Cours de CM
Cours de CM
COURS DE CONSTRUCTIONS
METALLIQUES I (CMI)
AVANT PROPOS
Cette note de cours, traite des méthodes de calcul des constructions métalliques sans
oublier l’acier qui est son élément fondamental. C'est une contribution qui s'ajoute à l'ensemble
des méthodes qui traitent des méthodes modernes selon l'EUROCODE 3 et anciennes selon
les règles CM 66, CM 97 et l'additif 80 de calcul des structures en acier. Destiné aux
étudiants de 3ème, 4ème année des instituts supérieurs des études technologiques, ce travail
constitue un support d'initiation et de familiarisation avec le vocabulaire et les techniques de
calcul en construction métallique (selon les règles CM 66, CM 97, l'additif 80 et plus
récemment l'EUROCODE 3) dans cette discipline.
La première partie est consacrée premièrement aux généralités sur le matériau acier,
ses caractéristiques mécaniques et géométriques normalisés de l'acier, les avantages et
inconvénients de l'acier et enfin du vocabulaire usuel de la construction métallique. Ensuite sur
les principaux éléments constituant ou terminologie d’une ossature métallique classique et les
problèmes propres aux structures métalliques. Puis la limite entre le domaine élastique et celui
plastique en CM. Et enfin sur l’analyse des constructions métalliques : les principales normes
applicables en CM.
La deuxième partie présente successivement les actions, les différentes actions et les
combinaisons d'actions (permanentes G, variables Q, accidentelles…Etc.) suivant les 03
réglementations connues sur une construction métallique. Ensuite, la classification des sections
transversales (uniquement selon l'Eurocode 3).
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Enfin la sixième partie qui est consacrée à la protection et l'entretien sans oublier les
annexes 1 & 2.
OBJECTIFS
ADMISSIBILITE
3
PARTIE I :
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CHAPITRE 1 : GENERALITE SUR LE MATERIAUX ACIER & TERMINOLOGIE
D’UN BATIMENT METALLIQUE
1. Introduction
La construction métallique dans le monde est utilisée pour la réalisation de la charpente
des bâtiments industriels et commerciaux (usines, hangars), des ouvrages d’art (passerelles,
ponts), des ouvrages de génie civil (pylônes, plates-formes de forages, remontée mécaniques)
et à un degré moindre, des bâtiments d’habitation. Elle se fait à l’aide d’un matériau principal
qu’est l’acier.
Jusqu'a 1993, la conception et le calcul des constructions métalliques étaient régis par
différentes réglementations :
"Les règles de calcul des constructions en acier" dites règles CM 66, qui
réglementait tous les bâtiments en acier
Le titre V du fascicule 61 du cahier des prescriptions communes; intitulé
"conception et calcul des ponts et constructions métalliques en acier" qui
réglementaient essentiellement les ponts et ouvrages d'art en acier
Les normes NF, qui régissaient les calculs des assemblages et des éléments à
paroi minces
L'additif 80, qui introduisait les notions de plasticité de l'acier et des états limites,
ce qui permettait de tirer des propriétés élasto-plastiques de l’acier et d'alléger les
structures.
Depuis 1993, une nouvelle réglementation européenne est entré en vigueur et impose, en
remplacement de ces divers et précédents textes un code unique : l'Eurocode 3.
2. Le matériau acier
2.1 L’acier
L’acier est essentiellement une combinaison de fer et de carbone. On ne le retrouve pas à
l’état naturel ; il résulte d’une transformation de matière première tirée du sol. Les conditions
matérielles de cette transformation entrainent dans sa composition la présence, en très faibles
proportions, d’autres éléments (phosphore, souffre) considérés comme impuretés. Suivant la
qualité de l’acier que l’on veut obtenir, il est possible d’abaisser le pourcentage de ces
impuretés au cours de l’élaboration.
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Mais l’acier peut également contenir d’autres éléments (silicium, manganèse, chrome,
Nikel, tungstène…) introduits volontairement en vue de modifier sa composition chimique et
par suite ses caractéristiques physiques et mécaniques.
Les éléments additionnés permettent d’obtenir des qualités différentes classes sous
formes de « nuances ».
2.2 Les procédés d’élaboration de l’acier
1.2.1 Des matières premières à l’acier liquide
Les matières essentielles entrantes dans la composition de l’acier sont les minerais de fer,
le coke et la ferraille.
1.2.2 De l’acier liquide aux demi-produits
A la fin de l’opération d’élaboration de l’acier, par quelque procèdes que ce soit, les
scories sont déversées dans une cuve et l’acier est recueillies à l’état liquide dans une poche
garnie de réfractaire. A partir de ce stade, la mise en forme en vue du laminage finale peut se
faire suivant deux schémas différents : la coulée continue et la coulée en lingots.
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Pour les formes carrées, ces produits prennent le nom de bloom ou biellette suivant que
la dimension est plus grande ou plus petite de 120 mm. Le nom de brame pour les formes
rectangulaires d’épaisseurs supérieure à 50mm.
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Les produits longs, comprenant les profils de petites sections : rond, carré,
rectangle, trapèze, T, L, U, tube (sans soudure), les profils lourds : poutrelle (I, H),
palplanche, rails, fils machine.
Leurs dimensions et caractéristiques sont normalisées et répertoriées sur catalogues.
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3.2 Les produits formés à Froid
Ce sont des produits donc la forme finale est obtenue par pliage à froid (température
ambiantes).
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3.3 Produits dérivés des produits laminés et des profils reconstitués soudés (PRS)
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3.4 Les autres produits
3.4.1 Les pièces moulées
Il s’agit de pièces aux formes complexes qui sont difficilement réalisables
par soudure et que l’on coule dans des moules réfractaires. Leur utilisation ne se justifie que par
un effet de série ou par leur taille, comme des nœuds d’assemblage répétitifs.
3.4.2Les pièces forgées
Cette technologie concerne les pièces pleines (bielles, poteaux…) de
grandes dimensions qui sont obtenues par façonnage à chaud au moyen de presses hydrauliques
de grande puissance.
3.4.3 Les pièces mécano soudées
Ces pièces d’attache complexes sont composées à partir d’éléments
standards (plats, cornières, profils…) soudés entre eux. Elles constituent une alternative
économique aux pièces moulées.
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4. Classification des produits sidérurgiques
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5. Système de repérage
Le système utilisé est un d’axe de coordonnée cartésiens lié à la section donc l’origine
passe par le centre de gravité de la section.
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6. Les essais Mécanique/propriétés mécaniques
6.1 Essai de traction
Il s’agit de l’essai fondamental qui fournit les grandeurs de calcul directement utilisable
dans le dimensionnement
Cet essai a pour objectif de mesurer l’énergie absorbée par une éprouvette bi-appuyée,
comportant une entaille médiane en V, lors de sa rupture en flexion sous le choc d’un mouton-
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pendule. Cette énergie caractérise l’acier et sa sensibilité à la rupture fragile en fonction de la
température.
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Les armatures du béton armé permettent de conférer de la ductilité à ce matériau, aussi
bien dans sa rupture et traction qu'en compression. En particulier le confinement du béton par
des cages d'étriers permet d'accroître et la résistance et la ductilité du béton en compression.
6.6 Le domaine élastique et plastique de l’acier
Reprenons l’essai de traction de l’acier, cet essai est normalisé et consiste à tirer sur une
éprouvette cylindrique de dimensions normalisées. Nous mesurons la force appliquée
progressivement et l’allongement de l’éprouvette. Nous obtenons un diagramme contrainte-
déformation. La figure ci-dessous montre ce diagramme idéalisé :
- Phase OA :
Cette première zone est la phase élastique. L’allongement relatif de l’éprouvette (ε=
∆L/L) est proportionnel à la contrainte (donc force) appliquée. Cette phase est réversible, cela
signifie que si nous supprimons l’effort de traction, l’éprouvette revient à sa longueur initiale.
- Phase AB :
Nous entrons dans le plateau plastique. Contrairement à la zone élastique, les
déformations de cette phase ne sont plus réversibles. Cela signifie que si nous supprimons
l’effort de traction, l’éprouvette conserve une déformation permanente appelée aussi
déformation plastique.
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o La zone AA’ : Encerclé en rouge sur la figure 1, zone nommée plateau
plastique ou palier de ductilité, l’allongement et l’effort appliqué
augmentant sans augmentation de la contrainte.
o La zone A’B : appelée zone d’écrouissage, la contrainte doit augmenter
pour continuer l’allongement.
- Phase BC
Dans cette dernière phase, nous dépassons la contrainte maximale ( f u) : c’est le début de
la phase de rupture. Dans cette phase, la section de l’éprouvette diminue de manière visible et
localisée à l’endroit de la rupture : il y a striction de la section.
Grâce à cet essai, nous déterminons la limite d’élasticité ( f y ), la résistance ultime à la
traction ( f u) et le module d’élasticité longitudinale de l’acier (E).
Les caractéristiques mécaniques de l’acier sont données dans la NBN EN 1993-1-1:2005,
article 3.2.6.
o Module d’élasticité longitudinale E = 210 000 N/mm²
o Module de cisaillement G = 81 000 N/mm²
o Coefficient de Poisson ν = 0,3
o Coefficient de dilatation α = 12 x 10-6par °C
o Masse volumique ρ = 7850 kg/m3
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NB :Pour des jeunes débutants comme vous il est conseillé de faire vos études en
uniquement en ELASTICITE car le domaine de la PLASTICITE est réservé aux experts et
aux avertis du domaine de la CM!
7. Désignation symbolique des aciers
La désignation des aciers se fait comme suit :
Les nouvelles normes européennes: les nouvelles normes européennes n’ont pas
fondamentalement changés les caractéristiques des aciers normalisés. Aussi il est utile d’établir
une correspondance entre anciennes et nouvelles notations:
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Norme EN 10025: elle est tout à fait essentielle en construction métallique en ce qu’elle
définit les aciers constitutifs de la très grande majorité des produits sidérurgique utilisés par la
profession, soit les nuances :
Ces nuances d’acier sont les plus utilisés de nos jours. Il s’agit d’aciers non alliés, prévus
en principe pour la réalisation d’ouvrages destinés au service à température ambiante. La norme
définit les nuances d’aciers, les classes de qualités, ainsi que les caractéristiques mécaniques en
fonction de l’épaisseur:
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9. ACIER/BETON : AVANTAGE ET INCONVENIENTS
Par rapport aux structures en béton, armé ou précontraint, les structures métalliques
présentent de nombreux avantages et certains inconvénients.
a) Les avantages
Les principaux avantages sont :
Industrialisation totale : Il est possible de préfabriquer intégralement des bâtiments
en atelier, avec une grande précision et une grande rapidité (à partir des laminés).
Le montage sur le site par boulonnage est d’une grande simplicité;
Transport aisé, en raison du poids peu élevé, qui permet de transporter loin, en
particulier à l’exportation ;
Résistance mécanique :
La grande résistance à l’acier à la traction permet de franchir des grandes portées,
La possibilité d’adaptation plastique offre une grande sécurité
La tenue au séisme est bonne, du fait de la ductilité de l’acier, qui résiste grâce à la
formation des rotules plastiques et grâce au fait que la résistance en traction de
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l’acier est équivalente à sa résistance en compression, ce qui lui permet reprendre
des inversions de moment imprévus
Modifications : les transformations, les adaptations, surélévations ultérieure d’un
ouvrage sont aisément réalisables ;
Recyclage possible du bâtiment ;
Possibilités architecturales beaucoup plus étendues qu’en béton.
b) Les inconvénients
Les principaux inconvénients sont :
La résistance en compression moindre que le béton ;
Le prix élevé (concurrentiel avec le béton pour des grandes portées) ;
La susceptibilité aux phénomènes d’instabilité élastiques, en raison de la minceur
des profils ;
La mauvaise tenue au feu, exigeant des mesures de protection onéreuses ;
La nécessité d’entretien régulier des revêtements protecteurs contre la corrosion,
pour assurer la pérennité de l’ouvrage.
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Panne : Poutre placée au-dessus des fermes et reliant ces fermes. Elle permet de
reporter directement sur ces fermes les charges et surcharges transmises directement par les
éléments de couverture.
Lisse : Poutre placée au-dessus des poteaux et reliant ces poteaux. Elle permet de
reporter directement sur ces poteaux les charges et surcharges transmises directement par les
éléments de bardages.
Poteau : Elément vertical d’une ossature collectant les charges et surcharges des poutres
qui s’y attachent (ferme, lisses, sablière…etc.) en les reportant sur l’infrastructure ou sur les
fondations.
Toiture : Partie supérieure d’un bâtiment ensemble de tous les éléments qui ont pour
fonction de supporter la couverture.
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Contreventement : Dispositif assurant la stabilité d’un bâtiment, d’une ossature et
s’opposant à la déformation, au déversement et au renversement des constructions sous l’action
des forces horizontales.
Gousset : Pièces de tôle plane sur laquelle viennent s’assembler plusieurs barres
convergentes.
Chenaux : Canal disposé en bas de la pente des toitures et servant à recueillir les eaux
de pluie pour les diriger vers tuyaux de descente.
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11. Types de section de barres tendues dans un bâtiment métallique classique
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CHAPITRE 2 : L’ANALYSE DES STRUCTURES METALLIQUES : LES NORMES
ET REGLEMENTS EN VIGEUR POUR LE CALCUL DE STRUCTURE
METALLIQUE
1. Introduction
Jusqu'a 1993, la conception et le calcul des constructions métalliques étaient régis par
différentes réglementations :
Les règles de calcul des constructions en acier dites « règles CM 66 », qui
réglementaient tous les bâtiments en acier
Les règles de calcul des constructions en acier dites « règles CM 97 », qui
réglementaient tous les bâtiments en acier
Le titre V du fascicule 61 du cahier des prescriptions communes; intitulé
"conception et calcul des ponts et constructions métalliques en acier" qui
réglementaient essentiellement les ponts et ouvrages d'art en acier
Les normes NF, qui régissaient les calculs des assemblages et des éléments à
paroi minces
L'additif 80, qui introduisait les notions de plasticité de l'acier et des états limites,
ce qui permettait de tirer des propriétés élasto-plastiques de l’acier et d'alléger les
structures.
Depuis 1993, une nouvelle réglementation européenne est entré en vigueur (d’abord
comme une prénorme ENV) et impose, en remplacement de ces divers et précédents textes un
code unique : l'Eurocode 3.
2. Bref historiques
Les textes de conceptions et de calculs des structures métalliques ont longtemps laissé
l’analyse des structures hors de toute codification. Implicitement il était considéré que cette
question ne relevait que de la RDM. Le fait est que la détermination des sollicitations dans une
ossature courante par une analyse élastique du premier ordre, telle qu’elle reste encore très
dominante aujourd’hui, ne nécessite pas un cadre d’hypothèse explicitées dans les règles de
calculs.
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ces raisons alors, les règles CM 66 ne notent aucune mention relative à l’analyse plastique des
structures, l’Additif 80 et l’Eurocode 3 ont consacré à cette question des développements de
plus en plus poussés.
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5. Relation entre les normes Eurocodes
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particulièrement sensibles aux phénomènes d’instabilités. Ces derniers se présentent sous trois
formes principales :
La première concerne la forme des sections transversales des composants. Il
s’agit d’un voilement local dû à un élancement important des parois constitutives.
Elle se traduit par une ondulation potentielle des zones comprimées des pièces
qui limite la capacité de résistance de ces sections.
La seconde est celle de l’instabilité des éléments eux-mêmes. Il s’agit du
flambement des éléments comprimés, du déversement (ou du flambement latéral)
des semelles comprimées des poutres fléchies et du voilement des âmes.
La troisième est celle de l’instabilité globale. Selon la souplesse des structures,
elle se traduit par une amplification plus ou moins importante des déplacements
des nœuds en fonction du chargement appliqué (effet P-δ).
8. Conclusion
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La prise en compte de manière indirecte les effets du second ordre en
plasticité.
Dans la suite du cours nous nous focaliserons principalement sur la norme Eurocode 3 et
ses DAN (Documents d’Applications Nationales qui en principe réadaptent les différents
coefficients de sécurité et autres pris par défauts dans l’Eurocode 3 à chaque pays concernés).
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PARTIE II :
Cette partie présente un certain nombre d’informations sur les principales natures
d’actions auxquelles sont soumis les ouvrages (actions gravitationnelles, météorologiques,
accidentelles…etc.). Elle présente en outre les combinaisons d’actions prévues par la norme en
vigueur : cas de l’Eurocode 3.
CHAPITRE 1 : LES ACTIONS
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A. LES ACTIONS PERMANENTES:
Les actions permanentes représentées par (G), sont celles dont l’intensité est constante,
ou très peu variable dans le temps ; Elles comprennent notamment:
a) Le poids propre des éléments constituant la structure, représenté par (G0) ;
b) Les poids des équipements fixes, tels que les cloisons et les revêtements de sols dans
les bâtiments et les machines dans les constructions industrielles ;
c) Les poids, les poussées et les pressions dus à des terres ou des liquides lorsque les
niveaux de ces derniers varient peu dans le temps;
d) Les déformations imposées à la construction: retrait, fluage, tassement différentiels des
appuis. Les charges permanentes sont obtenues à partir des dimensions géométriques
des éléments et des ouvrages, déduites des plans et du poids volumique des matériaux
les constituant.
Quelques Exemples:
Acier = 7850 daN (kg)/m3 ;
Béton Gras = 2400 daN/m3 ; Béton Armé = 2500 daN/m3 ;
Mortier de Ciment = 2000 daN/m3
Briques Creuses = 1000 daN/m3 ;
Plancher 16+4 = 265 daN/m2
Quelques Exemples:
Archives de Bureaux = 1000 daN (kg)/m2;
Escalier Publique = 400 daN/m2 ;
Grand Magasin = 500 daN/m2 ;
Salle de Classe = 250 daN/m2 ;
Logement = 175 daN/m2
Terrasse Accessible Privé = 150 daN/m2
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b) Les charges climatiques (Vent ( W ) et Neige ( S)): Ces charges sont fixés par les
textes réglementaires en vigueur comme RNV99.
c) Les charges appliquées en cours d’exécution et qui proviennent, en général, des
équipements de chantier ; de coffrages, engins de transport ou de levage, dépôts
provisoires de matériaux ;
d) Les effets dus à la température ( T ), ces efforts sont dus des déformations bloquées
comme la dilatation thermique climatique ou d’utilisation (cheminée).
A défaut de justifications plus précises on adopte, pour les constructions situées à l'air
libre des variations uniformes de température suivantes ;
a) Les séismes, ces actions sont à prendre en compte suivant les combinaisons du
règlement en cours de validité.
b) Le choc des véhicules, des bateaux ou encore des avions contre les éléments d’une
structure.
c) Les cyclones et tempêtes tropicales.
d) Les effets induits par la rupture d’un remblai suite à une crue exceptionnelle.
e) Les effets induits par les glissements de terrains contre les flancs d’une construction.
f) Les explosions accidentelles dans un complexe industriel.
Les actions accidentelles autres que le séisme et autres ne sont à considérer que si des
documents d'ordre public ou le marché les prévoient.
4. Les sollicitations de calcul:
Les sollicitations sont les efforts internes (effort normal (N), effort tranchant (Ty et Tz))
et les moments (moment de flexion (Mfy et Mfz), moment de torsion (Mt)), les moments de
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gauchissement (Mw) induits dans la structure par les différentes actions cités plus haut. Elles
sont calculées à l’aide de méthodes appropriées dérivées de la RDM et de la RDS et après
combinaisons des actions suivant deux catégories liées aux états limites. Ces sollicitations se
N My
traduisent par des contraintes de deux natures : celles normales σ (σ N = ,σ My = z,
S Iy
Mz
σ Mz= y ) et celles de cisaillement τ ( dues aux efforts tranchants et au moment de torsion).
Iz
En outre on distingue aussi les contraintes équivalentes de « Von Mises » et de « Tresca » car
elles représentent les valeurs superposées des contraintes normales « + » celles tangentielles
(équivalentes) dans n’importe quelle direction.
5. RDM/RDS VS CM
Le tableau suivant donne une comparaison de première approche entre la RDM/RDS et la
CM (Construction Métallique).
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CHAPITRE 2 :
NOTION D’ETATS LIMITES / COMBINAISON D’ACTIONS
1. Introduction
Ce sont en général des états dont le dépassement entraîne la ruine immédiate ou très
rapide de 1'ouvrage. Un risque élevé de perte en vies humaines est à envisager, la probabilité
d'atteinte de cet état doit être en conséquence très faible durant la vie de la structure. Un "état-
limite" est un état particulier, dans lequel une condition requise d'une construction (ou d'un de
ses éléments), est strictement satisfaite et cesserait de l'être en cas de modification défavorable
d'une action. En CM, on distingue deux catégories d’états limites : Etat Limite Ultime et Etat
Limite de Service.
L’état limite ultime (ELU) permet de garantir la pérennité de l’ouvrage sous des charges
pondérées (la sécurité structurale), l’état limite de service (ELS) permet sa bonne utilisation
pour des charges normales (l’aptitude au service). Il existe aussi un état limite du à la fatigue (la
sécurité à la fatigue) qui ne sera pas abordé dans ce cours.
Une structure ne doit pas uniquement résister mais elle doit aussi assurer certaines
conditions d'utilisations acceptables (rigidité). Ces dernières font partie de l'état limite de
service dont le dépassement causerait des dommages matériels, sans pour autant qu'il en résulte
du moins à court terme, la ruine de l'ouvrage. Les états-limites de service, qui constituent les
limites au-delà desquelles les conditions normale de bon fonctionnement de la structure ont été
atteintes ou la durabilité de la structure est remise en cause l’aptitude au service de la structure
(désordres divers). On est ainsi amené à considérer:
Etat limite de déformation:
Tout élément soumis à des sollicitations se déforme, mais on ne peut tolère une
déformation excessive pouvant engendrer des dégâts considérables dans les différents éléments
de la construction. Il est donc indispensable de limiter toute déformation causée par n'importe
que type de sollicitation dans la structure résistante ( L/200 ou h /150 ). Dans cet état limite, on
distingue :
ELS Caractéristiques
ELS Fréquentes
ELS Quasi-permanente.
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CHAPITRE 3 : COMBINAISON D’ACTIONS AUX ETATS LIMITES
1. Introduction
En fonction des situations qu’une construction va connaître et pour tenir compte des
risques non mesurables, nous allons être obligé de superposer les effets de plusieurs actions.
Pour cela :
a) Nous affectons à chaque type d’action, un coefficient de sécurité partiel : c’est la
pondération ;
b) Nous combinons les actions obtenues (principe de superposition des effets) ;
c) Nous déterminons la ou les combinaisons qui engendrent les sollicitations les plus
défavorables dans les éléments de la construction.
Nous utiliserons les combinaisons avec les notations suivantes :
G Max: L'ensemble des actions permanentes défavorables, c'est-à-dire celles qui ont
tendance à augmenter les sollicitations ou tout simplement G ;
G Min: L'ensemble des actions permanentes favorables, c'est-à-dire celles qui ont
tendance à diminuer les sollicitations;
Q1: Une action variable dite de base ou tout simplement Q ;
Q2 ,Q3 … Qn: Les autres actions variables, dites d'accompagnement.
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3. Combinaisons liées aux états limites de service (cas courant):
3.1 Combinaison des cas de charges
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3.2 Valeur des limites de déformations ou des flèches
a) Déformations
En général, les critères portant sur les déformations maximales à ne pas dépasser sont
fournis par le cahier des charges (CDC) ou la spécification du maître d’ouvrage dans la mesure
où ils dépendent étroitement de l’usage auquel est destinée la structure.
b) Flèches verticales
δ max =δ 1 + δ 2−δ 0
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Le tableau (3.2) donne les valeurs limites recommandées pour δ 2 et δ max dans quelques
cas usuels avec L égale à la portée des poutres. Dans les bâtiments industriels, les flèches de
poutres de plancher recevant des machines tournantes ou alternatives, doivent être inférieures à
L /500.
c) Flèches horizontales
Le tableau (3.3) donne les valeurs limites recommandées pour les flèches horizontales
d’un bâtiment classique en présence ou non de charge de vent.
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3.3 Effets dynamiques
Les constructions, d’une manière générale, doivent être protégées contre les effets des
vibrations et les amplifications dynamiques dues aux phénomènes de résonance. A la source de
ces effets, on trouve, par exemple, des machines installées dans les bâtiments, les effets du vent
sur les structures élancées, les déplacements des occupants à l’intérieur des bâtiments. Les
vibrations sont à éviter absolument. Le principe de base consiste à avoir des fréquences propres
f p de la structure ou de certaines parties critiques suffisamment différentes de celles des
sources d’excitation f e afin d’éviter les phénomènes de résonance.
Une règle souvent rencontrée qui borne ces fréquences propres est [Vercellino, 2001]:
f p ≤ 0.8 f e ou f p ≥ 1.25 f e
Pour les cas assez courants où0.8 f e ≤ f p ≤ 1.25 f e il faut procéder à une analyse dynamique
sous l’excitation afin de déterminer les niveaux des vitesses et des accélérations verticales et de
les comparer ensuite aux critères adéquats spécifiés par le maître d’ouvrage ou l’autorité
compétente.
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CHAPITRE 04 : CLASSIFICATION DES SECTIONS TRANSVERSALES SELON
L’EUROCODE 3 : PRISE EN COMPTE DE LA PLASTICITE DE L’ACIER
1. Introduction
Les parois étant relativement minces, si elles sont comprimées, elles risquent de
«voiler». Ce risque de «voilement » local peut réduire la capacité de résistance à la
compression et/ou à la flexion d’une section. Pour éviter une ruine prématurée par «voilement
local», on limite le rapport largeur/épaisseur des parois d’une section.
Notons aussi que Les classes sont définies en termes d’exigences de comportement pour
la résistance à la flexion.
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a) Section de classe 1
b) Section de classe 2
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c) Section de classe 3
d) Section de classe 4
Remarque :
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1. Les différentes parois comprimées d'une section transversale (âme ou semelle) sont sou
vent de classes différentes, on prend alors en compte la classe la plus élevée
(de manière conservative) pour définir la classe de la section.
2. On définit les classes en fonction des élancements limites des parois. Au-
delà de l'élancement limite de parois de la classe 3, on bascule naturellement en classe 4
.
3. Pour les sections de classe 4 (particulièrement sensibles), on parle systématiquement de
valeurs efficaces (aire, modules de flexion), plutôt fastidieuses à calculer. On
les détermine généralement en utilisant des largeurs efficaces pour les portions comprim
ées de parois.
Remarque Fondamentale 1:
Remarque Fondamentale 2:
La plastification d’une section n’est possible qu’en absence de tout problème d’instabilité
(voilement local, déversement)
La figure suivante illustre la capacité de rotation des différentes classes de sections. Elle
montre la résistance et la capacité qui peuvent être atteintes avant l’apparition du voilement
local. Tout risque de déversement est supposé empêché.
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Fig : Comportement des sections suivant la classification de l’Eurocode 3
Remarque Fondamentale 3:
NB : ε est la racine carrée de 235 sur la limite élastique de l'acier considéré. ε vaut donc
1 pour les aciers S235.
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49
50
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NB :
On remarque que pour des sollicitations simples, compression pure & flexion
pure, la détermination de la classification des sections est très facile et simple. Mais pour les
sollicitations composées, telles que flexion composée, flexion double etc…, elles sont un
peu plus complexes et dépendent naturellement de la charge appliquée par habitude, on les
calcule facilement par un logiciel approprié.
Dans certaines tables des profilés, la classification des sections est indiquée pour
les deux cas «flexion pure ou seule» autour de l’axe fort y-y (âme en flexion, aile en
compression) et «compression pure ou seule» (âme et aile en compression).
EXEMPLES D’APPLICATION
Exemple1 : IPE400 fléchi selon son plan principal d'inertie --> une semelle en traction,
une semelle en compression et flexion dans l'âme (correspondant à une compression
partielle). Acier S235 donc ε = 1.
b = largeur du profilé = 180mm, d = hauteur de la portion droite de l'âme = 331mm, tf =
épaisseur aile (ou semelle) = 13.5mm et tw = épaisseur âme 8.6 mm.
Semelle comprimée, cf tableau 100C : c = 180/2=90mm donc c/tf = 90/13.5 = 6.67 < 9
ε = 9 d'où classe 1.
Ame fléchi, cf tableau 100A : d/tw = 331/8.6 = 38.5 < 72ε = 72 d'où classe 1.
Exemple2 : PRS type H 1000x360x22x10 en acier S355, fléchi selon son plan
principal d'inertie --> ε = 0.81.
Semelle comprimée, cf tableau 100C : c = 175mm donc c/tf = 175/22 = 7.9 et 9ε=7.3
< 7.9 <10ε=8.1 d'où classe 2.
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Ame fléchi, cf tableau 100A : d/tw = 940/10=94 et 83ε=67 < 94 < 124ε=100 d'où
classe 3.
PARTIE III :
53
simultanément, leurs effets combinés ne doivent pas excéder la résistance pour cette
combinaison.
Toutes les sections peuvent être vérifiées vis-à-vis de leurs résistance élastique, à
condition d’utiliser pour la classe 4 les propriétés de la section transversale efficace.
1. Introduction
Comme nous avons mentionné depuis le départ, nous choisirons L'Eurocode 3 comme
règlement de calcul en construction métallique. Cette norme est un règlement très novateur, qui
fixe des règles détaillés, des notions et des classifications très pertinentes (classes de sections
par exemple), et qui propose diverses alternatives de dimensionnement au calculateur,
selon la stratégie et la finalité retenues (calculs des assemblages par platines, calculs en
élasticité ou plasticité, calculs selon des analyses au premier ou au second ordre...). Le
tout étant pensé selon une approche de sécurité semiprobabiliste, qui conduit à une
calibration de très nombreuses formules de calculs de résistance.
54
Les conditions de flèches et de confort (vérifié avec la combinaison ELS ou aptitude
au service) doivent aussi être validées.
Les conditions de fatigues (ou sécurité à la fatigue) pour les ponts roulants ou des
actions dynamiques.
A l'inverse, on peut considérer que ces effets sont négligeables (bien entendu effet du
second ordre), et qu'on peut ainsi réaliser une analyse du premier ordre si :
F cr
α cr = ≫ 10 pour l' analyse élastique
F Ed
F cr
α cr = ≫ 15 pour l' analyse plastique
F Ed
Avec
α cr = coefficient par lequel la charge de calcul devrait être multipliée pour provoquer l'i
nstabilité élastique dans un mode global ;
F cr = charge de flambement critique élastique pour l'instabilité dans un mode global, cal
culée avec les rigidités élastiques initiales.
55
Remarque :
Le type d'analyse est indépendant de la classe des sections : on peut calculer les sollicita
tions avec une analyse élastique, tout en utilisant les valeurs plastiques des
sections lorsqu'elles sont de classe 1 ou 2 (cf. Classification des sections transversales).
L'analyse plastique permet quant à elle de prendre en compte les effets de la non-
linéarité de comportement des matériaux dans le calcul des effets des actions sur un système
structural. Ce comportement peut être modélisé soit par analyse élastiqueplastique
(sections et assemblages plastifiés modélisés comme des rotules
plastiques), soit par analyse plastique non linéaires (prises en compte de la plastification
partielle des barres le long de zones plastiques), soit enfin par analyse rigide-plastique
(comportement élastique des barres entre rotules négligées)
NB : Dans notre cas, sous supposerons avoir toujours à faire à des structures rigides
er
et/ou contreventés ainsi elles exigeraient uniquement une analyse du 1 ordre. Et non des
structures souples qui exigeraient une analyse plus poussée au second ordre.
Il est nécessaire de vérifier les sections pour les différentes sollicitations qu'elles subisse
nt, en termes d'efforts et de moments :
la traction simple
la compression simple (avec le risque d'instabilité associée, le flambement)
la flexion simple suivant un seul moment (avec le risque d'instabilité associée, l
e déversement)
les efforts tranchants (perpendiculaires à l'axe de la poutre)
le combiné flexion simple + efforts tranchants
la flexion composée (effort axial traction ou compression + flexion, qui représe
nte finalement le cumul des contraintes longitudinales)
la flexion déviée (ou flexion gauche)
seule ou composée (2 moments de flexion agissant, cumulés ou non avec l'effort
axial).
Les différences à retenir par rapport aux normes précédentes sont les suivantes :
56
avant la norme Eurocode 3, la notion de
réserve de plasticité n'était pas ou peu prise en compte par les précédentes
normes (CM66, Add 80, CM 99) (simple coefficient supplémentaire dans
le CM66). Ainsi, on calculait habituellement et en tout
temps les contraintes de flexion avec les modules de flexion élastique. Ce qui re
vient finalement à des profilés de classe 3. Si les profilés sont de classe 1 et 2, c
e qui est
souvent le cas des profilés laminés, il est possible d'utiliser les valeurs plastique
s, et donc d'obtenir des contraintes moindres (donc une économie de matière).
la présence de forts efforts tranchants diminue la résistance des sections en flexi
on.
a) La traction simple
La vérification d’une section soumise à la traction devra satisfaire :
N Ed < N R=Min ( N pl N u N net )(EC3 5.4.3)
Avec :
Ned :effort de traction à laquelle est soumis mabarre
N R : effort résistant de labarre
N pl = A . f y /γ M 0 avec γ M 0=1
N u=0 , 9. f u /γ M 2=0 ,72 A net . f u avec γ M 2 =1.25
N net = Anet . f y
f y : Limite élastique de l' acier
f u : Limite de rupture de l' acier
A : Sectiontotale du profil
Anet : Section nette du profil=section totale−section des trous de percage
57
La valeur de calcul du moment M Ed dans chaque section transversale doit satisfaire la
condition suivante (EC3 [Link]-1) :
pour les sections transversales de classe 1 ou 2
W pl . f y
M Ed < M pl, Rd = avecγ M 0=1
γM0
pour les sections transversales de classe 3 :
W el . f y
M Ed < M el , Rd= avecγ M 0=1
γ M0
Avec
Les éléments d’un portique ou d’une structure sont généralement sollicités par une
combinaison de l’effort normal et de moment de flexion. Comme approximation plaçant en
sécurité pour toutes les classes de section transversale, nous pouvons utiliser une sommation
linéaire des rapports sollicitation/résistance propre à chaque sollicitation agissante. Ainsi, pour
les sections de classe 1, 2 ou 3 soumises à une combinaison de N Ed , M y , Ed et M z , Ed (y et z sont
les axes principaux de la section) on peut utiliser le critère suivant :
N Ed M y ,Ed M z , Ed
+ + ≤1 (EC3 5.4.7 -12)
N Rd M y ,Rd M z , Rd
e) Effet de cisaillement
La valeur de calcul V Edde l’effort tranchant dans chaque section transversale doit
satisfaire la condition :
A v ( f y /3 )
V Ed <V Pl, Rd = (EC3 [Link]-1)
γM0
58
A vest l’aire de cisaillement. Pour une Section laminée en I et H et pour une charge de
direction parallèle à l’âme, l’aire de cisaillement est :
où
( )
2
2V Ed
ρ= −1 (EC3 5.4.9-3)
V pl , Rd
59
CHAPITRE 2 : RESISTANCE DES BARRES OU SECTIONS LONGITUDINALES OU
ELEMENTS : PHENOMENES D’INSTABILITE ELASTIQUES
Ainsi de manière général, dans le cadre des petites déformations, suffit de vérifier que
les contraintes restent inférieures à la contrainte de ruine. Dans le cas des grandes déformations,
une analyse du second ordre (Effets du second ordre : effets additionnels des actions,
provoqués par les déformations de la structure) s’avère nécessaire, car il faut vérifier les
phénomènes d’instabilité élastiques (qui attaquent les parties de la section soumises à la
compression) tels que :
60
D’après la théorie d’Euler,
Une barre comprimée doit donc être vérifiée vis-à-vis du flambement de la façon
suivante:
N Ed
≤ 1.0
N b , Rd
61
χ peut aussi être déterminé d’après le tableau suivant :
62
Pour une section d’un profilé ayant deux plans de flambement possibles, χ doit être déterminé pour
chacun des deux plans et la valeur la plus faible doit être retenue pour le dimensionnement de l’élément.
63
NB : Méthode de détermination de la longueur de flambement selon l’Annexe-E de
l’Eurocode-3 (méthode des barres aboutissantes)
64
65
Exemple d’application
Exemple d'application 1 : Calculer l’effort critique en flambement d'un IPE450 en acier bi-
rotulé de 6mètres. (E235, on suppose qu’il est de classe 1).
Solution 1
Si vous avez rentré correctement les paramètres, vous devez trouver un effort critique de 6
84 kN (684 000 N).
Exemple d'application 2 : Calculer l’effort critique en flambement d'un HEB 200 en acier
biencastré de 8 mètres (E235, on suppose qu’il est de classe 2).
Solution 2
Si vous avez rentré correctement les paramètres, vous devez trouver un effort critique de 1
061 kN.
66
Soit une poutre mince (fer plat), dont les appuis sont encastrés vis-à-vis de la torsion et
quelconques vis-à-vis de la flexion:
On remarque un effondrement de la poutre pour une contrainte inférieure à la contrainte limite
d’élasticité du matériau.
Ainsi, le déversement
est un phénomène d’instabilité géométrique des poutres fléchies qui survient lorsque la partie
comprimée de la section droite se dérobe latéralement, entraînant la section dans un
mouvement de translation horizontale orthogonale à l’âme et de rotation autour du centre de
cisaillement. Il se définit aussi comme étant le flambement latéral de la membrure comprimé de
la poutre. Cette membrure étant en liaison avec une partie de la section tendue, le flambement
Calcul du déversement
M Ed
≤1.0
M b ,Rd
67
Avec M Ed :Valeur de calcul du moment fléchissant
fy
M b , Rd= χ ¿ × β W ×W pl , y ×
γ M1
Les poutres donc la semelle comprimée est suffisamment maintenue ne sont pas
sensibles au déversement.
Les poutres constitués de profils creux circulaires ou carrées, de sections creuses
circulaire ou en Caisson carrées reconstituées, ne sont pas sensibles au déversement.
(selon §[Link] (6.55) NF EN 199311 de octobre 2005).
Ce coefficient se lit sur les mêmes courbes que celles du flambement (cf flambement si
mple). Dans le cas général de déversement (§[Link]), on utilise le tableau 6.4 :
Sections en I laminés h /b ≤ 2 a
h /b >2 b
Sections en I soudés h /b ≤ 2 c
h /b >2 d
Autres sections - d
Il faut donc connaître l'élancement réduit pour le déversement qui se définit par la form
ule suivante :
λ ¿=
√ βW × W pl , y × f y
M cr
68
Mcr est le moment critique de déversement élastique, calculé quelle que soit la classe de
la section à partir de la section brute. Pour les sections de classe 4, on considère
une inertie de torsion nulle It = 0.
{[( ] }
2 1
2
)
π E Iz k 2
I w ( kL ) G I t 2 2
M cr =C 1 2
+ 2 + ( C 2 z g−C 3 z j ) −( C2 z g−C 3 z j )
( kL ) kw Iz π EIz
Avec :
k et kw sont des facteurs de longueur effective (0.5 pour une fixation parfaite, 0.7 pour e
ncastrée/appuyée et 1 pour des appuis simples). On prend généralement 1 pour kw.
Iw est le facteur de gauchissement. Iz est l'inertie de flexion faible. It est l'inertie de torsi
on.
Cette grosse formule fait un peu peur, mais on peut la simplifier la plupart des
temps. Par exemple, pour un profilé doublement symétrique (I et H par exemple→ Z j=0
), avec chargements par moments( C 2=0 ) ou charges transversales appliquées au centre de
cisaillement ( Z j=0 ),k =k w =1 (pas d’extrémités chargée), le moment critique de déversement
devient donc :
{[ ]}
2 1
2
π E Iz I w ( L ) G It 2
M cr =C 1 2
+
( L) I z π2 E I z
69
Lorsqu’un élément est comprimé et fléchi, il peut périr par flambement par flexion et
torsion et il y a lieu de vérifier la condition suivante :
Exemple d’application
Si vous avez rentré correctement les paramètres, vous devez trouver un moment critique
de 277 kN.m.
70
Si vous avez rentré correctement les paramètres, vous devez trouver un moment critique
de 842 kN.m.
Si vous avez rentré correctement les paramètres, vous devez trouver un moment critique
de 505 kN.m.
C1 = 0.712 et C2 = 0.652
Si vous avez rentré correctement les paramètres, vous devez trouver un moment critique
de 379 kN.m.
Sous l'effet d'une compression et d'une flexion simultanée, 2 inéquations combinées son
t à respecter, suivant la classe (1, 2, 3 ou 4) de la section considérée (§6.3.3).
Les facteurs d'interaction kyy, kyz, kzy et kzz peuvent être calculés d'après l'annexe A d
e la NF EN 199311 oct 2005 (plutôt pénibles à calculer manuellement...).
d) Voilement
Aspect expérimentale :
Sous l’effet de l’effort tranchant dans l’âme de la poutre, les éléments de surface de l’âme
ont tendance à se plisser sous des efforts de compression et traction conjugués.
71
Raidisseur
Figure 2: Phénomène du voilement Déformation transversale de la section
Observation :
Si l'on soumet une plaque rectangulaire à une compression uniforme sur deux côtés
opposés, parallèlement à son plan moyen, on observe que la plaque, au-delà d'une certaine
charge, se déforme transversalement. Il s'agit du phénomène de voilement, qui peut également
apparaître sous un effort de cisaillement simple.
Les essais montrent également que les âmes, bien que voilées, résistent encore à des efforts
additionnels. Autrement dit, le voilement ne conduit pas à une ruine rapide et brutale de ces
pièces, ce qui en fait un phénomène finalement peu dangereux.
Pour éviter le voilement des âmes des poutres, deux moyens sont possibles:
Soit augmenter l'épaisseur de l'âme.
Soit disposer des raidisseurs d'âme, judicieusement positionnés.
N .B : La vérification des au voilement des âmes des laminés normalisés (IPE, HE, …)
n’est pas nécessaire puisqu’ils sont largement surdimensionnés à cet égard. Cependant les
règles CM66 préconisent de positionner des raidisseurs au droit des appuis et des charges
concentrées, pour éviter d’éventuelles déformations locales.
En résumé, le
voilement est un peu aux plaques ce que le flambement est aux poutres (le voilement est néanm
oins moins brutal et moins dangereux).Les profilés normalisés ne sont pratiquement pas concer
nés par le voilement. En revanche, l'âme des profilés reconstitués soudés (PRS) est souvent à ét
udier, minutieusement.
72
Deux méthodes de calcul sont possibles, non explicitées dans cecours : la méthode post-
critique simple et la méthode du champ diagonal de [Link] est nécessaire par ailleurs
de vérifier les raidisseurs intermédiaires.
73
PARTIE IV :
Ainsi, le remplacement des normes françaises de calcul de structure par les Eurocodes a
fortement modifié les méthodologies de calcul utilisées. Les assemblages de charpente
métallique ne font pas exception puisque la partie 1-8 de l’Eurocode 3 [1] qui régit leur calcul
introduit de nouveaux concepts pour les calculateurs de bureau d’étude. Le calcul des
assemblages par platines boulonnées est ainsi assez significativement modifié avec
l’introduction de la méthode des composants. L’assemblage est ainsi décomposé en un
ensemble d’éléments simples (voir Figure 1) tels les boulons, platine, soudure, âme du
poteau… auxquels sont associées une résistance et une rigidité élastique.
Figure 1
74
CHAPITRE 1 : LES ASSEMBLAGES EN CONSTRUCTION METALLIQUES
1. Introduction
Une structure métallique est un ensemble de pièces individuellement assemblé. Il existe
02 possibilités d’assemblages en CM :
C’est le cas du rivetage (et dans le cas extrêmes des boulons HR), à savoir que les rivets
assurent la transmission des efforts par adhérence des pièces jusqu'à une certaine limites qui
lorsqu’elle est dépassée fait intervenir les rivets par obstacle, au cisaillement.
75
CHAPITRE 2 : LES ASSEMBLAGES BOULONNES
1. Introduction
Cette technique autorise une grande rapidité de montage sur le chantier et ceci à un
coût très économique. Deux types de boulons sont couramment utilisés :
Les boulons ordinaires travaillant en traction et au cisaillement par butée.
Les boulons HR pour lesquels l’effort de serrage empêche le glissement entre les
pièces assemblées. On les appelle aussi boulons
précontraints.
2. Composition
Les boulons sont constitués de :
Une vis,
Un écrou hexagonal,
Eventuellement 01 ou 02 rondelles.
2.1 Désignation des vis selon les normes
internationales ISO
76
3. Caractéristiques mécaniques et propriétés géométriques des boulons
Elles sont récapitulées sous forme de tableaux suivants :
77
- Pour les classes de qualité 4.8, 5.8, 6.8, 10.9 :
As
F V =0.5 f ub
γ Mb
A s : Aire de la section résistante en traction du boulon , si≤plan de
cisaillement passe par la partie fileté du boulon
f ub :Contrainte limite de résistance à la traction des boulons
γ Mb=1.25 :Coefficient de sécurité pour≤cisailement
6. Précautions/Dispositions constructives
Les assemblages constituent les zones particulièrement fragiles que les zones courantes
des pièces, car ses sections sont réduites du faite des perçages ou de la nature des pièces
affaiblie par la chauffe du soudage. Pour cela :
Il faut proscrire tout assemblage par recouvrement simple et utiliser un assemblage
symétrique par double couvre-joint.
78
Il faut s’assurer que les axes neutres des barres soient concourants aux nœuds du treillis
dans les systèmes réticulés.
Par ailleurs il faut prendre en compte les majorations de contraintes engendrées par les
moments secondaires dans les assemblages excentrés.
79
80
7. Exemples d’assemblages boulonnés
81
CHAPITRE 3 : LES ASSEMBLAGES SOUDES
1. Introduction
Le soudage est le procédé qui permet d’assembler 02 pièces par liaison intime de la
matière, obtenue par fusion ou plastification.
82
- Procédés à l’arc électrique
3. Dispositions constructives
3.1 Définition de la gorge des cordons d’angle
Il convient de ne pas arrêter la soudure d’angle aux extrémités des éléments assemblés.
Elles doivent contourner les coins des assemblages sans interruption en gardant leur dimension
sur une longueur égale à 02 fois le pied du cordon à tous les endroits où ce retour est possible
dans le même plan.
83
3.4 Autres types de liaisons soudées
4. Précautions constructives
Le soudage des aciers exige une température élevée qui vont provoquer la dilatation
locale des pièces. Lors du refroidissement de la zone de cordon de soudure, le retrait va :
Soit de donner aux pièces initiales des déformations inverses qui vont être
compensées lors des déformations en retrait,
Soit de redresser les pièces à froids sous presses,
Soit d’effectuer les cordons par tronçons discontinus et espacées dans le temps ;
84
Soit de préchauffer les pièces pour qu’ils évitent le refroidissement brusque.
Dans le second cas, pour limiter les contraintes internes il est possible de :
Eviter l’assemblage des pièces de trop grandes différence d’épaisseur, car il y’a
risque de déformations de la pièce la plus mince et risque de fissuration du cordon
de soudure au refroidissement ;
Eviter l’assemblage par soudure pour des pièces d’épaisseur supérieure à 30 mm ;
Réaliser des cordons de diamètre supérieur à 4 mm et de longueur supérieur à 50
mm ;
Veuillez à une bonne corrélation entre l’épaisseur du cordon et l’épaisseur de la
pièce mince à assembler.
5. Calcul des cordons de soudures
Avant toute chose il est nécessaire de rappeler que les soudures ‘bout-à-bout’ ne se
calculent pas.
85
5.2 Cordons frontaux
86
5.4 Cordons obliques
87
PARTIE V :
DIMENSIONNEMENT DE QUELQUES
COMPOSANTS DE BASE (SQUELETTE)
D'UN BATIMENT METALLIQUE
88
PARTIE VI :
89
1. Introduction
L’acier tend à se dégrader superficiellement lorsqu’il est soumis à des milieux corrosifs :
Atmosphère humide, condensation des eaux et du sol. La rouille est donc devenue la terreur
des maitres d’œuvre et des maitres d’ouvrages. Pourtant des précautions prises à la conception
et à la réalisation des éléments en acier permettent de la prévenir totalement… lorsque le risque
existe ! Dans la plupart des cas il faut le protéger ou utiliser une nuance assurant son auto
protection. Les aciers entrent dans les constructions métalliques sous différentes forme qui ne
seront pas protèges de la même façon (profilés laminés à chaud pour les ossatures, tôles formés
à froid pour les éléments plan : façades, couverture, plancher, équipement…Etc.). De plus tous
ses produits ne seront pas soumis aux mêmes agressions et le taux de corrosions n’est pas
identique dans toutes les atmosphères.
La bonne préparation de la surface de l’acier est importante pour obtenir un bon système
de protection efficace.
Galvanisation à froid
90
Zingage électrolytique
Mise en peinture
Métallisation par protection suivi de la mise en peinture
Galvanisation à chaud suivi de la mise en peinture.
Il existe des spécifications techniques particulières pour les préparations de surfaces par
grattage, piquage et brossage jusqu'à élimination de la calamine et de la rouille. Ces opérations
peuvent se faire au burin pneumatique, au pistolet à aiguille pneumatique ou à la brosse
métallique rotative, électrique ou pneumatique. Le dégré de soin de décapage correspondant à
ces techniques s’apprécie par référence à la norme française NF E 05-501 « échantillon de
comparaison par viso-tactile »
Il faut éviter une rugosité excessive par ce que la corrosion peut se former facilement sur
les pics de l’acier avivé là où la couche de peinture est mince (ou au moins plus mince) et ne
constitue pas une protection suffisante. En général il est conseillé d’avoir les écarts de rugosité
aussi faible que permises par les conditions techno-économiques.
L’emploi des peintures est le procédé le plus couramment utilisés pour protéger l’acier de
la corrosion. Comme beaucoup d’autre domaine, la technique de peinture a fait beaucoup de
progrès. En conséquence on obtient une durée de vie beaucoup plus longue avant la première
période d’entretien.
91
92
93
3.2 Système de peinture
Une ou plusieurs couche primaires : constitué d’une base d’adhérence pour les
couches ultérieures et inhiber le processus de corrosion,
Une ou des couches intermédiaires : contribuer à l’épaisseur totale du revêtement,
Une ou des couches de finition : résister à l’influence de l’atmosphère.
Le système de peinture s’applique sur une surface préparée. Plus la peinture est de bonne
qualité plus la surface devrai être bien préparée.
Le choix d’un mode d’application ne se fait pas seulement en fonction du résultat mais
aussi du prix de revient. Celui-ci varie beaucoup d’une méthode à l’autre.
a) A la brosse
Elle ne peut qu’être faite à la main et présente un travail long et couteux. Elle se fait
lentement et l’opérateur à le temps de contrôler son travail et retoucher immédiatement
d’éventuelles imperfections. Un autre avantage de ce procédé c’est qu’il y’a peu de perte de
peinture.
b) Au rouleau
Il est beaucoup plus utilisé pour les surfaces planes. Elle est beaucoup plus rapide que la
précédente et plus économique par unité de surface.
94
d) Par pulvérisation sans air
Dans ce procédés la peinture est amandée sous pistolet et pulvérisé à une pression élevée
(jusqu'à 20 MPa ou 200 bars) et pulvérisé sans air dans le gicleur à grande vitesse. Ce procédé
produit un excellent contact. C’est une bonne méthode pour appliquer les couches primaires.
Si deux matériaux métalliques comme l’aluminium et l’acier doivent être assemblés, il faut
se prémunir contre l’éventualité d’un « effet pile ».
Pour cela, il faut disposer un isolant efficace à l’interface entre les 02 matériaux (voir
figures suivante). En ce qui concerne le cuivre, son utilisation est absolument proscrite avec des
éléments de charpente métallique revêtus par des couches à base de poudre de Zinc ou par
Zingage à chaud.
Une autre solution consiste à galvaniser les pannes, lisses ou les profiles en acier en contact
direct avec les tôle Alu.
5. Conclusion Générale
95
ANNEXE I:
FORMULAIRE DE CALCUL
96
97
98
99
100
ANNEXE II:
LEXIQUE ANGLAIS/FRANÇAIS
Steel : Acier
Web : Ame
Purling : Pannes
Rafter : Arbaletrier
Column : Poteaux
Link: Articulation:
Joint/Connection : Assemblage
101
Axial Force : Effort Axial
Buckling : Flambement
Welded : Soudé
Rolled : Laminé
BIBLIOGRAPHIE
FIN
102
103