Bulletin d’information en économie de la santé n ° 26 - mars 2000
questions
d’économie de la
santé résultats
Repères Apport de l’informatique
Le comité de gestion du FOnds
dans la pratique médicale
de Réorientation et de Modernisation
de la Médecine Libérale (FORMMEL) Premiers résultats d’une enquête inédite via Internet
a mis en place, avec le concours Paul Dourgnon, Nathalie Grandfils, Marie-Jo Sourty-Le Guellec
du Conseil Supérieur des Systèmes
d’Information de Santé (CSSIS)
et du Centre de Recherche d’Étude Quel est l’équipement informatique des médecins libéraux ? Qu’apporte
et de Documentation en Économie l’outil informatique à leur pratique médicale ? Quelles utilisations font-ils
de la Santé (CREDES), une étude sur des fonctions proposées par les logiciels médicaux ?
l’apport de l’informatique dans la
pratique médicale. Cette étude a pour A l’occasion du Medec, nous présentons les premiers résultats de l’enquête
objectif final, à partir de l’expérience réalisée via internet auprès de 3 000 médecins ayant accepté d’évaluer les
quotidienne de médecins volontaires,
fonctionnalités qui s’appliquent à leur pratique médicale.
d’établir des recommendations
s’appliquant aux logiciels médicaux. Les L’informatisation des médecins participants a été progressive et s’est
conclusions seront de nature à orienter
accélérée ces deux dernières années : un quart d’entre eux se sont
le choix des médecins parmi les possibilités
actuelles, et à inciter les industriels à
informatisés depuis 1998. Les premiers résultats de cette étude semblent
proposer des services plus accessibles et montrer que l’outil informatique peut rapidement être maîtrisé par les
mieux adaptés. médecins et leur apporter une aide dans leur pratique.
CENTRE DE RECHERCHE, D’ÉTUDE ET DE DOCUMENTATION
EN ÉCONOMIE DE LA SANTÉ
Proportion de médecins utilisant au début de l’enquête
1, rue Paul-Cézanne 75008 Paris les dix fonctions informatiques retenues
Téléphone : 01 53 93 43 02/01
Télécopie : 01 53 93 43 50
E-mail : document@[Link] Acquisition de 9%
Web : [Link] données quantifiables
Echange de données 28 %
de nature collective
Directrice de la publication :
Dominique Polton Forum collectif 36 %
Rédactrice en chef :
Echange de données
Nathalie Meunier 39 %
pour un patient
Secrétaire maquettiste : Analyse comparative
Franck-Séverin Clérembault de l'activité 43 %
Interrogation de bases
de données 57 %
Équipe CREDES de l’étude FORMMEL :
Catherine Banchereau, Martine Broïdo, Optimisation médico-
économique des actes 72 %
Paul Dourgnon, Nathalie Grandfils, et des prescriptions
Jacques Harrouin, Christophe Lainé,
Marie-Jo Sourty-Le-Guellec Messagerie individuelle 73 %
Aide au diagnostic
et aux prescriptions 83 %
ISSN : 1283-4769
Diffusion par abonnement : 300 F par an Dossier médical
concernant le patient 98 %
Environ 10 numéros par an
Source : Étude Formmel
Prix : 30 F
CENTRE DE RECHERCHE, D’ÉTUDE ET DE DOCUMENTATION EN ÉCONOMIE DE LA SANTÉ
F O N D S D E R É O R I E N TAT I O N E T D E M O D E R N I S AT I O N D E L A M É D E C I N E L I B É R A L E
Apport de l’informatique dans la pratique médicale
Lenquête sur lapport de linformati-
que dans la pratique médicale se déroule Méthodologie
depuis juin 1999 et doit prendre fin en L’enquête ne donne lieu à aucun échange sous forme de papier. Elle est conduite à
août 2000. Bien quelle soit toujours en travers le réseau Internet et accessible par la messagerie du Réseau Santé Social ;
cours, nous présentons les résultats des elle est installée sur le serveur du CREDES.
premières exploitations. Au lancement NB : la connaissance des logiciels utilisés n’a pas pour objet de comparer l’offre
de lenquête, plus de 3 000 médecins des éditeurs.
ont accepté de participer à lévaluation. Une analyse détaillée du marché a permis de faire la liste des diverses fonctionnalités
Ces volontaires, principalement des proposées, qu’elles soient actuellement largement diffusées ou émergentes.
Dix fonctionnalités ont été retenues pour être évaluées sur une période de 6 mois.
médecins généralistes, de sexe mascu-
lin, exercent dans toutes les régions Chaque médecin participant s’est engagé à tester 2 fonctionnalités.
françaises (outre-mer compris). Ces fonctionnalités recouvrent un spectre large, à l’intérieur duquel des items dispo-
nibles dans les logiciels ont été retenus pour donner lieu à l’évaluation.
Nous dressons ici un état des lieux de
Les médecins volontaires sont chargés d’évaluer mensuellement les deux fonction-
léquipement informatique des méde-
nalités retenues.
cins volontaires. Puis, nous analysons
Le travail consiste à :
leur gestion du dossier patient, à ce jour
- au début de la période de recueil, remplir le questionnaire de référence, visant à
la façon la plus courante dutiliser lin-
prendre connaissance de l’équipement et de la pratique du médecin [Q0] ;
formatique en cabinet médical. Il sem- - chaque mois, remplir deux questionnaires d’évaluation, spécifiques des deux
ble que ce soit sur celle-ci que la majo- fonctionnalités choisies pour l’évaluation [Q1 le premier mois, Q2 le deuxième…] ;
rité des médecins qui sinformatisent - à la fin des six mois, remplir un questionnaire de synthèse finale, visant à donner
se font la main . une appréciation et une évaluation globales [Q7].
Tous ces questionnaires, conçus par la société EVAL, sont acheminés par le réseau
Internet ou RSS.
L’environnement Le comité de suivi de l’étude, réunissant les différents acteurs qui sont à son origine,
informatique des médecins est chargé de veiller à la qualité et à la rigueur du processus mis en œuvre.
Les médecins volontaires ont répondu Les résultats de l’étude seront adressés en priorité à l’ensemble des médecins partici-
2
à un premier questionnaire sur leur pants. Ils feront ensuite l’objet d’une large diffusion auprès des professionnels de
matériel informatique et leur utilisation santé.
des logiciels médicaux, en particulier La publication des résultats de l’étude est prévue au cours du 2ème semestre 2000.
de dix fonctionnalités proposées par ces 25 381 questionnaires ont déjà été collectés au 1er février 2000.
logiciels et retenues pour létude (voir
encadré page 6). de soins électroniques aux organismes létude. Près des deux tiers des méde-
dassurance maladie. cins (65 %) en utilisent 5 ou plus.
Une informatisation progressive Lachat du matériel et des logiciels est
Nous vous présentons dans lordre, des
Un quart des médecins participants se tout dabord motivé par la crédibilité
plus utilisées au moins utilisées, les dix
sont informatisés au cours de ces deux de la société éditrice. Pour le matériel,
fonctionnalités analysées.
dernières années (1998 et 1999) et cet argument est cité par un tiers des
23 % létaient déjà avant 1990. médecins ; pour les logiciels, par 40 %.
Vient ensuite la qualité de la mainte-
Près de la moitié des médecins (44 %)
nance pour le matériel comme pour les 7 Le dossier médical concernant le pa-
travaillent sous Windows 95 et plus dun tient
logiciels. Le prix joue également un rôle
tiers (35 %) sous Windows 98. Le taux
non négligeable, surtout dans le choix
dutilisateurs de Macintosh (15 %) est
du matériel. Pour les logiciels, la Cette fonctionnalité est utilisée par la
plus élevé que la moyenne générale-
labellisation Sesam vitale passe avant quasi-totalité des médecins informati-
ment citée. Notons que 24 % sont en sés (98 %). Les sous-fonctionnalités les
largument du prix.
réseau (sous Windows NT notamment). plus pratiquées sont la consultation du
Au démarrage de lenquête, 38 % sont jour (96 %), larchivage des antécé-
abonnés au Réseau santé social : réseau La gestion informatisée du dossier dents et interventions (94 %) et lédi-
sécurisé, utilisant les technologies médical des patients est la fonc- tion et limpression de documents
tionnalité la plus utilisée
internet, dédié aux acteurs de la santé (92 %). La sous-fonctionnalité du co-
et du social. Ce réseau permet en par- Dix fonctionnalités proposées par les lo- dage des diagnostics ou des actes est
ticulier de télétransmettre les feuilles giciels médicaux sont retenues pour au contraire peu utilisée (13 %).
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Apport de l’informatique dans la pratique médicale
La gestion du dossier médical du patient que, 95 % déclarent modifier au moins 7 Léchange de données de nature
fait lobjet dune analyse approfondie une prescription suite à une proposition collective
(voir page 4, troisième colonne). de leur logiciel. Un médecin sur quatre participe à des
Quatre médecins sur dix consultent les échanges de données de nature collec-
Références médicales opposables tive, essentiellement dans le cadre
7 Laide au diagnostic et aux prescrip- (RMO), et parmi eux, 60 % ont un mes- dEnquêtes épidémiologiques ou étu-
tions sage davertissement si la prescription des cliniques (22 %). Seuls 6 % parti-
82 % des médecins déclarent utiliser ou lacte pratiqué entre dans le champ cipent à des veilles sanitaires et 5 %
cette fonctionnalité. Le module con- dune RMO. échangent des données dans le cadre de
tre-indications et interactions médica- 38 % ont recours à loptimisation de la réseaux de soins.
menteuses est utilisé par plus de 7 mé- prescription en fonction du nombre
decins sur 10. Cette utilisation est con- dunités par conditionnement. 7 Lacquisition de données quantifiables
jointe au module alarmes thérapeuti-
ques et préventives qui sobserve chez Une petite minorité de médecins (6 %)
la moitié des médecins (57 %). 7 Linterrogation de bases de données se sert de lordinateur pour acquérir
des données quantifiables. En utilisant
La très grande majorité des médecins Un peu plus de la moitié (56 %) des tous une interface avec des appareils de
accèdent directement aux sous-fonction- médecins déclarent interroger des ba- mesure type PA, ECG, Holter. La
nalités depuis lécran du dossier du pa- ses de données, en particulier des sites téléobservance reste très marginale
tient. spécialisés (46 %) et des bases de don- (1 %).
Lutilisation des thesaurus de diagnostic nées bibliographiques (35 %).
et de laide au choix des médicaments
se fait davantage pendant la consultation,
7 Lanalyse comparative de lactivité Profils d’utilisateurs
celle des bonnes pratiques plutôt en de-
hors. Quatre médecins sur dix éprouvent le
A partir de méthodes statistisques
besoin dévaluer leur activité. Cette
danalyses de données, nous mettons en
3 appréciation se fait essentiellement sur
évidence des profils dutilisateurs.
7 La messagerie individuelle lactivité individuelle. Seuls 4 % des
Même si lenquête nest pas encore ter-
médecins établissent des comparaisons
Près des trois-quarts des médecins dé- minée, certaines tendances apparais-
à léchelle locale, régionale ou natio-
clarent utiliser la messagerie électro- sent dores et déjà solides.
nale.
nique dans leur pratique médicale. Pour Ces résultats tendent à montrer que
la plupart, ils utilisent la messagerie loutil informatique peut rapidement
pour envoyer ou recevoir des fichiers. 7 Léchange de données pour un patient être maîtrisé par le médecin et lui ap-
Il sagit pour lessentiel de fichiers texte, porter une aide dans sa pratique quoti-
dimages ou de tableurs. Leurs commu- 37 % des médecins déclarent échanger dienne.
nications avec lhôpital sont assez rares. des données pour un patient avec
dautres confrères via leur système in- Le premier questionnaire contient des
formatique, hors courrier électronique. informations sur léquipement infor-
Le module le plus utilisé est le trans- matique, quil sagisse du système dex-
7 Loptimisation médico-économi-
fert de documents numérisés (27 %). ploitation, des performances de la ma-
que des actes et des prescriptions
Cest un niveau élevé pour cette fonc- chine ou des matériels périphériques
Sept médecins sur dix déclarent utili- tionnalité considérée comme émer- utilisés par les médecins. On peut dis-
ser cette fonction qui permet de dimi- gente mais qui demande à être confirmé tinguer deux types dinformations con-
nuer les coûts dans le respect des bon- par une exploitation plus approfondie. cernant léquipement :
nes pratiques. è les informations sur le système
Parmi eux, la moitié déclarent utiliser dexploitation (Mac, Windows,
7 Les forums collectifs autre...), et ses performances
au moins lun des modules suivants
Proposition de génériques ou déqui- Près dun tiers des médecins (34 %) (vitesse, mémoire) ;
valents thérapeutiques et Calcul du participent à des forums collectifs : è les informations sur les matériels
coût de lordonnance ; 43 % utilisent 28 % visitent des forums ouverts et périphériques (fax, scanner...) et
conjointement ces deux modules. Au 26 % sont inscrits à des listes de dis- autres accessoires (agenda élec-
cours dune semaine « type » de prati- cussion . tronique, portable...).
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Apport de l’informatique dans la pratique médicale
Dix profils déquipement * des systèmes performants, Sept façons de gérer le dossier du
informatique Windows 98, mais sans portable, patient
sans scanner, mais parfois un fax
(10 %) ;
Lanalyse de données met en évidence Une analyse factorielle de même nature
10 profils déquipements. On distingue, * les équipements Windows 95, un que la précédente a permis de faire res-
outre une première catégorie dinstal- peu moins performants (moins sortir 7 profils, qui décrivent la manière
de 300 Mhz, mais plus de dont les médecins se servent de linfor-
lations puissantes et bien équipées,
32 Mo), avec un fax (15 %) ;
7 profils PC plus ou moins performants matique pour gérer le dossier du patient.
mais dont les composantes sont homo- * les configurations Windows 95 de Les médecins volontaires semblent at-
gènes et deux profils dinstallations do- puissance intermédiaire, non teindre un bon degré de complicité avec
tées de systèmes dexploitation alter- équipées (8 %) ; ce module en moins dune année.
natifs (Macintosh, Linux...) (Cf. graphi- * les configurations Windows 95
que ci-dessous) : moins performantes et peu équi-
pées (12 %) ; 8 les experts (26 %)
: les équipements très complets avec
de nombreux accessoires dont * danciennes configurations Ils semblent avoir une parfaite maîtrise
lagenda électronique et souvent, le Windows 95 ou même Windows de loutil informatique quils utilisent
scanner, le portable (10 % des mé- 3.11 (moins de 16Mo) et peu rapidement, au maximum des possibili-
decins) ; équipées (2 %). tés, face au patient. Ils saisissent les ca-
ractéristiques (identité, antécédents,
: 7 profils déquipements PC : données cliniques...) pour tous les pa-
: deux profils pour les systèmes
* des systèmes performants, dexploitation alternatifs : tients. Ils enregistrent systématique-
Windows 98 et équipés de por- ment les interventions des confrères sur
table et de fax (9 %) ; * les utilisateurs de Macintosh, qui leurs patients dès retour de linforma-
* des systèmes performants, disposent aussi souvent dun scan- tion. Ils saisissent tous les jours des pa-
ner et dun portable (12 %) ; ramètres physiologiques. Ils impriment
Windows 98, sans portable et
équipés dun scanner et dun fax * les autres systèmes dexploita- tous les documents (certificats, ordon-
4 (16 %) ; tion (5 %). nances...)
Profils d’équipement
10%
W98
W95 Plus de 32 Mo
Plus de 32 Mo Plus de 300 Mhz
200-300 Mhz Pas de scanner
W95 8% Pas de portable Pas de portable
16-32 Mo Pas d'agenda Pas de fax
Moins de 200 Mhz Pas de fax
12% W98
Pas de scanner
Plus de 32 Mo 16%
Pas de fax
Plus de 300 Mhz
Pas de portable
Scanner
2% Fax
Pas de portable
W95 15% 5%
Pas d'agenda
Moins de 16 Mo
W95 Autre système
Plus de 32 Mo d'exploitation
Moins de 300 Mhz (WNT)
Fax 200-300 Mhz W98
Pas d'agenda Plus de 32 Mo Portable
Pas de portable Fax 9%
Plus de 32 Mo
Macintosh Plus de 300 Mhz
Portable 12% Agenda
Scanner
10%
Source : Étude Formmel
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Apport de l’informatique dans la pratique médicale
Gestion du dossier patient : de l’approche à l’expertise
Les experts
26%
Les experts spécifiques
11%
Utilise depuis
plus d'un an
Les utilisateurs réservés Utilise depuis 30%
8% plus de 6 mois Les opérationnels
Utilise depuis
Utilise depuis plus d'un mois 2 ème phase d'apprentissage
moins d'un mois 9%
1 ère phase d'apprentissage
12%
Les débutants
2%
Source : Étude Formmel
8 les experts spécifiques (11 %) nances et les certificats. Les paramè- tients. Ils mettent en moyenne plus de
tres physiologiques sont saisis plutôt une temps pour enregistrer un dossier pa-
Ils semblent avoir aussi une bonne maî- fois par semaine ou de façon exception- tient. Ils saisissent très peu les interven-
5 trise de leur logiciel. Ils se donnent tou-
nelle. tions des confrères. Ils nenregistrent les
tefois des priorités, évoquant parfois le paramètres physiologiques quexcep-
manque de temps et ne traitant en con- tionnellement. Ils éditent ou impriment,
séquence en priorité que certains grou- 8 les apprentis 1er niveau (12 %)
quelquefois lordonnance pour certains
pes de patients. Ils ont surtout la parti- Ils se distinguent surtout du groupe pré- patients.
cularité dutiliser des fonctions automa- cédent par le fait quils saisissent les an-
tiques pour le suivi des paramètres phy- técédents seulement pour les nouveaux Le niveau dexpertise des médecins est
siologiques. patients. La saisie des interventions de lié à la durée dutilisation des logiciels.
confrères et le suivi des paramètres sont Ainsi, les experts les utilisent
8 les opérationnels (30 %) plus rares. majoritairement depuis un an et plus,
les opérationnels depuis plus de 6 mois,
Ils ont une bonne maîtrise, mais sont les apprentis depuis plus d1 mois et
moins systématiques que les précédents. 8 Les utilisateurs réservés (8 %) enfin les débutants, depuis moins dun
Ils saisissent au rythme des consultations.Cest un groupe spécifique de médecins. mois.
Ils enregistrent souvent les interventions Ils utilisent peu leur ordinateur devant
des confrères. Ils impriment pour tous le patient, bien quils napparaissent pas ***
leurs patients presque tous les docu- comme débutants. Ils ont informatisés
Les premiers résultats sont encoura-
ments. le dossier de tous leurs patients, mais
geants. Ils montrent que linformatisa-
hors consultation. Ils éditent des docu-
tion de la pratique médicale nest pas
8 les apprentis 2 niveau (9 %)
ème ments, mais pas dordonnance, saisissent
une utopie. Un an dutilisation semble
peu les interventions de leurs confrè-
Lutilisation est encore laborieuse. Ils souvent suffisant pour rendre lordina-
res et assurent rarement le suivi des pa-
informatisent en priorité le dossier de teur indispensable lors du face-à-face
ramètres physiologiques.
certains patients, évoquant souvent le médecin/patient. La suite de lenquête
temps disponible. Ils saisissent les anté- apportera des éléments plus qualitatifs
cédents au rythme des consultations, 8 les novices (2 %) sur les avantages et les inconvénients des
mais ne saisissent pas les interventions Il sagit des débutants qui ne profitent fonctionnalités. Elle permettra égale-
des confrères systématiquement. Ils édi- pas encore de toutes les possibilités du ment davoir lavis du médecin sur les
tent pour certains patients, les ordon- logiciel. Ils se limitent aux nouveaux pa- réactions de ses patients.
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Apport de l’informatique dans la pratique médicale
Présentation des fonctionnalités retenues pour l’étude
➀ Aide au diagnostic et à la prescription - Standard (HPRIM...) pour la transmission de résultats d’examens
biologiques ;
Les objectifs sont :
- Transfert d’images ou de référence d’images (radiologies, endos-
◆ d’aider le médecin à vérifier un diagnostic difficile, et de le
copies, otoscopies…) ou de documents multimédia (vidéo…)
guider dans sa stratégie d’utilisation des examens complémen-
ex : PACS (Picture Archiving and Communication Systems).
taires pour une meilleure démarche diagnostique ;
- Consultations spécialisées à distance ;
◆ de guider le médecin dans ses prescriptions d’examens com-
plémentaires pour le suivi d’un patient et de soins préventifs ; - Échanges de données pour le suivi d’un patient dans le cadre
d’un réseau ou d’une filière de soins.
◆ de guider le médecin dans le choix du traitement médica-
menteux, en fonction du diagnostic et des caractéristiques du
patient ; ➄ Acquisition de données quantifiables
◆ de guider le médecin dans la stratégie thérapeutique globale Intégration dans le dossier médical de données mesurées sur des
(Fonction Aide à la décision et à la prescription de traitements appareils situés dans le cabinet (Fonction Acquisition de données
non médicamenteux). locales) ou recueil et suivi de paramètres symptomatiques à dis-
tance (Fonction Acquisition de données à distance).
Sous-fonctionnalités : Thesaurus diagnostique ; Bonnes Pratiques et
conférences de consensus ; Adéquation à l’AMM, fiches de trans- - Interface avec des appareils de mesure type PA, ECG, Holter,
parence, choix de médicament ; Alarmes thérapeutiques et pré- et intégration directe dans le dossier patient
ventives ; Contre-indications et interactions médicamenteuses. - Téléobservance pour la tension artérielle, le rythme cardiaque…
➅ Messagerie individuelle
➁ Optimisation médico-économique des actes et
Utilisation du courrier électronique (e-mail) pour envoyer différen-
des prescriptions
tes informations sous un format libre, qu’il s’agisse de données sur
L’objectif de cette fonctionnalité est l’optimisation économique un patient ou d’informations générales :
des actes et/ou de la prescription.
- Échanges informels entre médecins ;
Sous-fonctionnalités : Références Médicales Opposables ; Proposi- - Échanges de fichiers attachés (données texte, image…).
tion de génériques ou d’équivalents thérapeutiques ; Proposition
d’optimisation de la prescription en fonction du nombre d’unités ➆ Forum collectif
6 par conditionnement ; Calcul du coût de l’ordonnance.
Échanges sur les connaissances, les pratiques… Ces échanges
peuvent être régulés ou non par un modérateur
➂ Dossier médical concernant le patient Sous-fonctionnalités : Forums ouverts ; Listes de discussion accessi-
bles par abonnement, par identification professionnelle…
Les objectifs sont :
◆ de garder sous forme de fichier informatique le dossier du pa-
tient avec les éléments suivants : Identité, antécédents, con- ➇ Échange de données de nature collective
sultations antérieures ; Données cliniques, examens, imagerie, Transmission de données non directement nominatives et éven-
biométrie ; Correspondants ; Consultations spécialisées, comp- tuellement agrégées pour une utilisation collective : surveillance
tes rendus d’observation, comptes rendus hospitaliers ; Traite- épidémiologique, enquêtes ponctuelles, fonctionnement en réseau,
ments en cours ; Certificats, courriers, régimes ; Dispositif d’alerte par support informatique autre que le courrier électronique (e-mail).
(type post-it) (Fonction Archivage) ; Notes personnelles ;
Sous-fonctionnalités : Veille sanitaire, surveillance, alerte ; Enquê-
◆ d’éditer des documents (Fonction édition de documents) ;
tes épidémiologiques, recherche clinique ; Échanges de données
◆ de coder des informations comme les actes, les motifs de re- générales et/ou de données de fonctionnement dans le cadre de
cours aux soins et /ou les diagnostics pour des statistiques réseaux.
médico-administratives, ou pour des raisons directement pro-
fessionnelles (gestion ou recherche) (Fonction Codage).
➈ Interrogation de bases de données
Sous-fonctionnalités : Archivage des antécédents et des interven-
Bases de données constituées et disponibles sur CDRom, disquet-
tions ; Consultation du jour ; Suivi de paramètres physiologiques ;
tes, ou sur les réseaux RSS ou Internet, qu’elles soient à visée médi-
Édition et impression de documents (ordonnances, certificats, cour-
cale ou professionnelle.
riers, comptes rendus) ; Codage des diagnostics ou des actes.
Sous-fonctionnalités : Banques de données bibliographiques ; Ba-
ses de connaissances et référentiels ; Sites spécialisés ; Documents
➃ Echange de données pour un patient législatifs, réglementaires, éthiques…
Cette fonctionnalité permet de partager des données pour la prise
en charge d’un même patient, soit par transfert, soit par acquisi- ➉ Analyse comparative de l’activité
tion à distance, par support informatique autre que le courrier élec-
Production de statistiques d’activité et comparaisons :
tronique (e-mail) :
◆ Production de tableaux de bord d’activité individuelle ;
◆ Comparaisons locales, régionales, nationales.
Q u e s t i o n s d’ é c o n o m i e d e l a s a n t é n° 26 - m a r s 2 0 0 0