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Le document traite des méthodes de forage d'eau, en mettant l'accent sur les techniques de captage par forage et les équipements associés. Il compare différentes méthodes de forage, notamment le rotary, en détaillant leurs principes, avantages et inconvénients, ainsi que les préparations nécessaires pour les chantiers. Des sections sur le développement du forage, les essais de pompage et le contrôle des opérations sont également incluses.

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Le document traite des méthodes de forage d'eau, en mettant l'accent sur les techniques de captage par forage et les équipements associés. Il compare différentes méthodes de forage, notamment le rotary, en détaillant leurs principes, avantages et inconvénients, ainsi que les préparations nécessaires pour les chantiers. Des sections sur le développement du forage, les essais de pompage et le contrôle des opérations sont également incluses.

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‫المدرسة العليا لمناجمنت الموارد المائية‬

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PILOTAGE ET SUIVI DES CHANTIERS DE


FORAGE D’EAU

Said Ramdane
Du 21 au 23-4-2024
26
Sommaire
CHAPITRE IV : CAPTAGE PAR FORAGE

1- METHODES DE FORAGE - COMPARAISON


2-PRINCIPE DU ROTARY
3. PRELEVEMENT DES ECHANTILLONS ET ANALYSE GRANULOMETRIQUE
3.1- mode de prélèvement et généralités
3.2-Analyse granulométrique
3.3-Etablissement de la courbe granulométrique
3.4- Interprétation
3.5-Mesure de la perméabilité
4-PREPARATION DU CHANTIER
4. 1- l’installation du chantier
4.2- préparation des fosses a boue
4.2.1-Dimensionnement des fosses
4.3-La boue de forage
4.3.1- Principales actions des boues de forage
[Link]- Nettoyage de puits
[Link]- Maintien des déblais en suspension
[Link]-Sédimentation des déblais fins en surface
[Link]-Refroidissement de l’outil et la diminution des frottements de la garniture de forage
[Link]-Dépôt d’un cake imperméable
[Link]-Prévention des venues d’eau
[Link]-Augmentation de la vitesse d’avancement
[Link]-La récupération des informations géologiques
4.3.2 Composition de la boue
4.3.3- Contamination de la boue
[Link]- La densité
[Link]- La viscosité
[Link]- Le pH
[Link]- Le sable
5-PROGRAMME DE FORAGE
6- EQUIPEMENT TUBULAIRE
6.1- Choix de l’équipement tubulaire
6.2- Plan de tubage
6.3- Choix du tubage
6.3.1- Résistance mécaniques des tubages
6.3.2- Résistance aux efforts de traction
6.3.3- Résistance aux efforts d’écrasement
6.3.4- Résistance aux efforts d’éclatement
27
6.3.5- Résistance au flambage et à la flexion
6.4- Equipement du système de captage (crépines et massif de gravier)
6.4.1- Les crépines (types et matériel)
6.4.3- Ouverture des crépines (Dimensionnement)
6.4.4- Détermination de la longueur des crépines
6.4.5- Massif de gravier (Rôle et dimensionnement).
6.4.6- La cimentation :
7- DEVELOPPEMENT DU FORAGE.
7.1- Généralités.
7.2- Procédés utilisés
7.2.1- Développement par surpompage :
7.2.1- Développement par pompage alterné
7.2.2- Développement par pistonnage
7.2.3- Développement par lavage au jet sous pression
7.2.3- Développement par air lift
7.2.4- Développement chimique :
8- LES ESSAIS DE POMPAGE
8.1- Généralités :
8.2- Objectifs des essais de pompage :
9- RAPPORT DE FIN DE TRAVAUX
10- CONTROLE ET SURVEILLANCE DU FORAGE

28
1- METHODES DE FORAGE - COMPARAISON
Le comportement des terrains à la foration dépendra bien sûr de leur nature, mais aussi de leur teneur en
eau. L’expérience seule permet d’évaluer correctement la remontée de cuttings et l’avancement du forage
en fonction de la méthode utilisée. Au-delà d’une certaine profondeur le rotary à l’air est exclu car difficile
à maîtriser (remontée des cutting). Dans les terrains peu consolidés, la technique valable est celle du rotary
à la boue. Toutefois, il convient à l’hydrogéologue de recommander la technique adéquate en fonction, bien
évidemment, des conditions hydrogéologiques, mais aussi d’autres aspects liés au cout de réalisation, au
diamètre souhaité, la profondeur à atteindre, à l’accessibilité des sites et aussi à la durée de réalisation.

Le tableau suivant (tableau 01) énumère les différentes méthodes utilisées en forage d’eau en synthétisant
les avantages et les inconvénients de chacune d’elles. Toutefois pour la suite du cours nous retiendrons
qu’en reconnaissance,

La méthode du rotary est plus rapide et plus efficace et permet à l’hydrogéologue une parfaite maitrise des
informations pouvant être recueillies, à savoir : une bonne description des cuttings, possibilité de réaliser
des enregistrements de diagraphies. Le principe de cette méthode est décrit dans le paragraphe suivant.

Pa railleurs, je vous suggère de consulter la documentation disponible à la bibliothèque centrale, notamment


le livre de Mabillot A., 1971 intitulé « les forages d’eau -guide pratique- » , pour approfondir vos
connaissances sur les techniques de captage des eaux souterraines par forage. Les ouvrages et articles cités
en bibliographie, dont la majorité sont téléchargeables sur internet sont également conseillés.

29
Tableau 01 : Comparaison des méthodes de forage
METHODE DE FORAGE PRINCIPE FLUIDE UTILISE AVANTAGES INCONVENIENTS
Battage
a- procédé Pennsylvanien
-le forage s’effectue en discontinue (forage puis curage de
(procédé à câble) : Où le -investissement moins important (cout réduit)
cuttings et ainsi de suite)
trépan est à accrocher -énergie dépensée faible
-forage lent
directement au câble sous une - facilité de mise en œuvre
-difficultés pour équilibrer les pressions d’eau jaillissante.
masse tige (tige très lourde -pas de boue de forage
Elle consiste à soulever un outil très lourd (trépan) et le laisser retomber sur -Difficultés pour le prélèvement des cuttings en vue d’un
b- procédé Canadien : le Eau claire dans la -récupération aisée d’échantillons
la roche à perforer en chute libre. Les cuttings sont remontées par soupapes carottage lithologique.
trépan est fixé sous un train de zone non saturée. -nécessite moins d’eau (40 à 50 l/h)
à piston ou à clapet -Peu recommandées dans les terrains meubles instables. Dans
tiges pleines. Il est surtout -la détection de la nappe même à faible pression est facile
ce cas des tubes guides sont nécessaires engendrant des
utilisé dans l’Europe de l’est. -très recommandée dans des zones fissurées ou karstiques
surcouts de réalisation.
c- procédé Raky (s’appelle (risque lié aux pertes de boue).
-carottage électrique quasi impossible
aussi battage rapide) : Utilise -accessibles à tous les sites
des tiges creuses avec
circulation d’eau.
La perforation est assurée par un taillant pilote surmonté d’un aléseur
excentrique. Ce système permet au tube de revêtement de descendre dans
le trou sans rotation à la suite de l’aléseur. Cette technique peut être utilisée -investissement à cout réduit
-nécessite la mise en place d’un tube guide au fur et a mesure
par : - facilité de mise en œuvre
de la foration.
-un équipement fonctionnant hors du trou, c'est-à-dire avec un marteau et -pas de boue de forage
-Difficultés pour le prélèvement des cuttings en vue d’un
ODEX son mécanisme de percussion et de rotation situés en surface. Eau claire -nécessite moins d’eau (40 à 50 l/h)
carottage lithologique.
-un équipement fonctionnant avec un marteau fond de trou dont la rotation -la détection de la nappe même à faible pression est facile
-carottage électrique quasi impossible
est assurée par un moteur situé à l’extérieur, et l’énergie de percussion est -accessibles à tous les sites.
assurée en fond de trou par le marteau fond de trou qui assure la foration -permet de réaliser des trous de grand diametre
par l’intermédiaire d’un guide et de l’outil comprenant le taillant pilote et
l’aléseur excentrique
Havage :
-Profondeur limitée à 100m
-havage manuel C’est une technique d'extraction consistant à creuser le terrain à la base du -Avancement difficile, voir impossible dans les terrains dures
-forage rapide 10 à 20m/j en terrain meuble
-rotation avec circulation tubage en position verticale. Le tubage s’enfonce sous l’effet de son poids. -cout et temps de réalisation réduit par rapport au havage
-permet de réaliser des puits de grand diamètre adapté au
inverse On peut utiliser des buses en béton empilées progressivement au fur et à Eau claire manuel
aquifères peu profonds, dont l’épaisseur de la zone saturée est
-forage à sec avec tarière mesure de leur enfoncement. Cette technique est limitée à des ouvrages peu -cout élevée en cas du havage manuel.
faible.
-les bennes preneuses à profonds. -carottage électrique quasi impossible
câbles du type Hammer Grab

La technique rotary est utilisé spécialement dans les terrains sédimentaires


non consolidés pour les machines légères, mais les machines puissantes de
rotary peuvent travailler dans les terrains durs (pétroliers). Un outil appelé
-Elle permet de forer dans des terrains à mauvaise tenue
trilame (tricône) est mis en rotation depuis la surface du sol par
nécessitant un tubage de protection ou de maintien. -Difficultés d’avancement dans les formations dures
l’intermédiaire d’un train de tiges. L’avancement de l’outil s’effectue par
-Tres recommandée dans les forages d’exploration ou de -Risques de pertes de boue (arrêt de circulation) dans les
abrasion et broyage (deux effets) du terrain sans choc, mais uniquement par
Boue (bentonite) reconnaissance formations fissurées et karstifiées.
translation et rotation (deux mouvements). Le mouvement de translation est
Rotary -Permet un bon carottage lithologique (prélèvement de cuttings -nécessite beaucoup d’eau
fourni principalement par le poids des tiges au-dessus de l’outil. La
Ou air de manière régulière). -nécessite un grand investissement (matériel très importants)
circulation d’un fluide (liquide visqueux : la boue) permet de remonter les
-Avantages dans les enregistrements des diagraphies (carottage -seul les sites accessibles peuvent être forés avec ce matériel
cuttings à la surface. La boue est injectée à l’intérieur des tiges par une tête
électrique) lourd.
d’injection à l’aide d’une pompe à boue, et remonte dans l’espace annulaire
en mouvement ascensionnel, en circuit fermé sans interruption. La boue
tapisse les parois et les maintient momentanément en attendant la pose de
tubage
Le forage rotary est généralement limité au diamètre 619 mm (24’’), au-delà -nécessite beaucoup d’eau
-La perméabilité de la formation autour du trou est peu
de celui-ci, les rendements sont moins bons et le coût des pompes à boue -nécessite un grand investissement (matériel très importants)
perturbée par le fluide de forage.
nécessaires pour assurer le nettoyage du forage devient prohibitif. La -seul les sites accessibles peuvent être forés avec ce matériel
Boue (bentonite) -Elle permet de forer dans des terrains à mauvaise tenue
Rotary a circulation inverse méthode de la circulation inverse permet au contraire, de forer en diamètres lourd.
Ou air nécessitant un tubage de protection ou de maintien.
variant de 0,6m à 2,5m et plus. Dans ce cas, on utilise un trépan spécial (à -Difficultés d’avancement dans les formations dures
-Très recommandée dans les forages d’exploration ou de
tête plate) avec insertion de plaquettes de métal dur et un nombre suffisant -Risques de pertes de boue (arrêt de circulation) dans les
reconnaissance
de masse tiges pour assurer une charge importante sur le trépan. La formations fissurées et karstifiées.

30
circulation inverse consiste à l’injection du fluide de forage dans l’espace -Permet un bon carottage lithologique (prélèvement de cuttings
annulaire, et la remontée des cuttings se fait dans les tiges de gros de manière régulière).
diamètres. La circulation inverse peut être assurer par : -Avantages dans les enregistrements des diagraphies.
-Soit par aspiration du mélange eau- cuttings à travers le train de tiges par -les forages de grands diamètres sont exécutés rapidement et
une pompe d’aspiration (pompe centrifuge) économiquement
-soit par utilisation de l’air comprimé, qui consiste à alléger l’eau ou la boue -pas de tubage pendant la foration
par injection de l’air comprimé provoquant la remontée du mélange eau- -facilité de mise en place de la crépine
cuttings à travers les tiges de gros diamètres. -bons rendements dans les terrains tendres
-consommation de l’énergie économique
- permet de traverser des terrains durs : utilisée dans les
formations dures et surtout dans les formations karstiques qui
-Diamètre du trou limité : habituellement entre 85 à 381 mm.
Le principe repose sur un taillant à boutons en carbure de tungstène, fixé sont à la fois dure et provoquent souvent des pertes de
- en cours de forage, la remontée des cutting érode les parois
directement sur un marteau pneumatique, est mis en rotation et percussion circulation de boue non maitrisables.
MFT : Marteau au fond du Air comprimé + du trou, ce qui peut entraîner des effondrements susceptibles
pour casser et broyer la roche du terrain. Le marteau fonctionne comme un - permet une vitesse de perforation plus élevée que celles
trou Mousse de bloquer le train de tige
marteau piqueur, à l’air comprimé à haute pression (10 à 25 bars) qui est obtenues avec les autres techniques.
- les pertes d’air dans les terrains très meubles entraînent une
délivré par un compresseur, et permettant de remonter les cuttings. -mise en œuvre rapide et simple.
diminution de la vitesse ascensionnelle des cutting
-permet de détecter la présence d’un aquifère lors du forage
(pas d’effet aveugle provoqué par la boue)

31
2-PRINCIPE DU ROTARY
Un outil monté sur une ligne de tige est animé d’un mouvement de rotation et d’une pression verticale
assurée par le poids de la masse tige. Le mouvement de rotation est transmis à la ligne de sonde par la table
de rotation qui entraine la tige carrée (Kelly) a la quelle est fixé le train de tige.
La ligne de sonde et le Kelly sont creux et laissent passer la boue de forage et sont suspendus au crochet du
mat par la tête d’injection. Cette dernière relie, par un col de cigogne, l’intérieur de la ligne de sonde avec
le flexible d’injection et la pompe a boue.
Cette boue injectée à l’intérieur des tiges par la pompe traverse l’outil de forage (trépan) comportant des
trous et remonte à la surface par l’espace annulaire en entrainant les particules de sédiments ou cuttings
« broyés » par le mouvement de rotation et de pression exercés sur l’outil.
Dans son mouvement vers le haut, la boue tapisse les parois du trou et forme un « mud cake » épais qui
maintient stable les parois du trou.
Arrivée au sol, la boue chargée de
cuttings, est écoulée à travers de
rigoles, dans un ou plusieurs bassins
(ou fosses préalablement creusées)
pour faire décanter les cuttings avant
d’être réinjectée par une pompe à
boue.
Les cuttings sont échantillonnées et
numérotées et permettent la
reconstitution de la colonne
lithologique du forage.

LES OUTILS
 Outils à lames utilisés dans les formations compactes à texture fine et de dureté peu élevée.
 Taillants pour roto percussion (MFT)
 Outils à molette : broient et font éclater la roche

Il y a des outils a dents lentes et espacées pour les formations tendres et des outils à dents courtes et
rapprochées pour les terrains dure.

32
Outils carottiers : ils agissent par abrasion et permettent de forer les formations dures et d’en extraire des
échantillons cylindriques (carottes). Ce procédé est utilisé notamment pour les études stratigraphiques et
surtout en géotechnique pour les différents essais de laboratoire.
3. PRELEVEMENT DES ECHANTILLONS ET ANALYSE GRANULOMETRIQUE
3.1- mode de prélèvement et généralités
Selon le mode de foration employé, il est plus ou moins facile de procéder à l'examen des éléments
d'extraction et de les analyser. Le prélèvement relève de deux techniques :
 Soit prise directe d'échantillons provenant des cuttings, débris de forage,
 Soit recours à un outil destiné à cet usage, le carottier (ce procédé est rarement utilisé en forage d’eau)

Le mode de prélèvement et la qualité des échantillons dépend de la technique de forage employée. La


représentativité des échantillons de cuttings dans le cas des forages par battage ne pose pas de problèmes,
car l’échantillons est prélevée directement de la cote considérée sans modification de sa composition ni
délai de remontée à la surface.

Dans le cas de forage au rotary les cuttings qui remontent en surface sont hydrauliquement séparés par le
fluide du forage (les éléments fins remontent plus vites que les fractions grossières. Pour obtenir une bonne
représentativité des échantillons nous recommandons de procéder comme suit :
 Interrompre l’avancement de l’outil en maintenant la circulation jusqu’à ce que la boue ne contienne
plus de cuttings.
 Reprendre l’avancement de l’outil en notant les cotes de début et fin de prélèvement et recueillir
des échantillons produits par la zone forée. On prélève un échantillon tous les deux mètres ou à
chaque fois qu’il y a variation de la nature du terrain.

Les échantillons ne doivent pas être prélevées dans le tamis mais directement dans la boue a la sortie du
forage (dans la rigole). L’échantillons sera essoré, séché et placé dans un sac en plastique, de préférence
transparent, et étiqueté.

3.2-Analyse granulométrique
L’échantillon de sable destiné a l’analyse
granulométrique, préalablement pesé, est passée dans des
tamis à maille de plus en plus petites. On pèse ensuite les
reliquats des tamis. Les résultats de ces mesures portés sur
des graphiques permettent de tracer deux types de
courbes : courbe cumulative et courbe granulométrique.

3.3-Etablissement de la courbe granulométrique


Cette dernière est très utilisée en hydrogéologie pour dimensionner la crépine (slot de crépine) et le calcul
de la perméabilité approximative à l’aide des formules empiriques. Les diamètres des grains qui
correspondent aux diamètres intérieurs des mailles des tamis, exprimés en mm, sont reportés en abscisse
logarithmique en valeur décroissantes à partir de l’origine. Les poids cumulés des fractions ayant passé à
travers les tamis, calculées en pourcentage du poids total de l’échantillon sont portés en ordonnée
arithmétique.

3.4- Interprétation
Les formations aquifères peuvent être homogènes ou hétérogènes -monogranulométriques- (voir courbe
N°I, II et III), multigranulométriques (courbes IV et V) de la figure suivante. Plus la granulométrie est

33
uniforme plus la pente de la courbe est forte. Une uniformité identique se traduit par des courbes de même
forme quel que soit le diamètre moyen des grains.
Pour le dimensionnement du massif du gravier on détermine un diamètre efficace D10 , diamètre pour lequel
sur la courbe il y a 10%, en poids du sédiment, de grains inférieurs à ce diamètre (90% sont retenus) ainsi
que le coefficient d’uniformité « Uaq » qui correspond au contient des deux diamètres D60 et D10 ou D70 et
D20.

3.5-Mesure de la perméabilité
Les différents procédés de mesure de la perméabilité sont :
 Les procédés de mesure au laboratoire : par utilisation de perméamètre à charge constante où variable.
 Les procédés in situ (méthode de Lugeon qui consiste à injecter de l’eau sous une pression constante et
on mesure le volume d’eau introduite en une minute).
 Utilisation des formules empiriques (formule de Hazen, formule de Slichter) à travers la courbe
granulométrique.
 Calcul de la perméabilité d’après la détermination de la transmissivité (par essais de pompage).

4-PREPARATION DU CHANTIER
4. 1- L’INSTALLATION DU CHANTIER
L’organisation du chantier doit permettre au foreur d’en visualiser la totalité et donc d’intervenir
rapidement en cas de problèmes. Les précautions pratiques à prendre sont les suivantes :
- déterminer un périmètre de sécurité autour du chantier.
- prévoir un accès au chantier pour les véhicules et l’approvisionnement en eau (citernes d’eau).
- prévoir un accès facile pour le remplissage des fosses.
- prévoir un endroit sec pour la rédaction.
- prévoir une zone de déblais (cutting).

34
- aplanir le terrain pour faciliter le calage de la machine ou mise en place d’une plateforme en béton armé
dans le cas ou le terrain en surface est instable.
- prévoir le creusage des fosses à boue et son emplacement.
- positionner le compresseur de façon à ce qu’il ne reçoive pas la poussière de forage (pas sous le vent de
la machine).
- installer toutes les unités de pompage, de pression hydraulique et les moteurs sur un plan horizontal.

Figure 1 : Conception d’une organisation d’un chantier de forage

4.2-PREPARATION DES FOSSES A BOUE


Les fosses à boue constituent une réserve de fluide de forage, et permettent le recyclage de la boue par
décantation. Un premier canal de 2 mètres de longueur et de 0.20 X 0.20 m de section est creusé à partir de
l'emplacement choisi pour le forage. Il se jette dans la première fosse. Il doit être assez long pour que la
fosse soit en dehors du trottoir du futur point d’eau pour éviter un tassement différentiel sous la dalle. La
première fosse (fosse de décantation) facilite la sédimentation amorcée dans le canal. Le second canal doit
être décalé de l'axe du premier afin de former une chicane qui ralenti le flux et favorise la décantation. La
seconde fosse (fosse de pompage) est une réserve où est pompée la boue pour être injectée dans le train de
tige. Les fosses et canaux sont régulièrement curés et nettoyés des sédiments déposés en cours de forage.

35
Figure 2 : Conception des bassins de boue

4.2.1-Dimensionnement des fosses


Le dimensionnement des fosses à boue se fait en fonction de la profondeur du forage à réaliser : idéalement,
le volume total des fosses doit être égal à 3 fois le volume du forage avec :
Pour calculer approximativement le volume des fosses, avec un diamètre de trou D en pouces
(correspondant à la taille de l’outil d’alésage final) :
 Volume du bac d’aspiration = D2 H/2000 en mètres cubes (ou D2 H/2 en litres), H étant la profondeur
du trou en mètres.
 Le volume de la fosse de décantation devrait être de 0,002D2 H mètres cubes (ou 2D2 H litres).
Le bac d’aspiration devrait former un espace cubique aux côtés plus ou moins égaux. La fosse de
décantation devrait être d’une longueur environ deux à trois fois supérieure à sa largeur et à sa profondeur
(par ex. 2 × 1,5 × 1 ou 3 × 1 × 1 m).

36
TD N°2
On désire réaliser un forage au mode rotary avec circulation de boue. La profondeur prévisionnelle du
forage est de 250m. Le forage sera réalisé en reconnaissance 8’’1/2 puis élargie au diamètre final de 19’’.
Estimez les dimensions des bacs a boue nécessaire pour pouvoir réaliser ce forage.

37
4.3-La boue de forage
En 1979, l'American Petroleum Institute (API) définit le fluide de forage comme un fluide en circulation
continue durant toute la durée du forage, aussi bien dans le sondage qu’en surface. Le fluide de forage,
appelé aussi boue de forage, est un système composé de différents constituants liquides (eau, huile) et/ou
gazeux (air ou gaz naturel) contenant en suspension d'autres additifs minéraux et organiques (argiles,
polymères, tensioactifs, déblais, ciments, …). Le fluide de forage est préparé dans des bacs à boues, il est
injecté à l’intérieur des tiges jusqu’à l’outil d’où il remonte dans l’annulaire, chargé de déblais formés au
front de taille. A la sortie du puits, il subit différents traitements, décantation, tamisage, dilution, ajout de
produits, de façon à éliminer les déblais transportés et à réajuster ses caractéristiques physico-chimiques à
leurs valeurs initiales, puis il est ensuite réutilisé.

4.3.1- Principales actions des boues de forage


Les boues de forage doivent avoir des propriétés telles qu’elles facilitent, accélèrent le forage, favorisent
ou tout au moins ne réduisent pas d’une manière sensible et permanente les possibilités de production des
sondages.

[Link]- Nettoyage de puits


La boue doit débarrasser le trou des formations forées qui se présentent sous forme de déblais appelés plus
couramment “Cuttings ". L’aptitude de la boue à entraîner les déblais dépend des variables suivantes : sa
rhéologie ; sa densité et sa vitesse de circulation dans l’espace annulaire. Si la rhéologie et la densité relèvent
de la boue elle-même, il n’en va pas de même de la vitesse de remontée qui dépend du débit des pompes à
boues, du diamètre de forage et de celui du train de sonde.

[Link]- Maintien des déblais en suspension


La boue doit non seulement débarrasser les puits des déblais de forage durant les périodes de circulation,
mais elle doit également les maintenir en suspension pendant les arrêts de circulation, dans le but
d’empêcher la sédimentation des déblais afin de redémarrer le forage sans coincement, et ceci est possible
grâce à la nature thixotrope du fluide.

[Link]-Sédimentation des déblais fins en surface


Alors que la boue doit permettre le maintien en suspension des déblais dans le puits durant les arrêts de
circulation, ce même fluide doit laisser sédimenter les déblais fins en surface, afin de les éliminer.

[Link]-Refroidissement de l’outil et la diminution des frottements de la garniture de forage


Du fait de son passage en surface, la boue en circulation se trouve à une température inférieure à celle des
formations, ce qui lui permet de réduire efficacement l’échauffement de la garniture de forage et de l’outil.
Cet échauffement est dû d’une part à la température de fond et d’autre part à la transformation d’une partie
de l’énergie mécanique en énergie calorifique.
La circulation de la boue au centre de l’outil assure son nettoyage ainsi que sa lubrification. Cette dernière
est bien sûr en fonction du type de boue et de ses caractéristiques.

[Link]-Dépôt d’un cake imperméable


La filtration dans les formations perméables d’une partie de la phase liquide de la boue crée un film sur les
parois du sondage. Le film est appelé Cake. Sa formation dépend, non seulement de la vitesse de filtration,
mais de la distribution, de la compressibilité des particules solides, de la pression différentielle de filtration
et de la température. Le dépôt du cake permet de consolider et de réduire la perméabilité des parois du puits.
De ce fait, il est possible de réaliser des découverts importants, donc de réduire le nombre des tubages
techniques et de réaliser ainsi une économie notable.

38
Ce cake doit posséder certaines qualités qui sont fonction du type de boue et de l’équilibre physico-
chimique du fluide. La pression hydrostatique est contrôlée par la masse volumique de la boue. Cette
pression doit être assez élevée pour maintenir les parois du puits.

[Link]-Prévention des venues d’eau


Afin d’éviter le débit dans le sondage des fluides contenus dans les réservoirs rencontrés en cours de forage,
la boue doit exercer une pression hydrostatique suffisante pour équilibrer les pressions de gisements. La
pression hydrostatique souhaitée est maintenue en ajustant la densité entre des valeurs maximales et
minimales : un minimum afin de contrôler la pression des couches et maximum afin de ne pas créer des
suppressions qui pourraient endommager les formations et les réservoirs (colmatage).

[Link]-Augmentation de la vitesse d’avancement


Au même titre que le poids sur l’outil, la vitesse de rotation, le débit du fluide, le choix du type et des
caractéristiques de la boue conditionnent les vitesses d’avancement instantané, la durée de vie des outils et
le temps de la manœuvre, ou en un seul mot, les performances de forage. Un filtrat élevé augmente la vitesse
d’avancement. Les très faibles viscosités sont aussi un facteur favorable à la pénétration des outils.

[Link]-La récupération des informations géologiques


Les déblais remontés par la boue sont la principale source d’information du géologue, ainsi que l’évolution
physico-chimique du fluide de forage (pH, température, densité, viscosité, taux de chlorure,…etc).

4.3.2 Composition de la boue


La composition des fluides de
forage est un simple mélange
colloïdal d’eau et d’argile
(bentonite) ayant une densité de
1.6. La bentonite s’hydrate en
présence de l’eau en formant un
produit visqueux.
Ce mélange est classique et peut
être recomposé avec des additifs
aux besoins d’ajuster ses
caractéristiques rhéologiques et
physico-chimiques avec une
formulation adaptée pour chaque
forage. Ces combinaisons
associent l’eau et une multitude
d’additifs avec chacun d’entre eux
une fonction bien précise
(viscosifiant, réducteur de filtrat,
alourdissant, colmatant,
lubrifiant, etc.…). Le tableau
suivant donne la nomenclature des additifs utilisés ainsi que leur fonction.

39
Additifs utilisés dans la formation des fluides des forages (DADA M.2011)

Le mélange normal pour la boue « bentonitique » est de 50 kg par mètre cube d’eau (un mélange de 5 %),
ou de 70 kg par mètre cube si on s’attend à rencontrer des formations qui risquent de s’effondrer.

4.3.3- Contamination de la boue


La boue préparée avec ces caractéristiques physico-chimiques et rhéologiques bien précises voit ses
caractéristiques se modifier au cours du forage. L’accumulation de cuttings peut d’ailleurs provoquer le
coincement de l’outil et la perte du forage et du train de tige. Une boue chargée de sédiments fins peut
provoquer l’augmentation de sa viscosité. Les venues d’eau importantes vont diluer la boue et réduire sa
densité et sa viscosité. La présence de sels (gypse) accentue la floculation de la boue.

[Link]- La densité
La densité de la boue utilisée dans le forage d’eau doit être comprise entre 1.1 et 1.3. Quand la densité de
la boue diminue on fait dissoudre de la bentonite dans les bassins et au besoin, on peut ajouter des adjuvants
tel que la barytine (sulfate de
baryum) ou du carbonate de
calcium. Il s’agit de dosages
précis. Ils existent pour ce faire
des abaques qui indiquent la
quantité d’additif à rajouter
pour chaque valeur de densité.
Pour mesurer la densité de la
boue in situ, on emploie la
balance type Baroide.

Balance type Baroide


[Link]- La viscosité
Elle exprime la résistance d’un fluide à l’écoulement. Une boue très visqueuse est difficile à pomper, alors
qu’une boue fluide ne permet pas la remontée des cuttings et ne forme pas de cake sur les parois du trou.
La viscosité conseillée est de 40 à 45 secondes Marsh :
 pour les alluvions 70 à 100 [Link]
 pour les terrain dures 40 [Link]
 pour les terrains peu consolidés 45 [Link]

Ils existent plusieurs appareillages de mesure de la viscosité, mais sur le terrain on emploi le viscosimètre
de Marsh qui donne une appréciation de la viscosité de la boue d’une manière rapide et simple. Le
viscosimètre de Marsh est composé d’un entonnoir calibré de 1.5l de volume et d’un récipient de contenance
égale au ¼ de gallon. Le principe consiste à mesurer le temps d’écoulement du liquide (boue) en seconde.
A titre indicatif, la viscosité de l’eau pure à 20°c est de 26 secondes (946cm3).

40
Viscosimètre de Mash.

[Link]- Le pH
Il se mesure par colorimétrie. Le pH conseillé est de 7.2 à 8, car une avec un pH < 7 il y a risque de
floculation de la boue et pour un pH > 11 les parois du trou sont fragilisées.

[Link]- Le sable
Apres utilisation et même après décantation, la boue peut toujours contenir du sable provenant des
formations forées. Ainsi, une bonne boue doit contenir moins de 5% de sable. Une boue sableuse provoque
des risques d’érosion mécanique des pompes a boue et l’augmentation de sa densité et de sa viscosité. Le
remède utilisé pour extraire le sable de la boue consiste a l’installation d’un tamis vibrant à l’entrée de la
pompe à boue.

5-PROGRAMME DE FORAGE
Le programme du forage est établi par l’hydrogéologue en fonction des résultats de l’étude d’implantation
de l’ouvrage. Ce programme est fonction de la profondeur de l’ouvrage projeté, du diamètre final de
foration prévu et des caractéristiques géologiques et hydrogéologiques.

Avant de forer en reconnaissance un tube guide doit être installé et servira pour le maintien des parois du
trou sur les premiers mètres forés et servira aussi pour centrer « guider » le train de tige.

A titre d’exemple pour un forage de diamètre final de


17’’1/2, il est nécessaire d’installer un tube guide de de 19’’
minimum et d’une longueur de 5 à 10m selon la profondeur
du forage.

Ainsi les opérations peuvent être détaillée comme suit


 Forage au diamètre 20’’ ou plus sur une profondeur
de 5 à 10m
 Mise en place d’un tube guide en acier noire (4 à
6mm d’épaisseur) de même longueur
 Cimentation de l’espace annulaire. Le ciment
employé est un laitier de ciment composé de ciment
et de sables de carrière.

41
Apres prise du ciment, on peut entamer le forage de reconnaissance en 8’’1/2 jusqu’à la profondeur prévue
par l’hydrogéologue. Toutefois cette dernière peut être augmentée en fonction de la description des cuttings
et de l’enregistrement des diagraphies.

Une fois la reconnaissance terminée, l’hydrogéologue peut soit poursuivre les travaux (si les conclusions
issues de la description des cuttings et du comportement de la boue lors du forage sont favorables pour la
productivité du forage), soit programmer un essai de nappe qui peut se faire par une pompe immergée (si
la formation est consolidée), ou par un système air lift (compresseur d’air).

Dans le cas où le forage est négatif ou improductif, il sera abandonné et rebouché. À l’opposé, si le forage
est positif la poursuite des travaux comprend les opérations suivantes :
 Elargissage successifs jusqu’au diamètre final prévu
 Mise en place du tubage d’équipement (cf paragraphe 5)
 Mise en place du massif du gravier (cf paragraphe 5)
 Développement (cf paragraphe 6).

6- EQUIPEMENT TUBULAIRE
6.1- Choix de l’équipement tubulaire
6.2- Plan de tubage
L’idéal est de disposer d’un forage de section constante et de placer un tubage de de même diamètre d’un
bout a l’autre. Mais en réalité dans les forages profonds on place des colonnes télescopiques avec réduction
des diamètres au fur et a mesure que la profondeur augmente.
télescopique
Colonne simple

Colonne

Nous devons donc forer assez largement en surface de tel sorte que l’on puisse aux changements successifs
du diamètre, nous aboutissons en bas au diamètre prévu de la colonne où sera installée la pompe. Celle-ci
doit être libre dans la dernière colonne (jeu de 1 pouce au moins) afin d’éviter les frottements ou les risques
de coincement de la colonne d’eau/pompe lors de sa mise en place.

6.3- Choix du tubage


Universellement le diamètre du tubage fait référence au diamètre intérieur. La différence entre ce dernier
et le diamètre extérieur permet de connaitre l’épaisseur du tubage. Le diamètre intérieur est choisi en
fonction du diamètre de la pompe qui augmente en fonction de son débit et de son HMT. Le diamètre
extérieur est fonction des contraintes mécaniques qui s’exercent sur le tubage.
6.3.1- Résistance mécaniques des tubages
Les colonnes du tubage lors de leur exploitation peuvent être exposées aux efforts de traction, d’écrasement,
d’éclatement, de flambage et de flexion. C’est pourquoi, nous devrions tenir compte lors du choix des tubes
d’équipement des forages de ces contraintes. Dans ce qui suivra on détaillera ces contraintes :

42
6.3.2- Résistance aux efforts de traction
Les tubes les plus couramment utilisé sont classées selon les normes API (Americain Pétrolium Institut) et
sont fournis par les aciéries en longueur variant de 4 à 10m.
Pour chaque diamètre, ils existent plusieurs qualités d’acier qu’on appelle Nuance ou grade et pour chaque
diamètre et chaque nuance ils existent plusieurs épaisseurs.
Les contraintes de traction se traduit par le fait que chaque élément de tube descendu dans le forage subit
le poids de toute la colonne située au-dessous lors de sa mise en place.
NUANCE (GRADE)
H25 H40 H55 H80
2
Limite élastique (Kg/mm ) 17.5 28 38.5 56
Charge de rupture (kg/mm2) 28 42 52.5 75
Pour tenir compte des pertes de section dues aux filetages, il est prudent de prendre que la moitié des valeurs
indiquées dans le tableau ci-dessus. Par ailleurs, une colonne ouverte à sa base descendue dans un trou de
forage plein de boue de densité 1.3 se trouve allégée d’environs 1/6 de son poids. Par contre si la colonne
est fermée à sa base (clapet) la valeur de la poussée verticale qui l’allège se calcule par l’expression
suivante :
P= (H x D2/2) x d
Avec :
P : Poussée d’Archimède
H : Longueur de la partie émergée dans la boue
D : Diamètre nominale en pouce
d : densité de la boue (1.3)

6.3.3- Résistance aux efforts d’écrasement


Ces efforts se manifestent lorsqu’on vide une colonne pleine de boue pour la mettre en production. La
résistance a l’écrasement est, pour un métal donné, fonction inverse du rapport entre le diamètre extérieur
et l’épaisseur (voir tableau suivant).
Diamètre/épaisseur Pression d’écrasement
(Kg/mm2)
15 1000
20 500
25 280
30 150
35 100
40 70
45 50

6.3.4- Résistance aux efforts d’éclatement


C’est le fluide a l’intérieur de la colonne qui exerce une force centrifuge vers l’extérieur. Cette pression
s’exprime par :
2𝑒𝑅
=𝑃
𝐷
Avec :

43
P : Pression interne critique
e : épaisseur du tube (cm)
R : Résistance du métal (voir tableau ci-dessus), sinon on considère qu’elle est de 60% de la limite élastique.
D : Diamètre intérieur du tubage en cm.

6.3.5- Résistance au flambage et à la flexion


Le flambage peut se produire si la colonne du tubage rencontre un obstacle lors de sa descente, alors que la
flexion serait à craindre s’il y a une très forte déviation du trou.

44
TD N°03
Exercice 01
Soit une colonne de 4’’1/2 de diamètre en nuance H40, d’&pisseur de 6.35mm et ayant une section de métal
de 2170mm2 et pesant 17.25kg au mètre linéaire.
a) Jusqu’à quelle longueur maximale peut on utiliser ces tubes sans risques de rupture dans un
trou sec ?
b) Jusqu’à quelle longueur maximale peut-on utiliser ces tubes sans risques de rupture dans un
trou plein de boue (sans bouchon) ?

Exercice 2
A qu’elle profondeur une colonne de 13’’3/8 de diamètre et de 8.38mm d’épaisseur risquerait d’être
écrasée par pression exercée par la boue ?

Exercice 3
A qu’elle pression centrifuge un tubage de 12’’ de diamètre et de 5mm d’épaisseur, descendu dans un forage
en exploitation, peut-il résister ?

45
6.4- Equipement du système de captage (crépines et massif de gravier)
Toute l’eau qui provient de la formation passe par la crépine Pour obtenir un bon rendement du forage en
terrains peu consolidés, il faut utiliser un tube crépiné entourée d’un massif de gravier qui soutient le terrain
et évitent l’ensablement du forage ainsi que le colmatage des crépines.

6.4.1- Les crépines (types et matériel)


Le bon choix des crépines (diamètre, longueur, types et dimensions des ouvertures, matière, épaisseur)
permet d’assurer le bon rendement du forage et sa durée de vie.
Les matériaux utilisés sont des alliages qui résistent le mieux aux attaques chimiques : fer, bronze, acier
inoxydable, fer galvanisé, PVC. La corrosion électrolytique est à craindre quand deux métaux différents
sont reliés électriquement dans une solution conductrice. Il est donc recommandé d’utiliser des crépine et
tube de même nature (pour éviter l’effet pile). Le choix du matériau dépend bien évidement du cout mais
surtout de la granulométrie de l’aquifère. Les ouvertures de type Johnson permettent un large choix dans
les dimensions des ouvertures et on peut aller jusqu’à moins de 0.25mm, contrairement aux autres types de
crépine où il est souvent techniquement impossible d’avoir de petites ouvertures.
Les ouvertures sont de plusieurs types : circulaires, à fentes, a nervures repoussées et en spirales type
Johnson…etc. ces dernières présentent une résistance mécanique élevée et le pourcentage des vides est
assez élevé.

Crépine en PVC a nervure en fentes


horizontales

Les crépines à nervures repoussées, contrairement aux crépines à fentes ou à trous, ne subissent pas
d’enlèvement de métal et gardent ainsi une résistance mécanique optimum.
Les crépines en plastique (PVC ou PEHD), bien qu’elles soient insensibles à la corrosion chimique résistent
moins à l’écrasement et sont donc inutilisables dans les forages profonds. D’autres part le pourcentage des
vides est faible.
6.4.2- Position des crépines
Le programme d’équipement tubulaire (disposition des tubes pleins et crépinés) du forage est établi par
l’hydrogéologue après interprétation des cuttings (établissement de la coupe lithologique) et des
diagraphies.
La crépine doit être placée dans une position où les caractéristiques hydrauliques sont les meilleures. Pour
choisir cette position, on doit se baser sur :
-les diagraphies instantanées,
-pertes de boue…
-le carottage.
-l’analyse granulométrique des échantillons.
-les essais de perméabilité.

46
En règle générale, on crépine 70 à 80% de l’épaisseur des nappes captives. Par contre dans les nappes libres,
il faut éviter de dénoyer les crépines : le niveau dynamique ne doit pas être rabattu au-dessous du bord
supérieur de la crépine et on crépine le tier de l’épaisseur total de l’aquifère.
NS
NS

ND Aquifère

Imperméable

Notons que pour bien centrer la colonne de tubage dans le trou lors de sa mise en place, il est conseillé
d’utiliser des centreurs placés sur la colonne a raison d’un centreur tous les 25m ou 50m. Ces derniers sont
choisis en fonction du diamètre du tubage pour connaitre le diamètre des colliers de fixation et en fonction
du diamètre du trou (diamètre des bras)

6.4.3- Ouverture des crépines (Dimensionnement)


Les dimensions des ouvertures des crépines sont dimensionnées a partir de l’interprétation de la courbe
granulométrique du terrain aquifère. Quand il n’y a pas de massif de gravier (roches compactes à fissures
ouvertes et propres : sans argiles ou limons), la crépine doit retenir 40 à 50% des particules du terrain. En
présence du massif du gravier, l’ouverture des fentes de la crépine doit être inférieure au diamètre de la
particule la plus fine du gravier utilisé (voir paragraphe 5.4.5).
Les ouvertures des slots sont dimensionnées en unité slot = 1/1000 pouces.
D’autres part le choix du type de crépine permet d’optimiser le pourcentage des vides ou indice des vides
« I ». Cet indice conditionne la vitesse d’entrée de l’eau. Un tube crépiné dont I < 0.5 soumettra la crépine
a de forts jets d’eau (vitesse d’entrée de l’eau trop élevées) ce qui et provoquera à long terme sa
détérioration.
𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑛𝑡𝑒𝑠
𝐼=
𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑢 𝑡𝑢𝑏𝑒

6.4.4- Détermination de la longueur des crépines


La surface totale des fentes (ouvertures des crépines) conditionne le débit maximal que l’on peut extraire
du forage. Il est donc nécessaire de s’assurer que la longueur de la crépine permet d’obtenir le débit
escompté sans entrainer beaucoup de particules fines de l’acquière (formation géologique captée). Car plus
le débit est élevé plus le risque d’entrainement des particules de sables et fines est important notamment
dans les aquifères sableux et limoneux. L’équipement d’un forage passe donc par un « compromis » entre
47
la longueur du tubage crepiné (qui est fonction de l’épaisseur du banc aquifère à capter) et la surface
d’ouverture des crépines, tel que :
𝑄
En considérant 𝑆𝑓 = , avec Q : débit d’exploitation (m3/h), V : vitesse d’entrée de l’eau dans la
𝑉
crépine(m/h) et Sf : surface d’ouverture de la crépine (m2).
Les vitesses critiques d’écoulement dans la formation et dans le massif de gravier (vitesse au de-là des
quelles les éléments les plus fins sont entrainées. Les vitesses limites de pénétration de l’eau au droit des
crépines (vitesses au-delà desquelles apparaissent des pertes de charge singulières).
La vitesse ne doit pas être inférieure à la vitesse critique qui détermine le risque d’entrainement des
particules fines dans le système de captage.
Les vitesses calculées sont appelées vitesses théoriques, car elles ne tiennent pas compte d’un éventuel
colmatage des ouvertures par des éléments du
gravier et de la formation. En l’absence d’essais de
laboratoire, rien ne permet de vérifier l’existence et
l’importance de ces phénomènes. C’est pourquoi,
certains autours préconisent de prendre en compte
une réduction d’indice de vide de 50% (Mabillot),
ce qui reviendrait a multiplier ces vitesses
théoriques par deux (02). Le tableau suivant donne
les vitesses critiques pour chaque nature
d’éléments.
Vitesses critiques d’écoulement en fonction de la
taille des grains de la formation (R.C. Smith -Cf
figure suivante).

48
TD N°4
Exercice 1
On projette d’exploiter a 100m3/h un forage crépiné avec un tube de 150mm de diamètre ayant un
pourcentage d’ouverture de 20%. Les terrains aquifères sont formés de sables fins à granulométrie de 0.1 à
0.2mm. Déterminer la longueur de la crépine.
Exercice 2
Soit les deux coupes de forages suivantes :
0
NS
Imperméable
NS
25
Argiles légèrement
sableuses
ND

50

75m
Graviers

Marnes Imperméable Imperméable

Proposez un programme d’équipement tubulaire (disposition des tubes pleins et des tubes
crépinés) pour chaque forage.

49
6.4.5- Massif de gravier (Rôle et dimensionnement).
Il s’agit d’une enveloppe de 10 à 25cm d’épaisseur autour de la crépine. Il est disposé entre la crépine
(tubage) et le terrain. Cet espace est appelé « espace annulaire ». Dans le forage rotary il est conseillé lors
de sa mise en place de maintenir le forage en circulation de boue allégée de sorte a éviter ce que
communément appelé les bouchons.
Le gravier est constitué d’éléments arrondis de nature siliceuse. Cela permettra d’augmenter la perméabilité
et la porosité du massif de gravier. La nature siliceuse est vivement recommandée car ce type de roche
résiste mieux a la corrosion (mise en solution) et assurera donc sa durée de vie.
La granulométrie du massif de gravier est déterminée à partir de l’analyse granulométrique de la formation
aquifère.
Son rôle :
 Permet « d’ouvrir » plus largement les crépines et donc réduire les pertes de charge singulières
 Le maintien de l’aquifère meuble
 Une fois le développement terminé, il maintient l’aquifère dans un état stable et augmente la porosité
au voisinage de la crépine.

Le massif de gravier (MG) est indispensable dans les cas suivants :


 Terrains aquifères constitués de sables fins et uniformes. Dans ce cas le MG permettra de choisir
une ouverture plus grande des crépines.
 Nappes aquifères épaisses et artisiennes : le MG permet de réduire le diamètre de la crépine et
d’augmenter sa longueur (maintient des parois)
 Aquifères constitués par des formations mal cimentées : le MG maintient le terrain et évite sa
dégradation pendant la production.

De toutes les façons, le MG est utile dans tous les cas ne serait-ce que pour le rôle de stabilité de la
formation. Ou d’une autre manière le MG est indispensable quand la granulométrie de l’aquifère est
uniforme (U< d60/d10) et quand la courbe granulométrique se tient entre deux limites d60<0.5mm et
d10>0.03mm. Certains auteurs (B. Bremond) justifient l’utilisation du MG quand d10<0.25mm et 1<U<5.

Dimensionnement du MG :
On notera « D » : diamètre des particules de la formation aquifère et « d » : le diamètre du massif de gravier.
Deux cas de figure se présentent :

Premier cas : Uaq = D60/D10 < 2.5 :


- Formule de Johnson (USA) : on prendra un massif de gravier ayant un coefficient d’uniformité Ugr =
d60/d10 = 2 de sorte que le diamètre du MG d10 = 8D10

- Formule de Johnson utilisé en France :


4D30 pour un terrain très homogène
d30
6D30 pour un terrain moins homogène

Avec un coefficient d’uniformité Ugr = d60/d10 = 2 à 2.5 pour les deux cas

Deuxième cas : Uaq = D60/D10 = 2.5 à 5.

- Formule de Terzaghi : on prendra un massif de gravier ayant un diamètre d15 compris entre :
4D15<d15<4D85 (selon Bremond) ou 5D15<d15<4D85 (selon Colas De francs).

50
6.4.6- La cimentation :
Le rôle de la cimentation est de protéger le forage contre les pollutions extérieures ou l’isolement de niveaux
aquifères a eau salée ou impropre à la consommation. Elle peut être réalisée avec du ciment. Dans ce cas,
un bouchant d’argile doit être placé entre le massif du gravier et le ciment pour éviter que le laitier de ciment
ne colmate pas le massif. L’opération consiste à remplir avec un mélange d’eau et de ciment (laitier de
ciment) l’espace annulaire au-dessus du massif filtrant jusqu’à la surface de sol.
La cimentation doit être réalisée après le développement du forage mais surtout avant les essais de pompage.
Le dosage de laitier de ciment est d’environ 50 l d’eau pour 100 kg de ciment. Le volume du ciment doit
être minutieusement évalué pour éviter une sous-estimation ou une surestimation induisant ainsi soit une
mauvaise cimentation ou une surcharge de ciments au-delà des niveaux ciblés.

51
TD N°5
Soit un forage captant un aquifere constitué de sable dont la granulometrie est illustrée par la courbe
granulométrique suivante. De plus les eaux dans la région présentent un pH acide. Qu’elle est le type du
matriaux et le slot des crépines recommandé pour ce forage ainsi que les caractéristiques dimensionnelles
du massif du gravier.

52
TD N°6
a) Selon la configuration hydrogéologique présentée par la coupe suivante, implantez un forage
qui captera l’aquifère sur toute son épauisseur.

300

250

200

150

100

Niveau piézométrique

b) Qu’elle est la profondeur du forage (forage parfait)


c) Proposez un programme de réalisation du forage, dont le diametre final serait de 19’’.
d) Donner le programme d’equipement tubulaire (Type pein/tube crépiné de diametre 13’’3/8)
adéquat, sachant la formation aquifere est homogene composée de sables moyen et gres.
e) Qu’elle serait le volume du gravier filtarant
f) Calculer le volume et les dimensions du massif de gravier (on donne pour cela le diametre D10
de l’aquifere = 250µm et D60 = 500µm).
g) Qu’elle est le slot des crépines.
h) Qu’elle est le type du matériau du tubage conseillé, sachant que le pH de l’eau de la nappe est
égal à 7.01 et le pH d’équilibre calculé est de 6.3.

53
7- DEVELOPPEMENT DU FORAGE.
7.1- Généralités.
Après la mise en place de la colonne de tubage (tubes pleins et tubes crépinés) et du gravier on avant de
mettre le forage en production, il est indispensable de proceder à son développement. Cela consiste, entre
autres, à améliorer la perméabilité de la formation aquifère située autour de la crépine et à stabiliser cette
formation. Il permet aussi d’éliminer les éléments fins qui colmatent naturellement le terrain et la boue de
forage utilisée (mud cak) lors de la foration et à agrandir les fissures dans les roches massives fissurées. Il
faut savoir que la mise en production immédiate d’un forage sans développement aurait des conséquences
fâcheuses :
 Elle ne permettrait pas de d’obtenir le débit optimal pouvant être fourni par l’aquifère.
 Elle entrainerait certainement d’importantes venues de sables (endommagement de la crépine et de la
pompe, colmatage, et tassement du massif de gravier)
Le développement d’un forage consiste à nettoyer la zone de l’aquifère à proximité immédiate des crépines
afin d’éliminer tous déblais et fluides de forage, ainsi que les sédiments en suspension.
Le développement d’un forage est réalisé soit par pompage, soit par soufflage (air-lift) et il doit permettre
d’atteindre un débit nominal d’au moins 30% supérieur au débit d’exploitation du forage. Un forage doit
être développé jusqu’à l’obtention d’une eau claire dépourvue de turbidité et de toutes particules fines. Le
développement de certains forages prend quelques heures tandis que pour d’autres, il peut nécessiter
plusieurs jours, selon la géologie du terrain et la méthode de forage.
On peut se passer du développement dans le cas d’un aquifères à terrain fissuré ou karstiques et
alluvionnaires (graviers propres).
7.2- Procédés utilisés
Ils existent plusieurs protocoles techniques permettent de réaliser un développement d’un forage. Le choix
du protocole suppose une bonne connaissance du contexte hydrogéologique et technique du forage mais
aussi des moyens disponibles :
 Air lift,
 Développement a la pompe,
 Pompage alterné - différentes méthodologies peuvent être mises en œuvre pour obtenir de brefs et
puissants chocs de pression,
 Pistonnage - création d’un mouvement de «va et vient » par l’emploi d’un piston actionné
verticalement,
 Jetting -projection d’un puissant jet d’eau (éventuellement d’air) horizontal à travers la crépine,
généralement associé à l’air lift,
 sur pompage – à utiliser par tranche successive de crépines ou pour des débits d’exploitation
beaucoup plus faibles que le débit de sur pompage,
 Surfacturations dans le cas de forage en terrain consolidé (granite, calcaire, grès, etc.) –
 Développement chimique : utilisation de différents agents chimiques (acide, polyphosphates etc..)
sélectionnés en fonction des caractéristiques lithologiques des formations,

54
7.2.1- Développement par surpompage :
C’est la méthode la plus simple, elle est couramment utilisée, mais ce n’est pas la plus efficace. Le
procédé consiste à mettre, provisoirement, le forage en production par un pompage à un régime (débit)
supérieur à celui fixé pour l’exploitation. L’inconvénient de cette méthode réside dans les faits suivants :
 Le surpompage est unidirectionnel, il est donc sans effets sur les ponts de sable qui ne peuvent
être rompus que par un flux alterné.
 Ce procédé entraine une détérioration rapide de la pompe utilisée.
 Si l’on augmente le débit d’exploitation (pour répondre a des besoins supplémentaires) les venues
de sables sont à craindre
7.2.1- Développement par pompage alterné
Cela consiste à mettre le forage en pompage par une pompe avec un débit maximal pour atteindre un
rabattement maximal et on arrête brusquement le pompage. Toute l’eau de la colonne d’aspiration va
retomber brusquement. On crée ainsi des variations brutales de pression qui ont pour effet de développer la
formation. On recommence l’opération autant de fois que nécessaire jusqu’à obtention d’eau claire. On
emploie de préférence une pompe centrifuge classique à axe vertical, sans clapet de pied,
7.2.2- Développement par pistonnage
Cette méthode exercée à l’aide d’un piston actionné verticalement dans les deux sens à l’intérieur d’un
forage tubé et crépiné. Dans son mouvement de remontée, le piston crée une dépression, au-dessous de lui,
qui attire l’eau et le sable fin de la formation vers la crépine. Ce sable traverse la crépine et s’accumule à
l’intérieur. On l’extrait ensuite par cuillère. Le classement des matériaux de la formation et du massif du
gravier, tout autour et au voisinage immédiat de la crépine, s’opère progressivement dans cette zone
sensible.
7.2.3- Développement par lavage au jet sous pression
Le lavage au jet sous pression est simple et moins couteux. Un outil à jet, très facile à construire, est relié
a une pompe à haute pression, la tuyauterie, rigide ou souple, la
robinetterie et la cuverie correspondantes constituent tout
l’équipement. Les puissants jets d’eau ou de solution chimique
sont projetés, à travers la crépine, dans la formation, ou dans le
massif de gravier additionnel qui l’entoure. Par la lente rotation
de cet outil, combinée avec un mouvement vertical de va-et-
vient, la surface entière de la crépine est soumise à l’action
vigoureuse des jets.
La turbulence crée déplace les particules de sable qui pénètrent
dans la crépine et qui sont extraites soit par pompage air lift soit
à l’aide d’une cuillère.
7.2.3- Développement par air lift
Cette méthode est la plus efficace si elle est bien adaptée et bien conduite. Elle présente l’avantage de
n’entrainer aucune détérioration du matériel employé. Cette méthode permet à la fois d’extraire les
particules fines et de pomper l’eau chargée vers l’extérieur en alternant l’action de flux et de reflux
provoquée par de grands volumes d’air introduit dans l’ouvrage via un compresseur d’air. Cette méthode
offre aussi de meilleurs résultats quant au tassement du massif de gravier et le classement de ces éléments.
55
La figure suivante montre le montage à réaliser. L’opération consiste à alterner les phases de pompage à
l’air-lift (en utilisant un compresseur d’air) et de soufflage brusque. Cette dernière phase est réalisée en
descendant le tube d’air à l’intérieur de la crépine.

Equipements et dispositif de développement d’un forage à l’air lift.

7.2.4- Développement chimique :


Aux polyphosphates :
Les polyphosphates (pyrophosphates tétrasodiques hexamétophosphates de sodium, etc.) agissent sur les
échanges sodium-calcium, et provoquent la défloculation des argiles qui sont
ensuite éliminées par pompage a l’air lift. Ce produit assure l’élimination du
mud cake et de la bentonite utilisée lors du forage ainsi que les éléments
argileux de la formation aquifères (si elle en contient). Leur mise en œuvre
s'effectue par des pistonnages successifs à l’air lift (dispositif à tète de forage
fermée) pour obtenir un effet mécanique qui déstabilise le dépôt argileux. En
cas d'acidification des précautions sont à prendre ; les polyphosphates placés
dans un milieu acide tendraient à effectuer une réversion en orthophosphates
agissant comme un floculant pour les argiles. Le produit est fourni en poudre
emballé dans des sacs et doit être dilué dans de l’eau avec agitateur avant sont introduction dans le forage.

56
Aux acides :
Ce moyen est utilisé pour les terrains aquifères renfermant des éléments que le produit employé permet
d'éliminer en les solubilisant. On le recommande pour les terrains à perméabilité de fissures (les carbonates
les granites les grès a ciments calcaires) dans la mesure ou l’acide chlorhydrique permet d'agrandir les
passages d'eau en terrain fissurés. Son action est très rapide. Elle peut être répétée en fonction des
améliorations constatées.
Pompage et injections alternés permettent d'éliminer les impuretés formées d'oxydes de fer ou d'alumine
dont les précipités risqueraient de colmater les fissures. La première injection est faite en volume
correspondant à celui du forage : les passages sont augmentés en volume pour tenir compte de l'effet de
dissolution auquel est soumis le terrain. L'acidification a une action rapide et il est inutile de laisser la
solution en place ; puis on effectue un pompage de nettoyage à l’aide d’un dispositif air lift.
Cependant, des précautions doivent être prises en cas de rejet des produits de nettoyage dans un cours d'eau
afin d'éviter des dommages à la faune et la flore. Elles consistent à réduire les teneurs en chlorures par un
étalement des temps de pompage ou à injecter une solution de soude dans la conduite d'exhaure pour régler
le pH sur celui de la rivière.
8- LES ESSAIS DE POMPAGE
8.1- Généralités :
Les tests de pompage interviennent après les opérations de nettoyage et de développement du forage. Ils
sont d’autant plus importants que le prélèvement envisagé est élevé. On distingue les essais de puits et les
essais de nappe.

8.2- Objectifs des essais de pompage :


Les essais de pompage ont comme objectifs :
a- la détermination des différentes caractéristiques hydrodynamiques de la nappe aquifère :
- la perméabilité K
- la transmissivité T
- l’étendue de la nappe : le rayon d’action Ra (rayon d’influence)
- le coefficient d’emmagasinement S

Dans ce cas on réalise un essai de pompage de longue durée et pour ce faire je vous renvoie sur le cours
des essais de pompage (matière hydrogéologie)

b- le réglage optimal du débit d’exploitation d’un forage pour éviter la surexploitation et l’assèchement
de la nappe, à travers :
- la détermination du débit spécifique, du rabattement spécifique, la productivité de l’ouvrage, le
débit maximum admissible et le rabattement maximum admissible.
- la détermination des durées et des périodes de pompage.
- la détermination de la position optimale pour l’emplacement de la pompe.

Dans ce cas on réalise des essais de pompage de courtes durées (essais par palier) et pour ce faire je vous
renvoie sur le cours des essais de pompage (matière hydrogéologie).
Ce type d'essai, dit de courte durée, réalisé à débits croissants de durée constante, vise à s’assurer des
capacités de production du forage. L’essai permet de déterminer le débit à ne pas dépasser en cours
d’exploitation (débit critique) sous peine de détérioration de l’ouvrage et le débit d’exploitation optimum.
Les caractéristiques de la pompe dépendent des résultats obtenus. Les tests consistent en 3 à 5 pompages à

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débit croissant mais de durée constante (1 à 2 h) espacés d’un temps d’arrêt au moins équivalent permettant
à la nappe de retrouver son niveau d’équilibre initial. Les débits des différents paliers sont choisis sur la
base du débit atteint en fin de développement. La durée est à moduler en fonction du débit escompté. Le
pompage doit être accompagné de la mesure simultanée des niveaux d’eau dans le forage.
Ces données permettent de tracer la courbe
caractéristique du forage qui montrent l’évolution
des rabattements en fonction du débit (voir figure
suivante qui illustre un exemple d’application).

La courbe caractéristique montre une pente


régulière dans sa partie initiale et une partie
terminale qui s'incurve. La partie incurvée révèle
des turbulences dans l'écoulement de l'eau
souterraine vers la pompe qui, à terme peuvent
endommager celle-ci, déstabiliser le massif de
gravier et provoquer l'apparition d'eau turbide. Il
convient donc de ne pas dépasser un débit critique
que l'on situe graphiquement au point d'inflexion
de la courbe caractéristique. Le débit
d'exploitation sera fixé à 10% en dessous de ce
débit critique. D'autres facteurs peuvent
également conduire à réduire le débit
d'exploitation : ne pas dénoyer les crépines ni la
pompe (contrainte sur le rabattement) et respecter
les éventuelles contraintes liées à l'influence du
forage sur les puits voisins.

9- RAPPORT DE FIN DE TRAVAUX


Le rapport de fin des travaux est établi par l’hydrogéologue après la fin des travaux. Ce rapport doit contenir
obligatoirement entre autres les informations suivantes :
 La localisation de l’ouvrage (lieu et coordonnées géographiques) ; et contexte hydrogéologique de la
région
 Les coordonnées du propriétaire de l’ouvrage (nom et téléphone du propriétaire) ;
 La nature de l’ouvrage : puits ou forage et sa profondeur ;
 L’usage de l’eau ;
 Les dates du début et de la fin des travaux ;
 Les dates des différentes opérations, difficultés et anomalies rencontrées ;
 Les caractéristiques techniques de l’ouvrage (cimentation, diamètre des tubages, profondeur de
l’ouvrage) ;
 Le compte rendu des travaux de comblement des forages abandonnés s’il y’a lieu (quand il s’agit de
forage de remplacement) ;
 La description des opérations de développement
 Les résultats des essais de pompage et le dimensionnement de la pompe recommandée,
 Les résultats des analyses d’eau ;
 La coupe géologique définitive avec indications du ou des niveaux des nappes rencontrées.
 La coupe d’équipement tubulaire en y indiquant ses caractéristiques

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10- CONTROLE ET SURVEILLANCE DU FORAGE
L’ouvrage doit être surveillé et entretenu pour :
 Garantir la protection de la ressource en eau souterraine vis à vis du risque de pollution par les eaux
de surface,
 Empêcher le mélange des eaux de différents aquifères,
 Éviter tout gaspillage d’eau.
Le gestionnaire de l’ouvrage doit consigner dans un registre, les données suivantes :
- les périodes d’exploitation si les prélèvements n’ont pas lieu en continu (dates de début et de fin
pour chaque période d’exploitation),
- les volumes prélevés mensuellement et annuellement, par le relevé de l’index du compteur
volumétrique.
Le compteur doit être régulièrement entretenu, contrôlé et, si nécessaire, remplacé, de façon à fournir en
permanence une information fiable.
 Contrôle de la productivité du forage.
Effectuer régulièrement une mesure du débit et du niveau d'eau en pompage (ou pression lue sur un
manomètre placé en tête du forage), dans des conditions de test identiques (même durée de pompage,
même durée d'arrêt préalable). La fréquence est à adapter si une diminution de la productivité (débit
spécifique) est constatée. Si la ressource diminue, naturellement ou à cause de prélèvements au voisinage,
l'exploitant doit en tenir compte dans la gestion de son installation.
Dans le cas où la baisse de productivité est imputable à l’ouvrage, on doit effectuer des opérations
réparatrices.
 Le pompage d'essai par paliers annuellement et comparaison avec l’essai initial.
 Contrôle du niveau du gravier
Si la configuration du forage le permet, effectuer au moins une fois par semestre le contrôle du sommet du
gravier additionnel. Si ce niveau diminue régulièrement cela traduit soit la création de cavités dans le
terrain, soit un entraînement de particules du terrain et/ou du massif filtrant.
 Le contrôle de l'intégrité de la tête de forage
Il est recommandé de vérifier tous les ans l'état, la stabilité, l'étanchéité de la tête du forage ou de la cave
de la tête du forage
 Contrôle du fond du forage
A l'occasion de chaque remontée de pompe ; il est recommandé d’effectuer ce contrôle au moins tous les
trois ans. Un comblement brutal ou progressif du forage traduit un dysfonctionnement qu'il faudra traiter.
Le contrôle se fait généralement avec une sonde lestée.
 Idéalement un contrôle par auscultation vidéo (caméra) pour s’assurer de l’état du tubage et des
crépines
Le gestionnaire de l’ouvrage doit tenir à jour un cahier de bord précisant pour chaque opération de contrôle
: la date d’intervention, le type de contrôle effectué et les constats réalisés. Pour les interventions confiées
à un tiers, il doit consigner en plus la raison sociale de l’entreprise.
Dans le cas où le contrôle révèle la nécessité d’effectuer une opération d’entretien, le cahier de bord doit
également comporter les informations suivantes : la date d’intervention pour l’entretien, le type
d’intervention. Ce cahier doit également faire état de toute anomalie survenue en phase d’exploitation.

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Ouvrages utilisés
1. S. Solages : choix et caractéristiques de colonnes de captage.
2. Cambefort H., 1963 : forages et sondages – 4eme édition Eyrolles, paris.
3. Campbell M.O. et Lehr J.H., 1974 : water well technologie
4. Castany G. 1963 : Tracé pratique des eaux souterraines, Dunod, Paris
5. Johnson division UOP Inc , 1975 : Ground water and wells
6. Mabillot A., 1971 : les forages d’eau -guide pratique-
7. Technip, 1974 : formulaire du foreur
8. Cottez S., 1965 : Massif filtrant pour puits et forages d’eau (BRGM)
9. Bremond R., 1965 : étude des caractéristiques technologiques des puits et forages sur leur
rendement et leur longévité.
10. Metaiche Mehdi, 2013 : Forage -techniques et procédés.
11. Diagana B et Sireau O., 1989 : étude de l’ensablement des puits.
12. CICR, 2012 : réalisation et réhabilitation des forages dans les conditions de terrain (revue
technique).
13. Schrambach A., 1966 : présentation de quelques méthodes de détermination approximatives de la
perméabilité et de la porosité (Ministère des travaux publics et de la construction -service des
études scientifiques -Algérie)
14. Marsh (H. N. 1931) : "Propriétés et traitement de boue Rotary" - Trans AIME de 92 pp 234-251
15. Damien du Portal, 1998 : le captage de source
16. Centre d’information du MDDEP, 2007 : Captage d’eau souterraine pour des résidences isolées-
guide technique-

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