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Cours 1 - La Renaissance PDF

La Renaissance, qui débute à Florence au 15ème siècle et se prolonge à Rome au 16ème, est marquée par un retour à l'Antiquité et une redécouverte des arts et des sciences. Cette période se caractérise par l'émergence d'un humanisme civique, une liberté républicaine et une floraison artistique, avec des figures emblématiques comme Brunelleschi et Alberti. L'architecture de la Renaissance se distingue par sa géométrie ordonnée et son inspiration classique, en opposition aux conventions médiévales.

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La Renaissance, qui débute à Florence au 15ème siècle et se prolonge à Rome au 16ème, est marquée par un retour à l'Antiquité et une redécouverte des arts et des sciences. Cette période se caractérise par l'émergence d'un humanisme civique, une liberté républicaine et une floraison artistique, avec des figures emblématiques comme Brunelleschi et Alberti. L'architecture de la Renaissance se distingue par sa géométrie ordonnée et son inspiration classique, en opposition aux conventions médiévales.

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La Renaissance

de la première à Florence au 15ème siècle


à la tardive à Rome au 16ème

Ouahes, Rachid - sept 2024


Une première image de l’architecture de la Renaissance
est donnée par cette composition de Francesco di Giorgio Martini (c.1460)
qui ordonne une série de bâtiments à l’intérieur d’une vue perspective
tout en guidant le regard vers le volume singulier qui symbolise
un monument central, probablement un temple
Cette composition ordonnée est une definition formelle de la Renaissance
Que signifie le concept de Renaissance ?

Contrairement aux appellations d’autres périodes de l’art et de l’architecture


“Renaissance” était déjà utilisée à son époque,
en référence à l’inspiration que les arts, l’architecture, les sciences
et autres domaines culturels, tiraient du retour à un AGE d’OR,
situé dans l’Antiquité, qu’elle soit romaine ou grecque.

Jusque-là, au “Moyen-Age”, l’art et la connaissance participaient d’une


codification organisée par les écoles ou par les corporations de métiers,
imitant ou répétant une expertise transmise à travers la tradition
qui passait de génération en génération.

Cela signifiait specifiquement qu’au Moyen-Age, l’innovation était pour ainsi


dire inaccessible, alors qu’à la Renaissance, la redécouverte d’un passé mort
pouvait être synonyme d’une re-invention.
Comment et pourquoi l’idée de “re-découverte du passé”
et de “retour à l’antiquité” s’est-elle produite ?

Sa venue est certainement liée au développement d’une conscience


des trajectoires suivies par d’autres civilisations, telles la Chine ou l’Islam
Ayant un début, une apogée et un déclin
La fresque florentine de Bonaiuti, montrant le savant
Averroes (Ibn-Rushd 1126-1198)
reconnaît l’héritage de la culture islamique
pour la Renaissance,
alors qu’elle perd de sa force
en Andalousie, après la chute de Grenade en 1492

1492 est l’année où Christophe Colomb


découvre l’Amérique, associant étroitement ainsi
la colonisation à la civilization
Une des réponses à la question du moment et du lieu (Florence)
de la Renaissance, tient donc dans la spécificité de cette ville qui, depuis le
12ème siècle, a choisi le système républicain pour mode de gouvernement,
sortant ainsi de l’emprise féodale dominante en Italie et en Europe,
et ouvrant un débat public qui a permis
ce qui est qualifié aujourd’hui de “liberté républicaine” :
« Durant deux siècles, la cité toscane s’affirme comme le centre
de la Renaissance. Depuis Athènes et Rome, aucune ville occidentale
n’avait ainsi été le lieu d’une telle inventivité historique.
Cette expérience suscite un grand foisonnement dans la réflexion politique.
C’est là que naît l’“humanisme civique”, c’est-à-dire la confluence de
l’humanisme comme courant intellectuel et des traditions communales qui
impliquaient une certaine liberté politique des citoyens. »
(voir : Jean Boutier, Yves Sintomer, « La République de Florence (12e-16e siécle) -
Enjeux historiques et politiques », Revue française de science politique 2014/6
(Vol. 64), pages 1055 à 1081)
Leonardo da Vinci

Cesare Cesariano

L’homme de Vitruve incarne


le placement de l’humain au centre du monde,
dans un rapport étroit du corps
à la géométrie qui est désormais à la base
de l’art et de l’architecture
Pour les historiens de cette période,
la “liberté républicaine” a aussi une
conséquence culturelle dans la mise en
lumière de l’individu
qui “développe” sa subjectivité,
dans sa relation essentielle avec
la pratique des arts.

Des personnages comme Michelangelo Le David du sculpteur Donatello


ou Leonardo da Vinci, correspond à la mythologie florentine
seraient les plus illustres représentants de la résistance (et de la victoire)
de la scène artistique du petit, du faible,
de cette époque qui connaît face au Goliath milanais
une floraison particulière de talents dans un style naturaliste qui tranche
avec les conventions gothiques
Cette liberté est relative cependant,
car, si l’artiste sort du système des corporations de métiers
cloisonné et fermé à l’inventivité et aux évolutions modernes,
il est néanmoins forcé de se placer sous la tutelle d’un mécénat
qui exerce un certain pouvoir sur sa production.

Le mécène est un Prince ou un Pape, un riche aristocrate ou bourgeois,


qui prend à son service et commande des oeuvres à l’artiste en échange
du support matériel qui lui permet de vivre aisément.
Evidemment, plus l’artiste est célèbre et reconnu, plus le mécène en retire
de la gloire et du prestige, comme les papes romains avec Michelangelo
ou le Duc de Sforza à Milan, puis le Roi François 1er, avec Leonardo da Vinci.

Les Médicis à Florence, les Montefeltro à Urbino, les d’Este à Ferrara,


les Sforza à Milan, Malatesta à Rimini ou les Papes à Rome
se font un devoir d’entretenir plusieurs artistes
qui entrent en émulation sinon en concurrence
les uns vis-à-vis des autres
Sur la scène florentine,
les Pazzi qui concurrencent les Médicis, finiront par
disparaître de manière violente et tragique

Cosimo da Medici (1389-1464)


et son frère Laurent le Magnifique (1449 - 1492)
θυι dominent Florence durant le Quattrocento

Ghiberti & Brunelleschi


présentant une maquette
à Cosimo da Medici
La Renaissance renoue avec l’ordre antique qui place le paysage urbain
dans le langage classique inhérent à la République romaine.
Ce retour au classicisme, dans la politique, la littérature et les arts,
participe de l'esprit républicain en s’opposant aux duchés et fiefs féodaux
des autres villes italiennes.
L’architecture participe de ce recadrage à travers une géométrie
monumentale et clairement ordonnée sur des principes rationnels,
aussi bien dans la perspective, que le plan idéal ( arch. Filarete).
Cette vision s’oppose nettement à l’informel urbain
de la perception médiévale de la ville
Sienne en 1340 (Lorenzetti) - Florence en 1330-40 (Bigallo) et (Giotto)

La ville du moyen-âge ne se préoccupe pas de l’espace public


dont la géométrie classique a été le plus souvent détruite…
Au 15ème siècle, l’Italie est un ensemble
de Cités-Etats indépendants
(Florence - Venise - Genoa - Pisa - Milano
-Lucca - Trento - Mantua - Padova…)
Roma étant la capitale des Etats Papaux
et Naples un Royaume que se disputent
l’Espagne et la France

Vue de Florence et de ses principaux


édifices dans un document de 1470
Dès le 15ème siècle
(à partir des années 1420)
la scène florentine est dominée
par un groupe d’artistes
qui établissent les premiers jalons
de cette renaissance

-architectes
Filippo Brunelleschi (1377 - 1446),
Lorenzo Ghiberti (1378 - 1455), Filippo Brunelleschi (1377-1446)
Michelozzo di Bartolomeo (1396 - 1472) en est la figure dominante
Leon Battista Alberti (1404 - 1472) non seulement pour ses
-peintres/sculpteurs réalisations architecturales
Donatello (1386 - 1466) mais également pour ses travaux
Masaccio (1401 - 1428) expérimentaux relatifs
Piero della Francesca (1416 - 1492) aux lois de la perspective
(parmi beaucoup d’autres…)
La cathédrale de Florence
dominant le tissu urbain
dont le dôme est l’oeuvre
de Brunelleschi La Cathédrale Santa Maria del Fiore à
qui remporte le concours de la Florence
le Beffroi de l’architecte Giotto
complétion (1412)
et la façade principale
Sa référence est le Panthéon romain
et le travail de construction de la
brique mise en oeuvre avec le béton

Après plusieurs années passées à Rome


(1410-1419) à étudier les ruines de
l’architecture antique, Brunelleschi
s’inspire des techniques de maçonnerie
ingénieuses qui lui permettent de couvrir
le dôme aux dimensions exceptionnelles
de Florence (42m de diamètre)
L’étude de la perspective
Le Baptistère (du 12ème siècle), faussement
attribué à l’Antiquité, est célèbre pour sa
représentation en perspective
dans les expérimentations de Brunelleschi

Le Baptistère de Florence
face à la Cathédrale
Santa Maria del Fiore
A noter que la “découverte” de la perspective,
Expérimentations déjà connue dans l’Antiquité, est plutôt une
de Brunelleschi “redécouverte” très largement redevable à la
sur la perspective théorie de Abu Ali al-Hassan Ibn al-Haytham
avec un point de fuite (965-1040) et à son ouvrage sur les sciences de
l’optique (Kitab al-Manazir, 1015)
qui remet en cause les théories grecques basées
sur l’autorité des anciens, pour préconiser le
recours à l’expérimentation, établissant les lois
fondamentales qui ont permis à Brunelleschi de
réaliser ses expériences

(voir: T. V. Venkateswaran, « Influence of Ibn al-


Haytham on vision, optics, and experimental
sciences », Science and Culture, vol. 82, n° 11–
12, nov.-dec. 2016, p. 358-63)
Masaccio Fra Angelico
La Sainte Trinité L’annonciation
Eglise de Santa (1437)
Maria Novella Couvent
1427 San Marco

Ces expériences seront ensuite


enseignées aux artistes locaux comme
Piero della Francesca ou Masaccio

Piero della
Francesca
La Flagellation
(1455)
(Urbino)
Autres projets de
Brunelleschi

Considéré comme le premier architecte de la Renaissance,


Brunelleschi construit ou transforme plusieurs autres édifices qui donnent
le ton d’une architecture proportionnée, simplifiée, d’une élégance
particulière qui marquer la pratique de l’époque
- Hôpital des Innocents
- Eglise San Lorenzo
- Chapelle Pazzi (Eglise Santa Croce)
- Eglise Santo Spirito
Travaux de Brunelleschi
Considéré comme le premier architecte de la Renaissance,
Brunelleschi construit ou transforme plusieurs édifices qui donnent le ton d’une
architecture proportionnée, simplifiée, d’une élégance particulière
qui marque la pratique de l’époque :
- L’une des deux sacristies du monastère San Lorenzo, dont il réalise le décor
intérieur (avec une grande influence sur l’architecture de cette époque), alors
que Michelangelo réalisera le décor maniériste de l’autre.
- Les deux églises de Santa Croce et de Santo Spirito sur un rythme modulaire
remarquable pour l’époque.
- La Chapelle Pazzi (à l’intérieur de Santa Croce) construite sur la référence
au modèle de l’Arc de Triomphe
- L’Hôpital des Innocents dont la répétition modulaire de la façade structure
l’espace public (qui sera continué et clôturé, un siècle plus tard, entre 1525 et
1540, par les architectes Antonio da Sangallo et Baccio d’Agnolo, dans le
respect du style brunelleschien)
Hôpital des Innocents (ou des Enfants trouvés) - Brunelleschi 1419
Plan, façade urbaine & principe modulaire
Simplicité et
géométrie de
l’arc en plein-cintre
Cloître de l’église
Santa Croce

Brunelleschi

Place et église Santa Croce


Chapelle Pazzi
(Eglise Santa Croce)

motif de l’arc de triomphe romain

Brunelleschi
Plan général marquant
les sacristies
en a et b

Basilique San Lorenzo


(1418-29)
(vue depuis la Cathédrale de Florence)

et nef centrale

Brunelleschi
Brunelleschi
Vieille Sacristie San Lorenzo
cube surmonté d’un dôme
hémisphérique sur pendentifs à la
byzantine
L’architecture modulaire
de l’Eglise Santo Spirito 1436-

Brunelleschi
Leon Battista Alberti (1404-1472)
l’Architecte le plus influent de la Renaissance, en raison de son
traité sur l’architecture - De re Aedificatoria
La célébrité d’Alberti dépasse celle de Brunelleschi en raison
de ses traités théoriques (sur l’architecture, la peinture, la
sculpture, la famille…)
Curieux de tout, il conçoit le De re Aedificatoria comme une
interprétation / complétion du traité de Vitruve qui venait
d’être découvert dans un couvent suisse

Comme architecte, il réalise aussi quelques bâtiments:


- Eglise San Francesco à Rimini
- Palazzo Rucellai à Florence
- Eglise Santa Maria Novella à Florence
- Eglises San Sebastian & Sant’Andrea à Mantua…
en essayant chaque de retrouver une forme antique ou idéale
dans laquelle inscrire la totalité de son projet
San Francesco à Rimini
(ou Temple Malatesta
1453-)

Leon-Battista Alberti
Expérimentation du motif de l’arc de triomphe
médaille éditée avec cette construction
plan et étude de proportions (Franco Borsi)
L. B. Alberti
Eglise San Sebastian
Mantua (1460-)

Reconstruction du projet
initial par Wittkower
L. B. Alberti
Eglise de Sant’Andrea à Mantua (1470-)

référence à l’Arc de Trajan (Ancône)


Pour le Palazzo Rucellai (Florence, 1452-)
en s’inspirant de l’exemple du Colisée de Rome
Alberti procède à la superposition des ordres
(dorique/ionique/corinthien) pour la première fois au Quattrocento
Les palais
de Florence

Le Palais Médicis, canon architectural du palais aristocratique,


icône de l’architecture florentine,
Bartolomeo de Michelozzo (1396 - 1472)
(dédoublé par les Riccardi au 18e siècle)

Malgré l’ordonnancement régulier des ouvertures,


introduit par Alberti, le langage du bossage médiéval
persiste dans sa signification défensive ou guerrière.
Les hauteurs sont souvent exagérées pour renforcer la monumentalité.
L’ensemble qui paraît ne contenir que 3 étages de l’extérieur, est bien plus
complexe à l’intérieur, comparable à des immeubles modernes de dix étages.
L’intérieur est de type
traditionnel, avec cour
intérieure directement
accessible à travers un
proche, un rez-de-chaussée
destiné au commerce et aux
services, un premier étage
noble occupé par le maître
des lieux et par ses hôtes,
alors que les étages
supérieurs sont réservés
aux personnels
et à la proche famille. Palazzo Medici
Palais florentins majeurs
tableau, emplacement et
Comparatif de hauteurs
avec un immeuble moderne
de 10 étages
Palazzo Gondi 1489-
Giuliano da Sangallo

Palazzo Strozzi 1489-


Palazzo Pitti 1458- Giuliano da Sangallo et Benedetto a Maiano
Le Palazzo Pitti
devient la résidence
des Médicis à l’autre bout de
la ville, face au jardins Boboli
Il sera agrandi au 16e siècle
par Bartolomeo Ammannati
(1511-1592)
Quelques exemples de villes italiennes où la Renaissance s’étend
(à étendre à d’autres villes et à étudier en TD)

Urbino
Ferrara ville du condottiere
Pienza (Corsignano) ville de la dynastie Federico da Montefeltro
et le mécénat de Pio II d’Este et du poète 1422-1482
(Enea Silvio Piccolomini
1405-64)
l’Arioste (1474-1533) architectes:
et ville « la plus moderne de la
élu pape en 1458 Renaissance » Luciano Laurana 1420-1479
(Jacob Burckhardt) Francesco di Giorgio Martini
architecte: 1439-1502
architecte:
Bernardo Rossellino
Biaggio Rossetti 1447-1516
1409-1464
- Corsignano était le petit village d’où était originaire le Pape Pie II
(Enea Silvio Piccolomini 1405-64), élu en 1458.
Il en a fait une petit ville, Pienza, entrée dans la légende de la Renaissance
grâce aux conseils de l’architecte Alberti et de son élève Bernardo Rossellino
par le biais d’une opération urbaine contenant une place publique de forme
trapézoïdale, entourée de trois palais (dont la mairie) et d’une église.

Pienza: plans et vue paysagère


Borso d'Este 1413-1471 et Ercole d'Este 1431-1505
Sous l’influence de Florence, deux frères dominent
successivement Ferrara et sa transformation
Le Palazzo
Municipale

Eglise San
Francesco

Palazzo dei Diamanti

(Biaggio Rossetti)
Axonométrie et
vue aérienne du
palais ducal

Portraits de Frederico da
Montefeltro et Battista Sforza
(Piero della Francesca 1465-)

Urbino
A partir de 1494, et jusqu’au milieu
du 16e siècle (1559), plusieurs Les guerres d’Italie
guerres (11 en tout) vont avoir lieu
sur le territoire italien, provoquées
par les Rois de France successifs
qui réclament la souveraineté
sur le Royaume de Naples
et le Duché de Milan.
Charles VIII, Louis XII, François 1er,
occupent différentes Cités-Etats de
l’Italie, notamment Milan en 1498,
faisant fuir le Duc Sforza en
Autriche,
mais également Rome en 1527,
provoquant le “Sac” dont la ville La bataille de Pavie,
mettra du temps à se remettre. huile sur bois, XVIe siècle
Ces guerres d’Italie ont eu le grand avantage, pour l’Europe,
de provoquer ou d’accélérer le processus par lequel
la Renaissance s’est propagée dans les pays du Nord, grâce
à l’exil d’artistes et hommes de lettres italiens
comme Leonardo da Vinci notamment,
qui a suivi François 1er à son retour en France

Certains artistes choisissent plutôt


d’aller au Sud, comme Donato
Bramante qui s’installe à Rome et qui
se fera reconnaître par le fameux
Tempietto (1502-09)
construit pour les moines franciscains
(à l’intérieur de l’église San Pietro a
Montorio - arch. Baccio Pontelli)
Le Sac de Rome 1527
Après avoir atteint tout le nord de la péninsule, jusqu’à Milan,
la Renaissance italienne prend une nouvelle dimension dans la pratique de
l’architecture à Rome même, dans le tournant du XVIe siècle (c.1500)
Désormais, ce n’est plus la simplification rationaliste d’un Brunelleschi qui
préoccupe les architectes, mais la recherche des formes idéalisées
que produiront les Bramante, Raphael et Michelangelo
du nouveau siècle. Plutôt que la clarté et la lisibilité de l’appareil
constructif, ce sont les détails excentriques que recherche le cinquecento
jusqu’à la célébration de la “maniera” de l’artiste
(terme à l’origine du concept de “maniérisme”)
par le doyen Giorgio Vasari (lui-même artiste, peintre et architecte)
de la nouvelle histoire de l’art qui se met en place à cette époque.
Rome
(1450-1550)
Morphologie
générale
de Rome c.1650

Rome a la particularité d’être la ville des Papes.

Après leur retour du refuge d’Avignon au 14ème siècle,


ils investissent la cité du Vatican et le Castel Sant’Angelo
qui leur permet de se barricader en cas de danger.

Rome à la fin du XV siècle (Munster)


Le Pape, à ce moment, est encore le plus puissant personnage de la ville,
et donc le plus grand mécène pour les arts et les travaux urbains.
Ces premiers travaux romains se concentrent (charité bien ordonnée)
sur la cité du Vatican et les quartiers qui l’entourent, et ne s’étendront
à la ville séculaire qu’à partir du 16ème siècle
le programme comprend aussi :

L’emplacement du Vatican sous l’Empire romain


Projet de restructuration du Borgo, entre Saint-Pierre et le Castel Sant’Angelo

Le premier Pape à entreprendre des travaux est


Niccolò V (1447 - 1453)
qui commande la rénovation du palais du Vatican
et du Capitole en faisant d’abord appel
à Antonio da Firenze, puis à l’élève d’Alberti,
Bernardino Rossellino, à partir de 1451
L’arrivée d’Alberti à Rome, en 1452,
aura pour effet de préconiser un programme de
construction plus ambitieux : Outre la rénovation
du Vatican qui comprend une grande bibliothèque,
un théâtre en marbre et différents espaces
d’apparat, le programme comprend l’ouverture
de trois rues larges et droites, connectant
le Castel Sant’Angelo à la place Saint Pierre
Un proche d’Alberti, le fondateur de Reconstruction
de la loggia des
Pienza,
bénédictions
Pio II Piccolomini (1458 - 1464) érigée par Pio II,
sur la place
délaisse aussi les travaux précédents Saint-Pierre
pour élever la façade de la basilique
Saint-Pierre sur la place éponyme, Francesco del Borgo
faisant appel à l’architecte Francesco del 1415-68
Borgo qui introduit un style romain basé
sur l’imitation des structures massives
des monuments antiques comme le
Colisée, à l’opposé de la rationalisation
géométrique, introduite par les
architectes toscans comme Brunelleschi,
Michelozzo ou Rossellino
- Paul II, successeur de Pio II (1464 -
1471) abandonne ces projets pour Palais et Place Farnese
à Rome
transformer sa résidence à proximité
de l’église San Marco. Il ne reprend
Sa géométrie génère un
les travaux de la place Saint-Pierre
axe monumental et
qu’à la fin de son pontificat
redondant par rapport à la
- C’est finalement le Pape Sixtus IV structure urbaine existante
della Rovere (1471-1484) qui
s’investit le plus largement dans les
travaux urbains, en créant un
système de rues et de bâtiments
publics (hôpitaux et églises), et en
encourageant la construction
proliférante de palais qui, chacun,
structure un morceau de ville en
générant un espace urbain qui se
greffe sur le réseau de rues existant.
- Le successeur de Sixtus,
Innocent VIII Cibo,
limite ses réalisations à la villa du
Belvedere
- et il faudra attendre la fin du pontificat
d’Alexandre VI Borgia (1494-1503)
pour voir des travaux urbains préparant
le jubilé de 1500, l’ouverture d’une voie
créée artificiellement pour la première fois
depuis l’Antiquité, la Via Alessandrina
(qui avait été prévue par Niccolò V).
Les travaux de cette rue sont engagés par
la démolition autoritaire de nombreuses
maisons, ouvrant ainsi la voie à des
pratiques urbanistiques ultérieures chez
les futurs prélats romains, comme dans les
pouvoirs séculaires.
Résumé des
projets entamés
par Sixte IV et
Alexandre VI
L’architecte florentin
Baccio Pontelli (ca 1450-ca 1494)
formé à Urbino, provoque un changement
de style dans les travaux du Vatican
comme dans ceux de la ville durant les
dernières décennies du siècle :
- Palazzo della Cancelleria (diversement
attribué)
- Belvedere d’Innocent VIII et Chapelle
Sistine au Vatican
- Château d’Ostia (la Rocca)
- Eglise de San Pietro à Montorio (qui
verra l’addition du Tempietto de Bramante)

la Villa du Belvedere
dessin 15e siècle et vue récente
- Au début du 16eme siècle,
les travaux romains sont assumés par le Pape
Jules II (1503-1513),
patron de Baccio Pontelli et de Giuliano da
Sangallo sous Sixte IV, qui fera appel à
Donato Bramante (1444-1514)
pour relancer une construction qui, jusque-là,
est restée hésitante à Rome.

Grâce aux Guerres d’Italie, Bramate qui était


jusque-là au service du Duc de Sforza à Milan,
peut rejoindre Rome
(ce qui permettra d’examiner le parcours
milanais de Bramante)
Donato Bramante
(1444-1514)

Né à Urbino, Bramante, comme tous


les architectes de cette époque, est
aussi artiste, peintre ou sculpteur.
Avant de s’exiler à Rome, en raison
des Guerres d’Italie, il est au service de
Ludovico Sforza (Il Moro), à Milan,
pour lequel il réalise différents projets d’églises , cloîtres,
et autres édifices religieux, ainsi que l’aménagement
urbain de la petite ville de Vigevano qui sert de lieu de
villégiature à à la cour milanaise.
Par la suite, ses travaux romains et au Vatican en feront
Bramante peintre 1490
l’un des architectes les plus influents de la Renaissance, Le Christ la colonne
avec Palladio.

Donato Bramante

Cloîtres Eglise de Santa


Santa Maria Maria Presso
delle Grazie de San Ambrogio
Milan 1492-98 San Satiro
Milan 1492-97 Milan 1478-86
Donato Bramante

Plan de Vigevano
Vue aérienne et vue sur la place publique
Tempietto - plan original
et détail de la
colonnade

Bramante
Il Tempietto à San Pietro à Montorio Rome 1502-07
Bramante
le Tempietto
détails de la colonnade
Une référence essentielle:
Les études de plans
centrés
pour des temples
vues chez Leonardo da …mais également le
Vinci Temple de Vesta
(à Milan) partiellement conservé à
Rome (205)
Le paradigme de
l’espace urbain
totalement
transformé par la
Renaissance

la nouvelle représentation de temples religieux


par Perugini & Raphael
Reconstruction du Vatican
et de Saint Pierre de Rome

Plan du Vatican et liste des Travaux


effectués par Bramante
Le Cortile du
Belvedere

doit-il son idée à


l’expérience de
Vigevano…
ou au cirque
de Néron ?
Plans, coupes et vues
sur le Belvedere
Le représentation du Belvedere
dans une gravure de 1593
et sa galerie des statues
La cathédrale Saint-Pierre de Rome

Projet initial de Bramante en plan


et en volumétrie (sur la médaille) inspiré
de la coupole florentine de Brunelleschi et
préféré à celui de Giuliano da Sangallo
La Saint-Pierre médiévale
avant démolition
plan et vue perspective
Les plans successifs de Saint-Pierre par:
Bramante > 1514
Raphaël > 1520
A. da Sangallo Jr. 1534-46
Michelangelo 1547-64
Giacomo della Porta >1602
Carlo Maderno > 1629
Bernini <1631-
Reconstitution du projet de Raphaël
avec une esquisse de vue intérieure
Plan et maquette
du projet de
A. da Sangallo Jr.
(1453-1534)
Les transformations de
Michelangelo

retour au plan centré


affirmation de la
monumentalité
L’urbanisme de la Rome séculaire

En plus du Vatican, les Papes successifs se sont


aussi impliqués dans l’aménagement de la ville,
notamment dans la mise en valeur des places
attenantes aux grandes églises, et leur liaison
visuelle à travers l’ouverture de rues ou
boulevards.
Ces travaux donnent une longueur d’avance à
Rome dans la modernité de son aménagement
urbanistique, jusqu’au 19ème et 20ème siècles.
Rome séculaire et l’urbanisme papal :
Comparaison des schémas de structure du tissu urbain
entre les périodes médiévale et renaissante
Le pape Léon X de 1513 à 1521 Travaux projetés ou initiés
(vu par Raphaël - 1517) par Bramante à Rome

Léon X donne une autre dimension aux travaux


romains en laissant libre cours aux architectes
pour réaliser leurs travaux séculiers
Santi Celso e
Giuliano 1535
Bramante &
Carlo de
Dominicis

San Giovanni
Battista dei
Fiorentini
1509-

Plan du quartier de la via Giulia et emplacement


des divers bâtiments et palais en construction
Palazzo dei Tribunali ou
Palazzo di san Biagio
Bramante ca. 1508
(travaux entamés puis abandonnés
à la mort de Bramante)
Palazzo Caprini
(Casa Raphaël)
par Bramante
1505-
Raphaël Bramante
Palazzo Branconio del Aquila Palazzo Caprini (Casa Raphaël)
1518- 1505-
Palazzo Branconio del Aquila 1518-

Raphaël
continuateur du dernier style de
Bramante
Intermédiaire avec Palladio (Geymüller)
Palazzo Caprini Palazzo Vidoni
Divers Palais
Vidoni-Caffarelli
1510-
Alberini 1515-19
Jacopo di Brescia
1515
(démoli en 1936)

diversement
attribués à
Raphaël
ou à
Giulio Romano
?
ou encore à
Lorenzo Lotti ?
Bramante? Baccio Pontelli?
ou bien…?

Palazzo della Cancelleria


façade, détail et cour intérieure
Palazzo Farnese 1513- (Antonio de Sangallo Jr.)
Baldassarre Peruzzi
(1481-1536)

Villa Farnesina 1510-


vues extérieures et intérieures
Raphael Sanzio
1483-1520
autoportrait

Villa Madama 1518-


(pour Giulio de Médicis)
plans du projet global
et de la partie réalisée
Plan initial de
Raphaël

plan final inspiré


et travaux Restauration
poursuivis par du projet général
A. da Sangallo Jr.
décoration intérieure
de
Baldassarre Peruzzi
Giulio Romano
Giovanni da Udine
merci

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