Mexique - Wikipédia
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États-Unis mexicains
Drapeau du Mexique
Emblème du Mexique
Géographie
Indépendance Espagne
Déclarée 6 novembre 18136,7
- Accomplie 27 septembre 1821
- Reconnue 28 décembre 1836
Démographie
Divers
Organisations G24
internationales OEI
G20
GGGI
CD
G15
La présence humaine au Mexique remonte à plus de 15 000 ans avant le présent. Après des
millénaires de développement culturel apparaissent les cultures mésoaméricaines,
aridaméricaines et oasisaméricaines. Diverses civilisations fleurissent ; les Olmèques, les
Toltèques, les Zapotèques, les Mayas et les Aztèques. Certaines d'entre elles ont déjà disparu
avant l'arrivée des Espagnols. En 1521, l'Espagne conquiert et colonise le territoire depuis
Mexico-Tenochtitlan, qui devient la capitale de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne.
En 1810, la révolte des Espagnols nés au Mexique partisans de Ferdinand VII (Grito de Dolores)
menée par Miguel Hidalgo contre le gouvernement imposé à l'Espagne par Napoléon Ier marque
le début d'un processus menant à la guerre d'indépendance contre l'Espagne. Les insurgés
déclarent la séparation en 1813 pour établir un nouveau pays souverain avant d'en sortir
victorieux en 1821. Le pays connaît ensuite un demi-siècle d'instabilité politique et financière,
caractérisé par divers conflits dont une tentative de reconquête par l'Espagne en 1829, un blocus
naval français connu sous le nom de guerre des Pâtisseries entre 1838 et 1839, une guerre
contre les États-Unis entre 1846 et 1848 aboutissant à la perte de la moitié du territoire du pays,
une guerre civile pour séculariser le pays entre 1857 et 1861, une intervention française entre
1861 et 1867, deux républiques fédérales, une république unitaire et deux empires.
Durant l'administration du président Porfirio Díaz, héritière d'un pays exsangue, le pays connaît
une période de modernisation et de croissance économique importante. Díaz est renversé par la
révolution et quitta le pays en 1911. La guerre civile entre factions révolutionnaires culmine avec
la proclamation de la constitution de 1917 et la mise en place du système politique actuel ; bien
que, entre 1930 et 2000, le pays vive sous un régime autoritaire, une lente transition
démocratique inachevée est mise en œuvre entre 1977 et 199716. Le pays connaît des périodes
de grande prospérité dans les années 1950-1960 et des crises économiques dévastatrices dans
les années 1980-1990.
Avec une population estimée à environ 130 millions d'habitants en 2024, le Mexique se classe au
dixième rang mondial des pays les plus peuplés. Plus de 99 % des Mexicains parlent l'espagnol
mexicain (soit comme langue maternelle ou langue seconde), ce qui en fait le pays où vivent le
plus d'hispanophones. Plus de 7 millions (environ 6 %) d'habitants parlent une langue
autochtone, et parmi eux moins de 1 % sont monolingues20 ; la loi mexicaine reconnaît les
langues autochtones mexicaines comme langues nationales depuis 2003, mais aucune ne
possède le statut de langue officielle.
Le Mexique fait partie des vingt premières puissances économiques mondiales (quinzième avec
un PIB nominal de 1 149 milliards de dollars en 2017)21. Mesuré en parité de pouvoir d'achat, son
PIB arrive à la onzième place, derrière la France (dixième)22. En 2019, le Mexique est le douzième
plus grand producteur de pétrole au monde et le premier producteur d'argent. Puissance
émergente, puissance moyenne à l'échelle mondiale et puissance régionale en Amérique latine,
le Mexique est le premier pays d'Amérique latine à avoir rejoint l'OCDE. Classé parmi les
nouveaux pays industrialisés23, il s'agit, selon la Banque mondiale, d'un pays à revenu
intermédiaire supérieur. Son économie est fortement liée à celle des États-Unis, par son
appartenance à l'ALENA jusqu’en 2018 et le nouvel ACEUM (T-MEC en espagnol) après 2018. En
2018, le Mexique est la deuxième destination touristique des Amériques24 et la première, devant
les États-Unis, en 202125.
Le Mexique est l'un des pays les plus inégalitaires au monde : selon la CEPAL en 2024 le 1 % de
la population possède 41,2 % des richesses du pays, le 0,1 % le 22,3 % dela richesse nette26. Les
inégalités sociales sont considérées comme le principal facteur de criminalité au Mexique27.
Il est l'un des dix-sept pays mégadivers de la planète (il abrite de 10 à 12 % de la biodiversité
mondiale et comprend plus de douze mille espèces endémiques), il compte 33 sites culturels ou
naturels inscrits par l'UNESCO au patrimoine de l'humanité. L'indice de développement humain
du Mexique s'élève à 0,758 en 2021, à la 86e place mondiale, devant le Brésil (0,754) et derrière
l'Iran (0,774), la Chine (0,768) et Cuba (0,764)9. En 1990, cet indice ne s'élevait qu'à 0,662. En
2024, le Mexique est classé en 56e position pour l'indice mondial de l'innovation28. Le Mexique
est également membre d'institutions internationales telles que l'ONU, l'OMC et le G20.
Toponymie
Le jésuite et historien Francisco Javier Clavijero soutient dans ses écrits qu'il dérive du mot
nahuatl Mexitl ou Mexitli, un nom secret de Huitzilopochtli, la divinité tutélaire des Mexicas29.
Selon cette théorie, « Mexico » signifie « lieu [où vit] Mēxitli ou Mēxtli » ou « lieu où est construit le
temple de Mexitli », en référence au Templo Mayor. Cette thèse était aussi partagée par Juan de
Torquemada. Toutefois, Torquemada ajoute que Mexitli viendrait des mots metl (« agave ») et
xictli (« nombril »). Selon cette version, Mexico signifierait mot pour mot « lieu dans le nombril
d'agave » ; cette interprétation est aussi soutenue par le franciscain Motolinia. D'autres
historiens, comme Bernardino de Sahagún, José de Acosta et Diego Durán, avancent dans leurs
travaux que « Mexico » vient de Mecitl ou Mexi, qui était le nom d'un chef et prêtre qui guida les
premiers Nahuas émigrés de la mythique Aztlan, dits Mexicas, et par conséquent, ce mot
signifierait « peuple de Mexi ».
Alfonso Caso, a suggéré que Mexico viendrait des mots metztli (« Lune »), xictli (« nombril »,
« centre », « milieu », « fils »), et du suffixe locatif -co. Par conséquent Mexico signifierait « lieu au
milieu de la Lune » ou « lieu au centre du lac de la Lune », en faisant allusion au lac Texcoco au
milieu duquel a été construite la ville de Mexico. Cette version est fondée sur une légende
aztèque qui raconte que lorsque les Mexicas arrivèrent pour la première fois au lac de Texcoco,
ils y virent la Lune qui s'y reflétait.
Géographie
Le Mexique est un pays situé en Amérique du Nord. Il partage des frontières terrestres avec les
États-Unis d'Amérique (3 152 km) au nord-nord-ouest et avec le Belize (193 km) et le Guatemala
(956 km) à l'est-sud-est33
Il possède de nombreuses façades maritimes (11 122 km) notamment avec l’océan Pacifique au
sud et au sud-ouest, le golfe de Californie (7 828 km) au nord-ouest, la mer des Caraïbes à l'est et
le golfe du Mexique à l'est-nord-est (3 294 km)34.
La superficie totale du pays est de 1 964 375 km2 dont 5 127 km2 d’îles ; les îles mexicaines se
situent dans l’océan Pacifique (dont la plus grande est l'Île Cedros), le golfe de Californie (dont
les plus grandes sont les îles Tiburón et Ángel de la Guarda), la mer des Caraïbes (dont la plus
grande est Cozumel) et le golfe du Mexique35.
La superficie maritime totale du Mexique est de 3 149 920 km2 (2 320 380 km2 dans l'océan
Pacifique et 829 540 km2 dans le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes)35,36. Elle se subdivise
en une mer territoriale, qui s'étend sur 12 milles marins (22,224 km) autour des côtes, une zone
contiguë, qui s'étend sur 24 milles marins autour des côtes (44,448 km) et une zone économique
exclusive (ZEE) qui s’étend sur 200 milles marins (370,4 km) autour des côtes37,38.
On trouve aussi de nombreux volcans. Le pic d'Orizaba culmine à 5 700 mètres, tandis que le
point le moins élevé est la Laguna Salada qui se trouve à 10 mètres en dessous du niveau de la
mer. Le pays est sujet aux tremblements de terre, parfois très violents.
Parmi les ressources naturelles, on trouve l'argent, le cuivre, le gaz naturel, l’or, le pétrole, le
plomb et le zinc.
Relief
Pic d'Orizaba.
Le Mexique est traversé par deux principales chaînes de montagne : la sierra Madre occidentale
et la sierra Madre orientale. La sierra Madre occidentale à l’ouest est le prolongement de la sierra
Nevada de Californie et la sierra Madre orientale à l’est est le prolongement des montagnes
Rocheuses du Nouveau-Mexique et du Texas. Entre les deux principales chaînes de montagnes
se trouve le plateau mexicain. La cordillère Néovolcanique marque la limite sud des sierras
Madres occidentale et orientale. Le Mexique compte également d’autres chaînes de montagne
moins importantes comme la chaîne californienne, la sierra Madre del Sur, la sierra Madre de
Oaxaca, la sierra Madre de Chiapas, et la Meseta Central de Chiapas.
La cordillère Néovolcanique est une ceinture de 900 km de long et 130 km de large qui s’étend
de l’océan Pacifique jusqu’au golfe du Mexique. La cordillère commence au sud du Río Grande
de Santiago et continue jusqu’à l'État de Colima où elle se dirige ensuite vers l’est en suivant le
19e parallèle pour finir au centre de l’État de Veracruz. La région est caractérisée par une
activité sismique importante et compte les sommets volcaniques les plus hauts. La cordillère
possède trois sommets dépassant les 5 000 mètres d’altitude : le pic d'Orizaba (Pico de
Orizaba ou Citlatépetl) qui est le troisième plus haut sommet d’Amérique du Nord, le
Popocatepetl et l’Iztaccíhuatl qui sont tous deux près de Mexico. La cordillère Néovolcanique
est considérée comme la division géologique entre l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale.
La sierra Madre occidentale s’étend sur 1 250 km à 50 km au sud de la frontière avec les États-
Unis et rejoint la cordillère Néovolcanique après le Rio Santiago. La cordillère Néovolcanique
traverse le centre du Mexique d’est en ouest. Au nord, la sierra Madre occidentale est située à
environ 300 km des côtes occidentales mais à proximité de la cordillère Néovolcanique elle
n’est plus qu’à 50 km de la côte pacifique. La sierra Madre occidentale s’élève à environ
2 250 mètres d’altitude avec des sommets atteignant 3 000 m.
La sierra Madre orientale commence à la frontière entre le Texas et le Mexique et continue sur
1 350 km pour atteindre le Cofre de Perote, un des sommets principaux de la cordillère
Néovolcanique. Comme pour la sierra Madre occidentale, la sierra Madre orientale se
rapproche progressivement des côtes en se rapprochant de l’extrémité sud. En effet, elle ne se
situe plus alors qu’à 75 km du golfe du Mexique. La sierra Madre orientale s’élève à environ
2 200 mètres d’altitude avec des sommets atteignant 3 000 mètres.
Le plateau mexicain s’étend lui aussi de la frontière avec les États-Unis jusqu’à la cordillère
Néovolcanique et occupe une vaste superficie entre les sierras Madres occidentale et
orientale. Le plateau fut divisé par le passé entre la Mesa del Norte et la Mesa Centra,
néanmoins aujourd’hui les géographes considèrent ces deux parties comme appartenant au
même plateau.
Le Nord du plateau s’élève à environ 1 100 mètres d’altitude et s’étend du rio Bravo
jusqu’au Zacatecas et l’État de San Luis Potosí. La région compte de nombreuses
dépressions dont la plus grande est le Bolsón de Mapimí.
Le Sud du plateau est plus haut puisqu’il s’élève à environ 2 000 mètres. Il comporte de
nombreuses vallées qui ont été formées par d’anciens lacs. Plusieurs des plus
importantes villes mexicaines comme Mexico ou Guadalajara sont situées dans ces
vallées.
Cours d’eau
Le Mexique a environ 150 fleuves et rivières ; les deux tiers se déversent dans l’océan Pacifique
et le reste dans le golfe du Mexique ou la mer des Caraïbes. Malgré l’apparente abondance d’eau,
les volumes d’eau sont répartis de manière très inéquitable à travers le pays. En effet, cinq
rivières, (l’Usumacinta, la Grijalva, le Papaloapán, le Coatzacoalcos, et le Pánuco) totalisent 52 %
du volume annuel moyen d’eau. [réf. nécessaire] Ces cinq rivières (actuellement très polluées) se
déversent dans le golfe du Mexique. Seul le rio Panuco n’est pas dans le sud-est mexicain. Le
Nord et le Centre du Mexique, qui couvrent 47 % du territoire et regroupent près de 60 % de la
population, ont moins de 10 % des ressources d’eau du pays. [réf. nécessaire]
Le Río Grande est appelé « Río Bravo del Norte » par les Mexicains.
Climat
Le Tropique du Cancer divise le pays en deux zones, l'une tempérée (climat subtropical humide
et climat méditerranéen) et l'autre au climat tropical avec de part et d’autre des régions entières
marquées par un climat désertique ou semi-aride. Le climat varie avec l’altitude et de
nombreuses régions sont montagneuses, ce qui tempère les températures en zone tropicale. Les
tierras calientes (terres chaudes), comprenant les plaines côtières, s’élèvent jusqu’à environ
915 mètres. Au nord du 24e parallèle, les températures sont plus froides pendant les mois
d’hiver, tandis qu’au sud, elles restent constantes le long de l’année.
Jusqu’à 1 000 m : les côtes et la péninsule du Yucatán ont une température moyenne
comprise entre 24 °C et 28 °C. La température reste élevée toute l’année avec seulement 5 °C
de différence entre les moyennes de températures d’hiver et d’été.
Entre 1 000 et 2 000 m : la température moyenne est comprise entre 16 °C et 20 °C. Les villes
et villages à cette altitude au sud du 24e parallèle jouissent d’un climat relativement constant
et d’agréables températures tout au long de l’année alors que les régions au nord ont un climat
aux variations saisonnières plus marquées.
Les pluies varient beaucoup selon la situation géographique et les saisons. Aride ou semi-aride
en Basse Californie, le Nord-Ouest de l’État de Sonora, les plateaux du Nord et une partie des
plateaux du Sud. Il pleut dans ces régions en moyenne entre 300 et 600 millimètres par an. Dans
les plateaux du Sud et notamment les régions les plus peuplées (comme Mexico et Guadalajara),
il pleut en moyenne entre 600 et 1 000 mm. Les basses terres le long du golfe du Mexique
reçoivent plus de 1 000 mm de pluies à l’année. La région au sud-est de Tabasco reçoit
approximativement 2 000 mm de pluies à l’année. Il neige occasionnellement sur certains des
plateaux du nord et des hauts sommets de la Sierra Madre occidentale et de la Sierra Madre
orientale.
Le Mexique connaît une saison humide (ou saison des pluies) et une saison sèche marquées. La
saison des pluies dure, dans la majeure partie du pays, de juin à mi-octobre. Il pleut nettement
moins le reste de l’année. Février et juillet sont respectivement le mois le plus sec et le plus
humide. Par exemple, la ville de Mexico reçoit environ 5 millimètres de pluies en février et
300 mm en juillet. Les régions côtières, et spécialement celle du golfe du Mexique reçoivent
leurs précipitations maximales en septembre. Tabasco enregistre plus de 300 mm de pluies
pendant ce mois.
Une petite partie de la côte nord-ouest du Mexique autour de la ville de Tijuana possède un
climat méditerranéen avec des brumes importantes et une saison des pluies en hiver.
Ouragans
Le Mexique est situé dans la ceinture des ouragans et toutes les régions côtières sont
susceptibles de subir une de ces tempêtes de juin à novembre. Les ouragans de la côte
Pacifique sont moins fréquents et souvent moins violents que ceux qui affectent la côte est du
pays. Plusieurs ouragans frappent chaque année les côtes du golfe du Mexique et de la mer des
Caraïbes, avec des vents violents qui peuvent dépasser les 200 km/h, mettent en péril la vie des
habitants et provoquent des dégâts importants aux hôtels et habitations de la
région [réf. nécessaire].
Environnement
Le Mexique est un des pays au monde à utiliser les plus fortes concentrations de pesticides40. Il
est aussi l'un des plus touchés par la déforestation, avec 128 000 hectares de forêts et de jungle
disparaissant chaque année selon les données officielles41.
Le Mexique est le pays d'Amérique latine où les niveaux de pollution de l'air sont les plus
élevés42.
Biodiversité
Le Mexique est un des dix-sept pays mégadivers identifiés en juillet 2000 par le programme des
Nations unies pour l'environnement43. Avec 200 000 espèces différentes, le Mexique héberge 10
à 12 % de la biodiversité mondiale44.
Le Mexique est le premier pays en nombre d'espèces de reptiles avec 707 espèces connues,
second en nombre d'espèces de mammifères avec 438 espèces, le quatrième en nombre
d'espèces d'amphibiens avec 290 espèces et quatrième en nombre d'espèces de plantes45. Ce
pays compte quelque 1 086 espèces d'oiseaux, dont 101 endémiques46. Le Mexique est
également considéré comme le second pays en écosystèmes et le quatrième en nombre total
d'espèces47. Près de 2 500 espèces sont protégées par la législation mexicaine47. Le
gouvernement mexicain a créé le Sistema Nacional de Información acerca de la Biodiversidad,
qui se charge d'étudier et de promouvoir l'utilisation substantielle des écosystèmes.
Au Mexique, 170 000 km2 sont considérés comme des zones naturelles protégées. Trente-quatre
réserves de biosphère (écosystèmes inaltérés), soixante-quatre parcs nationaux, quatre
monuments naturels, vingt-six aires pour protéger la flore et la faune, quatre zones pour la
protection naturelle et dix-sept sanctuaires (zone comportant une diversité riche en espèces)44.
Époque préhispanique
Pendant plusieurs milliers d'années, les habitants de cette région d'Amérique pratiquèrent la
chasse et la cueillette jusqu'à la découverte de l'agriculture, notamment du maïs qui est devenu
l'aliment de base des populations mésoaméricaines et plus tard de la gastronomie mexicaine.
À Guilá Naquitz, ont été mis au jour les restes les plus anciens de la domestication de la courge
et de la calebasse, qui datent du IXe millénaire av. J.-C.49, mais l'agriculture s'est développée de
façon précoce dans des sites comme la vallée de Tehuacán où la domestication du maïs a eu
lieu aux alentours du Ve millénaire av. J.-C. Dès lors des groupes humains de cette région
deviennent de plus en plus dépendants des produits agricoles, et ce jusqu'à l'apparition de
hameaux agricoles et jusqu'à la dépendance totale qui a lieu durant la période classique50.
Tandis que l'agriculture prospère en Mésoamérique, les peuples au nord (Chichimèques) restent
encore dépendants de la chasse et la cueillette.
Teotihuacan, la 6e plus grande ville du
monde à son apogée (1 à 500 apr. J.-C.).
L'histoire préhispanique de ce qui est actuellement le nord du Mexique est mal connue car les
peuples qui occupèrent la région avaient une culture matérielle limitée. Ces peuples nomades qui
habitaient les déserts, le littoral et les montagnes au nord de la Mésoamérique, ne partageaient
pas la même culture. Le site de la grotte de la Perra (Tamaulipas) a connu l'invention de
l'agriculture et connu la présence humaine à partir de 12 000 av. J.-C. Il y a des traces de peuples
nomades dans les sites tels que la grotte de la Candelaria (Coahuila, 8 000 av. J.-C.)51 ou El
Conchalito (es) (Basse-Californie du Sud)52. On trouve également en Basse-Californie les
peintures rupestres de la Sierra de San Francisco dont la fonction continue jusqu'au xixe siècle,
lorsque les derniers autochtones disparaissent de la région.
À la fin de cette étape, Teotihuacan devient la ville la plus importante de la vallée de Mexico.
Durant le Classique ancien (iie/vie/viiie siècle), l'influence de Teotihuacán se fait sentir dans toute
la Mésoamérique, appuyée par son pouvoir politique et commercial59. Elle avait d'importants
alliés, comme Monte Albán dans les vallées centrales d'Oaxaca.
La civilisation mésoaméricaine s'étend plus au nord vers des sites comme La Quemada (en). En
retour, des influences culturelles arrivent du nord, visibles dans la culture huastèque. La période
classique est également l'époque de consolidation de la civilisation maya dans la péninsule du
Yucatán et des hautes terres du Chiapas.
D'un autre côté, dans les vallées et les montagnes du nord de la Sierra Madre occidentale, se
développe la culture Paquimé, résultat de la consolidation de l'agriculture dans le nord-est et
l'échange entre la Mésoamérique et l'Oasisamérique.
Entre les xe et xiie siècles, le centre du Mexique est dominé par Tula, la capitale des Toltèques. La
ville a établi des liens très forts avec plusieurs régions de Mésoamérique, mais particulièrement
avec la péninsule du Yucatán, où se trouve la ville maya de Chichén Itzá. Au même moment, dans
ce qui est actuellement l'État d'Oaxaca de Juárez, les Mixtèques commencent un processus
expansionniste qui les mène à occuper les vallées centrales où vivaient les Zapotèques. En 1325,
les Mexicas fondent Mexico-Tenochtitlan, la capitale de l'État le plus vaste qu'a connu la
Mésoamérique, qui rivalisait seul avec les Tarasques de Tzintzuntzan.
Ruines des grottes Los gemelos d' El Azuzul. Culture Temple des serpents à plumes de
de las Jarillas. olmèque, préclassique moyen. Xochicalco. Épiclassique.
Culture Paquimé,
periode moyenne.
En 1519, les conquistadors, alliés à de nombreuses tribus ennemies des Aztèques dont les
Tlaxcaltèques et conduits par Hernán Cortés, contribuent à la conquête de l'empire aztèque,
aidés en cela par la supériorité et la qualité de leurs armes et de leurs tactiques de combat, mais
aussi la supériorité numérique de leurs alliés indigènes. Le 13 août 1521, la fin du siège de
Tenochtitlan signe la victoire des Espagnols et la fin de l'empire aztèque.
Cortés se lance alors dans la conquête d'un vaste empire colonial qui deviendra la Nouvelle-
Espagne. Le territoire s'étendra jusqu'à une importante partie du sud des actuels États-Unis
(notamment la Californie, l'Arizona, le Nouveau-Mexique et le Texas). Les principales villes
mexicaines sont alors créées : Mexico (sur les ruines de Tenochtitlán), Guadalajara, Puebla et
Monterrey.
En même temps que la colonisation espagnole, des missionnaires arrivent dans le pays pour
évangéliser les populations indigènes. Parmi ces évangélisateurs, Bartolomé de las Casas se
distingue par son désir de protéger les populations indigènes.
Les trois siècles de colonisation espagnole (1521 - 1821) coïncident avec la création du Mexique
en tant que nation latine, hispanique, catholique et métisse telle que nous le connaissons
aujourd’hui62. L'architecture, la gastronomie, les fêtes mexicaines et la structure familiale sont
encore aujourd'hui largement influencées par ces trois siècles de domination
espagnole [réf. nécessaire].
Après les très nombreuses destructions résultant de la colonisation du Mexique, une forme d'art
colonial s'est développé à partir du xvie siècle ; et ce pour plusieurs raisons : contexte humaniste
européen et développement des cabinets de curiosités, propagande religieuse, développement
d'une élite métisse, explosion d'un commerce intercontinental, etc. Ce phénomène a en outre
permis la conservation et la diffusion de nombreuses techniques précolombiennes uniques au
monde, comme l'art de la laque mexicaine (technique de collage très différente de la laque
asiatique), du papier d'amate ou celui de la mosaïque de plumes, d'une extraordinaire virtuosité
au vu des moyens à la disposition des artisans précolombiens [réf. nécessaire]. De ces très
nombreux ouvrages envoyés en Europe pour la délectation des princes et collectionneurs, très
peu sont parvenus jusqu'à nous. Quatre tableaux de mosaïques de plumes sont aujourd'hui
conservés en France, dont deux datant du xvie siècle : Le Triptyque de la crucifixion, conservé au
Musée national de la Renaissance à Écouen (Val d'Oise)63, et la Messe de Saint-Grégoire,
conservée au Musée des Jacobins d'Auch (Gers)64.
Les populations indigènes ne furent pas entièrement soumises du fait de la chute de l'empire
aztèque, d'autres ne firent que changer de maîtres, les Tlaxcaltèques alliés des Espagnols furent
mieux traités et jouirent tout au long de la colonie de privilèges tels que pouvoir monter à cheval.
Des nobles indigènes partirent pour l'Espagne où leurs descendants vivent toujours. De très
nombreuses révoltes locales eurent lieu durant les trois siècles de la période coloniale65.
Indépendance
Dans la nuit du 15 au 16 septembre 1810, depuis ce qui est aujourd'hui la ville de Dolores
Hidalgo, dans le Guanajuato, un Espagnol né au Mexique, le curé Miguel Hidalgo, aujourd’hui
héros national, lève, au cri de « Vive la Vierge de Guadalupe, vive Ferdinand VII, à bas le mauvais
gouvernement ! » (c'est-à-dire celui de Joseph Bonaparte, au pouvoir depuis l'invasion de
l'Espagne par les Français66), une armée hétéroclite et indisciplinée de villageois et d'indigènes
pour le rétablissement de Ferdinand VII et contre les juntes espagnoles au service des Français.
Il commence avec succès, mais échoue au Monte de las Cruces, dans sa tentative de prendre
Mexico, et sera exécuté en 1811.
Le Grito de Dolores de Miguel Hidalgo y
Costilla, 16 septembre 1810.
Les créoles, descendants d'Européens, le plus souvent d'Espagnols, mais nés hors de la
métropole espagnole au nombre d'un million en Nouvelle-Espagne devenue l'actuel Mexique,
sont à la tête des métis et des mulâtres (qui ensemble sont 1,3 million) et des indigènes
(3,6 millions) qui forment la majeure partie des six millions de la population d'alors, mais sont
tenus à l'écart du pouvoir politique et économique, les fonctions les plus prestigieuses et
lucratives étant réservées aux Espagnols dont le nombre n'était que de 75 000 (peninsulares, nés
dans la métropole, que les créoles nomment aussi gachupines).
Si le Grito de Dolores est à l'origine du processus d'indépendance du pays, il n'est cependant pas
un appel à l'indépendance, mais bien une réaction à la destitution de Ferdinand VII par les
Français67,68.
Avec l'indépendance, les Espagnols nés au Mexique purent devenir les maîtres du pays en
accédant à toutes les fonctions auparavant réservées aux Espagnols nés en métropole qui furent
expulsés en 1829, exception faite de ceux dont les capitaux étaient investis dans les mines et
l'agriculture. Néanmoins, bien qu'indépendant, le Mexique demeure fragmenté, entre les nobles,
les pauvres, le clergé et les différends caudillos16.
En 1821 l'empire est proclamé avec Agustín de Iturbide. Le 4 octobre 1824, le Mexique se dote
de la nouvelle Constitution fédérale des États-Unis mexicains (Constitución Federal de los
Estados Unidos Mexicanos), adoptant pour son gouvernement la forme de république
représentative populaire fédérale.
Les troupes espagnoles débarquent près de Tampico en mars 1829, dans une ultime tentative de
reconquête du pays, et sont repoussées par les troupes du général Antonio López de Santa
Anna. Celui-ci acquiert un immense prestige par sa victoire, et devient le « Héros de Tampico »73.
En raison des dégâts causés lors des troubles publics liés au chaos de la situation politique dans
les années qui suivirent l'indépendance74, des commerçants français déposèrent des
réclamations au baron Deffaudis, ambassadeur français à Mexico ; parmi eux, un pâtissier du
nom de Remontel réclama la somme exorbitante de 60 000 pesos en dédommagement du
préjudice causé par des officiers à son établissement de Tacubaya (selon les sources, ayant
profité d'émeutes pour partir sans payer leurs pâtisseries en 1832, d'où le surnom ironique donné
ensuite au conflit par les Mexicains75, ou ayant occasionné des dégâts à sa boutique en
182876,77). En 1837, le ministre mexicain des affaires extérieures, Luis G. Cuevas, répondit que le
gouvernement n’était pas dans l'obligation d'indemniser ces pertes, étant donné qu'elles étaient
la conséquence d'un mouvement révolutionnaire76. Le 6 février 1838 (ou le 21 mars, selon
d'autres sources)74, une flotte de 26 navires de guerre français arriva au large de Veracruz et le
gouvernement de Louis-Philippe Ier réclama une somme totale de 600 000 pesos75, équivalant à
l'époque à 3 millions de francs or78 en réparation des pertes subies par ses sujets. Le 27
novembre, les Français bombardèrent la forteresse de San Juan de Ulúa76.
Les Français obtinrent des garanties quant au paiement de cette somme et se retirèrent après
onze mois de blocus du port de Veracruz. Cela occasionna pour le trésor mexicain une perte,
calculée par le Journal des Débats, de 2 200 000 pesos soit 11 millions de francs or79.
Guerre américano-mexicaine
En 1836, le Texas proclame son indépendance du Mexique. Il sera annexé plus tard par les États-
Unis en 1845. En fait, le Texas décide de rejoindre les États-Unis, mais cela violait le traité de
Velasco, signé en 1836, qui spécifiait qu'après l'indépendance le Texas ne pouvait rejoindre
l'Union Américaine. En 1846, le Mexique revendique le territoire compris entre le rio Bravo et le rio
Nueces. En effet, la limite de la province texane était le rio Nueces situé à 300 km au nord du rio
Bravo. Dès lors, la guerre éclate entre le Mexique et les États-Unis et durera de 1846 à 1848.
Les troupes américaines envahissent le pays et l’occupent de 1847 à 1848. Après la bataille de
Chapultepec, le 14 septembre 1847, les troupes américaines hissent le drapeau américain sur le
Palais National : la ville de Mexico est occupée. Sous le contrôle de Winfield Scott, ses troupes
exécutent de nombreux soldats d'origine irlandaise du bataillon Saint Patrick, déserteurs de l’US
Army, qui collaboraient avec la résistance mexicaine face à l’occupant80,81.
La guerre se termine par la signature en 1848 du traité de Guadalupe Hidalgo, par lequel le
Mexique reconnaît le rio Bravo comme sa frontière avec le Texas. De plus, le Mexique cède plus
de 40 % de son territoire aux États-Unis, soit près de 2 000 000 km2. Les États de Californie,
Nouveau-Mexique, Arizona, Nevada, Utah, la majeure partie du Colorado et le sud-ouest du
Wyoming représentent les territoires que les États-Unis ont annexés à la suite de la guerre
américano-mexicaine. En 1857 est promulguée la Constitution qui règle les institutions
politiques mexicaines jusqu'en 1917 [réf. nécessaire].
Guerre de Réforme
Hormis la première bataille de Puebla, gagnée par les forces libérales sous le commandement
d’Ignacio Zaragoza, la campagne militaire française est un succès. La Légion étrangère s'y
illustra lors du combat du 30 avril 1863 non loin du Cerro del Chiquihuite, à Camarón, rebaptisée
plus tard Villa Tejeda (dite Camerone en français). Devant l’avancée des forces ennemies
appuyées par les conservateurs, le gouvernement de Juárez est contraint de s'éloigner à San
Luis Potosí le 31 mai 1863 puis finalement à Paso del Norte (devenue depuis Ciudad Juárez)
près de la frontière avec les États-Unis. En juin 1863, Mexico tombe sous le contrôle des forces
de Napoléon III et de celles des conservateurs mexicains. Le 10 juillet, une Assemblée des
Notables à Mexico nomme Maximilien d’Autriche empereur. Il était un des frères de
François-Joseph Ier, empereur d'Autriche. Prince bien intentionné, il déçut souvent les
conservateurs par ses idées modernes et libérales, allant jusqu'à demander à Juárez de
gouverner avec lui, mais cet Habsbourg imbu d'étiquette commit des maladresses irréparables
qui hâtèrent sa chute. Le pays resta peu sûr pour l'envahisseur, une guérilla féroce ne lui laissa
aucun repos et épuisa ses forces et son moral, d'autre part les bandits pullulèrent, ce qui ne fit
qu'aggraver la situation84,85.
Dès la fin de la guerre de sécession en 1865, Juárez trouve auprès des États-Unis, en échange de
promesses de concessions sur le territoire mexicain (isthme de Tehuantepec), un soutien en
armes et en hommes, ainsi que diplomatique (doctrine Monroe). Ce nouvel appui, les succès
militaires des républicains, et surtout les menaces de guerre en Europe, forcèrent les troupes
françaises à se retirer. L'intervention au Mexique fut un grand échec pour Napoléon III. Le second
empire mexicain durera jusqu’en 1867. L’empereur Maximilien est exécuté à Santiago de
Querétaro. Durant toute cette période, Benito Juárez n'abandonna jamais le territoire national et
continua d'exercer sa fonction de président de la République.
Porfiriat
Porfirio Diaz.
Héros de la guerre contre le Second Empire français, Porfirio Díaz devient président du Mexique
en 1876. Il hérite d'un pays exsangue, qui depuis 1810 a connu de longues périodes d'instabilité
tant économique que politique, des guerres civiles, des interventions étrangères, la perte de la
moitié de son territoire.
Après avoir été élu en 1871, Benito Juarez s’éteint en 1872, pavant ainsi la voie pour l’élection de
Diaz86. Sa présidence dure jusqu'en 1911. Les lois de 1884 et 1896 permettent aux étrangers de
posséder le sous-sol, dans le but d'attirer les investisseurs. Ces derniers ont, par conséquent, au
vu du manque de capitaux mexicains, la prépondérance quasi totale dans les infrastructures
(chemins de fer, ports, télégraphes et téléphones), les mines, le pétrole, le textile, les plantations,
l'industrie. Pendant cette période, Diaz applique la Constitution fédérale des États Unis mexicains
(1857), dont l'une des conséquences est la concentration des terres aux mains d'une minorité
d'investisseurs et de propriétaires terriens. Il entreprend de moderniser le pays au nom du
positivisme.
Pour la première fois de l'histoire du pays le banditisme a quasiment disparu, les ex-bandits
devenant pour la plupart d'entre eux, membres du Cuerpo de Policía Rural (es) créé en 1861 par
Benito Juárez, les « rurales » usent de l'article 28 de la loi du 25 février 1862 et dont l'usage
continuera bien après la révolution de 1910, qui leur donne la possibilité d'abattre les détenus qui
tentent de fuir. Les victimes, dont le nombre est estimé pour cette période à 10 000 furent
principalement des délinquants de droit commun87,88.
Officiellement, Díaz est réélu à chaque élection mais les dysfonctionnements du vote et le
mécontentement d'une partie de la bourgeoisie, dont l'un des chefs de file est Aquiles Serdán, les
villageois dépossédés des terres collectives et dont la Constitution de 1857 ne reconnaît pas de
statut légal car celui-ci datait du temps de la colonisation espagnole et avait été reconnu par les
gouvernements conservateurs après l'indépendance, (l'exemple type en est Emiliano Zapata), la
classe moyenne instruite et désireuse d'accéder au pouvoir et d'obtenir des postes
gouvernementaux, la Panique bancaire américaine de 1907, la baisse de moitié des cours de
l'argent-métal, la stagnation des salaires réels et une période de sécheresse sont parmi les
éléments déclencheurs de la révolution mexicaine. Madero reprendra habilement le vieux slogan
de Díaz, « Suffrage effectif, pas de réélection », pour sa campagne politique. Díaz est l'auteur de
la phrase « Pauvre Mexique si loin de Dieu et si proche des États-Unis » (1878)89,90.
Révolution de 1910
Emiliano Zapata.
Porfirio Díaz, au pouvoir depuis une trentaine d'années, voulait se présenter à l’élection
présidentielle de 1910, de même que Francisco I. Madero. Díaz fit emprisonner Madero puis le
relâcha. Lors de ces élections, Díaz sortit victorieux tandis que Madero ne recueillit que quelques
centaines de voix à travers tout le pays.
En mai 1911, après la prise de Ciudad Juárez par les troupes maderistes placées sous les ordres
de Peppino Garibaldi de José de la Luz Blanco (es) et de Pascual Orozco et d'un ancien bandit,
Francisco Villa, recruté par Madero en échange du pardon de ses crimes et d'un grade de colonel
dans l'armée fédérale en cas de victoire, Díaz, qui voulait éviter une guerre civile, préféra partir en
exil en France.
La révolution dégénéra alors en une lutte pour le pouvoir entre révolutionnaires. Le président
Madero (révolutionnaire) fut assassiné par Victoriano Huerta (réactionnaire), lui-même chassé
par les troupes de Pancho Villa. Zapata fut assassiné en 1919, Venustiano Carranza, le
commanditaire de l'assassinat de Zapata, en 1920, et Francisco Villa en 1923, sur ordre d'Álvaro
Obregón.
L'après-révolution
À la mort d'Obregon, Plutarco Elías Calles devient le Jefe máximo de la Revolución (chef suprême
de la révolution). En mars 1929, il fonde le Parti national révolutionnaire dans le but de contrôler
et de surveiller les divers courants politiques et se nomme lui-même à la tête de ce parti. Dans le
but d'éviter des conflits entre militaires, il fait nommer président de la République un civil, Emilio
Portes Gil, pour la période de 1928 à 1930. Calles dut lutter contre une conjuration de militaires
obregonistes (« plan de Hermosillo ») écartés du pouvoir et menés par José Gonzalo
Escobar (es).
Les années 1930 furent marquées par la présidence autoritaire de Lázaro Cárdenas de 1934 à
1940 titulaire du prix Lénine pour la paix qui se proposait de faire du Mexique un pays socialiste
par des nationalisations, l'institution d'un plan sexennal imité de l'URSS, puis l'expropriation
(nationalisation) pétrolière en 1938, Cárdenas profitant de la baisse du prix du pétrole et de
difficultés économiques des compagnies pétrolières étrangères en majorité anglo-néerlandaises
et américaines alors au bord de la faillite. Staline et les communistes mexicains dirent alors que
les principaux bénéficiaires de cette nationalisation seront les États-Unis car de compétiteur en
matière de production le secteur pétrolier commença à dépendre de la technologie et des
financements américains, il existe à la bibliothèque du Congrès des États-Unis des preuves de
l'appui financier du gouvernement de Roosevelt à celui de Cárdenas [réf. nécessaire].
L'escadrille mexicaine no 201, composée d'avions P-47, participa à la guerre contre le Japon et
fut envoyée aux Philippines.
Des Mexicains participèrent aussi au débarquement du 6 juin 1944. L'un des plus connus est le
pilote de chasse Luis Pérez Gómez abattu le 19 juin 1944. Il repose au cimetière du village de
Sassy92.
D'autres participèrent sous l'uniforme américain à la bataille des Ardennes. Parmi eux, le sergent
José Mendoza López (en) qui reçut les plus hautes distinctions militaires des États-Unis pour
ses faits d'armes (Medal of Honor et Purple Heart), notamment la neutralisation à lui seul lors
d'un combat de plus de cent soldats ennemis.
À noter également que le Mexique fut le seul pays au monde qui protesta officiellement devant la
Société des Nations (discours d'Isidro Fabela du 19 mars 1938 contre l'annexion de l'Autriche par
l'Allemagne nazie. En commémoration une place de Vienne porte le nom de Mexikoplatz (de).
Domination du PRI
Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), membre de l'Internationale socialiste, prit son nom
actuel en 1946 et dirigea le pays sans interruption jusqu’en 2000, date de la victoire du
démocrate chrétien Vicente Fox, candidat du Parti action nationale (PAN) (voir la Liste des chefs
d'État du Mexique).
En octobre 1968, l’armée ouvre le feu sur des étudiants d’extrême gauche (voir Massacre de
Tlatelolco). Plus de trois cents manifestants sont tués et des centaines disparaissent93. Les
autorités, poussées dans une paranoïa anticommuniste par la CIA américaine, entendaient en
finir avec un mouvement où elles voyaient une subversion orchestrée depuis Moscou et La
Havane. Alors que la presse mexicaine s'en tient à la version du pouvoir sur de prétendus
« affrontements » entre manifestants et soldats, il faut attendre les années 1970 pour que soit
admis que les étudiants n'étaient pas armés94.
De 1960 à 1980, le revenu moyen des Mexicains a presque doublé. Si l’économie avait continué à
croître à ce rythme, les Mexicains auraient de nos jours un niveau de vie comparable à celui des
Européens95. Dans les années 1980, le président Miguel de la Madrid impulse une libéralisation
de l'économie qui touche plus particulièrement les paysans : les subventions au secteur agricole
sont réduites (les aides à la production du café sont quant à elles supprimées), la libéralisation
du commerce provoque une hausse des importations qui coule la production locale et la
suppression d’importants combinats agricoles font perdre beaucoup d’emplois ruraux. Par
ailleurs, le gouvernement libéralise les flux de capitaux, privatise des entreprises publiques et
abandonne les politiques industrielles et de développement. Les années 1980 sont considérées
comme une « décennie perdue », avec une baisse du revenu par habitant. En 1992, la
Constitution est modifiée de façon à autoriser la vente des terres communales96.
En 2000 Vicente Fox est élu président, mettant fin à 70 ans de domination politique du Parti
révolutionnaire institutionnel (PRI).
En 2006, Felipe Calderón (PAN) est le président du Mexique après avoir recueilli 35,88 % des
suffrages à l’élection présidentielle du 2 juillet 2006 contre 35,31 % pour Andrés Manuel López
Obrador (PRD) et 22,27 % pour Roberto Madrazo (PRI) [réf. nécessaire]. Il engage une guerre contre
les cartels de la drogue qui déstabilise les cartels de la drogue et cause plus de 100 000 morts et
disparus en quelques années.
En juillet 2012, le PRI revient au pouvoir avec la victoire d'Enrique Peña Nieto aux élections
présidentielles. Avec près de 38 % des suffrages, il devance le candidat du PRD Andrés Manuel
López Obrador (31 %), ainsi que la démocrate centriste Josefina Vazquez Mota du Parti d'action
nationale (PAN ; près de 25 %). En juillet 2018, le Mouvement de régénération nationale (Morena)
accède pour la première fois au pouvoir avec l'élection d'Andrés Manuel López Obrador (53 %
des suffrages)97.
Le 5 avril 2024, le Mexique rompt ses relations diplomatiques (es) avec l'Équateur après
l'intrusion policière dans l'ambassade du Mexique à Quito, en Équateur, pour arrêter un ancien
vice-président équatorien, Jorge Glas, condamné à six ans de prison pour corruption, qui y avait
trouvé refuge98,99,100,101.
Politique et administration
Le Mexique est une république fédérale composée de 32 États. Son régime politique est de type
présidentiel. La séparation des trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) est garantie par la
Constitution de 1917.
Pouvoir exécutif
Claudia Sheinbaum.
Le chef de l’exécutif est le président des États-Unis mexicains, élu pour une période de six ans,
non renouvelable, au suffrage universel direct à un seul tour et à la majorité relative. Il n’y a pas
de Premier ministre. Le président nomme et révoque les ministres, le procureur général, les
ambassadeurs et les consuls généraux. En cas de démission ou de décès, le Congrès désigne un
président provisoire, intérimaire ou de substitution selon le cas. Le président peut émettre des
décrets dans le domaine économique et financier grâce aux pouvoirs que lui délègue le
Congrès102,103.
Le 8 août 2024, le président Andrés Manuel López Obrador refuse la demande de l'Ukraine de
détenir Vladimir Poutine s'il défie un mandat d'arrêt international et assister à l'inauguration
présidentielle du Mexique en octobre104.
Depuis le 1er octobre 2024, la présidente du Mexique est Claudia Sheinbaum. Elle est la première
femme à occuper ce poste105.
Pouvoir législatif
Le Sénat : Les sénateurs sont élus tous les 6 ans. Le Sénat compte 128 sénateurs, soit quatre
sénateurs par entité fédérative. En 2000, le Sénat était dominé par le PRI avec 60 sièges, suivi
du PAN avec 46 et enfin 15 pour le PRD. Le reste des sénateurs sont indépendants ou
appartiennent à des partis minoritaires [réf. nécessaire]. À la suite des élections de juillet 2006, le
Sénat a vu le poids du PAN et du PRD s’accroître au détriment du PRI. Le PAN devient donc la
première force politique avec 53 sénateurs, suivi par le PRD avec 37 à égalité avec le PRI.
Néanmoins, le PAN n’a pas la majorité absolue au Sénat [réf. nécessaire].
La Chambre des députés : les députés sont élus au suffrage universel direct tous les 3 ans. La
Chambre compte 500 représentants. Trois cents députés sont désignés par les
circonscriptions électorales et les deux cents autres sont élus au suffrage proportionnel à
travers tout le pays. Les 200 sièges désignés de façon proportionnelle ont été créés pour
permettre aux petits partis d’accéder plus facilement à la Chambre. En 2003, la composition
de la chambre était de 223 sièges pour le PRI, 148 pour le PAN, 97 pour le PRD. Le PAN n’ayant
pas de majorité à la chambre, il ne peut voter une loi sans l’appui des autres partis politiques.
À la suite des élections de juillet 2006, le PRI a perdu des députés au profit du PAN et du
PRD [réf. nécessaire]. Les élections de juillet 2009 ont vu le retour du PRI, qui en obtenant
237 sièges redevient la première force parlementaire du pays, le parti présidentiel PAN recule
avec 143 députés, ainsi que le PRD qui ne conserve que 71 sièges106. À partir de 2019, le
Mouvement de régénération nationale dispose d'une majorité parlementaire. Avec Andrés
Manuel López Obrador à sa tête, ce parti est considéré comme étant de gauche modérée107.
En effet, le PAN était devenu [Quand ?] la première force politique à la Chambre des députés avec
207 sièges, suivi par le PRD avec 160 sièges, et en 3e position par le PRI avec seulement
119 sièges. Néanmoins, le PAN sans majorité absolue à la Chambre des députés a dû obtenir
l’appui de l’opposition pour faire voter une loi [réf. nécessaire]
Depuis 1997, le Congrès joue un plus grand rôle puisque l’opposition obtint plus de sièges grâce
à la désignation de 200 sièges de députés élus à la proportionnelle.
Entités fédératives
Constitutionnellement le
États-Unis d'Amérique
Mexique est composé de 32 Basse
Californie
entités fédératives ayant toutes Sonora
Chihuahua
leur propre constitution108,109,
Coahuila
Basse
dont 31 sont des États ; l'ex Californie
du Sud Nuevo
Distrito Federal (district fédéral), Durango León
Sinaloa Golfe du
Zacatecas Tamaulipas Mexique
devenu « Ciudad de México »,
AG SLP
est la 32e entité fédérative du Nayarit
QU Ciudad Yucatán
Guanajuato de México
Jalisco HD
pays, sans avoir le statut d'État Océan EM TL
Michoacán
Quinta
Pacifique Colima CampecheRoo
MOPB Veracruz
ni celui de ville110. Tabasco (État)
Guerrero
Oaxaca Chiapas
1. Aguascalientes Amérique
centrale
2. Basse-Californie
3. Basse-Californie du Sud
4. Campeche 19. Oaxaca
En 2018, l’élection d’Andrés Manuel López Obrador a contribué à une forte féminisation du
personnel politique. Ainsi, le gouvernement, qui ne comptait que quatre femmes sur trente
membres sous la présidence d’Enrique Peña Nieto, est dorénavant paritaire pour la première fois
au Mexique. D'autre part, la Chambre des députés comporte désormais 241 femmes sur ses
500 membres ; elles étaient 114 dix ans auparavant. Quant à la chambre haute, elle compte
63 femmes et 65 hommes111.
Population et société
Démographie et urbanisme
Population mexicaine
Pendant tout le xixe siècle, la population du Mexique a seulement doublé. Cette tendance
continuera pendant les deux premières décennies du xxe siècle. En 1920, on assiste à une perte
de deux millions d’habitants qui peut s’expliquer par la révolution mexicaine entre 1910 et
1920112.
Le taux de croissance de la population s’est fortement accéléré entre 1930 et 1980, avec des
chiffres supérieurs à 3 %. La population mexicaine doublait tous les vingt ans et à ce rythme on
estimait que le Mexique compterait 120 millions d'habitants en 2000. Le gouvernement fédéral
créa alors le Conseil national de la population (CONAPO), avec pour mission d’établir des
politiques de contrôle de la natalité et réaliser des études sur la population du pays. Ces
mesures furent positives et le taux de croissance de la population baissa jusqu’à 1,6 % sur la
période 1995-2000.
En 2024, avec une population estimée à environ 130 millions d'habitants, le Mexique se classe au
dixième rang mondial des pays les plus peuplés8 : les projections du CONAPO de 2019
évaluaient la population mexicaine à 131 715 027 habitants au début de l'année 2024113, celles
de la CIA à 129 875 529 habitants en 20238, et celles de l'ONU entre environ 128 414 000 et
129 440 000 début 2024114.
L'espérance de vie est passée de 33,9 ans en 1930 à 75,5 ans en 2022115. On estime donc que le
Mexique est rentré dans la dernière phase de transition démographique.
Même si aujourd’hui le Mexique a une population jeune (seulement 5,6 % de la population a plus
de 65 ans), le vieillissement de la population a commencé et s’accélérera dans les prochaines
années116.
Au début du xxe siècle, près de 90 % de la population vivait dans les zones rurales. Lors du
recensement de 1960 la population urbaine devient majoritaire pour la première fois avec 50,6 %
de la population mexicaine vivant dans les villes et grandes agglomérations. Le nombre de
personnes qui habitait dans leur État natal était en 1895 de 96,6 % alors qu’en 1950 plus de 80 %
des Mexicains habitaient dans un autre État que celui où ils sont nés. À travers ces chiffres on
peut se rendre compte du phénomène de développement industriel des moyennes et grandes
agglomérations mexicaines et l’exode rural qui y est lié. Aujourd’hui les Mexicains continuent à
être très mobiles à l’intérieur du pays notamment entre les différentes agglomérations.
Néanmoins, on peut considérer que l’exode rural massif des décennies précédentes fait partie du
passé.
Les entités fédératives qui concentrent la plus grande partie de la population mexicaine sont
Mexico, l'État de Mexico, Jalisco, Nuevo León, Puebla et Veracruz.
L'aire urbaine de Mexico, avec plus de 23,2 millions d'habitants, se classe deuxième au rang
mondial fin 2012, après celle de Tokyo (37,7 millions d'habitants) et devant Séoul (22,6 millions
d'habitants)117. Guadalajara et Monterrey sont respectivement les deuxième et troisième
grandes villes du pays avec chacune plus de trois millions d’habitants.
Groupe Population
Le Mexique, avec environ 128 millions d'habitants en 2020, est le pays hispanophone le plus
peuplé, largement devant l'Espagne, et le troisième pays le plus peuplé du continent américain
après les États-Unis et le Brésil. Au niveau mondial c’est le dixième pays le plus peuplé après la
Chine, l'Inde, les États-Unis, l'Indonésie, le Brésil, le Pakistan, le Nigeria, le Bangladesh et la
Russie.
La population qui parle les langues indigènes (unique critère retenu par l’INEGI pour désigner la
population indigène) passa de 17 % en 1895 à seulement 7 % en 2000. Néanmoins en nombre
absolu elle a crû en passant d'un million en 1895 à sept millions en 2000. Les spécialistes119
s'accordent pour dire qu’il y a plutôt 12,7 millions d’indigènes qui parlent ou non une langue
indigène au Mexique. Jusqu'en 1980, les populations indigènes émigraient en direction des
métropoles régionales proches de leur lieu de naissance, mais, à partir des années 1990,
l'émigration indigène se fit massivement en direction des États-Unis. Les salaires plus élevés aux
États-Unis alimentaient inlassablement le flux de l'émigration. Les États-Unis ont entrepris de
renforcer leur frontière avec le Mexique et des murs sur la frontière ont été installés en différents
endroits à partir de 1996.
Les États-Unis sont le pays où vivent le plus de Mexicains après le Mexique. Il se dit que Los
Angeles, la plus grande ville de Californie est aussi la deuxième ville mexicaine pour ce qui est de
la population car le nombre d'immigrés et de descendants de Mexicains dépasse largement les
quatre millions de personnes qui vivent à Guadalajara [réf. nécessaire] plus grande ville du Mexique.
La présence des Mexicains de l’autre côté du Río Grande commence lors de l’annexion par les
États-Unis d’immenses territoires mexicains. Ainsi un certain nombre de Mexicains se trouvèrent
de facto en territoire américain mais gardèrent leurs coutumes et leur langue. L’État du Nouveau-
Mexique illustre bien cela. À ce nombre, il faut ajouter le nombre important de braceros qui
partirent vivre aux États-Unis, parfois temporairement grâce à un accord laboral entre les
gouvernements de Washington et de Mexico. Les dernières crises économiques du Mexique ont
favorisé l’émigration vers le nord et on estime qu’au début du xxie siècle près de 38 millions de
Mexicains ou descendants de Mexicains vivent aux États-Unis. La grande partie de ceux-ci se
situe en Californie, au Texas et au Nouveau-Mexique. On compte aussi de nombreux citoyens
mexicains dans l'Union européenne, surtout en Espagne et en Allemagne. La Suisse compte de
nombreux binationaux qui occupent souvent des postes de haute qualification professionnelle.
Langues
Langue Pers.
La Loi générale des droits linguistiques des peuples autochtones de 2003 concède le statut de
« langue nationale » à l'espagnol et aux langues autochtones. Même s'il n'existe pas de
déclaration constitutionnelle qui fasse de l'espagnol la langue officielle, c'est celle-ci qui est
utilisée pour tous les documents officiels et est parlée par plus de 99 % des Mexicains. Selon le
recensement de 2015 au Mexique, les langues autochtones sont parlées par
7 382 785 personnes de 3 ans et plus, soit plus de 6 % des Mexicains ; parmi ceux-ci, 12,32 % ne
parlent pas l'espagnol121, soit moins de 1 % de la population totale. Aussi, avec les échanges très
importants avec les États-Unis, environ 5 % des Mexicains parleraient couramment l'Anglais en
seconde, ou troisième langue.
Le nahuatl avec plus de 1,7 million de personnes. Cette langue est principalement parlée dans
le centre du Mexique. Elle était utilisée au sein de l'empire aztèque.
Le maya (yucatèque) avec plus de 800 000 personnes. Il est parlé dans la péninsule du
Yucatán.
D'autres langues mayas sont également parlées : le tzotzil, le tseltal et le ch'ol avec quelques
centaines de milliers de locuteurs chacune, essentiellement dans le Chiapas. Ces langues sont
apparentées aux différents dialectes du maya classique oriental que l'on retrouve sur les
monuments et codex de la civilisation maya.
L'origine des langues autochtones remonte à plus de cinq millénaires. De l'époque dite classique
(entre 300 et 800 ap. J.-C.) à la conquête espagnole, certaines de ces langues (en particulier le
maya classique oriental et le nahuatl) furent écrites sur des bâtiments, de la poterie et des
codex, grâce à un système d'écriture hiéroglyphique. Ces langues ont eu une grande importance
tout au long de l'histoire et la culture mexicaine. Ainsi, le nom du pays pourrait trouver son
origine dans la langue nahuatl.
cenote, un puits naturel des massifs calcaires (du maya dz'onot, passé en français) ;
Les mennonites des États de Chihuahua, Zacatecas et Durango parlent encore le bas saxon. Ils
sont 75 000 si l'on y ajoute ceux des communautés de Tamaulipas et de Campeche.
Religion
Religion Pourcentage
Catholicisme 81 %
Protestantisme 9%
Sans religion 7%
Autres 3%
Le Mexique est un pays laïque. Les Mexicains sont très majoritairement catholiques.
La politique anticléricale, due à la Constitution de 1917, a pris fin en 1991 avec l’adoption
d’amendements constitutionnels qui accordent un statut légal aux institutions religieuses et
autorisent notamment l’organisation d’écoles paroissiales.
Éducation
Le Mexique a fait d’importants progrès au niveau éducatif ces deux dernières décennies. En
2004, le taux d’alphabétisation était de 92,2 % et celui des jeunes de 15-24 ans de 96 %.
L’enseignement primaire et secondaire (9 ans) est gratuit et obligatoire. Même si plusieurs
programmes d’éducation bilingue existent depuis les années 1960 pour les communautés
indigènes, c’est depuis la réforme constitutionnelle à la fin des années 1990 qui permet
véritablement leur essor avec des manuels scolaires écrits dans une douzaine de langues
indigènes. [réf. nécessaire] Aujourd’hui la grande majorité des indigènes sont bilingues (12 % des
hommes et près de 21 % des femmes ne parlant pas espagnol en 2005)129.
En 1970, le Mexique fut le deuxième pays au monde (après l'Australie) à mettre en place un
système d’enseignement à distance. Les écoles qui utilisent ce système sont appelées
télécollèges. La diffusion de ce système s’étend aussi à certains pays d’Amérique centrale, à la
Colombie et même à certains États du Sud des États-Unis.
Les trois universités publiques mexicaines les plus connues sont l’université nationale autonome
du Mexique (UNAM) fondée en 1551, l'université autonome métropolitaine (UAM) et l’Institut
polytechnique national (IPN) qui ont un grand prestige dans toute l’Amérique latine. Les quatre
principales universités privées de reconnaissance internationale sont l’Institut technologique
d’études supérieures de Monterrey (ITESM) qui est souvent désigné comme le TEC de Monterrey,
l’Institut technologique autonome de Mexico (ITAM), l’université Anáhuac (ANAHUAC) et son
réseau d'universités affiliées (Espagne, Italie, et Chili) et l'université ibéro-américaine. Ces
universités ont connu une croissance importante et ont su nouer des partenariats avec des
universités étrangères prestigieuses.
Système de santé
L'Institut mexicain de sécurité sociale (es) qui est l'organe étatique chargé de la santé publique
est particulièrement affecté par la corruption et le sous-investissement. La crise sanitaire
provoquée par la pandémie de Covid-19 en 2020 a mis en exergue ces problèmes. Le
gouvernement mexicain reconnait un « désastre », faisant état de graves irrégularités dans l’achat
de fournitures et de médicaments, des professionnels sans formation adéquate, de nouveaux
hôpitaux jamais achevés, des patients abandonnés à la mort faute de soins. Devant l’urgence,
des hôpitaux militaires ont été réquisitionnés, tandis que les autorités ont fait appel à des
médecins cubains pour assurer le fonctionnement de certaines unités de soins intensifs dans
les zones les plus touchées130.
Dans les régions concernées par les séismes de 2017, des hôpitaux sont restés en ruine, les
budgets alloués à leur reconstruction s'étant évaporés. Au début du mois de mars 2020, le
président Andrés Manuel López Obrador, en fonction depuis décembre 2018, a lancé de graves
accusations contre ses prédécesseurs, en évoquant « des politiciens qui vendaient des
médicaments ou protégeaient les distributeurs », multipliant par dix le prix de certains
produits130.
Le système d’achat public de médicaments a été réorganisé en 2019 et les accords avec les
fournisseurs suspectés de corruption suspendus, mais ces mesures ont favorisé des pénuries
de traitements vitaux, certains distributeurs jouant la carte du boycott. Le système de santé a par
ailleurs connu une privatisation rampante : l’investissement privé dans le secteur de la santé
s’est envolé, tandis que le Mexique consacre à présent moins de 6 % de son PIB aux dépenses
de santé. Pour Hugo López-Gatell Ramírez, responsable de la lutte contre le Covid-19, «
contrairement à ce que suggérait l’optimisme des administrations précédentes, notre système a
accumulé au cours des trois ou quatre dernières décennies un énorme retard sur des aspects
fondamentaux pour garantir le droit à la protection de la santé »130.
L’avortement est interdit dans la plupart des États du Mexique, hormis à Mexico depuis 2007 et
dans l’État de Oaxaca depuis 2019. Ailleurs, une femme qui avorte peut risquer plusieurs années
de prison131. Les femmes vivant dans des états où l'avortement est criminalisé peuvent avoir
recours à un juge afin que leur demande soit réexaminée. Le juge peut donner l'ordre que
l'avortement soit pratiqué132.
Forces armées
Les effectifs totaux des forces armées sont estimés en 2008 à 192 000 hommes et femmes :
Les forces armées dépendent du Secrétaire de la défense nationale pour les armées de terre et
de l'air, La marine dépendant elle du secrétaire de la marine.
Criminalité
Le Mexique compte parmi les pays ayant un taux d'homicides volontaires les plus élevés du
monde134. En 2017, le pays est considéré comme le deuxième pays le plus meurtrier au monde
par l'International Institute for Strategic Studies (IISS), avec 23 000 meurtres commis pendant
l'année 2016135. Les enlèvements n'ont cessé d'augmenter depuis les années 1980136
(1 583 enlèvements recensés par le gouvernement en 2013137). Chaque jour, 1 200 Mexicaines
sont agressées et sept sont assassinées138.
L'histoire du crime organisé remonte à la fin des années 1960. Pendant la guerre du Vietnam, le
Mexique est devenu le premier fournisseur de l'armée américaine pour les substances tirées de
l'opium et utilisées en pharmacie. Cette situation a ouvert la voie à la naissance aux États-Unis
d'un marché clandestin de la drogue. Dans les années 1980-1990, les cartels de Colombie ont
donné un rôle important au Mexique, devenu la route empruntée le plus souvent pour envoyer la
drogue aux États-Unis. Peu à peu, les cartels mexicains ont pris leur indépendance des gangs
colombiens et sont devenus particulièrement puissants139.
La lutte contre les activités des narcotrafiquants constitue une préoccupation majeure au
Mexique. Le président Felipe Calderón, au pouvoir entre 2006 et 2012, avait décidé d'engager les
forces militaires dans le combat contre les cartels de la drogue et a défini le combat contre ces
gangs comme l'une des priorités de son administration. Cependant, le bilan de Calderón a été
mitigé. Entre 2007 et 2011, les violences liées aux narco-trafiquants ont fait plus de
55 000 morts au Mexique140, notamment dans les villes du nord du pays. L'Institut national de
statistiques et géographie avance des chiffres bien plus élevés en 2012 : 27 199 homicides ont
été enregistrés en 2011 et pour les années 2007-2011, le total s'élèverait à 95 632
assassinats141. En 2019, le nombre de morts dues à la décision en 2006 de Felipe Calderón de
« militariser » la réponse des autorités s'élève à plus de 230 000 morts, sans compter les
dizaines de milliers de disparus139.
La ville de Ciudad Juárez, après être devenue la capitale mondiale du crime, a enregistré en 2011
une baisse de près de 60 % de son nombre d'homicides148. Malgré ces efforts, le Mexique a
connu selon l'IISS une augmentation de 11 % des homicides entre 2015 et 2016135. Selon les
chiffres officiels, l'année 2017 est la plus meurtrière en deux décennies avec
28 711 homicides149. Selon des statistiques portant sur l'année 2017, 75 % des homicides au
Mexique seraient imputables au crime organisé150.
Certains experts estiment que « l'économie mexicaine a besoin de l'argent [que génère] la
drogue ». Selon Ricardo Ravelo, les parrains mafieux et les grands barons contrôleraient plus de
70 % des 2 200 villes du pays140. En réalité, s'il est vrai que certains cartels disposent d'une
influence sur le pouvoir politique, les chiffres révèlent que la situation n'est pas aussi
simpliste151. Les chiffres montrent ainsi que l’activité mafieuse ne pèse pas très lourd sur le
dynamisme économique du Mexique, pesant à peine 2 % du PIB du pays. Le plus grand pays
hispanophone de la planète dispose en effet de bien d'autres atouts pour être indépendant des
simples revenus du trafic. L'économie du Mexique est la quatorzième plus importante de la
planète : le pays est premier producteur mondial d’argent, le septième de pétrole, le quatrième de
gaz, le dixième d’or et est classé parmi les plus grands producteurs mondiaux de l'alimentaire
(café, sucre, maïs, etc.).
Le Mexique enregistre 33 341 assassinats en 2018, soit un nouveau record. Cette augmentation
du nombre d'assassinats est due à des politiques sécuritaires défaillantes et des inégalités
croissantes152. Ce record est à nouveau battu en 2019 avec 35 588 homicides dont 1 006
« féminicides ». De plus, près de 5 000 personnes ont disparu au Mexique en 2019 et n'ont pas
été retrouvées153.
Prévu pour 170 000 détenus, le système pénitentiaire mexicain en accueille près de 210 000 en
2020. Au total, 63 % des prisons ne respectent pas les normes d’hygiène, selon la Commission
mexicaine des droits de l’homme154.
En juillet 2021, le président Andrés Manuel López Obrador alloue 50 milliards de pesos (environ
2,5 milliards de dollars américains) de crédits supplémentaires à la Garde nationale du
Mexique155.
En 44 mois de gouvernement Obrador, le nombre total des morts violentes s'élève à 127 162,
dont 3 612 féminicides, le bilan étant de 2 670 pour le mois de juin 2022 et de 2 679 pour juillet
2022. Malgré cela, il s'agit du mois de juillet le moins violent des cinq dernières années156. En
mars 2021, le chef du commandement nord des États-Unis, Glen VanHerck, estime que 30 à 35 %
du territoire mexicain sont contrôlés par les cartels157.
Économie
Agrégats macroéconomiques
Article connexe : Liste des pays par PIB nominal par habitant.
PIB 2012 (prix et PPA courant) : 1 788 milliards de dollars mesuré en parité de pouvoir
d'achat158 (estimation) ;
La corruption représente un défi majeur pour l’économie mexicaine : d'après des études de la
Banque mondiale, la corruption politique et économique pourrait représenter 9% du PIB161.
Quelque 60 % des actifs travaillent dans l'économie informelle, et 15 % aux États-Unis. Ces
derniers absorbent 80 % des exportations mexicaines, ce qui place le pays latino-américain dans
une situation de dépendance extrême qui le contraint bien souvent à accepter les exigences de
Washington162.
Pétrole : les champs pétrolifères se situent principalement dans les États de Veracruz, de
[Quand ?]
Tabasco, de Chiapas et de Campeche (70 % de l’exploitation nationale ). Depuis le
gouvernement du président Lázaro Cárdenas qui décida la nationalisation du pétrole (1938), la
compagnie d’État Pemex a le monopole de l’exploitation, production, transport et
commercialisation du pétrole sur le territoire mexicain. Le Mexique est le 13e producteur
mondial de pétrole et le 12e exportateur en 2020. La quasi-totalité des exportations de pétrole
mexicain se font en direction des États-Unis dont il est le troisième fournisseur.
Le pétrole offshore dans le golfe du Mexique est exploité depuis 1975. En 2004, les deux
Régions Marines produisent 82 % de la production totale des hydrocarbures au Mexique, soit
2.5 millions de barils par jour163.
Même si le pétrole ne représente aujourd’hui [Quand ?] qu’une partie des exportations mexicaines,
les ressources financières dégagées par Pemex financent 30 % du budget de l’État. Cette
situation a permis aux Mexicains de bénéficier d’une certaine clémence fiscale. En effet, le
Mexique est le pays de l’OCDE et de toute l’Amérique latine dont le ratio recette fiscale / PIB est
le plus faible (entre 15 et 17 % contre une moyenne de 30 % pour les pays de l’OCDE)
[réf. nécessaire]
.
Secteur primaire
Barils de tequila.
Agriculture : caractérisée par une faible productivité, elle a dû s’adapter à la forte concurrence
induite par l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) signé avec les États-Unis et le
Canada. Le pays a développé des filières agricoles notamment dans les avocats [réf. nécessaire].
Les principales exportations (chiffres de 2009 en millions de dollars) sont : tomates (896),
piments (515), bovins (455), crevettes (355), courgettes et concombres (293), melons,
pastèques et papayes (282)164.
Mines : le Mexique produit de nombreux métaux, principalement de l’argent, dont il est en 2014
le premier producteur mondial165.
Secteur secondaire
Industrie lourde : dans des secteurs comme le ciment, le verre et l’acier. Le Mexique compte de
nombreux groupes dont quelques-uns ont une dimension internationale : Cemex, Vitro, Grupo
Alfa, Metalsa, Tamsa.
Bière : le Mexique compte une importante industrie de la bière avec des marques connues
telles que Bohemia166, Corona, Sol, Tecate, Superior, ou Dos Equis167. Deux groupes principaux
se partagent le marché : Grupo Modelo et Cervecería Cuauhtémoc Moctezuma, mais il existe
d'autres brasseries moins importantes, ainsi que de nombreuses brasseries artisanales.
Production automobile : le Mexique compte une unique marque nationale, Mastretta, qui
produit en petite série une voiture de sport168. Le pays est néanmoins le huitième producteur
mondial à fin 2011169,170 (voitures, véhicules utilitaires, camions, bus, etc., confondus) et
quatrième exportateur mondial en 2012171. En effet, le Mexique attire les grands groupes
comme Ford, General Motors, Volkswagen, Nissan, Daimler Chrysler, Fiat, Renault, Toyota, et
bientôt Honda et Mazda171, grâce à sa main d'œuvre bon marché170, sa proximité
géographique avec les États-Unis (64 % des exportations170) et le Canada (7 %170) et l'Accord
de libre-échange nord-américain (NAFTA). En 2004 le secteur employait environ
600 000 personnes.
Secteur tertiaire
Le secteur tertiaire représente 69,5 % du PIB et emploie 58 % de la population active [réf. nécessaire].
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2020). [Développer]
En janvier 1994, le Mexique, le Canada et les États-Unis signent l’Accord de libre échange
d’Amérique du Nord (ALENA) créant ainsi la plus vaste zone de libre-échange du monde. L’ALENA
a fortement transformé le Mexique qui passa d’une politique économique marquée par son fort
protectionnisme à une politique économique basée sur le libre-échange et l’insertion dans
l’économie mondiale. L’année même de la mise en application de l’ALENA, le Mexique connut une
grave crise économique marquée par une forte dévaluation du peso. Les raisons de cette crises
sont multiples : adaptation imposée du tissu économique à ce nouvel environnement
économique, politique monétaire.
Depuis 1994, l'économie mexicaine s’est remise de la crise économique. Les exportations ont
connu une croissance très importante, notamment en direction des États-Unis et du Canada. Les
maquiladoras ou zones franches sont un des éléments importants de ce succès. Aujourd’hui, le
Mexique représente 50 % des importations et exportations d’Amérique latine et est devenu la
8e puissance commerciale du monde. Le PIB mexicain en valeur est le plus élevé d’Amérique
latine, devant le Brésil et l’Argentine et la 11e puissance économique selon ce même critère. Les
cinq principaux pays investisseurs au Mexique sont par ordre décroissant les États-Unis,
l'Espagne, le Canada, les Pays-Bas et la Suisse.
En 2000, le Mexique connut sa première alternance politique depuis plus de 70 ans avec l’arrivée
au pouvoir de Vicente Fox. Ce dernier continua la politique économique de ses prédécesseurs
avec une politique budgétaire et monétaire rigoureuse. L’inflation a fortement baissé et les
finances publiques ont été fortement améliorées notamment grâce à la hausse du prix du pétrole
dont le Mexique est le 5e exportateur mondial [réf. nécessaire]. La dette publique ne représente plus
aujourd’hui que 23,5 % du PIB et la dette extérieure mexicaine a été classée par Standard &
Poor’s BBB soit le niveau le plus haut jamais atteint par le Mexique et la meilleure notation des
grandes économies d’Amérique latine.
Afin de diversifier les débouchés des exportations mexicaines (dont plus de 80 % sont faites
avec les États-Unis et le Canada), le Mexique a signé un grand nombre de traités de libre-
échange, notamment avec l’Union européenne, le Japon, Israël. Il existe aussi un traité de libre-
échange avec les pays de l'AELE entré en vigueur en 2001.
Entre 2001 et 2003, le Mexique connut une croissance économique médiocre (-0,3 % en 2001,
+0,9 % en 2002 et +1,4 % en 2003). En effet, la Chine est devenue une concurrente importante du
Mexique, le salaire dans les ateliers chinois étant en moyenne quatre fois moins élevé qu’au
Mexique. Le Mexique doit donc adapter son modèle économique à cette nouvelle situation
internationale, notamment à travers des réformes structurelles qui se font très lentement.
Depuis 2004, la croissance économique s’est fortement accélérée : +4,3 % en 2004 et +3,8 % en
2005 (estimations), de nombreuses entreprises revenant au Mexique après être parties en Asie.
Néanmoins, pour que cette reprise puisse être durable et que le Mexique puisse remplir les
objectifs du millénaire dans la lutte contre la pauvreté qui touche encore 40 % de la population,
d’importantes réformes structurelles doivent être entreprises.
Las remesas, ces remises ou transferts de fonds de la part des émigrés mexicains pour leurs
familles qui sont restées au Mexique ont représenté en 2005 un record de plus de 20 milliards de
dollars. Cela est l’équivalent de la moitié de la valeur des exportations pétrolières du pays, qui
représentent à leur tour moins de 10 % des exportations totales de biens, au contraire des
décennies précédentes où les exportations pétrolières prévalaient dans la balance courante.
Cette formidable manne est supérieure aux investissements étrangers au Mexique et permet
d’améliorer la situation économique de nombreuses familles rurales.
La corruption représente un défi majeur pour l’économie mexicaine : d'après des études de la
Banque mondiale, la corruption politique et économique pourrait représenter 9 % du PIB174. En
dépit de l’augmentation du PIB (2,1 % en moyenne entre 2012 et 2014), les revenus des ménages
ont baissé de 3,5 % au cours de cette période. Une grande partie des richesses produites étant
captées par les grandes fortunes. Selon l’organisation Oxfam, les quatre plus grandes fortunes
représentent en 2017 9,5 % du PIB mexicain, contre 2 % en 2002174.
Le 27 août 2018, un nouvel accord commercial est signé entre le Mexique et les États-Unis,
remplaçant l'ALENA175.
Tourisme
Le tourisme au Mexique est une activité importante, aussi bien pour les Mexicains qui
choisissent d'y passer leurs vacances, que pour les étrangers qui viennent y faire un séjour. Le
Mexique est un pays de hauts plateaux enserrés entre deux chaînes montagneuses (Sierra
Madre occidentale et orientale) qui s’abaissent vers d’étroites plaines côtières à l’est et à l’ouest.
Ces deux chaînes de montagnes se rejoignent au sud-est du pays où elles forment la Sierra
Madre du sud. Au nord-ouest, la Basse-Californie est une longue et étroite péninsule qui s’étend
sur 1 225 km et prolonge la Sierra Nevada américaine.
Paysage mexicain.
Culture
Patrimoine mondial
Guanajuato centre
historique et mines.
La peinture est l'un des arts les plus anciens du Mexique. La peinture rupestre du territoire
mexicain date d'environ 7 500 ans et a été découverte dans les grottes de la péninsule de Basse-
Californie. Le Mexique précolombien est présent dans les bâtiments et les grottes, dans les
codex aztèques, dans les céramiques, dans les vêtements, etc. ; des exemples en sont les
peintures murales mayas de Bonampak, ou celles de Teotihuacán,de Cacaxtla et de Monte
Albán. La peinture murale sur des thèmes religieux chrétiens a connu un essor important au
cours du xvie siècle, au début de l'ère coloniale, dans les églises et les monastères nouvellement
construits. Des exemples peuvent être trouvés à Acolman, Actopan, Huejotzingo et
Zinacantepec.
Comme la plupart des œuvres d’art du début de l’ère moderne en Occident, l’art mexicain de
l’époque coloniale était religieux aux XVIe et xviie siècles. À partir de la fin du xviie siècle et
surtout au XVIIIe siècle, des portraits profanes et des images de types raciaux, appelés peintures
de castes, sont apparus176. Les peintres importants de la fin de la période coloniale étaient Juan
Correa (es), Cristóbal de Villalpando et Miguel Cabrera. Au Mexique, au début de l’après-
indépendance, la peinture du xixe siècle avait une influence romantique marquée ; les paysages
et les portraits étaient les plus grandes expressions de cette époque. Hermenegildo Bustos (es)
est l'un des peintres les plus appréciés de l'historiographie de l'art mexicain. D'autres peintres
incluent Santiago Rebull, Félix Parra (es), Eugenio Landesio et son élève réputé, le paysagiste
José María Velasco177.
Au xxie siècle, Mexico est devenue le siège de la plus grande concentration de musées d’art au
monde. Des institutions comme le musée Jumex, la plus grande collection du genre, fondée par
le collectionneur Eugenio López Alonso et soutenue par la conseillère artistique Esthella Provas,
ont changé la notion d'art contemporain en Amérique latine180,181. Le musée d’art contemporain
Tamayo fondé par Rufino Tamayo est également considéré comme une institution prééminente
et a présenté des artistes étrangers à une population plus large182. Le pays est également un
épicentre de galeries d'art internationales, notamment Kurimanzutto (es) et FF Projects
(en)183,184, et d'artistes de premier plan, dont Gabriel Orozco, Bosco Sodi, Stefan Brüggemann et
Mario García Torres.
Architecture
L'urbanisme a connu un grand développement dans les cultures précolombiennes, où l'on peut
observer l'ampleur des villes de Teotihuacán, Tula et Tenochtitlan. Dans l'urbanisme
environnemental, les villes mayas se distinguent par leur intégration dans la monumentalité de
leurs bâtiments avec l'épaisseur de la jungle et les réseaux complexes de routes appelés sakbés.
Avec l’arrivée des Espagnols, des théories architecturales d’ordre gréco-latin aux influences
arabes furent introduites. En raison du processus d'évangélisation, lors de la construction des
premiers temples et couvents monastiques, leurs propres modèles furent projetés, comme les
monastères mendiants, uniques en termes d'architecture. L'interaction entre les espagnols et les
indigènes a donné naissance à des styles artistiques tels que le soi-disant tequitqui (du nahuatl :
ouvrier ou constructeur). Des années plus tard, le Baroque et le Maniérisme prédominaient dans
les grandes cathédrales et les édifices civils, tandis que dans les zones rurales, des haciendas ou
des domaines seigneuriaux à tendance mozarabe étaient construits.
Cinéma
Fernando de Fuentes fut un pionnier du cinéma parlant et réalisa trois des plus grands
classiques du cinéma mexicain : El compadre Mendoza (1934), Vámonos con Pancho Villa (1936)
et Allá en el Rancho Grande (1936). Lupita Tovar se fera remarquer dans le film Drácula en 1931.
Le cinéma mexicain est marqué, dans les années 1950 et 1960, par le réalisateur Ismael
Rodriguez, surnommé le « cinéaste du peuple mexicain », et par ses acteurs fétiches María Félix,
Pedro Infante et Luis Aguilar, ainsi que par les films du réalisateur espagnol Luis Buñuel avec son
acteur favori Claudio Brook.
Depuis les années 1990, le cinéma mexicain est représenté par des réalisateurs reconnus
internationalement comme Alejandro González Iñárritu (Birdman, The Revenant), Alfonso Cuarón
(Gravity, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban) ou Guillermo del Toro (La Forme de l'eau, Pacific
Rim).
Sport
Les sports dans lesquels les Mexicains connaissant un relatif succès international sont la boxe
et le football. Ce sont les sports les plus populaires du pays.
Le Mexique a accueilli les Jeux olympiques d'été de 1968, ainsi que deux coupes du monde de
football, en 1970 et en 1986.
Le sport national est un sport équestre appelé « charrería », mais le plus populaire est le football,
[réf. nécessaire]
juste après vient le baseball sur la côte atlantique [réf. nécessaire]. Les principales
équipes de football sont Tigres UANL, Club América, Club de Fútbol Monterrey, Club Deportivo
Guadalajara, Cruz Azul Fútbol Club, Club Universidad Nacional, Club de Fútbol Atlas et Deportivo
Toluca Fútbol Club.
Gastronomie
La cuisine mexicaine a été mise en 2010 sur la liste représentative du patrimoine culturel
immatériel. Celle-ci est en fait constituée par une multitude de cuisines régionales qui sont très
riches en subtilité et raffinement, très variées, et qui utilisent un grand nombre d’ingrédients.
Son origine date de la conquête espagnole, même si elle a de nombreuses influences indigènes.
D’un côté, le maïs, les piments, les haricots noirs, les courges, l’avocat, la patate douce, les
tomates, le cacao, la vanille, la dinde et de nombreux fruits et condiments originaires du nouveau
monde. De l’autre côté, les Espagnols introduisirent les viandes des animaux domestiqués dans
l’ancien monde tels que le porc, le bœuf et le poulet, mais aussi le poivre en grains, le sucre, le
lait et ses dérivés, le blé, et le riz, les agrumes et une multitude d’ingrédients qui forment
aujourd’hui une part importante de l’alimentation des Mexicains. De cette fusion naissent le
guacamole, le pozole, le mole et les tamales dans leurs formes actuelles, le chocolat, un grand
répertoire de grignotages mexicains (antojitos).
La nixtamalisation du maïs et le broyage sur molcajete (mortier traditionnel) et metate ont fait
place à des procédés industriels modernes. L'atole est à base de Maïzena et sa variante, le
champurrado, qui lui est un atole à base de maïs ne sont pas des boissons mais se consomment
au petit-déjeuner et le soir. On trouve des boissons alcoolisées régionales telles que le rompope.
Il existe une confiture de lait de chèvre, la cajeta. Les flans à la vanille et au caramel y sont très
populaires.
Le Mexique produit de nombreux spiritueux dont la tequila faite à partir de la distillation de
l’agave bleue. 50 % de la production de tequila est exporté vers les États-Unis. La tequila possède
une AOC et ne peut provenir que d’une région formée de 181 communes réparties sur cinq États
(dont 125 dans l’État de Jalisco)185.
Les mexicains sont en 2012 les plus gros consommateurs d'œufs (consommés principalement
au petit-déjeuner) par personne au monde186.
Musique
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (septembre 2016). [Développer]
[Quoi ?]
Le terme de mariachi désigne tout à la fois un type de formation musicale originaire du Mexique,
puis le style de musique associé, et une culture musicale. Un groupe de mariachis est constitué
d'au moins deux violons, deux trompettes, un joueur de guitare espagnole, un vihuela et d’un
guitarrón. Certaines formations comportent plusieurs dizaines de musiciens. Les mariachis sont
originaires de l’État de Jalisco.
De nombreux groupes ou musiciens américains ont été influencés par la musique mexicaine :
Flaco Jimenez, Los Lobos…
Des styles musicaux et danses populaires sont la banda (Nord) et la salsa (reste du pays).
Chaque région possède sa musique au même titre que sa cuisine et son artisanat.
Cinq d'entre elles se distinguent par la richesse et la variété de leur répertoire populaire :
Le son de tierra caliente (terre chaude), du Michoacán, est le précurseur du son jalisciense.
Rythme, instrumentation et thèmes sont semblables. Le Jalisco et le Michoacán, contigus, ne
formaient sans doute qu'un même ensemble culturel. L'élément caractéristique de beaucoup
de ces « sones » est constitué par une grande harpe rustique dont la caisse de résonance sert
de tambour, ce qui donne un accompagnement rythmé et fort aux lignes mélodiques des
violons, vihuelas et guitarras de golpe.
Le son guerrerense se distingue des autres « sones » par l'adjonctionragés au large des côtes
du Guerrero. Ces chants, variantes du « son », portent le nom de chilenas. Le gusto, autre
variante, est caractéristique de la région côtière où, lors des fiestas, les danseurs frappent en
cadence le sol d'une estrade surélevée, ou artesa.
Le son jarocho, originaire de la côte de Veracruz est la plus riche, la plus répandue de toutes
les formes de musique populaire mexicaine. Le mélange de sang africain des habitants de
cette région transparaît dans ses rythmes complexes d'origine espagnole. Les poètes du son
jarocho sont avant tout des improvisateurs et de nouveaux couplets modernisent sans cesse
les chansons traditionnelles.
Le son huasteco et la danse régionale appelée huapango dérivent du fandango espagnol. Les
rythmes vifs de la jarana et la huapanguera à huit cordes accompagnent un zapateado rapide,
dansé sur une plateforme de bois surélevée qui résonne comme un tambour sous les pieds
des danseurs187.
Médias
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Comment faire ?
Heraclio Bernal (es) (1855-1888), surnommé « El Rayo de Sinaloa », bandit social et précurseur
de la révolution de 1910, sujet de films, novelas et de corridos.
Ramiro Gamboa (es) (1917-1992), connu pour son célèbre personnage de Tío Gamboín,
présentateur de radio et de télévision.
Luis Miramontes (1925-2004), chimiste connu pour son apport à la conception de la première
pilule contraceptive.
Andrés Manuel del Río (1764-1849), chimiste et géologue qui découvrit l'élément chimique
vanadium.
Frida Kahlo (1907-1954), peintre dont la maison est toujours visible à Coyoacán.
José Joaquín Fernández de Lizardi (1776–1827), écrivain et journaliste politique, mieux connu
comme l'auteur de El Periquillo Sarniento (1816), réputé pour être le premier roman écrit et
publié en Amérique latine.
Manuel Payno (es) (1820-1894), écrivain, journaliste, homme politique et diplomate mexicain.
José Alfredo Jiménez (1926-1973), chanteur et compositeur de plus d'un millier de chansons
populaires pour la plupart interprétées par le Mariachi Vargas de Tecalitlán.
María Félix (María de los Angeles Félix Güareña) (1914-2002), surnommée « La Doña », actrice
de cinéma.
Katy Jurado (María Estela Marcela Jurado García) (1924-2002), actrice de cinéma, joua dans
de très nombreux westerns devenus des classiques du genre.
El Santo, dit aussi « El enmascarado de Plata » (1917-1984), de son vrai nom Rodolfo Guzmán
Huerta, héros populaire et catcheur célèbre.
Chucho el Roto (es) (1858-1894), de son vrai nom Jesús Arriaga, légendaire bandit, le « Robin
des Bois mexicain ».
Luis Miguel (1970-), chanteur surnommé El Sol de México (« Le soleil du Mexique »).
Canelo Álvarez (1990-), de son vrai nom Santos Saúl Álvarez Barragán, dit El Canelo, est un
boxeur mexicain plusieurs fois champion du monde WBC, WBA, WBO et IBF.
25 décembre : Noël
Autres fêtes
22 avril: Jour de la Municipalité (Día del Municipio) jour choisi en mémoire de la fondation par
Hernán Cortés le 22 avril 1519 de la ville de Veracruz188.
5 mai : Jour de la victoire de Puebla (les Mexicains célèbrent la victoire contre les troupes
françaises à Puebla de los Angeles le 5 mai 1862)
Bibliographie
Encyclopédies
Ouvrages généraux
(es) Atlántida Coll-Hurtado, Nuevo atlas nacional de México, Mexico, Universidad Nacional
Autónoma de México, Instituto de Geografía, 1990, 430 p. (ISBN 978-970- 32-5047-9)
Géographie
(es) Atlántida Coll de Hurtado, México, una visión geográfica, Plaza y Valdes, 2000, 137 p.
(ISBN 9683680909)
(es) Teresa Ayllón Torres, México: sus recursos naturales y su población, Mexico, Limusa, 1990.
(es) Daniel Cosío Villegas (dir.), Historia General de México, El Colegio de México, 1981.
(es) Daniel Cosío Villegas, Historia Moderna de México, Mexico, Hermes, 1973-1984.
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Histoire
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