long de l’axe le plus
surélevé et érodé de la chaîne (Fig. 6.2). Ainsi, on décrit aujourd’hui le style tectonique de
l’Anti-Atlas comme un style typiquement « thick skinned » (« pachydermique » par
opposition à « épidermique »).

199
Fig. 6.2: Carte structurale de l’Anti-Atlas, d’après Soulaimani, in Michard et al., 2008. Encadré:
secteur étudié.

Dans la présente étude, nous nous intéresserons à l'Anti-Atlas oriental, plus


particulièrement à la zone entourant la boutonnière de l’Ougnat. L'intérêt de l’étude de
l’orogenèse varisque dans ce secteur est double dans la mesure où: i) sa série paléozoïque
est beaucoup plus mince que celle des régions occidentales (Destombes et al., 1985;
Destombes et Hollard, 1986; Du Dresnay et al., 1988, Raddi et al. 2006b), ce qui permet
de reconnaître plus facilement la structure du substratum, et ii) la zone de l’Ougnat
correspond à la jonction entre l’Anti-Atlas Oriental et la chaîne de l’Ougarta (Donzeau,
1974; Haddoum et al., 2001; Fabre, 2005 ; Raddi et al., 2007). En outre, le développement
d'un système de paléofailles multidirectionnelles tout au long du Paléozoïque, et s urtout
pendant le Dévonien moyen et supérieur peut être attestée dans ce secteur (Baidder et
al., 2008). Dans ce qui suit, nous montrons que le plissement de la couverture se produit
essentiellement en relation avec l’inversion des paléofailles et leur rejeu en décrochements
inverse. Notre étude est essentiellement basée sur deux années de travail sur le terrain lors
de l'élaboration de la carte géologique du Maroc au 1/50.000, feuilles d’Oukhit (Raddi et
al,. 2006) et de Bou Adil (Raddi et al., 2012).

200
II. Cadre géologique (rappels)

La déformation varisque étudiée dans ce chapitre affecte un socle précambrien


(Chap. 2 et 4) et sa couverture paléozoïque (chap. 3 et 5). Le socle affleure largement dans
le Jebel Saghro et le massif de l’Ougnat (Fig. 6.2), ainsi que dans des pointements
restreints du Tafilalt oriental (Gour Brikat), au sud de cette dernière région (Tazoult
N’Ouzina), et plus au sud encore dans la chaîne de l’Ougarta en Algérie (Fig. 6.1; voir
aussi chap. 1, Fig. 1.4). Le socle a été formé lors de l'orogenèse panafricaine, et
transformé en domaine métacratonique au cours de Néoprotérozoïque terminal (Ennih et
Liégeois, 2001; Gasquet et al., 2008). Toute la zone a été transgressée par les mers
primaires à partir du Cambrien inférieur et jusqu’au Carbonifère inférieur (Fig. 6.3). Les
sédiments du Cambrien et de l’Ordovicien affleurent autour du socle Précambrien et
forment la ride NW-SE (ride d’Ougnat-Ouzina) entre les deux domaines où les formations
du Dévonien-Carbonifère sont largement exposées, à savoir, les bassins du Tafilalt à l'Est
et du Maider à l'ouest (Hollard, 1974, 1981; Wendt, 1985; Baidder et al., 2008). L’axe
Saghro-Ougnat est limité vers le nord par les chevauchements des terrains ordoviciens -
carbonifères du bassin de Tisdafine (Michard et al., 1982; Soualhine et al., 2003 ; Michard
et al., 2008, 2010). Ces unités appartiennent à la zone sud du bloc mésétien, fortement
déformée et métamorphique, qui est entrée en collision avec le métacraton au cours du
Carbonifère terminal (Houari et Hoepffner, 2003; Hoepffner et al., 2005, 2006).

Fig. 6.3 : Carte schématique de l’Anti Atlas oriental, d’après les cartes géologiques du Maroc, échelle
1/200000, feuille Todgha-Maidder (Du Dresnay et al., 1988) et Tafilalt-Taouz (Destombes et Hollard,
1986). Encadré : localisation du secteur cartographié au 1/50000 (Fig. 6.10).

201
Les chaînes paléozoïques de l'Anti-Atlas oriental et de l’Ougarta sont progressivement
soulevées au cours de la fin du Westphalien puis profondément érodées au cours du
Stéphano-Autunien comme l’indiquent la sédimentation du Carbonifère supérieur, puis la
présence de sédiments continentaux rouges dans les bassins de Kenadza-Béchar et Abadla
(Fabre, 2005). La chaîne plissée est entourée à l'Est et au Sud par des plateaux -
(hamadas), dont les couches du Crétacé-Eocène sont sub- horizontales, sauf à proximité
de la faille sud-atlasique. Le soulèvement de l’axe Saghro-Ougnat est récent (voir chap.
Tectonique Cénozoïque).

III. Rhéologie du socle et de la couverture

Avant d’aborder la description des structures tectoniques, deux remarques sur les
propriétés mécaniques des éléments engagés dans la déformation méritent d’être faites.

Le socle de l’Ougnat comprend, i) des méta-turbidites du Néoprotérozoïque


supérieur (Cryogénien supérieur-Ediacarien inférieur), plissées et métamorphiques (faciès
des schistes verts supérieurs) et ii) une couverture discordante du Néoprotérozoïque
terminal (Ediacarien supérieur) d’environ 2 km d'épaisseur, composée essentiellement de
roches volcaniques recoupées par des dykes et des plutons variés (Ouarzazate Super -
groupe, Thomas et al., 2004; Fekkak et al., 2003; Gasquet et al., 2005, 2008; Raddi et
al., 2006b et Raddi et al., 2007). Dans la mesure où le métamorphisme varisque est resté
quasi nul (voir plus loin), ces roches du Précambrien forment un ensemble rigide qui va se
comporter de manière cassante pendant la collision varisque, essentiellement par rejeu des
failles préexistantes.

La couverture discordante sur ce socle rigide est constituée par environ 4 km de


sédiments paléozoïques (fig. 6.4), éventuellement 5 km si l’on envisage une épaisseur
initiale du Carbonifère inférieur de l’ordre de 2000 m, comme suggéré par les vastes
affleurements des bassins carbonifères environnants (Tisdafine, Tafilalt sud-oriental). En
l’absence d’épaississement tectonique important, cette épaisseur modérée explique le
faible réchauffement observé vers la base de la couverture, environ 200°C d’après la
faible cristallinité des illites, à la limite diagenèse-anchizone (Ruiz et al., 2008). Dans ces
conditions de basse température, la pile de strates paléozoïques apparaît comme une
alternance de couches compétentes (grès, quartzites, calcaires) et incompétentes (argilites,

202
pélites). Ces dernières seront donc le siège de décollements entre les couches
compétentes. On doit s’attendre à des plis de flambage ou de flexion avec glissement
couche-à-couche et à des dysharmonies de plissement.

Fig. 6.4: Colonne stratigraphique synthétique des formations paléozoïques de l’Anti-Atlas oriental. L’âge et les
noms traditionnels des formations sont donnés d’après Destombes et al. (1985), Destombes et Hollard (1986),
et Du Dresnay et al. (1988). Les niveaux de décollement potentiels so nt en noir. Age des « Grès
terminaux » d’après Geyer et Landing (2004).

IV. Les structures varisques au sud de l’Ougnat

IV.1. Aspect général; présentation de la carte structurale

Dans le secteur étudié, la déformation des séries paléozoïques est fortement


hétérogène. De grands domaines monoclinaux, inclinés de 20-30° vers le S ou le SE sur
des kilomètres (fig. 6.5), coexistent avec des secteurs plissés étroits (fig. 6.6) qui
marquent les limites entre les domaines monoclinaux.

203
Fig. 6.5: Les formations de l’Ordovicien basculées vers le sud-est dans le secteur de Tamsermasse, au
sud de Bou Adil.

Fig. 6.6: Décollement et plissement des grès du 1er Bani sur les pélites Fezouta et Tachilla au Nord-
Ouest de Tawjimt Nitbirène.

A proximité du massif précambrien, il devient visible que les domaines monoclinaux


correspondent à des blocs de socle rigide, basculés d’un seul tenant vers le S ou le SE (voir
chap. 3, Figs. 1 et 8). Ceci apparaît encore mieux en image Google Earth telle que celle de la
figure suivante (Fig. 6.7). Dans le cas présenté par cette image, on peut observer que le bloc
rigide était déjà faiblement basculé dès le Cambrien inférieur, puisque les strates cambriennes
changent progressivement d’épaisseur sur 2 km de distance.
204
Fig. 6.7 : Le bloc basculé du J. Bou Saboun. Image Google Earth basculée vers le SSE.

La structure en blocs monoclinaux basculés est la règle tout autour du massif


précambrien. C’est encore visible en image Google Earth au sud d’Ouinguigui (fig. 6.8).

Fig. 6.8 : Panneaux basculés de Ouinguigui, Aghil n’Ighiz et Tawjit n’Tibiren, massif plissé du J. Gherghiz et
faille Nord-Mecissi. Image Google Earth basculée vers le SE. Localisation Fig. 6.21.

Cependant, en s’éloignant du socle vers le sud, on voit apparaître des plis relativement
serrés dans les niveaux supérieurs de la couverture, d’âge Dévonien et Carbonifère inférieur.
Ce sont par exemple ceux du massif du J. Gherghiz (fig. 6.9), visible au sud des grands
205
panneaux monoclinaux de Ouinguigui et Tawjit n’Itibiren. L’apparition de plis serrés dans les
niveaux supérieurs d’une couverture dont la base est monoclinale suggère évidemment
l’intervention de décollements dysharmoniques dans les divers niveaux incompétents (voir
plus haut, fig. 4). Cependant, outre ce type de plis, on peut aussi observer au Jbel Angal un pli
anticlinal dessiné par les couches cambriennes, immédiatement au toit du socle (voir plus
loin).

Fig. 6.9: Plis du massif dévonien du J. Gherghiz, vus du nord. 1: anticlinal N120, 2: anticlinal N30, 3: synclinal
N30. Localisation : voir fig. précédente.

Sur la base de la cartographie géologique au 1/50.000, on a établi une carte structurale


synthétique du secteur sud de l’Ougnat (fig. 6.10). Les paragraphes suivant sont consacrés à
l’analyse des diverses structures qui s’y trouvent représentées. Dans la suite seront abordées
les questions de cinématique d’ensemble et de chronologie de la déformation. Une dernière
section examinera l’insertion de ces résultats dans le cadre de l’Anti-Atlas oriental.

206
Fig. 6.10 : Carte structurale du Paléozoïque du secteur Sud Ougnat (feuilles Oukhit et Bouadil de la carte géologique du Maroc, échelle 1:50000). Pc : Précambrien ; C : Cambrien ; Or : Ordovicien ; S :
Silurien ; D : Dévonien. J. BI.: Jebel Bou Iblane; JG: Jebel Gherghiz; LM: Lalla Mimouna; NIIF: Faille Nord-Ighil n’Ighiz; NMF: Faille Nord-Mecissi; NTF: Faille Nord-Taghwilest; OSF: Faille Oued
Smile; NTTF : Faille Nord Tawjimt n’Itbirene.; STF : Faille sud Tinchraramine ; NOF : faille nord Oukhit ; SOF : Faille Sud Oukhit ; FEAT : Faille Est Amalou n’Tamnirt ; BTF : faille brytine de
Tinchraramine; TTF : Faille Tizi n’Taghatine. 1-6 : Trace des coupes (voir figs. 6.17, 6.21, 6.24 et 6.26).

207
IV.2. Le faisceau de failles d’Akerouz et les blocs adjacents

La faille d’Akerouz, dirigée NE-SW, recoupe tout le massif de l’Ougnat (Fig. 6.10). A
l’Est de la faille s’étend le bloc central du massif précambrien, à l’Ouest se trouve le bloc de
Touracht, qui s’ennoie vers le sud sous le synclinal cambro-ordovicien d’Amalou n’Tamenirt.
Au sud, la faille d’Akerouz se raccorde à des failles de direction moyenne E-W, parmi
lesquelles les failles qui affectent le Précambrien de Tinchraramine.

Dans sa partie nord, la faille d’Akerouz limite à l’est le grand panneau de terrains
cambriens isolés au milieu des terrains précambriens entre Mellab et Akerouz (Fig. 6.11 ; voir
aussi chapitre Précambrien, fig. 2.1). Elle a donc dans le secteur nord un rejet normal à regard
Sud-Est. C’est le contraire dans la partie sud du massif, où la faille d’Akerouz se résout en
plusieurs failles de direction voisine (« queue de cheval ») qui sont des failles normales à
regard Nord-Ouest (la faille d’Akerouz au nord de Bou Oufzad (AF) présente une direction
N80° avec un pendage de 60° vers le nord), déterminant un basculement avec jeu dextre des
compartiments nord-occidentaux (Fig. 6.12). Ceci suggère que la faille présente plusieurs jeux
importants et successifs selon la direction de la contrainte et le pendage de la faille.

Fig. 6.11 : La faille d’Akerouz délimitant les formations des différents âges dans l’ouest du massif de l’Ougnat.

208
Fig. 6.12 : Failles de direction NE-SW (« queue de cheval ») de la continuité SW de la faille d’Akerouz qui
délimitent des blocs basculés vers le SSE à Izougaghen n’Tamda.

IV.3. Les failles de Tinchraramine et les blocs adjacents

Dans la région d’affleurements précambriens de Tinchraramine (Titechraramine sur la


carte) passent deux failles importantes, ici nommées faille Nord-Bou Saboun-Tinchraramine
(NBTF) et faille de la Barytine-Tinchraramine (BTF).

La faille NBTF est ainsi désignée comme étant la faille limitant au Nord le bloc
éponyme (Fig. 6.10 et 6.18c). C’est la première des failles à tracé courbe et orientation
générale E-W que nous rencontrons dans cette description du secteur Sud-Ougnat. Son
extrémité occidentale se raccorde obliquement à la faille d’Akerouz. Son extrémité orientale
se situe dans un nœud de failles complexe à Bou Adil. Le bloc du Précambrien de
Tinchraramine est basculé vers le SSE de 25-30°, comme le montre les pendages dans les
terrains cambriens qui le recouvre depuis le J. Bou Saboun à l’Ouest (Fig. 6.13) jusqu’à
proximité de Bou Adil à l’Est. Le bord septentrional de ce bloc fait affleurer le Précambrien,
bordé au nord de la faille par des terrains cambriens eux-mêmes basculés vers le SSE, et
appartenant au bloc central de l’Ougnat. On a affaire à une géométrie de faille normale à
regard NNW (Fig. 6.10). La courbure générale du tracé de la faille, convexe vers le nord, est
surprenante (on s’attendrait à une courbure nulle ou, pour une faille normale listrique,
concave vers le nord). Peut-être faut-il y voir l’effet de l’inversion (partielle) d’un ensemble
de paléofailles durant la compression varisque.
209
Fig. 6.13 : Basculement vers le sud de la série du Cambrien près du douar Assemame, Ouest de Bou Adil.

Au sud de la NBTF, dans le massif de Tinchraramine, la faille à Barytine BTF


découpe une lentille tectonique de 5x2 km environ en carte. Le bloc lenticulaire qu’elle isole
est basculé lui aussi au SE (Fig. 6.14). Le plan de faille est très visible dans le secteur de la
mine, aussi bien dans le paysage (Fig. 6.15) qu’à l’affleurement (Fig. 6.16). Sur le miroir de
faille de direction N120° et de pendage 85° vers le NE, les critères cinématiques (lentilles
C/S, stries à pitch 28°WNW senestre) indiquent un jeu normal dominant associé à un jeu
senestre. Ce jeu en extension est à associer à la mise en place de la minéralisation en barytine.
Il semble qu’il s’agisse d’une réouverture postérieure à la tectonique d’inversion, réouverture
peut-être permo-triasique comme à El Hamda-Touroug, au nord du massif (Raddi et al.,
2011).

Fig. 6.14 : Bloc du Cambrien inférieur isolé et basculé vers le SE dans le bloc de Tinchraramine.

210
Fig. 6.15 : Faille à barytine qui a basculé une lentille des terrains cambriens dans le bloc de Tinchraramine.

Fig. 6.16. Faille à barytine de Tinchraramine (BTF), coordonnées N 31°20’12’’, W 4°55’45’’.

211
La coupe NW-SE de ce secteur, Coupe n°1 (Fig. 6.17) fait apparaître l’ensemble des
failles de ce secteur (Sud Akerouz-Tinchraramine) et des blocs basculés qu’elles limitent.

Fig. 6.17 : Coupe NW-SE passant par les secteurs Miferguioune et Tinchraramine affectés par les failles
Akerouz (AF), faille Nord Bou Saboun-Tinchraramine (NBTF) et la faille Barytine-Tinchraramine (BTF)
montrant le basculement des blocs vers le SE (localisation : Fig. 6.10, coupe n°1).

Le bloc basculé Bou Saboun-Tinchraramine est bordé au sud par la faille Sud-Bou
Saboun-Tinchraramine (SBTF) et, vers l’ouest, par le prolongement de la faille Nord-
Taghouilest (NTF), à laquelle la précédente se raccorde obliquement. Dans le secteur où les
deux failles se raccordent, on observe des plis mineurs dans les couches cambriennes
stratifiées (Fig. 6.18a et Fig.6.18b). D’autres plis sont observés plus au NE, dans une lentille
tectonique associée à la SBTF. Leur disposition en échelon sur la faille, ainsi que les mesures
de stries et les indicateurs cinématiques associés montrent un jeu décrochant senestre sur les
deux failles SBTF et NTF (Fig. 6.18a).

212
Fig. 6.18a : Carte structurale du Paléozoïque du secteur Sud Ougnat. J. BI.: Jebel Bou Iblane; JG: Jebel
Gherghiz; LM: Lalla Mimouna; NIIF: Faille Nord-Ighil n’Ighiz; NMF: Faille Nord-Mecissi; NTF: Faille Nord-
Taghwilest; OSF: Faille Oued Smile; SIIF: Faille Sud-Ighil n’Ighiz. Stéréogrammes (canevas de Wulf,
hémisphère inférieur). a : jeu décrochant senestre sur les deux failles SBTF et NTF ; b : La direction dominante
des axes de plis à la fois majeurs et mineurs WNW-ESE à NW-SE dans les failles nord Lalla Mimouna et
la faille nord de Tawjimt n’Itbirene (NTTF). c : Les plis de longueur d’onde plus courtes au niveau des
dépôts de Dévonien en relation avec la faille nord Msissi (NMF); d : les failles nord Ighil n’Ighis (NAIF)
dans le SW du bloc Ighil n’Ighis et vers l’Est dans le synclinal de Tizi n’Taghatine.

Fig. 6.18b : Schéma de la cinématique des failles dans une compression NE-SW. FEAT : failles Est Amalou
nTamnirt, AF : Faille Akerouz, NBTF : Faille Nord Bou Saboun-Tinchraramine (Fig. 6.18c), BTF faille
Barytine-Tinchraramine.

213
Fig. 6.18c : Faille nord Bou Saboun Tinchraramine (NBTF), vue vers l’Est depuis la piste de Tinjdad à Msissi.

IV.4. Le secteur faillé de Bou Adil

Ce secteur se situe entre les deux grands blocs de Bou Saboun-Tinchraramine (BST) et
d’Ouinguigui, respectivement à l’ouest et à l’est de Bou Adil. Plusieurs failles s’y recoupent,
avec des directions NW-SE et NE-SW (carte Fig. 6.10). Alors que le bloc BST est basculé de
30° au SSE (Fig. 6.19A), l’un des petits blocs plus au nord est basculé à 45° vers le sud sur sa
bordure nord-ouest (J. Bou Ouzou ; Fig. 6.19B), suggérant une déformation du socle,
probablement par failles mineures multiples, contre la faille responsable du basculement. On
retrouve un type de déformation analogue au J. Angal (voir plus loin).

Le même secteur offre encore un bel exemple de faille à pendage NW, séparant deux
petits blocs basculés au SE de 30 à 40°, à environ 3 km au nord-ouest de Bou Adil (Fig. 6.20).

Au nord de Bou Adil, entre les failles du nord Bou Saboun - Tinchraramine (NBTF) et
la faille de l’Oued Smile (OSF), plusieurs failles de directions NE-SW et de fort pendage vers
214
le NW ont affecté les formations du groupe de Ouarzazate et les formations du Cambrien. Ce
secteur est structuré en plusieurs petits blocs basculés de 30 à 35°vers le SE avec répétitions
des mêmes formations (Fig. 6.19B).

Fig. 6.19 : Secteur faillé de Bou Adil ; A : vers l’ouest, le bloc Bou Saboun Tinchraramine (BST) basculé de 30°
au SSE ; B : vers l’Est un des petits blocs est basculé à 45° sur sa bordure nord-ouest.

Fig. 6.20 : Faille à pendage NW, séparant deux petits blocs basculés au SE de 30 à 40°, 3 km au NW de Bou
Adil.

IV.5. La coupe Ouinguigui-Tawjimt-n’Tibirene

Cette coupe (Fig. 6.21) est analogue à celle du secteur Sud Akerouz-Tinchraramine.
Elle est localisée par un trait sur l’image Google Earth (Fig. 6.8) et c’est la coupe n°2 sur la
carte (fig. 6.10). Elle montre le bloc Ougnat-Aberchane au nord de la faille Nord Ighil n’Ighis

215
(NAIF) (Fig. 6.22-2A, B et C), puis l’extrémité occidentale du bloc d’Ighil n’Ighis, le bloc de
Tawjimt n’Itbirene entre les failles Nord Msissi (NMF) et la faille Nord Tawjimt n’Itbirene
(NTTF) (Fig. 6.22-1A, B et C)

Fig.
6.21 : Coupe passant par les secteurs d’Aberchane-Tawjimt n’Itbirene affectés par les failles Nord Ighil n’Irhiss
(NAIF), Nord Tawjimt n’itbirene (NTTF) et Nord Msissi (NMF) et montrant le basculement des blocs vers le
SSE (localisation Fig. 6.10, coupe n°2).

Vers l’est, le bloc Ighil n'Ighiz montre également des détachements d’une part entre
les Grès du Premier Bani et les grès de Tabanit (Fig. 6.22-2A et C), au niveau des pélites
des formations de Fezouata et Tachilla, et d’autre part entre les Grès de Tabanit et les
"Grès terminaux", au niveau des pélites de la formation des «Schistes à Paradoxides »,
puis entre cette couverture paléozoïque et le socle Précambrien. De larges anticlinaux
sont aussi développés au nord et au sud de ce bloc affaissé d’Ighil n'Ighiz. La plupart des
autres plis observés dans la zone sud de l’Ougnat correspondent à de petits plis en
échelons (Fig. 6.22-1B et Fig. 6.22-2B) associés aux failles N070, N110 et N020 à N045
délimitant les blocs monoclinaux. La direction dominante des axes de plis à la fois
majeurs et mineurs est WNW-ESE à NW-SE (Fig. 6.10 et 6. 18a d), indiquant une
direction régionale de raccourcissement NE-SW.

Le bloc de Tawjimt N’Itbirne allongé NW-SE, représenté au cœur par la formation des
grès de Tabanit du Cambrien et les volcanites associées (Fig. 6.8 et Fig. 6.21) et au sud par les
formations de l’Ordovicien. Le bloc est basculé de 25 à 30° vers le sud et le sud-est. Il est
limité au nord et à l’est par la faille Nord Tawjimt n’Itbirene (NTTF) et au sud par la Faille
Nord Msissi (NMF).
216
Fig. 6. 22-1 : Faille Nord Tawjimt n’Itbirene (NTTF) ; A : Aspect du couloir de faille à l’est de Tawjimt
n’Itbirene, montrant un jeu normal important suivi d’un jeu inverse senestre. B : plis en echellon en relation avec
le jeu décrochant de la faille ; C : détail de la faille nord Tawjimt n’itbirene (NTTF) montrant un jeu senestre.

Le bloc d’Aghri n’Ighis est localisé au centre de la carte Oukhit au 1/50 000, de
direction en général NW-SE, avec la formation du Silurien au cœur. Au nord il est limité par
la faille Nord d’Ighir n’Ighis (NAIF) à jeu normal dominant qui laisse apparaître des
formations du Cambrien moyen avec le volcanisme. Il est limité au sud et à l’ouest par la
faille Nord Tawjimt n’Itibirene (NTTF) (Fig. 6.8). Le bloc est basculé vers le sud et le sud-est
de 25 à 30°. Près des failles, on remarque de nombreux plis de décrochement (Fig.6.22-1B et
Fig.6.22-2B). Ceci est bien développé sur la limite nord-ouest du bloc où il y a rapprochement
des deux failles (NAIF) et (NTTF) (Fig. 6.8 et 6.21).

La faille nord de Tawjimt n’Itbirene (NTTF) affecte les terrains du Paléozoïque. Elle
a en premier lieu un jeu normal important et dominant (Fig. 6.22-1A), puis en deuxième lieu,
un jeu inverse senestre (Fig. 6.22-1C). Elle met en contact les formations du Cambrien avec
son volcanisme qui forme le secteur de Tawjimt n’Itbirne au SW et les différentes formations
de l’Ordovicien et du Silurien du synclinal Aghri n’Ighis.

217
D’ampleur régionale, cette faille est matérialisée par la grande flexure qui prend en
écharpe tout le flanc Nord de l’antiforme de Tawjimt-n-Itbirne. Cette faille s’étend de Hassi
TamouHout à l’Ouest jusqu’à Oued Qayd Rami à l’Est. Il s’agit en fait de la juxtaposition de
segments E-W à pendage vers le Nord et NW-SE à pendage vers le Nord Est. Sur son
parcours, cet accident a fait l’objet d’analyse microstructurale (Fig. 6.18a b).

Au niveau de l’oued Quaid Rami, la faille qui affecte le flanc est du bloc de Tawjimt
n’Itbirne présente une direction N120, avec un pendage de 55° vers le Nord. Le plan de faille
est ferrugineux et présente une zone bréchique en forme de poissons qui indique le sens du
mouvement (Fig. 6.22-1A) ; il s’agit d’un mouvement inverse vers le sud, chevauchement des
Ktaoua Or5c sur le premier Bani. De part et d’autre de la faille on observe des plis déversés
vers le sud. Le rejet est variable d’un secteur à l’autre, de 60 m à plusieurs centaines de
mètres.

Fig. 6.22-2: failles nord Ighil n’Ighis (NAIF), A : Jeu normal avec basculement vers le sud du bloc Ighil
n’Ighis ; B : Plis N30 au sud de Tourtite Ouinguigui sur le prolongement de la même faille ; C : Continuité vers
l’Est de la même faille avec basculement du bloc de Tinjarfaouine vers le S

Au point coté 1111 m, la faille est de direction E-W, pendage 80 N avec un jeu inverse ; le
plan de faille est bréchique, rempli de quartz sur 2 m d’épaisseur. Par contre dans les
affleurements du 1er Bani, du même secteur , une faille conjuguée présente une direction
N30, pendage 72° NW et à jeu normal avec des structures en S et des plis déversés vers l’Est.
Parmi les critères du mouvement de cette faille, on note son parcours plus ou moins rectiligne,
les stries horizontales et obliques, la disposition des plis associés de part et d’autre de la faille

218
et des lentilles écaillées en forme de poissons avec un clivage anastomosé à l’intérieur de la
zone broyée (Fig. 6.22-1 B et C). Ces marqueurs sont les témoins d’un jeu polyphasé dont les
plus marquants sont un jeu normal pendant le dépôt du Paléozoïque est un jeu inverse avec
une composante latérale sénestre.

La faille Nord Ighil n’Ighis est un accident à jeu normal vers le nord dominant (Fig.
6.22-2A) ; il met en contact le bloc Ougnat- Angal au nord et le bloc d’Ighil n’Ighis au sud.
Vers l’est, à Tanjarfaouine, la faille montre une écaille tectonique des grès de Tabanit en
contact anormal avec les termes de la formation de Tiouririne (Or5b) de l’Ordovicien (Fig.
22-2C). Des plis en échelon apparaissent dans les formations affectées par la faille, c’est le
cas des plis dans les grès de la formation des Ktaoua inférieur (Or5a), dans la limite nord du
bloc Ighil n’Ighis (Fig. 6.22-2B).

Dans le bloc d’Oukhit à Aboukal n’Issidal, dans les grès du premier Bani et la
formation de Ktaoua, on a mesuré des plis d’axe N70, plongement de 20° vers l’Est, repris par
des plis d’axe de direction N140, subhorizontal. Ceci nous a permis de déterminer l’âge relatif
de deux directions de contrainte. La première est de direction NNW-SSE et la seconde est de
direction NE-SW. Des plis sub-méridiens N-S à N30 sont observés dans la formation de
Ktaoua au nord de ce secteur.

L’Or5c du synclinal de Tizi N Tmourghi, au nord ouest du bloc Igil n’Ighis est
structuré par des plis d’axe de direction N150 plongeant de 20° vers le Sud. Les argilites des
Ktaoua supérieure (Or6a) présentent des plis a axe de direction N60 à N80 plongeant de 28 à
50° vers le NE.
IV.6. La zone plissée du J. Angal

Des plis de grande longueur d’onde apparaissent dans le losange Angal-Gherghis


(LAG), coincé entre quatre grands blocs monoclinaux, le bloc de Tinchraramine au Nord
et au NW, le bloc de Tamjout-Taghwilest au SW, le bloc de Tawjimt n'Itbiren à l’Est et le
bloc de Mecissi au SSE. Sur le côté SW du losange Angal-Gherghis, le pli du Jbel Angal
est un pli coffré formé par les calcaires gréseux cambriens, les Grès terminaux, les
schistes à Paradoxides (Fig. 6.24 3 et 6.24 4). Des plis mineurs dysharmoniques sont
observés dans le Cambrien grâce à la présence de niveaux intercalaires incompétents. Les
terrains précambriens affleurent au cœur de l’anticlinal sous forme d’une « mini-
boutonnière » (Fig. 6.23B), ce qui implique des zones de cisaillement dans le socle sous -
jacent, avec une géométrie en « pop-up ». Les couches compétentes du Cambrien sont
détachées du substratum cassant le long de la série « Lie-de-vin » à sédiments marno-
argileux (Fig. 6.25A). Un niveau basique apparaît dans la « mini-boutonnière » ; il peut
s’agir d’un niveau volcanique « PIII » ou d’un sill d’âge Trias-Lias mis en place dans la
discontinuité mécanique entre le mur précambrien et le toit cambrien. L'axe du pli plonge
légèrement vers le SE (Fig. 6.23C et 6.25B), avec quelques failles normales décrochantes,
et il correspond à peu près à la faille majeure qui délimite le coin NE du bloc Taghwilest
(Faille Nord Taghouilest, NTF). C'est probablement ce qui explique la densité des failles
mineures dans le socle sous la charnière du pli.

219
Fig. 6.23 : Anticlinal du J. Angal ; A : Grès de Tabanit redressés du flanc sud-ouest ; B : Charnière anticlinale
plus au NE dans les Grès terminaux et le Cambrien inférieur ; C : Terminaison périanticlinale vers le SE
dessinée par les formations du Cambrien inférieur et moyen, sur le flanc NE du pli.

220
Fig. 6.24 : Coupes 3 et 4 dans les plis du losange Angal-Gherghiz (LAG). Localisation : Fig. 6.10. kmb:
Cambrien moyen basal (Grès terminaux) ; km1 schistes à Paradoxides ; km2 : grès du Tabanit ; or2/or3 : schistes
Tachilla/Fezouata ; or4 : grès du premier Bani ; or5 : grès du Ktaoua ; or6b : Ashgill ; si : Silurien ; D :
Dévonien ; hv : Carbonifère inférieur.

Fig. 6.25 : A: Décollement des « Grès Terminaux » (base du Cambrien moyen) au dessus du socle
néoprotérozoïque terminal (« P III ») à la crête anticlinale du J. Angal; le niveau cataclastique dérive de la mince
formation Lie-de-vin‖argilo-conglomératique.- B: terminaison périanticlinale du pli du jbel Angal formé dans le
Cambrien moyen (localisation : voir Fig. 6.10).

221
IV.7. La zone plissée centrale Lalla Mimouna-J. Gherghiz

C’est la partie centrale et orientale du losange Angal-Gherghiz défini ci-dessus (Fig.


6.10). La zone située à l’est du pli du J. Angal montre des plis de direction semblable mais
dans des niveaux stratigraphiques plus élevés. Il s’agit de plis visibles essentiellement dans
l’Ordovicien sur la transversale de Lalla Mimouna (Fig. 6.26 coupe 5), et dans le Dévonien au
J. Gherghiz (Fig. 6.26 coupe6).

Les plis déversés d’axe SE-NW de toute la zone LAG montrent une remarquable
évolution latérale des longueurs d’onde. A l'extrémité ouest de la zone, qui est coincée
entre le bloc de Taghwilest et celui de Tinchraramine, les plis des niveaux cambriens sont
assez serrés (Fig. 6.24 coupe 4) ce qui implique un cisaillement intense dans le socle. Au
contraire, dans la partie centrale de la zone (zone Lalla Mimouna), de grands plis ouverts
sont découpés par des failles inverses longitudinales (Fig. 6.26 coupe 5).

Fig. 6.26 : Coupes 5 et 6 dans la zone plissée centrale Lalla Mimouna-J. Gherghiz. Localisation : Fig. 6.10.
coupe5 : dôme de Lalla Mimouna et synclinal de Tamsermas, coupe6 : synclinal de Gherghiz. kmb: Cambrien
moyen basal (Grès terminaux) ; km1 schistes à Paradoxides ; km2 : grès du Tabanit ; or2/or3 : schistes
Tachilla/Fezouata ; or4 : grès du premier Bani ; or5 : grès du Ktaoua ; or6b : Ashgill ; si : Silurien ; D :
Dévonien ; hv : Carbonifère inférieur.

Finalement, à l'extrémité orientale du losange, le Jbel Gherghiz est une structure


complexe avec des anticlinaux et des synclinaux de direction N30 et, surtout, N120 (Figs.
6.26, coupe 6 et 6.27), bien apparentes dans les calcaires eiféliens et givétiens. Dans sa partie
nord, il montre une structure synclinale dominante de direction NW-SE (N120). Dans sa
partie sud (Fig. 6.28), c’est le grand synclinal du Gherghiz de même direction NW-SE, avec
au cœur les affleurements du Frasnien et du Famennien. Dans sa partie est à nord-est, le Jbel
Gherghiz présente des plis en échelons de direction N120 à déversement vers le SW (Fig. 6.29

222
et Fig. 6.18b) en relation avec des jeux de failles décrochantes senestres qui limitent le bloc de
Tamsermas-Gherghiz contre les blocs de Tawjimt n’Itbirene vers l’Est et le bloc de Msissi
vers l’Est (NMF) (Fig. 6.10). Les axes N30 apparaissent en bordure nord du massif, en
relation possible avec une faille NE-SW non affleurante.

Fig. 6.27 : Plis de directions N30 et N120 dans les formations du dévonien du nord de Jbel Gherghiz.

Fig. 6.28 : Synclinal N120 formé par les formations du Dévonien Supérieur au Jbel Gherghiz.

223
Fig. 6.29 : Plis en échelons de direction N120 dans les calcaires de l’Eifelien et du Givétien à l’est du Jbel
Gherghiz.

V. Mécanisme et chronologie de la déformation


V.1. La mosaïque de blocs basculés ; cinématique synorogénique

La cinématique des failles change évidemment selon l'orientation de la faille, que


ce soit N070-110 ou N020-N045, mais également en fonction de la localisation des failles,
soit dans la partie occidentale ou orientale de la zone étudiée (Fig. 6.30).

Dans l'est et au centre-sud de la carte (voir aussi Fig. 6.10), les plis associés aux
failles à dominance N070-N110 montrent un jeu senestre de ces failles, souvent associé à
un déplacement en composante inverse. Par exemple, les plis du J. Guerghiz présentent
un déplacement senestre le long de la N090 (Faille Nord Mecissi), compatible avec une
compression de direction NE. Le flanc sub-vertical de direction NW-SE du synclinal de
Jbel Gherghiz (Fig. 6.26 coupe 6) indique que le bloc voisin de Tawjimt n'Itbirene
chevauche le bloc affaissé du LAG (Fig. 6.30). La faille de direction N100-110 qui affecte
le nord de Tawjimt n’Itibirene (NTTF) (sud du bloc d’Ighil n'Ighiz ; Fig. 6.8 et Fig. 6.10)
est un exemple de paléofaille inverse, héritée d’une faille normale ; ce jeu normal est
prouvé par l’affaissement des dépôts de l'Ordovicien du bloc d’Ighil n'Ighiz, par rapport
aux formations du Cambrien du bloc Tawjimt n'Itbirene ; ensuite, un jeu inverse mineur
est justifié par l’existence des plis en crochon situés le long de cette faille à pendage vers
le NE.

En revanche, la partie ouest et sud-ouest de la zone étudiée présente une succession


de failles normales de direction NNE à NE limitant les blocs basculés vers le SE sans être
inversées (coupe 1, Fig. 6.17). Une de ces failles normales (Faille d’AKerouz) se termine
en queue de cheval (à plusieurs branches), tandis qu’au sud de Bou Iblah, la branche de la
faille normale de direction N110 change de direction au nord du bloc de Tinchraramine.
Cette faille se connecte avec la faille Oued Smile OSF par des failles mineures et
dessinent une structure senestre en pull-apart.

224
Les affleurements précambriens (Fig. 6.10) suggèrent un socle précambrien
délimité par des grands blocs basculés, sous forme de parallélogrammes, losanges ou
triangles. Les limites entre les grands blocs sont fortement dilacérées. Il est possible de
produire une carte schématique du toit du socle Précambrien en se basant sur les
hypothèses suivantes: i) les failles majeures observées à la surface se continuent avec le
même pendage vers le bas dans le socle ; ii) l'épaisseur des formations paléozoïques
restent approximativement constante sur des zones au moins aussi grandes que le bloc où
elles sont observées. Sur la base de ces hypothèses, et sur l'inclinaison mesurée et les
épaisseurs des couches du Paléozoïque, la carte des isobathes du toit du socle fait
apparaître une mosaïque de blocs basculés (Fig. 6.30). La plupart des blocs au sud-est de
la boutonnière de l’Ougnat sont basculés vers le sud ou vers le SE, tandis qu’au nord de la
boutonnière, les blocs sont basculés vers l'ouest et vers le nord. Le bloc central de
l’Ougnat occupe une surface d’environ 2000 km², part contre, le losange Angal Gherghis
(LAG) occupe à peu prés 700 km² et il est disloqué par plusieurs failles et associé à des
zones de cisaillement intense (voir ci-dessus, Fig. 6.24 coupe 3 et coupe 4 et Fig. 6.26
coupe 5 et coupe6).

Fig. 6.30 : Carte schématique du toit du socle précambrien dans le secteur de l’Ougnat, montrant lesépaisseurs de
la série paléozoïque préservée, autrement dit les isobathes du toit du socle (nombres entre parenthèses). La carte
est dressée d’après la mesure des pendages et des épaisseurs des strates paléozoïques dans chaque bloc, en
supposant que les failles dans le socle ont à peu près la même position que les failles majeures de la couverture.

225
V.2. Direction de raccourcissement et chronologie

La cartographie de la zone d’étude, et l’analyse tectonique effectuée dans les terrains


paléozoïques au Nord, à l’Est et au Sud de l’Ougnat nous permet de présenter les conclusions
suivantes (Fig. 6.31):

- Un système de paléofailles s’est développé dans le socle panafricain à partir du Cambrien


inférieur jusqu’au Dévonien supérieur, donnant une mosaïque de blocs basculés vers le S - SE (voir
chapitre 5);

- Au cours de l'orogenèse varisque, la déformation se fait par inversion partielle ou totale des
paléofailles normales, et de décrochements avec déplacement relatif des blocs basculés;

- Le plissement de la couverture paléozoïque détachée est concentré le long des failles


réactivées, et dans certains blocs mineurs cisaillés;

- Au cours de la période orogénique, la compression d'axe horizontal et de direction NE-SW


est dominante, comme dans la chaîne de l’Ougarta où elle peut être datée du Stéphano-Autunien;

- Cette compression varisque tardive interfère à l’échelle régionale avec la compression de


direction NNW-SSE de l’Anti Atlas, rattachée à la collision du bloc mésétien avec le Gondwana à
la fin du Westphalien. Cette phase de compression est particulièrement nette dans la bordure nord-
est du J. Saghro et dans l’ensellement Saghro-Ougnat (Michard et al., 1982 ; Malusa et al., 2007).
On y revient à la section VII.

La Fig. 6.31 résume la chronologie des mouvements enregistrés par les terrains paléozoïques
autour de la boutonnière de l’Ougnat. Nous y avons aussi indiqué la distension post-hercynienne
qui va ouvrir les bassins triasico-jurassiques au nord et à l’ouest de l’Anti-Atlas (dislocation de la
Pangée).

226
Fig. 6.31 : Chronologie des événements tectoniques au cours du Paléozoïque autour de la boutonnière de
l’Ougnat.

VI. Aperçu sur la région à l’ouest de l’Ougnat


On trouvera ici une brève section dédiée aux structures varisques présentes entre
les massifs de l’Ougnat et du Saghro, du côté oriental de l’ensellement. Celles -ci ont été
étudiées à l’occasion d’une collaboration aux levers cartographiques de cette zone
d’ensellement du socle. Le style structural défini dans l’Ougnat s’y retrouve largement.

À l'échelle régionale, au sud des axes des chevauchements varisques décrits par
Michard et al. (1982), la zone d'étude est déformée par un anticlinal de direction E-W d'âge

227
varisque, découpé par trois grandes structures : la faille de Bou Larhzazil-Tinifift, la faille de
Tizi n’Boujou, et la faille Isk n’Izekelli (Fig. 6.32).

Fig. 6.32 : Schéma structural de la zone entre Saghro et Ougnat, montrant les principales failles dans le secteur,
d’après Malusa et al, 2007. PC : Précambrien ; C : Cambrien ; Or : Ordovicien ; SD : Silurien Dévonien ; V :
Viséen ; MCZ, couverture Méso-Cénozoïque. (Localisation des coupes stratigraphiques A, B et C de la Fig. 6.
33).

La faille de Bou Larhzazil-Tinifift, situé au SE de l’ensellement entre Jbel Saghro et


Jbel Ougnat, est une zone de déformation complexe ENE-WSW consistant en des plans de
cisaillement sub-verticaux (Fig. 6.33, coupe A). Elle affecte sur des kilomètres les formations
du socle précambrien et de sa couverture paléozoïque. La faille montre une tectonique
polyphasée responsable du soulèvement relatif des blocs du sud. Le rejet vertical est estimé à
environ 1500 m, avec un rejet latéral dextre à la limite socle-couverture, de l'ordre de 5 km,
pouvant être observée à la fois dans les boutonnières de Saghro et Ougnat (Malusa et al.,
2007).

228
Fig. 6.33 : Coupe transversales à travers les principales failles de la zone entre Ougnat et Saghro (emplacement
dans la Fig. 6.32), Malusa et al., 2007.

La faille Boulghzazil-Tinifift s'étend vers l'est où elle rejoint la terminaison


occidentale de l’Ougnat, par une branche à orientation NW-SE (Fig. 6.34), la faille de
Tamerghout à jeu senestre, puis elle rejoint la faille Nord-Msissi dans notre secteur. Elle
s’étend également vers l’Ouest dans la région de l’Assif n'Oustif où elle met en contact
divers termes de la série cambrienne directement avec le socle protérozoïque.

Fig. 6.34: Schéma structural du bloc Taghouilest Tamjout illustrant le jeu senestre le long des failles E-W. (A et
B: emplacement des Figs. 6. 35 et 6.36, respectivement).

229
Les calcaires dévoniens de Tamejout n’Ouihlane montrent des plis en échelons de
direction sub méridiennne et indiquent un jeu senestre (Baidder, 2007 ; Fig. 6.35). Au sud de
cette même faille des plis dans les grès du Deuxième Bani conforte le jeu senestre de la faille (Fig.
6.36).

Fig. 6.35: Plis en échelon dans les calcaires givétiens de Tamjout n’Ouihlane montrant un jeu senestre (A :
localisation: Fig. 6.34) Baidder 2007.

Fig. 6.36: Pli dans les grès du Deuxième Bani illustrant le jeu senestre de la faille au sud du bloc de Taghouilest (B :
localisation: Fig. 6.34).

230
VII. Cadre régional de la déformation varisque

En allant vers le nord de l’ensellement entre Saghro et Ougnat, le régime tectonique évolue :
les failles prennent un pendage nord de plus en plus net et leur cinématique se complique, avec une
phase normale suivie d’une inversion décrochante dextre.
a. La faille de Tizi n’Boujou s’étend de la marge nord-orientale du Saghro jusqu’au
bord sud-occidental du massif de l’Ougnat. Il s’agit plutôt d’un faisceau de failles de direction
ENE-WSW prédominante dans le secteur occidental (Saghro) et de direction E-W dans le
secteur oriental (Ougnat).
C’est une zone de déformation polyphasée de direction ENE-WSW qui se compose de
failles à pendage fort vers le NNW (Fig. 6.33, coupe B). Sa partie occidentale met en contact
les sédiments du Cambrien moyen, vers le côté sud, avec des schistes et des grès ordoviciens
vers le côté nord. Le segment Est de cette faille au nord de la boutonnière Ougnat, met en
contact le socle précambrien et la couverture ordovicienne. Ces relations sont compatibles
avec la succession de deux mouvements : un jeu normal menant à l’affaissement des blocs du
nord (plus de 800 m au nord de la boutonnière de l’Ougnat suivi d’un jeu décrochant inverse
au cours d'un épisode de transpression avec décrochement dextre et des plis d’entraînement
sub-méridiens (Baidder et al., 2007 ; Malusa et al. 2007).

Dans le secteur oriental, la zone de cisaillement est caractérisée par la présence


d’écailles métriques à hectométriques, à matériel cambrien intensément déformé et fracturé.
L’ensemble de la structure est disloqué par des failles décrochantes dextres ainsi que par des
failles normales de direction NNE-SSW, c’est la terminaison occidentale de la faille
d’Akerouz.

b. La faille Isk n’Izekelli, plus au nord, se compose de plusieurs failles de direction


ENE avec un pendage intermédiaire à fort vers le nord qui recoupent la couverture
sédimentaire et le socle précambrien (Fig. 6.24, coupe C). On y trouve la trace de la
tectonique transpressive dextre sous la forme de plis d'entraînement hectométriques.

L’existence initiale des paléofailles normales, dont nous venons de montrer le rôle
capital dans la déformation varisque, repose sur les études stratigraphiques qui révèlent
plusieurs événements d'extension à partir du Cambrien inferieur :

L’épaisseur de la série de "Lie-de-vin" et surtout des "Grès terminaux" change


brusquement de 400 m au sud-ouest du massif à 150 m à l'Est de la faille de l’Oued Smile
(OSF), et la séquence disparaît entièrement au nord de la faille d’Oukhit (Fig. 6.10 et
6.30), suggérant que la faille Smile de direction N110 a été active durant cette période. De
même, de remarquables slumps sont observés dans les grès de Tabanit à proximité de la
faille Sud d’Oukhit (chapitre 3 et 5). À la fin du Cambrien moyen, le volcanisme mafique-
alcalin développé entre la faille d'Oued Smile et la faille d’Oukhit suggère une forte
extension. Après la lacune du Cambrien supérieur (probablement d'origine eustatique), les
isobathes du Tremadoc-Llandeilo sont parallèles à l'axe Saghro Ougnat. Ensuite, les
isobathes du Caradoc de direction NW-SE sont parallèlement à la ride Ougnat-Ouzina

231
(Destombes, 2006a, 2006b ; Baidder 2007). Les Conglomérats chaotiques d’âge
Hirnantien indiquent des escarpements actifs de la faille longeant la ride. De même, les
pélites du Silurien inférieur ne sont conservés que dans un chenal faillé de direction NE le
long de la même ride (Destombes, 2006a et 2006b).

Une crise majeure se produit au cours de l'extension survenant au Dévonien moyen


et supérieur, comme en témoigne clairement le niveau connu sous le nom Kellwasser
(crise faunistique du Dévonien moyen) et les variations des épaisseurs dans la région de
Tafilalt- Maider (Hollard, 1974, 1981; Wendt, 1985, 1988, Baidder 2007, Baidder et al.
2008 ; Lubeseder et al. 2009 et Michard et al. 2008, 2010, Raddi et al. 2006b). Dès
l’Emsien inférieur, la plateforme carbonatée du Tafilalt-Maider encore indifférenciée est
progressivement remplacée par une plate-forme restreinte du Tafilalt limitée par deux
zones subsidentes, l’une dans le Maider et l’autre au Sud du Tafilalt. Les failles
synsédimentaires responsables de cette différenciation paléogéographique sont
particulièrement actives durant le Famennien. Un système de failles normales de direction
ENE-WSW contrôle ces contrastes sédimentaires (Baidder et al., 2008). Au Sud de
l’Ougnat, la faille Nord-Mecissi est un exemple de ces failles de direction ENE-WSW
actives durant le Dévonien supérieur, où une discordance angulaire est matérialisée par un
conglomérat Famennien phosphaté (Frölich 2004, Raddi et al. 2006b et 2012b) et par des
siltites calcaires du Frasnien sur les niveaux carbonatés du Praguien au sein du bloc
incliné de Guerghiz-Tamjout (chapitre 3 et 5). Les dépôts du Viséen montrent également
d'importants changements du nord au sud : les olistostromes de Tineghir-Tisdafine et les
brèches chaotiques de Ben Zireg (Michard et al., 1982; Soualhine et al., 2003); les
turbidites fines d’Erfoud-Maider et des brèches chaotiques (Destombes et Hollard, 1986;
Du Dresnay et al., 1988); des récifs ou des monticules de boue à J. Begaa et Gara Itima
(sud Tafilalt) (cf. dans Michard, 1976, p. 66-67). La répartition de ces faciès variés et
contrastés du Viséen le long des grandes failles E-W, peut s’expliquer par des
mouvements de décrochement qui se sont produits au nord et au sud de l'Anti -Atlas
oriental, au niveau de la faille Sud-Atlasique et de l’accident majeur de l’Anti-Atlas
(Baidder, 2007).

c. A l’échelle régionale : Par conséquent, nous pouvons affirmer que le système de


failles qui contrôlent la déformation varisque est hérité d'un système dominant de
paléofailles parallèles soit à l'axe Ougnat-Saghro, soit à la chaîne d’Ougarta ("Sillon de la
Saoura"; Fabre, 2005). Combinées avec des failles NNE, ces failles définissent des blocs
en forme de triangle ou de losange à basculement dominant vers le sud ou le sud -est. Ce
schéma structural est celui d'un domaine de marge proximale paléozoïque à la bordure
nord du WAC, et au sud du domaine distal de la Meseta (Hoepffner et al., 2005, 2006,
Raddi et al 2007 ; Michard et al., 2010b). Enfin, il faut noter qu’une partie du système de
paléofailles paléozoïques est hérité des structures extensives de la fin du
Néoprotérozoïque, en particulier les failles N-S à NE-SW (Soulaimani et al., 2003, Raddi
et al. 2007 ; Soulaimani et Burkhard 2008 et Michard et al 2010b).

232
L'inversion des paléofailles en failles décrochantes inverses est survenue lors de la
compression dominante de direction NE-SW, comme le montre l'orientation des axes de
plis (Fig.6.10 et 6.30). Bien que les coupes figurées plus haut soient obliques par rapport à
la direction de contrainte compressive régionale, et malgré le fait que la déformation n'est
pas plane, le taux de raccourcissement est certainement faible, moins de 10% à l'échelle
du secteur, même s’il peut atteindre ~ 20% selon les zones (cf. J. Angal; Fig. 6.24 coupes
3 et 4). Cette direction de compression maximale NE-SW est comparable à la direction de
compression stéphano-autunienne de la chaîne d’Ougarta (Donzeau, 1974; Haddoum et
al., 2001; Fabre, 2005) et du domaine de la Meseta (Saber, 1994; Saidi et al., 2002,
Michard et al, 2008 et 2010b), ce qui suggère un âge similaire pour cet événement dans la
région étudiée (Raddi et al., 2007).

Toutefois, une compression NNW-SSE est enregistrée par les chevauchements


Tineghir- Tisdafine le long de la bordure nord de l’axe Saghro-Ougnat (Michard et
al., 1982; Hoepffner et al., 2006), le massif de Tamlelt dans le Haut Atlas oriental (Houari
et Hoepffner, 2003), et les structures du Djebel Béchar plus à l'Est (Fabre, 2005, p. 358].
Bien que la compression NNW-SSE "Anti-Atlas" est en interférence, à l'échelle régionale,
avec la compression NE-SW d’Ougarta (Robert-Charrue, 2006; Baidder et al., 2008), la
compression NNW-SSE n'est pas reconnue dans la région de Bou Adil-Oukhit, où la
compression NE-SW domine. La compression NNW-SSE est probablement plus ancienne
que la compression NE-SW ; elle peut être comparée à la compression à vergence sud de
l’Anti-Atlas (Caritg et al., 2004; Hoepffner et al., 2006) et aussi avec l'événement
compressif fini-westphalien reconnu dans la Meseta (Hoepffner et al., 2006). Il est à noter
que la compression de direction WNW-ESE de la fin du Namurien-Westphalien connue
dans l'Anti-Atlas occidental (Soulaimani et al., 1997; Belfoul et al., 2002; Caritg et
al., 2004; Burkhard et al., 2006, Michard et al. 2008) et dans la Meseta occidentale
(Hoepffner et al., 2006) n’est pas manifeste dans notre secteur d’étude.

La compression NE-SW, dans le Tafilalt-Maïder, a engendré des plis d’axe NW qui se


trouvent également aux extrémités de failles de même direction, ou en échelon le long de
failles E-W à jeu décrochant senestre Ceux-ci se sont produits pendant un événement
compressif tardi-varisque (Stéphano-Permien), postérieur à la collision NNW-SSE entre le
bloc mésétien et son avant-pays. C’est le cas notamment de la faille OJTF ou de la faille
NMF. Précisons que la compression NNW est mieux exprimée sur le versant nord-oriental du
Saghro ainsi que sur le côté nord-occidental de l’Ougnat). Ces régions constituent d’ailleurs
le front hercynien au nord du Craton Ouest Africain. Par contre, dans la région du Tafilat-
Maïder (façade nord-oriental du craton), c’est la compression NE qui est la mieux exprimée.
Pour rendre compte des directions structurales des chaînes limitrophes, certains modèles
tectoniques (Lefort, 1990 ; Haddoum et al., 2001) font intervenir le poinçonnement de la
couverture paléozoïque épaisse (marge) par le Craton Ouest Africain bouclier Rguibate (Fig.
6.37). Selon Hoepffner et al. (2005), ces déformations s’inscrivent dans le cadre d’un
mouvement en transpression dextre d’une zone bordée au Nord par l’accident atlasique
ATPZ, et au Sud par le Craton Ouest Africain (Fig. 6.38).

233
Fig. 6.37: Carte montrant l’influence du poinçonnement du Craton Ouest Africain contre l’Eurasia durant le
Carbonifère inférieur (Lefort, 1990) .1 : zone axiale des chaîne de montagne ; 2 : Cisaillements ; 3 :
chevauchements ; 4 : suture acado-alléghanienne ; 5 : Craton Ouest Africain ; 6 : sens de la vergence vers le
Nord du Craton Ouest Africain.

Fig. 6.38: La chaîne varisque d’Afrique du Nord dans le cadre des chaînes paléozoïques péri-atlantiques, à la fin du
Permien. A: Carte structurale, B: coupe schématique montrant une situation possible du domaine mésétien entre les
deux cratons, nord américain et ouest africain (Hoepffner & al., 2006).

234
VIII- La déformation post varisque :
L’objectif de ce paragraphe est de préciser l’activité tectonique de la déformation alpine dans
l’Anti-Atlas oriental. Plusieurs auteurs se sont intéressé à la tectonique post hercynienne dans l’Anti
Atlas (Hahou et al 2003, Robert-Charrue 2006, Robert-Charrue et al 2008 Malusa et al. 2007, Baidder
2007, Zouhri et al. 2008, Palaez et al.2009, Bensaid et al 2009). Dans le cadre de ce travail consacré,
en grande partie, aux séries précambriennes et paléozoïques, les séries méso cénozoïques affleurent
essentiellement sur les pourtours de l’Anti-Atlas oriental, le bassin de Goulmima Boudenib, le plateau
de Kem Kem et la hammada de Guir. Des roches magmatiques méso cénozoïque sous forme de sill et
dyke affleurent dans le secteur, dans les Jbel Seguenit et Jbel Angal où on trouve des sills de dolérites
ainsi que dans le bassin de Tafilalet et Maider.

Les plus anciens terrains Paléozoïques forment les pourtours des boutonnières Précambriennes
de Saghro et l’Ougnat (Raddi et al. 2006, Raddi et al. 2012). Les plus récents (Carbonifère), affleurent
dans le Maider et le Tafilalet, et sont limités au Sud par la faille Oum Jerane-Taouz (OJT) : branche
E-W de l’accident majeur de l’Anti-Atlas (AMA,), (Choubert, 1947). Au Nord de l’axe Saghro -
Ougnat, les unités de Tineghir-Tisdafine appartiennent à la Meseta occidentale (Michard et al., 1982;
Soualhine et al., 2003; Hoepffner et al., 2006). Les séries paléozoïques plissées, sont traversées par
des intrusions sous formes de sills et dykes (200 à 180Ma) de la province magmatique Atlantique
centrale (Hollard, 1973; Knight et al. 2004), et recouvertes à l’Est et au Sud par des séries tabulaires
du Crétacé - Néogène (hamadas). Au Nord, affleurent les dépôts transgressifs du méso cénozoïque,

Quelques failles, ou flexures dans les calcaires Cénomano-Turoniens et plio - quaternaire,


expriment la réactivation des failles du socle par l’ouverture de l’océan Atlantique au Trias-Jurassique
et par les contraintes de l’orogenèse Alpine.

L’exhumation en surface de l’axe précambrien Saghro - Ougnat, résulte de la superposition


des effets de l’épaulement de la bordure Sud du rift atlasique et de la compression atlasique (Sébrier et
al.2006, Malusa & al., 2007 et Missenard 2006), combinés à l’anomalie mantélique de grande échelle

VIII-1- mouvements tectoniques et intrusions magmatiques au cours de l'extension triasico


jurassique

a. Failles réactivées lors de la phase d’extension Trias supérieur-Lias inférieur : Cette


phase est caractérisée par la réactivation avec un jeu normal des paléofailles de l’orogénèse
hercynienne. Ceci à été observé dans de nombreuses failles du secteur : la faille Nord Mssissi, la faille
d’Akerouz, elle est mieux développée le long de la faille de Bou-Larhzazil Tinifift et la faille de Tizi
n_Boujou (Malusa et al. 2008) (Fig. 6.39), faille Est de Taoujimt n’Itbibene, dans le filon Ikourbibene
à l’Est d’Oukhit (Robert-Charrue 2006) et dans la région de Tafialet, le long du filon contamine de
M’Fis. L'architecture des failles, les traces de stries et les réseaux de veines en échelon sont
compatibles avec un décrochement senestre avec affaissement du bloc nord. Cet affaissement est
montré par l’âge de l’exhumation de par et d’autre de la faille Bou Laghzazil Tinifift (Fig. 6.39). Cette
phase correspond à une extension NW-SE avec une composante de raccourcissement NE-SW
compatible avec une extension senestre à l'échelle régionale (Fig. 6.40).
Ainsi, les paléofailles qui ont jouées pendant le Cambrien, mais aussi à l'Ordovicien, et surtout
pendant l'événement de la dislocation de la plate forme du Dévonien, ont contribuées a la dislocation
de la croûte méta cratonique de l'Anti-Atlas oriental lors de l’extension Trias Lias.

235
Fig. 6.39: Carte géologique de la zone d'étude (Anti-Atlas oriental), report des failles majeures observées sur le
terrain, les roches magmatiques post-hercyniennes (en noir), données de traces de fission, les axes du front de la
ceinture varisque sont empruntés de Michard et al. (1982). MZ-CZ, méso - cénozoïque couverture; O,
Ordovicien couverture; P, Mio - Pliocène coulées néphélinite; PR, socle précambrien ; SD, Silurien - Dévonien
couverture. (Malusa et al. 2008)

b. Relation fracturation –Magmatisme lors de l'extension Triasico jurassique :


L’extension triasico jurassique a été assez forte dans l’Anti Atlas, pour permettre au magma
gabbroïque du Trias - Lias de se mettre en place dans la croûte et engendrer des déformations des
sédiments du Paléozoïque (plissements, discordances). Elle se manifeste dans l’Anti Atlas par une
multitude de dykes et sills injectés dans les séries paléozoïques de la région dont le plus important est
le dyke d’Amane n’Ikédare, situé à une dizaine de kilomètres au SW de Tineghir. Ce dyke, orienté
NE-SW, n’est en réalité que la continuité de célèbre dyke de Foum Zguid, et par l’intrusion de la
norite de Mecissi qui jalonne la faille Fezzou (Baidder 2007).
La déformation au cours du rifting a été concentrée au nord de l'axe Saghro-Ougnat, dans le fossé de
l'Atlas. Les terrains du Trias et du Lias sont, en effet, concentrés dans le domaine de l'Atlas, et
pratiquement inexistants dans l'Anti-Atlas et le domaine saharien, à l'exception des couches
supérieures rouges du bassin d’Abadla [Fabre, 2005]. La tectonique et le magmatisme triasico-liasique
ont conduit à un épaulement des massifs de l’Ougnat et du Saghro qui appartenaient au bord sud du
rift atlasique dont le paroxysme se situe au passage Domérien - Toarcien.

c. Comparaison avec les autres événements triasico-liasiques à l’échelle du Maroc : Au


Lias inférieur, une plate-forme post-rift carbonatée s’est développée dans la région de l'Atlas (Laville,
1985). Au Toarcien, le bassin s’est affaissé (Laville, 1985; Fedan, 1989; Pique et al, 1998b, 2000),
ceci a provoqué l’isolement des blocs stables (les massifs des mésetas, du Précambrien et du
Paléozoïque). Un magmatisme alcalin s’est mis en place dans les bassins du Haut Atlas Central
(Rahimi et al., 1997). Les bassins du Haut et du Moyen Atlas ont été limités par des failles, ces
bassins, sont caractérisés par des variations des épaisseurs sédimentaires et des brèches intra-
formationnelles et s'effondrent sous forme de blocs basculés. Cette zone a été coupée par une série de
failles normales représentant une mosaïque de horsts et grabens orientés ENE-WSW et montre une
extension NNW-SSE (Fig. 6.40). En outre, nous avons reconnu des failles normales mineures de

236
direction N120 à 140 correspondant à une extension NE-SW, perpendiculaire à la principale. Dans
l'Atlas, des failles normales de direction NE ont été développées au cours du Lias inférieur. D’autres
failles de direction E-W ont ensuite été réactivées en failles décrochantes senestres. Le modèle des
paléo contraintes reconstituées, calculé à partir de la population de failles normales donne une
extension NW-SE à WNW-ESE. Ces failles contrôlent la subsidence des bassins du Moyen et du Haut
Atlas au cours du Domérien-Toarcien (Ait Brahim et al. 2002).

Fig. 6.40: A: Carte structurale du Maroc, le système des états de contraintes (extension Trias supérieur-Lias
inférieur, Ait Brahim et al. 2002). B : état de contrainte de la même époque dans l’Anti Atlas oriental (Malussa et
al. 2006 modifié).

VIII-2. Compression éocène


La chronologie de la déformation et l’âge de l’amincissement de la lithosphère sous la chaîne
sont finalement discutés. Une analyse détaillée de la géologie de l’avant-pays sud du Haut Atlas de
Marrakech est combinée aux résultats obtenus par comptage de traces de fissions pour proposer un
scénario d’évolution. Une première phase de raccourcissement est identifiée à l’Eocène Supérieur –

237
Oligocène. Au Miocène Inférieur – Moyen, la lithosphère est amincie et une phase de dénudation
affecte l’ensemble de la chaîne et son avant-pays.

La compression a provoqué une légère déformation des blocs faillés (Fig. 6.41), ceci est
exprimé par des réseaux de fentes conjuguées en échelon, les stries et par le glissement banc sur banc
compatible avec un raccourcissement N-S.

Fig. 6.41 : A: Carte structurale du Maroc, le système des états de contraintes (Compression Eocène, Ait Brahim
et al. 2002). B: état de contrainte de la même époque dans l’Anti Atlas oriental. (Légende voir la figure 6.40).

VIII-3- les événements Miocène –Pliocène - Quaternaire

Le domaine atlasique a été inversé et soulevé au cours du Miocène pour former la


chaine de l'Atlas (Schmidt, 1992;. Barbero et al, 2007), il a subi un raccourcissement NW-SE
suivie par une compression subméridienne attestée par la déformation des dépôts du Néogène
continental (Morel et al, 2000; Ait Brahim et al., 2002). Le domaine de l'Anti-Atlas oriental
montre clairement les effets du soulèvement atlasique comme en témoigne exhumation de son
238
Néogène. Dans l’Anti –Atlas une réactivation tardive des plans de faille selon une
cinématique senestre inverse est marquée par des fibres généralisée et des stries le long de la
faille Isk n_Izekelli et la faille Tizi n Boujou (Malussa et al. 2007). La superposition de ces
événements montre que la direction de raccourcissement à l'échelle régionale varie dans le
temps de NNE-SSW à NNW-SSE. La différence d’âge apparente des traces de fission
observée sur la faille d’Isk n_Izekelli (Malusa et al 2007) (Fig. 6.39) ne peut pas être
expliquée par une érosion progressive vers le nord des unités varisques exposées sur le
soulèvement de l’ancien rift, parce que cela montre une variation progressive de l'âge de
traces de fission. En revanche, il souligne le jeu inverse des grandes failles associées au
soulèvement des blocs du Nord. Cet événement est daté au Néogène (fig. 6.41), avec le
soulèvement à partir du Miocène supérieur-Pliocène. Associée à un raccourcissement NW-SE
(Fig. 6. 42), décrit le long de la faille de Tizi n_Boujou et la faille d’Isk n_Izekelli. La
dernière phase affecte également les dépôts quaternaires au sud de la chaine de l'Atlas, qui
sont déformés par des plis de direction E-W avec un axe plongeant vers l’Ouest (Missenard
2006).

En conclusion, on peut dire que les phases de déformations sont responsables de la


structuration de l’Anti Atlas oriental lors de la compression Néogène. La dernière phase de
déformation est toujours active, comme en témoigne le déplacement des dépôts quaternaires
sur le côté sud de la chaine des Atlas (Fig. 6.43).

239
Fig. 6.42 : A: Carte structural du Maroc, le système des états de contraintes (Compression Tortonien moyen et
sup, Ait Brahim et al. 2002). B : (Compression Plio quaternaire, Ait Brahim et al. 2002). C : état de contrainte
du Tortonien sup à l’actuel dans l’Anti Atlas oriental (Malussa et al. 2007). (Légende voir la figure 6.40).

240
Conclusion tectonique atlasique: La tectonique atlasique se distingue dans l’Anti Atlas par
d’abord une activité magmatique triaso-liasique bien marquée. i) une multitude de dykes et
sills injectés dans les séries paléozoïques avec une direction majeure NE-SW ; ii) l’intrusion
de la norite de Mecissi.

On note une réactivation des failles normales affectant la couverture pendant la


période post-varisque, car elles recoupent les structures majeures anti-atlasiques et
ougartiennes. De plus les synclinaux créés dans le toit des failles normales replissent les axes
des petits plis varisques. Ces failles normales ne recoupent pas toujours la totalité de la
couverture Paléozoïque, mais elles l’affectent néanmoins. En effet, le rejet est parfois amorti
dans les séries sommitales, créant ainsi des plis « d’effondrement » drapant les mouvements
verticaux de la même manière que lors de l’événement varisque. Cette extension n’affecte pas
les sédiments Crétacés. Le fait que l’on trouve ces failles uniquement dans la partie bordant le
Haut Atlas permet raisonnablement d’attribuer cette phase d’extension à l’ouverture du bassin
du Haut Atlas au Trias supérieur. Ainsi, La tectonique triasico-liasique a conduit à un
épaulement des massifs de l’Ougnat et du Saghro qui appartenaient au bord sud du rift
atlasique dont le paroxysme se situe au passage Domérien-Toarcien.

L’ouverture de l’Atlantique central engendre au cours du Crétacé une tectonique en


décrochements E-W sur l’accident sud-atlasique. L’inversion du Haut Atlas ne provoque pas
de déformation telle que plissement ou chevauchement dans l’Anti-Atlas oriental. Mais il
induit un soulèvement progressif identifiable par les différentes discordances angulaires
observées entre les séries Crétacées, Eocènes et Mio- Pliocènes sur la bordure nord de l’Anti-
Atlas oriental (ouest de Tineghir, Malusa & al 2007). Ces étapes dans le soulèvement
correspondent à celles de l’inversion du Haut Atlas. Ce bombement lisible par l’analyse de
l’orientation des sédiments Crétacés et Cénozoïques provient de surcroît d’une surrection
actuelle due à une anomalie thermique. Cette conjonction explique la topographie élevée de
l’Anti-Atlas oriental et plus particulièrement celle de l’Ougnat ( Jbel Bou Iblah 1735m) et du
Saghro ( Amalou N’Mansour 2712m). Cela n’annule pas les effets de l’édifice varisque
puisque l’analyse des constituants des sédiments post-varisques démontre que les
boutonnières de l’Ougnat et de Saghro du moins, ont toujours été émergées depuis
l’événement varisque, expliquant ainsi l’absence de sédiments triasiques et jurassiques (bien
que le domaine de l’Anti-Atlas était en extension). Ceci est également démontré par la
comparaison avec le soulèvement du relief modélisé (Missenard et al., 2006, Malusa & al
2007 et Baidder 2007). L’accentuation de la convergence Afrique-Eurasie au Tertiaire et
Quaternaire conduit au soulèvement de la chaîne avec une activité magmatique et sismique
importante.

241
PARTIE 3 : LE MAGMATISME

242
CHAPITRE 7 :
LE MAGMATISME PHANEROZOÏQUE

243
LE MAGMATISME PHANEROZOÏQUE

Le magmatisme du Protérozoïque ayant été traité au chapitre 2, on considère dans le présent


chapitre les seules manifestations magmatiques du Phanérozoïque. Les plus importantes sont datées
stratigraphiquement du Cambrien, mais il existe également dans la région des intrusions attribuables
au Trias-Infralias (volcanisme CAMP) et des basaltes alcalins d’âge Néogène.

I. Le magmatisme du Cambrien

I.1. Données générales

Le magmatisme cambrien est très développé au sud de l’Ougnat (Fig. 7.1). Il est
principalement composé de roches volcaniques et hypovolcaniques mafiques et plus localement
intermédiaires. Il figure déjà sur les cartes géologiques au 1/200 000 de Tafilalt-Taouz (Destombes et
Hollard, 1986) et de Todrha- Ma’der (Destombes et Hollard, 1988). Le Cambrien est décrit par
Destombes (1963), ainsi que dans la notice de la carte géologique du Tafilalt-Taouz (Destombes,
2006), (Baidder et al. 2007 et Raddi et al. 2008). Ce magmatisme cambrien, important dans tout le
Maroc, a été étudié en détail seulement dans d’autres régions que la nôtre, notamment dans l’Anti
Atlas central et occidental par Algouti et al. (2001), Soulaimani et al. (2004), Alvaro et al. (2006,
2008, 2010) et dans la Meseta par Ouali et al. (2003) et El Hadi et al. (2006a) et Raddi et al (2012a et
b).Il était donc important d’en reprendre ici l’étude sur la base de la cartographie au 1/50.000 et des
études de laboratoires associées.

244
Fig. 7.1: Localisation du volcanisme du Cambrien moyen dans le Sud de l’Ougnat (PC : Précambrien ; Ca : Cambrien ;
Post Ca : Post-Cambrien, β:Volcanisme cambrien.

Les diverses manifestations magmatiques se situent principalement dans le Cambrien moyen


(Fig. 7.2 et Fig. 7.4) et comprennent, des corps intrusifs linéaires, localement coniques, passant à des
coulées associées à des dépôts volcano-sédimentaires (Fig. 7.3), et des corps intrusifs (necks, sills et
dykes (Fig. 7.5). Les appareils volcaniques érodés, les coulées et les produits pyroclastiques et
épiclastiques intercalés dans les sédiments, datent la période volcanique du Cambrien. Ses effets
s’observent dans la séquence des grès de Tabanit par des perturbations de la sédimentation (séismites)
au passage vers les dépôts transgressifs de l’Ordovicien (discordances de ravinement et lacune de la
base de l’Ordovicien inférieur).

245
Fig. 7.2 : Cartographie de Jbel Aberchane avec les volcanites du Cambrien ; PC : Précambrien, C : Cambrien, B :
Volcanites du cambrien, Or : Ordovicien.

Fig. 7.3 : Vue vers l’Est de Ouinguigui ; magmatisme cambrien entre les grès de Tabanit et les
formations de l’Ordovicien inférieur.

246
Fig. 7.4 : Cartographie des volcanites cambriennes à Tawjimt n’Itbirene avec un sill dans les pélites de l’ordovicien inférieur ; C :
Cambrien, B : Basalte cambrien, VS : Volcano-sédimentaire cambrien, Or : Ordovicien, D : Dévonien, Q : Quaternaire..

Fig. 7.5 : Vue panoramique du secteur NW de Tawjimt n’Itbirene.

I.2. Volcanologie

Le volcanisme du Cambrien est en partie intrusif (dykes, sills et necks) et en partie effusif
(coulées, roches pyroclastiques et épiclastiques). Les intrusions linéaires sont contrôlées surtout par
des directions N120/130. Les necks et les appareils effusifs dispersés s’allongent souvent selon ces
directions. Ce volcanisme comprend d’importants massifs intrusifs linéaires, surtout dans le Cambrien
moyen, des sills plutôt dans le Cambrien inférieur, des dykes N120, N140/150 et N30/40, plus
rarement ouest-est à N120, et de rares stocks (Raddi et al. 2006a et b et Raddi et al. 2012a et b).

247
I.2.1. Les massifs intrusifs et les appareils volcaniques effusifs

Régionalement, au sud et sud-est de l’Ougnat, les massifs intrusifs, s’alignent sur une ligne
N70 passant au nord du village Bou Adil ; cependant, chacune des intrusions montre plutôt un
allongement N130/140.

Sur la feuille d’Oukhit, les intrusions les plus importantes affleurent sur 1km de long et 250 à
500m de large au Jbel Aberchane (Fig. 7.6), à Itghri Aouragh (Fig. 7.7), et à Tawjimt n’Itbirerne (Fig.
7.8). Elles sont jalonnées de necks prismés (Fig. 7.9) qui marquent peut-être les emplacements
d’appareils érodés. Les roches basiques sont auto-bréchiques (Fig.7.10), à éléments arrondis à
anguleux de taille très variable (<1m), vacuolaires ou non.

Fig. 7.6 : Intrusions magmatiques sur le flanc nord du Jbel Aberchane

Fig. 7.7 : Intrusion basique allongée selon une direction N120 dans les pélites à Paradoxides au SE
d’Itri Aouragh, au nord de la piste vers Ouinguigui.

248
Fig. 7.8: Intrusion magmatique basique dans le Cambrien moyen à l’Est de Tawjimt n’Itbirène, F :
faille, vue vers l’ouest.

Fig. 7.9 : Prismes dans l’intrusion magmatique du Jbel Aberchane.

Fig. 7.10: Auto brèche dans l’intrusion basique à Itri Aouragh.

Les faciès prismés seuls ne sont pas une assurance pour un mode de mise en place sous forme
de coulées, en revanche celui-ci est attesté par la présence de dépôts nettement effusifs comme des
matériaux pyroclastiques. Un appareil (probablement aérien) situé au Sud d’Ouinguigui (Bou Safsaf),

249
en forme de cône dissymétrique, comprend un corps à peu près central composé de prismes obliques à
horizontaux et des flancs auto-bréchiques, surmonté de pyroclastites (Fig. 7.11), de brèches et de tufs à
blocs qui passent latéralement et vers le haut à des tufs plus ou moins cohérents et à des projections
fines (< 8 mm). (Fig. 7.12) Ces éléments sont remaniés dans des sédiments gréseux ennoyant
l’appareil. Ainsi, une mise en place synsédimentaire au Cambrien moyen est donc certaine.

Fig. 7.11 : Brèches et cinérites en niveaux intercalés dans les grès de Tabanit, à l’Est de Ouinguigui

Fig. 7.12: Coulée et dépôts volcano-sédimentaires observés vers le sommet des ‘grès de Tabanit’ à 3 km
au SW d’Ouinguigui. Coulée basique de couleur verte à la base, puis dépôts volcano-sédimentaires violets lités,
au milieu, et grés de Tabanit au sommet.

A Ouinguigui, les corps coniques peuvent représenter des centres d’émission avec leur débit
prismé en éventail. Autour de ces conduits possibles, la grande masse d’autobrèches à gros blocs de
laves roulées mêlés à des blocs de grès provenant de l’encaissant (Fig. 7.13) peuvent correspondre à

250
des sommets de coulées visqueuses. Elles sont recoupées par des laves massives prismées. Au-dessus
viennent des pyroclastites correspondant à des phases explosives.

Fig. 7.13: a : Contact intrusif, au nord-est de Ouinguigui ; b : Blocs de grès dans les brèches de l’intrusion
magmatiques du Cambrien àItriAouraghau sud de la piste vers Ouinguigui

Des coulées associées à des dépôts volcano-sédimentaires sont observées vers le sommet des
‘grès de Tabanit’, dans deux bandes orientées presque Est/Ouest, au Nord celle d’Aberrchane-
Ouinguigui (Fig. 7.12) et au Sud, celle de Taoujjimt-n’Itibirene.

Au sud de la feuille Goulmima, un petit appareil, apparemment en cône égueulé, est présent
dans le Cambrien moyen à l’est-sud-est du Tizi Nizem.

Enfin, sur la feuille de Bou Adil, les massifs linéaires sont situés au nord-est de Bou Ouzou,
où les basaltes emballent de très nombreux éléments anguleux de l’encaissant (Fig. 7.13 et Fig. 7.14),
à l’ouest du jbel Taiert ; au sud-est de Bou Ouzou, au Jbel Smile Ahbari ; au sud du Tizi n’Tazougart.

251
Fig. 7.14: Niveau de grès de la formation de Tabanit dans les brèches de roches magmatiques du
Cambrien à ItriAouragh

I.2.2. Les sills

Les intrusions en sills admettent des épaisseurs variables, de quelques mètres (Fig. 7.15) à
quelques dizaines de mètres. Le Jbel Aberchane est armé par des sills basiques prismés intrusifs dans
les ‘pélites à Paradoxides’ et dans les grès de Tabanit (Fig. 7.6 et Fig. 7.9). Le sill inférieur est une
roche finement grenue ; celui du sommet est microgrenu porphyrique (phénocristaux de plagioclase de
10mm). Au contact, les pélites gréseuses ont subi une rubéfaction. Un neck de même nature est connu
à l’Est d’Ouinguigui. Les autres affleurements importants de sills prismés sont observés à Tawjimt
n’Itbirene (feuille d’Oukhit); à Itrhi Aouragh, (feuille de Bou Adil) à jbel Taiert et à Smile Ahbari
(Fig. 7.16).

Sur la feuille de Bou Adil, des sills sont situés dans les poudingues à la base du Cambrien
inférieur au nord-est de Bou Isklout, dans les pélites gréseuses au-dessus des poudingues du Cambrien
inférieur du jbel Bou Sabouns.s. et à l’est de ce jbel, au sud d’El Jalala. Des necks peuvent être
présents sur leur trajet.

252
Fig. 7.15: Sill basique au passage grès terminaux-pélites à Paradoxides au SE de Tmenkal.

Fig. 7.16 : sill basique dans les grès de Tabanit au nord de Bou Adil.

253
I.2.3. Les dykes

Sur la feuille de Bou Adil, ils recoupent les schistes du substratum protérozoïque entre
Taoudoudout et Ighrane, les dacites-andésites de la couverture protérozoïque entre Bou Madine et Bou
Naga, et les dolérites (d1) au sud de Bou Isseghi. Ils affleurent au Sud du Tizi n’Tazzougart (feuille
d’Oukhit) où ils traversent la formation des ‘ grés terminaux’ du Cambrien inférieur et la formation
des ‘pélites à Paradoxides’ du Cambrien moyen à Tmenkal. A Itghi Aouragh, de nombreux dykes
basiques de 1 à 3 m d’épaisseur recoupent les schistes à Paradoxides et les ‘grès de Tabanit’ (Fig.
7.17); leurs bordures sont auto-bréchiques.

Fig. 7.17: dykes de roches magmatiques dans les pélites à Paradoxides à Itri Aouraghe.

I.2.4. Les stocks

Ils intrudent diverses formations du Protérozoïque, comme les dolérites porphyriques au sud
de Bou Isseghi (feuille de Bou Adil), et les carbonates stromatolitiques « vs1 » à l’est d’Isilf (au sud-
ouest de la feuille Goulmima), ainsi que les terrains du Cambrien (Smile Ahbari, Jbel Aberchane
(Fig.7.18 et Fig. 7.19), Tawjimt n’Itberne (Fig. 7.20), Ikourbibene, Est Ouinguigui, Itghi Aouragh…).

254
Fig. 7.18: Stocks de volcanites dans les grès de Tabanit nord de JbelAbrchane

Fig. 7.19 : Intrusion de roches basiques en Chou-fleur dans les pélites à Paradoxidès au sud de la piste Tmankel-
Ouinguigui

255
Fig. 7.20 : Stocks de roches basiques dans les grès de Tabanit à Tawjimt n’Itbirene.

Ainsi, d’après les coupes montrant les formations effusives dans les sédiments du Cambrien,
les volcanites se sont mises en place en plusieurs épisodes marqués par la présence répétée de dépôts
pyroclastiques et épiclastiques et de coulées (au moins 3 événements semblables à celui que montre la
Fig. 7.12) dans la partie sommitale des ‘grès de Tabanit’ (voir chapitre 3, Fig. 3.18). La fin de
l’activité volcanique effusive et intrusive correspond à la lacune du Cambrien supérieur et de la partie
basale de l’Ordovicien inférieur. Les pélites de la ‘formation de Fezouata’ sont transgressives aussi
bien sur les niveaux volcano-sédimentaires que sur les coulées, et sur les ‘grès de Tabanit’ en
l’absence de manifestations volcaniques (voir chap. 3, Figs. 3.19 et 3.20).

I.3. Pétrographie

Pour distinguer les dykes paléozoïques de ceux du Protérozoïque, nous avons retenu des
critères macroscopiques utilisables pour leur cartographie dans le massif protérozoïque : dans les
dykes basiques porphyriques du Cambrien, les phénocristaux de plagioclase sont toujours en cristaux
indépendants, alors qu’ils sont groupés dans les faciès gloméroporphyriques du Protérozoïque ; de
plus, la mésostase des roches volcaniques du Cambrien est microcristalline, gris verdâtre sombre,
tandis qu’elle est à grain fin ou microcristalline et brun rosé pour les dykes du Protérozoïque. Ces
roches diffèrent aussi par leur minéralogie, observée au microscope.

Dans le Paléozoïque, les faciès basiques intrusifs et effusifs sont des roches sombres à cassure
souvent gris verdâtre ou gris sombre peu porphyriques, les phénocristaux de plagioclase ne dépassent
pas 5 mm, mais il existe parfois des roches très porphyriques avec des phénocristaux dont la plus

256
grande dimension dépasse 15 mm.

Il est difficile de donner une composition précise des roches constituant les intrusions et les
coulées. Leur minéralogie initiale magmatique n’est plus observable. En effet, toutes ces roches
présentent une altération hydrothermale qui interdit la détermination des compositions des minéraux.
Les plagioclases en phénocristaux et la mésostase sont remplacés par de la séricite et de la calcite (Fig.
7.21). Les parties limpides des plagioclases ne contiennent pas plus de 20 à 30 % d’anorthite. Les
minéraux ferromagnésiens n’apparaissent qu’en fantômes. Ils sont complètement remplacés par de la
calcite, de la chlorite, du quartz et des oxydes (hématite). Les minéraux opaques (magnétite, ilménite)
sont hématitisés.

Fig. 7.21: Microphotographie de roche basique du Cambrien montrant du pyroxène et des microlites de
plagioclase en LN (100x).

Dans les faciès basiques oligo-porphyriques, les phénocristaux de plagioclase (< 5 mm) sont
peu zonés. La mésostase présente une structure doléritique intersertale, composée par une trame de
lattes de plagioclase (< 400µm), et des interstices occupés par de la chlorite et parfois par un minéral
ferro-magnésien (pyroxène ?) remplacé par de la calcite (Fig. 7.21).

Dans certains faciès de composition intermédiaire, il existe parfois des reliques de biotite
chloritisée, du feldspath potassique et du quartz interstitiels. Les faciès plus acides également
porphyriques (phénocristaux de plagioclase et de feldspath alcalin) présentent une mésostase
constituée de microlites (160-500 µm), soit orientés selon une fluidalité qui moule les phénocristaux,
soit enchevêtrés.

Les compositions minéralogiques et chimiques de ces roches du Paléozoïque et des dykes


sécants sur le Protérozoïque, diffèrent nettement de celles décrites précédemment à la fin du
Protérozoïque de l’Ougnat (complexe de dykes et de coulées de dolérites, et intrusions de gabbros-

257
monzogabbros) (Fig. 7.22).Les compositions minéralogiques des volcanites cambriennes sont
complétées par les analyses chimiques des éléments majeurs (45% <SiO2<52 %). Les teneurs en
alcalins (5%<Na2O+K2O > 7,5%) permettent de situer ces laves dans le domaine alcalin (Fig. 7.23 et
Fig. 7.24). Elles se distinguent en cela des roches basiques protérozoïques, de chimisme calco-alcalin
potassique (chap. 2).

Fig. 7.22: Diagramme Nb/Y mettant en évidence deux groupes de roches magmatiques. Protérozoïque : 1-
Microdolérites oligo-porphyriques du corps stratoïde du toit du gabbro; 2-Dykes du couloir N40 de dolérites
gloméro-porphyriques; 3-Gabbro, faciès à grain moyen, et faciès sombre à grain fin à moyen (2mm) à deux
pyroxènes. Cambrien : 4-Microdolérite en neck dans les rhyolites du Protérozoïque, Sill de microdolérite dans
la base du Cambrien transgressif sur le Protérozoïque (700m à l’Est du neck) ; 5-Intrusions dans le Cambrien.

Fig. 7.23: Roches magmatiques encaissées dans le Cambrien et l’Ordovicien, diagramme Na2O +K2O/SiO2

258
Fig. 7.24: Différents diagramme d’analyses chimiques des roches volcaniques du versant sud de l’Ougnat

1. Diagramme de Cox et al., (1979). 2. Projection des alcalins (Na2O+K2O) en fonction de SiO2.
3.Diagramme Zr=Y versus Zr. (IAB): basaltes des arcs insulaires, (MORB): basaltes des rides médio-
océaniques, (WPB): basaltes intra-plaques (d’après Pearce & Norry,1979).

I.4. Contexte de mise en place

On a vu (chapitres3 et 5) qu’au Cambrien moyen, plus précisément au passage entre les Pélites
à Paradoxides et les grès surincombants, une instabilité importante est marquée par des slumps et des

259
olistolites. C’est aussi le moment où se mettent en place les volcanites mafiques alcalines effusives
et/ou intrusives. Tous ces phénomènes témoignent d’une activité tectonique extensive (rifting).

Celle-ci sera bientôt suivie par la régression eustatique du Cambrien supérieur et de


l’Ordovicien basal (Trémadoc).Au sud de l’Ougnat, la persistance d’un sillon sub-latitudinal axé sur
Zagora - Taouz permet une sédimentation dans des conditions réductrices. Un retour saccadé à des
conditions transgressives épicontinentales intervient alors avec le dépôt du fer oolitique surmonté de
pélites micacées de l’Arénig.

I.5. Corrélations

Il est intéressant de rapprocher le volcanisme cambrien de notre secteur d’étude de celui connu
ailleurs au Maroc à cette époque. Nous retiendrons cinq exemples récemment décrits : deux dans
l’Anti-Atlas central-occidental (J. Boho, Ida Ougnidif), d’âge Cambrien inférieur ; trois dans le
domaine mésétien (Bou Acila, Oued Rhebar et Mibladen), d’âge Cambrien inférieur, Cambrien moyen
et indéterminé, respectivement.

1. Anti-Atlas central-occidental

Au J. Boho, au sud-ouest de la boutonnière de Bou Azzer-El Graara, des éruptions volcaniques


dans la transition Néoprotérozoïque-Cambrien sont représentés par plusieurs cônes volcaniques.

260
Fig. 7.25 : Carte géologique du volcan du Jbel Boho, à l’ouest de la boutonnière de Bou Azzer (in Alvaro et al.,
2006).

(Fig. 7.25). Le volcan Boho (âge U-Pb à 534 ± 10 Ma) du complexe volcanique Alougoum présente
une hauteur de 300 m et un contour ellipsoïdal de 6 x 22 km (Alvaro et al. 2006). Ce stratovolcan
polygénique à cœur syénitique est associé à des produits d’éruption abondants, laves basaltiques et
tufs trachytiques-rhyolitiques interstratifiés dans les carbonates adoudouniens et recouverts par la
Série lie-de-vin. Les données pétro-géochimiques disponibles suggèrent un magmatisme alcalin
essentiellement évolué par cristallisation fractionnée (Alvaro et al. 2006). Un contexte d'extension et
de rifting continental correspond bien aux caractéristiques géochimiques des roches volcaniques du
Jbel Boho.

261
Les basaltes du J. Karkar et d’Ida Ougnidif (BJK-IO) sont localisés au toit du massif de
Kerdous (Fig. 7.26) et sont contrôlés par une importante activité tectonique extensive. À la base
(Soulaimani et al. 2004), les conglomérats « PIII » sont caractérisés par de grandes variations
d’épaisseur et par des galets peu émoussés et mal classés, remaniant les matériaux du socle sous-
jacent. Ce sont des dépôts de pente au pied de reliefs vigoureux nouvellement créés par suite de
l’activité de failles normales qui persiste lors des premiers dépôts de la transgression cambrienne («
calcaires inférieurs » et «série lie-de-vin »). C’est en effet au cours du Cambrien inférieur que tout
l’Anti-Atlas occidental est affecté par une importante subsidence (Choubert, 1963 ; Benziane et al.,
1983 ), qui ne s’estompe que lors du dépôt de la série « lie-de-vin » (Soulaimani, 1998). Ces premiers
dépôts marins cambriens atteignent ici leur puissance maximale (>4000 m) et évoluent
progressivement vers des dépôts continentaux, moins épais, vers l’Est de l’Anti-Atlas.

Fig. 7.26: a- Croquis de situation ; b- carte géologique simplifiée de la boutonnière de Kerdous ; c- coupe
géologique Jbel Karkar; d- coupe géologique d’Ida Ougnidif (Soulaimani et al. 2004).

Accompagnent cet épisode extensif. Les termes volcaniques (BJK/IO) correspondent essentiellement à
des basaltes tholéiitiques intracontinentaux. Ce cycle volcanique tholéitique forme la transition entre(i)
le cycle volcanique de la série de Ouarzazate, à produits ignimbritiques dominants, intercalés par des
horizons de roches andésitiques et basiques à caractère calco-alcalin immature (Boyer et al. 1978),

262
produits tardifs de la subduction panafricaine, et (ii) un troisième cycle formé de coulées
ignimbritiques et rhyolitiques à caractères de magmas alcalins intraplaques qui coiffent le Précambrien
terminal et continuent à se manifester au Cambrien inférieur (volcanisme de Jbel Boho) (Ducrot et al.
1977). Les pyroclastites rhyolitiques situées au sommet des BJK sont à associer à ce cycle. 2. Au nord
de l’Anti-Atlas

2. Haut Atlas occidental et Meseta

Au nord de la faille sud-atlasique, on constate aussi le développement d’un important


volcanisme basique à acide avec pyroclastites abondantes et coulées basaltiques tholéiitiques, pendant
le Cambrien inférieur et moyen, en contexte extensif intracontinental. L’étendue de ce magmatisme
montre que tous ces domaines constituent une large province tholéiitique de type «Continental Flood
Basalts (CFB)» (Youbi 1998), contemporaine de l’extension crustale qui affecte la bordure nord-ouest
du craton Ouest-Africain au Protérozoïque terminal et qui annonce l’ouverture de l’océan Iapetus
(Soulaimani et al. 2003).

Un premier exemple peut être choisi à Bou Acila (Maroc central). Il s’agit de basaltes et de
pyroclastites interstratifiées dans le Cambrien inférieur (Fig. 7.27). Dans le diagramme (Th/Ta)mp–
(Tb/Ta)mp, qui fait appel à des éléments incompatibles, peu sensibles à l’altération, l’ensemble des
métavolcanites de la région sud-est du Maroc central se projette dans le champ commun des tholéiites
continentales et des basaltes d’arrière-arc, et touche au champ des MORB de type N (Fig. 7.28).
L’allure des spectres de normalisation par rapport au manteau primitif exclut la similitude de ces
roches avec les MORB. Ce résultat est confirmé par le diagramme Th/Yb–Ta/Yb, qui, d’une part,
montre que ces métavolcanites ne peuvent être assimilées à des MORB et, d’autre part, met en
évidence une empreinte de subduction ou de contamination crustale (Fig. 7.29).

263
Fig. 7.27 : Secteur de Bou Acila au SE du Maroc central, (a) ; carte géologique simplifiée du secteur de
Bou-Acila ; (b) coupe schématique de la région de Bou-Acila.

Selon Ouali et al. (2003), l’anomalie négative en Nb et le léger enrichissement en terres rares
légères par rapport aux terres rares lourdes serait à mettre en relation avec une contamination crustale
d’un magma mantellique (Fig. 7. 30 et Fig. 7.28). Cette hypothèse serait en accord avec une mise en
place de ces roches dans un site distensif intracontinental. Des tholéites continentales, à spectres
relativement plats, peuvent être produites par un fort degré de fusion partielle du manteau,
probablement dû à un fort amincissement lithosphérique.

264
Fig. 7.28 : Diagramme (Tb/Ta)mp–(Th/Ta)mp [21] pour les méta-volcanites étudiées. Bou-Acila (carré), Oued-
Aougla (triangle), Bou-Ibenrhar(cercle). OIB : Basaltes des îles océaniques ; CWPAB : basaltes alcalins
intracontinentaux ; CFB : tholéiites continentales ; BAB : basaltes d’arrière-arc ; IAB : basaltes d’arc insulaire ;
OIAB : basaltes d’arc intra-océanique ; CAMB : basaltes d’arc de marges de type Chili ; IAB : basaltes d’arc
intermédiaire (Ouali et al. 2003).

Fig. 7.29 : Diagramme Th/Yb–Ta/Yb des roches étudiées [17]. Bou-Acila (carré), Oued-Aougla (triangle), Bou-
Ibenrhar (cercle). CA : Calcoalcaline; Th : tholéiitique ; S : enrichissement lié à la zone de subduction ; C :
contamination crustale ;W: enrichissement intraplaque ; f : cristallisation fractionnée (f = 0,5) (Ouali et al.
2003).

265
Fig. 7.30 : Position des méta-volcanites de la région Sud-Est du Maroc central dans le diagramme Zr/TiO2–
Nb/Y Bou-Acila (carré),Oued-Aougla (triangle), Bou-Ibenrhar (cercle) (Ouali et al. 2003).

Au nord de l’Anti-Atlas, les tholéiites continentales du Cambrien inférieur de la zone sud-est


du Maroc central ne représentent pas un cas isolé. En effet, on connaît, dans la région de l’Ouneïn
(massif paléozoïque du Haut-Atlas occidental), un volcanisme cambrien à signature géochimique de
tholéiites continentales. De même, dans la région de Taghwacht, Essalhi (1993) et Ouazzani (2001)
décrivent des basaltes tholéiitiques qui présentent les caractères géochimiques des tholéiites
continentales.

L’exemple du volcanisme de l’Oued Rhebar en Meseta occidentale est intéressant dans la mesure où il
est attribuable au Cambrien moyen, et donc contemporain de celui de l’Anti-Atlas oriental. Selon El
Hadi et al. (2005), « le complexe volcanique de l’Oued Rhebar (Fig. 7.31) inter stratifié dans la
formation des schistes (grauwackes) à Paradoxides datée du Cambrien moyen ("Acadien"), est formé
de roches volcaniques de composition calco-alcaline, comparable à celle des roches générées dans les
contextes orogéniques. Les rapports La/Nb, relativement élevés (5,2), attestent une participation
lithosphérique. Les rapports La/Ta, supérieurs à 26, et l’anomalie négative en Nb suggèrent une source
lithosphérique contaminée par la croûte continentale. Ces roches représentées par une série volcano-
sédimentaire avec des andésites, des trachyandésites, des cinérites, des tufs pyroclastiques, des
brèches, des formations à pillow-lavas et des conglomérats, auraient hérité leur signature orogénique
de la fusion partielle d’un manteau antérieurement métasomatisé. » Leur mise en place est liée à la
tectonique en extension post-panafricaine, responsable du rifting cambrien qui a affecté tout le nord du
WAC.

266
Fig. 7.31: Le volcanisme de l’Oued Rhebar, carte de situation d’après El Hadi et al. (2005). 1: Formation des
schistes à Paradoxides d u Cambrien moyen ("Acadien"); 2 : a, roches volcaniques de l'oued Rhebar (andésites,
trachyandésites, tufs, brèches); b, formations chaotiques; 3: Formations ordovico-siluriennes; 4: Formations
dévono-carbonifères; 5: schistosité régionale verticale; 6: stratification. FT: Faille de Tamouda; FHT: Faille de
Haj Thami; FSk: failles de Skhirat-Cherrat.

On peut encore citer comme corrélation possible les métavolcanites de la boutonnière d’Aouli-
Mibladen, en Meseta orientale (Hoepffner, 1987 ; Hoepffner et al., 2006 ; Raddi et al. 2012 a et b). La
longueur des corps stratiformes lenticulaires de métavolcanites (amphibolites) peut atteindre 1 à 2 km
pour des épaisseurs allant de quelques décimètres à quelques décamètres (Fig. 7.32). Le long de l’oued
Amrhid on rencontre une dizaine de niveaux d’amphibolites sur une épaisseur de série d’environ 600
m (Raddi et al. 2012 a et b).

Les corps d’amphibolites épais montrent un faciès à grain fin (bordure figée) au contact avec
l’encaissant et un faciès à gros grain dans les parties centrales. Localement (Oued Amrhid) on peut
observer que les strates de l’encaissant sont recristallisées en cornéennes et recoupées en biseau par la
masse magmatique. On a donc affaire à des sills basiques métamorphisés avec l’ensemble de la série
encaissante (Fig. 7.32).

267
Les sills les plus épais (10m à 50 m) montrent, en dehors de leur bordure microgrenue, une
structure grenue équante bien préservée malgré le métamorphisme, qui a provoqué le remplacement
des pyroxènes magmatiques par des amphiboles vertes. Ce sont des métagabbros. D’autres filons, plus
minces, sont d’anciens microgabbros ou dolérites.

Le sill d’IchAdmane, de 40 m d’épaisseur, dominant les gorges de la Moulouya en rive droite


(Fig. 7.32) (Raddi et al 2012 a et b), montre des veines et poches de gabbros pegmatitiques riches en
feldspath, mises en place au début du refroidissement du corps intrusif et sa fracturation à haute
température. On y observe également un filon décimétrique de diabase. Le volume de magma
gabbroïque qui s’est injecté dans les sédiments gréso-pélitiques est considérable. Dans l’antiforme de
l’Adrar Akourar, on peut l’estimer à près de 5% du volume des métasédiments.

Leur âge de mise en place est indéterminé : il a été considéré comme Cambrien moyen
possible (e.g. Hoepffner, 1987 ; Hoepffner et al., 2006) mais pourrait être Dévono-Carbonifère, , si
l’on admet un âge Dévonien supérieur pour la série encaissante (Michard et al., 2010).

Fig. 7.32: Sill d’amphibolites ; a : Adrar Akorar, et b : Jbel Bou Adil.

II. Les roches magmatiques post-ordoviciennes.

II.1. Distribution

Des volcanites intrusives se rencontrent dans l’Ordovicien. Elles comprennent des sills de
roches basiques porphyriques, des sills basiques aphyriques (Fig. 7.33 et Fig. 7.34), un sill d’une roche
grenue brunâtre que l’ont peut classer parmi les lamprophyres (Fig. 7.35). On rencontre quelques
dykes de faciès analogues dans les pélites à Paradoxides et les grès de Tabanit au S de Tizi
n’Tazougart, nord de jbel Aberchane (Fig. 7.36).

268
Fig. 7.33 : Intrusions magmatiques dans les pélites de Fezouata au SW de Tawjimt n’Itbirene.

Fig. 7.34 : Sill basique dans les pélites de Fezouata au SW de Tawjimt n’Itbirene.

Fig. 7.35: Sill de lamprophyre dans la formation des pélites de Fezouata au SE de Tawjimt n’Itbirene.

269
Fig. 7.36 : Dyke de lamprophyre dans les schistes à Paradoxides au S de Tizi n’Tazougart.

Dans le substratum protérozoïque (feuille de Bou Adil), de petites intrusions de volcanites


mafiques, un stock de dolérite à olivine et un dyke, se distinguent de celles du Protérozoïque et du
Cambrien par l’absence d’altérations hydrothermales affectant les feldspaths et les minéraux
ferromagnésiens. C’est aussi le cas du lamprophyre.

Dans le substratum protérozoïque, un stock (<50m de diamètre) de dolérite à olivine se situe


dans l’affluent oriental de l’Assif n’Aït Addi Oulhou, à l’est du hameau de Tigharmt au sud d’Ighrane.
Un petit dyke mafique N110, sécant sur un long dyke N140 se situe en bordure de l’Assif Boudals, au
nord-ouest d’Aït Addi Oulhou.

II.2. Pétrographie

Le lamprophyre est de couleur beige à la patine, gris vert à la cassure. Il contient des enclaves
lenticulaires (1m x 15-20cm) ou plus ou moins arrondies de tailles variées (quelques centimètres à
cinquante centimètres) d’un granite rouge à grain grossier, des enclaves de roche microgrenue
porphyrique (phénocristaux de quartz et de feldspaths, < 5 mm) et des enclaves aplitiques roses. Ces
enclaves sont cernées par un liséré granitique à grain fin sans limite nette avec le lamprophyre. Les
plus petits éléments ont aussi des contours flous avec leur encaissant, et plutôt un aspect ocellaire. Le
lamprophyre présente des miaroles de 2 à 3 cm, à feldspaths roses et barytine. Le lamprophyre est

270
recoupé par des veinules à barytine rose et hématite. La roche encaissante est affectée par un
métamorphisme de contact sur moins d’une dizaine de centimètres

Au microscope, la structure hétérogène, grenue à microgrenue porphyrique, est due à la


présence de petits fragments à contours ‘flous’ de roches granitiques analogues aux grandes enclaves
dans un assemblage grenu à grain fin (< 1 mm), voire microgrenu porphyrique. Les feldspaths
potassiques (5 mm) sont plus ou moins poecilitiques dans une association de phlogopite zonée (cœur
plus brun que la périphérie) et de feldspaths alcalins. De l’apatite aciculaire est incluse dans tous les
minéraux (Fig. 7.22 et Fig. 7.23). Les minéraux opaques inclus dans les phlogopites et les feldspaths
sont hématitisés. Des rhomboèdres de carbonates sont développés aux dépens de tous les silicates. La
composition minéralogique du sill de « lamprophyre » évoque une minette, sous réserve d’une étude
de la composition des minéraux ferromagnésiens et des opaques au MEB et à la microsonde.

Le dyke mafique de l’Assif Boudals, est une roche gris bleuté contenant des éléments de
roches mafiques, certains remplacés par des carbonates. C’est une roche porphyrique à gros (<3cm)
cristaux arrondis de hornblende brune. Les autres phénocristaux sont des pyroxènes et des olivines,
partiellement altérés.

II.3. Âge

Nous n’avons pas d’arguments de terrain pour situer l’âge de mise en place des sills et des
dykes présents à la fois dans le Cambrien et l’Ordovicien. L’absence d’altérations hydrothermales
affectant les minéraux ferromagnésiens et les feldspaths sont une caractéristique des laves postérieures
au Cambrien, et qui peuvent être attribuées au magmatisme contemporain de l’ouverture de
l’Atlantique central (magmatisme CAMP) ou au magmatisme du Néogène.

1. Volcanisme CAMP

Les intrusions de dolérites recoupant tous les terrains du Paléozoïque et leur socle sont bien
connues à l’ouest de l’Ougnat, dans le Saghro. Il s’agit d’une part, d’un très long dyke NE-SW de
dolérites, prolongement de celui de Foum Zguid, bien visible sur la carte géologique du Maroc au
1/200.000, feuille Saghro-Dadès (1974-1977) ; d’autre part, des sills intercalés dans le Cambrien et
l’Ordovicien au sud du massif, sur la même feuille et sur celle de Todhra-Ma’der (1988). Sur la feuille
Saghro-Dadès, ces dolérites sont notées « δH » et attribuées au Houiller. Cette attribution, encore
271
acceptée à l’époque des levés correspondants (1952-1956, par J. Hindermeyer), était basé sur le
plissement apparent des sills dans la région du Zemoul, notamment. En revanche, sur la feuille
Todhra-Ma’der et celle de Tafilalt-Taouz juste à l’est, les mêmes dolérites sont notées « δ », sans
indication d’âge. En effet, dans l’esprit des auteurs de ces deux dernières cartes (H. Hollard, J.
Destombes), il convenait de tenir compte des datations K-Ar de Hailwood et Mitchell (1971) ayant
fourni des âges triasico-liasiques (180-187 Ma) et confirmées par le paléomagnétisme (Hailwood et
Mitchell, 1971 ; Bonifay et Sichler,1975). De plus, par des arguments structuraux, Hollard (1973)
avaient pu démontrer le caractère post-tectonique des sills « plissés » et des dykes du Zemoul, mis en
place dans le Dévonien supérieur-Carbonifère inférieur. Depuis, de nombreuses datations isotopiques
ont solidement établi l’âge de ce type de dolérites dans l’Anti-Atlas et le bassin de Béchar: datation
39
Ar-40Ar à 197-203 Ma des grands dykes de Foum Zguid et de Ksi-Ksou (Sebai et al., 1991), puis
datations équivalentes de nombreux sills dans les bassins de Béchar, Tindouf et Reggane (Derder et
al., 2001 ; Chabou et al., 2007). Dans le couloir de Zagora- Maïder (Boissavy, 1979), des dykes de
dolérites recoupent le Paléozoïque (les derniers termes recoupés par ces dykes sont le Tournaisien et
le Viséen. Ils sont situés dans des ouvertures N45 à N90, et sont sécants sur les plis hercyniens qui
affectent le Paléozoïque. Ces dykes sont affectés par une fracturation occupée par des veines de
barytine, fracturation associée aux jeux des grands accidents. Ils sont antérieurs à la transgression du
Crétacé supérieur tabulaire, non affecté par la tectonique cassante.

Ainsi, l’attribution des dolérites post-ordoviciennes de notre secteur d’étude à l’événement


« CAMP » ne fait guère de doute. Ce magmatisme paraît devoir être rattaché au régime distensif
contemporain de l’ouverture de l’Atlantique central autour de 200 millions d’années (Marzoli et al.,
1999). Notons cependant que le massif gabbroïque intrusif dans le Dévonien du Ma’der au sud d’Alnif
(« norite de Msissi ») a fourni un âge K-Ar de 140 Ma (Salmon et al., 1987), qui en ferait un
contemporain des intrusions jurassico-crétacées du Haut-Atlas central.

2. Volcanisme Néogène

Concernant le magmatisme du Néogène, on connaît dans l’est du Saghro un complexe


volcanique phonolitique de cet âge (complexe Iknioun-Timouline), ainsi que des dykes à mélilite
épars. Dans le complexe d’Iknioun-Timouline, la carte géologique à 1/50000 d’Iknioun, signale un
dyke de lamprophyre. On connaît également un complexe de basaltes alcalins au nord-est du massif, à
Foum-el Kouss, recouvrant les couches crétacées-éocènes (Errami et al., 2011, avec références). Dans
notre secteur, les sills et dykes de lamprophyre mis en place dans l’Ordovicien, ainsi que le dyke

272
bréchique à hornblende brune, pyroxène et olivine, ainsi que le stock de dolérite à olivine, pourraient
correspondre à la période de volcanisme du Néogène connue dans le Saghro.

La région de l’Anti-Atlas est caractérisée par le développement d’un magmatisme alcalin


d’âge cénozoïque, Les deux appareils volcaniques principaux sont le stratovolcan de Siroua et celui du
Jbel Saghro. Ce dernier a concerné l’ensemble du Saghro oriental et nord-oriental (feuilles Imitir,
Taghazout et Imi n’Ouzrou). Sur la feuille Imi n’Ouzrou (portion sud-orientale du Jbel Saghro), il est
représenté par de petits affleurements de vulcanites, distribués sur le socle Néoprotérozoïque et sur la
couverture cambrienne. Les vulcanites sont représentées par des coulées de lave d’épaisseurs
maximales de l’ordre de 100 mètres.

Du point de vue composition, les vulcanites sont représentées par des termes compris entre les
néphélinites à olivine, les néphélinites phonolitiques et les phonolites.

Les intrusions de roches magmatiques attribuées au Néogène sur la carte géologique Todrha
Ma’der à Tawjimt n’Itbirene (Destombes et al. 1986) ont été observées et étudiées sur le terrain, elles
ont un faciès microlitique semblable aux roches d’âge Cambrien et présentent un débit prismé avec des
prismes d’un mètre de diamètre et de 4 à 5m de hauteur. Elles présentent également des couloirs de
diaclases et de schistosité de directions N10 et N150 semblable à celles du magmatisme cambrien et
une minéralisation de barytine dans des fractures de directions N110 ; ceci nous a poussé à les
considérer avec le volcanisme d’âge cambrien.

III. Conclusion :

1. Volcanisme Cambrien : Dans le Paléozoïque inférieur de la bordure sud de l’Ougnat, la


période majeure de manifestations du volcanisme mafique intrusif et effusif se situe dans le Cambrien
moyen (Séquence des Grès de Tabanit) et à la fin, avant la transgression de l’Ordovicien (Formation
du Fezouata supérieur : Arénig ou Or2). C’est une période d’instabilité marquée, d’une part, par
d’importantes perturbations dans la sédimentation et d’autre part, par des lacunes du Cambrien
supérieur et de la base de l’Ordovicien inférieur. Elles traduisent une activité tectonique
synsédimentaire durant la fin du Cambrien moyen, prémices des distensions qui vont accompagner la

273
mise en place des volcanites mafiques.

Au sud de l’Ougnat, ces réductions d’épaisseurs des sédiments et les lacunes, témoignent de
l’activité de rides et sillons, allongés N130/N140, correspondent à la réactivation de horsts apparus au
Protérozoïque. Leur jeu en extension contrôle la mise en place du volcanisme basique dans le secteur.
Les appareils volcaniques devaient être aériens, d’après l’absence de pillows lavas, la présence
d’autobrèches sur leurs flancs et cernés d’une faible tranche d’eau, où les produits de projections sont
plus ou moins mêlés aux sédiments au cours des périodes successives d’activité.

A la fin du protérozoïque la zone de l’Ougnat est restée longtemps émergée, alors que
l’extension intracontinentale se manifestait à l’Ouest de l’Anti-Atlas par l’installation du Bassin du
Souss avec une sédimentation et une activité volcanique progressant jusque dans l’Anti-Atlas central
et le Saghro. Les épisodes volcaniques à affinités tholéiitiques et alcalines intracontinentales se
manifestent dans la formation Adoudou d’une part dans la série basale (Ait Saoun), et d’autre part
dans la partie supérieure à la limite avec le Cambrien inférieur. Le volcanisme situé à la fin du
Cambrien moyen du sud de l’Ougnat se manifeste donc plus tardivement que vers l’Ouest du Saghro
et de la boutonnière de Bou Azzer.

À l’échelle de l’Anti-Atlas, on note l’importance volumétrique des phénomènes volcaniques


orogéniques calco-alcalins sur la zone mobile panafricaine au nord est, alors que vers le sud-ouest se
développe le magmatisme tholéiitique et alcalin associé au rifting intracontinental.

D’autres manifestations similaires apparaissent plus au nord, dans la Meseta centrale et dans le
Haut Atlas occidental, où s’est mis en place, en contexte extensif intracontinental, un volcanisme
basique à acide avec pyroclastites abondantes et coulées basaltiques tholéiitiques. L’étendue de ce
magmatisme postorogénique montre que tous ces domaines constituent une large province tholéiitique
de type «Continental», contemporaine de l’extension crustale qui affecte la bordure nord-ouest du
craton Ouest-Africain au Protérozoïque terminal.

2. Volcanisme post cambrien (CAMP), (Trias Lias) : Concernant les volcanites mafiques en
sills et dykes dans l’Ordovicien, il n’y a pas d’arguments de chronologie permettant de les situer. Ce
magmatisme pourrait faire partie d’un épisode volcanique paléozoïque, ou bien à rattacher à la
Province Magmatique de l’Atlantique central.

Ces deux périodes sont observées à l’ouest de l’Ougnat, dans le Saghro, où les manifestations
magmatiques qui recoupent tous les terrains, dont le Paléozoïque, sont d’une part, un très long dyke de

274
dolérites NE-SW, comme celui de Foum Zguid (datation de ce dyke par Bonifay et Sichler (1975) qui
ont mesuré des âges de 181 à 187 Ma correspondant au Lias).

Au sud du Saghro et de l’Ougnat, dans le Tafilalet et le Maïder (Michard, 1989) des dykes
basiques et des sills sont connus, dans le Paléozoïque. Dans le couloir de Zagora- Maïder (Boissavy,
1979), les dykes de dolérites recoupent le Paléozoïque (les derniers termes recoupés par ces dykes
sont le Tournaisien et le Viséen. Ils sont situés dans des ouvertures N45 à N90, et sont sécants sur les
plis hercyniens qui affectent le Paléozoïque. Ces dykes sont affectés par une fracturation occupée par
des veines de barytine, fracturation associée aux jeux des grands accidents. Ils sont antérieurs à la
transgression du Crétacé supérieur tabulaire, non affecté par la tectonique cassante.

Ce magmatisme pourrait être rattaché au régime distensif contemporain de l’ouverture de


l’Atlantique central autour de 200 millions d’années (Marzoli et al., 1999). Il ferait partie de la grande
Province Magmatique de l’Atlantique Central, qui s’étend dans le versant sud de l’Anti-Atlas, où les
âges mesurés vont de 180 à 187 + ou – 4Ma, sur le long dyke de Foum Zguid, jusque dans le sud-
ouest de l’Algérie (Sebai et al, 1992 ; Chabou et al., 2010). Dans le bassin de Tindouf, des sills et
dykes de dolérites, ont fait l’objet d’études et de datations K/Ar effectuées par Hailwood et Mitchell
(1971). Ces âges radiométriques sont en accord avec les résultats du paléomagnétisme au Maroc
(Knight et al, 2004). A cette province appartiennent aussi les basaltes du Trias supérieur de l’Atlas, et
ultérieurement, les massifs intrusifs basiques qui recoupent le Dogger du Haut-Atlas calcaire (Laville
et Piqué, 1991 ; Piqué et Laville, 1995).

3. Volcanisme Néogène : Les sills et les dykes de lamprophyre mis en place dans le
Paléozoïque, les dykes bréchiques à hornblende brune, pyroxène et olivine, ainsi que les stocks de
dolérites à olivine, caractérisés par une faible altération des minéraux ferro-magnésiens et des
feldspaths, pourraient correspondre à la période de volcanisme du Néogène connue dans le Saghro où
ces laves sont décrites. Ces volcanites sont représentées par un complexe volcanique phonolitique du
Néogène (Iknioun), ainsi que des dykes à mélilite épars. un dyke de lamprophyre a été décrit
également dans cette région (carte géologique à 1/50000 d’Iknioun).

275
CONCLUSION GENERALE

Le présent mémoire s’appuie sur le levé géologique de la boutonnière précambrienne de


l’Ougnat et de sa couverture Paléozoïque, que j’ai exécuté dans le cadre du PNCG, de 2000 à 2010
(feuilles au 1/50.000 d’Oukhit et Bou Adil). Sur cette base, un certain nombre de résultats nouveaux
ont été obtenus, que nous soulignerons dans les pages suivantes.

1- Le Protérozoïque
Le Protérozoïque qui forme le massif de la boutonnière de l’Ougnat est représenté par deux
ensembles tardi-panafricains distincts, un substratum (Groupe du Saghro) et une couverture (Groupe
de Ouarzazate).

Le substratum d’âge Ediacarien inférieur apparaît seulement dans la partie nord-est du massif,
formé d’une puissante série de métapélites, quartzites et métagrauwackes impliqués dans des plis sub-
isoclinaux à déjetés, admettant une foliation de plan axial N20/30 à fort pendage NW et développés en
climat de métamorphisme épizonal lors de la dernière phase panafricaine, vers 570 Ma. Cette
structuration, corrélée à celle des boutonnières du massif du Saghro, suggère un régime de
transpression dextre en bordure du craton ouest-africain.

La couverture d’âge Ediacarien supérieur a fait l’objet d’une cartographie détaillée


qui nous a permis d’élaborer, en collaboration avec M. Lécolle et C. Derré, une carte
structurale de l’ensemble de la boutonnière de l’Ougnat (les travaux antérieurs étant au
contraire limités au secteur minier de Bou Madine) et une stratigraphie détaillée du Groupe de
Ouarzazate dans toute la boutonnière. Nos principaux résultats sont les suivants :

- Fortement discordantes sur le groupe du Saghro qu’elles remanient, des brèches


colluviales à éléments de socle, parfois épaisses et souvent enracinées représenteraient la
base de l’Ediacarien supérieur.
- Trois formations volcaniques rhyo-ignimbritiques ont été distinguées a) Formations
Tamerzaga, b) Formation de Bou Naga, non individualisée jusque-là, et c) Formation d’
Aouja n’Aissa ;
- Deux niveaux volcano-sédimentaires intercalaires ont été distingués, cartés et étudiés, au
lieu d’un seul, correspondant à la formation d’Ouin Oufroukh de Paile, 1983;

276
- Certaines intrusions ont été identifiées pour la première fois, pour d’autres nous avons
proposé une modification soit de leur âge relatif, soit du mode de leur mise en place:
 La granodiorite considérée antérieurement comme intrusive dans la base de la
formation de Tamerzaga est aussi intrusive dans le Volcano-sédimentaire 1 et la
formation de Bou Naga.
 L’andésite rangée par Paile, 1983 dans la formation de Tamerzaga correspond plutôt à
une grande protrusion de dacite et de rhyodacite qui est intrusive dans la formation de
Bou Naga.
 Un complexe basique (dolérites, dolérites porphyriques, gabbro à monzogranite) a été
mis en évidence et cartographié. Son attribution au dernier stade évolutif du Groupe
de Ouarzazate est appuyée par la disparition des dykes doléritiques sous le lobe de
Cambrien inférieur à l’ouest d’Oukhit, entre leurs zones d’affleurements au SW et au
NE du lobe.
- Enfin, la prise en compte des données thermométriques sur les minéraux de métamorphisme
de contact autour des intrusions suggère une épaisseur initiale du Groupe de Ouarzazate de l’ordre de
5 km.

2- Le Paléozoïque

Il repose le plus souvent en discordance de ravinement, parfois en discordance angulaire


modérée sur les terrains de l’Ediacarien supérieur, plus rarement (OuinOufroukht) sur ceux de
l’Ediacarien inférieur. Autour de l’Ougnat, l’âge des terrains constituant cette couverture post-
panafricaine s’échelonnent entre le sommet du Cambrien inférieur et le Carbonifère inférieur
(Tafilalt).

Le Cambrien transgresse à partir de l’ouest-sud-ouest ; les paléoreliefs, jusqu’à leur


ensevelissement complet, déchargeaient à leurs abords des biseaux conglomératiques. L’érosion du
socle précambrien est moins profonde, et la transgression plus précoce au sud qu’au nord ; le
Cambrien inférieur repose sur les termes les plus jeunes du Groupe de Ouarzazate au sud du massif,
tandis qu’il transgresse directement sur le Groupe du Saghro au Nord-Est.

Le Cambrien moyen montre de puissantes assises gréseuses admettant des intercalations de


séquences pélitiques parfois épaisses. À la fin du Cambrien moyen, un important volcanisme
basaltique se met en place ; il est intrusif (sills, dykes), mais surtout de type protrusif (grands massifs
sécants des jbels Aberchan, Tawjimt n’Itbirène, Taiert Ouest, Smile Ahbari centre et Est), avec
quelques appareils effusifs parfois reconnaissables.

277
L’Ordovicien débute par des argilites et se poursuit par des grès et pélites. Une
discordance de ravinement majeure interrompt la continuité des dépôts à l’Ashgill supérieur : c’est
l’effet de la grande glaciation hirnantienne, qui entraîne une lacune fréquente au passage Ordovicien-
Silurien.

Le Silurien est représenté surtout par des ampélites à graptolithes, liées à la fonte de la calotte
glaciaire hirnantienne.

Le Dévonien est représenté essentiellement dans le synclinorium du Jbel Gherghiz. La


sédimentation marno-calcaire remplace les séries pélito-gréseuses de l’Ordovicien et du Silurien. Ce
sont des dépôts de plateforme peu profonde, avec une faune très abondante et variée, et des variations
d’épaisseur. On a mis en évidence une discordance angulaire entre le Famennien et les formations
antérieures ; c’est l’effet de l’extension multi directionnelle du Dévonien moyen-supérieur qui a abouti
à la dislocation de la plate forme carbonatée du Tafilalt.

Le Carbonifère repose en discordance angulaire sur le Dévonien (Oued Smile au nord


du Jbel Gherghiz). Peu représenté dans la zone d’étude, il comporte des pélites gréseuses attribuées au
Tournaisien supérieur-Viséen inférieur.

Les nombreuses discordances sédimentaires mise en évidence (certaines pour la première fois)
dans la série paléozoïque de l'Ougnat soulignent le caractère instable de ce domaine pendant une
grande partie de la période sédimentaire du cycle hercynien. Cette instabilité est en relation avec une
tectonique distensive qui affecte le substratum métacratonique de tout l’Anti-Atlas. Cette distension
intracontinentale, déjà manifeste au Protérozoïque terminal (cf. les divers systèmes de dykes,
notamment N30-40), se poursuit au Cambrien moyen avec un volcanisme alcalin intraplaque . La
distension se poursuit durant tout le Paléozoïque, selon des intensités variables ; elle est similaire à
celle décrite tant dans l'Anti-Atlas central et occidental que dans le domaine mésétien et atlasique. Le
rôle de la tectonique extensive du socle et la permanence des structures actives sont attestés par les
divers contrôles sédimentaires (variations d'épaisseurs et de faciès, présence de faciès particuliers tels
les séismites) et le volcanisme abondant. Cependant, les faciès chaotiques qu’on avait attribués, dans
quelques cas, à des événements tectoniques (paléofailles) se sont révélés être des dépôts liés à la
glaciation hirnantienne.

A l'échelle de l'Anti-Atlas, le massif de l'Ougnat constitue la région qui offre la série


stratigraphique paléozoïque la plus réduite et qui montre beaucoup de lacunes et de variations latérale
de faciès. La puissance totale de la série est de l'ordre de 3000m contre 8000m environ dans l’Anti-
Atlas occidental.

278
3- La tectonique de la fin du Précambrien

Au cours de ce travail, nous avons attaché beaucoup d’importance à l’analyse tectonique, aussi
bien dans les terrains précambriens que dans ceux du Primaire, dans la mesure où cet aspect de la
géologie régionale avait été jusque-là relativement négligé.

Dans les terrains d’âge précambriens de l’Ougnat, il convient de distinguer deux périodes
d’évolution tectonique, d’abord la structuration du socle schisto-gréseux du Groupe du Saghro, puis
celle de sa couverture volcanique du Groupe de Ouarzazate.

Dans le Groupe du Saghro, la tectonique tardi-panafricaine est marquée par un épisode


compressif intense NNW-SSE, synchrone d’un épi-métamorphisme régional et conduisant à des plis
sub-isoclinaux à foliation de plan axial sub-verticale, éléments d’une chaîne de montagnes allongée
NE - SW. Ce régime compressif avait dans la boutonnière de l’Ougnat et dans celles du Saghro une
direction globalement NW-SE, résultant probablement d’une transpression dextre le long de la bordure
métacratonique

Dans le Groupe de Ouarzazate, l’évolution tectonique est à l’inverse extensive ou


transtensive et concourt avec l’érosion à la destruction de la chaîne de montagnes édifiée par le
plissement du groupe du Saghro. On distingue deux épisodes distensifs:

- Une première extension de direction E-W à WNW-ESE qui permet la création de horsts et
grabens sub-méridiens, où se sont accumulées les formations de Tamerzaga et de Bou Naga avec
l’intrusion de la granodiorite et de la rhyo-dacite. Cette distension est aussi signalée dans le Saghro et
dans l’Anti Atlas en général.

- Une deuxième extension de direction NW-SE, a permis la mise en place des nappes rhyo-
ignimbritiques d’Aouja n Aissa, et le jeu des failles normales N30 à N40, et a aussi guidé la mise en
place du complexe dolérito-gabbroïque dans une bande plus ou moins large au sud de la boutonnière et
sur une même direction.

4- La tectonique extensionnelle paléozoïque

L’Anti-Atlas oriental a souvent été considéré comme ayant formé une plate-forme
stable pendant le Paléozoïque inférieur. Nous venons de démontrer au contraire que cette
partie du Sud marocain a subi des mouvements tectoniques importants de type extensionnel:

279
- Au Cambrien inférieur et moyen, la tectonique en distension est marquée par des failles
normales et la mise en place de basaltes alcalins à tholéitiques et de basaltes andésitiques dans
la série des « Schistes à Paradoxides » et des « Grès de Tabanit ». On observe des basculements
de blocs à la fois vers le Sud-Est et vers l’Ouest avec une extension NW-SE engendrée par un
mécanisme de failles normales N70 se croisant avec des failles NW-SE sénestres. La dislocation de la
plate-forme post-panafricaine, qui a débuté au Nord-Ouest et s’est produite en plusieurs étapes,
résulterait d’une éventuelle rotation anti-horaire du Craton Ouest-Africain, elle-même en relation avec
la migration vers le Sud du continent paléo-gondwanien au Cambrien inférieur.

Les blocs mésétiens se sont trouvés séparés du Craton Ouest-Africain, dont l’Anti-Atlas représente
la marge proximale. Ce mouvement de séparation est probablement induit par les cellules de
convection au niveau du manteau sous-jacent. C’est l'une des manifestations du grand rifting qui
affecte le super-continent gondwanien au passage Néoprotérozoïque-Paléozoïque (Sampfli et Borel,
2004).

-Au cours de l’Ordovicien, on assiste à une réorientation des directions d’extension, entraînant un
changement dans la disposition des lignes isopaques qui, d’E-W, deviennent NW-SE (Destombes et
al., 1985). Dans la présente étude, on s’est intéressé tout particulièrement à la tectonique
extensionnelle de l’Ordovicien supérieur, bien exprimée dans le Tafilalt nord- oriental et sur
l’axe Ougnat-Ouzina. Elle a permis la mise en place des aires sédimentaires : plate-forme, talus et
bassin.

Le groupe des Grès du deuxième Bani (Asghill supérieur) est caractérisé par
l’abondance de séismites et la présence de gros slumps, témoins de la poursuite d’une activité
tectonique. Les mouvements de failles les plus remarquables ont lieu au Caradoc-Ashgill,
avant et pendant la glaciation hirnantienne.

- Au Dévonien moyen et supérieur, la dislocation de la marge métacratonique atteint son


paroxysme. Les paléofailles du Dévonien sont essentiellement héritées de failles actives au
Paléozoïque inférieur, qui sont à leur tour héritées des structures du Néoprotérozoïque.

L'organisation générale de ces paléofailles nous permet de déduire une extension


multidirectionnelle dans le secteur d’étude au cours du Dévonien moyen - supérieur. Les
paléofailles de directions ENE–WSW et WNW-ESE sont dominées par une extension selon
des directions NNW et NNE situées au nord de l’accident Oumjerane-Taouz, qui est une

280
branche de l'AMA. En même temps, une autre direction d'extension, NW-SE, correspondrait
au mouvement des paléofailles ENE-WSW. Ce réseau de failles normales engendre une
mosaïque des blocs de socle pluri-kilométriques et multidimensionnels basculés (avec leur
couverture) vers le Sud ou vers l’Est. C’est sur cette mosaïque que s’exercera la compression
liée à la collision de la chaîne varisque mésétienne contre la marge gondwanienne (futur Anti-
Atlas) au cours du Carbonifère supérieur.

Il est intéressant de noter que cette importante phase d’extension de la marge


gondwanienne est contemporaine du début des plissements varisques dans le domaine
mésétien. Plus généralement, la marge nord-gondwanienne toute entière est affectée de
mouvements extensionnels importants alors même que débute le plissement varisque dans les
zones internes de la chaîne. La discordance liée aux phénomènes extensionnels du Dévonien
supérieur n’est pas, à proprement parler, une « discordance hercynienne », elle précède celle-
ci dans le domaine de la marge gondwanienne (Frizon de Lamotte et al., 2013).

- Au cours du Viséen, l'Anti-Atlas oriental est marqué par une forte instabilité
tectonique, qui fait suite à celle du Dévonien supérieur, en prélude à la phase hercynienne
majeure. Des rides et dépocentres s'individualisent et impliquent une sédimentation contrastée
d’une zone à l’autre. La transgression du Carbonifère fait suite à une période de dépôt de grès
du Famennien terminal (Grès Aoufilal au bassin du Tafilalet et Grès d'Aguelmous de Fezzou
au Bassin du Maider) et du Tournaisien, Cette sédimentation détritique, gréseuse, est
imputable à des paléo-reliefs formés par une tectonique en blocs basculés, déjà acquise au
cours du Dévonien terminal.

5- La tectonique varisque

Lorsque nous avons commencé la cartographie de la zone d’étude, l’importance de la


déformation varisque était sous-estimée. L’analyse tectonique effectuée dans les terrains
paléozoïques entourant l’Ougnat nous a permis de donner une vue plus exacte de l’effet de la
collision varisque sur ce secteur de la marge péricratonique (Raddi et al., 2007). On retiendra
en particulier les points suivants.

- Un système de paléofailles s’est développé dans le socle post-panafricain à partir du


Cambrien inférieur jusqu’au Dévonien supérieur, donnant une mosaïque de blocs basculés vers le Sud
ou vers l’Est;

281
- Au cours de l'orogenèse varisque, la déformation se fait par inversion partielle ou totale des
paléofailles normales en failles inverses ou en décrochements;

- Le plissement de la couverture paléozoïque détachée est concentré le long des failles


réactivées, et dans certains blocs mineurs cisaillés;

- Au cours de la période orogénique, la compression de direction NE-SW est dominante,


comme dans la chaîne de l’Ougarta où elle peut être datée du Stéphano-Autunien;

- Cette compression varisque tardive interfère à l’échelle régionale avec la compression de


direction NNW-SSE de l’Anti Atlas, rattachée à la collision de la chaîne mésétienne avec le
Gondwana à la fin du Westphalien. Cette phase de compression est particulièrement nette dans la
bordure nord-est du J. Saghro et dans l’ensellement Saghro-Ougnat.

L’Anti-Atlas oriental forme la chaîne d’avant-pays de la chaîne mésétienne, dont elle est
séparée par une zone de décro-chevauchements varisques (South Meseta Fault, SMF ; Michard et al.,
2010) visible dans la région de Tineghir et dans la boutonnière du Tamlelt (Haut Atlas oriental). La
chaîne d’avant-pays anti-atlasique montre un type tectonique « thick skinned » et, dans notre région
d’étude, un raccourcissement plus modéré que dans l’Anti-Atlas occidental.

6- Les mouvements du cycle alpin

Au cours du Mésozoïque et du Cénozoïque, la région ne subit que des mouvements de faible


ampleur, à composante surtout verticale. Ce sont successivement :

- la distension post-hercynienne qui va ouvrir les bassins triasico-jurassiques au nord et à


l’ouest de l’Anti-Atlas (dislocation de la Pangée). Dans la région étudiée, on note seulement quelques
dykes doléritiques « CAMP », qui prennent plus d’importance dans le Tafilalt méridional ;

- le soulèvement jurassico-crétacé, entraînant l’érosion des laves et dépôts éventuels du Trias


et la discordance des dépôts rouges continentaux du Crétacé inférieur ; on attribue ce soulèvement, qui
intéresse la majeure partie du Maroc, à une anomalie chaude du manteau (Frizon de Lamotte et al.,
2009) ;

- la relaxation et subsidence modérée du Crétacé supérieur-Eocène, permettant les dépôts


marins liés au haut niveau marin du Cénomano-Turonien (zone subatlasique et Hamadas) ;

282
- le bombement anti-atlasique, contemporain de la surrection du Haut-Atlas,
contrecoup des compressions alpines. Cependant, comme le démontre les études
géophysiques, une part du soulèvement régional doit être attribuée à une anomalie chaude du
manteau, développée à nouveau à la bordure du craton (Missenard et al., 2006 ; Fullea et al.,
2010).

7- Les manifestations magmatiques durant le Phanérozoïque

On distingue trois événements volcaniques principaux dans la région d’étude, au


Cambrien moyen, au Trias supérieur et au Néogène. En outre, un magmatisme discret pourrait
être présent à l’Ordovicien inférieur et au Jurassique-Crétacé inférieur.

i) Le volcanisme cambro-ordovicien

A la bordure sud de l’Ougnat, un volcanisme mafique intrusif et effusif important se


développe à la fin du Cambrien moyen (Grès de Tabanit). C’est une période d’instabilité
(grands slumps, seismites) liée à une distension qui va permettre la mise en place des
volcanites mafiques. Cette période perdure jusqu’au début de l’Ordovicien, marquée par la
lacune du Tremadoc et, éventuellement, par des basaltes lamprophyriques en sills ( ?)
observés localement à la base de la Formation du Fezouata supérieur (Arenig, Or2).

Les appareils volcaniques comportent des dykes, des necks ou stocks, des coulées
prismées ou bréchiques, et des tuffites. Ils devaient être aériens (d’après l’absence de pillows
lavas, la présence d’autobrèches sur leurs flancs) et cernés d’une faible tranche d’eau, où les
produits de projections sont plus ou moins mêlés aux sédiments au cours des périodes
successives d’activité. Ces roches sont des trachy-basaltes, lamprophyres et microdolérites qui
se rangent dans la série alcaline.

A la fin du Protérozoïque la zone de l’Ougnat est restée longtemps émergée, alors que
l’extension intra-continentale se manifestait à l’Ouest de l’Anti-Atlas par l’installation du
Bassin du Souss avec une sédimentation et une activité volcanique progressant jusque dans
l’Anti-Atlas central et le Saghro. Les épisodes volcaniques à affinités tholéiitiques et alcalines
intra-continentales s’y manifestent dans la formation Adoudou d’une part dans la série basale
(Ait Saoun), et d’autre part dans la partie supérieure à la limite avec le Cambrien inférieur. Le
volcanisme situé à la fin du Cambrien moyen du sud de l’Ougnat se manifeste donc plus
tardivement que vers l’Ouest où le complexe volcanique d’Alougoum est daté du Cambrien

283
inférieur (Volcan du Boho). Comme ce dernier, c’est un volcanisme alcalin, mais plus
modeste par les dimensions des appareils volcaniques et l’épaisseur des coulées, des dykes et
des sills et la variété des faciès.

D’autres manifestations similaires apparaissent plus au nord, dans la Meseta centrale


et dans le Haut Atlas occidental où s’est mis en place, au Cambrien inférieur-moyen et plus
localement (zone de Rabat-Tiflet) à l’Ordovicien inférieur, un volcanisme basique à acide
avec pyroclastites abondantes et coulées basaltiques tholéiitiques. L’étendue de ce
magmatisme montre que tous ces domaines constituent une large province tholéiitique
contemporaine de l’extension crustale qui affecte la bordure nord-ouest du craton Ouest-
Africain au Protérozoïque terminal.

ii) Volcanisme mésozoïque

Des sills et dykes de dolérite à olivine et de lamprophyre se rencontrent dans le socle,


le Cambrien et l’Ordovicien inférieur. Ce magmatisme pourrait être rattaché à la Province
Magmatique de l’Atlantique central (CAMP) d’âge Trias supérieur-Lias inférieur, par
comparaison avec les régions voisines où de telles intrusions sont datées vers 180-200 Ma
(Zemoul, dyke de Foum Zguid qui recoupe le Saghro, dyke de Ksiksou dans le bassin de
Béchar). Cependant, on ne peut exclure un âge plus récent par comparaison avec l’intrusion
de Msissi (140 Ma) et avec celles du Haut Atlas central (Jurassique moyen-supérieur à
Barrémien), voire même pour certains un âge néogène

iii) Volcanisme néogène

Certains sills et dykes de lamprophyre mis en place dans le Paléozoïque, les dykes
bréchiques à hornblende brune, pyroxène et olivine, ainsi que les stocks de dolérite à olivine,
caractérisés par une faible altération des minéraux ferro-magnésiens et des feldspaths,
pourraient correspondre à la période de volcanisme du Néogène connue dans le Saghro
(complexe volcanique phonolitique d’Iknioun, dykes à mélilite, dyke de lamprophyre).

8- Perspectives

Il reste beaucoup à faire pour arriver à une connaissance complète de la géologie


régionale. C’est en particulier le cas du magmatisme phanérozoïque afin d’aboutir à une
bonne identification des événements successifs, dont seul celui du Cambrien moyen est calé

284
stratigraphiquement. Ce sujet est d’autant plus important que le magmatisme joue un rôle
crucial dans la concentration des minéralisations.

L’étude de celles-ci mérite certainement d’être reprise en tenant compte du cadre


tectonique maintenant clarifié. Les zones de failles les plus intéressantes de ce point de vue
sont sans doute celles qui, héritées de l’évolution tardi-panafricaine, ont rejoué au cours du
Mésozoïque (notamment au Trias).

Les mouvements cénozoïques, responsables du soulèvement anti-atlasique, sont enfin


un domaine encore peu exploré dans l’Anti-Atlas oriental, et particulièrement dans l’Ougnat.
Une campagne de datation par traces de fission sur apatite permettrait de mieux cerner les
mouvements récents sur les zones de failles.

285
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300
LISTES DES FIGURES

301
LISTES DES FIGURES
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION

Fig. 1.1: Localisation du secteur d’étude dans le cadre géologique du Maroc (d’après Michard et al., 2008).
Encadré: Fig. 1.2.

Fig. 1.2: Situation du secteur d’étude sur une image satellite Landsat (d’après Baidder, 2007).

Fig. 1.3: Les deux types de reliefs rencontrés dans le secteur étudié. A gauche, falaises rhyolitiques prismées à
jbel Iferda (feuille d’Oukhit). A droite, le sommet arrondi du pli du J. Angal (feuille de Bou Adil).

Fig. 1.4: Le cadre géologique du secteur d’étude, encadré en jaune (feuilles au 1/50.000 de Bou Adil et d’Oukhit,
respectivement à gauche et à droite). Fond de carte : schéma structural au 1/500.000 accompagnant la feuille au
1/200.000ème Tafilalt-Taouz (Destombes et Hollard, 1986).

Fig. 1.5: Schéma structural de la région d’étude sur image Landsat (d’après Baidder, 2007, modifié). Limite du
massif précambrien en rouge. Failles en noir.

Fig. 1.6: A gauche, terrasse amirienne (q3) en amont d’Ighiz n’Ahadjmi. A droite, calcaires lacustres (q cl)

Fig. 1.7 : Terrasses soltanienne (q1) à l’Est de Taoudoudout montrant des stratifications entrecroisées dont les
lentilles forment le terrassement dans les méandres de l’Assif N’Ou krouz.

Fig. 1.8: Gravure rupestre à l’Est d’Oukhit.

CHAPITRE 2 : LES FORMATIONS DU PRECAMBRIEN

Fig. 2.1: Carte structurale du massif précambrien de l’Ougnat

Fig. 2.2: Les schistes du groupe de Saghro de l’Ougnat, à gauche de la piste vers Ikachrane, S0 : stratification ;
S1 : Schistosité.

Fig. 2.3: Turbidites du Groupe du Saghro en série verticale à Mellab (massif de l’Ougnat). S0 : stratification; S1 :
clivage tectonique. Le haut des couches est au Nord d’après le granoclassement. Cliché A. Michard, in Saddiqi et
al., 2011.

Fig. 2.4: Brèches subaériennes à Aït Oulhou, constituées d’éléments variés du substratum du Groupe
de Saghro (métapélites et métagrauwackes).

Fig. 2.5: Colonne stratigraphique de l’Ougnat central (Paile 1983).

Fig. 2. 6: La succession des formations du Groupe de Saghro, brèches inférieures et le groupe d’Ouarzazate (« P III ») de l’Ougnat.

Fig. 2. 7: Formations de Tamerzaga et de Bou Naga et intrusion de la dacite à Jbel Bou Naga (Bou Adil 1/50 000).

Fig. 2.8 : Lithophyses dans une rhyo-ignimbrite de la formation de Tamerzaga

Fig. 2.9 : La formation volcano-sédimentaire vs1 du Jbel Bou Imraden (feuille d’Oukhit).

Fig. 2.10 : La formation volcano-sédimentaire vs1 et les marbres à wollastonite- vésuvianite du Tizi n’Tfza au
sud du Jbel Taghouilast (feuille d’Oukhit). Les structures stromatolitiques sont préservées.

Fig. 2.11.: Volcano-sédimentaire 1 (Vs1) jbel Bou Imraden.

Fig. 2.12 : Volcano-sédimentaire 1 (Vs1) jbel Tagouilast.

Fig. 2.13: Schéma interprétatif de la répartition des faciès de base de la formation de Bou Naga.

Fig. 2.14 : Lithophyses dans l’ignimbrite de la formation de Bou Naga, jbel Bou Naga Carte Bou Adil 1/50000.

Fig. 2.15 : Vue vers le nord depuis l’est-sud-est d’Ighrane. Les métasédimentaire (sg) et les brèches de

302
colluvions (br) du substratum, ainsi que les rhyo-ignimbrites claires de la « Formation Tamerzaga Ta)
affleurent dans la vallée de l’assif n’Aït Oulhou jusqu’à mi-pente vers l’est, où ils sont intrudés par la
granodiorite ( ) puis par les dacites-andésites( ).

Fig. 2.16: Contact intrusif de la granodiorite ( dans les brèches pédogénétiques et colluviales du
substratum (br) à la base de la lame-corniche Vers le milieu de la photo, la lame massive, sombre, est un sill
dacitique ( recoupant la granodiorite ; dans le sill, les plages claires sont de petites enclaves de
granodiorite. En haut de la photo, les blocs éboulés sont des dacites-andésites provenant de la puissante
intrusion surincombante.

Fig. 2.17 : La Dacite à enclaves de granodiorites

Fig. 2.18: Dacite (Lame mince LPNA) très riche en phénocristaux de plagioclases, d’amphiboles chloritisées
(sections losangique et longitudinale à droite de la photo), dont les bordures sont localement arrondies et à
golfes. En noir, lamelles de biotites hématitisées. Ighrane Sud-Est.

Fig. 2.19 : Dacite à inclusions lenticulaires sombres, andésitiques, soulignant un flux peu penté. Piste
au Nord d’Aït Oulhou.

Fig. 2.20 : Dacites litées : le litage correspond à des ségrégations de ferromagnésiens et à des
inclusions lenticulaires d’andésites porphyriques (au-dessus du marteau, inclusion peu allongée
cerclée en noir) Est de l’Amalou n’Tamenirt, au sud d’Isk n’Oudadène.

Fig. 2.21: Les formations « Bou Naga » et « Aoujane Aîssa » séparées par la formation volcano-
sédimentaire 2 (vs2) à Jbel Iferda.

Fig. 2.22 : La formation volcano-sédimentaire vs2, du Jbel Iferda.

Fig. 2.23 : Volcano sédimentaire intercalaire N°2 (Vs2) Jbel Iferda.

Fig. 2.24 : Cinérites du volcano sédimentaire intercalaire n°2 jbel Iferda.

Fig. 2.25: Nappes superposées de la formation d’Aouja n’Aissa au niveau du douar Bou Ougdoud à l’Est de la mine de
BouMadine.

Fig. 2.26: Est du Tizi n’Tazougart. Empilement de coulées doléritiques, pentées vers le sud ;
l’épaisseur visible sur la photo dépasse 250 mètres.

Fig. 2.27: Le corps composite stratoïde de dolérites à grain fin sud de Tizi n’Tzougart.

Fig. 2.28 Coulée de dolérite vacuolaire.

Fig. 2.29 : Brèche magmatique doléritique à éléments plus ou moins porphyriques à ciment oligo-porphyrique
voir aphyrique à Izougaghen n’Tamda Bou Ouzou carte Bou Adil 1/50 000.

Fig. 2.30 : Chonolites porphyriques du Sud-Ouest du Bou Imraden.

Fig. 2.31: Monzodiorite « litée ». Des veines irrégulières subhorizontales (très rarement verticales) soulignent le
débit local en pelure d’oignon des monzodiorites.

Fig. 2.32: Coupe géologique Bou Dals Bou Malou feuille Bou Adil 1/50000 (Raddi et al. 2012b) Modifiée.

Fig. 2.33: Colonne lithostratigraphique généralisée de l’orogène panafricain dans l'Anti-Atlas. "PI" = "XI", etc :
symboles utilisés sur les cartes géologiques de l'Anti-Atlas. HKCA: (granitoïdes calco-alcalins). D’après
Thomas et al. (2004), Gasquet et al. (2005), Liégeois et al. (2006), Gasquet et al. (2008).

CHAPITRE 3 : LES FORMATIONS PALEOZOÏQUES

Fig. 3.1 : Localisation des lieux de colonnes stratigraphiques du Précambrien et du Paléozoïque.

Fig. 3.2: Vue vers le Sud Est des formations du Cambrien au Nord du village Assemame (fig. 3.1), Carte Bou
Adil.

303
Fig. 3.3 : Discordance entre les dolérites du groupe d’Ouarzazate et la brèche de base du Cambrien à Assemame.

Fig. 3.4 : Alternance des grés et de pelites violettes équivalent des grés de Tikirt « Taliwinien » au nord
d’Assemame.

Fig. 3.5: Colonne stratigraphique du Cambrien au nord d’Assemame localisation sur (Fig. 3.1).

Fig. 3.6: Colonne stratigraphique du Cambrien à Tizi n’Tazzougart, Localisation (Fig. 3.1).

Fig. 3.7 : Le poudingue des grès terminaux à Tizi n’Tazzougart.

Fig. 3.8: colonne stratigraphique du Cambrien inf et moyen à l’Est de Tmenkal. (Fig. 3.1).
Fig. 3.9 : Coupe du Cambrien inférieur au Nord d’Itrhi Aouragh, (Fig. 3.1).
Fig. 3.10: Variations latérales lithostratigraphique des formations du Cambrien. A : Assemame ; B : Tizi
n’Tzougart ; C : Est de Tmenkal ; D : Itrhi Aouragh (NOF : faille nord Oukhit, SOF : Faille sud Oukhit, OSF :
faille de oued smile et ANF : Faille d’Alnif).

Fig. 3.11: Les différentes formations du Cambrien moyen au nord de Jbel Aberchane.

Fig. 3.12 : stratification entrecroisées en arrêtes de poissons dans les grés terminaux à l’Est de Tmenkal.

Fig. 3.13 : Formation des schistes a Paradoxidès surmontant les grés terminaux au niveau d’Assemame

Fig. 3.14 : Niveau de brèche a Micmaca au nord d’Aberchane (Est de Tmekal).

Fig. 3.15 : Niveaux carbonaté lumachellique a l’Est de Tmenkal.

Fig. 3.16 : Niveau d’instabilité à la limite schistes à Paradoxidès Grés de Tabanite au col d’Ouinguigui.

Fig. 3.17 : Structure d’échappement d’eau dans les grés de Tabanite a l’Est d’Ouinguigui.

Fig. 3.18 : Log stratigraphique de la formation du Grès de Tabanit à l’Est de Ouinguigui, (Fig. 3.1).
Fig. 3.19 : La limite Cambrien-Ordovicien à Tikent n’Tfersikt.

Fig. 3.20: Coupe de la limite Cambrien-Ordovicien à Tikent n’Tfersikt.


Fig. 3.21: Log stratigraphique de l’Ordovicien inférieur à Iouraghene au SE de Bou Adil. (Fig.3.1).

Fig. 3.22: Colonne stratigraphique de l’Ordovicien à Tichout n’Tferskit, (Fig.3.1).


Fig. 3.23: Les formations de l’Ordovicien inférieur au sud-ouest d’Ouinguigui.

Fig. 3.24: Colonne stratigraphique du sommet de Tabanit de Fazouata et de Tachila à Tamajoute Al qadi (Fig.3.1).
Fig. 3.25: Colonne stratigraphique de l’Ordovicien inférieur au niveau de Tafraout n’Tmitar (point 1151 m), (Fig.3.1).

Fig. 3.26: Discordance de ravinement dans les formations gréseuses du groupe 1 er Bani (or4) au Sud de
Ouinguigui. Le ravinement des pélites de la formation de Tachilla (or3) par le groupe du Bani (in Michard et al.,
2008).

Fig. 3.27: Log stratigraphique de l’Or4 au NW de Tamjount n’Tamarna (Fig.3.1).

Fig. 3.28: variation latérale d’épaisseur et de faciès des différentes formations de l’Ordovicien inf du secteur. A :
Iouraghene ; B : Tichout n’Tfersikt ; C : Tafraout n’Tmitar (NOF : faille nord Oukhit, SOF : Faille sud Oukhit,
OSF : faille de oued smile et ANF : Faille d’Alnif).

Fig. 3.29 : Formations de l’ordovicien supérieur à Jbel Lalla Mimouna Carte Bou Adil.

Fig. 3.30: Log stratigraphique de l’Ordovicien supérieur à Iouraghen. (Fig.3.1).

Fig. 3.31: Log de Ktaoua dans le synclinal d’Aghri n’Ighis (Fig.3.1).

304
Fig. 3. 32: Log stratigraphique de l’Or5a au SE de Tamjout n Tmarna (Fig.3.1).

Fig. 3.33: Grés Or5a et Or5b surmontés par le conglomérat d’Alnif à Tamejout n Tamerna.

Fig. 3.34: Grés Or5a à rides de courant et grés à bioturbations de Tamjout n Tamerna.

Fig. 3.35: Colonne stratigraphique de l’Ordovicien au niveau de Tagat Toungalt, (Fig.3.1) feuille Oukhit au 1/50
000.

Fig. 3.36 : Trace de Trilobites dans les grés de la formation Or5a a Taqate Toungalt (Fig.3.1), SE de la carte
Oukhit.

Fig. 3.37:Trace d’Echinoderme dans les grés de la formation (Or5a) à Taqate Toungalt (Fig.3.1).SE de la carte
Oukhit

Fig. 3. 38: Nodules carbonaté fossilifère dans les grés de Tiourirines au Nord Est d’Ighir n’Irhis.

Fig. 3. 39: Conglomérat d’Alnif à Tamejout n Tamerna.

Fig. 3.40 : Deux différents faciès de grés a Ighir n(Irhiss: Formations gréseuses (Or5c) grise et friable et
Formation (Or6b) noire et quartzitique.

Fig. 3.41: Ordovicien supérieur d’Aghri n’Ighis, avec les formations Or5b, Or5c et Or6b.

Fig. 3.42 : Conglomérat de base (Conglomérat d’Alnif) de la formation du 2eme Bani d’Aghri n’Irhis.

Fig. 3.43 : Conglomérat d’Alnif, A Tinjarfaouine: A : bloc chaotique des grés du 1er bani, B : niveaux
conglomératiques à blocs de grés.

Fig. 3.44: Colonne stratigraphique du conglomérat d’Alnif à Chahboun (Fig.3.1).

Fig. 3.45: Colonne stratigraphique de la formation du 2eme Bani, montrant le conglomérat d’Alnif à
Tinjrfaouine.

Fig. 3.46: Variation latérale d'épaisseur et de faciès des différentes formations de l’Ordovicien supérieur.
A :Iouraghene ; B :Aghri n’Irhis ; C :Taqate Toungalte (NOF : faille nord Oukhit, SOF : Faille sud Oukhit,
OSF : faille de oued smile et ANF : Faille d’Alnif).

Fig. 3.47: Colonne stratigraphique du Silurien du synclinale d’Assif n Tferskit (carte Oukhit au 1/50 000),
(Fig.3.1).

Fig. 3.48: Le synclinal Dévonien de Jbel Gherghiz ; Cb : Basalte cambrien, di : dévonien inférieur, dm :
dévonien moyen , ds : dévonien supérieur.

Fig. 3.49: Colonne stratigraphique du Dévonien au SE de Gherghiz (Fig.3.1).

Fig. 3.50 : Calcaires noires Eifelien à coraux silicifiés.

Fig. 3.51 : Discordance des calcaires et pelites du Fammenien sue les calcaires du Praguien dans la plaine de
l’oued Smile. Plaine entre Gherghiz et Lalla Mimouna Carte Bou Adil 1/50000.

Fig. 3.52 : Discordance des calcaires Fammeniens sur les marnes vertes de l’Emsien au sud de Lalla Mimouna .

Fig. 3.53 : Deux affleurements du Fammenien, A : Poudingue ferrugineux jbel Gherghiz ; B : Calcaires boudinés
au sud de Lalla Mimouna.

Fig. 3.54: Pélites avec intercalation de niveau de grès dans le Carbonifère oued smile au NW du J. Gherghiz.

Fig. 3.55 : Discordance du Tournaisien sur le Famenien au NW de jbel Gherghiz.

Fig. 3.56 : Discordance du Tournaisien sur le Lochkovien a l’oued Smile NW de jbel Gherghiz.

Chapitre 4: LA TECTONIQUE TARDI-PANAFRICAINE

305
Fig. 4.1: Les métasédiments du groupe du Saghro (PII-III) sous la double discordance du groupe de Ouarzazate
(PIII) et du Cambrien inférieur (Ki) et moyen (Km1, Schistes à Paradoxides; Km2: Grès de Tabanit). Image
Google earth basculée, au nord du douar Ouin Oufroukh.

Fig. 4.2 : Plis droits dans les flyschs du groupe du Saghro à plan axial de direction N20 à N40 au NE d’Ayt
Oulhou.
Fig. 4.3: Schistes et métagreywackes du groupe du Saghro près du douar Ighrane. Noter la réfraction de la
schistosité.
Fig. 4.4: Les schistes et grès du groupe de Saghro ; A : Charnière d’un pli dans avec le pendage de So et la
direction de la schistosité S1 ; B: Pli métrique montré par un niveau de grès et pelites avec So et S1à droite de la
piste d’Ighrane ; C : Schistosité de flux (S 1) subverticale au nord de la piste vers Ighrane ; D : La schistosité S1
près de l’oued Chari piste vers ait Oulhou.

Fig. 4.5: La trajectoire de la schistosité dans le groupe de Saghro (PII-III) de l’Ougnat. GS :


groupe de Saghro, GO : groupe de Ouarzazate, c : Cambrien, Q : Quaternaire. Extrait de la
carte structurale du massif précambrien de l’Ougnat (Fig. 2.1).

Fig. 4.6: Micrographies d’un échantillon de métapélites du groupe du Saghro, en lumière


polarisée. A gauche, faible grandissement. A droite, fort grandissement. La schistosité de flux
est clairement visible par l’orientation des micas blancs et l’aplatissement des grains de quartz
et de plagioclase (au centre, cliché de droite). Coordonnées X: 4°29'34.6" Y: 31°29'54.0"
Carte Bou Adil 1/50 000.

Fig. 4.7: Les stéréogrammes des structures et indicateurs cinématiques dans les failles du groupe de Saghro au
village Mellab, GS : Groupe de Saghro, GO : Groupe de Ouarzazate, C : Cambrien, Q : Quaternaire. Légende
des stéréogrammes : 1 : canevas de schmitt hémisphère inférieur ; 2 : Plan de faille a stries a jeu décrochant, 3 :
jeu inverse, 4 : jeu normal, 5,6 et 7 : axes principaux des tenseurs des contraintes (e1, e2 et e3), 8 : plan de faille
9 : direction de compression 10 : direction d’extension, 11 : plan de fracture sans stries, 12 :N : nord
géographique M : nord magnetique13 :faille normale 14 : faille inverse15 :décrochement dextre, 16 :
décrochement senestre ; 17 : axes de plis, 18 : fentes de tension.

Fig. 4.8: injection de dykes andésitique dans le substratum du groupe de Saghro à l’Ouest d’Ighrane.

Fig. 4.9: Etats des contraintes dans le groupe de Saghro de l’Ougnat.

Fig. 4.10: Evolution de la direction de schistosité et de la contrainte dans les schistes et grauwackes du groupe de
Saghro dans les boutonnières de Saghro et l’Ougnat. Projection stéréographique des structures de la déformation
panafricaine tardive et contrainte σ1 correspondante dans les groupes de Sidi Flah, Kelaat Mgouna et Boumalne
(hémisphère inférieur) (Fekkak et al. 2001).

Fig. 4.11: La trajectoire de la schistosité dans la boutonnière d’Imiter, selon Ouguir et al., (1994).

Fig. 4.12: Coupe NW-SE des formations grauwackeuse du «PII» dans la boutonnière d’Imiter, avec indication de
rapport stratification-schistosité (Ouguir et al., 1994).

Fig. 4.13: Schéma géologique de la boutonnière de Boumalne avec la direction de la schistosité dans le groupe
de Saghro, d’après Benkirane (1987). 1 2 et 3: granites et faciès indifférencié PIII, 4: couverture volcano
sédimentaire PIII, 5: adamellite greisenisée de Taourirt Tamellalt, 6: granodiorite Tabous’aid et Iknioun), 7 :
Diorite quartzitique, 8,9, 11 et 12:schistes et grauwackes du PII 3, 10: coulée basiques PII3, 13: Post PIII et 14:
direction et pendage de la schistosité de flux S1.

Fig. 4.14:.Schéma géologique d’une partie de la boutonnière de Sidi Flah avec la direction de la schistosité dans
le groupe de Saghro, d’après Nerci (1988); 1: alluvions, 2: dykes basiques, 3:dykes d’andésite porphyrique, 4:
Aplites et rhyolites, 5: granodiorites et apophyses N30, 6: diorites N130, 7: Shales et grauwackes PII2 (dans
l’auréole de contact), 8: Shales et grauwackes PII2, 9: Jaspes , 10: cinérites acides, 11: amphibolites litées a la
base, 12: S1 Schistosité de flux, 13: So Stratification.

306
Fig. 4.15: Schéma structural de la boutonnière d’Imiter (Tuduri, 2005).

Fig. 4.16: Schéma structural de la boutonnière de Boumalne (Tuduri, 2005).

Fig. 4.17: Structures N160 et N30 dans le secteur ouest de l’Ougnat, représentées par les bassins de dépôt des
formations de Tamerzaga et Bou Naga et l’intrusion dacitique et rhyo-dacitique avec injection de dykes N-S.

Fig. 4.18: Coupe géologique du secteur d’Ouin Oufroukh affecté par des failles N140 ; la faille N140 de Boumalou a joué un
rôle dans la formation des bassins de dépôt des formations de Tamerzaga, de Bou Naga et l’intrusion de dacites.

Fig. 4.19.: La faille N140 de Boumalou limitant la formations d’Awja n’Aissa avec la formation de Tamerzaga
et l’intrusion de dacite.

Fig. 4. 20 : Dykes de rhyodacites N160 dans la formation de Tamerzaga au nord d’Amgane.

Fig. 4.21: Dykes d’andésites de direction N160 dans la dacite et la rhyodacite altérées au nord de la mine Bou
Madine.

Fig. 4.22: Coupe géologique du cirque de Bou Issghi montrant les dandes de schistosités N 140 à Pyrophyllite.

Fig. 4.23: Structures N40 dans les formations du groupe de Ouarzazate dans le secteur d’Oukhit; Ta:Tamerzaga,
BN:BouNaga, D:Dacites, AI: Awja n’Aissa, DL:Dolerites, G:Gabbro.

Fig. 4.24: Coupe géologique du Jbel Tamerzaga montrant les intrusions de dykes et chonolite doléritique de direction N40
et qui matérialise l’ouverture de direction NW-SE.

Fig. 4.25: Faille N30 d’Akerouz limitant les dacites vers le NW et la formation d’Awja n’Aissa vers le SE au
niveau du douar Bou Ougdoud. Carte Bou Adil 1/50000.

Fig. 4.26: Faille normale N40 affectant la formation rhyolitique de Tamerzaga.

Fig. 4.27: Stéréogrammes des structures et indicateurs cinématiques dans le groupe de Ouarzazate: A: Schéma de
localisation des lieux de mesures GS: Groupe de Saghro, GO: Groupe de Ouarzazate, C: Cambrien, Q:
Quaternaire. B: stéréogramme à Bou Ougdoud, à l’Est de la mine Boumadine, C: stéréogramme au contact
groupe de Saghro-Groupe de Ouarzazate sur la piste vers Ait Oulhou. C: légende des stéréogrammes, 1: canevas
de schmitt, hémisphère inférieur; 2: Plan de faille à stries à jeu décrochant, 3: jeu inverse, 4: jeu normal; 5,6 et 7:
axes principaux des tenseurs des contraintes (e1, e2 et e3), 8: plan de faille 9: direction de compression 10:
direction d’extension, 11: plan de fracture sans stries, 12:N: nord géographique M: nord magnetique,13:faille
normale, 14: faille inverse,15:décrochement dextre, 16: décrochement senestre; 17: axes de plis, 18: fentes de
tension.

Fig. 4.28: Etats des contraintes dans le groupe de Ouarzazate de l’Ougnat.

Fig. 4.29: Evolution de la direction des contraintes dans les formations magmatiques du groupe de Ourzazate
dans les boutonnières de Saghro et l’Ougnat.

Fig. 4.30 : Les paléo contraintes (R1, R2, R3) ont été estimés en utilisant la méthode Angelier et Mechler (1977). Notez
qu'un régime semble prédominante et que le régime de contrainte changeant de A à B n'est pas couplé avec un
changement majeur dans la succession para génétique, sauf pour un changement dans la gangue de quartz et de dolomite.
Cheilletz et al., (2002).

Fig. 4.31: Tableau de comparaison des états de contraintes fini-protérozoïques reconnues dans le groupe de
Ouarzazate dans les boutonnières de l’Ougnat et d’Imiter.

CHAPITRE 5 : LA TECTONIQUE EXTENSIONNELLE PALÉOZOÏQUE

Fig. 5.1: Coupes lithostratigraphiques montrant les variations d’épaisseurs du Cambrien du NE vers le SW, en
relation avec les failles (Baidder, 2007) modifié.

Fig. 5.2: Les coupes stratigraphiques des séries Cambro-Ordoviciennes (Malusà et al.., 2007, in Baidder, 2007,
modifié).

307
Fig. 5.3: Contact entre le Précambrien et le Cambrien inférieur au Sud de l’Ougnat.

Fig. 5.4: Localisation du volcanisme (V) du Cambrien moyen (€) dans le Sud de l’Ougnat

Fig. 5.5: Dyke volcanique du Cambrien moyen traversant les Schistes à Paradoxides parallèlement à la faille de
Tmenkel (Aberchane, au Sud de l’Ougnat).

Fig. 5.6: Les basaltes du Cambrien moyen, (a) forme d’orgue ; (b) forme de neck ; B : basaltes.

Fig. 5.7: Discordance angulaire entre le Précambrien et le Cambrien inférieur et variations des épaisseurs des
formations cambriennes au Sud de l’Ougnat.

Fig. 5.8: Représentation schématique des étapes de la déformation d’une séismite. A : Sédimentation: alternances
de calcaires silteuxou sableux et lits plus argileux (prodelta) ; B : Choc séismique: mobilisation et mise sous
pression de l'eau contenue dans les sédiments (niveaux thixotropiques); formation d'une intumescence,
éclatement et fissuration en surface ; C : Expulsion d'eau et de sédiment fluide; mise en place de '' volcans de
sable'' à l'aplomb d'évents. Dans la plupart des cas, les cônes sont érodés ; D : Fossilisation de la déformation par
un nouvel épandage normal sédimentaire (d’après Montenat et al., 2007, in Baidder 2007).

Fig. 5.9a: Esquisse de la carte du Tafilalet nord oriental et l’Ougnat (A ; B ; C et D : emplacements des photos de
la Fig. V. 9b & Fig. V.9c). AKF : Faille d’Akerouz ; SOF : Faille Sud d’Oukhit ; NOF : Faille Nord d’Oukhit ;
EF : Faille d’Erfoud.

Fig. 5.9b: Seismites dans la formation des Grès de Tabanit (Cambrien moyen) A: des structures montrant des
rebroussements suite à l’échappement de fluides contenu dans les sédiments sous-jacents après une secousse
sismique ( HassiNjar Al Foukani, photo Baidder 2007), B:slumpsballsà Tizi n’Izem( Nord de l’Ougnat).

Fig. 5.9c: Seismites dans la formation des Grès de Tabanit du flanc SE de L’Ougnat, C : séismites induites suite
un collapse dans JbelAberchane D : « pillar » dans des grès de Tabanit (Nord d’Oukhit).

Fig. 5.10: Pli syn-sédimentaire, enregistreur d’un mouvement de faille au Cambrien, à Tmenkel à l’ouest de
Ouinguigui.

Fig. 5.11: Enregistrement des écoulements en masse dans la formation des Grés de Tabanit. La flèche indique le
sens de déplacement du Collapse, à l’W de Ouinguigui, le long de la faille de Tmenkel d’orientation NW-SE
montrant un glissement vers l’ouest.

Fig. 5.12 : Schéma illustrant les jeux de failles et la direction de l’extension NW-SE au cours du Cambrien dans
l’Anti-Atlas oriental (Baidder, 2007). (SMFZ : ″South Meseta Fault Zone ″ ; AMA : Accident majeur de l’Anti
Atlas).

Fig. 5.13: L’Ordovicien de l’Anti-Atlas : les variations ENE-WSW des formations géologiques (Destombes &
al. 1985) avec localisation du secteur de l’Ougnat (encadré).

Fig. 5.14: A : Log stratigraphique simplifié de l’Ordovicien supérieur de la région d’Alnif, avec localisation des
niveaux sédimentaires étudiés par Villas et al. (2006). a : membre d’Alnif, b : membre Tamektart, c : membre
d’Amouktir. B : Actualisation de la corrélation de l’Ordovicien supérieur des régions de Zagora (Jbel Bani et
coude du Draa), et d’Alnif (Jbel Gaiz et Tiskaouine) ; subdivision des membres dans la formation supérieure
d’après Villas et al. (2006).

Fig. 5.15: Conglomérat d’Alnif au NE de Caid Rami; Carte Oukhit 1/50000. Ca: Calcaires du Caradoc; Or: Grès
1erBani.

Fig. 5.16: Conglomérats chaotiques d’Alnif à Tamjout N’Temerna (Raddi et al. 2006).

Fig. 5.17 : Répartition des faciès dans l’Anti Atlas oriental pendant le Dévonien moyen et supérieur d’après
Hollard (1974), Wendt (1985), complété par Baidder et al. 2008.

Fig. 5.18: Les colonnes stratigraphiques illustrant les variations des épaisseurs et de faciès des formations du
Dévonien supérieur de la plate-forme du Jbel Gherghiz. (Fröhlich, 2004).

308
Fig. 5.19: Variations N-S des épaisseurs et de faciès durant le Dévonien supérieur dans la plate-forme de
Tafilalet, d’après Wendt (1988), modifié. Mêmes variations lithologiques que dans la figure 5.21. Les
changements lithologiques brusques sont reliés aux failles à direction E-W montrées sur les Figures 5.24. A: J.
Amelane; IF :BouIfarou; AT : J. Atrous; JD : Jdaid.( Baidder et al., 2008, modifié)

Fig. 5.20 : Relation entre le bloc de Taghouilast et le bloc de Gherghiz-Angal. a : Discordance du Famenien sur
le Praguien au Nord de Jbel Gherghiz.b : Discordance du Famenien sur l’Emsien au Sud de Lalla Mimouna
Feuille Bou Adil au 1/50 000.

Fig. 5.21: Schéma montrant le jeu des failles dévoniennes. Lignes épaisses dentelées : paléofailles normales avec
cinématique dévonienne. Lignes épaisses simples : failles non différenciées. Tirettés : axe de pli majeur dans le
secteur du Maider-Tafilalt. Stéréogrammes : hémisphère inférieur; flèches : directions de stries. ABF : faille de
Aberchane; AF : synclinal de Aguelmous n'Fezzou; AKF : faille de Akerouz; AMA : Accident Majeur de
L'Anti-Atlas; EF : faille de Erfoud; ESF : faille Est Signit; FF : faille de Fezzou; JA : synclinal de Jebel Atrous;
JT : anticlinal de Jebel Tijekht; NMF : faille de N-Mecissi; OJTF : faille de Oum Jerane-Taouz; SF : faille de
WadiSmile; TF : faille de Tisserdmine. (Baidder & al 2008).

Fig. 5.22 : Exemple de faille à pendage NNW de premier ordre d’âge Dévonien supérieur : la faille N-Mecissi
(voir Fig. 5.24). (a) Représentation schématique. (b) Colonne stratigraphique du J. Gherghis, directement au
Nord de la faille. (c) Idem, à environ trois kilomètres vers le Nord dans le bloc basculé de WadiSmile. Voir la
Fig.. 5.23a et b.

Fig. 5.23: Mécanisme de formation des bassins carbonifères de l’Anti-Atlas oriental.

Fig. 5.24: Slump dans le Viséen au NW du Jbel Gherghiz indiquant une paléo-pente vers le SE.

Fig. 5.25 : Olistostromes à blocs de quartzites ordoviciens dans une matrice argilo-pélitique au sud de
Tineghir. Cliché A. Michard in Saddiqi et al., 2011.

Chapitre 6: LA TECTONIQUE VARISQUE

Fig. 6.1: Localisation des chaînes de l’Anti-Atlas et de l’Ougarta à l’échelle du Maroc (d’après Michard et
al., 2008). Cartouche : Tracé (en vert) de la chaîne panafricaine autour du WAC (Craton Ouest -Africain) ;
en tirets, limite de la zone métacratonique.

Fig. 6.2: Carte structurale de l’Anti-Atlas, d’après Soulaimani, in Michard et al., 2008. Encadré: secteur
étudié.

Fig. 6.3 : Carte schématique de l’Anti Atlas oriental, d’après les cartes géologiques du Maroc, échelle
1/200000, feuille Todgha-Maidder (Du Dresnay et al., 1988) et Tafilalt-Taouz (Destombes et Hollard,
1986). Encadré : localisation du secteur cartographié au 1/50000 (Fig. 6.10).

Fig. 6.4: Colonne stratigraphique synthétique des formations paléozoïques de l’Anti-Atlas oriental. L’âge et les
noms traditionnels des formations sont donnés d’après Destombes et al. (1985), Destombes et Hollard (1986),
et Du Dresnay et al. (1988). Les niveaux de décollement potentiels sont en noir. Age des « Grès
terminaux » d’après Geyer et Landing (2004).

Fig. 6.5: Les formations de l’Ordovicien basculées vers le sud-est dans le secteur de Tamsermasse, au sud de
Bou Adil.

Fig. 6.6: Décollement et plissement des grès du 1er Bani sur les pélites Fezouta et Tachilla au Nord-Ouest de
Tawjimt Nitbirène.

Fig. 6.7 : Le bloc basculé du J. Bou Saboun. Image Google Earth basculée vers le SSE.

Fig. 6.8 : Panneaux basculés de Ouinguigui, Aghil n’Ighiz et Tawjit n’Tibiren, massif plissé du J. Gherghiz et
faille Nord-Mecissi. Image Google Earth basculée vers le SE.

Fig. 6.9: Plis du massif dévonien du J. Gherghiz, vus du nord. 1: anticlinal N120, 2: anticlinal N30, 3: synclinal
N30. Localisation : voir fig. précédente.

309
Fig. 6.10 : Carte structurale du Paléozoïque du secteur Sud Ougnat (feuilles Oukhit et Bouadil de la carte
géologique du Maroc, échelle 1:50000). Pc : Précambrien ; C : Cambrien ; Or : Ordovicien ; S : Silurien ; D :
Dévonien. J. BI.: Jebel Bou Iblane; JG: Jebel Gherghiz; LM: Lalla Mimouna; NIIF: Faille Nord-Ighil n’Ighiz;
NMF: Faille Nord-Mecissi; NTF: Faille Nord-Taghwilest; OSF: Faille Oued Smile; NTTF : Faille Nord Tawjimt
n’Itbirene.; STF : Faille sud Tinchraramine ; NOF : faille nord Oukhit ; SOF : Faille Sud Oukhit ; FEAT : Faille
Est Amalou n’Tamnirt ; BTF : faille brytine de Tinchraramine; TTF : Faille Tizi n’Taghatine. 1-6 : Trace des
coupes (voir figs. 6.17, 6.21, 6.24 et 6.26).

Fig. 6.11 : La faille d’Akerouz délimitant les formations des différents âges dans l’ouest du massif de l’Ougnat.

Fig. 6.12 : Failles de direction NE-SW (« queue de cheval ») de la continuité SW de la faille d’Akerouz qui
délimitent des blocs basculés vers le SSE à Izougaghen n’Tamda.

Fig. 6.13 : Basculement vers le sud de la série du Cambrien près du douar Taghia, au sud de Tinjdad.

Fig. 6.14 : Bloc lenticulaire du Cambrien inférieur isolé et basculé vers le SE dans le bloc de Tinchraramine.

Fig. 6.15 : Faille à barytine qui a basculé une lentille des terrains cambriens dans le bloc de Tinchraramine.

Fig. 6.16. Faille à barytine de Tinchraramine (BTF), coordonnées N 31°20’12’’, W 4°55’45’’.

Fig. 6.17 : Coupe NW-SE passant par les secteurs Miferguioune et Tinchraramine affectés par les failles
Akerouz (AF), faille Nord Bou Saboun-Tinchraramine (NBTF) et la faille Barytine-Tinchraramine (BTF)
montrant le basculement des blocs vers le SE (localisation : Fig. 6.10, coupe n°1).

Fig. 6.18a : Stéréogrammes (canevas de Wulf, hémisphère inférieur). a : jeu décrochant dextre sur les deux
failles SBTF et NTF ; b : La direction dominante des axes de plis à la fois majeurs et mineurs WNW-ESE à
NW-SE dans les failles nord Lalla Mimouna et la faille nord de Tawjimt n’Itbirene (NTTF). c : Les plis de
longueur d’onde plus courtes au niveau des dépôts de Dévonien en relation avec la faille nord Msissi
(NMF); d : les failles nord Ighil n’Ighis (NAIF) dans le SW du bloc Ighil n’Ighis et vers l’Est dans le
synclinal de Tizi n’Taghatine.

Fig. 6.18b : Schéma de la cinématique des failles dans une compression NE-SW. FEAT : failles Est Amalou
nTamnirt, AF : Faille Akerouz, NBTF : Faille Nord Bou Saboun-Tinchraramine (Fig. 6.18c), BTF faille
Barytine-Tinchraramine.

Fig. 6.18c : Faille nord Bou Saboun Tinchraramine (NBTF), vue vers l’Est depuis la piste de Tinjdad à Msissi.

Fig. 6.19 : Secteur faillé de Bou Adil ; A : vers l’ouest, le bloc Bou Saboun Tinchraramine (BST) basculé de 30°
au SSE ; B : vers l’Est un des petits blocs est basculé à 45° sur sa bordure nord-ouest.

Fig. 6.20 : Faille à pendage NW, séparant deux petits blocs basculés au SE de 30 à 40°, 3 km au NW de Bou
Adil.

Fig. 6.21 : Coupe passant par les secteurs d’Aberchane-Tawjimt n’Itbirene affectés par les failles Nord Ighil
n’Irhiss (NAIF), Nord Tawjimt n’itbirene (NTTF) et Nord Msissi (NMF) et montrant le basculement des blocs
vers le SSE (localisation Fig. 6.10, coupe n°2).

Fig. 6. 22-1 : Faille Nord Tawjimt n’Itbirene (NTTF) ; A : Aspect du couloir de faille à l’est de Tawjimt
n’Itbirene, montrant un jeu normal important suivi d’un jeu inverse senestre. B : plis en echellon en relation avec
le jeu décrochant de la faille ; C : détail de la faille nord Tawjimt n’itbirene (NTTF) montrant un jeu senestre.

Fig. 6.22-2: failles nord Ighil n’Ighis (NAIF), A : Jeu normal avec basculement vers le sud du bloc Ighil
n’Ighis ; B : Plis N30 au sud de Tourtite Ouinguigui sur le prolongement de la même faille ; C : Continuité vers
l’Est de la même faille avec basculement du bloc de Tinjarfaouine vers le S.

Fig. 6.23 : Anticlinal du J. Angal ; A : Grès de Tabanit redressés du flanc ouest ; B : Charnière anticlinale plus au
NE dans les Grès terminaux et le Cambrien inférieur ; C : Terminaison périanticlinale vers le SE dessinée par les
formations du Cambrien inférieur et moyen, sur le flanc NE du pli.

Fig. 6.24 : Coupes 3 et 4 dans les plis du losange Angal-Gherghiz (LAG). Localisation : Fig. 6.10. kmb:
Cambrien moyen basal (Grès terminaux) ; km1 schistes à Paradoxides ; km2 : grès du Tabanit ; or2/or3 : schistes

310
Tachilla/Fezouata ; or4 : grès du premier Bani ; or5 : grès du Ktaoua ; or6b : Ashgill ; si : Silurien ; D :
Dévonien ; hv : Carbonifère inférieur.

Fig. 6.25 : A: Décollement des « Grès Terminaux » (base du Cambrien moyen) au dessus du socle
néoprotérozoïque terminal (« P III ») à la crête anticlinale du J. Angal; le niveau cataclastique dérive de la mince
formation Lie-de-vin‖argilo-conglomératique.- B: terminaison périanticlinale du pli du jbel Angal formé dans le
Cambrien moyen (localisation : voir Fig. 6.10).

Fig. 6.26 : Coupes 5 et 6 dans la zone plissée centrale Lalla Mimouna-J. Gherghiz. Localisation : Fig. 6.10.
coupe5 : dôme de Lalla Mimouna et synclinal de Tamsermas, coupe6 : synclinal de Gherghiz. kmb: Cambrien
moyen basal (Grès terminaux) ; km1 schistes à Paradoxides ; km2 : grès du Tabanit ; or2/or3 : schistes
Tachilla/Fezouata ; or4 : grès du premier Bani ; or5 : grès du Ktaoua ; or6b : Ashgill ; si : Silurien ; D :
Dévonien ; hv : Carbonifère inférieur.

Fig. 6.27 : Plis de directions N30 et N120 dans les formations du dévonien du nord de Jbel Gherghiz.

Fig. 6.28 : Synclinal N120 formé par les formations du Dévonien Supérieur au Jbel Gherghiz.

Fig. 6.29 : Plis en échelons de direction N120 dans les calcaires de l’Eifelien et du Givétien à l’est du Jbel
Gherghiz.

Fig. 6.30 : Carte schématique du toit du socle précambrien dans le secteur de l’Ougnat, montrant lesépaisseurs de
la série paléozoïque préservée, autrement dit les isobathes du toit du socle (nombres entre parenthèses). La carte
est dressée d’après la mesure des pendages et des épaisseurs des strates paléozoïques dans chaque bloc, en
supposant que les failles dans le socle ont à peu près la même position que les failles majeures de la couverture.

Fig. 6.31 : Chronologie des événements tectoniques au cours du Paléozoïque autour de la boutonnière de
l’Ougnat.

Fig. 6.32 : Schéma structural de la zone entre Saghro et Ougnat, montrant les principales failles dans le secteur,
d’après Malusa et al, 2007. PC : Précambrien ; C : Cambrien ; Or : Ordovicien ; SD : Silurien Dévonien ; V :
Viséen ; MCZ, couverture Méso-Cénozoïque. (Localisation des coupes stratigraphiques A, B et C de la Fig. 6.
33)

Fig. 6.33 : Coupe transversales à travers les principales failles de la zone entre Ougnat et Saghro (emplacement
dans la Fig. 6.32), Malusa et al., 2007.

Fig. 6.34: Schéma structural du bloc Taghouilest Tamjout illustrant le jeu senestre le long des failles E-W. (A et
B: emplacement des Figs. 6. 35 et 6.36, respectivement)

Fig. 6.35: Plis en échelon dans les calcaires givétiens de Tamjout n’Ouihlane montrant un jeu senestre (A :
localisation: Fig. 6.34) Baidder 2007.

Fig. 6.36: Pli dans les grès du Deuxième Bani illustrant le jeu senestre de la faille au sud du bloc de Taghouilest (B :
localisation: Fig. 6.34).

Fig. 6.37: Carte montrant l’influence du poinçonnement du Craton Ouest Africain contre l’Eurasia durant le
Carbonifère inférieur (Lefort, 1990) .1 : zone axiale des chaîne de montagne ; 2 : Cisaillements ; 3 :
chevauchements ; 4 : suture acado-alléghanienne ; 5 : Craton Ouest Africain ; 6 : sens de la vergence vers le
Nord du Craton Ouest Africain.

Fig. 6.38: La chaîne varisque d’Afrique du Nord dans le cadre des chaînes paléozoïques péri-atlantiques, à la fin du
Permien. A: Carte structurale, B: coupe schématique montrant une situation possible du domaine mésétien entre les
deux cratons, nord américain et ouest africain (Hoepffner & al., 2006).

Fig. 6.39: Carte géologique de la zone d'étude (Anti-Atlas oriental), report des failles majeures observées sur le
terrain, les roches magmatiques post-hercyniennes (en noir), données de traces de fission, les axes du front de la
ceinture varisque sont empruntés de Michard et al. (1982). MZ-CZ, méso - cénozoïque couverture; O,
Ordovicien couverture; P, Mio - Pliocène coulées néphélinite; PR, socle précambrien ; SD, Silurien - Dévonien
couverture. (Malusa et al. 2008)

311
Fig. 6.40: a: Carte structural du Maroc, le système des états de contraintes (extension Trias supérieur-Lias
inférieur, Ait Brahim et al. 2002). b : état de contrainte de la même époque dans l’Anti Atlas oriental (Malussa et
al. 2006 modifié).

Fig. 6.41 : a: Carte structural du Maroc, le système des états de contraintes (Compression Eocène, Ait Brahim et
al. 2002). b : état de contrainte de la même époque dans l’Anti Atlas oriental. (Légende voir la figure 6.40).

Fig. 6.42 : A: Carte structural du Maroc, le système des états de contraintes (Compression Tortonien moyen et
sup, Ait Brahim et al. 2002).B : (Compression Plio quaternaire, Ait Brahim et al. 2002). C : état de contrainte du
Tortonien sup à l’actuel dans l’Anti Atlas oriental (Malussa et al. 2007). (Légende voir la figure 6.40).

CHAPITRE 7 : LE MAGMATISME PHANEROZOÏQUE

Fig. 7.1: Localisation du volcanisme du Cambrien moyen dans le Sud de l’Ougnat (PC : Précambrien ; Ca :
Cambrien ; Post Ca : Post-Cambrien, β:Volcanisme cambrien.

Fig. 7.2 : Cartographie de Jbel Aberchane avec les volcanites du Cambrien ; PC : Précambrien, C : Cambrien, B :
Volcanites du cambrien, Or : Ordovicien.

Fig. 7.3 : Vue vers l’Est de Ouinguigui ; magmatisme cambrien entre les grès de Tabanit et les formations de
l’Ordovicien inférieur.

Fig. 7.4 : Cartographie des volcanites cambriennes à Tawjimt n’Itbirene avec un sill dans les pélites de
l’ordovicien inférieur.

Fig. 7.5 : Vue panoramique du secteur NW de Tawjimt n’Itbirene.

Fig. 7.6 : Intrusions magmatiques sur le flanc nord du Jbel Aberchane

Fig. 7.7 : Intrusion basique allongée selon une direction N120 dans les pélites à Paradoxides au SE d’Itri
Aouragh, au nord de la piste vers Ouinguigui.

Fig. 7.8: Intrusion magmatique basique dans le Cambrien moyen à l’Est de Tawjimt n’Itbirène

Fig. 7.9 : Prismes dans l’intrusion magmatique du Jbel Aberchane.

Fig. 7.10: Auto brèche dans l’intrusion basique à Itri Aouragh.

Fig. 7.11 : Brèches et cinérites en niveaux intercalés dans les grès de Tabanit, à l’Est de Ouinguigui

Fig. 7.12: Coulée et dépôts volcano-sédimentaires observés vers le sommet des ‘grès de Tabanit’ à 3 km au SW
d’Ouinguigui. Coulée basique de couleur verte à la base, puis dépôts volcano-sédimentaires violets lités, au
milieu, et grés de Tabanit au sommet.

Fig. 7.13: a : Contact intrusif, au nord-est de Ouinguigui ; b : Blocs de grès dans les brèches de l’intrusion
magmatiques du Cambrien àItriAouraghau sud de la piste vers Ouinguigui

Fig. 7.14: Niveau de grès de la formation de Tabanit dans les brèches de roches magmatiques du Cambrien à
ItriAouragh

Fig. 7.15: Sill basique au passage grès terminaux-pélites à Paradoxides au SE de Tmenkal.

Fig. 7.16 : sill basique dans les grès de Tabanit au nord de Bou Adil.

Fig. 7.17: dykes de roches magmatiques dans les pélites à Paradoxides à ItriAouraghe.

Fig. 7.18: Stocks de volcanites dans les grès de Tabanit nord de JbelAbrchane

Fig. 7.19 : Intrusion de roches basiques en Chou-fleur dans les pélites à Paradoxidès au sud de la piste Tmankel-
Ouinguigui

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Fig. 7.20 : Stocks de roches basiques dans les grès de Tabanit à Tawjimt n’Itbirene.

Fig. 7.21: Microphotographie de roche basique du Cambrien montrant du pyroxène et des microlites de
plagioclase en LN (100x).

Fig. 7.22: Diagramme Nb/Y mettant en évidence deux groupes de roches magmatiques. Protérozoïque : 1-
Microdolérites oligo-porphyriques du corps stratoïde du toit du gabbro; 2-Dykes du couloir N40 de dolérites
gloméro-porphyriques; 3-Gabbro, faciès à grain moyen, et faciès sombre à grain fin à moyen (2mm) à deux
pyroxènes. Cambrien : 4-Microdolérite en neck dans les rhyolites du Protérozoïque, Sill de microdolérite dans la
base du Cambrien transgressif sur le Protérozoïque (700m à l’Est du neck) ; 5-Intrusions dans le Cambrien.

Fig. 7.23: Roches magmatiques encaissées dans le Cambrien et l’Ordovicien, diagramme Na2O +K2O/SiO2

Fig. 7.24: Différents diagramme d’analyses chimiques des roches volcaniques du versant sud de l’Ougnat, 1.
Diagramme de Cox et al., (1979). 2. Projection des alcalins (Na2O+K2O) en fonction de SiO2. 3.Diagramme
Zr=Y versus Zr. (IAB): basaltes des arcs insulaires, (MORB): basaltes des rides médio-océaniques, (WPB):
basaltes intra-plaques (d’après Pearce & Norry,1979).

Fig. 7.25 : Carte géologique du volcan du Jbel Boho, à l’ouest de la boutonnière de Bou Azzer (in Alvaro et
al.,2006).

Fig. 7.26: a- Croquis de situation ; b- carte géologique simplifiée de la boutonnière de Kerdous ; c- coupe
géologique Jbel Karkar; d- coupe géologique d’Ida Ougnidif (Soulaimani et al. 2004).

Fig. 7.27 : Secteur de Bou Acila au SE du Maroc central, (a) ; carte géologique simplifiée du secteur de Bou-
Acila ; (b) coupe schématique de la région de Bou-Acila.

Fig. 7.28 : Diagramme (Tb/Ta)mp–(Th/Ta)mp [21] pour les méta-volcanites étudiées. Bou-Acila (carré), Oued-
Aougla (triangle), Bou-Ibenrhar(cercle). OIB : Basaltes des îles océaniques ; CWPAB : basaltes alcalins
intracontinentaux ; CFB : tholéiites continentales ; BAB : basaltes d’arrière-arc ; IAB : basaltes d’arc insulaire ;
OIAB : basaltes d’arc intra-océanique ; CAMB : basaltes d’arc de marges de type Chili ; IAB : basaltes d’arc
intermédiaire (Ouali et al. 2003).

Fig. 7.29 : Diagramme Th/Yb–Ta/Yb des roches étudiées [17]. Bou-Acila (carré), Oued-Aougla (triangle), Bou-
Ibenrhar (cercle). CA : Calcoalcaline; Th : tholéiitique ; S : enrichissement lié à la zone de subduction ; C :
contamination crustale ;W: enrichissement intraplaque ; f : cristallisation fractionnée (f = 0,5) (Ouali et al. 2003).

Fig. 7.30 : Position des méta-volcanites de la région Sud-Est du Maroc central dans le diagramme Zr/TiO2–
Nb/Y Bou-Acila (carré),Oued-Aougla (triangle), Bou-Ibenrhar (cercle) (Ouali et al. 2003).

Fig. 7.31: Le volcanisme de l’Oued Rhebar, carte de situation d’après El Hadi et al. (2005).

Fig. 7.32: Sill d’amphibolites ; a : Adrar Akorar, et b : Jbel Bou Adil.

Fig. 7.33 : Intrusions magmatiques dans les pélites de Fezouata au SW de Tawjimt n’Itbirene.

Fig. 7.34 : Sill basique dans les pélites de Fezouata au SW de Tawjimt n’Itbirene.

Fig. 7.35: Sill de lamprophyre dans la formation des pélites de Fezouata au SE de Tawjimt n’Itbirene.

Fig. 7.36 : Dyke de lamprophyre dans les schistes à Paradoxides au S de Tizi n’Tazougart.

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