AFGC Partie3a
AFGC Partie3a
Objectif de l’exemple
Cet exemple concerne le calcul des efforts généraux d’un immeuble complexe de grande hauteur, au
moyen d’une modélisation aux éléments finis globale.
Ce calcul intervient au démarrage des études d’exécution, son objectif concerne dans un premier
temps la détermination des ferraillages des fondations (parois moulées et barrettes) du socle afin de
pouvoir démarrer les forages des parois et barrettes.
Puis dans un deuxième temps, la modélisation sera utilisée pour calculer les efforts généraux dans les
voiles et planchers nécessaires aux calculs des ferraillages des différents éléments (voiles, poteaux,
planchers).
Cet exemple étudie en particulier les points sensibles de la modélisation de cet immeuble :
Une attention particulière est portée sur la gestion de la modélisation, en détaillant sa préparation,
son intégration dans l’étude générale, son organisation et sa validation.
Présentation du projet
Cet immeuble est situé à Monaco en site urbain majeur, au milieu de terrains à pendages importants.
Il est constitué de 2 zones importantes :
un socle enterré dans sa zone arrière sur 13 niveaux constitué par des parkings en arrière et
des logements comprenant une école sur le devant côté mer ;
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éléments finis
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MODELISATIONS ET CALCULS
AUX ELEMENTS FINIS
DANS LE DOMAINE
DU GENIE CIVIL
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Sommaire
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
C.5.1 Solution 1 : modélisation de la 2eme tour par son torseur des efforts à sa base 18
C.5.2 Solution 2 : modélisation de la 2eme tour par un modèle brochette .................. 18
C.5.3 Solution 3 : modélisation de la 2eme tour entièrement par des coques ............. 21
D. Calculs de la modélisation globale ................................................................................... 21
D.1 Caractéristiques du modèle global ............................................................................. 21
D.2 Calcul du phasage ...................................................................................................... 21
D.3 Calcul sismique.......................................................................................................... 22
D.3.1 Calcul modal spectral ......................................................................................... 22
D.3.2 Poussées des terres sismiques ............................................................................ 22
D.4 Quelques résultats ...................................................................................................... 23
D.5 Ferraillage des fondations : parois moulées, barrettes et contreforts ........................ 24
E. Vérifications de la modélisation ....................................................................................... 26
E.1 Comparaison avec les études du dossier PRO ........................................................... 26
E.2 Validations internes lors de la modélisation .............................................................. 26
E.3 Validations internes en dehors de la modélisation .................................................... 26
E.4 Réunion validation modélisation ............................................................................... 27
F. Calcul des ferraillages de la structure .............................................................................. 27
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
A. Présentation de l’exemple
A.1 Objectif de l’exemple
Cet exemple concerne le calcul des efforts généraux d’un immeuble complexe de grande
hauteur réalisé à partir d’une modélisation aux éléments finis globale.
Il intervient au démarrage des études d’exécutions, son objectif concerne dans un premier
temps la détermination des ferraillages des fondations (parois moulées et barrettes) du socle
afin de pouvoir démarrer les forages des parois et barrettes. Puis dans un deuxième temps, la
modélisation sera utilisée pour calculer les efforts généraux dans les voiles et planchers
nécessaires aux calculs des ferraillages des différents éléments (voiles, poteaux, planchers).
Cet exemple concerne en particulier les sujets de la modélisation d’un immeuble, l’interaction
sol structure, les calculs sismiques, les calculs non linéaires ainsi que les calculs phasés.
Une attention particulière est portée sur la gestion de la modélisation, en détaillant sa
préparation, son intégration dans l’étude générale, son organisation et sa validation.
A.2 Présentation du projet
Cet immeuble est situé à Monaco en site urbain majeur, au milieu de terrains à pendages
importants. Il est constitué de 2 zones importantes :
• Un socle enterré dans sa zone arrière sur 13 niveaux constitué par des parkings en
arrière et des logements comprenant une école sur le devant côté mer.
• Une tour sur 25 étages repesant sur une partie du socle
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Tour 25 étages
aval
Bâtiment indépendant Logements + Ecole
Vue générale du projet coupe au niveau des infrastructures
Poussées
des terres
Poussées
des terres
Poussées
des terres
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
prendra en compte d’une part tous les sols autour du projet et d’autre part la structure
propre du projet.
Les poussées de terres appliquées à la modélisation seront issues du modèle « 3D
Géotechnique ».
• Les poussées dyssimétriques des terres et leurs intensités importantes nécessitent
de considérer des zones en butées et d’autres en poussées, et de modéliser les
frottements horizontaux des parois sur le sol lorsque cela est possible.
• La méthode de construction de la fouille en up and down sans mise en place de
tirants, associée avec la dyssimétrie des poussées a des conséquences très
importantes sur la modélisation. En effet, lors de la construction, les poussées des
terres sont reprises d’une part par la paroi moulée périphérique (ce qui est
classique), mais aussi par les barrettes intérieures, ce qui rend caduque les calculs
classiques 2D. Il est donc nécessaire d’intégrer les phases de construction dans la
détermination des efforts.
B.4 Données d’entrées :
Il est nécessaire de lister et valider toutes les données d’entrées qui constituent la base du
calcul :
• Le dossier architectural PRO
• Le dossier Gros œuvre PRO réalisé par la maitrise d’œuvre (plans et notes de calculs)
• La synthèse des réservations qui apparaissent dans les dossiers PRO et qui
malheureusement évoluent tout au long des études.
• Les poussées des terres « 2D » calculées par le BET FONDATIONS dans un premier
temps, qui servent à la mise au point de la modélisation
• Les poussées des terres « 3D » qui résultent de la modélisation 3D GEOTECHNIQUE
qui se déroule en parallèle de la modélisation structure. Elle permettra de corriger les
poussées classiques « 2D » par les effets dus à la géométrie des sols et de la structure
(effets de voute en particulier).
• Les poussées des terres sismiques qui se cumuleront aux effets sismiques inertiels.
• Les raideurs des sols et frottements en statique
• Les raideurs des sols et frottements en dynamique
• Les phasages de construction
• Les méthodes de chantier
B.5 Données de sorties
Elles sont assez simples, car elles concernent la définition des ferraillages des parois moulées
et barrettes à transmettre au BET Fondation pour qu’il puisse réaliser les plans de ferraillages
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
P
H
A
Réalisation des plans de
S Réalisation des plans de ferraillage des voiles en sous œuvre
ferraillage des panneaux
E
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
C. Réalisation de la modélisation
C.1 Principe de la modélisation géométrique
C.1.1 Décomposition en trois parties indépendantes
La modélisation a été décomposée en trois parties indépendantes assemblées en phase finale :
Axes de la tour
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
• -soit la paroi appuie sur le sol, le ressort est alors mis en butée sa raideur est celle en
butée
• -soit la paroi tire sur le sol, il y alors décollement, la raideur du ressort est donc nulle
(la paroi est en fait en état de poussée)
Il apparait donc des zones de poussées et de butées pour chaque cas de charge.
Nous avons étudié 2 méthodes :
- Soit définir manuellement par itérations les zones de butées pour chaque combinaison
de charge.
- Soit utiliser des ressorts non linéaires travaillant seulement en butée
C’est la deuxième méthode non linéaire qui a été adoptée , car les temps de calculs se sont
révélés acceptables.
Deux lois matériaux sont utilisées pour les ressorts de modélisation de sol :
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Les ressorts de frottement sont horizontaux : pas de frottement dans le sens vertical
Ces ressorts concernent les raideurs frontales et les raideurs en frottement, il varient en
fonction des couches de sol.
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Un coefficient de friction de 0.7 est ajouté pour modéliser un frottement dans le plan du
contact entre panneaux avec une limite de 0.7xcontrainte normale à la surface
C.2.4 Liaisons entre les contreforts et les panneaux de la paroi moulée
Elle est réalisée selon le même principe que pour la liaison entres panneaux de la PM
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Il est à remarquer que les longueurs des niveaux inférieures dépassent 100 ml donc
supérieures aux longueurs réglementaires de prise en compte des effets du retrait.
Un calcul de cette zone sous les effets du retrait devra être réalisé lors de la deuxième phase
d’étude, afin de déterminer les ferraillages longitudibaux des voiles et planchers.
Par homogénéité avec la grande fouille, les pieux des fondations sont
modélisés entièrement avec mise en place de ressorts horizontaux et
verticaux selon les couches de sol.
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Nœud VENT +
liaison rigide
Rive de dalle
Maillage de la dalle avant épuration des points inutiles sur la rive de dalle
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Cet exemple montre bien les problèmes rencontrés lors de la récupération automatique de
fichiers DWG ou REVIT.
Bien que n’étudiant pas dans un premier temps les effets du vent non dimensionnant, la
modélisation comprend à chaque étage la définition d’un nœud « VENT » positionné au
centre de gravité du plancher et liaisonné aux voiles du noyau par des liaisons rigides.
Ces nœuds serviront par la suite à introduire les torseurs des charges de vent calculés dans le
rapport vent pour chaque niveau de la tour.
Les torseurs résultants sismiques de la 2eme tour sont alors calculés sur un modèle de la tour
seule encastrée à sa base.
Cette méthode n’a pas pu être mise en application car elle cumule directement les efforts
sismiques des deux tours générant ainsi des efforts non admissibles dans la paroi moulée. Il
est apparu en effet lors du dossier PRO qu’il n’y avait pas d’interférence sismique entre les 2
tours.
C.5.2 Solution 2 : modélisation de la 2eme tour par un modèle brochette
Nous avons réalisé un modèle brochette de la tour isolée.
Ce modèle est constitué d’une barre verticale modélisant le noyau dont les caractéristiques
sont définies à partir de cas tests du modèle de la tour domaniale en disposant des charges
horizontales en tête (selon X et Y) , puis en étudiant les inerties équivalentes produisant les
mêmes déformations.
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Compte tenu des dissymétries des planchers, il est apparu assez rapidement qu’une
modélisation brochette classique en affectant les masses à chaque niveau ne convient pas,
car les torsions ne sont alors pas prises en compte.
Chaque plancher a été découpé en 4 parties auxquelles sont affectées les masses
correspondantes.
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Mode torsion :
f=2.2 Hz f=1.3 Hz
Mode de séisme vertical :
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Le modèle brochette ainsi validé a été mis en place dans la modélisation générale en disposant
des liaisons rigides entre la base de la brochette et les parois et barrettes porteuses de la
grande fouille
Il est apparu une diminution des efforts dans les parois moulées par rapport à la première
solution. Par contre la liaison rigide a généré des efforts très importants non admissibles au
niveau de la paroi moulée, qui n’apparaissent pas dans la liaison de la première tour.
Il faudrait donc modéliser en coque le premier niveau de la deuxième tour pour obtenir des
résultats cohérents.
Cette solution a donc été abandonnée au profit de la troisième solution
C.5.3 Solution 3 : modélisation de la 2eme tour entièrement par des coques
C’est la solution à éviter qui a été utilisée ici, les temps de calculs ont augmenté tout en étant
respectable.
Vue arrière du modèle montrant l’ancrage de la 2eme tour dans la paroi moulée
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Les analyses modales sont réalisées sur 100 modes ce qui permet d’intéresser au minimum
70% de la masse participative. Le mode résiduel est ensuite ajouté pour atteindre 100% de la
masse.
Les 2 calculs avec ou sans deuxième sont assez proches, le 1er mode est de 0.471 Hz avec 2
tours et 0.582 Hz avec une seule tour.
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
Les ferraillages sont ensuite calculés en appliquant les règles usuelles et réglementaires du
béton armé
E. Vérifications de la modélisation
C’est le sujet le plus important de cette modélisation complexe : comment montrer la validité
des résultats ?
Il a été procédé à plusieurs types de validation
E.1 Comparaison avec les études du dossier PRO
Les principaux résultats ont été comparés par rapport à ceux figurant dans le dossier PRO :
- Bilan des masses
- Torseur des réactions d’appuis pour les cas de charges élémentaires
- Déformations sous charges permanentes et sous séisme
- Modes propres
- Etc..
E.2 Validations internes lors de la modélisation
Elles sont réalisées lors de la modélisation et lors des vérifications des principaux résultats
Cela concerne en outre :
• la visualisation de la géométrie, repères locaux, épaisseurs, etc..
• la visualisation sous forme graphique des chargements appliqués au modèle,
• la visualisation des cartographies d’acier pour faire apparaitre les zones chamoteuses
éventuelles repérées par des sections d’aciers importantes
• la visualisation des déformées des cas de charges élémentaires
E.3 Validations internes en dehors de la modélisation
Une personne extérieure à la modélisation a contrôlé plusieurs points
• Activation et désactivation des groupes d’éléments (surfaciques, filaires ou ressorts)
dans le phasage de calcul
• Lois de comportement conformément aux données d’entrées
• Attribution de la loi de comportement pour tous les ressorts de butée ou de frottement
suivant la localisation du panneau et le niveau.
• Orientation des ressorts non linéaires qui ne travaillent qu’en compression
• Respect du palier plastique des ressorts au cours des différentes phases
• Chargement des éléments
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
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Modélisation d’un immeuble de grande hauteur
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2020/07/03 17:24 1/3 Exemple C - Modélisation de grillages de poutres
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éléments finis
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SOMMAIRE
1. PREAMBULE 2
1.1. Nécessité d’une étude globale 2
1.2. Objet de la note 2
2. MODELISATION 4
2.1. Géométrie réelle 4
2.2. Géométrie du modèle n°1 7
2.3. Géométrie du modèle n°2 13
2.4. Chargement 19
2.5. Conditions d’appuis 22
3. RESULTATS 23
3.1. Entretoise centrale 23
3.1.1. Modèle n°1 23
3.1.2. Modèle n°2 24
3.1.3. Bilan entretoises 26
3.2. Hourdis 30
3.2.1. Modèle n°1 30
3.2.2. Modèle n°2 34
3.2.3. Bilan hourdis 37
4. CONCLUSION 38
5. ANNEXE – INFLUENCE DE L’INERTIE DE TORSION DES POUTRES 39
5.1. Entretoises 39
5.2. Hourdis 41
1
1. PREAMBULE
On présente dans ce document une solution pour modéliser une tablier multi-poutres présentant
des rigidités en flexion longitudinale importante (de type poutre PRAD ou VIPP).
L’objet de ce modèle est, plus particulièrement, d’étudier la flexion transversale (étude des hourdis
et des entretoises intermédiaires) et de conclure sur la pertinence ou non de modéliser le hourdis
de manière excentrée, suivant les efforts que l’on veut récupérer.
Notas :
Les différents modèles seront établis avec les entraxes réels des poutres et entretoises.
La précontrainte transversale n’est pas introduite dans la présente étude.
Dans les deux cas, le hourdis est modélisé comme des éléments de coques d’épaisseur variable.
2
L’objectif est de comparer les résultats selon deux critères :
• validité des résultats – comparaison directe des résultats fournis par les deux modèles /
validation des résultats.
• facilité d’exploitation des résultats / analyse du fonctionnement des modèles.
3
2. MODELISATION
4
2.1.2. Coupe transversale
5
2.1.3. Poutre
2.1.4. Entretoise
6
2.2. GEOMETRIE DU MODELE N°1
Le premier modèle consiste à prendre en compte les excentrement des retombées des poutres et
des entretoises. Visuellement, pour ce modèle la géométrie est très proche de la géométrie réelle.
2.2.1. Poutres
Les tables de compression des poutres sont modélisées en modèle coques comme partie intégrante
du hourdis. Seules les retombées des poutres sont modélisées en modèle « barre », hypothèse la
mieux adaptée vue la géométrie « linéique » de celles-ci.
La géométrie « complexe » des retombées ne nous permet pas d’entrer directement les dimensions
de la retombée dans Robot ; nous fournirons au logiciel directement les caractéristiques
mécaniques à prendre en compte.
7
La variation d’épaisseur de l’âme près des appuis est négligée (peu d’influence pour le calcul des
entretoises et du hourdis).
(hpoutre = 1,90 m – htable = 0,22 m – vpz = 0,642 m) => exc. = 190 – 64,2 – 22/2 = 114,8 cm
arrondi à 1,15 m.
2.2.2. Entretoises
Les tables de compression des entretoises sont modélisées en modèle coques comme partie
intégrante du hourdis. Seules les retombées des entretoises sont modélisées en éléments de type
« barre », hypothèse la mieux adapté vue la géométrie « linéique » de celles-ci.
La géométrie des retombée est entrée directement dans le logiciel.
8
=> exc. = 122/2 + 16/2 = 69 cm.
2.2.3. Hourdis
Le hourdis est constitué des éléments entre tables de compression des poutres « hourdis
intermédiaires » d’épaisseur constante = 16 cm et des tables de compression, que l’on considèrera
variable de 16 cm au bord à 22 cm à l’axe.
9
2.2.4. Travée
La travée est modélisée sur appuis simple (1 appui/ poutre).
10
11
12
2.3. GEOMETRIE DU MODELE N°2
Pour le second modèle, nous considérons les éléments linéique (poutres et entretoises), dans le
plan moyen du hourdis. De manière à modéliser les rigidités de flexion longitudinale et
transversale au plus juste, on considèrera les sections réelles des poutres et des entretoises.
2.3.1. Poutres
La géométrie « complexe » des retombées ne nous permet pas d’entrer directement les dimensions
de la retombée dans Robot ; nous fournirons au logiciel directement les caractéristiques
mécaniques à prendre en compte.
13
2.3.2. Entretoises
Conformément aux prescriptions du dossier type du VIPP, la largeur de hourdis prise en compte
de part et d’autre de la nervure de l’entretoise est égale au dixième de la distance entre axes des
poutres de rive, soit 1,80 m.
Largeur totale de la table = 1,80 + 0,25 + 1,80 = 3,85
14
2.3.3. Hourdis
La modélisation du hourdis est strictement identique à celle retenue pour le modèle n°1.
15
2.3.4. Travée
La travée est modélisée sur appuis simple (1 appui/ poutre).
16
17
18
2.4. CHARGEMENT
2.4.1. Principe
Nous allons comparer l’effet de chargements identiques, sur les deux modèles.
19
2.4.3. Système Bc
On considèrera deux camions Bc, disposés de front de manière à obtenir un moment maximum
dans le hourdis (résultante des essieux arrières centré sur la plaque).
20
2.4.4. Force ponctuelle
On considère une force ponctuelle de 10 t (équivalent à la roue Br) centré sur la plaque.
21
2.5. CONDITIONS D’APPUIS
Valables pour les deux modèles : un appui simple sous chaque poutre (sauf pour une poutre →
rotule ).
22
3. RESULTATS
23
3.1.2. MODELE N°2
24
25
3.1.3. BILAN ENTRETOISES
Les résultats fournis par le modèle n°1 ne sont pas directement exploitables : les sollicitations
concernent uniquement la retombée (effort normal + moment). Il est nécessaire de recombiner ces
sollicitations avec celles du hourdis qui correspondent aux sollicitations de la table de
compression de l’entretoise (effort normal et moment).
Hypothèses :
l’effort normal de la table de compression équilibre celui présent dans la retombée.
le moment présent dans le hourdis est négligeable devant le moment de la retombée (effet
global).
MTotal = N . e + Mretombée
A titre indicatif, on évaluera la largeur de hourdis nécessaire pour équilibrer l’effort normal sous
un cas de charge de type A(l).
26
27
On étudie plusieurs coupe et on intègre l’effort normal. L’intégration est réalisée par la méthode
des trapèzes.
X coupe NYY max N total
16.27 7.54
3.8
15.77 7.5
3.7
15.27 7.25
3.6
14.77 6.99
3.4
14.27 6.75
1.7
14.02 6.64
Total 32.2 /2
L’intégration de l’effort normal sur les coupes étudiées ci-dessus permet d’équilibrer l’effort
normal existant dans la retombée de l’entretoise.
La largeur « réelle » de hourdis nécessaire est de : (16,27 – 14,02) x2 = 4,50 m.
Soit une largeur de hourdis participante de 4,50 m (au lieu de 3,85 préconisé par le dossier type).
28
La largeur participante prescrite par le dossier type du VIPP est proche de celle mise en évidence
dans le cas présent : la géométrie de la table de compression de l’entretoise (poutre en Té) est
validée.
29
3.2. HOURDIS
30
31
32
33
3.2.2. MODELE N°2
34
35
36
3.2.3. BILAN HOURDIS
Modèle 1 Modèle 2
MYY max (t.m/ml) MYY min (t.m/ml) MYY max (t.m/ml) MYY min (t.m/ml)
Cas n°1 - Charge répartie 0.91 -0.40 0.92 -0.43
Cas n°2 - Système Bc 2.75 -1.89 2.82 -1.91
Cas n°3 - Force ponctuelle 1.11 -1.59 1.14 -1.64
Le modèle n° 2, qui ne considère pas d’excentrements, fournit des moments très proches dans les
hourdis (à 3% près) de ceux du modèle considérant les excentrements.
La complexification du modèle ne semble ni apporter de précision, ni d’avantage visible par
rapport à un modèle plus simple, ramené dans le plan moyen du hourdis
Nous préconisons de retenir une modélisation similaire au modèle n°2 présenté dans cette note.
37
4. CONCLUSION
Un modèle avec poutres et entretoises excentrées ne fournit pas de résultats directement
exploitables pour l’étude des poutres et des entretoises, contrairement à un modèle ramené au plan
moyen du hourdis.
Les deux modèles fournissent des résultats similaires en ce qui concerne les sollicitations de
flexion du hourdis.
Nous retenons une modélisation similaire au modèle n°2 présenté dans cette note, modèle qui
permet d’obtenir des résultats cohérents et directement exploitable pour l’objet de cet étude.
NB : il appartient au praticien de vérifier que l’approche présentée dans cette note est ou non
applicable à son projet particulier.
38
5. ANNEXE – INFLUENCE DE L’INERTIE DE TORSION DES POUTRES
Pour le modèle retenu, nous avons considéré pour les poutres leur inertie de torsion non fissurée,
hypothèse non conforme aux recommandations du guide PRP 75 du SETRA.
De manière à apprécier l’influence de l’inertie de torsion des poutres sur le comportement des
entretoises intermédiaires et du hourdis, nous avons relancé un calcul en réduisant
considérablement l’inertie de torsion (de manière à voir un effet exagéré).
Nous avons divisé par 10 la valeur de Ix retenue dans le modèle précédent.
5.1. ENTRETOISES
39
40
5.2. HOURDIS
41
42
ENTRETOISES Ix réel non fissuré Ix / 10 écart
Charge répartie 23.71 25.94 9.4%
Bc 23.20 23.98 3.4%
Charge ponctuelle 5.86 5.91 0.9%
Nota : l’étude de l’influence de l’inertie de torsion exposée ci-dessus n’est valable que pour des
ouvrages disposant d’entretoises intermédiaires.
43
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
Auteur: Jacques Combescure – Artès
17/06/2020
1. LE GRILL DE POUTRES
Le grill de poutres est une structure généralement horizontale constituée d'un réseau de poutres
longitudinales, appelées "poutres principales", associé à un réseau de poutres transversales. La
modélisation en grill de poutres permet de calculer un grand nombre de structure en génie civil,
on l'utilise principalement pour les ouvrages suivants :
• le tablier de pont à poutres précontraintes de type PRAD ou à poutres de béton armé ;
• le tablier à ossature mixte lorsqu'il comporte plus de deux poutres ;
• le tablier à dalle nervurée ;
• par extrapolation, le tablier de type dalle.
Cette modélisation présente l'avantage d'imposer les directions principales des éléments de
réduction. En effet, le calcul en plaque produit des directions principales de moments qui
s'écartent souvent des directions des armatures et il faut tenir compte du système complexe des
moments déviatoriques ou de torsion mxy dans le calcul de la résistance. Alors que, pour un
modèle filaire, lorsque sont fixées les directions des armatures, selon la géométrie de la structure
et les recommandations d'usage, on pourra déduire les directions des réseaux des poutres dans
notre modèle. Le grill de poutres reste un modèle simple à modéliser et surtout simple à exploiter.
Par conséquent, on est souvent amené à modéliser une dalle béton (hourdis de pont) par des
poutres entretoises (réseau de poutres transversales).
1
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.1. LA METHODE DE GUYON-MASSONNET
Dans les années 1950, la construction des ponts à poutres multiples a nécessité des outils de
calculs. La méthode mise au point par Yves Guyon [Calcul des Ponts Larges à Poutres Multiples
Solidarisées par des Entretoises], puis améliorée par Charles Massonnet [Contribution et
Compléments au Calcul des Ponts à Poutres Multiples] est la plus utilisée, elle a été comparée
avec des essais sur modèles ou des mesures sur ponts réels et a toujours été trouvée en accord
bon ou très bon avec les mesures expérimentales. La méthode utilise deux paramètres
fondamentaux dont les données peuvent être employées dans un MEF.
2
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
La méthode suppose que toutes les poutres sont identiques. Or, pour satisfaire des facilités de
construction, les poutres de rives peuvent être différentes !
Entretoise d'about
Bossages de vérinage
Par ailleurs, il s'agit ici de pont isostatique, et même si la méthode fut étendue aux ponts continus
hyperstatiques par la règle empirique qui consiste à calculer une travée fictive présentant la
même flèche élastique sous une charge concentrée appliquée au milieu de la travée, quand est-
il des sollicitations sur appuis ? Les moments sur les piles peuvent-ils être calculés selon une
méthode basée sur le calcul de la déformée ?
Les moyens de calcul modernes ont favorisé les critères géométriques et architectoniques dans
la construction et font sortir beaucoup d'ouvrages hors du domaine d'application de la méthode.
Les MEF semblent abolir le périmètre de calcul des structures, et la difficulté réside souvent dans
le choix des données, du modèle et dans l'exploitation des résultats.
Note. - En béton armé il est préférable d'exploiter des éléments de réduction plutôt que des tenseurs de
contraintes.
3
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.2. OBJET DU PRESENT CHAPITRE
La simplicité de l’exploitation des résultats fait du grill de poutres un modèle de calcul largement
répandu. Nous traiterons, dans ce chapitre, de l’élaboration des données et de la transformation
des résultats pour les effets du biais et la mise en place de travées hyperstatiques. Ces difficultés
de calcul sont traitées à travers les exemples suivants :
1. Tablier de pont isostatique rectiligne avec un biais de 100 grades.
2. Tablier de pont à 2 travées hyperstatiques rectiligne avec un biais de 100 grades.
3. Tablier de pont isostatique rectiligne avec un biais de 70 grades.
4. Tablier de pont isostatique rectiligne avec un biais de 50 grades.
5. Tablier de pont à 2 travées hyperstatiques rectiligne avec un biais de 50 grades.
4
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.3. CARACTERISTIQUES DE POUTRES
Comme pour beaucoup de structures avec un degré d’hyperstatisme important, les résultats sont
soumis à la rigidité relative de chaque réseau de poutres. L’étalement des charges sur les poutres
principales est favorisé lorsque les entretoises sont raides vis-à-vis des poutres principales.
1.3.1. Rigidité flexionnelle des poutres
Les poutres principales sont généralement surmontées d’un hourdis continue et le réseau des
poutres est constitué d’un plan unique, par conséquent il convient de bien définir les sections de
chaque élément de structure.
La géométrie des tables de compression est définie dans l’EC 2 EN 1992-1-1 art. 5.3.2.1 :
Avec :
0.2𝑏𝑖 + 0.10𝑙𝑖
𝑏𝑒𝑓𝑓,𝑖 = 𝑀𝑖𝑛 { 0.2𝑙0
𝑏𝑖
1.3.2. Rigidité torsionnelle des poutres :
Du fait de l’absence de discontinuité entre les poutres, on ne peut pas à proprement parler de
torsion, il s’agit plutôt de flexion de plaque. Toutefois pour rester conforme à la logique de poutre
on détermine une inertie de torsion pour chaque élément. En considérant la poutre libre de
tourner autour de son centre de torsion, on sous-estime la raideur. Par conséquent nous allons
utiliser pour les éléments rectangles un coefficient de forme K = 1/3 et ce quel que soit
𝑎𝑏3
l’élancement de la pièce : 𝐽 = (*)
3
Note. – K est un coefficient de forme étudié par M. Caquot. Il indique que K peut être évalué avec une très
1 1 𝑚−1 2
bonne approximation par la formule = (1 + ) [3.560 − 0.56 ( ) ] où m désigne le rapport
𝐾 𝑚2 𝑚+1
𝑎
𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑎 ≥ 𝑏…selon "Formulaire du béton armé" de R. Chambaud et P. Lebelle.
𝑏
(*) Important : les guides du SETRA/CEREMA, PRP 75 et ceux relatifs aux VIPP et PRAD proposent une
approche plus sophistiquée – il conviendra de s’y référer dans le cadre d’un projet réel.
5
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.4. GEOMETRIE DU MODELE
1.4.1. Caractéristiques du modèle
Les caractéristiques du modèle sont :
▪ Portée : 15.0m ;
▪ Largeur : 9.4m ;
▪ 9 poutres principales en T avec une nervure de 0.80x0.40m ;
▪ Un hourdis de 25cm d’épaisseur.
6
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
▪ Entretoises courantes :
On réalise le modèle avec une entretoise tous les 150 cm :
• Section :
𝐴 = 1.50 × 0.25 = 0.375𝑚2
• Inertie flexionnelle :
1.50 × 0.253
𝐼𝑧 = = 0.0019531𝑚4
12
• Inertie torsionnelle :
1.50×0.253
𝐼𝑥 = 3
= 0.0078125𝑚4 (avec K =1/3)
Le modèle EF est réalisé sous ROBOT v2019 – Autodesk et est présenté ci-dessous :
7
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.5. CHARGEMENT DU MODELE
Chaque poutre des différentes géométries sont chargées avec :
▪ Une charge ponctuelle à mi-travée de 100kN :
8
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.6. RESULTATS DU MODELE
1.6.1. Comparaison de la géométrie simple avec la méthode de Guyon-Massonnet
Les moments à mi-travée par poutre pour un tablier isostatique de 100 grades sont (pour e = y) :
Poutres Méthode de Guyon-Massonnet Modèle MEF
Charges Charges
ponctuelles : réparties : Charges Charges
y (m) K
𝑷. 𝒍 𝒒. 𝒍𝟐 ponctuelles réparties
𝑴𝒊𝒔𝒐 = 𝑴𝒊𝒔𝒐 =
𝟒 𝟖
Rive 0.405 150 kN.m 112 kN.m 169 kN.m 99 kN.m
-3.375 0.244 91 kN.m 68 kN.m 121 kN.m 65 kN.m
-2.250 0.188 70 kN.m 52 kN.m 107 kN.m 52 kN.m
-1.125 0.170 63 kN.m 47 kN.m 102 kN.m 48 kN.m
Centre 0.166 62 kN.m 46 kN.m 101 kN.m 47 kN.m
On présente ci-dessous une étude où l’inertie torsionnelle des poutres principale Kp est affectée
d’un coefficient (noté f_Kp) variant de 0.10 à 3.00. Le graphique présente la comparaison des
moments obtenus par l’application de la méthode de Guyon-Massonnet aux deux poutres
d’extrémité avec e = y :
9
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
10
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
On rappelle ci-dessous les différentes inerties de torsion utilisées :
Ces résultats indique l’importance de l’évaluation de la rigidité de torsion dans le calcul des
moments par la méthode de Guyon-Massonnet. La présence du hourdis a tendance à augmenter
l’inertie de torsion des poutres principales.
1.6.2. Prise en compte de la géométrie des poutres de rives et des entretoises
d’abouts
Les moments à mi-travée par poutre pour un tablier isostatique de 100 grades sont (pour e = y) :
Moment - Modèle à barres :
Moment - Modèle à barres : poutres d'inertie
Poutre poutres d'inertie identique = cas
variable (rive) et entretoises d'abouts
de base
Charge Charge Charge Charge
y (m) Impact Impact
ponctuelle linéique ponctuelle linéique
Rive 169 kN.m 99 kN.m 154 kN.m -9.81% 86 kN.m -15.24%
-3.375 121 kN.m 65 kN.m 123 kN.m 1.31% 66 kN.m 1.62%
-2.250 107 kN.m 52 kN.m 107 kN.m 0.60% 53 kN.m 1.15%
-1.125 102 kN.m 48 kN.m 102 kN.m 0.01% 48 kN.m 0.02%
Centre 101 kN.m 47 kN.m 100 kN.m -0.23% 46 kN.m -0.47%
11
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.6.3. Résultats des modèles complexes
Poutres - y (m)
Moment maxi en travée
Rive -3.375 -2.25 -1.125 Centre
Tablier Charge
147 kN.m 120 kN.m 107 kN.m 101 kN.m 99 kN.m
isostatique ponctuelle
Charge
avec un biais 77 kN.m 61 kN.m 51 kN.m 44 kN.m 43 kN.m
répartie
L'influence du biais est très faible et les entretoises courantes (Hourdis)
de 70 grades Remarque
sont disposées biaises
Tablier Charge
138 kN.m 105 kN.m 98 kN.m 88 kN.m 93 kN.m
isostatique ponctuelle
Charge
avec un biais 72 kN.m 54 kN.m 43 kN.m 38 kN.m 37 kN.m
répartie
Les entretoises courantes sont disposées droites. l'entretoise d'about,
de 50 grades Remarque coté angle obtus, est sollicitée en flexion plutôt qu'en torsion, par
conséquent elle réduit les moments en travée à son détriment
Tablier Charge
130 kN.m 105 kN.m 93 kN.m 90 kN.m 88 kN.m
hyperstatique ponctuelle
(2 travées) Charge
65 kN.m 51 kN.m 41 kN.m 37 kN.m 38 kN.m
avec un biais répartie
de 100 Pas de variation sur la distribution de la charge entre poutres due à
Remarque
grades l'hyperstatisme
Tablier Charge
132 kN.m 97 kN.m 91 kN.m 82 kN.m 87 kN.m
hyperstatique ponctuelle
(2 travées) Charge
66 kN.m 48 kN.m 36 kN.m 33 kN.m 31 kN.m
avec un biais répartie
de 50 grades Remarque L'hyperstatisme du tablier fait peu varier les moments en travée
Moment maxi sur pile Poutres - y (m)
Rive -3.375 -2.25 -1.125 Centre
Tablier Charge
-63 kN.m -40 kN.m -33 kN.m -31 kN.m -30 kN.m
hyperstatique ponctuelle
(2 travées) Charge
-70 kN.m -46 kN.m -41 kN.m -39 kN.m -38 kN.m
avec un biais répartie
de 100 Pas de variation sur la distribution de la charge entre poutres due à
Remarque
grades l'hyperstatisme
Tablier Charge
-84 kN.m -53 kN.m -31 kN.m -28 kN.m -27 kN.m
hyperstatique ponctuelle
(2 travées) Charge
-92 kN.m -46 kN.m -37 kN.m -36 kN.m -36 kN.m
avec un biais répartie
On note une concentration des moments sur pile vers l'angle obtus du
de 50 grades Remarque
chargement.
12
PARTIE 3 – EXEMPLE : LE GRILL DE POUTRES
1.7. CONCLUSION
Pour un tablier de pont classique, c’est-à-dire une forte rigidité des poutres par rapport aux
entretoises, la différence du grill de poutres en modèle aux éléments finis par rapport à d'autres
méthodes s'exprime essentiellement sur la prise en compte d'une raideur moindre des poutres
de rives et de la prise en compte des entretoises d'about.
Lorsque le biais du tablier est prononcé, seul un modèle aux éléments finis peut valoriser
précisément les éléments de réduction des poutres.
13
Contribution à l’étude des grillages de poutres
Auteur : Pierre PERRIN - Adjoint au chef du Service Ouvrages d'Art - Dir Est
Date : mercredi 29 avril 2020
1 Introduction ............................................................................................................................... 2
2 Modélisation .............................................................................................................................. 3
2.1 Modélisations en grillage de poutres classique .................................................................. 3
2.1.1 Types de structures d’ouvrage d’art modélisables par un grillage de poutre ........... 3
2.1.2 Exemples de grills classiques ................................................................................. 4
2.2 Modélisations éléments finis, plaques et volumiques ......................................................... 8
2.2.1 Modélisation poutres et plaques ............................................................................. 8
2.2.2 Modélisation volumique ........................................................................................ 10
2.3 Méthodes analytiques de calcul de la répartition transversale.......................................... 12
2.4 Critères de choix d’un modèle ou d’une méthode de calcul ............................................. 13
2.4.1 Spécificités géométriques de l’ouvrage ................................................................ 13
2.4.2 Application des charges ....................................................................................... 13
2.4.3 Justification globale ou locale ............................................................................... 14
2.4.4 Post traitements ................................................................................................... 14
La modélisation des structures par des grillages de poutres est fréquemment utilisée dans le
domaine des ouvrages d’art. Cette technique consiste à établir des systèmes de 2 ou plusieurs
familles de poutres le plus souvent parallèles, assemblées aux nœuds et pouvant faire entre elles
des angles divers. Elle présente l’avantage de se décliner à de nombreuses typologies
d’ouvrages, et permet avec un simple logiciel de calcul à barres d’effectuer la modélisation
globale d’un ouvrage, tout en conservant la possibilité d’un raffinement local. L’exploitation des
résultats est également avantageuse dans la mesure où l’on récupère directement les efforts
dans les barres. En contrepartie, la mise en œuvre d’un grillage de poutres peut, suivant le type
d’ouvrage et le chargement à étudier, devenir fastidieuse. En effet, la multiplicité des éléments
de poutre à définir, les précautions à prendre dans la définition des caractéristiques mécaniques,
ou encore la nécessité de discrétiser les charges appliquées peuvent allonger considérablement
les délais de réalisation du modèle. De plus, si ces travaux ne sont pas effectués avec
suffisamment de précautions et de vérifications, la précision des résultats obtenus peut être
affectée.
Les modélisations en grillage de poutre sont concurrencées par d’autres méthodes ou outils qui
permettent d’évaluer le comportement mécanique des structures. On trouve ainsi dans la
littérature différentes méthodes analytiques ou abaques de calcul de la répartition transversale.
Par ailleurs l’apparition de logiciels de calcul aux éléments finis performants, avec des possibilités
de modélisation en éléments de poutre, mais également en éléments de plaque ou volumiques,
offrent de multiples alternatives à la modélisation classique en grillages de poutres.
Le présent chapitre détaille au travers d’exemples les différentes structures modélisables, ainsi
que la multiplicité des modélisations aux éléments finis envisageables, pour une structure
donnée, en alternative à une modélisation de type grillage de poutres classique. On s’intéresse
en particulier à la problématique des ouvrages de type pont à poutres sous chaussée, comportant
ou non des entretoises intermédiaires, et présentant éventuellement un biais. Les exemples
étudiés visent à présenter les avantages et inconvénients dans l’élaboration ou l’exploitation des
résultats de chaque type de modèle.
2
2 MODELISATION
2.1 Modélisations en grillage de poutres classique
3
2.1.2 Exemples de grills classiques
Nous donnons ici quelques exemples pour illustrer la diversité des ouvrages modélisables via
des grillages de poutres classiques. Nous attirons l’attention sur le fait que ce type de modèle
nécessite d’être vigilant quant aux caractéristiques à affecter aux barres afin notamment d’éviter
les redondances de rigidité en flexion et en torsion (se reporter sur ce sujet aux recommandations
du guide PRP 75 du SETRA [2]).
La Figure 1 ci-dessous présente un grillage de poutre réalisé avec le logiciel ST1 pour le recalcul
d’un ouvrage de type PRAD. Cet ouvrage a fait l’objet d’un renforcement en rive par une structure
en poutrelles enrobées qui apparaît dans le modèle avec un excentrement négatif. L’ouvrage
présente un biais de 80 grades, une largeur de 16,20m et comporte 2 travées isostatiques de
11,36m chacune.
Figure 1 – Modélisation en grillage de poutres d’un PRAD renforcé par une structure accolée
La modélisation est basée sur des nœuds définis au centre de gravité du hourdis.
Transversalement, le hourdis est représenté par des barres reliant ces nœuds.
Longitudinalement, des barres représentant chaque poutre et son hourdis associé sont définies
en s’appuyant sur les mêmes nœuds par l’intermédiaire d’excentrements rigides : on tient donc
compte de la distance effective entre les centres de gravité des éléments. L’excentrement
spécifique de la zone renforcée en poutrelles enrobées est pris en compte avec le même principe.
4
La Figure 2 ci-dessous présente un grillage de poutre généré par le logiciel de calcul de ponts
types CHAMOA-P du Cerema. Ce modèle est établi spécifiquement pour le calcul des efforts
dans les chevêtres incorporés d’un pont dalle type PSIDA ou PSIDP. L’ouvrage comporte ici 3
travées de portées 11,5m – 15m – 11,5m pour une largeur de 17,50m et présente un biais de 76
grades. Le modèle permet de reproduire le comportement en 3 dimensions de l’ouvrage en
particulier au droit des lignes d’appui pour dimensionner le ferraillage de ces zones. Il tient compte
du positionnement et de l’élasticité de chaque appareil d’appui et comporte une discrétisation
raffinée sur appuis pour permettre l’évaluation précise des moments locaux longitudinaux et
transversaux.
5
La Figure 3 présente un projet d’élargissement d’un pont à nervures en béton précontraint par
une structure de type caisson mixte. L’ouvrage initial possède 2 travées continues de portées
respectives 33,40m et 36,30m, pour une largeur totale de 12,70m. Les 2 nervures, le caisson
d’élargissement et leur hourdis associé sont représentés par des barres longitudinales
excentrées. Les hourdis intermédiaires et en encorbellement sont représentés par des barres
longitudinales et transversales.
6
Les exemples des Figure 4 et Figure 5 ci-après sont tirés du guide PRP 75 du SETRA [2]. La
Figure 4 concerne la modélisation en grillage de poutre d’un ouvrage à 2 nervures larges de
portée 39,50m, constitué d’une travée isostatique avec un biais de 51 grades.
Modélisation en grillage du PSIDN Coupe transversale
Coupe transversale
Les exemples présentés illustrent la polyvalence des modélisations en grillage de poutres. Ces
modèles présentent toutefois des difficultés. D’une part la discrétisation en éléments de poutre
peut se révéler fastidieuse à mettre en œuvre et complexifier l’application des charges mobiles
sur la structure, d’autre part la récupération des résultats en effort ou en contraintes peut
nécessiter une recomposition en vue des justifications.
En fonction du cas étudié et des outils dont on dispose il peut ainsi être pertinent d’avoir recours
à un modèle comportant des éléments de plaques ou de coque pour représenter les dalles ou les
portions de hourdis des tabliers.
7
2.2 Modélisations éléments finis, plaques et volumiques
Elément poutre
Eléments
plaque
Barre rigide
d’excentrement
Elément poutre
Figure 7 – Modélisation poutres et plaques, géométrie avec barres rigides d’excentrement
8
La présence d’entretoises intermédiaires peut également être prise en compte en ajoutant des
éléments de poutres transversaux. L’utilisation, à partir d’une géométrie plane, des
excentrements des plaques ou des poutres reste alors possible. La mise en œuvre des
entretoises peut aussi être effectuée en intégrant des barres d’excentrement au maillage (Figure
8).
Eléments
plaque
Barre rigide
d’excentrement
Elément poutre
Figure 8 – Modélisation poutres et plaques, géométrie avec barres rigides d’excentrement et
entretoises intermédiaires
A partir de ces grands principes de modélisation il peut être établi plusieurs variantes à adapter en
fonction de la morphologie du tablier. Par exemple les barres rigides d’excentrement peuvent
également être définies biaises comme dans l’exemple défini en Figure 3.
Les conditions d’appui doivent comporter un encastrement en torsion des poutres sur appui. Cette
hypothèse est valable quel que soit le modèle utilisé (grill de poutres, ou éléments finis volumique), et
se retrouve également dans les hypothèses de base des méthodes analytiques de calcul de la
répartition transversale exposées dans la suite.
Pour l’application des efforts sur le modèle, il faut prévoir soit une géométrie avec des groupes de
mailles dédiés à l’application des charges, soit un maillage de la dalle suffisamment fin et régulier
(quadrangles généralement) pour permettre la description des zones d’impact a posteriori par sélection
de mailles.
L’exploitation des résultats est effectuée à partir des efforts issus des différents éléments, qu’il convient
de recombiner entre eux pour la justification des sections composites poutre (ou entretoise) plus
hourdis.
9
2.2.2 Modélisation volumique
La réalisation d’un modèle volumique complet de la structure peut se révéler pertinente dans certains
cas, par exemple en vue de vérifications d’efforts locaux, ou lorsque la géométrie présente une
configuration particulière difficilement modélisable uniquement par des éléments plaques et poutres.
La construction de la géométrie en volumique, si elle apparaît comme complexe de prime abord, peut
être effectuée de façon efficace avec les outils de conception 3D actuels qui proposent des fonctions
d’extrusion avancées. L’approche 3D est appréciable dans la mesure où elle permet de s’affranchir du
calcul des caractéristiques mécaniques des éléments de poutre. De plus, la localisation de la matière
est précise, permettant en particulier de définir la portée transversale des hourdis entre nus des poutres
et non entre axes, ou encore d’éviter les redondances de matière aux intersections entre éléments que
l’on retrouve dans les autres types de modélisation. Enfin, ce type de modèle permet une visualisation
graphique directe de la géométrie et des déformées.
La définition des sections d’étude, en vue des justifications, doit être pensée dès le départ si l’on
souhaite obtenir des coupes propres avec des nœuds tous situés dans le plan de la coupe. Dans
l’exemple précédent, le modèle étant construit par extrusions successives entre entretoises, des
sections d’étude supplémentaires ont été prévues pour faciliter l’exploitation des résultats (Figure 10)
tout en diminuant le volume des fichiers de sortie.
Le modèle volumique doit lui-aussi comporter un encastrement en torsion des poutres sur appui. Il est
possible de créer cet encastrement via des conditions limites, ou en modélisant les volumes
d’entretoise sur appui comme en Figure 9.
L’application des efforts sur le modèle doit, comme pour les modèles en plaques, être anticipée, et peut
également être effectuée de 2 façons différentes. Dans le cas où l’on envisage des groupes de mailles
dédiés aux impacts de charge, il est possible de dé-corréler les impacts de chargement des sections
d’études intermédiaires (longitudinales ou transversales) en prévoyant une séparation horizontale de
la partie supérieure du hourdis, comme présenté en Figure 11. Cette disposition permet de gérer de
multiples configurations de chargement sans interférer avec les éléments de construction du tablier.
10
Impacts de chargement
Partie supérieure du
hourdis : volume spécifique
11
2.3 Méthodes analytiques de calcul de la répartition transversale
Méthode de Guyon-Massonet
Une évolution majeure dans les calculs de répartition transversale a été apportée dans les années
1960 par les théories de Guyon, Massonet et Barès qui ont mis au point une méthode de calcul
[3] [4] tenant compte de la rigidité en torsion des éléments. Une nouveauté de cette méthode est
l’assimilation de la structure à une dalle orthotrope, régie par une équation aux dérivées partielles
en flèche de la forme :
𝜕4 𝑤 𝜕4 𝑤 𝜕4 𝑤
𝜌𝑃 𝜕𝑥 4
+ (𝛾𝑃 + 𝛾𝐸 ) 𝜕𝑥 2 .𝜕𝑦2 + 𝜌𝐸 𝜕𝑦4 = 0 (1)
avec :
𝜌𝑃 Rigidité de flexion longitudinale par unité de longueur
𝜌𝐸 Rigidité de flexion transversale par unité de longueur
𝛾𝑃 Rigidité de torsion autour de l’axe longitudinal par unité de longueur
𝛾𝐸 Rigidité de torsion autour de l’axe transversal par unité de longueur
Cette méthode dite «de Guyon-Massonet » se base sur le calcul des coefficients de répartition
transversale qui permettent de simplifier la résolution de l’équation (1) en vue d’obtenir la
déformée puis les efforts dans la structure. Elle a été ensuite améliorée et élargie par d’autres
auteurs, par exemple pour l’étendre au calcul des structures à poutres de rives différentes des
poutres courantes.
Cette méthode est recommandée pour le calcul des tabliers de type pont-dalle ou de type pont à
poutres avec un nombre élevé de poutres et comportant ou non des entretoises intermédiaires.
Du fait de l’analogie avec une dalle, la méthode est bien adaptée aux tabliers comportant plus de
quatre poutres. Pour un ouvrage à 3 ou 4 poutres, il est préférable d'utiliser la méthode de Cart-
Fauchart s'il n'y a pas d'entretoises intermédiaires.
Méthode de Courbon
Le principe de cette méthode a été exposé dans les Annales des Ponts et Chaussées de
Novembre-Décembre 1941 [5]. Elle s'applique aux ouvrages comportant des entretoises
intermédiaires considérées comme infiniment rigides. En pratique, on l’utilise lorsque la portée
de l'ouvrage est de l'ordre du double de sa largeur, et que la hauteur des entretoises est voisine
de celle des poutres. La Figure 12 illustre le principe de la méthode : une section de tablier
infiniment rigide transversalement repose sur de ressorts de raideur proportionnelle à la flèche à
mi-travée des poutres. Les réactions sur chaque ressort donnent la répartition transversale de la
charge appliquée.
12
Méthode de Cart-Fauchart
Cette méthode a été exposée dans les Annales de l'ITBTP N° 271-272 de Juillet-Aout 1970 [6].
Elle est applicable aux tabliers non entretoisés (hormis sur appuis) et constitués de poutres, de
nervures de section constante, ou encore de caissons multiples si la déformation propre des
caissons peut être négligée. Le hourdis est assimilé à une série d'entretoises infiniment minces
encastrées sur les poutres. La résolution du système d'équations de déformation est effectuée
par développement en séries de Fourier.
Cette méthode peut être employée pour les ponts à poutres ou à nervures non entretoisés, ainsi
que pour des caissons multiples, si, en première approximation, on admet de négliger la
déformation propre des caissons.
Le choix du modèle pourra aussi être dicté par les facilités de déplacement automatique des
charges éventuellement mises à disposition par le logiciel utilisé.
Quel que soit le modèle retenu, il peut être judicieux de passer par la construction des lignes ou
surfaces d’influence de l’effet étudié pour n’effectuer qu’une seule fois la résolution de l’équilibre
du modèle et en déduire rapidement les efforts obtenus sous un positionnement de charge
quelconque.
13
2.4.3 Justification globale ou locale
Suivant l’élément à justifier, le modèle peut être global ou local. Par exemple, pour étudier le
cheminement des efforts locaux dans des assemblages, ou dans des pièces de géométrie
spécifique, une modélisation par éléments finis 2D ou 3D est la plus appropriée. En revanche,
d’autres effets locaux ne nécessitent pas systématiquement de recourir à des modélisations au
éléments finis 2D ou 3D. Par exemple, le calcul des efforts locaux dans les chevêtres incorporés
des ponts dalle, tel que présenté en Figure 2, est réalisé avec un simple raffinement du modèle
en grillage de poutres au droit des appareils d’appui.
En fonction de la nature des justifications à conduire, les résultats issus du modèle nécessitent
un post-traitement qui peut être géré soit par le logiciel, soit par un composant externe.
Les problématiques les plus fréquentes sont celles des combinaisons ou des enveloppes
d’efforts. Cette fonctionnalité n’est pas à négliger pour les études comportant de multiples cas de
charges.
14
3 POINTS PARTICULIERS ET EXEMPLES
3.1 Répartition transversale des moments
Résultats obtenus avec des modélisations diverses
Les divers modèles ou méthodes de calcul présentées ci-avant donnent des résultats voisins,
avec toutefois des valeurs généralement sécuritaires pour la méthode Guyon-Massonet. On
donne ci-dessous l’exemple d’un ouvrage PRAD à 26 poutres, de portée 25m, de largeur 21m,
avec des poutres toutes identiques, soumis au chargement centré d’un convoi exceptionnel
réglementaire type E3F1. L’ouvrage est étudié avec plusieurs modélisations différentes : modèle
Guyon-Massonet, modèle Millan multi-plaques (dalles contiguës), modèle volumique (Figure 13)
et modèle plaques et poutres.
Les courbes des coefficients de répartition transversale des moments à mi-travée (Figure 14)
s’accordent entre tous les modèles, hormis celui issu de la méthode Guyon-Massonet qui reste
sécuritaire (majoration de 16% des efforts de flexion dans la poutre la plus sollicitée).
15
16
Cas des ouvrages à poutres de rive renforcées
La méthode de Guyon-Massonet, qui consiste à se ramener à une dalle orthotrope équivalente,
ne permet pas de traiter directement les surplus d’effort engendrés sur les poutres de rive lorsque
celles-ci sont plus massives ou jumelées (disposition couramment adoptée pour faire face à la
problématique des chocs de véhicule hors-gabarit). Une adaptation de la méthode à ce cas
spécifique a donc été proposée dans la Revue Européenne de Génie Civil [8]. A défaut, si aucune
adaptation n’est effectuée, la méthode de Guyon-Massonet devient fausse pour les ouvrages à
poutres de rives massives ou jumelées : l’exemple d’un ouvrage à poutres de rive jumelées
(Figure 15) montre que les efforts obtenus dans les poutres de rive sont largement sous-estimés
et ceux dans les poutres centrales surestimés par rapport aux autres modélisations.
Guyon Massonet
dalle équivalente
Millan multiplaques
NFA1
EF Volumique
EF Plaques
Figure 15 – Comparatif des coefficients de répartition sur un ouvrage à poutres de rive jumelées
(source [9] Bulletin Ouvrages d’Art n°71)
17
Figure 16 –Coefficients de répartition suivant la section d’étude longitudinale
En retenant comme section d’étude la mi-travée pour la répartition des moments, on obtient un
coefficient maximal de 2,55 dans la poutre la plus sollicitée à mi-travée. On s’intéresse alors à
l’influence de la position de la charge sur cette répartition. La charge de 3m de largeur,
précédemment appliquée sur toute la longueur, est réduite à une longueur de 1m puis positionnée
à différentes distances à partir de l’appui. La Figure 17 montre la décroissance des coefficients
lorsque l’on s’écarte de la mi-travée.
18
La courbe précédente de répartition de l’effort tranchant sur appui est obtenue pour la charge
uniforme E3F1 qui s’applique sur toute la longueur de l’ouvrage et sur 5,15m de largeur. En
réalité, la répartition transversale dépend du positionnement longitudinal de la charge appliquée,
pour une largeur transversale donnée de la charge.
L’étude de l’effet de la position longitudinale de la charge sur la répartition est effectuée en
supposant une charge de 3m de largeur et 1m de longueur, positionnée à différentes distances
à partir de l’appui (Figure 19). On constate qu’à proximité de l’appui les charges ne bénéficient
pas de l’effet de répartition : seules les poutres situées immédiatement sous la charge reprennent
les efforts. On souligne ainsi le fait que l’ordre de grandeur donné de 20% d’écart entre Kq et Km
vaut pour une charge uniformément répartie longitudinalement : si la charge est ponctuelle et
selon sa position sur le tablier, les écarts peuvent être bien plus importants.
Figure 19 – Répartition de l’effort tranchant sur appui pour différentes positions de charge
Par ailleurs, il est à noter qu’à proximité immédiate de l’appui, les efforts tranchants sont en réalité
diminués car les efforts sont transférés directement à l’appui. Cet effet, favorable, ne peut être
pris en compte que via un modèle volumique dans lequel une diffusion des efforts (bielle de
transmission directe) se met en place dans la matière à proximité de l’appui.
4 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] - Guide technique CHAMOA P CHaîne Algorithmique Modulaire Ouvrages d’Art - Annexes
http://www.setra.fr/html/logicielsOA/Ponts_Types/CHAMOA-P/chamoa-p.html
[2] - Guide pour l’utilisation des programmes de réseaux de poutres - PRP 75 - SETRA -1975
[3] - Compléments à la méthode de calcul des ponts à poutres multiples - C.Massonnet -
Annales de l’ITBTP - janvier 1962.
[4] - Le calcul des grillages de poutres et dalles orthotropes selon la méthode Guyon-
Massonnet-Barès - R.Barès et C.Massonnet - Dunod – 1966
[5] - Calcul des ponts à poutres multiples solidarisées par des entretoises – J.Courbon -
Annales des ponts et chaussées - Novembre-Décembre 1941
[6] - Méthode de calcul des ponts nervurés sans entretoise intermédiaire - Annales de l'ITBTP -
Juillet-Aout 1970.
[7] - Nouvelle formulation analytique de la flexion transversale d'une dalle orthotrope -
A.L.Millan - Construction Métallique n°2 – 2004
[8] - Méthode de Guyon Massonnet Barès appliquée aux ouvrages à poutres d'inertie distincte -
G.Bondonet et P.Corfdir - Revue Européenne de Génie Civil - Volume 9, n°9-10 – 2005
19
[9] – Calcul analytique de flexion des ponts à poutres de géométrie quelconque, calage des
inerties de torsion transversale par comparaison à des calculs aux éléments finis – P.Perrin et
G.Bondonet – Bulletin Ouvrages d’Art - n°71 - 2015
20
EXEMPLE D’UN CALCUL EN GRILLAGE DE POUTRES SELON
DIFFERENTES METHODES
COMPARAISON DES RESULTATS – ANALYSE MULTICRITERES
Rédacteur : Didier GUTH – Arcadis - 14/06/2020
1
4.2.5 Modèle EF2 .................................................................................................................... 30
4.2.6 Synthèse ........................................................................................................................ 31
4.3 Charge à proximité directe d’un appui .................................................................................. 32
4.4 Charge en console ................................................................................................................. 34
5 Calcul de ferraillages automatisés................................................................................................. 36
5.1 Ferraillage (automatisé) de flexion ....................................................................................... 36
5.2 Ferraillage sous une charge locale (20 kN/m² sur 1.25 x 0.90 m²) ........................................ 38
6 Points spécifiques .......................................................................................................................... 42
6.1 Biais ....................................................................................................................................... 42
6.1.1 Modèle biais à 70 grades ............................................................................................... 42
6.1.2 Modèle biais à 50 grades ............................................................................................... 43
6.1.3 Comparaison des valeurs .............................................................................................. 44
6.2 La présence d’entretoises ..................................................................................................... 47
6.2.1 Entretoises uniquement sur appuis .............................................................................. 47
6.2.2 Avec entretoises intermédiaires.................................................................................... 48
6.2.3 Et avec l’approche de Guyon-Massonnet ? ................................................................... 50
6.3 Le dévers................................................................................................................................ 54
6.3.1 Modèle Grill1 ................................................................................................................. 54
6.3.2 Modèle Grill2 (poutre échelle) ...................................................................................... 58
6.4 Petite discussion sur la torsion .............................................................................................. 61
6.4.1 Calcul des inerties de torsion ........................................................................................ 61
6.4.2 Que faire de tous les efforts calculés ? ......................................................................... 61
7 Conclusion(s) ................................................................................................................................. 67
8 Annexe – Données du calcul Guyon-Massonnet ........................................................................... 69
9 Annexe - Modèles ST1 ................................................................................................................... 72
10 Annexe – Modèle Barres + Coques ........................................................................................... 75
10.1 Modèle 3D ............................................................................................................................. 75
10.2 Modèle 2D ............................................................................................................................. 75
11 Annexe – Tableaux de résultats ................................................................................................ 76
12 Annexe – Fichiers ST1 ................................................................................................................ 82
2
1 Introduction
1.1 Objectifs
Dans ce document, nous allons modéliser un même tablier multi-poutre à l’aide de plusieurs
approches, à l’aide
▪ de la méthode de Guyon-Massonnet,
▪ d’un grillage de poutres plan,
▪ d’un grillage de poutres 3D (modélisé en poutre échelle),
▪ d’un modèle 3D associant barres et coques, avec deux approches.
En complément, nous allons procéder à deux calculs de flexion transversale pour mettre en avant les
écarts et limites des méthodes.
In fine, nous testerons l’incidence d’un biais modéré (70 gr), d’un biais plus conséquent (50 gr) et de la
présence d’entretoises.
Un tableau, en guise de conclusion tentera de donner des pistes au lecteur quant aux avantages et
inconvénients de chacune des modélisations.
Les dimensions et charges appliquées sont dans l’ordre du plausible pour un ouvrage réputé être en
béton armé.
Nous insistons sur le fait que chaque ouvrage est particulier et que nous nous trouvons dans le cadre
de cet exemple, dans une configuration donnée de rigidité en flexion et en torsion, et que par
conséquent les conclusions ne peuvent pas être généralisables tel quel.
3
1.2 Bibliographie
Nous invitons le lecteur à se reporter aux références suivantes :
[1] - Guide technique CHAMOA P CHaîne Algorithmique Modulaire Ouvrages d’Art – Annexes
http://www.setra.fr/html/logicielsOA/Ponts_Types/CHAMOA-P/chamoa-p.html
[2] - Guide pour l’utilisation des programmes de réseaux de poutres - PRP 75 - SETRA -1975
[3] - Compléments à la méthode de calcul des ponts à poutres multiples - C. Massonnet - Annales de
l’ITBTP - janvier 1962
[4] - Le calcul des grillages de poutres et dalles orthotropes selon la méthode Guyon-Massonnet-
Barès - R. Barès et C. Massonnet - Dunod – 1966
[5] - Calcul des ponts à poutres multiples solidarisées par des entretoises – J. Courbon - Annales des
ponts et chaussées - Novembre-Décembre 1941
[6] - Méthode de calcul des ponts nervurés sans entretoise intermédiaire - Annales de l'ITBTP - Juillet-
Aout 1970
[7] - Nouvelle formulation analytique de la flexion transversale d'une dalle orthotrope - A.L. Millan -
Construction Métallique n°2 – 2004
[8] - Méthode de Guyon Massonnet Barès appliquée aux ouvrages à poutres d'inertie distincte - G.
Bondonet et P. Corfdir - Revue Européenne de Génie Civil - Volume 9, n°9-10 – 2005
[9] – Calcul analytique de flexion des ponts à poutres de géométrie quelconque, calage des inerties
de torsion transversale par comparaison à des calculs aux éléments finis – P. Perrin et G. Bondonet –
Bulletin Ouvrages d’Art - n°71 – 2015
[10]- Emploi des éléments finis en génie civil (Tome 1) : La modélisation des ouvrages – sous la
direction de Michel Prat
[11] - Contribution à l’étude des grillages de poutres – Pierre Perrin – Dir Est – sur le wiki de l’AFGC
[https://wiki-gtef.frama.wiki/accueil-gtef:partie-3:exemple-c]
[12] - Flexion transversale d'un pont multipoutre – Benjamin Tritschler – Arcadis - – sur le wiki de l’AFGC
[https://wiki-gtef.frama.wiki/accueil-gtef:partie-3:exemple-c]
[13] Guide pour l’évaluation structurale et la réparation des Viaducs à travées Indépendantes à Poutres
Préfabriquées précontraintes par post-tension (VIPP) – CEREMA – (à paraître)
4
1.3 Compléments possibles
Pour compléter l’étude, de manière non exhaustive, nous pourrions à terme rajouter :
5
2 Description de la structure et des charges
2.1 Géométrie
Elle comprend :
Elle est en béton C35, E=36000 MPa, =0.2 et repose sur appuis simples.
6
2.2 Chargements étudiés
Les chargements appliqués sont :
▪ Le poids propre :
▪ Une charge de superstructure fictive de 3.00 kN/m² sur toute la surface du hourdis et de 5
kN/ml sur les rives, au bout des encorbellements :
7
▪ Diverses charges d’exploitation :