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Note de Cours de RDS

Ce cours de résistance des structures (RDS) vise à initier les étudiants aux calculs de structures, en abordant les sollicitations, les nœuds et les méthodes classiques de calcul. Il est divisé en cinq parties, incluant des rappels de RDM, l'étude de structures spécifiques, l'utilisation d'un logiciel de calcul et des travaux pratiques. Les objectifs incluent la prédiction de la stabilité des structures, l'interprétation des efforts internes et la compréhension des actions aux appuis.

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Note de Cours de RDS

Ce cours de résistance des structures (RDS) vise à initier les étudiants aux calculs de structures, en abordant les sollicitations, les nœuds et les méthodes classiques de calcul. Il est divisé en cinq parties, incluant des rappels de RDM, l'étude de structures spécifiques, l'utilisation d'un logiciel de calcul et des travaux pratiques. Les objectifs incluent la prédiction de la stabilité des structures, l'interprétation des efforts internes et la compréhension des actions aux appuis.

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COURS DE RESISTANCE DES

STRUCTURES (RDS)
AVANT PROPOS
Cette note de cours traite de la notion de Résistances Des Structures (RDS). Ce cours est
un cours d’initiation au calcul de structure à travers le calcul des sollicitations ou du torseur des
sollicitations : effort normaux (N), tranchants (Ty, Tz) et moments (Mt, My et Mz) et plutard le
gauchissement dans tous les éléments d’une structure et aussi les réactions aux nœuds (nœuds
encastrés, nœuds articulé…) ou le mode de transmission des sollicitations aux différents nœuds
(liaisons rotule, liaison rigides…). On peut définir une structure comme étant un ensemble de
plusieurs barres lies les unes aux autres par des liaisons rigides, rotules… Il va plus en
profondeur des notions vues en RDM à travers l'analyse du comportement général d’un
système mécanique ou une structure prise de manière individuelle et dans son ensemble.
L’objectif général de ce cours est d’acquérir une compréhension analytique et intuitive du
comportement mécanique des structures. La plus grande partie du cours est consacrée à
l’acquisition des connaissances de base en mécanique des structures et à maîtriser les méthodes
classiques de calcul des structures.

Destiné aux étudiants de 3ème année, en science de l'ingénieur des instituts supérieurs des
études technologiques, ce cours sera divisé en 04 parties.

La première partie est consacrée aux rappels des notions de générales de RDM et des
notions de statisme tels que l’hypo-statisme, l’iso-statisme et l’hyper-statisme des structures.

La deuxième partie abordera des structures particulières telles que les treillis 2D et 3D,
les portiques 2D et 3D et autres.

La troisième partie sera consacrée aux rappels sur les formulaires classiques de RDM et
sur les intégrales de Mohr nécessaires à un calcul rapides des structures.

La quatrième partie sera consacrée à l’utilisation d’un logiciel élémentaire de calcul des
structures en l’occurrence du logiciel gratuit de RDM6.

La cinquième partie sera consacrée aux TP en laboratoire avec l’appui d’un manuel de
TP.

Rappelons une fois de plus que tout ingénieur, qui souhaiterait faire dans le secteur de la
construction métallique, béton, bois et aussi dans le secteur de la construction mécanique, doit
maîtriser les méthodes d'analyse manuelles pour acquérir l’expérience pratique et l’intuition qui
lui donneront la possibilité de contrôler les résultats fournis par un ordinateur.
Paul-Ramsès LANGOUO

Douala, Septembre, 2018


PRE-REQUIS & NIVEAU

 EN MATHEMATIQUES: Calcul matriciel, Équations différentielles, Équations


intégrales.
 EN PHYSIQUE: Mécanique générale et du solide, Statique du solide, Résistance des
matériaux (RDM).
 NIVEAU : Licence, troisième et quatrième année d'école d'ingénieurs.

OBJECTIFS

 Etre capable de prédire la stabilité d’une structure à travers l’isostaticité ou le degré


d’hyper-staticité de ladite structure ;
 Etre capable d’établir et interpréter les DEF, DET, DEN d’une structure et d’en déduire
les parties les plus sollicitées, parties qui gouverneront le dimensionnement;
 Etre capable de prédire les flèches et déformations résultantes sur une structure
chargée ;
 Etre capable de prédire les actions aux appuis sur une structure chargée (torseurs des
liaisons mécaniques).

ADMISSIBILITE

La condition d'admissibilité sera approuvée selon la combinaison suivante :

1/3 examen + 1/3 TP sur RDM6 + 1/3 TP en laboratoire ≥ 13/20


PARTIE I :

STRUCTURES HYPO-, ISO- OU HYPER-


STATIQUES
CHAPITRE 0 : CONCEPTS FONDAMENTAUX
DE LA RESISTANCE DES STRUCTURES
1. Introduction
La résistance ou mécanique des structures ou est une discipline très ancienne, qui s’est
développée pour répondre à des besoins de construction, initialement dans le domaine du Génie
civil. Elle repose sur l’utilisation de modèles simplifiés, qui vont permettre l’analyse des
structures complexe de façon rapide. Ces modèles simplifiés sont respectivement le modèle de
Love-Kirchhoff pour les plaques, et celui de Navier-Bernoulli pour Les poutres. C’est à ce
dernier modèle qu’est consacré ce document qui traite donc de la résistance des structures
formées de barres et de poutres.

La mécanique des structures s’appuie sur les résultats de mécanique des solides et de la
résistance des matériaux. Elle permet de déterminer la résistance des éléments de construction,
par l’étude des forces internes agissant dans la matière, de tester leur rigidité par l’étude des
déformations dans la matière et des déplacements qui en résultent, et de lutter contre leur
instabilité. Les méthodes qui seront exposées dans ce cours peuvent être utilisées pour l’analyse
des différentes structures suivantes :

 les poutres continues,

 les treillis plans (2D) et spatiaux (3D),

 les portiques plans et spatiaux.

1. Hypothèses de base
Les hypothèses habituelles de la résistance des structures sont les suivantes :

 la linéarité géométrique (petites déformations) et théorie du premier ordre,

 la linéarité matérielle,

 validité du principe de superposition,

 déformations dues à l’effort normal et l’effort tranchant négligeables devant celles


dues au moment de flexion,

2. Liaisons
Une liaison est caractérisée par le nombre de déplacements (degrés de liberté) qu’elle
peut empêcher. Les liaisons peuvent être extérieures ou intérieures (fig. 1.1). Les liaisons
extérieures définissent les conditions d’appui de la structure. Les liaisons intérieures
déterminent les conditions de liaison de deux ou plusieurs éléments de la structure.
Nœud Encastré Nœud Encastré

Le tableau suivant résume ces conditions de liaisons

3. Stabilité des Structures Hypostaticité, Isostaticité & Hyperstaticité

Toute structure est soumise à :

 Des charges (forces connues) qui peuvent être des charges permanentes ou des
surcharges d’exploitation. Ces charges peuvent être réparties ou concentrées,
fixes ou mobiles ;

 Des réactions (forces inconnues) qui sont les actions des appuis sur la structure.
Ces réactions peuvent être déterminées à partir des équations de l’équilibre
statique.
Pour une structure plane, les conditions d’équilibre sont au nombre de trois :

D’une manière simplifiée dans le plan nous avions :

∑ F Ext / x =0
∑ F Ext / y =0
∑ M Fext / pont =0
Soit « m » le nombre d’équations d’équilibre et « n » le nombre d’inconnues

Une structure est dite hypostatique ou « instable » lorsque les équations d’équilibre sont
en nombre supérieur aux réactions inconnues. Alors il n’existe aucune combinaison d’appui qui
puisse assurer l’équilibre de la structure( m>n ).

Une structure est dite isostatique ou « statiquement déterminées » lorsque les réactions
d’appui peuvent se calculer par les seules équations d’équilibre. Donc autant d’inconnues que
d’équations( m=n ).

Une structure est dite hyperstatique ou « statiquement indéterminées » lorsque les


équations d’équilibre sont insuffisantes pour déterminer les réactions inconnues ( m<n ), on
pourra parler alors de degré hyperstaticité d’ordre 1, 2, 3..etc ( égal à n−m ). Il faudra dans ce cas
trouver comment avoir les autres réactions inconnues ou d’autres équations pour arriver à la
parité ( m=n ): c’est dans ce cas qu’on fait appel aux méthodes élaborées de calcul des
structures, notamment :

 la méthode des forces (1884) ;

 la méthode des déplacements (1920) ;

 la méthode énergétique (potentiel interne) ;

 la méthode des trois moments ;


 …etc.

4. Degré d’hyperstaticité

Généralement, le nombre de liaisons surabondantes représente le degré d’hyperstaticité. Il


existe plusieurs méthodes pour calculer ce degré:

4.1. Méthode de la suppression des liaisons surabondantes :

Cette méthode consiste à supprimer des liaisons jusqu’à ce que la structure devienne
isostatique.

4.2. Méthode des contours fermés :

Le degré d’hyperstaticité est donné par la formule suivante :

Si on appelle :

 b le nombre de barre

 e le nombre d’encastrement (03 inconnues)

 a s 1le nombre d’appuis fixe (02 inconnues)

 a sle nombre d’appuis simple (01 inconnue)

Le nombre d’équations que l’on peut écrire est :

X =3 b

Le nombre d’inconnue N est :

N=3 e+2 a s 1+1 a s

Le degré d’hyperstaticité est :

d=N −X =3 e+ 2a s 1 +a s−3 b

Elle correspond au nombre de coupure nécessaire pour rendre la structure


isostatique.

Exemples 1: Déterminez les degrés d’hyperstaticité des portiques suivants :


4.3. Cas des poutres en treillis :

La formule ci-dessous permet de déterminer le degré d’hyperstaticité dans le cas des


systèmes en treillis :

d=b+r −2 n

 d : Le nombre de barres ou membrures

 n : Le nombre de nœuds

 r : Le nombre de réactions verticales et horizontales

avec :

 r=2 : Dans le cas d’un appui double

 r=1 : Dans le cas d’un appui simple

Exemples 2 : Déterminez les degrés d’hyperstaticité des treillis suivants :


4.4. Remarques importantes :

- On remarque que le calcul du degré d'hyperstaticité est indépendant des charges


extérieures appliquées au système. Il dépond surtout des conditions d'appuis.

- Par ailleurs, il existe deux genres d'hyperstaticité ; une hyperstaticité extérieure et


l’autre intérieure. Cela signifie qu'il y a des inconnues supplémentaires liées aux appuis
(réactions inconnues) et aussi d’autres inconnues liées aux efforts internes.

5. Forces intérieures et conditions d’équilibre

On utilise les notations principales suivantes :


 M, T et N sont les efforts intérieurs, ou M est le moment de flexion, T l’effort tranchant
et N l’effort normal ;

 p est la charge longitudinale repartie et q la charge transversale repartie ;

 u et v sont les déplacements de translation d’un point de l’axe (ou de la section droite),
θ est le déplacement de rotation de la section droite.

a) Convention de signe en flexion :

On adopte dans ce cours la convention de signe suivante : un moment positif agissant sur
une face positive crée des contraintes positives du côté des ordonnées négatives. Le moment
positif tourne ainsi dans le sens trigonométrique et la fibre inferieure de la poutre est tendue.

b) Représentation des moments de flexion :

Bien que parfaitement arbitraire, la convention de représentation des moments de flexion


du cote de la fibre tendue est la convention qui sera utilisée dans ce cours. Cette convention
permet une compréhension physique du phénomène.

Compte tenu de ces conventions, les équations différentielles de l’équilibre s’écrivent :

dN
+ p ( x )=0
dx

2
d M
2
+ q ( x )=0
dx

dM
−T =0
dx

Remarque

Sur la relation entre M et T, d’autres approches préconisent plutôt :

dM
+T =0
dx

6. Le principe de superposition
Le principe de superposition s’énonce comme suit : « l’effet produit par plusieurs causes
agissant simultanément est égale à la somme des effets produits par chacune des causes
supposée agissants simultanément ».

Effets : réactions, efforts intérieurs, contraintes, déformations, dilatations, déplacements.

Causes: actions extérieures : charges, tassements, actions thermiques, etc.

Ce principe est d’une grande utilité, parce qu’il permet de scinder l’étude des cas
complexes en celle de cas simples que l’on obtient en faisant agir isolement les diverses forces
ou autres actions.

CHAPITRE 1 : METHODE DES FORCES ET SES


APPLICATIONS
1. Introduction :

Nous avons précédemment défini les structures hyperstatiques comme étant des
structures ou le nombre d'inconnues statiques est supérieur au nombre d'équations d'équilibre
statique que l'on peut obtenir pour déterminer ces inconnues. Le degré d'hyperstatisme
(toujours positif) correspond à la différence entre le nombre d'inconnues statiques et le nombre
d'équations d’équilibres indépendants (( n−m ). (La méthode des cadres permettant de
déterminer le degré d'hyperstatisme d'une structure) plusieurs méthodes permettent de résoudre
des structures hyperstatiques comme nous l’avions vue au chapitre précédent.

La présente méthode des forces permet de calculer les inconnues hyperstatiques (actions
des appuis ou sollicitations dans la structure) en utilisant les méthodes énergétiques.

2. Principe de la méthode des forces (superposition des problèmes


isostatiques):

Comme toute méthode d'analyse des structures hyperstatiques, la méthode des forces est
basée sur les deux exigences suivantes : l'équilibre de la structure et la compatibilité des
déformations.

L'exigence d'équilibre est satisfaite si, à chaque étape du calcul, on peut utiliser les
équations d'équilibre statique. Cette exigence de l’équilibre permet d’avoir « m » équations.
Les « n-m » équations restantes seront déterminées par l’exigence de compatibilité des
déformations ou déplacements.

L'exigence de compatibilité des déformations est satisfaite en écrivant une ou plusieurs


équations qui spécifient que les déformations sont compatibles avec les liaisons de la structure
et qu'il n'y a aucune discontinuité intérieure.

Ces équations fournissent les équations additionnelles de compatibilité nécessaire pour


déterminer les inconnues hyperstatiques. La méthode des forces est utilisée lorsque le degré
d'hyperstaticité est faible, 1 ou 2. Dès que le nombre d'inconnues hyperstatiques dépasse 2,
les calculs deviennent laborieux.
La méthode des forces s’appuie principalement sur la validité du principe de
superposition. Dans cette méthode les inconnues sont des forces. Le terme « force » doit être
compris ici dans un sens général, les inconnues pouvant être des efforts internes, des réactions
d’appui, des moments ou des paires de moments, etc. Pour résoudre un système, des conditions
supplémentaires de déformation sont exprimées se nomment « conditions de compatibilité
cinématiques ». Pour illustrer les grandes lignes de la méthode, commençons par proposer les
étapes de calcul.

3. Etapes du calcul :

Nous allons illustrer la méthode sur l'exemple ci-dessous :

Encastrement en A et appui ponctuel en B


Méthode des cadres :
 n = 1 cadre
 0 I c(degré de liberté) en A et 2 I c(degré de liberté) en B (1 rot et 1 trans/x)
d°h = 3*1-2 = 1
ou (Cf Partie 4 du précédent chapitre)

Les étapes du calcul sont les suivantes :

A) ETAPE 1
A une structure hyperstatique donnée, on associe une structure isostatique stable en
supprimant un nombre suffisant d'inconnues hyperstatiques. Les inconnues hyperstatiques
peuvent être des actions d'appui ou des efforts intérieurs surabondants qu'on met en évidence en
effectuant des coupures aux appuis ou dans les barres de la structure hyperstatique. Le nombre

n d'inconnues supprimées pour rendre la structure isostatique est égal au degré d'hyperstaticité.

B) ETAPE 2
On applique à la structure isostatique associée( S0 ) les charges réelles données (c'est-à-dire
les charges agissant sur la structure hyperstatique) et des forces ou des couples unité
correspondant à la valeur unité des inconnues hyperstatiques X i ( Si )dont, à ce stade on ne
connait pas la valeur.

C) ETAPE 3
A chaque point (désigne par un chiffre ou une lettre) de la structure isostatique associée ou
agit une inconnue hyperstatique, on calcule :

 les déplacements λ ii dus aux charges réelles données ;

 les déplacements λ ij dus aux forces ou aux couples unité correspondant à la valeur
unité des inconnues hyperstatiques X i ; λ ij est le déplacement au point i du à une
force ou à un couple unité applique en j .

Pour pouvoir déterminer les déplacements λ 10 et λ 11 il faut tout d'abord tracer le


diagramme du moment fléchissant pour chacune des structures et ensuite appliquer le principe
de conservation de l'énergie de déformation.

Pour cela, nous utiliserons les intégrales de Mohr


Mi M j
λ ij= ∫ E. I
. dx
Structure
Le résultat donne par les intégrales de Mohr doit être multiplie par :
Longueur troncon
E. I
Cela nous donne donc : (Car ici il n'y a qu'un tronçon)
 λ 10Déplacement au point B de la structure isostatique ( S0 ) sous chargement réel

suivant la direction de X 1 .

( )( )
2 4
L 1 −q L qL
λ 10= . (−L )=
E.I 4 2 8 E.I

 λ 11Déplacement au point B de la structure isostatique ( S1) sous chargement


virtuel unitaire X 1 suivant la direction de X 1.

( )
3
L 1( L
λ 11= −L ) . (−L )=
E. I 3 3 E.I

D) ETAPE 4
A chaque point ou agit une inconnue hyperstatique, en suivant le principe de
superposition, on fait la somme des déplacements ou des rotations calculées à l'étape 3 et l'on
écrit que cette somme est égale à la valeur du déplacement ou de la rotation de l'inconnue
hyperstatique. Par exemple, si l'inconnue hyperstatique est l'action verticale d'un appui simple,

le déplacement vertical est égal à zéro. Ou bien si l'inconnue hyperstatique est un moment
d'encastrement, la rotation à l'encastrement est égale à zéro.

Ici nous avons un appui ponctuel en B, le déplacement vertical du point B est donc nul :

Par superposition, nous avons :

Nous obtenons donc comme équation supplémentaire :

0=λ10 + X B . λ 10 ( Avec X B oriente comme X 1 )

D’où finalement :
−λ 10 −3
X B= = q.L
λ10 8

(Négatif dans le repère associe à X 1 , donc l'action inconnue X B est opposée au sens arbitraire
choisi pour X 1 .)

3
X B= q . L dans le repère global
8

4. Autre approche :

Sous un autre angle, pour faciliter l’application de la méthode de résolution, la procédure peut
être subdivisée selon les cinq étapes suivantes:

1) esquisse de la déformée

2) identification de l’inconnue

3) détermination du système fondamental

4) détermination des paramètres dans le système fondamental

5) expression de la condition de compatibilité cinématique

Avant toute chose, l’esquisse de la déformée est utile pour identifier l’inconnue en choisissant
la condition de compatibilité cinématique à considérer. Dans ce sens, la déformée ne doit pas être
déterminée de manière précise et détaillée. Il est surtout important qu’elle respecte les conditions
d’appui, la règle des petits déplacements et qu’elle mette clairement en évidence ses
caractéristiques. L’inconnue découle du choix de la condition de compatibilité cinématique
exprimée pour résoudre le système. Elle correspond à l’effort associe à la liaison supprimée par la
coupure effectuée dans ce but. La structure issue du système initial, rendue isostatique par cette
coupure, joue un rôle central dans la procédure de résolution. Cette structure est appelée le système
isostatique de référence ou système fondamental.

Exemple applicatif :

Considérons la poutre encastrée appuyée, chargée à mi- portée par une charge concentrée, de
la figure ci-dessous :
Figure : explication qualitative du principe de la méthode des forces
L’observation de la déformée permet d’identifier une condition de compatibilité
cinématique à exprimer (à gauche); ici, l’absence de déplacement vertical de l’appui à réaction
normale.

La résolution du système s’effectue en deux étapes, en supprimant l’appui. Sous l’effet de la


charge, l’extrémité de la poutre se déplace alors verticalement. Ce déplacement peut être aisément
déterminé. Ensuite, l’appui est remplacé par son effet, une force verticale comme la réaction
d’appui. Cette force, inconnue, imprime un déplacement vertical à son point d’application d’autant
plus importante que son intensité est élevée. Conformément à la condition de compatibilité
cinématique, le système est résolu si l’intensité de la force inconnue est telle que l’extrémité de la
poutre est relevée à sa position de départ. La déformée totale correspond à la superposition de celles
des deux étapes (à droite).

Le principe de la méthode des forces : la réaction d’appui de la poutre encastrée appuyée


correspond à la force verticale qui permet de relever l’extrémité de la poutre à sa position de départ
après la suppression de l’appui.

Résolution du système :

A) Observation de la déformée et identification de l’inconnue :

Inconnue : réaction verticale au droit de l’appui x (c’est un choix !)

B) Détermination de la structure isostatique de référence (ou système fondamental) :


Structure isostatique de référence : C’est une structure isostatique obtenue à partir de la
structure étudiée (hyperstatique) en introduisant le nombre de coupures nécessaires.

Coupure : c’est la suppression d’un degré de liaison en un point, ce qui impose un effort
inconnu (ici la réaction d’appui).

c) Détermination des paramètres dans le système fondamental et expression de la condition de


compatibilité cinématique :

Soient :

X : La réaction d’appui en B (l’inconnu du problème) ;

a 10 : Le deplacement en B sous l’effet de la charge externe dans la structure isostatique de

référence ;

a 11 : Le déplacement en B sous l’effet d’une charge unité appliquée au droit de la coupure dans la

structure isostatique de référence ;

La condition de compatibilité cinématique doit exprimer le fait que le déplacement en B est


nul, soit :

a 10+ a11 X=0

Les déplacements a 10 et a 11 peuvent etre determines en appliquant le PTV ou les intégrales


de Mohr.
3
−5 P L
 Détermination de a 10= :
48 E . I
3
1 L
 Détermination de a 11= :
3 E.I

 Détermination de l’inconnue hyperstatique X :

−a10 5
X= = P
a11 16

5. Exemple d’application

Soit la poutre hyperstatique ci-dessous :

La méthode est illustrée avec l’exemple de problème hyperstatique de degré h (h=2) ci-
contre. Ce problème est équivalent à la superposition de (h+1) problèmes isostatiques associés
à h conditions cinématiques. Soient X1 et X2 les réactions aux appuis en 1 et 2.
CHAPITRE 2 : METHODE DES DEPLACEMENTS
ET SES APPLICATIONS

1. Introduction :

La méthode des déplacements est une méthode de résolution des systèmes (iso)
hyperstatiques. Elle débouche sur la résolution numérique des problèmes (1 er pas vers la
Méthode des Elément Fini (MEF)). Contrairement à la méthode des forces ou les inconnues du
problème sont les actions de liaisons hyperstatiques, les inconnues seront les déplacements en
certains points de la structure appelés nœuds. Elle est particulièrement efficace lorsque le degré
d’hyperstatisme est élevé. Dans cette approche, les efforts sont la conséquence des
déplacements imposés à la structure. En effet cela signifie qu’il y a en général un nombre très
surabondant de liaisons. Autrement dit il y’a un nombre très important des nœuds pour lesquels
les déplacements ou les rotations sont bloqués. Or comme dans la méthode des déplacements ce
sont les déplacements qui sont les inconnues donc moins il y’a de déplacement possibles,
moins il y’a des inconnues.

2. Principe :

Il s'agit, comme nous l'avons fait pour la méthode des forces, de négliger l'énergie due à
l'effort normal et a l'effort tranchant devant l'énergie due au moment fléchissant. Cette
hypothèse se traduit dans la méthode des déplacements en négligeant les déformées dues aux
efforts normaux et tranchants.

3. Conséquences :
Conséquences sur les déplacements : si on néglige la déformée due a l'effort normal, on
considère alors que la longueur des poutres est conservée. On dit que la longueur des barres est
invariante.

Conséquences sur les équations d'équilibre : les équations faisant intervenir l'effort
normal ne sont plus valables, seules sont disponibles les équations de moment. Il manque donc
des équations pour résoudre le problème, ces équations peuvent être obtenues par le principe
des travaux virtuels (PTV* )

4. Déformation et degrés de liberté

Une barre Ai A jrelie les noeuds Ai et A j d’une structure de type poutre. Cette barre,
sous l’effet du chargement de la structure subit des transformations, c’est-à-dire des
déplacements et des rotations des nœuds. Pour chaque barre, ces transformations sont de deux
types :

 une transformation en solide : la barre subit une translation ⃗


U i et une rotationΩij .
(3 inconnues).

 une transformation en déformable : déplacement et rotation infiniment petits.

Les rotations des nœuds sont notéesΩi et Ω j .

Les rotations des sections sont Ωi−Ωijau point Ai et Ω j−Ωij au point A j . Une translation
de l’extrémité par rapport à l’origine U j−U i . (3 inconnues).
Le nombre total d’inconnues est donc égal à 6. Les inconnues portent le nom de degrés
de liberté. La rotation en solide d’ensemble s’écrit en fonction des déplacements des nœuds.
Les déplacements sont écrits dans le repère local de la barre (en configuration non déformée).

v j−vi v j−v i
tan Ωij ≅ Ωij = ≅
l+u j−v i l

v j−v i
Ωij =
l

Les déformations ne peuvent être exprimées qu’en fonction des 3 groupements suivants :
v j−v i v j−v i
v j−v i Ωi − Ω j−
l l

5. Equations intrinsèques

Les efforts appliques en Ai et A j ne sont pas les sollicitations mais les efforts extérieurs
appliques par les nœuds sur la barre en projection dans le repère local de la barre.

Remarque : T ij n’est pas un effort tranchant mais un effort tangent à la section droite.
Equations intrinsèques des barres :

Les équations intrinsèques pour les moments peuvent être démontrées à partir de la
relation moment - courbure pour une barre sur deux appuis.

6. Equilibre des nœuds

Les barres sont reliées entre elles par l’intermédiaire de nœuds et sont supposées
encastrées sur ces derniers. Si la barre est relaxée, il faut réécrire les équations intrinsèques de
moments et condenser les inconnues de rotation. Plutôt que d’étudier l’équilibre des barres, la
méthode des déplacements consiste à étudier l’équilibre des nœuds de la structure. Chaque
nœud étant en équilibre, le principe fondamental de la statique apporte alors trois équations
scalaires par nœuds.
7. Exemple d’application 1

Considérons la structure la plus simple qui soit : une barre sur deux appuis soumise a une
charge ponctuelle appliquée en son milieu. La première étape consiste à décomposer la
structure en nœuds et barres. La décomposition n’est pas unique mais il faut toujours
rechercher la décomposition minimale. Dans notre exemple, la décomposition minimale est
obtenue avec deux barres (la décomposition en une seule barre est envisageable mais ne fait
plus appel à la méthode des déplacements) et trois nœuds.

Maintenant que nous avons identifié les inconnues (on compte 6 degrés de liberté nuls) et
les nœuds, nous pouvons écrire les équations d’équilibre.
On dispose donc de 9 équations. Les inconnues sont 6 degrés de liberté (ddl) et 3
inconnues de liaison( X 1 Y 1 Y 3 ). Parmi les 9 équations, on ne retiendra que celles conduisant
aux ddl en éliminant celles contenant des inconnues de liaison. De plus, en observant que les
déplacements horizontaux inconnus sont forcement nuls, il devient inutile d’écrire les équations
(4) et (7).

La résolution par inversion de la matrice conduit aux résultats connus qui suivent :
3
pl
v 2=
48 EI
Ω2=0

2
pl
Ω 1=−Ω3=
16 EI
CHAPITRE 3 :
LE POTENTIEL INTERNE
ET SES APPLICATIONS

3.1 Introduction
Dans ce chapitre seront examinées les relations qui existent entre les sollicitations agissant
sur un système et les déplacements qu'elles produisent.
Les systèmes considérés sont généralement plans (géométrie et chargement) mais les
développements théoriques s'appliquent à tous les systèmes, sauf précision contraire.

Pour garder à la théorie toute sa généralité, tout en simplifiant autant que possible les
notations, nous désignerons une sollicitation par F (sollicitation généralisée), que ce soit une
force P, un couple C ou une sollicitation globale F (F1, F2, …, Fn) et un déplacement par 
(déplacement généralisé), que ce soit une translation  (déplacement linéaire) ou une
rotation  (déplacement angulaire).

3.2 Travail des forces extérieures et énergie de déformation


3.2.1 Notions de travail et de travail complémentaire
Pour fixer les idées, nous considérons le cas d'une barre prismatique soumise à une traction axiale F1
qui produit un allongement 1 (Figure 3.1a).

Nous supposons que la force F1 est appliquée graduellement, d'une manière lente, de façon à ne
produire aucune force d'inertie. Dans ces conditions, on dit que le chargement (force F1 ici) est
appliqué statiquement et le déplacement engendré (ici un allongement) est relié à la force appliquée
par une relation représentée par le diagramme "F-" de la figure 3.1b.

Soit F une valeur intermédiaire et  l'allongement correspondant. A un accroissement dF de la charge


correspond un allongement supplémentaire d. Le travail élémentaire produit par F au cours de l'accroissement
dest défini par :
de = Fd (3.1)

Il est représenté par l'aire hachurée (hachures inclinées) du diagramme F-d (Figure 3.1b).
F F

F1 F1 A
*
l dF d e dF
F c F
b
de

a d B
0 1
1 d 1 d

F1
(a) (b) (c)

Figure 3.1

Remarque : Fd représente plus exactement le rectangle "abcd". Autrement dit, le travail effectué par
dF au cours du déplacement d, qui est un infiniment petit d'ordre supérieur à 1, est négligé.

Le travail total effectué par la force F1 au cours du déplacement 1 est obtenu par sommation des
travaux élémentaires, c'est-à-dire :

(3.2)

Il est représenté par l'aire délimitée par la courbe F- et l'axe des  jusqu'à 1.

De même, on appelle travail complémentaire élémentaire du déplacement  au cours de l'accroissement de


charge dF la quantité :

(3.3)

Le travail complémentaire total effectué par F1, appliquée graduellement de 0 à F1, au cours du
déplacement 1 est donné par :

(3.4)

C'est l'aire à gauche de la courbe F-.

3.2.2 Énergie et énergie complémentaire de déformation


Considérons un corps soumis à des sollicitations extérieures. Sous l'action des charges extérieures, le corps se
déforme et les efforts internes (contraintes) effectuent un travail qui s'oppose au travail des sollicitations
extérieures.
Ce travail interne, changé de signe, est désigné par énergie potentielle de déformation (W) (-i = W).

Isolons un élément dv = dxdydz du corps considéré. L'énergie élémentaire emmagasinée dans dv se


calcule comme le travail effectué par les forces agissant sur les faces de l'élément dv. Ainsi, le travail
effectué par la force élémentaire [Link] au cours de la variation dx de la déformation x, qui produit
le déplacement dx = d[Link], vaut :

(3.5)
dx

1
dy *
x dW0
d
dW0
dz

dx(1+dx) d 1

(a) Figure 3.2 (b)

En considérant toutes les composantes des contraintes et en utilisant la notation indicielle, on obtient
pour l'élément dv :

(3.6)

L'énergie emmagasinée dans tout la volume du corps (v) vaut :

(3.7)

Considérons un diagramme contrainte-déformation unidirectionnel (unidimensionnel) (Figure 3.2b).

On a :

(3.8)

Cette quantité a l'unité d'une énergie par unité de volume. L'intégrale :

(3.9)

est appelée densité de l'énergie de déformation et est représentée par l'aire comprise entre la courbe - et l'axe des
. Remarquons qu'on a :

(3.10)
De même, l'énergie complémentaire élémentaire produite par un accroisementdij des contraintes au
cours des déplacements produits par les déformations ij correspondantes vaut :
¿
dW =ε ij dσ ij dv (3.11)

Et pour la totalité du volume du corps :

W =∫v ε ij dσ ij dv
¿
(3.12)

On a aussi :

et (3.13)
3.3 Travail et énergie dans le domaine élastique linéaire
a) Travail d'une force
Revenons au cas de la traction d'une barre prismatique du paragraphe 3.2.1. Si la relation entre F et 
est linéaire, domaine d'application de la loi de Hooke (et petits déplacements), c'est-à-dire quand on a
à tout moment du chargement la relation (Figure 3.1c) :

F = k (k = constante)

le travail total devient :

et comme : F1 = k1 , il vient :

(3.14)

Le travail total est représenté par l'aire du triangle OAB (Figure 3.1c).

Remarquons que dans le cas de l'élasticité linéaire, on a : .

b) Généralisation
Si un système en équilibre est soumis à une sollicitation globale F (F1, F2,… Fi,…,Fn) et que les points
d'application de ces forces subissent des déplacements, dont les projections sur les directions de ces
mêmes sollicitations valent 1, 2,…, n, le travail effectué au cours du chargement du système (passage
de l'état d'équilibre initial à l'état d'équilibre final), vaut :

(3.15)

Il faut rappeler qu'on suppose que :


- le chargement est statique (les mises en charge sont lentes),
- le matériau a un comportement élastique linéaire (loi de Hooke vérifiée),
- les déplacements n'affectent pas l'action des charges (hypothèse des petits déplacements, pas d'effets du
second ordre).

c) Travail des réactions


Si les appuis sont indéformables, le travail fourni par les réactions au cours de la déformation du
système est nul puisque le déplacement d'un appui double ou d'un encastrement dans le sens de la
réaction est nul et que le déplacement d'un appui simple est perpendiculaire à la réaction.

Dans le cas d'appuis élastiques, les relations (3.14) et (3.15) restent valables pour les réactions.

d) Énergie potentielle de déformation


Dans le domaine élastique linéaire, la relation contrainte-déformation (ij-ij) est linéaire et comme
dans le travail, le facteur 1/2 apparaît dans l'expression de l'énergie (Figure 3.3).

Ainsi, le travail fait par la force xdydz au cours de la déformation x qui provoque une variation de
longueur dx = xdx est :

(3.16)
Pour toutes les contraintes agissant sur dv en aura (en notation indicielle)

(3.17)

et

(3.18)

Remarque : Dans le cadre de l'élasticité linéaire on a : W = W*.

dx

x x
dy

dx(1+x)

(a) (b)
Figure 3.3

3.4 Principe de la conservation de l'énergie


De manière générale, quand un corps est soumis à des charges extérieures, ces charges effectuent un
travail extérieur qui se transforme en énergie potentielle interne (qui déforme le corps), en énergie
cinétique et en chaleur qui se dissipe lors des frottements.

Supposons maintenant que :


a) les charges extérieures sont appliquées statiquement (pas d'énergie cinétique),
b) les frottements dans le corps sont nuls (pas de dissipation d'énergie sous forme de chaleur) c'est-à-dire que le
corps considéré est parfaitement élastique,
c) les frottements dans les appuis sont nuls (pas de dissipation d'énergie),
alors tout le travail extérieur se transforme en énergie potentielle de déformation, c'est-à-dire qu'on a :

(3.19a)

Dans ce cas, on dit que le système (corps + appuis + charges) est conservatif et le travail, ou l'énergie de
déformation, puisque e = W, ne dépend pas de l'ordre dans lequel les forces sont appliquées mais uniquement de
leur intensité finale. Dans le cas contraire, c'est-à-dire si le travail dépendait de l'ordre d'application des forces, on
pourrait le charger d'une certaine manière et le décharger d'une autre manière de façon à réaliser un gain. Après
plusieurs cycles, l'énergie ainsi gagnée ferait exploser le corps, ce qui est absurde.
Si les charges cessent d'agir, l'énergie emmagasinée dans le corps lors du chargement sera restituée
sous forme de travail qui va ramener le corps à son état initial.

En plus des hypothèses a), b) et c) ci-dessus nous admettrons dans ce qui suit que :
d) le matériau vérifie la loi de Hooke (matériau élastique linéaire),
e) les déplacements sont suffisamment petits et n'affectent pas l'action des charges (pas d'effets du second ordre).
Il arrive quelquefois que le système, dans son état initial, c'est-à-dire avant toute application de
charges, soit déjà assujetti à des efforts internes et des déformations élastiques. C'est le cas
notamment des systèmes hyperstatiques dont les appuis subissent des déplacements (appuis non
concordants), des systèmes hyperstatiques soumis à des effets thermiques, au phénomène de retrait
dans les structures en béton, des effets des défauts de montage, etc.
Dans un cas pareil, le système possède déjà à l'état initial une énergie élastique (Wi) emprisonnée dans
le corps et qui ne peut se libérer que dans des conditions particulières. Les efforts et les déformations
qui seront produits par les forces extérieures vont s'ajouter aux efforts et aux déformations existants.
Dans ce cas, l'énergie de déformation est égale au travail des forces extérieures qui se transforme en
énergie élastique interne plus l'énergie élastique initiale, d'où :

(3.19b)

Les résultats (3.19) sont parfois désignés par théorème de Clapeyron.

3.5 Travail de déformation des sollicitations simples dans le cas des


poutres
Nous allons calculer séparément le travail de déformation (énergie de déformation) en fonction des
efforts N, M, T et Mt dans une poutre (droite ou courbe) de longueur l. Considérons un tronçon de
poutre dx (ds) suffisamment petit pour pouvoir admettre que les efforts ne varient pas sur dx.

a) Effort normal
dx

z
N N

dA N
x 
dx A
dx+dx

(a) y (b)
Figure 3.4
Sous l'effet des contraintes d'effort normal, le tronçon dx subit une variation de longueur dx définie
par :

Comme dans le cas de l'effort normal on a x = N/A, il vient :

dx = (N/EA)dx

L'énergie emmagasinée dans le couche [Link] se calcule comme le travail effectué par la force [Link] au
cours du déplacement dx, d'où :

Remarque : La notation d2W est utilisée pour désigner une quantité plus petite que l'énergie
élémentaire.

L'énergie élémentaire emmagasinée dans le tronçon dx s'obtient par intégration sur l'aire A de la
section :
Et pour la totalité de la poutre :

(3.20)

b) Moment fléchissant
Considérons la couche dAdx. Sous l'effet des contraintes de flexion, la couche subit une variation de longueur :
dx
R
d
z

M dA Mz y
M x 
y Iz

(a) (b)
dx+dx y
Figure 3.5
dx = xdx = (x/E)dx. Compte tenu de la relation de Navier, il vient :

L'énergie emmagasinée dans la couche dAdx vaut :


2 2
1 1 Mz y Mz y 1 Mz y
d 2 W = ( σ x dA ) Δ dx= ( dA ) dx = dAdx
2 2 Iz EI z 2 EI 2
z

En intégrant sur la surface on obtient l'énergie emmagasinée dans le tronçon dx :

D'où l'énergie de déformation de la poutre, qui se calcule par intégration sur l :

(3.21a)

Dans le cas d'une flexion gauche, on a une relation similaire à (3.21a) pour chaque moment fléchissant
et pour les deux moments on aura :

(3.21b)

c) Effort tranchant
D'après la relation (2.12) du chapitre 2, l'énergie emmagasinée dans un tronçon dx soumis à un effort
tranchant Ty vaut :

Et pour toute la poutre :


Si la poutre est soumise à Ty et Tz on aura :

d) Moment de torsion
L'angle dont tourne l'une par dt
rapport à l'autre les sections Mt Mt
extrêmes du tronçon dx soumis à
un moment de torsion Mt est dx
donné par (Figure 3.6) :
Figure 3.6

où :
- q est une constante dépendant de la forme et des dimensions de la section, appelée coefficient de torsion ( q 
40Ip2/A4). Ce facteur vaut 1 pour la section circulaire et est supérieur à 1 pour les autres cas.
- la quantité C = GIp/q est désignée par rigidité à la torsion (ou rigidité torsionnelle).

L'énergie emmagasinée dans le tronçon dx se calcule comme le travail effectué par Mt lors du
déplacement dt :

Et pour l'ensemble de la poutre :

(3.23)

3.6 Expression générale de l'énergie potentielle de déformation


Isolons à l'intérieur d'un corps élastique un élément dv = dxdydz suffisamment petit pour pouvoir
admettre que les contraintes ne varient pas sur les facettes de l'élément.

Calculons l'énergie emmagasinée dans l'élément dv lorsqu'il est soumis à l'ensemble des contraintes
(Figure 3.7a).
y
yx
xy
yz
x x
zy x dy xy
zx xz

z xy dx+dx yx xydx
(a) (b) dx
Figure 3.7 (c)
Le travail de déformation de la force xdydz au cours du déplacement dx = xdx (Figure 3.7b) vaut :

Pour l'ensemble des trois contraintes normales, on applique le résultat (3.15), d'où :

oùx, y et z sont les déformations longitudinales et peuvent être exprimées en fonction des contraintes normales à
partir de la loi de Hooke généralisée.
Les déformations provoquées par les contraintes normales et tangentielles étant indépendantes, si
outre les contraintes normales il y a des contraintes tangentielles, il suffit d'ajouter leur effet.

Le travail de la force xydydz lors du déplacement xydx (Figure 3.7c) vaut :

En présence de toutes les contraintes, il vient :

(3.24)

L'énergie potentielle de déformation de tout le corps s'obtient par sommation sur le volume entier :

(3.25)

L'expression de W peut être exprimée en fonction des contraintes seulement ou des déformations
uniquement en utilisant les expressions des contraintes en fonction des déformations données par la
loi de Hooke généralisée.

Dans le cas d'une poutre soumise aux sollicitations N, M, T et Mt, l'expression de W s'obtient en
ajoutant les expressions (3.20), (3.21), (3.22) et (3.23) :

(3.26)

Notons que cette dernière expression ne découle pas de l'application du principe de superposition, qui
n'est pas applicable puisque l'énergie n'est pas reliée linéairement aux sollicitations. La relation (3.26)
s'obtient par sommation des contributions de chaque sollicitation du fait que le déplacement
provoqué par une des sollicitations ne provoque pas de travail de la part des autres sollicitations
(déplacements indépendants).

Remarque : Si le système comporte "n" barres, la relation (3.26) s'applique à chacune d'elles.

3.7 Travail virtuel


Considérons une particule m soumise à une force F (Figure 3.8). Donnons à m un déplacement 
suivant la direction .

m
() c

(a) (b)
Figure 3.8

Au cours du déplacement de la particule m, la force F effectue un travail égal, en valeur absolue, au


produit de la composante de F agissant dans la direction  par le déplacement .

(3.27a)

Ce travail, d'où le 1/2 a naturellement disparu car la force F avait déjà atteint sa valeur finale au
moment de l'application du déplacement , est appelé travail virtuel de F dans le déplacement virtuel
. Si les sens du déplacement  et de la composante de F suivant la direction de  sont concordants, le
signe du travail est positif, dans le cas contraire il est négatif.

Considérons maintenant le système élastique simple de la figure 3.8b et imposons lui une déformation
représentée par la courbe c. Au cours de la déformation, la force P, dont le point d'application se déplace de ,
effectue un travail virtuel de la forme (3.27), avec  = 0 dans le cas présent.

(3.27b)

Précisons qu'on entend par déplacement virtuel tout petit déplacement possible. Petit par rapport aux
dimensions du système, donc comparable aux déplacements réels. Possible, c'est-à-dire compatible avec les
liaisons extérieures (appuis) et intérieures du corps. Peu importe la manière utilisée pour produire le déplacement
virtuel.
De manière plus générale, si un système supportant la sollicitation F (F1, F2,…, Fn), subit un
déplacement virtuel qui impose à chaque force (Fi) un déplacement (i) suivant sa direction, le travail
virtuel total effectué au cours du déplacement virtuel s'écrit :

(3.27c)
3.8 Théorème de Castigliano
3.8.1 Première forme du théorème
Considérons un système élastique soumis à une sollicitation F (F1, F2,…, Fn). Au cours de la mise en
charge, le système se déforme et les points d'application des forces subissent les déplacements 1, 2,
…, n (i mesuré suivant la direction de Fi).

L'énergie W emmagasinée dans le système au cours du chargement peut s'exprimer en fonction des
forces ou des déplacements de leur point d'application (§ 3.5).

(a)

Donnons à la force Fiun accroisementdFi. Il s'ensuit une variation de l'énergie définie par la quantité
(W/Fi)dFi et l'énergie totale, sous F (F1, F2, …, Fn) et dFi, s'écrit :

(b)

Etant donné que le travail des forces ne dépend pas de l'ordre dans lequel elles sont appliquées (§
3.4), appliquons d'abord dFi ensuite la sollicitation globale F (F1, F2, …, Fn).

La force infinitésimale dFi produit un déplacement di infinitésimal aussi, si bien que le travail accompli
peut être considéré comme un infiniment petit d'ordre 2 qu'il est légitime de négliger : (1/2) dFidi 0.

Appliquons maintenant la sollicitation globale F (F1, F2, …, Fn). Le travail e accompli est égal à W (§
3.4) : e = W. En outre, la force dFi, dont le point d'application a subi un déplacement i, produit un
travail qui vaut dFii.

D'où le travail total :

(c)
En vertu du résultat (3.19), les expressions (b) et (c) sont égales, d'où :

(3.28)

C'est la première forme du théorème de Castigliano, qui s'énonce comme suit :


Théorème : Dans un système élastique à appuis indéformables (1), la dérivée de l'énergie de
déformation par rapport à l'une des forces agissant sur le système est égale à la projection sur la
direction de cette force du déplacement élastique de son point d'application.

(1) Pour établir le résultat (3.28), nous avons appliqué dFi et on a admis que cet accroissent n'influençait aucunement les autres
forces. En d'autres termes, nous avons supposé que les forces F1, F2, …, Fn étaient indépendantes. Les réactions des appuis
indéformables (appuis fixes) ayant un travail nul, même si elles étaient influencées par dFi cela ne changerait rien. Par contre, il
en va différemment avec des appuis élastiques dont les réactions dépendent des forces appliquées (donc de dFi) et effectuent un
travail. Pour que le résultat (3.28) reste applicable dans ce cas, il suffit de considérer les appuis élastiques comme faisant partie
du système et de tenir compte de leur travail.
Notons aussi que le résultat (3.28) reste valable si le corps possède une énergie initiale ; elle apparaît dans (b)
et (c) et se simplifie.
Exemples d'application
Exemple 1
Considérons une poutre bi-articulée P
de section constante chargée en son
milieu par une force concentrée P.
l/2 l/2

La flèche à mi-portée (f) s'obtient par


application directe du résultat (3.28) : Figure 3.9

f = W/P

Avec :

1 1/2 P l P κ 1/2 P l P
W= [∫0 ( x )2 dx+∫1/2 ( (l−x))2 dx ]+ [∫0 ( )2 dx+∫1/2 (− )2 dx ]
2 EI z 2 2 2GA 2 2

D'où :

Résultat déjà trouvé par une autre méthode (voir exemple d'application n°1 du § 2.6).

Exemple 2
Soit à calculer le déplacement du point d'application de la charge P (on suppose que la rigidité
flexionnelle est constante).

P
Figure 3.10
f l

D'où :

Exemple 3
On veut calculer la rotation de l'extrémité B de la poutre ci-contre.

B C
A Figure 3.11
B
1 l C 2 κ l C 2 C 2 l κC 2
W= ∫ (−
2 EI z 0 l
x ) dx + ∫ (−
2GA 0 l
) dx= +
6 EI z 2GAl

D'où :

3.8.2 Deuxième forme du théorème


Considérons à nouveau un corps élastique soumis à une sollicitation globale F (F1, F2,…, Fn), et
désignons toujours par 1, 2,…, n les déplacements correspondants des forces (suivant leurs
directions respectives).

Comme déjà signalé, l'énergie de déformation peut s'exprimer en fonction des déplacements des
points d'application des forces. Supposons qu'après avoir appliqué le sollicitation F (F1, F2,…, Fn), on
impose un incrément di au déplacement i du point d'application de la force Fi. L'énergie totale
s'exprime par :

(d)

Considérons maintenant le travail total accompli lors du chargement F1, F2,…, Fn et suite à l'application
du déplacement di au point d'application de Fi. Il s'écrit :

(e)

En égalant les expressions (d) et (e) on tire :

(3.29)

C'est la 2ème forme du théorème de Castigliano, qu'on appelle parfois 1er théorème de Castigliano ou
théorème inverse de Castigliano.

Remarque : Contrairement à la 1ère forme, la 2ème forme reste valable même si les déplacements ne
sont pas fonctions linéaires homogènes des forces.

Théorème : La dérivée de l'énergie de déformation, exprimée en fonction des déplacements des points
sur lesquels agissent des forces extérieures, par rapport à un de ces déplacements, est égale à la force
correspondante, calculée suivant la direction du déplacement.

Exemple d'application
B C D
Le système hyperstatique ci-
contre est constitué de trois
barres articulées et est soumis à l
une force verticale P.

On veut déterminer l'effort N A


dans la barre verticale AC en Figure 3.12a
appliquant le 2ème théorème de P
Castigliano. Les barres sont du même matériau (E) et de même section A.
Le théorème s'écrit : (a)

où est le déplacement vertical du point


d'application de la force P et représente
l'allongement de la barre verticale AC. Les barres A
étant articulées, on a : 1 2

(b)

Par raison de symétrie on a : NAB = NAD = N1.


Posons aussi NAC = N.(de même que 1=2).
Figure 3.12b
De plus, lAC = l et lAB= lAD = l/cos.

La relation entre les allongements des barres verticale et inclinées (Figure 3.12b) s'écrit : 1=cos

En vertu de la loi de Hooke on a :

 = E = N/A  N = EA

comme = /l, il vient :


N = EA/l (c)

Et par particularisation : N1 = 1EA/l1 avec : 1 = cos et l1 = l/cos , d'où :

N1 = (EA cos2)/l

En remplaçant dans l'équation (b) N1 et N par leur expression, on obtient :

EA δ 2
W= (1+2 cos3 α )
2l (d)
Puis, d'après l'équation (a), il vient :

EA(1+2 cos3/l)=P

et en vertu de (c), on obtient : N(1+2 cos3)=P


D'où :

L'effort N connu, le système devient isostatique et pour calculer N1 il suffit d'écrire une équation

d'équilibre de translation ou .

3.9 Simplification de l'expression de l'énergie potentielle


L'expression (3.26) est rarement utilisée telle quelle et ce, même lorsque les quatre efforts existent
simultanément. On peut presque toujours négliger l'influence de certains termes.

On peut se limiter, avec une bonne approximation, aux termes donnés par les sollicitations prépondérantes,
c'est-à-dire :
- M pour les structures planes formées de poutres,
- N pour les poutres en treillis articulés,
- M et N pour les arcs plans,
- M et Mt pour les structures spatiales constituées de poutres.

3.10 Utilisation d'une sollicitation auxiliaire


Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement du point de la structure confondu avec
le point d'application d'une force concentrée (P ou C). Pour calculer le déplacement d'un point
quelconque du système projeté sur une direction quelconque, on applique au point considéré, dans la
direction considérée, une force auxiliaire (fictive) qu'on annule à la fin des calculs.

Exemples d'application
Exemple 1 q
Soit à calculer le C x
déplacement angulaire de
A
l'extrémité libre d'une poutre l
console de section constante
soumise à une charge répartie Figure 3.13
uniforme (Figure 3.13).
L'influence de T étant négligeable, on ne tient compte que de M.
Pour calculer la rotation demandée, on applique un couple auxiliaire C en A afin de pouvoir utiliser le
théorème de Castigliano.

d'où :

Exemple 2
On désire connaître la rotation de l'extrémité A d’une poutre bi-articulée soumise à une force
concentrée P (Figure 3.14).
P
C
A B
Figure 3.14
a b
l

∂W Pab
γ A= |C=0 =− (a+2 b )
avec : RA = (Pb+C)/l, alors : ∂C 6 EIl
Le signe "-" indique que la section tourne dans le sens contraire du couple auxiliaire C.
3.11 SUPERPOSITION DES EFFETS
Lorsque les conditions a, b, c, d et e du § 3.4 sont satisfaites, l'effet total (déplacement final), sous la
sollicitation complète, est égal à la somme des effets de chacune des composantes de la sollicitation
totale.

3.11.1 Coefficients d'influence des déplacements


Soit ijle déplacement de la section i suivant la direction i sous l'action de la sollicitation Fj, agissant en j

suivant la direction j. Appelons le déplacement de la section i (suivant la direction i) sous l'effet


d'une sollicitation unitaire appliquée en j (suivant la direction j).

En vertu de la proportionnalité entre les causes et les effets, on peut écrire :

(3.30)

Sous l'action de la sollicitation complète F (F1, F2,… Fj,…, Fn), le déplacement total de la section i (dans la
direction i) noté iF sera égal à :

et en vertu de (3.30) il vient :

(3.31a)

ou encore : (3.31b)

Les coefficients sont appelés coefficients d'influence des déplacements.

3.11.2 Coefficients d'influence des sollicitations


Si nous particularisons la relation (3.31a) à chaque section correspondant à un point d'application d'une force,
nous obtenons un système de n équations :

(3.32)

Si on considère F1, F2, …, Fn comme les inconnues on peut les déduire en résolvant le système ci-dessus,
et on obtient :

(3.33)

Les i de ce dernier système sont en fait les iF du système (3.32).

Les coefficients Fij s'appellent coefficients d'influence des forces. Le coefficient Fij représente la
sollicitation (par unité de déplacement) qu'on doit appliquer en i pour avoir un "déplacement unité"
en j.
3.12 Méthode de Mohr pour le calcul des déplacements
3.12.1 Cas général
Soient MiF, NiF, TiF et les efforts produits dans la section courante i par la sollicitation globale F (F1,
F2, …, Fn).

Désignons par mij, nij, tij et les efforts apparaissant dans la section i sous l'action d'une sollicitation
unitaire appliquée en j, suivant la direction j. Introduisons en j, suivant j, une sollicitation fictive ƒj.

Sous l'action de F et j, on a par superposition des effets :

L'énergie potentielle s'exprime alors par (cas d'une pièce longue) :

(3.34)

Pour obtenir le déplacement en j (suivant la direction j), on dérive W par rapport à fj puis on pose fj = 0
(puisqu'il s'agit d'une sollicitation auxiliaire), on obtient :

(3.35)

Exemples d'application
P C
Exemple 1
Calculons la flèche au milieu C de la l/2 l/2
poutre représentée à la figure 3.15
(EI constante).
G2 Pl
M G1

1 l/2
m m1  0
Exemple 2
On cherche la rotation de l'extrémité A de la poutre ci-contre (EI constante).
P
A B

l/2 l/2

Pl/4

m
m1=1/2
1
Figure 3.16

Soit :

3.12.2 Particularisation de la formule de Mohr


a) Systèmes à âme pleine : méthode de Verechtchagine
Dans ce cas, les déformations dues au moment fléchissant sont généralement prépondérantes et les
déformations provoquées par les autres efforts, T notamment, peuvent être négligées. On peut donc
calculer avec une bonne approximation les déplacements par l'intégrale :

(i)

Remarque : Lorsque la fonction MiFmij/EI n'est pas intégrable analytiquement, on remplace l'intégrale (
) par une sommation de différences finies ().

a.1 Cas des pièces droites


Pour calculer l'intégrale (i) on peut M
ds  dx
utiliser une méthode grapho- EI M
G
analytique. La fonction m, du EI
moment fléchissant dû à une
x dx
xG m

 m m1 x
l
sollicitation unitaire, est linéaire. Cette linéarité du diagramme m peut être caractérisée par la pente 
qu'il fait avec l'axe horizontal (Figure 3.17).

On démontre que :

oùm1 est la valeur du moment fléchissant m calculée au droit du


centre de gravité de l'aire M/EI.

On a :

mais : m = xtg, alors :

comme :

donc :

or :

alors on a bien :

(3.36)

a.2 Pièces droites prismatiques


La section étant constante, EI peut être sorti de sous le signe intégrale.

(3.37a)

Si on pose  = aire du diagramme du moment fléchissant sous les sollicitations externes et m1 la valeur
du diagramme "unitaire" au droit du centre de gravité de , alors :

(3.37b)

Remarque : Si le diagramme linéaire m change de pente, on travaille par intervalle, puisque les
résultats (3.36) et (3.37) ont été établis pour  constant.

Exemples d'application
Exemple 1 (Figure 3.15)
On a :
avec :

-Pour

-Pour
Il vient :

1
δC= Ω2.m}1 } = { {1} over { ital EI} } { {3 ital Pl rSup { size 8{2} } } over {8} } { {5l} over {18} } } {¿¿ ¿
EI soit :

Exemple 2 (Figure 3.16)


On a :  = Pl2/8 et m = 1 - x/l

D'où :

b) Systèmes en treillis articulés (chargés indirectement)


Les barres du système étant rectilignes, chacune d'elles est soumise à un effort normal uniquement, de
plus cet effort est constant (voir § 6.5). On a donc pour chaque barre :

Si la rigidité extentionnelle (EA) est constante, on aura :

Pour une structure comportant a barres, la formule de Mohr s'écrit :

(3.38)

où :
a- jF = déplacement du nœud j dans la direction j sous la sollicitation globale F,
b- NkF = effort normal dans la barre k sous l'action de F,
c- nkj = effort normal dans la barre k sous l'action d'une sollicitation unitaire appliquée en j suivant j,
d- Ek = module d'élasticité de la barre k,
e- k = aire de la section de la barre k,
lk = longueur de la barre k.
P
6

l 1 5 7 8
3
A 2 4 9 B
C

l l = 3m l

Figure 3.18

Exemple d'application
On cherche la flèche en C de la structure représentée à la figure (3.18). On suppose que EA est
identique pour toutes les barres.

Pour l'application numérique on prendra : EA= 315105 kg, l = 3 m et P = 30 t.

Barre k EkAk lk NkF nkj NkFnkjlk


1 4P 2 / 3
2 3 P/3 2/3 2P/3
3 3 P/3 2/3 2P/3
4 3 2P/3 1/3 2P/3
5
6 3 -P/3 -2/3 2P/3
7 3 0 0 0
8 4P 2 / 3
9 3 2P/3 1/3 2P/3

Les résultats des calculs sont regroupés dans le tableau ci-dessus. Le déplacement demandé s'obtient en
divisant la somme de la dernière colonne par la valeur de EA.

f-

3.13 Déplacement produit par une sollicitation unitaire


Désignons par le déplacement de la section j dans la direction j produit par une sollicitation unité
agissant en k suivant la direction k.

g- Par particularisation de l'expression générale (3.35) nous obtenons :

h- (3.39)
3.14 Théorème de Betti-Maxwell
Le théorème de Betti-Maxwell se déduit de l'expression (3.39). On remarque en effet que l'expression
n'est pas modifiée si on permutait les indices j et k, c'est-à-dire :

(3.40)

Théorème : Le déplacement en j produit par une sollicitation unitaire agissant en k est égal au
déplacement en k produit par la même
sollicitation unitaire agissant en j.
P F
Illustration du théorème
PP
Le sens physique de cet important
PF
théorème, appelé parfois théorème sur FF
la réciprocité des déplacements,
F
apparaît clairement sur l'exemple P

simple suivant. FF
FP
Soit donc le système élastique ci- PP
contre. Appliquons d'abord une force P
Figure 3.19
puis une force F. Le travail total est
donné par :

Appliquons maintenant F ensuite la force P.

Comme la valeur finale du travail effectué ne dépend pas de l'ordre dans lequel les sollicitations ont
été appliquées, on a :

(i)

De manière générale P et F sont des "efforts généralisés" et PF et FP des "déplacements généralisés".
Par exemple, P une force et F un couple et par conséquent PF le déplacement vertical du point
d'application de P provoqué par le couple F et FP la rotation de la section d'application du couple F
sous l'effet de la force P.

Le théorème de Betti-Maxwell se retrouve en faisant dans l'expression (i) ci-dessus P = F = 1.

3.15 Calcul des déplacements des systèmes hyperstatiques - Théorème


de Pasternak
Dans le cas des systèmes hyperstatiques, les déplacements peuvent être obtenus en considérant dans chaque
intégrale de la formule de Mohr [(3.35) et (3.39)], pour l'un des deux éléments de réduction, les efforts
correspondant au système rendu isostatique.
Désignons par :
i- • les efforts dans la section courante i du système
hyperstatique sous l'action de la sollicitation globale F.

j- • les efforts dans la section i du système hyperstatique


k- sous l'action d'une sollicitation unitaire appliquée en j.

l- • les efforts dans la section i du système rendu


isostatique sous l'action de la sollicitation globale F.

m- • les efforts dans la section i du système rendu


n- isostatique sous l'action d'une sollicitation unitaire
appliquée en j.
Avec les notations ci-dessus, le théorème de Pasternak s'exprime sous l'une des deux formes suivantes
[obtenues à partir de (3.35)] :

(3.41)

ou

(3.42)

Démonstration
Nous raisonnerons sur une poutre continue reposant sur trois appuis et soumise à une force P
concentrée en k (Figure 3.20). Nous considérons par ailleurs que le moment fléchissant est
prépondérant. Il s'agit de calculer la flèche jF de la section j.

jK P C P 1
A B
j k j
RB
a) Système hyperstatiquec) Système rendu isostatique
e) Sollicitation unitaire

b) Diagramme MiF M iF  M iR B m ij

Figure 3.20

Le système (a) est équivalent au système (c) donc :

Pour le système (c), qui est isostatique, on applique la formule de Mohr pour le calcul de jF :

On retrouve ainsi l'une des formes du théorème de Pasternak. Le théorème est particulièrement
indiqué quand il y a plusieurs déplacements à calculer ; on calcule une seule fois MiF et pour chaque

déplacement on calcule mij en considérant le système rendu isostatique, c’est-à-dire


m ij .
Exemple d'application
Soit à calculer la flèche à mi-portée du q
A
système représenté ci-contre (EI
constante).
l
Appliquons une première fois le théorème
de Castigliano pour calculer la réaction R q

de l'appui A (Figure 3.21).


x
R
Figure 3.21

l( MiF MiF l l MiF


A   EI
0 R
dx 
EI M
0
iF
R
dx

Appliquons mintenant le théorème de Pasternak pour calculer la flèche M en x = l/2.

avec :

il vient :
Le résultat peut être retrouvé en utilisant une des méthodes du chapitre 2, la méthode d'intégration
directe par exemple en prenant pour la réaction de l'appui simple la valeur trouvée ci-dessus.

B
3.16 Théorème
complémentaire
Théorème : Dans un système quelconque,
le déplacement "relatif" d'un point B par A
B
rapport à un point A peut s'obtenir en
appliquant la sollicitation unitaire à A
l'extrémité B du tronçon isolé AB supposé
Figure 3.22
encastré en A et libre en B.

En effet, le déplacement relatif ne dépend que des éléments de réduction agissant entre les points A et
B, de sorte que les liaisons existant en dehors de ce tronçon ne jouent aucun rôle. Il est donc logique
de considérer les liaisons les plus simples, c'est-à-dire l'encastrement en A et une coupure complète en
B (extrémité libre). C'est une application particulière du théorème précédent puisque le tronçon AB
(Figure 3.22) dont il est question ici peut être assimilé à une poutre bi-encastrée.
3.17 Formules de Bresse
Considérons deux sections quelconques A et B d'une poutre à plan moyen chargée dans son plan.
Connaissant les composantes du déplacement de A [UA(translation selon x), VA (translation selon y), A
(rotation dans le plan xy)], ainsi que les éléments de réduction courants, on se propose de calculer les
composantes du déplacement de B (Figure 3.23).

y(v)
1
B(xB,yB)
B Fx=1
ds
A i(x,y) Fy=1
A(xA,yA)
UA

>0 x(u)
VA
(a) (b)
Figure 3.23

En vertu du théorème complémentaire, le problème revient à calculer les composantes du


déplacement de l'extrémité libre B du tronçon AB dont l'extrémité A subit les déplacements UA, VA et
A.

Dans le calcul des composantes du déplacement de B, on peut distinguer l'influence des composantes
UA, VA et A et l'influence des charges.

a) Contribution des composantes UA, VA et A


• La translation de composantes UA et VA est reproduite intégralement en tout point de AB donc :

• La rotation A est également reproduite sur toute la longueur AB, donc :

A'B = A

De plus, la rotation d'ensemble A est accompagnée d'une translation dont les composantes sont les

composantes d'un vecteur défini par :

avec :

D'où :

Donc la rotation A produit aussi :

En résumé on a :
b) Contribution des charges
Appliquons successivement les sollicitations unitaires C = 1, Fx = 1 et Fy = 1 (Figure 3.23b).

• Les éléments de réduction dans la section courante i, sous l'action de C = 1, sont :

m = 1, n = 0 et t = 0 ; d'où :

• Action de Fx = 1 : m = - (yB - y), n = cos et t = sin ; d'où :

Remarquons que : [Link] = dx et [Link] = dy ; alors :

• Action de Fy = 1 : m = (xB - x), n = cos(/2 - ) = sin

et t = -sin(/2 -) = - cos ; d'où :

ou encore :

Les expressions finales de UB, VB et B s'obtiennent par superposition des deux contributions
examinées.

B M iF ( x B−x) B N sin ϕ B T cos ϕ


V B=V A +γ A ( x B−x A )+∫A ds+∫A iF ds−∫A κ iF ds
EI EA GA

ou encore :
Si l'influence de N et de T est négligeable, les expressions ci-dessus se simplifient :

Exemple d'application
Déterminer les moments aux appuis de la poutre continue représentée à la figure 3.24 sachant que
l'appui (1) subit un affaissement de 5 mm.

A.N. :I = 3 000 cm4, E = 2 106 kg/cm2.

Afin d'obtenir des résultats applicables dans le cas général, nous supposons que la poutre considérée
est chargée. Nous admettrons par ailleurs que l'influence de T peut être négligée.

Particularisons l'expression de VB ci-dessus à deux travées successives d'une poutre continue droite.
(0) (1) (2) (3) (4)

l1=5m l2=4m l3=4m l4=5m

(i-1) (i) (i+1) Figure 3.24

li li+1
On obtient :

d'où :

(a)

(b)

Puis, en faisant (a) - (b) et en remarquant que :

on obtient :
(c)
Décomposons le moment final en la somme du moment des charges agissant sur les travées
supposées isostatiques (MF) et des moments aux appuis (Mi) (Figure 3.25).

Si Si+1
i-1 i i+1
i-1 i i+1
+
G1 G2
Mi+1 MF
Mi-1 Zi
Mi Zi+1

Figure 3.25

Supposons que EI est constante sur chaque travée.

où :
- Si représente l'aire du diagramme du moment des charges extérieures agissant sur la travée li supposée
isostatique,
- Zi est la distance de l'appui (i-1) au centre de gravité de l'aire Si,
représente la distance de l'appui (i+1) au centre de gravité de l'aire Si+1.
Avec les égalités ci-dessus l'équation (c) donne :

C'est l'équation générale, dite des trois moments, qui permet de calculer les moments aux appuis des
poutres continues ; elle s'applique pour chaque appui intermédiaire. On verra dans le chapitre
consacré aux poutres continues comment établir cette formule d'une autre manière.

Si EI est constante sur toute la longueur de la poutre, l'expression précédente devient :


En particularisant l'équation trouvée au cas qui nous intéresse, pas de charges extérieures et un seul
déplacement d'appui, on trouve le système ci-après :

On tire :

CHAPITRE 5 :
POUTRES CONTINUES-
FORMULES DES TROIS MOMENTS

1. Notations et définitions
Une poutre continue (voir Figure ci-dessous)est une poutre reposant sur plus de deux
appuis simples. Pour une poutre de n travées (les travées vont de 1 à n), on numérote les appuis
de 0 à n . La travée ide portée l i est la travée comprise entre les appuis Ai−1 et A i,
demomentquadratique I i suivantl’axedeflexionconcerné, deModule d’Young E .On appellera F i
le chargement extérieur sur la travéei .

Le nombre des inconnues hyperstatiques est égal au nombre des appuis intermédiaires
( n−1 ).On peut choisir comme inconnues hyperstatiques les moments fléchissants sur les appuis
intermédiaires.
2. Poutre isostatique associée
Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en « n » poutres
isostatiques sur lesquelless’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en
plus les moments aux appuis. Nous obtenons alors pour la travéei +1 la figure ci-dessous où:
 M i désigne le moment sur l’appui Ai
 M i+1désigne le moment sur l’appui Ai +1
 M i+1 ( x )désigne le moment fléchissant dans la travéei +1 de la poutre continue
 M 0 ,i +1 ( x )désigne le moment fléchissant dans la travéei+1 isostatique associée et
chargée uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
 V 0 , i+1 ( x ) désignel’effort tranchant dans la travéei+1 isostatique associée et chargée
uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
 Ω0i , dla rotation à droite de l’appui i dans la travée i +1 isostatique associée et
chargée uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
 Ω0i +1 ,g la rotation à gauche de l’appui i+1 dans la travée i+1 isostatique associée et
chargée uniquement par F i+1sans les moments sur appuis
Pour quenos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue
d’origine, il faut écrire la continuité des rotations sur les différents appuis. Nous obtenons ainsi
la formule des trois moments.

3. Formule des trois moments


a) Travées quelconques

M i−1
( ) (
li
6 E Ii
+2 M i
li
+
l i+1
6 E I i 6 E I i+1
+ M i+1
)l i+1
6 E I i+1 (
0 0
)
=( Ωi ,d −Ωi , g )

b) Travées de mêmes inerties


M i−1 l i +2 M i ( l i +l i+1 ) + M i+1 ( l i+1 ) =6 EI ( Ωi0, d−Ω0i , g )
c) Travées identiques
6 EI 0
M i−1+ 4 M i + M i+1=
l
( Ωi , d−Ωi ,g )
0

d) Travées quelconques avec dénivellations d’appui


Les dénivellations d’appui ( v ipourl’appui Ai parexemple) sont comptées positivement
vers le haut.

M i−1
( ) (
li
6 E Ii
+2 M i
li
+
l i+1
6 E I i 6 E I i+1 )
+ M i+1
l i+1
6 E I i+1( 0
)
=( Ωi ,d −Ωi , g ) +
0 v i+1−v i v i−v i−1
l i+ 1
+
li

e) Expression des sollicitations et actions de liaison


Les sollicitations dans la travée hyperstatique i sont déterminées par superposition des
sollicitations dues au chargement extérieur et celles dues aux moments sur appuis.

Soit, pour le moment fléchissant, on peut écrire:

M i ( x )=M 0 i ( x )+ M i −1 1−( xl )+ M ( lx )
i
i
i

De même pour l’effort tranchant:


M i−1 M i
V i ( x )=V 0 i ( x ) + −
li li
On déduit les actions de liaisons de l’appui Ai des valeurs de l’effort tranchant à
droite et à gauche de celui-ci:

Ce qui donne pour des travées quelconques:

Et pour des travées de longueurs identiques:

4. Formulaire des rotations usuelles


Casd’unepoutresurdeuxappuissimplesderigidité EI constante.

5. Exempled’application:
Soit la poutre continue à quatre travées de la figure suivante. Supposonsles moments
d’inertie suivants: I1=1, I2=I3=2et I4=1,5.
Calculez les moment M i pour i= 0 à 4.
La formule des troismoments nous donne:

Cequidonneaprèsrésolutiondusystèmede3équationsà3inconnues
PARTIE II :

CAS PARTICULIERS DE STRUCTURES :


LES TREILLIS ET PORTIQUES 2D, 3D
PARTIE III :

FORMULAIRES CLASSIQUES DE RDS

1. Formulaire de fleches de poutres isostatiques


2. Formulaire de réaction de liaison de la poutre bi-encastrée

3. Flèches et rotations de poutre


4. Intégrales de Mohr
Les fonctions à intégrer sont le plus souvent des polynômes dont le degré reste faible,la
méthode la plus courante pour obtenir la valeur des intégrales est l’utilisation des résultats
donnés par le tableau dit des “IntégralesdeMohr”.
PARTIE IV :

TP DE RDS SUR LOGICIEL RDM6


PARTIE V :

TP DE RDS EN LABORATOIRE

Voir cahier de TP
BIBLIOGRAPHIE

1) Arnaud Delaplace ; Fabrice Gatuingt ; Frédéric Ragueneau, Aide mémoire


Mécanique des structures-Edition Dunod Paris 2008.
2) Laurent DAUDEVILLE, Mécanique des structures, licence de génie civil et
infrastructures- Université Joseph Forier.
3) [Link] - ENSAM, Mécanique des structures-ENSAM.
4) Bel Hadj Ali Nizar, Mécanique des structures-ENIG 2013.
FIN

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