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Les Adjuvants Pour Béton

Le document présente les adjuvants pour bétons, essentiels pour modifier les propriétés du béton à l'état frais et durci. Il aborde les rôles, précautions d'emploi, choix en fonction des effets recherchés, classification selon la norme NA 774, dosage, et contrôle qualité. Les adjuvants permettent d'améliorer la performance du béton, notamment en termes de résistance et de durabilité.

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Les Adjuvants Pour Béton

Le document présente les adjuvants pour bétons, essentiels pour modifier les propriétés du béton à l'état frais et durci. Il aborde les rôles, précautions d'emploi, choix en fonction des effets recherchés, classification selon la norme NA 774, dosage, et contrôle qualité. Les adjuvants permettent d'améliorer la performance du béton, notamment en termes de résistance et de durabilité.

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‫الـجمهـورية الـجزائرية الديمقراطية الشعبية‬

République Algérienne Démocratique et Populaire


‫وزارة الـسـكـــن والعمران والــمـدينة‬
Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville
Centre National d’Études et de Recherches Intégrées du Bâtiment

LES ADJUVANTS POUR BÉTONS

Pa r M me TOULOUM N.
Attachée de recherche
Division matériaux
Équipe physico-chimie des matériaux

Cycle de formation CNERIB


1
Plan d’intervention
Introduction
1 Rôles
2 Précautions d’emplois et utilisations
3 Choix des adjuvants en fonction de l’effet recherché
4 Classement des adjuvants selon la norme NA 774
5 Dosage en adjuvants
6 Limitation des effets non recherchés
7 Produits de cure
8 Produits de démoulage
9 Exemple de marquage
10 Contrôle qualité

Conclusion

2
INTRODUCTION

oLes adjuvants devenus des composants essentiels du béton moderne


oIls fournissent au formulateur une gamme variée de possibilités de
mise en œuvre des bétons (mortiers, coulis)
oAdaptés à la fabrication au temps froid et chaud
oÉconomie de mise en œuvre
oAmélioration des propriétés du béton durci
…….voire même lui confère des propriétés nouvelles
------Extension du béton ordinaire au concept
haute performance

3
1. RÔLES

Produits (organiques ou autres) incorporés au béton (mortier ou


coulis) pour modifier ces propriétés à l’état frais et/ou durci

Le dosage exprimé en pourcentage pondéral du poids de ciment

Les spécifications normatives visent à

 définir sa fonction
 quantifier son usage
 limiter les effets non recherchés sur les autres propriétés du béton

4
2. PRÉCAUTIONS D’EMPLOIS ET UTILISATIONS
o Si les adjuvants s’avèrent nécessaires ≠ pour corriger des formulations.
o L’ajout d’un adjuvant, dans certaines circonstances, peut déstabiliser une
formulation.
Exemple : un béton ferme bien formulé pour être mis en œuvre à l’aiguille vibrante peut devenir
ségrégable en présence d’un fluidifiant. Dans ce cas, il faut revoir la teneur en fines et éventuellement le
fuseau granulaire dans son entier

o Utilisations diverses bétons destinés aux :


 bâtiments
 ouvrages d’art (précontraint, pompé, fondations, BHP, BTHP, BUHP,
autoplaçant, architectonique )
 ouvrages en zones sismiques (densité de ferraillage importante)…….

5
3. CHOIX DES ADJUVANTS EN FONCTION DE L’EFFET
RECHERCHÉ
Le choix s’effectue en fonction de l’effet principal recherché

o effet principal : fluidifiant, retardateurs de prise, entraineur d’air etc.

La tendance actuelle consiste à ajouter, quasi systématiquement, un ou plusieurs adjuvants


à la formulation du béton. Il est judicieux de s’assurer de leur compatibilité dans le béton et
de vérifier que leurs effets ne se contrecarrent pas

o effets secondaires (un ou plusieurs effets) : l’ajout d’un fluidifiant dans un béton
contenant un entraîneur d’air peut faire diminuer de plusieurs points le pourcentage d’air entraîné dans
le transport. Le béton peut se retrouver en dehors des caractéristiques recherchées.

6
3. CHOIX DES ADJUVANTS EN FONCTION DE L’EFFET
RECHERCHÉ

(1) NA 774 / 2006 équivalente EN 934 –2 / 2002 « Adjuvants pour


bétons, mortiers et coulis - Partie 2 : Adjuvants pour bétons –
Définitions, spécifications et critères de conformité».

7
4. CLASSEMENT SELON LA NORME NA 774

4.1. Modificateurs de la rhéologie du béton

o Plastifiants / Réducteurs d’eau

o Superplastifiants / Haut réducteurs d’eau

o Plastifiants / Réducteurs d’eau/Retardateurs de prise

o Superplastifiants / Haut réducteurs d’eau/Retardateurs de prise

o Superplastifiants / Haut réducteurs d’eau/Accélérateurs de prise

8
4. CLASSEMENT SELON LA NORME NA 774

4.2. Modificateurs de prise et de durcissement


o Accélérateurs de prise
o Accélérateurs de durcissement
o Retardateurs de prise

4.3. Autres catégories normalisées


o Hydrofuges de masse
o Entraîneurs d’air
o Rétenteurs d’eau

9
 ADJUVANT PLASTIFIANT-RÉDUCTEUR D’EAU

o Réduction du dosage en eau / dosage constant et augmentation de


l’affaissement au cône d’Abrams.

Par rapport au témoin


oRéduction du dosage en eau :  5 %
oRésistance à la compression, à 7 et 28 jours:  110 %

10
 ADJUVANT PLASTIFIANT-RÉDUCTEUR D’EAU
Mécanisme d’action
o Molécules organiques à base de :
 lignosulfonate ou polyacrylate
 sels d’acide carboxylique
 carbohydrates

o Grains de ciments : agglomération en château de cartes


o Dispersions (défloculation) des grains du ciment + les fines et ultra fines

(Réduction de l’eau de gâchage)

11
 ADJUVANT SUPERPLASTIFIANT HAUT RÉDUCTEUR D’EAU
(1970)

Fluidifier le béton
Changement d’ordre de grandeur, dans le dosage et dans les effets

Par rapport au témoin et à même consistance


o Réduction du dosage en eau (  12 %)
o Résistance à la compression à 1 jour (  140 % )
o Résistance à la compression à 28 jour ( 115 %)
Par rapport au témoin et à dosage en eau ct
Augmentation de l’affaissement au cône d’Abrams (A= 31 cm) ;  12 cm
o Affaissement au cône d’Abrams après 30 min :  3 cm

12
 ADJUVANT SUPERPLASTIFIANT HAUT RÉDUCTEUR D’EAU
(1970)

Mécanisme d’action
o Même principe que les réducteurs d’eau mais avec efficacité avérée
Polymères de synthèse
(avec des dosages plus élevés jusqu’à 10 fois réducteurs d’eau avant d’avoir les mêmes effets secondaires)

 Fixation des molécules organiques sur les particules Effet thermique accélérant les
réactions d’hydratation du ciment
 Défloculation complète des grains (effet entropique)
 C-S-H se développent en plus grand nombre

13
 ADJUVANT RÉTENTEUR D’EAU

o Réduit le départ d’eau par ressuage

Le béton frais a tendance à se compacter légèrement et progressivement depuis


le moment où il est mis en place dans les coffrages jusqu’au début de
prise ; une partie de son eau remonte en surface : c’est le phénomène de
ressuage.

o Par rapport au témoin : quantité d’eau ressuée :  50 %

14
 ADJUVANT ENTRAÎNEUR D’AIR

o Molécules tension actives (radicale hydrophile + hydrophobe)


o Leur position d’équilibre est à l’interface eau-air
o Molécules utilisées par ordre d’importance :
 Sels d’acide abiétique
 Sels d’acide gras
 Alkyl-aryl sulfonâtes
 Alkyl sulfates
 Phénol-éthoxylaters

o Rôle : stabilisation d’un réseau uniforme de petites bulles d’air


qui subsiste dans le béton durci (générées lors de malaxage).
o Quantité d’air entraîné + air occlus :  2 .5 %

o Facteur d’espacement entre les bulles d’air :  0 .2 mm

15
 ADJUVANT ENTRAÎNEUR D’AIR
Mécanisme d’action
o Molécules à caractère ionique qui stabilisent les bulles d’air
o Sur le plan thermodynamique réduction de la tension superficielle de
l’interface eau–air ( de 0.072 N/m à 0.018 N/m).
o Stabilisation et amélioration de la rhéologie du béton par :
(les bulles d’air se collent sur les grains de minéraux de signe contraires )
Avec entraîneur d’air
Sans entraîneur d’air

Eau
Gelée
Eau
gelée

Augmentation de volume Eau


d’eau de 9% gelée

Bulles d’air entraîné jouant le

16
rôle de vase d’expansion
 ADJUVANT RETARDATEUR DE PRISE
o Molécules organiques : complexation des ions Ca2+ de la surface des germes des CSH
 sucre
 sels d’acides hydro-carboxylique
 lignosulfonates
o Par rapport au témoin (mesures faites à 20 °C)
 Augmentation du temps de début de prise:  90 min
 Accroissement du temps de fin de prise:  360 min
oAvantages

 Retarder le début de prise et maintenir la consistance souhaitée


 Durée de transport plus importante

oInconvenients : durée plus longue d’exécution des travaux sur chantier

……….Donc la performance demandée est : augmentation


significative du temps du début de prise et une augmentation limitée
de temps de fin de prise

17
 ADJUVANT RETARDATEUR DE PRISE

Effet

18
 ADJUVANT ACCÉLÉRATEUR DE PRISE
ET DE DURCISSEMENT

o Se sont généralement des sels minéraux (chlorures et calcium)


 Ca Cl2
 Ca (NO2)2
 Ca (HCO2)2
Autre organiques : triéthanolamine avec un dosage critique

……………..…….ainsi le Calcium favorise la croissance des CSH.


o Accélère le développement de la résistance du béton à court terme
Afin de :
 Réduire des délais d’exécution
 Décoffrer rapide
 Manipuler des pièces, mise en précontrainte, chargement..

Par rapport au témoin, à même température :


o Résistance à la compression à 24 heures et à 20 °C :  120 %
o Résistance à la compression à 48 heures et à 5 °C :  130 %
o A 20 °C temps du début de prise :  30 mn
o A 5 °C pour le mortier adjuvanté :  60 %

19
 ADJUVANT ACCÉLÉRATEUR DE PRISE
ET DE DURCISSEMENT
Résistance
(MPa) Résultats observés
Accélérateur
de durcissement

40

Béton
témoin
30

20

10

0 2h 30h 48h Temps

20
 ADJUVANT ACCÉLÉRATEUR DE PRISE
ET DE DURCISSEMENT

Mécanisme d’action
État de l’hydratation à 3 heures à 20 °C
Cristaux

Grains de ciment

Béton accéléré
Béton témoin Accélération de l’hydratation des grains de ciment

21
 ADJUVANT ACCÉLÉRATEUR DE PRISE
ET DE DURCISSEMENT

Résistances Accélérateur
de prise

Béton
témoin

Fin de prise

Début de prise
Fin de prise
Début de prise

0 1h 1h30 2h 3h 3h30 4h 5h 6h Temps

22
 ADJUVANT HYDROFUGE

oRéduit l’absorption capillaire du béton durci

Par rapport au témoin :

oAbsorption capillaire pendant 7 jours, (après 7 jours de conservation) :  50 %


oAbsorption capillaire pendant 28 jours, (après 90 jours de conservation) :  60 %

oApplications dans des bétons destinés aux applications :


 réservoir
 contact avec des eaux de ruissellement ou autres
 préfabriqués : pavés, éléments décoratifs…….

23
 ADJUVANT HYDROFUGE
Mécanisme d’action
o recouvrement des parois des capillaires
o réaction avec la portlandite formant des cristaux insolubles
Dosage moyen/p-ciment (0,8 à 2,5 %)
Introduction en même temps que l’eau de gâchage
Résultats observés

sans hydrofuge avec hydrofuge

24
5. DOSAGE DES ADJUVANTS

o Dosage = f (ciment, ultrafines, granulats, température de


mise en œuvre…)

o Dosage optimale = f (efficacité du système de malaxage +


séquences d’introduction des adjuvants)
o Il est exprimé en pourcentage de la masse de ciment,
inférieure à 5 % généralement.
o Le fabricant recommande une fourchette de dosage que le
formulateur de béton doit respecter.

25
6. LIMITATION DES EFFETS NON RECHERCHÉS
Propriétés Spécifications Adjuvants
Air occlus 2% Entraineurs d’air
Soit  0.10 %
Chlore total
Soit  limite déclarée par le fabricant
Soit  0.10 % Tous les adjuvants
Chlorures solubles
Soit  limite déclarée par le fabricant
Corrosion Pas de corrosion (vérification non établie)
à 28j  90 % Superplastifuants à E/C ct.
à 28 j  80 % Rétenteur d’eau
à 28 j  75 % Entraineur d’air
Résistance à la
à 28 j  80 % Accélérateurs de prise
compression (en %
par rapport au témoin) à 28 j  90 % Accélérateurs de durcissement
à 7 j  80 %
Retardateurs de prise
à 28 j  90 %
À 28 j  85 % Hydrofuges

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7. PRODUITS DE CURE
o Protéger le béton frais après sa mise en œuvre, en évitant sa dessiccation
par évaporation trop rapide de l’eau dans un climat chaud
o Utilisations
bétonnages de routes, pistes, dallages, planchers, tous les ouvrages pour lesquels le
rapport (surface d’évaporation/ épaisseur ) est élevé

o Mode d’application
 produits pulvérisés sur le béton frais
 formation d’un film continu imperméable à éliminer ensuite par brossage

Effets des produits de cure

27
8. PRODUITS DE DÉMOULAGE

o Limiter les phénomènes d’adhérence


o Faciliter l’entretien du coffrage, limiter l’oxydation et la corrosion des
coffrages métalliques
o Imperméabiliser les coffrages à base de bois
o Application à la brosse ou par pulvérisation uniformément et sans excès

28
9. EXEMPLE DE MARQUAGE (FICHE TECHNIQUE)

29
10. CONTRÔLE DE QUALITÉ

o Application des spécifications de la norme NA 774


o S’assurer par des essais préalables, que l’efficacité annoncée est bien confirmée
o Vérifier l’étendue des effets secondaires
o En cas d’utilisation de plusieurs adjuvants : s’assurer de leur compatibilité !
o Éviter le dosage manuel

30
CONCLUSION

o La quasi-totalité des bétons destinés aux grands ouvrages sont adjuvantés


(BTPH……)

o Leurs emplois dans les bétons est nécessaire (pour avoir des meilleurs
performances) indispensable
……………………d’où l’ intérêt de vérifier l’ efficacité & la compatibilité

o En cas de désordres dus à un problème d’incompatibilité, la responsabilité


incombe à l’utilisateur !

o Et en guise de conclusion : ………..toute utilisation d’adjuvant doit être


systématiquement notée sur les procès verbaux d’essais et consignée dans tous
les documents qui constituent le journal du chantier

31
MERCI POUR VOTRE
AIMABLE ATTENTION

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