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Le document traite des techniques de collage des matériaux composites, en mettant l'accent sur la préparation des surfaces et les types d'adhésifs appropriés. Il aborde également les différentes méthodes de nettoyage et d'abradage nécessaires pour garantir une bonne adhérence. Enfin, il fournit des informations sur les caractéristiques des adhésifs et les matériaux à coller dans divers secteurs industriels.

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Le document traite des techniques de collage des matériaux composites, en mettant l'accent sur la préparation des surfaces et les types d'adhésifs appropriés. Il aborde également les différentes méthodes de nettoyage et d'abradage nécessaires pour garantir une bonne adhérence. Enfin, il fournit des informations sur les caractéristiques des adhésifs et les matériaux à coller dans divers secteurs industriels.

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07/10/2008

Collage des composites


Généralités

par Philippe COGNARD


Ingénieur de l’École Supérieure de physique et chimie de la ville de Paris
Ancien directeur commercial à la Société Bostik Findley
Expert près les tribunaux

1. Matériaux à coller .................................................................................... BM 7 625 - 3


2. Préparation des surfaces ....................................................................... — 3
2.1 Élimination des produits de démoulage.................................................... — 3
2.2 Abrasion ....................................................................................................... — 3
2.3 Système « Tear ply » (ou tissu de délaminage) ........................................ — 3
2.4 Traitements de surface ................................................................................ — 4
3. Conception, calcul et dimensionnement des joints collés .......... — 6
3.1 Différents cas d’assemblage des composites ........................................... — 6
3.2 Paramètres qui influent sur la résistance des assemblages .................... — 7
3.3 Réduction des tensions dans le joint collé ................................................ — 8
3.4 Conception et dimensionnement des joints. Logiciels de calcul............. — 8
3.5 Conception et dimensionnement des assemblages par stratification .... — 8
4. Caractéristiques des adhésifs structuraux pour le collage
des composites......................................................................................... — 9
4.1 Caractéristiques de mise en œuvre............................................................ — 11
4.2 Caractéristiques mécaniques...................................................................... — 11
4.3 Caractéristiques physico-chimiques et de durabilité................................ — 13
4.4 Coût............................................................................................................... — 14
4.5 Caractéristiques de sécurité d’emploi........................................................ — 14
5. Adhésifs utilisés pour le collage des matériaux composites ...... — 14
5.1 Époxydes et époxydes modifiés................................................................. — 14
5.2 Polyuréthannes ............................................................................................ — 15
5.3 Adhésifs acryliques à un et deux composants méthacrylates................. — 16
5.4 Adhésifs uréthane-acrylate ......................................................................... — 17
5.5 Adhésifs polyesters thermodurcissables .................................................. — 17
5.6 Adhésifs thermostables .............................................................................. — 18
5.7 Cyanoacrylates............................................................................................. — 18
5.8 Adhésifs anaérobies .................................................................................... — 19
5.9 Adhésifs semi-structuraux ou non structuraux......................................... — 19
6. Choix du traitement de surface et de l’adhésif............................... — 19
7. Réparation des composites................................................................... — 20
8. Conclusion ................................................................................................. — 20
Références bibliographiques ......................................................................... — 20

’assemblage de pièces en matériaux composites (composite sur composite,


L composite sur métal, ...) fait fréquemment appel au collage en raison
des avantages qu’il offre par rapport aux autres techniques existantes, points
forts exposés dans l’article BM 7 624.

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La mise en œuvre de cette technique d’assemblage fait cependant appel à


des compétences particulières (conception adaptée des pièces à assembler,
préparation des surfaces à assembler, tests des assemblages permettant de
déterminer leurs caractéristiques mécaniques, physiques ou chimiques...) et
nécessite de connaître les différents types d’adhésifs et leurs caractéristiques
afin de sélectionner l’adhésif le mieux adapté à un problème d’assemblage
concret.
Le lecteur consultera utilement les articles consacrés au Collage des matériaux :
— Collage des matériaux. Mécanismes. Classification des colles [BM 7 615] ;
— Collage des matériaux. Caractéristiques, mises en œuvre des colles [BM 7 616] ;
— Collage des matériaux. Applications [BM 7 617] ;
— Collage des matériaux. Pour en savoir plus [Doc. BM 7 617].
Cet article constitue la seconde partie d’une série consacrée au collage des composites :
— Assemblage des composites. Les points forts du collage [BM 7 624] ;
— Collage des composites. Généralités [BM 7 625] ;
— Collage des composites. Secteur aéronautique [BM 7 626] ;
— Collage des composites. Secteurs routier et ferroviaire [BM 7 627] ;
— Collage des composites. Secteur de la construction navale [BM 7 628] ;
— Collage des composites. Bâtiment, sport, génie chimique, mécanique [BM 7 629] ;
— Collage des composites. Pour en savoir plus [Doc. BM 7 630].
Le lecteur trouvera notamment de nombreuses informations pratiques (fournisseurs d’adhé-
sifs et de matériels, normes, caractéristiques techniques de différents adhésifs...) dans le docu-
ment Pour en savoir plus [Doc. BM 7 630].
Nota : nous n’étudierons pas ici l’adhérence des résines et matrices sur les fibres de renfort car ceci fait l’objet d’autres arti-
cles des Techniques de l’Ingénieur consacrés à la constitution et à la fabrication des matériaux composites (consulter à ce pro-
pos la sous-rubrique Charges et fibres de renforcement du traité Plastiques et Composites).

Pour en savoir plus le lecteur consultera utilement les références [3] à [9].

Abréviations utilisées

ABS Poly(acrylonitrile-butadiène-styrène) PMMA Polyméthacrylate de méthyle


DPU Durée pratique d’utilisation POM Poly(oxyméthylène)
MEC Méthyl éthyl cétone PP Polypropylène
MF Mélamines-formol PPO Oxyde de polyphénylène
Nida Nids d’abeilles PPS Sulfure de polyphénylène
PA Polyamide, nylon PRV Plastiques renforcés de verre
PBT Poly(butylène téréphtalate) PU Polyuréthanne
PC Polycarbonate RA Rupture adhésive
PE Polyéthylène RCA Rupture cohésive dans l’adhésive
PEEK Polyétheréthercétone RCM Rupture cohésive dans le matériau
PET Poly(éthylène téréphtalate) UF Urée-formol

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1. Matériaux à coller Pour éliminer les produits de démoulage superficiels, on peut


utiliser :
— soit des produits détergents puis réaliser un rinçage très
Dans les industries qui utilisent des matériaux composites, on a soigné ;
besoin de coller divers matériaux et diverses pièces, pas unique- — soit un nettoyage aux solvants (alcool, méthyl-éthyl cétone,
ment en composites telles que : solvants de nettoyage chlorés). Bien-sûr, le solvant utilisé ne doit
pas attaquer le polymère utilisé comme matrice.
— des peaux de panneaux-sandwichs qui peuvent être :
• en tôles d’aluminium ou d’alliages, Après nettoyage, il faut laisser sécher complètement les pièces
• en stratifiés thermodurcissables (polyester-verre ou gra- avant de les coller.
phite-époxyde, ou autres phénolique-verre pour avoir une
résistance élevée au feu),
• en composites thermoplastiques, plus rarement ;
— des nids d’abeilles divers : aluminium, Nomex (à base de
2.2 Abrasion
fibres aramides ou Kevlar) ;
— des pièces composites de formes courbes, raidisseurs, profilés Afin de rendre la surface rugueuse et plus facile à mouiller par
pultrudés, réalisés à partir de préimprégnés thermodurcissables, l’adhésif, et d’éliminer la couche superficielle qui contient l’agent
qui doivent alors être collés ou stratifiés par cocuisson (cuisson de démoulage, on procédera souvent à une abrasion de la surface
simultanée de la résine, du composite et de l’adhésif). Il s’agit alors avec un papier abrasif dont le grain ne doit pas être trop gros car
de collages composite sur composite ; il ne faut pas aller en profondeur jusqu’aux fibres de renfort,
— des pièces composites réalisées avec des polymères thermo- celles-ci devant rester enrobées et intactes.
plastiques divers (PE, PP, nylon, polycarbonates, PPS, PEEK...) par On peut aussi utiliser un tampon abrasif (utilisé pour le récurage
exemple en mécanique, électroménager... ; par exemple), éventuellement imprégné d’un détergent léger pour
— des pièces métalliques (cadres, attaches, charnières, inserts, éliminer les produits de démoulage.
renforts) à coller sur les pièces en composites. Ces pièces peuvent
être en alliages d’aluminium, ou en titane dans le domaine Après abrasion, on doit bien sûr dépoussiérer et nettoyer soi-
aéronautique, ou en acier pour l’automobile, en laiton ou duralu- gneusement la surface avec un solvant adapté.
min pour les inserts ;
— des panneaux-sandwichs à assembler et coller sur eux-
mêmes, sur des raidisseurs ou sur des cadres ;
— éventuellement on peut coller des composites sur bois dans
2.3 Système « Tear ply »
le bâtiment ou en ameublement, sur béton dans le bâtiment..., sur (ou tissu de délaminage)
des hublots en verre ou plastique transparent pour la fabrication
de hublots. Le système tear ply (ou tissu de délaminage) peut être utilisé
pour obtenir une surface propre. La figure 1 montre ce système qui
consiste à appliquer lors de la fabrication du composite, une feuille
de Dacron ou autre textile à la surface externe, dans la couche
superficielle de résine. Lorsque l’on doit procéder au collage, il suf-
2. Préparation des surfaces fit de peler cette feuille pour trouver en dessous un matériau pro-
pre, dépourvu de toute pollution ou agent de démoulage.

Nous n’étudierons ici que la préparation de surface des compo-


sites, car la préparation des métaux a été étudiée dans l’article
Collage des métaux. Généralités. Caractéristiques [BM 7 620].
On peut considérer que les composites se traitent et se collent Tissu à délaminer
comme le polymère constituant leur matrice. Nous renverrons
donc le lecteur à l’article Assemblage par collage [A 3 758] dans le
traité Plastiques et Composites. Nous étudierons cependant ici en
détail les modes de préparation des surfaces propres aux maté-
riaux composites. Nous ne traiterons évidemment pas le traite-
ment de surface des fibres de renfort (« ensimage ») pour Surface propre
promouvoir l’adhérence des résines sur les fibres car ceci a été pour le collage
traité dans les articles concernant la fabrication des matériaux
composites et les fibres de renforcement (voir articles spécialisés
dans le traité Plastiques et Composites).
Pièce en stratifié

2.1 Élimination des produits


de démoulage Tissus à délaminer (nylon)

Stratifié renforcé
Dans la plupart des cas, lors de la fabrication des pièces en de fibres
composites, un agent de démoulage a été utilisé pour faciliter le
démoulage des pièces. Cet agent est un produit antiadhérent
(silicone, stéarate ou autre) qui doit donc être éliminé complè-
tement sur la zone à coller. On s’enquerra auprès du fournisseur de
produit de démoulage de la nature de celui-ci.
Par ailleurs, certains produits de démoulage sont incorporés Figure 1 – Utilisation d’un tissu à délaminer pelable au moment
dans la masse de la formule et sont donc plus difficiles à éliminer. du pelage

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Tableau 1 – Préparations de surface pour les matières plastiques et composites


Préparations (1)

Traitements de surface
Polymères
Plasma
Aucune Nettoyage Abrasion Acide
Sulfo- Sodium
Flamme Silination sulfonique Résorcinol
Pression Faible chromique naphtalénide
de toluène
ambiante pression

Acrylonitrile - butadiène - styrène


(ABS) ● ● ● ●

Matières plastiques et composites ● ● ●


à base de résine époxydique
Matières plastiques à base ● ● ● ● ●
de mélamine et d’urée
Matières plastiques et composites
à base de phénol ● ● ●

Polyacétal ● ● ● ● ● ● ●
Polybutylènetéréphtalate (PBT) ● ● ● ● ●
Polycarbonate (PC) ● ● ● ● ●
Polyester thermodurcissable ● ●
PET : polyester thermoplastique ● ● ●
Polyétheréthercétone ● ●
Polyéthylène (PE) ● ● ● ● ● ● ●
Polyimide ● ●
Polyamide (PA) ● ● ● ● ●
Oxyde de polyphénylène ● ● ● ● ●
Polypropylène ● ● ● ● ● ●
Polysulfone ● ● ● ● ●
Polytétrafluoroéthylène ● ● ●
Polyuréthanne (PU) ● ● ● ● ●
(1) Dans le cas d’une préparation pour utilisation d’adhésif époxydique, chauffer les parties en matière plastique pendant 1 heure à 90 oC et appliquer l’adhésif pendant qu’elles sont encore
chaudes. S’assurer que l’adhésif époxydique ne cuit pas prématurément du fait de son utilisation à température élevée.

2.4 Traitements de surface 2.4.1 Traitements de surface physiques


2.4.1.1 Flammage
Après ces préparations (élimination des produits de démou- Le flammage consiste à exposer à une flamme oxydante, pen-
lage, abrasion), il faut distinguer le cas des composites à dant quelques dixièmes de secondes, la surface des pièces à
matrice thermodurcissables, qui peuvent être facilement collés traiter, sans la brûler bien sûr.
avec des adhésifs époxydes, méthacryliques ou polyuréthannes
et surtout avec des adhésifs de même nature que la résine utili- Cette méthode est surtout utilisée pour le polyéthylène et le
sée comme matrice, du cas des composites à matrice thermo- polypropylène et peut multiplier les adhérences par deux ou trois
plastiques qui eux nécessiteront en général un traitement de mais comme les adhérences sur ces polyoléfines sont très faibles,
surface spécialement adapté pour pouvoir obtenir une bonne même après traitement à la flamme, on obtient encore des adhé-
adhérence. rences faibles, par exemple 0,5 à 1 MPa pour un collage de polyé-
thylène renforcé, sur lui même, avec un adhésif époxyde.
Nous allons indiquer certains traitements de surface ci-après. Le La figure 2 montre une installation de flammage automatique
lecteur se reportera au tableau 6 qui donne pour les principaux pour la construction automobile.
types de thermoplastiques renforcés les méthodes détaillées de
préparation (nettoyage, abrasion, traitements chimiques et phy- 2.4.1.2 Traitement Corona
siques...) et les types d’adhésifs préférés. Le traitement Corona consiste à soumettre les pièces à traiter à
un arc électrique créé entre deux électrodes. La forte ionisation qui
Le tableau 1 résume toutes les méthodes de traitements de sur- en résulte bombarde alors d’électrons la surface des plastiques,
faces utilisables pour tous les types de plastiques, thermodurcis- qui deviennent plus faciles à mouiller.
sables et thermoplastiques.
Un tel traitement sous une différence de potentiel de 13 kV aug-
De très nombreux articles ont été écrits sur le sujet des trai- mente l’adhérence de 1 000 % sur le polyéthylène. Ce traitement
tements de surface des plastiques et des composites. Le lecteur qui est surtout facile à réaliser sur des films, pour lesquels il existe des
doit résoudre des problèmes spécifiques pourra se reporter à la machines à rouleaux, mais il est plus difficile pour des pièces
référence [1] (cf. Pour en savoir plus [BM 7 630]). massives de contours irréguliers.

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Le tableau 2 donne les adhérences (forces de cisaillement) obte-


nues avec un traitement plasma, soit dans l’oxygène, soit dans
l’ammoniac, avec deux types d’adhésifs (époxyde et polyuré-
thanne) sur divers thermoplastiques renforcés de fibres de verre, et
montre que dans la plupart des cas, le traitement plasma a multi-
plié l’adhérence par un facteur de 2 à 10.
Brûleur à
flamme La figure 3 montre un équipement de traitement plasma.

2.4.1.4 Exposition aux rayons ultraviolet (UV)


Pour obtenir des résultats probants avec le polyéthylène (PE), il
Pièce à traiter faut le soumettre à une source puissante de rayons ultraviolet soit
(par exemple 1 000 W, pendant quelques minutes, et le mieux est de traiter le PE
pare-chocs automobile au préalable avec un sensibilisateur qui peut être un solvant
Pupitre de commande en polypropylène)
du brûleur halogéné tel que le trichloéthylène.
Robot
(automatisme et fluides) Dans les conditions les meilleures, la tension superficielle passe
de 31 · 10–5 N · cm–1 à 44 · 10–5 N · cm–1.
Figure 2 – Système de flammage embarqué sur robot

2.4.2 Traitements de surface chimiques


2.4.1.3 Traitement plasma Certains polymères, inertes chimiquement, sont très difficiles à
Lors du traitement plasma, la pièce est placée dans une enceinte coller et doivent alors subir des traitements chimiques très actifs.
sous vide partiel d’un gaz adéquat, dans laquelle on crée un
plasma par le passage de décharges électromagnétiques. Les par- 2.4.2.1 Traitement sulfo-chromique
ticules excitées bombardent les surfaces des objets et diverses Après avoir nettoyé les pièces, on les immerge pendant
modifications chimiques ont alors lieu. 15 minutes dans une solution à température ambiante, ou mieux,
Selon les conditions de traitement, la nature du gaz, la puissance portée à 80 oC, dont la composition massique est :
et la durée, on a deux possibilités : — bichromate de potassium ou de sodium: 1 partie ;
— avec des gaz comme l’oxygène, l’argon, l’azote ou l’hélium, — acide sulfurique concentré densité 1,84 : 10 parties ;
l’énergie de surface augmente et donc l’adhérence ; — eau distillée ou désionisée : 30 parties.
— avec des gaz fluorés (CF4 , SF6), l’énergie de surface diminue On notera qu’il faut bien se protéger car cette solution est extrê-
et donc le caractère antiadhésif diminue. mement agressive et corrosive. (0)

Tableau 2 – Efficacité comparée de divers traitements plasma sur différents matériaux composites :
collage à recouvrement testé en cisaillement
Adhésif époxyde Adhésif PU
Traitement plasma :
Matériau composite collé
gaz utilisés (1) Force de cisaillement Mode de rupture Force de cisaillement Mode de rupture
(MPa) (2) (MPa) (2)
Résine polyester (Valox 310) aucun 3,6 RA 1,3 RA
oxygène 11,3 RCM 1,5 RA
ammoniac 9,8 RCM 6,6 RA
Noryl 731 aucun 4,3 RA 1,5 RA
(polyphénylène éther)
oxygène 10,2 RA 13,0 RCM
ammoniac 12,4 RCM 6,6 RA
Polyétherimide (Ultem 1000) contrôle (aucun) 1,3 RA – –
oxygène 13,4 RCM – –
ammoniac 14,2 RCM – –
Polycarbonate (Lexan 121) contrôle 11,7 RA 3,7 RA
oxygène 15,5 RCM 7,8 RCA
ammoniac 4,7 RA 3,2 RCA
Polyacétal contrôle 1,1 RA 0,2 RA
(Delrin 503 de Du Pont)
oxygène 4,5 RA 9,3 RA
ammoniac 3,9 RA 2,7 RA
(1) Contrôle = témoin = sans traitement.
(2) RA : rupture adhésive ;
RCM : rupture cohésive dans le matériau ;
RCA : rupture cohésive dans l’adhésif.

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Après nettoyage, on immerge les pièces pendant 6 à


10 secondes, dans une solution composée de 9 parties de résorci-
nol pour 91 parties d’acétate d’éthyle (en masse), puis on les sèche
en ventilant bien pendant 30 minutes au plus, sous une tempéra-
ture de 23 oC et l’on procède au collage dès que la surface est
sèche.
Cette solution doit être utilisée avec beaucoup de précaution car
elle est toxique et corrosive.

3. Conception, calcul
et dimensionnement
des joints collés

3.1 Différents cas d’assemblage


des composites
Figure 3 – Équipement de traitement plasma froid à l’échelle
industrielle (source : CRITT) ■ L’assemblage des composites est rendu nécessaire pour diverses
raisons et dans divers cas :
— réalisation de pièces de grandes dimensions qui ne peuvent
On retire les pièces et on les rince abondamment dans l’eau pas être moulées en une seule fois à cause de la taille limitée des
froide, distillée ou désionisée, puis on les rince à l’eau chaude équipements de fabrication (presses, autoclaves). Il faut alors
(à 55 oC) et on les sèche sous air chaud à 55 oC. On procède alors assembler dans la longueur (par exemple : ailes et carlingues
immédiatement au collage, dans un délai maximum de 3 minutes. d’avions, coques de bateaux) ce qui peut être réalisé de différentes
façons (recouvrement, profilés et encastrement, stratification, les
On traite ainsi avec succès les polyoléfines, l’ABS [poly(acryloni- pièces extérieures peuvent être fixées sur des longerons internes,
trile-butadiène-styrène)], le polyacétal. qui sont eux assemblés par soudure, boulons ou rivets). On doit
Exemple : sur polyéthylène, la force d’arrachement passe de prati- faire en sorte que les assemblages travaillent alors en cisaillement ;
quement 0 sans traitement à 1,4 MPa avec ce traitement. — renforcement de plaques minces, planes ou courbes, par des
profilés raidisseurs (figure 4). On risque alors d’observer des
L’acidité de ce traitement peut empêcher par la suite la polymé- efforts de pelage comme indiqué sur cette figure ;
risation des adhésifs cyanoacrylates.

2.4.2.2 Traitement au sodium naphtalénide


Pour procéder à ce traitement, on suit les étapes suivantes.
Après nettoyage des pièces on les immerge dans une solution Renforts / profilés collés
commerciale de sodium naphtalénide, en suivant les instructions
du fabricant, pendant 5 à 10 secondes. On lave ensuite à l’eau dis-
tillée ou désionisée, puis à l’acétone et à nouveau à l’eau, et l’on
sèche. Puis, on procède immédiatement au collage.
Ce traitement est utilisé pour traiter les polyoléfines.
Adhésif
2.4.2.3 Traitement à l’acide toluène sulfonique Coque du bateau
Après les avoir nettoyé, on immerge les pièces bien sèches pen-
dant 6 à 10 secondes dans la solution (portée à une température
de 94 oC) dont la composition massique est la suivante :
n
— acide para toluène sulfonique: 0,3 partie ; xio
e fle
— dioxanne : 3,7 parties ; sd
ort
— perchoréthylène : 96 parties. Eff
ux
On porte alors les pièces à une température de 110 oC dans une d ina
g itu
étuve pendant 45 secondes. Puis, on les lave abondamment à l’eau lon
chaude (à 55 oC) et on sèche à l’air chaud (à 55 oC). r ts
nfo
Re
Ici encore le collage doit être réalisé immédiatement, dans un
délai maximum de deux minutes.
L’acidité de ce traitement peut empêcher par la suite la polymé- Possibilité
risation normale des cyanoacrylates. d'efforts
de pelage Efforts de flexion

2.4.2.4 Traitement au résorcinol


Ce traitement est utilisé uniquement pour les polyamides et le Figure 4 – Collage de profilés de renfort sur une coque
nylon. ou un caisson : efforts divers (de pelage) au niveau du collage

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Dans le cas d’un stratifié, il faut éviter les ruptures par délami-
Rupture nation entre couches (figure 5).
tranversale
F ■ Paramètres de conception
Adhésif
Les paramètres de conception (et de design ) influant sur la résis-
tance des assemblages sont :
Sens des — la configuration des joints ;
fibres préféré
— l’épaisseur des pièces ;
Délamination — la direction des charges.
du stratifié
Rupture
■ Modes de sollicitations mécaniques
cohésive dans La résistance des assemblages dépend :
l'adhésif
Rupture en — du type de charges (statiques ou dynamiques) ;
traction dans — de la vitesse de variation des charges ;
le composite — des types de sollicitations (cisaillement, traction, pelage, cli-
Pièce en
composite vage, fatigue).
F Forces auxquelles
ou stratifié
on soumet les pièces ■ Systèmes de jonction : mécanique, collage, stratification
L’influence des systèmes de jonction sur la résistance des
Figure 5 – Divers modes de ruptures possibles assemblages a été établie dans l’article [BM 7 624].
lors dans le cas du collage composite (stratifié) sur composite
■ Caractéristiques de l’adhésif et du joint
Les caractéristiques de l’adhésif et du joint qui ont une influence
— assemblages de pièces de différents matériaux (composite notable sur la résistance des assemblages collés sont :
sur métal par exemple), de pièces fabriquées par différentes tech- — l’épaisseur de l’adhésif ;
niques (par exemple pièce réalisée par enroulement filamentaire — les caractéristiques mécaniques et physico-chimiques de
sur une pièce moulée ou sur un embout métallique, attaches l’adhésif ;
métalliques qui commandent le mouvement de pièces mobiles — la longueur et largeur de recouvrement ;
telles que portes, ailerons et volets d’avion... en composite). — la forme du joint.
● L’analyse mathématique d’un joint à double recouvrement
■ Selon les formes et composition des assemblages, diverses montre que l’énergie de déformation en cisaillement de l’adhésif est
sollicitations mécaniques — cisaillement, traction pure, pelage ou le seul facteur déterminant pour la solidité du joint.
clivage — seront observées, mais ces deux dernières doivent être
évitées, comme nous l’avons vu dans l’article Collage des maté- Donc un adhésif souple, élastique ou ductile présentant une
riaux. Mécanismes. Classification des colles [BM 7 615]. grande surface sous la courbe tension/déformation donnera une
jonction plus solide qu’un adhésif ayant une force de rupture plus
● Les composites stratifiés, obtenus par empilement de plusieurs
élevée mais rigide, qui présentera une plus faible surface sous la
plis contenant des renforts parallèles sont anisotropes : ils sont très courbe (cf. figure 14, p. 16).
résistants dans le sens parallèle aux fibres mais beaucoup moins
● Pour les joints à recouvrement simple au contraire, les caracté-
dans le sens perpendiculaire, et ils peuvent aussi se délaminer dans
leur épaisseur, entre plis (figure 5). ristiques de cisaillement de l’adhésif ont peu d’influence sur la soli-
dité du joint, qui est déterminée principalement par les propriétés
Il faut donc les soumettre uniquement à des sollicitations dans des matériaux collés (déformabilité), par les contraintes de pelage et
le sens des fibres, et il faut aussi faire travailler l’assemblage collé par la largeur de recouvrement. Ici, les contraintes de pelage sont
dans ce sens. importantes, mais leur effet peut être minimisé par une largeur de
● Les composites réalisés avec une structure isotrope de fibres recouvrement plus grande.
(renforts tricotés tridimensionnels par exemple) présentent quant à ● Les joints en biseau entre matériaux identiques présentent une
eux de bonnes résistances mécaniques dans les trois directions, et distribution uniforme des contraintes de cisaillement de l’adhésif, et
leur assemblage doit en tenir compte. donc, contrairement aux autres formes de joints, ils auront une soli-
● Divers modes de rupture possibles : dité plus grande avec des adhésifs rigides.
● Enfin pour les joints à étages, il y a un optimum de longueur
La figure 5 montre les divers modes de rupture d’un assemblage
des étages et au-delà d’une certaine limite, il est préférable d’avoir
composite sur composite. Ils ne dépendent pas seulement de
davantage d’étages, chacun ayant une épaisseur plus faible.
l’adhésif mais aussi du mode de stratification, de l’empilement des
plis, de la direction des fibres, etc. ■ Environnement
Plusieurs phénomènes environnementaux influent sur la résis-
tance des assemblages, tels que :
3.2 Paramètres qui influent — la pénétration possible de l’eau ou de l’humidité par la tranche
sur la résistance des assemblages des pièces ;
— la chaleur ;
■ Paramètres matériaux — les rayonnements UV ;
— les produits chimiques.
Les paramètres liés aux matériaux qui influent sur la résistance
des assemblages sont : L’eau qui peut pénétrer dans l’adhésif ou dans le composite, peut
en effet réduire de 50 % la résistance mécanique du joint.
— la forme des renforts ;
— le mode de tissage des renforts (bidimensionnel, tridimen- ■ Effets thermiques, dilatations différentielles
sionnel) ; Lorsque deux matériaux différents sont collés entre eux, et que
— la direction des renforts ; la température de cuisson de l’adhésif est différente de la tempé-
— le mode d’empilement des nappes de fibres ; rature de service, des contraintes résiduelles sont induites dans le
— le pourcentage volumique de fibres. joint.

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Exemple : un stratifié unidirectionnel époxy/verre a un coefficient


d’expansion thermique de 6 · 10–6 oC–1 contre 11 · 10–6 oC–1 pour τ
l’acier et 23 · 10–6 oC–1 pour l’aluminium. τmax
Donc le pire cas sera de réaliser un collage composite sur aluminium a τmoy
avec un adhésif durci à température élevée et de le soumettre ensuite a1
à des températures inférieures ou égales à la température ambiante, 0 a1 x
comme cela sera le cas pour des pièces extérieures d’avions en vol.
τ
Des tensions résiduelles peuvent aussi exister dans le stratifié τmax
lui-même résultant par exemple du retrait de la résine (polyester). τmoy
Pour les minimiser, il convient de fabriquer un stratifié aussi homo- b
gène que possible.
a2
■ Différences de rigidité 0 a2 x
Une différence de rigidité entre les deux matériaux à coller modi-
fie la répartition des contraintes. Par exemple, pour un joint à τ
τmax
simple recouvrement, le matériau le moins rigide se déformera
davantage.
Il est toujours nécessaire d’avoir la plus grande rigidité en
c τmoy
flexion et pour cela il faut que les fibres externes des composites a3
soient alignées parallèlement à la longueur du joint.
0 a3 x

3.3 Réduction des tensions τ = contrainte de cisaillement dans le joint collé


τmoy = contrainte de cisaillement moyenne dans le joint collé
dans le joint collé τmax = contrainte de cisaillement maximale
a longueur du recouvrement
Les calculs montrent que les tensions dans un joint de
composites collé peuvent être réduites par les moyens suivants :
Figure 6 – Influence de la longueur de recouvrement
— utilisation de deux matériaux identiques ;
sur la concentration des contraintes aux extrémités
— rigidité élevée des matériaux, qui fait diminuer les efforts de
d’un assemblage collé
pelage aux bords du joint ;
— recouvrement des pièces aussi grand que possible ; l’augmen-
tation de la longueur de recouvrement fait abaisser dans un premier — modèles plaques planes ou poutres pour les substrats à
temps la contrainte de cisaillement moyenne et fait augmenter la coller, modèles linéaires et non linéaires pour les adhésifs ;
résistance totale, mais au-delà d’une valeur limite les phénomènes — combinaisons de forces de cisaillement axiales, dans le plan
de concentration des contraintes aux extrémités deviennent pré- ou hors du plan, de flexions ;
pondérants (avec un minimum au centre du recouvrement très fai- — calcul des déflexions des joints, des forces et moments dans
ble) déterminant ainsi la résistance maximale et la longueur les substrats, des contraintes dans le joint, marges de sécurité
optimale du joint (figure 6) ; pour la rupture cohésive de l’adhésif et la rupture dans le
— utilisation d’un adhésif présentant un module d’élasticité le stratifié/composite.
plus faible possible, le travail d’adhésion est en effet plus important
pour un adhésif élastique présentant une force d’arrachement Il permet aussi de calculer les assemblages mécaniques et de les
moyenne que pour un adhésif très rigide présentant une force comparer ainsi aux assemblages collés.
d’arrachement beaucoup plus élevée (cf. figure 14, p. 16) ;
— composite le plus homogène possible, présentant de Nous nous bornerons donc ici a donner quelques règles
nombreux plis et fibres du pli en contact avec l’adhésif alignées importantes de conception :
parallèlement aux sollicitations mécaniques (si les fibres sont per-
— répartir le plus uniformément possible les contraintes sur
pendiculaires au sens des efforts, on risque une rupture par arra-
des surfaces suffisamment grandes ;
chement de la première couche du stratifié, cf. figure 5). Dans le cas
— éviter les efforts de pelage ;
de tissus de renfort croisés les deux nappes de fibres sont liées
— utiliser des assemblages en biseau ou à étages ou gradins,
ensemble et cet arrachement ne peut pas se produire.
qui réduisent fortement les effets de pelage, et qui sont faciles
à réaliser avec les stratifiés constitués de plusieurs plis ou
nappes de fibres qui peuvent être appliquées en décalé, comme
3.4 Conception et dimensionnement indiqué sur la figure 2 de l’article [BM 7 624] ;
des joints. Logiciels de calcul — le mieux est d’assembler avec un double pontage, comme
indiqué sur la figure 2 de l’article [BM 7 624].
Nous ne traiterons pas ici ce sujet qui demanderait trop de déve-
loppements théoriques.
Signalons simplement que diverses sociétés et centres de 3.5 Conception et dimensionnement
recherches (CETIM, Bertin, ESI Group) proposent des logiciels de
calcul et de conception des pièces en matériaux composites, qui
des assemblages par stratification
incluent le calcul des assemblages et collages. Le lecteur se repor- La figure 2 de l’article [BM 7 624] et les figures 7, 8 du présent
tera aussi utilement à la référence [2]. article montrent divers modes d’assemblages classiques par strati-
Par exemple, le logiciel ESA Comp 2.0 de la société Compo- fication (voir également l’article Collage des composites. Secteur
neering Inc. (Finlande) permet de calculer tous les éléments d’une de la construction navale [BM 7 628]).
pièce en matériau composite et en ce qui concerne le collage il per- La stratification étant en quelque sorte un collage d’un morceau
met les travaux suivants : stratifié à cheval sur deux pièces de plastique renforcé de fibre de
— étude de diverses configurations de joints à recouvrements verre (PRV) déjà durcies, elle suit les mêmes règles de conception
simple ou double, en biseau simple ou double, renforts collés ; que le collage. En particulier il faut :

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● Dans le cas d’assemblage de profilés destinés à raidir la struc-


a
ture, il est recommandé de mettre une couche préalable de renfort
d’une masse inférieure à 450 g/m2, avant le raidisseur, puis la strati-
a > 20 mm fication d’assemblage (cf. figure 2 de l’article [BM 7 624]).
a Une couche de plus ● Assemblages en angles
que le stratifié de base
Les figures 7 et 8 indiquent quelques règles de dimensionne-
ment pour des assemblages types en angles.
Ces figures indiquent les configurations de joints préférées.
Figure 7 – Assemblage d’éléments perpendiculaires Nous étudions d’autres cas et exemples dans l’article Collage des
par stratification composites. Secteurs construction navale [BM 7 628].
Dans les règles de certification du Bureau Veritas (pour la
construction navale), les cloisons et renforts importants assemblés
à la perpendiculaire doivent être fixés par cornières stratifiées de
part et d’autre. La masse au mètre carré de surface du stratifié
formant chaque cornière ne doit pas être inférieure à 50 % de la
masse du plus léger des deux éléments à assembler, ni à 900 g/m2
de mat ou équivalent.
Superposition des ● Fabrication de réservoirs et appareils en matières plastiques
couches en dégradé renforcées par stratification
La norme AFNOR NF T 57-900 portant sur la construction d’appa-
reils chaudronnés en plastiques renforcés donne les recomman-
dations pour l’assemblage de deux parties cylindriques d’un
50 réservoir à axe vertical et pour l’assemblage du fond d’un réservoir
75
100 cylindrique à axe vertical.
125
150 — Assemblage de deux parties cylindriques d’un réservoir à axe
175 mm vertical
C’est un assemblage bout à bout avec des couvre-joints intérieur
et extérieur, constitués de stratifié en résine renforcée de mat ou
ec > e /2 e tissu de fibres de verre, avec une première couche de 8 cm de lar-
h
geur au moins et les couches suivantes de largeur progressive-
ment croissante centrées sur le joint.
h > 10 . ec La largeur totale, de chaque côté du joint exprimée en cm, doit
Épaisseur du stratifié
d'assemblage = ec être au moins égale à :
h
3,8 + 0,7 D × H
avec D diamètre du cylindre (en m),
H distance (en m) sous la surface libre du liquide qui rem-
plira le réservoir.
Figure 8 – Assemblage en « T » par stratification : La largeur totale sera au moins égale à 16 fois l’épaisseur de la
règles de dimensionnement (source : CETIM) paroi. Le couvre-joint intérieur a surtout un rôle d’étanchéité, il
n’est pas pris en compte dans la résistance, mais doit avoir une lar-
geur d’au moins 10 cm.
— calculer les surfaces de recouvrement comme pour le collage ;
— Assemblage du fond d’un réservoir cylindrique à axe
— éviter les efforts de pelage et de clivage ;
vertical : recouvrement d’au moins 10 cm
— répartir uniformément les contraintes sur des surfaces suffi-
samment grandes. Les couvre-joints doivent être à bords biseautés avec des pentes
inférieures à 1/6. Les assemblages doivent être le plus loin possible
Afin d’assurer la continuité des matériaux et leur compatibilité, des zones à contrainte élevée, dans la mesure du possible. Le
il est recommandé d’utiliser des fibres de renfort et des résines de calcul en cisaillement doit être fait sur la base de 0,5 MPa admis-
même nature, et le même mode de renfort pour la stratification. sible.
■ Dimensionnement
● Si l’on doit assembler bout à bout deux éléments stratifiés, il
est conseillé d’utiliser la structure suivante : 4. Caractéristiques des
— assemblage à double recouvrement (cf. figure 2 de
[BM 7 624]) : le nombre de couches de jonction est égal au nombre
adhésifs structuraux pour
de couches du stratifié de base et il faut superposer en dégradé
des couches de jonction avec un décalage entre les couches suc-
le collage des composites
cessives (afin de répartir les contraintes) qui doit être au moins de : Nous avons étudié les caractéristiques des adhésifs dans l’article
• 25 mm pour un renfort de 600 g/m2, Collage des matériaux. Caractéristiques, mise en œuvre des
• 20 mm pour un renfort de 450 g/m2, colles [BM 7 616], et nous ne reprendrons donc ici que la liste de
• 15 mm pour un renfort de 300 g/m2 ; ces caractéristiques en précisant celles qui sont importantes pour
— assemblage d’un seul côté les extrémités des deux éléments le collage des composites. Nous renvoyons donc le lecteur à
étant en biseau (cf. figure 2 de [BM 7 624]) : les recommandations l’article [BM 7 616] pour tous détails et définitions.
sont les mêmes que pour l’assemblage précédent en ajoutant une La plupart des caractéristiques des différents types d’adhésifs
couche de renfort du côté opposé, afin de contrecarrer un éventuel sont résumées au tableau 3, au tableau A de la documentation
effort de pelage perpendiculaire à l’assemblage. [Doc. BM 7 630] et au paragraphe 5.

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(0)

Tableau 3 – Compatibilité colle/support – Adhérence sur divers matériaux (1)


Nature de l’adhésif

Thermodurcissables Thermoplastiques

Phénolique-vinylique
Acryliques réticulés

de vinyle hot melts


Époxy/phénolique

Phénolique-nitrile
Époxy/polyamide

Éthylène/acétate
Polyimide (tenue
Nature des supports (2)

Polyuréthannes
chaleur élevée)

Cyanoacrylate

Anaérobies
Polyamide
Polyesters
Époxydes

Acrylate
Silicone
Polyester ● ● ● ● ● ● ●

DURCISSABLES
POLYMÈRES
THERMO-
Époxyde ● ● ● ● ● ●

Phénolique ● ● ● ● ● ● ● ●

Aminoplastes (UF, MF...) ● ● ●

Polyuréthannes ● ● ● ●

ABS ● ● ● ● ● ●

Fluorés (2) ● ● ●

THERMOPLASTIQUES PPO ● ● ●

Polyamides, nylons ● ● ● ● ● ● ● ● ●
POLYMÈRES

Polycarbonate (PC) ● ● ● ●

Polyéthylène/polypropylène (2) ● ● ● ● ●

PMMA ● ●

Polyester (PBT, PET) ● ● ● ●

PEEK ● ● ● ●

PVC ● ● ● ● ●

Aciers ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Aciers inox. ● ● ● ● ● ●

Aluminium et alliages ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Chrome ● ● ● ● ●
MÉTAUX (3)

Cuivre et alliages ● ● ● ● ● ● ● ●

Magnésium et alliages ● ● ● ● ● ● ● ●

Nickel ● ● ●

Titane ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Tungstène ● ● ● ●

Zinc ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

Caoutchouc ● ● ● ● ●
AUTRES

Céramiques ● ● ● ● ● ● ●

Verres ● ● ● ● ● ● ● ●

Bois ● ● ● ● ● ● ● ●

(1) non compatible ou non testé


● adhésif adapté.
(2) — certains plastiques difficiles à coller exigent des traitements de surface puissants avant collage (polyéthylène, polypropylène).
— ce tableau n’indique que des compatibilités (chimiques...) mais il faut aussi tenir compte de nombreux autres critères (tenue chaleur, résistance à l’humidité,
résistance mécanique exigée, etc.). Pour coller deux matériaux différents, l’adhésif doit être compatible avec les deux.
(3) Les métaux nécessitent les traitements de surface indiqués dans l’article [BM 7 620] consacré au collage des métaux.

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4.1 Caractéristiques de mise en œuvre On relève plusieurs étapes lors de la prise de la colle :
— durée de prise suffisante pour pouvoir manipuler et transpor-
■ Viscosité et rhéologie ter les pièces ;
La viscosité et la rhéologie de l’adhésif influent directement sur — durée de prise complète, pour obtenir 90 ou 100 % des per-
la méthode d’application. formances mécaniques, physiques et chimiques.
L’application qui est la plus courante, par buse sous pression, Par ailleurs, on tient compte de la durée de prise en gel (gel
sous forme de cordons, nécessite une viscosité de l’ordre de 30 à time ) de l’adhésif après avoir ajouté le système catalyseur ou le
80 Pa · s, et une consistance thixotropique si l’on doit appliquer deuxième composant. L’adhésif doit donc être mis en œuvre dans
l’adhésif sur surfaces verticales sans risque de coulure. un délai très inférieur au gel time (en respectant les indications
données par les fournisseurs).
L’application au robot exige un adhésif de thixotropie appropriée
afin de pouvoir adapter le débit dans les courbes et d’obtenir une
coupure nette du dépôt, en fin d’application.
En ce qui concerne les adhésifs en film, lors de la cuisson à
4.2 Caractéristiques mécaniques
chaud l’adhésif commence par se fluidifier et mouiller les maté-
riaux (il monte par capillarité sur la paroi des cellules du nid La connaissance de toutes les caractéristiques mécaniques pré-
d’abeilles par exemple), puis il gélifie et durcit sous l’action de la sentées ici (adhérence, élasticité, allongement à la rupture, résis-
chaleur. tance au choc, au fluage et à la fatigue) est absolument nécessaire
pour le calcul et le dimensionnement des pièces collées dans tou-
■ Proportions de mélange pour les adhésifs à deux composants tes les industries où l’on a besoin d’un collage structural. Il con-
Le lecteur se reportera à l’article [BM 7 616]. vient pour cela de questionner les fabricants d’adhésifs.

■ Durée pratique d’utilisation du mélange (DPU) ou « durée de vie


en pot » 4.2.1 Adhérence
La durée de vie en pot dépend de la vitesse de prise/durcisse-
ment – mesurée selon la norme PR EN 14022 « Adhésifs structu- ■ L’adhérence sur les matériaux composites dépend de plusieurs
raux, détermination de la durée de vie en pot des adhésifs facteurs :
multicomposants ». — les types d’adhésif. Les adhésifs époxydes, PU et acryliques
présentent de bonnes adhérences sur de nombreux matériaux
■ Épaisseurs minimale et maximale du joint (cf. tableau 3 et tableau A dans [Doc. BM 7 630]) ;
Les adhésifs époxydes et méthacrylates peuvent remplir des — la nature de la résine utilisée comme matrice du composite,
joints d’épaisseur allant jusqu’à 1 ou 2 mm, certains adhésifs poly- puisque l’adhésif est en contact avec la surface de la matrice. Par
uréthannes souples et polyesters sont même étudiés pour pouvoir exemple :
remplir des joints de plusieurs millimètres d’épaisseur, nécessaires • les adhésifs époxydes présentent une excellente adhérence
en particulier en construction navale. sur les composites à base de résines époxydes, mais aussi sur
Le tableau 4 indique la relation entre l’épaisseur du joint et d’autres composites et bien sûr aussi sur les métaux, et sur
la résistance au cisaillement pour l’adhésif uréthane-acrylate d’autres matériaux (béton, bois...),
Crestomer 1186 de la société Scott Bader à titre d’exemple. • les adhésifs polyuréthannes et acryliques adhèrent sur de
nombreux matériaux composites, et aussi sur de nombreux
(0)
autres matériaux : métaux, verre, plastiques,
• le choix de l’adhésif est plus difficile pour les composites ther-
Tableau 4 – Influence de l’épaisseur d’un adhésif moplastiques, car il n’existe pas d’adhésifs à base des diffé-
uréthane-acrylate (Crestomer 1186 de la Société Scott Bader) rents thermoplastiques, et l’on doit donc choisir parmi les
seuls types d’adhésifs classiques disponibles : époxydes, PU,
Épaisseur Résistance acryliques, éventuellement cyanoacrylates, anaérobies ou
de l’adhésif au cisaillement Mode de rupture polyamides. On se reportera au tableau 3 qui permet de sélec-
(mm) (MPa) tionner l’adhésif en fonction des matériaux à coller ;
— la préparation de surfaces (cf. § 2). Certains polymères sont
0,5 7,0 dans le matériau collé très difficiles à coller, en particulier le polyéthylène et le polypro-
4,0 4,1 dans le matériau collé pylène, et il est préférable, pour les assembler, de les souder (à la
chaleur ou par friction) ou de les assembler mécaniquement. Leur
5,0 4,0 dans le matériau collé collage exige des traitements de surface très actifs.
■ L’adhérence est mesurée selon diverses normes et tests.
■ Conditions de durcissement ● Résistance au cisaillement
Trois facteurs interviennent dans le durcissement de l’adhésif : La résistance au cisaillement est mesurée selon la norme
NFT 76-122 (Caractérisation des adhésifs structuraux. Essai de
— la température ;
tenue à un effort de cisaillement permanent ) et la norme
— la durée ;
ISO 11003-2 (Détermination du comportement au cisaillement
— la pression.
d’adhésifs structuraux, essai en traction sur éprouvette épaisse ).
Ils sont indiqués dans les fiches techniques fournies par les
Les résistances au cisaillement des adhésifs structuraux sur
fabricants.
matériaux composites varient de 15 à 35 MPa pour les époxydes et
Les adhésifs monocomposants durcissent à des températures de 10 à 25 MPa pour les polyuréthannes et acryliques.
élevées, le plus souvent en 15 à 45 minutes, alors que les adhésifs
à deux composants peuvent durcir à température ambiante, en 12 ● Résistance en traction
à 24 heures. Certains composites ne supportent pas des tempéra- On exerce ici une traction perpendiculaire au plan de collage
tures de cuisson élevées. C’est pourquoi on utilise souvent des (figure 9). Il faut retenir que dans le cas des matériaux composites
adhésifs bicomposants durcissant à température ambiante ou à l’adhérence de la matrice polymère sur les fibres de renforcement
température modérée. peut aussi limiter la résistance mécanique en traction.

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mais il existe aussi des adhésifs époxydes flexibilisés par addition


d’une partie de caoutchouc dans la formule (appelés toughened
F epoxies en anglais) qui atteignent une résistance au pelage de
10 N · mm–1 et plus.
Les adhésifs polyuréthannes et acryliques ou méthacryliques
Joint d'adhésif présentent une bonne résistance au pelage.
Concentration
des forces de Exemple : l’adhésif PU souple à deux composants utilisé par Matra
pelage/clivage ici automobiles pour le collage des panneaux stratifiés sur la caisse métal-
Éprouvette de matériau lique de l’Espace présente une résistance au pelage de 11 N · mm–1,
relativement rigide nécessaire afin de supporter les mouvements de la caisse et de la car-
(tel que des stratifiés verre-polyester) rosserie pendant le roulage.

Force de traction
en pelage
4.2.2 Module d’élasticité

Figure 9 – Test de clivage-pelage en traction La norme NF T 76-141 permet de déterminer la courbe


contrainte/déformation d’un adhésif dans un assemblage collé, et
donc aussi le module d’élasticité.
Les adhésifs élastiques permettent d’assembler des matériaux
de coefficients de dilatation différents, comme par exemple
composite et métal.

Force d'initiation de criques (N/cm de large)


120
Nous verrons au paragraphe 5.2 « collages souples avec les
100 MA556 PLEXUS adhésifs polyuréthannes » qu’ils présentent aussi d’autres avan-
(adhésif acrylique) tages.

80 Stratification
(polyester-verre)
4.2.3 Allongement à la rupture
Mastic
60 polyester B-39
L’allongement à la rupture est mesuré par la méthode décrite
Mastic dans la norme NF T 76-141 qui permet d’obtenir la courbe
40 polyester B-60 contrainte/déformation d’un adhésif dans un assemblage collé.
L’allongement à la rupture est bien plus élevé pour les adhésifs
20 polyuréthannes et acryliques que pour les époxydes ou polyesters,
rigides.
0 Certains adhésifs PU ou acryliques tolèrent ainsi des allon-
gements à la rupture de 10 à 100 % selon les formules, alors que
les adhésifs époxydes ne tolèrent que 2 à 20 % d’allongement à la
Figure 10 – Résultats d’essais de clivage-pelage rupture.
(collages de stratifiés verre-polyester) (source : ITW PLEXUS)

4.2.4 Résistance au choc


La figure 5 montre les divers cas de ruptures : adhésive, cohé-
sive, délamination ou rupture du stratifié, etc. La résistance au choc peut être mesurée par différentes
méthodes :
● Résistance au pelage et au clivage (figures 9 et 10) — test d’impact Izod permettant de mesurer l’énergie d’impact
Les matériaux composites étant en général rigides, on ne peut absorbée et faisant l’objet des normes NF EN ISO 179, Izod Impact
pas réaliser un test de pelage classique comme avec des matériaux test t (figure 11) ;
souples. Il faut donc adapter le test, en réalisant par exemple — test de tenue au choc par cisaillement faisant l’objet de la
l’essai de la norme ASTM D 3807 [Test method for strength proper- norme NF EN ISO 9653 Adhésifs, essai de tenue au choc par cisaille-
ties of adhesives in cleavage-peel by tension loading (engineering ment du joint adhésif.
plastics to engineering plastics )] illustré (figure 9). Elle est importante en mécanique, en construction navale, dans
Le tractionnement est réalisé sous une vitesse de séparation de les articles de sport, en construction automobile.
12,7 mm par minute, et on enregistre la force nécessaire pour
séparer les deux pièces, sur une longueur de 50 mm (force initiale
puis force de séparation moyenne). 4.2.5 Résistance au fluage
Du fait des flexions alternées des pièces, il se produit souvent
des efforts de pelage qui sont d’autant plus préjudiciables que Le fluage est une déformation lente dans le temps sous charge
l’adhésif est plus rigide, car alors les contraintes se concentrent sur constante.
la zone étroite soumise au pelage. Il peut être mesuré par exemple selon la norme L 17-511
Un test voisin est l’essai de clivage au coin utilisé pour les « Aéronautique et espace - Adhésifs structuraux, mesure du fluage
collages structuraux, en général métal/métal (cf. article [BM 7 620]) d’un assemblage collé ».
pour déterminer non seulement la résistance au clivage mais aussi Lorsque les composites sont utilisés pour procurer une grande
la tenue à l’eau et autres agents de dégradation, en immergeant les rigidité des pièces, ils doivent aussi être collés avec des adhésifs
éprouvettes dans le milieu agressif qu’elles subiront. résistant au fluage.
Les adhésifs époxydes classiques présentent une résistance au La figure 12 compare le fluage de divers types d’adhésifs, en
pelage faible à moyenne (3 à 7 N · mm–1) du fait de leur rigidité, particulier les polyuréthannes et époxydes. Les adhésifs époxydes,

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4.2.6 Résistance à la fatigue


Il s’agit de la résistance à des mouvements (de flexion) et à des
Pendule de chocs Mouvement variations de charges répétés un très grand nombre de fois pen-
1,6 kg du pendule dant la vie des pièces (par exemple 100 000 ou 1 million de cycles).
Comparé aux autres fixations mécaniques, le collage présente
une meilleure résistance à la fatigue, parce qu’il répartit mieux les
Éprouvette collée
contraintes (voir à ce sujet les articles [BM 7 624] et [BM 7 615]).
La mesure de la résistance à la fatigue des assemblages collés
fait l’objet des normes ISO 9664 « Méthode d’essai de tenue à la
Joint fatigue d’adhésifs structuraux en traction-cisaillement » et
de 12,5
mm ASTM D 3 166 « Fatigue properties of adhesives in shear by ten-
colle
sion loading ». Dans cette dernière, on soumet les éprouvettes de
cisaillement par recouvrement à une charge égale à 50 % de la
force de rupture en cisaillement sous une fréquence de 10 cycles
par seconde, et l’on mesure le nombre de cycles nécessaires pour
obtenir la rupture.
Supports métalliques rigides
La résistance à la fatigue est un paramètre particulièrement
a schéma du test Izod (énergie d'impact absorbée en J)
important pour les collages en aéronautique (par exemple, pour les
pales d’hélicoptères qui subissent des flexions alternées impor-
tantes à chaque tour), en construction navale (cf. [BM 7 628]) du
Énergie d'impact absorbée (J)

fait des chocs répétés et puissants de la coque sur les vagues, et


80 MA556 PLEXUS en mécanique, où le nombre de cycles est très élevé (par exemple
(adhésif acrylique) un moteur tournant à 3 000 t/mn pendant 3 000 h effectue 540 · 106
cycles).
60 Stratification
(polyester-verre) Les adhésifs époxydes, polyuréthannes structuraux et acryliques
structuraux peuvent résister à 106 ou 107 cycles à 30 % de la
Mastic charge de rupture.
40 polyester B-39

Mastic
20 polyester B-60 4.3 Caractéristiques physico-chimiques
et de durabilité
0
4.3.1 Résistance à l’eau et à l’humidité
b résultats d'essais d'impact par la méthode Izod
La norme ISO 14-615 permet d’évaluer la durabilité des adhésifs
structuraux subissant une exposition à l’humidité et à la chaleur.
Figure 11 – Résistance au choc : test d’impact Izod
La norme NF T 51-166 et la norme ISO 62 permettent de mesurer
la reprise d’humidité des plastiques et composites après soit une
immersion dans l’eau froide (à une température de 23 oC pendant
24 heures) soit dans l’eau chaude (à une température de 100 oC
pendant 30 minutes).
140 Certaines industries ont élaboré leurs tests particuliers : on peut
Déformation en cisaillement (en %)

Silicones
modifiés
citer à titre d’exemple le cataplasme humide dans la construction
120
automobile.
100 La résistance intrinsèque à l’eau est bonne à excellente pour les
adhésifs époxydes, bonne pour les PU et les acryliques structu-
80 raux, mais :
— pour le collage des composites sur métaux, il faut tenir compte
60
PU hybrides de la préparation de surface des métaux, car si cette préparation n’a
40 pas été suffisamment bonne, une corrosion risque d’apparaître à
Polyuréthannes terme à la surface du métal ;
20 Époxydes rigides — pour le collage composite/composite il faut tenir compte de la
Époxydes flexibilisés classiques résistance à l’eau du composite stratifié lui-même, car l’eau peut
0 parfois cheminer entre les fibres et la matrice et dégrader l’adhé-
0 4 000 8 000 12 000 16 000 20 000 rence de la matrice sur les fibres.
Temps (h)
L’assemblage des coques de bateaux en polyester par stratifi-
cation, avec des résines polyester, présente une excellente résis-
Figure 12 – Fluage constaté avec divers types d’adhésifs sous charge tance à l’eau, de longue durée.
constante de 0,1 MPa, en fonction du temps (source : SIKA)

4.3.2 Résistance à la chaleur


rigides, ne fluent pratiquement pas et c’est pourquoi ils sont La résistance à la chaleur est indiquée dans le tableau A
préférés pour les applications en aéronautique, par exemple pour [Doc. BM 7 630] [température maximale donnant 25 % de la résis-
les surfaces de contrôle de vol (ailerons, gouvernails, spoilers ) qui tance en traction-cisaillement (RTC)] à 25 oC (cf. également
doivent être extrêmement rigides. l’article [BM 7 626]).

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Les tenues à la chaleur des adhésifs époxydes pour composites — la consommation d’adhésif, au mètre carré ou à la pièce, qui
sont similaires à celles des matrices époxydes de ces composites. dépend elle-même de l’épaisseur et de la largeur du joint ;
En aéronautique, on distingue deux classes de résistance à la — le coût de la mise en œuvre, qui dépend des conditions d’appli-
chaleur qui se distinguent également par la température de cation, de durcissement, des contrôles, des rejets éventuels...
cuisson :
— cuisson à 120 oC et tenue à 70 oC ;
— cuisson à 175 oC et tenue à 120 oC ; 4.5 Caractéristiques de sécurité d’emploi
et il existe aussi des adhésifs très spéciaux résistant à de plus
hautes températures qui sont les adhésifs thermostables (poly- Le lecteur se reportera utilement l’article [A 3 758] Assemblage
imides, bismaléimides) mais beaucoup plus onéreux, et qui sont par collage, dans le traité Plastiques et Composites qui a traité
utilisés pour coller des pièces elles-mêmes en polyimides (qui peu- cette question très en détail, et qui indique les quelques rares
vent résister jusqu’à 250 à 350 oC selon les types) ou en métaux problèmes :
(cf. § 5.6). — risques d’allergie avec les adhésifs époxydes ;
— risques associés aux durcisseurs isocyanates avec certains
adhésifs polyuréthannes.
4.3.3 Résistance aux cycles de température
et d’humidité Le lecteur consultera sur ce sujet les organismes spécialisés cités
en documentation [Doc. BM 7 630].
La résistance aux cycles de température et d’humidité est un cri-
tère particulièrement important pour les avions qui subissent de
très fortes variations de températures (par exemple de + 30 à
– 60 oC) et d’humidité entre le sol et les altitudes de vol (air très sec
en altitude), ce qui entraîne de plus des variations dimensionnelles
qui viennent s ’ajouter aux sollicitations climatiques (cf.
5. Adhésifs utilisés
[BM 7 626]). C’est aussi important pour les pièces mécaniques pour le collage
collées.
La norme ISO 14-615 décrit une méthode permettant d’évaluer la
des matériaux composites
résistance aux cycles de température et d’humidité des assem-
blages collés. Selon les performances mécaniques, physiques... exigées, la
nature chimique des matériaux composites et surtout la résine
4.3.4 Résistance aux produits chimiques utilisée comme matrice, on peut utiliser divers types chimiques
d’adhésifs.
Dans certains cas (matériel industriel et génie chimique, réser-
voirs de carburants...) les adhésifs, de même que le composite
lui-même, doivent résister à certains produits chimiques. 5.1 Époxydes et époxydes modifiés
On questionnera pour cela les fournisseurs d’adhésifs.
Les adhésifs pour construction navale doivent, quant à eux, Les composites à hautes performances comportent le plus sou-
résister à une immersion de longue durée dans l’eau de mer vent une matrice de résine époxyde, avec des renforts divers :
(salée). fibres de verre, de carbone, de Kevlar (fibres aramides) voire de
bore dans le secteur aérospatial.
De façon générale, les adhésifs époxydes sont ceux qui pré-
sentent les meilleures caractéristiques de résistance aux produits Pour ces composites, le choix qui s’impose immédiatement est
chimiques. d’utiliser des adhésifs également à base de résines époxydes, qui
Pour l’assemblage par stratification, on utilise surtout les résines sont les mieux adaptés.
vinylester, qui servent aussi à fabriquer les pièces résistant à la cor- Ces adhésifs sont par ailleurs les plus utilisés pour le collage
rosion et aux produits chimiques. structural depuis 1945-1950. On dispose donc d’une expérience
cumulée de plus de 50 ans et dans des domaines structuraux et de
haute technologie tels que l’aéronautique, l’aérospatiale, puis
4.3.5 Résistance au vieillissement et durabilité l’automobile, l’électronique, la mécanique, plus récemment.
Bien souvent plusieurs types de sollicitations (mécaniques, phy- C’est pourquoi nous avons cité, en documentation [Doc.
siques...) s’additionnent, ce qui est plus sévère. BM 7 630], de nombreuses références et normes, dont beaucoup
proviennent de l’industrie aéronautique qui a été la pionnière dans
En combinant les diverses sollicitations (mécaniques, physiques
l’utilisation du collage structural avec les adhésifs époxydes.
et chimiques) prévues, on peut réaliser des essais complexes de
durabilité, avec des équipements de laboratoire spécialement ■ Composition chimique
conçus pour cela : Weather-o-meter (cf. [BM 7 616]), enceintes cli-
matiques diverses, avec réglage des températures, aspersion d’eau Les fournisseurs de résines époxydes, d’abord l’inventeur
et de produits chimiques, variations de température, rayons UV, Ciba-Geigy (qui s’appelle maintenant Vantico), puis Shell, et les
etc. nombreux fabricants d’adhésifs (dits « formulateurs »), ont déve-
loppé au cours de ces années de très nombreuses formulations,
La norme ISO 14-615 encadre la réalisation de tests de durabilité car la chimie des époxydes est très riche. Elle s’appuie :
des assemblages collés.
— d’une part sur les molécules de résines époxydes :
CH2 CH R CH CH2
4.4 Coût O O
Le coût d’une opération de collage dépend de plusieurs qui peuvent être très variées, en compositions, en poids molécu-
éléments : laires, en teneur en terminaisons époxydes, selon le radical R,
— prix de la colle au kilogramme ou au litre ; (bisphénol...) ;

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— d’autre part sur de très nombreux systèmes durcisseurs nelles, telles que des résistances à la chaleur très élevées (plus de
(amines aliphatiques, amines aromatiques, polyamides, anhydri- 200 oC pour les époxy-phénoliques), ou une plus grande résistance
des d’acide et autres), qui présentent eux aussi des compositions au pelage et à la fatigue (pour les époxy-nylon...).
moléculaires, des poids moléculaires, etc. très variés. Ces durcis- ● Les époxydes dits flexibilisés (ou « toughened epoxies »), ont
seurs réagissent avec les terminaisons époxydes : pour but d’améliorer un défaut des époxydes standard, à savoir leur
faible résistance au pelage et au clivage.
CH2 CH
● Des époxydes spéciaux
O Ce sont par exemple des adhésifs :
pour donner un réseau tridimensionnel ; — conducteurs de l’électricité pour l’électronique ou pour le dur-
— des additifs, charges (parfois même allégées – billes de cissement par induction électromagnétique ;
verre – ou conductrices), diluants (réactifs ou non), etc. ; — allégés avec des charges de billes de verre (cf. « syntactic
epoxies ») ou moussants pour l’aéronautique ;
— et enfin des systèmes mixtes ou alliages de polymères, tels
— hot melts époxydes – monocomposants et solides – que l’on
que les époxy-phénoliques, les époxy-nylon, les époxy-polyami-
fond à chaud et qui ensuite réticulent, à la chaleur.
des, les époxydes flexibilisés par addition d’élastomères (encore
appelés époxydes renforcés). Des films adhésifs de 1 mm d’épaisseur, expansibles lors du dur-
cissement à chaud peuvent remplir des joints jusqu’à plusieurs
Ceci donne une infinité de combinaisons, à un ou deux millimètres d’épaisseurs.
composants, liquides, pâteuses ou même solides, et présentant
des caractéristiques de mise en œuvre, mécaniques, physico-chi- ■ Mise en œuvre
miques, et de coût, très variées. La mise en œuvre dépend évidemment beaucoup de la forme de
Pour cette raison nous n’exposerons pas ici la chimie des ces adhésifs, et nous verrons dans les articles spécifiques des
époxydes qui donnerait des développements trop longs et nous différents secteurs industriels utilisant le collage ([BM 7 626]
renvoyons le lecteur intéressé à l’article « Résines époxydes (EP) - [BM 7 627] [BM 7 628] [BM 7 629]) les matériels de mise en œuvre,
Composants et propriétés » [A 3 465] dans le traité Plastiques et de durcissement et de contrôle, et comment sont utilisés ces adhé-
Composites. sifs. Le lecteur peut aussi se reporter à l’article [BM 7 615] Collage
Il n’y a donc pas un type d’adhésif époxyde mais des dizaines des matériaux, Mécanisme. Classification des colles et [BM 7 616]
voire centaines de produits différents, et tous les matériaux peu- Collage des matériaux. Caractéristiques, mise en œuvre des colles.
vent être collés avec des époxydes. Pour obtenir les performances élevées des adhésifs époxydes il est
évidemment nécessaire de préparer les surfaces à coller très soi-
Le tableau A de [Doc. BM 7 630] présente les principaux types gneusement, avec les traitements de surface que nous avons
d’adhésifs époxydes de la société VANTICO avec leurs principales indiqué (§ 2).
propriétés, dont les définitions ont été données au paragraphe 4.
Le durcissement à chaud s’effectue dans des grandes autoclaves
On peut distinguer : en aéronautique, ou bien en four de cuisson des peintures dans la
— les adhésifs époxydes durcissant à chaud ; carrosserie automobile.
— les adhésifs époxydes à deux composants ; Le collage à hautes performances des composites est une tech-
— les adhésifs époxydes spéciaux et alliages de polymères ; nique très exigeante, aux points de vue préparation de surfaces,
— les époxydes dits flexibilisés (toughened epoxies ) ; soin, propreté, conception des assemblages, contrôles de fabri-
— les époxydes conducteurs, allégés ou hot melts. cation.
● Les adhésifs époxydes à un composant, qui durcissent à chaud,
■ Utilisations
en 20 à 60 minutes à des températures comprises entre 130 et
180 oC, sont assez performants et utilisés pour le collage de grandes Les adhésifs époxydes peuvent coller tous les matériaux :
pièces, en aéronautique et automobile. Leur durée de durcissement — composites thermodurcissables avec matrices époxydes ou
est suffisamment courte pour pouvoir les utiliser sur chaînes. polyester ;
Comme nous le verrons dans l’article [BM 7 626], ces adhésifs — certains composites thermoplastiques ;
époxydes durcissant à chaud peuvent être durcis en même temps — les métaux et presque tous les autres matériaux : plastiques,
que la résine qui constitue la matrice du composite. C’est ce que l’on verre, bois, céramiques.
appelle la cocuisson.
Ils sont évidemment particulièrement compatibles avec les
Ils peuvent se présenter sous forme de pâtes et aussi de films composites à matrices époxydes.
solides sur support, cette dernière présentation permettant de cali-
Une seule impossibilité : les époxydes étant toujours assez
brer précisément l’épaisseur du joint collé ; elle est très utilisée en
rigides, ils ne peuvent pas donner des joints élastiques tels que des
aéronautique.
joints souples ou pour le collage du caoutchouc.
Ces films doivent le plus souvent être conservés à basses tem-
Ils présentent des caractéristiques mécaniques et chimiques éle-
pératures (de – 10 à – 20 oC) et même à ces températures, ils ne se
vées, avec un grand choix de caractéristiques et de possibilités
conservent que quelques mois.
comme le montre le tableau A dans [Doc. BM 7 630].
Leur prix est assez élevé pour les films : 20 à 30 €/m2 pour un
Ce sont les principaux adhésifs utilisés pour les panneaux-
film de 200 à 300 g/m2.
sandwichs en aéronautique (figure 13).
● Les adhésifs époxydes à deux composants, durcissent à tempé-
rature ambiante (20 à 25 oC), en 10 à 20 h. Ils présentent une très
large palette de caractéristiques, performances, prix (de 4 à
18 €/kg), et peuvent donc être utilisés dans toutes les industries et 5.2 Polyuréthannes
ne nécessitent pas d’investissements lourds en équipement de cuis-
son comme les adhésifs époxydes monocomposants, mais leurs C’est aussi une famille qui présente de nombreuses possibilités
performances sont moyennes (tenue chaleur limitée à 100 oC en et caractéristiques différentes, grâce aussi à une chimie très riche,
continu) ; ils sont souvent trop lents à durcir pour pouvoir être utili- avec des molécules et durcisseurs différents, et qui est très utilisée
sés sur chaîne rapide. pour le collage des matériaux composites et des plastiques.
● Les époxydes spéciaux et alliages de polymères, sont formulés Ces adhésifs peuvent être souples ou rigides selon les formu-
pour obtenir des performances particulières et même exception- lations.

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4 000

Force (N)
3 000 Époxyde (rigide)

2 000
Rupture
t
1 000 san
noc o mpo
PU m o Résilience
Rupture
0
0 5 10 15
Déplacement (mm)
Surface collée : 25 x 10 mm2
Épaisseur d'adhésif :
- époxydes : 0,5 mm
- polyuréthane : 3 mm

Figure 13 – Panneau-sandwich aéronautique (parement en stratifiés


NOMEX et âme en nida aluminium) contrecollé avec une colle Figure 14 – Courbes tension/allongement
époxyde structurale en film

Ils sont aussi utilisés pour l’enrobage de connexions électriques,


Certains types permettent des collages solides mais souples ce
câbles (potting et encapsulating en anglais), grâce à leurs proprié-
qui permet par exemple d’assembler des matériaux présentant des
tés isolantes de l’électricité et à leur étanchéité.
coefficients de dilatation très différents.
Les performances, avantages et inconvénients, mise en œuvre
Par contre ils sont moins performants sur le plan de la résistance
de ces mastics sont variables selon les types. Le lecteur pourra se
mécanique que les adhésifs époxydes.
reporter aux articles [BM 7 615] [BM 7 616].
■ On peut distinguer plusieurs types d’adhésifs polyuréthannes Les adhésifs PU peuvent mousser lors de leur polymérisation, ce
(PU) : qui leur permet de remplir des joints.
— les PU à deux composants ;
— les PU monocomposants ; ■ Collage souple avec les polyuréthannes
— les PU thermofusibles ; La résilience du collage c’est-à-dire le travail effectué pour pro-
— les mastics d’étanchéité PU souples. duire la déformation du joint jusqu’à sa rupture peut être mesurée
● Les PU à deux composants, souples ou rigides, se caractérisent sur la figure 14. Ce travail est proportionnel à la surface située
par : sous la courbe tension/déformation. Les adhésifs souples polyuré-
— des résistances au cisaillement pouvant atteindre au mieux thannes bien qu’ayant une résistance à la rupture trois fois plus
5 à 20 MPa pour les types rigides ; faible que les adhésifs époxydes, exigent un travail total bien plus
— des résistances au pelage meilleures que les adhésifs grand pour rompre le joint.
époxydes ; Donc pour certains assemblages collés qui tolèrent des mouve-
— des tenues à la chaleur de l’ordre de 80 à 100 oC ; ments légers d’une pièce par rapport à l’autre, on pourra préférer
— des prix de 3 à 6 €/kg. les adhésifs polyuréthannes aux époxydes. Ce pourra être le cas
● Les PU monocomposants réticulent soit par action de l’humi- dans la construction de matériels de transports qui subissent des
dité de l’air ambiant, soit par la chaleur. Ils sont souples ou rigides, déformations importantes lors du roulement (bus, camions) ou en
parfois moussants. Leur prix est de 3 à 5 €/kg. construction navale (figure 4) (cf. [BM 7 628]).
Ils sont souvent utilisés comme mastics d’étanchéité mais éga- Par ailleurs, ces adhésifs souples polyuréthannes présentent une
lement pour réaliser des collages souples. meilleure résistance au pelage et au clivage que les adhésifs
Au bout d’un certain temps après l’application, il se forme une époxydes rigides, et offrent une meilleure répartition des
peau de surface et il est alors trop tard pour assembler les pièces. contraintes.
C’est ce que l’on appelle temps ouvert.
Un catalyseur (« booster ») peut être injecté au moment de
l’application dans la buse d’injection afin d’accélérer le durcisse- 5.3 Adhésifs acryliques
ment de l’adhésif PU monocomposant (c’est ce que propose la à un et deux composants méthacrylates
société SIKA).
● Les adhésifs PU thermofusibles, sont appliqués d’abord Les adhésifs acryliques à deux composants et méthacrylates
comme des thermofusibles à une température de 100 à 130 oC, puis forment une famille très intéressante pour coller les composites
réticulent et durcissent à la chaleur : c’est donc un système mixte car ils donnent des joints souples, avec des résistances au cisaille-
très intéressant, mais qui ne donne pas encore des collages structu- ment et au pelage élevées, et les deux composants n’ont pas
raux mais seulement semi-structuraux, et qui est plutôt utilisé dans besoin d’être mélangés intimement : il suffit par exemple d’appli-
le collage du bois, du meuble et des plastiques. quer la résine acrylique sur l’un des supports (A) et le catalyseur
● Les mastics d’étanchéité PU souples, à un ou deux (en quantités 20 fois plus faible) sur l’autre support ; en pressant
composants, présentent une élongation de service de l’ordre de ensemble les deux supports, le catalyseur diffuse dans la partie A,
25 % (mais une élongation à la rupture de 200 %). Ils sont utilisés et provoque le durcissement rapide et sur une période de temps
dans le bâtiment et l’industrie sur tous matériaux, mais leur résis- courte (quelques minutes) à 20 oC (contrairement aux autres adhé-
tance mécanique est évidemment faible car ils ne servent qu’à sifs bicomposants dont le durcissement est progressif et dure des
étanchéifier/calfeutrer. heures à température ambiante).

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■ On distingue plusieurs types d’adhésifs acryliques bicomposants


et méthacrylates :

Résistance/Module
Adhésif époxy monocomposant
— les adhésifs acryliques à deux composants classiques ;
— les adhésifs acryliques à deux composants résistant à basses Adhésif époxy bicomposant
températures ;
— les adhésifs hybrides époxy-acryliques à deux composants ; Adhésif méthacrylate bicomposant
— les adhésifs acryliques réticulant aux UV ou à la lumière
visible.
Adhésif polyuréthane bicomposant
● Les acryliques à deux composants classiques conviennent pour
coller les matériaux composites (certains thermodurcissables et
thermoplastiques), les métaux (acier, aluminium : avec une résis- Figure 15 – Comparaison entre les adhésifs époxydes,
tance au cisaillement 20 à 25 MPa), les plastiques (nylon ou PVC sur PU et méthacrylates
acier par exemple avec une résistance au cisaillement de 20 MPa), le
verre et le caoutchouc (caoutchouc sur acier par exemple avec une
résistance au cisaillement de 5 MPa).
Leur prix est relativement élevé (20 €/kg). Par exemple, l’adhésif Crestomer advantage 10 (de la Société Scott
La tenue à la chaleur peut atteindre jusqu’à 100 à 120 oC Bader) présente d’excellentes performances pour le collage de poly-
(en continu). L’assemblage présente une résistance au pelage éle- ester renforcé par des fibres de verre (PRV) :
vée (150 N pour une largeur de 25 mm) et une bonne résistance à — résistance à la traction : 22 MPa ;
l’impact (25 J dans le test d’impact ASTM). — module de traction : 500 MPa ;
Ces adhésifs sont souvent utilisés en construction navale. — élongation à la rupture : 120 % ;
— excellente adhérence sur PRV : pour le collage de la face arrière
● Les acryliques à deux composants résistant à basses tempéra-
du PRV il suffit de nettoyer le PRV à l’acétone, pour les surfaces
tures collent aussi sur surfaces grasses et résistent à des tempéra- revêtues de gel coat il faut d’abord nettoyer la surface à l’acétone
tures aussi faibles que – 25 oC. puis procéder à l’abrasion et enfin nettoyer à nouveau à l’acétone.
● Les adhésifs hybrides époxy-acryliques à deux composants
offrent une tenue à la chaleur sur une plage de températures
comprise entre – 25 oC et 200 oC. 5.5 Adhésifs polyesters
Les deux composants doivent être mélangés avant application. thermodurcissables
Ceci permet de remplir des jeux plus importants de l’ordre du
millimètre d’épaisseur entre les pièces.
La chimie et les caractéristiques de ces résines pour l’utilisation
Le tableau A dans [Doc. BM 7 630] fournit les caractéristiques de dans les plastiques renforcés sont décrites dans l’article Polyesters
quelques adhésifs acryliques à titre d’exemple. insaturés UP [A 3 445] du traité Plastiques et Composites.
● Les adhésifs acryliques réticulant aux UV ou à la lumière visible
Ces adhésifs durcissent par addition à la résine polyester d’un
sont des adhésifs à un seul composant. Ils sont utilisés pour le durcisseur du type péroxyde (de benzoyle ou de méthyl éthyl
collage de verre ou des matériaux transparents car la lumière ou les cétone...). Le mélange des deux composants a une DPU courte
UV doivent parvenir au niveau du film d’adhésif. Cependant ils sont 10 à 30 minutes et une durée de prise en gel (gel time ) de l’ordre
aussi utilisés pour durcir des adhésifs et pâtes composites de de 30 minutes.
reconstitution dentaire : en dirigeant le faisceau d’une lampe UV sur
le produit on obtient son durcissement en une minute pour un Ils sont surtout utilisés pour le collage de polyester thermodur-
meilleur confort du patient. cissable renforcé de fibres de verre (PRV), avec lesquels ils sont
évidemment compatibles. On recense deux utilisations possibles :
La figure 15 montre les différences entre époxydes, polyuré-
thannes et acryliques aux points de vue résistance au cisaillement, — le collage PRV sur PRV avec une pâte polyester (qui peut être
souplesse et allongement. renforcée de fibres de verre également, éventuellement) ;
— l’assemblage par stratification de PRV.
Les acryliques sont très stables aux UV, offrent une excellente
résistance à la fatigue et adhèrent sur de nombreux matériaux. Les adhésifs polyesters ont des caractéristiques physiques et chi-
miques identiques aux PRV. Ils résistent parfaitement à l’immer-
sion de longue durée dans l’eau de mer.
5.4 Adhésifs uréthane-acrylate
Les caractéristiques physiques des assemblages ainsi collés
Dans ces adhésifs, la partie uréthane est intégrée dans la chaîne sont :
polymère et apporte des propriétés d’adhésion et de flexibilité — résistances au cisaillement de 6 à 12 MPa pour des collages
(sans nécessiter de durcisseur isocyanate) et la partie acrylate, PRV sur PRV ;
avec l’agent de réticulation qui est du styrène, apporte la dureté, la — modules de flexion de 2 à 3 GPa ;
résistance mécanique élevée et la réticulation qui se fait sous
— élongation à la rupture faible : 2 à 3 % ;
l’action d’un catalyseur (dosé à 2 %).
— ils sont toujours rigides.
La résistance chimique est également excellente.
Étant rigides, ils sont de plus en plus remplacés par les adhésifs
Le tableau B dans [Doc. BM 7 630] donne à titre indicatif les méthacryliques ou uréthanes-acrylates.
résistances mécaniques du collage de plastique renforcé de fibres
de verre (PRV) sur teck (en construction navale) pour deux adhésifs Ces adhésifs polyesters sont très utilisés en construction navale
uréthane-acrylate (Crestomer de la Société Scott Bader). où l’on doit assembler des pièces en PRV sur elles-mêmes. Ainsi
on assemble le pont sur la coque, des membrures sur la coque, ou
Par exemple, l’adhésif Crestomer 1186 A (de la société Scott
les deux parties galbées d’un gouvernail.
Bader) permet de réaliser des joints d’une épaisseur maximale de
15 mm tout en conservant une résistance au cisaillement de 8 MPa Ces produits adhésifs peuvent avoir une consistance de mastic
et une résistance au pelage de 17 N/mm. qui leur permet de remplir des interstices de plusieurs millimètres
Les adhésifs uréthane-acrylate présentent une plus grande d’épaisseur.
souplesse et une meilleure résistance aux chocs que les adhésifs Nous étudierons les adhésifs polyesters thermodurcissables
polyesters. dans l’article consacré à la Construction navale [BM 7 628].

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Le tableau C de la documentation [Doc. BM 7 630] fournit à titre


d’exemple quelques caractéristiques d’adhésifs polyesters (Norpol
de la société Reichhold).

5.6 Adhésifs thermostables


On appelle adhésifs thermostables des adhésifs qui résistent à
des températures sensiblement plus élevées que les adhésifs
classiques tels que les époxydes, polyuréthannes, etc.
Depuis 25 ans, il n’existe pratiquement que quelques familles qui
sont toutes des polymères à noyaux aromatiques : les polyimides,
les polybismaléimides, les polybenzimidazoles et les polyphényl-
quinoxalines.
Nous n’étudierons pas la chimie de ces polymères, et pour cela
nous renvoyons le lecteur à deux articles du traité Plastiques et
Composites :
— [A 3 485] Polybismaléimides, qui sont des polyimides
thermodurcissables ;
— [A 3 397] Polyimides linéaires PI. Figure 16 – Panneaux de nacelles de réacteurs,
collés avec des adhésifs polyimides
Nous nous limiterons ici à présenter leurs principales caractéris-
tiques et leurs applications en tant qu’adhésifs.
Ces adhésifs présentent plusieurs points communs :
à 370 oC, avec aussi une résistance à très basses températures
— ils résistent à des températures de 250 à 500 oC selon les (– 150 oC).
produits ;
— ils sont toujours difficiles à mettre en œuvre, car ils nécessitent Mais ils demandent une cuisson de plusieurs heures à 300 oC
des cuissons à températures élevées (de 200 à 350 oC) sous des sous 14 bars de pression, et ils donnent des films cassants avec
pressions élevées car durant la cuisson il y a souvent des éma- une résistance au pelage assez faible.
nations de produits volatiles (solvants lourds et/ou eau) et il faut Ils sont donc uniquement utilisés pour l’aérospatial mais surtout
empêcher les pièces de se séparer sous l’effet des pressions des pour l’aéronautique militaire.
vapeurs, avec une montée progressive en température en pression
par paliers sur une durée de une à plusieurs heures ; ■ Polyphénylquinoxalines
— ils sont tous très chers : 100 à 200 €/m2 pour les adhésifs en Les polyphénylquinoxalines sont utilisés comme des Hot melts.
films. Il n’y a pas de réticulation lors de la formation du joint, qui est réa-
lisé en 1 heure à 370 oC sous une pression de 14 bars, avec une
Aussi sont-ils utilisés rarement et uniquement pour des utilisa-
montée progressive en température.
tions de haute technologie telles que l’aéronautique, l’aérospatial
et l’électronique ; lorsque l’on exige une résistance aux tempéra- La température de service peut atteindre 450 oC.
tures élevées. Ils sont très onéreux et n’ont presque pas de développement
■ Polyimides commercial actuellement.
Les adhésifs polyimides peuvent se présenter sous différentes ■ Silicones
formes : Souples après polymérisation, certains grades des adhésifs sili-
— en solution dans des solvants forts. Ils sont utilisables pour la cones résistent à des températures de service de 300 oC et sont
fabrication et le collage de pièces structurales d’avions (super- utilisés par exemple pour l’étanchéité ou le collage de vitres de
soniques) et en aérospatial pour le collage de métaux (titane) et de fours de cuisine ou de fers à repasser, ou pour l’étanchéité en
composites résistant à hautes températures (par exemple des construction aéronautique et aérospatiale [BM 7 626].
nacelles de réacteurs (figure 16), pièces de surface d’avions super- Par ailleurs des silicones classiques sont utilisés pour coller des
soniques, de fusées et lanceurs) ; vitrages (verre) sur composites en construction navale [BM 7 628]
— sous forme de films (Kapton® de Du Pont par exemple) en ou sur des panneaux latéraux en plastique renforcé, d’autobus ou
électronique ; wagons de chemin de fer [BM 7 627].
— polyimides réticulables aux UV.
■ Phénoliques, nitrile-phénoliques
Les adhésifs polyimides résistent à des températures de service
de 250 à 300 oC. Les adhésifs phénoliques peuvent résister en continu à 250 oC et
en pointe (pendant de courtes durées) à 450 oC.
Leur prix est très élevé (100 à 200 €/kg).
Ils résistent également au feu.
La figure 16 montre des panneaux de nacelles de réacteurs
d’avions collés avec des adhésifs polyimides. Ils sont donc utilisés pour coller des panneaux en stratifiés phé-
noliques dans les cabines d’avion et les trains.
■ Polybismaléimides
Les adhésifs phénoliques sont également utilisés pour coller des
Ces adhésifs sont plus faciles d’emploi que les polyimides car ils garnitures de freins (adhésifs nitrile-phénoliques) ou parfois des
réticulent par addition, sans dégagement de produits volatiles, en pièces en polyamide.
quelques heures à 175 oC, leur tenue à la chaleur est inférieure
(200 à 240 oC). Ils sont rigides et présentent donc une faible résis-
tance au pelage.
5.7 Cyanoacrylates
■ Polybenzimidazoles
Le principal intérêt des adhésifs polybenzimidazoles est leur Les adhésifs cyanoacrylates peuvent être utilisés pour des col-
résistance à la chaleur très élevée, puisqu’ils présentent encore lages semi-structuraux de petites pièces en résines thermoplas-
une résistance au cisaillement de 18 MPa à une température de 350 tiques renforcées de fibres de verre (polyamides, polycarbonates,

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PET, PEEK, renforcés de fibres de verre) en électroménager, élec-


tronique, petite mécanique... [BM 7 629]. 6. Choix du traitement
Cependant ces thermoplastiques renforcés sont plus souvent de surface et de l’adhésif
assemblés par assemblage mécanique ou par soudure par fusion,
à la chaleur.
Le tableau 6 fournit des critères de choix de traitement de sur-
Les cyanoacrylates donnent des forces de collage élevées, mais face et d’adhésifs en fonction de la nature du polymère à coller
les assemblages sont cassants. Cependant certains nouveaux pour les douze polymères les plus utilisés dans la fabrication de
cyanoacrylates ne sont plus sensibles aux chocs et aux différences matériaux composites.
de températures comme les grades qui existaient jusqu’à ces
dernières années.
Tableau 6 – Traitements de surface et collage
des principaux polymères et composites
5.8 Adhésifs anaérobies
Matériau Traitement Adhésifs
Nettoyage
Les adhésifs anaérobies sont utilisés en mécanique pour coller à coller de surface préférés
(et étanchéifier) des petites pièces en thermoplastiques. Acétal Cétone Abrasion, sulfo- Époxy, PU,
Le tableau 5 indique les compatibilités des anaérobies avec un chromique cyanoacrylate
certain nombre de plastiques ou composites : plasma
ABS Cétone (MEC) Abrasion, sulfo-
Époxy, PU,
chromique acrylique
nitrile-phéno-
Tableau 5 – Compatibilités des adhésifs anaérobies lique, cyano-
avec divers plastiques (source : Loctite) acrylate
Polyamide, Cétone Abrasion, Phénolique,
Compa- Compa- nylon traitement au époxy,
Adhésifs tibilités Adhésifs tibilités résorcinol, époxy-nylon,
(1) (1) primaire cyanoacrylate,
polyamides
Polyester Polycarbonate Alcool Abrasion Époxy, PU,
ABS – thermodurcissable +
(PC) méthylique cyanoacrylate
Acétal (POM) + PEEK – Polyéthylène, Cétone Flammage, sul- Époxyde,
Polypropylène fochromique, anaérobies
Acryliques PMMA – Polyétherimide + décharge élec- nitrile-phéno-
trique (Corona) lique, poly-
Esters allyliques plasma, pri- amide hot melt,
(DAP) + Polyéthylène + maire titanate polyuréthannes
PET et PBT Cétone Traitement au PU, époxyde,
Époxydes + Polypropylène + solvant, à la anaérobies
soude, plasma
Fluoropolymères + Polyimides + flammage pri-
maire titanate,
Polymères à cristaux PPO (polyphénylène abrasion
liquides + oxyde) –
Polyimide Cétone Abrasion, Époxyde,
soude, plasma polyimide
PPS (polyphénylène
Phénoliques + sulfure) – PPO Alcool Abrasion, sulfo- Époxyde, PU,
méthylique chromique, acryliques réti-
Polyamides + Polyuréthanne + plasma culables
Polyester ther- Cétone Abrasion Époxyde, PU,
PBT, PET + PVC + moplastique nitrile-phéno-
lique, acryliques
Polycarbonate (PC) – réticulables
(1) + : souvent adapté (il faut tester pour vérifier la compatibilité). Résine époxyde Cétone (MEC) Abrasion Époxydes
– : souvent non adapté ou bien risque d’attaque du plastique par les joints (composites uniquement
d’étanchéité anaérobies. Époxy-verre
Époxy-carbone
ou
Époxy-Kevlar)
5.9 Adhésifs semi-structuraux Polyester ther- Cétone (MEC) Abrasion Époxydes, PU,
ou non structuraux modurcissable polyester,
(PRV...) acrylique réticu-
lable, uré-
Signalons simplement que l’on peut coller solidement des maté- thane-acrylate
riaux composites sur d’autres matériaux (plastiques, bois) soit avec
des adhésifs contact au néoprène, soit avec des Hot melts poly- PEEK Abrasion, flam- Époxydes,
mage, déca- cyanoacrylate
uréthannes ou encore des Hot melts polyamides, mais les résis- page à l’acide
tances mécaniques sont alors inférieures à 6 MPa en cisaillement, chromique trai-
et ce ne sont pas des collages structuraux. tement plasma
Pour plus de précisions, le lecteur consultera utilement les Polymères Plasma, naph- Anaérobies,
articles [BM 7 615] [BM 7 616] dans le traité et [A 3 758] dans le fluorés télamide de époxydes
traité Plastiques et Composites. sodium

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Le lecteur se reportera à la documentation [Doc. BM 7 630], où


nous citons les principaux fournisseurs d’adhésifs pour matériaux 8. Conclusion
composites, avec les types chimiques offerts.
Le collage et la stratification sont des techniques éprouvées
depuis des dizaines d’années pour l’assemblage des composites,
que ce soient des plastiques renforcés classiques ou des compo-
sites high tech à base de fibres de carbone ou des thermoplas-
7. Réparation des composites tiques renforcés.
Les fabricants d’adhésifs (cités en [Doc. BM 7 630]) cherchent
continuellement à améliorer leurs performances, en particulier la
La réparation des composites en cas de rupture, chocs, défor- résistance à la chaleur, les performances mécaniques, la durabilité,
mations, peut souvent s’effectuer en collant une pièce par dessus la résistance aux chocs.
le trou ou la déchirure, par exemple dans le cas de carrosserie de Les adhésifs se développeront rapidement, en même temps que
voitures mais aussi sur les parties extérieures d’avions ou de les composites et cela dans toutes les industries (cf. [BM 7 626],
bateaux. [BM 7 627], [BM 7 628], [BM 7 629]).

Références bibliographiques

[1] Surface preparation of composites – ASM [4] Catalogues techniques Hexcel Composites [8] ASM Handbook. – volume 21 – Composites.
International Handbook of Adhesives (1990). (2001). ASM International (2001).
[5] Documents techniques Bighead et Bölhoff
[2] ODRU (P.). – Calcul et conception des struc- concernant les inserts. [9] MOSSELLI (F.) et CARBUTT (P.). – Comparison
t u r e s c o m p o s i t e s . Te ch n i q u e s d e of traditional boat assembly methods versus
l’Ingénieur A 7 792 Traité Plastiques et [6] DESSARTHE (A.). – Assemblage des maté- structural bonding. ITW Plexus european
Composites, nov. 1992. riaux composites, structures sandwich et division (2001).
plastiques. CETIM (1992).
[3] Notice collages des composites. Catalogues [7] MARTIN (S.J.). – Joining and machining tech- [10] ARMSTRONG (K.) et BARRETT (R.T.). – Care
techniques et notices d’utilisation des pro- niques. – Dans Handbook of Composites, ed. and repair of composites, SAE International
duits Araldite (sociétés Vantico) (2001-2002). George Lubin, p. 602-632 (1982). (USA) (1998).

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