TD6
RECEPTION
TD6-1
Notion de sélectivité
Les récepteurs
Sélectivité
La sélectivité d'un récepteur décrit l'aptitude du récepteur à séparer le signal
désiré des signaux perturbateurs (tels que d'autres émetteurs à des fréquences
voisines).
Un récepteur idéal présenterait une réponse en fréquence « carrée » : réponse
constante dans la largeur de bande de la modulation, et la réjection totale hors
du canal utile. Un récepteur réel est caractérisé par :
•ses fluctuations de gain et de phase dans la bande utile reçue, qui doivent être
minimisées;
•sa réjection des canaux proches, à maximiser;
•sa réjection générale des signaux hors bande, à maximiser également.
On va donc utiliser différents filtres, d’abord en entrée du récepteur pour
sélectionner la bande à recevoir, puis dans la chaîne de la fréquence
intermédiaire pour resserrer la bande passante à la largeur du signal modulant le
signal haute fréquence.
La réponse du filtre doit être suffisamment large pour contenir le spectre
complet du signal à recevoir, et pour accepter les dérives de fréquence de
l'émetteur et de l'oscillateur local du récepteur. A contrario, la réponse du filtre
doit être suffisamment étroite pour rejeter convenablement les émissions
adjacentes.
Ces divers paramètres s'expriment par un graphique donnant la réponse en
fréquence du récepteur attaqué par un générateur étalonné, avec trois chiffres
principaux :
•largeur en Hz à -3 dB ;
•largeur en Hz à -20 dB ;
•réjection hors bande en dB.
Le rapport entre la largeur à -3 dB et à -20 dB définit le facteur de forme du filtrage
(raideur). La sélectivité d'un récepteur est essentiellement donnée par la courbe
de réponse des filtres Fi (fréquence intermédiaire).
Notions de bande passante:
1- Cas du circuit sélectif d’entrée du récepteur:
On avait vu dans le premier TD de présentation, l’étude spectrale d’un circuit
oscillant. Si on l’insère entre l’antenne et le premier étage du récepteur, on
obtient la courbe de sélectivité suivante. Comme il faut se fixer une règle sur la
largeur de bande de ce circuit, on mesurera cette largeur en prenant la tension
maximale sur Fo et en la divisant par √2, soit à -3dB par rapport à Vmax.
On rappelle que le facteur de qualité du circuit Q = Fo/ΔF
V max.
Exercice: on veut utiliser un filtre d’entrée sur un récepteur calé sur la bande
amateur des 40 m, soit de 7,000 à 7,200Mhz. Pour éviter les pertes en début et
en fin de bande, on prendra une largeur de bande un peu plus large, soit de
6,950 à 7,250 Mhz à -3 dB.
Quelle est la fréquence centrale du filtre?
Réponse: 7,100 Mhz
Quel est son facteur de qualité Q?
Réponse: Q=F/ΔF soit 7,100/0,300= 23,6
Rappel du schéma synoptique d’un récepteur à changement de fréquence:
Exemple d’un filtre passe-bande inséré à l’entrée d’un récepteur 7 Mhz:
2- Cas du filtre de la Fréquence Intermédiaire (FI):
Comme vu précédemment, celui va encadrer le spectre du signal modulant. Si l’on
veut transmettre une voix humaine, on voit sur la figure ci-dessous que l’énergie
maximale se situe entre 300Hz et 3400 Hz. Dans les réseaux téléphonique la norme
limitera la bande passante à 2700 Hz. Les filtres utilisés en fréquences
intermédiaires auront donc une bande passante équivalente
On va donc utiliser un filtre très sélectif inséré dans la chaine de F.I. Dans ce cas,
on ne pourra pas utiliser un filtre passe-bande à circuit LC, mais plutôt soit un
filtre à quartz, soit un filtre céramique, beaucoup plus étroit.
On rappelle que les quartz sont l’équivalent d’un circuit LC avec un facteur de
qualité très important Q. (Q= F/ΔF) En les regroupant dans un boitier, on réalise
un filtre sur mesure, de quelques centaines de hertz jusqu’à plusieurs kilohertz de
bande passante en fonction des besoins. Ci-dessous un filtre en échelle à 4
quartz:
Filtre à quartz KVG sur 9,0Mhz
Exercice: Calculez le facteur de qualité du filtre à quartz précédent
centré sur 9Mhz, pour une bande passante de 2,4Khz à -6dB:
Réponse: Q= 9000/2,4= 3750
En pratique, on utilisera des filtres de bandes passantes différentes en fonction
des signaux à transmettre soit:
- 250 à 500 Hz pour réception de la télégraphie CW(code morse).
-1,8 à 2,7 kHz pour la réception de la BLU.
- 6 à 12 kHz pour la réception de la FM à bande étroite (NBFM en radiotéléphonie).
- 10 kHz pour la réception de l’AM (Grandes ondes et petites ondes radiodiffusion).
- 300 kHz pour la réception de la FM radiodiffusion.
La réception directe:
A- Récepteur à amplification directe:
Ce type de récepteur très simple sera utilisé pour recevoir des signaux
conséquents, c’est-à-dire positionné à proximité de l’émetteur. La
sensibilité et la sélectivité sera déterminée par le préamplificateur RF et le
filtre de bande. Très peu utilisé à cause de son manque de performances.
B- Récepteur à conversion directe:
Le principe de ce type de récepteur est le suivant:
Après amplification et filtrage du signal HF, on mélange celui-ci avec un
oscillateur local décalé de 1, 5Khz par rapport au signal d ’entrée, le battement
entre les deux fréquences va fournir le signal BF qui sera amplifié et filtré. Ce
système est utilisé en mode télégraphie par certains radioamateurs passionnés
de stations à faible puissance et de conception simplifié. La sensibilité est limitée
par le bruit apporté par l’amplificateur audio. Ce principe revient à la mode avec
les systèmes SDR, l’utilisation du traitement des signaux numériques BF et
démodulation I-Q améliore grandement les performances.
En résumé:
- Sa sélectivité dépend du filtrage du signal BF.
- Sa sensibilité dépend du gain des amplificateurs HF et BF.
- Il n‘y a pas de fréquence image.
- Il n’y a pas d’amplification F.I., celle-ci est remplacée par les étages BF.
C-La réception ‘’Superhétérodyne’’:
-Rappels et approfondissement:
La plupart des récepteurs de radiocommunication utilise une structure à
changement de fréquence. Cette structure est appelée récepteur
superhétérodyne.
La structure est la suivante:
Le signal capté par l’antenne est amplifié de manière sélective par
l’amplificateur RF. Celui-ci à une largeur suffisante pour laisser passer
tous les canaux ou les stations radio de la bande.
Le signal est ensuite mélangé avec l’oscillateur local. Le signal obtenu est
à la fréquence Fi. On a Fi= Fe+Fol ou Fi=Fe-Fol.
Par exemple, sur notre schéma de récepteur FM recevant un signal de
100Mhz, l’oscillateur local est sur 110,7Mhz. On a donc Fi = Fol - Fc
Quand on change de station, la fréquence Fe varie ainsi que Fol, par contre Fi reste
fixe, ce qui permet d’avoir la même sélectivité quelque soit la station reçue.
Après démodulation, le dernier étage remet en forme et amplifie le signal avant
utilisation.
La fréquence image:
Un défaut du récepteur à changement de fréquence.
Sur la structure précédente, pour une valeur de l’oscillateur donnée, il existe une
deuxième fréquence d’entrée qui donne une différence de fréquence égale à la
fréquence intermédiaire.
Pour remédier à ce défaut trois solutions:
- Utiliser en entrée un filtre de bande très sélectif.
- Prendre une valeur de fréquence intermédiaire élevée, ce qui reporte la fréquence
image hors bande, très loin du signal d’entrée.
- Utiliser un mélangeur à quadrature qui assure le réjection de la fréquence image:
Exercice: Pour Fe= 100Mhz et pour Fol= 110,7Mhz, déterminez la valeur de la
fréquence image, soit l’autre fréquence qui se présente à l’entrée et qui génère une
différence de fréquence égale à Fi= 10,7Mhz.
Réponse = 121,4Mhz soit Fol +Fi =110,7 +10,7Mhz.
Exercices:
1-
Quel est le nom de l’étage manquant et du montage suivant:
1- modulateur
2- démodulateur
3- Ampli. FI
4-Oscillateur
Réponse: Démodulateur sur récepteur à amplification directe
2-
Quel est le nom de ce synoptique ?
Réponse: Récepteur superhétérodyne à double changement de fréquence
3-
Quel est le nom de l’étage marqué ‘’?’’:
1- Filtre
2- Oscillateur
3- Ampli. FI
4- Mélangeur
Réponse : Mélangeur
4-
Ce type de récepteur est utilisé pour décoder:
1- la BLU
2- La télégraphie (CW)
3- la modulation d’amplitude
4- La modulation de fréquence
Réponse: La modulation d’amplitude
Annexes: Critères de qualités d’un récepteur ou d’une station de
réception:
- Le bruit du récepteur:
Lorsqu'ils sont soumis à une température supérieure au zéro absolu, les
atomes constituant la matière d'un conducteur voient leurs électrons s'agiter de
façon globalement désordonnée. Ces mouvements électroniques génèrent des
courants électriques aléatoires qui s'ajoutent au courant utile traversant le
conducteur. C'est un bruit blanc, dont la puissance contenue dans une bande
passante donnée (1000 Hz, par exemple), est la même quelle que soit la
fréquence considérée.
La puissance du bruit dû à l'agitation électronique est directement
proportionnelle à la température exprimée en kelvins mais aussi à la bande de
fréquence considérée. On peut la calculer simplement à l'aide de la formule
suivante :
avec : Pth= K.T.B
PTH : puissance de bruit, en W
k : constante de Boltzmann = 1,38 . 10-23 J/K
T : température en K
B : largeur de la bande de fréquence en Hz
exemple :
Puissance de bruit à l'entrée d'un récepteur à la température de 17°C soit 290 K
et pour une bande passante de 250 Hz : 1.10-18 watts ce qui correspond à un
niveau de -150dBm
Bruit en fonction de la bande passante:
A la température ambiante standardisée de 290 kelvins (+17°C) la densité de
puissance, autrement dit, la puissance de bruit dans une bande passante de 1
hertz est égale à : PTH= K.T.
PTH = 1,38 . 10-23 . 290 . 1
PTH = 4.00 . 10-21 watts, ce qui correspond à un niveau de -174dBm
C'est le niveau plancher de sensibilité d'un récepteur à température ambiante.
Si la bande passante du récepteur est supérieure à 1Hz, ce qui est le lot de
tout récepteur d'amateur, il faudra ajouter à ce niveau la valeur en décibels
correspondant à la puissance de bruit contenue dans la bande passante du
récepteur calculée avec la formule :
Avec :
LNth : niveau de bruit en dB
B : bande passante du récepteur en Hz
Exemple :
Bruit ajouté avec l'utilisation d'un filtre à 300Hz : 24,8dB et avec un filtre à
2700Hz : 34,3dB
On voit que le gain de sensibilité lors de l'utilisation de la télégraphie par
rapport à celle de la phonie peut être chiffrée à 10dB grâce à l'utilisation d'un
filtre étroit en télégraphie, inutilisable en phonie.
Le niveau plancher d'un récepteur équipé d'un filtre SSB de 2700Hz est donc :
-174+34 = -140 dBm
Notions de facteur de bruit en réception:
G=5dB
Sur la figure ci-contre on voit ce qu'on peut observer et mesurer à l'analyseur de
spectre : le niveau du bruit et celui du signal. Il est facile d'en déduire le rapport
signal/bruit (S/B) de 7dB à l'entrée de l'amplificateur.
A la sortie de celui-ci le niveau du bruit initial (en vert-clair) et celui du signal ont
remonté de 5dB correspondant au gain de l'amplificateur. Mais on constate que
le rapport signal/bruit n'est plus que de 6dB car au bruit initial mesuré à l'entrée
de l'ampli s'est ajouté le bruit généré par ce dernier, représenté en vert foncé,
d'une amplitude de 1 décibel.
On définit son facteur de bruit comme le rapport du rapport signal/bruit en
entrée sur le rapport signal/bruit en sortie.
Fb= (Se/Be) / (Ss/Bs)
Ce rapport ne sera jamais inférieur à 1. Cette relation peut s’énoncer:
Bruit total en sortie = bruit de l’entrée amplifiée + contribution de bruit de
l’étage amplificateur.
Le plus souvent, on donne ce facteur en dB:
Fb(dB)= 10 Log Fb
Plus on se rapproche de 0 dB, plus le composant actif est silencieux. On
cherchera évidemment les facteurs de bruit les plus faibles possibles. Les
performances actuelles des semi-conducteurs permettent des facteurs de
bruit inférieur à 1 dB, 0,7dB dans certains cas.
Facteur de bruit d'une chaîne d'amplification
Lorsque qu'on fait suivre un premier amplificateur par un second, ce dernier amplifie
le signal et le bruit que le premier lui envoie et il y ajoute le bruit qu'il fabrique lui-
même.
Si la chaîne d'amplification comporte n éléments, le bruit généré par le premier étage
est amplifié par les étages 2, 3...n
La formule générale qui permet de calculer le facteur de bruit d'une chaîne
d'amplification composé de n éléments est la suivante :
F1 est le facteur de bruit du premier élément et G1 son facteur d'amplification.
Exemple :
Une chaîne de réception (figure ci-dessous) est composée de 3 éléments :
1) un câble dont les pertes sont de 3dB
2) un préamplificateur de facteur de bruit 5dB et de gain 14dB
3) un amplificateur de facteur de bruit 10dB et de gain 20dB
Pertes du câble Préamplificateur Récepteur
La première des opérations consiste à convertir les gains et facteurs de bruit.
Le cas du premier élément est particulier : son facteur de bruit en dB est égal à son
atténuation, puisque il est question de pertes.
Pour passer d'un gain ou d'un facteur de bruit en dB à un simple rapport (voir tableau
en fin de diaporama). C'est ainsi que G2 de 14dB est équivalent à un facteur
d'amplification de 25,12 (en rouge sur la figure ci-dessus).
En reportant ces valeurs dans la formule générale on obtient :
Le facteur de bruit de la chaîne de réception est égale à 8,47dB
Dans le cas suivant, si on transfère le premier étage préamplificateur au niveau
de l’antenne, on retrouve le schémas suivant:
En reprenant le calcul précédent, on obtient:
F= F1+(F2-1/G1)+(F3-1/G1.G2)+…..
Soit: F= 3,16+0,03+0,74 = 3,93
Si on converti F en dB: F= 10 Log 3,93= 5,94 dB
En conclusion, le gain apporté par cette nouvelle configuration est de 2,53
dB.
On voit donc l’avantage de positionner le premier étage préamplificateur au
plus prêt de l’antenne, ceci est d’autant plus valable que la fréquence est
élevée.
Autre exemple pratique:
Il reste à citer les autres critères et défauts des récepteurs, qu’il faudra
étudier ultérieurement dans un autre TD:
Il s’agit:
- Du bruit de phase de l’oscillateur local qui vient se rajouter à la chaine de
réception, et noyer partiellement les petits signaux.
- De la dynamique du récepteur, c’est à dire de la capacité de celui-ci à
recevoir des signaux forts sans saturation. (point d’interception).
- Des produits d’intermodulations, produits indésirables qui peuvent faire
apparaître des signaux fantômes sur le récepteur installé sur des sites
inondés d’émetteurs.
Mais ceci est un autre histoire…
FIN