Cours Antennes
Cours Antennes
INTRODUCTION
Les antennes constituent des dispositifs indispensables à toute liaison sans fil. Leur rôle
est d'assurer le couplage entre un circuit électronique et le milieu de propagation. En
général, ce couplage est réciproque, c'est à dire que le même dispositif permet, aussi
bien de créer un rayonnement lorsqu'on lui fournit une certaine puissance (antenne
d'émission) que de recueillir de l'énergie quand il est plongé dans un rayonnement
électromagnétique (antenne de réception). Historiquement l’antenne a été découverte par
Alexandre Popov.
Si l'on voulait définir l'antenne, on pourrait dire qu'ils s'agit d'un conducteur électrique,
plus ou moins complexe, permettant de convertir les courants alternatifs en ondes
électromagnétiques (cas de l'émetteur) et les ondes électromagnétiques en courants
alternatifs (cas du récepteur).
Les antennes sont utilisées dans des gammes de longueurs d'ondes très différentes, pour
un très grand nombre d'applications dont nous ne citerons que quelques exemples:
§ ondes kilométriques (30 KHz – 300 KHz "LF") et hectométriques (300 KHz - 3000
KHz "MF") pour la radiodiffusion à modulation d'amplitude ou les liaisons avec les
sous-marins ;
§ ondes décamétriques (3 MHz – 30 MHz "HF") pour les liaisons radio
intercontinentales ou maritimes ;
§ ondes métriques (30 MHz – 300 MHz "VHF") pour la radiodiffusion à modulation de
fréquence, la télévision, la radionavigation ;
§ ondes décimétriques (300 MHz - 3000 MHz "UHF") pour la télévision, le radar, les
liaisons avec les mobiles ;
§ ondes centimétriques (3 GHz – 30 GHz "SHF") pour les liaisons terrestres par
faisceaux hertziens, les liaisons spatiales avec les satellites artificiels ou les sondes
spatiales ainsi que pour la radiodiffusion, la télédétection par satellites artificiels,
etc.… ;
§ ondes millimétriques (30 GHz – 300 GHz "EHF" ) pour la radioastronomie et certains
radar ;
D'une extrémité à l'autre du spectre radioélectrique ( 3 104 ® 3 1011 ), les antennes ont des
formes et des dimensions extrêmement variable (pylônes verticaux, antennes filaires,
réflecteurs et ouvertures rayonnantes…). Leur éventail est très étendu cependant, leur
rayonnement est étudié et caractérisé au moyen de définitions et de propriétés
communes.
1- Mode d’alimentation :
L’antenne est généralement déployée à l’extérieur, voire fixée au sommet d’un mât. Pour
acheminer vers l’antenne l’énergie à haute fréquence fournie par l’émetteur ou en sens
inverse amener le signal capté par l’antenne jusqu'à l’entrée du récepteur, on utilise une
ligne bifilaire, un câble coaxiale ou pour les ondes centimétriques et plus courtes un guide
d’ondes. Cette ligne de transport d'énergie est appelée feeder. Pour obtenir un
fonctionnement optimal, l’impédance au point d’alimentation doit être du même ordre que
l’impédance caractéristique de la ligne d’alimentation. L’ordre de grandeur des
impédances rencontrées est de quelques dizaines (50 ou 75 ohms pour le câble coaxial)
et quelques centaines d’ohms (300 ohms pour une ligne bifilaire).
2- Théorème de réciprocité :
Le théorème de réciprocité dit de Carson peut s'énoncer comme suit :
"Si une f.é.m est appliquée à l'entrée d'une antenne A, et si l'on mesure le courant produit
par cette antenne aux bornes d'une antenne B, on trouve un courant égal à celui que l'on
aurait eu aux bornes de l'antenne A si la f.é.m avait été appliquée à l'entrée de l'antenne
B ‘’.
Ceci peut s'exprimer plus généralement par :
Soient deux antennes utilisées l'une à l'émission, l'autre à la réception: le rapport de la
puissance émise à la puissance reçue reste constant quand on permute le rôle des deux
antennes.
Dans ces conditions, on peut se demander ce qui différencie une antenne d'émission
d'une antenne de réception :
En fait, se sont essentiellement les conditions économiques. L'exemple le plus évident est
fourni par la radiodiffusion. L’antenne d'émission est constituée d'un pylône de quelques
centaines de mètres. Il est évident que tous les auditeurs potentiels ne peuvent ni se
payer, ni loger une telle antenne. Il est d'ailleurs beaucoup plus logique de faire l'effort
financier une seule fois à l'émission afin de permettre aux usagers de se contenter d'une
antenne rudimentaire.
Notons aussi que l’émission est généralement pratiquée sur une fréquence bien
déterminée, sur laquelle on peut accorder le système rayonnant, alors que pour la
réception, on explore de larges gammes où l’antenne doit récolter tout ce qui lui parvient,
autrement dit justifier l’appellation de ’’collecteur d’ondes’’ qu’on lui donne parfois.
Conclusion:
Quelles que soient leurs caractéristiques, les antennes peuvent être utilisées
indifféremment en émission ou en réception. Les performances d'une transmission entre
deux antennes passives données ne dépendent pas du sens de cette transmission.
3- Polarisation :
Il découle de la notion d'ondes électromagnétiques, que celles-ci sont composées de
deux champs perpendiculaires entre eux; un champ électrique et un champ magnétique;
vibrant en phase, à la même fréquence et ayant des amplitudes proportionnelles. Une
! !
onde peut donc être représentée au moyen de deux vecteurs perpendiculaires E et H .
Par convention, la polarisation du champ électromagnétique rayonné par une antenne est
donnée par la direction du champ électrique.
REMARQUE :
1. Les ondes polarisées verticalement ne peuvent pas être reçues par des antennes à
polarisation horizontale et vice versa. Il est donc de première importance que des
antennes à polarisation identique équipe l'émetteur et le récepteur.
2. Le plan de l'antenne détermine la polarisation du signal émis dans la majorité des cas.
3. La plupart des antennes créent des champs dont la polarisation n'est pas la même en
tous les points de l'espace. Ainsi avec une même antenne, la polarisation peut être
rectiligne dans une direction et circulaire dans une autre. Cependant, dans de
nombreux cas on considère seulement le rayonnement de l'antenne dans une étroite
région de l'espace (lobe principal) et l'on dit alors que l'antenne possède la
polarisation qui règne dans cette région.
4- Intensité de rayonnement :
On appelle intensité de rayonnement I(q,j) d'une antenne dans une direction donnée
D(q,j), la puissance rayonnée par unité d'angle solide dans cette direction; soit:
dP(q ,j )
I (q ,j ) = (Watts/Stéradian)
dW
Par définition "La densité surfacique de puissance transportée par une onde
électromagnétique est égale à la grandeur du vecteur de poynting".
! ! !
S = EÙH
On peut alors écrire que : la puissance rayonnée traversant une surface ds est égale à :
dP = S .ds
Or l'angle solide élémentaire dW sous lequel on voit l’élément de surface ds depuis le
point O vaut :
ds
dW = sin q dq dj =
r2
NB/ Pour les zones lointaines E est inversement proportionnelle à r. En effet, on peut
montrer que le champ rayonné par une antenne quelconque à grande distance peut se
mettre sous la forme :
60 imax
E = F (q , j )
r
S est donc inversement proportionnel à r². Par conséquent, l'intensité de rayonnement est
indépendante de la distance à la source. C'est une grandeur caractéristique de l'antenne
dans la direction D(q,j); quelle que soit la distance r considérée.
5- Diagramme de rayonnement :
Etant donnée une antenne alimentée avec une puissance donnée, on appelle "surface
caractéristique de rayonnement" la surface fermée obtenue en portant, à partir d'un point
pris comme origine, un vecteur dont la longueur est une fonction simple du champ crée à
une distance constante de l'antenne, dans la direction du vecteur.
Cette fonction simple peut être le champ lui même, le carré du champ (puissance
rayonnée) ou le logarithme du champ.
En d’autres termes le diagramme de rayonnement peut être défini comme la surface
d'équation polaire : r = E (q ,j ) ou son logarithme
E (q , j )
Ou encore : rc = ou son logarithme….
E MAX
d
B
q
La proximité et la conductibilité du sol ou de masses conductrices environnant l’antenne
peuvent avoir une influence importante sur la forme du diagramme de rayonnement. C’est
pourquoi les mesures sur les antennes sont effectuées en espace libre ou en chambre
anéchoïde.
Les antennes qui favorisent dans leur rayonnement une direction ou deux sont appelées
« antennes directives » alors que celles qui rayonnent uniformément dans toutes les
directions sont dites « antennes omnidirectionnelles » cependant il n'existe pas d'antenne
qui rayonne exactement la même énergie dans toutes les directions. Elle est toutefois
utilisée comme antenne de référence pour la définition générale du gain des antennes
sous l'appellation d'antenne isotrope.
NB / De par le théorème de réciprocité, une antenne présente le même diagramme de
rayonnement en réception qu'en émission.
6- Directivité :
La directivité d'une antenne caractérise la manière dont cette antenne concentre son
rayonnement dans certaines directions. Elle peut alors être définie par le rapport de
l’intensité de rayonnement dans une direction (q0,j0) a la moyenne de cette intensité dans
tout l’espace, soit :
dP
(q 0 , j 0 )
I (q 0 , j 0 )
D (q 0 , j 0 ) = = W
d
1 Pr
4p òò
I (q , j ) dW
4p
Pr désignant la puissance totale rayonnée dans l'espace, c'est à dire dans un angle de 4p
stéradian.
Une source isotrope a une directivité : D =1 (0 dB).
Le maximum de la fonction D(q,j) soit DM est souvent appelé, par négligence, la
directivité de l'antenne.
Relation entre la directivité et le diagramme de rayonnement.
Le facteur représentant dans l'espace le diagramme de rayonnement normalisé s’écrit :
D (q , j )
r (q , j ) =
DM
La directivité, le diagramme de rayonnement et l'intensité de rayonnement sont liés entre
eux par :
D (q , j ) I (q , j ) E 2 (q , j )
r (q , j ) = = = 2
DM IM E Max
I M = Intensité de rayonnement dans la direction de directivité maximale DM .
IM 1
D’où : =
Pr òòp r (q , j ) dW
4
I (q ,j ) I
Comme Pr = 4p = 4p M
D(q ,j ) DM
IM D
Alors : = M
Pr 4p
4p
D’où : DM =
òòp r (q ,j ) dW
4
Remarque :
1- Une directivité élevée signifie que le rayonnement est pour sa plus grande part
localisé dans un angle solide restreint.
2- Les grandes antennes sont en général très directives inversement les petites
antennes sont peu directives.
I (q ,j )
G (q ,j ) =
I Aref (q ,j )
I (q , j ) S (q , j ) I (q , j ) S .r 2
Son gain absolu s’écrit : Ga (q , j ) = = = =
I i (q , j ) S i (q , j ) P P
4p 4p
Le vecteur de Poynting dans cette direction et à cette distance a pour valeur moyenne :
2
1 e0 E eff
S = E.H = E eff .H eff = E eff
2
=
2 µ 0 120p
2
Eeff (q ,j ) 4p
2
Eeff (q ,j ).r 2
D'où le gain absolu : Ga = r2
=
120p P 30 P
Autres définitions :
1- Gain en champ d'une antenne :
Le gain en champ dans la direction D(q ,j ) est le rapport des valeurs efficaces des
champs rayonnés dans cette direction et à la même distance r par l'antenne considérée et
par une antenne de référence. Ces deux antennes étant alimentées par la même
puissance P, il vient :
Eeff (q , j )
GC =
E A Re ff (q , j )
Pour l’antenne de référence, on peut choisir suivant le cas :
• Le doublet élémentaire
• L’antenne filaire demi-onde : quand on cherche le gain d’un réseau d’antennes
directives composé d’assemblage de fil demi-onde.
• La source isotropique.
Eeff (q ,j )
Dans le cas de source isotropique, il s'écrit : GCi =
Eieff (q ,j )
Eeff2 2
Eieff
Nous avons vu que : S = et Si =
120p 120p
1
D'où : éS ù 1
2
GCi = ê ú = Ga2
ë Si û
E eff
Si on exprime les gains en décibels, nous aurons : GC (dB) = 20 log( )
E A Re ff
S
Ga (dB) = 10 log( )
Si
è Lorsque la référence est la source isotropique les deux gains sont identiques
2- Gain en puissance d'une antenne :
Le gain en puissance dans une direction donnée est le rapport des puissances qu'il
faudrait fournir, à l'antenne de référence d'une part, à l'antenne étudiée d'autre part, pour
produire le même champ dans la même direction et à la même distance.
PAref
GP =
P
Remarque :
1. Pour avoir un gain G P supérieur à 1, on met P au dénominateur. On conçoit qu'il faut
fournir plus de puissance à la source isotropique pour produire le même champ dans
la même direction et à la même distance.
P
Si on choisit la source isotropique comme élément de référence, on a : G P = i
P
Nous avons vu que l'antenne A alimentée par P rayonne, dans la direction D(q,j) et
à la distance r, une puissance :
E eff2
S=
120p
Pour que la source isotropique rayonne dans les mêmes conditions la même
puissance ( S = S i ), elle doit être alimentée par : Pi = 4p r 2 S i = 4p r 2 S
4p r 2 S 4p r E eff
2 2
E eff2 r 2
D'où : GP = = =
P 120p P 30 P
2. Le gain en puissance par rapport à la source isotropique est égal au gain absolu.
3. Les trois gains exprimés en dB sont identiques.
4. Relation entre le gain et la directivité : Si l'antenne considérée est sans pertes
(c'est souvent le cas en HF) son gain absolu est égal à sa directivité. Dans ce cas
toute la puissance d'alimentation est rayonnée par l'antenne. G (q , j ) = D(q , j )
Puissance rayonnée
Autrement, on définit le rendement de l'antenne par : h =
Puissance d ' a lim entation
On a alors : G = h.D
REMARQUE :
La puissance recueillie dépend essentiellement de l'orientation de l'antenne, de la
polarisation de l'onde, et de l'adaptation du récepteur. Nous pouvons considérer que A est
une fonction de q et de j et l'écrire sous forme A(q , j ) .
Dans cette relation, heff est un paramètre, ayant la dimension d'une longueur, appelé
hauteur équivalente ou hauteur effective de l'antenne.
Définition : On appelle hauteur effective heff d'une antenne, la longueur qu’aurait un
doublet isolé dans l’espace parcouru par le courant de référence de l’antenne IM pour
produire un champ égal à celui de l’antenne dans la direction q=p/2.
1
D'où: Rr = .òò I (q , j ) sin q dq dj
ieff2 4p
I (q , j ) E 2 (q , j )
Comme : r (q , j ) = = 2
I max E max
I max
ieff2 òò
Alors : Rr = . r (q , j ) sin q dq dj
4p
2
1 E max
Sachant que : I max = S .r = . 2
r2
2 120p
E (q , j )
2
Et que : r (q , j ) = 2
E max
2
E max r2 E 2 (q , j )
Alors : Rr = . 2 .òò sin q dq dj
240p ieff 4p E max 2
2
1 r2 æ 60 imax ö 2
Soit : Rr = . 2 .òò ç ÷ F (q , j ) sin q dq dj
240p ieff 4p è r ø
30
Rr = òò F (q , j ) sin q dq dj
2
D'où :
p 4p
2
1
• d'une puissance réactive : Prea = X e imax
2
2
La puissance active est la somme
1
• d’une puissance rayonnée : 2
Rr imaxPr =
2
• d’une puissance dissipée par effet joule dans les résistances de perte de
1
l'antenne. Pp = R p imax
2
2
D’où : Re = R r + R P
Pr Rr 1
On définit alors le rendement de l'antenne par : h= = =
Pa Rr + R p Rp
1+
Rr
On cherche à maximiser h et donc à minimiser R p . Lorsque c'est le cas Rr donne une
bonne approximation de la valeur de Re
Remarque :
Lorsque X e = 0 on dit que l'antenne est accordée ou résonante. La longueur d’onde
correspondante est appelée longueur d’onde de résonance.
Si le T.O.S maximal admissible est par exemple de 1,5 la bande d'utilisation de l'antenne
est comprise entre f1 et f2.
Il existe cependant d'autres considérations qui peuvent limiter cette bande comme :
• L'augmentation prohibitive du niveau des lobes secondaires
• La diminution trop importante du gain;
• Les déformations inadmissibles du lobe principal.
Remarque :
1- Il est fréquent qu’une antenne soit utilisée en réception largement en dehors de sa
bande d’utilisation, c’est le cas des antennes d’auto-radio dont la fréquence de
résonance se situe souvent à plus de 200 MHz et que l’on utilise pour l’écoute de la
bande de radiodiffusion ‘’FM’’ vers 100 MHz, voire la gamme des grandes ondes ne
dépassant pas quelques centaines de kilohertz.
2- Certaines antennes dites multibandes peuvent fonctionner correctement sur des
segments discontinus sans dispositif particulier. D’autres nécessitent l’emploi d’un
circuit adaptateur d’impédance.
Ge Gr Pr ?
Pe r
E R
Introduction :
On désigne par antennes filaires, les antennes formées par des conducteurs métalliques
cylindriques dont la longueur est de l’ordre de la longueur d’onde et dont le diamètre est
petit devant cette dernière.
Le calcul du champ électromagnétique nécessite la connaissance précise du courant
électrique en chaque point de l’antenne étant donné que ce courant est à l’origine des
ondes propagées.
Dans le cas de l’antenne filaire, on utilise l’approximation de la ligne fermée sur une
impédance infinie. On obtient ainsi une expression analytique donnant la distribution du
courant.
On assimile l’antenne à une ligne bifilaire sans pertes, ouverte, alimentée par une tension
sinusoïdale et dont les deux conducteurs ont été écartés pour devenir linéaires.
iz
M
~
M’ iz’
z
l
La théorie des lignes sans pertes avec ZL = ¥ permet d’obtenir le courant dans la ligne
sous la forme suivante :
sin b (l - z )
iz = i0 i0 étant le courant au point z =0
sin bl
Au lieu de prendre i0 comme courant de référence dans la formule, on aurait pu prendre le
courant iA en un point zA tel que :
sin b (l - z )
iz = i A
sin b (l - z A )
Si A est un maximum ou ventre de courant, on a : sin b (l - z A ) = 1
| ~ |
-z z
1. Le Doublet :
1-1- Définition :
Un doublet est une antenne élémentaire constituée d’un fil conducteur, très court devant
la longueur d’onde de fonctionnement ; parcouru par un courant ayant à chaque instant la
même valeur en tous les points du fil. En général, on suppose que le courant est une
fonction sinusoïdale de la pulsation w
i = iM e jw t
Il s’agit d’une antenne élémentaire prise comme source de référence mais le plus souvent
utilisée pour calculer le champ rayonné par des antennes filaires, considérées alors
comme une succession d’éléments dont chacun constitue un doublet.
Eq µ0
= = Z = impédance du milieu
Hj e0
La fonction caractéristique du rayonnement s’écrit :
pl
F (q ) = sin q (sin q > 0 0 £ q £ p )
l
A partir de cette équation on peut tracer le diagramme de rayonnement et calculer
l’impédance de rayonnement et le gain absolu du doublet.
q D
i M2 l 2 2p p
Soit : P = 15 p
l 2 ò ò 0 0
sin 3 q dq dj
i M2 l 2 p i M2 l 2
= 30 p 2
ò sin q dq
3
= 40 p 2
l2 0 l2
l2
D’où la résistance de rayonnement : Rr = 80 p 2
l2
1-3-3. Gain absolu du doublet:
Eeff2 .r 2
D'après l'expression générale du gain absolu: Ga =
30.P
60p
Pour le doublet nous avons : E eff = ieff .l. sin q
lr
p 2 .l 2 2
Et : P = Rr .ieff = 80 2 ieff
2
l
3
D'où: Ga (q ) = sin 2 q
2
Qui est au maximum pour q = p ⁄ 2.
3
D’où le gain : G= Þ GdBi = 10 log10 1.5 = 1.76 dBi
2
Exercice : Calculer la directivité d'un doublet. Conclure.
Solution : La directivité s’écrit.
I (q 0 ) S (q 0 ).r 2
D (q 0 ) = =
1 1 dP (q )
4p òò I (q ) dW 4 p òò dW
dW
S (q 0 ).r 2
L’intégration nous donne : D (q 0 ) =
1
P
4p
3 2
Soit : D= sin q 0
2
Les pertes étant négligées, la directivité s’identifie avec le gain absolu.
Remarques
1. Le diagramme expérimental de l’impédance d’entrée de l’antenne filaire avec base au
sol ressemble au diagramme d’impédance d’entrée d’une ligne ouverte avec pertes,
et suggère l’idée de chercher une ligne ouverte avec perte équivalente (théorie de
Hallen). Il est alors possible de trouver une expression simple de son impédance
d'entrée :
Z e » Z C . coth(g l ) » Z C coth(a + jb )l
2. Dans le cas où l<<l (cas des ondes longues) nous avons vu que l’impédance de
l’antenne présentait une partie capacitive Xe non négligeable.
2. Les dipôles
2-1- Définition :
Le dipôle est l’antenne de base. Non seulement il est présent dans de nombreuses
antennes plus complexes, comme élément rayonnant, mais il sert aussi de référence pour
beaucoup de calculs sur les antennes.
Il est composé de deux parties identiques, montées bout à bout, ayant chacune une
longueur le plus souvent de ¼ de longueur d’onde (pour les dipôles dites demi-onde) ou
plus rarement de l⁄2 (pour ceux dites ondes entière). Un dipôle est alimenté en son
centre.
l⁄4 ~ l⁄4
En fait, cette définition n’est pas tout à fait exacte. Elle n’est valable que pour un dipôle
infiniment mince. En réalité, les conducteurs utilisés pour sa confection ayant un diamètre
non négligeable, il faudra appliquer à ces dimensions un facteur de correction qui est
généralement admis comme étant 0.95 s’il n’est pas spécifié autrement.
Exemple :
Calculons les dimensions d’un dipôle pour la fréquence 21.05 MHz
Il nous faut premièrement déterminer la longueur d’onde qui correspond à cette
fréquence.
3. 10 8 300
l= = = 14.25 m
f 21.05
La longueur totale du dipôle est donc de l⁄2, soit : 14.25/2 = 7.126 m
Il faut encore tenir compte du facteur de correction et la longueur définitive est de :
7.126 * 0.95 = 6.77 m
Nous pouvons encore dire que chaque branche du dipôle est égale à la moitié de cette
longueur, soit : 6.77 / 2 = 3.385 m
~ p
2l O H dEq ( z ) = j 60 i ( z ) sin q e - jk r dz
lr
L’étude du rayonnement étant faite à grande distance, on peut
prendre :
1 1
• »
r R
• QP // OP soit QP = OP - OH Þ r = R - z cos q
p
dEq = j 60 i ( z ) sin q e - jk R [2 cos(kz cosq )]dz
lR
Le champ total rayonné en P est :
k l
Eq = j 60 sin q e - jk R ò i ( z ) cos(k z cosq ) dz
R 0
Or :
1
sin k (l - z ). cos(kz cos q ) = [sin(k (l - z ) - kz cosq ) + sin(k (l - z ) + kz cosq )]
2
1
= [sin k (l - z (1 + cosq )) + sin k (l - z (1 - cosq ))]
2
k
Alors : Eq = j 60 im sin q e - jk R I
R
1 l
2 ò0
Avec : I = sin k (l - z (1 + cosq )) + sin k (l - z (1 - cosq )) dz
l
1 é cos k (l - z (1 + cosq )) cos k (l - z (1 - cosq )) ù
= ê + ú
2ë k (1 + cosq ) k (1 - cosq ) û0
1 é cos(-kl cosq ) - cos kl ) cos(kl cosq ) - cos kl ) ù
= +
2k êë 1 + cosq 1 - cosq úû
1 é (cos(kl cosq ) - cos kl )(1 - cosq ) + (cos(kl cosq ) - cos kl )(1 + cosq ) ù
=
2k êë 1 - cos 2 q úû
cos(kl cosq ) - cos kl
=
k sin 2 q
im - jk R cos(kl cosq ) - cos kl
D’où : Eq = j 60 e
R sin q
On trouve alors pour le module du champ électrique rayonné à grande distance:
60im
Eq = [cos(kl cosq ) - cos kl ] 1
R sin q
Dipôle l
(l=l/2)
ò 0
dj ò
0 sin 2 q
sin q dq
2
DM =
Soit : p cos ( p2 cos q )
2
ò0 sin q
dq
Posons : x = p (1 - cos q )
p cos 2 ( p2 cos q ) p cos 2 ( p2 cos q )
Alors ò0 sin q
dq = ò0 sin 2 q
sin q dq
2p 1 - cos x
=ò dx
0 2 x(2 - px )
1 1 1
Nous savons que : = +
x(2 - p ) 2 x 2p (2 - px )
x
é ù
p cos ( 2 cos q )
2 p
1 ê 1
2p 1 ú
D’où : ò
0 sin q
dq = ò (1 - cos x ) ê
2 0 2 x
+
x ú
dx
ê 2p ( 2 - ) ú
ë p û
1 2p 1 - cos x 1 - cos x
= ò + dx
4 0 x 2p - x
1 é 2p 1 - cos x 2p cos y ù
= êò +ò dy ú ( y = 2p - x)
4ë 0 x 0 y û
1 2p 1 - cos x
2 ò0
= dx
x
t 1 - cos x
Sachant que : ò0 x dx = Ln t + G + Ci (t )
Soit : DM = 2,15 dB
De la même manière on trouve pour un dipôle (l/2) : DM = 2,41 , Soit DM = 3,82 dB
D’où : S= .
p R2 sin 2 q
La puissance totale rayonnée vaut alors :
2p p
Pr = òò S ds = ò ò S .R 2 sin q dq dj
4p 0 0
sin q
m
0
Figure (a)
Figure (b)
l0/4 L
C
Rr
L’
~ L’, r
~
1
La nouvelle pulsation de résonance est : w1 =
( L + L' )C
1
Or w1 < w 0 = donc l1 > l0
LC
Self à la base notre brin va résonner mais la répartition en courant est moins favorable
que pour le cas l/4 : une grande partie de courant (hélas celle du ventre) est dissipée en
chaleur dans la self qui ne rayonne quasiment pas. La conséquence est une réduction
des performances de cette antenne raccourcie par rapport à l’antenne l/4 : diminution du
gain et du rendement.
l’ L
C’ C C’
Rr
l l
~
~ ~
On prend pour origine de la phase le point O, centre de l’antenne. Le champ rayonné par
l’élément dz situé en M est en avance de phase sur le champ rayonné par l’élément situé
en O de : j = k z cos q
Pour le calcul, on tient compte de z cos(q ) dans le terme de phase, et on le néglige dans
le terme d’amplitude.
60 p
dEq = j .i ( z ).dz. sin q . e - j k R e j k z cos q
lR
De même, le champ élémentaire dû à M’, symétrique de M par rapport à O, s’écrit :
60 p
.i (- z ).dz. sin q . e - j k R e - j k z cos q
'
dEq = j
lR
Comme : i ( z ) = i (- z )
60 p
Il vient :
'
dEq + dEq = j
lR
[ ]
.i ( z ). sin q . e - j k R e j k z cos q + e - j k z cos q .dz
120 p
= j . sin q .e - j k R . iM sin k (a - z ). cos(kz cos q ) dz
lR
Pour obtenir le champ rayonné par le fil, il suffit d’intégrer l’expression ci-dessus de 0 à l.
120 p l
Eq = j . sin q .e - j k R . i M ò sin k (a - z ). cos(kz cos q ) dz
lR 0
60 i M
Pour une antenne demi-onde kl = p/2 : E max =
R
Remarques :
Si kl £ p (l£ l/2 ), le diagramme présente un seul lobe principal (pas de lobe secondaire).
Dès que kl dépasse la valeur p, un lobe secondaire, dont l’amplitude augmente avec l,
apparaît. Ce lobe peut être la cause de perturbations résultantes de l’interférence de
l’onde réfléchie par les couches de la haute atmosphère et de l’onde directe.
La figure suivante indique les variations du champ rayonné, ramené à une valeur
maximale unitaire, pour différentes hauteurs. On voit nettement le développement du lobe
secondaire au-delà de la demi onde (kl >180°).
E1 max =
60 i M 60 2 P 9.9
R
=
R Rr
=
R
. P , et E 2 max =
120 i M 12
R
= . P
R
Þ E2
E1
= 1.2
La perte sur la valeur maximale du champ n’est pas tellement grande. On se contente
alors d’une antenne demi-onde, qui présente l’avantage d’être deux fois moins
encombrante que l’antenne onde entière et d’être beaucoup plus facile à exciter. En effet,
le courant dans un fil demi-onde est maximal au point d’excitation et la résistance qui
apparaît en ce point et Re= 73.2W = Rr. L’antenne peut être alors alimentée facilement au
point O : (elle est en résonance). Au contraire, dans le cas d’un fil de longueur l, il
apparaît une impédance très élevée en O (Re ® ¥) (en anti-résonance) et le dispositif
d’excitation n’est pas facile à réaliser (adaptation difficile).
Il est donc possible, en chargeant l’antenne, d’obtenir le même diagramme qu’avec une
antenne non chargée de hauteur 1.27 fois plus grande.
Cette remarque est utilisée dans la construction des antennes de Radiodiffusion car se sont
évidemment les derniers mètres de hauteur des pylônes qui coûtent le plus cher.
q
q
Pour calculer le champ rayonné
par l’antenne, nous considérons
Plan conducteur
l’ensemble du fil et de son image,
et nous voyons que nous nous
trouvons dans la situation de la
distribution symétrique déjà
étudiée.
Antenne de type dipôle Antenne de type monopole
Le champ rayonné est donc donné par la formule (b) on peut l’exprimer en fonction de A
et B ce qui donne après quelques calculs :
60 i M e - j k R
Eq = j [cos B. cos( A cosq )- cosq . sin B. sin( A cosq ) - cos( A + B)]
R . sin q
Ce qui donne pour le champ à proximité du sol (q = p/2) :
60 i M - j k R
Ep = j .e [cos B - cos( A + B)]
2
R l <<l/4
Résistance de rayonnement :
La résistance de rayonnement de l’antenne verticale peut être déduite de la formule Van
Der Pol.
I max
ieff2 ò
En effet, d’après la formule : Rr = r (q , j ). sin q .dq .dj
Comme les calculs sont longs, nous donnons à la figure suivante les valeurs des
résistances de rayonnement des antennes verticales, en fonction de A et de B. Pour une
antenne quart d’onde verticale cette résistance, (qui apparaît au maximum de courant
donc, dans ce cas, à la base de l’antenne) est de 36,6 W (elle est de 73,2 W pour une
antenne demi-onde isolée dans l’espace).
Remarque :
Dans l’étude d’une antenne placée près du sol, il faut tenir A
compte de l’influence de ce dernier qui, principalement q
pour les ondes courtes (ondes décamétriques, métrique h
et centimétrique. Utilisées pour la télévision la
radiodiffusion à modulation de fréquence, la radio
navigation…), se comporte comme un conducteur parfait.
Par conséquent on considère le dipôle et son image
B
électrique dans le sol.
Donc, si f(q) est la fonction caractéristique du dipôle, et si h est la hauteur du centre de
celui-ci au-dessus du sol. L’expression de la fonction caractéristique devient alors :
F (q ) = f (q ).2 cos(k h cos q )
p
cos( cos q )
Avec : f (q ) = 2
sin q
Le diagramme de rayonnement est égal au produit du diagramme du dipôle demi-onde
alimenté symétriquement par le diagramme du groupement (nous y reviendrons lors de
l’étude des antennes multiéléments).
60 p
l
é - j k x (1- cosq ) ù
i0 sin q e - j k R ò e - j k x (1- cos q ) dx = j 60 p i0 sin q e - j k R ê e
L
E= j ú
lR 0 lR ë - jk (1 - cosq ) û 0
sin q
L
60 - j k (1- cos q ) kL
= j i0 e - j k R e 2 sin (1 - cos q )
R (1 - cos q ) 2
D’où la fonction caractéristique :
sin q kL q kL
f (q ) = . sin (1 - cos q ) = cot g . sin (1 - cos q )
1 - cos q 2 2 2
Le diagramme de rayonnement est de révolution autour de la direction du fil, et il est
constitué de plusieurs folioles dont le nombre dépend du rapport L /l .
kL(1 - cos q )
Les zéros sont solutions de l'équation : sin =0
2
sin q
Les lobes sont inscrits dans la courbe polaire : r =
1 - cos q
On peut vérifier que la direction du maximum pour le premier lobe est donnée par :
1 l
q m = Arc cos(1 - )
2 L
La phase du champ pour r fixe, varie de p d’un lobe au suivant. On peut donc affecter un
signe (+) où (-) à chaque lobe.
Remarques :
1- Il est pratiquement impossible d’avoir un fil isolé dans l’espace parcouru par une onde
progressive. En général le fil est tendu horizontalement au dessus du sol et mis à la
terre à son extrémité à travers son impédance caractéristique. Il faut donc tenir compte
du fil et de son image dans le sol.
Le champ rayonné doit alors être multiplié par : 2. sin( khl cos q )
120 i0 sin q kL
Soit : E= . . sin (1 - cos q ). sin(kh cos q )
R 1 - cos q 2
En appelant h la hauteur du fil au-dessus du sol. q est ici l’angle de site et, dans le plan
vertical contenant l’antenne, le diagramme à l’allure suivante :
2- On peut également envisager un fil le long duquel s’établit une onde stationnaire pure :
il suffit pour cela que la ligne soit ouverte ou en court-circuit à son extrémité. Le
diagramme est symétrique par rapport à la normale au fil (q = p/2). Il y a autant de
lobes que de demi-onde dans le fil.
Figure (A)