Note de Cours de RDS
Note de Cours de RDS
STRUCTURES (RDS)
AVANT PROPOS
Cette note de cours traite de la notion de Résistances Des Structures (RDS). Ce cours est
un cours d’initiation au calcul de structure à travers le calcul des sollicitations ou du torseur des
sollicitations : effort normaux (N), tranchants (Ty, Tz) et moments (Mt, My et Mz) et plutard le
gauchissement dans tous les éléments d’une structure et aussi les réactions aux nœuds (nœuds
encastrés, nœuds articulé…) ou le mode de transmission des sollicitations aux différents nœuds
(liaisons rotule, liaison rigides…). On peut définir une structure comme étant un ensemble de
plusieurs barres lies les unes aux autres par des liaisons rigides, rotules… Il va plus en
profondeur des notions vues en RDM à travers l'analyse du comportement général d’un
système mécanique ou une structure prise de manière individuelle et dans son ensemble.
L’objectif général de ce cours est d’acquérir une compréhension analytique et intuitive du
comportement mécanique des structures. La plus grande partie du cours est consacrée à
l’acquisition des connaissances de base en mécanique des structures et à maîtriser les méthodes
classiques de calcul des structures.
Destiné aux étudiants de 3ème année, en science de l'ingénieur des instituts supérieurs des
études technologiques, ce cours sera divisé en 04 parties.
La première partie est consacrée aux rappels des notions de générales de RDM et des
notions de statisme tels que l’hypo-statisme, l’iso-statisme et l’hyper-statisme des structures.
La deuxième partie abordera des structures particulières telles que les treillis 2D et 3D,
les portiques 2D et 3D et autres.
La troisième partie sera consacrée aux rappels sur les formulaires classiques de RDM et
sur les intégrales de Mohr nécessaires à un calcul rapides des structures.
La quatrième partie sera consacrée à l’utilisation d’un logiciel élémentaire de calcul des
structures en l’occurrence du logiciel gratuit de RDM6.
La cinquième partie sera consacrée aux TP en laboratoire avec l’appui d’un manuel de
TP.
Rappelons une fois de plus que tout ingénieur, qui souhaiterait faire dans le secteur de la
construction métallique, béton, bois et aussi dans le secteur de la construction mécanique, doit
maîtriser les méthodes d'analyse manuelles pour acquérir l’expérience pratique et l’intuition qui
lui donneront la possibilité de contrôler les résultats fournis par un ordinateur.
Paul-Ramsès LANGOUO
OBJECTIFS
ADMISSIBILITE
La mécanique des structures s’appuie sur les résultats de mécanique des solides et de la
résistance des matériaux. Elle permet de déterminer la résistance des éléments de construction,
par l’étude des forces internes agissant dans la matière, de tester leur rigidité par l’étude des
déformations dans la matière et des déplacements qui en résultent, et de lutter contre leur
instabilité. Les méthodes qui seront exposées dans ce cours peuvent être utilisées pour l’analyse
des différentes structures suivantes :
1. Hypothèses de base
Les hypothèses habituelles de la résistance des structures sont les suivantes :
la linéarité matérielle,
2. Liaisons
Une liaison est caractérisée par le nombre de déplacements (degrés de liberté) qu’elle
peut empêcher. Les liaisons peuvent être extérieures ou intérieures (fig. 1.1). Les liaisons
extérieures définissent les conditions d’appui de la structure. Les liaisons intérieures
déterminent les conditions de liaison de deux ou plusieurs éléments de la structure.
Nœud Encastré Nœud Encastré
Des charges (forces connues) qui peuvent être des charges permanentes ou des
surcharges d’exploitation. Ces charges peuvent être réparties ou concentrées,
fixes ou mobiles ;
Des réactions (forces inconnues) qui sont les actions des appuis sur la structure.
Ces réactions peuvent être déterminées à partir des équations de l’équilibre
statique.
Pour une structure plane, les conditions d’équilibre sont au nombre de trois :
∑ F Ext / x =0
∑ F Ext / y =0
∑ M Fext / pont =0
Soit « m » le nombre d’équations d’équilibre et « n » le nombre d’inconnues
Une structure est dite hypostatique ou « instable » lorsque les équations d’équilibre sont
en nombre supérieur aux réactions inconnues. Alors il n’existe aucune combinaison d’appui qui
puisse assurer l’équilibre de la structure( m>n ).
Une structure est dite isostatique ou « statiquement déterminées » lorsque les réactions
d’appui peuvent se calculer par les seules équations d’équilibre. Donc autant d’inconnues que
d’équations( m=n ).
4. Degré d’hyperstaticité
Cette méthode consiste à supprimer des liaisons jusqu’à ce que la structure devienne
isostatique.
Si on appelle :
b le nombre de barre
X =3 b
d=N −X =3 e+ 2a s 1 +a s−3 b
d=b+r −2 n
n : Le nombre de nœuds
avec :
u et v sont les déplacements de translation d’un point de l’axe (ou de la section droite),
θ est le déplacement de rotation de la section droite.
On adopte dans ce cours la convention de signe suivante : un moment positif agissant sur
une face positive crée des contraintes positives du côté des ordonnées négatives. Le moment
positif tourne ainsi dans le sens trigonométrique et la fibre inferieure de la poutre est tendue.
dN
+ p ( x )=0
dx
2
d M
2
+ q ( x )=0
dx
dM
−T =0
dx
Remarque
dM
+T =0
dx
6. Le principe de superposition
Le principe de superposition s’énonce comme suit : « l’effet produit par plusieurs causes
agissant simultanément est égale à la somme des effets produits par chacune des causes
supposée agissants simultanément ».
Ce principe est d’une grande utilité, parce qu’il permet de scinder l’étude des cas
complexes en celle de cas simples que l’on obtient en faisant agir isolement les diverses forces
ou autres actions.
Nous avons précédemment défini les structures hyperstatiques comme étant des
structures ou le nombre d'inconnues statiques est supérieur au nombre d'équations d'équilibre
statique que l'on peut obtenir pour déterminer ces inconnues. Le degré d'hyperstatisme
(toujours positif) correspond à la différence entre le nombre d'inconnues statiques et le nombre
d'équations d’équilibres indépendants (( n−m ). (La méthode des cadres permettant de
déterminer le degré d'hyperstatisme d'une structure) plusieurs méthodes permettent de résoudre
des structures hyperstatiques comme nous l’avions vue au chapitre précédent.
La présente méthode des forces permet de calculer les inconnues hyperstatiques (actions
des appuis ou sollicitations dans la structure) en utilisant les méthodes énergétiques.
Comme toute méthode d'analyse des structures hyperstatiques, la méthode des forces est
basée sur les deux exigences suivantes : l'équilibre de la structure et la compatibilité des
déformations.
L'exigence d'équilibre est satisfaite si, à chaque étape du calcul, on peut utiliser les
équations d'équilibre statique. Cette exigence de l’équilibre permet d’avoir « m » équations.
Les « n-m » équations restantes seront déterminées par l’exigence de compatibilité des
déformations ou déplacements.
3. Etapes du calcul :
A) ETAPE 1
A une structure hyperstatique donnée, on associe une structure isostatique stable en
supprimant un nombre suffisant d'inconnues hyperstatiques. Les inconnues hyperstatiques
peuvent être des actions d'appui ou des efforts intérieurs surabondants qu'on met en évidence en
effectuant des coupures aux appuis ou dans les barres de la structure hyperstatique. Le nombre
n d'inconnues supprimées pour rendre la structure isostatique est égal au degré d'hyperstaticité.
B) ETAPE 2
On applique à la structure isostatique associée( S0 ) les charges réelles données (c'est-à-dire
les charges agissant sur la structure hyperstatique) et des forces ou des couples unité
correspondant à la valeur unité des inconnues hyperstatiques X i ( Si )dont, à ce stade on ne
connait pas la valeur.
C) ETAPE 3
A chaque point (désigne par un chiffre ou une lettre) de la structure isostatique associée ou
agit une inconnue hyperstatique, on calcule :
les déplacements λ ij dus aux forces ou aux couples unité correspondant à la valeur
unité des inconnues hyperstatiques X i ; λ ij est le déplacement au point i du à une
force ou à un couple unité applique en j .
❑
Mi M j
λ ij= ∫ E. I
. dx
Structure
Le résultat donne par les intégrales de Mohr doit être multiplie par :
Longueur troncon
E. I
Cela nous donne donc : (Car ici il n'y a qu'un tronçon)
λ 10Déplacement au point B de la structure isostatique ( S0 ) sous chargement réel
suivant la direction de X 1 .
( )( )
2 4
L 1 −q L qL
λ 10= . (−L )=
E.I 4 2 8 E.I
( )
3
L 1( L
λ 11= −L ) . (−L )=
E. I 3 3 E.I
D) ETAPE 4
A chaque point ou agit une inconnue hyperstatique, en suivant le principe de
superposition, on fait la somme des déplacements ou des rotations calculées à l'étape 3 et l'on
écrit que cette somme est égale à la valeur du déplacement ou de la rotation de l'inconnue
hyperstatique. Par exemple, si l'inconnue hyperstatique est l'action verticale d'un appui simple,
le déplacement vertical est égal à zéro. Ou bien si l'inconnue hyperstatique est un moment
d'encastrement, la rotation à l'encastrement est égale à zéro.
Ici nous avons un appui ponctuel en B, le déplacement vertical du point B est donc nul :
D’où finalement :
−λ 10 −3
X B= = q.L
λ10 8
(Négatif dans le repère associe à X 1 , donc l'action inconnue X B est opposée au sens arbitraire
choisi pour X 1 .)
3
X B= q . L dans le repère global
8
4. Autre approche :
Sous un autre angle, pour faciliter l’application de la méthode de résolution, la procédure peut
être subdivisée selon les cinq étapes suivantes:
1) esquisse de la déformée
2) identification de l’inconnue
Avant toute chose, l’esquisse de la déformée est utile pour identifier l’inconnue en choisissant
la condition de compatibilité cinématique à considérer. Dans ce sens, la déformée ne doit pas être
déterminée de manière précise et détaillée. Il est surtout important qu’elle respecte les conditions
d’appui, la règle des petits déplacements et qu’elle mette clairement en évidence ses
caractéristiques. L’inconnue découle du choix de la condition de compatibilité cinématique
exprimée pour résoudre le système. Elle correspond à l’effort associe à la liaison supprimée par la
coupure effectuée dans ce but. La structure issue du système initial, rendue isostatique par cette
coupure, joue un rôle central dans la procédure de résolution. Cette structure est appelée le système
isostatique de référence ou système fondamental.
Exemple applicatif :
Considérons la poutre encastrée appuyée, chargée à mi- portée par une charge concentrée, de
la figure ci-dessous :
Figure : explication qualitative du principe de la méthode des forces
L’observation de la déformée permet d’identifier une condition de compatibilité
cinématique à exprimer (à gauche); ici, l’absence de déplacement vertical de l’appui à réaction
normale.
Résolution du système :
Coupure : c’est la suppression d’un degré de liaison en un point, ce qui impose un effort
inconnu (ici la réaction d’appui).
Soient :
référence ;
a 11 : Le déplacement en B sous l’effet d’une charge unité appliquée au droit de la coupure dans la
−a10 5
X= = P
a11 16
5. Exemple d’application
La méthode est illustrée avec l’exemple de problème hyperstatique de degré h (h=2) ci-
contre. Ce problème est équivalent à la superposition de (h+1) problèmes isostatiques associés
à h conditions cinématiques. Soient X1 et X2 les réactions aux appuis en 1 et 2.
CHAPITRE 2 : METHODE DES DEPLACEMENTS
ET SES APPLICATIONS
1. Introduction :
La méthode des déplacements est une méthode de résolution des systèmes (iso)
hyperstatiques. Elle débouche sur la résolution numérique des problèmes (1 er pas vers la
Méthode des Elément Fini (MEF)). Contrairement à la méthode des forces ou les inconnues du
problème sont les actions de liaisons hyperstatiques, les inconnues seront les déplacements en
certains points de la structure appelés nœuds. Elle est particulièrement efficace lorsque le degré
d’hyperstatisme est élevé. Dans cette approche, les efforts sont la conséquence des
déplacements imposés à la structure. En effet cela signifie qu’il y a en général un nombre très
surabondant de liaisons. Autrement dit il y’a un nombre très important des nœuds pour lesquels
les déplacements ou les rotations sont bloqués. Or comme dans la méthode des déplacements ce
sont les déplacements qui sont les inconnues donc moins il y’a de déplacement possibles,
moins il y’a des inconnues.
2. Principe :
Il s'agit, comme nous l'avons fait pour la méthode des forces, de négliger l'énergie due à
l'effort normal et a l'effort tranchant devant l'énergie due au moment fléchissant. Cette
hypothèse se traduit dans la méthode des déplacements en négligeant les déformées dues aux
efforts normaux et tranchants.
3. Conséquences :
Conséquences sur les déplacements : si on néglige la déformée due a l'effort normal, on
considère alors que la longueur des poutres est conservée. On dit que la longueur des barres est
invariante.
Conséquences sur les équations d'équilibre : les équations faisant intervenir l'effort
normal ne sont plus valables, seules sont disponibles les équations de moment. Il manque donc
des équations pour résoudre le problème, ces équations peuvent être obtenues par le principe
des travaux virtuels (PTV* )
Une barre Ai A jrelie les noeuds Ai et A j d’une structure de type poutre. Cette barre,
sous l’effet du chargement de la structure subit des transformations, c’est-à-dire des
déplacements et des rotations des nœuds. Pour chaque barre, ces transformations sont de deux
types :
Les rotations des sections sont Ωi−Ωijau point Ai et Ω j−Ωij au point A j . Une translation
de l’extrémité par rapport à l’origine U j−U i . (3 inconnues).
Le nombre total d’inconnues est donc égal à 6. Les inconnues portent le nom de degrés
de liberté. La rotation en solide d’ensemble s’écrit en fonction des déplacements des nœuds.
Les déplacements sont écrits dans le repère local de la barre (en configuration non déformée).
v j−vi v j−v i
tan Ωij ≅ Ωij = ≅
l+u j−v i l
v j−v i
Ωij =
l
Les déformations ne peuvent être exprimées qu’en fonction des 3 groupements suivants :
v j−v i v j−v i
v j−v i Ωi − Ω j−
l l
5. Equations intrinsèques
Les efforts appliques en Ai et A j ne sont pas les sollicitations mais les efforts extérieurs
appliques par les nœuds sur la barre en projection dans le repère local de la barre.
Remarque : T ij n’est pas un effort tranchant mais un effort tangent à la section droite.
Equations intrinsèques des barres :
Les équations intrinsèques pour les moments peuvent être démontrées à partir de la
relation moment - courbure pour une barre sur deux appuis.
Les barres sont reliées entre elles par l’intermédiaire de nœuds et sont supposées
encastrées sur ces derniers. Si la barre est relaxée, il faut réécrire les équations intrinsèques de
moments et condenser les inconnues de rotation. Plutôt que d’étudier l’équilibre des barres, la
méthode des déplacements consiste à étudier l’équilibre des nœuds de la structure. Chaque
nœud étant en équilibre, le principe fondamental de la statique apporte alors trois équations
scalaires par nœuds.
7. Exemple d’application 1
Considérons la structure la plus simple qui soit : une barre sur deux appuis soumise a une
charge ponctuelle appliquée en son milieu. La première étape consiste à décomposer la
structure en nœuds et barres. La décomposition n’est pas unique mais il faut toujours
rechercher la décomposition minimale. Dans notre exemple, la décomposition minimale est
obtenue avec deux barres (la décomposition en une seule barre est envisageable mais ne fait
plus appel à la méthode des déplacements) et trois nœuds.
Maintenant que nous avons identifié les inconnues (on compte 6 degrés de liberté nuls) et
les nœuds, nous pouvons écrire les équations d’équilibre.
On dispose donc de 9 équations. Les inconnues sont 6 degrés de liberté (ddl) et 3
inconnues de liaison( X 1 Y 1 Y 3 ). Parmi les 9 équations, on ne retiendra que celles conduisant
aux ddl en éliminant celles contenant des inconnues de liaison. De plus, en observant que les
déplacements horizontaux inconnus sont forcement nuls, il devient inutile d’écrire les équations
(4) et (7).
La résolution par inversion de la matrice conduit aux résultats connus qui suivent :
3
pl
v 2=
48 EI
Ω2=0
2
pl
Ω 1=−Ω3=
16 EI
CHAPITRE 3 :
LE POTENTIEL INTERNE
ET SES APPLICATIONS
3.1 Introduction
Dans ce chapitre seront examinées les relations qui existent entre les sollicitations agissant
sur un système et les déplacements qu'elles produisent.
Les systèmes considérés sont généralement plans (géométrie et chargement) mais les
développements théoriques s'appliquent à tous les systèmes, sauf précision contraire.
Pour garder à la théorie toute sa généralité, tout en simplifiant autant que possible les
notations, nous désignerons une sollicitation par F (sollicitation généralisée), que ce soit une
force P, un couple C ou une sollicitation globale F (F1, F2, …, Fn) et un déplacement par
(déplacement généralisé), que ce soit une translation (déplacement linéaire) ou une
rotation (déplacement angulaire).
Nous supposons que la force F1 est appliquée graduellement, d'une manière lente, de façon à ne
produire aucune force d'inertie. Dans ces conditions, on dit que le chargement (force F1 ici) est
appliqué statiquement et le déplacement engendré (ici un allongement) est relié à la force appliquée
par une relation représentée par le diagramme "F-" de la figure 3.1b.
Il est représenté par l'aire hachurée (hachures inclinées) du diagramme F-d (Figure 3.1b).
F F
F1 F1 A
*
l dF d e dF
F c F
b
de
a d B
0 1
1 d 1 d
F1
(a) (b) (c)
Figure 3.1
Remarque : Fd représente plus exactement le rectangle "abcd". Autrement dit, le travail effectué par
dF au cours du déplacement d, qui est un infiniment petit d'ordre supérieur à 1, est négligé.
Le travail total effectué par la force F1 au cours du déplacement 1 est obtenu par sommation des
travaux élémentaires, c'est-à-dire :
(3.2)
Il est représenté par l'aire délimitée par la courbe F- et l'axe des jusqu'à 1.
(3.3)
Le travail complémentaire total effectué par F1, appliquée graduellement de 0 à F1, au cours du
déplacement 1 est donné par :
(3.4)
(3.5)
dx
1
dy *
x dW0
d
dW0
dz
dx(1+dx) d 1
En considérant toutes les composantes des contraintes et en utilisant la notation indicielle, on obtient
pour l'élément dv :
(3.6)
(3.7)
On a :
(3.8)
(3.9)
est appelée densité de l'énergie de déformation et est représentée par l'aire comprise entre la courbe - et l'axe des
. Remarquons qu'on a :
(3.10)
De même, l'énergie complémentaire élémentaire produite par un accroisementdij des contraintes au
cours des déplacements produits par les déformations ij correspondantes vaut :
¿
dW =ε ij dσ ij dv (3.11)
W =∫v ε ij dσ ij dv
¿
(3.12)
On a aussi :
et (3.13)
3.3 Travail et énergie dans le domaine élastique linéaire
a) Travail d'une force
Revenons au cas de la traction d'une barre prismatique du paragraphe 3.2.1. Si la relation entre F et
est linéaire, domaine d'application de la loi de Hooke (et petits déplacements), c'est-à-dire quand on a
à tout moment du chargement la relation (Figure 3.1c) :
F = k (k = constante)
(3.14)
Le travail total est représenté par l'aire du triangle OAB (Figure 3.1c).
b) Généralisation
Si un système en équilibre est soumis à une sollicitation globale F (F1, F2,… Fi,…,Fn) et que les points
d'application de ces forces subissent des déplacements, dont les projections sur les directions de ces
mêmes sollicitations valent 1, 2,…, n, le travail effectué au cours du chargement du système (passage
de l'état d'équilibre initial à l'état d'équilibre final), vaut :
(3.15)
Dans le cas d'appuis élastiques, les relations (3.14) et (3.15) restent valables pour les réactions.
Ainsi, le travail fait par la force xdydz au cours de la déformation x qui provoque une variation de
longueur dx = xdx est :
(3.16)
Pour toutes les contraintes agissant sur dv en aura (en notation indicielle)
(3.17)
et
(3.18)
dx
x x
dy
dx(1+x)
(a) (b)
Figure 3.3
(3.19a)
Dans ce cas, on dit que le système (corps + appuis + charges) est conservatif et le travail, ou l'énergie de
déformation, puisque e = W, ne dépend pas de l'ordre dans lequel les forces sont appliquées mais uniquement de
leur intensité finale. Dans le cas contraire, c'est-à-dire si le travail dépendait de l'ordre d'application des forces, on
pourrait le charger d'une certaine manière et le décharger d'une autre manière de façon à réaliser un gain. Après
plusieurs cycles, l'énergie ainsi gagnée ferait exploser le corps, ce qui est absurde.
Si les charges cessent d'agir, l'énergie emmagasinée dans le corps lors du chargement sera restituée
sous forme de travail qui va ramener le corps à son état initial.
En plus des hypothèses a), b) et c) ci-dessus nous admettrons dans ce qui suit que :
d) le matériau vérifie la loi de Hooke (matériau élastique linéaire),
e) les déplacements sont suffisamment petits et n'affectent pas l'action des charges (pas d'effets du second ordre).
Il arrive quelquefois que le système, dans son état initial, c'est-à-dire avant toute application de
charges, soit déjà assujetti à des efforts internes et des déformations élastiques. C'est le cas
notamment des systèmes hyperstatiques dont les appuis subissent des déplacements (appuis non
concordants), des systèmes hyperstatiques soumis à des effets thermiques, au phénomène de retrait
dans les structures en béton, des effets des défauts de montage, etc.
Dans un cas pareil, le système possède déjà à l'état initial une énergie élastique (Wi) emprisonnée dans
le corps et qui ne peut se libérer que dans des conditions particulières. Les efforts et les déformations
qui seront produits par les forces extérieures vont s'ajouter aux efforts et aux déformations existants.
Dans ce cas, l'énergie de déformation est égale au travail des forces extérieures qui se transforme en
énergie élastique interne plus l'énergie élastique initiale, d'où :
(3.19b)
a) Effort normal
dx
z
N N
dA N
x
dx A
dx+dx
(a) y (b)
Figure 3.4
Sous l'effet des contraintes d'effort normal, le tronçon dx subit une variation de longueur dx définie
par :
dx = (N/EA)dx
L'énergie emmagasinée dans le couche [Link] se calcule comme le travail effectué par la force [Link] au
cours du déplacement dx, d'où :
Remarque : La notation d2W est utilisée pour désigner une quantité plus petite que l'énergie
élémentaire.
L'énergie élémentaire emmagasinée dans le tronçon dx s'obtient par intégration sur l'aire A de la
section :
Et pour la totalité de la poutre :
(3.20)
b) Moment fléchissant
Considérons la couche dAdx. Sous l'effet des contraintes de flexion, la couche subit une variation de longueur :
dx
R
d
z
M dA Mz y
M x
y Iz
(a) (b)
dx+dx y
Figure 3.5
dx = xdx = (x/E)dx. Compte tenu de la relation de Navier, il vient :
(3.21a)
Dans le cas d'une flexion gauche, on a une relation similaire à (3.21a) pour chaque moment fléchissant
et pour les deux moments on aura :
(3.21b)
c) Effort tranchant
D'après la relation (2.12) du chapitre 2, l'énergie emmagasinée dans un tronçon dx soumis à un effort
tranchant Ty vaut :
d) Moment de torsion
L'angle dont tourne l'une par dt
rapport à l'autre les sections Mt Mt
extrêmes du tronçon dx soumis à
un moment de torsion Mt est dx
donné par (Figure 3.6) :
Figure 3.6
où :
- q est une constante dépendant de la forme et des dimensions de la section, appelée coefficient de torsion ( q
40Ip2/A4). Ce facteur vaut 1 pour la section circulaire et est supérieur à 1 pour les autres cas.
- la quantité C = GIp/q est désignée par rigidité à la torsion (ou rigidité torsionnelle).
L'énergie emmagasinée dans le tronçon dx se calcule comme le travail effectué par Mt lors du
déplacement dt :
(3.23)
Calculons l'énergie emmagasinée dans l'élément dv lorsqu'il est soumis à l'ensemble des contraintes
(Figure 3.7a).
y
yx
xy
yz
x x
zy x dy xy
zx xz
z xy dx+dx yx xydx
(a) (b) dx
Figure 3.7 (c)
Le travail de déformation de la force xdydz au cours du déplacement dx = xdx (Figure 3.7b) vaut :
Pour l'ensemble des trois contraintes normales, on applique le résultat (3.15), d'où :
oùx, y et z sont les déformations longitudinales et peuvent être exprimées en fonction des contraintes normales à
partir de la loi de Hooke généralisée.
Les déformations provoquées par les contraintes normales et tangentielles étant indépendantes, si
outre les contraintes normales il y a des contraintes tangentielles, il suffit d'ajouter leur effet.
(3.24)
L'énergie potentielle de déformation de tout le corps s'obtient par sommation sur le volume entier :
(3.25)
L'expression de W peut être exprimée en fonction des contraintes seulement ou des déformations
uniquement en utilisant les expressions des contraintes en fonction des déformations données par la
loi de Hooke généralisée.
Dans le cas d'une poutre soumise aux sollicitations N, M, T et Mt, l'expression de W s'obtient en
ajoutant les expressions (3.20), (3.21), (3.22) et (3.23) :
(3.26)
Notons que cette dernière expression ne découle pas de l'application du principe de superposition, qui
n'est pas applicable puisque l'énergie n'est pas reliée linéairement aux sollicitations. La relation (3.26)
s'obtient par sommation des contributions de chaque sollicitation du fait que le déplacement
provoqué par une des sollicitations ne provoque pas de travail de la part des autres sollicitations
(déplacements indépendants).
Remarque : Si le système comporte "n" barres, la relation (3.26) s'applique à chacune d'elles.
m
() c
(a) (b)
Figure 3.8
(3.27a)
Ce travail, d'où le 1/2 a naturellement disparu car la force F avait déjà atteint sa valeur finale au
moment de l'application du déplacement , est appelé travail virtuel de F dans le déplacement virtuel
. Si les sens du déplacement et de la composante de F suivant la direction de sont concordants, le
signe du travail est positif, dans le cas contraire il est négatif.
Considérons maintenant le système élastique simple de la figure 3.8b et imposons lui une déformation
représentée par la courbe c. Au cours de la déformation, la force P, dont le point d'application se déplace de ,
effectue un travail virtuel de la forme (3.27), avec = 0 dans le cas présent.
(3.27b)
Précisons qu'on entend par déplacement virtuel tout petit déplacement possible. Petit par rapport aux
dimensions du système, donc comparable aux déplacements réels. Possible, c'est-à-dire compatible avec les
liaisons extérieures (appuis) et intérieures du corps. Peu importe la manière utilisée pour produire le déplacement
virtuel.
De manière plus générale, si un système supportant la sollicitation F (F1, F2,…, Fn), subit un
déplacement virtuel qui impose à chaque force (Fi) un déplacement (i) suivant sa direction, le travail
virtuel total effectué au cours du déplacement virtuel s'écrit :
(3.27c)
3.8 Théorème de Castigliano
3.8.1 Première forme du théorème
Considérons un système élastique soumis à une sollicitation F (F1, F2,…, Fn). Au cours de la mise en
charge, le système se déforme et les points d'application des forces subissent les déplacements 1, 2,
…, n (i mesuré suivant la direction de Fi).
L'énergie W emmagasinée dans le système au cours du chargement peut s'exprimer en fonction des
forces ou des déplacements de leur point d'application (§ 3.5).
(a)
Donnons à la force Fiun accroisementdFi. Il s'ensuit une variation de l'énergie définie par la quantité
(W/Fi)dFi et l'énergie totale, sous F (F1, F2, …, Fn) et dFi, s'écrit :
(b)
Etant donné que le travail des forces ne dépend pas de l'ordre dans lequel elles sont appliquées (§
3.4), appliquons d'abord dFi ensuite la sollicitation globale F (F1, F2, …, Fn).
La force infinitésimale dFi produit un déplacement di infinitésimal aussi, si bien que le travail accompli
peut être considéré comme un infiniment petit d'ordre 2 qu'il est légitime de négliger : (1/2) dFidi 0.
Appliquons maintenant la sollicitation globale F (F1, F2, …, Fn). Le travail e accompli est égal à W (§
3.4) : e = W. En outre, la force dFi, dont le point d'application a subi un déplacement i, produit un
travail qui vaut dFii.
(c)
En vertu du résultat (3.19), les expressions (b) et (c) sont égales, d'où :
(3.28)
(1) Pour établir le résultat (3.28), nous avons appliqué dFi et on a admis que cet accroissent n'influençait aucunement les autres
forces. En d'autres termes, nous avons supposé que les forces F1, F2, …, Fn étaient indépendantes. Les réactions des appuis
indéformables (appuis fixes) ayant un travail nul, même si elles étaient influencées par dFi cela ne changerait rien. Par contre, il
en va différemment avec des appuis élastiques dont les réactions dépendent des forces appliquées (donc de dFi) et effectuent un
travail. Pour que le résultat (3.28) reste applicable dans ce cas, il suffit de considérer les appuis élastiques comme faisant partie
du système et de tenir compte de leur travail.
Notons aussi que le résultat (3.28) reste valable si le corps possède une énergie initiale ; elle apparaît dans (b)
et (c) et se simplifie.
Exemples d'application
Exemple 1
Considérons une poutre bi-articulée P
de section constante chargée en son
milieu par une force concentrée P.
l/2 l/2
f = W/P
Avec :
1 1/2 P l P κ 1/2 P l P
W= [∫0 ( x )2 dx+∫1/2 ( (l−x))2 dx ]+ [∫0 ( )2 dx+∫1/2 (− )2 dx ]
2 EI z 2 2 2GA 2 2
D'où :
Résultat déjà trouvé par une autre méthode (voir exemple d'application n°1 du § 2.6).
Exemple 2
Soit à calculer le déplacement du point d'application de la charge P (on suppose que la rigidité
flexionnelle est constante).
P
Figure 3.10
f l
D'où :
Exemple 3
On veut calculer la rotation de l'extrémité B de la poutre ci-contre.
B C
A Figure 3.11
B
1 l C 2 κ l C 2 C 2 l κC 2
W= ∫ (−
2 EI z 0 l
x ) dx + ∫ (−
2GA 0 l
) dx= +
6 EI z 2GAl
D'où :
Comme déjà signalé, l'énergie de déformation peut s'exprimer en fonction des déplacements des
points d'application des forces. Supposons qu'après avoir appliqué le sollicitation F (F1, F2,…, Fn), on
impose un incrément di au déplacement i du point d'application de la force Fi. L'énergie totale
s'exprime par :
(d)
Considérons maintenant le travail total accompli lors du chargement F1, F2,…, Fn et suite à l'application
du déplacement di au point d'application de Fi. Il s'écrit :
(e)
(3.29)
C'est la 2ème forme du théorème de Castigliano, qu'on appelle parfois 1er théorème de Castigliano ou
théorème inverse de Castigliano.
Remarque : Contrairement à la 1ère forme, la 2ème forme reste valable même si les déplacements ne
sont pas fonctions linéaires homogènes des forces.
Théorème : La dérivée de l'énergie de déformation, exprimée en fonction des déplacements des points
sur lesquels agissent des forces extérieures, par rapport à un de ces déplacements, est égale à la force
correspondante, calculée suivant la direction du déplacement.
Exemple d'application
B C D
Le système hyperstatique ci-
contre est constitué de trois
barres articulées et est soumis à l
une force verticale P.
(b)
La relation entre les allongements des barres verticale et inclinées (Figure 3.12b) s'écrit : 1=cos
= E = N/A N = EA
N1 = (EA cos2)/l
EA δ 2
W= (1+2 cos3 α )
2l (d)
Puis, d'après l'équation (a), il vient :
EA(1+2 cos3/l)=P
L'effort N connu, le système devient isostatique et pour calculer N1 il suffit d'écrire une équation
d'équilibre de translation ou .
On peut se limiter, avec une bonne approximation, aux termes donnés par les sollicitations prépondérantes,
c'est-à-dire :
- M pour les structures planes formées de poutres,
- N pour les poutres en treillis articulés,
- M et N pour les arcs plans,
- M et Mt pour les structures spatiales constituées de poutres.
Exemples d'application
Exemple 1 q
Soit à calculer le C x
déplacement angulaire de
A
l'extrémité libre d'une poutre l
console de section constante
soumise à une charge répartie Figure 3.13
uniforme (Figure 3.13).
L'influence de T étant négligeable, on ne tient compte que de M.
Pour calculer la rotation demandée, on applique un couple auxiliaire C en A afin de pouvoir utiliser le
théorème de Castigliano.
d'où :
Exemple 2
On désire connaître la rotation de l'extrémité A d’une poutre bi-articulée soumise à une force
concentrée P (Figure 3.14).
P
C
A B
Figure 3.14
a b
l
∂W Pab
γ A= |C=0 =− (a+2 b )
avec : RA = (Pb+C)/l, alors : ∂C 6 EIl
Le signe "-" indique que la section tourne dans le sens contraire du couple auxiliaire C.
3.11 SUPERPOSITION DES EFFETS
Lorsque les conditions a, b, c, d et e du § 3.4 sont satisfaites, l'effet total (déplacement final), sous la
sollicitation complète, est égal à la somme des effets de chacune des composantes de la sollicitation
totale.
(3.30)
Sous l'action de la sollicitation complète F (F1, F2,… Fj,…, Fn), le déplacement total de la section i (dans la
direction i) noté iF sera égal à :
(3.31a)
ou encore : (3.31b)
(3.32)
Si on considère F1, F2, …, Fn comme les inconnues on peut les déduire en résolvant le système ci-dessus,
et on obtient :
(3.33)
Les coefficients Fij s'appellent coefficients d'influence des forces. Le coefficient Fij représente la
sollicitation (par unité de déplacement) qu'on doit appliquer en i pour avoir un "déplacement unité"
en j.
3.12 Méthode de Mohr pour le calcul des déplacements
3.12.1 Cas général
Soient MiF, NiF, TiF et les efforts produits dans la section courante i par la sollicitation globale F (F1,
F2, …, Fn).
Désignons par mij, nij, tij et les efforts apparaissant dans la section i sous l'action d'une sollicitation
unitaire appliquée en j, suivant la direction j. Introduisons en j, suivant j, une sollicitation fictive ƒj.
(3.34)
Pour obtenir le déplacement en j (suivant la direction j), on dérive W par rapport à fj puis on pose fj = 0
(puisqu'il s'agit d'une sollicitation auxiliaire), on obtient :
(3.35)
Exemples d'application
P C
Exemple 1
Calculons la flèche au milieu C de la l/2 l/2
poutre représentée à la figure 3.15
(EI constante).
G2 Pl
M G1
1 l/2
m m1 0
Exemple 2
On cherche la rotation de l'extrémité A de la poutre ci-contre (EI constante).
P
A B
l/2 l/2
Pl/4
m
m1=1/2
1
Figure 3.16
Soit :
(i)
Remarque : Lorsque la fonction MiFmij/EI n'est pas intégrable analytiquement, on remplace l'intégrale (
) par une sommation de différences finies ().
m m1 x
l
sollicitation unitaire, est linéaire. Cette linéarité du diagramme m peut être caractérisée par la pente
qu'il fait avec l'axe horizontal (Figure 3.17).
On démontre que :
On a :
comme :
donc :
or :
alors on a bien :
(3.36)
(3.37a)
Si on pose = aire du diagramme du moment fléchissant sous les sollicitations externes et m1 la valeur
du diagramme "unitaire" au droit du centre de gravité de , alors :
(3.37b)
Remarque : Si le diagramme linéaire m change de pente, on travaille par intervalle, puisque les
résultats (3.36) et (3.37) ont été établis pour constant.
Exemples d'application
Exemple 1 (Figure 3.15)
On a :
avec :
-Pour
-Pour
Il vient :
1
δC= Ω2.m}1 } = { {1} over { ital EI} } { {3 ital Pl rSup { size 8{2} } } over {8} } { {5l} over {18} } } {¿¿ ¿
EI soit :
D'où :
(3.38)
où :
a- jF = déplacement du nœud j dans la direction j sous la sollicitation globale F,
b- NkF = effort normal dans la barre k sous l'action de F,
c- nkj = effort normal dans la barre k sous l'action d'une sollicitation unitaire appliquée en j suivant j,
d- Ek = module d'élasticité de la barre k,
e- k = aire de la section de la barre k,
lk = longueur de la barre k.
P
6
l 1 5 7 8
3
A 2 4 9 B
C
l l = 3m l
Figure 3.18
Exemple d'application
On cherche la flèche en C de la structure représentée à la figure (3.18). On suppose que EA est
identique pour toutes les barres.
Les résultats des calculs sont regroupés dans le tableau ci-dessus. Le déplacement demandé s'obtient en
divisant la somme de la dernière colonne par la valeur de EA.
f-
h- (3.39)
3.14 Théorème de Betti-Maxwell
Le théorème de Betti-Maxwell se déduit de l'expression (3.39). On remarque en effet que l'expression
n'est pas modifiée si on permutait les indices j et k, c'est-à-dire :
(3.40)
Théorème : Le déplacement en j produit par une sollicitation unitaire agissant en k est égal au
déplacement en k produit par la même
sollicitation unitaire agissant en j.
P F
Illustration du théorème
PP
Le sens physique de cet important
PF
théorème, appelé parfois théorème sur FF
la réciprocité des déplacements,
F
apparaît clairement sur l'exemple P
simple suivant. FF
FP
Soit donc le système élastique ci- PP
contre. Appliquons d'abord une force P
Figure 3.19
puis une force F. Le travail total est
donné par :
Comme la valeur finale du travail effectué ne dépend pas de l'ordre dans lequel les sollicitations ont
été appliquées, on a :
(i)
De manière générale P et F sont des "efforts généralisés" et PF et FP des "déplacements généralisés".
Par exemple, P une force et F un couple et par conséquent PF le déplacement vertical du point
d'application de P provoqué par le couple F et FP la rotation de la section d'application du couple F
sous l'effet de la force P.
(3.41)
ou
(3.42)
Démonstration
Nous raisonnerons sur une poutre continue reposant sur trois appuis et soumise à une force P
concentrée en k (Figure 3.20). Nous considérons par ailleurs que le moment fléchissant est
prépondérant. Il s'agit de calculer la flèche jF de la section j.
jK P C P 1
A B
j k j
RB
a) Système hyperstatiquec) Système rendu isostatique
e) Sollicitation unitaire
b) Diagramme MiF M iF M iR B m ij
Figure 3.20
Pour le système (c), qui est isostatique, on applique la formule de Mohr pour le calcul de jF :
On retrouve ainsi l'une des formes du théorème de Pasternak. Le théorème est particulièrement
indiqué quand il y a plusieurs déplacements à calculer ; on calcule une seule fois MiF et pour chaque
avec :
il vient :
Le résultat peut être retrouvé en utilisant une des méthodes du chapitre 2, la méthode d'intégration
directe par exemple en prenant pour la réaction de l'appui simple la valeur trouvée ci-dessus.
B
3.16 Théorème
complémentaire
Théorème : Dans un système quelconque,
le déplacement "relatif" d'un point B par A
B
rapport à un point A peut s'obtenir en
appliquant la sollicitation unitaire à A
l'extrémité B du tronçon isolé AB supposé
Figure 3.22
encastré en A et libre en B.
En effet, le déplacement relatif ne dépend que des éléments de réduction agissant entre les points A et
B, de sorte que les liaisons existant en dehors de ce tronçon ne jouent aucun rôle. Il est donc logique
de considérer les liaisons les plus simples, c'est-à-dire l'encastrement en A et une coupure complète en
B (extrémité libre). C'est une application particulière du théorème précédent puisque le tronçon AB
(Figure 3.22) dont il est question ici peut être assimilé à une poutre bi-encastrée.
3.17 Formules de Bresse
Considérons deux sections quelconques A et B d'une poutre à plan moyen chargée dans son plan.
Connaissant les composantes du déplacement de A [UA(translation selon x), VA (translation selon y), A
(rotation dans le plan xy)], ainsi que les éléments de réduction courants, on se propose de calculer les
composantes du déplacement de B (Figure 3.23).
y(v)
1
B(xB,yB)
B Fx=1
ds
A i(x,y) Fy=1
A(xA,yA)
UA
>0 x(u)
VA
(a) (b)
Figure 3.23
Dans le calcul des composantes du déplacement de B, on peut distinguer l'influence des composantes
UA, VA et A et l'influence des charges.
A'B = A
De plus, la rotation d'ensemble A est accompagnée d'une translation dont les composantes sont les
avec :
D'où :
En résumé on a :
b) Contribution des charges
Appliquons successivement les sollicitations unitaires C = 1, Fx = 1 et Fy = 1 (Figure 3.23b).
m = 1, n = 0 et t = 0 ; d'où :
ou encore :
Les expressions finales de UB, VB et B s'obtiennent par superposition des deux contributions
examinées.
ou encore :
Si l'influence de N et de T est négligeable, les expressions ci-dessus se simplifient :
Exemple d'application
Déterminer les moments aux appuis de la poutre continue représentée à la figure 3.24 sachant que
l'appui (1) subit un affaissement de 5 mm.
Afin d'obtenir des résultats applicables dans le cas général, nous supposons que la poutre considérée
est chargée. Nous admettrons par ailleurs que l'influence de T peut être négligée.
Particularisons l'expression de VB ci-dessus à deux travées successives d'une poutre continue droite.
(0) (1) (2) (3) (4)
li li+1
On obtient :
d'où :
(a)
(b)
on obtient :
(c)
Décomposons le moment final en la somme du moment des charges agissant sur les travées
supposées isostatiques (MF) et des moments aux appuis (Mi) (Figure 3.25).
Si Si+1
i-1 i i+1
i-1 i i+1
+
G1 G2
Mi+1 MF
Mi-1 Zi
Mi Zi+1
Figure 3.25
où :
- Si représente l'aire du diagramme du moment des charges extérieures agissant sur la travée li supposée
isostatique,
- Zi est la distance de l'appui (i-1) au centre de gravité de l'aire Si,
représente la distance de l'appui (i+1) au centre de gravité de l'aire Si+1.
Avec les égalités ci-dessus l'équation (c) donne :
C'est l'équation générale, dite des trois moments, qui permet de calculer les moments aux appuis des
poutres continues ; elle s'applique pour chaque appui intermédiaire. On verra dans le chapitre
consacré aux poutres continues comment établir cette formule d'une autre manière.
On tire :
CHAPITRE 5 :
POUTRES CONTINUES-
FORMULES DES TROIS MOMENTS
1. Notations et définitions
Une poutre continue (voir Figure ci-dessous)est une poutre reposant sur plus de deux
appuis simples. Pour une poutre de n travées (les travées vont de 1 à n), on numérote les appuis
de 0 à n . La travée ide portée l i est la travée comprise entre les appuis Ai−1 et A i,
demomentquadratique I i suivantl’axedeflexionconcerné, deModule d’Young E .On appellera F i
le chargement extérieur sur la travéei .
Le nombre des inconnues hyperstatiques est égal au nombre des appuis intermédiaires
( n−1 ).On peut choisir comme inconnues hyperstatiques les moments fléchissants sur les appuis
intermédiaires.
2. Poutre isostatique associée
Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en « n » poutres
isostatiques sur lesquelless’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en
plus les moments aux appuis. Nous obtenons alors pour la travéei +1 la figure ci-dessous où:
M i désigne le moment sur l’appui Ai
M i+1désigne le moment sur l’appui Ai +1
M i+1 ( x )désigne le moment fléchissant dans la travéei +1 de la poutre continue
M 0 ,i +1 ( x )désigne le moment fléchissant dans la travéei+1 isostatique associée et
chargée uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
V 0 , i+1 ( x ) désignel’effort tranchant dans la travéei+1 isostatique associée et chargée
uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
Ω0i , dla rotation à droite de l’appui i dans la travée i +1 isostatique associée et
chargée uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
Ω0i +1 ,g la rotation à gauche de l’appui i+1 dans la travée i+1 isostatique associée et
chargée uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
Pour quenos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue
d’origine, il faut écrire la continuité des rotations sur les différents appuis. Nous obtenons ainsi
la formule des trois moments.
M i−1
( ) (
li
6 E Ii
+2 M i
li
+
l i+1
6 E I i 6 E I i+1
+ M i+1
)l i+1
6 E I i+1 (
0 0
)
=( Ωi ,d −Ωi , g )
M i−1
( ) (
li
6 E Ii
+2 M i
li
+
l i+1
6 E I i 6 E I i+1 )
+ M i+1
l i+1
6 E I i+1( 0
)
=( Ωi ,d −Ωi , g ) +
0 v i+1−v i v i−v i−1
l i+ 1
+
li
M i ( x )=M 0 i ( x )+ M i −1 1−( xl )+ M ( lx )
i
i
i
5. Exempled’application:
Soit la poutre continue à quatre travées de la figure suivante. Supposonsles moments
d’inertie suivants: I1=1, I2=I3=2et I4=1,5.
Calculez les moment M i pour i= 0 à 4.
La formule des troismoments nous donne:
Cequidonneaprèsrésolutiondusystèmede3équationsà3inconnues
PARTIE II :
TP DE RDS EN LABORATOIRE
Voir cahier de TP
BIBLIOGRAPHIE