25 octobre 2016 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 1 sur 116
LOIS
LOI no 2016-1428 du 24 octobre 2016
relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils (1)
NOR : DEVX1614320L
L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article 1er
L’article L. 6111-1 du code des transports est ainsi modifié :
1o Au début, est ajoutée la mention : « I. – » ;
2o Sont ajoutés des II et III ainsi rédigés :
« II. – Par dérogation au I, les aéronefs circulant sans personne à bord et opérés par un télépilote au sens de
l’article L. 6214-1, dont la masse n’excède pas 25 kilogrammes, ne sont pas soumis à l’obligation
d’immatriculation.
« Les aéronefs circulant sans personne à bord et opérés par un télépilote au sens du même article L. 6214-1 sont
soumis à un régime d’enregistrement par voie électronique si leur masse est supérieure ou égale à un seuil fixé par
voie réglementaire, qui ne peut être supérieur à 800 grammes.
« Les modalités d’application du présent II, à l’exception de la définition du seuil mentionné au deuxième alinéa,
sont fixées par décret en Conseil d’Etat.
« III. – Par dérogation au I, certains aéronefs non mentionnés au II sont exemptés de l’obligation
d’immatriculation en raison de leurs caractéristiques particulières. La liste des catégories de ces aéronefs et les
modalités d’application du présent III sont fixées par décret en Conseil d’Etat. »
Article 2
er
Le titre I du livre II de la sixième partie du code des transports est complété par un chapitre IV ainsi rédigé :
« CHAPITRE IV
« Règles relatives à la circulation des aéronefs
opérés sans personne à bord
« Art. L. 6214-1. – Le télépilote est la personne qui contrôle manuellement les évolutions d’un aéronef
circulant sans personne à bord ou, dans le cas d’un vol automatique, la personne qui est en mesure à tout moment
d’intervenir sur sa trajectoire ou, dans le cas d’un vol autonome, la personne qui détermine directement la
trajectoire ou les points de passage de cet aéronef.
« Art. L. 6214-2. – Tout télépilote doit avoir suivi une formation visant à permettre le contrôle de l’évolution
des aéronefs circulant sans personne à bord, en sécurité et dans le respect des règles et des conditions d’emploi
relatives à la navigation aérienne. Cette obligation n’est pas applicable à l’utilisation de loisir d’aéronefs circulant
sans personne à bord, lorsque leur masse est inférieure à un seuil fixé par voie réglementaire. Ce seuil ne peut être
supérieur à 800 grammes.
« Les objectifs et les modalités de la formation, les modalités de vérification de son assimilation ainsi que les
modalités de reconnaissance par équivalence d’autres formations sont précisés par voie réglementaire.
« Art. L. 6214-3. – Pour certaines opérations professionnelles effectuées hors vue du télépilote, ce dernier doit
être détenteur d’un titre dont les modalités de délivrance, de retrait et de suspension sont fixées par décret en
Conseil d’Etat. »
Article 3
Le titre II du livre IV du code de la consommation est complété par un chapitre V ainsi rédigé :
« CHAPITRE V
« Dispositions relatives aux aéronefs
circulant sans personne à bord
« Art. L. 425-1. – Les fabricants ou importateurs d’aéronefs circulant sans personne à bord incluent dans les
emballages de leurs produits ainsi que dans les emballages de leurs pièces détachées une notice d’information
relative à l’usage de ces aéronefs. Cette notice rappelle les principes et les règles à respecter pour utiliser ces
appareils en conformité avec la législation et la réglementation applicables.
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« L’obligation définie au premier alinéa s’impose au vendeur d’un aéronef d’occasion.
« Un décret en Conseil d’Etat précise les modalités d’application du présent article. »
Article 4
er
I. – La section 5 du chapitre II du titre I du livre II du code des postes et des communications électroniques est
complétée par un article L. 34-9-2 ainsi rétabli :
« Art. L. 34-9-2. – Les aéronefs circulant sans personne à bord, d’une masse supérieure à un seuil fixé par voie
réglementaire, qui ne peut être supérieur à 800 grammes, sont équipés d’un dispositif de signalement lumineux et
d’un dispositif de signalement électronique ou numérique.
« Sont exemptés de l’obligation définie au premier alinéa les aéronefs circulant sans personne à bord et qui sont
opérés dans un cadre agréé et dans des zones identifiées à cet effet.
« Un décret en Conseil d’Etat précise les objectifs des dispositifs mentionnés au même premier alinéa et les
conditions dans lesquelles des aéronefs circulant sans personne à bord sont exemptés de l’obligation définie audit
premier alinéa. »
II. – Le chapitre IV du titre Ier du livre II de la sixième partie du code des transports, tel qu’il résulte de l’article 2
de la présente loi, est complété par des articles L. 6214-4 et L. 6214-5 ainsi rédigés :
« Art. L. 6214-4. – Les aéronefs circulant sans personne à bord et d’une masse supérieure à un seuil fixé par
voie réglementaire, qui ne peut être supérieur à 800 grammes, sont équipés d’un dispositif de limitation de
capacités.
« Sont exemptés de l’obligation définie au premier alinéa les aéronefs circulant sans personne à bord et qui sont
opérés dans un cadre agréé et dans des zones identifiées à cet effet.
« Un décret en Conseil d’Etat précise les objectifs du dispositif mentionné au même premier alinéa ainsi que les
conditions dans lesquelles des aéronefs circulant sans personne à bord sont exemptés de l’obligation définie audit
premier alinéa.
« Art. L. 6214-5. – Tout aéronef circulant sans personne à bord et d’une masse supérieure à un seuil fixé par
voie réglementaire, qui ne peut être supérieur à 800 grammes, est équipé d’un dispositif de signalement sonore qui
se déclenche en cas de perte de contrôle des évolutions de l’appareil ou de perte de maîtrise de la trajectoire de
l’appareil par son télépilote.
« Sont exemptés de l’obligation définie au premier alinéa les aéronefs circulant sans personne à bord et qui sont
opérés dans un cadre agréé et dans des zones identifiées à cet effet.
« Un décret en Conseil d’Etat précise les objectifs du dispositif mentionné au même premier alinéa ainsi que les
conditions dans lesquelles des aéronefs circulant sans personne à bord sont exemptés de l’obligation définie audit
premier alinéa. »
III. – Les I et II entrent en vigueur le 1er juillet 2018. Toutefois, pour les aéronefs circulant sans personne à bord
enregistrés en application de l’article L. 6111-1 du code des transports avant le 1er juillet 2018, les I et II du présent
article ne s’appliquent qu’à compter du 1er janvier 2019. L’article L. 6214-5 du même code n’est pas applicable aux
aéronefs enregistrés en application de l’article L. 6111-1 dudit code avant le 1er juillet 2018.
Article 5
Le chapitre II du titre III du livre II de la sixième partie du code des transports est complété par une section 6
ainsi rédigée :
« Section 6
« Aéronefs circulant sans personne à bord
« Art. L. 6232-12. – Est puni de six mois d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende le fait pour un télépilote
de faire survoler, par maladresse ou négligence, par un aéronef circulant sans personne à bord, une zone du
territoire français en violation d’une interdiction prononcée dans les conditions prévues au premier alinéa de
l’article L. 6211-4.
« Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende le fait pour un télépilote :
« 1o D’engager ou de maintenir un aéronef circulant sans personne à bord au-dessus d’une zone mentionnée au
premier alinéa du présent article ;
« 2o De ne pas se conformer aux prescriptions de l’article L. 6211-4.
« Art. L. 6232-13. – Le télépilote reconnu coupable d’une des infractions prévues à l’article L. 6232-12 du
présent code ou de l’infraction prévue à l’article 223-1 du code pénal encourt également la peine complémentaire
de confiscation de l’aéronef circulant sans personne à bord qui a servi à commettre l’infraction. »
Article 6
I. – Le livre VII de la sixième partie du code des transports est ainsi modifié :
1o L’article L. 6761-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« L’article L. 6111-1 est applicable en Nouvelle-Calédonie dans sa rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du
24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils. » ;
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2o L’article L. 6762-1 est ainsi modifié :
a) Le premier alinéa est complété par les mots : « , à l’exception de celles du chapitre IV du titre Ier » ;
b) Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« La section 6 du chapitre II du titre III du livre II est applicable en Nouvelle-Calédonie dans sa rédaction
résultant de la loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones
civils. » ;
3o L’article L. 6771-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« L’article L. 6111-1 est applicable en Polynésie française dans sa rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du
24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils. » ;
4o L’article L. 6772-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Le chapitre IV du titre Ier et la section 6 du chapitre II du titre III du livre II sont applicables en Polynésie
française dans leur rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la
sécurité de l’usage des drones civils. » ;
5o L’article L. 6781-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« L’article L. 6111-1 est applicable à Wallis-et-Futuna dans sa rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du
24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils. » ;
6o L’article L. 6782-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Le chapitre IV du titre Ier et la section 6 du chapitre II du titre III du livre II sont applicables à Wallis-et-Futuna
dans leur rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de
l’usage des drones civils. » ;
7o L’article L. 6791-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« L’article L. 6111-1 est applicable dans les Terres australes et antarctiques françaises dans sa rédaction résultant
de la loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils. » ;
8o L’article L. 6792-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Le chapitre IV du titre Ier et la section 6 du chapitre II du titre III du livre II sont applicables dans les Terres
australes et antarctiques françaises dans leur rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative
au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils. »
II. – Au titre VI du livre IV du code de la consommation, sont insérés des chapitres Ier et II ainsi rédigés :
« CHAPITRE Ier
« Dispositions relatives à Wallis-et-Futuna
« Art. L. 461-1. – L’article L. 425-1 est applicable à Wallis-et-Futuna dans sa rédaction résultant de la
loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils.
« CHAPITRE II
« Dispositions relatives aux Terres australes
et antarctiques françaises
« Art. L. 462-1. – L’article L. 425-1 est applicable dans les Terres australes et antarctiques françaises dans sa
rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des
drones civils. »
III. – Le titre II du livre III du code des postes et des communications électroniques est complété par des
articles L. 142 à L. 144 ainsi rédigés :
« Art. L. 142. – L’article L. 34-9-2 est applicable en Polynésie française dans sa rédaction résultant de la
loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils.
« Art. L. 143. – L’article L. 34-9-2 est applicable à Wallis-et-Futuna dans sa rédaction résultant de la
loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des drones civils.
« Art. L. 144. – L’article L. 34-9-2 est applicable dans les Terres australes et antarctiques françaises dans sa
rédaction résultant de la loi no 2016-1428 du 24 octobre 2016 relative au renforcement de la sécurité de l’usage des
drones civils. »
La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat.
Fait à Paris, le 24 octobre 2016.
FRANÇOIS HOLLANDE
Par le Président de la République :
Le Premier ministre,
MANUEL VALLS
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La ministre de l’environnement,
de l’énergie et de la mer,
chargée des relations internationales
sur le climat,
SÉGOLÈNE ROYAL
Le ministre de l’économie
et des finances,
MICHEL SAPIN
Le ministre de la défense,
JEAN-YVES LE DRIAN
Le garde des sceaux,
ministre de la justice,
JEAN-JACQUES URVOAS
Le ministre de l’intérieur,
BERNARD CAZENEUVE
La ministre des outre-mer,
ERICKA BAREIGTS
Le secrétaire d’Etat
chargé des transports,
de la mer et de la pêche,
ALAIN VIDALIES
La secrétaire d’Etat
chargée du commerce,
de l’artisanat, de la consommation
et de l’économie sociale et solidaire,
MARTINE PINVILLE
(1) Travaux préparatoires : loi no 2016-1428.
Sénat :
Proposition de loi no 504 (2015-2016) ;
Rapport de M. Cyril Pellevat, au nom de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, no 592
(2015-2016) ;
Texte de la commission, no 593 (2015-2016) ;
Discussion et adoption le 17 mai 2016 (TA no 141, 2015-2016).
Assemblée nationale :
Proposition de loi, adoptée par le Sénat, no 3750 (rect.) ;
Rapport de Mme Marie Le Vern, au nom de la commission du développement durable, no 4042 ;
Discussion et adoption le 27 septembre 2016 (TA no 813).
Sénat :
Proposition de loi, modifiée par l’Assemblée nationale, no 851 (2015-2016) ;
Rapport de M. Cyril Pellevat, au nom de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, no 4
(2016-2017) ;
Texte de la commission no 5 (2016-2017) ;
Discussion et adoption le 13 octobre 2016 (TA no 3, 2016-2017).