BM 7634
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e bois reste encore de nos jours le matériau le plus utilisé par les hommes
L pour fabriquer les objets qui nous entourent et participer à la construction
et à la décoration de nos logements, car c’est un matériau renouvelable, les
arbres poussant tout seuls, et il a un très bel aspect.
Il peut être assemblé par divers moyens : usinage spécial (tenon et mortaise,
queue d’aronde…), ou par clous, vis, boulons ou encore par collage, le collage
est un moyen d’assemblage simple et pratique, très largement utilisé.
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1. Caractéristiques physiques
à prendre en compte Plan transversal
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Fibres 80
16
alignées
15
14
70
13
12 )
(%
60 is
Les colles fluides peuvent
11 bo
pénétrer dans les fibres du
e
Bois d’été 10 li br
ui
Teem
Trachéides 50 éq
d'
mppé
9
Bois de printemps ité
id
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Trachéides
10 0
Rayon um
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8
90
40
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80
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7
70
dee((°°C
Rayon ligneux
30
60
C))
6
50
40
5
20
30
20
4
Figure 3 – Anisotropie du bois
3
10
10
La figure 3 montre la grande différence entre les fibres alignées et 2
parallèles dans le sens de la longueur et les fibres tranchées en bois
1
de bout, ces dernières, plus ou moins creuses, seront beaucoup plus
0
absorbantes vis-à-vis des colles surtout si elles sont fluides.
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130
■ Le bois est hygroscopique Température sèche (°C)
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Stabilité Stabilité
linéaire de forme
relative relative
Grand risque
a bois massif débité en dosse de déformation
f panneau de particules
2. Les divers modes Nous étudierons aussi un grand nombre de modes d’assembla-
ges dans la 3e partie [BM 7 636] consacrée aux applications et aux
d’assemblage du bois méthodes de fabrication, de collage et aux machines.
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γL
Liquide
Collages θ
γSV Solide γSL
■ Mouillage
Le mouillage se définit par le contact très intime entre la colle et
Joint à entures les matériaux à assembler. Pour que les liaisons moléculaires
Joint multiples puissent se faire, il faut d’abord un contact très rapproché entre la
en sifflet colle et ces matériaux. Le mouillage dépend de la tension super-
(scarfage)
Joint ficielle notée γ (figure 9) car il faut que la colle s’étale.
bout à bout
Le concept de mouillabilité est régi par l’équation d’Young qui
c autres assemblages de planches décrit ce qui se passe lorsqu’une goutte de liquide est déposée sur
un solide (cf. figure 9) :
Figure 7 – Assemblages de planches de bois
γ SV – γ SL = γ L cos θ
Lorsque l’angle θ de raccordement entre le solide et le liquide
(aussi appelé angle de mouillage) est nul, le liquide mouille
complètement le solide et se répand sur sa surface, avec une vitesse
qui dépend de la viscosité du liquide, ainsi que de la rugosité et de
la capacité d’absorption de la surface.
On peut facilement mesurer l’angle de mouillage d’un bois
obtenu avec une colle donnée en déposant une goutte d’eau sur la
surface du bois.
Assemblage avec tourillons Rainure-languette plus solide Chaque liquide mouille plus ou moins un solide donné et on a
(petits cylindres de bois cannelés, que l’assemblage à joints plats toujours θ > 0o et θ < 180o. La mouillabilité dépend donc à la fois
insérés et collés dans des logements
cylindriques percés dans les deux de la nature de la colle et des substrats.
pièces) très utilisé dans le meuble Le test à la goutte d’eau montre que l’angle θ augmente en
fonction du temps écoulé après le rabotage. Il peut en effet se pro-
duire une migration de substance grasse vers la surface du bois
qui réduira le mouillage. La structure du bois joue ainsi fortement
car, si le bois est poreux et absorbant, la goutte d’eau pénétrera
dans la couche de bois superficielle et s’étalera bien plus. Les bois
Queues d'aronde Queues droites Entures multiples gras, les bois résineux donnent des exsudations de produits
résineux ou gras en surface, qui sont antiadhérentes (voir plus loin
le § 4 « Bois présentant des difficultés de collage »).
Tous ces assemblages sont solides, car, en plus du blocage des pièces Au sujet du mouillage, le lecteur peut se reporter à [BM 7 616, § 1.2.1], où
du fait des entailles, ils sont collés et les joints sont sollicités à la fois sont traités les différents cas, ainsi qu’au § 5.1.1 du présent article.
en cisaillement et en traction.
■ Pénétration
Figure 8 – Assemblages avec entailles dans le bois Dans le cas de matériaux fibreux et très poreux comme le bois,
les colles, si elles sont fluides, peuvent pénétrer de quelques
centièmes de millimètre de profondeur dans les fibres (voir
figure 3) et entre les fibres, et rester ainsi accrochées mécani-
Les colles et adhésifs se caractérisent donc par deux éléments quement lors du séchage ultérieur, ce qui augmente sensiblement
essentiels : l’adhésion et la cohésion finale du joint de colle. l’adhérence et augmente la surface de contact.
On appelle « colles » les colles plutôt traditionnelles telles que : Les molécules de polymères qui constituent les colles sont
les colles thermodurcissables à base de formaldéhyde : colles cependant assez grosses, aussi leur pénétration entre les fibres du
urée-formol (UF), phénoliques, mélanine-formol (MF) ou bois est-elle limitée, à quelque centièmes de millimètre au maxi-
résorcine-formol (RF), les colles vinyliques ou colles blanches. mum, comme le montre une coupe observée au microscope.
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4. Bois présentant
δ+
H Oδ
– des difficultés de collage
δ– O Hδ
+
OH Le tableau 2 recense les principales difficultés de collage du bois.
(0)
■ On voit que les principales difficultés proviennent :
HOH2C CH2
— soit de bois trop absorbants : la colle pénètre excessivement
dans le bois et peut y « disparaître » lors du pressage ;
Résine phénolique — soit de bois trop durs, trop denses où il n’y a au contraire
aucune pénétration ;
— soit de bois gras ou résineux avec exsudation en surface de
Figure 10 – Liaisons hydrogène fortes entre les fibres cellulosiques et
produits antiadhérents (qui empêchent par exemple un bon
les groupes —OH d’une colle phénolique (liaison figurée en pointillés)
mouillage) ;
— soit de bois très acides, le pH acide influant alors sur la
vitesse de la réaction de durcissement (polymérisation) de la colle.
■ Remèdes
● Bois gras et/ou résineux : on peut forcer l’exsudation en
OH + OCN NCO
séchant le bois à 70 oC puis on le nettoie au solvant et on le ponce
Polyuréthane
pour éliminer les exsudations ; on le colle ensuite immédiatement
en utilisant des adhésifs alcalins tels que les phénoliques.
● Bois très durs et denses : il faut d’abord les poncer pour obtenir
OH une certaine rugosité/porosité, puis appliquer la colle sur les deux
surfaces pour mieux mouiller le bois, la laisser sécher partiellement,
utiliser des colles/adhésifs à très haute adhérence tels que les poly-
uréthanes, sécher et durcir le joint de colle à température plus éle-
vée (50 à 70 oC).
● Bois poreux, absorbants : pour éviter que la colle soit trop vite
O H
et trop fortement absorbée, utiliser une colle plus visqueuse, appli-
quer éventuellement deux couches de colle : la 1re couche pénètre,
O C N NCO
on la laisse sécher puis on applique la 2e ; laisser sécher partielle-
ment la colle afin qu’elle ne pénètre pas trop lors du pressage.
Ne pas coller les bois poreux en bout.
● Bois acides : une acidité élevée ralentit le durcissement des col-
les résorcine-formol et au contraire augmente la vitesse de prise des
colles urée-formol. Il faut donc :
— durcir la colle RF à plus haute température (60 à 70 oC) ;
Figure 11 – Réaction chimique des isocyanates — utiliser un catalyseur plus lent avec les colles UF et plus
avec les groupes hydroxyles (—OH) de la cellulose rapide avec les colles RF.
● Bois imprégnés avec des produits de protection : divers
produits servent à imprégner les bois pour les protéger soit des
■ Forces intermoléculaires insectes, soit de l’humidité, soit de l’eau, du feu, soit encore de
Ces forces ne peuvent apparaître que lorsque les molécules de champignons/moisissures.
l’adhésif sont extrêmement proches des molécules cellulosiques Il faut d’abord demander au fournisseur de ces produits leur
du bois (forces de Van der Waals). nature chimique et les précautions à prendre pour le collage.
Le bois est une substance polaire et les adhésifs polaires seront Nous ne pouvons pas étudier ici tous les types de traitements et
attirés à sa surface, par exemple l’eau, les résines UF, les iso- nous nous bornerons à quatre exemples :
cyanates des adhésifs polyuréthanes, les adhésifs vinyliques. — les bois traités au lindane ou à la dieldrine, pour les protéger
des insectes, peuvent être collés avec les colles résorcine-formol ;
■ Liaisons chimiques — les bois traités au borax ou à l’acide borique seront difficiles
● Liaisons hydrogène à coller avec les colles UF ;
Les liaisons hydrogène se développent entre un atome d’hydro- — les bois traités à la créosote ne peuvent plus être collés, mais
gène électropositif et un atome électronégatif tel que l’oxygène, le par contre des assemblages déjà collés (par exemple, lamellé-collé
chlore (figure 10). collé avec RF) peuvent être ensuite traités à la créosote, car une
fois la colle RF durcie elle résiste à la créosote ;
Les liaisons hydrogène sont plus fortes que les forces inter- — les sels de traitement antifeu sont quelquefois très gênants
moléculaires ou forces de Van der Waals. car ils migrent à la surface du bois et ils sont parfois hygrosco-
● Liaisons chimiques véritables piques, parfois à pH acide.
Dans certains cas rares, il peut se produire de véritables Dans certains cas il suffit de les éliminer de la surface par
réactions chimiques entre le polymère de l’adhésif et le bois. ponçage.
Cela peut être le cas avec des adhésifs polyuréthanes, contenant S’ils sont acides, cela empêchera l’utilisation d’une colle vinylique
des groupements réactifs —NCO (isocyanates), qui réagissent (colle blanche) et gênera l’utilisation d’une colle UF comme nous
avec les groupes —OH de la cellulose (voir figure 11), puis ce l’avons déjà vu.
groupe —NCO continuera à réagir avec d’autres groupes réactifs Donc, dans tous les cas, il est nécessaire de procéder à des
(—OH, —COOH, —NH2 ...). essais préalables de collage.
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5. Caractéristiques des colles — encollage avec divers systèmes (rouleaux, pistolets, extrusion,
buses...). (Nous étudierons les divers systèmes d’application plus
et adhésifs pour le bois loin) ;
— assemblage : accostage, formage ;
— pressage par divers systèmes (presses à plateaux, à rouleaux,
5.1 Caractéristiques de mise en œuvre cadreuses, serre-joints...). (Nous les étudierons dans la partie
Applications [BM 7 636]) ;
Les caractéristiques des colles et adhésifs sont liées aux sys- — durcissement de la colle par séchage ou « cuisson » (fours ou
tèmes de mise en œuvre : application et séchage ou durcissement ; étuves, air chaud, presse à plateaux chauffants autoclave...) ;
■ Toutes les chaînes de collage comportent six ou sept étapes (se — enfin évacuation et entreposage des pièces.
reporter à [BM 7 616, fig. 1]) :
— préparation éventuelle des surfaces (nettoyage des pièces, ■ Les colles doivent être compatibles avec les machines et avec les
préparation mécanique, physique ou chimique...) ; systèmes d’application utilisés sur ces machines.
— préparation éventuelle de la colle ; par exemple dissolution
Nous présenterons dans la 3e partie [BM 7 636] consacrée aux applica-
d’une poudre, mélange des deux composants, ajustement de la tions, les divers types de machines et de systèmes encolleurs utilisés dans
viscosité, addition d’une charge pour les colles urée-formol ; les industries du bois. (0)
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Tableau 3 – Exigences et caractéristiques des colles selon les opérations de collage à effectuer, dans le bois
Séquences des opérations de collage Exigences pour les colles et adhésifs Caractéristiques de la colle à connaître
Préparation de surfaces (rabotage, Compatibilité entre l’adhésif et les surfaces Adhérence sur les surfaces et les matériaux
ponçage, traitement du bois...) ainsi préparées. considérés.
Exigences vis-à-vis de la préparation des surfaces.
Encollage L’encollage doit se faire : Viscosité.
— à la vitesse de la machine ; Mouillage des matériaux.
— de façon régulière ; Consommation.
Stabilité de la colle dans les bacs des encolleurs
— avec une quantité de colle adéquate. (stabilité mécanique et thermique) selon les types
de colle.
Transfert des pièces du poste Après encollage, l’adhésif doit rester collant Temps ouvert.
d’encollage au poste d’assemblage pendant le transfert.
Assemblage Certaines colles peuvent maintenir les pièces Tack (ou adhérence immédiate).
en contact. Consistance ou viscosité.
D’autres colles, à prise plus lente, nécessitent Extrait sec.
un maintien mécanique (cas le plus fréquent). Temps d’assemblage fermé.
Pressage et durcissement (durée, La colle doit faire sa prise pendant cette durée Mode de prise.
pression et température) de pressage et de durcissement. Vitesse de prise, de séchage.
Durée, pression et température de durcissement.
Évacuation Les collages ne doivent pas se relâcher. Tack et cohésion de la colle en sortie de presse.
La colle doit avoir déjà fait une première prise. Vitesse de prise complète.
Stockage et transport vers le client final Les assemblages ne doivent pas se décoller. Performances de la colle (résistance mécanique,
résistance à la chaleur, à l’humidité, etc.).
Le tableau 3 indique, selon les opérations successives à réaliser, ● Difficulté de mouillage : si un matériau est difficile à mouiller,
quelles sont les exigences pour les colles et leurs caractéristiques on utilisera une colle plus fluide, qui s’étalera plus facilement.
à appréhender et à mesurer. ● Consommation de colle : la viscosité, la consommation, la
Nous allons étudier ci-dessous chacune des caractéristiques, vitesse de la chaîne sont liées entre elles ; si la colle est épaisse, elle
dans la mesure où elle est importante pour le collage du bois. est plus difficile à appliquer, la vitesse de chaîne est donc plus faible
et l’on consomme plus de colle.
5.1.1 Viscosité et rhéologie ■ Viscosité et absorption du bois
La viscosité d’un adhésif renseigne sur la manière dont il Si le bois est très poreux et absorbant (surtout en bois de bout),
s’écoule lorsqu’il est soumis à la pesanteur et/ou à des forces de il faut réduire l’absorption de la colle en utilisant une colle de
cisaillement. Lors de l’application, que ce soit au rouleau, ou au viscosité plus élevée ou bien en appliquer davantage.
pistolet par extrusion avec une buse, l’adhésif subit toujours des
actions de cisaillement. ■ Viscosité et température de la colle
La viscosité se mesure en millipascals par secondes (mPa · s) à Pour toutes les colles, la viscosité diminue quand la température
l’aide d’un viscosimètre (Brookfield ou autres : coupe Ford, visco- de la colle augmente. C’est le cas des adhésifs thermofusibles mais
simètre Haake, etc.). aussi des autres colles : vinyliques, urée-formol.
■ Comportement rhéologique ■ Adhésifs thermofusibles (encore appelés hot melts )
Trois cas se présentent (figure 12).
À 20 oC, ces adhésifs sont solides. Ils se ramollissent progressi-
● Cas d’un liquide newtonien vement quand on les chauffe et deviennent liquides ou pâteux vers
La viscosité est constante (ce cas n’est pas le plus fréquent). 150 à 200 oC selon les formulations.
● Cas d’un liquide pseudoplastique : les dispersions (émulsions Sur la courbe de la figure 3 de l’article [BM 7 616], la viscosité
aqueuses) sont souvent pseudoplastiques, aussi leur viscosité dimi- d’utilisation préconisée se situe entre les points A et A′ ce qui
nue-t-elle dans le temps lors du brassage de la colle, dans les appli- correspond à une température comprise entre 180 et 210 oC. Nous
cateurs à rouleau par exemple, en fonction du taux de cisaillement. avons donc, dans ce cas, une colle plus ou moins fluide, s’appli-
● Cas d’un liquide thixotropique : les liquides thixotropiques quant bien au pistolet ou par extrusion, et mouillant suffisamment
voient leur viscosité diminuer dans le temps lorsqu’ils sont soumis les matériaux (stratifiés utilisés en plaquage de chants, bois,
à une contrainte de cisaillement constante (lors de leur brassage). plastiques).
Ils retrouvent, en général, leur viscosité d’origine si on les laisse
reposer. ■ Mouillage des matériaux
La norme NF EN 1292 (août 2002) indique comment mesurer la Le mouillage est l’étalement facile de l’adhésif sur toute la sur-
viscosité des adhésifs à l’état liquide. face à coller, afin d’obtenir un contact complet entre l’adhésif et les
matériaux, pour que les forces d’adhésion puissent se développer
■ Viscosité et type d’applicateur (voir § 3.2).
La viscosité doit être adaptée à l’applicateur (figure 13). Le lecteur pourra se reporter à l’article [BM 7 616], § 1.2.1, où sont illustrés
● Type d’applicateur utilisé : certains applicateurs exigent des les différents cas de mouillage de substrats encollés.
colles très fluides (pistolets, buse), d’autres des colles plus épaisses Le mouillage est donc une exigence primordiale pour un bon
(extrusion de mastics en fortes épaisseurs...). collage.
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Taux de cisaillement
e
nt
ta
ons
c
é
s it
s co
Vi
a buse manuelle pour points b pour rainures
et traits
Contrainte de cisaillement
a fluide Newtonien
Viscosité
Taux de cisaillement
b fluide pseudoplastique
Viscosité
c fluide thixotropique
La durée de vie en pot ou le temps de gel est la durée pendant
laquelle la colle peut être mise en œuvre, à partir du moment où
Figure 12 – Diagrammes caractéristiques des divers comportements les deux composants ont été mélangés. Au fur et à mesure que la
rhéologiques des fluides réaction chimique entre les deux composants avance, ces colles
épaississent, ne peuvent plus accrocher sur les matériaux ni être
étalées, et deviennent inutilisables au bout d’un certain temps.
Dans le cas du bois, qui est toujours absorbant, le mouillage est
plus facile qu’avec d’autres matériaux. Cependant, les bois gras, La réactivité chimique des colles à base de formaldéhyde (UF,
résineux et de nombreux plastiques sont plus difficiles à mouiller RF...) est mesurée par des tests standards :
et, en fonction de leur viscosité et de leur formulation, les colles
mouillent plus ou moins bien les matériaux. • NF T 76-113 (août 1983) Adhésifs aminoplastes, détermina-
tion du temps de prise en gel à différentes températures ;
La norme NF EN 828 indique comment déterminer l’angle de
contact et la tension superficielle de la surface solide. • NF T 76-117 (octobre 1984) Adhésifs résorcine-formol, déter-
mination du temps de prise en gel à 23 oC.
5.1.2 Proportions des mélanges La réactivité des résines varie en fonction des durcisseurs, de
leur proportion et de la température.
Avec les colles et adhésifs à deux composants (UF, MF, PU, ther-
modurcissables), on doit respecter les proportions de mélange Pour une colle urée-formol liquide, le test standard de gel se fera
indiquées par le fabricant et qui correspondent aux proportions par addition de 10 % de solution de chlorure d’ammonium à 15 %
nécessaires pour la réaction chimique. Ces proportions ne peuvent (catalyseur) (voir figure 14).
varier que de ± 5 % environ, le dosage peut être automatique, avec
une pompe ou un système de dosage (le matériel nécessaire est ■ Pour avoir une indication de la durée de vie en pot, on détermine
décrit dans la partie « Applications »). en général le temps de gel à 30 oC.
Pour mesurer la réactivité de la résine à la chaleur on mesurera
5.1.3 Durée de vie en pot ou durée pratique le temps de gel à 100 oC par exemple ou à la température de
d’utilisation, temps de gel, réactivité durcissement préconisée.
Cette notion ne concerne que les colles, à deux composants, ou Le tableau 4 fournit à titre d’exemple la réactivité d’une colle UF
les colles qui nécessitent l’adjonction d’un durcisseur. (urée-formol) du commerce en fonction de la température. (0)
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Temps de gel
Les courbes des figures 14a et b fournissent les temps de gel en
fonction du pourcentage de durcisseur, pour deux types de dur-
cisseurs différents, dans le cas de colles urée-formol.
Dans le cas des adhésifs à deux composants (polyuréthanes…)
qui nous concerne ici, la norme ISO 10364 permet de déterminer
leur durée de vie en pot, aussi appelée « durée pratique
d’utilisation » (DPU).
La DPU varie fortement selon les types d’adhésifs ou de résines,
la réactivité chimique des composants, la température, ainsi que la
quantité d’adhésif mélangé. Réactivité
maximale
5.1.5 Consommation ou grammage 5.1.6 Stabilité de la colle dans les bacs des encolleurs
Cette valeur correspond à la quantité de colle appliquée sur une
surface donnée. On la mesure en grammes par mètre carré (g/m2). ■ Stabilité mécanique
Pour obtenir un bon collage, il faut déposer une quantité opti- Dans les encolleurs à rouleau et, de façon générale, dans les
male d’adhésif, c’est-à-dire ni trop ni trop peu : applicateurs ouverts, la colle doit résister au brassage, au contact
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Rouleaux Système
presseurs encolleur
à rouleau
Systèmes
de fraisage Dévidoir
et de coupe de bande
de chants
avec l’air, à l’agitation, sans changer de viscosité ni perdre ses Le temps de gommage correspond à l’intervalle de temps que
propriétés. l’on doit laisser s’écouler entre le moment où l’on étale la colle sur
le bois et le moment où l’on procède à l’assemblage.
Certaines colles émulsion risquent de mousser et d’entraîner des
bulles d’air si on les brasse trop fort entre les rouleaux encolleurs. Pendant ce temps, les solvants ou l’eau commencent à s’éva-
porer (totalement s’il s’agit d’une colle néoprène à double encol-
Un antimousse peut être nécessaire.
lage, ou en partie s’il s’agit d’une colle simple encollage).
■ Stabilité thermique La colle épaissit et acquiert ainsi son pouvoir collant et une
cohésion suffisante pour que l’on puisse assembler, sans crainte
Les adhésifs hot-melts (thermofusibles) doivent pouvoir rester,
de voir les matériaux se décoller ou bouger.
pendant une journée de travail, dans les réservoirs chauds, à des
températures voisines de la température d’application, sans être Le temps de gommage est raccourci par la chaleur.
dégradés par la chaleur ou l’oxydation.
Selon les travaux à réaliser, les colles et les machines, le temps
On mesure cette stabilité thermique en soumettant l’adhésif à de gommage des colles à bois peut être ajusté par les fabricants,
des durées croissantes d’exposition à la chaleur et en suivant son de quelques secondes à quelques minutes (c’est une question de
état de dégradation éventuelle par l’évolution de sa couleur et de formulation, de types de colles, et de solvants ou eau à évaporer).
ses performances de collage.
Quand il devient plus foncé c’est qu’il commence à se dégrader 5.1.8 Temps ouvert
par oxydation à chaud.
Dans les plaqueuses de chants modernes, on utilise des Parfois appelé temps d’assemblage ouvert, le temps ouvert
« premelters » qui sont des bacs de stockage des granulés, suivis, correspond au temps qui s’écoule entre le moment où la colle a été
en dessous, de zones de préfusion, lesquelles alimentent, en des- étalée et celui où elle a perdu son pouvoir collant parce qu’elle a
sous d’elles les bacs où se trouvent les rouleaux encolleurs. commencé à sécher, ou à s’épaissir, ou à se refroidir dans le cas
d’un adhésif thermofusible.
Ainsi l’adhésif thermofusible n’est pas maintenu pendant toute
une journée de travail à la température d’application, qui est Les adhésifs thermofusibles ont des temps ouverts très courts
élevée, (environ 200 oC) et qui serait susceptible de le dégrader (quelques secondes).
progressivement et assez vite (voir figure 15). Les colles aqueuses (vinyliques, etc.) ont des temps ouverts beau-
coup plus longs (quelques dizaines de secondes, voire quelques
minutes).
5.1.7 Temps de gommage, temps d’attente
avant assemblage Pour les colles à deux composants ou à durcisseur, le temps
ouvert dépend de la vitesse de la réaction entre les deux
Cette notion ne concerne que les colles qui font leur prise par composants, mais le plus souvent on assemble immédiatement
séchage (colles solvantées et colles aqueuses). après encollage.
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5.1.9 Temps d’assemblage fermé L’extrait sec conditionne le prix de revient de la colle mais aussi
son efficacité car, s’il est trop faible, on risque d’avoir trop peu de
Le temps d’assemblage fermé correspond au temps s’écoulant matières actives dans le joint de colle, car la colle est alors absor-
entre la mise en contact des constituants et le pressage. bée par les substrats.
Sur les machines hot melt, par exemple plaqueuses de chants, ce
temps est, en général, très court, de l’ordre de la seconde, voire 5.1.12 Mode de prise et de durcissement
moins. Il faut effectuer le pressage tant que la colle est encore
collante. Lors du pressage, la colle doit faire sa prise. Elle n’acquiert toutes
ses propriétés (mécaniques, physiques, chimiques) que lorsqu’elle
Par contre avec les colles vinyliques à bois ou les colles thermo- est parvenue à l’état solide et cela peut se produire selon les dif-
durcissables base urée-formol, on peut laisser parfois les assem- férents modes de prise indiqués au tableau 5. La durée de la prise
blages fermés (mais non pressés) pendant quelques dizaines de dépend des paramètres notés dans ce même tableau.
secondes ce qui permet par exemple de préparer une « pressée »
en empilant un certain nombre de panneaux ou de pièces, puis de ■ Vitesse et durée de prise
les presser tous d’un coup. La colle n’a fait sa prise et n’a acquis toutes ses propriétés
(mécaniques, physiques, chimiques) que lorsqu’elle est parvenue à
l’état solide, selon les modes de prise indiqués au tableau 5.
Les fiches techniques des fabricants de colles et adhésifs indi-
quent, ou doivent indiquer, précisément toutes ces caractéristi- La vitesse et la durée de prise dépendent, selon les types de colles :
ques de mise en œuvre. — du type de formulation et des constituants de base (nature
chimique, liquide porteur, vitesse de réaction entre les deux
composants ou entre la résine et le durcisseur ;
5.1.10 Tack ou adhérence immédiate — de la température (ambiante et des matériaux), la chaleur
accélère toujours la prise des colles ;
Le tack est la propriété de maintenir les matériaux ensemble, dès — de l’humidité (pour certaines colles) ;
leur assemblage, pour qu’ils ne glissent pas, ne se déplacent pas — de l’épaisseur du joint de colle et donc de la quantité de colle
l’un par rapport à l’autre, afin que le film de colle reste continu et appliquée pour remplir ce joint.
immobile pendant la durée de prise et que les collages ne
s’ouvrent pas. ■ Prise partielle et prise complète
● La première prise, ou prise partielle, est celle qui permet aux
Ce peut être un paramètre important par exemple quand on doit
pièces de rester attachées ensemble de façon suffisamment solide
afficher et coller un film plastique sur des panneaux ou lorsqu’on
pour pouvoir être manipulables ou subir d’éventuelles transfor-
empile les différents plis d’un contreplaqué.
mations : découpe, perçage, etc., ou, dans le cas d’un chantier, pour
Le tack dépend de plusieurs facteurs : pouvoir ouvrir les locaux au trafic (pose de parquets par exemple).
— la formulation et la nature des constituants de base ; par À ce niveau de prise, on n’a atteint que 10 à 50 % de la force
exemple, les dispersions VAC/E [vinylacétate-éthylène (copoly- ultime de collage.
mère)] ou acryliques ont un tack plus élevé que les dispersions ● La prise complète, ou définitive, correspond à l’obtention de 90
vinyliques ; les colles contact au néoprène ont un tack très élevé et à 100 % de la force totale du collage (figure 16).
on ne peut plus bouger les pièces l’une par rapport à l’autre dès la
mise en contact ; ■ Vitesse de prise et température
— la viscosité et la rhéologie, une forte viscosité donnant un Pour les colles qui font leur prise par réaction chimique, la
tack plus élevé. vitesse de prise double, approximativement, tous les 10o C. Une
Les colles urée-formol pour la fabrication du contreplaqué sont température trop basse ralentit la vitesse de prise.
formulées pour avoir un tack élevé : elles ont des extraits secs éle- L’évaporation de l’eau ou des solvants est également accélérée
vés (voir définition ci-dessous) et contiennent des charges ou par la chaleur.
« filler » minéraux ou de la farine de coque de noix pour les épaissir.
Par exemple, les colles à base de formaldéhyde (UF, MF, RF) font
leur prise à chaud, vers 80 à 100 oC en quelques minutes, alors qu’à
5.1.11 Extrait sec 30 oC il leur faudrait une heure environ (tableau 4).
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(0)
100
80
60
40
20
0
10’ 20’ 30’ 24 h 10’ 20’ 30’ 24 h 10’ 20’ 30’ 24 h 10’ 20’ 30’ 24 h 10’ 20’ 30’ 24 h
Temps écoulé entre le pressage et le test d’arrachement
Trop de pression finit par amincir le film de colle Figure 17 – Effet de la pression et du
Quantité de colle : grammage sur la vitesse de prise et la
120 g/m2 160 g/m2 résistance mécanique du collage avec une colle
polyvinylacétate (colle blanche vinylique)
■ Vitesse de prise en fonction du grammage — immédiatement, pour une colle contact (polychloroprène) ;
et de la pression appliquée — en quelques secondes, pour une colle thermofusible pour
La figure 17 montre que la vitesse de prise est plus lente lor sque plaqueuses de chants.
le grammage est plus élevé, car il faut évacuer davantage d’eau de — en quelques minutes, pour une colle solvantée ;
la colle.
— en quelques heures, pour une colle aqueuse (vinylique).
■ Durée de prise Dans presque tous les cas, la prise de la colle nécessite la mise
Selon les formules et les conditions de mise en œuvre, les colles sous presse ou le « serrage » des pièces ensemble avec divers
peuvent faire leur prise à température ambiante (cf. figure 16) : moyens : cadreuses pour la fabrication de meubles ou de fenêtres,
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serre-joints pour des petits travaux de menuiserie, calandre à 6.1 Résistance mécanique.
rouleaux pour le contre-collage de films.
Adhésion et cohésion
La figure 18 montre par exemple une presse chauffante à plu-
sieurs plateaux chauffants.
Pour mesurer la résistance mécanique d’un adhésif ou d’un
Les pressions nécessaires dépendent des colles utilisées et des assemblage collé, on colle ensemble deux éprouvettes, on laisse
matériaux à coller. durcir complètement le joint de colle, puis on réalise un essai de
séparation selon divers modes.
5.2 Identification et contrôle Les joints collés peuvent être sollicités de cinq façons différentes :
traction, cisaillement, pelage, clivage ou fluage, comme montré
Les caractéristiques présentées précédemment sont mesurées figure 19. La traction pure et le clivage, qui concentrent les
au laboratoire et servent surtout pour le contrôle des produits : contraintes sur des petites zones, doivent être évités.
— extrait sec (teneur en matières actives : polymères de base, Lorsque l’on réalise un essai d’arrachement ou de séparation, on
résines, charges, adjuvants) (norme NF EN 827) ; mesure à la fois l’adhésion et la cohésion du joint d’adhésif ; on
— viscosité (exprimée en mPa · s) ; note l’endroit où le joint se rompt.
— densité (norme NF EN 542) ;
— pH (norme NF EN 1245) ;
— taux de cendres (pourcentage de matières solides restant
après combustion d’un échantillon à 900 oC) ; 6.2 Résistance au cisaillement
— réactivité chimique (vitesse de réaction entre les deux
composants, point de gel c’est-à-dire temps au bout duquel l’adhé- En général, les adhésifs résistent très bien au cisaillement. Dans
sif commence à faire sa prise). toute la mesure du possible, quand on étudie une structure collée,
Les méthodes d’analyse sont les suivantes : on doit privilégier ce mode de contrainte par rapport aux autres.
— thermoanalyse (calorimètre différentiel à balayage, analyse Pour le collage du bois, la résistance mécanique des collages est
thermomécanique) ; le plus souvent mesurée par un test de cisaillement avec des
— spectrophotométrie infrarouge. éprouvettes normalisées comme indiqué sur la figure 20. On
tractionne dans l’axe du plan de collage, sous une vitesse de mise
en charge de 60 daN/min, jusqu’à rupture. On en déduit la résis-
tance au cisaillement qui est évaluée en mégapascals.
6. Caractéristiques Les normes précisent comment doivent être préparés les bois et
mécaniques les éprouvettes ainsi que les conditions exactes des essais.
La résistance au cisaillement peut être mesurée par plusieurs
Ce sont les caractéristiques qui permettent de mesurer la solidité méthodes selon les normes :
mécanique des collages. — EN 205 (septembre 1991) colles à bois, usages non
Elles sont en général mesurées sur les assemblages collés après structuraux : Détermination du pouvoir adhésif de collages longitu-
le durcissement complet de l’adhésif. dinaux par un essai de cisaillement ;
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Direction du tractionnement
Mode de collage Répartition des contraintes
Joint de colle
F
25
F
Figure 20 – Éprouvette de cisaillement en hêtre massif (cote en mm)
(selon Norme EN 205)
Meilleur mode de travail pour les
Adhésif joints collés car les contraintes sont
réparties sur une grande surface
Traction
Traction Cisaillement
F b cisaillement
Traction
On dit qu'un joint "travaille" en pelage lorsque l'un, au moins, — ISO 6238 (février 2001) : Adhésifs pour bois, mesure de la
des supports est souple et que la force d'arrachement est résistance au cisaillement par un essai en compression ;
perpendiculaire au plan de collage. Les contraintes sont localisées — PR NF EN 302-1 (mars 2001) : Adhésifs pour structures por-
le long d’une ligne.
tantes en bois - Méthodes d’essai - Partie 1 : détermination de la
c pelage
résistance du joint au cisaillement en traction longitudinale ;
— PR NF EN 302-2 (juin 2001) : Adhésifs pour structures por-
tantes en bois - Méthodes d’essai - Partie 2 : détermination de la
Tension
résistance au délaminage ;
— PR NF EN 302-4 (juin 2001) : Adhésifs pour structures por-
F
tantes en bois - Méthodes d’essai - Partie 4 : détermination de
l’influence du retrait du bois sur la résistance au cisaillement ;
— ISO 6922 (décembre 1987) : Mesure de la résistance à la
Compression
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Tableau 6 – Règlements concernant l’émission de formol libre des panneaux à base de bois dans différents pays
(source Technologies de collage pour l’industrie du bois, par A. Bandel)
Pays Émission classe Méthode de la chambre Méthode de perforation Méthode d’analyse de gaz
(1) (ppm) (mg/100 g) (mg/m2/h)
(Fraunhofer Institute, Allemagne) (norme DIN E 120) (DIN 52368)
Allemagne E1 0,1 10 3,5
E2 1,0 30 34,5
E3 2,3 60 79,5
Belgique P1 — 14 —
P2 — 28 —
P3 — 42 —
Danemark E15 — 15 —
Finlande — — 40 —
France — — 40 —
Grande-Bretagne — — 50 —
Pays-Bas — 0,1 10 —
(Méthode CEN)
Suède — — 35 —
Suisse — — 20 —
(1) Niveaux de danger croissants (teneurs en formol libre croissantes)
■ Résistance à la chaleur et au froid Les utilisateurs et distributeurs sont avertis de ces dangers par
● Tenue à la chaleur : la chaleur ramollit toujours les colles et les fabricants, par les moyens suivants :
adhésifs. On peut donc mesurer la résistance mécanique (par — fiches techniques ;
exemple résistance au cisaillement) à diverses températures et — fiches de données de sécurité ;
déterminer ainsi la température maximale que peut supporter — prescriptions indiquées sur les emballages (étiquetage de
l’adhésif. danger).
(On peut également mesurer le fluage à chaud de l’assemblage Diverses législations européennes concernent :
sous contrainte comme nous l’avons vu). — l’emploi des solvants ;
● Tenue au froid : les colles et adhésifs deviennent toujours durs — les utilisations (sur chantier, en usine) ;
et cassants à température plus ou moins basse, selon les types. — le transport (terrestre, maritime, aérien) ;
— l’étiquetage ;
● Tenue aux variations de températures : des cycles gel-
— le stockage.
dégel-chaleur doivent être réalisés pour des collages soumis à des
Pour toutes ces précisions, nous renvoyons le lecteur à l’article Assem-
conditions extérieures en reproduisant le mieux possible les blage par collage [A 3 758] dans le traité Plastiques et Composites.
conditions climatiques (norme NF EN 1239).
Un paramètre important actuellement est la teneur en formol
dans l’atmosphère. Les meubles collés avec des colles à base de
■ Résistance aux plastifiants (panneaux revêtus de PVC plastifié)
formaldéhyde peuvent dégager ce produit dans l’atmosphère des
Les familles de PVC sont en général en PVC plastifié. Les plas- locaux. La norme DIN 52368 indique comment mesurer la teneur
tifiants sont des produits huileux qui peuvent venir à la surface des ambiante en formol et le tableau 6 recense les législations dans
feuilles de PVC au contact du film de colle et réduire alors sensi- divers pays.
blement l’adhérence avec certaines colles.
■ Coût
■ Résistance à la fatigue Pour déterminer le prix de revient d’une opération de collage, il
Un tiroir ouvert et fermé des milliers de fois dans sa vie, une est nécessaire de tenir compte de tous les éléments suivants :
chaise... doivent avoir des assemblages résistants à la fatigue. — prix de la colle (au kg, au L, au m2 ou à la pièce) ;
Pour les mesurer, on peut soumettre les pièces collées à des sol- — coût de la préparation ;
licitations mécaniques alternées, par exemple 104 cycles, sous une — coût de l’application ;
charge égale par exemple à 20 % de la charge de rupture. — consommation ;
— coût de la main-d’œuvre [préparation des supports, applica-
tion de la colle, durcissement de la colle (pressage, etc.)] ;
— coûts annexes (contrôle, durcissement, pertes, stockage de
pièces avant expédition, etc.).
8. Autres caractéristiques Le prix de la colle n’est donc qu’une partie du coût total.
Dans la seconde partie [BM 7 635], nous avons indiqué les principales
■ Sécurité d’emploi caractéristiques des divers types de colles, adhésifs et liants pour les indus-
tries du bois et du meuble.
Les colles, comme les produits chimiques qu’elles contiennent,
peuvent présenter, dans certains cas limités, des inconvénients ■ Autres éléments d’appréciation (normes...)
pour la santé ou des risques d’emploi en raison : L’utilisateur de colles et adhésifs doit vérifier au préalable :
— soit de l’inflammabilité de certains constituants (solvants) ; — les procès-verbaux de laboratoires officiels (CTBA...) ;
— soit des risques de dermatoses allergiques (cas des résines — la conformité aux normes européenne ;
époxydes et des durcisseurs aminés) ; — la conformité à certains cahiers des charges.
— soit de la nocivité de certains constituants (toluène, méthanol, Toutes les normes et méthodes d’essais sont recensées dans le « Pour en
n-hexane, formol, par exemple). savoir plus » en [doc. BM 7 637].
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