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Cours de Chimie Analytique - Échantillonnage Et Étalonnage

Le document traite des stratégies d'échantillonnage et des méthodes d'étalonnage essentielles pour garantir des analyses fiables en chimie analytique. Il décrit différents types d'échantillonnage, les critères de qualité, ainsi que les techniques de préparation des échantillons, et présente des méthodes d'étalonnage telles que la courbe d'étalonnage externe et les ajouts dosés. Enfin, il souligne l'importance d'un protocole d'analyse rigoureux et de la validation des méthodes pour éviter les pièges courants et assurer des résultats précis.
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Cours de Chimie Analytique - Échantillonnage Et Étalonnage

Le document traite des stratégies d'échantillonnage et des méthodes d'étalonnage essentielles pour garantir des analyses fiables en chimie analytique. Il décrit différents types d'échantillonnage, les critères de qualité, ainsi que les techniques de préparation des échantillons, et présente des méthodes d'étalonnage telles que la courbe d'étalonnage externe et les ajouts dosés. Enfin, il souligne l'importance d'un protocole d'analyse rigoureux et de la validation des méthodes pour éviter les pièges courants et assurer des résultats précis.
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Échantillonnage et

Étalonnage
Objectifs : Comprendre les stratégies
d’échantillonnage, les méthodes d’étalonnage,
et concevoir un protocole analytique fiable.
I. Stratégies d’Échantillonnage
L’échantillonnage est une étape critique
pour garantir la représentativité des
résultats. Une erreur à ce stade rend
l’analyse inutile, même avec des
instruments performants.
1. Types d’échantillonnage
•Aléatoire : Sélection aléatoire des points d’échantillon-
nage pour éviter les biais. Chaque partie de l'ensemble
a une chance égale d'être sélectionnée. Exemple : Pré-
lever des échantillons de sol à partir de points choisis au
hasard dans un champ agricole.
•Systématique : Prélèvements effectués à intervalles
réguliers, souvent utilisé pour le contrôle de la qualité
dans les processus de production. Exemple : Prélever
des échantillons d'eau toutes les heures à partir d'une
rivière pour surveiller la pollution.
•Stratifié : La population est divisée en sous-groupes
homogènes (strates), et des échantillons aléatoires sont
prélevés dans chaque strate. Cela garantit une repré-
sentation adéquate de tous les sous-groupes. Exemple :
Diviser un champ en zones basées sur le type de sol et
prélever des échantillons dans chaque zone.
•Judiciaire : échantillonnage basé sur l’expertise et le
jugement, souvent utilisé dans des situations où des
connaissances spécifiques sont nécessaires. Exemple:
Prélever des échantillons près d’une source de pollution
connue, en se basant sur l'avis d'experts.
2.Critères de Qualité de l’Échantillonnage
•Représentativité : L’échantillon doit refléter fidèle-
ment la composition de la population totale.
•Homogénéité : L'échantillon doit être homogène pour
assurer que toute portion analysée est représentative
de l'ensemble. Des techniques comme le broyage et le
mélange sont souvent utilisées
•Stabilité : L'échantillon doit être conservé de manière
à prévenir toute altération de sa composition (ex. con-
trôle de température,utilisation des conteneurs inertes).
•Taille de l’échantillon : La quantité d'échantillon pré-
levée doit être suffisante pour permettre une analyse
précise et représentative. La taille peut être déterminée
par des calculs statistiques, comme la formule de
Cochran, pour assurer un niveau de confiance
souhaité.
3. Préparation des échantillons
La préparation des échantillons est une étape
essentielle pour convertir l'échantillon brut en une
forme appropriée pour l'analyse instrumentale.
3.1 Dissolution
La dissolution est le processus de solubilisation de
l'analyte dans un solvant approprié.
3.1.1 Choix du solvant
Le solvant doit dissoudre complètement l'analyte sans
réagir avec lui. Les considérations importantes incluent
la polarité, le pH, la stabilité chimique et la volatilité
du solvant.
3.1.2 Techniques de dissolution
○ Agitation, chauffage et ultrasons : Utilisés pour
accélérer le processus de dissolution.
○ Flux de fusion : Utilisé pour dissoudre des solides
réfractaires (par exemple, des minerais) en les
mélangeant avec un fondant inorganique à haute
température.
○ Digestion acide : Utilisée pour décomposer les
matrices organiques et inorganiques complexes,
libérant ainsi l'analyte pour l'analyse.
3.2 Extraction
L'extraction est une technique de séparation utilisée
pour isoler l'analyte de la matrice de l'échantillon.
3.2.1 Extraction liquide-liquide (LLE)
Sépare l'analyte de la matrice en le répartissant
entre deux liquides immiscibles. Le choix du solvant
d'extraction est crucial et dépend de la polarité de
l'analyte. Exemple : Utilisation d'une ampoule à
décanter pour extraire des polluants organiques d’un
échantillon d'eau en utilisant un solvant organique.
3.2.2 Extraction en phase solide (SPE)
Sépare l'analyte à l'aide d'un adsorbant solide
sélectif. Les étapes comprennent le conditionne-
ment de la cartouche, le chargement de l'échanti-
llon, le lavage des interférences et l'élution de
l’analyte.
Avantages par rapport à la LLE : Moins de solvant
utilisé, meilleure sélectivité et possibilité de
préconcentration de l'analyte.
3.2.3 Extraction en phase solide sur membrane
L'analyte est adsorbé sur une fibre ou une membra-
ne, offrant une méthode simple et rapide sans utilisa-
tion de solvants importants.
3.2.4 Microextraction liquide-liquide dispersive
L'analyte est extrait dans de fines gouttelettes d'un
solvant extracteur dispersées dans la phase aqueuse,
ce qui permet une extraction rapide et efficace avec
une utilisation minimale de solvant.
3.3 Dilution
3.3.1 Objectif
La dilution est utilisée pour ajuster la concentration
de l'analyte dans la gamme de travail de l'instrument
et pour réduire les interférences de matrice.
3.3.2 Calculs de dilution
L'équation : C1V1 = C2V2 est couramment utili-sée.
Des dilutions en série sont souvent utilisées pour
obtenir de fortes dilutions.
3.4 Concentration
La concentration est utilisée pour augmenter la con-
centration de l'analyte dans l'échantillon, améliorant
ainsi la sensibilité de l'analyse.
3.4.1 Évaporation du solvant
Utilisée pour les analytes non volatils, impliquant l’uti-
lisation d'évaporateurs rotatifs ou de hottes d'évapora-
tion.
3.4.2 Extraction en phase solide (SPE)
Peut être utilisée non seulement pour la séparation
mais aussi pour la concentration de l'analyte.

3.4.3 Autres techniques :


○ Lyophilisation (séchage à froid) : Élimine l'eau
d'un échantillon en le congelant puis en réduisant la
pression pour permettre à l'eau congelée de se sublimer
directement de la phase solide à la phase gazeuse.
○ Ultrafiltration : Sépare les composants d'un
liquide en fonction de leur taille moléculaire à l'aide de
membranes.
○ Dialyse : Sépare les molécules en solution en fonc-
tion de leur capacité à passer à travers une membrane
semi-perméable.
II. Méthodes d’Étalonnage
L’étalonnage est le processus de détermination de la
relation entre le signal instrumental et la concentration
de l’analyte. Il est essentiel pour une quantification
précise des analytes dans les échantillons inconnus.
1. Courbe d’Étalonnage Externe
•Principe : Utilisation de solutions étalons préparées
dans une matrice simple (ex : eau ultrapure). Pour
établir la relation entre le signal instrumental et la
concentration de l'analyte.
•Procédure :
1. Préparer une série de solutions étalons de
concentrations connues.
2. Mesurer les signaux instrumentaux (par exemple,
absorbance, courant) pour chaque étalon.
3. Tracer une courbe d'étalonnage du signal en
fonction de la concentration. Pour une relation
linéaire, l'équation est y = aC + b, où y est le signal,
C est la concentration, a est la pente et b est
l'ordonnée à l'origine.
•Avantages : Simple et rapide.
•Limitations : Très sensible aux effets de matrice, qui
peuvent provoquer des inexactitudes si la matrice de
l'échantillon diffère de celle des étalons.
2. Courbe d’Étalonnage avec Standard Interne
•Principe : Un composé de référence (standard interne)
est ajouté à tous les échantillons et étalons. Le signal de
l'analyte est ensuite comparé au signal du standard
interne.
•Procédure :
1. Ajouter une quantité fixe de standard interne à
chaque étalon et échantillon.
2. Mesurer les signaux de l'analyte et du standard
interne.
3. Tracer le rapport du signal de l'analyte au signal du
standard interne en fonction de la concentration de
l'analyte.
•Avantages : Compense les variations des conditions
instrumentales ou de préparation des échantillons,
améliorant ainsi la précision et la justesse. Exemple:
Utilisation de l'indium comme standard interne pour le
dosage de métaux dans des échantillons environnemen-
taux par ICP-MS.
3. Méthode des Ajouts Dosés (Standard Addition)
•Principe : Des quantités connues d'analyte sont
ajoutées à l'échantillon réel pour compenser les effets
de matrice. Cette méthode est particulièrement utile
lorsque la matrice de l'échantillon est complexe et mal
définie.
•Procédure :
1. Diviser l’échantillon en plusieurs portions(aliquote)
2. Ajouter des concentrations croissantes d'analyte à
chaque portion.
3. Mesurer le signal pour chaque portion.
4. Tracer le signal en fonction de la concentration
ajoutée d'analyte.
5. Extrapoler la ligne droite à l'axe des x (où y = 0)
pour déterminer la concentration de l'analyte dans
l'échantillon original (C0).
𝒃
•Équation : C0=− (à partir de la régression linéaire).
𝒂
•Avantages : Très efficace pour analyser des échanti-
llons avec des matrices complexes, telles que le sang, les
sols et les eaux usées.
•Limitations : Plus gourmand en temps et en échanti-
llon que les autres méthodes d'étalonnage.
III. Conception d’un Protocole d’Analyse Fiable
1. Protocole
Un protocole d'analyse fiable est essentiel pour obtenir
des résultats précis et exacts. Les étapes clés
comprennent :
1. Définir l’objectif : Déterminer clairement l'analyte
d'intérêt, la gamme de concentration attendue et la
précision requise.
2. Choix de la stratégie d’échantillonnage :
Sélectionner une stratégie d'échantillonnage appro-
priée (par exemple, aléatoire, stratifié) en fonction de
la nature de l'échantillon et des objectifs de l'étude.

3. Préparation des échantillons : Mettre en œuvre des


techniques appropriées (par exemple, filtration,
extraction, dilution) pour préparer l'échantillon en vue
de l'analyse, en minimisant la contamination et les
pertes.
4. Sélection de la méthode d’étalonnage : Choisir une
méthode d'étalonnage adaptée à la complexité de la
matrice de l'échantillon :
○ Matrice simple : Étalonnage externe.
○ Matrice complexe : Standard interne ou ajouts
dosés.
5. Validation de la méthode : Vérifier les performan-
ces de la méthode analytique, y compris la linéarité (R2
> 0,99), la limite de détection (LOD), la précision
(écart-type relatif, RSD < 5 %) et la justesse
(récupération, généralement entre 95 % et 105 %).
6. Contrôle de la qualité : Mettre en œuvre des
mesures de contrôle de la qualité continues,
notamment l'utilisation de blancs, de matériaux de
référence certifiés et d'échantillons dupliqués.
2. Validation de la Méthode
La validation de méthode est le processus d'établisse-
ment des caractéristiques de performance d'une mé-
thode analytique pour s'assurer qu'elle est adaptée à
l'usage prévu. Les paramètres clés comprennent :
•Linéarité : La capacité de la méthode à produire des
résultats directement proportionnels à la concentration
de l'analyte dans une plage donnée. Elle est générale-
ment évaluée en calculant le coefficient de détermina-
tion (R²), avec une valeur minimale acceptable de 0,99.
•Limite de Détection (LOD) : La concentration la plus
faible d'un analyte qui peut être détectée de manière
fiable, bien que pas nécessairement quantifiée. Elle est
souvent définie comme trois fois l'écart-type du bruit
de fond (LOD = 3 × bruit de fond).
•Précision : La concordance entre des mesures
répétées, généralement exprimée en écart-type relatif
(RSD). Un RSD inférieur à 5 % est généralement
souhaitable pour les méthodes analytiques.
•Exactitude : La proximité des résultats obtenus avec
les valeurs vraies ou acceptées. Elle est souvent évaluée
à l'aide d'études de récupération, où des quantités
connues d'analyte sont ajoutées à l'échantillon, et le
pourcentage de récupération est calculé. Les
pourcentages de récupération acceptables se situent
généralement entre 95 % et 105 %.
3. Exemple de Protocole
Analyse de plomb dans l’eau :
1.Échantillonnage : Prélèvement aléatoire sur 10 sites,
conservation à 4°C.
2.Préparation : Acidification à HNO3 2 %.
3.Étalonnage : Standard addition (ajouts de 0, 5, 10
ppb de Pb).
4.Mesure : Spectrométrie d’absorption atomique.
5.Validation : Récupération de 98 % avec un standard
certifié.
IV. Pièges à Éviter
Pour garantir la fiabilité des résultats analytiques, il est
essentiel d'éviter les pièges courants :
•Contamination : Utiliser des réactifs de qualité analy-
tique, de la verrerie propre et des techniques appro-
priées pour minimiser la contamination de l'échanti-
llon.
•Effets de matrice : Être conscient des effets de matrice
potentiels et les traiter en utilisant des méthodes d’éta-
lonnage appropriées ou une préparation des échanti-
llons.
•Dérive instrumentale : Surveiller régulièrement les
performances de l'instrument et réétalonner si
nécessaire pour corriger toute dérive.

V. Conclusion
Une analyse fiable repose sur :
1.Un échantillonnage représentatif.
2.Une méthode d’étalonnage adaptée à la matrice.
3.Une validation rigoureuse du protocole.
Niveau 1 : Connaissance
1. Définir les termes suivants :
• Échantillonnage stratifié
• Standard interne
• Limite de Détection (LOD)
2. Lister les quatre types d’échantillonnage
mentionnés dans le document.
3. Citer trois critères de qualité d’un échantillon
représentatif.
Niveau 2 : Compréhension
1. Expliquer pourquoi l’échantillonnage est une étape
critique en chimie analytique.
2. Résumer la différence entre l’étalonnage externe et
la méthode des ajouts dosés.
3. Décrire le principe de l’extraction en phase solide
(SPE).
Niveau 3 : Application
1. Calcul de dilution :
Un échantillon contient une concentration initiale de
100 ppm. Quelle volume d’échantillon faut-il prélever
pour obtenir 50 mL d’une solution à 20 ppm?
2. Choix de méthode :
Pour analyser un échantillon d’eau de mer contenant
une matrice complexe, quelle méthode d’étalonnage
recommanderiez-vous ? Justifiez.
3. Préparation d’échantillon :
Proposer une technique de préparation adaptée pour
extraire des pesticides lipophiles d’un échantillon
d’eau.
Niveau 4 : Analyse
1. Comparer les avantages et inconvénients de
l’extraction liquide-liquide (LLE) et de l’extraction en
phase solide (SPE).
2. Problème :
Une courbe d’étalonnage externe pour le dosage du fer
dans l’eau donne une équation y=0,5x+0,1 (R² = 0,98).
Un échantillon inconnu génère un signal de 12,5.
Calculer la concentration de fer, puis discuter la
fiabilité du résultat.
3. Critique :
Pourquoi la méthode des ajouts dosés est-elle moins
sensible aux effets de matrice que l’étalonnage externe
?

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