Football - Wikipédia
Football - Wikipédia
sport collectif où deux équipes s'affrontent pour mettre le ballon dans le but adverse
« Soccer » redirige ici. Pour les autres significations, voir Soccer (homonymie).
Le football (/futbol/), ou dans le langage courant foot par apocope, ou encore soccer (/sɔkœʁ/)
en français d'Amérique du Nord, et plus rarement balle au pied2, est un sport collectif qui se joue
avec un ballon sphérique entre deux équipes de onze joueurs ou joueuses. Ces équipes
s'opposent, dans le sens de la longueur, sur un terrain rectangulaire équipé de deux buts installés
au milieu de chacun des petits côtés du rectangle. L'objectif de chaque camp est de mettre le
ballon dans le but adverse un nombre supérieur de fois à celui de l'autre équipe, sans que les
joueurs utilisent leurs bras ou leurs mains, à l'exception des gardiens de buts : le pied est en
conséquence la partie du corps principalement utilisée pour provoquer le déplacement du ballon
sur le terrain.
Football
Football association
Soccer
Le calendrier des compétitions est gouverné par deux types d'épreuves : celles concernant les
clubs et celles des équipes nationales. La Coupe du monde est l'épreuve internationale la plus
prestigieuse. Elle a lieu tous les quatre ans depuis 1930 (sauf en 1942 et 1946). Pour les clubs,
championnats nationaux et autres coupes sont au programme des compétitions3.
En compétition de clubs, la Ligue des champions de l'UEFA, disputée en Europe mais qui
possède des équivalents sur les autres continents, est le trophée le plus convoité de ce sport,
malgré la mise en place récente d'une Coupe du monde des clubs, encore à la recherche de
prestige3.
Histoire
Genèse du jeu
Les jeux de balle au pied existent dès l'Antiquité. Ce sont des jeux et non des sports. Les Grecs
connaissent ainsi plusieurs jeux de balle se pratiquant avec les pieds : aporrhaxis et phéninde à
Athènes et episkyros, notamment à Sparte4 où le jeu semblait particulièrement violent5. La
situation est identique chez les Romains où l'on pratique la pila paganica, la pila trigonalis, la follis
et l'harpastum6. Les Chinois accomplissent également des exercices avec un ballon qu'ils
utilisent pour jongler et effectuer des passes ; cette activité pratiquée sans buts et en dehors de
toute compétition sert à l'entretien physique des militaires ( 蹴鞠, cuju). Les premiers textes
e
concernant le cuju datent de la fin du iii siècle av. J.-C. et sont considérés comme les textes les
plus anciens liés au sport chinois7. À la fin du xve siècle, le calcio florentin apparaît en Italie. Il
s'agit d'un lointain cousin du football, qui disparaît totalement en 17398.
Soule en Basse-Normandie en 1852.
Le football trouve ses racines réelles dans la soule (ou choule) médiévale. Ce jeu sportif est
pratiqué dans les écoles et universités mais aussi par le peuple9 des deux côtés de la Manche.
La première mention écrite de la soule en France remonte à 114710 et son équivalent anglais
date de 117411. Dès le xvie siècle, le ballon de cuir gonflé est courant en France11. Longtemps
interdite pour des raisons militaires en Angleterre12 ou de productivité économique en France13,
la soule, malgré sa brutalité, reste populaire jusqu'au début du xixe siècle dans les îles
Britanniques et dans un grand quart nord-ouest de la France. Le jeu est également pratiqué par
les colons d'Amérique du Nord et il est notamment interdit par les autorités de la ville de Boston
en 165714. Nommée football en anglais, la soule est rebaptisée folk football (« football du
peuple ») par les historiens anglophones du sport afin de la distinguer du football moderne15.
Cette activité est en effet principalement pratiquée par le petit peuple comme le signale un
ancien élève d'Eton dans ses Reminiscences of Eton (1831) : « I cannot consider the game of
football as being gentlemanly; after all, the Yorkshire common people play it »16 (« Je ne peux pas
considérer le football comme un sport de gentlemen ; après tout, le petit peuple du Yorkshire y
joue »).
Le Highway Act britannique de 1835 interdisant la pratique du folk football sur les routes16 le
contraint à se replier sur des espaces clos. Des variantes de la soule se pratiquent déjà, de
longue date, sur des terrains clos17. C'est là, sur les terrains des écoles d'Eton, Harrow,
Charterhouse, Rugby, Shrewsbury, Westminster et Winchester, notamment, que germe le football
moderne. Les premiers codes de jeu écrits datent du milieu du xixe siècle (1848 à Cambridge18).
Chaque équipe possède ses propres règles, rendant les matches problématiques. La Fédération
anglaise de football (Football Association) est créée en 1863. Son premier objectif est d'unifier le
règlement.
Exemple britannique
Concernant le jeu, le passage du dribbling game (dribbles individuels) au passing game (jeu de
passes) est une évolution importante. À l'origine, le football est très individualiste : les joueurs,
tous attaquants, se ruent vers le but balle au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C'est le
dribbling. Mais comme Michel Platini aime à le rappeler, « le ballon ira toujours plus vite que le
joueur ». C'est sur ce principe simple qu'est construit le passing game. Cette innovation apparaît
à la fin des années 1860 et s'impose dans les années 1880. Dès la fin des années 1860, des
matches entre Londres et Sheffield auraient introduit le passing au Nord28. C'est la version de
Charles Alcock, qui situe en 1883 la première vraie démonstration de passing à Londres par le
Blackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge en Écosse29.
Sur le modèle de la Football Association anglaise, des fédérations nationales sont fondées en
Écosse (1873)30, au pays de Galles (1876)31 et en Irlande (1880)32. Des rencontres opposant les
sélections des meilleurs joueurs de ces fédérations ont lieu dès le 30 novembre 1872 (Écosse-
Angleterre), soit quelques mois avant la fondation officielle de la Fédération écossaise33. Des
matches annuels mettent aux prises ces différentes sélections, et à partir de 1884, ces matches
amicaux se transforment en une première compétition internationale : le British Home
Championship. En pratiquant le passing plutôt que le dribbling, les Écossais dominent les
premières éditions34.
Football international
Contrairement aux sports « nobles » comme le cricket, le tennis, le hockey sur gazon et le rugby,
le football n'est pas très développé au sein des clubs sportifs installés dans l'Empire britannique.
Ainsi, cette discipline est aujourd'hui encore peu prisée en Inde, au Pakistan, en Amérique du
Nord ou en Australie, notamment. En Afrique du Sud, les colons britanniques y importent le
football dès 186935 puis une coupe du Natal est organisée dès 188436, mais le football, sport roi
dans les townships37, reste très mal perçu par les tenants blancs de l'apartheid qui lui préfèrent
le rugby, le tennis et le cricket. Le football fut, il est vrai, en pointe pour dénoncer l'apartheid et
dès le 9 avril 1973, une équipe mêlant joueurs noirs et blancs représente l'Afrique du Sud lors
d'un match international non officiel face à la Rhodésie38.
Les Britanniques jouent pourtant un rôle important dans la diffusion du football, notamment
grâce aux ouvriers dépêchés aux quatre coins du monde pour mener à bien des chantiers. Le
football est par exemple introduit en Amérique du Sud par les ouvriers travaillant sur les
chantiers des lignes ferroviaires. Ils montent des équipes et mettent en place des compétitions
d'abord réservées aux seuls joueurs britanniques, et qui s'ouvrent progressivement aux joueurs
puis aux clubs locaux. Le cas sud-américain est complexe. Il existe également des clubs
britanniques qui pratiquent cette discipline et des étudiants originaires d'Angleterre jouent un
rôle important dans l'introduction du football entre Montevideo et Buenos Aires39. Ainsi, le
football s'installe durablement dans des nations comme l'Uruguay ou l'Argentine dès les années
1870-80. En Amérique du Nord, des compétitions sont créées dans les années 1880 (1884 aux
États-Unis sur la côte Est)40.
Match de football en Belgique (Royal
Excelsior Mouscron-Standard de Liège).
La Belgique, où les universités anglaises jouent un rôle moteur41, les Pays-Bas (premier club
fondé en 187941), la Suisse (introduction du football dès les années 1860 et premier club en
187942) et le Danemark (premier club en 187643) figurent parmi les premiers pays de l'Europe
continentale touchés par le football.
L'expansion du football est également due à des voyageurs de diverses nationalités ayant
effectué des séjours au Royaume-Uni où ils furent initiés au jeu. En France, l'introduction du
football se fait ainsi principalement par l'action des professeurs d'anglais qui ramènent de leurs
voyages linguistiques outre-Manche règles et ballons dans les cours d'écoles44. Les Britanniques
sont également déterminants dans l'introduction du football en France. L'action des clubs
britanniques parisiens des White-Rovers et du Standard AC fait plier l'Union des sociétés
françaises de sports athlétiques (USFSA) le 9 janvier 1894, qui, dans la droite ligne des clubs
britanniques guindés, redoutait une expansion du football et de ses vices, comme le
professionnalisme, les transferts et les paris et se refusait à reconnaître cette discipline45. En
Allemagne, le football est d'abord clairement perçu comme un corps étranger à la nation et est
dédaigneusement surnommé le « sport des Anglais » par les nationalistes46. Toutefois, le
football prend racine dans les villes (premier club fondé en 1887 : SC Germania Hambourg) où
ouvriers et cols blancs se rassemblent autour d'une passion commune46. Le football se diffuse
ainsi progressivement en Europe du Nord entre les années 1870 et le début des années 1890,
avant de gagner l'Europe du Sud (Sud de la France inclus) entre les années 1890 et le début du
xxe siècle.
La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée à Paris en 1904 malgré le
refus britannique de participer à une entreprise lancée par les dirigeants français de l'USFSA47.
Le but premier de l'Union est de réduire au silence les autres fédérations sportives françaises
pratiquant le football, et elle impose dans les textes fondateurs de la FIFA qu'une seule
fédération par nation soit reconnue par l'organisme international. Le piège se retourne contre
l'USFSA en 1908. L'Union claque la porte de la FIFA, laissant à son principal concurrent, le Comité
français interfédéral (ancêtre direct de l'actuelle Fédération française de football), son siège à la
FIFA48 ; l'USFSA se retrouve isolée mais son opposition au professionnalisme demeure la règle
jusqu'à la fin des années 1920. Le racingman Frantz Reichel prophétise ainsi en 1922 que « le
football professionnel anglais périra s'il reste cantonné sur le sol britannique »49.
À la fin des années 1920 et au début des années 1930, plusieurs nations européennes et sud-
américaines autorisent le professionnalisme afin de mettre un terme aux scandales de
l'amateurisme marron qui touchent ces pays depuis les années 1910. Le gardien de but
international français Pierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d'or » du club anglais de
Tottenham Hotspur en 1913 ; il admettra dans ses mémoires que les joueurs du Red Star étaient
grassement rémunérés malgré leur statut officiel d'amateur50. L'Autriche (1924), la
Tchécoslovaquie et la Hongrie (avant 1930), l'Espagne (1929), l'Argentine (1931), la France
(1932) et le Brésil (1933) sont les premières nations (hors du Royaume-Uni) à autoriser le
professionnalisme dans le football2. En Italie, la Carta di Viareggio, mise en place par le régime
fasciste en 1926, assure la transition entre le statut amateur et professionnel, définitivement
adopté en 194651.
Au niveau continental, des confédérations gèrent le football. La première confédération créée est
celle d'Amérique du Sud, la CONMEBOL, fondée le 9 juillet 1916. Placées sous l'autorité
hiérarchique de la FIFA, les confédérations veillent toutefois à préserver leur indépendance. Elles
disposent de certaines libertés, par exemple, pour organiser les qualifications pour la Coupe du
monde dans le cadre des règles définies par la FIFA et sont autonomes pour gérer le calendrier
de leurs compétitions continentales, malgré des tentatives d'harmonisation sans grande portée
de la FIFA. Les cas africains et sud-américains sont significatifs. La Coupe d'Afrique des nations
(CAN), par exemple, se dispute tous les deux ans en pleine saison européenne posant des
problèmes pour les clubs employant des joueurs africains. La FIFA n'ayant pas autorité sur le
calendrier spécifique continental, seule la Confédération africaine maîtrise cette question.
Selon un comptage publié par la FIFA le 31 mai 20071, le football est pratiqué dans le monde par
270 millions de personnes dont 264,5 millions de joueurs (239,5 millions d'hommes et
26 millions de femmes). On compte environ 301 000 clubs pour 1 700 000 équipes et
840 000 arbitres. 113 000 joueurs évoluent sous statut professionnel. Ce dernier chiffre est à
manier avec précaution car il existe des différences considérables entre les nations à propos de
la définition d'un joueur professionnel. L'Allemagne est ainsi absente du classement des vingt
premières nations à ce niveau tandis que d'autres nations, moins strictes dans la définition du
statut professionnel, avancent des données artificiellement élevées.
Au niveau des nations, la Chine est en tête avec 26,166 millions de joueurs pratiquants. Derrière
la Chine, on trouve les États-Unis (24,473 millions), l'Inde (20,588), l'Allemagne (16,309), le Brésil
(13,198), le Mexique (8,480), l'Indonésie (7,094), le Nigeria (6,654), le Bangladesh (6,280), la
Russie (5,803), l'Italie (4,980), le Japon (4,805), l'Afrique du Sud (4,540), la France (4,190) et
l'Angleterre (4,164). Ces chiffres prennent en compte les licenciés et les pratiquants non
licenciés. Concernant les joueurs licenciés, le tableau ci-dessous présente les données des
douze fédérations nationales comptant le plus de joueurs licenciés. Après la participation en
finale de la Coupe du monde 2006 de l'équipe de France, le nombre des joueurs licenciés a
dépassé le cap des 2 millions en France (2 020 634)52.
Les femmes jouent au football depuis la fin du xixe siècle en Angleterre et en Écosse53. La
France met en place le premier championnat national juste après la Première Guerre mondiale54.
Les recettes sont telles que les joueuses sont rémunérées via la pratique de l'amateurisme
marron55. Le tir de barrage contre la pratique du football par les femmes s'intensifie56 et le décès
d'une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match en 1926 renforce les tenants de l'interdiction.
Henri Desgrange (L'Auto) est plus radical encore dès 1925 : « Que les jeunes filles fassent du
sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d'accord. Mais
qu'elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu'elles osent
même courir après un ballon dans une prairie qui n'est pas entourée de murs épais, voilà qui est
intolérable ! »57. Les instances masculines refusent déjà d'admettre depuis le début des années
1920 des licenciées féminines et elles doivent s'organiser en fédération indépendante des deux
côtés de la Manche. Le championnat de France de football féminin, où brilla notamment le
Fémina Sport, s'arrête en 193358. Pourtant favorable au sport féminin, le régime de Vichy
« interdit rigoureusement » la pratique dans l'Hexagone en 1941. Le football est jugé « nocif pour
les femmes »59.
Presque anecdotique, la pratique perdure après la Seconde Guerre mondiale mais il faut attendre
la seconde moitié des années 1960 pour assister au renouveau du football féminin : en 1969-
1970, les fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent ainsi le football féminin60.
On recense 2 170 licenciées à la FFF pour la saison 1970-71, puis 4 900 la saison suivante61.
Au niveau international, une première Coupe d'Europe est organisée en 196962. Elle met aux
prises l'Angleterre, le Danemark, la France et l'Italie. Le football féminin n'étant pas reconnu
officiellement par la FIFA et l'UEFA, cette compétition est « non officielle ».
Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 197063. C'est encore une
compétition « non officielle ». Après de multiples organisations de ce type, l'UEFA (1984)64 puis
la FIFA (1991)65 conviennent qu'il faut mettre en place des compétitions « officielles », Coupe du
monde de football féminin et Championnat d'Europe de football féminin notamment.
Appellations contrôlées
L'association anglaise de football, la Football Association, fondée à Londres en 1863, prend à son
compte le terme générique de « football » et, en codifiant les règles du jeu, lui adjoint la mention
« association » (association football) afin de le distinguer des autres formes de football jouées à
l'époque. Cependant certains des clubs adhérents à la FA continuent de suivre des règles très
différentes ; Blackheath RC, notamment, qui milite pour l'usage des mains et l'autorisation du
placage. L'unification des règles menée par la FA, qui marque la période allant de 1863 à 1870
place Blackheath dans une position isolée. Le club londonien quitte alors la FA et part créer en
1871 la Football Rugby Union, une fédération de football selon les règles dites de Rugby. Ainsi,
dès 1871, deux formes principales de football, d'une part l'association football et d'autre part le
Rugby football (football de Rugby) sont codifiées et disposent d’instances dirigeantes. Ces deux
sports essaiment dans le monde entier et donnent naissance à des variantes américaine,
australienne, gaélique ou canadienne.
Très tôt, une variante argotique d'appellation de « association football » apparaît chez les
anglophones par abréviation : d'abord « assoc. football » puis « assoc. » et enfin le diminutif
« soc » complété par le suffixe « -er » qui donnera le terme « soccer ». Cette dernière appellation
s'est largement popularisée au fil du temps en Amérique du Nord au point d'éclipser totalement
toute mention de « football ». Les changements de noms de la fédération américaine (États-Unis)
de football au cours du vingtième siècle témoignent de cette évolution : en 1913, date de sa
fondation, à 1945, elle a pour nom United States Football Association, puis jusqu'en 1974 elle
porte le nom de United States Soccer Football Association. Elle adopte alors le nom de United
States Soccer Federation. Soccer66 est officiellement en usage dans trois pays : États-Unis,
Canada et Samoa, les trois seules fédérations nationales anglophones qui reprennent le terme
de soccer (en excluant football) dans leur nom. Ce terme argotique pour les autres anglophones
est toutefois parfois employé, notamment dans la presse. Il est ainsi d'emploi très courant en
Afrique du Sud et plus rare au Royaume-Uni.
Chez les francophones, le dictionnaire quadrilingue de la FIFA67 donne « football » comme seule
dénomination officielle du jeu actuellement en français68, bien que les francophones canadiens
aient adopté le terme « soccer » en raison de son usage courant et généralisé au Canada.
Ces questions de dénominations ne touchent pas que les pays donnant naissance à des
« football » locaux. Ainsi, en France, la peur panique des paris, du professionnalisme et de la
montée en puissance des pouvoirs des clubs provoquent un boycott de la discipline par l'USFSA.
Pour cette fédération, le seul football reconnu est celui de la variante du rugby car les instances
anglaises de cette discipline étaient parvenues à interdire l’adoption du professionnalisme.
Aussi, le terme football employé seul fait plutôt référence en France à celui de Rugby (football
rugby) jusqu'au début du xxe siècle69. À partir de 1894 et la reconnaissance tardive de la
discipline par l'USFSA, l'appellation « football association » (traduction française de « association
football ») ou plus simplement « association » s'impose naturellement. On joue ainsi à
l'« assoce » en France à la Belle Époque et on retrouve dans certains journaux de province le
terme « association » jusque dans les années 1920. C'est également en France, à Paris, en 1904
qu'est fondée (avec comme première langue officielle le français) la Fédération Internationale de
Football Association (en anglais : International Federation of Association Football). La Fédération
Française de Football Association n'est quant à elle fondée qu'en 1919 à la suite de l'éclatement
de la structure omnisports de l'USFSA. Dans le milieu du football association, le terme de
football est de plus en plus utilisé seul pour nommer le jeu, et la mention « association » perd
alors progressivement de son usage : le magazine spécialisé Football, créé en 1929, puis la FFFA
qui devient FFF à la Libération illustrent cette évolution. De son côté le rugby, éclaté en deux
sports différents, à XV ou à XIII, a perdu l'usage du terme « football » tandis que les autres
variantes sont perçues comme exotiques en Europe et dans les pays francophones, Canada
excepté. Elles sont donc nommées selon leur origine : football américain, football australien,
football gaélique et football canadien.
Le français, comme c'est le cas en général dans le domaine sportif70, a ainsi conservé le terme
d'origine (au moins en partie à l'époque, car la mention association a bien été traduite, ce qui
explique l'inversion en passant de l'anglais « association football » au français « football
association »). Ce n'est pas le cas dans la plupart des autres langues où ont été forgés des
termes à consonances locales, du Fussball allemand, au Fútbol espagnol (ou également très
rarement Balompié) en passant par le Voetbal néerlandais ou le Futebol portugais. En Italie, on
adopte en 1909 le terme de calcio en référence à l'ancien jeu du calcio florentin71.
Pratique du football
Règlement
Premières règles
Le premier code de jeu date de 1848 : les Cambridge Rules18. D'autres universités suivent
l'exemple de Cambridge et édictent leurs propres règlements. Harrow met ainsi en place un code
autorisant l'usage des mains qui donnera naissance au rugby et à ses déclinaisons, comme le
football américain et le football canadien. Le football se base exclusivement sur les règles de
Cambridge, qui s'imposent comme les plus simples. Cette notion de simplicité est fondatrice du
football lui-même, comme l'indique clairement le sous-titre des règles de J. C. Thring qui affinent
le règlement de Cambridge en 1862 : The Simplest Game72 (« Le jeu le plus simple »).
Angleterre-Écosse en 1872.
Quand la Football Association (FA) est fondée à Londres le 26 octobre 1863, E.C. Morley est
chargé de faire une synthèse des différentes règles en usage73. Blackheath RC qui suivait les
règles d'Harrow, était alors membre de la FA et le débat devient houleux quand un premier code
de 14 règles s'inspirant des Cambridge Rules est présenté le 24 novembre 186373. Après
plusieurs jours de débats et de modifications, un règlement de 13 règles est adopté le 1er
décembre par 13 voix contre 474. Le 9 janvier 1864, le premier match disputé sous ses nouvelles
lois du jeu est joué73. Elles sont assez floues, notamment dans les domaines du nombre de
joueurs et des dimensions du terrain ou des buts car un accord n'a pas pu être trouvé sur ces
points. Les équipes comptent alors de treize à quinze joueurs puis passent à onze
progressivement, malgré les résistances de nombre d'équipes à la fin des années 1860. En 1867,
quand la Surrey FA propose un match à onze contre onze au Cambridge University FC, ce dernier
répond par courrier : « nous jouons au minimum à quinze par équipe et nous ne pouvons pas
jouer avec moins de treize joueurs par équipe75 ». La loi 11 précise que l'usage des mains est
interdit. De fait, il s'agit dans les grandes lignes de la reprise des Cambridge Rules et des règles
de J.C. Thring, saluées par tous comme les plus simples76.
Le 1er décembre 1863, le Sheffield FC demande son affiliation à la FA76. Les clubs de Sheffield
suivent alors un code de jeu particulier mais proche des Cambridge Rules et qui se joue à onze
contre onze19. Pendant plus d'une décennie, les deux codes coexistent et s'influencent tandis
que certains clubs édictent des règlements internes stipulant que seul leur règlement interne est
applicable. Cette situation très hétérogène n'empêche pas la FA de peaufiner son règlement. Le
poste du gardien de but est ainsi créé en 187075. De même, entre 1867 et 1870, les règles de
Sheffield connaissent quelques modifications comme l'abandon en 1868 du rouge77 (forme de
points semblable au football australien, avec deux poteaux supplémentaires situés à 4 yards des
buts). Les clubs de la région de Nottingham, qui avaient également un règlement inspiré des
Cambridge Rules, adoptent les règles de la FA en 186778.
La FA Cup est fondée en 1871 sur le principe « une coupe, deux codes »79. L'espoir de la FA est de
pousser les clubs de Sheffield à adopter ses règles. C'est presque l'inverse qui se produit. En fait,
les deux codes fusionnent en 187780. Depuis lors, les règles sont unifiées puis confiées à la
garde de l'International Board, créé le 6 décembre 1882.
Principes du jeu
Le football met aux prises deux équipes de onze joueurs sur un terrain rectangulaire de 90 à
120 mètres de long sur 45 à 90 mètres de large. Pour les matches internationaux, les dimensions
du terrain sont ramenées entre 100 et 110 mètres de long pour 64 à 75 mètres de large. L'objectif
est de faire pénétrer un ballon sphérique de 68 à 70 cm de circonférence pour un poids de 410 à
450 grammes81 dans un but long de 7,32 m sur 2,44 m de hauteur. Le but est considéré marqué
quand le ballon a entièrement franchi la ligne de but tracée au sol entre les deux poteaux82.
Le seul joueur autorisé à utiliser ses mains et ses bras lorsque le ballon est en jeu est le gardien
de but, pourvu que ce dernier se trouve dans sa surface de réparation. Dans cette même surface,
une faute habituellement sanctionnée par un coup franc direct, l'est par un coup de pied de
réparation (pénalty). Ce dernier s'exécute sur un point situé à 11 mètres de la ligne de but. Outre
les fautes de mains, les autres fautes concernent essentiellement les comportements
antisportifs et les contacts entre les joueurs. Le tacle est autorisé, mais réglementé : un tacle par
derrière est ainsi souvent sanctionné d'un carton rouge synonyme d'expulsion. En cas de faute
moins grave, un carton jaune peut être donné par l'arbitre au joueur fautif. Si ce joueur écope d'un
second carton jaune au cours d'une même partie, il est expulsé83.
La règle du hors-jeu force les attaquants à ne pas se contenter d'attendre des ballons derrière la
défense adverse. Pour qu'un joueur soit en jeu, il faut qu'il soit devant le dernier défenseur
adverse, dans le sens du jeu de ce défenseur. L'arbitre assistant signale avec un drapeau le hors-
jeu qui se juge au départ de la balle, c'est-à-dire au moment où le passeur frappe le ballon, et non
pas à l'arrivée du ballon dans les pieds de l'attaquant.
Le match dure 90 minutes en deux périodes de 45 minutes séparées par une interruption (ou mi-
temps) de 15 minutes. Lors de certains matches de coupe devant désigner un vainqueur ou un
qualifié (on peut se qualifier en matches aller-retour sans nécessairement remporter le match
retour), une prolongation de deux fois quinze minutes est disputée. Au terme de cette période, en
cas d'égalité, les tirs au but départagent les deux formations84.
Lois du jeu
Le football compte dix-sept « lois du jeu » régies par l'International Board. Le règlement est le
même pour les professionnels et les amateurs, en senior ou chez les jeunes. La FIFA veille à
l'application uniforme des mêmes lois du jeu partout dans le monde.
2 Le ballon 11 Le hors-jeu
Arbitre
Sur le terrain, l'application du règlement est confiée à un corps arbitral qui se met en place
définitivement en 189189. Un temps évoqué, le double arbitrage était en usage au début du jeu et
un troisième arbitre, situé en tribune, prenait la décision en cas de conflit entre les deux arbitres
principaux. Ce système s’avère inefficace et en 1891, le referee, jadis placé en tribune, est
désormais positionné sur le terrain, tandis que la doublette d’arbitres (umpires) est mise sur les
bords de touche (linesmen). L'arbitre central est rapidement doté de larges pouvoirs afin de
diriger pleinement la partie. Avant ces réformes, les penalties n'existent pas et l'arbitre n'a pas le
contrôle du temps de jeu. Depuis 1874, les umpires peuvent siffler des coups francs et expulser
des joueurs. Avant cette date, les expulsions sont discutées avec les capitaines90. Les cartons
jaunes et rouges sont introduits en 1970 à la suite d'un incident au cours du match de Coupe du
monde Angleterre-Argentine en 1966. Expulsé, le capitaine argentin Antonio Rattín refuse de
quitter le terrain prétextant ne pas comprendre l'arbitre allemand Rudolf Kreitlein ; l'affaire dure
sept minutes91. Pour éviter ce genre de problèmes, le Board met en place le système universel de
cartons de pénalité jaunes et rouges.
Le corps arbitral est aujourd'hui constitué d'un arbitre principal qui se déplace sur le terrain, ainsi
que deux arbitres assistants évoluant le long de chaque ligne de touche et munis de drapeaux.
Dans le milieu professionnel, un quatrième arbitre est présent pour assurer un remplacement en
cas de blessure de l'un des trois autres ; il sert également à signaler les changements de joueurs
et à veiller au maintien de l'ordre dans les zones techniques (bancs des joueurs) et au bord du
terrain. Au plus haut niveau, les arbitres subissent des tests physiques réguliers (test de Cooper,
notamment).
Depuis la fin du xxe siècle, le recours à la vidéo est souvent évoqué pour remédier aux problèmes
d’arbitrage. Ce système est toutefois très controversé, notamment car il n'est pas absolument
fiable [réf. nécessaire] et n'est pas applicable à tous les niveaux du football, des juniors aux vétérans.
Le 8 mars 2008, à l'occasion de sa 122e réunion annuelle, le Board suspend, jusqu'à nouvel ordre,
les options technologiques après des essais peu concluants d'arbitrage vidéo testés au Japon et
les difficultés techniques rencontrées par les équipes travaillant sur le contrôle de la ligne de but
par des moyens électroniques. En revanche, le Board autorise la mise en place de tests avec
deux arbitres assistants supplémentaires pour surveiller les surfaces de réparation92.
Comme dans d'autres disciplines, l'arbitrage doit faire face à des problèmes de corruption. Les
derniers cas en date en Allemagne93, en Belgique94, en Italie95 et au Portugal96 ont notamment
mis en lumière le rôle de certains clubs dans ces affaires mais aussi l'intervention de parieurs.
Dans d'autres cas, des joueurs peuvent être également impliqués. Les sanctions (rétrogradation,
titre annulé, points retirés et poursuites judiciaires des personnes impliquées) et les précautions
(en Allemagne, l'arbitre est désormais désigné 48 heures avant la rencontre) n'empêchent pas la
poursuite de ces pratiques. Aussi, de nombreuses voix appellent de leurs vœux la mise en place
d'un véritable statut professionnel pour les arbitres.
Le statut des arbitres, professionnel ou pas, est un sujet récurrent des dernières années. La
plupart des arbitres sont amateurs. La FIFA et son président Sepp Blatter militent pour l'arbitrage
professionnel. Pour les matchs de haut niveau, les arbitres sont sous contrat avec leur fédération
en Argentine, au Brésil, au Mexique et en France, liés à la Premier League en Angleterre, et sous
une sorte de rapport contractuel en Italie97.
L'équipement du joueur
Réglementés par la Loi 4, les équipements des joueurs comprennent un maillot, un short, une
paire de chaussettes, des protège-tibias et des chaussures. Le port des gants et des lunettes est
autorisé. Les gardiens arborent parfois des casquettes quand ils font face au soleil. Ils doivent
de plus porter un maillot de couleur différente. La possibilité de porter une jupe-short est
évoquée pour les équipes féminines depuis 2008101, mais le règlement officiel n'en fait pour
l'instant aucune mention102.
Les équipes disposent de plusieurs jeux de maillots. Habituellement, une équipe évolue avec ses
couleurs à domicile et doit s'adapter aux couleurs de l'adversaire en déplacement. L'échange des
maillots en fin de partie est une tradition pour les matches importants.
Les premiers maillots sont des lainages assez épais. Ils s'allègent durant la première moitié du
xxe siècle avec l'adoption de chemises en coton, puis, grâce aux fibres synthétiques à partir des
années 1960, ils deviennent très légers. Polyester et polyamide sont principalement utilisés avec
des systèmes d'évacuation de la transpiration.
Les chaussures sont à l'origine des chaussures montantes courantes auxquelles on fixait des
crampons. Il faut attendre les années 1950, et les premières chaussures de football
commercialisées par Adidas, pour voir l'apparition de chaussures modernes. Depuis les années
1990, les meilleures chaussures sont généralement en peau de kangourou avec semelle en
plastique et crampons en aluminium.
Le ballon est codifié par la Loi 2. Ses dimensions sont fixées en 1872. Le ballon doit être
sphérique, en cuir ou dans une autre matière adéquate, avoir une circonférence de 70 cm au plus
et de 68 cm au moins, un poids de 450 g au plus et de 410 g au moins au début du match et une
pression de 0,6 à 1,1 atmosphère (600 - 1 100 g/cm2). Ces dimensions sont plus réduites pour
les ballons utilisés par les joueurs de moins de 13 ans. Depuis le 1er janvier 1996, seuls des
ballons ayant passé les tests de la FIFA (Fifa Approved) sont utilisables en compétitions
internationales organisées par la FIFA ou les confédérations continentales103.
Le stade
Le terrain de jeu.
Les terrains de cricket restant déserts pendant l'hiver, ils sont utilisés au début de l'histoire du
jeu. Ceux qui peuvent disposer d'installations de cricket comprenant également des vestiaires et
des tribunes sont toutefois minoritaires. Il faut le plus souvent se contenter de jouer sur un
terrain plus ou moins bien tracé et se changer au café du coin. Certains matches drainent
toutefois très vite une affluence certaine, et les premières tentatives d'entrées payantes se font
en Angleterre dès les années 1860. Sur le continent européen, les vélodromes jouent le rôle des
terrains de cricket au Royaume-Uni.
Passée l'étape du simple pavillon destiné à accueillir les membres du bureau et leurs invités puis
l'installation de praticables couverts ou pas autour du terrain pour les autres spectateurs, les
premiers stades sont principalement en bois, mais les dimensions des tribunes, toujours plus
imposantes, nécessitent bien vite le recours à une armature métallique. Parmi les principaux
architectes initiant cette évolution, citons l'emblématique Archibald Leitch qui opère de 1904 à
1939.
Après la Seconde Guerre mondiale, les stades connaissent de nombreuses révolutions, du toit
cantilever (sans poteaux de soutien au milieu des tribunes) à la construction de systèmes
d'éclairage pour les matches en nocturne. Les premières expériences de matches joués à la
lumière des projecteurs datent de 1878, mais ce type de rencontres, interdit en Angleterre de
1930 à 1950, reste marginal jusqu'après la Seconde Guerre mondiale104. L'éclairage est
seulement de quelques centaines de lux, mais la télévision exige au moins 800 lux pour filmer
correctement les rencontres. Cette demande pressante de la télévision et les progrès réalisés au
niveau des systèmes d'éclairage permettent désormais aux meilleurs stades de disposer d'au
moins 1 500 lux.
Le terrain de jeu connaît également des changements avec la mise en place de systèmes de
chauffage pour éviter le gel du terrain ou même l'adoption de surfaces de jeu plus ou moins
artificielles. La pelouse naturelle reste toujours la plus courante. Quelques clubs anglais
installent des revêtements totalement artificiels comme QPR, Luton, Preston et Oldham dans les
années 1980, mais la FA freine ces expériences sans toutefois parvenir à les interdire105. Même
remarque au niveau de la FIFA qui ne recommande pas cette surface mais qui ne l'interdit pas.
En revanche, ce type de revêtement reste longtemps proscrit par la FIFA en phase finale de
Coupe du monde. Lors de la Coupe du monde 1994 disputée aux États-Unis, les stades ont dû
tous être dotés de pelouse naturelle, Pontiac Silverdome à Détroit (Michigan) et Giants Stadium
(New Jersey) au premier chef. À la suite des modifications des tests de certification de la FIFA
(2001)106, il est désormais possible d'utiliser un terrain artificiel en phase finale de Coupe du
monde. Toutefois, jamais le cas ne s'est produit. Pourtant équipé depuis 2002 d'une pelouse
artificielle certifiée par la FIFA, le Stade Loujniki de Moscou est équipé d'une pelouse naturelle
pour accueillir la finale de la Ligue des champions de l'UEFA 2007-2008107.
Confort et sécurité
Le confort et la sécurité des spectateurs restent longtemps une notion anecdotique pour les
architectes et les dirigeants, qui cherchent seulement à rentabiliser au maximum leurs enceintes.
Malgré la multiplication des drames et accidents, les autorités prennent tardivement conscience
de ce problème. L'UEFA réagit après le drame du Heysel (1985), mais le football anglais, pourtant
concerné au premier chef par les morts du Heysel, ne modifie sa politique qu'après le drame de
Sheffield (1989) avec la mise en application du « Rapport Taylor », bannissant notamment les
places debout en Angleterre108. L'Allemagne, qui s'était refusée à diffuser en direct les
événements du Heysel, lance une réflexion de fond sur ces problèmes à cette période. Elle donne
ses fruits à l'occasion de la Coupe du monde 2006, avec des enceintes intégrant pleinement les
besoins de confort et de sécurité. À noter le maintien d'une tribune avec des places debout au
Signal Iduna Park de Dortmund : la fameuse Südtribüne qui, avec ses 25 000 places debout, est
la plus importante tribune d'Europe. Ce maintien fut négocié par les supporters. Le fameux
« Kop » d'Anfield (Liverpool) n'eut pas cette chance. Conçue en 1906 pour accueillir
30 000 spectateurs, la capacité de cette tribune est réduite une première fois en 1970 à
25 000 places à la suite d'un incident lors d'un match européen entre Liverpool FC et l'Ajax
Amsterdam en décembre 1966 : les secours avaient été incapables de se déplacer en tribune109.
La dernière partie avec des spectateurs debout se joue le 1er mai 1994 devant 16 480 kopites.
Depuis lors, le Kop compte 12 277 places assises.
Les pays latins restent étrangement à l'écart de ces débats. Même le drame de Furiani (1992) ne
provoque pas en France de prise de conscience, et aujourd'hui encore, nombre d'enceintes
utilisées par les professionnels ne répondent pas aux critères minimum de sécurité [réf. souhaitée].
Les troubles de la saison 2006-2007 en Italie ont ainsi mis en lumière le grave déficit dans ce
domaine des stades italiens110. De très lourds investissements sont nécessaires pour mettre ces
stades à niveau et certaines nations n'ont pas jugé utile d'engager ces travaux. La France avait
pourtant l'occasion de le faire en 1998 en organisant la Coupe du monde, mais elle a préféré
concentrer ses efforts sur le seul Stade de France plutôt que de profiter de cette opportunité
pour s'équiper [réf. souhaitée]. La Ligue a bien tenté de mettre en place dans les années 1990 des
critères minimum en matière de stades pour évoluer en professionnel, mais elle est déboutée le
20 novembre 2003 par le Conseil d'État, sollicité par le ministère des Sports, hostile aux critères :
il est impossible à la Ligue française de ne pas admettre un club en professionnel en raisons
d'installations non conformes111.
L'Emirates Stadium, stade du club
d'Arsenal.
Ainsi, l'Angleterre et l'Allemagne proposent aujourd'hui aux spectateurs de prendre place dans
des stades modernes, et les moyennes de spectateurs y atteignent des sommets historiques. En
France et en Italie, les enceintes ont au moins une génération de retard, et les affluences
stagnent en France et plongent en Italie (deux fois moins de spectateurs dans les stades qu'au
milieu des années 1980).
Parmi les stades les plus emblématiques, se trouvent en Amérique le Maracanã à Rio de Janeiro,
le stade Monumental Antonio Vespucio Liberti à Buenos Aires, le stade Azteca à Mexico et en
Europe, Wembley à Londres, récemment reconstruit, le stade Santiago Bernabéu à Madrid, le
Camp Nou à Barcelone et le San Siro à Milan.
Jouer au football
Équipe de jeunes.
Les jeunes joueurs découvrent généralement le football dans la cour de récréation, dans la rue
(le sport du football de rue est un dérivé du football) ou sur des terrains de fortune sur lesquels
les buts sont simplement signalés par des cartables ou des blousons. L'étape de la découverte
passée, l'intégration à une école de football dans un club de jeunes est nécessaire pour acquérir
quelques fondamentaux. Dès cette période, les joueurs les plus prometteurs, techniquement ou
physiquement, sont détectés et rejoignent des centres de formation (France), des Academies
(Royaume-Uni) ou des clubs dits « formateurs » qui ont la charge de préparer les joueurs au
métier de footballeur. Une minorité de joueurs atteint ce but et devient effectivement footballeur
professionnel. La majorité n'est pas retenue pour passer pro et ces joueurs doivent se contenter
d'évoluer au mieux en semi-professionnel [réf. souhaitée].
« La technique, ce n’est pas savoir faire 1 000 jongles, c’est savoir passer
la balle à la bonne vitesse au bon endroit, au bon moment. »
— Johan Cruyff112
Pédagogie du football
Deux méthodes pédagogiques principales sont proposées aux jeunes joueurs. Dans la première,
analytique, utilisée depuis des décennies, l'éducateur découpe l'activité en gestes techniques. Il
démontre chaque geste et le fait répéter. Dans la deuxième, appelée globale ou intégrée,
l'éducateur met en place des situations qui posent des problèmes aux joueurs. Il appartient aux
joueurs de trouver des solutions et de mettre en place des stratégies pour y parvenir. Dans cette
méthode, les jeunes joueurs sont actifs de leur apprentissage. L'éducateur guide les joueurs et ne
leur donne pas les réponses immédiatement mais procède par questionnement pour leur
permettre de trouver la solution par eux-mêmes. [réf. souhaitée]
Caractéristiques du jeu
Pratiquer le football implique une activité physique intense et prolongée. En 90 minutes, selon
son poste, un joueur parcourt entre 6 et 11 km et perd en moyenne 2 kg. Les blessures,
généralement aux chevilles et aux genoux113, touchent tous les types de footballeurs,
professionnels ou amateurs, jeunes ou vieux. La mort subite, en match ou à l'entraînement, est
également un phénomène touchant tous les niveaux. Les cas sont rares mais posent la question
des limites physiques des joueurs avec en toile de fond l'éternel débat sur le calendrier, trop
chargé. Un sportif ne peut pas être à 100 % sur l'ensemble d'une saison, et la gestion du
calendrier fait partie du jeu.
Le dopage est présent de longue date dans le football114. De très forts soupçons planent ainsi
sur l'équipe d'Allemagne de 1954 qui remporte la Coupe du monde. L'enquête lave finalement la
Mannschaft qui n'aurait procédé qu'à des piqûres de glucose115. La position des instances qui
affichent en façade leur volonté de lutter contre ce fléau est assez ambiguë. La FIFA refuse ainsi
longtemps de confier à l'Agence mondiale antidopage la gestion de cette question. Un accord est
trouvé en juin 2006 quand le Comité international olympique demanda à toutes les fédérations
internationales de parapher le code mondial antidopage. La FIFA conserve toutefois son autorité
en matière de suspension116.
Mis à part le baseball, le football est le sport collectif le plus sujet à des surprises sur un
match117. De la victoire inattendue de West Bromwich Albion FC face à l'« Invincible » Preston
North End en finale de la FA Cup 1888 à l'élimination de l'Olympique de Marseille par les
amateurs de l'USJA Carquefou en Coupe de France 2007-08, l'histoire du football est marquée
par de nombreux résultats étonnants118. Comme le dit un adage sportif particulièrement adapté
au football : « sur un match, tout est possible ». Cette possibilité laissée aux « petits » de
triompher des « grands » est l'un des attraits du football.
Évolutions tactiques
Dispositif tactique en « WM ».
Des années 1880 à 1925, la pièce essentielle d'une équipe est son avant-centre qui constitue la
pointe d'une formation où figurent cinq attaquants, trois milieux et deux défenseurs. Les
attaquants doivent être puissants car le hors-jeu est signifié si moins de trois joueurs se trouvent
entre la ligne de but adverse et celui qui reçoit une passe. Le passage de trois à deux joueurs
pour un hors-jeu change en profondeur le jeu. On passe de 4 700 buts marqués par saison dans
les deux divisions de League anglaise à 6 373 dès l'entrée en application de cette
modification119. L'entraîneur Herbert Chapman met au point une tactique innovante, dite en
« WM », c'est-à-dire trois défenseurs, deux milieux, deux inters (milieux offensifs) et trois
attaquants119. Les quatre joueurs du milieu de terrain constituent le carré magique120, marquant
la montée en puissance du poste de milieu offensif (ou inter) dont le rôle est d'alimenter l'avant-
centre en ballons.
Le WM règne en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des Anglais à domicile face
aux Hongrois, qui évoluent déjà en 4-2-4. Avant le triomphe des 4-2-4, 4-3-3 et autres 4-4-2, les
Suisses, les Français et les Italiens mettent au point des tactiques basées sur la défense : le
« verrou suisse » (ou « verrou Rappan » du nom de l'entraîneur-joueur autrichien Karl Rappan qui
met en place ce système au Servette de Genève en 1932121), le « béton » (initié par Robert
Accard au début des années 1930 au Stade français122 et pratiqué notamment par Charleville en
1936123) et le « Catenaccio ». Ces tactiques sont notamment affinées après la Seconde Guerre
mondiale par Helenio Herrera et déclinées dans de nombreux pays, donnant par exemple
naissance au « Riegel » en Allemagne. L'innovation principale de ce dispositif tactique est la
création du poste de libéro nommé verrouilleur ou bétonneur à l'origine. Il se place derrière la
ligne de défense, généralement de trois puis quatre joueurs, et a pour tâche de colmater les
brèches.
En 1958, l'équipe du Brésil remporte sa première Coupe du monde en s'appuyant sur un effectif
hors norme et un dispositif tactique en 4-2-4. C'est une forme de compromis entre les stratégies
offensives et défensives. Nouvelle évolution tactique des Brésiliens en 1962, avec un dispositif
en 4-3-3, où l'ailier gauche, Mario Zagallo, est reconverti en milieu de terrain119. Ces tactiques
plutôt offensives se retrouvent toutefois à la peine face à des formations très rigoureuses, telles
que l'Inter Milan en Europe ou le Peñarol en Amérique du Sud. L'Allemagne échoue aussi de peu
en Coupes du monde 1966 et 1970 en pratiquant un béton très strict.
La disposition tactique n'est rien sans animation du jeu. La vitesse tient ici un rôle prépondérant.
Sur le principe du passing, Bill Shankly à Liverpool FC et José Arribas au FC Nantes (jeu à la
nantaise) développent une animation de jeu très rapide dès le début des années 1960, entraînant
d'inévitables erreurs. Ces dernières doivent être compensées par un collectif soudé, ne
rechignant pas à effectuer des tâches défensives ou offensives, selon les besoins de l'équipe.
C'est le « football total » prôné par Rinus Michels à l'Ajax Amsterdam au début des années
1970 [réf. souhaitée].
Par convention, on attribue un style physique au football du Nord de l'Europe et un style plus
technique aux Latins. C'est un cliché, mais cette opposition presque philosophique entre le
réalisme et le spectacle marque durablement les débats stratégiques. Ainsi, le jeu du Stade de
Reims développé dès la fin des années 1940 et qui enchante les foules françaises et
européennes jusqu'à la fin des années 1950, est taxé de « latin » car il est axé sur la technique et
le jeu de passes. Gabriel Hanot détestait le « petit jeu » des Rémois lui préférant un jeu plus
physique, « à la Britannique ». La presse spécialisée française se déchire dans ces débats
jusqu'au début des années 1970. L'Équipe et France Football étaient partisans de l'efficacité ;
Miroir du football défendait le football spectacle [réf. souhaitée].
Le football moderne est plutôt réaliste en s'appuyant avant tout sur une solide assise défensive.
On assiste à la mise en place de dispositifs en 5-3-2, 4-5-1 et 5-4-1 avec des joueurs de couloirs
remplaçant les ailiers d'autrefois.
Joueurs emblématiques
Pelé
Tout au long de son histoire, le football a compté un grand nombre de joueurs d’exception.
Parmi ces joueurs emblématiques, ce chapitre distingue quelques joueurs qui possèdent le
meilleur palmarès quant au nombre de sélections et de titres remportés en club ou avec une
sélection nationale. Par leur activité, ils couvrent la période 1894-2008. Le football possède ses
héros depuis la fin du xixe siècle. Certains de ces joueurs sont aujourd'hui tombés dans l'oubli,
mais ils furent pourtant salués en leurs temps comme les plus brillants pratiquants du jeu. Le
FIFA 100, liste des 125 plus grands footballeurs vivants dressée par l'ancien international
brésilien Pelé, ne s'intéresse pas à ces grands anciens. Certaines nations honorent leurs anciens,
comme l'Angleterre qui a mis en place en 2002 l'English Football Hall of Fame.
Chez les gardiens de but, l'Espagnol Ricardo Zamora124 (1901-1978), l'Italien Gianpiero Combi
(1902-1956) et le Tchèque František Plánička (1904-1996) sont considérés comme les meilleurs
portiers des années 1930. Le Russe Lev Yachine (1929-1990), l'Anglais Gordon Banks (1937-
2019), l'Italien Dino Zoff125 (1942-), l'Allemand Sepp Maier (1944-) et l'Argentin Ubaldo Fillol
(1950-) s'imposent après la Seconde Guerre mondiale.
Chez les attaquants, l'Uruguayen Pedro Petrone (1905-1964), le Yougoslave Blagoje Marjanović
(1907-1984), le Tchèque Oldřich Nejedlý (1909-1990), les Italiens Silvio Piola (1913-1996) et
Paolo Rossi (1956-2020), les Brésiliens Leônidas da Silva (1913-2004), Garrincha130 (1933-
1983), Pelé131 (1940-2022) et Ronaldo (1976-), les Français Larbi Benbarek (1910-1992) et Just
Fontaine (1933-2023), les Anglais Stanley Matthews (1915-2000) et Gary Lineker (1960-), les
Argentins Alfredo Di Stéfano (1926-2014), Mario Kempes (1954-) et Lionel Messi (1987-), les
Hongrois Ferenc Puskás132 (1927-2006) et Sándor Kocsis (1929-1979), les Allemands Helmut
Rahn (1929-2003), Uwe Seeler (1936-2022) et Gerd Müller133 (1945-2021), les Portugais
Eusébio134 (1942-2014) et Cristiano Ronaldo (1985-), les Néerlandais Robert Rensenbrink (1947-
2020) et Marco van Basten (1964-) furent parmi les plus efficaces. Le joueur ayant inscrit le plus
grand nombre de buts en match officiel est l'Autrichien Josef Bican (1913-2001) (804) devant les
Brésiliens Romário (1966-) (771) et Pelé (765)135. Les deux joueurs brésiliens fêtèrent pourtant
en grande pompe leur 1000e but, en prenant aussi en compte les buts inscrits en match amical
en club.
Chaque année, plusieurs titres de meilleurs joueurs sont décernés. Les plus prestigieux de ces
honneurs sont le Ballon d'or France Football, créé en 1956, le Joueur FIFA de l'année (depuis
1991), le Ballon d'or africain (depuis 1970) et le Meilleur joueur sud-américain de l'année (depuis
1971).
Les premiers joueurs sont principalement des étudiants. Gentlemen et ouvriers constituent la
deuxième vague. On retrouve cette même évolution en dehors des îles britanniques dans de
nombreux pays. Les joueurs gardent le contrôle du jeu à ses débuts, puis les dirigeants prennent
l'ascendant au niveau professionnel comme amateur. Commence alors la longue période de
l'« esclavage »136 avec des joueurs liés à vie à leur club et transférables selon le bon vouloir des
dirigeants qui s'arrangent pour tirer les salaires vers le bas. Pour l'exemple, après quinze ans de
carrière, l'international français Thadée Cisowski ne touche que 400 francs par mois en 1961137,
soit environ 30 % de plus que le SMIC. Des syndicats de joueurs se forment pourtant dès le
début du xxe siècle au Royaume-Uni, mais ces derniers ne parviennent pas à peser réellement
sur ces problèmes138. La situation change dans les années 1960 avec la constitution de
syndicats modernes, comme l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) en
France. Ces derniers militent pour une hausse des salaires, la mise en place du contrat à temps
ne liant plus à vie le joueur et le club et une amélioration des conditions de retraite. Les clubs et
autres organismes dirigeants ne prennent pas au sérieux ces revendications, puis doivent céder.
Le contrat à temps est ainsi adopté en France en 1969139. Le combat est mené conjointement en
Angleterre depuis 1961. Le syndicat des joueurs anglais obtient quelques avantages financiers
mais les clubs refusent d'accorder la formule du contrat à temps. Billy Bremner publie un texte
fameux au début du printemps 1974 resté sous le nom de « L'esclave blanc » : « Il n'y a pas de
raison de faire de discrimination entre les hommes et les footballeurs »140. Le gouvernement
anglais intervient dans la foulée (avril 1974) en dépêchant des observateurs à Paris auprès de la
FFF, de la Ligue et de l'UNFP pour évaluer le système du contrat à temps141. Il faut toutefois
attendre 1978 pour voir l'Angleterre adopter le contrat à temps142. Ce type de contrat se
généralise ensuite. Les nations de l'Europe de l’Est conservent ainsi les droits sur leurs joueurs à
vie jusqu'à la chute du système communiste. Des lois interdisaient même tout transfert de
joueurs à l'étranger ou limitaient cette possibilité, comme en Yougoslavie pendant les années
1980, aux joueurs de plus de 27 ans.
La profession d'agent de joueur est réglementée en France depuis 1992 par la loi et au niveau
mondial par la FIFA depuis 1995 après de nombreux abus constatés147. Le mouvement
s'amplifie avec l'adoption de l'arrêt Bosman du 15 décembre 1995 qui abolit les frontières dans la
Communauté européenne. Avant cet arrêt, le nombre des joueurs étrangers évoluant en club est
fixé par les ligues et les fédérations, entre zéro et trois, selon les pays et les époques. Au début
de 2008, on comptait dans les principaux championnats de football : 351 joueurs étrangers en
Premier League (62,7 % des effectifs professionnels), 263 en Bundesliga (53,2 %), 182 en Russie
(46 %), 231 en Serie A (41,5 %), 213 en Ligue 1 (39 %) et 191 en Liga (37,1 %)148.
Les transferts ont toujours existé dans le football et leur prix augmente rapidement. Le
Britannique Alf Common est le premier joueur transféré pour 1 000 £ (1905)149. Le record actuel
est détenu par le transfert de Neymar du FC Barcelone vers le Paris Saint-Germain en 2017 pour
222 millions d'euros150. La période des transferts est harmonisée depuis 1997 à deux périodes
dans l'année : l'intersaison (deux mois en Europe du 1er juillet au 31 août) et à mi-saison (du
1er janvier au 31 janvier). Le règlement de 1997 prévoit également de rémunérer les clubs
formateurs, jusque-là totalement oubliés151.
L'entraîneur
L'entraîneur apparaît vers la fin du xixe siècle en Grande-Bretagne. Il remplace alors le capitaine
dans nombre de ses fonctions, de la sélection des joueurs à la direction des séances
d'entraînement. De nombreux joueurs deviennent entraîneur ; toutefois, le statut d'entraîneur est
encadré dans certains pays par des obligations de diplômes. Ces diplômes et formations
spécifiques apparaissent en France dès les années 1920, mais ils ne deviennent incontournables
qu'au début des années 1970 sous la pression de Georges Boulogne152, notamment. L'entraîneur
peut de plus cumuler des fonctions sportives et administratives. On l'appelle alors manager.
C'est le statut normal de la majorité des entraîneurs officiant en Angleterre tandis que dans les
pays latins, les dirigeants gardent la main sur les aspects administratifs. Certains dirigeants
n'hésitent d'ailleurs pas à intervenir dans les choix techniques, du recrutement à la composition
d'équipe en passant par les options tactiques.
Le remplaçant
Le remplacement de joueurs reste longtemps absent des règlements. Cette absence n'empêche
toutefois pas quelques cas isolés comme ce changement de joueur opéré le 20 janvier 1917 en
championnat d'Écosse153 ou lors de matchs internationaux amicaux. Le premier changement
pour un match qualificatif à la Coupe du monde s'opère le 11 juin 1933 à l'occasion de la
rencontre Suède-Estonie154. Il faut attendre la saison saison 1965-1966 pour voir le Championnat
d'Angleterre autoriser un remplacement sur blessure153. L'Écosse adopte la règle une saison plus
tard153. En 1967, la loi du jeu autorise le remplacement d'un joueur à la convenance de
l'entraîneur153. La règle entre en application en 1967-1968 dans les compétitions nationales. La
première phase finale de la Coupe du monde concernée est celle de 1970. Deux remplacements
de joueurs sont autorisés dès cette édition 1970. En phase finale, l'URSS procède au premier
remplacement le 31 mai 1970 à l'occasion du match d'ouverture face au Mexique : Viktor
Serebryanikov remplace Anatoli Puzach155. Le second remplacement est progressivement
autorisé dans les compétitions nationales (1976 en France156). Un troisième remplacement de
joueur est autorisé en 1995157. À l'origine, un seul remplaçant polyvalent était disponible pour
effectuer l'unique remplacement. On passe logiquement à deux joueurs sur le banc dans les
années 1970 puis à un maximum de sept (1996157) dans les compétitions internationales et
certaines compétitions nationales. Le nombre des remplacements est libre en match amical
après accord entre les deux équipes, puis est limité à six maximum en 2005 pour les matches
amicaux internationaux entre sélections nationales158.
Économie du football
Le football se transforme en business dès le milieu des années 1880 au Royaume-Uni159. Les
importantes recettes enregistrées aux guichets permettent de financer la professionnalisation
des championnats et la construction de stades. Si les maillots restent longtemps vierges de
toute publicité, le stade est très vite doté de panneaux publicitaires tandis que les produits
dérivés, des programmes de matches aux gadgets aux couleurs des clubs, apparaissent
également dès la fin du xixe siècle en Grande-Bretagne. Au niveau des affluences, la première
saison du championnat d'Angleterre (1888-1889) affiche 4 639 spectateurs de moyenne par
match160. La barre des 10 000 spectateurs de moyenne est franchie avant la fin du xixe siècle,
celle des 20 000 avant la Première Guerre mondiale161.
Les recettes aux guichets restent l'élément essentiel du budget des clubs jusqu'aux années
1990.
Les droits payés par la télévision représentent entre un tiers et deux tiers des budgets des clubs.
En 2014, l'état des droits du football fait apparaître les ordres de grandeur suivants [réf. nécessaire] :
Détenteurs Montant
Compétitions Équipes Périodicité Bénéficiaires
des droits (M€)
Ligue des
Clubs annuel UEFA Canal+ et BeIN Sports 111
champions
Championnats de
France de Ligue 1 et Clubs annuel LFP Canal+ et BeIN Sports 607
Ligue 2
La contribution publicitaire
La publicité constitue également un poste important des recettes, notamment depuis la fin des
années 1960. La publicité sur les maillots est autorisée en France en octobre 1969 après une
tentative avortée en 1968 : la Ligue voulait imposer à tous les clubs le même partenaire. Le
Nîmes Olympique et l'Olympique de Marseille sont les premiers clubs professionnels français à
arborer une publicité sur leurs maillots162. L'UEFA autorise les publicités sur les maillots en
coupes d'Europe des clubs à partir de 1982, sauf pour les finales où l'interdit est levé en 1995. La
FIFA interdit en revanche les publicités sur les maillots des équipes nationales.
Les clubs ayant le plus de revenus (2006-2007) sont le Real Madrid (Espagne) avec 351 millions
d'euros, Manchester United (Angleterre) 315,2, FC Barcelone (Espagne) 290,1, Chelsea FC
(Angleterre) 283 et Arsenal FC (Angleterre) 263,9163.
Les montants financiers sont importants et les déficits de certains clubs peuvent également
atteindre des montants records. La santé financière des clubs constitue un double enjeu :
assurer leur pérennité et éviter le dopage financier, c'est-à-dire acheter une équipe à crédit. La
France a mis en place au milieu des années 1990 la DNCG qui a pour mission de contrôler les
comptes financiers des clubs professionnels avec le pouvoir de les reléguer, d'interdire un club
de promotion ou de limiter leur masse salariale. Longtemps en déficit chronique, les clubs de
Ligue 1 présentent des comptes bénéficiaires depuis 2006 : plus de 42 millions d'euros de
bénéfice net en 2006-2007 sur les 20 clubs de L1164. Souvent évoquée, une DNCG européenne
reste à créer afin d'éviter certaines dérives165. L'introduction des clubs en bourse est une
évolution récente ne touchant que quelques rares clubs. À la fin de la saison 2006-2007, 11 clubs
anglais, 5 Danois, 4 Turcs, 4 Italiens, 3 Portugais, 2 Français, 1 Écossais, 1 Néerlandais,
1 Suédois et 1 Allemand étaient cotés en bourse166.
Les clubs ou collectivités propriétaires des stades ne pouvant pas faire face à certains travaux
louent le nom du stade à un sponsor. Cette forme de publicité existe déjà en France avant la
Première Guerre mondiale avec le Stade du Matin, futur stade olympique de Colombes, qui porte
le nom du journal quotidien parisien Le Matin de 1907 à 1919167. En 1996, cette pratique est
réintroduite par les Américains, et elle touche l'Europe à partir de 1997 avec le nouveau stade
des Bolton Wanderers baptisé Reebok Stadium. La FIFA admet mal cette innovation, et à
l'occasion de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, les noms des stades ne comprenaient
officiellement aucun nom de sponsor alors que leur construction fut en partie financée par cette
voie168. En France, le premier contrat de naming est signé en 2008 au Mans pour son stade,
nommé MMArena, qui a été inauguré le samedi 29 janvier 2010 par une victoire 3-0 du Mans
face à l'AC Ajaccio.
Le 3 février 2013, Europol après avoir réalisé une enquête sur des rencontres faussées en liens
avec des paris truqués, révèle qu'elle vient de démanteler un réseau criminel qui aurait truqué des
centaines de matches171.
Compétitions
Compétitions de clubs
Compétitions nationales
La FA Cup.
Avant l'émergence des premières compétitions officielles, les clubs disputaient uniquement des
matches amicaux tout au long de l'année, au point qu'en 1871, certains clubs anglais furent dans
l'impossibilité de s'inscrire à la première édition de la FA Cup car leurs calendriers étaient déjà
complets172. Aujourd'hui ce type de rencontres encore très prisé jusqu'aux années 1960 est
devenu anecdotique. Les matchs amicaux ont dû s'effacer devant la multiplication des épreuves.
En quête de stabilité, les clubs anglais mettent en place un premier championnat en 1888-1889.
Les deux éléments de base du calendrier sont alors en place : le championnat et la coupe.
La plupart des pays comptent en effet deux types de compétitions : le championnat national, qui
constitue la compétition nationale majeure, et la ou les coupes nationales dont le nombre varie
suivant les pays. En Angleterre, Espagne et France, notamment, la Coupe nationale a vu le jour
avant le championnat. Aussi, la FA Cup, la Copa del Rey ou la Coupe Charles Simon, possèdent
une aura particulière. En revanche, la Coppa Italia qui est créée après l'émergence du
championnat de Série A n'est pas une compétition très prisée par les tifosi et les clubs italiens.
En Amérique du Sud, l'idée de coupes nationales est très peu répandue. Il existe également des
coupes dites de la Ligue, rassemblant dans certains pays les seuls clubs professionnels. C'est
l'Écosse qui introduit cette innovation en 1947 (Scotland League Cup).
Le championnat reste le juge de paix car il permet d'évaluer la valeur d'un club sur une saison
complète. Certains clubs irréguliers qui peuvent exceller en coupe remportent difficilement des
titres de champion, et inversement. Des clubs réguliers peuvent peiner face aux joutes
particulières qu'impliquent des matches de coupe, au terme desquels un des deux protagonistes
est définitivement écarté de la compétition.
Le champion est généralement désigné à la fin de la saison en additionnant les points remportés
tout au long de la saison. Historiquement, c'est le barème équitable de la victoire à deux points
(un point chacun pour un match nul, zéro une défaite) qui est appliqué. Mais à la fin des années
1970, l'Anglais Jimmy Hill imagine un barème non équitable où la victoire rapporterait trois
points, dévalorisant de fait le point du match nul. La victoire à trois points est ainsi vue par son
inventeur comme une incitation à la prise de risque et un jeu plus offensif. Elle est appliquée
dans le championnat d'Angleterre en 1981. La FIFA décide de la tester ultérieurement, lors de la
Coupe du monde 1994. En 1995, la FIFA recommande de l'appliquer et le système de la victoire à
trois points se généralise rapidement à tous les championnats. Certains championnats ne
s'achèvent pas au terme de la saison dite régulière. Le champion est alors désigné après des
play-offs impliquant les clubs les mieux classés. Ce système typique des sports américains est
rare en football, mais il est par exemple en usage aux États-Unis. En 2008-2009, le championnat
de Belgique adopte le système des play-offs avec une élite passant de 18 à 16 clubs173.
Contrairement au modèle anglais, les championnats sont généralement créés sur des bases
régionales avec des play-offs opposant les différents champions régionaux en fin de saison afin
de désigner un champion national. Ce système reste notamment en usage en France de 1894 à
1919177, aux Pays-Bas de 1897 à 1956178, en Italie de 1898 à 1929179, et en Allemagne jusqu'en
1963180, date de création de la Bundesliga.
Dans nombre de pays d'Amérique latine, les championnats se tiennent selon la formule
d'ouverture et de clôture sacrant deux champions chaque année. Au Brésil, en revanche, les
compétitions se tiennent sans ce doublon. Le championnat national est relativement récent
(1971) et les championnats d'État qui se disputent durant les premiers mois de l'année gardent
une aura importante. Contrairement aux pays sud-américains, le Brésil dispose d'une coupe
nationale, la Copa do Brasil, créée en 1989.
Compétitions internationales
Les premières compétitions internationales inter-clubs sont des tournois se tenant généralement
pendant les fêtes de Pâques ou de fin d'année. Citons ici l'un des plus anciens, le Challenge
international du Nord qui oppose chaque année des clubs français et belges principalement
entre 1898 et 1914. Les tournois de ce type sont très nombreux. Certains d'entre eux restent
dans les mémoires en raison du plateau d'équipes présentes. C'est notamment le cas de la
Coupe des Nations 1930 jouée à Genève (Suisse) et le Tournoi international de l'Exposition
Universelle de Paris 1937 qui rassemblent les principaux clubs du Vieux Continent.
Le lien entre ces tournois et les compétitions continentales actuelles est assuré en Europe par la
mise en place d'épreuves internationales régionales. Les clubs de l'Europe centrale s'affrontent
ainsi chaque année depuis 1927 dans la Coupe Mitropa tandis que la Coupe Latine (1949-1957)
implique les champions d'Italie, d'Espagne, du Portugal et de France.
Sur le modèle européen, les autres confédérations se dotent de compétitions similaires telles la
Copa Libertadores (depuis 1960) en Amérique du Sud, la Ligue des champions de la CAF (depuis
1964) en Afrique ou la Ligue des champions de l'AFC (depuis 1967) en Asie. Les vainqueurs de la
C1 européenne et de la Copa Libertadores se rencontrent entre 1960 et 2004 pour la Coupe
Intercontinentale. Afin d'ouvrir les autres continents à ces épreuves inter-clubs du plus haut-
niveau, la FIFA met en place, non sans mal, une Coupe du monde des clubs. Une première édition
se tient en 2000, puis l'épreuve devient annuelle en 2005.
Le British Home Championship (1883-1984) est la première compétition opposant des équipes
nationales. Le projet d'une Coupe du monde figure dans les projets de la FIFA depuis sa création
en 1904. Elle voit finalement le jour en 1930, sous la pression de la montée en puissance du
tournoi olympique de football. Avec la professionnalisation du football en dehors des îles
britanniques dès les années 1920-1930, les équipes nationales présentes aux Jeux sont des
sélections olympiques comptant uniquement des joueurs amateurs et ne sont plus
théoriquement des équipes A. Les nations du bloc de l'Est, dont tous les joueurs sont
officiellement amateurs, continuent cependant d'aligner leur meilleure équipe nationale et
dominent par conséquent les tournois olympiques après la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en
1980 à Moscou. Conscient du problème d'équité posé par le statut amateur particulier dans les
pays communistes, le Comité international olympique (CIO) accepte enfin la participation des
professionnels aux Jeux olympiques à partir de 1984, mais sous certaines conditions (pas de
sélection A). Pour les Jeux de 1992, le CIO et la FIFA se mettent d'accord pour que les équipes en
présence soient les espoirs (moins de 21 ans au début de la phase éliminatoire, plus d'un an
avant les JO ; le CIO nomme ces formations de « moins de 23 ans ») renforcés par trois joueurs
de plus de 23 ans, à partir de 1996182. Certaines nations n'utilisent pas cette dernière option et
se contentent d'envoyer aux Jeux leur équipe espoirs.
La Coupe du monde, qui se tient tous les quatre ans, est la compétition phare du calendrier. Elle
est créée par Jules Rimet, alors président de la FIFA. 32 sélections nationales ont pris part à la
phase finale de la la dernière édition en 2022 au Qatar, elles seront 48 en 2026 en Amérique du
Nord. Pour obtenir leur ticket en phase finale, les équipes passent par des phases qualificatives
du ressort des confédérations qui se déroulent durant les deux saisons précédentes. Huit pays
ont déjà remporté au moins une fois la Coupe du monde : le Brésil (5 fois), l'Italie (4), l'Allemagne
(4), l'Argentine (3), l'Uruguay (2), la France (2), l'Angleterre (1) et l'Espagne (1).
Créée en 1992, la Coupe des Confédérations a lieu tous les quatre ans entre 2005 et 2017, date
de la dernière édition. Elle oppose habituellement les champions continentaux de chaque
confédération ainsi que le champion du monde du monde en titre.
Ce schéma est valable pour les seniors masculins, mais il existe le même type de compétitions
pour les féminines et les différentes catégories d'âge (coupe du monde de football des moins de
20 ans, notamment).
Mia Hamm.
Une jeune gardienne de but.
À la suite du renouveau du football féminin qui débute à la fin des années 1960, cette discipline
peut organiser des compétitions calquées sur le modèle masculin avec des championnats
nationaux, des épreuves internationales de clubs et d'équipes nationales. En Europe, ce
mouvement est encadré par les fédérations nationales tandis qu'aux États-Unis, c'est le sport
scolaire et universitaire qui rend possible cette évolution. L'adoption le 23 juin 1972 du Title IX
permettant de financer le sport féminin scolaire et universitaire américain est déterminant183 ; le
football féminin en profite pleinement même si la pratique à haut niveau se limite seulement à
quelques universités, North Carolina Tar Heels au premier chef. Disposant d'une base de
joueuses considérable de plusieurs millions de pratiquantes (plus que toutes les nations de
l'UEFA réunies), il est logique de voir émerger une équipe nationale américaine de premier plan
qui remporte deux Coupes du monde en 1991 et 1999 et deux médailles d'or et une d'argent lors
des trois tournois olympiques (1996-2004). Contrairement à sa version masculine, le tournoi
olympique féminin met en présence les meilleures formations, sans conditions d'âge et s'impose
dès sa première édition en 1996 comme l'un des rendez-vous majeurs du calendrier.
L'Europe et l'Amérique du Sud ne restent pas inactives, mais décident d'appliquer les mêmes
schémas que ceux suivis par les pratiquants masculins. Les fédérations mettent ainsi en place
des compétitions nationales dont le niveau s'élève progressivement, puis intègrent à leurs
sélections nationales une composante féminine. La Norvège, vainqueur de la Coupe du monde
1995 et deux fois championne d'Europe en 1987 et 1993, et l'Allemagne, quatre fois championne
d'Europe de 1989 à 1997, en s'appuyant sur des bases de joueuses plus nombreuses, dominent
la fin du xxe siècle. La Norvège connaît ensuite un net recul dans la hiérarchie à la suite de la
montée en puissance d'autres nations comme l'Angleterre, la Suède ou la France en Europe, le
Brésil en Amérique du Sud et la Chine en Asie, tandis que l'Allemagne s'impose comme référence
mondiale en remportant les Coupes du monde 2003 et 2007 et trois nouveaux titres européens
en 2001, 2005 et 2009. La FIFA publie quatre fois par an un classement des meilleures équipes
nationales de football féminin, et ce classement est dominé par les États-Unis et l'Allemagne.
Au niveau des clubs, des intérêts privés américains organisent le premier championnat
professionnel féminin en 2001 : la Women's United Soccer Association (WUSA). Huit franchises
rassemblant les meilleures joueuses du monde, et pas seulement américaines, s'affrontent
pendant trois saisons. À la fin de l'édition 2003, la Ligue cesse ses activités en raison
d'importants déficits financiers. Depuis lors, les meilleures compétitions de clubs se disputent en
Allemagne, en Suède ou en Angleterre, où les joueuses évoluent comme semi-professionnelles.
En France, le statut de joueur fédéral (semi-professionnel), pourtant possible pour des joueurs
masculins évoluant jusqu'en Division d'Honneur (D6), n'est pas autorisé pour les joueuses,
mêmes internationales. L'Olympique lyonnais a toutefois mis sur pieds une équipe féminine
fanion semi-professionnelle depuis l'incorporation de la section féminine du FC Lyon au sein de
l'OL en 2004184. De même, les médias français ne donnent que peu d'espace au football
féminin185, tandis que les clubs de l'Hexagone traînent des pieds pour mettre en place des
équipes féminines. En Allemagne, la situation est toute différente. La Fédération allemande
annonce ainsi en avril 2008 avoir dépassé le cap du million de licenciées féminines186 ; en
France, on ne compte que 60 521 licenciées féminines au 1er juillet 2007187. Sur les
301 000 clubs recensés dans le monde par la FIFA, 26 000 comptent au moins une équipe
féminine1.
Les meilleurs clubs européens se rencontrent chaque saison depuis la saison 2001-2002 en
Coupe féminine de l'UEFA (renommée en Ligue des champions féminine de l'UEFA en 2009-
2010). Les clubs allemands et suédois dominent le palmarès. L'Amérique du Sud décide
d'organiser une compétition similaire en 2009 avec la création de la Copa Libertadores féminine.
Il existe également des tournois internationaux mettant en présence les meilleures sélections
nationales comme l'Algarve Cup qui se dispute chaque année au Portugal depuis 1994.
Futsal
Futsal.
Le futsal ou football en salle est un sport collectif dérivé du football avec des règles adaptées188.
Cette discipline est créée en 1930 en Uruguay et passe progressivement sous le giron de la FIFA
à partir de la fin des années 1980.
Les nations sud-américaines dominent longtemps cette discipline, puis l'Europe met en place
des structures spécifiques permettant l'émergence d'une élite qui s'impose au plus haut niveau.
Ainsi, trois pays européens figurent parmi les quatre demi-finalistes de l'édition de la Coupe du
monde FIFA en 2008, puis à nouveau deux quatre ans plus tard.
Football de plage
Beach soccer.
Le football de plage ou beach soccer est un sport qui s'apparente au football et qui se pratique
sur du sable de plage. Il met aux prises deux équipes de cinq joueurs, pouvant être remplacés à
tout moment, en trois tiers-temps de douze minutes sur un terrain de 28 × 37 mètres. La
première Coupe du monde a lieu en 1995. Cette épreuve et cette discipline dépendent de la FIFA
depuis 2005.
Sur le modèle du futsal, les Sud-américains, Brésiliens au premier chef, restent longtemps
dominateurs en beach soccer. Avec neuf titres sur les dix éditions disputées avant le passage
sous l'égide de la FIFA, ils sont présents sur le podium de la compétition lors des sept éditions
disputées depuis cette date, avec notamment quatre titres successifs. Guidée par Éric Cantona,
la France, remporte toutefois la première Coupe du monde FIFA en 2005, la Russie remportant
les éditions de 2011 et 2013.
Autres variantes
Le football possède deux déclinaisons handisports, le foot fauteuil (se jouant à quatre par
équipe) et le cécifoot (ou football à cinq). Depuis 2005, le foot fauteuil est géré par l'International
PowerChair Football Association tandis que le cécifoot est une discipline des Jeux
paralympiques depuis 2004. Le Brésil remporte le championnat du monde en 1998 et 2000, puis
l'Argentine s'impose en 2002 et 2006.
Le Jorkyball et le tennis-ballon sont d'autres variantes ayant un rapport plus ou moins lointain
avec le football.
Le football coopératif est une variante qui se joue avec six à vingt joueurs regroupés en deux
équipes. Lorsqu'un joueur marque un but, il change d'équipe avec un joueur adverse.
Le jeu de sixte est une variante du football, jouée avec six joueurs par équipe, sur la moitié d’un
terrain de football, avec un temps de jeu réduit à 10 minutes.
Le football phénomène social
Culture du football
Le football, « langage universel »189 pour certains auteurs, crée une culture spécifique avec ses
codes, son vocabulaire, ses rites initiatiques118 et toute sa cohorte de productions artistiques.
Du cinéma à la chanson en passant par tous les arts, le football est en effet une source
d'inspiration universelle depuis plus d'un siècle. L'humaniste français Albert Camus, ancien
gardien de but190, rend d'ailleurs un vibrant hommage au football en déclarant : « Tout ce que je
sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c'est au football que je
le dois »191. Camus aurait été le gardien de but idéal dans l'équipe de France des philosophes si
cette dernière avait été conviée au Match de football pour philosophes des Monty Python (1972).
Raymond Aron aurait pu compléter cette formation, lui qui écrit deux mois avant le début de la
Coupe du monde 1982 :
192
.
Les chants tiennent une place importante dans la culture football. Clubs et équipes nationales
créent des chansons dont certaines sont d'authentiques succès commerciaux, d'Allez les Verts !
de Jacques Monty en France au milieu des années 1970 aux multiples chants de clubs anglais
édités à partir de 1971193. Citons Leeds United (Leeds Utd), no 10 dans les charts anglais en avril
1971194, Good old Arsenal (Arsenal) no 16 en mai 1971195, The blue is our colour (Chelsea) no 5 en
mars 1972196, I'm forever blowing bubbles (West Ham) no 31 en mai 1975197, We can do it
(Liverpool FC) no 15 en mai 1977198, et Glory glory Man United (Manchester United) no 13 en mai
1983197. Toutefois, les supporters préfèrent généralement recycler des chants n'ayant aucun
rapport avec le football. Ainsi, l'hymne emblématique des supporters est You'll Never Walk Alone
depuis 1965 et son adoption par les fans de Liverpool FC et du Celtic Glasgow. Ce chant fut créé
pour une comédie musicale américaine sans rapport avec le football. Certains artistes, en
revanche, s'inspirent directement du phénomène football. Le groupe Queen exploite ainsi cette
influence dans ses titres We Will Rock You et We Are the Champions199.
Dans le domaine du cinéma, tous les aspects du jeu ont été explorés depuis 1911 et le premier
film du genre, Harry the Footballer du Britannique Lewin Fitzhamon200 : de la folie de certains
supporters dans À mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky (1984, un an avant le Drame du Heysel) à
la satire sociale avec Coup de tête de Jean-Jacques Annaud (1979) en passant notamment par
la fresque historique avec Le Miracle de Berne (Das Wunder von Bern) de Sönke Wortmann (2003)
et l'exotisme avec La Coupe (The Cup), film australo-bhoutanais de Khyentse Norbu (1999) nous
racontant les aventures de deux jeunes tibétains réfugiés dans un monastère bouddhiste, qui
tentent de suivre la Coupe du monde 1998 à la télévision, exemples qui illustrent encore et
toujours l'universalité du ballon rond.
Dans le domaine de la peinture, Les footballeurs, abstraits Nicolas de Staël, sont une série de 25
toiles et de plusieurs esquisses peintes par l'artiste au cours d'un match France-Suède en 1952
au Parc des Princes201.
Nick Hornby.
En littérature, Nick Hornby publie Fever Pitch en 1992 qui fait évoluer la perception du
phénomène supporter par les Britanniques. Citons également des auteurs comme Pierre
Bourgeade (Le Football, c'est la guerre poursuivie par d'autres moyens chez Gallimard en 1981) ou
le plus léger René Fallet (Le Triporteur chez Denoël en 1951) sans oublier les pionniers Henry de
Montherlant (1895-1972), Jean Giraudoux (1882-1944) et Albert Camus (1913-1960) qui
introduisent le football dans la littérature. En Allemagne, on monte des pièces de théâtre axées
sur le football : la pièce burlesque Un footballeur et un indien d'Amérique (Fussballspieler und
Indianer, écrite en 1924 et montée en 1926), satire pointant déjà la place des médias dans le
sport, Sous le maillot rouge et blanc (Stimmung Rot-Weiss, 1971) et La Guerre des États
(Länderkampf, 1971), dénonçant les passions nationalistes engendrées par le football. La radio
allemande diffuse des pièces conçues pour ce média tel Le Match (Das Fussballspiel, 1967-
1969), La Balle (1974 ; brèves de comptoirs de supporters) ou Der syntetische Seler (1973).
Joueurs de Subbuteo.
Ludique à la base, le football se décline également dans une gamme de jeux de plein air, de
plateaux ou vidéo. Les plus emblématiques sont le Baby-foot et le Subbuteo. Depuis l'avènement
du jeu vidéo, le football figure parmi les thèmes les plus porteurs. Le jeu vidéo de football Pro
Evolution Soccer est le produit culturel le plus vendu en France en 2006202. Il existe aussi des
jeux de ligue fantasy, tel que Mon petit gazon en France.
D'autres produits sont liés directement au football telles les vignettes Panini que les enfants
collectionnent, ou les programmes de match, qui jouent un rôle important dans les relations
entre clubs et supporters au Royaume-Uni, notamment. De même, les paris sur les matches de
football tiennent une place de choix dans le domaine des paris sportifs. Le Totocalcio italien
(créé le 5 mai 1946203) et la Quiniela espagnole (saison 1946-1947204) sont de véritables
institutions, sans même parler des Britanniques qui pratiquent les paris depuis l'origine du jeu et
de manière plus encadrée depuis 1923205. La France est la dernière nation en Europe à autoriser
les paris sur des matches de football (17 avril 1985206). Une taxe, plus ou moins lourde selon les
pays, est généralement prélevée sur ces paris pour financer le mouvement sportif.
L'étude historique du football constitue un élément important de la culture foot. Tout supporter
digne de ce nom est incollable sur l'histoire de « son » club. Longtemps abandonnée aux seuls
journalistes qui se laissent souvent aller à l'emphase, l'histoire du football passe depuis les
années 1980 dans le champ des historiens et des sociologues, notamment des marxistes et
néomarxistes qui y voient un nouvel « opium du peuple »207, tandis que les élites politiques,
médiatiques et intellectuelles qui ont longtemps méprisé ce sport, y voient des vertus de
formation, d'ascension pour les classes populaires (et pour les enfants d'immigrés, de
l'intégration sociale par le sport), voire des vertus civilisatrices à l'œuvre dans les sociétés
démocratiques (les valeurs qu'il véhicule — la rigueur physique et morale, tout comme l'esprit de
corps, brisent les barrières hiérarchiques — sont censées limiter la violence et les conflits)208.
Les Anglo-Saxons sont à la pointe de ce domaine d'études tandis que les nations latines
préfèrent encore laisser la plume aux journalistes. À la fin des années 1980, l'historien français
Alfred Wahl appelle de ses vœux une évolution209, mais les travaux d'historiens ne pèsent rien
face à la communication souvent légendaire des clubs relayée par les médias.
Les supporters
joueurs de donner le meilleur d'eux-mêmes sur le terrain. Le surnom cette pieuvre qu'on
également une forme de contre-pouvoir face aux dirigeants. Ainsi, en Pourquoi s'est-il voué
meilleurs « marchés ». La pression des supporters est telle que ces Sporting Club de la
Les rivalités dans le football touchent principalement les supporters. manifestations de joie
Les derbies et autres affiches de gala constituent des rendez-vous les plus débordantes.
importants pour les fans qui rivalisent alors dans les domaines du Il est atterré pendant
chant ou de l'animation des tribunes (et parfois de la violence) pour dix minutes et radieux
prendre un ascendant sur les supporters rivaux. Les rivalités les plus pendant quinze
autres. Les goals
spectaculaires sont en Europe celles opposant Celtic et Rangers à marqués contre son
Glasgow, tandis qu'en Amérique du Sud le Super-Clasico Boca-River équipe sont toujours
Plate atteint des sommets dans le genre. off-side. L'arbitre est
un cochon et les
Les supporters se regroupent rapidement au sein de fan-clubs. Dès
linesmen sont des
la fin du xixe siècle, de tels groupes existent déjà au Royaume-Uni. Ils
vendus. Et c'est
sont généralement sous l'autorité directe du club. Ce sont des clubs
fourbu, démoli, le
de supporters dits « officiels ». L'un des principaux buts de ces
visage décomposé
associations est de collecter de l'argent pour leur club. Depuis la
qu'il se rend après le
création du mouvement des Torcida au Brésil dans les années 1940,
match au siège de son
certains groupes de supporters deviennent indépendants du club et
club, où il s'affale, plus
prétendent même mériter des subventions de sa part. C'est la base
fatigué que les
du mouvement dit « ultra ». La culture ultra est très développée en
joueurs eux-mêmes.
Amérique latine et commence à toucher l'ex-Yougoslavie en Europe
Là, l'œil terne et
à partir de 1950213. Ce mouvement se propage via l'Italie à partir des
brumeux, un ami lui
années 1960. La vague ultra atteint la France au milieu des années
fait bien le récit de ses
1980. Si la majorité de ces groupes affiche un pacifisme réel, la
récentes escapades,
violence n'est pas étrangère au mouvement ultra. Les codes utilisés
mais il ne daigne
ne sont toutefois pas les mêmes que ceux en usage chez les
même pas sourire au
hooligans britanniques, plus individualistes, et donc totalement
passage le plus gai du
étrangers aux rivalités opposant certains groupes au sein de mêmes
récit. Mais voilà
clubs. Après le drame du Heysel, le terme de hooligan devient
qu'incidemment l'ami
synonyme de barbare. Un mouvement plus radical d'inspiration
a prononcé le nom de
britannico-allemando-néerlandaise, les hools, prend pourtant le
son club. Son œil
relais. Ces derniers utilisent souvent la violence à des fins purement
s'allume, sa main
privées, sans liens réels avec le club. Certains auteurs désignent du
s'énerve, sa bouche,
terme de hooligan tous les supporters violents, alors qu'il existe plus
jusqu'alors
qu'une nuance entre un supporter lambda devenant subitement
dédaigneusement
violent et une prise de tribune adverse.
close, s'ouvre. Il va
parler. Il parle. Et
alors, il est
magnifique le
supporter. Il décrit ses
joies, les beautés de
son club. Les mots
abondent, les
métaphores se
Ultras bordelais.
précipitent, c'est un
fleuve d'éloquence qui
Exclue des compétitions européennes à la suite du drame du Heysel, vous culbute, vous
l'Angleterre est la première nation à édicter des règles strictes pour immerge et vous
lutter contre la violence. Malgré cette volonté et l'arsenal juridique entraîne dans un
qui l'accompagne, le problème perdure en Angleterre en marge des torrent tumultueux.
rencontres et dans les divisions inférieures. Après avoir testé la
N'essayez pas de
bunkérisation des stades avec la mise en place de grillages et autres
résister, abandonnez-
herses pour canaliser la foule, les autorités préfèrent aujourd'hui
vous au contraire, car
traiter le problème en amont en interdisant de stade les supporters
vous êtes sa victime.
violents permettant l'abandon d'une attitude défensive et très
Il vous tient et ne vous
agressive, encore de rigueur dans de nombreuses nations, qui
lâchera que quand
donnent à certains stades l'apparence de zones de guerre. On
vous aurez reconnu
considère souvent que la France, qui reste relativement peu touchée
que son club est le
par ces phénomènes violents, ne traite pas efficacement le
premier, le plus fort et
problème [réf. nécessaire]. Clubs, police, justice et autorités politiques se
le plus grand de tous
renvoient la balle [réf. nécessaire]. En Italie, où le mouvement ultra
les clubs de France. »
violent est très actif, les autorités sont souvent perçues comme mal
armées pour faire face au phénomène214. Idem en Espagne, extrait de Football et
De même, on reproche souvent aux dirigeants de faire perdurer les actions racistes de certains
supporters par leur passivité [réf. nécessaire]. Au début du xxie siècle, on remarque ainsi qu'une
grande partie des supporters interdits de stade en France216 ou en Belgique217, par exemple, le
sont pour des tentatives d'introduction de fumigènes dans les enceintes. Si le joueur de
Valenciennes Abdeslam Ouaddou n'avait pas attiré l'attention sur le supporter messin faisant
usage répété d'insultes racistes à son encontre le 16 février 2008, celui-ci n'aurait jamais été
inquiété. Il est finalement interpellé à la sortie du stade218.
Invasion de terrain.
Le plus souvent pacifiques et festives, les invasions de terrains à la fin de certains matches
donnant notamment un titre sont également très spectaculaires. Pour des raisons de sécurité, ce
type de manifestation devient rare. D'autres invasions de terrains, bien moins festives, se
produisent exceptionnellement à l'occasion de certaines rencontres, en plein match. Ce fut
notamment le cas lors du match France-Algérie du 6 octobre 2001 au Stade de France. Le match
fut définitivement arrêté à un quart d'heure de la fin219.
Après avoir compté parmi les plus violents supporters, les fans écossais sont devenus plus
pacifiques depuis les années 1970220. Des études ont montré une importante différence d'âge
entre les fans violents et ceux qui sont festifs : 23 ans en moyenne pour les fans anglais lors de
l'Euro 1988 contre 31 ans aux Danois221. 15 % des supporters danois étaient des femmes contre
seulement 2 % chez les Anglais221. Certains clubs disposent également de publics d'une fidélité
à toute épreuve malgré des résultats médiocres depuis plusieurs générations. On citera pour
l'exemple Newcastle UFC en Angleterre.
Presse écrite
Le football entre dans la presse généraliste puis la presse omnisports dès le xixe siècle. Certains
titres refusent toutefois de traiter de ce sport aux racines trop populaires ; The Field (créé en
1853) qui traite principalement de sports « nobles » comme le tennis, le golf, le sport hippique et
la chasse n'ouvre ainsi ses colonnes au football que pour le dénigrer. Même son de cloche en
France avec le quotidien L'Auto qui multiplie les unes sur le rugby mais refuse d'accorder au
football sa première page jusqu'à la Grande Guerre222.
Une presse sportive moins guindée voit le jour à l'extrême fin du siècle, et ces titres accordent
une large place au football. Cette presse enregistre toujours de solides tirages au début du
xxie siècle avec des périodicités quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles. Parmi les grands
titres de la presse omnisports quotidienne, citons A Bola, O Jogo et Record au Portugal, La
Gazzetta dello Sport, Tuttosport et Corriere dello Sport - Stadio en Italie, Marca et As en Espagne,
Olé en Argentine et L'Équipe en France. Il faut attendre l'entre-deux-guerres pour assister à
l'apparition d'une presse spécialisée. Ainsi, en France, outre l'hebdomadaire Le Football
Association, organe officiel de la FFFA créé le 4 octobre 1919, le premier titre dédié
exclusivement au football est l'hebdomadaire Football (1929-1944) qui affiche fièrement en en-
tête « Le plus fort tirage des hebdomadaires de football du monde entier ». Ce titre fait office de
référence jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. France football lui succède après la Libération.
La presse écrite joue un rôle majeur dans la médiatisation du jeu, mais également dans
l'organisation de compétitions, notamment en France. Hachette est ainsi le « soutien
indispensable »223 de la fédération française lors des dix premières éditions de la Coupe de
France. Le quotidien Le Petit Parisien prend le relais pour les dernières éditions de la Coupe avant
la Seconde Guerre mondiale224 et devient également le partenaire des premières éditions du
championnat de France professionnel. La Coupe des clubs champions européens est créée par
le quotidien français L'Équipe en 1955. Dans un premier temps, la jeune UEFA (fondée en 1954)
ne s'oppose pas à cette organisation privée, mais la FIFA, redoutant la privatisation des
organisations, pousse l'UEFA à prendre à son compte une épreuve dont le tirage au sort du
premier tour avait déjà eu lieu225.
Les clubs possèdent des médias écrits de longue date, programme de match au premier chef.
The Celtic View226, hebdomadaire traitant uniquement de l'actualité du club écossais du Celtic FC
est édité depuis 1965. Nombre d'autres clubs se dotent ensuite d'hebdomadaires ou de
mensuels ou sont traités par des titres de presse plus ou moins indépendants des clubs. L'AS
Roma est à ce jour [Quand ?] le seul club traité par un quotidien spécialisé : Il Romanista227, dont le
numéro un sort le 10 septembre 2004. Ce titre est diffusé à 10 000 exemplaires.
Médias audiovisuels
La radio couvre le football dès les années 1920228. En Italie, la première retransmission d'un
match à la radio a lieu le 6 octobre 1924229. En Belgique, Adrien Milecamp assure en 1927 le
commentaire du premier match radiodiffusé dans le royaume (Belgique-Angleterre du 11
mai)230. Georges Briquet, le « roi des radio-reporters »231 qui commence sa carrière en 1931, est
la grande voix française des sports et du football jusqu'aux années 1950. C'est lui qui crée le
concept des dimanches après-midi « sport et musique » juste après la Seconde Guerre
mondiale232. L'arrivée de la télévision modifie la donne, mais ne condamne pas la radio qui
s'adapte et met en place des multiplex233 et des émissions de débats à propos de l'actualité du
jeu.
Les relations entre le football et la télévision restent longtemps conflictuelles. Matt Busby,
entraîneur de Manchester United, réclame ainsi en 1957 pour ses joueurs les mêmes égards
qu'ont les vedettes de cinéma : « Les footballeurs doivent être payés sur leur valeur. Pas de
rétribution, pas de télévision »235. Cette position est adoptée en Angleterre et en France, et
malgré quelques tentatives de diffusions et de crises retentissantes, les stades de football
restent généralement inaccessibles aux caméras de télévision. Ceci concerne exclusivement les
clubs, qui remportent finalement ce bras de fer avec la télévision durant les années 1980 (1983
en Angleterre et 1984 en France) quand les diffuseurs acceptent d'abandonner la politique du
dédommagement et acceptent de payer le « spectacle football » à son juste prix. Les équipes
nationales ne sont pas concernées par ce débat car les matches sont généralement retransmis
depuis le début des années 1950. La Coupe du monde 1954 est la première édition couverte par
la télévision236.
Payant désormais fort cher les droits de retransmission des rencontres, certains diffuseurs
deviennent exigeants en matière de calendrier notamment pour l'étalement des journées de
championnat pour permettre la diffusion de plusieurs rencontres. Mais le football devient
également un enjeu majeur en matière de concurrence. Les chaînes qui possèdent ces droits
s'imposent comme des leaders : Sky au Royaume-Uni, TF1 et Canal+ en France.
Diffusion d'un match de football en direct
et en HD dans une salle de cinéma en
Angleterre.
Les prix des droits sont élevés, mais les taux d'audience atteignent des records. Ainsi, sur les
onze meilleures audiences de la télévision française depuis 1989 (création de Médiamat), on
compte dix matches de football et un de rugby à XV237. De même, au niveau international, la
Coupe du monde 2006 est diffusée par 376 chaînes de télévision à travers le monde pour une
audience cumulée de 26,29 milliards de téléspectateurs pour 52 matches, soit une audience
moyenne par match de 506 millions de téléspectateurs238.
L'arrivée de la télévision n'a pas que des conséquences financières. La diffusion de rencontres
engendre des problèmes au niveau du jeu lui-même et de sa perception par les médias et le
public, en pointant notamment les erreurs d'arbitrage239. Ce phénomène n'est pas nouveau. Dès
les années 1950, déjà, certains matches déclenchent des vagues de protestations importantes.
Le 2 mars 1960, la chaîne unique française diffuse le match retour de la Coupe des clubs
champions européens : Real Madrid - OGC Nice, dont l'arbitrage douteux à l'avantage des
Espagnols choque de très nombreux téléspectateurs240. Au lieu de jouer un rôle de médiateur,
les médias français jettent de l'huile sur le feu, hier comme aujourd'hui, plaçant les arbitres dans
des situations compliquées. Et du « Monsieur Foote, vous êtes un salaud ! Quel scandale cet
arbitrage, c’est invraisemblable ! Jamais vu un individu pareil, il devrait être en prison et pas sur
un terrain de football » lancé par Thierry Roland lors du match Bulgarie-France de 1976 à
l'encontre de l'arbitre241, aux campagnes de dénigrement systématique marquant les premières
années du xxie siècle, la télévision française s'est particulièrement illustrée par son manque de
fair-play, qui englobe également le respect des décisions de l'arbitre.
Quelques clubs possèdent leurs propres chaînes de télévision. Middlesbrough FC est le premier
club anglais à se doter d'un tel outil. Boro TV opère de 2001242 à 2005243. Parmi les autres
chaînes de télévision de clubs, citons OM TV, OL TV, Inter Channel, Milan Channel, Roma Channel,
Manchester United TV, Real Madrid TV et Barça TV notamment. D'autres clubs se contentent de
diffuser matches, résumés et reportages via leurs sites Internet.
Football et politique
Enjeux locaux
Selon Alfred Wahl : « Au niveau le plus modeste, celui du village, l'association sportive constitue
un champ d'affrontement entre notables car elle peut devenir un marchepied pour l'accession au
pouvoir244 ». Le match de football opposant le Dynamo de Peppone à La Gaillarde de Don Camillo
dans le film Le Petit Monde de Don Camillo (1951) illustre sur le ton de l'humour cette situation.
L'existence de plusieurs clubs rivaux dans la même ville appartient en général au passé,
notamment dans les villes moyennes. Certaines grandes cités sont parvenues à conserver
plusieurs clubs de même niveau, sauf en France, où les autorités ont veillé, dès les années 1930,
à appliquer la règle : « un club, une ville ».
Les derniers exemples français de clubs de même niveau localisés dans la même ville sont ceux
de Vannes (Vannes OC est le résultat de la fusion des deux clubs historiques de la ville en 1998)
et La Roche-sur-Yon (idem pour La Roche VF en 1989). Dans ces cas, il s'agit de fusion entre un
club issu d'un patronage catholique et d'un club s'affichant comme laïc. Cette opposition née en
France au début du xxe siècle a masqué les oppositions classiques droite/gauche que l'on
retrouve dans le reste de l'Europe continentale. En France, quand les « Rouges » affrontaient les
« Blancs », il s'agissait d'un match opposant laïcs et catholiques ; ailleurs, comme dans l'exemple
de Don Camillo, il était plutôt question d'une opposition gauche/droite, même si l'Église était le
plus souvent derrière les clubs « Blancs ». Le seul club professionnel français issu d'un
patronage catholique est l'AJ Auxerre. Son rival local, le laïc Stade auxerrois existe toujours, mais
évolue en championnat de Bourgogne.
La présence d'un seul club dans une ville pose d'autres problèmes, comme la municipalisation
du club, avec toutes les dérives possibles à ce niveau. Les communes possèdent généralement
les installations sportives et ont longtemps eu droit de vie ou de mort sur les clubs en accordant
ou en refusant des subventions. La montée en puissance des droits versés par la télévision
permet aux clubs professionnels de s'émanciper un peu, mais le problème reste entier au niveau
amateur.
Certains clubs sont emblématiques de revendications. Le FC Barcelone ou l'Athletic Bilbao sont
ainsi des symboles forts du régionalisme catalan245 et basque. Aujourd'hui encore, il faut être né
au Pays basque « historique » ou avoir été formé au club pour pouvoir jouer à l'Athletic
Bilbao [réf. souhaitée].
Les revendications religieuses ont aussi leur droit de cité dans le football9. En Irlande du Nord, le
principal club de Belfast, Linfield FC est composé exclusivement de joueurs protestants. Pendant
longtemps, ses matches contre Cliftonville FC, club situé en plein quartier catholique, se jouaient
pour raison de sécurité sur terrain neutre à Windsor Park246. À la suite de la multiplication des
incidents à domicile et à l'extérieur, le club catholique de Derry City Football Club joue désormais
dans le championnat d'Irlande. La situation est également tendue à Glasgow entre les
protestants du Glasgow Rangers et les catholiques du Celtic FC.
À l'inverse, le football peut servir d'élément de rassemblement symbolique comme ce fut le cas
en France après la victoire en Coupe du monde 1998 ou en Irak en 2007 après le gain de la
Coupe d'Asie des nations. « Les Irakiens ne vivent que pour le football, et c'est leur secret pour
faire face aux difficultés », déclare Hussein Saeed, ancien joueur emblématique des années 1980
et président de la fédération irakienne247.
D'après le journaliste Mickaël Correia : « Apparus à partir de 1968 dans une Italie en pleine
agitation sociale, les ultras sont alors de jeunes manifestants issus des cortèges d’extrême
gauche qui importent dans les tribunes des pratiques propres aux organisations politiques
radicales : indépendance à l’égard des institutions, culture de l’anonymat, solidarité entre
membres et autofinancement. Les premiers ultras italiens allèrent jusqu’à s’inspirer des
dénominations des organisations armées d’extrême gauche de l’époque, telles les Brigades
rouge et noir de l’AC Milan ou les Tupamaros (en référence au mouvement uruguayen du même
nom) à l’AS Roma »248.
Au cours des évènements du printemps arabe, les ultras se sont parfois mobilisés pour défendre
les manifestants face aux forces de l'ordre. Ainsi, les ultras de l’Espérance sportive de Tunis et
du Club africain, autre grand club tunisien, se retrouvent dès janvier 2011 en première ligne des
manifestations. En février et en novembre 2011, les ultras de l’Al-Ahly et du Zamalek, les deux
principaux clubs du Caire, défendent physiquement la place Tahrir contre les milices du pouvoir
lors de la révolution égyptienne248.
Enjeux internationaux
Football et nationalisme
En ex-Yougoslavie, les clubs de football deviennent également des symboles identitaires forts.
La structuration des groupes ultras dès les années 1950 favorise cette évolution251 et la
mutation en groupes para-militaires actifs (comme les Tigres d'Arkan, notamment, ultras de
l'Étoile rouge de Belgrade à la base) pendant la guerre civile des années 1990252.
Football et diplomatie
Le football a parfois provoqué des tensions entre états ayant de mauvaises relations
diplomatiques.
En 1969, un match de football marque ainsi le coup d'envoi d'une guerre connue sous le nom de
Guerre du football ou guerre de Cent Heures. En match de barrage pour accéder à la phase finale
de la Coupe du monde 1970, le Salvador s'impose 3-2 face au Honduras. Dans la foulée de cette
victoire, le Salvador envahit le Honduras afin de régler un ancien conflit frontalier. Cette courte
guerre fait plus de 2 000 morts et ne règle pas le problème entre les voisins253.
Des incidents frontaliers ont également lieu après la finale de la Coupe du monde 1930 entre
l'Uruguay et l'Argentine, tandis que 320 morts sont recensés lors d'émeutes après un match
Pérou-Argentine le 23 mai 1964254.
De même, le football est utilisé comme arme de propagande par le FLN durant la Guerre
d'Algérie. Entre avril 1958 et mars 1962, l'équipe de football du FLN est un puissant ambassadeur
de la cause algérienne, malgré l'interdiction par la FIFA d'affronter cette formation255.
Le football peut également servir de médiateur diplomatique comme ce fut notamment le cas en
1998 lors de la Coupe du monde en France à l'occasion du match du groupe F opposant l'équipe
des États-Unis à celle d'Iran256 — match remporté 2-1 par l'Iran — ou en 2002 quand la Coupe du
monde se tient conjointement en Corée du Sud et au Japon. Ne voulant pas trancher entre ces
deux nations historiquement rivales, la FIFA a en effet décidé, contre toute logique sportive, de
leur confier l'organisation de cette Coupe du monde afin de favoriser leur réconciliation257.
En 2008-2009, l'Arménie et la Turquie ont accompagné leurs matches de sélection pour la Coupe
du monde 2010 d'un rapprochement diplomatique. Cette « diplomatie du football » aboutit quatre
jours avant le match retour en octobre 2009 à la signature d'un accord historique entre les deux
pays258.
Droits de l'homme
En encourageant le dialogue entre les peuples, on peut considérer que le sport, et le football en
particulier, favorise le changement des mentalités et la progression des droits de l'homme. On
attribue au football une influence favorable à la parité homme-femme, à la lutte contre le racisme
et l'intolérance, ou encore à la liberté d'expression.
Les dates de sélection des premiers joueurs noirs ou mulâtres en équipe nationale européenne
sont significatives : 1881 en Écosse (Andrew Watson), 1927 en Turquie (Vahap Özaltay (en)),
1931 en France (Raoul Diagne) et au Pays de Galles (Eddie Parris), 1937 au Portugal (Espírito
Santo), 1960 aux Pays-Bas (Humphrey Mijnals), 1965 en Autriche (Helmut Köglberger), 1974 en
Allemagne (Erwin Kostedde), 1978 en Angleterre (Viv Anderson), 1979 en Irlande (Chris
Hughton), 1987 en Belgique (Dimitri Mbuyu), 1990 en Suède (Jean-Paul Vonderburg), 1994 en
Espagne (Donato Gama da Silva), 1998 en Norvège (John Carew), 1999 en Hongrie (Thomas
Sowunmi), 2000 en Pologne (Emmanuel Olisadebe) et en Suisse (Badile Lubamba), 2001 en Italie
(Fabio Liverani)259, 2004 en Croatie (Eduardo), 2007 au Danemark (Simon Poulsen), 2011 en
Ukraine (Edmar), 2014 en Finlande (Nikolai Alho), 2018 en Russie (Ari). De plus, les réactions à
certaines de ces premières sont difficiles pour nombre de joueurs. Viv Anderson, sélectionné en
1978 pour porter le maillot de l'équipe d'Angleterre, reçoit non seulement des menaces de mort,
mais doit aussi subir tout au long de sa carrière des chants racistes descendant des tribunes.
Ces derniers, tels « Everton are White », restent courants dans les stades anglais jusqu'à la fin des
années 1980260. La situation est clairement plus paisible en France pour les Raoul Diagne et
autres Larbi Ben Barek dans les années 1930.
Sous le régime communiste, le stade de football reste l'un des rares espaces où peut s'exprimer
la contestation contre le régime. En effet, se déclarer supporter de tel ou tel club a alors une
signification politique majeure tandis que les chants des supporters contre les clubs dirigés par
le parti communiste et ses divers organes politico-militaro-industriels étaient autant de cris
d'opposition au régime. Certains joueurs refusent même de jouer pour ces clubs. Eduard
Streltsov, le « Pelé russe », refuse de quitter le populaire Torpedo Moscou pour le CSKA Moscou
ou le Dynamo. Il effectue alors sept années de détention dans les goulags. À sa sortie, il
remporte le titre de champion d'URSS 1965 avec le Torpedo en forme de pied de nez au
régime261.
Critique du football
Opposition historique
À l'époque de la soule, nombre de clercs menacent ceux qui pratiquent cette discipline
d'excommunication267. Comme déjà indiqué, la bonne société anglaise n'a jamais vraiment
admis cette discipline trop populaire. Le football est aussi attaqué au niveau de ses principes de
jeu et est longtemps surnommé « sport de paralytiques » en France par ses opposants69.
Nombre de pays refusent de reconnaître cette discipline à ses débuts, lui préférant le rugby et le
cyclisme (France) ou la gymnastique (Allemagne). Dès 1905, pourtant, le football compte en
France plus de clubs et de licenciés que le rugby, défendu par les élites. L'USFSA multiplie ainsi
les vexations [réf. nécessaire] contre le football, et programme en 1911 le match international de
football France-Angleterre en lever de rideau d'un match du championnat de France de rugby222.
Dans l'Almanach des sports de 1901, Frantz Reichel, figure emblématique de l'USFSA, écrit : « Le
Français dégénéré va plus volontiers à l'Association ; dans vingt ans, seul le Rugby
triomphera. »268 après avoir noté que « la race anglaise est au commencement de sa
dégénérescence (...) ; je ne veux pour l'instant pour seule preuve de cette dégénérescence que le
goût qui entraîne athlètes et spectateurs au football association. »269. Reichel note que
l'Association « triomphe »270 désormais sur le Rugby, mais il ne lui consacre que peu d'espace
dans sa notice intitulée « Football », de fait, presque entièrement consacrée au Rugby271.
En 1945, après la tournée de matches du Dynamo Moscou au Royaume-Uni, qui ont quelquefois
dégénéré verbalement et physiquement, l'écrivain britannique George Orwell, opposant au
nationalisme, écrit un essai intitulé « L'esprit sportif »272 pour le journal londonien
« Tribune (en) ». Il y est consterné par ce sport. « Le sport sérieux n'a rien à voir avec le fair-play »,
dénonce-t-il, « il est lié à la haine, la jalousie, la vantardise, au mépris de toutes les règles et à un
plaisir sadique d'être témoin de violence : en d' autres termes, il est la guerre moins les tirs »273.
Début du xxe siècle, certains auteurs considèrent que « le football est une maladie »274. Des
auteurs comme le sociologue Jean-Marie Brohm et l'architecte-sociologue-philosophe Marc
Perelman275 perpétuent cette école durant le xxe siècle avec des ouvrages aux titres évocateurs :
Le football, une peste émotionnelle : Planète des singes, fête des animaux (1998), Les intellectuels
et le football. Montée de tous les maux et recul de la pensée (2000) ou Le football, une peste
émotionnelle : La barbarie des stades (2006) où ce dernier considère que le football est un « fléau
mondial »276,277.
La théorie critique du sport (et notamment du football), plutôt issue des milieux libertaires et
développée dans les années 1970 par le sociologue Brohm, est aujourd'hui remise en cause par
des universitaires et historiens comme Catherine Louveau, Christian Pociello ou Georges
Vigarello qui reproche le caractère fasciste qu'attribue Brohm à ce sport : analysant le football
comme un « sous-système capitaliste » qui reproduit la lutte des classes, Brohm omet que les
joueurs issus des milieux populaires et pratiquant ce jeu, le font non dans une perspective
politique mais parce qu'ils y prennent avant tout du plaisir278.
Homophobie et football
Hooliganisme et football
Bien que le comportement violent des foules sportives n'est pas nouveau, il est considéré
comme une spécificité du football moderne 282. La première mention historique d'hooliganisme
lié au football remonte au xive siècle, avec l'interdiction de ce sport par Edward II en Angleterre
raison des troubles entourant les matchs283. L'Angleterre est considérée comme le berceau de
l'hooliganisme lié au football284. Les causes de ces exactions sont complexes et diffèrent selon
les situations285, mais différents éléments communs peuvent être mis en lumière: excitation,
hyper-masculinité, identification territoriale, réputation, solidarité et appartenance, et
représentation d'une forme de souveraineté et d'autonomie286.
Le football est critiqué en raison des faits de corruption mis à jour à différentes échelles:
locale287, nationale288, voire internationale289 (voir notamment l'affaire de corruption à la FIFA de
2015).
Sur le plan sociétal, il y a une distinction entre les fans de football et les hooligans violents qui
utilisent le football pour exercer leur violence. Ils se regroupent souvent en grands groupes de
jeunes. Bien qu'ils soient des supporters fervents d'un club, ils se désolidarisent souvent de leurs
propres fans. Pendant les matchs de football, ils affrontent les hooligans agressifs du club rival,
ce qui entraîne souvent des violences organisées. La présence policière est donc nécessaire
pour assurer la sécurité des matchs en raison des visiteurs prêts à la violence.
Le racisme dans le football est un problème persistant, auquel le Parlement européen a répondu
le 14 mars 2006 avec sa "Déclaration pour la lutte contre le racisme dans le football"294. L'UEFA
mène également une campagne de tolérance zéro contre le racisme295.
Le football amateur est confronté à la violence, aux fautes brutales, aux bagarres, aux attaques
contre les arbitres et aux interruptions de matchs. Une étude de l'université Leibniz de Hanovre a
conclu que les joueurs impliqués dans des infractions graves sont souvent d'origine étrangère
plutôt qu'allemande. Alors que les joueurs allemands sont généralement victimes d'autres
joueurs, les joueurs issus de l'immigration dirigent souvent leur violence contre les arbitres. Des
conclusions similaires ont été tirées d'une étude de l'université de Tübingen sur les décisions de
la justice sportive, montrant que les joueurs d'origine immigrée représentent un tiers de tous les
joueurs, mais sont impliqués dans la moitié des cas particulièrement graves pour les saisons
2009/10 et 2010/11. Un autre problème concerne les clubs "d'orientation", qui sont souvent
créés délibérément par d'autres groupes comme des organisations préparatoires. Les terrains de
football sont le théâtre de conflits sociaux, ethniques et mondiaux296.
Citations
- Au football, tout est compliqué par la présence de l'équipe adverse. Jean-Paul Sartre Voir sur
[Link]
[Link] [archive]
Notes et références
5. Miller, Stephen G. (Stephen Gaylord), 1942-, Yale University Press, 2006 (ISBN 0300115296 et
9780300115291), (OCLC 69483774 ([Link]
7. Wojciech Liponski, L'encyclopédie des sports : plus de 3 000 sports et jeux du monde entier,
Poznań, Gründ et UNESCO, 2005 (1re éd. 2003 Atena/Paris), 563 p. (ISBN 978-2-7000-1227-9),
p. 142.
8. Horst Bredekamp, La naissance du football. Une histoire du Calcio, Paris, Diderot Éditeur,
1998, 254 p. (ISBN 978-2-84134-047-7), p. 5 (trad. de l’allemand (de) Florentiner Fussball : Die
Renaissance der Spiele, 1995).
11. Jean-Michel Mehl, Les jeux au royaume de France du XIIIe au début du xvie siècle, Paris,
Articles connexes
Fayard, 1990 (ISBN 978-2-213-02591-9), p. 72.
Harpastum
12. Les interdits anglais mentionnent toujours que seule la pratique du tir à l'arc est
recommandée. Les arcs longs anglais (long bow) étaient alors le principal point fort de
Episkyros
l'armée anglaise mais pour manier ce type d'arc, il faut pratiquer quotidiennement. L'armée
Football féminin
anglaise adopte le mousquet et abandonne l'arc en 1595. Les loisirs des Anglais peuvent
Clean sheet
alors (football)
se diversifier.
Bibliographie
13. Avec cinq Français pour un Anglais au Moyen Âge, la France n'a pas les mêmes soucis
militaires que ses voisins anglais. En revanche, nombre d'interdits s'accompagnent de
Cette bibliographie présente quelques ouvrages de référence de base, tous utilisés pour la
motifs économiques comme ceux du xive siècle, où le prévôt de Paris indique « que
rédaction de cet article comme l'indique la présence du symbole . Se référer aux articles
plusieurs gens de métier et autres du petit peuple quittaient leur ouvrage ».
thématiques traitant des différents aspects du jeu pour avoir des bibliographies plus complètes.
14. (en) David Goldblatt, The ball is round. A global history of soccer [« Le ballon est rond.
Généralités
L'histoire du football dans le monde. »], New York, Riverhead Books, 2008
Raymond Pittet, Le Football et les Hommes, les imprimeries Réunies, 1971
(ISBN 978-1-59448-296-0), p. 96.
éd.
Jacques augmentée
Thibert pour le marché
et Jean-Philippe nord américain
Réthacker, de l'édition
La fabuleuse originale
histoire du anglaise
football de 2006.
, vol. 1, Paris, ODIL,
. (1re éd. 1974), 559 p. (ISBN 978-2-7324-2052-3).
1993
15. Russell
Jacques 1997, p.
Thibert et 5.
Jean-Philippe Réthacker, La fabuleuse histoire du football, vol. 2, Paris, ODIL,
1993
16. (1re éd.1994,
Williams 1974),
p. 588
6. p. (ISBN 978-2-7324-2053-0).
EricMehl
17. Walter, Goal!
1990, Le football, langage universel, Lausanne, La Cité-L'âge d'homme, 1974.
p. 258.
Alfred
18. Wahl,
Russell Les archives
1997, p. 9. du football. Sport et société en France (1880-1980), Paris, Éditions
Gallimard, 1989, 255 p. (ISBN 978-2-07-071603-6).
19. Williams1994, p. 13.
Mickaël Correia, Une Histoire populaire du football, Paris, Éditions La Découverte, 2018, 416 p..
20. (en) « England - Tommy Youdan Cup 1867 ([Link]
Paul
l) Dietschy, Histoire
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sur RSSSF , Paris,
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le 2 mai 2008). Perrin, 2014, 808 p..
(en)
21. Graham1994,
Williams [Link]
Williams, Code
« All War.
power toEnglish football
the clubs under the historical spotlight [« La Guerre
», p. 102-111.
du code. Le football anglais dans une perspective historique. »], Harefield (Borough londonien
22. (en) Steven Tischler, Footballers and Businessmen. The origins of Professionnal Soccer in
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